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Christ Roi

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 18:30

Le Congrès de Vienne de 1814 avait restauré les Bourbons sur le trône (Louis XVIII, frère cadet de Louis XVI), mais Napoléon tenta de revenir par un coup d'Etat, le 19 mars 1815. Voici l'histoire méconnue des raisons de la tranquillité de l'armée ("émoluments gargantuesques" versés par l'empereur), la diffusion d'une légende édifiée par la presse de l'époque "remise sous sa coupe après le 20 mars" . Par Daniel de Montplaisir :

 

Il y a deux cents ans, Napoléon réussissait le coup d’État parfait

Il y a deux cents ans, Napoléon réussissait le coup d’État parfait

 

Le 20 mars 1815, Napoléon réussissait le coup d’État parfait

 

Chacun sait que, malgré la mythologie des romans policiers, le crime parfait existe : chaque année un nombre substantiel de meurtres vient grossir le stock de ceux qu’on n’a jamais élucidés. Il en va différemment des coups d’État : ceux qui jalonnent l’Histoire depuis la plus haute Antiquité connue ont tous laissé leur lot de morts, de fractures politiques, de divisions des hommes, de frustrations et de plaies qui mirent souvent bien du temps à cicatriser. Sauf dans un cas, celui du 20 mars 1815. Louis-Joseph Marchand, valet de chambre de Napoléon, qu’il avait suivi à l’île d’Elbe et revenait avec lui aux Tuileries, a justement noté dans ses Mémoires : « la reprise du pouvoir sans qu’un coup de feu ait été tiré, une goutte de sang répandue et sans aucune conspiration intérieure, sera toujours au nombre des évènements merveilleux dont l’histoire des nations n’offre point d’exemple. » Faisant écho à la fameuse formule de Chateaubriand : « la conquête de la France par un seul homme. »

 

Bonaparte, le haï, le conspué tout au long de sa route un an plus tôt, et toujours très impopulaire selon la doctrine officielle, avait en vingt jours totalement inversé la situation, étrange phénomène que résuma parfaitement un pamphlet anonyme de l’époque : « Le Monstre a quitté l’île d’Elbe ; le Brigand a débarqué dans le golfe de Cannes ; l’Usurpateur est entré à Grenoble ; le Corse a reçu les autorités à Lyon ; Bonaparte a reçu le concours du maréchal Ney ; le Rival des Bourbons a revu Fontainebleau ; Sa Majesté impériale couchera ce soir aux Tuileries. »

 

Voilà deux cents ans que publicistes puis historiens se cassent le nez sur l’impossibilité de trouver une explication satisfaisante au phénomène. D’autant que bonapartistes et royalistes sont allés, chacun de leur côté, rechercher leur propre explication : l’appel du peuple pour les premiers, le sombre complot pour les seconds. On sait aujourd’hui qu’aucune des deux ne tient la route.

 

La légende d’un appel du peuple fut entièrement forgée par Napoléon lui-même et, bien sûr, a posteriori. D’abord édifiée par la presse remise sous sa coupe après le 20 mars, elle fut amplifiée par le Mémorial de Sainte-Hélène et reprise par les historiens bonapartistes dont le dernier fut Dominique de Villepin dans son ouvrage halluciné consacré aux Cent-Jours. Tous les témoins, tous les rapports administratifs de l’époque, attestent au contraire soit d’une hostilité populaire, notamment dans les régions du nord, de l’ouest et du sud-est (en dépit du débarquement surprise à Golfe Juan), soit d’une indifférence et d’un attentisme, souvent alimentés par la passivité royale, soit enfin d’une ignorance des évènements ayant précédé le 20 mars. Certes, des acclamations plus ou moins nourries fusèrent sur le passage de l’aventurier mais devant quelle puissance empanachée une foule ne se prosterne-t-elle pas ? Il suffit de revoir le film d’André Harris produit en 1972, Français si vous saviez pour s’en convaincre.

 

Même l’entrée aux Tuileries, le soir du 19 mars, ne fut guère triomphale. La ville était « amorphe » nous dit Louis Madelin ; « sans regret, sans espoir mais non sans inquiétude » ajoute le duc de Broglie ; « morne, inquiète et très peu bienveillante » confirme La Fayette ; observation confortée par le pourtant bonapartiste Lavalette : « l’indifférence semblait dominer tous les esprits. »

 

Emmanuel de Waresquiel a donc parfaitement résumé les choses en écrivant que le 20 mars 1815 fut « une révolution très particulière, sans le peuple, par le vide et par l’effondrement plus que par l’insurrection ».

 

C’est précisément pour camoufler ou pour justifier cet inexplicable effondrement du gouvernement de Louis XVIII que les royalistes forgèrent de leur côté la thèse du complot. Or les très nombreux historiens qui, depuis lors, se sont penchés sur la question n’ont trouvé aucune preuve, non de tentatives de complot – elle furent même très nombreuses à cette époque encore troublée - mais de complot ourdi en liaison le départ de l’île d’Elbe tel que décidé par Napoléon. Comme l’a sagement fait remarquer le toujours lucide François Guizot, « la fatuité des faiseurs de conspirations est infinie ». Et Dieu sait que tout au long de l’Histoire, cette manie explicative ne s’est jamais relâchée, ses tenants trouvant trop de bénéfices personnels à jouer les grands initiés. La thèse du complot fut, par exemple, soutenue par la comtesse de Boigne dans ses Mémoires d’une tante, tissu de fariboles sur la Restauration, hélas parfois utilisé par des historiens, et rédigé, non par l’auteur apparent mais par Alfred Cuvillier-Fleury, le précepteur du duc d’Aumale. La négritude en littérature ne date pas d’hier.

 

Comme souvent, ce sont des historiens anglo-saxons qui ont le plus fouillé les évènements et leurs conclusions concordent toutes. Ainsi le professeur de Cambridge John Cam Hobhouse, en outre alors présent à Paris, a écrit : « J’ai pris beaucoup de peine à m’assurer des faits et je suis persuadé, avec la généralité de ceux qui ont la réputation d’être les mieux informés, qu’il n’y eut aucun plan concerté (…) et que tout le projet et son exécution ne doivent être attribués qu’à la résolution hardie de Napoléon de retrouver sa couronne. » Rejoignant l’observation de Mme de Staël : « une des plus grandes conceptions de l’audace que l’on puisse citer dans l’histoire. »

 

Est-ce suffisant ? Encore aujourd’hui, on reste sceptique devant la facilité avec laquelle Louis XVIII abandonna son trône et celle avec laquelle Napoléon s’en empara.

 

Après avoir retourné les évènements comme les témoignages et les archives, on en arrive à la conclusion, partiellement satisfaisante, que si la Restauration, en mars 1815, n’avait pas vraiment d’ennemis, elle n’avait surtout pas vraiment de défenseurs, notamment dans l’armée.

 

A la différence des pronunciamientos, ce n’est pas l’armée qui, en 1815, renversa le gouvernement royal mais ce fut bien l’armée qui assura le succès du coup d’État. Non seulement sans tirer un seul coup de feu mais, par dessus-tout, sans avoir eu besoin de menacer personne, simplement en accompagnant le mouvement et provoquant son effet « boule de neige ».

 

Ce fut certainement la plus grande erreur de Louis XVIII et de son gouvernement d’avoir mal traité l’armée de Napoléon, non pas psychologiquement – car les discours de confiance ne lui manquèrent pas et les maréchaux d’empire furent bien mieux traités que les nobles campagnards demeurés fidèles à la légitimité pendant la période révolutionnaire - mais, tout bêtement, sur le plan matériel : les maréchaux conservèrent leurs titres mais leurs émoluments gargantuesques furent ramenés à un niveau plus décent ; quant aux demi-soldes, ils ne purent jamais comprendre que les finances publiques ne permettaient plus d’en assumer la charge. Toutes mesures parfaitement raisonnables mais frappant des esprits qui avaient désappris à l’être.

 

S’était ainsi formé un foyer de mécontentement, foyer éteint mais plein de braises et qu’un rien pourrait rallumer. Ce rien, ce fut un homme débarquant presque seul d’un bateau. Thierry Lentz a bien analysé le problème : « à tort ou à raison, la majorité des militaires considérait que celui qui les avait (…) portés si haut dans le respect de leurs concitoyens et dans les honneurs sauraient restaurer leurs « droits » dans une société en paix. » Dès lors, ils ne complotèrent pas en sa faveur, ils ne s’attaquèrent pas au pouvoir en place, ils ne braquèrent aucun canon contre quiconque ; ils se contentèrent simplement d’être là, quand personne n’y était plus.

 

Daniel de Montplaisir

 

Source: http://www.vexilla-galliae.fr/civilisation/histoire/1282-il-y-a-deux-cents-ans-napoleon-reussissait-le-coup-d-etat-parfait

 

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Publié par Ingomer - dans Histoire
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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 19:42

Suite du documentaire Les Rois de France (Merapi productions, AB productions, La Bibliothèque nationale de France)

(6) Les Rois de France - Philippe Auguste

Les Capétiens qui se succèdent sur le trône de France depuis 987 anticipe le sacre de leur fils aîné (de leur vivant) afin d'assurer leur succession. Le sacre légitime l'intronisation en la faisant correspondre à la concrétisation projet divin.

 

Philippe Auguste, la première Guerre de Cent Ans

 

Depuis le partage de l'empire de Charlemagne, la puissance publique ne cesse de s'émietter en France. Uen multitude de petits seigneurs contrôlent d'infîmes territoires, affaiblissant l'autorité centrale. Certains grands féodaux arrivent à canaliser ces forces centrifuges menaçant le pouvoir du Capétien, mais la logique de la pyramide féodale donne la possibilité au roi des Francs de fiefs en fiefs, de grands vassaux en grands vassaux, de faire remonter la réalité du pouvoir jusqu'à lui.

Pyramide féodale

Pyramide féodale

Deux évènements majeurs dans la deuxième moitié du XIe siècle changent la donne. La Première Croisade voit de Grands féodaux français créer des Etats latins en Terre sainte.

États latins d’Orient au XIIe siècle

États latins d’Orient au XIIe siècle

Et en 1066, le duc de Normandie, Guillaume le Conquérant, descendant des Vikings installés en Normandie, envahit l'Angleterre et déplace du même coup Outre-Manche la pyramide féodale en cours d'élaboration. C'est important parce que les héritiers de Guillaume vont s'associer aux fameux Plantagenêts. Cet évènement est à l'origine des deux guerres de Cent Ans, dont la première débute au milieu du XIIe siècle, et dont les hérauts s'appellent Aliénor d'Aquitaine, Louis VII le Pieux, Henri II Plantagenêt, son fils Richard Coeur de Lion, et Philippe II de France, dit Philippe Auguste.

Associé au trône dès 1101, le règne de Louis VI le Gros (1108-1137) ne débute réellement qu'en 1108, à la mort de son père Philippe Ier.

 

L'invasion germanique (1124) repousée par Louis VI est la "preuve la plus convaincante de l'existence du sentiment national" (Régine Pernoud).

 

Louis VI s'appuie sur un conseiller prudent et habile, l'abbé de Saint-Denis, Suger.

 

En 1124, Louis VI résiste à une coalition anglo-germanique: tous ses vassaux se mobilisent pour sauvegarder le pouvoir du Roi. Le duc de Bourgogne, le Comte de Champagne, le Comte de Flandre, le Comte d'Anjou, le duc de Bretagne, et le duc d'Aquitaine réponde à l'appel du Capétien. Et cela pour la première fois depuis l'avènement de la dynastie.

[En juillet 1124, l'invasion de l'empereur germanique Henri V (qui voulant aider son beau-père Henri Ier d'Angleterre, plus jeune fils de Guillaume le Conquérant, dans le conflit qui l'opposait au roi de France Louis VI pour la succession dans le duché de Normandie, envahit la France et avança jusqu'à Reims avec une puissante armée), vit  le capétien Louis VI faire appel à l’ost, lever en hâte une armée et convoquer les grands vassaux du royaume, qui tous envoyèrent des contingents.

 

Pour l'historienne Régine Pernoud, cette levée en masse est « la preuve la plus convaincante de l'existence du sentiment national. [O]n assiste alors à une levée d'armes générale dans tout le royaume; les barons les plus turbulents, parmi lesquels un Thibaut de Chartres, alors en pleine révolte, oublient leurs querelles pour venir se ranger sous l'étendard royal, le célèbre oriflamme rouge frangé de vert que Louis VI avait pris sur l'autel de Saint-Denis. La notion de patrie était donc, dès cette époque, assez ancrée pour provoquer une coalition générale, et l'on avait, à travers la diversité et l'émiettement des fiefs, conscience de faire partie d'un tout. Cette notion devait s'affirmer encore avec éclat, un siècles plus tard, à Bouvines. »

 

Source: Régine. Pernoud, Lumière du Moyen Âge, Grasset, Poitiers 1981, p. 29; et Régine Pernoud, Pour en finir avec le Moyen Âge, 1977, Points Histoire, Mayenne 2001, p. 97.]

C'est vers le duché d'Aquitaine, et l'héritière la plus puissante d'Europe - Aliénor d'Aquitaine - que se tourne Louis VI à la fin de son règne. En effet, le duc d'Aquitaine est mort sans héritier mâle. Il laisse le duché à Aliénor (il n'y a pas de loi salique en Aquitaine comme chez les Francs saliens où c'est l'homme qui hérite). Toujours animé par la clairvoyance de l'abbé Suger, le roi de France Louis VI scelle pour plus de Cent Ans le destin de son royaume en mariant son fils aîné à Aliénor le 25 juillet 1137. Aliénor n'a encore que treize ans et devient Reine de France à la mort de Louis VI le 1er août 1137.

 

Louis VII n'était pas destiné à régner. La mort de son frère aîné six ans plus tôt l'a sorti du cloître Notre-Dame où il a été élevé. Il en gardera le surnom de Louis VII le Pieux ou "le Jeune" (Roi de France 1137-1180), ainsi qu'un état d'esprit tourné vers la sobriété.

La Seconde Croisade

 

Elle est prêchée par saint Bernard de Clervaux, premier unificateur de l'Europe, à Vézelay en 1146. Les Turcs ont pros possession d'un état latin en possession des Chrétiens depuis 1098.

(6) Les Rois de France - Philippe Auguste

Louis VII part en Croisade, accompagné de son épouse, Aliénor. Vindicative, prompte, courageuse, Aliénor n'a pas le même tempérament que Louis, qui lui est plus prudent, et souhaite aller à Jérusalem avant tout. La Croisade qu'ils entrepennent ensemble va maquer un tournant dans

Deuxième Croisade - Itinéraire de Louis VII et Aliénor

Deuxième Croisade - Itinéraire de Louis VII et Aliénor

Or le couple s'est arrêté à Antioche en mars 1148, hébergé par un oncle d'Aliénor, jeune prince franc du royaume d'Antioche, Raymond de Poitiers.

 

Après avoir séjourné à Constantinople, une autre Cour d'Orient offre à Aliénor une vision plus proche de ses idéaux que celle de Paris, moins austère et plus ambitieuse aussi. Raymond compte sur l'aide de Louis pour regagner du terrain face aux Infidèles. Echaudé par des déboires subis plus au Nord, Louis veut éviter l'affrontement pour l'instant et donne la priorité à un pélerinage à Jérusalem. Les rumeurs et les railleries vont bon train quand on évoque le temps que passe ensemble Louis et Aliénor. Le départ pour Jérusalem est avancé mais Aliénor refuse de suivre Louis. Devant son insistance et le rappel des devoirs d'une femme, Aliénor demande l'annulation du mariage pour cause de consanguinité, menace reposant effectivement sur des éléments avérés tant les relations de la pyramide féodale sont étroites. Louis est tenté d'accepter par dignité, mais par stratégie politique il suit les conseils de ses barons et enlève Aliénor afin de l'emmener avec lui à Jérusalem. Le pélerinage est effectué mais les tentatives de reconquête en Terre sainte ont échoué. Le couple rentre de Croisade dans deux navires différents (juin 1148). Leur route passe par Rome où semble-t-il le Pape Eugène III réussit à les réconclier. Si réconciliation il y a eu, elle dura deux ans, le temps d'un autre enfant, une fille encore.

Le bilan de la Croisade est catastrophique : Louis a perdu beaucoup d'hommes, de l'argent, et sentimentalement parlant il a perdu son épouse. Et territorialement, comme elle garde l'Aquitaine qu'elle ne veut pas lui donner, il n'a plus rien à gagner.

 

En mars 1152 Louis répudie Aliénor qui est contrainte de laisser ses deux filles sous la protection de leur père. En mai, elle épouse dans la cathédrale de Poitiers Henri Plantagenêt, fils de Geoffroy le Bel, duc d'Anjou, du Maine et de Normandie qui portait toujours un brin de genêt à son chapeau (d'où son surnom "Plantagenêt") et de Mathilde, fille d'Henri Ier d'Angleterre, dit Beaucler (plus jeune fils de Guillaume le Conquérant) et qui deviendra roi d'Angleterre sous le nom d'Henri II Plantagenêt à la mort d'Etienne de Blois en 1154 (fils d'Adèle, soeur d'Henri Ier).

 

Généalogie des Plantagenêts

Généalogie des Plantagenêts

(6) Les Rois de France - Philippe Auguste

Aliénor est donc une deuxième fois reine, mais cette fois-ci Reine d'Angleterre.  Elle a quatre fils avec Henri, dont deux meurent, Henri le Jeune (en 1183) et Geoffroy (1186). Les deux autres deviendront Richard Coeur de Lion (1189-1199) et Jean sans Terre (1199-1216).

Empire angevin ou Plantagenêt suite au mariage d'Henri Plantagenêt et d'Aliénor d'Aquitaine (1152)

Empire angevin ou Plantagenêt suite au mariage d'Henri Plantagenêt et d'Aliénor d'Aquitaine (1152)

Les fils d'Aliénor grandissent et la Reine est une épouse délaissée, Henri vivant une liaison adultère au grand jour. Henri est puissant, si puissant qu'il pense alors pouvoir se passer de l'aide de Dieu et surtout du pouvoir spirituel qu'il représente sur terre. Si puissant qu'il ne consent qu'à ne déléguer que de manière fictive le pouvoir à ses fils. Si puissant qu'il pense pouvoir se passer de l'aide d'Aliénor.

 

Or, Aliénor d'Aquitaine va prendre position pour ses enfants. En 1173, après avoir obtenu l'alliance de son premier époux (Louis VII), Aliénor et ses fils déclenchent une insurrection qui se propage dans tout l'empire. La ripose d'Henri est foudroyante, il repousse les français, mate la rebellion et tandis qu'il choisit de pardonner à ses fils il capture Aliénor qu'il emprisonne en Angleterre dans la Tour de Salisbury pendant près de quinze ans (1174-1189). 

 

La pacification de l'Aquitaine est menée par Richard lui-même qui est pourtant à l'origine du soulèvement.

Richard pacifie l'Aquitaine (1173). Il y gagne le surnom de "Coeur de Lion"

Richard pacifie l'Aquitaine (1173). Il y gagne le surnom de "Coeur de Lion"

Une prophétie faite par Merlin inquiète pourtant Henri. Elle évoque la libération d'un aigle à deux têtes par sa troisième nichée.

Entre 1164 et 1185 est écrite une série d'ouvrages qui est considérée comme la génèse de la littérature française. L'auteur s'appelle Chrétien et est originaire de Troyes. Il est le protégé de la comtesse de Champagne, Marie, fille aînée d'Aliénor d'Aquitaine et de Louis VII.

Sceau de Marie de Champagne

Sceau de Marie de Champagne

L'oeuvre de Chrétien s'articule essentiellement autour de la légende d'Arthur et les Chevaliers de la Table ronde, qu'il va participer à transformer en mythe.

Arthur et les Chevaliers de la Table ronde

Arthur et les Chevaliers de la Table ronde

(6) Les Rois de France - Philippe Auguste

L'influence de l'Amour courtois, en remontant vers le Nord, rencontre le modèle du Roi-Chevalier. Et Chrétien invente le Roman de chevalerie.

 

Influencé par les aventures d'Arthur et de ses chevaliers (guerriers celtes des Îles britanniques qui fin Ve - début VIe siècle luttèrent contre les envahisseurs Saxons en Angleterre NDLR.), ironie de l'histoire, les Plantagenêts (descendants des vikings normands par Guillaume le Conquérant, NDLR.) vont influencer les romans des siècles à venir en reprenant à leur compte la légende celtique. Tout comme les Capétiens se réclament les descendants de Charlemagne, les Plantagenêts se disent - d'une manière tout à fait mythique - prolonger la ligne d'Arthur (Cf. Les Plantagenêt et l'influence française en Angleterre). Chevalier aussi émérite que Lancelot du Lac, Richard punit ses barons rebelles avec la même brutalité que s'il s'agissait d'envoyés de Satan.

Lancelot du Lac et Guenièvre

Lancelot du Lac et Guenièvre

(6) Les Rois de France - Philippe Auguste
(6) Les Rois de France - Philippe Auguste
(6) Les Rois de France - Philippe Auguste
Lancelot et Arthur (Film Excalibur de John Boorman, 1981)

Lancelot et Arthur (Film Excalibur de John Boorman, 1981)

Tandis que les naissances se succèdent chez les Plantagenêts, le Capétien Louis attend toujours un fils. Après la mort de sa seconde épouse Constance de Castille (en 1160) en mettant au monde sa quatrième fille, Louis se ramarie le 13 novembre 1160 avec Adèle de Champagne (Reine des Francs 1160-1180, morte à Paris en 1206). En 1165, Louis vit en rêve le fils tant attendu. Il tient un calice rempli de sang qu'il donne à boire aux Grands du royaume. Le miracle a bien lieu. Louis a enfin un fils le 21 août 1165, qu'il prénomme Philippe, que l'on surnomme "Dieudonné et qui deviendra plus tard "Philippe Auguste". Louis s'éteint en 1180.

Philippe Dieudonné offert par le Ciel à ses parents (Grandes Chroniques de France, v.1270), Paris, Bibliothèque Sainte-Geneviève.

Philippe Dieudonné offert par le Ciel à ses parents (Grandes Chroniques de France, v.1270), Paris, Bibliothèque Sainte-Geneviève.

Philippe II Auguste

Philippe II Auguste

(6) Les Rois de France - Philippe Auguste

Dès sa première entrevue avec le nouveau roi de France, le vieux Plantagenêt (Henri) est impressionné par sa prudence et son assurance, qualités que doit avoir un Roi-Chevalier, mais qu'il ne retrouve pas chez ses fils. Après la mort brutale de deux d'entre eux, Richard n'a plus qu'un frère, le Prince Jean.

Mais on apprend en 1187 une terrible nouvelle venue d'Orient. Le Sultan d'Egypte Saladin s'est emparé de Jérusalem.

 

Alors que tous nos héros vont voeu de croisade à l'exception de Jean, pendant ses préparatifs les combats reprennent et la prophétie de Merlin de s'accomplir. Parce qu'à l'origine, Philippe et Richard étaient très liés et amis, le roi Philippe Auguste va l'aider dans sa lutte contre son père et faciliter son accession au pouvoir. C'est le Traité d'Azay-le-Rideau qui a précédé de quelques jours la mort d'Henri II Plantagenêt, pourchassé par le Philippe et Rcihard. On dit que ce traité est une "paix honteuse" pour Henri qui prend connaissance de la trahison de son dernier fils, Jean sans Terre. Et ce traité prévoit un certain nombre de territoires au roi de France (Henri prête hommage à son suzerain le roi de France pour tous ses fiefs sur le continent), ainsi que le mariage de Richard avec la demi-soeur du roi de France, Alix. Vaincu, Henri se soumet pour la première fois de son existence qui s'achève. Il meurt seul à Chinon, le 6 juillet 1189.

 

Aliénor est libre (6 juillet 1189), Ricard est Roi d'Angleterre et interdit à son frère Jean d'y retourner jusqu'à son retour de Croisade.

Définition de la fonction d'Etat comme oeuvrant pour le Bien public

 

Philippe lance la construction de l'enceinte du Louvre à Paris. Il rédige un testament où pour la première fois est définie la fonction monarchique comme la fonction d'état, c'est-à-dire oeuvrant pour le Bien public. Il délègue ses pouvoirs non pas à des Grands du royaume mais à des représentants de l'Etat, eux-mêmes contrôlés par un Conseil de notables. C'est cette organisation qui finira par faire la différence.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/cf/Oriflamme.png/111px-Oriflamme.png

La Troisième croisade. Les Armes de France sont rouges (l'oriflamme hissé sur le champ de bataille était rouge frangé de vert), celles d'Angleterre, blanches

 

Après la défaite d'Hattin (4 juillet 1187) et la prise de Jérusalem, de leurs vastes territoires du début du XIIe s., les Francs ne conservent plus en Terre-Sainte que tyr, Tripoli, Antioche et quelques forteresses isolées comme le krak des chevaliers.

 

Le 21 janvier 1188, une réunion solennelle entre Gisors et Trie de Richard et Philippe décide de lever une dîme spéciale dans toutes les églises de France et d'Angleterre (la "Dîme saladine") pour une prise d'arme générale. Rois et barons prirent la croix avec des couleurs différentes selon les régions: celles de France étaient rouges, celles d'Angleterre, blanches, et vertes celles de Flandre. Tous étaient solennellement exhortés à faire cesser leurs querelles afin d'avoir pour première préoccupation le bien de la Chrétienté, c'est-à-dire, la reconquête de Jérusalem.

(Source: Régine Pernoud, Richard Cœur de Lion, Fayard, Mesnil-sur-l'Estrée 1988, p. 68-69).

 

Les deux rois Richard et Philippe partent pour la Troisième Croisade ensemble le 4 juillet 1190. Alors que Philippe est partisan de la négociation afin de stabiliser la situation, Richard en fait un problème personnel qu'il faut régler avec panache. Il décide de ramener l'ordre à sa manière en mettant à sac Méssine (Italie) (4 octobre 1190), mais surtout en plantant sur la ville ses étendards. La fierté du Roi de France est éprouvée. Tandis que Philippe traverse la Méditerranée pour rejoindre Saint Jean d'Acre, Richard passe par Chypre, île dépendant de l'empire bizantin et dont le prince, Tancrède de Lecce, à la recherche d'autonomie collabore avec Saladin. L'occasion est belle pour Richard de rajouter une ligne à la liste de ses exploits. Chypre est conquise. Et le 21 mai 1191, Richard fait prisonnier Isaac Doukas Comnène, empereur usurpateur de de Chypre (1184 à 1191). Il peut maintenant rejoindre Saint Jean d'Acre où Philippe peine à prendre la ville. Le 7 juin 1191, nouvel éclat, Richard s'empare d'un vaisseau transportant 1500 Sarrasins envoyés au secours d'Acre assiégée et défendue par le Sultan Saladin lui-même. Avec Richard, la ville tombe (12 juillet 1191). 

 

"On vit les croix et les drapeaux se dresser sur les murs de la ville", écrit un chroniqueur arabe, Abou-Shama. De son côté, le chroniqueur Ambroise rappelle triomphalement ce qui s'est passé quand les Sarrasins avaient fait la conquête d'Acre: "Il y avait quatre ans que les Sarrasins avaient conquis Acre, et je me rappelle nettement qu'elle nous fut rendue le lendemain de la fête de saint Benoît malgré leur race maudite. Il fallait voir alors les églises qui étaient restées dans la ville, comme ils avaient mutilé et effacé les peintures, renversé les autels, massacré les croix et les crucifix par mépris de notre foi pour satisfaire leur incroyance et faire place à leurs mahomeries (mosquées)…" Les troupes de Saladin s'éloignèrent, non sans transformer la région en désert sur leurs passages. Jusqu'à Caïpha, les vignes, les arbres fruitiers furent coupés, les forteresses ou cités, petites ou grandes, détruites… Parcourant les anciennes églises d'Acre qui avaient été converties en mosquées, l'évêque de Vérone, Alard, l'archevêque de Tyr, les autres évêques, de Chartres, de Beauvais, de Pise, et généralement tous ceux qui avaient été présents, se mettaient en devoir de purifier les sanctuaires et de rétablir partout le culte chrétien. Des messes solennelles furent célébrées dans les églises réconciliées, tandis que l'armée s'employait à réparer les murs et à relever les maisons détruites. Il fut décidé que tous ceux qui pouvaient prouver que telle ou telle maison leur avait appartenu se la verrait restituer; d'autre part ils y hébergeraient les chevaliers qui avaient combattu pendant tout le temps où ceux-ci demeureraient au service de la Terre sainte" (Source: Régine Pernoud, Richard Cœur de Lion, Fayard, Mesnil-sur-l'Estrée 1988, p. 147-149).

L'historien Joshua Prawer a bien mis l'accent sur l'importance de la prise d'Acre qui allait rester la capitale de ce qu'on a persisté à appeler le Royaume de Jérusalem pendant un siècle exactement: de 1191 à la chute définitive en 1291.

 

Les deux bannières française et anglaise flottent cette fois-ci ensemble. Le duc d'Autriche, Leopold V, veut aussi planter son étendard. Richard lui refuse ce droit et traîne sa bannière dans la boue. Très rapidement on va s'apercevoir de la mésentente entre Richard et son "ami" Philippe Auguste, une amitié dont il faut se méfier. Parce que Philippe Auguste veut, lui, combattre absolument Saladin, gagner Saint Jean d'Acre, et Richard arrive en retard, on sent que si l'un est conquérant, l'autre est hésitant. Et Philippe Auguste va dire que dans ces conditions il rentre. La prochaine étape est Jérusalem. Cela sera sans Philippe, malade, préoccupé par les affaires de son Royaume. Il décide de rentrer en France le 31 juillet 1191. Il s'arrête à Rome pour obtenir du Pape l'absolution, en disant qu'il quitte la Croisade. Et pendant ce temps-là Richard va rester et se battre, parfois même comme un soudard, parce qu'il massacre à tours de bras.

 

Le 20 août 1191, Richard massacre 2.700 prisonniers Sarrasins, qu'il fit décapiter, suite à l'échec des négociations avec Saladin.

"On attendait la remise des prisonniers pour le 9 août suivant, selon les accords passés avec l'armée assiégée au moment de sa reddition… On attendait que soit rendue la Vraie Croix (perdue à Hâttin en 1187) et effectuée l'échange des prisonniers. Mais ce jour-là, Saladin manda aux Chrétiens qu'ils lui donnassent un autre jour, car il n'avait pas encore préparé ce qu'il devait. Nos gens qui avaient grand désir d'avoir la sainte Croix et de voir délivrer les prisonniers, le lui accordèrent. Qaund vint au jour qui fut désigné entre eux, les rois et la chevalerie et toutes les gens d'armes furent préparés… Les prêtres et les clercs et les gens de religion furent revêtus et tous déchaux [pieds nus] sortirent de la cité en grande dévotion et vinrent au lieu que Saladin avait désigné. Qaund ils furent là et crurent que Saladin allait leur rendre la Sainte Croix, il revint sur la promesse qu'il leur avait faite. Ceux qui virent cela se tinrent moult engignés [se considérèrent comme dupés]. Grande douleur il y eut entre les chrétiens et maintes larmes y furent ce jour répandues. Une seconde date, le 20 août, avait été fixée pour l'échange des prisonniers et la reddition de la Vraie Croix. Une rencontre avait été projetée entre Richard et le frère de Saladin. Or, le roi, ce jour-là, avec quelques compagnons, sortit sur les fossés, mais attendit inutilement le porte-parole annoncé. La tension et l'impatience de Richard avaient atteint leur limite; sans parler de la charge que représentaient la nourriture et la surveillance des prisonniers… "Il commanda qu'on lui amenât les Sarrasins qu'il avait pris en sa partie dit le Continuateur de Guilluame de Tyr. Comme on les lui amenait, il les fit mener entre les deux armées des chrétiens et des sarrasins. Et ils étaient si près que les sarrasins les pouvaient bien voir. Le roi commanda aussitôt qu'on leur dût couper les têtes hardiment. Ils y mirent mains et les occirent à la vue des sarrasins. Un affreux massacre. Benoît de Peterborough raconte que Saladin en avait fait autant aux esclaves chrétiens et il est certain, au témoignage des chroniqueurs arabes, qu'il avait assisté en personne au massacre des prisonniers chrétiens après Hâttin, notamment des templiers, tous décapités. On évalue à 2700 le nombre de prisonniers ainsi exécutés.

(Source: Régine Pernoud, Richard Cœur de Lion, Fayard, Mesnil-sur-l'Estrée 1988, p. 160-161).

 

Le 7 septembre 1191, Richard défait Saladin dans la Palmeraie d'Arsouf. Il dirige alors son armée sur Jaffa. dont "la place et le port avaient été complètement démantelées sur l'ordre de Saladin". "Jaffa devait être, par la suite, le port d'embarquement le plus utilisé par les Croisés, et l'on sait comment Tel-Aviv, qui fait suite immédiatement à la vieille ville, reste aujourd'hui, le point par lequel on aborde normalement en Israël, à proximité de Lod, où a été établie l'aéroport, qui se trouve donc proche de l'antique cité de Lydda: un point d'accès qui semble redevenu traditionnel aujourd'hui comme aux XIIe et XIIIe s. Les travaux de reconstruction allaient être lents et occuper l'armée plus de deux mois. Il est vrai que les ouvriers qui y travaillaient demeuraient sur le qui-vive, et que la surveillance devait être incessante. Vers la fin d'octobre 1191, Jaffa était à peu près reconstruite. Une partie de cette cité des Croisés subsiste aujourd'hui encore. Il est vrai qu'elle allait être à nouveau fortifiée par Saint-Louis, un demi-siècle plus tard."

 

(Source: Régine Pernoud, Richard Cœur de Lion, Fayard, Mesnil-sur-l'Estrée 1988, p. 174-175).

 

Richard réussit à arbitrer les conflits politiques qui divisaient les Francs en reconnaissant Henri de Champagne comme roi de Jérusalem et en donnant, en compensation, Chypre au roi déchu Guy de Lusignan (qui avait été défait à Hattin en 1187). Richard réussit à reprendre la quasi-totalité du littoral mais il lui fallut renoncer à Jérusalem. Une trêve fut conclue avec Saladin.

 

Chronologie :

 

Le 28 avril 1192, Conrad de Montferrat, roi consort de Jérusalem, était assassiné par deux membres de la secte des Assassins. Le 5 mai 1192, Henri de Champagne épousa Isabelle, veuve de Conrad de Montferrat, et prit la couronne de Jérusalem. En Mai 1192 Guy de Lusignan rachèta à Richard l'île de Chypre et s'y installa, désigné comme roi de l'île. Le 4 juillet 1192, Richard renonça à marcher sur Jérusalem. Le 6 juillet, Saladin attaqua Jaffa, le 5 août 1192, il y était défait.

 

"Sachant que Richard n'avait guère avec lui que deux milles hommes, dont seulement une cinquantaine de chevaliers – sans chevaux, puisqu'en se portant sur Jaffa, on n'avait pas pris le temps de les faire embarquer – , il résolut de prendre sa revanche… Au petit matin, un Génois de la flotte de secours, s'étant un peu éloigné du campement, vit au loin, à la lueur indécise de l'aube, briller des armures; il donna l'alarme. Richard, réveillé en sursaut, disposa en hâte sa petite troupe, tout en jurant de décapiter de ses mains le premier qu'il verrait céder; il les fit placer en alternant piquiers et arbalétriers, chacun de ceux-ci aidé d'un sergent qui rechargeait une seconde arbalète tandis qu'on tirait la première. La charge des cavaliers ennemis se brisait sur les piques; tandis qu'ils se repliaient pour une seconde charge, la pluie de traits d'arbalètes s'abattait dru, tuant les chevaux et les hommes. "La bravoure des Francs était telle que nos troupes, découragées par leur résistance, se contentaient de les tenir cernés, mais distance". En vain Saladin lui-même tentait-il de les encourager. Richard lui-même se lança alors à l'attaque, frappant tant, et de tels coups, déclara Ambroise, que la peau des mains lui creva… Lorsqu'il en revint, "sa personne, son cheval et son caparaçon étaient si couverts de flèches qu'il ressemblait à un hérisson"… Au soir de ce 5 août, Saladin et les restes de son armée se replièrent sur Yazour, puis sur Latroun, plus que jamais découragés; ils avaient été battus à plus de dix contre un" (Source: Régine Pernoud, Richard Cœur de Lion, Fayard, Mesnil-sur-l'Estrée 1988, p. 191)

 

Le 2 septembre 1192 est conclue la Paix de Jaffa entre Saladin et Richard. Cette paix scelle une trêve de trois ans; elle 

- accorde aux chrétiens la possession de la bande côtière, depuis le nord de Tyr jusqu'au sud de Jaffa; cette cité si vaillamment défendue allait demeurer à travers le temps le lieu normal de débarquement des pèlerins: encore aux XIVe et XVe s., quand la Terre sainte aura été perdue, on y voyait arriver des pèlerinages dont les membres s'abritaient dans les grottes de la côte en attendant d'obtenir les sauf-conduits nécessaires pour pouvoir s'engager sur la route de Ramla, puis de Jérusalem.

- autorise dorénavant les Francs et tous les Chrétiens à rendre librement visite aux Lieux saints sans avoir à payer taxes ou droits de douanes quelconques. (Source: Régine Pernoud, Richard Cœur de Lion, Fayard, Mesnil-sur-l'Estrée 1988, p. 192) Mais Jérusalem est laissée aux musulmans.

- "La capitale du 'royaume de Jérusalem' était désormais Acre, tandis qu'un autre royaume franc était établi à Chypre, conquise sur les Byzantins par Richard Cœur de Lion. Successivement, Henri de Champagne (1192-1197), Amaury de Lusignan (1197-1205), Jean de Brienne (1210-1225), portèrent le titre de Roi de Jérusalem, que prit ensuite Frédéric II, roi de Sicile, lui-même débarqué à Acre en 1228, qui réussit par le traité de Jaffa de 1229, à se faire restituer les trois villes saintes de Jérusalem, Bethléem et Nazareth, mais sa présence en Terre sainte avait aussi été un ferment de guerre civile qui éclata aussitôt après son départ: entre 1229 et 1243 l'histoire de la Syrie franque est celle des luttes entre Francs et Impériaux. En 1244, Jérusalem était définitivement reprise par les Turcs.

De 1260 à 1277 le sultan Baïbars devait finir d'enlever les principales places fortes: Césarée (1265), Jaffa (1268), Antioche (1268), puis le krak des chevaliers (1271). Après lui, le sultan Qalaoun, en 1289, s'emparait de Tripoli, et son fils et successeur, Al-Ashraf, d'Acre (28 mai 1291), mettant fin, définitivement, au royaume franc de Syrie." (Source:Régine Pernoud, Les hommes de la Croisade, Taillandier, Mayenne 1977, p. 13-14).

"Il semble certain que, n'eût été la défection du roi de France, la Ville sainte de Jérusalem fût retombée entre les mains des chrétiens, et le sort du monde en eût été changé. On peut, au moins en partie, attribuer l'hésitation du roi d'Angleterre, au fait qu'il s'est senti seul. Pour agir, il lui fallait être sûr de la victoire. Pour agir, mais non pour combattre, puisque dans toutes les rencontres, ses forces étaient inférieures à celles de Saladin – largement inférieures même, lors de la dernière bataille, celle qui sauva Jaffa, laquelle à peine reconquise, allait être perdue. En cette circonstance d'ailleurs, sa tactique avait tenu du génie, non seulement en raison du sang-froid dont elle témoigna, mais aussi parce qu'elle présentait une parade parfaite aux escadrons turcs dont il connaissait à fond les méthodes. Mais – et Richard en était conscient – la prise de Jérusalem représentait un exploit si exceptionnel qu'il fallait être sûr du succès, et d'un succès durable; ce qui impliquait des forces d'occupation nombreuses, dont il se trouva privé par suite de la défection des Français.

La reconquête d'Acre et de Jaffa était inestimable; si le royaume franc de Terre sainte a pu survivre à lui-même pendant un siècle exactement – de 1191 à 1291 – , c'est bien grâce aux exploits qui l'ont permise. Certes, ces cent ans de survie ne comportent pas que des pages glorieuses; du moins voit-on s'esquisser une Méditerranée chrétienne, permettant les voyages et les échanges, prolongeant les capacités de résistance des populations menacées par l'avance turque et retardant ainsi les grandes destructions". Que l'on songe à la grande basilique Sainte-Sophie de Constantinople, "parmi les nombreux touristes qui la visitent aujourd'hui, très peu ont la curiosité d'emprunter la longue rampe en plan incliné qui conduit jusque sous la coupole; là, on s'arrête, stupéfait, devant la soudaine apparition de Saint Michel, ou plutôt de la mosaïque qui le représente: c'est la seule demeurée intacte ou à peu près. Les envahisseurs ottomans l'ont respectée: l'archange était nommé dans le Coran, il e eu le droit de survivre. [...] et l'on pense à ces tonnes de smaltes d'or et d'émaux, à ce morceaux de 'tesselles', martelés avec opiniâtreté pour être déversés Dieu sait où ! Deux siècles et demi de survie pour une telle merveille, c'est déjà beaucoup dans l'histoire de l'humanité…

La geste de Richard Cœur de Lion aura permis cette survie et beaucoup d'autres. En fait ni lui ni les croisés qui marchaient à sa suite ne sont les vrais responsables des troubles qui durant le XIIIe s., allaient affaiblir et parfois même ensanglanter le précaire royaume franc. Les fauteurs de désordres ont été les négociants dont les rivalités mercantiles ont allumé des discordes, voire des guerres, en cette même cité de Saint-Jean d'Acre si durement conquise et où les chevaliers de l'Hôpital élevèrent un splendide château qui n'aura été dégagé qu'en notre temps. "Guerre, commerce et piraterie / Font une trinité indivisible", disait Goethe. Et c'est cette néfaste trinité-là qui devait épuiser les restes du royaume, proie facile pour les Mamlouks à la fin du XIIIe s. L'action de Richard, reprise et consolidée par Saint-Louis aura valu ce répit aux arabes chrétiens, aux Libanais, aux Arméniens, aux Grecs eux-mêmes, en dépit de la prise de Constantinople par les latins en 1204."

(Source: Régine Pernoud, Richard Cœur de Lion, Fayard, Mesnil-sur-l'Estrée 1988, p. 193-195).

 

De 1192 à 1291, "on pourrait croire que l'existence de la Syrie franque, minuscule royaume enchâssé dans l'immense territoire musulman qui va de l'Iran au Maroc, des bords de la Caspienne à ceux de l'Atlantique, s'est déroulée dans des combats incessants; pourtant Jean Richard a fait remarquer qu'en près d'un siècle (1192-1291) le royaume de Syrie compta quatre-vingt ans de paix (Le royaume latin de Jérusalem, p. 161, cité in Régine Pernoud, Les hommes de la Croisade, Taillandier, Mayenne 1977, p. 246).

Le 9 octobre 1192, Richard rembarque à Chypre.

Le 28 février 1193, Saladin meurt à Damas.

 

 

 

Richard Coeur de Lyon rembarque à Chypre en octobre 1192. Une tempête l'oblige à changer d'itinéraire. Il doit traverser le duché d'Autrice où le duc ne l'a pas oublié. Malgré son déguisement, Richard est capturé et vendu à l'empereur germanique que Philippe a eu tout loisir de ranger de son côté.

Richard Coeur de Lyon rembarque à Chypre en octobre 1192. Une tempête l'oblige à changer d'itinéraire. Il doit traverser le duché d'Autrice où le duc ne l'a pas oublié. Malgré son déguisement, Richard est capturé et vendu à l'empereur germanique que Philippe a eu tout loisir de ranger de son côté.

Maintenant que Richard n'est plus croisé mais toujours absent, Philippe complote avec le Prince Jean qui se proclame Roi. Mais Jean ne peut atteindre son nouveau royaume: l'île est défendue par les Barons fidèles à Richard. C'est Aliénor qui veille. Le projet d'un débarquement en Angleterre est repoussé.

 

Aliénor obtient en février 1194 la libération de Richard. Déchaîné, il l'est dans tous les sens du terme. Jean demande immédiatement pardon et fait massacrer la garde française protégeant Evreux en signe de repentance. Sitôt débarqué en Angleterre où il est accueilli par les acclamations de la foule qui chante et danse, Richard punit les partisans de Jean. C'est le lendemain de la prise de Nottingham qu'il découvre la forêt de Sherwood,

 

 

(6) Les Rois de France - Philippe Auguste
Bouleaux de la Forêt de Sherwood

Bouleaux de la Forêt de Sherwood

Quand Richard est libéré grâce à la rançon versée par Aliénor d'Aquitaine, il constate immédiatement le comportement de son frère Jean sans Terre, Jean Lackland comme on l'appelait à Londres, qui a failli lui usurper la Couronne. Donc évidemment il va le punir en l'emprisonnant mais il lui pardonnera très rapidement.

 

Mais les affaires l'appellent sur le continent. Le 12 mai 1194 Richard quitte l'Angleterre qu'il ne reverra jamais. Le premier affontement entre Philippe et Richard a lieu entre Normandie et Anjou à Freteval et voit la déroute de l'armée française, la perte du Trésor royal ainsi que de nombreux documents indispensables à l'organisation du royaume. Philippe décide de mettre fin à cette tradition d'une administration itinérante et fonde la même année les Archives royales qui seront désormais conservées dans le Donjon du Louvre. Il est le premier à redécouvrir le rôle fondamental de l'écrit dans la gestion d'un Etat afin de mettre chacun devant ses responsabilités.

 

Pour asseoir son autorité, Richard préfère la pierre au papier et érige en vallée de Seine afin de protéger la Normandie un chateau qu'il veut imprenable Château Gaillard.

(6) Les Rois de France - Philippe Auguste
(6) Les Rois de France - Philippe Auguste

Philippe Auguste n'a qu'une idée en tête, récupérer la Normandie. Il va lancer quelques attaques sur la frontière de l'Île de France et de la Normandie. Richard va couvrir la frontière de fortifications (Verneuil-sur-Avre, Ivry-la-Bataille, Gisors, et surtout Château-Gaillard les Andelys). En un an de temps, Château-Gaillard a jailli de la falaise et constatant cette réalisation, Richard eut cette expression : "Quel est belle ma fille d'un an, quel château gaillard !"

