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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 10:51

Rediff. Rappelons-nous. Notre Bon Roi Louis XVI a été assassiné le 21 Janvier 1793 par les crapules révolutionnaires. Du Ciel où Il est Il prie pour nous et pour la France. Que son Précieux Sang injustement versé ne retombe pas sur nos têtes!

Pie Jesu Domine dona Eis requiem sempiternam. Pieux Jésus, Seigneur, donne-leur le repos. Donne-leur le repos éternel.

 

 

Pie Jesu du Requiem de Charles Gounod (1818-1893) chanté par la Maitrise des Hauts de Seine, direction Francis Bardot.



« Le 21 janvier, avec le meurtre du Roi-prêtre, s'achève ce qu'on a appelé significativement la passion de Louis XVI. Certes, c'est un répugnant scandale d'avoir présenté, comme un grand moment de notre histoire, l'assassinat public d'un homme faible et bon. Cet échafaud ne marque pas un sommet, il s'en faut. Il reste au moins que, par ses attendus et ses conséquences, le jugement du Roi est à la charnière de notre histoire contemporaine. Il symbolise la désacralisation de cette histoire et la désincarnation du Dieu Chrétien. Dieu, jusqu'ici, se mêlait à l'histoire par les Rois. Mais on tue son représentant historique, il n'y a plus de Roi. Il n'y a donc plus qu'une apparence de Dieu relégué dans le ciel des principes.

Les révolutionnaires peuvent se réclamer de l’Évangile. En fait, ils portent au Christianisme un coup terrible, dont il ne s’est pas encore relevé. Il semble vraiment que l’exécution du Roi, suivie, on le sait, de scènes convulsives, de suicides ou de folie, s’est déroulée tout entière dans la conscience de ce qui s’accomplissait. Louis XVI semble avoir, parfois, douté de son droit divin, quoiqu'il ait refusé systématiquement tous les projets de loi qui portaient atteinte à sa foi. Mais à partir du moment où il soupçonne ou connaît son sort, il semble s'identifier, son langage le montre, à sa mission divine, pour qu'il soit bien dit que l'attentat contre sa personne vise le Roi-Christ, l'incarnation divine, et non la chair effrayée de l'homme. Son livre de chevet, au Temple, est l'Imitation de Jésus-Christ. La douceur, la perfection que cet homme, de sensibilité pourtant moyenne, apporte à ses derniers moments, ses remarques indifférentes sur tout ce qui est du monde extérieur et, pour finir, sa brève défaillance sur l'échafaud solitaire, devant ce terrible tambour qui couvrait sa voix, si loin de ce peuple dont il espérait se faire entendre, tout cela laisse imaginer que ce n'est pas Capet qui meurt mais Louis de droit divin, et avec lui, d'une certaine manière, la Chrétienté temporelle. Pour mieux affirmer encore ce lien sacré, son confesseur le soutient dans sa défaillance, en lui rappelant sa « ressemblance » avec le Dieu de douleur. Et Louis XVI alors se reprend, en reprenant le langage de ce Dieu : « Je boirai, dit-il, le calice jusqu'à la lie ». Puis il se laisse aller, frémissant, aux mains ignobles du bourreau. »

Albert Camus, L'homme révolté, La Pléiade, p. 528-529.


http://fr.globedia.com/images/nouvelles/2012/7/1/louis-xvi-franc-non-aucun-cas-etait_1_622310.jpg

 

 

Messes du 21 janvier : http://www.21janvier.fr/

 

 

. Le testament politique de Louis XVI retrouvé : "Français,... méfiez-vous des suggestions et des mensonges de vos faux amis, revenez à votre Roi" (Louis XVI)

. Testament politique de Louis XVI : analyse d'Yves Marie Adeline (A.R)

. Nullité du jugement condamnant Louis XVI à mort : pamphlet de 1793

. Les Sociétés secrètes et la mort de Louis XVI : témoignage posthume d’un baron de l’Empire

. « Que faire pour sauver la France ? » Présentation du Manifeste des royalistes (Dominique Hamel)

. Redonnons à la France un véritable hymne ! Dieu sauve le Roi !

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 12:27
Un brouillon du discours lu par le roi d'Angleterre George VI pour annoncer l’entrée du Royaume-Uni dans la Seconde Guerre mondiale est daté du 25 août 1939, soit une semaine avant que le IIIe Reich n’envahisse la Pologne. Sotheby’s va mettre ce brouillon aux enchères dans quelques semaines...
Contrairement à la version officielle, le Royaume-Uni et la France ne sont pas entrés en guerre en raison de l’invasion de la Pologne et mettre fin aux annexions pangermanistes, qui n’ont fourni qu’un prétexte, mais pour d’autres motifs.

La Seconde Guerre mondiale était décidée avant l’invasion de la Pologne


 

Sotheby’s mettra aux enchères, dans quelques semaines, un brouillon du discours lu par le roi George VI pour annoncer l’entrée du Royaume-Uni dans la Seconde Guerre mondiale.

Le document est daté du 25 août 1939, soit une semaine avant que le IIIe Reich n’envahisse la Pologne.

Il apparaît donc que, contrairement à la version officielle, le Royaume-Uni n’est pas entré en guerre en raison de l’invasion de la Pologne, qui n’a fourni qu’un prétexte, mais pour d’autres motifs.

 

Source: http://www.voltairenet.org/article181398.html

 

 

. La dynastie britannique de Hanovre et la franc-maçonnerie universelle

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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 09:26

Le Grand Ferré (1330-1359), héros picard de la Guerre de Cent Ans (XIVe siècle), renvoie également à une révolte de paysans contre des violences dont ils étaient les victimes, une quasi jacquerie qui voit des paysans massacrer des nobles, mais il s'agit de nobles anglais, ce qui fait que tout leur sera pardonné.

 

C'est au XIVe siècle que le paysan devient un héros et éventuellement pourvu d'une capacité politique. Par exemple c'est au XIVe siècle que la Suisse deviendra une république paysanne.


 

http://theatrum-belli.org/wp-content/uploads/2013/11/Le-Grand-Ferr%C3%A93.jpgAprès Jeanne d’Arc dont Colette Beaune est l’incontestable spécialiste, la grande médiéviste entreprend ici de nous conter l’histoire du premier héros paysan de l’histoire de France.

 

A sa manière, entre érudition et enquête, Colette Beaune retrace la vie réelle et rêvée de ce simple paysan, notre Robin des Bois, qui resta pendant des siècles une légende populaire jusqu’à ce que Michelet en fît au XIXe siècle, le fondateur de la Nation France.

 

Avec :

Colette Beaune, professeur émérite à l’Université de Paris X.

Mathieu Arnoux, Directeur d’études à l’EHESS. Professeur à l’Université Paris VII.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                                                                       Source: http://theatrum-belli.org/le-grand-ferre-un-paysan-un-combattant-un-heros-medieval/

 

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/c8/Longueil-Sainte-Marie_%2860%29%2C_monument_du_Grand_Ferr%C3%A9%2C_place_Charles-de-Gaulle_1.jpg/450px-Longueil-Sainte-Marie_%2860%29%2C_monument_du_Grand_Ferr%C3%A9%2C_place_Charles-de-Gaulle_1.jpg

Statue du Grand Ferré à Longueil-Sainte-Marie


 

. Manuel Valls : « Historiquement, c'est la gauche qui a inventé la nation, en 1789 »

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 16:05

http://cdn.bvoltaire.fr/media/2013/11/allemagne-1910.jpg

 

L’Allemagne de 1914 à la pointe de la civilisation européenne

 

À la veille du centenaire du déclenchement de la Grande Guerre, le moment est venu de présenter les faits tels qu’ils se sont réellement produits, en débarrassant l’historiographie des scories laissées par la propagande de jadis.

J’ai lu sur Boulevard Voltaire, sous une signature que par ailleurs j’estime, une présentation inéquitable de l’Allemagne de 1914. Certes, son morcellement politique d’autrefois a longtemps arrangé nos affaires. Les choses avaient changé en 1914 : l’Allemagne était alors à son apogée. Mais est-ce sa faute si nous-mêmes avions perdu notre prépondérance depuis la Révolution (1789-1799) et la guerre franco-européenne (1793-1815) ? Est-ce sa faute si la France n’a pas fait d’enfants au XIXe siècle ; si, en 1870, avec 35 millions d’habitants, elle était aussi peuplée que sa voisine d’outre-Rhin, pour passer quarante-cinq ans plus tard à 39 millions… contre 67 millions d’Allemands ? Peut-on raisonnablement lui reprocher de s’être unifiée, puis d’être devenue par son seul mérite la première puissance du continent ?

Quant à la première guerre franco-allemande, celle de 1870, il faut rappeler que c’est la France qui l’a déclarée, d’ailleurs pour un motif futile : la fameuse « dépêche d’Ems », une note diplomatique désobligeante. On avait fait une guerre pour cela, pour une note. Aux yeux du monde, notre vanité nous avait alors rangés dans le mauvais camp.

Que cela plaise ou non, l’Allemagne de 1914 était à la pointe de la civilisation européenne : elle rayonnait par ses musiciens et ses philosophes, elle raflait chaque année le plus grand nombre de prix Nobel, de sorte que le XXe siècle lui doit la plus grande partie de ses avancées scientifiques. Nous étions d’ailleurs bien placés nous aussi, au deuxième rang de cette distribution annuelle, malgré la disproportion des forces… mais la Grande Guerre va tuer 80 % de nos élèves de Normale sup’…

Si l’on avait pratiqué à cette époque le calcul de l’Indice de développement humain (IDH), il est évident que l’Allemagne eût été première, notamment par sa politique sociale. Il ne tenait qu’à nous d’imiter cet exemple.

Se référer à des historiens anciens comme Fischer n’a pas de sens aujourd’hui. L’Allemagne n’a ni « voulu », ni « favorisé » une guerre austro-serbe, c’est tout le contraire ; elle n’est pour rien dans « l’embrasement avec la Russie et la France », et je prouverai ce que j’avance. Elle n’est pas responsable du déclenchement de cette guerre, mais ce que l’on peut dire, c’est que l’annexion de l’Alsace-Moselle en 1871 (désirée par elle en vertu d’une conception proprement germanique de l’appartenance nationale : la langue, la culture, le sang…) a créé entre nous une discorde qui n’aurait pas porté à conséquence si nous étions restés isolés comme encore au temps du général Boulanger (trop sage pour nous conduire vers une guerre de revanche perdue d’avance…) mais est devenue dangereuse dès lors que nous avons réussi à nouer une alliance militaire inconditionnelle avec la Russie en 1892. (À suivre…)

 

Yves-Marie Adeline

 

Source: http://www.bvoltaire.fr/yvesmarieadeline/lallemagne-de-1914-la-pointe-de-la-civilisation-europeenne,41229

 

. F. Hollande lance les commémorations du centenaire de la Ière guerre mondiale

. Instruction de BISMARCK au comte Von ARNIM, ambassadeur à Paris, le 16 novembre 1871

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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 11:38
La mort de Daniel Lefeuvre est une perte immense pour la minuscule phalange des africanistes libres, eux qui, dans les Thermopyles de la pensée, ont décidé de combattre jusqu’au bout les masses du bas clergé universitaire porteuses du politiquement correct.
Né le 11 août 1951 et mort le 4 novembre 2013, le brillant universitaire qu’était Daniel Lefeuvre avait suivi  la voie ouverte par Jacques Marseille qui fut son directeur de thèse. Après que ce dernier eut magistralement prouvé que, loin de les avoir pillées, la France s’était appauvrie dans ses colonies[1], Daniel Lefeuvre, alors professeur à l’université de Paris VIII, démontra dans un livre fondateur[2] que l’Algérie fut un insupportable fardeau pour la France et que, loin de l’avoir pillée, la France s’y ruina.
Une telle remise en cause de la doxa marxisto-tiers-mondiste venant d’un ancien communiste[3] provoqua un véritable déchaînement de haine chez les « bien-pensants ».
La thèse de Daniel Lefeuvre renversait les dogmes et les idées-recues. Que l’on en juge : en 1959, toutes dépenses confondues, la « Chère Algérie » engloutissait à elle seule 20% du budget de l’Etat français, soit davantage que les budgets additionnés de l’Education nationale, des Travaux publics, des Transports, de la Reconstruction et du Logement, de l’Industrie et du Commerce !  
En soulageant les misères des populations algériennes et en faisant reculer la mortalité infantile la France avait créé les conditions d’une catastrophe qu’elle s’était elle-même condamnée à gérer. Résultat du dévouement et de l’efficacité du corps médical français, à partir de 1945, chaque année 250 000 naissances nouvelles étaient comptabilisées en Algérie, soit un accroissement de 2,5 à 3% de la population d’où un doublement tous les 25 ans. Or, depuis les années 1930 les ressources locales stagnaient et depuis 1935 le territoire n’était plus en mesure de nourrir sa population. La France devait donc, et toujours aux frais du contribuable métropolitain, y importer grains, pommes de terre, viande, laitages etc., Même l’huile produite localement ne suffisait plus à la consommation.
L’image d’Epinal de l’Algérie « grenier » de la France s’envolait ainsi sous le froid scalpel de l’historien économiste.
Daniel Lefeuvre montrait ainsi que l’Algérie s’enfonçait inexorablement dans le néant, les gouvernements français successifs se contentant d’accompagner financièrement une crise allant en s’aggravant année après année, tout en nourrissant les bouches nouvelles, en bâtissant des hôpitaux, des écoles, des routes, des ponts et en tentant de créer artificiellement des  milliers d’emplois.     
A l’exception de Vichy qui tenta une audacieuse politique d’industrialisation qui ne fut pas poursuivie après la Libération, aucun gouvernement n’osa lancer les indispensables grandes réformes structurelles. Aucun n’osa poser la question du nécessaire désengagement, l’appartenance de l’Algérie à l’ensemble français étant alors une évidence pour tous les partis politiques, de droite comme de gauche, parti communiste compris. Mais l’aveuglement avait un coût que les économistes et les milieux patronaux métropolitains évaluèrent. Lucides et inquiets ils tirèrent la sonnette d’alarme. En vain.  
En 1953 les politiques durent se rendre enfin à l’évidence car les recettes locales ne permettaient plus de faire face aux dépenses de fonctionnement. L’Algérie était bel et bien en faillite.
En 1952, anticipant en quelque sorte la situation, le gouvernement de l’époque avait demandé au parlement le vote de 200 milliards d’impôts nouveaux, tout en étant contraint de faire des choix budgétaires douloureux. Pour aider encore davantage l’Algérie il fallut donc faire patienter la Corrèze et le Cantal. Le sacrifice des Français de France fut alors double puisque leurs impôts augmentaient tandis que les engagements de l’Etat dans les domaines routiers, hospitaliers, énergétiques, etc., étaient amputés ou retardés.
« Tutrice généreuse », la France couvrait « avec constance les découverts de sa pupille », et l’implication du budget national dans les déséquilibres algériens allait sans cesse en augmentant. C’est ainsi que, de 1949 à 1953 le volume des investissements sur fonds publics en francs courants atteignit 305 milliards dont les 4/5° assurés par l’Etat français. De 1952 à 1956 les ressources d’origine métropolitaine affectées au financement du 2° plan d’équipement passèrent de 50% à plus de 90%. Le pic de l’aberration fut même atteint avec le « Plan de Constantine » annoncé par le général De Gaulle le 3 octobre 1958 et qui, lui aussi, prétendait apporter une réponse économique à des problèmes sociaux, démographiques, culturels et politiques.
  
L’addition des sommes versées par l’Etat français,  donc par nos parents ou nos grands-parents, donne le vertige :
- Durant les seuls 9 premiers mois de 1959 les crédits d’investissement en Algérie  atteignirent 103,7 milliards dont 71,5 milliards directement financés par le Trésor français.
-De 1950 à 1956, la seule industrie algérienne reçut, hors secteur minier, en moyenne 2 395 millions d’anciens francs annuellement.
- En 1959 et en 1960 cette somme  atteignit en moyenne 5 390 millions.
Entre 1959 et 1961, pour le seul « plan de Constantine », les industries métropolitaines investirent 27,40 milliards d’anciens francs hors secteur des hydrocarbures. Les industriels français étaient-ils soudainement devenus philanthropes, eux qui s’étaient jusque là prudemment tenus à l’écart de la « chère Algérie » ? Daniel Lefeuvre donne l’explication cette soudaine « générosité » : « le prix des créations d’usines en Algérie  (a) été payé par les contribuables métropolitains grâce à un cadeau de 90 millions d’anciens francs fait par l’Etat à chaque industriel » !
Quels intérêts la France avait-elle donc à défendre en Algérie pour s’y ruiner  avec une telle obstination, avec un tel aveuglement ? La réponse est claire : économiquement aucun ! Et pourtant : « Que d’articles, de déclarations, de discours pour rappeler que l’Algérie est le premier client de la France ! Que de sottises ainsi proférées sur le nombre d’ouvriers français qui travaillaient grâce aux commandes passées par l’Empire ! » écrit Daniel Lefeuvre.
Qu’il s’agisse des minerais, du liège, de l’alpha, des vins, des agrumes etc., toutes les productions  algériennes avaient en effet des coûts supérieurs à ceux du marché. En 1930 le prix du quintal de blé était de 93 francs en métropole alors que celui proposé par l’Algérie  variait entre 120 et 140 f, soit 30 à 50% de plus.
   
C’est parce que la France payait sans discuter que l’Algérie pouvait pratiquer ces prix sans rapport avec les cours mondiaux ce qui, en 1934, fit tout de même dire au rapporteur général de la Commission des finances des Assemblées financières algériennes : « Il n’y a pas d’exemple assurément que par sa législation protectrice, par son économie dirigée, l’Etat ait fait subir à la loi naturelle de l’offre et de la demande une aussi profonde mutilation ».
Résultat d’une telle politique, l’Algérie qui avait vu se fermer tous ses débouchés internationaux en raison de ses prix n’eut bientôt plus qu’un seul client et un seul fournisseur, la France, qui continuait d’acheter à des cours largement supérieurs au marché des productions qu’elle avait déjà largement payées puisqu’elle n’avait cessé de les subventionner !
Le plus insolite est que l’Algérie ne fit aucun effort tarifaire dans sa direction, dévorant sans gène une rente de situation assurée par les impôts des Français. Ainsi, entre 1930 et 1933, alors que le vin comptait pour près de 54% de toutes ses exportations agricoles, le prix de l’hectolitre qu’elle vendait à la France était supérieur de 58% à celui produit en Espagne, ce qui n’empêchait pas la  métropole de se fermer au vin espagnol pour s’ouvrir encore davantage au sien…
Daniel Lefeuvre a également démontré que, contrairement aux idées reçues,  la main d’œuvre industrielle en Algérie était  plus chère que celle de la métropole. Un  rapport de Saint-Gobain daté de 1949 en évalue même le surcoût : « pour le personnel au mois, la moyenne des (rémunérations versées) ressort à 27000 f pour la métropole contre 36000 f en Algérie (…) Par comparaison avec une usine métropolitaine située en province, l’ensemble des dépenses, salaires et accessoires est de 37% plus élevée ».
L’industrialisation de l’Algérie était donc impossible, sauf à rembourser ce surcoût aux industriels. C’est d’ailleurs ce que fit la France comme le montre l’exemple de la verrerie particulièrement bien étudié par Lefeuvre. En 1945 une bouteille fabriquée en Algérie coûtant 78% de plus que la même bouteille produite en métropole, il valait mieux importer que de fabriquer sur place. Un accord fut alors conclu entre les Verreries d’Afrique du Nord (VAN), la Caisse des marchés de l’Etat et le Crédit national : les VAN s’engageaient  à produire en Algérie même des bouteilles et des dérivés puis à les mettre sur le marché à un prix agréé par le Gouvernement général de l’Algérie ; en contrepartie l’Etat prenait à son compte les pertes. Quant aux investissements nécessaires à la relance de la fabrication et qui étaient  de 150 millions de f de 1946 ils étaient assurés pour 50 millions par l’Etat et les 100 millions restants par emprunt du Crédit national avec garantie étatique. De plus, pour faire face aux dépenses de fabrication, les VAN disposeraient de crédits d’aval de 70 millions consentis par la Caisse des marchés.  
Pour survivre, l’industrie algérienne devait non seulement disposer d’un marché local protégé mais encore être subventionnée par l’Etat français…
La découverte des hydrocarbures en 1956 ne changea pas la donne et l’Etat français fut contraint d’imposer quasiment à des compagnies réticentes une mise en production qui débuta timidement entre 1957 et 1959 pour démarrer véritablement en 1961. Ce pétrole  était en effet trop léger pour la transformation en fuel dont avait alors besoin l’industrie française. De plus, à cette époque, le marché mondial était saturé et le pétrole algérien entrait directement en concurrence avec le pétrole libyen plus facile à exploiter et à écouler. Enfin, le brut algérien était cher : 2,08 $ le baril contre 1,80 $ au cours mondial. Une fois encore la France vola donc au secours de l’Algérie en surpayant un pétrole dont elle avait pourtant financé les recherches et la mise en exploitation !
Concernant l’immigration algérienne en France, et contrairement à tous les poncifs, Daniel Lefeuvre  a  définitivement démontré qu’avec le statut du 20 septembre 1947 conférant la citoyenneté française aux musulmans d’Algérie, ce fut la préférence nationale, en l’occurrence la préférence algérienne, que choisirent les gouvernements de la IV° République. Contrairement à une autre idée-recue, les choix des patrons métropolitains étaient au contraire à la main d’oeuvre italienne, espagnole et portugaise mieux formée donc moins chère et facilement assimilable. Comme l’écrit encore Daniel Lefeuvre, « contrairement à une légende tenace, l’afflux d’Algériens en métropole, dans les années 1950, ne répond pas aux besoins en main d’œuvre de l’économie française au cours des années de reconstruction ou des Trente Glorieuses » ce qui détruit « l’imagerie de rabatteurs, parcourant le bled, pour fournir à un patronat avide, la main d’œuvre abondante et bon marché dont il serait friand ».
A lire ces lignes, on comprend que les Coquery-Vidrovitch, les Liauzu et les Stora aient eu des brûlures d’estomac…
Bernard Lugan
 08/11/2013


 [1] Marseille, J., Empire colonial et capitalisme français. Histoire d’un divorce. Réédition en 2005.
 [2] Daniel Lefeuvre   Chère Algérie. La France et sa colonie (1930-1962). 512 pages, 2005. Il s’agit de sa thèse remaniée pour le grand public.
 [3] Avec Daniel Lefeuvre, il nous arrivait d’évoquer nos « campagnes » du quartier latin, lui, comme militant des jeunesses communistes, moi à la tête du service d’ordre de l’Action Française. Il aimait raconter qu’il avait été particulièrement impressionné un jour où, alors que se tenait un grand meeting « antifasciste » à la Sorbonne, quelques audacieux (nous étions douze) n’avaient pas craint de l’attaquer au cri de « communistes hors des facs » et « vive le roi », avant de disperser les assistants à coups de manches de pioche…Ce fut à ce moment là disait-il en souriant que j’ai compris pourquoi les masses spartakistes avaient perdu devant les corps francs… 

 

Source: http://www.bernardlugan.blogspot.fr/

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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 11:01

 

Cette soirée du 30 octobre fut mémorable à plusieurs titres. L'Institut Duc d'Anjou, le Centre d’Etudes Historiques et Vexilla Galliae ont invité le Père Augustin Pic, dominicain, à présenter la vie de l'abbé Edgeworth de Firmont, auquel il a consacré un brillant ouvrage.

Description de l'image Abbé Edgeworth.jpg.Cette sainte figure de prêtre est connue pour avoir été le dernier confesseur du Roi martyr Louis XVI. Le révérend Père nous a fait profiter des fruits de ses recherches, publiant des documents encore inconnus de la vie d'Edgeworth, avant et après le fameux "Fils de Saint Louis, montez au Ciel", prononcé au pied de l'échafaud.

Mais comment évoquer cette soirée sans souligner la présence du Prince Louis de Bourbon ? Le Duc d'Anjou, passionné par la conférence du Père (qui ne cache pas ses affinités pour la monarchie française) a ensuite partagé quelques instants avec les personnes présentes, dans une salle comble. Chacun a pu échanger quelques mots avec Monseigneur, qui n'a pas manqué de se prêter au jeu des nombreux photographes.

Cette soirée fut une réussite sur tous les plans. Le public était au rendez-vous, la salle pleine à craquer, la conférence passionnante et le Prince entouré de celles et ceux qui lui souhaitent d'accomplir la succession de son aïeul martyr accompagné jusqu'au pas du Ciel par l'abbé Henry Essex Edgeworth de Firmont.

 

 

Le révérend-père Augustin Pic et Jean-Christian Pinot


Avec Monseigneur

Vexilla Galliae, toujours présent

Une vue de la salle 

A la droite de Monseigneur, Hervé Pinoteau, Isabelle Hue et Franck Hériot 

Chapour Sadler, ancien ministre du Shah d'Iran et son fils


Source: http://www.vexilla-galliae.fr/royaute/vie-des-royalistes/529-une-soiree-royale

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 22:55

C'était aujourd'hui le 220ème anniversaire de la mort de Marie-Antoinette, Reine de France et de Navarre, guillotinée par les barbares le 16 octobre 1793. Le meurtre d'une femme ou quand la république assassine une mère...

 

« Pire que le régicide », jugea Napoléon !



À plus de deux siècles de distance, le procès des 14, 15 et 16 octobre 1793, condamnant Marie-Antoinette à la peine de mort, n'est pas clos. On attend toujours le verdict de la justice et de l'équité.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/3b/Marie_Antoinette_Adult4.jpg/426px-Marie_Antoinette_Adult4.jpg

Marie-Antoinette en 1783, par Élisabeth Vigée-Le Brun

 

 

 

  •  

Dernière lettre de Sa Majesté la Reine Marie-Antoinette.

 

écrite à l’intention de sa belle-soeur, Madame Elisabeth, et souvent appelée « Testament de la Reine ».

 

2012-64. Dernière lettre de Sa Majesté la Reine Marie-Antoinette. dans Lectures & relectures s.m.la-reine-chapelle-expiatoire-paris-e1350279990666

 

Groupe sculpté représentant

S.M. la Reine Marie-Antoinette soutenue par la Religion

Paris – Chapelle Expiatoire

Sur le socle est gravé le texte de cette dernière lettre, dite « testament de la Reine »

 

lys-2 16 octobre dans Vexilla Regis

 

J’avais déjà publié la photographie des dernières lignes écrites par Sa Majesté la Reine, sur la page de garde de son livre d’heures (> www), et j’avais alors rappelé de quelle manière cette infortunée Souveraine avait été assistée dans sa prison par la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich.

Voici aujourd’hui le texte complet de ce que l’on appelle improprement le « testament de la Reine », puisqu’il s’agit en réalité de sa dernière lettre, adressée à sa belle-soeur, Madame Elisabeth de France (soeur de Louis XVI, elle aussi condamnée à mort et guillotinée le 10 mai 1794. NdCR.); lettre qui ne sera bien évidemment jamais remise à sa destinataire.

 

lys-2 assassinat de la Reine

 

le 16 Octobre 1793. 4h30 du matin.

 

« C’est à vous, ma soeur, que j’écris pour la dernière fois : je viens d’être condamnée non pas à une mort honteuse, elle ne l’est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère, comme lui, innocente, j’espère montrer la même fermeté que lui dans ces derniers moments.

 

Je suis calme comme on l’est quand la conscience ne reproche rien ; j’ai un profond regret d’abandonner mes pauvres enfants ; vous savez que je n’existais que pour eux et vous, ma bonne et tendre sœur. Vous qui avez, par votre amitié, tout sacrifié pour être avec nous, dans quelle position je vous laisse! J’ai appris, par le plaidoyer même du procès, que ma fille était séparée de vous. Hélas! la pauvre enfant, je n’ose pas lui écrire, elle ne recevrait pas ma lettre ; je ne sais même pas si celle-ci vous parviendra : recevez pour eux deux ici ma bénédiction. J’espère qu’un jour, lorsqu’ils seront plus grands, ils pourront se réunir avec vous, et jouir en entier de vos tendres soins.

