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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 20:12

Petite leçon d’histoire à l’adresse de Mgr Eychenne, Evêque de Pamiers, qui s’autorise à demander pardon au nom de l’Eglise (de quel droit ?) pour le massacre des Cathares au XIIIe siècle.

Résumons-lui les faits :

Au IIe siècle, Marcion avait affirmé qu’il existait deux dieux : celui, terrible et cruel, de l’Ancien Testament et le Dieu d’Amour du Nouveau Testament.

Au IIIe siècle, Manès reprend les enseignements de Marcion pour développer l’idée selon laquelle la matière est une création de Satan tandis que l’esprit est l’œuvre de Dieu.

Le Catharisme du XIIIe siècle sort en droite ligne de ces deux erreurs mais les aggrave : les Cathares, en effet, veulent purifier le christianisme en proie aux scandales et aux misères physiques et morales de la société grâce à une sorte de suicide collectif permettant d’échapper à l’emprise de la matière satanique. Dès le XIIe siècle, leur doctrine se répand dans les régions de Toulouse et du Lauraguais où ils sont désignés sous le nom d’ “Albigeois”. Mais on les retrouve aussi sous d’autres appellations en Bulgarie, en Aragon, dans le Brabant... où ils saccagent les églises et prennent d’assaut les villes demeurées catholiques.

Enferrés dans leurs erreurs qui deviennent des dogmes à leurs yeux, les Cathares enseignent :

- que la création matérielle est l’œuvre de Satan,

- que les misères peuvent être guéries pas la négation de la vie,

- que le mariage doit être condamné puisqu’il mène à perpétuer la race humaine,

- que le suicide est conseillé,

- que pour ne pas consolider la société, il faut éviter de travailler,

- que l’Eglise catholique romaine doit être combattue,

- que le libertinage est permis puisqu’il conduit à détruire la famille construite sur la notion de fidélité.

S’ensuivent les conséquences suivantes :

- sur le plan théologique, il est enseigné que l’Incarnation et la Résurrection ne sont que des illusions,

- sur le plan moral, la débauche prend des proportions telles que les enfants bâtards abandonnés après leur naissance ne se comptent plus et que les femmes enceintes sont accusées de porter l’enfant du démon ; parallèlement, les suicides prennent l’allure d’une véritable épidémie,

- sur le plan juridique, toutes les institutions civiles sont sapées puisqu’il ne saurait être question de prêter serment,

- sur le plan religieux enfin, en Aquitaine et en Languedoc les églises sont vides : les baptême et l’Eucharistie ne sont plus célébrés ; à l’article de la mort, le Cathare reçoit le “consolamentum” d’un adepte appelé “Parfait”. Il s’agit d’un geste qui n’a aucun sens.

Au début du XIIIe siècle, au temps de S. Dominique, les Cathares sont implantés dans une région qui va de Bordeaux à Marseille, des Pyrénées à l’Auvergne. Avec les grands seigneurs gagnés à leurs idées, ils forment une contre-Eglise qui possède sa hiérarchie, ses couvents, son culte, ses docteurs et dans laquelle on pratique la spoliation des biens ainsi que les assassinats.

Totalement terrorisé, le clergé demeuré catholique ne réagit plus.

S. Dominique, usant de douceur et de patience, remporte quelques succès qui exaspèrent les Cathares les plus fanatisés se conduisant comme des fous furieux qui pillent et tuent.

Quant à l’horrible “Croisade des Albigeois”, dont on ne rappelle généralement qu’un épisode alors qu’elle en compte trois, elle est le fait non de l’Eglise qui a usé de patience, mais de guerriers du nord de la France trop heureux d’avoir trouvé un prétexte pour régler un vieux compte de suprématie politique avec les seigneurs du Midi devenus hérétiques et menaçant pour le royaume.

 

Nous ne saurions assez conseiller à Mgr Eychenne de revoir ses cours d’Histoire et, en passant, de théologie.

Les cathares - petite leçon d'histoire
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2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 14:58
[Mensonge républicain] Voltaire : "Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites…"

« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire. » Qui donc n’a jamais lu ou entendu cette fameuse citation que d’aucuns attribuent à Voltaire ?

 

Peut-être le saviez-vous, Voltaire ne l’a ni écrit… ni même pensé ! L’erreur sur la paternité de cette citation se nourrit d’un mensonge beaucoup plus grand : l’image - distillée par l’école républicaine - d’un philosophe tolérant et généreux proclamant la liberté contre l’obscurantisme.

 

D’où vient cette maxime ? Que pense réellement Voltaire et son siècle ?

 

L’ouvrage Voltaire, Œuvres Complètes explique :

 

« Certains commentateurs[1], prétendent que cette citation est extraite d’une lettre du 6 février 1770 à un abbé Le Riche où Voltaire écrivait : « Monsieur l’abbé, je déteste ce que vous écrivez, mais je donnerai ma vie pour que vous puissiez continuer à l’écrire. » En fait, cette lettre existe, mais la phrase n’y figure pas, ni même l’idée. Le Traité de la tolérance auquel est parfois rattachée la citation ne la contient pas non plus. De fait, la citation est absolument apocryphe (elle n’apparaît nulle part dans son œuvre publiée) et trouve sa source en 1906, non dans une citation erronée, mais dans un commentaire de l’auteure britannique Evelyn Hall, dans son ouvrage The Friends of Voltaire, où pensant résumer la posture de Voltaire à propos de l’auteur d’un ouvrage publié en 1758 condamné par les autorités religieuses et civiles, elle écrivait « « I disapprove of what you say, but I will defend to the death your right to say it », was his attitude now. »[2]

 

La maladresse de l’auteur britannique Evelyn Hall dans l’usage des guillemets répandit à tort cette déclaration. Le professeur Marjorie Garber de l’Université d’Harvard rapporte à sujet :

 

« Interrogée à propos de la citation plusieurs années après la publication de son livre, Hall expliquait qu’elle ne voulait pas sous-entendre que Voltaire utilisa textuellement ces mots et qu’elle serait très surprise si cette citation se retrouvait dans ses œuvres. »[3]

 

Que Voltaire n’ait jamais exhorté un abbé à exprimer sa pensée, voilà chose démontrée. Dès lors, la vertu de tolérance enseignée par la République dans les pas de Voltaire est-elle intéressée ou objective ? Voici, pour éclairer votre jugement, un florilège de phrases tracées sous la plume de Voltaire, révélant non ce qu’il prétend mais ce qu’il pense : mépris pour le peuple, les races et les femmes :

 

1/ Le peuple…

 

« Le peuple est entre l’homme et la bête ».

 

« La multitude des bêtes brutes appelées hommes, comparée avec le petit nombre de ceux qui pensent, est au moins dans la proportion de cent à un chez beaucoup de nations. »

 

« Ce monde ci (il faut que j’en convienne) est un composé de fripons, de fanatiques et d’imbéciles, parmi lesquels il y a un petit troupeau séparé qu’on appelle la bonne compagnie ; ce petit troupeau étant riche, bien élevé, instruit, poli, est comme la fleur du genre humain ; c’est pour lui que les plaisirs honnêtes sont faits. »

 

« Nous n’avons de compatriotes que les philosophes, le reste n’existe pas. »

 

« L’essentiel est d’être bien avec soi-même, et de regarder le public comme des chiens qui tantôt nous mordent, et tantôt nous lèchent. »

 

2/ Les races…

 

« La lèpre, ainsi que le fanatisme et l’usure, avait été le caractère distinctif des Juifs. » Les juifs forment « de tous les peuples, le plus grossier, le plus féroce, le plus fanatique, le plus absurde. »

 

« C'est à regret que je parle des juifs : cette nation est, à bien des égards, la plus détestable qui ait jamais souillé la terre ».

 

« La maladie des systèmes peut-elle troubler l’esprit au point de faire dire qu’un Suédois et un Nubien sont de même espèce ? »

 

« Le blanc qui le premier vit un nègre fut bien étonné ; mais le premier raisonneur qui dit que ce nègre venait d’une paire blanche m’étonne bien davantage, son opinion est contraire à la mienne ».

 

« Il y a des races jaunes, rouges, grises. (…) Tous sont également hommes mais comme un sapin, un chêne et un poirier sont également arbres ».

 

« Notre aumônier prétend que les Hottentots, les Nègres et les Portugais descendent du même père. Cette idée est bien ridicule ».

 

« La race des nègres est une espèce d’hommes différente de la nôtre, comme la race des épagneuls l’est des lévriers (…). [L]a forme de leurs yeux n’est point la nôtre ; leur laine noire ne ressemble point à nos cheveux, et on peut dire que si leur intelligence n’est pas d’une autre espèce que notre entendement, elle est fort inférieure : ils ne sont pas capables d’une grande attention ; ils combinent peu, et ne paraissent faits ni pour les avantages ni pour les abus de notre philosophie. Ils sont originaires de cette partie de l’Afrique, comme les éléphants et les singes (…) ».

 

3/ Les femmes…

 

« Sur cent mâles il s’en trouve à peine un qui ait du génie ; sur cinq cents femelles à peine une ».

 

« Quant à la supériorité de l’homme sur la femme, c’est une chose entièrement naturelle (…). Les hommes en général ont des organes plus capables d’une attention suivie que les femmes, et sont plus propres aux travaux de la tête et du bras ».

 

« Les guerres qui sont le plus horrible fléau du genre-humain, laissent en vie l’espèce femelle qui le répare. »

 

Qui donc peut encore louer la tolérance de Voltaire ?

 

Joseph Colombe

 

Pour aller plus loin :

 

Xavier Martin, Voltaire méconnu : Aspects cachés de l’humanisme des Lumières (1750-1800), Dominique Martin Morin, 2006.

 

Xavier Martin, Naissance du sous-homme au cœur des Lumières : les races, les femmes, le peuple, Dominique Martin Morin, 2014.

 

Marion Sigaut, Voltaire : Une imposture au service des puissants, Broché, 2014.

 

LesObservateurs.ch, « Je ne suis pas d’accord avec vous, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire. »

 

[1] GUTERMAN Norbert, A Book of French Quotations, 1963.

 

[2] Voltaire, Oeuvres completes, Arvensa, 2014, p.9566.

 

[3] GARBER Marjorie, Quotation marks, Routledge, 2003, p.20.

 

Source: Vexilla-Galliae

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1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 07:18
L'Espagne musulmane et le mensonge de la cohabitation heureuse

De 711 à 1492, l’Espagne a été occupée par les musulmans.

 

Aujourd’hui, nos historiens idéologisés voudraient faire passer cette période de plus de 700 ans comme une ère de cohabitation heureuse, d’échanges culturels et de paradis multiculturel.

 

En réalité, les conquérants musulmans ont multipliés les persécutions à l’encontre des chrétiens et juifs non-convertis, et ont établi un régime de terreur et de ségrégation. En se basant sur les travaux d’un historien espagnol délaissé, Christopher Lannes pour TV-Libertés revient avec un nouvel épisode de La Petite Histoire consacré à Al-Andalus, l’Espagne sous domination musulmane.

Extrait :

 

"Rafael Sanchez Saus, considéré comme l’un des meilleurs spécialistes de l’Espagne médiévale, estime que les musulmans ont installé un régime très pervers qui n'a eu de cesse d'humilier et de persécuter les Juifs et les Chrétiens.

 

Un autre historien a fait un travail remarquable sur le sujet. Il s'agit de Serafin Fanjul, professeur de littérature arabe à l'Université autonome de Madrid, membre depuis 2011 de l'Académie royale d'histoire. Pour lui, le régime mis en place par les musulmans en Espagne (Al-Andalous) est un régime qui s'apparente à l'Apartheid en Afrique du Sud.

 

[Serafín Fanjul définit la société du royaume de Grenade (1238-1492) comme "une société monoculturelle, avec une seule langue, une seule religion. Une société terriblement intolérante, par instinct de survie, puisqu'elle était acculée à la mer". "Plus le pourcentage (des musulmans) était important, moins la société était tolérante". Les concessions sont toujours octroyées à des groupes. L'individu, lui, n'est jamais mis sur le même pied que les musulmans. Serafin Fanjul montre contrairement aux interprétations d'un Arnold Toynbee que cette société est loin d'être affranchie des préjugés raciaux. La pression religieuse est constante : "Les pouvoirs religieux d'al-Ándalus cherchèrent toujours l'islamisation totale et il y eut des exodes massifs de chrétiens vers le nord, jusqu'au XIIe siècle." (Serafín Fanjul, entretien, « Le « mythe d'Al-Ándalus », La Nouvelle Revue d'Histoire, no 62, septembre-octobre 2012, p. 31-34.) NDCR.]

 

Pour Serafin Fanjul, il s'agissait d'une période terrifiante pour les minorités en terre d'islam, en terre nouvellement conquise. Cet historien prend à rebrousse-poil l'idéologie dominante qui veut nous montrer Al-Andalous comme une terre riche, pacifique, raffinée, qui a en plus apporté toute la culture du Moyen-Âge. Et cette civilisation supérieure aurait chuté à partir du moment où les royaumes chrétiens du nord (ces barbares incultes), auraient repris possession de ces terres.

 

De 711 à 756, il s'agit pour l'historien d'une véritable orgie de sang, et pas seulement envers les Juifs et les Chrétiens, mais entre musulmans. Il y a des tensions et des rixes entre la caste arabe, qui est minoritaire mais qui a le pouvoir et les Berbères, qui sont majoritaires mais qui ont été écartés de ce pouvoir. Et concernant les quatre à cinq millions d'Hispanos-romains et d'Hispanos-wisigoths, ils ont très vite détesté l'envahisseur qui a dû faire face à de nombreuses révoltes.

 

[Quelques martyrs chrétiens victimes de l'islam Al-Andalous: les saints Olive, Euloge de Cordoue, Rodrigue et Salomon, Nathalie, Aurèle et leurs compagnons, Parfait de Cordoue, Flora et Maria, Laure de Cordoue, Fandilas. NDCR.]

Saint Euloge de Cordoue, martyr en 859

Saint Euloge de Cordoue, martyr en 859

Le ton va se durcir crescendo à chaque fois, suite à l'arrivée de croyants plus fondamentalistes, qui reprochaient à ceux déjà sur place de ne pas avoir assez islamisé le pays. On a eu les Omeyyades en 756, les Almoravides en 1086 et les Almohades en 1145. Et sous le règne de tous ces dirigeants "éclairés", on peut citer de nombreuses persécutions antichrétiennes comme à Cordoue au IXe siècle, le massacre des Frères missionnaires qui avaient osé pénétré dans Grenade pour précher la parole du Christ, la déportation des chrétiens en Afrique et les pogroms lancés contre les Juifs.

 

Et si on se réfère aux chroniques de l'époque, tant musulmanes que chrétiennes, on nous parle de guerres permanentes. Et aujourd'hui, par magie, c'est devenu un état de paix, un modèle de "vivre ensemble".

 

Le plus étonnant dans tout cela est que l'on nous présente Al-Andalous comme un état multiconfessionnel, multiculturel, alors qu'il était avant tout et surtout un état musulman de langue arabe. Les juifs et les chrétiens restés sur place étaient islamisés de force, tolérés ou acceptés selon les circonstances. Un royaume de paix absolue.

 

La majorité de la population d'Al-Andalous qui était islamisée pour 90% d'entre eux au XIIe siècle, et concernant les minorités, certes ils avaient le droit à l'existence en fonction des circonstances, mais une ségrégation de fait était placée entre les musulmans et eux. Le vivre ensemble est derrière le mur.

 

S'agissant des droits des chrétiens, ce sont des droits tout à fait honorables et pas du tout discriminatoires. Le musulman avait le droit de se déplacer à cheval alors que le chrétien était lui monté sur un âne. L'église, quand elle n'était pas rasée, devait être plus petite que la mosquée, le chrétien, dhimmi, devait payer un impôt supérieur (jizya) et les amendes qui le touchaient étaient également supérieures (elles étaient inférieures de moitié pour les musulmans). Les mariages mixtes étaient interdits, et un chrétien qui tuait un musulman (même en cas de légitime défense) était condamné à mort (par contre un musulman qui tue un chrétien, là pas de problème). Un chrétien n'avait pas le droit non plus d'avoir une maison plus haute que celle d'un musulman, et il devait se lever quand un musulman entrait dans une pièce (c'était la moindre des choses !)

Saint Fandila, peinture du début du XIXe siècle

Saint Fandila, peinture du début du XIXe siècle

Voilà le portrait de la société multiculturelle où règne le vivre ensemble et l'harmonie que nous vantent nos idéologues aujourd'hui.

 

Pour Serafin Fanjul,

 

"qu'on le veuille ou non, sur le plan religieux, l'Europe n'a pratiquement rien pris de l'islam, ni les dogmes, ni des arguments théologiques ni des références textuelles. Elle n'a rien pris plus non plus dans le domaine juridique, institutionnel ou politique. Quant à la culture populaire traditionnelle espagnole à laquelle on a prêté de nombreuses influences musulmanes, ces influences ont été tout à fait marginales."

 

Elles ont été marginales surtout par rapport à l'immense héritage latin et chrétien qui constitue la majorité de ces sources.

A lire également, la Provence musulmane, mais là il n'y a pas encore de mensonge officiel : les Sarrasins en Provence (889-975).

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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 09:28

A la veille de la rentrée scolaire, Jean-Pierre Maugendre, Président de l'Association "Renaissance catholique", invité de TV-Libertés, expose le scandale des livres d'histoire qui sur un mode de destruction délibérée de la mémoire collective dans sa mémoire nationale, d'une manière tout à fait assumée par des déconstructeurs qui annoncent s'en prendre à ce qu'ils appellent "le poison de l'identité", passent sous silence des dates importantes constitutives de notre identité nationale.

Extrait :

 

Deux caractéristiques dans les programmes : le cosmopolitisme et l'hypertrophie de la Révolution française

 

Ces programmes, tels qu'ils sont définis, ont vocation à mener un enseignement cosmopolite.

 

Il ne faut pas centrer l'enseignement et les programmes sur l'histoire de la France, voire même sur l'histoire de l'Europe. Il s'agit au contraire d'amener l'ensemble des élèves à prendre conscience, qu'au final, l'histoire de leur pays, n'est qu'une partie d'un ensemble plus général et que toutes les valeurs se valent bien. On le voiyait par exemple dans un exemple très concret dans l'ancien programme qui datait de 2010, où en 5ème il fallait étudier les regards sur l'Afrique et l'enseignant avait le choix entre l'étude d'un empire africain, que ce soit l'empire du Ghana, l'empire du Mali, l'empire Songhaï ou l'empire Monomotapa, avec un axe majeur de ne pas mettre en avant l'histoire de France, mais d'intégrer cette histoire de France dans un ensemble plus large.

 

La deuxième caractéristiques (de ces programmes NDCR.) est que l'observateur ne peut qu'être frappé par l'hypertrophie accordée à l'histoire de la "Révolution française".
 
On a vraiment le sentiment que la France commence à la Révolution !
 
Un exemple : en fin de 3ème existe un document récapitulatif des 43 évènements ou dates que l'élève doit connaître à l'issue de ce cycle d'enseignement, c'est-à-dire au bout de quatre années d'enseignement (plus tout le primaire qui normalement a également inculqué quelques notions). Sur ces 43 évènements, il y en a 16 qui concernent la période avant la Révolution française. On est sur un rapport deux tiers un tiers. Un tiers des dates (seulement) concernent les 18 siècles et plus de l'histoire de France avant la Révolution française (Cf. Lire à ce sujet le superbe ouvrage de Frantz Funck-Brentano, "Les Origines")
 
En revanche, le gros des dates à retenir, concerne la "Révolution française" et dans ce document, il est accordé une place importante à la "philosophie des Lumières" qui précède la Révolution française mais procède du même état d'esprit.
 
En ce qui concerne les manuels, on est frappé par la qualité iconographique des manuels avec de nombreux textes. Mais le pendant est qu'il n'y a plus de textes de cours, ni de textes de résumé. Autre carence qu'on ne peut qu'observer, c'est le faible nombre des repères chronologiques (Depuis l'Ecole dite des Annales, il s'agit de supprimer l'histoire événementielle et de la remplacer par l'histoire thématique vue sous le prisme économique et social. NDCR.).
 
Les documents mis à disposition sont toujours des documents à charge concernant ce que l'on peut appeler très globalement la civilisation occidentale, le monde chrétien.
 
Exemple: le manuel Belin de 5ème propose autour du dossier sur la conquête de l'empire aztèque par les Espagnols une carte du Mexique, des illustrations, une scène de rencontre entre Cortès et l'empereur Moctezuma, une scène de bataille entre les espagnols et les Espagnols et des guerriers, puis trois textes. Un texte d'un compagnon de Cortès qui dit son admiration devant l'abondance et l'achalandage du marché de Tenochtitlan, la reddition à Cortès du jeune empereur Guatimozin. Et puis deux textes décrivent la situation des Indiens après la conquête espagnole: un texte de Sepulveda à l'occasion de la controverse de Valladolid et un texte de Las Casas, le célèbre dominicain. Tous ces textes sont des documents à charge.
 
Et on retrouve le même type d'approche dans tous les documents qui concernent la colonisation, et en particulier la colonisation en Afrique du Nord. ... On retrouve dans tous les manuels une volonté de culpabiliser la civilisation occidentale et de présenter les civilisations que le monde occidental a pu rencontrer comme des paradis sur terre avant l'arrivée des puissances coloniales. C'est une trame homogène que l'on retrouve dans tous les manuels et les programmes tels qu'ils sont conçus.
 

(Le présentateur de l'émission de TV-Libertés, Philippe Conrad, rappelle au passage que l'on avait affaire, s'agissant du Mexique pré-colombien, à une société fondée sur la domination terroriste des aztèques sur les peuples voisins, le tout fonctionnant sur le fond de sacrifices humains, à l'échelle industrielle. Cela, ils n'en parlent pas, ni dans le programme, ni a fortiori dans les manuels.

 

Le scandale de programmes et de manuels d'histoire de la rentrée 2016 qui passent sous silence des dates importantes de notre identité nationale

L'archétype de cette présentation est le film Mission, sur les réductions guaranis (réalisées par les Jésuites. NDCR) au Paraguay, où l'on donne l'impression d'un paradis sur terre dans lequel les puissances coloniales, en l'occurence espagnoles, viennent apporter des germes de destruction et de déstabilisation sociale.

 

Les dates importantes de l'histoire de France passées sous silence

 

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Dans les dates retenues, vous n'avez ni 496 (le baptême de Clovis), ni 732 (la victoire de Charles Martel à Poitiers), ni 1214 (la bataille de Bouvines, dont les fêtes du 800e anniversaire a vu Premier ministre Manuel Valls se désister au dernier moment pour assister au "Tour de France". NDCR), ni 1515 (la bataille de Marignan), qui sont quand même, au regard de l'identité de la France, des dates singulières importantes.

 

Le fondement intellectuel (dans les programmes)

 

La lutte des races, la luttes des minorités sexuelles pour se libérer de l'oppression de l'homme blanc, hétérosexuel, se poursuit, et l'histoire a pour vocation de rendre à ces minorités la place qu'elles auraient dû avoir, et pour culpabiliser en profondeur les représentants de cet ordre traditionnel que constitue les hommes blancs hétérosexuels. Et aujourd'hui, les programmes et les manuels d'histoire procèdent de cet esprit et de cette volonté de culpabiliser l'homme blanc et de montrer que la civilisation occidentale, chrétienne, à laquelle nous appartenons, fait peser à toute la planète un joug insupportable, dont cherchent à se libérer les minorités opprimées.

Pour réagir à toutes ces tendances mortifères que l'on observe aujourd'hui, la résistance est là, quand même. On la voit s'exprimer de manière très diverse, mais de manière de plus en plus nombreuse. Jean-Pierre Maugendre a publié il y a quatre ans un Manuel d'Histoire de France, destiné au cours moyen, qui en 74 chapitres, reprenait l'ensemble de l'histoire de France, avec le schéma traditionnel, une trame chronologique, et le schéma classique, c'est-à-dire des illustrations, un texte, un résumé, un rappel des dates à retenir, et suivant les chapitres, quelques documents illustrant le sujet. L'originalité de ce manuel est qu'il est écrit par des gens qui aiment la France.

Le scandale de programmes et de manuels d'histoire de la rentrée 2016 qui passent sous silence des dates importantes de notre identité nationale

Et vient d'être publié pour le cours élémentaire, une Histoire de France pour nos enfants. La trame est la même, en 62 chapitres plus courts. On peut se procurer ces ouvrages sur le site "Renaissance catholique.org".

Le scandale de programmes et de manuels d'histoire de la rentrée 2016 qui passent sous silence des dates importantes de notre identité nationale
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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 10:10
Louis XIV, roi de France et de Navarre (1638-1715), vers 1662, par Charles Le Brun - Château de Versailles

Louis XIV, roi de France et de Navarre (1638-1715), vers 1662, par Charles Le Brun - Château de Versailles

L’"ouverture au monde" et le "développement urbain et économique", sont un des aspects si actuel du grand règne de Louis XIV retenu par Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, lors de son discours à l'Orient le samedi 30 mai 2015, à l'occasion de l'inscription par le Comité des Célébrations nationales du tri-centenaire de la mort de Louis XIV au rang des grands anniversaires à commémorer.