 

Le 26 mars 1199, Richard assiège le château de Châlus Chabrol16,17 possession du vicomte Adémar de Limoges, dit Boson. Il est atteint par un carreau d'arbalète tiré par un chevalier de petite noblesse limousine, Pierre Basile. La flèche est retirée mais la gangrène s'installe. Richard meurt le 6 avril 1199, onze jours après sa blessure. Son corps est enterré en l’abbaye de Fontevraud (située non loin de Saumur), son cœur embaumé est enfermé dans un reliquaire et enterré dans un tombeau surmonté d'un gisant à son effigie en la cathédrale de Rouen. C'est en « remembrance d'amour pour la Normandie » qu'il en avait fait don à cette ville, et ses entrailles sont déposées en l'église (actuellement ruinée) du château de Châlus Chabrol. Jean succède à Richard sur le trône d’Angleterre. Cependant les territoires continentaux le rejettent, au début, lui préférant leur neveu Arthur de Bretagne, fils de leur frère Geoffroy, dont les droits sont techniquement meilleurs que les siens.

Gisant de Richard, à l’abbaye de Fontevraud (Anjou)

Gisant de Richard, à l’abbaye de Fontevraud (Anjou)

Gisants exposés dans l'abbatiale. Au premier plan, Isabelle d'Angoulême et Richard Cœur de Lion, au second plan, Aliénor d'Aquitaine et Henri II

Gisants exposés dans l'abbatiale. Au premier plan, Isabelle d'Angoulême et Richard Cœur de Lion, au second plan, Aliénor d'Aquitaine et Henri II

Jean se déclare vassal de Philippe.

 

Le Pape frappe le royaume de France d'interdit en excommuniant Philippe pour faire respecter les droits d'épouse d'Isambour (Ingeburge de Danemark) que Philippe a répudié. Plus aucun sacrement ne pouvait être célébré sur le territoire, ni messe ni baptême. Le royaume était paralysé.

Relevé de la plaque en bronze d'Isambour qui a été fondu sous la Révolution

Relevé de la plaque en bronze d'Isambour qui a été fondu sous la Révolution

Si consciencieux dans la structuration d'un Etat, Philippe l'a mit en péril en oubliant la raison. Il feint alors de reprendre Ingeburge comme épouse légitime.

Le mariage de Jean avec Isabelle, comtesse d'Angoulême alors que celle-ci était promise au comte de la Marche. Ce rapt d'une fiancée entraîne la convocation de Jean devant la Cour du Roi de France dans un procès féodal entre les deux féodaux. Mais le roi d'Angleterre n'honore pas le procès de sa présence. Il se voit confisqué de tous ses fiefs de France pour rupture du lien féodal en 1202. Il devient Jean sans Terre. Seule la justice de Dieu est au-dessus de la justice du Roi. C'est aussi une déclaration de guerre et Jean n'est pas Richard. Pendant six mois, Philippe assiège Château-Gaillard qui finti par céder le 6 mars 1204. La porte de la Normandie est grande ouverte et le Capétien prend possession de tous les territoires Plantagenêt au Nord de la Loire.

Seule l'Aquitaine reste encore hors de contrôle, mais Aliénor, elle, a tout donné, elle meurt à 80 ans le 1er avril 1204.

 

Quant à Philippe, il lui reste une dernière bataille pour qu'il prenne le nom du premier César et devienne Philippe Auguste.

Après avoir renversé le rapport de force avec le Plantagenêt, l'ambition de Philippe fait peur. Certains ont pris l'habitude de l'autonomie et voient d'un mauvais oeil le projet du Capétien, faire respecter la justice et le droit, créer un état monarchique et agrandir son territoire.

Malgré les efforts de l'Eglise et d'hommes comme Bernard de Clervaux, malgré les romans de Chrétien de Troyes, les Grands du Royaume n'agissent pas tous en fonction du Bien commun mais bien par ambition.

Philippe avait fait en sorte que son ami d'enfance, Renaud, soit à la tête du comté de Boulogne, fief stratégique. Pourtant celui-ci se range au côté du Plantagenêt. Jean sans Terre va aussi pouvoir compter sur le nouvel empereur germanique, Otton IV, son neveu.

Philippe Auguste envisage en 1204 d'envahir l'Angleterre comme l'avait fait Guillaume le Conquérant, l'ancêtre des Plantagenêt, Jules César au Ier s. av. J.-C. [et les Saxons au Ve]. Mais cela ne plaît pas aux Européens. Il va y avoir une coalition entre l'empereur germanique, le roi d'Angleterre et le comte de Flandre. Leur stratégie est de prendre l'armée française en tenaille. Jean débarque à la Rochelle et remonte vers le Nord tandis que des Flandres descendent les effectifs coalisés.

 

(6) Les Rois de France - Philippe Auguste

Philippe envoie son fils Louis VIII à la rencontre du roi d'Angleterre qui choisit la fuite à La Roche-Aux-Moines le 2 juillet 1214 (d'où l'expression il "file à l'anglaise"). L'important était de diviser les troupes royales. L'armée de Philippe est composée des fidèles, mais ils sont à un contre trois.

Le dimanche 27 juillet 1214, à Bouvines, malgré l'interdiction de combattre un dimanche, l'empereur décide d'engager le combat. Philippe décide de ne pas refuser le combat. La bataille s'engage à midi. Au centre du front, le roi s'expose. Un coup mortel est paré grâce au sacrifice d'un chevalier. Le flanc gauche de l'empereur cède en premier. Les Français se regroupent alors au centre. Otton échappe à la capture de justesse et réussit à fuir en laissant sa bannière à terre. Renaud reste le dernier, enchaînant sorties et replis derrière ses piétons armés de piques. Il veut combattre jusqu'à la mort mais son cheval est abattu. Grâce à un noyau dur de fidèles, la victoire du roi de France est totale, alors qu'il avait moins de soldats que l'ennemi. Renaud mourra treize ans plus tard dans la prison dans laquelle il fut jeté le lendemain de Bouvines.

(6) Les Rois de France - Philippe Auguste

Le Capétien incarne une notion qui est en train de naître : la Patrie. L’annonce de la victoire provoqua un tel "mouvement d’enthousiasme populaire", une si grande allégresse, qu’on y pourra lire la "naissance d’une nation" (Jacques Bainville, Histoire de France), la "naissance de la nation et de la royauté réunies" (Georges Duby, Le dimanche de Bouvines), "le premier sentiment de la nation France" (Max Gallo).  C'est après sa mort que, grâce aux romans de chevalerie, Richard exercera le même pouvoir en Angleterre.

 

[En juillet dernier, la célébration du 800e anniversaire de Bouvines a embarassé l'Oligarchie à tel point que le Premier ministre Manuel Valls s'est désisté au dernier moment, alors que plusieurs descendants de Philippe Auguste ont été réunis pour l'occasion.]

Philippe Auguste est le dernier "roi des Francs" et le premier "Roi de Fance".

 

Sous bien des aspects, ce n'est plus un roi féodal mais un roi moderne.

 

Il a fallu attendre des travaux assez poussés notamment au XXe siècle avec l'historien américain Baldwin, pour découvrir la personnalité de Philippe Auguste, qui était quelqu'un d'assez angoissé, d'assez émotif, ce qui ne l'a pas empêché d'être un grand roi. C'est une personnalité un peu paradoxale. C'est-à-dire que c'est quelqu'un qui n'est jamais serein et qui est quand même un bon gouvernant, un très bon chef, un chef militaire. Et c'est aussi quelqu'un qui a une vision administrative, ce qui fera la force des rois de France. Grâce à sa clairvoyance et à son formidable sens de l'organisation, il a renforcé les finances royales, et a pu superposer au réseau administratif féodal un réseau administratif d'Etat qui s'appuie sur le développement de l'écrit, face aux traditions orales. C'est tout le symbolisme du sacre et de l'hommage qui se concrétise sur le papier. Le Capétien représente la puissance publique.

 

[La mission de maintenir la paix et la justice

 

Philippe Auguste a doté le royaume d'instruments de compatabilité. Ceux-ci concernent essentiellement le domaine. Et s'il n'existe pas d'institution spécialisée - le Trésor est confié au temple -, la nécessité d'une administration raisonnée des finances publiques est reconnue et admise par tout l'entourage royal.

Philippe Auguste aurait donné d'autres conseils à ses fils. Ils ont pour mission de maintenir la paix et la justice, sans considération de rang, de statut ou de position. La justice a précisément été une des forces du souverain mourant. [...] Son jugement personnel se révélait rapide et droit, ce qui était, pour un seigneur justicier, une qualité hautement appréciée et faisait que les parties s'en rapportaient volontiers à lui.

L'institution des baillis, qu'il créa afin d'assurer les jugements en appel, et le succès qu'elle rencontra du fait de son efficacité renforcèrent le prestige du roi, en mesure d'exercer effectivement ses prérogatives souveraines sur une partie très importante du royaume.

Source: Les Derniers Jours des Rois, Sous la Direction de Patrice Gueniffey, Perrin, Le Figaro Histoire, Paris 2014, p. 75)]

 

Philippe Auguste meurt le 14 juillet 1223 après 43 ans de règne.

 

Philippe canalise les passions autour de la Patrie et l'amour de celle-ci. Il est le dernier roi à être sacré du vivant de son père. Sans Philippe, Saint-Louis, sont petit-fils, n'aurait sans doute pas pu rentrer de la manière dont il est rentré dans ces mêmes livres d'histoire.

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Publié par Ingomer - dans Histoire
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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 10:00
Commémorations du 19 mars 1962 - La République universelle signe son crime : ci-gît la mort de la France

La République ne célèbre pas Waterloo. Elle vient de refuser la pièce de deux euros destinée à commémorer le bicentenaire de Waterloo frappée par la Belgique [1]. Pourtant elle célèbre le 19 mars 1962 [2], ce cessez-le-feu unilatéral qui sur le papier est une défaite française contre l'Algérie alors que l'armée française était victorieuse sur le terrain, et qui a donné permission à nos ennemis d’assassiner des militaires et des civils français en toute impunité. On sait aujourd'hui que les tueries, enlèvements, assassinats et massacres ont continué avec encore plus de violence après le 19 mars 1962. Dès le jour même, le 19 mars et les suivants, 18 jeunes soldats français ont été assassinés par le FLN et 39 ont été blessés qui, pour la plupart, décèderont dans les jours qui suivent. 90 autres ont disparu et les 239 qui étaient retenus prisonniers par l’ALN ne nous ont jamais été rendus. Nous sommes toujours, 53 ans plus tard, sans aucune nouvelle de ces jeunes militaires français, morts pour qui ? Pour quoi ? Morts pour rien ! Enterrés nulle part ! Honorés par personne ! Regrettés et pleurés que par leurs proches !

Depuis ce 19 mars 1962, la France a abandonné une grande partie de son territoire et de ses richesses, trois départements, plus le Sahara, et l’armée française a [je le sais par un officier qui l'a vécu et me l'a raconté. NDLR] connu la plus ignoble forfaiture de son histoire : être restée l’arme au pied et avoir laissé assassiner sous ses yeux, et par ordre, des dizaines de milliers de pieds-noirs et de harkis.

Des rapports officiels révélés récemment apportent la preuve qu’après le 19 mars 1962, des centaines d’êtres humains ont été réduits à l’esclavage dans les mines de fer de Miliana et de nombreuses femmes livrées comme chair à soldat dans les bordels militaires. Ce samedi 14 mars, Robert Ménard, maire de Béziers, débaptise la rue du 19 mars 1962 [3] et la rebaptise rue Hélie Denoix de Saint-Marc, ce commandant qui en avril 1961, choisit de protester contre la politique algérienne du Général De Gaulle d'aller vers l'indépendance de l'Algérie et tenta de renverser la République "française" (putsch des généraux). Sorti de prison en 1966, l'homme devint un écrivain à succès, estimé par de grands intellectuels dont Jean d'Ormesson. [4]

D'un côté la République se refuse donc à célébrer la défaite de Napoléon à Waterloo qui pourtant fermait le cycle infernal des guerres de la Révolution, ouvrait "un siècle relativement pacifique" qui a duré jusqu'en 1914 (P. Gueniffey) [5], allait permettre aux Européens de souffler un peu et de se reposer du messianisme révolutionnaire, et aurait donc, à ce titre, droit à des commémorations. De l'autre, elle célèbre la défaite de 1962, qui mettait fin à la Guerre d'Algérie (1954-1962). Cette guerre d'Algérie, engagée par un gouvernement de gauche en 1954 [6] et terminée par un gouvernement de droite en 1962 [7], fermait le cycle de la colonisation initiée par la république elle-même et un gouvernement de gauche dans les années 1880 ("le droit et même le devoir à civiliser les races inférieures" selon le mot du franc-maçon Jules Ferry, auquel François Hollande élu président de la République rendit hommage en mai 2012) allait ouvrir le cycle de l'immigration "chance pour la France" et de l'"enrichissement multiculturel".

Comment expliquer le refus d'un côté à commémorer la défaite de 1815 et de l'autre l'empressement à célébrer la défaite de 1962 ?

Il n'y a qu'une seule explication envisageable : la métamorphose de la chenille révolutionnaire de 1789 en papillon sous l'influence du communisme internationaliste trotskyste dans les années 1960, a vu la république changer d'aspect en passant d'une république encore relativement "française" (en 1815) - république qu'il s'agit donc de proscrire dans l'esprit des mondialistes en l'ensevelissant dans l'oubli - à une république universelle et internationale après 1962, objet de toutes les commémorations et attentions. C'est cette métamorphose qui est célébrée et rien d'autre.

La Tabula rasa de 1789, intrinsèquement négatrice de l'identité chrétienne de la France, le renversement de la table ayant fait son oeuvre, la république pouvait laisser de côté la république encore relativement "française" de 1815, se transformer en République universelle après 1962, selon le voeu pieux de la franc-maçonnerie, et se consacrer aujourd'hui à ne célébrer que cette métamorphose.

Commémorations du 19 mars 1962 - La République universelle signe son crime : ci-gît la mort de la France

Le greffon révolutionnaire qui entretemps, tel un vampire, se sera nourri du sang et de la vie de millions de soldats non pas "morts pour la France", mais "morts pour rien" (!), comme en Algérie, se sera assez développé pour se permettre enfin de se débarrasser de son hôte et signer son crime : ci-gît la mort de la France.

 

Notes

 

 

[1] Discrètement, la diplomatie française s'est arrangée pour que la Belgique renonce à sa pièce de deux euros commémorative du bicentenaire de la bataille de Waterloo qui s'est soldée par une cuisante défaite de la République face à une coalition européenne et la mort de 55 000 personnes en une journée. Près de 180.000 pièces avaient déjà été fabriquées. En privé, un diplomate explique que Bercy a approché le ministère belge des finances pour manifester son «manque d'enthousiasme» à l'idée que soit célébrée, par le biais de la monnaie commune, l'une des plus grandes défaites militaires de la France. La Belgique, comme souvent est partagée. Le royaume n'existait pas encore en 1815. Mais à Waterloo, ses futurs citoyens ont combattu des deux côtés. La commémoration de la bataille de Waterloo y est prévue durant quatre jours à partir du 18 juin prochain et devrait attirer environ 200.000 personnes d'après les organisateurs. Le budget total pour l'organisation des évènements avoisinera 5 millions d'euros. Sources: La France refuse la pièce frappée par la Belgique pour le bicentenaire de Waterloo, 7sur7.be, 12/03/2015 ; Waterloo sur une pièce de 2 euros, la France étrille l’idée de la Belgique, L'Avenir.net, 11/03/2015 ; Comment la France a enterré la nouvelle pièce de 2 euros belge, La Tribune.fr, 13/03/2015 ; Waterloo continue de diviser les Européens, Le Figaro, 12/03/2015.

[2] La commémoration du 19 mars 1962 adoptée par le Sénat, Le Figaro, Par Guillaume Perrault, Mis à jour le 08/11/2012 à 22:08 Publié le 08/11/2012 à 20:55. La proposition de loi du PS consacre une journée nationale du souvenir «des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie».

[3] La France n’a pas à célébrer le 19 mars 1962 ! Boulevard Voltaire, Par Manuel Gomez

[4] Béziers : Manuel Valls fustige «la nostalgie de l'Algérie française», Le Figaro, Publié le 14/03/2015 à 12:12

[5] Gueniffey : la France, Waterloo et les pièces de deux euros, Le Figaro, 13/03/2015

[6] Président du Conseil depuis le 18 juin 1954, le Radical-Socialiste Pierre Mendès France affirme que "l'on ne transige pas quand il s'agit de défendre la paix intérieure de la nation, l'unité et l'intégrité de la République". Son ministre de l'Intérieur, François Mitterrand, en visite en Algérie le 12 novembre 1954, juste après le début de l’insurrection armée, réagit brutalement à son arrivée: "l’Algérie, c’est la France !, la négociation avec les rebelles c'est la guerre." (La Toussaint rouge, Historia Guerre d'Algérie Magazine, 22 septembre 1972.)

[7] Gouvernement du général de Gaulle.

 

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 15:47
830e anniversaire de la naissance au Ciel du Roi Baudouin IV de Jérusalem (1161-1185)

 

Mars 1185 - Mars 2015 : la France honore Baudouin IV de Jérusalem

 

L'Association Oriflamme fête le 830ème anniversaire du rappel à Dieu du Roi Baudouin IV de Jérusalem (1161-1185), surnommé "le Roi lépreux", par une messe de Requiem qui aura lieu samedi 14 mars 2015 à 10h en l'église Saint Eugène à Paris, 4 rue Sainte-Cécile dans le 9ème arrondissement.

Baudouin IV est un modèle de courage et de dévouement. Roi de terre Sainte frappé par l'épreuve de la maladie, il nous rappelle, par l'exemple de sa vie, les vertus de dévouement pour le bien commun et de courage face aux épreuves. Le souvenir de son oeuvre, loin de constituer une nostalgie désuète, est un témoignage vivant d'espérance et de volonté face aux défis de notre temps.

L'association Oriflamme, née en 2012, met en place des commémorations et conférences portant sur les grands personnages qui ont fait notre histoire chrétienne, en se référant essentiellement à la période du Moyen Age. Exemple : la procession du samedi 17 mai 2014 en l'honneur de Saint Louis a ainsi réuni, de l'église Saint-Eugène à la cathédrale Notre-Dame de Paris, près de 2000 personnes. Attestant ainsi sa raison d'être.

Eric Muth

 

Source: http://www.vexilla-galliae.fr/royaute/vie-des-royalistes/1265-mars-1185-mars-2015-la-france-honore-baudouin-iv-de-jerusalem

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 08:57

Suite du documentaire Les Rois de France (Merapi productions, AB productions, La Bibliothèque nationale de France)

La passation de pouvoir entre Carolingiens et Capétiens s'est passée sur deux siècles.

 

Les Capétiens vont régner de 987 à 1848.

 

L'avènement du Capétien

 

Un nouvel empereur va succéder à Charlemagne en 814. Aux morts successives de ses fils aînés, le Grand Charles répond par la nomination de son dernier fils, Louis, au titre impérial dès 813, mais le premier Louis de l'histoire de France, va rechercher une légitimité sans délégation: il organise son sacre trois ans plus tard (5 octobre 816) en faisant venir le Pape à Reims. Il devient ainsi le premier monarque sacré à Reims.

Louis Ier dit le Pieux (parfois "le Débonnaire"), Rois des Francs et Empereur d'Occident est le premier monarque français à être sacré à Reims (816). Louis est un nom qui dérive de la latinisation du nom franc, Clovis [Chlodowig, l''Illustre guerrier", c'est la signification du nom de Cholodo-wig. (C. GUENOT, Le Fils aîné de l'Eglise, Epopées de l'histoire de France, Vve H. Casterman, Tournai 1883, p. 15.)]

Louis Ier dit le Pieux (parfois "le Débonnaire"), Rois des Francs et Empereur d'Occident est le premier monarque français à être sacré à Reims (816). Louis est un nom qui dérive de la latinisation du nom franc, Clovis [Chlodowig, l''Illustre guerrier", c'est la signification du nom de Cholodo-wig. (C. GUENOT, Le Fils aîné de l'Eglise, Epopées de l'histoire de France, Vve H. Casterman, Tournai 1883, p. 15.)]

Louis Ier le Pieux, Carolingien, est donc ainsi directement rattaché au premier mérovingien, premier roi du peuple franc unifié. 

Généalogie des Carolingiens

Généalogie des Carolingiens

Les Carolingiens du maire du Palais Pépin de Landen (640) à Louis V le Fainéant (986-987)

Les Carolingiens du maire du Palais Pépin de Landen (640) à Louis V le Fainéant (986-987)

Invasions vikings

Traité de Verdun (843), partage de l'état franc entre les trois fils survivants de Louis le Pieux, petits-fils de Charlemagne. Charles II le Chauve reçoit la Francia occidentalis, Francie occidentale (France), Lothaire la Francia media, France médiane (Frise, Lotharingie, Bourgogne, Provence, Lombardie) et le titre impérial, Louis le germanique la Francia orientalis, Francie orientale (Germanie: Saxe, Austrasie, Thuringie, Alémanie, Bavière). Le traité fut un compromis qui affaiblissait considérablement la portée de l'idée impériale. L'identité qui avait existé sous Charlemagne et Louis le Pieux entre l'Empire et l’État franc disparaissait. L'unité impériale ne subsistait plus qu'en théorie ; son universalité cessait de correspondre à la réalité puisque l'empereur ne gouvernait plus en fait que le tiers de la chrétienté occidentale.

Traité de Verdun (843), partage de l'état franc entre les trois fils survivants de Louis le Pieux, petits-fils de Charlemagne. Charles II le Chauve reçoit la Francia occidentalis, Francie occidentale (France), Lothaire la Francia media, France médiane (Frise, Lotharingie, Bourgogne, Provence, Lombardie) et le titre impérial, Louis le germanique la Francia orientalis, Francie orientale (Germanie: Saxe, Austrasie, Thuringie, Alémanie, Bavière). Le traité fut un compromis qui affaiblissait considérablement la portée de l'idée impériale. L'identité qui avait existé sous Charlemagne et Louis le Pieux entre l'Empire et l’État franc disparaissait. L'unité impériale ne subsistait plus qu'en théorie ; son universalité cessait de correspondre à la réalité puisque l'empereur ne gouvernait plus en fait que le tiers de la chrétienté occidentale.

Après l'effritement de l'empire carolingien, une nouvelle dynastie va s'installer durablement sur le trône de la partie occidentale de l'état créé par Charlemagne.

La consolidation du pouvoir des capétiens se fera durant un 11e siècle marqué par deux évènements qui vont influencer durablement la société du Moyen Âge : la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant (1066) et la première croisade (1095).

 

L'héritage de Charlemagne ne peut s'étendre davantage, il manque de dynamisme. Tout l'Occident est chrétien, le seul défi est de défendre les acquis.

 

Invasions vikings (IXe-Xe siècle)

Invasions vikings (IXe-Xe siècle)

Défendre les acquis. Car des embarcations légères, très profilées, dont le fond permet de naviguer en eau douce comme d'affronter des lames de fonds, commencent à apparaître régulièrement sur tout le pourtour du littoral de la terre des Francs. Des monstres en guide de proues, ces navires sont manoeuvrés par des hommes qui cherchent à survivre. Ce sont les Vikings.

On va voir surgir des embarcations rapides, nerveuses, légères, que l'on va nommer à tord les "drakkars", parce que le drakkar n'est que la tête du dragon qui est à l'avant. A bord de ces bateaux il y a des géants blonds, des marchands devenus pillards, remarquables marins, des païens qui cèdent à la tentation de toutes les richesses, qui s'accumulent dans les monastères de Grande-Bretagne et de Francie. Ils adorent Odin.

Quand ils arrivent sur nos côtes, ils s'enfoncent dans les cours d'eau, les fleuves, les rivières, ils détruisent les abbayes, ils tuent, ils violent, ils fuient la misère de leur terre natale et sèment la panique.

Dans un premier temps, ils ruinent le commerce, l'essentiel étant fluvial.

Comme c'était de très fins navigateurs, tout le vocabulaire maritime leur doit beaucoup. Le babord, le tribord, le hauban, la carlingue, tout ces mots viennent des Vikings.

Ils navigueront jusqu'en Sicile où ils vont créer des royaumes, jusqu'en Russie, le mot Rutzi (voyageurs, aventuriers) qui va devenir Russie est un mot d'origine viking.

Ils provoquent un terrible exode avec son cortège de famine.

 

S'érigent alors des forteresses de bois et de terres à l'initiative de guerriers locaux, et non d'un roi. Encore moins d'un empereur qui perd tout contrôle. Le responsable de cette initiative locale prend le statut de seigneur. C'est l'amorce de la mise en place d'un nouveau système, le système féodal. Les temps deviennent troubles. Les hommes resserrent les liens de proche en proche par des serments de fidélité. Tout le monde a besoin d'un chef, ne serait-ce qu'un chef de clan.

 

C'est dans ce contexte de crise que se prépare la succession de Louis (840).

 

Les seigneurs locaux, responsables de la sécurité de la population, face aux raids vikings, se voient inféodés par des seigneurs régionaux, qui ont mis la main sur toutes les sources de revenus, comtés et abbayes.

 

C'est la constitution d'une pyramide féodale des vassaux au suzerain.

Charles II le Chauve (Roi de Francie occidentale 843-877)

Charles II le Chauve (Roi de Francie occidentale 843-877)

Dans le royaume de Charles II le Chauve, un parti d'aristocrates se forme autour de Robert le Fort, [ancêtre d'Hugues Capet] comte de Tours et d'Angers, maître d'abbaye considérable, et grand chef de guerre. En 864, en échange de sa fidélité, Charles le Chauve lui confie le comté de Paris. Robert meurt deux ans plus tard en combattant les Normands, mais Robert aura une descendance.

Raids musulmans en Méditerranée

 

Le jour de Noël 875, à Rome, 75 ans exactement après le couronnement de Charlemagne, Charles le Chauve est couronné empereur par le Pape. Ce dernier l'appelle au secours deux ans plus tard afin de défendre Rome contre la menace des Musulmans (877). Si les raids des Vikings affectent le Nord de l'Europe et tout le littoral atlantique, la Méditerranée est sous la menace permanente des raids musulmans.

 

Les Sarrasins en Provence (889-975)

 

Vingt pirates partis d'Espagne sur un frêle bâtiment, et se dirigeant sur les côtes de Provence, furent poussés par la tempête dans le golfe de Grimaud, autrement appelé le golfe de Saint-Tropez, et débarquèrent au fond du golfe sans être aperçus. Autour de ce bras de mer s'étendait au loin une forêt qui subsiste en partie, et qui était tellement épaisse que les hommes les plus hardis avaient de la peine à y pénétrer. Vers le nord était une suite de montagnes s'élevant les unes au-dessus des autres, et qui, arrivées à une distance de quelques lieues, dominaient une grande partie de la basse Provence.

Les Sarrasins envahirent pendant la nuit le village le plus rapproché de la côte, et, massacrant les habitants, se répandirent dans les environs. Quand ils furent arrivés sur les hauteurs qui couronnent le golfe du côté du nord, et que de là, leur regard s'étendit d'un côté vers la mer et de l'autre vers les Alpes, ils comprirent tout de suite la facilité qu'un tel tel lieu devait leur offrir pour un établissement fixe. La mer leur ouvrait son sein pour recevoir tous les secours dont ils auraient besoin; la terre leur livrait passage dans des contrées qui n'avaient pas encore été pillées et où il n'avait été pris aucune mesure de défense. L'immense forêt qui environnait les hauteurs et le golfe leur assurait une retraite au besoin.

Les pirates firent un appel à tous leurs compagnons qui parcouraient les parages voisins; ils envoyèrent demander du secours en Espagne et en Afrique; en même temps ils se mirent à l'ouvrage, et en peu d'années les hauteurs furent couvertes de châteaux et de forteresses. Le principal de ces châteaux est nommé par les écrivains du temps Fraxinetum, du nom des frênes qui probablement occupaient les environs. On croit que Fraxinetum répond au village actuel de la Garde-Frainet, qui est situé au pied de la montagne la plus avancée du côtée des Alpes... Quand les travaux furent terminés, les Sarrasins commencèrent à faire des courses dans le voisinage. Ils n'eurent garde d'abord de s'éloigner du centre de leurs forces; mais bientôt les seigneurs les associèrent à leurs querelles particulières. Ils aidèrent à abattre les hommes puissants; ensuite, se débarrassant de ceux qui les avaient appelés, ils se déclarèrent les maîtres du pays; en peu de temps une grande partie de la Provence se trouva exposée à leurs ravages. La terreur devint bientôt générale; le plat pays étant dévasté, les Sarrasins s'avancèrent vers le chaîne des Alpes.

Les Sarrasins occupèrent le mont Cenis et le mont Saint-Bernard, devinrent les maîtres de tous les passages des Alppes, et de là pillèrent le Dauphiné, le Piémont, le Montferrat, le Valais, la Suisse, les Grisons, la Savoie, la Maurienne, la Ligurie. Ils prirent et saccagèrent Turin, Marseille, Aix, Sisteron, Gap, Embrun, Gênes, Fréjus, Toulon, Grenoble, etc., égorgeant vifs les habitants, et dévastant tellement le pays, que les loups en devinrent à peu près les maîtres.

Hugues, devenu comte de Provence, s'était rendu en Italie pour y disputer la couronne du royaume de Lombardie. Les cris de ses sujets l'ayant enfin rappelé de côté des Alpes, il annonça l'intention de chasser entièrement les Sarrasins. Il s'agissait de s'emparer d'abord du château Fraxinet, à l'aide duquel les Sarrasins se maintenaient en relation avec l'Espagne et l'Afrique et d'où ils dirigeaient leurs expéditions dans l'intérieur des terres. Comme il fallait que ce château fut attaqué par la mer et par terre, Hugues envoya demander une flotte à l'empereur de Constantinople, son beau-frère; il demandait aussi du feu grégeois, l'arme alors la plus efficace pour combattre les flottes sarrasines.

En 942, la flotte grecque jeta l'ancre dans le golfe de Saint-Tropez; en même temps Hugues accourut avec une armée. Les Sarrasins furent attaqués avec la plus grande vigueur; leurs navires et tous leurs ouvrages du côté de la mer furent détruits par les Grecs. De son côté, Hugues força l'entrée du château et obligea les barbares à se retirer sur les hauteurs voisines. C'en était fait de la puissance des Sarrasins en France; mais tout à coup Hugues apprit que Béranger, son rival à la couronne d'Italie, qui s'était enfui en Allemagne, se disposait à lui disputer le trône. Alors, ne songeant plus aux maux qui pesaient sur ses malheureux sujets, il renvoya la flotte grecque, et maintint les Sarrasins dans toutes les positions qu'ils occupaient, à la seule condition que, s'établissant au haut du grand Saint-Bernard et sur les principaux sommets des Alpes, ils fermeraient le passage de l'Italie à son rival... Dès ce moment les Sarrasins montrèrent encore plus de hardiesse qu'auparavant, et l'on dut croire qu'ils étaient établis pour toujours dans le coeur de l'Europe. Non seulement ils épousèrent les femmes du pays, mais ils commencèrent à s'adonner à la culture des terres. Les princes de la contrée se contentèrent d'exiger d'eux un léger tribut; ils les recherchaient même quelquefois. Quant à ceux qui occupaient les hauteurs, ils donnaient la mort aux voyageurs qui leur déplaisaient, et exigeaient des autres une forte rançon. "Le nombre des chrétiens qu'ils tuèrent fut si grand, dit Liutprand, que celui-là seul peut s'en faire une idée, qui a inscrit leurs noms dans le livre de vie."...

Vers l'an 960, les Sarrasins furent chassés du mont Saint-Bernard. L'histoire ne nous a pas conservé les détails de cet évènement... En 965, ils furent chassé du diocèse de Grenoble. Les évêques de cette ville s'étaient retirés à Saint-Donat, du côté de Valence. Cette année, Isarn, impatient de reprendre possession de son siège, fit appel aux nobles, aux guerriers et aux paysans de la contrée; et, comme les Sarrasins occupaient les cantons les plus fertiles et les plus riches, il fut convenu que chaque guerrier aurait sa part des terres conquises, à proportion de sa bravoure et de ses services. Après l'expulsion des Sarrasins de Grenoble et de la vallée du Graisivaudan, le partage eut lieu, et certaines familles du Dauphiné, telles que celle des Aynard ou Montaynard, font remonter l'origine de leur fortune à cette espèce de croisade.... Tous ces succès annonçaient que les affaires des Sarrasins allaient en déclinant, et ne faisaient que qu'irriter davantage le désir qui se manifestait de tous les côtés d'en être tout à fait délivré.

En 936, l'empereur Othon annonça l'intention de se dévouer à une entreprise si patriotique; mais il mourut sans avoir rempli sa promesse, et il fallut que les Sarrasins se portassent à un nouvel attentat, pour que les peuples se décidassent à en faire eux-mêmes justice.

Un homme s'était rencontré, qui jouissait d'une considération universelle; il suffisait de le nomme pour attirer le respect des nations et des rois. C'est saint Mayeul, abbé de Cluny, en Bourgogne. Telle était la réputation qu'il avait acquise par ses vertus, qu'on songea un moment à le faire pape. Mayeul s'était rendu à Rome pour satisfaire sa dévotion aux églises des saints et pour visiter quelques couvents de son ordre. A son retour, il s'avança par le Piémont et résolut de rentrer dans son monastère par le mont Genèvre et les vallées du Dauphiné. En ce moment, les Sarrasins étaient établis entre Gap et Embrun, sur une hauteur qui domine la vallée du Drac, en face du pont d'Orcières. A l'arrivée du saint au pied de la chaîne des Alpes, un grand nombre de pélerins et de voyageurs, qui depuis longtemps attendaient une occasion favorable pour franchir le passage, curent qu'il ne pouvait pas s'en présenter de plus heureuse. La caravane se met donc en route; mais, parvenue sur les bords du Drac, dans un lieu resserré entre la rivière et les montagnes, les barbares, au nombre de mille, qui occupaient les hauteurs, lui lance une grêle de traits. En vain les chrétiens, pressés de toutes parts, essaient de fuir; la plupart sont pris, entre autres le saint; celui-ci est même blessé à la main en voulant garantir la personne d'un de ses compagnons. Les prisonniers furent conduits dans un lieu écarté; la plupart étant de pauvres pélerins, les barbares s'adressèrent au saint, comme au personnage le plus important, et lui demandèrent quels étaient ses moyens de fortune. Le saint répondit ingénument que, bien que né de parents forts riches, il ne possédait rien en propre, parce qu'il avait abandonné toutes ses possessions pour se vouer au service de Dieu; mais qu'il était abbé d'un monastère qui avait dans sa dépendance des terres et des biens considérables. Là-dessus, les Sarrasins, qui voulaient avoir chacun leur part, fixèrent la rançon de lui et du reste des prisonniers à 1 000 livres d'argent, ce qui faisait environ 80 000 francs de notre monnaie actuelle. En même temps, le saint fut invité à envoyer le moine qui l'accompagnait à Cluny, pour apporter la somme convenue. Ils fixèrent un terme passé lequel tous les prisonniers seraient mis à mort.

 

Au départ du moine, le saint lui remit une lettre commençant par ces mots :

 

"Aux Seigneurs et aux frères de Cluny, Mayeul, malheureusement captif et chargé de chaînes; les torrents de Bélial m'ont entouré, et les lacets de la mort m'ont saisi." (Rois, 22, 5.)

 

A la lecture de cette lettre, toute l'abbaye fondit en larmes. On se hâta de recueillir l'argent qui se trouvait dans le monastère; on dépouilla l'église du couvent de ses ornements; enfin l'on fit un appel à la générosité des personnes pieuses du pays, et on parvint à réunir la somme exigée. Elle fut remise aux barbares un peu avant le terme fixé, et tous les prisonniers furent mis en liberté.... La prise de saint Mayeul a eu lieu en 972. Cet évènement causa une sensation extaordinaire; de toutes parts les chrétiens, grands et petits, se levèrent pour demander vengeance d'un pareil attentat.

Il y avait alors aux environs de Sisteron, dans le village des Noyers, un gentihomme appelé Bobon ou Beuvon, qui déjà plus d'une fois avait signalé son zèle pour l'affranchissement du pays. Profitant de l'enthousiasme général, et ralliant à lui les paysans, les bourgeois, en un mot tous les hommes amis de la religion et de la patrie, qui voulaient prendre part à la gloire de l'entreprise, il fit construire non loin de Sisteron, un château situé en face d'une forteresse occupée par les Sarrasins. Son intention était d'observer de là leurs mouvements et de profiter de la première occasion pour les exterminer. Dans l'ardeur de son zèle pieux, il avait fait voeu à Dieu, s'il venait à bout de chasser les barbares, de consacrer le reste de sa vie  àla défense des veuves et des orphelins. En vain les Sarrasins essayèrent de le troubler dans ses efforts; toutes leurs tentatives furent inutiles. La montagne où s'élevait le château occupé par les Sarrasins se nommait Petra impia, et s'appelle encore dans le langage du pays Peyro impio. Peu de temps après, le chef des Sarrasins de la forteresse ayant enlevé la femme de l'homme préposé à la garde de la porte, celui-ci, pour se venger, offrit à Bobon de leui en faciliter l'entrée. Une nuit, Bobon se présenta avec ses guerriers et entra sans obstacle. Tous les Sarrasins qui voulurent résister, furent passés au fil de l'épée; les autres, y compris le chef, demandèrent le baptême....

 

Le Dauphiné était libre; la Provence ne pouvait tarder de l'être aussi. Il est bien à regretter que l'histoire ne nous ait presque rien transmis sur un évènement aussi intéressant. On sait seulement qu'à la tête de l'entreprise était Guillaume, comte de Provence.... Guillaume se faisait chérir de ses sujets par son amour de la justice et de la religion. Faisant un appel aux guerriers de la Provence, du Bas-Dauphiné et du Comté de Nice, il se disposa à attaquer les Sarrasins qui se voyaient poursuivis dans leurs derniers retranchements, réunirent toutes leurs forces et descendirent de leurs montagnes en bataillons serrés. Il paraît qu'un premier combat fut livré aux environs de Draguignan, dans le lieu appelé Tourtour, là où il existe encore une tour qu'on dit avoir été élevée en mémoire de la bataille. Les Sarrasins ayant été battus, se réfugièrent dans le château fort. Les chrétiens se mirent à leur poursuite. En vain les barbares opposèrent la plus vive résistance; les chrétiens renversèrent tous les obstacles. A la fin, les barbares, étant pressés de toutes parts, sortirent du château pendant la nuit et essayèrent de se sauver dans la forêt voisine. Poursuivis avec vigueur, la plupart furent tués ou faits prisonniers, le reste mit bas les armes.

 

(Reinaud, Invasions des Sarrasins en France, p. 158, en lecture libre sur Gallica, le site de la Bibliothèque nationale de France. In L'Histoire de France racontée par les contemporains, Extraits des chroniques, des mémoires et des documents originaux, L. DUSSIEUX, Firmin Didiot Frères, Fils et Cie Libraires, tome second, Paris 1861, p., 71-78.)

(5) Les Rois de France - Hugues Capet

Charles le Chauve est couronné empereur en 875, mais il meurt deux ans plus tard en voulant défendre un territoire qu'il ne peut plus contrôler. L'Etat auquel on donne le nom de Francie s'est réorganisé non plus autour d'Aix-la-Chapelle (l'ancienne capitale de l'empire de Charlemagne), mais autour de Reims, de Paris et de Saint-Denis : c'est là que Robert le Fort s'est implanté solidement, et que ses successeurs Capétiens sauront faire fructifier l'héritage.

Hugues Capet, c'est celui qui a été choisi, celui qui a été élu par les Grands pour devenir Roi en 987. Il est de la famille des Robertiens. Son ancêtre remonte au milieu du IXe siècle, à Robert le Fort, qui avait lutté contre les Normands, est mort victorieux (en 866), et est considéré comme un martyr. Ce Robert le Fort est le vrai fondateur de la dynastie capétienne. Ses fils ont régné sur le royaume, car la royauté était alors élective [Eudes, fils aîné de Robert, est élu roi des Francs par les Grands en 888 à Compiègne. Il comprit que tous les Grands n'étaient pas mûrs pour: il faudra encore attendre cent ans pour qu'un autre robertien, un autre duc de France, devienne roi. Une opposition légitimiste subsistait dans l'Est, un descendant de Charlemagne la ralliait (Charles III le Simple, Roi des Francs (898-922).] Robert le Fort est le premier des Robertiens (Capétiens) qui, le premier, va avoir l'idée de la supériorité des ducs "de France" - c'est-à-dire on pourrait dire d'Île-de-France -, qui sont au centre du royaume, et qui sont en quelque sorte, candidats à la création d'une monarchie française qui sera héritière à la fois de la Gaule romaine et des royaumes francs. Et tout cela va créer véritablement la "monarchie française". La Francie ne sera jamais, elle, morcellée, elle aura toujours un unique souverain

 

 

Eudes (Roi des Francs 888-898) - Couronnement du roi Eudes (enluminure des Grandes Chroniques de France)

Eudes (Roi des Francs 888-898) - Couronnement du roi Eudes (enluminure des Grandes Chroniques de France)

Denier de Toulouse sous Eudes de France

Denier de Toulouse sous Eudes de France

(5) Les Rois de France - Hugues Capet

Le sacre d'Hugues Capet

 

Les années qui suivent la mort de Charles le Chauve (877) sont celles où les Vikings lancent leur campagnes les plus dévastatrices.

 

Les descendants de Charles le Chauve se succède rapidement jusqu'à Charles le Gros (Roi de Francie, 884-888), fils de Louis le Germanique.

 

Si le Carolingien défait quelques fois les Vikings, il essaie de trouver un compromis quand ils menacent Paris.

 

 

Eudes, Comte de Paris, Fils de Robert le Fort, sauve Paris des Vikings en 885

Eudes, Comte de Paris, Fils de Robert le Fort, sauve Paris des Vikings en 885

C'est Eudes, Comte de Paris et fils de Robert le Fort qui résiste à l'envahisseur viking en 885 et sauve la ville de Paris du péril normand. Face à la menace païenne, le peuple chrétien ne semble plus pouvoir compter sur les Carolingiens. Si ces Vikings peuvent être considérés comme une punition divine, les descendants de Charlemagne ne passent pas le test avec succès. A la mort de Charles le Gros en 888, c'est Eudes, que les Grands du Royaume choisissent pour Roi, alléguant que l'héritier carolingien, Charles V, est trop jeune pour régner. Eudes est sacré roi des Francs à Compiègne, puis de nouveau couronné à Reims le 13 novembre.

(5) Les Rois de France - Hugues Capet

Eudes est enseveli à Saint-Denis en 888.

 

C'est un carolingien, Charles le Simple, qui en 911 règle le problème viking en cédant à leur chef, Rollon, une partie de son territoire: Rouen. En échange, Rollon devient Robert en se baptisant et en rendant hommage au roi de France. Les Vikings installés à Rouen deviendront les "Normands" et cette région (l'ancienne "Neustrie"), la "Normandie". Les Normands, selon la grande tradition voulant que les conquérants soient conquis, sont devenus ensuite tellement gallo-romains qu'ils envisageaient des extensions du royaume franc en Angleterre.

En 922, le carolingien Charles III le Simple est purement déposé. Ce qui permet un retour rapide sur le trône de Roi des Francs du Comte de Paris Robert Ier frère de Eudes. Dès 923, celui-ci descendant sans héritier en âge de gouverner, on préfère même faire passer la Couronne sur la tête du duc de Bourgogne, Raoul (923-936), plutôt que sur un carolingien capable d'incarner le pouvoir à l'échelle de la Francie. Finalement, la Couronne revient à un carolingien, Louis IV d'Outremer (en 936). Les trois derniers carolingiens à se succéder vont renforcer le pouvoir royal. L'ordre de Cluny prospère, apportant des réponses au chaos de ce siècle.

(5) Les Rois de France - Hugues Capet

A l'est du Rhin apparaît un empereur germanique. Otton Ier dit Otton le Grand est élu par ses troupes et couronné empereur des Romains par le pape en 962.

 

Pendant ce temps, les Normands ont appris le français et ne parlent plus que cette langue. L'administration du duché est exemplaire. Ce territoire est en paix.

 

Le dernier carolingien, Louis V, meurt à 20 ans d'une mauvaise chute de cheval, le 22 mai 987. Une dernière fois plutôt que d'élire son oncle carolingien qui aurait pu devenir puissant, les Grands se tournent vers le duc de France, Hugues, que l'on surnomme Capet, en raison de la cape qu'il aime porter.

Hugues Capet. La dynastie des Capétiens (987-1848) doit son nom à Hugues Capet élu roi des Francs en 987. Capet parce qu'il portait toujours une cape. C'était son surnom. Surnom qui restera jusqu'à la Révolution, puisque les révolutionnaires diront à Louis XVI "monsieur Capet".

Hugues Capet. La dynastie des Capétiens (987-1848) doit son nom à Hugues Capet élu roi des Francs en 987. Capet parce qu'il portait toujours une cape. C'était son surnom. Surnom qui restera jusqu'à la Révolution, puisque les révolutionnaires diront à Louis XVI "monsieur Capet".

Hugues Capet est élu roi parce qu'il semble plus facilement manipulable et moins puissant. Son royaume se cantonne à l'Île de France. Le roi est le duc de France, le chef d'une famille noble un peu plus prestigieuse que les autres, mais à peine plus prestigieuse. On est loin de la grande organisation carolingienne. Avec les Capétiens, on arrive dans cette époque de la suprématie des seigneurs, les uns par rapport aux autres.

Francie et domaine royal sous Hugues Capet en 987

Francie et domaine royal sous Hugues Capet en 987

Le roi se cantonne à ce que l'on appelle son domaine, le domaine royal, c'est-à-dire l'ensemble des terres et des droits sur lesquels il exerce son pouvoir directement. C'est sa principauté, mais autour il y en a d'autres. Autrement dit on a un royaume qui est composé d'une mosaïque de principautés, et ces principautés fonctionnent exactement de la même façon que la principauté royale, d'est-à-dire qu'on y a institué des princes qui s'y transmettent le pouvoir de façon désormais héréditaire, à partir du XI siècle. Ces princes connaissent une structure de nature féodo-vassalique. Ils concèdent une partie de leur territoire à des seigneurs qui sont inférieurs dans le rang de l'aristocratie. Ils leur concèdent des fiefs avec un droit de justice, un château.

 

 

Les principautés à l'intérieur du Royaume d'Hugues Capet en 987.

Les principautés à l'intérieur du Royaume d'Hugues Capet en 987.