 

Qu’ils pensent tous deux à ce que je n’ai cessé de leur inspirer : que les principes et l’exécution exacte de ses devoirs sont la première base de la vie ; que leur amitié et leur confiance mutuelle en feront le bonheur. Que ma fille sente qu’à l’âge qu’elle a elle doit toujours aider son frère par des conseils que l’expérience qu’elle aura de plus que lui et son amitié pourront lui inspirer ; que mon fils, à son tour, rende à sa sœur tous les soins, les services que l’amitié peut inspirer ; qu’ils sentent enfin tous deux que, dans quelque position où ils pourront se trouver, ils ne seront vraiment heureux que par leur union. Qu’ils prennent exemple de nous : combien, dans nos malheurs notre amitié nous a donné de consolation ; et dans le bonheur on jouit doublement, quand on peut le partager avec un ami ; et où en trouver de plus tendre, de plus cher que dans sa propre famille? Que mon fils n’oublie jamais, les derniers mots de son père, que je lui répète expressément : « qu’il ne cherche jamais à venger notre mort ».

 

J’ai à vous parler d’une chose bien pénible à mon cœur. Je sais combien cet enfant doit vous avoir fait de la peine ; pardonnez-lui, ma chère sœur ; pensez à l’âge qu’il a, et combien il est facile de faire dire à un enfant ce qu’on veut, et même ce qu’il ne comprend pas : un jour viendra, j’espère, où il ne sentira que mieux tout le prix de vos bontés et de votre tendresse pour tous deux. Il me reste à vous confier encore, mes dernières pensées ; J’aurais voulu les écrire dès le commencement du procès ; mais outre qu’on ne me laissait pas écrire, la marche en a été si rapide que je n’en aurais réellement pas eu le temps.

 

Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle de mes pères, dans celle où j’ai été élevée, et que j’ai toujours professée ; n’ayant aucune consolation spirituelle à attendre, ne sachant pas s’il existe encore ici des prêtres de cette religion, et même le lieu où je suis les exposerait trop, s’ils y entraient une fois, je demande sincèrement pardon à Dieu de toutes les fautes que j’ai pu commettre depuis que j’existe. J’espère que, dans sa bonté, Il voudra bien recevoir mes derniers vœux, ainsi que ceux que je fais depuis longtemps pour qu’Il veuille bien recevoir mon âme dans sa miséricorde et sa bonté. Je demande pardon à tous ceux que je connais, et à vous, ma sœur, en particulier, de toutes les peines que, sans le vouloir, j’aurais pu vous causer. Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu’ils m’ont fait. Je dis ici adieu à mes tantes et à tous mes frères et sœurs. J’avais des amis ; l’idée d’en être séparée pour jamais et leurs peines sont un des plus grands regrets que j’emporte en mourant ; qu’ils sachent, du moins, que, jusqu’à mon dernier moment, j’ai pensé à eux. Adieu, ma bonne et tendre sœur ; puisse cette lettre vous arriver! Pensez toujours à moi ; je vous embrasse de tout mon cœur, ainsi que ces pauvres et chers enfants : mon Dieu! qu’il est déchirant de les quitter pour toujours. Adieu, adieu, je ne vais plus m’occuper que de mes devoirs spirituels. Comme je ne suis pas libre dans mes actions, on m’amènera peut-être un prêtre ; mais je proteste ici que je ne lui dirai pas un mot, et que je le traiterai comme un être absolument étranger. »

 


armes-marie-antoinette_of_austria dernière lettre

 

Source: http://leblogdumesnil.unblog.fr/2012/10/15/2012-64-derniere-lettre-de-sa-majeste-la-reine-marie-antoinette/

via https://fr-fr.facebook.com/MessesALaMemoireDeSmLaReineMarieAntoinette/posts/566737276712645

 

 


On recourut aux chefs d'inculpation politiques suivants, relevant littéralement de l'inversion accusatoire :



- Organisatrice de "l'orgie" du 1er octobre 1789,
- Responsable du massacre de juillet 1791,
- Responsable de l'horrible conspiration du 10 août, (alors qu'on était là au coeur du complot maçonnique, NdCR.)
- Dilapidation du trésor national,
- Intelligence avec les ennemis de la République,
- Atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de la France, (alors que c'est la Convention qui a déclaré la guerre à l'Europe... le 20 avril 1792, une guerre qui durera jusq'en 1815. NdCR.)
- Responsable de la guerre civile (alors que là aussi c'est la secte oligarchique qui arma et paya les émeutiers de 1789 !).

 


Quelle liste impressionnante pour une seule personne, fût-elle Reine de France!
Mais cette liste aussi impressionnante soit-elle ne suffit pas aux assassins. C'est pouquoi on vit défiler à la barre toute une kyrielle de témoins à charge dont les dépositions sont à la hauteur du procès lui-même tant le ridicule le dispute au grotesque et au sordide: bouteilles de vin trouvées sous le lit de la Reine destinées à saouler les gardes suisses, comportement incestueux de la Reine vis-à-vis du "jeune Capet" (le Dauphin devenu, à la mort de son père, Louis XVII). La république se vautre dans la fange et les caniveaux pour perdre Marie-Antoinette, mais cette charge proférée par Jacques-René Hébert se retourna contre les révolutionnaires. Lorsque le président du tribunal questionna la Reine sur les motifs de son silence par rapport à cette terrible accusation, Marie-Antoinette eut cette réplique :

"Si je n'a pas répondu, c'est que la nature se refuse à répondre à une pareille inculpation faite à une mère. J'en appelle à toutes celles qui peuvent se trouver ici."

Marie-Antoinette, note le greffier, est vivement émue et cette émotion passe soudain dans le public pourtant peu disposé, c'est le moins que l'on puisse dire, à la compassion à l'égard de la Reine. Le tribunal n'insistera pas sur cette accusation mensongère. Quand Robespierre apprendra les faits et l'accusation stupide, il qualifiera Hébert d'imbécile. Pour un peu Marie-Antoinette aurait retourné le public en sa faveur!

 

Marie-Antoinette en femme très pragmatique devait savoir que son sort était scellé d'avance et qu'elle ne devait attendre, dans cette tourmente haineuse qui s'était emparée du pays, aucune clémence de la part du tribunal révolutionnaire.

La presse de l'époque s'accorde à dire que la Reine ne manifesta aucune émotion visible à la lecture de l'acte de condamnation. Ce fait est confirmé par Chauveau-Lagarde, un de ses avocats:

"Elle ne donna pas le moindre signe de crainte, ni d'indignation, ni de faiblesse [...] Elle descendit les gradins sans proférer une parole, ni faire aucun geste, traversa la salle comme sans rien voir ni rien entendre; et lorsqu'elle fut arrivée devant la barrière où était le peuple, elle releva la tête avec majesté."

Dès lors il ne lui reste que quelques heures à vivre.

 

Marie-Antoinette dans la charrette qui la conduit vers le supplice


Indifférente aux moqueries, aux insultes, aux propos grossiers qui, n'en doutons point, fusèrent sur le parcours elle se dirige les yeux mi-clos vers son supplice. Elle n'est déjà plus sur terre. La place de la révolution est noire de monde ce jour-là. Nul doute que la propagande révolutionnaire a fait son œuvre pour ameuter la populace qui se repaît de ces orgies sanglantes. Celle-ci, qui plus est, est particulièrement gratinée! Pensez donc! Ce n'est pas tous les jours que l'on coupe la tête d'une reine de France. C'est même une grande première dans le royaume des lys. A ne manquer sous aucun prétexte! Y eut-il dans cette foule quelques anonymes venus soutenir discrètement par la prière la condamnée afin qu'elle ne défaillît point à l'ultime instant? Peut-être, nous ne le saurons jamais! Mais une chose est certaine c'est que les spectateurs n'auront pas eu le plaisir sadique de voir la Reine de France prise de peur à la vue de l'échafaud. A la surprise générale, elle descend seule, sans soutien, de la charrette avec "promptitude et légèreté", dit Rouy dans la relation qu'il fit de la scène, bien que ses bras soient liés; Il ajoute plus loin: "Elle est même montée à la bravade, avec un air plus calme et plus tranquille qu'en sortant de prison." "Audacieuse et insolente jusqu'au bout", écrira le Père Duchesne, le journal révolutionnaire d'Hébert, cité comme témoin dans le procès de Marie-Antoinette, comme nous l'avons vu plus haut.

Dans son empressement, la Reine marche involontairement sur le pied du bourreau. "Monsieur, je vous en demande pardon." Pardon, ce sera le dernier mot prononcé sur terre par la Reine. Désormais tout ce qui suit est entre les mains de Dieu.

Exécution de Marie-Antoinette, place de la révolution

 

Source: http://gestadeiperfrancos.blogspot.fr/2007/10/memento-domine.html 

 

. Marie-Antoinette: quelques vérités historiques

. 16 octobre 1793 Exécution de Marie-Antoinette

. Propagande : "S'ils ne mangent pas de pain, qu'ils mangent de la brioche !"

. 14 juillet 1789 : La Révolution dite "française"

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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 10:10

Le 6 octobre 2013 a eu lieu une commémoration oecuménique catholique-orthodoxe pour la célébration du 1700e anniversaire de l'édit de Milan, ou 17e centenaire, à Niš en Serbie, ville de naissance de l'empereur Constantin.   La délégation de l’église catholique romaine était conduite par le Cardinal Jozef Tomko, elle était accompagnée des représentants de l’église d’Arménie. Cet édit de 313 ap. J.-C., édit de tolérance, met fin à la persécution des chrétiens dans l'empire romain et stipule que dorénavant chacun peut « adorer à sa manière la divinité qui se trouve dans le ciel » ; il accorde la liberté de culte à toutes les religions et permet aux chrétiens de ne plus devoir vénérer l’empereur comme un dieu (ce qui fut auparavant le prétexte aux persécutions).

 

 

LES COMMÉMORATIONS DE L'ÉDIT DE CONSTANTIN, 6 octobre à Nis

 

Image illustrative de l'article Constantin Ier (empereur romain)Invité par le patriarche Irénée de Serbie, les primats des Églises orthodoxes, dont le patriarche oecuménique Bartholomée, et le patriarche Kirill de Moscou se sont réunis le 6 octobre à Niš, ville d'origine du saint empereur Constantin, pour célébrer le 1700ème anniversaire de l'édit de Milan, qui avait mis fin à la persécution des chrétiens dans l'empire romain.

 

La liturgie était coprésidée par le patriarche Barthélemy de Constantinople, Théophile de Jérusalem, Kirill de Moscou, Irénée de Serbie, Chrysostome II de Chypre, Jérôme II d'Athènes, Anastase d'Albanie, Sabba de Pologne, de nombreux évêques.

 

La délégation de l’Église catholique romaine était conduite par le Cardinal Jozef Tomko. Des représentants de l'Église apostolique arménienne étaient également présents.

 


Le Président Tomislav Nikolić, le Premier ministre Ivica Dacić ainsi que de nombreux membres du gouvernement, le Président de la Republika Srpska de Bosnie-Herzégovine (RS) Milorad Dodik et le Président du Monténégro Filip Vujanović assistèrent à la cérémonie.

 

Cependant, l’Eglise catholique avait déjà célébré cet anniversaire il y a deux semaines. Le cardinal-archevêque de Milan, Mgr Angelo Scola, et l’archevêque de Belgrade, Mgr Stanislav Ho?evar avaient présidé une messe à Niš.

 

[...] L’édit de Milan ou édit de Constantin, promulgué par les empereurs Constantin Ier et Licinius en avril 313, est un édit de tolérance par lequel chacun pouvait « adorer à sa manière la divinité qui se trouve dans le ciel » ; il accordait la liberté de culte à toutes les religions et permettait aux chrétiens de ne plus devoir vénérer l’empereur comme un dieu. (source : Orthodoxie)

 

via http://infocatho.cef.fr/fichiers_html/archives/deuxmil13sem/semaine40/213nx402eglisek.html

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/e3/Dream_of_Constantine_Milvius_BnF_MS_Gr510_fol440.jpg

Songe de Constantin et bataille du pont Milvius, illustration des Homélies de Grégoire de Nazianze, 879-882, Bibliothèque nationale de France (Ms grec 510)

 

Autre exemple de chrisme, avec les lettres « alpha » et « omega »

Lors de bataille du Pont Milvius en 312, à quelques kilomètres au nord-est de Rome, deux empires, deux mondes se sont affrontés devant les siècles : l'empire païen des Césars et la monarchie chrétienne, le monde païen et le monde chrétien.

 

Combattant sous le drapeau marqué de la croix, l'armée de Constantin , estimée à 50.000, composée de Gaulois et de chrétiens, vainquit sous les murs de Rome, l'armée païenne composée de Francs et de Goths, estimée à 100.000, commandée par l'empereur usurpateur Maxence (306-312). Les pertes sont inconnues. Constantin se fit chrétien et conclua ainsi la paix avec l'Église. Il édifia à Rome une basilique sur le tombeau de saint Pierre, premier pape.

 


C'est peu avant le début de la bataille que Constantin déclara avoir eu une vision, qui lui apparut sous la forme d'un chrisme (exemple ci-contre) symbole formé de la conjonction des lettres grecques X Chi et P Rho (XP), soit les deux premières lettres du mot Christ; Constantin vit ou entendit également Εν Τουτω Νικα, traduit en latin par In hoc signo vinces — Tu vaincras par ce signe (Lactance, De la mort des persécuteurs, 44, 8.) Bien que païen, Constantin décida de faire apposer ce symbole sur le bouclier de ses soldats comme étendard (labarum). Il servit d'emblème aux empereurs chrétiens qui succédèrent à Constantin. La vision de Constantin est rapportée par l'historien chrétien Eusèbe de Césarée, qui prétend l'avoir apprise de la bouche même de Constantin (Vie de Constantin, 29.)

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/e4/Chrisme_PARIS_Saint_Fran%C3%A7ois-Xavier.jpg/800px-Chrisme_PARIS_Saint_Fran%C3%A7ois-Xavier.jpg
Chrisme surplombant une chapelle de l'Eglise Saint-François-Xavier, Paris

 

  • http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/33/M%C3%A9daille_Metz_1913.jpg/530px-M%C3%A9daille_Metz_1913.jpg

Médaille allemande frappée pour un pèlerinage à Metz en 1913, rappelant le 16ème centenaire de l'édit de Milan

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/ef/M%C3%A9daille_Metz_1913_revers.jpg/513px-M%C3%A9daille_Metz_1913_revers.jpg

revers de cette médaille portant le chrisme

Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89dit_de_Milan

 

 

L'église catholique a souligné ce moment historique du 17e centenaire de l'édit de Milan par plusieurs messes dans la ville de Milan. L'église orthodoxe a elle fait une grande fête populaire dans la ville de  Niš. Pour cet événement l'église orthodoxe serbe a fait bâtir une cathédrale, la cathédrale de Constantin et Helena dans la ville de Niš.

Le patriarche serbe Irinej a appelé tous les croyants et les gens de bonne volonté à se joindre à la cérémonie finale pour marquer ce grand événement historique.

 

La célébration a eu lieu devant la nouvelle église des saints empereurs Constantin et Hélène à Niš. La liturgie a été présidée par le patriarche œcuménique Bartholomée, assisté des patriarches Théophile de Jérusalem, Cyrille de Moscou, Irénée de Serbie, des archevêques Jérôme d’Athènes, Chrysostome de Chypre, Anastase d’Albanie et Sava de Pologne. Des représentants des communautés musulmanes ont assisté à la cérémonie. Parmi les officiels se trouvaient notamment le président serbe Tomislav Nikolić, le Premier ministre Ivica Dacić et le prince héritier Alexandre Karadjorjević. Selon les estimations de la police, 15.000 personnes assistaient aux festivités.

 

 

http://www.blic.rs/data/images/2013-10-05/386079_nis-krst-foto--k-kamenov-3_f.jpg?ver=1381005818

 

Le soir venu, 5.000 fidèles amassés, ont fait une croix vivante au flambeau.

 

 

Devant la nouvelle église des saints empereurs Constantin et Hélène à Niš a eu lieu la principale célébration du 1700ème anniversaire de l’édit de Milan. La liturgie a été présidée par le patriarche œcuménique Bartholomée, assisté des patriarches Théophile de Jérusalem, Cyrille de Moscou, Irénée de Serbie, des archevêques Jérôme d’Athènes, Chrysostome de Chypre, Anastase d’Albanie et Sava de Pologne. Des représentants des autres religions chrétiennes et également des communautés musulmanes assistaient à la cérémonie. Parmi les officiels se trouvaient notamment le président serbe Tomislav Nikolić, le Premier ministre Ivica Dacić et le prince héritier Alexandre Karadjorjević. Selon les estimations de la police, 15.000 personnes assistaient aux festivités. - See more at: http://www.orthodoxie.com/actualites/celebration-panorthodoxe-a-nis-pour-le-1700e-anniversaire-de-ledit-de-milan/#sthash.M76qcCJi.dpu

. Identité nationale : Pont Milvius (312) et Tolbiac (496) : berceaux de la civilisation chrétienne et française

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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 15:27

 

Image illustrative de l'article Pie XIILes couvents de Rome, refuges des juifs sous l'Occupation

 

Un texte inédit de Saul Israel publié par L'Osservatore Romano (Zenit.org)

 

Pour le professeur Giorgio Israel, mathématicien italien, « l’ouverture [aux juifs] des portes de couvents et de maisons religieuses » sur ordre de Pie XII est « une évidence ».

 

Son père, Saul Israel, médecin et écrivain juif de Salonique (1897-1981), citoyen italien, a subi la persécution nazi-fasciste et a trouvé refuge au couvent de Saint-François, rue Merulana, à Rome (cf. Ci-joint, le document inédit, Zenit du 8 octobre 2013, dans notre traduction intégrale de l'italien).

 

Le témoignage complet de Paul Israel a été publié il y a quatre ans, dans « Pour la défense de Pie XII. Les raisons de l’histoire » (« In difesa di Pio XII, Le ragioni della storia », Venise, Marsilio, 2009).

 

Or, un texte inédit vient d'être retrouvé par son fils Giorgio: « En mettant de l’ordre dans les papiers de mon père je suis tombé sur un autre document dont j’ignorais l’existence, qui constitue un témoignage encore plus direct et tissé d’éléments factuels », explique Giorgio Israel dans L'Osservatore Romano.

 

Il s'agit d'un brouillon d’une « déclaration envoyée à l’Association Guglielmo Pallavicini à l’occasion de la cérémonie commémorative en l’honneur de Pie XII qui a eu lieu à Zagarolo le 29 juin 1965 ».

 

« Lire (ou relire) ce document n’est pas inutile aujourd’hui, étant donné que ce qui passait alors pour une évidence — « l’ouverture [aux juifs] des portes de couvents et de maisons religieuses » sur ordre de Pie XII, comme chacun savait » — ne semble plus l’être », fait-il observer.

 

Giorgio Israel rend également hommage aux « prêtres cités pour leur engagement généreux ».

 

 

Sources: http://www.zenit.org/fr/articles/les-couvents-de-rome-refuges-des-juifs-sous-l-occupation

via http://belgicatho.hautetfort.com/archive/2013/10/09/temp-910eabc2ff449a3890492dad20336412-5192010.html

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 16:46

Après les crimes d'Etat, les mensonges d'Etat !

 

Un article trouvé sur Herodote.net qui dénonce les "mensonges d'Etat" de la diplomatie américaine, sans y inclure néanmoins le 11 septembre 2001 ou Pearl Harbor.

 

 

Colin Powell devant le Conseil de sécurité de l'ONU le 5 février 2003 (DR)Les mensonges d'Etat

 

Le mensonge d'État est une spécialité dont la diplomatie américaine cultive le secret depuis plus d'un siècle (Ignacio Ramonet, rédacteur en chef du Monde diplomatique, a brillamment répertorié les mensonges que l'on peut attribuer à la diplomatie de Washington dans son éditorial de juillet 2003 en citant Herodote.net parmi ses sources d'information privilégiées.)

 

Les États-Unis ont fait du mensonge une arme de guerre depuis qu'ils sont entrés sur la scène internationale, à l'orée du XXe siècle. Au nom de l'adage qui veut que la fin justifie les moyens (adage illuministe maçonnique de la fin du XVIIIe siècle, NdCR.) ils sapent ainsi les principes moraux sur lesquels reposent la Constitution américaine et la démocratie occidentale.

 

Leur parole s'en trouve décrédibilisée, y compris lorsqu'ils dénoncent des faits comme l'emploi d'armes chimiques par le gouvernement syrien en août 2013.

 

Notons que les États démocratiques européens n'ont quant à eux jamais pratiqué le mensonge pour motifs géostratégiques (pas tout à fait exact puisque en 1792 c'est la France jacobine révolutionnaire qui a déclaré la guerre à l'Europe pour sauver "la Révolution" et étendre ses principes à l'univers... ou encore la France colonialiste de la IIIe république pour "civiliser les races inférieures", dixit le franc-maçon fanatique, dogmatique et sectaire Jules Ferry... NdCR.), peut-être par attachement à un vieux code de l'honneur.

 

Joseph Savès

 

 

Une tradition centenaire

 

Washington inaugure le mensonge d'État en 1848, avec un banal incident frontalier qui permet au président James Polk d'agresser le Mexique et de s'emparer d'immenses territoires qui constituent aujourd'hui la Californie, l'Utah, le Nouveau-Mexique et l'Arizona. Rien que ça ! Le député Abraham Lincoln a été l'une des rares personnalités à s'élever contre cette scandaleuse agression caractérisée. Cela lui a coûté son siège à l'élection suivante.

Plus tard, l'explosion en 1898 du croiseur Maine et le torpillage en 1915 du paquebot britannique Lusitania ont permis de mobiliser l'opinion américaine en faveur de l'entrée des États-Unis en guerre contre l'Espagne puis contre l'Allemagne.

L'explosion du Maine en rade de la Havane a été immédiatement attribuée par la presse américaine à l'Espagne, qui colonisait alors Cuba... C'est seulement en 1911 qu'une commission d'enquête a admis l'origine accidentelle de l'explosion, bien après que l'armée américaine a écrasé l'armée espagnole et s'est emparé des oripeaux de l'empire colonial espagnol.

La presse américaine a aussi dénoncé le torpillage du Lusitania par un sous-marin allemand, qui a entraîné la mort de plusieurs citoyens américains. Les Allemands se sont justifiés en affirmant que le paquebot transportait des armes en cachette. Les Anglo-Saxons l'ont farouchement nié et pendant près de deux ans, jusqu'en avril 1917, se sont servis de ce drame pour monter l'opinion contre l'Allemagne.

En 1972 enfin, l'ouverture des archives a confirmé les dires allemands. Autrement dit, les Anglo-Saxons ont utilisé les passagers du Lusitania comme des boucliers humains pour passer des armes en fraude.


Mensonges contre-productifs

 

Plus près de nous, la prétendue attaque de deux destroyers dans le golfe du Tonkin en août 1964 a fourni au président Lyndon Johnson le prétexte à des raids aériens sur le Nord-Vietnam. Avec au final, une décennie plus tard, une humiliation dont le pays aura le plus grand mal à se remettre.

Enfin, chacun garde en mémoire les mensonges qui ont accompagné la guerre du Golfe en 1991, avec le récit par une infirmière koweitienne, devant le Congrès américain, des sévices des troupes irakiennes et notamment du meurtre de nourrissons dans les maternités.

Retransmis sur toutes les chaînes de télévision, ce «témoignage» a permis de mobiliser l'opinon internationale contre Saddam Hussein, lequel était encore quelques mois plus tôt un allié de l'Occident contre l'Iran. 

Il s'est avéré plus tard que cette «infirmière» n'était autre que la fille de l'ambassadeur koweïtien à Washington.

Last but nos least, en avril 2003, Washington et Londres sont entrés en guerre contre l'Irak au motif que le régime de Saddam Hussein aurait détenu des «armes de destruction massive» dangereuses pour la paix du monde.

Le Secrétaire d'État Colin Powell s'est prêté au jeu en montrant au Conseil de Sécurité de l'ONU, le 5 février 2003, une ampoule de poudre blanche supposée être de l'anthrax (dangereux poison) comme preuve de l'existence de ces armes. 

La suite a prouvé de façon certaine que ces armes n'existaient pas ou avaient été détruites depuis belle lurette.

De ce mensonge d'État destiné à venger les 3.000 victimes de la tragédie du World Trade Center va résulter  la ruine de tout le Moyen-Orient, du Pakistan à l'Égypte, et le réveil de la guerre séculaire entre chiites et sunnites.

Cependant, les mensonges certifiés de Washington ne justifient pas les allégations de quelques farfelus à propos du 11 septembre 2001 ou sur la connaissance qu'aurait eue le président Roosevelt de l'attaque japonaise sur Pearl Harbor.

Souhaitons que les dirigeants américains comprennent un jour le caractère contre-productif du mensonge. Toutefois, leurs réactions disproportionnées aux révélations de Wikileaks, en 2010-2012, sur les exactions commises en Irak n'augurent rien de bon.


 

Source: http://www.herodote.net/Mensonges_d_etat-article-25.php

 

 

Alerte aux livres d'histoire mensongers !

Les crimes d'état du mondialisme (p. Ploncard d'assac)

Les crimes d'état du mondialisme (P. Ploncard d'Assac)

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 23:43

L'historienne Marion Sigaut alerte contre la publication de livres d'histoire, pour la jeunesse, partisans et idéologues, voire mensongers.

 



 

Extraits:

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51Y5Y9M297L._.jpgLe livre "La Révolution française" de Frédérick Casadesus et Erwann Surcouf, Coll. Regard Junior, Un Voyage dans le temps et l'Histoire, Mango Jeunesse, 2002. On y lit :

 

« À la veille de la Révolution, c'est une France complètement différente de celle d'aujourd'hui que tu vas découvrir. ... On meurt un peu moins jeune, les familles s'agrandissent. Grâce à la disparition des grandes épidémies, et à l'introduction de nouvelles cultures, l'espérance de vie des Français augmente légèrement. En 1789, un homme peut espérer vivre jusqu'à 28 ans et une femme jusqu'à 30, au lieu de 23 et 25 en 1730. »

 

Pour contrer cette énormité, Marion Sigaut pose la question : en 1789, les hommes vivaient jusqu'à 28 ans ? Et se réfère à l'ouvrage "Histoire" chez Fernand Nathan, classe de Seconde, dirigé par Jacques Marseille, décédé en 2010. Nouveau programme paru en 1987, avec la participation de Marc Ferro :

 

 

« Cette évolution quantitative s'accompagne d'une évolution du système familial mis en place à partir du XIIIe siècle. Ce système est caractérisé par l'âge tardif du mariage. 26-27 ans pour les hommes et 25-26 ans pour les femmes ». C'està-dire, que sous l'Ancien Régime les hommes se mariaient à 26-27 ans et ils mouraient à 28 ? ironise Marion Sigaut. Et les femmes se mariaient à 25-26 ans, pour mourir à 30. "Ils faisaient quand des enfants ces gens-là ?" demande l'historienne. Elle précise que selon "des études qui ont été faites", les jeunes filles n'étaient réglées qu'à 15 ans.

 

Le livre de Frédérick Casadesus poursuit : « Chaque famille compte en moyenne 4 enfants. » - Donc le père fait quatre enfants entre 28 et 30 ans ? demande Marion Sigaut.

 

 « Les problèmes demeurent, il devient d'autant plus difficile de nourrir tout le monde que les taxes restent très lourdes. » - L'historienne de s'interroger : "Les paysans, les gens ont toujours été taxés. Pourquoi maintenant n'arrivent-ils plus à se nourrir ? Il y a toujours eu des taxes, il y a toujours eu des émeutes contre les taxes, cela a toujours existé. Puis là brusquement il serait devenu difficile de nourrir tout le monde à cause des taxes ? Pourquoi ? Ne serait-ce pas plutôt le système libéral (mis en place par les "Lumières" sous Louis XVI. NdCR.) qui fait que les gens n'arrivent plus à se nourrir ?

