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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 23:58

Suite à des informations de médias polonais selon lesquels deux Allemands auraient retrouvé et sorti illégalement du territoire polonais des archives des SS du camp allemand d’Auschwitz-Birkenau, le musée du camp a demandé lundi à la justice polonaise d’ouvrir une enquête criminelle dans cette affaire, a indiqué lundi soir à l’AFP, un porte-parole du musée M. Pawel Sawicki. Selon le journal local Nowiny Jeleniogorskie et la radio publique Jedynka, deux citoyens allemands originaires du Schwarzwald (sud-ouest d’Allemagne) auraient déterré près de Przelecz Kowarska, un village en Basse Silésie dans le sud-ouest de la Pologne trois caisses avec des documents du camp d’Auschwitz-Birkenau. Source: http://www.lesoir.be/actualite/le_fil_info/2012-01-16/le-musee-d-auschwitz-birkenau-demande-une-enquete-sur-un-trafic-presume-d-archives-du-camp-890620.php

Il pourrait s'agir de documents de très grande valeur aussi bien historiques pour le Musée du camp, qu'en tant qu'éventuelles pièces à conviction dans des enquêtes toujours menées par l'Institut polonais de la mémoire nationale (IPN) contre des anciens criminels nazis, a souligné le porte-parole. Source: http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/01/16/97001-20120116FILWWW00642-auschwitz-enquete-sur-un-trafic-d-archives.php

 

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 07:55
L’histoire des mondes non européens a toujours figuré dans les programmes scolaires, cependant, elle n’était pas enseignée aux dépens de l’histoire de France. De plus, cette nécessaire ouverture ne se faisait qu’à partir du moment où les fondamentaux de notre histoire étaient acquis par les élèves. Aujourd’hui, il en va tout autrement avec la réforme Darcos qui prépare le délitement de l’imaginaire historique national, ce précieux socle auquel les Français sont encore arrimés.
Les ravages commencent désormais dès la classe de 5° qui a subi des amputations insensées et même proprement « ubuesques » de son programme d’histoire. Or, ces amputations ont été rendues nécessaires afin de dégager autant de plages horaires destinées à l’étude des civilisations non européennes, qu’elles soient africaines, asiatiques ou autres. Pour ce qui concerne l’Afrique, seront ainsi étudiés plusieurs royaumes avec un point central, celui du Mali. Pour leur « faire de la place », Louis XIV a donc été relégué en toute fin de programme et il ne sera donc « survolé » que si le Monomotapa (!!!) a été vu. De même que les crédits de l’armée constituent la variable d’ajustement des déficits de l’Etat, l’histoire de France devient quant à elle la variable d’ajustement des apprentis sorciers du ministère de l’Education nationale.
Toute éducation supposant l’acquisition de fondamentaux et de connaissances de base sans lesquelles il est impossible ou vain de vouloir aller plus loin, il est donc insensé de vouloir faire apprendre l’histoire du Mali à des enfants qui ne savent pas si Napoléon a vécu avant ou après Louis XIV…Les « docteurs Folamour » du pédagogisme ne l’ignorent pas. Ils en sont même parfaitement conscients, mais ce sont d’abord des militants dont le but est de casser tous les enracinements européens considérés par eux comme susceptibles de déclencher des réactions identitaires.
Ne nous cachons pas derrière notre pouce et disons les choses clairement : le premier but de cette aberrante réforme de l’enseignement de l’histoire est de toucher le public de ces établissements mosaïques dans lesquels 30 à 40% d’élèves possédant moins de 350 mots de vocabulaire, ne sachant ni lire, ni écrire, ni même raisonner et encore moins comparer, pourrissent littéralement l’apprentissage de classes entières. Les assassins de notre mémoire espèrent, grâce à cette réforme, capter l’attention de ces auditoires « difficiles » et avant tout peu intéressés par l’histoire de France, en leur proposant une histoire sur mesure, une histoire à la carte, une histoire ethno sectorielle en quelque sorte.
Les élèves d’origine mandé-malinké de Tremblay en France seront peut-être attentifs à l’histoire de l’empire du Mali qui fut constitué par leurs ancêtres, mais il risque de ne pas en être de même avec les petits soninké de Garges les Gonesse, héritiers, eux, du royaume de Ghana qui fut détruit par les premiers…De plus, comment vont réagir les rejetons des nombreux autres peuples africains ? N’y a-t-il pas une forme de discrimination à leur égard ? En effet, pourquoi privilégier le Mali ou le Ghana et passer sous silence l’empire Luba et le royaume zulu ?
Un autre but de ce programme qui fait naturellement de continuelles références à la traite des esclaves vue comme une sorte de fil conducteur de la matière, est de tenter de faire croire aux élèves que l’histoire du monde est d’abord celle de la confrontation entre les méchants, lire les Européens, et les bons, lire les autres. L’ethno culpabilité est décidément sans limites !
De plus, et là est peut-être le plus important, l’histoire de l’Afrique a son propre temps long qui n’est pas celui de l’Europe. Elle s’appréhende avec une méthodologie particulière impliquant une maîtrise de la critique des sources orales, une connaissance approfondie de l’anthropologie, de l’archéologie, de la linguistique, etc., Or, les professeurs qui vont devoir enseigner cette histoire à leurs jeunes élèves n’ont pas été formés pour cela.
Un exemple : la connaissance que nous avons de Philippe le Bel repose sur des dizaines de milliers d’études, de thèses, de documents d’archives, de mémoires, de correspondances, de traités etc. Son contemporain, Abu Bakr II empereur du Mali (+- 1310-1312), dont l’existence n’est même pas certaine, n’est connu que par des traditions orales tronquées, des sources arabes de seconde ou même de troisième main et par une chronologie totalement erronée établie par Maurice Delafosse en 1912. L’histoire de son bref règne, s’il a véritablement eu lieu, est pourtant largement enseignée en Afrique où ce souverain est présenté comme une sorte d’explorateur conquistador parti à la tête de 2000 ou même 3000 pirogues pour découvrir les Amériques.  
Les professeurs des classes de 5° qui vont devoir parler du Mali, cœur du nouveau programme, devront évidemment étudier cet empereur. Or, sont-ils formés pour expliquer à leurs élèves que l’histoire scientifique ne se construit pas sur des légendes? De plus, le seul fait, dans un cours, de consacrer le même temps d’étude à un personnage historique attesté d’une part, et à un autre, largement légendaire d’autre part, conduira automatiquement les élèves à prendre le virtuel pour la réalité, ce qu’ils sont déjà largement enclins à faire avec les jeux électroniques.   
Mais allons encore au-delà et abordons l’essence même de la question. Face à ces élèves « en difficulté» (traduction en langage politiquement incorrect : enfants dont la langue maternelle n’est pas le français), les enseignants oseront-ils, sans risquer un hourvari, expliquer qu’un tel voyage n’a jamais eu lieu?  En effet, si tout est faux dans cette légende c’est parce que les Africains de l’Ouest -à la différence de ceux de l’Est-, ne pouvaient affronter la haute mer car ils ignoraient l’usage de la voile ainsi que celui de la rame et parce que leurs pirogues étaient sans quille. 
Les mêmes enseignants sont-ils armés pour faire comprendre à leurs classes que pour atteindre l’Amérique, les hommes d’Abu Bakr II auraient été contraints de pagayer durant plus de mille kilomètres à travers l’océan atlantique avant de rencontrer enfin le courant des Canaries, seul susceptible de leur permettre de dériver ensuite vers l’Ouest… et cela sur 6000 km ? Enfin, seront-ils en mesure de mettre en évidence l’incohérence majeure de cette légende que certains considèrent comme une histoire vraie, à travers un exemple clair : comment l’expédition de l’empereur malien aurait-elle pu atteindre l’Amérique alors que les Africains ignoraient l’existence de l’archipel du Cap-Vert situé à 500 km « à peine » de la péninsule du Cap-Vert, point le plus occidental du littoral ouest africain contrôlé par l’Empire du Mali et qui leur barrait la voie du grand large ? En effet, cet archipel était vierge et vide d’habitants en 1450,  au moment de sa découverte par le Génois Antonio Noli qui était au service du Portugal... [1]
L’enseignement de l’histoire africaine ne s’improvise pas !
Hier la méthode d’apprentissage de la lecture dite « globale » fabriqua des générations d’illettrés et de dyslexiques; la réforme des programmes d’histoire donnera quant à elle naissance à des générations de zombies incapables de rattacher des évènements ou des personnages à une chronologie et ayant pour toute culture historique celle du volapük mondialisé.
Bernard Lugan
23/09/2011
 


[1] Pour en savoir plus sur cette question, on se reportera à Bernard Lugan, Histoire de l’Afrique des origines à nos jours. 1250 pages, Ellipses, 2009.
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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 09:34

Sur la colline du Kahlenberg aux alentours de Vienne, le 12 septembre 1683, les 250 000 soldats turcs du grand vizir, Kara Mustafa Pacha, sont vaincus par l’armée autrichienne et allemande (70 000 hommes) commandée par le duc Charles V de Lorraine, et l’armée polonaise (30 000 hommes) du roi de Pologne Jean III Sobieski.

Les Turcs sont forcés à une retraite désordonnée et rapide. Le sultan donne l’ordre de décapiter le grand vizir vaincu. C’est la fin de la précédente expansion turque en Europe et le début de la reconquête des pays européens occupés par les Ottomans.

Les Turcs avaient mis le siège devant Vienne le 14 juillet 1683 et déjà une partie des remparts viennois étaient pris. Si Vienne tombait les Ottomans pouvaient poursuive leur invasion de l’Europe.

 

  Mais plusieurs pays européens surent s’unir pour venir au secours de Vienne et conjurer la menace. Arrivées devant Vienne depuis leurs pays respectifs les forces européennes surent également, pour plus d’efficacité, décider très vite d’avoir un commandement unique centré sur le Roi de Pologne. Celui-ci mena lui-même la charge de cavalerie finale décisive avec ses redoutables lanciers polonais et la cavalerie des autres pays ; peut-être la plus grande charge de cavalerie de l’histoire.

[NdCR. Ce religieux prince commença par faire célébrer la messe, qu'il voulut servir lui-même, ayant les bras en croix. Après y avoir communié avec ferveur, il se leva à la fin du sacrifice et s'écria : « Marchons avec confiance sous la protection du ciel et avec l'assistance de la très sainte Vierge. »]

La spectaculaire charge de cavalerie du film “Le Retour du Roi” (2003), troisième volet de la trilogie “Le Seigneur des anneaux” de Peter Jackson, présente tellement de similitudes (voir video sur Youtube) avec la situation avant, pendant et après la charge devant Vienne que cela ne semble pas pouvoir être un simple hasard !  

En reconnaissance pour cette victoire, le pape Innocent XI institue la fête du Saint Nom de Marie. Les boulangers viennois créent la brioche en forme de croissant (l’emblème ottoman) pour commémorer l’évènement. Ne mangeons plus nos croissants sans une pensée pour les valeureux et intelligents défenseurs de l’Europe qui surent s’unir pour arrêter et faire refluer cette invasion turque le 12 septembre 1683.

Hier, dimanche, cet anniversaire a été commémoré par une messe solennelle sur le site de la bataille dans l’église de Saint-Joseph sur le Kahlenberg. La messe a été célébrée par SE Mgr Gérard Bernacki de l’Archidiocèse de Katowice (Pologne) et accompagnée par la chorale de l’Archidiocèse. Mgr Bernacki a souligné l’importance de cette bataille dans l’histoire, mais a évité toute allusion à la situation actuelle, en particulier à l’expression viennoise : 1529 – les Turcs devant Vienne pour la première fois, 1683 – les Turcs devant Vienne pour la deuxième fois, 2011 – les Turcs ont fini par prendre la ville de Vienne.

Des chants et des danses folkloriques ont eu lieu après la messe ainsi qu’un événement sportif, une course en l’honneur du roi polonais Sobieski.

Il est très agréable de constater que le souvenir de la bataille de Kahlenberg est encore si vif en Pologne que chaque année de nombreux polonais, notamment des jeunes gens, viennent à Vienne pour participer aux commémorations. Par contre l’administration rouge-vert de la ville de Vienne n’avait même pas envoyé un représentant officiel pour les cérémonies.

 

Xavier Merlin

Source: http://fr.novopress.info/96917/328e-anniversaire-dune-victoire-europeenne-capitale/

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Note de Christroi. Rappellons ces autres victoires capitales contre les invasions musulmanes toujours renaissantes : Poitiers 732, Jérusalem 1099, Las Navas de Tolosa 1212, Grenade 1492, Lépante 1571, Saint-Gothard 1664, Vienne 1683, Zenta 1697, Peterwardein 1717.

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 18:59

Ce que nos enfants n'apprennent plus au collège

 

778 : Roland sonnant du cor, à la bataille de Roncevaux, où les Sarrasins ont battu l'armée franque. A son côté, son épée Durandal. L'épisode a peu à voir avec la réalité historique, mais il a nourri l'imaginaire français. (Rossignol/Editions Hoebeke)
778 : Roland sonnant du cor, à la bataille de Roncevaux, où les Sarrasins ont battu l'armée franque. A son côté, son épée Durandal. L'épisode a peu à voir avec la réalité historique, mais il a nourri l'imaginaire français. (Rossignol/Editions Hoebeke)
 

Le saviez-vous ? Clovis, Saint Louis ou François I er , mais aussi Henri IV, Louis XIV ou Napoléon ne sont plus étudiés dans les collèges français !  Rayés des programmes ou relégués en option. Raison invoquée par l'Education nationale: il faut consacrer du temps, entre la sixième et la cinquième, à «l'enseignement des civilisations extra-européennes», de l'empire du Mali à la Chine des Hans. C'est ce scandale pédagogique et culturel que dénonce l'historien Dimitri Casali dans son salutaire Altermanuel d'histoire de France (Perrin), dont Le Figaro Magazine publie des extraits. Superbement il lustré, l'ouvrage se présente comme un complément idéal aux manuels scolaires recommandés (ou imposés) par les professeurs de collège. Qui fixe les programmes scolaires en histoire ? L'enquête du Figaro Magazine montre que la question engage l'avenir de notre société.

 

Clovis, Charles Martel, Hugues Capet, Louis IX, dit Saint Louis, François Ier, Louis XIII ont disparu des instructions officielles de sixième et de cinquième. Le programme de sixième passe sans transition de l'Empire romain au IIIe siècle à l'empire de Charlemagne, soit une impasse de six siècles. Les migrations des IVe et Ve siècles (les fameuses «invasions barbares»), pourtant fondamentales dans l'histoire de l'Europe, ne sont plus évoquées.

Ces absences sont incompréhensibles. Comment comprendre la naissance du royaume de France sans évoquer Clovis? Comment mesurer «l'émergence de l'Etat en France » sans appréhender le règne de Louis IX? La Renaissance sans connaître François Ier? «L'affirmation de l'Etat » sans expliquer Louis XIII et Richelieu? Tous les historiens s'accordent sur l'importance de ces personnages et de leur œuvre, non seulement politique, mais aussi économique et culturelle.

Le règne de Louis XIV est quant à lui relégué à la fin d'un programme de cinquième qui s'étend sur plus de mille ans d'Histoire. Faire étudier aux élèves en fin d'année scolaire cette longue période (1643-1715) tient de la mission impossible, sachant que les enseignants peinent à boucler des programmes surchargés. Ce règne est de plus noyé dans un thème «L'émergence du "roi absolu" » qui s'étend du début du XVIe siècle au début du XVIIIe siècle. C'est ainsi tout un pan de l'histoire de France qui risque d'être partiellement ou - au pire - pas du tout traité. Le règne de Louis XIV est pourtant décisif, tant dans l'affirmation du «pouvoir absolu» que dans le rayonnement de la civilisation française, en France et à l'étranger, à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle. Le Brun, Le Nôtre, Hardouin-Mansart, Lully, La Fontaine, Corneille... Autant d'artistes et d'écrivains qui risquent de n'être jamais évoqués dans les classes.

A côté des «oubliés» et des «relégués» des programmes, il y a les «optionnels»... L'une des originalités des nouveaux programmes réside en effet dans le système des options, censé permettre à l'enseignant de construire son propre parcours pédagogique. Si cette démarche est intéressante, elle n'en montre pas moins rapidement ses limites... Ainsi, dans le thème 1 («Les bouleversements culturels et intellectuels») de la partie IV («Vers la modernité») du programme de cinquième, les enseignants doivent faire étudier «la vie et l'œuvre d'un artiste ou d'un mécène de la Renaissance ou un lieu et ses œuvres d'art». Ils pourront donc enseigner, par exemple, Léonard de Vinci ou Laurent de Médicis ou la chapelle Sixtine, mais pas les trois. Dans le thème 2 («L'émergence du "roi absolu"») de la partie IV, ils doivent choisir un règne entre le XVIe siècle et 1715. François Ier, Henri IV, Louis XIII ou Louis XIV. Le choix est impossible.

Parmi ces périodes optionnelles figure le premier Empire (1804-1815). En classe de quatrième, dans le seul chapitre consacré à la Révolution et l'Empire, «La fondation d'une France moderne», l'étude doit être menée à travers un sujet donné. Il y a cinq propositions, dont trois excluent totalement la période impériale:

- Invention de la vie politique;

- Le peuple dans la Révolution;

- La Révolution et les femmes;

- La Révolution, l'Empire et les religions;

- La Révolution, l'Empire et la guerre.

Bref, le premier Empire ne donnera lieu, au mieux, qu'à un éclairage thématique. Dans trois cas sur cinq, il ne sera pas étudié ! Ajoutons que cette période a disparu du nouveau programme de seconde.

A-t-on peur des grands personnages?

 

Elevé sur le pavois par ses soldats, comme le veut la coutume, Clovis est reconnu roi des Francs, à Tournai, en 481. Agé de 15 ans, il est alors maître de toute la Gaule. (Editions Hoebeke)
Elevé sur le pavois par ses soldats, comme le veut la coutume, Clovis est reconnu roi des Francs, à Tournai, en 481. Agé de 15 ans, il est alors maître de toute la Gaule. (Editions Hoebeke)

 

Clovis, Louis IX, François Ier, Louis XIII, Louis XIV, Napoléon Ier... La disparition ou l'amenuisement de ces souverains et de leur règne laisseraient-ils penser qu'ils n'ont plus de réalité historique? Leur importance n'est pourtant pas remise en cause par les historiens. Comment expliquer alors «l'optionnalisation» du premier Empire en quatrième et sa disparition en seconde? S'agirait-il de gommer un régime jugé trop autoritaire, trop militariste et trop expansionniste? De même, Clovis et Louis IX, dit Saint Louis, seraient-ils devenus trop politiquement «connotés» pour être cités dans les instructions officielles? La même question peut être posée concernant la relégation du règne de Louis XIV en fin de programme de cinquième. Pourquoi faire disparaître ou réduire des règnes notamment caractérisés par le rayonnement de la France à l'étranger? Il est à craindre que la règle du «politiquement correct» ait été appliquée aux programmes, conception moralisatrice de l'enseignement qui tient de la manipulation de l'Histoire.

... Ce ne sont pas seulement des personnages historiques, des périodes et des règnes majeurs qui sont écartés, réduits à la portion congrue ou devenus optionnels. Des textes fondateurs, des traités et des lois décisives sont tout simplement passés à la trappe: le serment de Strasbourg (842), l'un des plus anciens textes en langue romane, le lointain ancêtre du français; le partage de Verdun (843), qui dessine une nouvelle carte de l'Europe d'où sont issus les Etats européens; l'ordonnance de Villers-Cotterêts (1539), qui impose l'usage du français dans l'administration à la place du latin, constituant ainsi une étape clé dans l'unification du royaume de France. La relégation du règne de Louis XIV en fin de programme de cinquième rend extrêmement difficile sinon impossible l'étude de la révocation de l'édit de Nantes (1685), qui marque l'interdiction du protestantisme en France et entraîne l'exil de plus de 250.000 protestants. L'histoire des arts n'est pas épargnée. Le précédent programme de quatrième prévoyait l'étude d'extraits du Bourgeois gentilhomme (1670), des Châtiments (1853) et des Misérables (1862), permettant d'inscrire Molière et Victor Hugo dans leur époque, de mesurer l'importance historique de leur œuvre et de faire prendre conscience aux élèves de leur génie littéraire. Or, les deux plus grands auteurs de la littérature française ont disparu des nouveaux programmes.

 

Source: http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/08/27/01016-20110827ARTFIG00002-ce-que-nos-enfants-n-apprennent-plus-au-college.php

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 07:18
10 août 1792: le massacre des Gardes Suisses par des barbares, une Révolution violente, une république née dans le sang.
Défense des Tuileries par les gardes Suisses  le 10 août 1792 par T. Rocholl
 
Les Adieux Suisses évoque le départ d’un soldat à la guerre et son amour pour son amie restée sur la terre natale. Il a longtemps existé une tradition en Suisse de service dans des armées étrangères, tradition qui subsiste de nos jours au Vatican.

La coopération avec la France s'acheva avec le massacre, le 10 août 1792 des gardes suisses par une partie de la population parisienne et des Gardes françaises, fanatisée par des révolutionnaires.

Louis XVI quitte ce jour-là les Tuileries pour chercher refuge auprès de l'Assemblée. Le Roi ordonne aux Suisses de déposer à l'instant leurs armes et de se retirer dans leurs casernes alors que la populace attaque les Tuileries. Mais les Suisses accomplissent leur devoir jusqu'au bout : "Honneur et fidélité" sont les mots qui sont inscrits sur leurs drapeaux. Ils seront massacrés jusqu'au dernier, égorgés, dépecés pour certains. Plusieurs centaines de soldats sont assassinés.

En novembre 2005, le gouvernement français de droite refusa à la Suisse l'apposition d'une plaque en souvenir de ce massacre.
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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 17:55

 Par Kenneth R. Weinstein – L’historien François Furet est décédé il y a quatorze ans jour pour jour, le 12 juillet 1997. Pour l’occasion, voici la traduction d’un article initialement paru dans The Weekly Standard, le 23 août 1999. Titre original : The Illusion that Failed (NdCR. L'Illusion qui a échoué).

 

De nos jours, les historiens sont généralement un groupe timoré, réduisant la grande histoire de l’action humaine à une petite discipline académique anxieuse, dans laquelle les fonctions sont achetées par d’interminables volumes calculant de menus détails, comme la quantité de céréales qui fut consommée au XVème siècle par les Guatémaltèques.

Il semble inutile d’observer qu’il n’en a pas toujours été ainsi. En fait, même de mémoire vivante, il n’en a pas toujours été ainsi. La publication en Anglais de l’ouvrage Le passé d’une illusion, Essai sur l’idée du communisme au XXème siècle, nous rappelle que François Furet, l’historien éminent de la Révolution française, est décédé en France il y a seulement deux ans, à l’âge de soixante-dix ans. Et Furet, comme son précurseur intellectuel Alexis de Tocqueville, était quelqu’un qui prenait l’histoire au sérieux – appréciant de manière franche et impartiale le passé afin de guider la façon par laquelle nous devrions vivre aujourd’hui.

