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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 00:00
Saint Alban, St Mary, Sledmere, East Riding of Yorkshire, England.

Saint Alban, St Mary, Sledmere, East Riding of Yorkshire, England.

 Du temps de l'empereur Dioclétien, à Verulam en Grande Bretagne, vers 287, saint Alban, martyr. On rapporte que, soldat non encore baptisé, il avait recueilli dans sa maison un clerc qui lui donna les enseignements de la foi chrétienne. En changeant d’habit, il se livra lui-même à la place de son hôte, et pour ce motif, subit la flagellation, des tourments atroces et fut décapité. (Martyrologe Romain) (1)

Les Anglais voient en lui leur premier martyr. (2)

Vitrail montrant l'exécution de Saint Alban à la cathédrale de St Albans (Angleterre)

Vitrail montrant l'exécution de Saint Alban à la cathédrale de St Albans (Angleterre)

Une mémoire sur le lieu de l'exécution et des reliques de S. Alban existent au milieu du IVe siècle (peut-être plus tôt); Bède mentionne une église et Gildas un sanctuaire. L'évêque Germain d'Auxerre l'a visité en 429. Le style de la structure primitive est inconnu; le chroniqueur du XIIIe siècle Matthew Paris a affirmé que les Saxons ont détruit le bâtiment en 586. Une grande partie de la dimension de la structure actuelle de la cathédrale St Alban datent du premier abbé normand, Paul de Caen (1077-1093). L'abbaye monastique a été achevée en 1089, mais pas consacrée jusqu'au jour des Saints Innocents, le 28 décembre 1115 par l'Archevêque de Rouen. Le Roi Henri Ier Beauclerc était présent tout comme de nombreux évêques et la noblesse.

Cathédrale St Alban, Hertfordshire (Angleterre)

Cathédrale St Alban, Hertfordshire (Angleterre)

Sources: (1); (2); (3); (4) Wikipedia anglais

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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 00:00

Saint-Silvere-pape-et-martyr--536-537-.jpgSilvère succéda au Pape Agapet, l'an 536, à une époque fort difficile, où l'Église était troublée par les intrigues et les hérésies.

L'impératrice de Constantinople, Théodora, femme de l'empereur Justinien, ayant voulu obtenir de lui le rétablissement, sur le siège patriarcal de cette ville, d'un hérétique, Anthime, de la secte des acéphales (qui ne reconnaît pas de chef) déposé par le Pape son prédécesseur, Silvère lui déclara qu'il ne le pouvait pas. Ce fut contre lui le signal de la persécution ; Théodora le fit saisir, dépouiller de ses ornements pontificaux et revêtir d'un habit monastique, et un antipape, nommé Vigile, fut proclamé à sa place.

Silvère, envoyé en exil à Patare, en Lycie (Asie mineure, Turquie actuelle), fut sans doute attristé de la grave situation de l'Église ; mais, d'autre part, il eut une joie extrême de souffrir pour la défense de la foi, et il semblait personnellement aussi heureux dans les épreuves de l'exil que dans les gloires du pontificat.

L'évêque de Patare le reçut d'une manière fort honorable et prit hardiment sa défense à la cour de Constantinople ; il menaça le faible empereur Justinien des jugements de Dieu, s'il ne réparait le scandale : "Il y a plusieurs rois dans le monde, lui dit-il, mais il n'y a qu'un Pape dans l'univers." Ces paroles, dans la bouche d'un évêque d'Orient, montrent bien que la suprématie du siège de Rome était reconnue partout.

Justinien, trompé jusqu'alors, se rendit aux observations de l'évêque, et peu après, malgré l'impératrice, Silvère revint en Italie ; mais bientôt de nouvelles intrigues le conduisirent dans l'île déserte de Pontia, où il subit un second exil plus rigoureux que le premier.

Au bout d'un an environ, ce bon Pape mourut de faim et des autres misères de l'exil, le 20 juin 538.

 PalmarolaD'après une légende des îles Ponza, des pêcheurs furent pris dans une tempête au large de Palmarola, et ils implorèrent l'aide du pape Silvère. Une apparition de celui-ci les attira vers Palmarola (archipel des Îles Pontines dans la mer tyrrhénienne) où ils accostèrent sains et saufs. Ce miracle fit de lui un saint.

Il ne fut jamais béatifié ou canonisé, mais simplement proclamé saint par le peuple. La première mention de son nom dans la liste des saints remonte au XIe siècle.

 

PRATIQUE. Faites du bien à ceux qui vous veulent du mal.

Sources:

1; 23; Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p, 171.

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18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 00:00
La Fête-Dieu ou Solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ

"La veille de sa Passion, au cours de la Cène pascale, le Seigneur prit le pain entre ses mains, et, ayant prononcé la bénédiction, le rompit et le leur donna, en disant : « Prenez, ceci est mon corps ». Puis, prenant la coupe, il rendit grâces, la leur donna, et ils en burent tous. Et il dit : « Ceci est mon sang, le sang de l'alliance, qui va être répandu pour une multitude » (Mc 14, 22-24). Toute l'histoire de Dieu avec les hommes est résumée dans ces paroles. Ce n'est pas seulement le passé qui est réuni et interprété, mais l'avenir également qui est anticipé : la venue du Royaume de Dieu dans le monde.

On fait une procession solennelle le jour de la Fête-Dieu pour sanctifier et bénir, par la présence de Jésus-Christ, les rues et les maisons de nos villes et de nos villages." (Extraits de l’homélie de Benoît XVI, Parvis de la basilique Saint-Jean-de-Latran, Jeudi 15 juin 2006) [1]

Saint Thomas d'Aquin (1225-1274) prépara la liturgie de cette fête du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, notamment par la création du Lauda Sion Salvatorem et de Pange Lingua Gloriosi permettant aux fidèles une catéchèse simple et belle sur la Présence Réelle. Pange Lingua Gloriosi est l'hymne eucharistique par excellence de l'Église catholique, même s'il faut préciser qu'elle appartient aussi à la tradition orthodoxe, le premier vers de cette pièce reprenant celui de l'hymne de Fortunat (VIe siècle) composé avant le schisme de 1054.

 

L'hymne Pange lingua gloriosi est chantée le Jeudi saint lors de la translation du Saint-Sacrement au reposoir. La dernière séquence Tantum ergo est chantée à tous les saluts du Saint-Sacrement. L'hymne atteste la croyance très ancienne en la présence réelle du corps et du sang du Christ dans les espèces consacrées.

Texte original :
Pange lingua gloriosi
Corporis mysterium,
Sanguinisque pretiosi,
Quem in mundi pretium
Fructus ventris generosi,
Rex effudit gentium.

Nobis datus, nobis natus
Ex intacta Virgine
Et in mundo conversatus,
Sparso verbi semine,
Sui moras incolatus
Miro clausit ordine.  

In supremae nocte cenae
Recum bens cum fratribus,
Observata lege plene
Cibis in legalibus,
Cibum turbae duodenae
Se dat suis manibus.

Verbum caro, panem verum
Verbo carnem efficit:
Fitque sanguis Christi merum,
Et si sensus deficit,
Ad firmandum cor sincerum
Sola fides sufficit.  

Tantum ergo Sacramentum
Veneremur cernui,
Et antiquum documentum
Novo cedat ritui;
Praestet fides supplementum
Sensuum defectui.  

Genitori, Genitoque
Laus et iubilatio,
Salus, honor, virtus quoque
Sit et benedictio:
Procedenti ab utroque
Compar sit laudatio. Amen.  

P. Panem de coelo praestitisti eis. (T.P. Alleluia)
R. Omne delectamentum in se habentem. (T.P. Alleluia)  

Oremus: Deus, qui nobis sub sacramento mirabili, passionis tu? memoriam   reliquisti: tribue, quaesumus, ita nos corporis et sanguinis tui sacra   mysteria venerari, ut redemptionis tu? fructum in nobis iugiter sentiamus.
Qui vivis   et regnas in saecula saeculorum. Amen.

Traduction en français :
Chante, ô ma langue, le mystère
De ce corps très glorieux
Et de ce sang si précieux
Que le Roi de nations
Issu d'une noble lignée
Versa pour le prix de ce monde

Fils d'une mère toujours vierge
Né pour nous, à nous donné,
Et dans ce monde ayant vécu,
Verbe en semence semé,
Il conclut son temps d'ici-bas
Par une action incomparable :

La nuit de la dernière Cène,
À table avec ses amis,
Ayant pleinement observé
La Pâque selon la loi,
De ses propres mains il s'offrit
En nourriture aux douze Apôtres.

Le Verbe fait chair, par son verbe,  
Fait de sa chair le vrai pain ;
Le sang du Christ devient boisson ;
Nos sens étant limités,
C'est la foi seule qui suffit
Pour affermir les cœurs sincères.

Il est si grand, ce sacrement !  
Adorons-le, prosternés.
Que s'effacent les anciens rites
Devant le culte nouveau !
Que la foi vienne suppléer
Aux faiblesses de nos sens !

Au Père et au Fils qu'il engendre
Louange et joie débordante,
Salut, honneur, toute-puissance
Et toujours bénédiction !
À l'Esprit qui des deux procède soit rendue même louange. Amen.

P. Vous leur avez donné un pain   descendu du ciel, (T.P. Allélulia)
R. Un pain délicieux, (T.P. Alléluia).

Oraison. Seigneur Jésus Christ,   dans cet admirable sacrement tu nous as laissé le mémorial de ta passion ;   donne-nous de vénérer d'un si grand amour les mystères de ton corps et de ton   sang, que nous puissions recueillir sans cesse le fruit de la rédemption.
Toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles. Amen.

 

Nous devons l'origine de la « Fête-Dieu » ou « Fête du Saint sacrement du corps et du sang du Christ » à une révélation faite à sœur Julienne du Mont Cornillon vers l'an 1210. Cette révélation demandait l'institution d'une fête annuelle en l'honneur du Saint Sacrement de l'autel. Malgré une vive persécution contre sœur Julienne et ceux qui souhaitaient que cette fête se répande, le diocèse de Liège l'institua vers l'an 1245 puis l'Église universelle ajouta cette fête au calendrier liturgique par le pape Urbain IV qui la rendit obligatoire pour l'Église entière en 1264.

 

En 1318, Jean XXII ordonna de compléter la fête par une procession solennelle où le très Saint Sacrement serait porté en triomphe.

 

Les processions du Saint Sacrement s'inspirent de 1 Roi 8, lorsque Salomon fit transporter l'Arche au Temple. Dès 675, on fit une procession du Saint Sacrement du Tabernacle. Ces processions du tabernacle étaient courantes et avaient lieu le dimanche ou pendant le Tridium au XIème siècle.
« Si quelqu'un dit que, dans le Saint Sacrement de l'Eucharistie, le Christ, Fils de Dieu, ne doit pas être adoré d'un culte de latrie, même extérieur et que, en conséquence, il ne doit pas être vénéré par une célébration festive particulière, ni être porté solennellement en procession selon le rite et la coutume louables et universels de la Sainte Église, ni être proposé publiquement à l'adoration du peuple, ceux qui l'adorent étant des idolâtres : qu'il soit anathème. »
(Concile de Trente, XIII session, 11 oct 1551)

 

Le culte eucharistique s'est développé de plus en plus depuis le XIVème siècle. À ce moment, l'Ostensoir apparaît en Allemagne et en France où l'hostie consacrée est exposée à l'adoration des fidèles. La pratique courante de l'exposition date de la période de l'instauration de la Fête Dieu.


SERMON POUR LA FETE-DIEU par SAINT THOMAS D'AQUIN,
Docteur des Docteurs de l'Église
(prononcé au Consistoire, devant le Pape et les Cardinaux)

          Révérendissimes Pères, les souvenirs pleins d'allégresse qu'évoque la solennité de ce jour nous invitent à entourer de joyeuses louanges le Corps très saint du Christ. Quoi de plus doux, quoi de plus suave au cœur des élus que de chanter les trésors de la divine charité et d'exalter l'ardeur d'un amour sans mesure ? C'est qu'à la table de la grâce nouvelle, tous les jours, par les mains du prêtre, Dieu donne à ses enfants et aux héritiers de son royaume sa chair en nourriture et son sang en breuvage. Ce sont là tes œuvres admirables, ô Christ, toi dont la puissance est infinie et la bonté sans bornes ! Dans cet aliment sacré et ce pain super-substantiel qu'annonçaient les prodiges antiques, tu as trouvé le secret d'une union merveilleuse et auguste : la chair immaculée de Jésus-Christ, l'Agneau sans tache, devient le remède de ceux que le fruit défendu avait rendus malades et qui avaient perdu l'éternelle et immarcescible couronne.

        Ô prodige qu'on ne peut trop exalter ! Effusion permanente de la bonté divine et d'une miséricorde sans mesure ! Dans ce sacrement, consommation de tous les sacrifices, Il demeure, ce Dieu, indéfectiblement avec nous ; Il y est pour jusqu'à la fin des siècles ; Il donne aux fils d'adoption le pain des anges et les enivre de l'amour qu'on doit aux enfants.

        Ô humilité singulière, délices de Dieu, et que le Christ pratique après l'avoir prêchée lui-même ! Il ne se refuse à personne ; Il ne craint pas de prendre pour habitacle même un cœur souillé.

        Ô pureté, qui semblable à celle du soleil n'est ternie par aucune fange et ne craint nulle contagion, mais qui gagne les âmes et en fait disparaître toute tache ! Ô nourriture des esprits bienheureux, qui sans cesse nous renouvelle et jamais ne s'épuise ! Tu n'es ni brisée, ni divisée, ni transformée ; mais, gardant ton intégrité et ta nature, tu nous rappelles le buisson antique, la farine et l'huile miraculeuses qui ne diminuaient pas.

        Ô Sacrement admirable, où Dieu se cache et où notre Moïse à nous se couvre le visage du manteau de ses œuvres, objet de louanges dans toutes nos générations ! Par la vertu des paroles sacrées, instrument de la puissance divine, les substances symboliques sont changées en chair et en sang ; les espèces sacramentelles subsistent sans support, et pourtant nulle loi naturelle n'a souffert violence. Par la vertu de la consécration, un seul Christ, parfait et intègre, se trouve en divers endroits, comme une parole se communique, toujours identique à elle-même. Quand l'hostie se divise, Jésus s'y trouve comme un même visage dans les fragments d'un miroir brisé. Les fidèles l'offrent à Dieu sous les deux espèces, quoiqu'il soit tout entier sous chacune d'elles, et c'est à bon droit qu'on agit ainsi, car ce sacrement donne aux hommes le double salut du corps et de l'Âme, et il rappelle l'amertume d'une double Passion.

        Ô Vertu ineffable du Sacrement, qui embrase notre cœur du feu de la charité et marque du sang de l'Agneau immaculé, au-dessus de leurs deux battants, les linteaux de nos portes !

        Ô véritable viatique de notre exil militant, soutien des voyageurs, force des faibles, antidote des infirmités, accroissement des vertus, abondance de la grâce et purification des vices, réfection des âmes, vie des débiles et union des membres dans l'organisme unique de la charité !

        Sacrement ineffable de la foi, Tu augmentes notre charité et nous communiques l'espérance ; soutien de l'Église, Tu éteins la concupiscence et parfais le corps mystique du Christ. Voici la substance de l'arbre de vie, ô Seigneur Jésus !  

        Ô Pasteur et nourriture, prêtre et sacrifice, aliment et breuvage des élus, pain vivant des esprits, remède à nos faiblesses quotidiennes, festin suave, source de tout renouveau !

        Ô sacrifice de louange et de justice, holocauste de la nouvelle grâce, repas excellent, non de volailles ou de taureaux, mais de viandes plus succulentes et de ce vin délicieux qui renouvelle les amis de Dieu et enivre ses élus !

        Ô table de bénédiction, table de proposition garnie d'une nourriture substantielle ! Table immense où tout est prodige étonnant ! Table plus douce que toute douceur, plus délectable que toute saveur, plus suave que tout parfum, plus magnifique que toute parure, plus succulente que toute nourriture ! Table que le Christ a préparée à ses amis et commensaux, que le père de famille sert à son fils de retour, après le repas de l'agneau symbolique. Vous êtes le bain sacré que figuraient les antiques piscines, ô notre Pâque, immolation du Christ, et vous exigez la conversion du vice à la vertu, donnant ainsi la liberté aux Hébreux de l'esprit.

        Ô nourriture qui rassasie et ne dégoûte point, qui demande la mastication de la foi, le goût de la dévotion, l'union de la charité, et que divise non les dents du corps, mais le courage de la croyance !

        Ô viatique de notre pèlerinage, qui attire les voyageurs sur les sommets des vertus !

        Ô pain vivant, engendré au ciel, fermenté dans le sein de la Vierge, cuit sur le gibet de la croix, déposé sur l'autel, caché sous les espèces sacramentelles, confirme mon cœur dans le bien et assure ses pas dans le chemin de la vie; réjouis mon âme, purifie mes pensées. Voici le pain, le vrai pain, consommé, mais non consumé, mangé, mais non transformé ; il assimile et il ne s'assimile pas ; il renouvelle sans s'épuiser ; il perfectionne et conduit au salut ; il donne la vie, confère la grâce, remet les péchés, affaiblit la concupiscence ; il nourrit les âmes fidèles, éclaire l'intelligence, enflamme la volonté, fait disparaître les défauts, élève les désirs.

        Ô calice de toutes suavités, où s'enivrent les âmes généreuses ! Ô calice brûlant, calice qui tourne au sang du Christ ; sceau du Nouveau Testament, chasse le vieux levain, remplis notre intime esprit, pour que nous soyons une pâte nouvelle, et que nous mangions les azymes de la sincérité et de la vérité.

