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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 00:00
Saint Victor de Marseille, soldat et martyr (+ 303)

Le culte de ce militaire romain est très ancien puisqu'on construisit en 415, à Marseille, un monastère portant son nom. Il aurait été un brillant officier, mais il refusa de trahir le Christ. Saint Victor naquit vers le milieu du IIIè siècle, d'une noble famille de Marseille. Ses parents en firent un chrétien, et quand il fut en âge de choisir une profession, il choisit le métier des armes, où il servit les empereurs avec honneur et vaillance.

Le co-empereur Maximien, les mains encore fumantes du sang de la légion thébaine, et de celui de plusieurs autres martyrs qu'il avait répandu en divers provinces des Gaules, vint à Marseille, où il y avait une église florissante.


Victor ayant appris l'arrivée de l'empereur à Marseille pour persécuter les chrétiens, au lieu de cacher sa foi, il sentit s'accroître en lui son zèle pour la défendre. Il parcourait hardiment les rangs de ses compagnons chrétiens pour les encourager à ne pas faiblir. Jour et nuit il se rendait de maison en maison, exhorter les fidèles à souffrir généreusement pour Jésus-Christ; il allait même accompagner les martyrs jusque dans leurs supplices, pour les fortifier dans le combat suprême.


Trahi par son zèle, il fut chargé de chaînes et conduit à l'empereur lui-même. Maximien employa successivement les promesses et les menaces pour l'engager à sacrifier aux dieux; le Saint, inébranlable, confondit le tyran en démontrant la vanité des idoles et la divinité de Jésus-Christ. L'empereur crut qu'une grande humiliation pourrait triompher de Victor; il le fit traîner par les pieds et poursuivre par les coups et les huées de la populace païenne. Après ce premier tourment, Victor répondit aux nouvelles questions: "Je suis chrétien, je méprise vos dieux et je confesse Jésus-Christ." A ces mots, on l'étendit sur un chevalet, et son corps fut affreusement déchiré.

Pendant ce supplice, Jésus-Christ lui apparut la Croix à la main, en lui promettant une immortelle couronne, et cette vision adoucit le sentiment de ses douleurs. La nuit suivante, dans sa prison, il fut visité par les Anges. Trois gardiens, frappés de voir le cachot resplendir d'une miraculeuse clarté, se convertirent, furent baptisés et reçurent le martyre avant Victor lui-même. Trois jours après, Maximien rappela Victor devant son tribunal et lui ordonna d'adorer une idole de Jupiter. Victor, saisi d'horreur, poussa l'autel avec son pied et le renversa ainsi que l'idole. Le tyran, pour venger son dieu, fit couper le pied au vaillant chrétien. Victor offrit ce membre à Jésus-Christ comme les prémices de son sacrifice. Ensuite il fut placé sous la meule d'un moulin pour être broyé, mais la machine se brisa; il fallut, pour achever la victime, lui trancher la tête. En ce moment, une voix céleste fit entendre ces paroles: "Victor, tu as vaincu!"

Victor figure au propre du diocèse de Marseille comme fête patronale de la ville.

 

PRATIQUE. Ayons constamment les yeux fixés sur Dieu, notre souverain bien.

Sources : (1)
Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 202; (2); (3); (4); (5)

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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 00:00
Sainte Marine, ou Marguerite ou Marina, vierge et martyre († début IVe s.)

Martyrologe Romain : À Antioche de Pisidie, sans doute au début du IVe siècle, sainte Marine ou Marguerite, dont on rapporte qu’elle consacra son corps au Christ par sa virginité et son martyre. (1)

 

Marguerite d'Antioche de Pisidie ou sainte Marine ou sainte Marina (morte vers 305) est une vierge martyre du IVe siècle. C'est une sainte fêtée le 20 juillet.

 

Convertie au christianisme, elle fait vœu de virginité, repousse les avances du gouverneur romain Olybrius et refuse d'abjurer sa foi.

Sainte Marguerite et le dragon, peinture, Titien (v. 1565)

Sainte Marguerite et le dragon, peinture, Titien (v. 1565)

La légende veut qu'elle fut avalée par un monstre, dont elle transperça miraculeusement le ventre pour en sortir indemne au moyen d'une croix. C'est pourquoi on la représente généralement "hissée sur le dragon". Pour Jacques de Voragine dans la Légende dorée, elle l'aurait piétiné et vaincu ainsi. Le dragon symbolise le diable et le paganisme.

 

Son martyre se poursuit et elle meurt décapitée.

 

Sainte Marguerite est choisie par la dévotion populaire comme protectrice des femmes enceintes.

 

Elle est, avec saint Michel et sainte Catherine d'Alexandrie, l'une des trois saints qui apparaissent à sainte Jeanne d'Arc et lui confient sa mission. (2)

 

C'est sainte Jeanne d'Arc qui donna une existence historique à cette martyre inconnue qui aurait été originaire d'Antioche et qui fut très populaire au Moyen Age. (3);

 

En Orient, elle est connue sous le nom de Sainte Marine. (4)

 

Attributs: les perles, le dragon et la croix.

 

Théotime *, homme érudit, a écrit sa légende

* Ce Théotime aurait été, dit-on, témoin oculaire des faits rapportés ici. Un bréviaire espagnol les raconte aussi sous le nom de Sainte Marine qui serait la même que Sainte Marguerite (Cf. Bivar sur Dexter).

 

Marguerite, citoyenne d'Antioche, fut fille de Théodose, alias Edesius, patriarche des gentils. Elle fut confiée à une nourrice; et quand elle eut atteint l’âge de raison, elle fut Baptisée et c'est pour cela qu'elle était grandement haïe de son père.

 

Parvenue à l’âge de quinze ans, elle gardait un jour, avec d'autres jeunes vierges, les brebis de sa nourrice, quand le préfet Olibrius, passant par là et voyant une jeune personne si belle, s'éprit d'amour pour elle et lui dépêcha ses esclaves en disant:

« Allez et saisissez-vous d'elle: si elle est de condition libre, je la prendrai pour ma femme ; si elle est esclave, j'en ferai ma concubine. »

 

Quand elle eut été amenée en sa présence, il s'informa de sa famille, de son nom et de sa religion.

Or, elle répondit qu'elle était noble de naissance, Marguerite de nom, et Chrétienne de religion.

Le préfet lui dit : « Les deux premières qualités te conviennent fort bien, savoir : que tu sois noble, et que tu sois réellement une très belle marguerite; mais la troisième ne te convient; pas, savoir: qu'une jeune personne si belle et si noble ait pour Dieu un crucifié. »

 

« D'où, sais-tu, répondit Marguerite, que Le Christ a été crucifié ? » Olibrius reprit : « Je l’ai appris des livres des Chrétiens. »

Marguerite lui dit : « Puisque tu as lu le châtiment et la gloire de J.-C., pourquoi rougirais-tu de croire un point et de rejeter l’autre? »

 

Et comme Marguerite avançait que J.-C. avait été crucifié de son plein gré pour nous racheter, et qu'elle affirmait qu'il vivait maintenant dans l’éternité, ce préfet en colère la fit jeter en prison; mais le lendemain, il la fit appeler en sa présence et lui dit : « Jeune fille frivole, aie pitié de ta beauté, et adore nos Dieux pour que tu sois heureuse. »

 

Elle répondit: « J'Adore celui devant lequel la terre tremble, la mer s'agite, et toutes les créatures sont dans la crainte. »

Le préfet lui dit : « Si tu ne m’obéis pas, je ferai déchirer ton corps. »

 

Marguerite répondit : « J.-C. s'est livré à la mort pour moi; eh bien ! Je désire aussi mourir pour Lui. »

Alors le préfet la fit suspendre au chevalet; puis il la fit battre d'abord avec des verges, ensuite avec des peignes de fer, si cruellement, que ses os étaient dénudés, et que le sang ruisselait de son corps comme de la fontaine la plus limpide.

Sainte Marguerite, Charité Paradisiaque - Peinture Simon Vouet - Baroque

Sainte Marguerite, Charité Paradisiaque - Peinture Simon Vouet - Baroque

Or, ceux qui étaient là pleuraient et disaient : « O Marguerite, vraiment nous avons compassion de toi, en voyant déchirer si cruellement ton corps. Quelle beauté tu as perdue à cause de ton incrédulité! Cependant il en est temps encore, crois, et tu vivras. »

 

Elle leur répondit : « O mauvais conseillers, retirez-vous, et vous en allez ; ce tourment de la chair est le salut de l’âme », et elle dit au préfet : « Chien impudent et lion insatiable, tu as pouvoir sur le corps, mais J.-C. se réserve l’âme. »

 

Or, le préfet se couvrait la figure avec sa chlamyde, car il ne pouvait supporter la vue d'une telle effusion de sang.

Il la fit ensuite détacher et ordonna de l’enfermer dans une prison, où une clarté merveilleuse se répandit.

 

Pendant qu'elle était dans son cachot, elle pria Le Seigneur de lui montrer, sous une forme visible, l’ennemi avec lequel elle avait à combattre ; et voici qu'un dragon effroyable lui apparut ; comme il s'élançait pour la dévorer, elle fit un signe de Croix, et le monstre disparut : ou bien, d'après ce qu'on lit ailleurs, il lui mit sa gueule sur la tête et la langue sur le talon et l’avala à l’instant; mais pendant qu'il voulait l’absorber, elle se munit du signe de la Croix; ce qui fit crever le dragon, et la vierge sortit saine et sauve.

Mais ce qu'on rapporte du dragon qui la dévora et qui creva est regardé comme apocryphe et de peu de valeur.

Statue de Ste Maguerite d'Antioche en l'église paroissiale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, Fouesnant. Photo de Moreau.henri

Statue de Ste Maguerite d'Antioche en l'église paroissiale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, Fouesnant. Photo de Moreau.henri

Le diable vint encore pour tromper Marguerite, en prenant une forme humaine. A sa vue, elle se mit en Prières, et après s'être levée, le diable s'approcha d'elle et lui prenant la main : « Tout ce que tu as fait, lui dit-il, est bien suffisant : ne t'occupes plus donc de ma personne. »

 

Mais Marguerite le prit par la tête, le jeta par terre sous elle; et lui posant le pied droit sur le crâne, elle dit : « Sois écrasé, superbe démon, sous les pieds d'une femme. »

 

Le démon criait : « O bienheureuse Marguerite, je suis vaincu ! Si un jeune homme l’avait emporté sur moi, je ne m’en serais pas préoccupe ; mais me voici vaincu par une jeune fille et j'en suis d'autant plus affligé que ton père et ta mère ont été mes amis. »

 

Alors elle le força à dire pour quel motif il était venu. Il répondit qu'il était venu pour lui conseiller d'obéir aux avis du président:

Elle le força encore à dire pourquoi il employait tant de manières pour tenter les Chrétiens. Il répondit qu'il avait naturellement de la haine contre les hommes vertueux, et bien qu'il en fut souvent repoussé; il était acharné à les séduire : et comme il était jaloux, à l’égard des hommes de la félicité qu'il avait perdue, sans pouvoir la recouvrer, il n'avait cependant pour but que de la ravir aux autres.

 

Et il ajouta que Salomon renferma une multitude infinie de démons dans un vase, et qu'après sa mort ces esprits malins jetaient du feu de ce vase; les hommes, dans l’idée qu'un grand trésor y était renfermé, le brisèrent: et les démons qui en sortirent remplirent les airs.

 

Quand il eut dit ces mots, la vierge leva le pied et lui dit: « Fuis, misérable », et aussitôt le démon disparut.

Marguerite resta rassurée; car puisqu'elle avait vaincu le chef, elle aurait sans aucun doute le dessus sur le ministre.

Sainte Marguerite - église paroissiale Saint-Germain et Saint-Louis - Laz (Finistère)

Sainte Marguerite - église paroissiale Saint-Germain et Saint-Louis - Laz (Finistère)

Le lendemain, le peuple étant rassemblé, elle fut amenée en la présence du juge, et comme elle refusait avec mépris de sacrifier, elle fut dépouillée, et son corps fut brûlé avec des torches enflammées; de telle sorte que tout le monde s'étonnait qu'une fille si délicate pût supporter autant de tourments.

Ensuite il la fit lier et jeter dans un bassin plein d'eau, afin que ce changement de supplice augmentât la violence de la douleur : mais à l’instant la terre trembla et la jeune fille en sortit saine, à la vue de tous.

 

Alors cinq mille hommes crurent et furent condamnés à être décapités pour le Nom de J.-C.

Le préfet, dans la crainte que les autres ne se convertissent, fit de suite couper la tête à Sainte Marguerite.

Elle demanda alors un instant pour prier : et elle pria pour elle-même, pour ses bourreaux, et encore pour ceux qui feraient mémoire d'elle et qui l’invoqueraient avec dévotion, ajoutant que toute femme en couches qui se recommanderait à elle enfanterait heureusement : et une voix se fit entendre du Ciel qui dit qu'elle pouvait être certaine d'avoir été , exaucée dans ses demandes.

 

Elle se leva ensuite et dit au bourreau : « Frère, prends ton épée et me frappe. » D'un seul coup il abattit la tête de Marguerite, qui reçut ainsi la couronne du martyre.

 

Or, elle souffrit le 16 des calendes d'août; ainsi qu'on le trouve en son histoire. On lit ailleurs que ce fut le 3 des ides de juillet.

 

Voici comment parle un Saint de cette Sainte vierge: « La Bienheureuse Marguerite fut remplie de la crainte de Dieu, douée de justice, revêtue de religion, inondée de componction, recommandable, par son honneur, et d'une patience insigne; on ne trouvait en elle ; rien de contraire à la Religion Chrétienne; haïe par son père elle était aimée de N.-S. J.-C.

Sources: (1); (2); (3); (4)

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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 00:00

Saint-Frederic-eveque-et-martyr----838-.jpgPetit-fils de Radbod, le roi des Frisons. Les uns le font naître en Frise, d'autres en Angleterre. Son éducation est confiée aux soins de Saint-Ricfrid, l’évêque d’Utrecht. Ordonné prêtre, sous-diacre puis diacre, il est surtout réputé pour s’infliger de sévères mortifications. Il avait préalablement refusé par humilité son élection par le clergé diocésain et le peuple de Frise qui le connaissait et l’aimait particulièrement pour son ardeur pastorale et ses talents de prédicateur. C’est pourquoi l'empereur Louis le Pieux dut intervenir en personne pour lui demander d’accepter la charge épiscopale qui était vacante depuis la mort de l’évêque Ricfrède (Ricfrid). En 820, il succède à Saint-Ricfrid comme évêque d’Utrecht.

À la demande de l’empereur, il tente de remettre de l’ordre dans le relâchement des mœurs qui affecte son diocèse et avec l’aide de Saint-Odulphe, il poursuit la mission d’évangélisation des païens du nord d’Utrecht. Il lutta contre les paganismes locaux (notamment ariane) et s'opposa spécialement à l'usage des mariages entre consanguins, "mariages incestueux". 

L'évêque jouait un grand rôle auprès de l'empereur jusqu'au jour où ce dernier se remaria avec la jeune
Judith de Bavière. Très impliqué dans les problèmes familiaux de la famille impériale, il s’attire la haine de l’impératrice
, à qui il reproche son immoralité et ses débauches. Judith donna un fils à Louis en 823, le futur Charles le Chauve, et intrigua pour qu'il obtienne sa part d'héritage. D'où les guerres entre les fils et leur père. 

Frédéric visita sans relâche tous les habitants de son diocèse pour prodiguer soin et réconfort matériel et spirituel, particulièrement sur l’île de Walcheren, où régnait la plus grande immoralité. Pour assurer la pérennité de son œuvre il composa une profession de foi résumant l’enseignement de l’Eglise sur la Sainte Trinité.

