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Christ Roi

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Horloge

27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 00:00

Les quatre semaines incluant les quatre dimanche précédant la veille de Noël correspondent au temps de l'Avent.
« Avent », du latin adventus, signifie venue, arrivée. Pour les chrétiens, ce terme classique est employé pour désigner la venue du Christ-Sauveur parmi les hommes.

Depuis le pape Grégoire le Grand, l'Avent représente la période de la préparation de la venue du Christ. Elle commence avec le 4e dimanche avant Noël et marque le début de l'année chrétienne :

« En célébrant chaque année la liturgie de l’Avent, l’Eglise actualise cette attente du Messie ; en communiant à la préparation de la première venue du Sauveur, les fidèles renouvellent leur désir ardent de son second avènement. » (Cf. Catéchisme de l’Eglise catholique).

L’introït du Ier dimanche de l’Avent est comme une feuille de route qui prise l’attitude que devra avoir le fidèle durant toute son existence terrestre : Ad te levavi animam meam... Vers toi j’élève mon âme.

Les paroles du Rorate Caeli ne résonnent plus souvent dans nos églises paroissiales durant l’Avent, mais la puissance évocatrice de sa mélodie continue de chanter dans nos cœurs pendant notre marche vers la Nuit Sainte. (Source)

Nicolaus Bruhns (1665-1697) Nun komm der Heiden Heiland (Viens maintenant, Sauveur des païens)

 

« Ne pleure point ; voici, le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David, a vaincu pour ouvrir le livre et ses sept sceaux. » (Ap., 5, 5)

 

 

Nun Komm der Heiden Heiland (Viens maintenant, Sauveur des païens), cantate de Bach, composée à Weimar en 1714 pour le premier dimanche de l'Avent.

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour
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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 00:00
Martyre de Sainte Catherine, peinture de Masolino da Panicale

Martyre de Sainte Catherine, peinture de Masolino da Panicale

Catherine naquit à Alexandrie, d'une famille de première noblesse. Comme elle ne se hâtait pas de recevoir le baptême, Dieu lui envoya une vision où la Sainte Vierge la présentait au divin enfant qui détournait les yeux avec tristesse, et disait : « Je ne veux point la voir, elle n'est pas encore régénérée. » À son réveil, elle résolut de recevoir promptement le baptême. Quand elle l'eut reçut, Jésus lui apparut, lui donna mille témoignages d'amour, la prit pour épouse en présence de Marie et de toute la cour céleste, et lui passa au doigt l'anneau de son alliance.

 

Catherine, douée d'une haute intelligence, suivit avec le plus grand succès les leçons des plus grands maîtres chrétiens de l'école d'Alexandrie, et acquit la science des docteurs.

 

Dans une grande fête du paganisme, célébrée en présence de l'empereur Maximien, elle eut la sainte audace de se présenter devant lui, de lui montrer la vanité des idoles et la vérité de la religion chrétienne. La fête terminée, Maximin, étonné du courage et de l'éloquence de la jeune fille, réunit cinquante des plus savants docteurs du paganisme et leur ordonna de discuter avec Catherine. Préparée par la prière et le jeûne, elle commença la discussion et fit un discours si profond et si sublime sur la religion de Jésus-Christ comparée au culte des faux dieux, que les cinquante philosophes, éclairés par sa parole en même temps que touchés de la grâce, proclamèrent la vérité de la croyance de Catherine et reçurent, par l'ordre du cruel empereur, le baptême du sang, gage pour eux de l'immortelle couronne.

Maximien, malgré sa fureur, plein d'admiration pour la beauté et les hautes qualités de Catherine, espéra la vaincre par l'ambition en lui promettant sa main. Il essuya un refus à cause de son "mariage mystique" avec le Christ.

 

Pendant deux heures l'innocente vierge subit le supplice de la dislocation de ses membres sur un chevalet, et celui des fouets. Le lendemain, Maximin, surpris de la trouver plus belle et plus saine que jamais, essaya de triompher de sa résistance. Il la fit soumettre au terrible supplice des roues, mais les roues volèrent en éclats et tuèrent plusieurs personnes. Le tyran, confus de tous ces prodiges, ordonna de lui trancher la tête.

 

Avant de mourir, elle avait demandé et obtenu deux choses de son divin Époux : que son corps fût respecté après le supplice, et que l'ère des persécutions prît bientôt fin. Plus tard, son corps fut transporté par les anges sur le mont Sinaï. Les souvenirs bibliques attièrent au Sinaï de nombreuses colonies monastiques dès le IVe siècle. La plus célèbre fut celle de l'abbaye Sainte-Catherine fondée par l'empereur Justinien en 527. La Tradition nous assure que des moines découvrirent le corps de la jeune femme. La dévotion à sainte Catherine est une des plus répandues en Europe,  compris dans les églises orthodoxes.

 

Beaucoup d'églises contenaient sa statue (entre autres celle de Domrémy-la-Pucelle, le village natal de Sainte Jeanne d'Arc), ou un portrait figurant le plus souvent une roue.

 

À 13 ans, sainte Jeanne d'Arc entendit les voix des sainte Catherine d'Alexandrie, de Marguerite d'Antioche (Jean-Baptiste Roussot, Les deux voix de Sainte Jeanne d'Arc: Sainte Catherine d'Alexandrie, Sainte Marguerite d'Antioche) et de l'archange saint Michel lui demandant d'être pieuse, de libérer le royaume de France de l'envahisseur et de conduire le dauphin sur le trône.

 

De très nombreuses corporations se sont placées sous le patronage de sainte Catherine d'Alexandrie. Celles qui utilisaient des mécanismes comportant des roues, et celles de l'intellect.

 

La Sorbonne eut, entre autres saints, Ste Catherine d'Alexandrie comme patronne.

 

L'Ordre de la Très Sainte Trinité, ordre religieux fondé en 1193 pour le rachat des captifs chrétiens pris par les barbaresques, vénère Catherine comme sainte patronne. 

 

Attributs: anges, anneaux d'or, colombe, enfant, épée du martyre, roue brisée à pointes.

 

Sources : 1; 2; Christophe RENAULT, Les Saints et leurs attributs, Histoire de l'Art, Mémo Gisserot, Editions Jean-Paul Gisserot, Luçon 2009, p. 20.

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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 00:00
Sainte Flora par Le Titien

Sainte Flora par Le Titien

Dans le califat de Cordoue, tous les chrétiens et ceux qui leur donnaient asile étaient condamnés à mort. La jeune Flora, repoussée de toute part, se réfugia dans une église et y rencontra Maria, elle aussi traquée. Ensemble, elles se rendirent au tribunal où elles dénoncèrent toutes deux l'Islam; elles moururent décapitées, martyres sous le règne d'Abd al-Rahman II, le 24 novembre 851. Maria fut exécutée pour blasphème et Flora pour apostasie.

 

Flore née d'un père musulman et d'une mère chrétienne, la loi islamique faisait d'elle une musulmane mais, en secret, elle avait été élevée dans la foi chrétienne. Son propre frère s'aperçut de ses convictions chrétiennes et la dénonça au juge (le cadi). Elle fut condamnée à être battue de verges. Elle reçut des coups qui la blessèrent à la tête et lui découvrirent les os du crâne. Puis on la remit à son frère pour qu'il la persuade de revenir à l'islam car elle était tenue pour avoir abjuré cette religion et elle méritait, à ce titre, la mort. Flore réussit à tromper la vigilance de son frère et à s'échapper. Elle trouva refuge à Ossaria, chez une sœur où elle put reprendre des forces. Après quelques jours, elle revint à Cordoue pour aller prier publiquement dans l'église Saint-Ascicle, un martyr des premiers siècles. Là, elle rencontra Marie, la sœur du diacre Valabonse qui venait tout récemment de recevoir la couronne du martyr. Les deux vierges, remplies de zèle, décidèrent de se présenter ensemble devant le juge pour confesser leur foi. Elles furent d'abord emprisonnées dans un cachot obscur peuplé de femmes grossières. C'est pour elle que l'évêque de la ville, Euloge de Cordoue rédigea son Exhortation au martyre. Après un dernier interrogatoire, elles furent décapitées pour avoir selon le juge et selon la loi abjuré l'islam et embrassé la foi chrétienne.

 

(Source: Alban Butler, Vie des pères, des martyrs et des autres principaux saints, traduit en français par l'abbé Godescard, Toulouse, 1808.)

 

Sources: 1; 2 ; 3

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 00:00
Saint Clément, Pape (Ier siècle), Patron des marins

Saint Clément était né à Rome. Riche, instruit, ardent à chercher la vérité, il trouva dans la religion chrétienne la satisfaction entière des exigences de sa raison et des aspirations de son âme. Non seulement il se fit chrétien, mais il seconda les apôtres dans la prédication de l'Évangile ; et saint Paul, dans son épître aux Philippiens, rappelant les travaux de Clément, assure que son nom est écrit au Livre de vie. Cet attachement de Clément aux apôtres, ce zèle qu'il montra pour la foi, l'on fait appeler par les Pères homme apostolique.

 

Élevé à l'épiscopat par saint Pierre, il devait être son troisième successeur, vers l'an 91 (liste des papes). 

Clément vit la chute et la mort de Néron, ainsi que la prise et la ruine de Jérusalem (70).

Sous l'empereur Vespasien (69-79), Clément fut conduit au tribunal du préfet Mamertinus qui demeura émerveillé de la sagesse de ses réponses. On provoqua une émeute au sujet de Clément ; et dans le trouble qui s'ensuivit, les uns disaient : « Quel mal a-t-il fait ? ou plutôt quel bien n'a-t-il pas fait ? Les malades qui reçoivent sa visite sont guéris; quiconque l'aborde accablé de tristesse s'en retourne le coeur joyeux, il ne fait de mal à personne et fait du bien à tout le monde. » Les autres, poussés par l'esprit du diable, s'écriaient : « C'est de la magie, il détruit ainsi le culte de nos dieux, car il nie la divinité de Jupiter ; il appelle Hercule un esprit immonde; la sainte déesse Vénus, une prostituée ; quant à Vesta, il dit faussement qu'elle a été brûlée. Il parle de même de la très sainte Minerve; et encore de Diane, de Mercure, de Saturne, de Mars; enfin, il couvre d'opprobres tous les noms de nos dieux et leurs temples. Qu'il sacrifie ou qu'il meure. »  : « Que Clément sacrifie aux dieux ou soit exilé en Chersonèse ! » Quelle ne fut pas la joie du saint exilé, de trouver dans ce lointain pays deux mille chrétiens depuis longtemps condamnés par sentence juridique, et occupés à travailler le marbre. A la vue du saint et célèbre évêque Clément, la consolation de ces chrétiens fut indicible, tous s'approchèrent de lui avec des gémissements et des pleurs ; ils disaient : « Prie pour nous, saint pontife, afin que nous devenions dignes des promesses du Christ. » Clément, ayant appris qu'ils avaient été déportés pour leur foi en Dieu, répondit : « Dieu, leur dit l'humble pontife, m'a fait une grâce dont je n'étais pas digne, en m'envoyant au milieu de vous. Ce n'est point sans raison que le Seigneur m'a conduit en ces lieux : c'est afin que, prenant part à vos souffrances, je puisse partager vos couronnes, vous apporter des consolations et vous donner l'exemple de la patience. »

Mamertinus, préfet de la ville, ne pouvant tolérer cette sédition, se fit amener Clément. Il le dévisagea et dit : « Je sais que tu es de race noble, ainsi que me l'atteste le peuple. Mais tu as embrassé l'erreur, et tu rends un culte à je ne sais quel Christus, sans honorer les dieux qu'on vénère dans les temples. Renonce donc à toute vaine superstition, et honore les dieux. »

Clément dit : « Je désirerais que Ton Excellence, dans sa sagesse, voulût bien écouter ma défense, et considérer que, si je suis accusé, ce n'est point à cause d'une émeute, mais pour la doctrine que je prêche. Car si, semblables à une meute de chiens, ils aboient contre nous et nous mettent en pièces, ils ne peuvent du moins empêcher que nous ne soyons des hommes raisonnables ; quant à eux, ils sont toujours des êtres sans raison. Toute sédition a pour auteurs des ignorants, ce qui fait qu'on ne peut avec sûreté l'embrasser et qu'elle est dépourvue de justice et de vérité. Que le silence se rétablisse, ce repos qui donne à un homme la facilité de se recueillir ; dans cet état, il pourra trouver le Dieu véritable et lui engager sa foi. »

Mamertinus envoya à l'empereur Trajan ce rapport sur Clément. « Le peuple ne cesse d'assaillir Clément de cris séditieux; mais on ne saurait alléguer de témoignage digne de créance contre sa conduite. » Trajan répondit qu'on devait l'obliger à sacrifier ou le reléguer au delà du Pont-Euxin, dans une ville perdue de la Chersonèse

 

Les généreux confesseurs de la foi, au milieu de leurs rudes travaux, étaient souvent privés d'eau et devaient aller la chercher à une très forte distance. Plein de confiance en Dieu, Clément dit aux chrétiens : « Prions le Seigneur, qui a fait jaillir l'eau d'un rocher du désert ; il nous viendra en aide. » Il se mit donc en prière, et bientôt, levant les yeux, il aperçut sur la colline un agneau blanc comme la neige, qui de son pied droit indiquait une source d'eau vive jaillissant soudain. À partir de ce jour, les martyrs eurent de l'eau en abondance. La nouvelle de ce miracle fit une grande impression dans tout le pays, les conversions se multiplièrent, des églises se bâtirent, et quelques années plus tard le paganisme était complètement détruit.

 

Saint Clément nous a laissé dans ses lettres le plus charmant tableau de ses missions apostoliques.

 

Ce fut seulement sous Trajan, après plus de vingt ans d'exil, que le saint Pape, devenu très suspect à cause de son zèle et de ses succès, fut précipité au fond de la mer, une ancre au cou.

 

On envoya sur les lieux le préfet Aufidianus. Il fit d'abord périr un grand nombre de fidèles par divers genres de supplices. Voyant qu'ils s'offraient tous avec joie au martyre, il épargna la multitude et ne réserva que le bienheureux Clément, espérant le contraindre à sacrifier. Mais, le voyant si ferme dans la foi au Seigneur, et craignant de ne pouvoir jamais lui faire changer de sentiment, il dit à ses satellites : « Qu'on le mène au milieu de la mer, qu'on lui attache une ancre au cou, et qu'on le précipite au fond, de peur que les chrétiens ne l'honorent comme un Dieu. » L'ordre exécuté, toute la multitude des chrétiens se rendit au rivage, priant sur la plage, avec des cris et des lamentations. Alors les disciples du saint martyr, Cornelius et Phoebus, leur dirent : « Prions tous ensemble, afin que le Seigneur daigne nous montrer les reliques de son martyr. » Pendant que le peuple priait, la mer se retira d'elle-même à la distance de trois milles. Et le peuple s'étant avancé sur le terrain laissé à sec, on trouva un édifice ayant la forme d'un temple de marbre, construit par les anges; et dans un tombeau de pierre reposait le corps du bienheureux Clément, disciple de l'apôtre saint Pierre. L'ancre avec laquelle il avait été submergé était placée près de lui. Ses disciples furent avertis par une révélation de ne point enlever le corps; et l'oracle céleste,ajouta que désormais tous les ans, le jour du combat du saint martyr, la mer se retirerait pendant sept jours, et qu'on y pourrait marcher à pied sec. Ce qu'il a plu au Seigneur d'accomplir jusqu'à ce jour pour la gloire de son nom.

 

Les marins ont pris saint Clément pour patron.

 

Sources : 1; 2; 3

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 00:00
Sainte Cécile, vierge et martyre († 230)

Jeune sainte qui souffrit le martyre sous l'empereur Alexandre Sévère, Cécile est l'une des fleurs les plus suaves de la virginité chrétienne. Elle voua sa vie très jeune à Dieu; mariée de force vers l'âge de quinze ou seize ans, elle continua à respecter son vœu de virginité.