        Ô vrai repas de Salomon, cénacle de toute consolation, soutien dans la présente tribulation, aliment de joie et gage de la félicité éternelle, foyer de l'unité, source de vertu et de douceur, symbole de sainteté ! La petitesse de l'hostie ne signifie-t-elle pas l'humilité, sa rondeur l'obéissance parfaite, sa minceur l'économie vertueuse, sa blancheur la pureté, l'absence de levain la bienveillance, sa cuisson la patience et la charité, l'inscription qu'elle porte la discrétion spirituelle, les espèces qui demeurent sa permanence, sa circonférence la perfection consommée ?

        Ô pain vivifiant, ô azyme, siège caché de la toute-puissance ! Sous de modestes espèces visibles se cachent d'étonnantes et sublimes réalités.

        Ô Corps, ô Âme, et Toi de tous deux inséparable, ô Substance Divine ! De ce dont on chante les grandeurs dans ce sacrement auguste, ô bon Jésus, seules, pour la foi, après la consécration, les espèces sacramentelles demeurent ; ce qui est mangé sans être assimilé ne souffre ni augmentation ni diminution ; ce que tous reçoivent en entier, mille ne le possèdent pas plus qu'un seul, un seul le possède autant que mille. Ce que contiennent tous les autels, les parcelles intactes ou brisées le contiennent toutes ; ta chair est mangée véritablement, c'est véritablement ton sang que nous buvons. Et tu es ici le prêtre, et tu es aussi l'hostie, et les saints Anges sont là présents, qui exaltent ta magnificence et louent ta souveraine majesté. C'est là ta puissance, Seigneur, qui seule opère de grandes choses ; elle dépasse tout sentiment et toute compréhension, tout génie, toute raison et toute imagination. C'est Toi qui as institué et confié à tes disciples ce sacrement où tout est miracle.

        N'approche donc pas de cette table redoutable sans une dévotion respectueuse et un fervent amour, homme ! Pleure tes péchés et souviens-toi de la Passion. Car l'Agneau immaculé veut une âme immaculée qui le reçoive comme un pur azyme.

        Recours au bain de la confession ; que le fondement de la foi te porte ; que l'incendie de la charité te consume ; que la douleur de la Passion te pénètre ; qu'un droit jugement t'éprouve.

        Approche de la table du Seigneur, de cette table magnifique et puissante, de telle sorte que tu parviennes un jour aux noces du véritable Agneau, là où nous serons enivrés de l'abondance de la maison de Dieu; là où nous verrons le Roi de gloire, le Dieu des vertus dans toute sa beauté; là où nous goûterons la Pain vivant dans le royaume du Père, par la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ, dont la puissance et l'empire demeurent jusqu'à la fin des siècles. Amen.

            Traduction du P. Sertillanges (Les plus belles pages de saint Thomas d'Aquin) [2]         

 

La date de la Fête-Dieu est, dans l'Église universelle, le jeudi après la fête de la Trinité. Mais, en France, depuis le Concordat de 1801, la Fête-Dieu est solennisée le dimanche suivant et non le jeudi pour la majorité des catholiques. [3]

Sources : [1], [2] , [3]

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17 juin 2017 6 17 /06 /juin /2017 00:00
Saint Hervé - statue de S. Hervé dans l'église de Guimiliau

Saint Hervé - statue de S. Hervé dans l'église de Guimiliau

Hyvarnion, barde renommé de l'île de Bretagne, est convié à la cour de Childebert, mais, pieux et chaste, la vie de cour ne lui convient pas. Résolu à se consacrer totalement à Dieu, il retourne chez lui en passant par l'Armorique. Là, il rêve d'un futur mariage. Décidé de se consacrer à Dieu il ne sait que penser quand un ange vient lui dire : « Elle s'appelle Rivanone ; tu la rencontreras demain et tu la prendras comme épouse ; de votre union naîtra un grand serviteur de Dieu. » Il la rencontre et l’épouse.

 

Ni l'un ni l'autre ne voulant d’une vie commune, le lendemain des noces Rivanone dit à Hyvarnion : « Si j'ai un fils je demande au Dieu tout puissant qu'il ne voie jamais la fausse et trompeuse lumière de ce monde », et avant de la quitter pour toujours, il lui répond : « Oui ! Mais qu'il ait au moins la vision des splendeurs célestes. » L'enfant naît aveugle. Quand Hervé atteint l'âge de sept ans, alors qu’il connaît par cœur tous les psaumes et les sept hymnes de l’Église les plus employées de son temps, Rivanone le confie à un saint moine. Hervé ne retrouve sa mère que des années plus tard et c'est pour l'assister dans ses derniers instants. S'il est aveugle, comme le désirait Rivanone, Hervé est aussi barde comme Hyvarnion qui avait demandé que son fils ne cesse d'avoir la vision des splendeurs célestes. C'est ainsi qu'il compose le magnifique cantique du Paradis.

 

Son éducation terminée, Hervé part vivre en ermite mais il est vite rejoint par des disciples. Guidé par son disciple Guiharan et escorté d’un loup qu’il avait apprivoisé, Hervé, chantant la beauté du Paradis, conduit sa communauté qui, sillonnant la Bretagne, suit le soleil, pour finir par s’installer à Plouider qui deviendra Lanhouarneau (l’ermitage d’Hervé).

Toute sa vie, il refuse obstinément de recevoir le sacerdoce, acceptant seulement d’être ordonné exorciste. Bien qu’il fût aveugle, Hervé avait été lui-même l'architecte de sa petite église qu’il ne voulut jamais quitter. Il s’y trouvait enfermé, trois jours avant sa mort, lorsque ses yeux s'ouvrirent tout à coup, et il se mit à chanter un dernier cantique : « Je vois le Ciel ouvert, le Ciel ma patrie. Je veux m'y envoler. Je vois mon père et ma mère dans la gloire et la beauté ; je vois mes frères, les hommes de mon pays. Des chœurs d'Anges, portés sur leurs ailes, volent autour de leurs têtes, comme autant d'abeilles dans un champ de fleurs. »

 

Le troisième jour après cette vision, il appela sa nièce Christine qui se trouvait alors auprès de lui ; c'était une orpheline élevée par sa mère : « Prépare-moi une pierre pour oreiller et de la cendre pour couchette ; quand l'ange noir viendra me chercher, qu'il me trouve couché sur la cendre. »

Christine, tout en lui obéissant, lui dit : « Mon oncle, si vous m'aimez, demandez à Dieu que je vous suive sans tarder, comme la barque suit le courant. » Elle fut exaucée : au moment où Hervé expirait, la petite Christine, se jetant à ses pieds, y mourut aussi. Lorsqu'il meurt entouré de ses nombreux moines, tous peuvent entendre les chœurs célestes entonner un hymne que leur saint père chantait depuis toujours.

Inhumé à Lanhouarneau (Finistère), son tombeau est vénéré par de grands concours de peuples. Ses reliques, par crainte des Normands, sont recueillies dans la chapelle du château de Brest (878) ; mises dans une châsse d’argent, elles sont données par le duc Geoffroy à l’évêque de Nantes (1002) ; elles disparaissent de la cathédrale de Nantes pendant la révolution française. (1)

Saint Hervé est le patron des bardes bretons. Il est invoqué pour les maladies des yeux, la guérison des peurs, des angoisses et de la dépression nerveuse, pour repousser les démons et protéger les chevaux. (2)

 

Statue de S. Hervé aveugle, et son loup apprivoisé (Sainte-Marie du Ménez-Hom, Finistère)

Statue de S. Hervé aveugle, et son loup apprivoisé (Sainte-Marie du Ménez-Hom, Finistère)

Sources: (1), (2)

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 00:00
Saint Jean-François Régis (1597-1640)

Jésuite français, apôtre du Velay et du Vivarais, missionnaire des campagnes et en particulier de l'Ardèche.


Saint Jean-François Régis fut l'un des plus illustres missionnaires de la Compagnie de Jésus et l'émule de saint François Xavier.

 

Il fut ordonné prêtre en 1630. À partir de 1636, il parcourt sans relâche les montagnes du Vivarais, des Cévennes et du Velay surtout en hiver afin d’approcher les paysans libérés des travaux des champs afin de leur annoncer la Bonne Nouvelle.

 

Sa catéchèse comme son mode de vie, très austère, étaient remarquables et attiraient les foules du Puy où il créa même un refuge pour prostituées repenties ce qui lui vaudra beaucoup d'incompréhension.

 

Le dimanche, il parcourait les villages et les bourgs d'alentour, se faisant précéder d'une clochette; il réunissait les enfants, leur enseignait le catéchisme et leur apprenait l'amour de Jésus-Christ. L'ivrognerie, les jurements, l'impureté régnaient en maîtres en certaines paroisses; il les détruisit par l'énergie de sa parole et par la pratique des sacrements.

 

On le voit rester à jeun jusqu'au soir au confessionnal. "Les personnes de qualité, disait-il, ne manqueront pas de confesseurs; mon partage, ce sont les brebis abandonnées."

 

La carrière de Régis fut courte; mais, en dix ans, que de travaux, que de sueurs, que de privations, que de courses, que de conversions, que de miracles! Plusieurs fois il risqua sa vie pour sauver les âmes. Un jour, il se cassa la jambe dans les montagnes; le lendemain, sans remède, elle était guérie. 



Fin décembre 1640 une violente tempête de neige ne l'empêcha pas de se mettre en route pour Lalouvesc en (Ardèche). Il contracta une pneumonie qui ne l'empêcha pas de célébrer la messe de Noël et d'entendre les confessions. Il se mit ensuite au lit pour ne plus se relever: il mourut le 31 décembre, alors que le village était entièrement isolé par les neiges. Plus tard, lorsque de la ville les pères vinrent chercher le corps du Père Régis, les villageois refusèrent de le rendre. Ainsi ce village se transforma presque aussitôt en un lieu de pèlerinage et l'est encore de nos jours où Régis a son tombeau toujours très vénéré.



Jean-François Régis fut canonisé en 1737 par le pape Clément XII. La basilique Saint-Régis de Lalouvesc, construite au XIXe siècle lui est consacrée.



La commune de Saint-Régis-du-Coin (42) porte son nom en son hommage. En effet, les habitants du village du Coin pris par le remords du mauvais accueil réservé à celui qui deviendra Saint Jean François Régis ajoutèrent "Saint-Régis" à l'appellation de la commune, ce qui en fait la seule en France à porter le nom de cet apôtre du Velay et du Vivarais.



Saint Jean-François Régis est patron des Jésuites de la province de France.



Le GR 430 ou sentier de "Saint Jean-François Régis" permet de mettre ses pas sur ceux du saint homme, il rejoint le Puy en Velay à la Louvesc en Ardèche. Il s'agit d'un circuit de 9 jours dans les hauts plateaux du Vivarais et à travers les vallées du Velay et de la Haute-Ardèche. Les topoguides correspondant sont disponibles à la Croisée des Chemins (Comité Départemental de la Randonnée Pédestre) ou auprès de l'Office de Tourisme du Meygal.

Sources :
- Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.
Les saints du jour, (2), (3)

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 00:00

Germaine de Pibrac ou Sainte Germaine Cousin (1579 - 1601), de son vrai nom "Germaine Cousin". Sa courte vie de vingt-deux ans est une merveille de la grâce.

Fille d'un modeste laboureur, Laurent, époux de Marie Laroche, Germaine naît à Pibrac petit village près de Toulouse, en 1579.

Atteinte de scrofules (adénopathie tuberculeuse), elle a aussi une main atrophiée. Sa mère meurt alors qu'elle était encore très jeune, et dès lors, elle subira les humiliations de sa belle-mère, acariâtre, et sera reléguée dans un appentis, loin de la vie familiale.

Elle persuada son père de l'envoyer garder les troupeaux, où là, dans la nature, elle pouvait réciter son chapelet et trouver le réconfort dans la prière. Tous les jours elle allait à la Messe. Elle plantait sa quenouille en terre et la quenouille gardait les moutons ; jamais une brebis ne s'égara, et jamais non plus les loups, pourtant nombreux dans la région à cette époque, n'attaquèrent le troupeau.

Elle donnait le peu de pain qu'elle avait aux pauvres. Un jour de 1601, son père la trouva morte dans le réduit où on l'obligeait à dormir. Elle avait 22 ans. Elle fut enterrée dans l'église de Pibrac, et peu à peu tout le monde oublia l'existence de cette sépulture.

Pour aller à l’église, elle devait passer un gros ruisseau. Un jour que le ruisseau était en crue, des paysans qui la voyaient venir se demandaient, d’un ton railleur comment elle ferait pour passer. Les eaux s’ouvrirent devant elle et elle traversa sans même mouiller sa robe.

Un jour, sa marâtre l'accusa de voler du pain. Elle la poursuivit afin de la frapper et de la confondre, malgré l'insistances de voisins qui voulaient la retenir. Quand celle-ci rattrapa Germaine et lui fit ouvrir son tablier, à la place du pain qu'elle pensait y trouver s'étalait une brassée de roses. Son père fut alors ébranlé, il interdit à sa femme de frapper Germaine et lui demanda de réintégrer la maison ailleurs que dans le grabat qu'elle occupait. Elle refusa. 
La nuit de sa mort, on raconte que deux religieux en route pour Pibrac à la nuit tombée, virent passer en direction de la maison de Laurent Cousin deux jeunes filles vêtues de blanc. Le lendemain matin, alors qu'ils reprenaient leur route, ils virent ressortir trois jeunes filles, dont l'une, encadrée par les deux autres, était couronnée de fleurs.

En 1644, alors que le sacristain se préparait à organiser des funérailles en creusant une fosse, il tomba sur un corps enseveli dont la fraîcheur le stupéfia. Même les fleurs que la morte tenait étaient à peine fanées. A la difformité de sa main, aux cicatrices des ganglions de son cou, on reconnut Germaine Cousin. Toutefois, son corps fut déposé dans un cercueil de plomb, offert par une paroissienne guérie par l'intercession de la sainte, et déposé dans la sacristie où il demeura, à nouveau oublié, encore 16 ans,

Le 22 septembre 1661, le vicaire général de l’archevêque de Toulouse, Jean Dufour, vint à Pibrac. Il s'étonna de voir ce cercueil resté dans la sacristie, le fit ouvrir, et découvrit que la sainte présentait toujours le même état de fraîcheur. Il fit creuser tout autour de là où le corps avait été trouvé, et tous les morts enterrés au même endroit n'étaient plus que des squelettes. Ebranlé par ce miracle, le vicaire général demanda la canonisation de Germaine en 1700.

Sa dépouille subit encore de nombreuses pérégrinations accompagnés de plusieurs miracles.

A Pibrac, une basilique a été élevée en son honneur. La maison natale de Germaine Cousin existe toujours. Elle est située à environ 2 kilomètres du village de Pibrac. Récemment restaurée, on peut la visiter.

Germaine fut béatifiée par Pie IX le 7 mai 1854, puis canonisée en 1867.


Sainte Germaine est la patronne des faibles, des malades, des déshérités.
Elle est aussi la patronne des bergers.

On la représente avec sa quenouille, accompagnée d'un mouton, mais aussi avec son tablier ouvert sur un bouquet de roses.



Statue de l'oratoire près de la maison où la Sainte vécut 


Sainte Germaine de Pibrac - cathédrale de Lombez

 


Sources: (1), (2)

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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 00:00
Saint Antoine de Padoue, Confesseur

Saint Antoine de Padoue, Confesseur

Religieux de l'ordre des frères mineurs franciscains, Saint Antoine (1195-1231) naît de son vrai nom Fernando Martins de Bulhoes à Lisbonne, en 1195, de la famille glorieuse de Godefroy de Bouillon, premier roi de Jérusalem, dont une branche s'était implantée en Portugal.
Enfant, il va à l'école épiscopale et se fait remarquer par une intelligence vive. A quinze ans, il entre chez les frères augustiniens du monastère de Saint-Vincent de Fora qui se trouvait alors en dehors de la ville, à Graça, une des sept collines de Lisbonne. Il y reste deux ans.
En 1212, il continue ses études théologiques au monastère augustinien de la Sainte-Croix à Coimbra.

Un jour qu'il était retenu à l'infirmerie du couvent par les devoirs de sa charge, il eut, au moment de l'élévation de la Messe, un ardent désir de voir le Sauveur, et il se mit à genoux: Ô merveille! Les murs de l'église s'entr'ouvrent et lui laissent voir l'autel, où il adore ravi, la sainte Victime.

 

Cependant Antoine était appelé de Dieu à devenir disciple de S. François; il sentit le premier appel à la vue de ces cinq religieux franciscains, Bérard de Carbio, Otton, Pierre de Saint-Géminien, Adjute et Accurse s'embarquant pour les missions d'Afrique en 1219 et qui s'étaient arrêtés dans son monastère de Coimbra. L'appel devint définitif, quand, quelques mois plus tard, les reliques de ces cinq religieux (devenus martyrs de la foi décapités au Maroc par le calife almohade Yusuf al-Mustansir le 16 janvier 1220, après avoir été fouettés à mort) furent ramenées providentiellement à son monastère. Fernando Martins de Bulhoes, qui vient d'être oint prêtre, assiste à la cérémonie funéraire des cinq franciscains. Le jeune homme sent "dans son coeur" qu'il doit impérativement suivre l'exemple des frères martyrisés. Il exprime le voeu de rejoindre l'Ordre et il est accueilli à Olivais (un ermitage des environs de Coimbra) où quelques frères franciscains arrivés au Portugal vers 1217 ou 1218, avaient reçu de la reine Urraque la jouissance d'une chapelle. Il change de nom et prend celui d'Antoine. Il décide de partir lui aussi pour le Maroc mais, malade, il doit rebrousser chemin. Il débarque alors en Sicile, arrive à Assise et participe au chapitre de 1221. Il se rend en mission dans les régions du sud de la France où ses premiers miracles lui assurent une grande renommée.


