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Christ Roi

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24 septembre 2015 4 24 /09 /septembre /2015 19:19
Louis XIV - Roi de France, 1661 - Charles Le Brun - Jean de La Varende, Louis XIV, Éditions France-Empire, Paris 1958 - Château de Versailles

Louis XIV - Roi de France, 1661 - Charles Le Brun - Jean de La Varende, Louis XIV, Éditions France-Empire, Paris 1958 - Château de Versailles

Lettre ouverte à Louis XIV. Marie-Françoise Ousset, Guide-Conférencière de la Ville de Paris, fille du grand Jean Ousset, vient de nous faire parvenir sa "lettre ouverte à Louis XIV" à l'occasion du tricentenaire de sa mort. (Source: Lys de France Nicolas Chotard)

 

LETTRE OUVERTE A LOUIS XIV

Pour le 300ème anniversaire de sa mort

Cher Louis XIV,

 

Peut-être avez-vous été un peu contrarié de la manière dont la télévision a parlé de vous en ce premier septembre 2015. Bien sûr il y eut de magnifiques photos de Versailles mais, comme vous avez pu le constater, « la 2 » vous a fait passer une fois de plus pour un despote à la fois léger et cruel et s’est complu à évoquer l’homosexualité de votre frère, vos maîtresses, la licence des mœurs à la cour, les dragonnades, votre fistule mal placée, la gangrène de votre jambe. Elle a même déclaré péremptoirement que aviez inventé la perruque car vous étiez chauve (ce qui est complètement faux : votre père en portait déjà une et lança la mode en 1620 !). Comme cadeau d’anniversaire, c’était plutôt raté !

Ce n’est tout de même pas pour votre fistule que l’Europe entière a eu les yeux tournés vers vous, que l’empereur de Chine Kangxi essaya de vous ressembler en portant une perruque comme la vôtre, que votre siècle fut appelé « le Grand Siècle », qu’il fut même appelé « le siècle des saints » (il faut dire que St Vincent de Paul vous avait précédé !). Et si les ambassadeurs du Siam se sont prosternés devant vous, ce ne fût tout de même pas pour voir de plus près votre pied gangréné ! Votre règne avait été le plus brillant du monde ! 3 rois seulement en Europe ont été qualifiés de « Grand » : vous, Louis de Bourbon mort en 1342 et Louis 1er de Hongrie. Vous aviez reconstitué la France et, lorsqu’on annonça votre mort à la cour de Frédéric 1er, roi de Prusse il fut seulement dit : « Le roi est mort ». Tout le monde comprit qu’il s’agissait de vous et pas d’un autre roi. Vous les aviez tous éclipsés.

Pour vous consoler un peu, cher Louis XIV, permettez-moi donc de vous dire que beaucoup en France ont appris à vous aimer grâce à de nouveaux et très bons historiens.

Certes, vous avez un peu trop vite déclaré la révocation de l’Edit de Nantes, fait démolir les murs de Port-Royal des Champs mais nous savons que l’homme dur du régime fut Louvois. Les dragonnades c’est lui et lorsque vous avez appris les horreurs qu’il avait commises, vous avez devant lui jeté votre canne par la fenêtre en lui disant : « Autrement, je vous la cassais sur le dos » Il est vrai pourtant que les exactions ont continué. Mais on oublie de dire dans nos médias que le midi avait été mis à feu et à sang de 1621 à 1629 par les protestants. (F. Bluche).

Au lieu de donner une fois de plus la parole à ce Michel de Decker, toujours frétillant de joie lorsqu’il s’agit de raconter les petites bassesses des grands ; au lieu de couper trop vite la parole à l’excellent historien Jean-Christian Petitfils, la TV aurait pu rappeler que vous avez mis fin à 40 années de trouble ; vous avez laissé la France plus prospère, plus peuplée, mieux armée qu’elle ne l’était au début de votre règne. Vous avez aidé Vauban à construire, autour de la France, ce qu’il a appelé sa « ceinture de fer ».Vous avez reconstituée une force navale : de 9 vaisseaux de ligne en 1660, il y en eût 220 en 1680 dépassant ainsi de 45 unités la Royal Navy (Bluche). La France a pu ainsi mieux se protéger contre « les incursions continuelles des algériens sur les côtes du Languedoc et de la Provence… » car « il n’y avait personne qui n’eut à pleurer un parent massacré, un ami esclave ou une famille ruinée » (Cal Maury).

Vous avez acheté Dunkerque à l’Angleterre, vous vous êtes emparé facilement de Lille. Vous avez tenu tête à une quadruple alliance contre la France : Espagne, Autriche, Angleterre, Pays-Bas. Bien loin de parader au château de Versailles, vous fûtes un homme de terrain, inspectant les remparts, les bastions, inaugurant des canaux surveillant les travaux.

Pour cet anniversaire, la télé aurait pu citer la lettre que le nonce apostolique écrivit à Rome dès votre décès : « (Louis XIV) avait le talent de gagner le cœur de tous ceux qui avaient l’honneur de l’approcher…grande rapidité pour débrouiller les affaires les plus compliquées… il a fait fleurir l’ordre d’un bon gouvernement et étendu les sciences et les arts à travers tout le royaume ». Bien sûr, certains diront : c’est un prêtre et un ambassadeur, il se doit d’être indulgent et élogieux. Mais pourquoi alors n’a-t-on pas cité le très anticlérical Voltaire qui, dans son « Siècle de Louis XIV », reconnait que les amusements de la cour « étaient de perfectionner le goût, la politesse et… de faire des français la nation la plus policée du monde ». Ce Voltaire qui contribua beaucoup à la Révolution Française, écrit également : « Louis XIV (…) fit voir qu’un roi absolu qui veut le bien, vient à bout de tout sans peine. Il n’avait qu’à commander, et les succès dans l’administration étaient aussi rapides que l’avaient été ses conquêtes. C’était une chose véritablement admirable de voir les ports de mer, auparavant déserts, ruinés, maintenant entourés d’ouvrages qui faisaient leur ornement et leur défense, couverts de navires et de matelots… de nouvelles colonies, protégées par son pavillon, partaient de tous côtés pour l’Amérique ».

A ce propos bien peu savent que le mot « Louisiane » vient de Louis XIV et que le fleuve Mississippi s’appelait à l’époque « le fleuve Colbert ». Mais si vous avez eu, cher Louis XIV, des comptoirs, jamais vous n’avez voulu la mondialisation. Lorsqu’on vous a proposé être roi dans les Balkans, vous avez refusé (F. Bluche).

La TV aurait pu citer aussi le Mal de Berwick parlant de vous : « Il était l’homme de son royaume le plus poli … depuis la monarchie vous ne trouverez roi plus humain » « Il n’avait de fier en lui que l’apparence… dès qu’on voulait lui parler, son visage se radoucissait et il avait l’art de vous mettre à l’instant en pleine liberté avec lui. »

La TV aurait pu tout simplement vous donner la paroleciter les sages recommandations que vous avez écrites à votre petit fils, le roi d’Espagne. Citer aussi vos mémoires dans lesquelles vous expliquez que, si vous avez pris le soleil pour emblème, c’est par « le bien qu’il fait en tout lieu prodiguant sans cesse de tous côtés la vie, la joie et l’action » ou encore : « C’est par le travail qu’on règne. Il y a de l’ingratitude et de l’audace à l’égard de Dieu, de l’injustice et de la tyrannie à l’égard des hommes de vouloir l’un sans l’autre » ;

Certes, l’émission a montré que vous étiez un excellent danseur mais on aurait pu rappeler aussi que, sous votre règne, Pierre Beauchamp a eu l’idée de codifier les pas de danse et que, lorsqu’il s’agit de danse classique, encore de nos jours, on emploie des mots français dans le monde entier. On dit « échappée battues » ou « sauts de chat » à New-York comme à Pékin.

Il ne fallait pas, bien sûr, s’attendre à ce que «  la 2 » ait le courage de dire ce que Philippe Erlanger (haut-fonctionnaire et écrivain) a calculé, à savoir qu’en comptant les deux Trianons, sur un demi-siècle, Versailles n’a pas coûté plus cher qu’un porte-avion modernequ’il a coûté le prix du déficit de l’exposition universelle de Léon Blum en 1936 ou encore à peu près le prix d’une campagne électorale d’un Président de la République ! Cela aurait été pourtant amusant !

Heureusement, les images parlent mieux que les mots et les contredisent parfois. On a pu se demander, pendant cette émission, pourquoi un roi aussi despotique que vous, qui avait été entouré parfois à Versailles de 36.000 ouvriers (F. Bluche), avait voulu un château sans douve, sans protection avec, au rez-de-chaussée, uniquement des portes-fenêtres. Comment dit-on portes-fenêtres en anglais ? French windows.

On a pu se demander pourquoi un obsédé sexuel avait fait réaliser un jardin qui parle avant tout à l’intelligence jamais aux sens : pas de banquettes pour s’allonger, presque pas de bancs pour s’asseoir, pas de coins d’ombre, pas de salon de verdure pour se mettre à l’abri des regards indiscrets. On s’est demandé surtout comment « la 2 » avait pu dire que la ménagerie de Versailles ressemblait à un phallus alors que les gravures nous la montre octogonale entourée de cours en éventail pour les différents animaux.

Pour les jeunes qui n’aiment pas la France car ils ne la connaissent pas, on aurait pu montrer vos côtés anti-conformistes. Cela aurait changé un peu ! Leur dire, par exemple que vous fûtes toujours plus passionné par votre jardin que par l’intérieur de votre château. Que, voulant tout comprendre par vous-même, on vous a vu prendre les cisailles du jardinier pour couper des ifs à Versailles, que votre meilleur ami a sans doute été le jardinier André Le Nôtre. Vous le convoquiez tous les matins. Il osait vous embrasser et lorsqu’il fut très âgé, vous l’avez vous-même promené dans sa chaise roulante.

Pourquoi ne parle-t-on jamais de votre amour des enfants ? S’il y a autant de « marmousets » dans le parc de Versailles, c’est sur vos recommandations. Vous aviez peur qu’on y mette toujours plus de statues grecques. Nous avons conservé votre lettre disant « je veux de l’enfance répandue partout » et, à l’intérieur du château, c’est vous qui avez demandé, pour le « salon de l’œil de bœuf », une frise représentant des enfants. C’est d’ailleurs en allant voir les vôtres que vous avez fait la connaissance de Mme de Maintenon. Vous l’avez épousée à l’âge de 45 ans et vous lui êtes resté fidèle jusqu’à votre mort à 77 ans. Elle était pieuse, bigote dit-on à l’encan, mais vous n’avez pas eu peur d’épouser une femme qui était née à la prison de Niort car son père criblé de dettes y était emprisonné ; une femme qui eut une jeunesse misérable avant d’épouser le poète grabataire Scarron. Elle vous a peut-être dit que, pour gagner un peu d’argent, elle nourrissait en foin des chevaux et a même gardé des dindons …avant de garder les enfants que votre Majesté a eus de la Montespan ! (Cal Maury)

Si on avait voulu rétablir la vérité et sortir des poncifs on aurait pu dire tellement d’autres anecdotes amusantes qui vous auraient rendu plus familier à tous !

Vous avez été un grand roi peut-être parce que vous avez su écouter et regarder. Ecouter car dès votre plus jeune âge, Mazarin tenait à vous faire participer au Conseil. Et vous avez écrit dans vos mémoires que vous étiez heureux lorsque vous constatiez que les ministres prenaient la décision que vous aviez choisie dans votre petite tête d’enfant. Vous aviez une oreille excellente, ce qui vous a permis de choisir pour la cour les meilleurs musiciens de votre royaume : Campra, Lully Delalande. Vous aviez également un regard extraordinaire, « insoutenable » même a-t-on pu dire qui vous a permis de reconnaître autant les grands génies de votre époque qu’une erreur sur un champ de bataille, un défaut dans une statue, une dissymétrie dans les fenêtres du Grand Trianon ou dans la hauteur d’un jet d’eau.

Cher Louis XIV, merci pour la beauté que vous avez donnée à la France dans tous les domaines. Merci de nous avoir rendus fiers de notre pays. Vous saviez, sans doute, qu’aucune civilisation ne se détruit du dehors sans s’être détruite de l’intérieur.

Alors s’il vous plait, cher Louis XIV, là où vous êtes maintenant, au Paradis, faites-vous présenter un homme que vous apercevez sans doute au loin, dans le groupe des gens qui auraient donné leur vie pour sauver la France. Il a nom Jean Ousset. Vous devriez vous entendre avec lui. Dans votre brochure « Manière de montrer les jardins de Versailles », vous dites souvent : « il faut faire une pause pour considérer les fontaines, les bas-reliefs…les vases, les statues ». Vous employez pudiquement le terme « considérer » qui laisse entendre qu’il faut regarder attentivement et non pas vouloir admirer ou détester trop vite. Vous dites aussi très souvent dans cette brochure « on en fera le tour… on en fera le demi-tour ». Avec d’autres mots, Jean Ousset disait la même chose : « Il faut qu’une statue tourne, il faut tourner autour de l’œuvre d’art ».

Alors, avec lui, priez pour la France, dites à Jeanne d’Arc qu’elle vienne, d’une manière ou d’une autre, sauver la France une fois encore. Elle en meurt d’envie, elle, qui voulait tant continuer à se battre ! Son cœur est toujours ici, quelque part au fond de la Seine. Si Dieu n’a pas voulu qu’il brûle, vous pensez bien que ce n’est pas pour qu’il soit avalé par un poisson ou qu’il parte dans la Manche se rapprochant ainsi des côtes anglaises ! Son cœur est toujours chez nous, dans la Seine, c’est évident. Peut-être le retrouvera-t-on un jour.

Merci d’avance de tout ce que vous pourrez faire encore pour nous et veuillez agréer, cher Louis XIV, l’expression de ma respectueuse admiration.

 

Marie-Françoise OUSSET

Humour !

 

Le tricentenaire de la mort de Louis XIV coïncidait avec la rentrée scolaire et son nouveau programme d'histoire dans lequel le Roi-Soleil a disparu.
Sur les réseaux sociaux, cet événement a été relayé avec humour   

Lettre ouverte à Louis XIV

Source: Lys de France (Nicolas Chotard)

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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 11:13

Les coupeurs de têtes de l'Etat islamique ont de glorieux ancêtres :

Devoir de mémoire: 17 septembre 1793, Promulgation de la loi des suspects

17 septembre 1793, Promulgation de la loi des suspects qui inspirera les lois staliniennes.

Durant l'année qu'à durée la Terreur, 500 000 suspects ont été arrêtés et 300 000 de plus furent placés en résidence surveillée. [1]

 

Source: Louis XX facebook

(En 1793) Quand le peuple s'est soulevé pour secouer le joug de ceux qui avaient mis à bas le roi et l'Eglise, on les a massacrés.

Marion Sigaut, Auxerre, mars 2013

Notes

 

[1] Jean Tulard, in Histoire et Dictionnaire de la Révolution française.

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13 septembre 2015 7 13 /09 /septembre /2015 22:12

Le côté épique, chevaleresque marqua encore Marignan comme le dernier épisode d'une chanson de geste.

Louis Fontaine, Le Sang et la Gloire, Des hommes et des batailles qui ont fait la France, Editions de Paris 2003, p. 199.

La Bataille de Marignan, Fragonard

La Bataille de Marignan, Fragonard

La bataille de Marignan, les 13 et 14 septembre 1515 marque une victoire de l'artillerie française supérieure qui commence à jouer un rôle déterminant dans la conduite des guerres. Décrite par les contemporains comme une victoire du Chevalier de la Croix, un nouveau Constantin, grâce au Maréchal de La Palice (qui donnera naissance, bien malgré lui, aux lapalissades) [1] et du Chevalier Bayard qui adoube chevalier François, à 20 ans, sur le champ de bataille.

 

Les Suisses étaient de rudes soldats et François Ier put être fier de les avoir mis en fuite, après une bataille de 2 jours. Il y gagna une ré-annexion éphémère du Milanais (jusqu'en 1522), et une réconciliation avec le pape à Bologne : le premier Concordat (1516) qui durera jusqu’à la Révolution de 1789. Le roi seul a autorité pour désigner les évêques et les abbés dans son royaume. Charge au pape ensuite de les confirmer. Ceci constituait une infraction au principe de la liberté religieuse de l'Eglise et, de ce point de vue, plaçait l'Eglise de France sous la tutelle du roi, dans une situation guère différente de celle d'aujourd'hui. [2] Les évêques ne dépendaient désormais que d'eux-mêmes et se montraient très solidaires. C'est le début de l'esprit gallican de l'Eglise-qui-est-en-France, qui reconnaît le pape mais n'applique pas son magistère.

 

Le roi de France gagna aussi l’estime de ceux qu’il avait battus avec une Paix perpétuelle qui fut signée à Fribourg avec les cantons suisses en 1516. De part et d’autre, exemple presque unique dans l’histoire, le pacte a été observé, jamais cette paix ne s'est trouvée rompue. Les Suisses se mêleront même au service des rois de France jusqu'à la Révolution française. Marignan est l'acte fondateur de la légendaire neutralité suisse.

François Ier armé chevalier par Bayard, par Louis Ducis, 1817

François Ier armé chevalier par Bayard, par Louis Ducis, 1817

Le roi-chevalier

 

Avant de l'adouber Bayard proteste !

 

- Sire, celui qui est couronnée et oint de l'huile sainte, Roi d'un tel royaume et Fils aîné de l'Eglise est par lui-même le premier des chevaliers !

 

Mais sur l'insistance de François, il sort son épée et, alors que le roi porte encore sa cotte de fer, Bayard l'adoube en le frappant à l'épaule droite du plat de son arme :

 

- Pour quels motifs désirez-vous entrer dans l'ordre ?

- Pour le service de Dieu, la défense de la veuve et de l'orphelin.

 

Le relevant, Bayard alors embrasse son souverain. Désormais pour l'Histoire et jusqu'à nos jours, François Ier restera le roi-chevalier.

 

La bataille

 

En quelques jours, il lui fait franchir les Alpes au col de Larches. Exploit remarquable pour l'époque avec une telle armée équipée d’une formidable artillerie de 120 pièces. L’artillerie est l’atout numéro un, c’est la première d’Europe. Il arrive devant Milan avec toute son armée, ses adversaires négocient. Le roi pense avoir satisfaction sans combattre. Brusquement le 13 septembre, les Milanais sortent de la ville et enfoncent l’armée royale. Le plus gros de leurs troupes est formé de la meilleure infanterie du monde, celle des Suisses, qui louent leurs services comme mercenaires. Ces derniers attaquent les lansquenets bavarois qui protègent l'artillerie. Les trois carrés de piquiers (7 000 à 8 000 hommes par carré) les font plier mais le roi vient les soutenir. Le chevalier Bayard, se bat avec une grande bravoure. Son cheval est tué sous lui. Il se remet en selle aussitôt ; les brides sectionnées, sa seconde monture s'emballe et l'entraîne vers les rangs suisses. Mais il se sauve à temps et regagne son camp à travers les vignes. Les troupes tiennent jusqu'à minuit, puis le combat s'arrête. Au petit matin du 14, le combat reprend. L'artillerie française commandée par le sénéchal d'Armagnac fait des ravages mais l'aile gauche de l'armée du roi commandée par le duc d'Alençon, fléchit. L'arrivée des renforts vénitiens alliés des Français ont raison des Suisses. Ils quittent le champ de bataille de Marignan, abandonnant 20 000 morts et prisonniers. François Ier est fait chevalier sur le champ de bataille par Pierre du Terrail, seigneur de Bayard. Le Milanais est reconquis. La ligue des princes italiens se défait.

 

La bataille de Marignan, à l'aube du règne de François Ier, est devenue un symbole de la gloire du roi. [4]

François Ier est ce monarque emblématique de la Renaissance française qui est le fil conducteur de cette création, qui porte le nom donné par les italiens aux troupes françaises durant les guerres d’Italie : « Furia Francese ».

Louis XII et Anne de Bretagne laissèrent un héritage musical très riche à François Ier. En 1515, la Cour de France possèdait de solides institutions musicales qui seront renforcées par ce nouveau roi qui y vit un outil politique indispensable pour présenter au monde la grandeur et la puissance de sa cour.

 

Par sa victoire à la bataille de Marignan François va acquérir renommée et gloire dès le début de son règne, et impulser à la cour de France un nouvel élan artistique et intellectuel. [5]

 

Sous François Ier, la France échapera à l'hégémonie de l'Empire germanique. [6]

Notes

 

[1] http://www.herodote.net/13_septembre_1515-evenement-15150913.php

[2] Depuis 1921 le Vatican consulte le gouvernement français sur les nominations d'évêques. (Sébastien Gué, La France et ses relations avec le Saint-Siège, 1958-1969, Relations internationales 2/2005, n° 122, p. 33-46). Le nonce apostolique à Paris soumet les nominations d'évêques de plein droit, et d'évêques coadjuteurs au ministère des affaires étrangères... Toutefois, les objections du gouvernement ne peuvent avoir qu'un caractère politique et non religieux.

[3] Louis Fontaine, Le Sang et la Gloire, Des hommes et des batailles qui ont fait la France, Editions de Paris 2003, p. 198-199.

[4] http://www.histoire-france.net/batailles/marignan

[5] http://lebanquetduroy.com/programmes/...

[6] Jacques Bainville, Histoire de France.

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 13:19

Mis à jour le 5 octobre 2015.

300e anniversaire de la mort de Louis XIV

Louis XIV, Roi de France et de Navarre, Louis le Grand, roi guerrier, le Roi-Soleil, protecteur des Arts, est né le 5 septembre 1638 à Saint-Germain-en-Laye et est mort le 1er septembre 1715 à Versailles. Son règne de 72 ans est le plus long de l’Histoire de France. Il est l'un des plus longs d’Europe, avec celui de François-Joseph de Habsbourg et, peut-être, si Dieu lui prête vie, avec celui d’Élisabeth II.

Nous commémorons cette année le tricentenaire de la mort du Grand Roi.

Comme l'explique Georges Michel,

 

"Louis XIV n’avait que cinq ans lorsqu’il devint roi, mais il assuma en outre le pouvoir personnellement durant 54 années, presque onze quinquennats… Osons un anachronisme et imaginons un souverain qui serait monté sur le trône en 1943 et mourrait cette année après avoir dirigé d’une main ferme le pays de 1961 à nos jours. Cela est évidemment inconcevable. Réalise-t-on, par exemple, que durant ces 72 ans, de 1943 à 2015, une petite cinquantaine de ministres de la Justice se sont relayés place Vendôme quand Louis XIV, au cours de son règne, ne connut que cinq chanceliers de France ?" [1]

Cette comparaison montre un des avantages principaux de la monarchie : la continuité dans une politique à long terme (hormis les plans maçonniques qui sont, eux, prévus sans concertation et sans association, à long terme, la république change de politique à chaque nouvelle mandature...) et donc les économies budgétaires substantielles que permet la monarchie. Aujourd'hui par exemple, il a été calculé que sur dix ans, la Couronne britannique coûte 390 millions d'euros, soit moins d’un tiers du coût d'un président en France. Un rapport confidentiel de l'Inspection Générale de l'Administration (IGA) a même révélé, selon Le Parisien, que la "démocratie" a "un coût important" pour une efficacité politique "limitée" et que le "dispositif d'organisation des élections" "ne facilite pas la participation à la vie démocratique". [2]

 

 

 

 

La démocratie a un coût important pour une efficacité politique limitée (Le Parisien, 20 novembre 2014) Source : http://www.leparisien.fr/flash-actualite-politique/presidentielle-et-legislatives-de-2012-l-organisation-a-coute-604-millios-d-euros-20-11-2014-4307443.php

La démocratie a un coût important pour une efficacité politique limitée (Le Parisien, 20 novembre 2014) Source : http://www.leparisien.fr/flash-actualite-politique/presidentielle-et-legislatives-de-2012-l-organisation-a-coute-604-millios-d-euros-20-11-2014-4307443.php

Le pouvoir sous la monarchie française est conçu du haut en bas de la société [3], comme un service dont le détenteur (le roi) est le gérant, cependant que dans la république, la toute puissance théorisée du pouvoir du peuple n'est jamais qu'un transfert de pouvoir à une une oligarchie dont le but est de se servir.. Voilà, notamment, pourquoi je suis royaliste !

 

«  Cette façon louis-quatorzienne de sans cesse inviter à servir, suivre le détail des services, honorer les bons serviteurs, permet de tenir en haleine ou faire rivaliser de zèle tous ceux dont l'Etat a besoin. Les souverains étrangers admirent et envient le résultat obtenu, qui fait de Louis XIV le monarque le mieux obéi (le plus bravement et le plus intelligemment) de l'Europe. » [4]

300e anniversaire de la mort de Louis XIV

Le roi est "facile d'accès".

 

 

"S'il est un caractère singulier de cette monarchie, écrit Louis XIV lui-même, c'est l'accès libre et facile des sujets au prince"; et, dans ses célèbres Instructions pour le Dauphin: "Je donnai à tous mes sujets sans distinction la liberté de s'adresser à moi, à toute heure, de vive voix et par placets." (Louis XIV, cité in F. Funck-Brentano, Membre de l'Institut, Ce qu'était un Roi de France, Librairie Hachette 1940, p. 110)

 

"Le roi de France - écrit en 1603, l'ambassadeur vénitien Angelo Badoer, - quand il est en représentation, donne une plus haute idée de sa grandeur que ne le fait le roi d'Espagne; mais, hors d'apparat, il est le monarque le plus affable du monde." 