Il souscrit au concile de Mayence qui clarifia alors la discipline du mariage chrétien.

 

Saint-Frederic-eveque-et-martyr----838-.gif

 

Alors qu'il venait de célébrer la messe dans l'église de Maestricht, saint Frédéric a été assassiné sur ordre de l'impératrice. Le 18 juillet 838, frappé à mort, il eut le temps de pardonner à ses meurtriers.

Dicton : "A Saint Frédéric, tout est vert, tout est nids, plantes, bêtes et puis gens, tout sourit".

Représenté vêtu pontificalement. Attribut : épée plongée dans la poitrine.

 

 

Sources: (1); (2); (3); (4); (5)

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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 00:00

 En 1790, il y avait 21 soeurs au Carmel de Compiègne dont la plus âgée avait 75 ans et la plus jeune 26 ans.


Chassées de leur Carmel en 1792, elles s'installèrent dans 3 maisons voisines.

Lors d'une perquisition des révolutionnaires, ceux-ci trouvèrent des images du Sacré-Coeur (emblème vendéen et royaliste) ainsi que des lettres destinées à des prêtres réfractaires. Arrêtées, elles furent escortées jusqu'à Paris et là, jugées sommairement et guillotinées sur la Place du Trône (aujourd'hui, Place de la Nation).
 

Arrivée à Paris la brutalité s'abat sur soeur Charlotte ; infirme, âgée, les mains ligotées derrière le dos depuis le début du voyage, harassée par ce trajet sous un soleil ardent, ballottée dans une mauvaise charrette, elle ne sait descendre. Deux sans-culottes montent alors dans la charrette et la projettent brutalement sur le pavé. Son visage est en sang. Elle se relève péniblement, sans une plainte, remerciant même ses bourreaux de ne pas l'avoir tuée, préférant s'offrir en martyre.
Le cachot où elle est jetée est répugnant et comble car chaque jour les exécutions laissent la place libre pour les nouveaux arrivants mais dans sa bonté, elle prodigue soins et courage à chacun et chacune. Elle suit plus que jamais la Règle, récite tous les offices et prie.

 

Le 17 juillet 1794, l'affaire, jugée grave, est portée devant le Tribunal révolutionnaire de Paris présidé ce jour-là par leur concitoyen Scellier, le frère du maire de Compiègne. (Mis en jugement le 28 mars 1795, ce dernier sera condamné à son tour le 6 mai et exécuté le lendemain, en même temps que Fouquier-Tinville !)

Le citoyen Fouquet-Tinville tient le siège d'accusateur. Après un semblant de procès factice et rapide, la condamnation est prononcée. Moins d'une heure après la levée de l'audience la sentence sera exécutée sur la place de la Nation pour le seul motif de "machiner contre la République".

 
Lorsque les exécuteurs l’aident à monter les marches de l’échafaud, sœur Charlotte ne peut s’empêcher de leur dire d’une voix douce : « Mes amis, je vous pardonne de tout mon cœur ».

En montant sur l'échafaud, les religieuses chantaient le
Veni Creator et la mère supérieure donna la bénédiction à chacune avant d'être elle-même guillotinée. Seule une soeur en réchappa, absente le jour de l'arrestation, et publia un récit en 1836, basé sur de nombreux témoignages. Elles furent béatifiées en 1905 par Pie X.

Ces morts tragiques ont alimenté au XXième siècle toute une œuvre tant littéraire avec la pièce de Georges Bernanos appelée « le dialogue des Carmélites », cinématographique avec le film du même nom du Père Bruckberger, que musicale avec l’opéra de Francis Poulenc ou artistique avec Molineri peignant en 1906 un tableau appelé « les Carmélites montant à l’échafaud » et qui se trouve au Carmel de Compiègne.

 

Hymne du Veni Creator et Séquence de la Pentecôte "Veni Sancte Spiritus", en gréogrien.

Latin
Veni, creator, Spiritus,
Mentes tuorum visita,
Imple superna gratia
Quae tu creasti pectora.
Qui diceris Paraclitus,
Altissimi donum Dei.
Fons vivus, ignis, caritas
Et spiritalis unctio.
Tu septiformis munere,
Digitus paternae dexterae.
Tu rite promissum Patris,
Sermone ditans guttura.
Accende lumen sensibus
Infunde amorem cordibus,
Infirma nostri corporis
Virtute firmans perpeti.
Hostem repellas longius
Pacemque dones protinius;
Ductore sic te praevio
Vitemus omne noxium.
Per te sciamus da Patrem,
Noscamus atque Filium;
Teque utriusque Spiritum
Credamus omni tempore.
Deo Patri sit gloria,
Et Filio, qui a mortuis
Surrexit, ac Paraclito
In saeculorum saecula.
Amen.
Français
Viens, Esprit Créateur,
visite l'âme de tes fidèles,
emplis de la grâce d'En-Haut
les cœurs que tu as créés.
Toi qu'on nomme le Conseiller,
don du Dieu très-Haut,
source vive, feu, charité,
invisible consécration.
Tu es l'Esprit aux sept dons,
le doigt de la main du Père,
L'Esprit de vérité promis par le Père,
c'est toi qui inspires nos paroles.
Allume en nous ta lumière,
emplis d'amour nos cœurs,
affermis toujours de ta force
la faiblesse de notre corps.
Repousse l'ennemi loin de nous,
donne-nous ta paix sans retard,
pour que, sous ta conduite et ton conseil,
nous évitions tout mal et toute erreur.
Fais-nous connaître le Père,
révèle-nous le Fils,
et toi, leur commun Esprit,
fais-nous toujours croire en toi.
Gloire soit à Dieu le Père,
au Fils ressuscité des morts,
à l'Esprit Saint Consolateur,
maintenant et dans tous les siècles.
Amen.
 

Sources :  (1); (2) 

 

Autres martyrs de la Révolution dite "française"Les martyrs des Pontons de Rochefort (1794-1795)

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LECTURES AUTOUR DES CARMELITES DE COMPIEGNE

 

Gertrud von Le Fort: La dernière à l'échafaud
Adaptation de Jean-Dominique Hamel
Lu par Nathalie Hamel

 

1792, la révolution gronde. Les vœux monastiques sont supprimés. Au Carmel de Compiègne, les religieuses doivent se séparer.
Absente de Compiègne lors de l'arrestation de ses soeurs, Soeur Marie de l'Incarnation sera la seule rescapée de l'exécution des carmélites de Compiègne à la barrière du Trône renversé (actuellement place des Antilles à la Nation) le 24 juillet 1794. Vers 1830, peu de temps avant sa mort, elle écrit ses mémoires qui sont un témoignage unique sur la Terreur. Ces mémoires de l'unique survivante des Carmélites de Compiègne ont inspiré à Gertrud von Le Fort sa nouvelle: la dernière à l'échafaud.

 

" La crainte est quelque chose de plus profond que le courage". Ecrite en 1931, cette nouvelle raconte l'histoire des seize carmélites de Compiègne guillotinées le 17 juillet 1794. C'est sur cette nouvelle que Georges Bernanos s’appuiera pour écrire ses "Dialogues de carmélites".
 

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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 00:00
Notre-Dame du Mont Carmel et le Saint Scapulaire

L'Ordre du Carmel se donne une origine aussi ancienne que glorieuse ; on croit, non sans raisons sérieuses, que cet Ordre n'est que la continuation de l'école des prophètes établie au Mont Carmel (montagne côtière, Israël) par le prophète Élie.

 

Les disciples de cette école furent au premier rang parmi les convertis au christianisme naissant, et le Carmel devint le berceau de la vie monastique depuis Jésus-Christ. 

 

Après la dispersion des Apôtres, l'an 38, ils bâtirent une chapelle en l'honneur de Marie et se vouèrent tout spécialement à célébrer ses louanges.

 

C'est à l'occasion des épreuves subies par l'Ordre du Carmel que les Carmes vinrent en France avec le roi saint Louis. Ils y établirent plusieurs maisons et allèrent même s'implanter en Angleterre, où ils eurent le bonheur de voir saint Simon Stock embrasser leur Institut. Ce grand Saint devint, en 1245, supérieur général des Carmes, et n'oublia rien pour rallumer la dévotion à Marie dans son Ordre.

 

La fête de Notre-Dame du Mont-Carmel a pour but de rappeler une grâce insigne accordée par Marie à l'Ordre du Carmel et par lui à toute l'Église. Dans la nuit du 16 juillet, Simon Stock demandait, avec une ferveur toute spéciale, la protection de la Sainte Vierge sur son Institut. Au lever de l'aurore, Marie lui apparut, accompagnée d'une multitude d'anges, environnée de lumière et vêtue de l'habit du Carmel. Son visage était souriant ; dans ses mains elle tenait le scapulaire de l'Ordre. Devant le Saint elle s'en revêtit elle-même, en disant :


"Ceci est un privilège pour toi et pour tous les Carmes. Quiconque mourra en portant cet habit ne souffrira pas le feu éternel."

 

Le Saint fit des miracles pour confirmer la réalité de cette vision. Ce fut l'origine de la Confrérie de Notre-Dame du Mont-Carmel, pour les chrétiens qui, ne pouvant embrasser la Règle, veulent attirer sur eux les bénédictions promises au scapulaire. Le privilège le plus considérable accordé à la confrérie du Mont-Carmel après celui que Marie fit connaître à saint Simon Stock, est celui qui fut révélé au Pape Jean XXII: la délivrance du purgatoire, le samedi après leur mort, des confrères du Mont-Carmel qui auront été fidèles à l'esprit et aux règles de la Confrérie. Outre ces deux privilèges, il y a de nombreuses indulgences attachées au scapulaire.

 

Sources : 1, 2; 3

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15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 00:00

Les oeuvres du Christ ne reculent pas, mais elles progressent.

S. Bonaventure

Saint Bonaventure, docteur de l'Église (1217-1274)

Le "second fondateur de l'ordre franciscain", surnommé "le docteur séraphique", S. Bonaventure naît Giovanni (Jean) da Fidanza probablement en 1217 à Civita de Bagnoregio (Toscane, Italie) de de parents recommandables par leur piété, Giovanni Fidanza, médecin, et Maria di Ritello. Il fut le septième ministre général de l'ordre des frères mineurs (Franciscains).

À l’âge de quatre ans, il fut attaqué d’une maladie si dangereuse, que les médecins désespérèrent de sa vie. Sa mère alla se jeter aux pieds de saint François d’Assise  (✝1226) le conjurant d’intercéder auprès de Dieu pour un enfant qui lui était si cher. Le Saint, touché de compassion, se mit en prière, et le malade se trouva parfaitement guéri. Par reconnaissance, Giovanni entrera dans l’Ordre fondé par saint François, et en deviendra l’ornement et la gloire. Le saint patriarche, près de finir sa course mortelle, lui prédit toutes les grâces dont la miséricorde divine le comblerait, et s’écria tout à coup, dans un ravissement prophétique : "O buona ventura !", paroles italiennes qui signifient : Ô la bonne rencontre ! De là vint le nom de Bonaventure qui fut donné à notre Saint.

 

Durant les années 1232-1246, élève d'Alexandre de Hales (1245), Giovanni da Fidanza, Bonaventure, est étudiant à l’Université de Paris, où il lie avec saint Thomas une amitié qui semblera faire revivre celle de saint Grégoire de Nazianze et de saint Basile. Tous deux courent plus qu’ils ne marchent dans la carrière des sciences et de la vertu, et, d’étudiants de génie, ils parviennent en peu de temps à la gloire des plus savants professeurs et des docteurs les plus illustres. Les études de Bonaventure ne sont que la prolongation de sa fervente oraison.

 

Dans ces années-là, à Paris, se répandait une violente polémique contre les frères mineurs de saint François et les frères prédicateurs de saint Dominique de Guzman. On leur contestait le droit d'enseigner à l'Université, et l'on allait jusqu'à mettre en doute l'authenticité de leur vie consacrée. Assurément, les changements introduits par les ordres mendiants dans la manière d'envisager la vie religieuse, étaient tellement innovateurs que tous ne parvenaient pas à les comprendre. S'ajoutaient ensuite, comme cela arrive parfois même entre des personnes sincèrement religieuses, des motifs de faiblesse humaine, comme l'envie et la jalousie. Bonaventure, même s'il était encerclé par l'opposition des autres maîtres universitaires, avait déjà commencé à enseigner à la chaire de théologie des franciscains et, pour répondre à qui contestait les ordres mendiants, il composa un écrit intitulé La perfection évangélique. Dans cet écrit, il démontra comment les ordres mendiants, spécialement les frères mineurs, en pratiquant les vœux de chasteté et d'obéissance, suivaient les conseils de l'Evangile lui-même.

Saint Bonaventure recevant la communion des mains d'un ange . F. de Herrera. XVIIe siècle

Saint Bonaventure recevant la communion des mains d'un ange . F. de Herrera. XVIIe siècle

De 1253 à 1255, Bonaventure est maître régent, titulaire de la chaire franciscaine de la faculté de théologie de l'Université de Paris. Il est surnommé le Docteur séraphique.

 

Bonaventure cherchait en toutes choses la gloire de Dieu et sa propre sanctification. Jamais il ne s'appliquait au travail sans invoquer les lumières de l'Esprit-Saint. Cet esprit de piété donne à ses écrits une chaleur et une onction toute divine, ce qui l'a fait appeler docteur séraphique. Saint Thomas d’Aquin vint un jour le visiter et lui demanda dans quels livres il puisait cette profonde doctrine qu’on admirait en lui. Bonaventure lui montra quelques volumes : mais, son ami faisant l’incrédule, il finit par montrer un crucifix qui était sur sa table, et lui dit :

 

"Voilà l’unique source de ma doctrine ; c’est dans ces plaies sacrées que je puise mes lumières !"

Saint Bonaventure, docteur de l'Église (1217-1274)

Élu général de l'Ordre des Franciscains en 1556 malgré ses larmes, il le mit sous la protection de la très-sainte-Vierge, et s'appliqua à y corriger les abus et à y rétablir la paix et l'harmonie. Il continua ses travaux ; mais, de tous, celui qui lui fut le plus cher fut la Vie de saint François d’Assise, qu’il écrivit avec une plume trempée dans l’amour divin, après avoir visité tous les lieux où avait passé son bienheureux père.

 

Saint Thomas vint un jour lui rendre visite, et, à travers sa porte entrouverte, l’aperçut ravi, hors de lui-même et élevé de terre, pendant qu’il travaillait à la vie du saint fondateur ; il se retira avec respect, en disant : "Laissons un Saint faire la vie d’un Saint."

 

Bonaventure avait à peu près cinquante six ans quand, le 3 juin 1273, le Bx Grégoire X (Tebaldo Visconti, 1271-1276) le nomma cardinal-évêque d’Albano. Les envoyés du Pape le trouvèrent, lui, général de l’Ordre, l'un des plus grands théologiens et philosophes du Moyen Âge occupé, avec plusieurs frères, à laver la vaisselle.

 

Dans son Itinéraire de l'Esprit à Dieu, un de ses plus célèbres ouvrages, il se trouve un ardent admirateur de la nature : il trouve dans la création sensible le premier palier grâce auquel l'homme monte vers Dieu.

 

Il meurt ministre général des Franciscains, le 15 juillet 1274.

 

Les élèves de Bonaventure défendront son esprit contre l'aristotélisme envahissant : Gauthier de Bruges, pour qui l'existence de Dieu est "la première vérité" et donc ne peut pas être prouvée a priori; John (ou Jean) Peckham, maître en théologie d’Oxford et de Paris, qui s'opposa à Thomas d'Aquin sur la nature de l'âme, Guillaume de la Mare, Maître Régent à l'Université de Paris, auteur de Correctorium Fratris Thomae, critique de l'œuvre de Thomas, et Mathieu (ou Matteo) d'Aquasparta, Maître en Théologie à Paris qui prêcha une croisade dans les États pontificaux pour défendre le pape Boniface VIII contre les attaques de Philippe le Bel.