 

L'histoire de Sainte Cécile, qui n'est pas dénuée de beauté et de mérite, est construite en partie de légendes. La romance de Cécile et Valérien est connue depuis la légendaire passion de Cécile écrite en 535. Toutefois, son nom, le fait qu'elle fonda une église et qu'elle fut enterrée dans une crypte des catacombes de saint Callixte, le contexte tout comme l'existence d'un Valérien et d'un Tubercius, tous faits historiquement vérifiables à son sujet, il est certain que cette vie de saint est basée sur quelques faits réels. C'est l'un des martyrs des débuts de l'Église les plus vénérés, mentionné dans le canon de la messe depuis 496.

  

Fille d'un illustre patricien de la famille des Caecilii, dont sont issus beaucoup de sénateurs, seule chrétienne de sa famille, alors qu'elle eût consacré sa virginité à Jésus-Christ, elle dut se résigner à sortir de la maison paternelle, où elle vivait dans la prière, lecture des livres saints et le chant des cantiques, pour épouser le jeune Valérien, homme que ses parents lui choisirent, noble et bon, connu pour être de grande compréhension, mais païen. 

 

Le soir des noces, quand les époux se trouvèrent seuls, Cécile s'adressa doucement à Valérien : « Ami très cher, lui dit-elle, j'ai un secret à te confier : mais peux-tu me promettre de le garder ? » Ayant reçu le serment du jeune homme, elle reprit :
 « Écoute. Un ange de Dieu veille sur moi, car j'appartiens à Dieu. S'il voit que tu m'aimes d'un mauvais amour, il me défendra, et tu mourras ; mais si tu respectes ma virginité, alors il t'aimera comme il m'aime, et sa grâce s'étendra aussi sur toi. » Troublé, Valérien répondit : « Cécile, pour que je puisse croire à ta parole, fais-moi voir cet ange.
- Si tu crois au vrai Dieu et si tu reçois le baptême des chrétiens, tu pourras voir l'ange qui veille sur moi. »

 

Valérien accepta la condition, se rendit près de l'évêque Urbain (Urbanus), à trois milles de Rome (non le pape homonyme) lut l'évangile selon Luc, fut instruit, reçut le baptême et revint près de Cécile. Près d'elle, il aperçut un ange au visage lumineux, aux ailes éclatantes, qui tenait dans ses mains deux couronnes de roses et de lis, et qui posa l'une de ces couronnes sur la tête de Cécile, l'autre sur la tête de Valérien, et leur dit : « Je vous apporte ces fleurs des jardins du Ciel. » Les deux jeunes époux vécurent dans la chasteté et se dévouèrent aux bonnes oeuvres. 

 

Valérien avait un frère nommé Tiburce ; au récit de ces merveilles, il abjura les idoles et se fit chrétien. Valérien et Tiburce s'employèrent à donner des sépultures aux corps des martyrs que le préfet Amalchius faisait tuer comme criminels. Les deux frères furent bientôt dénoncés, demeurèrent invincibles dans la confession de leur foi et eurent la tête tranchée. Maximus, l'officier chargé de rendre la sentence, après avoir vu une apparition de martyrs, se convertit soudainement à la religion chrétienne et subit le même sort. Les trois hommes furent exécutés aux alentours de Rome. Cécile parvint à racheter les corps et les ensevelit au cimetière Praetextatus, sur la Via Appia.

 

Cécile ne tarda pas à comparaître elle-même devant le tribunal du préfet de Rome. Son interrogatoire, que Dom Guéranger tenait pour authentique, a des accents d'une hauteur telle qu'il méritait d'être cité. 

 

- « Jeune femme, quel est ton nom ? lui dit-il.

- Caecilia.

- Ta condition ?

- Libre, patricienne, clarissime.

- Je te parlais de ta religion.

- Ta question manquait donc de clarté puisqu'elle donnait lieu à double interprétation.

- D'où peut te venir une pareille assurance ?

- D'une conscience pure et d'une foi qui ne se cache pas.

- Ignores-tu de quels pouvoirs je dispose ?

- Le pouvoir de l'homme ressemble à une outre pleine de vent. Perce l'outre; elle se dégonfle. Tout ce qui ressemblait à de la consistance s'est envolé!

- Tu as commencé par l'insolence et tu continues sur le même ton!

- Il n'y a d'insolence que pour ceux qui affirment des choses erronées. Démontre-moi que j'ai dit une sottise; je conviendrai de mon insolence. Sans quoi, tes reproches sont une pure calomnie.

- Ne sais-tu pas que j'ai sur toi pouvoir de vie et de mort ! 

- Non tu te trompes. Tu n'as que le pouvoir de me tuer. Tu ne peux rendre la vie aux morts. Et si tu soutiens le contraire, tu mens ! » Elle conclut, en désignant les statues des dieux qui président aux audiences :

-  « Ces statues en pierre seraient plus utiles si on les jetait dans un four pour en faire de la chaux. Elles s'usent dans l'oisiveté et ne sont pas plus capables de se défendre elles-mêmes des flammes que de t'arracher, toi, à la perdition. »

 

Auparavant, sans illusion sur le sort qui l'attendait, la jeune veuve confia tous ses biens au pape Urbain et lui recommanda ceux qu'elle avait convertis, ainsi que sa maison pour en faire une église : elle subsiste aujourd'hui, c'est Sainte Cécile du Trastevere, à Rome. Le préfet la fit reconduire chez elle et ordonna de la laisser mourir dans la salle de bains embrasée de vapeurs ; Dieu renouvela pour elle le miracle des Hébreux dans la fournaise. Le bourreau vint pour lui trancher la tête ; mais il le fit si maladroitement, qu'elle ne mourut que trois jours après. Touchés par son exemple, ses parents et sa famille embrassèrent la foi pour laquelle elle avait choisi de mourir (c'est probablement à cette conversion familiale qu'il faut rapporter les quatre cents convertis de sainte Cécile dont parle la passion. Si l'on compte les affranchis et les esclaves, le nombre n'a rien d'incroyable).

 

Un évènement assez rare sinon exceptionnel conforte la dévotion autour de sainte Cécile, en apportant à sa sainteté un cachet de parfaite authenticité : la découverte, lors de la seconde invention des reliques, en 1599, de son corps intact, préservé des lois ordinaires de la décomposition. En 1590, le titre de Santa Cecilia au Transtévère appartenait au cardinal Paolo Emilio Sfondrate, disciple de saint Philippe Néri et neveu du pape Grégoire XIV. La vieille basilique dont il était titulaire était en mauvais état et nécessitait des travaux de restauration urgents. Mgr Sfondrate s'y employa. Or, au cours de ces travaux, le 20 octobre 1599, des ouvriers mirent au jour, sous l'autel principal, deux tombeaux de marbre blanc. Bon connaisseur de l'histoire de la Ville, le cardinal ne se posa pas de question : il s'agissait des sépultures données en 817 par le pape Pascal Ier à la martyre et à ses compagnons. A cette date en effet, le souverain pontife, navré des déprédations répétées dont les catacombes avaient fait l'objet depuis les premières invasions barbares au Ve siècle, prit la décision de ramener intra muros le plus possible de martyrs de l'Antiquité, les mettant à l'abri des pillages. Cécile, enterrée sur la Via Appia, et dont on craignait que la sépulture ait été profanée pendant les guerres lombardes, avait été l'une des premières mise en sûreté. Elle repose depuis dans la basilique élevée à l'emplacement de sa maison, au Transtévère. Près d'elle, son époux, Valérien, son beau-frère Tiburce, et le sous-officier Maxime qu'ils avaient converti, ainsi que deux souverains pontifes, Urbain et Lucius. Mgr Sfondrate n'eut aucun doute sur l'identité des martyrs, mais il se souvint de ce que rapportait la Tradition. A l'ouverture du tombeau, le pape Pascal Ier avait trouvé, dans le sarcophage des trois hommes, ce qu'ils s'attendait à y découvrir après plus de sept siècles : quelques ossements. Mais, dans celui de Cécile...

 

Sainte Cécile

Mgr Sfondrate fit ouvrir les sépultures. Dans l'une, les restes des trois saints, en effet, moins le chef de Valérien, que Pascal Ier avait retiré. Dans la seconde... Sous le drap de soie précieuse dont le pape, au IXe siècle, recouvrit la dépouille, une jeune fille étendue. Son corps préservé de toute trace de corruption, on eut cru qu'elle dormait, et non qu'elle était morte. Elle portait encore une robe blanche brochée d'or, un vêtement de patricienne, couvert de taches sanglantes, tout comme les linges posés à ses pieds. Selon l'usage, les fidèles qui l'ont ensevelie ont recueilli précieusement le sang qui coulait des plaies de la martyre. Ces plaies, elles sont trois, comme le rapportait la passion, trois blessures portées à la gorge par la main d'un bourreau si tremblant qu'il fut incapable d'achever sa besogne et laissa Cécile mourante étendue sur le sol. La tête était presque détachée du tronc, et ce détail explique pourquoi, lorsque l'on a couché la défunte dans le cercueil, le corps avait pris cette position étrange dans laquelle la mort l'avait trouvée, couché sur le côté mais le visage tourné vers le fond. L'index gauche était demeuré dressé, ainsi que trois doigts à la main droite. Sfondrate et les témoins de l'invention des reliques, saisis, se souvinrent de cette mention de la passion : Cécile, égorgée, incapable de parler, agonisante, avait eu encore la force d'esquisser ce geste, ultime confession du mystère de la Sainte Trinité. Dieu en trois personnes.

Pour contempler le visage de la sainte, il eut fallu le retourner. Et la toucher. Confondus de respect, aucun de ces hommes n'osa porter une main qu'ils eurent estimé sacrilège sur la vierge martyre. Aucun de ceux qui viendront la vénérer ne l'osera, pas même le pape Clément VIII. Cécile sera recouchée dans sa tombe, après qu'un sculpteur en renom, Maderno, sera venu prendre des esquisses de son corps, qui serviront à l'admirable statue témoin du miracle.

   

Le Martyre de sainte Cécile, par Maderno ,

représentant fidèlement la martyre baignant dans son sang comme elle tomba après les coups et telle qu'on la trouva lors de l'ouverture de sa tombe en 1599.

   

Lors de nouvelles fouilles archéologiques, réalisées en 1902, le sarcophage ne fut pas rouvert, ce qui ne permit pas d'opérer des vérifications plus scientifiques. Cela n'ôte rien à la sincérité et à la probité des témoignages recueillis au IXe et au XVIe siècles. (Source : Anne BERNET, Les Chrétiens dans l'Empire romain, des persécutions à la conversion Ier - IVe siècle, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 183-190)

 

Actuellement Cécile et Valérien sont à nouveau réunis pour l'éternité. Leurs reliques ainsi que celle de St Urbain se trouvent dans une voûte somptueuse sous le grand autel de l'église Sainte Cécile de Trastevere qui lui a été dédiée par Sfondrati.

 

Sainte Cécile est la patronne des musiciens, des chanteurs, luthiers et des autres fabricants d'instruments de musique.

 

Tandis que les instruments de musique retentissaient pour ses noces, Cécile chantait pour Dieu dans son cœur. Il faut ajouter qu’à la fin du Moyen-Age, on attribuait à Sainte Cécile, la composition de plusieurs hymnes, et c’est ainsi que  chanteurs et musiciens se placèrent sous son patronage au XVème siècle.

 

On la représente avec une couronne de fleurs, un plant de lys, un instrument de musique et une épée.

 

Depuis le XVème siècle, l'emblème de Sainte Cécile est devenu l'orgue. Sur des représentations imagées, elle y est figurée avec un orgue, une harpe ou un autre instrument de musique. Auparavant elle était couronnée de roses, portant une palme ou occupée à convertir son mari Saint Valérien, etc...

 

Les plus anciennes images de Cécile sans instruments de musique ont été trouvées au VIème siècle sur des fresques romaines dans les catacombes de St Callixte.

 

Après qu'elle fut peinte par Raphaël en organiste, son image est devenue un sujet favori pour les vitraux.

 

Raphaël, Le Dominiquin ou encore Carlo Dolci ont peint des tableaux de sainte Cécile.

 

Dryden a composé en son honneur une ode célèbre ainsi qu'Henry Purcell en 1692 avec l'ode à sainte Cécile Hail! Bright Cecilia.

 

Le compositeur hongrois Franz Liszt a composé une œuvre chorale nommée La légende de sainte Cécile en 1874.

 

Plus récemment, l'Estonien Arvo Pärt  a composé Cecilia, vergine romana en 2000, oeuvre pour choeur mixte et orchestre pour l'Académie nationale de Sainte-Cécile  de Rome.

 

 

 

 

 

 

Sources

 

1; 2; 3; 4; Anne Bernet, Les Chrétiens dans l'Empire romain, des persécutions à la conversion Ier - IVe siècle, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 183-190.

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 00:00
Présentation de la Vierge Marie - Mémoire

Les parents qui aiment Dieu lui ont, de tout temps, consacré leurs enfants, avant et après leur naissance. Parmi les Juifs, existait de plus l'usage de consacrer quelques fois à Dieu les enfants en bas âge ; on les amenait au Temple, où avait lieu la cérémonie de la consécration, puis ils habitaient dans les dépendances du Temple et servaient les prêtres et les lévites dans leurs fonctions. Nous avons des exemples de cette consécration spéciale dans la personne de Samuel et de quelques autres saints personnages. Il y avait aussi des appartements pour les femmes dévouées au service divin. 

L'évangile ne nous apprend rien de l'enfance de Marie ; son titre de Mère de Dieu efface tout le reste. Mais la tradition est plus explicite ; elle nous apprend que la Sainte Vierge, dans son enfance, fut solennellement offerte à Dieu dans son temple. Cette présentation est le sujet de la fête qu'on célèbre aujourd'hui. Où mieux que loin du monde, dans l'enceinte du temple, Marie se fût-elle préparée à sa mission ? Douze années de recueillement, de prière, de contemplation, telle fut la préparation de l'élue de Dieu.

Voici, d'après saint Jérôme, comment se divisait la journée de Marie au temple : depuis l'aurore jusqu'à 9 heures du matin, Elle priait ; de 9 heures à 3 heures elle s'appliquait au travail des mains ; ensuite elle se remettait à la prière, jusqu'au moment où arrivait sa nourriture. Marie, au jour de sa présentation, nous apparaît comme le porte-étendard de la virginité chrétienne. Après elles, viendront des légions innombrables de vierges consacrées au Seigneur, dans le monde ou à l'ombre des autels ; Marie sera leur éternel modèle, leur patronne dévouée, leur guide sûr dans les voies de la perfection. (1)

 

http://p5.storage.canalblog.com/56/72/249840/21110725_p.jpg

La fête de la présentation de la Vierge Marie au Temple est célébrée en Orient depuis le VIe siècle. Elle semble liée à la dédicace de l’église de Sainte-Marie-la-Neuve à Jérusalem (543). Elle est devenue une des douze grandes fêtes de la liturgie byzantine :

 

« Après ta naissance, divine Fiancée, tu fus présentée au Temple du Seigneur pour être élevée dans le Saint des Saints comme une Vierge sanctifiée » (Lucernaire).

 

Rome montra plus de réserve à l’égard de la tradition suivant laquelle, Marie, à l’âge de trois ans, aurait été présentée au Temple de Jérusalem pour y prier et servir Dieu et se préparer ainsi à sa grande vocation. Cette hypothèse est proposée dans l’Evangile apocryphe intitulé le Protévangile de Jacques, composé probablement en Egypte au milieu du IIe siècle. L’Eglise n’a pas retenu cet ouvrage comme canonique, en raison de sa datation tardive et du merveilleux qui y foisonne. Cependant, ce récit qui se présente comme l’œuvre de Jacques le Mineur est déjà évoqué par saint Justin (mort vers 165) dans le Dialogue avec Tryphon et Origène s’y réfère explicitement dans son Commentaire de S. Matthieu. Il s’agit de la plus longue glose sur des événements qui précèdent les récits évangéliques (d’où le nom « protévangile »). Cet apocryphe raconte avec détails la conception de Marie, sa présentation à trois ans et son enfance au Temple, ses fiançailles à treize ans avec Joseph - un veuf âgé - puis la naissance de Jésus. Précisons que l’on chercherait en vain une obligation particulière dans la Loi de Moïse qui justifierait la présentation d’une enfant de cet âge au Temple.

