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Christ Roi

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Horloge

20 octobre 2016 4 20 /10 /octobre /2016 00:00

Sainte-Adeline--abbesse-en-Normandie----v.-1125-.jpgSainte Adeline (ou Aline), abbesse en Normandie († v. 1125)

 

Petite-fille de Guillaume le Conquérant et une noble dame de cette famille de Normandie (1) Adeline fut la première abbesse de l'abbaye des "Dames Blanches" (appelées ainsi en raison de la couleur de leur habit) à Mortain dans le département de la Manche en Normandie. (2)

La Règle suivie par cette maison religieuse était celle de saint Benoît avec quelques observances de la tradition cistercienne. (3)

 

"Sœur de saint Vital, abbé de Savigny, elle était comme lui attirée par la vie monastique et fonda un groupe de moniales au Neufbourg près de Mortain. Lorsque Vital fit bâtir un couvent à Mortain, la communauté s'y installa en adoptant la règle et l'habit de Cîteaux. On l'appela " abbaye des Dames Blanches " et plus tard " Abbaye Blanche ". Avec Adeline on fête ce jour les autres saints de Savigny, saint Geoffroy, abbé, et saint Guillaume Niobé, religieux." (diocèse de Coutances et Avranches - calendrier diocésain)


À Savigny en Normandie, vers 1125, sainte Adeline, première abbesse du monastère de Mortain, qu’elle avait construit avec l’aide de son frère saint Vital.  (4)

 

Martyrologe romain

 

 

Sources: (1); (2); (3); (4)

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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 15:01

Dans son dernier ouvrage, Les cloches sonneront-elles encore demain ?, Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France (MPF), s'inquiète d'une "islamisation" de la France. L’ancien eurodéputé y dénonce un islam hégémonique et ce qu’il considère comme la complaisance des responsables politiques à l'égard de cette menace. Dans cet essai, paru le 12 octobre chez Albin Michel, le souverainiste met aussi en garde contre un risque de guerre civile.

 

"Double allégeance". "Si j’ai écrit ce livre c’est parce que […] il y a des gens dans l’appareil d’Etat et les services de renseignement qui n’en peuvent plus de ne pas être écoutés", a assuré Philippe de Villiers, invité lundi du Club de la Presse d’Europe 1. Il dénonce notamment la politique étrangère française, déterminée selon lui par une "double allégeance", "à l’Amérique qui nous entraîne dans toutes ses aventures avec l’OTAN, et l’allégeance à l’Arabie saoudite et au Qatar puisque nous sommes devenus les alliés des semenciers du djihad", estime Philippe de Villiers, qui ajoute : "c’est l’Arabie Saoudite qui finance et soutient le salafisme, pendant que le Qatar installe, soutient et finance les Frères musulmans".

 

...le patron du MPF estime que les responsables politique pourraient être contraints, pour mettre fin à la menace islamique sur le territoire national, d’accepter une partition du pays avec certains musulmans. "Selon les services de renseignement, la classe politique se prépare, en tous cas, une partie d’entre-elle, à signer le jour venu un nouvel édit de Nantes, au terme duquel il y aura une grande concession du territoire national où il y aura des bouts de France qui seront soumis à la charia", assure Philippe de Villiers qui en veut pour preuve les propos rapportés du chef de l’Etat dans le livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, Un président ne devrait pas dire ça : "Comment peut-on éviter la partition, car c’est quand même cela qui est en train de se produire".

Philippe de Villiers : "la classe politique se prépare à signer le jour venu un nouvel édit de Nantes où il y aura des bouts de France qui seront soumis à la charia" (Europe 1)

Source: Philippe de Villiers : "L’adversaire, c’est l’islam conquérant, beaucoup plus que Daech", Europe 1, 20h23, le 17 octobre 2016, modifié à 21h26, le 17 octobre 2016

 

Note de Christ-Roi. La différence entre la situation d'aujourd'hui et la situation de l'édit de Nantes donné par Henri IV (droits de culte, civils et politiques donnés aux protestants dans certaines parties du royaume, places fortes dont les protestants se servirent pour relancer leur guerre contre la monarchie sous Louis XIII...) est que nous sommes dans une situation pire que celle de 1598.

Aujourd'hui nous sommes désarmés dans un Etat soit-disant "laïc" (en réalité maçonnique), où le vide laissé par la laïcité est rempli par l'"islam de France" (sic). Cette situation eut été impensable du temps de l'édit de Nantes où, depuis le baptême de Clovis, la France est la fille aînée de l'Eglise... La France, officiellement catholique était armée moralement et spirituellement pour résister aux contre-société. La France catholique résista à La Rochelle en 1628, elle résista et lutta contre l'hérésie et contre l'usure jusqu'en 1789. Aujourd'hui elle ne peut plus résister. N'étant plus catholique, elle se désagrège. N'ayant plus de roi à sa tête pour incarner le principe d'unité du divin et de l'humain, le vide laissé est rempli par d'autres réalités.

Selon le mot du duc d'Anjou, récemment : "la laïcité républicaine est un leurre", qui "nous coupe en réalité de nos racines séculaires et le vide idéologique laisse la place à toutes les idéologies mortifères."

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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 14:17

Le Professeur Roberto de Mattei a écrit un article pour le site "Correspondance européenne": "Europe : de l’invasion migratoire à la guerre civile". Un plan organisé visant à la déconstruction et la tribalisation de l’Europe est la finalité du processus révolutionnaire. Le nihilisme, l'"abîme du chaos", le "néant armé" selon la formule de Mgr Gaume en est le but et le moyen. Rappelons que l'ordre maçonnique par le chaos  est une devise de la franc-maçonnerie.

De l’invasion migratoire à la guerre civile

Désormais, même les plus réticents commencent à ouvrir les yeux. Il existe un plan organisé pour déstabiliser l’Europe via l’invasion migratoire. Ce projet vient de loin. Depuis les années 80, dans le livre De l’utopie du progrès au règne du chaos (L’Age d’Homme, Lausanne 1993), je décrivais ce projet à travers les mots de certains de ses «apôtres», comme l’écrivain Umberto Eco et le cardinal Carlo Maria Martini.

 

Eco écrivait: «Aujourd’hui, en Europe nous ne sommes pas face à un phénomène d’immigration. Nous sommes confrontés à un phénomène migratoire (…) et comme toutes les grandes migrations, il aura comme résultat final une réorganisation ethnique des terres de destinations, un changement inexorable des mœurs, une hybridation imparable qui changera statistiquement la couleur de la peau, des cheveux, des yeux, des populations».

 

Le cardinal Martini, pour sa part, estimait nécessaire «un choix prophétique» pour comprendre que «le processus migratoire en cours depuis le Sud de plus en plus pauvre vers le Nord de plus en plus riche est une grande opportunité éthique et civile pour un renouveau, pour inverser le cours de la décadence du consumérisme en cours en Europe occidentale».

 

Dans cette perspective de «destruction créatrice», je commentais: «ce ne serait pas les immigrés qui devraient s’intégrer dans la civilisation européenne, mais ce serait au contraire l’Europe qui devrait se dés-intégrer et régénérer grâce à l’influence des ethnies qui l’occupent (… ) C’est le rêve d’un désordre créateur, d’un choc semblable à celui qui donna une nouvelle vie à l’Occident à l’époque des invasions barbares pour générer la société multiculturelle du futur».

 

Le plan était, et reste, celui de détruire les Etats-nations et leurs racines chrétiennes, non pas pour construire un Super-Etat, mais pour créer un non-Etat, un horrible vide, où tout ce qui a l’apparence du vrai, du bon, du juste, est englouti dans l’abîme du chaos. La postmodernité, c’est cela: non pas un projet de «construction», comme l’avait été la pseudo-civilisation née de l’humanisme et des Lumières, et qui a débouché sur les totalitarismes du XXe siècle, mais une utopie nouvelle et différente: celle de la déconstruction et de la tribalisation de l’Europe. La finalité du processus révolutionnaire qui depuis de nombreux siècles attaque notre civilisation est le nihilisme; le «néant armé», selon l’heureuse formule de Mgr Jean-Joseph Gaume (1802-1879).

 

Les années ont passé et l’utopie du chaos s’est transformée dans le cauchemar que nous vivons. Le projet de désintégration de l’Europe, décrit par Alberto Carosa et Guido Vignelli dans leur étude documentée L’invasione silenziosa. L’“immigrazionismo”: risorsa o complotto? (Rome 2002), est devenu un phénomène historique. Ceux qui dénonçaient ce projet étaient qualifiés de «prophète de malheur» Aujourd’hui, nous nous entendons dire que c’est un processus irréversible, qui doit être «gouverné», mais qui ne peut pas être freiné. On disait la même chose du communisme dans les années soixante-dix et quatre-vingt du XXe siècle, jusqu’à ce qu’arrive la chute du mur de Berlin, pour démontrer que rien n’est irréversible dans l’histoire, sauf peut-être l’aveuglement des «idiots utiles». Parmi ces idiots utiles il faut certainement compter les maires de New York, Paris et Londres, Bill de Blasio, Anne Hidalgo et Sadiq Khan, qui le 20 Septembre, à l’Assemblée générale des Nations Unies, dans une lettre au New York Times, intitulée Our immigrants, our strenght (Nos immigrants, notre force), ont lancé un appel à «prendre des mesures décisives pour garantir les secours et un refuge sûr aux réfugiés fuyant les conflits et aux migrants fuyant la pauvreté».

 

Les centaines de milliers d’immigrés qui arrivent sur nos côtes ne fuient ni les conflits, ni la misère. Ce sont des jeunes hommes en excellente santé, d’apparence soignée, sans aucun signe de blessure ou de malnutrition, comme cela arrive à ceux qui viennent de zones de guerre ou de faim. Le coordinateur de l’anti-terrorisme de l’Union européenne, Gilles de Kerchove, parlant le 26 Septembre au Parlement européen, a dénoncé une infiltration massive d’ISIS parmi ces immigrés. Mais même si, parmi eux, les terroristes étaient une infime minorité, tous les clandestins qui débarquent en Europe sont porteurs d’une culture antithétique à celle chrétienne et occidentale. Les migrants ne veulent pas s’intégrer en Europe, mais la dominer, sinon avec des armes, à travers les ventres de leurs et de nos femmes.

 

Là où ces groupes de jeunes hommes musulmans s’installent, les femmes européennes deviennent enceintes, de nouvelles familles «mixtes», soumises à la loi du Coran se forment, les nouvelles familles réclament à l’Etat des mosquées et des subsides économiques. Cela se fait avec l’appui des maires, des préfectures et des paroisses catholiques. La réaction de la population est inévitable et dans les pays ayant un taux élevé d’immigration comme la France et l’Allemagne, elle est en train de devenir explosive. «Nous sommes au bord d’une guerre civile», a déclaré Patrick Calvar, chef de la DGSI, la Direction générale de la sécurité intérieure française, devant une commission parlementaire (Le Figaro, 22 Juin 2016).

 

Le gouvernement allemand, pour sa part, a élaboré un «plan de défense civile» de 69 pages, qui appelle la population à faire des stocks de nourriture et d’eau et à «se préparer de manière appropriée pour un événement qui pourrait menacer notre existence» (Reuters, 21 Août 2016).

 

Qui sont les responsable de cette situation? Il faudrait les chercher à plusieurs niveaux. Il y a bien sûr la classe dirigeante postcommuniste et soixanthuitarde, qui a pris en main les rênes de la politique européenne; il y a des intellectuels qui ont élaboré des théories déformées dans les domaines de physique, de la biologie, de la sociologie, de la politique; il y a les lobbies, la franc-maçonnerie, les potentats financiers, agissant parfois dans l’obscurité, parfois en plein jour.

 

On connaît, par exemple, le rôle du financier George Soros et sa fondation internationale Open Society. A la suite d’une attaque de hacker, plus de 2 500 courriels ont été volés au serveur du magnat américano-hongrois et diffusés sur Internet, via le portail DC Leaks. De la correspondance privée soustraite à Soros émerge son financement d’activités subversives dans tous les domaines, de l’agenda LGBT aux mouvements pro-immigration. À partir de ces documents, Elizabeth Yore, dans une série d’articles sur The Remnant, a démontré le soutien de Soros, directement ou indirectement, également au pape Bergoglio et à certains de ses plus proches collaborateurs, comme le cardinal Oscar Andres Rodriguez Maradiaga et l’archevêque Marcelo Sanchez Sorondo.

 

Entre George Soros et le Pape François, une convergence stratégique objective apparaît. La politique de l’accueil, présentée comme la «religion des ponts» par opposition à la «religion des murs», est devenue le leitmotiv du pontificat de François, au point que certains se demandent si son élection n’a pas été favorisée justement dans le but d’offrir aux artisans de l’invasion migratoire l’«endorsment» moral dont ils ont besoin. Ce qui est certain, c’est qu’aujourd’hui, la confusion dans l’Eglise et celle dans la société vont de pair. Le chaos politique prépare la guerre civile, le chaos religieux ouvre la voie aux schismes, qui sont une sorte de guerre civile religieuse.

 

L’Esprit Saint, auquel les cardinaux ne correspondent pas toujours dans le conclave, ne cesse pourtant pas d’œuvrer, et alimente désormais le sensus fidei de ceux qui s’opposent aux projets de démolition de l’Eglise et de la société. La Divine Providence ne les abandonnera pas. (Roberto de Mattei)

 

Source: Correspondance européenne

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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 13:31

L’ancien ministre de l’économie pratique l’art du grand écart. Celui qui livrait une réflexion inattendue sur la figure du roi il y a un an, puis visitait Philippe de Villiers au parc du Puy du Fou en août, est également un conférencier du Grand Orient de France ; le 21 juin, Emmanuel Macron planchait dans les loges lors d’une tenue blanche fermée. Rebelote en septembre. Tandis que, le 6, il petit-déjeunait « de manière discrète » avec des prêtres influents du diocèse de Versailles – puis le faisait savoir –, il affirmait sur TF1 et dans la presse régionale vouloir réunir « tous les progressistes contre les conservateurs ».

Peu de temps après, il déclarait sur la chaîne I24news que « les réfugiés sont une opportunité économique pour la France ». Macron, candidat progressiste ? C’est ce que suggère l’analyse de ses principaux soutiens. Son association – En Marche – est apparue comme une émanation de l’Institut Montaigne, un lobby libéral financé par les grandes multinationales européennes et américaines, favorable à l’immigration et à l’Union européenne. A son lancement, le mouvement d’Emmanuel Macron était domicilié à l’adresse personnelle de Laurent Bigorgne, le directeur de l’Institut Montaigne.

Pour monter sa campagne médiatique, En Marche a puisé dans les réseaux très puissants de Dominique Strauss-Khan. La communication est assurée par Ismaël Emelien, un homme formé chez le géant de la publicité Euro RSCG, l’entreprise qui contrôle (avec Publicis) la majeure partie des annonces payantes passées dans les médias. Pour vendre l’image de l’ancien ministre (clips, meetings, etc.), En Marche a passé contrat avec la plus grosse entreprise de stratégie électorale en Europe, Liegey Muller Pons. La machine est bel et bien « en marche »…

"En marche" arrière avec Macron au Grand Orient
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Publié par Ingomer
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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 12:53

Matt C. Abbott est un journaliste catholique correspondant au “New York Times” et au “Chicago Tribune”. Il raconte que très récemment, il a posé à Mgr René Henry Gracida, Evêque émérite de Corpus Christi (Texas) la question suivante : « Diriez-vous que le pontificat [de François] a été jusqu’à présent plus hétérodoxe et déroutant qu’orthodoxe et édifiant ? »

La réponse de Mgr Gracida a été : « Oui. »

Et il a ajouté :

 

« La plupart des catholiques ne sont pas conscients qu'il y a eu, au cours de l’histoire de l’Eglise, des pape qui soit ont enseigné des hérésies, soit ont échoué dans leur devoir de réprimer l’hérésie. Or, ce qui est arrivé autrefois peut se produire de nouveau.

Quelques exemples. Le pape Nicolas I (858-867) avait enseigné que le baptême était valide, qu’il soit administré au nom des trois personnes de la Sainte Trinité ou au seul nom du Christ. Le pape Nicolas se trompait. Le baptême administré au seul nom du Christ est invalide.

Pour justifier un arrangement avec les hérétiques, le pape Honorius (625-638) avait déclaré en 634 : “Nous devons faire attention de ne pas raviver les querelles anciennes.” A partir de cet argument, le pape a permis la libre propagation des erreurs avec comme résultat le bannissement de la vérité et de l'orthodoxie.

Au VIIe siècle, S. Sophrone de Jérusalem, presque seul, s’oppose au pape Honorius et l’accuse d’hérésie. Finalement, le pape se repent, mais il meurt sans réparer le préjudice incommensurable qu’il a fait à l’Eglise en cherchant toujours les compromis. Par la suite, le troisième concile de Constantinople (680-681) le considèrera anathème, jugement qui sera confirmé par le pape saint Léon II.

Lors de la fête de la Toussaint de 1331, le pape Jean XXII (1316-1334), alors à Avignon, enseigne que l’âme ne peut pas entrer dans la vision béatifique de Dieu tant que la résurrection des corps qui doit se faire au dernier jour n’a pas eu lieu. Les théologiens de l’Université de Paris reprennent le souverain pontife en lui montrant que son enseignement est une hérésie. Ce n’est que peu de temps avant sa mort, en 1334, que Jean XXII a reconnu son erreur et s’est rétracté. »

Et Mgr Gracida de conclure : « Un pape jouit de la pleine infaillibilité promise par le Christ uniquement quand il remplit chacune des conditions suivantes :

- il enseigne sur une question de foi et de morale,

- il enseigne au monde entier,

- il enseigne après une longue consultation des évêques et des théologiens,

- il proclame son enseignement d’une manière solennelle devant une grande assemblée de cardinaux, de patriarches, d’évêques, de prêtres et de laïcs.

Si ces conditions ne sont pas toutes remplies, le pape ne fait que donner une conférence de presse et ne bénéficie pas du charisme de l’infaillibilité promise par le Christ. »

 

"Il y a eu, au cours de l’histoire de l’Eglise, des papes qui ont enseigné des hérésies" (Mgr René Henry Gracida)
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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 00:00
Saints Martyrs Canadiens, missionaires s.j. († 1642/1649)

Vers le milieu du XVIIe siècle (1642-1649) une vaillante légion de Jésuites travaillait, dans le Canada encore à peu près sauvage, à la conversion de peuplades féroces, parmi lesquelles étaient surtout les Iroquois. Alors s'ouvrit pour les missionnaires ce que l'on a justement appelé « l'ère des martyrs ».

 

La célébration liturgique des saints martyrs canadiens a lieu le 26 septembre au Canada (solennité) et le 19 octobre dans l'Église universelle.

 

Les saints martyrs canadiens : Jean de Brébeuf, Isaac Jogues, Gabriel Lalemant, Charles Garnier, Antoine Daniel, Noël Chabanel, René Goupil, Jean de La Lande, canonisés en 1930, patrons secondaires du Canada depuis 1940, sont devenus des figures nationales proposées en exemples à l'Église Universelle.

 

Saint-Isaac-Jogues.png
Saint Isaac Joguès

Parmi les premières victimes, on compte le Père Isaac Jogues qui aurait pu se soustraire une première fois au martyre en 1642 ; mais il ne voulut pas se séparer de ses chrétiens, prisonniers des Iroquois. Après des supplices aussi inouïs que variés, il fut arraché à la mort et ramené en France. Mais son cœur était resté au Canada. Il y revint en 1646, et y reçut bientôt la palme d'un martyre glorieux. Parmi ses compagnons d'apostolat, les coadjuteurs  René Goupil et Jean de La Lande, tombèrent aussi sous la hache des iroquois, en haine de la religion chrétienne.

 

En 1648, le Père  Antoine Daniel fut percé de flèches, achevé d'un coup de feu, dépouillé de ses habits et jeté dans le brasier de sa chapelle devenue la proie des flammes.

 

Saint-Jean-Brebeuf--Pretre-jesuite.jpg

Quelques mois plus tard, le Père Jean Brébeuf et le Père Gabriel Lalemant subissent à leur tour les plus affreux supplices. On pique d'abord le Père de Brébeuf avec des alènes rougies au feu, on promène sur ses membres des tisons embrasés, on lui enlève la peau de la tête en forme de couronne. Pour l'empêcher d'exhorter ses fidèles, les bourreaux lui coupent les lèvres, la langue et le nez, lui fendent la bouche jusqu'aux oreilles, enfoncent un fer rouge dans sa gorge ; ils coupent des lambeaux de sa chair, les font rôtir et les mangent sous ses yeux. Ils jettent ensuite de l'eau bouillante sur sa tête, enduisent son corps de résine et le font griller lentement ; enfin, un chef iroquois lui arrache le cœur, le dévore et boit le sang du martyr. Le Père Lalemant subit un supplice du même genre pendant seize heures et eut enfin le crâne fracassé à coups de hache.

 

 

Au nombre des autres victimes des Iroquois furent, en 1649, les Pères Charles Garnier et Noël Chabanel, massacrés dans l'héroïque exercice de leur apostolat.

 

Le pape Pie XI (Ambrogio Damiano Ratti, 1922-1939) béatifia ces admirables martyrs, dignes de ceux des premiers siècles, le 21 juin 1925; il les canonisa le 29 juin 1930. Le pape Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958) a déclaré les saints martyrs canadiens, Patrons secondaires du Canada.

 

 

Source

Chanson peu connue écrite par Théodore Botrel à la fin du XIXe siècle et interprété par Fabienne Thibeault, elle raconte l'histoire de saint René Goupil, jésuite, missionnaire et martyr.


PAROLES:
Pour toi, maman, ce petit mot,
Car ton René, ton petiot,
Là-bas, là-bas, missionnaire,
Au fond des bois, si loin qu'il soit,
Pense toujours à toi, Ma bonne mère,

Peut-être m'a-t-on devancé,
Chère maman, pour t'annoncer
A mon sujet, nouvelle amère...
Le saurais-tu?... J'ai peur un brin...
De te causer quelque chagrin,
Ma douce mère!

Nommé pour le pays huron,
Du Père Jogues compagnon,
Nous traversions une rivière...
Les Iroquois nous ont surpris.
Je suis bien loin de mon pays
Et de ma mère!

De Jésus béni soit le nom!...
Aidé de mon saint compagnon,
J'ai pu gravir un dur Calvaire;
Mais je pensais alors à toi,
Je te voyais prier pour moi,
Pieuse mère!

Malgré notre captivité,
Nous prêchons Dieu sans arrêter,
Oh! quel apôtre que ce Père!
Quelques indiens sont convertis,
J'ai baptisé des tout petits:
Quel bonheur! Mère!

Si tu me voyais triomphant,
Lorsque de l'âme d'un enfant
Je fais monter une prière;
Sur les fronts, je trace la croix,
Comme tu me faisais, parfois,
Ma tendre mère!

Celui qui vient finir ce mot,
Ce n'est plus votre petiot,
Votre René missionnaire:
Il s'est envolé vers le ciel,
Jou-ir d' un bonheur éternel,
O sainte mère!

On avait juré qu'il mourrait;
Hier, au bord de la forêt,
Nous étions tous deux en prière;
Soudain parut un forcené,
Sa main frappa votre René...
Courage! O mère!

Vous receverez, rougi de sang,
Le chapelet de votre enfanT:
Baisez cette relique chère:
Vous êtes mère d'un martyr!...
Moi. Jogues, puis le garantir,
Heureuse mère!

 

Dans la video, les scènes sont tirées du film canadien Blake Robe qui s'inspire de la vie de Pierre-Joseph-Marie Chaumonot, un père Jésuite. Mais ce film n'est jamais sortie en France... et il n'a même pas été doublé en français.

 

. La Guerre de Cent Ans des Français d'Amérique

. Francophonie et frères d’Alliance

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour
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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 20:03

Dix jours après l'attaque contre des policiers à Viry-Châtillon, plusieurs dizaines de voitures de police ont exprimé le mécontentement des policiers en perturbant la circulation vers 1 heure du matin sur les Champs-Elysées à Paris, gyrophares allumés, autour de l'Arc de Triomphe, avant de se disperser. (1)

 

Des centaines de policiers manifestent en pleine nuit à Paris (2)

 

«Nous sommes à bout», a expliqué l'un d'eux à un journaliste de l'Agence France-Presse. Selon Le Parisien, la manifestation est partie de l'hôpital Saint-Louis, où est hospitalisé un adjoint de sécurité, très grièvement brûlé aux mains et au visage après avoir été blessé le 8 octobre par un jet de cocktail Molotov à Viry-Châtillon, en Essonne. D'après le quotidien, ce rassemblement «a été organisé sans organisation syndicale». Ils étaient environ 500 venus de toute l'Île-de-France.

 

C'est un rassemblement inédit de policiers, en dehors d'un mouvement syndical. "Suite à un énième événement tragique à Viry-Châtillon, le 8 octobre, l'actualité nous rappelle une fois de plus que nous sommes des cibles (...). Face à une hiérarchie carriériste, des élites syndicales enlisées dans leurs conflits, et une justice complètement désintéressée par notre sort, nous devons nous souder. Entre bleus (policiers en uniforme, NDLR)", indiquait ce message, dont l'AFP a eu connaissance.

 

Une centaine d'agents ont été rejoints par 400 collègues venus de toute l'Île-de-France. Ils étaient en civil et armés, puisque c'est la règle désormais dans le cadre de la lutte antiterroriste. À bord de véhicules banalisés ou même de leurs voitures de patrouille sérigraphiées, ils ont d'abord manifesté leur mécontentement devant l'hôpital Saint-Louis à Paris (Xe arrondissement), où est toujours hospitalisé l'ADS grièvement brûlé. Puis, le bruyant cortège s'est mis en route vers «la plus belle avenue du monde», à deux pas du ministère de l'Intérieur, de l'Élysée. Sous le regard éberlué des passants et automobilistes. (3)

Policiers et enseignants agressés en Île-de-France la première quinzaine du mois d'octobre 2016

Policiers et enseignants agressés en Île-de-France la première quinzaine du mois d'octobre 2016

Au ministère de l'Intérieur, ce fut la panique. Des effectifs bloquaient ferme les accès de l'avenue de Marigny qui longe le palais présidentiel et donne sur la place Beauvau. Depuis le matin, la rumeur disait que les «révoltés» allaient s'y engouffrer.

 

Le préfet de police de Paris, Michel Cadot, a envoyé un télégramme à toutes les autorités d'Ile-de-France en guise de «rappel des droits et obligations des policiers»: «L'organisation de rassemblements, durant le temps de service et avec des matériels administratifs, ayant pour objectif d'attirer sur des revendications ne serait pas acceptable», a-t-il prévenu.

 

Le directeur général de la police nationale (DGPN) Jean-Marc Falcone, s'est désolidarisé à mi-journée de ses subordonnés en jugeant, que cette manifestation était «inacceptable». «Une enquête est confiée ce jour à l'inspection générale de la police nationale afin de déterminer et de préciser les manquements individuels aux règles statutaires». «Les policiers en effet ne peuvent outrepasser les devoirs que leur impose leur statut et qui fondent la légitimité de l'accomplissement de leurs missions de police au service de l'ordre public et de la loi républicaine».

 

En écho, le directeur départemental de la sécurité publique de l'Essonne (DDSP), Luc-Didier Mazoyer, a mis en garde ses troupes: «Aujourd'hui, une rumeur persistante évoque un déplacement des policiers de grande couronne en service ce soir en direction de l'hôpital Saint-Louis puis de la place Beauvau. Cela ne peut être envisagé. (...) Il n'est pas question de dégarnir la voie publique et d'être en incapacité de répondre aux réquisitions ou aux nécessaires renforts sollicités par les équipages en intervention.»