 

Bonaventure a été inscrit dans le livre des saints le 14 avril 1482 par le pape franciscain Sixte IV (Francesco della Rovere, 1471-1484).

 

 

En 1588, un autre pape franciscain, Sixte V (Felice Peretti, 1585-1590) le déclara “Docteur de l’Église”.

Saint Bonaventure, docteur de l'Église (1217-1274)
Le 3 mars 2010, Benoît XVI a tracé un portrait de Bonaventure, un personnage a dit le Pape, "qui m'est particulièrement cher pour l'avoir étudié dans ma jeunesse". Cet "homme d'action et de contemplation, de grande piété et de prudence", explique Benoît XVI, fut un des principaux promoteurs de l'harmonie entre Foi et culture au XIII siècle.
 

Benoît XVI a conclu la biographie de ce Docteur de l'Église en invitant à recueillir l'héritage de Saint Bonaventure, qui résumait le sens de sa vie ainsi:

 

"Sur terre nous pouvons contempler l'immensité Divine grâce au raisonnement et à l'admiration.

A l'inverse, au Ciel, lorsque nous serons devenus semblables à Dieu, par la vision et l'extase...nous entrerons dans la Joie de Dieu". (source: VIS 100303-540 et La conoscenza di Cristo, q. 6, conclusione, in Opere di San Bonaventura. Opuscoli Teologici/1, Roma 1993, p. 187).

 

 

PRATIQUE. Faites les choses communes d'une manière non commune.

Saint Bonaventure, docteur de l'Église (1217-1274)

Sources

 

(1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 195; (2) Audience Générale de Benoît XVI du mercredi 3 mars 2010 sur Saint Bonaventure; (3); (4); (5); (6); (7) Ivan GOBRY, Saint-François d'Assise et l'esprit franciscain, Maîtres spirituels aux Editions du Seuil, 1957, p. 83; 110

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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 00:00
Saint Camille de Lellis, prêtre et fondateur (1550-1614)

Camille de Lellis vint au monde en 1550, dans une petite ville du royaume de Naples (Italie). A peine fut-il né qu'il perdit sa mère. Il n'avait encore que six ans lorsque la mort lui enleva son père, qui avait servi en qualité d'officier dans les guerres d'Italie.

Ayant appris à lire et à écrire, il embrassa aussi la profession des armes, à laquelle il renonça pour toujours en 1574.

Il avait contracté une violente passion pour le jeu, et y fit des pertes considérables. Sa misère le fit entrer dans un couvent de Capucins, où il servit de commissionnaire. Un jour, en revenant d'une course faite à cheval, pour le service du monastère, il fut pénétré d'un vif rayon de la lumière divine et se jetta à terre, saisi d'un profond repentir, en versant un torrent de larmes : « Ah ! Malheureux que je suis, s'écria-t-il, pourquoi ai-je connu si tard mon Dieu ? Comment suis-je resté sourd à tant d'appels ? Pardon, Seigneur, pardon pour ce misérable pécheur ! Je renonce pour jamais au monde ! »

Camille se vit obligé pour vivre de se mettre au service des ouvriers qui travaillaient à bâtir un couvent de capucins. Malgré ses égarements, Dieu ne l'abandonna point, le malheur amena des réflexions salutaires, et une exhortation touchante que lui fit un jour le gardien de la maison acheva sa conversion.

Transformé par la pénitence, Camille fut admis au nombre des novices et mérita, par l'édification qu'il donna, le nom de frère Humble. Dieu permit que le frottement de la robe de bure rouvrît une ancienne plaie qu'il avait eue à la jambe, ce qui l'obligea de quitter le couvent des Capucins. Il se rendit à Rome dans le dessein de se dévouer entièrement au soin des malades.

 

Camille entra à l'hôpital Saint-Jacques de Rome pour se faire soigner. Il fut si frappé par la détresse des autres malades qu'il s'y engagea comme infirmier. L'indifférence de ses collègues vis-à-vis des malades le bouleversa. Il entreprit de réformer tout cela. En prenant soin des malades, ce sont les plaies du Christ qu'il soignait. Sa charité rayonnante lui attirait de jeunes disciples. Ces volontaires, qui se réunissaient pour prier ensemble et rivalisaient de tendresse envers les malades, constituaient le noyau initial des Clercs Réguliers des Infirmes que l'on appellera familièrement par la suite les "Camilliens". La mission de ces nouveaux religieux, pères et frères, était "l'exercice des œuvres spirituelles et corporelles de miséricorde envers les malades, même atteints de la peste, tant dans les hôpitaux et prisons que dans les maisons privées, partout où il faudra." Pour mieux établir son Institut, Camille devint prêtre. Partout où se déclarait une peste, il accourait ou envoiyait ses frères. Il fut lui-même affligé de diverses infirmités, dont la complication et la durée exercèrent beaucoup sa patience, sans ralentir l'ardeur de sa charité. Il finit par mourir d'épuisement à Rome.

 

Camille se confessait tous les jours, avec les plus vifs sentiments de componction.

Pendant une peste affreuse, le Saint fit des prodiges de charité ; il allait partout à la recherche de la misère, se dépouillait lui-même et donnait jusqu'aux dernières ressources de son monastère. Dieu bénissait le désintéressement de son serviteur, car des mains généreuses arrivaient toujours à temps pour renouveler les provisions épuisées.

Il mourut saintement, l'an 1614.

 

PRATIQUE. Visitez et consolez les pauvres malades.

 

Sources

 

(1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 199; (2); (3); (4)

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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 00:00
Saint Henri II, empereur (972-1024)

Saint Henri, surnommé le Pieux, appartenait à la famille impériale des Othons d'Allemagne, qui joua un si grand rôle au moyen âge. Touché d'une grâce spéciale de Dieu, il fit, jeune encore, un acte de hardiesse que lui eût dissuadé la prudence humaine, en promettant à Dieu de ne s'attacher qu'à Lui et en Lui vouant la continence perpétuelle. Héritier du royaume de Bavière par la mort de son père, il se vit obligé de prendre une épouse, pour ne pas s'exposer à la révolte de son royaume ; le choix du peuple et le sien se porta sur la noble Cunégonde, digne en tous points de cet honneur. Elle avait fait, dès son adolescence, le même vœu que son mari. 

Henri, devenu plus tard empereur d'Allemagne, justifia la haute idée qu'on avait conçue de lui par la sagesse de son gouvernement ainsi que par la pratique de toutes les vertus qui font les grands rois, les héros et les Saints. Il s'appliquait à bien connaître toute l'étendue de ses devoirs, pour les remplir fidèlement, il priait, méditait la loi divine, remédiait aux abus et aux désordres, prévenait les injustices et protégeait le peuple contre les excès de pouvoirs et ne passait dans aucun lieu sans assister les pauvres par d'abondantes aumônes. Il regardait comme ses meilleurs amis ceux qui le reprenaient librement de ses fautes, et s'empressait de réparer les torts qu'il croyait avoir causés. 

Cependant son âme si élevée gémissait sous le poids du fardeau de la dignité royale. Un jour, comme il visitait le cloître de Vannes, il s'écria : « C'est ici le lieu de mon repos ; voilà la demeure que j'ai choisie ! » Et il demanda à l'abbé de le recevoir sur-le-champ. Le religieux lui répondit qu'il était plus utile sur le trône que dans un couvent ; mais, sur les instances du prince, l'abbé se servit d'un moyen terme :
« Voulez-vous, lui dit-il, pratiquer l'obéissance jusqu'à la mort ?
- Je le veux, répondit Henri.
- Et moi, dit l'abbé, je vous reçois au nombre de mes religieux ; j'accepte la responsabilité de votre salut, si vous voulez m'obéir.
- Je vous obéirai.
- Eh bien ! Je vous commande, au nom de l'obéissance, de reprendre le gouvernement de votre empire et de travailler plus que jamais à la gloire de Dieu et au salut de vos sujets. » Henri se soumit en gémissant. 

Sa carrière devait être, du reste, bientôt achevée. Près de mourir, prenant la main de Cunégonde, il dit à sa famille présente :
« Vous m'aviez confié cette vierge, je la rends vierge au Seigneur et à vous. »

 

Source

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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 00:00
Saint Olivier Plunket, archevêque et martyr (1629-1681)

Olivier partit d'Irlande à 16 ans faire ses études à l'Irish College à Rome. Il reçut la prêtrise là-bas puis revint dans son pays. En 1670, il est nommé archevêque d'Armagh et primat d'Irlande.

Allant dans les montagnes et les forêts à la recherche de son peuple, il confirma 10000 fidèles en trois mois. Mais, dans le contexte de querelles anglo-irlandaises, il est calomnié et accusé d'avoir préparé un débarquement de soldats français.

 

Transféré à Londres en 1678, il resta 3 ans en prison avant d'être condamné à être "pendu, vidé et démembré". 

Olivier eut à subir de nombreuses tortures mais ne cessa de rendre grâce à Dieu, pardonnant à ses dénonciateurs et à ses bourreaux.

Saint Olivier remercia le juge et dit à tous ceux qui l'avaient calomnié : Je suis heureux d'aller auprès du Christ dont je vous ai tant parlé.

Son corps repose à l'abbaye de Downside (Comté de Wilts, Angleterre) et sa tête à Drogheda (Comté de Meath, Irlande).

 

Sources: 1, 2

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11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 00:00
Saint Benoît de Nursie (patron de l'Europe), fondateur (480-547)

Benoît naquit dans une petite ville des montagnes de l'Ombrie (Italie), d'une des plus illustres familles de ce pays. Le Pape S. Grégoire assure que le nom de Benoît lui fut providentiellement donné comme gage des bénédictions célestes dont il devait être comblé.

 

Craignant la contagion du monde, il résolut, à l'âge de quatorze ans, de s'enfuir dans un désert pour s'abandonner entièrement au service de Dieu. Il parvint au désert de Subiaco, à quarante milles de Rome, sans savoir comment il y subsisterait ; mais Dieu y pourvut par le moyen d'un pieux moine nommé Romain, qui se chargea de lui faire parvenir sa frugale provision de chaque jour.

 

Le signe de la Croix chasse le démon

 

Le jeune solitaire excita bientôt par sa vertu la rage de Satan ; celui-ci apparut sous la forme d'un merle et l'obséda d'une si terrible tentation de la chair, que Benoît fut un instant porté à abandonner sa retraite ; mais, la grâce prenant le dessus, il chassa le démon d'un signe de la Croix et alla se rouler nu sur un buisson d'épines, tout près de sa grotte sauvage. Le sang qu'il versa affaiblit son corps et guérit son âme pour toujours. Le buisson s'est changé en un rosier : de ce buisson, de ce rosier est sorti l'arbre immense de l'Ordre bénédictin, qui a couvert le monde.

 

Les combats de Benoît n'étaient point finis. Des moines du voisinage l'avaient choisi pour maître malgré lui ; bientôt ils cherchèrent à se débarrasser de lui par le poison. L'épisode est raconté dans le dernier livre de Gabriele Amorth :

 

"Quand les moines de Subiaco ont essayé d'empoisonner S. Benoît, ils lui ont tendu un gobelet. Celui-ci l'a béni et le gobelet s'est brisé. Il est donc parti de Subiaco et s'est installé au Mont Cassin."

 

Il était dans l'ordre de la Providence que Benoît devînt le Père d'un grand peuple de moines, et il ne put se soustraire à cette mission ; de nombreux monastères se fondèrent sous sa direction, se multiplièrent bientôt par toute l'Europe et devinrent une pépinière inépuisable d'évêques, de papes et de saints.

 

Parmi ses innombrables miracles, citons les deux suivants : un de ses moines avait, en travaillant, laissé tomber le fer de sa hache dans la rivière. Benoît prit le manche de bois, le jeta sur l'eau, et le fer, remontant à la surface, revint prendre sa place. Une autre fois, cédant aux importunes prières d'un père qui le sollicitait de ressusciter son fils, Benoît se couche sur l'enfant et dit : « Seigneur, ne regardez pas mes péchés, mais la foi de cet homme ! » Aussitôt l'enfant s'agite et va se jeter dans les bras paternels.

 

En introduisant une règle monastique fondée sur la réhabilitation du travail manuel et du travail intellectuel et en invitant aussi ses moines à redécouvrir l'héritage intellectuel de l'Antiquité, Saint Benoît a ouvert la voie à un monde nouveau : le pape Grégoire le Grand (590-604) s'emploiera à diffuser cette règle, ce qui contribuera au développement des abbayes bénédictines dans toute l'Europe durant les VII et VIIIe; Charlemagne va largement promouvoir cette règle dans le but de pacifier et d'unifier son territoire. En 817, son fils Louis le Pieux imposera à tous les monastères d'occident de la respecter, le nom de "Benoit" donnera naissance à l'ordre des "bénédictins", ordre d'appartenance des futurs clunisiens et cisterciens : il peut à juste titre être considéré comme le père du monachisme occidental.

 

Cette performance est d'autant plus remarquable qu'elle intervient dans une société en décomposition où la paix romaine a depuis longtemps cédé la place aux guerres entre barbares. Il s'agit du legs spirituel le plus important que la période mérovingienne laissera aux siècles suivants.

 

Aujourd'hui, un autre leg de Saint Benoît est la Croix de Saint-Benoît. Le célèbre exorciste romain, Don Gabriele Amorth, l'utilise lors de ses exorcismes.

 

La vertu de la médaille de saint Benoît réside dans l'invocation du Christ par l'intercession de saint Benoît. Elle donne une protection particulière contre les attaques du démon, les tentations de toutes natures et les maladies. On peut porter la médaille sur soi ou la fixer sur la porte des maisons et des étables et dans l'auto. On évitera naturellement d'attacher une valeur superstitieuse à la possession de la médaille. Il ne suffit pas de la porter ou de la mettre dans un endroit que l'on veut protéger. Il faut avant tout vouloir conformer sa propre vie à l'Evangile.

 

Une curieuse histoire nous est rapportée à ce propos. On raconte qu'en 1647, on emprisonna quelques nécromanciennes en Bavière. En les interrogeant, elles déclarèrent que leurs agissements superstitieux étaient toujours restés sans effet aux endroits où se trouvait l'emblème de la sainte croix; leur domination ne pouvant notamment atteindre le couvent de Metten, elles en conclurent que ces lieux étaient particulièrement protégés. Après des investigations faites audit couvent, on constata que plusieurs peintures de la croix, appliquées de longue date sur les murs, portaient certaines lettres auxquelles on n'avait plus prêté attention. La signification de ces lettres ne put être trouvée que lorsqu'on découvrit dans la bibliothèque du couvent un manuscrit datant de 1415, dans lequel saint Benoît figurait portant dans la main droite une crosse se terminant par une croix. Sur cette crosse on lisait le texte suivant: "Crux sacra sit M lux N Draco sit Mihi Dux." Sa main gauche tenait un parchemin enroulé sur lequel figuraient les mots suivants: " Vade Retro Satana Nuq Suade M Vana. Sunt Mala Quae Libas Ipse Venena Bibas." Ce document révéla l'origine et le sens des lettres apposées aux murs; celles-ci formaient les initiales du libellé et du manuscrit. Ce fut à partir de cette époque que la médaille de saint Benoît commença de se répandre.

 

Saint Benoît est représenté habituellement la croix brandie comme une arme de défense sur une des faces de la médaille dans une main et dans l'autre un livre, la sainte Règle. Sur l'autre face figurent en abrégé les inscriptions suivantes:

 

C S P B : Crux Sancti Patris Benedicti : Croix du saint Père Benoît.