Discours de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, prononcé au musée de la Compagnie des Indes à Lorient le samedi 30 mai 2015 (Réception par la municipalité de Lorient)

 

Madame et Messieurs les Maires et Adjoints,

 

Mesdames et Messieurs les Elus,

 

Colonel,

 

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

 

Le Comité des Célébrations nationales a inscrit cette année Louis XIV au rang des grands anniversaires à commémorer pour le tri-centenaire de sa mort en 1715. Il y aura de multiples occasions de rappeler, en de nombreux endroits, la gloire du grand roi… le Roi Soleil.

 

Mon épouse, la Princesse Marie-Marguerite, et moi-même, sommes heureux d’être ici, sur cette terre où l’esprit du roi, et celui de son Père, Louis XIII, sont encore présents. Ainsi nous pouvons y évoquer un des aspects si actuel du grand règne bien que pourtant moins souvent mis en avant que d’autres : celui de l’ouverture au monde et du développement urbain et économique qu’elle suscita.

 

La Compagnie des Indes, le développement des routes d’Orient, voulues par le Roi, font preuve d’une extraordinaire vision d’avenir. Dans un Etat qui était en train de stabiliser définitivement ses frontières, porter ses regards outre-mer, était faire preuve d’un sens politique d’une rare acuité. Le Roi a voulu engager son pays vers de nouveaux horizons. Précurseur, il a souhaité que l’économie trouve de nouvelles voies.

 

La grandeur des politiques se perçoit aux fruits qu’elles portent sur le moment et dans la durée. En ce sens Louis XIV est un grand monarque car, en bien des domaines, son œuvre est pérenne.

 

A court terme, ce fut la création de la ville de Lorient qui supplanta progressivement la citadelle et le mouillage de Port-Louis ; à long terme les conséquences sont nombreuses. La création de grandes compagnies comme celle des Indes Orientales ouvrait la voie à de nouvelles formes de commerce et d’échanges et a permis de développer la construction navale toujours présente ici. La France entrait ainsi dans le concert des grandes nations maritimes, en renforçant sa présence sur toutes les mers. On imagine les efforts de persuasion du Roi et de son Ministre Colbert, pour faire admettre cela à notre vieille nation terrienne et continentale. L’histoire nous apprend combien il est souvent difficile de faire bouger les choses. Pourtant ce sont ces nouveautés qui font les grandes nations. Ce sont elles qui font les grands règnes !

 

De cette volonté naquit une nouvelle cité, et se développèrent de nouvelles activités liées notamment à la présence toujours importante de la Marine nationale. J’ai beaucoup apprécié d’y être reçu ce matin par un des corps d’élite des Armées françaises qui a pu me présenter son action si décisive pour le maintien de la place de la France dans le concert des grandes nations. La présence des forces navales renforce les activités de construction navale et au-delà toutes celles du port. Elles complètent celles liées à la pêche et, de plus en plus, celles du nautisme. Derrière il y a la capacité de toujours savoir s’adapter aux besoins qui changent d’une époque à l’autre.

 

Quant à la Compagnie des Indes puisque nous sommes, dans l’ancien arsenal, dans des locaux qui l’exaltent, si elle n’existe plus en tant que telle, elle demeure bien présente dans le domaine de l’art et du savoir-faire français. Ce Musée en atteste. Les objets créés grâce à la Compagnie des Indes, rappellent s’il en était besoin le développement des arts sous Louis XIV.

 

Oui, les grandes politiques se jugent à leurs fruits et les grands souverains à la pérennité de leurs actions.

 

Je suis heureux de pouvoir le rappeler en évoquant ici, Louis XIV, mon grand-père. Cette année du tricentenaire de la mort du monarque préfigure l’anniversaire de la Ville de Lorient l’an prochain, qui sera, Monsieur le Maire, j’en suis sûr, un grand succès.

 

Merci de m’avoir écouté.

 

Louis, duc d’Anjou

 

Ndlr : Article initialement publié le 30 mai 2015

 

Source: Discours de Louis XX à Lorient, Vexilla Galliae

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 15:21

A chaque fois que les Français chantent la "Marseillaise", ils chantent leur propre élimination : "Q'un Sang impur abreuve nos sillons!". La Révolution faite au nom du peuple a touché en premier le Tiers Etat et non les nobles : "Au total, 80 % des victimes appartiennent au Tiers État" (Albert Soboul, Dictionnaire historique de la Révolution française, édition Quadrige, PUF, 2005, p. 1023).

 

Vendée l'épopée des géants le Figaro, Juin-Juillet 2016, n°26

 

 

La Révolution française a fait plus de morts en un mois au nom de l'athéisme que l'Inquisition au nom de Dieu pendant tout le Moyen Age et dans toute l'Europe..

Pierre Chaunu

L'insurrection vendéenne lors de la Révolution dite française, et sa répression par la Terreur constitue l'un des épisodes les plus tragiques de l'histoire de France. Le nombre des victimes des exécutions politiques (guillotine) s'élève à "35 000 ou 40 000" (René Sédillot, Le Coût de la Terreur, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1990, p. 208.)

 

En Vendée, le nombre des victimes du génocide, bien plus important, est encore incertain : 200 000... 400 000... 600 000 ? La Vendée continue d'interroger l'histoire... Une page ignorée de notre histoire...

 

Au total, la Révolution qui a déclaré la guerre à l'extérieur (à l'Europe en 1792) et la guerre à l'intérieur, aux Français qui ne voulaient pas de la conscription générale ni de la "république", s'est soldée chez nous, par deux millions de morts :

 

"400 000 morts pour les guerres jusqu'en 1800; un million pour les guerres napoléoniennes; 600 000 pour les guerres intestines; et l'échafaud pour mémoire. Voilà nos deux millions de morts."

 

(René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 24-28).

 

Des géants se levèrent. Les Vendéens, téléfilm coproduction Media Films Tv, avec la participation du Centre national de la Cinématographie, réalisé par Jacques Dupont et diffusé pour la première fois le 30 décembre 1993 sur France 3, raconte ce soulèvement maté dans le sang.

 

Les Vendéens, le téléfilm de France 3 réalisé par Jacques Dupont et diffusé le 30 décembre 1993

Extrait (la video se trouve en fin d'article):

 

Au mois d'août 1792, en vertu de la loi d'Exil, près 400 prêtres insermentés sont expédiés d'Angers à Paimbeuf pour être déportés. Leur crime: ils ont refusé de prêter serment à la Constitution, ils ont refusé de quitter l'Eglise. Les braves gens, les gens braves qui ont vu ce spectacle ne l'oublieront pas.

Après des débuts prometteurs, la Grande Révolution de 1789 commence à porter des fruits amers.

Ce 21 janvier 1793, Place de la Révolution à Paris, la tête coupée du roi est montrée au peuple stupéfait, jetée en défit à tous les souverains d'Europe. "La liberté ou la mort" sera la devise de la république.

 

Un mois plus tard (dans le décret qui fixe le mode de recrutement de l'armée du 24 février 1793), pour faire la guerre (1), la Révolution prétend arracher des hommes à leur foyer, par une loi de conscription (le service militaire de tous les Français et qui fit de la France une immense caserne. NDLR.) :

Décret de conscription générale du 24 fevrier 1793, invention de la guerre moderne de nations à nations

Décret de conscription générale du 24 fevrier 1793, invention de la guerre moderne de nations à nations

(En 1793), "La France est une vaste caserne: tous les révolutionnaires sont soldats ou destinés à le devenir; de gré ou de force, pour l'intérêt même de leur sûreté, les mécontents et les opprimés seront obligés de dévouer leurs armes à la défense de leurs tyrans. Une Convention décrétante et des camps, voilà le régime de la République française: les Représentants du peuple ne sont pas autre chose que les Représentants de l'armée; leur principale fonction est de voler d'une main, et de partager de l'autre leurs vols avec les soldats. Ainsi en usait Cartouche; mais Attila et Mahomet, les Beys des Mameluks et les Sheiks d'Arabes bédouins fondèrent aussi leur autorité sur des procédés analogues." (Mallett du Pan, Considérations sur la nature de la Révolution française, 1793, rééd. Editions du Trident, Paris 2007, p. 58.)

(En 1793), "tous les Français sont désormais en loge." (Augustin Cochin, L'Esprit du jacobinisme, éd. J. Baechler, Paris, PUF, 1979.)

(En 1793), "tous les Français sont désormais en loge." (Augustin Cochin, L'Esprit du jacobinisme, éd. J. Baechler, Paris, PUF, 1979.)

Un peu partout dans l'Ouest, la foule des jeunes appelés va se heurter aux "Patriotes", gendarmes et Gardes nationaux, et de proche en proche, dans 600 paroisses aux sud de la Loire, les cloches vont sonner le tocsin appelant les populations aux armes.

 

- "Et maintenant, que faut-il faire", demande-t-on à Jacques Cathelineau, un personnage à la réputation de saint de l'Anjou.

 

- "Résister. La guerre est à présent pour nous le seul moyen de salut. Et s'il faut périr, que cela soit au moins en combattant."

 

Du 10 au 15 mars, les émeutes spontanées des conscrits vont tourner au soulèvement général d'une population excédée.

Marquis Charles Melchior Artus de Bonchamps par Girodet

Marquis Charles Melchior Artus de Bonchamps par Girodet

Il faut alors des chefs expérimentés, de vrais militaires: les nobles. Le marquis de Bonchamps sera sceptique. Il refuse de prendre la tête d'une jacquerie. Mais devant l'insistance de ces gens, il demande la nuit pour réfléchir. Ce soldat de métier âgé de 33 ans, a déjà longuement guerroyé en Inde, avec des troupes réglées. Mais, que valent ces paysans qui n'ont jamais porté les armes que dans la braconne ? Ils vont au massacre, ils courent au martyre. Comment leur faire entendre raison, alors que constamment dans la nuit arrivent exaltantes des victoires du petit peuple ?

 

Pardon de Bonchamps-statue de David d'Angers

Pardon de Bonchamps-statue de David d'Angers

Bonchamps meurt le 18 octobre 1793 d'une blessure mortelle reçue la veille à la bataille de Cholet. Porté à Saint-Florent-le-Vieil, il obtint la grâce et la libération de 5000 soldats républicains faits prisonniers et renfermés dans l'Eglise : avant de mourir, il chercha à calmer la douleur de ses officiers, demanda avec instance que ses derniers ordres fussent exécutés, et aussitôt il prescrivit que l'on donnât la vie aux prisonniers ; puis se tournant, vers d'Autichamp, il ajouta : "Mon ami, c'est sûrement le dernier ordre que je vous donnerai, laissez-moi l'assurance qu'il sera exécuté".

 

En effet, cet ordre, donné sur son lit de mort, produisit tout l'effet qu'on en devait attendre ; à peine fut-il connu des soldats que de toutes parts ils s'écrièrent : "Grâce ! Grâce ! Bonchamps l'ordonne !". Et les prisonniers républicains furent sauvés, qui eux, en revanche, ne lui en tinrent pas grâce puisque selon Monsieur de Barante, rédacteur des Mémoires de Madame de La Rochejaquelein, quelques jours après, les républicains l'exhumèrent pour lui trancher la tête et l'envoyer à la Convention...

Mort de Bonchamps (détail), peinture de Thomas Degeorge, 1837

Mort de Bonchamps (détail), peinture de Thomas Degeorge, 1837

Parmi les prisonniers graciés par Bonchamps se trouve le père de l'artiste David d'Angers. Ce dernier érigea la célèbre statue du "Pardon de Bonchamps" dont on peut voir l'original à Saint-Florent-le-Vieil et une copie à la galerie David d'Angers, à Angers.

Maurice Joseph Louis Gigost d'Elbée, par Paulin Guérin.Le Généralissime Maurice d'Elbée avec ses quatorze blessures, incapable de se tenir debout, est exécuté dans un fauteuil, le 6 janvier 1794.

Exécution du généralissime d'Elbée le 6 janvier 1794

Exécution du généralissime d'Elbée le 6 janvier 1794

Le fauteuil de l'exécution s'est conservé jusqu'à nos jours. Le siège repris par la famille d'Elbée qui le garda dans leur résidence jusque dans les années 1975, chez le marquis Charles Maurice d'Elbée. lorsque celui-ci apprenant qu'un musée vendéen était en construction à Noirmoutier, fit don de ce fauteuil, désormais conservé au château de Noirmoutier.

Fauteuil de l'exécution du général d'Elbée

Fauteuil de l'exécution du général d'Elbée

Au jugement de plusieurs biographes, d'Elbée fut un homme pieux, d'un courage constant. Ses soldats l'avaient surnommé le général la Providence.

François Athanase Charette de La Contrie par Alfred de Chasteignier, 1819.François Athanase Charette de La Contrie, surnommé "Le Roi de la Vendée", dont Napoléon Ier écrira de lui qu'"il laisse percer du génie", est mort fusillé le 29 mars 1796 à Nantes.

Charette, mort fusillé le 29 mars 1796 à Nantes

Charette, mort fusillé le 29 mars 1796 à Nantes

Fasse Dieu nous donner le même courage et la même foi que les généraux vendéens, véritables martyrs au moment de la mort, notamment Charette et D'Elbée.

 

(1) Le révolutionnaire Brissot écrivit aux généraux de la Révolution: "Il faut incendier les quatre coins de l'Europe, notre salut est là' (Brissot in Mallett du Pan, Considérations sur la nature de la Révolution). Reprenant cette méthode politique de la guerre pour asseoir un ordre nouveau, "il nous faut des Vendée!", proclamera Lénine... (Figaro Histoire , "Vendée l'épopée des géants le Figaro, éditorial, Juin-Juillet 2016, n°26)

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 06:49
La petite histoire : La chasse aux sorcières et l'Inquisition (TVL)

On entend souvent dire que la chasse aux sorcières a été menée au Moyen âge par l'Inquisition et qu'elle a fait près d'un million de victimes. Merci Michelet, merci Voltaire, et tant d'autres. Quelle est la réalité ? Tout d'abord la chasse aux sorcières n'a pas eu lieu au Moyen âge mais à la Renaissance, elle n'a pas été menée par l'Inquisition mais par des tribunaux laïcs, et elle a fait beaucoup moins d'un million de morts. Dans ce nouveau épisode de La petite Histoire, Christopher Lannes revient sur l'un des plus gros mensonges accolés à l'histoire médiévale.

Extrait:

 

"Officiellement, le Moyen Âge prend fin en 1492, et pour leur très grande majorité, les bûchers ont été allumé de 1550 à 1650, soit à la période moderne, la Renaissance.

 

Le deuxième mensonge, le chiffre de un million est totalement fantasmatique. Si on s'appuie sur les travaux de tous les historiens qui ont travaillé sur le sujet, on arrive en gros à un chiffre compris entre 30 000 et 50 000 sorcières brûlées. Ce qui est déjà énorme, mais on est loin du chiffre multiplié par vingt qu'on nous donne habituellement."

 

Lire aussi sur le même thème :

 

. Marion Sigaut : La Chasse aux sorcières et l’Inquisition

. Inquisition : rareté des exécutions des peines capitales (10 à 12.000 en trois siècles)

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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 10:56
Vendée l'épopée des géants le Figaro, Juin-Juillet 2016, n°26

Vendée l'épopée des géants le Figaro, Juin-Juillet 2016, n°26

Michel De Jaeghere dans son éditorial pour la revue du Figaro Histoire titrée "Vendée l'épopée des géants le Figaro (Juin-Juillet 2016, n°26) explique :

 

"Il nous faut des Vendée!" avait proclamé Lénine. Il avait tenu parole en multipliant les massacres. On avait noyé les contre-révolutionnaires dans la Volga comme Carrier l'avait fait dans la Loire. La terreur jacobine tenait lieu de modèle. On n'aurait seulement pas la naïveté de Robespierre: on tuerait les apprentis thermidoriens avant qu'ils ne se manifestent. On irait, cette fois, jusqu'au bout. Et l'on réécrirait l'histoire comme on l'avait fait en France. On maquillerait crimes et châtiments. Les koulaks seraient des 'bandits', comme les Vendéens avait été des 'brigands'. On nierait les procès truqués, les déportations, les famines organisées, le goulag, comme on avait nié, on nie parfois encore, les tannages de peau humaine, le massacre des prisonniers, l'empoisonnement des puits, la déportation des femmes et des enfants, le génocide d'une population exclue de la condition humaine pour sa fidélité à l'ordre ancien, ses attachements immatériels à des réalités qu'on avait abrogées par décret."

L'émission de Radio courtoisie, "Le Libre Journal des idées politiques" du 8 juillet 2016 sur le thème "La Révolution, matrice du totalitarisme ?", avec Reynald Secher *, historien, présente les dernières actualités de l'historiographie sur les guerres de Vendée, la Terreur, l'histoire de la Révolution et du génocide vendéen. Elle est à écouter ici.

 

* Reynald Secher a rencontré un certain nombre de pressions, de tentatives de corruption, des menaces, en 1985, pour qu'il renonce à soutenir sa thèse publique "Contribution au génocide franco-français : La Vendée-Vengé" (Cf. "La désinformation autour des guerres de Vendée et du génocide vendéen", 2009)

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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 13:43

L'histoire est un enseignant merveilleux. Voici donc cette histoire peu connue des invasions des Sarrasins en Provence (889-975) à l'avènement des Capétiens; une histoire jamais enseignée parce qu'elle met à mal la narrative sur l'entente historique avec l'islam chez nous.

 

Les Sarrasins en Provence (889-975)

 

Selon Reinaud, Invasions des Sarrasins en France, p. 158 - en lecture libre sur Gallica, le site de la Bibliothèque nationale de France - in L'Histoire de France racontée par les contemporains, Extraits des chroniques, des mémoires et des documents originaux, L. DUSSIEUX, Firmin Didiot Frères, Fils et Cie Libraires, tome second, Paris 1861, p., 71-78.

 

Vingt pirates partis d'Espagne sur un frêle bâtiment, et se dirigeant sur les côtes de Provence, furent poussés par la tempête dans le golfe de Grimaud, autrement appelé le golfe de Saint-Tropez, et débarquèrent au fond du golfe sans être aperçus. Autour de ce bras de mer s'étendait au loin une forêt qui subsiste en partie, et qui était tellement épaisse que les hommes les plus hardis avaient de la peine à y pénétrer. Vers le nord était une suite de montagnes s'élevant les unes au-dessus des autres, et qui, arrivées à une distance de quelques lieues, dominaient une grande partie de la basse Provence.

Les Sarrasins en Provence (889-975)

Les Sarrasins envahirent pendant la nuit le village le plus rapproché de la côte, et, massacrant les habitants, se répandirent dans les environs. Quand ils furent arrivés sur les hauteurs qui couronnent le golfe du côté du nord, et que de là, leur regard s'étendit d'un côté vers la mer et de l'autre vers les Alpes, ils comprirent tout de suite la facilité qu'un tel tel lieu devait leur offrir pour un établissement fixe. La mer leur ouvrait son sein pour recevoir tous les secours dont ils auraient besoin; la terre leur livrait passage dans des contrées qui n'avaient pas encore été pillées et où il n'avait été pris aucune mesure de défense. L'immense forêt qui environnait les hauteurs et le golfe leur assurait une retraite au besoin.

 

Les pirates firent un appel à tous leurs compagnons qui parcouraient les parages voisins; ils envoyèrent demander du secours en Espagne et en Afrique; en même temps ils se mirent à l'ouvrage, et en peu d'années les hauteurs furent couvertes de châteaux et de forteresses. Le principal de ces châteaux est nommé par les écrivains du temps Fraxinetum, du nom des frênes qui probablement occupaient les environs. On croit que Fraxinetum répond au village actuel de la Garde-Frainet, qui est situé au pied de la montagne la plus avancée du côtée des Alpes... Quand les travaux furent terminés, les Sarrasins commencèrent à faire des courses dans le voisinage. Ils n'eurent garde d'abord de s'éloigner du centre de leurs forces; mais bientôt les seigneurs les associèrent à leurs querelles particulières. Ils aidèrent à abattre les hommes puissants; ensuite, se débarrassant de ceux qui les avaient appelés, ils se déclarèrent les maîtres du pays; en peu de temps une grande partie de la Provence se trouva exposée à leurs ravages. La terreur devint bientôt générale; le plat pays étant dévasté, les Sarrasins s'avancèrent vers le chaîne des Alpes.

 

Les Sarrasins occupèrent le mont Cenis et le mont Saint-Bernard, devinrent les maîtres de tous les passages des Alppes, et de là pillèrent le Dauphiné, le Piémont, le Montferrat, le Valais, la Suisse, les Grisons, la Savoie, la Maurienne, la Ligurie. Ils prirent et saccagèrent Turin, Marseille, Aix, Sisteron, Gap, Embrun, Gênes, Fréjus, Toulon, Grenoble, etc., égorgeant vifs les habitants, et dévastant tellement le pays, que les loups en devinrent à peu près les maîtres.

 

Hugues, devenu comte de Provence, s'était rendu en Italie pour y disputer la couronne du royaume de Lombardie. Les cris de ses sujets l'ayant enfin rappelé de côté des Alpes, il annonça l'intention de chasser entièrement les Sarrasins. Il s'agissait de s'emparer d'abord du château Fraxinet, à l'aide duquel les Sarrasins se maintenaient en relation avec l'Espagne et l'Afrique et d'où ils dirigeaient leurs expéditions dans l'intérieur des terres. Comme il fallait que ce château fut attaqué par la mer et par terre, Hugues envoya demander une flotte à l'empereur de Constantinople, son beau-frère; il demandait aussi du feu grégeois, l'arme alors la plus efficace pour combattre les flottes sarrasines.

 

En 942, la flotte grecque jeta l'ancre dans le golfe de Saint-Tropez; en même temps Hugues accourut avec une armée. Les Sarrasins furent attaqués avec la plus grande vigueur; leurs navires et tous leurs ouvrages du côté de la mer furent détruits par les Grecs. De son côté, Hugues força l'entrée du château et obligea les barbares à se retirer sur les hauteurs voisines. C'en était fait de la puissance des Sarrasins en France; mais tout à coup Hugues apprit que Béranger, son rival à la couronne d'Italie, qui s'était enfui en Allemagne, se disposait à lui disputer le trône. Alors, ne songeant plus aux maux qui pesaient sur ses malheureux sujets, il renvoya la flotte grecque, et maintint les Sarrasins dans toutes les positions qu'ils occupaient, à la seule condition que, s'établissant au haut du grand Saint-Bernard et sur les principaux sommets des Alpes, ils fermeraient le passage de l'Italie à son rival... Dès ce moment les Sarrasins montrèrent encore plus de hardiesse qu'auparavant, et l'on dut croire qu'ils étaient établis pour toujours dans le coeur de l'Europe. Non seulement ils épousèrent les femmes du pays, mais ils commencèrent à s'adonner à la culture des terres. Les princes de la contrée se contentèrent d'exiger d'eux un léger tribut; ils les recherchaient même quelquefois. Quant à ceux qui occupaient les hauteurs, ils donnaient la mort aux voyageurs qui leur déplaisaient, et exigeaient des autres une forte rançon. "Le nombre des chrétiens qu'ils tuèrent fut si grand, dit Liutprand, que celui-là seul peut s'en faire une idée, qui a inscrit leurs noms dans le livre de vie."...

 

Vers l'an 960, les Sarrasins furent chassés du mont Saint-Bernard. L'histoire ne nous a pas conservé les détails de cet évènement... En 965, ils furent chassé du diocèse de Grenoble. Les évêques de cette ville s'étaient retirés à Saint-Donat, du côté de Valence. Cette année, Isarn, impatient de reprendre possession de son siège, fit appel aux nobles, aux guerriers et aux paysans de la contrée; et, comme les Sarrasins occupaient les cantons les plus fertiles et les plus riches, il fut convenu que chaque guerrier aurait sa part des terres conquises, à proportion de sa bravoure et de ses services. Après l'expulsion des Sarrasins de Grenoble et de la vallée du Graisivaudan, le partage eut lieu, et certaines familles du Dauphiné, telles que celle des Aynard ou Montaynard, font remonter l'origine de leur fortune à cette espèce de croisade....

 

Tous ces succès annonçaient que les affaires des Sarrasins allaient en déclinant, et ne faisaient que qu'irriter davantage le désir qui se manifestait de tous les côtés d'en être tout à fait délivré.

 

En 936, l'empereur Othon annonça l'intention de se dévouer à une entreprise si patriotique; mais il mourut sans avoir rempli sa promesse, et il fallut que les Sarrasins se portassent à un nouvel attentat, pour que les peuples se décidassent à en faire eux-mêmes justice.

