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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 21:38

A peine a-t-elle éclaté, que la Révolution abolit dès 1790 les festivités jadis légendaires se déroulant durant les trois semaines du Carnaval, prohibant tout port de masques et déguisements dans les rues pour lui préférer et encourager celui du bonnet rouge et des piques...

 

Dans le n°137 de ses Révolutions de Paris (du 18 au 25 février 1792), Prudhomme déclare solennellement que « la Révolution nous a mis du plomb dans la tête. Depuis trois ans nous ne sommes plus bouffons. »

 

Un jacobin brandissant le bonnet rouge en 1792
Un jacobin brandissant le bonnet rouge en 1792

 

De fait, depuis et y compris 1790, le Carnaval a vécu. Pour la troisième fois à pareille époque, a été affichée, le 20 janvier, une ordonnance de police portant défenses expresses « à tous particuliers de paraître déguisés, masqués ou travestis de quelque manière que ce soit, dans les rues, places et jardins publics, sous peine d’être arrêtés, comme aussi de donner des bals masqués sans la permission expresse, de l’autorité. » Partout en France, mais surtout à Paris, les circonstances exigeaient impérieusement de pareilles précautions.

 

C’est donc en 1789, malgré les préoccupations de la Révolution naissante, que le Carnaval a, pour la dernière fois, joui sous l’ancien régime de tout son éclat. Déjà il avait, de ci de là, dans l’histoire, subi mainte et mainte éclipse. La dernière et la plus longue avait eu lieu durant les dernières années du règne de Louis XV, dont la tristesse avait mis fin chez le peuple à toute manifestation joyeuse. Seule la police, en soudoyant quelques gens sans aveu, avait pu à grand’ peine marquer la date des jours gras par quelques mascarades, excitant le dégoût bien plutôt que le rire.

 

Dès que Louis XVI monte sur le trône, le peuple, renaissant à l’espérance et impatient de se dédommager d’une longue période de deuils et de douleurs, n’a rien de plus pressé que de rendre au Carnaval son ancienne splendeur. On se ferait difficilement aujourd’hui une idée des fêtes organisées à cette occasion. Le Carnaval dure alors trois semaines. Le mardi précédant la Septuagésime, il s’ouvre solennellement en même temps que la saison des spectacles à la foire Saint-Germain.

 

Chacune de ces trois semaines, il y a bal à l’Opéra, à minuit, le jeudi et le dimanche. Les deux jours les plus animés sont, comme bien on pense, le Lundi et le Mardi Gras, terminés également l’un et l’autre par un bal à l’Opéra. Ces deux jours-là, de midi à cinq heures, depuis le faubourg du Roule jusqu’à la place du Trône, ça n’est qu’une indescriptible et éblouissante cohue de masques, remplissant, soit à pied, soit en carrosse, le faubourg et la rue Saint-Honoré, la rue et le faubourg Saint-Antoine. Les plus grands seigneurs de la Cour, des princes, même des princes du sang, tiennent à honneur de s’y faire remarquer dans des équipages et des voitures magnifiques, des chars nouveaux et bizarres.

 

L’ordre le mieux établi prévient les excès et les malheurs, trop ordinaires à de semblables fêtes. Le guet, répandu depuis la rue Royale jusqu’au Trône, prescrit aux voitures leur marche et empêche toute confusion, ce qui, disent les Mémoires Secrets, en rend le coup d’œil encore plus enchanteur. Le mardi, dans la soirée, presque tous les masques, au retour, se rendent aux Porcherons, au Grand Salon. C’est là, et finalement à l’Opéra, que se clôture le Carnaval.

 

Donc, en ce commencement de 1792, trois ans déjà nous séparent de ces temps d’allégresse, et c’est sous les plus sombres auspices que l’année a commencé. Le 1er janvier, grâce a une délicate attention de Guadet, l’Assemblée Nationale a comme étrennes, donné aux révolutionnaires la mise en accusation des princes français Louis-Stanislas-Xavier, Charles-Philippe et Louis-Joseph, ci-devant Condé, auxquels elle a adjoint Galonné et Riquetti cadet, frère de Mirabeau.

 

L’agitation, causée par la formation d’une Haute-Cour, n’est rien auprès de celle que produisent les bruits chaque jour plus précis, d’une guerre imminente avec l’Autriche. Et cet état de nervosité inquiète, pousse au paroxysme l’exaspération des classes pauvres devant la cherté invraisemblable des vivres croissant en raison inverse de. la valeur des assignats. Le 21 janvier, des magasins et boutiques d’épiciers ont été pillés par le peuple ; le 23, de même. Entre temps, des faux assignats ont été mis en circulation et, depuis la fin du mois, on s’en prend maintenant aux boulangers.

 

Dès les premiers jours de février, si le Carnaval des jours heureux n’est plus qu’un souvenir, il s’en manifeste un, d’un genre nouveau, bien « analogue aux circonstances », comme on disait alors. Non seulement les hommes, mais les femmes même, ne paraissent plus dans les rues qu’une pique à la main. La pique remplace dans la main des « citoyennes », l’ombrelle et l’éventail, « tout comme elle se substitua au parapluie dans la main du timide bourgeois. »

 

Cette épidémie est telle que, peu de temps avant les jours gras, le samedi 11 février « an IV de la Liberté », la Municipalité se voit dans l’obligation de prendre un arrêté pour réglementer et refréner le port de la pique. Cet arrêté est même assez mal accueilli. Les agités, ou plutôt les agitateurs, répandent le bruit d’une nouvelle évasion du roi, qui, deux jours après, le 13, est obligé de protester, par lettre au Corps Municipal, de « son inviolable dévouement au bonheur de la Nation ».

 

Si les sans-culottes éprouvent quelques difficultés pour se montrer partout, la pique à là main, il leur est en revanche loisible de se distinguer du commun des mortels par le bonnet rouge, dit « bonnet de la liberté ». On ne voit plus partout que des bonnets rouges. On se promène en bonnet rouge, on va au café en bonnet rouge, on assiste en bonnet rouge aux séances dos clubs et aux représentations théâtrales.

 

Un sans-culotte en 1792

Un sans-culotte en 1792

 

Cette année-là, la période du Carnaval eût dû s’ouvrir le mardi 31 janvier. Le dimanche gras, 19 février, les dames de la Halle viennent demander à l’Assemblée Nationale sa protection pour une caisse nouvelle d’échange d’assignats ; mais celle-ci, craignant que les pétitionnaires n’aient été incitées à cette démarche par des financiers intéressés à l’entreprise, refuse de se prononcer.

 

Le soir, pour se consoler de leur déconvenue, ces dames se rendent a la maison du sieur Ruggieri, rue Saint-Lazare, faubourg Montmartre, lequel, dimanche, lundi et mardi gras, ouvre ses portes à six heures. Il n’en coûte qu’une livre dix sols par personne. « Le public est averti que l’on dansera une contredanse, ensuite la course alternativement »... et elles s’en donnent jusqu’au petit jour.

 

Le lendemain, lundi 20, la reine, tenant fièrement tête à l’orage, se fait conduire au Théâtre Italien, tout neuf encore, puisque bâti en 1783, sur l’emplacement de l’hôtel de Choiseul. au même endroit et dans les mêmes dispositions que plus tard l’Opéra-Comique. On doit y jouer les Evénements imprévus, comédie en trois actes, mêlée d’ariettes, par d’Hèle, musique de Grétrv. Cette pièce, la meilleure et la dernière de d’Hèle, a été représentée pour la première fois le 15 novembre 1779, un an avant sa mort, survenue le 27 décembre 1780.

 

C’est, avec la musique de Grétry, une des pièces les plus prisées du répertoire, dans laquelle aucune allusion n’est à craindre aux questions irritantes du moment, et c’est pourquoi la reine s’est crue fondée à la choisir. Les bons Français savent de quelles amertumes est déjà empoisonnée la vie de leur souveraine, quelles odieuses calomnies sont répandues à son endroit et de quels révoltants outrages elle est, chaque jour, un peu partout l’objet. Aussi, à son arrivée dans sa loge, la grande majorité des spectateurs se lève-t-elle, l’acclamant plus chaleureusement que jamais.

 

La pièce commence. A un certain moment, un duo débute ainsi entre un valet et une femme de chambre :

 

— J’aime mon maître tendrement.

 

— Ah ! combien j’aime mal maîtresse.

 

L’actrice Dugazon, en chantant ce dernier vers, s’est tournée vers la reine. Aussitôt, comme pour justifier le titre de la pièce, un violent tumulte éclate d’ans la salle. Soulignant et approuvant le jeu de l’actrice, tous les royalistes se lèvent de nouveau, acclamant la reine. « Pas de maître ! pas de maîtresse ! Vive la Liberté » hurlent une trentaine de jacobins, répartis dans le parterre. Des injures, des coups même sont échangés et ce n’est qu’à grand’ peine que la pièce peut s’achever dans un calme relatif. A la fin, l’immense majorité applaudit et répète, en le modifiant un peu, le refrain : « Vive a jamais notre bonne maîtresse ! »

 

Marie-Antoinette, écrit en 1829 de Bourniseaux, essuie des pleurs de joie qui baignent ses paupières ; « c’était le dernier beau jour de sa vie. » C’était, en tout cas, la dernière fois qu’elle se rendait au théâtre et, de ce jour peut-être, commença pour elle cet effroyable calvaire, qui, dépassant tout ce que l’imagination peut concevoir de plus tragique et de plus lancinant, ne prendra fin que vingt mois plus tard, le 16 octobre 1793, sur la plate-forme de l’échafaud.

 

Si, en 1792, la Révolution a, depuis trois ans, aboli le carnaval, dès lors et pendant huit ans encore, passant des orgies rouges de la Terreur aux immondes débordements du Directoire, est-elle autre chose elle-même qu’un fantastique carnaval, dont le Dix-Huit Brumaire sera le mercredi des cendres ?

 

Source : http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article8078

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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 13:33

Au moment où on peut craindre, prochainement, de nouvelles atteintes aux droits fondamentaux et aux libertés fondamentales, de la part de l'actuel gouvernement républicain socialiste maçonnique soit-disant "neutre" et "laïque", voici une video où l'historien Stéphane Courtois, bien connu de nos lecteurs, décrit les logiques du totalitarisme. Des logiques que l'on peut malheureusement rapprocher de celles déployées par l'actuel gouvernement : logique de guerre civile à l'intérieur et de guerre à l'extérieur, remplacement du peuple et de nouvelles élites, division de la société en classe, catégorie et groupement d'hommes, arrestations arbitraires dénoncées par le Conseil de l'Europe (résolution 1947 2013), 704 arrestations à Paris en 3 mois, exclusion de l'humanité d'une partie de la population (essentiellement catholique), population stigmatisée via la "charte de la laïcité".

 

 

 

Source video: http://www.youtube.com/watch?v=gPnP_pXGDoY

 

CHAPITRAGE
[00:01] avant-propos
[01:47] généralités
[14:11] Révolution française et proto-totalitarisme (Gracchus Babeuf, génocide de Vendée, Charles Fourier)
[18:19] Karl Marx et le scientisme (Jacques Attali)
[19:28] « Logiques de l'ennemi et de la Terreur sous la Révolution française » (Patrice Gueniffey)
[25:08] Première Guerre Mondiale et totalitarisme (George Mosse)
[28:35] « Du Paradis rêvé de l'humanité réconciliée à l'enfer du socialisme réel. Sur la filiation Marx-Lénine-Staline selon Leszek Kolakowski » (Jacques Dewitte)
[30:52] « La logique de la campagne antisémite dans l'Italie fasciste » (Marie-Anne Matard-Bonucci)
[32:23] Karl Marx et la stigmatisation du bourgeois (Manifeste du Parti communiste, Pol Pot, Commune de Paris)
[34:41] Lénine et le révolutionnaire professionnel (Serge Netchaïev)
[36:38] « Le secrétaire général et son secrétariat: généalogie de l'épicentre administratif du pouvoir stalinien » (Pavel Chinski)
[41:46] « Lénine et l'invention de la logique totalitaire »
[48:05] Communisme et Nazisme (famine de 1921-1922, Léon Trotski, Ernst Nolte, Aktion T4)

 

Cette video intitulée "Les logiques du totalitarisme communiste (1789-1941)" est tirée de l'émission intitulée "Les logiques totalitaires en Europe. Un jour dans l'histoire diffusée sur Canal Académie de Christophe Dickès avec l'historien Stéphane Courtois, directeur de recherche au CNRS (Paris X), le 11 janvier 2007. S. Courtois est spécialisé dans l'histoire des mouvances et des régimes communistes.

 

(À partir de 14:10) Stéphane Courtois explique que « la première logique totalitaire apparaît sous la 'Révolution française'. ... Il n'y a pas de droute qu'il y a des éléments de ces logiques totalitaires qui apparaissent sous la Révolution française.

Il y a d'abord - la première logique - qui est la logique 'révolutionnaire".

Cela a l'air bête, mais il n'y a pas de régime totalitaire, il n'y a pas de mouvement totalitaire sans passion révolutionnaire. La 'révolution' peut être de caractère démocratique, mais elle peut aussi être de caractère totalitaire, y compris on peut imaginer qu'elle soit de caractère conservateur, mais là c'est plus délicat à montrer. La 'Révolution française' a été évidemment le grand modèle pour tout le monde. C'est une passion égalitaire, la 'sainte égalité' comme disait Babeuf, et surtout la passion d'une égalité réelle, non pas de l'égalité en droit, telle que définie par la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, mais de l'égalité réelle, de l'égalité en fait. Il faut se souvenir par exemple que le 18 janvier 1918, quand s'est réuni pour la première et la dernière fois l'assemblée constituante élue au suffrage universel en Russie en 1917, assemblée dispersée quelques heures plus tard par la force, Lénine a immédiatement proposé à l'assemblée de voter un texte qui n'était pas une déclaration des droits de l'homme et du citoyen, mais "une déclaration des droits du peuple travailleur". C'est autre chose : qui définit le "peuple travailleur", comment se définit le "peuple travailleur" et les gens qui ne sont pas du "peuple travailleur", ses droits, etc. Nous voilà déjà en plein totalitarisme, c'est-à-dire dans ce processus qui consiste à exclure de l'humanité, une partie des populations.

Mais il y a d'autres éléments ("proto-totalitaires") importants en 1789 :

. La Terreur comme moyen de gouvernement (la guillotine), la Terreur sur une échelle beaucoup plus large : la Vendée. Le terme "populicide" a été inventé par Babeuf en 1794, le terme génocide, beaucoup plus tard en 1944 par le juriste polonais Lemkine. Mais dès 1794, Babeuf écrivant un livre sur les massacres de Vendée avait inventé le mot populicide pour désigner l'extermination complète d'une population considérée comme ennemie.

 

voir DEA 144 - Les bienheureux martyrs de septembre 1792

. La préfiguration de ces groupes extrémistes, les Jacobins, qui visent à s'emparer du pouvoir pour imposer leur projet.

 

. Une Terreur spontanée et de masse. Ex: une violence populaire, émeutière, qu'on voit intervenir à la prise de la Bastille en 1789, les massacres de septembre en 1792, mais une violence qui ne vise pas d'objectif politique précis.

. Une Terreur mise en oeuvre par des petits groupes activistes à partir de 1792-1793, qui s'en servent comme moyen pour s'emparer et conserver le pouvoir, préfiguration de la révolution bolchévique de 1917. Ce n'est pas la guerre qui crée la Terreur, mais la Terreur qui crée la guerre... On verra la même chose dans la révolution "russe", qui crée la guerre civile afin de prendre le pouvoir. Bien abant 1917, Lénine ne rêve que de guerre civile et considère qu'on ne pourra pas faire de révolution sérieuse si on n'organise pas la guerre civile. Ce qu'il va réussir à faire. »

  

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51BS4SAS7GL._.jpgDans l'ouvrage collectif "Les logiques totalitaires en Europe" (Editions du Rocher 2006) Stéphane Courtois explique que  « Le XXe siècle a été marqué en Europe par le phénomène totalitaire dont les formes diverses - fascisme, nazisme, communisme - ont été inaugurées et portées par des chefs charismatiques - Lénine, Staline, Mussolini, Hitler. Cependant, par-delà ces hommes, le phénomène était sous-tendu de logiques spécifiques.

La logique initiale renvoie à la dimension idéologique des mouvements totalitaires, une idéologie - racialiste, classiste ou ultra-nationaliste - qui, devenue religion politique, légitime la volonté de puissance et de domination totale qui anime les chefs et justifie leurs actions, même les plus criminelles.

Lors de leur passage à l'acte pour la prise du pouvoir, les mouvements totalitaires mettent systématiquement en oeuvre la logique de la guerre civile qui ouvre le champ de tous les possibles en supprimant les traditionnelles limites de durée, d'espace et de moyens par lesquelles la violence étatique est bridée.

Le déclenchement de la guerre civile implique la mise en oeuvre de la logique de la terreur qui, selon des intensités variables, a présidé à tous les régimes totalitaires.
 

Enfin, pour conserver le pouvoir à tout prix et développer leurs projets - «construction du socialisme» en URSS, épuration de la race en Allemagne, création de «l'Homme nouveau» en Italie -, les régimes totalitaires liquident les élites traditionnelles ou démocratiques, et suscitent l'apparition de nouvelles élites totalitaires formées d'un type d'homme prêt à pratiquer la terreur pour mieux profiter des gratifications offertes.
 

C'est à toutes ces questions qu'une équipe de vingt-cinq historiens, sociologues et politologues venus de toute l'Europe consacre sa réflexion, dans cet ouvrage qui poursuit une recherche déjà engagée par Stéphane Courtois dans  Quand tombe la nuit. Origines et émergence des régimes totalitaires en Europe, 1900-1934 (L'Âge d'homme, 2002),  Une si longue nuit. L'apogée des régimes totalitaires en Europe, 1935-1953 (Éditions du Rocher, 2003) et  Le jour se lève. L'héritage du totalitarisme en Europe, 1953-2005 (Éditions du Rocher, 2005).

 

 

. La paix, la justice et l'Etat de droit pour tous !

. République Française = premier régime génocidaire de l'histoire

. Vendée, du génocide au mémoricide

. Une logique macabre : Lumières, 1789, Génocide vendéen

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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 13:55

 

Photo : #Harlem_Desir la bonne tête de vainqueur !

Dimanche 1er septembre 2013, le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, a dénoncé "l'esprit munichois" des dirigeants de l'opposition qui étaient réticents à suivre les collabos dans leur nouvelle guerre "humanitaire" en Syrie. Un article publié sur 24heuresactu.com met les pendules à l'heure :


Accuser l’opposition de faire preuve « d’esprit munichois » à propos de la Syrie, s’inscrit parfaitement dans le confort intellectuel qui préside à la réécriture de l’Histoire par les dignitaires de la gauche.

 

Un simple rappel au rigoureux M. Désir : Laval était socialiste, tout comme Déat, Doriot, communiste, Marquet, ministre de l’intérieur, socialiste, comme Albertini, secrétaire des jeunesses socialistes, Levillain, conseiller socialiste de Paris, Bergery, Tasca,  Marion, tous socialistes comme les deux tiers du gouvernement de Vichy où débuta la carrière politique de M. Mitterrand… Ces vérités sont si rarement rappelées qu’il faut remercier M. Désir de nous en donner l’occasion….

Et s’il veut tellement insister sur les accords de Munich auxquels il fait référence, certainement sans même le savoir, Harlem Desir, dont l’ignorance crasse s’est illustrée cette semaine, devrait savoir que leur signataire français n’était autre qu’Edouard Daladier, membre du parti radical de Christiane Taubira et ministre de Léon Blum sous le Front Pop

 

Source: http://24heuresactu.com/2013/09/03/harlem-desir-lesprit-munichois-et-lhistoire-socialiste/

 

> La gauche, mère de la colonisation et de la collaboration

 

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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 13:54

La gauche est la mère de la colonisation

 

 

"Le mépris colonialiste vient de la gauche et de la gauche franc-maçonne, républicaine." (Alain Soral)

 

La gauche a colonisé pour son goût de l'universalisme de sa religion des droits de l'Homme.

 

Victor Hugo, écrivain acquis à l'Empire, dont les écrits jonchent les programmes scolaires, déclara le 18 mai 1879 :

 

"Dieu offre l'Afrique à l'Europe, prenez-la non pour le canon, mais pour la charrue, non pour le sabre, mais pour le commerce, non pour la bataille mais pour l'industrie, non pour la conquête, mais pour la fraternité.

Versez votre trop plein dans cette Afrique, et du même coup résolvez vos questions sociales, changez vos prolétaires en propriétaires. Allez, faites! Faites des villes; CROISSEZ, CULTIVEZ, COLONISEZ, MULTIPLIEZ!".

 

Image illustrative de l'article Jules FerryLe franc-maçon fanatique Jules Ferry, dont François Hollande a fait l'hommage le 15 mai 2012 au lendemain de son élection présidentielle, et dont le nom est porté par des dizaines d'écoles et de monuments en France:

 

"Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures.

Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit parce qu'il y a un devoir pour elles, elles ont le devoir de civiliser les races inférieures" (Jules Ferry, devant la Chambre des députés, le 28 juillet 1885.)

 

Léon Blum en 1947.Léon Blum, créateur du Front populaire, symbole de la gauche "laïque" et républicaine:

 

"Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d'attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture" (Léon Blum, Discours de la Chambre des députés le 9 juillet 1925.)

 

François Mitterand, en 1954, invitait à lutter contre "les terroristes" en Algérie : "Nous châtierons d'une manière implacable, sans autre souci que la justice, les responsables" (F. Mittérand au JT 20h, 1er décembre 1954)

 

 

La gauche est aussi la mère de la collaboration : 80% des collabos venaient de la gauche socialiste, radicale, antiraciste.

 

 

 

Petit tour d'horizon:

Pierre Laval, ministre de l'Intérieur, en 1931.Bibliothèque nationale de France. Pierre Laval, ministre de Vichy et mentor de la collaboration, membre de la SFIO depuis 1905, défenseur des syndicalistes de la CGT, député SFIO en 1914.


 Pierre Drieu la Rochelle, membre du Parti radical socialiste, directeur de la Nouvelle revue française, revue collaboratrice.

Jean Luchaire, directeur du journal "Les nouveaux temps", tribune des jeunes radicaux-sociliastes, presse collaboratrice, fusillé en 1946.

Jacques Doriot, député de la Seine (1929). Jacques Doriot, Secrétaire général de la Jeunesse communiste, créateur un comité de Défense antifasciste avec les membres de la SFIO et du Parti radical et radical-socialiste, créateur de la LVF (Légion des Volontaires Français) le 8 juillet 1941, les SS français !

Marcel Déat, député de Paris (1932).Marcel Déat, adhérent de la SFIO en 1914, créateur le 5 novembre 1933 du "Parti socialiste de France", ministre du travail et de la solidarité nationale sous Vichy.


René Bousquet, issu d'une famille radicale-socialiste de Montauban, couvé par le radical-socialiste sénateur et patron de presse (La Dépêche de Toulouse) Maurice Sarraut, secrétaire général à la police du de Vichy, organisateur de la rafle du Vél’ d'Hiv’, responsable de la déportation de 54000 juifs, ami de toujours de François Mittérand.

Maurice Papon, socialiste, secrétaire d'Etat dans les deux gouvernements Blum, condamné en 1998 pour complicité de crimes contre l'humanité pour des actes commis alors qu'il était secrétaire général de la préfecture de Gironde entre 1942 et 1944.

 

Simon Sabiani, membre SFIO engagé dans la SS;

Paul Perrin,

André Grisoni

Paul Rives

Maurice Levillain

Barthélémy Montagnon,

René Chateau

Claude Jamet

Camille Chautemps

Georges Bonnet

Robert Jospin (le père de Lionel), proche de Déat.

Georges Suarez, ami de Joseph Kessel dans les années 20, essayiste, biographe de Clémenceau et de Briand, pro-nazi fanatique sous Vichy, premier journaliste à être jugé pour collaboration.

Camille Planche

Léon Emery

René Gérin, déatistes,

Saint-Loup (alias Marc Augier, qui avant guerre chantai "Au-devant de la vie" avec ses camarades juifs des Auberges)

 

12 des 17 ministres SFIO de la fin de la IIIe république furent exclus de ce parti après guerre pour leur comportement collaborateur.

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 07:17

Image illustrative de l'article BathildeFruit d’une lente évolution l’affranchissant d’une législation barbare humanisée par le christianisme (Ex: l'abolition de l'esclavage par la reine sainte Bathilde (626-680), épouse de Clovis II, NdCR.), l’organisation de la justice du Moyen Age est menée parallèlement à celle d’un gouvernement né de la famille et au sein duquel des pouvoirs intermédiaires prennent corps, tels que ceux des ducs, comtes, généraux d’armée, ou encore comtes du palais. C’est à la fin du VIe siècle que des dispositions importantes du code barbare sont abrogées, les accommodements amiables étant proscrits, et le vol puni de mort au lieu d’être jusqu’alors applaudi.

 

Chez les anciens peuples celtiques et germains, avant qu’aucune infiltration soit grecque, soit romaine, se soit mêlée à leurs mœurs, tout semble subordonné à la famille. Mais la parentèle (parentela) varie dans son extension : chez les Francs, les Lombards, les Visigoths, les Bavarois, et en général chez tous les peuples d’origine germanique, elle s’étend seulement jusqu’au septième degré ; parmi les Celtes, elle n’a d’autre délimitation que la communauté d’origine, avec subdivision indéfinie de la tribu en maisons distinctes. Chez les Germains, au contraire, on voit se dessiner déjà trois groupes rudimentaires, à savoir : 1° la famille, comprenant le père, la mère, les enfants, les ascendants et collatéraux de tous les degrés ; 2° les vassaux (ministeriales) ou domestiques de condition libre ; 3° les serviteurs (mansionarii, coloni, liti, servi) ou domestiques de condition servile, adjuvants de la famille proprement dite.

 

L’autorité domestique était représentée par le mund ou chef de famille, appelé aussi roi, qui, selon les cas, exerçait, sur la personne et les biens de tous ceux qui dépendaient de lui, un pouvoir spécial, une tutelle accompagnée de droits et de devoirs, avec une sorte de responsabilité civile et politique. Ainsi, le chef de famille, responsable pour sa femme et pour ceux de ses enfants qui vivaient chez lui, l’était aussi pour ses esclaves et ses animaux domestiques. Bien plus, d’après la loi, il répondait du mal que pouvait faire son arc ou son épée, sans qu’il en eût conscience ni volonté, tant ces peuples barbares étaient intéressés à ce que justice se fît dans toutes les circonstances où il y avait délit.

 

Le roi des Francs au milieu des chefs militaires formant sa cour armée
Le roi des Francs, au milieu des chefs militaires formant sa cour armée, dicte la loi salique

 

Déjà, depuis longtemps, quand s’ouvrit l’ère mérovingienne, la famille, isolée d’abord dans sa sphère d’individualisme, s’était incarnée au sein d’une grande famille nationale, qui avait, pour chaque peuple, ses réunions officielles à époques fixes, sur le malberg (colline du parlement). Ces réunions seules constituaient dans sa plénitude le pouvoir suprême. Les titres attribués à certains chefs, roi, duc, comte, brenn (général d’armée), n’exprimaient que les subdivisions de ce pouvoir, appliquées, la dernière exclusivement à la guerre, les autres à l’ordre administratif et judiciaire.

 

Au comte surtout incombait l’obligation de rendre la justice, de connaître des différends entre particuliers et d’infliger l’amende. Il y avait un comte dans chaque grand district, dans chaque ville importante ; il y avait aussi plusieurs comtes, groupés autour du souverain, sous le titre de comtes du palais, position très recherchée, à cause des avantages pécuniaires et honorifiques qui en résultaient pour le titulaire.

 

Les comtes du palais délibéraient avec le souverain sur toutes les affaires, sur toutes les questions d’État, en même temps qu’ils prenaient part à ses chasses, à ses festins, à ses actes religieux ; ils intervenaient dans les questions d’héritage de la couronne ; pendant la minorité des princes, ils saisissaient le pouvoir que la constitution réservait aux rois majeurs ; ils validaient la nomination des principaux fonctionnaires, même celle des évêques ; ils donnaient leur avis sur l’opportunité d’une alliance de peuple à peuple, d’un traité de paix ou de commerce, d’une expédition militaire, d’un échange de territoire, d’un mariage de prince, et ils n’encouraient nulle autre responsabilité que celle inhérente à leur position originelle au sein de la société barbare. Les légats (legati), et plus tard les envoyés du maître (missi dominici), les évêques improvisés, les ducs ou chefs d’armée, sortaient généralement de la première classe des serviteurs de cour, des comtes du palais, tandis que les ministeriales, formant la seconde classe de la domesticité royale, allaient remplir les charges inférieures, honorables et lucratives, de l’administration et de l’ordre judiciaire.

 

Sous les Mérovingiens, le principe légal du pouvoir s’inféoda dans la propriété foncière, mais le morcellement de ce pouvoir suivit de près cette inféodation ; la ruine des uns accrut de jour en jour la prépondérance des autres, et les rois francs s’aperçurent que la société échapperait bientôt à leur gouvernement, s’ils ne portaient un prompt remède à cet état de choses. Alors parurent les lois Salique et Ripuaire, qui eurent à subir des remaniements successifs, des modifications lentes ou subites, nécessitées par les vicissitudes politiques ou par les exigences croissantes des prélats et des nobles hommes. Loin d’amoindrir l’action souveraine des rois, les coutumes nationales, qu’ils avaient réunies en code, reculèrent les limites de leur autorité et en facilitèrent l’exercice.