 

Sur l'arbre de la croix, on lit de gauche à droite :

N D S M D : Non Draco Sit Mihi Dux : Le dragon ne doit pas être mon guide.

 

De haut en bas :

C S S M L : Crux Sacra Sit Mihi Lux : La croix doit être ma lumière.

 

Une inscription plus longue entoure la croix. Elle commençait autrefois par le nom de Jésus "IHS". Elle a été remplacée par le mot "PAX".

 

L'inscription se poursuit vers la droite par les lettres:

V R S N S M V : Vade Retro Satana, Numquam Suade mihi Vana : Arrière Satan, ne me tente jamais par la vanité.

 

S M Q L I V B : Sunt Mala Quae Libas, Ipse Venenum Bibas : Ce que tu offres, ce n'est que du mal, ravale ton poison.

La plus ancienne forme de la médaille de saint Benoît est ovale et porte le monogramme de Jésus à son sommet, comme il a été dit (IHS): la nouvelle forme de médaille, dans le style de Beuron, est ronde. Elle a été créée pour le Jubilé de saint Benoît de 1880, 1400ème anniversaire de sa naissance. Elle est aujourd'hui encore en usage sous le nom de médaille du Jubilé. Ainsi qu'il a été mentionné plus haut, à la place de "IHS", elle porte au-dessus de la croix de saint Benoît, la devise bénédictine "PAX", "Paix". C'était à l'origine un monogramme du Christ en lettres grecques Chi - Rho, ce qui a donné en latin XP, d'où PAX. Relevons que cette devise fut d'abord celle de la Congrégation Bénédictine cassinienne avant de devenir celle de l'ordre bénédictin tout entier.

SOURCES : 1; 2; 3; 4; Gabriele AMORTH, J'ai rencontré Satan, Le Combat du plus célèbre exorciste, Entretiens avec Slawomir Sznurkowski, Traduti de l'italien par Quentin Petit, EdN, Vendôme 2016, p. 125.

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9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 00:00
Sainte Amandine de Hasselt, martyre (1872 - 1900)

Sainte Amandine de Hasselt, martyre (1872 - 1900)

Née en Belgique, Pauline Jeuris se fit sœur Marie-Amandine, franciscaine, et partit en mission en Chine.

 

Sa joie de vivre et sa bonté firent qu'on l'appela la "Vierge européenne qui rit toujours". Elle fut assassinée au cours de la guerre de Boxers alors qu'elle avait à peine 28 ans.

 

Elle fut béatifiée le 24 novembre 1946 et canonisée le 1er octobre 2000 avec les martyrs de Chine.

 

Sources: 1, 2

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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 00:00
Saint Thibaut offrant à Saint Louis et Marguerite de Provence un lys à onze branches (1776), Château de Versailles.

 

Né Thibaud de Marly, apparenté aux Montmorency, il reçut une éducation toute militaire, quoique chrétienne. L'enfant manifesta, dès son plus jeune âge, une grande dévotion à la sainte Vierge qu’il honorait comme « sa bonne Mère et sa chère Maîtresse. »

Lorsqu’on lui reprocha d’avoir trop de dévotion à la Vierge Marie, il répondit : « Sachez que je n’aime la Sainte Vierge autant que je fais, que parce qu’elle est la Mère de mon Seigneur Jésus-Christ ; que si elle ne l’était point, je ne l'aimerais pas plus que les autres saintes vierges. Ainsi, c'est Jésus-Christ même que j’aime, que j'honore et que je révère en elle. »

Son souhait de se faire moine le prit très tôt. En 1220, il abandonne donc la charge importante qu’il occupait à la Cour de Philippe-Auguste pour entrer au monastère des Cisterciens de Vaux-de-Cernay, au diocèse de Versailles. Il en fut nommé prieur quelques années plus tard.

Il vécut dans la pauvreté, conformément à ses vœux, et travailla à développer l'abbaye. Le roi Saint Louis eut recours à ses prières pour avoir des enfants de son mariage. Il attribuait à ses prières le bonheur d'avoir pu fonder une famille nombreuse.

En 1240 il composa un office pour la fête de la sainte Couronne d'épines (reliques de la Passion)qui, à la demande de Saint Louis, sera célébrée dans toutes les abbayes du royaume.

 

En 1247, il tombe gravement malade et décède rapidement ( 1247).

Les pèlerins accoururent en foule ; la reine douairière, Marguerite de Provence, et son fils, le roi Philippe III le Hardi, vinrent plusieurs fois visiter le tombeau. Comme ils ne pouvaient entrer au chapitre voir la tombe du saint, on transféra ses restes en 1261 dans la chapelle de l'infirmerie.

Le 8 juillet 1270, après sa canonisation, ses reliques furent portées dans l'église et placées dans un sarcophage de pierre porté sur quatre colonnes. A la Révolution, l'abbaye fut supprimée... et les reliques dispersées à l'exception d'une petite partie qui est actuellement conservée dans l'église de Cernay-la-Ville.


Saint-Thibaud de Marly est invoqué pour éviter d’être victime d’une indigestion. Il est particulièrement vénéré à Beuvron-en-Auge (canton de Cambremer) où il est réputé pour guérir les ulcères et les tremblements.

 

Thibaut ou Thibaud est un prénom masculin d'origine germanique, de « theud » (peuple) et « bald » (hardi).

 

Sources : 1, 2, 3, 4, 5

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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 00:00
Saint Raoul Milner et ses compagnons, martyrs en Angleterre (+ 1591)
Vieux paysan illettré, Ralph (Raoul) Milner, père de 8 enfants, fut exécuté avec tout un groupe d'habitants de Winchester (Angleterre) pour avoir abjuré le protestantisme et être revenu au sein de l'Eglise.

Il restait à peine cent mille catholiques en Grande Bretagne quand la reine Elisabeth, fille d'Henri VIII créa "l'inquisition anglaise". Les catholiques ne pouvaient ni sortir de leurs village ni assister à une messe romaine sans payer une forte amende et, pour les prêtres, sans encourir la peine de mort.

Ralph Milner était un laboureur illettré et Roger Dickenson un prêtre. Ralph, arrêté pour avoir entendu la messe, ne pouvait payer l'amende. Il fut jeté en prison et comme il avait aidé le prêtre, ils furent tous deux pendus côte à côte.
 
Lorsque Raoul s'approcha du gibet avec le père Dickenson, on lui amena ses enfants pour le faire céder enfin. Il demeura inébranlable dans ses convictions et donna à ses enfants sa dernière bénédiction.

Raoul Milner béatifié en 1929, fait partie des Quarante martyrs d'Angleterre et du Pays de Galles qui ont été canonisés en 1970.

Sources: (1), (2), (3), (4)
 
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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 00:00
Statue der Heiligen Maria Goretti in der römisch-katholischen St.-Martins-Kirche von Visé (Belgien)

Statue der Heiligen Maria Goretti in der römisch-katholischen St.-Martins-Kirche von Visé (Belgien)

Modèle et protectrice de la jeunesse féminine, Maria naquit dans le petit village de Corinaldo, le 16 octobre 1890, troisième d'une famille de sept enfants. En 1899, son père, cultivateur pauvre, déménagea dans une ferme au bord de la Méditerranée, près de Nettuno. Il mourut peu de temps après, laissant six enfants à nourrir. Assunta, son épouse, décida de continuer la rude tâche à peine commencée et confia la garde des petits à Maria, âgée alors que de neuf ans. La petite fille d'une maturité précoce devint très vite une parfaite ménagère. Le jour de la Fête-Dieu, elle communia pour la première fois avec une ferveur angélique. Elle s'appliquait avec délices à la récitation quotidienne du chapelet. Maria Goretti ne put apprendre à lire, car la pauvreté et l'éloignement du village l'empêchèrent de fréquenter l'école.

La pieuse enfant ne tint cependant aucun compte des difficultés et des distances à parcourir lorsqu'il s'agissait de recevoir Jésus dans le Saint Sacrement. «Je puis à peine attendre le moment où demain j'irai à la communion», dit-elle l'après-midi même où elle allait sceller de son sang sa fidélité à l'Epoux des vierges.

Les Serenelli, proches voisins de la famille Goretti, étaient des gens serviables et honnêtes, mais leur fils Alessandro se laissait entraîner par des camarades corrompus et des lectures pernicieuses. Il venait aider la famille Goretti pour des travaux agricoles trop pénibles. Maria l'accueillait, reconnaissante, trop pure pour se méfier. Ce jeune homme ne tarda pas à lui tenir des propos abjects, en lui défendant de les répéter. Sans bien comprendre le péril qui la menaçait et craignant d'être en faute, Maria avoua tout à sa mère. Avertie d'un danger qu'elle ignorait, elle promit de ne jamais céder.

Alessandro Serenelli devenait de plus en plus pressant, mais prudente, l'adolescente s'esquivait le plus possible de sa présence. Furieux de cette sourde résistance, le jeune homme guettait le départ de la mère pour pouvoir réaliser ses desseins pervers.

L'occasion tant attendue se présenta le matin du 6 juillet. Alessandro se précipita brutalement sur Maria, alors seule et sans défense. Brandissant sous ses yeux un poinçon dont la lame acérée mesurait 24 centimètres, il lui fit cette menace: «Si tu ne cèdes pas, je vais te tuer!» La jeune chrétienne s'écria: «Non! c'est un péché, Dieu le défend! Vous iriez en enfer!» Déchaîné par la passion, n'obéissant plus qu'à son instinct, l'assassin se jette sur sa proie et la laboure de quatorze coups de poinçon.

Lorsqu'Assunta est mise au courant du drame, Maria git mourante à l'hôpital de Nettuno. Le prêtre au chevet de la martyre, lui rappelle la mort de Jésus en croix, le coup de lance et la conversion du bon larron: «Et toi, Maria, pardonnes-tu? lui demanda-t-il. -- Oh, oui! murmura sans hésitation la douce victime, pour l'amour de Jésus, qu'il vienne avec moi au Paradis.» Les dernières paroles que la Sainte prononça au milieu d'atroces douleurs, furent celles-ci: «Que fais-tu Alessandro? Tu vas en enfer!» et comme elle se détournait dans un ultime effort, son coeur cessa de battre.

Le 24 juin 1950, le pape Pie XII canonisait Maria Goretti, martyre à douze ans pour avoir défendu sa pureté jusqu'à la mort. Dans son allocution, le Saint-Père déclarait: «Elle est le fruit mûr d'une famille où l'on a prié tous les jours, où les enfants furent élevés dans la crainte du Seigneur, l'obéissance aux parents, la sincérité et la pudeur, où ils furent habitués à se contenter de peu, toujours disposés à aider aux travaux des champs et à la maison, où les conditions naturelles de vie et l'atmosphère religieuse qui les entouraient les aidaient puissamment à s'unir à Dieu et à croître en vertu. Elle n'était ni ignorante, ni insensible, ni froide, mais elle avait la force d'âme des vierges et des martyrs, cette force d'âme qui est à la fois la protection et le fruit de la virginité.»

On parle de miracles qui eurent lieu sur sa tombe. Mais le plus remarquable fut sans aucun doute la conversion d'Alessandro. Alessandro Serenelli fut condamné à une peine de trente ans de prison pour son crime. Il refusa de se repentir pendant plusieurs années. Une nuit, en 1910, il rêva que Maria lui offrait quatorze lys. Ce rêve lui fit réaliser le mal qu'il avait fait et il se repentit. Après sa libération, qui intervint après vingt-sept années de détention, il alla voir la mère de Maria, Assunta, et la supplia de lui pardonner. Elle accepta et ils assistèrent à la messe ensemble le lendemain, recevant la Sainte Communion l'un à côté de l'autre. Alessandro Serenelli devint alors un frère laïc capucin.

Résumé tiré de A. Gualandi -- L. Tonini, édition 1947. W. Schamoni, édition 1955, p. 302.

Sources: (1), (2), (3)


Sainte Maria Goretti, Patronne de la Jeunesse, secouez les consciences. Aidez-nous à dire généreusement comme vous:
"Non" au péché;
"Oui" à tout ce que Dieu veut.


 

Discours du pape Pie XII adressé à la jeunesse catholique, contre l'esprit du Mal, au lendemain des cérémonies de Béatification de Ste Maria Goretti :

 

« Malheur au monde à cause des scandales. Malheur à ses corrupteurs conscients et volontaires du roman, du journal, de la revue, du théâtre, du film, de la mode indécente. Malheur à ces jeunes écervelés qui, par une blessure fine et légère, portent l'infection morale dans un coeur encore vierge. Malheur aux pères et mères qui, dépourvus d'énergie et de prudence, cèdent aux caprices de leurs fils et de leurs filles, renoncent à cette autorité paternelle qui est sur le front de l'homme et de la femme comme reflet de la majesté divine. Mais malheur aussi à tant de chrétiens de nom et d'illusion qui pourraient se dresser et qui verraient se lever derrière eux des légions de personnes intègres et droites, prêtes à lutter par tous les moyens contre le scandale. La Justice légale punit - et c'est son devoir - l'assassin d'un enfant. Mais ceux qui ont armé son bras, qui l'ont encouragé, qui, indifférents ou peut-être même avec un sourire indulgent l'ont laissé faire, quelle législation humaine osera jamais ou pourra, si elle le voulait, les punir comme ils le méritent ? Et pourtant, les vrais, les grands coupables, ce sont eux. Sur eux, corrupteurs conscients ou complices inertes, pèse terrible la Justice de Dieu.

Aucun pouvoir humain n'aura-t-il donc en soi-même la force d'émouvoir et de convertir ces coeurs corrompus ou corrupteurs ? La force d'ouvrir les yeux et de secouer la torpeur de tant de chrétiens insouciants ou timides ? Le sang de la martyre et les larmes du meurtrier repenti et pénitent feront ce miracle, Nous l'espérons.»

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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 00:00

Saint-Antonio-Maria-Zaccaria.jpgAntonio Maria Zaccaria naît en 1502 à Crémone (Italie), d'une famille d'opulents patriciens. Son père, enlevé par une mort soudaine alors qu'Antonio était encore au berceau, laissa sa mère veuve à l'âge de dix-huit ans. Elle se consacra tout entière à l'éducation de son fils. Chrétienne fervente, elle s'appliquait surtout à former le petit Antoine-Marie à la vertu. À son école, il apprit vite à soulager les pauvres avec une grande compassion. Cet enfant au bon cœur allait jusqu'à se priver volontairement de nourriture pour pouvoir nourrir et vêtir les indigents. Sa sincère charité lui attira d'abondantes bénédictions et des grâces de choix.


 

Le jeune Antoine-Marie Zaccaria étudia la philosophie à Pavie, puis à Padoue. Reçu docteur en médecine à l'âge de vingt-deux ans, il choisit sa ville natale pour exercer son art. Tout en soignant les corps, il cherchait à faire du bien aux âmes. Une inspiration intérieure le poussait à embrasser l'état ecclésiastique. Pour se préparer à l'apostolat des âmes, il se mit à étudier avec ardeur la théologie, les écrits des Pères de l'Église ; il reçut l'ordination sacerdotale le 20 février 1529. Pendant ses études, il ne perdit jamais de vue sa propre sanctification ni celle de son prochain. Il visitait les malades dans les hôpitaux, rassemblait les petits enfants abandonnés et leur enseignait le catéchisme.


 

Devenu prêtre, il œuvra à Crémone où sa parole simple et persuasive ramena beaucoup de chrétiens à la pratique de leurs devoirs. "Allons voir l'ange de Dieu !" disaient ses compatriotes. Bien qu'il passât des heures au confessionnal, il ne suffisait pas à la tâche. C'est alors qu’Antoine-Marie songea à réunir autour de lui un certain nombre de prêtres zélés, qui tout en s'appliquant à se sanctifier eux-mêmes, travailleraient en plus à la sanctification de leurs frères en combattant l'ignorance, la paresse et la corruption du siècle. Ces prêtres menaient une vie pauvre et frugale, prêchant surtout par l'exemple. "C'est le propre des grands cœurs, de vouloir servir sans récompense, combattre sans ravitaillement assuré", leur disait-il.