Introduite en Avignon au XIVe siècle, la fête de la Présentation est reconnue par le pape Grégoire XI en 1372. Elle ne sera cependant inscrite au calendrier liturgique d’Occident qu’en 1585, par le pape Sixte V, eu égard à l’interprétation symbolique qu’on peut en donner : Marie est le modèle de l’Eglise, qui comme elle, se consacre au service de son Dieu par un don total de tout son être. La Vierge est aussi le véritable Temple où Dieu établira sa demeure au moment de l’Annonciation, préfigurant ainsi la Jérusalem céleste dont l’Agneau qui demeure en son milieu, est l’unique flambeau (Ap 21,23). Cette fête établit ainsi un lien entre le Temple ancien de pierre, et l’Arche de la Nouvelle Alliance, le sein très pur de la Vierge, sur laquelle descendra bientôt la shekinah, la gloire du Dieu vivant.

Prolongeant notre méditation à la lumière de l’enseignement de Saint Paul : « Vous êtes le temple de Dieu » (1 Co 3,16), il apparaît juste et bon de « prendre chez nous » (Jn 19,2) Marie, afin qu’elle continue dans le Temple de nos cœurs, le service du Dieu vivant auquel elle s’est consacrée dans le Temple de Jérusalem dès sa petite enfance.

« Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur et une mère. » Nul doute que Marie se dévoue toute entière à porter aux hommes les grâces du salut obtenues par son Fils, afin que s’accomplisse la volonté du Père, qui « veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Ti 2, 4). Elle nous aidera aussi à discerner quelle est notre part dans ce travail d’enfantement du monde nouveau, et à l’accomplir dans la paix et la joie de l’Esprit.

Quelques jours avant le commencement de l’Avent, tournons donc résolument notre pensée vers la Mère de Dieu, dont l’humble et silencieuse attente demeure le modèle de notre propre attente pendant ce temps liturgique. La fête de la présentation de Marie au Temple est aussi traditionnellement la Journée des religieuses contemplatives, dont la vie incarne la patiente vigilance de l’Eglise guettant le retour de son Epoux. Mais cette perspective ne doit-elle pas aimanter toute vie chrétienne, quel que soit notre état de vie ?

 

« O Marie, enfant chérie de Dieu, que ne puis-je vous offrir et vous consacrer les premières années de ma vie, comme vous vous êtes offerte et consacrée au Seigneur dans le Temple ! Mais hélas ! Ces premières années sont déjà bien loin de moi ! J’ai employé un temps si précieux à servir le monde et vous ai oubliée en écoutant la voix de mes passions. Toutefois il vaut mieux commencer tard à vous servir que de rester toujours rebelle. Je viens donc aujourd’hui m’offrir tout entier à votre service, et consacrer à mon Créateur, par votre entremise bénie, le peu de jours qu’il me reste encore à passer sur la terre. Je vous donne mon esprit, pour qu’il s’occupe de vous sans cesse, et mon cœur, pour vous aimer à jamais. Accueillez, ô Vierge Sainte, l’offrande d’un pauvre pécheur ; je vous en conjure par le souvenir des ineffables consolations que vous avez ressenties en vous offrant à Dieu dans le Temple. Soutenez ma faiblesse, et par votre intercession puissante obtenez-moi de Jésus la grâce de lui être fidèle ainsi qu’à vous, jusqu’à la mort, afin qu’après vous avoir servie de tout mon cœur pendant la vie, je participe à la gloire et au bonheur éternel des élus. Amen »

Saint Alphonse-Marie de Ligori. (2)

http://vitrail.ndoduc.com/vitraux/img1/02_P1210584.JPG

 

Vitrail Présentation de la Vierge Marie au Temple, Cathédrale Saint Étienne - Meaux - 77 - FR

 

Sources: 1, 2

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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 00:00
Christ-Roi (Fête)

A Lui seul soit le gouvernement

 

La louange et la joie

 

Jusqu'à l'accomplissement des temps. Amen !

 

Les jours meilleurs arrivent !

 

Les bons temps arrivent !

 

Par le rachat du Sang du Christ !

 

Maintien dans la joie

 

Félicitations !

 

Et bonne fortune !

 

La Paix du Christ vient

 

Le Règne du Chrits arrive

 

Rendons grâce à Dieu. Amen.

 

21. Les Etats, à leur tour, apprendront par la célébration annuelle de cette fête que les gouvernants et les magistrats ont l'obligation, aussi bien que les particuliers, de rendre au Christ un culte public et d'obéir à ses lois. Les chefs de la société civile se rappelleront, de leur côté, le dernier jugement, où le Christ accusera ceux qui l'ont expulsé de la vie publique, mais aussi ceux qui l'ont dédaigneusement mis de côté ou ignoré, et punira de pareils outrages par les châtiments les plus terribles."

(
Pie XI, Lettre encyclique Quas Primas instituant la fête du Christ-Roi, § 21., 1925)


La Royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ (Cardinal Pie)
 
P. THEOTIME DE SAINT JUST O.M.C.
LECTEUR EMERITE EN THEOLOGIE
LA ROYAUTÉ SOCIALE DE N. S. JESUS-CHRIST D’APRÈS LE CARDINAL PIE

 

Image du Christ, Roi des Nations; extrait de la magnifique tenture de l'Apocalyspe exposée au chateau d'Angers, rescapée des destructions de la Révolution dite française.(Merci aux divers responsables qui ont permis la mise en valeur de ce trésor)
Image du Christ, Roi des Nations; extrait de la magnifique tenture de l'Apocalyspe exposée au chateau d'Angers, rescapée des destructions de la Révolution dite française.(Merci aux divers responsables qui ont permis la mise en valeur de ce trésor)

 

{Editions de Chiré BP 1 86190 Chiré en Montreuil 05 49 51 83 04 /
Editions Sainte jeanne d'Arc les Guillots 18260 Villegenon 02 48 73 74 22 }


«JESUS-CHRIST EST LA PIERRE ANGULAIRE DE TOUT L'EDIFICE SOCIAL. LUI DE MOINS, TOUT S'EBRANLE, TOUT SE DIVISE, TOUT PERIT...»

«METTEZ DONC AU CŒUR DE NOS CONTEMPORAINS, AU COEUR DE NOS HOMMES PUBLICS, CETTE CONVICTION PROFONDE QU'ILS NE POURRONT RIEN POUR LE RAFFERMISSEMENT DE LA PATRIE ET DE SES LIBERTES, TANT QU'ILS NE LUI DONNERONT PAS POUR BASE LA PIERRE QUI A ETE POSEE PAR LA MAIN DIVINE : PETRA AUTEM ERAT CHRISTUS ».

«JESUS-CHRIST, C'EST LA PIERRE ANGULAIRE DE NOTRE PAYS, LA RECAPITULATION DE NOTRE PAYS, LE SOMMAIRE DE NOTRE HISTOIRE, JESUS-CHRIST, C'EST TOUT NOTRE AVENIR... » (CARDINAL PIE : ŒUVRES , V, 333 ; VIII, 54 ; X, 493).

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 00:00
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/7/71/Elisabeth_elisabeth02.jpg/448px-Elisabeth_elisabeth02.jpg
Sainte Élisabeth de Hongrie († 1231)

Baptisée du nom de la mère de Jean-Baptiste, Elisabeth est la fille du roi de Hongrie. Elle naît en 1207.

Après une enfance tout angélique, elle fut fiancée au jeune prince Louis de Thuringe. Son mariage se révéla très heureux, les deux époux partageant le même idéal, celui de saint François d'Assise au service des pauvres. Dès lors Élisabeth donnait tout ce qu'elle avait à ces derniers. Sa piété, son amour de Dieu la poussait au sacrifice.

Les deux jeunes époux, unis par la foi encore plus que par la tendresse, eurent toujours Dieu comme lien de leur affection. Louis était un prince éminent par ses vertus et sa sagesse. La dévotion d'Élisabeth n'était ni triste, ni exagérée ; on ne la voyait jamais qu'avec un visage doux et aimable.

Elle aimait à porter aux pauvres de l'argent et des provisions. Un jour qu'elle portait dans son manteau du pain, de la viande, des œufs et autres mets destinés aux malheureux, elle se trouva tout à coup en face de son mari : « Voyons ce que vous portez » dit-il ; et en même temps il ouvre le manteau ; mais il n'y avait plus que des roses blanches et rouges, bien qu'on ne fût pas à la saison des fleurs. C'est le miracle de sainte Élisabeth de Hongrie.

Quelle douleur pour Élisabeth, quand son mari partit pour la croisade ! Elle souffrit avec courage cette séparation qui devait être définitive. Élisabeth restait veuve avec quatre enfants. Alors commença sa vie d'épreuves. Chassée du château, réduite à la pauvreté la plus entière, méprisée, elle sut se complaire en ses souffrances, et mourut à vingt-quatre ans sous l'habit du Tiers Ordre de S. François.

On représente souvent Elisabeth portant sa couronne et un panier de provisions. La rose est son emblème.

 

 

 

Elle est un des principaux personnages de l'opéra de Richard Wagner, Tannhäuser (Dresde 1845).

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d8/Wagrez_Tannhauser_in_the_Venusberg.jpg/444px-Wagrez_Tannhauser_in_the_Venusberg.jpg

Tannhauser dans le Venusberg, 1896

 

Un oratorio de Franz Liszt a pour sujet la légende d'Elisabeth de Hongrie.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/cd/Elisabet_av_Th%C3%BCringen.jpg/425px-Elisabet_av_Th%C3%BCringen.jpg

The Charity of St. Elizabeth of Hungary, 1895, Collection of Fred and Sherry Ross.

 

Elisabeth fut canonisée en 1235 et sa fête est le 17 novembre.

 

Sources : (1), (2) Le Petit Livre des Saints, Editions du Chêne, tome 1, 2011, p. 52, (3)

 

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16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 00:00
Sainte Marguerite, Lourdes (France)

Sainte Marguerite, Lourdes (France)

Sainte Marguerite, nièce de saint Étienne de Hongrie, vint au monde en 1046. Elle montra bientôt de merveilleuses dispositions pour la vertu qui lui mérita dans la suite le nom de mère des orphelins et de trésorière des pauvres de Jésus-Christ.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/7/7d/StMargareth_edinburgh_castle2.jpg/485px-StMargareth_edinburgh_castle2.jpg

Sainte Marguerite, reine d'Écosse

Vitrail de la chapelle Sainte-Marguerite d'Édimbourg

 

Forcée de chercher un asile en Écosse, elle donna l'exemple d'une sainteté courageuse dans les épreuves, si bien que le roi Malcolm III, plein d'estime pour elle et épris des charmes de sa beauté, lui offrit sa main et son trône. Marguerite y consentit, moins par inclination que dans l'espoir de servir à propager le règne de Jésus-Christ. Elle avait alors environ vingt-trois ans.

Son premier apostolat s'exerça envers son mari, dont elle adoucit les mœurs par ses attentions délicates, par sa patience et sa douceur. Convertir un roi, c'est convertir un royaume : aussi l'Écosse entière se ressentit de la conversion de son roi : la cour, le clergé, le peuple furent bientôt transformés.  

Marguerite, apôtre de son mari, fut aussi l'apôtre de sa famille. Dieu lui donna huit enfants, qui firent tous honneur à la vertu de leur pieuse mère et à la valeur de leur père. Dès le berceau elle leur inspirait l'amour de Dieu, le mépris des vanités terrestres et l'horreur du péché.

 

"Nos seigneurs les pauvres"

 

L'amour des pauvres, qui avait brillé dans Marguerite enfant, ne fit que s'accroître dans le cœur de la reine. Pour les soulager, elle n'employait pas seulement ses richesses, elle se dépensait tout entière : « La main des pauvres, aimait-elle à dire, est la garantie des trésors royaux : c'est un coffre-fort que les voleurs les plus habiles ne sauraient forcer. »

 

Aussi se fit-elle plus pauvre que les pauvres eux-mêmes qui lui tendaient la main ; car elle ne se privait pas seulement du superflu, mais du nécessaire, pour leur éviter des privations.

 

Quand elle sortait de son palais, elle était toujours environnée de pauvres, de veuves et d'orphelins, qui se pressaient sur ses pas. Avant de se mettre à table, elle servait toujours de ses mains neuf petites orphelines et vingt-quatre vieillards ; l'on vit même parfois entrer ensemble dans le palais jusqu'à trois cents pauvres.

 

Malcolm se faisait un plaisir de s'associer à sa sainte épouse pour servir les pauvres à genoux, par respect pour Notre-Seigneur, dont ils sont les membres souffrants.

 

La mort de Marguerite jeta le deuil dans tout le royaume.

 

Sources: (1), (2)

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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 00:00
Saint Albert le Grand, évêque et docteur de l'Église (1193-1280)

Saint Albert le Grand naquit à Lauingen, dans la partie Souabe du diocèse d'Augsbourg (Bavière), d’un officier de la cour qui avait une haute charge dans l'administration de la cité.

 

Dès son enfance, Albert montra dans ses études une rare perspicacité ; le goût des sciences lui fit abandonner les traditions chevaleresques de sa famille et le conduisit à l'université de Padoue où il sut tempérer son ardeur pour l'étude par une vive piété.

 

Jusqu'alors, la philosophie chrétienne, depuis les Pères, avait été platonicienne. Avec Albert, monstre de la connaissance, génie encyclopédiste de son temps, maître en sciences naturelles autant qu'en philosophie, l'Eglise en Occident découvre les textes d'Aristote. Il affirme qu'on peut utiliser Aristote comme S. Augustin a utilisé Platon. Mais en même temps, il n'hésite pas à distinguer et à rejeter ce qui, en lui, est contraire à la doctrine chrétienne.

 

Albert a laissé une somme de théologie qui servit de modèle à la Somme théologique de son disciple, saint Thomas d'Aquin. Il était déjà surnommé "le Grand" de son vivant.

 

Après des études à Paris, en 1221, à l'âge de trente ans, encore incertain de son avenir, mais inspiré par la grâce, Albert alla se jeter aux pieds de la très Sainte Vierge, et crut entendre la céleste Mère lui dire :

 

"Quitte le monde et entre dans l'Ordre de Saint-Dominique."

 

Dès lors, il n'hésita plus, et malgré les résistances de sa famille, il entra au noviciat des Dominicains. Tels furent bientôt ses progrès dans la science et la sainteté, qu'il dépassa ses maîtres eux-mêmes.

 

Muni du titre de docteur en théologie, il fut envoyé à Cologne, où sa réputation lui attira pendant longtemps de nombreux et illustres disciples. Mais un seul suffirait à sa gloire, c'est Thomas d'Aquin. Ce jeune religieux, déjà tout plongé dans les plus hautes études théologiques, était silencieux parmi les autres au point d'être appelé par ses condisciples : "le Bœuf muet de Sicile". Mais Albert les fit taire en disant : "Les mugissements de ce bœuf retentiront dans le monde entier."

 

De Cologne, Albert fut appelé en 1245 à l'Université de Paris, où il enseigna la philosophie. C'est là que son génie parut dans tout son éclat et qu'il composa un grand nombre de ses ouvrages. Dans le quartier latin la rue Maître-Albert porte encore son nom, nom qu'on retrouve aussi sur une plaque commémorant le couvent Saint Jacques, en l'Eglise Saint-Etienne-du-Mont.

 

Son autorité devient si énorme qu'une formule met fin à toutes les discussions : Magister lbertus dixit. Le "Docteur universel" a parlés tous se tairont.

 

Fidèle à l'augustinisme par bien des points, il s'élance cependant sur le terrain délicat des rapports de la science et de la foi, montre que la raison ne peut expliquer le mystère mais qu'elle aide à préparer les voies de Dieu.