Comment gouverne le roi ?

 

Le roi ne gouverne pas par des actes législatifs, mais par des chartes ponctuelles données à tel ou tel seigneur laïque ou ecclésiastique. Ces chartes sont le fruit d'une requête, le plus souvent et la charte comporte le plus souvent un don. C'est-à-dire que l'acte politique du roi est d'abord un acte de générosité, octroyé par le roi. Cela implique que la Cour du roi ait un réceptacle de demandes, de requêtes, venant de la part essentiellement des aristocrates, mais la Cour des Capétiens, des premiers Capétiens surtout, est un lieu assez libre d'accès pour la personne royale.

 

Le roi va s'entourer petit à petit d'un Chancelier pour ses écritures, d'un connétable, d'un sénéchal, de bouteillers. Ces offices mêlent intimement le privé et le public. Ce sont des offices de maison.

 

Des Capétiens directs, puis aux Valois et aux Bourbons, pendant huit siècles ce royaume allait s'agrandir en ayant à sa tête un représentant de la même famille, celle dont le représentant avait été choisi parce qu'il semblait faible. Les Capétiens vont régner jusqu'en 1848 avec Louis-Philippe (Orléans). Cette dynastie capétienne durera très longtemps. Elle est le fruit du passage de la Gaule romane à la gaule franque. C'est là que se construit la France. Et en 987, avec Hugues Capet, on peut parler de France.

 

Mais plutôt que conquérir comme Clovis et Charlemagne, Hugues avait choisi de durer. Il instaure dès Noël 987, la règle de la promogéniture mâle, en associant au trône son fils aîné, Robert II. Pendant plus de deux siècles, les successeurs d'Hugues Capet utiliseront cette stratégie afin de stabiliser le pouvoir et de pérenniser la dynastie. Ils feront sacrer de leur vivant leur fils aîné. Et ainsi vont correspondre pour les siècles à venir, deux idées, l'idée de la France et l'idée du sacre.

Hugues Capet, duc des français, désormais Rex francorum, fait sacrer à Reims, son fils Robert II, également bénéficiaire d’une élection, en qualité de Roi associé. Hugues inaugure ainsi une tradition qui perdurera 2 siècles, le principe héréditaire. Cette conquête inaperçue des contemporains allait permettre de refaire la France. Seulement il aura fallu attendre plus de 500 ans pour que l’usage absurde des partages francs à la mort du roi fût abandonné, et il fallut encore deux siècles avant que le principe héréditaire triomphât du principe électif, car en droit, à ce moment l’élection du roi ne le cédait en rien à l’hérédité. En fait, le sacre six fois répété de l’aîné (sur six générations), du vivant du roi régnant, allait affaiblir le principe électif, jusqu’au jour où la légitimité capétienne n’aurait plus d’autre fondement que le fait dynastique sous Philippe II Auguste 1180-1223, le principe de l’hérédité de la Couronne étant alors acquis.

Hugues Capet, duc des français, désormais Rex francorum, fait sacrer à Reims, son fils Robert II, également bénéficiaire d’une élection, en qualité de Roi associé. Hugues inaugure ainsi une tradition qui perdurera 2 siècles, le principe héréditaire. Cette conquête inaperçue des contemporains allait permettre de refaire la France. Seulement il aura fallu attendre plus de 500 ans pour que l’usage absurde des partages francs à la mort du roi fût abandonné, et il fallut encore deux siècles avant que le principe héréditaire triomphât du principe électif, car en droit, à ce moment l’élection du roi ne le cédait en rien à l’hérédité. En fait, le sacre six fois répété de l’aîné (sur six générations), du vivant du roi régnant, allait affaiblir le principe électif, jusqu’au jour où la légitimité capétienne n’aurait plus d’autre fondement que le fait dynastique sous Philippe II Auguste 1180-1223, le principe de l’hérédité de la Couronne étant alors acquis.

[Il semble que les Capétiens, réalistes, aient eu devant les yeux les fautes de leur prédécesseurs pour ne pas les recommencer. Les descendants de Charlemagne s’étaient épuisés à reconstituer l’empire. Ce fut également la manie des empereurs germaniques. Les Capétiens se rendirent compte de leur force exacte et se gardèrent à leurs débuts d’inquiéter personne. Car à ce stade le pouvoir du roi de France apparaît bien limité : il n’a aucun pouvoir au sud de la Loire (le domaine royal se limite à une dizaine de comtés : Paris, Etampes, Melun, Compiègne, Montreuil- sur Mer, Senlis, Orléans, Dreux…), et il est étroitement dépendant de l’Eglise et des grands féodaux qui l’ont élu; au comte de Périgord qui s’était emparé de sa ville de Tours, Hugues ayant fait demander par un héraut : « Qui t’a fait comte ? » s’entendit répondre : « Qui t’a fait roi ? ». Le territoire national morcelé, il faudra des siècles pour le reprendre aux souverainetés locales.

Comme chef féodal et duc de France, le roi avait pour vassaux directs les comtes de Blois, Anjou, Maine, et les comtes bretons du Mans et de Rennes pour arrière-vassaux. Huit grands fiefs relevant nominalement de la Couronne, indépendants en fait se partageaient le reste du territoire : Flandre, Normandie, Bourgogne, Guyenne, Gascogne, Toulouse, Gothie (Narbonne et Nîmes) et Barcelone : la suzeraineté capétienne sur ces duchés et ces marches venait de l’héritage de Charlemagne. Cette suzeraineté était un titre juridique qui rester à réaliser, les grands vassaux étant maîtres chez eux. La dignité royale et l’onction du sacre (alliance de l’Eglise) et une vague tradition d’unité personnifiée par le roi, c’était toute la supériorité des Capétiens. Ainsi, le roi comptait peu, même pour ses vassaux directs, tel la Maison d’Anjou d’où devait sortir la funeste dynastie des Plantagenêt 1154-1485 qui un jour, mettrait la France en danger.]

 

 

Vue des tombeaux de la nécropole royale de la Basilique Saint-Denis

Vue des tombeaux de la nécropole royale de la Basilique Saint-Denis

En 996, "sitôt refroidie, la dépouille du roi Hugues fut transportée à Saint-Denis dont il avait été abbé laïque. Son cercueil fut placé devant l'autel de la Trinité, tout contre celui de son grand-oncle le roi Eudes, qui le premier de la famille avait porté la Couronne.

A une exception près, tous ses descendants et successeurs le rejoignirent dans la nécropole royale.

A la Révolution, alors que Louis XVI était affublé du surnom de son ancêtre - Louis Capet -, son gisant fut détruit" (Les Derniers Jours des Rois, Sous la Direction de Patrice Gueniffey, Perrin, Le Figaro Histoire, Paris 2014, p. 61.)

Les principaux autres tombeaux de la Nécropole détruits par les Barbares iconoclastes de la Révolution furent ceux d'Arégonde épouse de Clotaire Ier, Charles II le Chauve (843-877), Eudes (888-898) que l'on a pourtant vu sauver Paris des Vikings en 885, Hugues Capet (987-996), Jeanne de Bourgogne première épouse de Philippe VI, Charles VII le Victorieux (1422-1461) et son épouse Marie d'Anjou, Charles VIII l'Affable (1483-1498), François II (1559-1560), Charles IX (1560-1574), Henri III (1574-1589) et son épouse Louise de Lorraine-Vaudémont, Henri IV le Grand (1589-1610) et ses épouses Marguerite de Valois et Marie de Médicis, Louis XIII le Juste (1610-1643) et son épouse Anne d'Autriche, Louis XIV le Grand (1643-1715) et son épouse Marie-Thérèse d'Autriche, Louis XV le Bien-Aimé (1715-1774) et son épouse Marie Leszczyńska.

 

 

La Paix de Dieu, Paix du Roi

 

Il convient, dans un premier temps, de maîtriser la violence, de cette société féodale. L'ordre de Cluny va permettre avec l'épiscopat le développement de ce que l'on appelle la Paix de Dieu, qui va devenir d'ailleurs à la fin du XIe siècle et le début du XIIe siècle, la Paix du roi.

 

C'est l'idée qu'il y a des violences qui ne doivent pas être commises quand elles sont destinées par exemple contre les clercs, contre les biens des clercs (sacrilèges), les marchands, les femmes mariées et les pucelles (défense de la femme), les maisons et les incendies.

 

Outre l'aspect religieux, c'est la mise en place d'un code de ce qui est licite et de ce qui est illicite comme délit. Et ce cela donne aux délits un caractère public.

 

Le mouvement de la Paix de Dieu s'officialise à Charroux en 989. Il propose une organisation sociale reposant sur trois ordres. Le rôle des chevaliers (bellatores ou milites) est de protéger ceux dont les rôles sociaux sont de travailler et de prier (oratores).

 

L'église s'est aperçue que cette idée d'avoir des gens élevés selon un code éthique, comme on le dirait de nos jours, qui se seraient à la fois distingués parmi les guerriers mais comme ayant un corps de règles - on dirait il faut qu'ils apprennent la détontologie de la guerre -, c'est à ce moment-là que l'on a créé les règles chevaleresques, lorsqu'on était reçu chevalier, lorsqu'on était fait chevalier, on était reconnu comme un guerrier courageux mais aussi comme quelqu'un ayant reçu une formation morale et religieuse.

 

 

Le roi Arthur fait chevalier (Film Excalibur - John Boorman 1981)

Le roi Arthur fait chevalier (Film Excalibur - John Boorman 1981)

C'est à partir du règne de Robert II que l'on commence à attribuer au Capétien des pouvoirs thaumaturgiques, des dons miraculeux capables de guérir les écrouelles, fistules purulentes dues à une maladie tuberculeuse. Ces guérisons qui se poursuivront jusqu'à la fin de la dynastie des Capétiens (jusqu'à Charles X qui guérit lui aussi les écrouelles), lui valent le surnom de Robert le Pieux. Son fils, Henri Ier, qu'il a fait sacré de son vivant lui succède en 1031.

Robert II guérit les écrouelles

Robert II guérit les écrouelles

Henri IV touchant les écrouelles, gravure de Pierre Firens extraite de l'ouvrage d'André du Laurens, De strumis earum causis et curæ, 1609.

Henri IV touchant les écrouelles, gravure de Pierre Firens extraite de l'ouvrage d'André du Laurens, De strumis earum causis et curæ, 1609.

Convertis au christianisme, sous l'impulsion des ducs, les Normands construisent églises et abbayes, et leur foi toute récente n'est pas pervertie (église Saint-Etienne de Caen, Abbaye -aux-Dames de Caen, église priorale de Saint-Fromond, Abbaye de Montivilliers). C'est en voulant effectuer un pélerinage en Terre-Sainte, qu'en 1035, meurt le duc de Normandie, Robert le Magnifique.

Statue de Robert le Magnifique, descendant du tout premier duc de Normandie Rollon, sur le socle de celle du Conquérant à Falaise

Statue de Robert le Magnifique, descendant du tout premier duc de Normandie Rollon, sur le socle de celle du Conquérant à Falaise

La conquête de l'Angleterre

 

Le fils de Robert le Magnifique, Guillaume, est né en 1028. Cet héritier de sept ans est un bâtard. Il connaît le respect et notamment celui du droit féodal. Ainsi, il ne profite pas d'une victoire sur le comte d'Anjou soutenu par le capétien Henri Ier de France pour réclamer plus que ce que la logique féodale lui permet de réclamer. Il montre l'exemple du comportement à adopter dans ce monde féodal en pleine construction. Il respecte la légitimité des autres éléments de la pyramide, et en premier lieu celle de l'élément capétien.

 

Sa puissance et son dynamisme font de l'ombre à Henri Ier et incite le roi d'Angleterre Edouard le Confesseur (très aimé de son peuple, notamment des plus pauvres à cause de sa remarquable charité et sa grande piété, NDLR.) sans successeur et ayant fait voeu de chasteté, à proposer sa couronne à Guillaume en qui il reconnaît un digne successeur afin de poursuivre la construction de l'état anglais. Guillaume le Bâtard devient roi à la mort d'Edouard le Confesseur en 1066. Un homme pourtant persiste à se dresser face au destin de Guillaume, Harold, frère de la reine, et exerçant le pouvoir réel en Angleterre à la fin du règne, s'empare de la Couronne.

 

Tout autant que la logique féodale, Guillaume tient aux valeurs qui lui sont associées. Il se doit à la promesse faite à un homme aussi vertueux qu'Edouard le Confesseur et de récupérer son héritage. D'ailleurs Guillaume a l'appui du Pape qui lui transmet non seulement sa bannière mais aussi un cheveu de saint Pierre dans un Anneau, le tout consacré de sa main.

 

C'est une croisade avant l'heure que Guillaume prépare méticuleusement avec tout son peuple (Tapisserie de Bayeux). Bûcherons et charpentiers lui construisent une flotte de 600 navires, capables de transporter des éléments préfabriqués de fortins, des machines de guerre, des chevaux, l'approvisionnement de toute une armée, 7000 hommes, parmi lesquels beaucoup de laissés-pour-compte de la pyramide féodale, les fils cadets de seigneurs de Normandie et à qui il promet un fief sur la terre d'Outre-Manche. De violents vents contraires repoussent le départ et font croire à un mauvais présage. Ces pressentiements se confirment alors que la flotte longe la côte à vide (entre Dives-sur-Mer et Saint-Valéry-sur-Somme) et que d'un second lieu d'embarquement l'appareillage est toujours impossible. Guillaume se décide à organiser avec son armée une procession la nuit. Une comète passe dans le Ciel, et le vent se met alors au Nord.

 

 

(5) Les Rois de France - Hugues Capet

Guillaume prend la tête de la flotte sur la navire battant pavillon pontifical, Croix rouge sur fond blanc. Le navire amiral est si puissant qu'il arrive seul à l'aube en vue des côtes anglaises (Baie de Pevensey). Ce n'est qu'en milieu de matinée que le reste de la flotte rejoint le bateau de Guillaume et que le débarquement peut s'effectuer le 29 septembre 1066. Harold n'y croyait plus. De Londres, il marche avec son armée à la rencontre de Guillaume le Bâtard, jusqu'à la coline de Hastings d'où il décide de repousser les vagues normandes en édifiant un triple barrage, de flèches tout d'abord, de boucliers et de javelots dans un second temps. Enfin, pour ceux qui survivent, un troisième rempart constitué de hâches de celles que les Vikings affectionnaient. Et les vagues sont effectivement repoussées. Le chaos est tel dans les rangs français que l'on croit Guillaume mort: il relève la protection nasale de son casque et avant de lancer un nouvel assaut, ordonne à ses archers d'incliner leur tir vers le haut afin de contourner la muraille de boucliers et fait abattre une pluie de flèches sur l'armée anglaise. Les flèches tombent du Ciel et l'une d'elles transpercent la tête d'Harold de part en part.

 

L'usurpateur est mort et au soir, son triple mur finit par céder. Les vagues normandes déferlent sur toute l'Angleterre. Guillaume le Bâtard devient Guillaume le Conquérant. Par la volonté de Dieu, il est couronné roi d'Angleterre le 25 décembre 1066 dans la basilique de Westminster.

 

Guillaume met en place un système féodal centralisé et donc performant. La rigueur administrative normande traverse elle aussi la Manche et lance l'Angleterre sur la voix du modernisme politique.

 

Avec la pierre de Caen on construit la Tour de Londres.

 

 

(5) Les Rois de France - Hugues Capet

Le français devient la langue officielle. L'anglais n'est plus enseigné, utilisé uniquement que par le peuple, il se simplifie.

 

L'Angleterre est alors un territoire qui adoptera petit à petit les traditions gallo-romaines mâtinées de culture franque. Ce qui faisait l'originalité du Royaume de France, cette espèce de bouillonements de traditions de droit romain, de traditions guerrières, d'héritage gaulois aussi parce qu'il y a là-dedans des traditions gauloises qui sont maintenues. Tout cela essaimera en Angleterre.

 

C'est pourtant durant le règne de Guillaume que les tensions entre le royaume d'Angleterre et celui de France apparaissent pour s'éterniser pendant plusieurs siècles. Guillaume est roi d'Angleterre et la Normandie est anglaise: il est duc de Normandie, mais c'est un bien de l'Angleterre. Et c'est une affaire qui durera des siècles, qui entraînera les guerres de Cent Ans et des conflits interminables avec l'Angleterre.

 

Philippe Ier (1060-1108), le nouveau roi de France se méfie de l'influence du Conquérant et fait tout pour la limiter en excitant la crainte de la Bretagne et de l'Anjou face à cet ambitieux voisin et en participant activement à des coalitions antinormandes. Il stimule des dissenssions à l'intérieur même de la cellule familiale de Guillaume. Vingt ans de cette politique excède le Conquérant. Guillaume prend conscience de l'impossible cohabitation entre les deux royaumes. C'est en 1087 sur la route de Paris que son cheval trébuche sur une braise ardente et qu'il trouve la mort.

La première Croisade

 

Parallèlement au Renouveau spirituel insufflé par Cluny, une réforme profonde de l'Eglise chrétienne d'Occident s'organise officiellement et vigoureusement à partir de Rome, avec à partir de 1073 le début du Pontificat de Grégoire VII. La réforme grégorienne a cherché à donner la pleine liberté aux abbayes en sortant de l'autorité des rois ou des seigneurs (comme celle des comtes de Toulouse pour l'abbaye de Moissac).

Prise de Jérusalem (1099)

Prise de Jérusalem (1099)

Un schisme avec les chrétiens d'Orient a provoqué une rupture entre Rome et Constantinople sur le plan dogmatique. Ce qui n'empêche pas les alliances militaires entre chrétiens face à une menace extérieure à la Communauté. Or l'empereur d'Orient a besoin d'aide. Cet appel au secours va converger avec la volonté farouche de l'Eglise de réformer la société de l'Occident chrétien.

 

En novembre 1095, le Pape Urbain II organise un concile à Clermont qui réunit quelques 200 prélats, les principaux hommes influents sur le plan spirituel en Occident. Ils viennent de France, d'Espagne, d'Italie, d'Angleterre, aucun ne vient de l'empire germanique.

Statue d'Urbain II, à Châtillon-sur-Marne, lieu présumé de sa naissance

Statue d'Urbain II, à Châtillon-sur-Marne, lieu présumé de sa naissance

L'autorité de cette église qui se réforme a heurté les sensibilités des empereurs germaniques. Le but est de renforcer la paix de Dieu qui n'est guère respectée.

 

A la fin du Concile, Urbain II lance dans un prêche en plein air l'idée de la première Croisade. Il s'agit de libérer la Palestine aux mains de Musulmans depuis 638, de reconquérir les lieux saints qui ont vu vivre et mourir le Christ. Mais pour les musulmans aussi Jérusalem est une ville sainte.

Première Croisade (1099)

Première Croisade (1099)

[Sous le troisième calife Omar (634-644) l'empereur romain d'Orient contient difficilement les invasions arabes de 635 à 641. Les Romains sont défaits à la bataille de Yarmouk en 636. Omar s'empare de Jérusalem en 638. C'est la première prise de Jérusalem par les musulmans. Les chrétiens sont maintenus sur le territoire contre paiement de l'impôt, mais les Juifs en sont chassés. De 639 à 645, les Arabes conquièrent l'Egypte chrétienne (prise d'Alexandrie en 642). La Syrie est conquise en 640. Les gens conquis changent de religion, ils adoptent les préceptes de Mahomet ou ont des droits amoindris (liberté de culte restreinte) et doivent payer l'impôt, la djizya.

 

En 1078, Jérusalem est prise aux Fatimides par les Turco-Mongols Seldjoukides qui vont massacrer les Juifs autant que les Chrétiens, détruisent les églises, et empêchent les pèlerins de faire leurs dévotions à Jérusalem. Urbain II rappela que les cités de Nicée, Antioche, Jérusalem, villes où avaient vécu les premiers chrétiens, étaient maintenant aux mains des Arabes, des Sarrasins, des Persans et des Turcs qui détruisaient les églises et "immolaient les chrétiens comme des agneaux".]

 

Et cela va se savoir sur le Continent, chez nous, et à ce moment-là on se dit il faut aller aider les chrétiens à Jérusalem, et profitons-en pour délivrer le Tombeau du Christ qui est maintenant aux mains des Infidèles.

 

L'idée de croisade combine le pélerinage en vue de racheter ses péchés et celle de Guerre sainte.

 

Urbain II fait remonter la logique féodale jusqu'au service de Dieu, qui aura sa rémunération, le salut de l'âme. Et puis si ce n'est les descendants des guerriers francs, des chevaliers de Charles Martel, qui pourra le faire ?

 

Jérusalem et les Lieux saints sont repris par les Croisés en 1099. Les croisades donnent naissance à une nouvelle chevalerie avec un code et un principe de base, l'honneur.

 

Le Croisé est marqué du signe de la Croix.

né vers 1058 peut-être à Baisy en Basse-Lotharingie (aujourd'hui en Belgique) ou Boulogne-sur-Mer (en France) et mort le 18 juillet 1100 à Jérusalem, est un chevalier franc. Premier souverain du royaume de Jérusalem au terme de la première croisade, il refuse le titre de roi pour celui, plus humble, d'avoué du Saint-Sépulcre.

né vers 1058 peut-être à Baisy en Basse-Lotharingie (aujourd'hui en Belgique) ou Boulogne-sur-Mer (en France) et mort le 18 juillet 1100 à Jérusalem, est un chevalier franc. Premier souverain du royaume de Jérusalem au terme de la première croisade, il refuse le titre de roi pour celui, plus humble, d'avoué du Saint-Sépulcre.

Philippe Ier (1060-1108), bigame excommunié, ne peut peut prendre part à la Croisade.

 

[On n'enregistre pas sans stupeur cet autre arrêt du concile de Clermont de 1095: le roi Philippe Ier s'étant publiquement rendu coupable d'adultère en abandonnant sa femme (il a enlevé celle de son vassal, le comte d'Anjou, Foulques le Réchin), et ayant été sommé au nom de l'autorité spirituelle de renoncer à cette union scandaleuse, fit défaut au concile. Le concile prononça contre lui l'excommunication solennelle. NDLR.]

Godefroy de Bouillon à Jérusalem en 1099

Godefroy de Bouillon à Jérusalem en 1099

L'Occident est composé de différents peuple qui n'ont en commun que le christianisme. La notion de Chrétienté naît de l'idée de Croisade, de cet ennemi d'une autre religion.

 

En passant à côté de cette croisade, le Capétien devra attendre une prochaine pour retrouver une réelle influence sur le peuple de Francie.

 

De nombreuses motivations ont pu stimuler ces milliers de croisés, de l'aventurier au mendiant. Mais tous étaient en quête de spiritualité.

Conlusion

 

A la mort de Guillaume le Conquérant (1087) viendront les problèmes de succession au royaume d'Angleterre qui ne seront véritablement réglés qu'avec l'accession au trône de la dynastie (française NDLR.) Plantagenêt (1154). Mais c'est l'héritage de Guillaume en termes d'organisation politique qui leur permettra d'asseoir leur autorité.

 

 

(5) Les Rois de France - Hugues Capet

Autre généalogie des Plantagenêt :

(5) Les Rois de France - Hugues Capet

L'idéal de croisade, lui, bercera tout le Moyen Âge et traversera les siècles.

 

L'utilisation du système féodal créé par Guillaume le Conquérant avec son organisation pratique ainsi que l'idéal de croisade et sa philosophie permettront aux futurs capétiens de fédérer et d'asseoir leur autorité sur un territoire que l'on appelle, la France.

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Publié par Ingomer - dans Histoire
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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 09:24
Chaudron à quatre anses ornées de têtes cornues du dieu grec Acheloos - Tombe princière de Lavau (Aube)

Chaudron à quatre anses ornées de têtes cornues du dieu grec Acheloos - Tombe princière de Lavau (Aube)

L'expression "la France de culture grecque et romaine" prend tout son sens. Des archéologues ont annoncé hier avoir découvert en France à Lavau (Aube) une tombe princière celte du Ve siècle av. J.-C. "exceptionnelle", dans ce qui est aujourd'hui une zone d’activité commerciale.

Sur le même site, d’autres sépultures plus anciennes ont été mises au jour, contenant des esquilles et des cendres, bien plus anciennes et qui remontent à l’âge du bronze, jusqu’à 1 400 avant J.-C. Toutes ces sépultures ont été réunies dans un même monument au Ve siècle, ce vaste tumulus d’environ 7 000 mètres carrés.

Dans la tombe princière, une surprise attendait les chercheurs : des objets de prestige [un chaudron à quatre anses ornées de têtes cornues du dieu grec Acheloos (dieu fleuve d'Etolie, fils aîné du Titan Océan), un vase à boire de fabrication grecque représentant Dionysos dans une scène de banquet, sous une vigne, face à un personnage féminin; et des éléments de vaisselle].

 

Archéologie : découverte exceptionnelle en France d’une tombe princière celte

 

Le Monde | 04.03.2015 à 19h59 • Mis à jour le 04.03.2015 à 21h04 | Par Stéphane Foucart

 

L’endroit ne paie pas vraiment de mine, en bordure d’un rond-point, à un jet de pierre des tristes préfabriqués de la zone d’activité commerciale de Lavau (Aube). C’est pourtant là, en prévision de nouvelles constructions commerciales, que les chercheurs de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) fouillent, depuis l’automne, une tombe princière du Ve siècle avant notre ère, qui s’annonce comme l’une des plus remarquables de la culture celte de la période dite du Hallstatt (entre 800 et 450 avant J.-C.).

 

La découverte, rendue publique mercredi 4 mars, est qualifiée d’« exceptionnelle » par les archéologues, tant par les dimensions du site que par la qualité du matériel mis au jour. Et le caveau, dont la fouille n’est pas encore achevée, recèle sans doute de nouvelles surprises.

 

Objets de prestige

 

L’équipe de fouilleurs a déjà mis au jour des objets de prestige qui font de la tombe de Lavau un analogue de celles de Hochdorf (Allemagne) ou de la célèbre tombe de Vix, découverte en 1953. Un vaste chaudron de bronze, d’environ un mètre de diamètre, finement ouvragé et dont les quatre anses sont ornées de têtes cornues du dieu grec Acheloos, forme la pièce principale du matériel exhumé. « Nous pensons que ce chaudron est de facture probablement étrusque, ou peut-être grecque », dit l’archéologue Emilie Millet, responsable du mobilier.

 

D’autres objets de prestige, la plupart en provenance du monde méditerranéen, témoignent du pouvoir économique et politique du seigneur celte inhumé là voilà quelque vingt-cinq siècles. En particulier, un vase à boire de fabrication grecque – une oenochoe – retrouvé dans le chaudron est une pièce sans équivalent. Ce vase de céramique noire, utilisé pour prélever le vin dans le chaudron au cours du banquet, est rehaussé, à son pied et à sa lèvre, d’une tôle d’or.

 

« Même dans les riches tombes grecques on ne retrouve pas de tels objets », note l’archéologue Dominique Garcia, professeur à l’université d’Aix-Marseille et président de l’Inrap, pour qui les artisans grecs ont peut-être adapté leur production aux caprices du prince barbare. L’origine de l’objet ne fait cependant aucun doute. Dionysos y est représenté dans une scène de banquet caractéristique du monde grec, allongé sous une vigne face à un personnage féminin. D’autres éléments de vaisselle liés à la consommation de vin et à la pratique grecque du banquet – le symposium – ont également été retrouvés. Notamment, une cuiller d’argent et d’or permettait de filtrer le vin des aromates avec lesquels il était, à l’époque, mélangé.

 

Monument d’environ 7 000 mètres carrés

 

Le sexe du défunt n’est pas encore connu avec certitude – certains de ses ossements affleurent dans le caveau, mais n’ont pas encore été dégagés – mais la présence d’un poignard de bronze plaide pour un prince et non, comme dans la tombe de Vix, pour une princesse. Mais, que le défunt de Lavau soit un homme ou une femme, le mobilier funéraire suggère à nouveau l’acculturation des élites celtes de cette période aux pratiques culturelles du monde méditerranéen.

 

Sur le même site, d’autres sépultures plus anciennes ont été mises au jour. Une vingtaine d’urnes funéraires contenant des esquilles et des cendres sont bien plus anciennes et remontent à l’âge du bronze, jusqu’à 1 400 avant J.-C. Toutes ces sépultures ont été réunies dans un même monument au Ve siècle, un vaste tumulus d’une emprise d’environ 7 000 mètres carrés, ceinturé par un fossé et une palissade, érigé au-dessus de la sépulture princière hallstattienne. Un monument de plusieurs mètres d’élévation qui devait, à l’époque, fortement marquer le paysage. Aussi fortement que les préfabriqués aujourd’hui construits sur la ZAC, mais sans doute d’une manière quelque peu différente…

 

 

Source: http://www.lemonde.fr/archeologie/article/2015/03/04/decouverte-exceptionnelle-en-france-d-une-tombe-princiere-celte_4587484_1650751.html

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Publié par Ingomer - dans Histoire
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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 19:25

Du vandalisme de la Terreur aux saccages des islamistes, voici un inventaire non exhaustif des iconoclasmes et notamment l'iconoclasme protestant : "Quand on détruit leurs nids, les cigognes ne reviennent plus !" (Zwingle):

 

Du vandalisme de la Terreur aux saccages de Daech : la litanie des barbares

 

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Par Franck Ferrand

Mis à jour le 03/03/2015 à 18:30

Publié le 03/03/2015 à 17:42

 

FIGAROVOX/TRIBUNE - Le musée de Mossoul a été saccagé par l'État islamique la semaine dernière. Franck Ferrand retrace les massacres patrimoniaux qui parsèment l'histoire.

 

Franck Ferrand est historien, écrivain et journaliste. Toutes les semaines il tient une chronique sur FigaroVox.

 

La sauvagerie des images diffusées, la semaine dernière, par l'État islamique et qui montraient des brutes, armées de masses et de marteaux-piqueurs, ravageant des trésors de l'art assyrien, ce vandalisme inouï, ce crime contre le patrimoine et l'histoire, ont révolté la planète. Le musée de Mossoul -après la bibliothèque de la ville et la mosquée Kheder- est devenu le symbole de ce que l'être humain peut accomplir de pire, lorsque des esprits faibles sont la proie d'idéologies destructrices. De partout, se sont élevées des voix outrées, pour condamner de telles dévastations -sans effet, hélas…

 

D'autres saccages nous sont aussitôt revenus à la mémoire; et nous repensons, quatorze ans plus tard, au dynamitage des colossaux Bouddhas de Bâmyân, en Afghanistan, par des Talibans qui, déjà, voulaient faire table rase de tout ce qui n'appartenait pas à l'ère islamique. Comme si le monde, comme si l'humanité, n'avaient pas vraiment existé avant la Révélation coranique… Face à ce genre de désastre, j'ai tendance à chercher dans la mémoire des siècles certains faits similaires qui, à défaut de me consoler des horreurs du nôtre, me permettraient du moins de les relativiser.

 

Considérons à part les destructions contingentes et qui relèvent des fameux «dommages collatéraux». On ne fait pas de guerre sans provoquer de dégâts indirects -y compris sur le patrimoine… Parmi d'innombrables exemples, citons l'incendie de la Grande bibliothèque d'Alexandrie, en 47 avant notre ère, du fait de l'offensive de César; la destruction du colosse de Rhodes par les troupes califales d'Othmân Ibn Affân, en 654 de celle-ci; l'acharnement des arbalétriers de Louis XII contre un cheval de craie conçu par Léonard pour les Sforza, en 1499; l'explosion de la toiture du Parthénon, transformé en dépôt de poudre par les Ottomans, et pris pour cible par les Vénitiens, en 1687; l'incendie des Tuileries par la Commune de Paris, en 1871; le bombardement de la cathédrale de Reims par les Allemands, en 1914, etc. Dans ces derniers cas, le départ est difficile à faire, de la conséquence fortuite et de la volonté délibérée...

 

J'aurais tendance à mettre aussi de côté les saccages, prémédités ou non, de villes ou de sites historiques: pillage de Rome par les Vandales en 455, ravage de Constantinople par les Croisés en 1204, sac du Palais d'Eté de Pékin par les troupes anglaises et françaises en 1860… De tels exemples rempliraient plusieurs pages. Restent les destructions programmées, organisées, pensées par des esprits malades et qui sont véritablement la honte du genre humain. Certains de ces massacres patrimoniaux se parent de justifications politiques: on songe évidemment au vandalisme de la Terreur, sous la Révolution française, contre ce qu'on appelait les «insignes de royauté»; on songe, plus près de nous dans le temps, aux cas épouvantables des autodafés de l'Allemagne nazie, des destructions de la Révolution culturelle, lancée par Mao en 1966, et des attaques de Khmers rouges contre des pagodes, entre 1975 et 1979…

 

Au sommet de cette litanie des barbares, viennent enfin -et ce sont peut-être les prodromes de Mossoul-les dégâts causés à l'Art par le fanatisme religieux. Comment ne pas évoquer ici les ravages de la crise iconoclaste, à Byzance, au VIIIe siècle et au IXe? Et comment oublier les stigmates de l'iconoclasme de la Réforme, en Europe, culminant en France lors des guerres de Religion? Finalement, ce à quoi nous assistons, impuissants, en ce moment même, n'est que le énième avatar d'un vieux démon de l'humanité... Je doute que cela rende la situation plus acceptable.

 

Source: http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2015/03/03/31002-20150303ARTFIG00263-du-vandalisme-de-la-terreur-aux-saccages-de-daech-la-litanie-des-barbares.php

 

 

Michelade à Nîmes le 29 et 30 septembre 1567  La Michelade est le nom donné au massacre de quatre-vingts à quatre-vingt-dix catholiques (moines, clercs) par des émeutiers protestants le 29 septembre 1567 à Nîmes.

Michelade à Nîmes le 29 et 30 septembre 1567 La Michelade est le nom donné au massacre de quatre-vingts à quatre-vingt-dix catholiques (moines, clercs) par des émeutiers protestants le 29 septembre 1567 à Nîmes.

S'agissant de l'iconoclasme de la Réforme, après avoir présenté la "tolérance protestante" à l'oeuvre en Europe, vous trouverez un peu plus bas un inventaire (non exhaustif) du saccage protestant et des meurtres de catholiques commis par des Réformés avant le massacre de Vassy (1562) qui selon la narrative protestante déclencha les guerres de religion.

 

Parmi les préjugés qui courent le monde, il en est un en effet assez répandu, non-seulement dans les rangs du protestantisme, mais aussi chez certains catholiques. "Si la Réforme a fait du mal et démoralisé des pays entiers, du moins a-t-elle apporté au monde un bien inappréciable: la tolérance religieuse." Or, il n'y a rien de plus faux et de moins fondé que ce préjugé historique. Partout où il est le maître, le protestantisme a été intolérant et persécuteur. Sans doute, il ne l'a pas été partout au même degré; mais d'où cela vient-il? De ce qu'il n'a pas partout le même degré de puissance. Pour persécuter, il ne suffit pas de vouloir, il faut pouvoir. Le protestantisme, heureusement, ne put pas toujours ce qu'il voulait; mais toujours, qu'on lui rende cette jsutice, en fait d'intolérance, il fit ce qu'il put.

 

Partout où la Réforme s'est introduite, elle l'a fait violemment, et ses premiers fruits en Allemagne, à Genève, en Angleterre, en Suède, ont été invaribalement la guerre civile, les proscriptions et les meurtres. C'est tout simple: la Réforme est une révolution, et toute révolution est tyrannique de sa nature.

 

Une fois établi, le protestantisme s'est maintenu par les mêmes violences. Chacun sait ce qu'est le protestantisme anglais vis-à-vis des catholiques, quelles sanglantes lois il a portées et exécutées, et avec quel despotisme féroce il a écrasé la fidèle et malheureuse Irlande.

Par suite des bûchers et des échafauds, la population catholique de l'Angleterre fut décimée en moins de six ans.

 

Un célèbre historien anglais protestant, William Cobbet, a été forcé par sa conscience de rendre, contre son Eglise nationale, cet écrasant témoignage :

 

"Cette Eglise, dit-il, la plus intolérante qui ait existé, se montra au monde armée de couteaux, de haches et d'instruments de supplice; ses premiers pas furent marqués du sang de ses innombrables victimes, tandis que ses bras ployaient sous le poids de leurs dépouilles."

 

Il rapporte des actes officiels du Parlement, constatant que, par suite des bûchers et des échafauds dressés contre les catholiques, la population de l'Angleterre fut décimée en moins de six ans.

 

Angleterre : PEINE DE MORT. La peine de mort était prononcée et impitoyablement exécutée contre tout prêtre catholique qui entrait dans le royaume d'Angleterre, ou qui était convaincu d'avoir célébré la Messe. PEINE DE MORT contre quiconque refusait de reconnaître que la reine Elisabeth était le chef de l'Eglise de JESUS-CHRIST. Une forte amende était prononcée contre tout citoyen qui n'assistait pas aux offices protestants, et "la liste des personnes mises à mort pour le seul crime de catholicisme, pendant le règne d'Elisabeth, formerait, ajoute l'historien protestant, une liste dix fois plus longue que celle de notre armée et de notre marine réunies.

 

"L'Eglise d'Angleterre n'a point changé; elle a gardé le même caractère depuis le jour de son établissement jusqu'à présent; en Irlande, ses atrocités ont surpassé celles de Mahomet, et il faudrait un volume pour rapporter ses actes d'intolérance"

 

(Lettre de sir William Cobbet à Lord Tenderden, chef de la justice d'Angleterre, quia vait, en plein Parlement, vanté la tolérance du protestantisme anglais...)

 

(Source: Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui, Libraie Saint-Joseph, Tolra libraire-éditeur, Rennes 1894, rééd. Editions Saint-Rémi, p. 172-174.)

 

Le calvinisme en France: un siècle de révoltes, de séditions et de pillages commis par les Huguenots

 

"C'est de la même manière que le calvinisme a tenté de s'introduire en France. Pendant plus d'un siècle, l'histoire de notre patrie ne retentit que de révoltes, de séditions et de pillages commis par les huguenots, partout où pénétraient leurs prédicants. Toute cette période n'est qu'un tissu de désordres, de perfidies, de cruautés! Et il n'y a point lieu de s'en étonner, puisque Calvin prêchait hautement qu'il fallait jeter à bas les rois et les princes qui ne voulaient pas embrasser le protestantisme, et leur cracher au visage plutôt que de leur obéir.

 

Sous les ordres de Coligny, les calvinistes révolutionnaires formèrent le projet d'enlever dans son palais le roi de France encore enfant...; ayant manqué leur coup, ils s'emparèrent d'orléans, dévastèrent les bords de la Loire, la Normandie, l'Île de France, et particulièrement le Languedoc, où ils commirent les cruautés et profanations les plus odieuses.

 

A Montauban, à Castres, à Béziers, à Nîmes (la Michelade en 1567), à Montpellier, ces grands prôneurs de la tolérance et de la liberté de conscience interdirent, sous les peines les plus rigoureuses, tout exercice du culte catholique.

 

Tout le monde connaît ce fameux baron des Adrets, chef calviniste qui, ayant pris Montbrison, se donna l'innocent plaisir de faire sauter du haut d'une tour ce qui restait de la garnison faite prisonnière. Or tel est à peu près le traitement que les protestants firent subir à toutes les villes qui tombèrent en leur pouvoir: églises profanées, vol de vases sacrés, prêtres ou religieux chassés ou tués, atrocités les plus barbares jointes aux sacrilèges les plus abominables.

 

(Source: Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui, Librairie Saint-Joseph, Tolra libraire-éditeur, Rennes 1894, rééd. Editions Saint-Rémi, p. 172-174.)

 

Les saccages des protestants et les meurtres de catholiques durant les Guerres de Religion

 

Les persécutions et les dévastations dont les prétendus "réformés" se rendirent coupables à partir de 1560 anticipèrent sur ceux commis pendant la Révolution française.

 

Le prince de Condé avait appelé à son secours 18 000 reîtres du prince - protestant - Casimir d'Allemagne. Ils restèrent dix-huit jours dans la région de Vichy.

 

Ils ruinèrent le village d'Escolles.

La plupart des maisons avec leurs dépendances furent livrées aux flammes.

La tour sainte et le château d'Escolles furent anéantis

Dix hommes furent massacrés

Une femme indignement mise à mort

Tous les biens et les animaux furent pillés

 

Le chroniqueur qui nous décrit ce désastre signale que seules cinq maisons furent épargnées. C'était au début de l'an 1576 (Abbé Alain Delagneau, Douze siècles de tradition catholique au Pointet, Fideliter Novembre-décembre 2001, n° 144, p. 16.)

 

Les atrocités commises par les protestants aux Pays-Bas

 

On ne saurait lire, sans frissoner d'horreur, les atrocités commises par les Hollandais pour étendre le protestantisme dans les Pays-Bas, et particulièrement les tortures et les supplices auxquels eut recours le zèle religieux des envoyés du prince d'Orange, Lamark et Sonoi... Ce dernier était passé maître dans l'art de tourmenter les corps pour perdre les âmes. Voici la description qu'une plume protestante et hollandaise nous a laissée des moyens employés par ce tigre pour martyriser les catholiques fidèles à leur religion:

 

"Les procédés ordinaires de la torture la plus cruelle, écrit Kerroux, ne furent que les moindres tourments qu'on fit endurer à ces innocents. Leurs membres disloqués, leurs corps mis en lambeaux par les coups de verges, étaient ensuite enveloppés dans des linges trempés d'eau-de-vie auxquels on mettait le feu, et on les laissait dans cet état jusqu'à ce que leur chair noircie et ridée laissât voir à nu les nerfs sur toutes les parties du corps.

Souvent on employait jusqu'à une demi-livre de soufre pour leur brûler les aisselles et les plantes des pieds. Ainsi martyrisés, on les laissait plusieurs nuits de suite étendus sur la terre sans couverture, et à force de coups, on chassait loin d'eux le sommeil. Pour toute nourriture, on leur donnait des harengs et d'autres aliments de cette espèce propres à allumer dans leurs entrailles une soif dévorante, sans leur accorder seulement un verre d'eau, quelque supplice qu'on leur fit endurer. On apliquait des frelons sur leur nombril. Il n'était pas rare que Sonoi envoyât au service de cet épouvantable tribunal un certain nombre de rats qu'on plaçait sur la poitrine et sur le ventre de ces infortunés, sous un instrument de pierre ou de bois façonné pour cet usage et recouvert de combustibles. On mettait ensuite le feu à ces combustibles, et on forçait ainsi ces animaux à ronger les chairs de la victime et à se faire un passage jusqu'au coeur et aux entrailles. Puis on cautérisait ces plaies avec des charbons allumés, ou bien on faisait couler du lard fondu sur ces membres ensanglantés... D'autres horreurs plus dégoûtantes encore furent inventées et mises à exécution avec un sang-froid dont on pourrait à peine trouver des exemples parmi les cannibales; mais la décence nous interdit de continuer." (M. Kerroux, Abrégé de l'histoire de Hollande, t. II, p. 319.)

 

(Source: Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui, Libraie Saint-Joseph, Tolra libraire-éditeur, Rennes 1894, rééd. Editions Saint-Rémi, p. 175-176.)

 

Partout où il domine, le protestantisme se montre l'ennemi acharné et l'aveugle destructeur des catholiques

 

"Ce que la tolérance protestante a fait en Angleterre, ce qu'elle a voulu faire en France et en Hollande, elle le fait encore aujourd'hui (en 1894) en Suède. Là aussi, la "Réforme" s'est établie par la violence et par le sang, et les lois religieuses de ce pays ont conservé toute la barbarie que comporte l'esprit de notre siècle. En cette année même où j'écris, plusieurs familles viennent d'être condamnées à l'exil et dépouillées de tous leurs biens unqiuement pour avoir embrassé la foi catholique. En Norvège, en Danemark, en Prusse, à Genève, partout où il dommine, le protestantisme se montre l'ennemi acharnée et l'aveugle destructeur des catholiques. Ayant là ses coudées franches, il dédaigne tous ces ménagements hypocrites qui lui donnent si souvent chez nous l'apparence de la modération; il dit hautement ce qu'il veut et ce qu'il espère.

 

Au Synode protestant de Brême (Allemagne), un pasteur d'Elberfeld, M. Sangler, s'écriait, en parlant du Pape et des Religieux de la Compagnie de JESUS:

 

"Des autorités protestantes ne doivent pas souffrir qu'ils existent, encore moins doivent-elles supporter qu'ils soient libres."

 

(Source: Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui, Libraie Saint-Joseph, Tolra libraire-éditeur, Rennes 1894, rééd. Editions Saint-Rémi, p. 176-177.)

 

La persécution des catholiques à Genève

 

A Genève, les protestants, jaloux des progrès du catholicisme, ont formé, d'un commun accord, une ligue ou association dans laquelle ils prennent l'engagement:

 

de ne rien acheter des catholiques;

de ne les employer à aucun travail, et de chercher ainsi à les réduire à la plus complète indigence;

de faire en sorte que les protestants obtiennent seuls les charges et les emplois.

 

Et tout cela évidemment, se fait par des hommes qui réclament avec indignation la liberté et l'égalité des cultes dans les pays où ils forment une perceptible minorité ! par des hommes qui ne parlent que de liberté de conscience, de charité chrétienne, de religion de paix et d'amour...; par des hommes qui ne croient plus en JESUS-CHRIST, et chez qui l'on est libre d'être incrédule, panthéiste, athée, mais non point catholique !"

 

(Source: Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui, Libraie Saint-Joseph, Tolra libraire-éditeur, Rennes 1894, rééd. Editions Saint-Rémi, p. 177-178)

 

En France, le 7 janvier 1562 l'édit de tolérance de Saint Germain (ou Edit de janvier) donnait liberté de culte aux réformés. Les protestants obtenaient le droit de pratiquer publiquement leur culte : droit de se réunir à l'extérieur des villes fortifiées. La paix de Saint –Germain consacrait l’influence de Coligny et provoqua le début des guerres de religion (de 1562 à1598, à 1629- Paix d’Allès, en d’autres pays elles ne cesseront qu’en 1648) :

Paradoxalement, l’édit de tolérance attisa la haine entre les deux communautés. Le Parlement de Paris refusa de ratifier l'Édit de Janvier. Protestants et catholiques se tinrent sur le qui-vive, prêts à en découdre. On estime que plus d'un tiers de la noblesse française est à ce moment acquise au protestantisme. Les tensions entre les deux communautés ont été avivées par la rivalité entre la famille catholique des Guise et celle, protestante, des Condé.