 

Le pape leur permit de constituer une nouvelle congrégation sous le nom de : "Clercs réguliers de St-Paul". On leur confia l'église St-Barnabé à Milan, d'où leur vint le nom de: "Barnabites". Le zélé fondateur institua encore des Conférences spirituelles pour les prêtres. Les personnes mariées eurent une Congrégation spéciale où elles s'exercèrent aux bonnes œuvres corporelles et spirituelles de Miséricorde. Il fonda en outre un ordre de religieuses, dites les "Angéliques de Saint-Paul" pour l'instruction des jeunes filles pauvres et l'entretien des linges des églises.


 

La dévotion à la Sainte Eucharistie fut son moyen de choix pour conquérir les cœurs à Dieu. En 1534, il commença à exposer publiquement le très Saint Sacrement durant quarante heures, en souvenir du temps que le corps du Sauveur demeura dans le tombeau. C'est à lui que l'on doit cette bienfaisante institution des Quarante-Heures. Devant ce renouveau chrétien, les médiocres traitèrent les fervents de fanatiques et de superstitieux.


 

Antoine-Marie Zaccaria fut critiqué, moqué, décrié, mais une grande paix et une grande sérénité ne cessaient d'envelopper son âme. En 1539, épuisé par une mission qu'il prêchait à Guastalla, sa santé fléchit soudainement. Le Saint se rendit à Crémone, chez sa mère; ses religieux vinrent l'y voir une dernière fois ; il leur annonça sa mort prochaine qu'il venait d'apprendre par révélation.

 

Après avoir reçu l'extrême-onction et le saint viatique, il s'endormit paisiblement dans le Seigneur, le 5 juillet 1539, à l'âge de trente-sept ans. (1)

 

Il fut enseveli dans le cimetière du couvent des Sœurs de Saint Paul, à Milan où il fut vite honoré comme un saint.

Vingt-sept années plus tard, sa dépouille fut relevée, et son corps fut découvert incorrompu. Actuellement, ses restes reposent à Milan. (2)

 

Antonio Maria Zaccaria a été inscrit dans le livre des saints, le 27 mai 1897, par le pape Léon XIII.

 

Sources: (1) Tiré de: Frères des Écoles Chrétiennes, Vies des Saints, Edition 1932, p. 233-234 (2)

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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 00:00
Saint Florent, évêque à Cahors († début Ve s.)

Martyrologe Romain : À Cahors, au début du Ve siècle, saint Florent, évêque.

 

Saint Paulin de Nole loue son humilité de cœur, sa force dans la grâce reçue de Dieu et la douceur de ses paroles.

 

Sources : 1, 2

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3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 00:00
Saint Thomas, Apôtre des Indes

Thomas appelé Didyme (le Jumeau) fait partie du petit groupe de ces disciples que Jésus a choisis, dès les premiers jours de sa vie publique, pour en faire ses apôtres. Il est "l'un des Douze" comme le précise S. Jean (Jn 21). Le même Jean nous rapporte plusieurs interventions de Thomas, qui nous révèlent son caractère. Lorsque Jésus s'apprête à partir pour Béthanie au moment de la mort de Lazare, il y a danger et les disciples le lui rappellent: "Rabbi, tout récemment les Juifs cherchaient à te lapider." Thomas dit alors aux autres disciples: "Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui."

 

A la dernière Cène, quand Jésus dit à ses disciples : "Je vais vous préparer une place, et quand je serai allé et vous aurai préparé une place, à nouveau je viendrai et vous prendrai près de moi, afin que là où je suis, vous aussi vous soyez", Tomas fit celui qui ne comprenait pas : "Seigneur, nous ne savons pas où vous allez, comment saurions-nous le chemin ?" Il s'attira cette merveilleuse réponse du Maître : "Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, personne ne va à mon Père, si ce n'est par moi." (Jn, 14, 6.)

 

Après sa résurrection, le Sauveur était apparu à plusieurs de ses disciples en l'absence de Thomas. Quand à son retour, on lui raconta cette apparition, Thomas fut si étonné d'une telle merveille, qu'il en douta et dit vivement: "Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt à la place des clous et ma main dans son côté, je ne croirai point." (Jn 20, 25.) Voilà le second caractère de Thomas, esprit trop raisonneur. Mais son premier mouvement d'hésitation, en chose si grave, ne fut pas un crime et le bon Sauveur répondit à son défi: "Mets ici ton doigt, et regarde mes mains; approche aussi ta main, et mets-la dans mon côté; et ne sois plus incrédule, mais croyant." (Jn, 20, 27.) Que fit alors Thomas? Nous le savons; un cri du coeur s'échappa de ses lèvres: "Mon Seigneur et mon Dieu!"

L'Incrédulité de saint Thomas, Rembrandt, 1634.

L'Incrédulité de saint Thomas, Rembrandt, 1634.

Dieu permit l'hésitation de cet Apôtre pour donner aux esprits difficiles une preuve de plus en faveur de la résurrection de Jésus-Christ.

Parmi les douze articles du Symbole, Saint Augustin attribue à saint Thomas celui qui concerna la Résurrection.

Quand les Apôtres se partagèrent le monde, les pays des Parthes et des Perses et les Indes furent le vaste lot de son apostolat. La tradition prétend qu'il rencontra les mages, les premiers adorateurs de Jésus parmi les Gentils, qu'il les instruisit, leur donna le Baptême et les associa à son ministère. Partout, sur son passage, l'Apôtre établissait des chrétientés, ordonnait des prêtres, consacrait des évêques.


Évangélisateur des Indes, c’est pour avoir construit un palais pour un roi que Thomas est représenté avec une équerre d’architecte. Il est parfois également représenté avec la lance qui fut l’instrument de sa mise à mort.

 

Son tombeau ravagé par les musulmans, restauré par les Portugais, gardait encore quand on l'a ouvert au XXe siècle, des restes de ses os et le fer de la lance qui l'avait frappé, ainsi que des monnaies du règne de Néron.

 

Les chrétiens de l'Inde attribuent à S. Thomas leur évangélisation et se donnent eux-mêmes le nom de "chrétiens de saint Thomas", et prétendent en garder la tombe.

 

Au chapitre IV de l'ouvrage publié en 2016, "Les Apôtres en Inde", Ilaria Ramelli observe que le christianisme indien, qu’il s’agisse de ses rites, ses titres, ses coutumes, ses légendes, est pétri d’archaïsmes reconductibles à ce même christianisme syro-araméen primitif qui faisait de l’Évangile de Matthieu son texte central. Elle montre comment Thomas est lui-même fortement lié au christianisme syro-araméen pour avoir été à l’origine (en personne, ou à travers son disciple Thaddée) de l’évangélisation de la ville d’Édesse, de l’Osroène dont elle est la capitale, et de la Mésopotamie. Au chapitre V, du même ouvrage, Cristiano Dognini examine la présence d’échos chrétiens dans les mythes spécifiques à la naissance de Krishna, qui font leur apparition dans le panorama de la littérature sanscrite autour du IIe siècle ap. JC. L’auteur constate que les emprunts de motifs tirés des Évangiles (tels que Massacre des Innocents, la Fuite en Égypte, l’Annonciation…) sont indubitables, et en déduit que les récits chrétiens étaient assez connus en Inde pour que l’hindouisme se les approprie et les intègre au service de ses propres cycles mythiques.

Le même phénomène d'appropriation des mystères chrétiens sera l'objet du bouddhisme en Chine, comme nous le verrons un peu plus bas.

 

Quand au XIVe siècle, les Européens s'emparèrent des Indes orientales, ils trouvèrent dans les traditions des peuples de ce vaste pays des souvenirs chrétiens, et en particulier celui de saint Thomas. Un miracle de l'Apôtre, traînant avec un faible lien une poutre énorme que les éléphants n'avaient pu remuer, fut l'occasion d'innombrables conversions. Cependant les prêtres des faux dieux, jaloux de tant de succès, jurèrent la mort de l'Apôtre; il aurait été percé d'une lance devant une Croix où il priait, le 3 juillet de l'an 72 à Meliapouram, sur la côte méridionale est de l'Inde (aujourd'hui Madras-Chennay).

Au XVIe siècle, Jean III, roi de Portugal, fit chercher le corps de saint Thomas dans une chapelle ruinée qui était sur son tombeau, hors des murs de Méliapour (Inde). On creusa la terre en 1523 et on découvrit une voûte construite en forme de chapelle. On y trouva les ossements du saint apôtre, avec une partie de la lance qui avait servi à son martyre, et une fiole teinte de son sang. On les renferma dans un vase richement orné. Les Portugais bâtirent auprès de cet endroit une nouvelle ville qu'ils appelèrent Saint-Thomas ou San-Thomé.

L'incrédule entre les incrédules à qui Jésus ressuscité fit toucher ses plaies, porta la Croix jusqu'au point du monde le plus éloigné du tombeau vide de Jérusalem. Tandis que S. Jacques allait jusqu'en Espagne à l'extrémité occidentale de l'Empire romain, il atteignait l'extrémité des terres orientales.

 

Sources : (1); (2); (3); (4) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 358.

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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 00:00
Saint Martinien, statue Eglise du Pays d'Huriel (Auvergne)

Saint Martinien, statue Eglise du Pays d'Huriel (Auvergne)

Martinien est un des officiers romains qui ont permis l'évasion de Pierre et de Paul des prisons de Rome, même si Pierre ne s'évada pas longtemps puisqu'il retourna à Rome.

Martinien et Procès furent arrêtés pour leur foi et mis à mort. (1)

Le supplice sera féroce : visage meurtri, chevalet, fouet, bastonnade, feu, scorpions précèdent le glaive qui leur tranche la tête. Leurs reliques se trouvent aujourd’hui toujours auprès de Pierre dans la basilique de Saint-Pierre à Rome, au fond du transept droit de la basilique vaticane. (2)

 

Un tableau de Jean Valentin dit aussi Valentin de Boulogne représentant le Martyre de Saint Procès et Saint Martinien (1629) se trouve à la Pinacothèque, salle XII, musée du Vatican.

 

Martyre de Saint Procès et Saint Martinien, 1629, par Valentin de Boulogne (Pinacothèque, Musée du Vatican)

Martyre de Saint Procès et Saint Martinien, 1629, par Valentin de Boulogne (Pinacothèque, Musée du Vatican)

À Rome au cimetière de Damase, au second mille de la voie Aurélienne, les saints Procès et Martinien, martyrs. (3)

 

Martyrologe romain

 

Sources: (1), (2), (3)


Autres saints dans l'armée romaine au calendrier : S.Georges, S. Victor, S. Sébastien, S. Martin de Tours, S. Ferréol, Sts Serge et Bacchus, S. Maurice et ses compagnons, S. Corneille, centurion baptisé par saint Pierre († Ier s.), S. Théodore, soldat et martyr († 304)

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 00:00
Blason de l'Abbaye de Saint-Thierry - Bénédictines de Sainte Bathilde.

Blason de l'Abbaye de Saint-Thierry - Bénédictines de Sainte Bathilde.

Fils du seigneur Marcard, célèbre bandit de grand chemin de la Marne, vivant de rapines et de vols, Thierry, voulait vivre autrement. Quand il fut en âge de se marier, ses parents l’obligèrent à épouser une jeune fille de leur connaissance. Mais tel n’était pas l’idée du jeune homme qui avait décidé de vivre dans la vie consacrée. Il demanda à sa jeune épouse de vivre comme frère et sœur, ce qu’elle refusa. Aussi décida-t-il, contre l'avis de sa femme, d'aller voir l'archevêque de Reims (S. Rémi, l'Apôtre des Francs) afin de défaire son mariage. Sur ses conseils, Thierry se fit moine puis se retira dans la solitude. Conduit, dit la tradition champenoise, par le vol d’un aigle au lieu-dit du Mont d'Hor près de Reims, il fonda le monastère et en fut le premier abbé. Là, de nombreux disciples vinrent à lui, dont son père qui se convertit.

Sa sainteté fut vite connue et de nombreux malades affluèrent. Il est même dit que Thierry guérit l'œil malade de Thierry Ier, fils de Clovis Ier. Il lui fit une onction d’huile sur l’œil que les médecins proposaient d’arracher. Menacé de devenir borgne, ce jeune roi se lamentait "Si je perds la moitié de mes yeux, je perds, du même coup, la moitié de mon autorité sur mes guerriers !". C'est pourquoi, pour rendre honneur à saint Thierry, les rois de France eurent pour coutume après leur sacre de se rendre à l'abbaye pour y manger. Ce rite se perpétua longtemps encore après la mort du saint, en 533.

Pendant treize siècles, des générations de moines se succèdent en ce lieu retiré. Le même appel les y a conduits : chercher Dieu, se laisser pénétrer et unifier par sa Parole.

Un village naît autour de l’abbaye.

Ses reliques sont toujours vénérées dans l’église paroissiale rémoise.

 

Autour de l’an 500, Thierry, disciple de Saint Remi, perçoit l’appel de Dieu: "Quitte tout pour suivre le Christ". Il part. A quelque distance de Reims se dresse la colline du Mont d’Hor; Thierry s’y établit au milieu des forêts. Il prie, il défriche la terre. Sa vie cachée, toute saisie par le mystère de Dieu, attire des frères autour de lui. Un monastère naît... (diocèse de Reims)

 


A lire aussi: Histoire de la commune de Saint-Thierry

 

Martyrologe romain

La Parole de Dieu sera ma nourriture. Ce n’est pas de moi-même que je me promets une telle force. C’est vous, ô Jésus qui mettez ces paroles dans ma bouche et qui m’accordez la grâce de les accomplir.

 

Sources: 1; 2; 3; 4

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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 00:00
Saint Martial de Limoges († v. 250), évêque des Gaules

Dès la première moitié du IIIe siècle, Martial de Limoges († v. 250), évêque des Gaules instaura un centre marial près de Rodez.

Les mentions écrites les plus anciennes de St Martial datent du début du Moyen-Age.

Sidoine Apollinaire, évêque de Clermont mort en 488, écrit que la cité des Limousins reçut saint Martial comme évêque. 

Grégoire de Tours l’évoque dans son Historia Francorum (Histoire des Francs). On sait que le premier évêque fut inhumé dans le cimetière situé près de la via Agrippa.


Dans les années 1960, des fouilles furent effectuées à Limoges sous la "Place de la République", sur l'emplacement de l'ancienne abbaye Saint-Martial, le tombeau de saint Martial fut découvert ainsi qu'une mosaïque du Haut-Empire témoignant de l'importance du personnage inhumé.


Le nom de Martial sera mentionné pour la première fois dans le testament de Saint-Yrieix en 572 au sujet d'une donation faite aux clercs desservant son Tombeau.
En 848 ces clercs se firent moines. Ainsi naquit l'abbaye de Saint Martial, qui devint un grand centre de pèlerinage tout au long des XIè et XIIème siècles.

Tous les sept ans, c'est à la Grande Confrérie de Saint Martial qu'il appartient d'organiser les Ostensions à Limoges, c'est aussi elle qui a le privilège d'en arborer le drapeau qui sera fixé au clocher de l'église Saint-Michel des Lions pendant leur durée. Gardienne des Reliques du Saint, elle en perpétue la mémoire à travers les temps.

 

Sources: (1), (2), (3)

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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 00:00
Saint Pierre, Prince des Apôtres crucifié la tête en bas

Saint Pierre, Prince des Apôtres crucifié la tête en bas

 Le 29 juin, l'Église honore à la fois saint Pierre et saint Paul, ces deux incomparables Apôtres, unis dans la foi, dans la prison et dans la mort.