 

En 596, Childebert, d’accord avec ses leudes, décidait que désormais le rapt serait puni de mort, et que le juge du canton (pagus) où le crime aurait été commis, tuerait le ravisseur et abandonnerait son cadavre sur la voie publique ; que l’homicide aurait le même sort, « car il est juste, disait le texte de la loi, que celui qui sait tuer apprenne à mourir ». Le vol, attesté par sept témoins, devait entraîner aussi la peine capitale, et le juge convaincu d’avoir, par sa faute, laissé fuir un voleur, subissait la même peine que celui-ci eût subie.

 

La pénalité, cependant, était différente, suivant la classe sociale du délinquant. Ainsi, pour le fait de l’inobservation du dimanche, lequel avait alors force de loi, un Salien payait 15 sols d’amende ; un Romain, 7 sols et demi ; un esclave, 3 sols, ou bien « son dos payait pour lui ».

 

Dès ce temps, quelques dispositions importantes du code barbare sont abrogées ; la peine de mort, sans rémission, remplace déjà les accommodements amiables entre les parties intéressées ; on ne rachète plus un crime avec de l’argent ; le vol lui-même, qui était encore à cette époque applaudi, même honoré au delà du Rhin, est impitoyablement puni de mort. On voit donc que c’est le plus frappant témoignage de l’abaissement des privilèges dans l’aristocratie franque et de la marche du pouvoir souverain vers l’omnipotence absolue et sans contrôle, vers le droit de vie et de mort.

 

Par degrés insensibles, la législation romaine s’est humanisée et perfectionnée, le christianisme s’infiltre dans la barbarie, la licence est considérée comme un délit, puis le délit devient un crime contre le roi, contre la société, et c’est en quelque sorte par la main du roi que la société frappe les coupables.

 

Depuis le baptême de Clovis (496), l’Église avait eu beaucoup d’influence dans la transformation du code pénal ;

. par exemple, les mariages avec une belle-sœur, une belle-mère, une tante, une nièce, étaient défendus ;

. les spectacles ambulants, les danses nocturnes, les orgies publiques, autorisés naguère dans les fêtes, étaient proscrits comme dangereux.

 

Du temps de Clotaire (558-561), les prélats, assis au conseil du souverain, composaient un véritable tribunal, d’ordre supérieur, qui révisait les arrêts des juges subalternes. Il prononçait, de concert avec le roi, des sentences sans appel. Or, la nation n’intervenant plus dans l’élection des magistrats, les assemblées du malberg ne se réunissant plus qu’extraordinairement, toute affaire de gouvernement et de justice était remise à l’arbitrage suprême et souvent capricieux du monarque.

 

Tant que les maires du palais d’Austrasie et ceux du palais de Bourgogne furent nommés temporairement, l’autorité royale ne fléchit point, le souverain demeura le grand juge de ses sujets ; mais, après le supplice de la reine Brunehaut (613), sacrifiée à la haine des seigneurs féodaux, la mairie du palais étant devenue, avec un titre viager, une royauté de fait, les monarques légitimes tombèrent sous la tutelle des futurs usurpateurs de leur couronne.

 

L’édit de 615, auquel concoururent l’aristocratie de l’Église et celle de l’État, accuse dans les lois et dans les mœurs un divorce complet avec le passé. En reprenant leur place dans la constitution française, les institutions germaniques forcèrent le roi mérovingien à redescendre au rôle passif, dénué d’influence et d’autorité, qu’exerçaient leurs prédécesseurs dans les forêts de la Germanie ; mais ils n’avaient plus, comme ceux-ci, le prestige du commandement militaire, ni le caractère d’arbitre ou de juge. Les canons du concile de Paris, confirmés par l’édit du roi, en date du 15 des calendes de novembre 615, renversent le système politique et légal, si laborieusement établi en Europe depuis le cinquième siècle.

 

C’est le pouvoir royal qui renonce à ses plus précieuses prérogatives dans le choix des évêques ; défense aux juges laïques de traduire un clerc devant les tribunaux ; interdiction au fisc de saisir les successions ab intestat, d’augmenter les impôts, les péages, et d’employer les juifs à la perception des deniers publics ; responsabilité des juges et des autres officiers du roi ; restitution des bénéfices enlevés aux leudes ; interdiction au roi d’accorder désormais des ordres écrits (praecepta) pour enlever les veuves riches, les jeunes vierges et les religieuses ; peine de mort contre ceux qui enfreignent les canons du concile.

 

Lieu d'assemblée des Francs
Lieu d’assemblée des Francs

 

De là naissent deux juridictions nouvelles : l’une ecclésiastique, protectrice du droit des faibles, l’autre seigneuriale, limitant l’absolutisme du roi ; juridictions entre lesquelles va se débattre, pendant plusieurs siècles, la royauté, de plus en plus amoindrie. Parmi les nations germaniques, le droit de justice fut, dès le principe, inhérent à la propriété territoriale, et ce droit portait sur les choses non moins que sur les personnes. C’était le patronage (patrocinium) du propriétaire, et ce patronage enfanta successivement dans chaque province et dans chaque féodalité les juridictions féodales, les privilèges seigneuriaux et le droit coutumier. On peut en inférer que, sous les deux premières dynasties, les lois étaient individuelles, et que chacun portait, pour ainsi dire, la sienne propre avec soi.

 

Le droit de juridiction semble tellement inhérent au droit de propriété, qu’un propriétaire terrien pouvait toujours imposer une trêve aux haines, aux vengeances personnelles, arrêter momentanément les poursuites judiciaires, et, en proclamant son ban, suspendre l’action de la loi autour de sa demeure, dans un périmètre déterminé ; ce qui se faisait d’habitude à l’occasion de quelque fête de famille, ou de quelque solennité publique, civile ou religieuse.

 

En ces circonstances, quiconque enfreignait le ban du maître de la maison et de sa terre devenait justiciable de sa cour et payait une amende à son profit. Le seigneur qui se trouvait trop pauvre pour composer cette cour d’une manière assez forte et imposante empruntait des pairs à son suzerain, ou se dessaisissait, entre les mains de celui-ci, du droit de justice, d’où naquit cette maxime des feudistes : « Autre chose est le fief, autre chose est la justice. »

 

La loi visigothe parle de seigneurs locaux tenant tribunal, à l’instar du juge d’office, du comte ou de l’évêque ; le roi Dagobert (629-639) fait figurer les juges privés avec les juges publics. Dans la loi lombarde, on cite des propriétaires qui, au double titre de seigneurs et de juges, s’emparent du droit de protéger les esclaves fugitifs réfugiés sur leur domaine. Dans un article de la loi salique, le seigneur répond de son vassal devant la justice du comte. II faut donc conclure de ces textes de loi que la justice seigneuriale s’exerçait indistinctement sur les serfs, les colons et les vassaux. Un capitulaire de 855 lui soumet de même les hommes libres qui résident chez autrui.

 

De ces textes divers ressort un fait curieux : il existait entre la justice officielle du comte ou de ses subordonnés et les justices privées une juridiction intermédiaire, une sorte d’arbitrage amiable exercé par les voisins (vicini), sans l’assistance des juges du comté, juridiction revêtue, néanmoins, d’un caractère d’autorité qui rendait ses décisions obligatoires.

 

Charles le Chauve recevant une délégation de moines venant de ToursAinsi, la compétence des justices seigneuriales avait des limites ; elles n’étaient ni absolument indépendantes ni souveraines et sans appel ; toutes fonctionnaient à peu près comme l’ont fait depuis les hautes, moyennes et basses justices du Moyen Age, au-dessus desquelles primait la justice du roi. La faculté accordée aux gens d’église, évêques, abbés, abbesses, qui, devenus seigneurs temporels, exerçaient une juridiction domestique, devait s’arrêter devant la judicature du comte, à plus forte raison devant celle des missi dominici, délégués officiels du monarque. Charles le Chauve, malgré les concessions énormes qu’il fit à la féodalité et à l’Eglise, ne leur céda jamais le privilège de juger et de décider en dernier ressort.

 

Pendant toute la durée de l’époque mérovingienne, le mahl (mail), assemblée générale et régulière de la nation, avait lieu au mois de mars. Tous, grands et petits, s’y rendaient en armes ; on y traitait, sous la présidence du monarque, des intérêts politiques, commerciaux et judiciaires du pays ; ce qui n’empêchait pas d’autres réunions accidentelles de la cour du roi (curia regalis), chaque fois qu’on en reconnaissait l’urgence. La cour formait alors parlement (parlamentum).

 

D’abord exclusivement militaire et barbare, le parlement, à dater de Clovis, offrit un personnel mélangé de Francs, de Burgondes, de Gallo-Romains, de lètes-propriétaires, d’ecclésiastiques. A mesure que le gouvernement féodal s’organise, la convocation des assemblées nationales devient plus utile et l’exercice de la justice plus compliqué. Charlemagne décida qu’il y aurait tous les ans deux mahls, l’un au mois de mai, l’autre en automne, et, de plus dans chaque comté deux plaids annuels, sans préjudice des mahls et plaids extraordinaires qu’il lui conviendrait d’ordonner. En 788, l’empereur reconnut la nécessité de trois plaids généraux, et, en outre, il se plaisait à convoquer ses grands vassaux ecclésiastiques et laïques aux quatre fêtes principales de l’année.

 

Portrait imaginaire de Charlemagne, par Albrecht Dürer. Le manteau et les blasons au-dessus de sa tête montrent l'aigle allemand et le lys français.L’archevêque Hincmar a tracé un tableau complet des champs de mai, et l’on remarque, suivant Guizot, que « Charlemagne le remplit seul. Il est le centre et l’âme de toutes choses, des assemblées nationales comme de son propre conseil. C’est lui qui fait qu’elles se réunissent, qu’elles délibèrent ; qui s’enquiert de l’état du pays, des nécessités du gouvernement ; en lui résident la volonté et l’impulsion ; c’est de lui que tout émane pour revenir à lui. » Le peuple n’a aucun rôle dans ces assemblées, et les grands n’y figurent qu’à titre consultatif. On peut dire que du règne de Charlemagne date véritablement l’implantation de la royauté dans le domaine légal du droit commun.

 

La royauté, qui s’appuie sur la loi, prend dès lors des racines si profondes, qu’elle se maintient debout, malgré la faiblesse des successeurs du grand Charles, malgré l’empiètement progressif des grands vassaux de la couronne. Aux intempérances des haines privées, des inimitiés de famille, que signalait l’érection permanente de fourches patibulaires auprès de chaque demeure ; aux passions brutales d’un chef ou d’un juge, souvent seul, sans assesseurs, et qui n’avait d’autre bourreau que lui-même, d’autre instrument de supplice que la hart ou la corde, sinon sa hache ou son épée, succédait l’action autoritaire d’un tribunal représentant la société, tribunal qui repoussa le défi, la guerre impitoyable d’homme à homme, de famille à famille, et dont le premier soin fut de garantir, non la vie de l’homme, c’était impossible en ces temps d’aveugle barbarie, mais du moins sa demeure. Insensiblement, l’inviolabilité de la maison s’étendit à des villes de refuge, à certains lieux publics, à l’église, au mahl, ou lieu des réunions nationales, au marché, à la taverne, etc. On voulait que l’accusé, innocent ou coupable, demeurât inviolable, depuis l’instant de la faute commise jusqu’au jour du jugement.

 

Circonscrit dans l’espace, le droit de vengeance ne le fut pas moins dans le temps. On lui enleva successivement le dimanche, les principales fêtes de l’année, tout l’avent, la semaine de Noël jusqu’à l’Épiphanie, les octaves de l’Ascension jusqu’à la Pentecôte, les quatre-temps, quelques vigiles ou veilles de fête. « Le pouvoir du roi, dit un écrivain sagace et judicieux, participait aussi, dans une certaine mesure, de celui de Dieu et des saints ; il imposait sa paix aux passions humaines : il la donnait par son scel, il la donnait avec la main ; il l’étendait sur toutes les grandes lignes de communication, sur les forêts, les principaux cours d’eau, les routes de premier et de second ordre, etc. La trêve ou paix de Dieu (1041) fut l’application logique de ces principes d’humanité. »


 

Roi carolingien dans son palais, sous les traits de la Sagesse
Roi carolingien dans son palais, sous les traits de la Sagesse, qui fait appel à tous les humains

 

On aurait tort de croire que la justice se dispensait alors des formalités et des atermoiements réguliers, qui devaient être la garantie de ses décisions. Nul n’était mis en cause sans avoir été préalablement assigné à comparaître devant le tribunal. Sous les Carolingiens, comme aux époques antérieures, la lune était prise pour régulatrice des termes d’assignation. On assignait, de préférence, au jour du premier quartier ou pendant la pleine lune ; on assignait par lunaisons ou par quartier de sept nuits en sept nuits.

 

L’assignation se faisait quatre fois, après lesquelles, si l’inculpé n’avait pas comparu, il perdait le bénéfice du débat contradictoire. La loi salique n’admettait même que deux assignations devant le comte, à quarante nuits d’intervalle l’une de l’autre. La troisième avait lieu quatorze nuits après, devant le roi, qui mettait l’inculpé hors de sa parole, confisquait ses biens et lui interdisait toute espèce d’asile, lorsqu’au quatorzième jour, avant le coucher du soleil, il ne s’était point présenté.

 

Chez les Visigoths, la justice était également hiérarchique, depuis le comte jusqu’au dizenier. Chaque officier magistrat avait son tribunal, sa compétence. Ces juges appelaient près d’eux des assesseurs, tantôt rachimbourgs, pris au hasard parmi les hommes libres ; tantôt scabins ou échevins (scabini), revêtus d’un caractère officiel et permanent. Les scabins, créés par Charlemagne, furent d’abord des magistrats élus. Ils étaient sept pour chaque siège ; eux seuls instruisaient les causes et préparaient la sentence. Le comte, ou son délégué, ne faisait que présider le tribunal et prononcer l’arrêt.

 

Tout vassal, défendeur, jouissait du droit d’appel au souverain. Le roi seul et sa cour prononçaient sur les conflits élevés entre seigneurs ecclésiastiques et laïques, entre particuliers compris dans la truste ou dans le protectorat royal. Au souverain, aux missi, au comte palatin, étaient exclusivement déférées les affaires criminelles. Le comte palatin jugeait en dernier ressort toutes les causes, telles que révoltes, séditions, luttes à main armée, où la paix publique se trouvait compromise.

 

Déjà, du temps de l’invasion, les Francs, les Bavarois, les Visigoths procédaient par enquête dans l’instruction des causes, et, avant de recourir aux épreuves judiciaires, ils invoquaient le témoignage et le serment ; alors celui qui jurait était absous. Ce système, honorable sans doute pour la dignité humaine, était une source d’abus, qu’on crut éviter, en appelant au serment la famille ainsi que les amis de l’accusé. Ils levaient la main sur un crucifix, sur des reliques ou sur une hostie consacrée. Ces témoins, nommés conjurés, venaient attester devant les juges, non le fait en lui-même, mais la véracité de celui qui invoquait leur témoignage.

 

Le nombre, la qualité des conjurés variait d’après l’importance de l’objet en litige. Grégoire de Tours rapporte que le roi Gontran (584-592) ayant élevé des soupçons sur la légitimité de l’enfant qui fut Clotaire II, Frédégonde, sa mère, en appela au témoignage des seigneurs neustriens ceux-ci jurèrent, au nombre de trois cents notables, ayant à leur tête trois évêques (tribus episcopis et trecentis viris optimis), et la reine fut déclarée innocente.

 

La loi des Burgondes et la loi des Angles, plus exigeantes que celles des races germaniques, mettaient les armes aux mains des plaideurs. Après avoir employé les épreuves au fer rouge et à l’eau bouillante, les Francs adoptèrent le duel judiciaire. Les épreuves ou ordalies étaient regardées comme le jugement de Dieu. Le chroniqueur Aimoin raconte qu’on y eut recours pour décider dans une querelle survenue entre Louis le Germanique et son frère Charles le Chauve : dix hommes furent soumis à l’épreuve de l’eau bouillante, dix à celle de l’eau froide, dix à celle du fer chaud. « Cette dernière épreuve, dit Chéruel, consistait à prendre avec la main nue un fer rougi au feu, ou à marcher pieds nus sur un fer brûlant. L’épreuve du feu était une des plus solennelles : on élevait deux bûchers dont les flammes se touchaient ; l’accusé, une hostie à la main, traversait rapidement les flammes et, s’il n’en recevait pas d’atteinte, il était réputé innocent. »

 

Les condamnés à l’épreuve de l’eau, froide ou bouillante, assistaient d’abord à la messe, avec leurs parents et amis. S’ils se prétendaient innocents, on les admettait à la communion. Puis le prêtre conjurait l’eau qui devait servir à l’épreuve. « Cela fait, on déshabillait ceux qu’on exposait au jugement de l’eau froide et, après leur avoir fait baiser l’Évangile et la croix, on les arrosait d’eau bénite ; on leur liait la main droite avec le pied gauche, et on les jetait dans une rivière ou dans une cuve, en présence de tout le monde. S’ils allaient au fond, comme c’était naturel, ils étaient réputés innocents ; si, au contraire, ils venaient sur l’eau, on disait que cet élément les rejetait, et on les tenait pour convaincus du crime qui leur était reproché. »

 

L’épreuve de l’eau chaude consistait à plonger le bras dans une chaudière d’eau bouillante pour en retirer un menu objet qu’on y avait jeté. Ces épreuves restèrent en usage dans toute l’Europe jusqu’au XIIIe siècle.

 

Quant au duel judiciaire, considéré comme l’ordalie par excellence, il fut imposé d’abord aux parties, puis aux témoins, et quelquefois aux juges eux-mêmes. A partir du règne de l’empereur Othon le Grand (936), le duel judiciaire, restreint primitivement aux cas les plus graves, fut introduit dans presque tous les débats devant les tribunaux ; on n’en excepta ni les femmes, ni les vieillards, ni les enfants, ni les infirmes. Quand on ne pouvait se battre par soi-même, on produisait un champion, qui n’avait pas d’autre métier que de prendre en main les querelles d’autrui.

 

Les gens d’église devaient se battre également par procuration. Le champion ou avoué se faisait payer d’avance, bien entendu. Dans certains cas, le duel judiciaire semble avoir été déféré même contre un animal, si la légende du chien de Montargis repose sur un fait véritable. Louis le Gros tenta de réformer la coutume des ordalies, et Louis VII l’autorisa seulement en de rares circonstances. Louis IX voulut y substituer la preuve par témoins, mais le préjugé était tellement enraciné qu’il résista encore plus d’un siècle.

 

 

Source: http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article8025

 

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/419K4PV6QCL._BO2,204,203,200_PIsitb-sticker-arrow-click,TopRight,35,-76_AA300_SH20_OU15_.jpgSur ce sujet, lire "La Justice du Roi" d'Arlette Lebigre

 

Et pour aller plus loin:

> Clovis et son temps (film de Jean-jacques Barsac)

> Histoire du peuple français

> "Francia" : les origines de la France

> "La vraie révolution, celle qui transforme complètement la vie" a été "accomplie" par Jésus" (Pape François)

> Les sacrifices humains en Grèce et à Rome

> L'abolition de l'esclavage : qui a aboli l'esclavage le premier ?

> La femme au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime : l'exclusion des femmes ne date pas des "siècles obscurs" mais vient plus tard, de la modernité

> L'invention de la laïcité

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Publié par Ingomer - dans Histoire
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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 17:23

Excellente conférence de Marion Sigaut à Paris, le 15 juin 2013, sur le sujet intitulé "comprendre les Lumières : aux sources de la prolétarisation du monde ouvrier". Marion Sigaut mentionne quelques francs-maçons à l'origine de la société dite "libre & égale" dans laquelle on se débat tous aujourd'hui comme on peut ! Bravo et merci à Marion Sigaut pour cet exposé didactique, et bon visionnage à tous. 

 

 

Extrait:

 

  • « Il y a une chose qu'on ne sait pas, c'est que si les ouvriers sont devenus des prolétaires, c'est-à-dire des gens pauvres, vivant mal de leurs revenus, c'est à la Révolution française qu'on le doit. Et ce sont les Lumières qui ont théorisé cela. C'est le sujet de ma conférence aujourd'hui.
  •  
  • Depuis le 'Moyen-Âge' jusque la période qui nous intéresse, les métiers étaient organisés en corps ou en corporations. C'est-à-dire que vous ne pouviez pas exercer un métier quelqu'il soit sans intégrer une coporation. C'est-à-dire une société qui va vous faire passer un examen, qui va vérifier que vous travailler bien, qui va vous faire entrer en apprentissage etqui va vous protéger, vous surveiller, vous paterner. C'est très paternaliste. 
  • Et à l'époque des Lumières, la critique des corporations va se déchaîner. C'est Vincent de Gournay (1712-1759) qui sera à l'origine de toute la guerre contre les corporations. Il dit des corporations qu'elles étaient "nuisibles" : "elles gênent la circulation des marchandises, elles sont trop chères, elles dissuadent les gens de prendre des risques". À cette époque, explique Marion Sigaut, les corporations assurent la sécurité de l'emploi, donc elles "dissuadent les gens de prendre des risques". Et ce qu'explique Gournay, c'est que les forces du marché feront beaucoup mieux que la police et la justice : le client décidera de la qualité d'un travail. Or, la qualité d'un travail est vérifié par la corporation qui a sa police. Un travail mal fait ne sera pas mis sur le marché (c'est interdit par la corporation). Pour Gournay, tout est à jeter dans la corporation.
  •  
  • À partir de 1750, l'Encylopédie va emboîter le pas de Gournay. À l'article "Communauté commerce", il est écrit : "le gain assuré des corps de métiers, ou de marchands, les rend indolents et paresseux, pendant qu'il exclut des gens forts habiles à qui la nécessité donnerait de l'industrie". Cela veut dire que les corporations donnent la sécurité de l'emploi à des gens qui pour la peine tirent au flan : les ouvriers sont des tire au flan. Donc il faut leur mettre au-dessus de la tête le danger de perdre leur travail ! "La nécessité leur donnerait de l'industrie". Ils disent que la corporation ne permet pas la concurrence et que de ce fait elle asphyxie l'économie. L'argument sera que le "droit au travail" appartient au Peuple, c'est-à-dire que critiquer la corporation va être présentée comme la défense de l'ouvrier. L'ouvrier a le droit de travailler et la corporation l'en empêche puisqu'elle lui met des conditions pour entrer. Ils expliquent que le marché est forcément juste. L'intérêt du marchand ou du fabriquant est d'être de bonne foi. Où l'intérêt commande, il ne faut point de loi. Ils y croyaient ou en tout cas ont fait semblant d'y croire. C'est tout le credo libéral. Et ils disent que l'ordre naturel implique que la concurrence supplée à tous les règlements. On va abolir tous les règlements et la concurrence va supplée : "la concurrence fixe le juste prix" (loi de l'offre et de la demande), elle garantit la bonne foi, elle aussure la circulation des biens, et pour installer la concurrence il faut supprimer tous les règlements, c'està-dire tous les privilèges. Le marché (qu'il est question d'instaurer) ne connait que des individus, qui ne peuvent communiquer avec les autorités qu'à titre individuel (alors que les corporations en tant que corps, elles atteignent le roi, et c'est cela que l'on va supprimer).
  •  

Le reproche qui était de faire passer les fils de maître avant les autres ne résiste pas à l'analyse, parce qu'une statistique a été faite qui dit qu'entre 1758 et 1775, les 4/5ème des maîtres étaient extérieurs à la reproduction héréditaire. C'est-à-dire que c'est un mensonge de dire que la maîtrise favorise les fils de maître, pas plus que pour 1/5ème. En fait cla corporation c'était l'ascenseur. Vous pouviez être ramassé dans le ruisseau, entrer en apprentissage, et devenir maître. Toutes les belles choses qu'on a en France, tous les bâtiments, tous les beaux meubles, tous les beaux bijoux, tout ça c'est les corporations qui les ont faites. Reagardez la différence entre un immeuble fait aujourd'hui et un immeuble d'il y a deux cent cinquante ans.

 

En fait, les corporations assuraient la protection sociale. Ca c'est très important.

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  • ... La loi Le Chapelier (1791). C'est ce qui a interdit aux ouvriers de se syndiquer jusqu'à la fin du XIXe siècle.
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  • Les corporations assuraient la protection sociale. Ca c'est très important. 
  • Ex: la corporation des orfèvres. Ils avaient des maisons de retraite avec des lits gratuits; des fonds de fonctionnement avec lesquels ils payaient des religieux à plein temps pour faire fonctionner ces maisons de retraite et ces organismes de secours. Ils aidaient les vieux, les malades et les indigents, c'est-à-dire qu'ils faisaient de la charité publique. Ils fournissaient des prêts aux maîtres : un maître voulait investir, la corporation lui fournissait le prêt et souvent ils refusaient de les poursuivre en cas de non-remboursement, c'est-à-dire que la solidarité passait avant le reste. Ils aidaient parfois à domicile ou organisaient des ateliers collectifs pour ceux qui ne pouvaient pas se débrouiller tout seul. Qui fait cela maintenant en France ? Personne. Et ils leur fournissaient les outils et les matières premières. C'est-à-dire que si vous étiez tombé dans l'indigence, on pouvait vous aider vraiment à remettre le pied à l'étrier. Source: travail de Bigot de Sainte-Croix, 1767.
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  1. Description de cette image, également commentée ci-aprèsArrive 1775. Turgot arrive au pouvoir, Louis XV est mort (en 1774). Turgot, un "homme des Lumières disait-on à Louis XVI, arrive, il va libéraliser le prix des subsistances, déclencher la guerre des farines, dit : "Donnez-moi cinq années de despotisme et la France sera libre". Il veut "libérer" la France des corporations et des jurandes. C'est dit-il "le plus grand pas qu'ait à faire l'administration vers la régénération du royaume".
  2.  
  3. Le dogme "laissez-faire, laissez passer", c'est à ce moment-là que cela se joue. Laisser faire c'est laisser les ouvriers travailler sans les corporations; laisser passer c'est laisser passer les marchands et les marchandises.
  4.  
  5. Turgot abolit les corporations en février 1776. Et il le fait par lit de justice c'est-à-dire que le roi sait que le parlement ne voudra pas enregistrer, donc il se déplace en personne au parlement et il force l'enregistrement de l'abolition des corporations.
  6.  
  7. Les critiques pleuvent. Droit dans ses bottes, Turgot n'en a cure. Séguier, magistrat et avocat du roi, dit à Louis XVI : "Le but qu'on a proposé à Votre Majesté est d'étendre et de multiplier le commerce en le délivrant des gênes, des entraves, des prohibitions introduites dit-on par le régime réglementaire. Ce sont Majesté, ces gênes, ces entraves et ces prohibitions qui font la gloire, la sûreté, l'immensité du commerce de la France". Donc il n'y avait pas que des imbéciles à la Cour et au parlement.
  8.  
  9. Des gens ont dit "c'est l'apocalypse". Turgot, en réponse, a fait interdire tout écrit contraire à la suppression des jurandes.
  10.  
  11. Les gens disaient :"On va éteindre le sentiment de l'honneur". À cette époque, quand vous étiez incorporé vous aviez un très fort sentiment d'honneur. L'honneur du travail bien fait. L'honneur d'être incoporé, l'honneur d'être reçu. Ils dirent : "il n'y en aura plus que pour l'argent". C'est exactement cela qui s'est passé. Et ils craignaient également l'invasion des Juifs: comme la France étaient entièrement intégrée dans la France catholique, un juif ne pouvaient pas être incorporé.
  12. ... En fait, les gens qui ont vu le danger, c'était plutôt des gens hauts placés. Mais à la base, chez les ouvriers, cela a été une explosion de joie : "vive la liberté!" On a vu des ouvriers qui plantaient là leur maitre et allaient au cabaret pour arroser ça.

  13. Turgot a supprimé les corporations sans avoir rien prévu pour la suite. On a vu des files d'ouvriers venir s'inscrire pour exercer le commerce. Parce qu'il fallait quand même être inscrit! Quelques heures après le lit de justice, des commissaires ont investi les coporations avec l'aide du guêt. Ils ont compté les tables, les chaises. Ils ont posé les scellés sur les rideaux, les tableaux, les objets de procelaine, d'étain, les registres, les procès verbaux d'assemblée, les contrats de réception des maîtres, ils ont volé les archives, ils ont pris tout ce qui faisait la vie des corporations, ils ont confisqué l'argent liquide, l'argenterie, tout le matériel de valeur servant aux rituels de la conférie. Parce qu'il y avait des rituels. On était dans une société catholique, ce n'était pas des rituels maçonniques, c'était des rituels catholiques. Ils ont vendu à l'encan, pour rembourser les dettes des corporations, tous les biens. Certains pour des prix dérisoires. C'était un cauchemar, les incorporés ont vu partir toute leur vie à l'encan, à la porte de ce qui avait été leur monde. Tout ce qui avait été librement réglé par leurs aïeux se trouvaient désormais entre les mains du lieutenant-général de police.

  14. Turgot a été renvoyé quelques mois après (1776). À son renvoi, le roi restaura les corporations, mais sous une forme nouvelle. Il promulgua en février (édit de février) et en août deux édits rétablissant les corporations, reconnaissent que la société est bien constituée de groupes stratifiés et non d'individus isolés. On rétablit la corporation en tant que corps, l'apprentissage, on maintient l'exclusion des Juifs. Louis XVI réduit le nombre des corporations.

http://www.christ-roi.net/images/5/5b/Philippe_d%5C%27Orl%C3%A9ans_ou_Philippe_Egalit%C3%A9.JPG... Le duc d'Orléans, bientôt appelé "Philippe Egalité", libéral et fier de l'être : c'est lui qui a organisé les "chahiers de doléance" sur son ressort. Il a distribué des cahiers de doléances modèles (il n'y avait plus qu'à remplir !) et envoyait ses instructions à ses représentants au baillage, dès mars-avril 1789, intitulées "besoins nationaux les plus pressants", dans lesquelles on lisait : "il doit en être de même - un régime de liberté sans entrave - de la faculté de travailler et de produire, d'échanger et de consommer". C'est-à-dire qu'il organise sur son ressort des cahiers de doléances dans lesquels il demande la supression des corporations en disant "vous signez là!" Le duc d'Orléans était franc-maçon. C'est tout l'argumentaire de Turgot qui a été présenté dans des cahiers pré-remplis par le duc d'Orléans.