 

« Près de 40% des revenus d'une famille sont versés au roi, aux seigneurs et à l'évêque. » - "Et aujourd'hui, c'est combien ? 46%" indique Marion Sigaut. "40% à la Révolution: il n'y a donc plus qu'à faire la Révolution camarades!" s'exclame avec logique l'historienne. (NdCR. Un article récent du Figaro du 24 juillet 2013 indique que le taux de prélèvements obligatoires atteint même 56,6%, soit 16 points au-dessus du taux de 1789... Sur ce sujet, lire aussi : "Taxes et impôts : 10 % du PIB en 1914, près de 50 % en 2012")


« La roue de la Fortune t'a fait-elle naître noble, prêtre, ou simple citoyen ? » demande
Frédérick Casadesus. Par définition, la Révolution bouleverse l'ordre: «  tu es noble, tu as tout perdu, tu es prêtre tu as tout perdu, ... et voilà que  la chance te sourit : tu es un simple citoyen. ... Tu es enfin reconnu. » - Parce qu'avant c'était pas des individus ? demande M. Sigaut ? «Tu n'es plus méprisé » -  "Ha bon ? À partir de la Révolution on ne méprise plus personne ?" demande M. Sigaut.

 


« Vive la liberté d'opinion: place aux bavards. Tu peux exprimer librement ton opinion », écrit F. Casadesus. - "Cela dépend  à quelle époque", explique M. Sigaut. (Les Vendéens qui ont exprimé leur 'opinion' ont été génocidé... NdCR.)

 


«Tu peux être élu au sein d'une assemblée ... Tu exerces un pouvoir important, tu changes le cours de l'histoire », écrit F. Casadesus. - "À condition d'être assez riche", corrige M. Sigaut. "La Révolution française c'est le suffrage censitaire".

 

Pour rappel... Il est faux de dire que l'on pouvait être élu au sein d'une assemblée et même que l'on pouvait "changer le cours de l'histoire" car exerçant "un pouvoir important". Il suffit de lire les travaux de l'historien Patrice Gueniffey pour s'en convaincre. Dans Histoires de la Révolution et de l'Empire (2011) on apprend que le système mis en place en 1791, transformant les Etats généraux en assemblée dite "nationale" législative est une "oligarchie", un "système de cooptation", une 'classe' politique distincte du reste de la société". C'est écrit noir sur blanc :


http://www.laprocure.com/cache/couvertures_mini/9782262033330.jpg « Les "élections" de juin 1791 se traduisirent par une forte abstention. "La participation avait atteint son étiage; elle ne devait plus remonter de façon significative, les consultations organisées les années suivantes,... n'ayant jamais mobilisé plus du cinquième des électeurs. ... En l'absence de votants, le système électif se transforme très vite en un système de cooptation, les uns accédant aux charges que les autres viennent de quitter, et réciproquement. La promotion aux responsabilités se fait en circuit fermé : les fonctionnaires peuplent les assemblées chargées d'élire les fonctionnaires. ...La réalité du système répondait à un besoin, celui de la formation d'une classe politique ... qui soit assurée de la continuité en étant délivrée de l'incertitude inséparable du suffrage universel. Mais l'oligarchie née de ces pratiques n'était pas moins un démenti des attentes. On imaginait en effet avec une certaine ingénuité que la vertu première d'un système électif consistait à assurer le renouvellement permanent du personnel dirigeant et l'élargissement constant de son recrutement. On n'imaginait pas que l'élection puisse conduire à la formation d'une 'classe' politique distincte du reste de la société. » (Patrice Gueniffey, Histoire de la Révolution et de l'Empire, Perrin, Collection Tempus, Paris 2011, p. 86-88).

 

Dans une préface à son son ouvrage Le Nombre et la Raison (1993), le célèbre historien François Furet a confirmé cette assertion de Patrice Gueniffey:

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41DJJJ05P7L._.jpg « Jusqu'au bout, les hommes de la Révolution auront refusé de faire des électeurs, même au second degré, les arbitres de la dévolution du pouvoir. » ( François Furet, préface in Patrice Gueniffey, Le Nombre et la Raison, La Révolution française et les élections, Editions de l'Ecole des Hautes Etudes en sciences sociales, Paris 1993, p. XI.)

 

 « ... Délibérer, légiférer, dire et incarner ... la volonté 'nationale' ... telle est la vaste prérogative donnée par la Révolution - Assemblée constituante, Assemblée Législative, et Convention ensemble - à la représentation nationale, à l'abri de tout contrôle d'en bas; si vaste que Carré de Malberg l'a analysée comme un 'absolutisme parlementaire', et Marcel Gauchet, comme un 'rousseauisme à représentants' » (François Furet, préface in Patrice Gueniffey, Le nombre et la raison, ibid., p. V-VI.)

 

François Furet écrivait lui-même en 1992 :

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51YVC08KSZL._SL500_AA300_.jpg « L'exercice du suffrage, quel qu'en fût le régime, censitaire ou universel, a été l'affaire de minorités dont les 'candidats' se disputaient les voix. » (François Furet, Mona Ozouf, Dictionnaire critique de la Révolution française, Champs Flammarion, Manchecourt 1992, p. 127.)

 

 

Dans ces conditions, arriver en 2002 et écrire comme le fait Frédérick Casadesus « (en 1791), Tu peux être élu au sein d'une assemblée », c'est mentir délibérément, à tout le moins se moquer du monde !... Notons au passage comme le relève Marion Sigaut (voir 2e partie ci-dessous) qu'en 1789, à l'élection aux Etats généraux, le système était plus démocratique qu'après ! Les Etats généraux représentaient l'intégralité de la population française. Autrement dit, il y avait plus de démocratie en 1789 sous l'Ancien Régime qu'après 1789. C'est ça la réalité. En 1791, "on ne pouvait être élu à l'assemblée que si on avait un minimum de revenus. Ce qui veut dire que sur Paris, toute la masse des ouvriers n'était pas représentée. À la fameuse assemblée des Etats généraux qui sont devenus 'assemblée constituante, les ouvriers de Paris n'ont pas voté. Ils n'ont pas été représentés.", explique M. Sigaut.

 

En 2007, un autre historien, Jacques Heers, écrivait :


http://ecx.images-amazon.com/images/I/41AeKNaYGVL._SL500_AA300_.jpgLes citoyens n'ont pas le libre choix des candidats; ceux-ci leur sont dictés, imposés, par des instances où ils n'ont pas la parole et par des stratèges que, généralement ils n'ont pas nommés. » (Jacques Heers, Un Homme un vote? Editions du Rocher, Monaco 2007, p. 188-189).

 

 

  « Tu t'enrichis grâce à la Révolution . » écrit F. Casadesus. - "Ca dépend qui. Il y a ceux qui se sont enrichis et il y a ceux qui se sont mis à connaître la faim. Vous avez pendant la Révolution quantité d'ouvriers qui, quand ils ont cessé d'être protégés par les corporations, se sont retrouvés en indigence. Ils ne pouvaient plus se nourrir. Les ateliers nationaux leur faisaient casser des cailloux, construire des barrières. Et c'était pas le cas avant", rétorque M. Sigaut.

 


  « Tu as acheté quelques lopins de terre qui appartenaient au clergé . » écrit F. Casadesus. - "C'est le simple citoyen qui a acheté les lopins ? C'est ceux qui avaient de l'argent - les bourgeois - , et qui ont payé en monnaie de singe (les Assignats), explique M. Sigaut.

 


« Un nouveau calendrier est établi selon le rythme des saisons. » écrit F. Casadesus. - "Les Révolutionnaires ont fait un nouveau calendrier qui n'était plus du tout le calendrier chrétien. Il n'y a plus de semaine chrétienne, il n'y a plus de dimanche, il y a des 'decadi', c'est-à-dire des semaines de 10 jours, on travaille trois jours de plus, pour le même salaire!" explique Marion Sigaut. Cherchez l'erreur !

 


« Le film de l'histoire... Les élus du Tiers-Etat obtiennent par la force de leur volonté la création d'un nouveau système politique » écrit F. Casadesus. - "Les élus du Tiers-Etat obtiennent par un coup d'Etat, par un coup de force, la création d'un nouveau système politique pour lesquels personne ne leur a donné mandat. Ils étaient venus porter les doléances du peuple, ils n'étaient pas venus envoyés par le peuple pour créer une assemblée constituante qui allait limiter les pouvoirs du roi. Ils n'ont pas reçu ce mandat. ... S'il est très vraisemblable que le peuple aurait voulu un certain de réformes qui s'imposaient, le peuple n'a jamais prétendu que les gens qu'il enverrait le faire le feraient de cette manière-là. Moi, j'ai lu des textes absolument désespérés de gens de corporations, notamment de Dijon, écrivant à des députés de Paris, leur disant 'que faites-vous là', 'qu'êtes-vous en train de faire ?' 'Ce n'est pas cela qu'on vous a demandé ! Arrêtez cela tout de suite !' Les autres s'en fichaient parce qu'ayant pris le pouvoir ils n'ont pas voulu le lâcher", explique M. Sigaut.

 


« Le droit au bonheur... » écrit F. Casadesus. - "Le Chapelier (à qui l'on doit la "loi scélérate" le Chapelier de 1791 qui a détruit tous les droits des ouvriers..., NdCR.) était un bourgeois libéral qui n'avait que faire de la population. À partir de la Révolution, on est des individus isolés, atomisés, avec interdiction de s'organiser : c'est 'le progrès'! ... Dix ans de guerre civile et d'épouvante. Et le droit au bonheur!" corrige Marion Sigaut. 

 

 

 


 

Au sujet du vote en 1789, Marion Sigaut explique qu'aux Etats généraux qui réunissent les députés des trois ordres, clergé, noblesse et Tiers-Etat (paysans, bourgeoisie, artisans), "tout le monde votait. On votait dans les villages. Dans le plus petit village de France, les gens votaient, ils ont élu des députés aux Etats généraux. Alors, il est évident qu'il y avait plus souvent des bourgeois élus pour aller représenter le peuple, mais le peuple a voté. On votait un vote par famille, homme ou femme. Dans la plupart des cas c'était l'homme qui dirigeait la famille, c'était lui qui votait. Quand le père était mort, c'était la mère qui votait (après 1789 il faudra attendre 1945 pour que les femmes aient le droit de voter. NdCR.) Donc les Etats généraux étaient les représentants de l'intégralité de la population française, laquelle a porté a rédigé des doléances pour les porter au roi, sans jamais demander qu'on renverse la royauté, qu'on change quoique ce soit d'autre. Et ces doléances sont dans les cahiers.

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51%2BK44CyJfL._SX385_.jpgLe livre "Notre pays la France" de Dimitri Casali, Walter Bruyère, De la Martinière Jeunesse, Paris 2010. On y lit :

 

« 1789, la colère gronde. Les paysans, les artisans, les bourgeois en ont assez de la monarchie absolue » écrit Dimitri Casali . - "Ha bon? Les bourgeois, je dis pas, mais les paysans et les artisans, je ne suis pas au courant, explique M. Sigaut.

 


« Alors que le le peuple est au bord de la famine et paye cependant de lourds impôts, Louis XVI réunit les Etats généraux. »  - "Pourquoi le peuple est-il au bord de la famine en 1789", demande M. Sigaut. "Les mesures libérales de Turgot continuent d'avancer", la suppression de la police des subsistances qui surveillait que personne ne spéculait sur le blé, l'accord de libre-échange entre la France et l'Angleterre, "c'est bien les idées des Lumières" qui sont en marche à ce moment-là.

 


« Ils veulent plus de liberté et de justice  ». - Oui, certainement, la liberté on en a jamais assez et la justice jamais de trop.

 


« Les députés se déclarent 'assemblée nationale'  ». - À quel tire les députés de déclarent-ils 'assemblée nationale' demande M. Sigaut. "Quand on est délégué pour apporter au roi les cahiers de doléances du peuple, on ne se bombarde pas subitement 'assemblée nationale constituante'. L'assemblée dite 'nationale' n'a de national que ce qu'elle s'auto-proclame. Il n'y a aucune raison que le roi accepte cela", explique M. Sigaut.

 


« La révolution dans les campagnes. Aux nouvelles de Paris, les paysans se rebellent à leur tour et attaquent les chateaux dans tout le pays. Ce mouvement que l'on appela la 'Grande peur' poussa l'Assemblée nationale' à supprimer les privilèges. Dans l'enthousiasme des réformes on proclame ensuite la déclaration des droits de l'homme. Une nouvelle société voit le jour où tous les citoyens seront libres et égaux  », écrit Dimitri Casali. - "Alors, là, c'est de la vaste rigolade. Parce que ce que l'on appelait privilèges dans l'Ancien Régime c'était toute la série de droits acquis par les différentes catégories. Donc supprimer les privilèges c'est supprimer tous les droits acquis. C'est mettre tout le monde à zéro mais qui va émerger ? C'est les plus forts. Donc dire que tout le monde va se retrouver libres & égaux, cela va être la foire d'empoigne. C'est ce qui s'est passé.

 

Pour rappel, dans sa conférence du 31 mai 2013 à Nice sur "les crimes d'Etat du mondialisme", Philippe Ploncard d'Assac a expliqué que la "Grande peur" de 1789 était une fausse nouvelle savamment orchestrée par les Clubs maçonniques, tendant à faire croire à une menace imminente des "brigands" (les monarchistes) qui allaient massacrer le "peuple"...  (Sur la "Grande peur", lire notamment "L'Ancien Régime" de Frantz Funck-Brentano, et Bernard Faÿ, La Grande révolution 1715-1815, Le Livre contemporain, Paris 1959, p. 407 : "Dès l'incendie de la maison Révillon, au printemps 1789, les Orléanistes et les Trente cherchaient à effrayer. En juin 1789, on parla de la 'grande peur'. ... [L]es Clubs des Jacobins, les sections de Paris, les bandes révolutionnaires ne cessèrent de menacer les royalistes et les modérés").

 

 « Les Encyclopédistes réclament la liberté de penser et d'expression que leur refusent les rois de l'Ancien Régime », écrit  Dimitri Casali. - "Ils ont dit tout ce qu'ils voulaient les Encylcopédistes", corrige Marion Sigaut. "Le Roi les a protégé, le roi les a financé ! ... Dès qu'ils ont commencé à s'exprimer ils ont eu un boulevard. Il faut en outre arrêter de dire que les Encyclopédistes ont réclamé une liberté de penser qu'ils ont eux-mêmes refusé à tous leurs opposants (Exemple: le journaliste et critique littéraire Fréron persécuté par Voltaire et le parti philosophique bénéficiant de ses puissants relais au gouvernement et dans la haute administration royale). "Toute personne qui s'opposait à la politique libérale des Encyclopédistes, était impitoyablement accablée de libelles, de diffamations. On essayait de les faire emprisonner et souvent cela a marché", explique M. Sigaut. Les Encyclopédistes "n'ont jamais réclamé de liberté que la leur! Pas celle de tout le monde."

 


« Les Encyclopédistes veulent faire triompher les lumières de la raison sur les ténèbres de la superstition et de l'ignorance ». "Décréter que l'on a soi même la raison et que les autres sont dans les ténèbres de la superstition et de l'ignorance, c'est absolument pas quelque chose de valable, qu'on puisse retenir, c'est du fanatisme. Et c'est le fanatisme des Lumières" explique M. Sigaut. "Leur cible sont l'Eglise et l''absolutisme royal'. Interdite en 1752, l'Encyclopédie est reparue, a fait beaucoup d'argent, a vendu beaucoup d'exemplaires, elle a beaucoup enrichi les gens qui ont travaillé avec. Mais ce n'est pas la peine de dire qu'elle a été martyrisée puisqu'elle a fait ce qu'elle a voulu. L'Encyclopédie a été publiée dans toutes les bibliothèques municipales. Elle n'a jamais été détruite, elle a circulé.

 

« Laïcité et religion. Durant plus de 13 siècles, la France est restée la Fille aînée de l'Eglise catholique et le roi était le lieutenant de Dieu sur terre. Mais à partir du siècles des Lumières, l'idée de laïcité progresse très vite. C'est aujourd'hi une des caractéristiques qui distingent notre pays des autres grandes démocraties... (Les Lumières) sont à l'origine de l'invention de la laïcité que vont mettre en pratique la Révolution et l'Empire », écrit Dimitri Casali. - "La laïcité est une invention chrétienne", répond M. Sigaut. "C'est Jésus disant aux scribes: 'rendez à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu'. La laïcité a consisté également pour les Jésuites à dire que les choses de religion ne devaient jamais être traitées par une autorité non-religieuse. Tout le siècle des Lumières c'est la prétention des juges laïques de connaître d'affaires ecclésiastiques. Dire que la laïcité va être mise en pratique par la Révolution c'est une contre-vérité puisque la Constitution civile du clergé qui va être instituée au début de la Révolution va soumettre l'Eglise à l'Etat, va fonctionnariser les prêtres, va soumettre la nomination des prélats à la décision de l'Etat. C'est-à-dire que c'est l'inverse de la laïcité. Et l'Empire va faire la même chose. Quand la Constitution civile du clergé va avoir mis la France à feu et à sang, Napoléon va apaiser la guerre en signant avec le pape un concordat, qu'il va lui imposer par la force, et qui va continuer moyennant certaines libertés notamment d'enseignement pour l'Eglise, va entièrement soumettre le reste de l'Eglise à l'autorité de l'Etat. Donc, ce qui sort de la Révolution et de l'Empire, c'est l'inverse de la laïcité. Avant la Révolution l'Eglise vivait de ses propres moyens puisqu'elle percevait la dîme directement de la part des habitants. À partir de la Révolution française, l'Eglise vit de l'impôt, donc elle est sous le contrôle de l'autorité politique. C'est la fin de la laïcité. C'est le début de la soumission de l'Eglise à l'Etat. Cela durera jusqu'en 1905. Donc cela, c'est une contre-vérité énorme".

 

Révisons les Lumières 1 : http://www.dailymotion.com/video/x14z80s_revisons-les-lumieres-1_news

 

 

. La première logique totalitaire apparaît sous la "Révolution française" (Stéphane Courtois)

. Les mensonges de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789

. Marion Sigaut - Comprendre les Lumières : aux sources de la prolétarisation du monde ouvrier

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 21:38

A peine a-t-elle éclaté, que la Révolution abolit dès 1790 les festivités jadis légendaires se déroulant durant les trois semaines du Carnaval, prohibant tout port de masques et déguisements dans les rues pour lui préférer et encourager celui du bonnet rouge et des piques...

 

Dans le n°137 de ses Révolutions de Paris (du 18 au 25 février 1792), Prudhomme déclare solennellement que « la Révolution nous a mis du plomb dans la tête. Depuis trois ans nous ne sommes plus bouffons. »

 

Un jacobin brandissant le bonnet rouge en 1792
Un jacobin brandissant le bonnet rouge en 1792

 

De fait, depuis et y compris 1790, le Carnaval a vécu. Pour la troisième fois à pareille époque, a été affichée, le 20 janvier, une ordonnance de police portant défenses expresses « à tous particuliers de paraître déguisés, masqués ou travestis de quelque manière que ce soit, dans les rues, places et jardins publics, sous peine d’être arrêtés, comme aussi de donner des bals masqués sans la permission expresse, de l’autorité. » Partout en France, mais surtout à Paris, les circonstances exigeaient impérieusement de pareilles précautions.

 

C’est donc en 1789, malgré les préoccupations de la Révolution naissante, que le Carnaval a, pour la dernière fois, joui sous l’ancien régime de tout son éclat. Déjà il avait, de ci de là, dans l’histoire, subi mainte et mainte éclipse. La dernière et la plus longue avait eu lieu durant les dernières années du règne de Louis XV, dont la tristesse avait mis fin chez le peuple à toute manifestation joyeuse. Seule la police, en soudoyant quelques gens sans aveu, avait pu à grand’ peine marquer la date des jours gras par quelques mascarades, excitant le dégoût bien plutôt que le rire.

 

Dès que Louis XVI monte sur le trône, le peuple, renaissant à l’espérance et impatient de se dédommager d’une longue période de deuils et de douleurs, n’a rien de plus pressé que de rendre au Carnaval son ancienne splendeur. On se ferait difficilement aujourd’hui une idée des fêtes organisées à cette occasion. Le Carnaval dure alors trois semaines. Le mardi précédant la Septuagésime, il s’ouvre solennellement en même temps que la saison des spectacles à la foire Saint-Germain.

 

Chacune de ces trois semaines, il y a bal à l’Opéra, à minuit, le jeudi et le dimanche. Les deux jours les plus animés sont, comme bien on pense, le Lundi et le Mardi Gras, terminés également l’un et l’autre par un bal à l’Opéra. Ces deux jours-là, de midi à cinq heures, depuis le faubourg du Roule jusqu’à la place du Trône, ça n’est qu’une indescriptible et éblouissante cohue de masques, remplissant, soit à pied, soit en carrosse, le faubourg et la rue Saint-Honoré, la rue et le faubourg Saint-Antoine. Les plus grands seigneurs de la Cour, des princes, même des princes du sang, tiennent à honneur de s’y faire remarquer dans des équipages et des voitures magnifiques, des chars nouveaux et bizarres.

 

L’ordre le mieux établi prévient les excès et les malheurs, trop ordinaires à de semblables fêtes. Le guet, répandu depuis la rue Royale jusqu’au Trône, prescrit aux voitures leur marche et empêche toute confusion, ce qui, disent les Mémoires Secrets, en rend le coup d’œil encore plus enchanteur. Le mardi, dans la soirée, presque tous les masques, au retour, se rendent aux Porcherons, au Grand Salon. C’est là, et finalement à l’Opéra, que se clôture le Carnaval.

 

Donc, en ce commencement de 1792, trois ans déjà nous séparent de ces temps d’allégresse, et c’est sous les plus sombres auspices que l’année a commencé. Le 1er janvier, grâce a une délicate attention de Guadet, l’Assemblée Nationale a comme étrennes, donné aux révolutionnaires la mise en accusation des princes français Louis-Stanislas-Xavier, Charles-Philippe et Louis-Joseph, ci-devant Condé, auxquels elle a adjoint Galonné et Riquetti cadet, frère de Mirabeau.

 

L’agitation, causée par la formation d’une Haute-Cour, n’est rien auprès de celle que produisent les bruits chaque jour plus précis, d’une guerre imminente avec l’Autriche. Et cet état de nervosité inquiète, pousse au paroxysme l’exaspération des classes pauvres devant la cherté invraisemblable des vivres croissant en raison inverse de. la valeur des assignats. Le 21 janvier, des magasins et boutiques d’épiciers ont été pillés par le peuple ; le 23, de même. Entre temps, des faux assignats ont été mis en circulation et, depuis la fin du mois, on s’en prend maintenant aux boulangers.

 

Dès les premiers jours de février, si le Carnaval des jours heureux n’est plus qu’un souvenir, il s’en manifeste un, d’un genre nouveau, bien « analogue aux circonstances », comme on disait alors. Non seulement les hommes, mais les femmes même, ne paraissent plus dans les rues qu’une pique à la main. La pique remplace dans la main des « citoyennes », l’ombrelle et l’éventail, « tout comme elle se substitua au parapluie dans la main du timide bourgeois. »

 

Cette épidémie est telle que, peu de temps avant les jours gras, le samedi 11 février « an IV de la Liberté », la Municipalité se voit dans l’obligation de prendre un arrêté pour réglementer et refréner le port de la pique. Cet arrêté est même assez mal accueilli. Les agités, ou plutôt les agitateurs, répandent le bruit d’une nouvelle évasion du roi, qui, deux jours après, le 13, est obligé de protester, par lettre au Corps Municipal, de « son inviolable dévouement au bonheur de la Nation ».

 

Si les sans-culottes éprouvent quelques difficultés pour se montrer partout, la pique à là main, il leur est en revanche loisible de se distinguer du commun des mortels par le bonnet rouge, dit « bonnet de la liberté ». On ne voit plus partout que des bonnets rouges. On se promène en bonnet rouge, on va au café en bonnet rouge, on assiste en bonnet rouge aux séances dos clubs et aux représentations théâtrales.

 

Un sans-culotte en 1792

Un sans-culotte en 1792

 

Cette année-là, la période du Carnaval eût dû s’ouvrir le mardi 31 janvier. Le dimanche gras, 19 février, les dames de la Halle viennent demander à l’Assemblée Nationale sa protection pour une caisse nouvelle d’échange d’assignats ; mais celle-ci, craignant que les pétitionnaires n’aient été incitées à cette démarche par des financiers intéressés à l’entreprise, refuse de se prononcer.

 

Le soir, pour se consoler de leur déconvenue, ces dames se rendent a la maison du sieur Ruggieri, rue Saint-Lazare, faubourg Montmartre, lequel, dimanche, lundi et mardi gras, ouvre ses portes à six heures. Il n’en coûte qu’une livre dix sols par personne. « Le public est averti que l’on dansera une contredanse, ensuite la course alternativement »... et elles s’en donnent jusqu’au petit jour.

 

Le lendemain, lundi 20, la reine, tenant fièrement tête à l’orage, se fait conduire au Théâtre Italien, tout neuf encore, puisque bâti en 1783, sur l’emplacement de l’hôtel de Choiseul. au même endroit et dans les mêmes dispositions que plus tard l’Opéra-Comique. On doit y jouer les Evénements imprévus, comédie en trois actes, mêlée d’ariettes, par d’Hèle, musique de Grétrv. Cette pièce, la meilleure et la dernière de d’Hèle, a été représentée pour la première fois le 15 novembre 1779, un an avant sa mort, survenue le 27 décembre 1780.

 

C’est, avec la musique de Grétry, une des pièces les plus prisées du répertoire, dans laquelle aucune allusion n’est à craindre aux questions irritantes du moment, et c’est pourquoi la reine s’est crue fondée à la choisir. Les bons Français savent de quelles amertumes est déjà empoisonnée la vie de leur souveraine, quelles odieuses calomnies sont répandues à son endroit et de quels révoltants outrages elle est, chaque jour, un peu partout l’objet. Aussi, à son arrivée dans sa loge, la grande majorité des spectateurs se lève-t-elle, l’acclamant plus chaleureusement que jamais.

 

La pièce commence. A un certain moment, un duo débute ainsi entre un valet et une femme de chambre :

 

— J’aime mon maître tendrement.

 

— Ah ! combien j’aime mal maîtresse.

 

L’actrice Dugazon, en chantant ce dernier vers, s’est tournée vers la reine. Aussitôt, comme pour justifier le titre de la pièce, un violent tumulte éclate d’ans la salle. Soulignant et approuvant le jeu de l’actrice, tous les royalistes se lèvent de nouveau, acclamant la reine. « Pas de maître ! pas de maîtresse ! Vive la Liberté » hurlent une trentaine de jacobins, répartis dans le parterre. Des injures, des coups même sont échangés et ce n’est qu’à grand’ peine que la pièce peut s’achever dans un calme relatif. A la fin, l’immense majorité applaudit et répète, en le modifiant un peu, le refrain : « Vive a jamais notre bonne maîtresse ! »

 

Marie-Antoinette, écrit en 1829 de Bourniseaux, essuie des pleurs de joie qui baignent ses paupières ; « c’était le dernier beau jour de sa vie. » C’était, en tout cas, la dernière fois qu’elle se rendait au théâtre et, de ce jour peut-être, commença pour elle cet effroyable calvaire, qui, dépassant tout ce que l’imagination peut concevoir de plus tragique et de plus lancinant, ne prendra fin que vingt mois plus tard, le 16 octobre 1793, sur la plate-forme de l’échafaud.

 

Si, en 1792, la Révolution a, depuis trois ans, aboli le carnaval, dès lors et pendant huit ans encore, passant des orgies rouges de la Terreur aux immondes débordements du Directoire, est-elle autre chose elle-même qu’un fantastique carnaval, dont le Dix-Huit Brumaire sera le mercredi des cendres ?