 

Plus tard l'obéissance le ramène en Allemagne comme provincial de son Ordre ; il dit adieu, à sa cellule, à ses livres, à ses nombreux disciples, et voyage sans argent, toujours à pied, à travers un immense territoire pour visiter les nombreux monastères soumis à sa juridiction. Il était âgé de soixante-sept ans quand il dut se soumettre à l'ordre formel du pape et accepter, en des circonstances difficiles, le siège épiscopal de Ratisbonne (5 janvier 1260); là, son zèle infatigable ne fut récompensé que par de dures épreuves où se perfectionna sa vertu.

 

Rendu à la paix dans un couvent de son Ordre, il lui fallut bientôt, à l'âge de soixante-dix ans, reprendre ses courses apostoliques. Enfin il put rentrer définitivement dans la retraite pour se préparer à la mort. On s'étonne que, parmi tant de travaux, de voyages et d'œuvres de zèle, Albert ait pu trouver le temps d'écrire sur les sciences, la philosophie et la théologie des ouvrages qui ne forment pas moins de vingt et un volumes in-folio, et on peut se demander ce qui a le plus excellé en lui du savant, du saint ou de l'apôtre.

 

Il mourut âgé de quatre-vingt-sept ans, le 15 novembre 1280 ; son corps fut enterré à Cologne dans l'église des Dominicains.

 

Innocent VIII permit aux prêcheurs de Cologne et de Ratisbonne un office en l'honneur du bienheureux Albert, confesseur pontife (1484) ; après qu'il fut béatifié par Grégoire XV (15 septembre 1622), obtenaient cette faveur la ville de Lauingen en 1631, puis tous les couvents dominicains de l'Empire (1635), ceux des pays vénitiens (1664), ceux de l'Ordre entier (1670), l'archidiocèse de Cologne (1856) où la fête fut promue au rite double en 1870.

 

Il lui a fallu attendre jusqu'au 16 décembre 1931 les honneurs de la canonisation et l'extension de son culte à l'Église universelle. En proclamant sa sainteté, le pape Pie XI y ajouta le titre si glorieux et si bien mérité de docteur de l'Église.

 

Il sera déclaré patron des savants chrétiens et de tous ceux qui cultivent les sciences naturelles en 1941 par Pie XII, dans une lettre apostolique, à la demande des académiciens catholiques réunis à Trèves (16 décembre 1941) : "Si les règles ou directies que le grand évêque de Ratisbonne avait établies à propos de la nécessité de l’expérimentation, de l’observation pénétrante et de l’importance de l’induction pour arriver à la vérité dans l’étude des choses de la nature, avaient été, déjà en ce temps, bien comprises et appliquées, les admirables progrès scientifiques dont se glorifient les époques plus récentes et aussi la nôtre, auraient pu être des siècles auparavant découverts et réalisés pour le plus grand profit de l’humanité."

 

Sa fête a été fixée au 15 novembre, jour de sa mort.

 

Sources : 1; 2 ; 3 ; 4 ; 5; DANIEL-ROPS, L'Histoire de l'Eglise du Christ, tome IV, sous la direction de Jean DUMONT, Editions Bernard Grasset 1962-1965, p. 292.

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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 00:00
Saint Sidoine Saëns, abbé thaumaturge en Normandie († 684)

Saint Sidoine, appelé aussi S. Saëns, serait né en Irlande ou en Ecosse au VIIe siècle. Pris par des pirates, il a été vendu comme esclave aux moines de l'abbaye de Jumièges : ceux-ci avaient coutume d'acheter ainsi des esclaves pour pouvoir leur rendre immédiatement la liberté. Sidoine décida alors de rester à l'abbaye et de devenir moine sous la direction spirituelle de Philibert de Tournus.

 

Il voyagea de monastère en monastère, alla à Rome en compagnie de Ouen, et celui-ci, à leur retour, le nomma abbé d'un monastère fondé par Colomban de Luxeuil, près de Rouen, à Saint-Saëns. Ce monastère sera détruit au IXe siècle lors des invasions vikings, mais le saint laissera son nom à une localité Saint-Saëns (76680).

 

Toute la Normandie et l’île de Noirmoutier doivent beaucoup à ce moine irlandais qui fut si bon et si entreprenant. Il géra, fonda, et fortifia spirituellement de nombreux monastères. Il eut S. Leufroy comme disciple.

 

Sidoine mourut en 684, ses reliques sont à Fécamp.

 

Sources : (1), (2), (3), (4), (5)

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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 00:00
Saint Martin de Tours (+396), Apôtre des Gaules, Saint Patron de la France

Saint Martin de Tours (+396), Apôtre des Gaules, Saint Patron de la France

Saint-Martin fut l'évêque de Tours de 371 à 397. Il est vénéré depuis 16 siècles dans nos régions. Fêté le 11 novembre (date de sa mise au tombeau). Près de 4.000 églises lui sont dédiées en France.


Les Mérovingiens avaient fait du saint leur protecteur.

En 1433, Charles VII, roi indissociable de l'épopée de sainte Jeanne d'Arc, rappelle la dévotion des prédécesseurs rois de France et exprime l'espoir que saint Martin aidera au "recouvrement du royaume et à ses autres affaires".

Des privilèges de Louis XI font de saint Martin "le spécial tuteur de notre royaume qui a tant aidé nos prédécesseurs".
En 1481, il accorde de nouvelles faveurs pour que ce saint contribue "à l'entreténement et préservation du royaume... à son accord, paix et union".

 

Saint Martin, saint Rémi ou saint Denis ont joué un grand rôle dans la christianisation de la Gaule et restent les saints patrons du royaume franc.

Saint Martin de Tours est le disciple de S. Hilaire de Poitiers (315-367).

Mais, à l'opposé de son maître, Martin ne s'imposa pas par un engagement théologique. Ses miracles et ses guérisons le firent connaître, et lui valurent l'adhésion puis l'amour de nombreux convertis, le respect et la fidélité de nombreux moines et prêtres. (Christine DELAPLACE, Jérôme FRANCE, Histoire des Gaules, VIe s. av. J.-C. - VI. ap. J.-C., 5e édition Armand Collin, Domont 2016, p. 241.)

 

MARTIN (nom qui signifie voué à Mars, le dieu de la guerre), naquit d'un légionnaire des armées de l'empereur Galère, dans la petite ville de Sabaria, en Pannonie (Hongrie), vers 316.

A Pavie, où un changement de garnison amena son père, épris des splendeurs du culte chrétien, il se fit à dix ans, avec la permission paternelle, inscrire au nombre des catéchumènes.
 
Enrôlé à quinze ans comme fils de vétéran, il fut bientôt officier, et se fit remarquer par sa bravoure et par sa charité envers les malheureux.
 
Un jour à Amiens en Picardie, où il tenait garnison, Martin rencontra un pauvre presque nu qui grelottait de froid. N'ayant rien à lui donner, fidèle à la charité du Christ, il détacha de ses épaules son manteau, le fendit en deux d'un coup de sabre, et en donna la moitié au mendiant. La nuit suivante, Jésus-Christ lui apparaissait couvert de son manteau. "C'est en 334, à Amiens, que la tradition place le partage de son manteau." (Le Figaro Histoire, Les Racines chrétiennes de la France, octobre-novembre 2016, n° 28, p. 79.)

 

Après cette vision, Martin sollicita de l'évêque d'Amiens la grâce du baptême (352). Quatre ans plus tard, ayant obtenu sa mise à la retraite, il se rendit près d'Hilaire, évêque de Poitiers (356), "l'Athanase de l'Occident", qui le mit au nombre des acolytes.
 
"Il quitta l'armée au cours d'une expédition de Julien en Gaule en 356." (Christine DELAPLACE, Jérôme FRANCE, Histoire des Gaules, VIe s. av. J.-C. - VI. ap. J.-C., ibid., p. 241)
 
 
Martin rompit avec le milieu des armes et quitta la cour du César Julien, au moment où celui-ci se préparait à restaurer les cultes païens dans l'empire et, devenu Auguste (empereur) imposerait bientôt l'abjuration de leur foi aux soldats de la garde impériale. (Le Figaro Histoire, Les Racines chrétiennes de la France, octobre-novembre 2016, n° 28, p. 47.)
 
 
Pendant l'exil d'Hilaire, Martin alla à Pavie, où il convertit à Jésus-Christ sa mère et beaucoup d'autres personnes, et combattit l'arianisme (hérésie niant la sainte Trinité - c'est-à- dire la consubstantialité du Père et du Fils - et hérésie niant donc la divinité de Jésus-Christ).
 
 
Chassé de Milan par les ariens, il vécut quelque temps solitaire dans la Gallinaire, île du golfe de Gênes.
 
 
Dès qu'Hilaire fut rentré d'exil dans son diocèse, Martin revint et le rejoignit en Gaule, entreprenant désormais cette grande oeuvre de fondations monastiques qui constitue l'une des faces de son immense action (360). Par exemple, il fonda le monastère de Ligugé, où il ressuscita deux morts devant un nombreux public : un converti auquel il n'avait pas encore donné le baptême, et un grand propriétaire du voisinage, nommé Lupicinius. Ce miracle est rapporté par un témoin oculaire, Sulpice Sévère.
Abbaye-Saint-Martin-de-Liguge.jpg

L'Abbaye Saint-Martin de Ligugé est un monastère de moines bénédictins situé dans la commune de Ligugé (département de la Vienne, France) fondé par l'ermite saint Martin en 361. Ce monastère est le plus ancien établissement monastique d’Occident encore en activité.

 

Lorsque en 371, l'abbé Martin est élu au siège de Tours, le christianisme a pénétré depuis deux siècles dans les Gaules; on y trouve, dès le IIIe siècle, de nombreux diocèses.

 

Le christianisme gaulois, de foi simple et vive, de moeurs strictes, est encore très proche des traditions des temps primitifs.

 

L'Eglise de Gaule, qui s'était fortement accrue au IIIe siècle, fait au cours du IVe siècle un véritable bond en avant. En 312, au moment de la paix constantinienne (édit de Milan, liberté de culte donnée aux chrétiens de l'Empire et fin des persécutions), elle compte trente évêchés; cinquante ans plus tard, soixante. (DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p 410, 416)

Chaque cité dirigée par un évêque possède un clergé, une liturgie, l'administration des sacrements; mais les campagnes sont restées vouées aux cultes idolâtriques; au point que paganus, qui signifie paysan, a pris pour les chrétiens des villes le sens de païen.

L'évêque Martin va mériter son nom d'apôtre en ensemençant le catholicisme dans ce territoire entre le Rhin et les Pyrénées, qui fera l'objet de la conquête de Clovis : il le prépare au roi barbare qui va unifier la Gaule chrétienne sous son sceptre (au Ve s. Ndlr.) Ce lien entre la conquête des âmes et la conquête du sol sera perçu par Clovis, qui éprouvera une profonde ferveur pour saint Martin, et lui manifestera un culte public. Et cela dès sa conversion.

[U]ne chose est certaine: Clovis a voulu placer sa conversion sous le patronage de saint Martin de Tours. Et il ne s'est pas contenté de cette démarche solitaire un jour de ferveur exceptionnelle; il a renouvelé ces marques de dévotion et les a fait partager à son armée." (Ivan Gobry, Saint Martin, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1996, p. 9-11.)

 

 

 

 

 

En 372, l'évêque Hilaire meurt. La foule de Tours réclame Martin. Il a la réputation d'être un saint, un apôtre, un merveilleux guérisseur. Il veut se dérober à l'honneur; ses futures ouailles le prennent, l'amènent à Tours, cependant que les prélats se demandent, au dire de Sulpice Sévère, si l'on peut faire un évêque "d'hun homme de si petite mine, si mal vêtu, si mal peigné." Créé évêque de Tours (372), c'est alors que Martin entreprend l'évangélisation des campagnes à dos d'âne ou à mulet, de village en village. Les routes de Touraine et du Berry le voient passer. Il pousse en Auvergne, en Saintonge; il prêche dans la région parisienne comme dans la vallée du Rhône. Partout il remplace les temples païens par des églises et des oratoires. Il fonde le monastère de Marmoutiers, où il demeure avec quatre-vingts religieux.

 

La liturgie romaine appelle Martin "le merveilleux ressusciteur de trois morts". Comme, en se rendant à Chartres, dit Sulpice Sévère, il traversait une bourgade païenne, touché par les larmes d'une pauvre mère qui lui présenta le corps inanimé de son petit enfant, il le ressuscita devant tout le village, qui se convertit.

 

Ce qu'il enseignait de vive voix, il le confirmait par des miracles sans nombre, et le persuadait par sa fidélité à le pratiquer le premier.

 

Chacun de ses pas était marqué par des prodiges et des conversions. Les idoles, les temples des faux dieux, les arbres objets des superstitions druidiques, disparurent dans le voisinage de Tours, à Ambroise, à Levroux, à Langeais, à Touron, à Candes. Un jour, étant dans un bourg rempli de païens il entreprit comme il avait fait ailleurs, de les convertir au vrai Dieu et de leur faire abandonner leurs vaines superstitions. Après les avoir exhortés assez longtemps, il leur dit d'abattre l'arbre qui était dans ce lieu et que le peuple regardait avec vénération. Les païens dirent à saint Martin: "Nous voulons bien le couper, pourvu que vous consentiez à rester dessous." Il accepta la condition. On abattit l'arbre; il penchait du côté de saint Martin, les païens le crurent déjà écrasé; mais le saint ayant fait le signe de la croix, l'arbre se redressa, et tomba du côté des païens; plusieurs auraient été tués s'ils n'eussent évité la mort par une prompte fuite. Dieu se servit de ce miracle pour amollir le coeur féroce des idolâtres et les porter à demander le baptême.

Saint Martin († 397), évêque de Tours, Apôtre des Gaules, Saint Patron de la France
"Parcourant les villages depuis la région de Poitiers, il aurait extirpé les racines du paganisme en abattant idoles et arbres sacrés. ... Mais ces thèmes sont assez convenus au IVe siècle, comme le révèlent la mise en série des vies de saints et la comparaison de leurs données avec celle de l'archéologie. Si l'hagiographie chrétienne véhicule, de fait, un discours de violence contre les sanctuaires païens, celui-ci ne peut être que très rarement corrélé à un passage à l'acte. ... Les païens ne se convertissent pas sous la contrainte; ils sont retournés par la pénitence, la prière et les miracles de Martin, qui apparaît davantage comme un thaumaturge bienfaisant que comme un destructeur." (Marie-Françoise BASLEZ, Le Matin chrétien de la France, in Le Figaro Histoire, Les Racines chrétiennes de la France, octobre-novembre 2016, n° 28, p. 47.)

 

Quelques fois Martin sollicitait auprès des princes le pardon des criminels, la liberté des captifs, le retour des exilés ou le soulagement des personnages affligées.


Martin mourut le 8 novembre 397, dans une de ses paroisses à Candes, à l'âge de 81 ans. Ses funérailles furent l'occasion d'une cérémonie religieuse qui, tel l'adventus de l'empereur, accueillit avec majesté la sainte dépouille à Tours. Le culte qui allait assurer à cette cité le rang de capitale religieuse de la Gaule, puis des rois de France, fut aussitôt fondé. C'est un des patrons de la France. Sa châsse servit d'étendard à nos aïeux.

Son culte se répandit très vite au Ve et VIe siècles dans toute l'Europe. Charlemagne fit construire la Chapelle à Aix pour conserver l'autre pan du manteau de Saint Martin et les rois de France à partir du Xe siècle furent les abbés de la basilique tourangelle.

 

485 bourgs ou villages portent encore son nom. Le vocable d'église S. Martin ou le nom de village Saint-Martin est le plus répandu en France.

 

Daniel-Rops écrit qu"au temps des Mérovingiens, puis des premiers Capétiens, la cape rouge de Saint Martin (c'est pourquoi l'oriflamme des rois de France fut toujours rouge, jusqu'à la Révolution) sera portée en tête des armées et ce sera sur elle qu'on prêtera en temps de paix, les serments solennels."

