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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 18:02

 

 

 

Marion Sigaut, historienne essayiste, nous parle du 18eme siècle. Une video publiée il y a un peu moins d'un an le 24 mars 2013, mais qui a encore toute son actualité.

 

Extrait à partir de la 50e minutes :

 

 

"Mensonges, mensonges, mensonges. Il est temps que les cathos se réveillent... Quand les catholiques sincères -je ne dis pas les catholiques organisés - , les gens qui se sentent comme moi imprégnés de tout ce catholicisme qui a fait notre pays, quand ils vont se réveiller, on va remettre les pendules à l'heure, on va arrêter de mentir comme ça (sur l'histoire de France, le "Moyen Âge", l'"Ancien Régime")...

 

Et il est temps que les catholiques se réveillent : on n'a pas séparé l'Eglise de l'Etat, à la Révolution française on a soumis l'Eglise à l'Etat... Avant la Révolution l'Eglise était autonome. Par le biais de la dîme qu'elle percevait et dont elle restituait les bénéfices en terme de tous les services qu'elle rendait à la population, elle était indépendante de l'Etat. À la Révolution française on a fait la Constitution civile du Clergé : on a soumis l'Eglise à l'Etat. Donc on n'a pas séparé les pouvoirs (temporel et spirituel), on a lié les pouvoirs à la Révolution, on a fait l'inverse.

 

Comme il y a eu la guerre civile (la Guerre de Vendée, il y a eu des soulèvements partout) Napoléon a dit on va arrêté le truc (la déchristianisation forcenée, le calendrier révolutionnaire, le decadi, le génocide en Vendée) on va faire un Concordat, c'est-à-dire qu'il est allé chercher le pape, on lui a mis un fusil sur la tempe et on lui a dit vous allez signer là. On ne vous rendra pas tout ce qu'on vous a volé, mais en échange on vous laisse l'éducation. Et pour le reste, toute l'Eglise est soumise à l'Etat : le choix des prélats, la rémunération des prêtres, c'est l'Etat qui s'en charge. Ce n'était pas comme ça avant ! Donc avant la Révolution française il y a séparation de l'Eglise et de l'Etat et après la Révolution française il y a soumission de l'Eglise à l'Etat ! Et en 1905 on arrive et on dit 'on va venir à bout de siècles et de siècles de domination de l'Eglise' ! Mais de rien du tout... D'un siècle de Concordat obtenu par la violence... Il faut le dire. Debout les cathos ! Cessez de vous laisser embrouiller !"

 

 

. Marion Sigaut et Claire Colombie sur l’enseignement de l’histoire à l’Université

. Lettre à Louis XVI d'un Maupeou extra-lucide sur l'Oligarchie

. Alerte aux livres d'histoire mensongers ! (Marion Sigaut)

. Comprendre les Lumières : aux sources de la prolétarisation du monde ouvrier

. La conversion de Clovis, les fleurs de lys, l'origine de notre histoire

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Publié par Ingomer - dans Histoire
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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 00:00

4 février 1776 : Louis XVI abolit l’esclavage

Observatoire du Royalisme en France, le 4 février 2011  

Le 04/02/2011 à 16:46

Lorsque l’on parle d’abolition de l’esclavage en France, la première date qui vient à l’esprit des français est 1792, lorsque la Convention décidait d’accorder la citoyenneté aux hommes libres de couleur. Pourtant, l’abolition de l’esclavage n’est pas une mesure révolutionnaire mais bien une réforme royale ! En effet, le Roi Louis XVI, dès 1776, avait promulgué un édit condamnant fermement la possession d’esclaves sur le territoire français. Couvercle de plomb et mythe de la « révolution salvatrice des peuples opprimés », cette date est largement occultée par les médias (wikipedia en tête) et les livres d’histoire…

    Et pour cause ! Rappelons que l’Assemblée Nationale de 1790 avait réaffirmé par deux fois (décret du 8 Mars et du 12 Octobre 1790) la légalité de l’esclavage, revenant ainsi sur la réforme royale de 1776. L’Assemblée s’était ainsi opposée à la publication de Brissot de 1790 : « Adresse à l’Assemblée Nationale pour l’abolition de la traite des Noirs »… S’asseyant allègrement sur cet idéal de fraternité tant de fois bafoué pendant la révolution, l’Assemblée montrait par là même son mépris des plus faibles, et ce n’est que pour éteindre la révolte des esclaves des colonies (Saint Domingue notamment) qu’elle accepta d’abolir l’esclavage en 1794.

    Le Roi Louis XVI, bien avant les petits bourgeois perfides qui allaient mettre la France à feu et à sang, avait compris que la liberté d’un homme ne devait pas être bafoué. C’est ainsi que moins de 3 ans plus tard, par une ordonnance du 8 Mai 1779, Louis XVI abolit également le servage et le droit de suite en France. De même, par cette même ordonnance, il affranchissait tous les « mains mortables » des domaines royaux, ainsi que les hommes de corps, les « mortaillables » et les « taillables ».  La France fut l’une des premières nations du monde à abolir le servage, près de 180 ans avant le Tibet (1959).

    Le Roi de France incarne tout le peuple français, dans sa complexité et sa diversité, dans les moments de joie comme dans les moments de doute et de peur. Louis XVI a montré, par les nombreuses réformes qu’il a entreprit pendant son règne, qu’un Roi était avant tout proche de son peuple et répondait à ses besoins les plus élémentaires de liberté, de sustentation et de bien être.  

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Source: http://www.royaumedefrance.fr/201102044600/4-fevrier-1776-louis-xvi-abolit-lesclavage/

 

 

. Abolition de l'esclavage : qui a aboli l'esclavage le premier ?

. La franc-maçonnerie et l'histoire de l'esclavage

. Le Vatican déclare la guerre à l'esclavage moderne (23 août 2013)

. "La vraie révolution, celle qui transforme complètement la vie" a été "accomplie" par Jésus" (Pape François)

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Publié par Ingomer - dans Histoire
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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 20:19

 



Date de publication : 21/11/2013

Durée : 02:03:11

 

Discussion entre Marion Sigaut, historienne et écrivain et Claire Colombie, diplômée en histoire médiévale. Ayant étudié dans la même faculté, ces deux historienne nous parle du parcours d'historien. Elles dénoncent le "formatage", la censure que l'on rencontre pour passer ses diplômes.

 

Extrait :

 

"L'Université, c'est le temple du savoir dans lequel si vous voulez votre diplôme il faut en passer par la norme. Ce n'est pas le savoir. Le savoir il y est à la faculté, mais ce qu'il y a c'est qu'il faut pouvoir en sortir avec un diplôme, parce que si on sort de la faculté sans diplôme c'est comme si on n'y était pas allé.

Ils (les censeurs) sont dans la place... Ne dites rien, il ne faut pas toucher aux 'Lumières', il ne faut pas toucher au jansénisme, il ne faut pas toucher à la doxa, il ne faut pas toucher à la Révolution française. Il faut rentrer dedans, passer ses diplômes. Il faut l'ouvrir après."  (Marion Sigaut)

 

http://i18.servimg.com/u/f18/11/21/59/07/roman_10.jpg"L'histoire de la femme (à l'Université) c'est la femme est oppressée depuis la nuit des temps. Les paysannes sont oppressées parce qu'elles font douze enfants. Mais les femmes riches aussi sont oppressées, etc. Le but est d'expliquer que c'était absolument horrible d'être une femme aux périodes anciennes et qu'il faut devenir l'alliée du capital. Parce que depuis qu'on a la pillule, depuis qu'on a gagné nos 'droits sociaux', il faut surtout pas revenir en arrière parce que le 'Moyen Âge',... Et donc du coup on dit il faut soutenir la démocratie, il faut soutenir le libéralisme, il faut soutenir la modernité... Parce que sinon vous allez vous retrouvez dans une cuisine, vous allez vous faire violer, vous allez avoir douze enfants..." (Claire Colombie)

 

 

Source: http://www.dailymotion.com/video/x17gmae_marion-sigaut-et-claire-colombie-sur-l-enseignement-de-l-histoire-a-l-universite_news via http://www.egaliteetreconciliation.fr/Marion-Sigaut-et-Claire-Colombie-sur-l-enseignement-de-l-histoire-a-l-Universite-23066.html

 

 

. La femme au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime : l'exclusion des femmes ne date pas des "siècles obscurs" mais vient plus tard, de la modernité

. La guerre des juges contre l'Eglise et la monarchie au XVIIIe siècle (Marion Sigaut)

. Jansénistes et jésuites (Marion Sigaut)

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Publié par Ingomer - dans Histoire
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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 13:29

Mis à jour le 23/02/2016.

Au risque d'oublier un grand évènement, ou de passer sous silence un fait ou une explication importante, il est difficile de faire le résumé de notre épopée nationale. Mais, nous pensons important de tenter d'en faire un, même succint ou incomplet. Voici donc la légende de Tolbiac, la conversion de Clovis et les fleurs de lys, l'origine de la France officiellement chrétienne.

La conversion de Clovis, les fleurs de lys, l'origine de notre histoire

Clovis recevant la fleur de lys - XVe siècle, Bedford Book of Hours, 1423, illustrant la légende du Roi Clovis recevant les fleurs de lys de son épouse sainte Clotilde. Au XIVe siècle, l'armorial français montre Clovis arborant des fleurs de lys. Lorsque Clovis se bat contre son ennemi et le tue près de la tour Montjoie, celui-ci confesse la Trinité et fonde l'abbaye de Joyenval qui accueille alors le bouclier comme relique.

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Bataille de Tolbiac, fresque du Panthéon (Paris) de Paul-Joseph Blanc vers 1881 conjointement à d'autres fresques

 

Lors de la bataille de Tolbiac contre les Alamans, Clovis fit le voeu de se convertir s'il emportait la bataille. À l'occasion de cette bataille, les fleurs de lys, symbole de pureté virginale, lui furent données par son épouse sainte Clotilde à qui un ermite de la forêt de Marly avait remit un bouclier où figurait trois fleurs de lys, en référence à la sainte Trinité (Père, Fils et Saint-Esprit). L'ermite affirma l'avoir reçu d'un ange pour que le roi s'en serve durant la bataille à la place de ses armes ornées de trois croissants ou de trois crapauds. Selon l'ermite, ce bouclier devait lui assurer la victoire.


La bataille de Tolbiac vient sceller la nouvelle vision du monde initiée par l'empereur Constantin (306-337) et chez nous, l'alliance des Gallo-Francs avec le Christ. Après Tolbiac tous les peuples reçoivent tour à tour le baptême, et ceux qui étaient ariens renoncent à leurs erreurs pour redevenir catholiques.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b5/Labarum.svg/117px-Labarum.svg.pngLe peuple romain était resté sourd à l'appel du Christ et de ses apôtres, les merveilles du Pont Milvius ne l'avaient pas éclairé. Les successeurs de Constantin, Constance, Julien l'Apostat et Valens, se livrèrent à l'hérésie ou à l'impiété et persécutèrent l'Eglise. En vain le grand Théodose fit-il renaître un instant les jours de Constantin (édit de Milan de 313 accordant à chacun la liberté de culte) et offrit-il l'admirable exemple de la pourpre impériale s'humiliant devant saint Ambroise, la coupe d'iniquité était pleine. L'empire n'existait plus. Après avoir été persécutée par lui pendant trois siècles, l'Eglise se tenait debout sur ses ruines...

 

Ce furent d'abord les Wisigoths qui franchirent le Rhin et les Alpes, ravagèrent les Gaules et pénétrèrent en Italie. Une force inconnue poussait leur chef : "Une voix intérieure, disait-il, me crie sans cesse : Marche et va saccager Rome!". En 410 la ville éternelle fut prise et pillée. Plus heureux qu'Annibal, le chef barbabre Alaric entra dans la cité de Romulus. L'empereur Honorius, indigne fils de Théodose, s'enfuit à Ravenne..., et Rome fut mise à feu et à sang, dépouillée de ses statues païennes qui lui restaient. Certaines furent même fondues pour financer la défense de la ville, vaine on le sait. Mais le pape, saint Innocent qui fut pape de 401 à 417 resta à son poste à Rome. Les barbares s'inclinèrent devant la majesté du souverain pontife.

 

Nulle part on ne voit de personnalité païenne défendre la société romaine contre les Barbares avec efficacité. Partout cette défense est assurée par les évêques qui seront ainsi les derniers représentants authentiques de la romanitas, de saint Aignan à Orléans, à saint Loup à Troyes, à saint Sidoine Apollinaire en Auvergne, au pape saint Léon à Rome... Quel plus typique représentant de la romanitas de l'extrême fin de l'Empire que cet évêque de Gaule, Sidoine Apollinaire (432-489), lui qui n'a cessé de proclamer "Nôtre est César" ? De même, un peu plus tard, alors que l'Empire avait disparu en Occident, la contre-attaque victorieuse de l'Empire romain d'Orient sous l'empereur Justinien au VIe siècle vint d'un empereur catholique, la romanité ne fut rétablie seulement que dans les zones de christianisme majoritaire. La romanité n'était plus défendue que par le christianisme.

 

 

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Au berceau de la royauté française, comme du temps de nos ancêtres les Gaulois,

"le Roi franc était à l'origine élevé sur le Pavois."

(Jean Favier, Charlemagne, Texto, Le Goût de l'histoire, lonrai 2013, p. 36-37.)

 

 

En 481, un jeune homme de quinze ans, Clovis fils de Childéric, était élu roi des Francs saliens et montait sur le pavois. La grande vertu des Francs était la fidélité aux traditions nationales, et ces traditions relevaient toutes du culte d'Odin. Abandonner devant les guerriers qui tant de fois avaient versé leur sang pour sa gloire, les dieux scandinaves, et se courber devant le dieu des chrétiens, c'était, aux yeux de Clovis, renier les ancêtres, s'aliéner le coeur des Francs et le soutien de son armée.

Pour raconter Tolbiac, il suffirait presque de traduire Grégoire de Tours. L'objectivité et la sincérité de cet historien qui écrivait déjà vers 580 est admise et reconnue aussi bien par les adversaires que par les amis de l'Eglise : "Une guerre éclata, dit-il, entre les Alamanni et les Francs. Clovis fut alors contraint par les évènements de faire ce qu'il avait toujours refusé jusque-là.

 

Bataille-de-Tolbiac.jpg

 

Au moment où les deux armées étaient aux prises, les troupes franques furent repoussées en tel désordre, que les bataillons refoulés les uns sur les autres se donnaient mutuellement la mort. A ce spectacle, Clovis ne put retenir ses larmes. Le coeur brisé, il leva les yeux au ciel et s'écria :

 

"Jésus-Christ, vous que Clotilde appelle le Fils du Dieu vivant, s'il est vrai que vous protégez ceux qui vous invoquent et donnez la victoire à vos serviteurs, j'implore votre assistance. Si vous me faites triompher de mes ennemis, si vous étendez sur moi cette puissance, dont votre peuple reconnaît l'efficacité, je jure de croire en vous et de me faire baptiser en votre nom. J'ai prié mes dieux : ils ne m'ont point écouté. J'en ai la preuve. A vous de m'arracher au péril !"

 

 

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La Bataille de Tolbiac par Ary Scheffer (1795-1858), peinture du 19e siècle


A peine eut-il parlé ainsi, que le combat changea de face. Les Francs reprirent une ardeur nouvelle. Bientôt les Alamans plièrent et se mirent en pleine déroute. Leur roi fut tué. Les vaincus implorèrent alors la clémence du roi des Francs. "Faites cesser le massacre, lui dirent-ils. Nous sommes prêts à reconnaître votre autorité et à devenir votre peuple". Clovis donna aux siens l'ordre de cesser le carnage et ramena ses troupes sous la tente. Au retour, il raconta à la reine comment il devait la victoire à l'invocation du nom de Jésus-Christ. Dans ce récit si simple et si plein de grandeur est renfermée toute la tradition française. C'est tout ce qui nous reste de l'un des plus graves évènements qu'ait vus l'histoire; mais ces quelques lignes suffisent pour nous permettre de louer à jamais le Dieu des Armées, Deus Sabaoth, qui exauça les prières de Clotilde et prêta l'oreille au cri du chef barbare.

C'est depuis ce jour et cette heure que nous sommes une nation chrétienne et que notre patrie, la patrie qui donna à Constantin les légions gauloises du Pont Milvius, est devenue la fille aînée de l'Eglise.

Saint Rémi l'attendait à Reims avec Clotilde. "Père saint, lui dit Clovis, je suis prêt. Pourtant une considération me retient encore. Le peuple qui me suit ne veut pas qu'on abandonne ses dieux. Je vais convoquer les Francs, et je leur parlerai dans le sens de vos instructions". L'assemblée eut lieu. Sans doute le projet royal était connu de tous, car avant même que Clovis eût pris la parole, aussitôt qu'on le vit paraître, une acclamation générale se fit entendre :

"Pieux roi, dirent les Francs, nous abjurons le culte des dieux mortels, nous voulons servir le Dieu immortel que Remi adore!" Le bienheureux évêque, en apprenant la décision nationale, fut rempli d'une grande joie, et prépara tout pour le baptême solennel.

Le jour choisi pour le baptême était le jour de Noël 496. Rémi, pendant qu'il parlait, une lumière céleste éclata soudain dans l'église, effaçant la lueur des cierges allumés, et une voix se fit entendre qui disait : "La paix soit avec vous ! C'est moi, ne craignez point. Persévérez dans mon amour". Après ces paroles, la lumière surnaturelle disparut et un parfun d'une suavité céleste se répandit dans l'enceinte. Le roi et la reine se précipitèrent aux genoux du saint pontife, en versant des larmes d'émotion et de joie. L'homme de Dieu, illuminé lui-même par l'esprit prophétique,
s'écria :
"Apprenez, mon Fils, que le royaume de France est prédestiné par Dieu à la défense de l'Église romaine qui est la seule véritable Église du Christ ...
"Ce royaume sera un jour grand entre tous les royaumes, il embrassera les limites de l'empire romain et il soumettra tous les peuples à son sceptre... Il durera jusqu'à la fin des temps !
"Il sera victorieux et prospère tant qu'il sera fidèle à la foi Romaine, mais il sera rudement châtié toutes les fois où il sera infidèle à sa vocation. " (d'après Flodoard, Historia Ecclesiae Remensis)

La prière de l'évêque de Reims à l'autel de Marie est gravée dans la mémoire nationale : regnum Galliae, regnum Mariae ! Royaume de France Royaume de Marie. Nos plus chères traditions sont établies sur ces journées de décembre 496.


Source: Ferdinand Hervé-Bazin, Les Grandes Journées de la Chrétienté, Librairie Victor Lecoffre, Paris, 1887, rééd. Editions Saint-Rémi.



Le christianisme en France. Deux mille ans d'histoire

 

Blason de Saintes-Maries-de-la-MerC'est sainte Madeleine abordant au Ier siècle aux Saintes-Maries-de-la-Mer (en région Provence-Alpes-Côte d'Azur, NdCR.) avec sa soeur  Marthe, son frère Lazare et sa servante Sarah, et se fixant la première à la Sainte-Baume, la seconde à Tarascon, Lazare le ressuscité à Marseille, tandis que sainte Sarah demeurait au rivage où l'avait portée la barque miraculeuse.

 

[Sous le vocable de saintes Maries  ou Trois Maries, la tradition catholique désigne trois femmes disciples de Jésus : Marie-Madeleine, Marie Salomé et Marie Jacobé, qui serait les trois femmes au pied de la croix dans les évangiles synoptiques. Elles étaient accompagnées de Marthe, son frère Lazare le ressuscité, Maximin, l'un des soixante-douze disciples de Jésus, Sidoine l'aveugle qui deviendra saint Restitut et Joseph d'Arimathie, porteur du Saint Graal : chassés de Palestine et placés dans une barque sans voile ni rame, la Providence les poussa par les courants vers le delta du Rhône où ils échouèrent.]

 

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Marie Salomé et Marie Jacobé sur leur barque dans l'église des Saintes-Maries-de-la-Mer

 

Ce serait saint Martial , l'un des disciples fixé à Limoges, Zachée, celui que sa taille trop exiguë empêchait de voir passer le Christ et qui pour l'apercevoir grimpa sur un sycomore, qui aurait évangélisé Rocamadour (en région Midi-Pyrénées) et, fixée à Soulac, sainte Véronique qui essuya la face du Christ.

 

... Chose curieuse, (en Gaule) ce sont ces mêmes centres officiels dans lequels étaient entretenu le culte païen de l'Etat qui voient se propager les premiers la religion nouvelle : Lyon en particulier, Autun, Bordeaux, etc....

 

Souvent les nouvelles églises s'élèvent dans des lieux où se trouvaient des sources ou des arbres sacrés; or l'on sait que le culte des sources et des arbres était essentiellement celtique. Du vivant même de saint Martin (IVe siècle), certains arbres reçurent des autels, et, de nos jours encore, on a signalé de nombreuses sources auprès des sanctuaires et dans quelques cas comme à Nohanent, dans l'église elle-même.

 

Ainsi la nouvelle religion s'insérait dans les coutumes ancestrales du peuple celte qui continuait à revenir aux endroits jadis honorés, mais pour un culte purifé et d'une tout autre essence.

 

Il ne s'agissait pas d'imposer brutalement les nouvelles façons de voir, ni de recourir à ces mesures artificielles qu'avaient adoptées la Rome des empereurs élevant des villes et des autels pour le culte officiel, mais bien de transfigurer les croyances existantes et de faire épanouir les possibilités latentes dans ce peuple celte que César déclarait entièrement tourné vers la religion.

 

Dans la suite des temps, l'histoire du christianisme en Gaule se confond avec l'histoire même du peuple français. Quelques îlots du paganisme subsistaient aux Ve et VIe siècles, mais on peut considérer que toute trace en avait disparu définitivement à la fin du VIIe siècle.

 

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Régine Pernoud, Histoire du peuple français, Des origines au Moyen Âge, Nouvelle Librairie de France, Paris 1951.

 

 

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Le baptême de Clovis

 

Le baptême de Clovis en 496 constitue traditionnellement dans l'histoire de France, le baptême de la France "Fille aînée de l'Eglise". Il constitue l'acte de naissance de ce que l'on nomme la France. Ce fait-là est un acquis, on ne peut pas l'effacer, faire comme s'il ne s'était jamais produit.

 

Les ennemis de l'Eglise (la franc-maçonnerie) ont alors imaginé de biaiser en enseignant aux enfants français qu'en réalité la France n'était pas née en 496, car d'abord ce baptême aurait été réalisé par Clovis à des fins disent-ils "politiques" (ce qui ôte l'élément religieux dans la naissance de la France) et qu'ensuite, la France se serait construite "petit à petit" (ils affirment que l'espace géographique de la France de Clovis était bien moindre que celui d'aujourd'hui alors qu'en réalité c'est le contraire.) Il s'agit donc pour eux de faire croire aux petits français que leur pays n'est pas né avec le baptême de Clovis. C'est tout l'enjeu : il faut remplacer 496 par 1789, effacer de la mémoire nationale ce baptême, faire comme s'il ne s'était jamais produit.

 

Seulement, l'histoire de France et les faits historiques sont têtus. L'on ne peut faire comme si ce baptême ne s'était jamais produit et on ne peut gommer d'un trait de plume plus de treize siècles d'histoire de France, sans apparaître pour ce que l'on est : un petit kapo de la pensée unique et du terroriste intellectuel.

 

C'est pourquoi, en ces temps de déclin, de décadence pour beaucoup, nous devons garder espoir et espérance, car les ennemis de l'Eglise ne pourront jamais faire que la France ne soit pas née en 496.

 

 

"Épris de la fière Burgonde [Clotilde], dont l'âme était aussi haute que la sienne, il [Clovis] lui donna une large part d'influence dans les affaires publiques. Elle régna véritablement avec lui, aux applaudissements des Francs, qui admiraient son intelligence, son énergie, son caractère résolu. Les Gaulois se réjouirent de voir assise sur le trône du glorieux Sicambre une femme de ce mérite; ils se prirent à espérer que Chlodowig [Clovis] subirait jusqu'au bout l'ascendant que sa noble épouse obtenait sur lui, et qu'il finirait, instruit à son école, par confesser la foi du Christ..."

 

(C. Guenot, Le Fils aîné de l'Eglise, Épopées de l'histoire de France, Vve H. Casterman, Tournai 1883, p. 49).

 

 

 

"On situe traditionnellement la date du baptême de Clovis à Reims avec 3000 guerriers par Saint Rémi, évêque de Reims, le 25 décembre 496 ou 498, voire 506" (Pierre Chaunu, Éric Mension-Rigau, Baptême de Clovis, baptême de la France, De la religion d'État à la laïcité d'État, Éditions Balland, Mayenne 1996, p. 23).

 

"L'estimation la plus prudente situe l'évènement entre 496 et 498" (Régine Pernoud, La femme au temps des cathédrales, Stock, Évreux 1980, p. 16).