 

Source : http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article8078

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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 13:33

Au moment où on peut craindre, prochainement, de nouvelles atteintes aux droits fondamentaux et aux libertés fondamentales, de la part de l'actuel gouvernement républicain socialiste maçonnique soit-disant "neutre" et "laïque", voici une video où l'historien Stéphane Courtois, bien connu de nos lecteurs, décrit les logiques du totalitarisme. Des logiques que l'on peut malheureusement rapprocher de celles déployées par l'actuel gouvernement : logique de guerre civile à l'intérieur et de guerre à l'extérieur, remplacement du peuple et de nouvelles élites, division de la société en classe, catégorie et groupement d'hommes, arrestations arbitraires dénoncées par le Conseil de l'Europe (résolution 1947 2013), 704 arrestations à Paris en 3 mois, exclusion de l'humanité d'une partie de la population (essentiellement catholique), population stigmatisée via la "charte de la laïcité".

 

 

 

Source video: http://www.youtube.com/watch?v=gPnP_pXGDoY

 

CHAPITRAGE
[00:01] avant-propos
[01:47] généralités
[14:11] Révolution française et proto-totalitarisme (Gracchus Babeuf, génocide de Vendée, Charles Fourier)
[18:19] Karl Marx et le scientisme (Jacques Attali)
[19:28] « Logiques de l'ennemi et de la Terreur sous la Révolution française » (Patrice Gueniffey)
[25:08] Première Guerre Mondiale et totalitarisme (George Mosse)
[28:35] « Du Paradis rêvé de l'humanité réconciliée à l'enfer du socialisme réel. Sur la filiation Marx-Lénine-Staline selon Leszek Kolakowski » (Jacques Dewitte)
[30:52] « La logique de la campagne antisémite dans l'Italie fasciste » (Marie-Anne Matard-Bonucci)
[32:23] Karl Marx et la stigmatisation du bourgeois (Manifeste du Parti communiste, Pol Pot, Commune de Paris)
[34:41] Lénine et le révolutionnaire professionnel (Serge Netchaïev)
[36:38] « Le secrétaire général et son secrétariat: généalogie de l'épicentre administratif du pouvoir stalinien » (Pavel Chinski)
[41:46] « Lénine et l'invention de la logique totalitaire »
[48:05] Communisme et Nazisme (famine de 1921-1922, Léon Trotski, Ernst Nolte, Aktion T4)

 

Cette video intitulée "Les logiques du totalitarisme communiste (1789-1941)" est tirée de l'émission intitulée "Les logiques totalitaires en Europe. Un jour dans l'histoire diffusée sur Canal Académie de Christophe Dickès avec l'historien Stéphane Courtois, directeur de recherche au CNRS (Paris X), le 11 janvier 2007. S. Courtois est spécialisé dans l'histoire des mouvances et des régimes communistes.

 

(À partir de 14:10) Stéphane Courtois explique que « la première logique totalitaire apparaît sous la 'Révolution française'. ... Il n'y a pas de droute qu'il y a des éléments de ces logiques totalitaires qui apparaissent sous la Révolution française.

Il y a d'abord - la première logique - qui est la logique 'révolutionnaire".

Cela a l'air bête, mais il n'y a pas de régime totalitaire, il n'y a pas de mouvement totalitaire sans passion révolutionnaire. La 'révolution' peut être de caractère démocratique, mais elle peut aussi être de caractère totalitaire, y compris on peut imaginer qu'elle soit de caractère conservateur, mais là c'est plus délicat à montrer. La 'Révolution française' a été évidemment le grand modèle pour tout le monde. C'est une passion égalitaire, la 'sainte égalité' comme disait Babeuf, et surtout la passion d'une égalité réelle, non pas de l'égalité en droit, telle que définie par la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, mais de l'égalité réelle, de l'égalité en fait. Il faut se souvenir par exemple que le 18 janvier 1918, quand s'est réuni pour la première et la dernière fois l'assemblée constituante élue au suffrage universel en Russie en 1917, assemblée dispersée quelques heures plus tard par la force, Lénine a immédiatement proposé à l'assemblée de voter un texte qui n'était pas une déclaration des droits de l'homme et du citoyen, mais "une déclaration des droits du peuple travailleur". C'est autre chose : qui définit le "peuple travailleur", comment se définit le "peuple travailleur" et les gens qui ne sont pas du "peuple travailleur", ses droits, etc. Nous voilà déjà en plein totalitarisme, c'est-à-dire dans ce processus qui consiste à exclure de l'humanité, une partie des populations.

Mais il y a d'autres éléments ("proto-totalitaires") importants en 1789 :

. La Terreur comme moyen de gouvernement (la guillotine), la Terreur sur une échelle beaucoup plus large : la Vendée. Le terme "populicide" a été inventé par Babeuf en 1794, le terme génocide, beaucoup plus tard en 1944 par le juriste polonais Lemkine. Mais dès 1794, Babeuf écrivant un livre sur les massacres de Vendée avait inventé le mot populicide pour désigner l'extermination complète d'une population considérée comme ennemie.

 

voir DEA 144 - Les bienheureux martyrs de septembre 1792

. La préfiguration de ces groupes extrémistes, les Jacobins, qui visent à s'emparer du pouvoir pour imposer leur projet.

 

. Une Terreur spontanée et de masse. Ex: une violence populaire, émeutière, qu'on voit intervenir à la prise de la Bastille en 1789, les massacres de septembre en 1792, mais une violence qui ne vise pas d'objectif politique précis.

. Une Terreur mise en oeuvre par des petits groupes activistes à partir de 1792-1793, qui s'en servent comme moyen pour s'emparer et conserver le pouvoir, préfiguration de la révolution bolchévique de 1917. Ce n'est pas la guerre qui crée la Terreur, mais la Terreur qui crée la guerre... On verra la même chose dans la révolution "russe", qui crée la guerre civile afin de prendre le pouvoir. Bien abant 1917, Lénine ne rêve que de guerre civile et considère qu'on ne pourra pas faire de révolution sérieuse si on n'organise pas la guerre civile. Ce qu'il va réussir à faire. »

  

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51BS4SAS7GL._.jpgDans l'ouvrage collectif "Les logiques totalitaires en Europe" (Editions du Rocher 2006) Stéphane Courtois explique que  « Le XXe siècle a été marqué en Europe par le phénomène totalitaire dont les formes diverses - fascisme, nazisme, communisme - ont été inaugurées et portées par des chefs charismatiques - Lénine, Staline, Mussolini, Hitler. Cependant, par-delà ces hommes, le phénomène était sous-tendu de logiques spécifiques.

La logique initiale renvoie à la dimension idéologique des mouvements totalitaires, une idéologie - racialiste, classiste ou ultra-nationaliste - qui, devenue religion politique, légitime la volonté de puissance et de domination totale qui anime les chefs et justifie leurs actions, même les plus criminelles.

Lors de leur passage à l'acte pour la prise du pouvoir, les mouvements totalitaires mettent systématiquement en oeuvre la logique de la guerre civile qui ouvre le champ de tous les possibles en supprimant les traditionnelles limites de durée, d'espace et de moyens par lesquelles la violence étatique est bridée.

Le déclenchement de la guerre civile implique la mise en oeuvre de la logique de la terreur qui, selon des intensités variables, a présidé à tous les régimes totalitaires.
 

Enfin, pour conserver le pouvoir à tout prix et développer leurs projets - «construction du socialisme» en URSS, épuration de la race en Allemagne, création de «l'Homme nouveau» en Italie -, les régimes totalitaires liquident les élites traditionnelles ou démocratiques, et suscitent l'apparition de nouvelles élites totalitaires formées d'un type d'homme prêt à pratiquer la terreur pour mieux profiter des gratifications offertes.
 

C'est à toutes ces questions qu'une équipe de vingt-cinq historiens, sociologues et politologues venus de toute l'Europe consacre sa réflexion, dans cet ouvrage qui poursuit une recherche déjà engagée par Stéphane Courtois dans  Quand tombe la nuit. Origines et émergence des régimes totalitaires en Europe, 1900-1934 (L'Âge d'homme, 2002),  Une si longue nuit. L'apogée des régimes totalitaires en Europe, 1935-1953 (Éditions du Rocher, 2003) et  Le jour se lève. L'héritage du totalitarisme en Europe, 1953-2005 (Éditions du Rocher, 2005).

 

 

. La paix, la justice et l'Etat de droit pour tous !

. République Française = premier régime génocidaire de l'histoire

. Vendée, du génocide au mémoricide

. Une logique macabre : Lumières, 1789, Génocide vendéen

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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 13:55

 

Photo : #Harlem_Desir la bonne tête de vainqueur !

Dimanche 1er septembre 2013, le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, a dénoncé "l'esprit munichois" des dirigeants de l'opposition qui étaient réticents à suivre les collabos dans leur nouvelle guerre "humanitaire" en Syrie. Un article publié sur 24heuresactu.com met les pendules à l'heure :


Accuser l’opposition de faire preuve « d’esprit munichois » à propos de la Syrie, s’inscrit parfaitement dans le confort intellectuel qui préside à la réécriture de l’Histoire par les dignitaires de la gauche.

 

Un simple rappel au rigoureux M. Désir : Laval était socialiste, tout comme Déat, Doriot, communiste, Marquet, ministre de l’intérieur, socialiste, comme Albertini, secrétaire des jeunesses socialistes, Levillain, conseiller socialiste de Paris, Bergery, Tasca,  Marion, tous socialistes comme les deux tiers du gouvernement de Vichy où débuta la carrière politique de M. Mitterrand… Ces vérités sont si rarement rappelées qu’il faut remercier M. Désir de nous en donner l’occasion….

Et s’il veut tellement insister sur les accords de Munich auxquels il fait référence, certainement sans même le savoir, Harlem Desir, dont l’ignorance crasse s’est illustrée cette semaine, devrait savoir que leur signataire français n’était autre qu’Edouard Daladier, membre du parti radical de Christiane Taubira et ministre de Léon Blum sous le Front Pop

 

Source: http://24heuresactu.com/2013/09/03/harlem-desir-lesprit-munichois-et-lhistoire-socialiste/

 

> La gauche, mère de la colonisation et de la collaboration

 

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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 13:54

La gauche est la mère de la colonisation

 

 

"Le mépris colonialiste vient de la gauche et de la gauche franc-maçonne, républicaine." (Alain Soral)

 

La gauche a colonisé pour son goût de l'universalisme de sa religion des droits de l'Homme.

 

Victor Hugo, écrivain acquis à l'Empire, dont les écrits jonchent les programmes scolaires, déclara le 18 mai 1879 :

 

"Dieu offre l'Afrique à l'Europe, prenez-la non pour le canon, mais pour la charrue, non pour le sabre, mais pour le commerce, non pour la bataille mais pour l'industrie, non pour la conquête, mais pour la fraternité.

Versez votre trop plein dans cette Afrique, et du même coup résolvez vos questions sociales, changez vos prolétaires en propriétaires. Allez, faites! Faites des villes; CROISSEZ, CULTIVEZ, COLONISEZ, MULTIPLIEZ!".

 

Image illustrative de l'article Jules FerryLe franc-maçon fanatique Jules Ferry, dont François Hollande a fait l'hommage le 15 mai 2012 au lendemain de son élection présidentielle, et dont le nom est porté par des dizaines d'écoles et de monuments en France:

 

"Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures.

Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit parce qu'il y a un devoir pour elles, elles ont le devoir de civiliser les races inférieures" (Jules Ferry, devant la Chambre des députés, le 28 juillet 1885.)

 

Léon Blum en 1947.Léon Blum, créateur du Front populaire, symbole de la gauche "laïque" et républicaine:

 

"Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d'attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture" (Léon Blum, Discours de la Chambre des députés le 9 juillet 1925.)

 

François Mitterand, en 1954, invitait à lutter contre "les terroristes" en Algérie : "Nous châtierons d'une manière implacable, sans autre souci que la justice, les responsables" (F. Mittérand au JT 20h, 1er décembre 1954)

 

 

La gauche est aussi la mère de la collaboration : 80% des collabos venaient de la gauche socialiste, radicale, antiraciste.

 

 

 

Petit tour d'horizon:

Pierre Laval, ministre de l'Intérieur, en 1931.Bibliothèque nationale de France. Pierre Laval, ministre de Vichy et mentor de la collaboration, membre de la SFIO depuis 1905, défenseur des syndicalistes de la CGT, député SFIO en 1914.


 Pierre Drieu la Rochelle, membre du Parti radical socialiste, directeur de la Nouvelle revue française, revue collaboratrice.

Jean Luchaire, directeur du journal "Les nouveaux temps", tribune des jeunes radicaux-sociliastes, presse collaboratrice, fusillé en 1946.

Jacques Doriot, député de la Seine (1929). Jacques Doriot, Secrétaire général de la Jeunesse communiste, créateur un comité de Défense antifasciste avec les membres de la SFIO et du Parti radical et radical-socialiste, créateur de la LVF (Légion des Volontaires Français) le 8 juillet 1941, les SS français !

Marcel Déat, député de Paris (1932).Marcel Déat, adhérent de la SFIO en 1914, créateur le 5 novembre 1933 du "Parti socialiste de France", ministre du travail et de la solidarité nationale sous Vichy.


René Bousquet, issu d'une famille radicale-socialiste de Montauban, couvé par le radical-socialiste sénateur et patron de presse (La Dépêche de Toulouse) Maurice Sarraut, secrétaire général à la police du de Vichy, organisateur de la rafle du Vél’ d'Hiv’, responsable de la déportation de 54000 juifs, ami de toujours de François Mittérand.

Maurice Papon, socialiste, secrétaire d'Etat dans les deux gouvernements Blum, condamné en 1998 pour complicité de crimes contre l'humanité pour des actes commis alors qu'il était secrétaire général de la préfecture de Gironde entre 1942 et 1944.

 

Simon Sabiani, membre SFIO engagé dans la SS;

Paul Perrin,

André Grisoni

Paul Rives

Maurice Levillain

Barthélémy Montagnon,

René Chateau

Claude Jamet

Camille Chautemps

Georges Bonnet

Robert Jospin (le père de Lionel), proche de Déat.

Georges Suarez, ami de Joseph Kessel dans les années 20, essayiste, biographe de Clémenceau et de Briand, pro-nazi fanatique sous Vichy, premier journaliste à être jugé pour collaboration.

Camille Planche

Léon Emery

René Gérin, déatistes,

Saint-Loup (alias Marc Augier, qui avant guerre chantai "Au-devant de la vie" avec ses camarades juifs des Auberges)

 

12 des 17 ministres SFIO de la fin de la IIIe république furent exclus de ce parti après guerre pour leur comportement collaborateur.

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 07:17

Image illustrative de l'article BathildeFruit d’une lente évolution l’affranchissant d’une législation barbare humanisée par le christianisme (Ex: l'abolition de l'esclavage par la reine sainte Bathilde (626-680), épouse de Clovis II, NdCR.), l’organisation de la justice du Moyen Age est menée parallèlement à celle d’un gouvernement né de la famille et au sein duquel des pouvoirs intermédiaires prennent corps, tels que ceux des ducs, comtes, généraux d’armée, ou encore comtes du palais. C’est à la fin du VIe siècle que des dispositions importantes du code barbare sont abrogées, les accommodements amiables étant proscrits, et le vol puni de mort au lieu d’être jusqu’alors applaudi.

 

Chez les anciens peuples celtiques et germains, avant qu’aucune infiltration soit grecque, soit romaine, se soit mêlée à leurs mœurs, tout semble subordonné à la famille. Mais la parentèle (parentela) varie dans son extension : chez les Francs, les Lombards, les Visigoths, les Bavarois, et en général chez tous les peuples d’origine germanique, elle s’étend seulement jusqu’au septième degré ; parmi les Celtes, elle n’a d’autre délimitation que la communauté d’origine, avec subdivision indéfinie de la tribu en maisons distinctes. Chez les Germains, au contraire, on voit se dessiner déjà trois groupes rudimentaires, à savoir : 1° la famille, comprenant le père, la mère, les enfants, les ascendants et collatéraux de tous les degrés ; 2° les vassaux (ministeriales) ou domestiques de condition libre ; 3° les serviteurs (mansionarii, coloni, liti, servi) ou domestiques de condition servile, adjuvants de la famille proprement dite.

 

L’autorité domestique était représentée par le mund ou chef de famille, appelé aussi roi, qui, selon les cas, exerçait, sur la personne et les biens de tous ceux qui dépendaient de lui, un pouvoir spécial, une tutelle accompagnée de droits et de devoirs, avec une sorte de responsabilité civile et politique. Ainsi, le chef de famille, responsable pour sa femme et pour ceux de ses enfants qui vivaient chez lui, l’était aussi pour ses esclaves et ses animaux domestiques. Bien plus, d’après la loi, il répondait du mal que pouvait faire son arc ou son épée, sans qu’il en eût conscience ni volonté, tant ces peuples barbares étaient intéressés à ce que justice se fît dans toutes les circonstances où il y avait délit.

 

Le roi des Francs au milieu des chefs militaires formant sa cour armée
Le roi des Francs, au milieu des chefs militaires formant sa cour armée, dicte la loi salique

 

Déjà, depuis longtemps, quand s’ouvrit l’ère mérovingienne, la famille, isolée d’abord dans sa sphère d’individualisme, s’était incarnée au sein d’une grande famille nationale, qui avait, pour chaque peuple, ses réunions officielles à époques fixes, sur le malberg (colline du parlement). Ces réunions seules constituaient dans sa plénitude le pouvoir suprême. Les titres attribués à certains chefs, roi, duc, comte, brenn (général d’armée), n’exprimaient que les subdivisions de ce pouvoir, appliquées, la dernière exclusivement à la guerre, les autres à l’ordre administratif et judiciaire.

 

Au comte surtout incombait l’obligation de rendre la justice, de connaître des différends entre particuliers et d’infliger l’amende. Il y avait un comte dans chaque grand district, dans chaque ville importante ; il y avait aussi plusieurs comtes, groupés autour du souverain, sous le titre de comtes du palais, position très recherchée, à cause des avantages pécuniaires et honorifiques qui en résultaient pour le titulaire.

 

Les comtes du palais délibéraient avec le souverain sur toutes les affaires, sur toutes les questions d’État, en même temps qu’ils prenaient part à ses chasses, à ses festins, à ses actes religieux ; ils intervenaient dans les questions d’héritage de la couronne ; pendant la minorité des princes, ils saisissaient le pouvoir que la constitution réservait aux rois majeurs ; ils validaient la nomination des principaux fonctionnaires, même celle des évêques ; ils donnaient leur avis sur l’opportunité d’une alliance de peuple à peuple, d’un traité de paix ou de commerce, d’une expédition militaire, d’un échange de territoire, d’un mariage de prince, et ils n’encouraient nulle autre responsabilité que celle inhérente à leur position originelle au sein de la société barbare. Les légats (legati), et plus tard les envoyés du maître (missi dominici), les évêques improvisés, les ducs ou chefs d’armée, sortaient généralement de la première classe des serviteurs de cour, des comtes du palais, tandis que les ministeriales, formant la seconde classe de la domesticité royale, allaient remplir les charges inférieures, honorables et lucratives, de l’administration et de l’ordre judiciaire.

 

Sous les Mérovingiens, le principe légal du pouvoir s’inféoda dans la propriété foncière, mais le morcellement de ce pouvoir suivit de près cette inféodation ; la ruine des uns accrut de jour en jour la prépondérance des autres, et les rois francs s’aperçurent que la société échapperait bientôt à leur gouvernement, s’ils ne portaient un prompt remède à cet état de choses. Alors parurent les lois Salique et Ripuaire, qui eurent à subir des remaniements successifs, des modifications lentes ou subites, nécessitées par les vicissitudes politiques ou par les exigences croissantes des prélats et des nobles hommes. Loin d’amoindrir l’action souveraine des rois, les coutumes nationales, qu’ils avaient réunies en code, reculèrent les limites de leur autorité et en facilitèrent l’exercice.

 

En 596, Childebert, d’accord avec ses leudes, décidait que désormais le rapt serait puni de mort, et que le juge du canton (pagus) où le crime aurait été commis, tuerait le ravisseur et abandonnerait son cadavre sur la voie publique ; que l’homicide aurait le même sort, « car il est juste, disait le texte de la loi, que celui qui sait tuer apprenne à mourir ». Le vol, attesté par sept témoins, devait entraîner aussi la peine capitale, et le juge convaincu d’avoir, par sa faute, laissé fuir un voleur, subissait la même peine que celui-ci eût subie.

 

La pénalité, cependant, était différente, suivant la classe sociale du délinquant. Ainsi, pour le fait de l’inobservation du dimanche, lequel avait alors force de loi, un Salien payait 15 sols d’amende ; un Romain, 7 sols et demi ; un esclave, 3 sols, ou bien « son dos payait pour lui ».

 

Dès ce temps, quelques dispositions importantes du code barbare sont abrogées ; la peine de mort, sans rémission, remplace déjà les accommodements amiables entre les parties intéressées ; on ne rachète plus un crime avec de l’argent ; le vol lui-même, qui était encore à cette époque applaudi, même honoré au delà du Rhin, est impitoyablement puni de mort. On voit donc que c’est le plus frappant témoignage de l’abaissement des privilèges dans l’aristocratie franque et de la marche du pouvoir souverain vers l’omnipotence absolue et sans contrôle, vers le droit de vie et de mort.

 

Par degrés insensibles, la législation romaine s’est humanisée et perfectionnée, le christianisme s’infiltre dans la barbarie, la licence est considérée comme un délit, puis le délit devient un crime contre le roi, contre la société, et c’est en quelque sorte par la main du roi que la société frappe les coupables.

 

Depuis le baptême de Clovis (496), l’Église avait eu beaucoup d’influence dans la transformation du code pénal ;

. par exemple, les mariages avec une belle-sœur, une belle-mère, une tante, une nièce, étaient défendus ;

. les spectacles ambulants, les danses nocturnes, les orgies publiques, autorisés naguère dans les fêtes, étaient proscrits comme dangereux.

 

Du temps de Clotaire (558-561), les prélats, assis au conseil du souverain, composaient un véritable tribunal, d’ordre supérieur, qui révisait les arrêts des juges subalternes. Il prononçait, de concert avec le roi, des sentences sans appel. Or, la nation n’intervenant plus dans l’élection des magistrats, les assemblées du malberg ne se réunissant plus qu’extraordinairement, toute affaire de gouvernement et de justice était remise à l’arbitrage suprême et souvent capricieux du monarque.

 

Tant que les maires du palais d’Austrasie et ceux du palais de Bourgogne furent nommés temporairement, l’autorité royale ne fléchit point, le souverain demeura le grand juge de ses sujets ; mais, après le supplice de la reine Brunehaut (613), sacrifiée à la haine des seigneurs féodaux, la mairie du palais étant devenue, avec un titre viager, une royauté de fait, les monarques légitimes tombèrent sous la tutelle des futurs usurpateurs de leur couronne.

 

L’édit de 615, auquel concoururent l’aristocratie de l’Église et celle de l’État, accuse dans les lois et dans les mœurs un divorce complet avec le passé. En reprenant leur place dans la constitution française, les institutions germaniques forcèrent le roi mérovingien à redescendre au rôle passif, dénué d’influence et d’autorité, qu’exerçaient leurs prédécesseurs dans les forêts de la Germanie ; mais ils n’avaient plus, comme ceux-ci, le prestige du commandement militaire, ni le caractère d’arbitre ou de juge. Les canons du concile de Paris, confirmés par l’édit du roi, en date du 15 des calendes de novembre 615, renversent le système politique et légal, si laborieusement établi en Europe depuis le cinquième siècle.

 

C’est le pouvoir royal qui renonce à ses plus précieuses prérogatives dans le choix des évêques ; défense aux juges laïques de traduire un clerc devant les tribunaux ; interdiction au fisc de saisir les successions ab intestat, d’augmenter les impôts, les péages, et d’employer les juifs à la perception des deniers publics ; responsabilité des juges et des autres officiers du roi ; restitution des bénéfices enlevés aux leudes ; interdiction au roi d’accorder désormais des ordres écrits (praecepta) pour enlever les veuves riches, les jeunes vierges et les religieuses ; peine de mort contre ceux qui enfreignent les canons du concile.

 

Lieu d'assemblée des Francs
Lieu d’assemblée des Francs

 

De là naissent deux juridictions nouvelles : l’une ecclésiastique, protectrice du droit des faibles, l’autre seigneuriale, limitant l’absolutisme du roi ; juridictions entre lesquelles va se débattre, pendant plusieurs siècles, la royauté, de plus en plus amoindrie. Parmi les nations germaniques, le droit de justice fut, dès le principe, inhérent à la propriété territoriale, et ce droit portait sur les choses non moins que sur les personnes. C’était le patronage (patrocinium) du propriétaire, et ce patronage enfanta successivement dans chaque province et dans chaque féodalité les juridictions féodales, les privilèges seigneuriaux et le droit coutumier. On peut en inférer que, sous les deux premières dynasties, les lois étaient individuelles, et que chacun portait, pour ainsi dire, la sienne propre avec soi.

 

Le droit de juridiction semble tellement inhérent au droit de propriété, qu’un propriétaire terrien pouvait toujours imposer une trêve aux haines, aux vengeances personnelles, arrêter momentanément les poursuites judiciaires, et, en proclamant son ban, suspendre l’action de la loi autour de sa demeure, dans un périmètre déterminé ; ce qui se faisait d’habitude à l’occasion de quelque fête de famille, ou de quelque solennité publique, civile ou religieuse.

 

En ces circonstances, quiconque enfreignait le ban du maître de la maison et de sa terre devenait justiciable de sa cour et payait une amende à son profit. Le seigneur qui se trouvait trop pauvre pour composer cette cour d’une manière assez forte et imposante empruntait des pairs à son suzerain, ou se dessaisissait, entre les mains de celui-ci, du droit de justice, d’où naquit cette maxime des feudistes : « Autre chose est le fief, autre chose est la justice. »

 

La loi visigothe parle de seigneurs locaux tenant tribunal, à l’instar du juge d’office, du comte ou de l’évêque ; le roi Dagobert (629-639) fait figurer les juges privés avec les juges publics. Dans la loi lombarde, on cite des propriétaires qui, au double titre de seigneurs et de juges, s’emparent du droit de protéger les esclaves fugitifs réfugiés sur leur domaine. Dans un article de la loi salique, le seigneur répond de son vassal devant la justice du comte. II faut donc conclure de ces textes de loi que la justice seigneuriale s’exerçait indistinctement sur les serfs, les colons et les vassaux. Un capitulaire de 855 lui soumet de même les hommes libres qui résident chez autrui.

 

De ces textes divers ressort un fait curieux : il existait entre la justice officielle du comte ou de ses subordonnés et les justices privées une juridiction intermédiaire, une sorte d’arbitrage amiable exercé par les voisins (vicini), sans l’assistance des juges du comté, juridiction revêtue, néanmoins, d’un caractère d’autorité qui rendait ses décisions obligatoires.

 

Charles le Chauve recevant une délégation de moines venant de ToursAinsi, la compétence des justices seigneuriales avait des limites ; elles n’étaient ni absolument indépendantes ni souveraines et sans appel ; toutes fonctionnaient à peu près comme l’ont fait depuis les hautes, moyennes et basses justices du Moyen Age, au-dessus desquelles primait la justice du roi. La faculté accordée aux gens d’église, évêques, abbés, abbesses, qui, devenus seigneurs temporels, exerçaient une juridiction domestique, devait s’arrêter devant la judicature du comte, à plus forte raison devant celle des missi dominici, délégués officiels du monarque. Charles le Chauve, malgré les concessions énormes qu’il fit à la féodalité et à l’Eglise, ne leur céda jamais le privilège de juger et de décider en dernier ressort.

 

Pendant toute la durée de l’époque mérovingienne, le mahl (mail), assemblée générale et régulière de la nation, avait lieu au mois de mars. Tous, grands et petits, s’y rendaient en armes ; on y traitait, sous la présidence du monarque, des intérêts politiques, commerciaux et judiciaires du pays ; ce qui n’empêchait pas d’autres réunions accidentelles de la cour du roi (curia regalis), chaque fois qu’on en reconnaissait l’urgence. La cour formait alors parlement (parlamentum).