Placé à la cuisine d'un couvent, il est un jour appelé par son supérieur pour prêcher, sans préparation à la communauté. Il commença simplement; mais bientôt il s'éleva à une telle hauteur de doctrine et d'éloquence qu'il émerveilla toute l'assemblée : l'Esprit-Saint, qui transforma les Apôtres, avait rempli l'humble Antoine. Dès lors il occupe les grandes charges de l'Ordre, il évangélise les villes et les campagnes, enseigne dans les universités de Montpellier, Toulouse, Bologne et Padoue.

 

Dans un concile où il y avait "des Grecs et des Latins, des Français et des Teutons, des Slaves et des Anglais et bien d'autres de différentes langues et d'idiomes variés", le frère Antoine, devant le pape, rend la parole de Dieu tellement douce, que tous ces gens "l'entendent très limpidement, clairement et le comprennent distinctement" ! Puis ils s'émerveillent : "Comment se fait-il que nous entendons tous parler par lui notre langue maternelle?"

Le pape Grégoire IX lui-même s'exclame : "C'est vraiment lui l'arche de l'Alliance et la bibliothèque des écritures divines !"


Ses prédications rencontrent un succès important, favorisant la conversion de nombreux hérétiques. Il fonde un monastère à Brive, où il fait de nombreuses conversions. Il est d'ailleurs, comme Vincent Ferrier et Torquemada, surnommé le "marteau des hérétiques".

 

"Antoine fut parmi les premiers maîtres de théologie des frères mineurs franciscains, sinon le premier. Il commença son enseignement à Bologne, avec la bénédiction de S. François, qui, reconnaissant les vertus de S. Antoine, lui envoya une brève lettre qui commençait par ces paroles : 'Il me plaît que tu enseignes la théologie aux frères'.

 

Antoine posa les bases de la théologie franciscaine qui, cultivée par d'autres éminentes figures de penseurs, devait connaître son apogée avec S. Bonaventure de Bagnoregio et le bienheureux Duns Scot" (Benoît XVI, Audience générale du 10 février 2010).

 

En 1226, il est custode de Limoges et en 1227, après la mort de S. François, il est provincial d'Italie du Nord, tout en continuant ses prêches et ses controverses avec les Albigeois.

 

En 1230, au chapitre, il renonce à sa charge de ministre provincial. Il fut envoyé à Rome où il fut un conseiller de Grégoire IX dans le problème de la validité du Testament de S. François.

 

En 1231, il est envoyé à Padoue où il poursuit ses prêches durant le Carême mais il meurt d'épuisement le 13 juin suivant à Arcelle, près de Padoue. Il n'a que 36 ans quand il achève sa vie. Il est  canonisé l'année suivante, le 30 mai 1232 par Grégoire IX.

Son apostolat a duré moins de 10 ans, mais le rayonnement de ses paroles et de ses actes a eu une portée internationale jusqu'à nos jours.

 

Les représentations de S. Antoine de Padoue sont assez rares, mais elles deviennent très courantes à partir du XIVe siècle. Le culte de S. Antoine se répandit surtout aux XVe et XVIe siècles. Il devint le saint national du Portugal, et les explorateurs le firent connaître au monde entier. Il est ainsi le Patron des marins, des naufragés et des prisonniers.

 

Parmi les innombrables miracles de ce grand thaumaturge, remarquons ceux qui suivent:

Son père avait été injustement condamné à mort à Lisbonne, pour un meurtre qu'il n'avait pas commis. L'esprit de Dieu transporta Antoine en son pays natal; il alla tirer le mort de sa tombe et lui fit proclamer l'innocence de l'accusé ! A la même heure, Antoine, de retour à Padoue, se rendait à l'office où la cloche appelait les religieux (don de bilocation ou d'ubiquité).

Saint Antoine est célèbre par l'apparition de l'Enfant Jésus, qui vint un jour Se mettre entre ses bras. D'où les nombreuses représentations de S. Antoine portant l'Enfant Jésus.

Un jour, tandis qu'il soignait un frère malade qui poussait des cris affreux ou des éclats de rire nerveux plus effrayants encore, l'idée lui vint que le malheureux devait être sous la puissance du démon, et, en effet, il le délivra du démon en le couvrant de son manteau.

 

S. Antoine est connu dans le monde comme le Saint qui aide à retrouver les objets perdus. Des objets de la vie quotidienne aux documents importants, avec la même foi. La prière qui suit invoque justement l'aide de S. Antoine dans la recherche de ce qui a disparu :

 

Glorieux S. Antoine, tu as exercé le divin pouvoir de retrouver ce qui était perdu. Aide-moi à retrouver la Grâce de Dieu, et rends-moi dévoué au service de Dieu et de la vertu. Fais-moi retrouver ce que j'ai perdu et montre-moi ainsi la présence de ta bonté.

(Notre Père, Je vous Salue Marie, Gloire à Dieu)

 

L'idée d'invoquer le Saint pour retrouver les objets perdus vient du fait qu'un jour un voleur qui lui avait dérobé ses commentaires sur les Psaumes se sentit obligé de les lui rendre.

Saint Antoine de Padoue, le saint que l'on invoque pour retrouver les objets perdus

Il fait adorer le saint Sacrement par une jument. Prodige que le Saint accomplit à Toulouse, et que l'on désigne ordinairement sous le nom de Miracle de la Mule. Un hérétique osa un jour discuter avec notre grand saint sur des points les plus importants de la religion, mais bientôt à court d'arguments, il déclara : 'Je possède une mule, je vais pendant trois jours la priver de nourriture. Dans trois jours, soyez ici avec une hostie consacrée; moi de mon côté j'amènerai ma mule et je lui offrirai à manger. Si, dédaignant le foin que je lui présenterai, elle se tourne vers vous, je reconnaîtrais la supériorité de votre religion.' Le Saint accepte la proposition. Au jour convenu, Antoine, après avoir célébré la Messe et prié Dieu, accourt au rendez-vous, l'ostensoir sacré à la main. La mule arrivait au-devant d'elle : 'Au nom de ton Créateur, que je porte dans les mains, lui dit-il, je t'ordonne de l'adorer avec humilité, afin que les hérétiques voient avec confusion que les animaux eux-mêmes sont forcés de reconnaître la divinité de celui que le prêtre immole tous les jours à l'autel'.

 

Aussitôt la mule, quittant son conducteur, se prosterne à terre, et, plaçant sa tête sur les pieds d'Antoine, reste immobile dans cette position.

Miracle de la Mule - Luca Giordano - San Antonio de Padua y la mula que adora la Eucaristía

Miracle de la Mule - Luca Giordano - San Antonio de Padua y la mula que adora la Eucaristía

Le miracle des poissons. Quand S. Antoine prêchait, les hérétiques cathares ne l'écoutaient pas. Un jour, il leur dit alors qu'il allait s'adresser à des créatures plus simples et plus spontanées que le Bon Dieu a créées. Prêchant sur le bord de la mer, S. Antoine vit venir une multitude de poissons pour l'entendre, et donner une leçon aux hérétiques qui se bouchaient les oreilles : ils ne partirent qu'après s'être inclinés sous sa bénédiction.

 

Comme chez S. François, les prédications de S. Antoine aux animaux invitent ces créatures du Seigneur à louer leur Créateur.

 

C'est ici une position inverse de celles des cathares, où les créatures avaient été créées par un démiurge, c'est-à-dire un dieu malveillant qui aurait fait tomber les âmes et les esprits dans la matière... En cela, la louange de la Création est en elle-même une prédication anti-cathare, qui veut signifier l'unicité de Dieu comme Créateur et Père de tous les êtres.

Prédication de S. Antoine aux poissons

Prédication de S. Antoine aux poissons

Afficher l'image d'origine Un autre jour, S. Antoine réussit à rendre S. François présent "pour les yeux corporels".

 

En 1224, Jean de Florence, ministre des Franciscains pour la Provence, avait réuni un chapitre à Arles. Frère Antoine s'y rend et en profite pour faire un commentaire de l'Evangile de Jean, plus exactement, des versets où celui-ci parle de l'arrivée du Christ, chargé de sa croix, sur le Golgotha et de l'ordre de Pilate d'inscrire sur la croix "Jésus de Nazareth, roi des Juifs". Le frère Monaldo, prêtre "éclatant par sa renommée et plus encore par sa vie" (Thomas de Celano), "homme simple et que l'ornement de nombreuses vertus faisait resplendir" (Julien de Spire), fait partie de l'assistance. Pendant qu'il écoute les paroles "bénies" de S. Antoine, "le frère Monaldo regarde vers la porte de la maison où les frères étaient tous ensemble réunis, et là il voit, de ses yeux corporels, le bienheureux François élevé dans les airs, mains tendues comme s'il était en croix et bénissait les frères !"

 

La plupart des églises comptent aujourd'hui une statue de lui. Il est généralement représenté comme un homme chétif, vêtu de la bure sombre franciscaine nouée par une cordelière à trois noeuds serrée à la ceinture, les pieds nus, et la tête rasée ne conserve que la couronne monacale. C'est ainsi qu'il nous prêche la mortification des sens, le mépris de la mollesse et des plaisirs, le détachement des choses de la terre, l'oubli de soi-même et le dédain pour tout ce qui est passager, futile et vain.

 

Il rappelait souvent au nom de l'Evangile :

 

"Celui qui ne partage pas, alors qu'il a le nécessaire, c'est un voleur".

 

Et encore :

 

"Ô riches, prenez pour amis... les pauvres, accueillez-les dans vos maisons : ce seront eux, les pauvres, qui vous accueilleront par la suite dans les tabernacles éternels, où résident la beauté de la paix, la confiance de la sécurité, et le calme opulent de l'éternelle satiété".



Afficher l'image d'origine Après leur mort, S. François et S. Antoine apparaissent ensemble  dans les visions de certains miraculés. C'est ainsi qu'un jeune frère, la veille du jour où il voulait quitter l'Ordre, voit un long cortège de gens habillés "de précieux ornements diaprés" et dont le visage, les mains et tout ce que l'on voyait de leur corps "rayonnait de manière plus resplendissante que le soleil"; deux surtout "plus nobles que les autres marchaient entourés d'une si grand clarté qu'ils provoquaient chez ceux qui les regardaient une stupeur étonnante". Il voudrait connaître leur identité. Une voix lui répond qu'ils sont S. François et S. Antoine et que le cortège est celui des frères mineurs qui conduisent ce dernier, mort récemment, "vers la gloire du Royaume éternel."

 

 


Saint Antoine de Padoue ne doit pas être confondu avec saint Antoine l'Ermite, ou Antoine d'Egypte, au IVe siècle, considéré comme le fondateur de l'érémitisme chrétien.

 

S. Antoine a composé un cycle de Sermons pour le dimanche, un autre consacré aux saints, proposant ainsi un parcours spirituel tellement riche que Pie XII le proclama en 1946 Docteur de l'Eglise, en lui attribuant le titre de Docteur évangélique car ses sermons reprenaient toute "la fraîcheur et la beauté de l'Evangile". (Benoît XVI, Audience générale du 10 février 2010).

 

Principaux attributs : la bure franciscaine, l'Enfant-Jésus, une mule, un livre, des poissons, un coeur enflammé, un lys de pureté.

 

"Antoine" est un nom d'origine latine qui signifie "inestimable".


Sur les hauteurs du Col d'Osquich, frontière historique entre les provinces de Basse-Navarre et de Soule (Pays Basque) au sud de Mauléon (Pyrénées-Atlantiques), se trouve la "Chapelle St Antoine" (706 m) dédiée à la paix. Les pèlerinages ont lieu le 13 juin, fête de St-Antoine de Padoue, le 2e dimanche de juillet, le dimanche après le 15 août.

 





S. Antoine est avant tout un auteur moral et ascétique. On pourrait composer tout un livre d'ascétique au moyen de ses sermons. Combattant surtout l'orgueil, la luxure, l'avarice avec une liberté sainte, il n'oublie personne, pas même les prélats.

Fuyez la sensualité; fuyez l'orgueil, parce qu'elle est la mère de la sensualité, de la luxure et de tous les autres vices. Soyez saints ! Soyez fidèles ! Aimez le Seigneur comme je L'aimais, lui donnant votre oui et ne regardant plus jamais en arrière.

Saint Antoine de Padoue, Le plus invoqué parmi les saints et le plus présent dans notre vie, Prières, Neuvaines et Litanies, Editions Lanore, Paris 2014, p. 9

S. Antoine insiste sur l'esprit d'oraison (la prière du coeur). Il vante une vie dont le soin principal est la vie de prière, qu'il proclame supérieure sur la vie active. La meilleure est la vie mixte, apostolique dérivant de la plénitude de la contemplation. L'intimité de l'Evangile doit se vivre en actes. Il rappelait :

 

"Que les paroles se taisent et que les actions parlent... Le Seigneur a maudit le figuier où il n'a pas trouvé de fruits mais seulement des feuilles."

 

"Dans cet enseignement de S. Antoine sur la prière, nous saisissons l'un des traits spécifiques de la théologie franciscaine, dont il a été l'initiateur, c'est-à-dire le rôle assigné à l'amour divin, qui entre dans la sphère affectueuse, de la volonté, du coeur et qui est également la source d'où jaillit une connaissance spirituelle, qui dépasse toute connaissance. En effet, lorsque nous aimons, nous connaissons.

 

Antoine écrit encore :

 

'La charité est l'âme de la foi, elle la rend vivante; sans amour, la foi meurt"

 

(Sermones, Dominicales et Festivi, II, Messaggero, Padoue 1979, p. 37, in Benoît XVI, Audience générale du 10 février 2010 cité in Saint Antoine de Padoue, Le plus invoqué parmi les saints et le plus présent dans notre vie, Prières, Neuvaines et Litanies, Editions Lanore, Paris 2014, p. 102.)

 

[....] Seule une âme qui prit peut accomplir des progrès dans la vie spirituelle: tel est l'objet privilégié de la prédication de S. Antoine. [...] Pour cette raison, Antoine invite à plusieurs reprises les fidèles à penser à la véritable richesse, celle du coeur, qui rend bons et miséricordieux, fait accumuler des trésors dans le Ciel." (Benoît XVI, Audience générale du 10 février 2010).

 

Ses écrits révèlent une tendre dévotion à l'humanité du Christ, considéré non comme un roi de gloire mais humilié par amour pour nous; il parle souvent de l'Eucharistie et des dispositions requises pour la bien recevoir; il recommande surtout la dévotion à la Passion du Sauveur; il est aussi un des précurseurs de la dévotion au Sacré-Coeur.

 

Enfin, S. Antoine recommande instamment la dévotion à la Très Sainte Vierge; et l'on peut dire que ses sermons nous donnent une vraie théologie mariale.

Prière pour la guérison des malades. Pour nos intentions personnelles

 

Saint Antoine, j'ai recours à vous dans ma détresse; je viens implorer votre secours et votre protection, votre conseil et votre consolation. Ô consolateur plein de commisération, vous venez si puissamment au secours de ceux que l'épreuve fait gémir. Je viens donc à vous dans ma pauvreté et ma misère, avec une confiance toute filiale, afin d'obtenir du Dieu puissant et miséricordieux la grâce que je sollicite en toute humilité.

(Ici l'on désigne la grâce que l'on veut obtenir.)

Bon Saint Antoine, il est vrai, je suis indigne de votre commisération, car trop souvent j'ai offensé votre Dieu et le mien. Cependant je mets ma confiance en vous, le bienfaiteur de tant d'hommes éprouvés par la douleur.

J'ai le ferme espoir que vous ne refuserez pas votre aide paternelle à votre indigne enfant.

Daignez donc intercéder pour moi auprès de Dieu jusqu'au jour où ma demande sera agréée.

Ainsi soit-il.

Sources:

 

(1) Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950. Les saints du jour
(2) Site officiel de Saint Antoine de Padoue

(3) Virgil TANASE, Saint François d'Assise, Gallimard Folio Biographies, Malesherbes 2015, p. 211-217

(4)Saint Antoine de Padoue, Le plus invoqué parmi les saints et le plus présent dans notre vie, Prières, Neuvaines et Litanies, Editions Lanore, Paris 2014

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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 00:00
Bienheureux Guy Vignotelli, prêtre o.f.m. († v. 1245)

Originaire d'Espagne, Guy Vignotelli, un seigneur de condition très modeste, mais très hospitalier, reçut chez lui S. François et ses compagnons. Plusieurs jours plus tard, alors qu'il vit S. François prier, il voulut devenir son disciple et vivre davantage encore la pauvreté.

 

Entré dans l'ordre des Frères mineurs franciscains en 1211, il se retira dans une grotte près de Cortone (Italie) et prêcha la pénitence aux populations voisines. Il mena une vie de jeûnes, de pauvreté et d’humilité.