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/cd/Sainte_Ampoule.jpg/462px-Sainte_Ampoule.jpg

 

La Sainte Ampoule dans son reliquaire originel

 

"Par la sainte Ampoule (qui aurait servi au baptême de Clovis NdCR.) se trouve symbolisée la doctrine chrétienne, selon laquelle tous les hommes étant égaux, aucun d'eux ne peut exercer l'autorité sur ses semblables si ce n'est par une délégation de Dieu, à qui il devra des comptes. D'ailleurs, l'expression, 'par la grâce de Dieu roi de France', telle qu'on l'employait aux temps féodaux, n'est pas autre chose qu'une forme d'humilité" (Georges et Régine Pernoud, Le tour de France médiévale, Stock, Évreux 1982, p. 63).

 

 

 

Marche Royale pour le Sacre de Charles VI de France (1380-1422) par Jordi Savall, musique médiévale

 

"Lors de la cérémonie du sacre, le roi jure de défendre l'Église et de conserver à chacun des évêques la loi et la justice qui lui sont dues; il jure également de rendre au peuple la justice à laquelle il a droit.

À cet instant, les voûtes de la cathédrale retentissent de cris: ce sont les seigneurs et le peuple qui, par trois fois, crient ensemble en latin: 'Nous approuvons, nous voulons qu'il en soit ainsi!' Ces cris, qu'on appelle, l''acclamation', rappellent au roi qu'il reste l'élu du peuple."

 

 Georges et Régine Pernoud, Le tour de France médiévale , Stock, Évreux 1982, p. 64.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/a4/Charlemagne-by-Durer.jpg/291px-Charlemagne-by-Durer.jpg

 

Sous Charlemagne, la loi est "intangible" parce qu'elle "appartient au peuple", le roi ne peut y "toucher quant au fond" (Jean Favier, Charlemagne, Texto, Le Goût de l'histoire, Lonrai 2013, p. 334-335).

 

"Plus tard en 1789, NdCR.) les révolutionnaires, en s'acharnant sur Clovis avec une fureur dévastatrice (son sarcophage est profané, sa basilique est détruite, la Sainte Ampoule est solennellement brisée neuf mois après la mort de Louis XVI) le consacrent malgré eux comme le fondateur de la royauté sacrée. L'affrontement parfois violent au cours du XIXe s., des deux France [la France catholique et la 'France' républicaine] lui donne un nouveau souffle : comparé à Charlemagne, saint Louis ou Jeanne d'Arc, il (Clovis) devient le symbole de la France chrétienne et royaliste, opposée aux républicains laïcs (Pierre Chaunu, Éric Mension-Rigau, Baptême de Clovis, baptême de la France, De la religion d'État à la laïcité d'État, Éditions Balland, Paris 1996, p. 12. Un livre intéressant écrit par deux grands historiens protestants).

  

En 869, Hincmar, archevêque de Reims, nous dit que Rémi, immédiatement après le baptême de Clovis, l’avait sacré et oint avec une huile « envoyée du ciel dans la sainte ampoule » par le truchement d’une colombe venue se poser sur l’autel même de l’Eglise. Cette histoire plaisant fort au peuple, sera reçue comme un symbole par presque tous. Or, l'histoire telle qu'on l'enseigne aujourd'hui nous dit que "le premier monarque franc à avoir été sacré fut Pépin le Bref en 751 par Saint Boniface et en 754 par le pape". Il s'agit d'une thèse avancée par la maçonnerie pour ruiner l'origine baptismale de la France. Car si l'on en croit Hincmar, et nous ne voyons pas pour quelle raison on devrait écarter a priori son témoignage..., Clovis fut sacré et oint avec une huile sainte, ce qui est resté dans la tradition historique comme le premier sacre (de droit divin) de nos rois.

 

Voici maintenant la narration du baptême de Clovis tel qu'il se produisit, suivi de la présentation du serment de saint Rémi :

 

"Dans la nuit de Noël 496, au jour anniversaire et à l'heure même de Sa naissance, le Christ – lors de la naissance spirituelle de notre France et de nos Rois – voulut, par un miracle éclatant, affirmer la Mission providentielle de notre pays et de notre race Royale, au moment même où saint Rémi va proclamer cette Mission au nom du Tout-Puissant, pour sanctionner solennellement les paroles (divinement inspirées) de Son Ministre. À minuit, alors que le Roi, la Reine et leur suite sont dans l'Église Saint-Pierre où l'Archevêque les a convoqués, "soudain, raconte Hincmar (Migne, Patrologie Latines, tome CXXV, p. 1159. Hincmar, Vita Sancti Remigii, chap. XXXVI), une lumière plus éclatante que le soleil inonde l'Église! Le visage de l'évêque en est irradié! En même temps retentit une voix: La paix soit avec vous ! C'est moi! N'ayez point peur! Persévérez en ma dilection! Quand la voix eut parlé, ce fut une odeur céleste qui embauma l'atmosphère. Le Roi, la Reine, toute l'assistance épouvantée, se jetèrent aux pieds de saint Rémi qui les rassura et leur déclara que c'est le propre de Dieu d'étonner au commencement de Ses visites et de réjouir à la fin.

 

Puis soudainement illuminé d'une vision d'avenir, la face rayonnante, l'œil en feu, le nouveau Moïse s'adressant directement à Clovis, Chef du nouveau Peuple de Dieu, lui tint le langage – identique quant au sens – de l'ancien Moïse à l'ancien peuple de Dieu : "Apprenez, mon fils, que le royaume de France est prédestiné par Dieu à la défense de l'Église romaine, qui est la seule véritable Église du Christ. ... Ce royaume sera un jour grand entre tous les royaumes et il embrassera toutes les limites de l'Empire romain ! Et il soumettra tous les peuples à son sceptre ! Il durera jusqu'à la fin des temps ! Il sera victorieux et prospère tant qu'il sera fidèle à la foi romaine. Mais il sera rudement chatié les fois qu'il sera infidèle à sa vocation (Migne, Patrologie Latines, tome CXXXV, p. 51, Flodoard, Historia Ecclesiae Remensis, Lib. I, chap. XIII).

 

Bapteme-de-Clovis.jpg 

 

D'un point de vue politique, le choix par Clovis du catholicisme associé à l'Empire romain, faible et lointain, plutôt que celui de l'arianisme (peuplades barbares voisines) n'était certainement pas le choix le plus facile, le plus sûr pour son royaume, ni le plus logique. Au moment du baptême de Clovis, à la fin du Ve s., l'Eglise et les fidèles sont opprimés de tous côtés par des princes hérétiques. "L'empereur Anastase, en Orient, est livré aux Eutychiens; Theodorick, roi d'Italie, Alarik, roi des Wisigoths en Espagne et en Aquitaine, Gondebald, roi des Burgondes, Trasamond, roi des Vandales en Afrique, professent les erreurs d'Arius" (C. Guenot, Le Fils aîné de l'Eglise, Épopées de l'histoire de France, Vve H. Casterman, Tournai 1883, p. 77.) Il restait à Clovis à convertir ses 3000 guerriers, dont la majorité étaient païens... et s'assurer que les peuples barbares ne bougeraient pas. Par son baptême, Clovis se mettait le monde à dos. Tous les peuples vaincus de l'Empire romain étaient catholiques, mais toutes les nations barbares et victorieuses étaient ariennes, en Gaule, en Espagne, en Italie, en Afrique. Il fallait donc au Roi se séparer de tous les peuples amis, issus de la même origine, pour adopter la religion des peuples de race étrangère et ennemie ! C'était la vraie difficulté. Le prince avait vu s'introduire l'arianisme jusque dans sa propre famille. Sa sœur Alboflède, qu'il aimait beaucoup, et qui sans doute exerçait une grande influence sur son esprit était arienne. Cependant, l'épouse de Clovis, Clotilde était catholique. Elle était de plus l'ennemie personnelle des ariens qui avaient assassiné ses propres parents et tous ses frères. Si Clovis avait été astucieux et rusé (comme certains historiens le prétendent) il aurait feint la conversion, se réservant de revenir plus tard à ses convictions, quand sa domination eût été assurée; il ne le fit pas. Réduire son baptême à des "raisons politiques" est donc grotesque. Ses guerriers eurent tout aussi bien pu se révolter, les peuples barbares y trouver une raison de l'attaquer, et c'était tout le pouvoir de Clovis qui vacillait. On est donc loin d'une conversion par calcul politique telle qu'on l'enseigne aujourd'hui, puisque cette conversion entrainait mécaniquement un effet contraire au calcul politique : l'hostilité de tous les rois barbares alentour et la probable hostilité même des soldats ! Pour surmonter ces faits, il fallut donc que se trouve chez Clovis une véritable foi qui ne pouvait s'accomoder d'une quelconque tergiversation ou d'un quelconque calcul politique.

 

Il reste néanmoins vrai que la Gaule des campagnes était déjà à ce moment largement acquise au catholicisme. La conversion lui ouvrit sans doute des portes dans les provinces et affermit davantage son autorité. Mais il reste qu'à l'extérieur, voire même tout prêt des frontières du royaume franc (Burgondie, Espagne, Allemagne, Italie), les autres princes ne partageaient pas la foi catholique.

 

"Le roi des Francs, chose rare en ces temps de redoutable souvenir, possédait l'affection des peuples. Francs et Gaulois soumis à sa domination, proclamaient sans cesse leur amour pour l'illustre guerrier. Cette main si terrible dans les combats, était légère dans l'administration intérieure; tous bénissaient le sceptre étendu comme une protection sur les têtes. Les Gallo-Romains de l'Est et du Sud supplient Chlodowig de les ranger au nombre de ses sujets; il s'empresse de remplir leurs vœux. Les évêques assis au berceau du nouveau peuple, n'élèvent jamais en vain leur voix respectée; leurs ambassadeurs obtiennent la liberté des vaincus de Tolbiac, celle des prisonniers de Voulon; un prêtre sollicite le pardon des révoltés de Verdun, et il est exaucé.

 

L'Orient s'associe à l'admiration de l'Occident pour le Fils des Sicambres, et l'empereur de Constantinople [Anastase Ier (491-518)]lui envoie les insignes de la dignité suprême [510: pour le remercier de sa victoire sur les Barbares, l'empereur d'Orient lui offre les insignes de consul honoraire de Rome, ce qui le fait considérer par les évêques comme le successeur des empereurs romains, avec le titre d’ 'Auguste' ("nouveau Constantin")]. "Remigius (Rémi), le saint évêque de Reims, vient l'entretenir des devoirs d'un roi chrétien, et il est docilement écouté… Chlodowig a bien compris sa mission, qui est celle de la France; il est le fils aîné de l'Église

 

(C. Guenot, Le Fils aîné de l'Eglise, Épopées de l'histoire de France, Vve H. Casterman, Tournai 1883, p. 146-147).

 

"Que célèbre-t-on en 1996 ? Moins le 1500e anniversaire de Clovis – pour quelle raison célébrer le baptême d'un homme ? – que celui d'un mythe au sens le plus noble du terme: "le baptême de la France" ( Pierre Chaunu, Éric Mension-Rigau, ibidem., p. 11).

 

 

Retrouvez sur Christ-Roi :

 

- La cinématographie "Clovis, la France et la chrétienté" sur la vie de Clovis , le fondateur de la monarchie française civilisationnelle (alliance du Trône et de l'Autel conformément à l'union de l'Eglise et de l'Etat sous l'empire romain qui datait de 392, chacun, Eglise comme Etat étant autonomes dans sa sphère d'autorité propre) sans les habituelles boursouflures, déformations et falsifications historiques des mythographes républicains. Au Roi incombe la tâche de diriger les laïcs, à l'évêque… appartient la responsabilité de dire le Bien divin pour tous.  

 

Clovis et son temps (film de jean-jacques barsac)

- Le film "Clovis et son temps" de Jacques Barsac (conseiller historique Michel Rouche, Professeur à la Sorbonne) aux riches documents iconographiques et images de synthèse, France 3 Production 1997. Au Roi incombe la tâche de diriger les laïcs, à l'évêque… appartient la responsabilité de dire le Bien divin pour tous. Cette alliance des deux pouvoirs doit conduire au Bien commun, notion de théologie catholique.
Tels étaient les conséquences du baptême de Clovis. Distinguer l'activité des laïcs du rôle spirituel des clercs (comme le dit Jean-Paul II dans ses Mémoires, "distinction n'est pas 'séparation'…, mais saine collaboration". On est loin de la confusion des deux autorités dans la république d'un Vincent Peillon...

 

 

 

. 6 octobre 2013 - Commémorations du 17e centenaire de l'édit de Milan

. Le baptistère de Clovis enfin localisé (10 mars 2009)

. "Francia" : les origines de la France

. Histoire du peuple français

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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 10:51

Rediff. Rappelons-nous. Notre Bon Roi Louis XVI a été assassiné le 21 Janvier 1793 par les crapules révolutionnaires. Du Ciel où Il est Il prie pour nous et pour la France. Que son Précieux Sang injustement versé ne retombe pas sur nos têtes!

Pie Jesu Domine dona Eis requiem sempiternam. Pieux Jésus, Seigneur, donne-leur le repos. Donne-leur le repos éternel.

 

 

Pie Jesu du Requiem de Charles Gounod (1818-1893) chanté par la Maitrise des Hauts de Seine, direction Francis Bardot.



« Le 21 janvier, avec le meurtre du Roi-prêtre, s'achève ce qu'on a appelé significativement la passion de Louis XVI. Certes, c'est un répugnant scandale d'avoir présenté, comme un grand moment de notre histoire, l'assassinat public d'un homme faible et bon. Cet échafaud ne marque pas un sommet, il s'en faut. Il reste au moins que, par ses attendus et ses conséquences, le jugement du Roi est à la charnière de notre histoire contemporaine. Il symbolise la désacralisation de cette histoire et la désincarnation du Dieu Chrétien. Dieu, jusqu'ici, se mêlait à l'histoire par les Rois. Mais on tue son représentant historique, il n'y a plus de Roi. Il n'y a donc plus qu'une apparence de Dieu relégué dans le ciel des principes.

Les révolutionnaires peuvent se réclamer de l’Évangile. En fait, ils portent au Christianisme un coup terrible, dont il ne s’est pas encore relevé. Il semble vraiment que l’exécution du Roi, suivie, on le sait, de scènes convulsives, de suicides ou de folie, s’est déroulée tout entière dans la conscience de ce qui s’accomplissait. Louis XVI semble avoir, parfois, douté de son droit divin, quoiqu'il ait refusé systématiquement tous les projets de loi qui portaient atteinte à sa foi. Mais à partir du moment où il soupçonne ou connaît son sort, il semble s'identifier, son langage le montre, à sa mission divine, pour qu'il soit bien dit que l'attentat contre sa personne vise le Roi-Christ, l'incarnation divine, et non la chair effrayée de l'homme. Son livre de chevet, au Temple, est l'Imitation de Jésus-Christ. La douceur, la perfection que cet homme, de sensibilité pourtant moyenne, apporte à ses derniers moments, ses remarques indifférentes sur tout ce qui est du monde extérieur et, pour finir, sa brève défaillance sur l'échafaud solitaire, devant ce terrible tambour qui couvrait sa voix, si loin de ce peuple dont il espérait se faire entendre, tout cela laisse imaginer que ce n'est pas Capet qui meurt mais Louis de droit divin, et avec lui, d'une certaine manière, la Chrétienté temporelle. Pour mieux affirmer encore ce lien sacré, son confesseur le soutient dans sa défaillance, en lui rappelant sa « ressemblance » avec le Dieu de douleur. Et Louis XVI alors se reprend, en reprenant le langage de ce Dieu : « Je boirai, dit-il, le calice jusqu'à la lie ». Puis il se laisse aller, frémissant, aux mains ignobles du bourreau. »

Albert Camus, L'homme révolté, La Pléiade, p. 528-529.


http://fr.globedia.com/images/nouvelles/2012/7/1/louis-xvi-franc-non-aucun-cas-etait_1_622310.jpg

 

 

Messes du 21 janvier : http://www.21janvier.fr/

 

 

. Le testament politique de Louis XVI retrouvé : "Français,... méfiez-vous des suggestions et des mensonges de vos faux amis, revenez à votre Roi" (Louis XVI)

. Testament politique de Louis XVI : analyse d'Yves Marie Adeline (A.R)

. Nullité du jugement condamnant Louis XVI à mort : pamphlet de 1793

. Les Sociétés secrètes et la mort de Louis XVI : témoignage posthume d’un baron de l’Empire

. « Que faire pour sauver la France ? » Présentation du Manifeste des royalistes (Dominique Hamel)

. Redonnons à la France un véritable hymne ! Dieu sauve le Roi !

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 12:27
Un brouillon du discours lu par le roi d'Angleterre George VI pour annoncer l’entrée du Royaume-Uni dans la Seconde Guerre mondiale est daté du 25 août 1939, soit une semaine avant que le IIIe Reich n’envahisse la Pologne. Sotheby’s va mettre ce brouillon aux enchères dans quelques semaines...
Contrairement à la version officielle, le Royaume-Uni et la France ne sont pas entrés en guerre en raison de l’invasion de la Pologne et mettre fin aux annexions pangermanistes, qui n’ont fourni qu’un prétexte, mais pour d’autres motifs.

La Seconde Guerre mondiale était décidée avant l’invasion de la Pologne


 

Sotheby’s mettra aux enchères, dans quelques semaines, un brouillon du discours lu par le roi George VI pour annoncer l’entrée du Royaume-Uni dans la Seconde Guerre mondiale.

Le document est daté du 25 août 1939, soit une semaine avant que le IIIe Reich n’envahisse la Pologne.

Il apparaît donc que, contrairement à la version officielle, le Royaume-Uni n’est pas entré en guerre en raison de l’invasion de la Pologne, qui n’a fourni qu’un prétexte, mais pour d’autres motifs.

 

Source: http://www.voltairenet.org/article181398.html

 

 

. La dynastie britannique de Hanovre et la franc-maçonnerie universelle

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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 09:26

Le Grand Ferré (1330-1359), héros picard de la Guerre de Cent Ans (XIVe siècle), renvoie également à une révolte de paysans contre des violences dont ils étaient les victimes, une quasi jacquerie qui voit des paysans massacrer des nobles, mais il s'agit de nobles anglais, ce qui fait que tout leur sera pardonné.

 

C'est au XIVe siècle que le paysan devient un héros et éventuellement pourvu d'une capacité politique. Par exemple c'est au XIVe siècle que la Suisse deviendra une république paysanne.


 

http://theatrum-belli.org/wp-content/uploads/2013/11/Le-Grand-Ferr%C3%A93.jpgAprès Jeanne d’Arc dont Colette Beaune est l’incontestable spécialiste, la grande médiéviste entreprend ici de nous conter l’histoire du premier héros paysan de l’histoire de France.

 

A sa manière, entre érudition et enquête, Colette Beaune retrace la vie réelle et rêvée de ce simple paysan, notre Robin des Bois, qui resta pendant des siècles une légende populaire jusqu’à ce que Michelet en fît au XIXe siècle, le fondateur de la Nation France.

 

Avec :

Colette Beaune, professeur émérite à l’Université de Paris X.

Mathieu Arnoux, Directeur d’études à l’EHESS. Professeur à l’Université Paris VII.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                                                                       Source: http://theatrum-belli.org/le-grand-ferre-un-paysan-un-combattant-un-heros-medieval/

 

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/c8/Longueil-Sainte-Marie_%2860%29%2C_monument_du_Grand_Ferr%C3%A9%2C_place_Charles-de-Gaulle_1.jpg/450px-Longueil-Sainte-Marie_%2860%29%2C_monument_du_Grand_Ferr%C3%A9%2C_place_Charles-de-Gaulle_1.jpg

Statue du Grand Ferré à Longueil-Sainte-Marie


 

. Manuel Valls : « Historiquement, c'est la gauche qui a inventé la nation, en 1789 »

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 16:05

http://cdn.bvoltaire.fr/media/2013/11/allemagne-1910.jpg

 

L’Allemagne de 1914 à la pointe de la civilisation européenne

 

À la veille du centenaire du déclenchement de la Grande Guerre, le moment est venu de présenter les faits tels qu’ils se sont réellement produits, en débarrassant l’historiographie des scories laissées par la propagande de jadis.

J’ai lu sur Boulevard Voltaire, sous une signature que par ailleurs j’estime, une présentation inéquitable de l’Allemagne de 1914. Certes, son morcellement politique d’autrefois a longtemps arrangé nos affaires. Les choses avaient changé en 1914 : l’Allemagne était alors à son apogée. Mais est-ce sa faute si nous-mêmes avions perdu notre prépondérance depuis la Révolution (1789-1799) et la guerre franco-européenne (1793-1815) ? Est-ce sa faute si la France n’a pas fait d’enfants au XIXe siècle ; si, en 1870, avec 35 millions d’habitants, elle était aussi peuplée que sa voisine d’outre-Rhin, pour passer quarante-cinq ans plus tard à 39 millions… contre 67 millions d’Allemands ? Peut-on raisonnablement lui reprocher de s’être unifiée, puis d’être devenue par son seul mérite la première puissance du continent ?

Quant à la première guerre franco-allemande, celle de 1870, il faut rappeler que c’est la France qui l’a déclarée, d’ailleurs pour un motif futile : la fameuse « dépêche d’Ems », une note diplomatique désobligeante. On avait fait une guerre pour cela, pour une note. Aux yeux du monde, notre vanité nous avait alors rangés dans le mauvais camp.

Que cela plaise ou non, l’Allemagne de 1914 était à la pointe de la civilisation européenne : elle rayonnait par ses musiciens et ses philosophes, elle raflait chaque année le plus grand nombre de prix Nobel, de sorte que le XXe siècle lui doit la plus grande partie de ses avancées scientifiques. Nous étions d’ailleurs bien placés nous aussi, au deuxième rang de cette distribution annuelle, malgré la disproportion des forces… mais la Grande Guerre va tuer 80 % de nos élèves de Normale sup’…

Si l’on avait pratiqué à cette époque le calcul de l’Indice de développement humain (IDH), il est évident que l’Allemagne eût été première, notamment par sa politique sociale. Il ne tenait qu’à nous d’imiter cet exemple.

