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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 23:21

Mis à jour le 22 octobre 2015.

Image illustrative de l'article Saturne dévorant un de ses filsSans parler des sacrifices humains dans les pays nordiques et en Gaule (voir en fin d'article), qui sont à présent plus largement attestés et reconnus, la question des sacrifices humains en Grèce et à Rome, bien que plus épineuse, n'est ni une allégorie, ni une fable inventée à plaisir, c'est un fait historique attesté par le double témoignage des historiens païens (Denys d'Halicarnasse , Plutarque, Suétone, Dion Cassius, Tite-Live, Lactance) et des historiens chrétiens (Eusèbe, Tertullien).


Il s'agit d'un sujet encore largement inabordé, qui a souvent gêné les spécialistes de la culture grecque. C'est sans doute pour cette raison que, sauf rares exceptions, on avait tendance à ignorer ce thème non seulement dans des ouvrages généraux sur la Grèce ancienne, mais aussi dans des études plus spécifiques consacrées aux pratiques sacrificielles grecques. Quelques ouvrages cependant commencent à aborder le sujet.
 

A lire : Le sacrifice humain : Une question controversée de GEORGOUDI Stella

 

Magazine : Religions & Histoire n° 14 Page : 46-51. Source : http://www.religions-histoire.com/numero-14/sacrifices-offrandes-grece-antique/sacrifice-humain-une-question-controversee.21370.php#article_21370

 

Les lignes ci-dessous sont tirées de l'ouvrage de Mgr Gaume, Pronotaire apostolique, publié en 1877 « Mort au cléricalisme ou résurrection du sacrifice humain » (Gaume et Cie Editeurs, 1877.) Un éclairage théologique des sacrifices humains, disponible en PDF : http://catholicapedia.net/Documents/cahier-saint-charlemagne/documents/C131_Gaume_mort-au-clericalisme_44p.pdf

 

«Dans les républiques de la Grèce et notamment à Athènes, on nourrissait aux frais de l'Etat quelques hommes vils et inutiles. Arrivait-il une peste, une famine, ou une autre calamité ? on allait prendre deux de ces victimes et on les immolait pour purifier la ville et la délivrer. Ces victimes s'appelaient Demosioi, nourris par le peuple ; Pharmakoi, purificateurs ; Katharmata, expiateurs.

 

«Il était d'usage d'en immoler deux à la fois : un pour les hommes, et un pour les femmes, sans doute afin de rendre plus complète la parodie des deux boucs émissaires.

 

Afin que tout le monde pût jouir de la fête, on choisissait un lieu commode pour le sacrifice. Un des archontes, ou principaux magistrats, était chargé d'en soigner tous les préparatifs et d'en surveiller tous les détails.

 

«Le cortège se mettait en marche, accompagné de chœurs de musiciens, exercés de longue main et superbement organisés. Pendant le trajet, on frappait sept fois les victimes avec des branches de figuier et des oignons sauvages, en disant : Sois notre expiation et notre rachat.

 

«Arrivés au lieu du sacrifice, les expiateurs étaient brûlés sur un bûcher de bois sauvage et leurs cendres jetées au vent dans la mer, pour la purification de la ville malade.

 

«D'accidentelle qu'elle était au commencement, l'immolation devint périodique et reçut le nom de Fête des Thargélies. On la faisait en automne, elle durait deux jours, pendant lesquels les philosophes célébraient par de joyeux festins la naissance de Socrate et de Platon» (Annales de philosophie chrétienne, juillet 1861, p. 46 et sv.)

 

Description de cette image, également commentée ci-aprèsDans la même catégorie, on peut ranger le sacrifice annuel, offert par les Athéniens à Minos. Les athéniens ayant fait mourir Androgée, furent moissonnés par la peste et par la famine. L'oracle de Delphes, interrogé sur la cause de la double calamité et sur le moyen d'y mettre un terme, répondit :

 

«La peste et la famine cesseront, si vous désignez par le sort sept jeunes gens et autant de jeunes vierges pour Minos. Vous les embarquerez sur la mer sacrée en représailles de votre crime. C'est ainsi que vous vous rendrez le dieu favorable» (Tum vero dira fames, atque inclementia pestis Deseret, ac tristis melior Deus exuet iras, Cum vestro e numero, scelerisque piacula vestri Quos sors cumque petit, seu mas seu fæmina cedat, Corpora pontus agat magni Minois ad urbem. Ex. Ænomao, apud, Euseb., Præp. Evang., lib. V, c. XIX.)

 

Les malheureuses victimes étaient conduites dans l'île de Crète et enfermées dans un labyrinthe, où elles étaient dévorées par un monstre, moitié homme et moitié taureau, qui ne se nourrissait que de chair humaine. (Un documentaire diffusé sur Arte le 21 mars 2009, de nationalité franco-britannique, évoque effectivement les sacrifies humains et les cas de cannibalisme en Crète minoenne. La légende du minotaure aurait été un reflet, un lointain souvenir de sacrifices humains en Crète. Des fouilles archéologiques irréfutables ont découvert des restes humains dont la chair a été arrachée puis cuite... NdCR.)

 

«Qu'est-ce donc que cet Apollon (l'oracle de Delphes), ce dieu libérateur que consultent les Athéniens, demande Eusèbe aux auteurs païens, historiens du fait ? Sans doute, il va exhorter les Athéniens au repentir et à la pratique de la justice. Il s'agit bien de pareilles choses ! qu'importent de tels soins pour ces excellents dieux, ou plutôt pour ces démons pervers ? Il leur faut au contraire des actes du même genre, immiséricordieux, féroces, inhumains, ajoutant, comme dit le proverbe, la peste à la peste, la mort à la mort.

 

«Apollon leur ordonne d'envoyer chaque année au Minotaure sept adolescents et sept jeunes vierges, choisis parmi leurs enfants. Pour une seule victime, quatorze victimes, innocentes et candides ! et non pas une fois seulement, mais à tout jamais, de manière que jusqu'au temps de la mort de Socrate, c'est-à-dire plus de cinq cents ans après, l'odieux tribut n'était pas encore supprimé chez les Athéniens. Ce fut en effet la cause du retard apporté à l'exécution de la sentence capitale rendue contre ce philosophe ». (Euseb., ibid., lib. V, c. XVIII.)

 

Sans compter les Thargélies, voilà pendant cinq cents ans sept mille victimes humaines, la fleur de la jeunesse athénienne, immolées au démon ! Et l'on ne cesse de nous vanter la belle antiquité : Athènes surtout comme le type inimitable de la civilisation !

 

Ce n'est pas seulement Athènes, la République modèle, qui sacrifiait des victimes humaines, c'était toute la Grèce. Chaque année au mois de mai, le sixième jour de la nouvelle lune, la ville de Rhodes immolait un homme à Saturne. Avec le temps cet usage fut modifié, mais non supprimé. A la place d'un prisonnier ou d'un esclave, on sacrifiait un condamné à mort. La fête des Saturnales étant arrivée, on conduisait cet homme hors des murs, en face de la déesse Aristobule. Là, après lui avoir fait boire du vin, on l'égorgeait.

 

A Salamine, on immolait régulièrement un homme à Aglaure, fille de Cécrops et de la nymphe Aglauris. Le malheureux condamné à mort était conduit par des jeunes gens dans le temple de la déesse, et faisait trois fois le tour de l'autel en courant ; après quoi, le prêtre le frappait dans l'estomac avec une lance ; puis, il le consumait tout entier sur un bûcher préparé à cet effet.

 

Disons en passant ce qui avait lieu en Egypte, le pays des savants. A Héliopolis les Egyptiens étaient dans l'usage d'immoler des hommes à la déesse, connue en Occident sous le nom de Junon. Ces hommes étaient choisis de la même manière que pour les taureaux sacrés ; et on les marquait d'un sceau. On en immolait trois le même jour.

 

Image illustrative de l'article Jupiter (mythologie)A Chio, aujourd'hui Scio, île de l'archipel grec, on immolait un homme à Bacchus, que l'on écartelait ; on en faisait autant à Ténédos et à Lacédémone en l'honneur du dieu Mars. Aristomène, roi de Messine, égorgea trois cents Lacédémoniens en l'honneur de Jupiter d'Ithome, croyant que d'aussi nombreuses et de telles hécatombes devaient lui être agréables. En effet, Théopompe, roi de Lacédémone, en faisait partie.

 

A Pella, ville de Thessalie, on immolait un homme de l'Achaïe en l'honneur de Pélée et de Chiron. Les Lyctiens, peuple de Crète, égorgeaient un homme en l'honneur de Jupiter ; les Lesbiens en l'honneur de Bacchus, et les Phocéens, un homme en holocauste à Diane. Erecthée l'Athénien immola sa propre fille à Proserpine.

 

Outre ces immolations périodiques, les Athéniens dans les circonstances difficiles, n'hésitaient pas plus que les autres peuples de la belle antiquité à recourir, sur la demande des dieux, aux sacrifices humains. C'était au moment de livrer bataille à la flotte de Xercès :

 

Description de cette image, également commentée ci-après«Pendant que Thémistocle, écrit Plutarque, faisait aux dieux des sacrifices sur le vaisseau amiral, on lui présenta trois jeunes prisonniers, d'une beauté extraordinaire, magnifiquement vêtus, et chargés d'ornements d'or. On disait que c'étaient les fils de Sandaque sœur du roi, et d'un prince appelé Artaycte.

 

«Au moment où le devin Euphratidès les aperçut, il remarqua qu'une flamme pure et claire sortait du milieu des victimes et un éternuement donna un augure à droite. Alors, appuyant sa main droite sur Thémistocle, il lui ordonna, après avoir invoqué Bacchus-Omestès (mangeur de chair crue), de lui immoler ces jeunes gens, l'assurant que la victoire et le salut des Grecs étaient à ce prix. Thémistocle semble hésiter, mais les soldats veulent qu'on suive l'avis du devin et les jeunes gens sont immolés. (In Themist., c. XIII, n° 3.)

 

De son côté l'historien Plutarque nous apprend que tous les Grecs immolaient en commun des victimes humaines avant de marcher aux ennemis. (Apud, Euseb., lib. IV, c. XVI.)

 

Telle que soit l'origine grecque ou germanique des Pélasges, nous les plaçons ici parce qu'ils habitèrent la grande Grèce. On sait que la grande Grèce était cette contrée située à l'extrémité orientale de l'Italie. Là, comme partout ailleurs, Satan demandait le sang de l'homme et surtout le sang de l'innocence.

 

«Je vais, dit Eusèbe, citer un témoin non suspect de la férocité sanguinaire des démons, ennemis implacables de Dieu et des hommes: c'est Denys d'Halicarnasse, écrivain très versé dans l'histoire romaine qu'il a embrassée tout entière dans un ouvrage écrit avec le plus grand soin.

 

Description de l'image Dionigi di Alicarnasso.jpg.«Les Pélasges, dit-il, restèrent peu de temps en Italie, grâce aux dieux qui veillaient sur les Aborigènes. Avant la destruction des villes, la terre était minée par la sécheresse, aucun fruit n'arrivait à maturité sur les arbres. Les blés qui parvenaient à germer et à fleurir, ne pouvaient atteindre l'époque où l'épi se forme. Le fourrage ne suffisait plus à la nourriture du bétail. Les eaux perdaient leur salubrité et parmi les fontaines, les unes tarissaient pendant l'été, les autres à perpétuité.

 

«Un sort pareil frappait les animaux domestiques et les hommes. Ils périssaient avant de naître ou peu après leur naissance. Si quelques-uns échappaient à la mort, ils étaient atteints d'infirmités ou de difformités de toute espèce. Pour comble de maux, les générations parvenues à leur entier développement, étaient en proie à des maladies et à des mortalités, qui dépassaient tous les calculs de probabilité.

 

«Dans cette extrémité, les Pélasges consultèrent les oracles pour savoir quels dieux leur envoyaient ces calamités, pour quelles transgressions, et enfin par quels actes religieux ils pouvaient en espérer la cessation. Le dieu rendit cet oracle : "En recevant les biens que vous aviez sollicités, vous n'avez pas rendu ce que vous aviez fait vœu d'offrir : mais vous retenez le plus précieux". En effet. les Pélages avaient fait vœu d'offrir en sacrifice à Jupiter, à Apollon et aux Cabires, la dîme de tous leurs produits.

 

«Lorsque cet oracle leur fut apporté ils ne purent en comprendre le sens. Dans cette perplexité un des vieillards leur dit : Vous êtes dans une erreur complète, si vous pensez que les dieux vous font d'injustes répétitions. Il est vrai, vous avez donné fidèlement les prémices de vos richesses, mais la part de la génération humaine, la plus précieuse pour les dieux, est encore due. Si vous payez cette dette les dieux seront apaisés et vous rendront leur faveur.

 

«Les uns considérèrent cette solution comme parfaitement raisonnable, les autres, comme un piége. En conséquence, on proposa de consulter le dieu pour savoir si, en effet, il lui convenait le recevoir la dîme des hommes. Ils députent donc une seconde fois des ministres sacrés, et le dieu répondit d'une manière affirmative.

 

«Bientôt des difficultés s'élevèrent entre eux sur la manière de payer ce tribut. La dissension eut lieu d'abord entre les chefs des villes ; ensuite elle éclata parmi les citoyens qui soupçonnaient leurs magistrats. Des villes entières furent détruites, une partie des habitants déserta le pays, ne pouvant supporter la perte des êtres qui leur étaient le plus chers et la présence de ceux qui les avaient immolés.

 

«Cependant les magistrats continuèrent d'exiger rigoureusement le tribut, partie pour être agréables aux dieux, partie dans la crainte d'être accusés d'avoir dissimulé des victimes, jusqu'à ce qu'enfin la race des Pélasges trouvant son existence intolérable se dispersa dans des régions lointaines ». (Multæ propterea migrationez, quæ Pe!asgam gentem varias in terras longe lateque deportarunt. Dieu, Haly., Hist., lib.I.)

 

Voilà ce qui se passait chez ces Grecs si vantés, avant la prédication du cléricalisme. ET AUJOURD'HUI ON VEUT L'EXTERMINER! ET ON DIT QUE TOUTES LES RELIGIONS SONT ÉGALEMENT BONNES !

 

CHAPITRE XIV - EUROPE. LES ROMAINS.

 

Après notre rapide excursion dans l'ancienne Asie, dirigeons notre voyage vers l'Europe. Sans doute cette partie du monde, privilégiée entre toutes, ne nous offrira pas l'affreux spectacle des sacrifices humains. Du moins les Romains, l'admiration des collèges, des lycées et même de certains petits séminaires, eurent constamment en horreur une pareille barbarie. L'éducation classique ne les accuse jamais d'y avoir participé, il est vrai ; mais l'éducation classique n'est pas l'histoire. Celle-ci va nous ouvrir ses sanglantes annales et nous montrer ce qu'étaient, non seulement sous le rapport des mœurs, mais encore de la cruauté, ces Romains si vantés, qu'un chrétien n'a pas craint d'écrire qu`il faut adorer leurs reliques.

 

On le sait, les Romains avaient reçu des Grecs une partie de leurs institutions, de ce nombre était celle du sacrifice humain. Comme les Grecs, les Romains avaient donc leurs expiateurs publics. C'étaient des victimes choisies et dévouées d'avance. Dans les calamités publiques on allait, pour les égorger, les prendre dans le lieu où elles étaient nourries, comme le boucher va chercher au pâturage le bœuf qu'il conduit à l'abattoir.

 

Voici, d'après Denis d'Halicarnasse, comment les choses se passaient :

 

«Les anciens Romains offraient à Saturne des victimes, telles que les Carthaginois (des enfants) ne cessèrent d'en offrir tant que leur république subsista, et telles encore que celles offertes de nos jours chez les Gaulois et d'autres peuples occidentaux, c'est-à-dire qu'ils immolaient des victimes humaines.

 

«Pour une raison ou pour une autre, ce genre de sacrifice fut remplacé par le suivant : à la place des hommes dont ils liaient les pieds et les mains, et qu'ils précipitaient dans le Tibre pour apaiser la colère des dieux ils firent des images semblables à ces hommes, vêtues de la même manière. Peu après l'équinoxe du printemps, aux ides de mai, les pontifes, les vestales, les préteurs et ceux qui ont droit d'assister aux sacrifices religieux, jettent dans le Tibre du haut du pont Sacré trente images (mannequins) représentant des hommes, qu'ils nomment Argiens ou Grecs. C'est ce que les Romains n'ont cessé de mettre en pratique jusqu'à moi » (Denys d'Halycarnasse vivait vingt-cinq ans avant Notre-Seigneur. Apud Euseb., Præp. Evang., lib. IV, c. XVI.).

 

Les Romains ne se contentèrent jamais de ces symboles de victimes humaines, ni de quelques victimes isolées. D'abord, toutes les fois qu'on donnait dans l'amphithéâtre les jeux en l'honneur de Jupiter Latialis (Latialis Jupiter et nunc sanguine colitur humano. De divin. instit., lib. 1, 13) ou Latiaris, la fête commençait par le sacrifice d'une victime humaine. La fête revenait chaque année et durait quatre jours.

 

«Encore maintenant, dit Lactance, Jupiter Latialis est honoré par le sang humain».

 

Prudence, Dion Cassius et Tertullien témoignent du même fait. Le grand apologiste s'exprime ainsi :

 

«Voilà que dans cette très religieuse ville des pieux fils d'Énée, il y a un certain Jupiter que dans leurs jeux, ils arrosent de sang humain » (Ecce in illa religiosissima urbe Æneadorum piorum est Jupiter quidam quem Ludis suis humano proluunt sanguine. Apud., IX.)

 

Saint Cyprien confirme le fait et décrit la manière dont se faisait l'immolation. Le prêtre égorgeait la victime, recevait le sang tout chaud dans un vase, et le jetait à la face de l'idole, comme pour le lui faire boire (Cruor etiam de jugulo calidus exceptus patera, cum adhuc fervet, et quasi sitienti idolo, in faciem jactatur crudeliter propinatur. De spertaculi. Voir les notes sur Euseb., Præp. Evang., lib. IV, c.xv, note 2.)

 

Ensuite, les combats de gladiateurs dans l'amphithéâtre n'étaient autre chose que des hécatombes humaines offertes aux dieux, en actions de grâces de quelque victoire, ou de quelque grand événement favorable à la République. C'était l'accomplissement de la promesse faite par les généraux romains, lorsqu'ils assiégeaient une ville.

 

Leur premier soin était de prononcer la formule d'évocation par laquelle ils priaient les divinités protectrices de la ville, de l'abandonner et de venir dans leur camp. A cette condition ils leur promettaient des temples et des jeux, c'est-à-dire des combats d'hommes ou des immolations de victimes humaines.

 

Pour rendre grâces aux dieux de la prise de Jérusalem, Titus donna cinq mille paires de gladiateurs, c'est-à-dire qu'il fit immoler, pendant l'espace de vingt jours, dix mille victimes humaines.

 

OImage illustrative de l'article Augustectave, depuis l'empereur Auguste, lui avait donné l'exemple. Après la prise de Pérouse il offrit en sacrifice aux mânes de César trois cents chevaliers ou sénateurs romains (Trecentos ex diditiis electos, utriusque ordinis ad aram divo Julio extructam, idibus Martii hostiarum more mactatos. Suet., in Octav., n° 15.)