 

D’abord exclusivement militaire et barbare, le parlement, à dater de Clovis, offrit un personnel mélangé de Francs, de Burgondes, de Gallo-Romains, de lètes-propriétaires, d’ecclésiastiques. A mesure que le gouvernement féodal s’organise, la convocation des assemblées nationales devient plus utile et l’exercice de la justice plus compliqué. Charlemagne décida qu’il y aurait tous les ans deux mahls, l’un au mois de mai, l’autre en automne, et, de plus dans chaque comté deux plaids annuels, sans préjudice des mahls et plaids extraordinaires qu’il lui conviendrait d’ordonner. En 788, l’empereur reconnut la nécessité de trois plaids généraux, et, en outre, il se plaisait à convoquer ses grands vassaux ecclésiastiques et laïques aux quatre fêtes principales de l’année.

 

Portrait imaginaire de Charlemagne, par Albrecht Dürer. Le manteau et les blasons au-dessus de sa tête montrent l'aigle allemand et le lys français.L’archevêque Hincmar a tracé un tableau complet des champs de mai, et l’on remarque, suivant Guizot, que « Charlemagne le remplit seul. Il est le centre et l’âme de toutes choses, des assemblées nationales comme de son propre conseil. C’est lui qui fait qu’elles se réunissent, qu’elles délibèrent ; qui s’enquiert de l’état du pays, des nécessités du gouvernement ; en lui résident la volonté et l’impulsion ; c’est de lui que tout émane pour revenir à lui. » Le peuple n’a aucun rôle dans ces assemblées, et les grands n’y figurent qu’à titre consultatif. On peut dire que du règne de Charlemagne date véritablement l’implantation de la royauté dans le domaine légal du droit commun.

 

La royauté, qui s’appuie sur la loi, prend dès lors des racines si profondes, qu’elle se maintient debout, malgré la faiblesse des successeurs du grand Charles, malgré l’empiètement progressif des grands vassaux de la couronne. Aux intempérances des haines privées, des inimitiés de famille, que signalait l’érection permanente de fourches patibulaires auprès de chaque demeure ; aux passions brutales d’un chef ou d’un juge, souvent seul, sans assesseurs, et qui n’avait d’autre bourreau que lui-même, d’autre instrument de supplice que la hart ou la corde, sinon sa hache ou son épée, succédait l’action autoritaire d’un tribunal représentant la société, tribunal qui repoussa le défi, la guerre impitoyable d’homme à homme, de famille à famille, et dont le premier soin fut de garantir, non la vie de l’homme, c’était impossible en ces temps d’aveugle barbarie, mais du moins sa demeure. Insensiblement, l’inviolabilité de la maison s’étendit à des villes de refuge, à certains lieux publics, à l’église, au mahl, ou lieu des réunions nationales, au marché, à la taverne, etc. On voulait que l’accusé, innocent ou coupable, demeurât inviolable, depuis l’instant de la faute commise jusqu’au jour du jugement.

 

Circonscrit dans l’espace, le droit de vengeance ne le fut pas moins dans le temps. On lui enleva successivement le dimanche, les principales fêtes de l’année, tout l’avent, la semaine de Noël jusqu’à l’Épiphanie, les octaves de l’Ascension jusqu’à la Pentecôte, les quatre-temps, quelques vigiles ou veilles de fête. « Le pouvoir du roi, dit un écrivain sagace et judicieux, participait aussi, dans une certaine mesure, de celui de Dieu et des saints ; il imposait sa paix aux passions humaines : il la donnait par son scel, il la donnait avec la main ; il l’étendait sur toutes les grandes lignes de communication, sur les forêts, les principaux cours d’eau, les routes de premier et de second ordre, etc. La trêve ou paix de Dieu (1041) fut l’application logique de ces principes d’humanité. »


 

Roi carolingien dans son palais, sous les traits de la Sagesse
Roi carolingien dans son palais, sous les traits de la Sagesse, qui fait appel à tous les humains

 

On aurait tort de croire que la justice se dispensait alors des formalités et des atermoiements réguliers, qui devaient être la garantie de ses décisions. Nul n’était mis en cause sans avoir été préalablement assigné à comparaître devant le tribunal. Sous les Carolingiens, comme aux époques antérieures, la lune était prise pour régulatrice des termes d’assignation. On assignait, de préférence, au jour du premier quartier ou pendant la pleine lune ; on assignait par lunaisons ou par quartier de sept nuits en sept nuits.

 

L’assignation se faisait quatre fois, après lesquelles, si l’inculpé n’avait pas comparu, il perdait le bénéfice du débat contradictoire. La loi salique n’admettait même que deux assignations devant le comte, à quarante nuits d’intervalle l’une de l’autre. La troisième avait lieu quatorze nuits après, devant le roi, qui mettait l’inculpé hors de sa parole, confisquait ses biens et lui interdisait toute espèce d’asile, lorsqu’au quatorzième jour, avant le coucher du soleil, il ne s’était point présenté.

 

Chez les Visigoths, la justice était également hiérarchique, depuis le comte jusqu’au dizenier. Chaque officier magistrat avait son tribunal, sa compétence. Ces juges appelaient près d’eux des assesseurs, tantôt rachimbourgs, pris au hasard parmi les hommes libres ; tantôt scabins ou échevins (scabini), revêtus d’un caractère officiel et permanent. Les scabins, créés par Charlemagne, furent d’abord des magistrats élus. Ils étaient sept pour chaque siège ; eux seuls instruisaient les causes et préparaient la sentence. Le comte, ou son délégué, ne faisait que présider le tribunal et prononcer l’arrêt.

 

Tout vassal, défendeur, jouissait du droit d’appel au souverain. Le roi seul et sa cour prononçaient sur les conflits élevés entre seigneurs ecclésiastiques et laïques, entre particuliers compris dans la truste ou dans le protectorat royal. Au souverain, aux missi, au comte palatin, étaient exclusivement déférées les affaires criminelles. Le comte palatin jugeait en dernier ressort toutes les causes, telles que révoltes, séditions, luttes à main armée, où la paix publique se trouvait compromise.

 

Déjà, du temps de l’invasion, les Francs, les Bavarois, les Visigoths procédaient par enquête dans l’instruction des causes, et, avant de recourir aux épreuves judiciaires, ils invoquaient le témoignage et le serment ; alors celui qui jurait était absous. Ce système, honorable sans doute pour la dignité humaine, était une source d’abus, qu’on crut éviter, en appelant au serment la famille ainsi que les amis de l’accusé. Ils levaient la main sur un crucifix, sur des reliques ou sur une hostie consacrée. Ces témoins, nommés conjurés, venaient attester devant les juges, non le fait en lui-même, mais la véracité de celui qui invoquait leur témoignage.

 

Le nombre, la qualité des conjurés variait d’après l’importance de l’objet en litige. Grégoire de Tours rapporte que le roi Gontran (584-592) ayant élevé des soupçons sur la légitimité de l’enfant qui fut Clotaire II, Frédégonde, sa mère, en appela au témoignage des seigneurs neustriens ceux-ci jurèrent, au nombre de trois cents notables, ayant à leur tête trois évêques (tribus episcopis et trecentis viris optimis), et la reine fut déclarée innocente.

 

La loi des Burgondes et la loi des Angles, plus exigeantes que celles des races germaniques, mettaient les armes aux mains des plaideurs. Après avoir employé les épreuves au fer rouge et à l’eau bouillante, les Francs adoptèrent le duel judiciaire. Les épreuves ou ordalies étaient regardées comme le jugement de Dieu. Le chroniqueur Aimoin raconte qu’on y eut recours pour décider dans une querelle survenue entre Louis le Germanique et son frère Charles le Chauve : dix hommes furent soumis à l’épreuve de l’eau bouillante, dix à celle de l’eau froide, dix à celle du fer chaud. « Cette dernière épreuve, dit Chéruel, consistait à prendre avec la main nue un fer rougi au feu, ou à marcher pieds nus sur un fer brûlant. L’épreuve du feu était une des plus solennelles : on élevait deux bûchers dont les flammes se touchaient ; l’accusé, une hostie à la main, traversait rapidement les flammes et, s’il n’en recevait pas d’atteinte, il était réputé innocent. »

 

Les condamnés à l’épreuve de l’eau, froide ou bouillante, assistaient d’abord à la messe, avec leurs parents et amis. S’ils se prétendaient innocents, on les admettait à la communion. Puis le prêtre conjurait l’eau qui devait servir à l’épreuve. « Cela fait, on déshabillait ceux qu’on exposait au jugement de l’eau froide et, après leur avoir fait baiser l’Évangile et la croix, on les arrosait d’eau bénite ; on leur liait la main droite avec le pied gauche, et on les jetait dans une rivière ou dans une cuve, en présence de tout le monde. S’ils allaient au fond, comme c’était naturel, ils étaient réputés innocents ; si, au contraire, ils venaient sur l’eau, on disait que cet élément les rejetait, et on les tenait pour convaincus du crime qui leur était reproché. »

 

L’épreuve de l’eau chaude consistait à plonger le bras dans une chaudière d’eau bouillante pour en retirer un menu objet qu’on y avait jeté. Ces épreuves restèrent en usage dans toute l’Europe jusqu’au XIIIe siècle.

 

Quant au duel judiciaire, considéré comme l’ordalie par excellence, il fut imposé d’abord aux parties, puis aux témoins, et quelquefois aux juges eux-mêmes. A partir du règne de l’empereur Othon le Grand (936), le duel judiciaire, restreint primitivement aux cas les plus graves, fut introduit dans presque tous les débats devant les tribunaux ; on n’en excepta ni les femmes, ni les vieillards, ni les enfants, ni les infirmes. Quand on ne pouvait se battre par soi-même, on produisait un champion, qui n’avait pas d’autre métier que de prendre en main les querelles d’autrui.

 

Les gens d’église devaient se battre également par procuration. Le champion ou avoué se faisait payer d’avance, bien entendu. Dans certains cas, le duel judiciaire semble avoir été déféré même contre un animal, si la légende du chien de Montargis repose sur un fait véritable. Louis le Gros tenta de réformer la coutume des ordalies, et Louis VII l’autorisa seulement en de rares circonstances. Louis IX voulut y substituer la preuve par témoins, mais le préjugé était tellement enraciné qu’il résista encore plus d’un siècle.

 

 

Source: http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article8025

 

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/419K4PV6QCL._BO2,204,203,200_PIsitb-sticker-arrow-click,TopRight,35,-76_AA300_SH20_OU15_.jpgSur ce sujet, lire "La Justice du Roi" d'Arlette Lebigre

 

Et pour aller plus loin:

> Clovis et son temps (film de Jean-jacques Barsac)

> Histoire du peuple français

> "Francia" : les origines de la France

> "La vraie révolution, celle qui transforme complètement la vie" a été "accomplie" par Jésus" (Pape François)

> Les sacrifices humains en Grèce et à Rome

> L'abolition de l'esclavage : qui a aboli l'esclavage le premier ?

> La femme au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime : l'exclusion des femmes ne date pas des "siècles obscurs" mais vient plus tard, de la modernité

> L'invention de la laïcité

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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 17:23

Excellente conférence de Marion Sigaut à Paris, le 15 juin 2013, sur le sujet intitulé "comprendre les Lumières : aux sources de la prolétarisation du monde ouvrier". Marion Sigaut mentionne quelques francs-maçons à l'origine de la société dite "libre & égale" dans laquelle on se débat tous aujourd'hui comme on peut ! Bravo et merci à Marion Sigaut pour cet exposé didactique, et bon visionnage à tous. 

 

 

Extrait:

 

  • « Il y a une chose qu'on ne sait pas, c'est que si les ouvriers sont devenus des prolétaires, c'est-à-dire des gens pauvres, vivant mal de leurs revenus, c'est à la Révolution française qu'on le doit. Et ce sont les Lumières qui ont théorisé cela. C'est le sujet de ma conférence aujourd'hui.
  •  
  • Depuis le 'Moyen-Âge' jusque la période qui nous intéresse, les métiers étaient organisés en corps ou en corporations. C'est-à-dire que vous ne pouviez pas exercer un métier quelqu'il soit sans intégrer une coporation. C'est-à-dire une société qui va vous faire passer un examen, qui va vérifier que vous travailler bien, qui va vous faire entrer en apprentissage etqui va vous protéger, vous surveiller, vous paterner. C'est très paternaliste. 
  • Et à l'époque des Lumières, la critique des corporations va se déchaîner. C'est Vincent de Gournay (1712-1759) qui sera à l'origine de toute la guerre contre les corporations. Il dit des corporations qu'elles étaient "nuisibles" : "elles gênent la circulation des marchandises, elles sont trop chères, elles dissuadent les gens de prendre des risques". À cette époque, explique Marion Sigaut, les corporations assurent la sécurité de l'emploi, donc elles "dissuadent les gens de prendre des risques". Et ce qu'explique Gournay, c'est que les forces du marché feront beaucoup mieux que la police et la justice : le client décidera de la qualité d'un travail. Or, la qualité d'un travail est vérifié par la corporation qui a sa police. Un travail mal fait ne sera pas mis sur le marché (c'est interdit par la corporation). Pour Gournay, tout est à jeter dans la corporation.
  •  
  • À partir de 1750, l'Encylopédie va emboîter le pas de Gournay. À l'article "Communauté commerce", il est écrit : "le gain assuré des corps de métiers, ou de marchands, les rend indolents et paresseux, pendant qu'il exclut des gens forts habiles à qui la nécessité donnerait de l'industrie". Cela veut dire que les corporations donnent la sécurité de l'emploi à des gens qui pour la peine tirent au flan : les ouvriers sont des tire au flan. Donc il faut leur mettre au-dessus de la tête le danger de perdre leur travail ! "La nécessité leur donnerait de l'industrie". Ils disent que la corporation ne permet pas la concurrence et que de ce fait elle asphyxie l'économie. L'argument sera que le "droit au travail" appartient au Peuple, c'est-à-dire que critiquer la corporation va être présentée comme la défense de l'ouvrier. L'ouvrier a le droit de travailler et la corporation l'en empêche puisqu'elle lui met des conditions pour entrer. Ils expliquent que le marché est forcément juste. L'intérêt du marchand ou du fabriquant est d'être de bonne foi. Où l'intérêt commande, il ne faut point de loi. Ils y croyaient ou en tout cas ont fait semblant d'y croire. C'est tout le credo libéral. Et ils disent que l'ordre naturel implique que la concurrence supplée à tous les règlements. On va abolir tous les règlements et la concurrence va supplée : "la concurrence fixe le juste prix" (loi de l'offre et de la demande), elle garantit la bonne foi, elle aussure la circulation des biens, et pour installer la concurrence il faut supprimer tous les règlements, c'està-dire tous les privilèges. Le marché (qu'il est question d'instaurer) ne connait que des individus, qui ne peuvent communiquer avec les autorités qu'à titre individuel (alors que les corporations en tant que corps, elles atteignent le roi, et c'est cela que l'on va supprimer).
  •  

Le reproche qui était de faire passer les fils de maître avant les autres ne résiste pas à l'analyse, parce qu'une statistique a été faite qui dit qu'entre 1758 et 1775, les 4/5ème des maîtres étaient extérieurs à la reproduction héréditaire. C'est-à-dire que c'est un mensonge de dire que la maîtrise favorise les fils de maître, pas plus que pour 1/5ème. En fait cla corporation c'était l'ascenseur. Vous pouviez être ramassé dans le ruisseau, entrer en apprentissage, et devenir maître. Toutes les belles choses qu'on a en France, tous les bâtiments, tous les beaux meubles, tous les beaux bijoux, tout ça c'est les corporations qui les ont faites. Reagardez la différence entre un immeuble fait aujourd'hui et un immeuble d'il y a deux cent cinquante ans.

 

En fait, les corporations assuraient la protection sociale. Ca c'est très important.

  •  
  • ... La loi Le Chapelier (1791). C'est ce qui a interdit aux ouvriers de se syndiquer jusqu'à la fin du XIXe siècle.
  •  
  • Les corporations assuraient la protection sociale. Ca c'est très important. 
  • Ex: la corporation des orfèvres. Ils avaient des maisons de retraite avec des lits gratuits; des fonds de fonctionnement avec lesquels ils payaient des religieux à plein temps pour faire fonctionner ces maisons de retraite et ces organismes de secours. Ils aidaient les vieux, les malades et les indigents, c'est-à-dire qu'ils faisaient de la charité publique. Ils fournissaient des prêts aux maîtres : un maître voulait investir, la corporation lui fournissait le prêt et souvent ils refusaient de les poursuivre en cas de non-remboursement, c'est-à-dire que la solidarité passait avant le reste. Ils aidaient parfois à domicile ou organisaient des ateliers collectifs pour ceux qui ne pouvaient pas se débrouiller tout seul. Qui fait cela maintenant en France ? Personne. Et ils leur fournissaient les outils et les matières premières. C'est-à-dire que si vous étiez tombé dans l'indigence, on pouvait vous aider vraiment à remettre le pied à l'étrier. Source: travail de Bigot de Sainte-Croix, 1767.
  •  
  1. Description de cette image, également commentée ci-aprèsArrive 1775. Turgot arrive au pouvoir, Louis XV est mort (en 1774). Turgot, un "homme des Lumières disait-on à Louis XVI, arrive, il va libéraliser le prix des subsistances, déclencher la guerre des farines, dit : "Donnez-moi cinq années de despotisme et la France sera libre". Il veut "libérer" la France des corporations et des jurandes. C'est dit-il "le plus grand pas qu'ait à faire l'administration vers la régénération du royaume".
  2.  
  3. Le dogme "laissez-faire, laissez passer", c'est à ce moment-là que cela se joue. Laisser faire c'est laisser les ouvriers travailler sans les corporations; laisser passer c'est laisser passer les marchands et les marchandises.
  4.  
  5. Turgot abolit les corporations en février 1776. Et il le fait par lit de justice c'est-à-dire que le roi sait que le parlement ne voudra pas enregistrer, donc il se déplace en personne au parlement et il force l'enregistrement de l'abolition des corporations.
  6.  
  7. Les critiques pleuvent. Droit dans ses bottes, Turgot n'en a cure. Séguier, magistrat et avocat du roi, dit à Louis XVI : "Le but qu'on a proposé à Votre Majesté est d'étendre et de multiplier le commerce en le délivrant des gênes, des entraves, des prohibitions introduites dit-on par le régime réglementaire. Ce sont Majesté, ces gênes, ces entraves et ces prohibitions qui font la gloire, la sûreté, l'immensité du commerce de la France". Donc il n'y avait pas que des imbéciles à la Cour et au parlement.
  8.  
  9. Des gens ont dit "c'est l'apocalypse". Turgot, en réponse, a fait interdire tout écrit contraire à la suppression des jurandes.
  10.  
  11. Les gens disaient :"On va éteindre le sentiment de l'honneur". À cette époque, quand vous étiez incorporé vous aviez un très fort sentiment d'honneur. L'honneur du travail bien fait. L'honneur d'être incoporé, l'honneur d'être reçu. Ils dirent : "il n'y en aura plus que pour l'argent". C'est exactement cela qui s'est passé. Et ils craignaient également l'invasion des Juifs: comme la France étaient entièrement intégrée dans la France catholique, un juif ne pouvaient pas être incorporé.
  12. ... En fait, les gens qui ont vu le danger, c'était plutôt des gens hauts placés. Mais à la base, chez les ouvriers, cela a été une explosion de joie : "vive la liberté!" On a vu des ouvriers qui plantaient là leur maitre et allaient au cabaret pour arroser ça.

  13. Turgot a supprimé les corporations sans avoir rien prévu pour la suite. On a vu des files d'ouvriers venir s'inscrire pour exercer le commerce. Parce qu'il fallait quand même être inscrit! Quelques heures après le lit de justice, des commissaires ont investi les coporations avec l'aide du guêt. Ils ont compté les tables, les chaises. Ils ont posé les scellés sur les rideaux, les tableaux, les objets de procelaine, d'étain, les registres, les procès verbaux d'assemblée, les contrats de réception des maîtres, ils ont volé les archives, ils ont pris tout ce qui faisait la vie des corporations, ils ont confisqué l'argent liquide, l'argenterie, tout le matériel de valeur servant aux rituels de la conférie. Parce qu'il y avait des rituels. On était dans une société catholique, ce n'était pas des rituels maçonniques, c'était des rituels catholiques. Ils ont vendu à l'encan, pour rembourser les dettes des corporations, tous les biens. Certains pour des prix dérisoires. C'était un cauchemar, les incorporés ont vu partir toute leur vie à l'encan, à la porte de ce qui avait été leur monde. Tout ce qui avait été librement réglé par leurs aïeux se trouvaient désormais entre les mains du lieutenant-général de police.

  14. Turgot a été renvoyé quelques mois après (1776). À son renvoi, le roi restaura les corporations, mais sous une forme nouvelle. Il promulgua en février (édit de février) et en août deux édits rétablissant les corporations, reconnaissent que la société est bien constituée de groupes stratifiés et non d'individus isolés. On rétablit la corporation en tant que corps, l'apprentissage, on maintient l'exclusion des Juifs. Louis XVI réduit le nombre des corporations.

http://www.christ-roi.net/images/5/5b/Philippe_d%5C%27Orl%C3%A9ans_ou_Philippe_Egalit%C3%A9.JPG... Le duc d'Orléans, bientôt appelé "Philippe Egalité", libéral et fier de l'être : c'est lui qui a organisé les "chahiers de doléance" sur son ressort. Il a distribué des cahiers de doléances modèles (il n'y avait plus qu'à remplir !) et envoyait ses instructions à ses représentants au baillage, dès mars-avril 1789, intitulées "besoins nationaux les plus pressants", dans lesquelles on lisait : "il doit en être de même - un régime de liberté sans entrave - de la faculté de travailler et de produire, d'échanger et de consommer". C'est-à-dire qu'il organise sur son ressort des cahiers de doléances dans lesquels il demande la supression des corporations en disant "vous signez là!" Le duc d'Orléans était franc-maçon. C'est tout l'argumentaire de Turgot qui a été présenté dans des cahiers pré-remplis par le duc d'Orléans.

 

Qui se positionne au début de la Révolution en 1789 contre les corporations ? Mirabeau (franc-maçon, qui déclara à l'entrée de Louis XVI aux Etats généraux, en montrant le roi : "Voilà la victime", NdCR.) dit : "l'Etat ne peut exercer quiconque d'exercer le métier qu'il veut" (évidemment, présenté comme cela) ; Sieyès (abbé apostat, membre du Club des "Jacobins", franc-maçon, doublé d'un régicide, qui rédigea le Serment du Jeu de Paume du 20 juin 1789, disait à qui voulait l'entendre qu'il «cherchait un sabre» capable de régénérer le régime républicain, au besoin par la force,... On ne fait pas une omelette sans casser des oeufs ! La fin sanctifiant les moyens dans la Secte, NdCR.) dit : "le monopole dégrade la qualité du travail et fait monter les prix en étouffant la concurrence" (comme si les prix n'allait pas monter en flèche!); Rolland a salué la Révolution comme "la fin nécessaire des coporations qui sont le privilège dégradant de l'esprit de corps. ... Seule une logique individualiste peut produire des sociétés authentiquement altruistes" (en faisant chacun pour soi, c'est là que l'on va être généreux!...)

Ils disent : "les corporations sont contraires à la justice naturelle, à l'humanité et aux principes fondamentaux des droits de l'homme et du citoyen". Les corporations sont incompatibles avec les nouveaux codes révolutionnaires.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d5/Isaac_Ren%C3%A9_Guy_le_Chapelier_%28Jean_le_Chapelier%2C_1754-1794%29%2C_French_politician.jpg/200px-Isaac_Ren%C3%A9_Guy_le_Chapelier_%28Jean_le_Chapelier%2C_1754-1794%29%2C_French_politician.jpgQue se passe-t-il la nuit du 4 août (1789) ?

 

La nuit du 4 août, dans toutes les campagnes, la paysannerie se rue sur les chateaux, va chercher tous les titres de propriété, tous les anciens accords passés entre les seigneurs et la population et ils les brûlent.

 

À l'Assemblée, une réunion préparatoire à la séance se tient une nuit durant avec 100 députés qui préparent la destruction des privilèges, des classes, des provinces, des villes et des corporations. C'est-à-dire qu'avant la "nuit du 4 août" vous n'avez que 100 personnes qui la préparent et cela on ne vous le dira pas. La séance du 4 août est présidée par le franc-maçon Isaac-René Guy le Chapelier. La "déclaration des droits de l'homme" qui suivra (ramènera l'homme à l'état sauvage, NdCR.) célébrera la liberté qu'a chacun de travailler comme il veut, où il veut s'il ne nuit pas. Vous avez des ouvriers qui brandissent la déclaration, qui vont s'installer où ils veulent, qui quittent leur maitre sans préavis, qui ne se font plus enregistrés, qui désertent les boutiques et volent la clientèle de leurs anciens maîtres. Liberté, liberté !

 

Or, la suppression des corporations à partir de la nuit du 4 août, les corporations n'ont pas été supprimées de droit pendant cette nuit, mais comme on a supprimé les privilèges et qu'on a dit "liberté", elles ont été supprimées de fait. Un député par exemple a écrit à ses électeurs que les corporations ont été "abolies à l'unanimité". C'est pas dans le rapport de la nuit du 4 août, mais c'est comme cela que les gens présents l'ont entendu. La suppression des privilèges (des droits privés que le Roi accordait à une corporation) entrainait abolition des corporations. Un autre a écrit dans son journal le 5 août : "suppression des jurandes". Ce n'était pas marqué, mais c'est comme cela que les gens l'ont compris. La plupat des journaux ont également annoncé la suppression des corporations au 5 août au matin... Et le 13 août, le Journal d'Etat du citoyen écrit : "l'industrie est libre et l'intelligent ouvrier, capable de gagner pour lui-même et sa famille ce que gagne sur lui un maître avare et quelques fois ignorant, ne sera plus obligé d'être riche pour avoir le droit d'exister".

 

Au cours de l'été 1790, en réponse à la hausse du prix du pain et à la misère croissante, vous avez des défilés dans le faubourg saint-Antoine. Les autorités veulent bien que les ouvriers aient tous les droits, mais individuellement, et pas celui de s'assembler. Quand les ouvriers commencent à s'assembler il faut absolument ne pas laisser faire. Et les ouvriers pouvaient bien organiser une messe à Sainte-Geneviève, mais il fallait qu'ils y aillent séparément ! C'est bien la foule qu'on redoute.

 

La loi d'Allarde (février 1791) sera l'acte de décès des corporations. La vision du monde était libérale. On disait que la société n'est composée que d'indivus seuls et la liberté est l'idée force de l'action sociale. Pour préparer ce décret, ils firent un coup monté en créant une pseudo pétition venue de Lyon, dite "adresse signée par 2316 citoyens", réclamant "l'abolition immédiate des corporations en raison de leurs odieuses iniquités et de leurs incompatibilité avec les lois de la nature et de l'esprit de la Révolution". Le baron d'Allarde qui était un pro-physiocrate (théoriciens du libéralisme), siégeait alors au comité des contributions publiques. Donc il n'était pas censé s'occuper des corporations. Il a présenté au comité de l'agriculture et du commerce un projet de loi remaniant les droits perçus sur les marchandises entrant dans les villes, qui inclut une clause qui va supprimer les maîtrises et les coporations dont il dit "depuis longtemps désirée par les citoyens". En réalité, on ne leur pas demandé leurs avis.

 

Il présenta également à l'assemblée un projet de patente destinée à autoriser tout marchand ou artisan à exercer le métier de son choix contre paiement aux autorités d'une patente. Il a cité Turgot et définit la "liberté de travailler" comme "l'un des principaux droits de l'homme, la première propriété, la plus sacrée". Et la loi est passée. Les corporations ont été abolies le 1er avril 1791. "Il sera libre, dit la loi, à toute personne de faire tel négoce ou d'exercer telle profession, art ou métier qu'elle trouvera bon", à condition de payer.... "Et de s'engager à se conformer aux règlements de police qui sont ou pourront être faits"... Et la police échappe au monde ouvrier : la police, cela va être maintenant l'autorité supérieure qui va la gérer.