 

Qui se positionne au début de la Révolution en 1789 contre les corporations ? Mirabeau (franc-maçon, qui déclara à l'entrée de Louis XVI aux Etats généraux, en montrant le roi : "Voilà la victime", NdCR.) dit : "l'Etat ne peut exercer quiconque d'exercer le métier qu'il veut" (évidemment, présenté comme cela) ; Sieyès (abbé apostat, membre du Club des "Jacobins", franc-maçon, doublé d'un régicide, qui rédigea le Serment du Jeu de Paume du 20 juin 1789, disait à qui voulait l'entendre qu'il «cherchait un sabre» capable de régénérer le régime républicain, au besoin par la force,... On ne fait pas une omelette sans casser des oeufs ! La fin sanctifiant les moyens dans la Secte, NdCR.) dit : "le monopole dégrade la qualité du travail et fait monter les prix en étouffant la concurrence" (comme si les prix n'allait pas monter en flèche!); Rolland a salué la Révolution comme "la fin nécessaire des coporations qui sont le privilège dégradant de l'esprit de corps. ... Seule une logique individualiste peut produire des sociétés authentiquement altruistes" (en faisant chacun pour soi, c'est là que l'on va être généreux!...)

Ils disent : "les corporations sont contraires à la justice naturelle, à l'humanité et aux principes fondamentaux des droits de l'homme et du citoyen". Les corporations sont incompatibles avec les nouveaux codes révolutionnaires.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d5/Isaac_Ren%C3%A9_Guy_le_Chapelier_%28Jean_le_Chapelier%2C_1754-1794%29%2C_French_politician.jpg/200px-Isaac_Ren%C3%A9_Guy_le_Chapelier_%28Jean_le_Chapelier%2C_1754-1794%29%2C_French_politician.jpgQue se passe-t-il la nuit du 4 août (1789) ?

 

La nuit du 4 août, dans toutes les campagnes, la paysannerie se rue sur les chateaux, va chercher tous les titres de propriété, tous les anciens accords passés entre les seigneurs et la population et ils les brûlent.

 

À l'Assemblée, une réunion préparatoire à la séance se tient une nuit durant avec 100 députés qui préparent la destruction des privilèges, des classes, des provinces, des villes et des corporations. C'est-à-dire qu'avant la "nuit du 4 août" vous n'avez que 100 personnes qui la préparent et cela on ne vous le dira pas. La séance du 4 août est présidée par le franc-maçon Isaac-René Guy le Chapelier. La "déclaration des droits de l'homme" qui suivra (ramènera l'homme à l'état sauvage, NdCR.) célébrera la liberté qu'a chacun de travailler comme il veut, où il veut s'il ne nuit pas. Vous avez des ouvriers qui brandissent la déclaration, qui vont s'installer où ils veulent, qui quittent leur maitre sans préavis, qui ne se font plus enregistrés, qui désertent les boutiques et volent la clientèle de leurs anciens maîtres. Liberté, liberté !

 

Or, la suppression des corporations à partir de la nuit du 4 août, les corporations n'ont pas été supprimées de droit pendant cette nuit, mais comme on a supprimé les privilèges et qu'on a dit "liberté", elles ont été supprimées de fait. Un député par exemple a écrit à ses électeurs que les corporations ont été "abolies à l'unanimité". C'est pas dans le rapport de la nuit du 4 août, mais c'est comme cela que les gens présents l'ont entendu. La suppression des privilèges (des droits privés que le Roi accordait à une corporation) entrainait abolition des corporations. Un autre a écrit dans son journal le 5 août : "suppression des jurandes". Ce n'était pas marqué, mais c'est comme cela que les gens l'ont compris. La plupat des journaux ont également annoncé la suppression des corporations au 5 août au matin... Et le 13 août, le Journal d'Etat du citoyen écrit : "l'industrie est libre et l'intelligent ouvrier, capable de gagner pour lui-même et sa famille ce que gagne sur lui un maître avare et quelques fois ignorant, ne sera plus obligé d'être riche pour avoir le droit d'exister".

 

Au cours de l'été 1790, en réponse à la hausse du prix du pain et à la misère croissante, vous avez des défilés dans le faubourg saint-Antoine. Les autorités veulent bien que les ouvriers aient tous les droits, mais individuellement, et pas celui de s'assembler. Quand les ouvriers commencent à s'assembler il faut absolument ne pas laisser faire. Et les ouvriers pouvaient bien organiser une messe à Sainte-Geneviève, mais il fallait qu'ils y aillent séparément ! C'est bien la foule qu'on redoute.

 

La loi d'Allarde (février 1791) sera l'acte de décès des corporations. La vision du monde était libérale. On disait que la société n'est composée que d'indivus seuls et la liberté est l'idée force de l'action sociale. Pour préparer ce décret, ils firent un coup monté en créant une pseudo pétition venue de Lyon, dite "adresse signée par 2316 citoyens", réclamant "l'abolition immédiate des corporations en raison de leurs odieuses iniquités et de leurs incompatibilité avec les lois de la nature et de l'esprit de la Révolution". Le baron d'Allarde qui était un pro-physiocrate (théoriciens du libéralisme), siégeait alors au comité des contributions publiques. Donc il n'était pas censé s'occuper des corporations. Il a présenté au comité de l'agriculture et du commerce un projet de loi remaniant les droits perçus sur les marchandises entrant dans les villes, qui inclut une clause qui va supprimer les maîtrises et les coporations dont il dit "depuis longtemps désirée par les citoyens". En réalité, on ne leur pas demandé leurs avis.

 

Il présenta également à l'assemblée un projet de patente destinée à autoriser tout marchand ou artisan à exercer le métier de son choix contre paiement aux autorités d'une patente. Il a cité Turgot et définit la "liberté de travailler" comme "l'un des principaux droits de l'homme, la première propriété, la plus sacrée". Et la loi est passée. Les corporations ont été abolies le 1er avril 1791. "Il sera libre, dit la loi, à toute personne de faire tel négoce ou d'exercer telle profession, art ou métier qu'elle trouvera bon", à condition de payer.... "Et de s'engager à se conformer aux règlements de police qui sont ou pourront être faits"... Et la police échappe au monde ouvrier : la police, cela va être maintenant l'autorité supérieure qui va la gérer.

 

La patente, qui vient d'être inventée, est calculée sur le loyer. Le riche horloger en chambre va payer la même patente que le pauvre charron avec son vaste local... Et Celui qui ne paiera pas sa patente ("liberté, liberté!") se verra interdire l'accès aux tribunaux, n'aura pas le droit de rédiger des actes devant notaire, de se présenter aux élections des tribunaux de commerce, sera menacé de confiscation de ses marchandises et d'amende se montant à 4 fois le prix de la taxe.

 

Qui a protesté contre la suppression ? L'Ami du Roi, un journal royaliste, et L'Ami du Peuple (de Marat).

 

Le Chapelier à l'Assemblée cita abondamment à l'Assemblée Jean-Jacques Rousseau, théoricien du "entre l'individu et l'Etat, il n'y a rien": "il n'y a que des individus séparés et la Volonté générale". Il dit: "Il est sans doute permis à tout citoyen de s'assembler paisiblement et sans armes, mais il ne doit pas être permis aux citoyens de la même profession et du même Etat de s'assembler pour leur prétendu intérêt commun. Car il n'y a plus de corporation ni de société, il n'y a plus d'intérêts communs, il n'y a plus que des intérêts individuels et l'intérêt général pour la chose publique." Ca c'est du Rousseau. Robespierre n'a rien dit et la presse non plus. C'est le triomphe de Turgot. Chaque contrat de travail serait signé individuellement entre un ouvrier et un employeur qui, en termes civiques, étaient effectivement égaux. C'est "l'égalité" de la Révolution.

 

Conséquence : d'un côté on a des individus poursuivant chacun ses intérêts propres, de l'autre un Etat mandaté par le  "Peuple souverain" et "représentant l'intérêt général". Vaste plaisanterie... Le modèle ne comprend plus aucun corps intermédiaire. La Révolution est faite.

L'ancien processus de sélection s'est effacé devant la marchandisation.

C'est l'argent le nouveau critère.

L'argent sera le seul et unique prix de la maîtrise. Vous voulez vous installer comme charpentier ? Payez.

Le nouveau système relève de l'économie de marché et non plus de l'économie morale.

L'ouvrier sera tenu de s'incliner non plus devant l'autorité morale du maître, mais devant les exigences expresses de l'Etat, avec pour chapoter le tout, la police.  

 

Les francs-maçons eux-mêmes disent que c'est grâce à Le Chapelier "franc-maçon" que les grands principes de Jean-Jacques Rousseau ont pu être appliqués.

 

 

 

L'économie morale est battue en brèche par l'économie de marché, c'est le "libéralisme" apparu un siècle avant la révolution "française de 1789" avec la révolution anglaise. "Le libéralisme c'est l'anglomanie". Les ennemis des physiocrates et des Encyclopédistes c'étaient la monarchie absolue catholique.

 

Un ouvrier incorporé (avant 1789) ne connaissait pas le chômage et si un individu n'avait pas de corps et connaissait le chômage il était de totue façon secouru, soutenu et pris en main par une coporation. Ex: un domestique sans travail rencontre un domestique qui en a un et le lendemain il trouve du travail. Ce n'est pas l'Etat qui gère le travail, c'est la base qui se gère toute seule, ce n'est pas l'Etat qui s'en occupe. Le monde ouvrier d'Ancien Régime se gère, s'occupe de ses affaires et a l'oreille des autorités. Le roi reçoit régulièrement les corporations.

 

Si on devait revenir à ce système, cela pourrait partir de la base avec des métiers qui s'organisent seuls.

 

En France, le roi n'a pas voulu obéir aux riches : on lui a coupé la tête. Et ce n'est pas "le Peuple" qui a demandé ça. La façon dont on nous a présenté les choses (1789) est tronquée.

 

 

 

. Marion Sigaut - Les lumières : un antihumanisme

. Pourquoi l’oligarchie financière ne veut pas de l’économie sociale

. La vraie raison de la loi du 4 août 1789 dite de "suppression des privilèges"

 

 

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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 18:54

 

Entretien réalisé par Philippe Randa

 

Vous avez publié un livre sur l’affaire Galilée. S’agit-il vraiment de l’archétype du conflit entre “science” et “obscurantisme religieux” ?

 

Le géocentrisme était partout enseigné lorsque Johannes Kepler a prouvé l’héliocentrisme évoqué par Aristarque de Samos au IIIe siècle avant J.-C. Contrairement à ce que prétendent certains historiens, Copernic ne démontrait rien dans son livre, truffé d’erreurs et d’arguments grotesques, auquel Kepler – génie modeste, lui –, rendit alors un hommage excessif.

 

Description de cette image, également commentée ci-aprèsEn 1609, Kepler a décrit les orbites elliptiques des planètes autour du Soleil, expliquant les aberrations apparentes de leur course par les variations de la vitesse de leur trajectoire en fonction de leur éloignement ou de leur rapprochement du Soleil. Il anticipait ainsi le principe de gravitation universelle, énoncé par Isaac Newton en 1687. Jusque-là, héliocentrisme et rotation de la Terre sur elle-même furent combattus, aussi bien par nombre d’universitaires et de théologiens protestants, que par les moins évolués des catholiques. Dans les écoles juives et les universités musulmanes, on a continué d’enseigner le géocentrisme jusqu’au XVIIIe siècle. Paradoxalement, ce sont les jésuites des observatoires astronomiques de Rome et de Bavière qui, les premiers, ont admis les thèses de Kepler et les ont enseignées, alors que Galilée professait encore le géocentrisme à Padoue, puis à Pise.

 

Alors, pourquoi le procès de Galilée en 1633 ?

 

Parce que Galilée, parjure et fraudeur, a compromis la papauté au pire moment de la guerre de Trente Ans. Contrairement aux règles de l’Inquisition, Galilée fut fort bien traité. De sa propre initiative, il renia son œuvre à trois reprises, avant l’abjuration solennelle, sur ordre, du 22 juin 1633 (où les règles de procédure furent adoucies à la demande du pape Urbain VIII). Ni enchaîné, ni emprisonné, ni affamé et encore moins molesté, Galilée fut ensuite fêté par l’archevêque de Sienne, conserva ses pensions octroyées par le duc de Toscane et Urbain VIII, et résida dans sa villa d’Arcetri (en Toscane), où il mourut en 1642, d’insuffisance cardiaque, après avoir fait accomplir sa pénitence par ses deux bâtardes, nonnes toutes deux : réciter les sept psaumes de la pénitence, une fois par semaine trois ans durant ! Ce qu’il est convenu d’appeler « l’affaire Galilée » n’est donc qu’une machine de guerre que divers polémistes, au XVIIIe siècle, ont montée, sans grand succès alors, contre l’Église catholique. Et ce n’est qu’au XIXe siècle que cette polémique anticatholique remporta un énorme succès, jamais démenti depuis.

 

Pourquoi un athée revendiqué comme vous peut-il consacrer une biographie admirative à Jésus de Nazareth, prendre la défense de l’Église catholique dans cette affaire et celle du pape Pie XII durant la Seconde Guerre mondiale ?

 

Le sens de l’équité ne dépend pas de l’adhésion à un dogme, politique ou religieux. Seule importe la quête de la probable vérité.

 

L’affaire Galilée : une supercherie du sot XIXe siècle ? 208 pages.

 

Bernard Plouvier, auteur de "L’Affaire Galilée. Une supercherie du sot XIXe siècle?" est membre de l’Académie des sciences de New-York, auteur d’une dizaine d’essais historiques.

 

Source: http://www.bvoltaire.fr/bernardplouvier/bernard-plouvier-laffaire-galilee-une-supercherie-du-sot-xixe-siecle,33115

 

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Note de Christ-Roi. L'"affaire Galilée".

 

Pour donner un petit aperçu des découvertes que l'on peut faire quand on prend la peine de se documenter, voici quelques précisions à propos de "l'affaire Galilée".


Description de cette image, également commentée ci-aprèsGalilée (1564-1642) fut condamné pour avoir affirmé qu'il avait prouvé la théorie copernicienne, la rotation circulaire uniforme de la terre autour du soleil. Théorie qui est fausse : comme nous le savons aujourd'hui, la terre effectue un mouvement d'ellipse à vitesse variable autour du soleil.

 

Détails sans importance ?


1. Il se trouve que ce mouvement en ellipse est le seul qui explique les aberrations du système copernicien. Aberrations qui étaient déjà connues à l'époque.

 

2. De plus, ce mouvement en ellipse, l'astronome Kepler (1571-1630), contemporain de Galilée, l'avait déjà découvert par des calculs, et l'avait même communiqué à Galilée ! Mais celui-ci, du haut de sa superbe, ridiculisera cette découverte capitale, pour maintenir sa rotation circulaire uniforme, prouvée selon lui par le phénomène des marées. Preuve qui, elle, est totalement fausse, comme on le savait également à l'époque. Kepler d'ailleurs avait aussi donné la véritable explication des marées, liées à l'action conjointe de la lune et du soleil.


Mais au fait, à quoi fut condamné Galilée ? Fut-il brûlé vif ? ou bien fut-il pendu ?

Il fut assigné à résidence dans sa villa de Florence, où il continua ses travaux de mathématiques et où il finit paisiblement ses jours. Pour noircir un peu le tableau, les ouvrages "dans le vent" ajoutent qu'il mourut aveugle.

Pardon, j'oubliais : il fut également condamné à réciter chaque jour les psaumes de la pénitence. Il fit transférer cette obligation à sa fille, qui était religieuse.

 

 

 

. Le Moyen Âge n’a jamais cru que la Terre était plate !

. Jansénistes et jésuites (Marion Sigaut)

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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 15:00
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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 14:00

 

Christophe Colomb n’a jamais eu à démontrer que la Terre était ronde. Car tout le monde le savait déjà. Et depuis longtemps ! C’est ce que confirme l’ouvrage d’un historien américain, Jeffrey B. Russel, qui met à mal bon nombre d’idées reçues sur les géographes du Moyen Âge et de l’Antiquité (Cf. Jeffrey B. Russel, Inventing the Flat Earth. Colombus and Modern Historians, New York – Wesport – Londres, Praeger, 1991, NdCR.).

 

Image illustrative de l'article Nicole Oresme
Nicole Oresme, l’« Einstein du XIVe siècle »

 

Il commence par constater que les auteurs médiévaux affirment la rotondité de la Terre, comme le faisait Platon. Il examine ensuite l’apparition du mythe moderne selon lequel le Moyen-Age croyait la Terre plate. En fait ce sont des évolutionnistes libéraux américains qui ont créé de toutes pièces ce mythe aujourd’hui repris dans la presse et dans les manuels scolaires.

 

En cette année anniversaire de la découverte du Nouveau Monde [1], c’est un véritable déluge de publications qui s’abat sur nous ; à cette occasion, nombre d’idées reçues sont remises en question. L’une d’elles, selon laquelle les contemporains de Christophe Colomb croyaient que la Terre était plate, a trouvé son historien, Jeffrey B. Russel, dans un petit ouvrage décapant qui vient d’être publié aux États-Unis [2].

 

Considérons le cas de Christophe Colomb : les historiens ont depuis longtemps dénoncé la fable selon laquelle il aurait dû affronter les foudres des docteurs de Salamanque pour avoir osé prétendre que la Terre était ronde – sans quoi le passage des Indes par l’ouest était inconcevable. Certes, le découvreur a eu ses détracteurs et ses opposants, mais leurs arguments tenaient aux probabilités d’échec de l’entreprise.

 

Et ils avaient raison, puisque la distance qui sépare les îles Canaries du Japon est de deux cents degrés de longitude, là où Colomb, pour avancer son projet, voulait n’en voir que soixante. Mais nulle part dans ces discussions il ne fut question d’une sphéricité que le navigateur aurait dû démontrer.


 

La terre selon Ptolémée :

Traduction latine de Jacopo d'Angelo de la Cosmographia (Géographie, de Ptolémée)
Florence, vers 1465-1470
Manuscrit sur parchemin (48 x 40 cm). BnF, Manuscrits (Latin 4801 fol. 74)

 

Déjà au XVème siècle, l’affaire était entendue. La Géographie du Grec Ptolémée (90-168) est traduite en latin en 1410. Or cet ouvrage ne laisse subsister aucun doute sur la rotondité de la Terre : il est tout entier fondé sur le quadrillage de la sphère en degrés de latitude et méridiens de longitude.

 

Et le cardinal Pierre d’Ailly en a bien retenu toutes les leçons dans son Image du monde écrite en latin dès 1410. Mais avant ? Là où les médiévistes ont souvent été plus évasifs, Jeffrey Russell nous invite à voir partout et toujours la même représentation, les mêmes comparaisons. Pour les uns, la Terre est un œuf ou une balle, pour d’autres, une pomme ou une pelote.

 

PNG - 127.4 ko
Sur cet exemplaire de la Géographie de Ptolémée, imprimé à Ulm en 1482, on voit l’auteur tenant le globe terrestre (Bucarest, Musée national d’histoire)

 

Pour les philosophes John Holywood ou  Thomas d’Aquin au XIIIème siècle, Jean Buridan ou Nicolas Oresme au XIVème, nul doute n’est possible. Ces deux derniers évoquent même la rotation de la Terre sur elle-même !

 

patience...

Nicole Oresme, Le Livre du Ciel et du Monde, 1377 (in Paris, Bnf, Manuscrits, Fr. 565, f0 69).
En 1377, Nicole Oresme remet au roi de France Charles V, qui le lui avait commandé, un traité d'astronomie intitulé le Livre du ciel et du monde.
Source: http://expositions.bnf.fr/ciel/grand/1-025.htm
         
         
 
         

.

Faut-il remonter plus avant vers les « siècles obscurs », pour reprendre une expression chère aux Anglo-Saxons ? Là où un Isidore de Séville (mort en 636) semble entretenir certaines réserves, Bède le Vénérable au VIIIème siècle et Scot Erigène au IXème sont catégoriques : la Terre est ronde. Ils ne font d’ailleurs pas preuve d’originalité, puisqu’ils reprennent la tradition scientifique des compilateurs de l’Antiquité tardive, notamment Martianus Capella dont les Noces de Mercure et Philologie, écrites vers 420, connaissent une très large diffusion au Moyen Âge. Or Martianus affirme lui aussi sans ambages : « Elle [la Terre] n’est pas plate, elle est ronde. »

Il semble donc y avoir durant tout le Moyen Âge occidental unanimité sur la question.

Non sans quelques problèmes pour les philosophes et les cartographes. Ceux-ci veulent en effet représenter un œkoumène (l’ensemble des terres habitées) conforme aux connaissances de la période et, d’autant que possible, à la tradition biblique et évangélique. Dès lors, que Jérusalem soit au centre du monde ou le paradis à l’est, c’est une simple convention cartographique. Le géographe arabe Al Idrisi ne place-t-il pas, au XIIème siècle, La Mecque au centre de sa carte ? Et, au XXème siècle, ne discute-t-on pas encore de la « juste » représentation de l’hémisphère sud sur nos modernes mappemondes ? Plus délicat est le problème de la conformité aux enseignements de l’Église selon lesquels les Apôtres ont apporté la Parole « aux quatre coins du monde ». Car il faudrait que le Terre soit plate pour posséder quatre coins.

Ainsi s’explique l’hésitation d’Isidore de Séville ; pourtant saint Augustin lui-même (354-430) avait mis en garde contre le danger d’utiliser le sens littéral de l’Écriture. Lorsque les cartographes médiévaux nous présentent une Terre d’apparence plate et circulaire, c’est donc certainement une convention cartographique, parfois l’illustration d’une certaine tradition biblique, mais jamais la représentation d’un soi-disant dogme de la « Terre plate ».

D’où vient alors ce mythe, puisque mythe il y a ? De l’exploitation qu’on a faite, au XIXème siècle, de certains textes de l’Antiquité tardive. Cette époque avait bel et bien connu deux « théoriciens » de la Terre plate : Lactance (vers 265-345) d’abord, polémiste crédule, qui s’oppose ouvertement à la pensée scientifique (et païenne) de son époque, au moyen d’arguments simples mais combien efficaces : « Y a-t-il quelqu’un d’assez extravagant pour se persuader qu’il y a des hommes qui aient les pieds en haut et la tête en bas […] et que la pluie et la grêle puissent tomber en montant ? »


Darwin contre l’Église

Puis, deux siècles plus tard, en Égypte, Cosmas dit « Indicopleustès » (« le voyageur des Indes »), retiré dans un monastère du Sinaï, rédige sous le titre de Topographie chrétienne une vaste compilation géographique où la Terre plate occupe une place importante. Il faut cependant savoir que cet ouvrage volumineux, rédigé en grec et aux marges orientales de la Chrétienté, ne nous est connu aujourd’hui qu’à travers trois manuscrits médiévaux complets. Critiqué à Byzance dès le IXème siècle par le patriarche Photius, il est totalement ignoré de l’Occident médiéval. La première traduction latine de Cosmas date de 1705 ! Et c’est cet auteur, tout à fait marginal dans le monde grec et inconnu du monde latin, qui deviendra au XIXème siècle le symbole de l’obscurantisme médiéval !

Car ces visions farfelues du monde seraient restées aussi chimériques que les descriptions contemporaines de cynocéphales (hommes à tête de chien), si elles n’avaient été reprises par les positivistes et « progressistes » du XIXème siècle. La démonstration de Jeffrey Russell est ici tout à fait originale et convaincante.

S’il n’y a jamais eu de mythe médiéval de la « Terre plate », il y a bel et bien eu une légende moderne du « dogme médiéval de la Terre plate ». Russell traque son apparition puis sa diffusion, en France et aux États-Unis, tout au long du XIXème siècle ; il démasque à l’occasion quelques « coupables ».

Coupable, le premier, le romancier américain Washington Irving (1783-1859), dans un pastiche historique sur la vie de Christophe Colomb, publié pour la première fois en 1828.

Irving invente de toutes pièces une scène qui deviendra célèbre, dans laquelle le navigateur doit se défendre contre l’obscurantisme des docteurs de Salamanque incapables d’admettre que le Terre fût ronde [3].

Le roman connaît un immense succès et contribue à accréditer, outre-Atlantique, la vision d’une Église catholique dogmatique et intolérante. Coupable encore, en France, à la même époque, le très respecté Antoine-Jean Letronne (1787-1848), directeur de l’École des Chartes et professeur au Collège de France, qui dans la Revue des deux mondes, avance l’idée d’un dogme de la Terre plate chez les Pères de l’Église et d’une interprétation littérale de la Bible au long du Moyen Âge.

Coupables surtout, aux États-Unis à nouveau et principalement pendant la seconde moitié du XIXème siècle, nombre d’esprits libéraux qui souhaitent réfuter les arguments anti-évolutionnistes de l’époque. Nous sommes en effet en plein débat autour des thèses de Darwin sur l’évolution des espèces, que l’Église se refuse à admettre. Quoi de mieux, dès lors, pour combattre son étroitesse de vues, que de stigmatiser un obscurantisme plus général, dont le pseudo-dogme médiéval de la Terre plate deviendrait une sorte de cas exemplaire ? C’est la voie que suivent sans hésiter certains auteurs américains dans des ouvrages dont les titres à eux seuls sont tout un programme : Histoire du conflit entre religion et science de John Draper (New York, 1874) ou Histoire du combat entre la science et la théologie dans le Christianisme d’Andrew White (New York, 1896)…

L’idée d’un dogme médiéval de la Terre plate se diffuse dès lors dans les ouvrages de vulgarisation et les manuels scolaires. Elle correspond si bien à l’image que l’on se fait du Moyen Âge au temps de Victor Hugo ou de Jules Michelet qu’on la reçoit sans discussion.

Tant et si bien que malgré toutes les réfutations modernes, un auteur à succès pourtant bien informé comme Daniel Boorstin perpétue encore aujourd’hui ce mythe [4].

Preuve, s’il en était besoin qu’un petit essai comme celui de Jeffrey Russell est d’actualité et mériterait d’être traduit en français sans délai.

 

Michel Hébert, L’Histoire n°159, octobre 1992

 

Notes:

 

[1] Article publié pour la première fois dans la revue L’Histoire en 1992, ndlr

[2] Jeffrey B. Russel, Inventing the Flat Earth. Colombus and Modern Historians, New York – Wesport – Londres, Praeger, 1991.

[3] Washington Irving, The Life and Voyages of Christopher Columbus, rééd. Boston, J.H. Mc Elroy, 1981.

[4] Daniel Boorstin, The Discoverers, New York, 1983, trad. française, R. Laffont, 1988.

 

Sources : http://www.egaliteetreconciliation.fr/Le-Moyen-Age-n-a-jamais-cru-que-la-Terre-etait-plate-19073.html

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 22:42

 

 

L'association "Gaspard de la nuit" reçoit MARION SIGAUT pour une conférence intitulée "Revisiter l'humanisme des lumières".

Marion Sigaut, Historienne et auteur entre autres de "La Marche Rouge" et "L'énigme Damiens", nous fait découvrir le côté sombre du siècle des lumières.

PARTIE 1/2

 

 

 

PARTIE 2/2

 

 

 

- Marion Sigaut, la Marquise de Pompadour et l'énigme Damiens

- La guerre des juges contre l'Eglise et la monarchie au XVIIIe siècle (Marion Sigaut)

- Marion Sigaut - Les lumières : un antihumanisme

- Marion Sigaut - Les Lumières et l'essor du capitalisme

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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 09:47
Mis à jour, 25 août 2015.
Gettysburg, Pennsylvanie : Banner commemorating 150'th anniversary 
Demain le 1er juillet, les Américains du Nord fêtent le 150e anniversaire de la commémoration de la bataille de Gettysburg (1er - 3 juillet 1863), en Pennsylvanie, durant la Guerre de Sécession 1861-1865 (un million de morts, dont 600.000 soldats tués pour 400.000 civils massacrés). Cette bataille qui vit la défaite des Sudistes, fut la plus lourde en termes de pertes humaines (53.000 victimes confondues de l'Union et de la Confédération). Elle est souvent considérée comme le tournant de la guerre.
 
Gettysburg, Pennsylvanie : Field
   
La ville de Gettysburg, fondée en 1786, est un carrefour de routes :  Baltimore est à 52 miles (84 km), Washington D.C. à 90 miles (145 km) et New York à 266 miles (367 km). Une victoire sudiste eut ouvert la porte vers la capitale.
 

 

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L’Esprit de 1776, d'A.M. WillardL'Angleterre abolit l'esclavage le 2 mars 1807, et interdit à cette date la traite atlantique, c'est-à-dire la déportation des Africains en Amérique. Selon certains historiens, cette abolition (annoncée de longue date), serait en 1775 une des causes cachées de la Guerre d’indépendance des USA contre l’Angleterre (1775-1783), par la peur qu'elle suscita chez les propriétaires d’esclaves américains francs-maçons comme George Washington, qui ne virent leur salut que dans l’indépendance pour que la loi anglaise ne s’applique pas.  

 

Cemetary in Gettysburg park
Cemetary in Gettysburg park. Cimetière dans le "Parc Gettysburg"

 

Le régime américain commence donc son entrée dans l’histoire par deux atteintes majeures aux droits de l’homme : le massacre des Indiens et l’esclavage des Noirs.

 

Les Confédérés n'ont eu pour seul tort que de pratiquer l'esclavage. Hormis cela, ils ont tenté de défendre un style de vie, une véritable culture populaire, isolationniste, teintée d'anti-impérialisme yankee, qui prédomine encore aujourd'hui aux USA.