 

Le vocable « chapelle vient de capella, diminutif du bas latin cappa, coiffure, chape; il s'agissait selon la légende du manteau de S. Martin, conservé comme relique dans le trésor des rois de France depuis le VIIe siècle. » (Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Pluriel, Millau 2012, p. 32-33.)

 

« La période révolutionnaire provoque la destruction du sanctuaire et la disparition des reliques. Une rue et un immeuble le remplacent. Il faut attendre 1860 pour retrouver le tombeau de Martin grâce à l'action de Léon Papin-Dufour, avocat martiniquais. » (Revue Codex, 2000 ans d'aventure chrétienne, Editions CLD, n° 1, Automne 2016, p. 94.)

L’armistice de 1918 sera signé un 11 novembre 1918 à 11 heures en la fête de Saint Martin, Apôtre des Gaules.

 

La ville de Tours a lancé le 11 novembre 2015 les fêtes du jubilé des 1700 ans de sa naissance.

 

Saint Martin est aussi le patron de Buenos Aires, Mayence, Utrecht, Rivière-au-Renard et Lucques, Martina Franca.

 

Sources générales :


* Colette Beaune, Naissance de la nation France, nrf Editions Gallimard, Mayenne 1985, p. 80-81, 173.
*
Mgr Paul Guérin, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Argentré-du-Plessis 2003, p. 699-700.

* L'Histoire de France racontée par les contemporains, Extraits des chroniques, des mémoires et des documents originaux, L. DUSSIEUX, Firmin Didiot Frères, Fils et Cie Libraires, tome premier, Paris 1861, p. 192-195.

* DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 409-413

* Christine DELAPLACE, Jérôme FRANCE, Histoire des Gaules, VIe s. av. J.-C. - VI. ap. J.-C., 5e édition Armand Collin, Domont 2016, p. 241

 



Liens:


* Les Francs Arquebusiers, ambassadeurs de la Belgique, honorent leur saint patron à l'endroit même de son tombeau (musique, photos)
*
Saint Martin de Tours, site des Arquebusiers de Visé

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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 00:00
Saint Léon le Grand, pape, docteur de l'Église († 461), héraut de la Romanitas

Au moment des grandes invasions Barbares, ce lutteur pour la foi, vainqueur du paganisme, se fit le champion de l'unité ecclésiale et de la Romanitas. Il est le dernier défenseur de Rome et des Romains quand, en face, il n'y avait plus aucun païen.

 

Né à Rome, il appartenait à l'une des plus nobles familles de Toscane. Sa conviction permanente du rayonnement de Rome dans l'empire chrétien redonne à la Ville éternelle, dans ces temps troublés, le statut de centre du monde.

 

Léon, pape de 440 à 461 n'a pas usurpé son surnom. Il pourfendit les hérésies, prêcha à temps et à contretemps, avec simplicité et profondeur, dignité et tendresse ; il déploya un courage authentique et modeste quand il affronta les Huns et les Vandales.

 

Ce qu'il y a de plus admirable, c'est que pour un saint Léon, comme pour un saint Augustin qu'en bien des façons il prolonge, cette activité va de pair avec l'élaboration d'une oeuvre littéraire considérable. Le saint pontife se distingua aussi bien dans les lettres profanes que dans la science sacrée.

 

"L'ancienne Eglise, écrivait le savant Batiffol, n'a pas connu de pape plus complet ni de plus grand." (Mgr Pierre Batiffol, 1861-1929).

 

Les évêques : derniers représentants authentiques de la romanitas

 

Vers 450, "la pensée païenne... a perdu tout dynamisme. La seule force intellectuelle agissante est le christianisme, qui s'impose dans tous les domaines. Toutes les valeurs sont révisées sous l'angle chrétien" (Jacques Pirenne, Grands courants de l'histoire universelle, le pôle syncrétisme de la pensée antique, Neuchâtel-Paris, 1959, t. I, p. 403).

 

"Nulle part on ne voit de personnalité païenne défendre efficacement la société romaine contre les Barbares. Partout cette défense est assurée par les évêques qui seront ainsi les derniers représentants authentiques de la romanitas, de saint Aignan à Orléans, à saint Loup à Troyes, à saint Sidoine Apollinaire en Auvergne, au pape saint Léon à Rome." (Jean Dumont, L'Eglise au risque de l'histoire, préface de Pierre Chaunu de l'Institut, Editions de Paris, Ulis 2002, p. 47-52.)

 

Au moment où le fonctionnaire impérial ou le militaire de Rome se montre si souvent inférieur à sa tâche, le représentant du peuple, ce n'est plus le bureaucrate ni le soldat, c'est l'évêque. [C]'est lui qui est le vrai défenseur de la cité; en général, il ne porte pas ce titre, qui est légalement celui d'un magistrat municipal, mais il en assume les fonctions jusque dans l'héroïsme et le sacrifice. Alors, ces princes de l'Eglise se révèlent des chefs politiques et militaires. Quand tout lâche, ils tiennent. C'est saint Augustin qui, dans Hippone assiégée, galvanise les courages; saint Nicaise qui se fait tuer dans sa cathédrale de Reims; saint Exupère de Toulouse qui résiste tant aux Vandales qu'il est déporté, et tant d'autres... (Daniel-Rops, Histoire de l'Eglise du Christ, tome III L'Eglise des temps barbares, Librairie Arthème Fayard, Editions Bernard Grasset, Paris 1965, p. 75)

 

Saint-Leon---La-Romanitas-et-le-Pape-Leon-le-Grand.jpgCe constat de Jean Dumont et de Daniel-Rops est encore celui de Philip A. Mc Shane pour qui dans son ouvrage "La Romanitas et le pape Léon le Grand" [Tournai : Desclée ; Montréal : Bellarmin, 1979. - 407 p. ; 24 cm. - (Recherches. Théologie ; 24.) Bibliogr. p. 383-402], au moment où l'Empire romain (au moins en Occident) était en train de s'écrouler, le pape Léon tint une place considérable et joua un rôle de premier plan : en s'inspirant avec intelligence du système impérial, il adapta celui-ci à l'Église et lui fournit une base administrative, appelée à durer, au moins en partie, jusqu'à nos jours.  

Source: http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-1982-03-0179-028 

 

Diacre du pape Célestin, Léon fut envoyé en mission en Gaule. C'est là qu'il apprit sa nomination pontificale sous le nom de Léon Ier, pour succéder au pape Sixte III, le 29 septembre 440.

 

Il entreprit avec courage de défendre l'Eglise contre la barbarie, l'erreur et le vice, qui l'envahissaient de tous côtés. Il prit sur lui de rétablir la doctrine de l'Église et ses efforts seront ratifiés et couronnés par le Concile de Chalcédoine en 451.

 

Léon laissa de très nombreuses homélies, prières liturgiques et lettres, pleines d'enseignement. Il fut proclamé docteur de l'Église en 1754, "docteur de l'Incarnation".

 

"C'est Pierre qui a parlé par Léon"

 

Léon sauvegarda la primauté romaine, au point de mériter (227 ans après sa mort) l'éloge d'un de ses successeurs, Serge Ier (Pape 687-701) qui lui attribue cette devise :

 

"Je veille pour que le loup, toujours à l'affût, ne saccage pas mon troupeau."

 

Saint-Leon-le-Grand.jpg

En Orient, la foi était attaquée par l'hérésiarque Eutychès, archimandrite de Constantinople, qui prétendait qu'en Jésus-Christ, il n'y avait qu'une seule nature, la nature divine sous l'apparence du corps humain : c'était anéantir le mystère de l'Incarnation. 

 

Après la condamnation de Nestorius, au concile d'Ephèse (431), Eutychès, d'apparence austère, tombait dans l'erreur opposée à celle de Nestorius. Le premier (Nestorius) proclamait qu'il y avait deux personnes distinctes, en Jésus-Christ : l'homme et le dieu, unies seulement par un lien moral ou symbolique ("donc d'après lui, la très sainte Vierge, n'étant la mère que de la personne humaine du Christ, n'était pas la mère de Dieu". Source: Histoire de l'Eglise, Exposition de l'histoire du salut, Editions Fideliter, Courtry 1994, p. 98); le second (Eutychès) soutenait qu'il n'y avait qu'une seule nature en Jésus-Christ : la divine.

 

Le Concile oecuménique de Chalcédoine, présidé par les légats de saint Léon, et éclairé par la lettre immortelle qu'écrivit ce grand pape sur le mystère de l'Incarnation, condamna l'eutychianisme : 

 

« Jésus-Christ fait homme, unique médiateur entre Dieu et les hommes, a pu mourir dans sa nature humaine, tout en restant immortel dans sa nature divine. Le vrai Dieu par sa naissance a pris la nature parfaitement complète d'un homme authentique et il est : tout entier dans la sienne et tout entier dans la nôtre... C'est grâce à cette unité de personne dans une double nature que le Fils de l'homme est descendu du ciel et, d'autre part, que le Fils de Dieu a été crucifié et enseveli, alors qu'il a pu souffrir ces épreuves par suite de l'infirmité de notre nature, nullement de sa divinité elle-même... Si donc Eutychès accepte la foi chrétienne, il reconnaîtra quelle est la nature qui a été percée par les clous et attachée à la croix... L'Eglise catholique vit et perpétue cette croyance : dans le Christ Jésus, l'humanité n'est pas sans véritable divinité et la divinité sans véritable humanité ! »

 

Quand cette lettre fut lue dans la vaste assemblée, il n'y eut qu'un cri d'admiration; les six cents évêques l'acclamèrent en disant: "C'est Pierre qui a parlé par Léon".

 

Les Lettres de Léon, au nombre de cent quarante-cinq, montrent avec quelle vigilance, quelle habileté le saint pontife réglait ce qui avait besoin de l'être en matière de foi et de discipline. Il fit juger par un tribunal mixte composé d'ecclésiastiques et de laïques les manichéens d'Afrique, réfugiés à Rome : il résultait de leurs écrits et de leurs aveux que leur doctrine était subversive de la religion, de la morale et de la société (toute ressemblance avec une idéologie moderne est fortuite...) Beaucoup d'entre eux abjurèrent leurs erreurs et rentrèrent dans le sein de l'Eglise. Ceux qui persistèrent opiniâtrement dans cette hérésie immorale et antisociale, furent bannis.

 

La fixation de la date de Pâques

 

C'est lui encore qui intervint dans la querelle qui avait repris concernant la date de la fête de Pâques. Le Concile de Nicée avait mis fin aux anciennes controverses en condamnant définitivement les quartodecimans, c'est-à-dire ceux qui voulaient célébrer Pâques avec les Juifs, le 14 Nisan, et en fixant cette fête au dimanche qui suivait la pleine lune de mars. Alexandrie avait été chargée de la notification de cette décision. Au milieu du Ve siècle, on mit en doute de-ci de-là l'exactitude des calculs alexandrins. Léon trancha en faveur des décisions prises et des calculs faits à Alexandrie, par "souci de l'unité qu'il importe avant tout de conserver." (Daniel-Rops, Histoire de l'Eglise du Christ, tome III L'Eglise des temps barbares, Librairie Arthème Fayard, Editions Bernard Grasset, Paris 1965, p. 91)

 

En Occident, les invasions barbares, l'affaiblissement de l'autorité impériale, une forte crise sociale poussèrent l'Évêque de Rome à jouer un rôle notable jusque dans les affaires politiques

 

Léon eut soin d'associer à son entreprise des coopérateurs éminents, entre autres saint Prosper d'Aquitaine, le plus savant homme de son temps. Il en fit son conseiller et son secrétaire.

  

Attila et les Huns

Attila, à la tête des Huns, après avoir ravagé une partie des Gaules et le nord de l'Italie, marchait sur Rome. La terreur le précédait : les Romains se croyaient perdus. Léon fut nommé par l'empereur romain comme ambassadeur auprès des barbares qui envahissaient l'Italie. Toujours il obtint la vie sauve pour les habitants mais ne put pas empêcher les pillages à chaque fois.

 

Dans cet Occident démoralisé, Léon et avec lui l'Eglise restait pourtant le seul et dernier recours moral.

 

Face à l'avancée d'Attila, il décida d'aller à la rencontre du roi barbare, accompagné d'un consulaire, d'un sénateur et des principaux membres du clergé.

 

La rencontre se fit en 452 dans la ville italienne de Mantoue, en Lombardie. Attila le reçut avec les plus grands honneurs et lui accorda en effet la paix par un traité en date du 6 juillet 452, jour de l'Octave des saints apôtres Pierre et Paul. Les compagnons d'armes d'Attila ne purent comprendre qu'il eût renoncé à piller les trésors de Rome, sur les instances de Léon; et, se rappelant qu'il en avait fait autant en faveur de Troyes, aux prières de saint Loup, les Huns disaient : "La férocité d'Attila s'est laissée dompter en Gaule par un loup, en Italie par un lion". Comprenant leur surprise, Attila leur dit :

 

"Pendant que Léon parlait, j'ai vu près de lui deux personnages mystérieux, à la figure surhumaine, au regard terrible, revêtus de l'habit sacerdotal, qui, l'épée nue, me menaçaient de mort si je ne cédais pas à l'envoyé des Romains"...

 

Après l'entrevue, Attila rejoignit ses troupes pour leur donner l'ordre de retraite vers la Hongrie où il mourut l'année suivante.

 

 Léon Ier et Attila, peinture de Raphaël

 

Le saint Pontife rentra en triomphe à Rome, et le peuple, dans son enthousiasme, lui décerna le titre de "Grand". Pour perpétuer le souvenir de ce prodigieux évènement, Léon fit jeter à la fonte le bronze idolâtrique longtemps adoré sous le nom de Jupiter Capitolin, et le transforma en une statue de saint Pierre, placée dans la basilique Vaticane. Encore aujourd'hui l'on vient du monde entier en baiser le pied : le bronze usé témoigne de la vénération de seize siècles.

 

Genseric.jpg

Genséric, roi des Vandales

Peu de temps après, l'an 455, Genséric, roi des Vandales, qui s'était déjà emparé de l'Afrique, de la Corse, de la Sardaigne, de la Sicile, s'avança sur Rome avec une armée formidable. Léon alla une fois de plus à la rencontre de cet autre chef barbare, et obtint de lui qu'il s'abstiendrait des outrages, des massacres et de l'incendie : "mes soldats ne verseront pas le sang humain, aucun édifice ne sera brûlé" déclara Genséric qui cessa son occupation, le 29 juin 455, fête des saints apôtres Pierre et Paul.

 

Le saint pontife sauva ainsi une fois de plus les monuments de la Ville éternelle, la vie et l'honneur de ses concitoyens. Les Vandales se retirèrent de Rome quinze jours après, avec un butin immense et un grand nombre de captifs. Léon exhorta les fidèles : « Peuple romain, n'oublie pas trop vite cette délivrance » (Sermon LXXXIV.)

 

Le vigilant pasteur employa les dernières années de sa vie à guérir les plaies de toute sorte causées par l'invasion des Barbares. Il mourut le 10 novembre 461. Premier pape à porter le nom de Léon, il est aussi le premier à être enseveli au Vatican. 

 

Il nous reste de lui soixante-neuf discours, monument de son éloquence apostolique.  

 

Sources

1; 2; 3; 4; 5, Mgr Paul Guérin, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Saint-Etienne 2003, p. 221-224; Le Petit Livre des Saints, Editions du Chêne, tome 1, 2011, p. 108; Daniel-Rops, Histoire de l'Eglise du Christ, tome III L'Eglise des temps barbares, Librairie Arthème Fayard, Editions Bernard Grasset, Paris 1965

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 00:00
Saint Théodore, soldat et martyr († 304)

Soldat romain, il fut décapité en raison de sa foi. On lui attribua l'exploit d'avoir mis à mort un dragon, comme S. Georges et S. Dimitri. Tous trois d'ailleurs sont les "trois grands soldats martyrs" des Orientaux.