 

Sources: (1), (2), (3), (4)

 

 

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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 00:00
Sainte Trinité, solennité

L'enseignement de l'église sur la Sainte Trinité (par S. Augustin) :

 

Tous les interprètes de nos livres sacrés, tant de l'Ancien Testament que du Nouveau que j'ai lus, et qui ont écrit sur la Trinité, le Dieu unique et véritable, se sont accordés à prouver par l'enseignement des Ecritures que le Père, le Fils et l'Esprit-Saint sont un en unité de nature, ou de substance, et parfaitement égaux entre eux. Ainsi ce ne sont pas trois dieux, mais un seul et même Dieu. Ainsi encore le Père a engendré le Fils, en sorte que le Fils n'est point le Père : et de même le Père n'est point le Fils, puisqu'il l'a engendré. Quant à l'Esprit-Saint, il n'est ni le Père, ni le Fils ; mais l'Esprit du Père et du Fils, égal au Père et au Fils, et complétant l'unité de la Trinité. C'est le Fils seul, et non la Trinité entière, qui est né de la vierge Marie, a été crucifié sous Ponce-Pilate, a été enseveli, est ressuscité le troisième jour et est monté au ciel. C'est également le Saint-Esprit seul qui, au baptême de Jésus-Christ, descendit sur lui en forme de colombe, qui après l'Ascension, et le jour de la Pentecôte, s'annonça par un grand bruit venant du ciel et pareil à un vent violent, et qui se partageant en langues de feu, se reposa sur chacun des apôtres (Mt III, 16 ; Ac II, 2-4). Enfin c'est le Père seul et non la Trinité entière qui se fit entendre soit au baptême de Jésus par Jean-Baptiste, soit sur la montagne en présence des trois disciples, lorsque cette parole fut prononcée « Vous êtes mon Fils». Et également ce fut la voix du Père qui retentit dans le temple, et qui dit : « Je l'ai glorifié, et je le glorifierai encore (Mc I, 11) ». Néanmoins comme le Père, le Fils et l'Esprit-Saint sont inséparables en unité de nature, toute action extérieure leur est commune. Telle est ma croyance, parce que telle est la foi catholique.  

 

Comment trois personnes ne font-elles qu'un seul Dieu ?

 

Mais ici quelques-uns se troublent, quand on leur dit qu'il y a trois personnes en Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, et que ces trois personnes ne sont pas trois dieux, mais un seul et même Dieu. Aussi demandent-elles comment on peut comprendre un tel langage, surtout si vous ajoutez que toute action extérieure est commune à la Trinité entière, et que néanmoins la voix du Père qui s'est fait entendre, n'est pas la voix du Fils, que l'Incarnation n'appartient qu'au Fils qui a pris une chair, qui a souffert, qui est ressuscité et qui est monté au ciel ; et que seul l'Esprit-Saint s'est montré sous la forme d'une colombe. Ces esprits curieux veulent donc comprendre comment la Trinité entière a pu parler par cette voix qui n'est que la voix du Père, comment encore cette même Trinité a créé la chair que le Fils seul a prise dans le sein d'une Vierge, et enfin comment cette colombe sous-laquelle se montra seul l'Esprit-Saint a été l'oeuvre de toute la Trinité. Car autrement, la Trinité n'agirait pas inséparablement, et le Père serait une chose, le Fils une autre, et l'Esprit-Saint une autre. Si au contraire certaines actions sont communes aux trois personnes, et certaines autres propres seulement à chacune d'elles, l'on ne peut plus dire que la Trinité agisse inséparablement. Ils se tourmentent encore pour savoir comment l'Esprit-Saint fait partie essentielle de la Trinité, puisqu'il n'est engendré ni du Père, ni du Fils, quoiqu'il soit l'Esprit du Père et du Fils. 


Telles sont les questions dont quelques personnes me poursuivent à satiété. C'est pourquoi je vais essayer de leur répondre, autant que la grâce divine suppléera à mon impuissance, et en évitant de suivre les sentiers d'une jalouse et maligne critique (Sg VI, 25). Si je disais que jamais je ne me préoccupe de ces mystérieuses questions, je mentirais. J'avoue donc que j'y réfléchis souvent, parce que j'aime en toutes choses à découvrir la vérité, et d'un autre côté la charité me presse de communiquer à mes frères le résultat de mes réflexions. Ce n'est point que j'aie atteint le terme, ou que je sois déjà parfait, car si l'apôtre saint Paul n'osait se rendre ce témoignage, pourrais-je le faire, moi qui suis si éloigné de lui ? «Mais oubliant, selon ma faiblesse, ce qui est derrière moi, et m'avançant « vers ce qui est devant moi, je m'efforce d'atteindre le but pour remporter le prix de la céleste vocation (Ph III, 12.14) ». Quelle distance ai-je donc parcourue dans cette route? à quel point suis-je arrivé ? et quel espace me reste-t-il encore à franchir? voilà les questions auxquelles on désire une réponse nette et précise. Puis-je la refuser à ceux qui la sollicitent, et dont la charité me rend l'humble serviteur ? Mais je prie aussi le Seigneur de faire qu'en voulant instruire mes frères, je ne néglige point ma propre perfection , et qu'en répondant à leurs questions, je trouve moi-même la solution de tous mes doutes. J'entreprends donc ce traité par l'ordre et avec le secours du Seigneur notre Dieu, et je me propose bien moins d'y soutenir d'un ton magistral des vérités déjà connues, que d'approfondir ces mêmes vérités en les examinant avec une religieuse piété.  

 

Consubstantialité des trois personnes

 

 

Quelques-uns ont dit que Notre-Seigneur Jésus-Christ n'était pas Dieu, ou qu'il n'était pas vrai Dieu, ou qu'il n'était pas avec le Père un seul et même Dieu, ou qu'il n'était pas réellement immortel parce qu'il était sujet au changement. Mais il suffit pour les réfuter de leur opposer les témoignages évidents et unanimes de nos saintes Ecritures. Ainsi saint Jean nous dit « qu'au commencement était le « Verbe, que le Verbe était avec Dieu, et que le Verbe était Dieu ». Or l'on ne peut nier que nous ne reconnaissions en ce Verbe qui est Dieu, le Fils unique de Dieu, celui dont le même Evangéliste dit ensuite, « qu'il s'est fait chair, et qu'il a habité parmi nous ». Ce qui arriva lorsque par l'incarnation le Fils de Dieu naquit dans le temps de la vierge Marie. Observons aussi que dans ce passage, saint Jean ne déclare pas seulement que le Verbe est Dieu, mais encore qu'il affirme sa consubstantialité avec le Père. Car après avoir dit « que le Verbe était Dieu », il ajoute « qu'au commencement il était avec Dieu, que toutes choses ont été faites par lui, et que rien de ce qui a été fait n'a été fait sans lui » (Jn I, 14, 2.3). Or, quand l'Evangéliste dit que tout a été fait par le Verbe, il entend évidemment parler de tout ce qui a été créé; et nous en tirons cette rigoureuse conséquence que le Verbe lui-même n'a pas été fait par Celui qui a fait toutes choses. Mais s'il n'a pas été fait, il n'est donc  pas créature, et s'il n'est pas créature, il est donc de la même substance ou nature que le Père. Et en effet, tout ce qui existe est créature, s'il n'est Dieu; et tout ce qui n'est pas créature, est Dieu, De plus, si le Fils n'est pas consubstantiel au Père, il a donc été créé; mais s'il a été créé, tout n'a donc pas été fait par lui, et cependant l'Evangéliste nous assure que tout a été fait par lui. Concluons donc et que le Fils est de la même substance ou nature que le Père, et que non-seulement il est Dieu, mais le vrai Dieu. C'est ce que saint Jean nous atteste expressément dans sa première épître: « Nous savons, dit-il, que le Fils de Dieu est venu, et qu'il nous a donné l'intelligence, afin que nous connaissions le vrai Dieu, et que nous vivions en son vrai « Fils qui est Jésus-Christ. C'est lui qui est le vrai Dieu et la vie éternelle (I Jn V, 20) ». 


Nous pouvons également affirmer que l'apôtre saint Paul parlait de la Trinité entière, et non du Père exclusivement, lorsqu'il disait «que Dieu seul possède l'immortalité (I Tm VI, 16) ». Et, en effet, l'Etre éternel ne saurait être soumis ni au changement, ni à la mortalité; et par conséquent, dès là que le Fils de Dieu « est la vie éternelle », on ne doit point le séparer du Père quand on dit que celui-ci « possède seul l'immortalité ». C'est aussi parce que l'homme entre en participation de cette vie éternelle, qu'il devient lui-même immortel. Mais il y a une distance infinie entre celui qui est par essence la vie éternelle, et l'homme qui n'est immortel qu'accidentellement, et parce qu'il participe à cette vie. Bien plus, ce serait une erreur d'entendre séparément du Fils et à l'exclusion du Père, ces autres paroles du même apôtre : « Il le fera paraître en son temps, Celui qui est souverainement heureux, le seul puissant, le Roi des rois, et le Seigneur des seigneurs, qui seul possède l'immortalité ». Nous voyons, en effet, que le Fils lui-même parlant au nom de la Sagesse, car « il est la Sagesse de Dieu (I Co I, 24) », ne se sépare point du Père, quand il dit : « Seul, j'ai parcouru le cercle des cieux (Si XXIV, 8) ». A plus forte raison, il n'est point nécessaire de rapporter exclusivement au Père et en dehors du Fils, ce mot de l'Apôtre : « Qui seul possède l'immortalité ». D'ailleurs, l'ensemble du passage s'y oppose. « Je vous commande, dit saint Paul à Timothée, d'observer les préceptes que je vous donne, vous conservant sans tache et sans reproche jusqu'à l'avènement de Notre-Seigneur Jésus-Christ que doit faire paraître, en son temps, Celui qui est souverainement heureux, le seul puissant, le Roi des rois, et le Seigneur des seigneurs; qui seul possède l'immortalité, qui habite une lumière inaccessible, qu'aucun homme n'a pu ni ne peut voir, et à qui est l'honneur et la gloire aux siècles des siècles. « Amen (I Tm VI, 14.15.16) ». Remarquez bien que dans ce passage l'Apôtre ne désigne personnellement ni le Père, ni le Fils, ni l'Esprit-Saint, et qu'il caractérise le seul vrai Dieu, c'est-à-dire la Trinité tout entière par ces mots : « Celui qui est souverainement heureux, le seul puissant, le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs ». 


Mais peut-être vous troublez-vous, parce que vous saisissez difficilement ce mot de l'Apôtre : « Qu'aucun homme n'a pu, ni ne peut voir ». Rassurez-vous : il s'agit ici de la divinité de Jésus-Christ; et en effet, les Juifs qui ne pouvaient voir en lui le Dieu, ne laissèrent pas de crucifier l'homme qu'ils voyaient. C'est qu'un oeil mortel ne saurait contempler l'essence divine, et qu'elle n'est aperçue que de l'homme qui s'est élevé au-dessus de l'humanité. Nous avons donc raison de rapporter à la sainte Trinité ces paroles « Le Dieu souverainement heureux et seul puissant, qui fera paraître en son temps Notre-Seigneur Jésus-Christ ». D'ailleurs, si l'Apôtre dit ici que ce Dieu « possède seul l'immortalité », le psalmiste n'avait-il pas dit, « que seul il opère des prodiges ? (Ps LXXI, 18) ». Et maintenant je demanderai à mes adversaires de qui ils entendent cette parole. Du Père seul ? Mais alors comment sera-t-elle véritable cette affirmation du Fils: «Tout ce que le Père fait, le Fils le fait également ? » De tous les miracles ? Le plus grand est certainement la résurrection d'un mort. Eh bien! « Comme le Père, dit Jésus-Christ, ressuscite les morts et les vivifie, ainsi le Fils vivifie ceux qu'il veut (Jn V, 19.21)». Comment donc le Père opèrerait-il seul des prodiges ? et comment pourrait-on expliquer autrement ces paroles qu'en les rapportant non au Père seul, ni au Fils, mais au seul vrai Dieu, c'est-à-dire au Père, au Fils et au Saint-Esprit ?   
L'apôtre saint Paul nous dit encore: « Il n'y a pour nous qu'un seul Dieu, le Père d'où procèdent toutes choses, et qui nous a faits pour lui; et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui toutes choses ont été faites, et nous par lui ». Or, je le demande, l'apôtre, comme l'évangéliste, n'affirme-t-il pas « que toutes choses ont été faites par le Verbe ? » Et dans cet autre passage, n'est-ce pas aussi ce même Verbe qu'il désigne évidemment ? « Tout est de lui, tout est par lui, tout est en lui. A lui soit la gloire aux siècles des siècles. Amen (Rm XI,36) ». Veut-on, au contraire, reconnaître ici la distinction des personnes, et rapporter au Père ces mots: «Tout est de lui » ; au Fils, ceux-ci : « Tout est par lui » ; et au Saint-Esprit, ces autres : «Tout est en lui ? ». Il devient manifeste que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont un seul Dieu, puisque l'Apôtre attribue à chacune des trois personnes cette même et unique doxologie : « Honneur et gloire aux siècles des siècles. Amen ». Et en effet, si nous reprenons ce passage de plus haut, nous verrons que l'Apôtre ne dit pas « O profondeur des richesses de la sagesse et de la science », du Père, ou du Fils, ou du Saint-Esprit, mais simplement, « de la sagesse et de la science de Dieu! Que ses jugements, ajoute-t-il, sont incompréhensibles, et ses voies impénétrables ! car qui connaît les desseins de Dieu, ou qui est entré dans le secret de ses conseils ? ou qui lui a donné le premier pour en attendre la récompense ? car tout est de lui, tout est par lui, tout est en lui. A lui la gloire aux siècles des siècles. Amen (Rm XI, 33-36) ».   Mais si vous ne rapportez ces paroles qu'au Père, en soutenant que seul il a fait toutes choses, comme l'Apôtre l'affirme ici, je vous demanderai de les concilier et avec ce passage de l'épître aux Corinthiens, où, parlant du Fils, saint Paul dit : « Nous n'avons qu'un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui toutes choses ont été faites », et avec ce témoignage de l'évangéliste saint Jean : « Toutes choses ont été faites par le Verbe (I Co III, 6 ; Jn I, 2) ». Et, en effet, supposons que certaines choses aient été faites par le Père, et d'autres par le Fils, il faudrait en conclure que ni l'un ni l'autre n'ont fait toutes choses. Admettez-vous, au contraire, que toutes choses ont été faites ensemble par le Père et par le Fils, vous en déduirez l'égalité du Père et du Fils, et la simultanéité des opérations du Père et du Fils. Pressons encore cet argument. Si le Père a fait le Fils qui lui-même n'a pas fait le Père, il n'est plus vrai que le Fils ait fait toutes choses. Et cependant tout a été fait par le Fils donc il n'a pas été fait lui-même ; autrement il n'aurait pas fait avec le Père tout ce qui a été fait. Au reste, le mot lui-même se rencontre sous la plume de l'Apôtre; car dans l'épître aux Philippiens, il dit nettement « que le Verbe ayant la nature de Dieu, n'a point cru que ce fût pour lui une usurpation de s'égaler à Dieu (Ph II, 6) ». Ici saint Paul donne expressément au Père le nom de Dieu, ainsi que dans cet autre passage : «Dieu est le Chef de Jésus-Christ (I Co, XI, 3) ». 


Quant au Saint-Esprit, ceux qui avant moi ont écrit sur ces matières, ont également réuni d'abondants témoignages pour prouver qu'il est Dieu et non créature. Mais s'il n'est pas créature, il est non-seulement Dieu dans le même sens que quelques hommes sont appelés dieux (Ps LXXXI, 6) ; mais il est réellement le vrai Dieu. D'où je conclus qu'il est entièrement égal au Père et au Fils, consubstantiel au Père et au Fils, coéternel avec eux, et complétant l'unité de la nature dans la trinité des personnes. D'ailleurs, le texte des saintes Ecritures qui atteste le plus évidemment que le Saint-Esprit n'est pas créature, est ce passage de l'épître aux Romains, où l'Apôtre nous ordonne de servir non la créature, mais le Créateur (Rm I, 24). Et ici saint Paul n'entend pas nous prescrire ce service que la charité nous recommande envers tous nos frères, et que les Grecs nomment culte de dulie; mais il veut que ce soit ce culte qui n'est dû qu'à Dieu seul, et que les Grecs appellent culte de latrie. Aussi regardons-nous comme idolâtres tous ceux qui rendent aux idoles ce culte de latrie, car c'est à ce culte que se rapporte ce précepte du Décalogue: «Vous adorerez le Seigneur votre Dieu, et vous ne servirez que lui seul (Dt VI, 13) ». Au reste, le texte grec lève ici toute difficulté, car il porte expressément: « Et vous lui rendrez le culte de latrie ». 


Or, si nous ne pouvons rendre à une créature ce culte de latrie, parce que le Décalogue nous dit : « Vous adorerez le Seigneur, votre Dieu, et vous ne servirez que lui seul », et si l'Apôtre condamne ceux qui ont servi la créature plutôt que le Créateur», nous sommes en droit de conclure que le Saint-Esprit n'est pas une créature, puisque tous les chrétiens l'adorent et le servent. Et en effet, saint Paul dit « que nous ne sommes point soumis à la circoncision, parce que nous servons l'Esprit de Dieu », c'est-à-dire, selon le terme grec, que nous lui rendons le culte de latrie (Ph III, 3). Telle est la leçon que donnent tous ou presque tous les manuscrits grecs, et qui se trouve également dans plusieurs exemplaires latins. Quelques-uns cependant portent : nous servons Dieu en esprit, au lieu de lire : nous servons l'Esprit de Dieu. C'est pourquoi, sans me préoccuper de prouver à mes adversaires l'authenticité d'un texte dont ils récusent la valeur, je leur demanderai s'ils ont jamais rencontré la plus légère variante dans ce passage de la première épître aux Corinthiens : « Ne savez-vous pas que vos corps sont le temple du Saint-Esprit, que vous avez reçu de Dieu? » Mais ne serait-ce point un blasphème et un sacrilège que d'oser dire que le chrétien, membre de Jésus-Christ, est le temple d'une créature inférieure à Jésus-Christ ? Or, l'Apôtre nous affirme, dans un autre endroit : « que nos corps sont les membres de Jésus-Christ ». Si donc ces mêmes corps, membres de Jésus-Christ, sont également les temples de l'Esprit-Saint, celui-ci ne saurait être créature. Et, en effet, dès là que notre corps devient le temple de l'Esprit-Saint, nous devons rendre à cet Esprit le culte qui n'est dû qu'à Dieu, et que les Grecs nomment culte de latrie. Aussi saint Paul a-t-il raison d'ajouter: « Glorifiez donc Dieu dans votre corps (I Co VI, 19.1.20).