 

Ses consignes à tous les chefs de service se voulaient claires: «Il vous est demandé d'être personnellement présents à la prise de service de la brigade de nuit pour dissuader les effectifs d'adhérer à de telles initiatives qui ne servent pas la cause de la police nationale.» Il ajoutait: «Un officier sera présent au niveau de chaque district pendant la vacation de nuit, pour s'assurer de l'absence de participation des effectifs en service dans le département de l'Essonne à ce type de contestation.»

 

L'attaque très violente du 8 octobre à Viry-Châtillon avait blessé quatre policiers, dont deux grièvement, près de la cité difficile de la Grande Borne, à Grigny, une commune limitrophe. Une dizaine de personnes «cagoulées», selon les autorités, avaient brisé les vitres de deux véhicules de police et les avaient incendiés en tentant de bloquer les policiers à l'intérieur. Le pronostic vital d'un adjoint de sécurité de 28 ans grièvement brûlé était «toujours engagé» en fin de semaine dernière, tandis qu'une gardienne de la paix de 39 ans devait sortir de l'hôpital en début de cette semaine, selon une source policière.

 

Le malaise est profond dans le «grande maison». Sur le vif, les policiers qui ont bravé les interdits l'exprimaient avec leurs mots. «Vous les avez entendus réagir, les syndicats, quand Cazeneuve a parlé de sauvageons? Des gens qui lancent un cocktail Molotov sur les policiers pour les tuer, ce ne sont pas des sauvageons, ce sont des criminels.»

 

Sur place, un autre agent en civil déclarait: «Si on a choisi de faire ça sans les syndicats, c'est aussi pour pouvoir exprimer un petit peu notre mécontentement vis-à-vis de notre hiérarchie, vis-à-vis des solutions pénales qui sont proposées, vis-à-vis des conditions dans lesquelles on travaille.»

 

Il n'y a pas que la philosophie des lois Taubira qui soit contestée. Beaucoup d'agents mettaient en cause le bien-fondé des ordres à Viry-Châtillon, où la patrouille attaquée s'était vu confier la mission ubuesque de devoir surveiller une caméra de surveillance.

 

«On s'est organisé nous-mêmes, par les réseaux sociaux et le bouche-à-oreille», a expliqué l'une des fonctionnaires rebelles. Avant le départ d'une partie du cortège depuis un parking dans l'Essonne, leur DDSP «est venu tenir son discours», confie-elle. «Il nous a comparés à des gitans, et nous a menacés de révocations et de conseils de discipline», a-t-elle précisé. Les policiers, sans se démonter, ont alors tourné le dos à leur supérieur...

 

Mardi 11 octobre dernier, plusieurs centaines de policiers s'étaient rassemblés en silence devant les commissariats de France, en solidarité avec leurs collègues attaqués.

 

Des centaines de policiers rebelles "à bout" expriment leur mécontentement sur les Champs-Élysées : "inacceptable" pour le directeur général de la police nationale, panique au ministère de l'Intérieur

Sources

(1) Des policiers manifestent en pleine nuit sur les Champs-Élysées, Par AFP agence , lefigaro.fr Mis à jour le 18/10/2016 à 12:24 Publié le 18/10/2016 à 06:22

(2) Des centaines de policiers manifestent en pleine nuit à Paris, Le Jdd

(3) Vent de colère dans la police, Le Figaro, Par Jean-Marc Leclerc Mis à jour le 18/10/2016 à 20:49 Publié le 18/10/2016 à 18:35

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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 15:00

Dans son édition de dimanche dernier, le quotidien turinois “La Stampa” a publié une liste de prétendus “adversaires de François” établie par deux vaticanistes : Giacomo Galeazzi et Andrea Tornielli.

Giacomo Galeazzi, né en 1972, n’a jamais caché ses sympathies pour les mouvements progressistes. Andrea Tornielli, né en 1964, a été de 1992-1996 l’un des rédacteurs en chef du mensuel “30Giorni”. Depuis 2011, il est aux côtés de Giacomo Galeazzi et dirige le site “Vatican Insider”.

Dimanche dernier, donc, ils ont publié ensemble - dans le plus pur style néo-marxiste des années 70 - la liste des mouvements et des associations “dangereuses pour l’unité de l’Eglise et la mission du Pape”. Le titre de leur article donne le ton : “Les catholiques anti-François qui sont attirés par un pouvoir façon Putin”. Et plus loin : “C’est l’antipathie portée au Pape qui les soude.”

Des comploteurs silencieux visant à critiquer et à déstabiliser le Pape seraient donc en place. Et celui qui aurait donné le “top départ” de leurs actions serait l’Autrichien Paul Zulehner, ancien doyen de la faculté de théologie de Vienne. Plus loin, Galeazzi précise que la galaxie des “anti-bergogliens” est multiforme : elle comprend aussi bien les lefebvristes qui attendent le retour d’un pape vraiment catholique pour retourner dans le giron de l’Eglise que les fidèles d’Italie du nord qui ont lancé une campagne intitulée “mon pape, c’est Benoît XVI”.

Mais les auteurs du rapport montrent aussi du doigt d’autres “anti-berglogiens qui sont plus ou moins dans l’Eglise”. Sont cités pêle-mêle : la Société Saint-Pie X, la “Nuova Bussola Quotidiana”, Riccardo Cascioli, la “Foundation Lepanto”, “Corrispondenza Romana”, Roberto de Mattei, le blog “Settimo Cielo”, Sandro Magister, “Messa in Latino”, “Chiesa e Concilio”... Enfin viennent - mais c’est à peine une surprise - les cardinaux Raymond Burke et Carlo Caffarra, NN.SS. Luigi Negri et Athanasius Schneider, le liturgiste Don Nicola Bux, le professeur Roberto de Mattei, Antonio Socci... et quelques autres.

Les deux auteurs de cette liste qui, par son style, ressemble à un vieux document de la Stasi, ont toutefois oublié de mentionner deux éléments d’importance précisant les droits des fidèles (nous disons bien : fidèles) :

 

- premièrement, l’article 212 §2-3 du Code de Droit canonique (qui pour le moment n’a pas encore été abrogé) spécifiant que “les fidèles ont la liberté de faire connaître aux Pasteurs de l’Eglise leurs besoins surtout spirituels, ainsi que leurs souhaits. Selon le savoir, la compétence et le prestige dont ils jouissent, ils ont le droit et même parfois le devoir de donner aux Pasteurs sacrés leur opinion sur ce qui touche le bien de l’Eglise et de la faire connaître aux autres fidèles, restant sauves l'intégrité de la foi et des mœurs et la révérence due aux pasteurs, et en tenant compte de l’utilité commune et de la dignité des personnes.”

- deuxièmement, la demande formulée par le Pape François lui-même : “Je vous demande d’importuner vos pasteurs, de nous déranger, nous tous, les pasteurs.”

 

Source : Pro Liturgia, Actualité du Mardi, 18 octobre 2016.

 

Sur les droits des fidèles : article 212 §2-3 du Code de Droit canonique
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Publié par Ingomer - dans Religion
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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 11:54
La modernité : un grand négationnisme

De Matthew Hanley, traduit par Bernadette Cosyn, lu sur le site «France Catholique »

 

[...] J’ai parcouru une collection d’écrits du regretté philosophe italien Augusto Del Noce (1910-1989), pour la plupart du début des années 70, disponibles maintenant pour la première fois en anglais dans une compilation intitulée La crise de la modernité. Ce n’est en aucune façon un livre élémentaire, un de ceux dans lesquels je me balade, mais il est parsemé de pépites qui orientent le lecteur vers les sources de notre malheur actuel.

 

… Ce qui domine, c’est que notre crise actuelle est fondamentalement métaphysique par nature.

 

La modernité est un grand négationnisme : l’ordre véritable des choses - tel qu’on le comprenait classiquement – a été fui pour des théories qui mettent l’accent sur la bonne pratique au bon moment ; l’histoire est devenue le filtre à travers lequel les choses se voient assigner une valeur. L’accomplissement « se trouve devant nous, et non au-dessus de nous », et quiconque parle de vérités métaphysiques éternelles est traité de réactionnaire.

 

Avec un air de supériorité péremptoire envers tout ce qui s’est passé avant, la modernité implique obligatoirement une rupture radicale d’avec le passé – ce que Del Noce voit comme irrécupérable. Il ne peut y avoir de retour vers l’ancienne façon de penser parce que c’est dépassé. Mais retourner vers quoi, précisément ? Vers le surnaturel, vers la transcendance religieuse ; cela signifie que « l’événement religieux de l’Incarnation n’est plus vu comme le tournant décisif de l’histoire », comme Sergio Cotta, l’un de ses contemporains italiens l’a exprimé.

 

Il considère « l’éclipse de l’autorité », une caractéristique de notre époque, comme le plus grand revirement survenu à l’humanité.

 

Lire : Crise de l'autorité, crise de la vérité, insécurité

La Crise post-moderne trouve son origine dans la crise de l'autorité

 

L’autorité, à la base, signifie faire grandir quelque chose, mais de nos jours, elle est perçue principalement comme une forme de répression – véritablement comme quelque chose qui entrave la croissance. Le rejet à grande échelle de l’autorité n’a fait que mener à une course démente au pouvoir – une affreuse substitution.

 

Finalement, cela peut se résumer à « la disparition de l’idée de Paternité. » Cela à son tour est étroitement lié à la répudiation de la tradition, de la transmission (tradere) de ce qui importe le plus – pas simplement quelque vieille coutume régionale, mais « l’ordre des valeurs éternelles et métaphysiques » - à la génération suivante.

 

Il n’est permis à nous, les modernes, qu’une unique source de savoir véritable – la science – et par conséquent le vide causé par le bannissement de la métaphysique a été rempli par le scientisme. Del Noce assure qu’un tel scientisme est basé sur la haine de la transcendance religieuse. Intrinsèquement totalitaire, le scientisme est « une négation radicale non basée sur des preuves des valeurs traditionnelles », il lui faut donc subjuguer la volonté de ses adversaires (puisqu’il ne peut l’emporter par la raison) et les confiner dans un « ghetto moral. »

 

Lire : La démocratie ou de la liberté de se mouvoir à l'intérieur d'un carré dont les limites sont définies dans un Club à Paris

 

Et le « point d’arrivée » du scientisme, explique-t-il de long en large, n’est rien d’autre que la révolution sexuelle. Pour résumer, voilà comment vous pouvez savoir que vous êtes du mauvais côté de l’histoire : ce n’est plus une question de lutte des classes (la bourgeoisie contre le prolétariat) mais il s’agit de savoir si vous êtes disposé à partir en guerre contre la « répression » sexuelle. L’histoire est juge, a dit un jour Marx, et le prolétariat est son exécuteur. Ce rôle s’est maintenant déplacé, à l’instance des progressistes, pour unir les « opprimés du monde. »

 

L’institution sociale la plus coupable de transmettre une moralité répressive est naturellement la famille traditionnelle monogame, et comme Del Noce le fait remarquer « la libération sexuelle n’est pas désirée per se, mais plutôt comme un outil destiné à faire voler la famille en éclats. »

 

L’obstacle au bonheur universel, qui est prétendument maintenant à portée de main, n’est plus une affaire de classe sociale mais de caractère. De ce point de vue privilégié, il semble raisonnable que ceux qui professent les mauvaises valeurs soient isolés et ostracisés. Et ce radicalisme à enjeux élevés n’a cessé de progresser – comme Del Noce le prévoyait avec sagacité en 1972 :

 

Ceux qui continuent à croire à l’autorité transcendante de certaines valeurs seront marginalisés et réduits au statut de citoyens de seconde classe. Finalement, ils seront emprisonnés dans des camps de concentration « moraux. » Mais personne ne peut sérieusement penser que des châtiments moraux seront moins sévères que des châtiments physiques. A la fin du processus, on trouve la version spirituelle du génocide.

 

Il y a un siècle, Mussolini et Gramsci parlaient tous deux du « socialisme comme la religion destinée à tuer le christianisme. » Mais il est apparu plus tard que la révolution absolue ne pouvait aboutir que si la révolution marxiste devenait une révolution sexuelle. Ou comme les Surréalistes l’ont admis : « la bataille décisive contre le christianisme ne peut s’engager qu’au niveau de la révolution sexuelle. » En somme, « l’offensive érotique » équivaut à une « campagne de déchristianisation. »

 

Del Noce n’aurait pas été surpris par l’assaut du phénomène transgenre et la manie actuelle de « s’identifier » à quelque chose d’autre (sexe, race, espèce) que ce que l’on est. Tout cela fait partie de ce qu’il a vu comme la sécularisation du gnosticisme (plutôt que celle du christianisme) où c’est soi-même qui crée et où la liberté consiste à nier l’inné. Ajoutez à cela une touche de l’hégélienne « élimination de l’image divine », et voilà : vous avez la quête de libération via la désintégration de toute forme d’ordre, ce qu’il appelle « le grand refus » de 1968.

 

Vu son diagnostic, il n’est guère surprenant qu’il n’ait pas fait fonds sur les solutions politiques pour régler les dangers bien réels que nous affrontons. Le remède se trouve dans la restauration de la métaphysique classique, et, oui, il a osé le dire, dans un « réveil religieux. »

 

Matthew Hanley est membre de longue date du Centre National Catholique de Bioéthique. Les opinions professées ici sont les siennes et pas nécessairement celles du Centre.

 

Ref. La modernité en tant qu’effondrement métaphysique

 

Source : France catholique, Belgicatho

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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 09:46

Lamentations pour "Le mur": une analyse instructive de Claude Timmerman pour Media-presse.info à propos du "Mur" dit "des Lamentations" :

Coup de tonnerre au Sionistan !

 

Le 13 octobre, le Conseil exécutif de l’Unesco qui comprend 58 pays a adopté une proposition palestinienne qui va faire couler beaucoup d’encre et déchaîner les foules à kippa.

 

Au-delà des imprécations haineuses qui ne manquent pas et des jugements à l’emporte-pièce sans justification, il importe d’analyser sérieusement cette déclaration, sous l’angle politique évidemment, mais aussi sous l’angle historique et archéologique, ce qui révèle quelques surprises !

 

A noter au passage que le texte de la résolution n’est donné par personne à ce jour : on ne dispose donc que des relatés forcément partiaux et des commentaires israéliens sur la question :

 

« Le Conseil exécutif de l’Unesco, qui comprend 58 pays, a adopté jeudi une proposition palestinienne qui stipule que les juifs n’ont aucun lien avec Jérusalem et le Mont du Temple mais seulement les musulmans »

 

Dans un communiqué l’Unesco déclare laconiquement :

 

L’Unesco a approuvé jeudi un texte sur la « Palestine occupée » soumis par sept pays arabes visant à la « sauvegarde du patrimoine culturel de la Palestine et du caractère distinctif de Jérusalem-Est ».

 

Le ministère des Affaires étrangères israélien a aussitôt diffusé une brochure avec des images de découvertes archéologiques prouvant l’appartenance de Jérusalem et du Mont du Temple à l’histoire juive, ainsi que l’existence du Mont du Temple sur le site où se trouve aujourd’hui la mosquée Al-Aqsa.

 

(Cela, personne n’en doute ! Mais jusqu’à quand historiquement?)

 

Selon un haut responsable israélien qui s’est confié à Haaretz, cette version [de l’Unesco] est une tentative de jeter le doute sur les liens entre le Mur des Lamentations et le Temple juif.

 

http://www.haaretz.com/israel-news/1.747314

 

Et c’est bien là que le bât blesse ! Nous allons le voir !

 

Les Israéliens le savent parfaitement, et pour cause !

 

D’un point de vu politique :

 

Les Israéliens recensent à loisir les états qui ont voté, ou non, cette résolution.

 

On notera sans surprise que les 6 seuls états à s’y être opposés sont les collabos de la première heure :

 

Etats-Unis, Grande Bretagne, Allemagne, Pays Bas, Estonie et Lituanie.

 

Il manquerait à cette liste le Canada et l’Australie, mais ces pays ne font pas partie du Conseil exécutif et ne sont donc pas intervenants dans cette affaire.

 

Haaretz souligne que les pressions israéliennes ont abouti à obtenir l’abstention de la France, de l’Argentine, des Indes, de la Suède et des états africains infiltrés tels le Kénya et le Togo.

 

Au total se vote n’est de toutes façons guère glorieux :

 

26 pays se sont abstenus, 24 ont voté en faveur et six contre.

 

Deux petits malins étaient opportunément absents pour le vote: la Serbie et le Turkménistan.

 

On ne peut donc pas dire que cette résolution soit assortie d’un vote « franc et massif » , n’ayant pas même réuni la majorité des voix des siégeants !

 

http://www.europe-israel.org/2016/10/lunesco-vote-une-resolution-qui-decrit-le-mont-du-temple-comme-un-site-musulman/

 

Dans une lettre adressée à la directrice générale de l’Unesco Irina Bokova et publiée sur Twitter, le ministre israélien de l’Education Naftali Bennett accuse l’Unesco d’apporter un « soutien immédiat au terrorisme islamiste », (rien que cela !) et annonce la suspension par la commission israélienne de l’Unesco de « toutes ses activités professionnelles avec l’organisation internationale ».

 

Cette décision se traduit par le refus d’Israël de rencontrer des représentants de l’Unesco ou de participer à des conférences internationales, a précisé le ministère, compétent en la matière.

 

La directrice générale de l’Unesco a aussitôt pris ses distances avec la résolution : Mme Bokova souligne la signification de Jérusalem pour le christianisme, l’islam et le judaïsme et que la coexistence des trois religions ont valu à la ville d’être inscrite au patrimoine mondial de l’humanité.

 

« Le patrimoine de Jérusalem est indivisible, et chacune de ses communautés a droit à la reconnaissance explicite de son histoire et de son lien avec la ville. Nier, occulter ou vouloir effacer l’une ou l’autre des traditions juive, chrétienne ou musulmane revient à mettre en péril l’intégrité du site », dit-elle dans un communiqué.

 

Cela uniquement pour mettre du baume au cœur des Israéliens…

 

(Cette déclaration reste intrinsèquement parfaitement scandaleuse dans la mesure où madame Bokova sort là de son rôle et critique des décisions des instances dirigeantes de l’Organisation.)

 

On notera d’ailleurs, une fois de plus, que dès qu’il est question de litige entre juifs et musulmans en Palestine, les Israéliens font appeler aussitôt les chrétiens à la rescousse et cessent de les vilipender, ce qui est leur attitude habituelle….

 

Petit florilège de la Christianophobie juive ordinaire en Israël où l’on amalgame joyeusement catholiques, orthodoxes, protestants et évangéliques dans une même exécration :

 

– « Qui, des musulmans ou des chrétiens, fait le plus mal aux juifs ? »

 

http://jssnews.com/2010/10/26/qui-des-musulmans-ou-des-chretiens-fait-le-plus-mal-aux-juifs/

 

– « L’horreur à Jérusalem – « Chéma Israël mondial » contre les missionnaires chrétiens ! »

 

http ://www.torah-box.com/news/actualite-juive/horreur-jerusalem-chema-israel-mondial-contre-missionnaires-chretiens_4654.html

 

– « Israël : Alerte aux missionnaires chrétiens ! »

 

http ://www1.alliancefr.com/actualites/israel-alerte-aux-missionnaires-chretiens-6017853

 

– « La mission chrétienne en Israël : de véritables vautours ! »

 

http ://www.israel-flash.com/2015/07/la-mission-chretienne-en-israel-de-veritables-vautours/

 

Sans parler des autodafés récurrents de nouveaux Testaments :

 

– « Israël : des juifs orthodoxes brûlent des exemplaires du Nouveau Testament.»

 

http://w41k.com/17263

 

Ou des manifestations publiques de parlementaires :

 

– « Un député déchire le Nouveau Testament »

 

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/07/17/97001-20120717FILWWW00615-un-depute-dechire-le-nouveau-testament.php

 

« « Ce livre méprisable a entraîné le meurtre de millions de juif durant l’Inquisition », a affirmé Michael Ben Ari au site internet NRG-Maariv. « C’est une horrible provocation missionnaire de la part de l’Eglise. Ce livre et ceux qui l’ont envoyé devraient être jetés dans les poubelles de l’Histoire », a-t-il ajouté. » (sic !)

 

Nous arrêterons là ces sympathiques évocations…

 

Les lecteurs curieux pourront compléter leur information en cherchant sur le net…mais il est vrai que de nombreuses pages en disparaissent ces temps-ci… Une véritable épidémie…

 

Du point de vue historique et archéologique :

 

Nous distinguerons bien deux choses : Jérusalem et le fameux mur.

 

Jérusalem : une bourgade hyxôs colonisée par les hébreux de la tribu de Juda.

 

A la fin de la Seconde Période Intermédiaire qui a vu la dissolution de l’unité égyptienne, le pharaon Ahmôsis, premier pharaon de la XVIIIeme dynastie, commence la reconquête de la Basse-Égypte où le delta est occupé par le royaume des Hyxôs (capitale Avaris). En l’an 15 de son règne, il reprend Memphis, puis continue sa progression et arrive aux abords du delta aux environs de l’an 11 du règne du roi hyksôs Khamoudy.

 

Les Hyxôs, et leurs comparses cananéens venus chercher fortune auprès d’eux, enfin chassés du delta, Ahmôsis remonte vers sa colonie de Palestine et complètera sa victoire par la conquête de la place forte hyxôs de Sharouhen près de Gaza après un siège de trois ans. On admet en général aujourd’hui la datation de -1570 environ…

 

Les Hyxôs chassés définitivement de la côte se réfugient alors à l’intérieur des terres dans les collines rocailleuses de Judée où ils fonderont une bourgade (vers – 1530) qui sera connue ultérieurement sous le nom de Jérusalem…

 

Visiblement les Hyxôs semblent avoir disparu par la suite, assimilés aux populations locales.

 

C’est cela que nous apprend l’archéologie.

 

A cette époque point encore d’existence clairement reconnue d’Hébreux…

 

La première mention du nom d’Israël apparaît sur la stèle dite de Mérenptah, érigée initialement par Amenhotep III, probablement dans son propre temple funéraire, situé non loin de celui de Mérenptah, treizième fils et successeur de Ramsès II. (vers – 1210)

 

La stèle relate la victoire de Mérenptah sur une coalition des peuples de la mer et mentionne :

 

« Ysraël est dévasté, sa semence n’est plus ».

 

(Apparemment il s’agissait – question récurrente durant plus de deux mille cinq cents ans pour l’Egypte – de sécuriser la grande route commerciale caravanière de la côte reliant à travers le littoral palestinien le delta du Nil à Tyr et ensuite vers Sumer au sud est dont la sécurité était troublée par des pillards se réclamant du vocable Ysraël. On notera s’ailleurs que les hiéroglyples associés laissent penser qu’ »Ysraël » n’est pas alors un peuple organisé et sédentarisé, mais plutôt une horde de pillards nomadisante)

 

On retrouvera ensuite à l’époque des royaumes, Israël au nord et Juda au sud, des entités politiques plus ou moins autonomes dans cette Palestine occupée par l’Egypte jusqu’à sa conquête, en deux temps, (- 720 pour le nord, – 586 pour le sud) par les Assyriens. C’est ce que nous enseigne l’archéologie la plus récente, loin parfois d’un certain « folklore littéraire » biblique.

 

Il est donc clair que Jérusalem prise comme capitale du Royaume de Juda est indissociable de l’essor de la communauté hébreue, juive en devenir, issue majoritairement de la tribu de Juda après la disparition des dix tribus du nord disparues (sauf environ 20 000 migrants partis au royaume de Juda) en déportation dans l’Orient assyrien après – 720.

 

On n’oubliera pas d’ailleurs que la tribu de Benjamin, toujours associée au royaume de Juda, y était pourtant totalement marginalisée, au point de disposer de sa propre capitale, Mizpah en Benjamin, qui deviendra capitale de la province de Yéhoud medinata, la province assyrienne puis perse correspondant au royaume de Juda conquis, avant qu’un nouveau gouverneur nommé par les Perses, Néhémie, ne vienne avec Esdras à Jérusalem (sans doute vers – 450) où un premier petit autel des sacrifices avait été reconstruit plus de cinquante ans plus tôt vers – 520, à la suite du premier retour de juifs consécutif à l’édit de Cyrus, sous la conduite de Zorobabel.

 

Si nous éviterons d’évoquer ici les controverses sur le royaume supposé de David et de Salomon et sur la nature du « Premier temple » qui n’apporteraient rien à notre argumentation, il est clair que ce « second temple » construit et développé en fait à l’époque de Néhémie va cristalliser la nation juive durant cinq siècles, jusqu’à sa destruction par Titus en + 70…

 

Il s’agit là de données archéologiques et historiques, écrites, aujourd’hui incontournables.

 

La vraie question est alors ce qu’il advint ensuite…

 

Il est clair que si la diaspora au long des voies romaines a débuté dans les deux premiers siècles de notre ère, il restait encore des juifs à Jérusalem…

 

Suffisamment en tout cas pour exercer des représailles sur les chrétiens émergeants…

 

De la domination romaine à la colonisation byzantine, des juifs sont resté en nombre à Jérusalem…

 

L’une de leur dernière manifestation historique sera l’effroyable massacre du réservoir de Mamilla.

 

En 614, les Juifs de Palestine se sont alliés à leurs coreligionnaires babyloniens pour prêter main forte aux Perses dans leur conquête de la Terre sainte. A la suite de la victoire perse, les Juifs ont perpétré un holocauste massif des Gentils de Palestine…

 

La relation d’Israël Shamir se passe commentaires : il y évoque 60 000 chrétiens, captifs rachetés aux Perses, puis égorgés dans le réservoir…

 

http://www.israelshamir.net/French/mamilla.shtml

 

Une page d’histoire, hallucinante de haine et de sauvagerie, à bien connaître, que les sionistes aujourd’hui ont tout fait pour minimiser et finalement occulter en détruisant le site devenu…un hôtel de luxe !

 

[NdCR. Entre-temps, alors que les Parthes Sassanides s'étaient emparés de tout le Moyen-Orient (Syrie, Palestine, Egypte) et de Jérusalem en 613 et emporté la relique de la Croix en 614, l'empereur romain d'Orient Héraclius (610-641) résolut de reconquérir la Cité sainte en lançant une formidable contre-offensive en 622, en Palestine, d'où il parvint à chasser les Parthes, ainsi que de toute l'Asie Mineure (la Turquie actuelle), de l'Egypte et de la Syrie. En 630, il résolut de ramener la relique de la Croix à Jérusalem. Le Ciel aida sensiblement le vaillant empereur : son armée courut de victoire en victoire ; une des conditions du traité de paix fut la reddition de la Croix de Notre-Seigneur dans le même état où elle avait été prise en 614. Quand il fut arrivé dans la Cité Sainte, il chargea la relique sur ses épaules ; mais lorsqu'il fut à la porte qui mène au Calvaire, il lui fut impossible d'avancer, à son grand étonnement et à la stupéfaction de tous : "Prenez garde, ô empereur ! lui dit alors le patriarche Zacharie ; sans doute le vêtement impérial que vous portez n'est pas assez conforme à l'état pauvre et humilié de Jésus portant sa Croix." Héraclius, quitta ses ornements impériaux, ôta ses chaussures, et, vêtu en pauvre, put gravir sans difficulté jusqu'au Calvaire et y déposer son glorieux fardeau. Pour donner plus d'éclat à cette marche triomphale, Dieu permit que plusieurs miracles fussent opérés par la vertu de ce bois sacré. À la suite de ces événements fut instituée la fête de l'"Exaltation de la Sainte Croix", pour en perpétuer le souvenir. Cependant, la même année 630, Mahomet conquit La Mecque dont les habitants adoptèrent la doctrine. En 638, menés par le calife Omar, son successeur, les musulmans s'emparaient pour la première fois de Jérusalem.]