 

En cela il ne faisait que suivre l'exemple de César lui-même :

 

«A la suite des jeux qu'il fit célébrer après son triomphe sur Vercingétorix (qui fut égorgé), ses soldats se mutinèrent.

 

Le désordre ne cessa que lorsque César s'étant présenté au milieu d'eux, saisit de sa main un des mutins pour le livrer au supplice. Celui-là fut puni pour ce motif ; mais deux autres hommes furent en outre égorgés en manière de sacrifice.

 

C'est dans le champ de Mars, par les pontifes et par le flamine de Mars qu'ils furent immolés. Au reste, continue Tite-Live, il était permis au consul, au dictateur et au préteur, quand il dévouait les légions des ennemis, de dévouer non pas soi-même, mais le citoyen qu'il avait pris dans une légion romaine» (Hist., lib. XLIII, c. XXIV; et Iib. VIII, c. X.)

 

Le même Esprit qui ordonnait autrefois dans le monde païen, le sacrifice humain, l'ordonne aujourd'hui dans tous les pays où il continue de régner sans contrôle : là, sous le nom de Mars, de Jupiter ou d'Apollon ; ici, sous le nom de Fétiche ou de Manitou. Sous une forme ou sous une autre, l'anthropophagie suit le sacrifice. L'Océanien mange ses victimes avec les dents, tandis que le Romain les dévorait des yeux et les savourait avec délices. L'Océanien est un sauvage inculte, le Romain était un sauvage policé. Dans l'un comme dans l'autre, on trouve la soif naturellement inexplicable de sang humain.

 

«Vue à travers Rome chrétienne, dit M. L. Veuillot (Parfums de Rome. Le sot païen), l'antique Rome inspire aussitôt le dégoût. Ces grands Romains, ces maîtres du monde n'apparaissent plus que comme des saurages lettrés. Y a-t-il chez les cannibales rien de plus atroce, de plus abominable, ou de plus abject, que la plupart des coutumes religieuses, politiques ou civiles des Romains ? Y voit-on une luxure plus effrénée, une cruauté plus infâme, un culte plus stupide ? Quelle différence même de forme peut-on signaler entre le Fétiche et le dieu Lare ? Quelle différence entre le chef de horde anthropophage qui mange son ennemi vaincu, et le patrici en qui achète des vaincus pour qu'ils se combattent sous ses yeux et se tuent dans les festins ? »

 

Voilà ce qui se passait chez les Romains avant la prédication du cléricalisme ! ET AUJOURD'HUI ON VEUT L'EXTERMINER ! ET ON DIT QUE TOUTES LES RELIGIONS SONT ÉGALEMENT BONNES !

 
 

  • Tiré de l'ouvrage de Mgr Gaume publié en 1877 « Mort au cléricalisme ou résurrection du sacrifice humain (Gaume et Cie Editeurs, 1877.)
  •  
  • Disponible en PDF : http://catholicapedia.net/Documents/cahier-saint-charlemagne/documents/C131_Gaume_mort-au-clericalisme_44p.pdf


 

Autres sources :

 

(1) Le sacrifice humain en Grèce ancienne, de Pierre Bonnechere http://books.google.fr/books/about/Le_sacrifice_humain_en_Gr%C3%A8ce_ancienne.html?id=pvsoAAAAYAAJ&redir_esc=y

 

(2) Sacrifices humains. Dossiers, discours, comparaisons

 

Actes du colloque tenu à l'Université de Genève, 19-20 mai 2011

 

A. A. Nagy, F. Prescendi (eds.)

 

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274 p., 20 b/w ill., 155 x 240 mm, 2013

 

ISBN: 978-2-503-54809-8

 

Languages: French, English

 

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Retail price: EUR 50,00 excl. tax

 

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Les auteurs de ce volume, historiens des religions, anthropologues et archéologues, étudient des rituels traditionnellement appelés « sacrifices humains », choisis dans leurs domaines respectifs de recherche – des tombeaux royaux d’Ur aux rites anthropoctoniques égyptiens, grecs, romains ou indiens, et des mises à mort rituelles des Gaulois et anciens Mochica aux crimes d’honneur des rapports onusiens. Leur questionnement tourne autour de problèmes méthodologiques fondamentaux pour l’histoire des religions : quand et pourquoi ces rites ont-ils été décrits comme des « sacrifices humains » ? Est-il possible, souhaitable, voire nécessaire d’interpréter autrement de telles mises à mort ? Au fil des diverses interventions, on se rendra compte combien ces « sacrifices barbares » hantent notre imaginaire scientifique, aujourd’hui comme par le passé. Il s’agit en fait d’un concept opératoire, hérité de l’Antiquité classique et consolidé par la culture judéo-chrétienne, qui sert indifféremment de grille de lecture pour expliquer les rites les plus variés.

Source : http://www.brepols.net/Pages/ShowProduct.aspx?prod_id=IS-9782503548098-1

 

Mise à jour 22.10.2015. Dans son livre « Nos ancêtres les Gaulois », Jean-Louis Brunaux affirme que « la réalité du sacrifice humain en Gaule est indéniable, comme elle l'est dans la Grèce archaïque et dans la Rome royale. » (J.-L. BRUNAUX, Nos ancêtres les Gaulois, Editions du Seuil, Points Histoire, Villeneuve d'Asq 2012, p. 152)

 

Jean-Louis-Brunaux--Nos-ancetres-les-Gaulois.jpg

 

"Malheureusement, comme les Ligures, les Celtes avaient dans leurs pratiques l'horrible usage des sacrifices humains. On ne peut y penser sans un mouvement de révolte; mais il faut se dire que les premiers rites de tous les peuples ont connu ces détestables cruautés." (Frantz FUNCK-BENTANO, Les Origines, Librairie Hachette, 1925, p. 36.)

 

 

Les sacrifices humains en Grèce et à Rome

Plus tard, le christianisme triomphant en Gaule, "si les sacrifices ne font plus couler le sang humain, du moins sont-ils nombreux encore en l'honneur des divinités légendaires.

Et l'on comprend l'obstination des chrétiens à traquer ces survivances tenaces, non seulement en proscrivant les vieilles pratiques druidiques, mais en s'efforçant de faire oublier la langue même dont se servaient les sectateurs du culte condamné. (F. Funck-Brentano, Les Origines, ibid., p. 190.)

Les sacrifices humains en Grèce et à Rome

"On en sait beaucoup plus depuis la découverte d'un sanctuaire à Gournay-sur-Aronde (Oise) (fouillé de 1977 à 1984, NDLR.), daté d'environ 100 av. J.-C., et appartenant à un oppidum du peuple belge des Bellovaques. On y a pu reconstituer le calendrier des sacrifices à l'occasion des fêtes et déterminer les catégories des sacrifices: des objets, notamment des armes toujours détruites et déformées, des animaux - bovidés, ovins, porcins, chiens et quelques chevaux - et des hommes, au moins onze, tués rituellement comme le montrent les vertèbres coupées. ... On voit donc les druides occupés, longuement et à plusieurs reprises par ce genre d'affaire qui était visiblement de la plus haute importance pour gagner la faveur des dieux..." (Karl Ferdinand WERNER, Les Origines, Histoire de France sous la Direction de Jean Favier, tome 1, Fayard, Evreux 1984, p. 161.)

 

Il était également "habituel, au moins au cours des guerres, de procéder à l'offrande de victimes humaines en action de grâce..." (J.-L. BRUNAUX, Nos ancêtres les Gaulois, Editions du Seuil, Points Histoire, Villeneuve d'Asq 2012, p. 138.)

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Publié par Ingomer - dans Histoire
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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 00:00

"Le massacre de Jaffa (mars 1799) : un crime de guerre ? Violence, droit et souveraineté."

Extrait d'une conférence de Patrice Gueniffey tenue le 4 octobre 2012 sur un sujet méconnu du grand public car peu abordé par le roman révolutionnaire.

 

 

 

Le siège de Jaffa eut lieu du 3 au 7 mars 1799 pendant le campagne d'Égypte. L'armée de Bonaparte y défait les forces Ottomanes de Djezzar Pacha. Tôt le matin du 7 mars, Bonaparte envoie un émissaire pour exiger la reddition de la ville. Celui-ci est décapité.

 

http://media.napoleon-images.us/illustrations/ordo_ab_chao.pngDu 7 au 10 mars, les assiégés sont exécutés à la baïonnette, les habitants sont massacrés pendant trois jours "au point que certains officiers ont été obligés de sabrer leurs propres soldats pour leur faire lâcher prise".

Apercevant les quelque 3 000 prisonniers ottomans, Bonaparte se serait écrié :  

 

  • « Que veulent-ils que je fasse de tant de prisonniers ? Ai-je des vivres pour les nourrir, des bâtiments pour les déporter ? Que diable m'ont-ils fait là ? » (Histoire scientifique et militaire de l'expédition française en Égypte.)

 

Pendant trois jours et deux nuits, le massacre de la population civile, le pillage et les viols se poursuivent.

 

Malgré la promesse de les épargner lors de leur reddition, les 3 000 prisonniers sont exécutés. Bonaparte, pour économiser les munitions, a ordonné une exécution à l'arme blanche sur la plage de Jaffa. Le célèbre passage des Mémoires d'Outre-Tombe, où Chateaubriand visitant la plage de Jaffa, dit : "J'ai vu cette plage, j'ai vu l'aile de l'hirondelle du printemps frôler ce sable encore poisseux du sang des victimes". On a des récits effrayants de ce qu'a été l'exécution qui a duré trois jours.

 

http://media.napoleon-images.us/tableaux/loge_bonaparte.jpgBonaparte s'est chargé lui-même de faire l'apologie du massacre dans des proclamations adressées aux populations locales et à ses ennemis, leur disant :

 

"C'est la preuve que le prophète est avec moi et que rien ne peut me résister. La preuve : ces prisonniers sont morts".

 

En France, il fut interdit de parler de ce massacre dès la prise du pouvoir par Bonaparte. Ce n'est que sous la Restauration, après sa chute, que le sujet est sorti et est devenu l'objet d'un débat très important. Globalement, l'épisode est apparu comme un signe de la perversité et de la monstuosité de l'empereur et n'a trouvé qu'un seul défenseur, mais illustre : Stendhal, qui est le seul apologiste du massacre de Jaffa. Puisque dans sa Vie de Napoléon, Stendhal explique que Bonaparte n'a fait que son devoir en tuant ces prisonniers, qu'il s'est conformé aux principes du droit naturel et du droit des gens qui spécifie que les défenseurs d'une place prise d'assaut ayant refusé d'obtempérer aux sommations doivent être passés au fil de l'épée et qu'ensuite, Bonaparte s'est comporté en père de son armée, en père pour ses soldats, puisque en tuant ses ennemis parjures il sauvait la vie de ses soldats qui auraient retrouvé un jour ou l'autre ses ennemis devant eux.

 

Le parallèle qui revient le plus souvent dans la correspondances des soldats qui ont participé à l'expédition d'Egypte, c'est l'assimilation entre les Ottomans ou les populations autochtones en général et les Vendéens. Tous le disent : "en Egypte on s'est retrouvés comme en Vendée". Et il n'y aura uniquement que deux autres cas où l'assimilation sera faite, c'est quand les Français interviendront en Espagne face à des guerillas et lorsque les Français envahiront la Russie. Paysans russes, guerilleros espagnols et les Egyptiens en général, les Turcs comme on disait, sont perçus comme de nouveaux Vendéens, c'est-à-dire comme des gens existant en dehors de la société et donc n'étant pas justiciables de la protection des lois. En Egypte, on est hors d'Europe, mais en Espagne aussi parce que Voltaire et tous les Philosophes avaient véhiculé une image de l'Espagne comme morceau d'Afrique intégré au coeur de l'Europe. Il y a ce mot dans une lettre d'un diplomate, ambassadeur à Madrid : "Il n'y a absolument rien affaire avec ces gens, ce sont des africains en Europe". Le même sentiment se produisit lorsque les Français entrèrent en Russie où ils perçurent la paysannerie russe (d'où les atrocités) comme des gens d'une autre espèce existant aux marges de la civilisation.

 

Patrice Gueniffey explique qu'en réalité ce qu'on appelle le massacre de Jaffa n'est qu'un nouvel épisode d'un massacre qui a commencé avec l'assaut contre Alexandrie le jour même du débarquement.

 

Probablement, même les violences de la guerre civile en Vendée ne sont pas comparables en intensité et en raffinement à ce que l'on rencontrera en Orient. 

 

Il y a une phrase très parlante de Bonaparte dans une lettre :

 

  • "Avant je me serai fait tuer pour Rousseau contre Voltaire. Je croyais à la bonté naturelle de l'homme. Aujourd'hui, je me ferai tuer pour Voltaire contre Rousseau parce que depuis que je suis en orient je sais que l'homme naturel est un chien".

 

Il dit aussi :

 

  • "Il faut traiter les populations d'ici comme elles ont l'habitude de l'être. Pour eux, obéir c'est craindre".

 

D'où le fait que la politique française en Orient est une succession de violence perpétrée (et de contre-violences d'ailleurs) qui se traduit par des incendies de villages, des massacres de populations, des déportations de population.

 

Contrairement par exemple à ce que soutient Henri Laurens, la rencontre entre l'Europe occidentale arrivant en Egypte pour la première fois depuis Saint-Louis, à ce moment là en 1798, et l'islam, ne s'est pas faite. Il n'y a pas de dialogue... On parle biensûr souvent des collaborateurs de Bonaparte en Egypte, mais en réalité quand on regarde de près, ce sont des Grecs, des Syriens chrétiens pour l'essentiel, des maronites. On ne trouve pas de musulmans à l'exception de l'un des grands dignitaires religieux du Caire dont la fille était devenue la maîtresse de Bonaparte pendant son séjour. Il est sûr que lui a été pro-français et d'ailleurs sa fille a été égorgée dès le lendemain du départ des Français. Mais la rencontre ne s'est pas faite. On a à ce propos les lettres de Monge (dont les cendres ont été transférées au Panthéon) tout à fait explicites, des lettres de plus en plus aigries et de plus en plus brutales où il s'indigne parce que l'on ouvre la bibliothèque au Caire : les gens ne viennent pas. On leur fait des démonstrations scientifiques de chimie, de pysique et cela ne marche pas. Monge écrit: "Il n'y a rien affaire". Et quand viendra la grande révolte du Caire en octobre 1798, Monge dit:

 

  • "La seule solution c'est de tous les tuer."http://media.napoleon-images.us/hotel_napoleon/f_monge.png

 

... Nous ne pourrons pas leur apporter la civilisation, ils n'en veulent pas. Non pas parce qu'ils seraient stupides, mais parce que la religion est un obstacle invincible. Monge faisait partie de la faction la plus anticléricale et antireligieuse de la Révolution et pour lui l'islam est effectivement l'ennemi. ( Gaspard Monge était aussi un franc-maçon initié en 1779 dans la loge "L'Union Parfaite du Corps du Génie", membre, entre autres, de la loge militaire "L'Union parfaite" de Mézières, NdCR.)

 

Le massacre de Jaffa est aussi le résultat de l'échec du projet culturel de l'expédition d'Egypte. Et si l'expédition d'Egypte contribuera à la rencontre entre Occident et islam, c'est plus tard au XIXe siècle au moment de Méhémet Ali, à supposé que cela se soit fait plus ou moins. Cela sera la rançon de l'échec de l'expédition française.

 

NdCR. Ce qui est certain, c'est que dès la campagne d'Égypte, les membres de l'expédition que Bonaparte commande apportent la maçonnerie sur les rives du Nil : le général Kléber fonde la loge "Isis" au Caire (dont Bonaparte aurait été co-fondateur ?) tandis que les frères Gaspard Monge (membre entre autres de la loge militaire "L'Union parfaite", Mézières) et Dominique Vivant Denon (membre des Sophisiens, loge "La Parfaite Réunion", Paris) comptent parmi les érudits qui feront de cet échec stratégique et militaire un succès que le jeune général Bonaparte saura exploiter dès son retour en France... (Source: http://www.napoleon-empire.net/franc-macon.php)

 

A lire :

 

- Patrice Gueniffey : "La Révolution est morte" (Conférence du 3 octobre 2011)

- Napoléon était-il franc-maçon ?

- La franc-maçonnerie sous le Consulat et le Premier Empire : http://www.napoleon-empire.net/franc-macon.php 

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 10:04

« La guerre des juges contre l’Eglise au XVIIIème siècle », par Marion Sigaut (conférence Egalité & Réconciliation, Toulon 2 février 2013). L'historienne Marion Sigaut expose la guerre des juges contre l'Eglise au XVIIIe siècle et l'obstruction parlementaire menée par les magistrats.

 

A cette époque, la séparation des pouvoirs n'existait pas (pas plus qu'elle n'existe aujourd'hui...) les juges (ou "parlementaires") étaient dotés de la fonction de pouvoir législatif via la procédure d'enregistrement des lois du roi. Ces lois n'entraient en vigueur qu'après "enregistrement" par le Parlement de Paris. Les parlementaires se servaient de ce pouvoir d'enregistrement pour contrer la monarchie au XVIIIe siècle, développer leurs intérêts et leurs privilèges, mais aussi pour empêcher tout projet royal d'égalité devant l'impôt. Tant que les parlementaires n'enregistraient pas le texte législatif royal, le texte n'entrait pas en vigueur.

 

Pour la petite histoire, les Parlements de France et de Navarre étaient alors le fief des "Lumières", des francs-maçons, et autres auto-proclamés représentants du "progrès". Si les Parlements de l'époque ne se disaient pas encore représentants de la nation ou du peuple dans son ensemble, ils ne manquaient pas de prétendre défendre les intérêts des Français alors même qu'ils faisaient tout pour défendre d'abord leurs privilèges de classe inutile... Un peu comme aujourd'hui, les fonctionnaires bruxellois.

 

 

« La guerre des juges contre l’Eglise au XVIIIème siècle », par Marion Sigaut (Conférence Egalité et Réconciliation, Toulon 2 février 2013).

 

- Réhabilitons Louis XV ! (Joris Karl)

- Marion Sigaut - Les lumières : un antihumanisme

- Marion Sigaut, la Marquise de Pompadour et l'énigme Damiens

- Marion Sigaut - Les Lumières et l'essor du capitalisme

- Le racisme des "Lumières"

- Xavier MARTIN : "Trente années d'étonnement", Editions DMM

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 19:43

Un jour dans l'Histoire sur Canal Académie de Christophe Dickès avec Renaud Escande (prêtre dominicain) et Jean de Viguerie (historien). 20.04.2008

 

 

 

- Contre le Nouvel Ordre mondial : en finir avec la révolution (IIIe partie)

- 14 juillet 1789 : La Révolution dite "française"

- Génocide Vendéen - L'ombre d'un doute -

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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 16:41

Une Française d'origine guadeloupéenne, descendante d'esclave soutenue par le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) a assigné aujourd'hui l'Etat pour crime contre l'humanité. Le CRAN estimant que le gouvernement n'a pas tenu les promesses faites en matière de réparations, a décidé de se joindre à cette action civile parce qu'il n'y aurait pas eu d'avancée sur la question des "réparations" depuis des réunions en mai et en octobre à Matignon. (1)


http://www.domisse.fr/img/histoire/france/vercingetorix.jpgPourtant, les Noirs ne furent pas les seules victimes de l'esclavage. "Dans l'Antiquité, les premiers esclaves étaient presque toujours des Blancs. ... Il y avait peu d'Africains parmi ces esclaves. Les seuls à posséder des esclaves noirs étaient les Egyptiens, puis les Carthaginois." (2)

 

Dès lors, quid des "réparations" des Italiens vis-à-vis des Français descendants des Gaulois mis en esclavage suite à la conquête des Gaules par Jules César. Rappelons que César ramena à Rome de nombreux captifs, dont Vercingétorix. Au Ier siècle av. J.-C., 15.000 esclaves gaulois étaient échangés chaque année contre du vin italien" (3)


Plus largement, "du Xe au XVe siècle, la majorité des esclaves était issue des peuple slaves, d'où le mot tire son étymologie. Les femmes sont vouées à la prostitution, les hommes aux galères. La castration est courante. Les principaux opposants à ces pratiques sont les catholiques, les principaux partisans sont les protestants.