 

Un homme s'était rencontré, qui jouissait d'une considération universelle; il suffisait de le nomme pour attirer le respect des nations et des rois. C'est saint Mayeul, abbé de Cluny, en Bourgogne. Telle était la réputation qu'il avait acquise par ses vertus, qu'on songea un moment à le faire pape. Mayeul s'était rendu à Rome pour satisfaire sa dévotion aux églises des saints et pour visiter quelques couvents de son ordre. A son retour, il s'avança par le Piémont et résolut de rentrer dans son monastère par le mont Genèvre et les vallées du Dauphiné. En ce moment, les Sarrasins étaient établis entre Gap et Embrun, sur une hauteur qui domine la vallée du Drac, en face du pont d'Orcières. A l'arrivée du saint au pied de la chaîne des Alpes, un grand nombre de pélerins et de voyageurs, qui depuis longtemps attendaient une occasion favorable pour franchir le passage, curent qu'il ne pouvait pas s'en présenter de plus heureuse. La caravane se met donc en route; mais, parvenue sur les bords du Drac, dans un lieu resserré entre la rivière et les montagnes, les barbares, au nombre de mille, qui occupaient les hauteurs, lui lance une grêle de traits. En vain les chrétiens, pressés de toutes parts, essaient de fuir; la plupart sont pris, entre autres le saint; celui-ci est même blessé à la main en voulant garantir la personne d'un de ses compagnons. Les prisonniers furent conduits dans un lieu écarté; la plupart étant de pauvres pélerins, les barbares s'adressèrent au saint, comme au personnage le plus important, et lui demandèrent quels étaient ses moyens de fortune. Le saint répondit ingénument que, bien que né de parents forts riches, il ne possédait rien en propre, parce qu'il avait abandonné toutes ses possessions pour se vouer au service de Dieu; mais qu'il était abbé d'un monastère qui avait dans sa dépendance des terres et des biens considérables. Là-dessus, les Sarrasins, qui voulaient avoir chacun leur part, fixèrent la rançon de lui et du reste des prisonniers à 1 000 livres d'argent, ce qui faisait environ 80 000 francs de notre monnaie actuelle. En même temps, le saint fut invité à envoyer le moine qui l'accompagnait à Cluny, pour apporter la somme convenue. Ils fixèrent un terme passé lequel tous les prisonniers seraient mis à mort.

 

Au départ du moine, le saint lui remit une lettre commençant par ces mots :

 

"Aux Seigneurs et aux frères de Cluny, Mayeul, malheureusement captif et chargé de chaînes; les torrents de Bélial m'ont entouré, et les lacets de la mort m'ont saisi." (Rois, 22, 5.)

 

A la lecture de cette lettre, toute l'abbaye fondit en larmes. On se hâta de recueillir l'argent qui se trouvait dans le monastère; on dépouilla l'église du couvent de ses ornements; enfin l'on fit un appel à la générosité des personnes pieuses du pays, et on parvint à réunir la somme exigée. Elle fut remise aux barbares un peu avant le terme fixé, et tous les prisonniers furent mis en liberté.... La prise de saint Mayeul a eu lieu en 972. Cet évènement causa une sensation extaordinaire; de toutes parts les chrétiens, grands et petits, se levèrent pour demander vengeance d'un pareil attentat.

 

Il y avait alors aux environs de Sisteron, dans le village des Noyers, un gentihomme appelé Bobon ou Beuvon, qui déjà plus d'une fois avait signalé son zèle pour l'affranchissement du pays. Profitant de l'enthousiasme général, et ralliant à lui les paysans, les bourgeois, en un mot tous les hommes amis de la religion et de la patrie, qui voulaient prendre part à la gloire de l'entreprise, il fit construire non loin de Sisteron, un château situé en face d'une forteresse occupée par les Sarrasins. Son intention était d'observer de là leurs mouvements et de profiter de la première occasion pour les exterminer. Dans l'ardeur de son zèle pieux, il avait fait voeu à Dieu, s'il venait à bout de chasser les barbares, de consacrer le reste de sa vie  àla défense des veuves et des orphelins. En vain les Sarrasins essayèrent de le troubler dans ses efforts; toutes leurs tentatives furent inutiles. La montagne où s'élevait le château occupé par les Sarrasins se nommait Petra impia, et s'appelle encore dans le langage du pays Peyro impio. Peu de temps après, le chef des Sarrasins de la forteresse ayant enlevé la femme de l'homme préposé à la garde de la porte, celui-ci, pour se venger, offrit à Bobon de leui en faciliter l'entrée. Une nuit, Bobon se présenta avec ses guerriers et entra sans obstacle. Tous les Sarrasins qui voulurent résister, furent passés au fil de l'épée; les autres, y compris le chef, demandèrent le baptême....

 

De provence guillaume le lib.jpg

Le Dauphiné était libre; la Provence ne pouvait tarder de l'être aussi. Il est bien à regretter que l'histoire ne nous ait presque rien transmis sur un évènement aussi intéressant. On sait seulement qu'à la tête de l'entreprise était Guillaume, comte de Provence....

 

Guillaume se faisait chérir de ses sujets par son amour de la justice et de la religion. Faisant un appel aux guerriers de la Provence, du Bas-Dauphiné et du Comté de Nice, il se disposa à attaquer les Sarrasins qui se voyaient poursuivis dans leurs derniers retranchements, réunirent toutes leurs forces et descendirent de leurs montagnes en bataillons serrés.

 

Il paraît qu'un premier combat fut livré aux environs de Draguignan, dans le lieu appelé Tourtour (en 973 Ndlr.) là où il existe encore une tour qu'on dit avoir été élevée en mémoire de la bataille. Les Sarrasins ayant été battus, se réfugièrent dans le château fort. Les chrétiens se mirent à leur poursuite. En vain les barbares opposèrent la plus vive résistance; les chrétiens renversèrent tous les obstacles. A la fin, les barbares, étant pressés de toutes parts, sortirent du château pendant la nuit et essayèrent de se sauver dans la forêt voisine. Poursuivis avec vigueur, la plupart furent tués ou faits prisonniers, le reste mit bas les armes.

Les Sarrasins en Provence (889-975)
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17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 14:20
L'usure. Par Marion Sigaut

En France, au "Moyen-Âge" et sous l'"Ancien Régime", le droit canonique de l'Eglise catholique interdisait formellement de prêter de l'argent avec intérêt. Ce concept avait déjà été édicté par Aristote et fut repris et développé par saint Thomas d'Aquin. Depuis le Concile de Nicée en 325 ap. J.-C. (canon 17) jusqu'à la révolution de 1789, en passant par l'Admonitio generalis d'Aix-la-Chapelle de 789, le capitulaire de Nimègue de Charlemagne (806) et le capitulaire d'Olonne de Lothaire (825), le décret de Gratien vers 1140, le "droit divin" avait donc été le rempart aux maîtres de la monnaie.

En accord avec les règles de l'Eglise, l'Europe a interdit les intérêts sur prêts de monnaie en qualifant ce délit d'"usure". Les textes scripturaires fondant ce délit se trouvent dans l'Ancien Testament (Deutéronome 23-20 "Tu ne prêteras pas à intérêt à ton frère, qu'il s'agisse d'un prêt d'argent, ou de vivres, ou de quoi que ce soit dont on exige intérêt"; Psaumes 14-2,5; Ézéchiel) comme dans le Nouveau (Luc 6. 34,35 "Et si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on? Même des pécheurs prêtent à des pécheurs afin de recevoir l'équivalent. Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour").

 

L'intérêt était contraire à la raison et à la justice. Cette condamnation et cette interdiction du prêt à intérêt fonda l'économie française jusqu'à la Révolution française où les banques prirent le pouvoir. Ainsi, à propos de Napoléon et du bourgeois du début du XIXe siècle, Régine Pernoud précise :

 

"Même s'il n'appartient pas nommément à la haute banque, alors tout entière juive ou protestante, même s'il ne fait pas partie de ces dynasties de Brumairiens qui, une quarantaine d'années auparavant ont installé Napoléon, lequel en retour a aussitôt installé la Banque de France, la fortune de notre bourgeois repose avant tout sur son activité financière." (Régine Pernoud, La Bourgeoisie, Que Sais-je ?, p. 8-9.)

 

Dans le cadre de ses chroniques pour MPI-TV, l'historienne Marion Sigaut a abordé cette question de l'usure. Elle explique que la France a été le dernier pays à interdire le prêt à intérêt, autorisé à partir de la Révolution de 1789.

 

Dans l'Antiquité on parlait d'esclavage pour dette. L'Eglise, dès ses débuts avait pris position contre l'usure. Dans le monde romain, le prêt à intérêt était d'usage constant; on sait par Cicéron qu'en un temps il atteignait 12%. (Daniel-Rops, Histoire de l'Eglise du Christ, tome IV La cathédrale et le Croisade, Librairie Arthème Fayard, Editions Bernard Grasset, Paris 1965, p. 246) et que les empereurs chrétiens luttèrent contre l'usure (Michel de Jaeghere, Les Derniers jours, La fin de l'Empire romain d'Occident, Perrin Collection Tempus, Malesherbes 2016, p. 89).

 

Or il faut savoir que le prêt à intérêt est une de ces grandes conquêtes des Encyclopédistes et des "Lumières", qui font le malheur des peuples depuis et nous ont mis en esclavage.

 

Le Moyen Âge entier reçut le sublime enseignement de la Cité de Dieu de Saint Augustin, qui condamne formellement le prêt à intérêt, selon les vues habituelles des Pères de l'Eglise, qui s'expliquent pour beaucoup par l'extension affreuse qu'avait prise l'usure dans le Bas Empire. (Cf. Daniel-Rops, Histoire de l'Eglise du Christ, tome III L'Eglise des temps barbares, Librairie Arthème Fayard, Editions Bernard Grasset, Paris 1965, p. 52.)

 

D'une façon générale, l'influence de l'Eglise contribua à faire respecter et à protéger tout ce qui était faible et menacé par principe : les veuves et les orphelins; les débiteurs pour lesquels il était interdit aux créancier d'abuser de leurs droits et de les exploiter (nombreuses furent les décisions des conciles qui condamnèrent le prêt à intérêt comme une exploitation du pauvre); les femmes,  trop souvent laissée sans défense devant la brutalité des hommes, les esclaves, peu à peu affranchis du fait des canons de l'Eglise les concernant.

 

La condamnation de l'usure : une idée fondamentale de la chrétienté médiévale

 

"Nous condamnons cette détestable et approprieuse , mauvaise, déloyale rapacité des prêteurs d'argent, condamnés par les lois divines et humaines, dans l'Ecriture, le Vieux et le Nouveau Testament, et nous en retranchons les adeptes de toute consolation ecclésiastique, pour que nul archevêque, nul évêque, nul abbé de quelque ordre que ce soit, ou quiconque dans les ordres ou le clergé, ne les reconnaisse, à moins d'infamie perpétuelle, et ils seront privés de sépulture chrétienne, à moins qu'ils ne se repentent."

(Acte du Concile de Latran, in Daniel-Rops, Histoire de l'Eglise du Christ, tome IV La cathédrale et le Croisade, Librairie Arthème Fayard, Editions Bernard Grasset, Paris 1965, p. 244.)

 

Marion Sigaut évoque deux conciles qui ont confirmé la position de l'Eglise contre le prêt à intérêt et l'usure. Le concile de Latran en 1315 et celui de Paris en 1532 ont condamné le prêt à intérêt comme usure. Dès que vous prêtez de l'argent et que vous récupérez plus que vous avez prêté, il y a usure. Ceci, explique-t-elle, est propre à la société catholique.

 

"Calvin a légitimité le prêt à intérêt. Les protestants font ce qu'ils veulent avec leur argent. Et (à partir du XVIe siècle) en Europe, seuls les rois de France ont continué à appliquer la doctrine de l'Eglise. La France a été le dernier pays à interdire l'usure et le prêt à intérêt.

 

Les jansénistes français qui ont fait beaucoup de protestantisme sans y avoir l'air d'y toucher, sur ce point-là, sont restés fidèles à l'Eglise, et ont continué de condamner le prêt à intérêt.

 

En France, à partir des Encyclopédistes (1745), les "Lumières" ont commencé à attaquer la position de l'Eglise. Refuser le prêt à intérêt, c'est être archaïque, c'est être obscurantiste. Turgot a publié en 1769 un mémoire sur les prêts d'argent. Il disait que "l'intérêt représente le gain que l'on aurait pu faire, si l'on ne s'était pas dessaisi de cette somme." LEncyclopédie définit que "le taux à intérêt est un loyer parfaitement légitime". Les Encylopédistes dénoncent l'interdiction totale par l'Eglise, mais ce qu'ils demandent c'est la liberté totale (du prêt à intérêt). Ils disent que le commerce de l'argent doit être libre et le taux d'intérêt fixé uniquement par l'offre et la demande." Cela s'appelle le renard libre dans le poulailler libre. Laissons faire les marchands, laissons faire ceux qui ont de l'argent.

 

Et qu'est-ce qui a légitimé définitivement le prêt à intérêt ? C'est la Révolution française, qui le 2 octobre 1789 la législation du prêt à intérêt fixe abolissait ce que les rois de France avaient défendu depuis toujours. Et le 25 avril 1794 la Convention nationale décrète que l'argent est une marchandise comme les autres et que l'on peut en faire ce que l'on veut. La suite c'est le monde dans lequel nous vivons et l'esclavage est la conséquence de la dette, comme dans l'Antiquité. L'usure va simplement devenir un prêt à intérêt abusif et le prêt à intérêt est devenu normal.

 

Pourtant la résistance à cela, remonte à loin. Au IIe siècle avant Jésus-Christ, Caton avait écrit un traité d'agriculture dans lequel il fait parler deux personnages. Le premier demande: 'Que dis-tu de l'usure?', le second répond : 'Et toi, que penses-tu de l'assassinat ?'"

 

La dernière condamnation de l'usure par l'Eglise remonte à 1837 où le pape a renouvelé ses antiques prescriptions contre le prêt à intérêt. Le pape fut alors traité de réactionnaire par les bourgeois et les anticléricaux : "Une Eglise qui se trompe de siècle ! Des prohibitions remontant à ces temps obscurs du Moyen Âge pendant lesquels le commerçant était brimé et la manipulation de l'argent interdite !" (R. Pernoud, La Bourgeoisie, Que Sais-je ?, Paris 1985, p. 19.)

 

"Cette législation, précisée dans le Code de droit canon de 1917, qui maintient à l'adresse des clercs l'interdiction de la pratique de l'usure, entend ce mot dans le sens de 'prêt à intérêt', autrement dit : profit tiré d'un prêt d'argent." (R. Pernoud, La Bourgeoisie, ibid., p. 94.)

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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 23:08

Il y a 222 ans, Mme Elisabeth, soeur de Louis XVI à qui elle apporta un soutien indéfectible, était décapitée.

Mme Elisabeth - l'enfer d'une sainte (Jules Mazé)

Le 9 mai (1794), vers 8 heures du soir, Mme Elisabeth arrivait à la Conciergerie; à 10 heures, elle était interrogée, en présence de Fouquier, par Deliège flanqué du greffier Ducray, et, le lendemain matin, vers 9 heures, elle montait au Tribunal, où elle se trouva en bonne et nombreuse compagnie, Fouquier l'ayant comprise dans une 'fournée'. Il y avait là les marquises de l'Aigle, de Crussol, de Sémozan, de Canisy; les comtesses de Montmorin, de Sérilly, Mmes de Rossel-Ceroy, Rosset et Buard; les comtes Loménie de Brienne, de Sérilly, d'Etigny, de Sourdeval, l'abbé de Loménie, le chevalier de Loménie, l'abbé de Chambertrand, le jeune Montmorin, âgé de dix-huit ans, M. de Cressy-Champmillon, officier de la Marine, le pharmacien Follope, un industriel, Théodore Hall, un tailleur, Letellier, deux domestiques, Lhôte et Dubois.

 

La veille, dans la soirée, après l'interrogatoire de Madame Elisabeth, un incident s'était produit qui montre le peu de cas que faisait Fouquier-Tinville des formes de la justice et des dispositions de la loi. Le juge Deliège ayant désigné comme défenseur Chauveau-Lagarde, celui-ci, immédiatement prévenu, se hâta d'accourir à la Conciergerie pour conférer avec sa cliente Le concierge n'avait pas d'ordres et dut lui conseiller de s'adresser à Fouquier pour obtenir le permis de communiquer. L'accusateur public, ancien procureur du Châtelet, n'ignorait pas que la justice et l'humanité se sont rencontrées dans les colonnes du code d'instruction criminelle pour assurer la liberté de la défense, il savait qu'il n'avait pas le droit de refuser, il savait... et, pourtant, il refusa, affirmant à Chauveau que sa cliente ne serait pas jugée de sitôt.

 

Le lendemain matin, Chauveau se rend néanmoins au tribunal, et, en entrant, aperçoit Madame Elisabeth, entre deUx gendarmes (Chateau-Lagarde, Procès de Marie-Antoinette et de Madame Elisabeth). Tous les accusés furent condamnés à mort. Fouquier, fixé d'avance sur le sort qui les attendait, avait voulu par son mensonge, mensonge odieux puisqu'une vie humaine était en jeu, éviter une perte de temps au tribunal. On a essayé de le réhabiliter lui aussi. C'est décidément une manie.

 

Chauveau plaida pourtant, soulevant la colère du féroce Dumas, qui présidait.

 

"Quoique le débat n'eût duré qu'un instant, expose Chauveau, je pris la parole, faisant observer qu'il n'y avait au procès qu'un protocole banal d'accusation, sans pièces, sans témoins, et que, par conséquent, là où il n'existait au élément légal de conviction, il ne pouvait y avoir de conviction légale".

 

Le défenseur ayant, en terminant, déclaré que Mme Elisabeth avait été à la cour de France, le modèle de toutes les vertus, Dumas bondit, écumant de rage, et tonna conrtre l'audace de ce défenseur, "qui osait parler des prétendues vertus de l'accusée et corrompait ainsi la morale publique."

 

Comment, en rappelant les vertus de Mme Elisabeth, le défenseur pouvait-il corrompre la morale publique ? Mystère. On peut, en tout cas, constater que le Tribunal révolutionnaire violait les lois divines et humaines et ne traitait pas beaucoup mieux les règles de la logique.

 

L'audience ouverte à 10 heures du matin, prit fin un peu avant 1 heure de l'après-midi. En moins de trois heures, on avait interrogé vingt-quatre accusés, entendu les témoins, l'accusateur public, les défenseurs, on avait libéré, prononcé et notifié le verdict. La toilette des condamnés prit un peu plus de temps, et pourtant le bourreau connaissait son affaire et ne manquait pas d'entraînement.

 

Au greffe, Madame Elisabeth s'employa de son mieux à consoler, à encourager les personnes qui allaient mourir avc elle. La comtesse de Sérilly se croyait en état de grossesse, mais se refusait à en faire l'aveu pour obtenir un sursis. Mme Elisabeth lui démontra que c'était pour elle un devoir : "A quoi bon, disait la pauvre femme, pourquoi prolonger mes souffrances ?" Finalement, elle obéit à Madame Elisabeth, obtint son sursis et fut sauvée par la chute de Robespierre.

 

Devant l'échafaud, Madame Elisabeth fit preuve d'un magnifique courage. Par un raffinement de cruauté, Dumas et Fouquier avaient décidé qu'elle serait exécutée la dernière. Elle vit tomber vingt-deux têtes avant de gravier les quelques marches qui la séparaient de cet au-delà mystérieux où sa foi ardente avait si souvent entraîné son rêve.

 

 

Mme Elisabeth. Portrait par Adélaïde Labille-Guiard.

Mme Elisabeth. Portrait par Adélaïde Labille-Guiard.

Sa vie avait été sans tache, sa mort fut celle d'une sainte.

 

Le cimetière de la Madeleine, dont nous contons plus loin l'histoire, commençait à s'emplir, et les habitants de la rue d'Anjou se plaignant amèrent du défilé des charrettes chargées des corps mutilés dont ils avaient presque chaque jour l'affreux spectacle, la Commune s'était mise en quête d'un autre champ de repos pour les victimes du Tribunal révolutionnaire.

 

Depuis le 20 mars, la rouge moisson de la guillotine était acheminée vers un terrain vague situé dans le quartier Monceau, entre la rue des Errancis, qui est devenue, depuis, la partie nord de la rue du Rocher, et la rue de Monceau.

 

C'est là que furent jetés, dans une fosse contenant déjà d'autres cadavres, le 10 mai 1794, les restes de Madame Elisabeth

 

Le cimetière des Errancis, fermé définitivement le 23 avril 1797, reçut les dépouilles de 1119 guillotinés, parmi lesquels on relève les noms de Danton, de Camille et Lucile Desmoulins, de Malesherbes, de Lavoisier, des deux Robespierre, de Couthon, de Saint-Just.

Mme Elisabeth - l'enfer d'une sainte (Jules Mazé)

En 1817, on essaya de retrouver, ou plutôt d'identifier les restes de Mme Elisabeth pour les réunir, dans le caveau des Bourbons, à Saint-Denis, à ceux de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Ce fut en vain.

 

Les ossements de la princesse sont mêlés depuis longtemps, sous les voûtes des Catacombes, à ceux d'autres morts du drame révolutionnaire; la nuit éternelle du souterrain enveloppe la poussière des victimes et celle des bourreaux, la poussière de la sainte fille de France qui a mérité, par ses vertus, de vivre dans la mémoire des hommes et celle du tyran sans grandeur qui essaya de s'élever dans le sang et n'a laissé que le souvenir de ses crimes.

Source: Jules Mazé, Louis XVI et Marie-Antoinette, La Famille royale et la Révolution, Librairie Hachette, Corbeil 1947, p. 208-211

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6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 09:47

Fin de la « bataille » qui oppose depuis deux mois l'Angleterre et le Puy du Fou. Le Conseil des Arts britannique a indiqué ce jeudi qu'il renonçait à récupérer la relique de la Pucelle d'Orléans acquise par le parc vendéen le 26 février.

 

«Revenu en France, après six siècles d'exil, l'anneau de Jeanne d'Arc va finalement rester au Puy du Fou, a annoncé Nicolas de Villiers. Il fera l'objet d'une présentation provisoire cet été, puis il sera exposé dans un monument spécialement construit à l'extérieur du Grand Parc du Puy du Fou pour permettre à chacun d'admirer gratuitement ce trésor de l'Histoire de France

 

Porté par la Pucelle d'Orléans quand elle commandait les troupes françaises contre l'envahisseur britannique, récupéré à sa mort par les Anglais, racheté par des Français, réclamé par les Anglais, retenu par les Français, le modeste anneau de laiton de Jeanne d'Arc a connu une histoire mouvementée qui semble toucher à sa fin aujourd'hui.

 

À quelques jours à peine des fêtes qui se tiendront le 8 mai en l'honneur de la sainte, les Anglais renoncent définitivement à la relique.

 

Nicolas de Villiers avait acquis le bijou lors d'enchères à Londres le 26 février 2016 pour la somme de 376.833 euros, et l'avait rapporté en France, mais en ne demandant qu'après coup la licence d'exportation exigée par la loi. Arguant de cet oubli, le Conseil des Arts britannique l'avait sommé de rendre la relique dans les délais les plus brefs. La réponse de Nicolas de Villiers était ferme:

 

«Cet anneau est tout ce qu'il nous reste de Jeanne d'Arc. Il est absolument hors de question de le céder. Nous ne livrerons pas une deuxième fois la Pucelle d'Orléans aux Anglais».

 

Après un long bras de fer de deux mois, le Conseil des Arts vient de céder en remettant au Puy du Fou la pièce manquante pour que le transfert du bijou soit définitivement légal. «La bataille fut rude mais loyale.», concluent avec soulagement les représentants du parc vendéen dans un communiqué.

 

Le 14 avril, Nicolas de Villiers avait envoyé à la reine d'Angleterre une lettre que s'est procurée le Figaro. Au nom de «l'histoire commune» de le France et de l'Angleterre, il y suppliait Elisabeth II «que la relique de notre grande héroïne puisse demeurer dans notre pays et que les difficultés juridiques soient vite aplanies par son arbitrage». Il rappelle notamment que son «ancêtre la Reine Victoria avait manifesté le désir de restituer l'anneau à la France.» Nul ne saura si c'est cette missive qui a fait pencher la balance en faveur du Puy du Fou.

L'anneau de Jeanne d'Arc restera en France

 

Source: L'anneau de Jeanne d'Arc restera en France, Le Figaro, Par Marie-Amélie Blin Mis à jour le 06/05/2016 à 09:31 Publié le 05/05/2016 à 15:30

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27 avril 2016 3 27 /04 /avril /2016 19:26

Nous présentons ici le documentaire filmé d'Armel Joubert des Ouches pour Reinformation.Tv, "Révolution française : Silence sur le génocide", augmenté d'un certain nombre de citations des génocidaires, trouvées dans les ouvrages du professeur Xavier Martin consacrés à la "Révolution française".

Révolution française : silence sur le génocide vendéen

La France n'a pas commis de crime contre l'Humanité, la France n'a pas commis de génocide.

Nicolas Sarkozy, Discours du 9 mars 2007

Au moins 180.000 personnes déportées, tuées, assassinées. Des centaines de prêtres, des religieux, mais avant cela, pour la plupart, des paysans, car ce sont les paysans qui, les premiers, se révoltent contre la République naissante. 180.000, c’est le nombre minimum de victimes des guerres dites « de Vendée ». Il y aura aussi plus de 200.000 soldats républicains tués dans les combats.

 

La République construite dans le sang

 

Il y a 227 ans. Ce qu’on appelle, à tort, la Révolution française, éclate à Paris. Une manœuvre de quelques centaines de personnes au départ, afin de renverser la Monarchie.

En 1789, selon le mot de Camille Desmoulins, il n’y avait pas dix républicains avoués en France.

Jacques Bainville, Histoire de France

Les révolutionnaires parviennent à étendre les incidents au pays tout entier. Incidents qui se transforment peu à peu en guerre civile. Un bain de sang. Des milliers de familles sont victimes de la barbarie qui est en train de se mettre en place. En fait, c’est une idéologie nouvelle que Robespierre, Danton et d’autres sont en train d’imposer, par la force, au peuple de France. Parce que l’Eglise est persécutée (on impose aux prêtres la constitution civile du clergé) – les prêtres refusent de prêter serment. Parce qu’ils s’opposent à la levée en masse de 300.000 hommes que la Convention, le nouveau pouvoir en place à Paris, impose afin de combattre l’Autriche catholique, les Vendéens se révoltent.