 

Après cette date, force est de constater que les juifs disparaissent petit à petit de Palestine…

 

Au point qu’il n’existera plus qu’un petit quartier juif, résiduel, à Jérusalem…

 

Au point que lorsque le mouvement sioniste (alors russe) envisagera de réimplanter en nombre des juifs en Palestine, des financiers devront acheter des terrains hors les murs de Jérusalem pour construire des quartiers juifs, dont le plus emblématique, considéré comme le plus ancien est le célèbre Mea Shearim qui date en fait de 1860 !!!

 

Au point qu’un journaliste français, juif, André Lichtenberger apologisant l’installation des premiers sionistes dans un article célèbre du Petit Journal intitulé « Jérusalem ressuscitée » du 29 mai 1922, laissera échapper cette phrase, imprudente mais au combien significative, sur la population juive de Palestine du XIXeme siècle :

 

Il n’y avait pas 10.000 juifs en Palestine il y a un siècle ; il y en a aujourd’hui 80.000 dont 20.000 arrivés dans ces deux dernières années”.

 

http://jssnews.com/2015/05/23/jerusalem-ressuscitee-par-andre-lichtenberger-29-mai-1922/

 

Sans autre commentaire : les juifs reconnaissent eux même avoir quasi totalement déserté la Palestine depuis pratiquement quinze siècles !

 

 

Le « Mur des Lamentations » :

 

Une structure post christique paradoxalement cause indirecte de …la destruction du Temple !

 

Le fameux « Mur des lamentations » dit aussi « Mur occidental » est un segment de l’ouvrage d’art de soutènement de l’extension de l’esplanade du Temple entreprise par les souverains Hérodiens.

 

(Trait en rouge sur le plan : « mur occidental »).

 

D’abord, chacun peut le constater : il faut une sacrée dose de mauvaise foi pour associer cette structure au Temple, quand elle apparaît clairement à plus de cinquante mètre à l’ouest du tracé de l’enceinte proprement dite du Temple, ouvrage situé lui-même encore plus en retrait !

Plan du Mont des Oliviers

Plan du Mont des Oliviers

Mais au-delà du fantasme du « mur résiduel du temple après sa destruction » on doit d’abord s’interroger sur la date effective d’érection dudit mur.

 

Et là il va y avoir des grincements de dents…

 

L’homme par qui le scandale arrive est l’éminent archéologue israélien Ronny Reich qui va découvrir, au cours de ses fouilles, des pièces de monnaies enterrées en sous œuvre dans les fondations du mur !

 

Des pièces frappées à l’occasion de l’installation du procurateur Valerius Gratus, le prédécesseur de Ponce Pilate, venu entre + 17 et + 20 !

 

On notera au passage que l’existence de ces pièces n’implique pas du tout qu’elles aient été enterrées (ou perdues) dès leur frappe : elles ont pu se retrouver là beaucoup plus tard !

 

C’est donc un repère chronologique a minima !

"Mur des Lamentations" ou lamentations pour "le mur" ?

Il s’en suit que ce fameux mur, qui n’appartient pas structurellement au temple, n’a même pas été construit au temps d’Hérode dit le Grand (mort en + 4) mais ultérieurement par ses successeurs en complément des travaux d’extension qu’il avait entrepris sur l’esplanade !

 

http://www.lefigaro.fr/culture/2011/11/23/03004-20111123ARTFIG00667-le-mur-des-lamentations-n-a-pas-ete-construit-par-herode.php

 

Par ailleurs, à la différence des récits bibliques de l’Ancien Testament, compilés, repris, écrits et réécrits parfois cinq siècles plus tard à Babylone, les Evangiles sont des témoignages contemporains, écrits dans les décennies qui suivirent la mort du Christ. Or nulle part il n’est fait mention dans les descriptions, ayant le temple pour cadre, de l’existence de travaux d’importance en cours sur l’esplanade et à sa périphérie !

 

On a donc tout lieu de supposer que ces travaux de consolidation de l’esplanade n’ont commencé qu’après l’épopée christique, disons, pas avant + 35 !

 

Et là, malheureusement pour les propagandistes sionistes contemporains, c’est l’historien juif Flavius Joseph qui vient conforter cette hypothèse !

 

(On n’est jamais trahi que par les siens !)

 

Flavius Joseph affirme dans ses écrits que les travaux au Mont du Temple n’ont été terminés que par le roi Agrippa II, arrière-petit-fils d’Hérode à qui Néron (empereur romain de 54 à 68) attribuera une partie de la Pérée et de la Galilée.

 

Comme tous les membres de la dynastie fantoche asmonéenne, assise initialement par les occupants et toujours étroitement contrôlée alors par les Romains, Agrippa II aidera les légions de Titus à réprimer la Grande révolte juive de 66 jusqu’à la prise de Jérusalem et à la destruction du Temple (70).

 

Flavius Josèphe signale également que la fin du chantier avait laissé 18.000 travailleurs sans emploi ce qui aboutira à des émeutes locales récurrentes.

 

(On comprend qu’un chantier d’une telle importance n’aurait jamais pu être passé sous silence dans les Evangiles s’il avait été contemporain de l’Histoire du Christ!)

 

Selon certains historiens, ces mouvements sociaux sont d’ailleurs liés à l’éclatement de la Grande Révolte des Juifs de la province de Judée contre l’Empire romain en + 66 !

 

Ainsi donc ce fameux mur, dont l’achèvement se situe vraisemblablement en + 65, non seulement n’a rien à voir avec le Temple et son histoire mais n’aurait pas vu ledit temple plus de…cinq ans !

 

Pire, si on y réfléchit bien, l’édification de ce mur, par les désordres sociaux qu’elle occasionnera après sa réalisation, serait la cause initiale de la destruction du temple !!!

 

C’est bien là qu’on devrait comprendre la dénomination familière de « mur des lamentations »…

 

Tous ces éléments, les dirigeants israéliens les connaissent parfaitement : il est symptomatique de voir que avec quel empressement leur première réaction a été de souligner que cette résolution « jetait le doute sur les liens entre le Temple et le mur ».

 

En fait, vous l’aurez compris, il n’y a aucun « doute » à avoir sur la question : l’un n’a rien à voir ni historiquement, ni chronologiquement, ni géographiquement avec l’autre!

 

Les Palestiniens le savent aussi…

 

On ne peut tout de même pas condamner leur manque d’ignorance !

 

Mais c’est bien ce qu’auraient voulu les Israéliens !

 

Claude Timmerman

 

 

Source : Lamentations pour « Le mur », Media-presse.info, dans International / Israël — par Claude Timmerman — 17 octobre 2016

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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 00:00

Saint Luc, né à Antioche. On sait peu de chose de ses premières années ; on ignore si, avant sa conversion, il était païen ou observait la religion juive ; cette dernière opinion est la plus généralement adoptée. Doué d'un caractère ferme et d'une belle intelligence, il fut, paraît-il, très habile médecin, et ne dédaignait pas, dans ses loisirs, de cultiver l'art de la peinture, pour lequel il avait un goût prononcé.

 

Luc serait sûrement arrivé à l'une des premières charges de la cité, quand il renonça à son brillant avenir pour aller voir, en Judée, ce Jésus qui venait d'inaugurer sa vie publique, et dont le nom, la doctrine, les miracles, faisaient grand bruit dans tous les pays voisins. Il le vit, crut en sa mission divine, et prenant pour lui la parole du Maître : Que celui qui veut être mon disciple quitte tout et me suive, il suivit dès lors le Sauveur pas à pas dans ses courses apostoliques ; il fut témoin de sa Passion, de sa Résurrection, de son Ascension, reçut le Saint-Esprit au Cénacle, le jour de la Pentecôte, et partit pour évangéliser Antioche sa patrie.

 

Plein d'enthousiasme pour le génie de saint Paul, il le prit pour son maître et se joignit à lui pour l'aider dans ses travaux ; il lui fut si fidèle, qu'il l'accompagna dans tous ses voyages et supporta patiemment avec lui fatigues, souffrances et persécutions. 

 

Saint-Luc-Evangeliste.jpg
Saint Luc, Évangéliste

Saint Luc écrivit, sous l'inspiration de l'Esprit-Saint et avec une compétence personnelle qui est incontestable, l'Évangile qui porte son nom et les Actes des Apôtres. Son Évangile est surtout précieux par ses récits assez détaillés des mystères de l'Incarnation et de la Nativité du Sauveur, de l'Annonciation et de la Visitation. Les Actes des Apôtres servirent à faire disparaître beaucoup de mensonges qu'on répandait sur le christianisme naissant, et à confirmer les fidèles dans la foi.

 

Qui n'a entendu parler des Vierges peintes par saint Luc ? D'après une tradition, il aurait obtenu de Marie la grâce de faire son portrait [Ndlr. La représentation de "Notre-Dame du Perpétuel Secours" est tiré de ce premier dessin] ; le travail terminé, la Sainte Vierge l'aurait béni en disant : « Ma grâce sera toujours avec cette image. » Les Madones de saint Luc sont vénérées en plusieurs lieux. 

 

Après la mort du grand apôtre, Luc continua son apostolat en Italie, dans les Gaules, la Dalmatie, la Macédoine. Il répandit son sang pour la foi, soit dans le Péloponnèse, soit en Bithynie. - Les peintres et les médecins le regardent comme leur patron.

 

Sources

 

(1), (2)

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 12:58
Jeudi 13 octobre 2016, anniversaire du miracle du soleil à Fatima, le Pape François a fait entrer la statue de Luther en grande pompe au Vatican

Jeudi 13 octobre 2016, anniversaire du miracle du soleil à Fatima, le Pape François a fait entrer la statue de Luther en grande pompe au Vatican. Il ensuite reçu en cadeau les 95 thèses de Luther et la charte œcuménique en édition prestigieuse.

 

Considéré comme le père de la Réforme protestante, Luther s'était insurgé en 1515 contre le Pape Léon X qui avait autorisé la vente d'indulgences pour financer la construction de la basilique Saint-Pierre. Excommunié par le pape, Martin Luther, ancien prêtre augustinien, s'est ensuite marié avec une moniale avec qui il fera six enfants. Il est également connu pour s'être allié aux princes allemands contre le Pape afin de s'approprier les biens de l'Eglise sur leurs terres, non sans avoir au passage violé ou marié de force les religieuses dans tous les couvents qui s'y trouvaient. (1)

 

Le 13 octobre dernier, le pape François recevait un groupe de chrétiens allemands, catholiques et protestants. Il leur redit combien il était opposé aux chrétiens qui cherchaient à convaincre du bien-fondé de leur foi les non-chrétiens :

 

"Le prosélytisme est le pire ennemi de l'oecuménisme", a dit François.

 

Le souverain pontife a ensuite encouragé le groupe catholico-luthérien allemand à se rendre en Suède pour fêter, le mois prochain, le 500e anniversaire de la Réforme - et par conséquent du schisme - de Martin Luther. (2)

 

Cette initiative de François suscite le débat dans l'Eglise. Voici un message d'un internaute à Pro Liturgia, samedi, 15 octobre 2016 :

 

"Je crois qu’il y a un nouveau péché : essayer de faire l’apologie de sa propre religion ; essayer de convaincre ceux qui veulent bien écouter. C’est du moins ce que j’ai cru comprendre en liant les récentes homélies que fait le Pape à la messe du matin.

Pourtant, quand je lis les Evangiles, je vois que le Christ n’a jamais cessé d’essayer de convaincre. Il n’a pas réussi à convaincre tout le monde puisqu’il est mort sur la Croix. Cependant, avant de quitter cette terre, il nous a envoyé convertir les nations...

Nous n’agressons pas un interlocuteur en présentant et en défendant nos convictions. Par contre, on méprise toujours un interlocuteur en ne le croyant pas capable de recevoir une idée extérieure à lui, pas capable d’analyser ce qu’il entend et pas capable de répondre positivement s’il le souhaite.

Notre Pape considère qu’il ne faut pas essayer de convertir les protestants. De ce côté là, il peut être rassuré : ce n’est pas notre zèle qui va beaucoup perturber les luthériens, surtout si le schisme est un motif de joie et de célébrations pour le sommet de l’Eglise. Mais qu’ont fait des saints comme Saint François de Sales, Saint Pierre Canisius (qui ramena dans l'Eglise des régions entières d'Allemagne perdues dans le protestantisme) et bien d’autres (Saint Hilaire de Poitiers, l'Athanase de l'Occident contre les Ariens, Saint Polycarpe qui reconnut l'hérétique Marcion comme le "fils aîné de Satan", Saint Irénée, auteur du Contre les hérésies, saint Ignace d'Antioche, condamné aux bêtes à Rome et son "vos dieux sont des démons", saint Justin, le patron des philosophes et premier apologiste du christianisme, saint Martin de Tours, l'Apôtre des Gaules qui faisait abattre les arbres des faux dieux et remplaçait les temples païens par des églises et des oratoires, saint Augustin, le marteau du manichéisme et du pélagianisme, etc. Ndlr.) qui ont mis leur foi et leurs talents intellectuels au service de l’apologétique catholique ? Il faut préciser que ces saints n’étaient pas de cette Eglise moderniste et caoutchouteuse qu’on veut nous imposer aujourd’hui." (3)

 

Dans le Dr Martin Luthers Werke, édition dite de Weimar, tome XXX, p. 470, on peut lire Luther dans le texte :

 

"Si je veux dire : Que votre nom soit sanctifié ! il faut immédiatement que j’ajoute : Maudit, damné, honni soit le nom des papistes ! Si je dis : Que votre règne arrive ! je suis obligé de m’écrier tout aussitôt : Que la papauté soit maudite, damnée, écrasée !"

 

Le même “docteur”, cité par J. Janssen, dans "Histoire du peuple allemand depuis la fin du moyen âge", traduction française de E. Paris : L’Allemagne et la réforme, t. II, p. 187 :

 

"Ma gloire et mon honneur, et j’aspire à les mériter, c’est qu’un jour on puisse dire de moi que j’ai versé à pleines mains l’injure, l’outrage et la malédiction sur les papistes (...) Puisque je ne puis pas prier, je puis au moins maudire !" (4)

 

Au vu des malédictions jetées par l'hérésiarque sur le pape et l'Eglise, on s'interroge :

 

"On voit que "l'exorciste du Vatican" est mort. Ce cher Don Amorth... A-t-il un successeur ? Il aura du boulot..." (5)

 

Qui était Martin Luther ?

 

Martin Luther était le fils d'une famille paysanne déracinée, transplantée par la mutation économique de la Saxe, qui avait abandonné la terre pour tenter de mieux vivre à la ville. Certains ont attribué ce départ à un meurtre commis par son père, Hans Luther : s'étant querellé avec un paysan dans un champ, il l'aurait tué et aurait dû s'enfuir pour assurer sa sécurité.

 

Martin Luther racontera plus tard avec le plus grand sérieux que sa mère fut longtemps malade parce qu'elle subissait les enchantements d'une voisine qui avait commerce avec le démon; le tourment ne cessa que lorsqu'on eut apaisé la sorcière avec des présents. Quand le petit frère mourut, les parents et l'entourage imputèrent cette mort, inexplicable pour eux, à quelque maléfice.

 

Quelle est la doctrine de Martin Luther ?

 

En 1515, moine débauché (Luther entra chez les Augustins en 1505), il a perdu tout espoir de vaincre le péché :

 

"Dieu nous a imposé quelque chose d'impossible et qui dépasse notre pouvoir." Il dira même plus tard : "Tout ce qui est dans notre volonté est mal, tout ce qui est dans notre intelligence est erreur." Alors quelle solution reste-t-il à l'homme ? Le désespoir. Il ira jusqu'à écrire quelques quelques années plus tard : "Nous sommes les captifs du diable: il est notre prince et notre dieu; nous sommes contraints de faire ce qu'il veut et ce qu'il nous inspire." Mais Martin Luther pense avoir trouvé la solution au désespoir humain : la solution divine. Il est impossible à l'homme d'être vertueux, mais à Dieu, rien n'est impossible. Puisque martin Luther est incapable de faire du bien, même s'il pèche continûment, puisque sa volonté est radicalement mauvaise, le Christ, Lui, lui mérite le bonheur éternel... En somme, c'est pèche autant que tu veux, le Christ te sauve quand même.

 

"Sois pécheur, et pèche fortement, mais crois plus fortement encore, et réjouis-toi dans le Christ, qui est vainqueur du péché, de la mort et du monde", écrit-il. Le sens est : bien que tu pèches, et autant de fois pèches-tu, il n'y a pas à s'en formaliser, puisque Dieu nous justifie. La conséquence psychologique, c'est qu'il n'y a ni à éviter le péché, ni à le regretter, ni à s'en corriger. 

 

En même temps, ses confrères pieux, chastes, mortifiés, fidèles à la Règle, lui apparaissent comme des pharisiens, et bientôt des monstres.

 

En 1517, Luther est en possession de sa doctrine de l'inutilité des oeuvres; il l'approfondissait, il l'enseignait, il la prêchait.

 

Sur le zèle évangélisateur, le pape François, disciple de Luther?

 

Martin Luther a écrit :

 

"Ne nous tourmentons pas, Dieu agit pour nous; ne cherchons pas le zèle : nos oeuvres sont vaines ; mais jetons-nous avec foi en Jésus-Christ, qui nous a une fois pour toutes acquis le salut.

 

Cette doctrine est définitive chez Luther. Avec cette justification qui le sauve du désespoir, il va sauver les autres de l'enfer.

 

Luther oublie, par exemple, que depuis la primitive Eglise, et déjà dans la tradition juive, l'aumône est considérée comme une oeuvre pie, de même que la défense de la veuve et de l'orphelin.

 

Prêtres indignes et moines tièdes quittent leur état de sainteté par la grande porte. Ce sont eux qui rejoignent le Réformateur et célèbrent sa doctrine sur la nécessité de pécher... Il n'est absolument rien qu'ils ne s'imaginent être en droit de faire. Ils vont jusqu'à prétendre pouvoir maintenant voler, se parjurer, être adultères en toute sécurité de conscience. 

 

Un certain nombre de ses partisans, déçus, meurtris, dégoûtés, ne se contentèrent pas de critiques : ils retournèrent à l'Eglise catholique. L'un d'eux, Crotus Rubianus, écrivit :

 

"Il y a maintenant un tel débordement dans tous les genres de vices, qu'on se demande si des hommes qui n'auraient jamais entendu parler de Jésus-Christ pourraient vivre plus mal." Il énumère les débordements qu'il voit autour de lui: l'avarice, la fraude, l'orgueil, l'intempérance, la luxure , l'adultère. "Dites-leur, ajoute-t-il, que ceux qui se laissent rogner par ces maux (c'est une citation de saint Paul), et vous ne trouverez pas une âme pour vous écouter..." [Ne vous y trompez point: ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes, ni les voleurs, ni les avares, ni les ivrognes, ni les calomniateurs, ni les rapaces ne posséderont le royaume de Dieu. 1 Corinthiens 6: 9,10]

 

En 1531, Crotus abjurera avec cette explication au duc Albert de Saxe :

 

"J'ai adhéré pendant plusieurs années au protestantisme. Quand je me suis aperçu qu'il était en désaccord avec lui-même, qu'il se fragmentait en sectes innombrables, et qu'il n'y avait rien qu'il ne souillait et s'efforçait de détruire, pas même ce qui vient des Apôtres, il me vint à la pensée que c'était probablement l'esprit malin qui, sous le masque de l'Evangile, nous trompait sous l'apparence du bien pour mieux nous absorber dans le mal. Dans ce moment, je résolus de retourner à l'Eglise où j'ai reçu le baptême."

 

Un autre Réformé, revenu de son erreur, Ulrich Zazius, de Fribourg, déclara :

 

"Je ne ferai pas au Dieu de vérité l'injure de croire que, pendant des siècles, l'Eglise ait pu nous tromper, malgré la promesse formelle qu'elle ne tomberait pas dans l'erreur."

 

En 1529, Theobald Gerlacher, dit Billikanus, soutenant sa thèse de doctorat en théologie, en profita pour déclarer solennellement :

 

"En ce qui concerne les luthériens, les zwingliens et les anabaptistes, cette peste abominable dont Dieu nous afflige en punition de nos fautes, et cela à cause de l'avarice, des mauvaises moeurs et de l'aveuglement des évêques, des prêtres et autres serviteurs de l'Eglise, je déclare publiquement qu'il se trouve aussi chez eux quelque bien, mais que c'est à la faveur de ce bien que s'est développé et se développera encore davantage tout le mal et le dangereux venin de ce schisme détestable."

 

Georges Witzel, alerté par la dégradation des moeurs écrivit :

 

"Enfin le Seigneur me fit tomber des yeux les écailles qui m'empêchaient de voir, arracha le voile grossier qui me couvrait le coeur, me retira de la synagogue luthérienne, et me la fit connaître totalement, telle qu'elle était.

 

L'Evangile sert de voile aux turpitudes de toutes sortes... Ils ont détruit, bouleversé, anéanti le culte et ses touchantes cérémonies, amoindri la prière, ridiculisé le jeûne, l'aumône, la pénitence et la charité. Le vice a violemment détrôné la vertu."

 

Petit curé, Simon Stumpf, qui devient l'ami de Zwingle en 1519, puis partisan zélé de Luther, abandonne le célibat sacerdotal en 1522. Et puis un beau jour, c'est le retournement contre Luther :

 

"Nous avons exalté cet homme immodérément, nous lui avons rendu des honneurs  qui ne sont dus qu'à Dieu seul; nous l'avons placé au-dessus de Moïse, des Apôtres et de Jésus-Christ lui-même, ce moine qui n'a pas encore su rendre sa conduite conforme à sa doctrine. Il a séduit et mis en émoi le monde entier, et il n'en dort pas moins tranquillement. Il a fait de telle sorte que l'on ne peut plus, actuellement, prêcher la Parole de Dieu dans sa pureté. Ses écrits ont fait un grand nombre de luthériens, mais aucun chrétien. On peut juger du maître par les disciples: lui-même, au lieu de prêcher le Royaume de Dieu et de son divin Fils Jésus-Christ, a prêché le monde; ses disciples, à leur tour, très savants de la science de Luther mais fort peu de la science divine, s'appliquent avec zèle au royaume du monde et du ventre, et remettent à plus tard la recherche du Royaume de Dieu et de sa justice."

 

Bientôt la lutte est engagée entre l'humanisme chrétien et le luthéranisme. Erasme, qui a abandonné le point de vue de la psychologie pour adopter celui de la théologie écrivit :

 

"Luther est séditieux non parce qu'il est emporté et indiscipliné, mais parce qu'il défend des doctrines contraires à la foi chrétienne." Et il ajoute : "Mais ni la mort, ni la vie ne pourront me séparer de la communion de l'Eglise catholique." Les théologiens de Wittemberg dirigèrent contre leur ancien sympathisant un tir d'autant plus nourri que leur espoir a été déçu. Ils ont déclenché contre lui, écrit Erasme, "un assaut violent d'injures publiques et de pamphlets agressifs."

 

Erasme se pencha alors, à partir de 1523 sur la doctrine luthérienne, et y releva "des paradoxes et des énigmes". Analysant la thèse indéfendable à ses yeux, de la "culpabilité de toutes les actions humaines, même celles des saints", celle de l'impossibilité du libre arbitre, terrain sur lequel il va engager bientôt les hostilités dogmatiques, il constate, comme beaucoup d'autres, qu'il s'est trompé sur l'intention et les résultats du projet luthérien, qu'il croyait une réforme morale de l'Eglise. Il dénonce à Barbirius, doyen du chapitre de Tournay, l'attitude des partisans du nouvel Evangile :

 

"Les uns n'y voient qu'un moyen commode de satisfaire leurs passions insensées et leurs appétits charnels; beaucoup, celui de s'approprier les biens ecclésiastiques; d'autres, une bonne occasion de dissiper leurs propres biens dans l'ivrognerie et la débauche, et de les récupérer ensuite par le vol et la rapine."

 

Annonçant à Hayo Hermann la prochaine parution de son travail, il prévoit combien celui-ci provoquera la rancune chez ces hommes, "qui ont le Christ et l'Evangile à la bouche et le diable dans le coeur."

 

Il reprend ce thème pour Theodor Hésius :

 

"Tous ont invariablement à la bouche les mots sacramentels d'Evangile, de Parole sainte, de Dieu, de foi, de Christ, d'Esprit-Saint - et je les vois pour la plupart se conduire de telle façon que je ne saurais douter qu'ils soient possédés du démon." L'ouvrage annoncé parut à Rotterdam (Erasme n'osant l'éditer à Bâle) le 1er septembre 1524 sous le titre : Diatribe sur le libre arbitre, ou contribution de Didier Erasme.

 

Il reproche à Luther et à ses partisans de jeter dangereusement dans le grand public des problèmes et des solutions qui troublent les âmes, les mènent au doute, à l'abandon, au péché. "L'esprit humain est habituellement épais, charnel, enclin à l'incrédulité, sujet au mal et porté au blasphème : point n'est besoin de jeter de l'huile sur le feu !"

 

Il rappelle le récit du Jugement dernier pour montrer l'importance des oeuvres :

 

"J'avais faim, et vous ne m'avez pas donné à manger...",et aussi la malédiction sur les villes "qui n'ont pas voulu faire pénitence."

 

Il évoque Saint Paul, l'auteur préféré de Luther, commente le verset de l'épître aux Romains où Dieu rendra à chacun "selon ses oeuvres" (Rom. 2, 6), et la Première épître aux Corinthiens, et les deux épîtres à Timothée.

[NdCR. On peut ajouter l'épître de saint Jacques qui mentionne que sans les oeuvres la foi est morte. "Que sert-il, mes frères, à un homme de dire qu'il a la foi, s'il n'a pas les oeuvres? Est-ce que cette foi pourra le sauver?" Jc, 2, 14]

 

Les théologiens postérieurs estiment que la Diatribe, est tout à fait d'accord avec la doctrine de saint Thomas d'Aquin, et certains mêmes jugent que c'est chez lui qu'Erasme a puisé ses meilleurs arguments.

 

Luther est l'inventeur de l'étatisation du clergé

 

tous les biens ecclésiastiques privés de leurs possesseurs ou de leurs titulaires appartiennent au souverain; en retour, celui-ci veille aux revenus ou aux rémunérations du clergé réformé; enfin, le prince veille à la suppression de tout ce qui subsiste de catholique.

 

Un partisan du divorce et de la bigamie

 

A partir de 1520, il se montre partisan du divorce ou, à défaut, de la bigamie. A un correspondant, qui trahit sa femme, il conseille de l'abandonner pour trouver une épouse dans un autre milieu: ainsi, ayant contracté une nouvelle union, il ne commettra pas le péché d'adultère. Il préconise l'intervention du pouvoir civil: si une femme se refuse à son mari, "l'autorité temporelle doit agir contre elle: la contraindre ou la condamner à mort.... Que reste-t-il de la femme, "ce sot animal" pour Luther, devant le caprice de l'homme ? Le Réformateur répond :

 

"Les oeuvres de Dieu nous disent avec évidence que les femmes doivent servir au mariage ou à la prostitution."