Bien sûr, même de son propre temps – quand la plupart de ses pairs étaient des sur-spécialistes ou des historiens sociaux zélés, – Furet avait quelque chose d’un retour à la noble tradition historiographique du XIXème siècle, par l’accent qu’il mettait sur la politique et les forces personnelles et intellectuelles. Le Furet bourru, qui enseignait à la fois à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales à Paris et au Committee on Social Thought de l’Université de Chicago, tint seul pendant de nombreuses années, s’efforçant de modérer la fierté envers la Révolution française. Il devint la plus improbable des icônes culturelles. Son travail, qui l’a placé au centre du discours national français, est devenu l’une des forces les plus importantes de la réorientation de la compréhension moderne que la France avait d’elle-même.

« Une hagiographie marxiste de la Révolution »

Dans les années 1960 et 1970, les écoliers français étaient abreuvés par une hagiographie marxiste de la Révolution. Avant Furet, les événements de 1789 étaient présentés comme le choc inévitable des forces économiques: une bourgeoisie montante, rejetant l’ancien régime, qui était le sous-produit d’une société agricole. La violence totalitaire de la Terreur jacobine de 1793, par exemple, était considérée comme une tentative patriotique réalisée afin de sécuriser la souveraineté populaire par l’unification de l’Etat. L’interprétation de l’historien Albert Mathiez de 1927 était répétée dans les manuels scolaires depuis des décennies, projetant tout simplement la propagande soviétique sur la France de 1793 et justifiant les tactiques meurtrières du Comité de salut public de Robespierre comme une conséquence compréhensible de la guerre civile et étrangère.

Il a fallu à Furet beaucoup de courage pour faire face à ce catéchisme. Dans de nombreux volumes, notamment dans La Révolution française (coécrit en 1964 avec Denis Richet), L’Interprétation de la Révolution française (1978) et Marx et la Révolution française (1986), il rejeta le déterminisme économique. La Révolution de 1789, a-t-il soutenu, pourrait avoir commencé par l’appel à un gouvernement représentatif, face à une monarchie de plus en plus décidée à consolider son pouvoir. Mais, en quatre ans, tout espoir d’une démocratie libérale fut brisé par la Terreur. Au contraire, malgré des réclamations historiographiques défectueuses, la Terreur ne fut une réponse ni à un conflit de classe (il n’y en avait aucun de ce type opposant les Jacobins aux autres révolutionnaires) ni à une agression externe (l’étape la plus violente s’est produite après le recul de la menace étrangère). Comme l’a suggéré Furet, la meilleure explication se trouve dans le travail de ces penseurs du XIXème siècle comme Tocqueville et Augustin Cochin – qui n’ont pas vu les jacobins comme des tyrans ordinaires, mais comme un nouveau type d’hommes, si épris de certains idéaux intellectuels qu’ils étaient prêts à sacrifier leurs compatriotes au nom de la régénération de l’humanité.

S’appuyant sur cette idée puissante, Furet a tourné son attention, dans son dernier ouvrage, Le passé d’une illusion, vers le puzzle historique fondamental du XXème siècle: l’attrait pour le communisme. Le livre devint un best-seller à sa parution en Français en 1995 – en partie parce que Furet démontrait qu’il comprenait l’attrait du communisme (il avait détenu la carte de membre du PCF jusqu’en 1956) et, pourtant, il parvenait aussi à comprendre combien il était difficile, à partir du point de vue des années 1990, de saisir pourquoi quiconque avait pu croire en cette idéologie meurtrière.

Mais tâchez de croire que tel fut le cas. Au paroxysme de l’illusion communiste, même ses opposants ne s’attendaient pas à ce qu’elle soit « effacée » (comme le dit Furet). Comme il le fit dans ses travaux sur la Révolution française, François Furet a rejeté l’explication de la lutte des classes. Plutôt, en utilisant un mélange de philosophie politique et d’histoire, Furet suggère que toutes les démocraties libérales sont sujettes à une méfiance étrange face aux résultats de la démocratie.

Les critiques du libéralisme classique – Jean-Jacques Rousseau étant le premier d’entre eux, – avaient averti que les individus créés par le libéralisme étaient des caractères purement économiques, détachés de toute communauté et du bien commun. Et, en effet, ce que le libéralisme affirme comme sa plus grande vertu – l’égalité de ces individus portés par l’intérêt personnel et atomisés – est continuellement miné alors que la concurrence de l’un face à l’autre conduit à des inégalités de propriété. Ainsi, pendant la Révolution française, les Jacobins (qui ont commencé comme des partisans bourgeois de l’économie de marché) se sont retournés contre la nouvelle aristocratie de richesse et embrassèrent ce que Furet a lui-même décrit comme l’idée la plus puissante au sein de la démocratie moderne: l’idéal révolutionnaire.

Cet idéal est né d’une arrogance profonde au sujet de la toute-puissance de la volonté populaire et de l’illusion puissante selon laquelle l’homme pourrait créer un nouveau contrat social incarnant cet idéal de société. Mais cet idéal était aussi en proie à un profond doute sur lui-même – car si l’égalité démocratique  produit toujours l’inégalité aristocratique, alors la nécessité d’une révolution est pour le moins discutable. Et l’interaction de ces deux éléments – l’arrogance révolutionnaire et le doute sur la révolution elle-même – a perpétué en France tout au long du XIXème siècle (comme le note François Furet dans son grand classique, La Révolution française).

« La terreur de Lénine fut excusée ou même louée pour être la réincarnation de celle de Robespierre »

Mais les destructions sans précédent de la Première Guerre mondiale, qui semblaient accuser les fondements moraux de la démocratie libérale, écrasèrent rapidement les doutes quant à la nécessité de la révolution et l’arrogance révolutionnaire moderne naquit de nouveau en 1917, dans le plus improbable des lieux: la Russie, la nation la plus arriérée d’Europe. En s’appropriant l’antécédent jacobin, les bolcheviks réclamèrent une analogie historique avec la Révolution française. La terreur de Lénine fut excusée ou même louée pour être la réincarnation de celle de Robespierre, et la promesse de Lénine d’un nouvel avenir pour l’humanité en Russie semblait être l’accomplissement de la promesse analogue de la Révolution française.

Affirmant à la fois être le développement scientifique le plus considérable et détenir le sens moral le plus élevé, le communisme, affirme Furet,

« Est apparu unir la science et la morale – une combinaison miraculeuse de deux types de raisons tirées de deux univers différents. Convaincus qu’ils sont l’accomplissement des lois de l’histoire, les militants combattent aussi l’égoïsme du monde capitaliste, au nom de l’universalité de l’homme. Ils voilent leurs actes par un nouveau type de conscience, exalté comme une vertu civique (…) Tous les communistes ont cru, ou croient encore, qu’ils expérimentent à l’avance la réconciliation de l’humanité avec elle-même ».

Le sentiment antibourgeois et l’arrogance révolutionnaire qui ont généré la révolution russe ont également alimenté la montée de Mussolini et d’Hitler les décennies suivantes. Mais l’existence du fascisme et du nazisme, note François Furet, fut aussi fortuite pour le communisme que la Première Guerre mondiale. A la fin des années 1920, du fait de la volonté de Staline d’instaurer un «socialisme dans un seul pays» et des luttes contre Trotsky et les autres anciens héros de la Révolution, l’Union soviétique perdit beaucoup de son attrait en Europe occidentale. Affaibli sur le front intérieur, aussi bien par l’échec lamentable de la collectivisation que par les purges de millions de citoyens, Staline fut contraint de détourner l’attention par la menace extérieure: l’Union soviétique était le seul rempart contre le fascisme, et quiconque la critiquait était présumé offrir une aide à Hitler.

Avec l’antifascisme comme cause, l’Union soviétique était en mesure d’attirer l’aide dont elle avait besoin. En effet, la guerre civile espagnole offrit la preuve que les communistes étaient à l’avant-garde de la lutte contre les fascistes et, à travers des alliances de « Front populaire » avec la gauche d’Europe occidentale, des intellectuels non communistes ajoutèrent un prestige supplémentaire à la tyrannie de Staline. Même certains intellectuels catholiques romantiques trouvaient attrayante la vision stalinienne de la communauté. Le Congrès des écrivains pour la défense de la culture de 1935 – qui chantait les louanges de l’humanisme soviétique – mit en vedette des notables tels que Louis Aragon, André Malraux, André Gide, Heinrich Mann, Bertolt Brecht, Aldous Huxley, et EM Forster.

Staline n’avait rien fait pour mériter les éloges de ces intellectuels ou les sacrifices des brigades internationales durant la guerre civile espagnole. Et ses actions ultérieures jetèrent rapidement le discrédit sur la cause communiste. Si les récits de procès fantoches et des exécutions de masse pouvaient être rejetés par les intellectuels occidentaux comme de la propagande fasciste, le traité de Staline avec Hitler en 1939 ne pouvait l’être. Cet événement dévoila Staline, véritable tyran issu d’une tradition russe ancienne, déterminé à regagner les territoires perdus par la Russie en 1918. La haine présumée du fascisme de Staline ouvrit la voie à un soutien pour Hitler; les partis humiliés de la Troisième Internationale eurent du mal à expliquer pourquoi ils abandonnèrent soudain leur cri de ralliement antifasciste. Les doutes qui avaient gardé d’autres voyageurs à devenir communistes à part entière se répandirent, et beaucoup pensaient qu’ils avaient été dupés par Staline.

Mais l’histoire est venue une nouvelle fois à la rescousse de l’Union soviétique, avec l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale et la décision d’Hitler d’envahir la Russie. Staline n’était absolument pas préparé à combattre Hitler, après avoir purgé ses unités militaires d’élite dans les années 1930 et ayant ignoré des dizaines de mises en garde avant l’attaque imminente de l’Allemagne en 1941. Mais il a néanmoins récolté les bénéfices de la guerre. La défaite du fascisme a donné au marxisme-léninisme le monopole de l’esprit révolutionnaire qui avait commencé avec la Révolution française, et les victimes de la guerre apparurent comme les martyrs de la théologie marxiste de l’histoire. Avec la défaite d’Hitler, l’Union soviétique obtint une légitimité sans précédent en Occident. Les sacrifices du peuple russe aidèrent à absoudre aux yeux du monde les Soviétiques de leurs crimes. Le communisme, discrédité après le pacte germano-soviétique, naquit de nouveau, et l’admiration occidentale atteignit son apogée dans les années qui suivirent la Seconde Guerre mondiale.

Bien sûr, cette admiration n’était pas partagée par ceux qui, en Europe orientale, virent de plus en plus le communisme pour ce qu’il était: simplement un autre nom du commandement totalitaire de Staline. Alors, comment était-il possible que les intellectuels, à Paris et à Rome, se résolvent à nier la réalité de l’Europe, à nier le Goulag, à déclarer Staline le génie ayant compris la marche de l’histoire et à jurer que la science prolétarienne était en train de naître?

La réponse réside, en partie, dans le malheur des intellectuels européens face à la Guerre froide grandissante entre l’Union soviétique et les Etats-Unis, qui préfigurait le propre déclin géostratégique de l’Europe. Face à leur influence allant s’amoindrissant, de nombreux intellectuels trouvèrent l’anti-américanisme plus aisé à accepter que l’anti-communisme. Encore meurtris par la guerre, les intellectuels de gauche étaient antifascistes, et non pas anti-communistes. Fidèles à Staline en raison de « sa » victoire sur le nazisme, ils confondirent l’anti-communisme américain – caricaturé comme «maccarthysme» – avec une forme de fascisme qu’ils considéraient comme latent dans la démocratie libérale.

Staline avait réussi à prolonger la puissance de l’idée révolutionnaire pour son propre bénéfice, mais l’ignorance délibérée de la gauche occidentale face au véritable caractère du stalinisme fut fortement ébranlée par le successeur de Staline, Nikita Khrouchtchev. En dénonçant le culte de la personnalité de Staline et en réhabilitant les « nationalistes » communistes purgés par Staline durant ses dernières années, Khrouchtchev cherchait tout simplement à éliminer les excès du stalinisme, tout en maintenant fermement en place le système communiste. Mais ses efforts de réformes progressives, comme celles de Mikhaïl Gorbatchev plus de trois décennies plus tard, eurent des conséquences au-delà même de son propre entendement.

En permettant à l’intelligentsia de refaire surface, Khrouchtchev introduisit l’Occident à quelque chose qui lui était inconnu: l’intellectuel anti-communiste, notamment Alexandre Soljenitsyne. Et quand Khrouchtchev fut contraint d’agir de manière stalinienne, il manqua du prestige de Staline, vainqueur de la Seconde Guerre mondiale, pour le soutenir. Quand, par exemple, en 1956, les communistes hongrois ne furent plus en mesure de contrôler un soulèvement des travailleurs, il n’eut d’autre choix que de s’emparer du pays. Les actions de Khrouchtchev n’étaient pas sans rappeler les pires heures du stalinisme (y compris la prétention justifiant «l’aide fraternelle à la contre-révolution combattante de la classe ouvrière hongroise »). L’éradication de l’insurrection hongroise annihila la revendication communiste à la supériorité morale et, dans les années qui suivirent, la Gauche occidentale rejeta de plus en plus l’idée communiste incarnée par l’Union soviétique.

« Furet parvient à mettre en évidence les paradoxes de l’effondrement de l’Union soviétique en 1989″

L’histoire que François Furet expose dans Le passé d’une illusion s’estompe de façon spectaculaire après l’insurrection hongroise, en consacrant seulement quarante de ses six cents pages aux trois dernières décennies de l’Union soviétique. Mais Furet parvient à mettre en évidence les paradoxes de l’effondrement de l’Union soviétique en 1989: le communisme, qui prétendait être le verdict définitif de l’histoire, a été condamné à disparaître par celle-ci. Le communisme n’est plus l’avenir de la démocratie libérale qu’il avait affirmé être, qu’il aurait voulu remplir et remplacer.

Avec Le passé d’une illusion, François Furet nous a offert comme cadeau final une histoire à la fois complète et convaincante. Bien sûr, le livre contient quelques erreurs: Staline n’a pas soutenu avec ténacité les revendications de Tito à Trieste ; la brouille avec la Yougoslavie ne fut pas la première crise du communisme hors de Russie (après la Première Guerre mondiale, il y eut des coups d’Etat à Budapest ; en 1939, la tentative de prise de contrôle communiste en Finlande échoua). Alors aussi, Furet aurait pu renforcer son argumentation en se concentrant davantage sur le marxisme occidental hors de France, surtout en Italie.

Néanmoins, le livre offre un compte rendu exact et perspicace du passé illibéral de notre siècle. Et – avec son avertissement que la fin des Soviets ne signifie en rien que l’idéal révolutionnaire ne se manifestera jamais de nouveau dans la démocratie libérale – Le passé d’une illusion rappelle la façon par laquelle la discipline qu’est l’histoire devrait être utile, comment elle peut être encore utile entre les mains d’un maître courageux: être une appréciation franche et impartiale du passé, pour guider la façon par laquelle nous devrions vivre aujourd’hui.

Le Professeur Daniel J. Mahoney de l’Assumption College est mon guide indispensable pour comprendre Furet et de nombreux autres penseurs français contemporains. Je lui suis très reconnaissant de son aide pour l’élaboration de cet article.

_____________________

* Kenneth R. Weinstein est Président et CEO de l’Hudson Institute. Ses articles ont été publiés dans de nombreuses revues: The New Republic, The Wall Street Journal ou encore Le Figaro ou le Bungei-Shunju (Japon). Francophile, il est Chevalier dans l’ordre des arts et des lettres. Il a été élève d’Allan Bloom à l’Université de Chicago, étudiant à Sciences Po’ (DEA d’études soviétiques) puis diplômé d’un PhD à Harvard, réalisé sur Pierre Bayle, un philosophe français du XVIIème siècle. Il tient un blog, Vue de Washington.

Cette page est produite par l’Institut Coppet et le Bulletin d’Amérique.

 

Source: http://kenweinstein.blog.lemonde.fr/2011/07/12/francois-furet-et-la-seduction-du-communisme/ via http://www.ndf.fr/vu-des-etats-unis/14-07-2011/francois-furet-et-la-seduction-du-communisme#more-9182

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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 23:00

Rediff. Le 29 mai 1453 l'empire romain d'Orient, "empire byzantin" s'effondrait par la chute de Constantinople avec massacres des civils, tueries, viols et sacrilèges commis par les sectateurs de Mahomet. Le système libéral pratique à ce sujet l'habituel silence médiatique comme pour tous les thèmes contraires au politiquement correct.. Aucune mémoire, aucune pensée, aucun article, aucun écho dans les medias pour ces victimes, apparemment moins égales que d'autres.

"Durant toute cette journée, les Turcs firent, par toute la cité, un grand carnage de chrétiens. Le sang coulait sur la terre comme s'il en pleuvait et formait de vrais ruisseaux. ... Georges Phrantzes dit aussi que, 'en certains endroits, le sol disparaissait sous les cadavres et que l'on ne pouvait passer par les rues'.

'... Ils volent, dérobent, tuent,... font captifs femmes, enfants, vieillards, jeunes gens, moines, hommes de tous âges, de toutes conditions'.

... Ils prenaient les trésors et les vases sacrés, dépeçaient les reliques et les jetaient au vent; ils exhibaient dans les rues puis dans leurs camps, le soir, des crucifix montrant le Christ coiffé de l'un de leurs bonnets rouges. De Sainte-Sophie, ils firent d'abord une écurie. Un nombre incalculable de manuscrits précieux, ouvrages des auteurs grecs ou latins de l'Antiquité, furent brûlés ou déchirés.

Les religieuses, violées par les équipages des galères, étaient vendues aux enchères. ... 'Cette cohue de toutes les nations, ces brutes effrénées, se ruaient dans les maisons, arrachaient les femmes, les traînaient, les déchiraient ou les forçaient, les déshonoraient, les violentaient de cent façons aux yeux de tous dans les carrefours'.

Pendant trois jours, ce fut aussi une terrible chasse et un immense marché aux esclaves. ... Aucune bataille, aucune conquête n'avait jamais donné en si peu de temps autant de captifs. Ils furent vendus et revendus par la soldatesque puis par les mercantis de toutes sortes, séparés les uns des autres, promis aux travaux misérables jusqu'aux plus lointaines provinces du monde musulman.

... Mehmet avait ordonné que les familles des dignitaires grecs soient réduites à la plus dure et à la plus humiliante des servitudes. Il s'était fait réserver les filles les plus belles et les plus jeunes adolescents et il fit don de quarante très jeunes gens et de quarante vierges au pacha de Babylone. D'autres enfants grecs furent envoyés jusqu'à Tunis et à Grenade.

... Les habitants de Constantinople échappés aux massacres et à l'esclavage avaient fui. Ce n'était plus qu'une ville en grande partie dévastée et vide d'hommes.

... La chute de l'Empire byzantin marquait la fin d'un monde et jetait à bas l'héritage de l'antique Rome".

 

Rappelons que Mehmet II (Mohamed II) ne rêva "que d'entrer en maître dans cette Constantinople chrétienne, qu'il voulait capitale de l'Islam. Ce jeune homme cultivé,… ami des arts et des lettres, avait fait massacrer ses frères en bas âge et faisait, à chaque campagne, scier en deux ou empaler les chefs ennemis prisonniers".

 

Source : Jacques Heers, Chute et mort de Constantinople, Perrin, Collection Tempus, Paris 2007, p. 239, 252-259.



                                                    ***

Le 27 mai, Mahomet II réunit un Grand Conseil 

- Attaque en force des Turcs le 12 mai

- 20 avril 1453 Constantinople reçoit le renfort de quatre navires génois

- 18 avril 1453

- 12 avril 1453 Constantinople : Les gros tirs d'artillerie commencent

- 5 avril 1453 Mehmet II (Mohammed II) fait dresser son pavillon face aux murailles de Constantinople

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 21:38

Les Francs n’ont pas seulement donné leur nom à la France ; leur langue, le francique ne disparaîtra pas sans avoir laissé de trace dans la langue française.

L’apport franc à la constitution de la langue française se distingue d’autres apports (mots de formation savante pris du grec ancien, mots isolés d’origine italienne, espagnole ou arabe…) par le fait qu’il résulte de l’implantation, sur le territoire gaulois, d’une population de langue germanique : les Francs. Si ces derniers apprennent assez rapidement à s’exprimer dans le bas-latin parlé par les gallo-romains, ils n’en continuent pas moins à pratiquer jusqu’à la dynastie carolingienne leur langue germanique d’origine : le francique.
 

Outre ses effets au niveau de la typologie, de la phonétique et de la syntaxe, l’apport francique a laissé, au niveau lexical, des mots assez importants et assez nombreux. Plus de 500 mots d’origine francique existent encore aujourd’hui dans la langue française (il y en avait 700 dans le vieux français). Selon M.J.Brochard («Le francique» dans Dictionnaire historique de la langue française, Dictionnaire Le Robert), certains emprunts lexicaux, dans une zone située entre la Picardie et la Lorraine, remontent à la première colonisation (Vè siècle). D’autres, qui ne dépassent pas le sud de la Loire, témoignent d’une forte implantation au nord de la Loire pendant la période mérovingienne. La troisième catégorie d’emprunts pénètre, par l’intermédiaire du latin carolingien, jusque dans les régions du sud de la Loire. Ces mots sont, pour la plupart, des emprunts interromans que l’on trouve dans d’autres langues romanes.

Des mots d’origine francique se retrouvent dans pratiquement tous les domaines, excepté le commerce, l’artisanat et la religion.
Conquérants, les Francs apportèrent à la langue française le mot guerre et tout un vocabulaire ayant trait à l’art médiéval : heaume, haubert, hache, héraut, ainsi qu’à l’art équestre : galoper, trotter, étalon, croupe, éperon, étrier. On leur doit également le nom de certaines fonctions : maréchal, sénéchal, baron.
Plusieurs verbes d’usage courant viennent des Francs. On trouve parmi eux des verbes indiquant : le mouvement : marcher, danser , grimper, frapper, ramper, heurter; l’observation : guetter, épier, guigner; la mise en ordre : ranger, garer; l’engagement : garantir, gager; le fait de conduire les autres : guider; le fait de s’assurer un profit, d’être vainqueur : gagner.

 

De même, est-on redevable à la langue des Francs de divers mots traduisant un sentiment particulièrement fort : orgueil, haine, hargne, honte, ainsi que d’adjectifs marquant l’énergie et le courage : hardi, ou l’honnêteté : franc.
Citons encore des couleurs : bleu, blanc, gris; des adverbes : trop, guère; des termes ayant trait à la vie rurale : hameau, jardin, haie, hêtre, houx, mousse, haricot, grappe, gerbe, gibier, harde, hanneton, crapaud, mare; des noms de bâtiments : hangar, halle; des noms d’objets divers : hotte, cruche, trique, échasse, jauge, gaule, gant, froc, trappe, gaufre.