Se référer à des historiens anciens comme Fischer n’a pas de sens aujourd’hui. L’Allemagne n’a ni « voulu », ni « favorisé » une guerre austro-serbe, c’est tout le contraire ; elle n’est pour rien dans « l’embrasement avec la Russie et la France », et je prouverai ce que j’avance. Elle n’est pas responsable du déclenchement de cette guerre, mais ce que l’on peut dire, c’est que l’annexion de l’Alsace-Moselle en 1871 (désirée par elle en vertu d’une conception proprement germanique de l’appartenance nationale : la langue, la culture, le sang…) a créé entre nous une discorde qui n’aurait pas porté à conséquence si nous étions restés isolés comme encore au temps du général Boulanger (trop sage pour nous conduire vers une guerre de revanche perdue d’avance…) mais est devenue dangereuse dès lors que nous avons réussi à nouer une alliance militaire inconditionnelle avec la Russie en 1892. (À suivre…)

 

Yves-Marie Adeline

 

Source: http://www.bvoltaire.fr/yvesmarieadeline/lallemagne-de-1914-la-pointe-de-la-civilisation-europeenne,41229

 

. F. Hollande lance les commémorations du centenaire de la Ière guerre mondiale

. Instruction de BISMARCK au comte Von ARNIM, ambassadeur à Paris, le 16 novembre 1871

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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 11:38
La mort de Daniel Lefeuvre est une perte immense pour la minuscule phalange des africanistes libres, eux qui, dans les Thermopyles de la pensée, ont décidé de combattre jusqu’au bout les masses du bas clergé universitaire porteuses du politiquement correct.
Né le 11 août 1951 et mort le 4 novembre 2013, le brillant universitaire qu’était Daniel Lefeuvre avait suivi  la voie ouverte par Jacques Marseille qui fut son directeur de thèse. Après que ce dernier eut magistralement prouvé que, loin de les avoir pillées, la France s’était appauvrie dans ses colonies[1], Daniel Lefeuvre, alors professeur à l’université de Paris VIII, démontra dans un livre fondateur[2] que l’Algérie fut un insupportable fardeau pour la France et que, loin de l’avoir pillée, la France s’y ruina.
Une telle remise en cause de la doxa marxisto-tiers-mondiste venant d’un ancien communiste[3] provoqua un véritable déchaînement de haine chez les « bien-pensants ».
La thèse de Daniel Lefeuvre renversait les dogmes et les idées-recues. Que l’on en juge : en 1959, toutes dépenses confondues, la « Chère Algérie » engloutissait à elle seule 20% du budget de l’Etat français, soit davantage que les budgets additionnés de l’Education nationale, des Travaux publics, des Transports, de la Reconstruction et du Logement, de l’Industrie et du Commerce !  
En soulageant les misères des populations algériennes et en faisant reculer la mortalité infantile la France avait créé les conditions d’une catastrophe qu’elle s’était elle-même condamnée à gérer. Résultat du dévouement et de l’efficacité du corps médical français, à partir de 1945, chaque année 250 000 naissances nouvelles étaient comptabilisées en Algérie, soit un accroissement de 2,5 à 3% de la population d’où un doublement tous les 25 ans. Or, depuis les années 1930 les ressources locales stagnaient et depuis 1935 le territoire n’était plus en mesure de nourrir sa population. La France devait donc, et toujours aux frais du contribuable métropolitain, y importer grains, pommes de terre, viande, laitages etc., Même l’huile produite localement ne suffisait plus à la consommation.
L’image d’Epinal de l’Algérie « grenier » de la France s’envolait ainsi sous le froid scalpel de l’historien économiste.
Daniel Lefeuvre montrait ainsi que l’Algérie s’enfonçait inexorablement dans le néant, les gouvernements français successifs se contentant d’accompagner financièrement une crise allant en s’aggravant année après année, tout en nourrissant les bouches nouvelles, en bâtissant des hôpitaux, des écoles, des routes, des ponts et en tentant de créer artificiellement des  milliers d’emplois.     
A l’exception de Vichy qui tenta une audacieuse politique d’industrialisation qui ne fut pas poursuivie après la Libération, aucun gouvernement n’osa lancer les indispensables grandes réformes structurelles. Aucun n’osa poser la question du nécessaire désengagement, l’appartenance de l’Algérie à l’ensemble français étant alors une évidence pour tous les partis politiques, de droite comme de gauche, parti communiste compris. Mais l’aveuglement avait un coût que les économistes et les milieux patronaux métropolitains évaluèrent. Lucides et inquiets ils tirèrent la sonnette d’alarme. En vain.  
En 1953 les politiques durent se rendre enfin à l’évidence car les recettes locales ne permettaient plus de faire face aux dépenses de fonctionnement. L’Algérie était bel et bien en faillite.
En 1952, anticipant en quelque sorte la situation, le gouvernement de l’époque avait demandé au parlement le vote de 200 milliards d’impôts nouveaux, tout en étant contraint de faire des choix budgétaires douloureux. Pour aider encore davantage l’Algérie il fallut donc faire patienter la Corrèze et le Cantal. Le sacrifice des Français de France fut alors double puisque leurs impôts augmentaient tandis que les engagements de l’Etat dans les domaines routiers, hospitaliers, énergétiques, etc., étaient amputés ou retardés.
« Tutrice généreuse », la France couvrait « avec constance les découverts de sa pupille », et l’implication du budget national dans les déséquilibres algériens allait sans cesse en augmentant. C’est ainsi que, de 1949 à 1953 le volume des investissements sur fonds publics en francs courants atteignit 305 milliards dont les 4/5° assurés par l’Etat français. De 1952 à 1956 les ressources d’origine métropolitaine affectées au financement du 2° plan d’équipement passèrent de 50% à plus de 90%. Le pic de l’aberration fut même atteint avec le « Plan de Constantine » annoncé par le général De Gaulle le 3 octobre 1958 et qui, lui aussi, prétendait apporter une réponse économique à des problèmes sociaux, démographiques, culturels et politiques.
  
L’addition des sommes versées par l’Etat français,  donc par nos parents ou nos grands-parents, donne le vertige :
- Durant les seuls 9 premiers mois de 1959 les crédits d’investissement en Algérie  atteignirent 103,7 milliards dont 71,5 milliards directement financés par le Trésor français.
-De 1950 à 1956, la seule industrie algérienne reçut, hors secteur minier, en moyenne 2 395 millions d’anciens francs annuellement.
- En 1959 et en 1960 cette somme  atteignit en moyenne 5 390 millions.
Entre 1959 et 1961, pour le seul « plan de Constantine », les industries métropolitaines investirent 27,40 milliards d’anciens francs hors secteur des hydrocarbures. Les industriels français étaient-ils soudainement devenus philanthropes, eux qui s’étaient jusque là prudemment tenus à l’écart de la « chère Algérie » ? Daniel Lefeuvre donne l’explication cette soudaine « générosité » : « le prix des créations d’usines en Algérie  (a) été payé par les contribuables métropolitains grâce à un cadeau de 90 millions d’anciens francs fait par l’Etat à chaque industriel » !
Quels intérêts la France avait-elle donc à défendre en Algérie pour s’y ruiner  avec une telle obstination, avec un tel aveuglement ? La réponse est claire : économiquement aucun ! Et pourtant : « Que d’articles, de déclarations, de discours pour rappeler que l’Algérie est le premier client de la France ! Que de sottises ainsi proférées sur le nombre d’ouvriers français qui travaillaient grâce aux commandes passées par l’Empire ! » écrit Daniel Lefeuvre.
Qu’il s’agisse des minerais, du liège, de l’alpha, des vins, des agrumes etc., toutes les productions  algériennes avaient en effet des coûts supérieurs à ceux du marché. En 1930 le prix du quintal de blé était de 93 francs en métropole alors que celui proposé par l’Algérie  variait entre 120 et 140 f, soit 30 à 50% de plus.
   
C’est parce que la France payait sans discuter que l’Algérie pouvait pratiquer ces prix sans rapport avec les cours mondiaux ce qui, en 1934, fit tout de même dire au rapporteur général de la Commission des finances des Assemblées financières algériennes : « Il n’y a pas d’exemple assurément que par sa législation protectrice, par son économie dirigée, l’Etat ait fait subir à la loi naturelle de l’offre et de la demande une aussi profonde mutilation ».
Résultat d’une telle politique, l’Algérie qui avait vu se fermer tous ses débouchés internationaux en raison de ses prix n’eut bientôt plus qu’un seul client et un seul fournisseur, la France, qui continuait d’acheter à des cours largement supérieurs au marché des productions qu’elle avait déjà largement payées puisqu’elle n’avait cessé de les subventionner !
Le plus insolite est que l’Algérie ne fit aucun effort tarifaire dans sa direction, dévorant sans gène une rente de situation assurée par les impôts des Français. Ainsi, entre 1930 et 1933, alors que le vin comptait pour près de 54% de toutes ses exportations agricoles, le prix de l’hectolitre qu’elle vendait à la France était supérieur de 58% à celui produit en Espagne, ce qui n’empêchait pas la  métropole de se fermer au vin espagnol pour s’ouvrir encore davantage au sien…
Daniel Lefeuvre a également démontré que, contrairement aux idées reçues,  la main d’œuvre industrielle en Algérie était  plus chère que celle de la métropole. Un  rapport de Saint-Gobain daté de 1949 en évalue même le surcoût : « pour le personnel au mois, la moyenne des (rémunérations versées) ressort à 27000 f pour la métropole contre 36000 f en Algérie (…) Par comparaison avec une usine métropolitaine située en province, l’ensemble des dépenses, salaires et accessoires est de 37% plus élevée ».
L’industrialisation de l’Algérie était donc impossible, sauf à rembourser ce surcoût aux industriels. C’est d’ailleurs ce que fit la France comme le montre l’exemple de la verrerie particulièrement bien étudié par Lefeuvre. En 1945 une bouteille fabriquée en Algérie coûtant 78% de plus que la même bouteille produite en métropole, il valait mieux importer que de fabriquer sur place. Un accord fut alors conclu entre les Verreries d’Afrique du Nord (VAN), la Caisse des marchés de l’Etat et le Crédit national : les VAN s’engageaient  à produire en Algérie même des bouteilles et des dérivés puis à les mettre sur le marché à un prix agréé par le Gouvernement général de l’Algérie ; en contrepartie l’Etat prenait à son compte les pertes. Quant aux investissements nécessaires à la relance de la fabrication et qui étaient  de 150 millions de f de 1946 ils étaient assurés pour 50 millions par l’Etat et les 100 millions restants par emprunt du Crédit national avec garantie étatique. De plus, pour faire face aux dépenses de fabrication, les VAN disposeraient de crédits d’aval de 70 millions consentis par la Caisse des marchés.  
Pour survivre, l’industrie algérienne devait non seulement disposer d’un marché local protégé mais encore être subventionnée par l’Etat français…
La découverte des hydrocarbures en 1956 ne changea pas la donne et l’Etat français fut contraint d’imposer quasiment à des compagnies réticentes une mise en production qui débuta timidement entre 1957 et 1959 pour démarrer véritablement en 1961. Ce pétrole  était en effet trop léger pour la transformation en fuel dont avait alors besoin l’industrie française. De plus, à cette époque, le marché mondial était saturé et le pétrole algérien entrait directement en concurrence avec le pétrole libyen plus facile à exploiter et à écouler. Enfin, le brut algérien était cher : 2,08 $ le baril contre 1,80 $ au cours mondial. Une fois encore la France vola donc au secours de l’Algérie en surpayant un pétrole dont elle avait pourtant financé les recherches et la mise en exploitation !
Concernant l’immigration algérienne en France, et contrairement à tous les poncifs, Daniel Lefeuvre  a  définitivement démontré qu’avec le statut du 20 septembre 1947 conférant la citoyenneté française aux musulmans d’Algérie, ce fut la préférence nationale, en l’occurrence la préférence algérienne, que choisirent les gouvernements de la IV° République. Contrairement à une autre idée-recue, les choix des patrons métropolitains étaient au contraire à la main d’oeuvre italienne, espagnole et portugaise mieux formée donc moins chère et facilement assimilable. Comme l’écrit encore Daniel Lefeuvre, « contrairement à une légende tenace, l’afflux d’Algériens en métropole, dans les années 1950, ne répond pas aux besoins en main d’œuvre de l’économie française au cours des années de reconstruction ou des Trente Glorieuses » ce qui détruit « l’imagerie de rabatteurs, parcourant le bled, pour fournir à un patronat avide, la main d’œuvre abondante et bon marché dont il serait friand ».
A lire ces lignes, on comprend que les Coquery-Vidrovitch, les Liauzu et les Stora aient eu des brûlures d’estomac…
Bernard Lugan
 08/11/2013


 [1] Marseille, J., Empire colonial et capitalisme français. Histoire d’un divorce. Réédition en 2005.
 [2] Daniel Lefeuvre   Chère Algérie. La France et sa colonie (1930-1962). 512 pages, 2005. Il s’agit de sa thèse remaniée pour le grand public.
 [3] Avec Daniel Lefeuvre, il nous arrivait d’évoquer nos « campagnes » du quartier latin, lui, comme militant des jeunesses communistes, moi à la tête du service d’ordre de l’Action Française. Il aimait raconter qu’il avait été particulièrement impressionné un jour où, alors que se tenait un grand meeting « antifasciste » à la Sorbonne, quelques audacieux (nous étions douze) n’avaient pas craint de l’attaquer au cri de « communistes hors des facs » et « vive le roi », avant de disperser les assistants à coups de manches de pioche…Ce fut à ce moment là disait-il en souriant que j’ai compris pourquoi les masses spartakistes avaient perdu devant les corps francs… 

 

Source: http://www.bernardlugan.blogspot.fr/

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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 11:01

 

Cette soirée du 30 octobre fut mémorable à plusieurs titres. L'Institut Duc d'Anjou, le Centre d’Etudes Historiques et Vexilla Galliae ont invité le Père Augustin Pic, dominicain, à présenter la vie de l'abbé Edgeworth de Firmont, auquel il a consacré un brillant ouvrage.

Description de l'image Abbé Edgeworth.jpg.Cette sainte figure de prêtre est connue pour avoir été le dernier confesseur du Roi martyr Louis XVI. Le révérend Père nous a fait profiter des fruits de ses recherches, publiant des documents encore inconnus de la vie d'Edgeworth, avant et après le fameux "Fils de Saint Louis, montez au Ciel", prononcé au pied de l'échafaud.

Mais comment évoquer cette soirée sans souligner la présence du Prince Louis de Bourbon ? Le Duc d'Anjou, passionné par la conférence du Père (qui ne cache pas ses affinités pour la monarchie française) a ensuite partagé quelques instants avec les personnes présentes, dans une salle comble. Chacun a pu échanger quelques mots avec Monseigneur, qui n'a pas manqué de se prêter au jeu des nombreux photographes.

Cette soirée fut une réussite sur tous les plans. Le public était au rendez-vous, la salle pleine à craquer, la conférence passionnante et le Prince entouré de celles et ceux qui lui souhaitent d'accomplir la succession de son aïeul martyr accompagné jusqu'au pas du Ciel par l'abbé Henry Essex Edgeworth de Firmont.

 

 

Le révérend-père Augustin Pic et Jean-Christian Pinot


Avec Monseigneur

Vexilla Galliae, toujours présent

Une vue de la salle 

A la droite de Monseigneur, Hervé Pinoteau, Isabelle Hue et Franck Hériot 

Chapour Sadler, ancien ministre du Shah d'Iran et son fils


Source: http://www.vexilla-galliae.fr/royaute/vie-des-royalistes/529-une-soiree-royale

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 22:55

C'était aujourd'hui le 220ème anniversaire de la mort de Marie-Antoinette, Reine de France et de Navarre, guillotinée par les barbares le 16 octobre 1793. Le meurtre d'une femme ou quand la république assassine une mère...

 

« Pire que le régicide », jugea Napoléon !



À plus de deux siècles de distance, le procès des 14, 15 et 16 octobre 1793, condamnant Marie-Antoinette à la peine de mort, n'est pas clos. On attend toujours le verdict de la justice et de l'équité.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/3b/Marie_Antoinette_Adult4.jpg/426px-Marie_Antoinette_Adult4.jpg

Marie-Antoinette en 1783, par Élisabeth Vigée-Le Brun

 

 

 

  •  

Dernière lettre de Sa Majesté la Reine Marie-Antoinette.

 

écrite à l’intention de sa belle-soeur, Madame Elisabeth, et souvent appelée « Testament de la Reine ».

 

2012-64. Dernière lettre de Sa Majesté la Reine Marie-Antoinette. dans Lectures & relectures s.m.la-reine-chapelle-expiatoire-paris-e1350279990666

 

Groupe sculpté représentant

S.M. la Reine Marie-Antoinette soutenue par la Religion

Paris – Chapelle Expiatoire

Sur le socle est gravé le texte de cette dernière lettre, dite « testament de la Reine »

 

lys-2 16 octobre dans Vexilla Regis

 

J’avais déjà publié la photographie des dernières lignes écrites par Sa Majesté la Reine, sur la page de garde de son livre d’heures (> www), et j’avais alors rappelé de quelle manière cette infortunée Souveraine avait été assistée dans sa prison par la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich.

Voici aujourd’hui le texte complet de ce que l’on appelle improprement le « testament de la Reine », puisqu’il s’agit en réalité de sa dernière lettre, adressée à sa belle-soeur, Madame Elisabeth de France (soeur de Louis XVI, elle aussi condamnée à mort et guillotinée le 10 mai 1794. NdCR.); lettre qui ne sera bien évidemment jamais remise à sa destinataire.

 

lys-2 assassinat de la Reine

 

le 16 Octobre 1793. 4h30 du matin.

 

« C’est à vous, ma soeur, que j’écris pour la dernière fois : je viens d’être condamnée non pas à une mort honteuse, elle ne l’est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère, comme lui, innocente, j’espère montrer la même fermeté que lui dans ces derniers moments.

 

Je suis calme comme on l’est quand la conscience ne reproche rien ; j’ai un profond regret d’abandonner mes pauvres enfants ; vous savez que je n’existais que pour eux et vous, ma bonne et tendre sœur. Vous qui avez, par votre amitié, tout sacrifié pour être avec nous, dans quelle position je vous laisse! J’ai appris, par le plaidoyer même du procès, que ma fille était séparée de vous. Hélas! la pauvre enfant, je n’ose pas lui écrire, elle ne recevrait pas ma lettre ; je ne sais même pas si celle-ci vous parviendra : recevez pour eux deux ici ma bénédiction. J’espère qu’un jour, lorsqu’ils seront plus grands, ils pourront se réunir avec vous, et jouir en entier de vos tendres soins.

 

Qu’ils pensent tous deux à ce que je n’ai cessé de leur inspirer : que les principes et l’exécution exacte de ses devoirs sont la première base de la vie ; que leur amitié et leur confiance mutuelle en feront le bonheur. Que ma fille sente qu’à l’âge qu’elle a elle doit toujours aider son frère par des conseils que l’expérience qu’elle aura de plus que lui et son amitié pourront lui inspirer ; que mon fils, à son tour, rende à sa sœur tous les soins, les services que l’amitié peut inspirer ; qu’ils sentent enfin tous deux que, dans quelque position où ils pourront se trouver, ils ne seront vraiment heureux que par leur union. Qu’ils prennent exemple de nous : combien, dans nos malheurs notre amitié nous a donné de consolation ; et dans le bonheur on jouit doublement, quand on peut le partager avec un ami ; et où en trouver de plus tendre, de plus cher que dans sa propre famille? Que mon fils n’oublie jamais, les derniers mots de son père, que je lui répète expressément : « qu’il ne cherche jamais à venger notre mort ».

 

J’ai à vous parler d’une chose bien pénible à mon cœur. Je sais combien cet enfant doit vous avoir fait de la peine ; pardonnez-lui, ma chère sœur ; pensez à l’âge qu’il a, et combien il est facile de faire dire à un enfant ce qu’on veut, et même ce qu’il ne comprend pas : un jour viendra, j’espère, où il ne sentira que mieux tout le prix de vos bontés et de votre tendresse pour tous deux. Il me reste à vous confier encore, mes dernières pensées ; J’aurais voulu les écrire dès le commencement du procès ; mais outre qu’on ne me laissait pas écrire, la marche en a été si rapide que je n’en aurais réellement pas eu le temps.

 

Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle de mes pères, dans celle où j’ai été élevée, et que j’ai toujours professée ; n’ayant aucune consolation spirituelle à attendre, ne sachant pas s’il existe encore ici des prêtres de cette religion, et même le lieu où je suis les exposerait trop, s’ils y entraient une fois, je demande sincèrement pardon à Dieu de toutes les fautes que j’ai pu commettre depuis que j’existe. J’espère que, dans sa bonté, Il voudra bien recevoir mes derniers vœux, ainsi que ceux que je fais depuis longtemps pour qu’Il veuille bien recevoir mon âme dans sa miséricorde et sa bonté. Je demande pardon à tous ceux que je connais, et à vous, ma sœur, en particulier, de toutes les peines que, sans le vouloir, j’aurais pu vous causer. Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu’ils m’ont fait. Je dis ici adieu à mes tantes et à tous mes frères et sœurs. J’avais des amis ; l’idée d’en être séparée pour jamais et leurs peines sont un des plus grands regrets que j’emporte en mourant ; qu’ils sachent, du moins, que, jusqu’à mon dernier moment, j’ai pensé à eux. Adieu, ma bonne et tendre sœur ; puisse cette lettre vous arriver! Pensez toujours à moi ; je vous embrasse de tout mon cœur, ainsi que ces pauvres et chers enfants : mon Dieu! qu’il est déchirant de les quitter pour toujours. Adieu, adieu, je ne vais plus m’occuper que de mes devoirs spirituels. Comme je ne suis pas libre dans mes actions, on m’amènera peut-être un prêtre ; mais je proteste ici que je ne lui dirai pas un mot, et que je le traiterai comme un être absolument étranger. »

 


armes-marie-antoinette_of_austria dernière lettre

 

Source: http://leblogdumesnil.unblog.fr/2012/10/15/2012-64-derniere-lettre-de-sa-majeste-la-reine-marie-antoinette/

via https://fr-fr.facebook.com/MessesALaMemoireDeSmLaReineMarieAntoinette/posts/566737276712645

 

 


On recourut aux chefs d'inculpation politiques suivants, relevant littéralement de l'inversion accusatoire :



- Organisatrice de "l'orgie" du 1er octobre 1789,
- Responsable du massacre de juillet 1791,
- Responsable de l'horrible conspiration du 10 août, (alors qu'on était là au coeur du complot maçonnique, NdCR.)
- Dilapidation du trésor national,
- Intelligence avec les ennemis de la République,
- Atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de la France, (alors que c'est la Convention qui a déclaré la guerre à l'Europe... le 20 avril 1792, une guerre qui durera jusq'en 1815. NdCR.)
- Responsable de la guerre civile (alors que là aussi c'est la secte oligarchique qui arma et paya les émeutiers de 1789 !).

 


Quelle liste impressionnante pour une seule personne, fût-elle Reine de France!
Mais cette liste aussi impressionnante soit-elle ne suffit pas aux assassins. C'est pouquoi on vit défiler à la barre toute une kyrielle de témoins à charge dont les dépositions sont à la hauteur du procès lui-même tant le ridicule le dispute au grotesque et au sordide: bouteilles de vin trouvées sous le lit de la Reine destinées à saouler les gardes suisses, comportement incestueux de la Reine vis-à-vis du "jeune Capet" (le Dauphin devenu, à la mort de son père, Louis XVII). La république se vautre dans la fange et les caniveaux pour perdre Marie-Antoinette, mais cette charge proférée par Jacques-René Hébert se retourna contre les révolutionnaires. Lorsque le président du tribunal questionna la Reine sur les motifs de son silence par rapport à cette terrible accusation, Marie-Antoinette eut cette réplique :

"Si je n'a pas répondu, c'est que la nature se refuse à répondre à une pareille inculpation faite à une mère. J'en appelle à toutes celles qui peuvent se trouver ici."

Marie-Antoinette, note le greffier, est vivement émue et cette émotion passe soudain dans le public pourtant peu disposé, c'est le moins que l'on puisse dire, à la compassion à l'égard de la Reine. Le tribunal n'insistera pas sur cette accusation mensongère. Quand Robespierre apprendra les faits et l'accusation stupide, il qualifiera Hébert d'imbécile. Pour un peu Marie-Antoinette aurait retourné le public en sa faveur!

 

Marie-Antoinette en femme très pragmatique devait savoir que son sort était scellé d'avance et qu'elle ne devait attendre, dans cette tourmente haineuse qui s'était emparée du pays, aucune clémence de la part du tribunal révolutionnaire.

La presse de l'époque s'accorde à dire que la Reine ne manifesta aucune émotion visible à la lecture de l'acte de condamnation. Ce fait est confirmé par Chauveau-Lagarde, un de ses avocats:

"Elle ne donna pas le moindre signe de crainte, ni d'indignation, ni de faiblesse [...] Elle descendit les gradins sans proférer une parole, ni faire aucun geste, traversa la salle comme sans rien voir ni rien entendre; et lorsqu'elle fut arrivée devant la barrière où était le peuple, elle releva la tête avec majesté."

Dès lors il ne lui reste que quelques heures à vivre.

 

Marie-Antoinette dans la charrette qui la conduit vers le supplice


Indifférente aux moqueries, aux insultes, aux propos grossiers qui, n'en doutons point, fusèrent sur le parcours elle se dirige les yeux mi-clos vers son supplice. Elle n'est déjà plus sur terre. La place de la révolution est noire de monde ce jour-là. Nul doute que la propagande révolutionnaire a fait son œuvre pour ameuter la populace qui se repaît de ces orgies sanglantes. Celle-ci, qui plus est, est particulièrement gratinée! Pensez donc! Ce n'est pas tous les jours que l'on coupe la tête d'une reine de France. C'est même une grande première dans le royaume des lys. A ne manquer sous aucun prétexte! Y eut-il dans cette foule quelques anonymes venus soutenir discrètement par la prière la condamnée afin qu'elle ne défaillît point à l'ultime instant? Peut-être, nous ne le saurons jamais! Mais une chose est certaine c'est que les spectateurs n'auront pas eu le plaisir sadique de voir la Reine de France prise de peur à la vue de l'échafaud. A la surprise générale, elle descend seule, sans soutien, de la charrette avec "promptitude et légèreté", dit Rouy dans la relation qu'il fit de la scène, bien que ses bras soient liés; Il ajoute plus loin: "Elle est même montée à la bravade, avec un air plus calme et plus tranquille qu'en sortant de prison." "Audacieuse et insolente jusqu'au bout", écrira le Père Duchesne, le journal révolutionnaire d'Hébert, cité comme témoin dans le procès de Marie-Antoinette, comme nous l'avons vu plus haut.

Dans son empressement, la Reine marche involontairement sur le pied du bourreau. "Monsieur, je vous en demande pardon." Pardon, ce sera le dernier mot prononcé sur terre par la Reine. Désormais tout ce qui suit est entre les mains de Dieu.

Exécution de Marie-Antoinette, place de la révolution

 

Source: http://gestadeiperfrancos.blogspot.fr/2007/10/memento-domine.html 

 

. Marie-Antoinette: quelques vérités historiques

. 16 octobre 1793 Exécution de Marie-Antoinette

. Propagande : "S'ils ne mangent pas de pain, qu'ils mangent de la brioche !"