 

L'Angleterre concentre tous les signes de participation au grand programme d'esclavagisation. Sa monarchie, très tôt liée au destin de la franc-maçonnerie, contribue à accentuer les souffrances d'un peuple contraint à l'esclavage, aujourd'hui cadenacé dans les amnésies du politiquement correct. ... Les premières victimes de l'esclavage ont été les blancs et en Angleterre, les pauvres anglais blancs qui étaient enlevés par la Couronne et transportés aux colonies d'Amérique pour y assurer une main d'oeuvre de qualité et résistante. (9) Dans la video ci-dessous, Serge de Beketch dresse la liste de ceux qui faisaient ce trafic, et notamment la liste des principaux propriétaires des bateaux négriers qui de 1702 à 1806 ont assuré le transport des esclaves vers la Colonie.  

 

Quid des chrétiens européens mis en esclavage par les musulmans jusqu'au XIXe siècle ?

 

La plainte visera-t-elle le fait que "dans le Bordeaux de la fin du XVIIIe siècle, la plupart des francs-maçons aient été négriers" ? (4) J'en doute fort...

 

Rappellera-t-elle que le franc-maçon La Fayette, auteur de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, le 10 mars 1790 à l'Assemblée, vota "le maintien de la traite des Noirs"; les frères Lameth "possédaient trop d'intérêt à Saint-Domingue..., Barnave aussi." Tous étaient francs-maçons. (5)

 

La plainte visera-t-elle le discours colonial républicain du 28 juillet 1885 de Jules Ferry , grand ancêtre devant la pyramide maçonnique et grand républicain qui déclara : " Il faut dire ouvertement qu'en effet, les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures; mais parce qu'il y a aussi un devoir. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures." (6)

 

Visera-t-elle l'affirmation du 9 juillet 1925 du socialiste Léon Blum qui ne craignit pas d'affirmer devant les députés : "Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d'attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture et de les appeler aux progrès réalisés grâce aux efforts de la science et de l'industrie". Ainsi que la déclaration d'Albert Bayet, président de la Ligue des droits de l'Homme, lors du Congrès du mouvement qui se tint à Vichy en 1931, qui ne craignit pas de déclarer que la colonisation française était légitime puisqu'elle était porteuse du message des "grands ancêtres de 1789". Dans ces conditions "faire connaître aux peuples les droits de l'Homme, ce n'est pas une besogne d'impérialisme, c'est une tâche de fraternité". (7)

 

Rappellera-t-elle que le 10 mars 1883, 351 députés votèrent le budget colonial de Jules Ferry, que  42 députés votèrent contre et 122 s'abstinrent : "avaient voté 'non' les monarchistes, dont Albert de Mun et Albert de Broglie, et les radicaux comme Clemenceau, Camille Pelletan et Georges Périn"? (8)

 

Rediff. Serge de Beketch - Ces esclaves que l'on vous cache

 

 

 

 

Sources:

 

(1) http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/01/08/97001-20130108FILWWW00361-une-descendante-d-esclaves-attaque-l-etat.php

(2) Jean Meyer, Esclaves et Négriers, Découvertes Gallimard, 1999, p. 16.

(3) Hugh Thomas, La Traite des Noirs 1440-1870, Bouquins Robert Laffont, Lonrai 2006, p. 8.

(4) Hugh Thomas, La Traite des Noirs 1440-1870, Bouquins Robert Laffont, Lonrai 2006, p. 309.

(5) Bernard Faÿ, La Grande révolution 1715-1815, Le Livre contemporain, Paris 1959, p. 182, 183, 250.

(6) Jules Ferry cité in Bernard Lugan,  Pour en finir avec la colonisation, Editions du Rocher, Lonrai 2006, p.102.

(7) B. Lugan, ibid., p. 105.

(8) B. Lugan,  ibid., p. 99-100.

(9) Extrait du Libre Journal de Serge de Beketch.

 

- Droits de l'homme oligarchiques : François Hollande traite les Africains en européens à essorer

- Quand François Hollande cautionne le mythe de Gorée (Bernard Lugan)

- La franc-maçonnerie et l'histoire de l'esclavage

- Abolition de l'esclavage : qui a aboli l'esclavage le premier ?

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 17:01

Arracher les Français "à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel" : ce programme du ministre de l'Education nationale Vincent Peillon en 2012 était déjà celui de ses ancêtres en 1789. Outre les  Feux de la Saint-Jean, expression de l'"obscurantisme" passé, les étrennes et le Nouvel an devaient eux aussi disparaître, comme tous les autres symboles du "fanatisme", et laisser place au "duodi de la seconde décade de Nivôse"... Etrennes et Nouvel an firent l'objet d'une tentative de suppression.

 

Origine et histoire.


En parlant des étrennes, on ne peut se dispenser de remonter, non pas aux Grecs, mais du moins aux Romains, inventeurs de cet usage. Le premier endroit de l’histoire romaine nous apprenant cette coutume est de Symmachus, auteur ancien, qui nous rapporte qu’elle fut introduite sous l’autorité du roi Tatius Sabinus, qui reçut le premier la verbène (verveine) du bois sacré de la déesse Strénia, pour le bon augure de la nouvelle année.


Soit que les Romains imaginassent quelque chose de divin dans la verbène, soit qu’ils faisaient allusion au nom de cette déesse Strénia, dans le bois de laquelle ils prenaient la verbène, avec le mot de strenuus, qui signifie vaillant et généreux : aussi le mot strena, qui signifie étrenne, se trouve quelquefois écrit strenua chez les Anciens, pour témoigner que c’était proprement aux personnes de valeur et de mérite qu’était destiné ce présent, et à ceux dont l’esprit tout divin promettait plus par la vigilance que par l’instinct d’un heureux augure.

Tatius, roi des Sabins
Tatius, roi des Sabins
Après ce temps-là, l’on vint à faire des présents de figues, de dattes et de miel, comme pour souhaiter aux amis qu’il n’arrivât rien que d’agréable et de doux pendant le reste de l’année. Ensuite les Romains, quittant leur première simplicité, et changeant leurs dieux de bois en des dieux d’or et d’argent, commencèrent à être aussi plus magnifiques en leurs présents, et à s’en envoyer ce jour-là de différentes sortes, et plus considérables ; mais ils s’envoyaient particulièrement des monnaies et médailles d’argent, trouvant qu’ils avaient été bien simples, dans les siècles précédents, de croire que le miel fût plus doux que l’argent, comme Ovide le fait agréablement dire à Janus.

Avec les présents, ils se souhaitaient mutuellement toute sorte de bonheur et de prospérité pour le reste de l’année, et se donnaient des témoignages réciproques d’amitié : et comme ils prenaient autant d’empire dans la religion que dans l’Etat, ils ne manquèrent pas d’établir des lois qui la concernaient, et firent de ce jour-là un jour de fête, qu’ils dédièrent et consacrèrent particulièrement au dieu Janus, qu’on représentait à deux visages, l’un devant et l’autre derrière, comme regardant l’année passée et la prochaine. On lui faisait ce jour des sacrifices, et le peuple allait en foule au mont Tarpée, où Janus avait quelqu’autel, tous habillés de robes neuves.

Néanmoins, quoique ce fût une fête, et même une fête solennelle, puisqu’elle était encore dédiée à Junon, qui avait tous les premiers jours de mois sous sa protection, le peuple ne demeurait pas sans rien faire ; chacun commençait à travailler à quelque chose de sa profession, afin de n’être pas paresseux le reste de l’année.

Enfin, l’usage des étrennes devint peu à peu si fréquent sous les empereurs, que tout le peuple allait souhaiter la bonne année à l’empereur, et chacun lui portait son présent d’argent, selon son pouvoir. Auguste en recevait en si grande quantité, qu’il avait accoutumé d’en acheter et dédier des idoles d’or et d’argent, comme étant généreux, et ne veillant pas appliquer à son profit particulier les libéralités de ses sujets.

Le dieu Janus
Le dieu Janus
Tibère, son successeur, qui était d’une humeur plus sombre et n’aimait pas les grandes compagnies, s’absentait exprès les premiers jours de l’année, pour éviter l’incommodité des visites du peuple, qui serait accouru en foule pour lui souhaiter la bonne année. Ces cérémonies occupaient même si fort le peuple, les six ou sept premiers jours de l’année, qu’il fut obligé de faire un édit par lequel il défendait les étrennes, passé le premier jour. Caligula, qui posséda l’empire immédiatement après Tibère, fit savoir au peuple, par un édit, qu’il recevrait les étrennes le jour des calendes de janvier, qui avaient été refusées par son prédécesseur ; et pour cet effet il se tint tout le jour dans le vestibule de son palais, où il recevait à pleines mains tout l’argent et les présents qui lui étaient offerts par le peuple.

Claude, qui lui succéda, abolit ce que son prédécesseur avait voulu rétablir, et défendit, par arrêt, qu’on n’eût point à lui venir présenter des étrennes, comme on avait fait sous Auguste et Caligula. Depuis ce temps, cette coutume demeura encore parmi le peuple. Les Romains pensaient qu’il y avait quelque chose de divin dans les commencements. (1)


 
 
An de nouveau,
Tout nous est beau

 Il en était ainsi pour les anciens. Les Romains célébraient de cent manières différentes ce premier jour de la nouvelle année, consacré à Janus, de qui les deux visages regardaient à la fois le passé et l’avenir. On offrait au dieu des dattes, des figues, des gâteaux, du miel les artistes et les artisans ébauchaient la matière de leurs ouvrages, dans la conviction que ce travail leur serait favorable ; on échangeait des compliments, des vœux, des présents, etc.
Le concile d’Auxerre, tenu en 587, défendit de faire, le premier jour de l’an, des sacrifices de génisses ou de biches et d’aller faire des vœux devant les arbres consacrés aux faux dieux. Les étrennes, jointes à des sacrifices, étaient véritablement diaboliques.
On sait que le début de l’année a souvent varié. Mais, quelle que fût sa date, les souverains et les seigneurs du Moyen Age échangeaient en cette circonstance des présents somptueux. On voit figurer, pour cet objet, trente livres tournois dans la comptabilité du duc de Berry. Plus tard, chacun voulut donner les siens, et, la vanité s’en mêlant, on dépensa énormément pour éblouir ses amis, lesquels, à leur tour, se piquaient d’honneur.


Lorsqu’en France l’année débutait encore à Pâques, continuait-on de donner des étrennes le premier jour de janvier ? Il semble que oui. Dans les lettres du roi Jean, en date de juillet 1362 et contenant des statuts pour la confrérie des drapiers, il est dit « que ladite confrérie doit seoir le premier dimanche après les estraines, si celle de Notre-Dame n’y eschoit. » Le dimanche dont il est question ici est le premier dimanche de janvier, si l’on s’appuie sur le témoignage de Du Cange qui, dans son Glossaire, prouve, par différents passages, que lorsque l’année ne commençait qu’à Pâques, on ne laissait pas de regarder le premier jour de janvier comme le premier jour de l’année.

Jour des étrennes. 1er janvier 1564
Jour des étrennes. 1er janvier 1564
L’ancienne chronique de Louis, duc de Bourbon, comte de Clermont, grand-chambrier de France conforte ce témoignage. On y lit au chapitre second : « De Clermont partit ledit duc Loys, s’en vint à son duché de Bourbonnois à Souvigny, où il arriva deux jours avant Noël, l’an de grâce 1363 ; et là vindrent par devers luis ses chevaliers et écuyers, et le quart jour des fêtes, dit aux chevaliers, le duc en riant : Je ne vous veux point mercier des biens que vous m’avez faicts, car si maintenant je vous en merciois, vous vous en voudriez aller, et ce me seroit une des grandes déplaisances que je pusse avoir... ; et je vous prie à tous que vous veuillez estre en compagnie le jour de l’an en ma ville de Molins, et là je vous veux étrenner de mon cœur et de ma bonne volonté que je veux avoir avec vous. »

Et au troisième chapitre : « L’an qui courait 1363, comme dit est, advint que la veille du jour de l’an fut le duc Loys en sa ville de Molins, et sa chevalerie après lui... ; et le jour de l’an, bien matin, se leva le gentil duc pour recueillir ses chevaliers et nobles hommes pour aller à l’église de Notre-Dame de Molins ; et avant que le duc partist de sa chambre, les vint étrenner d’une belle ordre qu’il avait faicte, qui s’appeloit l’écu d’or. » Au chapitre cinq on lit enfin : « Si les commanda le duc à Dieu, et eux pris congé de lui se partirent... Les gens partis de cour, vint le jour des Rois, où le duc de Bourbon fit grande feste et lye-chère. »

Rappelons que si sous les Mérovingiens, l’année commençait le 1er mars dans plusieurs de nos provinces, elle débuta à Noël sous Charlemagne, dans tous les territoires soumis à sa juridiction. Sous les Capétiens, le jour de l’an coïncidait avec la fête de Pâques, usage presque général au Moyen Age. En certains lieux, l’année changeait le 25 mars, fête de l’Annonciation. Le concile de Reims, tenu en 1235, mentionne cette date comme « l’usage de France ». C’est le roi Charles IX qui rendit obligatoire, en 1564, la date du 1er janvier comme origine de l’année.

 


Il y eut parfois des étrennes singulières. Par exemple, Ménage rapporte qu’en 1675 Mme de Tianges donna en étrennes, au duc du Maine, une chambre toute dorée, grande comme une table. Au-dessus de la porte il y avait, en grosses lettres : Chambre du Sublime. Au dedans, un lit et un balustre, avec un grand fauteuil, dans lequel était assis le duc du Maine, fait en cire, et fort ressemblant. Auprès de lui se tenait M. de La Rochefoucauld, auquel il donnait des vers pour les examiner. A côté du fauteuil on voyait aussi Marcillac et Bossuet. A l’autre bout de l’alcôve, Mme de Tianges et Mme de Lafayette lisaient des vers ensemble. Au dehors, Boileau, armé d’une fourche, empêchait sept ou huit méchants poètes d’approcher. Racine était près de Boileau, et, un peu plus loin, La Fontaine, auquel il faisait signe d’avancer. Toutes ces figures étaient de cire.

 

1er janvier 1794 : réjouissances prohibées et aucun répit pour la guillotine

  

En 1884, l’écrivain et avocat vendéen Edmond Biré, frère d’Alfred Biré qui deviendra sénateur, publie le Journal d’un bourgeois de Paris pendant la Terreur, ouvrage couronné par le second prix Gobert de l’Académie française. A la date du 1er janvier 1794 (tome IV), nous apprenons que les festivités de jadis pour le nouvel an sont prohibées, le 1er janvier n’existant au demeurant plus car ayant laissé place au duodi de la seconde décade de nivôse ; que la Convention a siégé toute la journée ; qu’un prêtre a reçu la mort pour étrennes :

 

« Non contente d’avoir détruit la fête de Noël et d’avoir proscrit la fête des Rois, la Révolution a supprimé le jour de l’an. Le 1er janvier tombait aujourd’hui, mais voilà que nous avons, de par la République, au lieu du 1er janvier, le duodi de la seconde décade de Nivôse. Malheur à ceux qui l’auront oublié ! Malheur à ceux qui, fidèles au ci-devant jour de l’an, sortiront en habits de fête, donneront un polichinelle à leur petit garçon ou une poupée à leur petite fille !


Si les bijoutiers du Palais-Égalité et les confiseurs de la rue des Lombards s’avisaient de faire de trop beaux étalages, on ne manquerait pas de les arrêter comme suspects : ils expieraient sous les verrous le crime de lèse-calendrier républicain.

 

Une exécution pendant la Terreur
Une exécution pendant la Terreur

 

... J’ai assisté au passage du funèbre convoi dans la rue Saint-Honoré. Elle était pleine de cris et de rumeur. Autrefois, en ce même jour, on n’entendait, dans cette même rue, que le vieux cri de nos pères : « Bonjour, bon an ! » On n’y entendait aujourd’hui que cet autre cri, nouveau, celui-là : Vive la République ! A mort ! à mort ! à la guillotine ! Il ne me paraît pas que nous ayons gagné au change. J’avais écrit ce matin, à deux ou trois amis, des lettres de bonne année. Je les ai jetées au feu.

Un vieil employé des postes, qui n’est pas encore révoqué, vient en effet de me prévenir que l’on allait décacheter toutes les lettres pour s’assurer s’il n’en est pas quelques-unes où l’on aura conservé le calendrier grégorien et les souhaits traditionnels (Dictionnaire néologique des hommes et des choses, par le Cousin Jacques – Louis-Abel Beffroy de Reigny). Gare à leurs auteurs ! Rien que la mort n’est capable d’expier ce forfait ! ». (2)

 

Auparavant, dans la séance du 27 novembre 1789, les étrennes avaient été prohibées par l’Assemblée nationale constituante, et le fait est intéressant à rappeler. Le rapporteur du comité des finances, Le Brun, expliqua que ce comité cherchait à réprimer les désordres et les scandales qui marquaient le retour du 1er janvier, dans les administrations, lorsqu’il avait appris que Necker venait de défendre les dons d’étrennes dans les divers services de son ministère. En conséquence, il demandait à l’Assemblée d’étendre cette défense à toutes les organisations publiques.

http://www.france-pittoresque.com/IMG/jpg/Jour-Etrennes-2.jpgLa proposition rencontra l’accueil le plus favorable, et, à, une grande majorité, le décret suivant fut adopté :

  • « L’Assemblée nationale, considérant que toute fonction publique est un devoir ; que tous les agents de l’administration étant salariés par la nation, doivent à la chose publique leurs travaux et leurs soins ; que ministres nécessaires, ils ne peuvent accorder ni faveur, ni préférence, et par conséquent n’ont nul droit à une reconnaissance particulière ; considérant encore qu’il importe à la régénération des mœurs, autant qu’à l’économie des finances et des administrations particulières des provinces, villes ou villages, etc., d’anéantir le commerce de vénalité et de corruption qui se fait sous le nom d’étrennes, vins de ville, gratifications, etc.,
  • « A décrété et décrète qu’à partir du 1er janvier prochain, il ne sera permis à aucun agent de l’administration et à aucun de ceux qui, en chef ou en sous-ordre, exercent quelques fonctions publiques, de rien recevoir comme étrennes, gratifications, etc., sous quelque dénomination, que ce soit, des compagnies, administrations, provinces, communautés, villes, etc., sous peine de concussion.
  • Aucune dépense pareille ne sera allouée dans les comptes desdites compagnies, administrations, villes, corps et communautés. »

Lorsque Bonaparte eut aboli le calendrier révolutionnaire, le 22 fructidor an XIII (9 septembre 1805), le jour de l’an rentra dans tous ses droits, et l’on vit reparaître les étrennes. Pendant le premier Empire, les porcelaines étaient encore au nombre des cadeaux principaux, mais l’on offrait aussi d’autres objets, parmi lesquels des écrans à double surprise, représentant, à travers des transparents adroitement ménagés, une scène de la Vestale, le fameux opéra de Spontini, dont la vogue était alors immense. On donnait également des meubles de Thomire, des bijoux de Sensier, les corbeilles de La Boullec, les étoffes de Lyon de chez Ybert, des flacons d’Eau de Ninon, etc.