L’apport de Francs à la langue française est si riche et si diversifié qu’il permet de construire des phrases où tous les noms, adjectifs et verbes proviennent de la langue francique. Ainsi continuons-nous d’une certaine manière à parler la langue des Francs lorsque nous disons que «la guerre éclate», que nous parlons de «gagner la guerre» ou que nous construisons une phrase telle que «le hardi baron guerroie sans heaume et sans haubert. Éperonnant son étalon, il franchit la haie au galop et, de sa hache, frappe l’orgueilleux sénéchal».

Dans un style plus pacifique et bucolique, on utilise également des termes d’origine franque lorsque nous parlons d’ attraper des crapauds dans la mare, de ranger la houe dans le hangar ou de récolter les haricots blancs du jardin.
L’apport des « Barbares » à la langue française ne se limite pas à l’apport initial des Francs. Les vikings qui s’installent en Normandie au Xè siècle apporteront nombres de mots d’origine scandinave dont une partie passera des dialectes normands dans la langue française. Ces termes ont essentiellement trait à la navigation et au monde de la mer : flotte, cingler, étrave, agrès, quille, hune, vague, crique, varech, crabe, homard, marsouin. Viennent également du scandinave des verbes tels que flâner et hanter.

Tous ces mots s’ajoutant à l’apport francique et aux mots qui continueront à être empruntés aux langues de peuples germaniques avec lesquels les Français restent en contact étroit durant tout le Moyen Âge (matelot, nord, sud, est, ouest, hisser, garder…) augmenteront l’impact germanique sur la langue française. César aurait ainsi bien du mal à retrouver son latin dans la phrase suivante : «Le matelot hisse le foc et grimpe sur le mât de hune. La flotte cingle vers le nord; à bord du bateau, l’équipage, harassé, grommelle.»

Une certaine légèreté de l’esprit français peut même s’exprimer en des termes qui ne doivent rien à la langue d’Ovide. Ainsi ne sommes-nous pas aussi «latins» que nous le croyons lorsque nous prononçons une phrase telle que : «Le galant marquis garde en gage le gant de la baronne.»
Notons, pour conclure, que les prénoms royaux les plus fréquemment utilisés nous viennent des Francs. Louis (Lodewig en francique, Ludwig en allemand), dont Clovis (Chlodwig) n’est qu’un doublet; Charles (Karl).
De même, près du quart des patronimes français actuels ont des racines germaniques, notamment franciques. Notons ainsi, parmi tous ceux qui sont cités par Albert Dauzat[1] : Auger (Adal-Garl), Baudouin (Bald-Win), Béraud (Berwald), Drumond (Drud-Mund), Foucher (Fulc-Hari), Gaubert et Jobert (Gaut-Berht) , Godard (Gud-Hard), Guichard (Wig-Hard) , Flobert et Flaubert (Hlod-Berht), Raimbaud (Ragin-Bald), Roland (Hrod-Land); Lambert (Land-Berht), Landry (Land-Ric), etc…

Peut-on en conclure que finalement, nos ancêtres ne sont pas les Gaulois ? Certainement pas !
Les Gaulois devinrent Gallo-Romains non parce qu’ils furent submergés par des populations d’origine romaine, mais parce qu’ils se soumirent à l’autorité militaire et administrative de Rome, et que petit à petit, ils adoptèrent de nombreux aspects de la culture romaine. Puis, les Gallo-Romains passèrent sous domination franque. Là encore, la population resta composée en très grande majorité de Gaulois, des Gaulois romanisés qui, se pliant à l’autorité des Francs assimilèrent une partie de la culture franque, sans pour autant perdre leur identité gauloise.

 

Bref, la France est un pays né d’une belle synthèse de trois éléments : Celtes (les Gaulois), Latins (les Romains), Germaniques (les Francs). La synthèse a été possible, et fructueuse, car Celtes, Latins et Germains appartenaient au même fond culturel et ethnique : les Indo-Européens.

Source : http://www.cgauloise.com/2011/05/lapport-des-francs-la-langue-francaise.html, via http://www.contre-info.com/lapport-des-francs-a-la-langue-francaise

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 15:35

30 avril Mort de Bayard.

 

Le Bréda à Pontcharra (Isère), avec à droite une statue du Chevalier Bayard et au fond le mont Granier

 

 

C'était le 30 avril 1524, nous dit un chroniqueur. L'armée française était en retraite. Le chevalier Bayard se retirait le dernier au petit pas de son cheval. Souvent, il s'arrêtait, le visage face à l'ennemi et l'épée au poing, quand soudain fut tiré un coup d'arquebuse à croc. La pierre vint frapper le chevalier.

 

- Jésus ! Hélas mon Dieu, je suis mort.

 

Il prit son épée par la poignée, et en baisa la croisée en disant :

 

- Miserere mei, Deus, secundum magnam misericordiam tuam (Ndlr. Pitié pour moi, mon Dieu, selon ta grande miséricorde). Bayard manqua glisser de son cheval. Mais il eut encore le coeur de prendre l'arçon de la selle, et demeura en cet état jusqu'à ce qu'un jeune gentilhomme, son maître d'hôtel, l'aidât à descendre sous les yeux de l'ennemi et le mît sous un arbre.

 

Le chef des Espagnols, le marquis de Pescaire accourut :

 

- Plût à Dieu, seigneur de Bayard, qu'il m'eût coûté le quart de mon sang, pour ne pas vous voir dans cet état; car depuis que j'ai connaissance des armes, n'ai vu ni ouï parler de chevalier qui en toutes vertus vous ait approché; et bien que je dusse être bien aise de vous voir ainsi, étant assuré que l'Empereur mon maître en ses guerres n'avait point de plus grand ni rude ennemi, que je ne puis me réjouir, car toute la chevalerie est en deuil.

 

Le connétable de Bourbon qui avait trahi la France et servait les Espagnols vint à passer :

 

- Messire Bayard, après tant de loyaux services, dans quel était je vous vois! Je vous plains de tout mon coeur.

 

- Monseigneur, il ne faut pas avoir pitié de moi, qui meurs en homme de bien; mais j'ai pitié de vous, qui êtes armé contre votre prince, votre patrie et votre serment.

 

Bayard rendit l'âme... Et pendant longtemps en France, dans toutes les provinces du royaume, avant de commencer le saint Sacrifice, le prêtre ordonnait:

 

'Prions Dieu, mes frères, pour le roi et pour Bayard qui a sauvé la France!'

 

 

  Statue du chevalier Bayard, 1823, place Saint-André, Grenoble, FRANCE 

 

Source : André Castelot, L'Almanach de l'histoire, Librairie académique Perrin, Paris 1962, réed. France Loisirs, Paris, 1974, p. 220.

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 13:00
Charles VII, winner of the Hundred Years War (1337-1453)
 
Charles VII, vainqueur de la Guerre de Cent Ans (1337-1453)
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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 14:20
Attila en Gaule, un documentaire avec Michel Rouche, spécialiste de l'Antiquité tardive et du Haut Moyen-Âge
Attila en Gaule (1/3) La terreur franchit le Rhin
  
Attila en Gaule (2/3) Lutèce et Sainte-Geneviève
 
  
Attila en Gaule (3/3) La bataille des Champs catalauniques
 
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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 00:01

Il y a 49 ans, le 26 mars 1962, un lundi après-midi, la fusillade de la rue d’Isly appelée aussi le massacre de la rue d'Isly a eu lieu devant la grande poste de la rue d’Isly à Alger (dont le nom commémore la bataille éponyme du 16 août 1844 qui vit la victoire du Maréchal Bugeaud... sur Moulay Abdal-Rahman, sultan du Maroc qui soutenait Abd el-Kader, à Alger).

 

Ce jour-là, vers 14h45, l'armée "française", composée en majorité de tirailleurs musulmans "en tenue de l'armée française", selon de très nombreux témoins, tirait sur des manifestants pacifiques pro-Algérie française, non-armés, "sans aucune sommation, ni par tambour, ni par clairon, ni par haut-parleur ou par voix". Les tirailleurs, selon les nombreux témoins, se trouvaient à la hauteur de l'Agence Havas. Selon ces témoins, "aucun avertissement n'a été donné à la foule préalablement à l'ouverture du feu. Le feu a été dirigé subitement sur des femmes et des hommes de tous âges et de toutes conditions venus à cette manifestation sans armes pour témoigner en faveur des isolés de Bab el Oued. Et ils tirèrent "dans le dos de la foule" qui, se retournant, cherchait à fuir... Les militaires tirèrent "sans arrêt rafale après rafale", "sur des gens à terre", "sur ceux qui levaient les bras". Achevant les blessés, ils tirèrent "sur ceux qui venaient secourir les blessés". "Les premiers médecins et infirmières, et pompiers furent mitraillés aussi et plusieurs tués, dont un docteur et plusieurs pompiers". "Le docteur qui se trouvaint là voulut porter secours pendant une accalmie à des blessés. Il fut tué sur place. Ils tirèrent aussi "sur les autres soldats". Ils n'obéirent pas au cessez-le feu. Les tirailleurs métropolitains adjurant les musulmans ne purent "rien empêcher, ceux-ci ne voulant rien entendre". "Simultanément, d'autres fusillades" éclatèrent à la même heure. Vers 14h50 dans le bas de la rue Richelieu, aux environs de la 'Boucherie Populaire', des éléments des C.R.S., 'habillés de bleu', se tenant à la hauteur du boulevard Baudin, en travers de la Rampe Chasseriau, ouvrit "brutalement le feu au moyen d'armes automatiques", en direction du carrefour de l'Agha et de la rue Richelieu, alors que la population qui emplissait la rue à ce moment était parfaitement calme et ne se livrait à aucune provocation... Après l'arrêt du feu, les C.R.S. firent lever les bras aux personnes qui étaient à proximité du carrefour de l'Agha et les ont matraquées à coup de crosse. Un témoin chrétien, déclara "devant Dieu" avoir vu, de ses yeux vu, "un garde mobile la mine réjouie, inviter ses camarades à venir prendre la position dans la corniche droite du monument aux morts en faisant le signe de la main que c'était formidable d'ici et que cette position leur assurait un endroit plus confortable pour continuer le massacre." Un témoin ancien officier affirme sa conviction que "l'ouverture du feu a été préparée et exécutée sur ordre général." "Les tirailleurs de la rue d'Isly appartenaient au 4e R.T., dont le P.C. se trouvait à Berrouaghia." (1)

 

La France avait son Oradour et avait édifié dans le sang son mur de la honte.

 

Le "dernier bilan officiel" (fiche wikipedia), un carnage, est de 46 morts et 150 blessés, bien que de nombreux blessés meurent à l'hôpital Mustapha, où la morgue est débordée. Aucune liste définitive des victimes n'a jamais été établie... Toutes les victimes étaient des civils, européens, quelques juifs séfarades. Toutefois en 2003, dans sa contre-enquête Bastien-Thiry : Jusqu'au bout de l'Algérie française, le grand reporter Jean-Pax Méfret avance le nombre de 80 morts et 200 blessés au cours de ce qu'il nomme « le massacre du 26 mars » (Jean Jean-Pax Méfret, Bastien-Thiry : Jusqu'au bout de l'Algérie française, Pygmalion, 2003). L'association des victimes du 26 mars publie une liste de 62 morts, tous des civils ; 7 militaires (dont 2 gendarmes) sont tués. Il faut attendre 12 septembre 2008, pour que la télévision "française" (France 3), consacre une émission à cet événement méconnu, Le massacre de la rue d'Isly, documentaire de 52 minutes, réalisé par Christophe Weber conseillé par l'historien Jean-Jacques Jordi. Les familles n'ont jamais eu le droit de récupérer les corps des victimes. Beaucoup ayant été clandestinement enterrés au cimetière Sainte Eugène.

 

Le Livre blanc, publié en 1962, avance quant à lui, le chiffre de 80 morts, et 200 blessés de la fusillade. (2)

 

Selon l'article wikipedia, "c'est un des derniers exemples de guerre civile entre Français" (sic). En réalité, il n'y a pas du tout eu de "guerre civile" ce 26 mars1962 : il s'agit là d'un pur mensonge, ce jour-là il n'y a pas eu de guerre entre des civils français, mais plutôt une attaque en règle de la dite "armée française" contre des civils français qui manifestaient pacifiquement pour l'Algérie française à la rue d'Isly. Ce n'est donc pas pareil. Il s'agit à notre sens d'un "crime de guerre" qui n'a jamais vu son (ses) auteur(s) poursuivi(s) devant un quelconque tribunal international... Les crimes de guerre étant définis par des accords internationaux et en particulier dans le Statut de Rome (les 59 alinéas de l'article 8) régissant les compétences de la Cour pénal internationale (CPI), comme des violations graves des Conventions de Genève (dont la première date de 1864). Ceci inclut les cas où une des parties en conflit s'en prend volontairement à des objectifs (aussi bien humains que matériels) non militaires, comme les civils, les prisonniers de guerres et les blessés.

 

En 1945, le procès de Nuremberg, chargé après la Seconde Guerre mondiale de juger les criminels et organisations nazis, définissait ainsi le crime de guerre, dans la Chartres de Londres : « Assassinat, mauvais traitements ou déportation pour des travaux forcés, ou pour tout autre but, des populations civiles dans les territoires occupés... » (3)

 

Au soir du 26 mars 1962, le président Charles de Gaulle s'adressait au "peuple français"... par l'intermédiaire d'une allocution télévisée (Allocution Elysée JT 20H - 26/03/1962). Il demanda au peuple de voter "oui" à l'imminent référendum portant sur l'autodétermination de l'Algérie et déclara que « En faisant sien ce vaste et généreux dessein, le peuple français va contribuer, une fois de plus dans son Histoire, à éclairer l'univers » (sic)..., mais ne fait aucune référence au massacre qui eut lieu dans la journée ; bien qu'un reportage ait été filmé par un correspondant de l'ORTF à Alger (Algérie: les événements du lundi 26 mars 1962, reportage muet filmé le 26 mars à Alger par Michel Colomes mais non diffusé, Journal Télévisé de 13H, ORTF, 28/03/1962).

 

45 minutes avant l'allocution du Président démarrant à 20h, Inter Actualités rapportait les évènements de la rue d'Isly par un reportage radiodiffusé de Claude Joubert, envoyé spécial à Alger.

 

Sources:

 

(1) Livre blanc, Alger le 26 mars 1962, L'Esprit nouveau, Meaux 1962, p. 29, 79, 80, 93, 99, 103, 109, 111, 117, 123, 143, 144, 150, 154, 179. 

(2) Livre blanc, Alger le 26 mars 1962, ibid., p. 11.

(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Crime_de_guerre

 

- L'Algérie avant 1830: raids barbaresques en Méditerranée, enlèvements d'hommes, femmes, enfants réduits en esclavage

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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 16:42

Invité du Talk Orange Le Figaro, lundi 14 mars 2011 à 18h00, Bruno Gollnisch, membre du Bureau politique du Front National, a dénoncé les "effets pervers" des lois mémorielles et dit sa réticence à s'exprimer sur ces questions qui "tient à leur caractère passionnel d'une part et à l'instrumentalisation qui en est faite à des fins qui sont tout autre généralement que le souvenir légitime auquel ont droit les victimes.

... C'est vrai dit Bruno Gollnisch, que je suis hostile aux lois dites mémorielles qui imposent une lecture univoque de l'histoire et qui ont tendance à se multiplier, ce qui je crois, comme le disait notamment Annie Kriegel, grande journaliste d'origine juive, du Figaro à l'époque, et beaucoup d'autres encore, ces lois ont des effets pervers dans notre société". 

 

Note de Christroi. Ces lois mémorielles, nous le rappelons, déclarent voire imposent, le point de vue officiel de l'État sur des événements historiques, notamment au sujet de la Seconde guerre mondiale, exactement comme si la "Shoah", dont ces "lois mémorielles" interdisent de contester la version officielle, était une religion dogmatique obligatoire, la religion shoatique avec son catéchisme obligatoire, une religion protégée par tout un arsenal juridique, c'est-à-dire une inquisition, chargée d'émettre un jugement sur le caractère orthodoxe ou non (par rapport au dogme religieux) des cas qui lui sont soumis, afin d'éradiquer... l'hérésie.

 

 
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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 16:45

Mis à jour le 26 octobre 2015.

Une certaine manière de présenter l'histoire de la France a des relents d'antifrancisme nauséabond insupportable. On entend par exemple fréquemment dire, dans la bouche de révisionnistes stipendiés, que notre pays la France n'existait pas avant le moment où le premier roi de France prit le nom de "roi de France" à la place de celui de "roi des Francs", exactement comme si avant ce moment-là, la réalité "France" désignée depuis l'époque de l'Empire romain, sous le mot latin "Francia", n'existait pas... Cette réalité - la France - qui du coup n'en serait plus une, conformément au déni du réel qui caractérise les révolutionnaires princes des nuées... serait apparue d'un seul coup au XIIIe siècle... avec le roi Philippe II Auguste prenant donc à la place de "roi des Francs" (Rex Francorum) le titre de "roi de France" (Rex Franciæ) d'une entité qui jusque-là n'existait pas (!)... La France naissait alors. Elle n'existait pas auparavant, ni dans son acception culturelle et politique, ni dans sa dénomination. Un peu gros, non?

Pourtant, la négation, méthodique, acharnée et systématique de pans entiers de notre histoire, découpée par-ci, tronçonnée par-là, supprimée carrément pour tout ce qui va grosso modo du IIIe au XIIIe siècle est caractéristique d'une vision déformée toujours répandue, de l'authentique histoire de France.

D'autres révisionnistes, plus généreux ceux-là, font mine de faire débuter l'histoire de la "France" proprement dite un peu plus haut dans le temps, ho pas trop loin,... non, rassurez-vous, à partir du IXe siècle, seulement... lors du Traité de verdun (843) entre les trois fils de Louis le Pieux (fils de Charlemagne). Charles le Chauve recevant la Francie occidentale, et Louis le Germanique la Francie orientale.

 

Un siècle auparavant pourtant, nous trouvons déjà le terme "Francia" en 750, lorsque Pépin le Bref envoie à Rome deux de ses plus éminents ecclésiastiques: l'évêque de Würzbourg Burchard et l'abbé de Saint-Denis Fulrad. Ils doivent interroger le pape "au sujet des rois qui en Francia en ce temps-là n'avaient pas le pouvoir royal, s'il était bien ou non qu'il en fût ainsi?", disent les Annales royales. Zacharie donne la réponse : "Il vaut mieux appeler roi celui qui possède le pouvoir plutôt que celui qui ne l'a pas, afin que l'ordre ne soit pas bouleversé".

 

En 792, la récolte a été particulièrement mauvaise, les stocks sont épuisés dès le printemps 793 et la pénurie est d'une ampleur touchant l'Europe entière. Les Annales de Moissac mentionnent qu"une très sévère famine toucha le Bénévent... mais une sévère famine frappa aussi l'Italie et la Bourgogne, et des régions de Francie, et il y eut une sévère famine également en Gothie et en Provence, et beaucoup moururent." (Annales de Moissac) (1)

 

Deux autres occurences du terme Francia surgissent, plus anciennes encore, cette fois dans deux documents de l'antiquité tardive... au IIIe siècle : le Panegyrici Latini, et la Tabula Peutingeriana ou ou Peutingeriana Tabula Itineraria

 

Première occurence: le Panegyrici Latini (IIIe siècle).

 

La "Francia" (nom latin de la France), plus tard également nommé l'empire franc (Latin: imperium francorum), royaume des francs (Latin: regnum francorum), royaume franc ou occasionnellement terre franque, était le territoire habité et gouverné par les Francs du IIIe au Xe siècle. (2) 

Dans les campagnes continues de Charles Martel, Pépin le Bref (Père de Charlemagne), l'expansion la plus grande de l'empire franc se situe au IXe siècle. La première désignation enregistrée de la "Francia" est dans le Panegyrici Latini (Douze discours solennels de panégyriques romains antiques, d'auteurs anonymes) du troisième siècle (2). Ce document décrit le secteur de la Francia à ce moment-là au nord et à l'est du Rhin, grossièrement dans le triangle entre Utrecht, Bielefeld et Bonn. Il correspond avec les pays communs des tribus franques Sicambres, Saliens, Bructères, Ampsivariens, Chamaves et Chattuaires (Hattuaires).

Certains de ces peuples, comme les Sicambres et les Saliens, avaient déjà des pays dans l'Empire romain et ont livré des troupes aux forces romaines à la frontière. En 357, le roi salien fut associé à l'Empire romain et fit un point d'appui permanent selon un traité accordé par Julien l'Apostat, qui refoula les Chamavi à Hamaland, ou Hameland, terre non-administrée à l'est des Pays-Bas, entre entre la Lippe et l'Yssel.

 

Clovis recevant la fleur de lys - XVe siècle, Bedford Book of Hours, 1423, illustrant la légende du Roi Clovis recevant les fleurs de lys de son épouse sainte Clotilde. L'armorial français montre Clovis arborant des fleurs de lys, symbole de pureté virginale représenté par la Vierge Marie, au XIVe siècle, mais dont l'origine pourrait remonter au XIIe siècle. Un ange aurait remis à un ermite de la forêt de Marly vivant au environ d'une tour nommé Montjoie, un bouclier où figure trois fleurs de lys, en référence à la sainte Trinité (Père, Fils et Saint-Esprit). L'ermite l'aurait remis à Clotilde pour que celle-ci le donne au roi pour qu'il s'en serve durant la bataille à la place de ses armes ornées de trois croissants ou de trois crapauds, l'ange ayant assuré à l'ermite que le bouclier assure la victoire. Lorsque Clovis se bat contre son ennemi et le tue près de la tour Montjoie, celui-ci confesse la Trinité et fonde l'abbaye de Joyenval qui accueille alors le bouclier comme relique.

   

Comme le territoire franc s'est étendu, la signification de la "Francia" s'est étendue avec. Certains des rois francs, comme Bauto († 388) et Arbogast, s'en remirent à la cause des Romains, mais d'autres dirigeants francs, comme Mallobaud (Mallobaudes), étaient actifs sur le sol romain pour d'autres raisons.

 

Après la mort d'Arbogast (394), son fils Arigius réussit à s'établir dans le comté héréditaire à Trèves et après la chute de Constantin III (usurpateur) certains Francs ont soutenu l'usurpateur Jovin, Jovinus (411).  Bien que Jovin soit mort en 413, les Romains ne parvenaient plus à gouverner les Francs dans leurs frontières.

Le Roi franc Théodomer (ou Theodomir) a été exécuté par l'épée, mais en vain, autour de 421 ou 428. À ce moment, sans que l'on puisse définir précisément l'année, le roi franc salien Chlodion, qui pourrait être le fils de Théodomer, dont le royaume a inclu la Toxandrie, région entre l'Escaut et la Meuse, et la cité Tungrorum (Tongres), lança une attaque sur le territoire romain et étendit son royaume aussi loin que Camaracum (Cambrai) et la Somme.