Les protestants qui criaient à la persécution, prirent les armes en mars 1562 : la véritable guerre civile commençait, et un manifeste du prince de Condé l’ouvrit.

 

François de Guise (catholique) avait pour lui Paris qui restera jusqu’au bout catholique, et la résistance passionnée de la capitale annonçait l’échec de la nouvelle religion, car déjà la France ne pouvait plus être qu’à l’image de Paris.

 

C'est le début des guerres de religion. Elles dureront plus de trente ans.

 

L'iconoclasme réformé, "le vandalisme protestant au XVIe siècle"

 

Les informations suivantes sont tirées du livre de Jean Guiraud, Histoire partiale histoire vraie, tome II, Moyen Age – Renaissance – Réforme, 4° édition, Gabriel Beauchesne & Cie Editeurs, Paris 1911, p. 345 :

 

"L'intolérance protestante s'est attaquée aux monuments religieux, aux statues et en général aux œuvres d'art, […] la mutilation des églises, martelages au point de bas reliefs, destruction des trésors avec leurs collections artistiques ou archéologiques, statues mutilées ou décapitées, disparition ou destruction de richesses d'orfèvrerie accumulées dans les sacrisities, destruction des boiseries, stalles de chœur, salle capitulaire 'ouvréees et maniérées' (Aubeterre, mai 1562), magnifiques vitraux du XIIIe siècle, cassés et brisés à coups de bâtons, destruction d'un des plus bels orgue du royaume (Cathédrale St Germain d'Auxerre en 1567), manuscrits, parchemins précieux, riches miniatures et livres saints brûlés, destruction d'un grand nombre de châsses et reliquaires, profanations des sépulcres et des corps (cathédrale d'Angoulême en mai 1564 où les corps de messire Jean et Charles, comtes d'Angoulême, aïeul et bisaïeul du roi, furent mis à l'air et découverts, et celui dudit comte Jean, trouvé entier, ils lui avaient coupé la tête et massacré son corps en plusieurs endroits à coups de dague…), dispersion des reliques des saints Ausone, Aptone, Cybard, Groux, Fredebert, etc. (FOURGEAUD, Origine et introduction du protestantisme à Angoumois, p. 115-117.), reliques jetées au vent ou confondues avec les ossements des animaux, sépultures violées (Lyon, avril 1562, tombe au pouvoir des protestants. C 'est le sac d'une ville prise d'assaut)

 

"[…] C'est par fanatisme religieux plutôt que par de légitimes représailles que les réformés de toute confession ont multiplié les actes de vandalisme. La vraie raison de ces mutilations d'églises,[…] c'est que, au XVIe et au XVIIe siècle, tout protestant se doublait d'un iconoclaste.

 

[…] Trente ans avant les guerres de religion, les premiers huguenots français brisaient dans les rues de Paris les images vénérées de la Vierge. Leurs maîtres, les prédicateurs de la Réforme, leur en faisaient un devoir.

 

[…] Thédore de Bèze, le plus fidèle élève de Calvin, s'élevait surtout contre les crucifix qu'il avait en abomination et dont il eût voulu que les autorités chrétiennes ordonassent la destruction. Zwingle demandait encore la démolition des églises pour mieux anéantir le catholicisme. "Quand on détruit leurs nids, disait-il, les cigognes ne reviennent plus !"

 

Il est à remarquer qu'un grand nombre des excès que nous signalons ont été commis avant le fameux massacre de Vassy, au cours duquel une cinquantaine de protestants furent tués (1er mars 1562), qui aurait attiré aux catholiques les naturelles représailles des réformés.

 

Paris. Le 31 mai 1528, nuit de la Pentecôte, les huguenots abattirent la tête d'une figure de la Vierge, dans le mur de la rue des Rosiers qui faisait coin de la rue des Juifs; ils rompirent aussi la tête de l'enfant qu'elle tenait, les jetèrent toutes les deux derrière des pierres, donnèrent quelques coups de poignard dans la robe de la statue et plongèrent son couvre-chef dans la boue…. Elle fut remplacée par une image d'argent à l'issue d'une cérémonie de réparation. Celle-ci fut dérobée en 1545; on en mit une en bois, qui fut brisée en 1551; on en mit une quatrième de marbre (DOM LOBINEAU, Histoire de Paris, II, p. 983-985.)

Près de la rue Saint-Martin, une image de la Vierge et deux autres de Saint Fiacre et de Saint Roch furent défigurées dans la nuit du samedi 21 mai 1529; les protestants leur crevèrent les yeux…. (ibid., p. 988.)

La nuit du 8 au 9 septembre 1554, une image de la Sainte Vierge qui était devant l'hôtel de Châlons fut mise en pièces; une autre de Notre-Dame de Pitié, qui était auprès, fut lacérée de coups de poignard (ibid., p. 988.)

En 1562, les huguenots profanent l'église Saint-Médard (LEBOEUF, Histoire de la ville et du diocèse de Paris, ed. 1883, I, p. 257.)

Dans la nuit du 17 au 18 octobre 1534, ils affichèrent à Paris et en Province des placards violentes contre les catholiques. Ils y traitaient de menteurs et blasphémateurs "le pape et toute sa vermine de cardinaux, d'évêques et de prêtres, de moines et autres cafards,…" et annonçaient "que leur règne serait détruit à jamais" (LAVISSE, Histoire de France, V, partie I, p. 380.) Les pamphlétaires huguenots prêchaient la destruction du catholicisme et demandaient à François Ier de la proclamer ! à l'exemple des princes luthériens de l'Allemagne, ses alliés.

 

Les actes de vandalisme avant le "Massacre de Vassy" en 1562, n'étaient pas particulier à la France. Partout où "la Réforme" avait eu des succès, elle les avait multipliés : Allemagne, Pays-Bas, Flandre, Suisse, Autriche, Angleterre, etc.

 

Augsbourg. En 1528, Michel Cellarius fait briser les images. En janvier et février 1537, le Conseil abolit le catholicisme, s'emprae de force de la cathédrale, des églises, des couvents; il ordonne la destruction des autels et des tableaux…; tous les autels et statues de pierre furent enlevés. Le chapitre écrivait à Charles-Quint que "les tableaux qu'il eût fallu respecter, rien que par égard pour leur antiquité et pour l'amour de l'art," avaient été en grande partie détruits, les épitaphes et les mausolées brisés et dispersés. (JANSSEN, L'Allemagne et la Réforme, Plon, tome III, Paris 1889-1905, in 8°, p. 107, 370.)

 

Strasbourg (1528). A l'instigation du disciple de Luther, Bucer, la cathédrale est saccagée… On y brise 50 autels, des tableaux, des croix… On fait servir aux travaux de fortification les pierres tombales enelvées aux églises… JANSSEN, L'Allemagne et la Réforme, Plon, tome III, Paris 1889-1905, in 8°, p. 105.)

 

Bergerac. Le 16 janvier 1544, les huguenots entrent aux couvents des Carmes, et des Cordeliers, dont ils emportent les croix, calices, encensoirs. Le 10 juillet, ils brisent la statue de Notre-Dame du Pont particulièrement vénérée par les matelots. Plus tard, ils détruisent l'église du prieuré de Sainte-Catherine de Mercadil (NEYRAC, Les geurres de religion dans nos contrées, p. 25.)

 

Toulouse. En 1547, les huguenots troublaient les cérémonies du culte catholique; la veille de Noël 1547, ils faisaient irruption dans l'église Saint-Pierre en tenant un lièvre embroché et en criant à tue-tête : Christus natus est ! Le 29 mars suivant, ils empêchaient une procession et un sermon. Cinq ans plus tard, en 1553, les Etats du Languedoc signalaient la destruction d'un grand nombre de croix dans toute la province; et deux après, des statues de saints étaient mutilées à Toulouse (1555.) Après la mort d'Henri II (1559), l'audace des huguenots augmente en Languedoc et ils s'emparent par la force de beaucoup d'églises catholiques pour en faire des prêches protestants. (Jean Guiraud, Histoire partiale histoire vraie, tome II, Moyen Age – Renaissance – Réforme, 4° édition, Gabriel Beauchesne & Cie Editeurs, Paris 1911, p. 391.)

 

Nîmes. En 1548, les protestants brûlaient, dans la cathédrale de Nîmes, un tableau représentant la sainte Vierge (BOREL, Histoire de la réforme à Nîmes.)

Le 29 septembre 1560, le prédicant huguenot Guillaume Maugé, à la tête des huguenots, s'empare de l'église paroissiale Saint-Jacques du Capitole, brise les images, renverse les autels et en fait un temple (Histoire du Languedoc, XI, p. 330.) Le dimanche 21 décembre 1561, les huguenots au nombre de deux mille, envahissent la cathédrale pendant l'office pontifical, renversent les autels, pillent les vases sacrés, brisent les images. Ils en font autant chez les Carmes, les Jacobins, les religieuses de Saint-Sauveur et de Sainte-Claire. L'après-midi, ils allument un grand feu devant la cathérale et brûlèrent les archives, les tableaux, les reliques, les ornements, les saintes hosties. On fait de même dans toutes les églises des environs (Histoire du Languedoc, XI, p. 371.) Du 2 au 12 février 1562, le pastreur Viret préside un synode protestant de 70 ministres; ils décident qu'on démolira toutes les églises de la ville et du diocèse. Le 25, à la suite d'une nouvelle assemblée du synode, au signal de la cloche de l'Hôtel-de-Ville, on pille toutes les églises de Nîmes et on détruit les tableaux qui restent. La cathédrale était un grand monument à trois nerfs, rebâti sous Urbain II (XIe siècle). Il n'en resta que la façace (Histoire du Languedoc, XI, p. 374-375.) L'église Sainte-Eugnénie fut transformée en un magasin de poudres (Histoire du Languedoc, XI, p. 686.)

 

Bretagne. En 1558, quatre ans avant l'échauffourée de Vassy, "les catholiques bretons étaient chassés de leurs propres églises et la messe était transformée de force en prêche protestant !" (Jean Guiraud, Histoire partiale histoire vraie, tome II, Moyen Age – Renaissance – Réforme, 4° édition, Gabriel Beauchesne & Cie Editeurs, Paris 1911, p. 390.)

 

Dauphiné. En 1559, les huguenots de Valence s'emparèrent par la force de l'église des Cordeliers. "Tous ceux de leur parti s'y rendirent en foule; la plupart étaient armés…, si on leur en voulait faire, comme ils disaient (31 mars). Les seigneurs des environs, Claude de Miribel et Jean de Quintel, leur prêtèrent main forte. On opéra de la même manière à Romans et à Montélimar. Dans cette dernière ville, l'église des Cordeliers fut transformée en un prêche protestant, grâce à l'intervention armée des seigneurs de Montbrun, de Saint-Auban, de Vesc, de Compset et de Candorce. Ces nobles "avaient tellement abattu le courage des catholiques, par leur autorité et par leur nombre, que ceux-ci n'osaient même prendre la liberté de se plaindre ni de parler pour leur religion…. Ils commencèrent à exhorter leurs sujets de changer de religion comme eux, et leurs paroles n'ayant pas un assez prompt effet, ils les contraignirent de le faire par les mauvais traitements et par les menaces. Mais Montbrun fut le plus violent de tous: il avait appelé de la ville de Genève des ministres qui prêchaient dans son châterau et forçait ses sujets à coups de bâton de les venir ouïr" (Nicolas Chorier, Histoire générale de Dauphiné, 1672, p. 542-545.)

 

Bearn (Noël 1560) Jeanne d'Albret, reine de Navarre, se déclare protestante, elle fait dresser l'inventaire de tous les biens ecclésiastiques de la Navarre et du Béarn, puis les confisquent ! les églises devinrent des temples, le culte protestant est le seul permis, le culte catholique est interdit.

 

Languedoc. 1560. Le 15 décembre à Carcassonne, les calvinistes renversent et traînent dans la boue, à travers les rues de la ville, une statue de la sainte Vierge, "la corde au col"; une procession expiatoire ayant été faite à cette occasion par les catholiques, une émeute a lieu mettant aux prises les deux partis. Bientôt, des bandes protestantes armées parcourent tout le Languedoc, pillant sur leur passage les sanctuaires et les maisons des catholiques; le 13 juillet 1560, six cents huguenots de Montauban marchent sur Saint-Antonin dont ils brûlent les églises. Après une violente émeute qui éclate le 19 octobre 1561, […] le culte catholique est aboli dans toute la ville et un prêche est établi dans le palais épiscopal. Des émeutes du même genre font tomber aux mains des calvinistes les villes de Montauban, Nîmes, Lunel, Gignac, Sommières, Négrepelisse, Alais, Castres, Rabastiens, Annonay, etc. et partout ils interdisent l'exercice du culte catholique; à Castres, ils conduisent de force les religieuses clarisses aux prêches des ministres (tous ces faits sont empruntés à l'Histoire du Languedoc, note de J. Roman, tome XII, p. 71-89.)

 

Orange. En septembre 1561, avec la complicité du prince, les huguenots convertissent en temples la grande église Notre-Dame et l'église des Jacobins, après avoir renversé les autels, brûlé les crucifix et les images de la Sainte Vierge qui étaient au coin des rues, ravi les croix, les calices, les châsses d'argent des corps des saints Eutrope et Florent, évêques de la ville (BOUCHE, Histoire de Provence, II, 633.)

 

Montauban. En Juillet 1561, les huguenots s'emparent des églises des Cordeliers et de Saint-Louis; en octobre, ils ravagent toutes les autres églises excepté la cathédrale qui était bien défendue (Histoire du Languedoc, XI, p. 372.)

 

Montpellier. Le 24 septembre 1561 (six mois avant Vassy), les protestants prennent les armes, s'emparent de Notre-Dame des Tables, l'église devient le temple de "La Loge"…

Le 19 octobre suivant, ils assiègent les catholiques réfugiés dans la cathédrale Saint-Pierre. Les catholiques ayant capitulé, la cathédrale est pillée avec une fureur extrême, les autels sont renversés, les retables, tableaux, images, statues sont mis en pièces. Cette église que son fondateur, Urbain V, avait merveilleusement ornée au XIVe siècle, fut entièrement saccagée en sept heures.

"Dans ses rapports au roi, M. de Joyeuse, lieutenant général du Languedoc, décrivait la terreur que les bandes protestantes faisaient régner dans toute la province. […] Le 24 octobre (1561), il écrivait:

"A Montpellier, deux mille hommes armés sont entrés par la force dans l'église Saint-Pierre, et après l'avoir pillée, ont tuée vingt-cinq à trente personnes dans ladite église et, entre autres, quelques chanoines et deux prêcheurs qui prêchaient tous les jours, et ayant fait cela, ils sont allés piller tous les couvents, jusqu'à tirer hors de la religion les religieuses réformées…."

(Jean Guiraud, Histoire partiale histoire vraie, tome II, Moyen Age – Renaissance – Réforme, 4° édition, Gabriel Beauchesne & Cie Editeurs, Paris 1911, p. 358 et 393 sur les morts.)

"Ce n'était pas seulement en Languedoc que les huguenots essayaient de détruire par la force le catholicisme; leurs émeutes, leurs pillages, leurs profanations se répétaient, de la même manière, dans toutes les provinces du royaume." (ibid., p. 393.)

 

Toutes les églises, chapelles, de Montpellier, au nombre de soixante, furent pillées. Le 26 octobre, on recommença et on pilla les églises des Carmes, des Augustins, des Cordeliers et des Jacobins qui étaient hors la ville. "En moins de huit jours, les messes furent abolies, les prêtres chassés, les ornements, les livres d'église et les reliques brûlés, déchirés, dissipés, les images et les croix brisées." On agit de même peu de temps après,… à Lunel, Gignac, Sommières et dans plusieurs autres villes de la province (Histoire du Languedoc, XI, p. 363-364.)

En novembre (1561), les protestants, maîtres absolus de Montpellier mirent en pièces tous les anciens tombeaux qui étaient dans les églises, en déterrèrent les corps et les ossements qu'ils abandonnèrent à la merci des chiens (Histoire du Languedoc, XI, p. 365.)

 

Agen. A la fin de 1561, les huguenots pillent les couvents des Augustins, des Carmes et des Cordeliers, détruisent les autels dont les débris furent brûlés de la main du bourreau. Les jours suivants, on en fit de même aux couvents de femmes (GAULLIEUR (protestant), Histoire de la Réformation à Bordeaux, I, 337.)

 

Bourges. L'émeute le dimanche 17 août 1561 entre quatre et cinq heures du soir… En un instant, il y a plus de deux mille combattants sur les remparts, "tous armés de garrots, de pistollets, de pierres et autres ferremens." […] Forcés de battre en retraite, les catholiques se replient sur la ville. Toute la lutte se concentre autour du portail de Bourbonnoux. L'on se bat avec une telle fureur sous la voûte "qu'il s'en fût ensuivi une telle effusion de sang" si le poste n'eût réussi à fermer les portes pour séparer les combattants (De Brimont, Les XVIe siècle et les guerres de religion en Berry, t. I, chap. 3.) (p. 396.)

 

Bazas. A la fin de 1561, les protestants mettent en pièces les statues de toutes les églises, les orgues, les vases sacrés, les ornement sacerdotaux (GAULLIEUR, (protestant), Histoire de la réformation à Bordeaux, I, p. 115-117.)

 

Castres. Le 31 décembre 1561 et le 1er janvier 1562, les protestants détruisent les images et les autels de la cathédrale Saint-Benoît et de toutes les autres églises de la ville; le 2 février, on brûle tous les ornements sacerdotaux de l'église des Mathurins (Histoire du Languedoc, XI, p. 373.)

 

Saint-Paul-Trois-Châteaux. Les huguenots, en 1561, pillent l'église, prennent les croix, calices et ornements et brûlent les reliques de saint Restitut (BOUCHE, Histoire de Provence, II, 633.)

 

Vienne. En mars 1561, quarante huguenots armés brisent, la nuit, les statues du portail de la cathédrale. Ils en font autant à Saint-Pierre, Saint-Martin et Saint-André-le-Haut (NICOLAS CHORIER, Histoire du Dauphiné, I, 553.)

 

Valence. En 1562, les protestants mettent le feu aux églises, brûlent les images et battent les autels (BOUCHE, Histoire de Provence, II, p. 638.)

 

Toulouse. En mai 1562, les huguenots essaient de prendre Toulouse, ils réussissent à en occuper une grande partie. Ils s'emparent de l'église Saint-Paul qu'ils mettent au pillage, tentent d'en faire autant de la cathédrale Saint-Etienne et de la Daurade. Le 14 mai, ils visent à coups de canon les clochers des Augustins, des Cordeliers, des Jacobins, de Saint-Sernin; […] Ils prennent d'assaut les couvents de Saint-Orens, des Cordeliers, de la Merci, de Saint-Antoine, des Béguines, des Augustines, l'église paroissiale de Notre-Dame du Taur, les églises de Saint-Pantaléon et de Saint-Quentin. Ils enlèvent les objets précieux de ces églises. Le 15 mai, ils échouent devant Saint-Sernin, mais prennent et saccagent l'églises des Chanoinesses de Saint-Sernin (Histoire du Languedoc, XI, p. 387 et suiv.)

 

Vendôme. En mai 1562, Jeanne d'Albret…, reine protestante de Navarre, s'empara de vendôme et laissa ses soldats piller la collégiale de Saint-Georges, profaner les tombeaux, briser les statues et les autels… L'orgue, qui avait été construit en 1487, fut détruit et ses tuyaux d'argent enlevés. La reine fit briser les tombeaux des Bourbons, aïeux de son mari (Antoine) et même celui de son beau-père… (METAIS, Jeanne d'Albret et la spoliation de l'église Saint-Georges de Vendôme.)

En même temps, Jeanne d'Albret fit piller un grand nombre d'églises du Vendômois, celles de Saint-Sauveur, de l'Etoile, de Notre-Dame de Villethion.

 

Poitiers. En 1562, les huguenots pillent l'église et l'abbaye de Saint-Hilaire. Ils saccagent la "fameuse bibliothèque et librairie dudit lieu qui était munie de si grand nombre de bons et anciens livres, tant grecs, hébreux que latins, et où de toutes parts, les gens doctes accouraient pour en tirer quelque chose".

 

Le Puy. En 1562, le baron des Adrets avec une troupe de protestants, pille le faubourg de l'Aiguille et les autres faubourgs du puy, saccage les églises des Carmes, des Cordeliers, des Jacobins (Histoire du Languedoc, XI, p. 413.)

 

"La raison de ces troubles est facile à comprendre. Tant que François Ier avait subi l'influence de leur protectrice, Marguerite de Valois, sa sœur, les protestants avaient espéré gagner le gouvernement royal à leurs doctrines et, par le bras séculier, devenu huguenot, les imposer de force à la France. Mais, dans les dernières années de son règne, soit qu'il cédât au Parlement, gardien des traditions catholiques et gallicanes du pays, soit qu'il redoutât lui-même le triomphe du protestantisme, François Ier se montra fidèle catholique; son fils, Henri II (1547-1559), accentua encore ce zèle en faveur de la religion nationale et il le prouva en sanctionnant les mesures de rigueur prises par le Parlement contre les protestants. Ceux-ci changèrent alors de tactique ! Et, le coup de force contre les catholiques qu'ils avaient tout d'abord espéré de l'Etat, ils essayèrent de l'accomplir eux-mêmes : au lieu de la loi générale qui aurait aboli la messe (comme en Angleterre ou en Suisse), confisqué les biens du clergé, forcé les prêtres et les fidèles à l'apostasie, comme cela s'était produit en Allemagne, en Angleterre, en Suisse, en Suède, en Norvège et Danemark, ils essayèrent de supprimer en détail le culte catholique, profitant de toutes les occasions qui paraissaient s'offrir à leur fanatisme"

 

(Jean Guiraud, Histoire partiale histoire vraie, tome II, Moyen Age – Renaissance – Réforme, 4° édition, Gabriel Beauchesne & Cie Editeurs, Paris 1911, p. 388-389.)

 

1er mars 1562, : Massacre de Vassy en Champagne, (23 morts et plus de cent blessé : LAVISSE, Histoire de France, t. IV, p. I, p. 58-59, in Jean Guiraud, Histoire partiale histoire vraie, tome II, Moyen Age – Renaissance – Réforme, 4° édition, Gabriel Beauchesne & Cie Editeurs, Paris 1911, p. 402) par des soldats du duc de Guise, contre 200 Huguenots qui célèbrent leur culte dans une grange.

 

"Or, il (le massacre de Vassy) fut précédé de massacres de catholiques et d'excès de toutes sortes commis sur plusieurs points du territoires par les huguenots. Excitées par "les appels sauvages" de leurs pamphlétaires, les passions protestantes 'faisaient rage dès 1560.'

Dans les provinces du Midi surtout, il y avait des prêches en armes, des pillages, saccagements d'églises, des courses, des combats entre les bandes huguenotes et les troupes royales. […] En 1561, les huguenots avaient saccagé l'église saint-Médard et plusieurs autres.

Dans un certain nombre de villes du Languedoc, ils s'étaient emparés à main armée de plusieurs églises : à Montauban, Béziers, Castres, Nîmes, ils avaient interdit tout culte catholique, arraché les religieuses de leurs couvents et forcé ces innocentes victimes à assister aux prêches; à Montauban, il y avaient poussé le peuple à coups de fouet et de nerfs de bœufs.

Ceux qui avaient essayé de résister avaient été mis en prison et fouettés jusqu'au sang; plusieurs mêmes avaient expiré sous les coups.

Le 20 octobre 1561, à Montpellier, les huguenots avaient pris les armes, s’étaient rués à l'improviste sur les catholiques, avaient tué, avec le gardien des Cordeliers, près de quarante personnes et pillé plus de soixante églises ou chapelles…"

 

(Jean Guiraud, Histoire partiale histoire vraie, tome I Des origines à Jeanne d'Arc, neuvième édition, Gabriel Beauchesne & Cie Editeurs, Paris 1911, p. 70-71.)

 

"Il n'y eut pas à Vassy un "massacre" de protestants; mais […] une bagarre sanglante, une échauffourrée où il y eut des morts des deux côtés, Guise lui-même étant blessé par les protestants" (ibid. p. 403.)

 

"[…] Les guerres de religion étaient déjà commencées avant le massacre de Vassy. […] On vit des bandes ou plus exactement de vraies armées protestantes organisées, dès 1559, 1560, 1561, c'est-à-dire un an, deux ans, trois ans auparavant, dans toute l'étendue du territoire, occupant de force les églises, saccageant les villes, promenant la dévastation dans les campagnes. […] Qu'étaient-ce donc que ces émeutes suscitées délibérément par les protestants, ces rixes et ces batailles sinon des guerres de religion ? […] Et le tableau que Ronsard (Discours des misères de ce temps adressé à la reine régente Catherine de Médicis) et Mézeray nous ont tracé de la France en 1562, nous montre qu'elle était livrée depuis longtemps aux luttes à main armées des factions politiques et religieuses." (p. 404.)

 

En somme et pour résumer, si l'on écoute les mythographes républicains, les catholiques du XVIe siècle auraient dû se laisser égorger sans se défendre, laisser les oeuvres d'art, les églises et leurs lieux de culte se faire détruire, dépecer, incendier, saccager, les religieux assassiner.

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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 13:48
Messe de requiem pour la Petite Emigrée Françoise Gandriau à Lassay-les-Châteaux

Vendredi 6 mars 2015 à 20h30 en l'église paroissiale de Lassay-les-Châteaux (Mayenne), une messe de requiem sera célébrée à la mémoire du martyre de Françoise Gandriau, simple servante vendéenne, assassinée par les terroristes républicains.
 

Françoise Gandriau dite « La petite émigrée », s'enfuit à la Révolution avec sa maitresse (1794) mais fut rattrapée et guillotinée avec celle-ci et cinq de ses compagnons. Elle repose aujourd'hui à Lassay-les-Châteaux, à l'endroit où elle fut enterrée avec sa maîtresse et ses compagnons, c'est-à-dire au fond d'un champ devant un châtaignier sur la route de Thubœuf. Son lieu de sépulture est entouré d'une clôture. Au bord de la route, à proximité, se trouve une croix blanche en souvenir d'elle. ("Lassay les Châteaux, ses châteaux, son passé", S. GRARD) Sa tombe existe toujours, ainsi qu'un modeste oratoire qui borde la route de Thuboeuf, élevé par la population lasséenne qui garde le culte de l'honneur. En effet, on vient toujours en faire le tour, comme les mamans par le passé avec leurs enfants car on disait qu'ils pourraient alors marcher précocement, mais aussi pour rendre hommage à cette jeune héroïne. L'accès y a été sécurisé.

 

Cette Vendéenne de 19 ans a été guillotinée le 6 mars 1794 dans la commune, par la commission Clément, particulièrement sanguinaire. « Cette jeune fille a été héroïque non en raison de l'injustice commise par la juridiction de la Terreur révolutionnaire, mais pour son exigence morale qui l'a conduite à choisir la mort plutôt que le déshonneur et le mensonge », souligne Claude Bodin, président de l'association du Souvenir de la petite émigrée .

Elle a été exécutée le lendemain de son jugement, et sa tombe est toujours située dans la commune. Elle est toujours visitée et entretenue.

Au programme :
Autour de l'abbé Julliot, curé de Lassay,
l'ensemble du prestigieux vocal Volubillis d'Évron chantera La Messe de Requiem de Gabriel Fauré, le Cantique de Jean Racine de Faure, et le Vexilla regis de Saint-Venant.

Messe de requiem pour la Petite Emigrée Françoise Gandriau à Lassay-les-Châteaux
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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 10:51
Empire carolingien

Empire carolingien

Suite du documentaire Les Rois de France (Merapi productions, AB productions, La Bibliothèque nationale de France)

Charlemagne est le plus célèbre des souverains de la dynastie carolingienne qui lui doivent son nom. Conquérant, administrateur, législateur, propagateur de la religion catholique, il agit en maître et défenseur de l'Eglise.

 

(4) Les Rois de France - Charlemagne

Protecteur des arts et des lettres, Charlemagne est à l'origine de la Renaissance carolingienne.

Charlemagne est considéré comme le Père de l'Europe puisqu'il a assuré le regroupement de l'Europe occidentale.

Il a aussi posé des principes de gouvernement dont ont hérité les grands états européens.

Charlemagne est un monarque guerrier. Il a agrandi le royaume grâce à une série de campagnes.

 

Dans les années 770, il commença ses nombreuses conquêtes. Royaume lombard en 773, conquête de la Saxe de 771 à 804, Roncevaux dans les Pyrénées (778) fut sa plus grande défaite. Cependant, ses ennemis furent continuellement repoussés.

(4) Les Rois de France - Charlemagne

Le signe éclatant de l'autorité acquise par Charlemagne fut son couronnement en tant qu'empereur par le Pape Léon III en 800.

 

[Du fait des règles successorales germaniques du partage à la mort du roi défunt. NDLR] [l]'énorme empire ne peut survivre à la disparition de son créateur. Charlemagne, soucieux de la tradition germanique avait prévu de le partager entre ses trois fils dès 806, mais l'empire ne fut en fait partagé qu'entre ses trois petits-fils, en 843, au Traité de Verdun.

La Francie au traité de Verdun en 843 et les menaces extérieures

La Francie au traité de Verdun en 843 et les menaces extérieures

Le documentaire omet d'indiquer que si Charlemagne résolut de soumettre les Saxons par la force c'est parce que ceux-ci faisaient des raids réguliers et des pillages meurtriers sur la Gaule romaine dès le IVe siècle, de même que sur le Regnum francorum au VII et VIIIe siècles.

 

En Gaule, sous l'empereur Valentinien (364-375) :

 

Histoire du déclin et de la chute de l'empire romain, Tome 1 : Rome de 96 à 582 par Gibbon "Les côtes maritimes de la Gaule et de la Grande-Bretagne étaient toujours exposées aux ravages des Saxons. Le succès de leurs premières entreprises excita naturellement l'émulation des plus braves de leurs compatriotes, qui se déplaisaient dans la triste solitude des montagnes et des forêts. ... Ils étendirent la scène de leur brigandage, et les pays les plus enfoncés dans les terres ne durent plus se croire en sûreté contre leurs invasions. ... Leurs bateaux étaient si légers qu'on les transportait sur des chariots, d'une rivière à une autre : et les pirates qui entraient dans l'embouchure de la Seine ou du Rhin pouvaient descendre sur le cours rapide du Rhône jusque dans la Mer méditerranée. Sous le règne de Valentinien, les Saxons ravagèrent les provinces maritimes de la Gaule." (Gibbon, Histoire du Déclin et de la Chute de l'Empire romain, Rome de 96 à 582, Robert Laffont, Malesherbes 1984, p. 727-729)

 

Au VIIe s., sous Dagobert , on vit les Saxons menacer la frontière nord (627), puis au VIIIe, sous Pépin le Bref (Roi des Francs 751-768) reprendre leurs raids.

 

Histoire religieuse de l'Occident médiéval par Chélini "A travers les considérants de la terrible Capitulatio de partibus Saxoniae, l'on peut évoquer quelques traits du paganisme saxon. Ces barbares adoraient les fontaines, les arbres, les bois sacrés; ils croyaient aux sorciers; ils pratiquaient des sacrifices animaux et humains et le cannibalisme rituel; ils incinéraient leurs morts.

 

A l'égard du christianisme, ils ressentaient une haine farouche et ils pourchassaient les clercs jusqu'à ce qu'ils aient quitté le pays ou qu'ils aient été mis à mort. Une manifestation de cette aversion du nom chrétien fit éclater le conflit." (Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Pluriel, Millau 2012, p. 153-154)

Début des années 780, les Saxons se soulèvent de nouveau, entrent en territoire franc, et provoquent des ravages jusqu'à la Moselle. Charlemagne ne pouvait rester les bras ballants. Il organise une sévère répression, mais les révoltes n'en continuent pas moins. Commandés par Widukind, les Saxons opposent une vigoureuse résistance. Le massacre de Verden (782) sur la Weser fera 4.500 victimes et 12000 femmes et enfants sont déportés car ils refusent le baptême. Charles se conduisit alors comme le fléau de Dieu, usant de la politique de la terre brûlée, renversant leurs idoles, ravageant leurs sanctuaires, massacrant et pillant tout sur son passage. Il reprit en pays saxon une méthode autrefois utilisée par son grand-père, puis par son père. Le chef des Saxons, Widukind, se réfugia chez ses voisins et se mit sous la protection de Sigfred, roi des Danois. Après cette victoire, Charles réorganise la Saxe, qui devient une province de son empire, et ordonne la conversion forcée des Saxons païens. La plupart des rebelles ont été livrés à Charlemagne par les chefs saxons, sauf Widukind, introuvable. Celui-ci obtient le soutien des Frisons et des Danois établis au nord de l'Elbe.

 

Les Francs sont battus par Widukind au mont Süntel en 782. S'ils sont victorieux l'année suivante, ils doivent hiverner dans le pays de 784 à 785 pour venir à bout du soulèvement.

 

En 785, Charlemagne instaure en Saxe le Capitulaire De partibus Saxoniae: les païens doivent se convertir sous peine de condamnation à mort. Widukind aurait accepté de se rendre contre la promesse de ne pas être tué. Voyant qu'il devait gagner son soutien, Charlemagne le persuade de se faire baptiser lors d'une cérémonie collective en 785 à Attigny dans les Ardennes françaises.

(4) Les Rois de France - Charlemagne

Dans les années 792 à 795, des Saxons se soulèvent à nouveau, refusant le Capitulaire.

 

Les rebelles saxons demandent l'aide des Frisons, leurs voisins du nord, eux aussi païens, et des Avars, déjà en lutte contre Charlemagne. Ils réhabilitent le culte des idoles, pillent les églises et traquent les catholiques. Devant la tournure des évènements, Charlemagne doit revenir en Saxe (494). Il divise son armée en deux. Une partie sous ses ordres, l'autre sous ceux de son fils, Charles le Jeune. Charlemagne entre en Thuringe et Charles en Westphalie. Les rebelles se rendent sans combat et jurent fidélité au roi.

 

L'année suivante, Charlemagne et son armée traverse la Saxe jusqu'à l'Elbe.

Si la pacification de la Saxe dura encore de nombreuses années, elle s'achève officiellement à Paderborn en 799. [Widukind ne prend plus part aux combats sporadiques - qui durent jusqu'en 804 - après cette date. Il meurt le 7 janvier 810. L'historien Pierre Bauduin explique que « la crainte inspirée par la conquête du pays et la brutale soumission de ses habitants eut sans doute sa part dans le mouvement d'expansion viking » (Élisabeth Deniaux, Claude Lorren, Pierre Bauduin, Thomas Jarry, La Normandie avant les Normands, de la conquête romaine à l'arrivée des Vikings, Ouest-France, Rennes, p. 371). Hypothèse déjà formulée par Lucien Musset (Lucien Musset, « Naissance de la Normandie », Michel de Boüard (dir.), Histoire de la Normandie, Privat, 1970, p. 93. Hypothèse que l'on peut aussi lire dans le Dictionnaire du Moyen Âge, histoire et société, Encyclopaedia Universalis, Albin Michel, 1997, p. 285 et 833).

 

Plus de mille ans après sa mort, un monument en hommage à Widukind fut érigé en 1899, à Herford dans le nord-ouest de la Westphalie, œuvre en bronze du sculpteur berlinois Heinrich Wefing. Détruit pendant la Seconde Guerre mondiale en 1942, pour récupérer le bronze, le monument a depuis été reconstruit, signe de l'attachement des Allemands aux personnages emblématiques de leur histoire, même ancienne. Widukind est un peu aux Allemands ce que Vercingétorix est aux Français.

 

Mais on n'en aura pas fini avec les Saxons puisque l'accession au trône du "Saint-Empire romain germanique" de Otton Ier (en 962), fils d'Henri Ier de Saxe, dit Henri l'Oiseleur, duc de Saxe, inaugurera le nouveau pouvoir saxon en Germanie, qui allié avec le roi d'Angleterre tentera d'envahir la France et de supprimer la monarchie française en 1154 et à Bouvines en 1214. NDLR.]

(4) Les Rois de France - Charlemagne

L'invasion des Maures

(4) Les Rois de France - Charlemagne

En 711, les Maures envahissent l'Espagne. Sous le commandement de Tariq Ibn Ziyad, ils imposent à une grande partie de l'Espagne et du Portugal le règne islamique. Ils étendent leur influence et font des incursions jusque dans le nord de la France, mais ils sont arrêtés à la bataille de Toulouse en 721 et par Charles Martel à la bataille de Poitiers en 732.

 

Dans la péninsule ibérique, seul le Nord-Ouest et les régions majoritairement basques des Pyrénées échappent à leur domination.

Pour le pape Adrien Ier, comme tous les Chrétiens, il revient à Charlemagne de se défendre contre ce danger permanent. Charlemagne n'avait pas l'intention de conquérir l'Espagne, il avait conscience du décalage économique et culturel des deux mondes. 

Sulayman Ibn Al Arabi, wali, c'est-à-dire gouverneur de Barcelone et Gérone, est menacé par par Abd ar-Rahman I, l'émir Omeyyade de Cordoue. Il envoie donc une délégation à Charlemagne afin de lui offrir sa soumission, et l'allégeance de Hussein de Saragosse, le gouverneur de la ville, en échange d'une aide militaire. L'occasion était belle pour Carolus Magnus d'affermir sa réputation en faisant une démonstration de la puissance de son armée. Intimider les Musulmans, et rasséréner les Chrétiens soumis à leur autorité, voilà deux objectifs exaltants pour le protecteur du Pape. En réponse, l'armée de Charlemagne traverse les Pyrénées vers Saragosse en 778, dans le but de tenir la ville. Il s'entoure de douze ducs, et chaque duc dispose de 3000 cavaliers. Hussein de Saragosse refuse d'ouvrir les portes de la ville, déclarant qu'il n'avait jamais promis son allégeance. Trouvant les portes closes, l'armée du roi franc décide de retourner sans son royaume, car sans machines de siège qu'il ne pouvait pas transporter à cause des Pyrénées, la cavalerie est inefficace. Sur le chemin de retour, l'armée met à sac la ville basque de Pampelune qui avait pourtant résisté à la pression musulmane.

Roland sonnant du Cor à Roncevaux

Roland sonnant du Cor à Roncevaux

Puis, en août 778, une partie de l'armée doit se replier pour rejoindre la Germanie où les Saxons s'étaient de nouveau rebellés. Ce groupe est composé de Charlemagne et de son escorte. L'armée est divisée en deux car le passage est très étroit. L'arrière-garde qui protège le repli s'engage ensuite dans les vallées pyrénéennes. Elle est commandée par Roland, gouverneur de la Marche de Bretagne, un valeureux guerrier, très aimé de Charlemagne. Il passe par le Col de Roncevaux, situé à une cinquantaine de kilomètres de Pampelune. Ce col correspond à l'ancien passage du Col d'Ibaneta à 1066 m d'altitude, voie de passage naturel utilisé depuis la préhistoire pour accéder à la péninsule ibérique. Sur les pentes escarpées de Roncevaux, les Vascons, ancêtres des Gascons et des Basques, attaquent par surprise en représaille du pillage de Pampelune, ils dévalent les montagnes et massacrent la troupe franque, surpenant l'ennemi sur les hauteurs afin de le précipiter dans le ravin. Cet évènement devint le plus connu du règne grâce à un poème épique et une chanson de geste écrite à la fin du XIe siècle, la Chanson de Roland. Alors qu'Eginhard, dans sa Vita Caroli, accuse les Vascons de ce revers, la Chanson de Roland évoque les Sarrasins, terme qui englobe tous les Musulmans, et fait de Roland un martyr chrétien.

 

[Voici comment Eginhard, l’historien de Charlemagne, raconte cet échec du grand empereur : « Charles, dit-il, ramena d’Espagne ses troupes saines et sauves. A son retour cependant, et dans les Pyrénées, il eut à souffrir un peu de la perfidie des Basques. L’armée défilait sur une ligne étroite et longue, comme l’y obligeait la conformation du terrain. Les Basques se mirent en embuscade sur la crête de la montagne, qui, par l’étendue et l’épaisseur de ses bois, favorisait leur stratagème.

« De là, se précipitant sur la queue des bagages et sur l’arrière-garde destinée à protéger ce qui la précédait, ils la culbutèrent au fond de la vallée, tuèrent, après un combat opiniâtre, tous les hommes jusqu’au dernier, pillèrent les bagages, et protégés par les ombres de la nuit, qui déjà s’épaississait, s’éparpillèrent en divers lieux avec une extrême rapidité.

« Les Basques avaient pour eux dans cet engagement la légèreté de leurs armes et l’avantage de leur position. La pesanteur des armes et la difficulté du terrain rendaient au contraire les Francs inférieurs en tout à leurs ennemis. Egghiard, maître-d’hôtel du roi ; Anselme, comte du palais ; Rotland, commandant des marches de Bretagne, et plusieurs autres, périrent dans cette occasion. »

[...] Roland est la personnification la plus brillante, la plus animée, de cette chevalerie qui née vers le milieu du XIe siècle se prolongea jusqu’aux derniers jours du XIIe dans sa réalité, et jusqu’au règne brillant de François Ier dans son apparence et dans sa forme. La chevalerie, dont la figure imaginaire de Roland est un des types les plus précis, les plus brillants, fut une institution d’une haute importance à une époque où la force semblait la seule loi, le seul droit.

[...] Fondée sur trois grandes passions : la foi, la valeur et l’amour ; prenant pour devise : Dieu et ma dame, la chevalerie, tant poétique, tant idéale malgré l’imperfection et le vague où elle demeura, fit faire de grandes choses, excita l’enthousiasme et influa heureusement sur le développement moral de la société. A la fois, pour ainsi dire, prêtre et soldat, le chevalier s’appuyait sur le courage et la religion : il faisait bénir cette épée qu’il consacrait à la défense du bon droit ; dans son noviciat, il apprenait l’obéissance et la valeur ; enfin, avant que le jeune écuyer reçût l’accolade, fût armé chevalier par son maître, il devait avoir fait preuve de vertu, de courage, de piété, et s’être lié par ses serments à protéger le faible, l’orphelin, et à ne combattre que pour la bonne cause ; puis il partait pour les grandes aventures, pour les emprises d’armes, pour les lointaines expéditions.

Ce sont ces mœurs, ces vertus héroïques, cette pureté de cœur, cette vaillante audace que célébraient les poèmes chevaleresques et, pour en rehausser sans doute l’éclat, on les mit sous le patronage des hommes qui avaient laissé dans l’histoire un nom célèbre, glorieux. C’est ainsi que Charlemagne fut le héros d’un roman, d’une épopée où le vainqueur des Saxons se transforme sous l’armure du chevalier.

Dans ces récits l’histoire et la fantaisie, la réalité et l’idéalité se confondent, se mêlent à ce point que, plus tard, l’histoire hésita longtemps sur la voie qu’elle devait suivre, ignorant où était la vérité, et qui elle devait adopter, de ces physionomies idéales, resplendissantes de dévouement, de franchise, de piété, ou de ces barbares et courageux vainqueurs des invasions saxonnes, dont les traits sont durs, sauvages, dont la politique est adroite, rusée, la foi intéressée.

[...] De tous les souvenirs chevaleresques, celui de Roland est demeuré le plus populaire ; à chaque pas, dans le Midi, on retrouve les traces de cette fabuleuse et héroïque figure : la brèche de Roland, dans les Pyrénées, vaste défilé au milieu des montagnes, atteste encore la trempe de sa puissante épée ; dans le Roussillon, le pas de Roland maintient son souvenir ; à Blaye on a longtemps conservé son cor d’ivoire, ce cor merveilleux dont les sons se faisaient entendre à sept lieues de distance et avec lequel il adressa à son oncle Charlemagne ses suprêmes adieux ; enfin souvent nos soldats, dans les guerres contre les Anglais, s’animaient au combat en chantant la romance dont les aventures de Roland forment le sujet.]

 

La plupart des historiens s'accordent maintenant pour dire qu'à la bataille de Roncevaux, les chevaliers carolingiens ont, en fait, affronté la milice vasconne (basque) et non l'armée sarrasine. En pleine période de reconquête de l'Europe, il est fort possible que le texte de la Chanson de Roland, ait été écrit pour donner un fondement historique aux Croisades.

Charlemagne se contenta alors d'occuper les places fortes en Catalogne. Les représailles sont impossibles. Comment manoeuvrer dans ce dédale de pierres et qui punir?

 

["La 'Reconquête' commence en Espagne dès lors que Charlemagne, malgré son échec de 778 et le désastre de Roncevaux, ajoute dans les premières années du IXe siècle aux principautés demeurées chrétiennes - la Galice, la Cantabrie, les Asturies - une 'marche d'Espagne' qui se mue en un comté de Catalogne et un royaume de Navarre. Dès le IXe siècle, la Reconquête donne naissance à l'Ouest au royaume de Leon. Au milieu du Xe siècle, s'ébauchent autour de Burgos un royaume de Castille et au sud de la Navarre un royaume d'Aragon. C'est de ces deux royaumes que partent les principales entreprises en direction du centre de la péninsule..." qui aboutiront en 1212 à Las Navas de Tolosa, à la défaite des Almohades qui s'effondrent sous les coups portés par les chrétiens enfin réunis. Source: Jean FAVIER, Les Grandes découvertes, d'Alexandre à Magellan, Fayard, Paris 1991, p. 132-133.]

 

La Bavière

 

Le soulèvement des Saxons encouragea par ailleurs le duc de Bavière, Tassilon III, qui en 779 refusa de reconnaître la souveraineté franque et fut sur le point de semer le trouble dans toute la partie sud de la Germanie occupée par les Francs.

(4) Les Rois de France - Charlemagne

Tassilon était le fils d'Hiltrude, fille naturelle de Charles Martel, et épouse du duc Odilon de Bavière. Ce lien de parenté avait permis à sa mère d'être régente du duché de Bavière pour son compte en 748.

En 757, Tassilon jura fidélité au roi des Francs à l'assemblée de Compiègne, devenant ainsi le vassal de Pépin le Bref. En 787, Tassilon tenta d'obtenir le soutien du Pape Adrien Ier, mais la faveur de l'Eglise allait aux Francs. Charlemagne, son cousin, leva trois armées pour soumettre le duc rebelle. Tassilon, contraint et forcé, renouvelle son serment au Lechfeld, près d'Augsbourg, le 3 octobre 787.