 

Théodore naquit en Syrie, à la fin du IIIe siècle vers l'an 270. Il se convertit au christianisme, et ameutait la foule par ses prédications. 

 

Il faisait partie d'une légion romaine qui avait établi son quartier d'hiver dans la ville d'Amasia, de la province du Pont en Asie Mineure où les édits persécuteurs de Dioclétien étaient exécutés sévèrement.

 

Le jeune soldat, plein de l'amour de Jésus-Christ, dédaigna, malgré le péril, de cacher sa foi, et, au contraire, il se fit une gloire de la professer publiquement ; aussi fut-il présenté comme chrétien au tribun de sa légion. Celui-ci lui demanda comment il osait professer une religion proscrite sous peine de mort :

 

"Je ne connais point vos idoles, répondit-il ; j'adore Jésus-Christ, Fils unique de mon Dieu.

Je vous abandonne mon corps ; vous pouvez le déchirer, le mettre en pièces, le livrer aux flammes. Si mes discours vous offensent, coupez-moi la langue."

 

Le tribun et les juges, devant sa jeunesse, se contentèrent de le menacer et le laissèrent en liberté.

 

Théodore ne songea qu'à gagner des âmes à Jésus-Christ, à fortifier les autres confesseurs de la foi ; il poussa le courage jusqu'à mettre le feu au temple de la déesse Cybèle. Ce fut en vain qu'on essaya de lui faire exprimer quelques regrets à ce sujet : il brava toutes les menaces, comme il se rit de toutes les promesses. Il fut alors fouetté très cruellement et enfermé dans un cachot, sans nourriture, pour y mourir de faim. La nuit, le Sauveur vint le visiter dans la prison au milieu d’un nuage entouré de deux anges portant, l’un une couronne et l’autre la palme des martyrs; Il lui promit de le nourrir d'un aliment invisible et le fortifia pour le dernier combat.

 

Cette visite donna à Théodore tant de joie, qu'il se mit à chanter les louanges de Dieu, et des anges vêtus de blanc vinrent unir leurs voix à la sienne. Les geôliers et les gardes, le juge lui-même, furent témoins du miracle sans se convertir. On lui promit que, s'il feignait seulement la moindre soumission, on le mettrait en liberté. Ayant répondu à ces nouvelles sollicitations avec une fermeté invincible, Théodore est alors déchiré avec des crochets de fer, on lui brûle les côtes avec des torches ardentes, puis on le condamne à être brûlé vif. Le vaillant soldat, placé sur le bûcher, se munit du signe de la Croix, et bientôt sa belle âme s'envola au Ciel.

 

Autres saints militaires dans l'armée romaine (non exhaustif) : saint Victor, saint Georges, saint Sébastien, saint Martin de Tours, saint Ferréol, saints Serge et Bacchus, saint Maurice et ses compagnons, saint Corneille, centurion baptisé par saint Pierre († Ier s.).

 

Sources: 1: 2

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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 00:00
Sainte Carine et sa famille († 360)

À Ankara, Carine et son époux Mélassippe subirent le martyre durant la persécution de l'empereur Julien l'Apostat. Ils furent mutilés et attachés encore vivants au pilori devant leur fils Antoine. Celui ci ne renia pas Jésus-Christ malgré le spectacle de la souffrance de ses parents. Il mourut décapité à son tour.

 

Sources : (1), (2), (3)

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 00:00

http://reflexionchretienne.e-monsite.com/medias/images/borgianni-orazio-st-carlo-borromeo.jpg

Saint Charles Borromée, archevêque de Milan (1538-1584)

Saint Charles Borromée, né au sein de l'opulence et des grandeurs, devait être l'un des plus illustres pontifes de l'Église.

Neveu du Pape Pie VI, Charles était cardinal avant l'âge de vingt-trois ans.  

Après son élévation au sacerdoce, il fut promu à l'archevêché de Milan (1564). Il s'employa à y appliquer les mesures de la Contre-Réforme prises au Concile de Trente (1545-1563), auquel il participa, s'attachant à réformer les abus qui s'étaient introduits dans l'Église.

Il fit rédiger le célèbre catéchisme connu sous le nom de Catéchisme du Concile de Trente (1566). 

 

Le diocèse de Milan était alors dans une désorganisation complète : peuple, clergé, cloîtres, tout était à renouveler. Le pontife se mit à l'œuvre, mais donna d'abord l'exemple.

Il mena dans son palais la vie d'un anachorète ; il en vint à ne prendre que du pain et de l'eau, une seule fois le jour ; ses austérités atteignirent une telle proportion, que le Pape dut exiger de sa part plus de modération dans la pénitence. 

Il vendit ses meubles précieux, se débarrassa de ses pompeux ornements, employa tout ce qu'il avait de revenus à l'entretien des séminaires, des hôpitaux, des écoles, et au soulagement des pauvres et des mendiants.

Son personnel était soumis à une règle sévère ; les heures de prières étaient marquées, et personne ne s'absentait alors sans permission. Les prêtres de son entourage, soumis à une discipline encore plus stricte, formaient une véritable communauté, qui donna à l'Église un cardinal et plus de vingt évêques. 

L'archevêque transforma le service du culte dans sa cathédrale et y mit à la fois la régularité et la magnificence.

Toutes les œuvres nécessaires furent fondées, et l'on vit apparaître partout un renouveau de vie chrétienne.

Ce ne fut pas sans de grandes épreuves. Charles reçut un jour, un coup d'arquebuse, pendant qu'il présidait à la prière dans sa chapelle particulière ; le Saint continua la prière sans trouble.

Pendant la peste de Milan,  il montra un grand dévouement. Il visitait toutes les maisons et les hôpitaux, et sauva la vie à soixante-dix mille malheureux.

Les pieds nus et la corde au cou, le crucifix à la main, il s'offrit en holocauste.

Il mourut sur la cendre à quarante-six ans.

  •  

Sources: 1, 2, 3
 

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 00:00
Saint Hubert, évêque de Tongres-Maastricht-Liège († 727), Patron des chasseurs

Evangélisateur des Ardennes au VIIe siècle, saint Hubert était un prince de la lignée de Clovis, roi de France. On le dit apparenté à Charles Martel. Il avait douze ans quand, au milieu d'une chasse, il vit un ours furieux se jeter sur son père et l'étreindre de ses griffes redoutables. À ce spectacle, il poussa un cri vers le Ciel : « Mon Dieu, faites que je sauve mon père ! » Aussitôt, se jetant sur l'animal féroce, il lui donne le coup de la mort. C'est là, sans doute, le premier titre de saint Hubert à sa réputation de patron des chasseurs. 

Plus tard, les chroniqueurs nous disent qu'il était connu par "les folles joies de sa vie mondaine" peu édifiante, jusqu'au jour où la grâce de Dieu vint le toucher. Hubert chassait un Vendredi saint dans la forêt des Ardennes, ce qui était une chose peu convenable pour un chrétien. Soudain, un beau cerf, qu'il poursuit avec ardeur, s'arrête et lui fait face. Entre les cornes de l'animal brille une Croix éclatante, et une voix prononce ces paroles :

Hubert! Hubert! Jusqu'à quand poursuivras-tu les bêtes dans les forêts? Jusqu'à quand cette vaine passion te fera-t-elle oublier le salut de ton âme ? "

 - Seigneur, s'écrie le jeune prince, que voulez-vous que je fasse ?

- Va vers l'évêque Lambert, convertis-toi. Fais pénitence de tes péchés, ainsi qu'il te sera enseigné. Voilà ce à quoi tu dois te résoudre pour n'être point damné dans l'éternité. Je te fais confiance, afin que mon Église, en ces régions sauvages, soit par toi grandement fortifiée.

 

Et Hubert de répondre, avec force et enthousiasme :

- Merci, ô Seigneur. Vous avez ma promesse.

Je ferai pénitence, puisque vous le voulez.
Je saurai en toutes choses me montrer digne de vous!

Bientôt Hubert renonce à tous ses droits sur la couronne d'Aquitaine, se revêt d'un costume de pèlerin et s'achemine vers Rome.
 



Le culte de saint Hubert - chasseur s'était surtout développé sous l'influence des amateurs de vénerie, autrement dit les aristocrates, pour qui la chasse, préfiguration de la guerre, était l'occasion de faire valoir leurs vertus de classe :
la bravoure, l'intrépidité, la virtuosité dans le maniement des armes.
La chasse jouait un rôle important dans la culture aristocratique.

 

La vision de saint Hubert (1617), Par Breughel (II) et Rubens

 

Comme il arrivait au tombeau des saints Apôtres, le Pape Sergius, dans une vision, apprenait le meurtre de l'évêque Lambert, victime de son zèle pour la défense de la sainteté conjugale, et il recevait l'ordre d'envoyer à sa place le pèlerin qui arrivait en ce moment, pour prier à la basilique de Saint-Pierre. Le Pontife trouva en effet l'humble pèlerin, lui fit connaître les ordres du Ciel, et Hubert, malgré sa frayeur et ses larmes, dut se soumettre à la volonté de Dieu.

« Pendant qu’on célébrait la messe de son élévation à l’épiscopat, l’ange apparut de nouveau et apporta de la part de Saint Pierre une clé assez semblable à une clé d’or, et la lui présenta en disant : « Cette clé que Dieu vous envoie aura un pouvoir efficace sur les démons, sur les énergumènes, sur les frénétiques et sur les puissances infernales. Elle sera, comme la baguette de Moyse, un précieux instrument d’œuvres merveilleuses que le Seigneur fera à votre prière. Quiconque aura été mordu par des animaux enragés, sera par sa vertu préservé de la rage. Elle se perpétuera de siècle en siècle, en votre mémoire, et ceux qui auront recours à vous, dans leurs infirmités, seront guéris ».

De retour en sa patrie, il fonda l'évêché de Liège, où il fit briller toutes les vertus des Apôtres. Saint Hubert fut un grand évêque, proche de ses fidèles qu'il rejoignait là où ils vivaient, dans les clairières, sur les rivières, dans les villages. Attentif à toute misère, il aidait les malheureux et les prisonniers. Sa douce et persuasive éloquence captivait les foules ; il parlait quelquefois pendant trois heures consécutives, sans qu'on se lassât de l'entendre. À la puissance de la parole il joignait celle des miracles. À sa prière, les démons abandonnaient le corps des possédés, les flammes de l'incendie s'éteignaient, la sécheresse désastreuse cessait tout à coup pour céder la place à une pluie féconde : « Le Dieu d'Élie est le nôtre, disait-il, implorons-le dans la prière et le jeûne ; la miséricorde fera le reste. »

Très tôt, dans la tradition liégeoise, le prélat est apparu comme se trouvant à l'origine de la fortune historique de Liège.
Notons que, dès son vivant, sa réputation de sainteté était grande.


Il mourut le 30 mai 727 des suites d'une blessure occasionnée par un ouvrier maladroit qui lui écrasa la main gauche. Une voix céleste lui dit un jour : « Hubert, dans un mois tes liens seront brisés. » Il se prépara pieusement à la mort, et, après avoir chanté le Credo et entonné le Pater, il rendit son âme à Dieu.  

On l'invoque spécialement contre la rage et contre la peur.

Seize ans après sa mort, eut lieu l'élévation de son corps, qui fut transféré devant le maître-autel de la basilique le 3 novembre 743. C'était, d'après les idées du temps, l'équivalent de la canonisation ou la reconnaissance officielle de la sainteté. Le 30 septembre 825, l'évêque Walcaud fit transporter le corps tout entier de saint Hubert, de Liège à Andage. Vu l'importance exceptionnelle de la forêt d'Ardenne, au temps des Carolingiens, saint Hubert a connu une histoire extraordinaire. Saint-Hubert avait à peine pris possession de sa nouvelle demeure qu'il devenait, pour ainsi dire d'emblée, le véritable roi du pays.
Très tôt, saint Hubert devint le guérisseur de la rage, la terrible maladie, transmise surtout par les chiens. Très rapidement, il se fit connaître d'abord des doyennés de Bastogne, de Behogne et de Graide, puis des diocèses voisins. Il franchit les frontières à l'est et à l'ouest. Saint Hubert est en fait le saint des chasseurs (à courre). Il usurpe en quelque sorte le rôle de S. Georges qui lui est le véritable saint des cavaliers et dont la fête est en avril.

 

Sources: 1 ; 2 ; 3 ; 4 ; 5

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 00:00
Commémoration des Fidèles Défunts

Le souvenir des parents et amis disparus, des personnes dont la vie, l'action, les bienfaits nous ont marqués, est la chose la plus répandue et la plus naturelle du monde. Monuments funéraires et commémoratifs, portraits ou photographies exposés en bonne place dans les maisons, en témoignent abondamment.

 

Mais, pour les chrétiens, la mémoire des défunts s'accompagne de la prière d'intercession pour eux et pour "tous les morts dont Dieu seul connaît la foi". C'est ainsi que, dès le IIème siècle, la prière liturgique pour les défunts est attestée en Afrique du Nord.

 

Toutefois, c'est bien plus tard qu'a été instaurée, et fixée au 2 novembre, la Commémoration de tous les fidèles défunts, à l'initiative d'Odilon, abbé de Cluny (994-1049) - qui en prescrivit la célébration dans les maisons de l'Ordre; ce qui eut lieu pour la première fois le 2 novembre 998. De là, elle se répandit rapidement dans toute l'Eglise latine. (1)

 


Nous n’avons pas de révélation directe du purgatoire dans la Parole de Dieu ; c’est bien pourquoi les réformateurs protestants du XVIème siècle ont rejeté cette doctrine, née selon eux de l’imaginaire des hommes. Elle s’enracine pourtant dans la tradition de l’Ancien Testament. Deux siècles avant Jésus-Christ, nous trouvons le témoignage en 2 Macc 12, 46 de la croyance en la valeur et en l’efficacité de la prière pour les morts. L’offrande faite par Juda Maccabées en faveur des soldats morts au combat sur lesquels on avait trouvé des objets idolâtriques, prouve qu’il croyait en la possibilité d’une purification de l’âme par-delà la mort. L’Église primitive a fait sienne cette doctrine et a développé dès le second siècle la prière pour les morts.

 

Une parole du Christ expliquant qu'il y a des péchés - celui contre le Saint-Esprit - qui ne seront pardonnés "ni en ce monde ni dans l'autre" (Mt, 12, 31-32), indique qu'il y a des péchés qui sont pardonnés dans l'autre monde. Cela ne peut être au paradis, mais au purgatoire.

 

Depuis toujours l'Eglise prie pour les morts. Et même avant l'Eglise, Israël priait pour ses défunts. Si les défunts sont déjà au Ciel, il n'y a plus besoin de prier pour eux, il vaut mieux au contraire se recommander à leurs prières. Si les défunts sont en enfer, c'est trop tard. Et si, comme nous le croyons, ils sont en marche vers le paradis, nous pouvons hâter cette marche par nos prières et nos suffrages.
 
Dès les premiers temps de l'Eglise, on célébrait la messe sur le tombeau des défunts, et c'est de là que vient le dogme du purgatoire. »

 

"S'il envisageait qu'une très belle récompense est réservée à ceux qui s'endorment dans la piété, c'était là une pensée sainte et pieuse : voilà pourquoi il fit faire pour les morts ce sacrifice expiatoire, afin qu'ils fussent délivrés de leur péché." (verset 45 du chapitre 12 du IIe Livre des Maccabées, IIe siècle av. J.-C.)

 

En Occident, les conciles œcuméniques de Florence au XVème s. et de Trente au XVIème s. ont défini de manière dogmatique l’existence du purgatoire :

"Instruite par l’Esprit Saint et puisant à la Sainte Ecriture et à l’antique Tradition des Pères, l’Église catholique a enseigné dans les Saints Conciles qu’il y a un lieu de purification (purgatorium) et que les âmes qui y sont détenues sont aidées par les suffrages des fidèles mais surtout par le Sacrifice de l’Autel agréable à Dieu." (Concile de Trente).