 

Dans quelques pays, les cadeaux du jour de l’an se confondent avec ceux de Noël. Au début du XXe siècle encore, à Rome, les principales boutiques de confiserie et de marchands de jouets, étaient décorées de guirlandes, au milieu desquelles, entourée de mille objets, se voyait une vieille femme à vêtements noirs, au visage barbouillé de suie, et tenant une lettre à la main. C’était la befana, le fantôme descendu par la cheminée pour apporter des bonbons aux enfants sages et des verges pour les méchants. La lettre qu’elle portait était supposée avoir été adressée au petit Jésus par un bambin demandant son présent de Noël. Dans beaucoup de maisons, la befana était assise sous le manteau de la cheminée.

Le bouleversement qui clôtura le dix-huitième siècle fit disparaître les étrennes pour un temps. On conçoit que lorsque le calendrier grégorien eut été supprimé par la Convention, qui ne plaisantait pas, nul ne se serait avisé de commémorer le 1er janvier. Cette fantaisie aurait pu avoir son épilogue sur la guillotine. Auparavant, les étrennes – mais des étrennes d’un genre particulier – avaient été prohibées par l’Assemblée nationale constituante, et le fait est intéressant à rappeler.

 

A la fin du XIXe siècle, avec l’apparition du Père Noël dans la publicité des grands magasins, la coutume d’offrir des cadeaux le 1er janvier disparut, le jour des étrennes se confondant dès lors avec celui de Noël : on offrit les cadeaux le 25 décembre.


Les récentes occultations de la fête de Noël ne relèvent-t-elles pas du même baratin maçonnique visant à supprimer nos fêtes traditionnelles ?

 

Sources :

(1) (D’après « Lettre de Jacob Spon à Stoffel » paru en 1674 et « Le Mercure » de juillet et décembre 1735)

 http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article1786

(2) (D’après « Journal d’un bourgeois de Paris pendant la Terreur », paru en 1884)

http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article5570 via http://www.democratie-royale.org/article-jour-de-l-an-interdicition-du-nouvel-an-revolution-fran-aise-113961706.html

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 14:30

Le rôle du décret Crémieux dans la détérioration des relations franco-arabes : "un sujet qui n'est hélas plus jamais traité dans nos milieux".

 

Conférence de Philippe Ploncard d'Assac faite à Paris, le 8 décembre 2012.

 

 

Thèmes :
 

Colonisation, aspects positifs (médecine et évangélisation), Charles de Foucault, François Brigneau, IIIème république maçonnique-athée et vraie France, Napoléon III, décret (Adolphe Isaac) Crémieux, insurrections, Édouard Drumont et La France juive, Rothschild, juiverie dans le monde arabo-musulman, officiers français fils de mère chrétienne fusillé pour le droit des juifs, colonel De Gaule et le décret Crémieux, Pétainisme et le monde arabe, "conservateur" et droite des affaires, traitrise anglaise et massacre de Mers El Kebir, OAS et Jeune-Nation/œuvre Française de Pierre Sidos, "hitlérisme", FLN marxiste, autorité Gaulliste, décolonisation, immigration-subversion et islamisation-philo-sémite par un rabbin de Cisjordanie occupée, judaïsme et nouvelle alliance, l'Action Familiale et Scolaire d'Arnaud de Lassus "Le mondialisme messianique destructeur des peuples et des nations", pied noir, histoire du peuple juif et Bernard Lazare, minorité chrétienne en orient, Grand-Orient et suppression du droit du sang, doubles nationalités, l'armée de Tsahal, regroupement familial, intégration authentique face aux métisseurs-immigrationnistes, Iran et Vatican, pogrom, retournement d'alliance...

 

Questions-réponses :
Massacre de harkis, Asie et affaires, l'Église sans régime compatible, radio courtoisie l'opium des nationaux, "négationnistes" du complot judéo-maçonnique, cas Sévillia-Chagnon-Anthony, l'UMP et franc maçonnerie, Luc Chatel et enseignement à l'homosexualité, mouvement Casapound (anarcho-psychédélique) et le Risorgimento italien (Garibaldi, Mazzini), l'Aube Dorée en Grèce, satanisme, Christian Bouchet et Égalité & Réconciliation, racisme maçonnique, Jules Ferry, réseaux pédophile, Goldman Sachs, Thierry Messan, Louis XVI et droit des juifs, l'Europe du plein chômage, famille Faurisson, liste antisionniste de Dieudonné, "un grand Shana Tova mes amis" et Front National...

 

 

. 24 octobre 1870 Naissance du multiculturalisme: le décret Crémieux donne la citoyenneté française aux Juifs d'Algérie

. Nous sommes gouvernés par des incapables… et informés par des gugus malfaisants (Roger Holeindre, tribune du 13 décembre 2007)

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 23:59

http://www.histoire-en-ligne.com/IMG/jpg/henri4.jpgUne collaboration franco-espagnole a établi par analyse génétique un lien de parenté incontestable entre la tête momifiée d'Henri IV et du sang séché provenant de son descendant, Louis XVI, confirmant l'authenticité de ces restes royaux.

 

Quand une tête momifiée a été identifiée en 2010 comme étant celle du roi Henri IV, certains chercheurs ont émis des doutes sur son authenticité, faisant notamment remarquer qu'elle ne présentait pas certains signes associés aux méthodes d'embaumement des rois français. Tous les doutes sont désormais levés, avec deux analyses génétiques qui établissent un lien de parenté entre Henri IV et un échantillon de sang de son lointain successeur, Louis XVI.

 

 

Cette étude étonnante, publiée dans la revue Forensic Science International est le fruit d'une collaboration entre une équipe française, menée par le Dr Philippe Charlier, médecin légiste à l'hôpital Raymond Poincaré de Garches et grand spécialiste des énigmes historiques, et des chercheurs de l'Institut de biologie de l'Evolution à Barcelone. En 2011, Carles Lalueza-Fox et ses collègues espagnols avaient déjà réussi à extraire des fragments d'ADN de Louis XVI à partir d'un mouchoir qui avait été trempé dans le sang au pied de la guillotine lors de son exécution il y a 219 ans, le 21 janvier 1793. Cette relique desséchée avait été conservée dans une sorte de gourde, restée dans la possession d'une famille aristocratique italienne.

 

«L'échantillon de sang séché de Louis XVI est très bien conservé, et le matériel génétique n'a pas été trop altéré ce qui facilite les analyses, explique au Figaro Carles Lalueza-Fox. En revanche, il a été beaucoup plus difficile de travailler avec les tissus du crâne momifié d'Henri IV, à tel point qu'une précente étude, pourtant réalisée par de bons scientifiques, n'avait pas réussi à extraire de l'ADN.» L'équipe espagnole est habituée à travailler sur des échantillons très anciens, et s'est notamment penchée sur le génome de Néandertal.


Des marqueurs génétiques très rares

 

Comme Louis XVI, la tête d'Henri IV a aussi souffert du régime de la Terreur après la révolution française. Elle avait été séparée du reste de son corps en 1793 lors de la profanation de la basilique de Saint-Denis où sont enterrés les rois de France. Cette tête est réapparue au XIXe siècle dans la collection d'un comte allemand, puis a été vendue aux enchères à Drouot en 1919 pour la somme de 3 francs à un brocanteur parisien. Mais à l'époque, personne ne croyait qu'il s'agissait bien de la tête du premier des Bourbon. Il faudra attendre 2010, et une étude paléopathologique très complète réalisée par l'équipe de Philippe Charlier pour prouver à 99,99% que la tête était bien celle d'Henri IV.

 

Après le succès des analyses d'ADN du sang de Louis XVI par les scientifiques de Barcelone, Philippe Charlier a eu l'idée de prélever un échantillon au fond de la gorge de la tête momifiée, un endroit relativement protégé des agressions extérieures, et de l'envoyer à ses confrères espagnols. «Grâce aux appareils de séquençage génétique à haut débit, nous avons réussi à extraire une partie du matériel génétique d'Henri IV, explique Carles Lalueza-Fox. Nous avons notamment retrouvé 6 des 16 marqueurs du chromosome Y que nous avions identifié dans le sang de Louis XVI.» Comme ces marqueurs sont très rares dans la population occidentale, les chercheurs sont certains du lien paternel, transmis par le chromosome Y, entre les deux rois, que sept générations séparent.

 

La qualité de l'échantillon sanguin de Louis XVI est telle que les scientifiques barcelonais ont désormais l'intention de dresser son génome complet. «Ce serait d'une part la première fois qu'on pourrait dresser la cartographie entière du matériel génétique d'une personnalité historique, et cela nous apporterait en plus des informations précieuses sur certains traits physiques, la susceptibilité aux maladies et la consanguinité de la famille royale,» s'enthousiasme Carles Lalueza-Fox.

 

Source : http://www.lefigaro.fr/sciences/2012/12/31/01008-20121231ARTFIG00368-la-tete-d-henri-iv-authentifiee-par-l-adn.php

 

- Tête décapitée d'Henri IV authentifiée

- Louis de Bourbon : «Henri IV doit retrouver la nécropole royale à Saint-Denis»

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 18:45

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/f5/Sainte_chapelle_-_Upper_level.jpg/800px-Sainte_chapelle_-_Upper_level.jpg

La Sainte Chapelle (1248) fut construite au XIIIe siècle sur l'Ile de la Cité à Paris, à la demande du roi Saint-Louis, afin d'abriter la Couronne d’Épines, un morceau de la Vraie Croix, ainsi que diverses autres reliques de la Passion que Louis IX acquit à partir de 1239. Depuis la Révolution, la Sainte-Chapelle n'abrite plus les reliques conservées aujourd'hui à la cathédrale Notre-Dame.


Reportage tiré de l'émission "Des racines et des Ailes" - FR3

 

Sous Saint-Louis, au XIIIe siècle déjà, le reportage nous dit (à partir de 06:50) que "la France était le grand pays du monde, le plus puissant, le plus riche, le plus peuplé"... A comparer avec la république dite "française" de 2012...


"A cette époque, l'architecture était l'expression la plus pointue des arts et de la science".

 

- Saint Louis, Roi de France (1214-1270), Patron des Armées françaises

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 22:59
Dans une conférence donnée le 3 octobre 2011, Patrice Gueniffey explique que "la Révolution est morte".
 
 
Extraits:
 
La Révolution française a échoué. Si la Révolution a fondé une nouvelle société, tout à fait différente de ce qu'était l'ancienne, néanmoins la Révolution s'est montré incapable de fonder un régime politique stable et durable. Et la preuve, c'est que depuis 1789, nous avons eu quinze constitutions successives. Et peut-être d'ailleurs aurons-nous bientôt une seizième avec une VIe République. 
 
Dire que "la Révolution française est morte" aujourd'hui, c'est biensûr faire allusion au fameux "La Révolution française est terminée" lancé par François Furet en 1978. Proposition qui avait provoqué un grand scandale dans une historiographie qui était alors encore dominée, dans les années 70, par l'historiographie marxiste de la Révolution française, pour laquelle la Révolution française ne pouvait avoir de fin en terme politique, puisqu'elle était avant tout une promesse : une promesse de droit, de liberté, d'égalité, d'un ordre politique différent, une promesse de réorganisation sociale, qui appelait des changements qui iraient bien au-delà de ceux réalisés par les révolutionnaires eux-mêmes. De telle sorte que, pour cette historiographie, la Révolution française n'avait été que l'annonciation, ou le premier acte, d'une révolution bien plus large, bien plus globale, qui restait encore à faire. D'où le scandale provoqué par la phrase de Furet qui semblait mettre un terme à l'histoire posthume de la Révolution française, pour dire que nous étions entrés dans autre chose.
... C'est aussi qu'existe, à doses variables, le sentiment que la Révolution française, en temps qu'épisode historique de notre histoire, a subi une sorte de déclassement depuis quelques années, qui fait qu'elle n'occupe plus dans notre inconscient collectif, dans notre paysage politique, l'importance qui avait été la sienne pendant environ deux siècles. Disons de l'évènement lui-même, jusqu'à la veille du bicentennaire de 1989. 
 
Il faut en effet se souvenir de ce qu'a été la Révolution française pour les générations qui ont vécu notamment sous la IIIe république, où la Révolution française passait pour la clé qui permettait d'accéder à une compréhension intime de ce qu'était l'histoire de France, qui passait pour un évènement qui avait recommencé l'histoire, qui avait inventé une France nouvelle, une société nouvelle, un monde nouveau et qui plus que cela même, restait une promesse d'avenir. Pour les petits français qui apprenaient l'histoire dans le Lavisse, vers 1920 encore, la Révolution française restait notre avenir collectif, ... ce que nous pourrions devenir. Tous étaient réunis autour du même culte de la Révolution française, comme donnant la clé de notre identité nationale, même si aujourd'hui il est difficile d'employer le terme. Mais néanmoins c'était bien de cela qu'il s'agissait: la Révolution était un élément central dans l'identité collective de la nation et du peuple français.
Il est sûr qu'aujourd'hui, la Révolution française n'occupe plus cette place prééminente, que elle évoque de moins en moins de choses à mesures que les années passent, à de moins en moins d'individus. Et que de moins en moins nombreux sont les Français qui diraient, non pas qu'elle a joué un grand rôle dans l'histoire, mais qu'elle a encore des choses à nous dire, soit pour comprendre notre situation présente, soit pour comprendre ce que nous allons devenir dans un futur proche ou à moyen terme. Bref, la Révolution française est en passe de cesser d'être un des mythes fondateurs de notre identité collective et de passer d'avoir la réputation d'avoir été l'acte inaugural de notre modernité politique et sociale ou l'année zéro de notre histoire moderne, réputation qu'elle a eu si longtemps.
 
Quand les choses ont basculé ?
 
http://moviereviews.allmyblog.com/images/moviereviews/1_20100901_031358.jpgEn réalité, ce changement s'est fait progressivement et il a commencé il y plus d'une vingtaine d'années, on pourrait dire il y a trente ans, avant même le bicentenaire de 1989. Le premier signe sur la crise qui frappait le mythe de la Révolution française comme événément fondateur, a été le film d'Andrzej Wajda, "Danton" sorti en 1983, et qui a remporté à l'époque un très grand succès à l'époque. Ce film qui attaquait d'emblée la légende de la Révolution, en montrant que la Terreur, loin d'avoir été une épopée collective en réaction à une agression extérieure, que la Terreur avait été une époque très sombre, "criminelle à bien des égards" disait Wajda, cette attaque-là était tout à fait nouvelle dans la manière dont on présentait la Révolution jusqu'alors. Et après ce film, qui a mis d'ailleurs dans un grand embarras des responsables de gauche de l'époque, puisqu'on est dans le premier septennant de François Mittérand, a mis également dans un grand embarras les responsables de la commémoration du bicentenaire de 1989.
Si bien que ces célébrations de 1989 ont été d'un ton très différent de ce qu'avaient été les célébrations du centenaire de 1889 où l'on avait exalté la grandeur de la nation, soulevée pour la conquête de sa liberté et la défense de ses frontières. La IIIe république, en 1889, avait pris comme héros symbolique le personnage de Danton, c'est-à-dire l'homme de la levée en masse, et de la défense du territoire contre les ennemis et les monarchies coalisées. En 1989, les responsables des célébrations ont fini par opté pour la célébration la plus neutre possible, en choisissant comme symboles des personnages qui risquaient de ne choquer personne. Donc exit Robespierre, exit Saint-Just, exit Danton lui-même, dont il n'a plus été question. Et à la place on a vu émergé des personnages certes importants de l'évènement révolutionnaire, mais néanmoins de second rôle, comme Condorcet, ou l'abbé Grégoire...
 
Et c'était en quelque sorte logique dans une conjoncture des années 80 où la ferveur entourant l'évènement révolutionnaire commençait à disparaître, et où, corrélativement les Vendéens eux-mêmes, qui avaient combattu la république, devenaient presque aussi populaires que les soldats bleus qui avaient défendu la Révolution et combattu la Vendée. Aujourd'hui, ce changement est devenu irréversible. La magie du romantisme révolutionnaire s'est épuisé. Nous ne vibrons plus au récit des combats politiques de Robespierre, nous ne vibrons plus à la lecture des discours de Robespierre, ni même d'ailleurs de ceux de Danton, et les valeurs elles-mêmes qu'évoquaient Robespierre et Danton nous sont devenues en partie étrangères, indifférentes, ou plutôt sont entrées dans notre patrimoine, mais elles ne nous parlent plus.
 
... Pour les libéraux, la Révolution française c'est la fin de l'histoire : tout a été dit avec les Droits de l'homme et le régime constitutionnel. Pour les socialistes, la Révolution française devrait être le début de l'histoire, puisque les promesses de 89 n'ont pas toutes été réalisées et à leurs yeux, une autre révolution est nécessaire. Donc les libéraux célèbrent 89, les républicains 92 et la défense nationale, et les socialistes 93. Ce décor était encore celui des batailles politiques dans la France des années 1880-1900. Et d'une certaine façon, la révolution bolchévique de 1917 a permis de prolonger cette situation.
 
C'est avec la Révolution russe de 1917 que la Révolution française est devenue réellement un évènement de portée universelle... Pour Lénine, et pour les bolchéviques en général, la Révolution française a été un élément préparateur, c'est le premier acte de la révolution prolétarienne,... et il appartient aux bolchéviques, aux communistes, de réaliser toutes les promesses de la Révolution de 1789.
 
Les révolutionnaires français avaient cru dans l'universalité de leur message. D'ailleurs la Déclaration des droits de l'homme de 1789 est là pour en témoigner. Mais la Révolution française avait été néanmoins un évènement strictement national.
 
Mais si la Révolution française acquière alors une réputation mondiale, universelle, ... en même temps cela s'est fait au prix d'un appauvrissement terrible de l'écriture de son histoire. Puisque désormais, raconter l'histoire de la Révolution française consistait à valider la doctrine du matérialisme historique qui en faisait un épisode annonciateur d'une révolution bien plus large et bien plus définitive. Et donc a disparu tout ce qui faisait l'originalité, le sel aussi de la Révolution française, c'est-à-dire son incroyable volontarisme, sa foi dans le progrès, ses tentatives mêmes violentes pour déraciner le monde ancien..., de fonder réellement un monde nouveau. Désormais tout cela apparaissait comme l'écume d'un mouvement objectif de l'histoire, de telle sorte que les acteurs de la Révolution avaient cru faire une histoire, avaient cru s'engager dans une grande entreprise, et en fait, avaient fait une autre histoire que celle qu'ils croyaient faire. Ils avaient fait la révolution bourgeoise quand ils pensaient inventer un monde nouveau.
 