"Cette grande familiarité, note Michel Suriano, rend, il est vrai, les sujets insolents, mais aussi fidèles que dévoués..." Opinion que confirme Robert Dallington, Secrétaire de l'Ambassadeur anglais auprès de Henri IV :

 

"Les rois de France sont affables et familiers - plus qu'il ne convient, écrit le diplomate anglais; mais c'est la coutume du pays." (F. Funck-Brentano, Membre de l'Institut, Ce qu'était un Roi de France, Librairie Hachette 1940, p. 109.)

 

L'historien Funck-Brentano écrit encore dans L'Ancien Régime, qu'"on entrait dans le palais du roi comme dans un moulin" :

 

"En leurs célèbres dépêches, les ambassadeurs vénitiens constatent que nulle personne n'est exclue de la présence des monarques français et que les gens de la classe la plus vile pénètrent à leur gré dans les pièces du caractère le plus intime, au point dit l'Italien, que quand on veut traiter avec le prince d'une question importante, il faut parler à voix basse pour ne pas être entendu.

 

"C'est ainsi que s'exprime, en 1561, Michel Suriano. Il ajoute: "Les Français ne désignent pas d'autre gouvernement que leur Roi. De là vient l'intimité qui règne entre le monarque et ses sujets. Il les traite en compagnons".

 

"En 1577, un autre ministre vénitien Jérôme Lippoùano: "Pendant le dîner du roi de France, presque tout le monde peut s'approcher de lui, et lui parler comme il le ferait à un simple particulier".

 

"On entrait dans le palais du roi comme dans un moulin. Les étrangers ne cessent pas d'en exprimer leur surprise...

 

"J'allais au Louvre, écrit Locatelli en 1665, 'Je m'y promenai en toute liberté, et traversant les divers corps de garde, je parvins enfin à cette porte qui est ouverte dès qu'on y touche, et le plus souvent par le roi lui-même. Il vous suffit d'y gratter et l'on vous introduit aussitôt. Le roi veut que tous ses sujets entrent librement'. [5]

 

Une cohue turbulente et bruyante de gens de toutes sortes de conditions

 

"La maison du roi devenait une place publique. Le premier venu s'y comportait librement. Un chacun y était chez lui... C'était, du matin au soir, une cohue turbulente et bruyante de gens de toutes sortes de conditions" (Frantz Funck-Brentano, L'Ancien Régime, Les Grandes études Historiques, Librairie Arthème Fayard, Paris 1926, p. 239).

 

La demeure royale reste ouverte à tout venant

 

"Il en fut d'ailleurs au palais de Versailles comme à Paris. La demeure royale reste ouverte à tout venant.

 

"'Nous passâmes, écrit Arthur Young qui en est tout surpris, à travers une foule de peuple et il y en avait plusieurs qui n'étaient pas trop bien habillés'" (Frantz Funck-Brentano, L'Ancien Régime, Les Grandes études Historiques, Librairie Arthème Fayard, Paris 1926, p. 240).

 

Versailles finissait par être envahi par des mendiants

 

"[...] le palais de Versailles finissait par être envahi par des mendiants qui y accrochaient le monde et tendaient la main comme dans la rue" (Frantz Funck-Brentano, ibid., p. 240).

 

Il était facile de souper avec Sa Majesté

 

"Un Allemand, le docteur Nemeitz, écrit de son côté: 'Il était facile de voir souper Sa Majesté. Elle recevait à table toute sa famille et, à moins qu'il n'y eût déjà trop de monde, ce qui arrivait parfois, on était admis... D'ailleurs on pouvait toujours être admis quand on arrivait de bonne heure ' Fréquemment, entre le roi et les assistants, les gens du peuple, la conversation s'engageait, toute familière. On en trouve trace dans les lettres de Mme de Sévigné] et dans les Mémoires de Saint-Simon.

 

"Le public était plus particulièrement admis au "grand couvert" qui avait lieu régulièrement tous les dimanches et - ce qui est à noter - les jours de fêtes dans la famille royale. Celle-ci se trouvait alors réunie tout entière, y compris les princes du sang. Louis XIV s'astreignit à dîner en public jusqu'aux derniers jours de sa vie, jusqu'au 24 août 1715 - il devait mourir le 1er septembre..." (Frantz Funck-Brentano, ibid., p. 241).

 

"Sous Louis XV, les Parisiens, les provinciaux viendront assister au repas du roi pour admirer sa prestance, son élégance, mais plus encore son adresse à faire sauter le haut de la coque d'un oeuf, prestement du revers de sa fourchette!

 

"Attention! le roi va manger son oeuf!"

 

"[...] Au dessert, le roi offrait à toutes les dames présentes des fruits et des glaces. En 1772, une jeune Genevoise, Rosalie de Constant, vient assister au grand couvert. 'On offrit écrit-elle, les glaces du dessert aux dames qui étaient là pour voir. Je les trouvai bien bonnes' (Frantz Funck-Brentano, ibid., p. 241).

On avait organisé des manières d'omnibus pour transporter à Versailles les Parisiens qui désiraient aller voir le monarque

 

"Pour transporter à Versailles les Parisiens qui désiraient aller voir le monarque, on avait organisé des manières d'omnibus, appelés, les uns, des "carabas" et les autres "des pots de chambre" (Frantz Funck-Brentano, ibid., p. 241).

 

"Chacun, dit Retif de la Bretonne, - ceux mêmes qui ne l'avaient jamais vu - considérait le roi comme une connaissance intime.

 

"Les évènements qui concernent le roi et la reine, sont pour la France entière des évènements de famille. La maison du roi est au propre la 'maison de France'" (Frantz Funck-Brentano, ibid., p. 241).

 

Le roi était demeuré dans la pensée populaire, instinctivement, le père auprès duquel on cherche soutien et abri

 

"Issu du père de famille, le roi était demeuré dans la pensée populaire, instinctivement, et sans qu'elle s'en rendît compte, le père auprès duquel on cherche soutien et abri. Vers lui, à travers les siècles, les regards s'étaient portés en cas de besoin. Et voici que, brusquement, cette autorité patronale est renversée. Et c'est parmi le peuple de France, un malaise, un effroi, vague, irréfléchi. Oh! les rumeurs effrayantes: les brigands!... et le père n'est plus là! La 'Grande peur' est la dernière page de l'histoire de la royauté en France. Il n'en est peut-être pas de plus touchante, de plus glorieuse pour elle; il n'en est pas où apparaisse mieux le caractère des relations qui, traditionnellement, s'étaient établies entre elle et le pays" (Frantz Funck-Brentano, L'Ancien Régime, Les Grandes études Historiques, Librairie Arthème Fayard, Paris 1926, p. 255).

 

Alors que sous l' "absolutisme", tout Français pouvait aller souper chez le Roi, discuter avec lui, manger et boire si l'envie l'en prenait, aujourd'hui il faut une demande écrite, dans les plus belles formes, et avec les plus belles circonlocutions, pour avoir une "chance" d'obtenir un rendez-vous avec Sa Majesté le Président de la République... et encore pas pour manger avec lui, et dans un rendez-vous vite expédié. Comme quoi, la vraie "démocratie" n'est peut-être pas celle qu'on dit, ni là où on pense... La Révolution a sévi; un autre monde a vu le jour.

 

ImpotsLa France sous Louis XIV a une administration moderne, un régime d'impôts bien rodé (aujourd'hui, selon une étude de l'Institut Coppet, les impôts sont dix fois supérieurs à ceux qu'ils étaient en 1789), une politique économique sobre et rationnelle qui interdit la pratique de l'usure au plan particulier mais aussi au plan national, et qui ne permet donc pas l'endettement indéfini des comptes publics, enfin un système de recrutement militaire efficace :

 

«  En ce pays et en ce temps où nul homme - même le paysan pauvre - n'est corvéable à merci, en ce temps et ce pays où personne n'accepterait l'idée d'un service national obligatoire, les meilleurs sont censés répondre présent à toute réquisition, voire devancer l'appel du Roi et de l'Etat. » [6]

 

« L'absolutisme se révèle, par nature, un régime limité et tempéré, certainement pas la matrice d'un pouvoir totalitaire. Ce n'est pas lui qui parviendra à imposer la fiscalisation généralisée de la population, la conscription obligatoire, la levée en masse et le concept de guerre totale. » [7]

 

Pour l'historien Jean-Christian Petitfils « l'image du paysan français écrasé d'impôts par un pouvoir tyrannique » ne tient pas, il s'agit d'

« une légende inventée par l'historiographie du XIXe siècle à partir des stéréotypes révolutionnaires. En 1715, le contribuable français payait en moyenne deux fois et demie moins d'impôts que son homologue britannique. A cette date, en effet, la pression fiscale représentait un équivalent de 0,70 hectolitre de grain de froment pour la France contre 1,62 de l'autre côté de la Manche. La monarchie absolue, par conséquent, fut moins oppressive fiscalement que la monarchie représentative et tempérée à l'anglaise." [8]

 

« [L]a fiscalité de l’Ancien Régime n’était [donc] pas si atroce qu’on le croit, et, à tout prendre, si nous le croyons, des comparaisons avec notre époque devraient nous faire frémir. Mais voyons plutôt les mots de François Hincker, qui nous aide à faire cette comparaison dans son livre sur l’impôt sous l’Ancien Régime : Utilisons un étalon artificiel mais qui a l’avantage d’être parlant. Les 25 millions d’habitants que compte probablement la France ont donc à payer 470 millions d’impôts, soit chacun entre 18 ou 19 livres. À ce moment, le salaire journalier d’un compagnon maçon à Paris se situe à un peu moins d’une livre. Ainsi un salarié moyen travaillerait un peu plus de sept jours pour payer tailles, capitations et vingtièmes, un peu plus de deux pour payer la gabelle, et un peu plus de neuf pour payer les autres impôts indirects. Dix-huit jours de travail : c’était la contribution que la fiscalité française de l’Ancien Régime réclamait au travailleur.

Les salariés français travaillent jusqu'au 26 juillet pour financer les dépenses publiques, Le Figaro, Home ECONOMIE Impôts, Par Marie Visot Mis à jour le 26/07/2013 à 13:20 Publié le 24/07/2013 à 20:05 Source : http://www.lefigaro.fr/impots/2013/07/24/05003-20130724ARTFIG00498-les-salaries-francais-travaillent-jusqu-au-26juillet-pour-financer-les-depenses-publiques.php

Les salariés français travaillent jusqu'au 26 juillet pour financer les dépenses publiques, Le Figaro, Home ECONOMIE Impôts, Par Marie Visot Mis à jour le 26/07/2013 à 13:20 Publié le 24/07/2013 à 20:05 Source : http://www.lefigaro.fr/impots/2013/07/24/05003-20130724ARTFIG00498-les-salaries-francais-travaillent-jusqu-au-26juillet-pour-financer-les-depenses-publiques.php

Qu’en est-il aujourd’hui ? Avec un taux moyen d’imposition de 56,9 % (chiffre 2013), il faut pas moins de 208 jours de travail pour payer en moyenne ses impôts de l’année. De quoi se demander si la Révolution française a servi à améliorer notre condition, et s’il ne serait pas temps d’en produire une nouvelle. » [9] [Voir notre article du 25 juillet 2013 : Les salariés français travaillent jusqu'au 26 juillet, "jour de libération fiscale et sociale", pour financer les dépenses publiques. Ce qui n'est rien d'autre qu'un retour à l'esclavage!]

 

S'agissant de l'ascenseur social, la promotion au mérite, à la vertu et au service rendu était de mise. Chacun des textes d'anoblissement par Louis XIV « comporte un préambule, qui sonne comme un concert de trompettes. Au début des lettres de février 1677, anoblissant Charles Guillot de la Motte, maréchal de camp, trente-six ans de service, se trouve la formule exemplaire suivante :

 

"Comme les récompenses que nous accordons au mérite et à la vertu sont d'autant plus considérables qu'outre qu'elles rendent un témoignage public de notre justice et de la satisfaction que nous avons des services de ceux que nous en gratifions...."

 

... Elle contient, derrière un style quelque peu emphatique, toute la doctrine louis-quatorzienne de l'émulation au service, de la récompense du mérite, des conditions d'accès à l'élite officielle. » [10]

Louis XIV, le créateur de l'école obligatoire

 

« Théoriquement "l'école date de Louis XIV et non de Jules Ferry [11]; à cette réserve près que nombre de paroises n'ont toujours pas leur classe, et que les sanctions prévues par le roi contre les parents non coopératifs restent lettre morte.

Les mesures de Louis XIV en faveur des petites écoles ont cependant porté leurs fruits: dans le diocèse de Montpellier, certains archipresbyérats comptent en 1715 80% de paroisses dotées d'école. Deux doyennés seulement (Cournonterral et Brissac) sont à moins de 60%. » [12]

L'enseignement secondaire est de haut niveau. L'usage du latin, d'un latin parlé comme une langue vivante, et la compétition des grands instituts (jésuites, oratoriens, doctrinaires) - facteur d'émulation - y sont pour beaucoup. Dans les grands collèges, on enseigne les humanités, mais on forme aussi les futurs serviteurs du Roi. Les mathématiques appliquées, l'art des fortifications, l'escrime, l'équitation, la danse, l'héraldique parfois, vous font un gentilhomme préparé à la vie nobles et aux contraintes de l'état militaire.

Les frères des écoles chrétiennes de Jean-Baptiste de la Salle, dont les premières écoles fonctionnent vers 1680, portent à la perfection une pédagogie simplifiée. La Salle déclasse d'autorité le latin. Dans les classes des frères, on apprend d'abord à prier puis à lire en français. Le latin ne fait son apparition que lorsque l'élève prononce et ponctue très bien son français.

L'édit d'avril 1695 et la déclaration du 13 décembre 1698, interviennent, qui portent obligation d'établir au moins une école élémentaire par paroisse. Cette instruction est liée au catéchisme catholique, imposé d'autorité aux enfants des "nouveaux convertis". C'est donc un règlement religieux, et plus précisément antiprotestant, qui fonde l'école généralisée, cent quatre-vingt trois ans avant que Jules Ferry n'impose l'école obligatoire, gratuite et laïque.

La création de l'institution de l'école elle-même remonte à la Réforme carolingienne de Charlemagne.

Louis XIV, Roi-Soleil, Protecteur des Arts

 

Poursuis, Ô Grand Colbert, à vouloir dans la France des Arts que tu régis établir l'excellence.

Molière, cité in François Bluche, Louis XIV, Fayard, Paris 2002, p. 232.

Lorsque, vingt ans avant l'installation de sa cour à Versailles, un roi de vingt-trois ans prend un soleil pour emblème, il n'imagine évidemment pas que le surnom ambigu de Roi-Soleil lui sera toujours attaché et toujours reproché.

Loin d'être symbole païen, le soleil royal est d'abord l'image du droit divin, de la délégation divine des pouvoirs.

Fortement amarré au catholicisme de la Contre-Réforme, immunisé contre toute déviation païenne, le thème solaire monarchique n'en annonce pas moins, comme les Mémoires de Louis XIV, ce qu'on appellera cent ans plus tard le despotisme éclairé.

Si le roi ne se prend en aucune façon pour Dieu [13], ses artistes le représentent sous ses vêtements et dans les attitudes que l'on prête aux héros antique ou aux dieux de l'ancien Panthéon. Ici, le souverain Thésée, Hercule ou Persée; là, il est Apollon. ... Encenser le nouvel Apollon, c'est en même temps féliciter Huygens et Cassini, Perrault et Mansart, Le Nôtre et Jean Racine. [14]

Le fameux style français, en général baptisé classique, semble à bien des auteurs n'être qu'un cas particulier de cette obsession de l'ordre qui, vers 1660, après les remous de la Fronde, a saisi presque tout le royaume. C'est un style régulier, sans monotonie, noble sans sécheresse, logique sans abstraction, royal sans inhumanité, humain sans vulgarité, et dont Versailles demeure l'exemple le plus spectaculaire. [15]

Selon l'excellente formule de M. Pierre Verlet,

 

« on s'accordera à penser que Louis XIV, en nous donnant Versailles, a enrichi la France... Les dépenses du Grand Roi ont valu à l'univers un château que personne n'oserait ne pas admirer. » [16]

image: Versailles,_Le_château_de_Versailles_en_1668.jpg

Versailles, Le château de Versailles en 1668

Philippe Erlanger (haut-fonctionnaire et écrivain) a calculé, à savoir qu’en comptant les deux Trianons, sur un demi-siècle, Versailles n’a pas coûté plus cher qu’un porte-avion moderne, qu’il a coûté le prix du déficit de l’exposition universelle de Léon Blum en 1936 ou encore à peu près le prix d’une campagne électorale d’un Président de la République. (Lettre ouverte à Louis XIV. Marie-Françoise Ousset)

 

Louis XIV et l'indépendance économique

 

 

Alors que pendant des siècles l’Ancien Régime avait préservé jalousement le droit de l’Etat de battre monnaie et le privilège exclusif d’en garder le bénéfice, la République démocratique a abandonné pour une grande part ce droit et ce privilège à des intérêts privés. Ce n’est pas là le moindre paradoxe de notre époque.

Maurice Allais, Prix Nobel d'Economie in L'impôt sur le capital et la réforme monétaire, p. 187

Le "droit divin" a longtemps été le rempart à l'Oligarchie et aux maîtres de la monnaie. Au "Moyen Âge", le droit canonique de l'Eglise catholique interdisait formellement de prêter de l'argent avec intérêt. Ce concept avait déjà été édicté par Aristote et saint Thomas d'Aquin. L'intérêt était contraire à la raison et à la justice. En accord avec les règles de l'Eglise au "Moyen Âge", l'Europe a interdit les intérêts sur prêts de monnaie et qualifait ce délit d'"usure". Ce délit et cette interdiction "de droit divin" fondait l'économie française jusqu'à la Révolution française où les banques prirent le pouvoir et l'Empire de Napoléon où la Banque dite "de France" fut créée en 1800 sur injonction des banquiers.

 

En comparaison, on sait que de nos jours, nos gouvernants ne sont en général que des hommes de paille derrière lesquels se tiennent les vrais tireurs de ficelles, eux-mêmes manipulés par d’autres personnages occupant des échelons supérieurs:

 

« Il y a dans tout pouvoir démocratique (…) une oligarchie cachée, à la fois contraire à ses principes et indispensable à son fonctionnement », relevait le célèbre historien François Furet dans Penser la Révolution française (p. 241).

 

En 1889, déjà, René de la Tour du Pin écrivait :

 

 « Le siècle actuel porte la marque de l’usure et mérite d’en conserver le nom. » (R. de la Tour du Pin, Vers un Ordre social chrétien, p. 71.)

 

Et dans l'encyclique Quadragesimo Anno (1931), Pie XI avertissait le monde des deux conséquences du pouvoir discrétionnaire des maîtres de l’argent sur l’économie :
 

- la « déchéance du pouvoir politique (…) tombé au rang d’esclave et devenu le docile instrument (…) de toutes les ambitions de l’intérêt ».

- l’ « internationalisme ou impérialisme international de l’argent, funeste et exécrable, pour lequel là où est la fortune, là est la patrie ».

 

Cette double caractéristique des temps modernes (développement de l’usure, domination de l’économie et de la politique par la dette et donc les puissances d'argent) a été reconnue aussi bien par des hommes de finance et des hommes politiques que par des doctrinaires de ces deux disciplines. Elle tranche avec la saine pratique dite pourtant de "droit divin" qui, précisément, évitait de soumettre le politique à l'Argent..

Louis le Grand, Roi conquérant, roi guerrier

Un prince a autant besoin de conquérir les coeurs de ses sujets que les villes

Furetière

Nous devons considérer le bien de nos sujets bien plus que le nôtre propre.

Louis XIV

Si le royaume de Louis XIV est déjà - notamment grâce à Henri IV, Richelieu, Mazarin - beaucoup plus homogène, plus uni, mieux gouvernable que les autres pays européns, il n'est, bien entendu, ni étatisé, ni vraiment encore centralisé. Nos pères ne l'auraient pas supporté. Le roi ne l'a pas véritablement voulu. Ses intendants y eussent perdu beaucoup de leur pouvoir. [17]

 

« Le même roi Louis XIV, qui n'a jamais dit : "L'Etat, c'est moi", a écrit : "L'intérêt de l'Etat doit marcher le premier" (1679), puis dit, sur son lit d'agonisant : "Je m'en vais, mais l'Etat demeurera toujours." » [18]

 

De Munster (1645) à Nimègue (1678), le royaume s'est agrandi, provisoirement (le Trournaisis, la Lorraine, Philippsbourg, Brisach, Pignerol) ou définitivement (Artois, Alsace, Flandre, Franche-Comté, Hainaut français, Roussilon)

 

Nouvelle-France sous Louis XIV

Nouvelle-France sous Louis XIV

Outre-Mer, Louis XIV dirige la Nouvelle-France, ce territoire aujourd'hui devenu anglo-saxon aux Etats-Unis : Canada, Louisiane.

L'explorateur Samuel de Champlain (1567-1635) poursuit la cartographie de l'Amérique du Nord que Jacques Cartier (1491-1557) avait explorée et cartographiée le premier, baptisant le vaste territoire du Golfe du Saint Laurent le Canada. Il fut le premier à naviguer sur les Grands Lacs. Etablissant des relations de confiance avec les Hurons, les Montagnais et Algonquins, il fut le Père de la "Nouvelle-France", le fondateur de la ville de Québec.

René-Robert Cavelier de la Salle (1643-1687) descendit le Mississipi en 1682, du Lac Michigan jusqu'au Golfe du Mexique..., découvrant ainsi tous les territoires situés entre la vallée du Saint-Laurent et le delta du Mississipi, nommant cet immense territoire "Louisiane" en l'honneur du Roi de France Louis XIV.

Depuis notre plus tendre enfance, on interdit aux francophones de se souvenir que la découverte des grands espaces, les aventures et les grands exploits ont été aussi réalisés en français.

Charles-Xavier DURAND, "La Nouvelle Guerre contre l'intelligence III. Un nouveau Programme pour la conscience", éditions François-Xavier de Guibert (2002)

Le roi recherche l'unité. De cette unité, la religion catholique est alors le ciment. La fierté d'être devenu Français reste un phénomène rare. [19]

 

"Les guerres de Louis XIV ont coûté cinq cent mille hommes. Elles ont rapporté dix provinces et un empire. Celles de la Révolution et de l'Empire feront tuer, du seul côté français, quelque quinze cent mille soldats sans modifier véritablement nos frontières. ... Entre 1914 et 1917, nous échangerons douze cent mille soldats tués contre un nombre égal d'Alsaciens et de Lorrains. Ces comparaisons sont cruelles; mais sans elles on ne saurait juger équitablement l'actif et le passif du Grand siècle." [20]

 

A sa mort, Louis XIV laisse une France agrandie : La France de 1715 est plus grande, plus forte : avant la révolution aucun pays étranger ne s’enhardira à l’envahir. Voici les acquisitions définitives :

Lorraine avec ses trois évêchés Metz, Toul, Verdun. 1648

Alsace 1648-1681-1697

Roussillon 1659

Cerdagne 1659

Franche-Comté 1674-1678

Artois 1659

Dunkerque 1662

Flandre wallonne avec Lille 1668

Principauté d’Orange (1713)

Comté de Nice (1713)

 

En dépit des concessions faites à Utrecht (1713), la France détient outre-mer la Nouvelle-France, un domaine beaucoup plus vaste que l’ensemble des possessions coloniales anglaises à la même époque. Philippe d'Anjou, petit-fils de Louis XIV, est reconnu roi d'Espagne. Il sera à l'origine de l'actuelle monarchie espagnole des Bourbons d'Espagne dont un des représentants, le duc d'Anjou, Louis Alphonse de Bourbon, chef de la Maison aînée des Bourbons, est le permier successible à la couronne de France

 

A quelque distance la France possède ou commence de posséder deux escales importantes sur la route de l’extrême-Orient : les Mascareignes – île Bourbon (1649) et île de France (1715) – facilitent la liaison avec les Indes orientales ; là s’activent nos premiers comptoirs : Pondichéry (1660-1697), Chandernagor, Mazulipatam, Calicut (1701).

 

Napoléon Bonaparte visitant un jour le tombeau de Jean-Jacques Rousseau à Ermenonville, — alors propriété du comte Stanislas de Girardin, qui rapporte la chose dans son Journal et Souvenirs [21], fit soudain cette remarque :

 

Napoleon-copie-3.jpg« Il aurait mieux valu, pour le repos de la France, que cet homme-là [Jean-Jacques Rousseau Ndlr.] n'eût jamais existé.

 

— Et pourquoi, citoyen consul ? lui dis-je.

 

— C'est lui qui a préparé la Révolution française.

 

— Je croyais, citoyen consul, que ce n'était pas à vous à vous plaindre de la Révolution.

 

— Eh bien, répliqua-t-il, l'avenir apprendra s'il n'eût pas mieux valu, pour le repos de la terre, que ni Rousseau ni moi n'eussions jamais existé.

 

...Et il reprit d'un air rêveur sa promenade. »

 

Comme une chandelle qui s'éteint

 

« La gangrène continuait sa progression inexorable. Fallait-il amputer ? Le roi consentant, mais il était bien tard.

 

"Mareschal, n'avez-vous pas là des rasoirs ? Coupez! Et ne craignez rien." Les chirurgiens venus de Paris avaient les larmes aux yeux.