 

Cette doctrine fut pleinement confirmée par le Concile Vatican II, dans lequel nous lisons :

"Ainsi donc en attendant que le Seigneur soit venu dans sa majesté, accompagné de tous les anges (Mt 15, 31) et que, la mort détruite, tout lui ait été soumis (I Co 15, 26-27), les uns parmi ses disciples continuent sur la terre leur pèlerinage, d’autres, ayant achevé leur vie, se purifient encore ; d’autres enfin, sont dans la gloire contemplant dans la pleine lumière, tel qu’il est, Dieu un en trois Personnes." (Constitution dogmatique sur l’Église : Lumen Gentium, 49).

"La pensée de prier pour les morts, afin qu’ils soient délivrés de leurs péchés, est une pensée sainte et pieuse (2 Maccabées 12, 45)." (Lumen Gentium, 50).

"Cette foi vénérable de nos pères en la communion de vie qui existe avec nos frères déjà en possession de la gloire céleste, ou en voie de purification après leur mort, le Saint Concile la recueille avec grande piété." (Lumen Gentium, 51).

 

Interprétant ces textes du Concile, S. Jean-Paul II a expliqué :

"Unie aux mérites des saints, notre prière fraternelle vient au secours de ceux qui sont en attente de la vision béatifique. Selon les commandements divins, l’intercession pour les morts obtient des mérites qui servent au plein accomplissement du salut. C’est une expression de la charité fraternelle de l’unique famille de Dieu, par laquelle nous répondons à la vocation profonde de l’Église : « sauver des âmes qui aimeront Dieu éternellement » (Thérèse de Lisieux). Pour les âmes du purgatoire, l’attente du bonheur éternel, de la rencontre avec le Bien-Aimé, est source de souffrances à cause de la peine due au péché qui maintient loin de Dieu. Mais l’âme jouit de la certitude que, le temps de sa purification achevé, elle ira à la rencontre de Celui qu’elle désire (cf. Ps 42 ; 62). J’encourage donc les catholiques à prier avec ferveur pour les défunts, pour ceux de leurs familles et pour tous nos frères et sœurs qui sont morts, afin qu’ils obtiennent la rémission des peines dues à leurs péchés et qu’ils entendent l’appel du Seigneur à entrer dans la plénitude de sa gloire." (2)

 

Un texte que nous devrions tous parfaitement intégrer, dans nos esprits et nos cœurs, alors qu'une enquête menée à la demande du magazine Le Pèlerin - avril 2009 - révélait que seuls 57% des catholiques pratiquants croient à la résurrection des morts..

 

Saint Cyprien

- Saint Cyprien (IIIe siècle), Traité sur la mort XX.

 

"Nous ne devons pas pleurer nos frères que l'appel du Seigneur a retirés de ce monde, puisque nous savons qu'ils ne sont pas perdus, mais partis avant nous: ils nous ont quittés comme des voyageurs, comme des navigateurs, pour nous précéder [...] Ne donnons pas aux païens l'occasion de nous reprocher, avec raison, de nous lamenter sur ceux que nous déclarons vivants auprès de Dieu, comme s'ils étaient anéantis et perdus."

 

- Saint Irénée de Lyon (IIe siècle), Contre les Hérésies V, 2,3.

 

Saint Irenee de lyon - église Saint Irenee Lyon
Saint Irénée de Lyon

"Comme le grain de blé

Le bois de la vigne, une fois planté en terre, porte du fruit quand vient le temps. De même, le grain de froment, après être tombé en terre et s'y être dissous (Jn 12,24), resurgit multiplié par l'Esprit de Dieu qui soutient toutes choses. Ensuite, grâce au savoir faire, ils viennent à l'usage des hommes ; puis, en recevant la Parole de Dieu, ils deviennent eucharistie, c'est à dire le Corps et le Sang du Christ.

De même nos corps, qui sont nourris par cette eucharistie, après avoir été couchés dans la terre et s'y être dissous, ressusciteront en leur temps, lorsque le Verbe de Dieu les gratifiera de la résurrection, "pour la gloire de Dieu le Père" (Ph 2,11). Car il procurera l'immortalité à ce qui est mortel et l'incorruptibilité à ce qui est périssable (1Co 15,53), parce que la puissance de Dieu se déploie dans la faiblesse (2 Co 12,9).

Dans ces conditions nous nous garderons bien, comme si c'était de nous-mêmes que nous avons la vie, de nous enfler d'orgueil, de nous élever contre Dieu en acceptant des pensées d'ingratitude. Au contraire, sachant par expérience que c'est de sa grandeur à lui [...] que nous tenons de pouvoir vivre à jamais, nous ne nous écarterons pas de la vraie pensée sur Dieu et sur nous-mêmes. Nous saurons quelle puissance Dieu possède et quels bienfaits l'homme reçoit de lui. Nous ne nous méprendrons pas sur la vraie conception qu'il faut avoir de Dieu et de l'homme. D'ailleurs [...], si Dieu a permis notre dissolution dans la terre, n'est-ce pas précisément pour que, instruits de toutes ces choses, nous soyons dorénavant attentifs en tout, ne méconnaissant ni Dieu ni nous-mêmes ? [...] Si la coupe et le pain, par la Parole de Dieu, deviennent eucharistie, comment prétendre que la chair est incapable de recevoir la vie éternelle ?"

 

L'Evangile de la messe du jour de prière pour les défunts rappelle ces propos du Christ :

 

"Tous ceux que le Père me donne viendront à moi ; et celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors. Car je ne suis pas descendu du ciel pour faire ma volonté, mais pour faire la volonté de celui qui m'a envoyé.

Or, la volonté du Père qui m'a envoyé, c'est que je ne perde aucun de ceux qu'il m'a donnés, mais que je les ressuscite tous au dernier jour. Car la volonté de mon Père, c'est que tout homme qui voit le Fils et croit en lui obtienne la vie éternelle ; et moi, je les ressusciterai au dernier jour." (Jean 6, 37-40) (3)

 

Commémoration des Fidèles Défunts, Angélus du dimanche 2 novembre 2003, de S. Jean-Paul II :

 

 

"Depuis toujours, l'Église a exhorté à prier pour les défunts. Celle-ci invite les croyants à regarder le mystère de la mort non pas comme le dernier mot sur le destin humain, mais comme le passage vers la vie éternelle. « Tandis qu'est détruite la demeure de cet exil terrestre - lisons-nous dans la préface d'aujourd'hui - une demeure éternelle est préparée au Ciel ».

 

Il est important et de notre devoir de prier pour les défunts, car même s'ils sont morts dans la grâce et dans l'amitié de Dieu, ils ont peut-être encore besoin d'une dernière purification pour entrer dans la joie du Ciel (cf. Catéchisme de l'Église catholique, n. 1030). Notre prière d'intention pour eux s'exprime de diverses façons, parmi lesquelles également la visite aux cimetières. S'arrêter dans ces lieux sacrés constitue une occasion propice pour réfléchir sur le sens de la vie terrestre et pour alimenter, dans le même temps, notre espérance dans l'éternité bienheureuse du Paradis.

 

Que Marie, Porte du Ciel, nous aide à ne pas oublier et à ne jamais perdre de vue la Patrie céleste, objectif ultime de notre pèlerinage ici sur Terre. (4)

 

Sources: (1), (2), (3), (4)

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 00:00

 

Fête de tous les saints.

La dédicace que fit, l'an 607, le pape Boniface IV de l'église du Panthéon de Rome que l'empereur Phocas lui donna, a donné lieu à l'établissement de cette fête de tous les saints. En effet, il dédia cet ancien temple d'idoles à l'invocation de la sainte Vierge et de tous les martyrs (Sancta Maria ad martyres) ; c'est ce qui lui a fait donner le nom de Notre-Dame des Martyrs, ou de la Rotonde, parce que cet édifice est en forme d'un demi-globe. Boniface suivit en cela les intentions de saint Grégoire le Grand, son prédécesseur. Il y fit transporter des corps de nombreux martyrs des catacombes.

 

Vers l'an 731, le pape Grégoire III consacra une chapelle à l'honneur de tous les saints dans l'église de Saint-Pierre; il augmenta ainsi la solennité de la fête: depuis ce temps-là elle a toujours été célébrée à Rome. Grégoire IV étant venu en France l'an 837, sous le règne de Louis le Débonnaire, cette fête s'y introduisit et y fut bientôt généralement adoptée; mais le P. Ménard a prouvé qu'elle avait déjà lieu auparavant dans plusieurs églises, quoiqu'il n'y eût encore aucun décret porté à ce sujet; Notes sur le Sacram de Saint Grég., p. 152; Thomassin, Traité des Fêtes, etc. Les Grecs la célèbrent le dimanche après la Pentecôte.

 

L'objet de cette solennité est non seulement d'honorer les saints comme les amis de Dieu, mais de lui rendre grâces des bienfaits qu'il a daigné leur accorder, et du bonheur éternel dont il les récompense, de nous exciter à imiter leurs vertus, d'obtenir leur intercession auprès de Dieu. (1)

 

Le culte des saints débute au IIe siècle avec saint Polycarpe


Icône de Polycarpe de Smyrne

 

 

 

 

 

L'historienne médiéviste Régine Pernoud, dans son livre "Les saints au Moyen Age, la sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui ?" (Plon, Mesnil-sur-l'Estrée 1984) indique qu'avec S. Polycarpe (+ martyr en 167 ap. J-C.) débute le culte des saints:

 

"si dans un louable désir de pureté nous nous retrouvons à la primitive Église, que voyons-nous ?

Au IIe s. déjà les corps des martyrs, ceux qui ont affirmé leur foi au prix même de leur vie, sont l'objet d'une vénération particulière…

Non pas, comme l'écrit tel auteur, que l'on considérât désormais Polycarpe comme une sorte de 'divinité inférieure' ni son corps comme un 'talisman précieux', mais parce que lui et ses semblables avaient réalisé dans toute sa plénitude la remarque évangélique: 'Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime', et que leur martyre avait fait de chacun d'eux, à jamais, un autre Christ.

Ainsi un S. Cyprien recommande-t-il au clergé et aux fidèles de noter avec précision la date de la mort des martyrs, lui qui devait certain jour être conduit et enterré au cimetière de Carthage par ce même clergé qu'il avait ainsi instruit.

C'est assez dire que le culte des reliques est lié intrinsèquement à la vie même de l'Église, à son développement, à la propagation de l'Évangile, et cela toujours et partout." (2)

Sources:

 

(1) Nicolas Bergier (1718-1790), Encyclopédie théologique, publ. par M. l'abbé Migne,  Ateliers catholiques au Petit-Montrouge, tome IV, Paris 1850-1851, p. 804-805.

(2) Régine Pernoud,  Les saints au Moyen Age, la sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui ? Plon, Mesnil-sur-l'Estrée 1984 p. 239-240

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 00:00

Quentin fut un de ces jeunes Romains qui, comme les saints Crépin et Crépinien, vinrent prêcher l'Évangile dans les Gaules et y communiquer le trésor de la foi qu'ils avaient reçu. (1)


Fils d’un sénateur romain, cinquième enfant, si l'on en croit son nom, ce qui était rare dans le Bas-Empire. Il se convertit au Christianisme et partit pour la Gaule avec saint Lucien de Beauvais et plusieurs compagnons pour évangéliser cette région du Beauvaisis et de la Picardie. (2)

 

Durant la persécution de Maximien, il fut arrêté par un préfet nommé Rictiovar, qui le fit conduire en un lieu nommé Augusta Veromandorum (ou Augusta des Vermandois).

 

Amiens (Somme, Picardie) fut le centre de son apostolat.

 

Les miracles confirmaient son enseignement :

- il traçait le signe de la Croix sur les yeux des aveugles, et ils voyaient ;

- il faisait parler les muets, entendre les sourds, marcher les paralytiques.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/5c/Quentin_martyrdom.jpg

Le martyre de saint Quentin, d’après un manuscrit du XIVe siècle

 

 

Ces éclatants prodiges excitaient l'admiration des uns et la haine des autres. Quentin fut bientôt dénoncé à Rictiovarus, gouverneur romain, et il comparut devant lui :

 

- « Comment t'appelles-tu ? lui demande Rictiovarus.

- “Je m'appelle chrétien. Mon père est sénateur de Rome ; j'ai reçu le nom de Quentin.

- Quoi ! un homme de pareille noblesse est descendu à de si misérables superstitions !

- La vraie noblesse, c'est de servir Dieu ; la religion chrétienne n'est pas une superstition, elle nous élève au bonheur parfait par la connaissance de Dieu le Père tout-puissant et de son Fils, engendré avant tous les siècles.

- Quitte ces folies et sacrifie aux dieux.

- Jamais. Tes dieux sont des démons ; la vraie folie, c'est de les adorer.

- Sacrifie, ou je te tourmenterai jusqu'à la mort.

- Je ne crains rien ; tu as tout pouvoir sur mon corps, mais le Christ sauvera mon âme.”»

 

Cette si généreuse confession est suivie de cruels supplices ; mais Dieu soutient son martyr, et l'on entend une voix céleste, disant : « Quentin, persévère jusqu'à la fin, je serai toujours auprès de toi. » En même temps, ses bourreaux tombent à la renverse. Jeté dans un sombre cachot, Quentin en est deux fois délivré par un Ange, va prêcher au milieu de la ville, et baptise six cents personnes. Après de nouveaux et plus cruels encore supplices, Quentin eut la tête tranchée à Vermand, ville qui prendra son nom : Saint Quentin (Aisne, Picardie). Son corps fut jeté par les soldats romains dans les marais qui entourent la Somme. Mais grâce à la révélation d’un ange, il fut retrouvé intact plus de cinquante après.


Les versions les plus anciennes des récits de la passio (passion ou martyre) et de l’inventio prima (découverte), ont été rédigées entre le milieu du VIIe siècle et le début du VIIIe siècle. Mais l’évêque de Tours Grégoire dans son livre sur les martyrs (In gloria martyrum), écrit avant la fin du VIe siècle, donne un résumé de l’inventio en tous points conforme au texte qui nous est parvenu. L’existence d’un texte antérieur, perdu, est donc probable. (3)

 

http://arrasmedia.keeo.com/egise-marthes-83999_2.jpgVitrail de St Quentin martyr, Eglise du Hameau de Marthes, Commune de Mametz (Pas-de-Calais)

 

L’archéologie vient de confirmer l’ancienneté du culte de saint Quentin. Son tombeau est un lieu de pèlerinage important depuis le VIe siècle au moins (cf. Grégoire de Tours, cité plus haut qui rapporte un miracle survenu suite à une prière faite sur la tombe du martyr). Les recherches archéologiques récentes montrent que l'emplacement de sa tombe était matérialisé à l'intérieur de l'église, depuis le milieu du IVe siècle, par un monument de bois, puis de pierre.

 

 

Son tombeau devint un lieu de pèlerinage important au VIe siècle (cf. Grégoire de Tours rapporte un miracle survenu suite à une prière faite sur la tombe du martyr).

Il n’est donc pas étonnant que l’église de Saint-Quentin ait été hautement favorisée par les Carolingiens, puis par les puissants comtes de Vermandois (l’église de Saint-Quentin a été l’une des plus riches de Picardie).

 

Sources: (1), (2), (3)

 

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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 00:00

Saint NarcisseNé en Palestine, vers la fin du Ier siècle, Narcisse entra dans l'état ecclésiastique. À l'âge de quatre-vingts ans, il fut choisi pour évêque de Jérusalem. Sa vie austère et pénitente fut toute entière vouée au bien de l'Église.