La chute du communisme en 1989-1991 a entraîné celle du mythe de la Révolution française en tant qu'annonciation d'une future révolution. La chute du communisme a eu des effets pires, plus graves, plus importants : elle a frappé de plein fouet l'idée même de révolution, y compris en France, où pourtant le répertoire politique, et surtout le répertoire rhétorique de la politique est rempli de référence à la Révolution. D'ailleurs chaque année ou presque nous avons droit à une sorte de mise en scène de la Révolution, mais à laquelle en réalité les acteurs ne croient pas ou croient de moins en moins.
 
Une illusion qui a dominé le début des années 1990 a été l'illusion que puisque le communisme était mort, s'était effondré, alors l'histoire était finie, et que désormais nous allions vers un avenir radieux, qui serait celui de l'universalisation de la démocratie à toute la planète. En réalité, cette illusion était fondée sur une lecture approximative d'un livre très important paru alors, un livre de Francis Fukuyama. Mais ce qui s'est effondré surtout avec le communisme c'est la croyance à un sens de l'histoire, la croyance que l'histoire aurait un sens, croyance qui avait occupé une place centrale dans la culture occidentale et pas seulement communiste, depuis plus de deux cents ans, puisqu'elle était née au XVIIIe siècle. Cette croyance avait pris des formes très différentes. Pour les uns, c'était le mouvement irrésistible de la civilisation. Demain serait forcément meilleur qu'hier. C'était pour les autres l'inéluctable triomphe de la Raison, l'ignorance, la bêtise, les préjugés finiraient par disparaître de la surface de la terre... D'autres voyaient ce sens de l'histoire dans le progrès moral et scientifique (pensons à Pasteur, par exemple). Et puis d'autres le concevaient sous la forme de l'espoir de l'avènement d'une société sans classes, et sans différences de fortune.
Mais partout, et chez tous, des Lumières aux libéraux, des libéraux à Marx et de Marx à ses rejetons, c'était chez tous la même foi dans l'histoire et dans une histoire qui était ordonnée, au moins tendanciellement, au progrès. L'Occident était porté par cette croyance que demain serait meilleure qu'hier. Et la philosophie libérale de l'histoire et son rejeton matérialiste, marxiste, se sont écroulés en même temps, il y a une vingtaine d'années.
 
Aujourd'hui, chacun se rend compte, chacun d'entre vous se rend compte, que l'histoire continue, qu'elle va continuer d'une manière indéfinie, mais personne ne peut lui donner un sens ou personne ne peut dire dans quelle direction elle va.
Les deux idéologies dont nous disposons aujourd'hui dans leurs variantes politiques (sans parler des autres) que sont l'écologie d'un côté et l'islamisme de l'autre, ne sont en rien des idéologies fondées sur la foi dans le progrès et l'avenir, mais au contraire des idéologies regressives qui veulent fuir l'avenir, se détourner de la vie et qui regardent vers le passé. Bref non pas des philosophies de l'histoire fondées sur la notion d'espoir, mais des philosophies de l'histoire absolument mortifères.
   
Cette crise est aussi une crise politique. Si les classes moyennes ont été jusqu'à une époque assez récente aussi bien traitées qu'elles l'ont été dans les pays occidentaux, c'était pour des motifs essentiellement politiques, puisqu'il s'agissait avant tout de les empêcher de basculer du côté des Rouges. Et la conséquence quasi immédiate de la fin de la Guerre froide, a été précisément que l'économie s'est émancipée par rapport à toute possibilité de contrôle politique. Et cet affranchissement de l'économie (qui est nouveau dans l'histoire) a fait naître à son tour un sentiment aujourd'hui dominant dans nos sociétés occidentales, l'idée que l'Etat, et que la volonté politique sont absolument impuissants face aux intérêts. Et aussi bien, le sentiment que les individus sont aliénés à l'économie, sans aucun moyen de peser sur la réalité des choses, et a fortiori de la transformer. Bref, ce qui domine, ce sont des sentiments de fatalité. Et ce qui a disparu c'est la croyance à l'efficacité de l'action politique qui se trouvait au coeur du message délivré par la Révolution française. Et plus généralement par l'histoire de l'avènements de nos Etats démocratiques. En effet, la Révolution française avait porté cette croyance à l'efficacité de la politique à un point de paroxysme. Elle avait cru que la volonté humaine a une efficacité illimitée, c'est-à-dire que l'on pouvait absolument tout changer. Les évènements se sont alors chargés de montrer qu'en réalité en politique on ne peut pas tout faire, que les choses résistent, ne se laissent pas faire sans limites
 
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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 07:20

Marion Sigaut poursuit ses investigations sur les Lumières et l'essor du capitalisme.

 

Marion Sigaut, catholique passée par le gauchisme trotskyste nihiliste, repentie de la "gauche", découvre la "Révolution" dite "française", sans être passée à "droite" pour autant.

 

La droite actuelle n'est effectivement qu'un rameau de la droite libérale d'affaire et d'argent, droite "orléaniste" au pouvoir sous Louis-Philippe Ier, à laquelle s'opposa la droite légitimiste.

 

Hormis la louange de la souveraineté populaire qui comme on l'a vu ne peut en aucun cas être le fondement de la légitimité politique mais le droit naturel seul, cet entretien apporte de nouvelles informations sur la "face cachée des Lumières", la "guerre que les Lumières ont menée contre l'Eglise".

 

Rappelons néanmoins, que la "souveraineté populaire", est elle-même un principe issu des Lumières, et qu'avec la Volonté générale (Rousseau), le volontarisme, le constructivisme, elle contient la virtualité du "totalitarisme", quand elle est associée à ces autres éléments.

 

La réflexion sur "comment le peuple peut récupérer le contrôle sur lui-même" (expression de Marion Sigaut à partir de 0:27), c'est-à-dire comment le peuple peut récupérer le contrôle de sa "représentation" doit mener à une réflexion sur le régime représentatif lui-même. Il s'agit du débat sur les dérives oligarchiques du régime représentatif. Répondre à cette question c'est découvrir que la représentation par corps (poids des corps, poids des idées au regard du droit naturel, toujours juste) est préférable à la représentation par têtes (nombre, parfois irrationnel, souvent injuste).

 

 

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 13:31

L'abandon du modèle multiculturel prôné si longtemps par les Pays-Bas marque-t-il une première brèche dans la tolérance et le relativisme issu des Lumières ?

http://www.dreuz.info/wp-content/uploads/imgres177.jpegEn effet, sous le poids de ses incohérences et de la réalité de l'immigration, selon le site néo-conservateur atlanto-sioniste "dreuz.info", une nouvelle loi présentée par le gouvernement néerlandais au parlement hollandais (loi non encore adoptée) abandonne le modèle multiculturel qui a échoué. C'est le journal de l’Union Européenne, The European Union Times (http://www.eutimes.net/2011/06/the-netherlands-to-abandon-multiculturalism/) qui rapporte l'information. 

 

La nouvelle loi a été présentée par le ministre de l’intérieur néerlandais Piet Hein Donner. Selon la lettre d’introduction du Ministère néerlandais Piet Hein Donner, le gouvernement Hollandais déclare qu’il abandonne son modèle multiculturel, qui a encouragé les immigrés musulmans à créer une société parallèle à l’intérieur des Pays-Bas, "exprime son intention de recentrer ses priorités autour des valeurs fondamentales du peuple hollandais", contraint les immigrés à s'intégrer via une "obligation de s'intégrer" justifiée "par le fait que c’est ce qui demandé par le gouvernement à sa propre population", ... et "rendue nécessaire parce la société hollandaise" "est en train de se déliter" et parce que "plus personne ne se sent chez lui en Hollande."

 

"La nouvelle politique d’intégration, dit la Lettre d'introduction, sera beaucoup plus exigeante vis à vis des immigrés. Par exemple, les immigrés devront obligatoirement apprendre le hollandais, et le Gouvernement prendra des mesures bien plus coercitives vis à vis des immigrés qui ignoreront les valeurs néerlandaises et qui désobéiront aux lois hollandaises. Le Gouvernement hollandais va cesser de donner des aides à l’intégration des immigrés musulmans parce que « ce n’est pas le travail du Gouvernement d’intégrer les immigrés ». Le gouvernement va également introduire une nouvelle législation qui interdira les mariages forcés, et il va prendre des mesures sévères contre les immigrés musulmans qui diminuent volontairement leur chances de se faire employer en raison de leurs choix vestimentaires. Plus spécifiquement le Gouvernement va interdire le port des burqa qui couvrent le visage, et ce à compter du 1er janvier 2013. Si nécessaire, le Gouvernement introduira des mesure de retrait des cartes de séjour aux immigrés qui ne s’intègrent pas."

 

Cette loi est soutenue par le nouveau centre-droit (VVD), les démocrates Chrétiens (CDA), ainsi que le Parti anti-islamique pour la liberté (PVV). Source: http://www.dreuz.info/2012/09/le-gouvernement-neerlandais-montre-la-voie-aux-europeens-et-abandonne-le-modele-multiculturel/

 

De cette loi excluant le modèle d'une société multiculturelle, ouverte et tolérante, ne peut-on pas dire que le ver était dans le fruit dès le XVIe siècle ?

 

La Hollande a été aux avant-postes de la tolérance (oligarchique, bancaire et usurière) avec l'Angleterre des Hanovre arrivant au pouvoir en 1714. A ce moment-là il était de bon ton de se dire "tolérant" et adepte du cosmopolitisme du siècle des "Lumières". Au XVIIe siècle déjà, la Hollande fit une guerre acharnée à la France catholique de Louis XIV, au nom de la tolérance protestante. Mais ce n'est qu'au XVIe, qu'elle choisit le libre examen, plutôt que le catholicisme romain.

 

De libre examen protestant en monarchie "libérale", "ouverte", "tolérante" et maçonnique, expérimentant toutes les nouveautés avant-gardistes, telles que la distribution et l'usage du cannabis, s'ouvrant à tous les vents de l'immigration, et accordant à l'islam liberté totale de culte, "qui sème le vent récolte la tempête", dit le dicton, les Pays-Bas ne récolteraient-ils pas leur abandon en 1581 du catholicisme pour le "libre examen", et leur transformation en république ("Provinces-Unies", ou République des Sept Pays-Bas-unis) ? L'islam n'arrivant au final que pour couronner le tout ?

 

Sans doute, demain apprendra-t-on que le gouvernement néerlandais abandonne le modèle de la monarchie tolérante, "libérale", "représentative" et maçonnique, pour revenir à une monarchie traditionnelle afin de combattre efficacement l'immigration-invasion ! Cela aurait pu se faire si la banque n'avait infiltré depuis tous les centres du pouvoir et ne lâchera certainement pas le modèle de la démocratie "représentative" qui la fait vivre... Ce qui risque davantage de se produire, c'est bien plutôt un durcissement de l'assimilationnisme au nom des "valeurs" démocratiques et "tolérantes" des hollandais !

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/5/58/Louis_xiv_Maastricht.jpg/290px-Louis_xiv_Maastricht.jpg

Pour la petite histoire, rappelons que ayant déclaré la guerre à la France, et se voyant envahie et menacée en 1672, la république hollandaise (une oligarchie militaire) des frères de Witt rétablit le stathoudérat en faveur de Guillaume d'Orange, prince protestant, comme "unique moyen de salut". Celui-ci était déjà capitaine général (chef des armées néerlandaises) lorsqu'il fit rompre les écluses de Muyden et la Hollande inondée, transformée en bras de mer, était sauvée : le terrain, peu propice aux manoeuvres d'infanterie et de cavalerie, les Français repartirent. Les frères de Witt avait reculé devant ce moyen qui leur paraissait pire que le mal. Voilà comment la Hollande perdue par la république fut sauvée par le roi. Cela lui arrivera plus d'une fois.

 

Dans le même temps, une coalition formidable, emmenée par Guillaume III d'Orange, qui n'était autre que l'homme de la banque, fut formée contre Louis XIV. En 1688, Guillaume d'Orange réussit à renverser le monarque catholique Jacques II d'Angleterre lors de la dite "Glorieuse Révolution"... Il obtint en échange les couronnes d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande.

 

Dans le domaine économique, la décision d'accorder une charte royale à la banque en 1694 (date de naissance de la banque dite "d'Angleterre"..., en réalité une institution privée appartenant à des banquiers menés par  sir William Paterson, qui comme par hasard était franc-maçon) fut le retour sur gage et le remerciement de Guillaume III aux banquiers, "son héritage économique le plus significatif", nous dit Wikipedia (Tony Claydon, « William III and II (1650-1702) [archive] », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, septembre 2004; rev. mai 2008, p. 129-131.)

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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 23:00

Pendant près de quatre cents ans, Paris vit s'accomplir les rites d'une fête dont le souvenir est totalement effacé aujourd'hui. Depuis 1418 jusqu'à la Révolution, le coin de la rue aux Ours, à Paris, s'illuminait, le 3 juillet, et de nombreux cierges éclairaient la niche vide d'une statue.

 

Cependant, les rues d'alentour retentissaient de clameurs ; c'est que la foule suivait en vociférant le cortège d'un mannequin costumé en Suisse. La procession durait pendant plusieurs heures et parcourait tous les quartiers de la ville avant de revenir aux carrefours des rues Salle-au-Comte et aux Ours. Puis, à la nuit tombante, le mannequin était enfin brûlé et la fête s'achevait dans l'apothéose d'un feu d'artifice.

 

S'il faut en croire les différents compartiments d'un tableau peint en 1772, un fait inouï aurait donné naissance à cette procession plusieurs fois séculaire. En effet, le 30 juin 1418, un soldat suisse frappa de son épée la statue de la Vierge placée dans la niche de la rue aux Ours. Le sang jaillit aussitôt. Le soldat fut arrêté, jugé, condamné et exécuté au lieu même du crime. Quant à la statue mutilée, on la transporta à Saint-Martin-des-Champs, où la vénération populaire lui donna le nom de Notre-Dame de la Carole. Et, tous les 3 juillet, on donnait une fête en son honneur... Le souvenir de la mutilation se perdit peu à peu, mais la réjouissance se poursuivit jusqu'à la Révolution.

 

Source: http://www.france-pittoresque.org/article-la-statue-qui-saigne-de-la-rue-aux-ours-102846524.html

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 14:32

Et non, la fin du monde n'est pas pour 2012... Un nouveau calendrier maya découvert en 2010 recule de 7000 ans la fin présumée du monde chez les Mayas.

 

Le plus ancien calendrier Maya découvert au Guatemala 

 

Pour la première fois, des archéologues procédant à des fouilles sur le site monumental Maya de Xultún au Guatemala ont découvert une structure comportant des peintures murales du 9e siècle avec des chiffres et des calculs liés aux calendriers mayas. On y retrouve aussi des données numériques des cycles lunaires et peut-être planétaires.

Cette découverte est antérieure de plusieurs centaines d'années aux plus anciens calendriers connus à ce jour: ceux qui ont été trouvés dans les célèbres codex Maya.

Niché dans la végétation dense de la région forestière pluvieuse de Peten au Guatemala, la structure serait la maison d'un scribe lié aux rois Mayas ou bien avec la famille royale de Xultún.

"Pour la première fois nous pouvons voir ce que peuvent réellement être les enregistrements tenus par un scribe, dont le travail consistait à être le gardien officiel des compte rendus d'une communauté maya", a déclaré l'archéologue et chef de l'expédition William Saturno de l'Université de Boston.

Les peintures ont été trouvées dans une pièce de la structure de la maison. Elles représentent le premier art Maya se trouvant sur les murs d'une maison. Toutes les autres peintures Maya ornaient des édifices tels que des temples, des tombes royales et d'autres structures rituelles.

La maison a été découvert en 2010 par l'étudiant Max Chamberlain qui, en collaboration avec Saturno, enquêtait sur des tranchées faites par des pillards. Une fois qu'ils ont réalisé le potentiel de la découverte, Saturno et son équipe ont lancé une fouille officielle avec l'aide de subventions de la National Geographic Society.

Travaillant avec ferveur et contre la montre, ils ont dû fouiller avant la prochaine saison des pluies: en effet, ce qui a été mis au jour par le biais des fouilles pouvait être menacé par les chutes d'eau.

 ... Le mur nord comprend une peinture d'un roi assis portant des plumes bleues. Non loin se trouve une peinture bien conservée d'un homme en orange vif et tenant un stylet. Des glyphes mayas à proximité l'identifient comme «jeune frère Obsidien». Selon ce qui a été appris à partir d'autres sites mayas, Saturno suggère qu'il pourrait être le fils ou le plus jeune frère du roi, et peut-être l'artiste ou le scribe qui a vécu dans la maison.

Quatre longs numéros sur le mur représenteraient tous les cycles astronomiques, comme ceux de Mars, Vénus et les éclipses lunaires, s'étendant jusqu'à 7000 années dans le futur.

Le mur ouest représente trois personnages assis, des hommes peints en noir avec un pagne blanc, portant des médaillons autour de leur cou et une coiffe avec une plume. Une des figures a été identifiée comme "le grand frère Obsidien".

 

"C'est bizarre que les découvertes de Xultún existent encore," s'étonne Saturno, "ces écrits et dessins sur les murs ne se conservent pas bien dans les basses terres mayas, surtout dans une maison enterrée à un mètre sous la surface."

En ce qui concerne les caractéristiques calendaires, les chercheurs suggèrent que les symboles représentent la vision du monde Maya, qui est en réalité différente de la vision populaire d'aujourd'hui faisant prédire la fin du monde par les Mayas.

D'après Saturno, "les anciens Mayas ont prédit que le monde continuerait. 7000 ans après aujourd'hui, le monde sera identique. Les Mayas étaient à la recherche d'une garantie comme quoi rien ne changerait. C'est un état d'esprit totalement différent."

 

Xultún, l'ancien site maya sur lequel se trouve la structure de la maison, a été découvert il y a environ 100 ans par des travailleurs guatémaltèques, puis cartographié dans les années 1920 par Sylvanus Morley. Il a de nouveau été cartographié par une équipe de l'Université Harvard dans les années 1970.

 

On y retrouve 56 structures, bien que des milliers d'autres restent non comptabilisées.

 

Les fouilles de Saturno ont révélé que la construction des grands monuments a commencé au cours de la Période Classique (premiers siècles avant JC), et que le centre a prospéré jusque vers la fin de cette même période (autour de la fin du 9e au 10e siècle de notre ère).

 

Source

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 17:27

Sylvain Marcou a réalisé un premier ouvrage sur la Vendée. Il est en train d’en écrire un second. Photo G. J.

Sylvain Marcou a réalisé un premier ouvrage sur la Vendée. Il est en train d’en écrire un second. Photo G. J.

 

Le Chagnotin Sylvain Marcou a publié un premier livre sur la Vendée militaire. Un autre est en cours. Mais derrière ses ouvrages se cache un autre combat.

Plus jeune, Sylvain Marcou prenait tout le temps la même direction pour partir en vacances en famille. De la Bourgogne, il partait vers la Vendée. Petit, son père lui a transmis un savoir, celui de l’histoire. Plus grand, Sylvain Marcou a décidé d’approfondir ce sujet. Plus âgé et professeur de français, il a décidé de réaliser son doctorat en histoire sur « Hegel et la Révolution française, de la liberté à l’élimination des particularismes. » En toile de fond de ce sujet : la guerre de Vendée ou plutôt le génocide franco-français des Révolutionnaires envers une région plus conservatrice.