 

Jean Jacques Rousseau et la tyrannie

 

« Si le peuple pense mal, il faut changer le peuple ».

 

C’est, en une phrase, toute la pensée de Rousseau. Il est indéniable que son « contrat social » comportait en germes le socialisme et la tyrannie qui se préparait dans le pays. Le 1er octobre 1793, la Convention décrète l’extermination « de toute la Vendée ».

Révolution française : silence sur le génocide vendéen

Il y aura le général républicain Turreau et ses colonnes infernales. Jean Baptiste Carrier et les noyades par millier. Il y aura aussi les massacres des Lucs-sur-Boulogne où 564 personnes, hommes, femmes, enfants seront assassinés par les Bleus des généraux Cordellier et Crouzat.

Massacre-aux-Lucs-sur-Boulogne--28-fevrier-1794-.jpg
 

Le 28 février 1794, aux Lucs sur Boulogne, 110 enfants âgés de moins de 7 ans furent massacrés. (Cf. Marie Auguste Huchet, "Le massacre des Lucs-sur-Boulogne et le martyrologue du curé Barbedette, 1983)

 

Les Républicains, une fois entrés dans le village, rassemblèrent la population devant l'église. Les villageois n'étaient guère en mesure de se défendre, la population comptait principalement des vieillards, des femmes, des enfants. Matincourt choisit de ne pas faire de quartier ; il souhaita que l'opération se fasse en économisant le plus de cartouches possibles. Les soldats firent entrer la population dans l'église jusqu'à ce que l'église s'avérant trop petite pour pouvoir contenir toute la population, les Républicains mirent leur baïonnette au canon, chargèrent et massacrèrent toutes les personnes restées à l'extérieur. Les portes de la chapelle furent refermées, emprisonnant les civils à l'intérieur. L'église fut incendiée et des tirs de canons provoquèrent son éboulement.

Le 28 février 1794, c'est le jour du grand massacre aux Lucs : le républicain Chapelain, marchant à la suite des assassins du général Cordelier, ceux-là même qui venaient de ravager la petite bourgade, notait dans son carnet-journal : « Aujourd'hui journée fatigante, mais fructueuse. Pas de résistance. Nous avons pu décalotter, à peu de frais, toute une nichée de calottins qui brandissaient leurs insignes du fanatisme. Nos colonnes ont progressé normalement. »

Le massacre des Lucs, ressemble au drame d'Oradour sur Glane. Dans la chapelle, plus de 500 noms sont gravés sur des plaques de marbre blanc. Ils furent brûlés vifs. Des familles entières ont péri. La chapelle Notre Dame du Petit Luc est un endroit bien émouvant, où chaque nom nous rappelle qu'en ces lieux l'homme s'est vautré dans l'ignominie. Et cette ignominie a vu la naissance de la république dite "française".

Les colonnes infernales avaient pour mission de détruire les rebelles et les soldats les poursuivaient à travers toute la campagne.

« J'ai fait fûreter les fossés, les haies et les bois. C'est là que je les ai trouvés blottis, tout a été passé par le fer. » (général Grignon, chef de la 1ère colonne).

Les gens qui étaient restés dans les villages n'étaient pas mieux traités : incendiés avec leurs maisons, ou fusillés, ou tués à coups de sabre et de baïonnettes, pour épargner la poudre et pour faire durer le plaisir.

Les tueurs étaient des tortionnaires qui coupaient des membres et des têtes, éventraient les victimes et les torturaient.

Il y aura enfin le massacre dans la forêt de Vezin, près de Chanteloup-les-Bois où seront tuées près de 2.000 personnes.

A chaque fois que les Français chantent la "Marseillaise", ils chantent leur propre élimination, puisque 80% des guillotinés étaient des petites gens.

 

La Révolution française ne fut par seulement une tentative d ‘« épuration » de la Vendée, mais une épuration d’une partie du peuple de France opposé à la République.

Ce qui constitue une République, c'est la destruction totale de ce qui lui est opposée.

Saint-Just à la Convention, 8 ventôse an II, 26 février 1794 : dans ses Oeuvres complètes, publ. A Kupiec et M. Abensour, Paris 2004, p. 659 ; et Arch. Parlem., 1ère série, t. 85, p. 517., col. 1.

Si nous nous purgeons, dit sous peu son collègue Garnier de Saintes, c'est pour avoir le droit de purger la France. Nous ne laisserons aucun corps hétérogène dans la République.

Garnier de Saintes aux Jacobins, 16 germinal an II, 5 avril 1794 : Aulard, La Société des Jacobins, Recueil de Documents..., t. 6, Paris, 1897, p. 47.

La Convention nationale est sublime dans ce moment ; elle vomit de son sein tout qui s'y trouve d'impur.

Couthon, Propos du 29 messidor an II, 17 juillet 1794 : cité de seconde main d'après M. Braconnier, notice « Couthon », dans A. Soboul, dir., Dictionnaire de la Révolution française, Paris, p. 310.

Purgeons, purgeons à jamais le pays de cette race infâme (…). Purgeons, mes amis, saignons jusqu'à blanc. » (Il faut) purger, saigner jusqu'au blanc cette génération vendéenne.

Francastel, Lettre des 22 et 20 décembre 1793 in Xavier MARTIN, Droits de l'Homme et la Vendée, éd. DMM, Bouère, 1995, p. 60.

Oui, nous devons l'avouer, nous faisons répandre beaucoup de sang impur, mais c'est par humanité, par devoir.

Lettre de Fouché à la Convention, 27 décembre 1793 : cité de seconde main d'après A. Gérard, op. cit., p, 25.

L'antidote pour contrer l'assassinat et le meurtre chanté à chaque Marseillaise, l'antidote pour repousser le maléfice de ce qui reste une louange et un chant du mal, c'est de prier et de réciter un Ave Maria, en exorcisme de l'esprit de la Révolution.

Les "décapitations [...] concernent pour 28% des paysans, pour 31% des artisans et des ouvriers, sans doute pour plus de 20% des marchands ... 8 à 9% des nobles, pour 6 à 7% des membres du clergé..."

René Sédillot, Le Coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1984, p. 24

Lire: La république destructrice

 

Marseille et Lyon, mais aussi la Bretagne étaient entrés en résistance. Ils s’étaient battus pour Dieu et pour le Roi de France. Symbole de leur résistance, un cœur surmonté d’une croix rouge marqué de la devise « Dieu le Roy ».

Révolution française : silence sur le génocide vendéen
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21 avril 2016 4 21 /04 /avril /2016 06:01

Lors du Banquet Camelot du 25 juin 2015, Jean-Philippe Chauvin fait un bilan global du caractère antisocial de la république depuis son avènement.

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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 22:56
Le roi Arthur, star du futur plus grand parc d’attractions de Bretagne

La petite commune de Guipry-Messac pourrait accueillir, d’ici quelques années, un mix entre parc Astérix, Futuroscope et Puy du Fou, dédié aux légendes du roi Arthur.

 

Les légendes bretonnes racontent que le roi Arthur dormirait dans son château d’Avalon depuis l’an 535, attendant que sa terre natale ait besoin de lui pour sortir de son profond sommeil et dégainer Excalibur. Ce que ces légendes ne disent pas c’est qu’il pourrait ne rester que quelques années avant le réveil d’Arthur. Et que, loin d’Avalon, c’est à Guipry-Messac, petite commune entre Rennes et Redon, que le mythique roi de Bretagne pourrait faire son grand retour

 

Source et suite

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28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 10:42

Louis XIV avait accordé à chaque foyer qui se fonderait à Fort-Mardyck (Dunkerque) un lopin de terre d’un demi-arpent d’ordonnance (2400m2 d’aujourd’hui).

Louis XIV avait accordé à chaque foyer qui se fonderait à Fort-Mardyck un lopin de terre d’un demi-arpent d’ordonnance (2400m2 d’aujourd’hui)

RICHESSE de L’ANCIEN REGIME

 

Ecoutons la citation de Pierre de Vaissière dans « Gentilshommes campagnards de l’Ancienne France » :

 

« L’exemple des bons vieux pères et prud’hommes romains, comme Cincinnatus, Attilius Collatinus, Scipion l’Africain et autre personnage de tel calibre qui, de leur charrue appelés aux armes, des armes s’en retournoient à la charrue ».

 

A la veille de la Révolution, la Féodalité ne subsistait plus que par quelques droits. Ces droits étaient considérés comme vexatoires par la paysannerie, dont la réussite sociale était incontestable. Dans la plupart des cas, ces droits n’étaient pas ou peu perçus. Le Duc de Cossé-Brissac disait à ses régisseurs :

 

« Vous ferez beaucoup de bruits, mais vous ne ferez de contrainte que dans les cas urgents et indispensables »

 

Pierre Gaxotte cite dans son livre « La Révolution Française », de nombreux cas de non paiements durant une trentaine d’années…

 

C’était surtout des sujets de tracasseries pour certains arrivistes nobliaux, hobereaux s’ennuyant et perdant du temps dans des procédures juridiques interminables. L’ancienne France était un enchevêtrement de droits et privilèges.

 

Albert Babeau parlait de « self-government » en étudiant le monde rural :

 

« 40 000 associations naturelles délibéraient sur leurs propres intérêts et choisissaient leurs agents ».

 

Certains paysans achetaient leurs terres et les cas n’étaient pas rares. La situation de beaucoup de nobles, à la veille de la Révolution, faisait plus pitié qu’envie, car leur puissance comme leur richesse s’étaient au fil du temps, considérablement réduite face à la bourgeoisie triomphante. A chaque critique désolante sur la France de jadis, nous trouvons des textes qui contredises ces généralisations hasardeuses de notre passé. On ne peut généraliser aucun jugement dans une France si diversifiée de part ses climats, ses sols, ses coutumes, ses lois et ses habitudes de vie. Nos ancêtres n’avaient pas la tristesse d’aujourd’hui, tout était occasion à rire et à chanter, écoutons Stevens :

 

« On dansait au Carnaval, aux fêtes publiques ; on dansait à la fauchaison, aux semailles, aux vendanges. En Novembre on se groupait pour « émoiser », et on dansait encore ; dames de châteaux, demoiselles, messieurs, paysans, paysannes domestiques, tous dansaient ensemble sans distinction de rang ou de naissance. Quand on ne pouvait plus danser, on chantait ; et il en était ainsi du Nord au Midi, de l’Est à l’Ouest. Heureux peuple ».

 

Comme le dit Frantz Funck Brentano dans son magnifique livre « L’Ancien Régime », véritable bible du pays jadis, on dansait aux villanelles, aux chansons, bourrées berrichonnes et auvergnates, sauteuses du Nivernais, gavottes du Dauphiné, branles de Bourgogne, farandoles de Provence, gaillardes , laitières, sabotières, rigodons…On le voit un peu dans le film « Chouan » ou paysans et nobles s’amusent ensemble dans l’Ouest profond… Qui n’avait pas connu l’Ancien Régime, n’avait pas connu la douceur de vivre (Talleyrand).

 

Les archives révèlent des banquets de mariage durant une semaine et le fait n’est pas rare…N’oublions pas que l’impôt rural, la Taille était fixée en fonction des signes extérieures de richesse et que ses collecteurs étaient des paysans choisis à tour de rôle, d’où l’intérêt de se plaindre et l’étalage de signes de pauvreté aux regards indiscrets…Il n’est pas rare que le seigneur campagnard, soit aussi pauvre que ses paysans, avec lesquels il vivait en parfaite harmonie. Il était d’ailleurs souvent soumis aux mêmes contraintes fiscales que ses paysans. J.Schmidt dans l’introduction à « Gentilshommes Campagnards » de Pierre de Vaissière :

 

« …Les gentilshommes campagnards sont proches de leurs métayers, de leurs ouvriers agricoles, de leurs journaliers et sortent souvent de leurs manoirs et de leurs gentilhommières, très différents des châteaux princiers, pour pousser eux-mêmes la charrue, la désembourber s’il le faut, discuter de la dernière moisson ou de la prochaine vendange, sans avoir le sentiment de déroger, sans non plus sombrer dans la démagogie ou le paternalisme : ils aiment simplement, dignement la terre, ce qu’elle produit, ses fécondités, ses générosités et se sentent de plain-pied avec ceux qui, comme eux, en vivent ».

 

LA MONARCHIE et la BUREAUCRATIE

 

« On ne peut faire un pas dans ce vaste royaume, sans y trouver des lois différentes, des usages contraires, des privilèges, des exceptions, des affranchissements d’impôts, des droits et des prétentions de toute espèce » disait Calonne.

 

Il nous est difficile d’imaginer aujourd’hui, après deux cent ans de fonctionnarisme triomphant et d’assistanat complet, l’état de la France libre d’alors. L’Etat Royal très puissant dans ses attributions propres ne pouvait en aucun cas déborder ses pouvoirs sans risque de contestations au moins aussi puissantes que lui dans ses fonctions. On arrivait à ce mélange exceptionnel d’autorité et de libertés dans cette imbrication de coutumes et lois diverses. Le bureaucrate socialisé détient aujourd’hui l’autorité. Ses pouvoirs sont arbitraires et suprêmes, inimaginables pour nos ancêtres imbus de libertés publiques et très attachés à leurs droits et privilèges acquis parfois au prix du sang. Actuellement, le pouvoir fonctionnarisé détient le droit de vous prendre vos biens, vos enfants, de percevoir plus que de raison, de contraindre votre femme au travail car votre salaire est insuffisant, au lieu de reconnaitre son droit au salaire maternel !, de vous envoyer à la mort sur le terrain du carnage par les guerres d’enfer issues de la Révolution (autrefois celles-ci étaient affaire de professionnels, limités dans le temps, avec des principes et bien codés).

 

Ce pouvoir fonctionnarisé est puissant et sans limite. Il est le vainqueur de l’Ancien Régime. Ecoutons Pierre Gaxotte :

 

« Il connait nos revenus et fait l’inventaire de nos héritages. Il sait si nous possédons un piano, une automobile, un chien ou une bicyclette. Il instruit nos enfants et fixe le prix de notre pain. Il fabrique nos allumettes et nous vend notre tabac. Il est industriel, armateur, commerçant et médecin. Il a des tableaux, des forêts, des chemins de fer, des hôpitaux et le monopole des téléphones. Il accapare la charité. Si nous appartenons au sexe masculin, il nous fait comparaître devant lui, nous pèse, nous mesure et examine le fonctionnement de notre cœur, de nos poumons et de notre rate. Nous ne pouvons faire un pas ou un geste sans qu’il en soit averti et sans qu’il trouve prétexte d’intervenir » (La Révolution Française).

 

Il n’y a rien de plus étranger à l’ancienne France que cette situation là. A chaque nouvelle province acquise, le Roi garantissait les droits et coutumes existants et ainsi ne dérangeait aucune organisation, habitude de vie et de pensée. Cette conception de vie, où l’on voit un Louis XV pensionner un inventeur d’explosifs terrifiants pour qu’il ne divulgue pas son arme de mort au risque de rendre la guerre inhumaine, nous surprend par son humanisme :

 

« Un joaillier grenoblois du nom de Dupré, inventa un feu grégeois qui eut un certain succès en 1759. Le Maréchal de Belle-Isle eut, après quelques expériences de bons résultats. Louis XV, par sentiment d’humanité, trouva que : « le génie de l’homme était trop inventif pour la destruction ».Le susnommé Dupré reçut une pension de 2000 livres et le cordon de saint-michel, après destruction complète de l’invention… »

 

Rappelons aussi ce que Louis XV enseignait à son Fils de Dauphin de France, lors de la bataille de Fontenoy en 1745 :

 

« Voyez ce qu’il en coûte à un bon cœur de remporter des victoires. Le sang de nos ennemis est toujours le sang des hommes, la vraie gloire est de l’épargner ».

 

On est loin de Hiroshima et Nagazaki au nom des démocraties et des Droits de l’Homme…

 

Voici un petit extrait de « Le matin des magiciens » de Louis Pauwels et Jacques Bergier ou il est question d’une mitrailleuse présentée à Louis XVI :

 

« Plus près de nous, en 1775, un ingénieur français, Du Perron, présenta au jeune Louis XVI, un «orgue militaire » qui, actionné par une manivelle, lançait simultanément vingt-quatre balles. Un mémoire accompagnait cet instrument, embryon des mitrailleuses modernes. La machine parut si meurtrière au Roi, à ses ministres Malesherbes et Turgot, qu’elle fut refusée et son inventeur considéré comme un ennemi de l’humanité.

 

A tout vouloir émanciper, nous avons aussi émancipé la guerre. Jadis occasion de sacrifice et de salut pour quelques-uns, elle est devenue la damnation de tous. »

 

Voilà comment Louis XVI, qui fut qualifié de « Tyran » par les révolutionnaires, considèrerait notre époque : comme « ennemi de l’humanité »

 

Nous sommes habitués au contraire, armé de la religion nouvelle des droits de l’homme et broyé par l’administration qui peut décider de nous envoyer dans les guerres ou plus rien d’humain n’existe (camp de la mort, massacres de femmes et enfants, destruction de cités…).

 

Situation inimaginable dans « l’obscur moyen-âge » sous l’aval d’un roi de France si cruel soit-il. Louis XIV disait :

 

« Sa Majesté promet et jure sur les Saints Evangiles qu’elle et ses augustes successeurs les tiendront et maintiendront bien et loyalement en tous et quelconques leurs privilèges, franchises et libertés, anciennes possessions, usages, coutumes et ordonnance, et généralement qu’Elle fera tout ce qu’un Prince et Comte Palatin de Bourgogne est tenu de faire. »

 

La Monarchie issue de la Féodalité unifia au fil du temps les pays et les hommes qui constituèrent la diversité Française. Ecoutons encore Pierre Gaxotte :

 

« Elargissez cet exemple, représentez-vous les provinces, les villes, les classes, les associations, les métiers, les offices, pourvus de chartes, de droits, de statuts, d’immunités de toute nature, et vous aurez une idée, de ce qu’était la France de Louis XV et de Louis XVI et de la manière dont pouvait s’y exercer la volonté royale. »

 

Il est toujours bon de sortir la vérité des archives afin de confronter les incohérences de la pensée dominante. Inlassablement nous montrerons le caractère indéniable de l’humanisme réel d’une institution ancrée dans l’inconscient collectif de notre peuple : Le caractère social de la monarchie à Dunkerque :

 

“…les heureuses conséquences sociales, par un privilège que Louis XIV avait octroyé aux habitants de Fort-Mardyck et qui s’était perpétué. Pour peupler ce nouveau port, le Roi-Soleil avait décidé que chaque foyer qui s’y fonderait recevrait en cadeau de mariage un lopin de terre d’un demi-arpent d’ordonnance (2400m2 d’aujourd’hui), prélevé sur les dunes, et où trouverait place sa chaumière et son jardin. Si bien que la Ligue du Coin de Terre aurait dû honnêtement se mettre sous le patronage du plus absolu de nos rois ! “

 

Notre jour viendra !

 

Frédéric Winkler

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 16:09

Les Spartiates, ce peuple guerrier de la Grèce antique a disparu en laissant un héritage misérable. Ils pratiquaient l'eugénisme. L'écrivain Marcel Pagnol a mis en lumière pourquoi cette pratique eugéniste fut la cause de leur disparition.

La force physique est finalement bien peu de chose si elle n’est pas au service de l’intelligence et de la culture. Et la culture elle-même est vouée à disparaître si elle n’est pas mise au service de la religion ou d’un projet de nature religieuse, c’est-à-dire absolu, universel et définitif.

Hervé Ryssen, Les Spartiates étaient-ils un peu cons ?

Les Spartiates étaient-ils un peu cons ?

Les Spartiates étaient-ils un peu cons ?

 

Nous soumettons maintenant à votre jugement un très beau texte de Marcel Pagnol (1895-1974) qui constitue les deux dernières pages d’une petite nouvelle intutulée Les Secrets de Dieu. On négligera « l’antiracisme » des premières phrases. Marcel Pagnol écrivait en effet en un temps où l’Europe n’était pas confrontée à une invasion migratoire. Mais la critique de l’eugénisme est imparable.

 

« Un soir d’hiver, à la campagne, devant de flamboyantes bûches, je pensais tout à coup à Sparte, à ses lois, à ses moeurs, à son idéal. Ce fut une ville d’héroïques guerriers et de farouches patriotes, soucieux avant tout, comme Hitler, de la pureté et de la beauté de leur race.

 

Lorsqu’un enfant naissait, une commission d’experts venait donc l’examiner, dans la chambre même de l’accouchée. Les filles étaient estimées selon leur taille et leur poids, comme des juments poulinières. Les garçons devaient paraître capables de porter un jour le bouclier, le casque de bronze, et la lourde épée de fer. Soumis dès l’enfance à une discipline militaire, leur seul idéal était de mourir sur un champ de bataille, après avoir tué autant d’hommes que le permettaient les armes de ce temps. Quant aux enfants « réformés » par ce « conseil de révision », les vieux sages les emportaient sous le bras, et allaient les jeter dans un gouffre voisin, qui s’appelait le Barathre.

 

Finalement, cette race si belle, et si soigneusement épurée, que nous a-t-elle laissé ? Des noms de rois, auteurs de lois aussi sévères qu’un règlement pénitentiaire, des noms de généraux, dont les armées ne dépassèrent jamais les effectifs d’un régiment, des noms de batailles, dont la plus célèbre est le glorieux désastre des Thermopyles, et les murs effondrés d’une petite ville. Ces pierres éparses sous des ronces ne cachaient pas une Vénus, un Discobole, une Victoire ailée, mais un bouclier verdi, des casques fendus, des glaives amincis par la rouille du temps. Au centre d’un paysage quelconque, ces ruines anonymes ne sont pas dominées par un lumineux Parthénon, haut dans le ciel sur une Acropole, mais accroupies dans l’ombre au bord d’un trou.

 

Ces hommes furent des Grecs de la grande époque, à deux pas d’Athènes, mère de l’intelligence et des arts. Pourquoi leur héritage est-il si misérable ? C’est parce qu’ils ont sacrifié leurs poètes, leurs philosophes, leurs peintres, leurs architectes, leurs sculpteurs; c’est parce qu’ils ont peut-être précipité sur les rocs aigus, au fond du Barathre, un petit bossu qui était Esope, ou le bébé aveugle qui eût chanté à travers les siècles les Dieux et la gloire de leur patrie… Et parmi les trop pâles petites filles qui tournoyèrent un instant, frêles papillons blancs, à travers la nuit verticale du gouffre, il y avait peut-être les mères ou les aïeules de leur Phidias, de leur Sophocle, de leur Aristote ou de leur Platon ; car toute vie est un mystère, et nul ne sait qui porte le message; ni les passants, ni le messager. »

 

Tout cela pour vous dire que la force physique est finalement bien peu de chose si elle n’est pas au service de l’intelligence et de la culture. Et la culture elle-même est vouée à disparaître si elle n’est pas mise au service de la religion ou d’un projet de nature religieuse, c’est-à-dire absolu, universel et définitif.

 

Voilà. On espère que les thuriféraires de la Sparte héroïque (Identitaires, trous du Gud et autres skins à barbe) ne sont pas trop déçus, car le temps de la guerre approche, et les patriotes français devront bientôt faire front, tous ensemble… et dans le respect des hiérarchies naturelles.

 

Hervé Ryssen, Les Spartiates étaient-ils un peu cons ?

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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 07:26

D'une façon générale, si nous partageons et diffusions certaines analyses de certains intervenants expliquant la situation calamiteuse dans laquelle se trouve notre pays actuellement, ça ne signifie pas que nous cautionnons toutes leurs analyses ni toutes leurs solutions à adopter.

 

Nous rappelons que face à la volonté de détruire notre pays, la seule solution viable et honnête est le rétablissement de la Monarchie Catholique, représentée par le seul héritier des rois qui ont fait la France, son souverain légitime : Monseigneur Louis de Bourbon, duc d’Anjou, aîné des Capétiens, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX. Le reste n'étant que poudre aux yeux servant des intérêts plus que douteux.

La démocratie contre le peuple (Philippe Ploncard d'Assac)

"La démocratie contre le peuple" conférence de Philippe Ploncard d'Assac du 16 janvier 2016.

 

. 5 minutes pour comprendre l'illusion du vote

. Démocratie: les deux types de représentation politique

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 10:32
Conférence de Marion Sigaut : Enquête à l'ombre des Lumières, Le mystère de Damiens – Vendredi 26 février 2016 – 18h ARRAS, Hôtel d'Angleterre

Conférence de Marion Sigaut : Enquête à l'ombre des Lumières, Le mystère de Damiens – Vendredi 26 février 2016 – 18h ARRAS, Hôtel d'Angleterre

 

suivi d'une séance de dédicace et d'un repas

 

Source: Alliance Royale Facebook

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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 06:45
Couronnement de la Vierge (Cathédrale de Poitiers)

Couronnement de la Vierge (Cathédrale de Poitiers)

Sous des badigeons du XVIIIe siècle, un trésor gothique a été mis à jour dans la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers.

 

C’est un ensemble sans équivalent en France qui a été découvert dans la cathédrale de Poitiers : plus de 750 m2 de peinture médiévale étaient cachés sous un enduit postérieur. Le chantier de restauration encore en cours sera révélé aux yeux du public en mai 2016. 