 

Saint Pierre, fils de pêcheur et pêcheur lui-même, simple, ignorant, sans éducation, il entendit le Fils de Dieu lui adresser cet appel singulier : "Suis-Moi, Je te ferai pêcheur d'hommes."

 

Parmi tous les Apôtres, Pierre brille par sa foi énergique et reconnaît en Jésus le Christ, Fils de Dieu. Il ne quitte jamais le Sauveur, il est de toutes les grandes occasions de la vie du Maître.

Malgré son triple reniement au jour de la Passion, faute si noblement réparée ensuite, il est confirmé comme chef des Apôtres et chef de l'Église. Son siège renversera bientôt celui des Césars, et l'humble pêcheur aura un nom plus immortel que les plus grandes célébrités de tous les siècles.

Jésus avait dit autrefois à Ses Apôtres: "Le disciple n'est pas plus que le Maître; si on Me persécute, on vous persécutera." Saint Pierre devait avoir, en effet, le sort de Jésus-Christ et arroser de son sang l'Église naissante. Touché par les larmes des fidèles, non mû par la crainte, Pierre songea d'abord à fuir la persécution que venait de soulever l'empereur Néron; mais, comme il sortait de Rome, il vit le Christ Se présenter à lui:


"Où allez-Vous, Seigneur, Lui dit-il.
-- Je vais à Rome, dit Jésus, pour y être crucifié de nouveau."
A ces mots, le Sauveur disparut, et Pierre comprit qu'il devait revenir à Rome pour y être crucifié.

 

Le prince des Apôtres eut à endurer les souffrances d'un long emprisonnement; il eut du moins la consolation d'y être le compagnon de saint Paul et de consommer son sacrifice le même jour que lui.

 

Pierre fut condamné au supplice de la Croix; mais, par humilité, se jugeant indigne d'être crucifié comme le divin Maître, il demanda à être crucifié la tête en bas, ce qui lui fut accordé. Arrivé au lieu du supplice, Pierre ne put contenir la joie de son coeur: "C'est ici l'arbre de vie, cria-t-il au peuple, l'arbre où a été vaincue la mort et le monde racheté. Grâces à vous, Fils du Dieu vivant!" [1]

 

À l'annonce par Marie la Magdaléenne que le tombeau de Jésus avait été trouvé vide, Pierre fut le premier à y entrer, le "disciple bien-aimé" lui ayant laissé la préséance (Jn 20,5 ; Jn 21,7). Par la suite, il bénéficia avant les douze d'une apparition du Christ ressuscité (1Co 15,5).

 

Lors de la dernière apparition du Christ à ses disciples, il est réhabilité par Jésus à la suite de sa négation et ré-instauré dans sa mission de pasteur de l'Église : "Il lui dit pour la troisième fois : Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu ? Pierre fut attristé de ce qu’il lui avait dit pour la troisième fois : M’aimes-tu ? Et il lui répondit : Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t’aime. Jésus lui dit : Fais paître mes brebis." (Jn 21,15-17).

 

Les Actes des Apôtres le montrent comme un des principaux dirigeants de la communauté chrétienne à Jérusalem. Après la Pentecôte, c'est lui qui prend la parole et commence la prédication du message chrétien. Lors du concile de Jérusalem (vers l'an 50), il prend position en faveur de l'admission des païens dans l'Église sans leur imposer les prescriptions mosaïques telles que la circoncision et les autres observances juives; cependant Paul lui reprochera de ménager le point de vue des judaïsants menés par certains chrétiens juifs de la communauté de Jacques le mineur, "frère du Seigneur", chef de la communauté de Jérusalem soit le premier évêque de la première communauté chrétienne (Ac 21,18) : "Mais quand Céphas (Pierre) vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu'il s'était donné tort. En effet, avant l'arrivée de certaines gens de l'entourage de Jacques, il prenait ses repas avec les païens ; mais quand ces gens arrivèrent, on le vit se dérober et se tenir à l'écart, par peur des circoncis." (Ga 2,11-12).

 

Lors du premier concile de Jérusalem, Pierre reconsidéra donc son attitude. Il ouvrit le débat en défendant clairement les thèses de St Paul de ne pas imposer les prescriptions mosaïques aux chrétiens païens.

 

Jacques le mineur, chef de l'Église locale (le premier évêque de Jérusalem), clôture le conseil en approuvant Pierre et Paul. Les chrétiens d'origine païenne sont libérés de l'obligation de suivre les traditions juives.

 

Après le Concile de Jérusalem, les Actes ne disent plus rien de Pierre. Cette discrétion s'explique, selon certaines hypothèses, par les poursuites dont il était l'objet. À partir de son évasion de Jérusalem (avant la mort d'Hérode-Agrippa I, au printemps 44), Pierre était presque un hors la loi aux yeux des autorités de Jérusalem. S'il était poursuivi, personne ne devait savoir où il se trouvait. C'est pourquoi le Nouveau Testament serait très discret sur ses résidences successives, même dans les Actes. Une explication plus simple consisterait à voir dans ce "silence" sur le lieu de Pierre un résultat du propos du livre des Actes (I. 8): L'évangélisation auprès des Juifs relevant de la mission pétrienne (Galates 2), celui-ci est plus présent dans l'ouvrage qui parle du témoignage apostolique en Judée, tandis qu'avec le chapitre 15, où se tient le synode sur la question des Gentils, le rôle de Pierre n'est plus mentionné parce qu'il est essentiellement question du ministère paulinien (évangéliser les païens).

 

La tradition de l'Église catholique attribue à Pierre la direction de l'Église d'Antioche. Premier évêque de cette ville, une fête de "la chaire de saint Pierre à Antioche" est célébrée le 22 février depuis le IVe siècle. Il serait resté sept ans à Antioche.

 

Fuyant la persécution, Pierre semble avoir gagné Antioche dès le printemps 43 (au plus tard). Selon André Méhat, il se serait ensuite réfugié à Rome, où il espérait n'être pas poursuivi [1]. Mais vers 45, l'empereur Claude (41-54) expulse les juifs de Rome (Ac 18,2). Comme Priscille et Aquila, Pierre se rend alors en Achaïe, et il a l'occasion de visiter Corinthe (1 Co 1,12).

 

En 48 ou 49, il est à Jérusalem. Là, lors des réunions qui seront par la suite appelée « Concile de Jérusalem », il propose la solution qui est adoptée par Jacques le Juste en conclusion de l'assemblée, sur les obligations que doivent suivre les chrétiens venant du polythéisme. Il faut que ces derniers observent un minimum de préceptes de la Torah en s'abstenant des souillures de l’idolâtrie, de l'immoralité, de la viande étouffée et du sang [2].

 

À la mort de l'empereur Claude, Pierre est de retour à Rome, au début du règne de Néron (54-68). Il est à Rome lorsque Paul rédige l'Épître aux Romains, mais toujours dans un statut de clandestinité, ce qui pourrait expliquer à la fois que Paul adresse son épître aux chrétiens de Rome, mais qu'il n'y fasse pas mention du disciple.

 

Cette chronologie est hypothétique, mais elle correspond cependant à la tradition du Liber Pontificalis (rédigé en 530, ce catalogue chronologique de tous les papes repose sur des données légendaires sans que cela ne diminue l’intérêt de ce document comme source historique [3]), selon lequel Pierre est demeuré à Antioche pendant sept ans, et s'est fixé à Rome sous le règne de Néron.

 

Dans la littérature clémentine, Pierre est décrit comme un prédicateur itinérant dans les villes de la province romaine de Syrie. Il remporte de nombreux succès contre la prédication de Simon le Mage et initie au cours de ses déplacements Clément qui l'accompagne. Il le nomme par la suite évêque de Rome où il se rend et gagne un affrontement contre Simon le Mage. La légende raconte que ce dernier a tenté de voler pour impressionner l'empereur Néron et que par la prière, Pierre est parvenu à le faire tomber.

 

De nombreux lieux gardent des traces, souvent légendaires, du séjour de l'apôtre à Rome : église Domine Quo Vadis, basilique di Santa Francesca Romana, église Santi Nereo e Achilleo, tempietto dans l'église San Pietro in Montorio (autre lieu traditionnel de son martyre), Tullianum (lieu de son emprisonnement), basilique Saint-Pierre-aux-Liens [4]. Ces lieux sont issus de traditions orales ou des récits légendaires regorgeant de prodiges fabuleux (miracles et guérisons de Pierre), tels les apocryphes Actes de Pierre, les Actes de Pierre et Paul (en), la Passion de Pierre [5].

 

Pour la tradition catholique, le séjour de Pierre à Rome semble attesté par la Première épître de Pierre : "L’Église des élus qui est à Babylone vous salue, ainsi que Marc, mon fils" (1P 5,13), sous réserve d'admettre que le mot Babylone désigne de façon péjorative Rome en tant que ville corrompue et idolâtre, une image familière aux lecteurs de la Bible. Même si certaines traditions orientales comme celle de l'église nestorienne professent que Simon-Pierre a rédigé son épître de Babylone, que des humanistes comme Calvin ou Érasme ont pu prendre l'indication au pied de la lettre suivis par certains savants protestants [6], pour la recherche contemporaine, il s'agit bien d'une allusion chiffrée à Rome [7], allusion que l’on retrouve chez l'auteur de l'Apocalypse.

 

Plusieurs textes antiques font allusion au martyre de Pierre, ainsi qu'à celui de Paul, qui se seraient produits lors des persécutions ordonnées par Néron, notamment dans l'enceinte du Circus Vaticanus construit par l’empereur Caligula, situé sur la colline Vaticane, à l'emplacement approximatif de l'actuelle basilique Saint-Pierre (Tacite, Annales, Livre XV.44).

 

Les suppliciés une fois morts pouvant être remis à leur famille pour être inhumés ou crématisés mais le plus souvent ils étaient jetés dans le Tibre [8]. Ainsi, une tradition immémoriale place ce martyre : inter duas metas - entre les deux bornes - de la spina (Cf. Cirque romain). Le plus ancien de ces textes, la Lettre aux Corinthiens de Clément de Rome datée de 96, ne cite pas explicitement de lieu, même s'il y a diverses raisons pour penser qu'il s'agit de Rome (Clément de Rome, Lettre aux Corinthiens, V, 3-5.). Sixte V fait transférer en 1586 l'obélisque ornant cette spina sur la place Saint-Pierre.

 

Une vingtaine d'années plus tard, une lettre d'Ignace d'Antioche aux chrétiens de Rome comporte ces mots : "Je ne vous donne pas des ordres comme Pierre et Paul" (Lettre aux Romains, in Les écrits des pères apostoliques, éditions du Cerf, 2001, p. 185 et s.).

 

Un passage, de la fin du IIe siècle, cité par Eusèbe de Césarée, indique qu'à un certain Proclus, qui se vantait que sa patrie possédait la tombe de l'apôtre Philippe, le Romain Gaïus a répondu : "Mais moi, je puis te montrer les trophées des saints apôtres. En effet, si tu veux te rendre au Vatican ou sur la voie d'Ostie, tu trouveras les trophées de ceux qui ont fondé cette Église." (Eusèbe, Histoire ecclésiastique II, 25, 7). Le mot trophée, du grec τροπαιον, monument de victoire, dans le contexte, désigne ici les tombes de Pierre et Paul. C'est en tout cas sur ces sites que seront édifiées au IVe siècle les basiliques Saint-Pierre et Saint-Paul-hors-les-murs qui leur sont dédiées. Eusèbe rapporte aussi les témoignages de Denys de Corinthe (Histoire ecclésiastique II, 25, 8 ) et de Zéphyrin de Rome (Histoire Ecclésiastique V, 28, 3).

 

Clément de Rome affirme que le martyre de St Pierre serait dû à une "injuste jalousie" et à la dissension entre les membres de la communauté chrétienne (à rapprocher de ce que dit Paul en 1 Phil 1, 15) : il y eut vraisemblablement dénonciation. Selon un apocryphe, les Actes de Pierre, St Pierre aurait été crucifié la tête vers le sol (Ac Pierre 38 - d'où le nom de croix de Saint-Pierre donné à la croix latine inversée -). Selon la tradition, l'apôtre a demandé ce type de supplice par humilité, ne se jugeant pas digne de mourir comme le Christ. Selon une autre version, il peut s'agir d'une cruauté supplémentaire de Néron.

 

Un des éléments en faveur de la "tradition romaine" de la présence de la tombe de Pierre est l'absence de toute autre revendication de sa tombe par une autre cité antique.

 

La tradition localise le tombeau de saint Pierre sur l'emplacement d'une nécropole située au nord du Circus Vaticanus, dont elle était séparée par une route secondaire : la via Cornelia [9].

 

L'empereur Constantin Ier y fit édifier une première basilique (occupant le site de l'édifice actuel) et dont l'abside fut construite autour de l'emplacement de la tombe, cela malgré les difficultés considérables du terrain, à flanc de colline, obligeant à d’énormes travaux de terrassement, et bien qu'il ait fallu modifier un cimetière.

 

Les fouilles de la nécropole du Vatican ordonnées dès 1940 par Pie XII dans les Grottes du Vatican à l'occasion de la mise en place du sarcophage de Pie XI, ont mis en évidence un cimetière païen et chrétien contenant de nombreuses tombes et, au-dessous de l'autel et à la verticale exacte du sommet de la coupole, un monument culturel au-dessus d’une de ces tombes, trouvée vide, du premier siècle (tombe thêta). Ce mémorial, qui serait le "trophée de Gaïus", est par la suite inclus dans un monument de marbre et de porphyre d'époque constantinienne puis recouvert par des autels construits sous Calixte II (1123), Clément VIII (1594) et enfin par le baldaquin de Saint-Pierre construit de 1624 à 1633. Sur l'un des murs de soutien (mur rouge) a été incisé un graffito dont subsistent les quatre caractères grecs ΠΕΤR, c’est-à-dire les quatre premières lettres du nom de Pierre, et au-dessous EN(I), ce qui serait, selon Margherita Guarducci, la forme abréviative de εν εστι, mot à mot "dedans est".

 

Une cachette aménagée sur un mur perpendiculaire (mur G) contenait les ossements d'un individu de sexe masculin âgé de soixante à soixante-dix ans, de robuste constitution. Une expertise menée par Margarita Guarducci avec l'anthropologue Correnti permet de penser qu'il s'agit bien des ossements qui figuraient dans la tombe, car la terre à laquelle sont mêlés les ossements est du même type que celle qui se trouve devant le trophée de Gaïus. Mais s'agit-il de Pierre ? Trois détails vont dans ce sens, sans cependant imposer une conclusion incontestable : les ossements ont été conservés dans un tissu précieux de couleur pourpre, et brodé de fil d'or : un tel tissu ne peut avoir servi qu'à envelopper les restes d'un personnage illustre [10] ; aucun os des pieds n'a été retrouvé : cela pourrait indiquer qu'on a coupé ceux du défunt (ce qui était commun aux suppliciés qui mouraient la tête en bas) [11] ; les rotules étaient abîmées comme peuvent l'être celles de pêcheurs qui poussent leur bateau à la mer.

 

S'adressant à une réunion d'étudiants, le pape Pie XII leur dit : "Sous le point central de la gigantesque coupole de la basilique se trouvait et se trouve encore le lieu de la sépulture de saint Pierre." De telles paroles venaient confirmer celles qui, dans une allocution à Radio-Vatican, en 1942, avaient déjà révélé que, sous la basilique élevée par Constantin, on avait trouvé un lieu de culte chrétien où la dévotion des fidèles était prouvée par de nombreux graffiti et par des tombes.