 

Quoique Sidoine Apollinaire rapporte que Flavius Aëtius combattit les Francs et les repoussa en arrière temporairement (431), cette période marque le début d'une situation qui devait durer pendant plusieurs siècles : les Francs germains associés à l'Empire allaient gouverner un nombre croissant de sujets Gallo-romains...

Le royaume de Chlodion changea les frontières et la signification du mot "Francia" de manière permanente : Francia n'était plus barbaricum trans Rhenum (désigant la terre des barbares des deux rives du Rhin), mais une puissance politique posée des deux côtés du fleuve, profondément impliquée dans la politique romaine. La famille de Chlodion (390-450), ancêtre de Clovis (fils de Childéric Ier, fils de Mérovée, fils légendaire de Chlodion), les Mérovingiens, étendit la Francia encore plus au sud.

 

Si "pour les peuples germaniques, l'empereur, c'est l'empereur des Romains", "les Francs estiment eux aussi être un peuple providentiel, élu, mais ils ont leur propre mythologie, qui fait d'eux les égaux des Romains: descendants des Troyens, habiles et indomptables, ils étaient prédestinés à devenir les champions du christianisme en rejetant le joug de la romanité païenne". "C'est la légende que l'on trouve dans le texte du Pseudo-Frédégaire au VIIe siècle, et qui est incorporée dans le prologue de la loi salique rédigé en 763-764 à la chancellerie royale : on y parle de l'"'illustre nation des francs, fondée par Dieu le Créateur, vaillants dans les armles, solide dans ses alliances, profonde en ses conseils, noble de corps, intacte et pure, d'un physique parfait, audacieuse, forte et indomptable, convertie récemment à la foi catholique, elle qui, alors qu'elle pratiquait encore le paganisme, n'en recherchait pas moins, inspirée par Dieu, les clés de la connaissance et selon le degré de ses moeurs tendait à la justice et conservait la piété. ... Vive le Christ qui aime les Francs! Puisse-t-il conserver leur royaume, remplir leurs dirigeants des lumières de Sa grâce et leur accorder le rempart de la foi'" (3)

 

On peut dire que cette aspiration à la transcendance des Francs se conjuguait à merveilles avec la même aspiration que l'on rencontrait chez les Gaulois avec conversion des druides dès le IIIe siècle à la religion trinitaire catholique. Cette conjugaison donna naissance à la nation française, Fille aînée de l'Eglise, issue du baptême du roi des Francs Clovis 

 

Origines des "Francs"

 

 En résumé, voici ce qu'en dit Colette Beaune : "L'histoire de la nation très chrétienne est une autre histoire sainte. Elle commence paradoxalement par une légende païenne. Les origines troyennes des Francs ont été crées au VIIe siècle sur le modèle antique de la fondation de Rome par les exilés troyens conduits par Enée. Comme les Romains qui gouvernaient le monde, les Francs ou Français sont issus de la race la plus ancienne et la plus noble. ... Frédégaire avait inventé Francion, fils de Friga, dont le royaume insoumis aux Romains se situe entre Rhin et Danube. Les Francs sont ainsi rattachés à la famille royale de Troie, à ses héros Priam et Hector, l'un des douze preux."

 La légende des origines troyennes des Francs comme mythe historique du peuple franc est apparue au VIIe siècle; elle fut couramment utilisée jusqu'à la seconde moitié du XVIe siècle et popularisée par les écrivains et les chroniqueurs de Frédégaire à Ronsard. Elle évolua progressivement et intégra le mythe de l'origine troyenne des Gaulois (et inversement des origines gauloises des Troyens) : 

 

"A la fin du XVe siècle, Jean Lemaire de Belges transforme le mythe des origines troyennes des Francs en un mythe des origines troyennes des Gaulois. Les Gaulois sont établis en Gaule depuis des temps immémoriaux. Une partie d'entre eux est allée fonder Troie. Francion revient donc par la suite au pays de ses ancêtres. Gaulois et Francs sont des Troyens et ils ne sont qu'une seule et unique population, sans mélange aucun. Les Gaulois donnent naissance aux Francs. Ainsi, une filiation unique et continue, un sang pur et non mélangé, relie la populatiuon française à ses origines glorieuses" (4)

 

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Les frontières

 

Dû à la pression des Saxons aux frontières du royaume franc [Saxons avec lesquels nous serons en guerre régulièrement jusqu'à Charlemagne qui les écrasa définitivement (803), en passant par Louis VI le Gros en 1124 qui vit une manifestation du sentiment national avec le soutien des grands vassaux et la création de l'oriflamme, bannière royale, pour repousser l'empereur romain germanique Henri V qui se retira sans combattre], les frontières du nord-est de la Francia étaient repoussées en direction du sud-ouest, si bien que la plupart du peuple originel franc vint vivre plus au sud-ouest, à peu près entre la Somme et Münster. (5)   

 

La seconde occurence du mot "Francia" : la Table de Peutinger (Tabula Peutingeriana ou ou Peutingeriana Tabula Itineraria), appelée aussi Carte des étapes de Castorius, est une copie du XIIIe siècle réalisée par un moine alsacien, du document réalisé au début du IIIe siècle par Castorius. Elle présente les routes et les villes principales de l'Empire romain. Donnée à l'humaniste Konrad Peutinger, elle est aujourd'hui conservée à la bibliothèque de Vienne (Autriche). En 11 feuillets (6,80 m sur 0,34 m au total), la Table représente le monde connu de l'époque, de l'Angleterre à l'Afrique du Nord et de l'Atlantique à l'Inde. Ce document était également connue autrefois sous le nom de Table Théodosienne, (ou tabula theodosiana) du nom Théodose, dernier empereur de l'empire romain unifié de 379 à 395.(2). Elle montre 200 000 km de routes mais aussi l'emplacement de villes, mers, fleuves, forêts, chaînes de montagnes. Elle recouvre la totalité de l'Empire romain, le Proche-Orient et l'Inde, indiquant le Gange et Sri Lanka (Insula Trapobane), même la Chine est mentionnée... Quelque 555 villes et 3 500 autres particularités géographiques sont indiquées, comme les phares et les sanctuaires importants, souvent illustrées d'une imagette. Les villes sont représentées par deux maisons, les cités importantes - comme Rome, Constantinople, Antioche - sont signalées par un médaillon.

Le format ne permet pas une représentation réaliste des paysages, ni des distances, mais ce n'était pas dans les intentions du concepteur. La carte doit plutôt être vue comme une représentations symbolique, permettant de se rendre facilement d'un point à un autre, de connaître les distances des étapes, sans offrir une représentation fidèle de la réalité. De fait, elle est considérée comme la première représentation cartographique d'un réseau. (6)

Table de Peutinger, avec la mention "FRANCIA". Source : http://www.paris.culture.fr/fr/ville_he_pont.htm

Table de Peutinger, avec la mention "FRANCIA". Source : http://www.paris.culture.fr/fr/ville_he_pont.htm

La Table de Peutinger dessinée dans la réédition de Bergier en 1728. Source : http://www.reims-histoire-archeologie.com/notice38-voies-antiques.html

La Table de Peutinger dessinée dans la réédition de Bergier en 1728. Source : http://www.reims-histoire-archeologie.com/notice38-voies-antiques.html

Outre la Chine, cette Carte des étapes et des voies romaines dans l'Empire romain mentionne la "Francia".

 

Conclusion

 

La France est une réalité géographique et politique de plus de quinze siècles, si ce n'est plus... n'en déplaise aux mythographes de l'histoire officielle. Commentaires ouverts bienvenus...

 

Sources:

 

(1) Georges Minois, Charlemagne, Editions France Loisirs, Paris 2011, p. 177, 379.

(2) traductions http://en.wikipedia.org/wiki/Francia

(3) Georges Minois, Charlemagne, Editions France Loisirs, Paris 2011, p. 488, 489.

(4) Colette Beaune, Naissance de la nation France, Nrf Editions Gallimard, Mayenne 1985, p. 15, 16, 21

(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Table_de_Peutinger

(6) http://www.gerard-verhoest.com/carte-romaine.htm

 

Antiphonae majores - O Rex gentium
.
Add. 2 juin 2014. « Pendant le Haut Moyen-Âge (qui commence à partir de 476, Ndlr.), le nom même du pays, la Gallia ou les Galliae administratives, disparut. Seul le milieu ecclésiastique continua à le désigner du terme de Gallicana ecclesia, tandis qu'on appelait Francia l'entité politique et géographique. » (Jean-Louis BRUNAUX, Nos ancêtres les Gaulois, Editions du Seuil, Points Histoire, Villeneuve d'Asq 2012, p. 285.)
 
Jean-Louis-Brunaux--Nos-ancetres-les-Gaulois.jpg   

 

Sous les Mérovingiens, le mot Francie est utilisé pour désigner l'ensemble du royaume des Francs incluant donc la Neustrie et l'Austrasie (Carlrichard Brühl, Naissance de deux peuples, Français et Allemands (IXe-XIe siècle), éd. Fayard, août 1996, p. 68.) Sous les premiers Carolingiens, elle continue de désigner l'ensemble des possessions franques à l'exception de l'Italie, puis après le traité de Verdun de 843, chacun des royaumes issus du partage.

 

Empire-franc--merovingien-et-carolingien--5e-siecle---9e-.png

Empire franc, mérovingien et carolingien (5e siècle - 9e siècle)

 

traite-de-verdun--843.jpg
Traite-de-Verdun-843.jpg

 

À partir du Xe siècle, le mot Francie ne sera appliqué qu'au seul royaume des Francs de l'ouest (Francie occidentale) qui deviendra le "royaume de France" sous les Capétiens (à partir du Xe siècle) tout en désignant également une région précise, celle du domaine royal.

 

 

 

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. Clovis et son temps (film de Jean-jacques Barsac) (France 3 Production 1997, avec le conseiller historique Michel Rouche qui parle de la Francia sous Clovis: "Les géographes romains dressent des cartes qui leur permettent de maîtriser leur immense territoire. Sur la rive droite du Rhin apparaît le terme "FRANCIA" pour désigner les territoires occupés par les Francs".)
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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 09:34
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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 17:35

80 % des collabos venaient de la gauche !

Eh oui, ça fait mal, la vérité dérange.

Il est temps que l’on lève le voile posé par les historiens des années 70 et 80 qui se sont largement employés à revisiter l’histoire pour sauver leurs meubles !

Simon Epstein est économiste et historien, auteur de plusieurs ouvrages sur le racisme et l’antisémitisme, vit à Jérusalem depuis 1974. Il a publié en 2001 un ouvrage remarquable sur Les Dreyfusards sous l’Occupation.

 

Source : N.P.I.

 

derniermot-zemmour.mp4 

 
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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 07:30

Samedi 10 mai 2008, Nicolas Sarkozy a annoncé lors d'un discours au Jardin du Luxembourg pour commémorer l'escalavage, que la traite négrière figurerait désormais au programme des enfants de six à dix ans dès la rentrée 2009. Une initiative qui n'est pas sans rappeler sa volonté à l'automne 2007, de faire enseigner la Shoah aux élèves de primaire en leur donnant à étudier l'histoire d'un enfant déporté. Il a également annoncé que la journée de commémoration, instaurée par Jacques Chirac le 10 mai, se tiendrait désormais le 23. 

 

Du temps de nos ancêtres les Gaulois et de Rome, n'importe qui pouvait devenir esclave, qu'on appartienne à la noblesse ou à la plèbe: les esclaves étant pour l'essentiel des prisonniers de guerre. L'Eglise indiquera très tôt un chemin de libération des esclaves qui vit cette institution économique héritée de l'Antiquité disparaître au fur et à mesure des progrès de l'évangélisation. C'est un nombre énorme de conciles qui consacrèrent des canons à cette entreprise : les conciles d'Orange (441), Arles (442), Agde (506), Orléans (541), Mâcon (585), Paris (615), Reims (625), Chalon-Sur-Saône (650). [1]

 

Contre une présentation déformée de l'histoire de l'abolition de l'esclavage, par un Régime collabo-mondialiste qui organise l'immigration-repentance sur le dos des peuples indigènes d'Europe, voici quelques faits historiques qui rappellent qui sont les vrais abolitionnistes de l'esclavage antique.

 

BathildeAu VIIe siècle, la reine sainte Bathilde (626-680), épouse de Clovis II, abolit l'esclavage. La tradition lui attribue l'interdiction des marchés d'esclaves sur ses terres, provoquant la disparition de l'esclavage dans les royaumes francs. Voici ce qu'en dit l'historienne médiéviste Régine Pernoud :

 

« Clovis mourra jeune, après être tombé dans la démence. Bathilde a pris en main les affaires du royaume et, lorsqu'elle devient veuve, l'an 656, son fils aîné n'ayant que cinq ans, c'est elle qui gouverne. La tradition lui attribue une décision capitale dans l'histoire des moeurs: elle interdit les marchés d'esclaves, ce qui revient à prohiber l'esclavage sur ses terres. » [2]

 

"Elle promulgua l'interdiction de vendre les chrétiens comme esclaves et fit procéder à des rachats massifs de ceux qui l'étaient." [3]

 

Les moines de l'abbaye de Jumièges avaient coutume d'acheter des esclaves pour pouvoir leur rendre immédiatement la liberté. Un exemple bien connu est celui de S. Sidoine.

 

On citerait cinquante conciles régionaux qui, entre 451 et 700, édictèrent des canons pour protéger les esclaves.

 

A partir du XIIe siècle, le mouvement antiesclavagiste grandit. Des conciles comme celui de Londres en 1102, interdirent "l'ignoble commerce par lequel on vend des hommes comme des bêtes." [4]

 

Les papes agirent autant qu'ils purent pour que la conversion des esclaves leur valût la liberté; le résultat fut obtenu, en France, sous Philippe Auguste où il fut déclaré que "tout esclave atteignant les marches du royaume se faisant baptiser, est affranchi", puis de même à Florence en 1289. Evidemment il se trouva toujours des évêques pour fermer les yeux sur ces scandaleux trafics, mais dans l'ensemble, le christianisme travailla à faire condamner moralement l'esclavage et à améliorer le sort des esclaves, au salut de qui les ordres de S. Jean de Matha et de S. Pierre Nolasque consacraient une charité sans limites. [5]


Le 3 juillet 1315, le roi Louis X le Hutin, publie un édit qui affirme que « selon le droit de nature, chacun doit naître franc ». Officiellement, depuis cette date, « le sol de France affranchit l'esclave qui le touche ». Il n'y aura plus d'esclaves sur le sol métopolitain depuis ce jour...

Abolition de l'esclavage : qui a aboli l'esclavage le premier ?

Sur la soit-disant responsabilité unique des Blancs qui devraient payer, les rois africains n'étaient pas en reste dans l'odieux trafic. "Les familles royales... d'Achanti, du Congo et du Dahomey... vendirent un très grand nombre d'esclaves durant plusieurs générations. Parfois même, les rois avaient recours à es raids sur leur propre peuple pour satisfaire la demande d'esclaves européenne... : dans les années 1730, un roi du fleuve Saalum, entre le Cap-Vert et la Gambie, attaquait ses propres villages la nuit, incendiait les maisons et s'emparait des fuyards aussitôt asservis..." [6]

 

En 1789 encore, "les monarques d'Afrique eux-mêmes ne s'opposaient pas à la poursuite de la Traite". [7]



L'histoire officielle occulte le mouvement abolitionniste induit par l'Eglise, ainsi que les interdictions de l'esclavage par les papes dès le XVIe siècle, sous peine d'excommunication... "La Renaissance en Europe n'eut aucune prétention humanitaire. Sa flamme (de la "Renaissance") réactualisa les idées et les pratiques de l'Antiquité, dont l'esclavage..." [8]. On est donc loin de la vision idyllique de la Renaissance représentée par l'histoire officielle.

 

Dans le même temps, Léon X (pape 1510-1521), le plus grand pape de l'Eglise renaissante, avait,... enseigné que "non seulement la religion chrétienne mais la nature elle-même se récriait contre l'état d'esclavage" (Lewis Pastor, History of the Papacy, 40 vol. (Londres 1891), VIII, p. 447.) [9]

Le pape Paul III "interdit aux conquistadors du Nouveau Monde d'asservir les Indiens." ... Dans sa lettre Veritas ipsa (2 juin 1537), "il proclama l'abolition complète de l'esclavage en affirmant que tous les esclaves avaient le droit de s'affranchir. ...Enfreindre ces injonctions était passible d'excommunication". [10]

 

Et dans sa Bulle "Sublimis Deus" du 9 juin de la même année 1537, Paul III déclarait solennellement "que les Indiens... ne doivent pas être privés de leur liberté ni de la jouissance de leurs biens... et qu'ils ne doivent pas être réduits en servitude." [11]

 

Il dénonce une telle pratique comme directement inspirée par l'Ennemi du genre humain (Satan), ce qui montre clairement son absence de tergiversation sur ce point. "En 1542, Charles Quint reviendra à l'ancienne législation prohibant de façon absolue l'esclavage des Indiens." [12]

 

Curieux que l'enseignement officiel sur l'abolition n'enseigne pas ces faits historiques ! Un hasard sans doute...

 

"Lors de la conquête de la Nouvelle Espagne (Mexique au XVIe siècle, Ndlr.) les souverains espagnols insistent au contraire continuellement sur le fait que les titulaires des commanderies n'ont pas le droit de s'emparer des terres des Indiens. Le grand spécialiste mexicain des commanderies, Sivio Zavala, souligne dans ses conclusions que 'les Indiens possédaient les terres collectivement et individuellement, sans que le seigneur ou titulaire de la commanderie puisse les en dépouiller légitimement.' [13]

 

Ce qui fait que (comparativement à ce qui s'est pratiqué par les Anglo-Saxons protestants aux Etats-Unis avec les Indiens Cherokees par exemple, déportés et expropriés dans les années 1830 du nord de la Géorgie et des Carolines en Oklahoma),  "le résultat, ... est clair : la population indienne aux Etats-Unis, est réduite à quelques 'réserves', alors que c'est elle qui domine très nettement au Mexique. Elle a disparu complètement dans les Antilles françaises où 'la patrie des droits de l'homme' l'a remplacée par une population noire, dans les circonstances que l'on sait..." [14]

"Le pape
Urbain VIII, dans une lettre de 1639 à son nonce au Portugal, condamne absolument l'esclavage et menace d'excommunication ceux qui le pratiquent." [15]

"Une fois encore, le Vatican s'éleva contre l'esclavage au commencement du XVIIIe siècle: ... Clément XI, invita la Sacrée Congrégation de l'Inquisition romaine et universelle à demander à ses nonces à Madrid et Lisbonne d'agir pour amener 'la fin de l'esclavage'." [16] "En 1741, le pape Benoît XIV reprit les interdictions de l'esclavage édictées un siècle plus tôt par le pape Urbain VIII, dans le bref Immensa." [17]

Sur ce sujet : "La franc-maçonnerie et l'histoire de l'esclavage "
. Notons que cette année 2008, la franc-maçonnerie se fait curieusement silencieuse alors qu'en 2007 elle organisa à grand bruit avec le Grand Orient le 10 mai 2007, un rassemblement devant le Panthéon pour commémorer cette date anniversaire de l'abolition de l'esclavage...  Hugh Thomas indique que les francs-maçons, n'étaient pas en reste : "Dans le Bordeaux de la fin du XVIIIe siècle, il semble que la plupart des francs-maçons aient été négriers". [18]

 

Le franc-maçon La Fayette, auteur de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, le 10 mars 1790 à l'Assemblée, "vote le maintien de la traite des Noirs"; les frères Lameth "possédaient trop d'intérêt à Saint-Domingue..., Barnave aussi." Tous étaient francs-maçons. [19]


Sur les esclaves Blancs et chrétiens à l'époque moderne : "Au début du XVIIe siècle, il y avait au total, entre le Maroc et la Libye, de 200000 à 300000 esclaves chrétiens dans les ports d'Afrique." [20]

 "L'esclavage blanc pratiqué par ceux que l'on nommait alors les Barbaresques a bel et bien existé sur une grande échelle et constitué une véritable traite qui fit, durant près de trois siècles, plus d'un million de victimes." [21]

Le Régime athégriste organisera-t-il une journée de commémoration pour les Gaulois, esclaves des Romains dans l'Antiquité, les chrétiens européens esclaves des musulmans jusqu'au XIXe siècle, ou ces Français de souche en 2010 discriminés au travail à cause de la couleur de leur peau ("discrimination positive") ?


Les Noirs ne furent pas les seules victimes de l'esclavage. "Dans l'Antiquité, les premiers esclaves étaient presque toujours des Blancs. ... Il y avait peu d'Africains parmi ces esclaves. Les seuls à posséder des esclaves noirs étaient les Egyptiens, puis les Carthaginois". [22]

En Europe, "tant en Grèce qu'à Rome, les esclaves étaient à l'origine des prisonniers de guerre ou capturés lors d'une razzia sur une île... L'on se souvient que César ramena dans la capitale 'de nombreux captifs' après la Guerre des Gaules. Nombreux furent les Germains asservis dans les siècles ultérieurs. ... Au Ier siècle av. J.-C., 15000 esclaves gaulois étaient échangés chaque année contre du vin italien." [23]

 

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Add. Christ-Roi 2 février 2014.

 

4 février 1776 : Louis XVI abolit l’esclavage

Observatoire du Royalisme en France, le 4 février 2011  
 

Le 04/02/2011 à 16:46

Lorsque l’on parle d’abolition de l’esclavage en France, la première date qui vient à l’esprit des français est 1792, lorsque la Convention décidait d’accorder la citoyenneté aux hommes libres de couleur. Pourtant, l’abolition de l’esclavage n’est pas une mesure révolutionnaire mais bien une réforme royale ! En effet, le Roi Louis XVI, dès 1776, avait promulgué un édit condamnant fermement la possession d’esclaves sur le territoire français. Couvercle de plomb et mythe de la « révolution salvatrice des peuples opprimés », cette date est largement occultée par les médias (wikipedia en tête) et les livres d’histoire…

    Et pour cause ! Rappelons que l’Assemblée Nationale de 1790 avait réaffirmé par deux fois (décret du 8 Mars et du 12 Octobre 1790) la légalité de l’esclavage, revenant ainsi sur la réforme royale de 1776. L’Assemblée s’était ainsi opposée à la publication de Brissot de 1790 : « Adresse à l’Assemblée Nationale pour l’abolition de la traite des Noirs »… S’asseyant allègrement sur cet idéal de fraternité tant de fois bafoué pendant la révolution, l’Assemblée montrait par là même son mépris des plus faibles, et ce n’est que pour éteindre la révolte des esclaves des colonies (Saint Domingue notamment) qu’elle accepta d’abolir l’esclavage en 1794.

    Le Roi Louis XVI, bien avant les petits bourgeois perfides qui allaient mettre la France à feu et à sang, avait compris que la liberté d’un homme ne devait pas être bafouée. C’est ainsi que moins de 3 ans plus tard, par une ordonnance du 8 Mai 1779, Louis XVI abolit également le servage et le droit de suite en France. De même, par cette même ordonnance, il affranchissait tous les « mains mortables » des domaines royaux, ainsi que les hommes de corps, les « mortaillables » et les « taillables ».  La France fut l’une des premières nations du monde à abolir le servage, près de 180 ans avant le Tibet (1959).