Saint Augustin. Source

 

Sainte-Trinite--miniature-des-Grandes-Heures-d-Anne-de-Bre.jpg

La Sainte Trinité, miniature des Grandes Heures d'Anne de Bretagne illustrées par Jean Bourdichon, XVIe siècle.

 

 

. Saint Patrick, Apôtre de l'Irlande, et la Sainte Trinité

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10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 00:00
Saint Landry, Évêque de Paris (✝ 656)

Évêque de Paris, saint Landry n'eut de cesse d'aider les plus démunis. Lors des famines, il vendait tous ses biens jusqu'aux objets liturgiques pour acheter un peu de pain et le redistribuer.

Parce que les maladies faisaient de nombreux morts et se transformaient souvent en épidémies, il eut l'idée de regrouper tous les malades pour mieux les soigner et ne pas contaminer le reste de la population : le premier hôtel-Dieu était créé.

 

Sources : (1), (2), (3), (4)

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8 juin 2017 4 08 /06 /juin /2017 00:00
Saint Médard de Noyon, évêque (✝ 560)

Saint Médard, l'un des plus célèbres pontifes de l'Église de France au VIème siècle, naquit vers l'an 457, à Salency, en Picardie, de parents profondément chrétiens. Dieu les bénit en leur donnant pour fils deux futurs saints évêques, Médard et Gildard.

La jeunesse de Médard fut remarquable par sa grande compassion pour les pauvres et les malheureux; il s'assujettissait à des jeûnes rigoureux, afin de leur distribuer sa nourriture. Un jour, il rencontra un mendiant aveugle qui était presque nu; il se dépouilla de son habit pour l'en revêtir; et comme on lui demandait ce qu'il en avait fait, il dut répondre qu'il l'avait donné à un pauvre aveugle dont la misère l'avait touché. 

Un autre jour, son père, revenant de la campagne avec un grand nombre de chevaux, le chargea de les conduire dans un pré et de les y garder en attendant l'arrivée de ses domestiques. Tout à coup Médard aperçut un villageois chargé de harnais qu'il portait à grand-peine: "Eh! mon ami, lui dit l'enfant, pourquoi vous chargez-vous d'un si pesant fardeau? -- C'est, répondit le paysan, que mon cheval vient de périr par accident; j'emporte ses harnais, mais sans espoir de pouvoir acquérir un autre cheval." L'enfant, ému de compassion, prit un des chevaux confiés à sa garde et le força de l'emmener. Le Ciel témoigna par un prodige combien cet acte de charité Lui était agréable; car, après que Médard eu rendu compte à son père de son action, on trouva le nombre des chevaux complet.

De plus, tous les gens de la maison virent un aigle couvrir Médard de ses ailes pendant une grosse pluie qui était tout à coup survenue. La vie de l'étudiant et du prêtre répondit à de si admirables commencements; toutes les oeuvres de zèle auxquelles peut se livrer un ministre des âmes lui étaient connues et familières.

En 530, il fut élu évêque et sacré par saint Rémi. La dignité épiscopale ne lui fit rien retrancher de ses pénitences. On vit ce saint vieillard, à l'âge de soixante-douze ans, parcourir les villages, les bourgs et les hameaux, prêchant, consolant son peuple, administrant les sacrements avec un zèle infatigable. Il étendit le règne de la foi en quelques parties de son diocèse demeurées païennes; et, par ses travaux comme par ses miracles, il eut la douce joie de sauver un grand nombre d'âmes. C'est de sa main que la reine Radegonde reçut le voile de religieuse.

Enfin Médard, âgé de quatre-vingt-sept ans, plus chargé encore de vertus et de mérites que d'années, rendit son âme au Créateur, en l'an 545.

Saint Médard de Noyon, évêque (✝ 560)

Sources : (1), (2), (3)

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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 00:00
Saint Gilbert de Neuffontaines (✝ 1152)

Né en Auvergne, il est très tôt envoyé à la cour du roi Louis VI le Gros.

Il participa à la seconde croisade prêchée par saint Bernard à Vézelay, et s'y battit vaillamment, même s'il ressentit très vite le besoin de servir son Dieu d'une manière moins meurtrière.

A son retour en France, il donna une partie de son immense fortune aux pauvres et construisit un monastère. Il arriva à convaincre sa femme et sa fille d'entrer en religion comme lui souhaitait le faire. Il entra dans l'Ordre des Prémontrés de Saint Norbert.

Fidèle au charisme de saint Norbert, il construisit un hôpital qui devint rapidement célèbre par les miracles que Gilbert y accomplissait.

Il fut ensuite envoyé dans l'Allier pour être le supérieur de l'abbaye de Neuffontaines. Celle-ci prit son nom quelques temps après sa mort.

Pénitent et charitable, il attira une foule de malades et de pécheurs, désireux de soulager leurs maux physiques et spirituels. On lui amenait de tous côtés des enfants gravement malades. Il leur imposait les mains et les rendait guéris à leurs parents. Epuisé par la pénitence et le labeur, il mourut le 5 juin 1152. Selon ses vœux, on l’enterra dans le cimetière des pauvres de l’abbaye. Comme saint Gilbert bénéficiait d’une grande dévotion populaire et à la suite de nombreux miracles, Jean Lepaige, procureur de l‘Ordre, encouragea la recherche des restes mortels du fondateur. Les ossements furent retrouvés le 26 octobre 1645. La fête de saint Gilbert rappelle la date de cette translation. En 1791, pendant le tumulte de la Révolution française, les reliques furent transférées dans l’église Sint-Didier, pour les mettre à l’abri. On ne les a jamais retrouvées. Le pape Benoît XIII reconnut son culte le 22 janvier/8 mars 1728.

 

Sources : (1), (2), (3)

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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 00:00
Saint Norbert, archevêque de Magdebourg (1080-1134)

Né en 1080, près de Cologne (Allemagne), Norbert fut engagé dès son jeune âge dans la cléricature; mais il fréquentait plus la cour que l'Église et reculait devant les Ordres sacrés, afin de suivre la voie des plaisirs. 

Il avait déjà trente-trois ans, quand, traversant à cheval une belle prairie, accompagné d'un seul serviteur, il fut assailli par une soudaine et horrible tempête. La scène de saint Paul sur le chemin de Damas se renouvela; car Norbert entendit une voix céleste lui dire: "Pourquoi me fuis-tu? Je te destinais à édifier mon Église, et tu scandalises mon peuple." En même temps, la foudre éclate et le renverse par terre, où il demeure évanoui pendant une heure entière. Quand il eut recouvré ses sens, il dit à Dieu: "Seigneur, que demandez-vous de moi?" Et la réponse à sa question lui fit comprendre qu'il devait quitter le monde et vivre dans la pénitence. 

La conversion fut immédiate et complète, et bientôt l'on put voir, non sans étonnement, le brillant gentilhomme échanger ses riches vêtements contre la bure du moine. Il se prépara pendant quarante jours, dans un monastère, à offrir pour la première fois le Saint Sacrifice de la Messe. 

Norbert obtint du Pape les pouvoirs de missionnaire apostolique et commença à prêcher la pénitence. Ses œuvres étaient plus éloquentes encore que sa prédication: il marchait nu-pieds, même en plein hiver, au milieu de la neige, n'avait pour vêtement qu'un rude cilice en forme de tunique et un manteau de pénitent; il observait perpétuellement le carême selon la rigueur des premiers siècles, et y ajoutait de ne manger presque point de poisson et de ne boire du vin que très rarement: on eût dit un nouveau Jean-Baptiste, par son zèle et ses austérités. 

Cependant Dieu réservait à Norbert la gloire de fonder l'Ordre des Prémontrés, ainsi nommé parce que le Saint avait eu révélation du lieu où il devait l'établir. Saint Augustin lui ayant apparu, une Règle d'or à la main, il comprit qu'il devait adopter pour son Ordre la règle de ce grand docteur. Il fut lui-même la règle vivante de ses frères. 

 

Ordres-des-Premontres.png

Armoiries de l'Ordre des Prémontrés. Blason d'azur, semé de fleurs de lys d'or, à deux crosses du même passées en sautoir brochant sur le tout. Le semis de fleurs de lys d'or est une concession faite par le roi Saint Louis. (Source: X. Barbier de Montault, prélat de la Maison de Sa Sainteté, Annuaire du Conseil Héraldique de France, 3e année, 1890.)

 

En 1126, se réalisa une vision que sa mère avait eue avant sa naissance: Norbert fut obligé d'accepter l'archevêché de Magdebourg (Allemagne), et il eut désormais outre le souci de son Ordre, le soin de son diocèse, où son apostolat fut traversé par de grandes persécutions et couronné d'abondants fruits de salut. Rien du reste, n'avait changé dans sa vie, et jusqu'à sa mort il mena dans son palais la vie d'un moine dans sa cellule.

 

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Saint Norbert, Archevêque, Fondateur de l'Ordre des Prémontrés (1080-1134), vitrail dans la Basilique Notre-Dame d'Afrique à Alger.

 

 

Sources: (1), (2), (3)

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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 00:00

Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Consolateur, pour qu'il demeure toujours avec vous; C'est l'Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit point et ne le connaît point: mais vous, vous le connaissez, parce qu'il demeure au milieu de vous; et il sera en vous.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 14, 16-17

Vitrail moderne représentant la Pentecôte

Vitrail moderne représentant la Pentecôte

La Pentecôte correspond à l'envoi de l'Esprit-Saint aux Apôtres réunis au Cénacle de Jérusalem, dix jours après l'Ascension de Notre Seigneur, et donc cinquante jours après sa résurrection (Pâques).

Le Cénacle est le lieu de l'effusion de l'Esprit lors de la Pentecôte, quand "apparurent comme des langues de feu qui se posèrent sur chacun d'eux"  (Ac 2:2-3C'est au Cénacle qu'eut lieu le premier concile, dit "concile de Jérusalem" (Ac 15:4-19)

Le Cénacle est aussi le nom de la pièce où Notre Seigneur institua le sacrement de l'Eucharistie (la sainte Cène), le Jeudi saint, la veille de sa Passion.

pentecote.jpg

Sur cette gravure, en haut de l'image, on remarque des triangles entremêlés, tête en haut ou tête en bas. Les triangles tête en bas ont à leur base deux points, ce qui dans les Ecritures correspond à l'envoi de l'Esprit-Saint par les deux autres personnes de la Sainte Trinité : le Père et le Fils qui ne font qu'UN, et dans les triangles têtes dirigées vers le haut, l'assemblée de Dieu, qui sur terre est en perpétuelle recherche de Dieu et donc en relation permanente avec le Créateur par la grâce de l'Esprit-Saint.

 

Et quand ils furent entrés, ils montèrent à la chambre haute où ils se tenaient: Pierre et Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques (fils) d'Alphée, et Simon le Zélote, et Jude (frère) de Jacques. Tous ceux-là, d'un même coeur, persévéraient dans la prière avec des femmes et Marie, la mère de Jésus, et avec ses frères.

Actes des Apôtres 1, 13-14

C'était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d'eux. Il leur dit : "La paix soit avec vous !"Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.Jésus leur dit de nouveau : "La paix soit avec vous ! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie."Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : "Recevez l'Esprit Saint.Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus."

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,19-23

"Suivant deux illustres Pères de l'Église orientale, saint Hésychius, patriarche de Jérusalem, et saint Proclus, patriarche de Constantinople, le Saint-Esprit descendit au moment même où saint Pierre célébrait, au milieu des disciples, l'auguste sacrifice de la messe." (Mgr Gaume, Traité du Saint-Esprit, 1865, troisième édition, Gaume et Cie Editeurs, 3 rue de l'Abbaye, tome II, Paris 1890, p. 192).

La Cène, Fra Angelico, 1452

La Cène, Fra Angelico, 1452

"La vie communautaire et la vie de prière étaient ordonnées à l’annonce de l’Evangile. C’est exactement ce qui a été vécu par les premiers chrétiens dans ce temps entre Ascension et Pentecôte : sur ordre de Jésus, les disciples font communauté, écoutent la Parole, reçoivent l’Esprit, et deviennent messagers de la Bonne Nouvelle. Vivre au Cénacle c'est vivre avec Ma­rie, c'est se laisser comme elle conduire par l'Esprit pour communiquer le Christ aux autres." (Congrégation Notre Dame du Cénacle, n° 37)

C'est comme une précieuse indication : pas de Pentecôte sans cénacle. En un mot, l'Esprit est donné à des êtres qui, déjà, essayent de vivre en communion, unis dans leur diversité et surtout persévérants dans la prière avec Marie, la Mère de Jésus.  (Cathedrale du Puy)

Au cours de la prière au Cénacle, dans une attitude de profonde communion avec les Apôtres, quelques femmes et les « frères » de Jésus, la Mère du Seigneur invoque le don de l'Esprit pour elle-même et pour la communauté.

Marie désire une effusion de l'Esprit en vue de sa propre fécondité spirituelle.

Il était bon que la première effusion de l'Esprit sur elle, qui avait eu lieu en vue de sa maternité divine, fût renouvelée et renforcée. En effet, au pied de la Croix, une nouvelle maternité avait été confiée à Marie, qui concernait les disciples de Jésus. Cette mission exigeait précisément un renouvellement du don de l'Esprit. La Vierge le désirait donc, en vue de la fécondité de sa maternité spirituelle.

Alors qu'au moment de l'Incarnation l'Esprit était descendu sur elle en tant que personne appelée à participer dignement au grand mystère, maintenant tout s'accomplit en fonction de l'Église, dont Marie est appelée à être la figure, le modèle et la mère.

Marie désire une effusion de l'Esprit sur les disciples et sur le monde.

Dans l'Église et pour l'Église, la Vierge, se souvenant de la promesse de Jésus, attend la Pentecôte et implore pour tous la multiplicité des dons, selon la personnalité et la mission de chacun.

Dans la communauté chrétienne, la prière de Marie revêt une signification particulière : elle favorise l'avènement de l'Esprit en sollicitant son action dans le cœur des disciples et dans le monde.

Tout comme, lors de l'Incarnation, l'Esprit avait formé en son sein virginal le corps physique du Christ, de même, au Cénacle, le même Esprit descend pour animer son Corps mystique.

La Pentecôte est donc aussi le fruit de l'incessante prière de la Vierge, que le Paraclet accepte avec une faveur toute particulière parce qu'elle est l'expression de son amour maternel à l'égard des disciples du Seigneur. En contemplant la puissante intercession de Marie qui attend l'Esprit Saint, les chrétiens de tous les temps, dans leur long et difficile cheminement vers le salut, recourent souvent à son intercession pour recevoir avec plus d'abondance les dons du Paraclet.

Répondant à la prière de Marie et de la communauté rassemblée au Cénacle le jour de la Pentecôte, l'Esprit Saint comble la Vierge et ceux qui sont présents de la plénitude de ses dons, opérant en eux une profonde transformation en vue de la diffusion de la Bonne Nouvelle.
À la Mère du Christ et aux disciples, sont donnés une force nouvelle et un dynamisme apostolique nouveau, pour la croissance de l'Église.
Éclairée et conduite par l'Esprit, elle a exercé une influence profonde sur la communauté des disciples du Seigneur
En particulier, l'effusion de l'Esprit conduit Marie à exercer sa maternité spirituelle d'une manière singulière, par sa présence toute imprégnée de charité et par le témoignage de sa foi. Dans l'Église naissante, elle transmet aux disciples, comme un trésor inestimable, ses souvenirs sur l'Incarnation, l'enfance, la vie cachée et la mission de son divin Fils, contribuant à le faire connaître et à affermir la foi des croyants.

Nous ne disposons d'aucune information sur l'activité de Marie dans l'Église primitive, mais il est permis de supposer que, même après la Pentecôte, elle a continué à vivre une existence cachée et discrète, attentive et efficace.

Éclairée et conduite par l'Esprit, elle a exercé une influence profonde sur la communauté des disciples du Seigneur.

(Extraits de l'Audience de Jean-Paul II du 28 mai 1997)

Le Veni Creator Spiritus est une hymne composée au IXe siècle, considérée comme la plus célèbre de toutes les hymnes grégoriennes, elle signifie Viens Saint Esprit Créateur et commémore la Pentecôte.
Cette hymne fut entonnée par Sainte Jeanne D'Arc et son armée lorsque la Pucelle de Domrémy, menait ses soldats vers une de ses plus grandes victoires sur les Anglais (à Patay notamment où il y eu au minimum 2000 anglais de morts et 3 -trois- côté Français seulement!).
 