"Me sauvera-t-on la vie? demanda Louis.

"Il y a peu d'apparence", soupira Mareschal.

"Eh bien, il est inutile que vous me fassiez souffrir!" Il préférait mourir en repos.

 

Pénétré de l'imminence de sa fin, se détachant sans regret du néant de toute grandeur humaine, Louis XIV témoigna dans les trois derniers jours la plus parfaite humilité, offrant au Rédempteur ses souffrances, en expiation, disait-il, de ses péchés, dans l'unique espérance de la miséricorde divine.

Le samedi 31 août, vers onze heures, on récita la prière des agonisants. Mêlant sa voix à celles des prêtres et des moines, Louis, visage livide et yeux fermés, répéta plusieurs fois les paroles de l'Ave Maria : Nuc et in hora mortis ("Maintenant et à l'heure de notre mort"). La vie se retirait lentement.

 

"Ô mon Dieu, venez à mon aide, âtez-vous de me secourir!" Telles furent ses dernières paroles.

 

Il entra dans le coma et expira doucement le lendemain, comme une chandelle qui s'éteint.

 

Le 2 septembre, la Parlement de Paris, réuni en séance extraordinaire avec les Princes du Sang, les ducs et pairs, ... proclama Philippe d'Orléans régent de France sans aucune entrave. En remerciement, ces messieurs de la magistrature retrouvaient en plénitude leur droit de remontrance, dont ils firent un détestable usage tout au long du siècle [pour s'opposer à toute réforme d'égalité de l'impôt. Cf. Les révolutions françaises, Sous la Direction de Frédéric Bluche et Stéphane Rials, Fayard, Mesnil-sur-l'Estrée 1989, chapitre "La pré-Révolution 1788-1789, rédigé par Jean-Marie Harouel. Ndlr.], empêchant, jusqu'à l'explosion finale, la monarchie de se réformer et de se moderniser. Un monde s'achevait, un nouveau commençait à poindre... [22]
 

Le rayonnement de la France de Louis XIV a été bien défini par Victor Hugo :

 

Louis XIV, ce n'est pas le génie dans le maître, mais le génie autour du maître, ce qui fait le roi moindre peut-être, mais le règne plus grand. Quant à moi, qui aime les choses réussies et complètes, j'ai toujours eu une sympathie profonde pour ce brave et magnifique prince si bien né, si bien venu, si bien entouré, roi dès le berceau et roi dans la tombe; vrai monarque dans la plus haute acception du mot... étoile polaire de tout un siècle qui, pendant soixante-douze ans, en a vu tourner majestueusement autour d'elle toutes les constellations.

Victor Hugo cité in F. Funck-Brentano, Louis XIV, Librairie Hachette, Paris 1938, p. 3.

Notes

 

[1] George Michel, L’agonie de Louis XIV, Boulevard Voltaire, 16 août 2015

[2] Présidentielle et législatives de 2012: l'organisation a coûté 604 millios d'euros, Le Parisien, 20 Nov. 2014, 09h54

[3] A comparer avec la manière dont la démocratie était pratiquée au "Moyen Âge" en plein XIIIe siècle chez nous, "dans chaque village" (he oui Attali !...) au plus près des individus et de leur contrôle.

[4] François Bluche, Fayard, Paris 2002, p. 467.

[5] Frantz Funck-Brentano, L'Ancien Régime, Les Grandes études Historiques, Librairie Arthème Fayard, Paris 1926, p. 237-238.

[6] François Bluche, Louis XIV, ibid., p. 455.

[7] Jean-Christian Petitfils, Louis XIV, Collection Tempus, La Flèche 2006, p. 148.

[8] Jean-Christian Petitfils, Louis XIV, ibid., p. 704-705.

[9] Le « Lien légitimiste » n° 54 en 2013, Comparaisons 1675-2013

[10] François Bluche, Louis XIV, ibid., p. 470.

[11] Jean de Viguerie, L'Institution des enfants, L'éducation en France, XVIe-XVIIIe siècles, Paris 1978, cité in François Bluche, Louis XIV, Fayard, Paris 2002, p. 494.

[12] François Furet et Jacques Ozouf, Lire et écrire. L'alphabétisation des Français de Calvin à Jules Ferry, Paris 1977, cité in François Bluche, Louis XIV, Fayard, Paris 2002, p. 494.

[13] Cela change des socialistes aujourd'hui en France qui prétendent changer même de civilisation avec la loi Taubira établissant le soit-disant "mariage" homosexuel, sans concertation avec les Français ni association.

[14] François Bluche, Louis XIV, ibid., p. 236.

[15] François Bluche, Louis XIV, Fayard, Paris 2002, p. 259.

[16] Pierre Verlet, Le Château de Versailles, Paris 1985.

[17] François Bluche, Louis XIV, ibid., p. 476-477.

[18] François Bluche, Louis XIV, ibid., p. 900.

[19] François Bluche, Louis XIV, ibid., p. 484.

[20] François Bluche, Louis XIV, ibid., p. 842.

[21] Revue bleue, 8 mai 1875, p. 1075; et 26 janvier 1878, p. 711.

[22] Le grand coucher du Soleil, 1er septembre 1715, Par Jean-Christian Petitfils in Les Derniers Jours des Rois, Sous la Direction de Patrice Gueniffey, Perrin Le Figaro Histoire, p. 225-226.

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Publié par Ingomer - dans Histoire
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25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 17:30
Louis IX, le roi qui soutint l’œuvre intellectuelle des dominicains

L’Église et la France fêtent le saint roi Louis IX le 25 août. L’année du 800e anniversaire de la naissance des Frères Prêcheurs, un rapprochement historique s’impose : la naissance de saint Louis en 1214, entre l’arrivée des dominicains à Toulouse en 1215 et à Paris en 1217. Les relations entre le roi mendiant et les Frères Prêcheurs furent très étroites. Le roi soutînt en particulier l’œuvre intellectuelle de cette “communauté nouvelle” de l’époque.

 

L’ORDRE des Prêcheurs naît en France à Fanjeaux (1206) puis à Toulouse (1215), et s’installe à Paris en 1217. La vie de saint Louis correspond donc avec le développement de l’Ordre en France, qu’il va contribuer à favoriser, en finançant largement la construction de couvents et d’églises des Prêcheurs, en particulier de 1230 à 1260.

 

À la mort de saint Louis, on compte quelques 100 couvents dominicains, surtout dans les grandes villes, répartis dans les deux Provinces de France et de Provence — saint Louis est d’ailleurs le premier roi de France à régner effectivement sur le Sud de la France actuelle, en particulier sur la région de Carcassonne, berceau de l’Ordre (traité de Melun en 1229).

 

Les Prêcheurs servirent sans réserve les justes ambitions du saint roi, mais Louis, qui compte de nombreux dominicains parmi ses proches, n’est pas en reste, et il favorise l’Ordre à de nombreuses reprises.

Une alliance au coeur de l’Université de Paris

 

Portrait d'Hugues de Saint-Cher par Tommaso da Modena

En implantant leur studium à Paris, qui est alors la ville universitaire la plus importante d’Europe, les frères sont au coeur intellectuel, économique et religieux du royaume.

 

De son côté, saint Louis se réjouit de pouvoir compter sur une élite de prédicateurs et de professeurs pour former la population de sa capitale à la religion et aux bonnes moeurs. Il sait que le prestige de son royaume tient pour une part à l’Université de Paris et aux grands maîtres mendiants qui y enseignent : Albert le Grand, Thomas d’Aquin, Hugues de Saint-Cher pour les Prêcheurs, Jean de Parme, Alexandre de Halès, Bonaventure pour les Mineurs, entre autres.

 

Le soutien du roi dans la querelle contre les séculiers

 

L’insertion des ordres mendiants dans l’Église et dans l’université surtout ne s’est pas effectuée sans conflit, notamment avec les séculiers. En février 1252, l’université prend la décision que désormais les ordres religieux n’auront droit qu’à une seule chaire par ordre sur les douze possibles. Les dominicains sont directement visés, qui possèdent déjà deux chaires, et révèle la méfiance croissante des séculiers vis-à-vis des ordres mendiants dans le cadre de l’université.

 

Au printemps suivant, éclate une grève universitaire, pour protester contre des sévices infligés par la maréchaussée aux étudiants. Or les ordres mendiants refusent de s’associer à cette grève, ce qui est très mal perçu par les séculiers qui considèrent que c’est un coup de poignard dans le dos, et les mettent au ban de l’université. On fait appel au pape Innocent IV, qui demande la réinsertion des mendiants, mais l’université refuse et publie une encyclique hostile aux mendiants.

 

Pour défendre sa cause, l’université envoie à Rome le maître séculier Guillaume de Saint-Amour, dont l’argumentation se développe en trois points : les ordres mendiants court-circuitent la hiérarchie traditionnelle de l’Église et détournent par leur présence une part des bénéfices normalement afférents au clergé séculier ; au plan universitaire, les frères sont accusés de privilégier leurs constitutions aux statuts de l’université ; enfin et surtout, les ordres mendiants sont accusés d’hérésie, en raison de la mise en circulation d’un opuscule d’un obscur franciscain justifiant l’existence des ordres mendiants par une argumentation d’inspiration joachimite (l’essor des ordres mendiants serait la preuve de l’avènement de l’âge de l’Esprit).

 

Le Pape, probablement ébranlé par le plaidoyer de Guillaume de Saint-Amour, publie la bulle Et sit animarum, où il réduit les privilèges des ordres mendiants (pas dans le cadre universitaire mais ecclésialement). Les frères réagissent par des neuvaines, ce qui a pour effet la mort du Pape dans les quinze jours… Son successeur annule la bulle et exige la réintégration des mendiants dans l’université. Les séculiers, dès lors, sont furieux.

 

Le conflit atteint son paroxysme pendant l’hiver 1256, et passionne l’opinion publique parisienne. Il y a des mouvements de foule, on empêche les étudiants d’aller suivre les cours au Couvent Saint-Jacques, on essaie de tuer à l’arbalète le prieur de Saint-Jacques, au point que le roi Louis est obligé d’envoyer la troupe pour protéger les frères. C’est le moment choisi par Guillaume de Saint-Amour pour publier son Du péril des temps derniers.

 

Une théologie de la vie religieuse

 

Son argumentation est simple : les ordres mendiants n’entrent dans aucune des deux catégories traditionnelles de clercs que sont les curés et les moines ; pour autant, ils ressemblent davantage à des moines, et dans ce sens ne doivent pas enseigner (dolere non docere) ; il estime également que le pape n’a pas juridiction pour imposer aux Églises locales d’autoriser l’enseignement des mendiants ; de même, la mendicité est indigne des moines, qui doivent gagner leur pain par le travail manuel. En réponse, Bonaventure publie en 1956 un traité De perfectione vita evangelica, puis Thomas publie son Contra impugnantes. S’esquisse là les débuts d’une théologie de la vie religieuse.

 

Ce qui intéresse directement notre sujet, c’est le rôle de saint Louis, au-delà de la protection armée des frères, et notamment lors de la leçon inaugurale de Thomas d’Aquin. Car lorsqu’en 1256 le pape condamne le De periculis de Guillaume de Saint-Amour, qui est contraint à l’exil, cela tient beaucoup à l’influence de Louis. Son affection pour les ordres mendiants est réelle, mais il est également personnellement concerné : en effet, les prédications enflammées de Guillaume de Saint-Amour s’en prennent aussi au roi Louis en pointant du doigt son entourage de frères mendiants, qualifiés de vagabonds égoïstes empêchant le roi de gouverner et faisant de lui un vagabond également.

 

Dès lors, Louis s’implique fortement en poussant le pape à agir en faveur des frères. Mais cela a été un prétexte de plus pour critiquer la collusion entre le roi de France et les mendiants, désormais appuyée sur des faits incontestables. Rutebeuf notamment, écrit dans sa Complainte de Constantinople (1262) que l’argent récolté pour la croisade ne sert qu’à doter les couvents de mendiants, lesquels ont désormais rang supérieur aux rois, aux prélats, et aux comtes, et que l’humilité prêchée par les Frères ne servait qu’à maintenir le Royaume dans leur entière sujétion.

 

Mécène de l’activité intellectuelle de l’Ordre

 

Le roi Louis a largement contribué au financement de la construction des nombreux couvents dominicains qui fleurissent durant son règne. Les moyens financiers mis au service des frères les ont fait déroger à la volonté de saint Dominique, qui préconisait des églises pauvres (basses, en briques, sans ornements), mais ils ont accepté cette évolution car elle permettait l’accueil de très nombreux fidèles pour venir écouter la prédication des Frères, finalité de l’Ordre.

 

De plus, saint Louis leur confiait régulièrement la responsabilité de sanctuaires importants ou d’églises de centre-ville, qui étaient autant d’opportunités pour l’annonce de l’Évangile [1]. Les couvents de Rouen, Mâcon, Jaffa, Compiègne, Béziers, Carcassonne et Caen ont été financés directement par le roi, de même que les travaux d’agrandissement du couvent Saint-Jacques à Paris. On sait qu’il faisait également livrer des aumônes en nature –des harengs au couvent Saint-Jacques, à en croire Guillaume de Tocco, biographe de saint Thomas d’Aquin-. En échange de tous ces bienfaits, saint Louis demande aux Frères de prier pour lui, et de venir prêcher devant sa cour (même si le prédicateur le plus régulier au Palais fut sans doute Bonaventure).

Description de cette image, également commentée ci-après

Vincent de Beauvais

Mais saint Louis n’a pas favorisé la vie intellectuelle de l’Ordre uniquement en finançant ses murs et sa subsistance. Il y a plus directement contribué en plusieurs occasions, notamment au travers de son amitié avec le frère Vincent de Beauvais (1190-1264). Ce dernier, né à Beauvais vers 1190 et entré dans l’Ordre vers 1218, devint sous-prieur du couvent de Beauvais vers 1225 puis arrive à Paris au couvent Saint-Jacques, où il mourra. Son grand oeuvre, suscité ou encouragé par saint Louis, c’est son encyclopédie universelle. Cela correspond à ce qu’on sait de Louis IX : peu porté sur les subtilités de la théologie spéculative, mais aimant le savoir autant qu’un roi peut le faire, en tant qu’il est utile au salut.

 

Par ailleurs, le projet encyclopédique répond à la fois à une vogue du temps et à l’ambition du roi, qui est de mettre de l’ordre en tout ce qui dépend de lui. Saint Louis s’est d’ailleurs intéressé de près à la rédaction de l’encyclopédie par Vincent de Beauvais et son équipe (principalement des frères de Saint-Jacques, mais aussi des religieux d’autres ordres), finançant les recherches, et intervenant à l’occasion pour que la dynastie capétienne soit présentée sous un jour favorable.

 

De l’argent bien dépensé

 

On sait également par Geoffroy de Beaulieu, confesseur et premier biographe du roi, dominicain, que saint Louis, impressionné par le soin apporté par les Sarrasins à leurs bibliothèques, « conçut de faire transcrire à ses frais, à son retour en France, tous les livres de l’Écriture Sainte, utiles et authentiques, qu’on pourrait trouver dans les bibliothèques de diverses abbayes pour que lui-même et des hommes lettrés ainsi que des religieux ses familiers puissent les étudier pour leur propre utilité et celles de leurs proches. À son retour, il réalisa son dessein et fit construire à cet effet un lieu approprié et bien défendu. Ce fut la salle du trésor de sa Sainte-Chapelle où il rassembla la plupart des originaux d’Augustin, d’Ambroise, de Jérôme, de Grégoire et les livres d’autres auteurs orthodoxes. Quand il en avait le loisir, il aimait y étudier et permettait volontiers aux autres d’y étudier [2] ».

 

Pendant sa vie et surtout après sa mort par son testament, saint Louis lègue une partie de ces livres au couvent de Saint-Jacques.

 

Aux critiques sur l’argent dépensé par Louis pour les ordres mendiants, ce dernier répondait : « Mon Dieu ! Comme je crois cet argent bien dépensé pour tous ces frères si éminents qui du monde entier confluent vers ces couvents parisiens pour étudier la science sacrée et qui, y ayant puisé, s’en retournent dans le monde entier pour la répandre pour l’amour de Dieu et le salut des âmes [3] ! » Cette anecdote, rapportée par Geoffroy de Beaulieu, dit bien l’esprit dans lequel saint Louis a financé la vie intellectuelle de l’Ordre.

 

Fr. Jean-Thomas de Beauregard op, est religieux de la province dominicaine de Toulouse. Extrait d’un article à paraître dans Liberté politique n° 67, automne 2015.

 

[1] Outre le couvent Saint-Jacques et son église, à Paris, on peut mentionner la basilique de Saint-Maximin destinée à accueillir les pèlerins venus se recueillir devant les reliques de Ste Marie-Madeleine. C’est le neveu du roi, Louis d’Anjou, qui fit venir les Frères et finança la construction de la basilique. Saint Louis lui-même y vint en pèlerinage.

[2] Geoffroy de Beaulieu, Vita, p. 15.

[3] Ibid, p. 11. ***

 

 

Source : Louis IX, le roi qui soutînt l’œuvre intellectuelle des dominicains, Liberté politique, Article rédigé par Jean-Thomas de Beauregard, op, le 24 août 2015

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25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 14:47
Chanas: Le retour de Napoléon 1er

La commune de Chanas (Isère) prépare une grande journée sous le signe de l’empereur franc-maçon pour les journées du patrimoine en septembre. Le dimanche 20 septembre, le village vivra à l’heure napoléonienne et parmi les manifestations, un flash mob de quadrille - du nom du fleuron des bals impériaux- et mêlant les costumes du XIXe et du XXIe siècles est programmé. En préambule à cette journée, le 12 septembre, la garde impériale de Dijon donnera un concert.

 

Source: Chanas - Le retour de Napoléon Ier, Le Dauphine, Publié le 25/08/2015 à 12:17

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 12:21
Mexique: découverte d’un mur de crânes humains

Un mur de crânes humains datant de l’Empire aztèque a été mis au jour par des archéologues mexicains près du centre historique de la ville de Mexico, annonce l’Institut national d'anthropologie et d'histoire du Mexique (INAH).

Composé de chaux, de sable et de gravier volcanique, le mur de 34 m de longueur a été découvert à 2 m de profondeur dans la rue Guatemala. Malgré l'état de ruine de l'édifice, la partie centrale abritant des crânes humains disposés en forme de cercle est bien conservée.

Selon Raoul Barreres, le coordinateur du programme archéologique, le mur nommé Tzompantli ("Mur des Crânes") date de la fin du XVe — début XVIe siècle. Certains historiens supposent que le mur faisait partie de l'ancienne capitale de l'empire aztèque, Tenochtitlan, détruite par les conquistadors espagnols sous les ordres d'Hernán Cortés.

A présent, les archéologues en charge des fouilles ont déjà retrouvé 35 crânes appartenant pour la plupart à des hommes. Quant à leur origine, les chercheurs émettent l'hypothèse que ces crânes humains sont ceux des prisonniers de guerre sacrifiés.

Originellement vers l'an 1200 après J.C., les aztèques exposaient sur des murs, à la vue des habitants de la cité, les têtes des prisonniers et des victimes des sacrifices, une série de pieux pointus sur lesquels on embrochait les têtes sanglantes des ennemis. Enfilées les unes à côté des autres sur de longues traverses en bois, elles se décomposaient à l'air libre.

Source: Mexique: découverte d’un mur de crânes humains, Sputnik,11:04 21.08.2015

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14 août 2015 5 14 /08 /août /2015 18:29
En Auvergne, des archéologues font une découverte majeure sur les Gaulois

Ce genre de découverte archéologique montrant une économie gauloise évoluée n'est pas de trop pour tordre le cou aux derniers fantasmes sur les rustres Gaulois chasseurs de sangliers au casque à corne civilisés par les Romains:

 

"C'est le plus gros ensemble jamais trouvé en France et une découverte majeure pour la compréhension du mode de fonctionnement de l'économie gauloise, qui n'est pas du tout rudimentaire comme on pouvait le supposer il y a une centaine d'années", a déclaré Matthieu Poux, professeur d'archéologie à l'université Lyon-2 et responsable des fouilles, confirmant une information du Monde.
Longtemps considérés par les historiens comme un peuple plus ou moins barbare, notamment en raison de la vision qu'en avait les Romains, les Gaulois bénéficiaient en réalité d'une économie très évoluée. C'est ce que vient appuyer cette découverte, comme le souligne Matthieu Poux:
"C'est une économie qui dégage des surplus, que l'on stocke et que l'on échange. Il y a un circuit de stockage et de redistribution des ressources et ce genre de découverte nous permet de faire des bonds de géant dans la compréhension de ces mécanismes".  [1]

En décidant d’aller creuser le sous-sol du Lac-du-Puy, l’équipe de chercheurs du chantier de fouilles archéologiques de Corent, dans le Puy-de-Dôme, s’attendait à quelque découverte, sans savoir de quelle nature. Le choix ne doit rien au hasard : cette dépression humide – un ancien étang de taille moyenne – se situe à 300 mètres à peine du site de Corent. Là se dressait très probablement la capitale des Arvernes, une grande cité gauloise qui occupait une colline au bord de l’Allier, à huit kilomètres du champ de bataille de la fameuse Gergovie.

"On a immédiatement vu se dessiner des ronds de terre, espacés d’un mètre de façon très homogène, témoigne Matthieu Poux, professeur à l’université Lyon-II et responsable des fouilles de Corent. On en a coupé un ou deux à la pelle mécanique, ce qui a fait apparaître la forme évasée caractéristique d’un silo à récoltes, puis un autre et un autre encore. Sur moins de 10 % de la superficie du lac, nous en avons déjà trouvé 125. C’est colossal."

Selon les estimations que Le Monde dévoile jeudi 13 août, le site pourrait compter un millier de silos environ (entre 600 et 1 500), de profondeurs variables, mais implantés régulièrement dans un sol argileux. D’un volume d’à peu près un mètre cube, chacun avait la capacité de stocker de 500 kilos à 1,5 tonne de céréales : de quoi conserver durablement des centaines de tonnes de grains à la fois. Un tel aménagement représente un imposant chantier de génie civil pour des Gaulois ayant vécu à l’âge de fer. « Sous chaque silo, on observe un creusement comme si on avait réalisé un petit puits de forage pour vérifier que la couche d’argile était suffisante », précise Matthieu Poux.

Les archéologues savent que cette installation ne servait déjà plus à l’époque romaine. Elle avait été comblée et recouverte : des débris de céramiques en surface en attestent. Mais ils ne peuvent dater cette découverte avec plus de précision pour l’heure.

"Les fosses ont pu être creusées au début de l’âge de fer, entre 750 et 450 avant J.-C. ou bien entre 150 et 50, lorsque l’agglomération de Corent occupait tout ce plateau de 50 hectares, y compris le centre de stockage donc, ou encore entre les deux", expose M. Poux. [2]

La découverte témoigne du caractère particulièrement avancé de la société gauloise avant sa conquête par les légions romaines. C'est une découverte de taille sur les Gaulois, et qui vient écorner un peu plus l'image surannée du guerrier brutal et rustre. [...] Une trouvaille inédite, et qui invite à repenser la complexité et l'efficacité de l'économie gauloise, ainsi que le révèle Le Monde. Fouillé depuis 2001, le site est déjà bien connu des chercheurs ; plusieurs siècles avant notre ère s'y dressait une importante agglomération occupée par les Arvernes, une puissante confédération de tribus parmi la soixantaine de peuplades qui occupaient la Gaule avant la conquête romaine en -52 avant Jésus-Christ.

«Une telle découverte était totalement inattendue», s'enthousiasme auprès du Figaro Matthieu Poux. «Les grains de pollen conservés dans cette cuvette peuvent apporter des indices précieux sur les environnements anciens», explique Matthieu Poux. Mais très vite, les chercheurs tombent sur une série de cercles de terre colorée, indiquant que le lac était déjà vide à l'époque du fer, et surtout que son sol a été creusé par l'homme. «En coupant ces ronds à la pelle, on s'est rendu compte qu'il s'agissait de silos creusés dans le sol», explique Matthieu Poux. Au total, 125 cavités de ce type, disposées très régulièrement dans une terre argileuse, et pouvant contenir entre 200 kg et plus d'une tonne de céréales, ont été dégagées. «Mais il pourrait y en avoir entre 600 et 1500», relève l'archéologue qui salue également l'ingéniosité des Gaulois: «Les silos se resserrent vers le haut, sans doute pour faciliter leur fermeture et limiter les infiltrations. Avec la fermentation, l'oxygène restant est rapidement consommé. C'est le principe du Tupperware!». [3]

Pour l'archéologue, le principe de ces silos est "ingénieux": "creusées dans un sol argileux, pratiquement imperméable à l'eau et à l'air, les fosses étaient remplies à ras bord de blé, orge ou seigle, puis obturées hermétiquement". Chacune pouvait contenir "entre un quintal et une tonne de céréales", portant la capacité du site "à plusieurs centaines de tonnes".

Un ingénieux système d'"emballage sous vide".