Une découverte inédite… ou presque 

Tout a commencé lors des travaux initiés en janvier 2012 sur la voûte du transept sud de la cathédrale à la suite d’infiltrations d’eau. Les sondages réalisés avec l’ouverture de « 55 fenêtres » ont révélé la présence de peintures murales médiévales sous le badigeon XVIIIe. En janvier 2015, les travaux de dégagement de l’enduit sont lancés et coordonnés par un architecte en chef des monuments historiques. Or, ces travaux n’avancent pas aussi rapidement que prévu : le dégagement progresse d’un mètre carré par semaine et par personne ! Il s’agit en effet de retirer le badigeon avec un scalpel mais aussi de recoller la peinture ancienne au fur et à mesure à l’aide d’une seringue. La tâche est rendue difficile par le brossage et le grattage effectués au XVIIIe siècle afin que le nouvel enduit apposé à l’époque adhère le mieux possible à la pierre.

Il ne s’agit pas non plus d’une surprise totale puisque la présence d’un décor peint médiéval était mentionnée dans des sources écrites comme l’explique Anne Embs, conservatrice des monuments historiques de la région Poitou-Charentes, et que le décor avait déjà bénéficié de quelques sondages fragmentaires en 1990.

Des décors très bien conservés 

Les peintures murales (et non fresques comme cela est mentionné à tort dans de nombreux articles, et oui la technique diffère !) illustrent quatre grandes scènes :

  • Le Sein d’Abraham, soit la demeure des Justes après la mort et jusqu’à la résurrection
  • Le Couronnement de la Vierge, avec des éléments d’architecture de style gothique rayonnant visibles en dessous
  • Le Christ Juge entouré de la Vierge et de saint Jean
  • Un cortège d’anges tenant des couronnes 

 

Ces scènes sont entourées d’une pluie d’étoiles exécutée à l’aide de feuilles d’étain superposées avec une feuille d’or et d’argent. Les figures sont monumentales (environ 3 m de haut) et leur dessin raffiné est de grande qualité. On ne peut qu’admirer la fraîcheur des couleurs et la variété de la palette aux rares nuances de rose, vert, mauve et orange. D’après les analyses scientifiques, des pigments précieux ont été utilisés tels que le bleu azurite, le rouge de cinabre, et des feuilles d’or et d’argent.

Du point de vue stylistique, ces représentations sont à rapprocher du « style de saint Louis » (présent de 1250 au XIVe siècle), ce qui permet de dater les peintures du dernier tiers du XIIIe siècle, soit en pleine période du gothique rayonnant. Ce style est caractérisé par l’allongement des figures, de petites têtes, un véritable raffinement, et un trait linéaire et graphique. Cet ensemble peint est donc en parfaite corrélation avec les vitraux quasi contemporains.

L’opération de restauration de ce témoignage exceptionnel est chiffrée à 800 000 euros et financée par l’État. Le public doit encore attendre fin mai 2016 pour pouvoir découvrir ces peintures sans les échafaudages au sein de la cathédrale. Il semble cependant que l’édifice n’ait pas encore livré tous ses secrets. D’après de nouveaux sondages, d’autres peintures seraient présentes sur les voûtes du transept central…

 

Source: Découverte exceptionnelle de peintures murales médiévales dans la cathédrale de Poitiers, Aleteia, Marie Fournier, 9 janvier 2016

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15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 09:14

Avant 1830, il n’y avait pas d’Algérie. Ce pays a été inventé par la France. Il était contrôlé par le régime ottoman sous le nom de "la Régence d'Alger". Il y avait la Côte des Pirates barbaresques, dont la réputation était excécrable dans toute la Méditerranée occidentale, à cause des raids sur les navires de voyageurs et de marchandises, des enlèvements d’hommes, de femmes et d’enfants réduits en esclavage par la Régence depuis le XVIe siècle. Voilà où commence cette histoire franco-algérienne, et les pays civilisés ont approuvé l’expédition de Charles X car elle sécurisait enfin une région où tout le monde craignait de naviguer depuis des siècles. Alger capitulait le 5 juillet 1830.

Ce documentaire video se propose de retracer la vie du conquérant de l'Afrique du Nord, Thomas Robert Bugeaud (1784-1849). "Cet homme d'action au caractère pragmatique" "qui vécut durant une période politique très instable", vit se succéder 8 régimes politiques différents (royauté, monarchie constitutionnelle, 1ère république, empire, monarchie constitutionnelle, monarchie de Juillet, 2e république, Second empire), et mit fin aux raids barbaresques en Méditerranée, aux enlèvements d'hommes, femmes et enfants réduits en esclavage.

Bugeaud s'accomoda des différents régimes toujours animé d'un seul but: être utile à la France. L'influence libérale anéantit totalement son oeuvre en Afrique du nord.

 

La conquête de l'Algérie - le Maréchal Bugeaud

L'équilibre politique opéré par l'institution des "bureaux arabes" créés par Bugeaud dans le but "d'améliorer le renseignement mais aussi de rendre une justice impartiale" et qui durant trois décennies défendit "régulièrement les intérêts arabes contre les européens" se termina, après la chute du Second empire (1870) par la proclamation de la 3e république (1875). Sous la pression des colons européens, les bureaux furent progressivement abandonnés par la IIIe république. La république mit fin à la politique arabe de Bugeaud et imposa les nouveaux principes philanthropiques démocratiques.

 

En 1880, Léon Hugonnet radical, acolyte de Jules Ferry déclara: “la grandeur de la France est indispensable au progrès de l’humanité. C’est pourquoi j’approuve une politique qui unira sous le drapeau français cent millions de défenseurs de la république ”.

Albert Bouyet au nom de la ligue des droits de l’homme, déclara : “Faire connaître aux peuples les droits de l’homme, ce n’est pas une besogne d’impérialisme, c’est une tache de fraternité ”.

Jules Ferry consacra le "droit supérieur" de la "race supérieure" de civiliser les autres : “C’était un devoir supérieur de civilisation qui légitimait le droit d’aller chez les barbares (sic)” “ La race supérieure (sic) ne conquiert pas pour le plaisir, dans le désir d’exploiter le faible, mais bien de le civiliser et de l’élever jusqu’à elle ”.
Et Léon Blum, d'ajouter : “Le droit et même le devoir des races supérieures (sic) est d’attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture.(Nouvelle Revue d'Histoire, N° 22, pages 40 et suivantes.)
 
Dans la bouche de Jules Ferry et de Léon Blum, inutile de traduire ce que ces mots veulent réellement dire... L'historien Philippe Conrad a résumé :
 
la mission civilisatrice de la France est mise en avant avec une référence très claire au langage des lumières. La France se plaçait ainsi dans l’héritage de 1789(Nouvelle Revue d'Histoire, N° 22, pages 39.)

 

La colossale énergie que la France a dépensée pour ces colonies, les milliers de sacrifices que les français ont consentis pour notre empire, tout cela était vain ou condamné à périr à plus ou moins long terme. Au-dessus de ces bonnes intentions, et des éminents sacrifices, il y avait la volonté de répandre la démocratie et les “Lumières” de 1789. L'Algérie fut alors administrée par des fonctionnaires civils, qui gouvernèrent largement au profit des européens, mais qui ne furent jamais acceptés par les indigènes comme le furent leurs vainqueurs militaires.

 

Le gouvernement libéral (maçonnique) de Juillet 1830 a annulé les bonnes dispositions prises par Charles X. Ce sont de tels faits qui ont fait dire au marquis de Roux, historien de la Restauration, la phrase suivante : "La Restauration a été le dernier gouvernement français qui ait compté parmi ses devoirs d’état l’appui à donner à l’Eglise pour le bien des âmes."  (“La Restauration”, Arthème Fayard, Paris, 1930, p 439.)

 

Aujourd'hui, après avoir expérimenté différemment les "Lumières" des philanthropes européens et la "civilisation" de la "race supérieure" (Jules Ferry) et face à des régimes corrompus, les pays d'Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye) comme les pays occidentaux, sont sous la pression de l'"Etat islamique" (EI), un califat qui leur propose un messianisme concurrent, une sorte de retour aux sources.

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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 14:02

(Aux Etats généraux en 1789),

 

« depuis le plus petit village jusqu'à la capitale, tous les habitants de quelque état et condition qu'ils fussent participaient à l'exercice des droits politiques. Ils avaient le droit de concourir directement à la rédaction des cahiers, c'est-à-dire d'exposer leurs vues et leurs opinions sur toutes les affaires de l'Etat. Ils concouraient indirectement à l'élection des représentants de la nation : c'était le suffrage universel libre à plusieurs degrés. On était électeur, éligible sans aucune condition de propriété, de cens, de capacité. »

 

Antoine Claire Thibaudeau (1765-1854), député Conventionnel dans "Histoire des Etats généraux, et des institutions représentatives en France, depuis l'origine de la monarchie jusqu'à 1789", 1814.

Etats généraux et droits politiques en 1789 comparés à aujourd'hui

A comparer avec aujourd'hui où le gouvernement s'immiscant dans des élections régionales n'est pas loin de supprimer l'élection pour nommer lui-même les administrateurs locaux. Des administrateurs qui doivent suivre la ligne franc-maçonnique imposée depuis Paris ou être désistés.

 

(Lire: Grand Est : Masseret se maintient, le PS lui retire son investiture aux régionales, Le Parisien.fr, J.Cl. | 08 Déc. 2015, 13h37 | MAJ : 09 Déc. 2015, 02h10)

Etats généraux et droits politiques en 1789 comparés à aujourd'hui

Les communes au Moyen-Âge eurent des libertés très étendues, et constituaient de véritables petits Etats. Elles bénéficiaient de droits et privilèges qui feraient pâlir nos maires d'aujourd'hui.

Ecoutons François Guizot (1787-1874), homme politique et historien français :

 

Imaginons la venue d'un bourgeois du XIIe siècle ou du XIIIe, dans une de nos communes actuelles.

 

"Il s'enquiert, dit-il, de ce qui s'y passe, de la manière dont elle est gouvernée et du sort des habitants.

 

On lui dit qu'il y a hors des murs un pouvoir qui les taxe comme il lui plaît sans leur consentement, qui convoque leur milice et l'envoie à la guerre, aussi sans leur aveu. [1]

 

On lui parle des magistrats, du maire, et il apprend avec étonnement qu'ils ne sont pas nommés par les bourgeois de la ville. Il apprend que les affaires de la Commune ne se défendent pas dans la commune, qu'un fonctionnaire les administre de loin.

 

On lui dit que les habitants n'ont pas le droit de s'assembler, de délibérer en commun sur tout ce qui les touche."

 

Le bourgeois du XIIe siècle, habitué à toutes ses franchises, reste confondu. [2]

 

Mais la scène change, un Français du XIXe siècle pénètre dans une ville du Moyen Âge. Il se trouve dans une espèce de place forte, défendue par les bourgeois armés; ces bourgeois se taxent eux-mêmes, élisent leurs magistrats, jugent, punissent, s'assemblent pour délibérer sur leurs affaires. Tous viennent à ces assemblées. [3]

 

Lire : Le self-government rural ou la "démocratie" et des élections à la pluralité des voix dans chaque village (F. Funck-Brentano, La société d'Ancien Régime)


 Ils font la guerre pour leur compte contre leurs seigneurs; ils ont une milice; en un mot, ils se gouvernent eux-mêmes, ils sont souverains. Le Français du XIXe siècle n'en peut croire ses yeux."

 

(François Guizot, Histoire de France)

 

Extrait de la video "Chroniques de la Monarchie populaire" :

Notes

 

[1] La circonscription et la levée en masse décrétée par la Convention dite "nationale" de 1792 est à l'origine du soulèvement et de la révolte vendéenne qui sera écrasée dans le sang en 1793-94 par les "humanistes" : il fallait "purger la France" (Garnier de Saintes) du "sang impur", du "clergé", de la "noblesse" (Fouché), des récalcitrants. (Source: Xavier Martin, Régénérer l'espèce humaine, Utopie médical des Lumières, DMM, Mayenne, 2008. Extraits)

[2] Le terme bourgeois au XIXe siècle désigne les habitants du bourg.

[3] Il n'y avait pas d'abstention dans les élections médiévales parce que ces élections étaient organisées dans les corps réels de la société, contrairement à aujourd'hui où un pouvoir lointain, obscur et secret (franc-maçonnerie) dicte sa volonté, sans le consentement de la base.

 

Lire aussi : Des impôts dix fois supérieurs à ce qu'ils étaient avant 1789 !

"La fabrication de la légende noire du Moyen-Âge" par Claire Colombi

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 19:35

Le professeur Xavier MARTIN, dans son ouvrage "Régénérer l'espèce humaine", cite quelqu'uns de nos humanistes philanthropes de la Révolution, dont les déclarations littéralement stupéfiantes, éclairent le contre-sens affligeant de malhonnêteté donné en ce moment au sujet de l'expression "qu'un sang impur abreuve nos sillons".

 

Il est bon de faire oeuvre de pédagogie. Face à la version tout aussi ridicule d'un "sang impur" désignant des étrangers et faisant de l'hymne républicain un hymne raciste et xénophobe, des désinformateurs et intoxicateurs répondent en tentant de présenter une "Marseillaise" expurgée de son sens premier, et que les enfants à l'école devraient apprendre. Cette interprétation, incohérente, prétend que le "sang impur" à la Révolution en 1792 serait non pas celui des "Rois conjurés" et des "traîtres" (les nobles, les "Brigands" Vendéens, les "récalcitrants" au nouveau régime), mais serait le sang des Patriotes eux-mêmes (par opposition au "sang pur" des nobles) qui, en quelque sorte, verseraient leur sang pour la Patrie. Ils iraient à la guerre en chantant : "pourvu que notre sang impur coule dans nos sillons !". Cette interprétation, en plus d'être ridicule, est mensongère. Décontextualisée, elle nous vient de nationaux souverainistes, qui oublient que le mot "purge" est passé, d'une manière choquante, du lexique médical au XVIIIe siècle, au lexique politique, pour aboutir au XXe siècle chez les communistes et les nazis à la justification des crimes politiques totalitaires.

 

Il ne faut pas croire que la véritable interprétation du "Sang impur" qui doive couler n'ait plus lieu ou ne soit plus de mise. A notre époque encore, il y a des humanistes parmi nous qui connaissent parfaitement le sens premier de l'expression "qu'un sang impur abreuve nos sillons" : Jean-Paul Sartre, qui regrettait que les révolutionnaires n'eussent "pas assez tué". (Nous citerons les déclarations de ce fou furieux un peu plus bas.) Jean-Paul Sartre ne croit, lui, pas du tout à l'explication du sang versé des Patriotes eux-mêmes. Sartre, c'est à notre époque, et c'est très proche. Il faut insister là-dessus. Car à tout moment les bourreaux peuvent revenir et justifier, à nouveau, leurs crimes par la nécessité de la purge. L'épée de Damocles de la Marseillaise "qu'un sang impur abreuve nos sillons", constitue donc encore aujourd'hui une véritable menace pour le Bien public, une menace qui plane toujours au-dessus de nos têtes. A tout moment, un gouvernement dépassé par des évènements graves, par exemple, peut être tenté de réactiver le sens premier de la Marseillaise, au nom du Peuple souverain, de la "république", de la "Patrie en danger", etc.

 

On relira donc avec profit les explications du professeur Xavier Martin, souvent empruntes d'ironie, au sujet de la "pulsion exterminatrice" qui se trouvait au coeur du projet révolutionnaire en 1792. Une pulsion qui animait les révolutionnaires qui voulaient éliminer le "virus aristocratique et sacerdotal", les récalcitrants, les "aristocrates", le "clergé", la "noblesse", les "ennemis de la Patrie", mais aussi les "égoïstes", les "lâches", les "traîtres" et les "fripons". Il s'agissait de les "purger du sol de la Patrie", d'éliminer de la Convention, tout ce qui s'y trouvait d'"impur". Et cela, pour notre bien, le bien du "Peuple" et de l'"intérêt public", "au nom de la Liberté". Le "sang impur" était répandu "par humanité" (Fouché) :

"Qu'un sang impur abreuve nos sillons" (suite)
Chapitre II La Révolution : un discours politique « chirurgicalisé »

 

Cannibalisme encouragé médicalement

 

La médecine est présente, dans l'atmosphère de la Révolution : elle l'est plus, à vrai dire, que les médecins eux-mêmes. Quelques-uns, c'est vrai, s'y sont distingués. Comment ne pas songer tout d'abord à Marat, lequel selon Vovelle tient « une place unique (…) comme théoricien du mouvement révolutionnaire » ? Effectivement, nul plus que lui sans doute n'est le symbole de la haine sanguinaire délirante en Révolution. Esprit non cloisonné – on allait presque dire : « pluridisciplinaire » - ce médecin ne craint pas d'effleurer au besoin la boucherie, lorsqu'il dit par exemple au sujet du nanti, dans les premiers mois révolutionnaires, que le nécessiteux « a droit de l'égorger et de dévorer ses chairs palpitantes. » Ce n'est pas un propos fugitif de beuverie : c'est consigné, dès le mois d'août 1789, dans son propre projet de « déclaration des droits de l'homme et du citoyen » [1]. Un droit fondamental de dévorer citoyennement des chairs d'hommes palpitantes : l'amorce est prometteuse. Il est permis de saliver.

 

Rééditer l'espèce humaine améliorée ?

 

[…] Est-il besoin de le préciser ? Assimiler l'entité sociale à un organisme ne peut qu'ouvrir la voie aux ressources lexicales de la science des maladies quant à l'expression des imperfections et dysfonctionnements du corps politique.

 

[…] Sans doute le pressent-on : l'assimilation révolutionnaire de la société à un organisme, en corrélation avec une approche de type médical matérialisante, n'est pas sans rapport avec la violence révolutionnaire. L'un des maîtres mots de la décennie – régénération – nous semble voué très spécialement à incarner ce phénomène. Le terme est porteur d'une forte charge de radicalité, en connexion avec l'aspect fondamental de table rase, donc de fondation, de refondation simplificatrice d'un donné social vétuste et complexe que va présenter, de façon notoire, le processus inauguré en 1789 [169], et puissamment accéléré en 1792. C'est de façon logique que l'esprit fondateur de la Révolution justifie la violence initiale, laquelle techniquement est nécessitée par un besoin fondamental de « déblaiement ». Adressant à Carrier l'arrêté du Comité de Salut public déterminant sa mission à Nantes, Hérault de Séchelles joint cet avis d'encouragement : « Nous pourrons être humains, quand nous serons assurés d'être vainqueurs. » [170]

 

[…] On a là, d'évidence, un élément majeur de la virulence révolutionnaire, et d'autant plus que l'intention qui la sous-tend ne saurait être qu'excellente. Raynal et Diderot en avaient prévenu : « Une nation ne se régénère que dans un bain de sang », c'était quelques lignes après avoir dit, d'un fondateur archétypal (ou re-fondateur) de société : « [C]'est un médecin qui tente la guérison d'un cadavre gangréné. » [175]

 

[…] Et Benjamin Constant ne s'estimera-t-il pas fondé, par l'expérience, à récapituler : « Le mot de régénération nous a poussés à tout détruire » ? [186] C'était pour le bien : « [L]es bourreaux qui coupaient le cou des enfants et des vieillards, les bénins spectateurs qui assistaient au guillotiner des femmes s'attendrissaient sur les progrès de l'humanité. » [187]

 

[…] On connaît l'expression suivante de Saint-Just : « Ce qui constitue une République, c'est la destruction totale de ce qui lui est opposée. » [197] Si nous nous purgeons, dit sous peu son collègue Garnier de Saintes, c'est pour avoir le droit de purger la France. Nous ne laisserons aucun corps hétérogène dans la République. » [198]

 

Couthon bientôt, membre au surplus du Comité de salut public, ne dit guère moins lorsqu'il préconise, pour l'accomplissement du régime nouveau, « la résolution d'exterminer tous ceux qui ne veulent pas de la République. » [199]

 

[…] Oui, la perspective régénératrice porte donc en elle – et fort heureusement c'est pour la bonne cause – une pulsion exterminatrice des récalcitrants.

 

Portrait de Marat par Joseph Boze (1793), musée Carnavalet.Selon le docteur Marat, « cinq ou six cents têtes abattues » auraient suffi fin 1789 ; un an plus tard, estimera-t-il, « il en faudrait abattre dix mille », bientôt cent mille si l'on diffère ; de toute façon, les « ennemis de la Patrie », il les faudra « extermine[r] jusqu'au dernier rejeton. » [201] Jusqu'au dernier rejeton, ce sera dit également en Vendée ; il s'agit bien ici de massacre d'enfants pour raison politique. On sait que Marat aura la sagesse d'en venir au souhait exterminateur de cinq à six cent mille têtes, palmarès idéal des « exécutions populaires ». Sans l'interférence de Charlotte Corday l'on se fût hissé en sa compagnie, assez probablement, à cinq ou six millions, et à ce rythme d'emballement l'espèce humaine à bref délai y fût passée, « retirés tous de dessus le globe », eût dit Manuel.

 

[…] Ce type d'achèvement, - l'extinction totale de la race humaine », - au moins pour la France, au moins par certains et par rhétorique, n'était pas loin d'être assumé. On connaît le mot splendide de Carrier sur l'opportunité de transformer la France en cimetière national : « Nous ferons un cimetière de la France plutôt que de ne pas la régénérer à notre manière, et de manquer le but que nous nous sommes proposé. » Ce trait plutôt martial d'un des grands visionnaires de la philanthropie, mis au grand jour par son procès [204], eut quelque audience.

 

[…] Saint-Just, quant à lui, pour qui « c'est l'indulgence qui est féroce », a l'élégance du détachement philosophique : « Peu importe que le temps ait conduit des vanités diverses à l'échafaud, au cimetière, au néant, pourvu que la liberté reste. » [206]

 

[…] C'est pour son bien que le corps politique est à purger, saigner, etc., à amputer de certaines des « petites vies particulières » qui le composent, lesquelles sont vues comme des menaces pour sa santé ou sa survie.

 

[…] D'autres orateurs à la Convention ou aux Jacobins, quelques citations : ce dont « il s'agit », c'est « de faire éprouver au corps politique la sueur immonde de l'aristocratie ; […] aristocratie qualifie ici un état d'esprit. [219] Ou bien ceci : « Le virus aristocratique et sacerdotal circule encore dans les veines de bien des hommes » ; ce sont des « contagieux qu'il faut séparer de la foule, de peur que [leur] mal ne devienne épidémique. » [220]

 

Joseph Fouché[…] Il se trouve que c'est sous la Terreur que le mot purge, médical, est étendu dans notre langue au politique, où la civilisation communiste, en surenchérissant sur celle des Jacobins, saura lui assurer une enviable fortune. On parle aussi à cette époque, de vomitif (ou d'émétique), pour viser bien sûr l'élimination, l'extermination des récalcitrants – ou de saignée, naturellement. Purge, émétique ? La charge de violence qui leste ces concepts trouve par exemple une admirable illustration dans tel propos de Fouché terrorisant la Nièvre. La République, telle qu'il la voit ? « Il ne doit entrer dans sa compostion que des éléments purs » (cette annonce est chimique). « Dans ses premiers moments de fermentation elle a déjà vomi […] le clergé et la noblesse, il lui reste encore à se purger des égoïstes, des lâches, des traîtres et des fripons. » [NdCR. En gros tout le monde !] [224] Vocables efficaces, adaptés à l'esprit du discours.

 

Portrait de Georges Couthon, par François Bonneville, Musée Carnavalet.Couthon s'émerveillera d'un vomissement civique : « La Convention nationale est sublime dans ce moment ; elle vomit de son sein tout qui s'y trouve d'impur. » [225]

 

[…] Du représentant en mission Francastel, cette gaillarde incitation pour fouetter le zèle des commis d'abattoir assumant en Vendée, sans lésine incongrue, l'oeuvre républicaine de régénération : « Purgeons, purgeons à jamais le pays de cette race infâme (…). Purgeons, mes amis, saignons jusqu'à blanc. », il faut, « purger, saigner jusqu'au blanc cette génération vendéenne ». [228] Ce ne sont pas la vaillance, ni les bonnes intentions, qui font défaut à ce philanthrope dévoré de zèle pour le bien public.

 

[…] Simple parenthèse : un médecin d'Auschwitz, confronté au souvenir du serment d'Hippocrate (par une détenue médecin elle-même), expliquait ceci : « Par respect pour la vie humaine, je pratique l'ablation des appendices purulents. » [236]

 

[…] « C'est par principe d'humanité » que Carrier « purge » la France des asociaux (donc sous-humains) du Bas-Poitou : il l'annonce en précisant fièrement qu'il fait massacrer « par centaines » les naïfs qui se rendent. [237]

 

Jean-Baptiste Carrier,estampe de François Bonneville,Paris, BnF, département Estampes et photographie, 1796.Fouché, de Lyon, en dit autant : « Oui, nous devons l'avouer, nous faisons répandre beaucoup de sang impur, mais c'est par humanité, par devoir. » [238] Fouché dit « par humanité » ; Carrier dit « par principe d'humanité » ; le médecin du camp (nazi) exprime-t-il autre chose lorsque disant éradiquer « un appendice purulent », il déclare agir « par respect pour la vie humaine » ?