Veni, creator Spiritus,
Mentes tuorum visita,
Imple superna gratia
Quae tu creasti pectora.
Qui diceris Paraclitus,
Altissimi donum Dei,
Fons vivus, ignis, caritas
Et spiritalis unctio.
Tu septiformis munere,
Digitus paternae dexterae,
Tu rite promissum Patris,
Sermone ditans guttura.
Accende lumen sensibus,
Infunde amorem cordibus,
Infirma nostri corporis
Virtute firmans perpeti.
Hostem repellas longius
Pacemque dones protinus;
Ductore sic te praevio
Vitemus omne noxium.
Per te sciamus da Patrem,
Noscamus atque Filium;
Teque utriusque Spiritum
Credamus omni tempore.
Deo Patri sit gloria,
Et Filio, qui a mortuis
Surrexit, ac Paraclito
In saeculorum saecula.
Amen.
Viens, Esprit Créateur,
Visite la pensée de tes fidèles,
Emplis de la grâce d'En-Haut
Les cœurs que tu as créés.
Toi qu'on nomme le Consolateur,
Le don du Dieu très-Haut,
La source vivante, le Feu, la Charité,
L'Onction spirituelle.
Tu es l'Esprit à la septuple forme,
Le doigt de la droite du Père,
Tu es sa solennelle promesse,
Enrichissant notre gorge par la parole.
Fais jaillir la lumière dans notre intelligence,
Répands l'amour dans notre coeur,
Soutiens la faiblesse de notre corps
Par ton éternelle vigueur !
Repousse au loin l'Ennemi,
Donne-nous la paix sans délai ;
Que sous ta conduite qui nous ouvre la voie,
nous évitions toute nuisance.
Fais que par toi nous connaissions le Père
Et découvrions le Fils,
Et qu'en toi, leur commun Esprit,
Nous croyions en tout temps.
Gloire soit à Dieu le Père,
Au Fils ressuscité des morts,
À l'Esprit Saint Consolateur,
Dans les siècles des siècles.
Amen.
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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 00:00
Sainte Blandine martyr, gouache, fin XIXe siècle, anonyme

Sainte Blandine martyr, gouache, fin XIXe siècle, anonyme

Le martyre de sainte Blandine (en 177 ap.J-C) livrée aux lions, et des autres chrétiens de Lyon et de Vienne, fut décrit par des témoins oculaires qui écrivirent une lettre à l'Eglise de Phrygie et d'Asie. Celle-ci fut retranscrite par Eusèbe (265-340) dans son Histoire ecclésiastique.

Saint Pothin fut le premier évêque de Lyon. Il venait de l'Asie, avait été formé à l'école de saint Polycarpe, évêque de Smyrne, et envoyé par lui dans les Gaules.

Après avoir gagné un grand nombre d'âmes à Jésus-Christ, Pothin fut arrêté à Lyon sous le règne de Marc-Aurèle. Il était âgé de quatre-vingt-dix ans, faible et tout infirme; son zèle et le désir du martyre soutenaient ses forces et son courage. Conduit au tribunal au milieu des injures de la populace païenne, il fut interrogé par le gouverneur, qui lui demanda quel était le Dieu des chrétiens: "Vous le connaîtrez si vous en êtes digne," répondit l'évêque. A ces mots, la multitude furieuse se précipite contre lui; ceux qui étaient plus près le frappèrent à coups de pieds et à coups de poings, sans aucun respect pour son âge. Le vieillard conservait à peine un souffle de vie quand il fut jeté en prison, avec de nombreux chrétiens dont Sainte Blandine. Là, il expira peu après, roué de coups.

 

Le récit du martyre des compagnons de saint Pothin est une des plus belles pages de l'histoire de l'Église des premiers siècles. Le diacre Sanctus supporta sans faiblir toutes les tortures, au point que son corps était devenu un amas informe d'os et de membres broyés et de chairs calcinées; au bout de quelques jours, miraculeusement guéri, il se trouva fort pour de nouveaux supplices. Il ne voulait dire à ses bourreaux ni son nom, ni sa patrie, ni sa condition; à toutes les interrogations il répondait: "Je suis chrétien!" Ce titre était tout pour lui; livré enfin aux bêtes, il fut égorgé dans l'amphithéâtre.

Maturus eut à endurer les mêmes supplices que le saint diacre; il subit les verges, la chaise de fer rougie au feu, et fut enfin dévoré par les bêtes féroces.

Le médecin Alexandre, qui, dans la foule des spectateurs, soutenait du geste le courage des martyrs, fut saisi et livré aux supplices.


Attale, pendant qu'on le grillait sur une chaise de fer, vengeait les chrétiens des odieuses imputations dont on les chargeait indignement: "Ce ne sont pas, disait-il, les chrétiens qui mangent les hommes, c'est vous; quand à nous, nous évitons tout ce qui est mal." On lui demanda comment S'appelait Dieu: "Dieu, dit-il, n'a pas de nom comme nous autres mortels."

Il restait encore le jeune Ponticus, âgé de quinze ans, et l'esclave Blandine, qui avaient été témoins de la mort cruelle de leurs frères; Ponticus alla le premier rejoindre les martyrs qui l'avaient devancé; Blandine, rayonnante de joie, fut torturée avec une cruauté particulière, puis livrée à un taureau, qui la lança plusieurs fois dans les airs; enfin elle eut la tête tranchée.


Torturée sans relâche, Blandine se contenta de dire à ses bourreaux que les chrétiens ne faisaient aucun mal. Envoyée dans l'arène avec ses compagnons, elle les exhortait à garder leur foi malgré les supplices.

 

   

Dernières prières des martyrs chrétiens, peinture de J.L. Gérôme, 1875-1885, Walters Art Gallery, Baltimore

 

"Blandine,  Sanctus, Maturus et Attale furent conduits à l'amphithéâtre. Blandine fut attachée à un poteau, exposée aux bêtes féroces lâchées dans l'amphithéâtre. Les autres chrétiens, dans leur supplice, l'entendaient prier à haute voix. Il leur semblait voir, en regardant leur sœur, celui qui a été crucifié pour nous. Celui qui souffre pour le Dieu vivant ne fait qu'un avec le Christ. Aucune bête n'attaqua Blandine. A la fin de la journée on égorgea Maturus et Sanctus, qui survivaient à peine à leurs blessures et on remit Blandine en prison.   

 

Blandine fut finalement mise dans un filet et jeté à un taureau sauvage. Blandine fut bien des fois projetée en l'air par les cornes de l'animal, mais on aurait dit qu'elle ne se rendait compte de rien. Elle ne pensait qu'à Jésus Christ. N'étant toujours pas morte, les romains décidèrent de l'achever à l'épée. Les païens eux-mêmes reconnaissaient que jamais une femme n'avait enduré de telles souffrances.

 

Le Pape Jean-Paul II lors de son voyage apostolique en 1986 à Lyon déclara : " Ils n'ont pas voulu renier Celui qui leur avait communiqué sa vie et les avait appelés à être ses témoins.
Nous savons qu' ils sont nombreux aujourd' hui encore, et dans toutes les parties du monde, ceux qui subissent les outrages, le bannissement et même la torture à cause de leur fidélité à la Foi chrétienne.
En eux le Christ manifeste sa puissance.
Les martyrs d'aujourd' hui et les martyrs d'hier nous environnent et nous soutiennent pour que nous gardions nos regards fixés sur Jésus."

 

Sources : 1, 2, 3

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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 00:00
Saint Justin de Naplouse (martyr v. 165 ap. J.-C.) Patron des philosophes

Egalement connu comme Justin Martyr ou Justin le Philosophe, apologète et martyr, Justin naquit en Samarie à Naplouse, ville de Palestine bâtie sur l'ancien site de Sichem, entre 100 et 114 ap. J.-C. 

On ne sait pas grand chose de sa jeunesse sauf que son père s'appelait Priscus, son grand père Bacchius et qu'il fut éduqué dans le culte des idoles phéniciennes (Astarté, Europa, Zeus). Ses parents étaient des païens très aisés qui lui firent faire des études très poussées. Justin était alors à la recherche de la sagesse, il cherchait Dieu à travers l'étude de la philosophie. Il découvrit les Evangiles, se convertit, et commença à évangéliser. Il fonda plusieurs écoles de philosophies dans l'Empire, à Beyrouth, à Ephèse, à Rome. Il écrivit de nombreux ouvrages sur le christianisme. Il essaya même de convertir les empereurs Romains au christianisme en leur envoyant ses ouvrages. Si l'empereur Antonin fut sensible à ses arguments et mis fin aux persécutions contre les chrétiens, son sucesseur Marc-Aurèle considéra le christianisme comme un danger pour l'Empire et ralluma la persécution qui fit périre des milliers de chrétiens. Justin, lui-même, fut arrêté v. 165 puis décapité à Rome pour ne pas avoir renié sa foi. Il est le patron des philosophes.

Justin parle de sa recherche dans ses "dialogues avec Tryphon" où il nous raconte sa longue quête

 

Justin se confia à un maître stoïcien, mais celui-ci ne lui parlait pas de Dieu. Il le quitta pour un disciple d'Aristote qui ne s'intéressait qu'à ses honoraires. Les platoniciens lui offrirent une doctrine plus solide et exaltante. Il pensait alors avoir trouvé ce qu'il cherchait. Mais sa rencontre avec un chrétien le fit aller plus loin : la vérité tant recherchée, seul le Christ pouvait la lui donner. A trente ans, devenu chrétien, il ne renia pas la philosophie qui était à ses yeux une préparation de la révélation chrétienne, chaque doctrine contenant une parcelle de la vérité totale qui se trouvait dans le Christ. Justin commença alors une carrière d'enseignant, fonda des écoles de philosophie à Ephèse puis à Rome.
 

"S’est-il trouvé un seul homme qui voulût mourir en témoignage de sa foi au soleil ?" (Dialogues avec Tryphon, 121, 2)

 

Conscients du grand horizon que la foi leur ouvrait, les chrétiens appelèrent le Christ le vrai soleil, "dont les rayons donnent la vie." (Clément d’Alexandrie, Protrepticus, IX in Lumen fidei, § 1.)

 

C'est alors que l'empereur Marc-Aurèle commença sa grande persécution. Justin refusa de sacrifier aux dieux; il fut décapité.


A lire:
-
Apologie pour les chrétiens par Justin éditions du Cerf
- Justin martyr Apologie pour les chrétiens par Charles Munier éditions du Cerf



Après celle d'Aristide, récemment publiée dans la collection (n° 470), l'"Apologie pour les chrétiens" de Justin est la plus ancienne que nous ayons conservée. Écrite peu après 150, elle poursuit un double but : obtenir de l'empereur Antonin le Pieux, auquel elle est adressée, la légalisation du christianisme et la fin des persécutions ; en même temps, montrer à cet empereur philosophe et à tous les païens que la foi chrétienne et elle seule peut combler leur soif de vérité puisque son objet est le Logos, la Raison personnifiée, que toutes les autres philosophies n'ont atteint que partiellement.

Dans II Apologétique, 12, Justin exprime une constatation qui devait convertir les premiers païens :

 

"Moi aussi, du temps où j'étais encore platonicien, j'avais entendu parler des crimes que l'on imputait aux chrétiens; mais, les voyant sans crainte devant la mort et au milieu de tous les périls, je ne pouvais croire que ces gens vécussent dans les désordres et l'amour de la volupté.

 

Comment supposer, en effet, qu'un homme qui se livre à l'intempérance des désirs, esclave de la chair et des délices de ce monde, recherche la mort qui prive de tous ces biens ?

 

Loin d'aller au-devant d'une condamnation certaine, ne devrait-il pas, au contraire, se dérober à la vigilance des magistrats afin de jouir le plus longtemps possible des plaisirs de la vie" ? (Saint Justin cité in Anne Bernet, Les chrétiens dans l'empire romain, des persécutions à la conversion Ier – IVe s., Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 113).



Dans son Dialogue avec Tryphon, 133, 3, Justin exprime la charité chrétienne envers les Juifs

 

"Mais maintenant encore, en vérité, votre main est levée pour le mal ; car, après avoir tué le Christ, vous n’en avez pas même le repentir ; vous nous haïssez, nous qui par lui croyons au Dieu et Père de l’univers, vous nous mettez à mort chaque fois que vous en obtenez le pouvoir ; sans cesse vous blasphémez contre lui et ses disciples, et cependant tous nous prions pour vous et tous les hommes sans exception comme notre Christ et Seigneur nous a appris à le faire lorsqu’il nous a ordonné de 'prier même pour nos ennemis, d’aimer ceux qui nous haïssent et de bénir ceux qui nous maudissent'." (Mt. 5,44)

 

"On nous appelle athées"

 

"On nous appelle athées.

 

Oui certes, nous l'avouons, nous sommes les athées de ces prétendus dieux, mais nous croyons au Dieu très vrai, père de la justice, de la sagesse et des autres vertus, en qui ne se mélange rien de mal. Avec lui nous vénérons, nous adorons, nous honorons en esprit et en vérité le Fils venu d'auprès de lui, qui nous a donné ces enseignements, et l'armée des autres bons anges qui l'escortent et lui ressemblent, et l'Esprit prophétique. Voilà la doctrine que nous avons apprise et que nous transmettons libéralement à quiconque veut s'instruire." (St Justin, Apologie, I, 6)

 

"Le Christ a persuadé de mourir pour ce qu'il enseignait.

 

"Socrate ne put persuader à personne de mourir pour ce qu'il enseignait. Mais le Christ, que Socrate connut en partie (car il était le Verbe présent en tout, il a prédit l'avenir par les prophètes et prit personnellement notre nature pour nous enseigner ces choses), le Christ a persuadé non seulement des philosophes et des lettrés, mais même des artisans et des ignorants, qui méprisèrent pour lui et l'opinion et la crainte de la mort; car il est la vertu du Père ineffable et non une production de la raison humaine." (St Justin, Deuxième Aplogie, 10.)

 

St Justin et les origines de la dévotion à Marie

 

La belle idée de Marie "Nouvelle Eve" se trouve déjà au IIe siècle chez St Justin.

 

"Le Christ s'est fait homme par le moyen de la Vierge, afin que la désobéissance provoquée par le serpent prit fin par la même voie qu'elle avait commencé.

 

En effet, Eve, Vierge et intacte, ayant conçu la parole du serpent, enfanta la désobéissance et la mort; la Vierge Marie, ayant conçu la foi et la joie, répondit: 'Qu'il me soit fait selon votre parole'. Il est donc né d'elle celui dont parlent les Ecritures. Par lui, Dieu ruine l'empire du serpent et de ceux, anges ou hommes qui lui sont devenus semblables, et affranchit de la mort ceux qui se repentent de leurs fautes et croient en lui".

 

Marie, en acceptant le message de l’Ange, a conçu "foi et joie" (Dialogue avec Tryphon, 100,5)

 

Sources : 1; 2 ; 3; 4; (5) DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965

 

 

. Saint Justin (IIe siècle) sur la Vierge Marie

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31 mai 2017 3 31 /05 /mai /2017 00:00

Vitrail-dans-la-cathedrale-Saint-Maclou-de-Pontoise-repre.JPG

Vitrail dans la cathédrale Saint-Maclou de Pontoise représentant la visitation

 

L'ange Gabriel, en annonçant à Marie le mystère de l'Incarnation, lui avait dit, pour confirmer sa mission, qu'Elisabeth, sa cousine, quoique d'un âge fort avancé, était enceinte d'un fils qui devait être le précurseur du Messie. La joie que la très-sainte-Vierge ressentit de cette merveille, et plus encore le motif de la charité, la déterminèrent à aller visiter sa sainte parente. Elle partit donc, et se rendit en diligence, à travers les montagnes de Juda, à la ville d'Hébron. Lorsqu'elle fut arrivée au terme de sa course, elle entra chez Zacharie, et salua Elisabeth. Quel bonheur pour cette maison d'être honorée la première de la visite du Verbe fait chair ! De quelle bénédiction sa présence ne fut-elle pas suivie !

 

La très sainte-Vierge en fut l'instrument, parce que Dieu voulait nous montrer qu'elle est le canal des grâces, et que nous pouvons avec confiance implorer son intercession.

 

A la voix de Marie, l'enfant qu'Elisabeth portait dans son sein fut rempli du Saint-Esprit, c'est-à-dire qu'il fut purifié de la tache originelle, orné de la grâce sanctifiante, élevé à une dignité supérieure à celle des prophètes. Doué même, par anticipation, de l'usage de la raison, il reconnut, par une lumière surnaturelle, celui qui venait le visiter, et marqua, par une espèce de tressaillement, l'amour et le respect dont il était saisi en la présence de son Dieu.

 

Elisabeth, de son côté, félicita Marie du choix que Dieu avait fait d'elle pour être la Mère du Désiré des nations. L'auguste Vierge répondit à ces témoignages de vénération par le beau cantique MAGNIFICAT : Mon âme glorifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur... (1)

-----------------------------------------------

CÉLÉBRATION MARIALE POUR LA CONCLUSION
DU MOIS DE MAI AU VATICAN
PAROLES DU PAPE JEAN PAUL II

« Marie partit [...] vers la région montagneuse... » (Lc 1, 39)
       
        Les paroles de l'évangéliste Luc retentissent dans nos cœurs : « Dès qu'Elisabeth eut entendu le salut de Marie... [elle] fut remplie d'Esprit Saint » (1, 41).

        La rencontre entre la Madone et sa cousine Elisabeth est comme une sorte de « petite Pentecôte ».

        Dans le récit évangélique, la Visitation suit immédiatement l'Annonciation : la Sainte Vierge, qui porte en son sein le Fils conçu par l'œuvre de l'Esprit Saint, rayonne autour d'elle de grâce et de joie spirituelle. C'est la présence de l'Esprit en Elle qui fait tressaillir de joie le Fils d'Elisabeth, Jean, destiné à préparer la voie au Fils de Dieu fait homme.