. 14 juillet 1789 : La Révolution dite "française"

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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 10:10

Le 6 octobre 2013 a eu lieu une commémoration oecuménique catholique-orthodoxe pour la célébration du 1700e anniversaire de l'édit de Milan, ou 17e centenaire, à Niš en Serbie, ville de naissance de l'empereur Constantin.   La délégation de l’église catholique romaine était conduite par le Cardinal Jozef Tomko, elle était accompagnée des représentants de l’église d’Arménie. Cet édit de 313 ap. J.-C., édit de tolérance, met fin à la persécution des chrétiens dans l'empire romain et stipule que dorénavant chacun peut « adorer à sa manière la divinité qui se trouve dans le ciel » ; il accorde la liberté de culte à toutes les religions et permet aux chrétiens de ne plus devoir vénérer l’empereur comme un dieu (ce qui fut auparavant le prétexte aux persécutions).

 

 

LES COMMÉMORATIONS DE L'ÉDIT DE CONSTANTIN, 6 octobre à Nis

 

Image illustrative de l'article Constantin Ier (empereur romain)Invité par le patriarche Irénée de Serbie, les primats des Églises orthodoxes, dont le patriarche oecuménique Bartholomée, et le patriarche Kirill de Moscou se sont réunis le 6 octobre à Niš, ville d'origine du saint empereur Constantin, pour célébrer le 1700ème anniversaire de l'édit de Milan, qui avait mis fin à la persécution des chrétiens dans l'empire romain.

 

La liturgie était coprésidée par le patriarche Barthélemy de Constantinople, Théophile de Jérusalem, Kirill de Moscou, Irénée de Serbie, Chrysostome II de Chypre, Jérôme II d'Athènes, Anastase d'Albanie, Sabba de Pologne, de nombreux évêques.

 

La délégation de l’Église catholique romaine était conduite par le Cardinal Jozef Tomko. Des représentants de l'Église apostolique arménienne étaient également présents.

 


Le Président Tomislav Nikolić, le Premier ministre Ivica Dacić ainsi que de nombreux membres du gouvernement, le Président de la Republika Srpska de Bosnie-Herzégovine (RS) Milorad Dodik et le Président du Monténégro Filip Vujanović assistèrent à la cérémonie.

 

Cependant, l’Eglise catholique avait déjà célébré cet anniversaire il y a deux semaines. Le cardinal-archevêque de Milan, Mgr Angelo Scola, et l’archevêque de Belgrade, Mgr Stanislav Ho?evar avaient présidé une messe à Niš.

 

[...] L’édit de Milan ou édit de Constantin, promulgué par les empereurs Constantin Ier et Licinius en avril 313, est un édit de tolérance par lequel chacun pouvait « adorer à sa manière la divinité qui se trouve dans le ciel » ; il accordait la liberté de culte à toutes les religions et permettait aux chrétiens de ne plus devoir vénérer l’empereur comme un dieu. (source : Orthodoxie)

 

via http://infocatho.cef.fr/fichiers_html/archives/deuxmil13sem/semaine40/213nx402eglisek.html

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/e3/Dream_of_Constantine_Milvius_BnF_MS_Gr510_fol440.jpg

Songe de Constantin et bataille du pont Milvius, illustration des Homélies de Grégoire de Nazianze, 879-882, Bibliothèque nationale de France (Ms grec 510)

 

Autre exemple de chrisme, avec les lettres « alpha » et « omega »

Lors de bataille du Pont Milvius en 312, à quelques kilomètres au nord-est de Rome, deux empires, deux mondes se sont affrontés devant les siècles : l'empire païen des Césars et la monarchie chrétienne, le monde païen et le monde chrétien.

 

Combattant sous le drapeau marqué de la croix, l'armée de Constantin , estimée à 50.000, composée de Gaulois et de chrétiens, vainquit sous les murs de Rome, l'armée païenne composée de Francs et de Goths, estimée à 100.000, commandée par l'empereur usurpateur Maxence (306-312). Les pertes sont inconnues. Constantin se fit chrétien et conclua ainsi la paix avec l'Église. Il édifia à Rome une basilique sur le tombeau de saint Pierre, premier pape.

 


C'est peu avant le début de la bataille que Constantin déclara avoir eu une vision, qui lui apparut sous la forme d'un chrisme (exemple ci-contre) symbole formé de la conjonction des lettres grecques X Chi et P Rho (XP), soit les deux premières lettres du mot Christ; Constantin vit ou entendit également Εν Τουτω Νικα, traduit en latin par In hoc signo vinces — Tu vaincras par ce signe (Lactance, De la mort des persécuteurs, 44, 8.) Bien que païen, Constantin décida de faire apposer ce symbole sur le bouclier de ses soldats comme étendard (labarum). Il servit d'emblème aux empereurs chrétiens qui succédèrent à Constantin. La vision de Constantin est rapportée par l'historien chrétien Eusèbe de Césarée, qui prétend l'avoir apprise de la bouche même de Constantin (Vie de Constantin, 29.)

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/e4/Chrisme_PARIS_Saint_Fran%C3%A7ois-Xavier.jpg/800px-Chrisme_PARIS_Saint_Fran%C3%A7ois-Xavier.jpg
Chrisme surplombant une chapelle de l'Eglise Saint-François-Xavier, Paris

 

  • http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/33/M%C3%A9daille_Metz_1913.jpg/530px-M%C3%A9daille_Metz_1913.jpg

Médaille allemande frappée pour un pèlerinage à Metz en 1913, rappelant le 16ème centenaire de l'édit de Milan

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/ef/M%C3%A9daille_Metz_1913_revers.jpg/513px-M%C3%A9daille_Metz_1913_revers.jpg

revers de cette médaille portant le chrisme

Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89dit_de_Milan

 

 

L'église catholique a souligné ce moment historique du 17e centenaire de l'édit de Milan par plusieurs messes dans la ville de Milan. L'église orthodoxe a elle fait une grande fête populaire dans la ville de  Niš. Pour cet événement l'église orthodoxe serbe a fait bâtir une cathédrale, la cathédrale de Constantin et Helena dans la ville de Niš.

Le patriarche serbe Irinej a appelé tous les croyants et les gens de bonne volonté à se joindre à la cérémonie finale pour marquer ce grand événement historique.

 

La célébration a eu lieu devant la nouvelle église des saints empereurs Constantin et Hélène à Niš. La liturgie a été présidée par le patriarche œcuménique Bartholomée, assisté des patriarches Théophile de Jérusalem, Cyrille de Moscou, Irénée de Serbie, des archevêques Jérôme d’Athènes, Chrysostome de Chypre, Anastase d’Albanie et Sava de Pologne. Des représentants des communautés musulmanes ont assisté à la cérémonie. Parmi les officiels se trouvaient notamment le président serbe Tomislav Nikolić, le Premier ministre Ivica Dacić et le prince héritier Alexandre Karadjorjević. Selon les estimations de la police, 15.000 personnes assistaient aux festivités.

 

 

http://www.blic.rs/data/images/2013-10-05/386079_nis-krst-foto--k-kamenov-3_f.jpg?ver=1381005818

 

Le soir venu, 5.000 fidèles amassés, ont fait une croix vivante au flambeau.

 

 

Devant la nouvelle église des saints empereurs Constantin et Hélène à Niš a eu lieu la principale célébration du 1700ème anniversaire de l’édit de Milan. La liturgie a été présidée par le patriarche œcuménique Bartholomée, assisté des patriarches Théophile de Jérusalem, Cyrille de Moscou, Irénée de Serbie, des archevêques Jérôme d’Athènes, Chrysostome de Chypre, Anastase d’Albanie et Sava de Pologne. Des représentants des autres religions chrétiennes et également des communautés musulmanes assistaient à la cérémonie. Parmi les officiels se trouvaient notamment le président serbe Tomislav Nikolić, le Premier ministre Ivica Dacić et le prince héritier Alexandre Karadjorjević. Selon les estimations de la police, 15.000 personnes assistaient aux festivités. - See more at: http://www.orthodoxie.com/actualites/celebration-panorthodoxe-a-nis-pour-le-1700e-anniversaire-de-ledit-de-milan/#sthash.M76qcCJi.dpu

. Identité nationale : Pont Milvius (312) et Tolbiac (496) : berceaux de la civilisation chrétienne et française

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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 15:27

 

Image illustrative de l'article Pie XIILes couvents de Rome, refuges des juifs sous l'Occupation

 

Un texte inédit de Saul Israel publié par L'Osservatore Romano (Zenit.org)

 

Pour le professeur Giorgio Israel, mathématicien italien, « l’ouverture [aux juifs] des portes de couvents et de maisons religieuses » sur ordre de Pie XII est « une évidence ».

 

Son père, Saul Israel, médecin et écrivain juif de Salonique (1897-1981), citoyen italien, a subi la persécution nazi-fasciste et a trouvé refuge au couvent de Saint-François, rue Merulana, à Rome (cf. Ci-joint, le document inédit, Zenit du 8 octobre 2013, dans notre traduction intégrale de l'italien).

 

Le témoignage complet de Paul Israel a été publié il y a quatre ans, dans « Pour la défense de Pie XII. Les raisons de l’histoire » (« In difesa di Pio XII, Le ragioni della storia », Venise, Marsilio, 2009).

 

Or, un texte inédit vient d'être retrouvé par son fils Giorgio: « En mettant de l’ordre dans les papiers de mon père je suis tombé sur un autre document dont j’ignorais l’existence, qui constitue un témoignage encore plus direct et tissé d’éléments factuels », explique Giorgio Israel dans L'Osservatore Romano.

 

Il s'agit d'un brouillon d’une « déclaration envoyée à l’Association Guglielmo Pallavicini à l’occasion de la cérémonie commémorative en l’honneur de Pie XII qui a eu lieu à Zagarolo le 29 juin 1965 ».

 

« Lire (ou relire) ce document n’est pas inutile aujourd’hui, étant donné que ce qui passait alors pour une évidence — « l’ouverture [aux juifs] des portes de couvents et de maisons religieuses » sur ordre de Pie XII, comme chacun savait » — ne semble plus l’être », fait-il observer.

 

Giorgio Israel rend également hommage aux « prêtres cités pour leur engagement généreux ».

 

 

Sources: http://www.zenit.org/fr/articles/les-couvents-de-rome-refuges-des-juifs-sous-l-occupation

via http://belgicatho.hautetfort.com/archive/2013/10/09/temp-910eabc2ff449a3890492dad20336412-5192010.html

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 16:46

Après les crimes d'Etat, les mensonges d'Etat !

 

Un article trouvé sur Herodote.net qui dénonce les "mensonges d'Etat" de la diplomatie américaine, sans y inclure néanmoins le 11 septembre 2001 ou Pearl Harbor.

 

 

Colin Powell devant le Conseil de sécurité de l'ONU le 5 février 2003 (DR)Les mensonges d'Etat

 

Le mensonge d'État est une spécialité dont la diplomatie américaine cultive le secret depuis plus d'un siècle (Ignacio Ramonet, rédacteur en chef du Monde diplomatique, a brillamment répertorié les mensonges que l'on peut attribuer à la diplomatie de Washington dans son éditorial de juillet 2003 en citant Herodote.net parmi ses sources d'information privilégiées.)

 

Les États-Unis ont fait du mensonge une arme de guerre depuis qu'ils sont entrés sur la scène internationale, à l'orée du XXe siècle. Au nom de l'adage qui veut que la fin justifie les moyens (adage illuministe maçonnique de la fin du XVIIIe siècle, NdCR.) ils sapent ainsi les principes moraux sur lesquels reposent la Constitution américaine et la démocratie occidentale.

 

Leur parole s'en trouve décrédibilisée, y compris lorsqu'ils dénoncent des faits comme l'emploi d'armes chimiques par le gouvernement syrien en août 2013.

 

Notons que les États démocratiques européens n'ont quant à eux jamais pratiqué le mensonge pour motifs géostratégiques (pas tout à fait exact puisque en 1792 c'est la France jacobine révolutionnaire qui a déclaré la guerre à l'Europe pour sauver "la Révolution" et étendre ses principes à l'univers... ou encore la France colonialiste de la IIIe république pour "civiliser les races inférieures", dixit le franc-maçon fanatique, dogmatique et sectaire Jules Ferry... NdCR.), peut-être par attachement à un vieux code de l'honneur.

 

Joseph Savès

 

 

Une tradition centenaire

 

Washington inaugure le mensonge d'État en 1848, avec un banal incident frontalier qui permet au président James Polk d'agresser le Mexique et de s'emparer d'immenses territoires qui constituent aujourd'hui la Californie, l'Utah, le Nouveau-Mexique et l'Arizona. Rien que ça ! Le député Abraham Lincoln a été l'une des rares personnalités à s'élever contre cette scandaleuse agression caractérisée. Cela lui a coûté son siège à l'élection suivante.

Plus tard, l'explosion en 1898 du croiseur Maine et le torpillage en 1915 du paquebot britannique Lusitania ont permis de mobiliser l'opinion américaine en faveur de l'entrée des États-Unis en guerre contre l'Espagne puis contre l'Allemagne.

L'explosion du Maine en rade de la Havane a été immédiatement attribuée par la presse américaine à l'Espagne, qui colonisait alors Cuba... C'est seulement en 1911 qu'une commission d'enquête a admis l'origine accidentelle de l'explosion, bien après que l'armée américaine a écrasé l'armée espagnole et s'est emparé des oripeaux de l'empire colonial espagnol.

La presse américaine a aussi dénoncé le torpillage du Lusitania par un sous-marin allemand, qui a entraîné la mort de plusieurs citoyens américains. Les Allemands se sont justifiés en affirmant que le paquebot transportait des armes en cachette. Les Anglo-Saxons l'ont farouchement nié et pendant près de deux ans, jusqu'en avril 1917, se sont servis de ce drame pour monter l'opinion contre l'Allemagne.

En 1972 enfin, l'ouverture des archives a confirmé les dires allemands. Autrement dit, les Anglo-Saxons ont utilisé les passagers du Lusitania comme des boucliers humains pour passer des armes en fraude.


Mensonges contre-productifs

 

Plus près de nous, la prétendue attaque de deux destroyers dans le golfe du Tonkin en août 1964 a fourni au président Lyndon Johnson le prétexte à des raids aériens sur le Nord-Vietnam. Avec au final, une décennie plus tard, une humiliation dont le pays aura le plus grand mal à se remettre.

Enfin, chacun garde en mémoire les mensonges qui ont accompagné la guerre du Golfe en 1991, avec le récit par une infirmière koweitienne, devant le Congrès américain, des sévices des troupes irakiennes et notamment du meurtre de nourrissons dans les maternités.

Retransmis sur toutes les chaînes de télévision, ce «témoignage» a permis de mobiliser l'opinon internationale contre Saddam Hussein, lequel était encore quelques mois plus tôt un allié de l'Occident contre l'Iran. 

Il s'est avéré plus tard que cette «infirmière» n'était autre que la fille de l'ambassadeur koweïtien à Washington.

Last but nos least, en avril 2003, Washington et Londres sont entrés en guerre contre l'Irak au motif que le régime de Saddam Hussein aurait détenu des «armes de destruction massive» dangereuses pour la paix du monde.

Le Secrétaire d'État Colin Powell s'est prêté au jeu en montrant au Conseil de Sécurité de l'ONU, le 5 février 2003, une ampoule de poudre blanche supposée être de l'anthrax (dangereux poison) comme preuve de l'existence de ces armes. 

La suite a prouvé de façon certaine que ces armes n'existaient pas ou avaient été détruites depuis belle lurette.

De ce mensonge d'État destiné à venger les 3.000 victimes de la tragédie du World Trade Center va résulter  la ruine de tout le Moyen-Orient, du Pakistan à l'Égypte, et le réveil de la guerre séculaire entre chiites et sunnites.

Cependant, les mensonges certifiés de Washington ne justifient pas les allégations de quelques farfelus à propos du 11 septembre 2001 ou sur la connaissance qu'aurait eue le président Roosevelt de l'attaque japonaise sur Pearl Harbor.

Souhaitons que les dirigeants américains comprennent un jour le caractère contre-productif du mensonge. Toutefois, leurs réactions disproportionnées aux révélations de Wikileaks, en 2010-2012, sur les exactions commises en Irak n'augurent rien de bon.


 

Source: http://www.herodote.net/Mensonges_d_etat-article-25.php

 

 

Alerte aux livres d'histoire mensongers !

Les crimes d'état du mondialisme (p. Ploncard d'assac)

Les crimes d'état du mondialisme (P. Ploncard d'Assac)

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 23:43

L'historienne Marion Sigaut alerte contre la publication de livres d'histoire, pour la jeunesse, partisans et idéologues, voire mensongers.

 



 

Extraits:

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51Y5Y9M297L._.jpgLe livre "La Révolution française" de Frédérick Casadesus et Erwann Surcouf, Coll. Regard Junior, Un Voyage dans le temps et l'Histoire, Mango Jeunesse, 2002. On y lit :

 

« À la veille de la Révolution, c'est une France complètement différente de celle d'aujourd'hui que tu vas découvrir. ... On meurt un peu moins jeune, les familles s'agrandissent. Grâce à la disparition des grandes épidémies, et à l'introduction de nouvelles cultures, l'espérance de vie des Français augmente légèrement. En 1789, un homme peut espérer vivre jusqu'à 28 ans et une femme jusqu'à 30, au lieu de 23 et 25 en 1730. »

 

Pour contrer cette énormité, Marion Sigaut pose la question : en 1789, les hommes vivaient jusqu'à 28 ans ? Et se réfère à l'ouvrage "Histoire" chez Fernand Nathan, classe de Seconde, dirigé par Jacques Marseille, décédé en 2010. Nouveau programme paru en 1987, avec la participation de Marc Ferro :

 

 

« Cette évolution quantitative s'accompagne d'une évolution du système familial mis en place à partir du XIIIe siècle. Ce système est caractérisé par l'âge tardif du mariage. 26-27 ans pour les hommes et 25-26 ans pour les femmes ». C'està-dire, que sous l'Ancien Régime les hommes se mariaient à 26-27 ans et ils mouraient à 28 ? ironise Marion Sigaut. Et les femmes se mariaient à 25-26 ans, pour mourir à 30. "Ils faisaient quand des enfants ces gens-là ?" demande l'historienne. Elle précise que selon "des études qui ont été faites", les jeunes filles n'étaient réglées qu'à 15 ans.

 

Le livre de Frédérick Casadesus poursuit : « Chaque famille compte en moyenne 4 enfants. » - Donc le père fait quatre enfants entre 28 et 30 ans ? demande Marion Sigaut.

 

 « Les problèmes demeurent, il devient d'autant plus difficile de nourrir tout le monde que les taxes restent très lourdes. » - L'historienne de s'interroger : "Les paysans, les gens ont toujours été taxés. Pourquoi maintenant n'arrivent-ils plus à se nourrir ? Il y a toujours eu des taxes, il y a toujours eu des émeutes contre les taxes, cela a toujours existé. Puis là brusquement il serait devenu difficile de nourrir tout le monde à cause des taxes ? Pourquoi ? Ne serait-ce pas plutôt le système libéral (mis en place par les "Lumières" sous Louis XVI. NdCR.) qui fait que les gens n'arrivent plus à se nourrir ?

 

« Près de 40% des revenus d'une famille sont versés au roi, aux seigneurs et à l'évêque. » - "Et aujourd'hui, c'est combien ? 46%" indique Marion Sigaut. "40% à la Révolution: il n'y a donc plus qu'à faire la Révolution camarades!" s'exclame avec logique l'historienne. (NdCR. Un article récent du Figaro du 24 juillet 2013 indique que le taux de prélèvements obligatoires atteint même 56,6%, soit 16 points au-dessus du taux de 1789... Sur ce sujet, lire aussi : "Taxes et impôts : 10 % du PIB en 1914, près de 50 % en 2012")


« La roue de la Fortune t'a fait-elle naître noble, prêtre, ou simple citoyen ? » demande
Frédérick Casadesus. Par définition, la Révolution bouleverse l'ordre: «  tu es noble, tu as tout perdu, tu es prêtre tu as tout perdu, ... et voilà que  la chance te sourit : tu es un simple citoyen. ... Tu es enfin reconnu. » - Parce qu'avant c'était pas des individus ? demande M. Sigaut ? «Tu n'es plus méprisé » -  "Ha bon ? À partir de la Révolution on ne méprise plus personne ?" demande M. Sigaut.

 


« Vive la liberté d'opinion: place aux bavards. Tu peux exprimer librement ton opinion », écrit F. Casadesus. - "Cela dépend  à quelle époque", explique M. Sigaut. (Les Vendéens qui ont exprimé leur 'opinion' ont été génocidé... NdCR.)

 


«Tu peux être élu au sein d'une assemblée ... Tu exerces un pouvoir important, tu changes le cours de l'histoire », écrit F. Casadesus. - "À condition d'être assez riche", corrige M. Sigaut. "La Révolution française c'est le suffrage censitaire".

 

Pour rappel... Il est faux de dire que l'on pouvait être élu au sein d'une assemblée et même que l'on pouvait "changer le cours de l'histoire" car exerçant "un pouvoir important". Il suffit de lire les travaux de l'historien Patrice Gueniffey pour s'en convaincre. Dans Histoires de la Révolution et de l'Empire (2011) on apprend que le système mis en place en 1791, transformant les Etats généraux en assemblée dite "nationale" législative est une "oligarchie", un "système de cooptation", une 'classe' politique distincte du reste de la société". C'est écrit noir sur blanc :


http://www.laprocure.com/cache/couvertures_mini/9782262033330.jpg « Les "élections" de juin 1791 se traduisirent par une forte abstention. "La participation avait atteint son étiage; elle ne devait plus remonter de façon significative, les consultations organisées les années suivantes,... n'ayant jamais mobilisé plus du cinquième des électeurs. ... En l'absence de votants, le système électif se transforme très vite en un système de cooptation, les uns accédant aux charges que les autres viennent de quitter, et réciproquement. La promotion aux responsabilités se fait en circuit fermé : les fonctionnaires peuplent les assemblées chargées d'élire les fonctionnaires. ...La réalité du système répondait à un besoin, celui de la formation d'une classe politique ... qui soit assurée de la continuité en étant délivrée de l'incertitude inséparable du suffrage universel. Mais l'oligarchie née de ces pratiques n'était pas moins un démenti des attentes. On imaginait en effet avec une certaine ingénuité que la vertu première d'un système électif consistait à assurer le renouvellement permanent du personnel dirigeant et l'élargissement constant de son recrutement. On n'imaginait pas que l'élection puisse conduire à la formation d'une 'classe' politique distincte du reste de la société. » (Patrice Gueniffey, Histoire de la Révolution et de l'Empire, Perrin, Collection Tempus, Paris 2011, p. 86-88).

 

Dans une préface à son son ouvrage Le Nombre et la Raison (1993), le célèbre historien François Furet a confirmé cette assertion de Patrice Gueniffey:

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41DJJJ05P7L._.jpg « Jusqu'au bout, les hommes de la Révolution auront refusé de faire des électeurs, même au second degré, les arbitres de la dévolution du pouvoir. » ( François Furet, préface in Patrice Gueniffey, Le Nombre et la Raison, La Révolution française et les élections, Editions de l'Ecole des Hautes Etudes en sciences sociales, Paris 1993, p. XI.)

 

 « ... Délibérer, légiférer, dire et incarner ... la volonté 'nationale' ... telle est la vaste prérogative donnée par la Révolution - Assemblée constituante, Assemblée Législative, et Convention ensemble - à la représentation nationale, à l'abri de tout contrôle d'en bas; si vaste que Carré de Malberg l'a analysée comme un 'absolutisme parlementaire', et Marcel Gauchet, comme un 'rousseauisme à représentants' » (François Furet, préface in Patrice Gueniffey, Le nombre et la raison, ibid., p. V-VI.)

 

François Furet écrivait lui-même en 1992 :

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51YVC08KSZL._SL500_AA300_.jpg « L'exercice du suffrage, quel qu'en fût le régime, censitaire ou universel, a été l'affaire de minorités dont les 'candidats' se disputaient les voix. » (François Furet, Mona Ozouf, Dictionnaire critique de la Révolution française, Champs Flammarion, Manchecourt 1992, p. 127.)

 

 

Dans ces conditions, arriver en 2002 et écrire comme le fait Frédérick Casadesus « (en 1791), Tu peux être élu au sein d'une assemblée », c'est mentir délibérément, à tout le moins se moquer du monde !... Notons au passage comme le relève Marion Sigaut (voir 2e partie ci-dessous) qu'en 1789, à l'élection aux Etats généraux, le système était plus démocratique qu'après ! Les Etats généraux représentaient l'intégralité de la population française. Autrement dit, il y avait plus de démocratie en 1789 sous l'Ancien Régime qu'après 1789. C'est ça la réalité. En 1791, "on ne pouvait être élu à l'assemblée que si on avait un minimum de revenus. Ce qui veut dire que sur Paris, toute la masse des ouvriers n'était pas représentée. À la fameuse assemblée des Etats généraux qui sont devenus 'assemblée constituante, les ouvriers de Paris n'ont pas voté. Ils n'ont pas été représentés.", explique M. Sigaut.