 

L’histoire

 

La guerre de Vendée débute en mars 1793 quand les révolutionnaires lèvent le peuple en masse pour défendre les frontières. Mais ici, les paysans ne veulent pas quitter leur terre. Ils se révoltent, cherchent à emmener les nobles avec eux contre le pouvoir en place. Quelques événements tragiques plus tard, la République décide de planifier le génocide de la population vendéenne. Selon certains chiffres, entre 180 000 et 200 000 personnes sont mortes. La guerre prend fin en 1796. La période de Terreur est terminée, Napoléon arrive et redonne à la France des valeurs chrétiennes, tant appréciées des Vendéens.

 

La polémique

 

Mais cette page de l’Historie de France n’est que très peu évoquée. « On ne parle pas de génocide. Le débat est très tendu sur le sujet », indique-t-il. À travers ses ouvrages, il veut donc montrer qu’il a bien eu lieu. Pour cela, il se base sur la philosophie. D’où son doctorat en prenant Hegel pour base de travail. « C’est bien plus difficile de casser un concept philosophique que de contester des chiffres. Cela permettrait peut-être également de réconcilier tous ceux qui s’opposent aujourd’hui », confie-t-il.

 

Ses travaux ont été reconnus. Le centre vendéen de recherches historiques lui a proposé de le rejoindre en tant qu’auteur. « Je veux maintenant que les manuels scolaires accordent autant d’importance au génocide qu’à la mort de Louis XVI », termine-t-il. Sera-t-il entendu un jour ?

 

Source: http://www.lejsl.com/edition-de-chalon/2012/05/13/changer-l-histoire-officielle

via http://www.democratie-royale.org/article-vendee-ou-le-genocide-franco-fran-ais-changer-l-histoire-officielle-105431450.html

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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 10:00

A propos de notre article "La Libre pensée 64 a décidé de manger gras le vendredi saint", chrysogone nous rapporte l'histoire spéciale d'une éruption volcanique passée dans l'oubli : l'éruption de la Montagne pelée en 1902 (fiche wikipedia). 

 

Les francs-maçons de la dite "Libre pensée" 64 feraient bien de se rappeler l'Ecriture : (1) de Dieu on ne se moque pas (Ga 6, 7), (2) Il y a 110 ans, en 1902, le 8 mai 1902, jour de la fête de l'Ascension, l'éruption de la Montagne Pelée (Martinique, Antilles) détruisit en un clin d'oeil la ville de Saint-Pierre, alors préfecture de la Martinique, faisant près de 40 000 morts sur les 100 000 habitants que comptait la Martinique à cette époque. La nuée ardente dévasta une superficie de 16 km2 et le reste de la ville fut la proie des flammes. Il y eut très peu de survivants (Louis-Auguste Cyparis, un prisonnier sauvé par l'épaisseur des murs de son cachot, Léon Compère-Léandre, un cordonnier qui vivait à la périphérie de la ville, et Havivra Da Ifrile, une petite fille) parmi les 28 000 habitants de la ville (Source: Jacques-Marie Bardintzeff, Connaître et découvrir les volcans, Genève, Suisse, Liber, octobre 1997, p. 164).

 

Le 28 avril précédent, jour du Vendredi saint, une "procession" de libres penseurs s'était acheminée au sommet du volcan, au rythme d'un pseudo chemin de croix blasphématoire, pour y jeter dans son cratère une image du Christ. Coïncidence ?

 

L'abbé Pinaud, après avoir décrit les circonstances de l'événement, donne les preuves que cette catastrophe était véritablement un châtiment divin.

http://www.chire.fr/A-105486-l-eruption-de-la-montagne-pelee--on-ne-se-moque-pas-de-dieu.aspx

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Add. 8.04.2012 9:05. Un lecteur nous informe d'une coquille à corriger au sujet de la date du Vendredi saint 1902 qui tomberait le 28 mars 1902 et non le 28 avril. Après recherche sur le site "Worldtimer", il semble qu'il faille effectivement retenir la date du 28 mars comme jour du Vendredi saint 1902 : http://www.worldtimer.net/Calendar/?y=1902&h=fr

 

Le 8 mai, jour de l'éruption de la Montagne pelée, reste le jour de l'Ascension (fiche wikipedia).

 

Voici ce commentaire reçu ce dimanche 8 avril, que nous reproduisons en intégralité. Merci à son auteur, Renaud :

 

"rectification
Renaud
Bonjour,

Bravo pour votre blog!
J'essaie d'y venir autant que je le peux.
C'est pour vous indiquer qu'il doit falloir faire une rectification au sujet des éléments de votre article sur l'éruption de la Montagne Pelée en 1902 à la Martinique.
J'ai tous les documents pour les dates de Pâques (annuaire du Bureau des Longitudes) depuis l'année 1580 du calendrier Grégorien jusqu'à l'année 3000 après J.C.du même calendrier.
Le dimanche de pâques 1902 tombait le 30 mars 1902 et donc le vendredi Saint en question devait être le 28 mars et non le 28 avril.
Compte tenu que (sauf erreur très improbable) la Fête de Pâques ne peut jamais tomber après le 25 avril, aucun vendredi Saint n'eût lieu un 28 avril.
Merci de rectifier
Votre dévoué
avec mes encouragements
Renaud"

 

 

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 23:00

Le 31 mars est une date importante de l'histoire de l'Espagne. C'est le 31 mars 1492, en effet, que les rois catholiques, Isabelle de Castille et Ferdinand d'Aragon, ordonnèrent l'expulsion des juifs de toute l'Espagne par un édit daté du palais de l'Alhambra.

 

Quelques semaine auparavant, au mois de janvier, le royaume de Grenade, dernier bastion de l'islam dans la péninsule, avait été repris aux musulmans. Le 2 janvier 1492, Ferdinand et Isabelle, entourés de leurs troupes, avaient fait leur entrée solennelle dans la ville au son des cloches. Après huit siècles, l'Espagne tout entière était rendue aux chrétiens, comme du temps des Wisigoths.


L'édit du 31 mars contre les juifs était on ne peut plus clair : Il leur fut prescrit, sous peine de mort, de quitter dans un délai de quatre mois les territoires de Castille, d'Aragon, de Sicile et de Sardaigne. On leur permettait d'emporter leur avoir, sauf les métaux précieux et le numéraire. Le délai de quatre mois écoulé, on confisquerait les biens de tout chrétien qui protégerait ou accueillerait un juif.

 

Le grand argentier du royaume, le juif Isaac Abravanel, fit tout son possible pour convaincre les rois catholiques de revenir sur cette décision, leur offrant, au nom de sa communauté, des sommes colossales. Mais le grand inquisiteur Torquemada eut connaissance des démarches insistantes du ministre juif. Il accourut auprès des souverains, un crucifix à la main, et leur adressa ces paroles : « Judas Iscariote vendit le Christ pour trente pièces d'argent. Vos Majestés veulent le vendre pour trois cent mille ducats. Eh bien, le voici, vendez-le. » Et il laissa le crucifix dans la pièce. Isabelle résolut alors de maintenir l'édit d'expulsion, et, comme elle avait beaucoup d'énergie et de ténacité, elle parvint à faire partager son opinion à son époux. (Hervé Ryssen, Histoire de l'antisémitisme, 432 pages, 26 €).


A la fin d'avril 1492, on proclama dans tout le pays, à son de trompe, que les juifs n'étaient plus autorisés à rester en Espagne que jusqu'à la fin du mois de juillet et que ceux qui y prolongeraient leur séjour au-delà de ce délai seraient passibles de la peine de mort. Environ 50 000 juifs choisirent le baptême, et deux cent mille préférèrent s'exiler, ne songeant plus à embrasser le christianisme et à continuer à judaïser en secret, depuis qu'ils avaient compris que l'Inquisition n'était pas une plaisanterie. Ceux-ci se dirigèrent, dans les royaumes voisin de Navarre, du Portugal, en Italie, en Turquie et en Afrique.

 

 

  Il est absolument indispensable que vous lisiez ce livre d'Hervé Ryssen !

 

Source: http://anarchiste.vefblog.net/lien_article.php?id_art=1179552&nom_url=31_mars__une_grande_date

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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 09:42
Paysans modernes (Les) dépossédés de leurs terres par les financiers et cédant aux sirènes citadines
 
(Extrait de « Revue universelle. Recueil documentaire universel et illustré », paru en 1902)

 

Au début du XXe siècle, l’écrivain Paul Adam dénonce dans Le Journal la ruine de vingt siècles de labeur paysan, précipitée non seulement par des villes dont les attraits mensongers détournent le travailleur agricole des vraies valeurs et affaiblissent le tissu rural, mais également par des banques érigées en créanciers anonymes dépossédant ce même travailleur, devenu leur esclave, de ses terres.

Grâce à son labeur de vingt siècles, le paysan a permis que la pensée pût naître dans les cerveaux de ceux qui mangeaient le pain en médisant. Mais voici que sa descendance ingrate condamne l’ancêtre. Née de son abnégation, l’intelligence des villes le dépouille de toutes forces. Continûment, sûrement, elle attire les plus accortes des villageoises et les plus délurés des gars. Elle les absorbe, les transforme, les différencie de leurs aïeux, détourne leurs âmes naïves du travail agricole, les éblouit avec les élégances de la mercière et la discussion du cabaret ivre.

Danse des paysans. Peinture de Pieter Bruegel l'Ancien (1568)
Danse des paysans. Peinture de Pieter Bruegel l’Ancien (1568)

Veuve de ses initiatives mâles et des amoureuses aptes à susciter la passion, à stimuler, pour être conquises, la paresse des esprits mornes, la population rurale, assurent les sociologues, verra décroître toujours son niveau moral et spirituel. Seuls, les gros cultivateurs et les gens incapables de servir à l’atelier demeureront aux villages. Des maîtres et des esclaves. Le citoyen disparaîtra des champs. Bien que la petite propriété se multiplie, les hypothèques considérables qui la grèvent en laissent la disposition au laboureur d’une manière absolument fictive. Les établissements de crédit se font les véritables détenteurs du sol et des fermes. Ces banques se peuvent syndiquer, former un trust. Alors les champs passeront dans les mains de compagnies financières prêtes à exploiter le fonds plus habilement au moyen de la science.

Partout les créanciers acquièrent indirectement le bien du pauvre. Créanciers inexorables parce qu’ils demeurent anonymes, parce que des commis et des règlements les représentent, parce que les actions changent de titulaires, au gré des mouvements de Bourse. Certain jour, les assemblées d’actionnaires pourront obtenir les champs de leurs débiteurs malheureux afin d’y établir, avec des instruments aratoires et des cornues, les ingénieurs agronomes à leurs gages.

Déjà le paysan ne possède plus de terre. Comme les usines et l’outillage industriel, elle devient l’apanage du capital. En sorte que l’évolution collectiviste s’accomplit, en ce qui concerne la vie agricole, autour des corbeilles, dans les bourses et dans les cabinets des administrateurs. Les apôtres du communisme n’ont point à prêcher leurs théories aux prolétaires de la campagne. La finance se charge de réaliser d’abord leur désir sans révolution. Or les comptoirs de crédit prospèrent mal. Leurs affaires ne sont pas brillantes. Rien n’annonce qu’elles puissent s’amender. A mesure que leur situation empire, la nécessité surgit de nouveaux systèmes.

Probablement faudra-t-il en venir à créer, puis affermer des établissements de moyenne culture, les plus rémunérateurs, mais de culture chimique, sur les terrains des propriétaires insolvables. La petite et la très grande exploitation ne donnent pas de bénéfices appréciables : la première, parce que l’état de son rendement ne permet guère l’achat des engrais, des machines ; la seconde, parce que le transport des ouvriers et du matériel sur une vaste étendue coûte trop de temps, de salaires, de travail animal ou d’installations mécaniques. Pour ces raisons, les Américains s’en tiennent au juste milieu, les découvertes de laboratoire fertilisant davantage les efforts des agronomes dans un lieu convenablement mesuré.

Fini le naïf orgueil d’être le possesseur du lopin, le maître de l’arpent, des poules et de la vache, le seigneur absolutiste de l’âtre où tisonne la ménagère soumise. Bientôt des gens viendront pour l’enrôler dans les équipes et lui offrir un salaire. Il dormira dans une demeure commune ; il fatiguera la terre pour des maîtres inconnus. Le blé ne sera pas répandu dans son aire, mais dans les alvéoles de machines monstrueuses, aux membres d’acier vif et muet que des démons gouailleurs activeront. Le paysan ne comprendra point la grandeur d’abdiquer son indépendance illusoire au bénéfice de tous, afin que la terre produise en grand nombre des fruits meilleurs et moins chers, savoureux sur toutes les bouches.

Dix-huit siècles de christianisme ne l’ont pas instruit des magnificences de cette joie qui s’exalte en sachant les dons de ses labeurs. Il ne ressentira que l’ennui d’avoir perdu la possession jalouse, lamentable et précaire d’un pauvre bien. Plus de salaire et plus d’aisance ne le consoleront pas. Car, en dépit de l’évidence, très peu de gens, et parmi les mieux éduqués, s’aperçoivent combien le renchérissement des salaires, loin de ruiner les industries qui le mettent en pratique, au contraire, augmente la production et la richesse. L’ouvrier américain reçoit les honoraires les plus élevés qu’on accorde au travail. Cependant les courtiers yankees offrent sur tous les marchés d’Europe, malgré les tarifs de douane, des produits excellents à des prix inférieurs.

La concurrence est difficile à soutenir pour les fabriques d’Allemagne même, où le prolétaire reste le moins rémunéré. C’est qu’aux Etats-Unis un travailleur d’usine, placé dans des conditions identiques aux nôtres, crée pour 150 francs de marchandises, alors que, dans le même temps, l’Européen en crée pour 100 francs. En effet, une hygiène favorable, de l’aisance, une bonne nourriture, choses octroyées par la haute paye, valent à l’ouvrier une énergie de qualité supérieure, une ingéniosité, une adresse, une vigueur et un goût qui font défaut à notre prolétaire abêti par sa gêne, en butte aux mille inconvénients de la misère. On peut dire hardiment que plus le salaire s’élève et plus l’usine enfante. M. Daniel Halévy, dans son livre sur le mouvement ouvrier, Essais sur le mouvement ouvrier (1901), le remarque et le prouve de manière judicieuse et parfaite.

Versant au villageois plus d’or que n’en rapporte sa petite propriété, les trusts agricoles augmenteraient certes la fertilité du sol arable par l’amélioration de l’effort humain. Mais notre rustre n’admettra que lentement les mérites de cet essai. Avoir du bien, fût-ce la cause de la douleur permanente, lui paraîtra longtemps préférable à tout. Le sens atavique de la propriété l’affole. Dans quelque vingt années, la lutte sera terrible entre cette foi rustique et les entreprises des compagnies financières voulant soutenir la concurrence contre les importateurs d’outre-mer par l’exploitation directe et scientifique du domaine foncier.

 

Source: http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article4616

 

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 08:01

Voici tout juste 100 ans, le quotidien La Presse, observant une recrudescence du grand banditisme, un perfectionnement des moyens techniques utilisés par les malfaiteurs et une violence des attaques sur les personnes que l’on pensait révolue dans une société civilisée, mettait en lumière l’absence de scrupules des auteurs de crimes, sans doute lié à l’absence d’idéal de la génération nouvelle. Lire la suite

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- A propos de la sécurité des personnes sous l'Ancien Régime, lire : "Être français s'est d'abord confondu avec le privilège de vivre protégé sous les fleurs de lys" (Pierre Chaunu) où l'on apprend qu'"aucune ville au monde n'est aussi sûre que Paris, de jour et de nuit, de 1730 à 1789". ...

 

La "France d'après" du Nicolas Sarkozy de 2007 ou la "France forte" du candidat Sarkozy de 2012, ou encore le "monde nouveau" de l'apparatchik franc-maçon Mélenchon... nous auront effectivement plongé dans un monde d'une extraordinaire sûreté et sécurité !

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 08:07

Personnage auquel s’attacha longtemps une légende de cynisme puis de faiblesse, auquel on prêta également des mots historiques apocryphes, Madame du Barry fait à la fin du XIXe siècle l’objet de travaux d’étude notamment entrepris par le conservateur du château de Versailles de l’époque, qui brosse le portrait d’une femme injustement vilipendée, en réalité sensible et n’ayant exercé qu’une influence heureuse sur Louis XV.

 

 Notre époque révise volontiers tous les vieux procès, corrige toutes les légendes et se plaît à une foule de réhabilitations, écrit le journaliste Jean Frollo. Le mot, cette fois, serait peut-être excessif : mettons qu’il s’agisse seulement d’une atténuation à des opinions couramment reçues sur une femme pour qui l’histoire a été sévère, sans consentir, pendant longtemps, à l’étudier d’un peu près. Elle paya, cependant, par une mort terrible les égarements de sa vie, et cette tragique expiation aurait pu lui valoir, du moins, un peu de pitié.

Madame du Barry par Élisabeth Vigée-Lebrun (1781)
Madame du Barry par Élisabeth Vigée-Lebrun (1781)
Depuis un siècle – écrit Frollo, du Petit Parisien, au début du XXe siècle –, le souvenir de Mme du Barry la dernière favorite de Louis XV, s’était résumé en deux mots, constamment répétés, qui ne sont pas moins apocryphes l’un que l’autre, d’ailleurs. C’était la maîtresse du roi, lançant, dans l’intimité d’un déjeuner, l’interjection fameuse : « La France, ton café fout le camp ! » Puis, l’épilogue de cette existence : la du Barry, traînée, le 8 décembre 1793, à l’échafaud, et suppliant l’exécuteur : « Monsieur le bourreau, ne me faites pas de mal ! »

Comme beaucoup de paroles « historiques », celles-là ne furent jamais prononcées. Le roi Louis XV avait au moins conservé une vertu, celle d’une exquise politesse, et un tel langage, en sa présence, eût été invraisemblable. Au demeurant, il existe des billets, et très intimes, de Mme du Barry a Louis XV, et jamais elle ne tutoya le roi.

Enfin, bien que sa naissance eût été hasardeuse, elle avait reçu une excellente éducation au couvent de Sainte-Anne, à Paris, et même en des heures aventureuses, elle ne s’en départit point. Les pamphlets du temps ont d’ailleurs fort exagéré ses aventures. Il serait évidemment ridicule vouloir la transformer en une vertueuse personne, mais elle n’était point descendue aussi bas que ses ennemis se plurent à le dire.

Quant à l’autre mot, le mot suprême qui lui aurait été arraché par l’épouvante, il fut inventé de toutes pièces. En réalité, Mme du Barry arriva jusqu’à la guillotine dans un état de torpeur voisin de l’inconscience. Puis, soudain, elle poussa un long cri d’angoisse et ce fut tout.

Notre journaliste rapporte que des travaux récents ont entrepris, en dépit du mépris dans lequel est tenue la mémoire de Mme du Barry, qui eut des ennemis dans des camps opposés, et pour des raisons très différentes, de montrer ce qu’elle fut, au vrai. On fit d’elle la victime expiatoire de toutes les fautes de la monarchie. En réalité, elle paraît avoir été très calomniée. A la fin du XIXe siècle, le conservateur d’alors du château de Versailles, Vatel, entreprenait cette œuvre d’équité, qui fut ensuite reprise par un courant d’idées, de plusieurs côtés à la fois.