    Le Roi de France incarne tout le peuple français, dans sa complexité et sa diversité, dans les moments de joie comme dans les moments de doute et de peur. Louis XVI a montré, par les nombreuses réformes qu’il a entreprit pendant son règne, qu’un Roi était avant tout proche de son peuple et répondait à ses besoins les plus élémentaires de liberté, de sustentation et de bien être.  

http://www.royaumedefrance.fr/media/HLIC/5d214ffaac03a1bdd61c345fd245b1c2.jpg

 

Source: http://www.royaumedefrance.fr/201102044600/4-fevrier-1776-louis-xvi-abolit-lesclavage/

 

Notes

 

[1] Daniel-Rops, Histoire de l'Eglise du Christ, tome III L'Eglise des temps barbares, Librairie Arthème Fayard, Editions Bernard Grasset, Paris 1965, p. 259

[2] Régine Pernoud, Les saints au Moyen Age, la sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui ? Plon, Mesnil-sur-l'Estrée 1984, p. 204-205

[3] Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Pluriel, Millau 2012, p. 92

[4] Daniel-Rops, Histoire de l'Eglise du Christ, tome IV La cathédrale et le Croisade, Librairie Arthème Fayard, Editions Bernard Grasset, Paris 1965, p. 238

[5] Daniel-Rops, Histoire de l'Eglise du Christ, tome IV, ibid., p. 238

[6] Hugh Thomas, La Traite des Noirs 1440-1870, Bouquins Robert Laffont, Lonrai 2006, p. 393

[7] Hugh Thomas, ibid., p. 552

[8] Hugh Thomas, ibid., p. 104

[9] Hugh Thomas, ibid., p.118

[10] Hugh Thomas, ibid., 118

[11] François Brune, La Vierge du Mexique ou le Miracle le plus spectaculaire de Marie, Le Jardin des Livres, Référence, 2008, rééd. Mesnil-sur-l'Estrée 2014, p. 107

[12] François Brune, ibid., p. 107

[13] Jean Dumont, L'Eglise au risque de l'Histoire, p. 116, cité in François Brune, ibid., p. 104.

[14] François Brune, ibid., p. 76-77

[15] Hugh Thomas, ibid., 469

[16] Hugh Thomas, ibid., 477

[17] Hugh Thomas, ibid., 487

[18] Hugh Thomas, ibid., p. 309

[19] Bernard Faÿ, La Grande révolution 1715-1815, Le Livre contemporain, Paris 1959, p. 182, 183, 250

[20] Jean Meyer, Esclaves et Négriers, Découvertes Gallimard, 1999, p. 19

[21] Robert C. Davies, Esclaves chrétiens maîtres musulmans, l'Esclavage blanc en Méditerranée 1500-1800, Editions Jacqueline Chambon, 2006

[22] Jean Meyer, ibid., p. 16

[23] Hugh Thomas, ibid., p. 8

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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 18:35

Selon la maxime « le mort saisit le vif », Henri III mourant transmet à son cousin le royaume de France (Tapisserie du XVIe siècle - Château d'Ecouen). Pourtant cette règle d'instantanéité de la succession (selon l'ordonnance de 1403) ne s'appliquera pas à Henri de Navarre car la règle de catholicité n'était pas respectée.

 

La crise religieuse provoquée par le protestantisme obligea Henri III, après avoir reçu le consentement des états généraux ligueurs, à confirmer par un texte normatif la règle coutumière du principe de catholicité du roi (édit d'union de 1588) (1). A sa mort (1589), Henri de Navarre, Chef  de la Maison de Bourbon, devait lui succéder selon la règle de la primogéniture. Mais, le prince héritier n'était pas catholique. Henri de Navarre devait accepter la dernière règle de dévolution de la Couronne de France et se convertir : « Paris vaut bien une messe ». La cérémonie du Sacre de Sa majesté le roi Henri IV se déroula dans la majestueuse cathédrale Notre-Dame de Chartres. Mais, contrairement à Louis XVI (2), qui était inaudible lorsqu'il fallu prêter serment de lutter contre les forces centrifuges du chaos, Henri IV, l'ancien membre de la « Religion Prétendument Réformée », le fit entendre clairement : « Je promets au nom de Jésus Christ, au peuple chrétien, qu'en bonne foi je travaillerai selon mon pouvoir à mettre hors de ma terre et juridiction tous les hérétiques déclarés par l'Eglise ». Malheureusement, quelques années plus tard, avec l'Edit de Nantes, il devint, pour les monarchomaques, un relaps. Le 14 mai 1610, Ravaillac l'assassina.

Durant les guerres de religion entre 1573 et 1598, les monarchomaques (François Hotman, Théodore de Bèze, Duplessis-Mornay pour les protestants et Jean Boucher, Guillaume Rose pour les catholiques) proclamèrent l'origine contractuelle du pouvoir et l'obligation de respecter la loi divine et le droit naturel. Ils reprirent la théorie de saint Thomas d'Aquin selon laquelle tout pouvoir vient de Dieu. Pour lutter contre le tyrannicide, saint Thomas d'Aquin recommande la prière, l'intervention du pape (3), ou la déposition du roi par un groupe représentatif. Les monarchomaques, quant à eux, affirmèrent qu'il pouvait être assassiné par un héros manifeste envoyé par Dieu. Hostile à la pression de la sainte Ligue lui « imposant » la règle de la catholicité, Henri III fit assassiner leur chef, le duc de Guise (1588) (4). Le moine Jacques Clément lui fera justice et exhala l'âme du roi tyrannique.

C'est sur cette remise en cause du pouvoir monarchique que fleurit le Grand Siècle. La monarchie absolue sera alors « un moyen pour le roi de réaliser le bien commun de son royaume » (5). Michelet, pourtant peu complaisant avec l'Ancienne France, constatait qu'il y avait eu, au XVIIème siècle, « le plus complet triomphe de la royauté, le plus parfait accord du peuple en un homme qui se soit trouvé jamais. Richelieu avait brisé les grands et les protestants, la Fronde avait ruiné le Parlement en le faisant connaître. Il ne resta debout sur la France qu'un peuple et un roi. Le premier vécut dans le second ». Mais, comme le dira le Professeur Jean-Pierre Brancourt lors du prochain colloque « La religion dans la Cité » à la Sorbonne (samedi 29 mai 2010) : « En 1700, Louis XIV écrivait à son petit fils Philippe d'Anjou devenu roi d'Espagne : « écoutez, consultez votre Conseil, mais décidez : Dieu, qui vous a fait roi, vous donnera les lumières qui vous sont nécessaires tant que vous aurez de bonnes intentions ». Mais, le 25 décembre 1792, Louis XVI notait dans son testament politique « Je recommande à mon fils s'il avait le malheur de devenir roi, de songer qu'il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, qu'il ne peut faire le bonheur des Peuples qu'en régnant suivant les Lois ». En moins d'un siècle le roi de France, puissant, sûr de lui, du bien-fondé de son autorité et du soutien accordé par Dieu, s'est métamorphosé en un personnage falot dont l'autorité s'est évaporée et dont l'idéal est de faire « le bonheur des peuples » en appliquant une loi castratrice et coupée de toute référence divine.

La conception du tyrannicide resurgit au XXème siècle dans une Allemagne païenne. Malgré la politique de déchristianisation menée par le régime démocratiquement élu, une résistance d'inspiration chrétienne la releva. Jean-Louis Thiériot (6) dans l'entretien qu'il accorda au Figaro hors-série Opération Walkyrie rappela que « Dans sa jeunesse, Stauffenberg avait été un catholique d'habitude. Confronté à l'horreur du nazisme, il revient à l'éducation religieuse de sa jeunesse. Il consulte les bons auteurs. Sa réflexion sur la guerre juste se nourrit de la lecture de saint Thomas d'Aquin ». Philippe Maxence dans l'Homme Nouveau (7) précisa que la Gestapo avait saisi l'encyclique de Pie XII Mit Brennender Sorge et les sermons du « Lion de Munich », Mgr von Galen, opposant irréductible au nazisme. Avant de commettre l'attentat contre Hitler, suivant l'exemple du roi Charles Ier d'Autriche qui missionna secrètement Sixte et Xavier de Bourbon-Parme d'entreprendre des négociations de Paix avec la France de Clémenceau, le vicomte-colonel Claus von Stauffenberg sollicita le Prince de la Trémoille. Curieusement, au lendemain de son entrevue avec Sir Hamilton, haut dignitaire britannique, le dernier Prince de La Trémoille rendit l'esprit.

Nicolas Chotard.

Président.

 

(1) : Selon le fameux arrêt de Parlement de Paris du 28 juin 1593 (arrêt Le Maistre), un prince étranger ne peut pas monter sur le trône de France. Cependant, il ne s'agit pas d'une règle de nationalité mais du principe de sanguinité (il faut entendre : être étranger à la famille royale).

(2) : Comme le rappelle si bien Dominique Venner dans La Nouvelle Revue d'Histoire (Janvier-Février 2010) : « Concernant le titre de l'ouvrage de Jean de Viguerie, il faut comprendre que cet excellent historien utilisait « roi bienfaisant » de façon très critique. Il visait en effet l'éducation donnée au futur Louis XVI dans l'esprit peu réaliste de Fénelon qui, dans son opposition à Louis XIV, souhaitait que les successeurs de ce dernier aient comme préoccupation dominante d'être « bienfaisants ». Et Viguerie ironise sur ce conseil qui devait coûter si cher au malheureux Louis XVI. »

(3) : Les monarchomaques protestants prétendaient que c'était le peuple qui jouait le rôle d'intermédiaire entre Dieu et le roi.

(4) : Son frère, le duc de Mayenne se déclarera Lieutenant général du Royaume.

(5) : « Les Parlements contre l'absolutisme traditionnel au XVIIIème siècle » Olivier-Martin, Paris, 1997.

(6) : Stauffenberg, Perrin

(7) : N° 1439 du 14 février 2009.

 

 

Samedi 15 mai 2010

 

 

 

 

à 20 h

Quatrième centenaire de l'assassinat d'Henri IV (14 mai 1610)

Jean-Marie Constant

Professeur émérite à l'université du Maine

Président de la Société d'études du XVIIe siècle

« Henri IV, roi d'aventure »

Tricentenaire de la chapelle du château de Versailles

Alexandre Maral

Conservateur au Château de Versailles

Commissaire de l'exposition « Une Chapelle pour le roi »

« La Chapelle royale de Versailles sous Louis XIV »

(Vidéo-conférence)

 

   

 

174, rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris VIIIe  (entrée au fond de la cour).

(M° : Saint-Philippe-du-Roule / Bus : 22, 43, 52, 83, 93)

PAF : 7 €  (Adhérent : libre participation)

Les conférences seront suivies d'une vente-dédicace autour d'un verre de l'amitié.

Fin de la manifestation : 22 h

Professeur émérite à l'université du Maine, Jean-Marie Constant est ancien directeur de recherche en histoire anthropologique, doyen de la faculté des lettres, Jean-Marie Constant est aujourd'hui  président de la Société d'études du XVIIe siècle (www.17e-siecle.org). Il est l'auteur, en particulier, d'ouvrages primés par l'Académie française : Les Guise et La Ligue.

Après de brillantes études - École du Louvre (1992), archiviste paléographe (93), docteur ès-lettres (1997) - Alexandre Maral est reçu au concours d'entrée à l'École nationale du Patrimoine (1997). Affecté comme conservateur en charge des sculptures du musée Granet d'Aix-en-Provence (1999), il se spécialise dans le domaine de la sculpture française des XVIIe et XVIIIe siècles. En collaboration avec Luc Georget et Anne Pingeot, il publie « Sculptures, la galerie du Musée Granet ».

En 2005, il accède au poste de conservateur chargé des sculptures au Château de Versailles. Depuis, il contribue à l'organisation de plusieurs expositions dont celle "La Galerie des Glaces : Charles Le Brun, maître d'Oeuvre" (2007) et de colloques dont celui "Louis XIV : l'image et le mythe" (21, 22, 23 janvier 2010).

En 2006, il a été élu membre correspondant de l'Académie des sciences, agriculture, arts et belles-lettres d'Aix-en-Provence.

 

Dimanche 16 mai 2010

Château de Versailles

Visite de l'exposition « Une chapelle pour le roi »

sous la conduite de Monsieur Alexandre Maral, Commissaire de l'exposition.

 

Commencée en 1699 sur les plans de Jules Hardouin-Mansart et achevé en 1710 sous la direction de Robert de Cotte, la chapelle royale représente sans doute la partie de Versailles la plus aboutie, qui a fait l'objet d'une longue maturation et pour laquelle les efforts financiers ont été considérables.

Ce magnifique édifice est la cinquième chapelle du Château, les précédentes n'ayant eu qu'un caractère provisoire.

La chapelle dédiée à Saint Louis, ancêtre et saint patron de la famille royale, est le dernier édifice construit à Versailles sous le règne de Louis XIV.

A l'occasion de son tricentenaire, l'exposition évoquera la genèse de cette étonnante chapelle, ainsi que les fastes de son histoire depuis trois siècles. Elle nous permettra de mieux comprendre les audaces architecturales et la richesse inouïe de son décor, que complétait son mobilier disparu.

 

Rendez-vous devant la grille royale dorée, en haut de la cour d'honneur à 14 h 30 (Début de la visite : 15 h)

PAF : 25 € (Adhérent : 22 € - Gratuit pour les moins de 18 ans)

Nombre de places limité. Inscription par ordre d'arrivée des chèques

 (Pour les familles et les personnes en difficultés matérielles, adhérentes ou non, nous consulter)

 

 

Chez nos amis

 

Du 12 au 22 mai 2010 : Festival de Cannes

Le film « L'Emmurement, Louis XVII, un règne sous la Terreur » de Fabrice Condominas a été sélectionné au Festival de courts métrages de Cannes. Il est produit par Yann Soitiño, chorégraphe de Combats, (http://www.maitredarme.com). En 2007, il avait animé le Bal de la Saint-Nicolas au Château de Chambord.

http://vimeo.com/11031072

 

Vendredi 14 mai 2010 : Abbaye royale d'Ourscamp (Picardie - Oise)

A 20 h 30, conférence de Jean Sévillia « Charles d’Autriche, un empereur pour la paix »

Renseignement : Librairie de l'Abbaye  (Tél. : 03 44 75 72 00)

 

22, 23 et 24 mai 2010 : Pèlerinages de Pentecôte

- Notre-Dame de Chrétienté (en union avec Rome) de Notre-Dame de Paris à Notre-Dame de Chartres (www.nd-chretiente.com)

- Pèlerinages de Tradition (Fraternité Saint Pie X) de Chartres à Paris (www.pelerinagesdetradition.com)

 

Samedi 29 mai 2010 : Colloque universitaire de l'Association des Amis de Guy Augé et la revue La Légitimité

sur le thème « La religion dans la Cité »

avec MM. Jean-Pierre Brancourt, Thierry Buron, Pascal Gourgues, Claude Polin, Claude Rousseau et Philippe Toulza.

de 10 h à 17 h dans la Salle des Conseils de la Faculté de Droit

12, place du Panthéon, Paris Ve

Renseignement : Association des Amis de Guy Augé (La Croix d'Épine - 61170 Saint-Agnan-sur-Sarthe)

 

Sous la présidence de Charles-Eric Rousseau, la Chouannerie Mayennaise, à l'occasion de son 30ème anniversaire, a émis un timbre postal commémoratif représentant Antoine-Philippe de La Trémoille, Prince de Talmont. Ce tableau se trouve aujourd'hui au Château de Serrant en Anjou. Initialement il faisait honneur à l'hôtel de La Trémoille à Paris avant que la demeure du dernier prince de La Trémoille ne soit vendue et ne devienne la résidence de l'ambassadeur de Serbie.

 

Catholicité

L'Express a révélé le 16 mars 2010 que la Grande Loge Nationale de France (GLNF) avait entrepris des démarches pour initier le Prince Albert II de Monaco, duc de Mayenne. Il était précisé dans le courrier envoyé le 3 mars 2009: "Je me permets de vous faire la proposition d'occuper la fonction de grand maître de la future Grande Loge régulière de la principauté de Monaco, lui écrit-il. Nous aménagerons les conditions d'une initiation secrète, où ne seraient présents que des officiers de votre choix et des hauts dignitaires de mon obédience dignes de confiance.""Vous vous doutez bien que sa réponse ne pouvait être que négative", affirme un conseiller du palais."Le prince n'a pas une bonne opinion des réseaux secrets", confie un de ses amis.

 

Dans son discours d'avènement le 12 juillet 2005, S.A.S Le Prince Albert II rappelait ses origines et les valeurs qui s'y rattachent « Venus de Ligurie, de Gênes, nous sommes les héritiers de la Grèce, de Rome et de la chrétienté : notre religion d'Etat catholique, apostolique et romaine est là pour nous le rappeler ».  De ce  catholicisme, le Prince Albert II ne peut pas ignorer l'encyclique Humanum Genus de Léon XIII (20 avril 1884) portant sur « la secte des francs-maçons ».

Le 26 novembre 1983, le Cardinal Joseph Ratzinger, Préfet de la Sacré Congrégation pour la Doctrine de la Foi rappelait « le jugement négative de l'Église sur la franc maçonnerie demeure inchangé parce que ses principes ont toujours été considérés comme incompatibles avec la doctrine de l'Église ; c'est pourquoi il reste interdit par l'Église de s'y inscrire. Les catholiques qui font partie de la franc maçonnerie sont en état de péché grave et ne peuvent s'approcher de la Sainte Communion »

 

Culture

 

En 2009, la troupe du Théâtre du Soleil a joué Tartuffe à Kaboul (République islamique d'Afghanistan) puis est venue présenter la pièce de Molière aux parisiens. Cet événement avait reçu le soutien (financier !) du Service Culturel de l'Ambassade de France, du Centre Culturel français à Kaboul, de la Ville de Paris et de la Région Rhône-Alpes.

 

 

N'hésitez pas à diffuser ce mail autour de vous !

Lys de France

BP 80 434
75327 Paris Cedex 07

 Tél. : 06 82 96 73 59 / Courriel : contact@lys-de-france.org

 

Source : http://lys-de-france.org/qui.php

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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 09:36

Discours de Jean-Marie Le Pen au meeting de Marseille

régionales mars 2010
via Nationspresse.info
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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 07:08
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/04/Petit-Luc_2.jpg
Le 28 février 1794, aux Lucs sur Boulogne, 110 enfants âgés de moins de 7 ans sont massacrés. Ils sont proposés pour la béatification-
(Extrait de l’ouvrage du Père Marie Auguste Huchet de 1983 intitulé : "Le massacre des Lucs-sur-Boulogne et le martyrologue du curé Barbedette".)


Les Républicains, une fois entrés dans le village, rassemblent la population devant l'église. Les villageois n'étaient guère en mesure de se défendre, la population présente comptant principalement des vieillards, des femmes, des enfants dont 109 avaient moins de 7 ans. La quasi-absence d'hommes adultes convainquit les Républicains que ces derniers avaient participé aux combats sous les ordres de Charette. Matincourt avait choisi de ne pas faire de quartier ; de plus, il souhaitait que l'opération se fasse en économisant le plus de cartouches possibles. Les soldats firent donc entrer la population dans l'église jusqu'à ce que, tout à coup, la cohue s'arrête, l'église s'avérant trop petite pour pouvoir contenir toute la population du village. Les Républicains mirent leur baïonnette au canon, chargèrent et massacrèrent toutes les personnes restées à l'extérieur. Les portes de la chapelle furent ensuite fermées, emprisonnant les civils à l'intérieur. L'église fut ensuite incendiée et des tirs de canons provoquèrent son éboulement.
  