 

[…] Notable précision : avec le recul, un autre « excellent coeur » et grande intelligence de la philosophie moderne, l'humaniste Jean-Paul Sartre, ne dissimulera guère certaine inclinaison à faire sien ce point de vue raisonnable : « [U]n régime révolutionnaire doit se débarrasser d'un certain nombre d'individus qui le menacent, et je ne vois pas là d'autre moyen que la mort. […] Les révolutionnaires de 1793 n'ont probablement pas assez tué », d'où « un retour à l'ordre, puis la Restauration » [241]. … [L]a dialectique de l'humaniste Jean-Paul Sartre est explicite et cohérente : il eût fallu qu'on massacrât plus ardemment sous la Terreur. 

 

Notes

 

[1] Marat, La Constitution ou Projet de Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, suivi d'un Plan de Constitution juste, sage et libre, Paris (fin août) 1789, rééd., dans les Oeuvres politiques, 1789-1793, t. 1, publ. J. De Cock et C. Goetz, Bruxelles, 1989, [p. 69-105], p. 74.

[169] Voir M. Ozouf, L'Homme régénéré, Essais sur la Révolution française, Paris 1989 ; et A. de Barecque, Le Corps de l'Histoire..., op. Cit., p. 166-194.)

[170] Hérault de Séchelles à Carrier, 29 septembre 1793 : lettre citée de troisième main d'après C.-L. Chassin, La Vendée patriote, t. 3, Paris 1894, reprint Mayenne, 1973, p. 559.

[175] Raynal, Histoire philosophique et politique des établissements du Commerce des Européens dans les deux Indes, 10 vol., Genève 1780-1781, t. 6 (1780), p. 21 et 20-21.

[186] B. Constant, De l'Esprit de Conquête et de l'Usurpation dans leurs rapports avec la civilisation européenne (ajout de juillet 1814), Paris 1986, p. 251.

[187] Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe (écr. 1811-1833), 4 vol., Lausanne, 1968, t. 4, p. 453 (passage écrit en 1833).

[197] Saint-Just à la Convention, 8 ventôse an II, 26 février 1794 : dans ses Oeuvres complètes, publ. A Kupiec et M. Abensour, Paris 2004, p. 659 ; et Arch. Parlem., 1ère série, t. 85, p. 517., col. 1.

[198] Garnier de Saintes aux Jacobins, 16 germinal an II, 5 avril 1794 : Aulard, La Société des Jacobins, Recueil de Documents..., t. 6, Paris, 1897, p. 47.

[199] Couthon aux Jacobins, 6 messidor an II, 24 juin 1794 : ibidem., p. 188.

[204] Témoignage de François Lamarie au tribunal criminel révolutionnaie, 21 frimaire an III, 11 décembre 1794 : Moniteur, n° 97, 7 nivôse an III, 27 décembre 1794, p. 401, col. 3. C'est ce que Carrier disait : « à qui voulait l'entendre ». « Carrier nie les faits, et répond par des injures. »

[206] Saint-Just à la Convention, 11 germinal an II, 31 mars 1794 : Arch. Parlem., 1ère série, t. 87, p. 638, col. 1.

[219] Aulard, La Société des Jacobins..., op. Cit. t. 6 (mars-novembre 1794), Paris 1897, p. 80-81, à la date du 28 germinal an II, 17 avril 1794.

[220] J.-B. Leclerc à la Convention, 18 décembre 1792 : Arch. Parlem., 1ère série, t. 55, p. 145, col.1.

[224] Fouché aux habitants de la Nièvre, 10 octobre 1793 : Arch. Parlem., 1ère série, t. 76, p. 686, col. 1.

[225] Propos du 29 messidor an II, 17 juillet 1794 : cité de seconde main d'après M. Braconnier, notice « Couthon », dans A. Soboul, dir., Dictionnaire de la Révolution française, Paris, p. 310.

[228] Lettre des 22 et 20 décembre 1793 : cf. notre livre Sur les Droits de l'Homme et la Vendée, éd. DMM, Bouère, 1995, p. 60.

[236] E. Klee, [Auschwitz. Die NS-Medizin une ihre Opfer, Francfort, 1997], La Médecine nazie et ses victimes (trad. O. Mannoni), s.l. (Actes Sud), 1999, p. 293 ; suite : « Les Juifs sont un appendice purulent sur le corps de l'Europe » (p. 293-294) (p. 424 : déposition d'Ella Lingens, 19 septembre 1960). - Napoléon, quant à lui, s'estimait fondé à appliquer aux Juifs la qualification de « masse de sang vicié » : cf. infra., p, 229.

[237] Lettre de Carrier à la Convention, 30 frimaire an II, 20 décembre 1793, lue à l'assemblée le 6 nivôse, 26 décembre ; Moniteur, n° 98, 8 nivôse, 28 décembre, (« à la une ») p. 393, col. 1 : « C'est par principe d'humanité que je purge la terre de la liberté de ces monstres. » « J'invite mon collègue Francastel à ne pas s'écarter de cette salutaire et expéditive méthode ». … - Sur la logique intellectuelle qui peut conduire la répression républicaine à méconnaître effectivement les qualités d'hommes et de citoyen chez les insurgés, ou à tendre à le faire, voir notre ouvrage Sur les Droits de l'Homme et la Vendée, Bouère, 1995 ; il s'articule intégralement sur cette problématique. - Sur tout cela voir également A. Gérard , « Par principe d'humanité... » La Terreur et la Vendée, Paris, 1999.

[238] Lettre de Fouché à la Convention, 27 décembre 1793 : cité de seconde main d'après A. Gérard, op. cit., p, 25.

[241] Interview de J.-P. Sartre, dans Actuel, 28 février 1973, p, 76, col. 2.

 

Xavier MARTIN, "Régénérer l'espèce humaine. Utopie médicale des Lumières (1750-1850) (Dominique Martin Morin édition, Mayenne 2008.)

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Publié par Ingomer - dans Histoire
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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 06:55

NdCR. De la même façon que leur régime satanique a démarré le 10 août 1792 par la suppression de la procession à la Vierge Marie le 15 août, et l'organisation volontaire de massacres destinés à créer un climat de terreur propice à la déclaration de leur "république" (Prises des Tuileries, Massacres de Septembre), à chaque fois qu'une Marseillaise est chantée, il faut contrer le maléfice en récitant un Ave Maria.

D'une façon générale, si nous partageons et diffusions certaines analyses de certains intervenants expliquant la situation calamiteuse dans laquelle se trouve notre pays actuellement, ça ne signifie pas que nous cautionnons leurs analyses sur la solution à adopter.

 

Nous rappelons que face à la volonté de détruire notre pays, la seule solution viable et honnête est le rétablissement de la Monarchie Catholique, représentée par le seul héritier des rois qui ont fait la France, son souverain légitime : Monseigneur Louis de Bourbon, duc d’Anjou, aîné des Capétiens, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX. Le reste n'étant que poudre aux yeux servant des intérêts plus que douteux.

Naissance de la République – Une conférence de Marion Sigaut au Théâtre de la Main d'or (03/10/2015)

 

Source: Démocratie Royale

 

Merci à Marion Sigaut pour cette conférence qui fait le jour sur des pans entiers méconnus de l'histoire de la république, qui achèvent de discréditer définitivement ce régime politique sanguinaire né grâce à deux complots (prise des Tuileries le 10 août 1792) et Massacres de Septembre 1792.

 

Extrait :

 

"Fin 1788, le roi convoque les Etats généraux pour régler le problème de la dette publique (que la France a depuis que le roi a épuisé son budget suite à son aide aux insurgés américains dans la Guerre d'Indépendance des Etats-Unis. NdCR.), Etats généraux, c'est-à-dire les corps constitués représentant la nation française. Les Etats généraux se réunissent en mai 1789 à Versailles. La noblesse, ce sont ceux qui font la guerre, le clergé, ce sont ceux qui font la prière et assurent tous les services sociaux, et le Tiers-Etat, c'est le reste, c'est-à-dire tout le monde.

 

Et le 17 juin, les représentants du Tiers Etat se proclament 'Assemblée nationale Constituante', c'est-à-dire que ces gens ont été députés par leur paroisse, jusqu'au fin fond de la France, pour venir présenter aux Etats généraux les doléances de la population. Et, arrivés sur place, ils disent 'nous venons faire une nouvelle constitution'. Cela s'appelle un coup d'Etat. C'est-à-dire que ces gens n'ont pas reçu des Français du fin fond des campagnes ou de l'intégralité des villes leur demandant faites une nouvelle constitution. Ils n'ont pas mandat pour cela. 

 

Le 12 et 14 juillet, c'est-à-dire un petit mois après, des troubles éclatent à Paris, la Bastille est prise et elle est l'occasion de violences abominables. Les violences que déclenchent le mouvement révolutionnaire sont absolument insensées et inouïes. Le peuple parisien, le peuple de France n'a pas l'habitude de telles violences, c'est-à-dire des têtes coupées qu'on exhibe. Alors cela vous dit quelque chose les têtes coupées, les sauvages c'est toujours les autres. Mais non, là, c'est chez nous, à Paris. Et des témoignages affluent de gens qui sont absolument indignés... et offusqués (ce sera le début d'une longue indignation qui durera deux siècles jusqu'à aujourd'hui. NdCR.) de voir ce déchaînement de violences qu'ils n'attendaient pas.

 

C'est à ce moment-là qu'est fondée la Société des Amis de la Constitution. C'est-à-dire un club de pensée, une réunion de francs-maçons.

 

Le 14 juillet est l'occasion d'organiser à Paris une commune insurrectionnelle et une Garde nationale. Une Commune, c'est un gouvernement de Paris. Cette Commune de 1789 va représenter le 'gouvernement' de paris. Et la Garde nationale, ce sont les bourgeois en armes. On leur a donné un uniforme et des fusils et ce sont eux qui étaient chargés d'assurer l'ordre (14 juillet 1789).

 

Au mois d'Octobre, un second coup d'Etat a lieu. Une manifestation allant réclamer du pain au roi, part de Paris à Versailles, revient avec le roi. C'est une manifestation que l'on appelle le retour du boulanger, de la boulangère et du petit mitron. Le pain étant de plus en plus cher - et il le sera de plus en plus, cela sera certainement un des éléments clés des violences que cela déchaîne... -. 

 

"Je ne peux plus chanter la Marseillaise" : Marion Sigaut sur "la naissance de la république"

La manifestation ramène le roi, la reine et les enfants royaux des Tuileries à Paris (6 octobre 1789) et le roi est privé de son droit à participer à la confection des lois. Le roi était le législateur en son royaume jusqu'à cette date. A partir du moment où on l'a amené aux Tuileries, on peut dire qu'il est prisonnier et c'est un véritable second coup d'Etat.

 

Au mois de juillet 1790 est décrété la Constitution civile du Clergé. Cette constitution, c'est la soumission de l'Eglise à l'Etat. Cela n'a rien à voir avec la séparation de l'Eglise à l'état. Cette Constitution va dire que dorénavant les prêtres ne sont plus soumis à l'autorité de Rome, qui est l'autorité religieuse, mais à l'autorité de l'Assemblée et du gouvernement. C'est un renversement dramatique et beaucoup de sang va couler à cause de cela.

 

Le 20 juin 1791, le roi s'échappe des Tuileries pour essayer de retrouver une partie de son armée. Il est arrêté à Varennes. Il est ramené à Paris et suspendu de ses fonctions.

 

En juillet 1791, la Société des Amis de la Constitution, le club de pensée franc-maçon va se diviser entre Feuillants et Jacobins. Les Jacobins se sont installés dans un ancien couvent de Jacobins, rue Saint Honoré. Et c'est là que va se jouer et s'organiser 'la Révolution', le Club des Jacobins.

 

En août 1791 est élu une 'Assemblée nationale Législative'. Le roi l'accepte, il signe la nouvelle Constitution. Il dit je suis d'accord, puisque c'est cela que veut le peuple.

 

Lire : Des droits de l'Homme à la Terreur : lecture critique de la Constitution de 1791

 

Des élections ont lieu. Et dans cette élection, ne seront élus que les gens qui ont les moyens.

 

En mars 1792, l'Assemblée contraint le roi à prendre un ministère entièrement jacobin. Et parmi les ministres, on a un certain Roland, un certain Clavière et un certain Sevran, qui vont peser de tous leurs poids sur le gouvernement de Louis XVI.

 

Le 20 avril 1792, la France déclare la guerre à l'Autriche-Hongrie, c'est-à-dire l''Assemblée nationale' déclare la guerre à l'Autriche-Hongrie. Et cela n'est pas le roi qui a déclaré la guerre. On dit souvent, et on entend régulièrement que c'est le roi. Or, c'est bien l'Assemblée Législative qui a déclaré la guerre sur la pression du parti que l'on appellera plus 'Les Girondins'.

 

Jean-Marie Roland de la Platière, ministre du roi, était en 1787 à l'Académie de Lyon et il a proposé à la sortie de l'Académie devant un certain nombre de témoins qui étaient suffoqués, de produire de l'huile avec des cadavres des humains. Ses confrères lui demandent ce qu'il fait des ossements, il répond de l'acide phosphorique. Ses confrères, suffoqués, se tournent vers sa femme, Manon, essaient de voir s'il était sérieux, et rien du tout, il était sérieux.

 

Brissot, girondin bien connu, avait écrit en son temps, également avant la Révolution française :

 

'Les hommes peuvent-ils se nourrir de leurs semblables ? Les êtres ont le droit de se nourrir de toute matière propre à satisfaire leurs besoins. Les anthropophages qui ne sont point guidés par les institutions sociales ne font que suivre l'impulsion de la nature.' C'est eux qui vont renverser la Royauté !

 

[...] Les trois ministres harcèlent le roi pour qu'il sanctionne un décret de l'Assemblée qui veut qu'on déporte les prêtres réfractaires. Ceux-ci sont des prêtres qui refusent de se soumettre à la Constitution civile du Clergé, parce que c'est leur conscience. Le roi refuse, il oppose son veto. Le roi a encore le droit de veto. Et le roi refuse aussi de signer le décret qui consiste à mettre 20 000 fédérés (garde nationale) aux portes de Paris. Et les trois ministres sont tellement odieux que le roi renvoie les trois ministres. Manon Roland écrit une lettre que son mari signe, une lettre d'une violence insensée. C'est un véritable appel au meurtre contre le roi. 'Comment le roi ose-t-il mettre son veto ?'

 

Le 20 juin 1792, l'Assemblée reçoit 10 000 clubistes armés, au mépris des lois. L'Assemblée nationale n'a pas à recevoir des gens armés. ... La population parisienne est suffoquée par cette violence. Et en fait, on connaît une des sources de toute cette agitation, c'est le duc d'Orléans, qui se trouve être le cousin du roi, qui stipendie les agitateurs. Ce Philippe d'Orléans, qui deviendra Philippe Egalité et qui perdra la tête - mais ils l'a perdront tous, ou presque -, entretient l'agitation et c'est lui qui organise toutes ces émeutes. 

 

Le 22 juin, deux jours après les violences aux Tuileries, le roi envoie une très belle protestation. C'est du grand Louis XVI. Il dit :

 

'Le Roi n'a opposé aux menaces et aux insultes des factieux que sa conscience et son amour pour le Bien public. Le Roi ignore quel sera le terme où ils voudront s'arrêter, mais il a besoin de le dire à la nation française, que la violence, à quelque excès qu'on veuille la porter, ne lui arrachera jamais un consentement à tout ce qui est contraire à l'intérêt public. Comme représentant héréditaire de la nation française, il a des devoirs sévères à remplir, et s'il peut faire le sacrifice de son repos, il ne fera pas le sacrifice de ses devoirs. Dans l'état de crise où elles se trouvent, le roi donnera à toutes les autorités constituées l'exemple du courage et de la fermeté, en conséquence il ordonne à tous les corps administratifs et municipalités de veiller à la sûreté des personnes et des propriétés. Fait à Paris, le 22 juin 1792.'

 

Immédiatement après, des pétitions de partout en France arrivent de soutien au roi. A Paris, une pétition de 16 000 personnes est déposée chez 16 notaires. Le roi, à l'heure actuelle est désarmé, on lui a retiré sa Garde constitutionnelle de 1800 hommes depuis le mois de mai. Et le Commandant de cette Garde constitutionnelle a été envoyé à la Haute Cour à Orléans. On a créé une Haute Cour spécialement pour régler leurs comptes. On verra plus tard ce que sont devenus les malheureux envoyés à la Haute Cour à Orléans.

 

Pour la justification de la Garde constitutionnelle du roi, écoutons ce que disait Condorcet :

 

'Cette Garde manifestait une audace et un incivisme qui indignait et effrayait les citoyens. La haine de la Constitution et surtout celle de la Liberté et de l'Egalité était le meilleur titre pour y être admis.

 

Vous imaginez vous les Gardes constitutionnels cracher sur la liberté et l'égalité ? Qu'est-ce que c'est que ce délire ?

 

'L'Assemblée, poursuit Condorcet, fut forcée de dissoudre cette Garde pour prévenir les complots de contre-révolution dont ils ne manifestaient que trop d'indices'.

 

En d'autres termes, la Garde du roi était royaliste. Ben oui !

 

En fait l'Assemblée nationale traite avec les émeutiers de puissance à puissance. Les émeutiers font une partie de la loi, en tous les cas ils essayent et ils vont bientôt gagner.

 

Petion, maire de Paris (1791-1792), va voir le roi après l'émeute et il se comporte en gougnafier. Il parle en même temps que le roi et lui coupe la parole. Le roi lui dit : 'Est-ce me respecter que de rentrer chez moi armé, de briser mes portes, de forcer ma Garde. Ce qui s'est passé hier est un vrai scandale pour tout le monde.'

 

Petion est franc-maçon. Il est membre de la Loge des Neuf Soeurs des Amis réunis, et il est secrétaire de la Société philanthropique du duc d'Orléans, il se moque bien de ce que le roi lui raconte. Les Girondins répliquent qu'il s'agit d'un roi faussaire, indigne d'occuper le trône. On ne répond à la grandeur du roi que par des lazzis, des quolibets et des expressions de mépris.

 

Il ya eu des adresses de sympathie et de soutien de partout pour soutenir le roi. Des adresses hostiles vont commencer à arriver. On lit le 26, une adresse de Grenoble : 'Louis XVI a renvoyé trois ministres patriotes. Législateur, le Peuple est Souverain. Si Louis XVI ne veut pas être un avec la Nation, la Nation va se soulever toute entière et la Constitution à la main, elle s'écrira : Louis XVI, roi des Français, est déchu de la Couronne. On est encore en juin, Grenoble envoie après l'affaire du 20 juin, un appel à déchoir le roi de sa Couronne ? Parce qu'il a renvoyé des ministres ? Ecoutez bien. La lettre est datée du 19 juin et le veto du roi est du 18. Il faut six jours aller et six jours retour pour aller à Grenoble. Vous savez ce que c'est ces adresses ? Elles sont fabriquées au Club des Jacobins à Paris. Vous savez comment disait Voltaire ? 'Mentez, mentez...' Ces gens n'ont aucun scrupule.

 

Quelqu'un va essayer d'intervenir pour renverser la vapeur, c'est Lafayette, qui a été commandant de la Garde nationale pendant trois ans. Et là, s'il n'est plus à Paris, c'est qu'il est parti à la guerre, il est sur le front. C'est un franc-maçon lui aussi. Il a été entièrement d'accord avec tout ce qui s'est passé jusque-là. C'est un proche du duc d'Orléans, le 'Grand Maître du Grand Orient', et il avait essayé d'être maire de Paris quand il y eu des élections en novembre 1791. Alors pour vous donner une idée de ce qu'étaient les élections à la mairie de Paris en 1791, il y avait 200 000 inscrits, 12 000 votants. Lafayette a eu 3000 voix et Petion 9000. Il n'y avait que deux candidats, pareil qu'aujourd'hui. On ne vous présente que deux candidats, même si vous ne voulez pas voter pour eux. Donc le maire de Paris a été elu avec 4,5% des inscrits, soit 1,8% de la population (parisienne) ! Cela juste au passage pour vous donner une idée de ce qu'était déjà la 'démocratie' à l'époque.

 

Le 16 juin 1792, c'est-à-dire avant les émeutes du 20 juin, Lafayette a écrit à l'Assemblée nationale pour mettre en garde contre les Jacobins. Depuis le début il était d'accord, mais brusquement il a changé d'avis et a compris que les loups étaient lâchés et qu'on ne va plus tenir ce qui se passe.. Il écrit à propos des Jacobins :

 

'Cette Secte forme une corporation distincte au milieu du peuple français [1] dont elle usurpe les pouvoirs, en subjuguant ses représentants et ses mandataires. C'est là que dans les séances publiques l'amour des lois se nomme aristocratie et leur infraction patriotisme.'

 

C'est exactement ce qui se passe: vous n'êtes pas d'accord, vous êtes un aristocrate, et vous êtes d'accord, vous êtes un patriote. Et à partir de maintenant cela va être comme cela jusqu'à la fin.

 

Alors bien vu de la part de Lafayette, mais c'est un peu tard. Il a quand même soutenu ce mouvement-là pendant trois ans. La France a à présent 4 000 Clubs affiliés aux Jacobins. C'est un maillage. Le territoire est rempli de ces sections. [La France va devenir en 1793 un immense camp militaire, une caserne. NdCR.] Et le 29 juin à l'Assemblée nationale, Lafayette dit que l'Armée est indignée et veut qu'on respecte la Constitution. L'armée, il la commande, il est au front. Il vient à l'Assemblée nationale et il demande qu'on poursuive les responsables des violences du 20 juin. Parce que c'est des infamies. Parce qu'on ne peut pas laisser faire des choses pareilles. Il demande qu'on détruise les Jacobins, Secte qui envahit la Souveraineté nationale, tyrannise les citoyens, et dont les débats publics ne laissent aucun doute sur l'atrocité de ceux qui la dirigent. Des gens soutiennent Lafayette et s'écrient:

 

'Depuis quand des factieux de Paris s'imaginent-ils, à eux seuls, former le peuple français ? Qu'ils montrent les mandats par lesquels les 80 départements leur ont délégué leur pouvoir. La ville de Paris sera responsable du dépôt de l'acte constitutionnel, de la sûreté des représentants élus et du représentant héréditaire de la nation', c'est-à-dire le roi. Donc forts de ce soutien, que va-t-il se passer ? Rien. Et Lafayette s'en va, il retourne à l'armée. Et cela va s'arrêter là, tout ce qu'il a demandé ne sera absolument pas suivi d'effet.

 

La première fête de la Fédération, cela avait été le 14 juillet 1790. On avait réuni tous les fédérés qui étaient venus en grande pompe jurer fidélité et soutien à la constitution. Et en 1791, elle n'avait pas pu avoir lieu parce que le roi était parti à Varennes à ce moment-là (à l'instigation de Lafayette qui lui avait conseillé la fuite et le chemin de la fuite pour pouvoir mieux l'arrêter en chemin, selon les Mémoires de l'abbé Barruel en 1798. Un Lafayette qui donc entretemps, curieusement, change d'avis, change de camp et redevient royaliste. NdCR.).

 

Donc on propose d'organiser une seconde fête de la Fédération le 14 juillet 1792. Le moment est choisi après des émeutes, des rassemblements de fédérés de partout. Donc, cela va être l'occasion pour les Girondins de faire venir les fameux 20 000 hommes armés que le roi avait refusé d'installer aux portes de Paris.

 

Ils vont organiser la venue des Fédérés de partout grâce à leurs clubs. Et Mme Roland, elle, elle prépare la république carrément, avec ses amis Barbaroux et Servan. Barbaroux qui est un député de Marseille, écrit à son ami fédéré pour lui demander qu'il envoie '600 hommes qui sachent mourrir et des canons'. 

 

600 hommes et des canons. Que prépare-t-on à votre avis ? La démocratie !

 

Dont acte. La marche des Marseillais commence le 5 juillet avec des hommes de Toulon, de Nîmes, de Montpellier, d'Avignon, et de quelques autres villes. Et ces braves fédérés arrivent en chantant une certaine chanson, écrite ailleurs, qu'on va appelée la Marseillaise. Et bien non, les Marseillais qui arrivent ce n'est pas le 'peuple en marche'. Parce que en fait, Marseille, c'est un lieu, c'est un port, c'est tous les criminels vomis des prisons de Gênes, du Piémont, de Sicile, de l'Italie, de l'Espagne, de la Barbarie. Un député marseillais quand il apprend qui arrive, essaie d'avertir sur la qualité de ces brigands. Il dit: 'ce sont des spadassins, des suppôts des mauvais lieux. Tout fut trouvé bon et les véritables marseillais sont en petit nombre.' Les véritables Marseillais sont au front puisqu'ils sont partis à la guerre. Donc on fait venir sous le titre de 'Marseillais' la pègre, la pègre des ports du sud de la France. Les Marseillais arrivent à Paris le 30 juillet. Ils sont régalés par Santerre, et s'en prennent à des gardes nationaux parisiens et ils tuent un agent de change. C'est-à-dire qu'ils rentrent dans la ville, ils terrorisent les gens, et ils vont tenir Paris en coupe réglée pendant trois ans. 'Allons enfants de la Patrie', c'est eux. Je ne peux plus chanter la Marseillaise. Je l'ai chantée, vous ne pouvez pas savoir combien de fois, et encore il n'y a pas longtemps. Là maintenant que je sais cela, je ne peux plus.

 

Le 4 juillet, on vote un supplément à la constitution qui dit que 'la Patrie est en danger.' Cela veut dire que tous les citoyens qui sont en état de porter les armes sont en état d'activité permanente. Tout le monde doit être réquisitionné.