 

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Martin Luther King, 1964,

militant non violent pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis, soutenu par John F. Kennedy.

 

Les Nordistes, après leur victoire, ont instauré la ségrégation raciale pour un siècle jusqu'aux années 1960 et les actions de Martin Luther King. Le « pays de la liberté » était et est resté de longues années le pays esclavagiste et néo-esclavagiste par excellence.

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400 000 membres du second Ku Klux Klan défilent à Washington en 1925.

Source photo: http://ccffcw.xooit.fr/t856-Ku-Klux-Klan-et-autres-organiosations.htm 

 

Le régime américain dès sa fondation a commis un crime, non marginal mais essentiel puisqu’il était à la base de son économie : l’esclavage des Noirs. Cet esclavage était une conséquence particulière d’une conception anglo-saxonne qui réduisait les hommes à des matières premières. C’est cette conception utilitariste qui fut mise au service du racisme à l’égard des Noirs. Mais c’est cette même conception que nous retrouvons dans l’antiracisme dogmatique du système américain actuel. La race biologique comme l’ethnie culturelle sont des obstacles au besoin économique de rendre la main-d’œuvre parfaitement interchangeable, comme des blocs de charbon ou de marbre sont interchangeables lorsqu’ils sont stockés à des fins de production. Il faut donc les effacer dans le grand « melting pot ». Des biologistes américains ont pu montrer que si le mélange intégral des races se faisait aux USA les Noirs disparaîtraient totalement car ils ne sont que 12% et la loi de la régression à la moyenne ferait disparaître leurs traits physiques spécifiques dans la population majoritaire : une forme de solution finale du problème noir par le métissage en quelque sorte. Les plus lucides des porte- parole de la communauté noire de ce point de vue, comme Louis Farrakhan, l’ont bien vu.

 

Dans les années 1920, les membres du Klan continuent de pourchasser les Noirs, les immigrants, les catholiques, les juifs et tous ceux qui les côtoient et qui les aident.

Pendant la seconde guerre mondiale, l'armée US est une armée qui pratique la ségrégation raciale à grande échelle. En 1945, le 33e président Harry S. Truman est un ancien sympathisant du Klan. La ségrégation dans l'armée n'est supprimée qu'en 1948. La capitale des Etats-Unis porte le nom d’un propriétaire d’esclaves franc-maçon, Washington.

 

(Aujourd'hui, en Israël, la ségrégation continue. Le 3 mars 2013, le ministre israélien des Transports a annoncé la mise en place de lignes de bus réservées aux usagers palestiniens travaillant dans l'État hébreu. Les lignes de bus partant du point de passage d'Eyal, situé près de Qalqilya rejoignant la métropole de Tel-Aviv sont concernées.)

 

 

gettysburg.jpgUn film très réaliste, que nous conseillons, a été produit sur la bataille de Gettysburg en 1993 :

Gettysburg

titre original "Gettysburg"
année de production 1993
réalisation Ronald F. Maxwell
interprétation Tom Berenger, Jeff Daniels, Martin Sheen

 

 

 

 

 

Extrait du film Gettysburg. Le général sudiste Robert E. Lee, parmi ses soldats à Gettysburg.

 

 

Gettysburg, Pennsylvanie : Devils Den from Little Round Top

 

Devils Den à Little Round To.

"Little Round Top", au sud de Gettysburg, la plus petite des deux collines, fut le site de l'assaut infructueux des troupes confédérées contre le flanc gauche de l'Union, le 2 juillet 1863, lors du deuxième jour de la Bataille de Gettysburg.

Considéré par nombre d'historiens comme le lieu clé de la ligne défensive de l'Armée de l'Union à la bataille de Gettysburg, Little Round Top fut défendue avec succès par la brigade du colonel Strong Vincent, le 20ème Maine Volunteer Infantry Regiment commandé par le colonel Lawrence Chamberlain. Ce dernier mena en ce lieu le plus fameux des engagements, culminant par une charge à la baïonnette qui est resté comme l'un des faits d'armes les plus connus de la Guerre de Sécession.

 

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Little Round Top (à gauche) et (Big) Round Top, photographiées depuis la Plum Run Valley en 1909.

 

 

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General George Gordon Meade, général nordiste (Valencian's, avr. 2013)

 

Gettysburg, Pennsylvanie : Batterie

 

 

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General Robert E Lee (Valencian's, avr. 2013)

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Vue de la charge de Pickett, Gettysburg

 

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Une vue du champ de bataille regardant vers la Charge de Pickett.

 

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La Charge de Pickett, vue du camp Confédéré (Sudiste)

 

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Cemetery Hill (warrengoblue, mars 2009) Gettysburg

Sources photos: http://www.tripadvisor.fr/LocationPhotos-g60798-w17-Gettysburg_Pennsylvania.html#66827161

 

La première banque centrale américaine (1790)

 

money_as_debt-248x157.jpg La première banque centrale américaine vit le jour en 1790 sur l'initiative du secrétaire au Trésor franc-maçon Alexander Hamilton, lors de la première session du Premier Congrès de 1790. Son modèle était la banque d'Angleterre (première banque centrale européenne et du monde qui fut fondée en 1694).

 

La première banque centrale en France (en réalité un groupe de représentants de banques privées dont Pergot Mallet et compagnie) sera créée 113 ans avant la Fed par Napoléon Ier, sur ordre des banquiers en 1800. Lire : Napoléon et la création de la Banque de France / Henri Guillemin.

 

On nous a appris petits que l'on ne devait pas prendre de crédit si l'on ne gagnait pas assez, cette sagesse populaire et domestique semble totalement ignorée quand il s'agit de l'Etat

 

Illustration.Le Secrétaire d'État Thomas Jefferson (futur 3e président de 1801 à 1809), franc-maçon comme Alexander Hamilton, s'opposa à ce dernier (Ces oppositions factices soint montées de toutes pièces afin de duper un public nourri de démocratisme). Hamilton et Jefferson s'écharpèrent. Les invectives fusèrent. Jefferson arguait que la banque violait les traditions propres aux lois :

 

  • "Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés qu'une armée ennemie... Si jamais le peuple américain autorise les banques privées à contrôler la création de leur monnaie, premièrement par l'inflation, puis par la déflation, les banques et les corporations qui croîtront de tous côtés vont déposséder les gens de toutes leurs possessions jusqu'à ce que leurs enfants se retrouvent sans maison sur le continent que leurs pères avaient conquis. Le pouvoir de génération monétaire devrait être pris aux banques et restauré au peuple, à qui cela appartient proprement." Thomas Jefferson (1743-1826).

 

Portrait d'Alexander Hamilton par John Trumbull.Hamilton lui répondait que l'utilisation de la puissance fédérale pour moderniser la nation était nécessaire... Il convainquit le Congrès d'interpréter largement la Constitution "pour passer des lois audacieuses", dont, bien évidemment, la création d'une dette nationale, la garantie fédérale des dettes des États, la création d'une banque nationale et un système de taxes à travers des tarifs sur les importations et une taxe sur le whisky qui paierait le tout !...

 

En affaires étrangères, ce personnage cynique favorisa les Anglais; il donna les instructions pour le traité de Londres signé en 1794, tout en s'opposant bien évidemment vigoureusement à la Révolution dite "française", qui pourtant suscitée et financée par la franc-maçonnerie "française" et britannique vit l'"Angleterre gagnante" sur tous les tableaux, dans "un recul sans appel" pour la France. (René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 222.) Hasard... Hamilton fut proclamé "citoyen français" par l’Assemblée "nationale" législative de France le 26 août 1792 (Décret du 26 août 1792). Cette assemblée dite "nationale" essayait de rallier l'opinion internationale en faisant "citoyen français" tous ceux qui, passant par là, professaient les mêmes doctrines "démocratiques" et "républicaines". La Patrie n'était plus conçue comme la réunion et l'amour commun de tous ceux qui habitaient un même sol, non, elle était désormais conçue comme la fédération passionnée de tous ceux qui professaient la même idéologie, et qui pour l'imposer, ne reculaient devant rien, pas même devant le massacre, la torture, la terreur ou le génocide : "La fin sanctifie les moyens" (Adam Weishaupt).

 

Hamilton se défendit en disant qu'aussi longtemps que la Constitution stipulera qu'aucun gouvernement seul ne pourra émettre de monnaie courante, il n'y a aucune raison de se méfier de ce que le gouvernement fédéral permette la création de cette banque centrale...

 

United_States_one_dollar_bill-_obverse.jUn autre franc-maçon vint mettre tout le monde d'accord: George Washington... Ainsi naquit la première banque centrale américaine par la signature d'une loi le 25 avril 1791 pour une durée de 20 ans...

 

Deux pas en arrière.

 

Selon le principe léniniste "Un pas en avant, deux pas en arrière"

(Lénine, Réponse à Rosa Luxembourg), la Révolution avance toujours...

 

Vingt ans plus tard, la majorité démocrate-républicaine vota contre le renouvellement de la dite banque centrale, et la première Banque centrale des États-Unis ferma officiellement ses portes le 3 mars 1811.

 

http://b.vimeocdn.com/ts/179/185/179185007_640.jpg

 

 

La guerre de 1812.

 

220px-Nathan_Rothschild.jpgNathan Mayer Rothschild, fils de Mayer Amschel Rothschild est cité par certains historiens pour avoir averti  

 

  • "que les États-Unis se trouveraient impliqués dans une guerre des plus désastreuses si la charte de la banque centrale n'était pas renouvelée"...

 

Hasard..., cinq mois après la fermeture de la première banque des États-Unis, l'Angleterre déclara une guerre financée par des prêts faits aux Rothschilds qui étaient déjà les banquiers prééminents en Europe à cette époque-là (y compris sous la Restauration puisque James de Rothschild finança le gouvernement de Louis XVIII, "puis celui de la monarchie de Juillet, et gèrera la fortune personnelle du roi Louis-Philippe". Il financera également l’État Belge nouvellement indépendant, l’Indépendance Grecque, l’Unité Italienne, secourut les trésoreries de l’Espagne, de l’Autriche et des États-Unis... Source Wikipedia)

 

La guerre de 1812 des banquiers contre les Etats-Unis résulta de la première création significative de bons du trésor par les États-Unis d'Amérique. Ces bons différaient des bons des banques privées européennes parce qu'ils étaient échangés sans aucune existence d'intérêts (dette) à payer sur la somme. Les banques ne pouvaient accepter que les nations ne leur payassent pas la dîme !

 

La guerre de 1812 se termina donc sans vainqueurs en 1814. Les britanniques étaient occupés à combattre Napoléon sur le Continent.

 

 

Et un pas en avant... La seconde banque "centrale" des États-unis.

 

Illustration.En 1816, une seconde banque des États-Unis fut autorisée durant une période de vingt ans sous le président franc-maçon James Madison. Elle fut fondée avec un mandat similaire à celle de la précédente banque centrale des États-Unis, dont la charte avait expiré cinq ans plus tôt. Ces mandats avaient pour but de générer de la monnaie courante, acheter la dette du gouvernement, et servir comme dépositaire officiel pour les fonds du Trésor.

 

 

Image illustrative de l'article Andrew JacksonEn 1832, la Secte fit à nouveau deux pas en arrière pour un peu plus tard faire à nouveau un pas en avant.

 

Le slogan de ré-élection du président franc-maçon Andrew Jackson était "JACKSON and NO BANK!" (Jackson et pas de banque).

 

Le 10 juillet 1832, Jackson mis son veto sur la décision du Congrès de renouveler la charte de la seconde banque centrale des États-Unis et travailla à créer une véritable banque fédérale qui, dans l'intérêt du peuple, serait sous le contrôle de l'Etat et non des banques privées.

 

Près du peuple, Jackson ne supporte pas les politiciens et les institutions telles que la Banque centrale, ancêtre de la FED créée en 1791 par Alexander Hamilton qui tendaient à acquérir un pouvoir indépendant.

 

Son héritage est vu de manière contrastée aujourd'hui : décrit comme un protecteur de la démocratie populaire et de la liberté individuelle, Andrew Jackson est critiqué pour son soutien à la déportation des Amérindiens à l'ouest du Mississippi et à l'esclavage.

 

En 1835, Jackson paya le montant final de la dette nationale. Il fut le premier et seul président à l'avoir jamais accompli. Quelques semaines plus tard, Richard Lawrence essaya de tirer sur Jackson. Cependant, les deux révolvers, bien évidemment, n'atteignirent pas leur cible (voilà comme on fabrique une légende aux Etats-Unis), et il fut arrêté et jugé mais ne fut pas considéré coupable pour raison d'"insanité" (en gros, déclaré fou, il fut relâché pour bons et loyaux services...) Prétendument, il dit à quelques amis que de riches personnes d'Europe l'avaient engagé pour faire cela et lui avaient promis de le faire relâcher s'il était pris. Quoiqu'il en soit, pris ou pas il était quand même relâché !

 

Pour la petite histoire, la résistance de Jackson aux puissances d’argent qu'il considérait comme très dangereuses était si cruciale à ses yeux qu’il fit graver comme épitaphe : « I killed the Bank » (J'ai tué la banque) sur sa pierre tombale. En 1836, il mit de nouveau son veto à la création d’une banque centrale (la Réserve fédérale des États-Unis n’aura le monopole de l’émission de monnaie qu’à partir de 1913). Il mourut le 8 juin 1845 ; son décès est aujourd’hui attribué à un empoisonnement au plomb à la suite d’une blessure reçue en 1813. 

 

La guerre de Sécession (1861-1865): un héritage ambigu

 

 

Guerre de sécession (1861-1865) Kunstler

Forcer le pays à avoir besoin d'argent, donc à emprunter était une manière pour les banquiers de reprendre la main. Ils exploitèrent les dissensions entre Nord et Sud et exacerbèrent les tensions, ce qui aboutit à la Guerre de Sécession.

 

  • La confiance dans l'utilisation quotidienne du papier-monnaie à une époque où seul l'or comptait dans les échanges commerciaux, fut progressivement répandue. Le budget de guerre finit par intégrer des outils de gestion modernes comme l’endettement, l’émission de papier-monnaie et de bons du Trésor ou le recours à l’emprunt de guerre. D'une certaine façon, la Guerre de Sécession est la deuxième phase d’une Révolution commencée au XVIIIe siècle. Elle a permis à la société américaine de s'immerger dans la passion nationale du XIXe siècle, aussi active en Europe qu'en Amérique latine. Elle fut longtemps considérée comme une proto guerre totale, annonciatrice des deux grands massacres mondiaux du XXe siècle...
  •  
  • L’Union a gagné grâce à un afflux permanent de liquidités générées par une économie prospère (exportation de céréales vers l’Europe, dynamisme de l’industrie textile lainière,lignes de chemin de fer modernes), des troupes fraîches (le flux migratoire ne s’est pas tari entre 1861 et 1865), une urbanisation et une industrialisation forte de forte de matières premières minières et agricoles abondantes et bien exploitées, une société attachée à une totale liberté, mais coupée des traditions et de l'héritage du passé. A ce modèle s'oppose un Sud confédéré rural, écartelé entre des grands propriétaires cotonniers bénéficiaires de l’esclavage, et une paysannerie pauvre vivant d'expédients dans de petites exploitations vivrières. Au-delà du problème de l’esclavage, se dessine un conflit idéologique national, une opposition générale de principes . Ce conflit touche aux fondements d’une République inachevée : sur le socle constitué par la Déclaration d’Indépendance, la Constitution et les dix premiers Amendements, le peuple doit-il privilégier l’unité du pays ou la liberté des états ?

  • La lutte des noirs aux Etats-UnisLes Noirs. La guerre a redéfini la place des Noirs au sein de la nation, sans pour autant que ces derniers en aient tiré de substantiels avantages, exceptéel’abolition de l’esclavage.
  • Peu opérants dans l’armée nordiste (1/10e des combattants sont d'anciens esclaves mal utilisés, souvent indécis de leur engagement dans les armées de l'Union, brimés et effrayés à l’idée de combattre les maîtres de la veille), les Noirs sont peu nombreux à quitter le Sud après 1865.
  • Incapables d’acquérir les parcelles des grandes propriétés mises en vente par le gouvernement fédéral, les Noirs sont contraints d'accepter un métayage qui reproduit la servitude économique du passé, aggravée par l'individualisme de la culture nord-américaine, seuls et isolés.
150e anniversaire - De Gettysburg à Goldman Sachs : D'un monde libre à un monde communiste

Le film "Glory", réalisé en 1989 par Edward Zwick, raconte l'histoire des volontaires du 54e régiment du Massachusetts, constitué uniquement d'enrôlés Afro-Américains dans un État du Nord (sans les officiers) et la tentative de prise du Fort Wagner (Caroline du Sud), réputé imprenable. Durant l’assaut une grande partie des hommes du 54e périt, le colonel Robert Gould Shaw y compris.

Ce film montre assez bien parfois les difficultés des Noirs, à choisir  lors du conflit entre les deux camps, à choisir entre deux cultures différentes, l'une moderne mais tout aussi brutale et violente, l'autre traditionnelle : http://streamcomplet.com/glory/ (film complet)

 

 

 

 

 

 

Joan Baez 1971 Lincoln freed me today The slave

Résumé de la chanson de Joan Baez: un vieil esclave raconte que quand il était jeune il rêvait d'être libre. Aujourd'hui, vieux, il conclut que finalement il se trouve très bien chez son maître, parce que trop vieux, libre, il serait bon à rien. A la fin, il apprend l'abolition de l'esclavage de la bouche de son maître...

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    Si le Sud n’a pu longtemps assumer sa mission de conservatoire de civilisation, de gardien de valeurs traditionnelles anéanties ou ignorées par le Nord, il a en revanche triomphé dans la représentation du conflit et dans la constitution du mythe du «vieux Sud» au XXe siècle, porté par Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell et sa célèbre adaptation cinématographique.
  • Source:    http://k-classroom.blogspot.fr/2011/06/la-guerre-de-secession.html

 

  •  
  • http://georgepwood.files.wordpress.com/2011/05/civil-war-uniforms.jpgArmement. Si de nouvelles armes ont été testées : le blindage pour les cuirassiers de la flotte confédérée ; les premiers essais de sous-marins (le Hunley en 1865) afin de contourner le blocus ; le fusil à chargement par la culasse et la mitrailleuse, déjà expérimentée au Mexique, ces innovations sont peu déterminantes. La Guerre de Sécession reste une guerre du XIXe siècle, une guerre de paysans plutôt pauvres, maniant des fusils Einfeild et Renfield à longue portée (300 mètres) avec de plus en plus d’adresse, peu aidés par une cavalerie marginale et inopérante sur des terrains vallonnés ou encaissés, une artillerie statique peu efficace, et une médecine militaire dépassée par son ignorance (les amputations à la chaîne, l’absence de recours à l'antisepsie) et responsable de deux tiers des morts au combat.
  •  
  • Source: John Keegan, La Guerre de Sécession, Paris, édition Perrin, 2011.

 

Le plan des banquiers était de diviser les États-Unis entre l’Angleterre contrôlée par Lionel Rothschild (fils de Nathan Rothschild, fondateur de la branche londonienne de la banque) et la France, contrôlée par James de Rothschild. La France gouvernée par le carbonari Napoléon III devait prendre en charge tout le Sud tandis que le Canada devait annexer le Nord vaincu. En 1863, la France et l’Espagne envahirent le Mexique avec 30 000 soldats. Les États Confédérés en conflit offrirent la Louisiane et le Texas à la France en échange d’une aide. La Grande-Bretagne et la France étaient prêtes à étouffer la jeune république, mais en furent dissuadées par la Russie, la seule puissance européenne n’étant pas encore sous l’emprise des Rothschild. Le Tsar Alexandre II envoya sa flotte à New York et à San Francisco et déclara qu’une attaque sur Lincoln serait une attaque contre la Russie.

 

 

Gettysburg, Pennsylvanie : LincolnNous revoilà aux Etats-Unis. En 1861, Abraham Lincoln était confronté au problème du financement de son armée et des efforts de guerre de l'Union contre le Sud confédéré. Il approcha les banques européennes alors contrôlées par les Rothschilds. Celles-ci demandèrent de 24 à 36% de taux d'intérêt. Lincoln éventa le piège, il refusa, et passa à la place le "Legal Tender Act" de 1862. Sous cette nouvelle pièce de législation, il généra 449.338.902 dollars, monnaie libre d'intérêts, connue comme les Greenbacks, ainsi appelées pour l'encre vert qu'elles utilisaient. 

  • "Le gouvernement devrait créer, contrôler et faire circuler toute la monnaie courante et le crédit demandé pour satisfaire pouvoir dépensier du gouvernement et le pouvoir d'achat du consommateur... Le privilège de créer et contrôler la monnaie n'est pas seulement la prérogative suprême du gouvernement, mais c'est la meilleure opportunité de création du gouvernement. Par l'adoption de ces principes, la volonté longuement sentie d'avoir un moyen constant sera satisfaite. Les payeurs de taxe seront sauvés des immenses sommes d'intérêts..." Abraham Lincoln


En 1863, Lincoln instaura la "National Bank Act", banque américaine dépendant du gouvernement, grâce à laquelle toute monnaie en circulation serait créée à partir de la dette des banquiers achetant des bons du gouvernement en échange de bons de banque.

 

Abraham Lincoln, seizième président des Etats-Unis, né dans l'Etat esclavagiste du Kentucky en 1809, n'était pas franc-maçon, mais plutôt déiste. De culture chrétienne baptiste, il n'a jamais appartenu à aucune communauté religieuse. Les baptistes prônaient la séparation des églises et de l'état (ils en ont été les pionniers avec Roger Williams dans le Massachusetts), ils n'avaient quasiment pas de dogme et laissaient chacun libre de ses interprétations de la Bible (ce qui est ridicule car à partir de là on peut faire dire tout et n'importe quoi à la Bible..., NdCR.). En 1817, les Lincoln émigrèrent en Indiana. A partir de cette date, ils n'adhèrent plus à aucune église. Le jeune Abraham ne reçut donc que peu d'instruction religieuse et celle qu'il eut, avant l'âge de huit ans, était pour l'essentiel une invitation à lire la Bible et à se laisser aller à ses émotions au moment des cérémonies.

 

Partisan d'une laïcité chrétienne de distinction des pouvoirs temporel et spirituel (ce qui ne signifie pas séparation étanche), dans son premier grand texte politique, le "Discours sur la préservation de nos institutions politiques", lu le 27 janvier 1838, au Young Men's Lyceum de Springfield, Illinois, Lincoln dénonça le principe de l'union de l'église et de l'état, et évoqua "la plus noble des causes, la fondation et la préservation de la liberté civile et religieuse". The noblest of causes, the establishment and maintenance of civil and religious liberty. (The Collected Works of Abraham Lincoln, ed. Roy P. Basler (New Brunswick : Rutgers University Press, 1953 et 1974 (Supplément), ci-après CW, CWS, 1, 114).

 

[Note. On ne voit pas très bien en quoi une religion d'Etat s'oppose à liberté de culte, qui par exemple existait pour les protestants en France dès 1562, sous Charles IX roi de France (1560-1574), soit en pleine monarchie de droit divin... Le 17 janvier 1562, Charles IX octroya aux protestants l'"édit de tolérance" dit de "Saint-Germain" ou "Edit de janvier". Cet édit royal qui donnait la liberté de culte aux réformés et le droit de se réunir à l'extérieur des villes fortifiées, eut paradoxalement des conséquences inattendues : il décupla le radicalisme des Huguenots, attisa la haine entre les deux communautés catholiques et protestantes et provoqua les guerres de religion qui devaient durer trente ans ! Le Parlement de Paris refusa de ratifier l'édit. On estima qu'à ce moment-là plus d'un tiers de la noblesse française était acquise au protestantisme. Les protestants qui crièrent à la persécution, prirent les armes. En mars 1562, la véritable guerre civile commençait, et un manifeste du prince protestant de Condé l’ouvrit.]


Pendant sa présidence, Lincoln, n'a pas été confronté à des tentatives de remise en cause du principe de séparation. Le seul problème touchant aux rapports entre l'état et les religions auquel il fut confronté concerna les Juifs. Le général nordiste Grant, qui n'était pas encore général en chef, publia une instruction excluant les Juifs des zones sous son autorité, au motif que les marchands juifs qui suivaient l'armée "violaient toutes les règles sur le commerce" en temps de guerre. Lincoln, saisi de l'affaire, jugea qu'il était illégal de prendre une mesure contre les Juifs, "en tant que groupe" "as a class" et chargea le Général en chef, Halleck, de révoquer cet ordre, ce qu'il fit. Lincoln se montra également favorable à une demande de modification de la législation pour permettre la présence d'aumôniers juifs dans les armées à côté des aumôniers chrétiens, et cette modification intervint le 17 juillet 1862. Face à une opinion publique largement antisémite, et un corps des officiers plus antisémite encore, Lincoln maintint le principe de neutralité religieuse de l'état (Neely, Mark. E, Jr., The Fate of Liberty : Abraham Lincoln and Civil Liberties, New York, Oxford University Press, 1991, 107-109).

 

Si en France, le Régime républicain franc-maçon n'a pas fait la promotion du 150e anniversaire de la commémoration de la bataille de Gettysburg, ni parlé de Lincoln d'ailleurs, c'est sans doute, d'une part, parce que la Secte ne souhaite pas communiquer sur le fait que l'abolition de l'esclavage aux Etats-Unis n'a pas été le fait de francs-maçons (les francs-maçons au XVIIIe siècle étaient en France majoritairement impliqués dans la traite atlantique) mais de personnalités chrétiennes.  

Et d'autre part, comme on l'a vu, parce qu'à sa manière, Lincoln a représenté un modèle de souveraineté financière, nationale (les greenbacks), indépendant des banques privées, ce qui est insupportable pour les banquiers.

 

Concernant l'abolition de l'esclavage aux Etats-Unis, alors qu'il n'y était pas encore décidé avant juillet 1862, Lincoln se trouva confronté à la pression des anti-esclavagistes chrétiens. Bien qu'anti-esclavagiste, il estimait que l'abolition remettait en cause le droit de propriété, et que les conditions politiques n'étaient pas réunies. Il reçut des dizaines de visiteurs tous les jours, et les ecclésiastiques, les "délégations de chrétiens" étaient assidus auprès de lui pour plaider la cause de l'abolition de l'esclavage. Parfois, il cèda, signa une proclamation ordonnant un jour de jeûne national à la demande du Congrès (Le 12 août 1861, CW 4, 482) et, lorsqu'un autre anti-esclavagiste pieux, Salmon P. Chase, lui suggèra d'inclure une référence à Dieu dans la Proclamation d'émancipation des esclaves, il y consentit. Et de fait, à partir de ce tournant qui vit le début de la guerre du Nord devenir l'abolition de l'esclavage et non plus seulement la restauration de l'Union, on va trouver la mention de Dieu de plus en plus fréquemment dans les déclarations du président.

 

Après sa réélection en 1864 et quelques semaines avant la victoire sur les Sécessionnistes et son assassinat, le deuxième discours inaugural de Lincoln, de mars 1865, est un texte de deux pages, dont la moitié ou presque est consacrée à une réflexion sur le sens de l'histoire et où Dieu intervient à chaque ligne (4 mars 1865, CW 8, 332-333) :

 

  • « Chacun [des deux camps] s'attendait triompher plus facilement, et à ce que l'issue soit moins radicale et moins incroyable. Les deux camps lisent la même Bible, prient le même Dieu, et chacun invoque son aide contre l'autre. Il peut paraître étrange que quiconque ose demander le secours d'un Dieu juste pour continuer à gagner son pain à la sueur du front des autres ; mais ne jugeons pas, de peur d'être jugés. Les prières des deux camps ne pouvaient pas être exaucées toutes les deux, et aucune des deux ne l'a été complètement. Les desseins du Tout-puissant sont impénétrables. »

 

Lincoln fut assassiné le 14 avril 1865, par John Wilkes Booth, vraisemblablement un agent des banquiers internationaux, cinq jours après que le général Lee se soit rendu à Grant.

 

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/e8/US-FederalReserveSystem-Seal.svg/250px-US-FederalReserveSystem-Seal.svg.pngEn 1913, la Banque centrale américaine (FED) ou Réserve fédérale est créée par le Federal Reserve Act. Le Congrès la dote de trois objectifs : plein emploi, stabilité des prix, et taux d'intérêt à long terme modérés.

 

La Fed est "indépendante" : ses décisions ne sont pas sujettes à l'autorisation du Président des États-Unis ou d'une autre partie du gouvernement fédéral, elle ne reçoit pas de budget du Congrès. Le pseudo droit de surveillance du Congrès sur la Fed, dans la pratique, est réduit à néant.

 

La Fed est un consortium de huit banques privées internationales

 

(1) Rothschilds of London & Berlin

 

(2) Lazard Bothers of Paris

 

(3) Isreal Moses Seaf of Italy

 

(4) Kuhn, Loeb & Co of Germany and New York

 

(5) Warburg & Company of Hamburg, Germany

 

(6) Lehman Brothers of New York

 

(7) Goldman Sachs of New York

 

(8) Rockfeller Brothers of New York

 

 

La Goldman Sachs est à l'origine de la crise financière de 2008. L'argent-dette plongea les Etats dans la spirale de la dette cumulative.

 

 L'acte de création de 1913 transférait le contrôle de la masse et de la création monétaire détenue par le Congrès (Parlement américain) à l'élite des banquiers privés. Ceci revenait à transférer la souveraineté financière du "peuple", à des entreprises privées, reléguant la nation en question au rang d'esclave d'entreprises privées.

 

La terminologie même de "Réserve fédérale" est mensongère puisque la FED n'est pas une entité du gouvernement fédéral, mais un cartel légalisé opérant pour le bénéfice de quelques-uns sous le faux prétexte de protéger et promouvoir l'intérêt public.