En 195 ap. J.-C., S. Narcisse présida, avec Théophile de Césarée un concile tenu relativement à la célébration de la fête de Pâques, où il fut décidé que cette fête se célébrerait toujours un dimanche, et non le jour où il était d'usage de la célébrer chez les Juifs. Au Ve siècle, le pape S. Léon devra intervenir à nouveau dans la querelle qui avait repris concernant la date de la fête de Pâques. Si le Concile de Nicée (325) avait mis fin aux anciennes controverses en condamnant définitivement les quartodecimans (ceux qui voulaient célébrer Pâques avec les Juifs, le 14 Nisan), en fixant cette fête au dimanche qui suivait la pleine lune de mars, d'après des calculs alexandrins, la date de Pâques fut de nouveau mise en doute au milieu du Ve siècle, de-ci de-là, et S. Léon trancha en faveur des décisions déjà prises et des calculs faits à Alexandrie, par "souci de l'unité qu'il importe avant tout de conserver."

 

Une veille de Pâques, l'huile manquait aux lampes de l'église de Narcisse pour les offices solennels qui avaient alors lieu dans la nuit. Narcisse commanda de tirer de l'eau à un puits qui était proche et de la lui apporter ; il la bénit et la fit verser dans les lampes ; on s'aperçut alors qu'elle s'était changée en huile. On conserva longtemps avec respect des restes de cette huile miraculeuse.

La vénération que ce saint évêque s'était attirée ne put le garantir de la malice des méchants. Trois scélérats l'accusèrent d'un crime atroce et confirmèrent leur calomnie par des imprécations horribles contre eux-mêmes. L'un dit : "Je veux être brûlé vif, ci cela n'est pas vrai !" L'autre : "Je veux être couvert de la lèpre !" Le troisième : "Je consens à perdre la vue !" Narcisse crut devoir céder à l'orage et se retira dans un désert, où il s'ensevelit pendant huit années. Dieu se chargea de sa vengeance. Ses calomniateurs reçurent le prix de leur crime : le premier périt dans un incendie, avec toute sa famille ; le second fut couvert d'une lèpre horrible ; le troisième, frappé d'effroi et plein de repentir, pleura son péché au point qu'il en perdit la vue. Narcisse ne put résister plus longtemps aux instances de son peuple et vint reprendre le soin de son Église. Il mourut à l'âge de cent seize ans.

 

Sources: 1 , 2

 

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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 00:00

Ces deux Apôtres ont leur fête le même jour parce qu'ils ont travaillé ensemble à la conversion des Gentils.

 

Saint-Simon-le-zelote--attribut-la-scie-.jpgSaint Simon, surnommé le zélote (Lc 6, 15) car avec Jude il appartenait sans doute à ces zélotes qui refusaient l'occupation romaine, mais le message du Christ fut pour lui la découverte de l'universalité de l'amour de Dieu. Simon était également surnommé le Cananéen, originaire de Cana, où Jésus changea l'eau en vin, il reçut le surnom de Cananéen, pour le distinguer de Simon-Pierre, chef des Apôtres.

 

Saint Simon prêcha d'abord en Égypte, en Mauritanie, en Libye ; saint Jude, après avoir prêché en Afrique avec beaucoup de succès, revint en Orient et annonça l'Évangile dans la Judée, la Samarie, la Syrie et la Mésopotamie. Simon et Jude se rejoignirent en Perse, et là ils combattirent et moururent ensemble. Les choses extraordinaires que Dieu opéra par leurs mains les firent traiter avec respect par le roi de ce pays, qui leur laissa la liberté de prêcher leur doctrine si sainte et si nouvelle. Un fait vint ajouter à leur prestige : deux tigres, échappés de leur cage, étaient la terreur du pays. Au nom de Jésus-Christ, les Apôtres commandèrent à ces bêtes féroces de les suivre, et ils les emmenèrent dans leur maison. Le roi, toute sa cour et plus de soixante mille Perses se firent chrétiens. Des églises s'élevèrent sur les ruines des temples des idoles ; le triomphe du Christ était complet.

Mais l'ennemi des âmes déchaîna toute sa fureur pour arrêter les progrès de l'Évangile. Simon et Jude étant allés annoncer Jésus-Christ en d'autres villes, les païens voulurent les contraindre à sacrifier au soleil, qu'ils adoraient comme un dieu :
"Mon frère, dit alors Jude à Simon, je vois le Seigneur qui nous appelle.
- Et moi, reprit Simon, j'ai vu aussi Jésus-Christ entouré de ses Anges, et un des Anges m'a dit : « Je vous ferai sortir du temple et je ferai crouler sur eux tout l'édifice.
- Qu'il n'en soit pas ainsi ! ai-je répondu, peut-être quelques-uns se convertiront-ils ! »

Et voici qu'en ce moment un Ange leur dit à tous les deux : « Que choisissez-vous, ou la mort pour vous, ou l'extermination de ce peuple impie ? 
- Miséricorde pour ce peuple ! crièrent les deux Apôtres. Que le martyre soit notre partage ! »

Cependant les prêtres des dieux les exhortaient à sacrifier : « Le soleil, dit Simon, n'est que le serviteur de Dieu ; ce sont les démons qui résident en vos idoles ; je leur ordonne de sortir. » Et les démons, sous une forme horrible, sortirent des statues brisées. Alors le peuple se jeta sur les deux Apôtres et les massacra, pendant qu'ils bénissaient Dieu et priaient pour leurs bourreaux.

 

Attribut : la scie. Crucifié à l’âge de cent vingt ans, Simon le Zélote est représenté avec une scie pour avoir été sauvagement coupé en deux d’après une tradition de l’église d’Orient.

Cette représentation se retrouve notamment dans les églises de S. Jean du Latran et saints Achille et Nérée, à Rome. Il peut également être accompagné de saint Jude, et représenté tenant un livre ou un phylactère en référence aux Evangiles.

 

Saint-Jude.jpgSaint Jude, appelé aussi Thaddée, était frère de S. Jacques le Mineur et de S. Siméon, évêque de Jérusalem, et comme eux, cousin du Sauveur. Avant son élévation au ministère évangélique, il était agriculteur.

 

Jude Thaddée est reconnu comme étant le saint de l'espoir, puisque c'était un être bon. C'est le saint protecteur des causes désespérées pour les catholiques, à l'instar de sainte Rita de Cascia. Il est le saint patron des causes perdues, celui qui continue quand plus rien ne retient, à part l'espoir et la foi d'aller au bout de ces espoirs...

 

Jude est traditionnellement représenté portant l'image de Jésus à la main ou près de sa poitrine.

 

Attribut : la massue. Souvent placé aux côtés de Simon avec qui il prêche en Syrie  et en Mésopotamie, Jude porte la massue avec laquelle il fut achevé lors de son martyre en Perse.

 

Sources: 1, 2, 3, 4

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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 00:00
Icône de S. Dimitri du XVe siècle (Musée de l'Etat russe, Saint Petersbourg)

Icône de S. Dimitri du XVe siècle (Musée de l'Etat russe, Saint Petersbourg)

Saint Démétrius s'opposa victorieusement aux barbares qui tentaient d'envahir Thessalonique.

Dénoncé comme fauteur de troubles, il fut condamné à lutter dans l'arène contre un gladiateur plus robuste que lui. L'on vit arriver avec lui un jeune garçon nommé Nestor, frêle et courageux, qui d'un geste ôta la vie à ce géant. Dépité, l'empereur présent, fit mettre à mort l'enfant et Démétrius. De son corps se mit à jaillir une huile odoriférante et miraculeuse.

Son culte est extrêmement populaire en Orient, la cathédrale orthodoxe de Salonique lui est dédiée.

Reliquaire de Saint Démétrius, cathédrale de Thessalonique, Grèce.

 

 

 

Sources : (1), (2)

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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 00:00
Saint Jean de Capistran († 1456)

Jean, né à Capistrano dans l'Abruzze en 1386, était fils d'un gentilhomme français qui avait suivi à Naples le duc d'Anjou, devenu roi de ce pays.

Après ses humanités, il fut envoyé à Pérouse pour y étudier le droit canonique et civil. On le pourvut d'une place de judicature, et un homme riche et noble, charmé de ses qualités éminentes, lui donna sa fille en mariage. Tout lui souriait dans le monde, quand tout à coup s'évanouirent ces flatteuses espérances.

Dans une guerre contre le roi de Naples, la ville de Pérouse le soupçonna de prendre le parti de ce prince; on le fit arrêter. Malgré son innocence et son éloquence à se défendre, il fut jeté en prison. Sur ces entrefaites sa femme étant morte, il résolut de ne plus servir que Dieu. 

Il vendit tous ses biens, paya sa rançon, distribua le reste aux pauvres, et se réfugia chez les Franciscains, au monastère du Mont, près de Pérouse. Le gardien, craignant que cette vocation ne fût l'effet d'un dépit passager plutôt que d'un mouvement de la grâce, voulut l'éprouver. Il lui ordonna de faire le tour de la ville de Pérouse dont il avait été gouverneur, monté à rebours sur un âne, couvert d'un mauvais habit et la tête coiffée d'un bonnet de carton où étaient écrits divers péchés. Après une telle épreuve, les humiliations du noviciat ne lui coûtèrent plus. 

On lui donna pour maître un simple frère convers, à la direction duquel Jean se soumit avec la simplicité d'un enfant. Il fut traité par lui avec dureté:
"Je rends grâces au Seigneur, disait-il plus tard, de m'avoir donné un tel guide; s'il n'eût usé envers moi de pareilles rigueurs, jamais je n'aurais pu acquérir l'humilité et la patience."

Jean fut renvoyé par deux fois du noviciat comme incapable de remplir jamais aucun emploi dans la religion. Il resta jour et nuit à la porte du couvent, souffrant avec joie l'indifférence des religieux, les railleries des passants et les mépris des pauvres qui venaient demander l'aumône. Une persévérance si héroïque désarma la sévérité des supérieurs et dissipa leurs craintes. Jean, reçu de nouveau, fut enfin admis à la profession. 

Dès lors sa vie fut admirable, il vivait uniquement de Jésus sur la Croix. Embrasé d'amour pour Dieu, il faisait de sa vie une oraison continuelle: le Crucifix, le Tabernacle, l'image de Marie, le jetaient dans l'extase: "Dieu, disait-il, m'a donné le nom de Jean, pour me faire le fils de Marie et l'ami de Jésus."

Ordonné prêtre, Jean fut appliqué au ministère de la parole. Ses paroles produisaient partout des conversions nombreuses. Une secte de prétendus moines, les Fraticelli, dont les erreurs et les moeurs scandalisaient l'Église, fut anéantie par son zèle et sa charité.

  Le Pape Eugène IV, frappé des prodigieux succès de ses discours, l'envoya comme nonce en Sicile; puis le chargea de travailler, au concile de Florence (1439), à la réunion des Latins et des Grecs. Nommé visiteur des couvents franciscains de Terre Sainte, il travailla à l’union des Arméniens dont il ramena des représentants au concile.

Le 27 novembre 1437, la délégation grecque envoyée au concile de Ferrare (1437) et conduite par l'empereur bizantin Jean VIII Paléologue (1425-1448) avait embarqué à Constantinople pour Venise. L'empereur était accompagné de 21 métropolites et évêques, dont le patriarche de Constantinople, et une suite d'archimandrites et de membres du clergé, jusqu'à concurrence d'environ 700. Marc d'Éphèse, Isidore de Kiev, Bessarion et André, archevêque de Rhodes étaient les personnalités les plus connues. Elle arriva à Venise en février, puis à Ferrare (Italie) en mars. Bessarion fut désigné avec le métropolite d'Éphèse Marc Eugénikos pour défendre la position de l'Église grecque (orthodoxe). Il prononça le discours inaugural le 8 octobre 1438. Si au départ il persista à condamner l'addition du filioque au Symbole de Nicée par l'Église latine (catholique), sa position évolua devant les arguments du dominicain Jean de Montenero, et il plaida pour la réconciliation des Églises devant la délégation grecque en avril 1439. Le patriarche Marc d'Éphèse contesta pour sa part le rapprochement catholique-orthodoxe. Malgré des pressions du Basileus, il sera le seul évêque à ne pas signer le texte du concile.

Image illustrative de l'article Santa Maria del FioreLe 6 juillet 1439 Bessarion lut la version grecque du décret d'Union des Églises à Santa Maria del Fiore. La version latine fut lue par le cardinal Giuliano Cesarini. La délégation grecque s'embarqua à Venise le 19 octobre 1439. Le métropolite de Moscou, Isidore de Kiev, adhèra à l’union des Églises au nom de l’Église russe. De retour à Moscou en 1441, il échoua à imposer l'Union. Le prince Vassili II (ou Basile II), grand Prince de Moscou, le fit enfermer dans un couvent et libèra l’Église russe de la tutelle des Byzantins. De son côté Bessarion échoua à imposer l'union à Constantinople... La masse du peuple byzantin est contre l’union des Églises et sa proclamation à Constantinople dut être remise jusqu’au 12 décembre 1452, mais ne fut finalement pas adoptée. On connaît la suite : 29 mai 1453 : chute de Constantinople, tueries, viols et sacrilèges. La fin d'un monde.

 

Ami de saint Bernardin de Sienne, Jean de Capistran le défendit, devant la cour de Rome, contre les calomnies que lui attirait son ardeur pour la réforme de son Ordre; il l'aida grandement dans cette entreprise, et il alla lui-même visiter les maisons établies en Orient. 

Nicolas V l'envoya, en qualité de commissaire apostolique, dans la Hongrie, l'Allemagne, la Bohème et la Pologne. Toutes sortes de bénédictions accompagnèrent ses pas. Il ramena au bercail de l'Église un grand nombre de personnes, et convertit une quantité prodigieuse de Juifs et de Musulmans.

 

À cette époque, Mahomet II menaçait l'Occident d'une complète invasion, tenait Belgrade assiégée, il se promettait d'arborer le croissant dans l'enceinte même de Rome... Le Pape Calixte III chargea saint Jean de Capistran de prêcher une croisade: à la voix puissante de cet ami de Dieu, une armée de 40,000 hommes se leva; il lui trouva pour chef Huniade, un héros, et il la conduisit à la victoire...

Étant à trois journées de marche des Turcs, tandis qu'il célébrait la Messe en plein air dans les grandes plaines du Danube, les témoins ont rapporté qu'une flèche partie d'en haut vint, pendant le Saint Sacrifice, se placer sur le corporal. Après la Messe, le Saint lut ces mots écrits en lettres d'or sur le bois de la flèche: "Par le secours de Jésus, Jean de Capistran remportera la victoire." Au fort de la mêlée, il tenait en main l'étendard de la Croix et criait: "Victoire, Jésus, victoire!"

Belgrade fut sauvée. C'était en l'an 1456... 

Trois mois après, saint Jean de Capistran, ayant prononcé ces paroles du Nunc dimittis: "C'est maintenant, Seigneur, que Vous laisserez mourir en paix Votre serviteur," expira en disant une dernière fois: "Jésus". Il avait soixante et onze ans.

 

Sources : 1, 2, 3, 4

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 00:00

Martyrologe Romain : À Huesca en Aragon, l’an 851, les saintes Nunilon et Alodie, vierges et martyres. [1]

 

En 851, Abd Al Rahman II, émir de Cordoue obligea tous les enfants issus d'un mariage mixte à embrasser l'Islam. Elodie et sa sœur Nunillon étaient concernées car filles d'une chrétienne et d'un musulman. Elles se réfugièrent chez une de leurs tantes maternelles, à Barbaste.

 

Image illustrative de l'article AlquézarDécouvertes et arrêtées, elles furent enfermées dans des cachots séparés. 

Selon la tradition aragonaise, Alodia et Nunilo étaient originaires du village de Adahuesca (Barbastro), et elles furent emprisonnées au château d'Alquézar. [2]

 

Le juge tenta de les persuader d'apostasier. Elles refusèrent et moururent martyres, décapitées, en 851, dans la région de Huesca, en Espagne, le 22 octobre. [3]

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/03/Monasterio_de_Leyre%2C_retablo_de_las_santas_Nunilo_y_Alodia.JPG/450px-Monasterio_de_Leyre%2C_retablo_de_las_santas_Nunilo_y_Alodia.JPG

 Retable des Saintes Nunilo et Alodia à Yesa (Navarra), XVIIIe siècle, monastère de Leire.

 

Sources : 1; 2; 3

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