 

En 2007, un autre historien, Jacques Heers, écrivait :


http://ecx.images-amazon.com/images/I/41AeKNaYGVL._SL500_AA300_.jpgLes citoyens n'ont pas le libre choix des candidats; ceux-ci leur sont dictés, imposés, par des instances où ils n'ont pas la parole et par des stratèges que, généralement ils n'ont pas nommés. » (Jacques Heers, Un Homme un vote? Editions du Rocher, Monaco 2007, p. 188-189).

 

 

  « Tu t'enrichis grâce à la Révolution . » écrit F. Casadesus. - "Ca dépend qui. Il y a ceux qui se sont enrichis et il y a ceux qui se sont mis à connaître la faim. Vous avez pendant la Révolution quantité d'ouvriers qui, quand ils ont cessé d'être protégés par les corporations, se sont retrouvés en indigence. Ils ne pouvaient plus se nourrir. Les ateliers nationaux leur faisaient casser des cailloux, construire des barrières. Et c'était pas le cas avant", rétorque M. Sigaut.

 


  « Tu as acheté quelques lopins de terre qui appartenaient au clergé . » écrit F. Casadesus. - "C'est le simple citoyen qui a acheté les lopins ? C'est ceux qui avaient de l'argent - les bourgeois - , et qui ont payé en monnaie de singe (les Assignats), explique M. Sigaut.

 


« Un nouveau calendrier est établi selon le rythme des saisons. » écrit F. Casadesus. - "Les Révolutionnaires ont fait un nouveau calendrier qui n'était plus du tout le calendrier chrétien. Il n'y a plus de semaine chrétienne, il n'y a plus de dimanche, il y a des 'decadi', c'est-à-dire des semaines de 10 jours, on travaille trois jours de plus, pour le même salaire!" explique Marion Sigaut. Cherchez l'erreur !

 


« Le film de l'histoire... Les élus du Tiers-Etat obtiennent par la force de leur volonté la création d'un nouveau système politique » écrit F. Casadesus. - "Les élus du Tiers-Etat obtiennent par un coup d'Etat, par un coup de force, la création d'un nouveau système politique pour lesquels personne ne leur a donné mandat. Ils étaient venus porter les doléances du peuple, ils n'étaient pas venus envoyés par le peuple pour créer une assemblée constituante qui allait limiter les pouvoirs du roi. Ils n'ont pas reçu ce mandat. ... S'il est très vraisemblable que le peuple aurait voulu un certain de réformes qui s'imposaient, le peuple n'a jamais prétendu que les gens qu'il enverrait le faire le feraient de cette manière-là. Moi, j'ai lu des textes absolument désespérés de gens de corporations, notamment de Dijon, écrivant à des députés de Paris, leur disant 'que faites-vous là', 'qu'êtes-vous en train de faire ?' 'Ce n'est pas cela qu'on vous a demandé ! Arrêtez cela tout de suite !' Les autres s'en fichaient parce qu'ayant pris le pouvoir ils n'ont pas voulu le lâcher", explique M. Sigaut.

 


« Le droit au bonheur... » écrit F. Casadesus. - "Le Chapelier (à qui l'on doit la "loi scélérate" le Chapelier de 1791 qui a détruit tous les droits des ouvriers..., NdCR.) était un bourgeois libéral qui n'avait que faire de la population. À partir de la Révolution, on est des individus isolés, atomisés, avec interdiction de s'organiser : c'est 'le progrès'! ... Dix ans de guerre civile et d'épouvante. Et le droit au bonheur!" corrige Marion Sigaut. 

 

 

 


 

Au sujet du vote en 1789, Marion Sigaut explique qu'aux Etats généraux qui réunissent les députés des trois ordres, clergé, noblesse et Tiers-Etat (paysans, bourgeoisie, artisans), "tout le monde votait. On votait dans les villages. Dans le plus petit village de France, les gens votaient, ils ont élu des députés aux Etats généraux. Alors, il est évident qu'il y avait plus souvent des bourgeois élus pour aller représenter le peuple, mais le peuple a voté. On votait un vote par famille, homme ou femme. Dans la plupart des cas c'était l'homme qui dirigeait la famille, c'était lui qui votait. Quand le père était mort, c'était la mère qui votait (après 1789 il faudra attendre 1945 pour que les femmes aient le droit de voter. NdCR.) Donc les Etats généraux étaient les représentants de l'intégralité de la population française, laquelle a porté a rédigé des doléances pour les porter au roi, sans jamais demander qu'on renverse la royauté, qu'on change quoique ce soit d'autre. Et ces doléances sont dans les cahiers.

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51%2BK44CyJfL._SX385_.jpgLe livre "Notre pays la France" de Dimitri Casali, Walter Bruyère, De la Martinière Jeunesse, Paris 2010. On y lit :

 

« 1789, la colère gronde. Les paysans, les artisans, les bourgeois en ont assez de la monarchie absolue » écrit Dimitri Casali . - "Ha bon? Les bourgeois, je dis pas, mais les paysans et les artisans, je ne suis pas au courant, explique M. Sigaut.

 


« Alors que le le peuple est au bord de la famine et paye cependant de lourds impôts, Louis XVI réunit les Etats généraux. »  - "Pourquoi le peuple est-il au bord de la famine en 1789", demande M. Sigaut. "Les mesures libérales de Turgot continuent d'avancer", la suppression de la police des subsistances qui surveillait que personne ne spéculait sur le blé, l'accord de libre-échange entre la France et l'Angleterre, "c'est bien les idées des Lumières" qui sont en marche à ce moment-là.

 


« Ils veulent plus de liberté et de justice  ». - Oui, certainement, la liberté on en a jamais assez et la justice jamais de trop.

 


« Les députés se déclarent 'assemblée nationale'  ». - À quel tire les députés de déclarent-ils 'assemblée nationale' demande M. Sigaut. "Quand on est délégué pour apporter au roi les cahiers de doléances du peuple, on ne se bombarde pas subitement 'assemblée nationale constituante'. L'assemblée dite 'nationale' n'a de national que ce qu'elle s'auto-proclame. Il n'y a aucune raison que le roi accepte cela", explique M. Sigaut.

 


« La révolution dans les campagnes. Aux nouvelles de Paris, les paysans se rebellent à leur tour et attaquent les chateaux dans tout le pays. Ce mouvement que l'on appela la 'Grande peur' poussa l'Assemblée nationale' à supprimer les privilèges. Dans l'enthousiasme des réformes on proclame ensuite la déclaration des droits de l'homme. Une nouvelle société voit le jour où tous les citoyens seront libres et égaux  », écrit Dimitri Casali. - "Alors, là, c'est de la vaste rigolade. Parce que ce que l'on appelait privilèges dans l'Ancien Régime c'était toute la série de droits acquis par les différentes catégories. Donc supprimer les privilèges c'est supprimer tous les droits acquis. C'est mettre tout le monde à zéro mais qui va émerger ? C'est les plus forts. Donc dire que tout le monde va se retrouver libres & égaux, cela va être la foire d'empoigne. C'est ce qui s'est passé.

 

Pour rappel, dans sa conférence du 31 mai 2013 à Nice sur "les crimes d'Etat du mondialisme", Philippe Ploncard d'Assac a expliqué que la "Grande peur" de 1789 était une fausse nouvelle savamment orchestrée par les Clubs maçonniques, tendant à faire croire à une menace imminente des "brigands" (les monarchistes) qui allaient massacrer le "peuple"...  (Sur la "Grande peur", lire notamment "L'Ancien Régime" de Frantz Funck-Brentano, et Bernard Faÿ, La Grande révolution 1715-1815, Le Livre contemporain, Paris 1959, p. 407 : "Dès l'incendie de la maison Révillon, au printemps 1789, les Orléanistes et les Trente cherchaient à effrayer. En juin 1789, on parla de la 'grande peur'. ... [L]es Clubs des Jacobins, les sections de Paris, les bandes révolutionnaires ne cessèrent de menacer les royalistes et les modérés").

 

 « Les Encyclopédistes réclament la liberté de penser et d'expression que leur refusent les rois de l'Ancien Régime », écrit  Dimitri Casali. - "Ils ont dit tout ce qu'ils voulaient les Encylcopédistes", corrige Marion Sigaut. "Le Roi les a protégé, le roi les a financé ! ... Dès qu'ils ont commencé à s'exprimer ils ont eu un boulevard. Il faut en outre arrêter de dire que les Encyclopédistes ont réclamé une liberté de penser qu'ils ont eux-mêmes refusé à tous leurs opposants (Exemple: le journaliste et critique littéraire Fréron persécuté par Voltaire et le parti philosophique bénéficiant de ses puissants relais au gouvernement et dans la haute administration royale). "Toute personne qui s'opposait à la politique libérale des Encyclopédistes, était impitoyablement accablée de libelles, de diffamations. On essayait de les faire emprisonner et souvent cela a marché", explique M. Sigaut. Les Encyclopédistes "n'ont jamais réclamé de liberté que la leur! Pas celle de tout le monde."

 


« Les Encyclopédistes veulent faire triompher les lumières de la raison sur les ténèbres de la superstition et de l'ignorance ». "Décréter que l'on a soi même la raison et que les autres sont dans les ténèbres de la superstition et de l'ignorance, c'est absolument pas quelque chose de valable, qu'on puisse retenir, c'est du fanatisme. Et c'est le fanatisme des Lumières" explique M. Sigaut. "Leur cible sont l'Eglise et l''absolutisme royal'. Interdite en 1752, l'Encyclopédie est reparue, a fait beaucoup d'argent, a vendu beaucoup d'exemplaires, elle a beaucoup enrichi les gens qui ont travaillé avec. Mais ce n'est pas la peine de dire qu'elle a été martyrisée puisqu'elle a fait ce qu'elle a voulu. L'Encyclopédie a été publiée dans toutes les bibliothèques municipales. Elle n'a jamais été détruite, elle a circulé.

 

« Laïcité et religion. Durant plus de 13 siècles, la France est restée la Fille aînée de l'Eglise catholique et le roi était le lieutenant de Dieu sur terre. Mais à partir du siècles des Lumières, l'idée de laïcité progresse très vite. C'est aujourd'hi une des caractéristiques qui distingent notre pays des autres grandes démocraties... (Les Lumières) sont à l'origine de l'invention de la laïcité que vont mettre en pratique la Révolution et l'Empire », écrit Dimitri Casali. - "La laïcité est une invention chrétienne", répond M. Sigaut. "C'est Jésus disant aux scribes: 'rendez à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu'. La laïcité a consisté également pour les Jésuites à dire que les choses de religion ne devaient jamais être traitées par une autorité non-religieuse. Tout le siècle des Lumières c'est la prétention des juges laïques de connaître d'affaires ecclésiastiques. Dire que la laïcité va être mise en pratique par la Révolution c'est une contre-vérité puisque la Constitution civile du clergé qui va être instituée au début de la Révolution va soumettre l'Eglise à l'Etat, va fonctionnariser les prêtres, va soumettre la nomination des prélats à la décision de l'Etat. C'est-à-dire que c'est l'inverse de la laïcité. Et l'Empire va faire la même chose. Quand la Constitution civile du clergé va avoir mis la France à feu et à sang, Napoléon va apaiser la guerre en signant avec le pape un concordat, qu'il va lui imposer par la force, et qui va continuer moyennant certaines libertés notamment d'enseignement pour l'Eglise, va entièrement soumettre le reste de l'Eglise à l'autorité de l'Etat. Donc, ce qui sort de la Révolution et de l'Empire, c'est l'inverse de la laïcité. Avant la Révolution l'Eglise vivait de ses propres moyens puisqu'elle percevait la dîme directement de la part des habitants. À partir de la Révolution française, l'Eglise vit de l'impôt, donc elle est sous le contrôle de l'autorité politique. C'est la fin de la laïcité. C'est le début de la soumission de l'Eglise à l'Etat. Cela durera jusqu'en 1905. Donc cela, c'est une contre-vérité énorme".

 

Révisons les Lumières 1 : http://www.dailymotion.com/video/x14z80s_revisons-les-lumieres-1_news

 

 

. La première logique totalitaire apparaît sous la "Révolution française" (Stéphane Courtois)

. Les mensonges de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789

. Marion Sigaut - Comprendre les Lumières : aux sources de la prolétarisation du monde ouvrier

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 21:38

A peine a-t-elle éclaté, que la Révolution abolit dès 1790 les festivités jadis légendaires se déroulant durant les trois semaines du Carnaval, prohibant tout port de masques et déguisements dans les rues pour lui préférer et encourager celui du bonnet rouge et des piques...

 

Dans le n°137 de ses Révolutions de Paris (du 18 au 25 février 1792), Prudhomme déclare solennellement que « la Révolution nous a mis du plomb dans la tête. Depuis trois ans nous ne sommes plus bouffons. »

 

Un jacobin brandissant le bonnet rouge en 1792
Un jacobin brandissant le bonnet rouge en 1792

 

De fait, depuis et y compris 1790, le Carnaval a vécu. Pour la troisième fois à pareille époque, a été affichée, le 20 janvier, une ordonnance de police portant défenses expresses « à tous particuliers de paraître déguisés, masqués ou travestis de quelque manière que ce soit, dans les rues, places et jardins publics, sous peine d’être arrêtés, comme aussi de donner des bals masqués sans la permission expresse, de l’autorité. » Partout en France, mais surtout à Paris, les circonstances exigeaient impérieusement de pareilles précautions.

 

C’est donc en 1789, malgré les préoccupations de la Révolution naissante, que le Carnaval a, pour la dernière fois, joui sous l’ancien régime de tout son éclat. Déjà il avait, de ci de là, dans l’histoire, subi mainte et mainte éclipse. La dernière et la plus longue avait eu lieu durant les dernières années du règne de Louis XV, dont la tristesse avait mis fin chez le peuple à toute manifestation joyeuse. Seule la police, en soudoyant quelques gens sans aveu, avait pu à grand’ peine marquer la date des jours gras par quelques mascarades, excitant le dégoût bien plutôt que le rire.

 

Dès que Louis XVI monte sur le trône, le peuple, renaissant à l’espérance et impatient de se dédommager d’une longue période de deuils et de douleurs, n’a rien de plus pressé que de rendre au Carnaval son ancienne splendeur. On se ferait difficilement aujourd’hui une idée des fêtes organisées à cette occasion. Le Carnaval dure alors trois semaines. Le mardi précédant la Septuagésime, il s’ouvre solennellement en même temps que la saison des spectacles à la foire Saint-Germain.

 

Chacune de ces trois semaines, il y a bal à l’Opéra, à minuit, le jeudi et le dimanche. Les deux jours les plus animés sont, comme bien on pense, le Lundi et le Mardi Gras, terminés également l’un et l’autre par un bal à l’Opéra. Ces deux jours-là, de midi à cinq heures, depuis le faubourg du Roule jusqu’à la place du Trône, ça n’est qu’une indescriptible et éblouissante cohue de masques, remplissant, soit à pied, soit en carrosse, le faubourg et la rue Saint-Honoré, la rue et le faubourg Saint-Antoine. Les plus grands seigneurs de la Cour, des princes, même des princes du sang, tiennent à honneur de s’y faire remarquer dans des équipages et des voitures magnifiques, des chars nouveaux et bizarres.

 

L’ordre le mieux établi prévient les excès et les malheurs, trop ordinaires à de semblables fêtes. Le guet, répandu depuis la rue Royale jusqu’au Trône, prescrit aux voitures leur marche et empêche toute confusion, ce qui, disent les Mémoires Secrets, en rend le coup d’œil encore plus enchanteur. Le mardi, dans la soirée, presque tous les masques, au retour, se rendent aux Porcherons, au Grand Salon. C’est là, et finalement à l’Opéra, que se clôture le Carnaval.

 

Donc, en ce commencement de 1792, trois ans déjà nous séparent de ces temps d’allégresse, et c’est sous les plus sombres auspices que l’année a commencé. Le 1er janvier, grâce a une délicate attention de Guadet, l’Assemblée Nationale a comme étrennes, donné aux révolutionnaires la mise en accusation des princes français Louis-Stanislas-Xavier, Charles-Philippe et Louis-Joseph, ci-devant Condé, auxquels elle a adjoint Galonné et Riquetti cadet, frère de Mirabeau.

 

L’agitation, causée par la formation d’une Haute-Cour, n’est rien auprès de celle que produisent les bruits chaque jour plus précis, d’une guerre imminente avec l’Autriche. Et cet état de nervosité inquiète, pousse au paroxysme l’exaspération des classes pauvres devant la cherté invraisemblable des vivres croissant en raison inverse de. la valeur des assignats. Le 21 janvier, des magasins et boutiques d’épiciers ont été pillés par le peuple ; le 23, de même. Entre temps, des faux assignats ont été mis en circulation et, depuis la fin du mois, on s’en prend maintenant aux boulangers.

 

Dès les premiers jours de février, si le Carnaval des jours heureux n’est plus qu’un souvenir, il s’en manifeste un, d’un genre nouveau, bien « analogue aux circonstances », comme on disait alors. Non seulement les hommes, mais les femmes même, ne paraissent plus dans les rues qu’une pique à la main. La pique remplace dans la main des « citoyennes », l’ombrelle et l’éventail, « tout comme elle se substitua au parapluie dans la main du timide bourgeois. »

 

Cette épidémie est telle que, peu de temps avant les jours gras, le samedi 11 février « an IV de la Liberté », la Municipalité se voit dans l’obligation de prendre un arrêté pour réglementer et refréner le port de la pique. Cet arrêté est même assez mal accueilli. Les agités, ou plutôt les agitateurs, répandent le bruit d’une nouvelle évasion du roi, qui, deux jours après, le 13, est obligé de protester, par lettre au Corps Municipal, de « son inviolable dévouement au bonheur de la Nation ».

 

Si les sans-culottes éprouvent quelques difficultés pour se montrer partout, la pique à là main, il leur est en revanche loisible de se distinguer du commun des mortels par le bonnet rouge, dit « bonnet de la liberté ». On ne voit plus partout que des bonnets rouges. On se promène en bonnet rouge, on va au café en bonnet rouge, on assiste en bonnet rouge aux séances dos clubs et aux représentations théâtrales.

 

Un sans-culotte en 1792

Un sans-culotte en 1792

 

Cette année-là, la période du Carnaval eût dû s’ouvrir le mardi 31 janvier. Le dimanche gras, 19 février, les dames de la Halle viennent demander à l’Assemblée Nationale sa protection pour une caisse nouvelle d’échange d’assignats ; mais celle-ci, craignant que les pétitionnaires n’aient été incitées à cette démarche par des financiers intéressés à l’entreprise, refuse de se prononcer.

 

Le soir, pour se consoler de leur déconvenue, ces dames se rendent a la maison du sieur Ruggieri, rue Saint-Lazare, faubourg Montmartre, lequel, dimanche, lundi et mardi gras, ouvre ses portes à six heures. Il n’en coûte qu’une livre dix sols par personne. « Le public est averti que l’on dansera une contredanse, ensuite la course alternativement »... et elles s’en donnent jusqu’au petit jour.

 

Le lendemain, lundi 20, la reine, tenant fièrement tête à l’orage, se fait conduire au Théâtre Italien, tout neuf encore, puisque bâti en 1783, sur l’emplacement de l’hôtel de Choiseul. au même endroit et dans les mêmes dispositions que plus tard l’Opéra-Comique. On doit y jouer les Evénements imprévus, comédie en trois actes, mêlée d’ariettes, par d’Hèle, musique de Grétrv. Cette pièce, la meilleure et la dernière de d’Hèle, a été représentée pour la première fois le 15 novembre 1779, un an avant sa mort, survenue le 27 décembre 1780.

 

C’est, avec la musique de Grétry, une des pièces les plus prisées du répertoire, dans laquelle aucune allusion n’est à craindre aux questions irritantes du moment, et c’est pourquoi la reine s’est crue fondée à la choisir. Les bons Français savent de quelles amertumes est déjà empoisonnée la vie de leur souveraine, quelles odieuses calomnies sont répandues à son endroit et de quels révoltants outrages elle est, chaque jour, un peu partout l’objet. Aussi, à son arrivée dans sa loge, la grande majorité des spectateurs se lève-t-elle, l’acclamant plus chaleureusement que jamais.

 

La pièce commence. A un certain moment, un duo débute ainsi entre un valet et une femme de chambre :

 

— J’aime mon maître tendrement.

 

— Ah ! combien j’aime mal maîtresse.

 

L’actrice Dugazon, en chantant ce dernier vers, s’est tournée vers la reine. Aussitôt, comme pour justifier le titre de la pièce, un violent tumulte éclate d’ans la salle. Soulignant et approuvant le jeu de l’actrice, tous les royalistes se lèvent de nouveau, acclamant la reine. « Pas de maître ! pas de maîtresse ! Vive la Liberté » hurlent une trentaine de jacobins, répartis dans le parterre. Des injures, des coups même sont échangés et ce n’est qu’à grand’ peine que la pièce peut s’achever dans un calme relatif. A la fin, l’immense majorité applaudit et répète, en le modifiant un peu, le refrain : « Vive a jamais notre bonne maîtresse ! »

 

Marie-Antoinette, écrit en 1829 de Bourniseaux, essuie des pleurs de joie qui baignent ses paupières ; « c’était le dernier beau jour de sa vie. » C’était, en tout cas, la dernière fois qu’elle se rendait au théâtre et, de ce jour peut-être, commença pour elle cet effroyable calvaire, qui, dépassant tout ce que l’imagination peut concevoir de plus tragique et de plus lancinant, ne prendra fin que vingt mois plus tard, le 16 octobre 1793, sur la plate-forme de l’échafaud.

 

Si, en 1792, la Révolution a, depuis trois ans, aboli le carnaval, dès lors et pendant huit ans encore, passant des orgies rouges de la Terreur aux immondes débordements du Directoire, est-elle autre chose elle-même qu’un fantastique carnaval, dont le Dix-Huit Brumaire sera le mercredi des cendres ?

 

Source : http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article8078

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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 13:33

Au moment où on peut craindre, prochainement, de nouvelles atteintes aux droits fondamentaux et aux libertés fondamentales, de la part de l'actuel gouvernement républicain socialiste maçonnique soit-disant "neutre" et "laïque", voici une video où l'historien Stéphane Courtois, bien connu de nos lecteurs, décrit les logiques du totalitarisme. Des logiques que l'on peut malheureusement rapprocher de celles déployées par l'actuel gouvernement : logique de guerre civile à l'intérieur et de guerre à l'extérieur, remplacement du peuple et de nouvelles élites, division de la société en classe, catégorie et groupement d'hommes, arrestations arbitraires dénoncées par le Conseil de l'Europe (résolution 1947 2013), 704 arrestations à Paris en 3 mois, exclusion de l'humanité d'une partie de la population (essentiellement catholique), population stigmatisée via la "charte de la laïcité".

 

 

 

Source video: http://www.youtube.com/watch?v=gPnP_pXGDoY

 

CHAPITRAGE
[00:01] avant-propos
[01:47] généralités
[14:11] Révolution française et proto-totalitarisme (Gracchus Babeuf, génocide de Vendée, Charles Fourier)
[18:19] Karl Marx et le scientisme (Jacques Attali)
[19:28] « Logiques de l'ennemi et de la Terreur sous la Révolution française » (Patrice Gueniffey)
[25:08] Première Guerre Mondiale et totalitarisme (George Mosse)
[28:35] « Du Paradis rêvé de l'humanité réconciliée à l'enfer du socialisme réel. Sur la filiation Marx-Lénine-Staline selon Leszek Kolakowski » (Jacques Dewitte)
[30:52] « La logique de la campagne antisémite dans l'Italie fasciste » (Marie-Anne Matard-Bonucci)
[32:23] Karl Marx et la stigmatisation du bourgeois (Manifeste du Parti communiste, Pol Pot, Commune de Paris)
[34:41] Lénine et le révolutionnaire professionnel (Serge Netchaïev)
[36:38] « Le secrétaire général et son secrétariat: généalogie de l'épicentre administratif du pouvoir stalinien » (Pavel Chinski)
[41:46] « Lénine et l'invention de la logique totalitaire »
[48:05] Communisme et Nazisme (famine de 1921-1922, Léon Trotski, Ernst Nolte, Aktion T4)

 

Cette video intitulée "Les logiques du totalitarisme communiste (1789-1941)" est tirée de l'émission intitulée "Les logiques totalitaires en Europe. Un jour dans l'histoire diffusée sur Canal Académie de Christophe Dickès avec l'historien Stéphane Courtois, directeur de recherche au CNRS (Paris X), le 11 janvier 2007. S. Courtois est spécialisé dans l'histoire des mouvances et des régimes communistes.

 

(À partir de 14:10) Stéphane Courtois explique que « la première logique totalitaire apparaît sous la 'Révolution française'. ... Il n'y a pas de droute qu'il y a des éléments de ces logiques totalitaires qui apparaissent sous la Révolution française.

Il y a d'abord - la première logique - qui est la logique 'révolutionnaire".