 

Le président Woodrow Wilson, pourtant à l'origine de la création de la FED, écrivit un livre, "The New Freedom" dans lequel il semblait condamner le principe de la Réserve fédérale :

 

  • "Notre grande nation industrielle est contrôlée par son système de crédit. Notre système de crédit est concentré dans le privé. La croissance de la nation, cependant, et toutes nos activités sont tenues par quelques hommes... Nous sommes devenus l'un des pays les plus mal gouvernés, l'un des gouvernements les plus complètement contrôlés et dominés de tout le monde civilisé. Plus un gouvernement de libre opinion, plus un gouvernement créé par la conviction et le vote de la majorité, mais un gouvernement fait par l'opinion et la contrainte de petits groupes d'hommes dominants." (Woodrow Wilson, The New Freedom: Un appel pour l'émancipation des énergies généreuses d'un peuple.)

 

En 1913, il n'y avait pas de dette de l'Etat américain. Du jour où l'Amérique consentit à se financer auprès de banques privées la dette explosa. En France, le même fait engendra la même conséquence... Voir la loi Rothschild Pompidou Giscard de 1973.

 

Il est intéressant de noter que 1913 est également l'année de l'introduction aux Etats-Unis du Seizième Amendement, qui donna au gouvernement fédéral le droit de collecter des taxes basées sur le revenu. Un hasard sans doute...

 

 

 

La Iere Guerre mondiale

 

premireguerremondiale.jpgEn 1914, quand la guerre éclata en Europe, le public américain ne voulait pas être impliqué dans cette guerre. Pendant que le président Wilson déclara publiquement que les États-Unis demeureraient neutres, des efforts étaient faits en coulisses pour faire entrer l'Amérique dans le conflit.

 

Les guerres sont extrêmement profitables pour les banquiers centraux parce que cela force les gouvernements à emprunter davantage d'argent à intérêt. Le secrétaire d'État, William Jennings Bryan, écrivit:

 

  • "Les larges intérêts banquiers étaient profondément intéressés par la guerre mondiale à cause des larges opportunités de profits".

 

Finalement, le 7 mai 1915, le Lusitania, un bateau transportant des passagers américains, fut délibérément envoyé dans les eaux contrôlées par les Allemands. L'ambassade Impériale Germanique avait envoyé des avertissements à environ cinquante journaux de la Côte Est, incluant ceux de New York, comme quoi les passagers à bord du Lusitania y monteraient à leurs propres risques et périls. L'avertissement n'apparut seulement que dans le Des Moines Register.

 

Comme prévu, un bateau allemand torpilla le Lusitania. Les enregistrements de l'Allemagne indiquèrent qu'une seconde explosion suivit le coup de la torpille, causée par les stocks de munitions. En conséquence, 1198 des 1959 passagers perdirent la vie et les États-Unis entrèrent en guerre peu après.

 

 

La révolution bolchévique

 

En 1920 Churchill déclara :

 

  • http://www.laprocure.com/cache/couvertures/9782262034580.jpg« Depuis l'époque de Spartakus Weishaupt (pseudonyme du chef des illuministes allemands au XVIIIe siècle, NdT) jusqu'à celle de Karl Marx puis, plus tard encore, celle de Trotski (Russie, Bela Kun (Hongrie), Rosa Luxembourg (Allemagne) et Emma Goldman (Etats-Unis) cette conjuration mondiale visant à renverser la civilisation et à révolutionner la sociétésous prétexte de réaliser une égalité impossible, est en pleine croissance. […] [Ce mouvement] fut la force motrice qui se cachait derrière chacun des mouvements subversifs du XIXe siècle ; aujourd'hui, ce ramassis de personnalités extraordinaires venues des bas-fonds des grandes villes européennes et américaines a pris le peuple russe au collet et s'est pratiquement rendu le maître incontesté d'un immense empire »

 

  • (Alex P. Schmid, Churchills privater Krieg. Intervention und Konterrevolution im russischen Bürgerkrieg, november 1918-märz 1920, Zurich 1974, p, 312, cité in Ernest Nolte, La Guerre civile européenne, National-socialisme et bolchévisme 1917-1945, Collection Tempus 2011, p. 169.) 

 

 

La crise de 1929

 

220px-Crowd_outside_nyse.jpgLe "Jeudi Noir", le crash initial, est survenu le 24 octobre. Le crash qui causa la panique générale fut le "Mardi Noir", cinq jours plus tard, le 29 octobre.

 

Au lieu d'étendre la masse monétaire, la Réserve Fédérale la contracta, créant ainsi la période connue sous le nom de Grande Dépression. Le député Wright Patman, dans "A Primer On Money", reporte que la masse monétaire baissa de 8 milliards de dollars de 1929 à 1933, causant la banqueroute de 11 630 banques sur le total de 26 401 existantes aux États-Unis. Cela permis aux banquiers centraux de racheter des banques rivales et des corporations entières à des prix désiroires...

 

Il est intéressant de noter que dans les biographies de J.P. Morgan, Joe F. Kennedy, J.D. Rockefeller et Bernard Baruch, il est indiqué qu'ils ont tous réussi à transférer leurs capitaux hors du marché et à les convertir en or juste avant le crash de 1929... Joe Kennedy passa d'une fortune de 4 millions de dollars en 1929 à 100 millions de dollars en 1935.

 

Comme aujourd'hui, les élites bancaires sont tellement certaines de la réussite de leur forfait qu'elles peuvent se permette le luxe de déclarer au grand jour les plans de leurs politiques oligarchiques. Paul Warburg, un fondateur et membre de la Réserve Fédérale, avait averti de la crise et de la dépression dans un rapport annuel aux détenteurs de stocks de son "International Acceptance Bank":  

 

  • "Si l'on permet aux orgies de spéculations de s'étendre, la crise qui en viendra n'affectera clairement pas seulement les spéculateurs eux-mêmes, mais prendra le pays entier dans une dépression générale." Paul Warburg, mars 1929...

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/83/Louis_T._McFadden.jpg/220px-Louis_T._McFadden.jpgLe 10 juin 1932, le député Louis Thomas McFadden , un banquier président de la Pennsylvania Bankers' Association (1914-15), représentant de Pennsylvanie pacifiste (critique de l'engagement militaire des États-Unis dans la Première Guerre mondiale), adversaire de longue date de la Réserve Fédérale qu'il considérait comme contraire aux intérêts du peuple, fit un discours de 25 minutes devant la Chambre des Représentants, dans lequel il accusa la Réserve Fédérale d'avoir délibérément causé la Grande dépression, " appauvri et ruiné le peuple des États-Unis", un peuple "outragé, volé, pillé, insulté et trahi". Dans ce discours Mcfadden préconisait "un retour à la Constitution des États-Unis", "un divorce complet de la Banque et l'État", l'abrogation de la Réserve fédérale, la liquidation des banques de la Réserve fédérale "ayant violé leurs chartes", la mise en accusation de fonctionnaires ayant violé leurs serments et l'expulsion des "manipulateurs de la monnaie hors du temple". 

 

En 1933, McFadden introduisit la "House Resolution N°158," "Articles of Impeachment for the Secretary of the Treasury", le "Comptroller of the Currency", et le "Board of Governors of the Federal Reserve", pour de nombreux actes criminels, incluant mais ne s'y limitant pas, la conspiration, la fraude, la trahison et leur conversion en hors-la-loi.

 

McFadden a été la cible de plusieurs tentatives de meurtres. On lui tira deux fois dessus à Washington, D.C. alors qu'il descendait d'un taxi devant l'un des hôtels de la capitale, les deux balles s'encastrèrent dans le taxi. Il survécut à un violent malaise lors d'un banquet politique à Washington, D.C. grâce à la présence d'un médecin qui lui fournit un traitement d'urgence. Ce médecin annonça ultérieurement qu'il s'agissait d'un empoisonnement.

 

Le 3 octobre 1936, la mort soudaine de McFadden est attribuée à une crise cardiaque, lors d'une visite à New York; l'hypothèse d'un empoisonnement a rapidement été émise. Il est enterré dans le East Canton Cemetery de Canton en Pennsylvanie.

 

Un lointain descendant de McFadden, Ron Paul, représentant du Texas à la Chambre des représentants des États-Unis, déposera le 15 juin 2007 un amendement visant à supprimer la Réserve fédérale.

 

 

La Seconde Guerre mondiale

 

Il existe quelques preuves évidentes que l'Administration Roosevelt a provoqué les Japonais pour provoquer l'attaque de Pearl Harbor contre les forces américaines qui y étaient stationnées.

 

Le 4 décembre, trois jours avant l'attaque sur Pearl Habor, les services de renseignements australiens avertirent le franc-maçon Roosevelt ( À Paris son nom a été donné à une avenue du rond-point des Champs-Élysées et à la station de métro qui le dessert Franklin D. Roosevelt), qu'un groupe de forces japonaises se dirigeaient vers Pearl Harbor. Mais il n'en tint pas compte. L'attaque causa la mort de 2400 soldats américains et l'entrée en guerre des États-Unis.

 

Avant l'attaque sur Pearl Harbor, 83% du public américain ne voulait pas entrer en guerre. Après l'attaque, un million d'hommes se portèrent volontaires pour le service militaire.

 

En 1952, avec la publication des Secrets de la Réserve fédérale, Eustace Mullins dénonça la création de la Réserve Fédérale comme un complot pour asseoir l'économie et la politique américaine dans le giron de la finance internationale.

 

L'assassinat de kennedy

 

Le Président catholique John Fitzgerald kennedy (1960-1963), le dernier président à s'être dressé contre la FED,  autorisa le 4 juin 1963 l'émission de nouveaux United States Note (les fameux greenback de Lincoln) adossés aux réserves d'argent du gouvernement fédéral (ordre exécutif 11110). Quelque 4 milliards de dollars en petites coupures furent émis, menaçant le monopole d'émission de la monnaie de la Réserve Fédérale et de ses actionnaires privés. (Source: Les secrets de l’institut d’émission des Etats-Unis, par Wolfgang Freisleben).

 

Six mois plus tard, JFK alla à Dallas et n'en revint jamais.

 

Selon certains historiens, l'assassinat du Président kennedy et celui de son assassin, résulterait d'un complot mis en place par un groupe en ayant à la fois les moyens et les motifs.

 

Dans un discours enregistré à l'Université de Columbia, le 12 novembre 1963, Kennedy divulgua une "conspiration monolithique impitoyable", d'"anéantissement de la liberté du peuple américain" :

 

   
JFK-10 jours avant - sous-titré français

 

  • « Le mot "secret" est en lui-même répugnant dans une société libre et ouverte. Et en tant que peuple, par nature et historiquement, nous nous opposons aux sociétés secrètes, aux serments secrets et aux procédures secrètes. Parce que nous devons faire face tout autour du monde à une conspiration massive et impitoyable qui s'appuie d'abord sur des moyens déguisés permettant le déploiement de leur sphère d'influence, basée sur l'infiltration plutôt que l'invasion, utilisant la subversion plutôt que les élections, et de l'intimidation au lieu du libre-arbitre. C'est un système qui a nécessité énormément de ressources humaines et matérielles dans la construction d'une machine étroitement soudée et d'une efficacité remarquable, elle combine des opérations militaires, diplomatiques, de renseignement, économiques, scientifiques et politiques. Leurs planifications sont occultées et non publiées. Leurs erreurs sont passées sous silence ou non relayées par la presse. Leurs détracteurs sont réduits au silence et leurs avis non sollicités. Aucune dépense n'est remise en question, aucun secret n'est révélé. C'est pourquoi le législateur athénien Solon décrète comme crime tout citoyen se désintéressant du débat. Je sollicite votre aide dans l'immense tâche qui est d'informer et d'alerter le peuple américain, avec la certitude qu'avec votre aide l'homme deviendra ce pourquoi il est né: libre et indépendant. »  
  •  
  • John Fitzgerald kennedy, dans un discours à l'Université de Columbia le 12 novembre 1963, soit dix jours avant son meurtre le 22 novembre.

 

 

File:US $5 1963 USN.jpg

United States Note de 5 dollars à l'effigie de Lincoln, introduit par le président Kennedy en 1963. Ordre exécutif 11110

 

Source: http://commons.wikimedia.org/wiki/File:US_$5_1963_USN.jpg

 

200793083235_1963o.jpg

 

Si vous regardez en-dessous de l'image de Jefferson, vous verrez l'inscription "The United States Note" à la place de "Federal Réserve Note".

 

Source: http://www.coincommunity.com/forum/topic.asp?ARCHIVE=true&TOPIC_ID=19868

 

 

 

Fin du XXe siècle et début du XXIe

 

Plus aucun greenback n'a été mis en circulation depuis le 21 janvier 1971.

 

Le 15 août 1971, le président Richard Nixon (1969-1974) rendit le dollar inconvertible en or directement, excepté sur les marchés ouverts. 

 

En 1982, la dette publique américaine s'évaluait à 1.250 milliards de dollars. Actuellement, elle est de plus de 9.000 milliards de dollars.

 

  • http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/0f/George_H._W._Bush%2C_President_of_the_United_States%2C_1989_official_portrait.jpg/220px-George_H._W._Bush%2C_President_of_the_United_States%2C_1989_official_portrait.jpg"Nous avons devant nous l'opportunité de forger pour nous-mêmes et pour les générations futures un Nouvel Ordre Mondial, un monde où les règles de la loi, pas les règles de la jungle, gouvernent la conduite des nations. Quand nous serons victorieux, et nous le serons, nous aurons une vraie chance pour ce Nouvel Ordre Mondial, un ordre dans lequel des Nations Unies crédibles pourrait utiliser leur rôle de maintien de la paix pour réaliser la promesse et la vision des fondateurs des Nations Unies."

 

En 1994, G. Edward Griffin dans son livre qui fut un bestseller populaire ainsi que dans les milieux des affaires The Creature from Jekyll Island: A Second Look at the Federal Reserve, et qui en est à sa sixième édition, dénonce « les banques privées qui possèdent effectivement la Réserve fédérale », qui génère les taxes et impôts les plus injustes, elle encourage la guerre et déstabilise l'économie.

 

En 1995, dans Le complot de la réserve fédérale (Federal Reserve Conspiracy), Antony Cyril Sutton dénonce la Réserve fédérale américaine comme une institution contrôlée par des banquiers privés afin de s'arroger le droit exclusif de battre monnaie aux États-Unis. Il y expose le grand danger que représente une telle organisation pour une nation qui se voudrait "démocratique" et un peuple qui se croirait "souverain".

 

Portrait officiel de Barack Obama, en 2012.Malgré les déclarations d'intention d'Obama aux banquiers, en novembre 2008, dès son arrivée au pouvoir ("dehors le peuple vous attend avec des fourches et veut voir des têtes tomber"...),  les politiques économiques mondiales continuent de plonger les nations dans la crise de la dette. Les États-Unis continuent de profiter de réserves courantes garanties par leur passé historique et un arrangement fait avec l'OPEP en 1973 stipule que le prix du pétrole du monde serait fixé en dollars...

 

La cause de la crise financière n'est pas le résultat du libre-marché capitaliste comme on le croit communément. Le capitalisme de libre-marché a toujours existé depuis le Moyen-Âge, comme la banque (banquiers lombards, guildes, templiers pratiquant le change, le virement et l'avance aux rois, Médicis, Fugger) sans que les peuples soient pour autant endettés et sommés de rembourser jusqu'aux générations futures.  

L'argent-dette, les manipulations monétaires des banques centrales, ne diffèrent pas, dans le principe, des interventions soviétiques sur le marché pendant l'époque de l'URSS.

 

 La dette publique qui ne doit pas être confondue avec le déficit budgétaire (recettes fiscales de l’État inférieures à ses dépenses) augmente à chaque fois qu'une dépense publique est financée par l'emprunt (avec intérêts).

 

L'objectif assigné à la Fed du plein emploi n'ayant pas été atteint, la dette doit cesser d'être conçue comme un outil efficace du développement économique.

 

La crise est la conséquence directe de l'intervention de l'Etat dans le domaine économique, monétaire et financier et du financement des politiques publiques (investissement ou fonctionnement) par la dette. Que ce soit des banques "nationales" publiques ou que ce soit des banques "centrales" privées d'ailleurs, cette intervention enfreint, outre le principe de non-ingérence de l'Etat dans le domaine économique sauf à la marge (colbertisme, protectionnisme), le principe de sagesse populaire et domestique selon lequel on n'emprunte pas plus que ce que l'on gagne... Pourquoi ce qui s'applique au niveau familial ne devrait-il pas s'appliquer au niveau national ?

 

 Hormis l'ouverture des frontières, la libre circulation des hommes (jusqu'à un certain point, il y a toujours autant de péages...), des marchandises et des capitaux, on ne vit pas dans un monde "libéral", ni même "ultra-libéral", mais dans un monde communiste, plus inégalitaire que jamais, avec d'un côté la Nomenklatura, ses élites  politiques et leurs satellites oligarchiques, et de l'autre côté la masse des peuples appauvris, ruinés et enchaînés.  

 

Ce système a été conçu dès le départ comme un "régime dominateur universel" (ancien terme du "Nouvel Ordre mondial") qui sous couvert de philanthropie et d'élimination des inégalités dans le monde devait creuser en réalité incroyablement l'écart de richesse entre riches et pauvres (cet écart ne cesse de croître avec des fortunes individuelles dépassant des PIB de nations... et des banques qui se gavent sur le dos des peuples).

 

La destruction méthodique et régulière de la morale naturelle, des dogmes religieux, de la propriété, de la famille, de l'amour de la patrie et de la nation (lire Augustin Barruel, citant les archives de la Secte Illuminée dans son ouvrage "Mémoires pour servir à l'histoire du  jacobinisme" en 1798), tous ces éléments qui agissaient comme autant de barrières naturelles intermédiaires devaient sauter pour ne plus rien laisser entre l'individu et le Léviathan.

 

. Le 800e anniversaire de la bataille de Bouvines embarrasse l'Oligarchie

. Un noir tué par d’autres noirs parce qu’il défendait le drapeau confédéré

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 09:24
Une conférence intéressante du nationaliste Florian Rouanet présente l'histoire du Front national vue sous l'angle de l'"histoire d'une trahison".
Front National, histoire d'une trahison par Florian Rouanet

Si nous ne sommes pas d'accord avec toutes les idées développées dans cette video (notamment, nous sommes légitimiste et pas "nationaliste", nous sommes contre l'oligarchie, et donc évidemment contre tout fascisme d'un parti unique), cette video présente des éléments intéressants. Des citations permettent de comprendre l'évolution, l'infiltration du front national par le club de l'horloge (club crypto-maçonnique), de la "nouvelle droite" (mix de néo-païens et d'athées), l'ambiguïté du discours du front national sur le droit du sang et le droit du sol (l'acquisition de la citoyenneté par le sang versé est devenu l'acquistion de la nationalité pourvu qu'on "aime la France"), l'opinion des citoyens formée par les medias tenus par les puissances d'argent, le Front national "RPR des années 80", l'"UMP conservatrice des idées de gauche", le FN miroir d'une pseudo opposition politique pendant 40 ans.

Rappelons que si le Front national n'existait pas le système l'aurait inventé, car il en a besoin dans le cadre de la dialectique du pouvoir républicain basée sur l'opposition factice et la division. 
A la fin de la conférence, un auditeur fait d'ailleurs une remarque très juste :
  • "Le FN est une soupape de sécurité du système pour canaliser le mécontentement populaire. Marine Le Pen est à la droite parlementaire ce que la gauche de Mélenchon est à la gauche parlementaire. Une soupape de sécurité. Ce sont de fausses oppositions".

Mais ce constat dressé, aucun intervenant n'amène de vraies solutions au problème oligarchique (l'oligarchie est le danger intrinsèque et la dérive habituelle du régime politique démocratique). Pire, ils ne perçoivent pas que si le FN n'est pas une solution, un parti nationaliste plus radical encore le serait encore moins.


C'est le système qu'il faut changer, et en particulier deux ou trois principes : la souveraineté nationale (article 3 DDH de 1789), arme mythique de l'Oligarchie maçonnique depuis 1789 aboutissant au parlementarisme absolu et au totalitarisme, le constructivisme, le volontarisme (ce que veut la Volonté générale peut tout faire, y compris changer le réel et la nature elle-même). Ces principes permettent au système partitocratique de la dite "représentation" nationale par le nombre, de faire des politiques anti-civilisationnelles contraires aux intérêts du peuple.

 

Nous proposons simplement deux ou trois réformes toutes simples à réaliser et à partir desquelles le peuple pourrait commencer à respirer :

 

(1) supprimer cette fausse "représentation" par un système de représentation plus sincère, par le poids des corps dans la société (familles, ouvriers, salariés, artisans, patrons, chômeurs..., clercs, fonctionnaires), le tirage au sort à l'échelon supérieur des responsables dans les domaines où l'échelon le plus bas n'est pas compétent (respect du principe de subsidiarité),

(2) la fondation de la légitimité politique sur la loi naturelle et non plus sur la "souveraineté nationale" maçonnique (art. 3 DDH de 1789 "Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation"),

(3) et enfin un principe de souveraineté et d'indépendance absolue (par rapport aux lobbies) incarnée par le Roi qui nomme son cabinet le plus proche pour l'orientation des grandes politiques nationales engageant l'intérêt public.

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 14:04

Le Rouge et le Noir a publié un article établissant la "logique macabre" entre les Lumières, 1789 et le génocide vendéen.

 

Une logique macabre : Lumières, 1789, Génocide vendéen

 

http://www.lerougeetlenoir.org/local/cache-vignettes/L420xH301/R_NDDHC-e2580.jpg

 

Existe-t-il une filiation philosophique directe entre 1789 (la Révolution prétenduement heureuse, illustrée par la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen) et 1793 (la Terreur, souvent présentée comme une déviance de 1789) ?

En pratiquant l’extermination systématique de la « race rebelle de brigands » vendéens (selon la formule du conventionnel Barère), la Révolution a-t-elle méconnu les principes qu’elle avait établis en 1789 à l’occasion de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen  ?

Le bref essai du Pr. Xavier Martin, Sur les droits de l’Homme et la Vendée, nous livre une réponse claire à ces interrogations.


Sur les droits de l'homme et la Vendée

Xavier Martin, historien du droit et des idées politiques, Professeur émerite à l’Université d’Angers, aborde la problématique à travers deux axes.

  • Tout d’abord : L’insurgé vendéen est-il un citoyen ? (d’après les idées en vigueur en 1793)
  • Ensuite : L’insurgé vendéen est-il un homme ?

C’est là l’occasion de se replonger dans les soubassements philosophiques de l’idéologie révolutionnaire : l’oeuvre de Rousseau et sa théorie du Contrat social, dont se réclamaient ouvertement les conventionnels, terroristes et génocidaires.

 

Le Vendéen : un étranger pour le révolutionnaire

 

A la question de savoir si l’insurgé vendéen est considéré ou non comme un citoyen, la réponse est clairement négative. En effet, les théories de Rousseau sont unanimitaires : la minorité n’a pas droit de cité. La Vendée, en refusant la République, « s’expose ipso facto à être constatée auto-exclue de l’universalité du peuple français ».Les Vendéens ayant rejeté l’état social par excellence que constitue la République, ils sont donc de facto exclus du corps des citoyens. N’étant point citoyens, ils ne sont point français : ce sont donc des étrangers. La logique républicaine, d’inspiration rousseauiste, se déroule, implacable et simple : un corps étranger doit être retiré du corps social, pur et inaltérable, que constitue la République une et indivisible. On comprend d’autant mieux la célèbre formule du conventionnel Barère : « La Vendée ! Voilà le chancre qui dévore le coeur de la République ! ». Pour soigner cette tumeur et cautériser les plaies, rien de tel que le glaive et le feu. On aperçoit déjà, au loin, les fumées noires des Colonnes infernales, dans une guerre non pas civile, mais exterminatrice d’un ennemi présenté comme étranger.

 

Le Vendéen : un sous-homme pour le révolutionnaire

 

Nous parlons des Droits de l’Homme et du Citoyen. Si le révolutionnaire rousseauiste, par idéologie, est enclin à nier la citoyenneté du vendéen, va-t-il également lui refuser sa qualité d’homme ? Le vendéen est-il un être humain ?

La question se pose en effet, et pas seulement dans l’esprit enfiévré des conventionnels : dès Rousseau, l’humanité est une qualité pouvant être retiré à certains individus. Xavier Martin ouvre ce chapitre avec une citation de Rousseau issue du Contrat social  : "renoncer à sa liberté, c’est renoncer à sa qualité d’homme, aux droits de l’humanité, même à ses devoirs". Or, en se dérobant aux lumières de la République, l’insurgé de Vendée militaire refuse le « Liberté » : on peut donc douter de son humanité. Pis, l’insurgé est presque toujours un paysan. Or, il est impossible d’ignorer le profond mépris qu’avaient nombre de philosophes des Lumières (de Voltaire à Turgot à l’égard du petit peuple des campagnes. Bête, le paysan est à la frontière entre l’Homme et la bête.

L’impregnation de ces thèses dans l’esrit des révolutionnaires se fait clairement sentir. Peint comme un être rustre, le paysan vendéen est bestialisé par l’idéologie révolutionnaire : le républicain J.-B. Leclerc rapporte que selon un « naturaliste célèbre », "Si l’on me demande quel est dans la chaîne des êtres l’anneau qui unit le singe à l’homme, je répondrai que c’est le Bas-Poitevin". En outre, l’usage massif par les républicains de métaphores animales et cynégétiques comme « battue », « chasse aux loups », « tanières », « bêtes fauves », participe de la bestialisation de l’insurgé.

 

Le sang est également un topos récurrent : selon les conventionnels, il convient de purifier et de regénérer cette « race rebelle de brigands », selon l’expression de Barère. Francastel, dans la même veine, apelle à "purger à jamais le pays de cette race infâme [...] saigner jusqu’à banc cette génération vendéenne". Là encore, il convient de revenir au germe de ces idées folles : les Lumières et 1789. La sordide idée de créer un homme nouveau est bien présente dès 1789. L’abbé Sieyès entend « perfectionner l’espèce humaine au moral et au physique ».

 

Une logique macabre aux conséquences inouïes

 

Nous connaissons tous les conséquences de telles logiques : le génocide perpétré par les Colonnes infernales, sur ordre de la Convention. Ces massacres de masse, commandités au plus haut niveau de l’Etat, ne sont pas de simples dérives propres à la Terreur. Ce génocide illustre le véritable projet de la Révolution toute entière, dès 1789, imprégnée des prétendues Lumières : un projet totalitaire.

A la lecture de l’ouvrage de Xavier Martin, il est évident qu’il existe une logique macabre entre les Lumières, 1789 et la Terreur de 1793, laquelle a accouché du génocide vendéen.

 

Source : http://www.lerougeetlenoir.org/les-contemplatives/une-logique-macabre-lumieres-1789-genocide-vendeen

 

 

- Xavier Martin : S'approprier l'homme, Un thème obsessionnel de la Révolution (1760-1800)

- Contre le Nouvel Ordre mondial : en finir avec la "révolution" (Ière partie)

- Vendée, du génocide au mémoricide

- Xavier MARTIN : "Trente années d'étonnement", Editions DMM

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 08:55

Vendredi 5 juillet 2013, commémoration du massacre d'Oran du 5 juillet 1962 (Messe 11h Eglise Sainte Odile, 2 avenue Stéphane Mallarmé, Paris-Métro porte de Champerret)

 

 

Commémoration du massacre d’Oran du 5 juillet 1962

 

 

Hommage à la mémoire des victimes et des disparus

 

 

A 11h, messe célébrée par le Père ARGOUARC’H

 

 

 

 

 

En l’église Saint Odile, 2 avenue Stéphane Mallarmé, 75017 PARIS-Métro porte de Champerret

 

 

 

 

 

  • ..." Ce fut le début de l'horrible carnage : une chasse à l'Européen commença sauvage, systématique. On égorgea, on tua au revolver ou à la mitraillette, on prit des rues en enfilade, tuant tout ce qui bougeait. On pénétra dans les restaurants, les magasins, les appartements, assassinant les pauvres gens avec des raffinements de cruauté, arrachant des yeux, coupant des membres. On vit même des femmes musulmanes dépecer des vivants avec les dents.
  • Les auxiliaires de l'armée algérienne, les A.T.O. emmenaient les Européens prisonniers par longs cortèges vers le commissariat central où ils étaient battus et tués, ou vers le Petit Lac, ou vers la Ville Nouvelle. Pourtant dans cette folie sanguinaire, des arabes sauvèrent des européens, d'autre intervinrent, et permirent de délivrer des prisonniers.
  • Le général Katz avait donné l'ordre de ne pas bouger et les 18.000 soldats français qui se trouvaient à Oran, restèrent cantonnés dans les casernes sans intervenir.
  • Katz téléphona à de Gaulle pour l'informer de l'ampleur du massacre. Le chef de l'Etat répondit " ne bougez pas ". C'est le seul exemple dans l'histoire d'un massacre perpétré sur une communauté sans défense, en présence d'une armée qui laisse assassiner ses ressortissants sans intervenir. La tuerie dura près de six heures. Lorsque à 17 heures les gendarmes français sortirent de leur trou à rats, le calme revint aussitôt.
  • Les cadavres jonchaient la ville, on en trouva pendus aux crochets des bouchers, dans des poubelles… Dans la chaleur de juillet, la puanteur était horrible. Les soldats français et algériens déversèrent par camions les cadavres dans le Petit Lac et les couvrirent de chaux vive. Nul ne sait le bilan exact de cette Saint-Barthélemy. On parlait dans les semaines qui suivirent de 3.000 morts et disparus. C'est le chiffre que donna le sinistre De Broglie et que reprit le ministre André Santini."...
  •  
  •  
  • CELA SE PASSAIT LE 5 JUILLET 1962 A ORAN
  •  
  •  
  • Geneviève de Ternant

 

 

Cette journée, on peut la qualifier de "journée de l'horreur".