 

 

"Je ne peux plus chanter la Marseillaise" : Marion Sigaut sur "la naissance de la république"

Le 12 juillet, on lit une lettre de Marseille qui demande la république. Un député de Marseille monte à la tribune et dit que cette lettre est l'oeuvre de quelques factieux et non de la population marseillaise. Et bien les Fédérés qui sont dans la Tribune le huent et le forcent à se taire. Des députés protestent et disent que les tribunes tyrannisent l'Assemblée. Et on leur réplique :

 

'Il est bien étonnant que des membres de l'Assemblée bravent les Fédérés qui assistent à la Séance.'

 

Alors, qui fait la loi en France ?  Les 'Fédérés' 'Marseillais' dans les Tribunes ? C'est le début de la dictature de l'Assemblée nationale et de l'émeute. C'est le début de la dictature de celui qui crie le plus fort dans le groupe. C'est exactement comme cela que ça se passe. Et à ce moment-là, on instaure, puisque la 'Patrie est en danger', la permanence des sections. C'est-à-dire que les 'Sections' vont maintenant pouvoir délibérer à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit ! C'est-à-dire qu'à l'heure où les gens travaillent ou dorment, vous allez avoir des gens qui vont décider du salut de la France.

 

Paris a 48 sections. Ces sections se rassemblent dans les églises. Chaque assemblée a un président avec un vice-président et des secrétaires. Vous avez donc 48 petites assemblées législatives qui se réunissent, complètement délirantes, qui se rassemblent jour et nuit, dans Paris désormais. ... La démocratie est en marche.

 

... Brunswick est le commandant de la coalition anti-française. C'est également un franc-maçon. N'y voyez évidemment aucun rapport... Un Manifeste de puissances étrangères fait sur un ton menaçant, au nom du Roi, va perdre le roi. Si le roi demande à l'ennemi de faire peur à sa population, c'est le roi qui est coupable. C'est ce que veulent les Jacobins. Ils l'accusent en permanence de trahir et de saboter la défense nationale. Donc si le Manifeste de Brunswick arrive au nom du roi, il est bien évident que le roi est coupable. La reine le sait bien puisqu'elle écrit le 12 juillet à Fersen :

 

'On dit que les Jacobins de l'Assemblée attendent le Manifeste des puissances étrangères pour prendre un parti. On l'attendait cette semaine, on ignore qui a pu en retarder l'envoi.'

 

Elle trouve que cela ne vient pas assez vite. Le Manifeste de Brunswick est le texte d'un franc-maçon qui sert les francs-maçons jacobins. C'est clair. Il arrive à Paris le 30 juillet et il dit notamment :

 

'La ville de Paris et tous ses habitants seront tenus de se soumettre sur le champ et sans délai au roi. Si le chateau des Tuileries est forcé ou insulté, s'il est fait la moindre violence, le moindre outrage à Sa Majesté le Roi et à la Reine et à la famille royale, s'il n'est pas pourvu immédiatement à leur sûreté et à leur liberté, leur Majesté royale et impériale - c'est-à-dire d'Autriche et d'Allemagne -, en tireront une vengeance exemplaire et à jamais mémorable, en livrant la ville de Paris à une exécution militaire, et à une subversion totale.'

 

Qui va croire que le roi de Prusse et l'empereur d'Autriche ont pu autorisé une telle publication si ce n'est pas Louis XVI qui l'a demandée ? La boucle est bouclée. Mais le roi n'était pas au courant ! Ecoutez ce qu'il écrit :

 

'Il circule depuis quelques jours un écrit intitulé Déclaration du duc de Brunswick, Commandant des Armées combinées de l'empereur et le roi de Prusse. Cet écrit ne présente aucun des caractères qui pourrait nous en garantir l'authenticité, il n'a été envoyé par aucun de mes ministres dans les diverses cour d'Allemagne qui avoisinent le plus nos frontières. Cependant, sa publicité me paraît exiger de moi une nouvelle déclaration de mes sentiments et de mes principes. La France se voit menacée par une grande réunion de forces. Ceux qui savent ce que valent à mes yeux le sang et la fortune du peuple croiront à mes inquiétudes et à mes chagrins. Jamais on ne me verra composer sur la gloire et les intérêts de la Nation, ni recevoir la loi de l'étranger ou d'un parti. C'est à la Nation que je me dois. Je ne fais qu'un avec elle. Aucun intérêt ne saurait m'en séparer. Elle seule sera écoutée. Je maintiendrai jusqu'à mon dernier soupir l'indépendance nationale. Les dangers personnels ne sont rien auprès des malheurs publics. Un jour peut-être le peuple saura combien son bonheur m'est cher. Combien il fut toujours, et mon seul intérêt et mon premier besoin. Que de chagrins pourraient être effacés par la plus légère marque de son retour.'

 

Le peuple n'a pas à savoir cela. Le peuple est travaillé par l'Opinion et de la manière qu'on a dite.

 

Dès la parution du 'Manifeste', les Jacobins peuvent enfin prendre parti., réunir un certain nombre de bons citoyens pour tramer patriotiquement le siège des Tuileries.

 

... Le roi écrit le 31 juillet :

 

'Depuis plusieurs jours, la tranquilité publique est troublée dans la capitale et des actes de violence s'y répètent avec une scandaleuse impunité. Hier en particulier, pendant toute la journée, des vexations sans nombre ont été commises. Les propriétés, les personnes, rien n'a été respecté. Des citoyens ont été arrêtés, plusieurs ont été insultés, plusieurs ont été victimes des coups qui ont été portés dans les Champs Elysées. Et par un attentat à la liberté individuelle, plus inconcevable encore, deux citoyens ont été constitués prisonniers par des Marseillais et détenues en chartes privées dans cette même ville où les détentions arbitraires ont été justement placées au nombre des crimes que notre législation punit le plus sévèrement. Des heures se sont écoulées avant qu'ils ne soient remis entre les mains du Juge de Paix. Le roi n'a pu voir sans indignation les lois violées avec tant d'audace, sous les yeux du corps législatif et sous les siens. Son premier devoir est de garantir à chaque individu la liberté et la sûreté que la Constitution lui promet.'

 

Et bien ce n'est plus qu'un voeu pieux. Le roi peut bien écrire cela, ceux qui ont la responsabilité de l'ordre public s'en fichent. La Garde parisienne sait maintenant qu'elle n'a plus aucune protection et aucune justice à espérer de l'Assemblée, qui laissent les Marseillais faire la loi avec la violence qu'on vient de décrire.

 

Les Fédérés et les Marseillais ont donc la permission du maire de maltraiter, et de détenir arbitrairement, de blesser et de tuer qui il leur plaît. C'est le chaos.

 

Un courrier parvient au roi. Les Girondins lui offrent de s'associer à lui s'il rappelle Roland, Clavière et Sevran, Le roi dit non.

 

Le 3 août, le maire de Paris Petion s'adresse à la Commune. Il veut que le duc d'Orléans prenne la place du Roi. Pourquoi se gêner ? Lui, il ne parle toujours pas de république, il parle de remplacer un roi par un autre.

 

Le 4 août, la section du Bon-Conseil se réunit dans l'église Saint-Jacques-l’Hôpital (située à l'emplacement du no 133 actuel de la rue Saint-Denis. Cette section s’appela d’abord « section de Mauconseil » d’après le nom de l’ancien quartier de Mauconseil. En août 1792, le trouvant malsonnant, elle l’abandonna pour prendre celui de « Bon-Conseil ». NdCR.) La section réunie au nombre de plus de 600 citoyens, délibérant sur les dangers de la Patrie, considérant que Louis XVI a perdu la confiance de la nation et que les pouvoirs constitués n'ont de force que par l''Opinion', proclame : 'Unissons-nous tous pour prononcer la déchéance de ce roi cruel.' Alors, accoler 'cruel' à Louis XVI, c'est suffocant.

 

Cette section annonce que :

 

'si le 9 août, la déchéance n'est pas prononcée, les Patriotes des deux quartiers sonneront le tocsin et marcheront sur le château.'

 

Un citoyen prend la parole et dit qu'on a fraudé scandaleusement en signant pour les absents.

 

C'est la tyrannie du vote populaire qui fait dire ce que l'on veut du moment qu'on dit 'c'est populaire.'

 

Le 8 août, les Jacobins demandent un décret d'accusation contre Lafayette, pour avoir osé venir à l'Assemblée, le 29 du mois précédent dire qu'il fallait arrêter et fermer les Jacobins. Ce décret est rejetté massivement par 424 voix contre 206. Après la séance, les Fédérés, Marseillais et Brestois, pourchassent les députés qui ont voté contre. Ils les insultent, leur jettent de la boue et des pierres. Ils vont les insulter dans leurs domiciles qu'ils menacent d'incendier, et ils font mine de les égorger ou de les pendre. Terrorisés, ces députés sont presque tous absents à la séance du lendemain quand l'Assemblée se déclare 'permanente'. Ils envoient leur plainte par écrit et disent qu'ils vont en appeler à leurs électeurs. Et au moment où leurs plaintes sont lues à l'Assemblée, tout le monde rigole. Des députés demandent à ce moment-là qu'on fasse sortir l'Assemblée de Paris pour la protéger des émeutiers. C'est-à-dire qu'une Assemblée ne peut pas délibérer avec l'émeute dans les tribunes en permanence. Et là, c'est pas que dans les tribunes, c'est à la sortie également. C'est-à-dire que si vous avez le malheur à l'Assemblée de ne pas dire comme les 'Fédérés', vous êtes un 'aristocrate.' Deux Girondins s'opposent à la sortie de l'Assemblée de Paris pour la mettre ailleurs en disant : 'Il n'est pas vrai que des factions dominent les représentants du Peuple.'

 

Tous ces mouvements insurrectionnels sont dirigés par les Girondins, avec Petion et le Conseil général de la Commune. La force publique est sous les ordres immédiats de Petion.

 

La fin de la monarchie. On y est. Les Girondins ont lâché un monstre, mais qu'ils ne maîtrisent pas et dont ils commencent à avoir peur.

 Ils se rendent compte qu'une fois lâchée l'insurrection, ils peuvent très bien ne pas la maîtriser.

 

Le 7 août, juste avant le moment fatidique, ils envoient Petion à Robespierre et tenter d'arrêter une insurrection dont ils savent qu'il est l'âme. Petion lui dit : 'Je propose qu'on prononce d'abord la déchéance du roi par l'Assemblée.' Et Robespierre lui répond : 'Le Peuple et les Fédérés ne vous croient point. Tout se prépare à l'insurrection.

 

Mais c'est qui 'le peuple' dont parle Robespierre ?

 

En fait, quand Robespierre parle, c'est lui le peuple.

 

Donc, vous avez compris qu'on prépare l'insurrection. On va renverser le roi. On veut une 'Convention'. L'Insurrection est préparée et exécutée par un directoire secret des 'Fédérés', qui se réunit aux Jacobins.

 

Le directoire secret des Fédérés a extrait d'un comité central de 43 membres, 5 personnes, dont je ne vous donne le nom, car j'ai vu que c'était des inconnus qui resteront inconnus, mais ces 5 inconnus, on va leur adjoindre 10 personnes, dont un certain Cara (orthographe incertaine NdCR.), journaliste, un certain Fournier l'Américain, qui fera parler de lui, un certain Santerre, dont on a déjà entendu parlé et dont on entendra encore parler, et un certain Westermann, qui dans deux ans écrira :

 

'Il n'y a plus de Vendée. Elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l'enterrer dans les marais et dans les bois de Savenay, suivant les ordres que vous m'avez donnés. J'ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré des femmes, qui au moins pour celles-là n'enfanteront plus de brigands. Je n'ai pas un prisonnier à me reprocher. J'ai tout exterminé.'

 

Le Comité central décide de détourner le drapeau rouge. Le drapeau rouge est le signe de la loi martiale. D'après la loi, au seul signal du drapeau, tous les attroupements avec ou sans armes deviennent criminels et doivent être dissipés par la force. L'idée des révolutiutionnaires est de retourner ce drapeau rouge en disant :

 

'on proclame la loi martiale du Peuple souverain contre la rebellion du pouvoir.'

 

C'est-à-dire que c'est le roi qui est rebelle et on va hisser le drapeau rouge pour renverser la rebellion du pouvoir.

 

Une affiche est placardée dans Paris :

 

'Ceux qui tireront sur les colonnes du Peuple seront mis à mort sur le champ.' Ha oui ? Par qui ? Qui décide ?

 

Le directoire révolutionnaire des 'Fédérés' fixent à la nuit du 9 au 10 août le signal de l'insurrection et la dernière heure de la Monarchie.

 

Nous sommes le 9 au soir. Brissot propose au roi de lui faire quitter le royaume contre 12 millions en espèces. Si on compare les revenus d'une famille moyenne de l'époque et maintenant, il lui propose : Majesté, on vous fait sortir pour 300 millions d'euros. On ne sait pas si le roi l'aurait fait ou pas, mais ce que l'on sait, c'est qu'il ne les avait pas, c'est certain.

 

La Section du Théâtre français, rue de l'Ecole de Médecine, présidée par Danton, héberge le bataillon de Marseille. On leur distribue 300 cartouches par personne. La Garde nationale parisienne, elle, est encore royaliste.

 

Et vous savez comment on le sait ? Parce qu'un certain journaliste, Louis-Marie Prudhomme, personnage très intéressant, démarre la Révolution à fond avec les révolutionnaires pour devenir un des plus farouches dénonciateurs de toutes les atrocités commises. Il écrit (époque où il était encore très anti-monarchiste) :

 

"Dans les guinguettes des chansonniers glapissaient des complaintes niaises, mais attendrissantes sur le sort du tyran. J'ai vu, oui j'ai vu le buveur laisser tomber dans son vin une larme en faveur de Louis Capet. Cette complainte sur l'air du pauvre Jacques commence ainsi : 'Oh mon peuple, que t'ai-je fait ?' On en vend par milliers, elle fait oublier l'hymne des Marseillais."

 

C'est-à-dire que les Parisiens aiment encore le roi et un anti-royaliste comme Prudhomme est là pour le remarquer.

 

A 1 heure du matin (dans la nuit du 9 au 10 août), le tocsin sonne. Les ministres et le roi sont complètement désarmés. Et ils sont placés sous la sauvegarde du maire qui est l'allié objectif de l'émeute. 

 

La Garde nationale de Paris, dont on a dit qu'elle était encore royaliste, n'a plus depuis fin 1791 un commandant général. On leur donne un commandant nouveau tous les deux mois. Alors essayez d'avoir de la discipline des troupes avec un gars qui change tous les deux mois. Le commandant à ce moment-là s'appelle Mandat. Quand Mandat va chercher des cartouches, on lui refuse. C'est-à-dire que la Garde nationale n'a pas d'armes. Il n'y a plus de cartouches, on a tout donné aux Marseillais.

 

Les colonnes se mettent en marche à 6 heure du matin vendredi 10 août 1792. A 1 heure du matin, vous avez 192 délégués des sections qui se rendent à l'hôtel de Ville. Ces sections siègent de façon permanente, dans les églises. Par exemple, à la Section des Lombards qui siège à St Jacques de la Boucherie, la fameuse Tour St Jacques que l'on voit au Chatelet, il y a huit personnes qui ont délégué cinq commissaires. Et toutes les sections vont en faire autant. 192 sections, 192 délégués qui se présentent à la mairie de Paris à une heure du matin, ont été nommés par 400 personnes. Paris a 500 000 habitants. (Le complot républicain de la Nuit du 10 août a donc été réalisé par 0,08% de la population parisienne... NdCR.)  Ils arrivent devant la mairie et ils chassent les 192 membres de l'ancienne majorité. Cela s'appelle une Commune insurrectionnelle. L'insurrection est maîtresse, vous partez, nous prenons la place. Ils vont gouverner la France, ils ne vont pas que gouverner Paris. Cela s'appelle la 'permanence des sections' pendant que vous dormez.

 

Seuls Petion et Manuel seront conservés dans cette municipalité. Il y a un nouveau venu qui s'appelle Tallien et fera parler de lui plus tard. Et à 4 heure du matin, la Commune s'installe. C'est 'populaire'. On ne dit pas (encore) la démocratie, on dit que c'est la 'Volonté du peuple'. Et elle veut voir Mandat, le Commandant de la Garde nationale. Mandat est chez le roi. Alors on va le chercher. Il vient, on l'interroge, il s'approche du perron, et là il est massacré, à coups de piques, à coups de sabres, à coups de pistolets. Et devant son fils qui hurle, on jette son cadavre à la Seine.

 

A 7 heures du matin, les députés se retrouvent à l'Assemblée qui se trouvait à l'emplacement actuel de la rue de Rivoli, à 5 minutes à pieds du Chateau des Tuileries. Elle apprend que Mandat vient d'être massacré, elle ne bouge pas. Il va falloir un nouveau Commandant pour la Garde nationale : on a quelqu'un 'de très bien', c'est Santerre. Santerre est un brasseur qui fait de la bière, qui a de quoi aviner les gens qu'il manipule. Et c'est un affidé du duc d'Orléans. Il est nommé Commandant de la Garde nationale par acclamation. A 8 heures, le roi a compris qu'il n'a pas les moyens de la résistance. Il se rend au manège et il demande la protection de l'Assemblée. L'Assemblée nationale lui accorde sa protection. Et il entre avec sa femme et ses enfants. Et ils sont mis dans la 'loge du logographe', une loge au-desus de l'Assemblée sise au manège. Et à 8 heures, un coup de canon ébranle les vitres et l'assaut du Château est donné.

 

Description de cette image, également commentée ci-aprèsAlors qu'est-ce que l'Assaut des Tuileries ? Je ne vous donnerai pas le détail, parce que, à la fois, je ne voudrais pas me salir la bouche et de vous choquer par des descriptions trop crues de l'abomination. Ce que je peux vous dire, c'est que la prise des Tuileries a été d'une atrocité indicible contre la population du château. Une sauvagerie que l'imagination normale d'un être sain se refuse. On a pillé, on a tué, on a profané, hommes, femmes et même enfants ont été massacrés, brûlés vifs et mangés. Des actes de cannibalisme dans l'intérieur du château, dans les cuisines. Cela a été une abomination. On a bu du sang d'homme encore palpitant, on a arraché des coeurs d'hommes vivants. On a massacré jusqu'aux chiens. C'est une épouvante. L'assaut des Tuileries est une épouvante. Au son des hurlements des victimes de l'assaut, l'Assemblée législative a cru enfin être arrivé au terme de son projet, elle va gouverner la France avec un roi potiche. L'Assemblée croit qu'elle a gagné. Elle va décréter la suspension du roi, la convocation d'un Convention. Et, en fait, ses décrets sont prêts depuis des semaines. Tout cela est préparé, minutieusement. Les ministres sont déchus. on rappelle Roland, Sevran, et Clavière et en présence de la famille du roi entassée dans le logographe, on nomme un nouveau ministre de la justice, Danton. Et on décrète que le roi va être installé au Palais du Luxembourg où il attendra les décisions de la Convention, ce que 'le Peuple' va décider. Et le dauphin, qui doit avoir six, sept ans, aura pour gouverneur Petion.

 

... La famille royale va être gardée comme otage, et gardée par qui, par 300 'Marseillais'. Et qui dirige ? Ce n'est pas l'Assemblée. C'est la Commune insurrectionnelle, les 192 péquins nommés par 400. au cours de la nuit. La Commune donne les ordres et l'Assemblée, désormais, obéit. C'est une véritable dictature qui s'instaure, immédiate.

 

L'ancien Procureur du roi est devenu procureur de la Commune. La Commune, c'est l'Assemblée du Conseil général de la Commune et c'est un Tribunal. Petion est et reste maire de Paris. Le procureur de la Commune, c'est Manuel. Et il a un substitut qui s'appelle Billaud-Varenne. Le Conseil général de la Commune, c'est 144 officiers autour du maire qui discutent publiquement comme autour d'une Convention. Ils ont une espèce de gouvernement, il y a des tribunes, il y a des gens qui écoutent, qui applaudissent, et ce sont ces gens-là qui vont donner des ordres à l'Assemblée nationale. Marat, le fameux journaliste à qui la Commune achetait 10 000 exemplaires par jour, a son bureau à côté. Il est le journaliste officiel de la Commune.

 

Pour s'installer, les membres de la Commune ont besoin de leurs aises. Donc ils vont aller piller toutes les proriétés de l'Etat et de l'Eglise. Les meubles, les étoffes, l'argent, tout est bon... On pille les maisons des émigrés, on pille les églises, on leur enlève tous les objets de valeur. Tout est entassé dans les sales de la mairie et sera presque intégralement pillé, volé, disparu.

Il y aura une commission qui sera chargé des comptes, qui relèvera des soustractions, dilapidations, malversations, bris de scellés, violations de dépôts, infidélités. Et les gens qui étaient en charge de surveiller le dépôt, c'est-à-dire Servan, Marat, Panis, membres du Comité de Surveillance, et Tallien, préposé à la garde des Objets volés, seront nommés députés à la Convention...

 

Le 10 août, la Commune à l'Hôtel de Ville, mande Roland, ancien ministre de l'Intérieur, en ces termes :

 

'Monsieur le Commandant (Santerre), a été autorisé à faire chercher le ministre de l'Intérieur, et à défaut du ministre, à faire venir son premier commis.' C'est-à-dire que la Commune de Paris donne des ordres aux ministres.

 

Le soir même, la Commune insurrectionnelle ferme les portes de Paris. Et elle annonce le 11 au matin, que la sortie de la ville est provisoirement interdite. Cela veut dire que les députés de l'Assemblée législative ne peuvent pas sortir de Paris pour aller raconter à leurs mandats ce qui vient de se passer. Paris est coupée du reste de la France.

 

... Le 10 août au matin, le sieur Roland, grenadier du bataillon des Minimes, écrit à l'Assemblée pour demander la suppression de la procession ordonnée par le voeu de Louis XIII. Louis XIII avait ordonné que tous les ans à l'Assomption pour le 15 août, la France se mette en procession. C'est comme cela que ça se faisait à l'époque. Donc un sieur Roland (ce n'est pas l'autre Roland de la Platière) demande la suppression de la procession, l'Assemblée nationale décrète que l'édit de Louis XIII qui ordonne la procession est révoquée, sur la demande d'un citoyen. On appellait cela la 'Volonté du Peuple'.

 

... Le 16 août, quelqu'un vient dire à l'Assemblée qu''un grand nombre des effets précieux qui remplissaient autrefois les maisons royales ont disparu. Il y en avait beaucoup de meubles massifs en or et en argent, nous n'en avons trouvé aucun. Il est probable qu'ils ont été fondus, convertis en espèces et envoyés aux émigrés.' C'est-à-dire que la preuve, c'est l'absence de preuves. La preuve qu'il y en avait, c'est qu'il n'y en a plus. Ils faisaient déjà le coup avec les Jésuites. Quand les Jansénistes s'en prenaient aux Jésuites, ils disaient : il n'y a aucune preuve contre eux. Seuls eux sont capables de cacher des preuves à ce point-là. C'est donc bien la preuve que c'est eux... Cela, c'était dans l'affaire Damiens. On n'avait aucune trace de l'intervention des Jésuites dans cette affaire. Mais c'était eux, c'était la preuve que c'était eux... Ici, c'est la même logique. Cela s'appelle de la paranoïa. Une logique paranoïaque.

 

Le 17 août, on dénonce à l'Assemblée la ville de Sedan où on a fait prêter aux troupes le serment d'être fidèle à la nation, à la loi et au roi. On décrète la ville de Sedan en contre-révolution ouverte. Merlin déclare: 'Je demande à présent l'arrestation de tout le Conseil général de Sedan.' Cette proposition est décrétée. Et on fera pareil en Seine inférieure, en Ardennes, dans la Somme, la Moselle, dans la Haute-Loire. Qui n'est pas avec eux est contre eux. Si vous avez le malheur de vous dire fidèle au roi, attendez-vous au pire et il arrivera.

 

Le 17 août, on organise les élections au Tribunal correctionnel, par acclamations... Le même jour, la Commune prive de leurs droits civiques et déclare incapables de remplir aucune fonction, les signataires de la pétition contre l'insurrection du 20 juin. Des pétitions avaient été déposées pour soutenir le roi. Tous les signataires vont être déclarés incapables de remplir aucune fonction, c'est-à-dire qu'ils sont déchus de leur citoyenneté. Et tous ceux qui ont prêté serment à Lafayette.

 

Le 29 août, Danton propose de faire dans les sections un état de tous les citoyens nécessiteux qui sont propres au service militaire et de leur donner une paye. Tiens, tiens, qu'est-ce qu'ils préparent ? Le même jour on bat le tambour dans la rue pour annoncer que tous les citoyens absents de chez eux doivent rentrer et que toutes les maisons seront éclairées toute la nuit. Et que des 'visites domiciliaires' sont annoncées dans chaque quartier.

 

Et le 30 août, les prisons sont combles : on a passé la nuit à aller chercher les gens chez eux par des 'visites domiciliaires.' Le Conseil général de la Commune écrit: 'Il est arrêté que les prisons seront chargées de juger et d'examiner sous leurs responsabilités les citoyens arrêtés cette nuit.' Ah bon? Parce que maintenant les Sections vont être juges, cela va être des tribunaux ? On arrête les gens au milieu de la nuit sans leur dire pourquoi, pour les faire juger par les sections.