        Là où se trouve Marie il y a le Christ ; et là où se trouve le Christ il y a son Esprit Saint, qui procède du Père et de Lui-même dans le saint mystère de la vie trinitaire. Les Actes des Apôtres soulignent à juste titre la présence de Marie en prière, dans le Cénacle, avec les Apôtres réunis dans l'attente de recevoir la « puissance d'En-haut ». Le « oui » de la Vierge, « fiat », attire le Don de Dieu sur l'humanité : c'est ce qui se produit à la Pentecôte, comme lors de l'Annonciation. C'est ainsi que cela continue à se produire sur le chemin de l'Église.

        Il est significatif que le dernier jour de mai soit celui de la fête de la Visitation. Avec cette conclusion, c'est comme si nous voulions dire que chaque jour de ce mois a été pour nous une sorte de visitation. Nous avons vécu au cours du mois de mai une visitation permanente, comme l'ont vécue Marie et Elisabeth. Nous sommes reconnaissants à Dieu que cet événement biblique nous soit aujourd'hui reproposé par la Liturgie.

        À vous tous, je souhaite que la grâce de la visitation mariale, vécue au cours du mois de mai, se prolonge dans les jours qui viendront. (2)  

-------------------------------------------- 
Sources: (1)  Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 183 ; (2), (3)

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30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 00:00
Saint Ferdinand III le Saint, Roi de Castille

Saint Ferdinand III, roi de Castille et de Léon (1198 - 1252), cousin du roi Saint Louis, procéda à la reconquête du sud de la péninsule ibérique (l'actuelle l'Andalousie) lors de la Reconquista, libéra Cordoue et Séville occupées par les Maures depuis cinq siècles et y planta la Croix du Christ.



Il reçoit de son père une sérieuse éducation chrétienne et chevaleresque.
A la mort du jeune roi Henri, héritier du trône de Castille, en 1217, sa mère le fait proclamer roi de Castille et couronner à Valladolid le 31 août 1217.
A 21 ans, en 1219, il épouse Béatrix de Souabe qui lui donnera 10 enfants.

Durant son règne, Ferdinand se soucie de lutter contre les hérésies et de faire perdre du terrain à l'Islam qui, depuis plusieurs siècles, asservit l'Espagne.

A la mort de son père et après bien des péripéties, il devient également roi de Léon, en septembre 1230. Peu à peu, il repousse vers l'extrême sud de l'Espagne les limites de l'occupation islamique par les prises successives de Cordoue, Murcie, Grenade et Séville.

La veille des batailles, il passait la nuit en prière. On ne peut douter de la pureté des motifs qui le faisaient agir dans ces guerres : "Seigneur, disait-il, vous savez que je cherche votre gloire et non la mienne".

Son principal étendard était une image de la Vierge; il portait à l'arçon de sa selle une statuette devenue célèbre sous le nom de Notre-Dame-des-Batailles, et conservée depuis à Séville.

Dans un combat acharné, on vit, dit-on, à côté de Ferdinand, l'apôtre saint Jacques, monté sur un cheval blanc. Le chef des Maures de Séville, vaincu malgré une nombreuse armée et des remparts formidables, s'écria : "Il n'y a qu'un favori de Dieu qui ait pu, avec si peu de monde, prendre une ville si forte et si peuplée".

Comme son cousin Saint Louis, roi de France, jamais il ne chargea ses sujets d'impôts : c'était dans une sévère économie qu'il trouvait de quoi subvenir aux frais de la guerre. Il aimait les lettres. On le considère comme le fondateur de l'Université de Salamanque.

Ferdinand meurt à Séville le 30 mai 1252.

Le Pape Clément X le canonise le 4 février 1671.

La fête de Saint Ferdinand est le 30 mai.

 

Sources:

Saintferdinanddesternes; Mgr Paul Guérin, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Argentré-du-Plessis 2003, p. 325-326; Nominis.cef.fr; Les saints du jour
 

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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 00:00
Saint Augustin de Cantorbéry, archevêque, fondateur de l'église anglo-saxonne (+ 605)

Aux Vème et VIème siècles, l'île de la Grande-Bretagne évangélisée dès les premiers siècles du christianisme, était retombée dans le paganisme à la suite de l'invasion des Saxons.

 

Le jeune roi de ce temps, Ethelbert, roi de Kent (le plus proche royaume du continent) épousa Berthe, princesse chrétienne, fille de Caribert Ier, roi de Paris et petit-fils de Clovis. Berthe consentit à ce mariage à la condition d'avoir sa chapelle et de pouvoir observer librement les préceptes et les pratiques de sa foi avec l'aide et l'appui d'un évêque gallo-franc. L'âme du roi de Kent subissait la salutaire influence de sa pieuse épouse qui le préparait sans le savoir à recevoir le don de la foi.

 

Le pape Grégoire le Grand choisit le moine Augustin alors prieur du monastère de St-André à Rome pour réaliser l'évangélisation de l'Angleterre qu'il souhaitait depuis longtemps.

On ne sait absolument rien de la vie de saint Augustin de Cantorbéry avant le jour solennel du printemps 596, où pour obéir aux ordres du pape saint Grégoire le Grand qui avait été son abbé dans le passé, il dut s'arracher à la vie paisible de son abbaye avec quarante de ses moines pour devenir missionnaire.

 

À Lérins, première étape des moines missionnaires, ce qu'on leur rapporta de la cruauté des Saxons effraya tellement les compagnons d'Augustin, qu'ils le prièrent de solliciter leur rappel du pape. Augustin dut retourner à Rome pour supplier saint Grégoire de dispenser ses moines d'un voyage si pénible, si périlleux et si inutile. Le souverain pontife renvoya Augustin avec une lettre où il prescrivait aux missionnaires de reconnaître désormais le prieur de St-André pour leur abbé et de lui obéir en tout. Il leur recommanda surtout de ne pas se laisser terrifier par tous les racontars et les encouragea à souffrir généreusement pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.

 

Début Ve siècle, l'Île de Bretagne secoua le joug romain et se proclama indépendante. Mais ce fut aussi le moment où d'autres Barbares venus de Germanie détruisant la Gaule romanisée (Strasbourg, Spire, Reims, Tournai, Arras, Amiens), l'Angleterre connut l'arrivée des premiers Saxons. Jusqu'en 449, et la Descente des Saxons, elle se gouverna sous l'autorité du clergé, du roi gaulois Vortigern (Gwrtheyrn en gallois moderne), des nobles et des villes municipales. La Bretagne, soutint longtemps avec vigueur la guerre, seule et sans recours. L'Angleterre n'avait jamais été complètement romanisée. Les chefs des tribus bretonnes continuèrent toujours de régner, quoique avec un pouvoir subordonné, depuis le règne de l'empereur Claude jusqu'à celui d'Honorius. (Cf. Histoire de Manchester, par Whitaker, vol. 1, p. 247-257.)

 

C'est dans ce contexte qu'Augustin arriva dans le Kent en 597 à la tête de la mission grégorienne dont le but était de convertir les Anglo-Saxons au christianisme.

Les peuples anglo-saxons en Angleterre au début du VIIe siècle

Les peuples anglo-saxons en Angleterre au début du VIIe siècle

Ainsi stimulés, les religieux reprirent courage, se remirent en route et débarquèrent sur la plage méridionale de la Grande-Bretagne. Le roi anglo-saxon Ethelbert n'autorisa pas les moines romains à venir le rencontrer dans la cité de Cantorbéry qui lui servait de résidence, mais au bout de quelques jours, il s'en alla lui-même visiter les nouveaux venus. Au bruit de son approche, les missionnaires, avec saint Augustin à leur tête, s'avancèrent processionnellement au-devant du roi, en chantant des litanies.

 

Ethelbert n'abandonna pas tout de suite les croyances de ses ancêtres. Cependant, il établit libéralement les missionnaires à Cantorbéry, capitale de son royaume, leur assignant une demeure qui s'appelle encore Stable Gate : la porte de l'Hôtellerie, et ordonna qu'on leur fournit toutes les choses nécessaires à la vie.

 

Vivant de la vie des Apôtres dans la primitive Eglise, Augustin et ses compagnons étaient assidus à l'oraison, aux vigiles et aux jeûnes. Ils prêchaient la parole de vie à tous ceux qu'ils abordaient, se comportant en tout selon la sainte doctrine qu'ils propageaient, prêts à tout souffrir et à mourir pour la vérité. L'innocence et la simplicité de leur vie, la céleste douceur de leur enseignement, parurent des arguments invincibles aux Saxons qui embrassèrent le christianisme en grand nombre.

 

Charmé comme tant d'autres par la pureté de la vie de ces hommes, séduit par les promesses dont plus d'un miracle attestait la vérité, le noble et vaillant Ethelbert demanda lui aussi le baptême qu'il reçut des mains de saint Augustin. La conversion d'Ethelbert, premier roi anglo-saxon à se convertir, amena celle d'une grande partie de ses sujets. Comme le saint pape Grégoire le Grand lui recommanda de le faire, Ethelbert proscrivit le culte des idoles, renversa leurs temples et établit de bonnes mœurs par ses exhortations, mais encore plus par son propre exemple.

Ethelbert. Statue à la cathédrale de Cantorbéry

Ethelbert. Statue à la cathédrale de Cantorbéry

En 597, étant désormais à la tête d'une chrétienté florissante, Augustin se rendit à Arles, afin d'y recevoir la consécration épiscopale, selon le désir du pape saint Grégoire. De retour parmi ses ouailles, à la Noël de la même année, dix mille Saxons se présentèrent pour recevoir le baptême.

 

 

De plus en plus pénétré de respect et de dévouement pour la sainte foi, le roi abandonna son propre palais de Cantorbéry au nouvel archevêque. À côté de cette royale demeure, on construisit une basilique destinée à devenir la métropole de l'Angleterre. Augustin en devint le premier archevêque et le premier abbé.

 

En le nommant primat d'Angleterre, le pape saint Grégoire le Grand lui envoya douze nouveaux auxiliaires, porteurs de reliques et de vases sacrés, de vêtements sacerdotaux, de parements d'autels et de livres destinés à former une bibliothèque ecclésiastique. Le souverain pontife conféra aussi au nouveau prélat le droit de porter le pallium en célébrant la messe, pour le récompenser d'avoir formé la nouvelle église d'Angleterre par ses inlassables travaux apostoliques. Cet honneur insigne devait passer à tous ses successeurs sur le siège archiépiscopal d'Angleterre. Le pape lui donna également le pouvoir d'ordonner d'autres évêques afin de constituer une hiérarchie régulière dans ce nouveau pays catholique. Il le constitua aussi métropolitain des douze évêchés qu'il lui ordonna d'ériger dans l'Angleterre méridionale.

 

Les sept dernières années de sa vie furent employées à parcourir le pays des Saxons de l'Ouest. Même après sa consécration archiépiscopale, Augustin voyageait en véritable missionnaire, toujours à pied et sans bagage, entremêlant les bienfaits et les prodiges à ses prédications. Rebelles à la grâce, les Saxons de l'Ouest refusèrent d'entendre Augustin et ses compagnons, les accablèrent d'avanies et d'outrages et allèrent jusqu'à attenter à leur vie afin de les éloigner.

 

Au début de l'an 605, deux mois après la mort de saint Grégoire le Grand, son ami et son père, saint Augustin, fondateur de l'église anglo-saxonne, alla recueillir le fruit de ses multiples travaux. Avant de mourir, il nomma son successeur sur le siège de Cantorbéry.

 

Selon la coutume de Rome, le grand missionnaire fut enterré sur le bord de la voie publique, près du grand chemin romain qui conduisait de Cantorbéry à la mer, dans l'église inachevée du célèbre monastère qui allait prendre et garder son nom.

 

Sources : (1), (2)

 

La Cathédrale de Cantorbéry

Saint Augustin de Cantorbéry, archevêque, fondateur de l'église anglo-saxonne (+ 605)
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25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 00:00

Ascension.jpg

« Jésus s'approcha d'eux et leur adressa ces paroles : "Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre.

Allez donc: de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit.

Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps." »

(Evangile selon Saint Matthieu, XXVIII, 18-19).

Le quarantième jour depuis sa résurrection, Jésus-Christ apparut à ses disciples, et, après leur avoir donné ses dernières instructions, et commandé de prêcher l'Evangile à toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, il leur promit qu'il serait avec eux et avec son Eglise jusqu'à la consommation des siècles, pour la soutenir, la gouverner et la faire triompher de l'enfer et du monde. Il les mena ensuite sur le mont des oliviers, et, étant arrivé à la sommité, il les bénit de sa main adorable, et il quitta la terre en s'élevant au ciel, porté majestueusement sur une nuée lumineuse qui le déroba à leurs yeux.

 

Il n'est pas possible au langage humain d'exprimer ici la gloire ineffable du Sauveur en entrant dans la Jérusalem céleste, où il alla s'asseoir à la droite de Dieu son Père.

 

Les heureux témoins de son ascension tenaient encore leurs yeux levés vers le ciel, quand deux anges leur apparut et leur dirent : "Galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder le ciel ? Ce Jésus, qui, en vous quittant, s'est élevé dans le ciel, viendra de la même manière que vous l'y avez vu monter", annonçant ainsi son retour à la fin du monde. Les disciples rentrèrent avec joie à Jérusalem, pour se disposer, par la retraite et la prière, à recevoir le Saint-Esprit, comme le divin Maître le leur avait prescrit, en les assurant que cet Esprit-Dieu répandrait sur eux, dix jours après, ses dons les plus excellents et l'abondance de ses grâces. (1)

 

D'après l'Evangile selon Luc, l'Ascension se produit à Béthanie, le village où vivaient les amis de Jésus, Marthe, Marie et Lazare, et où Jésus a ressuscité Lazare, à 2 km en bas de côte du mont des Oliviers. C'est également dans ce village qu'aurait été baptisé Jésus. (2)

 

Une tradition la situe au sommet du Mont des Oliviers où une église a été édifiée autour de la pierre qui recèlerait la dernière empreinte du pied de Jésus sur terre avant son ascension vers les cieux.

 

L'"église de la Sainte Ascension" fut prise par Saladin en 1187 et convertie en la mosquée que l'on voit aujourd'hui. Elle contient la dernière empreinte traditionnelle du pied de Jésus sur terre avant son ascension vers les cieux. (3)

 

Dôme de l'Ascension sur le Mt. des Oliviers

 

Deux autres locations préservent l'emplacement de l'ascension. La mère de Constantin construisit une église sous l'église moderne de Pater noster afin de commémorer l'évènement. Une tradition plus récente relie l'ascension à l'église orthodoxe de l'Ascension.

 

La célébration de l’Ascension est attestée à la fin du IVe siècle, parfois fêtée simultanément avec la Pentecôte jusqu’au Ve siècle. (4)

Ascension

Sources:

 

(1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. XIX., (2Frère Antoine Tingba, L'Ascension du seigneur, 2013, Site des Dominicains de Bordeaux ; (3); (4); (5)

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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 00:00



Cathédrales de Nantes

            

Au temps de la persécution de Dioclétien, il y avait à Nantes un jeune homme nommé Donatien, d'une haute naissance, mais recommandable surtout par ses vertus. Plus heureux que son frère Rogatien, il avait embrassé la foi chrétienne et travaillait à faire connaître Jésus-Christ autour de lui. Il eut le bonheur d'éclairer son frère et de lui donner le courage de professer une religion dont les disciples étaient voués à la souffrance et à la mort. Le zèle de Donatien l'avait mis en vue: il fut le premier de tous, conduit devant le gouverneur:

"J'apprends, Donatien, lui dit celui-ci, que non content de refuser à Jupiter et à Apollon les honneurs qui leur sont dus, vous cherchez à répandre la religion d'un crucifié.

-- On ne vous a dit que la vérité, répond Donatien; j'adore Celui qui seul doit être adoré.

-- Cessez de propager cette doctrine; sinon, la mort vous attend.

-- La mort, je ne la crains pas pour moi, mais pour vous."

Pendant que Donatien était livré aux tortures et jeté dans un cachot, Rogatien parut à son tour:

"J'ai été informé, lui dit le gouverneur, de votre résolution de professer la religion des chrétiens. Prenez bien garde d'encourir la colère de l'empereur !" La réponse du jeune homme ne fut pas moins ferme que celle de son frère, et le juge décida que le lendemain les deux prisonniers auraient la tête tranchée, pour avoir outragé les dieux et les empereurs.

Une seule chose chagrinait Rogatien: il n'était encore que catéchumène et n'avait pas reçu le baptême; mais Donatien et lui prièrent ensemble toute la nuit, afin que Dieu fît que l'effusion du sang produisît dans le martyr l'effet du saint Baptême.

Le lendemain, le juge, assis à son tribunal, se fit amener les deux confesseurs de la foi et chercha encore à les épouvanter par la menace des supplices.

"Nous sommes prêts, répondirent-ils, à souffrir pour Jésus-Christ tout ce que pourra inventer la cruauté des bourreaux."

Les généreux enfants, à la suite de cette belle réponse, sont placés sur le chevalet et tourmentés cruellement; mais leur courage surpasse la fureur des bourreaux, et ils soutiennent sans faiblir ce douloureux supplice. On les achève ensuite en leur tranchant la tête. La ville et le diocèse de Nantes ont conservé une dévotion traditionnelle à ces deux illustres martyrs, populaires en ce pays sous le nom des deux Enfants Nantais.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.
Les saints du jour

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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 00:00
Saint Didier de Vienne (✝ v. 607)

Evêque de Vienne à partir de 595, né à Autun vers 540, il s'éleva contre la reine Brunehaut (ou "Brunehilde") pour critiquer la vie dissolue de la cour.