 

Le massacre du 5 juillet 1962, ou massacre d'Oran, se déroule à Oran, ville d’Algérie, le 5 juillet 1962, trois mois et demi après le cessez-le-feu de la Guerre d'Algérie, deux jours après la reconnaissance officielle note 1 de l’indépendance, quelques heures avant sa proclamation. Il est le fait d’éléments armés algériens (ALN, ATO1 et civils) à l’encontre de civils européens (plusieurs centaines de morts et disparus) et musulmans (bilan inconnu). Les forces armées françaises attendent plusieurs heures avant de s’interposer.

 

Source: http://encyclopedie-afn.org/5_juillet_1962_-_ORAN

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 11:45

Au Sénégal, Barack Obama visitera la «Maison des esclaves» de Gorée

 

Au Sénégal, première étape de son voyage en Afrique qui commence ce jeudi (27 juin, NdCR.), le président des États-Unis visitera la «Maison des esclaves» de la petite île de Gorée, en face de Dakar. Cette villa rose à deux étages, classée au patrimoine de l'Unesco, est devenue pour le monde entier le premier lieu de mémoire de la traite négrière. Au rez-de-chaussée, on peut voir l'entrepôt où étaient entassés hommes, femmes et enfants ainsi qu'une issue étroite donnant sur la mer, appelée «Porte du voyage sans retour» par laquelle des dizaines de milliers de captifs sont censés être passés pour embarquer à destination des Amériques.

 

Passage obligé de tout dignitaire étranger, de François Mitterrand à George Bush ou à Nelson Mandela, la Maison des esclaves est aussi un lieu de recueillement pour les Afro-américains qui s'y rendent chaque année par milliers. Son destin singulier doit beaucoup à son ancien conservateur, Joseph Ndiaye, qui accueillit les visiteurs jusqu'en 2009 avec un discours plein d'émotions, dans lequel il décrivait avec force détails les souffrances des malheureux enchaînés dans les cellules, en route vers l'enfer de l'esclavage.

 

La première visite d'un président américain noir aura naturellement une résonance toute particulière. Et symbolique. Car c'est bien d'un symbole qu'il s'agit: Gorée n'a jamais été un grand centre de traite. La maison des esclaves n'a jamais été un entrepôt. Et la «porte du voyage sans retour» n'a jamais servi d'embarcadère vers l'horreur.

 


Ces affirmations iconoclastes ont fait scandale lors de leur publication, en décembre 1996, par le quotidien Le Monde. Le journaliste Emmanuel de Roux s'appuyait sur les travaux de deux historiens du célèbre Institut fondamental d'Afrique noire de Dakar (IFAN), un Sénégalais, Abdoulaye Camara, et un Français, le père jésuite Joseph Roger de Benoist. Les deux hommes démontaient tous les arguments de Joseph Ndiaye. Selon eux, la maison n'avait pas été construite par les Hollandais au XVIIe siècle, mais par des Français en 1783. A cette époque, disent les historiens, la traite européenne avait cessé sur les côtes du Sénégal.

 

Cette maison aurait été commandée par Anna Colas, une signare - une riche métisse. Les pièces du bas n'auraient pas été des cellules, mais des entrepôts pour la gomme arabique, l'ivoire et autres marchandises. Il y avait sûrement des esclaves, mais c'étaient des esclaves domestiques qui vivaient sur place.

La fameuse «porte du voyages sans retour» qui donne sur la mer, ne donnait pas sur un embarcadère, la côte étant trop rocheuse à cet endroit pour permettre aux bateaux d'approcher. D'ailleurs, même à l'époque du commerce des esclaves, l'île elle-même ne voyait transiter qu'entre deux cents et cinq cents d'entre eux par an, affirment toujours les historiens.

Au Sénégal, le choc fut rude. Le journaliste et les historiens furent parfois traités de «révisionnistes». Un an après les révélations du quotidien, un colloque en Sorbonne, intitulé «Gorée dans la traite atlantique: mythes et réalités» ne les démentit pas. Le point de départ de la légende de Gorée fut attribué au roman écrit par un médecin chef de la marine française, Paul-André Cariou, en poste dans l'île en 1940. Après l'indépendance, le président Senghor nomma l'ancien sous-officier des troupes coloniales Joseph Ndiaye conservateur de la Maison des esclaves, poste qu'il occupa jusqu'à sa mort en 2009. Son talent de conteur fit le reste.

 

 

Source: http://www.lefigaro.fr/international/2013/06/26/01003-20130626ARTFIG00339-au-senegal-barack-obama-visitera-la-maison-des-esclaves-de-goree.php

 

Le 12 octobre 2012, lors de la visite de François Hollande à Gorée, l'africaniste Bernard Lugan, a démonté le mythe :

  • « La véritable histoire de la « Maison des esclaves » a en effet été écrite notamment par deux historiens de l’IFAN (Institut fondamental de l’Afrique noire), Abdoulaye Camara, préhistorien et archéologue, ancien conservateur du Musée de Gorée puis du Musée d’Art africain de Dakar, et par le père jésuite Joseph Roger de Benoist, spécialiste de l’histoire du Sénégal. Le lecteur curieux pourra se reporter à ce sujet au journal Le Mondeen date du 27 décembre 1996 et à l’article intitulé « Le mythe de la Maison des esclaves qui résiste à la réalité ».
  • L’histoire racontée par ces historiens est bien différente de la légende officielle de Gorée pieusement récitée par les guides locaux:

  • 1) Ce ne seraient pas les Hollandais qui construisirent la « Maison des esclaves » au XVIIe siècle, mais les Français et cela en 1783, donc à une période où la traite européenne avait cessé dans la région de la Sénégambie depuis plusieurs décennies. Une traite subsistait certes à cette époque, mais elle était à destination de l’Afrique du Nord et elle était pratiquée par des esclavagistes arabo-musulmans. Gorée ne fut pas concernée par elle.
    2) Cette maison aurait été commandée par Anna Colas, une signare,c’est à dire une riche métisse.
    3) Les « cellules » auraient été en réalité des entrepôts de marchandises.
    4) Comme toutes les demeures coloniales de cette époque, la maison abritait une nombreuse domesticité et certainement même des esclaves qui y assuraient les tâches les plus ingrates, mais ce n’était pas une « esclaverie ».
    5) A l’époque de la traite florissante, Gorée ne fut pas un centre esclavagiste. Au maximum du mouvement, c’est à dire au XVIIe et peut-être au début des XVIIIe siècles, les historiens estiment en effet entre deux cents et cinq cents le nombre d’esclaves qui y transitaient annuellement.
  • Et pourtant, il ne manque pas de lieux, réels ceux-là, où il est possible de voir comment était véritablement organisé l’odieux commerce des esclaves.
  • J’en citerai un seul dans cette Afrique de l’Ouest littorale qui vit tant de royaumes africains esclavagistes vendre plusieurs millions d’hommes, de femmes et d’enfants à leurs partenaires européens. Il s’agit du fort de Cape Coast, situé au Ghana, à environ 200 kilomètres à l’ouest d’Accra et qui fut le principal point d’exportation des esclaves vendus par le royaume Fanti aux négriers anglais, hollandais et même suédois qui s’y succédèrent. Il serait également possible de citer, entre autres, Elmina à l’est de Cape Coast et Christiansborg (ou Osu) à Accra.
  • La « mauvaise monnaie chassant la bonne », les petits arrangements avec l’Histoire sont peut-être favorables à l’industrie touristique de Gorée, mais, outre le fait qu’ils décrédibilisent ceux qui les cautionnent, ils risquent de faire le lit de ceux qui nient la traite esclavagiste ou qui la relativisent. »
  • Source:
  • http://bernardlugan.blogspot.fr/2012/10/francois-hollande-et-la-legende-goree.html
  • et http://www.bvoltaire.fr/bernardlugan/quand-francois-hollande-cautionne-le-mythe-de-goree,1704

 

 

 

- Quand François Hollande cautionne le mythe de Gorée (Bernard Lugan) (octobre 2012)

- La franc-maçonnerie et l'histoire de l'esclavage

 

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 23:21

Mis à jour le 22 octobre 2015.

Image illustrative de l'article Saturne dévorant un de ses filsSans parler des sacrifices humains dans les pays nordiques et en Gaule (voir en fin d'article), qui sont à présent plus largement attestés et reconnus, la question des sacrifices humains en Grèce et à Rome, bien que plus épineuse, n'est ni une allégorie, ni une fable inventée à plaisir, c'est un fait historique attesté par le double témoignage des historiens païens (Denys d'Halicarnasse , Plutarque, Suétone, Dion Cassius, Tite-Live, Lactance) et des historiens chrétiens (Eusèbe, Tertullien).


Il s'agit d'un sujet encore largement inabordé, qui a souvent gêné les spécialistes de la culture grecque. C'est sans doute pour cette raison que, sauf rares exceptions, on avait tendance à ignorer ce thème non seulement dans des ouvrages généraux sur la Grèce ancienne, mais aussi dans des études plus spécifiques consacrées aux pratiques sacrificielles grecques. Quelques ouvrages cependant commencent à aborder le sujet.
 

A lire : Le sacrifice humain : Une question controversée de GEORGOUDI Stella

 

Magazine : Religions & Histoire n° 14 Page : 46-51. Source : http://www.religions-histoire.com/numero-14/sacrifices-offrandes-grece-antique/sacrifice-humain-une-question-controversee.21370.php#article_21370

 

Les lignes ci-dessous sont tirées de l'ouvrage de Mgr Gaume, Pronotaire apostolique, publié en 1877 « Mort au cléricalisme ou résurrection du sacrifice humain » (Gaume et Cie Editeurs, 1877.) Un éclairage théologique des sacrifices humains, disponible en PDF : http://catholicapedia.net/Documents/cahier-saint-charlemagne/documents/C131_Gaume_mort-au-clericalisme_44p.pdf

 

«Dans les républiques de la Grèce et notamment à Athènes, on nourrissait aux frais de l'Etat quelques hommes vils et inutiles. Arrivait-il une peste, une famine, ou une autre calamité ? on allait prendre deux de ces victimes et on les immolait pour purifier la ville et la délivrer. Ces victimes s'appelaient Demosioi, nourris par le peuple ; Pharmakoi, purificateurs ; Katharmata, expiateurs.

 

«Il était d'usage d'en immoler deux à la fois : un pour les hommes, et un pour les femmes, sans doute afin de rendre plus complète la parodie des deux boucs émissaires.

 

Afin que tout le monde pût jouir de la fête, on choisissait un lieu commode pour le sacrifice. Un des archontes, ou principaux magistrats, était chargé d'en soigner tous les préparatifs et d'en surveiller tous les détails.

 

«Le cortège se mettait en marche, accompagné de chœurs de musiciens, exercés de longue main et superbement organisés. Pendant le trajet, on frappait sept fois les victimes avec des branches de figuier et des oignons sauvages, en disant : Sois notre expiation et notre rachat.

 

«Arrivés au lieu du sacrifice, les expiateurs étaient brûlés sur un bûcher de bois sauvage et leurs cendres jetées au vent dans la mer, pour la purification de la ville malade.

 

«D'accidentelle qu'elle était au commencement, l'immolation devint périodique et reçut le nom de Fête des Thargélies. On la faisait en automne, elle durait deux jours, pendant lesquels les philosophes célébraient par de joyeux festins la naissance de Socrate et de Platon» (Annales de philosophie chrétienne, juillet 1861, p. 46 et sv.)

 

Description de cette image, également commentée ci-aprèsDans la même catégorie, on peut ranger le sacrifice annuel, offert par les Athéniens à Minos. Les athéniens ayant fait mourir Androgée, furent moissonnés par la peste et par la famine. L'oracle de Delphes, interrogé sur la cause de la double calamité et sur le moyen d'y mettre un terme, répondit :

 

«La peste et la famine cesseront, si vous désignez par le sort sept jeunes gens et autant de jeunes vierges pour Minos. Vous les embarquerez sur la mer sacrée en représailles de votre crime. C'est ainsi que vous vous rendrez le dieu favorable» (Tum vero dira fames, atque inclementia pestis Deseret, ac tristis melior Deus exuet iras, Cum vestro e numero, scelerisque piacula vestri Quos sors cumque petit, seu mas seu fæmina cedat, Corpora pontus agat magni Minois ad urbem. Ex. Ænomao, apud, Euseb., Præp. Evang., lib. V, c. XIX.)

 

Les malheureuses victimes étaient conduites dans l'île de Crète et enfermées dans un labyrinthe, où elles étaient dévorées par un monstre, moitié homme et moitié taureau, qui ne se nourrissait que de chair humaine. (Un documentaire diffusé sur Arte le 21 mars 2009, de nationalité franco-britannique, évoque effectivement les sacrifies humains et les cas de cannibalisme en Crète minoenne. La légende du minotaure aurait été un reflet, un lointain souvenir de sacrifices humains en Crète. Des fouilles archéologiques irréfutables ont découvert des restes humains dont la chair a été arrachée puis cuite... NdCR.)

 

«Qu'est-ce donc que cet Apollon (l'oracle de Delphes), ce dieu libérateur que consultent les Athéniens, demande Eusèbe aux auteurs païens, historiens du fait ? Sans doute, il va exhorter les Athéniens au repentir et à la pratique de la justice. Il s'agit bien de pareilles choses ! qu'importent de tels soins pour ces excellents dieux, ou plutôt pour ces démons pervers ? Il leur faut au contraire des actes du même genre, immiséricordieux, féroces, inhumains, ajoutant, comme dit le proverbe, la peste à la peste, la mort à la mort.

 

«Apollon leur ordonne d'envoyer chaque année au Minotaure sept adolescents et sept jeunes vierges, choisis parmi leurs enfants. Pour une seule victime, quatorze victimes, innocentes et candides ! et non pas une fois seulement, mais à tout jamais, de manière que jusqu'au temps de la mort de Socrate, c'est-à-dire plus de cinq cents ans après, l'odieux tribut n'était pas encore supprimé chez les Athéniens. Ce fut en effet la cause du retard apporté à l'exécution de la sentence capitale rendue contre ce philosophe ». (Euseb., ibid., lib. V, c. XVIII.)

 

Sans compter les Thargélies, voilà pendant cinq cents ans sept mille victimes humaines, la fleur de la jeunesse athénienne, immolées au démon ! Et l'on ne cesse de nous vanter la belle antiquité : Athènes surtout comme le type inimitable de la civilisation !

 

Ce n'est pas seulement Athènes, la République modèle, qui sacrifiait des victimes humaines, c'était toute la Grèce. Chaque année au mois de mai, le sixième jour de la nouvelle lune, la ville de Rhodes immolait un homme à Saturne. Avec le temps cet usage fut modifié, mais non supprimé. A la place d'un prisonnier ou d'un esclave, on sacrifiait un condamné à mort. La fête des Saturnales étant arrivée, on conduisait cet homme hors des murs, en face de la déesse Aristobule. Là, après lui avoir fait boire du vin, on l'égorgeait.

 

A Salamine, on immolait régulièrement un homme à Aglaure, fille de Cécrops et de la nymphe Aglauris. Le malheureux condamné à mort était conduit par des jeunes gens dans le temple de la déesse, et faisait trois fois le tour de l'autel en courant ; après quoi, le prêtre le frappait dans l'estomac avec une lance ; puis, il le consumait tout entier sur un bûcher préparé à cet effet.

 

Disons en passant ce qui avait lieu en Egypte, le pays des savants. A Héliopolis les Egyptiens étaient dans l'usage d'immoler des hommes à la déesse, connue en Occident sous le nom de Junon. Ces hommes étaient choisis de la même manière que pour les taureaux sacrés ; et on les marquait d'un sceau. On en immolait trois le même jour.

 

Image illustrative de l'article Jupiter (mythologie)A Chio, aujourd'hui Scio, île de l'archipel grec, on immolait un homme à Bacchus, que l'on écartelait ; on en faisait autant à Ténédos et à Lacédémone en l'honneur du dieu Mars. Aristomène, roi de Messine, égorgea trois cents Lacédémoniens en l'honneur de Jupiter d'Ithome, croyant que d'aussi nombreuses et de telles hécatombes devaient lui être agréables. En effet, Théopompe, roi de Lacédémone, en faisait partie.

 

A Pella, ville de Thessalie, on immolait un homme de l'Achaïe en l'honneur de Pélée et de Chiron. Les Lyctiens, peuple de Crète, égorgeaient un homme en l'honneur de Jupiter ; les Lesbiens en l'honneur de Bacchus, et les Phocéens, un homme en holocauste à Diane. Erecthée l'Athénien immola sa propre fille à Proserpine.

 

Outre ces immolations périodiques, les Athéniens dans les circonstances difficiles, n'hésitaient pas plus que les autres peuples de la belle antiquité à recourir, sur la demande des dieux, aux sacrifices humains. C'était au moment de livrer bataille à la flotte de Xercès :

 

Description de cette image, également commentée ci-après«Pendant que Thémistocle, écrit Plutarque, faisait aux dieux des sacrifices sur le vaisseau amiral, on lui présenta trois jeunes prisonniers, d'une beauté extraordinaire, magnifiquement vêtus, et chargés d'ornements d'or. On disait que c'étaient les fils de Sandaque sœur du roi, et d'un prince appelé Artaycte.

 

«Au moment où le devin Euphratidès les aperçut, il remarqua qu'une flamme pure et claire sortait du milieu des victimes et un éternuement donna un augure à droite. Alors, appuyant sa main droite sur Thémistocle, il lui ordonna, après avoir invoqué Bacchus-Omestès (mangeur de chair crue), de lui immoler ces jeunes gens, l'assurant que la victoire et le salut des Grecs étaient à ce prix. Thémistocle semble hésiter, mais les soldats veulent qu'on suive l'avis du devin et les jeunes gens sont immolés. (In Themist., c. XIII, n° 3.)

 

De son côté l'historien Plutarque nous apprend que tous les Grecs immolaient en commun des victimes humaines avant de marcher aux ennemis. (Apud, Euseb., lib. IV, c. XVI.)

 

Telle que soit l'origine grecque ou germanique des Pélasges, nous les plaçons ici parce qu'ils habitèrent la grande Grèce. On sait que la grande Grèce était cette contrée située à l'extrémité orientale de l'Italie. Là, comme partout ailleurs, Satan demandait le sang de l'homme et surtout le sang de l'innocence.

 

«Je vais, dit Eusèbe, citer un témoin non suspect de la férocité sanguinaire des démons, ennemis implacables de Dieu et des hommes: c'est Denys d'Halicarnasse, écrivain très versé dans l'histoire romaine qu'il a embrassée tout entière dans un ouvrage écrit avec le plus grand soin.

 

Description de l'image Dionigi di Alicarnasso.jpg.«Les Pélasges, dit-il, restèrent peu de temps en Italie, grâce aux dieux qui veillaient sur les Aborigènes. Avant la destruction des villes, la terre était minée par la sécheresse, aucun fruit n'arrivait à maturité sur les arbres. Les blés qui parvenaient à germer et à fleurir, ne pouvaient atteindre l'époque où l'épi se forme. Le fourrage ne suffisait plus à la nourriture du bétail. Les eaux perdaient leur salubrité et parmi les fontaines, les unes tarissaient pendant l'été, les autres à perpétuité.

 

«Un sort pareil frappait les animaux domestiques et les hommes. Ils périssaient avant de naître ou peu après leur naissance. Si quelques-uns échappaient à la mort, ils étaient atteints d'infirmités ou de difformités de toute espèce. Pour comble de maux, les générations parvenues à leur entier développement, étaient en proie à des maladies et à des mortalités, qui dépassaient tous les calculs de probabilité.

 

«Dans cette extrémité, les Pélasges consultèrent les oracles pour savoir quels dieux leur envoyaient ces calamités, pour quelles transgressions, et enfin par quels actes religieux ils pouvaient en espérer la cessation. Le dieu rendit cet oracle : "En recevant les biens que vous aviez sollicités, vous n'avez pas rendu ce que vous aviez fait vœu d'offrir : mais vous retenez le plus précieux". En effet. les Pélages avaient fait vœu d'offrir en sacrifice à Jupiter, à Apollon et aux Cabires, la dîme de tous leurs produits.

 

«Lorsque cet oracle leur fut apporté ils ne purent en comprendre le sens. Dans cette perplexité un des vieillards leur dit : Vous êtes dans une erreur complète, si vous pensez que les dieux vous font d'injustes répétitions. Il est vrai, vous avez donné fidèlement les prémices de vos richesses, mais la part de la génération humaine, la plus précieuse pour les dieux, est encore due. Si vous payez cette dette les dieux seront apaisés et vous rendront leur faveur.

 

«Les uns considérèrent cette solution comme parfaitement raisonnable, les autres, comme un piége. En conséquence, on proposa de consulter le dieu pour savoir si, en effet, il lui convenait le recevoir la dîme des hommes. Ils députent donc une seconde fois des ministres sacrés, et le dieu répondit d'une manière affirmative.

 

«Bientôt des difficultés s'élevèrent entre eux sur la manière de payer ce tribut. La dissension eut lieu d'abord entre les chefs des villes ; ensuite elle éclata parmi les citoyens qui soupçonnaient leurs magistrats. Des villes entières furent détruites, une partie des habitants déserta le pays, ne pouvant supporter la perte des êtres qui leur étaient le plus chers et la présence de ceux qui les avaient immolés.

 

«Cependant les magistrats continuèrent d'exiger rigoureusement le tribut, partie pour être agréables aux dieux, partie dans la crainte d'être accusés d'avoir dissimulé des victimes, jusqu'à ce qu'enfin la race des Pélasges trouvant son existence intolérable se dispersa dans des régions lointaines ». (Multæ propterea migrationez, quæ Pe!asgam gentem varias in terras longe lateque deportarunt. Dieu, Haly., Hist., lib.I.)

 

Voilà ce qui se passait chez ces Grecs si vantés, avant la prédication du cléricalisme. ET AUJOURD'HUI ON VEUT L'EXTERMINER! ET ON DIT QUE TOUTES LES RELIGIONS SONT ÉGALEMENT BONNES !

 

CHAPITRE XIV - EUROPE. LES ROMAINS.

 

Après notre rapide excursion dans l'ancienne Asie, dirigeons notre voyage vers l'Europe. Sans doute cette partie du monde, privilégiée entre toutes, ne nous offrira pas l'affreux spectacle des sacrifices humains. Du moins les Romains, l'admiration des collèges, des lycées et même de certains petits séminaires, eurent constamment en horreur une pareille barbarie. L'éducation classique ne les accuse jamais d'y avoir participé, il est vrai ; mais l'éducation classique n'est pas l'histoire. Celle-ci va nous ouvrir ses sanglantes annales et nous montrer ce qu'étaient, non seulement sous le rapport des mœurs, mais encore de la cruauté, ces Romains si vantés, qu'un chrétien n'a pas craint d'écrire qu`il faut adorer leurs reliques.

 

On le sait, les Romains avaient reçu des Grecs une partie de leurs institutions, de ce nombre était celle du sacrifice humain. Comme les Grecs, les Romains avaient donc leurs expiateurs publics. C'étaient des victimes choisies et dévouées d'avance. Dans les calamités publiques on allait, pour les égorger, les prendre dans le lieu où elles étaient nourries, comme le boucher va chercher au pâturage le bœuf qu'il conduit à l'abattoir.

 

Voici, d'après Denis d'Halicarnasse, comment les choses se passaient :

 

«Les anciens Romains offraient à Saturne des victimes, telles que les Carthaginois (des enfants) ne cessèrent d'en offrir tant que leur république subsista, et telles encore que celles offertes de nos jours chez les Gaulois et d'autres peuples occidentaux, c'est-à-dire qu'ils immolaient des victimes humaines.

 

«Pour une raison ou pour une autre, ce genre de sacrifice fut remplacé par le suivant : à la place des hommes dont ils liaient les pieds et les mains, et qu'ils précipitaient dans le Tibre pour apaiser la colère des dieux ils firent des images semblables à ces hommes, vêtues de la même manière. Peu après l'équinoxe du printemps, aux ides de mai, les pontifes, les vestales, les préteurs et ceux qui ont droit d'assister aux sacrifices religieux, jettent dans le Tibre du haut du pont Sacré trente images (mannequins) représentant des hommes, qu'ils nomment Argiens ou Grecs. C'est ce que les Romains n'ont cessé de mettre en pratique jusqu'à moi » (Denys d'Halycarnasse vivait vingt-cinq ans avant Notre-Seigneur. Apud Euseb., Præp. Evang., lib. IV, c. XVI.).

 

Les Romains ne se contentèrent jamais de ces symboles de victimes humaines, ni de quelques victimes isolées. D'abord, toutes les fois qu'on donnait dans l'amphithéâtre les jeux en l'honneur de Jupiter Latialis (Latialis Jupiter et nunc sanguine colitur humano. De divin. instit., lib. 1, 13) ou Latiaris, la fête commençait par le sacrifice d'une victime humaine. La fête revenait chaque année et durait quatre jours.

 

«Encore maintenant, dit Lactance, Jupiter Latialis est honoré par le sang humain».

 

Prudence, Dion Cassius et Tertullien témoignent du même fait. Le grand apologiste s'exprime ainsi :

 

«Voilà que dans cette très religieuse ville des pieux fils d'Énée, il y a un certain Jupiter que dans leurs jeux, ils arrosent de sang humain » (Ecce in illa religiosissima urbe Æneadorum piorum est Jupiter quidam quem Ludis suis humano proluunt sanguine. Apud., IX.)

 

Saint Cyprien confirme le fait et décrit la manière dont se faisait l'immolation. Le prêtre égorgeait la victime, recevait le sang tout chaud dans un vase, et le jetait à la face de l'idole, comme pour le lui faire boire (Cruor etiam de jugulo calidus exceptus patera, cum adhuc fervet, et quasi sitienti idolo, in faciem jactatur crudeliter propinatur. De spertaculi. Voir les notes sur Euseb., Præp. Evang., lib. IV, c.xv, note 2.)

 

Ensuite, les combats de gladiateurs dans l'amphithéâtre n'étaient autre chose que des hécatombes humaines offertes aux dieux, en actions de grâces de quelque victoire, ou de quelque grand événement favorable à la République. C'était l'accomplissement de la promesse faite par les généraux romains, lorsqu'ils assiégeaient une ville.

 

Leur premier soin était de prononcer la formule d'évocation par laquelle ils priaient les divinités protectrices de la ville, de l'abandonner et de venir dans leur camp. A cette condition ils leur promettaient des temples et des jeux, c'est-à-dire des combats d'hommes ou des immolations de victimes humaines.

 

Pour rendre grâces aux dieux de la prise de Jérusalem, Titus donna cinq mille paires de gladiateurs, c'est-à-dire qu'il fit immoler, pendant l'espace de vingt jours, dix mille victimes humaines.

 

OImage illustrative de l'article Augustectave, depuis l'empereur Auguste, lui avait donné l'exemple. Après la prise de Pérouse il offrit en sacrifice aux mânes de César trois cents chevaliers ou sénateurs romains (Trecentos ex diditiis electos, utriusque ordinis ad aram divo Julio extructam, idibus Martii hostiarum more mactatos. Suet., in Octav., n° 15.)

 

En cela il ne faisait que suivre l'exemple de César lui-même :

 

«A la suite des jeux qu'il fit célébrer après son triomphe sur Vercingétorix (qui fut égorgé), ses soldats se mutinèrent.

 

Le désordre ne cessa que lorsque César s'étant présenté au milieu d'eux, saisit de sa main un des mutins pour le livrer au supplice. Celui-là fut puni pour ce motif ; mais deux autres hommes furent en outre égorgés en manière de sacrifice.

 

C'est dans le champ de Mars, par les pontifes et par le flamine de Mars qu'ils furent immolés. Au reste, continue Tite-Live, il était permis au consul, au dictateur et au préteur, quand il dévouait les légions des ennemis, de dévouer non pas soi-même, mais le citoyen qu'il avait pris dans une légion romaine» (Hist., lib. XLIII, c. XXIV; et Iib. VIII, c. X.)

 

Le même Esprit qui ordonnait autrefois dans le monde païen, le sacrifice humain, l'ordonne aujourd'hui dans tous les pays où il continue de régner sans contrôle : là, sous le nom de Mars, de Jupiter ou d'Apollon ; ici, sous le nom de Fétiche ou de Manitou. Sous une forme ou sous une autre, l'anthropophagie suit le sacrifice. L'Océanien mange ses victimes avec les dents, tandis que le Romain les dévorait des yeux et les savourait avec délices. L'Océanien est un sauvage inculte, le Romain était un sauvage policé. Dans l'un comme dans l'autre, on trouve la soif naturellement inexplicable de sang humain.

 

«Vue à travers Rome chrétienne, dit M. L. Veuillot (Parfums de Rome. Le sot païen), l'antique Rome inspire aussitôt le dégoût. Ces grands Romains, ces maîtres du monde n'apparaissent plus que comme des saurages lettrés. Y a-t-il chez les cannibales rien de plus atroce, de plus abominable, ou de plus abject, que la plupart des coutumes religieuses, politiques ou civiles des Romains ? Y voit-on une luxure plus effrénée, une cruauté plus infâme, un culte plus stupide ? Quelle différence même de forme peut-on signaler entre le Fétiche et le dieu Lare ? Quelle différence entre le chef de horde anthropophage qui mange son ennemi vaincu, et le patrici en qui achète des vaincus pour qu'ils se combattent sous ses yeux et se tuent dans les festins ? »

 

Voilà ce qui se passait chez les Romains avant la prédication du cléricalisme ! ET AUJOURD'HUI ON VEUT L'EXTERMINER ! ET ON DIT QUE TOUTES LES RELIGIONS SONT ÉGALEMENT BONNES !