 

En effet, pour Luther, la chasteté est une violence faite à la nature, et "quand on fait violence à la nature, les corps deviennent maladifs, débiles, mous, et sentent mauvais." Plus tard, fidèle à cette doctrine, il déclarera: "quiconque se sent un homme doit prendre une femme et ne pas tenter Dieu. Si les femmes ont un sexe (le mot allemand est plus cru), c'est pour offrir aux hommes un remède contre les pollutions et les adultères."

 

Les moines en rupture de Règle et les prêtres reconvertis en pasteurs ne connurent plus de borne à leurs fantaisies sexuelles. Au mariage illicite (nul selon l'Eglise qu'ils abandonnaient), s'ajoutèrent bientôt l'adultère public, le divorce, la bigamie. Le pasteur Michael Kramer fut trigame.

 

"Par suite de la propagation de l'Evangile, dit Luther à ses familiers, les paysans se sont portés à un tel degré de licence qu'ils se croient tout permis. Ils ne craignent plus ni enfer, ni purgatoire. Ils sont orgueilleux, grossiers, violents, cupides, prêts à toutes les escroqueries. - Nous avons la foi, disent-ils: cela doit nous suffire.

 

C'est encore dans ses propos de table qu'il se plaint de l'ignorance religieuse du peuple: il ne se soucie plus de la doctrine, et tombe dans l'aveuglement. "Il ne se laisse arrêter ni par les châtiments, ni par la discipline, ni par les convenances. Il se livre à toute les turpitudes. De là découle une situation brutale et diabolique, à laquelle l'avenir est interdit."

 

En 1592, parut à Rome, puis à Cologne l'année suivante, un ouvrage intitulé De Signis Ecclesiae. Il avait pour auteur l'oratorien Thomas Bozio qui avait été le confident d'un des domestiques de Luther qui avaient assisté à ses derniers moments; bouleversé par les circonstances de cette mort, il avait médité sur les évènements, s'était enfui àRome, et avait demandé sa réintégration dans l'Eglise catholique.

 

Et voici ce que ce serviteur avait raconté à Bozio. La nuit du 17 au 18 février, Luther, après avoir copieusement soupé, s'était couché de joyeuse humeur. Mais, se réveillant ensuite, il fut pris d'épouvante, et se pendit "au moyen d'un noeud coulant." De là, les symptômes relevés par les médecins. Les prédicants accourus ne purent que constater le fait. Ils firent jurer à tous les familiers de ne pas le divulguer, "pour l'honneur de l'Evangile."

 

Conclusion

 

L'historien Ivan Gobry, dans sa biographie de Luther, explique :

 

"A partir du moment où le dogme de la justification par la seule foi (sola fide NdCR.) qu'il (Luther) proclamait hautement se trouvait en contradiction avec la doctrine de l'Eglise, il devenait hérétique.

 

Au début, les humanistes, qui lisaient ses oeuvres latines, s'y trompèrent, et Erasme tout le premier. Mais ils constatèrent bientôt que, bien loin de vouloir la correction des moeurs, Luther, par sa doctrine sur la nécessité du péché, ne faisait que légitimer le désordre établi, et de plus le faisait pénétrer là où il n'était pas encore installé. Bien loin d'appeler les moines à aimer le voeu de chasteté, il les excitait par des appels pressants à la luxure; bien loin d'appeler à aimer le voeu d'obéissance, il les poussait ouvertement à la révolte. La pratique n'avait plus d'importance; ce qui comptait, c'était la doctrine - celle de la justification par la foi seule. Il n'y avait plus qu'à pécher tout son soûl. Et comme les oeuvres devenaient inutiles, il n'y avait plus qu'à fermer les couvents, à manger du lard le vendredi et traîner les lupanars.

 

... Ainsi non seulement Luther, au lieu de sauver l'Eglise moralement, l'a enfoncée, en Allemagne du moins, dans sa misère morale, mais au lieu de la retirer à l'emprise du pouvoir politique, il l'y a soumise. L'Eglise de l'Esprit fut un mythe passager. Au lieu de soustraire l'Eglise au bras séculier, il l'y a enchaînée, tant par les sécularisations que par le remplacement de l'autorité de l'évêque par l'autorité du prince." (6)

 

Au vu de cet ensemble de faits, montrant une doctrine luthérienne ruinant la morale, contredisant la doctrine de l'Eglise sur le salut par la foi et les oeuvres, des malédictions ouvertement jetées contre le pape et les "papistes", l'opposition des humanistes chrétiens au protestantisme, une doctrine religieuse luthérienne ruinant le statut et les droits des femmes, l'Eglise catholique peut-elle, sans contradiction et sans dommage pour le salut des âmes, s'associer à l'initiative de François de fêter le mois prochain le 500e anniversaire du schisme de Martin Luther ?

 

Sources

 

(1) Diakonos.be

(2) Pro Liturgia, Actualité du vendredi 14 octobre 2016

(3) Pro Liturgia, Actualité du samedi 15 octobre 2016

(4) Le Forum catholique

(5) Le Forum catholique

(6) Ivan Gobry, Luther, biographie, édition La Table Ronde, Paris 1991, p. 10, 15, 91, 92, 200, 223, 230, 234, 235, 236, 237, 286, 289, 299, 302, 319, 333, 460, 461, 467, 468

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 10:35

La Conférence monarchiste internationale et la Maison royale du Rwanda a annoncé le décès aux Etats-Unis du Mwami (Roi) Kigeli V, à l'âge de 80 ans.

 

Né Jean-Baptiste Ndahindurwa, ce catholique fervent et dernier souverain régnant du Rwanda n'avait pas hésité à signer ouvertement une lettre, avec d'autres princes et membres de l'aristocratie européenne, critiquant l'acceptation du mariage pour tous et la communion des divorcés par le pape François (février 2015)

 

C'est le 28 juillet 1959 qu'il avait accédé au trône du Rwanda, alors encore possession belge, dans des circonstances troubles, et non préparé à cette charge dont il avait été investi par le conseil royal en total opposition avec le choix des belges. (1)

 

Kigeli V était un tutsi, mais la tradition voulait que l’institution royale représente tous les Rwandais et transcende les clivages ethniques. (2)

 

Les tensions ethniques entre hutus et tutsis avaient fragilisé la monarchie rwandaise qui sera finalement renversée en juillet 1960 alors que le souverain était en visite au Congo-Kinshasa avec le secrétaire-général des Nations Unies, Dag Hammarskjöld.

 

En juin 1960, il avait demandé aux Nations unies de l’aider à obtenir l’indépendance du Rwanda, ce qui provoqua son expulsion du pays par les autorités belges.

 

En 1961, la Belgique lança un processus d'autonomie interne. La monarchie fut finalement abolie en janvier 1961 après un référendum organisé (80% de non, 20% de oui) et remplacée par une république qui présenta dès sa naissance un caractère racial; source de divisions profondes dans le pays. Le Rwanda acquit son indépendance l'année suivante.

 

Tentant de récupérer son trône, Kigeli V fut arrêté par les belges, mis en résidence surveillée et renvoyé vers la Tanzanie. S'en suivra un long exil dans diverses capitales africaines avant que les Etats-Unis ne lui accordent un visa d'exilé politique en juillet 1992. Le roi se réfugia alors dans un long et profond mutisme, soutenant du bout des lèvres, les mouvements qui se réclamaient de lui (en 2001, un petit mouvement royaliste tentera vainement un coup d'état)

 

Lors du génocide rwandais (1994), le roi appellera à l'unité du pays mais son message ne sera pas entendu (la reine douairière Rosalie Gicanda sera assassinée dans sa maison tout comme l'avait été son mari Mutara III en 1959), perdu dans le cliquetis des machettes et les hurlements de frayeur de ses sujets. Opposant au régime du président Kagamé, plusieurs négociations avait été entamées pour autoriser son retour en 2007. En vain. Le roi exigeant de revenir comme monarque et non comme simple citoyen. En juillet dernier, le Parti vert rwandais avait proposé qu'un référendum sur le retour de la monarchie soit mis en place pour trancher la question.

 

Plusieurs fois décoré par des maisons royales d'Europe (dont le Portugal ) et par l'Eglise pour son engagement humanitaire, le Mwami vivait exclusivement de dons de la part de ses soutiens. La succession n'étant pas héréditaire au sens strict européen, le conseil royal va se réunir afin de trouver un nouveau souverain parmi les membres de la maison royale.

 

Kigeli V n'aura que très brièvement et très symboliquement régné. (3)

Décès du dernier monarque du Rwanda, Kigeli V

Sources

 

(1) VexillaGalliae facebook

(2) Kigeli V, dernier roi du Rwanda, est décédé, Le Monde.fr avec AFP Le 17.10.2016 à 10h18

(3) Mort de Kigeli V, dernier roi du Rwanda, Par RFI Publié le 17-10-2016 Modifié le 17-10-2016 à 00:36

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Publié par Ingomer - dans Royalisme
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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 00:00
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SAINT IGNACE
Patriarche d'Antioche, Martyr
Docteur de l'Eglise
(+ c.115)

 
Saint Ignace fut condamné à être dévoré par les fauves lors d'une persécution sous Trajan, dont on situe mal la date exacte, entre 107 et 110 ap. J.-C, peut-être dans le Colisée, alors en voie d'achèvement, lors des spectacles géants donnés par Trajan pour son triomphe sur les Daces, et où furent mis à mort dix mille gladiateurs et onze mille fauves. On connaît mal les conditions de son procès, dont on ne sait pas si l'initiative vint de la foule ou de quelque magistrat local. (DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 157.)

 

« Saint Ignace est le deuxième successeur de Pierre (l’Apôtre de Jésus-Christ) comme évêque d’Antioche (Turquie actuelle, proche de la frontière syrienne) selon une liste communiquée par Eusèbe de Césarée, Ignace ne nous est guère connu que par ses Lettres qui ont été conservées et dont l'authenticité est indiscutable. » (Régine Pernoud, Les saints au Moyen Age, la sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui ?, Plon, Mesnil-sur-l'Estrée 1984, p. 40).


Certains auteurs assurent qu'Ignace fut ce petit enfant que Notre-Seigneur plaça au milieu des Apôtres lorsque, pour leur donner une leçon d'humilité, Il leur dit: Si vous ne devenez semblables à de petits enfants, vous n'entrerez jamais dans le royaume des Cieux. Ce qui est certain, c'est qu'il était un familier des premiers disciples du Sauveur, disciple lui-même de saint Jean, l'Apôtre bien-aimé. (Cf. Un peu plus bas, le tableau "Ignace d'Antioche : Les emprunts johanniques".)

 

Ignace semble bien être Syrien d’origine

 

Il n’est pas citoyen romain, car jamais un citoyen romain ne fut condamné aux bêtes. Rien n’indique qu’il soit Juif : il s’oppose avec fermeté aux coutumes juives (Lettre aux Magnésiens, 8 et 9) et aux judaïsants. (1)

 

VIII, 1. Ne vous laissez pas séduire par les doctrines étrangères ni par ces vieilles fables qui sont sans utilité. Car si maintenant encore nous vivons selon la foi, nous avouons que nous n'avons pas reçu la grâce. 2. Car les très divins prophètes ont vécu selon Jésus-Christ ; c'est pourquoi ils ont été persécutés. Ils étaient inspirés par sa grâce, pour que les incrédules fussent pleinement convaincus qu'il n'y a qu'un seul Dieu, manifesté par Jésus-Christ son Fils qui est son Verbe sorti du silence, qui en toutes choses s'est rendu agréable à celui qui l'avait envoyé.

 

IX, 1. Si donc ceux qui vivaient dans l'ancien ordre de choses sont venus à la nouvelle espérance, n'observant plus le sabbat, mais le jour du Seigneur, jour où notre vie s'est levée par lui et par sa mort, --quelques-uns le nient; mais c'est par ce mystère que nous avons reçu la foi, et c'est pour cela que nous tenons ferme, afin d'être trouvés de véritables disciples de Jésus-Christ, notre seul maître -- 2. comment pourrions-nous vivre sans lui, puisque les prophètes aussi, étant ses disciples par l'esprit, l'attendaient comme leur maître ? et c'est pourquoi celui qu'ils attendaient justement les a, par sa présence, ressuscités des morts. (Lettre aux Magnésiens, 8 et 9)

 

Il met en garde les vrais fidèles contre les zélateurs des observances juives :

 

« Apprenons à vivre selon le christianisme. Car celui qui s'appelle d'un autre nom en dehors de celui-ci, n'est pas à Dieu ! Rejetez donc le mauvais levain, vieilli et aigri ! » (Cf. 1Co, 5: 6,7)" (Lettre aux Magnésiens 10:1,2)

 

Ignace fut un grand évêque, un homme d'une rare sainteté; mais sa gloire est surtout son martyre. Conduit devant l'empereur Trajan, il subit un long interrogatoire:

 
Image illustrative de l'article Trajan
Empereur Trajan (98-117)

«  C'est donc toi, vilain démon, qui insultes nos dieux?
-- Nul autre que vous n'a jamais appelé Théophore un mauvais démon.
-- Qu'entends-tu par ce mot Théophore?
-- Celui qui porte Jésus-Christ dans son coeur.
-- Crois-tu donc que nous ne portons pas nos dieux dans notre coeur?
-- Vos dieux! Ce ne sont que des démons; il n'y a qu'un Dieu Créateur, un Jésus-Christ, Fils de Dieu, dont le règne est éternel.
-- Sacrifie aux dieux, je te ferai pontife de Jupiter et père du Sénat.
-- Tes honneurs ne sont rien pour un prêtre du Christ.»

 

Trajan, irrité, le fait conduire en prison. «Quel honneur pour moi, Seigneur, s'écrie le martyr, d'être mis dans les fers pour l'amour de Vous!» et il présente ses mains aux chaînes en les baisant à genoux.

L'interrogatoire du lendemain se termina par ces belles paroles d'Ignace: «Je ne sacrifierai point; je ne crains ni les tourments, ni la mort, parce que j'ai hâte d'aller à Dieu.»

 
Condamné aux bêtes, il fut conduit d'Antioche à Rome par Smyrne, Troade, Ostie. Son passage fut partout un triomphe.

 

Pendant ce douloureux voyage, le saint évêque, exultant de joie, écrivit aux Églises sept lettres qui nous dévoilent son âme ardente et nous révèlent aussi ses préoccupations - assurer l’union des Églises à leurs évêques, leur union entre elles et la fuite de l’hérésie.
Il est aisé de retracer, d’après les détails donnés, l’itinéraire parcouru par le condamné (voir carte ci-dessous).
Il y eut trois escales plus importantes : Philadelphie, Smyrne et Troas.
A Smyrne, Ignace fut accueilli par l’évêque Polycarpe. Des délégations importantes d’autres Églises d’Asie s’empressèrent de venir le saluer. 

 

Itineraire_Ignace-60fff.png

 

 

Ignace fit couler partout des larmes de douleur et d'admiration:


Image illustrative de l'article Ignace d'Antioche«Je vais à la mort avec joie, pouvait-il dire. Laissez-moi servir de pâture aux lions et aux ours. Je suis le froment de Dieu; il faut que je sois moulu sous leurs dents pour devenir un pain digne de Jésus-Christ. Rien ne me touche, tout m'est indifférent, hors l'espérance de posséder mon Dieu. Que le feu me réduise en cendres, que j'expire sur le gibet d'une mort infâme; que sous la dent des tigres furieux et des lions affamés tout mon corps soit broyé; que les démons se réunissent pour épuiser sur moi leur rage: je souffrirai tout avec joie, pourvu que je jouisse de Jésus-Christ.»

 

 

Saint Ignace, dévoré par un lion, répéta le nom de Jésus jusqu'au dernier soupir. Il ne resta de son corps que quelques os qui furent transportés à Antioche.

Source : Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.  (2)
 

 

«Comme saint Ignace a été disciple de saint Jean l'Evangéliste, et a souffert peu de temps après la mort de cet apôtre, ses écrits sont des monuments précieux de la doctrine et de la discipline de l'Eglise primitive; ils sont rassemblés dans le second tome des Pères apostoliques, de l'édition de Coletier. ...  [L]es Protestants, ils y ont trouvé la condamnation claire de plusieurs de leurs erreurs. » 

 

Source: Encyclopédie théologique, Nicolas Bergier (1718-1790), publ. par M. l'abbé Migne, Ateliers catholiques au Petit-Montrouge, tome II, Paris 1850-1851, p. 1292).

 

L'inventeur du mot "catholique" pour définir l'église de Jésus-Christ

 

C'est à Ignace que l'on doit le mot grec «kajolik´ov», «catholicos» pour définir l'Eglise de Jésus-Christ (Encyclopédie Universalis). «Là où est le Christ, là est l’Église catholique», écrit Ignace d’Antioche qui le premier veut expliquer par ce mot l’universalité du salut.

Le terme grec, kajolik´ov, catholicos qui avait déjà chez les auteurs grecs (Aristote, Zénon, Polybe) le sens d’universel, de total, de général, est employé, depuis le début du IIe siècle, presque exclusivement par les auteurs chrétiens, et pour la première fois par Ignace d’Antioche en 112 ap. J.-C., dans sa Lettre aux chrétiens de Smyrne (5, 8), pour désigner l’Église de Jésus-Christ.

 

Dès ce moment, le mot a un double sens: il désigne la foi catholique commune à toute l'Eglise déjà répandue dans de nombreux pays, par opposition aux communautés ayant assez tôt dévié de la foi apostolique (nicolaïtes, gnostiques de toutes obédiences, aujourd'hui protestants, francs-maçons etc....)

Ignace salue l'Eglise catholique romaine plus particulièrement :

 

«Elle est aimée et illuminée par la volonté de Celui qui a voulu tous ceux qui existent selon la foi et l'amour de Jésus-Christ Notre Dieu… Sa charité la met au premier rang, c'est elle qui porte la loi du Christ et le nom du Père» (France Quéré, Les Pères apostoliques. Écrits de la primitive Église, cité in Régine Pernoud, Les saints au Moyen Age, la sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui ? , Plon, Mesnil-sur-l'Estrée 1984, p. 40).

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/24/Saint-Ignatius_cathedral_of_Shanghai.jpg

Eglise catholique Saint Ignace, Shanghai (Chine)

 

 


L’Église romaine, «présidente de l’alliance divine» chez Saint Ignace d'Antioche

 

Selon Ignace, Une vénération spéciale entoure déjà l'église de Rome dès la fin du Ier siècle.


Saint Irénée de Lyon, un autre auteur contre les hérétiques écrit lui aussi : «L’ensemble des croyants de tous les pays, doit demeurer en accord avec l’Église de Rome». Au plan de la discipline et surtout de la foi, l’Eglise de Rome est un modèle pour les autres Églises ; on y vient de partout » (Saint Irénée de Lyon, Adversus haereses, III, 2.)

Dans sa Lettre aux Romains, Ignace explique que : « cette église préside dans la région de Rome». L'hérésie protestante est clairement condamnée dès la fin du Ier siècle... L'Eglise primitive était catholique et non protestante. Ceci est toujours bon à rappeler aux progressistes et autres marchands de sable expliquant qu'il faut revenir aux sources et aux premiers temps de l'Eglise !...

 

Ses lettres apostoliques développant une première théologie eucharistique le font ranger parmi les Pères apostoliques, première génération de Pères de l'Église. (3)

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/cc/Saint-Ignatius_cathedral_of_Shanghai_8.jpg/450px-Saint-Ignatius_cathedral_of_Shanghai_8.jpg

Eglise catholique Saint Ignace, Shanghai (Chine), Autel de la Vierge

 

Les Lettres d'Ignace d'Antioche

 

Les lettres d’Ignace « ont une importance incalculable pour l’histoire du dogme » (J. Quasten, Initiation aux Pères de l’Église, Paris 1955, 1, p.76.).

« Comme à ses grands docteurs, l’Église lui doit certains traits qui resteront acquis pour toujours : pour la doctrine de l’Incarnation et de la Rédemption, de l’Église ou de l’Eucharistie, Ignace a apporté à la construction du dogme catholique des pierres solides et bien appareillées qui resteront à la base de l’édifice. » (Th. Camelot, Ignace d’Antioche, Paris 1958, SC N° 10, p. 58.)

 

Elles soulignent les thèmes suivants :

 

. unité de Dieu : Magn. 8, 2 - Il n’y a qu’un Dieu qui s’est manifesté par Jésus-Christ, son Fils qui est son Verbe sorti du silence ; Magn. 13, 1 - Ayez soin de vous tenir dans la foi et la charité avec le Fils, le Père et l’Esprit; Magn. 13, 2 - Soyez soumis à l’évêque… comme les apôtres le furent au Christ, au Père et à l’Esprit.

 

http://www.schola-sainte-cecile.com/wp-content/2007/06/trinite01.jpg

 

. Trinité : Éph. 9, 1 - Vous êtes les pierres du temple du Père, destinées à l’édifice que construit Dieu le Père, élevées jusqu’au faîte par la machine de Jésus-Christ qui est sa croix, avec le Saint-Esprit pour câble),

 

. Divinité de Jésus : Éph. 1, 1 Après vous être retrempés dans le sang de Dieu…; Éph. 7, 2 Il n’y a qu’un seul médecin, à la fois chair et esprit, engendré et non engendré, Dieu fait chair, vraie vie au sein de la mort, né de Marie et de Dieu, d’abord passible et maintenant impassible, Jésus-Christ Notre-Seigneur.; Rom. 3, 3 - Rien de ce qui est visible n’est bon. Même notre Dieu Jésus-Christ ne s’est jamais mieux manifesté que depuis qu’il est retourné au sein du Père; Rom. 6, 3 - Permettez-moi d’imiter la passion de mon Dieu.

 

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L'Incarnation du Christ par Piero di Cosimo (1505)

 

. Réalité de l’Incarnation : Magn. 8, 2 - Il n’y a qu’un Dieu et ce Dieu s’est manifesté par J.C., son Fils, qui est son Verbe sorti du silence, celui qui accomplit fidèlement les volontés de celui qui l’a envoyé. Smyrn. 4, 1-2 - Il faut prier pour leur conversion (des docètes), chose bien difficile mais possible pourtant à Jésus-Christ, notre véritable vie. Si c’est seulement en apparence que Notre-Seigneur a agi, ce n’est aussi qu’en apparence que je suis chargé de fers. Alors pourquoi me suis-je voué à la mort, par le feu, le glaive, les bêtes ?.. C’est pour m’associer à sa passion que j’endure tout, et c’est lui qui m’en donne la force, lui qui s’est fait complètement homme.

 

. Rédemption : Trall., 2, 1 - Jésus-Christ est mort pour nous afin de vous préserver de la mort par la foi en sa mort; Smyrn., 2, 1 - C’est pour notre salut qu’il a enduré toutes ces souffrances ; Rom., 6, 1 - Il est mort pour nous, ressuscité à cause de nous. Il a été réellement percé de clous pour nous en sa chair sous Ponce-Pilate et Hérode le Tétrarque ; Smyrn, 1, 2 - c’est au fruit de sa croix, à sa sainte et divine passion que nous devons la vie; Trall., 11, 2 - Ceux qui sont plantés par le Père sont des rejetons de la croix et leur fruit est incorruptible.

 

Eucharistie : Éph. 13, 1 - Ayez donc soin de tenir des réunions plus fréquentes pour offrir à Dieu votre Eucharistie et vos louanges. Éph. 20, 2 -… si le Seigneur me fait savoir que, chacun en particulier et tous ensemble… vous êtes unis de cœur dans une inébranlable soumission à l’évêque et au presbyterium, rompant tous un même pain, ce pain qui est un remède d’immortalité, un antidote destiné à nous préserver de la mort et à nous assurer pour toujours la vie en Jésus-Christ. Philad. 4 - Ayez donc soin de ne participer qu’à une seule Eucharistie. Il n’y a en effet qu’une seule chair de Notre Seigneur, une seule coupe pour nous unir dans son sang, un seul autel comme il n’y a qu’un seul évêque, entouré du presbyterium et des diacres, les associés de mon ministère. Smyrn. 7, 1 - Ils (les docètes) s’abstiennent de l’Eucharistie et de la prière parce qu’ils ne veulent pas reconnaître dans l’Eucharistie la chair de Jésus-Christ notre Sauveur, cette chair qui a souffert pour nos péchés et que le Père, dans sa bonté, a ressuscitée.

http://www.la-croix.com/var/bayard/storage/images/lacroix/religion/urbi-orbi/rome/rome-rappelle-l-importance-doctrinale-de-vatican-ii-_ng_-2011-12-02-742882/23644937-1-fre-FR/Rome-rappelle-l-importance-doctrinale-de-Vatican-II_article_main.jpg
Les évêques réunis dans la basilique Saint-Pierre de Rome pour le concile Vatican II
 

Église : Magn. 6, 1 - Je vous en conjure, accomplissez toutes vos actions dans cet esprit de concorde qui plaît à Dieu, sous la présidence de l’évêque qui tient la place de Dieu, des presbytres qui représentent le sénat des apôtres, des diacres, objets de ma particulière affection, chargés du service de Jésus-Christ qui était auprès du Père avant les siècles et qui s’est révélé à la fin des temps. Trall. 3 - Vous devez tous révérer les diacres comme Jésus-Christ lui-même, l’évêque comme l’image du Père, les presbytres comme le sénat de Dieu et le collège des Apôtres ; sans eux, il n’y a point d’Église. Philad. 7, 1 - Pendant mon séjour parmi vous, j’ai crié, j’ai dit bien haut d’une voix qui était la voix même de Dieu : Tenez-vous étroitement unis à votre évêque, au presbyterium et aux diacres… C’est l’Esprit qui disait bien haut : n’agissez jamais en dehors de votre évêque… aimez l’unité, fuyez les divisions. Magn. 13, 2 - Soyez soumis à l’évêque et les uns aux autres, comme Jésus-Christ dans sa chair le fut à son Père, et comme les Apôtres le furent au Christ, au Père et à l’Esprit, et qu’ainsi votre union soit à la fois extérieure et intérieure. Smym. 1, 2 - Par sa résurrection, il a levé son étendard sur les siècles pour grouper ses saints et ses fidèles, tant du sein du judaïsme que de celui de la gentilité en un seul et même corps qui est l’Église. Éph. 3, 2 - Les évêques établis jusqu’aux extrémités du monde ne sont qu’un avec l’Esprit de Jésus-Christ. Smyrn. 8, 2 - Là où paraît l’évêque, que là soit la communauté, de même que là où est le Christ Jésus, là est l’Église catholique.

 

Virginité de Marie : Éph. 19, 2 - Le prince de ce monde n’eut connaissance ni de la virginité de Marie, ni de son enfantement, ni de la mort du Seigneur : trois mystères éclatants que Dieu opéra dans le silence. Éph. 7, 2 - Il n’y a qu’un seul médecin… né de Marie et de Dieu. Éph.18, 2 - Jésus-Christ a été selon le plan divin, porté dans le sein de Marie, issu du sang de David et aussi du Saint-Esprit…

 

Ignace d’Antioche : Les emprunts johanniques

d’après M.J. Lagrange, Évangile selon S. Jean, Paris, 1925, p. XXVI.