 

A l'occasion de son jubilé épiscopal, Pie XII avait également révélé que les traces avaient été retrouvées du "trophée", construit sur le lieu de la sépulture de l'apôtre, trophée dont le dénommé Gaïus, prêtre au IIe siècle, signalait l'existence dans un texte que par la suite l'historien Eusèbe reprit. [12]

 

En 1968, après avoir pris connaissance des études scientifiques réalisées, le pape Paul VI annonce qu'il s'agit selon toute probabilité des restes du corps de saint Pierre [13]. Le sépulcre a depuis été aménagé de façon que chaque visiteur puisse voir les reliques de saint Pierre et le "trophée de Gaïus".

 

Le 24 novembre 2013, pour clôturer l'Année de la foi 2012-2013, les reliques de Saint Pierre sont exposées dans un reliquaire de bronze, sur la place Saint-Pierre, en présence du pape François [14]. Ce fut alors la première ostension publique de ces reliques dans l'histoire : conservées dans la chapelle papale du palais apostolique; elles étaient uniquement montrées dans un cadre privé. Sur le reliquaire est gravé en latin "Ex ossibus quae in Arcibasilicae Vaticanae hypogeo inventa Beati Petri Apostoli esse putantur" (Des os retrouvés dans l'hypogée de la basilique vaticane, qui sont considérés comme ceux du bienheureux apôtre Pierre). [15]

Saint Pierre fut crucifié le 13 octobre 64

 

Saint Pierre fut crucifié le 13 octobre 64 au cirque de Néron, sur le mont Vatican. (bulletins de l'Association Jean Carmignac, N°44 de février 2010, pages 6 et 7.)

La démonstration, au jour près, semble très convaincante. Tentons de la résumer en quelques mots, mais il vaudra mieux s'y reporter car toutes les précisions de détail sont importantes.

* Le Circus Maximus, où se faisaient habituellement les exécutions, fut, d'après Tacite, indisponible de juillet 64 à fin 64. En novembre et décembre, il n'y a pas de jeux, car le temps est trop mauvais. Saint Pierre et les chrétiens ont donc été exécutés au cirque de Néron, cirque de substitution, en septembre ou octobre 64; c'est déjà beaucoup comme précision.

*Néron est mort (suicide) le 9 juin 68.

*Le livre apocryphe L'ascension d'Isaïe nous apprend que saint Pierre a été crucifié 3 ans, sept mois et 27 jours avant la mort de Néron, donc le 13 octobre 64.

Ce texte, du Père Jacques Bombardier, curé de paroisse à Nancy, s'inspire des travaux du professeur Margherita Guarducci qui a joué un grand rôle dans les fouilles sous Saint-Pierre.

Saint Paul (Paul de Tarse en Asie mineure), portant aussi le nom juif de Saul qui se prononce "Shaoul" (né probablement à Tarse en Cilicie au début du Ier siècle et mort vers 67 - 68 à Rome), est un apôtre de Jésus-Christ, tout en ne faisant pas partie des "Douze". Il est citoyen romain de naissance et un juif pharisien avant sa conversion.

Saint Pierre et saint Paul : On ne peut les séparer. Ils sont les deux piliers de l'Église et jamais la Tradition ne les a fêtés l'un sans l'autre. Tous deux verront leur vie bouleversée par l'irruption d'un homme qui leur dit: "Suis-moi. Tu t'appelleras Pierre" ou "Saul, pourquoi me persécutes-tu?".  Pierre reçoit de l'Esprit-Saint la révélation du mystère caché depuis la fondation du monde: "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant." Paul, ravi jusqu'au ciel, entend des paroles qu'il n'est pas possible de redire avec des paroles humaines. Persécuteur des premiers chrétiens, Paul se donne au Christ: "Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi." Pierre reçoit la charge de paître le troupeau de l'Église: "Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église." Paul devient l'apôtre des païens. Pour le Maître, Pierre mourra crucifié et Paul décapité.

La ville de Thessalonique était à cette époque devenue la capitale de la Macédoine et le port le plus commerçant de la Méditerranée: elle avait dans l'Empire la qualité de ville libre.

Saint Paul, s'y rendit dans sa seconde mission à sa sortie de Philippes. Il y trouva une synagogue, où il prêcha à des Juifs, des prosélytes et des païens durant trois semaines et jeta les fondements d'une petite chrétienté. Mais bientôt chassé par les intrigues des Juifs accusant les prédicateurs d'agir contre les décrets impériaux et traînant certains chrétiens devant les magistrats (Ac 17:5-9), il se retira à Bérée, puis à Athènes, et de là à Corinthe. C'est de cette dernière ville qu'il adressa à l'Eglise naissante de Thessalonique vers l'an 51, à peu d'intervalle l'une de l'autre, deux épîtres, les premières que nous ayons de lui. La première, qui contient des encouragements, est le plus ancien écrit du Nouveau Testament. L'apôtre y fait l'expérience de la mort et de la résurrection du Christ. Il l'a envoyée une vingtaine d'années après la mort de Jésus, peu après son arrivée à Corinthe où Thimothée, vint lui apporter des nouvelles en provenance de Thessalonique (1 Th 3:6). A cette date, les traditions évangéliques ont déjà pris corps et d'autres textes peuvent nous rapporter des traditions plus anciennes, mais 1 Thessaloniciens est le plus ancien document chrétien connu. Dans leur relative simplicité, les deux lettres aux Thessaloniciens, parlent des "Eglises" et de ceux qui sont "à leur tête", elles mentionnent tout ce qui est la foi commune des premiers chrétiens et l'expérience des premiers missionnaires : l'amour de Dieu qui appelle (1 Th 1:4; 1 Th 2:12, la foi en la Trinité de "Dieu le Père, et le Seigneur Jésus-Christ" et l'"Esprit-Saint" (1 Th 1-5; 1 Th 4:8), la foi dans la mort et la résurrection du Christ (1 Th 1-10 ; 1 Th 4:14), l'attente du retour du Christ (1 Th 3:13; 1 Th 5:23), la croyance dans la résurrection de ceux qui sont morts dans le Christ (1Th 4:16), la persévérance dans la persécution (1 Th 2:14-16), l'amour fraternel (1 Th 4:9) et le caractère collectif et solidaire des premières communautés chrétiennes (1 Th 4:6), l'action de l'Esprit Saint dans la parole de proclamation et dans la vie des communautés. S. Paul met en place des "anciens", comme nous le voyons à Ephèse (Actes 20, 17). Il envoie deux collaborateurs, Tite et Timothée, deux convertis du paganisme dans les communautés qu'il a fondées, pour éviter qu'elles ne dérivent. Ils sont destinataires de trois épîtres avec des conseils pour l'avenir. A Thimothée, en particulier, il rappelle le "don spirituel que Dieu a déposé en toi par l'imposition de mes mains" (1 Tm, 4: 14; et 2 Tm 1:6). La mission principale de Timothée est de "garder le dépôt" (1 Tm 6,20 ; 2 Tm 1,14). Ce dépôt doit être transmis à d'autres de génération en génération : "Ce que tu m’as entendu dire en présence de nombreux témoins, confie-le à des hommes dignes de foi qui seront capables de l’enseigner aux autres, à leur tour" (2 Tm 2,2). S. Pierre recommande aux "anciens en fonction" de paître "le troupeau de Dieu qui leur est confié et aux "jeunes gens" d'être "soumis aux anciens" (1 P. 5, 1-2). Le souci de la continuité, la transmission de la charge ecclésiastique (office) par les apôtres, le caractère collectif autant qu’individuel, le titre de "pasteurs", titre qui convient d’abord au Christ et que Jésus avait donné à Pierre, sont autant de traits particuliers de l'Eglise primitive.

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Notes

 

[1] André Méhat, Simon dit Képhas, Lethielleux, Paris, 1989, p. 137-143.

[2] Simon Claude Mimouni, Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004, p. 134-135.

[3] Philippe Levillain, Gaius-Proxies, Routledge,‎ 2002, p. 942

[4] Roberta Bernabei, Chiese di Roma, Electa,‎ 2007, p. 242, 338

 [5] Louis Leloir, Écrits apocryphes sur les apôtres : Pierre, Paul, André, Jacques, Jean, Brepols,‎ 1986, p. 68

[6] A. W. Fortune, « Babylon in the NT », dans The International Standard Bible Encyclopedia, vol. I:A-D, Wm. B. Eerdmans Publishing,‎ 1979, p. 391

[7] Peter H. Davids, « James and Peter : The Literary Evidence », dans Bruce Chilton et Craig Evans (éds.), The Missions of James, Peter, and Paul, Brill,‎ 2005, p. 32

[8] Jocelyn Toynbee, John Bryan Ward-Perkins, The Shrine of St. Peter and the Vatican Excavations, Longmans, Green and Co,‎ 1956

[9] Jocelyn Toynbee, John Bryan Ward-Perkins, The Shrine of St. Peter and the Vatican Excavations, Longmans, Green and Co,‎ 1956

[10] Margherita Carducci, "Le reliquie di Pietro sotto la Confessione della Basilica Vaticana : una messa a punto" dans "Rivista di Archeologia classica" 19, 1967, p. 1-97

[11] Margherita Carducci, ibid., p. 83.

[12] DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 93

[13] Paul VI, Audience Générale, Mercredi 26 juin 1968

[14] Vatican displays reputed bones of St. Peter, CBS This Morning, 25.11.2013

[15] « Les reliques de Saint-Pierre exposées pour la première fois », Tribune de Genève,‎ 24 novembre 2013

 

 

Autres sources internet: (1), (2)

 

. La tombe de Saint Paul contient des restes humains qui seraient les siens

. Les précieuses découvertes de la prison de saint Pierre

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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 00:00
Saint Irénée de Lyon, Evêque, et ses compagnons, Martyrs

Saint Irénée de Lyon, Evêque, et ses compagnons, Martyrs

Irénée écrivait : "Je n'étais encore qu'un enfant, mais je me souviens des choses d'alors, mieux que de ce qui est arrivé depuis. Je pourrais dire l'endroit où le bienheureux Polycarpe s'asseyait pour parler, sa démarche, sa façon de vivre, sa physionomie. Je pourrais répéter les discours qu'il adressait au peuple, comment il racontait sa familiarité avec saint Jean et avec les autres qui avaient vu le Seigneur, comment il évoquait leurs paroles; les détails sur le Seigneur, sur ses miracles, sur sa doctrine, qu'il avait appris de ceux qui avaient vu le Verbe de vie, comme il les rappelait, comme tout cela s'accordait avec les Ecritures !

Saint Irénée, cité in Frantz FUNCK-BENTANO, Les Origines, Librairie Hachette, 1925, p. 165.

Irénée avait été envoyé en Gaule vers 157 par son maître Saint Polycarpe, disciple de saint Jean l'Evangéliste. Il fut le défenseur de la foi contre la gnose.

Irénée avait été envoyé en Gaule vers 157 par son maître Saint Polycarpe, disciple de saint Jean l'Evangéliste. Il fut le défenseur de la foi contre la gnose.

Né à Smyrne en Asie Mineure vers 120 ap. J.-C., de parents grecs et chrétiens, saint Irénée succéda au premier évêque de Lyon, Saint Pothin, qui venait d'expirer sous les mauvais traitement qu'on lui infligea lors de la persécution de Marc-Aurèle en 177 ap. J.-C.

 

En grec, "le pacifique", évêque de Lyon (177), Père de l'Église et théologien catholique anti-gnostique, saint Irénée eut le bonheur insigne d'être, jeune encore, disciple de l'admirable évêque de Smyrne, Polycarpe, qui fut lui-même le disciple de Jean l'Evangéliste

 
Irénée conçut une telle vénération pour son saint maître, que, non content de se pénétrer de sa doctrine et de son esprit, il modelait sur lui ses actions et jusqu'à son pas et sa démarche. Il écoutait ses discours avec une ardeur incroyable, et il les grava si profondément en son coeur, que jamais il ne les oublia, pas même dans sa vieillesse.
 
Il fut bientôt fort instruit dans les Saintes Écritures et dans les traditions apostoliques, et déjà l'on pouvait prévoir en lui l'auteur futur de tant de saints ouvrages et surtout de ce travail si remarquable Contre les Hérésies, où devaient puiser, comme à une source riche et sûre, tous les savants de l'avenir.

Irénée était l'enfant chéri de Polycarpe; mais il était aussi l'espoir et la joie de toute la chrétienté. Jamais diacre ne s'acquitta de toutes ses fonctions avec tant de zèle.
 
L'ardeur du jeune apôtre s'enflammait de plus en plus à la vue des missionnaires que Polycarpe envoyait dans les Gaules; aussi bientôt il reçut de son maître l'ordre impatiemment désiré d'aller au secours du vieil évêque de Lyon, saint Pothin.

Polycarpe fit, au jour de la séparation, un grand sacrifice; mais il fit aussi une oeuvre féconde. Le bonheur du vénérable évêque des Gaules dépassa toutes ses espérances, quand il reconnut tout le mérite de son jeune auxiliaire. Avec Irénée, l'avenir de l'Église occidentale était sauvé.

Une terrible persécution fit disparaître
saint Pothin avec grand nombre de fidèles. Les païens avaient cru noyer l'Église lyonnaise dans le sang de ses enfants, mais Irénée restait encore, et, par l'ordre du Pape Éleuthère (175-189), il monta bientôt sur le siège épiscopal de Lyon (178). Ses prières, ses prédications, ses exhortations, ses réprimandes, eurent bientôt reconstitué cette Église dévastée. La paix toutefois n'était que précaire, et la persécution fit couler de nouveau le sang des martyrs. Le temps d'Irénée n'était pas encore venu, son oeuvre n'était que commencée, et Dieu voulait lui donner le temps de l'accomplir.
 
 
Irénée dressa la liste de succession des papes à Rome. 
 
Quand, en 202, après la publication d'un édit de persécution par Septime Sévère, les horreurs de la persécution éclatèrent encore, l'Église de Lyo, toujours en vue, était prête à subir le choc. Irénée, plus que jamais, ranimait la foi de ses enfants et leur montrait le Ciel. Il fut au nombre des premières victimes; c'était la juste récompense due à ses longs travaux.
 
Parmi tous les éloges que lui ont donnés les Saints, citons les titres glorieux de Zélateur du Nouveau Testament, Flambeau de la foi, homme versé dans toutes les sciences.

Ses reliques sont conservées dans l'église Saint-Irénée auprès d'autres martyrs de Lyon depuis le Ve siècle.
 
 
Irénée contribua à la connaissance du gnosticisme (ce terme vient du grec gnosis, "connaissance révélée"), dont il reste peu de documents. Il défendit la vraie tradition de l'Église, transmise par les apôtres et fondée sur la "règle de vérité" qui est la foi en Dieu et en son Fils Jésus-Christ : la soit-disant "tradition" des hérétiques était sans autorité parce qu'elle ne reposait pas sur l'institution et la tansmission légitime de l'autorité. Au contraire, les évêques étaient, eux, les héritiers de l'autorité des Apôtres (traditio ab apostolis). Saint Irénée est le premier à parler de la tradition apostolique.
 
 
"Presque toutes les idées qu'il a défendues sont devenues des dogmes et lois dans l'Eglise catholique. Elle peut se réclamer de lui comme d'un de ses principaux fondateurs." (Camille JULLIAN, La Gaule dans l'Empire romain, Editions du Trident, Paris 2013, p. 73.)
 
 
 
Sources : (1), (2), (3) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 178.
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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 00:00
Saint Anthelme de Chignin († 1178)

Saint Anthelme naquit au château de Chignin en Savoie non loin de Chambéry.