De retour dans sa capitale, à Ratisbonne, Tassilon reprit ses intrigues, il négocia avec les Avars, ennemis des Francs, mais le parti de l'aristocratie favorable à Charles fit prévenir ce dernier. Tassilon fut forcé d'avouer tous les crimes qu'on voulait bien lui reconnaître, et fut condamné à mort en 788. Toutefois, en raison de son lien de parenté, Charles le fit sauver, mais à condition qu'il entrât dans les ordres. Ce qu'il fit à l' l'abbaye Saint-Pierre de Jumièges. La Bavière est intégrée au royaume en 788.

 

Charlemagne confisque les biens immenses de Tassilon qui était considéré comme l'homme le plus riche de l'empire, plus que Charlemagne lui-même, qui de surcroît n'a jamais eu de fortune personnelle et fut un des premiers rois de l'époque médiévale à distinguer le Trésor royal et ses biens propres.

Les Avars

 

Après la Bavière en 791, Charles mène contre les Avars une première expédition.

 

Les Avars sont une peuplade belliqueuse d'origine turco-mongole. Ils sont établis en Pannonie, l'actuelle Hongrie. Pillards païens, les Avars constituent une menace constante pour les Francs. Ils ont multiplié les interventions dévastatrices en Bavière et dans le Frioul en 788. Ils s'attaquent aux églises, qu'ils pillent sans vergogne, et mettent à l'abri leurs trésors dans un camp fortifié fortement gardé, appelé le Ring.

 

La guerre contre les Avars est sans pitié. Charlemagne répond à la férocité de l'ennemi par une férocité égale. Pour la première campagne en 791, Charlemagne fait appel à 10.000 cavaliers, et pour faire suivre l'intendance nécéssaire, un train de bateaux progresse en même temps sur le Danube. Il divise son armée en deux afin d'avancée en même temps sur les deux rives du Danube. Charlemagne confie le commandement de celle au nord au comte Theodoric, alors qu'une troisème force composée par son fils Pépin doit attaquer à revers depuis la frontière du Frioul. L'armée franque entre en terre avare à la fin du mois de spetembre sans rencontrer de résistance. Les Avars pratiquent la politique de la terre brûlée. Ainsi à la mi-octobre, alors que Charlemagne atteint la rivière Raab, le manque de fourrage et les privations imposées aux soldats le décide à faire demi-tour sans avoir livré bataille.

 

Charlemagne ne renonce pas et en 793, il prépare de nouveau la guerre contre les Avars, il fait construire un pont de bateaux démontables sur le Danube et commence la construction d'un canal pour relier les bassins du Rhin et du Danube. Néanmoins, ce projet n'aboutira pas. Cette même année, l'armée que Charlemagne lève en Frise contre les Avars est détruite par les Saxons révoltés. Le comte Theodoric est tué et la révolte de la Saxe ajourne l'expédition contre les Avars.

 

En 795, l'affrontement se termine par la prise du camp retranché royal avar par Pépin, il envahit le pays avec des forces considérables. Le camp abrite un trésor gigantesque, fruit de plusieurs années de pillage. Le territoire avar est placé sous le contrôle des Francs, puis christianisé. La prise du butin du Ring avar, quinze chars d'or fut envoyé à Aix et joua un rôle conséquent dans la puissance de Charlemagne, lui permettant de récompenser largement ses fidèles. On estime que ce seul butin a contribué à un mouvement d'inflation sensible dans l'ensemble de l'empire carolingien.

 

Charlemagne désire créer l'empire carolingien, un empire pluri-ethnique civilisateur. Le pape Léon III va dans ce sens, mais pour lui, le pouvoir spirituel l'emporte sur le pouvoir temporel, et il saura le signifier clairement au futur empereur.

(4) Les Rois de France - Charlemagne

Le jour de Noël de l'an 800, Charlemagne est couronné empereur d'Occident par le pape Léon III à la basilique Saint-Pierre de Rome. La papauté doit énormément à Charlemagne car celui-ci a renforcé les états pontificaux créés par son père, Pépin le Bref (751-768).

 

Les rites du couronnement vont être inversés au profit du pape. Le pape pose la couronne sur la tête de l'empereur Charlemagne, en le faisant acclamer par ses troupes, mais il fait exprès de le faire acclamer après avoir déposé la Couronne sur la tête de Charlemagne. Ce qui veut dire que le pouvoir spirituel est supérieur au pouvoir temporel, et que Charlemagne ne doit pas l'empire à ses victoires - qui pourtant sont importantes -, mais qu'il le doit à une désignation particulière par Dieu. Nous sommes dans un système de Chrétienté.

 

Selon Eginhard, l'historien de Charlemagne, l'empereur est sorti furieux de la cérémonie. Il aurait préféré que l'on suive le rituel bizantin, c'est-à-dire l'acclamation d'abord, le couronnement et enfin l'adoration [système que l'on peut dire "césarien démocratique", et non chrétien, où le pouvoir trouve son fondement dans le peuple, et où les empereurs assumaient sur leur tête les deux pouvoirs temporel et spirituel, ce qui était la confusion des pouvoirs temporel et spirituel et non leur distinction selon l'enseignement de Jésus "Rendez à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu.")

 

Le pape Léon III eut donc une bonne raison de ne faire acclamer Charlemagne qu'après lui avoir déposé la Couronne sur la tête. Ce sera d'ailleurs plus tard de cette manière que tous les rois de France seront couronnés: sacre, couronnement, acclamation.

"Il n'y a point d'autorité qui ne vienne de Dieu". Epître aux Romains, 13, 1 : Le pouvoir du roi lui vient de Dieu et il exerce la suprême autorité temporelle en son nom. 

En 1789, la Révolution détruira l’autorité en prétendant qu'elle provient des inférieurs : « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. » (Article 3 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789.)

Si l’on veut rétablir l’ordre naturel chrétien, il faut commencer par rétablir la vraie notion de l’autorité, et affirmer que celle-ci vient de Dieu et non du peuple. Cf. "Dieu, principe et modèle de toute autorité". NDLR].

 

 

Le "Defensor Ecclesiae"

 

"Charlemagne mit au service de l'Eglise son pouvoir en identifiant totalement la société civile et la société religieuse (ce qui était déjà la pratique de nos ancêtres les Gaulois. NdCR.).

 

A aucun moment n'existe chez Charlemagne, quelle que fut sa piété, la tentation de la théocratie sacerdotale. Il ne lui vint jamais à l'esprit de penser que le pape était son supérieur et avait un rôle politique à jouer dans l'imperium christianum. Il s'en est expliqué bien avant d'être sacré empereur dans sa lettre à Léon III de 796 :

 

"Voici quelle est notre tâche. A lextérieur, protéger, les armes à la main, avec le secours de la grâce divine, la sainte Eglise du Christ de l'invasion des païens et de la dévastation des infidèles; et à l'intérieur, défendre le contenu de la foi catholique. La vôtre, très saint Père, par la prière de vos mains levées au ciel à l'instar de Moïse, est d'aider notre armée jusqu'à ce que, par votre intercession, sous la conduite et par le don de Dieu, le peuple chrétien ait toujours la victoire sur les ennemis de son saint nom et que Notre Seigneur Jésus-Christ soit glorifié dans le monde entier."

 

Le pape est ainsi confiné dans un rôle sacerdotal, il est le grand prêtre du Regneum christianum. Il ne saurait être question qu'il en sorte.

 

(En même temps que Charles était roi choisi par la volonté divine) [j]amais en Occident, après la disparition de l'Empire, la papauté ne fut aussi soumise et de bon gré à l'autorité monarchique." (Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Pluriel, Millau 2012, p. 141-142.)

L'empire bizantin refuse de reconnaître le couronnement impérial de Charlemagne, le considérant comme une usurpation.

 

Charles et ses conseillers invoquent le fait que l'empire d'Orient ne peut être dirigé que par un homme, or c'est à l'époque une femme, l'impératrice Irène de Bizance (797-802) qui revendique ce titre.

 

Ce n'est qu'avec le traité de paix d'Aix-la-Chapelle en 812 que Michel Ier Rangabé, empereur d'Orient, daigne accepter vraiment de reconnaître le titre impérial de Charlemagne et de ses successeurs en utilisant toutefois des formules détournées, évitant de se prononcer sur la légitimité du titre, tel que "Charles, Roi des Francs, que l'on appelle leur empereur".

Administration et progrès de l'empire chrétien d'Occident

 

Au VIIIe siècle, les Carolingiens originaires d'Austrasie (Ancien "Royaume de Reims") déplacent vers le nord-est leur résidence.

 

Au début de son règne, Charlemagne n'a pas de lieu de résidence fixe.

Aix-la-Chapelle, capitale de l'empire franc

Aix-la-Chapelle, capitale de l'empire franc

A partir de 790, Charlemagne réside le plus souvent à Aix-la-Chapelle (Austrasie, terre des ancêtres de Charlemagne), qui à la fin du VIIIe siècle n'avait rien du capitale. C'était une station thermale antique fondée par les Romains. Selon Egihard, Charlemagne l'a découverte lors d'une partie de chasse. Il apprécie l'endroit et en fait son lieu de résidence et la capitale de l'Empire, construisant un Palais, dont la magnifique Chapelle, allait devenir la cathédrale. Le Palais de Charlemagne fut construit sous ses ordres. Son architecture s'inspire des traditions romaines et bizantines. Charlemagne y a résidé de 801 à sa mort, en 814, et y est enterré.

 

L'axe Rome-Aix-la-Chapelle est l'épine dorsale de l'Occident chrétien sous Charlemagne et Louis le Pieux.

 

Vue intérieure de la chapelle palatine d'Aix-la-Chapelle (Aquisgranum / Aachen), commencée vers 792 et achevée en 805

Vue intérieure de la chapelle palatine d'Aix-la-Chapelle (Aquisgranum / Aachen), commencée vers 792 et achevée en 805

La ville d'Aix se développe grâce au Palais. La justice royale se rend dans la salle de juridiction du Palais, il abrite aussi une caserne militaie et un atelier monétaire. Charlemagne fait d'Aix la Chapelle le siège de sa Cour. Ainsi la ville devient aussi une capitale intellectuelle, elle est considérée comme la nouvelle Athènes. Charlemagne y crée l'Académie palatine, un cercle de lettrés réservé aux beaux esprits proches de l'empereur, qui a pour mission de former la nouvelle génération de comtes, d'administrateurs, sachant lire et écrire. Elle dispose aussi d'une importante bibliothèque. La Cour, la demeure de Charlemagne était aussi le lieu de réception des ambassadeurs.

 

On sait que Charlemagne avait voulu rivaliser avec le Palais de Constantinople.

Le Mosaïque du plafond de l'entrée de la Chapelle palatine d'Aix-la-Chapelle montre des fleurs de lys, symbole de la monarchie française depuis Clovis. Les fleurs de lys, symbole de pureté virginale, furent remises à Clovis lors de la bataille de Tolbiac, par son épouse, sainte Clotilde, à qui un ermite de la forêt de Marly avait remit un bouclier où figurait trois fleurs de lys, en référence à la sainte Trinité (Père, Fils et Saint-Esprit). L'ermite affirma l'avoir reçu d'un ange pour que le roi s'en serve durant la bataille à la place de ses armes ornées de trois croissants ou de trois crapauds. Selon l'ermite, ce bouclier devait lui assurer la victoire. (Cf. La légende de Clovis recevant la fleur de lys - XVe siècle, Bedford Book of Hours, 1423)

Le Mosaïque du plafond de l'entrée de la Chapelle palatine d'Aix-la-Chapelle montre des fleurs de lys, symbole de la monarchie française depuis Clovis. Les fleurs de lys, symbole de pureté virginale, furent remises à Clovis lors de la bataille de Tolbiac, par son épouse, sainte Clotilde, à qui un ermite de la forêt de Marly avait remit un bouclier où figurait trois fleurs de lys, en référence à la sainte Trinité (Père, Fils et Saint-Esprit). L'ermite affirma l'avoir reçu d'un ange pour que le roi s'en serve durant la bataille à la place de ses armes ornées de trois croissants ou de trois crapauds. Selon l'ermite, ce bouclier devait lui assurer la victoire. (Cf. La légende de Clovis recevant la fleur de lys - XVe siècle, Bedford Book of Hours, 1423)

La Chapelle est un témoin de la Renaissance carolingienne, la salle voûtée annonce les cathédrales.

 

Au début du IXe siècle, l'état franc représente déjà un vaste empire, et ses frontières sont fortement consolidées. Après le couronnement de Charlemagne, le centre de gravité se déplace vers l'Est, c'est-à-dire au détriment de la France et au bénéfice de l'Allemagne.

 

[...] Les lettrés du temps utilisent le terme "Renovatio" pour qualifier le mouvement de renouveau en Occident après deux siècles de déclin. Dès 774, en vainquant les Lombards, Charlemagne prend le contrôle de l'Italie du Nord et de son précieux patrimoine culturel. De plus la chute du royaume wisigoth lors de l'invasion de l'Espagne par les Sarrasins, amène de nombreux intellectuels et ecclésiastiques à rejoindre la Cour des rois francs. Les Carolingiens bénéficient donc de connaissances venues du royaume qui se voulait l'héritier de l'empire romain et le conservateur de sa culture.

Depuis le VIe siècle, le monachisme est très fortement développé dans les Îles britanniques.

 

Les monstères irlandais conservent les connaissances latines et grecques et sont le siège d'une vie intellectuelle intense.

Les érudits viennent à la Cour de Charlemagne

Les érudits viennent à la Cour de Charlemagne

Les invasions conduites par les Vikings font venir des Îles britanniques des érudits [on avait déjà vu des celtes catholiques des Îles britanniques se réfugier chez nous en Armorique, lors des invasions saxonnes en Angleterre fin Ve-début VIe siècle et dont les légendes du Roi Arthur et des Chevaliers de la Table ronde sont une réminiscence. Il s'intégrèrent si bien dans cette région qu'ils lui donnèrent leur nom, la Bretagne. NDLR.] 

 

Les érudits contribuent avec l'instauration de la Règle de Saint Benoît à l'essor de la vie monastique dans le royaume carolingien. Cette poussée monastique et la facilitation de l'écriture aboutissent à un meilleur partage des connaissances. Ainsi, de nombreux érudits de toute l'Europe viennent à la Cour de Charlemagne, et en y partageant leurs connaissances, déclenchent la Renaissance carolingienne.

 

Alcuin, par exemple, est arrivé d'Angleterre en 782. Il est l'un des principaux conseillers de l'empereur. Il participe vivement au renouveau biblique: la Bible d'Alcuin est un des plus anciens manuscrits d'Occident [C'est cette Bible, dans la traduction latine de Saint Jérôme, corrigée par Alcuin (la Vulgate), qui sera choisie par le concile de Trente, au XVIe siècle, comme la référence officielle de l'Église catholique. Replié à l'abbaye de Saint-Martin de Tours, Apôtre des Gaulois, Saint Patron de la France dont on a vu les premiers Mérovingiens (Clovis et sainte Clotilde) développer le culte, Alcuin développe un atelier de copistes qui va devenir le plus important d'Occident. Source: http://www.herodote.net/Alcuin_732_804_-synthese-377.php].

 

Alcuin institue à Aix-la-Chapelle une école palatine pour former les futures élites laïques et religieuses. Il met en place un vaste programme d'éducation.

 

Le monachisme irlandais et l'instauration de la Règle de Saint Benoît conduisent à la fondation de nombreux monastères et écoles dans tout l'empire. Ces monastères, avec leurs deux écoles intérieure et extérieure, leur bibliothèque et leur scriptorium sont la base de la Renaissance carolingienne.

Folio 50 de l'Admonitio generalis de 789

Folio 50 de l'Admonitio generalis de 789

 

Charlemagne prévoit dans son Capitulaire Admonitio generalis de 789 que dans chaque évêché, dans chaque monastère, on enseigne les Psaumes, les notes, les chants, les computs, la gramaire, et que l'on ait des livres soigneusement corrigés.

 

Le nombre d'école augmente encore après le Concile de Mayence de 813, qui ordonne la création d'écoles rurales pour former de jeunes prêtres.

Vers 770, la mise au point par des scribes de l'Abbaye de Corbis, d'une nouvelle écriture, la minuscule Caroline, permet de gagner en lisibilité car les mots sont séparés les uns des autres et les lettres sont mieux formées. [Elle se diffuse ensuite dans tout l'Empire dans les codex, les capitulaires et divers textes religieux avant d'évoluer vers l'écriture gothique au XIIe siècle. Elle présente des formes rondes et régulières qui la rendent plus facile à lire et à écrire que la minuscule mérovingienne, ce qui assure sa renaissance au XVe siècle, sous la forme de l'écriture humanistique lorsque des humanistes florentins l'ont redécouverte et préférée à l'écriture gothique qu'ils jugeaient artificielle et illisible. NDLR]

 

Des ateliers de copies se développent dans les abbayes carolingiennes et les connaissances s'échangent dans toute l'Europe.

 

Pour stimuler et maintenir les valeurs chrétiennes au sein de son Empire, Charlemagne adopte une politique culturelle ambitieuse. L'art des manuscrits s'enrichit considérablement avec les enluminures mais surtout la minuscule Caroline. En effet, Charlemagne diffuse de l'utilisation de l'écrit comme moyen de diffusion de la connaissance et de l'usage de la langue latine.

 

S'appuyant sur les érudits britanniques comme Alcuin, le latin médiéval s'uniformise et incorpore des mots nouveaux avec des racines grecques ou germaniques pour servir de langue internationale. La théologie aussi se développe, et Charlemagne restaure la philosophie et l'histoire. Il fait aussi construire des cathédrales dans tout l'Empire, avec un art très aché de l'orfèvrerie, des fresques et des mosaïques inspirées de l'art bizantin.

 

Carolingian Minuscule, minuscule caroline dans un parchemin du Xe siècle

Carolingian Minuscule, minuscule caroline dans un parchemin du Xe siècle

L'homme et la fin de son règne

(4) Les Rois de France - Charlemagne

Le portrait de Charlemagne nous est connu grâce à Eginhard, son contemporain. Grand, il est dit qu'il mesurait 1m92, il était fort et vigoureux. Charlemagne inspire le respect de ses ennemis qui sur le Champ de bataille craignent davantage sa force physique que son intelligence tactique.

 

D'une réelle bonté, il aimait faire des aumônes au pauvres et vénère sa mère (Berthe au Grand pied) qu'il consulte souvent. Très attaché à sa famille, il ne se sépare jamais de ses enfants. Il fut marié à quatre reprises.

 

Charlemagne a une grande curiosité d'esprit. Il s'instruit beaucoup pour pallier ses lacunes. Il donne ainsi une éducation complète à ses enfants. Mais il est d'abord et avant tout un guerrier, bien que son but affirmé soit la paix.

 

Profondément religieux, il est convaincu que Dieu a confié au peuple franc et à son souverain la tâche de répandre et de défendre la foi chrétienne, ainsi que les coutumes qu'elle a portées avec elle.

 

Il est souvent surnommé l'empereur à la barbe fleuri. En prêtant à l'empereur une barbe alors qu'il était vraisemblablement imberbe, les représentations du souverain veulent souligner son autorité virile. Charlemagne a cependant une épaisse moustache.

 

Charlemagne apprend à écrire tardivement et n'apprend jamais à maîtriser cette difficile technique. Ce qui le motive à créer une école dans son palais afin que les hommes devant le servir soient à même de rédiger des rapports. Bien que ne sachant pas écrire, Charlemagne sait lire. Sa langue maternelle est le francique, il parle couramment le latin et le grec.

 

La figure de Charlemagne est idéalisée dans la culture médiévale, notamment au travers des Chansons de geste.

 

Avant sa mort, suivant la coutume franque, Charlemagne prépare le partage de son royaume entre ses fils, sans désigner de successeur au titre d'empereur. Il ne reste plus à ce moment-là qu'un seul fils, Louis, qui était roi d'Aquitaine. Il le nomme co-empereur en septembre 813 à Aix-la-Chapelle.

Charlemagne décède le 28 janvier 814 à Aix-la-Chapelle.

 

En 1165, à l'instigation de l'empereur Frédéric Barberousse, Charlemagne est mis au nombre des saints par l'antipape Pascal III. Cependant, cette canonisation n'a jamais été légitimée par la suite. Peut-être en raison de la conversion des Saxons par la force, il ne compte donc pas au nombre des saints. Mais son culte reste toléré et sa fête est fixée au 28 janvier.

Épée de Charlemagne, dite Joyeuse

Épée de Charlemagne, dite Joyeuse

Son épée "Joyeuse" et ses éperons d'or, étaient utilisés lors du couronnement des rois de France. Napoléon Ier utilisa lui aussi l'épée Joyeuse lors de son couronnement impérial.

 

[Cette épée, conservée dans Le Trésor de la Basilique de Saint-Denis jusqu'en 1793, est alors entrée dans les collections du musée du Louvre. L'épée a de nouveau été utilisée pour le sacre sous la Restauration. NDLR]

Empire franc en 814 à la mort de Charlemagne

Empire franc en 814 à la mort de Charlemagne

Le fils de Pépin le Bref, qui donna son propre nom à la dynastie fondée par son père, aura régner 46 ans durant les quelquels son appétit de conquêtes lui aura permis de soumettre Saxons, Bavarois, Lombards et Avars. Il aura conquis la quasi totalité du continent européen occidental. Cet immense territoire où vivaient des peuples aux cultures hétérogènes ne pouvait se fondre en son royaume. Il en fit un empire, érigeant le christianisme en religion commune. Il utilisa l'Eglise comme un outil de cette unification, mais en fut également un fidèle serviteur et le protecteur du Souverain Pontife. Organiser un si grand empire à un moment où les moyens de communication étaient très peu développés était un véritable défi auquel Charlemagne fit face avec habileté. Il répandit l'usage de la monnaie argent pour mieux contrôler les échanges

Denier argent de Charlemagne

Denier argent de Charlemagne

(4) Les Rois de France - Charlemagne

Il nomma des Missi dominici dans chaque comtés afin d'améliorer la centralisation administrative et le contrôle des territoires les plus éloignés.

 

Il fit venir dans son Palais des lettrés d'Orient et d'Occident et mit la culture au service de son pouvoir et de la religion qui devint le ciment indispensable à la cohérence de cet empire chrétien d'Occident.

 

Mais cette cohérence reposait sur la personne de l'empereur [nous ne sommes pas encore dans la monarchie héréditaire et statutaire qui - fin XIIe siècle - reposera non plus sur l'élection et la personne du roi (monarchie élective) mais sur le droit et la Constitution coutumière du Royaume, principes qui seront acquis avec l'avènement de Philippe II Auguste en 1180. NDLR.], et ce dernier ne crut pas que son oeuvre puisse lui survivre. Il organisa son partage, qui sera le prélude de son éclatement.

 

Néanmoins, on reconnaît en Charlemagne le Pater europae (Père de l'Europe), le père qui forgea le premier ensemble européen uni, il y a douze siècles.

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Publié par Ingomer - dans Histoire
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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 10:31

Suite du documentaire Les Rois de France (Merapi productions, AB productions, La Bibliothèque nationale de France)

(3) Les Rois de France - Charles Martel et Pépin le Bref

Les Carolingiens qui doivent leur nom à Charles, Carolus, Charles Martel, grand-père de Charlemagne, gouvernèrent l'Europe de 750 jusqu'au 10e siècle.

 

 

Francie vers 600 - Début VIIe siècle

Francie vers 600 - Début VIIe siècle

Raids saxons

 

En 627, sous Dagobert, les Saxons menaçèrent la frontière nord du royaume.

 

Incursions de Saxons à la frontière nord du royaume en 627

Incursions de Saxons à la frontière nord du royaume en 627

Dagobert lança ses troupes à leur rencontre. Pendant la bataille, le chef des Saxons parvint à couper la chevelure du roi mérovingien. Mais la frontière orientale est maintenant pacifiée. Saxons, Thuringiens, Alémans et Bavarois, toute une Germanie potentielle est fédérée à un royaume dont le centre de gravité se situe beaucoup plus à l'est que les cités de Neustrie.

 

Dagobert favorisa le développement d'une abbaye construite autour du culte de Saint-Denis, Premier évêque de Paris, décapité par les Romains sur le Mont des Martyrs en 258. On raconte qu'il prit sa tête et marcha ainsi en direction du nord, jusqu'à Saint-Denis où il dit c'est ici que je veux me faire enterrer. C'est au temps de Clovis que l'on construit une basilique à l'endroit où il s'est arrêté. Puis, une abbaye se développe sur ce lieu de pélerinage. Dagobert donne des terres à l'abbaye et surtout le droit d'organiser des foires. C'est une grande première qu'un roi accorde ce tel privilège à un centre religieux. En janvier 629, Dagobert inaugure une pratique qui va encore davantage marquer les esprits. Il est enseveli dans cette basilique qui est devenue la nécropole de tous ceux qui se succéderont sur le trône de France. Quelques Mérovingiens seront enterrés à cet endroit, mais à partir de Louis VI (1108-1137), tous les rois de France seront enterrés à Saint-Denis, jusqu'à la Révolution, et jusqu'à Charles X (1824-1830).

 

En 639, Dagobert laisse deux fils.

Clovis II, cinq ans, hérite de la Neustrie et de la Burgondie.

Sigebert III, dix ans, hérite de l'Austrasie. Il ne peut s'appuyer sur Pépin Ier que durant une seule année.

 

Le premier pipinnide meurt en 640, laissant la mairie à son fils, Grimoald. Ainsi, la mairie du Palais d'austrasie devient une charge héréditaire.

A la mort de Sigebert, en 656, il est alors tentant pour Grimoald de se débarasser du fils du Mérovingien, Dagobert II, alors âgé de quelques années. Grimoald le fait tonsurer et l'envoie dans un monastère irlandais, aux confins de l'Occident. Grimoald met son fils sur le trône d'Austrasie. Tous deux sont aussitôt assassinés sur ordre de Clovis II, après peut-être avoir été soutenu par ce même Clovis II pour pouvoir se débarasser de Dagobert II. C'est le premier coup d'état carolongien, alors même que cette dynastie est encore appelée pippinide. Les descendants de Grimoald retiendront la leçon et apprendront la prudence.

 

Les rois enfants de Dagobert Dagobert sont en train de perdre la réalité du pouvoir au profit des Grands. Ils inaugurèrent le règne des Rois fainéants.

Rois fainéants (650-750)

Rois fainéants (650-750)

Les Rois fainéants ne font pas grand chose pour plusieurs raisons. Ils règnent brièvement, cependant que la réalité du pouvoir à ces moments-là étaient détenue par les Maires du Palais, comme le sera Charles Martel. Et au XIXe siècle, sous la IIIe république, sous Jules Ferry, on les caricaturera, en les représentant dans des lourds chars couverts de coussins, traînés lentement par des boeufs, s'acheminant de ci de là.

 

Les Rois fainéants restaient sur le trône parce que l'on ne pouvait pas supprimer les descendants de Mérovée du jour au lendemain.

 

Les chefs des grandes familles règnent au nom des descendants de Clovis.

 

En 687, Pépin II de Herstal réunit entre ses mains les mairies du Palais d'Austrasie et de Neustrie, dont les transmissions deviennent héréditaires.

 

Pépin II est appellé Princeps, c'est-à-dire qu'il est prince des Francs.

 

Généalogie

 

 
 
Arnoul
(v. 582 † 641)
évêque de Metz
 
Dode
 
Pépin de Landen
(v.580 † 640)
maire du palais d'Austrasie
 
Itte
(† 652)
abbesse de Nivelles
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ansegisel
(† entre 648 et 669)
domestique
 
 
 
 
 
Begge
(v.620† 693)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Plectrude
 
 
 
 
 
Pépin de Herstal
(v.645 † 714)
maire de palais
 
 
 
 
 
Alpaïde
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Drogon
(† 708)
duc de Champagne
 
Grimoald II
(† 714)
maire du palais
 
Charles Martel
(v.688 † 741)
maire du palais
 
Childebrand
(† 751)
 

La famille de Pépin II s'est enrichie, pendant que les rois se ruinaient. C'est de ce transfert du Trésor royal que la dynastie mérovingienne meurt.

 

 

(3) Les Rois de France - Charles Martel et Pépin le Bref

Pépin meurt le 7 décembre 714. Une famille neustrienne s'empare de la Mairie du Palais d'Austrasie et utilise un prince mérovingien pour en faire un roi, Chilpéric II (719-721).

 

Charles Martel, le presque-roi, grand-père de Charlemagne

 

Charles a 30 ans en 714. C'est déjà un homme aguerri. Il réussit à repousser l'avancée des neustriens en Austrasie, mais il a besoin d'argent et d'un roi. Maire du Palais d'Austrasie, il fait proclamer roi d'austrasie un autre mérovingien, Clotaire IV (717-719). Il se prépare à donner la riposte aux Neustriens. Ceux-ci s'allient aux Aquitains et aux redoutables guerriers basques.

 

 

(3) Les Rois de France - Charles Martel et Pépin le Bref

Charles donne un premier exemple de sa maîtrise de l'art de la guerre en l'année 720. Il fait mieux que mettre en déroute Aquitains et Basques, il se rend maître du Palais de Neustrie. Il récupère au passage le roi mérovingien des Neustriens, Chilpéric II (719-721), le sien ayant rendu l'âme. A la tête des deux royaumes, Charles est appelé Princeps, comme son père. Le pape va même jusqu'à l'appeler "vice-roi".

 

Comme son père, Charles favorise l'expansion et la cohésion de la Chrétienté, en protégeant les missionnaires. Le duc d'Aquitaine fait appel à lui pour stopper la progression des cavaliers musulmans qui font des raids en Aquitaine et de plus en plus loin jusqu'au royaume des Francs.

 

(3) Les Rois de France - Charles Martel et Pépin le Bref

Invasions arabes

 

Les Mahométans, comme on disait à l'époque ou les Sarrasins, après avoir pillé la Basilique Saint-Hilaire de Poitiers, se dirigent vers le sanctuaire le plus populaire des Francs, Saint Martin de Tours.

 

Il y a dans cette invasion une revendication spirituelle : les gens conquis changent de religion, ils adoptent les préceptes de Mahomet. C'est à ce moment-là qu'il y a une prise de conscience d'un péril de la Chrétienté. L'Eglise latine met tout son poids dans la balance. Il y a une mobilisation énorme des royaumes francs et l'homme qui symbolise cette mobilisation, c'est Charles.

 

C'est sur la voix romaine entre Poitiers et Tours qu'après sept jours d'escarmouches et d'observations entre les deux armées, le 25 octobre 732, qu'un affrontement inédit voit les cavaliers de l'émir se heurter à la discipline de fer du guerrier du Prince des Francs. Des guerriers soudés par des liens d'hommes à hommes et qui défendent leur territoire. La bataille est violente.

Charles Martel bat les Arabes à Poitiers en 732

Charles Martel bat les Arabes à Poitiers en 732

Les troupes musulmanes qui faisaient des razzias depuis des mois sont écrasées. On pense que cela a été une guerre extrêmement meurtière, avec de très grands pillages de part et d'autre.

 

Les conséquences à court terme de ce triomphe sont de l'ordre de la politique intérieure. L'Aquitaine est assujettie au Royaume des Francs.

 

Sur le plan religieux, l'islam est alors considéré par les Chrétiens comme une hérésie parmi d'autres. Il est possible en revanche que sur le plan culturel Charles et ses contemporains aient eu conscience d'un choc des civilisations. La bataille de Poitiers est un message de Dieu.

(3) Les Rois de France - Charles Martel et Pépin le Bref

Charles Martel devient le défenseur de la Chrétienté et le garant de la civilisation, ou plutôt d'une civilisation, celle de l'Occident, celle de l'Europe. Il devient par la même occasion le premier chevalier. Charles ne fut jamais roi de France, mais quand il décède en 741, il est inhumé dans l'abbatiale de Saint-Denis. La basilique n'est pas encore la nécropole des rois de France. Mais l'histoire finit donc par donner à Charles une sépulture digne de lui.

 

Pépin le Bref, le roi sacré

 

Ami des moines de l'Abbaye de Saint-Denis, Charles leur a confié l'éducation de son fils, Pépin le Bref. Pépin doit son surnom de sa petite taille. Il va épouser Berthe au grand pied, et il va avoir un fils, Charlemagne. Et on sait, grâce à un tibia que l'on a retrouvé, que Charlemagne mesurait entre 1m85 et 1m88.

 

En 743, deux ans après la mort de Charles, Carloman et Pépin sont contreints de s'entendre pour mettre un mérovingien sur le trône. Le temps n'est pas venu de s'approprier le trône. Mais on est toujours dans la monarchie élective, on choisit celui qui va être roi. [La monarchie deviendra héréditaire à partir du sacre de Philippe Auguste en 1179, puis statutaire ou constitutionnelle au XVe siècle, suite au désastreux traité de Troyes qui en 1420 déshérita le roi de France au profit du roi d'Angleterre. La couronne de France n’est point une propriété particulière du roi, mais un véritable fidéicommis dévolu à l’aîné de la race capétienne : fidéicommis intangible et que nulle loi ni volonté souveraine ne peut modifier. C'est la base du royalisme légitimiste. Source].

 

Les Mérovigiens étant dans une phase de perte de puissance depuis le début du VIIIe siècle, Pépin le Bref considère dans les années 740 qu'il est temps désormais de changer la dynastie royale. Il envoie au pape une lettre pour obtenir l'autorisation de déposer le dernier Mérovingien. La réponse lui parvient, l'autorisant à éliminer ce Mérovingien [Le pape Zacharie répondit que devait "être roi celui qui exerçait la réalité du pouvoir"]. En 751, avec l'aval du pape, Pépin le Bref fait couper la chevelure du dernier descendant de Mérovée, Childéric III, qui finit sa vie dans un monastère. Acclamé par les guerriers, les évêques et les grandes familles, Pépin le Bref est couronné roi des Francs dans l'abbatiale Sant Médard de Soissons. C'est un coup d'état.

 

Pépin le Bref ne se contente pas d'être couronné. Il se fait sacrer roi, comme les rois d'Ancien Testament. Il reçut l'onction sainte des mains de Saint Boniface, l'Apôtre des Germains. Jamais un Mérovingien n'avait été sacré. Comme Clovis ils avait été baptisé, puis couronné. Ils (les Marovingiens) tenaient leur légitimité de Dieu. Mais Pépin fait mieux, il est l'élu. Il ne se contente pas d'être en accord avec le projet divin, il est censé le concrétiser.

 

 

 

 

(3) Les Rois de France - Charles Martel et Pépin le Bref
(3) Les Rois de France - Charles Martel et Pépin le Bref

Le pape Etienne II, menacé par les Lombards, avait besoin d'un allié en Europe, qu'il trouva en Pépin.

 

 

(3) Les Rois de France - Charles Martel et Pépin le Bref

En 754, le pape nomme Pépin "Protecteur des Romains". Pépin en profite pour donner plus de crédit à sa Couronne en se faisant sacrer une seconde fois par le pape, en l'abbatiale de Saint-Denis. Et cette fois, c'est toute une famille qui est sacrée, les deux fils de Pépin, Carloman et Charles reçoivent aussi l'onction papale. C'est l'acte de naissance d'une dynastie qui amènera Charles jusqu'au couronnement impérial. Mais c'est bien son père qui assure non seulement la transition entre les rois de la première race et ceux de la seconde, mais aussi une transition institutionnelle. La moralisation de la société s'accompagne d'une modernisation du droit qui va de pair avec la centralisation du pouvoir. Le projet est bien de gouverner une communauté unie par une même foi, à partir d'un point central, tout autant pôle idéologique et politique que pôle économique. Vers ce point central convergent les ressources économiques. Le Trésor royal, de patrimoine privé devient budget d'état. Ce point central n'est pas encore Paris. Pépin, comme les Mérovingiens, n'a pas de résidence fixe et la capitale de Charlemagne sera Aix-la-Chapelle. En effet, les Carolingiens, c'est plus que la France, c'est l'Allemagne et bientôt l'italie.

 

La mutation que cette famille a opéré est à l'origine de l'organisation politique de l'Europe, une même foi sous l'autorité de Rome, une même logique de fonctionnement tant que culturelle et juridique et administrative pour des peuples d'une grande diversité.

 

Se sentant malade, Pépin le Bref se fait transporter à Saint-Denis. Le 23 septembre 768, il sacrifie à la coutume franque en divisant son royaume entre ses deux fils, il meurt le lendemain à l'âge de 54 ans.

 

Au IXe siècle, on inventa des filles à Dagobert afin qu'elles épousassent des Pipinnides. Quand les Carolingiens finiront par céder la place, des quatre coins de l'Europe, d'autres familles grefferont des ramifications dans leur arbre généalogique afin de se rattacher à la matrice carolingienne. Une matrice définie par l'association de deux pouvoirs, le pouvoir politique et le pouvoir spirituel.

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Publié par Ingomer - dans Histoire
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20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 07:39

Suite du documentaire Les Rois de France (Merapi productions, AB productions, La Bibliothèque nationale de France).

(2) Les Rois de France - Dagobert Ier
La Francie en 629 sous Dagobert

La Francie en 629 sous Dagobert

«En 511, à la mort de Clovis, le royaume fut partagé (tradition successorale germanique du partage entre les héritiers).

Les quatre fils survivants se partagent les états de leur père. Chacun reçoit essentiellement une portion des régions centrales, c'est-à-dire des espaces les plus riches (le bassin parisien, les espaces rhénans) et chacun reçoit également une frontière dangereuse à garder et éventuellement des zones de conquêtes annexées.

 

Thierry Ier, l'aîné, eut la responsabilité de la région rhénane face au peuple germain ("Royaume de Reims" s'étendant de Reims à l'ouest à la Werra à l'est, et des actuels Pays-Bas au nord à la Burgondie au sud, grosso modo Rhône-Alpes) face au royaume burgonde. Plus les terres conquises contre les Wisigoths en 507 (Massif central). Les trois autres frères héritèrent des territoires avec pour chacun d'entre eux des villes fortement symboliques.

Pour Clodomir, Tours, la cité de Saint Martin, le soldat romain qui était devenu l'Apôtre de la Gaule ("Royaume d'Orléans").

Pour Childebert Ier, Paris ("Royaume de Paris"), la ville où reposait Clovis.

Et enfin, pour Clotairer Ier, le plus jeune, Soissons et Tournai ("Royaume de Soissons"), les premières capitales des Francs saliens en Gaule.

 

Plusieurs rois, mais un seul Regnum francorum. Chaque responsable de cité était appelé comte. Il recevait des terres et la protection du roi.

 

Les serments de fidélité des guerriers à leur supérieur sont connus depuis le Ve siècle. C'est une création romaine. Toutefois, les Barbares ont adopté ces serments qui prennent des noms variables. On parlera plutôt de vasselage à partir du VIIIe siècle.

 

Après la mort de Clovis en 511, l'unité du royaume fut néanmoins assuré pendant un temps par Clotilde († 545), l'épouse de Clovis, qui dut sinon assurer une régence, au moins influencer les décisions de ses enfants. Pendant près de quinze ans, Clotilde assure la régence au nom de ses trois fils les plus jeunes.

 

Les quatre frères affrontèrent les troupes burgondes le 25 juin 524 à Vézéronce, près de Vienne, bataille qui vit la défaite des Francs, mais aussi la mort de Clodomir, dont la tête servit de trophée aux soldats burgondes. Clodomir avait trois fils (Théodebald ou Thibault, Gunthar ou Gonthaire, et Clodoald) qui trouvèrent refuge auprès de la reine Clotilde. Mais Childebert Ier et Clotaire Ier s'en emparèrent. Thibault et Gonthaire furent assassinés. Clodoald fut le nom de l'enfant qui survécut, il choisit la tonsure, et fuyant les hommes et les loups, fonda un monastère en région parisienne. ll devint Saint-Cloud.

 

Clotaire, Childebert et Thierry dépeçèrent le royaume de leur frère Clodomir en trois parts. Clotilde se retira à Tours, près du sanctuaire de Saint Martin [l'Apôtre des Gaules, NDLR.]

 

Statue de saint Cloud à l'hôpital Saint-Cloud en Minnesota, États-Unis

Statue de saint Cloud à l'hôpital Saint-Cloud en Minnesota, États-Unis

Regnum francorum en 531

Regnum francorum en 531

Après le sud-est, direction le nord-est et la Thuringe (région située à l'est de l'empire franc, dans les régions des cours d'eau Saale, affluent de l'Elbe et la Weser) où là aussi, d'autres loups se disputaient un trône. Un espace depuis longtemps guigné par des rois des Francs qui y ont des contacts et des espérances pour récupérer cette région. Thierry et Clotaire profitèrent de la guerre civile pour envahir le royaume de Thuringe probablement en 531. Le trésor de guerre fut partagé en deux lots. Dans celui de Clotaire, des terres et une princesse de onze ans, Ste Radegonde († 587).

 

A partir de 532, de nouvelles campagnes furent menées en Burgondie. En 534, elle fut enfin annexée. Les Burgondes étaient des envahisseurs germaniques venus de l'Est qui régnèrent sur les sud-est de la France et également une région qui deviendra la Suisse romande, et laisseront leur nom à ce qui deviendra la Bourgogne.

 

En 537, coincé entre le Regnum francorum et l'empire romain d'Orient (empire byzantin), le royaume ostrogoth qui en 526 avait perdu Théodoric le Grand céda la Provence au Regnum. L'unité du royaume était réalisée, à l'exception de la Septimanie qui reste wisigothique. Les fils de Clovis avait accès à la Méditerranée.

 

En 537, les grandes frontières du Regnum francorum sont dessinées après l'annexion de la Burgondie et de la Provence

En 537, les grandes frontières du Regnum francorum sont dessinées après l'annexion de la Burgondie et de la Provence

Dans les années 530, l'Alémanie, au sud de la Thuringe et du Royaume de Reims, perdit aussi son autonomie, en même temps que la protection des Ostrogoths, dont la puissance déclinait. Ces contrées fédérées prirent le nom de duchés, terme qui servait à désigner des regroupements de comtés.

 

Avec la disparition de Thierry Ier en 534 et de ses enfants en 555, puis celle de Childebert Ier en 558, Clotaire Ier, régna seul sur ce Regnum francorum, jusqu'à sa mort en 561. Comme son père avant lui, le plus jeune fils de Clovis était le maître de l'Occident, entre 558 et 561.

Regnum francorum vers 550

Regnum francorum vers 550

L'un des fils de Clotaire, Chramne, s'était une première fois allié avec son oncle Childebert Ier afin de défaire son père et de s'approprier son royaume. Le fils vaincu obtint le pardon du père. Après la mort de Childebert (558), Chramne récidiva. Une nouvelle fois vaincu, Clotaire ne refit pas la même erreur. Il enferma Chramne avec femme et enfants dans une cabane de pécheurs qu'il fit brûler.

 

Les moeurs de Clotaire Ier peuvent heurter certaines sensibilités. Aussi, Ste Radegonde († 587) que Clotaire épousa de force en 538, et qui avait persécuté son peuple et massacré sa famille, ne plia jamais à ses exigences. Lors de réceptions, Radegonde apparaissait vêtue d'une tunique blanche. Son humilité chrétienne tranchait avec le rang qu'elle devait tenir. L'union dura pourtant une quinzaine d'années. Clotaire qui ne voulait pas s'avouer vaincu face à celle qui défiait son autorité, le fut cependant et Radegonde, retrouvant sa liberté, fonda un monastère dédié à la Vierge à Poitiers, en 555 (le Monastère Sainte Croix de Poitiers, le premier grand monastère de femmes d'Occident).

Partage du Regnum francorum en 561 à la mort de Clotaire Ier

Partage du Regnum francorum en 561 à la mort de Clotaire Ier

A la mort de Clotaire Ier, en 561, la Gaule fut à nouveau partagée entre ses quatre fils restants.

L'Austrasie (ou Royaume de Reims) revenait à Sigebert Ier.

La Burgondie (ou Royaume d'Orléans (jusqu'à la Provence), fut donnée à Gontran.

Le Royaume de Paris (allant de l'actuelle Normandie à l'Aquitaine), pour Charibert (Caribert Ier)

Et le petit royaume de Soissons (Nord) pour Chilpéric Ier.

 

En 567, Charibert disparut sans fils. Son royaume, celui de Paris, fut réparti en trois et en premier lieu, Paris elle-même, dont les revenus fiscaux furent divisés en trois parts égales.

Autre conséquence majeure du nouveau morcellement, Chilpéric changeait de statut en obtenant des domaines qui rapportaient et allaient lui permettre de concurrencer ses frères en créant une troisième entité en face de l'Austrasie (Royaume de Reims) et de la Burgondie, la Neustrie (Nord-ouest, capitale Soissons, et qui recouvrira la Normandie).

 

Sigebert (Roi de Reims 561-575), lui, régnait sur la partie la plus exposée du Regnum (est de l'Austrasie). Et alors qu'il était occupé à défendre ses frontières contre les Avars, apparentés aux Huns, peuple d'Asie centrale, Chilpéric l'attaqua. Sigebert, finalement vainqueur, pardonna à son frère et fit preuve de clémence.

 

Royaume des Francs en 561

Royaume des Francs en 561

En 566, le roi des Wisigoths accorda la main de sa fille cadette Brunehaut (ou Brunehilde) († 613) au plus puissant des Mérovingiens, Sigebert. A quinze ou seize ans, la mariée était cultivée, gracieuse et très belle. Cette union est le premier acte d'une tragédie. Brunehaut va se maintenir au pouvoir pendant quarante ans, comme épouse, mère, grand-mère, puis arrière grand-mère du roi régnait, assurant pratiquement à chaque fois la régence du royaume, jusqu'en 613.

 

Jaloux, Chilpéric demanda alors au roi des Wisigoths la main de sa fille aînée, Galswinthe. Ce dernier accepta. Une double alliance avec les Francs valait mieux qu'une. La tradition voulait que la nuit de noces, l'époux qui avait reçu la virginité de sa promise, lui fasse en échange un don, qu'on appelait "don du matin" ou morgengabe. Chilpéric consentit à lui donner un tiers de son territoire (sud de l'Aquitaine). Le mariage qui eut lieu en 567 devait lui fournir un héritier. Au bout de quelques mois, le ventre de la princesse wisigothe restait plat et Chilpéric retourna dans les bras d'une ancienne épouse, Frédégonde. Or si Galswinthe retournait en Espagne, elle emmènerait avec elle le morgengabe. Mais le père de celle-ci trépassa, et sans plus craindre sa vengeance, Chilpéric fit étrangler la soeur de Brunehaut pendant son sommeil. Une nuit de 568. Il se remaria alors rapidement avec Frédégonde. Et à partir de là, pour des générations d'historiens, ce fut la haine entre Frédégonde et Brunehaut qui allait mettre à feu et à sang le royaume des Francs: le début d'une guerre civile qui allait durer 45 ans.