Ce système d'"emballage sous vide" permettait de conserver les céréales "plusieurs mois, voire plusieurs années". "Elles ont peut-être été stockées là pour soutenir un siège ou à proximité d'une grande place de marché ou alors c'était un surplus exceptionnel", a estimé M. Poux. Les parois des silos étaient recouvertes d'une couche de charbon montrant que ces installations ont été stérilisées au feu, "afin d'être utilisés plusieurs fois". [4]

 

Sources :

 

[1] Archéologie: une centaine de silos à grains gaulois découverts en Auvergne, LEXPRESS.fr avec AFP , publié le 14/08/2015 à 09:28 , mis à jour à 10:40

[2] Découverte d’un méga-site gaulois de silos à grains en Auvergne, LE MONDE | 13.08.2015 à 06h44 • Mis à jour le 13.08.2015 à 14h14 |

[3] En Auvergne, des archéologues font une découverte majeure sur les Gaulois, Le Figaro, Par Romain David Mis à jour le 14/08/2015 à 18:46 Publié le 14/08/2015 à 17:45

[4] Auvergne: découverte d'un important site archéologique gaulois, BfmTv, 14/08/2015 à 10h53

 

 

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13 août 2015 4 13 /08 /août /2015 13:17

Imprégnée de Jean-Jacques Rousseau et du libéralisme, [...] la loi Le Chapelier [...] interdit, pour quasiment la totalité du siècle suivant, toute manifestation, toute grève et toute constitution de syndicats. [...] La loi va provoquer [...] une aggravation importante des inégalités et l’isolement définitif d’un ouvrier rendu, par la loi, incapable de défendre ses droits.


Loi Le Chapelier, loi liberticide

Au XVIIIème siècle, l’économie politique triomphe. Soudainement focalisés sur les questions de la productivité et du calcul, un certain nombre d’esprits enclenchent le processus qui conduira au « désenchantement du monde[1] ». Le libéralisme est à l’œuvre et avec lui son corollaire obligé, le libre-échangisme : désormais, c’est le marché, et lui-seul, qui doit dicter sa loi issue de la seule rencontre de l’offre et de la demande dans un contexte général de concurrence favorisée. Car c’est de la fameuse « main invisible » que, désormais, découleront les orientations des comportements. Jean-Jacques Rousseau prône ainsi l’initiative individuelle, le marché et la propriété privée ; Diderot, la division du travail dans les manufactures. Pour Turgot, l’artisanat est en déclin et la modernisation de l’économie passe par le développement de grandes entreprises et de l’emploi ouvrier ; la société industrielle moderne n’est plus qu’entrepreneurs et ouvriers : « toute entreprise de trafic ou d’industrie exige le concours de deux espèces d’hommes ; d’entrepreneurs qui font les avances des matières premières, des ustensiles nécessaires à chaque commerce ; et de simples ouvriers qui travaillent pour le compte des premiers, moyennant un salaire convenu. Telle est la véritable origine de la distinction entre les entrepreneurs ou maîtres et les ouvriers ou compagnons, laquelle est fondée sur la nature des choses[2] ». Et la grande entreprise revendique la liberté d’entreprendre. Influencés par ce libéralisme du siècle des lumières, les révolutionnaires de 1789 veulent rompre définitivement avec l’Ancien Régime. Cette volonté va se traduire, d’une part, par le décret d’Allarde des 2-17 mars 1791 qui supprime les corporations en vue de faciliter la concurrence et permettre aux ouvriers de créer leur propre entreprise. Les privilèges attribués à une profession doivent, en effet, disparaître car ils entravent la liberté d’entreprendre. Et, d’autre part, par son prolongement, la loi Le Chapelier des 14-17 juin 1791.

 

 

 

Dès le début de la révolution, les coalitions ouvrières, associations occasionnelles de défense des droits, manifestent de manière de plus en plus virulente pour obtenir des augmentations de salaires et de meilleures conditions de travail. Les charpentiers, surtout, réclament un salaire journalier minimum. Ils ont élaboré une sorte de contrat collectif et demandent à la municipalité de Paris de le faire accepter par leurs employeurs. La municipalité refuse et réclame l’intervention de l’assemblée constituante. C’est dans ce climat agité que le 14 juin 1791 s’engagent, devant cette même asssemblée, les débats qui précèderont l’adoption de la loi dite Le Chapelier, du nom de son rapporteur, avocat Rennais au parlement de Bretagne puis député aux États généraux de 1789, présidant l'assemblée lors de la nuit du 4 août. « Il n’y a plus de corporation dans l’État ; il n’y a plus que l’intérêt particulier de chaque individu et l’intérêt général[3]». Ainsi en décide la loi les 14-17 juin 1791. Désormais, en France, les assemblées professionnelles sont interdites. Proscrivant le régime général d'exercice collectif des métiers ouvriers (les corporations), ainsi que toutes les réglementations sociales particulières, et par conséquent le régime de dérogation des manufactures privilégiées, cette loi réduit à néant les corps et communautés de métiers, laissant la place à l’individualisme et la cristallisation des rapports sociaux en un affrontement entre les ouvriers et leurs patrons, affrontement qui tournera de façon dramatique, à l’avantage des seconds. Inspirée par Rousseau et le libéralisme, la loi Le Chapelier détruit des libertés fondamentales entraînant des effets désastreux. Conduisant à son abrogation, ces effets, plus d’un siècle après, n’ont, cependant, pas complètement disparu.

 

I Les motifs d’une loi « révolutionnaire » au contenu liberticide

 

Imprégnée de Jean-Jacques Rousseau et du libéralisme, la loi Le Chapelier présente le paradoxe suivant que de provoquer la destruction de libertés fondamentales.

 

A/ Une inspiration Rousseauiste et libérale

 

Rejetant les corps intermédiaires, pourtant chers à Montesquieu, et se situant dans le droit fil de la nuit du 4 août 1789, la loi affirme en son préambule qu'il « n'est permis à personne d'inspirer aux citoyens un intérêt intermédiaire, de les séparer de la chose publique par un esprit de coopération ». Très fortement inspirée de Rousseau, la loi reprend d’ailleurs des passages entiers du Contrat social dans l'exposé de ses motifs. Toute coalition doit être perçue comme une déformation et, dans certains cas, une perversion de la volonté générale qui ne doit rencontrer aucun obstacle sur sa route. Entre le citoyen et l’Etat, rien n’existe ! Car, dès lors qu’il existe des corps intermédiaires, ceux-ci constituent autant de coins enfoncés dans l’indivisible association volontaire que représente la Nation. Seul compte l’intérêt général auprès duquel les intérêts particuliers ne doivent prospérer. En effet, « quand le peuple suffisamment informé délibère, les citoyens n'avaient aucune communication entre eux, du grand nombre de petites différences résulterait toujours la volonté générale, et la délibération serait toujours bonne[4] » écrit J-J. Rousseau. « Mais quand il se fait des brigues, des associations partielles aux dépens de la grande, la volonté de chacune de ces associations devient générale par rapport à ses membres, et particulière par rapport à l'Etat : on peut dire alors qu'il n'y a plus autant de votants que d’hommes ; mais seulement autant que d'associations. Les différences deviennent moins nombreuses et donnent un résultat moins général. Enfin, quand une de ces associations est si grande qu'elle l'emporte sur toutes les autres, vous n'avez plus pour résultat une somme de petites différences, mais une différence unique ; alors il n'y a plus de volonté générale, et l'avis qui l'emporte n'est qu'un avis particulier[5]». Il importe, pour bien obtenir l'énoncé de la volonté générale qu'il n'y ait pas de société partielle dans l'Etat et que chaque citoyen n'opine que d'après lui. Pour garantir la défense des droits des citoyens, il faut donc briser les liens qui les unissent les uns aux autres. Par conséquent, il faut anéantir les associations. Car l’Etat est la seule association possible et, en tant que tel, l’Etat ne doit permettre la constitution d’aucun autre groupement que lui-même. Dès lors, il est indispensable d’empêcher les ouvriers de se regrouper pour mieux défendre leurs intérêts et cela peut être obtenu en abolissant purement et simplement le droit d’association des travailleurs. Au final, l’essence de cette loi est bien liberticide. Et que l’on ne vienne pas arguer des nécessités du temps, de la présence d’un mouvement contre-révolutionnaire ou d’un autre motif plus ou moins louable d’apparence, il n’est pas, il ne peut pas être dans l’essence d’une loi de détruire une liberté. C’est pourtant ce que fait la loi Le Chapelier qui piétine la liberté d’association, liberté publique s’il en est, droit de l’homme par excellence pourtant affirmé par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, aujourd’hui constitutionnellement garantie.

 

B/ Un contenu liberticide

 

La loi Le Chapelier n’a, ni plus ni moins, pour but de détruire la constitution française (Art. 1). D’emblée, apparaît l’esprit de la loi qui est celui de «table rase », propre aux révolutionnaires français, pourtant soigneusement vilipendé par la suite par un Portalis, chargé par un Bonaparte devenu Napoléon d’écrire un corps de lois civiles appelées à devenir la constitution d’une France qu’il fallait reconstruire après la dévastation des guerres internes et extérieures qui l’a meurtrirent. Il faut tout détruire, tout faire disparaître, ne rien laisser subsister dans la démesure d’une obsession de « néantisation » du passé, de régénération du présent. Le changement est à l’excès, l’esprit révolutionnaire à l’emballement. Les chevaux ont reçu le fouet au sang et le fiacre est lancé dans une course folle dont à ce moment-là, plus rien ne peut l’arrêter. Et comme les corporations sont présentées comme étant « une des bases fondamentales la constitution française » maintenant à abattre, il faut, naturellement, les anéantir également. La loi est donc radicale dans son contenu : il s’agit de faire disparaître «toutes espèces de corporations des citoyens du même état ou profession » (Art. 1 de la loi), d’interdire de défendre leurs « intérêts communs » que la loi qualifie d’ailleurs de « prétendus » tant elle s’en défie (Art. 2). Et d’ailleurs, au-delà, l’expression même de ces intérêts devient interdite, car nulle et irrecevable par les autorités de la république. Ainsi, « il est interdit à tous les corps administratifs ou municipaux de recevoir aucune adresse ou pétition pour la dénomination d'un état ou profession, d'y faire aucune réponse ; et il leur est enjoint de déclarer nulles les délibérations qui pourraient être prises de cette manière, et de veiller soigneusement à ce qu'il ne leur soit donné aucune suite ni exécution ».( Art. 3.). De même, les citoyens d'un même état ou d’une même profession, les entrepreneurs, les ouvriers et compagnon ne pourront « se nommer ni président, ni secrétaires, ni syndics, tenir des registres, prendre des arrêtés ou délibérations, former des règlements » en la matière » (Art. 2).

 

Quel motif justifie donc une interdiction aussi violente ? L’instauration du libéralisme économique, bien sûr, libéralisme qui, seul, est conforme à cette nouvelle constitution que les révolutionnaires entendent vouloir pour la France. Et c’est au nom des principes de liberté et de la constitution que sont déclarées « inconstitutionnelles, attentatoires à la liberté et à la déclaration des droits de l'homme » et, par voie de conséquence, « nulles », les délibérations des citoyens attachés aux mêmes professions, arts et métiers, les délibérations, ou les conventions « tendant à n'accorder qu'à un prix déterminé le secours de leur industrie ou de leurs travaux » (Art. 4). Tout cela paraît parfaitement logique, la lutte contre les monopoles et les ententes semblant justifier parfaitement que les corporations ne puissent plus demeurer le réceptacle de ces pratiques anticoncurrentielles. Et pour s’assurer qu’elle soit bien respectée, la loi prévoit un impressionnant dispositif coercitif. Les corporations étant interdites, il sera, de même, « défendu de les rétablir de fait, sous quelque prétexte et quelque forme que ce soit » (Art. 1). Toutes les délibérations, les conventions des citoyens relatives aux prix sont nulles et « les corps administratifs et municipaux seront tenus de les déclarer telles ». Les auteurs, chefs et instigateurs, qui les auront provoquées, rédigées ou présidées, seront cités devant le tribunal de police, à la requête du procureur de la commune, condamnés chacun à une peine de 500 livres d'amende ainsi que d’une suspension pendant un an de l'exercice de tous leurs droits et de l’interdiction d’entrée dans toutes les assemblées primaires (Art. 4). Ils sont aussi écartés de tous les ouvrages publics et tous les corps administratifs et municipaux devront faire respecter cette interdiction « à peine par leurs membres d'en répondre en leur propre nom » (Art. 5). Les sanctions s’aggravent en cas de revendication par affichage. Les peines sont alors d’une amende de 1000 livres et de trois mois de prison (Art. 6). Les menaces ou violences contre les ouvriers usant de la liberté accordée par les lois constitutionnelles au travail et à l'industrie, sont qualifiés de crimes et sont punis « suivant la rigueur des lois, comme perturbateurs du repos public » (Art. 7). Et pour finir les attroupements que la loi qualifie, d’ailleurs, de séditieux risquent la dispersion par la force, leurs auteurs étant punis avec toute la rigueur de la loi et les émeutiers qui sont qualifiées de criminels, sont condamnés comme « perturbateurs du repos public » (Art 7 et 8). Désormais seront donc proscrits toutes les organisations ouvrières, notamment les corporations des métiers, les associations ouvrières, le compagnonnage mais également les rassemblements paysans et les pétitions au nom d’une profession, les délibérations destinées à fixer les prix ou les salaires, le tout sous peine de sanctions particulièrement lourdes pour des individus qui, dans leur quotidien, trouvent à peine de quoi vivre. En somme, la loi Le Chapelier interdit le rétablissement des corporations, interdit les associations professionnelles et la formation de coalitions ; elle interdit, pour quasiment la totalité du siècle suivant, toute manifestation, toute grève et toute constitution de syndicats. Elle supprime le droit de coalition pour le remplacer par un délit du même nom, gravement sanctionné. Mais ignorante des réalités du monde du travail et à l’opposé de ses objectifs annoncés, la loi va provoquer, au contraire, une aggravation importante des inégalités et l’isolement définitif d’un ouvrier rendu, par la loi, incapable de défendre ses droits. Et ses effets en seront désastreux.

 

II Les effets désastreux d’une loi aujourd’hui abolie

 

A/ la destruction de l’apprentissage et de la formation

 

Avant la révolution, la formation est prise en charge par les corporations. Avec la disparition des corporations du fait de la loi Le Chapelier, disparaît aussi la formation. Contrairement à bon nombre de pays européen, la république décide de séparer l’entreprise et l’enseignement technique. Privant les enfants et les adolescents de la protection que leur accordaient les statuts issus des corporations, ceux-ci se retrouvent isolés, face à un employeur qui n’est plus préoccupé que par son intérêt et celui de son entreprise et peut se retrouver aveuglé. Dans ce contexte, l’apprentissage n’est plus régi que par un contrat individuel conclu entre l’apprenti et son maître d’apprentissage. Les résultats en seront dévastateurs et la situation dégénèrera en une crise de l’apprentissage qui perdure encore aujourd’hui. En clair, la loi Le Chapelier et le décret d’Allarde, en supprimant les corporations, provoquent la remise en cause de l’apprentissage qui ne cessera de se dégrader tout au long du XIXème siècle, laissant place à l’esclavage des enfants jusque dans les années 1880. Le contrat d’apprentissage a disparu et ne réapparaîtra qu’en 1851 avec la première loi sur l’apprentissage, et encore, de manière balbutiante. Ce n’est qu’avec la loi du 4 juillet 1919, dite loi Placide Astier, que l’apprentissage s’organisera véritablement avec plus de 40 000 apprentis.

 

Quant à la formation et en dépit des incantations de Condorcet[6], le droit à la formation sera absent pendant toute la première moitié du XIXème siècle. Limitée à quelques initiatives (1815, classes d’adultes de Guizot ; 1819, création du C.N.A.M. ; 1825, création d’un cours de géométrie et de mécanique à destination des chefs et sous-chefs d’ateliers ; 1831, apparition de cours d’adultes dans les mairies de Paris), la formation a presque totalement disparu. Pourtant, au XIXème siècle, les innovations techniques sont majeures et entraînent des bouleversements dans l’organisation et les techniques de travail. Le chemin de fer apparaît puis l’industrie chimique, gazière, la production pétrolière et, plus tard, la construction automobile. Dans ces conditions, l’adaptation des ouvriers à l’évolution de leur travail est indispensable et urgente. Elle est pourtant inexistante. La spécialisation est absente, la qualification demeure faible, la dépendance à l’égard de la machine est totale. La sécurité se dégrade considérablement : l’usine est insalubre, la machine dangereuse, les produits toxiques, les ouvriers livrés à eux-mêmes. Les maladies et accidents professionnels se multiplient. Et parallèlement, la santé est au travail est complètement négligée, passée sous silence, peu étudiée, reléguée au néant par la question devenue centrale de la productivité. Dès sa création en 1802, le Conseil de salubrité de Paris témoigne d’une infernale indifférence à l’égard des affections qui frappent les ouvriers. Dans ces conditions, nulle information, ni encore moins prévention. L’ouvrier est aux prises avec des conditions de travail dont, la plupart du temps, il est soigneusement tenu dans l’ignorance de la dangerosité ; notamment dans la chapellerie, la dorure sur métaux tellement exposée aux ravages du mercure ou encore dans l’industrie de la céruse accusée de provoquer la sinistre colique du plomb. Le primat de la productivité à court terme, l’intérêt pour le développement économique et ses formidables promesses d’enrichissement mais aussi la méfiance à l’égard des dires des ouvriers et le mépris ou l’indifférence à leur endroit l’emportent. Et si la mauvaise santé des ouvriers, que l’on finit par ne plus pouvoir ignorer, finit par être abordée, c’est sous l’angle seulement de ses causes sociales et non professionnelles[7]. Devant cette dégradation constante des conditions de travail, il faudra attendre la loi du 8 novembre 1892 pour voir érigées des mesures en matière de sécurité au sein des établissements faisant travailler des femmes et des enfants et celle, fameuse, du 9 avril 1898 portant sur la responsabilité des employeurs dans les accidents du travail liés à la multiplication des machines ainsi qu’à la concentration des hommes dans des locaux inadaptés. La théorie des risques bâtie par les juristes de droit civil est une réponse bien tardive à l’exploitation dangereuse de la force de travail des hommes et en tout cas, toujours pas de nature à empêcher Coupeau, distrait par sa fille Nana, de tomber de son toit sous les yeux de son épouse Gervaise en invoquant Dieu d’une voix étouffée[8]…

 

B/ La condition terrible des ouvriers

 

Supprimant toutes les communautés d'exercice collectif des professions, la loi Le Chapelier a pour effet de détruire les guildes, corporations et groupements d'intérêts particuliers, mais aussi, du même coup, les usages et coutumes de ces corps. A la suite de la mise en place massive d’un prolétariat industriel, caractéristique de l’évolution sociale du XIXème siècle, les rapports entre les patrons et les ouvriers sont profondément modifiés. Le contrat qui unit l’employeur au salarié ne connaît aucune définition légale et, devenu tout-puissant, le patron peut alors, s’il l’entend, opprimer l’ouvrier et cela d’autant plus facilement que ce dernier est isolé par une loi qui le prive de toute capacité d’action et de réaction pour faire entendre ses revendications et se défendre. Au lieu d’atténuer les effets de la révolution industrielle, la loi va, au contraire, en augmenter les effets, dévastateurs en matière sociale. Aggravant la loi martiale, la loi Le Chapelier criminalise le mouvement ouvrier, livré maintenant à l’oppression croissante d’un certain patronat.

 

Rencontrant une opposition grandissante, la loi soulèvera, certes, la désapprobation de l’opinion mais aucunement celle des membres à l’Assemblée, trompée d’emblée par l’argumentaire de Le Chapelier ; celui-ci n’hésitera pas, en effet, à présenter les mouvements ouvriers luttant contre l’augmentation du prix de la journée pour tous dans une même branche professionnelle comme animés de la volonté de restaurer les corporations ; constituant, dès lors, autant de menaces pour l’ordre public, tout droit d’action sociale devait leur être enlevé : "plusieurs personnes ont cherché à reconstituer les corporations anéanties ainsi parle Le Chapelier, en formant des assemblées d'arts et de métiers (...). Le but de ces assemblées (...) est de forcer les entrepreneurs de travaux, les ci-devant maîtres, à augmenter le prix de la journée de travail, d'empêcher les ouvriers et les particuliers qui les occupent dans leurs ateliers de faire entre eux des conventions à l'amiable, de leur faire signer sur des registres l'obligation de se soumettre au taux de la journée de travail fixé par ces assemblées et autres règlements qu'elles se permettent de faire. On emploie même la violence pour faire exécuter ces règlements : on force les ouvriers de quitter leurs boutiques, alors même qu'ils sont contents du salaire qu'ils reçoivent. Il n'y a plus de corporations dans l'Etat, conclut-il, il n'y a plus que l'intérêt particulier de chaque individu et l'intérêt général. Il n'est permis à personne d'inspirer aux citoyens un intérêt intermédiaire, de les séparer de la chose publique par un esprit de corporation". Dès la naissance, le débat est faussé et la cause est acquise sans résistance. Seule une question, celle de Gaultier-Biauzat, viendra troubler cette tacite unanimité : « je pense que ce projet est de trop haute importance pour qu’il puisse être adopté à l’instant même, et je crois convenable que l’Assemblée se donne le temps de la réflexion...un simple renvoi à la séance de demain. Par exemple, à la simple lecture qui vient d’être faite du décret, j’ai cru entrevoir quelques discordances entre l’article qui interdit des assemblées de personnes qui se trouveraient avoir la même profession et les décrets constitutionnels sur la liberté de tenir des assemblées. Sans doute, les individus de même profession ne doivent jamais se coaliser ; mais s’ils se rencontrent en société (...) Je désirerai qu’on ne porte pas atteinte à la liberté qu’on a de s’assembler quelquefois. » Question à laquelle Le Chapelier coupera court immédiatement, toujours au prétexte tronqué de l’urgence et du danger : « il serait très imprudent d’ajourner le projet de décret que nous vous présentons, car la fermentation est aussi grande dans les villes de province qu’à Paris, et il est très important qu’il soit très rapidement adopté. Je crois que nous ne pouvons pas mettre trop de célérité pour éclairer les citoyens. » Bien évidemment, la proposition est immédiatement repoussée par l’Assemblée qui décide l’examen immédiat article par article et c’est presque sans discussion que tous les articles de la loi seront adoptés.

 

Pourtant, Marat dont on connaît le mot : « Nous sommes à Paris vingt mille ouvriers qui ne nous laisserons pas endormir par la bourgeoisie », dénonce « les employeurs qui ont enlevé à la classe innombrable des manœuvres et des ouvriers le droit de s’assembler pour délibérer en règle sur leurs intérêts[9] ». Leur but est bien d’ « isoler les citoyens et les empêcher de s’occuper en commun de la chose publique ». Car désormais, seuls les entrepreneurs sont valorisés, procurateurs de ce travail qui permet à l’ouvrier, à peine, de vivre. La liberté du commerce et de l’industrie est totale et ne rencontre plus de limite, instituant, notamment, le droit d’exploiter les manufactures sans réglementation. Les résultats en seront déplorables. De l’aveu même de l’Institut CGT d’histoire sociale, dont pour le moins que l’on puisse dire, on ne peut douter d’accointance quelconque avec la pensée monarchiste, les conséquences de la loi Le Chapelier seront immenses et graves : «une masse croissante de travailleurs va connaître les ravages de la paupérisation qui se développe dans le sillage de la grande industrie, alors qu’elle subit les terribles conséquences de la Loi Le Chapelier. Celle-ci, en frappant d’interdit toute coalition ou association, a considérablement freiné le développement des structures organiques capables de médiatiser les aspirations à la solidarité collective, alors même que les rapports sociaux sont considérablement bouleversés. » Et encore, « pour les ouvriers, les fruits de la Révolution sont amers. La conception de la liberté du travail imposée par les Constituants a sensiblement déséquilibré les rapports entre les patrons et les ouvriers. Ces derniers, désormais privés de toute structure d’entraide ou de résistance, sont à la merci de tous les dérèglements du marché du travail ». L’oppression est sans limite. Emblématique de cette situation est la situation sociale effrayante des enfants de ce XIXème siècle, pourtant souvent dénommé comme étant celui des progrès, traversant une société enorgueillie des lumières. Quelques rappels suffiront à décrire l’innommable traitement infligé à ceux qui sont les plus faibles parmi les plus faibles : à ce siècle et dès l'âge de 4 ans, l’usine exploite les enfants aux travaux que les machines ne peuvent exécuter à cette époque. Le travail est encouragé par les patrons : les enfants sont de petite taille, ils sont habiles et surtout rémunérés trois à quatre fois de moins que leurs parents dont, bien souvent, les salaires ne sont déjà pas suffisants pour vivre. Les conditions de travail de ces enfants sont inhumaines. Ce n’est qu’en 1841 que la loi du 22 mars interdit le travail des enfants de moins de huit ans et doit limiter la journée de travail à huit heures pour les 8-12 ans ainsi qu’à douze heures pour les enfants de 12 à 16 ans. Le travail de nuit (9 heures du soir-5 heures du matin) est interdit aux moins de 13 ans et pour les plus âgés, deux heures comptent pour trois. Jusqu’en 1851 en France, la journée de travail d’un enfant peut, en toute légalité, dépasser 12 heures. Le 24 avril 1874, une enquête parlementaire s’ouvrira sur les conditions de travail en France qui débouchera, en 1874, sur la création de l’Inspection du travail, chargée de veiller au respect des lois sociales et sur la promulgation d’une loi interdisant le travail des enfants de moins de 12 ans. Et pourtant, jusqu’en 1891, la durée maximum de travail dépasse 10 heures quotidiennes à 13 ans, 60 heures hebdomadaires entre 16 et 18 ans et les enfants pourront légalement exécuter des travaux dangereux jusqu’au décret du 21 mars 1914. Les droits des salariés reculent de manière considérable : ainsi, le 21 mars 1804, l’article 1781 du Code civil stipule qu’en cas de litige sur le salaire, la parole du maître l’emporte sur celle de l’ouvrier devant les tribunaux : l’infériorité légale de l’ouvrier face à l’employeur est consacrée par la loi. Si, le 18 mars 1806, les premiers conseils de prud’hommes sont créés, en revanche, les ouvriers n’y sont pas admis. Exclus de la sphère judiciaire, les ouvriers sont rejetés dans l’illégalité, contraints et forcés. Car, dans le même temps, cette loi provoque, dès 1800, la formation de ligues privées de défense, appelées syndicats, et des grèves, qu'elle permet de réprimer pendant presque tout le XIXe siècle. Entre 1825 et 1862, on dénombrera près de 10 000 ouvriers emprisonnés pour faits de grèves dont plus d’une centaine seront condamnés à plus d’un an de prison[10]. Et loin d’emboîter le pas à la sévérité d’un législateur davantage préoccupé d’ordre et de paix publics que de justice sociale, l’analyse des décisions rendues montre des magistrats compréhensifs et témoignant plutôt d’une indulgence à l’égard d’ouvriers égarés, voire d’une sensibilité certaine à l’égard de la dureté de leur condition et de la légitimité de leurs demandes.