 

La patente, qui vient d'être inventée, est calculée sur le loyer. Le riche horloger en chambre va payer la même patente que le pauvre charron avec son vaste local... Et Celui qui ne paiera pas sa patente ("liberté, liberté!") se verra interdire l'accès aux tribunaux, n'aura pas le droit de rédiger des actes devant notaire, de se présenter aux élections des tribunaux de commerce, sera menacé de confiscation de ses marchandises et d'amende se montant à 4 fois le prix de la taxe.

 

Qui a protesté contre la suppression ? L'Ami du Roi, un journal royaliste, et L'Ami du Peuple (de Marat).

 

Le Chapelier à l'Assemblée cita abondamment à l'Assemblée Jean-Jacques Rousseau, théoricien du "entre l'individu et l'Etat, il n'y a rien": "il n'y a que des individus séparés et la Volonté générale". Il dit: "Il est sans doute permis à tout citoyen de s'assembler paisiblement et sans armes, mais il ne doit pas être permis aux citoyens de la même profession et du même Etat de s'assembler pour leur prétendu intérêt commun. Car il n'y a plus de corporation ni de société, il n'y a plus d'intérêts communs, il n'y a plus que des intérêts individuels et l'intérêt général pour la chose publique." Ca c'est du Rousseau. Robespierre n'a rien dit et la presse non plus. C'est le triomphe de Turgot. Chaque contrat de travail serait signé individuellement entre un ouvrier et un employeur qui, en termes civiques, étaient effectivement égaux. C'est "l'égalité" de la Révolution.

 

Conséquence : d'un côté on a des individus poursuivant chacun ses intérêts propres, de l'autre un Etat mandaté par le  "Peuple souverain" et "représentant l'intérêt général". Vaste plaisanterie... Le modèle ne comprend plus aucun corps intermédiaire. La Révolution est faite.

L'ancien processus de sélection s'est effacé devant la marchandisation.

C'est l'argent le nouveau critère.

L'argent sera le seul et unique prix de la maîtrise. Vous voulez vous installer comme charpentier ? Payez.

Le nouveau système relève de l'économie de marché et non plus de l'économie morale.

L'ouvrier sera tenu de s'incliner non plus devant l'autorité morale du maître, mais devant les exigences expresses de l'Etat, avec pour chapoter le tout, la police.  

 

Les francs-maçons eux-mêmes disent que c'est grâce à Le Chapelier "franc-maçon" que les grands principes de Jean-Jacques Rousseau ont pu être appliqués.

 

 

 

L'économie morale est battue en brèche par l'économie de marché, c'est le "libéralisme" apparu un siècle avant la révolution "française de 1789" avec la révolution anglaise. "Le libéralisme c'est l'anglomanie". Les ennemis des physiocrates et des Encyclopédistes c'étaient la monarchie absolue catholique.

 

Un ouvrier incorporé (avant 1789) ne connaissait pas le chômage et si un individu n'avait pas de corps et connaissait le chômage il était de totue façon secouru, soutenu et pris en main par une coporation. Ex: un domestique sans travail rencontre un domestique qui en a un et le lendemain il trouve du travail. Ce n'est pas l'Etat qui gère le travail, c'est la base qui se gère toute seule, ce n'est pas l'Etat qui s'en occupe. Le monde ouvrier d'Ancien Régime se gère, s'occupe de ses affaires et a l'oreille des autorités. Le roi reçoit régulièrement les corporations.

 

Si on devait revenir à ce système, cela pourrait partir de la base avec des métiers qui s'organisent seuls.

 

En France, le roi n'a pas voulu obéir aux riches : on lui a coupé la tête. Et ce n'est pas "le Peuple" qui a demandé ça. La façon dont on nous a présenté les choses (1789) est tronquée.

 

 

 

. Marion Sigaut - Les lumières : un antihumanisme

. Pourquoi l’oligarchie financière ne veut pas de l’économie sociale

. La vraie raison de la loi du 4 août 1789 dite de "suppression des privilèges"

 

 

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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 18:54

 

Entretien réalisé par Philippe Randa

 

Vous avez publié un livre sur l’affaire Galilée. S’agit-il vraiment de l’archétype du conflit entre “science” et “obscurantisme religieux” ?

 

Le géocentrisme était partout enseigné lorsque Johannes Kepler a prouvé l’héliocentrisme évoqué par Aristarque de Samos au IIIe siècle avant J.-C. Contrairement à ce que prétendent certains historiens, Copernic ne démontrait rien dans son livre, truffé d’erreurs et d’arguments grotesques, auquel Kepler – génie modeste, lui –, rendit alors un hommage excessif.

 

Description de cette image, également commentée ci-aprèsEn 1609, Kepler a décrit les orbites elliptiques des planètes autour du Soleil, expliquant les aberrations apparentes de leur course par les variations de la vitesse de leur trajectoire en fonction de leur éloignement ou de leur rapprochement du Soleil. Il anticipait ainsi le principe de gravitation universelle, énoncé par Isaac Newton en 1687. Jusque-là, héliocentrisme et rotation de la Terre sur elle-même furent combattus, aussi bien par nombre d’universitaires et de théologiens protestants, que par les moins évolués des catholiques. Dans les écoles juives et les universités musulmanes, on a continué d’enseigner le géocentrisme jusqu’au XVIIIe siècle. Paradoxalement, ce sont les jésuites des observatoires astronomiques de Rome et de Bavière qui, les premiers, ont admis les thèses de Kepler et les ont enseignées, alors que Galilée professait encore le géocentrisme à Padoue, puis à Pise.

 

Alors, pourquoi le procès de Galilée en 1633 ?

 

Parce que Galilée, parjure et fraudeur, a compromis la papauté au pire moment de la guerre de Trente Ans. Contrairement aux règles de l’Inquisition, Galilée fut fort bien traité. De sa propre initiative, il renia son œuvre à trois reprises, avant l’abjuration solennelle, sur ordre, du 22 juin 1633 (où les règles de procédure furent adoucies à la demande du pape Urbain VIII). Ni enchaîné, ni emprisonné, ni affamé et encore moins molesté, Galilée fut ensuite fêté par l’archevêque de Sienne, conserva ses pensions octroyées par le duc de Toscane et Urbain VIII, et résida dans sa villa d’Arcetri (en Toscane), où il mourut en 1642, d’insuffisance cardiaque, après avoir fait accomplir sa pénitence par ses deux bâtardes, nonnes toutes deux : réciter les sept psaumes de la pénitence, une fois par semaine trois ans durant ! Ce qu’il est convenu d’appeler « l’affaire Galilée » n’est donc qu’une machine de guerre que divers polémistes, au XVIIIe siècle, ont montée, sans grand succès alors, contre l’Église catholique. Et ce n’est qu’au XIXe siècle que cette polémique anticatholique remporta un énorme succès, jamais démenti depuis.

 

Pourquoi un athée revendiqué comme vous peut-il consacrer une biographie admirative à Jésus de Nazareth, prendre la défense de l’Église catholique dans cette affaire et celle du pape Pie XII durant la Seconde Guerre mondiale ?

 

Le sens de l’équité ne dépend pas de l’adhésion à un dogme, politique ou religieux. Seule importe la quête de la probable vérité.

 

L’affaire Galilée : une supercherie du sot XIXe siècle ? 208 pages.

 

Bernard Plouvier, auteur de "L’Affaire Galilée. Une supercherie du sot XIXe siècle?" est membre de l’Académie des sciences de New-York, auteur d’une dizaine d’essais historiques.

 

Source: http://www.bvoltaire.fr/bernardplouvier/bernard-plouvier-laffaire-galilee-une-supercherie-du-sot-xixe-siecle,33115

 

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Note de Christ-Roi. L'"affaire Galilée".

 

Pour donner un petit aperçu des découvertes que l'on peut faire quand on prend la peine de se documenter, voici quelques précisions à propos de "l'affaire Galilée".


Description de cette image, également commentée ci-aprèsGalilée (1564-1642) fut condamné pour avoir affirmé qu'il avait prouvé la théorie copernicienne, la rotation circulaire uniforme de la terre autour du soleil. Théorie qui est fausse : comme nous le savons aujourd'hui, la terre effectue un mouvement d'ellipse à vitesse variable autour du soleil.

 

Détails sans importance ?


1. Il se trouve que ce mouvement en ellipse est le seul qui explique les aberrations du système copernicien. Aberrations qui étaient déjà connues à l'époque.

 

2. De plus, ce mouvement en ellipse, l'astronome Kepler (1571-1630), contemporain de Galilée, l'avait déjà découvert par des calculs, et l'avait même communiqué à Galilée ! Mais celui-ci, du haut de sa superbe, ridiculisera cette découverte capitale, pour maintenir sa rotation circulaire uniforme, prouvée selon lui par le phénomène des marées. Preuve qui, elle, est totalement fausse, comme on le savait également à l'époque. Kepler d'ailleurs avait aussi donné la véritable explication des marées, liées à l'action conjointe de la lune et du soleil.


Mais au fait, à quoi fut condamné Galilée ? Fut-il brûlé vif ? ou bien fut-il pendu ?

Il fut assigné à résidence dans sa villa de Florence, où il continua ses travaux de mathématiques et où il finit paisiblement ses jours. Pour noircir un peu le tableau, les ouvrages "dans le vent" ajoutent qu'il mourut aveugle.

Pardon, j'oubliais : il fut également condamné à réciter chaque jour les psaumes de la pénitence. Il fit transférer cette obligation à sa fille, qui était religieuse.

 

 

 

. Le Moyen Âge n’a jamais cru que la Terre était plate !

. Jansénistes et jésuites (Marion Sigaut)

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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 15:00
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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 14:00

 

Christophe Colomb n’a jamais eu à démontrer que la Terre était ronde. Car tout le monde le savait déjà. Et depuis longtemps ! C’est ce que confirme l’ouvrage d’un historien américain, Jeffrey B. Russel, qui met à mal bon nombre d’idées reçues sur les géographes du Moyen Âge et de l’Antiquité (Cf. Jeffrey B. Russel, Inventing the Flat Earth. Colombus and Modern Historians, New York – Wesport – Londres, Praeger, 1991, NdCR.).

 

Image illustrative de l'article Nicole Oresme
Nicole Oresme, l’« Einstein du XIVe siècle »

 

Il commence par constater que les auteurs médiévaux affirment la rotondité de la Terre, comme le faisait Platon. Il examine ensuite l’apparition du mythe moderne selon lequel le Moyen-Age croyait la Terre plate. En fait ce sont des évolutionnistes libéraux américains qui ont créé de toutes pièces ce mythe aujourd’hui repris dans la presse et dans les manuels scolaires.

 

En cette année anniversaire de la découverte du Nouveau Monde [1], c’est un véritable déluge de publications qui s’abat sur nous ; à cette occasion, nombre d’idées reçues sont remises en question. L’une d’elles, selon laquelle les contemporains de Christophe Colomb croyaient que la Terre était plate, a trouvé son historien, Jeffrey B. Russel, dans un petit ouvrage décapant qui vient d’être publié aux États-Unis [2].

 

Considérons le cas de Christophe Colomb : les historiens ont depuis longtemps dénoncé la fable selon laquelle il aurait dû affronter les foudres des docteurs de Salamanque pour avoir osé prétendre que la Terre était ronde – sans quoi le passage des Indes par l’ouest était inconcevable. Certes, le découvreur a eu ses détracteurs et ses opposants, mais leurs arguments tenaient aux probabilités d’échec de l’entreprise.

 

Et ils avaient raison, puisque la distance qui sépare les îles Canaries du Japon est de deux cents degrés de longitude, là où Colomb, pour avancer son projet, voulait n’en voir que soixante. Mais nulle part dans ces discussions il ne fut question d’une sphéricité que le navigateur aurait dû démontrer.


 

La terre selon Ptolémée :

Traduction latine de Jacopo d'Angelo de la Cosmographia (Géographie, de Ptolémée)
Florence, vers 1465-1470
Manuscrit sur parchemin (48 x 40 cm). BnF, Manuscrits (Latin 4801 fol. 74)

 

Déjà au XVème siècle, l’affaire était entendue. La Géographie du Grec Ptolémée (90-168) est traduite en latin en 1410. Or cet ouvrage ne laisse subsister aucun doute sur la rotondité de la Terre : il est tout entier fondé sur le quadrillage de la sphère en degrés de latitude et méridiens de longitude.

 

Et le cardinal Pierre d’Ailly en a bien retenu toutes les leçons dans son Image du monde écrite en latin dès 1410. Mais avant ? Là où les médiévistes ont souvent été plus évasifs, Jeffrey Russell nous invite à voir partout et toujours la même représentation, les mêmes comparaisons. Pour les uns, la Terre est un œuf ou une balle, pour d’autres, une pomme ou une pelote.

 

PNG - 127.4 ko
Sur cet exemplaire de la Géographie de Ptolémée, imprimé à Ulm en 1482, on voit l’auteur tenant le globe terrestre (Bucarest, Musée national d’histoire)

 

Pour les philosophes John Holywood ou  Thomas d’Aquin au XIIIème siècle, Jean Buridan ou Nicolas Oresme au XIVème, nul doute n’est possible. Ces deux derniers évoquent même la rotation de la Terre sur elle-même !

 

patience...

Nicole Oresme, Le Livre du Ciel et du Monde, 1377 (in Paris, Bnf, Manuscrits, Fr. 565, f0 69).
En 1377, Nicole Oresme remet au roi de France Charles V, qui le lui avait commandé, un traité d'astronomie intitulé le Livre du ciel et du monde.
Source: http://expositions.bnf.fr/ciel/grand/1-025.htm
         
         
 
         

.

Faut-il remonter plus avant vers les « siècles obscurs », pour reprendre une expression chère aux Anglo-Saxons ? Là où un Isidore de Séville (mort en 636) semble entretenir certaines réserves, Bède le Vénérable au VIIIème siècle et Scot Erigène au IXème sont catégoriques : la Terre est ronde. Ils ne font d’ailleurs pas preuve d’originalité, puisqu’ils reprennent la tradition scientifique des compilateurs de l’Antiquité tardive, notamment Martianus Capella dont les Noces de Mercure et Philologie, écrites vers 420, connaissent une très large diffusion au Moyen Âge. Or Martianus affirme lui aussi sans ambages : « Elle [la Terre] n’est pas plate, elle est ronde. »

Il semble donc y avoir durant tout le Moyen Âge occidental unanimité sur la question.

Non sans quelques problèmes pour les philosophes et les cartographes. Ceux-ci veulent en effet représenter un œkoumène (l’ensemble des terres habitées) conforme aux connaissances de la période et, d’autant que possible, à la tradition biblique et évangélique. Dès lors, que Jérusalem soit au centre du monde ou le paradis à l’est, c’est une simple convention cartographique. Le géographe arabe Al Idrisi ne place-t-il pas, au XIIème siècle, La Mecque au centre de sa carte ? Et, au XXème siècle, ne discute-t-on pas encore de la « juste » représentation de l’hémisphère sud sur nos modernes mappemondes ? Plus délicat est le problème de la conformité aux enseignements de l’Église selon lesquels les Apôtres ont apporté la Parole « aux quatre coins du monde ». Car il faudrait que le Terre soit plate pour posséder quatre coins.

Ainsi s’explique l’hésitation d’Isidore de Séville ; pourtant saint Augustin lui-même (354-430) avait mis en garde contre le danger d’utiliser le sens littéral de l’Écriture. Lorsque les cartographes médiévaux nous présentent une Terre d’apparence plate et circulaire, c’est donc certainement une convention cartographique, parfois l’illustration d’une certaine tradition biblique, mais jamais la représentation d’un soi-disant dogme de la « Terre plate ».

D’où vient alors ce mythe, puisque mythe il y a ? De l’exploitation qu’on a faite, au XIXème siècle, de certains textes de l’Antiquité tardive. Cette époque avait bel et bien connu deux « théoriciens » de la Terre plate : Lactance (vers 265-345) d’abord, polémiste crédule, qui s’oppose ouvertement à la pensée scientifique (et païenne) de son époque, au moyen d’arguments simples mais combien efficaces : « Y a-t-il quelqu’un d’assez extravagant pour se persuader qu’il y a des hommes qui aient les pieds en haut et la tête en bas […] et que la pluie et la grêle puissent tomber en montant ? »


Darwin contre l’Église

Puis, deux siècles plus tard, en Égypte, Cosmas dit « Indicopleustès » (« le voyageur des Indes »), retiré dans un monastère du Sinaï, rédige sous le titre de Topographie chrétienne une vaste compilation géographique où la Terre plate occupe une place importante. Il faut cependant savoir que cet ouvrage volumineux, rédigé en grec et aux marges orientales de la Chrétienté, ne nous est connu aujourd’hui qu’à travers trois manuscrits médiévaux complets. Critiqué à Byzance dès le IXème siècle par le patriarche Photius, il est totalement ignoré de l’Occident médiéval. La première traduction latine de Cosmas date de 1705 ! Et c’est cet auteur, tout à fait marginal dans le monde grec et inconnu du monde latin, qui deviendra au XIXème siècle le symbole de l’obscurantisme médiéval !

Car ces visions farfelues du monde seraient restées aussi chimériques que les descriptions contemporaines de cynocéphales (hommes à tête de chien), si elles n’avaient été reprises par les positivistes et « progressistes » du XIXème siècle. La démonstration de Jeffrey Russell est ici tout à fait originale et convaincante.

S’il n’y a jamais eu de mythe médiéval de la « Terre plate », il y a bel et bien eu une légende moderne du « dogme médiéval de la Terre plate ». Russell traque son apparition puis sa diffusion, en France et aux États-Unis, tout au long du XIXème siècle ; il démasque à l’occasion quelques « coupables ».

Coupable, le premier, le romancier américain Washington Irving (1783-1859), dans un pastiche historique sur la vie de Christophe Colomb, publié pour la première fois en 1828.

Irving invente de toutes pièces une scène qui deviendra célèbre, dans laquelle le navigateur doit se défendre contre l’obscurantisme des docteurs de Salamanque incapables d’admettre que le Terre fût ronde [3].

Le roman connaît un immense succès et contribue à accréditer, outre-Atlantique, la vision d’une Église catholique dogmatique et intolérante. Coupable encore, en France, à la même époque, le très respecté Antoine-Jean Letronne (1787-1848), directeur de l’École des Chartes et professeur au Collège de France, qui dans la Revue des deux mondes, avance l’idée d’un dogme de la Terre plate chez les Pères de l’Église et d’une interprétation littérale de la Bible au long du Moyen Âge.

Coupables surtout, aux États-Unis à nouveau et principalement pendant la seconde moitié du XIXème siècle, nombre d’esprits libéraux qui souhaitent réfuter les arguments anti-évolutionnistes de l’époque. Nous sommes en effet en plein débat autour des thèses de Darwin sur l’évolution des espèces, que l’Église se refuse à admettre. Quoi de mieux, dès lors, pour combattre son étroitesse de vues, que de stigmatiser un obscurantisme plus général, dont le pseudo-dogme médiéval de la Terre plate deviendrait une sorte de cas exemplaire ? C’est la voie que suivent sans hésiter certains auteurs américains dans des ouvrages dont les titres à eux seuls sont tout un programme : Histoire du conflit entre religion et science de John Draper (New York, 1874) ou Histoire du combat entre la science et la théologie dans le Christianisme d’Andrew White (New York, 1896)…

L’idée d’un dogme médiéval de la Terre plate se diffuse dès lors dans les ouvrages de vulgarisation et les manuels scolaires. Elle correspond si bien à l’image que l’on se fait du Moyen Âge au temps de Victor Hugo ou de Jules Michelet qu’on la reçoit sans discussion.

Tant et si bien que malgré toutes les réfutations modernes, un auteur à succès pourtant bien informé comme Daniel Boorstin perpétue encore aujourd’hui ce mythe [4].

Preuve, s’il en était besoin qu’un petit essai comme celui de Jeffrey Russell est d’actualité et mériterait d’être traduit en français sans délai.

 

Michel Hébert, L’Histoire n°159, octobre 1992

 

Notes:

 

[1] Article publié pour la première fois dans la revue L’Histoire en 1992, ndlr

[2] Jeffrey B. Russel, Inventing the Flat Earth. Colombus and Modern Historians, New York – Wesport – Londres, Praeger, 1991.

[3] Washington Irving, The Life and Voyages of Christopher Columbus, rééd. Boston, J.H. Mc Elroy, 1981.

[4] Daniel Boorstin, The Discoverers, New York, 1983, trad. française, R. Laffont, 1988.

 

Sources : http://www.egaliteetreconciliation.fr/Le-Moyen-Age-n-a-jamais-cru-que-la-Terre-etait-plate-19073.html

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 22:42

 

 

L'association "Gaspard de la nuit" reçoit MARION SIGAUT pour une conférence intitulée "Revisiter l'humanisme des lumières".

Marion Sigaut, Historienne et auteur entre autres de "La Marche Rouge" et "L'énigme Damiens", nous fait découvrir le côté sombre du siècle des lumières.

PARTIE 1/2

 

 

 

PARTIE 2/2

 

 

 

- Marion Sigaut, la Marquise de Pompadour et l'énigme Damiens

- La guerre des juges contre l'Eglise et la monarchie au XVIIIe siècle (Marion Sigaut)

- Marion Sigaut - Les lumières : un antihumanisme

- Marion Sigaut - Les Lumières et l'essor du capitalisme

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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 09:47
Mis à jour, 25 août 2015.
Gettysburg, Pennsylvanie : Banner commemorating 150'th anniversary 
Demain le 1er juillet, les Américains du Nord fêtent le 150e anniversaire de la commémoration de la bataille de Gettysburg (1er - 3 juillet 1863), en Pennsylvanie, durant la Guerre de Sécession 1861-1865 (un million de morts, dont 600.000 soldats tués pour 400.000 civils massacrés). Cette bataille qui vit la défaite des Sudistes, fut la plus lourde en termes de pertes humaines (53.000 victimes confondues de l'Union et de la Confédération). Elle est souvent considérée comme le tournant de la guerre.
 
Gettysburg, Pennsylvanie : Field
   
La ville de Gettysburg, fondée en 1786, est un carrefour de routes :  Baltimore est à 52 miles (84 km), Washington D.C. à 90 miles (145 km) et New York à 266 miles (367 km). Une victoire sudiste eut ouvert la porte vers la capitale.
 

 

carte_politique_usa.gif

 

L’Esprit de 1776, d'A.M. WillardL'Angleterre abolit l'esclavage le 2 mars 1807, et interdit à cette date la traite atlantique, c'est-à-dire la déportation des Africains en Amérique. Selon certains historiens, cette abolition (annoncée de longue date), serait en 1775 une des causes cachées de la Guerre d’indépendance des USA contre l’Angleterre (1775-1783), par la peur qu'elle suscita chez les propriétaires d’esclaves américains francs-maçons comme George Washington, qui ne virent leur salut que dans l’indépendance pour que la loi anglaise ne s’applique pas.  

 

Cemetary in Gettysburg park
Cemetary in Gettysburg park. Cimetière dans le "Parc Gettysburg"

 

Le régime américain commence donc son entrée dans l’histoire par deux atteintes majeures aux droits de l’homme : le massacre des Indiens et l’esclavage des Noirs.

 

Les Confédérés n'ont eu pour seul tort que de pratiquer l'esclavage. Hormis cela, ils ont tenté de défendre un style de vie, une véritable culture populaire, isolationniste, teintée d'anti-impérialisme yankee, qui prédomine encore aujourd'hui aux USA.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/84/Martin_Luther_King_Jr_NYWTS.jpg/220px-Martin_Luther_King_Jr_NYWTS.jpg

Martin Luther King, 1964,

militant non violent pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis, soutenu par John F. Kennedy.

 

Les Nordistes, après leur victoire, ont instauré la ségrégation raciale pour un siècle jusqu'aux années 1960 et les actions de Martin Luther King. Le « pays de la liberté » était et est resté de longues années le pays esclavagiste et néo-esclavagiste par excellence.

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400 000 membres du second Ku Klux Klan défilent à Washington en 1925.

Source photo: http://ccffcw.xooit.fr/t856-Ku-Klux-Klan-et-autres-organiosations.htm 

 

Le régime américain dès sa fondation a commis un crime, non marginal mais essentiel puisqu’il était à la base de son économie : l’esclavage des Noirs. Cet esclavage était une conséquence particulière d’une conception anglo-saxonne qui réduisait les hommes à des matières premières. C’est cette conception utilitariste qui fut mise au service du racisme à l’égard des Noirs. Mais c’est cette même conception que nous retrouvons dans l’antiracisme dogmatique du système américain actuel. La race biologique comme l’ethnie culturelle sont des obstacles au besoin économique de rendre la main-d’œuvre parfaitement interchangeable, comme des blocs de charbon ou de marbre sont interchangeables lorsqu’ils sont stockés à des fins de production. Il faut donc les effacer dans le grand « melting pot ». Des biologistes américains ont pu montrer que si le mélange intégral des races se faisait aux USA les Noirs disparaîtraient totalement car ils ne sont que 12% et la loi de la régression à la moyenne ferait disparaître leurs traits physiques spécifiques dans la population majoritaire : une forme de solution finale du problème noir par le métissage en quelque sorte. Les plus lucides des porte- parole de la communauté noire de ce point de vue, comme Louis Farrakhan, l’ont bien vu.

 

Dans les années 1920, les membres du Klan continuent de pourchasser les Noirs, les immigrants, les catholiques, les juifs et tous ceux qui les côtoient et qui les aident.

Pendant la seconde guerre mondiale, l'armée US est une armée qui pratique la ségrégation raciale à grande échelle. En 1945, le 33e président Harry S. Truman est un ancien sympathisant du Klan. La ségrégation dans l'armée n'est supprimée qu'en 1948. La capitale des Etats-Unis porte le nom d’un propriétaire d’esclaves franc-maçon, Washington.

 

(Aujourd'hui, en Israël, la ségrégation continue. Le 3 mars 2013, le ministre israélien des Transports a annoncé la mise en place de lignes de bus réservées aux usagers palestiniens travaillant dans l'État hébreu. Les lignes de bus partant du point de passage d'Eyal, situé près de Qalqilya rejoignant la métropole de Tel-Aviv sont concernées.)

 

 

gettysburg.jpgUn film très réaliste, que nous conseillons, a été produit sur la bataille de Gettysburg en 1993 :

Gettysburg

titre original "Gettysburg"
année de production 1993
réalisation Ronald F. Maxwell
interprétation Tom Berenger, Jeff Daniels, Martin Sheen

 

 

 

 

 

Extrait du film Gettysburg. Le général sudiste Robert E. Lee, parmi ses soldats à Gettysburg.

 

 

Gettysburg, Pennsylvanie : Devils Den from Little Round Top

 

Devils Den à Little Round To.

"Little Round Top", au sud de Gettysburg, la plus petite des deux collines, fut le site de l'assaut infructueux des troupes confédérées contre le flanc gauche de l'Union, le 2 juillet 1863, lors du deuxième jour de la Bataille de Gettysburg.

Considéré par nombre d'historiens comme le lieu clé de la ligne défensive de l'Armée de l'Union à la bataille de Gettysburg, Little Round Top fut défendue avec succès par la brigade du colonel Strong Vincent, le 20ème Maine Volunteer Infantry Regiment commandé par le colonel Lawrence Chamberlain. Ce dernier mena en ce lieu le plus fameux des engagements, culminant par une charge à la baïonnette qui est resté comme l'un des faits d'armes les plus connus de la Guerre de Sécession.

 

Little-Round-Top--vue-de-1909.jpg

Little Round Top (à gauche) et (Big) Round Top, photographiées depuis la Plum Run Valley en 1909.

 

 

General-George-Gordon-Meade--general-nordiste--Valencian-.jpg
 

General George Gordon Meade, général nordiste (Valencian's, avr. 2013)

 

Gettysburg, Pennsylvanie : Batterie

 

 

General-Robert-E-Lee--Valencian-s--avr.-2013--gettysburg-na.jpg

General Robert E Lee (Valencian's, avr. 2013)

Pickett-charge--vue--battleground-tours.jpg
Vue de la charge de Pickett, Gettysburg

 

Charge-de-Pickett---Une-vue-du-champ-de-bataille-regardant-.jpg
Une vue du champ de bataille regardant vers la Charge de Pickett.