 

Frédégonde, femme de Chilpéric Ier, petit-fils de Clovis, est la grande ennemie de Brunehaut non par haine personnelle (les deux reines ne se sont jamais rencontrées de leur vie), simplement parce que Brunehaut favorise les personnages de ses fils et petits-fils, alors que Frédégonde tente d'imposer son propre descendant, Clotaire II (613-629), comme maître de l'ensemble du royaume franc.

 

En 575, Chilpéric envoya deux esclaves assassiner son frère. Des catastrophes naturelles ravagèrent alors le royaume de Neustrie. La même année, une épidémie de dyssentrie tuait les deux fils de Frédégonde et de Chilpéric. Et tandis que la Neustrie s'affaiblissait, Brunehaut devint une véritable Reine mère en Austrasie à partir de 584. Quelques mois plus tard, Chilpéric fut poignardé par un de ses serviteurs. Avant de mourir, il avait eu un fils avec Frédégonde, le futur Clotaire II (613-629).

 

Pour gouverner, les Mérovingiens avaient besoin du ralliement des élites locales. Les Grands monopolisaient comtés et évêchés (Reims, Toul, Mayence, Liège, Cologne, Châlons, Strasbourg, Bâle, Metz, Trèves, Spire), ainsi que des charges publiques à l'intérieur du Palais. Brunehaut fit tout pour limiter leurs pouvoirs. Pour elle, l'ordre prévalait, le modèle restait l'Empire. L'autorité impériale était encore forte. Mais une autre référence se fit de plus en plus pressante à Rome. Le pape que les Mérovingiens avaient oublié. Brunehaut était contemporaine de Grégoire Ier le Grand, élu pape en 590.

 

Brunehaut était loin d'être populaire auprès des Grands d'Austrasie et de Burgondie, que Childebert II, son fils, récupéra à la mort de Gontran en 593. Il mourut en 593. A la mort de son petit-fils, Thierry II en 613, et du fils de celui-ci, dernier héritier, Sigebert II, la même année, deux grands d'Austrasie se rapprochèrent de Clotaire II, Arnoul de Metz et Pépin de Landen. Le fils du premier épousa la fille du second. De cette union naquit Pépin de Herstal, père de Charles Martel.

 

Grâce à ces deux conspirateurs, Brunehaut fut capturée. Torturée pendant trois jours, elle fut exhibée nue entre les bosses d'un chameau au milieu des insultes, puis on l'attacha par les pieds sur le dos d'un cheval, le reste du corps traînant le long des pattes arrières. Le cheval put alors partir au galop.

Mort de Brunhilde, British Library, Londres.

Mort de Brunhilde, British Library, Londres.

Clovis avait délimité un périmètre, on attendait que quelqu'un creuse les fondations. Le fils de Clotaire II allait pouvoir le faire maintenant que Brunehaut, entre la mort de sa soeur et la sienne, avait levé les dernières hypothèques au prix de son sang. Il s'appelait Dagobert.

Dagobert Ier, roi d'Austrasie, de Neustrie et de Bourgogne (mort en 639), Portrait imaginaire par Emile Signol

Dagobert Ier, roi d'Austrasie, de Neustrie et de Bourgogne (mort en 639), Portrait imaginaire par Emile Signol

Roi unique du Regnum, Clotaire II voulait en état central puissant comme Brunehaut. Il convoqua à Paris tous les évêques et tous les seigneurs laïques du Regnum en 614. Ceux-ci lui cédèrent les trésors de Brunehaut, mais il dut maintenir les trois entités (Neustrie, Austrasie, Brugondie) indépendantes, avec pour chacune un délégué responsable de leur gestion qui reprit l'appellation déjà ancienne, de maire du Palais.

A partir des années 580 apparaît au Palais mérovingien, un personnage de haut fonctionnaire bien connu, qui est le maire du Palais. Il s'agit avant tout d'un intendant qui assure le bon fonctionnement des institutions.

A partir des années 610, ce maire du Palais devient le premier personnage de l'état mérovingien, au point qu'en cas de Régence, c'est lui qui assure la quasi totalité des pouvoirs. Il y avait maintenant un roi et trois maires. La guerre civile avait affaibli le pouvoir royal tandis que les trois composantes se construisaient une identité propre, renforcée par les Grands.

 

Dagobert naquit vers 604 et jusqu'en 613 il fut bercé par les évènements de la fin de la guerre civile. Adolescent, il apprit son futur métier de roi à l'école du Palais, institution dont Clotaire semble être à l'initiative. Dagobert rentra en contact avec un cercle de fidèles nourris par le Souverain et potentiellement davantage préoccupés par le Bien public que par l'ambition personnelle. Ils reçevaient une formation juridique de haut niveau afin de participer à la politique de centralisation du Regnum, que l'on peut commencer à appeler Francie.

Le premier de ces esprits éclairés, était Eloi de Noyon, dit saint Eloi. Il avait seize ans de plus que Dagobert. Orfèvre de formation, il était le maître royal des monnaies. Le second s'appelait Ouen de Rouen, dit saint Ouen, né en 600, repéré par Eloi, il intégra cette élite grâce à ses compétences exceptionnelles. Un troisème se nommait Amand de Maastrichtd, dit saint Amand. C'était l'homme d'église de ce noyau dur qui allait contribuer au rétablissement de l'autorité royale. Grâce à eux, Dagobert se lança à la reconquête du pouvoir.

 

Le roi Dagobert est surtout connu pour avoir eu de très grands ministres. Le plus célèbre, le trésorier du Palais, saint Eloi, mais il y eu d'autres personnages éminent comme saint Ouen. Ces personnages ont laissé une importante correspondance grâce à laquelle on peut reconstituer la vie de Cour à l'époque du roi Dagobert.

 

Saint Éloi - Vitrail église Sainte-Anne de Gassicourt, à Mantes-la-Jolie

Saint Éloi - Vitrail église Sainte-Anne de Gassicourt, à Mantes-la-Jolie

 

La rivalité entre Neustrie et Austrasie n'avait pas disparu. Cette dernière réclamait la présence d'un roi.

En 623, Dagobert fut choisi pour représenter son père Clotaire II dans le pays de Pépin de Landen où Pépin Ier est nommé à vie maire du Palais d'Austrasie. En tant que délégué du roi il était le seul à pouvoir faire la loi. Dagobert s'appuya sur cette période de paix pour uniformiser et rationaliser la justice.

 

Un calendrier fut tout d'abord défini afin de fixer régulièrement des audiences. En cela, Dagobert est véritablement le précurseur de Saint-Louis. Tout comme lui et avant lui, Dagobert rend la justice où qu'il se trouve.

A l'époque de Dagobert, la justice de modèle romain a tendance à moins bien fonctionner qu'autrefois, dans la mesure où les grandes aristocraties locales assurent le traitement de la plupart des procès. Dagobert, pour réinstaurer une autorité monarchique sur la justice, se déplace énormément à travers le royaume, et part tantôt en Burgondie, tantôt en Austrasie pour essayer d'imposer un traitement public, étatique, monarchique de la justice, en imposant très souvent la peine de mort.

 

A la mort de Clotaire II en 629, Dagobert prit en main la Francie, malgré l'existence d'un frère discret et peu instruit, qui n'avait jamais suscité beaucoup d'espoir de la part de son père. Nommé tout de même vice-roi d'Aquitaine, il mourut en 632. Dagobert s'installa rapidement en région parisienne.

 

Une équipe gouvernementale s'était structurée à partir de l'école du Palais, et Paris devint un centre administratif. Eloi, l'argentier du royaume pouvait être considéré comme un Premier ministre. Proche des humbles, en quête de justice fiscale, il précisa les devoirs des Grands en échange des honneurs qu'on leur attribuait. Tout en protégeant les petits gens, il consolidait le pouvoir central.

 

(2) Les Rois de France - Dagobert Ier

Eloi sera l'objet d'une chanson au XIXe siècle "le Bon Roi Dagobert", avec "le grand Saint Eloi" et "le cher Dagobert".

 

Ouen, référendaire et Garde du sceau, généralisa en Neustrie et en Bourgogne l'action que Dagobert avait entreprise en Austrasie, en uniformisant la loi. La justice est maintenant la même pour tous, sans abus immoraux, mais conformes aux valeurs d'une société chrétienne, qui se voulait nationale. Tout vient du roi, tout est garanti par le roi.

 

Sur la lancée de la réforme du pape Grégoire le Grand, Amand, l'aumonier de la Cours, assainit le clergé. Les hommes d'église furent de moins en moins de faux dévots. Il inaugura chez les Slaves et les Basques une nouvelle forme d'évangélisation, en représentant l'autorité royale de Dagobert. L'adhésion à la religion du roi était aussi l'intégration au nouveau système mis en place en Francie.

 

Le prestige du roi amena Héraclius Ier, empereur d'Orient, à contracter (en 631) un traité de paix éternelle.

Restait dans le domaine militaire, deux priorités. Tout d'abord pacifier les deux peuples qui n'avaient jamais été totalement soumis par les Francs : Basques et Bretons. Ce qui fut fait. Les premiers par les armes en 635. Les derniers par la négociation. Ensuite, renforcer la frontière orientale. Ce qui fut fait. Saxons, Thuringiens, Alémans et Bavarois, toute une Germanie potentielle plus que jamais fédérée à un royaume dont le centre de gravité se situait beaucoup plus à l'est que les cités de Neustrie.

Francie et régions germaniques fédérées sous Dagobert (du nord au sud, Saxe, Thuringe, Alémanie, Bavière)

Francie et régions germaniques fédérées sous Dagobert (du nord au sud, Saxe, Thuringe, Alémanie, Bavière)

La paix du roi était solidement installée en Francie, ce qui permet à l'économie de s'épanouir. La production augmentait. Les échanges et les déplacements se multipliaient entre Méditerranée et la Mer du Nord avec le Bassin parisien comme relai privilégié.

 

L'Antiquité se diluait dans ce qui allait devenir la France médiévale. La base de cette vitalité était l'influence grandissante des grands domaines agricoles contrôlés par l'aristocratie et l'Eglise. Le VIIe siècle fut le temps des évêques. Il ne participaient pas seulement au développement de l'agriculture. Bâtisseurs, et restaurateurs des édifices du culte, ils relançaient l'artisanat. Propriétaires terriens, les évêques tenaient également la ville, l'hospice, l'école, une partie de l'administration judiciaire et fiscale.

 

Dagobert a été un grand bienfaiteur de l'abbaye de Saint-Denis. Il mourut le 16 janvier 639, et fut le premier roi à être enterré à côté du tombeau de Saint-Denis dans cette basilique, qui allait devenir abbatiale et nécropole de tous ceux qui se succéderont sur le trône de France.

 

La légende du roi Dagobert

 

Le bon roi Dagobert est devenu une légende parce qu'après lui commence l'ère des Rois fainéants.

 

Dagobert avait eu deux fils de deux épouses différentes.

 

Sigebert III qui avait dix ans en 639 hérita de l'Austrasie.

Clovis II, cinq ans, hérita de la Neustrie et de la Burgondie.

 

L'unité de la Francie n'était plus et le bel mais fragile équilibre obtenue par Dagobert et ses fidèles serviteurs laissa la place de nouveau au chaos. Les rois enfants de Dagobert allaient biensûr perdre la réalité du pouvoir, au profit des Grands. Ils inaugurèrent le règne des Rois fainéants.

Les Mérovingiens restent des rois relativement puissants jusqu'à la fin du VIIe siècle. Même au début du VIIIe siècle, le roi mérovingien est assez bien assis sur le trône pour condamner son propre maire du palais pour malversations financières. Toutefois, à partir des années 710, la plupart des rois sont extrêmement jeunes, et les Maires du Palais prennent une importance telle que le roi est condamné à l'inaction, ce qui a entraîné la légende des Rois fainéants.

 

Les Rois fainéants restaient sur le trône parce qu'on ne pouvait pas supprimer comme ça les descendants de Mérovée, du jour au lendemain. La légitimité de cette dynastie était ancrée dans les moeurs.

 

Dès 687, les Pippinides, membres d'une dynastie de la noblesse d'Austrasie, permirent à Pépin II de Herstal de réunir entre ses mains les mairies d'Austrasie et de Neustrie.

 

En 751, avec l'aval du Pape, le fils de Charles Martel, Pépin le Bref, coupa la longue chevelure du descendant de Mérovée, Childéric III. Le dernier héritier de Clovis finit ses jours dans un monastère. Pépin le Bref se fait couronner roi des Francs à Soissons. Désormais on parlera de dynastie carolingienne. Acclamé roi par les guerriers, les évêques et les grandes familles, Pépin donna plus de crédit à sa nouvelle Couronne en se faisant sacré par le Pape dans l'abbatiale de Saint-Denis.

 

Le "bon roi" est une synthèse d'humanité faite roi. Il personnifie les valeurs chrétiennes de justice, de sagesse et d'humilité, tout autant que les faiblesses de l'homme. Monogame en série, il contracta cinq unions légitimes, et accumula les concubines. Ce bon vivant avait la réputation de bien se tenir à table, malgré sa maladie. Ce côté paillard le rapprochait du peuple plus que de l'excommunication. Sa distraction légendaire fut mise en chanson, au XVIIIe siècle. Il est aussi utilisé comme caricature d'un roi qui allait bientôt perdre la tête.

 

Le bon roi Dagobert - Chanson (video)

"Le roi Dagobert" - Les petits chanteurs de l'Ile de France (avec paroles) (1966) Orchestre: François Rauber - Extrait de Rondes et chansons de France Vol. 1 - Renée Caron et Les Petits chanteurs de l'Ile

 

Populaire grâce à ses actes politiques, tout autant qu'à son mode de vie, il est le modèle du bon roi comme le fut près de mille ans après, Henri IV. Cependant, sa fermeté face aux Grands et sa quête de justice n'était peut-être qu'une stratégie qui avait pour objectif, avant tout, le renforcement de l'autorité royale.

(2) Les Rois de France - Dagobert Ier

Dagobert a servi de garde-fou aux futurs rois qui devront méditer sur la leçon du bienfaiteur de Saint-Denis. Ils apprendront dès leur plus jeune âge le projet divin. Leur tuteur étant bien souvent choisi parmi les membres de l'Eglise. Dans les périodes de chaos, ceux qui de nouveau voudront restaurer l'ordre s'appuiront sur son héritage.

 

Si l'arbre mérovingien vacilla rapidement après sa mort, Dagobert avait enraciné profondément sur un terrain religieux favorable le ferment de la nation française. Un gouvernement solide, une justice équitable, une hiérarchie qui organise un territoire à partir de Paris, capitale unitaire, et surtout des principes élaborés de son vivant ou à titre posthume.

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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 11:05

L'agence de presse russe en français "Sputniknews" a réalisé une utile infographie sur la naissance de l'Etat islamique, naissance située en 2006, en Irak, à partir de la "fusion de 11 mouvements islamistes radicaux".

L'infographie indique que "les réseaux jihadistes ont publié une carte dévoilant les plans d'expansion de l'Etat islamique dans les cinq années à venir."

L'objectif à long terme du Califat ("doctrine wahhabite de l'islam" précise l'infographie) est d'islamiser une zone couvrant tout le Proche et le Moyen-Orient, jusqu'à l'Inde et les frontières de la Chine, une partie du sud-est de l'Asie, l'Afrique du nord, ainsi que des territoires en Europe: Espagne, Grèce et Balkans.

"Des milliers de chiites (courant de l'islam considéré comme hérétique par les wahhabites), chrétiens et yézidis (monothéisme issu de l'antique mithraïsme iranien) ont été tués par les islamistes". "[D]es milliers de civils ont dû fuir les régions occupées par les extrémistes. Beaucoup de femmes et d'enfants ont été faits prisonniers et sont détenus dans des camps de concentration des terroristes."

"L'Etat islamique a créé une puissante structure de propagande. Al-Furqan est considéré comme son agence de communication."

 

Organisation terroriste État islamique
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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 07:02

Napoleon-copie-3.jpgBonaparte, visitant un jour le tombeau de Jean-Jacques Rousseau à Ermenonville, — alors propriété du comte Stanislas de Girardin, qui rapporte la chose dans son Journal et Souvenirs (Voir la Revue bleue, 8 mai 1875, p. 1075 ; et 26 janvier 1878, p. 711), fit soudain cette remarque :

 

« Il aurait mieux valu, pour le repos de la France, que cet homme-là n'eût jamais existé.

 

— Et pourquoi, citoyen consul ? lui dis-je.

 

— C'est lui qui a préparé la Révolution française.

 

— Je croyais, citoyen consul, que ce n'était pas à vous à vous plaindre de la Révolution.

 

— Eh bien, répliqua-t-il, l'avenir apprendra s'il n'eût pas mieux valu, pour le repos de la terre, que ni Rousseau ni moi n'eussions jamais existé.

 

...Et il reprit d'un air rêveur sa promenade. »

 

Source: http://www.france-pittoresque.org/article-napoleon-et-la-revolution-fran-aise-103819480.html

 

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14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 16:57
Les Rois de France - Clovis, premier roi des Francs
Les Rois de France - Clovis, premier roi des Francs

La chaîne Youtube de "Les Rois de France" propose un documentaire historique (Merapi productions, AB productions, La Bibliothèque nationale de France) enrichi d'une belle icônographie sur Clovis et les Mérovingiens :

Les Rois de France - Clovis, premier roi des Francs
Territoire des Francs vers 256-260

Territoire des Francs vers 256-260

Extrait :

 

Les Francs font leur apparition dans l'histoire dans les années 256-260. Hors de l'empire, entre Rhin et Danube, ce sont des Germains.

 

[Entre 253 et 260, des Francs et des Alamans firent des incursions en Gaule romaine. Les Francs participèrent à un raid qui les conduisit jusqu'en Espagne et en Afrique. Après avoir été refoulés et cantonnés dans un territoire par Aurélien (qui sera empereur de 270 à 275), Francs et Alamans franchirent une seconde fois, massivement, le Rhin et ravagèrent la Gaule de fond en comble.

C'est au cours des années 350-360 que se fixa à l'intérieur de l'Empire une ébauche de répartition géographique des Francs que l'Empire fit mine de prendre à son service. Cologne, pièce centrale du dispositif du limes (la frontière de l'Empire), tomba un moment entre leurs mains en 345.

C'est alors que commença l'occupation d'une partie des Pays-Bas actuels et de la Belgique par les Francs saliens, celle des deux rives du Rhin par les Francs Ripuaires et celle d'une région plus au sud qui déborde l'Alsace par les Alamans.

On peut se demander si ce n'est pas dès le dernier quart du IVe s. que s'ébauche, se dessine, sans conteste de 350 à 450, avec le retrait du limes troué comme une coquille fêlée et vidée, la frontière linguistique majeure de l'Europe, celle qui sépare les parlers germaniques et romans.

Mais qui sont les Francs ? Sorte de nom de guerre, le mot franc se rattacherait à une racine germanique ayant le sens de fier, hardi, farouche, avec une nuance d'arrogance provocante et à laquelle répondrait l'adjectif allemand moderne frech » (Source: Pierre Chaunu, Éric Mension-Rigau, Baptême de Clovis, baptême de la France, De la religion d'État à la laïcité d'État, Éditions Balland, Mayenne 1996, p. 28-29). NdLR].

Les Rois de France - Clovis, premier roi des Francs

Depuis le milieu du IIIe siècle [vers 250], c'est la fin de la Pax romana, la Paix romaine. La menace barbare pousse l'Empire à faire ses premières concessions, en particulier en Gaule. L'Empire consent à signer des traités appelés fœdus, avec eux, leur versant un tribut en échange de contingents de soldats, dits fédérés.

 

La plupart des peuples barbares se sont bien intégrés. Ce sont des peupes alliés de Rome, souvent depuis pratiquement un siècle. Ils reçoivent des territoires à administrer, des ressources à exploiter, essentiellement des terres et sont des alliés de Rome, au point que lorsque des rois barbares frappent monnaie, ce n'est pas leur propre effigie qu'ils mettent sur leur monnaie mais l'effigie de l'empreur romain.

 

Premier pilier de la Pax Romana, l'armée est infiltrée par des éléments barbares, de plus en plus nombreux.

Barbares fédérés (Wisigoths, Burgondes, Francs saliens), intégrés à l'armée romaine au Ve siècle

Barbares fédérés (Wisigoths, Burgondes, Francs saliens), intégrés à l'armée romaine au Ve siècle

Les Rois de France - Clovis, premier roi des Francs

Les Francs saliens constituent des contingents nombreux à l'armée romaine. Les Francs rhénans n'ont pas conclu de foedus avec l'Empire. Ils sont installés à l'est du Rhin, se contentant d'incursions au cours du Ve siècle.

 

Les Francs Saliens sont depuis la fin du IVe siècle installés par foedus au sud des Pays-Bas et dans la Belgique actuelle, à la fin du IVe siècle. Leur nom vient probablement de "Salland", région du nord des Pays-Bas. Leur premier roi connu est Clodion le Chevelu (roi des Francs vers 430-450). On ne sait si Clodion partageait le pouvoir avec d'autres rois saliens, comme c'était de tradition, ou si occasionnellement il avait pu rassembler ce pouvoir. Quoiqu'il en soit, c'est sous son impulsion que dans la première moitié du Ve siècle, les Francs saliens sortent de leurs marais et s'emparent de Tournai et de Cambrai. Contrairement aux habitudes des guerriers germains, les villes ne sont pas pillées. Clodion est ensuite arrêté dans sa progression par l'armée romaine. Plus que la paix, il obtient par foedus en 431 les territoires qu'il a conquis.

Les Rois de France - Clovis, premier roi des Francs

Les foedus avec les Germains sont d'autant plus faciles à consentir qu'il y a plus barbares que ces barbares, les hordes du cruel roi des Huns (tribu turco-mongole), Attila, qui fit des ravages considérables en Europe jusqu'à ce qu'il soit anéanti dans la Bataille des Champs catalauniques (451) sur le territoire de l'actuelle Châlons-en-Champagne, par le général romain Aetius qui, pour la bataille, agrégea à l'armée romaine des Wisigoths, des Burgondes et des Francs. A la tête des troupes franques : Mérovée, fils de Clodion [et grand-père de Clovis NDLR.]

Les Rois de France - Clovis, premier roi des Francs
Mérovée à la Bataille des Champs-Cataluniques en 451. Mérovée semble avoir été le fils de Clodion le Chevelu. Grégoire de Tours dans ses Dix Livres D'Histoire lui concède une brève référence et en fait le descendant possible de Clodion le Chevelu : « Certains prétendent que de sa lignée est sorti le roi Mérovée. » (Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre II, IX, 592). Mérovée fut le père de Childéric Ier, père de Clovis

Mérovée à la Bataille des Champs-Cataluniques en 451. Mérovée semble avoir été le fils de Clodion le Chevelu. Grégoire de Tours dans ses Dix Livres D'Histoire lui concède une brève référence et en fait le descendant possible de Clodion le Chevelu : « Certains prétendent que de sa lignée est sorti le roi Mérovée. » (Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre II, IX, 592). Mérovée fut le père de Childéric Ier, père de Clovis

Les premiers Mérovingiens

Les premiers Mérovingiens

La Gaule vers 480, si elle est encore romaine, est en train de devenir chrétienne.

Gaule romaine vers 480

Gaule romaine vers 480

Le sanctuaire de Saint Martin de Tours, [l'Apôtre des gaules NDLR.] devient après 460 le principal relai du christianisme dans la Gaule du Nord (Basilique Saint Martin de Tours). L'Eglise parle au peuple, elle nourrit les pauvres et pousse au respect de la personne humaine que l'Antiquité ignorait.

 

 

Tombeau de Saint Martin, Basilique St Martin de Tours

Tombeau de Saint Martin, Basilique St Martin de Tours

[«Lorsque en 371, l'abbé Martin est élu au siège de Tours, le christianisme a pénétré depuis deux siècles dans les Gaules; on y trouve, dès le IIIe siècle, de nombreux diocèses.

... Chaque cité dirigée par un évêque possède un clergé, une liturgie, l'administration des sacrements; mais les campagnes sont restées vouées aux cultes idolâtriques; au point que paganus, qui signifie paysan, a pris pour les chrétiens des villes le sens de païen.

L'évêque Martin va mériter son nom d'apôtre en ensemençant le catholicisme dans ce territoire entre le Rhin et les Pyrénées, qui fera l'objet de la conquête de Clovis: il le prépare au roi barbare qui va unifier la Gaule chrétienne sous son sceptre. Ce lien entre la conquête des âmes et la conquête du sol sera perçu par Clovis, qui éprouvera une profonde ferveur pour Saint Martin, et lui manifestera un culte public. Et cela dès sa conversion.

[...] De toute façon une chose est certaine: Clovis a voulu placer sa conversion sous le patronage de saint Martin de Tours. Et il ne s'est pas contenté de cette démarche solitaire un jour de ferveur exceptionnelle; il a renouvelé ces marques de dévotion et les a fait partager à son armée. Quand il franchit la Loire pour entamer la conquête de l'Aquitaine, il s'arrêta à Tours et, par respect envers saint Martin, nous dit l'évêque Grégoire, il publia un décret qui défendait de manger et de boire dans cette ville et dans les environs, quoi que ce fût, sinon de l'herbe et de l'eau. Et il tua de sa main le guerrier qui avait enfreint son ordre. "Comment espérer la victoire, commentait-il, si nous offensons saint Martin?" Après la victoire de Vouillé (contre les Wisigoths en 507), il combla de présents la basilique de Tours. Puis, après avoir pris Bordeaux, il fonda à Auch l'abbaye Saint-Martin. »

 

(Ivan Gobry, Saint Martin, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1996, p. 9-11.)]

Les Rois de France - Clovis, premier roi des Francs

A Paris, lors du raid d'Attila, une jeune femme de vingt-huit ans, Geneviève, issue d'une famille romanisée d'origine franque, s'appuie sur sa seule foi afin d'organiser la défense de la ville, et détourne Attila de Paris.

Sainte Geneviève contre Attila

Sainte Geneviève contre Attila

A la bataille de Tolbiac (496), une fois le voeu de Clovis prononcé en cas de victoire, les Alamans subissent une sévère déroute

Les Rois de France - Clovis, premier roi des Francs

Le 25 décembre 498 ou 499, Clovis fut baptisé, avec la Sainte-Ampoule, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

 

[« Arrivant des bords du Rhin où il vient de promettre au Dieu de Clotilde de se faire chrétien, il (Clovis) écoute les leçons de saint Rémi et, pour prendre sa résolution finale, il va se recueillir à Reims dans l'église Saint-Martin. C'est Saint Nizier, évêque de Trêves, qui le racontera, quelques décennies plus tard à Clodoswinde (Clotsinde), petite-fille de Clovis: "Ayant admis, lui écrit-il, les miracles catholiques, il s'agenouilla dans l'église Saint-Martin et promit de se faire baptiser sans tarder." Curieusement, les historiens modernes ont interprété cette église Saint-Martin (de Reims) comme la basilique de Tours qui possédait le corps du grand évêque. Comme s'il n'existait alors qu'une seule église qui lui fût dédiée! Il y en avait une précisément, et renommée, dans la ville de Reims, non loin de la cathédrale, et si elle avait été édifiée à cet endroit, c'était justement pour commémorer le passage de l'évêque Martin quand il s'était rendu de Poitiers à Trèves. Puisque Clovis devait se faire baptiser à Reims, après avoir été catéchisé par l'évêque de Reims, son mouvement spontané fut d'aller s'agenouiller dans le sanctuaire de Saint-Martin de Reims. L'interprétation fallacieuse du vocable a permis à Bruno Krusch, en 1932, de prétendre que Clovis avait été baptisé non en 495, mais en 507; selon lui, on ne voit pas Clovis se rendre à Tours avant cette date; donc, ce fut à cette date qu'il fut baptisé. Mais la dévotion du converti n'avait pas à le pousser jusqu'à la Loire pour vénérer le souvenir de l'Apôtre des Gaules: il lui suffisait de le trouver sur place. »

Ivan Gobry, Saint Martin, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1996, p. 10.]

En 511, la France est composée essentiellement des territoires au nord de la Loire, d'une annexion récente en Aquitaine, de l'Auvergne et de quelques petites possessions dans la région Provence Alpes

En 511, la France est composée essentiellement des territoires au nord de la Loire, d'une annexion récente en Aquitaine, de l'Auvergne et de quelques petites possessions dans la région Provence Alpes

(A partir de la 45e minute)

En 511, le Concile d'Orléans est convoqué par Clovis.

 

"En terme purement ecclésiastique, le concile a peu d'influence, mais en terme national, c'est la première réunion de toutes les autorités de l'Eglise dans le territoire que l'on va bientôt appelé la France.

 

Une des décisions du Concile fut de soumettre à l'autorité royale la possibilité pour un laïque de devenir clerc. La liberté des églises était menacée mais les évêques réunis à Orléans acceptèrent l'intrusion et scellèrent le début de la collaboration du roi et des évêques.

 

En effet, si le Roi est au-dessus des évêques, c'est davantage pour des raisons politiques. On dit qu'il a la responsabilité du pouvoir temporel, celui lié aux questions matérielles.

 

Par contre, l'autorité des représentants de l'Eglise fut reconnue sur le plan spirituel et celui-ci était intemporel. Le partage des pouvoirs évitait le totalitarisme arien, où le roi, puisqu'il conservait son statut de surhomme était le chef de l'Eglise. L'avenir était ailleurs et Clovis sembla l'avoir compris. Il envoya une couronne à l'évêque de Rome: le temporel au roi, le spirituel au pape. C'est l'idée du Moyen Âge."

 

Ce passage du documentaire est intéressant, il montre que la laïcité entendue comme distinction des pouvoirs temporel et spirituel était déjà un élément de notre nation dès le Ve siècle et que cet élément était une invention catholique et française, dès l'origine (la laïcité était inconnue de l'Antiquité où temporel et spirituel reposaient sur une même tête...) A comparer avec les faux laïques totalitaires aujourd'hui comme le PS Bartolone qui veulent imposer la "religion de la république" pour tous, et où à nouveau depuis l'Antiquité, le temporel (le gouvernement) et le spirituel (la religion séculière "de la république") sont confondus et dépendent de la même autorité ("républicaine"). Ce qui est une nouvelle confusion des pouvoirs, un nouveau césarisme ou "holisme" religieux. (Cf. Jean-Louis Harouel, Le Vrai génie du christianisme, Laïcité, Liberté, Développement, Jean-Cyrille Godefroy, Clamecy 2012)

 

"Sur le plan social et économique, le Moyen Âge se prépare. L'esclavage commence à disparaître grâce à la christianisation de la législation. Le servage s'annonce. Se mettent alors en place des seigneuries rurales."

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 20:23
M. Sigaut, JC. Petitfils, R. Secher, J. Charles-Gaffiot évoquent le 21 janvier 1793

"Quel est votre sentiment quant à l'assassinat de Louis XVI, roi de France décapité par des français le lundi 21 janvier 1793?"

222 années après cette funeste matinée, Jean-Christian Petitfils, Marion Sigaut, Reynald Secher et Jacques Charles-Gaffiot répondent à cette question en exclusivité pour Vexilla Galliae. De quoi réfléchir non seulement sur l'horreur de l'hémoglobineuse Révolution française, mais aussi sur tous les terrorismes à vocation internationaliste de l'époque contemporaine, dont elle reste la Mère.

_________________________________________________

La mort du roi

La mort de Louis XVI a été essentiellement un acte politique, décidée à l’issue d’un procès truqué, mené par une assemblée à la légitimité douteuse, la Convention nationale, élue avec seulement 20 % du corps électoral. Les derniers pointages opérés par les historiens qui ont recompté les votes, montrent que le roi a été condamné par suite d’une erreur de calcul, à une ou deux voix près.

Ce n’est pas seulement le double corps du roi qui a été décapité le 21 janvier 1793 place de la Révolution - l’homme et le roi constitutionnel de 1791, accusé de parjure et de trahison -, mais également le corps politique du roi Très-Chrétien, qui avait reçu l’onction de Reims, ce que Jules Michelet lui-même appelait « le mystère de l’incarnation monarchique ».

C’est un acte majeur - un crime assurément -, revêtu d’une force symbolique considérable, qui représente une rupture essentielle dans l’Histoire de France, une césure tragique, sur laquelle nul ne pourra jamais revenir. Il en reste encore un malaise aujourd’hui dans notre mémoire nationale. Après avoir quitté la présidence de la République en 1920 Raymond Poincaré dira : « Maintenant que j’ai le temps de méditer, je me demande si la cause de nos maux ne remonte pas à l’échafaud de Louis XVI... »

Jean-Christian Petifils, Historien et écrivain

Aussi loin que je me souvienne j’ai chéri la République, car l’école du peuple qui m’a tout appris me l’a fait aimer en la disant source de tout bienfait.

Dans ma famille, quand on voulait affirmer son droit à la liberté d’expression, on disait « On est en République ! »

Cet amour se doublait de l’aversion pour le roi. La France glorieuse, modèle des peuples désireux de s’émanciper, avait eu le courage de couper la tête de son tyran.

L’amour de la République a été tellement ancré en moi qu’il m’a fallu des années de recherche et de remise en cause de tous mes acquis pour finalement comprendre.

Voltaire était un monstre, les Lumières un antihumanisme, Turgot un fanatique et la révolution un complot ayant abouti par des coups d’Etat.

Et le roi fut le défenseur des humbles.

L’étude du procès de Louis XVI a détruit tout ce qui me restait de sympathie envers cette abomination que fut la Révolution française.

C’est par la violence, le mensonge, la manipulation, la menace et la terreur que fut renversée la royauté française.

Louis XVI non seulement ne fut pas le tyran que dénoncèrent les fanatiques de la prétendue représentation nationale, mais il fut certainement parmi les plus grands, les plus pieux, les plus généreux de nos monarques. De ses hésitations et erreurs de jeunesse à sa maturité dans les tourments, Louis XVI fut un souverain intelligent au-delà du commun, habité du bien commun, de l’amour du peuple, de la crainte et de l’amour de Dieu, et du sens du martyre qui, certainement, le rendent digne de la sainteté.

L’émotion m’étreint à la perspective de venir lui rendre hommage sur le lieu de son supplice.

Dieu nous garde !

Marion Sigaut, Historienne et dialoguiste

L'assassinat de Louis XVI, en raison de sa finalité, est un parricide doublé d'un déicide. Nous ne nous sommes jamais remis de ce double meurtre car non seulement on n’a jamais demandé pardon mais, au contraire, nous l'avons répété avec toutes les conséquences que nous connaissons. Je crois qu'Eltsine, en son temps, nous a donné une belle leçon de réconciliation et de sollicitation de pardon. Il n'est jamais trop tard pour cela à moins que nous préférerions nous suicider. C'est un choix.

Reynald Secher, Historien, écrivain et éditeur

Il avait fallu quarante rois pour faire la France !

En faisant faire trancher la tête de Louis XVI, dans la matinée du 21 janvier 1793, les conventionnels mirent à bas cet édifice en quelques instants.

222 années se sont depuis écoulées.

Certaines des ruines ont été relevées, d'autres gisent encore sur le sol faute de pouvoir être redressées.

Incapable de rendre sereinement justice à Louis XVI et à ses prédécesseurs, comme d'autres nations, aux prises avec les tragédies de l'Histoire, ont su le faire, la France des XXe et XXIe siècle s'effrite à nouveau, impuissante à trouver en elle-même l'énergie de son génie et de sa civilisation.

L'urbanisme de la capitale française rend compte de l'inconscient collectif martelé à la suite de cet assassinat pour tenter d'en faire oublier l'odieuse injustice jamais réparée : au centre de la place de la Concorde, à l'endroit même où le meurtre père de la nation a été accompli, s'élève toujours le symbole phallique de l'obélisque de Louxor, établi là par les fils des régicides !

Jacques Charles-Gaffiot, Pdt de l’association Louis XVI

Propos recueillis par Alphée Prisme les 20 et 21 janvier 2015 en exclusivité pour Vexilla Galliae.

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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 07:02

 

 

 

«Sous l’ancien régime, les lois de l’Eglise garantissaient au travailleur 90 jours de repos (52 dimanches et 38 jours fériés) pendant lesquels il était strictement défendu de travailler. C’était le grand crime du catholicisme, la cause principale de l’irréligion de la bourgeoisie industrielle et commerçante. Sous la Révolution, dès qu’elle fut maîtresse, elle abolit les jours fériés, et remplaça la semaine de sept jours par celle de dix afin que le peuple n’eût plus qu’un jour de repos sur dix. Elle affranchit les ouvriers du joug de l’Eglise pour mieux les soumettre au joug du travail…»

Paul Lafargue, socialiste français (1842-1911), «Le Droit à la paresse »




Ne serait-il pas sage de rechercher aujourd’hui, dans les statuts de l’Ancien Régime, ce que le régime actuel pourrait utilement lui emprunter ? Le système corporatif avait ses abus, que personne ne songe à faire revivre, et ses avantages de temps et de lieu, qui ont disparu avec l’état social dont il était l’expression. Ce qui n’a pu périr, ce sont les qualités essentielles et les vertus intrinsèques de ce régime, parce que les unes et les autres tiennent au principe d’association, qui est le correctif de la faiblesse individuelle.
Alors ! N’oublions jamais la proclamation du Comte de Chambord : « La Royauté a toujours été la patronne des classes ouvrières.»

 

 

. Marion Sigaut - Comprendre les Lumières : aux sources de la prolétarisation du monde ouvrier

. Les corps intermédiaires et la Révolution

. Le 800e anniversaire de la bataille de Bouvines embarrasse l'Oligarchie

. La vraie raison de la loi du 4 août 1789 dite de "suppression des privilèges"

. La république destructrice : "La Révolution aura fait reculer la législation sociale de trois-quarts de siècle" (René Sédillot)

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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 18:26

Pendant que l'Oligarchie américano-européenne sanctionne la Russie pour son soutien allégué aux régionalistes ukrainiens, avez-vous entendu parlé du génocide tranquille et presqu'achevé des Indiens d'Amérique, une des plus graves violations des Droits de l'Homme dans le monde ou simplement du fait qu'aujourd'hui encore, aucun Indien d'Amérique, citoyen des Etats-Unis, n'a accès à la plénitude des droits des autres citoyens américains ?

 

Indiens-d-Amerique.jpg

 

Indiens d’Amérique: un génocide tranquille et presqu'achevé

 

Les Etats-Unis ne voient pas d'un bon oeil que le sort des Indiens d’Amérique soit pour la première fois à l'ordre du jour des Nations-Unies. Car il s'agit de se pencher sur le sort d'une population de 2,7 millions d'habitants ravagés par une multitude de fléaux et dans des proportions effroyables. Mais qu'en attendre? Car la parole de ces exterminés est inaudible.

 

Un jour d'avril 1973, un militant noir américain pour les droits civiques, Ray Robinson, qui a longtemps suivi Martin Luther King, débarque à Wounded Knee, dans le Dakota du Sud. Il souhaite apporter son soutien à la cause des "Native Americans", ainsi que l'on nomme les Indiens aux Etats-Unis, qui manifestent contre les injustices dont ils sont victimes dans le pays. Wounded Knee est un lieu emblématique et de sinistre mémoire. C'est là, en effet, que furent massacrés et jetés dans une fosse commune entre 150 et 300 hommes, femmes et enfants au matin du 29 décembre 1890, par le 7ème régiment de Cavalerie du Colonel James Forsyth. Sitôt arrivé dans ces lieux où résident toujours une petite communauté indienne, Ray Robinson appelle sa femme qui lui demande de rentrer à la maison, inquiète car elle sait que la situation sur place est explosive. Elle ne le reverra jamais. Après avoir reçue l'annonce de la mort de son époux, Cheryl n'a jamais pu savoir ce qui était arrivé à son mari ni où son corps avait été enterré.

 

Voilà quelques jours, quarante ans plus tard, Cheryl a fait le voyage de Détroit à Sioux City pour témoigner de son histoire. Le gouvernement américain refuse toujours de communiquer sur le sort de son mari, officiellement parce que le cas est toujours en cours d'investigation par le bureau du FBI de Minneapolis. A Wounded Knee, plus personne ne se souvient de Ray Robinson. Une épisode parmi tant d'autres dans l'histoire des militants de la cause des Indiens d'Amérique, qui n'a jamais bénéficié d'un large soutien populaire et que beaucoup voudraientt voir s'éteindre.

 

Et de fait, cynisme et indifférence se conjuguent pour ensevelir année après année la mémoire des peuples indiens presqu'entièrement anéantis en Amérique du Nord.

 

On ne va pas le nier, les Apaches, les Cheyennes, les Iroquois, les Sioux ou les Esquimaux ne nous inspirent pas, la plupart du temps, un sentiment extrême de culpabilité. Mais ce n'est rien comparé au pays du Western et de la Country. Pas plus que le Jazz ou le Blues ne suscitent leur part de tristesse chez leurs amateurs et ne réveillent chez eux les souvenirs tragiques des lynchages des Noirs, ces genres populaires ne renvoient à la réalité d'un génocide toujours en cours dans l'indifférence générale.

 

Lorsqu'un Américain de l'Illinois souhaite acheter ses cigarettes à bas prix (un paquet coûte ici actuellement 10 dollars), il prend la route du sud de l'Etat ou de l'Indiana voisin, pour s'approvisionner dans l'un des territoires octroyés aux tribus indiennes locales. Là, il paiera son paquet de cigarettes 4 dollars en moyenne. Dans un certain nombre de ces tribus, qui sont des milliers à travers les Etats-Unis, on peut également se procurer de l'alcool à bon marché, jouer au casino (dans 452 d'entre-elles) ou, si l'on se sent possédé par le mal (ce qui est très en vogue), consulter un shaman. Il est toujours très exotique de s'offrir une escapade dans ces drôles d'endroits. Pourtant, l'Américain moyen ne s'y risque pas trop.

 

En effet, 2,1 millions de ces Indiens, soit l'écrasante majorité, vivent largement sous le seuil de la pauvreté. La vision offerte par bien des campements tient purement du bidonville. Et une fois passé ses limites, c'est un voyage en enfer qui commence. L'alcoolisme y prend des proportions catastrophiques. Le chômage y bat tous les records du pays. La maladie s'y propage et tue comme dans les pires zones de la planète. Le suicide, celui des jeunes en particulier, crève le plafond des statistiques. Les Indiens vivant à l'extérieur des tribus n'y reviennent eux-mêmes que pour se faire soigner lorsqu’ils n'ont pas, chose courante, accès au système de santé américain.

 

Anthony B. Bradley est Professeur de Théologie au King's College de New York et Spécialiste des questions raciales aux Etats-Unis. « Si quiconque pense que le gouvernement fédéral sait ce qui est bon pour les communautés locales, explique t-il, il ferait bien de visiter une Réserve Indienne Américaine. Les Natifs Americains [Indiens d'Amérique, NDA] sont aujourd'hui plongés dans le cauchemar de la privation de soins et d'économie qui est la conséquence directe des problemes crées par le Gouvernement lequel, en imposant des solutions sensees résoudre les problemes, rend ceux-ci bien pires en retirant aux communautées leur autonomie. »

 

Tel est le prix à payer pour les Indiens d'Amérique, afin de rester sur la terre de leurs ancêtres, grâce aux concessions faites par le gouvernement fédéral. Pourtant, les Etats abritant ces réserves n'ont de cesse de rogner ces droits et de tenter de récupérer par tous les moyens ces espaces.

 

Pire, une certaine propagande laissant entendre que les Indiens d'Amérique auraient fait le choix de vivre dans ces conditions a fort bien fonctionné dans l'esprit collectif. Or, cela repose sur une contre-vérité historique.

 

L'une des plus graves violations des Droits de l'Homme dans le monde

 

En effet, peu rappellent le grand mouvement de délocalisation qui fut la conséquence de l'Indian Removal Act [Loi sur le Retrait Indien, proposée par le président franc-maçon Andrew Jackson et signée le 28 mai 1830, Ndcr.] lequel, au milieu du XIXe siecle, contraint les Indiens à délaisser leurs terres historiques au gouvernement pour se concentrer dans les zones qui leur étaient réservées en échange. En 1890, il était devenu interdit aux Indiens de sortir hors de leurs réserves afin de s'approvisionner en nourriture. Une étude du Professeur Jeffrey E.Holm, de l'Université de Médecine du Nord Dakota, a mis en évidence que le changement de régime alimentaire imposé durant des décennies aux tribus indiennes a engendré une surmortalité aujourd'hui toujours existante, en raison des pathologies qu'elles ont engendrées pour des peuples qui ne pouvaient plus se nourrir comme ils l'avaient fait durant des millénaires.

 

En 2010, les Etats-Unis, dans la foulée du Canada, fut le dernier pays au monde à ratifier la Déclaration des droits des Peuples indigènes aux Nations-Unies. Une des rares concessions faites par un pays qui place souvent l'Histoire au dernier rang de ses préoccupations, si ce n'est pour en offrir une version idéalisée. Mais en l'espèce, il est impossible d'idéaliser la réalité sur laquelle s'est construite l'Amérique. En effet, 90% des tribus amérindiennes ont disparu à la suite de l'arrivée des Européens en Amérique du Nord, la plus grande partie à cause des maladies, la partie restante par les armes.

 

Mais ce n'est pas tant cette réalité historique qui rend ces jours-ci le rôle du Professeur James Anaya complexe, en tant que Rapporteur spécial des Nations-Unies sur les Peuples indigènes. Bien que, pour la première fois de leur histoire, l'organisation se penche, du 23 avril au 4 mai [2012, Ndcr.], sur le sort des Indiens d'Amérique, ce qui en soit est déjà un événement notable, c'est avant tout pour regarder en face une réalité qui n'est pas celle du passé mais celle du présent.

 

Cette réalité concerne les 2,7 millions d'Indiens vivant actuellement sur le territoire des Etats-Unis, et qui constitue l’un des cas de violation des droits de l'homme a grande échelle le plus emblématique de toutes les nations développées.