Cela a l'air bête, mais il n'y a pas de régime totalitaire, il n'y a pas de mouvement totalitaire sans passion révolutionnaire. La 'révolution' peut être de caractère démocratique, mais elle peut aussi être de caractère totalitaire, y compris on peut imaginer qu'elle soit de caractère conservateur, mais là c'est plus délicat à montrer. La 'Révolution française' a été évidemment le grand modèle pour tout le monde. C'est une passion égalitaire, la 'sainte égalité' comme disait Babeuf, et surtout la passion d'une égalité réelle, non pas de l'égalité en droit, telle que définie par la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, mais de l'égalité réelle, de l'égalité en fait. Il faut se souvenir par exemple que le 18 janvier 1918, quand s'est réuni pour la première et la dernière fois l'assemblée constituante élue au suffrage universel en Russie en 1917, assemblée dispersée quelques heures plus tard par la force, Lénine a immédiatement proposé à l'assemblée de voter un texte qui n'était pas une déclaration des droits de l'homme et du citoyen, mais "une déclaration des droits du peuple travailleur". C'est autre chose : qui définit le "peuple travailleur", comment se définit le "peuple travailleur" et les gens qui ne sont pas du "peuple travailleur", ses droits, etc. Nous voilà déjà en plein totalitarisme, c'est-à-dire dans ce processus qui consiste à exclure de l'humanité, une partie des populations.

Mais il y a d'autres éléments ("proto-totalitaires") importants en 1789 :

. La Terreur comme moyen de gouvernement (la guillotine), la Terreur sur une échelle beaucoup plus large : la Vendée. Le terme "populicide" a été inventé par Babeuf en 1794, le terme génocide, beaucoup plus tard en 1944 par le juriste polonais Lemkine. Mais dès 1794, Babeuf écrivant un livre sur les massacres de Vendée avait inventé le mot populicide pour désigner l'extermination complète d'une population considérée comme ennemie.

 

voir DEA 144 - Les bienheureux martyrs de septembre 1792

. La préfiguration de ces groupes extrémistes, les Jacobins, qui visent à s'emparer du pouvoir pour imposer leur projet.

 

. Une Terreur spontanée et de masse. Ex: une violence populaire, émeutière, qu'on voit intervenir à la prise de la Bastille en 1789, les massacres de septembre en 1792, mais une violence qui ne vise pas d'objectif politique précis.

. Une Terreur mise en oeuvre par des petits groupes activistes à partir de 1792-1793, qui s'en servent comme moyen pour s'emparer et conserver le pouvoir, préfiguration de la révolution bolchévique de 1917. Ce n'est pas la guerre qui crée la Terreur, mais la Terreur qui crée la guerre... On verra la même chose dans la révolution "russe", qui crée la guerre civile afin de prendre le pouvoir. Bien abant 1917, Lénine ne rêve que de guerre civile et considère qu'on ne pourra pas faire de révolution sérieuse si on n'organise pas la guerre civile. Ce qu'il va réussir à faire. »

  

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51BS4SAS7GL._.jpgDans l'ouvrage collectif "Les logiques totalitaires en Europe" (Editions du Rocher 2006) Stéphane Courtois explique que  « Le XXe siècle a été marqué en Europe par le phénomène totalitaire dont les formes diverses - fascisme, nazisme, communisme - ont été inaugurées et portées par des chefs charismatiques - Lénine, Staline, Mussolini, Hitler. Cependant, par-delà ces hommes, le phénomène était sous-tendu de logiques spécifiques.

La logique initiale renvoie à la dimension idéologique des mouvements totalitaires, une idéologie - racialiste, classiste ou ultra-nationaliste - qui, devenue religion politique, légitime la volonté de puissance et de domination totale qui anime les chefs et justifie leurs actions, même les plus criminelles.

Lors de leur passage à l'acte pour la prise du pouvoir, les mouvements totalitaires mettent systématiquement en oeuvre la logique de la guerre civile qui ouvre le champ de tous les possibles en supprimant les traditionnelles limites de durée, d'espace et de moyens par lesquelles la violence étatique est bridée.

Le déclenchement de la guerre civile implique la mise en oeuvre de la logique de la terreur qui, selon des intensités variables, a présidé à tous les régimes totalitaires.
 

Enfin, pour conserver le pouvoir à tout prix et développer leurs projets - «construction du socialisme» en URSS, épuration de la race en Allemagne, création de «l'Homme nouveau» en Italie -, les régimes totalitaires liquident les élites traditionnelles ou démocratiques, et suscitent l'apparition de nouvelles élites totalitaires formées d'un type d'homme prêt à pratiquer la terreur pour mieux profiter des gratifications offertes.
 

C'est à toutes ces questions qu'une équipe de vingt-cinq historiens, sociologues et politologues venus de toute l'Europe consacre sa réflexion, dans cet ouvrage qui poursuit une recherche déjà engagée par Stéphane Courtois dans  Quand tombe la nuit. Origines et émergence des régimes totalitaires en Europe, 1900-1934 (L'Âge d'homme, 2002),  Une si longue nuit. L'apogée des régimes totalitaires en Europe, 1935-1953 (Éditions du Rocher, 2003) et  Le jour se lève. L'héritage du totalitarisme en Europe, 1953-2005 (Éditions du Rocher, 2005).

 

 

. La paix, la justice et l'Etat de droit pour tous !

. République Française = premier régime génocidaire de l'histoire

. Vendée, du génocide au mémoricide

. Une logique macabre : Lumières, 1789, Génocide vendéen

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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 13:55

 

Photo : #Harlem_Desir la bonne tête de vainqueur !

Dimanche 1er septembre 2013, le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, a dénoncé "l'esprit munichois" des dirigeants de l'opposition qui étaient réticents à suivre les collabos dans leur nouvelle guerre "humanitaire" en Syrie. Un article publié sur 24heuresactu.com met les pendules à l'heure :


Accuser l’opposition de faire preuve « d’esprit munichois » à propos de la Syrie, s’inscrit parfaitement dans le confort intellectuel qui préside à la réécriture de l’Histoire par les dignitaires de la gauche.

 

Un simple rappel au rigoureux M. Désir : Laval était socialiste, tout comme Déat, Doriot, communiste, Marquet, ministre de l’intérieur, socialiste, comme Albertini, secrétaire des jeunesses socialistes, Levillain, conseiller socialiste de Paris, Bergery, Tasca,  Marion, tous socialistes comme les deux tiers du gouvernement de Vichy où débuta la carrière politique de M. Mitterrand… Ces vérités sont si rarement rappelées qu’il faut remercier M. Désir de nous en donner l’occasion….

Et s’il veut tellement insister sur les accords de Munich auxquels il fait référence, certainement sans même le savoir, Harlem Desir, dont l’ignorance crasse s’est illustrée cette semaine, devrait savoir que leur signataire français n’était autre qu’Edouard Daladier, membre du parti radical de Christiane Taubira et ministre de Léon Blum sous le Front Pop

 

Source: http://24heuresactu.com/2013/09/03/harlem-desir-lesprit-munichois-et-lhistoire-socialiste/

 

> La gauche, mère de la colonisation et de la collaboration

 

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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 13:54

La gauche est la mère de la colonisation

 

 

"Le mépris colonialiste vient de la gauche et de la gauche franc-maçonne, républicaine." (Alain Soral)

 

La gauche a colonisé pour son goût de l'universalisme de sa religion des droits de l'Homme.

 

Victor Hugo, écrivain acquis à l'Empire, dont les écrits jonchent les programmes scolaires, déclara le 18 mai 1879 :

 

"Dieu offre l'Afrique à l'Europe, prenez-la non pour le canon, mais pour la charrue, non pour le sabre, mais pour le commerce, non pour la bataille mais pour l'industrie, non pour la conquête, mais pour la fraternité.

Versez votre trop plein dans cette Afrique, et du même coup résolvez vos questions sociales, changez vos prolétaires en propriétaires. Allez, faites! Faites des villes; CROISSEZ, CULTIVEZ, COLONISEZ, MULTIPLIEZ!".

 

Image illustrative de l'article Jules FerryLe franc-maçon fanatique Jules Ferry, dont François Hollande a fait l'hommage le 15 mai 2012 au lendemain de son élection présidentielle, et dont le nom est porté par des dizaines d'écoles et de monuments en France:

 

"Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures.

Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit parce qu'il y a un devoir pour elles, elles ont le devoir de civiliser les races inférieures" (Jules Ferry, devant la Chambre des députés, le 28 juillet 1885.)

 

Léon Blum en 1947.Léon Blum, créateur du Front populaire, symbole de la gauche "laïque" et républicaine:

 

"Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d'attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture" (Léon Blum, Discours de la Chambre des députés le 9 juillet 1925.)

 

François Mitterand, en 1954, invitait à lutter contre "les terroristes" en Algérie : "Nous châtierons d'une manière implacable, sans autre souci que la justice, les responsables" (F. Mittérand au JT 20h, 1er décembre 1954)

 

 

La gauche est aussi la mère de la collaboration : 80% des collabos venaient de la gauche socialiste, radicale, antiraciste.

 

 

 

Petit tour d'horizon:

Pierre Laval, ministre de l'Intérieur, en 1931.Bibliothèque nationale de France. Pierre Laval, ministre de Vichy et mentor de la collaboration, membre de la SFIO depuis 1905, défenseur des syndicalistes de la CGT, député SFIO en 1914.


 Pierre Drieu la Rochelle, membre du Parti radical socialiste, directeur de la Nouvelle revue française, revue collaboratrice.

Jean Luchaire, directeur du journal "Les nouveaux temps", tribune des jeunes radicaux-sociliastes, presse collaboratrice, fusillé en 1946.

Jacques Doriot, député de la Seine (1929). Jacques Doriot, Secrétaire général de la Jeunesse communiste, créateur un comité de Défense antifasciste avec les membres de la SFIO et du Parti radical et radical-socialiste, créateur de la LVF (Légion des Volontaires Français) le 8 juillet 1941, les SS français !

Marcel Déat, député de Paris (1932).Marcel Déat, adhérent de la SFIO en 1914, créateur le 5 novembre 1933 du "Parti socialiste de France", ministre du travail et de la solidarité nationale sous Vichy.


René Bousquet, issu d'une famille radicale-socialiste de Montauban, couvé par le radical-socialiste sénateur et patron de presse (La Dépêche de Toulouse) Maurice Sarraut, secrétaire général à la police du de Vichy, organisateur de la rafle du Vél’ d'Hiv’, responsable de la déportation de 54000 juifs, ami de toujours de François Mittérand.

Maurice Papon, socialiste, secrétaire d'Etat dans les deux gouvernements Blum, condamné en 1998 pour complicité de crimes contre l'humanité pour des actes commis alors qu'il était secrétaire général de la préfecture de Gironde entre 1942 et 1944.

 

Simon Sabiani, membre SFIO engagé dans la SS;

Paul Perrin,

André Grisoni

Paul Rives

Maurice Levillain

Barthélémy Montagnon,

René Chateau

Claude Jamet

Camille Chautemps

Georges Bonnet

Robert Jospin (le père de Lionel), proche de Déat.

Georges Suarez, ami de Joseph Kessel dans les années 20, essayiste, biographe de Clémenceau et de Briand, pro-nazi fanatique sous Vichy, premier journaliste à être jugé pour collaboration.

Camille Planche

Léon Emery

René Gérin, déatistes,

Saint-Loup (alias Marc Augier, qui avant guerre chantai "Au-devant de la vie" avec ses camarades juifs des Auberges)

 

12 des 17 ministres SFIO de la fin de la IIIe république furent exclus de ce parti après guerre pour leur comportement collaborateur.

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 07:17

Image illustrative de l'article BathildeFruit d’une lente évolution l’affranchissant d’une législation barbare humanisée par le christianisme (Ex: l'abolition de l'esclavage par la reine sainte Bathilde (626-680), épouse de Clovis II, NdCR.), l’organisation de la justice du Moyen Age est menée parallèlement à celle d’un gouvernement né de la famille et au sein duquel des pouvoirs intermédiaires prennent corps, tels que ceux des ducs, comtes, généraux d’armée, ou encore comtes du palais. C’est à la fin du VIe siècle que des dispositions importantes du code barbare sont abrogées, les accommodements amiables étant proscrits, et le vol puni de mort au lieu d’être jusqu’alors applaudi.

 

Chez les anciens peuples celtiques et germains, avant qu’aucune infiltration soit grecque, soit romaine, se soit mêlée à leurs mœurs, tout semble subordonné à la famille. Mais la parentèle (parentela) varie dans son extension : chez les Francs, les Lombards, les Visigoths, les Bavarois, et en général chez tous les peuples d’origine germanique, elle s’étend seulement jusqu’au septième degré ; parmi les Celtes, elle n’a d’autre délimitation que la communauté d’origine, avec subdivision indéfinie de la tribu en maisons distinctes. Chez les Germains, au contraire, on voit se dessiner déjà trois groupes rudimentaires, à savoir : 1° la famille, comprenant le père, la mère, les enfants, les ascendants et collatéraux de tous les degrés ; 2° les vassaux (ministeriales) ou domestiques de condition libre ; 3° les serviteurs (mansionarii, coloni, liti, servi) ou domestiques de condition servile, adjuvants de la famille proprement dite.

 

L’autorité domestique était représentée par le mund ou chef de famille, appelé aussi roi, qui, selon les cas, exerçait, sur la personne et les biens de tous ceux qui dépendaient de lui, un pouvoir spécial, une tutelle accompagnée de droits et de devoirs, avec une sorte de responsabilité civile et politique. Ainsi, le chef de famille, responsable pour sa femme et pour ceux de ses enfants qui vivaient chez lui, l’était aussi pour ses esclaves et ses animaux domestiques. Bien plus, d’après la loi, il répondait du mal que pouvait faire son arc ou son épée, sans qu’il en eût conscience ni volonté, tant ces peuples barbares étaient intéressés à ce que justice se fît dans toutes les circonstances où il y avait délit.

 

Le roi des Francs au milieu des chefs militaires formant sa cour armée
Le roi des Francs, au milieu des chefs militaires formant sa cour armée, dicte la loi salique

 

Déjà, depuis longtemps, quand s’ouvrit l’ère mérovingienne, la famille, isolée d’abord dans sa sphère d’individualisme, s’était incarnée au sein d’une grande famille nationale, qui avait, pour chaque peuple, ses réunions officielles à époques fixes, sur le malberg (colline du parlement). Ces réunions seules constituaient dans sa plénitude le pouvoir suprême. Les titres attribués à certains chefs, roi, duc, comte, brenn (général d’armée), n’exprimaient que les subdivisions de ce pouvoir, appliquées, la dernière exclusivement à la guerre, les autres à l’ordre administratif et judiciaire.

 

Au comte surtout incombait l’obligation de rendre la justice, de connaître des différends entre particuliers et d’infliger l’amende. Il y avait un comte dans chaque grand district, dans chaque ville importante ; il y avait aussi plusieurs comtes, groupés autour du souverain, sous le titre de comtes du palais, position très recherchée, à cause des avantages pécuniaires et honorifiques qui en résultaient pour le titulaire.

 

Les comtes du palais délibéraient avec le souverain sur toutes les affaires, sur toutes les questions d’État, en même temps qu’ils prenaient part à ses chasses, à ses festins, à ses actes religieux ; ils intervenaient dans les questions d’héritage de la couronne ; pendant la minorité des princes, ils saisissaient le pouvoir que la constitution réservait aux rois majeurs ; ils validaient la nomination des principaux fonctionnaires, même celle des évêques ; ils donnaient leur avis sur l’opportunité d’une alliance de peuple à peuple, d’un traité de paix ou de commerce, d’une expédition militaire, d’un échange de territoire, d’un mariage de prince, et ils n’encouraient nulle autre responsabilité que celle inhérente à leur position originelle au sein de la société barbare. Les légats (legati), et plus tard les envoyés du maître (missi dominici), les évêques improvisés, les ducs ou chefs d’armée, sortaient généralement de la première classe des serviteurs de cour, des comtes du palais, tandis que les ministeriales, formant la seconde classe de la domesticité royale, allaient remplir les charges inférieures, honorables et lucratives, de l’administration et de l’ordre judiciaire.

 

Sous les Mérovingiens, le principe légal du pouvoir s’inféoda dans la propriété foncière, mais le morcellement de ce pouvoir suivit de près cette inféodation ; la ruine des uns accrut de jour en jour la prépondérance des autres, et les rois francs s’aperçurent que la société échapperait bientôt à leur gouvernement, s’ils ne portaient un prompt remède à cet état de choses. Alors parurent les lois Salique et Ripuaire, qui eurent à subir des remaniements successifs, des modifications lentes ou subites, nécessitées par les vicissitudes politiques ou par les exigences croissantes des prélats et des nobles hommes. Loin d’amoindrir l’action souveraine des rois, les coutumes nationales, qu’ils avaient réunies en code, reculèrent les limites de leur autorité et en facilitèrent l’exercice.

 

En 596, Childebert, d’accord avec ses leudes, décidait que désormais le rapt serait puni de mort, et que le juge du canton (pagus) où le crime aurait été commis, tuerait le ravisseur et abandonnerait son cadavre sur la voie publique ; que l’homicide aurait le même sort, « car il est juste, disait le texte de la loi, que celui qui sait tuer apprenne à mourir ». Le vol, attesté par sept témoins, devait entraîner aussi la peine capitale, et le juge convaincu d’avoir, par sa faute, laissé fuir un voleur, subissait la même peine que celui-ci eût subie.

 

La pénalité, cependant, était différente, suivant la classe sociale du délinquant. Ainsi, pour le fait de l’inobservation du dimanche, lequel avait alors force de loi, un Salien payait 15 sols d’amende ; un Romain, 7 sols et demi ; un esclave, 3 sols, ou bien « son dos payait pour lui ».

 

Dès ce temps, quelques dispositions importantes du code barbare sont abrogées ; la peine de mort, sans rémission, remplace déjà les accommodements amiables entre les parties intéressées ; on ne rachète plus un crime avec de l’argent ; le vol lui-même, qui était encore à cette époque applaudi, même honoré au delà du Rhin, est impitoyablement puni de mort. On voit donc que c’est le plus frappant témoignage de l’abaissement des privilèges dans l’aristocratie franque et de la marche du pouvoir souverain vers l’omnipotence absolue et sans contrôle, vers le droit de vie et de mort.

 

Par degrés insensibles, la législation romaine s’est humanisée et perfectionnée, le christianisme s’infiltre dans la barbarie, la licence est considérée comme un délit, puis le délit devient un crime contre le roi, contre la société, et c’est en quelque sorte par la main du roi que la société frappe les coupables.

 

Depuis le baptême de Clovis (496), l’Église avait eu beaucoup d’influence dans la transformation du code pénal ;

. par exemple, les mariages avec une belle-sœur, une belle-mère, une tante, une nièce, étaient défendus ;

. les spectacles ambulants, les danses nocturnes, les orgies publiques, autorisés naguère dans les fêtes, étaient proscrits comme dangereux.

 

Du temps de Clotaire (558-561), les prélats, assis au conseil du souverain, composaient un véritable tribunal, d’ordre supérieur, qui révisait les arrêts des juges subalternes. Il prononçait, de concert avec le roi, des sentences sans appel. Or, la nation n’intervenant plus dans l’élection des magistrats, les assemblées du malberg ne se réunissant plus qu’extraordinairement, toute affaire de gouvernement et de justice était remise à l’arbitrage suprême et souvent capricieux du monarque.

 

Tant que les maires du palais d’Austrasie et ceux du palais de Bourgogne furent nommés temporairement, l’autorité royale ne fléchit point, le souverain demeura le grand juge de ses sujets ; mais, après le supplice de la reine Brunehaut (613), sacrifiée à la haine des seigneurs féodaux, la mairie du palais étant devenue, avec un titre viager, une royauté de fait, les monarques légitimes tombèrent sous la tutelle des futurs usurpateurs de leur couronne.

 

L’édit de 615, auquel concoururent l’aristocratie de l’Église et celle de l’État, accuse dans les lois et dans les mœurs un divorce complet avec le passé. En reprenant leur place dans la constitution française, les institutions germaniques forcèrent le roi mérovingien à redescendre au rôle passif, dénué d’influence et d’autorité, qu’exerçaient leurs prédécesseurs dans les forêts de la Germanie ; mais ils n’avaient plus, comme ceux-ci, le prestige du commandement militaire, ni le caractère d’arbitre ou de juge. Les canons du concile de Paris, confirmés par l’édit du roi, en date du 15 des calendes de novembre 615, renversent le système politique et légal, si laborieusement établi en Europe depuis le cinquième siècle.

 

C’est le pouvoir royal qui renonce à ses plus précieuses prérogatives dans le choix des évêques ; défense aux juges laïques de traduire un clerc devant les tribunaux ; interdiction au fisc de saisir les successions ab intestat, d’augmenter les impôts, les péages, et d’employer les juifs à la perception des deniers publics ; responsabilité des juges et des autres officiers du roi ; restitution des bénéfices enlevés aux leudes ; interdiction au roi d’accorder désormais des ordres écrits (praecepta) pour enlever les veuves riches, les jeunes vierges et les religieuses ; peine de mort contre ceux qui enfreignent les canons du concile.

 

Lieu d'assemblée des Francs
Lieu d’assemblée des Francs

 

De là naissent deux juridictions nouvelles : l’une ecclésiastique, protectrice du droit des faibles, l’autre seigneuriale, limitant l’absolutisme du roi ; juridictions entre lesquelles va se débattre, pendant plusieurs siècles, la royauté, de plus en plus amoindrie. Parmi les nations germaniques, le droit de justice fut, dès le principe, inhérent à la propriété territoriale, et ce droit portait sur les choses non moins que sur les personnes. C’était le patronage (patrocinium) du propriétaire, et ce patronage enfanta successivement dans chaque province et dans chaque féodalité les juridictions féodales, les privilèges seigneuriaux et le droit coutumier. On peut en inférer que, sous les deux premières dynasties, les lois étaient individuelles, et que chacun portait, pour ainsi dire, la sienne propre avec soi.

 

Le droit de juridiction semble tellement inhérent au droit de propriété, qu’un propriétaire terrien pouvait toujours imposer une trêve aux haines, aux vengeances personnelles, arrêter momentanément les poursuites judiciaires, et, en proclamant son ban, suspendre l’action de la loi autour de sa demeure, dans un périmètre déterminé ; ce qui se faisait d’habitude à l’occasion de quelque fête de famille, ou de quelque solennité publique, civile ou religieuse.

 

En ces circonstances, quiconque enfreignait le ban du maître de la maison et de sa terre devenait justiciable de sa cour et payait une amende à son profit. Le seigneur qui se trouvait trop pauvre pour composer cette cour d’une manière assez forte et imposante empruntait des pairs à son suzerain, ou se dessaisissait, entre les mains de celui-ci, du droit de justice, d’où naquit cette maxime des feudistes : « Autre chose est le fief, autre chose est la justice. »

 

La loi visigothe parle de seigneurs locaux tenant tribunal, à l’instar du juge d’office, du comte ou de l’évêque ; le roi Dagobert (629-639) fait figurer les juges privés avec les juges publics. Dans la loi lombarde, on cite des propriétaires qui, au double titre de seigneurs et de juges, s’emparent du droit de protéger les esclaves fugitifs réfugiés sur leur domaine. Dans un article de la loi salique, le seigneur répond de son vassal devant la justice du comte. II faut donc conclure de ces textes de loi que la justice seigneuriale s’exerçait indistinctement sur les serfs, les colons et les vassaux. Un capitulaire de 855 lui soumet de même les hommes libres qui résident chez autrui.

 

De ces textes divers ressort un fait curieux : il existait entre la justice officielle du comte ou de ses subordonnés et les justices privées une juridiction intermédiaire, une sorte d’arbitrage amiable exercé par les voisins (vicini), sans l’assistance des juges du comté, juridiction revêtue, néanmoins, d’un caractère d’autorité qui rendait ses décisions obligatoires.

 

Charles le Chauve recevant une délégation de moines venant de ToursAinsi, la compétence des justices seigneuriales avait des limites ; elles n’étaient ni absolument indépendantes ni souveraines et sans appel ; toutes fonctionnaient à peu près comme l’ont fait depuis les hautes, moyennes et basses justices du Moyen Age, au-dessus desquelles primait la justice du roi. La faculté accordée aux gens d’église, évêques, abbés, abbesses, qui, devenus seigneurs temporels, exerçaient une juridiction domestique, devait s’arrêter devant la judicature du comte, à plus forte raison devant celle des missi dominici, délégués officiels du monarque. Charles le Chauve, malgré les concessions énormes qu’il fit à la féodalité et à l’Eglise, ne leur céda jamais le privilège de juger et de décider en dernier ressort.