 

Le 31 août Tallien dit :

 

'Nous avons fait arrêter des conspirateurs. Et nous les avons mis entre les mains des tribunaux pour leur salut et celui de l'état. Nous avons fait arrêter les prêtres perturbateurs. Ils sont enfermés dans une maison particulière. Et sous peu de jour, le sol de la liberté sera purgé de leur présence.'

 

Se préparent ce que l'on va appeler 'les massacres de Septembre'.

 

On a rempli les prisons dans la nuit du 29 au 30 août.

 

Dimanche 2 septembre, au matin. Pierre Manuel, le procureur de la Commune fait fermer les barrières de la Ville. Personne ne sortira. Il réquisitionne les chevaux et fait donner les canons d'alarme. Les prisons sont bondées de politiques, de prêtres et de personnes arrêtées depuis le 10 août. Et les prêtres sont arrêtés à tour de bras. Manuel vient s'assurer en personne qu'on ne mélange pas les uns avec les autres. C'est-à-dire qu'il donne l'ordre de faire sortir les prisonniers pour dette et les prisonniers pour cause civile et militaire ou pour indiscipline. On va chercher dans les prisons les voleurs. Et à 14h30, que fait-on ? On lâche les assassins. Et commencent les Massacres de Septembre à l'Abbaye où se trouvent les prêtres. Et le soir, les massacres commencent au Châtelet où il n'y a que des prisonniers de droit commun. Il s'agit de tuer à coups de sabres, de piques, et de masses des centaines de gens désarmés. C'est une furie, une sauvagerie sans nom. Cela va durer cinq jours. Des flots de sang coulent des prisons. Bien heureux celui qui meurt du premier coup. Les mêmes scènes de barbarie, de cannibalisme et d'outrages qu'on avait vues aux Tuileries se répètent pendant 5 jours sur des civils désarmés et enfermés.

 

A Bicêtre, à l'Hôpital Général, lieu de renfermement des pauvres à l'intérieur duquel se trouve la prison de la prison. Bicêtre, c'est la prison des hommes. Ce sont les sectionnaires qui massacrent depuis le 2 septembre au soir jusqu'au 4 septembre dans l'aprés-midi.

 

Ecoutez bien, c'est très pénible à entendre, mais je crois qu'il faut dire ces choses-là. Un ancien garde de Bicêtre témoigne de ce que ces sauvages ont fait aux enfants de Bicêtre :

 

'Ils nous en ont tué trente-trois, les malheureux. Ils nous disaient les assomeurs : D'ailleurs nous l'avons pu le voir par nous-mêmes, ces pauvres enfants étaient bien plus difficiles à achever que les hommes faits. Vous comprenez, à cet âge, la vie tient bien. Ils nous en ont tué 33. On en avait fait des montagnes là dans ce coin, que l'on démolit à votre droite. Le lendemain, quand il a fallu les enterrer, c'était un spectacle à fendre l'âme. Il y en avait un qui avait l'air de dormir comme un ange du Bon Dieu. Tous les autres étaient horriblement mutilés.

 

Le lundi 3 (cela a commencé dimanche 2), les tueurs arrivent à la Salpêtrière, Hôpital général pour les femmes et les petites filles. Ils sont arrivés le soir, ont libérés les femmes qui leur plaisent ou qu'ils connaissent, et ils passent la nuit au dortoir des petites filles. Qu'est-ce que vous croyez qu'ils ont fait, pendant une nuit complète ? Un viol pédophile de masse, et le massacre des femmes a seulement commencé après. Et à la Salpêtrière, elles ont été assomées à mort.

 

Prudhomme, le fameux journaliste dont je vous ai parlé, très bien informé, vient voir Danton le 2 au matin, 4 heures avant le début des massacres. C'est donc bien que les massacres étaient programmés et qu'on savait qu'ils allaient arriver. Et Danton dit à Camille Desmoulins : 'Tiens, Prudhomme vient me demander ce qu'on va faire.' Camille Desmoulins dit à Danton:

 

'Tu ne lui as donc pas dit qu'on ne confondra pas les innocents avec les coupables ?' Ce qui prouve que c'est bien programmé.

 

Alors Danton lui explique qu'on allait procurer à ces coquins d'aristocrates qui sont prisonniers, des armes à feu et des poignards. A une heure indiquée de la nuit prochaine, on devait leur ouvrir les portes et ils se seraient répandus dans les différents quartiers pour égorger les femmes et les enfants des Patriotes qui partiront pour marcher. C'est-à-dire que Danton annonce qu'on va aller massacrer des gens qui s'apprêtaient à massacrer les Parisiens. Alors, essayez d'imaginer comment des gens qui sont enfermés dans des prisons peuvent sortir et aller massacrer qui que ce soit ?

 

Danton raconte cela à prudhomme, qui rien moins que naïf ne s'en laisse pas comter, et il demande que les autorités et les députés se répandent en ville pour appeler au calme. Parce que prudhomme n'a pas encore compris que c'est totalement organisé. Il croit que c'est simplement hors de contrôle au début.

 

Le 3 au matin, le Comité d'exécution dirigé par Marat rédige un appel qui sera contresigné par Danton:

 

'La Commune de Paris se hâte d'informer ses frères de tous les départements qu'une partie des conspirateurs féroces, détenus dans ses prisons a été mis à mort par le peuple.'

 

Alors les conspirateurs féroces : les petites filles de la Salpêtrière, et les petits garçons, les prêtres, les femmes, les voleurs ? Et mis à mort par qui ? Par 'le peuple' ? C'est 'le peuple' qui a commis les Massacres de Septembre ? On le dira !

 

'Actes de justice qui lui ont paru indispensables, pour retenir par la Terreur, les légions de traîtres cachés dans ses murs, au moment où il allaient marcher à l'ennemi et sans doute la Nation entière après une longue suite de trahison, qui l'ont conduite sur les bords de l'abîme, s'empressera d'adopter ce moyen si nécessaire de salut public. Et tous les Français s'écriront comme les Parisiens : Nous marchons à l'ennemi, mais nous ne laisseront pas derrière nous ces brigands, égorger nos enfants et nos femmes.'

 

C'est-à-dire que Marat, avec la signature de Danton lance un appel au meurte général de tous les prisonniers dans toute la France.

 

Qui a voulu et permis le massacre à l'arme blanche de 1500 civils captifs ? Ecoutons Robespierre qui dès le mois suivant d'octobre à la Convention, déclare :

 

'Avant d'abandonner leur foyer, leur femmme et leurs enfant, les vainqueurs des Tuileries veulent la punition des conspirateurs qui leur avaient été souvent promise. On courut aux prison, c'était un mouvement populaire, et non comme on l'a ridiculement proposé, la sédition partielle de quelques scélérats payés pour assassiner leurs semblables.'

 

He bien, monsieur Robespierre, ce n'est pas bien de mentir ! Robespierre savait très bien ce qu'il disait.

 

Il dira plus tard :

 

'L'univers, la postérité ne verra dans ces évènements que leur cause sacrée et leurs sublimes résultats. Vous devez les voir comme tels. Vous devez les juger non en juge de paix, mais en hommes d'état. Ne pensez pas que j'ai évoqué ces principes éternels parce que nous avons besoin de couvrir d'un voile quelques actions répréhensibles. Nous n'avons point failli. J'en jure par le trône renversé et par la république.'

 

Il le justifie a posteriori. Il justifie encore les mesures qui ont rempli les prisons et supprimé la presse royaliste. Ecoutez bien :

 

'Est-ce donc le Code criminel à la main qu'il faut justifier les précautions salutaires qui exigent le Salut public dans les temps de crise, amené par l'impuissance même des lois ? Que me reprochez-nous d'avoir briser illégalement les plumes mercenaires dont le métier était de propager l'imposture et de blasphémer contre la Liberté ?'

 

C'est-à-dire qu'on a supprimé la presse royaliste parce qu'elle blasphémait contre la liberté ! Ce n'est pas cinglé, cela ? Et il minimise l'horreur :

 

'On assure qu'un innocent a péri.'

 

1500 civils désarmés et au milieu un innocent...

 

'On ne sait plus à en exagérer le nombre sans doute. Mais un seul, citoyens, pleurez cette méprise cruelle, nous l'avons pleurée avant longtemps, mais que votre douleur ait un terme comme toutes les choses humaines. Gardons quelques larmes pour des choses plus touchantes.'

 

Petion est plus honnête. Il va le reconnaître, il va dire :

 

'Plusieurs de ces défenseurs de la Patrie croyaient que ces journées désastreuses et déshonnorantes étaient nécessaires, qu'elles purgeaient l'empire d'hommes dangereux, qu'elles portaient l'épouvante dans l'âme des conspirateurs et que ces crimes odieux en morale étaient utiles en politique'

 

Cela veut dire que cela a été préparé parce que c'était politiquement utile, politiquement correct.

 

Description de cette image, également commentée ci-aprèsCollot d'Herbois dira à propos de la journée du 2 septembre :

 

'Nous gémissons sur les maux particuliers produits, mais sans cette journée, la Révolution ne serait jamais accomplie. Sans le 2 septembre, il n'y aurait pas de Liberté, et il n'y aurait pas de Convention nationale.'

 

Et oui mesdames et messieurs, c'est comme cela qu'elle est venue la 'république' !

 

Jean-Louis Laneuville, Portrait de Barère (1794), Kunsthalle de Brême.Barrère :

 

'Cette journée dont il ne faudrait plus parler, car il ne faut pas faire le procès de la Révolution.' Ha bon ? 'présente aux yeux du vulgaire un crime car il y a eu violation des lois, mais aux yeux de l'homme d'état, elle présente deux grands effets : premièrement de faire disparaître ces conspirateurs que le glaive de la loi semblait ne pas pouvoir atteindre.' He bien oui, les prêtres, la Princesse de Lamballe, les femmes, les enfants, etc.

 'Et d'anéantir tous les projets désastreux enfantés par l'hydre du feuillantisme, du royalisme et de l'aristocratie qui levait sa tête hideuse.

 

Portrait de Marat par Joseph Boze (1793), musée Carnavalet.Marat a dit, au 30 aôut, c'est-à-dire deux jours avant, au cours d'une réunion qu'il fallait : 

 

'effrayer la Convention prête à se réunir, par un coup de vigueur capable de la faire trembler devant la Commune de Paris, et que l'on ferait, par ce moyen, marcher à son gré'

 

Il proposa tranquillement 'l'égorgement de prisonniers, dont selon lui, la mort délivrerait Paris d'autant d'ennemis de la 'république'.

 

Elle arrive la république, elle arrive...'L'évènement des 2 et 3 septembre a été uniquement provoqué par l'indignation du peuple qui a craint de se voir esclave de tous les traîtres qui ont si longtemps causé ses désastres et ses malheurs' Les gens enfermés dans les prisons.'Qui de vous messieurs ont osé me faire un crime d'avoir appelé sur les têtes coupables des scélérats la hâche des vengeances populaires ?

 

Et bien, les massacres de Septembre - c'est dit ici - ont été organisés pour terroriser les députés de la Convention. C'était un programme.

 

Les données incontestables de ces massacres :

 

1500 personnes ont été massacré à l'arme blanche pendant 5 jours par même pas 200 assassins, alors que Paris avait 50 000 gardes nationaux. Les massacres ont duré 5 jours pleins dans 9 prisons disséminées dans Paris. Un nombre considérable de détenus ont été mis en liberté sans raison apparente dans les deux jours précédents. Des listes de prisonniers avaient été remises à Danton juste avant. On a quantité de preuves que les massacreurs ont été rémunérés. Des factures, des quittances, des bons, des procès verbaux des sections. On a leur nom, leur profession et leur adresse sur les factures, les quittances qu'ils ont signées eux-mêmes. 200 personnes ont été payées à aller massacrer 1500 prisonniers. La république arrive !

 

'On va organiser des élections à la Convention.' Non, on ne va pas organiser des élections à la Convention, on est en train de les organiser. La convocation à la Convention date du 10 août. Elle dit que tout Français âgé de 21 ans vivant du produit de son travail et non domestique, va pouvoir être électeur. Il n'y a plus de citoyen actif ou passif, on se rapproche du suffrage universel masculin. Alors que dans les anciennes institutions, les femmes votaient. Là, elles ne votent plus. Mais c'est un suffrage indirect, c'est-à-dire que des assemblées primaires vont nommer des électeurs qui vont nommer des députés. Et bien ces élections se sont déroulées pendant les massacres de Septembre. C'est-à-dire que Paris était fermé, il fallait des passeports pour sortir. Vous avez compris à qui il fallait les demander... L'assemblée des députés par les électeurs s'est déroulée dans Paris dans la Salle des Jacobins. Le vote s'est déroulé à voix haute, par appel nominal, en présence du public, et pendant les massacres. Qui représente qui à cette Assemblée qu'on nomme Convention ? L'abstention sur le territoire de France a été de 90%. Alors que le mode de scrutin était élargi sur 7 millions de votants potentiels, seuls 700 000 se sont déplacés. Ces 700 000 vont élire 749 députés.

 

Le 20 septembre a lieu la 'Victoire de Valmy'. (L'agenda fait bien les choses NdCR...) Valmy, vous savez c'est le 'Vive la Nation' et les Sans-culottes qui se précipitent contre les Armées coalisées contre la France révolutionnaire. D'un côté, Dumouriez pour la France et de l'autre Brunswick. Et c'est la 'victoire du peuple sans-culotte contre les armées royales'. Vous avez entendu dire cela ? Et bien je vais vous expliquer un truc qu'on sait maintenant : Dumouriez et Brunswick étaient deux francs-maçons qui appartenaient tous les deux à l''Ordre de St Jean l'Evangéliste d'Asie et d'Europe'. C'est un nom ronflant d'une partie de la secte satanique issue du sabbataïsme frankiste qui prône l'ordre par le chaos et l'ordre par le mal pour le mal. La bataille de Valmy n'a pas eu lieu : Brunswick s'est retiré. C'est cela 'la victoire'. La république a été proclamée (le lendemain) le 21 septembre (1792) à l'unanimité. La Convention réunie avait rassemblé 200 députés sur 749. Les autres n'étaient pas encore arrivés. Le quorum (nombre minimal de membres d'un corps délibératif nécessaire à la validité d'une décision) n'était même pas atteint. La proclamation de la république est totalement illégale. 200 individus sous influence et sous une pression de Terreur, et ce n'est pas une terreur psychologique - le sang coulait dans les rues -, venaient d'abolir douze siècles de monarchie, 'au nom du Peuple'... C'est quoi les valeurs de la république au fait ? Connais plus !

Selon un commentaire de Marion Sigaut sur le site "Egalité & réconciliation", ses sources sur la naissance de la république sont :

 

Enquête sur le procès du roi Louis XVI, par Paul et Pierrette Girault de Coursac

Histoire des Girondins et les massacres de septembre, Granier de Cassagnac : https://books.google.fr/books?id=1d...

Histoire impartiale des révolutions en France, Louis-Marie Prudhomme.

Enfin les ouvrages d’Augustin Cochin.

Le régime a été sapé par les sociétés de pensée (la FM) et le plan était également international. l’Angleterre voulait notre destruction, le cousin du roi (Philippe d’Orléans) a mis toute son énergie à tout détruire.

La crise financière a fait le reste. Pendant TOUTE la révolution le peuple a eu faim. Sans discontinuer. Les riches se vautraient dans l’opulence, comme jamais avant.

 

Source: http://www.egaliteetreconciliation.fr/Naissance-de-la-Republique-Une-conference-de-Marion-Sigaut-36268.html

 

Notes

 

[1] Sophie Coignard a pu parler d'état dans l'Etat à propos de la franc-maçonnerie.

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 09:24

Le professeur Roberto de Mattei nous alerte sur les évènements actuels dans l'Eglise et le monde, par le biais d'une parabole tirée de l'Histoire, le Sac de Rome par les troupes de Charles-Quint, en 1527.

Le sac de Rome, gravure de Martin van Heemskerck (1527).

Le sac de Rome, gravure de Martin van Heemskerck (1527).

Le Professeur Roberto de Mattei a écrit un article "Le Sac de Rome. Un châtiment miséricordieux" et qui a été traduit et publié par le site "Benoît-et-moi".

 

"Dans son dernier billet, Roberto de Mattei nous alerte sur les évènements actuels dans l'Église et le monde, par le biais d'une parabole tirée de l'Histoire, le Sac de Rome par les troupes de Charles-Quint, en 1527. Et il ne craint pas de parler de "châtiment divin".

J'ai personnellement été frappé de voir qu'avant les terribles événements du sac de Rome de 1527, "il y avait eu des avertissements comme, par exemple, un éclair de foudre tombé sur le Vatican".

Bien qu'il soit difficile de donner l'interprétation exacte d'un tel phénomène, nous sommes en droit de penser qu'il s'agit là d'un signe annonciateur de grands troubles et de la colère qui vient.

Voici donc le texte du Professeur de Mattei :



Le sac de Rome. Un châtiment miséricordieux

1er décembre 2015

"L'Eglise vit une époque d'égarement doctrinal et moral. Le schisme a explosé en Allemagne, mais le pape ne semble pas réaliser l'ampleur de la tragédie. Un groupe de cardinaux et d'évêques a préconisé la nécessité d'un accord avec les hérétiques. Comme il arrive toujours dans les pires heures de l'histoire, les événements se succèdent très rapidement.

Le dimanche 5 mai 1527, une armée descendue de Lombardie atteignit le Janicule. L'empereur Charles-Quint, rendu furieux par l'alliance politique du pape Clément VII avec son adversaire, le roi de France François Ier, avait envoyé une armée contre la capitale de la chrétienté. Ce soir-là, le soleil se coucha pour la dernière fois sur la beauté éblouissante de la Rome de la Renaissance. Environ 20 mille hommes, italiens, espagnols et allemands, dont les mercenaires lansquenets, de confession luthérienne, se préparent à prendre d'assaut la ville éternelle. Leur commandant leur avait donné la permission de piller. Toute la nuit, la cloche du Capitole sonna à la volée pour appeler les Romains aux armes, mais il était trop tard pour improviser une défense efficace. A l'aube du 6 mai, à la faveur d'un épais brouillard, les lansquenets se ruèrent à l'assaut des murs, entre Sant'Onofrio al Janicolo et Santo Spirito in Sassia (deux églises romaines). Les gardes suisses se rassemblèrent autour de l'obélisque du Vatican, décidés à rester fidèle à leur serment jusqu'à la mort. Les dernier d'entre eux furent sacrifiée sur l'autel de la basilique Saint-Pierre. Leur résistance permit au pape de prendre la fuite, avec quelques cardinaux. A travers le Passetto del Borgo, un passage reliant le Vatican au Chateau Saint-Ange, Clément atteignit la forteresse, seul rempart resté contre l'ennemi. Du haut des gradins le pape assista au terrible carnage commencé avec le massacre de ceux qui avaient afflué vers les portes du château pour trouver un abri, tandis que les malade de l'hôpital Santo Spirito in Sassia étaient truicidés à coups de lance et d'épée .

La licence illimitée de voler et de tuer dura huit jours et l'occupation de la ville, neuf mois. «L'enfer n'est rien en comparaison de l'aspect qu'a maintenant Rome», lit-on dans un rapport vénitien du 10 mai 1527, repoduit par Ludwig von Pastor.

Les religieux furent les principales victimes de la fureur des lansquenets. Les palais des cardinaux furent pillés, les églises profanées, des prêtres et des moines tués ou faits esclaves, les religieuses violées et vendues sur les marchés. On vit des parodies obscènes de cérémonies religieuses, des calices de messe utilisés pour s'enivrer parmi les blasphèmes, des hosties consacrées rôties dans des poêles et données en nourriture aux animaux, des tombeaux de saints violés, les têtes d'apôtres, comme celle de Saint André, utilisées pour jouer à la balle dans les rues. Un âne fut revêtu d'habits ecclésiastiques et conduit à l'autel d'une église. Le prêtre qui refusa de lui donner la communion fut mis en pièces. La ville fut outragée dans ses symboles religieux et dans ses souvenirs les plus sacrés.

Clément VII, de la famille des Médicis n'avait pas répondu à l'appel de son prédécesseur Adrien VI pour une réforme radicale de l'Eglise. Martin Luther répandait ses hérésies depuis dix ans, mais la Rome des Papes continuait à être immergée dans le relativisme et l'hédonisme. Les Romains, toutefois, n'étaient pas tous corrompus et efféminés, comme semble le croire l'historien Gregorovius. Ces nobles, tels Jules Vallati, Giambattista Savelli et Pierpaolo Tebaldi, qui, hissant une bannière avec l'enseigne "Pro Fide et Patria", opposèrent l'ultime résistance héroïque au Pont Sixte (pont sur le Tibre) ne l'étaient certes pas; pas non plus les élèves du Collège Capranica, qui accoururent et moururent au Pont Saint-Esprit pour défendre le pape en danger. A cette hécatombe l'institution ecclésiastique romaine doit le titre de "Almo". Clément VII se sauva et gouverna l'Église jusqu'en 1534, affrontant, après le schisme luthérien, celui anglican, mais avoir assisté sans pouvoir rien faire au pillage de la ville, fut pour lui plus dur que la mort elle-même.

Le 17 Octobre 1528, les troupes impériales abandonnèrent une ville en ruines. Un témoin oculaire, un Espagnol, nous offre un tableau terrifiant de la ville un mois après le sac: «A Rome, capitale de la chrétienté, aucune cloche ne sonne plus, aucune église n'est ouverte, on ne dit plus de messe, il n'y a plus ni dimanche ni jour de fête. Les riches boutiques des marchands servent d'écuries pour les chevaux, les plus splendides palais sont dévastés, de nombreuses maisons ont été incendiées, d'autres réduites en pièces, privées de portes et de fenêtres, les rues sont transformées en fumier. C'est l'horrible puanteur des cadavres: les hommes et les bêtes ont la même sépulture; dans les églises, j'ai vu des cadavres rongés par les chiens. Je ne trouve rien d'autre à comparer à cela, sauf la destruction de Jérusalem. Maintenant, je reconnais la justice de Dieu, qui n'oublie pas, même si elle vient tard. A Rome se commettaient ouvertement tous les péchés: sodomie, simonie, idolâtrie, hypocrisie, tromperie; c'est pourquoi nous ne pouvons pas croire que cela soit arrivé par hasard. Mais par la justice divine».

Le Pape Clément VII commanda à Michel-Ange le Jugement Dernier dans la Chapelle Sixtine comme pour immortaliser le drame que l'Église de Rome avait subi durant ces années,. Tous comprirent qu'il s'agissait d'un châtiment du Ciel. Il y avait eu des avertissements, comme [par exemple] un éclair de foudre tombé sur le Vatican et l'apparition d'un ermite, Brandano da Petroio, vénéré par les foules comme «le fou du Christ», et qui le jour du Jeudi Saint 1527, tandis que Clément VII bénissait la foule à Saint-Pierre, avait crié: «bâtard sodomite, pour tes péchés Rome sera détruite. Confesse toi et convertis toi, parce que dans 14 jours, la colère de Dieu s'abattra sur toi et sur la ville».

L'année précédente, fin août, les armées chrétiennes avaient été défaites par les Ottomans sur le champ de Mohács. Le roi de Hongrie Louis II Jagellon mourut dans la bataille et l'armée de Soliman le Magnifique occupa Buda. La vague islamique semblait inexorable en Europe.

Et pourtant, l'heure du châtiment fut, comme toujours, l'heure de la miséricorde. Les hommes d'église réalisèrent à quel point, follement, ils avaient poursuivi l'attrait du plaisir et de la puissance. Après le terrible sac, la ville changea profondément. La Rome jouisseuse de la Renaissance se transforma en la Rome austère et pénitente de la Contre-Réforme.

Parmi ceux qui souffrirent du Sac de Rome, figurait Gian Matteo Giberti, évêque de Vérone, mais qui résidait alors à Rome. Emprisonné par les assiégeants, il jura qu'il n'abandonnerait jamais sa résidence épiscopale, s'il était libéré. Il tint parole, retourna à Vérone et il se consacra avec toutes ses énergies à la réforme de son diocèse, jusqu'à sa mort en 1543. Saint-Charles Borromée, qui sera le modèle des évêques de la Réforme catholique s'inspirera de son exemple.

Etaient également à Rome Carlo Carafa et saint Gaétan de Thiene qui, en 1524, avaient fondé l'ordre des Théatins, un institut religieux raillé pour sa position doctrinale intransigeante et pour l'abandon à la divine Providence au point d'attendre l'aumône sans jamais la demander. Les deux co-fondateurs de l'ordre furent emprisonnés et torturés par les Lansquenets et échappèrent miraculeusement à la mort. Lorsque Carafa devint cardinal et président du premier tribunal de la Sainte Inquisition romaine et universelle, il voulut à ses côtés un autre saint, le père Michele Ghislieri, un dominicain. Les deux hommes, Carafa et Ghislieri, sous les noms de Paul IV et de Pie V, seront les deux papes par excellence de la Contre-Réforme catholique du XVIe siècle. Le Concile de Trente (1545-1563) et la victoire de Lépante contre les Turcs (1571) démontrèrent que, même dans les heures les plus sombres de l'histoire, avec l'aide de Dieu, la renaissance est possible:, mais aux origines de cette renaissance, il y avait eu le châtiment purificateur du Sac de Rome."

Source

via Le Forum catholique

Châtiment divin : un éclair avait frappé le Vatican
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Publié par Ingomer - dans Histoire
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