 

Charge-de-Pickett--vue-du-camp-Confedere--Sudiste--confe.jpg
La Charge de Pickett, vue du camp Confédéré (Sudiste)

 

Cemetery-Hill--warrengoblue--mars-2009--Gettysburg.jpg

Cemetery Hill (warrengoblue, mars 2009) Gettysburg

Sources photos: http://www.tripadvisor.fr/LocationPhotos-g60798-w17-Gettysburg_Pennsylvania.html#66827161

 

La première banque centrale américaine (1790)

 

money_as_debt-248x157.jpg La première banque centrale américaine vit le jour en 1790 sur l'initiative du secrétaire au Trésor franc-maçon Alexander Hamilton, lors de la première session du Premier Congrès de 1790. Son modèle était la banque d'Angleterre (première banque centrale européenne et du monde qui fut fondée en 1694).

 

La première banque centrale en France (en réalité un groupe de représentants de banques privées dont Pergot Mallet et compagnie) sera créée 113 ans avant la Fed par Napoléon Ier, sur ordre des banquiers en 1800. Lire : Napoléon et la création de la Banque de France / Henri Guillemin.

 

On nous a appris petits que l'on ne devait pas prendre de crédit si l'on ne gagnait pas assez, cette sagesse populaire et domestique semble totalement ignorée quand il s'agit de l'Etat

 

Illustration.Le Secrétaire d'État Thomas Jefferson (futur 3e président de 1801 à 1809), franc-maçon comme Alexander Hamilton, s'opposa à ce dernier (Ces oppositions factices soint montées de toutes pièces afin de duper un public nourri de démocratisme). Hamilton et Jefferson s'écharpèrent. Les invectives fusèrent. Jefferson arguait que la banque violait les traditions propres aux lois :

 

  • "Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés qu'une armée ennemie... Si jamais le peuple américain autorise les banques privées à contrôler la création de leur monnaie, premièrement par l'inflation, puis par la déflation, les banques et les corporations qui croîtront de tous côtés vont déposséder les gens de toutes leurs possessions jusqu'à ce que leurs enfants se retrouvent sans maison sur le continent que leurs pères avaient conquis. Le pouvoir de génération monétaire devrait être pris aux banques et restauré au peuple, à qui cela appartient proprement." Thomas Jefferson (1743-1826).

 

Portrait d'Alexander Hamilton par John Trumbull.Hamilton lui répondait que l'utilisation de la puissance fédérale pour moderniser la nation était nécessaire... Il convainquit le Congrès d'interpréter largement la Constitution "pour passer des lois audacieuses", dont, bien évidemment, la création d'une dette nationale, la garantie fédérale des dettes des États, la création d'une banque nationale et un système de taxes à travers des tarifs sur les importations et une taxe sur le whisky qui paierait le tout !...

 

En affaires étrangères, ce personnage cynique favorisa les Anglais; il donna les instructions pour le traité de Londres signé en 1794, tout en s'opposant bien évidemment vigoureusement à la Révolution dite "française", qui pourtant suscitée et financée par la franc-maçonnerie "française" et britannique vit l'"Angleterre gagnante" sur tous les tableaux, dans "un recul sans appel" pour la France. (René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 222.) Hasard... Hamilton fut proclamé "citoyen français" par l’Assemblée "nationale" législative de France le 26 août 1792 (Décret du 26 août 1792). Cette assemblée dite "nationale" essayait de rallier l'opinion internationale en faisant "citoyen français" tous ceux qui, passant par là, professaient les mêmes doctrines "démocratiques" et "républicaines". La Patrie n'était plus conçue comme la réunion et l'amour commun de tous ceux qui habitaient un même sol, non, elle était désormais conçue comme la fédération passionnée de tous ceux qui professaient la même idéologie, et qui pour l'imposer, ne reculaient devant rien, pas même devant le massacre, la torture, la terreur ou le génocide : "La fin sanctifie les moyens" (Adam Weishaupt).

 

Hamilton se défendit en disant qu'aussi longtemps que la Constitution stipulera qu'aucun gouvernement seul ne pourra émettre de monnaie courante, il n'y a aucune raison de se méfier de ce que le gouvernement fédéral permette la création de cette banque centrale...

 

United_States_one_dollar_bill-_obverse.jUn autre franc-maçon vint mettre tout le monde d'accord: George Washington... Ainsi naquit la première banque centrale américaine par la signature d'une loi le 25 avril 1791 pour une durée de 20 ans...

 

Deux pas en arrière.

 

Selon le principe léniniste "Un pas en avant, deux pas en arrière"

(Lénine, Réponse à Rosa Luxembourg), la Révolution avance toujours...

 

Vingt ans plus tard, la majorité démocrate-républicaine vota contre le renouvellement de la dite banque centrale, et la première Banque centrale des États-Unis ferma officiellement ses portes le 3 mars 1811.

 

http://b.vimeocdn.com/ts/179/185/179185007_640.jpg

 

 

La guerre de 1812.

 

220px-Nathan_Rothschild.jpgNathan Mayer Rothschild, fils de Mayer Amschel Rothschild est cité par certains historiens pour avoir averti  

 

  • "que les États-Unis se trouveraient impliqués dans une guerre des plus désastreuses si la charte de la banque centrale n'était pas renouvelée"...

 

Hasard..., cinq mois après la fermeture de la première banque des États-Unis, l'Angleterre déclara une guerre financée par des prêts faits aux Rothschilds qui étaient déjà les banquiers prééminents en Europe à cette époque-là (y compris sous la Restauration puisque James de Rothschild finança le gouvernement de Louis XVIII, "puis celui de la monarchie de Juillet, et gèrera la fortune personnelle du roi Louis-Philippe". Il financera également l’État Belge nouvellement indépendant, l’Indépendance Grecque, l’Unité Italienne, secourut les trésoreries de l’Espagne, de l’Autriche et des États-Unis... Source Wikipedia)

 

La guerre de 1812 des banquiers contre les Etats-Unis résulta de la première création significative de bons du trésor par les États-Unis d'Amérique. Ces bons différaient des bons des banques privées européennes parce qu'ils étaient échangés sans aucune existence d'intérêts (dette) à payer sur la somme. Les banques ne pouvaient accepter que les nations ne leur payassent pas la dîme !

 

La guerre de 1812 se termina donc sans vainqueurs en 1814. Les britanniques étaient occupés à combattre Napoléon sur le Continent.

 

 

Et un pas en avant... La seconde banque "centrale" des États-unis.

 

Illustration.En 1816, une seconde banque des États-Unis fut autorisée durant une période de vingt ans sous le président franc-maçon James Madison. Elle fut fondée avec un mandat similaire à celle de la précédente banque centrale des États-Unis, dont la charte avait expiré cinq ans plus tôt. Ces mandats avaient pour but de générer de la monnaie courante, acheter la dette du gouvernement, et servir comme dépositaire officiel pour les fonds du Trésor.

 

 

Image illustrative de l'article Andrew JacksonEn 1832, la Secte fit à nouveau deux pas en arrière pour un peu plus tard faire à nouveau un pas en avant.

 

Le slogan de ré-élection du président franc-maçon Andrew Jackson était "JACKSON and NO BANK!" (Jackson et pas de banque).

 

Le 10 juillet 1832, Jackson mis son veto sur la décision du Congrès de renouveler la charte de la seconde banque centrale des États-Unis et travailla à créer une véritable banque fédérale qui, dans l'intérêt du peuple, serait sous le contrôle de l'Etat et non des banques privées.

 

Près du peuple, Jackson ne supporte pas les politiciens et les institutions telles que la Banque centrale, ancêtre de la FED créée en 1791 par Alexander Hamilton qui tendaient à acquérir un pouvoir indépendant.

 

Son héritage est vu de manière contrastée aujourd'hui : décrit comme un protecteur de la démocratie populaire et de la liberté individuelle, Andrew Jackson est critiqué pour son soutien à la déportation des Amérindiens à l'ouest du Mississippi et à l'esclavage.

 

En 1835, Jackson paya le montant final de la dette nationale. Il fut le premier et seul président à l'avoir jamais accompli. Quelques semaines plus tard, Richard Lawrence essaya de tirer sur Jackson. Cependant, les deux révolvers, bien évidemment, n'atteignirent pas leur cible (voilà comme on fabrique une légende aux Etats-Unis), et il fut arrêté et jugé mais ne fut pas considéré coupable pour raison d'"insanité" (en gros, déclaré fou, il fut relâché pour bons et loyaux services...) Prétendument, il dit à quelques amis que de riches personnes d'Europe l'avaient engagé pour faire cela et lui avaient promis de le faire relâcher s'il était pris. Quoiqu'il en soit, pris ou pas il était quand même relâché !

 

Pour la petite histoire, la résistance de Jackson aux puissances d’argent qu'il considérait comme très dangereuses était si cruciale à ses yeux qu’il fit graver comme épitaphe : « I killed the Bank » (J'ai tué la banque) sur sa pierre tombale. En 1836, il mit de nouveau son veto à la création d’une banque centrale (la Réserve fédérale des États-Unis n’aura le monopole de l’émission de monnaie qu’à partir de 1913). Il mourut le 8 juin 1845 ; son décès est aujourd’hui attribué à un empoisonnement au plomb à la suite d’une blessure reçue en 1813. 

 

La guerre de Sécession (1861-1865): un héritage ambigu

 

 

Guerre de sécession (1861-1865) Kunstler

Forcer le pays à avoir besoin d'argent, donc à emprunter était une manière pour les banquiers de reprendre la main. Ils exploitèrent les dissensions entre Nord et Sud et exacerbèrent les tensions, ce qui aboutit à la Guerre de Sécession.

 

  • La confiance dans l'utilisation quotidienne du papier-monnaie à une époque où seul l'or comptait dans les échanges commerciaux, fut progressivement répandue. Le budget de guerre finit par intégrer des outils de gestion modernes comme l’endettement, l’émission de papier-monnaie et de bons du Trésor ou le recours à l’emprunt de guerre. D'une certaine façon, la Guerre de Sécession est la deuxième phase d’une Révolution commencée au XVIIIe siècle. Elle a permis à la société américaine de s'immerger dans la passion nationale du XIXe siècle, aussi active en Europe qu'en Amérique latine. Elle fut longtemps considérée comme une proto guerre totale, annonciatrice des deux grands massacres mondiaux du XXe siècle...
  •  
  • L’Union a gagné grâce à un afflux permanent de liquidités générées par une économie prospère (exportation de céréales vers l’Europe, dynamisme de l’industrie textile lainière,lignes de chemin de fer modernes), des troupes fraîches (le flux migratoire ne s’est pas tari entre 1861 et 1865), une urbanisation et une industrialisation forte de forte de matières premières minières et agricoles abondantes et bien exploitées, une société attachée à une totale liberté, mais coupée des traditions et de l'héritage du passé. A ce modèle s'oppose un Sud confédéré rural, écartelé entre des grands propriétaires cotonniers bénéficiaires de l’esclavage, et une paysannerie pauvre vivant d'expédients dans de petites exploitations vivrières. Au-delà du problème de l’esclavage, se dessine un conflit idéologique national, une opposition générale de principes . Ce conflit touche aux fondements d’une République inachevée : sur le socle constitué par la Déclaration d’Indépendance, la Constitution et les dix premiers Amendements, le peuple doit-il privilégier l’unité du pays ou la liberté des états ?

  • La lutte des noirs aux Etats-UnisLes Noirs. La guerre a redéfini la place des Noirs au sein de la nation, sans pour autant que ces derniers en aient tiré de substantiels avantages, exceptéel’abolition de l’esclavage.
  • Peu opérants dans l’armée nordiste (1/10e des combattants sont d'anciens esclaves mal utilisés, souvent indécis de leur engagement dans les armées de l'Union, brimés et effrayés à l’idée de combattre les maîtres de la veille), les Noirs sont peu nombreux à quitter le Sud après 1865.
  • Incapables d’acquérir les parcelles des grandes propriétés mises en vente par le gouvernement fédéral, les Noirs sont contraints d'accepter un métayage qui reproduit la servitude économique du passé, aggravée par l'individualisme de la culture nord-américaine, seuls et isolés.
150e anniversaire - De Gettysburg à Goldman Sachs : D'un monde libre à un monde communiste

Le film "Glory", réalisé en 1989 par Edward Zwick, raconte l'histoire des volontaires du 54e régiment du Massachusetts, constitué uniquement d'enrôlés Afro-Américains dans un État du Nord (sans les officiers) et la tentative de prise du Fort Wagner (Caroline du Sud), réputé imprenable. Durant l’assaut une grande partie des hommes du 54e périt, le colonel Robert Gould Shaw y compris.

Ce film montre assez bien parfois les difficultés des Noirs, à choisir  lors du conflit entre les deux camps, à choisir entre deux cultures différentes, l'une moderne mais tout aussi brutale et violente, l'autre traditionnelle : http://streamcomplet.com/glory/ (film complet)

 

 

 

 

 

 

Joan Baez 1971 Lincoln freed me today The slave

Résumé de la chanson de Joan Baez: un vieil esclave raconte que quand il était jeune il rêvait d'être libre. Aujourd'hui, vieux, il conclut que finalement il se trouve très bien chez son maître, parce que trop vieux, libre, il serait bon à rien. A la fin, il apprend l'abolition de l'esclavage de la bouche de son maître...

  • autantenemporte1.jpg

    Si le Sud n’a pu longtemps assumer sa mission de conservatoire de civilisation, de gardien de valeurs traditionnelles anéanties ou ignorées par le Nord, il a en revanche triomphé dans la représentation du conflit et dans la constitution du mythe du «vieux Sud» au XXe siècle, porté par Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell et sa célèbre adaptation cinématographique.
  • Source:    http://k-classroom.blogspot.fr/2011/06/la-guerre-de-secession.html

 

  •  
  • http://georgepwood.files.wordpress.com/2011/05/civil-war-uniforms.jpgArmement. Si de nouvelles armes ont été testées : le blindage pour les cuirassiers de la flotte confédérée ; les premiers essais de sous-marins (le Hunley en 1865) afin de contourner le blocus ; le fusil à chargement par la culasse et la mitrailleuse, déjà expérimentée au Mexique, ces innovations sont peu déterminantes. La Guerre de Sécession reste une guerre du XIXe siècle, une guerre de paysans plutôt pauvres, maniant des fusils Einfeild et Renfield à longue portée (300 mètres) avec de plus en plus d’adresse, peu aidés par une cavalerie marginale et inopérante sur des terrains vallonnés ou encaissés, une artillerie statique peu efficace, et une médecine militaire dépassée par son ignorance (les amputations à la chaîne, l’absence de recours à l'antisepsie) et responsable de deux tiers des morts au combat.
  •  
  • Source: John Keegan, La Guerre de Sécession, Paris, édition Perrin, 2011.

 

Le plan des banquiers était de diviser les États-Unis entre l’Angleterre contrôlée par Lionel Rothschild (fils de Nathan Rothschild, fondateur de la branche londonienne de la banque) et la France, contrôlée par James de Rothschild. La France gouvernée par le carbonari Napoléon III devait prendre en charge tout le Sud tandis que le Canada devait annexer le Nord vaincu. En 1863, la France et l’Espagne envahirent le Mexique avec 30 000 soldats. Les États Confédérés en conflit offrirent la Louisiane et le Texas à la France en échange d’une aide. La Grande-Bretagne et la France étaient prêtes à étouffer la jeune république, mais en furent dissuadées par la Russie, la seule puissance européenne n’étant pas encore sous l’emprise des Rothschild. Le Tsar Alexandre II envoya sa flotte à New York et à San Francisco et déclara qu’une attaque sur Lincoln serait une attaque contre la Russie.

 

 

Gettysburg, Pennsylvanie : LincolnNous revoilà aux Etats-Unis. En 1861, Abraham Lincoln était confronté au problème du financement de son armée et des efforts de guerre de l'Union contre le Sud confédéré. Il approcha les banques européennes alors contrôlées par les Rothschilds. Celles-ci demandèrent de 24 à 36% de taux d'intérêt. Lincoln éventa le piège, il refusa, et passa à la place le "Legal Tender Act" de 1862. Sous cette nouvelle pièce de législation, il généra 449.338.902 dollars, monnaie libre d'intérêts, connue comme les Greenbacks, ainsi appelées pour l'encre vert qu'elles utilisaient. 

  • "Le gouvernement devrait créer, contrôler et faire circuler toute la monnaie courante et le crédit demandé pour satisfaire pouvoir dépensier du gouvernement et le pouvoir d'achat du consommateur... Le privilège de créer et contrôler la monnaie n'est pas seulement la prérogative suprême du gouvernement, mais c'est la meilleure opportunité de création du gouvernement. Par l'adoption de ces principes, la volonté longuement sentie d'avoir un moyen constant sera satisfaite. Les payeurs de taxe seront sauvés des immenses sommes d'intérêts..." Abraham Lincoln


En 1863, Lincoln instaura la "National Bank Act", banque américaine dépendant du gouvernement, grâce à laquelle toute monnaie en circulation serait créée à partir de la dette des banquiers achetant des bons du gouvernement en échange de bons de banque.

 

Abraham Lincoln, seizième président des Etats-Unis, né dans l'Etat esclavagiste du Kentucky en 1809, n'était pas franc-maçon, mais plutôt déiste. De culture chrétienne baptiste, il n'a jamais appartenu à aucune communauté religieuse. Les baptistes prônaient la séparation des églises et de l'état (ils en ont été les pionniers avec Roger Williams dans le Massachusetts), ils n'avaient quasiment pas de dogme et laissaient chacun libre de ses interprétations de la Bible (ce qui est ridicule car à partir de là on peut faire dire tout et n'importe quoi à la Bible..., NdCR.). En 1817, les Lincoln émigrèrent en Indiana. A partir de cette date, ils n'adhèrent plus à aucune église. Le jeune Abraham ne reçut donc que peu d'instruction religieuse et celle qu'il eut, avant l'âge de huit ans, était pour l'essentiel une invitation à lire la Bible et à se laisser aller à ses émotions au moment des cérémonies.

 

Partisan d'une laïcité chrétienne de distinction des pouvoirs temporel et spirituel (ce qui ne signifie pas séparation étanche), dans son premier grand texte politique, le "Discours sur la préservation de nos institutions politiques", lu le 27 janvier 1838, au Young Men's Lyceum de Springfield, Illinois, Lincoln dénonça le principe de l'union de l'église et de l'état, et évoqua "la plus noble des causes, la fondation et la préservation de la liberté civile et religieuse". The noblest of causes, the establishment and maintenance of civil and religious liberty. (The Collected Works of Abraham Lincoln, ed. Roy P. Basler (New Brunswick : Rutgers University Press, 1953 et 1974 (Supplément), ci-après CW, CWS, 1, 114).

 

[Note. On ne voit pas très bien en quoi une religion d'Etat s'oppose à liberté de culte, qui par exemple existait pour les protestants en France dès 1562, sous Charles IX roi de France (1560-1574), soit en pleine monarchie de droit divin... Le 17 janvier 1562, Charles IX octroya aux protestants l'"édit de tolérance" dit de "Saint-Germain" ou "Edit de janvier". Cet édit royal qui donnait la liberté de culte aux réformés et le droit de se réunir à l'extérieur des villes fortifiées, eut paradoxalement des conséquences inattendues : il décupla le radicalisme des Huguenots, attisa la haine entre les deux communautés catholiques et protestantes et provoqua les guerres de religion qui devaient durer trente ans ! Le Parlement de Paris refusa de ratifier l'édit. On estima qu'à ce moment-là plus d'un tiers de la noblesse française était acquise au protestantisme. Les protestants qui crièrent à la persécution, prirent les armes. En mars 1562, la véritable guerre civile commençait, et un manifeste du prince protestant de Condé l’ouvrit.]


Pendant sa présidence, Lincoln, n'a pas été confronté à des tentatives de remise en cause du principe de séparation. Le seul problème touchant aux rapports entre l'état et les religions auquel il fut confronté concerna les Juifs. Le général nordiste Grant, qui n'était pas encore général en chef, publia une instruction excluant les Juifs des zones sous son autorité, au motif que les marchands juifs qui suivaient l'armée "violaient toutes les règles sur le commerce" en temps de guerre. Lincoln, saisi de l'affaire, jugea qu'il était illégal de prendre une mesure contre les Juifs, "en tant que groupe" "as a class" et chargea le Général en chef, Halleck, de révoquer cet ordre, ce qu'il fit. Lincoln se montra également favorable à une demande de modification de la législation pour permettre la présence d'aumôniers juifs dans les armées à côté des aumôniers chrétiens, et cette modification intervint le 17 juillet 1862. Face à une opinion publique largement antisémite, et un corps des officiers plus antisémite encore, Lincoln maintint le principe de neutralité religieuse de l'état (Neely, Mark. E, Jr., The Fate of Liberty : Abraham Lincoln and Civil Liberties, New York, Oxford University Press, 1991, 107-109).

 

Si en France, le Régime républicain franc-maçon n'a pas fait la promotion du 150e anniversaire de la commémoration de la bataille de Gettysburg, ni parlé de Lincoln d'ailleurs, c'est sans doute, d'une part, parce que la Secte ne souhaite pas communiquer sur le fait que l'abolition de l'esclavage aux Etats-Unis n'a pas été le fait de francs-maçons (les francs-maçons au XVIIIe siècle étaient en France majoritairement impliqués dans la traite atlantique) mais de personnalités chrétiennes.  

Et d'autre part, comme on l'a vu, parce qu'à sa manière, Lincoln a représenté un modèle de souveraineté financière, nationale (les greenbacks), indépendant des banques privées, ce qui est insupportable pour les banquiers.

 

Concernant l'abolition de l'esclavage aux Etats-Unis, alors qu'il n'y était pas encore décidé avant juillet 1862, Lincoln se trouva confronté à la pression des anti-esclavagistes chrétiens. Bien qu'anti-esclavagiste, il estimait que l'abolition remettait en cause le droit de propriété, et que les conditions politiques n'étaient pas réunies. Il reçut des dizaines de visiteurs tous les jours, et les ecclésiastiques, les "délégations de chrétiens" étaient assidus auprès de lui pour plaider la cause de l'abolition de l'esclavage. Parfois, il cèda, signa une proclamation ordonnant un jour de jeûne national à la demande du Congrès (Le 12 août 1861, CW 4, 482) et, lorsqu'un autre anti-esclavagiste pieux, Salmon P. Chase, lui suggèra d'inclure une référence à Dieu dans la Proclamation d'émancipation des esclaves, il y consentit. Et de fait, à partir de ce tournant qui vit le début de la guerre du Nord devenir l'abolition de l'esclavage et non plus seulement la restauration de l'Union, on va trouver la mention de Dieu de plus en plus fréquemment dans les déclarations du président.

 

Après sa réélection en 1864 et quelques semaines avant la victoire sur les Sécessionnistes et son assassinat, le deuxième discours inaugural de Lincoln, de mars 1865, est un texte de deux pages, dont la moitié ou presque est consacrée à une réflexion sur le sens de l'histoire et où Dieu intervient à chaque ligne (4 mars 1865, CW 8, 332-333) :

 

  • « Chacun [des deux camps] s'attendait triompher plus facilement, et à ce que l'issue soit moins radicale et moins incroyable. Les deux camps lisent la même Bible, prient le même Dieu, et chacun invoque son aide contre l'autre. Il peut paraître étrange que quiconque ose demander le secours d'un Dieu juste pour continuer à gagner son pain à la sueur du front des autres ; mais ne jugeons pas, de peur d'être jugés. Les prières des deux camps ne pouvaient pas être exaucées toutes les deux, et aucune des deux ne l'a été complètement. Les desseins du Tout-puissant sont impénétrables. »

 

Lincoln fut assassiné le 14 avril 1865, par John Wilkes Booth, vraisemblablement un agent des banquiers internationaux, cinq jours après que le général Lee se soit rendu à Grant.

 

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/e8/US-FederalReserveSystem-Seal.svg/250px-US-FederalReserveSystem-Seal.svg.pngEn 1913, la Banque centrale américaine (FED) ou Réserve fédérale est créée par le Federal Reserve Act. Le Congrès la dote de trois objectifs : plein emploi, stabilité des prix, et taux d'intérêt à long terme modérés.

 

La Fed est "indépendante" : ses décisions ne sont pas sujettes à l'autorisation du Président des États-Unis ou d'une autre partie du gouvernement fédéral, elle ne reçoit pas de budget du Congrès. Le pseudo droit de surveillance du Congrès sur la Fed, dans la pratique, est réduit à néant.

 

La Fed est un consortium de huit banques privées internationales

 

(1) Rothschilds of London & Berlin

 

(2) Lazard Bothers of Paris

 

(3) Isreal Moses Seaf of Italy

 

(4) Kuhn, Loeb & Co of Germany and New York

 

(5) Warburg & Company of Hamburg, Germany

 

(6) Lehman Brothers of New York

 

(7) Goldman Sachs of New York

 

(8) Rockfeller Brothers of New York

 

 

La Goldman Sachs est à l'origine de la crise financière de 2008. L'argent-dette plongea les Etats dans la spirale de la dette cumulative.

 

 L'acte de création de 1913 transférait le contrôle de la masse et de la création monétaire détenue par le Congrès (Parlement américain) à l'élite des banquiers privés. Ceci revenait à transférer la souveraineté financière du "peuple", à des entreprises privées, reléguant la nation en question au rang d'esclave d'entreprises privées.

 

La terminologie même de "Réserve fédérale" est mensongère puisque la FED n'est pas une entité du gouvernement fédéral, mais un cartel légalisé opérant pour le bénéfice de quelques-uns sous le faux prétexte de protéger et promouvoir l'intérêt public.

 

Le président Woodrow Wilson, pourtant à l'origine de la création de la FED, écrivit un livre, "The New Freedom" dans lequel il semblait condamner le principe de la Réserve fédérale :

 

  • "Notre grande nation industrielle est contrôlée par son système de crédit. Notre système de crédit est concentré dans le privé. La croissance de la nation, cependant, et toutes nos activités sont tenues par quelques hommes... Nous sommes devenus l'un des pays les plus mal gouvernés, l'un des gouvernements les plus complètement contrôlés et dominés de tout le monde civilisé. Plus un gouvernement de libre opinion, plus un gouvernement créé par la conviction et le vote de la majorité, mais un gouvernement fait par l'opinion et la contrainte de petits groupes d'hommes dominants." (Woodrow Wilson, The New Freedom: Un appel pour l'émancipation des énergies généreuses d'un peuple.)

 

En 1913, il n'y avait pas de dette de l'Etat américain. Du jour où l'Amérique consentit à se financer auprès de banques privées la dette explosa. En France, le même fait engendra la même conséquence... Voir la loi Rothschild Pompidou Giscard de 1973.

 

Il est intéressant de noter que 1913 est également l'année de l'introduction aux Etats-Unis du Seizième Amendement, qui donna au gouvernement fédéral le droit de collecter des taxes basées sur le revenu. Un hasard sans doute...

 

 

 

La Iere Guerre mondiale

 

premireguerremondiale.jpgEn 1914, quand la guerre éclata en Europe, le public américain ne voulait pas être impliqué dans cette guerre. Pendant que le président Wilson déclara publiquement que les États-Unis demeureraient neutres, des efforts étaient faits en coulisses pour faire entrer l'Amérique dans le conflit.

 

Les guerres sont extrêmement profitables pour les banquiers centraux parce que cela force les gouvernements à emprunter davantage d'argent à intérêt. Le secrétaire d'État, William Jennings Bryan, écrivit:

 

  • "Les larges intérêts banquiers étaient profondément intéressés par la guerre mondiale à cause des larges opportunités de profits".

 

Finalement, le 7 mai 1915, le Lusitania, un bateau transportant des passagers américains, fut délibérément envoyé dans les eaux contrôlées par les Allemands. L'ambassade Impériale Germanique avait envoyé des avertissements à environ cinquante journaux de la Côte Est, incluant ceux de New York, comme quoi les passagers à bord du Lusitania y monteraient à leurs propres risques et périls. L'avertissement n'apparut seulement que dans le Des Moines Register.

