Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Christ Roi

  • : Christ Roi
  • Christ Roi
  • : Blog d'informations royaliste, légitimiste, pour une France libre, indépendante et souveraine
  • Contact

Horloge

14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 07:58

Dans le cadre du "synode sur la famille", l'archevêque métropolitain de Poznan, Président de la Conférence épiscopale polonaise, Mgr Stanisław Gądecki, a expliqué pourquoi la doctrine de l'Eglise ne permettait pas l'accès à la communion eucharistique des divorcés remariés :

Déjà, les documents des tout premiers synodes d’Elvira, d’Arles, de Néocésarée (qui eurent lieu entre 304 et 319) réaffirment la doctrine de l’Eglise qui ne permet pas l’accès à la Communion eucharistique des divorcés « remariés ».

3. La raison fondamentale en est que « leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d'amour entre le Christ et l'Eglise, telle qu'elle s'exprime et est rendue présente dans l'Eucharistie » (Familiaris consortio 84).

L’Eucharistie est le sacrement des baptisés qui sont dans la gratia sacramentalis. L’accès à la sainte Communion des personnes divorcées et civilement « remariées », c’est-à-dire des personnes qui ne sont pas dans la grâce sacramentelle, pourrait causer beaucoup de dommages non seulement en ce qui concerne le soin pastoral des familles mais aussi par rapport à la doctrine de l’Eglise sur la grâce sanctifiante.

En réalité, cet accès ouvrirait la porte de la réception de la sainte Communion à toutes les personnes en état de péché mortel ; par voie de conséquence, cela annulerait le sacrement de Pénitence et déprécierait l’importance de vivre dans l’état de grâce sanctifiante.

Enfin, il est nécessaire de réaffirmer que l’Eglise ne peut accepter la prétendue loi de gradualité ou le chemin graduel. Comme le pape François nous l’a rappelé, ceux d’entre nous qui sommes rassemblés ici ne voulons pas et n’avons pas le pouvoir de changer la doctrine de l’Eglise.

 

Extrait de l’intervention au synode ordinaire par Mgr Stanisław Gądecki, archevêque métropolitain de Poznan, président de la conférence épiscopale polonaise.

L'accès à la communion des divorcés remariés "ouvrirait la porte de la réception de la sainte Communion à toutes les personnes en état de péché mortel" (Mgr Stanisław Gądecki, Président de la Conférence épiscopale polonaise)

Source : Le blog de Jeanne Smits, à partir de la traduction anglaise qui a été publiée sur Voice of the Family, le 12 octobre 2015.

 

L'article en anglais de Voice of the family:

http://voiceofthefamily.com/archbishop-gadeckis-intervention-the-church-cannot-bend-to-the-will-of-man/

http://voiceofthefamily.com/archbishop-gadeckis-intervention-the-church-cannot-bend-to-the-will-of-man/

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 21:43

Lu sur le blog d'Yves Daoudal, une traduction en français d'une intervention du Cardinal Sarah, le préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, publiée le 13 octobre :

Pour le Cardinal Sarah, l'athéisme de l'Occident et l'Etat islamique ont une "même origine démoniaque"

On a vaguement entendu parler de l’intervention du cardinal Sarah au début du synode, et puis plus rien. Le texte de son intervention ne figurait nulle part, et surtout pas sur les sites du Vatican, alors qu’il est le « numéro 4 » de l’Eglise selon la comptabilité journalistique. Seul un blog de Toronto soulignait que Mgr Gadecki, sur son blog personnel, disait combien Mgr Hoser avait été impressionné…

Voici qu’a été publié aujourd’hui, aujourd’hui 13 octobre, une traduction anglaise de l’intervention du cardinal Sarah (faite en italien) sur le site Aleteia en anglais.

Voici une rapide traduction de ce texte qui, une fois de plus, me fait prier que cet homme devienne pape… subito. Et quand on voit où en est le chaos, c’est de plus en plus urgent.