 

Comme si cela ne suffisait pas, la loi sera complétée par toute une série de textes : la loi des 26-27 juillet-3 août 1791 sanctionnant les attroupements contre la liberté du travail et de l’industrie ; le décret du 29 nivôse an II autorisant l’arrestation des ouvriers coalisés. Le 12 avril 1803, la loi sur la réglementation du travail dans les manufactures et les ateliers renouvelle l’interdiction des coalitions ouvrières. Le 1er décembre 1803, le livret ouvrier permettant à la police et aux employeurs de connaître la situation exacte de chaque ouvrier. Tout ouvrier voyageant sans son livret est réputé vagabond et condamné comme tel. De son côté, le délit de coalition est réaffirmé dans les articles 414 et 415 du Code pénal de 1810. Toute coalition ouvrière tendant à la cessation du travail ou à la modification des salaires est réprimée très sévèrement. Le 15 mars 1849, une nouvelle loi est votée contre les coalitions ouvrières et patronales. Par ailleurs, les coopératives ouvrières, développées à partir de 1834, sont considérées (hormis une brève période sous la Deuxième République, en 1848) comme des coalitions jusqu'à la loi du 24 juillet 1867 sur les sociétés, qui leur reconnaît un statut légal. En février 1810, l’Empire dotera la France d’un nouveau Code pénal lequel contiendra notamment en ses articles 414 et 415 la répression du délit de coalition. La deuxième République ne sera pas plus tendre puisque si la loi du 15 mars 1849 confirme l’interdiction des coalitions ouvrière, elle y adjoint la prohibition de celles des patrons ; le 27 novembre de la même année, la loi rappelle l’interdiction des grèves. Sous le Second Empire, la loi du 25 mai 1864 modifie les articles 414 et 415 du Code pénal pour ne retenir que l’entrave au libre exercice de l’industrie ou du travail mais aussi et surtout pour maintenir l’interdiction de la grève. Bien que dirigée autant contre les patrons que contre les ouvriers, ce sont uniquement les derniers qui auront à en souffrir de la loi Le Chapelier. Car bien qu'ils soient également interdits, la loi ne parvient pas à empêcher la formation de véritables syndicats patronaux qui, quant à eux, ne verront aucun obstacle se dresser sur leur route. De même, la loi ne pourra pas, non plus, empêcher l'organisation de sociétés de compagnonnage. Placés dans l’impossibilité de défendre collectivement leurs intérêts, les ouvriers majoritaires quantitativement demeureront minoritaires socialement face à une coalition de patrons sachant imposant leur politique d’entreprise. Du coup, repoussant le mouvement ouvrier dans la clandestinité, la loi Le Chapelier aura pour conséquence funeste de le contraindre à la radicalisation tout en favorisant la collusion entre le pouvoir politique et le patronat.

 

Parce qu’affectée de failles profondes dès son origine, dictée par les circonstances, cette loi ne pouvait être promise à autre chose qu’à la sa disparition comme son auteur principal d’ailleurs, lui-même tristement guillotiné sous la terreur, dès 1791 non sans avoir, au préalable, pris position en faveur de l’attribution du droit de vote aux seuls propriétaires et s’être opposé à l’abolition de l’esclavage, soutenant ainsi les négriers de Lorient et de Nantes. La loi Le Chapelier a été abrogée en deux temps : le 21 mars 1884 par la loi Waldeck-Rousseau, qui légalise les syndicats et le 25 mai 1864, par la loi Ollivier qui abolit le délit de coalition. « Loi terrible » pour Jean Jaurès, « erreur fondamentale » pour Emile Ollivier, la loi Le Chapelier du 14 juin 1791 a profondément marqué le syndicalisme et les relations sociales en France et ce n'est qu'en 1884, soit presqu'un siècle plus tard, que l’interdiction qu’elle posait sera levée. Malgré tout, le droit de grève demeurera interdit et la cessation concertée du travail, un motif de résiliation unilatérale du contrat de travail pour faute et de répression pénale. Le syndicalisme français ne se remettra pas de la loi Le Chapelier : il ne sera jamais vraiment reconnu comme interlocuteur valable par des employeurs, eux-mêmes peu organisés, qui avaient pris l'habitude de ne traiter qu'avec des individus… Et, a contrario, si les pays d’Europe du Nord, germanique ou scandinaves, connaissent un syndicalisme puissant, c'est sans doute parce que le développement du capitalisme s'y est produit sans rupture brutale avec la tradition corporatiste. D'où des systèmes de relations sociales où les "corps intermédiaires" jouent un rôle beaucoup plus important qu'en France.

 

François des Millets

 

[1] M. WEBER, L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme, Presses Électroniques de France, 2013.

[2] A-R-J. TURGOT, Œuvres de Mr. Turgot, ministre d’état : précédées et accompagnées de Mémoires et de notes sur sa vie, son administration et ses ouvrages ..., Paris, A. Belin, 1809, p. 340.

[3] I. R. G. LE CHAPELIER, « Rapport sur les assemblées de citoyens du même état de profession, (14 juin 1791) », cité in Les Orateurs de la Révolution française, tome 1, les Constituants, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1989, p. 428-432.

[4] J-J. ROUSSEAU, Le contrat social, Œuvres complètes de J.J. Rousseau, A. Houssiaux, Paris, 1852, p. 650.

[5] J-J. ROUSSEAU, Le contrat social, Œuvres complètes de J.J. Rousseau, A. Houssiaux, Paris, 1852, p. 650.

[6] M-J-A-N. CARITAT, marquis de CONDORCET, Rapport et projet de décret relatifs à l'organisation générale de l'instruction publique. Présentation à l'Assemblée législative : 20 et 21 avril 1792.

[7] R. L. VILLERME, Tableau de l’état physique et moral des ouvriers employés dans les manufactures decoton, de laine et de soie. (1840)

[8] E. ZOLA, Les œuvres complètes, Bernouard, Paris, p. 119.

[9] MARAT, L’Ami du Peuple n°493, 18 Juin 1791.

[10] M. PIGENET, D. TARTAKOWSKY, Histoire des mouvements sociaux en France : De 1814 à nos jours, La Découverte, Paris, 2014.

 

Source: Loi Le Chapelier, loi liberticide, Vexilla-Galliae., Publié dans Idées, le jeudi 13 août 2015 par François des Millets

 

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4 août 2015 2 04 /08 /août /2015 18:58
4 août 1789 : LES LIBERTÉS PERDUES ! - Isaac Le Chapelier (juif-franc-maçon)

«On représente les privilèges de l’Ancien Régime comme les privilèges des nobles qui ne payaient pas l’impôt. Mais savez vous ce qui a été aboli dans la nuit du 4 août 1789 ? Les privilèges des nobles seulement ? Non, tous les privilèges : ceux de certaines villes, ceux de certains métiers, de certaines corporations etc., et il y en avait une multitude, qui dépassaient de très loin le seul cadre des individus appartenant au Second Ordre. Or après deux cents ans, il est remarquable de constater que les privilèges sont revenus partout. (…) Privilège, oui. Toute société a ses privilèges nécessaires, je ne le conteste pas, sauf quand ce sont seulement des avantages injustifiés [comme en République]. Mais au moins, qu’on cesse de nous parler des privilèges de l’ancien Régime…»

 

Yves-Marie Adeline (Le royalisme en questions)

 

C'est tout le peuple français qui, sur le plan économique, perd ses libertés élémentaires.

 

Les paysans d'abord, et les plus pauvres. Cette Révolution est faite pour les propriétaires individuels, à l'encontre des droits collectifs du monde rural. La propriété est un « droit sacré » dont on veut « le maintien éternel ». Les révolutionnaires y tiennent d'autant plus que les biens nationaux sont vendus contre assignats, et qu'ils ne trouveraient pas acquéreurs si les titres de propriété en étaient contestés. Cambon souligne : « Nos assignats ne seraient rien sans le respect des propriétés. »

 

A l'Assemblée, le Normand Thouret s'est fait l'interprète de la nouvelle conception : « Il faut des propriétaires réels. Les communautés ne sont que des propriétaires factices. » Traduction :

 

l'Église, qui est une propriétaire collective, sera dépossédée, et ses biens seront vendus par la nation, contre assignats.

 

Autre traduction, qui abolit les vieux droits d'usage : il n'est plus permis aux vieillards, aux veuves, aux enfants, aux malades, aux indigents, de glaner les épis après la moisson, de profiter des regains, de recueillir la paille pour en faire des litières, de grappiller les raisins après la vendange, de râteler les herbes après la fenaison; tout ce qu'ont laissé sur place les moissonneurs, les vendangeurs ou les faneurs, selon la loi biblique et l'usage féodal. Il n'est plus permis aux troupeaux d'avoir libre accès aux chaumes, aux guérets, aux jachères : la Révolution prétend interdire la « vaine pâture », qui, étendue par le « droit de parcours », permettait de passer d'une paroisse à l'autre. Elle donne aux propriétaires le droit d'enclore leurs champs (loi du 6 octobre 1791). Elle édicte le partage des biens communaux, avec répartition par tirage au sort (loi du 10 juin 1793). Mais les traditions seront les plus fortes : elles maintiendront longtemps la vaine pâture et le droit de parcours fondés sur un usage immémorial. Le partage des communaux doit être rendu facultatif, puis, sous le Consulat, totalement arrêté.

 

Comme les paysans, les salariés de l'industrie et du commerce sont atteints par l'idéologie révolutionnaire, hostiles à tout ce qui peut s'interposer entre l'État et l'individu. Avant la Révolution, tandis que les confréries groupaient maîtres et compagnons, les compagnonnages rassemblaient, en fait ou en droit, et surtout dans les métiers nouveaux, qui étaient des métiers libres, les seuls compagnons face aux maîtres. Ces compagnonnages devenaient des organisations de solidarité, mais aussi souvent de lutte ouvrière.

 

La Révolution y met bon ordre. Après avoir aboli le système corporatif, elle supprime les compagnonnages, en interdisant aux citoyens d'une même profession, ouvriers et maîtres, de « nommer des présidents, secrétaires ou syndics, de tenir des registres, de prendre des arrêtés, ou délibérations, de former des règlements sur leurs prétendus intérêts communs ». Prohiber la nomination de « syndics », c'est prohiber les syndicats, c'est refuser toute coalition de salariés.

 

Le Constituant qui se fait le promoteur de cette loi s'appelle Isaac Le Chapelier [franc-maçon]. Élu de la sénéchaussée de Rennes, il a présidé l'Assemblée lors de la nuit du 4 août. Il a contribué à poser le principe de l'égalité dans les successions. Il a rédigé le décret qui abolit la noblesse et les titres féodaux. Cette fois, il exclut toute tentative d'union des travailleurs face à l'entrepreneur, il écarte toute menace de grève. La loi Le Chapelier, du 14 juin 1791, met fin à ce qui pouvait subsister de libertés ouvrières : « Si des citoyens attachés aux mêmes professions, arts et métiers faisaient entre eux des conventions..., lesdites conventions sont déclarées attentatoires à la liberté, et de nul effet... Tous attroupements composés d'artisans, ouvriers, compagnons, journaliers, ou excités par eux contre le libre exercice de l'industrie et du travail sont tenus pour séditieux. »

 

Le Chapelier est guillotiné en 1794, mais son oeuvre subsiste. Le Code civil ignore la législation du travail. Le Consulat parachève l'asservissement des salariés en exerçant sur eux un contrôle de police, avec le livret ouvrier, où sont consignés les embauches et les licenciements, voire les appréciations, élogieuses ou sévères, de l'employeur, ainsi que les sommes dont le salarié peut être débiteur. Le livret doit être visé par le commissaire de police à chaque changement de place. Ce système ne tombera en désuétude que sous la Restauration.

 

Les compagnonnages renaîtront seulement dans la clandestinité. Le droit de grève ne sera reconnu que sous le second Empire, et la liberté syndicale que sous la troisième République : la Révolution aura fait reculer la législation sociale de trois quarts de siècle.

 

René Sédillot, « Le coût de la Révolution française ».

 

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 21:23
Réforme du collège : l'enseignement des Lumières sera optionnel (1)

La réforme du collège de Najat Vallaud-Belkacem prévoit que l’enseignement des Lumières en Histoire sera optionnel. Cet élément fondateur de la France d’aujourd’hui valait-il que les professeurs s’y arrêtent ? Du moins dans la forme dans laquelle son apprentissage était prescrit ?

Nous avons posé la question du sens de cette réforme de l'enseignement de l'Histoire au Professeur Xavier Martin* et à Jean-François Chemain, professeur d'Histoire en ZEP. Leurs réponses sont aussi passionnantes que complémentaires. Nous reproduisons ici celle du Professeur Xavier Martin et publierons très prochainement celle de Jean-François Chemain.

 

Entretien avec Xavier Martin, Professeur émérite de l’Université d’Angers

 

Propos recueillis par Clémence Gidoin

Qu’entend-on exactement par « esprit des Lumières » ?

 

Ce qu’on entend par là ? Dans la rhétorique officielle, uniquement de grandes, belles et bonnes choses. Le XVIIIe siècle, en France notamment, – Voltaire, Diderot, Rousseau, Montesquieu et consorts, – aurait enfin brandi la liberté d’expression, découvert et promu la dignité de l’homme, affirmé haut une unité du genre humain, et compati au sort des humbles. Il aurait mis à mal les préjugés de sexe et de couleur, œuvré contre l’absolutisme, et désembué l’esprit humain des obscurantismes religieux, spécialement catholique… La réalité, telle qu’on la voit dans les écrits des philosophes, est soit diamétralement contraire, soit pour le moins très différente, sensiblement plus « composée ». Mais la version imaginaire, dans l’enseignement, dans les médias, demeure en principe et omniprésente, et omnipotente. À tout un chacun, notamment ceux qui ambitionnent la qualité de bachelier, il est donc fort déconseillé d’y contrevenir.

 

Pourquoi alors le siècle des Lumières apparaît-il comme malmené par la réforme, au point d’être annoncé comme propre à devenir un thème facultatif ?

 

Spontanément, je vous dirai que je n’en sais rien. Ladite annonce me laisse sans voix : j’ai cru d’abord que mes oreilles me trahissaient. Alors oui, pourquoi ? La France, pays des Lumières, pays des Droits de l’homme, pays des « valeurs de la République » : c’est un tout magmatique dans l’inlassable formatage médiatico-académique ici rappelé. Le sacro-saint anti-racisme (imaginaire), l’idolâtrée (mais sélective) liberté d’expression se prévalent jour et nuit des Lumières… La perspective de délaisser à la légère un adossement théoriquement aussi flatteur, de disqualifier voire mettre au rebut ce resplendissant esprit des Lumières comme une vieille chaussette, est pour le moins énigmatique, et laisse songeur. La réponse, escomptais-je, m’allait venir de L’Homme Nouveau ! Et de guetter le facteur, apprêtant mes besicles et taillant mes crayons. Votre interrogation, qui inverse les rôles, est donc désarçonnante ! Une Cour européenne des droits de l’abonné devrait bien mettre un terme à ce type d’abus.

 

Le temps d’une réponse, ne pourriez-vous pas vous considérer comme non abonné ?

 

L’idée est ingénieuse : il suffit d’y penser ; ce sera, de fait, moins douloureux… Bref, à la question posée, je vois une seule explication rationnelle, mais j’ai du mal à y souscrire résolument : depuis vingt ans, une certaine relecture des Lumières a malmené assez vivement notre vulgate républicaine à cet égard. Elle montre sans grand mal, à la faveur d’une immense masse de citations, que ce courant, sous maints rapports déterminants, a été violemment le contraire de ce dont on le crédite : négation de l’unité de l’espèce humaine, hyper-élitisme forcené, mépris des gens de couleur, des femmes, des gens de condition modeste, mécanisation du comportement des individus (le fameux Homme Machine, 1747), donc négation du libre arbitre et conception mécaniciste des relations interindividuelles (donc, ipso facto, sociopolitiques), biologisme scientiste inclinant au racisme et à l’antiféminisme, absence de confiance dans la raison humaine (oui !), animalisation du petit peuple… Cette énumération, sévère quoique incomplète, souffrirait quelques nuances, voire ponctuellement quelques solides tempéraments, mais elle résume assez nettement la tendance lourde du dossier.

 

Et, bien sûr, ça change tout ! Le prestigieux « libre examen » des philosophes (avec l’adulé Sapere aude : ose savoir !) est noble chose, assurément, mais si l’un d’entre eux se mêle d’en user pour évaluer (assez chichement) votre degré d’humanité, s’il « ose » vous « savoir » très voisin du singe et vous en méprise, on vous verra probablement, et à bon droit, plus réservé quant aux vertus de cette notion emblématique, et circonspect dorénavant face à ces « humanistes » qui un jour sur deux, selon leur humeur, vous sous-humanisent. Ose savoir, nous dit-on en leur nom ? Il faut répondre : chiche ! et les tenir enfin pour ce qu’ils sont vraiment.

 

Sur cette profonde et diamétrale restitution, abondamment documentée, des vraies « Lumières », les grands médias, comme on s’en doute, ont fait silence. Et néanmoins l’occultation n’est pas totale. Au moins modestement le vrai, en cette matière, progresse et s’insinue, et sans bruit, vaille que vaille, par capillarité, s’infiltre aux interstices. Conséquence : les tireurs de ficelles (s’ils existent) ont peut-être jugé meilleur d’abandonner sans tambour ni trompette ce glorieux champ de bataille. Peut-être, à tout le moins, se posent-ils la question. À parler vrai, c’est peu de dire que l’hypothèse m’en laisse sceptique, mais, de rationnelle, je n’en vois pas d’autre. Nous reste alors l’irrationnel : ladite mesure ressortirait, comme fréquemment, à un pur et simple « n’importe quoi » troussé à la hâte ; ne l’excluons pas : c’est le plus vraisemblable.

 

Il est toutefois vrai que depuis le bicentenaire de la Révolution, qui au fil de colloques richement subventionnés, avait en fait bien défraîchi l’image convenue de cette dernière, la tendance de l’idéologie dominante est de prudemment relativiser ses mythes fondateurs de 1789 (donc des Lumières) pour transplanter résolument son camp de base référentiel autour de 1945. Et je n’exclus pas que la touche (malgré tout) « nationale » des Lumières et de la Révolution françaises ait pu devenir aussi, dans le mondialisme aujourd’hui prégnant, un motif d’estompage. Le tout, néanmoins, laisse assez perplexe.

 

Quelles conséquences cet estompage peut-il avoir sur la culture des jeunes Français ?

 

Question, là encore, délicate. En soi, il est difficile de déplorer que les élèves échappent à ce massif malentendu sur les Lumières. Je dis seulement « malentendu », car la grande masse de ceux qui le propagent, conditionnés à cet effet, sont de bonne foi… ou peu s’en faut ; les vrais menteurs (éventuellement par omission) sont concentrés dans le cercle restreint des spécialistes universitaires : ceux qui « savent », mais verrouillent un savoir différent imposé, aux étapes décisives des carrières d’enseignement. Sans doute, au surplus, croient-ils ne mentir que pour la bonne cause, ce qui les aide possiblement à oublier, cahin-caha, qu’ils ne disent pas la vérité ! Cela noté, l’on ne saurait, évidemment, imaginer que des talents aussi monumentaux et influents que ceux de Voltaire, Diderot, Montesquieu ou Rousseau, passent à la trappe ! Pareille amputation est inimaginable, et il va sans dire, à mon sentiment, qu’elle n’aura pas lieu. Mais qu’enseigner exactement, à leur sujet ? C’est une tout autre affaire, et un réel problème.

 

Justement, des enseignements d’Histoire à « trous » chronologiques conservent-ils un sens ?

 

La réponse théorique est sans réserve négative, ça va de soi. Cela étant, en tous domaines je me méfie des « il faut que ». Si par malheur j’étais moi-même en charge pratique des programmes et manuels, je serais plus qu’embarrassé. Toute pédagogie est nécessairement simplificatrice d’une complexité, elle-même souvent inextricable : c’est vrai dans l’Université, ce l’est a fortiori, de façon croissante, en raison inverse de l’âge des auditeurs. L’Histoire n’est enseignable que très simplifiée – je n’ajouterai pas « donc très mythifiée », pour ne pas choquer : mais sur ce point, au minimum, je m’interroge, et ce furtif ballon d’essai pose la question (c’est bien mon tour). La notion de « roman national » est plus qu’une formule, et donne à penser. S’agissant de l’Histoire, il importe au surplus de ne pas négliger un trait élémentaire, qui ne facilite rien : plus s’accumulent les décennies (et ça va vite !), moins il est facile de tout maîtriser, d’opérer un tri, de synthétiser. Cette lapalissade, à titre accessoire, a son importance. Ce qui, pour le grand-père, continue de tenir à un passé récent, dont l’ignorance, dans les jeunes classes, annonce la fin des haricots académiques, touche à la nuit des temps pour sa progéniture. C’est assez naturel.

 

Qu’on me pardonne d’oser ici un sentiment tout personnel, qui déplace le problème à défaut d’amorcer la moindre solution : pour chaque professeur, c’est le haut défi et c’est l’essentiel, de chercher la voie toujours mystérieuse, d’atteindre la flamme et de l’activer, au cœur des élèves, avec ferveur, avec respect, avec réserve, sans oublier l’accompagnement synergétique des anges gardiens, qu’à l’ordinaire sous-évalue assez sottement le Ministère – c’est là une des clés de son handicap, de la déprimante phraséologie étalée sur ses pauvres tartines, et de ses tristes résultats. Cette authentique disposition professorale ? Les « sciences cognitives » n’ont probablement que peu à y voir, et les « méthodes » pré-mastiquantes guère davantage, ni les programmes, souvent biaisés, jamais parfaits, rarement traités en leur entier. Dire que, dans l’enseignement, la transmission de connaissances est négligeable serait la première des absurdités. Mais l’essentiel est autre chose. Ladite transmission est, sinon le prétexte, du moins l’occasion de plus profond qu’elle : cet imperceptible toucher des âmes, objet de mystère, ambitionné sans crispation, en vue d’ineffables germinations, parfois à long terme. L’affaire des programmes en est, malgré tout, relativisée.

 

*Depuis quelque vingt ans, le professeur Xavier Martin propose un regard radicalement neuf sur l’esprit des Lumières et la Révolution, à travers une dizaine d’ouvrages, dont le premier, Nature humaine et Révolution française (DMM, 302 p., 26 €), va connaître sa troisième édition, et dont le plus récent, de portée synthétique, est intitulé Naissance du sous-homme au cœur des Lumières (Les races, les femmes, le peuple) [DMM, 440 p., 28,50 €]. Le plus diffusé, Voltaire méconnu. Aspects cachés de l’humanisme des Lumières (1750-1800) [DMM, 352 p., 26 €], vient de connaître lui aussi sa troisième édition, et sera réédité à la rentrée en format de poche.

 

 

Source: Réforme du collège : l'enseignement des Lumières sera optionnel, L'Homme nouveau, Rédigé par Xavier Martin le 09 juillet 2015 dans Société

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 06:00
La statue qui saigne de la rue aux Ours

Pendant près de quatre cents ans, Paris vit s'accomplir les rites d'une fête dont le souvenir est totalement effacé aujourd'hui. Depuis 1418 jusqu'à la Révolution, le coin de la rue aux Ours, à Paris, s'illuminait, le 3 juillet, et de nombreux cierges éclairaient la niche vide d'une statue.

Cependant, les rues d'alentour retentissaient de clameurs ; c'est que la foule suivait en vociférant le cortège d'un mannequin costumé en Suisse. La procession durait pendant plusieurs heures et parcourait tous les quartiers de la ville avant de revenir aux carrefours des rues Salle-au-Comte et aux Ours. Puis, à la nuit tombante, le mannequin était enfin brûlé et la fête s'achevait dans l'apothéose d'un feu d'artifice.