Marie-Modeste AIRIAU, de la Ricoulière, 5 ans et 7mois,
Thomas AIRIAU, de Villeneuve, 10 mois,
Joseph ARCHAMBAUD, de Puyberne, 20 mois,
Agathe ARNAUD de Belleville (tuée au Lucs ) 4 ans et demi,
Etienne BERIAU, de l’Erzandière.15 jours,
Marie-Madeleine BERIAU, de Roblin, 2 ans et 11 mois,
Jeanne BERIAU, du Petit-Luc, 4 ans,
Marie BERNARD, de la Jarrie, 3 ans,
Céleste BOISSELEAU, de la Grézaudière, 6 ans,
Pierre BOISSELEAU, de la Gaconnière, 6ans et demi,
François BOSSIS, du bourg du Grand-Luc, 7 mois,
Joseph BOSSIS, son frère, 23 mois,
Louis BOSSIS, autre frère, 5 ans,
Pierre BOUET, de la Surie, 27 mois,
Louis BOURON, de Bourgneuf, 3 mois,
Madeleine BOURON, sa cousine, de Bourgneuf, 3 ans,
Marie CHARUAU, de la Guyonnière, 2 ans,
Marie-Madeleine CHARUAU, sa sœur, 4ans et 3 mois,
Jean CHARRIER, de la Devinière, 3 ans,
Marie DAVIAUD, de l’Erzandière, 1 mois,
Pierre DAVIAUD, son frère, 5 ans et 8 mois,
Jeanne DAVIAUD, au Petit-Luc, 2 ans et 11 mois,
Pierre DAVIAUD, son frère, 4 ans et 10 mois,
Louis EPIARD, du Chef-du-Pont, 5 ans et 10 mois,
Jean-François ERCEAU, de la Sorinière, 27 mois,
Pierre FETIVEAU, de la Gaconnière, 27 mois,
N…FETIVEAU, son frère, 3 mois,
Jeanne FEVRE, du Chef-du-Pont, 5 ans et demi,
Suzanne FORGEAU, de la Sorinière, 20 mois,
Rose-Aimée FORT, du Champ-Dolent, 31 mois,
Pierre-René FORT, son frère, 5 ans et 9 mois,
Marie-Anne FOURNIER, bourg du Grand-Luc, 30 mois,
Jacques FOURNIER, son frère, 5 ans et 5 mois,
Marie GARREAU, de la Cornetière, 7 ans,
Marie-Anne GAUTRET, de la Guénière,7 ans,
Pierre GEAI, des Temples ; 25 mois,
Jean GIRARD, du Chef-du-Pont, 1 an,
Marie-Jeanne GIRARD, sa sœur, 4 ans et 2 mois,
Pierre GIRARD, leur frère, 6 ans et 4 mois,
Pierre GOUIN, des Temples, 1 an,
Louis GRALEPOIS, de la Grézaudière, 13 mois,
Jeanne GRALEPOIS, de la Bretonnière, 5 ans,
Pierre GRATON, du Puy, 3 ans et 4 mois,
Jeanne GRIS, de la Cernetière, 5 mois,
Pierre GRIS, son frère, 5 ans,
Lubin GUILLET, du Bourg du Grand-Luc, 6 ans,
Marie GUITET, de l’Erzandière, 4 ans et demi,
Marie HERMOUET, du bourg du Grand-Luc, 5 mois,
Louis HIOU, de Bourgneuf, 2 ans et 11 mois,
Marie-Anne JOLI, de la Bromière, 27 mois,
Marie MALARD, du Marchais, 4 ans,
Jean MALIDIN, de la Primaudière, 18 mois,
Marie MALIDIN, sa sœur, 3 ans et 11 mois,
Jeanne MALIDIN, de la Bruère, 3 ans,
Rose MALIDIN, sa sœur, 6 ans et 2 mois,
Joseph MANDIN, du bourg du Grand-Luc, 23 mois,
Louis MANDIN, son frère, 5 ans et 9 mois,
Véronique MARTIN, de la Moricière, 1 an,
Marie-Françoise MARTIN, du Petit-Luc, 2 ans,
Louise MARTIN, sa sœur, 5 ans et 4 mois,
Rosalie MARTIN, de la Guénière, 2 ans et 10 mois,
Louise MARTIN, sa sœur, 5 ans et 3 mois,
Rosalie MARTINEAU, de Bourgneuf, 2 ans et 11 mois,
Jean MIGNEN, de la Sorinière, 1 an,
Louise MINAUD, du Brégeon, 15 jours,
Louise-Marie MINAUD, sa sœur, 15 mois,
Jean MINAUD, leur frère, 5 ans et 3 mois,
Pierre MINAUD, autre frère, 6 ans et 11 mois,
Jeanne MINAUD, de la Davière, 15 mois,
André MINAUD, son frère, 4 ans et 2 mois,
Véronique MINAUD, leur sœur, 6 ans et 8 mois,
Pierre MINAUD, leur cousin de la Davière, 4 ans,
Louise MINAUD, de l’Ethelière, 33 mois,
Marie-Anne MINAUD, sa sœur, 6 ans et 11 mois,
Anne MORILLEAU, de la Primaudière, 2 ans
Céleste MORILLEAU, sa sœur, 6 ans et 5 mois,
Jean PERROCHEAU, du Retail, 5 ans et 3 mois,
Pierre POGU, de la Pellerinière, 22 mois,
Jean POGU, son frère, 5 ans,
Rose PREVIT, de Villeneuve, 10 mois,
Marie PREVIT, sa sœur, 6 ans,
Rose REMAUD, de Bourgneuf, 4 ans et 11 mois,
Marie REMAUD, de la Grande-Métairie, 4 ans et demi,
Pierre RENAUD, de la Nouette, 18 mois,
Catherine RENAUD, sa sœur, 3 ans et demi,
Jeanne RENAUD, leur cousine, de la Nouette, 4 ans,
Marie-Anne RENAUD, de la Petite-Brosse, 4 ans,
Pierre RENAUD, son frère, 6 ans et demi,
Marie RICOULEAU, de la Bromière, 22 mois,
Jeanne ROBIN, de la Retardière, 5 ans,
Marie-Anne RORTAIS, de la Guyonnière, 4 ans,
Jeanne ROUSSEAU, de la Gaconnière, 23 mois,
Jean ROUSSEAU, son frère, 3 ans et 11 mois,
Louis ROUSSEAU, autre frère, 7 ans,
Victoire ROUSSEAU, cousine, de la Gaconnière, 11 mois,
Jeanne ROUSSEAU, sœur de Victoire, 4 ans,
Jeanne SAVARIAU, de la Sorinière, 5 ans et 10 mois,
Pierre SIMONEAU, de la Moricière, 6 mois,
Jean SIMONEAU, son frère, 4 ans et 10 mois,
Jacques SIMONEAU, de la Bugelière, 18 mois,
Joseph, SIMONEAU, cousine, de la Bugelière, 8 mois,
Henri SORET, du Petit-Luc, 2 ans,
Jacques SORIN, de la Bromière, 5 mois,
Jean SORIN, son frère, 3 ans et 3 mois,
Madeleine TENET, du Chef-du-Pont, 7 ans,
Louis VRIGNAUD, de la Ricoulière, 23 mois,
Marie-Jeanne VRIGNAUD, de la Cornetière, 3 ans,
Jean-Baptiste VRIGNAUD, son frère, 4 ans et 5 mois.
   
Cette longue litanie est suffisamment émouvante pour se passer de commentaires. Nous invitons tous ceux qui ne l’ont pas encore fait d’aller en Pèlerinage du Souvenir à la Chapelle du Petit-Luc dans laquelle sont inscrits tous les noms de ces jeunes martyrs.
   
Nous reprenons la prière composée en 1994 (lors du Bicentenaire) pour demander la Béatification des enfants martyrs des Lucs :
« Seigneur Jésus, qui avez couronné de l’auréole des martyrs les petits enfants de Bethléem immolés à votre place par Hérode, daignez nous accorder la Glorification des petits enfants des Lucs, victimes de l’impiété révolutionnaire. N’est-ce pas en haine de votre nom qu’ils furent eux aussi massacrés, nouveaux SAINTS INNOCENTS de cette paroisse justement surnommée le BETHLEEM DE LA VENDEE ? Notre-Dame du Petit-Luc, Reine des Martyrs, priez pour nous ! ».

Source via
le Forum catholique
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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 20:12
Homélie abbé Hayet, curé de saint Joseph des Falaises-Bidart.

Nous fêtons aujourd'hui sainte Jeanne de France.
          Le roi louis XI attendait avec impatience la naissance d'un fils qui hériterait de son immense puissance royale. Mais la Divine Providence  en décida autrement : ce fut une petite fille qui naquit le 23 avril 1464 : Jeanne.
Enfant chétive et difforme, son père lui fit toujours sentir sa profonde déception. Jeanne dut passer son enfance, loin de la cour royale, en Berry. Délaissée par son père de le terre, elle s'attacha avec autant plus d'Amour à Celui que, dans le "Pater noster", elle nommait son Divin Père du Ciel.
          A l'âge de douze ans, Jeanne fut imposée comme épouse au duc Louis d'Orléans qui en avait quatorze. Devenu roi sous le nom de Louis XII, il mit tout en oeuvre pour obtenir l'annulation de son mariage, alléguant surtout que cette union lui avait été imposée. Il gagna la partie et Jeanne fut répudiée ; elle devint duchesse de Berry.
          "Il m'est causé une injustice -dira-t-elle- mais Dieu soit loué pour tout! Je comprends qu'Il permet tout cela afin que je puisse mieux Le servir et réaliser mon voeu : fonder un ordre voué à Notre Dame".
         De fait, Jeanne de France fonda l'Ordre des Annonciades, destiné à honorer les dix vertus principales de la Vierge Marie : chasteté, prudence, humilité, pauvreté, obéissance, patience, foi, dévotion, charité et piété.
Le premier monastère fut ouvert en 1501 à Bourges et fut approuvé par le Pape Alexandre VI.
          Entièrement retirée du monde, Jeanne de France voua sa vie à Dieu dans un immense Amour.
          Elle s'éteignit à Bourges le 4 février 1505 et fut canonisée en 1950 par le Pape Pie XII.
          
          SAINTE JEANNE DE FRANCE,
          PRIE POUR NOUS :
          NOUS TE CONFIONS NOTRE PAYS ET TOUS SES HABITANTS
          AFIN QU'IL VIVE DANS LA PAIX ET L'ENTENTE CORDIALE;
          NOUS TE CONFIONS AUSSI LES FEMMES QUI SONT MALHEUREUSES
          PARCE QUE VIOLENTEES, EXPLOITEES, MEPRISEES.
          PUISSE TON INTERCESSION AUPRES DE NOTRE PERE DU CIEL
          NOUS RAPPELER QUE NOUS SOMMES TOUS CREES A SON IMAGE
          ET APPELES A REFLETER SON AMOUR,
          LUI QUI NE FAIT PAS DE DIFFERENCE ENTRE LES HOMMES.
                                                                                                                 AMEN.
Source
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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 18:45

Les batailles du Pont Milvius (312) et de Tolbiac (496) marquent la naissance de la civilisation chrétienne et française. Au moment où l'oligarchie se pique de parler d'"identité nationale", il est bon d'y revenir.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d4/Ponte_Milvio-side_view-antmoose.jpg/400px-Ponte_Milvio-side_view-antmoose.jpgLa bataillle du Pont Milvius (312) vit deux visions du monde s'affronter, les légions gauloises et chrétiennes de
Constantin face aux légions païennes de Maxence. Les premières invoquaient déjà le Dieu inconnu dont parlait Saint Paul à l'Aéropage d'Athènes, et devant chaque légion flottait un mystérieux étendard, d'une forme nouvelle, qui devait, disait-on, assurer la victoire aux soldats de Constantin. L'autre était l'armée du paganisme, et les prêtres de Jupiter offraient aux dieux des sacrifices pour le succès de Maxence, le tyran de Rome et l'ennemi des Chrétiens.

Deux empires, deux mondes s'affrontaient devant les siècles : l'empire des Césars et la monarchie chrétienne, le monde païen et le monde chrétien. Cette bataille, dit Chateaubriand, était du petit nombre de celles qui, expression matérielle de la lutte des opinions, deviennent, non un simple fait de guerre, mais une véritable révolution. Les anciens dieux du Janicule avaient, rangées autour de leurs autels, les légions qui avaient en leur nom conquis l'univers; en face de ces soldats étaient ceux du Christ. C'est pourquoi cette journée devait avoir une si grande importance sur le sort de la civilisation et de l'humanité.

Face à la monarchie païenne, la véritable nouveauté au plan politique était le christianisme. La religion nouvelle annonçant un Dieu unique au milieu des autels innombrables du polythéisme, prêchant la pureté, le renoncement et la charité dans un siècle abandonné à la luxure et à l'égoïsme, relevait la dignité de la femme et de l'esclave dans un monde qui reposait sur le droit de vie et de mort reconnu à l'époux et au maître, proclamait l'égalité des hommes devant Dieu au sein d'une société où tous les empereurs étaient inscrits au nombre des dieux, inventait une révolution laïque du pouvoir où l'empereur n'était plus un dieu incarné, cette nouvelle religion déplut aux césars et fut vouée à la proscription.

Jusqu'à Constantin, l'empereur était à la fois César aux plans temporel et spirituel (Souverain Pontife), les deux pouvoirs étaient confondus et reposaient sur une même tête (le césarisme est depuis le "moyen Âge" cette prétention politique des rois à dominer le spirituel). Cette confusion de l'Eglise et de l'Etat sur une même tête était la caractéristique de la tyrannie antique, et la caractéristique du totalitarisme du Bas-empire romain.


http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/3a/Milvbruck.jpg/290px-Milvbruck.jpgConstantin n'était pas aussi confiant que Maxence dans le résultat de la bataille. Le petit nombre de ses troupes l'effrayait. Il recruta des forces parmi les Germains et les Gaulois, ainsi que les hommes rassemblés en Bretagne au nombre d'environ 90.000 fantassins et 8.000 cavaliers. En face, Maxence avait des forces considérables : 90.000 Romains et Italiens, des Tyrrhéniens, Siciliens et Carthaginois au nombre de 170.000 fantassins plus 18.000 cavaliers. (Zosime, Histoire nouvelle, II, XV, 1-3.)

 

Constantin avait fait d'avance le sacrifice de sa vie; mais il ne pouvait penser sans inquiétude au sort qui attendait ses légions dans le cas d'une défaite. Pas un homme ne regagnerait les Gaules et ne reverrait ses foyers. Il sentait vaguement, c'est Eusèbe qui nous le dit, la nécessité d'un secours plus efficace que celui de ses soldats pour combattre les prestiges et les ressources de l'art magique dont le tyran s'environnait. Il voulait s'appuyer sur une force plus grande encore que celle de son armée : il comprenait que Dieu seul donne la victoire. Mais quel Dieu invoquerait-il ? Il se rappelait que son père Constance Chlore, seul entre tous les Césars, avait abjuré les traditions idolâtriques. En honorant le Dieu qui est au-dessus de tout, Constance avait trouvé en lui un sauveur, le gardien de son règne et le dispensateur de tout bien. Cette conduite avait été récompensée par une prospérité sans nuage, tandis que les autres empereurs, livrés à toutes les passions, avaient fini déplorablement leur vie, sans laisser à leurs descendants une seule des couronnes qu'ils avaient portées. Il se rappelait aussi les expéditions de Galérius et de Sévère contre Maxence. Entreprises toutes deux sous les auspices de l'idolâtrie, l'une avait échoué honteusement, l'autre avait entraîné la mort de son chef. A mesure qu'il déroulait ses souvenirs, il arrivait à se convaincre que les dieux de l'empire étaient de vains fantômes et le Dieu de son père le seul Dieu véritable. (Informations tirées de Eusèbe de Césarée, Vie de Constantin, I, XXVII)

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/ba/Eusebius_of_Caesarea.jpg/250px-Eusebius_of_Caesarea.jpgTelles étaient les préoccupations et les prières de l'empereur lorsqu'un prodige surnaturel vint frapper ses regards. "Si le récit que je vais faire, dit
Eusèbe, m'eût été transmis par une autre bouche, il pourrait trouver des auditeurs incrédules. Mais je le tiens de l'auguste prince lui-même. Bien des années après, quand j'eus l'honneur d'être admis dans son intimité, il me raconta le fait et m'en attesta plusieurs fois par serment l'authenticité. C'est sa narration que je vais reproduire, et bien téméraire serait celui qui oserait s'inscrire en faux contre un pareil témoin, au sujet d'un prodige que les évènements survenus depuis ont d'ailleurs suffisamment confirmé". (Eusèbe de Césarée, Vie de Constantin, I, XXVII-XXX)

Le récit que nous donne Eusèbe est confirmé implicitement par Nazarius, l'orateur païen chargé du panégyrique de Constantin neuf ans après la bataille. Le prodige eut lieu devant l'armée entière; de nombreux témoins vivaient encore, et toute supercherie eût été vivement relevée et raillée par les auteurs païens.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d1/Tiber.PNG/250px-Tiber.PNGC'était quelques jours avant la bataille. L'empereur, sachant que le combat était prochain, sortit du camp un peu après midi et gravit une colline, pour étudier la situation de l'ennemi. Ses officiers l'entouraient. Longtemps le prince demeura à la même place, examinant avec soin la plaine et le cours du
Tibre. Déjà le soleil s'abaissait sur l'horizon. Tout à coup les officiers jetèrent un cri de surprise. Constantin leva les yeux et resta stupéfait. Une croix lumineuse se détachait dans les airs, au-dessus du soleil : une inscription en lettres grecques se lisait distinctement sur la croix : In Hoc Signo Vinces, tu vaincras par ce signe !

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b5/Labarum.svg/117px-Labarum.svg.pngL'armée entière aperçut le signe céleste et l'étonnement fut au comble. La croix n'était point encore un symbole connu de l'empire, et l'inscription paraissait inexplicable. Longtemps l'empereur, silencieux, chercha la signification d'un évènement si extraordinaire. Constantin était encore plongé dans ses réflexions, quand la nuit vint le surprendre et l'obliger à descendre de la colline et à rentrer au camp. La nuit, le prodige fut expliqué. Le Christ, Fils de Dieu, apparut au prince, pendant son sommeil, avec le même signe qu'il avair vu resplendir dans les airs, et lui ordonna de faire reproduire cette image sur les drapeaux, comme un gage certain de la victoire. Constantin n'hésita pas. Dès son réveil, il appela des orfèvres et leur décrivit l'étendard sacré. Ils en exécutèrent un modèle enrichi d'or et de pierreries.

C'était une haste allongée, munie d'une antenne transversale à l'instar de la croix; au sommet de la haste était une couronne portant en son milieu le monogramme du Christ, que l'on appelle aussi "
chrisme", un X traversé d’un P, (chi) et Ρ (rhô), la première apposée sur la seconde. Il s'agit des deux premières lettres du mot Χριστός (Christ). 

L'antenne soutenait un tissu de pourpre, formant un carré parfait, sur lequel l'empereur fit graver son buste et plus tard celui de ses enfants. Chaque légion reçut un étendard dessiné sur ce modèle :
Lactance nous dit que le signe céleste fut reproduit sur le casque et le bouclier de chaque soldat.

Tel était le labarum ! Après tant de persécutions et d'outrage, la croix, réservée jusque-là comme instrument de supplice pour les criminels, triomphait du monde et devenait l'étendard des légions romaines. "Quand, après trois siècles de tortures, dit le P. Lacordaire, du haut du mont Mario, Constantin vit dans l'air le
labarum, c'était le sang des chrétiens qui avait germé dans l'ombre, qui était monté comme une rosée jusqu'au ciel, et qui s'y déployait sous la forme de la croix triomphante !"

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/e/ee/Chrisme.jpg

La bataille s'engagea le 28 octobre 312. C'est alors que Constantin put admirer pour la première fois cette protection merveilleuse que le labarum accordait à ses troupes, et dont l'empereur racontait plus tard les effets à Eusèbe, après la défaite de Licinius : en tous les endroits où paraissait l'étendard de la Croix, les ennemis prenaient la fuite. L'empereur, s'en étant aperçu, le fit porter à la tête des troupes qui commençaient à plier et à lâcher pied, et à l'heure même elles reprirent courage et se sentirent animées d'une ardeur toute divine. "Constantin, nous dit Eusèbe, avait choisi parmi ses gardes environ cinquante de ceux qui surpassaient les autres en force de corps, en grandeur de courage et en piété, et il les chargea de garder continuellement l'étendard et de le porter tour à tour. Le désordre s'étant mis dans l'armée au milieu de la chaleur du combat, celui qui portait le labarum eut peur et le donna à un autre pour éviter le péril. Mais il n'en fut pas sitôt déchargé qu'il reçut un trait dans le corps dont il mourut sur-le-champ en punition de sa lâcheté et de son infidélité. Celui qui s'étant chargé de l'étendard en sa place en fut protégé. Quelque quantité de traits que jetassent les ennemis, aucun ne tomba sur lui. C'était une chose merveilleuse à voir que tous les traits demeuraient dans le bois de la croix, quoiqu'il fût fort étroit, et qu'aucun ne toucha jamais ceux qui portèrent le signe de notre rédemption. Ce récit, ajoute l'historien, n'est pas de moi, il est de l'empereur, de la bouche duquel je l'ai appris.

Cependant, les heures s'écoulaient, l'inquiétude saisit Maxence. Le peuple, réuni à l'amphithéâtre commençait à croire que les dieux se déclaraient contre le tyran. Le bruit du combat, l'arrivée des messagers, leur allure précipitée, excitèrent les esprits. On oublia les jeux du cirque et... une émeute éclata à l'intérieur de la ville. Le peuple, dit Lactance, cria : "On ne vaincra pas Constantin!" On entoura le tyran: on lui reprocha de n'être pas avec les combattants, et son abstention fut traitée de trahison ouverte. Maxenxe éperdu, sentant sa couronne lui échapper, et n'osant cependant désobéir à l'oracle qui lui avait défendu de quitter Rome, réunit à la hâte quelques sénateurs dévoués à sa cause et fit consulter les Livres sibyllins. Leur réponse fut celle-ci : "En ce jour, l'ennemi du peuple romain doit périr". Maxence interpréta à son avantage cette parole ambiguë. Dans l'espérance d'une victoire, il sortit de Rome, franchit le Tibre et rejoignit l'armée. Le pont fut coupé derrière lui.

A l'arrivée de Maxence, la lutte redoubla d'ardeur, et Constantin put juger, en entendant les cris poussés par l'ennemi, que son adversaire venait de prendre le commandement. Il invoqua de nouveau le labarum, et, décidé à en finir, il rallia ses légions et s'élança avec elles sur le point où se trouvait Maxenxe. Le choc fut formidable; mais alors se réalisa l'inscription merveilleuse : In hoc signo vinces. L'armée de Maxenxe, saisir d'une panique singulière à la vue du labarum qui flottait devant l'armée de Constantin, culbutée par les légions gauloises, fut mise en déroute. Maxence lui-même, entraîné par les soldats et contraint de fuir, se précipita vers le pont rompu. Une multitude immense en encombrait déjà l'abord. Maxenxe, pressé par la foule des fuyards, fut précipité dans le fleuve, il périt noyé dans le Tibre à l’instar du Pharaon poursuivant les Hébreux, qui s’était trouvé englouti par la Mer Rouge. Le détail est d’Eusèbe qui n’est jamais en retard d’un symbolisme biblique. La guerre était finie, la bataille gagnée. Le labarum dominait les aigles. Le Dieu des Chrétiens avait tenu parole à Constantin. La civilisation chrétienne allait succéder au paganisme.

La véritable gloire de Constantin fut de comprendre et de remplir à merveille le rôle de l'empereur chrétien qu'il définissait lui-même comme une pratique laïque du pouvoir distinguant pouvoirs temporel et pouvoir spirituel. Il s'adressa aux Pères du Concile de Nicée (325) en ces termes : "Vous avez été établis par Dieu évêques pour le dedans de l'Eglise, et moi, je l'ai été pour le dehors". Cette notion si juste de la monarchie chrétienne fut celle qui le guida dans ses réformes législatives et celle qui caractérisera la civilisation occidentale jusqu'au XXe siècle où une conception déformée de la laïcité vient prétendre que le pouvoir spirituel doit rester dans la sphère privée. Ce qui est non pas laïcité mais laïcisme de droit occulte; le "Grand Orient de France" fut le concepteur occulte de la loi dite de "laïcité" de 1905.

Une des lois révolutionnaires de Constantin punissait de mort comme "homicide" le maître qui avait mis à mort son esclave. Un édit supprimait la prison et la flagellation pour dettes; un autre interdisait les combats de gladiateurs: "Il ne convient pas que le sang humain soit versé en pleine paix comme un passe-temps à l'usage des oisifs".

En même temps, Constantin commençait à saper la pratique de l'esclavage avec prudence et habileté : il proclamait d'abord le principe éminemment chrétien, que même soixante ans de servitude ne pouvaient prescrire contre la liberté humaine. Il levait tous les obstacles qui avaient été apportés par la législation païenne à l'affranchissement, et permettait de rendre aux esclaves leur liberté dans l'Eglise en présence du peuple et des évêques. Il défendait aux juifs d'avoir des esclaves chrétiens car il n'était pas juste que ceux qui avaient été rachetés par le Sauveur demeurassent sous la puissance de ceux qui l'avaient tué; et enfin, il ordonnait à ceux qui connaîtraient des personnes injustement retenues en servitude d'en avertir les magistrats.

En l'année 316, l'empereur alla plus loin, il sanctionna l'observation du dimanche pour tout l'empire. Les tribunaux durent vaquer le premier jour de la semaine, dies dominica, et les travaux industriels et commerciaux durent être interrompus. Bienfait immense que l'on doit au christianisme. Une autre loi abolissait le supplice de la Croix. L'homme recouvrait enfin sa dignité et sa liberté. La civilisation naissait au moment où l'Eglise sortait radieuse des catacombes.