 

JEANIGNACE
Le vent souffle où il veut, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. 3, 8On ne trompe pas l’Esprit, car il vient de Dieu, il sait d’où il vient et où il va, il pénètre les secrets les plus cachés. Ph. 7, 1
Le Fils ne peut rien faire de lui-même rien qu’il ne voit faire au Père. 5, 19 Le Père qui demeure en moi, accomplit les œuvres. 14, 10 En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. 15, 5De même que le Seigneur, soit par lui-même, soit par ses apôtres, n’a rien fait sans le Père avec lequel il n’est qu’un, vous non plus, en dehors de l’évêque et des presbytres. Magn. 8, 1
Travaillez, non pour la nourriture périssable. 6, 27 Car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel. 6, 33 Qui mange ma chair et boit mon sang. 6, 54Je ne prends plus plaisir à la nourriture corruptible ce que je veux, c’est le pain de Dieu, ce pain qui est la chair de J.C., le Fils de David, et pour breuvage je veux son sang qui est l’amour incorruptible. Rom. 7, 3
J’ai manifesté ton nom… 17, 6 Le Verbe. 1, 1 Le Fils unique, lui, l’a fait connaître. 1, 18 Celui qui m’a envoyé est avec moi… Je fais toujours ce qui lui plaît. 8, 29Il n’y a qu’un Dieu et ce Dieu s’est manifesté par J.C., son Fils, qui est son Verbe sorti du silence, celui qui accomplit fidèlement les volontés de celui qui l’a envoyé. Magn. 8, 2
… Pour qu’ils soient un comme nous sommes un, moi en eux et toi en moi, pour qu’ils soient parfaitement un. 17, 22Quel n’est pas votre bonheur à vous qui lui (Le. à l’évêque) êtes étroitement unis, comme 1’Eglise l’est à J.C. et J.C. à son Père, dans l’harmonie de l’universelle unité. Éph. 5, 1
Et le pain que moi je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde 6, 51 Si vous ne mangez la chair du Fils de l’Homme… vous n’aurez pas la vie en vous. 6, 53 Qui mange ma chair, je le ressusciterai. 6, 54Ils s’abstiennent de l’Eucharistie et de la prière, parce qu’ils ne veulent pas reconnaître dans l’Eucharistie la chair de J.C. notre Sauveur… Cette chair qui a souffert pour nos péchés… ceux qui le nient n’ont pas la vie. Ils feraient mieux de pratiquer la charité (agapè) pour avoir part à la résurrection. Smyrn. 7, 1

 

 

 

Saint Ignace a écrit trois lettres de Troas :

 

. une aux Philadelphiens,

 

«Tous ceux qui appartiennent à Dieu et à Jésus-Christ restent unis à l’évêque ; et tous ceux que le repentir ramène dans l’unité de l’Église appartiendront, eux aussi, à Dieu, pour vivre selon Jésus-Christ

Lettre aux Philadelphiens, 3, 1-2

 

Le repentir :

  •  
    •  
      • «Dieu pardonne toujours au repentir pourvu que ce repentir ramène à l’union avec Dieu et à la communion avec l’évêque.»
        Lettre aux Philadelphiens, 8, 1

 

La lettre (de l'Ancien Testament) tue, l'esprit (du Christ) vivifie (2 Co., 3, 6.). Ignace répond à ceux qui opposent l’autorité de l’Ancien Testament à celle de l’Évangile. Ignace parle plusieurs fois de l’Évangile. Certains veulent y voir une mention des écrits évangéliques. Il n’est pas douteux que ces écrits circulaient déjà, mais il est plus probable qu’Ignace parle de la doctrine du Seigneur. On sait que le canon des Écritures ne sera défini qu’au Concile de Trente (en 1546) qui sanctionnait ainsi un très long usage. Vers 130 déjà, le canon comprenant les quatre Évangiles et le recueil des épîtres de saint Paul est constitué en fait. Le Canon de Muratori est la plus ancienne liste qui soit parvenue jusqu’à nous (fin du second siècle).

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d7/Cristo_crucificado.jpg/402px-Cristo_crucificado.jpg

Le Christ crucifié (1632) par Diego Vélasquez (1632)

 

«Je vous en prie, inspirez-vous toujours dans votre conduite, non de l’esprit de discorde, mais de la doctrine du Christ. J’ai entendu dire à certaines gens : "Ce que je ne trouve pas dans nos archives, je ne l’admets pas dans l’Évangile". Et quand je leur disais : "Mais, c’est écrit", ils me répondaient : "Là est justement toute la question". Mes archives à moi, c’est Jésus-Christ ; mes inviolables archives, c’est sa croix, sa mort, sa résurrection et la foi dont il est l’auteur. Voilà d’où j’attends, avec l’aide de vos prières, d’être justifié.»

Lettre aux Philadelphiens, 8, 2

 

Il n’y a d’ailleurs chez Ignace aucune opposition entre l’Ancien Testament et l’Évangile, c’est à plusieurs reprises qu’il parlera avec grand éloge des prophètes :

  •  
    •  
      • «Tout cela [L'Ancien Testament] n’a qu’un but : notre union avec Dieu, mais il y a dans l’Évangile un trait tout particulier : c’est l’avènement du Sauveur, notre Seigneur Jésus-Christ, sa passion et sa résurrection. Car les bien-aimés prophètes n’avaient fait que l’annoncer, tandis que l’Évangile est la consommation de la vie éternelle.»
        Lettre aux Philadelphiens, 9, 2

. une aux Smyrniens ou Smyrniotes

 

«Je ne suis pas digne de faire partie de cette Église (= Antioche) moi, le dernier de ses membres. C’est à la volonté de Dieu que je dois cet honneur, non à mes mérites, mais à sa grâce. Puissé-je, grâce à vos prières, la recevoir dans toute sa plénitude pour parvenir enfin à atteindre Dieu.»

Lettre aux Smyrniotes, 11.

 

Voici le texte qui est le plus ancien exemple de l’emploi du mot Église catholique dans le sens d’Église universelle [Dans le Martyre de S. Polycarpe, ce mot employé encore, prendra sa seconde acception : Église orthodoxe (par opposition aux sectes hérétiques ou schismatiques)] :

  •  
    •  
      • «Ne regardez comme valide que l’Eucharistie célébrée sous la présidence de l’évêque ou de son délégué. Partout où paraît l’évêque, que là aussi soit la communauté, de même que partout où est le Christ-Jésus, là est l’Église catholique.»
        Lettre aux Smyrniotes, 5, 8

 

. et une à Polycarpe.

 

«Prends soin de l’unité, le plus grand de tous les biens. Aide tous les autres, comme le Seigneur t’aide toi-même. Parle à chacun en particulier à l’exemple de Dieu. Quant aux choses invisibles, prie pour qu’elles te soient révélées, tu ne manqueras ainsi de rien et tu auras les dons spirituels en abondance.»

À Polycarpe, 2, 2

 

«Tiens ferme comme l’enclume sous le marteau. Un grand athlète triomphe malgré les coups qui le déchirent.»

À Polycarpe, 3, 1

 

«Écoutez votre évêque pour que Dieu lui-même vous écoute… soyez les uns pour les autres indulgents et doux, comme Dieu l’est pour vous.»

À Polycarpe, 6

 

«J’ai appris que l’Église d’Antioche en Syrie a, grâce à votre prière, recouvré la paix. Cette nouvelle a relevé mon courage, et maintenant que Dieu m’a rendu la tranquillité, je n’ai plus qu’un seul souci : celui d’arriver à lui par le martyre et d’être, grâce à vous, compté parmi les vrais disciples au jour de la résurrection. Il convient, bienheureux Polycarpe, de convoquer une assemblée agréable à Dieu et d’élire quelqu’un qui vous soit très cher et qui soit actif, on pourra l’appeler le courrier de Dieu, il serait chargé d’aller porter en Syrie, pour l’honneur de Dieu, le glorieux témoignage de votre ardente charité. Un chrétien ne s’appartient pas, il appartient au service de Dieu

À Polycarpe, 7, 1-3.

 

Voici le relevé des idées de ces lettres écrites de Troas:

 

Salutation

Éloge des qualités de la communauté

Recommandations pressantes : fuir l’hérésie, s’attacher à l’unité dans la soumission à l’évêque

Salut final et demande de prières pour la Syrie ou de l’envoi d’un diacre (les lettres de Troas).

 

Contre quelle hérésie Ignace met-il en garde les chrétiens ?

 

Ignace s’attaque à deux erreurs : le judéo-christianisme qui consiste à mêler les rites et les pratiques du judaïsme au christianisme et le docétisme qui ne voit dans le corps de Jésus-Christ qu’un fantôme sans réalité objective.

 

Elles se terminent par la recommandation d’envoyer à Antioche un diacre, un « courrier de Dieu ».

 

 

Et quatre lettres de Smyrne :

 

. une aux Ephésiens,

 

« Je ne vous donne pas des ordres comme si j’étais un personnage. Je suis bien, il est vrai, chargé de fers pour le Nom, mais je n’ai pas encore atteint la perfection en Jésus-Christ. Je ne fais que débuter à son école et si je m’adresse à vous, c’est comme à mes condisciples»

Lettre aux Éphésiens, 3, 1

 

 

«Quel n’est pas votre bonheur à vous qui êtes étroitement unis à l’évêque comme l’Église l’est à Jésus-Christ et Jésus-Christ à son Père, dans l’harmonie de l’universelle unité.»

Lettre aux Éphésiens, 5, 1
 

 

 

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Artémis du type d'Éphèse, IIe siècle apr. J.-C

Musée de Selçuk

À Éphèse, les processions en l’honneur de la grande Artémis étaient célèbres. Ignace s’empare de l’image et montre dans les chrétiens les « théophores », les « christophores », les porteurs des objets sacrés :

  • «Vous êtes tous compagnons de route, portant votre Dieu et son temple, le Christ, les objets sacrés, et parés des préceptes de Jésus-Christ.»
  •  
  •  
    Lettre aux Éphésiens, 9, 2

 

Bonté pour tous :

 

«Priez aussi sans cesse pour les autres hommes : on peut espérer les voir arriver à Dieu par la pénitence. Donnez-leur au moins la leçon de vos exemples. À leurs emportements, opposez la douceur, à leur orgueil, l’humilité ; à leurs blasphèmes, la prière ; à leurs erreurs, la fermeté dans la foi ; à leur caractère sauvage, l’humilité, sans jamais chercher à rendre le mal qu’ils vous font. Montrons-nous vraiment leurs frères par la bonté. Efforçons-nous d’imiter le Seigneur en rivalisant à qui souffrira davantage l’injustice, le dépouillement et le mépris.»

Lettre aux Éphésiens, 9,10

 

Au chapitre 19, Ignace fait mention d’une étoile miraculeuse « qui fit pâlir toutes les autres » et manifesta « les mystères éclatants que Dieu opéra dans le silence » (la virginité de Marie, son enfantement, la mort du Seigneur). Cette croyance, écho de celle qui se trouve dans l’Évangile de Matthieu, se retrouvera encore dans un évangile apocryphe (le Protévangile de Jacques) et dans Clément d’Alexandrie

 

Humilité :

 

«  Bien que je sois le dernier des fidèles dAntioche, Dieu a daigné me choisir pour le glorifier.»

Lettre aux Éphésiens, 21, 2
 

 

. une aux Magnésiens,

 

Faire tout « en commun » dans l’unité :

  • « De même que le Seigneur n’a rien fait, ni par lui-même, ni par ses apôtres, sans son Père (cf. Jn, 5, 19) avec lequel il est un, ainsi, vous non plus, ne faites rien sans l’évêque et les presbytres. C’est en vain que vous essaierez de faire passer pour raisonnable une action accomplie à part vous, faites donc tout en commun : une même prière, une même supplication, un seul et même esprit, une même espérance animés par la charité dans une joie innocente. Tout cela, c’est Jésus-Christ au-dessus duquel il n’y a rien… Accourez tous vous réunir dans le même temple de Dieu, au pied du même autel, en Jésus-Christ un, qui est sorti du Père un et qui demeurait dans l’unité du Père et qui est retourné à Lui » (cf. Jn, 16, 28).
    Lettre aux Magnésiens, 7

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/e4/Huy_72_collegiale-arbre-vie.JPG/800px-Huy_72_collegiale-arbre-vie.JPG

Trésor de la collégiale Notre-Dame, Huy - médaillon émaillé de l'Arbre de Vie, art mosan vers 1160. Inscription sur le pourtour Misericordia et Veritas universae viae Domini - Tous les sentiers de Yahvé sont amour et fidélité pour qui garde son alliance et ses préceptes. (Bible de Jérusalem, Ps XXIV verset 10)

 

. une aux Tralliens

 

C'est dans cette lettre que se rencontre pour la première fois l’image devenue si courante de « l’arbre de la croix », arbre de vie (D’après Th. Camelot, Ignace d’Antioche, Paris, 1944, SC N° 10, p. 120, note 1, « A notre connaissance », dit Camelot.):

  •  
    •  
      • «Fuyez les rameaux parasites et dangereux (= les incrédules) ils portent des fruits qui donnent la mort, si quelqu’un en goûte, il meurt sur-le-champ. Ceux-là ne sont pas la plantation du Père. S’ils l’étaient, ils apparaîtraient comme des rameaux de la croix, et leur fruit serait incorruptible.» (La mosaïque de l’abside de l’église de saint Clément à Rome est une illustration de ce thème.)
      • Lettre aux Tralliens, 11, 1-2

 

. et une aux Romains.

 

«Il m’est bien plus glorieux de mourir pour le Christ Jésus que de régner jusqu’aux extrémités de la terre. C’est lui que je cherche, qui est mort pour nous ! C’est lui que je veux, qui est ressuscité pour nous !»

Lettre aux Romains, 6

 


«Mes passions terrestres ont été crucifiées, il n’existe plus en moi de feu pour la matière il n’y a plus qu’une eau vive qui murmure au-dedans de moi « Viens vers le Père ».

Lettre aux Romains, 7

 

La lettre aux Romains est datée, Ignace veut annoncer son arrivée :

  •  
    •  
      • «Je vous écris de Smyrne, par l’intermédiaire d’Éphésiens… Je vous écris le neuvième jour avant les calendes de septembre» (= 24 août).
        Lettre aux Romains, 10

 

 

 


L'origine de la défense de la veuve et l'orphelin chez Ignace d'Antioche
 

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51iHT8JPH9L._.jpgDans sa Lettre à Polycarpe, Ignace d'Antioche écrit encore : « Ne néglige pas les veuves; c'est toi, après le Seigneur, qui dois veiller sur elles» . Et encore:  « Ne méprise pas les esclaves hommes ou femmes »  (Régine Pernoud,  Les saints au Moyen Age, la sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui ? Plon, Mesnil-sur-l'Estrée 1984, p. 44).

 

 

 

Le culte d'Ignace répandu dès sa mort 

 

Des reliques d’Ignace seraient conservées à Antioche et d’autres à Rome, à l’église de S. Clément. Ce qui est sûr, c’est que le culte d’Ignace se répandit aussitôt après sa mort. Saint Jean Chrysostome prononça à Antioche le panégyrique du saint martyr en son dies natalis, le 17 octobre : « Rome fut arrosée de son sang, vous avez recueilli ses dépouilles… Vous aviez envoyé un évêque, on vous a rendu un martyr » In sanct. mart. Ignatium, 5.

 

 

Sources:

 

1. http://www.patristique.org/Les-Peres-apostoliques-II-Ignace-d-Antioche.html

2. http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20131017&id=7330&fd=0

3. http://fr.wikipedia.org/wiki/Ignace_d%27Antioche 

 

À lire aussi:  «Vie, Lettres, doctrine» de saint Ignace d'Antioche : http://jesusmarie.free.fr/ignace_d_antioche.html 

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour
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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 06:32

Nous célébrons le 16 octobre 2016, le 223e anniversaire de la mort de la reine de France et de Navarre, Marie-Antoinette, guillotinée le 16 octobre 1793 par les barbares révolutionnaires.

 

À plus de deux siècles de distance, son procès expéditif d'une durée de vingt heures entre les 14, 15 et 16 octobre 1793, la condamnant à la peine de mort, n'est pas clos. On attend toujours le verdict de la justice et de l'équité.

Louis XVI n'a personne auprès de lui capable de tenir tête à la révolution. Mirabeau disait : - Il n'y a qu'un homme auprès du roi, c'est la reine. Contre elle les efforts vont se concentrer.

Frantz Funck-Brentano, Les Derniers Jours de Marie-Antoinette, Collection Hier et Aujourd'hui, Flammarion 1933, p. 3.

lys-2 16 octobre dans Vexilla Regis

16 octobre 1793, 4h30 du matin.

Les dernières heures de Marie-Antoinette : "Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu'ils m'ont fait"

"Rentrée en son humide cachot de la Conciergerie, Marie-Antoinette, pour la première fois depuis soixante-zeize jours, obtint de la lumière, de l'encre, du papier. En quel état devait être son âme. Elle écrivit alors à sa belle-soeur, Madame Elisabeth, la lettre si calme, si élevée de pensée, si tranquille de coeur qui, après plus d'un siècle, émeut encore d'admiration et de respect. Nous tenons à la reproduire ici en entier: mieux que toute analyse elle éclaire d'une lumière tout à la fois vive et paisible l'âme et la pensée de la reine martyre au seuil de la mort :

 

Ce 16 octobre, à quatre heures et demie du matin.

 

"C'est à vous, ma soeur, que j'écris pour la dernière fois. Je viens d'être condamnée, non pas à une mort honteuse - elle ne l'est que pour les criminels - mais à aller rejoindre votre frère; comme lui innocente j'espère montrer la même fermeté que lui dans ses derniers moments. Je suis calme comme on l'est quand la conscience ne reproche rien. J'ai un profond regret d'abandonner les pauvres enfants. Vous savez que je n'existais que pour eux et pour vous, ma bonne et tendre soeur, vous qui avez par votre amitié tout sacrifié pour être avec nous. Dans quel état je vous laisse ! J'ai appris par le playdoyer même du procès que ma fille était séparée de vous. Hélas ! la pauvre enfant, je n'ose pas lui écrire, elle ne recevrait pas ma lettre, je ne sais pas même si celle-ci vous parviendra. Recevez pour eux deux ici ma bénédiction; j'espère qu'un jour, lorsqu'ils seront plus grands, ils pourront se réunir avec vous et jouir en entier de vos tendres soins. Qu'ils pensent tous deux à ce que je n'ai cessé de leur inspirer : que les principes et l'exécution exacte de ses devoirs sont la première base de la vie, que leur amitié et leur confiance mutuelle en fera le bonheur.

"Que ma fille sente qu'à l'âge qu'elle a (Madame Royale était sans sa quinzième année) elle doit toujours aider son frère par les conseils que l'expérience qu'elle aura de plus que lui et son amitié pourront lui inspirer; qu'ils sentent enfin tous deux que dans quelque position où ils pourront se trouver ils ne seront vraiment heureux que par leur union ; qu'ils prennent exemple sur nous. Combien, dans nos malheurs, notre amitié nous a donné de consolation ! et dans le bonheur on jouit doublement quand on peut le partager avec un ami, et où en trouver de plus tendre, de plus uni que dans sa propre famille ? Que mon fils n'oublie jamais les derniers mots de son père que je lui répète expréssément:

 

"Qu'il ne cherche jamais à venger notre mort."

 

"J'ai à vous parler d'une chose bien pénible : je sais combien cet enfant doit vous avoir fait de la peine (allusion aux propos que les commissaires de la Convention arrachèrent au Dauphin, un enfant de huit ans, qu'on avait abruti physiquement et moralement et qui n'avait plus sa pensée à lui). Pardonnez-lui, ma chère soeur, pensez à l'âge qu'il a et combien il est facile de faire dire à un enfant ce qu'on veut et même ce qu'il ne comprend pas. Un jour viendra, j'espère, où il ne sentira que mieux le prix de vos bontés et de votre tendresse pour tous deux (le fils et la fille de la reine).

"Il me reste à vous confier encore mes dernières pensées. J'aurais voulu les écrire dès le commencement du procès, mais, outre qu'on ne me laissait pas écrire, la marche a été si rapide que je n'en aurais réellement pas eu le temps.

"Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle de mes pères, dans celle où l'ai été élevée et que j'ai toujours professée, n'ayant aucune consolation spirituelle à attendre, ne sachant pas s'il existe encore ici des prêtres de cette religion, et même le lieu où je suis les exposerait trop s'ils y entraient une fois. Je demande sincèrement pardon à Dieu de toutes les fautes que j'ai pu commettre depuis que j'existe; j'espère en sa bonté. Il voudra bien recevoir mes derniers voeux, ainsi que ceux que je fais depuis longtemps pour qu'il veuille bien recevoir mon âme dans sa miséricorde et sa bonté. Je demande pardon à tous ceux que je connais et à vous, ma soeur, en particulier, de toutes les peines que, sans le vouloir, j'ai pu leur causer. Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu'ils m'ont fait. Je dis ici adieu à mes tantes et à tous mes frères et soeurs. J'avais des amis : l'idée d'en être séparée pour jamais et leurs peines sont un des plus grands regrets que j'emporte en mourant; qu'ils sachent au moins que, jusqu'à mon dernier moment, j'ai pensé à eux.

"Adieu, ma bonne et tendre soeur; puisse cette lettre vous arriver. Pensez toujours à moi ; je vous embrasse de tout mon coeur ainsi que ces pauvres et chers enfants. Mon Dieu, qu'il est déchirant de les quitter pour toujours ! Adieu, adieu ! je ne vais plus m'occuper que de mes devoirs spirituels. Comme je ne suis pas libre de mes actions, on m'amènera peut-être un prêtre; mais je proteste ici que je ne lui dirai pas un mot et que je le traiterai comme un être absolument étranger." (La reine n'admettait pas le caractère ecclésiastique des prêtres assermentés.)

 

Madame Elisabeth; bien loin d'entrer en possession de ces pages qu'on a nommées le Testament de Marie-Antoinette, n'apprit même pas la mort de sa belle-soeur. Quand elle fut à son tour transférée de la tour du Temple à la prison de la Conciergerie, elle demanda au concierge Richard des nouvelles de la reine :

 

- Oh ! elle est très bien, il ne lui manque rien.

 

Description de cette image, également commentée ci-après

Madame Elisabeth n'apprendra la mort de sa belle-soeur qu'au moment de gravir à son tour les marches de l'échafaud. Franchissant le seuil de la Conciergerie pour aller à la mort, elle pria le concierge Richard de dire son fidèle souvenir à la soeur qu'elle ne reverrait plus. Alors l'une des dames qui allaient être conduites au supplice avec elle, - parmi lesquelles Mme de Sénozan, soeur du ministre Malesherbes qui, devant la Convention, avait été l'un des défenseurs du roi, et Mme veuve de Montmorin, - lui dit tout uniement :

 

- Madame, votre soeur a subi le sort que nous allons subir nous-mêmes dans un instant.

 

Frantz Funck-Brentano, Les Derniers Jours de Marie-Antoinette, Collection Hier et Aujourd'hui, Flammarion 1933, p. 103-106.

lys-2 16 octobre dans Vexilla Regis

Sans doute doit-on voir dans le "procès" de Marie-Antoinette, un exemple de ces "valeurs de la République", dont les media et les politiciens ne cessent de nous parler. Un exemple des jugements "populaires" expéditifs où le verdict truqué, déjà rendu à l'avance, jette à la populace ses boucs émissaires.

Robespierre, ce "grand homme", "avait proclamé que la mort de Marie-Antoinette serait un hommage à la liberté et à l'égalité; ces deux grands principes chers au coeur des hommes libres, avaient ainsi reçu dans la journée du 16 octobre 1793, un hommage éclatant." (F. Funck-Brentano, ibid., p. 113.)

 

Les dernières heures de Marie-Antoinette : "Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu'ils m'ont fait"

Le 15 octobre, on recourut aux chefs d'inculpation politiques suivants, relevant littéralement de l'inversion accusatoire :

 


- Responsable de l'horrible conspiration du 10 août 1792, alors qu'on était là au coeur de la conspiration républicaine.
- Dilapidation du trésor national,

- Intelligence avec les ennemis de la République,
- Atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de la France, alors que c'est la Convention qui déclara la guerre à l'Europe pour sauver la république le 20 avril 1792. Cf.
"Il faut incendier les quatre coins de l'Europe, notre salut est là" (Brissot de Warville, le stipendié des banquiers à la Convention "nationale", in Considérations sur la nature de la Révolution française, par M. Mallet du Pan, p. 37).

 

- Responsable des horreurs des premiers jours d'octobre 1789 en ayant créé une disette. [Cf. la propagande républicaine: "S'ils ne mangent pas de pain, qu'ils mangent de la brioche]
- Responsable de la guerre civile, alors que là aussi c'est la secte oligarchique qui arma et paya les émeutiers de 1789.

Quelle liste impressionnante pour une seule personne, fût-elle Reine de France!
Mais cette liste aussi impressionnante soit-elle ne suffit pas aux assassins. C'est pouquoi on vit défiler à la barre toute une kyrielle de témoins à charge dont les dépositions sont à la hauteur du procès lui-même tant le ridicule le dispute au grotesque et au sordide: bouteilles de vin trouvées sous le lit de la Reine destinées à saouler les gardes suisses, comportement incestueux de la Reine vis-à-vis du "jeune Capet" (le Dauphin devenu, à la mort de son père, Louis XVII). La république se vautre dans la fange et les caniveaux pour perdre Marie-Antoinette, mais cette charge proférée par Jacques-René Hébert se retourna contre les révolutionnaires. Lorsque le président du tribunal questionna la Reine sur les motifs de son silence par rapport à cette terrible accusation, Marie-Antoinette eut cette réplique :


 

"Si je n'ai pas répondu, c'est que la nature se refuse à répondre à une pareille inculpation faite à une mère. J'en appelle à toutes celles qui peuvent se trouver ici."

 

Marie-Antoinette, note le greffier, est vivement émue et cette émotion passe soudain dans le public pourtant peu disposé, c'est le moins que l'on puisse dire, à la compassion à l'égard de la Reine. Le tribunal n'insistera pas sur cette accusation mensongère. Quand Robespierre apprendra les faits et l'accusation stupide, il qualifiera Hébert d'imbécile. Pour un peu Marie-Antoinette aurait retourné le public en sa faveur!

Les dernières heures de Marie-Antoinette : "Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu'ils m'ont fait"

"C'était Danton, secondé de Carrier, l'homme des noyades de Nantes, qui, au début des luttes de la montagne contre la Gironde, avait fait créer le tribunal révolutionnaire où Marie-Antoinette allait être renvoyée. Les jurés en étaient nommés par la Convention: fonctionnaires rétribués à raison de dix-huit livres par jour et qui devaient opiner à haute voix. Ils savaient que si le malheur voulait un jour qu'ils n'émissent pas une opinion orthodoxe, ils seraient eux-mêmes guillotinés. Ce n'est déclare le conventionnel Lamarque, qu'en adoptant que les jurés opineraient à haute voix, que les amis de la liberté ont consenti qu'il y eût des jurés dans ce tribunal." Danton marqua le but de l'institution : 'Ce tribunal doit suppléer au tribunal suprême de la vengeance du peuple.'

 

Durant de longs mois les têtes tombèrent par centaines et Danton ne trouva pas la moindre objection à élever contre la manière dont le tribunal 'suppléait' à la vengeance du peuple; mais voici qu'un jour ledit tribunal décida qu'on guillotinerait Danton lui-même, et le grand orateur de déclarer : 'C'est moi qui ai fait établir ce tribunal, ce n'était pas pour qu'il fût le fléau de l'humanité.'