S'il faut en croire les différents compartiments d'un tableau peint en 1772, un fait inouï aurait donné naissance à cette procession plusieurs fois séculaire. En effet, le 30 juin 1418, un soldat suisse frappa de son épée la statue de la Vierge placée dans la niche de la rue aux Ours. Le sang jaillit aussitôt. Le soldat fut arrêté, jugé, condamné et exécuté au lieu même du crime. Quant à la statue mutilée, on la transporta à Saint-Martin-des-Champs, où la vénération populaire lui donna le nom de Notre-Dame de la Carole. Et, tous les 3 juillet, on donnait une fête en son honneur... Le souvenir de la mutilation se perdit peu à peu, mais la réjouissance se poursuivit jusqu'à la Révolution.

 

Source: http://www.france-pittoresque.org/article-la-statue-qui-saigne-de-la-rue-aux-ours-102846524.html

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 12:27

"A beaucoup d'égards, le bilan (des destructions sous les Guerres de religion) a été bien pire que celui de la Révolution française."

Philippe Conrad

Pour faire écho à une actualité brûlante, le thème de l'iconoclasme protestant et des destructions opérées pendant les guerres de religion a été abordé par Tv-Libertés dans l'émission "Passé Présent", présentée par Philippe Conrad et Catherine Gourin. Il s'agit d'"une époque extrêmement sombre de notre histoire où une partie de la noblesse trouva dans la 'Réforme' l'occasion et l'opportunité de s'opposer à l'autorité royale, une époque riche en violences" dont des évènements comparables se sont reproduits sous la Révolution et face auxquels les actuels islamistes, destructeurs d'objets culturels pré-islamiques, font office d'amateurs.

L'iconoclasme protestant pendant les guerres de religion
 

01:37 - L'iconoclasme protestant pendant les guerres de religion.

 

Extrait :

 

"On a pas mal oublié ce qui s'est passé au XVIe siècle à la faveur des guerres de religion. Et là, à beaucoup d'égards, le bilan a été bien pire que celui de la Révolution française. De quoi s'agit-il au départ ? D'une lecture littérale de certains passages de la Bible tirés du Livre de l'Exode ou du Deutéronome qui justifiaient en quelque sorte la destruction des idoles.

 

Ce phénomène n'est manifesté d'abord en Allemagne et en Suisse, qui ont été les terres d'orine de la Réforme protestante dans les années 1520-1530. Zürich, Bâle, Strasbourg sont aussi concernés."

 

L'iconoclasme protestant pendant les guerres de religion

Cela prendra encore une forme plus extrême quand la secte des Anabaptistes de Münster va occuper cette ville en 1534-1535.

 

Et puis la France va être touchée aussi à l'été 1528 où une statue de la Vierge va être décapitée à Paris, à l'angle de la rue des Rosiers et de la rue des Juifs. Et ce sacrilège va considérablement indigner la population. Le Roi François Ier en personne va participer à la procession expiatoire qui sera organisée à la suite de tout cela.

Dans la nuit du 31 mai au 1er Juin 1528, une statue de pierre de la Vierge est mutilée dans le quartier dit ''des juifs'', dans le Marais. La niche contenant la statue se trouve à l'angle de la rue du Roi de Sicile et de la rue des Juifs (rue des Rosiers) . La tête de la vierge et celle de l'enfant Jesus sont décapitées. Cet évènement est aussitôt mis en relation avec d'autres manifestations d'iconoclastie menées par les partisans de la Réforme et de LUTHER pour qui le culte des Saints, et de la Vierge Marie en particulier, sont contraires au véritable sens de la Foi. Bientôt l'information circule dans tout Paris. L'émotion de la population est grande car le culte de Marie est extrêmement populaire et répandu. " Lors le Roi étant à Paris, de ce averti, fut si courroucé et marri qu'on dit qu'il en pleura très fort" (in :Journal d'un bourgeois de Paris). Source:  http://www.renaissance-france.org/rabelais/pages/15282.html

Dans la nuit du 31 mai au 1er Juin 1528, une statue de pierre de la Vierge est mutilée dans le quartier dit ''des juifs'', dans le Marais. La niche contenant la statue se trouve à l'angle de la rue du Roi de Sicile et de la rue des Juifs (rue des Rosiers) . La tête de la vierge et celle de l'enfant Jesus sont décapitées. Cet évènement est aussitôt mis en relation avec d'autres manifestations d'iconoclastie menées par les partisans de la Réforme et de LUTHER pour qui le culte des Saints, et de la Vierge Marie en particulier, sont contraires au véritable sens de la Foi. Bientôt l'information circule dans tout Paris. L'émotion de la population est grande car le culte de Marie est extrêmement populaire et répandu. " Lors le Roi étant à Paris, de ce averti, fut si courroucé et marri qu'on dit qu'il en pleura très fort" (in :Journal d'un bourgeois de Paris). Source: http://www.renaissance-france.org/rabelais/pages/15282.html

Et puis les choses vont vraiment en France se développer dans la seconde moitié du XVIe siècle.

 

Dès 1550, des statues et du portail de la cathédrale de Toulouse sont mutilées. Il en va de même en 1561 à Saint-Médard à Paris. Mais c'est surtout avec le début des Guerres de religion après le "Massacre de Vassy" (le 1er mars 1562 NDLR.) Il y aura huit guerres civiles qui vont se succédées. C'est là que vous avez les grandes vagues iconoclastes. Principalement en 1561-1562, et puis 1567-1570 pour les périodes les plus violentes, les plus radicales.

"Massacre de Vassy" (1er mars 1562) par des soldats du duc de Guise, contre 200 Huguenots qui célèbraient le culte dans une grange. "Or, il (le massacre de Vassy) fut précédé de massacres de catholiques et d'excès de toutes sortes commis sur plusieurs points du territoires par les huguenots. Excitées par "les appels sauvages" de leurs pamphlétaires, les passions protestantes 'faisaient rage dès 1560.' Dans les provinces du Midi surtout, il y avait des prêches en armes, des pillages, saccagements d'églises, des courses, des combats entre les bandes huguenotes et les troupes royales. … En 1561, les huguenots avaient saccagé l'église saint-Médard et plusieurs autres. Dans un certain nombre de villes du Languedoc, ils s'étaient emparés à main armée de plusieurs églises : à Montauban, Béziers, Castres, Nîmes, ils avaient interdit tout culte catholique, arraché les religieuses de leurs couvents et forcé ces innocentes victimes à assister aux prêches; à Montauban, il y avaient poussé le peuple à coups de fouet et de nerfs de bœufs. Ceux qui avaient essayé de résister avaient été mis en prison et fouettés jusqu'au sang; plusieurs mêmes avaient expiré sous les coups. Le 20 octobre 1561, à Montpellier, les huguenots avaient pris les armes, s’étaient rués à l'improviste sur les catholiques, avaient tué, avec le gardien des Cordeliers, près de quarante personnes et pillé plus de soixante églises ou chapelles…" [Source: Jean Guiraud, Histoire partiale histoire vraie, tome I Des origines à Jeanne d'Arc, neuvième édition, Gabriel Beauchesne & Cie Editeurs, Paris 1911, p. 70-71.] .... "Il n'y eut pas à Vassy un massacre de protestants; mais […] une bagarre sanglante, une échauffourrée où il y eut des morts des deux côtés, Guise lui-même étant blessé par les protestants." [ibid. p. 403.]  … Les guerres de religion étaient déjà commencées avant le massacre de Vassy. …On vit des bandes ou plus exactement de vraies armées protestantes organisées, dès 1559, 1560, 1561, c'est-à-dire un an, deux ans, trois ans auparavant, dans toute l'étendue du territoire, occupant de force les églises, saccageant les villes, promenant la dévastation dans les campagnes. … Qu'étaient-ce donc que ces émeutes suscitées délibérément par les protestants, ces rixes et ces batailles sinon des guerres de religion ? … Et le tableau que Ronsard (Discours des misères de ce temps adressé à la reine régente Catherine de Médicis) et Mézeray nous ont tracé de la France en 1562, nous montre qu'elle était livrée depuis longtemps aux luttes à main armées des factions politiques et religieuses." [ibid., p. 404.]

"Massacre de Vassy" (1er mars 1562) par des soldats du duc de Guise, contre 200 Huguenots qui célèbraient le culte dans une grange. "Or, il (le massacre de Vassy) fut précédé de massacres de catholiques et d'excès de toutes sortes commis sur plusieurs points du territoires par les huguenots. Excitées par "les appels sauvages" de leurs pamphlétaires, les passions protestantes 'faisaient rage dès 1560.' Dans les provinces du Midi surtout, il y avait des prêches en armes, des pillages, saccagements d'églises, des courses, des combats entre les bandes huguenotes et les troupes royales. … En 1561, les huguenots avaient saccagé l'église saint-Médard et plusieurs autres. Dans un certain nombre de villes du Languedoc, ils s'étaient emparés à main armée de plusieurs églises : à Montauban, Béziers, Castres, Nîmes, ils avaient interdit tout culte catholique, arraché les religieuses de leurs couvents et forcé ces innocentes victimes à assister aux prêches; à Montauban, il y avaient poussé le peuple à coups de fouet et de nerfs de bœufs. Ceux qui avaient essayé de résister avaient été mis en prison et fouettés jusqu'au sang; plusieurs mêmes avaient expiré sous les coups. Le 20 octobre 1561, à Montpellier, les huguenots avaient pris les armes, s’étaient rués à l'improviste sur les catholiques, avaient tué, avec le gardien des Cordeliers, près de quarante personnes et pillé plus de soixante églises ou chapelles…" [Source: Jean Guiraud, Histoire partiale histoire vraie, tome I Des origines à Jeanne d'Arc, neuvième édition, Gabriel Beauchesne & Cie Editeurs, Paris 1911, p. 70-71.] .... "Il n'y eut pas à Vassy un massacre de protestants; mais […] une bagarre sanglante, une échauffourrée où il y eut des morts des deux côtés, Guise lui-même étant blessé par les protestants." [ibid. p. 403.] … Les guerres de religion étaient déjà commencées avant le massacre de Vassy. …On vit des bandes ou plus exactement de vraies armées protestantes organisées, dès 1559, 1560, 1561, c'est-à-dire un an, deux ans, trois ans auparavant, dans toute l'étendue du territoire, occupant de force les églises, saccageant les villes, promenant la dévastation dans les campagnes. … Qu'étaient-ce donc que ces émeutes suscitées délibérément par les protestants, ces rixes et ces batailles sinon des guerres de religion ? … Et le tableau que Ronsard (Discours des misères de ce temps adressé à la reine régente Catherine de Médicis) et Mézeray nous ont tracé de la France en 1562, nous montre qu'elle était livrée depuis longtemps aux luttes à main armées des factions politiques et religieuses." [ibid., p. 404.]

Le phénomène (de la violence protestante NDLR.), on le retrouve à d'autres périodes mais de manière plus isolée.

 

On en constate un retour en 1620 quand Louis XIII va engager la lutte avec les Protestants et qui se terminera par l'"édit de grâce d'Alès" en 1629 [qui  met un terme au soulèvement protestant, confirme la liberté de culte et l’égalité civile accordée aux protestants par l’édit de Nantes (1598), mais ceux-ci perdent leurs places fortes et leurs privilèges militaires. Véritable fin des guerres de religion. L’année 1629 marqua la défaite finale du protestantisme comme parti politique et comme État dans l’État. NDLR.]

 

Quel est le sens de tout cela ? C'est le refus pour les protestants du pouvoir miraculeux qui est traditionnellement attribué aux statues et aux reliques. Il s'agit pour eux de désacraliser pour eux ce qu'ils considèrent comme des idoles. Et l'iconoclasme pour eux est un acte sanctifiant. Ils sont prêts même à subir le martyre pour avoir commis ce genre d'actes.

L'iconoclasme pour les protestants est un acte sanctifiant

L'iconoclasme pour les protestants est un acte sanctifiant

Cela peut prendre des formes un petit peu différentes. Olivier Christin qui est un des grands historiens du phénomène et qui s'est intéressé surtout au cas de la ville du Mans, distingue bien entre un iconoclasme populaire qui concerne les masses populaires en général, pour lesquelles c'est une forme de carnaval excessif de renversement des valeurs qui fait qu'on va casser ces statues et un certain nombre de symboles, et une certaine couche sociale protestante supérieure qui va préméditer, organiser et instrumentaliser à son profit le rejet des 'idoles' parce que c'est ensuite un élément de pouvoir.

L'iconoclasme protestant pendant les guerres de religion

Pour les catholiques ces choses sont inadmissibles. Pourquoi ? Parce que l'univers des images qui les entourent est porteur de signes qui témoignent de la présence de Dieu au monde. S'attaquer aux statues, aux réprésentations du Christ, de la Vierge ou des Saints remet en question le caractère immanent de la présence divine. Et ce type de sacrilèges ne peut que dresser contre les tenants de ce protestantisme la majorité de la population demeurée attachée à la foi traditionnelle.

 

Donc cet iconoclasme va être évidemment porteur de réactions et porteur de violences. Il prend une ampleur considérable. C'est perçu ainsi par les contemporains. L'humaniste Etienne Pasquier par exemple, constate que:

 

"là où le huguenot est maître, il ruine toutes les images, démolit les sépulcres, enlève tous les biens sacrés voués aux églises."

 

Et l'ambassadeur de Venise témoigne:

 

"Les novateurs (c'est ainsi qu'il désigne les 'Réformés') ont détruit les temples ou édifices sacrés en si grand nombre que dix années de revenus de la Couronne ne suffirait pas pour les rebâtir !"

 

Donc un vandalisme massif, généralisé (on va voir comment les choses se répartissent par provinces); un vandalisme unilatéral, puisque du côté du camp catholique il n'y a rien à détruire. Et les protestants n'ont pas d'édifices du culte consacrés, ils se réunissent généralement en plein air ou dans des granges à l'époque. Donc c'est vandalisme qui concerne essentiellement les édifices ou le patrimoine catholique.

 

Le bilan est accablant, mais il est inégal selon les régions.

 

La Bretagne par exemple est relativement épargnée. C'est une terre profondément catholique et qui le demeure, qui connaît à peine la 'Réforme', et qui va même rester pendant très longtemps un bastion de la Ligue (le duc de Mercoeur va continuer la lutte jusqu'à la conclusion de l'édit de Nantes en 1598 dans cette région).

 

Donc la Bretagne est largement épargnée. On peut en dire autant globalement de l'Île de France. Paris est une ville ligueuse. On sait comment Henri III a dû la quitter sous la pression du peuple monté sur les barricades. On sait comment Henri IV sera obligé de l'assiéger et devra se convertir avant de pouvoir en finir avec cette résistance. Donc l'Île de France est relativement peu touchée avec quelques exceptions notables quand même : la cathédrale de Meaux en 1562, la Collégiale Notre-Dame de Poissy (pour la petite histoire il faut rappeler qu'au mois de mai il y a eu un évènement dont la presse a très peu parlé, un acte de vandalisme comparable dans la Collégiale de Poissy, là où a été baptisé Saint-Louis: la statue de Saint-Louis a été démolie lundi 27 avril.)

 

 

 

L'iconoclasme protestant pendant les guerres de religion

En dehors de ces deux régions, tout le reste du pays va être touché à des degrés divers. Certes des restaurations interviendront ensuite. Les Bénédictins de Saint-Maur au XVIIe surtout et au XVIIIe siècle vont y contribuer dans une large mesure. Puis ensuite au XIXe siècle, Viollet-le-Duc dont on a dit beaucoup de mal pour ses restaurations parfois un peu aventurées, mais qui a eu le mérite de remettre sur pieds un patrimoine essentiel.

 

En tous les cas, beaucoup a été perdu. Et à la fin du XVIe siècle la France apparaît comme un gigantesque champ de ruines. La Normandie a été spécialement touchée. La cathédrale de Rouen, l'Abbaye de Saint-Ouen, les Monastères de Saint-Wandrille, de Jumièges, de Sainte-Honorine de Graville, l'église Saint-Jacques de Dieppe, les églises Saint-Etienne et de la Trinité de Caen (dite Abbaye-Aux-Dames) avec la violation des sépultures de Guillaume le Conquérant et de la reine Mathilde; la Cathédrale de Bayeux avec les tombeaux des évêques qui sont violés, leurs ossements jetés aux chiens. Et il faut ajouter la Cathédrale de Coutances, les sanctuaires de Valogne (voir ici et ), de Falaise, de Vire. Seul en Normandie le Mont Saint-Michel a été épargné. Il avait résisté aux assauts anglais à la fin de la Guerre de Cent Ans, il a résisté à la violence dévastatrice des huguenots pendant les Guerres de religion.

 

 

Abbaye de Jumièges, démolie par les Réformés le 8 mai 1562

Abbaye de Jumièges, démolie par les Réformés le 8 mai 1562

Avec un point particulier qu'il est intéressant de signaler. Dans le patrimoine architectural parce que c'était plus facile à détruire, ce sont les jubés qui ont particulièrement souffert - ces structures séparant le choeur liturgique de la nef de l'église -. Celui qui était extrêmement riche était celui de l'église Saint-Etienne du Mont à Paris. Il y en avait des dizaines comme cela en France. C'est ce qui était généralement détruit en premier par les casseurs de l'époque.  

L'iconoclasme protestant pendant les guerres de religion

Puis (dans les autres régions), les sanctuaires de Soissons, d'Auxerre, l'Abbaye de Cluny dévastée et pillée à trois reprises en 1562, 1567, 1575 (sa bibliothèque, dont on imagine la richesse, a été complètement dévastée et a été en grande partie perdue); le trésor de l'Abbaye de Paray-le-Monial disparaît; l'église de la Charité-sur-Loire est détruite; la Madeleine de Vézelay est transformée en écurie, l'église de Guérande, pour sa part, en porcherie, Saint Philibert de Tournus, magnifique sanctuaire roman parmi les plus anciens en France, est saccagé. Les sanctuaires d'Orléans subissent un sort comparable avec des fonts baptismaux transformés en chaises percées. Notre-Dame de Cléry, où se trouvait le tombeau de Louis XI, est également pillé et le tombeau profané (le 2 avril 1562, durant les guerres de Religion, le tombeau du roi et la statue de la Vierge sont détruits par les protestants à la suite de la prise de la ville d’Orléans par les armées du prince de Condé.) Même situation au Couvent des Annonciades de Bourges en 1562 (où les hugenots dévastent la chapelle, profanent le tombeau de Sainte Jeanne de France, fille de Louis XI, fondatrice à Bourges en 1501 de l'Ordre des moniales contemplatives de l'Annonciation de la Vierge Marie, dites sœurs de l'Annonciade, font brûler ses restes, dispersant ses cendres.NDLR.) Et la châsse de Saint-Benoît, qui se trouvait à l'Abbaye de Saint-Benoît sur Loire est fondue pour que Cologny, le chef protestant, puisse payer ses troupes. 

Chartreuse du Liget, monastère de moines-ermites chartreux fondé en 1178 par Henri II Plantagenêt en Touraine - Portail du monastère ruiné par les Guerres de religion

Chartreuse du Liget, monastère de moines-ermites chartreux fondé en 1178 par Henri II Plantagenêt en Touraine - Portail du monastère ruiné par les Guerres de religion

La liste continue. Blois, la cathédrale de Bourges. Dans la région de Touraine, Saint-Martin de Tours (Apôtre des Gaules...), Marmoutiers, l'un des hauts lieux spirituels de la région, la Chartreuse du Liget; plus à l'Ouest, la Cathédrale d'Angers, mise à sac; l'Abbaye de Fontevraud en Anjou (l'une des plus grandes cités monastiques d'Europe) où se trouvaient les tombeaux d'Henri II et d'Aliénor d'Aquitaine et celui de leur fils, Richard Coeur de Lion. Les destructions et pillages sont intervenus, mais on a pu récupérer quand même leurs gisants.

 

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Gisant des parents de Richard Coeur de Lion (Henri II et Aliénor d'Aquitaine). Abbaye de Fontevraud (Anjou)

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Gisant de Richard Cœur de Lion (vers 1199, abbaye de Fontevraud)

Il y a des dégâts considérables en Poitou, en Saintonge, où les Guerres de religion ont été extrêmement présentes.

En Isère, la Grande Chartreuse est pillée; c'est la région où sévit le fameux Baron des Adrets, célèbre pour sa cruauté.

L'Abbaye de la Chaise-Dieu en Haute-Loire est pillée également. Le tombeau du Pape Clément VI, Pape d'Avignon, qui était l'un des chefs d'oeuvres de la sculpture funéraire du XIVe siècle est détruit. On a des destructions comparables à Aurillac, à Mende, à Villefranche-de-Rouergue, à Conques, à Rocamadour, à Périgueux, à Souillac, à Albi. A la cathédrale Sainte-Cécile d'Albi, les dégâts sont tels que l'un des chefs protestants, Montgommery, va être surnommé l'"Attila huguenot". Ce qui est en soi tout un programme.

Toulouse va échapper à la destruction. Monluc, le fameux chef de guerre catholique va réussir à sauver Toulouse que les protestants voulaient tout simplement raser. On trouve des projets tout à fait comparables à ceux que l'on verra mis en oeuvre en 1793 ou 94 quand les révolutionnaires et les Montagnards de Paris imaginaient de détruire Lyon, changer son nom pour en faire une ville affranchie.

 

Les dégâts sont tout aussi importants dans le Midi languedocien et provençal, à Montpellier, à Embrun, à Avignon, à Arles.

Dans le Dauphiné, la quasi totalité du patrimoine artistique médiéval a complètement disparu.

 

A l'issue de cette période particulièrement sombre, certains prélats vont faire les comptes. L'évêque d'Agen, Nicolas de Villars, qui va occuper le siège épiscopal de 1592 à 1608, juste à la fin des Guerres de religion, constate que sur 427 églises de son diocèse, seules 24 sont restées intactes.

L'évêque de Toulouse de son côté constate que sur 337 églises de son diocèse, 139 ont été incendiées et ont disparu.

En tout, approximativement, 20.000 sanctuaires dans l'ensemble du Royaume ont été endommagés ou détruits. Ce qui est un chiffre évidemment absolument énorme.

Alors, Calvin, au début, condamne les excès de l'iconoclasme mais "jamais Dieu n'a commandé d'abattre les idoles sinon chacun en sa maison, et en public, à ceux qui arment d'autorité". C'est-à-dire que les autorités constituées, si elles le décident, elles peuvent le faire. Il ne faut pas que cela soit un phénomène spontané et anarchique.

Théodore de Bèze, son successeur à Genève, tient des propos comparables. Il est pour un iconoclasme organisé et qui s'opère dans l'ordre. Il donne d'ailleurs des conseils à Jeanne d'Albret, la mère d'Henri IV à ce sujet.

 

Du côté catholique, le phénomène n'est pas comparable. On verra tout de même une destruction du temple de La Rochelle en 1628, après la prise de La Rochelle assiégée par Richelieu. Et en 1685, au moment de la révocation de l'édit de Nantes, le temple de Charenton subira le même sort. Mais on comprend bien à l'évocation de toutes ces destructions et en imaginant ce qu'a été la mémoire de ce conflit sanglant qui a duré plusieurs décennies, dans une France où les Protestants étaient tout à fait minoritaires, il faut le rappeler, et y compris au XVIe siècle, on comprend bien quel soutien l'opinion populaire a apporté en 1685 à la révocation de l'édit de Nantes, décidé par l'édit de Fontainebleau de Louis XIV. Les gens n'avaient pas oublié.

Suite de l'émission de Tv-Libertés :


19:44 - L’ambitieux chimiste Claude Louis Berthollet, inventeur de l'eau de javel, proche de Lavoisier mais aussi de Napoléon.
31:29 - Comment l'éducation nationale influence idéologiquement les élèves via les programmes d'histoire, avec en invité Vincent Badré, auteur de "L'Histoire fabriquée ?– ce qu'on ne vous dit pas à l'école".

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 12:03
Nikolay Starikov explique la différence entre les civilisations russe et anglo-saxonne

Nikolay Starikov explique la différence entre les civilisations russe et anglo-saxonne :

 

"Les Russes considèrent tous les peuples comme égaux, pas comme des gens de seconde classe. Les Anglo-saxons se considèrent différents. Les Indiens n'étaient pour eux que des insectes qui les empêchaient d'occuper les territoires. C'est pourquoi ils les dressaient les uns contre les autres; des Indiens avec les Français, d'autres avec les Anglais, etc. Ensuite, les Français ont vendu leur colonie aux Anglais, qui ont simplement exterminé les Indiens."

 

Pour prolonger ce que dit Nikolay Starikov à propos des Indiens exterminés par les Anglais et de la différence entre Français et Anglais dans la manière de traiter les autres peuples, lire "Francophonie et frères d’Alliance" et "Des causes principales du mal qui ronge la France et le monde depuis 1789".

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 09:37

Jean-Pierre Aussant sur les Croisades et l'Inquisition. Un peu vif mais plein de vérités :

Les Croisades:

Les Croisades ont été déclenchées par l'invasion de Jérusalem par les troupes musulmanes. Les musulmans ont envahi Jérusalem et, en réaction, effectivement, les rois chrétiens européens ont engagé les Croisés et les Croisades. C'est une réaction. Action-réaction.

Jean-Pierre Aussant

L'Inquisition:

Les personnes qui ont été tuées par l'Inquisition c'est cinq mille personnes pour tout le Moyen Âge et plusieurs siècles. Cinq mille personnes: c'est le nombre de tués en deux jours pendant la Terreur révolutionnaire des républicains français en 1793.