Tolbiac

Tolbiac vient sceller la nouvelle vision du monde initiée par Constantin, et chez nous, l'alliance des Gallo-Francs avec le Christ. Après Tolbiac tous les peuples reçoivent tour à tour le baptême, et ceux qui étaient ariens renoncent à leurs erreurs pour redevenir catholiques.

Le peuple romain était resté sourd à l'appel du Christ et de ses apôtres, les merveilles du Pont Milvius ne l'avaient pas éclairé. Les successeurs de Constantin, Constance, Julien l'Apostat et Valens, se livrèrent à l'hérésie ou à l'impiété et persécutèrent l'Eglise. En vain le grand Théodose fit-il renaître un instant les jours de Constantin et offrit-il après le massacre de Thessalonique l'admirable exemple de la pourpre impériale s'humiliant devant saint Ambroise, la coupe d'iniquité était pleine.

Ce furent d'abord les Wisigoths qui franchirent le Rhin et les Alpes, ravagèrent les Gaules et pénétrèrent en Italie. Une force inconnue poussait leur chef : "Une voix intérieure, disait-il, me crie sans cesse : Marche et va saccager Rome!" En 410, la ville éternelle fut pour la première fois vaincue, prise et pillée. Plus heureux qu'Annibal,
Alaric entra dans la cité de Romulus. L'empereur Honorius, indigne fils de Théodose, s'enfuit à Ravenne, et Rome fut mise à feu et à sang; mais le pape, saint Innocent (pape 401-417) resta à son poste et les barbares s'inclinèrent devant la majesté du souverain pontife.

L'empire n'existait plus; mais l'Eglise, après avoir été persécutée par lui pendant trois siècles, se tenait debout sur ses ruines.

http://his.nicolas.free.fr/Ressources/Biblio/BManuelHdF1969/HdF1969_05AClovis_WEB.jpgEn 481, un jeune homme de quinze ans,
Clovis fils de Childéric, était élu roi des Francs saliens et montait sur le pavois. La grande vertu des Francs était la fidélité aux traditions nationales, et ces traditions relevaient toutes du culte d'Odin. Abandonner devant les guerriers qui tant de fois avaient versé leur sang pour sa gloire, les dieux scandinaves, et se courber devant le dieu des chrétiens, c'était, aux yeux de Clovis, renier les ancêtres, s'aliéner le coeur des Francs et le soutien de son armée.

Pour raconter Tolbiac, il suffirait presque de traduire Grégoire de Tours. L'objectivité et la sincérité de cet historien qui écrivait déjà vers 580 est admise et reconnue aussi bien par les adversaires que par les amis de l'Eglise : "Une guerre éclata, dit-il, entre les Alamanni et les Francs. Clovis fut alors contraint par les évènements de faire ce qu'il avait toujours refusé jusque-là. Au moment où les deux armées étaient aux prises, les troupes franques furent repoussées en tel désordre, que les bataillons refoulés les uns sur les autres se donnaient mutuellement la mort. A ce spectacle, Clovis ne put retenir ses larmes. Le coeur brisé, il leva les yeux au ciel et s'écria : "Jésus-Christ, vous que
Clotilde appelle le Fils du Dieu vivant, s'il est vrai que vous protégez ceux qui vous invoquent et donnez la victoire à vos serviteurs, j'implore votre assistance. Si vous me faites triompher de mes ennemis, si vous étendez sur moi cette puissance, dont votre peuple reconnaît l'efficacité, je jure de croire en vous et de me faire baptiser en votre nom. J'ai prié mes dieux : ils ne m'ont point écouté. J'en ai la preuve. A vous de m'arracher au péril !"

A peine eut-il parlé ainsi, que le combat changea de face. Les Francs reprirent une ardeur nouvelle. Bientôt les Alamanni plièrent et se mirent en pleine déroute. Leur roi fut tué. Les vaincus implorèrent alors la clémence du roi des Francs. "Faites cesser le massacre, lui dirent-ils. Nous sommes prêts à reconnaître votre autorité et à devenir votre peuple". Clovis donna aux siens l'ordre de cesser le carnage et ramena ses troupes sous la tente. Au retour, il raconta à la reine comment il devait la victoire à l'invocation du nom de Jésus-Christ. Dans ce récit si simple et si plein de grandeur est renfermée toute la tradition française. C'est tout ce qui nous reste de l'un des plus graves évènements qu'ait vus l'histoire; mais ces quelques lignes suffisent pour nous permettre de louer à jamais le Dieu des Armées, Deus Sabaoth, qui exauça les prières de Clotilde et prêta l'oreille au cri du chef barbare.

C'est depuis ce jour et cette heure que nous sommes une nation chrétienne et que notre patrie, la patrie qui donna à Constantin les légions gauloises du Pont Milvius, est devenue la fille aînée de l'Eglise.

Saint Rémi l'attendait à Reims avec Clotilde. "Père saint, lui dit Clovis, je suis prêt. Pourtant une considération me retient encore. Le peuple qui me suit ne veut pas qu'on abandonne ses dieux. Je vais convoquer les Francs, et je leur parlerai dans le sens de vos instructions". L'assemblée eut lieu. Sans doute le projet royal était connu de tous, car avant même que Clovis eût pris la parole, aussitôt qu'on le vit paraître, une acclamation générale se fit entendre :

"Pieux roi, dirent les Francs, nous abjurons le culte des dieux mortels, nous voulons servir le Dieu immortel que Remi adore!" Le bienheureux évêque, en apprenant la décision nationale, fut rempli d'une grande joie, et prépara tout pour le baptême solennel.

Le jour choisi pour le baptême était le jour de Noël 496. Rémi, pendant qu'il parlait, une lumière céleste éclata soudain dans l'église, effaçant la lueur des cierges allumés, et une voix se fit entendre qui disait : "La paix soit avec vous ! C'est moi, ne craignez point. Persévérez dans mon amour". Après ces paroles, la lumière surnaturelle disparut et un parfun d'une suavité céleste se répandit dans l'enceinte. Le roi et la reine se précipitèrent aux genoux du saint pontife, en versant des larmes d'émotion et de joie. L'homme de Dieu, illuminé lui-même par l'esprit prophétique,
s'écria :
"Apprenez, mon Fils, que le royaume de France est prédestiné par Dieu à la défense de l'Église romaine qui est la seule véritable Église du Christ ...
"Ce royaume sera un jour grand entre tous les royaumes, il embrassera les limites de l'empire romain et il soumettra tous les peuples à son sceptre... Il durera jusqu'à la fin des temps !
"Il sera victorieux et prospère tant qu'il sera fidèle à la foi Romaine, mais il sera rudement châtié toutes les fois où il sera infidèle à sa vocation. " (d'après Flodoard, Historia Ecclesiae Remensis)

La prière de l'évêque de Reims à l'autel de Marie est gravée dans la mémoire nationale : regnum Galliae, regnum Mariae ! Royaume de France Royaume de Marie. Nos plus chères traditions sont établies sur ces journées de décembre 496.

Source:

http://seldelaterre.fr/images/00104_2Dd.jpgFerdinand Hervé-Bazin, Les Grandes Journées de la Chrétienté, Librairie Victor Lecoffre, Paris, 1887, rééd. Editions Saint-Rémi.




























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- Crucifix dans les écoles : offensive maçonnique générale

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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 18:16
Illuminés de Bavière : l'illuminisme au XVIIIe siècle

L'illuminisme au XVIIIe siècle est un gnosticisme "libéral" qui prétendant détenir "les 'Lumières' devant conduire l'humanité au véritable bonheur (progressisme matérialiste philosophique) mais qui aboutit en réalité à la destruction des fondements naturels de la société, à l'anarchie (retour à la barbarie), le tout au profit de la caste des "porteurs de lumière" détenant le pouvoir et éduquant les peuples.
Ces Lumières s'organisent de telle manière qu'elles doivent théoriquement conduire les peuples à se débarrasser de l'obscurantisme chrétien et en particulier catholique. Autant dire qu'il s'agit là d'un courant proprement luciférien, c'est-à-dire démoniaque.

L'illuminisme est partagé par les "philosophes" des dites "Lumières" émancipées de Dieu, mais également par tout un courant moins connu, jamais étudié ni présenté dans les cercles du pouvoir. Les Illuminés de Bavière (Illuminati, illuminisme dit "germanique") sont un ordre maçonnique fondé par le juif Adam Weishaupt. Son but est d'infiltrer tous les pans de la société pour y propager la doctrine illuministe, mais aussi la franc-maçonnerie elle-même.
Un autre illuminisme, plus ésotérique, et dérivant directement de la kabbale juive, est fondé par le juif d'origine portugaise Martines Vesces de Pasqually en 1754. Cet illuminisme ésotérique se développe en France sous le nom d'illuminisme "français" (ou "martinisme"), il a une grande part dans les horreurs de la Révolution dite "française".

(Source : Mgr Henri Delassus, docteur en théologie, La Conjuration antichrétienne, Le Temple maçonnique voulant s'élever sur les ruines de l'Eglise catholique, 1910, Réed. Expéditions Pamphiliennes 1999, p. 377)


Ainsi, Louis-Claude de Saint-Martin, premier disciple français de Martines de Pasqually, propage chez les révolutionnaires français et le "Grand Orient de France" cette formule "Liberté & égalité", partagée avec l'illuminisme "germanique", devant servir à abattre les trônes et les autels. Nous nous intéresserons ici à l'illuminisme dit "germanique" au XVIIIe siècle, bien connu grâce aux travaux de l'abbé Barruel à la fin du XVIIIe siècle. 

En 1784, au Congrès (convent) de Wilhelmsbad (congrès qui vota la mort de Louis XVI et auquel participa le "Grand Orient de France"), les illuminés jouent un rôle prépondérant et inculquent à la Maçonnerie leurs principes d'activité politique militante devant servir à dissoudre la société pour la rebâtir sur le modèle maçonnique. La franc-maçonnerie moderne est créée et les grands bouleversements sociaux sont proches.

(Source : Léon de Poncins, La franc-maçonnerie d'après ses documents secrets, 1928, Diffusion de la Pensée Française, cinquième édition, Poitiers 1975, p. 95).

Tout ce qui concerne l'illuminisme est bien connu car on possède leurs archives. En 1786, un des hauts adeptes de cette société est frappé par la foudre près de Ratisbonne. En ramassant son corps, la police trouve sur lui des papiers tellement compromettants que l'on arrête les principaux membres après avoir saisi et publié tous les documents concernant cette association. Cependant, le chef Weishaupt a pu s'enfuir et d'après l'historien anglais Webster, qui s'est consacré spécialement à cette étude, l'illuminisme n'aurait pas été détruit, mais se serait reconstitué, il se serait maintenu secrètement, jusqu'à nos jours, comme branche de la maçonnerie.

(Source : Léon de Poncins, ibid., p. 95-96, note 2).



L'illumisme dit "germanique", fondateur : Adam Weishaupt

Né dans une famille juive le 6 février de 1748 à Ingolstadt, Adam Weishaupt est mort le 18 Novembre 1830 à Gotha. Converti, il devient Jésuite. Il tombe dans la pratique de la sorcellerie et se sépare de l'Eglise. Professeur de droit à l'Université d'Ingolstadt en Allemagne, il est accepté dans la franc-maçonnerie en 1778; mais il avait déjà créé, deux ans plus tôt, l'ordre occulte des Illuminati (1776), les Illuminés, ceux qui ont la lumière, ceux qui savent (Illuminisme). Il croit en effet être appelé à régénérer l'humanité...

L'Abbé Barruel indique que "dans les jours où ce conspirateur conçut ses projets il ne connaissait point encore l'objet de la Franc-Maçonnerie: il savait seulement que les Francs-Maçons tenaient des assemblées secrètes: il les voyait unis par un lien mystérieux, se connaissant pour frères à certains signes, à certaines paroles, de quelque nation & de quelque religion qu'ils fussent..."

(Source : Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 13)

En 1785, après la découvertes des papiers de la secte par la police bavaroise, il est donc destitué de sa chaire professorale, "proscrit de sa patrie comme traître à son Souverain & traître à l'Univers"

(Source : Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 2).

L'illumisme veut influencer et diriger la maçonnerie


"[...] combattre hardiment, mais prudemment, "la supersition, l'incrédulité, la sottise...

"C'est à cela que servent nos écoles Minervales, & les grades inférieurs de la Maçonnerie sur laquelle notre Ordre cherche à gagner toute l'influence possible, pour la diriger vers notre but"

(Source : Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 135).



Instruction du chevalier Illuminé relative à la Franc-Maçonnerie


"Dans chaque ville tant soit peu considérable de leur district, les chapitres secrets établiront des Loges Maçonniques des trois grades ordinaires. Ils feront recevoir dans ces Loges des hommes de bonnes moeurs, jouissant de la considération publique, & d'une fortune aisée. Ces hommes-là doivent être recherchés & reçus Francs-Maçons, quand même ils ne devraient pas être utiles à l' Illuminisme pour nos projets ultérieurs (Troisième Inst. pour le même grade, N° 1).

"S'il se trouve déjà une Loge Maçonnique ordinaire dans ces villes, les Chevaliers de l'Illuminisme essayeront d'en établir une plus légitime; ou du moins n'épargneront-ils rien pour obtnenir la prépondérance dans celles qu'ils trouveront établies, ou pour les réformer, ou pour les faire sauter..." (Ibid., N° 3).

"Tous ces Maçons se trouvent dans une grande ignorance sur la vraie Maçonnerie, sur son grand objet & ses vrais supérieurs..." (Ibid., n°5)

"Lorsque un savant Maçon s'enrôle dans notre ordre, il entre immédiatement sous le direction de nos Chevaliers Ecossais" (Ibid., n°16).

(Source : Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme,  1798, t. III, p. 154-156).



Déclaration du candidat au grade de "chevalier"

"Autant qu'il dépendra de moi, je m'engage à ne favoriser l'admission d'aucun indigne aux grades saints; à travailler à faire triompher l'ancienne Franc-Maçonnerie de tous les faux systèmes qui s'y sont introduits; [...] à n'être jamais flatteur des grands ou esclave des Princes; à combattre courageusement, mais prudemment pour la vertu, la liberté & la sagesse; à réfuter fortement, pour l'avantage de l'Ordre et du monde, à la superstition & au despotisme..."

(Source : Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme,  1798, t. III, p. 143).


L'Illuminisme veut établir un régime universel dominateur

 

Il est intéressant de noter que le principe de la mondialisation (politique, économique, etc.) était déjà dans les plans de la secte il y a plus de deux siècles... Voici ce qu'en disait l'Abbé Barruel en 1798, citant les archives de la Secte Illuminée: "En un mot, il faut établir un régime dominateur universel, une forme de gouvernement qui s'étende sur tout le monde, sans dissoudre les liens civils. Il faut donc sous cette nouvelle forme de gouvernement, que tous les autres puissent suivre leur marche ordinaire, & tout faire, si ce n'est empêcher notre Ordre d'arriver à son but, de faire triompher le bien du mal..."

"[...] il faut rassembler une légion d'hommes infatigables, & dirigeant par-tout leurs travaux, suivant le plan de l'Ordre, pour le bonheur de l'humanité..., mais tout cela doit se faire en silence..."

(Source : A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme,  1798, t. III, p. 136-137).

Il prétend éliminer les inégalités quand lui-même établit dans la Secte "subordination générale & graduation des supérieurs"

"Dans cette académie (de conjurés), le Candidat & le Novice sont régis par le Frère Enrôleur (ou Insinuant), qui les introduit aux Loges Minervales. Ces Loges Minervales sont régies par les Frères Illuminés mineurs; ceux-ci sont inspectés par d'autres Frères Illuminés majeurs; au-dessus de ces grades préparatoires, est le grade intermédiaire & maçonnique des Chevaliers Ecossais, dont l'inspection s'étend, d'un côté sur les Illuminés majeurs, & de l'autre sur les Maçons de l'Illuminisme, & en général sur tout ce que le Code appelle l' édifice inférieur de l'Ordre. Au-dessus des Chevaliers Ecossais viennent les Epoptes, les Regens ou Princes des petits mystères; & enfin les Mages, l' Homme-Roi (ou Philosophe) des grands mystères..." (A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 303-304).

"Le serment soumettait l'adepte à tous les ordres émanés des... Supérieurs. Il soumettait sa fortune & sa vie même au despotisme de la Secte, s'il était jugé traître ou rebelle par des chefs inconnus..." (A. Barruel, ibid., p. 305-306).

"Dans ce gouvernement (de la Secte), il est d'abord pour grand moyen de subordination, une division générale de supériorités comme de localités. Il est des Loges affectées aux adeptes dans leur département; chaque Loge Minervale a son Supérieur dans la classe préparatoire, inspectée par la classe intermédiaire. Il est, en second lieu, des districts dont l'enceinte renferme plusieurs Loges surveillées & inspectées, ainsi que leur Préfet, par le Supérieur du district, que les Illuminés appellent Doyen. Celui-ci est lui-même subordonné à un nouveau Supérieur dont l'autorité s'étend sur toutes les Loges, surtout les Doyennes de la Province, & qui est pour cela appelé Provincial. Un quatrième grade de supériorité, est celui de l'adepte, qui a sous lui tous les Provinciaux d'une même nation, & que l'étendue de son inspection fait appeler Supérieur National. Au-dessus de ces Supérieurs Nationaux est le Conseil Supérieur de l'Ordre, dont les membres sont appelés Aéropagites, & dont le Président est le vrai général de l'Illuminisme" (A. Barruel, ibid., t. III, p. 309-310).

Satan se flatte des résultats du Code Illuminé

"Quand cette loi enfin remplie, le Vieux de la Montagne, le dernier Spartacus pourra sortir lui-même de son sanctuaire ténébreux & se montrer triomphant au grand jour. Il n'existera plus ni Empire ni loi, l'anathème prononcé sur les Nations & sur leur Dieu, sur la société & sur ses lois, aura réduit en cendres nos autels, nos palais & nos villes, nos monumens des arts & jusqu'à nos chamières... Le dernier Spartacus contemplant ces ruines & s'entourant de ses Illuminés, pourra leur dire: Venez & célébrons la mémoire de Weishaupt notre Père. Nous avons consommé les mystères. Des lois qui gouvernaient les hommes, ne laissons plus au monde que les siennes. Si jamais les nations & leur religion & leur société & leur propriété pouvaient renaître, ce Code de Weishaupt les a détruites; ce Code seul les détruirait encore.

"Il le dira, le dernier Spartacus; & les Démons aussi sortiront des enfers pour contempler cet oeuvre du Code illuminé, & Satan pourra dire: voilà les hommes devenus ce que je voulais. Je les chassai d'Eden; Weishaupt les chasse de leurs villes, & ne leur laisse plus que les forêts. Je leur appris à offenser leur Dieu; Weishaupt a su anéantir & l'offense & le Dieu. J'avais laissé la terre leur rendre encore le prix de leur sueur; Weishaupt frappe la terre de stérilité. Ils la défricheraient en vain; le champ qu'ils ont semé ne sera plus à eux. Je leur laissais leurs riches & leurs pauvres, leur inégalité; Weishaupt leur ôte à tous le droit de rien avoir...; & pour les rendre tous égaux, il les fait tous brigands. Je pouvais jalouser leurs restes de vertu, de bonheur, de grandeur même sous les lois protectrices de leurs sociétés, de leur patrie; Weishaupt maudit leurs lois & leur patrie, & ne leur laisse plus que le stupide orgueil, l'ignorance & les moeurs du sauvage errant, vagabond & abruti... En les rendant coupables, je leur laissais encore le repentir & l'espoir du pardon; Weishaupt a effacé le crime & le remords; il ne leur laisse plus que leurs forfaits sans crainte & leurs désastres sans espoir..." (A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme,  1798, t. III, p. 430-431).

La société est une servitude, les nations & les peuples, des obstacles à l'universalisme



L'Illuminé se dit Patriote cependant qu'il travaille à la destruction des peuples, nations & patries


"Les hommes étaient donc passés de leur état (de nature) paisible au joug de la servitude (l'institution sociétale). Eden, ce Paradis terrestre était perdu pour eux. [...]Parmi ces hommes, il s'en trouva qui promettaient de protéger les autres, & devinrent leurs chefs. - Ils le furent d'abord des hordes, des peuplades. - Celles-ci, ou bien furent conquises, ou bien se réunirent & formèrent un grand peuple. Alors il y eut des nations & des chefs, des Rois des nations... A l'origine des Nations & des peuples, le monde cessa d'être une grande famille & un seul empire; le grand lien de la nature fut rompu".

"L'impudence de ces assertions étonne le Lecteur; il se dit à lui-même: comment se trouve-t-il des êtres démentant à ce point l'évidence, prétendant nous montrer l'univers ne formant qu'une même famille, & le grand lien de la nature dans les hordes éparses, où l'enfant peut à peine marcher, qu'il n'est plus à son père? Comment peut-on ne voir les hommes cesser de faire une famille, qu'au moment où ils se réunissent pour ne plus vivre que sous les mêmes chefs & sous les mêmes lois, pour leur protection, leur sûreté commune? Mais suspendons nos indignations. Appelons en ce moment sur-tout, aux leçons de la Secte, ces malheureux 'brigands' (un grade de la secte) eux-mêmes, qu'elle flattait de mériter eux seuls le nom de Patriotes, & dont elle guidait le brigandage ou les atrocités, par ces mots si puissants de Peuple, de Nation, de Patrie... Dans le temps même où elle fait donner si haut, pour eux & en public, ces noms chéris, écoutez les malédictions vomies dans ses Mystères, contre tout ce qui est peuple, nation, patrie:

" A l'instant où les hommes se réunirent en nations 'ils cessèrent de se reconnaître sous un nom commun -. Le nationalisme ou l'Amour National prit la place de l'amour général.

"[...] Aussi vit-on alors du Patriotisme naître le Localisme, l'esprit de famille, & enfin l'Egoïsme. Ainsi l'origine des Etats ou des gouvernements, de la société civile, fut la semence de la discorde; & le patriotisme trouva son châtiment dans lui-même... Diminuez, retranchez cet amour de la Patrie, les hommes de nouveau apprennent à se connaître & à s'aimer comme des hommes: il n'est plus de partialité; le lien des coeurs se déroule & s'étend. - Ajoutez au contraire à ce Patriotisme, vous apprenez à l'homme qu'on ne saurait blâmer un amour qui se refferre encore, se borne à la famille, & se réduit enfin au simple amour de soi, au plus strict Egoïsme '

"Abrégeons ces sophismes & ces blasphèmes du Hirophante Illuminé. Sous prétexte de son amour universel, laissons-le s'indigner contre ces noms de Grecs & de Romains, de Français ou d'Anglais, d'Italiens ou d'Espagnols, de Païens & de Juifs, de Chrétiens & de Musulmans, qui distinguent les nations ou les cultes. Laissons-le répéter qu'à travers tous ces noms celui d'homme s'oublie; qu'en résultera-t-il, si ce n'est que pour le Hiérophante Illuminé, comme pour les Sophistes désorganisateurs, ce prétendu amour universel est le manteau de la plus odieuse hypocrisie?..."