 

Pendant toute la durée de l’époque mérovingienne, le mahl (mail), assemblée générale et régulière de la nation, avait lieu au mois de mars. Tous, grands et petits, s’y rendaient en armes ; on y traitait, sous la présidence du monarque, des intérêts politiques, commerciaux et judiciaires du pays ; ce qui n’empêchait pas d’autres réunions accidentelles de la cour du roi (curia regalis), chaque fois qu’on en reconnaissait l’urgence. La cour formait alors parlement (parlamentum).

 

D’abord exclusivement militaire et barbare, le parlement, à dater de Clovis, offrit un personnel mélangé de Francs, de Burgondes, de Gallo-Romains, de lètes-propriétaires, d’ecclésiastiques. A mesure que le gouvernement féodal s’organise, la convocation des assemblées nationales devient plus utile et l’exercice de la justice plus compliqué. Charlemagne décida qu’il y aurait tous les ans deux mahls, l’un au mois de mai, l’autre en automne, et, de plus dans chaque comté deux plaids annuels, sans préjudice des mahls et plaids extraordinaires qu’il lui conviendrait d’ordonner. En 788, l’empereur reconnut la nécessité de trois plaids généraux, et, en outre, il se plaisait à convoquer ses grands vassaux ecclésiastiques et laïques aux quatre fêtes principales de l’année.

 

Portrait imaginaire de Charlemagne, par Albrecht Dürer. Le manteau et les blasons au-dessus de sa tête montrent l'aigle allemand et le lys français.L’archevêque Hincmar a tracé un tableau complet des champs de mai, et l’on remarque, suivant Guizot, que « Charlemagne le remplit seul. Il est le centre et l’âme de toutes choses, des assemblées nationales comme de son propre conseil. C’est lui qui fait qu’elles se réunissent, qu’elles délibèrent ; qui s’enquiert de l’état du pays, des nécessités du gouvernement ; en lui résident la volonté et l’impulsion ; c’est de lui que tout émane pour revenir à lui. » Le peuple n’a aucun rôle dans ces assemblées, et les grands n’y figurent qu’à titre consultatif. On peut dire que du règne de Charlemagne date véritablement l’implantation de la royauté dans le domaine légal du droit commun.

 

La royauté, qui s’appuie sur la loi, prend dès lors des racines si profondes, qu’elle se maintient debout, malgré la faiblesse des successeurs du grand Charles, malgré l’empiètement progressif des grands vassaux de la couronne. Aux intempérances des haines privées, des inimitiés de famille, que signalait l’érection permanente de fourches patibulaires auprès de chaque demeure ; aux passions brutales d’un chef ou d’un juge, souvent seul, sans assesseurs, et qui n’avait d’autre bourreau que lui-même, d’autre instrument de supplice que la hart ou la corde, sinon sa hache ou son épée, succédait l’action autoritaire d’un tribunal représentant la société, tribunal qui repoussa le défi, la guerre impitoyable d’homme à homme, de famille à famille, et dont le premier soin fut de garantir, non la vie de l’homme, c’était impossible en ces temps d’aveugle barbarie, mais du moins sa demeure. Insensiblement, l’inviolabilité de la maison s’étendit à des villes de refuge, à certains lieux publics, à l’église, au mahl, ou lieu des réunions nationales, au marché, à la taverne, etc. On voulait que l’accusé, innocent ou coupable, demeurât inviolable, depuis l’instant de la faute commise jusqu’au jour du jugement.

 

Circonscrit dans l’espace, le droit de vengeance ne le fut pas moins dans le temps. On lui enleva successivement le dimanche, les principales fêtes de l’année, tout l’avent, la semaine de Noël jusqu’à l’Épiphanie, les octaves de l’Ascension jusqu’à la Pentecôte, les quatre-temps, quelques vigiles ou veilles de fête. « Le pouvoir du roi, dit un écrivain sagace et judicieux, participait aussi, dans une certaine mesure, de celui de Dieu et des saints ; il imposait sa paix aux passions humaines : il la donnait par son scel, il la donnait avec la main ; il l’étendait sur toutes les grandes lignes de communication, sur les forêts, les principaux cours d’eau, les routes de premier et de second ordre, etc. La trêve ou paix de Dieu (1041) fut l’application logique de ces principes d’humanité. »


 

Roi carolingien dans son palais, sous les traits de la Sagesse
Roi carolingien dans son palais, sous les traits de la Sagesse, qui fait appel à tous les humains

 

On aurait tort de croire que la justice se dispensait alors des formalités et des atermoiements réguliers, qui devaient être la garantie de ses décisions. Nul n’était mis en cause sans avoir été préalablement assigné à comparaître devant le tribunal. Sous les Carolingiens, comme aux époques antérieures, la lune était prise pour régulatrice des termes d’assignation. On assignait, de préférence, au jour du premier quartier ou pendant la pleine lune ; on assignait par lunaisons ou par quartier de sept nuits en sept nuits.

 

L’assignation se faisait quatre fois, après lesquelles, si l’inculpé n’avait pas comparu, il perdait le bénéfice du débat contradictoire. La loi salique n’admettait même que deux assignations devant le comte, à quarante nuits d’intervalle l’une de l’autre. La troisième avait lieu quatorze nuits après, devant le roi, qui mettait l’inculpé hors de sa parole, confisquait ses biens et lui interdisait toute espèce d’asile, lorsqu’au quatorzième jour, avant le coucher du soleil, il ne s’était point présenté.

 

Chez les Visigoths, la justice était également hiérarchique, depuis le comte jusqu’au dizenier. Chaque officier magistrat avait son tribunal, sa compétence. Ces juges appelaient près d’eux des assesseurs, tantôt rachimbourgs, pris au hasard parmi les hommes libres ; tantôt scabins ou échevins (scabini), revêtus d’un caractère officiel et permanent. Les scabins, créés par Charlemagne, furent d’abord des magistrats élus. Ils étaient sept pour chaque siège ; eux seuls instruisaient les causes et préparaient la sentence. Le comte, ou son délégué, ne faisait que présider le tribunal et prononcer l’arrêt.

 

Tout vassal, défendeur, jouissait du droit d’appel au souverain. Le roi seul et sa cour prononçaient sur les conflits élevés entre seigneurs ecclésiastiques et laïques, entre particuliers compris dans la truste ou dans le protectorat royal. Au souverain, aux missi, au comte palatin, étaient exclusivement déférées les affaires criminelles. Le comte palatin jugeait en dernier ressort toutes les causes, telles que révoltes, séditions, luttes à main armée, où la paix publique se trouvait compromise.

 

Déjà, du temps de l’invasion, les Francs, les Bavarois, les Visigoths procédaient par enquête dans l’instruction des causes, et, avant de recourir aux épreuves judiciaires, ils invoquaient le témoignage et le serment ; alors celui qui jurait était absous. Ce système, honorable sans doute pour la dignité humaine, était une source d’abus, qu’on crut éviter, en appelant au serment la famille ainsi que les amis de l’accusé. Ils levaient la main sur un crucifix, sur des reliques ou sur une hostie consacrée. Ces témoins, nommés conjurés, venaient attester devant les juges, non le fait en lui-même, mais la véracité de celui qui invoquait leur témoignage.

 

Le nombre, la qualité des conjurés variait d’après l’importance de l’objet en litige. Grégoire de Tours rapporte que le roi Gontran (584-592) ayant élevé des soupçons sur la légitimité de l’enfant qui fut Clotaire II, Frédégonde, sa mère, en appela au témoignage des seigneurs neustriens ceux-ci jurèrent, au nombre de trois cents notables, ayant à leur tête trois évêques (tribus episcopis et trecentis viris optimis), et la reine fut déclarée innocente.

 

La loi des Burgondes et la loi des Angles, plus exigeantes que celles des races germaniques, mettaient les armes aux mains des plaideurs. Après avoir employé les épreuves au fer rouge et à l’eau bouillante, les Francs adoptèrent le duel judiciaire. Les épreuves ou ordalies étaient regardées comme le jugement de Dieu. Le chroniqueur Aimoin raconte qu’on y eut recours pour décider dans une querelle survenue entre Louis le Germanique et son frère Charles le Chauve : dix hommes furent soumis à l’épreuve de l’eau bouillante, dix à celle de l’eau froide, dix à celle du fer chaud. « Cette dernière épreuve, dit Chéruel, consistait à prendre avec la main nue un fer rougi au feu, ou à marcher pieds nus sur un fer brûlant. L’épreuve du feu était une des plus solennelles : on élevait deux bûchers dont les flammes se touchaient ; l’accusé, une hostie à la main, traversait rapidement les flammes et, s’il n’en recevait pas d’atteinte, il était réputé innocent. »

 

Les condamnés à l’épreuve de l’eau, froide ou bouillante, assistaient d’abord à la messe, avec leurs parents et amis. S’ils se prétendaient innocents, on les admettait à la communion. Puis le prêtre conjurait l’eau qui devait servir à l’épreuve. « Cela fait, on déshabillait ceux qu’on exposait au jugement de l’eau froide et, après leur avoir fait baiser l’Évangile et la croix, on les arrosait d’eau bénite ; on leur liait la main droite avec le pied gauche, et on les jetait dans une rivière ou dans une cuve, en présence de tout le monde. S’ils allaient au fond, comme c’était naturel, ils étaient réputés innocents ; si, au contraire, ils venaient sur l’eau, on disait que cet élément les rejetait, et on les tenait pour convaincus du crime qui leur était reproché. »

 

L’épreuve de l’eau chaude consistait à plonger le bras dans une chaudière d’eau bouillante pour en retirer un menu objet qu’on y avait jeté. Ces épreuves restèrent en usage dans toute l’Europe jusqu’au XIIIe siècle.

 

Quant au duel judiciaire, considéré comme l’ordalie par excellence, il fut imposé d’abord aux parties, puis aux témoins, et quelquefois aux juges eux-mêmes. A partir du règne de l’empereur Othon le Grand (936), le duel judiciaire, restreint primitivement aux cas les plus graves, fut introduit dans presque tous les débats devant les tribunaux ; on n’en excepta ni les femmes, ni les vieillards, ni les enfants, ni les infirmes. Quand on ne pouvait se battre par soi-même, on produisait un champion, qui n’avait pas d’autre métier que de prendre en main les querelles d’autrui.

 

Les gens d’église devaient se battre également par procuration. Le champion ou avoué se faisait payer d’avance, bien entendu. Dans certains cas, le duel judiciaire semble avoir été déféré même contre un animal, si la légende du chien de Montargis repose sur un fait véritable. Louis le Gros tenta de réformer la coutume des ordalies, et Louis VII l’autorisa seulement en de rares circonstances. Louis IX voulut y substituer la preuve par témoins, mais le préjugé était tellement enraciné qu’il résista encore plus d’un siècle.

 

 

Source: http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article8025

 

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/419K4PV6QCL._BO2,204,203,200_PIsitb-sticker-arrow-click,TopRight,35,-76_AA300_SH20_OU15_.jpgSur ce sujet, lire "La Justice du Roi" d'Arlette Lebigre

 

Et pour aller plus loin:

> Clovis et son temps (film de Jean-jacques Barsac)

> Histoire du peuple français

> "Francia" : les origines de la France

> "La vraie révolution, celle qui transforme complètement la vie" a été "accomplie" par Jésus" (Pape François)

> Les sacrifices humains en Grèce et à Rome

> L'abolition de l'esclavage : qui a aboli l'esclavage le premier ?

> La femme au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime : l'exclusion des femmes ne date pas des "siècles obscurs" mais vient plus tard, de la modernité

> L'invention de la laïcité

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Publié par Ingomer - dans Histoire
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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 17:23

Excellente conférence de Marion Sigaut à Paris, le 15 juin 2013, sur le sujet intitulé "comprendre les Lumières : aux sources de la prolétarisation du monde ouvrier". Marion Sigaut mentionne quelques francs-maçons à l'origine de la société dite "libre & égale" dans laquelle on se débat tous aujourd'hui comme on peut ! Bravo et merci à Marion Sigaut pour cet exposé didactique, et bon visionnage à tous. 

 

 

Extrait:

 

  • « Il y a une chose qu'on ne sait pas, c'est que si les ouvriers sont devenus des prolétaires, c'est-à-dire des gens pauvres, vivant mal de leurs revenus, c'est à la Révolution française qu'on le doit. Et ce sont les Lumières qui ont théorisé cela. C'est le sujet de ma conférence aujourd'hui.
  •  
  • Depuis le 'Moyen-Âge' jusque la période qui nous intéresse, les métiers étaient organisés en corps ou en corporations. C'est-à-dire que vous ne pouviez pas exercer un métier quelqu'il soit sans intégrer une coporation. C'est-à-dire une société qui va vous faire passer un examen, qui va vérifier que vous travailler bien, qui va vous faire entrer en apprentissage etqui va vous protéger, vous surveiller, vous paterner. C'est très paternaliste. 
  • Et à l'époque des Lumières, la critique des corporations va se déchaîner. C'est Vincent de Gournay (1712-1759) qui sera à l'origine de toute la guerre contre les corporations. Il dit des corporations qu'elles étaient "nuisibles" : "elles gênent la circulation des marchandises, elles sont trop chères, elles dissuadent les gens de prendre des risques". À cette époque, explique Marion Sigaut, les corporations assurent la sécurité de l'emploi, donc elles "dissuadent les gens de prendre des risques". Et ce qu'explique Gournay, c'est que les forces du marché feront beaucoup mieux que la police et la justice : le client décidera de la qualité d'un travail. Or, la qualité d'un travail est vérifié par la corporation qui a sa police. Un travail mal fait ne sera pas mis sur le marché (c'est interdit par la corporation). Pour Gournay, tout est à jeter dans la corporation.
  •  
  • À partir de 1750, l'Encylopédie va emboîter le pas de Gournay. À l'article "Communauté commerce", il est écrit : "le gain assuré des corps de métiers, ou de marchands, les rend indolents et paresseux, pendant qu'il exclut des gens forts habiles à qui la nécessité donnerait de l'industrie". Cela veut dire que les corporations donnent la sécurité de l'emploi à des gens qui pour la peine tirent au flan : les ouvriers sont des tire au flan. Donc il faut leur mettre au-dessus de la tête le danger de perdre leur travail ! "La nécessité leur donnerait de l'industrie". Ils disent que la corporation ne permet pas la concurrence et que de ce fait elle asphyxie l'économie. L'argument sera que le "droit au travail" appartient au Peuple, c'est-à-dire que critiquer la corporation va être présentée comme la défense de l'ouvrier. L'ouvrier a le droit de travailler et la corporation l'en empêche puisqu'elle lui met des conditions pour entrer. Ils expliquent que le marché est forcément juste. L'intérêt du marchand ou du fabriquant est d'être de bonne foi. Où l'intérêt commande, il ne faut point de loi. Ils y croyaient ou en tout cas ont fait semblant d'y croire. C'est tout le credo libéral. Et ils disent que l'ordre naturel implique que la concurrence supplée à tous les règlements. On va abolir tous les règlements et la concurrence va supplée : "la concurrence fixe le juste prix" (loi de l'offre et de la demande), elle garantit la bonne foi, elle aussure la circulation des biens, et pour installer la concurrence il faut supprimer tous les règlements, c'està-dire tous les privilèges. Le marché (qu'il est question d'instaurer) ne connait que des individus, qui ne peuvent communiquer avec les autorités qu'à titre individuel (alors que les corporations en tant que corps, elles atteignent le roi, et c'est cela que l'on va supprimer).
  •  

Le reproche qui était de faire passer les fils de maître avant les autres ne résiste pas à l'analyse, parce qu'une statistique a été faite qui dit qu'entre 1758 et 1775, les 4/5ème des maîtres étaient extérieurs à la reproduction héréditaire. C'est-à-dire que c'est un mensonge de dire que la maîtrise favorise les fils de maître, pas plus que pour 1/5ème. En fait cla corporation c'était l'ascenseur. Vous pouviez être ramassé dans le ruisseau, entrer en apprentissage, et devenir maître. Toutes les belles choses qu'on a en France, tous les bâtiments, tous les beaux meubles, tous les beaux bijoux, tout ça c'est les corporations qui les ont faites. Reagardez la différence entre un immeuble fait aujourd'hui et un immeuble d'il y a deux cent cinquante ans.

 

En fait, les corporations assuraient la protection sociale. Ca c'est très important.

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  • ... La loi Le Chapelier (1791). C'est ce qui a interdit aux ouvriers de se syndiquer jusqu'à la fin du XIXe siècle.
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  • Les corporations assuraient la protection sociale. Ca c'est très important. 
  • Ex: la corporation des orfèvres. Ils avaient des maisons de retraite avec des lits gratuits; des fonds de fonctionnement avec lesquels ils payaient des religieux à plein temps pour faire fonctionner ces maisons de retraite et ces organismes de secours. Ils aidaient les vieux, les malades et les indigents, c'est-à-dire qu'ils faisaient de la charité publique. Ils fournissaient des prêts aux maîtres : un maître voulait investir, la corporation lui fournissait le prêt et souvent ils refusaient de les poursuivre en cas de non-remboursement, c'est-à-dire que la solidarité passait avant le reste. Ils aidaient parfois à domicile ou organisaient des ateliers collectifs pour ceux qui ne pouvaient pas se débrouiller tout seul. Qui fait cela maintenant en France ? Personne. Et ils leur fournissaient les outils et les matières premières. C'est-à-dire que si vous étiez tombé dans l'indigence, on pouvait vous aider vraiment à remettre le pied à l'étrier. Source: travail de Bigot de Sainte-Croix, 1767.
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  1. Description de cette image, également commentée ci-aprèsArrive 1775. Turgot arrive au pouvoir, Louis XV est mort (en 1774). Turgot, un "homme des Lumières disait-on à Louis XVI, arrive, il va libéraliser le prix des subsistances, déclencher la guerre des farines, dit : "Donnez-moi cinq années de despotisme et la France sera libre". Il veut "libérer" la France des corporations et des jurandes. C'est dit-il "le plus grand pas qu'ait à faire l'administration vers la régénération du royaume".
  2.  
  3. Le dogme "laissez-faire, laissez passer", c'est à ce moment-là que cela se joue. Laisser faire c'est laisser les ouvriers travailler sans les corporations; laisser passer c'est laisser passer les marchands et les marchandises.
  4.  
  5. Turgot abolit les corporations en février 1776. Et il le fait par lit de justice c'est-à-dire que le roi sait que le parlement ne voudra pas enregistrer, donc il se déplace en personne au parlement et il force l'enregistrement de l'abolition des corporations.
  6.  
  7. Les critiques pleuvent. Droit dans ses bottes, Turgot n'en a cure. Séguier, magistrat et avocat du roi, dit à Louis XVI : "Le but qu'on a proposé à Votre Majesté est d'étendre et de multiplier le commerce en le délivrant des gênes, des entraves, des prohibitions introduites dit-on par le régime réglementaire. Ce sont Majesté, ces gênes, ces entraves et ces prohibitions qui font la gloire, la sûreté, l'immensité du commerce de la France". Donc il n'y avait pas que des imbéciles à la Cour et au parlement.
  8.  
  9. Des gens ont dit "c'est l'apocalypse". Turgot, en réponse, a fait interdire tout écrit contraire à la suppression des jurandes.
  10.  
  11. Les gens disaient :"On va éteindre le sentiment de l'honneur". À cette époque, quand vous étiez incorporé vous aviez un très fort sentiment d'honneur. L'honneur du travail bien fait. L'honneur d'être incoporé, l'honneur d'être reçu. Ils dirent : "il n'y en aura plus que pour l'argent". C'est exactement cela qui s'est passé. Et ils craignaient également l'invasion des Juifs: comme la France étaient entièrement intégrée dans la France catholique, un juif ne pouvaient pas être incorporé.
  12. ... En fait, les gens qui ont vu le danger, c'était plutôt des gens hauts placés. Mais à la base, chez les ouvriers, cela a été une explosion de joie : "vive la liberté!" On a vu des ouvriers qui plantaient là leur maitre et allaient au cabaret pour arroser ça.

  13. Turgot a supprimé les corporations sans avoir rien prévu pour la suite. On a vu des files d'ouvriers venir s'inscrire pour exercer le commerce. Parce qu'il fallait quand même être inscrit! Quelques heures après le lit de justice, des commissaires ont investi les coporations avec l'aide du guêt. Ils ont compté les tables, les chaises. Ils ont posé les scellés sur les rideaux, les tableaux, les objets de procelaine, d'étain, les registres, les procès verbaux d'assemblée, les contrats de réception des maîtres, ils ont volé les archives, ils ont pris tout ce qui faisait la vie des corporations, ils ont confisqué l'argent liquide, l'argenterie, tout le matériel de valeur servant aux rituels de la conférie. Parce qu'il y avait des rituels. On était dans une société catholique, ce n'était pas des rituels maçonniques, c'était des rituels catholiques. Ils ont vendu à l'encan, pour rembourser les dettes des corporations, tous les biens. Certains pour des prix dérisoires. C'était un cauchemar, les incorporés ont vu partir toute leur vie à l'encan, à la porte de ce qui avait été leur monde. Tout ce qui avait été librement réglé par leurs aïeux se trouvaient désormais entre les mains du lieutenant-général de police.

  14. Turgot a été renvoyé quelques mois après (1776). À son renvoi, le roi restaura les corporations, mais sous une forme nouvelle. Il promulgua en février (édit de février) et en août deux édits rétablissant les corporations, reconnaissent que la société est bien constituée de groupes stratifiés et non d'individus isolés. On rétablit la corporation en tant que corps, l'apprentissage, on maintient l'exclusion des Juifs. Louis XVI réduit le nombre des corporations.

http://www.christ-roi.net/images/5/5b/Philippe_d%5C%27Orl%C3%A9ans_ou_Philippe_Egalit%C3%A9.JPG... Le duc d'Orléans, bientôt appelé "Philippe Egalité", libéral et fier de l'être : c'est lui qui a organisé les "chahiers de doléance" sur son ressort. Il a distribué des cahiers de doléances modèles (il n'y avait plus qu'à remplir !) et envoyait ses instructions à ses représentants au baillage, dès mars-avril 1789, intitulées "besoins nationaux les plus pressants", dans lesquelles on lisait : "il doit en être de même - un régime de liberté sans entrave - de la faculté de travailler et de produire, d'échanger et de consommer". C'est-à-dire qu'il organise sur son ressort des cahiers de doléances dans lesquels il demande la supression des corporations en disant "vous signez là!" Le duc d'Orléans était franc-maçon. C'est tout l'argumentaire de Turgot qui a été présenté dans des cahiers pré-remplis par le duc d'Orléans.

 

Qui se positionne au début de la Révolution en 1789 contre les corporations ? Mirabeau (franc-maçon, qui déclara à l'entrée de Louis XVI aux Etats généraux, en montrant le roi : "Voilà la victime", NdCR.) dit : "l'Etat ne peut exercer quiconque d'exercer le métier qu'il veut" (évidemment, présenté comme cela) ; Sieyès (abbé apostat, membre du Club des "Jacobins", franc-maçon, doublé d'un régicide, qui rédigea le Serment du Jeu de Paume du 20 juin 1789, disait à qui voulait l'entendre qu'il «cherchait un sabre» capable de régénérer le régime républicain, au besoin par la force,... On ne fait pas une omelette sans casser des oeufs ! La fin sanctifiant les moyens dans la Secte, NdCR.) dit : "le monopole dégrade la qualité du travail et fait monter les prix en étouffant la concurrence" (comme si les prix n'allait pas monter en flèche!); Rolland a salué la Révolution comme "la fin nécessaire des coporations qui sont le privilège dégradant de l'esprit de corps. ... Seule une logique individualiste peut produire des sociétés authentiquement altruistes" (en faisant chacun pour soi, c'est là que l'on va être généreux!...)

Ils disent : "les corporations sont contraires à la justice naturelle, à l'humanité et aux principes fondamentaux des droits de l'homme et du citoyen". Les corporations sont incompatibles avec les nouveaux codes révolutionnaires.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d5/Isaac_Ren%C3%A9_Guy_le_Chapelier_%28Jean_le_Chapelier%2C_1754-1794%29%2C_French_politician.jpg/200px-Isaac_Ren%C3%A9_Guy_le_Chapelier_%28Jean_le_Chapelier%2C_1754-1794%29%2C_French_politician.jpgQue se passe-t-il la nuit du 4 août (1789) ?

 

La nuit du 4 août, dans toutes les campagnes, la paysannerie se rue sur les chateaux, va chercher tous les titres de propriété, tous les anciens accords passés entre les seigneurs et la population et ils les brûlent.

 

À l'Assemblée, une réunion préparatoire à la séance se tient une nuit durant avec 100 députés qui préparent la destruction des privilèges, des classes, des provinces, des villes et des corporations. C'est-à-dire qu'avant la "nuit du 4 août" vous n'avez que 100 personnes qui la préparent et cela on ne vous le dira pas. La séance du 4 août est présidée par le franc-maçon Isaac-René Guy le Chapelier. La "déclaration des droits de l'homme" qui suivra (ramènera l'homme à l'état sauvage, NdCR.) célébrera la liberté qu'a chacun de travailler comme il veut, où il veut s'il ne nuit pas. Vous avez des ouvriers qui brandissent la déclaration, qui vont s'installer où ils veulent, qui quittent leur maitre sans préavis, qui ne se font plus enregistrés, qui désertent les boutiques et volent la clientèle de leurs anciens maîtres. Liberté, liberté !