 

Comme prévu, un bateau allemand torpilla le Lusitania. Les enregistrements de l'Allemagne indiquèrent qu'une seconde explosion suivit le coup de la torpille, causée par les stocks de munitions. En conséquence, 1198 des 1959 passagers perdirent la vie et les États-Unis entrèrent en guerre peu après.

 

 

La révolution bolchévique

 

En 1920 Churchill déclara :

 

  • http://www.laprocure.com/cache/couvertures/9782262034580.jpg« Depuis l'époque de Spartakus Weishaupt (pseudonyme du chef des illuministes allemands au XVIIIe siècle, NdT) jusqu'à celle de Karl Marx puis, plus tard encore, celle de Trotski (Russie, Bela Kun (Hongrie), Rosa Luxembourg (Allemagne) et Emma Goldman (Etats-Unis) cette conjuration mondiale visant à renverser la civilisation et à révolutionner la sociétésous prétexte de réaliser une égalité impossible, est en pleine croissance. […] [Ce mouvement] fut la force motrice qui se cachait derrière chacun des mouvements subversifs du XIXe siècle ; aujourd'hui, ce ramassis de personnalités extraordinaires venues des bas-fonds des grandes villes européennes et américaines a pris le peuple russe au collet et s'est pratiquement rendu le maître incontesté d'un immense empire »

 

  • (Alex P. Schmid, Churchills privater Krieg. Intervention und Konterrevolution im russischen Bürgerkrieg, november 1918-märz 1920, Zurich 1974, p, 312, cité in Ernest Nolte, La Guerre civile européenne, National-socialisme et bolchévisme 1917-1945, Collection Tempus 2011, p. 169.) 

 

 

La crise de 1929

 

220px-Crowd_outside_nyse.jpgLe "Jeudi Noir", le crash initial, est survenu le 24 octobre. Le crash qui causa la panique générale fut le "Mardi Noir", cinq jours plus tard, le 29 octobre.

 

Au lieu d'étendre la masse monétaire, la Réserve Fédérale la contracta, créant ainsi la période connue sous le nom de Grande Dépression. Le député Wright Patman, dans "A Primer On Money", reporte que la masse monétaire baissa de 8 milliards de dollars de 1929 à 1933, causant la banqueroute de 11 630 banques sur le total de 26 401 existantes aux États-Unis. Cela permis aux banquiers centraux de racheter des banques rivales et des corporations entières à des prix désiroires...

 

Il est intéressant de noter que dans les biographies de J.P. Morgan, Joe F. Kennedy, J.D. Rockefeller et Bernard Baruch, il est indiqué qu'ils ont tous réussi à transférer leurs capitaux hors du marché et à les convertir en or juste avant le crash de 1929... Joe Kennedy passa d'une fortune de 4 millions de dollars en 1929 à 100 millions de dollars en 1935.

 

Comme aujourd'hui, les élites bancaires sont tellement certaines de la réussite de leur forfait qu'elles peuvent se permette le luxe de déclarer au grand jour les plans de leurs politiques oligarchiques. Paul Warburg, un fondateur et membre de la Réserve Fédérale, avait averti de la crise et de la dépression dans un rapport annuel aux détenteurs de stocks de son "International Acceptance Bank":  

 

  • "Si l'on permet aux orgies de spéculations de s'étendre, la crise qui en viendra n'affectera clairement pas seulement les spéculateurs eux-mêmes, mais prendra le pays entier dans une dépression générale." Paul Warburg, mars 1929...

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/83/Louis_T._McFadden.jpg/220px-Louis_T._McFadden.jpgLe 10 juin 1932, le député Louis Thomas McFadden , un banquier président de la Pennsylvania Bankers' Association (1914-15), représentant de Pennsylvanie pacifiste (critique de l'engagement militaire des États-Unis dans la Première Guerre mondiale), adversaire de longue date de la Réserve Fédérale qu'il considérait comme contraire aux intérêts du peuple, fit un discours de 25 minutes devant la Chambre des Représentants, dans lequel il accusa la Réserve Fédérale d'avoir délibérément causé la Grande dépression, " appauvri et ruiné le peuple des États-Unis", un peuple "outragé, volé, pillé, insulté et trahi". Dans ce discours Mcfadden préconisait "un retour à la Constitution des États-Unis", "un divorce complet de la Banque et l'État", l'abrogation de la Réserve fédérale, la liquidation des banques de la Réserve fédérale "ayant violé leurs chartes", la mise en accusation de fonctionnaires ayant violé leurs serments et l'expulsion des "manipulateurs de la monnaie hors du temple". 

 

En 1933, McFadden introduisit la "House Resolution N°158," "Articles of Impeachment for the Secretary of the Treasury", le "Comptroller of the Currency", et le "Board of Governors of the Federal Reserve", pour de nombreux actes criminels, incluant mais ne s'y limitant pas, la conspiration, la fraude, la trahison et leur conversion en hors-la-loi.

 

McFadden a été la cible de plusieurs tentatives de meurtres. On lui tira deux fois dessus à Washington, D.C. alors qu'il descendait d'un taxi devant l'un des hôtels de la capitale, les deux balles s'encastrèrent dans le taxi. Il survécut à un violent malaise lors d'un banquet politique à Washington, D.C. grâce à la présence d'un médecin qui lui fournit un traitement d'urgence. Ce médecin annonça ultérieurement qu'il s'agissait d'un empoisonnement.

 

Le 3 octobre 1936, la mort soudaine de McFadden est attribuée à une crise cardiaque, lors d'une visite à New York; l'hypothèse d'un empoisonnement a rapidement été émise. Il est enterré dans le East Canton Cemetery de Canton en Pennsylvanie.

 

Un lointain descendant de McFadden, Ron Paul, représentant du Texas à la Chambre des représentants des États-Unis, déposera le 15 juin 2007 un amendement visant à supprimer la Réserve fédérale.

 

 

La Seconde Guerre mondiale

 

Il existe quelques preuves évidentes que l'Administration Roosevelt a provoqué les Japonais pour provoquer l'attaque de Pearl Harbor contre les forces américaines qui y étaient stationnées.

 

Le 4 décembre, trois jours avant l'attaque sur Pearl Habor, les services de renseignements australiens avertirent le franc-maçon Roosevelt ( À Paris son nom a été donné à une avenue du rond-point des Champs-Élysées et à la station de métro qui le dessert Franklin D. Roosevelt), qu'un groupe de forces japonaises se dirigeaient vers Pearl Harbor. Mais il n'en tint pas compte. L'attaque causa la mort de 2400 soldats américains et l'entrée en guerre des États-Unis.

 

Avant l'attaque sur Pearl Harbor, 83% du public américain ne voulait pas entrer en guerre. Après l'attaque, un million d'hommes se portèrent volontaires pour le service militaire.

 

En 1952, avec la publication des Secrets de la Réserve fédérale, Eustace Mullins dénonça la création de la Réserve Fédérale comme un complot pour asseoir l'économie et la politique américaine dans le giron de la finance internationale.

 

L'assassinat de kennedy

 

Le Président catholique John Fitzgerald kennedy (1960-1963), le dernier président à s'être dressé contre la FED,  autorisa le 4 juin 1963 l'émission de nouveaux United States Note (les fameux greenback de Lincoln) adossés aux réserves d'argent du gouvernement fédéral (ordre exécutif 11110). Quelque 4 milliards de dollars en petites coupures furent émis, menaçant le monopole d'émission de la monnaie de la Réserve Fédérale et de ses actionnaires privés. (Source: Les secrets de l’institut d’émission des Etats-Unis, par Wolfgang Freisleben).

 

Six mois plus tard, JFK alla à Dallas et n'en revint jamais.

 

Selon certains historiens, l'assassinat du Président kennedy et celui de son assassin, résulterait d'un complot mis en place par un groupe en ayant à la fois les moyens et les motifs.

 

Dans un discours enregistré à l'Université de Columbia, le 12 novembre 1963, Kennedy divulgua une "conspiration monolithique impitoyable", d'"anéantissement de la liberté du peuple américain" :

 

   
JFK-10 jours avant - sous-titré français

 

  • « Le mot "secret" est en lui-même répugnant dans une société libre et ouverte. Et en tant que peuple, par nature et historiquement, nous nous opposons aux sociétés secrètes, aux serments secrets et aux procédures secrètes. Parce que nous devons faire face tout autour du monde à une conspiration massive et impitoyable qui s'appuie d'abord sur des moyens déguisés permettant le déploiement de leur sphère d'influence, basée sur l'infiltration plutôt que l'invasion, utilisant la subversion plutôt que les élections, et de l'intimidation au lieu du libre-arbitre. C'est un système qui a nécessité énormément de ressources humaines et matérielles dans la construction d'une machine étroitement soudée et d'une efficacité remarquable, elle combine des opérations militaires, diplomatiques, de renseignement, économiques, scientifiques et politiques. Leurs planifications sont occultées et non publiées. Leurs erreurs sont passées sous silence ou non relayées par la presse. Leurs détracteurs sont réduits au silence et leurs avis non sollicités. Aucune dépense n'est remise en question, aucun secret n'est révélé. C'est pourquoi le législateur athénien Solon décrète comme crime tout citoyen se désintéressant du débat. Je sollicite votre aide dans l'immense tâche qui est d'informer et d'alerter le peuple américain, avec la certitude qu'avec votre aide l'homme deviendra ce pourquoi il est né: libre et indépendant. »  
  •  
  • John Fitzgerald kennedy, dans un discours à l'Université de Columbia le 12 novembre 1963, soit dix jours avant son meurtre le 22 novembre.

 

 

File:US $5 1963 USN.jpg

United States Note de 5 dollars à l'effigie de Lincoln, introduit par le président Kennedy en 1963. Ordre exécutif 11110

 

Source: http://commons.wikimedia.org/wiki/File:US_$5_1963_USN.jpg

 

200793083235_1963o.jpg

 

Si vous regardez en-dessous de l'image de Jefferson, vous verrez l'inscription "The United States Note" à la place de "Federal Réserve Note".

 

Source: http://www.coincommunity.com/forum/topic.asp?ARCHIVE=true&TOPIC_ID=19868

 

 

 

Fin du XXe siècle et début du XXIe

 

Plus aucun greenback n'a été mis en circulation depuis le 21 janvier 1971.

 

Le 15 août 1971, le président Richard Nixon (1969-1974) rendit le dollar inconvertible en or directement, excepté sur les marchés ouverts. 

 

En 1982, la dette publique américaine s'évaluait à 1.250 milliards de dollars. Actuellement, elle est de plus de 9.000 milliards de dollars.

 

  • http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/0f/George_H._W._Bush%2C_President_of_the_United_States%2C_1989_official_portrait.jpg/220px-George_H._W._Bush%2C_President_of_the_United_States%2C_1989_official_portrait.jpg"Nous avons devant nous l'opportunité de forger pour nous-mêmes et pour les générations futures un Nouvel Ordre Mondial, un monde où les règles de la loi, pas les règles de la jungle, gouvernent la conduite des nations. Quand nous serons victorieux, et nous le serons, nous aurons une vraie chance pour ce Nouvel Ordre Mondial, un ordre dans lequel des Nations Unies crédibles pourrait utiliser leur rôle de maintien de la paix pour réaliser la promesse et la vision des fondateurs des Nations Unies."

 

En 1994, G. Edward Griffin dans son livre qui fut un bestseller populaire ainsi que dans les milieux des affaires The Creature from Jekyll Island: A Second Look at the Federal Reserve, et qui en est à sa sixième édition, dénonce « les banques privées qui possèdent effectivement la Réserve fédérale », qui génère les taxes et impôts les plus injustes, elle encourage la guerre et déstabilise l'économie.

 

En 1995, dans Le complot de la réserve fédérale (Federal Reserve Conspiracy), Antony Cyril Sutton dénonce la Réserve fédérale américaine comme une institution contrôlée par des banquiers privés afin de s'arroger le droit exclusif de battre monnaie aux États-Unis. Il y expose le grand danger que représente une telle organisation pour une nation qui se voudrait "démocratique" et un peuple qui se croirait "souverain".

 

Portrait officiel de Barack Obama, en 2012.Malgré les déclarations d'intention d'Obama aux banquiers, en novembre 2008, dès son arrivée au pouvoir ("dehors le peuple vous attend avec des fourches et veut voir des têtes tomber"...),  les politiques économiques mondiales continuent de plonger les nations dans la crise de la dette. Les États-Unis continuent de profiter de réserves courantes garanties par leur passé historique et un arrangement fait avec l'OPEP en 1973 stipule que le prix du pétrole du monde serait fixé en dollars...

 

La cause de la crise financière n'est pas le résultat du libre-marché capitaliste comme on le croit communément. Le capitalisme de libre-marché a toujours existé depuis le Moyen-Âge, comme la banque (banquiers lombards, guildes, templiers pratiquant le change, le virement et l'avance aux rois, Médicis, Fugger) sans que les peuples soient pour autant endettés et sommés de rembourser jusqu'aux générations futures.  

L'argent-dette, les manipulations monétaires des banques centrales, ne diffèrent pas, dans le principe, des interventions soviétiques sur le marché pendant l'époque de l'URSS.

 

 La dette publique qui ne doit pas être confondue avec le déficit budgétaire (recettes fiscales de l’État inférieures à ses dépenses) augmente à chaque fois qu'une dépense publique est financée par l'emprunt (avec intérêts).

 

L'objectif assigné à la Fed du plein emploi n'ayant pas été atteint, la dette doit cesser d'être conçue comme un outil efficace du développement économique.

 

La crise est la conséquence directe de l'intervention de l'Etat dans le domaine économique, monétaire et financier et du financement des politiques publiques (investissement ou fonctionnement) par la dette. Que ce soit des banques "nationales" publiques ou que ce soit des banques "centrales" privées d'ailleurs, cette intervention enfreint, outre le principe de non-ingérence de l'Etat dans le domaine économique sauf à la marge (colbertisme, protectionnisme), le principe de sagesse populaire et domestique selon lequel on n'emprunte pas plus que ce que l'on gagne... Pourquoi ce qui s'applique au niveau familial ne devrait-il pas s'appliquer au niveau national ?

 

 Hormis l'ouverture des frontières, la libre circulation des hommes (jusqu'à un certain point, il y a toujours autant de péages...), des marchandises et des capitaux, on ne vit pas dans un monde "libéral", ni même "ultra-libéral", mais dans un monde communiste, plus inégalitaire que jamais, avec d'un côté la Nomenklatura, ses élites  politiques et leurs satellites oligarchiques, et de l'autre côté la masse des peuples appauvris, ruinés et enchaînés.  

 

Ce système a été conçu dès le départ comme un "régime dominateur universel" (ancien terme du "Nouvel Ordre mondial") qui sous couvert de philanthropie et d'élimination des inégalités dans le monde devait creuser en réalité incroyablement l'écart de richesse entre riches et pauvres (cet écart ne cesse de croître avec des fortunes individuelles dépassant des PIB de nations... et des banques qui se gavent sur le dos des peuples).

 

La destruction méthodique et régulière de la morale naturelle, des dogmes religieux, de la propriété, de la famille, de l'amour de la patrie et de la nation (lire Augustin Barruel, citant les archives de la Secte Illuminée dans son ouvrage "Mémoires pour servir à l'histoire du  jacobinisme" en 1798), tous ces éléments qui agissaient comme autant de barrières naturelles intermédiaires devaient sauter pour ne plus rien laisser entre l'individu et le Léviathan.

 

. Le 800e anniversaire de la bataille de Bouvines embarrasse l'Oligarchie

. Un noir tué par d’autres noirs parce qu’il défendait le drapeau confédéré

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 09:24
Une conférence intéressante du nationaliste Florian Rouanet présente l'histoire du Front national vue sous l'angle de l'"histoire d'une trahison".
Front National, histoire d'une trahison par Florian Rouanet

Si nous ne sommes pas d'accord avec toutes les idées développées dans cette video (notamment, nous sommes légitimiste et pas "nationaliste", nous sommes contre l'oligarchie, et donc évidemment contre tout fascisme d'un parti unique), cette video présente des éléments intéressants. Des citations permettent de comprendre l'évolution, l'infiltration du front national par le club de l'horloge (club crypto-maçonnique), de la "nouvelle droite" (mix de néo-païens et d'athées), l'ambiguïté du discours du front national sur le droit du sang et le droit du sol (l'acquisition de la citoyenneté par le sang versé est devenu l'acquistion de la nationalité pourvu qu'on "aime la France"), l'opinion des citoyens formée par les medias tenus par les puissances d'argent, le Front national "RPR des années 80", l'"UMP conservatrice des idées de gauche", le FN miroir d'une pseudo opposition politique pendant 40 ans.

Rappelons que si le Front national n'existait pas le système l'aurait inventé, car il en a besoin dans le cadre de la dialectique du pouvoir républicain basée sur l'opposition factice et la division. 
A la fin de la conférence, un auditeur fait d'ailleurs une remarque très juste :
  • "Le FN est une soupape de sécurité du système pour canaliser le mécontentement populaire. Marine Le Pen est à la droite parlementaire ce que la gauche de Mélenchon est à la gauche parlementaire. Une soupape de sécurité. Ce sont de fausses oppositions".

Mais ce constat dressé, aucun intervenant n'amène de vraies solutions au problème oligarchique (l'oligarchie est le danger intrinsèque et la dérive habituelle du régime politique démocratique). Pire, ils ne perçoivent pas que si le FN n'est pas une solution, un parti nationaliste plus radical encore le serait encore moins.


C'est le système qu'il faut changer, et en particulier deux ou trois principes : la souveraineté nationale (article 3 DDH de 1789), arme mythique de l'Oligarchie maçonnique depuis 1789 aboutissant au parlementarisme absolu et au totalitarisme, le constructivisme, le volontarisme (ce que veut la Volonté générale peut tout faire, y compris changer le réel et la nature elle-même). Ces principes permettent au système partitocratique de la dite "représentation" nationale par le nombre, de faire des politiques anti-civilisationnelles contraires aux intérêts du peuple.

 

Nous proposons simplement deux ou trois réformes toutes simples à réaliser et à partir desquelles le peuple pourrait commencer à respirer :

 

(1) supprimer cette fausse "représentation" par un système de représentation plus sincère, par le poids des corps dans la société (familles, ouvriers, salariés, artisans, patrons, chômeurs..., clercs, fonctionnaires), le tirage au sort à l'échelon supérieur des responsables dans les domaines où l'échelon le plus bas n'est pas compétent (respect du principe de subsidiarité),

(2) la fondation de la légitimité politique sur la loi naturelle et non plus sur la "souveraineté nationale" maçonnique (art. 3 DDH de 1789 "Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation"),

(3) et enfin un principe de souveraineté et d'indépendance absolue (par rapport aux lobbies) incarnée par le Roi qui nomme son cabinet le plus proche pour l'orientation des grandes politiques nationales engageant l'intérêt public.

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 14:04

Le Rouge et le Noir a publié un article établissant la "logique macabre" entre les Lumières, 1789 et le génocide vendéen.

 

Une logique macabre : Lumières, 1789, Génocide vendéen

 

http://www.lerougeetlenoir.org/local/cache-vignettes/L420xH301/R_NDDHC-e2580.jpg

 

Existe-t-il une filiation philosophique directe entre 1789 (la Révolution prétenduement heureuse, illustrée par la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen) et 1793 (la Terreur, souvent présentée comme une déviance de 1789) ?

En pratiquant l’extermination systématique de la « race rebelle de brigands » vendéens (selon la formule du conventionnel Barère), la Révolution a-t-elle méconnu les principes qu’elle avait établis en 1789 à l’occasion de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen  ?

Le bref essai du Pr. Xavier Martin, Sur les droits de l’Homme et la Vendée, nous livre une réponse claire à ces interrogations.


Sur les droits de l'homme et la Vendée

Xavier Martin, historien du droit et des idées politiques, Professeur émerite à l’Université d’Angers, aborde la problématique à travers deux axes.

  • Tout d’abord : L’insurgé vendéen est-il un citoyen ? (d’après les idées en vigueur en 1793)
  • Ensuite : L’insurgé vendéen est-il un homme ?

C’est là l’occasion de se replonger dans les soubassements philosophiques de l’idéologie révolutionnaire : l’oeuvre de Rousseau et sa théorie du Contrat social, dont se réclamaient ouvertement les conventionnels, terroristes et génocidaires.

 

Le Vendéen : un étranger pour le révolutionnaire

 

A la question de savoir si l’insurgé vendéen est considéré ou non comme un citoyen, la réponse est clairement négative. En effet, les théories de Rousseau sont unanimitaires : la minorité n’a pas droit de cité. La Vendée, en refusant la République, « s’expose ipso facto à être constatée auto-exclue de l’universalité du peuple français ».Les Vendéens ayant rejeté l’état social par excellence que constitue la République, ils sont donc de facto exclus du corps des citoyens. N’étant point citoyens, ils ne sont point français : ce sont donc des étrangers. La logique républicaine, d’inspiration rousseauiste, se déroule, implacable et simple : un corps étranger doit être retiré du corps social, pur et inaltérable, que constitue la République une et indivisible. On comprend d’autant mieux la célèbre formule du conventionnel Barère : « La Vendée ! Voilà le chancre qui dévore le coeur de la République ! ». Pour soigner cette tumeur et cautériser les plaies, rien de tel que le glaive et le feu. On aperçoit déjà, au loin, les fumées noires des Colonnes infernales, dans une guerre non pas civile, mais exterminatrice d’un ennemi présenté comme étranger.

 

Le Vendéen : un sous-homme pour le révolutionnaire

 

Nous parlons des Droits de l’Homme et du Citoyen. Si le révolutionnaire rousseauiste, par idéologie, est enclin à nier la citoyenneté du vendéen, va-t-il également lui refuser sa qualité d’homme ? Le vendéen est-il un être humain ?

La question se pose en effet, et pas seulement dans l’esprit enfiévré des conventionnels : dès Rousseau, l’humanité est une qualité pouvant être retiré à certains individus. Xavier Martin ouvre ce chapitre avec une citation de Rousseau issue du Contrat social  : "renoncer à sa liberté, c’est renoncer à sa qualité d’homme, aux droits de l’humanité, même à ses devoirs". Or, en se dérobant aux lumières de la République, l’insurgé de Vendée militaire refuse le « Liberté » : on peut donc douter de son humanité. Pis, l’insurgé est presque toujours un paysan. Or, il est impossible d’ignorer le profond mépris qu’avaient nombre de philosophes des Lumières (de Voltaire à Turgot à l’égard du petit peuple des campagnes. Bête, le paysan est à la frontière entre l’Homme et la bête.

L’impregnation de ces thèses dans l’esrit des révolutionnaires se fait clairement sentir. Peint comme un être rustre, le paysan vendéen est bestialisé par l’idéologie révolutionnaire : le républicain J.-B. Leclerc rapporte que selon un « naturaliste célèbre », "Si l’on me demande quel est dans la chaîne des êtres l’anneau qui unit le singe à l’homme, je répondrai que c’est le Bas-Poitevin". En outre, l’usage massif par les républicains de métaphores animales et cynégétiques comme « battue », « chasse aux loups », « tanières », « bêtes fauves », participe de la bestialisation de l’insurgé.

 

Le sang est également un topos récurrent : selon les conventionnels, il convient de purifier et de regénérer cette « race rebelle de brigands », selon l’expression de Barère. Francastel, dans la même veine, apelle à "purger à jamais le pays de cette race infâme [...] saigner jusqu’à banc cette génération vendéenne". Là encore, il convient de revenir au germe de ces idées folles : les Lumières et 1789. La sordide idée de créer un homme nouveau est bien présente dès 1789. L’abbé Sieyès entend « perfectionner l’espèce humaine au moral et au physique ».

 

Une logique macabre aux conséquences inouïes

 

Nous connaissons tous les conséquences de telles logiques : le génocide perpétré par les Colonnes infernales, sur ordre de la Convention. Ces massacres de masse, commandités au plus haut niveau de l’Etat, ne sont pas de simples dérives propres à la Terreur. Ce génocide illustre le véritable projet de la Révolution toute entière, dès 1789, imprégnée des prétendues Lumières : un projet totalitaire.

A la lecture de l’ouvrage de Xavier Martin, il est évident qu’il existe une logique macabre entre les Lumières, 1789 et la Terreur de 1793, laquelle a accouché du génocide vendéen.

 

Source : http://www.lerougeetlenoir.org/les-contemplatives/une-logique-macabre-lumieres-1789-genocide-vendeen

 

 

- Xavier Martin : S'approprier l'homme, Un thème obsessionnel de la Révolution (1760-1800)

- Contre le Nouvel Ordre mondial : en finir avec la "révolution" (Ière partie)

- Vendée, du génocide au mémoricide

- Xavier MARTIN : "Trente années d'étonnement", Editions DMM

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 08:55

Vendredi 5 juillet 2013, commémoration du massacre d'Oran du 5 juillet 1962 (Messe 11h Eglise Sainte Odile, 2 avenue Stéphane Mallarmé, Paris-Métro porte de Champerret)

 

 

Commémoration du massacre d’Oran du 5 juillet 1962

 

 

Hommage à la mémoire des victimes et des disparus

 

 

A 11h, messe célébrée par le Père ARGOUARC’H

 

 

 

 

 

En l’église Saint Odile, 2 avenue Stéphane Mallarmé, 75017 PARIS-Métro porte de Champerret

 

 

 

 

 

  • ..." Ce fut le début de l'horrible carnage : une chasse à l'Européen commença sauvage, systématique. On égorgea, on tua au revolver ou à la mitraillette, on prit des rues en enfilade, tuant tout ce qui bougeait. On pénétra dans les restaurants, les magasins, les appartements, assassinant les pauvres gens avec des raffinements de cruauté, arrachant des yeux, coupant des membres. On vit même des femmes musulmanes dépecer des vivants avec les dents.
  • Les auxiliaires de l'armée algérienne, les A.T.O. emmenaient les Européens prisonniers par longs cortèges vers le commissariat central où ils étaient battus et tués, ou vers le Petit Lac, ou vers la Ville Nouvelle. Pourtant dans cette folie sanguinaire, des arabes sauvèrent des européens, d'autre intervinrent, et permirent de délivrer des prisonniers.
  • Le général Katz avait donné l'ordre de ne pas bouger et les 18.000 soldats français qui se trouvaient à Oran, restèrent cantonnés dans les casernes sans intervenir.
  • Katz téléphona à de Gaulle pour l'informer de l'ampleur du massacre. Le chef de l'Etat répondit " ne bougez pas ". C'est le seul exemple dans l'histoire d'un massacre perpétré sur une communauté sans défense, en présence d'une armée qui laisse assassiner ses ressortissants sans intervenir. La tuerie dura près de six heures. Lorsque à 17 heures les gendarmes français sortirent de leur trou à rats, le calme revint aussitôt.
  • Les cadavres jonchaient la ville, on en trouva pendus aux crochets des bouchers, dans des poubelles… Dans la chaleur de juillet, la puanteur était horrible. Les soldats français et algériens déversèrent par camions les cadavres dans le Petit Lac et les couvrirent de chaux vive. Nul ne sait le bilan exact de cette Saint-Barthélemy. On parlait dans les semaines qui suivirent de 3.000 morts et disparus. C'est le chiffre que donna le sinistre De Broglie et que reprit le ministre André Santini."...
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  • CELA SE PASSAIT LE 5 JUILLET 1962 A ORAN
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  • Geneviève de Ternant

 

 

Cette journée, on peut la qualifier de "journée de l'horreur".

 

Le massacre du 5 juillet 1962, ou massacre d'Oran, se déroule à Oran, ville d’Algérie, le 5 juillet 1962, trois mois et demi après le cessez-le-feu de la Guerre d'Algérie, deux jours après la reconnaissance officielle note 1 de l’indépendance, quelques heures avant sa proclamation. Il est le fait d’éléments armés algériens (ALN, ATO1 et civils) à l’encontre de civils européens (plusieurs centaines de morts et disparus) et musulmans (bilan inconnu). Les forces armées françaises attendent plusieurs heures avant de s’interposer.

 

Source: http://encyclopedie-afn.org/5_juillet_1962_-_ORAN

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