 
 

  • Tiré de l'ouvrage de Mgr Gaume publié en 1877 « Mort au cléricalisme ou résurrection du sacrifice humain (Gaume et Cie Editeurs, 1877.)
  •  
  • Disponible en PDF : http://catholicapedia.net/Documents/cahier-saint-charlemagne/documents/C131_Gaume_mort-au-clericalisme_44p.pdf


 

Autres sources :

 

(1) Le sacrifice humain en Grèce ancienne, de Pierre Bonnechere http://books.google.fr/books/about/Le_sacrifice_humain_en_Gr%C3%A8ce_ancienne.html?id=pvsoAAAAYAAJ&redir_esc=y

 

(2) Sacrifices humains. Dossiers, discours, comparaisons

 

Actes du colloque tenu à l'Université de Genève, 19-20 mai 2011

 

A. A. Nagy, F. Prescendi (eds.)

 

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274 p., 20 b/w ill., 155 x 240 mm, 2013

 

ISBN: 978-2-503-54809-8

 

Languages: French, English

 

PaperbackPaperback

 

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Les auteurs de ce volume, historiens des religions, anthropologues et archéologues, étudient des rituels traditionnellement appelés « sacrifices humains », choisis dans leurs domaines respectifs de recherche – des tombeaux royaux d’Ur aux rites anthropoctoniques égyptiens, grecs, romains ou indiens, et des mises à mort rituelles des Gaulois et anciens Mochica aux crimes d’honneur des rapports onusiens. Leur questionnement tourne autour de problèmes méthodologiques fondamentaux pour l’histoire des religions : quand et pourquoi ces rites ont-ils été décrits comme des « sacrifices humains » ? Est-il possible, souhaitable, voire nécessaire d’interpréter autrement de telles mises à mort ? Au fil des diverses interventions, on se rendra compte combien ces « sacrifices barbares » hantent notre imaginaire scientifique, aujourd’hui comme par le passé. Il s’agit en fait d’un concept opératoire, hérité de l’Antiquité classique et consolidé par la culture judéo-chrétienne, qui sert indifféremment de grille de lecture pour expliquer les rites les plus variés.

Source : http://www.brepols.net/Pages/ShowProduct.aspx?prod_id=IS-9782503548098-1

 

Mise à jour 22.10.2015. Dans son livre « Nos ancêtres les Gaulois », Jean-Louis Brunaux affirme que « la réalité du sacrifice humain en Gaule est indéniable, comme elle l'est dans la Grèce archaïque et dans la Rome royale. » (J.-L. BRUNAUX, Nos ancêtres les Gaulois, Editions du Seuil, Points Histoire, Villeneuve d'Asq 2012, p. 152)

 

Jean-Louis-Brunaux--Nos-ancetres-les-Gaulois.jpg

 

"Malheureusement, comme les Ligures, les Celtes avaient dans leurs pratiques l'horrible usage des sacrifices humains. On ne peut y penser sans un mouvement de révolte; mais il faut se dire que les premiers rites de tous les peuples ont connu ces détestables cruautés." (Frantz FUNCK-BENTANO, Les Origines, Librairie Hachette, 1925, p. 36.)

 

 

Les sacrifices humains en Grèce et à Rome

Plus tard, le christianisme triomphant en Gaule, "si les sacrifices ne font plus couler le sang humain, du moins sont-ils nombreux encore en l'honneur des divinités légendaires.

Et l'on comprend l'obstination des chrétiens à traquer ces survivances tenaces, non seulement en proscrivant les vieilles pratiques druidiques, mais en s'efforçant de faire oublier la langue même dont se servaient les sectateurs du culte condamné. (F. Funck-Brentano, Les Origines, ibid., p. 190.)

Les sacrifices humains en Grèce et à Rome

"On en sait beaucoup plus depuis la découverte d'un sanctuaire à Gournay-sur-Aronde (Oise) (fouillé de 1977 à 1984, NDLR.), daté d'environ 100 av. J.-C., et appartenant à un oppidum du peuple belge des Bellovaques. On y a pu reconstituer le calendrier des sacrifices à l'occasion des fêtes et déterminer les catégories des sacrifices: des objets, notamment des armes toujours détruites et déformées, des animaux - bovidés, ovins, porcins, chiens et quelques chevaux - et des hommes, au moins onze, tués rituellement comme le montrent les vertèbres coupées. ... On voit donc les druides occupés, longuement et à plusieurs reprises par ce genre d'affaire qui était visiblement de la plus haute importance pour gagner la faveur des dieux..." (Karl Ferdinand WERNER, Les Origines, Histoire de France sous la Direction de Jean Favier, tome 1, Fayard, Evreux 1984, p. 161.)

 

Il était également "habituel, au moins au cours des guerres, de procéder à l'offrande de victimes humaines en action de grâce..." (J.-L. BRUNAUX, Nos ancêtres les Gaulois, Editions du Seuil, Points Histoire, Villeneuve d'Asq 2012, p. 138.)

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 00:00

"Le massacre de Jaffa (mars 1799) : un crime de guerre ? Violence, droit et souveraineté."

Extrait d'une conférence de Patrice Gueniffey tenue le 4 octobre 2012 sur un sujet méconnu du grand public car peu abordé par le roman révolutionnaire.

 

 

 

Le siège de Jaffa eut lieu du 3 au 7 mars 1799 pendant le campagne d'Égypte. L'armée de Bonaparte y défait les forces Ottomanes de Djezzar Pacha. Tôt le matin du 7 mars, Bonaparte envoie un émissaire pour exiger la reddition de la ville. Celui-ci est décapité.

 

http://media.napoleon-images.us/illustrations/ordo_ab_chao.pngDu 7 au 10 mars, les assiégés sont exécutés à la baïonnette, les habitants sont massacrés pendant trois jours "au point que certains officiers ont été obligés de sabrer leurs propres soldats pour leur faire lâcher prise".

Apercevant les quelque 3 000 prisonniers ottomans, Bonaparte se serait écrié :  

 

  • « Que veulent-ils que je fasse de tant de prisonniers ? Ai-je des vivres pour les nourrir, des bâtiments pour les déporter ? Que diable m'ont-ils fait là ? » (Histoire scientifique et militaire de l'expédition française en Égypte.)

 

Pendant trois jours et deux nuits, le massacre de la population civile, le pillage et les viols se poursuivent.

 

Malgré la promesse de les épargner lors de leur reddition, les 3 000 prisonniers sont exécutés. Bonaparte, pour économiser les munitions, a ordonné une exécution à l'arme blanche sur la plage de Jaffa. Le célèbre passage des Mémoires d'Outre-Tombe, où Chateaubriand visitant la plage de Jaffa, dit : "J'ai vu cette plage, j'ai vu l'aile de l'hirondelle du printemps frôler ce sable encore poisseux du sang des victimes". On a des récits effrayants de ce qu'a été l'exécution qui a duré trois jours.

 

http://media.napoleon-images.us/tableaux/loge_bonaparte.jpgBonaparte s'est chargé lui-même de faire l'apologie du massacre dans des proclamations adressées aux populations locales et à ses ennemis, leur disant :

 

"C'est la preuve que le prophète est avec moi et que rien ne peut me résister. La preuve : ces prisonniers sont morts".

 

En France, il fut interdit de parler de ce massacre dès la prise du pouvoir par Bonaparte. Ce n'est que sous la Restauration, après sa chute, que le sujet est sorti et est devenu l'objet d'un débat très important. Globalement, l'épisode est apparu comme un signe de la perversité et de la monstuosité de l'empereur et n'a trouvé qu'un seul défenseur, mais illustre : Stendhal, qui est le seul apologiste du massacre de Jaffa. Puisque dans sa Vie de Napoléon, Stendhal explique que Bonaparte n'a fait que son devoir en tuant ces prisonniers, qu'il s'est conformé aux principes du droit naturel et du droit des gens qui spécifie que les défenseurs d'une place prise d'assaut ayant refusé d'obtempérer aux sommations doivent être passés au fil de l'épée et qu'ensuite, Bonaparte s'est comporté en père de son armée, en père pour ses soldats, puisque en tuant ses ennemis parjures il sauvait la vie de ses soldats qui auraient retrouvé un jour ou l'autre ses ennemis devant eux.

 

Le parallèle qui revient le plus souvent dans la correspondances des soldats qui ont participé à l'expédition d'Egypte, c'est l'assimilation entre les Ottomans ou les populations autochtones en général et les Vendéens. Tous le disent : "en Egypte on s'est retrouvés comme en Vendée". Et il n'y aura uniquement que deux autres cas où l'assimilation sera faite, c'est quand les Français interviendront en Espagne face à des guerillas et lorsque les Français envahiront la Russie. Paysans russes, guerilleros espagnols et les Egyptiens en général, les Turcs comme on disait, sont perçus comme de nouveaux Vendéens, c'est-à-dire comme des gens existant en dehors de la société et donc n'étant pas justiciables de la protection des lois. En Egypte, on est hors d'Europe, mais en Espagne aussi parce que Voltaire et tous les Philosophes avaient véhiculé une image de l'Espagne comme morceau d'Afrique intégré au coeur de l'Europe. Il y a ce mot dans une lettre d'un diplomate, ambassadeur à Madrid : "Il n'y a absolument rien affaire avec ces gens, ce sont des africains en Europe". Le même sentiment se produisit lorsque les Français entrèrent en Russie où ils perçurent la paysannerie russe (d'où les atrocités) comme des gens d'une autre espèce existant aux marges de la civilisation.

 

Patrice Gueniffey explique qu'en réalité ce qu'on appelle le massacre de Jaffa n'est qu'un nouvel épisode d'un massacre qui a commencé avec l'assaut contre Alexandrie le jour même du débarquement.

 

Probablement, même les violences de la guerre civile en Vendée ne sont pas comparables en intensité et en raffinement à ce que l'on rencontrera en Orient. 

 

Il y a une phrase très parlante de Bonaparte dans une lettre :

 

  • "Avant je me serai fait tuer pour Rousseau contre Voltaire. Je croyais à la bonté naturelle de l'homme. Aujourd'hui, je me ferai tuer pour Voltaire contre Rousseau parce que depuis que je suis en orient je sais que l'homme naturel est un chien".

 

Il dit aussi :

 

  • "Il faut traiter les populations d'ici comme elles ont l'habitude de l'être. Pour eux, obéir c'est craindre".

 

D'où le fait que la politique française en Orient est une succession de violence perpétrée (et de contre-violences d'ailleurs) qui se traduit par des incendies de villages, des massacres de populations, des déportations de population.

 

Contrairement par exemple à ce que soutient Henri Laurens, la rencontre entre l'Europe occidentale arrivant en Egypte pour la première fois depuis Saint-Louis, à ce moment là en 1798, et l'islam, ne s'est pas faite. Il n'y a pas de dialogue... On parle biensûr souvent des collaborateurs de Bonaparte en Egypte, mais en réalité quand on regarde de près, ce sont des Grecs, des Syriens chrétiens pour l'essentiel, des maronites. On ne trouve pas de musulmans à l'exception de l'un des grands dignitaires religieux du Caire dont la fille était devenue la maîtresse de Bonaparte pendant son séjour. Il est sûr que lui a été pro-français et d'ailleurs sa fille a été égorgée dès le lendemain du départ des Français. Mais la rencontre ne s'est pas faite. On a à ce propos les lettres de Monge (dont les cendres ont été transférées au Panthéon) tout à fait explicites, des lettres de plus en plus aigries et de plus en plus brutales où il s'indigne parce que l'on ouvre la bibliothèque au Caire : les gens ne viennent pas. On leur fait des démonstrations scientifiques de chimie, de pysique et cela ne marche pas. Monge écrit: "Il n'y a rien affaire". Et quand viendra la grande révolte du Caire en octobre 1798, Monge dit:

 

  • "La seule solution c'est de tous les tuer."http://media.napoleon-images.us/hotel_napoleon/f_monge.png

 

... Nous ne pourrons pas leur apporter la civilisation, ils n'en veulent pas. Non pas parce qu'ils seraient stupides, mais parce que la religion est un obstacle invincible. Monge faisait partie de la faction la plus anticléricale et antireligieuse de la Révolution et pour lui l'islam est effectivement l'ennemi. ( Gaspard Monge était aussi un franc-maçon initié en 1779 dans la loge "L'Union Parfaite du Corps du Génie", membre, entre autres, de la loge militaire "L'Union parfaite" de Mézières, NdCR.)

 

Le massacre de Jaffa est aussi le résultat de l'échec du projet culturel de l'expédition d'Egypte. Et si l'expédition d'Egypte contribuera à la rencontre entre Occident et islam, c'est plus tard au XIXe siècle au moment de Méhémet Ali, à supposé que cela se soit fait plus ou moins. Cela sera la rançon de l'échec de l'expédition française.

 

NdCR. Ce qui est certain, c'est que dès la campagne d'Égypte, les membres de l'expédition que Bonaparte commande apportent la maçonnerie sur les rives du Nil : le général Kléber fonde la loge "Isis" au Caire (dont Bonaparte aurait été co-fondateur ?) tandis que les frères Gaspard Monge (membre entre autres de la loge militaire "L'Union parfaite", Mézières) et Dominique Vivant Denon (membre des Sophisiens, loge "La Parfaite Réunion", Paris) comptent parmi les érudits qui feront de cet échec stratégique et militaire un succès que le jeune général Bonaparte saura exploiter dès son retour en France... (Source: http://www.napoleon-empire.net/franc-macon.php)

 

A lire :

 

- Patrice Gueniffey : "La Révolution est morte" (Conférence du 3 octobre 2011)

- Napoléon était-il franc-maçon ?

- La franc-maçonnerie sous le Consulat et le Premier Empire : http://www.napoleon-empire.net/franc-macon.php 

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 10:04

« La guerre des juges contre l’Eglise au XVIIIème siècle », par Marion Sigaut (conférence Egalité & Réconciliation, Toulon 2 février 2013). L'historienne Marion Sigaut expose la guerre des juges contre l'Eglise au XVIIIe siècle et l'obstruction parlementaire menée par les magistrats.

 

A cette époque, la séparation des pouvoirs n'existait pas (pas plus qu'elle n'existe aujourd'hui...) les juges (ou "parlementaires") étaient dotés de la fonction de pouvoir législatif via la procédure d'enregistrement des lois du roi. Ces lois n'entraient en vigueur qu'après "enregistrement" par le Parlement de Paris. Les parlementaires se servaient de ce pouvoir d'enregistrement pour contrer la monarchie au XVIIIe siècle, développer leurs intérêts et leurs privilèges, mais aussi pour empêcher tout projet royal d'égalité devant l'impôt. Tant que les parlementaires n'enregistraient pas le texte législatif royal, le texte n'entrait pas en vigueur.

 

Pour la petite histoire, les Parlements de France et de Navarre étaient alors le fief des "Lumières", des francs-maçons, et autres auto-proclamés représentants du "progrès". Si les Parlements de l'époque ne se disaient pas encore représentants de la nation ou du peuple dans son ensemble, ils ne manquaient pas de prétendre défendre les intérêts des Français alors même qu'ils faisaient tout pour défendre d'abord leurs privilèges de classe inutile... Un peu comme aujourd'hui, les fonctionnaires bruxellois.

 

 

« La guerre des juges contre l’Eglise au XVIIIème siècle », par Marion Sigaut (Conférence Egalité et Réconciliation, Toulon 2 février 2013).

 

- Réhabilitons Louis XV ! (Joris Karl)

- Marion Sigaut - Les lumières : un antihumanisme

- Marion Sigaut, la Marquise de Pompadour et l'énigme Damiens

- Marion Sigaut - Les Lumières et l'essor du capitalisme

- Le racisme des "Lumières"

- Xavier MARTIN : "Trente années d'étonnement", Editions DMM

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 19:43

Un jour dans l'Histoire sur Canal Académie de Christophe Dickès avec Renaud Escande (prêtre dominicain) et Jean de Viguerie (historien). 20.04.2008

 

 

 

- Contre le Nouvel Ordre mondial : en finir avec la révolution (IIIe partie)

- 14 juillet 1789 : La Révolution dite "française"

- Génocide Vendéen - L'ombre d'un doute -

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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 16:41

Une Française d'origine guadeloupéenne, descendante d'esclave soutenue par le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) a assigné aujourd'hui l'Etat pour crime contre l'humanité. Le CRAN estimant que le gouvernement n'a pas tenu les promesses faites en matière de réparations, a décidé de se joindre à cette action civile parce qu'il n'y aurait pas eu d'avancée sur la question des "réparations" depuis des réunions en mai et en octobre à Matignon. (1)


http://www.domisse.fr/img/histoire/france/vercingetorix.jpgPourtant, les Noirs ne furent pas les seules victimes de l'esclavage. "Dans l'Antiquité, les premiers esclaves étaient presque toujours des Blancs. ... Il y avait peu d'Africains parmi ces esclaves. Les seuls à posséder des esclaves noirs étaient les Egyptiens, puis les Carthaginois." (2)

 

Dès lors, quid des "réparations" des Italiens vis-à-vis des Français descendants des Gaulois mis en esclavage suite à la conquête des Gaules par Jules César. Rappelons que César ramena à Rome de nombreux captifs, dont Vercingétorix. Au Ier siècle av. J.-C., 15.000 esclaves gaulois étaient échangés chaque année contre du vin italien" (3)


Plus largement, "du Xe au XVe siècle, la majorité des esclaves était issue des peuple slaves, d'où le mot tire son étymologie. Les femmes sont vouées à la prostitution, les hommes aux galères. La castration est courante. Les principaux opposants à ces pratiques sont les catholiques, les principaux partisans sont les protestants.

 

L'Angleterre concentre tous les signes de participation au grand programme d'esclavagisation. Sa monarchie, très tôt liée au destin de la franc-maçonnerie, contribue à accentuer les souffrances d'un peuple contraint à l'esclavage, aujourd'hui cadenacé dans les amnésies du politiquement correct. ... Les premières victimes de l'esclavage ont été les blancs et en Angleterre, les pauvres anglais blancs qui étaient enlevés par la Couronne et transportés aux colonies d'Amérique pour y assurer une main d'oeuvre de qualité et résistante. (9) Dans la video ci-dessous, Serge de Beketch dresse la liste de ceux qui faisaient ce trafic, et notamment la liste des principaux propriétaires des bateaux négriers qui de 1702 à 1806 ont assuré le transport des esclaves vers la Colonie.  

 

Quid des chrétiens européens mis en esclavage par les musulmans jusqu'au XIXe siècle ?

 

La plainte visera-t-elle le fait que "dans le Bordeaux de la fin du XVIIIe siècle, la plupart des francs-maçons aient été négriers" ? (4) J'en doute fort...

 

Rappellera-t-elle que le franc-maçon La Fayette, auteur de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, le 10 mars 1790 à l'Assemblée, vota "le maintien de la traite des Noirs"; les frères Lameth "possédaient trop d'intérêt à Saint-Domingue..., Barnave aussi." Tous étaient francs-maçons. (5)

 

La plainte visera-t-elle le discours colonial républicain du 28 juillet 1885 de Jules Ferry , grand ancêtre devant la pyramide maçonnique et grand républicain qui déclara : " Il faut dire ouvertement qu'en effet, les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures; mais parce qu'il y a aussi un devoir. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures." (6)

 

Visera-t-elle l'affirmation du 9 juillet 1925 du socialiste Léon Blum qui ne craignit pas d'affirmer devant les députés : "Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d'attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture et de les appeler aux progrès réalisés grâce aux efforts de la science et de l'industrie". Ainsi que la déclaration d'Albert Bayet, président de la Ligue des droits de l'Homme, lors du Congrès du mouvement qui se tint à Vichy en 1931, qui ne craignit pas de déclarer que la colonisation française était légitime puisqu'elle était porteuse du message des "grands ancêtres de 1789". Dans ces conditions "faire connaître aux peuples les droits de l'Homme, ce n'est pas une besogne d'impérialisme, c'est une tâche de fraternité". (7)

 

Rappellera-t-elle que le 10 mars 1883, 351 députés votèrent le budget colonial de Jules Ferry, que  42 députés votèrent contre et 122 s'abstinrent : "avaient voté 'non' les monarchistes, dont Albert de Mun et Albert de Broglie, et les radicaux comme Clemenceau, Camille Pelletan et Georges Périn"? (8)

 

Rediff. Serge de Beketch - Ces esclaves que l'on vous cache

 

 

 

 

Sources:

 

(1) http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/01/08/97001-20130108FILWWW00361-une-descendante-d-esclaves-attaque-l-etat.php

(2) Jean Meyer, Esclaves et Négriers, Découvertes Gallimard, 1999, p. 16.

(3) Hugh Thomas, La Traite des Noirs 1440-1870, Bouquins Robert Laffont, Lonrai 2006, p. 8.

(4) Hugh Thomas, La Traite des Noirs 1440-1870, Bouquins Robert Laffont, Lonrai 2006, p. 309.

(5) Bernard Faÿ, La Grande révolution 1715-1815, Le Livre contemporain, Paris 1959, p. 182, 183, 250.

(6) Jules Ferry cité in Bernard Lugan,  Pour en finir avec la colonisation, Editions du Rocher, Lonrai 2006, p.102.

(7) B. Lugan, ibid., p. 105.

(8) B. Lugan,  ibid., p. 99-100.

(9) Extrait du Libre Journal de Serge de Beketch.

 

- Droits de l'homme oligarchiques : François Hollande traite les Africains en européens à essorer

- Quand François Hollande cautionne le mythe de Gorée (Bernard Lugan)

- La franc-maçonnerie et l'histoire de l'esclavage

- Abolition de l'esclavage : qui a aboli l'esclavage le premier ?

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 17:01

Arracher les Français "à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel" : ce programme du ministre de l'Education nationale Vincent Peillon en 2012 était déjà celui de ses ancêtres en 1789. Outre les  Feux de la Saint-Jean, expression de l'"obscurantisme" passé, les étrennes et le Nouvel an devaient eux aussi disparaître, comme tous les autres symboles du "fanatisme", et laisser place au "duodi de la seconde décade de Nivôse"... Etrennes et Nouvel an firent l'objet d'une tentative de suppression.

 

Origine et histoire.


En parlant des étrennes, on ne peut se dispenser de remonter, non pas aux Grecs, mais du moins aux Romains, inventeurs de cet usage. Le premier endroit de l’histoire romaine nous apprenant cette coutume est de Symmachus, auteur ancien, qui nous rapporte qu’elle fut introduite sous l’autorité du roi Tatius Sabinus, qui reçut le premier la verbène (verveine) du bois sacré de la déesse Strénia, pour le bon augure de la nouvelle année.


Soit que les Romains imaginassent quelque chose de divin dans la verbène, soit qu’ils faisaient allusion au nom de cette déesse Strénia, dans le bois de laquelle ils prenaient la verbène, avec le mot de strenuus, qui signifie vaillant et généreux : aussi le mot strena, qui signifie étrenne, se trouve quelquefois écrit strenua chez les Anciens, pour témoigner que c’était proprement aux personnes de valeur et de mérite qu’était destiné ce présent, et à ceux dont l’esprit tout divin promettait plus par la vigilance que par l’instinct d’un heureux augure.

Tatius, roi des Sabins
Tatius, roi des Sabins
Après ce temps-là, l’on vint à faire des présents de figues, de dattes et de miel, comme pour souhaiter aux amis qu’il n’arrivât rien que d’agréable et de doux pendant le reste de l’année. Ensuite les Romains, quittant leur première simplicité, et changeant leurs dieux de bois en des dieux d’or et d’argent, commencèrent à être aussi plus magnifiques en leurs présents, et à s’en envoyer ce jour-là de différentes sortes, et plus considérables ; mais ils s’envoyaient particulièrement des monnaies et médailles d’argent, trouvant qu’ils avaient été bien simples, dans les siècles précédents, de croire que le miel fût plus doux que l’argent, comme Ovide le fait agréablement dire à Janus.

Avec les présents, ils se souhaitaient mutuellement toute sorte de bonheur et de prospérité pour le reste de l’année, et se donnaient des témoignages réciproques d’amitié : et comme ils prenaient autant d’empire dans la religion que dans l’Etat, ils ne manquèrent pas d’établir des lois qui la concernaient, et firent de ce jour-là un jour de fête, qu’ils dédièrent et consacrèrent particulièrement au dieu Janus, qu’on représentait à deux visages, l’un devant et l’autre derrière, comme regardant l’année passée et la prochaine. On lui faisait ce jour des sacrifices, et le peuple allait en foule au mont Tarpée, où Janus avait quelqu’autel, tous habillés de robes neuves.

Néanmoins, quoique ce fût une fête, et même une fête solennelle, puisqu’elle était encore dédiée à Junon, qui avait tous les premiers jours de mois sous sa protection, le peuple ne demeurait pas sans rien faire ; chacun commençait à travailler à quelque chose de sa profession, afin de n’être pas paresseux le reste de l’année.

Enfin, l’usage des étrennes devint peu à peu si fréquent sous les empereurs, que tout le peuple allait souhaiter la bonne année à l’empereur, et chacun lui portait son présent d’argent, selon son pouvoir. Auguste en recevait en si grande quantité, qu’il avait accoutumé d’en acheter et dédier des idoles d’or et d’argent, comme étant généreux, et ne veillant pas appliquer à son profit particulier les libéralités de ses sujets.

Le dieu Janus
Le dieu Janus
Tibère, son successeur, qui était d’une humeur plus sombre et n’aimait pas les grandes compagnies, s’absentait exprès les premiers jours de l’année, pour éviter l’incommodité des visites du peuple, qui serait accouru en foule pour lui souhaiter la bonne année. Ces cérémonies occupaient même si fort le peuple, les six ou sept premiers jours de l’année, qu’il fut obligé de faire un édit par lequel il défendait les étrennes, passé le premier jour. Caligula, qui posséda l’empire immédiatement après Tibère, fit savoir au peuple, par un édit, qu’il recevrait les étrennes le jour des calendes de janvier, qui avaient été refusées par son prédécesseur ; et pour cet effet il se tint tout le jour dans le vestibule de son palais, où il recevait à pleines mains tout l’argent et les présents qui lui étaient offerts par le peuple.

Claude, qui lui succéda, abolit ce que son prédécesseur avait voulu rétablir, et défendit, par arrêt, qu’on n’eût point à lui venir présenter des étrennes, comme on avait fait sous Auguste et Caligula. Depuis ce temps, cette coutume demeura encore parmi le peuple. Les Romains pensaient qu’il y avait quelque chose de divin dans les commencements. (1)


 
 
An de nouveau,
Tout nous est beau

 Il en était ainsi pour les anciens. Les Romains célébraient de cent manières différentes ce premier jour de la nouvelle année, consacré à Janus, de qui les deux visages regardaient à la fois le passé et l’avenir. On offrait au dieu des dattes, des figues, des gâteaux, du miel les artistes et les artisans ébauchaient la matière de leurs ouvrages, dans la conviction que ce travail leur serait favorable ; on échangeait des compliments, des vœux, des présents, etc.
Le concile d’Auxerre, tenu en 587, défendit de faire, le premier jour de l’an, des sacrifices de génisses ou de biches et d’aller faire des vœux devant les arbres consacrés aux faux dieux. Les étrennes, jointes à des sacrifices, étaient véritablement diaboliques.
On sait que le début de l’année a souvent varié. Mais, quelle que fût sa date, les souverains et les seigneurs du Moyen Age échangeaient en cette circonstance des présents somptueux. On voit figurer, pour cet objet, trente livres tournois dans la comptabilité du duc de Berry. Plus tard, chacun voulut donner les siens, et, la vanité s’en mêlant, on dépensa énormément pour éblouir ses amis, lesquels, à leur tour, se piquaient d’honneur.


Lorsqu’en France l’année débutait encore à Pâques, continuait-on de donner des étrennes le premier jour de janvier ? Il semble que oui. Dans les lettres du roi Jean, en date de juillet 1362 et contenant des statuts pour la confrérie des drapiers, il est dit « que ladite confrérie doit seoir le premier dimanche après les estraines, si celle de Notre-Dame n’y eschoit. » Le dimanche dont il est question ici est le premier dimanche de janvier, si l’on s’appuie sur le témoignage de Du Cange qui, dans son Glossaire, prouve, par différents passages, que lorsque l’année ne commençait qu’à Pâques, on ne laissait pas de regarder le premier jour de janvier comme le premier jour de l’année.

Jour des étrennes. 1er janvier 1564
Jour des étrennes. 1er janvier 1564
L’ancienne chronique de Louis, duc de Bourbon, comte de Clermont, grand-chambrier de France conforte ce témoignage. On y lit au chapitre second : « De Clermont partit ledit duc Loys, s’en vint à son duché de Bourbonnois à Souvigny, où il arriva deux jours avant Noël, l’an de grâce 1363 ; et là vindrent par devers luis ses chevaliers et écuyers, et le quart jour des fêtes, dit aux chevaliers, le duc en riant : Je ne vous veux point mercier des biens que vous m’avez faicts, car si maintenant je vous en merciois, vous vous en voudriez aller, et ce me seroit une des grandes déplaisances que je pusse avoir... ; et je vous prie à tous que vous veuillez estre en compagnie le jour de l’an en ma ville de Molins, et là je vous veux étrenner de mon cœur et de ma bonne volonté que je veux avoir avec vous. »

Et au troisième chapitre : « L’an qui courait 1363, comme dit est, advint que la veille du jour de l’an fut le duc Loys en sa ville de Molins, et sa chevalerie après lui... ; et le jour de l’an, bien matin, se leva le gentil duc pour recueillir ses chevaliers et nobles hommes pour aller à l’église de Notre-Dame de Molins ; et avant que le duc partist de sa chambre, les vint étrenner d’une belle ordre qu’il avait faicte, qui s’appeloit l’écu d’or. » Au chapitre cinq on lit enfin : « Si les commanda le duc à Dieu, et eux pris congé de lui se partirent... Les gens partis de cour, vint le jour des Rois, où le duc de Bourbon fit grande feste et lye-chère. »

Rappelons que si sous les Mérovingiens, l’année commençait le 1er mars dans plusieurs de nos provinces, elle débuta à Noël sous Charlemagne, dans tous les territoires soumis à sa juridiction. Sous les Capétiens, le jour de l’an coïncidait avec la fête de Pâques, usage presque général au Moyen Age. En certains lieux, l’année changeait le 25 mars, fête de l’Annonciation. Le concile de Reims, tenu en 1235, mentionne cette date comme « l’usage de France ». C’est le roi Charles IX qui rendit obligatoire, en 1564, la date du 1er janvier comme origine de l’année.