 

Votre Sainteté, Eminences, participants du Synode,

Je propose ces trois pensées :

1. Plus de transparence et de respect entre nous.

Je ressens un profond besoin d’invoquer l’Esprit de Vérité et d’Amour, la source de la parrhésia dans la parole et de l’humilité dans l’écoute, qui seul est capable de créer une véritable harmonie dans la pluralité.

Je dirai franchement que dans le précédent Synode, sur diverses questions, on a ressenti la tentation de céder à la mentalité du monde sécularisé et individualiste de l’Occident. Reconnaître ce qu’on appelle les « réalités de la vie » comme un locus theologicus signifie abandonner tout espoir dans le pouvoir transformant de la foi et de l’Evangile. L’Evangile qui a autrefois transformé les cultures est maintenant en danger d’être transformé par elles.

En outre, certaines des procédures utilisées ne paraissaient pas destinées à enrichir la discussion et la communion autant qu’elles faisaient la promotion d’une façon de voir typique d’une certaine frange des Eglises les plus riches. Ceci est contraire à une Eglise pauvre, un signe de contradiction joyeusement évangélique et prophétique pour la mondanité. On ne comprend pas non plus pourquoi certaines déclarations qui ne sont pas partagées par la majorité qualifiée du dernier Synode se sont retrouvées dans la Relatio puis dans les Lineamenta et l’Instrumentum laboris alors que d’autres questions pressantes et très actuelles (comme l’idéologie du genre) sont ignorées.

Mon premier espoir est donc que, dans notre travail, il y ait davantage de liberté, de transparence et d’objectivité. Pour cela, il serait bénéfique de publier les résumés des interventions, afin de faciliter la discussion et éviter tout préjudice ou discrimination dans la réception des déclarations des pères du synode. (1)

 

2. Le discernement de l’histoire et des esprits

Un deuxième espoir : que le Synode honore sa mission historique et ne se limite pas lui-même à parler de certaines questions pastorales (comme la possible communion pour les divorcés et remariés) mais aide le Saint-Père à énoncer clairement des vérités et une réelle direction au niveau mondial. Car il y a de nouveaux défis par rapport au synode de 1980. Un discernement théologique nous permet de voir à notre époque deux menaces inattendues (presque comme deux « bêtes de l’apocalypse ») situées sur des pôles opposés : d’une part, l’idolâtrie de la liberté occidentale ; de l’autre, le fondamentalisme islamique : laïcisme athée contre fanatisme religieux. Pour utiliser un slogan, nous nous trouvons entre « l’idéologie du genre et ISIS ». Les massacres islamiques et les exigences libertaires se disputent régulièrement la première page des journaux. (Souvenons-nous de ce qui s’est passé le 26 juin ! (2)) De ces deux radicalisations se lèvent les deux grandes menaces contre la famille : sa désintégration subjectiviste dans l’Occident sécularisé, par le divorce rapide et facile, l’avortement, les unions homosexuelles, l’euthanasie, etc. (cf. la gender theory, les Femen, le lobby LGBT, le Planning familial…). D’autre part, la pseudo-famille de l’islam idéologisé qui légitime la polygamie, l’asservissement des femmes, l’esclavage sexuel, le mariage des enfants, etc. (cf. al-Qaida, Isis, Boko Haram…).

Plusieurs indices nous permettent de percevoir la même origine démoniaque de ces deux mouvements. Contrairement à l’Esprit de Vérité qui favorise la communion dans la distinction (périchorèse), ils encouragent la confusion (homo-gamie) ou la subordination (poly-gamie). En outre, ils postulent une loi universelle et totalitaire, sont violemment intolérants, destructeurs des familles, de la société et de l’Eglise, et sont ouvertement christianophobes.

« Nous ne nous battons pas contre des créatures de chair et de sang… » Nous devons être inclusifs et accueillants à tout ce qui est humain ; mais ce qui vient de l’Ennemi ne peut pas et ne doit pas être assimilé. On ne peut pas unir le Christ et Belial ! Ce que le nazisme et le communisme étaient au XXe siècle, l’homosexualité occidentale et les idéologies abortives et le fanatisme islamique le sont aujourd’hui.