 

[...] Excellent tribunal pour juger la reine. L'ancien président Montané, avait été jeté en prison. Le motif en était, disait-on, qu'il avait essayé de faire passer Charlotte Corday pour folle. Hermann, son successeur, venait d'être mandé à la barre de la Convention pour apprendre à mener plus rondement l'affaire Custine.

 

La reine comparut devant le tribunal révolutionnaire le 15 octobre 1793. L'accusateur public était un ancien procureur au Châtelet. Antoine Quentin Fouquier-Tinville. Au temps de la puissance monarchique il s'était distingué par un beau zèle pour la gloire du roi, et qu'il traduisait poétiquement en ballades et en petits vers.

Les dernières heures de Marie-Antoinette : "Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu'ils m'ont fait"

Durant quatre séances sur deux jours ils furent quarante témoins à venir déposer à la barre. Dans le dossier il n'y avait pas de preuve, que des témoins. Les témoins n'apportérent aucune preuve décisive, ce n’étaient que racontars et affabulations. (Source: Louis XX Facebook )

 

 

Le "procès" de Marie-Antoinette, narré par Frantz Funck-Brentano dans "Les Derniers Jours de Marie-Antoinette". Extrait :

 

La veuve Capet, comme on appelait Marie-Antoinette, était accusée d'avoir :

 

1° De concert avec les frères de Louis Capet et l'infâme ex-ministre Calonne, dilapidé d'une manière effroyable les finances de la France - fruits des sueurs du peuple - [On sait que les impôts, de nos jours, sont dix fois supérieurs à ce qu'ils étaient en 1789... NdCR.] et avoir fait passer des sommes incalculables à l'Empereur et avoir ainsi épuisé le trésor national;

2° D'avoir, tant par elle que par ses agents contre-révolutionnaires, entretenu des intelligences et des correspondances avec les ennemis de la République; d'avoir informé et fait informer ces mêmes ennemis des plans de campagne et d'attaques convenus et arrêtés dans le conseil ;

3° D'avoir, par ses intrigues, manoeuvres et celles de ses agents, tramé des 'conspirations' et 'complots' contre la sûreté intérieure et extérieure de la France et d'avoir, à cet effet, allumé la guerre civile sur divers points de la République et armé les citoyens les uns contre les autres ;

4° D'avoir, pour réussir plus promptement dans ses projets contre-révolutionnaires, organisé, grâce à ses agents, dans Paris et aux environs, les premiers jours d'octobre 1789, une disette qui a donné lieu à une nouvelle insurrection à la suite de laquelle une foule innombrable de citoyens et citoyennes se sont portés à Versailles.

Mais il faut lire le texte des débats pour se rendre compte du caractère, peut-être plus grotesque encore qu'odieux, des témoignages mis en action contre l'infortunée souveraine.

 

(Ainsi) Une cuisinière, la fille Reine Millot, déposa qu'en 1788, un jour qu'elle se trouvait de service à Versailles, elle entendit le comte de Coigny "qui, dans ce moment, était de bonne humeur", dire que la reine avait fait passer deux cents millions à son frère l'empereur d'Autriche pour faire la guerre aux Turcs.

Cette même Reine Millot fit une seconde déposition non moins grave que la première : 'J'ai su, déclara-t-elle, par différents personnages que l'accusée (Marie-Antoinette) avait conçu le dessein d'assassiner le duc d'Orléans [qui comme par hasard était aussi le Grand Maître du Grand Orient de France à l'origine de la journée du 14 juillet 1789 - émeutiers soudoyés -  et de la pratique de l'agio sur les blés pour affamer le peuple... NdCR.]. Le roi, qui en fut instruit, ordonna qu'elle fût incontinent fouillée. A la suite de cette opération, on trouva sur elle deux pistolets. Alors il la fit consigner dans son appartement pendant quinze jours.'

Imagine-t-on Marie-Antoinette assassinant à coups de pistolets le duc d'Orléans dans le palais de Versailles et le roi, trouvant les pistolets sur elle, la consignant dans ses appartements pour quinze jours ?

Un certain Labénette, totalement inconnu, déposa que trois particuliers étaient venus pour l'assassiner au nom de la reine. Fouquier-Tinville estima que ce témoignage était très important.

Il est vraiment surprenant qu'un paysan ne soit pas venu déclarer que la reine avait formé le projet de faire disparaître le soleil pour empêcher en France les blés de mûrir.

Les dernières heures de Marie-Antoinette : "Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu'ils m'ont fait"

Fouquier-Tinville fut dignement secondé par les délégués de la Commune; Pache, maire de Paris; Chaumette, procureur syndic; Hébert, substitut du procureur: noms auxquels on a la tristesse de devoir joindre celui de l'illustre Louis David. Le crime que ces hommes et leurs mandataires ont commis est si grand qu'il est impossible de l'exprimer. Corrompre un enfant pour détruire sa santé, puis, de la corruption dont on l'a gangréné, faire le plus épouvantable des outrages à sa mère; non content de la faire insulter par son fils, répéter la calomnie atroce dans le plein jour du tribunal et s'en servir pour essayer, après avoir fait tomber sa tête, de salir la mémoire de la victime: il ne semblait pas que pareilles infamies fussent humainement possibles: elles ont été commises.

[...] Hermann désigna à la reine deux défenseurs d'office, Chauveau-Lagarde et Tronson-Ducoudray. Ils furent prévenus le 14 octobre 1793, c'est-à-dire la veille du jour où ils étaient appelés à parler. Chauveau-Lagarde était à la campagne. Sur les conseils de ses défenseurs, la reine demanda pour eux trois jours, afin qu'ils eussent le temps d'étudier un peu l'affaire. Etait-ce trop pour une semblable cause ? Sa lettre fut mise au panier et les débats commencèrent immédiatement. Ils commençèrent le 15 octobre à huit heures du matin et durèrent, sans interruption, jusqu'au lendemain quatre heures du matin. Sauf une pause d'un instant, ils se poursuivirent ainsi pendant près de ving heures. Et la reine était arrivée épuisée, épuisée physiquement par des mois de privations et une santé compromise par des pertes de sang, et brisée moralement. Qui n'eût été anéanti par ces tortures ?

[...] Le substitut de la commune de Paris, Hébert, un jeune grandin élégant et parfumé, apporta les immondices qu'il avait triturées en collaboration avec Chaumette et David. Hébert délayait l'ignominie d'un ton artiste, en expressions choisies. La reine était debout, les yeux fixes, la tête droite, pas un muscle ne se contractait.

Exaspéré par tant de dignité, l'un des jurés interpella l'accusée : - Si je ne réponds pas, dit la Reine, c'est que la nature se refuse à répondre à une pareille inculpation faite à une mère; j'en appelle à toutes celles qui peuvent se trouver ici.

La voix, quoique faible et épuisée, vibra et, pour la première fois dans l'agonie de l'audience, des larmes mouillèrent ses joues. 'Devant ce crime sublime, disent les Frères Humbert qui étaient présents, un courant magnétique passa dans l'assistance.' Les mégères mêmes qui écoutaient, les coudes sur les genoux, se sentirent remuées malgré elles. Peu s'en fallut qu'elles n'applaudissent. On entendit des cris perçants, plusieurs femmes s'évanouirent; dans un grand tumulte il fallut les emporter. La voix nasillarde du président Hermann menaça de faire évacuer la salle.

[...] A minuit, le président dit aux avocats : - Sous un quart d'heures les débats finiront, préparez votre défense. Marie-Antoinette fut condamnée à mort à l'unanimité. Les jurés exprimaient leur opinion, l'un après l'autre, à haute voix. Chacun d'eux savait que s'il se fût prononcé pour l'acquittement, il se fût exposé à être guillotiné lui-même.

[...] La lecture de l'arrêt de mort trouva la reine calme, immobile. Elle descendit de son banc le front haut, ouvrit elle-même la balustrade et traversa la salle comme sil elle ne voyait ni n'entendait rien, note Chaveau-Lagarde. La séance fut levée à quatre heures du matin.

 

(Frantz Funck-Brentano, Les Derniers Jours de Marie-Antoinette, Collection Hier et Aujourd'hui, Flammarion 1933, p. 93-102.)

La presse de l'époque s'accorde à dire que la Reine ne manifesta aucune émotion visible à la lecture de l'acte de condamnation. Ce fait est confirmé par Chauveau-Lagarde, un de ses avocats:



"Elle ne donna pas le moindre signe de crainte, ni d'indignation, ni de faiblesse [...] Elle descendit les gradins sans proférer une parole, ni faire aucun geste, traversa la salle comme sans rien voir ni rien entendre; et lorsqu'elle fut arrivée devant la barrière où était le peuple, elle releva la tête avec majesté."

 

Dès lors il ne lui reste que quelques heures à vivre.

 

Marie-Antoinette dans la charrette qui la conduit vers le supplice


"La charette avançait lentement sous une pluie d'injures grossières. Marie-Antoinette y était assise sur une planche. Elle portait une jupe blanche tombant sur son jupon noir, une camisole de nuit en piqué blanc, un ruban de faveur noir noué autour du poignet; la tête était coiffée d'une bonnette de linon blanc comme celles que portaient les femmes du peuple, ornée d'un petit ruban noir. Elle avait inutilement prié qu'on la laissât aller au supplice tête nue. Ses cheveaux blancs étaient coupés ras autour du bonnet. Elle était pâle, mais les pommettes étaient très rouges, les yeux injectés, les cils immobiles; le regard semblait celui d'une aveugle. Derrière elle, sur la charrette, se tenaient l'exécuteur des hautes oeuvres, Samson, une manière de colosse, et son aide auprès de lui.

Rue Saint-Honoré, la charrette s'étant arrêtée un instant, un enfant, que sa mère élevait dans ses bras, lui envoya un baiser de ses petites mains qui battirent l'air ensuite d'un petit geste joyeux. La reine lui répondit d'un sourire et pleura. Ce furent les seules larmes qu'elle versa durant le trajet - qui se poursuivit parmi les huées d'une populace excitée." (Frantz Funck-Brentano, Les Derniers Jours de Marie-Antoinette, Collection Hier et Aujourd'hui, Flammarion 1933, p. 109.)

Les dernières heures de Marie-Antoinette : "Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu'ils m'ont fait"

Elle n'est déjà plus sur terre. La place de la révolution (devenue depuis la "place de la Concorde" !... NdCR.) est noire de monde ce jour-là. Nul doute que la propagande révolutionnaire a fait son œuvre pour ameuter la populace qui se repaît de ces orgies sanglantes. Celle-ci, qui plus est, est particulièrement gratinée! Pensez donc! Ce n'est pas tous les jours que l'on coupe la tête d'une reine de France. C'est même une grande première dans le royaume des lys. A ne manquer sous aucun prétexte! Y eut-il dans cette foule quelques anonymes venus soutenir discrètement par la prière la condamnée afin qu'elle ne défaillît point à l'ultime instant? Peut-être, nous ne le saurons jamais! Mais une chose est certaine c'est que les spectateurs n'auront pas eu le plaisir sadique de voir la Reine de France prise de peur à la vue de l'échafaud. A la surprise générale, elle descend seule, sans soutien, de la charrette avec "promptitude et légèreté", dit Rouy dans la relation qu'il fit de la scène, bien que ses bras soient liés; Il ajoute plus loin: "Elle est même montée à la bravade, avec un air plus calme et plus tranquille qu'en sortant de prison." "Audacieuse et insolente jusqu'au bout", écrira le Père Duchesne, le journal révolutionnaire d'Hébert, cité comme témoin dans le procès de Marie-Antoinette.

 

Frantz Funck-Brentano écrit la même chose : "Marie-Antoinette descendit de la charette 'avec légèreté et promptitude, sans avoir besoin d'être soutenue, bien que ses mains fussent toujours liées', écrit l'auteur du Magicien républicain. S'approchant de l'échafaud, elle en monta l'escalier de bois 'à la bravade', diront les journaux, 'avec calme et une tranquilité insolente.'" (F. Funck-Brentano, ibid., p. 111.)

Dans son empressement, la Reine marche involontairement sur le pied du bourreau. "Monsieur, je vous en demande pardon." Pardon, ce sera le dernier mot prononcé sur terre par la Reine.

 

"Le couperet tombe; un aide du bourreau tend à la foule une tête blême où battent encore les paupières. Quelques cris : 'Vive la république !', cris mal assurés, car, tout de même, on a le coeur barbouillé. La plus grande partie de la foule est demeurée bouche bée, silencieuse, on peut dire de respect et d'émotion." (F. Funck-Brentano, ibid., p. 111.)

 Exécution de Marie-Antoinette à la Place de la Révolution, le 16 octobre 1793. (Anonyme. Musée Carnavalet).

Exécution de Marie-Antoinette à la Place de la Révolution, le 16 octobre 1793. (Anonyme. Musée Carnavalet).

"A midi un quart exactement, Sanson montrait sa tête à la foule, qui la salua des cris de 'Vive la Liberté  ! Vive la République !'" (Jules Mazé, Louis XVI et Marie-Antoinette, La Famille royale et la Révolution, Librairie Hachette, Corbeil 1947, p. 198.)

lys-2 16 octobre dans Vexilla Regis

Dans les Vêpres des défunts nous chantons le verset suivant au psaume 120:

 



"Non det in commotionem pedem tuum: neque dormitet qui custodit te."

"Qu'il ne laisse pas ton pied trébucher, qu'il ne sommeille pas ton gardien."

 

 

Soyons assurés que Dieu n'abandonna pas sa servante au dernier instant et qu'elle reçut la force d'affronter vaillamment cette mort inique, soutenue par son ange gardien. Non, son pied n'a pas trébuché, mais ayant reçu la grâce de mourir avec courage, elle accorda son pardon à ses bourreaux, car ne nous y trompons pas, au-delà des mots d'excuses qu'elle a prononcés et qui peuvent paraître conventionnels venant d'une femme rompue aux bonnes manières et au savoir-vivre de son milieu, c'est bien un pardon total que Marie-Antoinette offre à ses assassins.


 


OREMUS PRO MARIA ANTONIA GALLIAE REGINA

 

Source:

http://gestadeiperfrancos.blogspot.fr/2007/10/memento-domine.html 

Sortant de chez lui, le citoyen Joly traîne les pieds. Une fin d'après-midi nuageuse tombe sur Paris en ce 16 octobre. Ou peut-être était-ce même plus tard, le 17 ou le 18 au matin. On ne saura jamais. Le fossoyeur renâcle à venir accomplir la funèbre besogne ordonnée par la Convention. Il la facturera, dans quelques jours, à la date du 1er novembre : 15 livres 35 sols, sans compter l'achat de la bière au prix de 6 livres. Dans le cimetière de la Madeleine, proche de la Place de la Révolution, non loin de la sépulture où le ci-devant roi a été enseveli voici près de neuf mois, il découvre, abandonné, à demi dénudé et gisant dans l'herbe, la tête placée entre les jambes, le corps d'une femme : celui de la fille des Césars ! Ultime marque d'opprobre.

 

De mémoire d'homme, seul le tyran Créon avait osé infliger pareille déchéance posthume à Polynice, le frère d'Antigone. Après l'acharnement dans les privations, dans les supplices et les tourments, pareille vexation était-elle encore nécessaire pour abattre la ci-devant reine de France ?

 

« Pire que le régicide », jugera plus tard Napoléon !

 

À plus de deux siècles de distance, le procès des 14, 15 et 16 octobre 1793, condamnant Marie-Antoinette à la peine de mort, n'est pas clos. On attend toujours le verdict de la justice et de l'équité.

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 00:00

Duchesse de Silésie et de Pologne, elle mena une vie de foi intense : jeûnes prolongés, endurance au froid, ascèse acceptée d'un commun accord par les deux époux dans leurs relations conjugales.

Edwige et son époux vécurent d’une manière très pieuse. Elle a une vie exemplaire, aidant les nécessiteux, marchant pieds-nus en toute saison, distribuant sa fortune à l’Église et aux pauvres.

Sa sœur Agnès a épousé Philippe Auguste, roi de France. Sa sœur Mechtilde, est devenue abbesse de Kissingen.

Avec courage, elle porta le veuvage et le deuil de six de ses enfants.

Elle se retira à l'abbaye de Trzebnicz chez sa fille, abbesse cistercienne. C'est là qu'elle décède le 14 octobre 1243 et où elle a été inhumée. Certaines de ses reliques sont conservées à l'abbaye d'Andechs.

Edwige est canonisée en 1267 par le pape Clément IV. Sainte Hedwige de Silésie est fêtée le 16 octobre.

Elle est la patronne de Berlin, de la Silésie et de sa capitale Wrocław, (l'ancienne Breslau), de Trzebnica (l'ancienne Trebnitz), du diocèse de Görlitz, d’Andechs et de Cracovie.

 

Sources : (1), (2)

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 21:01
Frère Salomon arrêté le 15 août 1792 comme suspect d'activisme contre-revolutionnaire

Frère Salomon arrêté le 15 août 1792 comme suspect d'activisme contre-revolutionnaire

Mort en martyr à Paris, en 1792, lors des massacres de septembre, Salomon Leclercq est canonisé à Rome ce dimanche par le pape François. Il est le premier saint de la Révolution française. (1)

 

Le Frère Salomon Leclercq, né à Boulogne-sur-Mer le 14 novembre 1745 (diocèse d'Arras), est entré au noviciat des Frères des écoles chrétiennes le 25 mars 1767, Guillaume-Louis-Nicolas­ Leclercq, en religion Frère Salomon. Son père était un marchand de la partie inférieure de la ville, animée par l’activité du port. Contrairement à ses quatre frères, Nicolas est allé à l’école commerciale que les Frères des écoles chrétiennes dirigeaient dans la ville. Cette circonstance, ainsi que l’éducation chrétienne  reçue en famille, lui ont ouvert la voie vers sa future vocation. (2)

 

Éducateur dans l’âme, il s’inscrit pleinement dans le charisme de sa congrégation, en adaptant des formations pour les jeunes. Il s’adresse spécialement à un public de jeunes en difficulté pour leur enseigner les métiers du commerce, dans une "pension de force" près de Nancy. (3) Il manifeste un grand amour pour les âmes et un grand dévouement à ses tâches.

 

L’Institut des Frères des Écoles chrétiennes est né dans les années 1680-1685, sous l’impulsion de saint Jean-Baptiste de La Salle, chanoine de Reims. Cette congrégation a pour vocation de donner un enseignement et une éducation chrétienne aux "enfants des artisans et des pauvres". Les frères ont pour particularité d’être tous laïcs. On note cependant qu’en ville, les frères vivent une vie quasi religieuse, portant la soutane noire, le rabat blanc et les fameux "quatre bras" (manteau à manches flottantes) devenus célèbres dans le monde entier.

 

L’enseignement est vécu comme une vocation. Les frères vivent dans la pauvreté et la mendicité pour être capables d’offrir à leurs élèves une scolarité gratuite. Pour les maîtres, il s’agit quasiment d’un sacerdoce. L’exigence est réelle et la pédagogie est participative. Pour s’adapter à chacun, la pédagogie veut que l’enseignant s’efforce de connaître personnellement ses élèves. Pédagogue et guide spirituel, c’est en accomplissant son métier, dans les relations humaines, que l’éducateur rencontre Dieu. Les jeunes lui sont confiés, à lui de les élever pour qu’ils grandissent et deviennent des hommes et des femmes debout.

 

En 1790, Frère Salomon est le secrétaire du supérieur général des lasalliens. Lors de la promulgation de la "Constitution civile du clergé", adoptée grâce à une France en proie au gallicanisme des "Lumières", qui donne à l’État le contrôle sur l’Église de France (ce qui est une violation de la liberté religieuse dans le même temps que la "liberté de culte" est proclamée), il refuse, comme la plupart des lasalliens de faire allégeance à l’État pour rester fidèle à sa vocation, un refus alors passible d’exil, d’emprisonnement ou de mort. Dès lors, l’institution devient illégale et les frères vivent cachés, dans la clandestinité. S'opère dans l'église de France un schisme entre prêtres assermentés ou "jureurs" et prêtres "réfractaires".  Tout comme ses frères en religion, Salomon Leclercq a refusé de faire serment, pour rester fidèle à sa vocation. Dès lors, l’institution devient illégale et les frères vivent cachés, dans la clandestinité.

 

En 1791, lorsque les Frères et le Supérieur général lui-même furent forcés de quitter la maison de la rue Neuve, dans l’espoir de voir la tempête apaisée, il resta seul à la garder. Toujours habillé en civil, il ne pouvait pas passer inaperçu, peut-être parce qu’il allait aux églises, aux messes célébrées par  les prêtres non assermentés à la Révolution.

 

Juste après la prise des Tuileries, il est arrêté le 15 août 1792, jour de la fête de l'Assomption, jour de la fête nationale, comme suspect d’activisme contre-révolutionnaire et emprisonné au couvent des Carmes à Paris, avec de nombreux évêques, prêtres et religieux.

Saint Salomon Leclercq, premier saint de la Révolution française (1792)

Le 2 septembre, avec 200 autres ecclésiastiques, Frère Salomon est massacré à coups de sabre dans le jardin du couvent des Carmes, sans procès. Leurs corps sont jetés dans une fosse ou enterrés dans des fosses communes creusées dans le jardin. L'historien Ivan Gobry donne quelques informations sur les sacrificateurs des Carmes. "La bande, composée en majorité de Marseillais, qui n'attendait que cette permission officielle, se précipita au couvent."  Ce qui permet de dire qu'à chaque fois que les catholiques français chantent "la Marseillaise", "qu'un sang impur abreuve nos sillons", ils chantent leur propre élimination, le sang de Salomon Leclercq. Ivan Gobry précise qu'"un commissaire de cette même Commune (de Paris Ndlr.), ceint de son écharpe, encombré de sacs d'argent et de pièces comptables, qui versait leur salaire aux sacrificateurs. Celui qui avait 'bien travaillé' recevait trente ou trente-cinq francs. L'un d'entre eux ne reçut que six francs : son travail n'avait pas été suffisant." (4)

 

En tout, ce sont 3000 personnes qui furent les victimes des "massacres de septembre".

Saint Salomon Leclercq, premier saint de la Révolution française (1792)

Quelques jours avant sa mort, le Frère Salomon avait écrit à l’une de ses sœurs:

Souffrons avec joie et gratitude pour les croix et les afflictions qui nous sont envoyées. Pour ma part, je ne me considère pas digne de souffrir pour Lui, parce que jusqu’à présent, je n´ai eu rien à souffrir alors qu'il y a tant de confesseurs de la foi qui sont en difficulté.

Frère Salomon Leclercq

Salomon Leclercq est alors le premier martyr de sa congrégation, d’où une vénération qui s’étend à tous les lieux lasalliens dans le monde et notamment au Venezuela. C’est là qu’en 2011, la guérison miraculeuse d’une petite fille mordue par un serpent sera attribuée par le diocèse de Caracas au bienheureux Salomon Leclercq, invoqué par les religieuses s’occupant de la fillette. (5)

 

Le miracle

 

María Alejandra Hernández, est née le 19 juin 2002. Ensemble avec deux soeurs et un frère, à cause de la dépendance toxique de leur mère, elle est accueillie dans le foyer "Maria Goretti" fondé par Mons. Rafael Febres-Cordero, situé dans la ville rurale de Sabaneta de El Hatillo, sur les montagnes de la côte centrale, au nord du Venezuela, à quelques kilomètres de Caracas. À l’âge de cinq ans, le 6 septembre 2007, tout en jouant avec d’autres enfants, elle a été mordue au pied gauche par un animal non identifié. On ne donna pas trop d’importance à ce qui s´était passé; on pensait à n´importe quelle piqûre d’un gros insecte, comme un taon (bachaco trinitario) répandu dans la région. Le lendemain, l’ecchymose s´était étendue à tout le membre, la jeune fille présentait plusieurs ecchymoses sur la peau et perdait du sang par les gencives et le nez. Elle a été emmenée rapidement à la salle d’urgence à la clinique Sainte-Sophie de Caracas. On finit par soupçonner un empoisonnement à cause d´un serpent venimeux du type bothrops, très répandu dans la région, et dans l’espoir de limiter des dommages permanents on lui injecta une très bonne dose d'un antiophidique polyvalent. C´était le seul traitement possible, mais son efficacité était liée à la rapidité de l’application. La jeune fille reçut la dose 52 heures après l’incident. Par conséquent, ils étaient préparés à l’amputation de la jambe, dans l’espoir de limiter les dommages et éviter des conséquences plus graves. Pendant ce temps, à l’église de Sabaneta, les Sœurs, les enfants et les voisins, ont commencé à prier devant la statue du bienheureux Frère Salomon, bien connu et vénéré dans ce lieu. De façon inattendue la situation s´améliorait, les données médicales revenaient à la normale et l’amputation n'était plus nécessaire, si bien que la jeune fille le 11 septembre sortait de l’hôpital complètement guérie. Les contrôles cliniques successifs ont montré des conditions physiques normales et le manque de conséquences avec une intégrité anatomique-fonctionnelle complète du membre inférieur. L’enquête diocésaine a été lancée le 19 janvier 2011 au diocèse de Caracas et a pris fin le 29 septembre de la même année.

 

Le 3 mars 2016, eut lieu le Consultation médicale qui s´est prononcée en faveur de l´inexplicabilité scientifique du cas étudié et le dossier fut présenté au Vatican. Le 5 avril, c´était le tour aux théologiens du Vatican de s´exprimer; ils ont déclaré le procès "positif". Le 3 mai c´était le tour aux cardinaux et les évêques d'émettre leur jugement qui fut, lui aussi, positif.

Le "massacre de septembre 1792"  se passe après le complot républicain et maçonnique du 10 août 1792, qui renversa la royauté et avant la proclamation de la soit-disant "république" (chose de tous, chose de quelques-uns) dix jours plus tard le 21 septembre.

 

En août 1792, à la suite de la chute de la monarchie, des centaines de prêtres, religieux, laïcs, sont arrêtés à Paris par les révolutionnaires comme "ennemis de la patrie" et réfractaires à la Constitution civile du clergé. Ils sont enfermés dans diverses maisons religieuses transformées en prisons improvisées : les Carmes, l’Abbaye, la Force.

 

Robespierre affirme qu'"il faut purger le sol de la Liberté des conspirateurs qui l'infectent." (1er septembre, au Conseil général de la Commune)

 

Le 2 septembre, ces prisons sont investies par des sans-culottes qui mettent en place un simulacre de tribunal. Plus d’un millier de personnes sont ainsi massacrées. Pour 191 d’entre eux (trois évêques, 127 prêtres séculiers, 56 religieux et cinq laïcs), dont Salomon Leclercq, le martyr en haine de la religion est reconnu. Ils sont béatifiés en 1926.

 

Dans une video publiée en octobre 2015 l'historienne Marion Sigaut a expliqué: "cela a été préparé, voulu, planifié, organisé, surveillé, et payé. Le peuple a été tétanisé de terreur. Et les 'élections' à la convention, qui ont vu naître la république... se déroulaient en même temps...."

 

La première béatification de martyrs de la Révolution est intervenue sous saint Pie X en 1906, c’est-à-dire en période de turbulences entre les catholiques français et la République, avec la loi de séparation des Églises et de l’État et l’expulsion des congrégations religieuses de France. C'est celle des 16 carmélites de Compiègne, accusées de "fanatisme et sédition" au plus fort de la Terreur et guillotinées le 17 juillet 1794.

 

En 1920, Benoît XV béatifie quatre Filles de la Charité d’Arras et 11 ursulines de Valenciennes, condamnées à mort pour avoir "enseigné la religion catholique, apostolique et romaine" et guillotinées le 23 octobre 1794.