 

Les chiffres parlent d'eux-mêmes:

 

Les Indiens d'Amérique vivent en moyenne 6 ans de moins que les autres Américains

Ils ont 770% de risques en plus de mourir d'alcoolisme

Ils ont 665% de risques en plus de mourir de Tuberculose

Ils ont 420% de risques en plus de mourir de Diabète

Ils ont 280% de risques en plus de mourir d'accidents

Ils ont 52% de risques en plus de mourir de Pneumonie et de Grippe

 

 

(Source: Commission des Etats-Unis sur les Droits Civils, 2004:8)

 

Un Apartheid constitutionnel

 

 

Les Indiens d'Amérique se sont vus accorder la citoyenneté américaine en 1924. Mais ils ont pour longtemps encore été exposés au même sort que les Noirs américains, empêchés d'accéder à l'enseignement scolaire, victimes de la ségrégation.

 

Ce n'est qu'en 1969 qu'ils se sont organisés, dans la foulée de la loi sur les Droits civils des Indiens votée l'année précédente. C'est à cette époque qu'ils ont obtenu ce dont les Américains blancs jouissaient depuis deux siècles: la liberté d'expression et d'information, la protection contre les recherches et les arrestations arbitraires, le droit d'engager un avocat pour se défendre, la protection contre les punitions inhumaines et dégradantes, contre les cautions excessives, l'abolition de la peine systématique d'un an d'emprisonnement ou de 5000 dollars d'amende quel que soit le délit commis, le droit d'être jugé par un jury, et ainsi de suite.

 

Mais à l'heure actuelle, aucun Indien d'Amérique, citoyen des Etats-Unis, n'a accès à la plénitude des droits des autres citoyens américains. Une réalité qui peut prendre des aspects accablants pour l'Administration américaine. Ainsi, le 6 novembre 2008, le Gouverneur du Dakota du Sud, Michael Rounds, décrète l'état d'urgence car son Etat est recouvert par une épaisse couche de neige et de glace qui le paralyse. Mais les réserves indiennes seront exclues du dispositif.

 

La guerre des Etats contre les Tribus


Mais le pire pour ces tribus à l'heure actuelle vient probablement de la pression des Etats pour s'accaparer leurs terres. Les conflits sont nombreux à travers tout le pays. Ils sont allumes sous divers motifs, comme la volonté du Gouverneur de New York, en 2007, d'étendre la taxation de l'Etat aux territoires de la Nation des Seneca, ce qui a engendre une violente bagarre juridique. Et bien que les territoires laissés aux Indiens soient pour la majorité pauvres en ressources et difficiles d'accès, leur contestation par les Etats qui les abritent sont de plus en plus courantes.

 

Toutefois, la pente naturelle démographique et sociologique suivie par cette population dont la Constitution américaine fait fi devrait se résoudre par le procédé le plus naturel du monde dans les décennies qui viennent: l'extinction.

 

Indiens---Repartition-des-reserves-indiennes-aux-Etats-Un.jpg

 

Source: http://www.marianne.net/obj-washington/Indiens-d-Amerique-un-genocide-tranquille-et-presqu-acheve_a40.html

 

. Francophonie et frères d’Alliance 

. Le génocide vendéen

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 22:35

Après le premier scud envoyé aux mythes fondateurs de la Ve république, et le succès rencontré par sa première contre histoire du général de Gaulle, Adrien Abauzit, auteur, conférencier et avocat, était de nouveau invité de Meta Tv jeudi 20 novembre. Il est revenu sur la contre histoire du général de Gaulle, après que la diffusion de la première émission a suscité énormément de réactions sur les réseaux sociaux.

 

 

Extrait :

 

"J'avance des faits. La question est de savoir si ces faits sont vrais ou faux. Point.

 

Sur Pétain, dans cette première émission, j'ai démontré (1) qu'il avait soutenu des mouvements de résistance intérieure, (2) qu'il avait une diplomatie de combat contre l'Axe; (3) qu'avec Weygand et Darlan il avait relancé l'armée française contre les forces de l'Axe.

 


Adrien Abauzit demande aux gaullistes ou aux contradicteurs si ces faits sont faux.

 

[...] Henri de Kerillis, était un député de droite, indépendant, il n'appartenait à aucun parti politique. Il a été constant dans son engagement contre l'Allemagne dont il savait que le danger venait de l'Allemagne. Il a donc écrit toute une série de livres dans les années 30 pour dénoncer le danger allemand. Il s'est distingué parce qu'il a refusé de voter pour les fameux accords de Munich en vertu desquels la France laissait les Sudètes à l'Allemagne. A part les communistes de l'époque qui avaient voté contre parce que Moscou le leur avait demandé, Henri de Kerillis est le seul député qui a voté CONTRE les Accords de Munich et dit - c'était en 1938 - c'est maintenant qu'il faut attaquer l'Allemagne parce que pour l'instant il y a des tensions dans son armée et que si nous y allons, nous aurons avec nous les Tchèques et les Russes; on a fait l'erreur en 36 de ne pas attaquer lorsque la Rhénanie a été remilitarisée, et maintenant il faut y aller. Kerillis avait raison : d'un point de vue stratégique, c'était en 1938 qu'il fallait attaquer Hitler.

 

J'aimerais vous citer un extrait d'un de ses livres, de 1936, "Français, voici la guerre", dans lequel il a avertissait les Français de la guerre à venir contre les Boches. Il écrit :

 

"Pour ma part, je suis de ceux qui ne seront jamais complices de l'étranger quelque soit le prétexte qu'ils choisissent et même s'il prétendait seulement vouloir prévenir la révolution. Car je sais trop qu'une fois installés sur notre territoire, ils n'en partiraient pas sans nous avoir dépouillés. Je suis de ceux qui se battraient au besoin avec des communistes pour barrer la route aux Allemands. Je suis nationaliste, je le resterai jusqu'au bout. Pas d'Internationale blanche quand je condamne l'Internationale rouge. Pas de 'Bourgeois de tous les pays, unissez-vous', quand je condamne le 'Prolétaires de tous les pays, unissez-vous'. Pas de complicité avec Berlin quand je dénonce ceux qui en ont avec Moscou."

 

[...] Donc on voit un ennemi acharné du nazisme et un ennemi précurseur parce qu'à l'époque il était un peu tout seul.

http://img.over-blog.com/292x456/0/51/99/49/Octobre-nov-decembre-2014/Henri-de-Kerillis--de-Gaulle-dictateur.JPGEn 1940, quand l'Allemagne envahit le territoire, Kerillis part aux Etats-Unis, mais Kerillis, à ce moment-là est un fervent gaulliste parce que de Gaulle a continué le combat et que Kerillis n'était pas d'accord avec le fait de l'Armistice. Et Kerillis va rompre avec de Gaulle en 1943 quand il va se rendre compte que de Gaulle ne veut pas combattre militairement et qu'il fait de la politique (je renvois les gens à l'émission précédente).

 

Churchill, à l'été 1943, voulut rompre avec de Gaulle et fit un rapport de ses rapports avec de Gaulle depuis le début. Il évoque que le 16 juin (1940), le général (britannique)  Spears a promis à de Gaulle de lui donner la nationalité britannique si jamais la France venait à perdre la guerre. Et ça, Kerlillis nous le dit dans ce livre : "De Gaulle, dictateur", sorti en octobre 1945.

 

Chose importante, cet accord entre le général de Gaulle et le général Spears a été étendu à toutes les forces françaises libres du général de Gaulle. Churchill et de Gaulle font un accord le 7 août 1940, dont l'article 3, alinéa 5 dit ceci :

 

"Le gouvernement de Sa Majesté, est disposé à fournir à ces volontaires des facilités spéciales pour acquérir la nationalité britannique et se fera donner tous les pouvoirs nécessaires à cet effet."


Adrien Abauzit repose sa question : "Est-ce que ce que je dis est vrai ou faux ?"

 

Il aborde ensuite la question juive. Extrait :

 

"J'avais fait déjà une émission sur l'Agence Info Libre en revenant sur la polémique Léa Salamé - Zemmour.

 

Premier point. De tous les pays d'Europe, la France est le pays dans lequel le taux de survie des Juifs est le plus élevé, et ce de très loin. 75% des Juifs en France ont survécu. 95% des Juifs français ont survécu. Et 58% des Juifs étrangers ont survécu. Les Juifs qui sont morts pendant la Deuxième Guerre mondiale, en France, sont en quasi totalité des Juifs étrangers. Les Juifs français ont quasiment tous survécu. Pour savoir pourquoi, je renvois la vidéo faite pour l'Agence Info Libre. Et notamment pour voir toutes les mesures de protection qu'ont prises Pétain et Laval pour éviter que les Juifs français se fassent déporter. Pétain, Darlan et Laval se sont toujours opposés au port de l'étoile jaune en Zone libre. L'étoile jaune n'a pas été portée en zone libre. [...] S'il n'y avait pas eu Vichy, l'étoile jaune aurait été portée et on peut supposer que les déportations auraient été encore plus grandes.

 

Paul-Baudouin--Neuf-Mois-au-gouvernement--La-Table-Ronde--P.jpg"Le statut des Juifs". Pourquoi l'a-t-on fait ? Paul Baudouin, ministre des Affaires étrangères du gouvernement Reynaud, maintenu dans le gouvernement Pétain, dans son livre "Neuf mois au gouvernement" nous l'explique. Les Allemands vont savoir qu'ils vont prendre des mesures contre les populations juives de zones occupées.

 

Le gouvernement a voulu courcircuiter en quelque sorte (avec le "statut des Juifs") les Allemands qui prenaient des mesures antijuives extrêmement brutales.

 

Tepa, l'animateur de Meta Tv intervient et explique : "En Europe il y a eu une épuration beaucoup plus forte." Adrien Abauzit explique que les Allemands ont appliqué certaines de leurs ordonnances (antijuives) en zones occupées.

 

Et d'ailleurs Xavier Vallat, qui sera le Secrétaire du Commissariat à la question juive, demandera au cours de l'année 1941 à ce que les Allemands cessent d'appliquer leurs ordonnances puisque maintenant il y a une législation française sur la question. Il ne sera pas écouté. Hélas.

 

[...] S'il n'y avait pas eu Pétain et Laval, le sort des populations juives (en France) eut été probablement beaucoup plus catastrophique.

 

Raul Hilberg, la destruction des juifs d'europeDans son livre "La Destruction des Juifs d'Europe",  Raul Hilberg, un des premiers historiens à avoir traité du génocide juif avec Léon Poliakov, écrit :

 

"Dans ses réactions aux pressions allemandes, le gouvernement de Vichy tenta de maintenir le processus de destruction à l'intérieur de certaines limites. Celles-ci eurent essentiellement l'objet de retarder l'évolution du processus dans son ensemble. Les autorités françaises cherchèrent à éviter toute action radicale. Elles reculèrent devant l'adoption de mesures sans précédent dans l'histoire. Quand la pression allemande s'intensifia en 1942, le gouvernement de Vichy se retrancha derrière une seconde ligne de défense. Les Juifs étrangers et les immigrants furent abandonnés à leur sort, et l'on s'efforça de protéger les Juifs nationaux. Dans une certaine mesure, cette stratégie réussit. En renonçant à épargner une fraction, on sauva une grande partie de la totalité."

 

Donc si on attribue aux mots leurs sens, Raul Hilberg nous dit que le gouvernement Pétain a sauvé une grande partie des Juifs vivant sur le sol de France. Et je précise que de Gaulle, lui, fatalement, il n'a pas pu en sauver beaucoup. Si personne était resté sur place, on n'aurait pas pu le faire...

 

Raul Hilberg et Léon Poliakov ont fait des rééditions de leurs livres respectifs (Bréviaire de la Haine et La Destruction des Juifs d'Europe). La dernière édition de La Destruction des Juifs d'Europe date de 2006. Ils ont maintenu leurs conclusions.

 

Pour faire comprendre ce que recouvrait le terme de "Révolution nationale" (un terme que Pétain n'aimait pas), Adrien Abauzit cite un extrait d'un rapport fait par le général Weygand, en date du 28 juin 1940, qui "à certains égards va résumer la pensée de Pétain" qui souhait expurger la France des principes de 1789 et des "Lumières" :

 

"L'ancien ordre des choses, c'est-à-dire un régime politique de compromission maçonnique, capitaliste et internationale nous a conduit où nous sommes. La France n'en veut plus. La lutte des classes a divisé le pays, empêché tout travail profitable, permis toutes les surenchères de la démagogie. Le relèvement de la France par le travail ne peut être réalisé sans l'instauration d'un nouveau régime social, fondé sur la confiance et la collaboration entre ouvriers et patrons. C'est ce régime social qu'il faut instituer.

 

La baisse de la natalité, en diminuant le potentiel de la France, nous a amené du point de vue militaire, à défendre notre territoire avec une proportion inadmissible de contingents nord-africains, coloniaux et étrangers, et d'un point de vue nationa, à effectuer des naturalisations massives et regrettables.

 

La famille doit être remise à l'honneur. La vague de matérialisme qui a submergé la France, l'esprit de jouissance et de facilité sont la cause profonde de nos faiblesses et de nos abandons. Il faut revenir au culte et à la pratique d'un idéal résumé dans ces quelques mots : 'Dieu, Patrie, Famille'. L'éducation d enotre jeunesse est à réformer, etc."

 

Adrien Abauzit explique que "si tout n'était pas parfait dans ce qu'ont fait Pétain et d'autres, mais pour ce qui est des valeurs qu'ils voulaient remettre au centre de la société française, cela allait dans le bon sens. Ils voulaient notamment rechristianiser la France, et que l'Eglise joue un rôle plus important, notamment dans l'Education. Le ministre de l'époque, qui était chrétien, Jacques Chevalier, disait : 'L'école sans Dieu c'est terminé.'"

 

"La doctrine de Pétain était que pour se débarrasser des principes de 1789, et notamment la notion de 'Peuple souverain', il fallait substituer la notion de corps politiques, c'est-à-dire qu'on renoue avec une société traditionaliste des corps politiques et non plus des individus atomisés et éparpillés qui sont dans l'inertie et qui sont impuissants, en vérité.

 

Adrien Abauzit explique :

 

"On en parlera pas aujourd'hui, car on n'en a pas le temps, mais la constitution que voulait faire Pétain était une constitution démocratique. ... Les pères de famille avaient deux droit de vote, pourquoi ? Parce qu'on remet les familles au centre, et non plus l'individu." [Cf. Les deux types de démocratie (organique corporative et moderne égalitaire)  et " La représentation de la société par corps plutôt que par têtes ". Il serait intéressant que Meta-Tv invite Adrien Abauzit comme force de propositions sur ce sujet de la démocratie organique dans le cadre du renouvellement des institutions vérolées par l'Oligarchie.] Pétain voulait faire une république chrétienne, corporative et familiale, donc antijacobine."

 

"De Gaulle est le garde-fou ultime du mondialisme. Je sais que des gens vont buguer quand je dis ça. Et moi-même j'ai mis beaucoup de temps avant de l'enregistrer."


 

Extrait :

 

"De Gaulle a rétabli les principes qui permettent, qui ont permis à nos élites de se rallier au mondialisme, plus tard. C'est-à-dire l'idéologie des 'Lumières'.

 

Si on avait fait des institutions qui reposent sur le christianisme, je ne vous fais pas un dessin, mais le mondialisme n'avait aucune chance de prospérer en France.

 

De Gaulle a rétabli des principes mauvais et notre société aujourd'hui est ce qu'elle est, parce qu'elle repose sur des principes mauvais. Et on juge un arbre à ses fruits. Donc les mauvais fruits aujourd'hui ne tombent pas du ciel, ils viennent du fait que les principes qui en sont à l'origine sont mauvais. ... De Gaulle a fait perdre un siècle à la France de ce point de vue-là.

 

... Tous les massacres contemporains de l'histoire de France sont du fait de la Gauche :  génocide vendéen, massacre des ouvriers en 1848 (général Cavaignac), massacre de la Commune en 1871 (gauche de monsieur Thiers), en 1934 Daladier tire sur la foule, et l'épuration de 1945, faite par les communistes. L'Anti-France cherche à faire la peau à la France.

 

... Que s'est-il passé à la 'Libération' ? Les communistes ont voulu liquider une classe sociale de droite, liquider les notables de droite puisqu'ils étaient dans une logique de 'révolution', comme les bolchéviques en 1917 (Cf.  Etats-Unis : Du melting pot au « salad bowl » - la révolution mondialiste communiste ). L'animateur Tepa intervient en précisant : "Il y avait beaucoup de règlements de compte contre les patrons." Adrien Abauzit explique qu'à la 'Libération', "à partir du débarquement, on a vu aussi beaucoup d'abbés se faire assassiner, des châtelains, et même on a vu certains résistants se faire assassiner... Les héritiers politiques des FTP n'ont aucune leçon politique à donner puisqu'ils cautionnent les actes commis par certains FTP.

 

 

Extrait : 

 

"Le problème de fond de de Gaulle est qu'il n'a pas aboli les mauvais principes qu'il a rétablis en 1944. De Gaulle a pactisé avec la république des 'Lumières'. Il est devenu le garde-fou ultime de la république des 'Lumières'. Y compris en 1958, d'ailleurs.

 

Je pense qu'il (de Gaulle) s'est dit quelque chose comme : 'Je sais que ces principes sont mauvais (De Gaulle a eu une éducation catholique traditionaliste), mais je déjouerai cela et j'arriverai à mettre en place un régime qui conjurera ces mauvais principes de base.' Je pense qu'il a raisonné comme cela.

 

On voit le résultat. Ceux qui ne voient pas le résultat, prenez les transports en commun en Île de France ! Et donc de Gaulle, malgré lui, s'est fait un porte-flambeaux de l'Anti-France des 'Lumières'.

 

De Gaulle, quand il a été au pouvoir, a essayé de lutter contre les conséquences de causes qu'il a rétablies. Mai 1968 est l'enfant de 1944. Si les gauchistes et la gauche a autant d'influence dans la superstructure française c'est parce qu'à la 'Libération' ils ont pris les places. A la 'Révolution de 1944', devrais-je dire. Parce qu'à la 'Libération' il y a deux phénomènes qui vont se superposer, la libération du territoire et la Révolution de 1944 où la gauche a pris le pouvoir en France. Je rappelle toujours cette filiation : 1789, 1944, 1968.

 

L'animateur Meta Tv, Tepa intervient et précise :

 

"J'ai entendu parler d'une opération colorée (en 1968) contre de Gaulle". - "Ce n'est pas impossible", répond Adrien Abauzit. " Gaulle à l'époque pensait que c'était la Chine qui avait financé mai 68. Certains diront que c'est les Etats-Unis, d'autres Israël" (parce que de Gaulle avait parlé du "peuple sûr de lui-même et dominateur. Ndlr.)

 

Dans mai 1968, Adrien Abauzit explique :

 

"Sans la Croix du Christ, la vie purement matérielle, quel est le sens de la vie ? La réponse donnée par les soixanthuitards, c'est la jouissance. L'illusion de la jouissance va remplacer la quête de justification.

 

De Gaulle savait tout ça. Et je pense qu'il n'a pas été dupe sur ce qu'il avait fait. Et donc de Gaulle a été châtié par là où il a péché. Il a péché par les 'Lumières', il a été châtié par les 'Lumières'. Sachant qu'en 1969, de Gaulle se fait dégager parce qu'il se fait trahir par Pompidou et Giscard.

 

Et là, pour être honnête, le projet de Gaulle de participation était une très bonne chose... Projet de participation parfaitement compatible et même dans l'esprit du corporatisme que voulait revigorer ce cher Pétain."


 

 

 

 

via

 

http://metatv.org/adrien-abauzit-contre-histoire-du-general-de-gaulle-la-suite-meta-tv


 

 

 

 

. Adrien Abauzit - Contre Histoire du général de Gaulle - Meta TV (Première partie)

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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 19:25

Tepa de Meta-Tv déconstruit remarquablement le "mythe de la Révolution française" :

 


  Tepa - La déconstruction des mythes historiques est-elle nécessaire? - Meta TV 1/4 par metatvofficiel

 

La déconstruction des mythes historiques. Extrait à partir de 17:15 :

 

« Le mythe de la Révolution française et des bienfants de la Révolution française.

 

Pendant toute notre enfance, et maintenant certainement plus d'une centaine d'années, peut-être bien même deux cents ans, on nous verse une espèce de soupe sur la Révolution française qui est qu'il y aurait eu un "Ancien Régime" horrible, méchant, des gens pas du tout civilisé, des dictateurs, tous des Hitler en puissance, un peuple qui serait devenu complètement analphabète, et il y eut la Révolution française, les Lumières, la démocratie, la république et tout le monde fut heureux. Le bonheur suprême arriva sur terre depuis cette époque. Cela, c'est vraiment la vision binaire, manichéenne, simpliste qu'on nous a présenté de l'histoire.

 

Et quand on va un peu au fond de ces choses-là, on s'aperçoit que toute la classe politique, tout le monde se revendique de cet héritage, toute l'histoire est basée là-dessus. On formate les gens à penser que la Révolution française c'est le mythe fondateur de la France et que quasiment, la France existe depuis la Révolution française (alors que pour beaucoup d'historiens, de patriotes, c'est la fin de la France). Et pourtant c'est appris comme cela. C'est un mythe absolu qui est en train de d'effondrer petit à petit. On s'aperçoit de ce qu'est la Révolution française, quel est son héritage réel, quelles ont été les conséquences, quels ont été les véritables acteurs, et quels étaient leurs objectifs.

 

On était dans le mythe du gentil peuple qui a pris Paris et a installé un vrai régime républicain. Or, le mythe a pris un coup. Il a pris des coups sévères depuis.

 

Et ce mythe de la Révolution française qui est en train de s'effondrer emmène peut-être avec lui une certaine idée de la politique. C'est pour cela qu'on tient absolument à le préserver. Parce qu'évidemment, quand on a enterré ces idéaux de la Révolution française on se dit bien qu'il en faudrait une autre, ou en tout cas, que l'on ne se fera pas avoir de la même façon.

 

L'évènement qu'on nous a présenté comme le déclencheur, le libérateur de tout un peuple, on s'aperçoit qu'en fait, c'est un changement de pouvoir. C'est - au contraire - l'avilissement de quasiment tout le monde ouvrier (Marion Sigaut parle de la "prolétarisation du monde ouvrier" Ndlr.), qui de monde paysan devient le "monde ouvrier" au XIXe siècle, qui dépossédé de son outil de production (isolé et interdit de s'associer dans le cadre des anciennes corporations protectrices de métiers, Ndlr.), donc à la merci des grandes entreprises, du grand capital.

 

Et donc la Révolution française n'a pas protégé le peuple contre ça. Au contraire, elle l'a livré.

 

Et si on se met à déconstruire ce mythe (dont la Loi le Chapelier), on s'aperçoit de ce qu'il y a vraiment derrière la Révolution française. Et on va creuser. Et là on voit le meurtre des Chouans, le génocide vendéen - parce que ça non plus la république n'aime pas, elle n'aime pas que l'on rappelle ce que la république a fait en Vendée et a tué des milliers de personnes, des dizaines de milliers de personnes. C'est un véritable génocide pour ceux qui étaient contre la Révolution. »

 

Pour aller plus loin sur les mythes historiques :

 

http://www.christ-roi.net/index.php/Mythes_historiques

 

et en particulier le mythe du grand progrès apporté par la Révolution francaise...

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 12:19
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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 22:02

On nous communique :

 

Isabelle de France, Statue sous le porche de Saint-Germain-

Isabelle de France,

Statue sous le porche de Saint-Germain-l'Auxerrois, refaite en 1841 par Louis Desprez

Conférences franciscaines de la rue Marie-Rose

Mercredi 19 novembre 2014, 18h00
Isabelle de France, la princesse méconnue
par Jacques Dalarun.

Avec Héloïse et Claire d’Assise, Isabelle de France, sœur de saint Louis, fait partie de l’infime bataillon des femmes qui, au Moyen Âge, eurent l’audace de composer une Règle pour régir la vie d’autres femmes. L’Ordre des Sœurs mineures, qu’elle fonda, se répandit en France et surtout en Angleterre. Pourtant, alors que, dans leurs pays respectifs, Élisabeth de Hongrie ou Agnès de Prague font figure d’héroïnes nationales, la princesse capétienne est à ce jour une inconnue de l’Histoire.

Médiéviste spécialiste de François et de Claire d'Assise, Jacques Dalarun est l’ancien directeur des études médiévales à l'École française de Rome et directeur de recherche au CNRS. Aujourd’hui, il rend hommage à cette grande princesse française en nous dévoilant la vie, le courage et la sainteté d’une femme de son temps qui peut servir d’exemple aujourd’hui.

L’auteur dédicacera son ouvrage Isabelle de France, sœur de saint Louis à l’issue de la conférence.

Couvent saint François
7, rue Marie-Rose
75014 Paris – Métro Alésia
Contact : 01 40 52 12 70

 

 

. La femme au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime : l'exclusion des femmes ne date pas des "siècles obscurs" mais vient plus tard, de la modernité

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23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 18:09

 

Emission exceptionnelle sur la contre-histoire de de Gaulle.

 

Adrien Abauzit, auteur, conférencier et avocat, lors d'un entretien pour Meta-Tv a exposé le résultat de ses recherches sur le véritable rôle joué par le maréchal Pétain et celui du général de Gaulle pendant la seconde guerre mondiale. Il explique avoir été gaulliste jusqu'en 2012 (3e partie, 25:38) "tellement pris dans ce conditionnement" qu'il n'osait pas "franchir ce pas" et ayant "des blocages internes". Il ne connaissait qu'"une partie de la vérité qui permettait d'avoir une autre vision de de Gaulle". Mais ensuite, au fil de ses recherches et de ses lectures, "au bout d'un moment, on en tire les conclusions".

 

Sa démonstration s'appuie sur de nombreuses sources inspirées directement par les ouvrages des témoins direct et des anciens acteurs importants de cette période.

 

C'est la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale qu'une émission est consacrée à la réhabilitation du véritable rôle historique joué par le Maréchal Pétain.

 

 

Extrait :

 

Adrien Abauzit commence par poser une question : "Si de Gaulle est une icône du nationalisme, (nous sommes dans un monde où le nationalisme et l'amour de la France sont diabolisés) comment se fait-il que cet individu est sanctifié ?"

 

- Le journaliste présentateur Tepa de Meta-Tv ajoute : "et sanctifié par les partis opposés ! Donc de Gaulle est le seul dénominateur commun pour tous les partis."

 

- A. A. : "C'est le totem incontournable."

 

Adrien Abauzit explique qu'il avait eu l'idée de cette émission et en avait parlé à Meta-Tv avant l'été.

 

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Général Weygand Amiral Auphan Maître Jacques Isorni, Procès du Maréchal Pétain Louis Rougier

 

 

- A. A. : "Ce qui est très intéressant, c'est que depuis lors (cet été), il y a eu la polémique Zemmour/Salamé qui a remis la question Pétain au centre du débat public. Ce qui est curieux, a priori irrationnel. Pourquoi vouloir parler de ça ? Et bien pour une raison très simple : aujourd'hui en 2014, il y a une partie de la France qui a envie de mourir en tant que France. Pourquoi a-t-elle envie de mourir ? Parce qu'elle est structurée par la haine de soi. Pourquoi est-elle structurée par la haine de soi ? Deux raisons. La première parce qu'elle est pétrie par l'idéologie des Lumières qui aboutit à la haine de soi. Deuxième raison : si comme le disent les gaullo-communistes Pétain est une ordure, la France est une ordure puisque la France entière s'est ralliée à Pétain. Donc nous sommes un pays d'ordures... Donc je voulais faire cette émission pour remettre les pendules à l'heure. Et bien entendu je vais dédier cette émission à quelques personnages comme le général Weygand, comme l'amiral Auphan, comme Louis-Dominique Girard (ancien chef de cabinet du maréchal Pétain, Ndlr.), maître Jacques Isorni et Louis Rougier, auteur de de Gaulle contre de Gaulle, avec le drapeau de la Grande-Bretagne et le drapeau de l'Urss..., un livre qui dans la catégorie envoi de scuds, celui-là fait très très mal.

[...] L'une des choses que je vais essayer de démontrer ce soir, c'est que de Gaulle n'était pas l'âme de la Résistance. Il n'a initié aucun mouvement de la Résistance. Si la France a été du côté des vainqueurs à la fin de la guerre, ce n'est absolument pas grâce au général de Gaulle. Et le général de Gaulle a commis un crime contre la France en 1944-45, dont on paye aujourd'hui les conséquences encore.

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 Rudolf von Sebottendorf

 

Fils d’un conducteur de locomotive, ingénieur, d’origine allemande, naturalisé Turc en 1911, donc citoyen de l’Empire ottoman, se prétendait légataire universel d’un baron von SEBOTTENDORF. Occultiste, astrologue, historien de la franc-maçonnerie et des sociétés secrètes, il affirmait avoir été initié par la confrérie musulmane soufie BEKTASHI. Il voulait concilier la franc-maçonnerie et le Coran.

Il est l’auteur d’ouvrages comme «La pratique de l’ancienne franc-maçonnerie turque», «La clé de la compréhension de l’alchimie» (1920), «Le talisman des rose-croix» (un roman de 1925) et son célèbre «Avant qu’HITLER ne vienne» (1933).

Les nazis n’apprécièrent pas ce qu’il avait écrit dans cet ouvrage «J’ai semé ce que le Führer fait lever». L’interdiction des sociétés secrètes décrétée en 1937 mit fin aux activités de la Société de Thulé.

 

Source: http://lamemoiredeluzian.blogspot.fr/2013/03/21-les-runes-de-thule.html

 

Sebottendorf se serait suicidé en se jetant dans le Bosphore en 1945. 

Société de Thulé,

secte ésotérico-politique fondée par le franc-maçon Rudolf von Rudolf von Sebottendorf

[...] La Seconde guerre mondiale est une guerre qui a pour origine la folie d'un homme qui est Adolf Hitler, qui est peut-être le plus grand ennemi de la France de toute son histoire. Hitler était nazi. Qu'est-ce que le nazisme ? Le nazisme a des origines lointaines, mais pour ne parler que du XXe siècle, à la base il y a un homme qui s'appelait Rudolf von Sebottendorf, qui est un allemand très bizarre. Né en 1875, il a vécu en Turquie, il s'est fait naturalisé turc en 1908, il s'est converti à l'islam et à l'époque, il a essayé de concilier l'islam et la franc-maçonnerie. Rentré en Allemagne en 1918 il va s'affilier à une société ésotérique qui s'appelle l'Ordre des Germains, et il va créer la branche bavaroise de l'Ordre des Germains qui s'appelle la société Thulé, qui existe encore. Il faut le savoir. Et la Société Thulé va produire la doctrine du national-socialisme. Donc cela va être un mélange de paganisme, de mythologie germanique, et de pangermanisme, quelque chose de très tordu. Et une grande partie des cadres du nazisme sont passés par la Société Thulé. Je n'ai pas les noms en tête, mais je crois qu'il y avait Rudolf Hess, Jules Streicher, Hitler aussi peut-être.

 

Comment peut-on résumer l'idéologie du national-socialisme ? C'est très simple, moi je la résume par une petite formule : c'est la rencontre entre la philosophie des Lumières et le pangermanisme. La philosophie des Lumières veut créer un homme nouveau, par l'abolition du passé. Le national-socialisme veut créer un homme nouveau, un nouvel Adam, qui sera l'aryen. Et il veut le créer notamment en éradiquant le reliquat de christianisme dans les sociétés européennes. Donc il faut comprendre que pour les nazis, les vrais, la Seconde Guerre mondiale c'est une guerre de religion. On ne peut pas comprendre la haine de Hitler contre le christianisme et contre le judaïsme (malgré l'incompatibilité théologique entre les deux d'ailleurs) si on ne comprend pas qu'il s'agissait pour Hitler d'une guerre de religion.

 

Donc la Thulé Gesellschaft a créé cette idéologie nazie. Elle demande à un individu qui est un de ses membres, Anton Drexler de créer un parti, le parti ouvrier allemand (Deutsche Arbeiter partei, 1919). Hitler va intégrer ce parti et en prendre la tête (1923). Dix ans après il sera au pouvoir. 

 

En 1939, l'Angleterre pour protéger l'intégrité territoriale de la Pologne déclare la guerre à l'Allemagne et la France suit l'Angleterre et déclare aussi la guerre à l'Allemagne. Hitler a tout fait pour provoquer cette guerre, il était parfaitement au courant que la France et l'Angleterre s'étaient engagées à maintenir l'intégrité de la Pologne. Donc il l'a cherchée.

 

[...] Au mois d'octobre 1939, le Parti communiste français, qui à l'époque était allié avec les nazis au titre du Pacte germano-soviétique, a demandé à ce que l'on fasse la paix avec Hitler qui avait demandé la paix en octobre 39, et ce sont les communistes qui ont demandé à ce qu'on écoute cette proposition d'Hitler. Les communistes étaient au début de la guerre alliés des nazis. Il faut ajouter que les communistes sabotaient les usines d'armements françaises et le matériel français.

 

 

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Louis-Dominique Girard, Montoire, Verdun diplomatique : "un livre qui a marqué ma vie. Cela je peux vous le dire tout de suite, il est dans le TOP 10 !" explique Adrien Abauzit. Lucien Galimand, Origines et déviations du Gaullisme, de Gaulle, agent de Reynaud ?

Nous arrivons au mois de février 1940. A ce moment-là, Daladier est encore président du Conseil et Chamberlain, Premier ministre (en Angleterre Ndlr.). A Versailles, deux personnes vont se rencontrer, monsieur Paul Reynaud (ministre des affaires étrangères Ndlr.) et Churchill. Ils ne sont pas seuls et font venir quelques journalistes. Ils évoquent ce que devrait être la ligne à suivre pendant la guerre.

Et à ce moment-là, un pacte secret va naître entre Churchill et Paul Reynaud. Ce plan Reynaud-Churchill nous le connaissons grâce à deux ouvrages : 'Montoire, Verdun diplomatique' de Louis-Dominique Girard (qui a été directeur du cabinet civil de Pétain entre février 1944 et juillet 1944) et le livre de Lucien Galimand, 'Origine et déviations du Gaullisme. De Gaulle, agent de Reynaud ?'. Et je précise que Lucien Galimand, lui, à l'inverse, était un officier des FFI.

 

Comment est-on au courant de ce pacte secret entre Paul Reynaud et Churchill ? Parce que Lucien Romier, qui était le patron du Figaro dans les années 30, était très proche de Paul Reynaud, et qu'il était à cette réunion de Versailles. Et Lucien Romier, qui a été ministre de Pétain, a évoqué cet entretien secret à l'entourage du maréchal Pétain.

 

Le plan Churchill-Reynaud est le suivant : Churchill et Reynaud prennent acte du fait que la France ne tiendra pas face à l'Allemagne parce que nous sommes beaucoup trop en retard en terme d'armement. Et l'Allemagne à ce moment-là est deux fois plus peuplée que la France (80 millions d'un côté, 40 millions de l'autre). Donc, les deux futurs Premiers ministres conviennent que lorsque l'armée française s'effondrera et capitulera, le gouvernement français devra alors s'exiler à Londres et à Londres, attendre que l'Angleterre surarmée par l'industrie américaine puisse envahir le continent, sachant que parallèlement le gouvernement français devra de son côté donner l'ordre de l'insurrection nationale, d'une sorte de guérilla généralisée sur tout le pays. C'est ce qui se passait déjà avec la Tchécoslovaquie: le gouvernement de Bénès était en Angleterre, le gouvernement polonais envahi était en Angleterre, etc. Ce plan Reynaud-Churchill est un des plus grands secrets de la Ve république. C'est interdit de le savoir. Il y a un plan secret entre Reynaud et Churchill qui consistait donc à déplacer le gouvernement en Angleterre une fois que la France serait submergée par l'armée allemande. On anticipe la défaite.

 

Arrive le mois de mars (1940), Daladier tombe, il chute parce qu'on le trouve trop mou dans la conduite de la guerre. Et qui va le remplacer ? Paul Reynaud. Le 28 mars 1940 est fait un traité entre la France et l'Angleterre en vertu duquel on ne concluera pas d'armistice et de paix définitif chacun de son côté : chaque pays s'engage à ne faire une paix qu'ensemble.

Attaque-allemande-10-mai-1940.jpgLa Drôle de guerre va se terminer et les Allemands nous attaquent le 10 mai 1940 en passant par la Hollande et la Belgique. Et en fait, dès le 15 mai, la guerre est déjà perdue ! Paul Reynaud panique et il va appeler au gouvernement deux hommes. Et, j'ai oublié de le dire, depuis le 5 mai 1940, Paul Reynaud avait fait venir au gouvernement un certain Charles de Gaulle. Et il faut savoir que Paul Reynaud et Charles de Gaulle sont de proches collaborateurs depuis au moins 1935. De Gaulle était l'homme de Paul Reynaud. Il était parfaitement au courant du plan Reynaud-Churchill. Donc, face à la percée de Sedan, Reynaud panique et appelle au gouvernement deux hommes, le maréchal Pétain pour galvaniser le pays, parce que Pétain est un héros vivant à l'époque, et le général Weygand qui était au Moyen-Orient. Et Weygand va remplacer le général Gamelin. Mais les Anglais s'en vont sans nous prévenir (ils filent à l'anglaise, Ndlr...). La manoeuvre de Weygand ne va pas fonctionner et nous allons subir la plus grave défaite de notre histoire.

 

Le 12 juin, le général Weygand au Conseil des ministres va dire là on arrête, il faut demander l'armistice, c'est la débâcle totale, nos hommes se font massacrer. Le 13 juin, Pétain au Conseil des ministres se rallie à cette idée de demander l'armistice. Reynaud ne le veut pas et la majorité des ministres à ce moment-là ne le veut pas non plus. Le président de la république Lebrun ne le veut pas non plus. Le président du Sénat Jeanneney ne le veut pas non plus, le président de la Chambre des députés non plus, monsieur Herriot. Les ministres et Paul Reynaud veulent, dans un premier temps, partir en Afrique du nord à Alger, transférer le gouvernement à Alger. Pétain et Weygand sont contre puisqu'on n'entraîne pas la Patrie à la semelle de ses souliers. Pour défendre les Français c'est sur place qu'il faut le faire et non pas à l'étranger. A ce moment-là, un membre du gouvernement, ancien président du Front populaire, Camille Chautemps va avoir l'idée suivante : si nous partons en Afrique du Nord, nous passons pour des déserteurs auprès du peuple français et le peuple français ne l'acceptera jamais.

Dominique-Leca--La-Rupture-de-1940.jpgDonc il faut trouver un motif qui justifie ce départ en Afrique du nord. On va faire ce que les historiens appellent 'la transaction Chautemps' : nous allons demander aux Allemands quelles sont leurs conditions d'armistice, nous préjugeons que ces conditions seront déshonorantes, et donc nous aurons un motif pour ne pas accepter cet armistice et pour nous replier en Afrique du Nord. A l'époque on a en tête la question de la flotte française qui est la deuxième flotte du monde. Et en fait, ce qui va se jouer dans l'armistice c'est la question de la flotte. [...] C'est à ce moment-là que Paul Reynaud va faire un calcul qui nous est très bien connu grâce au livre de Dominique Leca, 'La Rupture 1940'. Dominique Leca était un proche collaborateur de Paul Reynaud, avec lequel il a vécu au quotidien à partir de 1938. Il raconte le calcul de Paul Reynaud qui est le suivant : le pays ne comprendra pas que nous partions en Afrique du Nord. Donc il faut le justifier, mais moi Paul Reynaud je ne veux pas faire cette demande d'armistice. Et je ne veux pas incarner officiellement la rupture franco-anglaise. Donc je vais refiler la patate chaude à quelqu'un qui va demander l'armistice à ma place !...  Et donc Paul Reynaud va démissionner à ce moment-là (alors que légalement il avait tous les pouvoirs pour aller en Afrique du nord s'il le voulait), il va demander à Lebrun de nommer Pétain président du Conseil, on va demander à Pétain de demander l'armistice, Hitler exigera la flotte et peut-être des concessions dans notre empire colonial. Cela sera une paix déshonorante que Pétain ne voudra pas faire, Pétain sera à ce moment-là obligé de demander aux armées de capituler, Pétain rendra sa démission, et moi Paul Reynaud je serai réinvesti par le président Albert Lebrun et nous pourrons partir en Afrique du nord, voire... en Angleterre ! Dominique Leca l'explique très bien dans son livre.

 

Armistice-du-22-juin-1940.jpg
Armistice le 22 juin 1940, signé à en forêt de Compiègne

Pétain fait la demande d'armistice le 16 juin à minuit. Pendant deux jours on n'a pas de réponse, on continue à se battre sur le terrain jusqu'au 23 juin. Le 18 juin, on n'a pas de réponse, de Gaulle part (en Angleterre le 17 juin Ndlr.),à ce moment-là on ne se sait pas ce qui se passe encore. Le 19, on a une réponse des Allemands, les deux parties négocient. Du côté français le représentant est Charles Huntziger. Et finalement, on arrive à un texte d'armistice le 22 juin, mais petit problème ce texte n'exige pas la livraison de la flotte et ce texte ne touche pas à l'intégrité territoriale de la France et de son empire. Et là Reynaud (est coincé Ndlr.). Pétain va rester au pouvoir.

 

Revenons à de Gaulle. Pourquoi de Gaulle part-il le 18 juin ? Il faut savoir que le 16 juin, de Gaulle transmet au Conseil des ministres une proposition d'union franco-anglaise dans laquelle la France et l'Angleterre fusionnerait véritablement et ne fera plus qu'un seul pays. Cela, quand on est un patriote français c'est interdit !... Mais de Gaulle transmet cette proposition, qui d'ailleurs lui a été soufflée par Jean Monnet. Entendant cette proposition, le Conseil des ministres se prononce plutôt pour la 'transaction Chautemps'.

 

Appel-du-18-juin-1940.JPG

 

[...] Quand il part en Angleterre, le 17 au matin, il (de Gaulle) y va en pensant que Reynaud reprendra le pouvoir et le rejoindra.

Et qui donne 100.000 francs à de Gaulle quand il part prendre l'avion avec le général Spears ? Dominique Leca, le proche collaborateur de Paul Reynaud.

Donc de Gaulle quand il part et fait son appel du 18 juin, est encore l'agent de Paul Reynaud et attend que Reynaud et son futur gouvernement le rejoigne en Angleterre. Et nous arrivons à l''Appel du 18 juin'.

Que dit de Gaulle dans l'Appel du 18 juin ?

 

'J'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y retrouver, avec leurs armes ou sans leurs armes. J'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y retrouver à se mettre en rapport avec moi. Quoiqu'il arrive la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.'


Il appelle simplement les gens qui sont en Angleterre à le rejoindre. Et elle est où la résistance à ce moment-là? Elle est sur le front, pendant la bataille de France. A ce moment-là les armées continuent à se battre. Donc quand on dit qu'à ce moment (de l'Appel du 18 juin) de Gaulle a demandé de continuer de se battre, elle (la France) se bat encore ! Et de Gaulle attend Reynaud à ce moment-là, attend le gouvernement d'émigration Reynaud. C'est là un élément capital.

 

De Gaulle dans ses Mémoires nous dit 'Je suis parti le 17 juin parce que j'ai répondu à un appel du fond des âges'. Pipeau total, tu es parti parce que Spears t'a dit 'rappelle-toi du plan Reynaud-Churchill, ils vont arriver après toi en Angleterre, tu es l'avant-garde de ce gouvernement d'émigration, viens avec nous.

 

Henri-de-Kerillis--de-Gaulle-dictateur.JPGJe précise, un petit scoop qui nous est précisé par  Henri de Kérillis, un des français les plus antinazis dans les années Trente et qui est parti aux Etats-Unis quand les Allemands sont arrivés... Dans son livre 'de Gaulle dictateur', Henri de Kérillis explique qu'il avait sous la main un rapport fait par Churchill à l'été 1943 qui pensait à s'en débarrasser.

 

Ce qu'il faut savoir c'est que de Gaulle a accepté de suivre Spears après que Spears se soit engagé à lui donner un salaire de général britannique et après qu'il se soit engagé qu'en cas de victoire allemande, on lui donne la nationalité britannique. C'est l'amour de la France cela ?

 

Et je précise que de Gaulle et Spears vont faire un accord, qui date je crois du 7 août 1940, dont la dernière clause nous dit que les Français qui s'engageraient dans la 'France libre' auraient des facilités aussi pour avoir la nationalité britannique si jamais ils avaient des problèmes à la fin de la guerre. Cela ne sent pas trop l'amour de la France tout cela !

 

Donc je vous disais, de Gaulle attend à ce moment le retour de Paul Reynaud. Quand va-t-il s'affranchir de Paul Reynaud ? Il va s'en affranchir entre le 22 juin et le 23 juin. Pourquoi ? Parce que Paul Reynaud va abandonner son projet de partir ! Pourquoi Paul Reynaud l'abandonne-t-il ? Finalement, pour Paul Reynaud cet armistice n'est plus cet armistice si déshonorant, il n'a plus la possibilité de redevenir président du Conseil. [...] Surtout, je pense que Reynaud a compris que son projet était délirant. Et Reynaud envoya un télégramme à Churchill dans lequel il lui dit en gros, de reporter sa confiance sur le maréchal Pétain et d'éviter des brouilles entre la France et l'Angleterre qui arrangeait l'Allemagne.

 

Je précise aussi, j'ai oublié de vous le dire, que dès le lendemain où Pétain a été investi Président du Conseil, on a annoncé dans les media anglais que Paul Reynaud allait arriver à Londres, [...] et jusqu'au 25 juin la radio anglaise a annoncé l'arrivée de Reynaud.

 

Vice-Amiral-Muselier--De-Gaulle-contre-le-gaullisme.jpg

Le Vice-amiral Muselier organisa les Forces navales françaises libres. Il fut le premier officier général à rallier Charles de Gaulle à Londres dès le 30 juin 1940. C'est lui qui eut l'idée de distinguer sa flotte de celle de Vichy, en adoptant la croix de Lorraine (en souvenir de son père d'origine lorraine), qui devint ensuite l'emblème de toute la France libre.

Et dans le livre du Vice Amiral Muselier, 'De Gaulle contre le gaullisme' (le Vice Amiral Muselier était une des premières personnes à avoir été invitées à rejoindre le général de Gaulle. Il était à Gibraltar le 28 juin et c'est lui qui a organisé la marine de la France libre mais qui a fini par rompre avec de Gaulle parce qu'il s'était aperçu que ce qui intéressait de Gaulle, ce n'était pas la lutte contre les nazis, c'était la prise du pouvoir après la guerre).