Mme du Barry, qui ne se piquait assurément point de principes austères, avait gardé, pour tous, une certaine retenue. Elle n’était pas seulement d’une beauté vraiment captivante ; il y avait en elle un fond de bonté naturelle, qu’elle garda quand les circonstances l’eurent faite toute-puissante. Il est, d ailleurs, certain, aujourd’hui, que le hasard seul la mit d’abord en présence du roi, qui s’informa d’elle, et qu’on imagina l’histoire d après laquelle elle lui aurait été offerte, avec la complicité du valet de chambre Lebel, pourvoyeur des plaisirs de Louis XV.

Sensible, intelligente plus qu’on ne voulut le reconnaître, d’esprit cultivé, elle n’exerça sur le souverain qu’une influence heureuse. Elle ne joua guère, en fait, de rôle politique, et c’est à tort qu’on lui attribue la chute du ministre Choiseul. Malgré tout le mal que fit dire d’elle celui-ci, elle n’eut point de ressentiment contre lui, et elle s’employa même à adoucir son exil. La postérité n’en a pas moins retenu, surtout, toutes les fables haineuses lancées par Choiseul.

Après la mort de Louis XV, elle ne supporta pas sans dignité les rigueurs de la nouvelle cour. Plus tard, pendant la Révolution, elle montra du dévouement à un parti qui l’avait pourtant abreuvée d’humiliations, et ses voyages en Angleterre, qui avaient pour but apparent la recherche de ses diamants volés étaient bien plutôt des missions acceptées avec quelque courage auprès des émigrés.

Un grand amour l’avait purifiée, au reste, et, dans un temps où la passion s’ennoblissait par tous les dangers que l’on courait, sa liaison avec le duc de Brissac eut une sorte de beauté héroïque. Quel épilogue à ces amours ! Un jour, Brissac était massacré, à l’Orangerie de Versailles, et dans la chambre de Mme du Barry, on jetait la tête coupée de l’homme qu elle avait chéri !...

Voici encore qui relève Mme du Barry, dont la vie, naguère, avait été si brillante et si fêtée, et à qui le malheur avait fait une autre âme. Après une longue lutte contre les dénonciations, elle avait fini par succomber. Elle avait été arrêtée elle était la Conciergerie, attendant son jugement. Un Irlandais, un aventurier fécond en ressources, parvint à s’introduire dans sa prison et à lui communiquer un plan d’évasion qu’il avait formé en sa faveur. Ce projet était hardi, mais non irréalisable.

– Pouvez-vous sauver deux personnes ? demanda Mme du Barry.
– Non, une seule, répondit l’Irlandais.
– Eh bien, ce n’est pas à moi qu’il faut songer.

Et elle donna tout ce qu’elle possédait pour que l’homme entreprît de délivrer Mme de Mortemart, la fille de ce Brissac qu’elle avait tant aimé et auquel elle restait fidèle par delà la tombe. Cette abnégation n’est pas, on en conviendra, d’une âme vulgaire. L’Irlandais lui obéit et put, en effet, arracher Mme de Mortemart à l’échafaud. Il réussit à la faire passer en Angleterre. Ce fut donc par un acte de dévouement que Mme du Barry termina son existence. A lui seul, ne rachèterait-il pas bien des fautes ? Il y eut, du moins, un moment où elle fut admirable. On est loin, là, de la légende de cynisme et ensuite de faiblesse, de l’ancienne favorite, tant diffamée, semblant résumer en elle toutes les folies et toutes les erreurs d’une époque.

Quel est l’intérêt des recherches actuelles sur cette femme dont la destinée offre tant de contrastes ? s’interroge Jean Frollo. Simplement celui de la vérité. Et, à tout prendre, n’y a-t-il pas quelque satisfaction à découvrir, fût-ce dans le passé, moins de mal qu’on ne le supposait ? Sait-on que la dernière personne qui avait connu Mme du Barry mourut en 1862 seulement, à Versailles. C’était sa cousine et son héritière, Mlle de la Neuville. Elle avait quatre-vingt-douze ans. Sous le second Empire, elle pouvait parler encore de la maîtresse de Louis XV.

 

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 08:06

Marion Sigaut, historienne, auteur, nous parle du règne de Louis XV, de ses deux ouvrages "La marche rouge" et "Mourir à l'ombre des Lumières, l'énigme Damiens".

 

On apprend au sujet des enlèvements d'enfants, dans les années 1750, que ceux-ci étaient envoyés à l'Hôpital général de Lille, lieu de renfermement des mendiants et miséreux, mais aussi siège d'un réseau pédophile tenu par des magistrats de l'époque, des magistats tout-puissants capables de faire prévaloir leur avis sur celui du roi pour agraver la peine et le supplice de Damiens, mort écartelé, pour tentative d'assassinat de Louis XV en 1757.  

 

Quelques autres éclairages sur saint Vincent de Paul, qui souhaitait faire tout ce qui est humainement possible pour soulager la misère humaine, et en face de lui, on trouvait la "Compagnie du Saint-Sacrement", organisation secrète de notables et de bourgeois qui au XVIIIe siècle regroupaient les juges jansénistes, opposants à l'"absolutisme royal"..., mais malgré tout "plus papistes que le pape, plus royalistes que le roi"...et qui tenaient d'une manière absolutiste l'Hôpital général, sans aucun contrôle. Molière a parlé d'eux sous le nom de bigots, d'hypocrites, pour qui les miséreux étaient des "fainéants". Le supplice de Damiens était pour les juges une manière de dissuader toute recherche à leur encontre. Des magistats qui avaient des moeurs guère éloignées de ceux des juges d'aujourd'hui.

 

La marquise de Pompadour, également abordée, fut véritablement la "corruptrice du roi".

 

Edit Christroi 05/03/2012 10:05. Un message de Marion Sigaut m'informe à propos des enlèvements d'enfants dans les années 70 à Paris que ceux-ci étaient envoyés à la Salpêtrière et non à Lille.

 

 

 

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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 08:17

Jésus selon Jean-Christian Petitfils,

par l'abbé Denis Puga

Jean-Christian Petitfils vient de publier chez Fayard une vie de Jésus.

Spécialiste de l'histoire française des XVIIe et XVIIIe siècles, auteur de nombreux ouvrages appréciés à juste titre sur cette période, il tente dans son nouveau travail une aventure d'historien à la recherche des données historiques sur la vie du Christ. Avant lecture on aurait pu s'attendre à une étude fouillée (le livre comporte plus de 650 pages !) de l'historicité des documents évangéliques, de leur crédibilité et à partir de là découvrir l'élaboration d'une vie de Jésus fondée sur des faits indubitables en montrant par exemple leur corrélation et leur conformité avec les données de l'histoire de l'Antiquité.

 

Un postulat regrettable

Mais tout en proclamant vouloir ne faire qu’œuvre d’historien, l’auteur s’engage dans une toute autre voie non scientifique. Cherchant son inspiration auprès de quelques exégètes modernes du XXe siècle comme Xavier Léon Dufour, le P. Benoit, le P. Grelot et surtout en se mettant aveuglément à la remorque des thèses de l’Ecole Biblique de Jérusalem, Jean-Christian Petitfils part d’un a priori : le genre littéraire des évangiles, et tout spécialement des évangiles que l’on nomme synoptiques (Matthieu, Marc, Luc), serait un genre tout à fait à part. En effet l’intention des auteurs ne serait pas de nous rapporter les événements tels qu’ils se sont déroulés en réalité mais tels que les auteurs les ont perçus et entendent les transmettre aux fidèles. Bien entendu, en aucun endroit de son ouvrage Jean-Christian Petitfils ne nous explique, et encore moins ne nous démontre, pourquoi il en aurait été ainsi et pourquoi, surtout, il a choisi, lui historien, de suivre cette thèse qui a toujours été rejetée dans l’Eglise catholique jusqu’au milieu du XXe siècle. Mais, comme le déclare notre auteur sans nostalgie aucune, c’était une « époque pas si lointaine où l’on tenait les écrits évangéliques pour vérité historique irréfragable » (p. 469). Saint Pie X stigmatisait déjà il y a un siècle les exégètes modernistes : « Il semblerait vraiment que nul homme avant eux n’a feuilleté les livres saints, qu’il n’y a pas eu à les fouiller en tous sens une multitude de docteurs infiniment supérieurs à eux en génie, en érudition » (encyclique Pascendi). Les vingt pages de bibliographie à la fin de cet ouvrage sur Jésus sont  éloquentes : 98 % des études citées sont postérieures aux années soixante. En un mot avant le concile Vatican II, il semblerait que la véritable exégèse n’ait pas existé. Des grands noms qui ont illustré, tant dans les universités romaines que dans les instituts catholiques, la défense de l’historicité des évangiles, pas un seul n’est cité, comme par exemple les pères Tromp, de Grandmaison, Renié, l’abbé Fillion etc…

Influencé par les études de Xavier Léon-Dufour, Jean-Christian Petitfils manifeste une préférence indéniable pour l’Evangile de Jean (qui, pour notre auteur, n’est pas de saint Jean l’apôtre…) au point d’entreprendre de nous libérer en matière historique de la « Tyrannie du Jésus des Synoptiques » (p. 544). C’est pourquoi, tout au long de son ouvrage, il n’a de cesse de mettre en doute la réalité des événements que les évangiles de Matthieu, Marc et Luc nous rapportent. Un épisode rapporté par ceux-ci viendrait à être absent de l’évangile de Jean, aussitôt la suspicion apparaît quant à sa vérité. Cela n’empêche pas l’auteur de prétendre que Jean lui-même n’est pas forcément toujours fidèle à l’histoire réelle, la part de symbolique ayant son rôle !

 

Une vision partiale et fausse

Quelles vont être les conséquences de l’application par l’auteur d’un tel filtre d’a priori sur l’historicité de nos évangiles ? Donnons quelques exemples tirés de l’ouvrage lui-même. Il ne sera pas alors difficile au lecteur de comprendre que, pour Jean-Christian Petitfils, il y a un fossé entre le Christ de la Foi et le Christ de l’Histoire.

Le récit de la tentation du Christ au désert est un « récit fictif illustrant une idée théologique ». (p. 96). Le voir autrement serait faire preuve d’une « lecture fondamentaliste.» (Idem).

La prière et l’agonie de Jésus à Gethsemani : « Le récit des synoptiques est une construction élaborée à partir de diverses traditions et phrases hors de leur contexte » (p. 290). « Historiquement il n’est pas simple de dire ce qu’il s’est passé » et l’auteur de renvoyer l’épisode au dimanche de l’entrée triomphale dans Jérusalem en l’assimilant à un tout autre épisode rapporté par l’évangile de Jean.

Le baiser de Judas ? « Peut-être une figure littéraire et symbolique soulignant la perfidie extême » (p. 309).

La comparution de Jésus devant le Sanhédrin dans la nuit du jeudi au vendredi durant laquelle le Christ se déclarant Fils de Dieu ce qui lui vaut d’être déclaré digne de mort ? Lisez bien : « Jésus n’a jamais comparu devant le Sanhédrin ». « Les évangélistes ont agrégé dans un procès fictif l’ensemble des éléments qui l’opposaient aux autorités juives ». (p. 320).

Le procès devant Ponce-Pilate ? Sur le plan historique affirme l’auteur, « il n ‘y a aucune certitude que les événements se sont passés comme Matthieu les rapporte » ; (p. 350). Et bien sûr Jean-Christian Petitfils, pour ne pas aller à l’encontre de la pensée dominante contemporaine, n’hésite pas à déclarer que les paroles des Juifs réclamant sur eux la responsabilité du sang qui va être versé (paroles qui selon lui n’ont probablement pas été prononcées !) « vont nourrir chez les chrétiens un antijudaïsme, une haine des Juifs comme peuple déicide, que rien, absolument rien ne justifie. Elles vont servir de prétexte à des siècles de meurtres, de pogroms et d’incompréhension » (p. 350). Trois fois l’auteur réaffirme cela dans son ouvrage.

« Mon Père pourquoi m’avez-vous abandonné ? » Que penser de cette parole de Jésus sur la Croix ? « Ce cri de détresse a-t-il réellement jailli de la bouche de Jésus » se demande l’auteur ? « Certains en ont douté. » Mais on peut « supposer un arrière fond historique ». D’où la question qu’il se pose, sans y répondre : « A partir de quel élément réel les synoptiques ont-ils élaboré leur version ? » Il avance cependant une hypothèse « Jésus aurait simplement soupiré : Mon Dieu, c’est toi » ! (p. 393). Comme on le voit en quelques lignes il ne reste quasiment rien de l’historicité de l’une des paroles les plus sublimes et bouleversantes du Christ méditée par les générations de chrétiens depuis les origines de l’Eglise.

Pour les récits de la Résurrection du Christ, il en est de même : « On n’est pas obligé de croire littéralement Matthieu lorsqu’il nous dit que l’Ange s’adresse aux femmes pour leur dire que le Christ est ressuscité » p. 434. Et l’auteur de conclure : « C’est ici au tombeau vide que s’arrête l’Histoire et que commence la Foi. L’historien sans s’engager sur la résurrection de Jésus ne peut à partir de ce moment qu’enregistrer les témoignages, les confronter » (p. 432). Mais permettons-nous d’objecter gravement à l’auteur : si l’historien ne peut me dire si les témoignages sur la résurrection de Jésus sont crédibles, qui pourra m’en donner la certitude pour me permettre de poser mon acte de Foi ?

 

Les récits de l’enfance

Jean-Christian Petitfils n’examine les récits évangéliques de l’enfance de Jésus qu’à partir de la page p. 451 dans son épilogue. Cela en dit déjà long sur l’estime que l’historien qu’il se veut d’être leur porte ! Que dit-il ? « Ces récits n’entretiennent pas le même rapport avec l’Histoire que les récits de la vie publique de Jésus. » (Et nous avons vu auparavant que l’historicité de ces derniers avait déjà beaucoup de lacunes !) « Ils sont le fruit d’une activité rédactionnelle élaborée… dans le dessein spécifique d’exalter l’origine divine de Jésus dans sa conception (p. 454)… Leur théologie prend volontairement la forme du merveilleux.

Leur écriture colorée, enjolivée d’anecdotes, fait la joie de la piété populaire. » (p. 455). Et l’auteur de citer le cardinal Ratzinger : « Ces récits débordent radicalement le cadre de la vraisemblance historique ordinaire et nous confrontent avec l’action immédiate de Dieu ». Tout est là, pour Jean-Christian Petitfils et ses inspirateurs : sans la foi, il est impossible de dire ce que fut historiquement l’enfance de Jésus.

Concluons. Tout l’ouvrage est sous-tendu par une vision moderniste de l’inspiration des écritures, que le pape saint Pie X a parfaitement stigmatisée et condamnée dans son encyclique Pascendi : « Ils distinguent, dit le Pape, soigneusement l’Histoire de la foi et l’histoire réelle ; à l’histoire de la foi, ils opposent l’histoire réelle, précisément en tant que réelle ; d’où il suit que des deux Christ l’un est réel ; celui de la foi n’a jamais existé dans la réalité ; l’un est venu en un point du temps et de l’espace, l’autre n’a jamais vécu ailleurs que dans les pieuses méditations du croyant ».

Jean-Christian Petitfils, en écrivant son « Jésus » ne s’est sans doute pas rendu compte qu’en se mettant à l’école d’exégètes modernistes plutôt que d’agir en véritable historien, il perd toute vision objective de la véritable histoire de Jésus. Pour le non chrétien, cet ouvrage ne pourra l’amener qu’à la conclusion que l’on ne possède guère de sources crédibles sur l’histoire du Christ. La foi du lecteur chrétien, quant à elle, sera ébranlée au point qu’il finira par se demander si le Christ auquel il croit est bien le même que celui qui a vécu parmi nous. Echappé de sa période historique habituelle où il excelle, Jean-Christian Petitfils a fait une téméraire incursion dans l’Antiquité Chrétienne.

Ce fut un désastre. Vite, qu’il retourne à son époque de prédilection ; c’est là que nous l’apprécions.

Jésus, Jean-Christian Petitfils, Fayard, 2011, 670 pages.

Abbé Denis PUGA

Article extrait du Chardonnet n° 275 de février 2012

 

Notes

Pour aller plus loin, lire notamment l’encyclique Providentissimus de Léon XIII sur l’inspiration biblique, l’encyclique Pascendi et le décret Lamentabili de saint Pie X sur les erreurs modernistes, Cent ans de modernisme par l’abbé Bourmaud (chez Clovis), Centenaire de l’encyclique Pascendi, actes du symposium 9-10-11 novembre 2007 (chez Clovis) ainsi que le Catéchisme sur le modernisme d’après l’encyclique Pascendi Dominici Gregis de S.S. Pie X, éd. Forts dans la foi, n° 32-34.

 

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 00:00

(Extrait de « Protestation présentée au peuple français
contre le jugement de Louis XVI », paru en 1793)

 

En 1793, quelque temps après que le jugement condamnant Louis XVI ait été prononcé, paraît, sous le titre de Protestation présentée au peuple français contre le jugement de Louis XVI, un pamphlet dont l’auteur se propose de démontrer que la condamnation prononcée revêt tous les caractères d’une décision nulle au sens juridique. Entre autres arguments, il avance que ceux qui l’ont rendu ont cumulé deux pouvoirs cependant que le texte des droits de l’homme stipule explicitement qu’ils doivent être distincts et séparés ; qu’ils ont déclaré Louis XVI jugeable par eux avant que l’abolition de la royauté ne fût prononcée ; qu’en leur qualité de juges ils auraient dû respecter une majorité des deux tiers ; qu’ils ont rejeté l’appel légitime au peuple que Louis XVI avaient formulé devant eux...

 

Qui sont ces mandataires, pour se rendre tout puissants et exercer sans notre aveu, et pourtant en notre nom, un acte de souveraineté absolue dans la cause la plus sérieuse qui puisse affecter une nation, le jugement et la condamnation de son Roi ? Je ne ferai que leur répéter ce que Pétion leur a dit dans la tribune : « Où sont ces mandats, où est cette mission expresse qui vous donne le droit de vous élever au-dessus de la sanction du peuple ? »

Vous n’êtes pas seulement ses mandataires élus dans ses assemblées primaires ; vous ne tenez vos pouvoirs que de ses électeurs ; avons-nous autorisé nos électeurs à nous donner des despotes qui puissent réunir à la faculté de faire des lois, celle de les appliquer ? Les avons-nous surtout autorisés à exercer la justice suprême, et à méconnaître la souveraineté du peuple par un honteux rejet de l’appel interjette à son autorité ?



Interrogatoire de Louis XVI


Si ces étranges juges avaient respecté cet appel, voici, Citoyens, ce que je vous aurais dit. Chez aucun peuple on n’a exactement défini les cas où une nation doit ou peut selon l’équité reprendre l’exercice de la souveraineté, lorsqu’elle l’a une fois délégué, soit à un seul, soit à plusieurs magistrats perpétuels. Le peuple le plus célèbre de l’antiquité, celui chez lequel les sages des autres nations allaient puiser des leçons, les Egyptiens jugeaient aussi leurs Rois, mais ce n’était qu’après leur mort ; ils condamnaient ou absolvaient la mémoire, et non la personne. Est-ce par respect pour le représentant perpétuel auquel ils avaient délégué l’autorité suprême ? Non, ce motif n’était que secondaire ; ils pensaient que le repos public était intéressé à l’inviolabilité d’un Roi vivant, et que c’était assez pour eux, que de proposer à ses successeurs, ou un objet de malédiction qui pût les effrayer, ou un modèle qu’ils dussent imiter.