 


Il y eut parfois des étrennes singulières. Par exemple, Ménage rapporte qu’en 1675 Mme de Tianges donna en étrennes, au duc du Maine, une chambre toute dorée, grande comme une table. Au-dessus de la porte il y avait, en grosses lettres : Chambre du Sublime. Au dedans, un lit et un balustre, avec un grand fauteuil, dans lequel était assis le duc du Maine, fait en cire, et fort ressemblant. Auprès de lui se tenait M. de La Rochefoucauld, auquel il donnait des vers pour les examiner. A côté du fauteuil on voyait aussi Marcillac et Bossuet. A l’autre bout de l’alcôve, Mme de Tianges et Mme de Lafayette lisaient des vers ensemble. Au dehors, Boileau, armé d’une fourche, empêchait sept ou huit méchants poètes d’approcher. Racine était près de Boileau, et, un peu plus loin, La Fontaine, auquel il faisait signe d’avancer. Toutes ces figures étaient de cire.

 

1er janvier 1794 : réjouissances prohibées et aucun répit pour la guillotine

  

En 1884, l’écrivain et avocat vendéen Edmond Biré, frère d’Alfred Biré qui deviendra sénateur, publie le Journal d’un bourgeois de Paris pendant la Terreur, ouvrage couronné par le second prix Gobert de l’Académie française. A la date du 1er janvier 1794 (tome IV), nous apprenons que les festivités de jadis pour le nouvel an sont prohibées, le 1er janvier n’existant au demeurant plus car ayant laissé place au duodi de la seconde décade de nivôse ; que la Convention a siégé toute la journée ; qu’un prêtre a reçu la mort pour étrennes :

 

« Non contente d’avoir détruit la fête de Noël et d’avoir proscrit la fête des Rois, la Révolution a supprimé le jour de l’an. Le 1er janvier tombait aujourd’hui, mais voilà que nous avons, de par la République, au lieu du 1er janvier, le duodi de la seconde décade de Nivôse. Malheur à ceux qui l’auront oublié ! Malheur à ceux qui, fidèles au ci-devant jour de l’an, sortiront en habits de fête, donneront un polichinelle à leur petit garçon ou une poupée à leur petite fille !


Si les bijoutiers du Palais-Égalité et les confiseurs de la rue des Lombards s’avisaient de faire de trop beaux étalages, on ne manquerait pas de les arrêter comme suspects : ils expieraient sous les verrous le crime de lèse-calendrier républicain.

 

Une exécution pendant la Terreur
Une exécution pendant la Terreur

 

... J’ai assisté au passage du funèbre convoi dans la rue Saint-Honoré. Elle était pleine de cris et de rumeur. Autrefois, en ce même jour, on n’entendait, dans cette même rue, que le vieux cri de nos pères : « Bonjour, bon an ! » On n’y entendait aujourd’hui que cet autre cri, nouveau, celui-là : Vive la République ! A mort ! à mort ! à la guillotine ! Il ne me paraît pas que nous ayons gagné au change. J’avais écrit ce matin, à deux ou trois amis, des lettres de bonne année. Je les ai jetées au feu.

Un vieil employé des postes, qui n’est pas encore révoqué, vient en effet de me prévenir que l’on allait décacheter toutes les lettres pour s’assurer s’il n’en est pas quelques-unes où l’on aura conservé le calendrier grégorien et les souhaits traditionnels (Dictionnaire néologique des hommes et des choses, par le Cousin Jacques – Louis-Abel Beffroy de Reigny). Gare à leurs auteurs ! Rien que la mort n’est capable d’expier ce forfait ! ». (2)

 

Auparavant, dans la séance du 27 novembre 1789, les étrennes avaient été prohibées par l’Assemblée nationale constituante, et le fait est intéressant à rappeler. Le rapporteur du comité des finances, Le Brun, expliqua que ce comité cherchait à réprimer les désordres et les scandales qui marquaient le retour du 1er janvier, dans les administrations, lorsqu’il avait appris que Necker venait de défendre les dons d’étrennes dans les divers services de son ministère. En conséquence, il demandait à l’Assemblée d’étendre cette défense à toutes les organisations publiques.

http://www.france-pittoresque.com/IMG/jpg/Jour-Etrennes-2.jpgLa proposition rencontra l’accueil le plus favorable, et, à, une grande majorité, le décret suivant fut adopté :

  • « L’Assemblée nationale, considérant que toute fonction publique est un devoir ; que tous les agents de l’administration étant salariés par la nation, doivent à la chose publique leurs travaux et leurs soins ; que ministres nécessaires, ils ne peuvent accorder ni faveur, ni préférence, et par conséquent n’ont nul droit à une reconnaissance particulière ; considérant encore qu’il importe à la régénération des mœurs, autant qu’à l’économie des finances et des administrations particulières des provinces, villes ou villages, etc., d’anéantir le commerce de vénalité et de corruption qui se fait sous le nom d’étrennes, vins de ville, gratifications, etc.,
  • « A décrété et décrète qu’à partir du 1er janvier prochain, il ne sera permis à aucun agent de l’administration et à aucun de ceux qui, en chef ou en sous-ordre, exercent quelques fonctions publiques, de rien recevoir comme étrennes, gratifications, etc., sous quelque dénomination, que ce soit, des compagnies, administrations, provinces, communautés, villes, etc., sous peine de concussion.
  • Aucune dépense pareille ne sera allouée dans les comptes desdites compagnies, administrations, villes, corps et communautés. »

Lorsque Bonaparte eut aboli le calendrier révolutionnaire, le 22 fructidor an XIII (9 septembre 1805), le jour de l’an rentra dans tous ses droits, et l’on vit reparaître les étrennes. Pendant le premier Empire, les porcelaines étaient encore au nombre des cadeaux principaux, mais l’on offrait aussi d’autres objets, parmi lesquels des écrans à double surprise, représentant, à travers des transparents adroitement ménagés, une scène de la Vestale, le fameux opéra de Spontini, dont la vogue était alors immense. On donnait également des meubles de Thomire, des bijoux de Sensier, les corbeilles de La Boullec, les étoffes de Lyon de chez Ybert, des flacons d’Eau de Ninon, etc.

 

Dans quelques pays, les cadeaux du jour de l’an se confondent avec ceux de Noël. Au début du XXe siècle encore, à Rome, les principales boutiques de confiserie et de marchands de jouets, étaient décorées de guirlandes, au milieu desquelles, entourée de mille objets, se voyait une vieille femme à vêtements noirs, au visage barbouillé de suie, et tenant une lettre à la main. C’était la befana, le fantôme descendu par la cheminée pour apporter des bonbons aux enfants sages et des verges pour les méchants. La lettre qu’elle portait était supposée avoir été adressée au petit Jésus par un bambin demandant son présent de Noël. Dans beaucoup de maisons, la befana était assise sous le manteau de la cheminée.

Le bouleversement qui clôtura le dix-huitième siècle fit disparaître les étrennes pour un temps. On conçoit que lorsque le calendrier grégorien eut été supprimé par la Convention, qui ne plaisantait pas, nul ne se serait avisé de commémorer le 1er janvier. Cette fantaisie aurait pu avoir son épilogue sur la guillotine. Auparavant, les étrennes – mais des étrennes d’un genre particulier – avaient été prohibées par l’Assemblée nationale constituante, et le fait est intéressant à rappeler.

 

A la fin du XIXe siècle, avec l’apparition du Père Noël dans la publicité des grands magasins, la coutume d’offrir des cadeaux le 1er janvier disparut, le jour des étrennes se confondant dès lors avec celui de Noël : on offrit les cadeaux le 25 décembre.


Les récentes occultations de la fête de Noël ne relèvent-t-elles pas du même baratin maçonnique visant à supprimer nos fêtes traditionnelles ?

 

Sources :

(1) (D’après « Lettre de Jacob Spon à Stoffel » paru en 1674 et « Le Mercure » de juillet et décembre 1735)

 http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article1786

(2) (D’après « Journal d’un bourgeois de Paris pendant la Terreur », paru en 1884)

http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article5570 via http://www.democratie-royale.org/article-jour-de-l-an-interdicition-du-nouvel-an-revolution-fran-aise-113961706.html

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 14:30

Le rôle du décret Crémieux dans la détérioration des relations franco-arabes : "un sujet qui n'est hélas plus jamais traité dans nos milieux".

 

Conférence de Philippe Ploncard d'Assac faite à Paris, le 8 décembre 2012.

 

 

Thèmes :
 

Colonisation, aspects positifs (médecine et évangélisation), Charles de Foucault, François Brigneau, IIIème république maçonnique-athée et vraie France, Napoléon III, décret (Adolphe Isaac) Crémieux, insurrections, Édouard Drumont et La France juive, Rothschild, juiverie dans le monde arabo-musulman, officiers français fils de mère chrétienne fusillé pour le droit des juifs, colonel De Gaule et le décret Crémieux, Pétainisme et le monde arabe, "conservateur" et droite des affaires, traitrise anglaise et massacre de Mers El Kebir, OAS et Jeune-Nation/œuvre Française de Pierre Sidos, "hitlérisme", FLN marxiste, autorité Gaulliste, décolonisation, immigration-subversion et islamisation-philo-sémite par un rabbin de Cisjordanie occupée, judaïsme et nouvelle alliance, l'Action Familiale et Scolaire d'Arnaud de Lassus "Le mondialisme messianique destructeur des peuples et des nations", pied noir, histoire du peuple juif et Bernard Lazare, minorité chrétienne en orient, Grand-Orient et suppression du droit du sang, doubles nationalités, l'armée de Tsahal, regroupement familial, intégration authentique face aux métisseurs-immigrationnistes, Iran et Vatican, pogrom, retournement d'alliance...

 

Questions-réponses :
Massacre de harkis, Asie et affaires, l'Église sans régime compatible, radio courtoisie l'opium des nationaux, "négationnistes" du complot judéo-maçonnique, cas Sévillia-Chagnon-Anthony, l'UMP et franc maçonnerie, Luc Chatel et enseignement à l'homosexualité, mouvement Casapound (anarcho-psychédélique) et le Risorgimento italien (Garibaldi, Mazzini), l'Aube Dorée en Grèce, satanisme, Christian Bouchet et Égalité & Réconciliation, racisme maçonnique, Jules Ferry, réseaux pédophile, Goldman Sachs, Thierry Messan, Louis XVI et droit des juifs, l'Europe du plein chômage, famille Faurisson, liste antisionniste de Dieudonné, "un grand Shana Tova mes amis" et Front National...

 

 

. 24 octobre 1870 Naissance du multiculturalisme: le décret Crémieux donne la citoyenneté française aux Juifs d'Algérie

. Nous sommes gouvernés par des incapables… et informés par des gugus malfaisants (Roger Holeindre, tribune du 13 décembre 2007)

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 23:59

http://www.histoire-en-ligne.com/IMG/jpg/henri4.jpgUne collaboration franco-espagnole a établi par analyse génétique un lien de parenté incontestable entre la tête momifiée d'Henri IV et du sang séché provenant de son descendant, Louis XVI, confirmant l'authenticité de ces restes royaux.

 

Quand une tête momifiée a été identifiée en 2010 comme étant celle du roi Henri IV, certains chercheurs ont émis des doutes sur son authenticité, faisant notamment remarquer qu'elle ne présentait pas certains signes associés aux méthodes d'embaumement des rois français. Tous les doutes sont désormais levés, avec deux analyses génétiques qui établissent un lien de parenté entre Henri IV et un échantillon de sang de son lointain successeur, Louis XVI.

 

 

Cette étude étonnante, publiée dans la revue Forensic Science International est le fruit d'une collaboration entre une équipe française, menée par le Dr Philippe Charlier, médecin légiste à l'hôpital Raymond Poincaré de Garches et grand spécialiste des énigmes historiques, et des chercheurs de l'Institut de biologie de l'Evolution à Barcelone. En 2011, Carles Lalueza-Fox et ses collègues espagnols avaient déjà réussi à extraire des fragments d'ADN de Louis XVI à partir d'un mouchoir qui avait été trempé dans le sang au pied de la guillotine lors de son exécution il y a 219 ans, le 21 janvier 1793. Cette relique desséchée avait été conservée dans une sorte de gourde, restée dans la possession d'une famille aristocratique italienne.

 

«L'échantillon de sang séché de Louis XVI est très bien conservé, et le matériel génétique n'a pas été trop altéré ce qui facilite les analyses, explique au Figaro Carles Lalueza-Fox. En revanche, il a été beaucoup plus difficile de travailler avec les tissus du crâne momifié d'Henri IV, à tel point qu'une précente étude, pourtant réalisée par de bons scientifiques, n'avait pas réussi à extraire de l'ADN.» L'équipe espagnole est habituée à travailler sur des échantillons très anciens, et s'est notamment penchée sur le génome de Néandertal.


Des marqueurs génétiques très rares

 

Comme Louis XVI, la tête d'Henri IV a aussi souffert du régime de la Terreur après la révolution française. Elle avait été séparée du reste de son corps en 1793 lors de la profanation de la basilique de Saint-Denis où sont enterrés les rois de France. Cette tête est réapparue au XIXe siècle dans la collection d'un comte allemand, puis a été vendue aux enchères à Drouot en 1919 pour la somme de 3 francs à un brocanteur parisien. Mais à l'époque, personne ne croyait qu'il s'agissait bien de la tête du premier des Bourbon. Il faudra attendre 2010, et une étude paléopathologique très complète réalisée par l'équipe de Philippe Charlier pour prouver à 99,99% que la tête était bien celle d'Henri IV.

 

Après le succès des analyses d'ADN du sang de Louis XVI par les scientifiques de Barcelone, Philippe Charlier a eu l'idée de prélever un échantillon au fond de la gorge de la tête momifiée, un endroit relativement protégé des agressions extérieures, et de l'envoyer à ses confrères espagnols. «Grâce aux appareils de séquençage génétique à haut débit, nous avons réussi à extraire une partie du matériel génétique d'Henri IV, explique Carles Lalueza-Fox. Nous avons notamment retrouvé 6 des 16 marqueurs du chromosome Y que nous avions identifié dans le sang de Louis XVI.» Comme ces marqueurs sont très rares dans la population occidentale, les chercheurs sont certains du lien paternel, transmis par le chromosome Y, entre les deux rois, que sept générations séparent.

 

La qualité de l'échantillon sanguin de Louis XVI est telle que les scientifiques barcelonais ont désormais l'intention de dresser son génome complet. «Ce serait d'une part la première fois qu'on pourrait dresser la cartographie entière du matériel génétique d'une personnalité historique, et cela nous apporterait en plus des informations précieuses sur certains traits physiques, la susceptibilité aux maladies et la consanguinité de la famille royale,» s'enthousiasme Carles Lalueza-Fox.

 

Source : http://www.lefigaro.fr/sciences/2012/12/31/01008-20121231ARTFIG00368-la-tete-d-henri-iv-authentifiee-par-l-adn.php

 

- Tête décapitée d'Henri IV authentifiée

- Louis de Bourbon : «Henri IV doit retrouver la nécropole royale à Saint-Denis»

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 18:45

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/f5/Sainte_chapelle_-_Upper_level.jpg/800px-Sainte_chapelle_-_Upper_level.jpg

La Sainte Chapelle (1248) fut construite au XIIIe siècle sur l'Ile de la Cité à Paris, à la demande du roi Saint-Louis, afin d'abriter la Couronne d’Épines, un morceau de la Vraie Croix, ainsi que diverses autres reliques de la Passion que Louis IX acquit à partir de 1239. Depuis la Révolution, la Sainte-Chapelle n'abrite plus les reliques conservées aujourd'hui à la cathédrale Notre-Dame.


Reportage tiré de l'émission "Des racines et des Ailes" - FR3

 

Sous Saint-Louis, au XIIIe siècle déjà, le reportage nous dit (à partir de 06:50) que "la France était le grand pays du monde, le plus puissant, le plus riche, le plus peuplé"... A comparer avec la république dite "française" de 2012...


"A cette époque, l'architecture était l'expression la plus pointue des arts et de la science".

 

- Saint Louis, Roi de France (1214-1270), Patron des Armées françaises

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 22:59
Dans une conférence donnée le 3 octobre 2011, Patrice Gueniffey explique que "la Révolution est morte".
 
 
Extraits:
 
La Révolution française a échoué. Si la Révolution a fondé une nouvelle société, tout à fait différente de ce qu'était l'ancienne, néanmoins la Révolution s'est montré incapable de fonder un régime politique stable et durable. Et la preuve, c'est que depuis 1789, nous avons eu quinze constitutions successives. Et peut-être d'ailleurs aurons-nous bientôt une seizième avec une VIe République. 
 
Dire que "la Révolution française est morte" aujourd'hui, c'est biensûr faire allusion au fameux "La Révolution française est terminée" lancé par François Furet en 1978. Proposition qui avait provoqué un grand scandale dans une historiographie qui était alors encore dominée, dans les années 70, par l'historiographie marxiste de la Révolution française, pour laquelle la Révolution française ne pouvait avoir de fin en terme politique, puisqu'elle était avant tout une promesse : une promesse de droit, de liberté, d'égalité, d'un ordre politique différent, une promesse de réorganisation sociale, qui appelait des changements qui iraient bien au-delà de ceux réalisés par les révolutionnaires eux-mêmes. De telle sorte que, pour cette historiographie, la Révolution française n'avait été que l'annonciation, ou le premier acte, d'une révolution bien plus large, bien plus globale, qui restait encore à faire. D'où le scandale provoqué par la phrase de Furet qui semblait mettre un terme à l'histoire posthume de la Révolution française, pour dire que nous étions entrés dans autre chose.
... C'est aussi qu'existe, à doses variables, le sentiment que la Révolution française, en temps qu'épisode historique de notre histoire, a subi une sorte de déclassement depuis quelques années, qui fait qu'elle n'occupe plus dans notre inconscient collectif, dans notre paysage politique, l'importance qui avait été la sienne pendant environ deux siècles. Disons de l'évènement lui-même, jusqu'à la veille du bicentennaire de 1989. 
 
Il faut en effet se souvenir de ce qu'a été la Révolution française pour les générations qui ont vécu notamment sous la IIIe république, où la Révolution française passait pour la clé qui permettait d'accéder à une compréhension intime de ce qu'était l'histoire de France, qui passait pour un évènement qui avait recommencé l'histoire, qui avait inventé une France nouvelle, une société nouvelle, un monde nouveau et qui plus que cela même, restait une promesse d'avenir. Pour les petits français qui apprenaient l'histoire dans le Lavisse, vers 1920 encore, la Révolution française restait notre avenir collectif, ... ce que nous pourrions devenir. Tous étaient réunis autour du même culte de la Révolution française, comme donnant la clé de notre identité nationale, même si aujourd'hui il est difficile d'employer le terme. Mais néanmoins c'était bien de cela qu'il s'agissait: la Révolution était un élément central dans l'identité collective de la nation et du peuple français.
Il est sûr qu'aujourd'hui, la Révolution française n'occupe plus cette place prééminente, que elle évoque de moins en moins de choses à mesures que les années passent, à de moins en moins d'individus. Et que de moins en moins nombreux sont les Français qui diraient, non pas qu'elle a joué un grand rôle dans l'histoire, mais qu'elle a encore des choses à nous dire, soit pour comprendre notre situation présente, soit pour comprendre ce que nous allons devenir dans un futur proche ou à moyen terme. Bref, la Révolution française est en passe de cesser d'être un des mythes fondateurs de notre identité collective et de passer d'avoir la réputation d'avoir été l'acte inaugural de notre modernité politique et sociale ou l'année zéro de notre histoire moderne, réputation qu'elle a eu si longtemps.
 
Quand les choses ont basculé ?
 
http://moviereviews.allmyblog.com/images/moviereviews/1_20100901_031358.jpgEn réalité, ce changement s'est fait progressivement et il a commencé il y plus d'une vingtaine d'années, on pourrait dire il y a trente ans, avant même le bicentenaire de 1989. Le premier signe sur la crise qui frappait le mythe de la Révolution française comme événément fondateur, a été le film d'Andrzej Wajda, "Danton" sorti en 1983, et qui a remporté à l'époque un très grand succès à l'époque. Ce film qui attaquait d'emblée la légende de la Révolution, en montrant que la Terreur, loin d'avoir été une épopée collective en réaction à une agression extérieure, que la Terreur avait été une époque très sombre, "criminelle à bien des égards" disait Wajda, cette attaque-là était tout à fait nouvelle dans la manière dont on présentait la Révolution jusqu'alors. Et après ce film, qui a mis d'ailleurs dans un grand embarras des responsables de gauche de l'époque, puisqu'on est dans le premier septennant de François Mittérand, a mis également dans un grand embarras les responsables de la commémoration du bicentenaire de 1989.
Si bien que ces célébrations de 1989 ont été d'un ton très différent de ce qu'avaient été les célébrations du centenaire de 1889 où l'on avait exalté la grandeur de la nation, soulevée pour la conquête de sa liberté et la défense de ses frontières. La IIIe république, en 1889, avait pris comme héros symbolique le personnage de Danton, c'est-à-dire l'homme de la levée en masse, et de la défense du territoire contre les ennemis et les monarchies coalisées. En 1989, les responsables des célébrations ont fini par opté pour la célébration la plus neutre possible, en choisissant comme symboles des personnages qui risquaient de ne choquer personne. Donc exit Robespierre, exit Saint-Just, exit Danton lui-même, dont il n'a plus été question. Et à la place on a vu émergé des personnages certes importants de l'évènement révolutionnaire, mais néanmoins de second rôle, comme Condorcet, ou l'abbé Grégoire...
 
Et c'était en quelque sorte logique dans une conjoncture des années 80 où la ferveur entourant l'évènement révolutionnaire commençait à disparaître, et où, corrélativement les Vendéens eux-mêmes, qui avaient combattu la république, devenaient presque aussi populaires que les soldats bleus qui avaient défendu la Révolution et combattu la Vendée. Aujourd'hui, ce changement est devenu irréversible. La magie du romantisme révolutionnaire s'est épuisé. Nous ne vibrons plus au récit des combats politiques de Robespierre, nous ne vibrons plus à la lecture des discours de Robespierre, ni même d'ailleurs de ceux de Danton, et les valeurs elles-mêmes qu'évoquaient Robespierre et Danton nous sont devenues en partie étrangères, indifférentes, ou plutôt sont entrées dans notre patrimoine, mais elles ne nous parlent plus.
 
... Pour les libéraux, la Révolution française c'est la fin de l'histoire : tout a été dit avec les Droits de l'homme et le régime constitutionnel. Pour les socialistes, la Révolution française devrait être le début de l'histoire, puisque les promesses de 89 n'ont pas toutes été réalisées et à leurs yeux, une autre révolution est nécessaire. Donc les libéraux célèbrent 89, les républicains 92 et la défense nationale, et les socialistes 93. Ce décor était encore celui des batailles politiques dans la France des années 1880-1900. Et d'une certaine façon, la révolution bolchévique de 1917 a permis de prolonger cette situation.
 
C'est avec la Révolution russe de 1917 que la Révolution française est devenue réellement un évènement de portée universelle... Pour Lénine, et pour les bolchéviques en général, la Révolution française a été un élément préparateur, c'est le premier acte de la révolution prolétarienne,... et il appartient aux bolchéviques, aux communistes, de réaliser toutes les promesses de la Révolution de 1789.
 
Les révolutionnaires français avaient cru dans l'universalité de leur message. D'ailleurs la Déclaration des droits de l'homme de 1789 est là pour en témoigner. Mais la Révolution française avait été néanmoins un évènement strictement national.
 
Mais si la Révolution française acquière alors une réputation mondiale, universelle, ... en même temps cela s'est fait au prix d'un appauvrissement terrible de l'écriture de son histoire. Puisque désormais, raconter l'histoire de la Révolution française consistait à valider la doctrine du matérialisme historique qui en faisait un épisode annonciateur d'une révolution bien plus large et bien plus définitive. Et donc a disparu tout ce qui faisait l'originalité, le sel aussi de la Révolution française, c'est-à-dire son incroyable volontarisme, sa foi dans le progrès, ses tentatives mêmes violentes pour déraciner le monde ancien..., de fonder réellement un monde nouveau. Désormais tout cela apparaissait comme l'écume d'un mouvement objectif de l'histoire, de telle sorte que les acteurs de la Révolution avaient cru faire une histoire, avaient cru s'engager dans une grande entreprise, et en fait, avaient fait une autre histoire que celle qu'ils croyaient faire. Ils avaient fait la révolution bourgeoise quand ils pensaient inventer un monde nouveau.
 
La chute du communisme en 1989-1991 a entraîné celle du mythe de la Révolution française en tant qu'annonciation d'une future révolution. La chute du communisme a eu des effets pires, plus graves, plus importants : elle a frappé de plein fouet l'idée même de révolution, y compris en France, où pourtant le répertoire politique, et surtout le répertoire rhétorique de la politique est rempli de référence à la Révolution. D'ailleurs chaque année ou presque nous avons droit à une sorte de mise en scène de la Révolution, mais à laquelle en réalité les acteurs ne croient pas ou croient de moins en moins.
 
Une illusion qui a dominé le début des années 1990 a été l'illusion que puisque le communisme était mort, s'était effondré, alors l'histoire était finie, et que désormais nous allions vers un avenir radieux, qui serait celui de l'universalisation de la démocratie à toute la planète. En réalité, cette illusion était fondée sur une lecture approximative d'un livre très important paru alors, un livre de Francis Fukuyama. Mais ce qui s'est effondré surtout avec le communisme c'est la croyance à un sens de l'histoire, la croyance que l'histoire aurait un sens, croyance qui avait occupé une place centrale dans la culture occidentale et pas seulement communiste, depuis plus de deux cents ans, puisqu'elle était née au XVIIIe siècle. Cette croyance avait pris des formes très différentes. Pour les uns, c'était le mouvement irrésistible de la civilisation. Demain serait forcément meilleur qu'hier. C'était pour les autres l'inéluctable triomphe de la Raison, l'ignorance, la bêtise, les préjugés finiraient par disparaître de la surface de la terre... D'autres voyaient ce sens de l'histoire dans le progrès moral et scientifique (pensons à Pasteur, par exemple). Et puis d'autres le concevaient sous la forme de l'espoir de l'avènement d'une société sans classes, et sans différences de fortune.
Mais partout, et chez tous, des Lumières aux libéraux, des libéraux à Marx et de Marx à ses rejetons, c'était chez tous la même foi dans l'histoire et dans une histoire qui était ordonnée, au moins tendanciellement, au progrès. L'Occident était porté par cette croyance que demain serait meilleure qu'hier. Et la philosophie libérale de l'histoire et son rejeton matérialiste, marxiste, se sont écroulés en même temps, il y a une vingtaine d'années.
 
Aujourd'hui, chacun se rend compte, chacun d'entre vous se rend compte, que l'histoire continue, qu'elle va continuer d'une manière indéfinie, mais personne ne peut lui donner un sens ou personne ne peut dire dans quelle direction elle va.
Les deux idéologies dont nous disposons aujourd'hui dans leurs variantes politiques (sans parler des autres) que sont l'écologie d'un côté et l'islamisme de l'autre, ne sont en rien des idéologies fondées sur la foi dans le progrès et l'avenir, mais au contraire des idéologies regressives qui veulent fuir l'avenir, se détourner de la vie et qui regardent vers le passé. Bref non pas des philosophies de l'histoire fondées sur la notion d'espoir, mais des philosophies de l'histoire absolument mortifères.
   
Cette crise est aussi une crise politique. Si les classes moyennes ont été jusqu'à une époque assez récente aussi bien traitées qu'elles l'ont été dans les pays occidentaux, c'était pour des motifs essentiellement politiques, puisqu'il s'agissait avant tout de les empêcher de basculer du côté des Rouges. Et la conséquence quasi immédiate de la fin de la Guerre froide, a été précisément que l'économie s'est émancipée par rapport à toute possibilité de contrôle politique. Et cet affranchissement de l'économie (qui est nouveau dans l'histoire) a fait naître à son tour un sentiment aujourd'hui dominant dans nos sociétés occidentales, l'idée que l'Etat, et que la volonté politique sont absolument impuissants face aux intérêts. Et aussi bien, le sentiment que les individus sont aliénés à l'économie, sans aucun moyen de peser sur la réalité des choses, et a fortiori de la transformer. Bref, ce qui domine, ce sont des sentiments de fatalité. Et ce qui a disparu c'est la croyance à l'efficacité de l'action politique qui se trouvait au coeur du message délivré par la Révolution française. Et plus généralement par l'histoire de l'avènements de nos Etats démocratiques. En effet, la Révolution française avait porté cette croyance à l'efficacité de la politique à un point de paroxysme. Elle avait cru que la volonté humaine a une efficacité illimitée, c'est-à-dire que l'on pouvait absolument tout changer. Les évènements se sont alors chargés de montrer qu'en réalité en politique on ne peut pas tout faire, que les choses résistent, ne se laissent pas faire sans limites
 
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Publié par Ingomer - dans Histoire
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