Pour le faire taire, la reine convoqua un concile à Châlon-en-Bourgogne et y fit comparaître une certaine Justa qui se plaignit d'avoir été violée par saint Didier en présence d'un témoin, domestique de la cour royale. Les évêques de la province de Lyon déposèrent leur collègue.

Mais il fut rappelé par la reine lorsque trois ans plus tard les faux témoins moururent tous deux de manières inexplicables. La reine troublée par la mort des deux accusateurs, fit revenir Didier qui n'en continua pas moins à admonester la vieille criminelle qui n'arrêtait ni ses débauches ni ses tueries.

Pour en finir, Brunehaut envoya ses soldats l'arrêter en pleine messe et le fit lapider en 608 à Saint-Didier-sur-Chalaronne près de Lyon.


Sur le territoire de Lyon, en 606 ou 607, la passion de saint Didier, évêque de Vienne. Ayant reproché à la reine Brunehaut un mariage incestueux et d’autres dépravations, il fut d’abord envoyé par elle en exil, puis, sur son ordre, arrêté dans sa cathédrale, et enfin lapidé par les soldats et achevé à coups de bâton, recevant ainsi la couronne du martyre.

Martyrologe romain

 

Sources: (1), (2), (3)

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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 00:00
Saint Émile, martyr à Carthage (IIIème siècle)

En Afrique du Nord vers 250, pendant la persécution de Dèce contre les chrétiens, Émile, arrêté pour sa foi, après avoir faibli devant la torture, apostasia et fut relâché. Se reprenant aussitôt, il alla voir le magistrat qui l'avait jugé et lui redit sa foi. Il fut condamné à être brûlé vif.

 


Saint Émile, fut d'abord emprisonné, battu avec des verges et soumis à différentes tortures pour l'inciter à renier la vraie Foi et à sacrifier aux faux Dieux.

 

S. Cyprien, son contemporain, évêque de Carthage, puis martyr comme lui, raconte que les deux saints, Émile et Chaste (ou Vaste), après les premiers tourments, crurent ne pas pouvoir résister aux intentions, puis, après avoir prié le Seigneur, reçurent la force de vaincre leurs persécuteurs, qui les firent mourir par le feu.

 

Sources : 1, 2, 3

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 00:00
Bataille du Pont Milvius, fragment d'une fresque de Raphaël au Vatican, in La Gaule chrétienne, D'après les écrivains et les monuments anciens, Paris Librairie Hachette et Cie, Paris 1879, p. 43

Bataille du Pont Milvius, fragment d'une fresque de Raphaël au Vatican, in La Gaule chrétienne, D'après les écrivains et les monuments anciens, Paris Librairie Hachette et Cie, Paris 1879, p. 43

Né en Serbie, fils de l'empereur Constance Chlore et de sainte Hélène, Constantin fut élevé à la cour de Dioclétien et proclamé empereur en Gaule après la mort de son père, en 306.

 

Son règne marque la fin des persécutions contre les chrétiens.

 

 

Saint-Constantin--empereur--272-337-.png

Le Chrisme: image que vit Constantin dans le ciel avant la bataille du Pont Milvius, correspondant aux lettres grecques X Chi et P Rho (XP), les deux premières lettres du mot Christ.

 

Constantin Ier, et toute son armée avec lui, vit apparaître dans le ciel une croix. Jésus, dans un rêve prémonitoire, lui promit aussi de vaincre Maxence par le chrisme, formé des deux lettres grecques Khi (X) et rho (P): ce sont les deux premières lettres de Christ. Constantin les fit apposer sur les étendards de son armée et les boucliers de ses hommes.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b5/Labarum.svg/117px-Labarum.svg.pngAu Pont Milvius, à quelques kilomètres au nord-est de Rome, deux empires, deux mondes s'affrontaient devant les siècles : l'empire des Césars et la monarchie chrétienne, le monde païen et le monde chrétien. Combattant sous le drapeau marqué de la croix, son armée composée de Germains, de Gaulois et de chrétiens au nombre de 98.000 fantassins et cavaliers, vainquit les Romains, Italiens, Carthaginois, Tyrrhéniens et Siciliens ainsi que Maxence au nombre de 188.000 fantassins et cavaliers, sous les murs de Rome. Constantin se fit chrétien, concluant ainsi la paix avec l'Église. Il se convertit et édifia à Rome une basilique sur le tombeau de saint Pierre, premier pape. 
         
Il proclama l'édit de Milan (312) qui donna la liberté aux chrétiens de pratiquer leur culte et de propager leur foi. Il restitua les biens ecclésiastiques confisqués par Maxence.
Légalement, depuis 313, les cultes officiels n'étaient plus obligatoires pour personne, mais leur statut n'était pas aboli. La conversion de Constantin ne donna pas le signal d'une revanche contre le paganisme. Il interdit seulement la divination par consultation des entrailles des victimes (haruspicine), la magie, les cultes païens immoraux (viols de sépultures, infanticides), les coutumes païennes immorales (Constantin fait détruire un sanctuaire d'Asclépios à Agaï en Cilicie, fermer un temple d'Astarté à Baalbek en Phénicie où se pratiquait la prostitution sacrée) et les sacrifices, mais ne ferma pas les temples :

 

"Vous qui estimez que cela vous est utile, rendez-vous aux autels publics, aux temples, et célébrez les rites auxquels vous êtes habitués: nous n'empêchons pas en effet de célébrer en plein jour les rites de cet ancien usage illicite" (15 mai 319.)

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/e4/Chrisme_PARIS_Saint_Fran%C3%A7ois-Xavier.jpg/800px-Chrisme_PARIS_Saint_Fran%C3%A7ois-Xavier.jpg

 

Chrisme surplombant une chapelle de l'Eglise Saint-François-Xavier, Paris

 

"Il est manifeste, écrit Constantin, que la négligence de la religion, dans laquelle est conservée le respect souverain de la très-sainte et très-haute puissance, est cause de grands dangers pour les affaires de l'Etat; en revanche, lorsque la religion est reçue et gardée conformément aux lois, elle apporte, procurée par les bienfaits divins, une très grande prospérité au nom romain et une réussite notable à toutes les entreprises humaines" (Lettre III, 1.)

 

En 329, Constantin interdit aux juifs de molester ou de lapider les juifs qui passent aux christianisme.

 

Le 25 juillet 336, lorsque Constantin fête ses trente ans de règne à Constantinople, la paix règne aux frontières comme à l'intérieur de l'empire. Les Barbares et les Perses sont tenus en respect, le pouvoir de l'empereur s'étend sur l'Orient et sur l'Occident. La nouvelle capitale, Constantinople, est en plein développement. Avec une position stratégique exceptionnelle, elle se révélera imprenable, et sera pendant des siècles, le verrou qui interdira le passage des Barbares venus du nord vers les provinces de l'Orient puis des musulmans vers l'Europe, jusqu'en 1453.

 

L'empereur Constantin fit reconstruire les églises et en les honorant par des offrandes de grand prix. En Cilicie, il chassa le démon Pythonicos, en ayant ordonné l'ordre que la maison dans laquelle il se cachait soit renversée de fond en comble. (Socrate, Histoire ecclésiatique, I, III, 1; XVIII, 7-11.)

 

Fort de son titre de Pontifex Maximus (Grand Pontife) titre traditionnel des empereurs, et bien qu'il ne fût baptisé que peu de temps avant sa mort, Constantin présida des conciles, tels que celui de Nicée (325) et essaya de résoudre les conflits internes et externes de l'Église. En réponse à Michel Onfray dans son livre "Monsieur Onfray, Au Pays des Mythes, Réponses sur Jésus et le christianisme" (éd. Salvator, Paris 2017), Jean-Marie Salamito explique que Constantin découvrit avec inquiétude les dissensions entre chrétiens d'Orient. Le concile qu'il eut l'idée de réunir à Nicée dans l'actuelle Turquie rassembla les évêques de tout l'empire. Contrairement à ce que dit "Décadence" de Michel Onfray, le concile ne visait pas à "trancher contre Arien et en faveur des Nicéens" (p. 164) : personne ne pouvait en prévoir l'issue, et il n'existait pas encore de "nicéens", de partisans de Nicée, puisque ce concile n'avait pas encore eut lieu... Les évêques donnèrent raison à Alexandre, patriarche d'Alexandrie, et tort à Arius. Ils proclamèrent le Fils "consubstantiel" (homoousios) au Père, c'est-à-dire de la même substance ou essence (ousia) divine que le Père. Un Fils "engendré, non pas créé". Un Fils tout aussi Dieu, tout aussi éternel que le Père. Ce qui était en jeu c'était la Trinité -le Père, le Fils et le Saint-Esprit -, c'est-à-dire l'idée spécifiquement chrétienne de Dieu. Ce n'étaient pas les idées de Constantin, qui ne sera baptisé que sur son lit de mort en 337 par un évêque arien... (Eusèbe de Nicomédie), mais celle des évêques. Et, contrairement à ce que prétend encore Michel Onfray, le Père n'est pas le Fils. La consubstantialité n'est pas l'identité tout court, mais l'identité de substance ou l'égale majesté des Trois.

 

Ses lois et sa politique se basaient sur les principes chrétiens. Il était un grand constructeur d'édifices chrétiens. Il semble que dès cet hiver de 312-313, le trésor public ait aidé à des reconstructions de bâtiments chrétiens et que le pape Miltiade (311-314) ait obtenu de l'impératrice Fausta le somptueux palais du Latran.

 

Le Liber Pontificalis, dans sa biographie du pape Silvestre (314-335) attribue à Constantin la construction de :

 

- la basilique Constantinienne St Jean de Latran, première église à être publiquement consacrée le 9 novembre 324 sous le titre de Basilique du Très Saint Sauveur par le pape Sylvestre Ier (son nom de basilique Saint-Jean est progressivement adopté par association à son important baptistère voisin, dédié à saint Jean-Baptiste, le plus ancien de Rome. Pendant plus de dix siècles, les papes, évêques de Rome, résidèrent dans le palais du Latran voisin)

- celles de St Pierre au Vatican, où les premiers pèlerins venaient rendre un culte à Saint Pierre à l'emplacement du cirque de Néron;

- à Rome, de Saint-Paul hors les murs, de Sainte Croix de Jérusalem, de Saint-Sébastien, des Saints-Pierre-et-Marcellin, de Saint-Laurent et de Sainte-Agnès (ces deux derniers édifices seraient dus à d'autres membres de la dynastie).

 

Si Constantin n'évite pas la guerre civile qui éclate entre ses fils (Constantin II à Trèves, Constant à Sirmium et Constance II à Antioche), il en limite les conséquences et permet, in fine, la réunification du monde romain entre les mains de Constance II (353), puis de son neveu Julien (361).

 

Le principe héréditaire l'emportait sur l'élection par les légions, ce fléau qui vit des coup d'Etat permanent caractériser l'Anarchie militaire du IIIe siècle, où 18 empereurs se succédèrent en 49 ans (235-284), cinquante années marquées de guerres, de ravages, d'invasions (particulièrement en Occident qui vit les premières invasions germaniques). "Être élu empereur dans la période d'un demi-siècle qui suit la mort de Sévère Alexandre, est une destinée tragique. Les élus acceptent le principat comme un arrêt de mort" (Ferdinant Lot, La Fin du monde antique et le début du Moyen Âge, 1927, Albin Michel, Paris 1989, p. 21).

 

La victoire du principe héréditaire correspondait à une tendance latente depuis le Haut-empire : les Césars s'étaient succédé dans la famille d'Auguste, les Julio-Claudiens, puis les Flaviens, les Antonins eux-mêmes, et enfin les Sévères. Il répondait à l'évolution des mentalités et d'une reconnaissance d'un pouvoir transcendant, qui ne doit rien au consentement des administrés, tout au caractère divin que lui a imprimé son investiture. C'était proprement l'héritage grec de la croyance en un Dieu ordonnateur du monde (Cf. Platon, Gorgias). L'empereur devient l'instrument choisi par la divinité pour faire régner l'ordre sur la création. Et là aussi, la tendance remonte à loin. (Cf. L'Arc de Bénévent représentant Jupiter tendant le foudre à l'empereur Trajan).

Sources:

 

(1) La Véritable histoire de Constantin, Textes réunis et commentés par Pierre Maraval, Les Belles Lettres, Clamecy 2010, p. 455, 458; (2) DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 455 ; (3) Calendrier perpétuel, Les Saints en 365 jours, Chêne; (4), (5), (6); (7) Michel de Jaeghere, Les Derniers jours, La fin de l'Empire romain d'Occident, Perrin Collection Tempus, Malesherbes 2016; (8) Jean-Marie Salamito, Monsieur Onfray, Au Pays des Mythes, Réponses sur Jésus et le christianisme, éd. Salvator, Paris 2017

 

. 6 octobre 2013 - Commémorations du 17e centenaire de l'édit de Milan

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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 00:00
Saint Bernardin de Sienne, Confesseur

Saint Bernardin de Sienne, Confesseur

Le principal caractère de la vie de ce grand saint, c'est son amour extraordinaire pour la très Sainte Vierge.

 

L’Italie le considère comme son plus grand prédicateur. Dès sa canonisation, les peintres et les sculpteurs les plus illustres le représentèrent très fréquemment.

 

Né le 8 septembre 1380, jour de la Nativité de Marie, Bernardin fut privé, tout jeune, de ses nobles et pieux parents ; mais il trouva dans une de ses tantes une véritable mère. Voyant un jour cette femme refuser de donner à un pauvre, il lui dit : "Pour l'amour de Dieu, donnez à ce pauvre ; autrement je ne prendrai rien aujourd'hui.

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Saint Bernardin de Sienne, Franciscain.

On le représente tenant à la main un soleil avec le monogramme de Jésus. "IHS" [abréviation et translittération du nom de "Jésus" en grec : Ι = J, Η = E et Σ = S (JES = Jesus/Ιησους), et en latin : Iesus Humani Salvator, Jésus sauveur des hommes]

 

Sa pureté était si grande, que le moindre mot inconvenant l'affligeait profondément : "Silence, disaient les étudiants quand ils le voyaient apparaître au milieu de leurs conversations trop libres, silence, voici Bernardin !"

 

À dix-sept ans, il entra dans une confrérie de garde-malades, et soigna pendant quatre ans, dans un hôpital, avec un dévouement et une douceur rares, toutes les infirmités humaines. Se traitant lui-même avec la dernière dureté, il ne songeait qu'aux besoins des autres ; il parut surtout héroïque dans une peste affreuse (peste de Sienne en 1400), où au service des malades, il s'imposa mille fatigues et brava mille fois la mort. 

 

L'inspiration du Ciel le conduisit alors chez les Franciscains, qui le lancèrent bientôt dans la prédication. Grâce à la bonté de sa Mère céleste, sa voix, faible et presque éteinte, devint inopinément claire et sonore ; Bernardin fut un apôtre aussi brillant par son éloquence que par sa science, et opéra en Italie de merveilleux fruits de salut.

 

La tradition populaire du Moyen Âge lui attribue plus de 2000 guérisons miraculeuses (Source : Jansen Philippe, Un exemple de sainteté thaumaturgique à la fin du Moyen Âge : les miracles de saint Bernardin de Sienne. In: Mélanges de l'Ecole française de Rome. Moyen-Âge, Temps modernes T. 96, N°1. 1984. pp. 129-151).

 

Faisant un jour l'éloge de la Sainte Vierge, il lui appliqua cette parole de l'Apocalypse : "Un grand signe est apparu au Ciel." Au même instant, une étoile brillante parut au-dessus de sa tête. Une autre fois, parlant en italien, il fut parfaitement compris par des auditeurs grecs qui ne connaissaient que leur langue maternelle.

 

Un jour, un pauvre lépreux lui demanda l'aumône ; Bernardin, qui ne portait jamais d'argent, lui donna ses souliers ; mais à peine le malheureux les eut-il chaussés, qu'il se senti soulagé et vit disparaître toute trace de lèpre.

 

Bernardin, allant prêcher, devait traverser une rivière et ne pouvait obtenir le passage de la part d'un batelier cupide auquel il n'avait rien à donner. Confiant en Dieu il étendit son manteau sur les eaux, et, montant sur ce frêle esquif, passa la rivière.

 

 

C'est à Bernardin que remonte la dévotion au Saint Nom de Jésus, dont il recommandait la dévotion.

 

Il prêchait en montrant aux foules un panneau portant le monogramme du Christ "IHS", peint en lettres (gothiques) d'or dans un disque solaire symbolique.

 

Parfois, le disque qu'il tient contre sa poitrine porte le mot 'Caritas' (charité). Source: Eglise Saint-Eleusippe de Quinçay.

 

Il a été aussi un des apôtres les plus zélés du culte de S. Joseph.

 

Quelques religieux, jaloux de ses succès, le dénoncèrent à Rome, l’accusant de déviation doctrinale. Saint Jean de Capistran prit sa défense auprès du pape Martin V. Celui-ci approuva la dévotion au Nom de Jésus et voulut faire de Bernardin l’évêque de Sienne. Mais Bernardin refusa, préférant continuer ses prédications en Italie.

 

Le 7 janvier 1432, malgré de nouvelles attaques contre Bernardin, le pape Eugène IV imposa le silence à ses détracteurs.

 

En 1530, la fête du Saint Nom de Jésus fut accordée aux Frères mineurs, et étendue à l’Église universelle en 1722.

 

Il attrapa une fièvre maligne, à Aquila où il mourut, le 20 mai 1444, dans le couvent de cette ville, tandis que les frères chantaient l’antienne : "Père, j’ai manifesté ton nom aux hommes… Je viens vers Toi." Il fut inhumé dans l’église du couvent.

 

Le pape Nicolas V le canonisa le 24 mai 1450.

 

Sources : 12 , 3

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