 Est-il des cas où un Roi puisse être frappé d’une mort civile, dont les effets soient semblables à ceux d’une mort naturelle ? Je ne traiterai point cette question délicate, qui, heureusement pour le repos des nations, devient très rarement le sujet d’une discussion.

 

 Mais si la Convention Nationale avait envisagé cette affaire mémorable sous ce point de vue, elle aurait pris une marche plus assurée ; celle qui est la plus régulière est toujours la plus sûre, et les formes ont toujours été et seront toujours les conservatrices du fondement de toutes les lois ; avant de décréter que Louis XVI serait jugé par elle, elle aurait décrété l’abolition de la Royauté, et si nous avions confirmé ce décret par notre sanction formelle, Louis XVI fût tombé dans le cas de la mort civile, comme Roi, alors nous eussions condamné ou absous la mémoire de son règne. La Convention a précisément fait l’inverse ; avant d’abolir la Royauté, elle a décrété que Louis XVI serait jugé par elle ; par cette marche elle lui a laissé son inviolabilité au moment même qu’elle y portait atteinte, et elle a déclaré jugeable un être qu’elle reconnaissait encore revêtu de la Royauté.

 

 J’avoue, Citoyens, qu’à la vue de cette contradiction mon embarras est extrême, et je n’ai plus de base certaine pour un jugement ; car si avant l’abolition de la Royauté, Louis XVI n’était pas jugeable, comment a-t-il pu être condamné depuis, lui, qui resserré dans une étroite prison, n’a pu se rendre coupable d’aucuns faits postérieurs ?

 

 Mon embarras redouble, lorsque je considère que le décret de l’abolition de la Royauté n’a pas été porté à la sanction formelle du peuple. Des adresses d’adhésion, fussent-elles venues de tous les départements, de tous les districts, peuvent-elles suppléer à renonciation du vœu de l’universalité, ou seulement de la majorité du peuple français, légalement convoqué dans ses assemblées primaires ?

 

 De tous les discours qui ont été prononcés à la tribune, dans cette cause qui intéresse tous les peuples, celui du Citoyen Pétion m’a paru renfermer les raisonnements les plus spécieux ; c’est donc à eux que je m’attacherai plus particulièrement.

 

 Il fait d’abord à l’assemblée dont il est membre, cette question : « Pouvions-nous renvoyer ce procès devant un tribunal national ? » Je ne répondrai pas que non, parce que nos commettants n’avaient pas limité nos pouvoirs. Mais de ce que ces pouvoirs n’étaient pas énoncés dans les mandats , peut-on en conclure qu’il fussent illimités ! La conséquence serait absurde ; autant vaudrait-il dire que les commettants ont entendu rendre leurs délégués tout puissants. Le parlement d’Angleterre est aussi composé de représentants dont les pouvoirs ne sont pas spécifiquement énoncés dans leurs mandats, prétendrait-on pour cela, que des pouvoirs sont illimités ? Toute l’Angleterre crierait à l’anathème et à l’usurpation ; elle entend que les pouvoirs de ses représentants soient limités, non seulement par les règles éternelles et générales de la justice naturelle, mais encore par les principes de sa constitution particulière.

 

 Il est vrai qu’au moment de la convocation de l’assemblée actuelle, ses pouvoirs n’étaient pas définis par une constitution préexistante, puisque c’est pour en former une durable qu’elle a été principalement convoquée. Mais il est impossible de supposer qu’il soit entré dans l’intention de ses commettants, qu’elle pût s’élever au-dessus des règles de la justice éternelle ; c’est pourtant ce qu’elle eût fait, si, à l’exemple de Cromwell, elle eut donné à Louis XVl, des juges auxquels elle eût pu être soupçonnée vouloir dicter leur sentence.

 

 Pe’tion s’est donc trompé en insinuant que la convention aurait pu renvoyer le procès de Louis XVI devant un tribunal national ; son procédé n’eût été régulier qu’autant qu’elle aurait demandé au corps collectif de la nation et un juré d’accusation et un juré de jugement. Par cette marche, elle aurait concilié la dignité de sa mission avec le vœu de la justice naturelle. Cette marche eut évité au citoyen Pétïon l’embarras de répondre à un argument de la plus grande force, par une distinction sophistique. Il avoue que dans la thèse générale, un législateur ne peut être juge, mais il excepte le cas où une mesure de sûreté serait inséparable d’un jugement particulier.

 

 Sans doute la nécessité excuse dans de certains cas, si elle ne justifie pas une violence faite aux règles générales. Mais en supposant que la sûreté publique exigeât que Louis XVI fût jugé, où était la nécessité qu’il le fût par la convention ? ou au moins quel devait être le juge de cette nécessité ? N’est-ce pas le corps collectif de la nation lui-même ? C’est donc lui qu’il fallait consulter, et il aurait pourvu à la forme de l’instruction comme à celle du jugement.

 

 Le citoyen Pétion confirme lui-même cette réflexion. Il trouve qu’il y aurait eu de la timidité dans la convention à ne juger que le fait, et il voulait qu’elle prononçât aussi la peine ; cependant un instant après, il convient que le refus du renvoi du jugement au peuple serait une usurpation de pouvoir.

 

 Que Pétion s’accorde donc avec lui-même. Si la convention n’avait ni mandats, ni mission pour prononcer en dernier ressort sur Louis XVI, en avait-elle davantage pour le juger en première instance ? Où sont ses mandats, sa mission pour cela ?


Si donc le jugement porté contre Louis XVI était nul et incomplètement rendu par la convention en première instance, à combien plus forte raison est-il infecté de ces vices, quand on le considère comme un jugement souverain et sans appel ? Ou toutes les notions que nous avons sur la souveraineté sont fausses, ou l’appel des jugements est son principal attribut ; si donc elle réside dans le peuple, personne ne peut, sans une mission spéciale de sa part, exercer la justice souveraine, à moins d’usurper son pouvoir.

 

 Jusqu’à présent, je n’ai parlé qu’au raisonnement : appelons au conseil le sentiment, et laissons à la seule humanité à prononcer. Tout le peuple français a accepté, juré, et est disposé à maintenir cette partie de la constitution qui, dans toutes les poursuites criminelles, exige impérieusement un juré d’accusation distinct du juré de jugement. Quelle est en effet la horde sauvage qui donnerait à un accusé pour juges ses dénonciateurs Se ses accusateurs ? Je ne crois pas qu’il en existe de cette espèce sur la surface de la terre ; c’est pourtant ce qui vient d’arriver dans l’affaire de Louis XVI de la part d’un tribunal indéfinissable et tel que l’inquisition n’en a jamais fourni d’exemple, ni même donné l’idée ; et pour achever le prodige, on a vu des hommes qui avoient notoirement et publiquement ouvert leur avis, avant le jugement, opiner à la mort ; on en a vu d’autres qui, sans voir les pièces du procès, ni en entendre aucune des défenses de l’accusé, ont envoyé par la poste, de deux cent lieues de l’instruction, leur avis également à la mort.

 

Le voilà donc qu’il se transforme en juré de jugement, ce même tribunal qui 24 heures avant, avait pris la forme de juré d’accusation ; bientôt nous lui verrons prendre la qualité de juge sans appel ; c’est-à-dire, que nous le verrons, successivement proposer l’accusation , déclarer l’accusé convaincu, et prononcer arbitrairement la peine.

 

Dans quels termes propose-t-il l’accusation ? Louis est-il coupable ? Cette question ainsi posée, était évidemment insidieuse ; car pour des faits qui se sont passés durant le règne de la constitution, Louis XVI ne pouvait être accusé que comme Roi Constitutionnel. La question devait donc être posée dans ces termes : « Louis XVI est-il, ou non coupable d’avoir violé la constitution qu’il avait acceptée ! » Si la preuve du fait avait été acquise, le juré de jugement aurait eu un seul mot à prononcer ? « Coupable ». Alors les juges n’auraient eu autre chose à faire qu’à ouvrir le code de la constitution, et à déclarer la peine qui y est écrite, la déchéance.

 

Mais ce n’est point ainsi qu’on a procédé ; le juré de jugement a dénaturé la question proposée par celui d’accusation, et en ajoutant au mot coupable ceux de haute trahison, il a transporté la cause et l’accusé, du code constitutionnel au code pénal, c’est-à-dire qu’il a renvoyé Louis XVI, qui ne devait être jugé que comme roi d’après la constitution, dans la classe des citoyens ordinaires qui se rendraient coupables de haute trahison. Sous ce point de vue, l’assemblée devenait doublement incompétente en enfreignant la loi de la constitution non encore abolie, et en violant une loi en pleine vigueur, celle des jurés.

 

Si, dans une cause ordinaire, un juré de jugement dénaturait les termes de l’accusation, en y ajoutant ou en en altérant le sens, son prononcé serait indubitablement dans le cas de la cassation, celui de l’assemblée qui a déclaré Louis XVI coupable de haute trahison, tandis qu’il ne pouvait l’être que de contravention à la constitution, peut-il échappera la censure ?

 

On voit d’avance le préjudice que cette erreur devait causer à l’accusé, car lorsqu’une fois le juré de jugement l’a déclaré convaincu d’un fait exactement défini, il ne reste plus aux juges qu’à ouvrir le livre de la loi, et à prononcer la peine qui y est textuellement écrite ; ils ne sauraient être ses interprètes, ils ne doivent en être que les organes ; ils ne peuvent délibérer entre eux sur l’application de la peine, que dans le cas où il n’y aurait à juger que l’intention de l’accusé, ou dans celui où il y aurait eu erreur dans le prononcé du juré.

 

Ainsi, cette fastueuse séance de trente-six heures, qui paraît avoir été apprêtée au théâtre, dans le jugement de Louis XVI, devenait entièrement inutile ; le prononcé qui le déclarait coupable de haute trahison le renvoyait nécessairement au code pénal, où est écrit la mort. Si on peut être surpris, c’est de ce qu’il se soit trouvé parmi les votants, des hommes qui, après avoir prononcé le mot traître, aient opiné à une peine différente de celle qui est écrite ; tant il est vrai que dans ce procès, qui est le sceau de la fatale destinée de Louis XVI, tout devait être marqué au coin de l’arbitraire.

 

Enfin on compte les voix ; la première qui vient douloureusement affecter nos oreilles, est celle d’un renégat ; quel est le tigre qui l’engendra, et quelle est la louve qui le porta dans ses flancs impurs ? cependant sa voix est comptée. Plusieurs autres viennent après, qui, revêtus du caractère de pasteurs d’une communion qui abhorre le sang, ne se font pas de scrupule d’appeler sur eux celui d’une illustre victime, et leurs voix sont comptées. Vient ensuite la troupe incendiaire des dénonciateurs, des accusateurs, de ceux qui avoient ouvert leur opinion avant le jugement ; et leurs voix sont comptées.

 

Enfin, le président proclame le résultat de l’appel nominal et dit : l’assemblée est composée de sept cent quarante-cinq membres ; un est mort, six sont malades, deux sont absents sans cause, onze sont absents par commission, et quatre non votants : ce qui fait en tout vingt-quatre membres qui n’ont point donné de voix ; le nombre des votants se trouve ainsi réduit à sept cent vingt-un ; pour que la majorité soit acquise, il faut une réunion de trois cent soixante-un suffrages ; c’est-à-dire, la moitié plus un.

 

Il y a eu dans le premier recensement des voix une erreur, qui a été rectifiée dans le second appel nominal sur le sursis ; le président a proclamé que sur 748 membres, au lieu de 745, 17 étaient absents par commission, 21 par maladie, 8 sans cause, 12 non votants. L’assemblée étant ainsi réduite à 690 votants, il s’en est trouvé 310 pour le sursis, et 380 pour l’exécution, ce qui ne faisait encore qu’une majorité absolue, et une différence de 70 voix, tandis que celle des deux tiers était requise ainsi qu’une différence de 230 voix. Mais d’abord, quant à la réduction des suffrages, a-t-on renoncé, dans cette assemblée, à ce que les mœurs publiques ont consacré chez toutes les nations ? et l’estime publique est-elle au nombre de ces préjugés, sur la ruine desquels le règne philosophique doit s’établir ? je veux parler des récusations ; il n’y a pas un peuple policé sur la terre, qui n’en ait consacré l’usage, comme par instinct ; il n’en est pas un qui ne notât d’une sorte d’infamie ceux de ses juges, qui ne s’abstiendraient pas volontairement de prononcer dans une cause, dans laquelle il y aurait des moyens notoires de récusation à proposer contre eux.


J’interpelle ici le président, et je lui demande s’il n’était pas de sa dignité et de celle de l’assemblée de lui dire : « Citoyens ! s’il en est parmi vous qui tiennent à l’accusé par les liens du sang ou de la parenté ; s’il en est d’autres dont le caractère religieux répugne, chez tous les peuples de l’Europe, à l’effusion du sang ; s’il en est enfin qui aient manifesté leur opinion avant le jugement, je les avertis que l’honnêteté publique les invite à se retirer ; l’Europe qui vous contemple les verrait avec indignation conserver le caractère de juges, et les défenseurs de l’accusé, qui sont là, leur diraient tout bas, en fixant les yeux sur eux : Hunc egero, iniquus est.

Je les récuse donc, moi, et je crois que tous les hommes honnêtes en feront autant. Si on en porte le nombre à vingt seulement, celui des votants se trouvait réduit à sept cent un. Ici se présente la question, comment la majorité des suffrages devait être acquise ; est-ce la majorité absolue, ou la majorité requise dans un juré de jugement ? Dans le premier cas, il ne fallait que la moitié plus un, c’est-à-dire, trois cent cinquante et une voix ; dans le second , il fallait les deux tiers, c’est-à-dire quatre cent soixante-six.

 

Or, il n’y en a eu que trois cent soixante-six pour la mort ; donc, il s’en faut de cent voix que la majorité eut été acquise dans un juré de jugement. Mais, dit-on, la question sur la majorité avait été proposée, et il avait été décrété qu’on s’en tiendrait, dans ce jugement, à la majorité absolue, comme dans la formation des décrets ordinaires de l’assemblée ; mais répondez à ce dilemme : si vous avez prononcé comme législateurs, vous avez outrepassé vos pouvoirs ; si vous avez prononcé comme juges d’un juré, il vous fallait suivant votre propre code, les deux tiers des voix.

 

 Vainement dira-ton que le code n’astreint que les jurés à une majorité des deux tiers, et que les juges, en appliquant la peine, peuvent s’en tenir à une majorité absolue. Pur sophisme ! Lorsque le juré a déclaré le fait, les juges ne peuvent plus délibérer sur l’application de la peine, que dans le cas où il y aurait eu erreur dans le prononcé du juré ; or cette erreur n’a point été objectée ni mise en question ; en tout cas elle n’aurait pu être interprétée qu’en faveur de l’accusé ; les juges étaient donc astreints à suivre dans le prononcé du jugement, la même majorité qu’ils avaient suivie dans celui du juré ; or cette majorité était des deux tiers.

 

Ainsi sous tous les rapports le jugement prononce contre Louis XVI est nul.


Il est nul en ce que ceux qui l’ont rendu ont cumulé deux pouvoirs, qui, suivant le texte exprès des droits de l’homme, doivent être distincts et séparés.

 

 II est nul en ce qu’ils ont déclaré Louis XVI jugeable par eux, avant que l’abolition de la royauté ne fût prononcée.

Il est nul en ce qu’ils ont cumulé dans leurs personnes la qualité de juré d’accusation et celle de juré de jugement, tandis que suivant le code criminel, ces deux jurés doivent être distincts et séparés.

 

Il est nul en ce que, comme juré de jugement, ils ont déclaré Louis XVI coupable de haute trahison, tandis que l’accusation ne portait que sur le mot pur et simple de coupable.

 

Il est nul en ce qu’ils n’ont ni proposé, ni jugé les récusations de droit, que la notoriété publique élevait contre un grand nombre d’entre eux.

 

Il est nul, en ce qu’en leur qualité de juges, ils ont, dans l’application de la peine, suivi une majorité de suffrages différente de celle qu’ils avoient suivie dans le juré de jugement.

 

Il est nul enfin, en ce qu’ils ont rejeté l’appel au peuple, que Louis XVI a porté devant eux.

 

Je proteste, en mon nom, comme membre du corps collectif de la nation contre un rejet, qui porte une atteinte formelle à la souveraineté du peuple. J’avoue que je ne puis m’étonner assez que les défenseurs de Louis XVI dont je me plaisais à considérer les lumières, autant que je respectais leur généreux dévouement, n’aient pas suivi dans cet appel, la marche que la hiérarchie judiciaire indiquait naturellement.

 

L’appel d’un jugement n’est autre chose que le recours au souverain ; c’est ainsi qu’il est qualifié chez la plupart des nations de l’Europe. Il faut donc qu’il soit porté directement et par un acte solennel par devant le supérieur, en même temps qu’il est notifié à l’inférieur afin de suspendre l’exécution du jugement de celui-ci. 

 

 (...)

 

Louis XVI vivant était intéressé à faire abjurer à son fils tout sentiment de vengeance ; Louis XVI mort sur un échafaud lui donne le monde entier pour vengeur. Quelle sera la première démarche des armées étrangères qui vont fondre sur le territoire français ? Car, ne nous le dissimulons plus, ses frontières vont être envahies ; c’est de rendre les départements où elles pénétreront, responsables de la mort tragique de leur roi. Que diront ces départements ? Qu’ils n’ont eu aucune part à cet attentat, et qu’ils le désavouent. Que deviendront alors leurs députés ? Quel asile trouveront-ils ?

 

 Ah, citoyens ! Cessez d’être les dupes des rêves politiques dont on vous entretient depuis trop longtemps ; « Abattez, vous ont-ils dit, la tête de Louis XVI, et la terreur fera crouler tous les trônes des despotes. » Cette prédiction, croyez-moi, ne se vérifiera pas plus que celles qui vous annonçaient, il y a dix mois, la défection de leurs armées, et après elle, celle de leurs peuples ; mettez un terme à vos illusions et aux perfides suggestions de ceux qui ont entrepris de vous égarer ; expiez, s’il est possible, le crime épouvantable dont la France vient d’être souillée, et vengez vous-mêmes le ciel de la témérité de ces nouveaux Titans, qui, en bravant la foudre, la feront tomber sur vous-mêmes.

 

Source : http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article5600

via http://www.democratie-royale.org/article-nullite-du-jugement-condamnant-louis-xvi-a-mort-pamphlet-de-1793-97404344.html
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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 00:00

Chanson de la fin 1792 ou début 1793 réclamant la clémence pour le roi Louis XVI qui sera finalement exécuté le 21 janvier 1793.

interprétation : Simone Bartel, disque 33t "la révolution française, chants et chansons des rues et des salons "

Il faut pour notre gloire En ce jour , oh français
Quune œuvre méritoire, vous illustre à jamais
Pénétré dindulgence, votre sensible cœur
Toujours par la clémence, triomphe le vainqueur

Plus Louis fut coupable, plus soyons généreux
Pour être inexorable, en est on plus heureux ?
Fatale déchéance, suffit pour le punir
Elle est notre vengeance et fait son repentir

Lhonneur de la patrie, veut pour se conserver
Que Louis reste en vie, seule elle peut le sauver
Cet acte de clémence doit prouver à jamais
Toute la bienfaisance du bon peuple français.

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