Encore jeune, il cumula les dignités ecclésiastiques à Genève et à Belley; Il préféra la solitude de la prière avec le Christ à la vie mondaine et chasseresse des grands seigneurs. Il reconstruisit la Grande-Chartreuse qu'une avalanche avait détruite et en devint le septième prieur. Ce fut lui qui fonda les premières chartreuses pour les femmes désireuses de mener une vie érémitique. Comme il avait dû punir deux de ses moines qui le méritaient, ceux-ci firent appel au pape Alexandre III, qui d'abord les soutint. Pour que règne la paix, saint Anthelme donna sa démission et rentra joyeusement dans le rang.

Le pape, mieux informé, revint sur sa décision, et le nomma évêque de Belley. Il s'était pareillement brouillé avec l'empereur Frédéric Barberousse pour avoir refusé Victor IV, un antipape de fabrication impériale. L'empereur se réconcilia avec saint Anthelme et l'éleva, lui et ses successeurs, à la dignité de prince-électeur du Saint Empire romain germanique. Il tenta en vain de servir de médiateur entre saint Thomas Beckett et le roi Henri II d'Angleterre.

Anthelme mourut le 26 juin 1178. Son culte est resté populaire à Belley.

Chateau et chapelle de Saint-Anthelme, en arrière-fond Chalue de Belledonne. Photos et cartes postales anciennes de Chignin (73800), Savoie, Rhône-Alpes et de la France en 1900.

 

                                               Intérieur de la chapelle de Saint Anthelme de Chignin

 

Nous savons peu de chose sur l’origine du château de Chignin. Guichenon et Albanis Beaumont pensent que le château fût bâti au début du VIIIe siècle soit entre 725 et 740. L’Europe était plongée dans la consternation et l’épouvante devant les hordes de barbares. Les sarrasins arrivaient dans les Alpes. Deux Princes Français, Charles Martel et Eudes d’Aquitaine, accablés par ces invasions et destructions réunirent leurs légions. Le 29 Octobre 732, les sarrasins furent taillés en pièces entre Poitiers et Tours. Après cette débâcle, les sarrasins se retirèrent sur les Alpes. Cette défaite les rendit furieux et ils mirent à mal tout ce qu’ils rencontrèrent sur leur passage. En arrivant en Tarentaise et en Maurienne les sarrasins s’y installèrent et fortifièrent les lieux. Pendant près de deux siècles ils occupèrent les hautes vallées savoyardes. Ce fut en 950 que Conrad, Roi de Bourgogne, leur tendit un piège près d’Argentine en Maurienne. Les savoyards ne restèrent pas inactifs en voyant les invasions périodiques et construisirent des châteaux, des tours, et des camps où la population pouvait venir s’y retrancher en cas d’attaque.

  rm-pb-chignin-chateau--forteresse-st-anthelme.jpg                 Le Château St Anthelme.

 

               Paysage de Belledonne

 

              Panorama sur le massif de Belledonne depuis le Col de la Faîta

 

 

Sources: (1), (2)

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24 juin 2017 6 24 /06 /juin /2017 00:00
Saint Jean-Baptiste (1er siècle) et feux de la Saint-Jean

Cousin de Jésus, né de Zacharie et Elisabeth, il est appelé "baptiste" car il baptisait dans le Jourdain pour préparer le baptême dans l'Esprit. Il annonçait la venue du Messie (l'Oint de Dieu). Jean est donc celui qui sera la précurseur du Christ, "la lumière du monde" - d'où le lien avec le solstice et le feu de joie.  

L'Église célèbre ordinairement la vie des Saints au jour de leur mort, qui est, à proprement parler, le jour de leur naissance à la vie éternelle. La Nativité de saint Jean-Baptiste a été exemptée de cette règle générale, parce qu'il fut sanctifié avant de naître, dans le sein de sa mère, par la présence de Jésus-Christ, dans la visite que fit la très Sainte Vierge à sainte Élisabeth.

La naissance de saint Jean-Baptiste fut une grande joie pour la terre, puisqu'elle lui annonçait l'approche de sa Rédemption. La puissance divine était intervenue d'une manière extraordinaire dans la naissance de quelques prophètes, de Samuel et de Jérémie, par exemple; mais elle éclata bien davantage dans celle du saint Précurseur, que la dignité de son ministère futur et le degré éminent de grâce et de sainteté auquel il était élevé rendaient, selon la parole de Jésus-Christ Lui-même, bien supérieur à tous les patriarches et à tous les prophètes.

Le message d'un Ange à Zacharie (archange Gabriel) pour lui annoncer la naissance de Jean-Baptiste, la maternité d'Élisabeth à un âge très avancé, le mutisme subit de Zacharie depuis l'annonce de l'Ange jusqu'à la Circoncision de l'enfant, et sa guérison miraculeuse, qui lui permit d'entonner le beau cantique Benedictus: tout est merveilleux dans l'apparition du Précurseur, qui allait montrer bientôt le Sauveur promis et attendu depuis quatre mille ans.

Saint Jean-Baptiste occupe dans l'histoire de l'humanité une place incomparable : il sert de trait d'union entre les deux mondes, il résume en lui tout l'Ancien Testament et prépare le Nouveau ; il ferme la mission des prophètes et ouvre celle des Apôtres.

Jean mena une vie d'ascèse "caché dans le désert", se nourrissant frugalement de "sauterelles et de miel sauvage" (Matthieu III:4), et pratiquant le jeûne. En l'an 27, il s'installe sur les bords du Jourdain, où il commence à pratiquer le "baptême de repentir pour la rémission des péchés" par immersion dans l'eau, et prophétisé par Isaïe. Jean réunit autour de lui de nombreux disciples, leur annonçant la venue du Messie et leur dit: "Moi, je vous baptise avec de l'eau, pour vous amener à la repentance, mais vient celui plus fort que moi, et je ne suis pas digne de porter ses sandales. Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu" (Matthieu III:11).

Selon l'Evangile de saint Matthieu (III, 13-17), Jésus vint voir Jean pour être baptisé. Jean lui dit : "C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi", et Jésus lui répondit : "Laisse faire maintenant, car il est convenable que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste". Jean baptise donc Jésus et au sortir de l'eau tous virent l'Esprit Saint "descendre comme une colombe et venir sur lui", et une voix venue des cieux dit "Tu es mon fils, moi, aujourd'hui, je t'ai engendré" (Luc III, 22; Matthieu III, 17).

Jean Baptiste demanda alors à ses disciples de suivre Jésus.

 

Selon Marc (VI, 14-29), Hérode, excédé par les critiques au sujet de son mariage avec Hérodiade, "la femme de Philippe, son frère" fit arrêter Jean et le fit lier en prison.

 

Hérodiade voulait faire tuer Jean mais Hérode Antipas le protégeait, car il le "connaissait pour un homme juste et saint" et "l'écoutait avec plaisir".
 

Cependant lors de la fête donnée pour son anniversaire, il dit à Salomé, la fille d'Hérodiade : "Demande-moi ce que tu voudras… ce que tu me demanderas, je te le donnerai, fût-ce la moitié de mon royaume". Salomé demanda pour sa mère la tête de Jean Baptiste présentée sur un plateau. Hérode fort attristé, envoya cependant un garde décapiter Jean dans sa prison, placer sa tête sur un plateau et la présenter à Salomé, qui l'offrit à sa mère Hérodiade.

 

Saint Jean-Baptiste (1er siècle) et feux de la Saint-Jean

L’Église fête sa nativité, aussi bien en Orient qu'en Occident le 24 juin, au moment du solstice d'été. Le culte de saint Jean-Baptiste a toujours joui d'une immense popularité. Sa fête a été souvent célébrée par des feux de joie et il était de tradition que les jeunes gens sautent par-dessus les flammes. Les deux d'artifices en sont une réminiscence. On prêtait aussi des vertus magiques aux «herbes de la Saint-Jean» (millepertuis, armoise, fougère,...) cueillies ce jour avant le lever du soleil.

Parmi les nombreux rites qui sont associés à cette fête, certains semblent venir directement des anciennes grandes fêtes celtes du solstice d'été, lorsque cette nuit était réputée surnaturelle, et les feux cérémoniels.

Ces feux avaient à l'origine un but essentiellement agraire. Ils préservaient de la maladie, de la vermine et des incendies. Ils avaient aussi un pouvoir fécondant. Les brandons étaient promenés à travers les champs pour demander des récoltes abondantes.

Dans la version poitevine, une roue gainée de paille enflammée, dévalait une pente et fertilisait les champs traversés. Et les jeunes couples n'hésitaient pas non plus à sauter au-dessus du feu !

La Saint-Jean (ou Nativité de Saint Jean Baptiste) était une fête chômée en France, avant le Concordat de 1801.

Sous la Révolution, les réjouissances de la Saint-Jean furent interdites.

Après 1905, l'anticléricalisme élimina peu à peu cette fête de nos contrées. 

Le dernier feu de la St Jean officiellement reconnu eut lieu à Nîmes le 23 juin 1905, suite à un arrêté du Maire, Gaston Crouzet (1900-1908) en date du 20 juin 1906 : "Considérant que les années précédentes les feux dits "de la St-Jean" ont causé des dégâts importants à des propriétés privées et que les citoyens de la commune de Nîmes ont eu à regretter plusieurs accidents occasionnés par l'explosion de fusées, pétards, serpenteaux, etc.., qu'on a l'habitude de tirer les jours de réjouissances populaires ; Qu'il est indispensable de prévenir le retour de semblables faits de nature à porter préjudice grave aux biens des personnes, à troubler la tranquillité publique et à compromettre la sécurité des citoyens. Article premier. Les feux dits "de la St-Jean" sont expressément défendus dans la commune de Nîmes" (Extrait de l'Histoire de la ville de Nîmes. Léon Ménard, 1636-1755 - livre XXIV, page 227).

Dans certaines communes françaises, la fête survit. Au début du XXe siècle déjà, il n'y a plus guère de feux de la Saint-Jean qu'en Bretagne, en Vendée, et dans quelques cantons du Midi. A Bordeaux, on en allume alors encore sur les places publiques de certains quartiers populaires. Tel apporte un fagot, tel une vieille futaille hors d'usage, tel une caisse ou un panier défoncé. Des rondes se forment, les enfants tirent des pétards, les femmes fredonnent une chanson, quelquefois un ménétrier mène le branle. Bordeaux est vraisemblablement avec Brest la seule grande ville de France qui ait à cette époque conservé l'usage des feux de la Saint-Jean. Encore, à Brest, les bûchers sont-ils remplacés par des torches promenées sur les glacis, qu'on lance en l'air et qui retombent en secouant une poussière lumineuse.

Un bûcher de bois d'une dizaine de mètres de haut est construit pour être brûlé le soir de la fête, notamment dans le sud de l'Alsace, dans les communes de la vallée de la Thur et du pays de Thann, avec le célèbre bûcher de la région qu'est celui de Bourbach-le-Bas avec 18 mètres de haut. En Alsace le bûcher est appelé un fackel. Dans les Vosges, ainsi que dans le Sud de Meurthe-et-Moselle, cette construction est appelée une chavande.  

À Sierck-les-Bains, en Lorraine, les lumières de la ville s'éteignent à la nuit tombée et l'on fait descendre le long d'une colline une roue de feu qui termine sa course dans la Moselle. Cette tradition remonte au moins à une cinquantaine d'années, et les spectateurs sont chaque année au rendez-vous.

Dans les Pyrénées, et particulièrement en Comminges, le feu de la Saint-Jean s'appelle le brandon. Il est constitué par un tronc de conifère préparé longtemps à l'avance : il est fendu longitudinalement, sur tout le pourtour, en plaçant dans les fentes des coins de bois. Finalement il a une forme de fuseau, il est dressé et on y met le feu.

Le bûcher de la Saint-Jean se pratiquait jadis à Paris, les autorités de la ville se chargeant de son organisation... Cette tradition a été abandonnée depuis très longtemps... On peut regretter qu'en 1982, le ministre de la Culture Jack Lang ait fixé au 21 juin la fête de la Musique. Le 24 juin eut permis de renouer avec ces traditions...

De nos jours, la pratique des feux de la Saint-Jean restée très vivace en Espagne, Portugal et Scandinavie tend à se développer à nouveau en France 

Au Québec, où subsistent maintes lois de l'Ancien Régime, la Saint-Jean est toujours une fête chômée. Saint Jean Baptiste est patron de nombreuses paroisses, de nombreuses confréries et des Canadiens français. La Saint-Jean est devenue, dès 1834, une occasion de célébration patriotique, à l'initiative de Ludger Duvernay, fondateur de la Société Saint-Jean-Baptiste. Depuis 1977, c'est officiellement la Fête nationale du Québec. Elle donne lieu à des concerts en plein air, à des agapes communautaires et à un défilé où les Québécois s'en donnent à coeur joie.

 

Lähikuva juhannuskokosta Mäntsälässä (Mäntsälä, Finland), Feu de la Saint-Jean (Finlande)

 

En France, en ce début XXI siècle, la fête de la Saint-Jean avec ses feux de joie est de retour dans une République laïque qui avait tenté d'en interdire les réjouissances. Ainsi, dans les Pyrénées-Atlantiques (Pays Basque, Béarn), ces dernières années : "l'allumage des feux de la Saint-Jean sur plusieurs collines est désormais devenu une tradition souletine. Grâce à quelques associations locales, cette fête qui existe depuis huit ans sera organisée cette année le mercredi 23 juin. (Sud-Ouest du 22 juin 2010)

 

En 2010, à Oloron Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques), "la Pastorale samaritaine relance le feu de la Saint-Jean. Le premier feu de la Saint-Jean organisé par la Pastorale samaritaine avait rencontré un franc succès l'an dernier."... "...  Au départ, il s'agissait de créer un nouvel événement après la Pastorale de 2003 et le Mystère de Nadau (Noël) en 2004. « Nous avions toujours des sollicitations : quand est-ce que vous recommencez ? ». L'an dernier (en 2009), les organisateurs avaient presque été surpris par l'affluence au feu de la Saint-Jean, tradition remise au goût du jour par la Pastorale samaritaine." (République des Pyrénées, juin 2010

 

L'historien antique  Flavius Josèphe a évoqué Jean et son activité de baptiste, "non pour la rémission de certaines fautes (ce qui contredit les données des évangiles synoptiques), mais pour la purification du corps, l'âme ayant été préalablement purifiée par la justice" (Antiquités judaïques XVII, 118-119 ; Histoire ecclésiastique, 11, 6 ; Dem. évang. IX, 5, 17)

 

Bien que Jean le Baptiste n'apparaisse dans aucun des Manuscrits de la mer Morte, pour certains critiques il pourrait un temps avoir appartenu au groupe des Esséniens, "pour le moins jusqu'à sa vocation (Lc 3,2)." Cet apparentement ne peut toutefois être ni récusé, ni confirmé (François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, éd Cerf, Paris, 2001, p. 213.).

Graduel de la Messe de la Nativité de Saint Jean-Baptiste (24 juin)

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23 juin 2017 5 23 /06 /juin /2017 00:00
Sainte Audrey (Etheldrede), reine de Northumbrie, abbesse, fondatrice d'Ély († 679)

De son vrai nom Aethelthryth, elle était née dans un des royaumes anglais dont son père était le roi. Ayant choisi la virginité, elle la fit admettre au mari que ses parents lui avaient désigné. 

Lorsqu'elle devint veuve, elle fut obligée de se remarier à un jeune prince pour des raisons politiques. Celui-ci refusant la continence, elle s'enfuit sur les conseils de Saint Wilfried. 

Elle fonda en 673 le monastère double d'Ély et y finit sa vie de manière austère. La sœur, la nièce et la petite-nièce d'Etheldrède, princesses royales dont deux reines en veuvage (royaume de Mercie), prirent sa suite en tant qu'abbesses d'Ely. Ce monastère sera détruit lors de l'invasion danoise de 870.

 

Cathedrale-d-Ely--Est-Anglie-.jpg

Cathédrale d'Ely (Est-Anglie)
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