(Source : A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 183-186).



L'illuminé apprend à détruire l'amour de la famille plus encore que l'amour national & l'amour de la patrie

"En leur donnant la liberté, l'égalité, le Hiérophante leur a déjà appris à blasphmémer l'amour de la famille, plus encore que l'amour national et l'amour de la patrie; ses leçons leur ont déjà montré dans cet amour de la famille, le principe le plus immédiat du désastreux égoïsme; cherchez donc encore par quel lien vos enfans vous appartiennent; comment ils sont à vous, dès qu'ils peuvent sans crainte résister à votre souveraineté patriarchale... Non, il n'est plus de liens pour la secte infernale. Tous ceux de la nature, comme tous ceux des gouvernemens & de la religion s'effacent dans les derniers mystères de Weishaupt. L'enfant, comme le tigre, oublie son père, dès qu'il peut courir à sa proie. Eh! c'est là ce que la Secte appelle ramener l'univers à la nature, au règne patriarchal, à cette époque où le respect des enfans pour le père suppléait seul aux lois de la société civile! Oui, c'est en consommant la dépravation des moeurs, par l'exctinction des justes, des plus purs sentimens de la nature, que la Secte consomme ses mystères. Au nom de son égalité & de sa liberté, elle maudit l'empire & l'amour de la patrie; au nom de cette même égalité, de cette même liberté, elle abjure l'empire & l'amour de la famille."

(Source : A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, , 1798, t. III, p. 28-286).

A lire ces réflexions de l'abbé barruel, réflexions vieilles d'il y a plus de deux siècles, on est pris de stupeur devant tant de clairvoyance lorsque on examine aujourd'hui l'étendue du matraquage anti-national et anti-familial développé par la Ve République (immigration débridée, attaque générale du sentiment national et patriotique, politique anti-familiale acharnée, divorce, pacs, avortements, etc...). Les mots d'Augustin Barruel sont donc véritablement prophétiques et il fallait bien que ce complot maçonnique qu'il nous décrit avec tant de patience et de minutie, existât pour que nous en arrivions là où nous en sommes.



L'Illuminé se dit "Cosmopolite" ou "citoyen de l'Univers"

La patrie de l'Homme c'est l'univers

"Ces classes (grades de l'Illuminisme) forment une académie complète de conjurés. Par-tout où il en existe une semblable, la patrie est menacée d'une ruine prochaine, les Magistrats, les Citoyens peuvent s'attendre à voir leur religion, leurs lois, leurs propriétés bouleversées, anéanties. Mais pour la secte, la patrie de l'homme c'est l'univers; ou pour mieux dire: dans la secte il n'est plus de patrie. Ce mot seul de patrie est un blasphème contre les droits de l'homme, égalité & liberté"

(Source : A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, , t. III, p. 304).

"Il (l'illuminé) ne prétend aimer tous les hommes également que pour se dispenser d'en aimer un seul véritablement. Il déteste l'amour national & patriotique, parce qu'il hait les lois des nations & celle de la patrie. Il déteste jusqu'à l'amour de la famille & il y substitue l'amour universel, parce qu'il n'aime pas davantage & les concitoyens & sa famille, qu'il n'aime le Chinois, le Tartare & le Hottentot, ou le Barbare qu'il ne verra jamais; & parce qu'il lui faut pour tous la même indifférence. Il étend ce lien pour annuler sa force & son action. Il se dit citoyen de l'univers, pour cesser d'être citoyen dans sa patrie, ami dans ses sociétés, père & enfant dans sa famille. Il nous dit aimer tout d'un pôle à l'autre, pour n'aimer rien autour de lui.... Voilà ce que c'est que nos Cosmopolites".

"De nouveaux sophismes viennent lui persuader que la faute originelle du genre humain est réellement d'avoir abandonner l' égalité, la liberté de la vie sauvage, par l'institution des lois civiles..."

(Source : A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, , 1798, t. III, p. 186-187).



L'Illuminisme veut détruire la propriété: J.J. Rousseau, père de Weishaupt : "la terre n'est à personne"...

"Les progrès du sophisme sont ici remarquables. Que ce qu'ils sont déjà, nous dise ce qu'ils seront un jour. Le Genevois (Rousseau), sophiste de la liberté & de l'égalité, prévenant les leçons du moderne Spartacus, nous avait fait entendre cet oracle; "Le premier qui ayant enclos un terrain s'avisa de dire, ceci est moi, & trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile." Le Genevois sophiste avait ajouté: "Que de crimes, que de guerres, de meurtres, de misères & d'horreurs n'eût point épargné au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant les fossés, eût crié à ses semblables: gardez-vous d'écoutez cet imposteur; vous êtes perdus, et si vous oubliez que les fruits sont à tous, & que la terre n'est à personne!" (Discours sur l'inégalité, 1753, 2è part.)

Qu'il aurait épargné de forfaits & de spoliations à la Révolution française, ce même sophiste si, renonçant à son désastreux paradoxe, il avait su donner au genre humain des leçons plus vraies, plus réfléchies; & s'il nous avait dit: "Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de dire: ceci n'est à personne, je le cultiverai; de stérile, je le rendrai fertile; je ferai ce que la nature exige de moi pour en tirer ma subsistance, celle de mon épouse, celle de mes enfants; & ce terrain sera à moi. Le Dieu de la nature, qui ne l'a encore donné à personne, l'offre, & le donnera au premier cultivateur pour fruit de ses travaux. - Le premier qui, tenant ce discours, seconda le voeu de la nature & trouva des hommes assez sages pour l'imiter, fut le bienfaiteur du genre humain. Il apprit à ses enfans qu'ils n'étaient pas faits pour disputer aux animaux ou pour se disputer entre eux les fruits sauvages de la terre. Il leur dit qu'il était des vertus domestiques & civiles, préférables à la vie vagabonde & trop souvent féroce des Nomades. Sa postérité fut bénie; ses générations se multiplièrent. S'il ne put prévenir tous les fléaux, il arrêta au moins ce premier des fléaux, cette stérilité qui étouffe le germe de la vie, & ne laisse aux forêts que des hommes épars, trop souvent semblables au lion & au tigre, à qui seuls elles sont destinées.

"Si Jean-jacques eût tenu ce langage, il se fût évité l'ignominie d'être le père de Weishaupt; mais la sottise humaine, baptisée du nom de Philosophie, prodigue des éloges au paradoxe du Genevois; le sophiste Bavarois s'empare du Code de Jean-Jacques, & le délire de l'orgueil est puni par le délire de la scélératesse. Ce qui n'avait été dans les maîtres que le paradoxe d'une folle indépendance, sans perdre sa sottise, devient dans les élèves une désastreuse conspiration.

"Il n'est plus temps de dire simplement: Ce sont là les chimères des Sophistes; il faut dire aujourd'hui (en 1798): Ce sont là les complots qui se trament contre vos propriétés; les complots qui déjà vous expliquent tant de spoliations révolutionnaires; celle de l'Eglise, celle de la Noblesse, celle de nos Marchands, celle de tous les riches propriétaires. -Je veux le dire, ce sont là des chimères; mais ce sont les chimères de Weishaupt, du démon des brigands conjurés, du démon le plus riche en sophismes, le plus fécond en artifices, pour les réaliser. Ce que Jean-Jacques (Rousseau) a dit à ses Sophistes, le nouveau Spartacus (Weishaupt) le dit à ses légions illuminées: Les fruits sont à tous, la terre n'est à personne; il le dit dans ses antres, & il ajoute: Quand la propriété a commencé, l'égalité, la liberté ont disparu; & c'est au nom de cette égalité, de cette liberté qu'il conspire, qu'il invite les conjurés à rendre aux hommes la vie patriarchale."

(Source : A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, , 1798, t. III, p. 281-283).



L'Illuminisme veut détruire le christianisme

"Sous prétexte de découvrir une Religion plus parfaite, il (Weishaupt) leur a persuadé - aux adeptes - que le Christianisme du jour n'est que Superstition & tyrannie. Il leur a soufflé toute sa haine pour les prêtres & pour l'état actuel des Gouvernements. C'en est assez pour l'aider à détruire; il se gardera bien de leur dire ce qu'il veut édifier..."

(Source : A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, , 1798, t. III, p. 151).

LA MORALE "ILLUMINEE"

La morale des Illuminés consiste à rendre l'instruction & la lumière générales. Par là, vous rendrez aussi générale la sûreté mutuelle; or, la sûreté et l'instruction suffisent pour se passer de Prince et de gouvernement...

"Lorsque nous entendons la Secte prononcer avec enthousiasme le mot de morale, souvenons-nous de cette définition. Sans cela, tous ces mots d' honnêtes gens ou de vertu, de bons & de méchans, seraient intintelligibles dans la bouche des adeptes. Avec cette définition seule, l'honnête homme est celui qui travaille à l'anéantissement de la société civile, de ses lois & de ses chefs; le méchant, c'est tout homme qui travaille au maintien de cette société. Il n'est point d'autre crime crime, ou point d'autre vertu dans le Code Illuminé.

L'homme "est méchant parce que la Religion, l'Etat, de mauvais exemples le pervertissent. Il serait bon si l'on cherchait à le rendre meilleur, s'il était moins de gens intéressés à le rendre méchant, pour étayer leur puissance sur la méchanceté..."

(Source : A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, , 1798, t. III, p. 202-204)

La thèse est assez perverse pour que nous nous y arrêtions un instant. En somme, argument ressassé encore aujourd'hui, l'homme est méchant à cause d'hommes "intéressé à le rendre méchant" pour leur propre puissance... Les Prêtres et la Religion serait intéressés à le rendre méchant pour leur propre puissance... Le délire est incroyable, mais l'argument fonctionne et même fonctionne très bien chez certains... Nous pensons notamment aux gourous protestants accusant la richesse du Pape et de l'Eglise qui (la Secte ajoutant), pour conserver leur puissance, travailleraient à rendre l'homme méchant! La stupidité de la thèse est évidente et l'on se demande encore comment elle a pu et peut encore prendre des hommes dans ses filets. D'autant que la plupart du temps, les gourous "évangéliques" prospèrent sur leurs lucratives activités...

"La morale (Illuminée) [...] ne sera point cette morale (catholique) qui, en dégradant l'homme, le rend insouciant pour les biens de ce monde, lui interdit la jouissance des plaisirs innocens de la vie, lui inspire la haine de ses frères. Ce ne sera point celle qui favorise l'intérêt de ses Docteurs (on retrouve la thèse stupide développée ci-dessus); qui prescrit les persécutions, l'intolérance; qui contrarie la raison; qui interdit l'usage prudent des passions; qui nous donne pour vertus l'inaction, l'oisiveté, la profusion des biens envers les paresseux. Ce ne sera point sur-tout celle qui vient tourmenter l'homme déjà assez malheureux, & le jeter dans la pusillanimité, dans le désespoir, par la crainte d'un Enfer & de ses démons.

"Cela doit être plutôt cette morale si méconnue aujourd'hui, si altérée par l'égoïsme, si surchargée de principes étrangers. Ce doit être cette doctrine divine, telle que Jésus l'enseignait à ses disciples; celles dont il leur développait le vrais ens dans ses discours secrets".

(Source : A. Barruel, ibid., t. III, p. 206).

L'humanitarisme universel

 

"Sois libre, c'est-à-dire soit homme, & un homme qui sait se gouverner lui-même; un homme qui connaît ses devoirs & ses privilèges imprescriptibles; un homme qui ne sert que l'univers (le monde); qui ne fait que ce qui est utile au monde en général et à l'humanité. Tout le reste est injustice. [...] tiens, voilà tous les engagements que tu as contracté envers nous..."

(Source : Passage du grade de Régent ou de Prince Illuminé, cité in A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 237).

Où l'on voit que "servir l'univers...; le monde en général...", ce qui est demandé au Régent ou Prince Illuminé constitue en réalité un faux humanisme et un faux humanitarisme car étant l'inverse des recommandations de saint Jacques pour lequel, "la religion pure et sans tache devant Dieu le Père, la voici: '…se garder du monde pour ne pas se souiller'" (Jacques 1.27); car "Ami du monde, ennemi de Dieu" (Jacques 4)... Il nous semblait donc important de rétablir la vérité et la vérité catholique sur le vrai humanisme, en ces temps au contraire où le monde prêche l'inverse des recommandations divines.

Le Code Illuminé prévoit aussi qu'"il faut prêcher avec la plus grande chaleur l' intérêt général de l'humanité & inspirer l'indifférence pour toutes les unions ou sociétés plus étroites..."

(Source: A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, , t. III, p. 337).



La Franc-Maçonnerie aurait "le vrai Christianisme" (Knigge)

 

Les Francs-Maçons encore aujourd'hui n'hésitent pas à employer le nom de Jésus pour égarer les débutants, en avançant la thèse stupide des paroles dites "secrètes" du Christ à ses disciples, et d'un enseignement secret qu'il s'agirait de retrouver, parce que ayant été déformé ou mal compris... par les premiers Chrétiens... Exactement, comme si l'Eglise n'avait jamais été fondée par Notre Seigneur, Lui qui l'a revêtue de l'Esprit-Saint au Cénacle (Esprit-Saint "qui vous fera rappeler toutes les paroles que je vous ai enseignées"), ni n'avait jamais existé... Difficile de faire plus blasphématoire contre l'Esprit-Saint.

"Cette transition conduit Weishaupt au développement d'un mystère d'iniquité, auquel on l'a vu préparer de loin, & ses Illuminés majeurs, & surtout ses Illuminés Chevaliers-Ecossais. Pour l'intelligence de ce mystère, souvenons-nous comment les Frères Insinuant, & ses instituteurs commencent par jurer à leur condidat, à leur Novice, à l'académicien Minerval, que dans toutes les Loges de leur Illuminisme, il n'est pas question du moindre objet de contraire la Religion & aux Gouvernemens. Toutes ces promesses se sont peu à peu perdues de vue; les élèves ont eu le temps de s'accoutumer aux déclarations contre les Prêtres & les Rois. Déjà, il a été insinué que le Christianisme du jour n'est rien moins que la Religion, fondée par Jésus-Christ; il n'est pas temps encore de mettre le Christ même au nombre des imposteurs. Son nom & ses vertus peuvent encore inspirer de la vénération à ertains adeptes. Il en est ou il peut en être quelques-uns, que l'Athéïsme dans toute sa crudité révolterait encore. C'est pour ceux-là que Weishaupt revient ici sur Jésus-Christ. Dans le grade précédent, il s'était contenté d'annoncer que la doctrine religieuse de ce divin Maître avait été altérée; il n'avait pas dit sur-tout de quelle révolution politique il prétend montrer toutes les bases dans l'Evangile. C'est ici que l'exécrable Sophiste fait du Dieu des Chrétiens tout ce qu'en a fait depuis le trop fameux Fauchet, dans les chapitres de la Révolution. C'est ici que Weishaupt fait de Jésus-Christ le Père des Jacobins, & pour parler de langage de la Révolution, le Père & le Docteur des Sans-Culottes. Pour sentir tout ce qu'il y a d'astuce & de scélératesse méditée dans ce détestable artifice, lisons d'abord les confidences de l'adepte chargé de rédiger le Code de Weishaupt. Ainsi que ce monstrueux Instituteur, Knigge voit d'un côté des hommes qui détestent toute révélation; de l'autre, & parmi les élèves même de l'Illuminisme, quelques hommes qui ont besoin d'une religion révélée pour fixer leurs idées. C'est là-dessus qu'il entre en explication avec l'adepte Zwach & qu'il lui écrit en ces termes:

"Pour réunir & mettre en action, pour faire concourir à notre objet ces deux classes d'hommes, il fallait trouver une explication du Christianisme, qui rappelât les superstitieux à la raison, & qui apprît à nos sages plus libres à ne pas rejeter la chose pour l'abus. Ce secret devait être celui de la Maçonnerie, & nous conduire à notre objet. Cependant, le despotisme s'accroît chaque jour, & l'esprit de liberté gagne aussi par-tout en même temps. Il fallait donc ici réunir les extrêmes. nous disons donc encore ici que Jésus n'a point établi une nouvelle Religion, mais qu'il a simplement voulu rétablir dans ses droits la Religion naturelle; qu'en donnant au monde un lien général, en répandant la lumière & la sagesse de la morale, en dissipant les préjugés, son intention était de nous apprendre à nous gouverner nous-mêmes, & de rétablir, sans les moyens violens des révolutions, la liberté, l'égalité parmi les hommes. Il ne s'agissait pour cela que de citer divers textes de l'Ecriture, & de donner des explciations vraies ou fausses, n'importe, pourvu que chacun trouve un sens d'accord avec la raison, dans la doctrine de Jésus. Nous ajoutons que cette Religion si simple fut ensuite dénaturée, mais qu'elle se maintint par la discipline du secret, & qu'elle nous a été transmise par la Franc-Maçonnerie...

Spartacus (Weishaupt avait réuni bien des données pour cela; j'ai ajouté les miennes dans l'instruction pour ces deux grades - Nos gens voyant ainsi que nous seuls avons le vrai Christianisme, il ne nous reste plus qu'à ajouter quelques mots contre le Clergé & les Princes..."

(Sources : Ecrits orig. t. 2, lett. de Philon Knigge à Caton Zwach, p. 104 suiv., cité in A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 206-210).



La morale des "droits de l'homme", de la "liberté", de l'"égalité", outil de destruction de toute religion

Voici le mot réservé dans l'initation au dernier grade de l'Illuminisme (Mage ou philosophe Illuminé):

"Souvenez-vous aussi combien dans ces premiers grades nous vous avons parlé de morale & de vertu, mais combien les études que nous vous prescrivions & les leçons que nous vous donnions, rendaient & la vertu & la morale indépendantes de toute religion; combien, en vous faisant l'éloge de la Religion, nous avons su vous prévenir qu'elle n'était rien moins que ces mystères & ce culte dégénérés entre les mains des Prêtres. Souvenez-vous avec quel art, avec quel respect simulé nous vous avons parlé du Christ & de son Evangile, dans nos grades d' Illuminé majeur, de Chevalier Ecossais & d' Epopte; comment nous avons su, de cet Evangile, faire celui de notre raison; & de sa morale, celle de la nature; & de la religion, de la raison, de la morale, de la nature, faire la religion, la morale des DROITS DE L'HOMME, de l' égalité, de la liberté.

"Nous avons eu en vous bien des préjugés à détruire, avant de vous persuader que cette prétendue Religion du Christ n'était que l'ouvrage des Prêtres, & de l'imposture & de la tyrannie. S'il en est ainsi de cet Evangile, tant proclamé, tant admiré, que devons-nous penser de toutes les autres religions? Apprenez donc qu'elles ont toutes les mêmes fictions pour origines; qu'elles sont également toutes fondées sur le mensonge, l'erreur, la chimère & l'imposture. Voilà notre secret..."

(Source : A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, , 1798, t. III, p. 262-263).

"Si pour détruire tout christianisme, toute religion, nous avons fait semblant d'avoir seuls le vrai Christianisme, seuls la vraie religion; souvenez-vous que la fin sanctifie les moyens, que le sage doit prendre pour le bien tous les moyens du méchant pour le mal. Ceux dont nous avons usé pour vous délivrer, ceux que nous prenons pour délivrer un jour le genre humain de toute religion, ne sont qu'une pieuse fraude que nous nous réservons de dévoiler dans ce grade de Mage ou de Philosophe Illuminé" (A. Barruel, ibid., t. III, p. 264).

 

Lecture faite aux initiés "Mage" ou "Philosophe Illuminé"

 

"On ne permet pas aux élus de transcrire ces grades; on les leur communique par une simple lecture;...

"Le premier, qui est celui de Mage, appelé aussi le Philosophe, contient les principes fondamentaux du spinozisme. Tout ceci est matériel; Dieu et le monde ne sont qu'une même chose; toutes les religions sont inconsistantes, chimériques, & l'invention d'hommes ambitieux".

(Source : A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 266).

 

"[...] le Dieu de Weishaupt comme celui de Spinoza ou de Lucrèce, n'était pas autre chose que la matière & l'univers, ou le Dieu des athées. Car le sieur d'Alembert a beau dire que le Spinozisme est précisément le système le plus opposé à l'Athéisme (Voyez Eloge de Montesquieu) & Spinoza, tout comme d'Alembert, aurait beau dire qu'au lieu d'être athée, au lieu de nier Dieu, il fait tout Dieu; la sottise & l'impudence de cette excuse n'en sont pas moins extrêmes. Dire qu'il n'y a point d'autre Dieu que le monde [c'est déjà l'erreur gnostique qui niait le Dieu Créateur], c'est évidemmment nier le seul Être qui puisse être justement appelé Dieu; c'est se jouer des hommes, & leur dire que l'on retient la chose parce qu'on n'ose pas ôter le nom..., alors même que l'on fait usage du nom de Dieu pour détruire l'idée de la Divinité!...

L'Abbé Barruel ajoute: "Je crois donc avoir bien suffisamment démontré que ce premier objet des grands mystères de l'Illuminisme, cet objet de tant de ruses & de tant d'artifices, est de conduire les adeptes au plus monstrueux athéisme, & de persuader à tous les peuples que toute religion n'est que l'invention d'ambitieux imposteurs; que pour le délivrer du despotisme de l'imposture & RECOUVRER LES FAMEUX DROITS DE L'HOMME, la Liberté, l'Egalité, il faut commencer par anéantir toute Religion, tout culte, tout autel, cesser de croire en Dieu"

(Source : A. Barruel, ibid., t. III, p. 269).

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. Subversion du langage : Un poème d'Armand Robin qui explique le programme des deux derniers siècles

. L'action occulte des Illuminati aux Etats-Unis et en Urss au XIXe et XXe siècles 

. La République universelle

. Weishaupt et les sites anti-conspirationnistes
. La Conjuration antichrétienne de Mgr Delassus (1910), Livre II disponible en lecture numérisée sur Canadian Libraries
. Aide-mémoire

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Publié par Ingomer - dans Histoire
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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 07:04
Une très belle reconstitution cinématographique de la vie de Clovis, le fondateur de la monarchie française civilisationnelle (alliance du Trône et de l'Autel). Sans les habituelles boursouflures, déformations et falsifications historiques des mythographes républicains.

Clovis , La France et la chrétienté 1/2
envoyé par apo-catholique.

A noter, dans cette première parti, à partir de 17:28, une explication de l'origine des croix dites "celtiques" : "Les Germains ajoutent au symbole chrétien un emblème païen, la roue solaire ou roue de la fortune, cette combinaison explique bien le rapprochement des deux cultures. Les archéologues retrouvent ces croix en feuilles dans de nombreuses sépultures alamanes du Ve siècle".

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Publié par Ingomer - dans Histoire
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19 mai 2009 2 19 /05 /mai /2009 10:32

Video du débat entre Paul Veyne, Lucien Jerphagnon et Marie-Françoise Baslez sur publicsenat.fr

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Publié par Ingomer - dans Histoire
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