Jean-Pierre Aussant

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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 21:40
Jean-Pierre Le Mat : "Je ne pense pas que les tenants d’une dictature républicaine apprécieront mon livre"

Les éditions Yoran Embanner publient un livre particulièrement polémique écrit par Jean-Pierre Le Mat. Il est un des portes-paroles des Bonnets rouges, mais également chef d’entreprise et écrivain. Intitulé « ils ont fait la France, contre enquête de Clovis à Charles De Gaulle », l’ouvrage entreprend de faire tomber le mythe de la République française pacifique et tolérante, fervente partisane de l’amitié et du rapprochement entre les peuples.

 

Durant tout le livre, Jean-Pierre Le Mat déconstruit certains mythes Français, de Voltaire à Michelet en passant par Jules Ferry, Charles De Gaulle ou encore Louis Aragon.

 

... [C]e travail précis et documenté de recherche historique fait tomber définitivement le mythe républicain français.

 

Entretien avec Jean-Pierre Le Mat.

 

Breizh-info.com : pourquoi avoir décider d’écrire l »ouvrage « ils ont fait la France » ?

 

Jean-Pierre Le Mat : J’avais déjà publié ces études historiques, et bien d’autres, sur mon site contreculture.org. Plusieurs éditeurs m’ont proposé d’en faire un livre. Aujourd’hui c’est fait, avec Yoran Embanner.

 

Breizh-info.com : vous vous attachez à démonter certains mythes fondateurs de la France mais aussi et surtout de la République française. Est-ce une forme de vengeance que vous entendez mener ?

 

Jean-Pierre Le Mat : Pas du tout. Pour me venger de quoi ? Non, la démythification est une activité saine, sportive, accessible à tous. Elle devient jubilatoire quand il s’agit des mythes fondateurs français.

 

Breizh-info.com : Comment avez vous sélectionné vos personnages ?

 

Jean-Pierre Le Mat : J’ai choisi les personnages les plus symboliques. Ils sont vénérés par ceux qui sont fiers d’être Français. Et les mêmes peuvent en avoir le plus honte. Mélanger l’excès de fierté et de honte produit une matière explosive.

 

Breizh-info.com : Néanmoins, ne tombez vous pas vous même dans le politiquement correct et dans l’anachronisme, en traquant ici et là les propos racistes dans l’histoire, les prises de position antisémite, ce qui constitue une bonne partie de votre ouvrage ? Est-ce que, à l’heure ou le mot République est utilisé partout, à l’heure où la lutte contre le racisme est devenue une priorité d’Etat, vous ne donnez finalement pas du grain à moudre aux tenants d’une dictature de la République antiraciste, mémoricide, et quasi dictatoriale ?

 

Jean-Pierre Le Mat : Laissons l’appellation de « politiquement incorrect » aux intellectuels mondains qui passent à la télévision. Je n’en fait pas partie.

 

En France, pour refuser toute légitimité aux revendications bretonnes, on trouve tout à fait normal d’évoquer les Chouans et Breiz Atao, bref de faire de l’anachronisme. Je trouverais malvenu que l’on m’accuse de brandir un miroir. Mon livre rapporte des paroles authentiques et des faits avérés ; il ne porte pas de jugement.

Je ne pense pas que les tenants d’une dictature républicaine apprécieront mon livre. Je m’attends à des réactions. Les citations racistes ou antisémites des grands hommes français sont révélatrices. Mais les censurer est (et sera) encore plus révélateur.

 

Breizh-info.com : N’y a t-il pas, derrière l’ouvrage, une énième thèse victimaire, qui supposerait que les Bretons soient les éternels vaincus de l’histoire de France , les éternels colonisés, quitte à les comparer à des peuples qui n’ont à voir ni de près ni de loin avec eux (des Indiens d’Amérique aux Algériens ) ?

 

Jean-Pierre Le Mat : C’est exactement le contraire. J’ai été très impressionné par l’efficacité de la méthode mise au point par une intellectuelle bien connue pour attaquer l’identité bretonne : un mélange d’humour, de citations authentiques bien choisies, et d’explications logiques.

 

Retourner le jeu de massacre identitaire contre l’identité française, c’est passer du statut de victime à celui d’attaquant. Parce que la France dispose d’un Etat, d’une police et d’une Education nationale, on a cru que le jeu ne pouvait fonctionner que dans un seul sens. C’est faux et j’espère que d’autres joueurs viendront se joindre à moi. Mon livre aurait pu s’intituler : « La France, le point de vue breton ». Pourquoi pas, à suivre « La France, le point de vue algérien, russe, alsacien, corse, sénégalais » ?

 

Breizh-info.com : Les régionales arrivent en Bretagne. La liste d’Union Troadec – UDB qui pourrait se profiler n’est-elle pas une nouvelle répétition d’une histoire qui a conduit le mouvement Breton à l’échec permanent ? Quel est le point commun entre un Bonnet rouge canal historique et un militant de l’UDB, de gauche humaniste avant d’être Breton ?

 

Jean-Pierre Le Mat : Les hommes et les femmes sont toujours plus intéressants que leurs étiquettes. Ils valent mieux que les institutions ou les partis auxquels ils se rattachent. Je suis incapable de haïr quelqu’un. De plus, nous vivons dans une révolution permanente, à la fois technologique, économique et politique. Dans un tel environnement, une guerre de tranchées n’a aucun sens. L’objectif est de saisir des opportunités pour la Bretagne, pas de défendre un mythe.

 

Breizh-info.com : comment avez vous vécu les déclarations de l’ancien Ministre Luc Ferry qui reconnait enfin le génocide brito-vendéen ?

Jean-Pierre Le Mat : Je n’y porte aucune attention.

 

Breizh-info.com : que deviennent les Bonnets rouges ?

 

Jean-Pierre Le Mat : Ils sont comme les tremblements de terre. Ils grondent sous la surface. On sait qu’ils vont revenir. Mais nul ne peut dire quand cela adviendra, ni comment.

 

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 12:29
L'histoire vraie de l'Ukraine par un prince russe et catholique

L'histoire vraie de l'Ukraine par un prince russe et catholique

 

Sputniknews

19:18 27.05.2015(mis à jour 20:05 27.05.2015)

 

Dimitri de Kochko

 

On entend souvent qu'il est bien difficile de s'y retrouver dans la crise ukrainienne actuelle. C'est à la fois une des causes et une conséquence des mensonges et dissimu lations massifs véhiculés par la presse dominante.

 

Dans le cas de l'Ukraine, un ouvrage d'histoire paru récemment en français, permet d'aller aux racines du mal.

 

Le livre est paru en 1920, donc en aucun cas pour surfer sur la vague du «Maidan» actuel. Intitulé: «Ukraine, la vérité historique», il est d'une surprenante actualité. Par son existence même, la date de sa publication et la polèmique historique qu'il entame au moment même où se créent les mythes et thématiques qui aujourd'hui sont invoqués, sur fond de guerre civile, dont ils sont une des causes.

 

L'auteur Alexandre Volkonski, est un prince de la lignée des Rurik, premiers souverains russes à Kiev. Mais il est devenu à la fin de sa vie prêtre greco-catholique («uniate» — catholique de rite oriental), qui le rend pour le moins compréhensif et sensible aux Ukrainiens de l'ouest, devenus catholiques sous la domination polonaise. Ils sont aujourd'hui les plus influencés par un nationalisme exacerbé, hostiles à leurs concitoyens russes ou même russophones. Ce n'est pas le cas de Volkonski.

 

UN SEUL PEUPLE

 

Il montre en effet par son rappel historique détaillé et documenté que les peuples russes et ukrainiens ne sont en fait qu'un seul et même peuple. Que leurs territoires ont été morcelés et divisés par l'histoire et que les conquérants successifs ont cherché à les diviser. Souvent en tentant de réécrire l'histoire, parfois contre toute évidence.

 

Comme chacun sait aujourd'hui, la Rus' urbaine, c'est à dire la Russie, est née à Kiev et Novgorod, environ au IX ème siècle. Le grand Prince, premier entre ses pairs (et frères) qui règnaient sur les autres cités russes était à Kiev. Cela provoquait des guerres interminables au moment des successions.

 

C'est là que le Grand Prince Vladimir a «baptisé» la Russie en 988 au rite chrétien byzantin. Celà reste une référence commune fondatrice pour tous les Russes, y compris ceux d'Ukraine. La langue d'alors, le vieux russe, était commune à tous. L'ukrainien, issus d'au moins trois dialectes essentiellement galiciens, et qui fut un élément identitaire lors de la domination autrichienne ou polonaise, n'a été fixé qu'au XIXème siècle.

 

Mais Kiev fut détruite en 1240 par les Tatares. Et la steppe vers l'est resta quasi déserte durant près de 300 ans. Elle se repeupla peu à peu de cosaques, composés essentiellement de fugitifs (servage, persécutions religieuses, évasions…) de diverses nationalités. Quant à l'autre partie, celle de l'ouest, elle fut conquise par les Lituaniens unis ensuite aux Polonais dans le royaume «unissant les deux mers» (de la mer Baltique à la mer Noire). Ce royaume historique hante encore aujourd'hui l'esprit nostalgique de nombreux nationalistes polonais. ET il est l'un des objectifs de géopoliticiens américains.

 

Jamais avant 1918, écrit Volkonski, l'Ukraine n'a été un état indépendant, contrairement à ce que prétend la propagande ukrainophile. Cette dernière se réfère à un «état cosaque» aux XVI ème et XVII ème siècle. Or, écrit Volkonski, «durant ces siècles, l'Ukraine n'était qu'une partie de l'état polonais…. C'est lui qui fixe le nombre des cosaques: 60,000 hommes en 1575, 6.000 en 1627, 1.200 en 1638. Il introduit le servage et y soumet une partie des cosaques, la liberté de conscience octroyée à la population petite-russe (nom d'une partie de l'Ukraine) est telle que le métropolite orthodoxe de Kiev prie (en 1625) le tsar de Moscou de prendre l'Ukraine sous sa souveraineté….. Les Ukrainiens de l'époque ne se considéraient pas comme libres et, durant tout un siècle, ils ont avec ténacité sacrifié leurs vies dans le vain espoir de secouer le joug étranger». En 1654, sous le commandement du hetman Bogdan Hmelnitski, l'Ukraine et la Russie unissent à nouveau leurs destins. C'est la célébration du tricentenaire de ce Traité de Pereïslav qui servit de pretexte à Nikita Khrouchtchev pour offrir la Crimée (sans Sébastopol) à l'Ukraine soviétique en 1954.

 

UNE CREATION AUTRICHIENNE APPLIQUEE PAR LES BOLCHEVIKS

 

L'ouvrage de Volkonski est œuvre d'historien. Très précis et détaillé, il vise à répondre aux thèses et aux contre-vérités historiques véhiculées par une des pères fondateurs du nationalisme ukrainien, Mikhail Hrouszewski, historien et homme politique qui fut le premier président de la Rada (parlement) fondée à Kiev après la révolution bolchévique, avant de devenir sous le pouvoir stalinien, membre de l'Académie des sciences de l'URSS pour favoriser «l'ukrainisation» de l'Ukraine… Car cette dernière n'allait pas du tout de soi. Et Volkonski démonte les nombreux subterfuges de Hrouszewski pour tenter de créer une Ukraine historique qui n'existe guère. Hrouszewski décrit par exemple une dynastie de princes ukrainiens d'avant les Tatares, en oubliant tout simplement ceux qui ont régné par rotation dans les autres villes russes. Il recourt à la création autrichienne des Ruthènes, en fait des Russes pour la plupart, pour tenter de justifier l'existence d'un peuple différent des autres Russes…

 

Pour résumer, on peut dire que ce sont les bolcheviks communistes qui ont appliqué sur le terrain une création austro-allemande, reprise par les polonais en s'appuyant sur quelques intellectuels galiciens (Région de Lvov dominée par l'Autriche jusqu'en 1918, puis polonaise avant de devenir soviétique en 1939 puis en 1945). Pour les Autrichiens et les Prussiens ensuite (Volkonski cite des cartes trouvées au début de la première guerre mondiale sur des officiers allemands montrant une petite Pologne et une grande Ukraine), il s'agissait bien sûr d'affaiblir la Russie en la divisant. Comme c'est ce que visent aujourd'hui les USA, ils ont repris l'idée avec tous leurs moyens. Pour l'Allemagne, les choses ont changé mais le poids de ses choix historiques en diplomatie explique en partie ses positions ambigües sur la question ukrainienne et vis-àvis de la Russie.

 

Il est pour le moins paradoxal que les nationalistes ukrainiens au pouvoir aujourd'hui à Kiev, qui ont il est vrai ajouté à leur Panthéon, où figure Hrouszewski, des collaborateurs des Allemands durant la deuxième guerre mondiale, accusent les communistes de tous les maux de l'Ukraine, alors que ces derniers sont eux qui ont créé l'Ukraine et tenté de la rendre viable.

Aujourd'hui encore, la diversité du pays et le refus d'en tenir compte, font que la partie n'est toujours pas gagnée. Et même si aujourd'hui, après tant de décennies, une nationalité ukrainienne s'est formée, est-il vraiment dans l'intérêt des autres européens d'encourager les discours de haine pour continuer à jouer la division entre peuples russes historiques? Elle fut imaginée à Vienne, Berlin et Varsovie en des temps qui ont mené à la catastrophe européenne de la première guerre mondiale. Veut-on à ce point que l'histoire se répète?

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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 09:38

Etonnante déclaration venant de la part de celui qui a moins heureusement déclaré en 2013 que "la démocratie, c'est la déconstruction des repères traditionnels" (et donc la loi morale)... pour se féliciter (dans le débat sur la soit-disant loi sur le "mariage" gay) que beaucoup de gens soient laissés en manque de repères les plus élémentaires, dont la filiation qui ne représentait plus rien pour le Législateur.

Le 18 mai 2015 sur iTELE, Luc Ferry a dénoncé "la guerre de Vendée" comme "le premier grand génocide dans l'Histoire de l'Europe". 

Précisons tout de suite que ce génocide a précisément permis aux génocideurs de mettre en place sa "démocratie-déconstruction des repères traditionnels". Comme quoi on en revient toujours à la nécessité de la loi naturelle et du droit divin transcendant pour ne pas tomber dans la tyrannie.

 

"Quand nous avons fait nous, notre Révolution française, vous savez la guerre de Vendée, cela n'a pas été beau, c'est le premier grand génocide dans l'histoire de l'Europe. Il y a eu 500.000 morts", a déclaré Luc Ferry.

Luc Ferry dénonce "la guerre de Vendée" comme "le premier grand génocide dans l'Histoire de l'Europe"

Interrompu par le journaliste sur le terme employé de "génocide", le philosophe a répondu:

 

"Génocide, bien sûr. Bien évidemment, Pierre Chaunu avait bien évidemment raison. D'ailleurs plus aucun historien ne le conteste aujourd'hui. On prenait les gamins par les bras et les jambes et on leur cassait la tête sur les murs des chateaux. On jetait les gens sur des hallebardes. Enfin, tout cela a été absolument abominable, sans compter le vandalisme dont on parlait tout à l'heure."

Les bourreaux républicains faisaient mourir les Vendéens de la façon la plus horrible possible que les pires islamistes de l’État islamique n’ont même pas imitée. Outre les têtes fracassées contre des murs, les républicains enfermaient les gens dans des églises et les faisaient brûler vifs comme le 28 février 1794 aux Lucs ; ils faisaient brûler vifs femmes et enfants dans les "fours de la république"... L'un des chefs républicains, Amey, s'esclaffait : "C'est ainsi que la 'République' doit faire cuire son pain!"

 

 

Source: http://www.minute-hebdo.fr/tout-minute/actualites/730-brules-vifs-dans-les-fours-de-la-republique

Source: http://www.minute-hebdo.fr/tout-minute/actualites/730-brules-vifs-dans-les-fours-de-la-republique

Luc Ferry dénonce "la guerre de Vendée" comme "le premier grand génocide dans l'Histoire de l'Europe"

Les républicains éventraient des femmes enceintes et jouaient au ballon avec les corps des enfants à naître. Ils jetaient dans les puits des enfants vivants, achevaient au sabre les rares survivants de la sinistre virée de Galerne, liaient entre eux prêtres et religieuses avant de les jeter dans la Loire alourdis de pierre... Source: Le génocide arménien, bravo M. le Président ! Mais le vendéen ? Par Floris de Bonneville.

Près de 80% des personnes guillotinées sous la Révolution étaient des petites gens. Les ouvriers ont été envoyés par charrettes entières à la guillotine.

Video (âmes sensibles s'abstenir), bon voyage dans le temps :

 

Génocide arménien : Hollande demande à la Turquie d'utiliser le mot "génocide", mais oublie le génocide vendéen

Refaisons l'addition des pertes dues à la Révolution et à l'Empire:

 

400 000 morts pour les guerres jusqu'en 1800; un million pour les guerres napoléoniennes, 600 000 pour les guerres intestines et l'échafaud pour mémoire. Voilà nos deux millions de morts

(René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 24-28).

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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 06:34

En 1923, Joseph Barthélemy, député du Gers, remit à l'ordre du jour la question du vote des femmes devant le "Parlement". Il égréna les "objections fantaisistes" des bonnes consciences républicaines qui freinaient des quatre fers pour ne pas voter cette avancée égalitaire et les contredit :

D'après « L'Intransigeant », paru en 1923

 

De 1919 à 1940, des propositions de loi en faveur du vote des femmes sont adoptées, mais refusées par le Sénat. Le 22 novembre 1922, ce dernier avait, sur cette question du vote des femmes, refusé par 156 voix contre 134, de passer à la discussion des articles, les intentions de la Haute Assemblée étant nettes : l'enterrement.

 

Quelques mois plus tard, Joseph Barthélemy, député du Gers qui en est rapporteur, remet à l'ordre du jour la question devant le Parlement. Ne pouvant soumettre de nouveau, en vertu de l'article 110 de la Chambre, des propositions identiques rejetées quelques mois plus tôt par le Sénat, il suggéra de fixer à trente ans l'âge de l'accession des femmes aux droits politiques.

 

Vote-Femmes.jpgIl rétorqua en outre aux détracteurs du projet : « Voyons maintenant les objections qui ont été formulées. On a dit que les femmes ne désiraient pas le vote et qu'elles en négligeraient l'exercice Mais, en 1848, les hommes non plus ne désiraient par le vote, on le leur a donné par justice.

 

« On dit encore que la femme serait inférieure. La femme n'est pas inférieure, elle est seulement différente et complémentaire. La vérité, qu'il faut bien reconnaître, c'est que le génie, dans ses manifestations les plus sublimes, est le privilège du sexe masculin. Mais le génie n'est pas nécessaire pour voter, ni même pour être élu ! Tout cela ne tient pas. Toutes ces objections sont fantaisistes. Il en est de même quand on dit que la femme admise aux droits politiques émettrait des votes extrémistes ou réactionnaires. C'est là une pure affirmation contredite par l'expérience.

 

« On objecte aussi : La femme ne fait pas de service militaire. Sans doute, elle n'est pas soldat, mais elle fait des soldats, et pour celles qui n'ont pas d'enfant, combien parmi les électeurs et même les élus n'ont pas fait de service militaire !

Enfin, le grand argument, c'est : la femme est faite pour le foyer ! C'est bien notre avis, mais ce n'est pas la participation aux comices qui éloignera la femme de son foyer, elle n'en sera pas plus éloignée que par sa participation à un marché ou à une foire, et puis enfin les conditions actuelles ont jeté dans la lutte pour la vie des milliers de femmes, il est juste qu'elles puissent défendre leurs intérêts tant par leurs bulletins de vote qu'au sein des assemblées politiques. »

 

Le député Barthélemy songea un instant, puis reprit : « Ce qu'il faut surtout que l'on sache, c'est le fait que la France tend à devenir une exception en restant masculine. » Et de rappeler qu' « en Europe, les pays masculins sont une exception qui se rétrécit chaque année davantage. Les femmes votent en Suède, en Norvège, au Danemark, en Finlande, en Estonie, en Lituanie, en Lettonie, en Tchécoslovaquie, en Pologne, en Autriche, en Allemagne, en Hongrie, en Belgique ; elles participent aux élections locales et un certain nombre d'entre elles aux élections législatives. »

 

En France, le droit de vote sera accordé aux femmes le 21 avril 1944 par le Comité français de la Libération nationale, et mis en oeuvre pour la première fois le 29 avril 1945 lors d'élections municipales, puis en octobre 1945 lors des élections à l’Assemblée constituante.

 

Source: http://www.france-pittoresque.org/article-droit-de-vote-des-femmes-le-senat-freine-des-quatre-fers-90908614.html

 

Pour rappel, au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime, les femmes votaient... L'exclusion des femmes ne date pas des "siècles obscurs" mais vient plus tard, de la modernité.

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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 10:08
La Convention a repoussé la mort du Roi Louis XVI par 13 voix de majorité, c'est un pouvoir occulte qui l'a condamné à mort par falsification du scrutin (Maurice Talmeyr)

Le site Royalistes.net a enregistré en livre audio l'ouvrage de Maurice Talmeyr, La franc-maçonnerie et la Révolution française (1904), disponible gratuitement.

 

La mise à mort de Louis XVI a été décidée, dix ans d’avance, dans la tenue illuministe de Wilhelmsbad.

La trahison, elle était partout à la Cour de Louis XVI. Dans cet ordre d’idées, M. Maurice Talmeyr établit sur des documents irrécusables que le Roi n’a jamais donné, au 10 août 1792 cet ordre de cesser le feu, qui perdit la monarchie et qui fut donné cependant au nom du Roi.

Il prouve de même que ni l’assemblée législative n’a voté l’emprisonnement de Louis XVI au Temple, ni la Convention n’a voté la mort du Roi. L’assemblée législative a voté que le Roi logerait au palais du Temple, mais non pas dans la Tour du Temple, qui était une prison.

Et quant à la Convention, elle a réellement repoussé la mort du Roi par 13 voix de majorité. C’est un pouvoir occulte qui a emprisonné le Roi et qui l’a condamné à mort par falsification de scrutin. Et ce pouvoir occulte, c’est la franc-maçonnerie. Ce n’est pas là, évidemment, ce que nous ont appris les historiens de la Révolution..., et M. Maurice Talmeyr semble conclure à bon droit :

Si la Révolution, que personne ne confond avec l’évolution, n’est pas le grand mouvement humain auquel beaucoup d’honnêtes gens ont cru et croient encore, si elle n’est pas ce grand fait social provenant naturellement d’intérêts et de besoins profonds, et si, au contraire, elle n’a jamais été qu’un bluff immense, dirigé et lancé contre le Christianisme universel, tous nos malaises moraux, toutes nos perturbations, se comprennent et s’expliquent. Sinon, ils ne se comprennent pas, et ne peuvent sérieusement se déduire de rien.

 

Source

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25 avril 2015 6 25 /04 /avril /2015 09:06
Génocide arménien : Hollande demande à la Turquie d'utiliser le mot "génocide", mais oublie le génocide vendéen

Joli rappel de Floris de Bonneville sur Boulevard Voltaire : Hollande demande à la Turquie d'utiliser le mot "génocide", mais oublie le génocide vendéen, génocide censuré.

Génocide arménien : Hollande demande à la Turquie d'utiliser le mot "génocide", mais oublie le génocide vendéen

[...] À Erevan (Arménie, NDLR.) vendredi (24 avril NDLR.), François Hollande, présent comme de nombreux autres chefs d’État pour se souvenir d’un génocide perpétré il y a cent ans par la Turquie contre les populations arméniennes chrétiennes, a été parfait. Il a été jusqu’à oser demander à la Turquie islamiste d’Erdoğan d’utiliser le mot exact de « génocide ». 

C’est rendre hommage à ces 1.200.000 Arméniens qui ont péri sur les ordres des « Jeunes-Turcs », le parti alors au pouvoir dans cet Empire ottoman très islamisé. Déportation et massacres se sont succédé dans le but de rayer de la population turque ces descendants d’émigrés venus en voisins vivre et travailler en Anatolie et Arménie occidentale.



Merci, M. le Président, à qui j’adresse de très rares félicitations.

Mais, car mais il y a. C’est très bien d’aller à l’autre bout de l’Europe pour se souvenir de ces massacres organisés par un état souverain.


Mais, à votre porte, il y a un génocide aussi réel que celui des Arméniens, que la République française n’a jamais voulu reconnaître en tant que tel : celui des Vendéens, massacrés sur ordre du pouvoir révolutionnaire, sur ordre de la République, par des généraux sanguinaires avides de sang dont l’un d’entre eux (Westermann pour le nommer) se faisait tailler des culottes dans la peau de ses victimes, sans oublier les colonnes infernales du général Turreau.



Des victimes françaises. Des paysans pour la plupart, une poignée d’aristocrates, des femmes, des enfants tués de la façon la plus horrible possible que les pires bourreaux de l’État islamique n’ont même pas (encore) imitée : éventrer des femmes enceintes et jouer au ballon avec les corps des enfants à naître, jeter dans les puits des enfants vivants, achever au sabre les rares survivants de la sinistre virée de Galerne, lier entre eux prêtres et religieuses avant de les jeter dans la Loire alourdis de pierre. Et, comble de l’horreur, enfermer 564 villageois de 2 à 85 ans dans l’église des Lucs-sur-Boulogne et y mettre le feu. Les nazis n’allaient pas faire mieux 150 ans plus tard à Oradour-sur-Glane.