 

Or, la suppression des corporations à partir de la nuit du 4 août, les corporations n'ont pas été supprimées de droit pendant cette nuit, mais comme on a supprimé les privilèges et qu'on a dit "liberté", elles ont été supprimées de fait. Un député par exemple a écrit à ses électeurs que les corporations ont été "abolies à l'unanimité". C'est pas dans le rapport de la nuit du 4 août, mais c'est comme cela que les gens présents l'ont entendu. La suppression des privilèges (des droits privés que le Roi accordait à une corporation) entrainait abolition des corporations. Un autre a écrit dans son journal le 5 août : "suppression des jurandes". Ce n'était pas marqué, mais c'est comme cela que les gens l'ont compris. La plupat des journaux ont également annoncé la suppression des corporations au 5 août au matin... Et le 13 août, le Journal d'Etat du citoyen écrit : "l'industrie est libre et l'intelligent ouvrier, capable de gagner pour lui-même et sa famille ce que gagne sur lui un maître avare et quelques fois ignorant, ne sera plus obligé d'être riche pour avoir le droit d'exister".

 

Au cours de l'été 1790, en réponse à la hausse du prix du pain et à la misère croissante, vous avez des défilés dans le faubourg saint-Antoine. Les autorités veulent bien que les ouvriers aient tous les droits, mais individuellement, et pas celui de s'assembler. Quand les ouvriers commencent à s'assembler il faut absolument ne pas laisser faire. Et les ouvriers pouvaient bien organiser une messe à Sainte-Geneviève, mais il fallait qu'ils y aillent séparément ! C'est bien la foule qu'on redoute.

 

La loi d'Allarde (février 1791) sera l'acte de décès des corporations. La vision du monde était libérale. On disait que la société n'est composée que d'indivus seuls et la liberté est l'idée force de l'action sociale. Pour préparer ce décret, ils firent un coup monté en créant une pseudo pétition venue de Lyon, dite "adresse signée par 2316 citoyens", réclamant "l'abolition immédiate des corporations en raison de leurs odieuses iniquités et de leurs incompatibilité avec les lois de la nature et de l'esprit de la Révolution". Le baron d'Allarde qui était un pro-physiocrate (théoriciens du libéralisme), siégeait alors au comité des contributions publiques. Donc il n'était pas censé s'occuper des corporations. Il a présenté au comité de l'agriculture et du commerce un projet de loi remaniant les droits perçus sur les marchandises entrant dans les villes, qui inclut une clause qui va supprimer les maîtrises et les coporations dont il dit "depuis longtemps désirée par les citoyens". En réalité, on ne leur pas demandé leurs avis.

 

Il présenta également à l'assemblée un projet de patente destinée à autoriser tout marchand ou artisan à exercer le métier de son choix contre paiement aux autorités d'une patente. Il a cité Turgot et définit la "liberté de travailler" comme "l'un des principaux droits de l'homme, la première propriété, la plus sacrée". Et la loi est passée. Les corporations ont été abolies le 1er avril 1791. "Il sera libre, dit la loi, à toute personne de faire tel négoce ou d'exercer telle profession, art ou métier qu'elle trouvera bon", à condition de payer.... "Et de s'engager à se conformer aux règlements de police qui sont ou pourront être faits"... Et la police échappe au monde ouvrier : la police, cela va être maintenant l'autorité supérieure qui va la gérer.

 

La patente, qui vient d'être inventée, est calculée sur le loyer. Le riche horloger en chambre va payer la même patente que le pauvre charron avec son vaste local... Et Celui qui ne paiera pas sa patente ("liberté, liberté!") se verra interdire l'accès aux tribunaux, n'aura pas le droit de rédiger des actes devant notaire, de se présenter aux élections des tribunaux de commerce, sera menacé de confiscation de ses marchandises et d'amende se montant à 4 fois le prix de la taxe.

 

Qui a protesté contre la suppression ? L'Ami du Roi, un journal royaliste, et L'Ami du Peuple (de Marat).

 

Le Chapelier à l'Assemblée cita abondamment à l'Assemblée Jean-Jacques Rousseau, théoricien du "entre l'individu et l'Etat, il n'y a rien": "il n'y a que des individus séparés et la Volonté générale". Il dit: "Il est sans doute permis à tout citoyen de s'assembler paisiblement et sans armes, mais il ne doit pas être permis aux citoyens de la même profession et du même Etat de s'assembler pour leur prétendu intérêt commun. Car il n'y a plus de corporation ni de société, il n'y a plus d'intérêts communs, il n'y a plus que des intérêts individuels et l'intérêt général pour la chose publique." Ca c'est du Rousseau. Robespierre n'a rien dit et la presse non plus. C'est le triomphe de Turgot. Chaque contrat de travail serait signé individuellement entre un ouvrier et un employeur qui, en termes civiques, étaient effectivement égaux. C'est "l'égalité" de la Révolution.

 

Conséquence : d'un côté on a des individus poursuivant chacun ses intérêts propres, de l'autre un Etat mandaté par le  "Peuple souverain" et "représentant l'intérêt général". Vaste plaisanterie... Le modèle ne comprend plus aucun corps intermédiaire. La Révolution est faite.

L'ancien processus de sélection s'est effacé devant la marchandisation.

C'est l'argent le nouveau critère.

L'argent sera le seul et unique prix de la maîtrise. Vous voulez vous installer comme charpentier ? Payez.

Le nouveau système relève de l'économie de marché et non plus de l'économie morale.

L'ouvrier sera tenu de s'incliner non plus devant l'autorité morale du maître, mais devant les exigences expresses de l'Etat, avec pour chapoter le tout, la police.  

 

Les francs-maçons eux-mêmes disent que c'est grâce à Le Chapelier "franc-maçon" que les grands principes de Jean-Jacques Rousseau ont pu être appliqués.

 

 

 

L'économie morale est battue en brèche par l'économie de marché, c'est le "libéralisme" apparu un siècle avant la révolution "française de 1789" avec la révolution anglaise. "Le libéralisme c'est l'anglomanie". Les ennemis des physiocrates et des Encyclopédistes c'étaient la monarchie absolue catholique.

 

Un ouvrier incorporé (avant 1789) ne connaissait pas le chômage et si un individu n'avait pas de corps et connaissait le chômage il était de totue façon secouru, soutenu et pris en main par une coporation. Ex: un domestique sans travail rencontre un domestique qui en a un et le lendemain il trouve du travail. Ce n'est pas l'Etat qui gère le travail, c'est la base qui se gère toute seule, ce n'est pas l'Etat qui s'en occupe. Le monde ouvrier d'Ancien Régime se gère, s'occupe de ses affaires et a l'oreille des autorités. Le roi reçoit régulièrement les corporations.

 

Si on devait revenir à ce système, cela pourrait partir de la base avec des métiers qui s'organisent seuls.

 

En France, le roi n'a pas voulu obéir aux riches : on lui a coupé la tête. Et ce n'est pas "le Peuple" qui a demandé ça. La façon dont on nous a présenté les choses (1789) est tronquée.

 

 

 

. Marion Sigaut - Les lumières : un antihumanisme

. Pourquoi l’oligarchie financière ne veut pas de l’économie sociale

. La vraie raison de la loi du 4 août 1789 dite de "suppression des privilèges"

 

 

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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 18:54

 

Entretien réalisé par Philippe Randa

 

Vous avez publié un livre sur l’affaire Galilée. S’agit-il vraiment de l’archétype du conflit entre “science” et “obscurantisme religieux” ?

 

Le géocentrisme était partout enseigné lorsque Johannes Kepler a prouvé l’héliocentrisme évoqué par Aristarque de Samos au IIIe siècle avant J.-C. Contrairement à ce que prétendent certains historiens, Copernic ne démontrait rien dans son livre, truffé d’erreurs et d’arguments grotesques, auquel Kepler – génie modeste, lui –, rendit alors un hommage excessif.

 

Description de cette image, également commentée ci-aprèsEn 1609, Kepler a décrit les orbites elliptiques des planètes autour du Soleil, expliquant les aberrations apparentes de leur course par les variations de la vitesse de leur trajectoire en fonction de leur éloignement ou de leur rapprochement du Soleil. Il anticipait ainsi le principe de gravitation universelle, énoncé par Isaac Newton en 1687. Jusque-là, héliocentrisme et rotation de la Terre sur elle-même furent combattus, aussi bien par nombre d’universitaires et de théologiens protestants, que par les moins évolués des catholiques. Dans les écoles juives et les universités musulmanes, on a continué d’enseigner le géocentrisme jusqu’au XVIIIe siècle. Paradoxalement, ce sont les jésuites des observatoires astronomiques de Rome et de Bavière qui, les premiers, ont admis les thèses de Kepler et les ont enseignées, alors que Galilée professait encore le géocentrisme à Padoue, puis à Pise.

 

Alors, pourquoi le procès de Galilée en 1633 ?

 

Parce que Galilée, parjure et fraudeur, a compromis la papauté au pire moment de la guerre de Trente Ans. Contrairement aux règles de l’Inquisition, Galilée fut fort bien traité. De sa propre initiative, il renia son œuvre à trois reprises, avant l’abjuration solennelle, sur ordre, du 22 juin 1633 (où les règles de procédure furent adoucies à la demande du pape Urbain VIII). Ni enchaîné, ni emprisonné, ni affamé et encore moins molesté, Galilée fut ensuite fêté par l’archevêque de Sienne, conserva ses pensions octroyées par le duc de Toscane et Urbain VIII, et résida dans sa villa d’Arcetri (en Toscane), où il mourut en 1642, d’insuffisance cardiaque, après avoir fait accomplir sa pénitence par ses deux bâtardes, nonnes toutes deux : réciter les sept psaumes de la pénitence, une fois par semaine trois ans durant ! Ce qu’il est convenu d’appeler « l’affaire Galilée » n’est donc qu’une machine de guerre que divers polémistes, au XVIIIe siècle, ont montée, sans grand succès alors, contre l’Église catholique. Et ce n’est qu’au XIXe siècle que cette polémique anticatholique remporta un énorme succès, jamais démenti depuis.

 

Pourquoi un athée revendiqué comme vous peut-il consacrer une biographie admirative à Jésus de Nazareth, prendre la défense de l’Église catholique dans cette affaire et celle du pape Pie XII durant la Seconde Guerre mondiale ?

 

Le sens de l’équité ne dépend pas de l’adhésion à un dogme, politique ou religieux. Seule importe la quête de la probable vérité.

 

L’affaire Galilée : une supercherie du sot XIXe siècle ? 208 pages.

 

Bernard Plouvier, auteur de "L’Affaire Galilée. Une supercherie du sot XIXe siècle?" est membre de l’Académie des sciences de New-York, auteur d’une dizaine d’essais historiques.

 

Source: http://www.bvoltaire.fr/bernardplouvier/bernard-plouvier-laffaire-galilee-une-supercherie-du-sot-xixe-siecle,33115

 

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Note de Christ-Roi. L'"affaire Galilée".

 

Pour donner un petit aperçu des découvertes que l'on peut faire quand on prend la peine de se documenter, voici quelques précisions à propos de "l'affaire Galilée".


Description de cette image, également commentée ci-aprèsGalilée (1564-1642) fut condamné pour avoir affirmé qu'il avait prouvé la théorie copernicienne, la rotation circulaire uniforme de la terre autour du soleil. Théorie qui est fausse : comme nous le savons aujourd'hui, la terre effectue un mouvement d'ellipse à vitesse variable autour du soleil.

 

Détails sans importance ?


1. Il se trouve que ce mouvement en ellipse est le seul qui explique les aberrations du système copernicien. Aberrations qui étaient déjà connues à l'époque.

 

2. De plus, ce mouvement en ellipse, l'astronome Kepler (1571-1630), contemporain de Galilée, l'avait déjà découvert par des calculs, et l'avait même communiqué à Galilée ! Mais celui-ci, du haut de sa superbe, ridiculisera cette découverte capitale, pour maintenir sa rotation circulaire uniforme, prouvée selon lui par le phénomène des marées. Preuve qui, elle, est totalement fausse, comme on le savait également à l'époque. Kepler d'ailleurs avait aussi donné la véritable explication des marées, liées à l'action conjointe de la lune et du soleil.


Mais au fait, à quoi fut condamné Galilée ? Fut-il brûlé vif ? ou bien fut-il pendu ?

Il fut assigné à résidence dans sa villa de Florence, où il continua ses travaux de mathématiques et où il finit paisiblement ses jours. Pour noircir un peu le tableau, les ouvrages "dans le vent" ajoutent qu'il mourut aveugle.

Pardon, j'oubliais : il fut également condamné à réciter chaque jour les psaumes de la pénitence. Il fit transférer cette obligation à sa fille, qui était religieuse.

 

 

 

. Le Moyen Âge n’a jamais cru que la Terre était plate !

. Jansénistes et jésuites (Marion Sigaut)

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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 15:00
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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 14:00

 

Christophe Colomb n’a jamais eu à démontrer que la Terre était ronde. Car tout le monde le savait déjà. Et depuis longtemps ! C’est ce que confirme l’ouvrage d’un historien américain, Jeffrey B. Russel, qui met à mal bon nombre d’idées reçues sur les géographes du Moyen Âge et de l’Antiquité (Cf. Jeffrey B. Russel, Inventing the Flat Earth. Colombus and Modern Historians, New York – Wesport – Londres, Praeger, 1991, NdCR.).

 

Image illustrative de l'article Nicole Oresme
Nicole Oresme, l’« Einstein du XIVe siècle »

 

Il commence par constater que les auteurs médiévaux affirment la rotondité de la Terre, comme le faisait Platon. Il examine ensuite l’apparition du mythe moderne selon lequel le Moyen-Age croyait la Terre plate. En fait ce sont des évolutionnistes libéraux américains qui ont créé de toutes pièces ce mythe aujourd’hui repris dans la presse et dans les manuels scolaires.

 

En cette année anniversaire de la découverte du Nouveau Monde [1], c’est un véritable déluge de publications qui s’abat sur nous ; à cette occasion, nombre d’idées reçues sont remises en question. L’une d’elles, selon laquelle les contemporains de Christophe Colomb croyaient que la Terre était plate, a trouvé son historien, Jeffrey B. Russel, dans un petit ouvrage décapant qui vient d’être publié aux États-Unis [2].

 

Considérons le cas de Christophe Colomb : les historiens ont depuis longtemps dénoncé la fable selon laquelle il aurait dû affronter les foudres des docteurs de Salamanque pour avoir osé prétendre que la Terre était ronde – sans quoi le passage des Indes par l’ouest était inconcevable. Certes, le découvreur a eu ses détracteurs et ses opposants, mais leurs arguments tenaient aux probabilités d’échec de l’entreprise.

 

Et ils avaient raison, puisque la distance qui sépare les îles Canaries du Japon est de deux cents degrés de longitude, là où Colomb, pour avancer son projet, voulait n’en voir que soixante. Mais nulle part dans ces discussions il ne fut question d’une sphéricité que le navigateur aurait dû démontrer.


 

La terre selon Ptolémée :

Traduction latine de Jacopo d'Angelo de la Cosmographia (Géographie, de Ptolémée)
Florence, vers 1465-1470
Manuscrit sur parchemin (48 x 40 cm). BnF, Manuscrits (Latin 4801 fol. 74)

 

Déjà au XVème siècle, l’affaire était entendue. La Géographie du Grec Ptolémée (90-168) est traduite en latin en 1410. Or cet ouvrage ne laisse subsister aucun doute sur la rotondité de la Terre : il est tout entier fondé sur le quadrillage de la sphère en degrés de latitude et méridiens de longitude.

 

Et le cardinal Pierre d’Ailly en a bien retenu toutes les leçons dans son Image du monde écrite en latin dès 1410. Mais avant ? Là où les médiévistes ont souvent été plus évasifs, Jeffrey Russell nous invite à voir partout et toujours la même représentation, les mêmes comparaisons. Pour les uns, la Terre est un œuf ou une balle, pour d’autres, une pomme ou une pelote.

 

PNG - 127.4 ko
Sur cet exemplaire de la Géographie de Ptolémée, imprimé à Ulm en 1482, on voit l’auteur tenant le globe terrestre (Bucarest, Musée national d’histoire)

 

Pour les philosophes John Holywood ou  Thomas d’Aquin au XIIIème siècle, Jean Buridan ou Nicolas Oresme au XIVème, nul doute n’est possible. Ces deux derniers évoquent même la rotation de la Terre sur elle-même !

 

patience...

Nicole Oresme, Le Livre du Ciel et du Monde, 1377 (in Paris, Bnf, Manuscrits, Fr. 565, f0 69).
En 1377, Nicole Oresme remet au roi de France Charles V, qui le lui avait commandé, un traité d'astronomie intitulé le Livre du ciel et du monde.
Source: http://expositions.bnf.fr/ciel/grand/1-025.htm
         
         
 
         

.

Faut-il remonter plus avant vers les « siècles obscurs », pour reprendre une expression chère aux Anglo-Saxons ? Là où un Isidore de Séville (mort en 636) semble entretenir certaines réserves, Bède le Vénérable au VIIIème siècle et Scot Erigène au IXème sont catégoriques : la Terre est ronde. Ils ne font d’ailleurs pas preuve d’originalité, puisqu’ils reprennent la tradition scientifique des compilateurs de l’Antiquité tardive, notamment Martianus Capella dont les Noces de Mercure et Philologie, écrites vers 420, connaissent une très large diffusion au Moyen Âge. Or Martianus affirme lui aussi sans ambages : « Elle [la Terre] n’est pas plate, elle est ronde. »

Il semble donc y avoir durant tout le Moyen Âge occidental unanimité sur la question.

Non sans quelques problèmes pour les philosophes et les cartographes. Ceux-ci veulent en effet représenter un œkoumène (l’ensemble des terres habitées) conforme aux connaissances de la période et, d’autant que possible, à la tradition biblique et évangélique. Dès lors, que Jérusalem soit au centre du monde ou le paradis à l’est, c’est une simple convention cartographique. Le géographe arabe Al Idrisi ne place-t-il pas, au XIIème siècle, La Mecque au centre de sa carte ? Et, au XXème siècle, ne discute-t-on pas encore de la « juste » représentation de l’hémisphère sud sur nos modernes mappemondes ? Plus délicat est le problème de la conformité aux enseignements de l’Église selon lesquels les Apôtres ont apporté la Parole « aux quatre coins du monde ». Car il faudrait que le Terre soit plate pour posséder quatre coins.

Ainsi s’explique l’hésitation d’Isidore de Séville ; pourtant saint Augustin lui-même (354-430) avait mis en garde contre le danger d’utiliser le sens littéral de l’Écriture. Lorsque les cartographes médiévaux nous présentent une Terre d’apparence plate et circulaire, c’est donc certainement une convention cartographique, parfois l’illustration d’une certaine tradition biblique, mais jamais la représentation d’un soi-disant dogme de la « Terre plate ».

D’où vient alors ce mythe, puisque mythe il y a ? De l’exploitation qu’on a faite, au XIXème siècle, de certains textes de l’Antiquité tardive. Cette époque avait bel et bien connu deux « théoriciens » de la Terre plate : Lactance (vers 265-345) d’abord, polémiste crédule, qui s’oppose ouvertement à la pensée scientifique (et païenne) de son époque, au moyen d’arguments simples mais combien efficaces : « Y a-t-il quelqu’un d’assez extravagant pour se persuader qu’il y a des hommes qui aient les pieds en haut et la tête en bas […] et que la pluie et la grêle puissent tomber en montant ? »


Darwin contre l’Église

Puis, deux siècles plus tard, en Égypte, Cosmas dit « Indicopleustès » (« le voyageur des Indes »), retiré dans un monastère du Sinaï, rédige sous le titre de Topographie chrétienne une vaste compilation géographique où la Terre plate occupe une place importante. Il faut cependant savoir que cet ouvrage volumineux, rédigé en grec et aux marges orientales de la Chrétienté, ne nous est connu aujourd’hui qu’à travers trois manuscrits médiévaux complets. Critiqué à Byzance dès le IXème siècle par le patriarche Photius, il est totalement ignoré de l’Occident médiéval. La première traduction latine de Cosmas date de 1705 ! Et c’est cet auteur, tout à fait marginal dans le monde grec et inconnu du monde latin, qui deviendra au XIXème siècle le symbole de l’obscurantisme médiéval !

Car ces visions farfelues du monde seraient restées aussi chimériques que les descriptions contemporaines de cynocéphales (hommes à tête de chien), si elles n’avaient été reprises par les positivistes et « progressistes » du XIXème siècle. La démonstration de Jeffrey Russell est ici tout à fait originale et convaincante.

S’il n’y a jamais eu de mythe médiéval de la « Terre plate », il y a bel et bien eu une légende moderne du « dogme médiéval de la Terre plate ». Russell traque son apparition puis sa diffusion, en France et aux États-Unis, tout au long du XIXème siècle ; il démasque à l’occasion quelques « coupables ».

Coupable, le premier, le romancier américain Washington Irving (1783-1859), dans un pastiche historique sur la vie de Christophe Colomb, publié pour la première fois en 1828.

Irving invente de toutes pièces une scène qui deviendra célèbre, dans laquelle le navigateur doit se défendre contre l’obscurantisme des docteurs de Salamanque incapables d’admettre que le Terre fût ronde [3].

Le roman connaît un immense succès et contribue à accréditer, outre-Atlantique, la vision d’une Église catholique dogmatique et intolérante. Coupable encore, en France, à la même époque, le très respecté Antoine-Jean Letronne (1787-1848), directeur de l’École des Chartes et professeur au Collège de France, qui dans la Revue des deux mondes, avance l’idée d’un dogme de la Terre plate chez les Pères de l’Église et d’une interprétation littérale de la Bible au long du Moyen Âge.

Coupables surtout, aux États-Unis à nouveau et principalement pendant la seconde moitié du XIXème siècle, nombre d’esprits libéraux qui souhaitent réfuter les arguments anti-évolutionnistes de l’époque. Nous sommes en effet en plein débat autour des thèses de Darwin sur l’évolution des espèces, que l’Église se refuse à admettre. Quoi de mieux, dès lors, pour combattre son étroitesse de vues, que de stigmatiser un obscurantisme plus général, dont le pseudo-dogme médiéval de la Terre plate deviendrait une sorte de cas exemplaire ? C’est la voie que suivent sans hésiter certains auteurs américains dans des ouvrages dont les titres à eux seuls sont tout un programme : Histoire du conflit entre religion et science de John Draper (New York, 1874) ou Histoire du combat entre la science et la théologie dans le Christianisme d’Andrew White (New York, 1896)…

L’idée d’un dogme médiéval de la Terre plate se diffuse dès lors dans les ouvrages de vulgarisation et les manuels scolaires. Elle correspond si bien à l’image que l’on se fait du Moyen Âge au temps de Victor Hugo ou de Jules Michelet qu’on la reçoit sans discussion.

Tant et si bien que malgré toutes les réfutations modernes, un auteur à succès pourtant bien informé comme Daniel Boorstin perpétue encore aujourd’hui ce mythe [4].

Preuve, s’il en était besoin qu’un petit essai comme celui de Jeffrey Russell est d’actualité et mériterait d’être traduit en français sans délai.

 

Michel Hébert, L’Histoire n°159, octobre 1992

 

Notes:

 

[1] Article publié pour la première fois dans la revue L’Histoire en 1992, ndlr

[2] Jeffrey B. Russel, Inventing the Flat Earth. Colombus and Modern Historians, New York – Wesport – Londres, Praeger, 1991.

[3] Washington Irving, The Life and Voyages of Christopher Columbus, rééd. Boston, J.H. Mc Elroy, 1981.

[4] Daniel Boorstin, The Discoverers, New York, 1983, trad. française, R. Laffont, 1988.

 

Sources : http://www.egaliteetreconciliation.fr/Le-Moyen-Age-n-a-jamais-cru-que-la-Terre-etait-plate-19073.html

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 22:42

 

 

L'association "Gaspard de la nuit" reçoit MARION SIGAUT pour une conférence intitulée "Revisiter l'humanisme des lumières".

Marion Sigaut, Historienne et auteur entre autres de "La Marche Rouge" et "L'énigme Damiens", nous fait découvrir le côté sombre du siècle des lumières.

PARTIE 1/2

 

 

 

PARTIE 2/2

 

 

 

- Marion Sigaut, la Marquise de Pompadour et l'énigme Damiens

- La guerre des juges contre l'Eglise et la monarchie au XVIIIe siècle (Marion Sigaut)

- Marion Sigaut - Les lumières : un antihumanisme

- Marion Sigaut - Les Lumières et l'essor du capitalisme

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