 

En 1925, ce sont encore des femmes, 32 religieuses d’Orange, décapitées le 9 juillet 1794 pour "avoir voulu détruire la République par le fanatisme et la superstition", qui sont béatifiées par Pie XI.

 

Salomon Leclercq est le premier des lassaliens à être béatifié par le Pape Pie XI, le 17 octobre 1926 (6), avec 188 de ses compagnons de martyre.

 

Le P. Noël Pinot, guillotiné le 21 février 1794, revêtu de ses habits sacerdotaux, pour avoir refusé de prêter serment à la Constitution, est béatifié en 1926, en même temps que les martyrs des Carmes.

 

Autre prêtre réfractaire, le P. René-Pierre Rogue, exécuté à Vannes en 1796, est béatifié en 1934.

 

Des prêtres, religieuses et laïcs, les martyrs de Laval, guillotinés le 21 janvier 1794, sont béatifiés en 1955, comme le seront en 1984 les 99 martyrs d’Angers et d’Avrillé, guillotinés, fusillés ou noyés en janvier et février 1794. Parmi ces derniers se trouvent de nombreux laïcs, dont beaucoup de femmes. Soixante-quatre prêtres réfractaires, morts en déportation sur les pontons de Rochefort en 1795, sont béatifiés par Jean-Paul II en 1995.

 

En 2011, Sœur Marguerite Rutan, guillotinée le 9 avril 1794, est béatifiée à Dax.

 

Enfin, en 2012, le P. Pierre-Adrien Toulorge, guillotiné à Coutances en 1793, est béatifié.J

 

Jusqu’à présent, les prêtres qui ont prêté serment à la Constitution civile du clergé sont écartés des martyrologes. "Sans être majoritaires, les prêtres jureurs tués pour leur foi pendant la Révolution existent, et sont même assez nombreux, note Paul Chopelin, enseignant à l’université Lyon 3, spécialiste de l’histoire politique et religieuse des XVIIIe et XIXe siècles. Mais, n’ayant pas suivi la condamnation de la Révolution par Rome, ils reflètent la tension qui a existé au sein de l’Église pendant cette période." (7)

 

Si le mot "martyr" est rapidement employé, de manière informelle, pour parler de prêtres et religieux tués pendant la Révolution, il faudra attendre le centenaire de celle-ci, et la politique anticléricale de la IIIe République, pour que l’Église commémore officiellement les morts de la Révolution. En effet, dans les années qui suivent la période révolutionnaire, au moment de la signature du concordat entre la France et le Saint-Siège, l’heure est à la pacification entre Église et République, au prix de l’oubli du passé récent.

 

"C’est dans les années 1880, au moment des premières expulsions des congrégations religieuses, que des recherches documentaires sont menées, souvent par des prêtres, explique Paul Chopelin. Ces informations vont nourrir les procès en béatification qui vont s’ouvrir." Il s’agit de prouver que la mort a été donnée "in odium fidei", c’est-à-dire en haine de la foi. Cela est facile à déterminer lorsque les personnes ont été condamnées à mort par les tribunaux révolutionnaires pour "fanatisme", ce qui cible clairement la pratique religieuse, mais moins évident lorsque ce sont des motifs politiques qui sont mentionnés. Sans toutefois être rédhibitoire : le prémontré Pierre-Adrien Toulorge a été guillotiné comme "émigré rentré" et non comme prêtre, et toutefois béatifié comme "martyr de la Vérité".

 

Pour Paul Chopelin, il existe en outre encore aujourd’hui un malaise à évoquer les morts de la Terreur. "La réconciliation des catholiques avec la République explique le fait que ces morts sont gênants pour tout le monde, explique-t-il. De la part des autorités épiscopales, une volonté de tourner la page l’emporte bien souvent, empêchant de regarder cette plaie ouverte. D’ailleurs, lors de la béatification de Sœur Marguerite Rutan en 2011, le contexte historique de sa mort a très peu été évoqué."

Source: Lasalle.org Maison generalice

Source: Lasalle.org Maison generalice

A propos de la journée du 10 août 1792, Ivan Gobry a pu écrire : "Louis XVI avait refusé de prendre certaines mesures pour ne pas faire couler le sang français. Certes, le sang de la canaille - de la plus horrible canaille qu'il y ait eue sous notre ciel - avait été épargné; mais celui des meilleurs serviteurs de la France et de la monarchie avait été sacrifié avec une inconscience tragique." (8)

 

Il nous reste de Frère Salomon de nombreuses lettres qu'il écrivit à sa famille, dont la toute dernière, datée du 15 août 1792.

 

Sa fête est célébrée le 2 septembre (9), on y a joint celle des frères, martyrs des pontons de Rochefort, morts deux ou trois ans plus tard.

 

Le 10 mai 2016 fut rendu public le décret de la congrégation pour les causes des saints reconnaissant un miracle du à son intercession, ouvrant ainsi la voie à sa canonisation fixée au dimanche 16 octobre 2016. (10)

Source: Lasalle.org Maison generalice

Source: Lasalle.org Maison generalice

Source: Lasalle.org Maison generalice

Source: Lasalle.org Maison generalice

Sources

 

(1) Wikipedia

(2) Lasalle.org

(3) IHSnews

(4 ) Ivan Gobry, Les Martyrs de la Révolution française, Librairie académique Perrin, Paris 1989, p. 151, 169.

(5) Les martyrs de la Révolution, La Croix, Clémence Houdaille, le 15/10/2016 à 0h00 ;

(6) Radiovaticana

(7) Coauteur avec Catherine Chopelin de L’Obscurantisme et les Lumières, Éd. Vendémiaires

(8) Ivan Gobry, ibid., p. 124.

(9) Nominis

(10) Promulgazione di Decreti della Congregazione delle Cause dei Santi, News.va

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 00:00

Sainte Thérèse naquit en Espagne, de parents nobles et chrétiens. Dès l'âge le plus tendre, un fait révéla ce qu'elle devait être un jour. Parmi ses frères, il y en avait un qu'elle aimait plus que les autres ; ils se réunissaient pour lire ensemble la vie des saints : « Quoi ! lui dit-elle, les martyrs verront Dieu toujours, toujours ! Allons, mon frère, chez les cruels Maures, et soyons martyrs nous aussi, pour aller au ciel. » Et, joignant les actes aux paroles, elle emmenait son petit frère Rodrigue ; ils avaient fait une demi-lieue, quand on les ramena au foyer paternel. 

Elle avait dès lors une grande dévotion à la Sainte Vierge. Chaque jour elle récitait le rosaire. Ayant perdu sa mère, à l'âge de douze ans, elle alla se jeter en pleurant aux pieds d'une statue de Marie et la supplia de l'accepter pour sa fille, promettant de la regarder toujours comme sa Mère.

Cependant sa ferveur eut un moment d'arrêt. De vaines lectures, la société d'une jeune parente mondaine, refroidirent son âme sans toutefois que le péché mortel la ternît jamais. Mais ce relâchement fut court, et, une vive lumière divine inondant son âme, elle résolut de quitter le monde. Elle en éprouva un grand déchirement de cœur ; mais Dieu, pour l'encourager, lui montra un jour la place qu'elle eût occupée en enfer, si elle s'était attachée au monde. 

Elle devint la réformatrice de l'Ordre du Carmel et fut accompagnée de saint Jean de la Croix.

Un séraphin vint un jour la percer du dard enflammé de l'amour divin : Jésus la prit pour épouse. Ses révélations, ses écrits, ses miracles, ses œuvres, ses vertus, tout est sublime à la même hauteur.

Elle a notamment rédigé à la demande de ses supérieures : Le Château intérieur, Le Chemin de la perfection, Les Exclamations, Les Fondations.

 

Sources : 1; 2

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 15:56
"Péquenauds", "ploucs" : "le mépris de classe" des dirigeants politiques à l'égard du peuple, selon Patrick Buisson

Mercredi 12 octobre, sur I-télé, Olivier Galzi recevait Patrick Buisson, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, auteur du livre "La Cause du Peuple, Histoire interdite de la présidence Sarkozy" chez Perrin. Revenu des promesses non-tenues de l'ex-président, de la "parole qu'il avait donnée à l'occasion de la campagne de 2007" et qui ne s'est "pas actualisée", Patrick Buisson a expliqué de quelle manière la classe politique, de droite comme de gauche, considère les gens du peuple :

"Le mépris de classe entretenu par les dirigeants de ce pays à l'égard de ceux qu'ils appellent non pas les sans-dents [1] mais les péquenauds ou les ploucs est évidemment un fait politique majeur, monsieur Galzi. Si vous ne le comprenez pas c'est dommage. Mais la coupure entre le peuple et les élites est illustré par ce mépris de classe sous lequel nos dirigeants écrasent les Français."

Patrick Buisson, I-télé le 12 octobre 2016

Un peu plus loin dans l'entretien, Patrick Buisson ajoute :

Ce sont des gens qui ne parlent qu'argent et qui ne pensent qu'argent.

Notes

 

[1] Les sans-dents est une expression employée par François Hollande en privé quand il parle des gens du peuple trop pauvres pour s'offrir des soins dentaires. François Hollande confirme avoir prononcé ces mots, dans le livre "Un Président ne devrait pas dire ça", mais nie le ton moqueur. Valérie Trierweiler avait donné cette information dans son livre "Merci pour ce moment". Elle a confirmé le ton méprisant mercredi 12 octobre sur son compte twitter en publiant un sms du président datant du 31 mai 2005 : "Je suis avec ma copine Bernadette dans une grande manifestation dans son canton. Je lui ai fait un numéro de charme. Mais tu ne dois pas t'inquiéter. Dans son discours, elle a fait un lapsus formidable. Rire général, même chez les sans-dents", avait écrit François Hollande à l'époque et il semble bel et bien marquer un certain mépris pour les pauvres. Source : François Hollande et les "sans-dents", Valérie Trierweiler persiste et signe en dévoilant une preuve, Closer, le 12 octobre 2016 à 12h57

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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 11:05
Inauguration de la plaque commémorative des rois sacrés à Reims par Monseigneur Thierry Jordan, archevêque de Reims et Monseigneur le prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou. Source Vexilla Galliae facebook

Inauguration de la plaque commémorative des rois sacrés à Reims par Monseigneur Thierry Jordan, archevêque de Reims et Monseigneur le prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou. Source Vexilla Galliae facebook

En compagnie de ses partisans, le duc d'Anjou Louis-Alphonse de Bourbon, chef de la maison royale des Bourbons, a dévoilé samedi 8 octobre dans la cathédrale de Reims une plaque mentionnant "les 31 sacres qui, depuis celui de Louis le Pieux, il y a 1200 ans (816), y ont été célébrés et notamment ceux des capétiens." (1)

 

A 11h30, Son Excellence Monseigneur Thierry Jordan, archevêque de Reims, suivi de Monseigneur le prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, Chef de la Maison Royale de France, de Monsieur Arnaud Robinet, député-maire de Reims, du prince de Bauffremont, Président de l’Institut de la Maison de Bourbon et de Monsieur Bernard Poret, Président de la Société des Amis de la Cathédrale, est entré et a traversé aisément le chemin qui s’ouvrait instantanément au milieu des 400 personnes entourant déjà la plaque commémorative. Monseigneur Jordan et le duc d’Anjou se positionné de chaque côté de la plaque et ont tiré ensemble les cordons qui retenaient le drap fleurdelisé. Apparut alors une grande plaque de marbre de comblanchien au teint légèrement rosé, gravée des noms et dates des sacres des trente-et-un rois (un empereur carolingien et trente rois capétiens) sacrés en cette cathédrale depuis 1200 ans ! (2)

 

Monseigneur Jordan a prononcé une petite allocution soulignant la relation particulière existant, depuis bientôt mille ans, entre cette cathédrale et la famille Capétienne dont le duc d’Anjou est le premier représentant en tant qu’Aîné actuel de cette famille.

 

 

A l'occasion de cet événement, le duc d'Anjou a prononcé un discours qui rappelle que le sacre marque la conjugaison du divin et de l’humain "pour permettre au roi d’exercer sa mission au service du bien commun" :

 

"Plusieurs fois par siècle cette cathédrale retrouvait la solennité des sacres, véritable colonne vertébrale de la royauté.

 

En effet si le règne du roi commençait à la mort de son prédécesseur, seul, le sacre lui conférait cette dimension supérieure qui faisait de la royauté française un pouvoir différent des autres.

 

Par le sacre, le divin et l’humain, se conjuguaient pour permettre au roi d’exercer sa mission au service du bien commun. La dureté du pouvoir des hommes se trouvait compensée par la charité du prince chrétien. Les promesses du sacre obligeaient le roi à tendre aussi vers la sainteté. Si Saint Louis en fut le modèle, tous les rois savaient qu’ils devaient se rapprocher de cet exemple."

 

Le Prince a terminé son rapide discours par cette prière:

 

"Puissent Notre Dame, Saint-Louis et tous les saints, à travers toutes les prières qui durant des siècles et des siècles, ont accompagné les sacres, protéger la France et la maintenir dans sa tradition."

Plaque des rois sacrés à Reims, inaugurée samedi 8 octobre 2016. Source : Vexilla Galliae facebook https://www.facebook.com/VexillaGalliae/posts/698942763594734

Plaque des rois sacrés à Reims, inaugurée samedi 8 octobre 2016. Source : Vexilla Galliae facebook https://www.facebook.com/VexillaGalliae/posts/698942763594734

Sources: (1) Discours de Louis XX à Reims et reportage photo, Vexilla Galliae; (2) 8.10.2016 : Louis XX à la Cathédrale des Sacres à Reims ! Vexilla Galliae; (3) Reportage photo Vexilla Galliae facebook

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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 00:00

Géraud, Gérault ou Gérard, comte d’Aurillac (Cantal), était le fils de Géraud, d'origine mérovingienne, seigneurs d'Aurillac, et d'Adeltrude, d'origine carolingienne, qui fut également canonisée. Saint Arède était un de ses ancêtres.

Géraud d'Aurillac vécut de l'an 854 à l'an 909. Sa vie a été relatée par Odon, abbé de Cluny qui en a fait le modèle chevaleresque du seigneur chrétien mettant sa force et ses richesses au service de la justice et des humbles.

Géraud est le fondateur de l'abbaye d'Aurillac, modèle de celle de Cluny. C'est dans cette abbaye fondée par Géraud que le jeune Gerbert d'Aurillac, sera instruit et s'initiera à la vie monastique. Extrêmement savant, celui-ci deviendra pape à l'époque de l'An Mil sous le nom de Sylvestre II.

 

Scirptorium médiéval

 

L'abbaye d'Aurillac était dotée d'un scirptorium, où l'on enseignait les disciplines du trivium, (surtout la grammaire et la rhétorique ) et le quadrivium (les quatre sciences mathématiques, arithmétique, musique, géométrie, astronomie.).

L'abbaye était constamment restée en contact avec la Catalogne, foyer intellectuel de premier plan où étaient conservées de nombreuses copies d'œuvres antiques comme celles d'Isidore de Séville ou de Boèce. 

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/e1/Cluny_Tours_et_Clochers.jpg/800px-Cluny_Tours_et_Clochers.jpg  L'Abbaye de Cluny

 

Sources : 1 ; 2

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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 21:47

Selon François Lenglet, économiste de France 2, auteur de "Tant pis! Nos enfants paieront" (Albin Michel) était l'invité de l'émission Ecorama sur Boursorama, le 11 octobre. Selon lui,  "ce n'est pas impossible que l'on revienne au franc." (à la 16e minute) Il avait déclaré récemment sur BFMtv que "l'euro, en l'état, ne tiendra pas."

"Ce n'est pas impossible que l'on revienne au franc !", selon François Lenglet

Extrait:

 

"(S'agissant de la situation économique de la France par rapport aux autres pays européen) la comparaison est défavorable, par rapport à la France, non seulement vis-à-vis de ses voisins, mais aussi par rapport à ce que la France a été. Parlons d'un seul chiffre, celui de l'emploi marchand, celui créé par les entreprises, il a stagné entre 2001 et 2015/16, on est à seize millions d'emplois, cela n'a quasiment pas bougé alors que dans les quinze années précédente, on créait plus d'un million d'emplois, et alors que l'Allemagne, le Royaume-Uni ou les Etats-Unis, eux, créent des emplois de façon très significative avec des taux de croisance qui sont à deux chiffres.

 

L'euro n'est pas mauvais en soi, mais on l'a pris sans regarder le mode d'emploi sur la boîte. C'est-à-dire qu'alors que nous entrions dans l'union monétaire, nous n'avons pas compris qu'un jour ou l'autre, toute détérioration de la compétitivité, à partir du moment où elle n'était plus compensée par un réglage monétaire, se traduirait par des ajustements réels (moins de croissance, chômage).

 

... (D'ici dix ans) Ce n'est pas impossible que l'on revienne au franc. Ceux qui nous disent c'est impossible font fi de l'histoire économique."

 

Sources video: (1), (2)

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 13:40
Au Concile de Trente, les jésuites (Jacques Lainez, Alfonso Salmeron) affirmèrent contre les protestants que la faute du péché originel n'avait pas complétement détruit dans l'homme la faculté du libre arbitre et que les mérites du Christ et son amour pouvaient apporter cette "justification inhérente" qui permet d'espérer une pleine participation à la divinité du Fils.

Au Concile de Trente, les jésuites (Jacques Lainez, Alfonso Salmeron) affirmèrent contre les protestants que la faute du péché originel n'avait pas complétement détruit dans l'homme la faculté du libre arbitre et que les mérites du Christ et son amour pouvaient apporter cette "justification inhérente" qui permet d'espérer une pleine participation à la divinité du Fils.

Expansion de la Compagnie de Jésus et conceptions

 

Fondée par Saint Ignace de Loyola, la Compagnie de Jésus témoigna en Europe et plus encore en Asie ou en Amérique d'un respect pour les peuples et leurs cultures qui n'avait d'égal nulle part ailleurs.

 

En 1541, saint François-Xavier s'embarquait pour les Indes. En 1548, les jésuites débarquait au Maroc. En 1549, ils s'installaient au Brésil. En 1555, Jules III désignait plusieurs pères pour aller créer une hiérarchie catholique en Ethiopie. Ignace de Loyola leur conseillait de se faire éthiopiens avec les Ethiopiens.

 

Au Japon

 

En 1563, quinze ans après le départ de François-Xavier, la communauté catholique japonaise comptait 150 000 membres.

 

En Chine

 

En 1583, les pères Ruggieri et Ricci arrivaient en Chine à Tchao-Keou. Ils gagnent Nankin puis Pékin, possèdent une vaste culture encyclopédique; ils sont à l'avant-garde de leur époque pour les connaissances mathématiques, astronomiques et cosmologiques. Ils parlent et écrivent le chinois. Ils se sont rendus compte de la valeur humaine du confucianisme, religion de l'empereur et de l'élite du pays. Ils s'efforcent d'intégrer au christianisme un certain nombre de concepts confucéens de telle sorte que la révélation chrétienne puisse devenir une réalité intellectuelle pour cette élite.

Portrait de Matteo Ricci par le frère chinois Emmanuel Pereira

Portrait de Matteo Ricci par le frère chinois Emmanuel Pereira

Demeuré seul Ricci s'avança très loin dans cette voie, particulièrement dans le domaine de la liturgie qui est par excellence celui des symboles. Ayant adopté un nom chinois, il s'habillait à la manière des mandarins dont il respectait strictement les usages. Ses connaissances scientifiques et techniques lui valurent les faveurs de l'empereur et une influence si grande à la cour que lorsqu'il mourut en 1610 à Pékin, on lui fit des funérailles nationales.

 

Le Pere Ferdinand Verbiest.gif

Les jésuites, ses successeurs eurent la même ligne de conduite. Vers 1670, le jésuite flamand Ferdinand Verbiest devint président du tribunal mathématique. C'est lui qui modernisa l'observatoire de Pékin et fit traduire en chinois saint Thomas d'Aquin. Les jésuites brilleront également en médecine et obtiendront en 1692, après avoir guéri l'empreur Kang Hsi avec de l'écorce de quinquina ("l'écorce des jésuites"), l'autorisation de prêcher publiquement dans tout le pays. Vers 1700, il y avait plus de 300 000 Chinois baptisés et l'embryon d'un clergé indigène.

 

Jusqu'en 1680, cent soixante jésuites avaient réussi à atteindre la Chine pour y exercer leur activité. Or ils étaient partis six cents.

Aux Indes entre 1606 et 1656

Robert de Nobili, missionnaire jésuite parmi les brahmes d'Inde du Sud

Robert de Nobili, missionnaire jésuite parmi les brahmes d'Inde du Sud

Roberto de Nobili (1577-1656) était admis à Maduré dans la caste supérieure des brahmanes. Connaissant le sanskrit et le tamoul, il abandonna jusqu'à son nom pour se faire appeler Tatuva Podapar Suami, "le maître des 96 perfections du sage".

 

 

En 1609, 70 brahmanes de la province se convertirent au catholicisme sans avoir le sentiment d'être infidèles à l'enseignement des vedas ni renoncer à leurs pratiques rituelles (bains, encensement au santal, etc.)

 

A Lisbonne, le tribunal de l'Inquisition saisi de l'affaire par les adversaires de la Compagnie, donna raison à de Nobili.

Le pape Grégoire XV confirma le jugement et décida qu'il y aurait désormais plusieurs rites (c'est par impropriété de terme qu'on les a qualifiés de "rites malabars" au lieu de rites de Maduré).

 

Malheureusement, en 1780 en Chine, à la mort du père Martial Cibot, l'un des derniers jésuites qui survécurent quelques années en Chine après la destruction de leur ordre en 1773, la pénétration du christianisme avait été totalement interrompue dans les milieux lettrés du fait de l'interdiction par Rome en 1739 des rites locaux indiens malabars et chinois quelques années plus tard. Il faudra attendre 1942 pour que Pie XII, se référant explicitement à l'autorisation de Paul V en 1615, permît à nouveau de célébrer la messe en langue littéraire chinoise !

 

Actuellement les contacts de la Compagnie de Jésus avec la Chine continentale restent sporadiques.

 

Au Paraguay et en Uruguay, entre 1600 et 1725

 

La confusion est complète entre les pouvoirs religieux et civil. La politique est en fait dirigée de Madrid par le Conseil des Indes. La confusion du spirituel et du temporel, grave dans son principe et dans ses effets, recèle néanmoins ici quelques avantages. Les jésuites, en effet, ont reçu de Madrid la charge d'administrer les régions que n'habitaient pas encore les Blancs. Ils y jouissaient d'une large autonomie à laquelle ils devraient bientôt renoncer si les colons espagnols s'installaient. Or l'expérience leur montra les conséquences fâcheuses du contact entre indigènes et colons. Ces derniers, par leur racisme et leur avidité au gain, donnaient le plus mauvais exemple et ne provoquaient que ressentiment. Tout poussa donc ces évangélisateurs à perpétuer un isolement si favorable à leur dessein. Ainsi fondent-ils en 1610 le tout premier village chrétien composé uniquement d'Indiens guaranis, la "réduction" de Saint-Ignace.

 

En 1700, il y aura trente réductions d'environ 3000 à 4000 habitants. Ces villages où les Européens n'étaient donc pas admis étaient tous constitués sur le même modèle: l'église et la résidence des pères était construite au centre; autour étaient installées l'école et les bâtiments sociaux, puis venait le cercle des habitations (une par famille), enfin, à la périphérie, il y avait les ateliers. Au-delà, les terres labourables étaient propriété collective. Le maire, indigène, était élu par les habitants. La justice était rendue par les jésuites, la peine la plus grave étant l'expulsion du village. Ces petites républiques guaranis formaient un véritable Etat jésuite, à la fois collectiviste et théocratique. Elles prospérèrent jusqu'au jour où un accord conclu entre l'Espagne et le Portugal fera passer treize des plus importantes réductions sous l'autorité fort peu libérale du gouvernement de Lisbonne. La rébellion indienne qui suivra l'emprise maladroite des fonctionnaires portugais sera imputée aux jésuites. Quant aux réductions demeurées sous la tutelle espagnole, elles tomberont après la dissolution de la Compagnie de Jésus en des mains peu scrupuleuses qui les exploiteront sans vergogne et l'aventure se terminera misérablement.

 

Les jésuites partirent en mission également en Turquie, au Moyen-Orient.

 

Au Canada et en Amérique du Nord de 1634 à 1760 : c'est notamment les Saints Martyrs Canadiens, missionaires († 1642/1649), Jean de Brébeuf, Isaac Jogues, Gabriel Lalemant, Charles Garnier, Antoine Daniel, Noël Chabanel, René Goupil, Jean de la Lande, Patrons du Canada.

 

La Compagnie utilisait les cultures locales pour donner à l'Evangile et à la foi un support, une expression, un langage qui soient compris des populations. Cet effort pour intégrer au christianisme des civilisations exotiques (que reprend saint François-Xavier) avait été jadis celui de l'Eglise palestinienne à l'égard de Rome ou celui des premiers évangélisateurs de la Gaule, saint Martin, saint Hilaire qui firent construire des lieux de culte catholiques sur d'anciens sanctuaires druidiques.

 

Au XVIe siècle, la Compagnie de Jésus arrivait dans un contexte où les conceptions luthérienne et calvinienne du péché originel faisaient prévaloir l'idée que la faute initiale de l'humanité avait totalement détruit dans l'homme la faculté du libre arbitre et vicié toutes ses entreprises à la base.

 

Luther affirmait que nul homme ne pouvait être "juste" aux yeux de Dieu. Même baptisé et élu, disait-il, un chrétien conserve sa tare fondamentale de pécheur. Au contraire de cette position, les Jésuites (Jacques LainezAlfonso Salmeron) affirmaient que la faute du péché originel n'avait pas complétement détruit dans l'homme la faculté du libre arbitre et que les mérites du Christ et son amour pouvaient apporter cette "justification inhérente" qui permet d'espérer une pleine participation à la divinité du Fils. Sous l'influence directe de saint Ignace de Loyola, l'humanité recevait une promesse inouïe de divinisation par la voie même du Concile de Trente (1542-1563) qui proclama que tout homme, fût-il non baptisé, avait la possibilité d'agir sans déplaire à Dieu.

Pendant le Concile de Trente, de Lainez et Salmeron au belge Lessius en 1587, et aux espagnols Molina, Banez ou Escobar, cible préférée de Pascal, les jésuites s'efforcèrent d'affirmer la prééminence de la liberté humaine contre des doctrines, souvent défendues par l'ordre rival des Dominicains, qui tendaient à subordonner au bon vouloir divin l'exercice du libre arbitre humain. Ces débats nous font maintenant l'impression d'un dialogue de sourds car les interlocuteurs ne parlaient pas de la même chose. Les jésuites, bien entendu, ne mettaient pas en question la toute-puissance de Dieu comme on les en accusait, ni le "néant" de la créature réduite à elle-même. Ils se contentaient de reconnaître implicitement ce qu'admettent aujourd'hui la plupart des théologiens, à savoir que cette toute-puissance ne s'exerce que dans le sens de l'Amour infini. L'homme, certes, ne peut se sauver que par la grâce de Dieu, mais cette grâce ne lui est jamais refusée. Dans le mécanisme du salut, c'est donc la volonté de l'homme qui est "souveraine" : elle, seule, peut faire obstacle à un Dieu qui ne se refuse pas (en enfer, il n'y a que des volontaires, pourrait-on résumer).