Que nous dit l'amiral Muselier ?

Quand il est à Gibraltar il s'attend à retrouver de Gaulle et Reynaud. Pourquoi Reynaud ? Parce qu'on avait annoncé que Reynaud était parti et qu'à l'époque, qui disait de Gaulle disait Reynaud !

 

Donc de Gaulle est parti parce qu'il était l'agent de Paul Reynaud et au final, c'est la défection de Reynaud qui a permis à de Gaulle de prendre son envol.

 

Mais que s'est-il passé le 18 au Conseil des ministres du gouvernement français ? Il s'est passé un évènement qui a changé le cours de l'histoire de l'Humanité. Les premières bombes atomiques ont été réalisé à partir d'un matériel qui s'appelle l'eau lourde. Les réserves d'eau lourde étaient en Norvège.


La-Bataille-de-l-eau-lourde.jpgLes Allemands ont envahi la Norvège en avril 1940. Et les Français avaient envoyé une expédition qui à l'époque prit les réserves d'eau lourde. Donc, quand les armées allemandes nous envahissent en mai-juin 40, les réserves d'eau lourde sont en France.


Or, on apprend dans le livre de Louis-Dominique Girard, 'La guerre franco-française' que 'pendant la tragique semaine vécue à Bordeaux - il faut enfin le révéler -, le gouvernement du Maréchal avait fait transférer en Angleterre d'où elle devait rejoindre les Etats-Unis la précieuse provision française d'eau lourde grâce à laquelle les Alliés gagneraient la guerre cinq ans plus tard. L'épopée de l'eau lourde reconstituée au cinéma a été présentée aux Français en 1948. On leur a montré comment la France s'était procuré l'eau lourde en Norvège, on leur a montré des savants travaillant dans les laboratoires du Collège de France. On leur a montré l'eau lourde prenant le chemin de l'exode et trouvant asile dans la prison de Riom, avait passé l'Océan et permis la victoire finale. Mais on n'a pas osé leur dire que le Conseil des ministres en avait délibéré le 18 juin en présence du Maréchal et du général Weygand.


 On leur a tu que c’est M. Jean Bichelonne, fonctionnaire et futur ministre du Maréchal, qui avait signé l’ordre de mission des savants chargés de transférer l’eau lourde hors de France. Personne n’a encore eu l’élémentaire dignité de dire que c’est à cause de cela que Bichelonne fut arrêté par la Wehrmacht à l’été 1940, et que ce sont Pétain et Laval qui réussirent, par des arguments de droit, à l’extraire des geôles allemandes où il devait retomber et succomber en 1944. Qui trompe-t-on ? Pourquoi trompe-t-on ? La vérité fait-elle si peur ? La connaissant, les Français seront obligés de réviser leur jugement sur une période douloureuse et grandiose de leur histoire. C’est ce que certains ont encore intérêt à empêcher.'


Donc, si les Allemands n'ont pas eu la bombe atomique, c'est grâce à Pétain. [...] Quand on fête le 18 juin on pourrait le rappeler !

 

Ce n'est que dans son texte du 22 juin que de gaulle va appeler à la constitution d'une force française, sachant que dans cet appel du 22 juin, de Gaulle va mentir ouvertement. Il y dit ceci :

 

'Il résulte (en parlant de l'armistice) de ces conditions que les forces françaises de terre, de l'air et de mer seraient entièrement démobilisées, que nos armes seraient livrées, que le territoire français serait totalement occupé et que le gouvernement français tomberait sous la dépendance de l'Allemagne ou de l'Italie.'

 

(En réalité) les armes françaises ne sont pas livrées, la flotte n'est pas touchée. Les Allemands avaient demandé notre aviation. Mais nous avons obtenu que l'aviation ne soit pas donnée aux Allemands mais qu'elle soit simplement démembrée et mise dans des entrepôts. Donc de Gaulle ment ouvertement et il le sait très bien.


Le 3 juillet 1940 va se passer un évènement assez répugnant, c'est ce que l'on appelle la bataille de Mers el Kébir, où une partie de la flotte française s'était basée. Les Anglais eurent peur, malgré le texte de l'armistice, que notre flotte ne tombât dans les mains des Allemands. Ils exigèrent qu'on les suive. Et comme les marins français refusèrent de les suivre, les Anglais tirèrent sur la flotte française. Et il y eu 1800 marins français tués. Sachant qu'il n'y avait aucun risque que les Allemands ne s'emparassent de la flotte. Pour la première raison qui est que l'Amiral Darlan, à la tête de cette flotte, avait donné des ordres de sabordage de la flotte si jamais les Allemands tentaient de se l'approprier. Et c'est ce que fera la flotte le 27 novembre 1942. Et que le 19 juin 1940, l'amiral Darlan s'était engagé déjà auprès des amiraux anglais de saborder plutôt que de donner la flotte. Et enfin, Pétain avait demandé comme condition à l'armistice qu'on ne touche pas à la flotte. Et Pétain avait transmis ces conditions d'armistice aux Anglais et même aux Américains. Donc ils le savaient très bien qu'on ne voulait pas livrer la flotte, et qu'il n'y avait aucun risque.

Mais les Anglais vont tirer sur la flotte française et vont au passage, assassiner 1300 marins. Et ils l'ont fait parce que peut-être il y avait un climat psychologique qui les ont poussé à le faire, mais peut-être que si de Gaulle n'avait pas écrit ceci dans son appel du 2 juillet :

 

'Auraient-ils jamais consenti à mettre à la discrétion de l'ennemi une flotte française intacte'.

 

De gaulle dit qu'on a donné la flotte française aux Allemands. Ce qui est un pur mensonge.


Le lendemain 3 juillet, que se passe-t-il ? Massacre de Mers el Kébir, 1300 marins assassinés. Quelle est la réaction du général de Gaulle ? Selon le vice-amiral Muselier, de Gaulle est effondré.

 

Que nous dit de Gaulle dans son prochain appel du 8 juillet ?

 

'En vertu d'un engagement déshonorant, le gouvernement de Bordeaux avait consenti à livrer les navires à l'ennemi. Il n'y a pas le moindre doute que par principe et par nécessité, l'ennemi les aurait employer soit contre l'Angleterre, soit contre notre propre empire. Et bien je le dis sans ambages, il vaut mieux qu'ils aient été détruits.'

 

Cela, ça s'appelle un patriote français ! De Gaulle est en train de nous expliquer que 1300 marins qui se font buter ce n'est pas gravre..., cela vaut mieux !

 

Nous sommes le 8 juillet, de Gaulle a quand même pris un coup sur la tête. A partir du mois d'août, certains gouverneurs français vont se rallier à de Gaulle. Le 11 août est votée une loi qui donne au maréchal Pétain autorité pour faire une nouvelle constitution et Pétain va instaurer ce régime transitoire, qui n'est pas définitif, de Vichy. Et une des premières décisions de Vichy c'est d'interdire la franc-maçonnerie. Or, il s'avère que beaucoup de fonctionnaires coloniaux sont francs-maçons. Et donc, beaucoup de fonctionnaires coloniaux vont rallier de Gaulle suite à cette décision de Pétain. Cela, l'amiral Auphan l'explique très bien dans 'Histoire élémentaire de Vichy'. Mais ce ne sont que quelques régions mineures (Nouvelle-Calédonie, Djibouti, Tchad) où il n'y a pas de ressources militaires.

 

Mais, à partir de fin août, début septembre, des hommes commencent à s'approcher de Gaulle, et des hommes qui vont lui tenir un discours qui va le faire changer de mentalité. Qui sont ces hommes ? Je vais en citer deux. Le colonel Passy, ancien cagoulard, donc d'extrême-droite, et René Cassin, futur rédacteur de la Déclaration universelle des droits de l'homme et futur prix nobel de la paix. Ces hommes vont lui dire ceci : le régime de Vichy est inconstitutionnel, il y a en France un interim du pouvoir, il y a en France un vide du pouvoir, un vide constitutionnel, il y a une place à prendre à la fin de la guerre.'

 

 

"Et de Gaulle qui était un militaire médiocre, qui sait qu'il ne réalisera pas son destin à travers les armes, va n'avoir dès lors qu'une obsession, c'est de prendre le pouvoir et d'être le futur président de la IVe république (ce qu'il n'arrivera pas à faire).

 

Afrique-occidentale-francaise-vers-1936.jpg

 

De Gaulle, le 23 septembre, va se présenter devant Dakar pour que Dakar - la capitale de l'Afrique occidentale française - se rallie à lui. Et le gouverneur de l'AOF, qui s'appelle Pierre Boisson, va s'opposer à cela et mettre une fin de non-recevoir à de Gaulle et aux Angloys qui étaient partis avec lui. Heureusement qu'il l'a fait parce que si il avait ouvert les vannes à de Gaulle, les Allemands auraient dit puisque vous donnez vos territoires aux Anglais, nous nous allons en Afrique du Nord parce qu'on préfère y aller tout de suite à la place des Rosbeefs !

 

Donc, de Gaulle essuie un refus à Dakar, et il raconte dans ses Mémoires qu'il pense à ce moment-là à se suicider... Mais, il va se resaisir et en date du 27 octobre il va faire la déclaration de Brazzaville (capitale de l'Afrique Équatoriale Française - AEF -, Ndlr.), dans laquelle il déclare :

 

'Il n'existe plus de gouvernement proprement français. En effet, l'organisme sis à Vichy, et qui prétend porter ce nom est inconstitutionnel et soumis à l'envahisseur. [...] Il faut donc qu'un pouvoir nouveau assume la charge de diriger l'effort français dans la guerre. Les événement m'imposent ce devoir sacré. Je n'y faillirai pas. J'exercerai mes pouvoirs au nom de la France et uniquement pour la défendre et je prends l'engagement solennel de rendre compte de mes actes aux représentants du peuple français dès qu'il lui aura été possible d'en désigner librement.'

 

Donc là, de Gaulle nous évoque la doctrine Cassin - il y a un vide constitutionnel en France, un pouvoir nouveau doit naître, ce sera moi le général de Gaulle... - René Cassin est le père de la doctrine politique du gaullisme.

A ce moment-là, de Gaulle n'a qu'une idée en tête, c'est délégitimer au maximum Vichy. Il n'a qu'une idée en tête c'est pousser Vichy à déclarer la guerre aux Alliés, puisque Vichy à partir de l'Armistice est neutre. Vichy n'est pas allié des Allemands, nous sommes neutres, il n'y a pas de renversement des alliances. Et cela, c'est un mensonge, une équivoque sur laquelle le système joue en permanence en nous faisant croire que Pétain était allié des nazis. C'est répugnant de mensonge de dire cela.

 

Vichy était neutre officiellement. Officiellement parce que comme je vais vous le démontrer Vichy a continué à se battre contre les nazis jusqu'au bout. 

Et de Gaulle a tout fait pour pousser Vichy à la faute et s'allie aux Boches.

 

Amiral-Auphan---histoire-elementaire-de-Vichy.jpgPétain commence à mettre en place la 'Révolution nationale', qui est la doctrine de Pétain. C'est une doctrine anti-jacobine, contre-révolutionnaire, et l'objectif de Pétain était de rechristianiser la France. C'est incriticable d'un point de vue moral. Et l'Amiral Auphan qui était un catholique très droit, nous explique bien dans son livre 'Histoire élémentaire de Vichy', à quel point elle était incompatible avec l'idéologie nazie. Pétain pensait qu'une grande partie de nos malheurs venait du fait que la spiritualité avait été abandonnée par le peuple français. Le général Weygand disait que les malheurs de la France ont commencé à venir à partir du moment où on a chassé Dieu de l'école. On connait la fameuse devise 'Travail, Famille, Patrie'. A la base c'était 'Dieu, Famille, Patrie', et c'était Weygand qui l'avait trouvée.

Donc ceux qui veulent essayer de faire croire que Vichy a quelque chose à voir de près ou de loin avec le nazisme sont des menteurs et des ordures. Pétain n'a jamais abandonné la lutte contre l'Allemagne, il a pris acte simplement que la bataille de France était perdue. Il sait que les Anglais auront besoin pour gagner la guerre d'un appui continental. Cela ne peut plus être nous, nous sommes vaincus. Cela ne peut plus être qu'une seule puissance, la Russie. Donc la diplomatie secrète du Maréchal Pétain va consister à jeter l'Allemagne contre la Russie.

 

Louis-Rougier--Mission-secrete-a-Londres.jpgPétain va envoyer un de ses représentants, Louis Rougier, voir Churchill, qui va raconter son périple dans son livre 'Mission secrète à Londres'. Est-ce que les gens sont au courant que Pétain a envoyé un négociateur voir Churchill ? C'est interdit de le savoir !

... Et Louis Rougier va conclure ce que l'on appelle un gentlemen's agreement, un accord avec Churchill.

Que contient cet accord Rougier-Churchill ?

Un engagement réciproque :

1. vous n'attaquez plus nos colonies et nous en échange on ne les donne pas au Reich;

2. Vous arrêtez d'attaquer le maréchal Pétain à la radio.

3. Nous rentrerons, nous Français, dans la guerre, une fois que vous aurez démontré votre puissance.

Le sait-on cela qu'en 1940, le Maréchal Pétain conclut un accord secret avec Churchill de reprise des combats ?

Bien entendu on ne le sait pas : c'est interdit de le dire !

Xavier-de-Bourbon-Parme---Les-Accords-secrets-franco-anglai.jpg... Et cet accord secret sera suivi par un autre accord entre le gouvernement français de Vichy et le gouvernement anglais de Churchill, l'accord Chevalier-Halifax. Jacques Chevalier était le secrétaire d'Etat à l'Instruction publique de Pétain et un ami d'université du ministre des Affaires étrangères britannique Halifax. Et à travers l'ambassadeur canadien en France, monsieur Pierre Dupuy, Halifax va entrer en contact au nom du gouvernement britannique avec Chevalier et ils vont conclure un accord. Ce accord secret dit ceci : nous allons créer entre nos deux pays une tension artificielle (Pétain va changer le terme de 'tension artificielle' pour 'froideur artificielle'). Et en décembre 1940 vont être conclu un nouvel accord, les accords Halifax-Chevalier.

 

Le prince Xavier de Bourbon-Parme a écrit ce livre en 1949, 'Les Accords secrets franco-anglais de décembre 1940'. Le prince Xavier de Bourbon-Parme était un résistant, compagnon de la Libération et a été déporté. Donc la question de cas accords n'est absolument pas contestée par les historiens. Churchill à la fin de la guerre les a niés pour des raisons électorales. Mais les historiens ne les contestent pas.


Lucien-Galimand--Vive-Petain--vive-de-Gaulle.jpgEt d'ailleurs, ce qui est intéressant, Le Times, dans son éditorial du 31 décembre, alors que l'accord date du 9 décembre puisque Dupuy - l'amabassadeur canadien intermédiaire entre les deux gouvernements - envoie un télégramme pour dire tout va bien (cela veut dire : on a ratifié) écrit : 'L'Angleterre suit tout ce que fait Pétain pour s'opposer aux tentatives d'Hitler d'humilier la France.' Donc un discours plutôt bienveillant... Et d'ailleurs Lucien Galimand, l'officier des FFI, a écrit un livre, 'Vive Pétain, vive de Gaulle', rapporte aussi le fait que la radio anglaise s'est calmée.

 

Et surtout, quel était limportance de ces accords ? C'était de desserrer le blocus, parce que les Anglais avaient fait un blocus continental qui affamait la France. Et ceci est bien expliqué par le prince Xavier de Bourbon dans son livre. Donc on le voit, Pétain a une diplomatie de combat orienté contre l'Axe. Et le 4 août 1940, il a convoqué l'Amiral Darlan pour lui dire que si les Allemands envahissaient la zone libre, il devra quitter la France et reprendre la guerre en Afrique du Nord. Ordre de reprise de guerre si les Allemands envahissent la zone libre.

Et dès le 15 juillet 1940, les Allemands se rendent compte qu'ils ont fait une boulette en n'envahissant pas l'Afrique du Nord. Et ils vont demander à Pétain la libre disposition de l'Afrique du Nord. Et Pétain répondra non. Ce n'est pas dans l'Armistice, c'est non."

Adrien Abauzit explique alors que "pour le débarquement de 1942, s'il y avait eu les Allemands en face, cela aurait été un peu plus compliqué..."

 

"[....] L'ambassadeur suisse à Vichy, entre 1940 et 1944, Walter Stücki, écrit :


'Au cours des quatre années et plus de ma résidence à Vichy, j'ai rencontré très fréquemment le Maréchal Pétain. Nous nous  entretînmes souvent du problème de la collaboration franco-allemande. Le Maréchal Pétain manifesta toujours à l'endroit des Allemands une grande aversion, voire des sentiments de haine marqués. Souvent, il me déclarait à peu près ceci : la France est battue, les Allemands sont pour le moment seigneurs tout-puissants dans notre pays. Il faut nous accorder avec eux d'une manière ou d'une autre, mais cela nous est bien amer et difficile, mais c'est nécessaire, il faut sauver la France pour un avenir meilleur. J'estime de mon devoir de rester dans le pays et d'atténuer par ma présence, dans la mesure du possible, les souffrances de la France.'

Je n'ai jamais eu l'impression que le Maréchal Pétain a, au contraire de certains autres français, jamais sérieusement cru en une collaboration durable et profonde avec l'Allemagne. Je le sais d'après de nombreuses remarques de diplomates et d'officiers allemands qu'on ne se faisait point d'illusion en Allemagne sur les véritables sentiments et intentions du Maréchal, qu'on ne lui accordait aucune confiance, et qu'à toutes occasions on essayait de lui réduire ses pouvoirs et son influence, et qu'il était étroitement surveillé'.

 

 

"[...] Le général de Gaulle n'a initié aucun grand mouvement de résistance. Certains mouvements de résistance ont fini par se rallier à lui, mais de Gaulle n'a crée absolument aucun mouvement de résistance en France.

 

(En revanche) Vichy a fait une résistance légale à l'Occupant, qui s'est traduite par le refus du 15 juillet 1940 de livrer l'Afrique du Nord.

Les Allemands ont aussi demandé à ce qu'on leur livre le personnel alsacien-lorrain, Jacques Chevalier a refusé.

Et aussi, les Allemands nous avaient imposé une indemnité d'Occupation qui était extrêmement lourde. Le ministre des finances a tout fait pour la faire diminuer, un peu comme si aujourd'hui on diminuait les intérêts de la dette... Et Yves Bouthillier, qui était le ministre des finances de Vichy, l'a diminuée de 75% quasiment au final, et bizarrement... il a fini déporté... en Allemagne. C'est rigolo ces 'collabos' qui finissent déportés à Buchenwald ! Cela j'aimerais quand même que le système nous en explique la cohérence et la logique ? 

 

[...] Les premiers mouvements de résistance, et les plus importants mouvements de résistance d'un point de vue militaire, sont issus de Vichy.

 

colonel-Groussard--Chemins-secrets.jpgLe colonel Groussard a commencé à faire son réseau de résistance en 1940, un réseau paramilitaire et de renseignement qui s'appelait le Centre d'études et d'informations. Il était en relation avec le service d'Intelligence. C'est un réseau qui est né à Vichy. Et le colonel Groussard a fait ce réserau de résistance en liaison avec le ministre de la guerre, le général Huntziger, et il lui rendait compte de ses activités de résistant. Sachant qu'Huntziger lui-même était en relation avec Pétain, qui était parfaitement au courant de l'action de Groussard.

 

D'ailleurs, le prince Xavier de Bourbon Parme, qui était un résistant, qui avait un réseau, avait aussi ses centres à Vichy, et parfois il croisait Pétain qui lui disait en rigolant : 'alors vous continuez de comploter.' Et le prince lui répondait : 'Toujours tant qu'il y a un allemand en France.' Pétain a toujours laissé le prince Xavier de Bourbon Parme faire ses activités. Et d'ailleurs celui-ci, a témoigné au procès de Pétain en évoquant le fait que chaque fois que Pétain avait connaissance d'une condamnation à mort d'un résistant, il faisait tout pour que cette condamnation soit transformée en déportation puisque là au moins il avait une chance de s'en sortir.

 

Autre exemple : le résistant Paul Dungler, ancien membre de l'Action française et peut-être même, cagoulard, a créé à Vichy le réseau Martial. Et bien le colonel Groussard nous raconte dans ses Mémoires que lorsque Dungler est allé le voir pour lui demander du matériel, Groussard lui en a donné (il lui manquait des pneus et c'est Pétain qui les lui a donnés). Pétain a aussi donné 500.000 francs à Paul Dungler sur les fonds secrets, pour qu'il finance son réseau de résistance. Et Paul Dungler a rendu hommage à Pétain en disant que c'est grâce à lui que son réseau a pu prospérer.

 

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Insigne de la Légion française des combattants

Autre résistant, le général Georges Loustaunau-Lacau : Pétain l'appelle à Vichy pour organiser ce que l'on appelle à l'époque la Légion française des combattants, à ne pas confondre avec la 'Légion des Volontaires français' (LVF) qui part en Russie combattre les Bolchéviques, qui est une association loi de 1901, de droit privé, faite par Deloncle, Doriot, et d'autres collabos, mais Vichy n'a rien à voir. Et tous les collabos à Paris n'ont rien à voir avec Vichy, ils passent leur temps à cracher sur Pétain (exemple: Marcel Déat qui est une ordure). Ils sont sous la tutelle des Allemands et n'ont rien à voir avec Vichy qui n'est pas responsable de leurs actes. Et cela change quand même la version qui nous est donnée. On dit qu'il y a un lien alors qu'il n'y en a aucun. Le général Weygand, au procès Pétain, dira très clairement que ces gens-là se sont déshonorés : quand la France est asservie par un pays on ne va pas combattre pour le pays qui asservit la France.

Loustaunau-Lacau vient donc à Vichy pour organiser la Légion française des combattants et en profite pour créer son réseau de résistance en liaison avec les Anglais, c'est le réserau 'Navarre'. Pétain le savait très bien, il a laissé faire.

 

 

 

Extrait :

 

Colonel-Heurtaux.JPG
Colonel Heurtaux

[...] "Pétain envoie le colonel Heurtaux en zone nord pour organiser la Légion française des combattants. Ce dernier organise sur place un réseau de résistance qui va être financé indirectement par Pétain puisque ce réseau qui s'appelle le réseau Hector est financé par les Services de renseignement de l'Aviation qui eux-mêmes sont financés par les fonds secrets que leur donne Pétain. Et à partir de ce réseau Hector va se former un autre réseau, beaucoup plus grand, qui s'appelle l'Organisation Civile et Militaire qui sera présent plus tard au CNR (Conseil National de la Résistance). Le colonel Heurtaux a passé quatre ans en camp de concentration aussi.

 

Un autre colonel, le colonel Mollard a fait partie de ceux qui ont permis de cacher du matériel militaire. Cela évitait aux Allemands de le prendre. Et ce matériel a fini dans les mains de la résistance.

 

General-Bergeret.jpg
Général Bergeret

Le ministre de l'air, le général Bergeret. Rappelez-vous, nous avions été démembrés. Et bien ce général Bergeret, clandestinement, a fait reconstituer des avions, près de 980. Il a constitué une école d'aviation secrète, près de Toulouse. Il a créé un service de renseignement de l'Air qui était en relation directe avec l'Intelligence Service. Et qui lui a donné les fonds pour faire cela ? C'est Pétain avec les fonds secrets. Et la moitié de cette aviation combattra en Afrique du Nord.

 

Pétain en septembre 1940 envoie le général Weygand en Afrique du Nord pour reconstituer une armée qui sera prête à reprendre le combat contre l'Axe et elle le fera.

 

L'espionnage avait été interdit par l'Armistice. Néanmoins Vichy va reconstituer des réseaux d'espionnage et de contre-espionnage offensifs et défensifs, dont le BMA (Bureau des Menées antinatio

nales, qui lutte contre l'espionnage, le sabotage, les menées communistes, et plus généralement 'antinationales'. Ndlr.) dirigé par le colonel d'Alès. Si on en créait un aujourd'hui, il y aurait beaucoup de travail ! Ce Bureau a condamné à mort 1300 espions allemands et italiens, en a fusillé un certain nombre d'entre eux. D'autres étaient envoyés en prison ou aux travaux forcés.


Nous dit-on cela souvent que Pétain a fait fussiller les espions allemands et italiens que ses services attrapaient ?

C'est un peu comme la diplomatie secrète, l'armée de Weygand qui part recombattre, le plan de mobilisation du général Picquendar, tous ces réseaux de résistance qu'il a financés, jamais on ne le dit, la vérité est malséante sous la Ve république.

 

Organisation-de-resistance-de-l-armee--Plaque-a-Lyon-en-.JPG

Organisation de résistance de l'armée, Plaque à Lyon en hommage au général Frère, fondateur de l'ORA

Les FFI (Forces françaises de l'Intérieur). De qui étaient-ils composés ? De trois groupes,

1. Les communistes FTP,

2. L'armée secrète composée du mouvement Combat d'Henri Freynay, des Francs tireurs dirigés par Jean-Pierre Lévy, qui n'avaient rien à voir avec les communistes, et de Libération Sud d'Emmanuel D'astier de la Vigerie.

3. L'Organisation de la Résistance armée (ORA). C'est l'armée de Vichy, la résistance issue de l'armé de Vichy. Et c'est cette organisation qui a joué le rôle le plus important d'un point de vue militaire. 1500 d'entre les ORA ont rejoint l'armée de Weygand, 4000 ont rejoint les maquis.

 

Kenneth Pendar, dans Le Dilemme France Etats-Unis (Kenneth Pendar était vice consul américain au Maroc pendant la Guerre) écrit au sujet de l''organisation de la Résistance Armée (ORA) :

 

'Tandis que les britanniques poursuivaient cette politique violemment anti-vichyssoise, ils nouaient et renforçaient les relations avec l'Organisation secrète de l'Armée française. J'ai été surpris de découvrir en Afrique du Nord et à Londres quelque chose qui n'a jamais été clairement expliquée, le fait que cette organisation clandestine militaire n'avait aucun rapport avec de Gaulle. Elle fut formée par l'Armée française et commença avant même le jour de l'Armistice. L'Armée sut conserver son propre QG secret, sa propre organisation et ses propres voies de communications avec les britanniques. Ce n'est qu'en 1943 quand les Britanniques décidèrent de faire passer par de Gaulle toutes leurs relations avec la France qu'il y eut quelques contacts officiels entre ces mouvements de résistance et de Gaulle.'

 

 

Pourquoi la résistance s'est ralliée à de Gaulle en 1943 ? Parce que l'Angleterre lui dit : soit vous vous raliez à de Gaulle, soit vous n'avez pas d'armes. Mais de Gaulle n'a créé aucun mouvement de résistance.

 

General-Aubert-Frere.jpg
Le général Aubert Frère, premier dirigeant de l'Organisation de Résistance armée, mort au camp de concentration de Struthof le 13 juin 1944. 

Le premier dirigeant de l'ORA, le général Aubert Frère va se faire attraper par les Allemands et il est mort au camp de Struthof.

 

Le deuxième chef de l'Organisation de la Résistance Armée, le général Verneau, lui aussi est mort en camp, à Buchenwald le 14 septembre 1944.

C'est marrant tous ces collabos qui s'amusent à mourir en camp de concentration. Et je précise que le général Aubert Frère mort au camp de Struthof faisait partie du tribunal militaire qui a condamné à mort de Gaulle par contumace...

 

La résistance communiste. Elle commence après l'invasion de la Russie (en juin 1941.) L'objectif des communistes n'était pas de faire la guerre aux Allemands, c'était de faire une révolution sociale en France, de détruire l'ordre légal en France. Et, d'un point de vue militaire, la résistance des communistes n'a servi à quasiment rien. Le fer de lance de la résistance est l'Organisation de la Résistance Armée.

 

Quand les communistes assassinaient un officier allemand en plein Paris, derrière cinquante otages (français) se faisaient tuer. Ce la ne servait absolument à rien d'un point de vue militaire et de Gaulle lui-même a condamné les attentats. Beaucoup de gens qui à l'époque se sont accaparés l'étiquette de résistant, en réalité n'étaient pas des résistants, mais des volontaires criminels de droit commun.

 

[...] Darlan a relancé l'armée contre l'Axe. Cette armée reconstituée par Weygand à la demande de Pétain... Et Pétain, par télégrammes secrets envoyés par l'amiral Auphan, a validé le choix de reprise des combats militaires contre les forces de l'Axe. Il faut le répéter parce que c'est tellement loin de ce qu'on nous dit."

 

 

 

Extrait :

 

"Le chef de la France combattante, ce n'est pas le général de Gaulle, c'est l'Amiral Darlan.

 

Crusoe---vicissitudes-d-une-victoire.jpgDe Gaulle n'a pas initié non plus le débarquement en Afrique du Nord. Ce qu'il a très mal pris. Il n'en fut même pas au courant et déclara qu'il espérait que Vichy les foutrait à l'eau ! Monsieur Lemaigre Dubreuil a écrit un livre qui s'appelle 'Vicissitudes d'une Victoire' dans lequel il raconte que de Gaulle était hors jeu.

 

Darlan est le dauphin du Maréchal Pétain qui se battait au nom de la 'révolution nationale', ce fameux 'ordre chrétien qui s'oppose aux utopies matérialistes et païennes des pseudos philosophies hitlériennes et fascistes.'

 

Darlan est le légataire de l'héritage spirituel de la France et des traditions françaises. Le 24 décembre il va être assassiné par un ancien membre de l'Action française, un petit jeune manipulé, Fernand Bonnier de La Chapelle, qui travaillait pour l'abbé Cordier qui lui-même travaillait pour Henri d'Astier de la Vigerie qui travaillait pour le comte de Paris.

 

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Général Henri Giraud en 1943

Qui a organisé la mort de Darlan? Darlan crée le haut-Commissariat et le Conseil d'empire. Le comte de Paris voulait prendre la place de Darlan pour faire la réconciliation entre toutes les factions de la résistance, pour peut-être restaurer la monarchie (orléaniste Ndlr.). Darlan n'était pas d'accord. Le 19 décembre 1942, arrive de Londres, François d'Astier de la Vigerie, le frère d'Henri et le frère d'Emmanuel d'Astier de la Vigerie - curieuse famille -. Il rencontre le comte de Paris, noue un accord qui est le suivant : nous gaullistes, nous assassinons Darlan, vous prenez la tête du Haut-Commissariat et vous faites un gouvernement Giraud-de Gaulle avec de Gaulle ministre d'Etat et Giraud aux Armées. Bonnier de la Chapelle assassine Darlan.

Le problème est que le Conseil d'empire ne va pas élire à la tête du Haut-Commissariat le comte de Paris mais Giraud, et en plus les Américains ne voulaient pas de restauration de la monarchie sans que le peuple français l'aient validé démocratiquement. Et de toutes façons là pour le coup, les Américains nous ont rendu un bon service parce que les Orléans je pense que c'est pire que la république... Donc la conspiration gaullo-monarchiste n'a pas fonctionné comme on l'espérait.

 

"De Gaulle a fait un coup d'Etat et il s'accapare des lauriers qui ne sont pas à lui !" (Tepa)

 

"Pétain a soutenu la résistance, de Gaulle n'a initié aucun mouvement de résistance, Pétain a soutenu certains mouvements de la résistance, il en a combattu d'autres - il faut le dire -, qui n'avaient de résistant que le nom.

 

Pétain avait une diplomatie de combat contre l'Axe qui permis de le jeter contre la Russie. Pétain a remis en place une armée capable de combattre les Allemands, qui est repartie au combat (1943). De Gaulle est un pur dictateur.

 

Le principal crime de de Gaulle. En 1944 il arrive au pouvoir, il aurait pu à ce moment-là s'entendre avec Pétain. Pétain lui avait envoyé le fameux Amiral Auphan lui proposer une transmission des pouvoirs. De Gaulle refuse. Il aurait pu reprendre le flambeaux de la Révolution nationale et de l'héritage culturel et spirituel de la France qui revenait sur la 'Révolution française', parce que Pétain voulait faire une république anti-jacobine, une république corporative et familiale. De Gaulle aurait pu valider cela, mais il choisit les cocos, l'anti-France, et la gauche.

 

La droite s'est faite liquider en 1944 avec quelque chose dont on ne parle jamais: l'épuration.

 

De Gaulle laisse faire les cocos et l'épuration qui s'est traduite en gros entre 40 et 100.000 morts. Pendant l'épuration, ce n'est pas des collabos qui se sont faits buter, on a liquidé une 'classe sociale', les notables de droite. 1 million de personnes mises en prison. L'épuration légale condamne à mort 10.000 personnes. Et fut inventé le concept d'indignité nationale qui vous empêchait de travailler. Aujourd'hui, l'ostracisme social par diabolisation, c'est la fille de l'indignité nationale.

 

De Gaulle avait le choix entre la France et l'anti-France, le choix entre l'héritage spirituel de la France et la république des 'lumières' de la gauche, des cocos, il a choisi la république des 'lumières' pour asseoir sa légitimité. C'est un crime contre la France, et si la France s'est ralliée au mondialisme plusieurs décennies plus tard, c'est à cause de cela. De Gaulle a fait perdre un siècle à la France. Parce que la situation où nous sommes là on va s'en sortir car l'instinct de survie nous y poussera. Mais de Gaulle a rétali les 'lumières' que Pétain avait éteint.

 

[...] De gaulle a rétabli la cause du mondialisme qui est les 'Lumières'. L'héritage spirituel de la France est incompatible avec le mondialisme. Et si les élites française se sont données au mondialisme c'est parce que de Gaulle a rétabli les Lumières en 1944. C'est un crime contre l'âmede la France et de Gaulle le savait très bien."


Tepa : "il a fait passer son intérêt avant celui de la France."

 

De Gaulle a été nommé général à titre temporaire : il y a eu un échange de télégramme entre le ministre de la guerre Colson et de Gaulle entre le 18 et le 21 juin. Et comme de Gaulle a refusé de revenir, le président de la république Lebrun l'a rétrogradé colonel.

 

[....] De gaulle a lutté contre les conséquences d'une cause qu'il a rétablie. Le crime de de Gaulle est d'avoir rétabli la république des Lumières, qui est l'anti-France. De gaulle a mis des rustines sur des jambes en bois... Beaucoup de gens aujourd'hui critiquent mai 1968, mais mai 1968 c'est la conséquence de 1944, c'est la conséquence de l'épuration. On ne peut pas critiquer mai 68 si on ne critique pas 1944. Impossible. Et d'ailleurs il y a un lien, 1944 c'est un 1789 bis... Mais cela mérite une émission.

 

Je remercie Meta-Tv parce que sincèrement, à ma connaissance, ce que j'ai dit là, cela n'a pas été dit depuis des décennies."

 

Bravo à Adrien Abauzit. Bravo et merci à Meta-Tv pour cette émission passionnante.

Espérons que d'autres émissions du même type avec Adrien Abauzit soient prochainement réalisées sur Meta-Tv !

 

 

. Régime de Vichy : Adrien Abauzit revient sur la polémique Zemmour / Salamé

. Quand l’Eglise allemande excommunia le nazisme

. Les racines occultistes du socialisme

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Publié par Ingomer - dans Histoire
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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 17:20

La doxa sur Vichy s'effrite de plus en plus... avec des journalistes comme Eric Zemmour et des historiens israélites qui se mettent à défendre Vichy et Pétain.

 

Eric-Zemmour--Le-suicide-francais.jpgEric Zemmour était l'invité de Laurent Ruquier dans "On n'est pas couché", le 4 Octobre 2014.

 

Dans le cadre de la sortie du livre d'Eric Zemmour, "Le suicide français", la journaliste Léa Salamé interroge l'auteur sur un chapitre de son livre critiquant l'historien Robert Paxton qui a écrit en 1973 une "France de Vichy". Elle accuse Eric Zemmour d'"aimer tellement la France" qu'il fait "plus goy que les goy, plus français que les français" en réévaluant, en réhabilitant le régime de Vichy.

 

 

Extrait :  

 

- Eric Zemmour : "Le livre de Paxton a été un livre essentiel pour l'accouchement de notre société et de l'idéologie dominante que vous incarnez tous très bien sur ce plateau."

- Léa Salamé : "Pétain a permis de sauvé des Juifs, c'est cela ?"

- E. Z. : "Que dit Paxton ? Il dit que Vichy est le mal absolu. A la limite, c'est même pire que les nazis. Par rapport aux nazis, ce (Vichy) n'était pas le mal absolu. Ca c'est sûr. Vichy est un régime qui émet des lois antisémites (statut des Juifs, Ndlr.). Paxton dit ce n'est pas sous la pression des Allemands, d'autres disent c'est sous la pression des Allemands. En réalité, Vichy fait un pacte avec le diable, qui négocie avec les Allemands, et qui dit on vous donne les Juifs étrangers - sans savoir jusqu'en 1942 qu'ils seront tous exterminés -, et vous ne touchez pas aux Juifs français. On peut trouver cela horrible; il faut simplement rappeler que dans les autres pays où cela n'a pas été fait, les Allemands ne se sont pas embarrassés, ils ont exterminé tout le monde."

- L. S. : "Ce n'est pas Pétain qui a sauvé des Juifs, c'est la zone libre, c'est les Justes, c'est la société civile, c'est l'Eglise qui a sauvé les Juifs français. Ce n'est pas Pétain."  

- E. Z. : "Ca c'est la doxa dominante."

- L. S. : "C'est Pétain qui a sauvé des Juifs?"

- E. Z. : "Il (Pétain) a sauvé des Juifs français, oui. S'il n 'y avait pas eu les négociations de l'Etat français, tout ce que vous dites n'aurait pas suffi. Les Juifs français ont été sauvés à près de 100%, à 95%."
- L. S. : "Eric Zemmour, pourquoi vous essayez de réhabilitez, vous réévaluez le régime de Vichy?"

- Laurent Ruquier : "C'est dangereux."
Robert-Aron--Histoire-de-Vichy.jpg- E. Z. : "Pas du tout. C'est l'inverse qui est dangereux. Je ne réhabilite rien. Je vous rappelle que le premier livre sur Vichy est le livre (Histoire de Vichy, 1954, Ndlr.) de Robert Aron, un historien (issu d'une vieille famille de la bourgeoisie juive originaire de l'est de la France. Ndlr.) qui disait exactement ce que je viens de vous dire."
- L. S. : "Moi je note en tout cas que parfois j'ai le sentiment chez vous que vous aimez tellement la France, que vous voulez tellement, vous le juif, faire plus goy que goy, faire plus français que français, que vous en arrivez à remettre en cause Vichy, à réévaluer Pétain."
- E. Z. : "Pourquoi me ramenez-vous à mon état de juif? Je pourrai monter sur mes grands chevaux et vous dire que c'est antisémite."

 

Alors que 100% des médias mentionnant le livre d'Eric Zemmour contestent les chiffres avancés par ce dernier concernant la responsabilité de Vichy dans le sauvetage des français de confession juive sous l'occupation, Adrien Abauzit, interrogé par l'Agence Info Libre le 11 octobre, est revenu, au travers d'historiens reconnus pour leurs travaux, sur cette polémique où la rationnalité semble avoir perdu tout ancrage pour laisser place à l'idéologie et l'émotion.

 

Adrien Abauzit pose une question : 95% des français juifs ont-ils survécu à l'holocauste ? Si oui, qui est responsable de ce taux très élevé ?

 

Il pose une autre question : "Si les dirigeants de Vichy ne s'étaient pas opposés à la déportation des Juifs français, qui aurait pu les empêcher ? Qui aurait pu empêcher les Allemands de faire ce qu'ils ont fait partout ailleurs en Europe ? Qui et comment ?"

 

 

Extrait :

 

"Ce qui a été reproché à Eric Zemmour c'est d'avoir prétendu que Pétain avait sauvé des Juifs."

 

Adrien Abauzit cite d'autres historiens que Robert Paxton.

 

Il cite d'abord  Léon Poliakov :

 

Leon-Poliakov--Le-Breviaire-de-la-Haine.jpg"Le premier historien (L. Poliakov) qui a traité du génocide juif, dans son livre Le Bréviaire de la haine. Quelle est sa conclusion sur la France ? Poliakov nous dit ceci : 'Du sort relativement plus clément des Juifs de France, Vichy fut en fait le facteur prépondérant. En ce qui concerne la Solution finale, la position de Vichy était essentiellement déterminée par les vues de Pierre Laval dont la politique paraît avoir été guidée par le schéma suivant : "se débarrasser des Juifs étrangers, mais protéger autant que possible les Juifs français des deux zones.'"

 

Donc Poliakov nous dit, explique A. Abauzit, que Vichy est à l'origine de la protection des Juifs français et donc du taux de survie des Juifs français.

 

Raoul-Hilberg--La-Destruction-des-Juifs-d-Europe.jpgUn autre historien est allé dans ce sens, c'est  Raoul Hilberg, dans son livre La Destruction des Juifs d'Europe : '[....] Quand la pression allemande s'intensifiait en 1942, le gouvernement de Vichy se retrancha derrière une seconde ligne de défense. Les Juifs étrangers et les immigrés furent abandonnés à leur sort et on s'efforça de protéger les Juifs nationaux. Dans une certaine mesure, cette stratégie réussit. En renonçant à épargner une fraction, on sauva une grande partie de la totalité.'"


Adrien Abauzit cite ensuite Robert Aron et son livre "Histoire de Vichy" (cité par Eric Zemmour. Ndlr.) qu'il recommande : "Même s'il n'a été écrit que dix ans après la chute de Vichy, il a un recul historique assez important, des conclusions très pertinentes qui sont assez différentes de celles de la doxa actuelle. [...] Il (Robert Aron) arrive à la même conclusion, à savoir que Vichy a sauvé des Juifs français." 

 

Marc Ferro, PétainAdrien Abauzit dit qu'il aurait également pu citer l'historien  Marc Ferro, "qui a fait une biographie de Pétain où, à mots couverts, il arrive à une conclusion sensiblement identique."

 

Alain-Michel--Vichy-et-la-Shoah--Enquete-sur-le-paradoxe-f.jpgEnfin, dernier livre qu'Adrien Abauzit cite, sorti au printemps 2013, le livre d' Alain Michel, "Vichy et la Shoah". Alain Michel est un "historien israélien d'origine française et qui est rabbin de son état". Alain Michel conclut : "Vichy est certes criminel, mais il est l'élément principal qui explique comment 75% des Juifs de France ont survécu, même si biensûr, comme nous venons de le montrer, il n'est pas l'élément unique qui explique ce résultat." Alain Michel dit aussi des dirigeants de Vichy : "que leur action ait eu finalement des conséquences plus positives que négatives, cela nous semble également une affirmation raisonnable."

 

Adrien Abauzit conclut en expliquant que "c'est l'existence de la zone libre qui a permis de créer les conditions matérielles et logistiques de la Résistance."

 

Enfin, à propos de l'accusation de Léa Salamé contre Eric Zemmour d'"aimer tellement la France" qu'il fait "plus goy que les goy, plus français que les français", Adrien Abauzit explique que  "l'antiracisme aboutit à des mécaniques intellectuelles identiques au racisme, c'est-à-dire qu'on essentialise des groupes d'individus et on considère qu'en raison de cette appartenance culturelle ces individus doivent avoir un certain prêt-à-penser."

 

 

. Adrien Abauzit : sortir la France de la matrice républicaine

. Adrien Abauzit : Décodons la matrice sur la Libre Antenne de MetaTV

. Le choix est simple : l’immigration ou la France (Adrien Abauzit)

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 07:13

"La Révolution aura fait reculer la législation sociale de trois-quarts de siècle". René Sédillot (1906-1999), historien.

 

Les ouvriers ont été envoyés par charrettes entières à la guillotine...

 

Les "décapitations [...] concernent pour 28% des paysans, pour 31% des artisans et des ouvriers, sans doute pour plus de 20% des marchands ... 8 à 9% des nobles, pour 6 à 7% des membres du clergé..." (René Sédillot,  Le Coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1984, p. 24.)

 

Près de 80% étaient des petites gens.

 

 

 

La Révolution continue son oeuvre de destruction. Tout ce qui, de près ou de loin, nous est cher, est détruit systématiquement par la république.

 

Méditez-bien cette phrase. Regardez autour de vous. Dans la vie de votre commune, dans votre milieu professionnel, dans les écoles. Dans tout, petit à petit des pans entiers de notre pays s'écroulent.

 

La république n'assure plus ni la sécurité de ses citoyens, ni le respect de ses citoyens, ni leur donne du travail. On délocalise à tours de bras à l'étranger pour gagner un peu plus d'argent. C'est d'ailleurs intéressant de voir qu'un certain patronat avec le main sur le coeur des droits de l'homme, la liberté, l'égalité, la fraternité, n'a pas de complexe pour envoyer ses usines dans des pays du Tiers-monde où les gens sont payés d'un bol de riz et d'un coup de pompe au derrière. C'est ce qu'on appelle pour eux l'égalité et les droits de l'homme...

 

Source: http://www.actionroyaliste.com/

 

. La république a menti

. Les origines du vrai combat social en France

. Comprendre les Lumières : La loi Le Chapelier, aux sources de la prolétarisation du monde ouvrier (Marion Sigaut)

. Francophonie et frères d’Alliance

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 07:11

 

 

Bien avant le Front populaire, les royalistes et catholiques sociaux n'ont eu de cesse de s'acharner pour soulager la misère ouvrière qui sévissait depuis la révolution de 1789.
Lois et propositions de loi sont là pour prouver à quel point les royalistes furent à la pointe du combat social face aux républicains de droite comme de gauche qui eux n'ont eu de cesse de rejeter ces lois au nom de leurs idéologies respectives...

Les hommes qui sont présentés dans cette vidéo, n'ont pas tous leurs noms dans nos rues. Et pourtant tout comme nos rois ils furent populaires et soulagèrent la misère. A la différence de ce que nous voyons souvent, ils œuvrèrent dans un esprit chrétien, de charité et de justice social sans aucun intérêt ni soucis idéologique ne cherchant pas à manipuler le monde ouvrier en vue d'agitation ou de révolution.
Tous sociaux parce que royalistes, le sens du devoir social dicté par des convictions bien ancrées, l'application directe dans la rue et la ténacité pour les passer en loi.


 

. C'est la droite légitimiste et traditionaliste qui la première prend la défense des travailleurs

. René de La Tour du Pin : "La liberté de l'industrie, telle que l'entend notre législation libérale, c'est la liberté des voleurs et l'emprisonnement des honnêtes gens"

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