Lucs-sur-Boulogne, 28 février 1794 : 564 villageois (dont 110 enfants de moins de 7 ans) enfermés dans une église et brûlés vifs

Lucs-sur-Boulogne, 28 février 1794 : 564 villageois (dont 110 enfants de moins de 7 ans) enfermés dans une église et brûlés vifs

Alors, oui, M. le Président, il serait temps que la France s’honore en déclarant que la République française est née d’un génocide, de la volonté d’un pouvoir de se débarrasser d’une région entière, en assassinant sa population et en brûlant fermes et champs pour la transformer en terre infertile.

Les chiffres de ce génocide varient entre 200.000 et 500.000 morts.

Tout concorde pour que cette guerre de Vendée ait le droit à ce terme que vous avez réclamé au président Erdoğan.

 Peut-être devriez-vous aller visiter le parc du Puy du Fou dont Philippe de Villiers a voulu faire un hommage-souvenir à ces Vendéens massacrés pour Dieu et pour le Roy, pour vous donner quelque idée de ce que fut l’impitoyable massacre de tant d’innocents français.




 

Source: http://www.bvoltaire.fr/florisdebonneville/le-genocide-armenien-bravo-m-le-president-mais-le-vendeen,172916

Outre Westermann, un autre barbare révolutionnaire s'est fait taillé une culotte de peau humaine : Saint-Just, dit l'"Archange de la Terreur". Un autre encore, Jean-Baptiste Carrier, voulait "faire empoisonner les sources d'eau" à l'arsenic, devenant ainsi le concepteur de la guerre chimique en 1793 pour éliminer les Vendéens. "Nous ferons de la France un cimetière, plutôt que de ne pas la régénérer à notre manière" [1], disait-il.

Notes

 

[1] Jean-Baptiste Carrier cité in Mgr Delassus, La Conjuration antichrétienne, Le Temple maçonnique voulant s'élever sur les ruines de l'Eglise catholique, 1910, Réed. Expéditions pamphiliennes 1999, p. 288.

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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 22:33
22 avril 1889. 50 000 fermiers blancs s'approprient une réserve indienne de l'Oklahoma

22 avril 1889. 50 000 fermiers blancs s'approprient une réserve indienne de l'Oklahoma.

 

Le Point - Publié le 22/04/2012 à 00:01 - Modifié le 22/04/2015 à 00:01

Washington autorise chaque colon à s'emparer de 64 hectares. Au signal, c'est une furieuse ruée. The Land Run !

 

Le 22 avril 1889 est le jour de l'une des plus grandes spoliations de terre jamais organisées légalement. Ce jour-là, 50 000 fermiers, employés, maquereaux, bandits, cordonniers, crève-la-faim, cow-boys, spéculateurs... s'abattent comme un vol de sauterelles sur un territoire indien ancestral avec la bénédiction du gouvernement des États-Unis. Plusieurs westerns hollywoodiens évoquent cette première distribution gratuite de terres concernant deux millions d'acres (800 000 hectares) généreusement offertes par l'État américain.

 

Quand ils s'élancent à bride abattue, ces milliers d'hommes et de femmes poussés par la pauvreté et l'espérance d'une vie meilleure n'auront pas une pensée pour les Indiens qu'ils s'apprêtent à dépouiller de leur territoire. Ils n'ont qu'un seul objectif en tête : mettre la main sur un lopin de terre pour nourrir leur famille. Le principe du Land Run est simple : les premiers arrivés seront les premiers servis. Chacun a le droit de s'emparer d'un carré de terre de 160 acres (64 hectares).

Les amis n'existent plus

 

Quand, sept semaines plus tôt, le président américain signe le décret autorisant l'opération, des milliers d'hommes en chariot, en train, à cheval et même à pied convergent vers le territoire de l'Oklahoma. Ils viennent du Nord, du Sud, de l'Est et de l'Ouest pour s'entasser en bordure de la terre promise dans l'attente du signal. À Fort Reno, les soldats font mettre sur une même ligne quelque 10 000 colons qui s'élancent droit devant eux quand le coup de canon retentit à midi.

 

Même dans les territoires occupés de Palestine, on n'a pas vu une telle ruée. C'est une mêlée indescriptible. Des centaines de fouets claquent simultanément pour stimuler les chevaux attelés aux buggys et aux chariots. Les cavaliers pressent leurs éperons contre le ventre de leur monture. Ceux qui n'ont que leurs pieds pour avancer se motivent mentalement. La journée sera dure.

 

Les centaines de chariots bâchés d'une toile blanche soulèvent un nuage de poussière rose qui enveloppe la masse grouillante. Fini, les sourires, chacun est tendu vers son eldorado. Les amis n'existent plus, il faut avancer, c'est une question de vie ou de mort. Parmi les conducteurs de chariots, quelques femmes se sont glissées, ce ne sont pas les moins déterminées. On aperçoit également quelques Noirs, mais très peu. Cette même ruée frénétique observée à Fort Reno se répète tout autour du territoire.

Cité fantôme

 

À Caldwell, c'est aussi dix mille pionniers qui s'élancent avec avidité. Oublié, l'atmosphère de franche camaraderie de la veille. Dans le camp improvisé, on avait organisé des parties de base-ball, d'autres se défiaient à la course à pied. Certains préféraient assister à un service religieux organisé par des pasteurs. Durant toute la nuit, on avait bu et chanté autour des feux de camp "Oh, Joe, here's your mule".

 

Aujourd'hui, on tuerait père et mère pour s'emparer d'un coin de terre afin d'y faire pousser des haricots ou paître un troupeau de vaches. Le 18 mai, le journaliste William Willard Howard publie un article relatant avec enthousiasme cette journée : "Avec son aspect pittoresque, la ruée sur la frontière à midi, le jour de l'ouverture, devrait rester dans l'histoire comme l'un des événements les plus marquants de la civilisation occidentale." Il ajoute avec une immense fierté : "La dernière barrière de la sauvagerie aux États-Unis a été pulvérisée." On voit que le coco n'a pas connu Wall Street.

 

Tous ne veulent pas se faire fermiers, beaucoup guignent un emplacement dans les futures villes. Ils veulent un terrain pour ouvrir un bar, fonder une banque, créer un magasin général. Ils rêvent de devenir shérif, barbier, pute ou encore journaliste. Ils plantent donc leurs jalons dans les sites réservés. Ainsi, la ville de Guthrie surgit du néant en un après-midi. Les rues sont tracées, les lots sont revendiqués et une municipalité est même désignée. Quand la nuit s'abat sur la cité fantôme, dix mille feux s'allument, représentant autant de foyers. Il en va ainsi à Norman, Oklahoma City et Kingfisher.

Tricheurs

 

Tous n'ont pas attendu le signal pour s'élancer dans la réserve. Un grand nombre de tricheurs se planquent sur place depuis plusieurs jours en tentant d'échapper aux ratissages des soldats. On les appelle les "sooners", un surnom qui restera aux habitants de l'Oklahoma. La confrontation entre les "boomers" (ceux qui sont partis au signal) et les "sooners" (ceux qui ont précédé le signal) déclenchera nombre de bagarres et de procès.

 

Les centaines de chariots bâchés d'une toile blanche soulèvent un nuage de poussière rose qui enveloppe la masse grouillante. Fini, les sourires, chacun est tendu vers son eldorado. Les amis n'existent plus, il faut avancer, c'est une question de vie ou de mort. Parmi les conducteurs de chariots, quelques femmes se sont glissées, ce ne sont pas les moins déterminées. On aperçoit également quelques Noirs, mais très peu. Cette même ruée frénétique observée à Fort Reno se répète tout autour du territoire.

Cité fantôme

 

À Caldwell, c'est aussi dix mille pionniers qui s'élancent avec avidité. Oublié, l'atmosphère de franche camaraderie de la veille. Dans le camp improvisé, on avait organisé des parties de base-ball, d'autres se défiaient à la course à pied. Certains préféraient assister à un service religieux organisé par des pasteurs. Durant toute la nuit, on avait bu et chanté autour des feux de camp "Oh, Joe, here's your mule".

 

Aujourd'hui, on tuerait père et mère pour s'emparer d'un coin de terre afin d'y faire pousser des haricots ou paître un troupeau de vaches. Le 18 mai, le journaliste William Willard Howard publie un article relatant avec enthousiasme cette journée : "Avec son aspect pittoresque, la ruée sur la frontière à midi, le jour de l'ouverture, devrait rester dans l'histoire comme l'un des événements les plus marquants de la civilisation occidentale." Il ajoute avec une immense fierté : "La dernière barrière de la sauvagerie aux États-Unis a été pulvérisée." On voit que le coco n'a pas connu Wall Street.

 

Tous ne veulent pas se faire fermiers, beaucoup guignent un emplacement dans les futures villes. Ils veulent un terrain pour ouvrir un bar, fonder une banque, créer un magasin général. Ils rêvent de devenir shérif, barbier, pute ou encore journaliste. Ils plantent donc leurs jalons dans les sites réservés. Ainsi, la ville de Guthrie surgit du néant en un après-midi. Les rues sont tracées, les lots sont revendiqués et une municipalité est même désignée. Quand la nuit s'abat sur la cité fantôme, dix mille feux s'allument, représentant autant de foyers. Il en va ainsi à Norman, Oklahoma City et Kingfisher.

Tricheurs

 

Tous n'ont pas attendu le signal pour s'élancer dans la réserve. Un grand nombre de tricheurs se planquent sur place depuis plusieurs jours en tentant d'échapper aux ratissages des soldats. On les appelle les "sooners", un surnom qui restera aux habitants de l'Oklahoma. La confrontation entre les "boomers" (ceux qui sont partis au signal) et les "sooners" (ceux qui ont précédé le signal) déclenchera nombre de bagarres et de procès.

 

Au cours des années suivantes, cinq autres ruées sont organisées par le gouvernement américain, poursuivant le dépeçage de cette réserve indienne où trente tribus (cherokee, creek, cheyenne, comanche, apache, chickasaw, choctaw, séminole...) chassées du reste du continent nord-américain avaient trouvé refuge depuis 1817. En 1905, les Blancs se sont emparés de la quasi-majorité des terres. Deux ans plus tard, le 16 novembre 1907, le territoire de l'Oklahoma entre dans l'union en tant que 46e État. Aujourd'hui, quand l'Amérique donne des leçons de démocratie au reste du monde, elle sait de quoi elle parle. Pour l'avoir vécu dans ses tripes....

 

Source: http://www.lepoint.fr/c-est-arrive-aujourd-hui/22-avril-1889-le-jour-ou-les-fermiers-americains-volent-l-oklahoma-aux-indiens-22-04-2012-1453856_494.php

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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 22:12

La destruction de notre histoire, la déséducation et l'abrutissement des jeunes continue :

INFOGRAPHIE - Le Conseil supérieur des programmes trace des lignes directrices mais a décidé de laisser aux enseignants d'histoire-géographie une part de liberté pour simplifier des programmes jugés trop encyclopédiques.

 

Ce serait la fin du «roman national fédérateur». Les critiques fusent sur les futurs programmes d'histoire, qui évinceraient notamment l'étude de la chrétienté médiévale. Une polémique inévitable tant il s'agit d'une discipline sensible, reflet de notre identité nationale. Chaque baguette de mikado retirée suscite un vif débat. Certains historiens jugent que les nouveaux programmes du collège laissent trop de liberté aux enseignants, leur permettant de faire l'impasse sur la période des Lumières ou sur l'Empire byzantin.

 

En effet, le Conseil supérieur des programmes trace des lignes directrices mais a décidé de laisser aux enseignants d'histoire-géographie une part de liberté pour simplifier des programmes jugés trop ...

 

Source: Réforme du collège : en histoire, la chrétienté médiévale rendue facultative, Le Figaro, Par Marie-Estelle Pech , Service infographie du Figaro Mis à jour le 22/04/2015 à 21:13 Publié le 22/04/2015 à 18:43

 

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 09:50
Xavier Moreau - les origines du nationalisme ukrainien

Dans cet entretien réalisé début avril 2015, Xavier Moreau fait état de ses recherches sur l'origine historique de l'Ukraine et du nationalisme ukrainien. Extrait :

 

"Il faut savoir qu'entre le moment où la Rus' de Kiev a existé, c'est-à-dire (de 860 environ NDLR.) jusqu'en gros 1230-1240 (invasions "tartares" ou "mongoles". Cf. Empire mongol) et 1922 (l'époque où Lénine fonde la "République socialiste d'Ukraine") il n'y a plus eu d'Etat avec Kiev comme capitale. Cela est quelque chose de fondamental. Parce que quand je discute souvent avec des Français et des Occidentaux, ils ont l'impression que l'Ukraine a toujours existé et qu'elle a été tantôt envahie par les Polonais, tantôt par les Russes, tantôt par les Allemands. Or, non, à partir des invasions mongoles, Kiev n'est plus jamais la capitale d'un Etat.

[...] Il faut ajouter que la Crimée n'a jamais fait partie de la Rus'. Mais qu'en revanche, lorsque le prince Vladimir choisit le christianisme oriental (988 ap.J.-C.), c'est en Crimée. Et donc c'est ce lien fondamental entre la Rus', la russité et l'orthodoxie. C'est pour cela que les historiens, - les idéologues ouest-ukrainiens, ou polonais, peuvent manipuler ce qu'ils veulent -, la Rus', la russité est orthodoxe, profondément orthodoxe. A partir du moment où les Lithuaniens ou ouest-Ukrainiens abandonnent l'orthodoxie, même si c'est contraints - comme c'est le cas des Uniates qui ont été contraints -, malgré tout ils perdent cette part d'héritage qui est fondamentale dans l'héritage de la Rus', qui est l'orthodoxie.  Pour revenir aux Uniates, c'est une grande faute politique des Polonais, c'est qu'ils ont utilisé le catholicisme pour consolider leur mainmise sur cette région de la Galicie (région de l'Ouest de l'Ukraine NDLR.) Et surtout ils ont créé un système qui ressemble exactement à celui que les Turcs faisaient, par exemple en Serbie. C'est-à-dire que si vous ne voulez pas être un sous-citoyen, si vous ne voulez pas que votre fils se fasse enlever pour servir comme janissaire ou payer des impôts particuliers, etc., vous devez vous convertir à l'islam. Les Polonais ont mis le même système en Ukraine de l'Ouest. [...] A ce moment-là, il n'y a pas d'Ukraine. Personne ne parle de l'Ukraine. En revanche, il y a un affontrement permanent et une volonté d'expansion permanente de la Pologne, des Polonais lithuaniens qui arrivent même jusqu'à la Mer Noire et qui essaient en permanence de pousser vers l'Est jusque vers cette date fondamentale de 1654 où les Cosaques Zaporogues (dans cette zone de l'Ukraine centrale) finalement, décident de s'allier avec les Russes et pas avec les Polonais. Ce qui consolide la présence de l'état russe dans l''Ukraine' actuelle. Et c'est un échec pour la Pologne elle-même qui n'a pas su tiré à elle ces populations.

L'évènement fondamental qui est le suivant, c'est le partage de la Pologne. En fait, les partages de la Pologne, et surtout le troisième partage en 1795 où, finalement, la Pologne est dépecée. La partie d'Ukraine de l'Ouest - la Galicie - est rattachée à l'Autriche-Hongrie, et la partie nord de la Pologne est rattachée à la Russie. Et à partir de ce moment-là, les intellectuels polonais nationalistes qui veulent recréer leur état, de manière tout à fait légitime à mon avis, réfléchissent à la manière dont ils vont pouvoir recréer non seulement la Pologne, mais une grande Pologne qui s'étendrait juasqu'à l'Ukraine. Or, ils ont compris que les peuples qui correspondaient à l'ancienne zone de la Rus', sont quand même linguistiquement et notamment religieusement - puisque ce qui joue beaucoup en 1654 c'est Tarass Boulba -, il faut en faire une entité qui soit autre que la Russie, donc il faut convaincre ces gens-là qu'ils ne font pas partie du peuple russe. Et donc les premiers qui utilisent le terme 'Ukrain', c'est des nationalistes polonais, dont Yann Podoski, officier de l'armée polonaise, cosmopolite assez typique de cette élite de la fin du XVIIIe, début XIXe siècle, franc-maçon, occultiste. Et toute cette idéologie est reprise par des intellectuels polonais, et notamment les intellectuels polonais qui ont été intégrés à l'empire russe. Puisque notamment sous Alexandre Ier (Tsar 1801-1825), il y a un certain complexe des Russes vis-à-vis de l'Occident, qu'on a retrouvé - moins maintenant - dans les années 90 et 2000. Et Alexandre Ier se dit forcément les Polonais sont plus cultivés que nous, et il leur donne des places très importantes que soit au ministère des Affaires étrangères ou dans l'Education, ils nomment des Polonais russophobes pour s'occuper de l'enseignement dans ce que l'on appelle la 'petite Russie". Et les Russes vont contribuer à créer au coeur de la Russie cette différence entre soit-disant un peuple qui existerait en Ukraine et le reste de la Russie. Mais malgré ce soutien donnée aux Polonais, l'idéologie avance très peu: cela concerne des intellectuels, [...] et cela s'inscrit dans le mouvement des 'nationalités' du XIXe siècle. Tout le monde devant avoir sa 'nationalité'. Mais cela n'avait aucune assise populaire... Et tout de même, les différentes révoltes polonaises vont mettre un coup à la popularité des élites polonaises au sein de l'empire russe. Et dans les années 1860, les Russes prennent certaines mesures pour limiter la propagande polonaise, notamment sur l''Ukraine' qui aurait existé depuis toujours, etc.

Il y a un autre endroit où l'ukrainisaton se poursuit, c'est dans la partie occidentale de l'Ukraine - la Galicie - qui a été rattachée à l'Autriche-Hongrie. A ce moment-là, les élites de Galicie vivent des heures plutôt confortables puisque Vienne utilise les Galiciens contre les Polonais. C'est un peu utiliser les anciens colonisés contre les anciens colonisateurs... Et comme les Polonais en Autriche, comme en Prusse comme en Russie, veulent recréer leur état, ils se révoltent, ils sont un lobby très puissant à l'intérieur de l'Autriche et Vienne s'appuie sur les Galiciens contre les Polonais. [...] Vienne se méfie des Galiciens parce qu'elle sait que la langue qu'on parle en Galicie est très proche du russe et cela, notamment, les Galiciens s'en aperçoivent quand en 1849, au moment, à Vienne, des soulèvements des nationalités, la Russie au nom de la Sainte-Alliance envoie des troupes. Et ces troupes repartent par la Galicie. Et là, les Galiciens qui sont des descendants de la Rus' s'aperçoivent qu'ils comprennent parfaitement ce que disent les soldats russes. Et à partir de cette époque-là naît une presse commune et une partie des élites galiciennes se dit notre peuple c'est les Russes et donc il faut qu'on aille avec eux. L'Autriche qui a très peur de cela favorise l'apparition d'une ukrainisation de l'élite ukrainienne, lui donne une 'rada rus' (elle l'appelle comme cela) où elle peut gérer ses problèmes, etc. Elle favorise l'apparition d'une langue totalement artificielle qui était tirée d'un dialecte ukrainien parlée sur les bords du Dniepr mais qui en fait s'écrivait en russe. Un intellectuel a donc donné un alphabet pour être utilisé (par les Galiciens). [...] Un fait tout à fait intéressant, en 1914, un aide à la communication, un lexique, est donné aux soldats de l'armée autrichienne pour qu'ils puissent se comprendre (puisqu'il s'agit d'une armée multinationale). Ce lexique est fait en six langues : l'allemand, le hongrois, le polonais, le tchèque, le croate et le russe. Et pas l'ukrainien. Parce que personne ne parle l'ukrainien et que c'est une création purement artificielle à des buts de propagande. [En aparté, c'est aussi le projet de l'Archiduc qui se fait assassiné à Sarajevo - en 1914 - qui avait compris que l'état (monarchique NDLR.) multiethnique austro-hongrois fonctionnait bien et en accordant un même niveau d'autorités et de compétences dans la double monarchie, il voulait faire la même chose avec les peuples slaves qui, finalement, avaient toujours été - que ce soit les Croates ou les Galitiens - parfaitement loyaux vis-à-vis de Vienne. C'était un projet tout à fait viable mais qui allait contre le projet de la Yougoslavie qui voulait lui réunir tous les Slaves du Sud.]

Donc, jusqu'à présent il faut bien voir que l'Ukraine n'existe pas. C'est un terme inventé par les nationalistes polonais pour pouvoir dominer l'Ukraine et non pas pour la libérer. Et le terme est repris par l'intelligentsia au profit des Polonais puis le projet est repris par les Autrichiens qui soutiennent des mouvements nationalistes d'Ukrainiens de l'Ouest. Et c'est comme cela que naît le nationalisme ukrainien.

Tout cela nous amène au début du XIXe siècle où les premiers théoriciens du nationalisme ukrainien apparaissent. Et c'est là où le nationalisme ukrainien devient un système de suprématie raciale, notamment par la reprise d'un thème qui avait été développé par les Polonais : les Russes envahis par les Tartares ont été mâtinés de sang asiatique, donc ils sont impurs, et les vrais slaves purs sont les Ukrainiens de l'Ouest. Et donc les trois races impures dont il faut se débarasser, c'est les Hongrois, les Juifs (parce qu'il y a énormément de Juifs dans la zone ukrainienne) et les Russes. Et cela, c'est dès l'époque de la première Guerre mondiale. Cette idéologie permettra une parfaite convergence avec le national-socialisme et la notion de suprématie d'une race sur une autre. [...] C'est les Allemands qui vont reprendre le mythe ukrainien créé par les Polonais et repris par les Autrichiens qui vont l'utiliser pour envahir (mars 1918), en fait, ce qui correspond à l'Ukraine. En 1919, les Allemands ont échoué à créer l'Ukraine contre la Russie. Ils s'aperçoivent que ce n'est pas possible. 'Tôt ou tard, l'Ukraine reviendra boire le lait de la Mère-Russie'. C'était les mots de l'Etat-major allemand. En 1921 (Paix de Riga), la Pologne récupère l'Ukraine occidentale, et l'Union soviétique récupère le reste. Et jusque-là, l'Ukraine occidentale n'a toujours pas été rattachée au reste de l'Ukraine, mais on peut commencer à parler à partir de ce moment-là (1922) de l''Ukraine'. Et on peut parler du grand fondateur de l'Ukraine, qui est le père de tous les nationalistes ukrainiens, Lénine, qui en 1922 décide de créer l'Ukraine par idéologie des nationalités. Et le Commissaire chargé des nationalités, c'est Staline. Staline qui est donc le deuxième grand fondateur de l'Ukraine moderne, qui à son origine a sa capitale à Kharkov. Le troisième grand fondateur de l'Ukraine est Kaganovitch qui mène l'ukrainisation. Et une des raisons pour laquelle les Bolchéviques créent l'Ukraine et développent le nationalisme ukrainien au sein de l'URSS c'est un moyen de contrer la Russie (Lénine écrivait qu'il haïssait la Russie...). La grande peur des Bolchéviques, c'est que la Russie prenne trop de place - démographiquement - au sein de l'URSS, il faut donc l'équilibrer. Et donc, pour la première fois en 1923, la langue ukrainienne - qui n'est pas parlée - des élites intellectuelles est normée, l'alphabet est stabilisé par les Bolchéviques, des millions d'articles sont écrits en ukrainien, il y a une littérature en ukrainien.

 

 

Xavier Moreau est un analyste installé en Russie depuis 14 ans. Il est l'auteur de la "Nouvelle Grande Russie" et l'un des intervenants principaux du site d'analyses politico-stratégiques stratpol.com.

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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 06:18

Ancien membre du Comité de sûreté générale sous la Révolution et chargé en cette qualité de la police de Paris pendant quelque temps, Jean-Baptiste Harmand rapporte un fait singulier dans ses Anecdotes relatives à la Révolution (le récit fut censuré en 1814, année de la première édition, et figurera dans l’édition de 1820).

 

Une demoiselle jeune, grande et bien faite, s'était refusée aux recherches de Louis de Saint-Just, surnommé, l’Archange de la Terreur, député de l'Aisne élu à 25 ans en 1792 et soutien indéfectible de Robespierre (il sera guillotiné le même jour que ce dernier, le 28 juillet 1794). Saint-Just la fit conduire à l'échafaud. Après l'exécution, il voulut qu'on lui représentât le cadavre, et que la peau fût levée. Quand ces odieux outrages furent commis, il la fit préparer par un chamoiseur et la porta en culotte.

 

 

Louis de Saint-Just

 

Je tiens ce fait révoltant de celui même qui a été chargé de tous les préparatifs et qui a satisfait le monstre, poursuit Harmand ; il me l'a raconté, avec des détails accessoires que je ne peux pas répéter, dans mon cabinet au Comité de sûreté générale, en présence de deux autres personnes qui vivent encore.

 

 

Il y a plus : c'est que d'après ce fait, d'autres monstres, à l'exemple de Saint-Just, s'occupèrent des moyens d'utiliser la peau des morts, et de la mettre dans le commerce. Ce dernier fait est encore constant. Il ne l'est pas moins que, il y a environ trois ans, on mit aussi dans le commerce de l'huile tirée des cadavres humains : on la vendait pour la lampe des émailleurs.

 

 

D’après « Anecdotes relatives à quelques personnes, et à plusieurs événements de la Révolution », édition de 1820.

 

Source: http://www.france-pittoresque.org/2014/06/saint-just-et-sa-culotte-de-peau-humaine.html

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