 

La doctrine inverse (défendue par les protestants et les jansénistes), qui subordonnait au bon vouloir divin l'exercice du libre arbitre aurait pu être le rappel d'une vérité évidente dans l'ordre de l'ontologie. Mais elle n'avait de sens que si elle supposait un Dieu qui ne veut pas le salut de tous les hommes. La logique de cette doctrine conduira les jansénistes à défendre contre les jésuites la thèse de la prédestination.

 

Les conceptions jansénistes ne pouvaient être que méfiantes, voire hostile à l'égard des cultures locales et profanes alors que les conceptions jésuites sur le libre arbitre et la "justification" portaient la marque foncièrement prophétique, accueillante et optimiste de la Compagnie de Jésus. Cette porte ouverte sur l'humanité non chrétienne permit à la Compagnie d'adopter des coutumes, des symboles et même des liturgies que l'on considérait jusqu'alors comme païennes, c'est-à-dire foncièrement mauvaises.

 

Cette audace lui fit adopter (dans la liturgie) les langues et les coutumes exotiques de ces peuples et qu'elle appliqua à la confession pour l'appréciation des cas de conscience (casuistique) faillit lui coûter la vie. En 1773, le pape Clément XIV, cédant à la pression des Bourbons de France, d'Espagne et de Naples, décidera de suspendre ses activités pour des motifs qui n'avaient rien à voir avec la Foi (voir plus bas).

 

Pendant plus de deux siècles, le jansénisme a profondément marqué le catholicisme français. Son rigorisme a été repris et adopté par le clergé qui a écarté des sacrements une grande partie des croyants et arraché de leur esprit la figure du Christ miséricordieux au profit d'un Dieu vengeur. La confession a été le lieu de ce véritable drame qui a éloigné les uns de la religion et a stérilement culpabilisé les autres. La question du délai ou du refus de l'absolution a constitué l'enjeu de ce que l'on a appelé improprement la querelle du laxisme; des millions d'hommes et de femmes en ont été les victimes.

 

C'est l'assemblée du clergé dominée par Bossuet et réunie à Saint-Germain-en-Laye, qui, en 1700, orienta l'Eglise gallicane vers un rigorisme qui, sur le plan de la fréquentation des sacrements, n'avait rien à envier à celui de Port-Royal. Bossuet, tout en rejetant la doctrine janséniste, n'hésitait pas à en approuver la rigueur envers les pécheurs. Si le régime de l'absolution refusée, ou différée (quelques fois pendant plusieurs années) s'est implanté, c'est à lui et à l'assemblée de clergé gallican qu'on le doit. Sous leur influence, les évêques de France et les confesseurs refuseront l'absolution à des pécheurs repentants et "en progrès", parce que la sincérité de leur contrition n'est pas certaine. Le délai d'absolution était encore recommandé par les manuels des séminaires au milieu du XIXe siècle. On devra attendre 1832 et la publication par l'abbé Thomas Gousset (futur cardinal) d'une Justification de la Théologie morale de saint Alphonse de Liguori (fondateur de l'ordre des Rédemptoristes) pour que le clergé de France commence à en revenir à une tradition évangélique, qui se matérialisera plus tard dans la recommandation de la pratique fréquente de l'Eucharistie. C'est Thomas Gousset, alors prefesseur au séminaire de Besançon, qui s'attaquera d'une manière décisive aux doctrines rigoristes et permettra leur reflux. C'est aux pécheurs récidivistes les plus enfoncés dans leurs faiblesses qu'il faut rendre facile l'accès à la confession, un "aliment pour les faibles" dira le pape jésuite François dans son Exhortation évangélique Evangelii Gaudium, n°47 (sur le fondement de saint Ambroise, De sacramentis, IV, 6, 28 : PL 16, 464 ; SC 25, 87 : « Je dois toujours le recevoir pour que toujours il remette mes péchés. Moi qui pèche toujours, je dois avoir toujours un remède » ; IV, 5, 24 : PL 16, 463 ; SC 25, 116 : « Celui qui a mangé la manne est mort ; celui qui aura mangé ce corps obtiendra la rémission de ses péchés ». saint Cyrille d’Alexandrie, In Joh. Evang. IV, 2 : PG 73, 584-585 : « Je me suis examiné et je me suis reconnu indigne. À ceux qui parlent ainsi je dis : et quand serez-vous dignes ? Quand vous présenterez-vous alors devant le Christ ? Et si vos péchés vous empêchent de vous approcher et si vous ne cessez jamais de tomber – qui connaît ses délits ?, dit le psaume – demeurerez-vous sans prendre part à la sanctification qui vivifie pour l’éternité ?). Au XIXe siècle, le point de vue de saint Alphonse de Liguori et du cardinal Gousset était celui des jésuites au XVIIe. Il allait exactement à l'encontre de la morale janséniste et gallicane du clergé français. C'était la faculté pour le confesseur de tenir compte des situations; de ne pas décourager le repentir par une exigence qui serait conforme aux principes moraux, mais inapplicable. C'est faire confiance au discernement humain et à la miséricorde divine; en deux mots : à la raison et à la grâce. Cette voie était celle d'Ignace de Loyola et ce sera l'un des mérites des jésuites que d'avoir contribué à la rouvrir à la suite d'Alphonse de Liguori et contre l'école des moralistes religieux français du XVIIIe siècle.

 

Leurs adversaires au XVIIe siècle trouvèrent en Blaise Pascal un polémiste de génie qui sut faire descendre le débat du plan théologique où il se situait au niveau de la morale pratique, domaine dans lequel la Compagnie était beaucoup plus vulnérable pour avoir voulu donner forme écrite et systématiser ce qui ressortissait à la seule conscience du confesseur. Le succès des Lettres à un Provincial contribua à imposer dans l'esprit public une caricature du jésuite qui n'est pas encore totalement effacée.

 

Rôle des jésuites dans l'éducation et l'enseignement

 

http://www.jesuites.com/histoire/saints/images/pierrecanisius.jpgLe jésuite Pierre Canisius organisa la défense de l'Eglise par le livre et l'école. Chacun des grands collèges créés par lui devint un centre de résistance aux thèses luthériennes et calvinistes. Canisius n'avait à son arrivée en Allemagne en 1550 que deux compagnons pour le seconder. Près de mille deux cents jésuites y exerçaient leur activité trente ans plus tard. Et dans toute l'Europe, suivant une ligne stratégique qui traversait le nord de la France, la Belgique, l'Allemagne, la Hongrie et la Pologne, furent fondés les universités et les collèges de la Contre-Réforme.

 

"Le triomphe de la papauté, a estimé l'historien anglais Macaulay, a été dû principalement à un grand reflux de l'opinion publique... Cinquante ans après la séparation des luthériens, a-t-il écrit, le catholicisme pouvait à peine se maintenir sur les rives de la Méditerranée. Cinquante ans plus tard, le protestantisme pouvait à peine se maintenir sur les rives de la Baltique."

 

Ce résultat fut, en grande partie, l'oeuvre de la Compagnie de Jésus, de ses collèges, de ses prédicateurs, de ses théologiens.

 

Dès 1590, les jésuites consacraient plus des trois quarts de leur activité à la formation des jeunes. L'accent était mis sur les humanités gréco-latines parce qu'elles constituaient alors la culture de l'honnête homme. Diverses congrégations plus ou moins liées à la Compagnie permettaient à celle-ci d'étendre son influence au-delà de la sphère universitaire. Charles Borromée, auteur du fameux catéchisme connu sous le nom de Catéchisme du Concile de Trente (1566), fut un de leurs membres et contribua à l'installation des jésuites dans les cantons catholiques de Suisse. C'est sur son insistance que le pape Clément XIII ordonna à la Compagnie de fonder des collèges à Lucerne et à Fribourg (en Suisse).

 

Un tel développement et une telle influence devait fatalement inquiéter les pouvoirs régants et la Compagnie aura longtemps à souffrir de leur méfiance.

 

Pourtant, dès l'origine, elle tentera de se prémunir contre l'hostilité des princes en interdisant formellement à ses membres de se mêler de la politique intérieure des pays.. L'auteur de cette consigne, le père Claudio Aquaviva, cinquième général de l'ordre (1581), ira même plus loin en conseillant au pape de se soumettre aux injonctions de la République de Venise qui exigeait l'expulsion des jésuites comme condition de sa fidélité aux Saint-Siège.

 

En France, les jésuites, comme serviteurs de la papauté ne pouvaient qu'être suspects aux yeux du Parlement gallican et de la Sorbonne. Néanmoins, vers 1610, au nombre de 1400 environ, ils possédaient déjà trente-six collèges, l'un des plus célèbres étant celui de La Flèche où sera formé Descartes.

 

Rôle des Jésuites dans la défense de "l'unité du peuple français et pour l'extension du pouvoir monarchique"

 

On trouve dans l'ouvrage "Histoire du Peuple français, De la Régence aux trois Révolutions", de Pierre Lafue quelques développements instructifs sur le rôle positif des Jésuites dans la défense de "l'unité du peuple français et pour l'extension du pouvoir monarchique" contre les Gallicans et les Jansénistes au XVIIIe siècle.

 

Ainsi, "lors de la réaction des ordres privilégiés, ont-ils été l'objet de l'hostilité de nombreux prélats - particulièrement des 6 cardinaux jansénistes dont le Cardinal de Noailles, archevêque de Paris, est le chef relativement modéré. En outre, l'Université et le Parlement se sont prononcés contre les partisans de l'ultramontanisme (les jésuites NDLR.).

 

... La coalition formée contre eux va toutefois demeurer assez longtemps impuissante par suite de l'attitude du roi qui leur sait gré, non seulement de fournir des confesseurs à toute sa famille, mais encore de désavouer la coterie parlementaire dressée contre le trône qui a tenté d'imposer la loi commune en matière d'impôt." [6]

 

 

La Compagnie de Jésus, cible de la franc-maçonnerie

 

Le Principal ministre de Louis XV entre 1758 et 1770, le comte de Choiseul, "allié des magistrats, fera alors pression pour obtenir l'expulsion des Jésuites." [7]

 

Comme par hasard, Choiseul était franc-maçon, "Vénérable de la Loge Les Enfants de la Gloire" en 1761 [8].

 

Tout en se disant "l'artisan du renouveau français et de la revanche contre l'Angleterre" [9], cet esprit des Ténèbres qui s'illustrait dans la destruction méthodique de la Nouvelle-France (Amérique française), était lié aux "philosophes" [10], et il était le complice des Parlements dans leur obstruction au roi... [11]

 

Les jésuites subirent ainsi les attaques conjuguées des jansénistes, des gallicans, des parlementaires et des "philosophes" de l’"Encyclopédie".

 

Le 6 août 1761, le parlement de Paris ordonna que les écrits de 23 jésuites dont Bellarmin, Toledo et Lessius fussent bannis comme "contraires à la morale et nuisibles à la jeunesse". Interdiction leur fut faite de recevoir des novices. Dans les villes où existaient d’autres écoles, les collèges jésuites durent fermer le 1er octobre 1761, et ailleurs ils furent fermés en avril 1762. Louis XV, favorable aux jésuites, intervint plusieurs fois, temporisa et obtint quelques délais. Cela tourna au conflit politique entre le parlement et le roi. Des compromis successifs, tous à tendance gallicane (pratiquement une séparation vis-à-vis de Rome), furent proposés aux jésuites et furent rejetés comme inacceptables.

 

Défiant le roi, le parlement de Paris, le 6 août 1762, déclara que la Compagnie de Jésus "nuit à l’ordre civil, viole la loi naturelle, détruit la religion et la moralité, corrompt la jeunesse" et la bannit de France. Certains parlements régionaux (comme celui de Flandre) refusèrent d’emboiter le pas ; la plupart temporisèrent. Le roi, de nouveau, obtint un délai. Mais malgré l'intervention du pape Clément XIII, pape de 1758 à 1769 qui défendit vigoureusement la Compagnie de Jésus, il dut finalement s’incliner tout en mitigeant les mesures prises. En novembre 1764, Louis XV édicta ce qui devint la mesure pour toute la France : la Compagnie de Jésus était proscrite en France, et ses biens étaient confisqués. Les jésuites furent cependant autorisés à y demeurer comme "bons et fidèles sujets", sous l’autorité des évêques. Les jésuites anglais de Saint-Omer durent également partir : ils s’installèrent dans les Pays-Bas méridionaux (alors autrichiens).

 

Si l’exécution de l’édit royal se passa moins dramatiquement qu’au Portugal les conséquences en furent tout aussi graves. L’enseignement en France fut désorganisé, de nombreux jésuites ayant choisi de partir en exil. Outremer, les missions des jésuites français furent confiées aux pères de Missions étrangères de Paris, mais ils ne suffisaient pas à la tâche. De nombreux postes furent fermés.

 

L'alliance de circonstance entre jansénistes, gallicans et philosophes des Lumières eut raison des jésuites. En 1761, dans une lettre à Voltaire, D’Alembert écrivit : "Que la canaille janséniste nous débarrasse des polissons jésuites. Ne fais rien pour empêcher que ces araignées se dévorent les unes les autres". En 1763 il triompha : "Les jésuites étaient les troupes régulières et disciplinées luttant sous l’étendard de la Superstition […] Les jansénistes ne sont que des cosaques dont la Raison va vite se débarrasser maintenant qu’ils doivent se battre seuls."

L’"affaire Lavalette" (scandale financier à la suite de la banqueroute du prêtre jésuite Antoine Lavalette) contraint Louis XV à interdire la Compagnie et à la bannir de France en 1763-1764, en fermant ses deux cents collèges. Déjà chassés du Portugal en 1759 par le ministre portugais franc-maçon, le marquis de Pombal, ils le furent encore d'Espagne en 1767 et du duché de Parme et de Plaisance en 1768. Cependant le roi Stanislas, avant 1766, les accueillit dans son duché de Lorraine, resté théoriquement indépendant du royaume de France.

 

Supérieur des Missions Françaises de l'Amérique du Sud en 1754, mais avec un ordre explicite d'arrêter toute entreprise commerciale, le Père Antoine Lavalette ignora cet ordre et poursuivit sa compagnie commerciale. Quelque temps plus tard, il emprunta pour acheter des terres. Or une épidémie en 1756 décima les ouvriers qui devaient les défricher et les mettre en culture pour exploiter la canne à sucre puis plusieurs de ses navires furent saisis par les pirates anglais à leur retour en Europe. La guerre de Sept Ans interrompant le trafic de sa maison de commerce avec la métropole, cette dernière fit faillite qui s'élevait à deux millions quatre cent mille livres. Deux de ses créanciers, de gros négociants marseillais, Gouffre et Lionci, poursuivirent La Valette devant le parlement à Aix qui le condamna. Le provincial des Jésuites fit appel, l'affaire remonta au Parlement de Paris. Ce dernier sous prétexte de se prononcer sur cette simple faillite, ordonna aux Jésuites de déposer au greffe un exemplaire des Constitutions de leur ordre et prononça un arrêt le 6 août 1762 qui déclarait la Compagnie de Jésus "inadmissible par sa nature dans tout État policé". [12]

 

Fritz Hochwälder a popularisé leur tragédie dans sa pièce Sur la terre comme au Ciel, véritable drame de l'obéissance. Les jésuites étaient soupçonnés à juste titre de fidélité romaine. La soumission ne leur épargna pas le bannissement qui précédera de peu la dissolution de la Compagnie !

 

L'opposition des cours européennes fut si forte que le pape Clément XIV en vint, le 21 juillet 1773, à supprimer la Compagnie de Jésus partout dans le monde ; c'est le bref Dominus ac Redemptor, qui dit que la Compagnie a souvent été sévèrement critiquée (mais ne dit pas si ces critiques étaient justifiées ou pas).

 

Leur salut viendra de l'Est. En Russie, la tsarine orthodoxe Catherine II interdit la promulgation de la bulle papale, et en Prusse le roi protestant Frédéric II fit de même, heureux de marquer sa désapprobation au Pape, tout en profitant de l'aubaine que constituaient tous ces savants et ces professeurs pour organiser l'enseignement et la recherche dans ses États.

 

En France, les maisons d'éducation des Jésuites furent fermées, et cette victoire fut représentée audacieusement par les partisans de l'opposition à la monarchie comme une mesure 'libérale'... [13] Dans sa lutte pour la domination politique, l'oligarchie parlementaire s'appuyait sur la secte religieuse des Jansénistes, grâce à laquelle elle s'est emparée de l'opinion publique, qui sans cela n'eût sans doute pas été abusée par son faux libéralisme.

 

La calomnie joua son rôle. On réédita de prétendus statuts secrets, Monita Privata Societatis Jesu, imprimés à Cracovie en 1614. Ce document republié sous le titre Monita Secreta, voulait prouver les visées temporelles (pouvoir, domination) de la Compagnie de Jésus. Il s'agissait d'un faux dont l'auteur était un ex-jésuite polonais, Jérôme Zahorowski. [14]

 

Au XVIIIe siècle toute la magistrature était devenue janséniste. C'est cette secte religieuse, alliée de la franc-maçonnerie qui empêchera toute saine réforme de l'Etat royal et obstruera la volonté du roi d'établir l'égalité devant l'impôt et sera à l'origine de la Révolution dite française.

 

Lire : La guerre des juges contre l'Eglise et la monarchie au XVIIIe siècle (Marion Sigaut)

 

La politique de la Compagnie au-delà des mers fit éclater la crise. Les jésuites ayant toujours défendu les droits et valeurs des civilisations indigènes sur les territoires de leurs missions, leur attitude, combattue par les protestants et les jansénistes, provoqua la haine des colons, commerçants ou négriers des possessions d'Asie, d'Afrique et d'Amérique, et n'avait pas été complètement comprise par Rome.

 

Restauration de la Compagnie et nouveaux ennuis

 

Après les guerres napoléoniennes, le climat politique changea. Les monarques qui avaient expulsé les Jésuites n'étaient plus au pouvoir. Le pape Pie VII procèda à la restauration universelle de la Compagnie en promulguant le décret Sollicitudo omnium ecclesiarum (en français: la sollicitude pour toutes les Églises) du 7 août 1814.

 

Pie VII avait d'abord discrètement approuvé son existence en Russie (bref Catholicae fidei du 7 mars 1801) et dans le royaume de Naples en 1804.

 

Le 7 août 1814, le pape Pie VII célébra une messe solennelle dans l'église du Gesù à Rome où se trouve le tombeau de saint Ignace, le fondateur de la Compagnie de Jésus. Ensuite, il fit lire la bulle qui autorisait à nouveau l'existence de l'Ordre dans le monde entier. En même temps, il nomma le supérieur des jésuites de Russie, Tadeusz Brzozowski, "Supérieur général de la Compagnie de Jésus". La Bulle fut promulguée le lendemain, le 8 août.

 

En 1828 néanmoins, Charles X expulsa les jésuites. De 1835 à 1845, la Compagnie se développa jusqu'à ce que Louis-Philippe et la Deuxième république leur imposent de nouvelles épreuves. Le Second empire et les tout débuts de la Troisème république seront une période plus heureuse.

 

En 1880, lorsque Jules Ferry ordonna le 29 mars la "dissolution et l'évacuatio" des collèges que la Compagnie de Jésus "occupe sur la surface du territoire d ela République", ceux-ci étaient au nombre de 29.. Ils enseignaient près de 11 000 élèves et réunissaient 815 professeurs.

 

Le conservatisme des jésuites était l'objet des quolibets des polémistes et des attaques d'un Edgar Quinet ou d'un Jules Michelet qui dénonçaient le "jésuitisme" et s'en prenaient aux visées "secrètes" de la Compagnie.

 

Précisons simplement que les Constitutions de l'Ordre, dont le document définitif n'a été promulgué qu'en 1594, ont subi de nombreuses modifications car la souplesse est une marque de la Compagnie qui a toujours su rester maîtresse de sa règle fondamentale, notamment par des décrets qui vinrent périodiquement en corriger les archaïsmes. Les Constitutions ne devaient pas être considées comme une loi figée. Chaque congrégation avait le pouvoir de modifier les Constitutions, de les compléter et même de les abroger... Cette charte est donc loin d'avoir le caractère sacré d'autres documents du même genre, par exemple les Constitutions d'Anderson, qui fondent les loges maçonniques.

 

Bien des adversaires de bonne foi ignorent encore, par exemple, que "les Constitutions n'obligent pas sous peine de péché." Autrement dit, leur violation par un jésuite n'est pas en soi une faute aux yeux de Dieu. Cette disposition relativise considérablement les règles de l'Ordre, y compris, évidemment, celles qui impliqueraient les visées "secrètes" de la Compagnie...

 

Aujourd'hui: les attaques et les calomnies contre les Jésuites persistent

 

La Compagnie de Jésus est accusée d'être à l'origine du Nouvel ordre mondial.., au prétexte qu'un ex-jésuite fonda l'ordre maçonnique des Illuminati.

 

Or, Adam Weishaupt, le fondateur des Illuminati, était né dans une famille juive le 6 février de 1748 à Ingolstadt. Converti, il devint jésuite. Il tomba dans la pratique de la sorcellerie et se sépara de l'Eglise. Professeur de droit à l'Université d'Ingolstadt en Allemagne, il fut accepté dans la franc-maçonnerie en 1778; mais il avait créé deux ans plus tôt l'ordre occulte des Illuminati, les Illuminés, ceux qui ont la lumière, ceux qui savent (Illuminisme) en copiant certains statuts des Jésuites. Il croyait être appelé à "régénérer" l'humanité. L'Abbé Barruel, prêtre jésuite, dans ses Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme (1798), indique que "dans les jours où ce conspirateur (Weishaupt) conçut ses projets (+) il ne connaissait point encore l'objet de la Franc-Maçonnerie: il savait seulement que les Francs-Maçons tenaient des assemblées secrètes: il les voyait unis par un lien mystérieux, se connaissant pour frères à certains signes, à certaines paroles, de quelque nation & de quelque religion qu'ils fussent..." (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 13) Weishaupt recruta à Weimar, le duc Charles-Auguste (Eschylus), Goethe (Abaris), Herder (Damasus pontifex), Shardt (Appollonis), von Fritsh (Werner), le duc Ernest II de Saxe-Cobourg-Gotha, le baron de Dalberg, le duc Ferdinand de Brunswick, le comte (futur prince) de Metternich.

 

De nos jours, les attaques et des diffamations faites par la franc-maçonnerie contre les jésuites continuent par tous les moyens (média, musiques).

 

Sources

 

[6] Histoire du Peuple français, De la Régence aux trois Révolutions, Pierre Lafue, Nouvelle Librairie de France, tome 3, Paris 1960, p. 36, 37

[7] Histoire du Peuple français, De la Régence aux trois RévolutionsPierre Lafue, ibid., p. 37

[8] Sur l'appartenance maçonnique de Choiseul : Grande Loge Suisse Alpina http://www.freimaurerei.ch/f/alpina/artikel/artikel-2006-4-01.php
[9] Choiseul avait "en réalité, par calcul personnel,[...] laissé la crise morale et institutionnelle se développer jusqu'à mettre le royaume en péril" : Pierre PLUCHON, Histoire de la colonisation française, tome 1er, Le Premier empire colonial, Des origines à la Restauration, Fayard, Saint-Amand-Montrond 1996, p. 294.

[10] Pierre GAXOTTE de l'Académie française, Le siècle de Louis XV, Texto, Paris 2015, p . 295.

[11] Choiseul "de coeur avec les Parlements et presque leur complice" in P. GAXOTTE, ibid., p. 343.

[12] François Ribadeau Dumas, Grandeur et misère des Jésuites, Dervy, 1994, p. 262

[13] Histoire du Peuple français, De la Régence aux trois RévolutionsPierre Lafue, ibid., p. 37

[14] Alain Guichard, Les Jésuites, Club français du livre, Editions Grasset et Fesquelle, Ligugé 1974, p. 70

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 00:00

Saint Denis, Évêque, Apôtre des Gaules, et ses compagnons martyrs (vers 270)

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/aa/Saintdenis-notre_dame_de_paris.jpg/450px-Saintdenis-notre_dame_de_paris.jpg

Saint Denis de Paris, Portail de la Vierge, Notre-Dame de Paris

 

Apôtre des Gaules, venu d'Italie vers 250 ou 270 ap. J.-C. avec six compagnons pour évangéliser la France, Denis aurait été le premier évêque de Paris (Lutèce). Il fonda plusieurs églises en France, et fut martyrisé avec Rustique  et Éleuthère , ses compagnons, vers  270, pendant la persécution de Valérien . C'est, selon les uns, à Montmartre (mons Martyrum) ou sur l'Île de la Cité , selon les autres, qu'ils furent mis à mort.

D'après les Vies de saint Denis, écrites à l'époque carolingienne , décapité, Denis aurait marché vers le nord pendant six kilomètres, sa tête sous le bras, traversant Montmartre  par le chemin qui sera nommé rue des Martyrs . À la fin de son trajet, il donna sa tête à une femme pieuse originaire de la noblesse romaine et nommée Catulla, puis s'écroula. On l'ensevelit à cet endroit précis et on y édifia une basilique en son honneur. La ville s'appelle à présent Saint-Denis .

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/c5/Blason_de_Saint-Denis.svg/545px-Blason_de_Saint-Denis.svg.png

 

Blason de la la ville de Saint-Denis

 

L'historien Grégoire de Tours  raconte que vers 250, le pape avait envoyé Denis en Gaule avec six autres évêques pour y porter l'Evangile. Celui-ci se fixa à Lutèce où il ne tarda pas à être mis à mort. Près de la basilique où reposait le premier évêque de Paris, une abbaye fut fondée au VIIe siècle et elle devint prestigieuse grâce aux largesses royales depuis Dagobert.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/2c/Saint-Denis_-_Basilique_-_Ext%C3%A9rieur_fa%C3%A7ade_ouest.JPG/450px-Saint-Denis_-_Basilique_-_Ext%C3%A9rieur_fa%C3%A7ade_ouest.JPG

Basilique Saint-Denis (Paris)

 

Son corps et celui de ses deux compagnons sont transférés dans l'abbaye de Saint-Denis. Elle contribua au rayonnement de son saint patron en le dotant d'une merveilleuse légende.

 

St Denis de Paris ne doit pas être confondu avec Denis l'Aéropagite, évêque d'Athènes au Ier siècle.

 

Source

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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 05:59

Un puissant éclair a frappé le dôme de la Basilique Saint-Pierre ce matin, à environ 09:20, en la fête de Notre-Dame du Saint Rosaire (7 octobre).

Les proches du Vatican, gardes suisses et propriétaires de magasins locaux, ont senti le choc.

Un propriétaire du café-bar local italien a déclaré : «Tout tremblait. Je pouvais le sentir dans mes poumons. Ce fut comme si l'air avait été suspendu pour un moment.»

La dernière fois que ce phénonème s'est produit fût le 11 février 2013 - fête de Notre-Dame de Lourdes - quelques heures après que Benoît XVI eût annoncé sa démission.

La foudre frappe de nouveau le dôme de St-Pierre-de-Rome

Source

le Forum catholique

 

Un rapport avec cette autre information :

 

Mgr Stephan Burger, Archevêque de Freiburg (D), a annoncé que la Conférence des évêque d’Allemagne autorisera bientôt que la communion eucharistique puisse être donnée aux “divorcés-remariés”. Et ce, en plein accord avec les enseignements d’ “Amoris laetitia”... (Source : “Konradsblatt”, bulletin diocésain de Karlsruhe.) ?

Pro Liturgia, Actualité du vendredi 7 octobre 2016

 

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