 

3. Proclamer et servir la beauté de la monogamie et de la famille

Face à ces deux défis mortels et sans précédent (homo-gamie et poly-gamie), l’Eglise doit promouvoir une véritable « épiphanie de la famille » (3). Aux deux le Pape (comme porte-parole de l’Eglise) peut contribuer, ainsi que chacun des évêques et pasteurs du troupeau chrétien : c’est-à-dire « l’Eglise de Dieu, qu’il a acquise par son sang » (Actes 20, 28).

Nous devons proclamer la vérité sans peur, c’est-à-dire le Plan de Dieu, qui est la monogamie dans l’amour conjugal ouvert à la vie. Gardant à l’esprit la situation historique que je viens de rappeler, il est urgent que l’Eglise, à son sommet, déclare de façon définitive la volonté du Créateur en ce qui concerne le mariage. Combien de gens de bonne volonté et de bon sens se joindraient à cet acte lumineux de courage effectué par l’Eglise !

Avec une Parole forte et claire du Magistère Suprême, les pasteurs ont la mission d’aider nos contemporains à découvrir la beauté de la famille chrétienne. Pour cela, il faut d’abord promouvoir tout ce que représente une véritable initiation des adultes, car la crise du mariage est essentiellement une crise de Dieu, mais aussi une crise de la foi, et là c’est l’initiation des enfants. Alors nous devons discerner ces réalités que le Saint-Esprit est déjà en train de faire monter pour révéler la vérité de la famille comme une intime communion dans la diversité (homme et femme), et qui est généreuse dans le don de la vie. Nous, évêques, avons le devoir urgent de reconnaître et promouvoir les charismes, les mouvements, et les réalités ecclésiales dans lesquels la famille se révèle vraiment, ce prodige d’harmonie, d’amour de la vie et d’espérance en l’Eternité, ce berceau de la foi et cette école de charité. Et il y a tant de réalités offertes par la Providence, avec le concile Vatican II, dans lesquelles ce miracle est offert.

(1) Le pape l’a interdit (note YD).

(2) Attentat de Sousse en Tunisie, 39 morts. Arrêt de la Cour suprême américaine légalisant le soi-disant mariage homosexuel sur tout le territoire des Etats-Unis (note YD).

(3) Benoît XVI, le 6 juin 2012 (note YD).

Pour le Cardinal Sarah, l'athéisme de l'Occident et l'Etat islamique ont une "même origine démoniaque"
Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 19:41
L'Etat islamique appelle à la guerre contre la Russie et les USA pour leur "guerre de croisade"

 

L'EI appelle à la guerre contre la Russie et les Etats-Unis pour leur "guerre de croisade", selon le porte-parole de l'EI Abu Mohammad al-Adnani.

 

Le groupe terroriste Etat islamique a lancé aux Musulmans un appelle à engager la "guerre sainte" contre "les Russes et les Américains" pour leur "guerre de croisade" au Moyen Orient, selon un message audio distribué par leurs supporteurs mardi.

 

"Jeunes islamiques de partout, débutez le jihade contre les Russes et les Américains dans leur +guerre de croisade+ contre les musulmans", lance le porte-parole de l'EI Abu Mohammad al-Adnani, cité par Reuters.

 

Lundi soir, un autre chef des djihadistes a appelé les islamistes du Caucase à frapper la Russie pour aider leurs alliés syriens. Dans un enregistrement audio Abou Mohammad al-Jolani a exhorté les moujahidines caucasiens "à soutenir autant qu'ils peuvent le peuple de Syrie".

 

"Si l'armée russe tue notre population, tuez sa population, si elle tue nos soldats, tuez les siens. Oeil pour oeil", a lancé le chef terroriste.

 

Il a également appelé les rebelles opérant en Syrie à frapper les villages alaouites, "secte à laquelle appartient le président Bachar el-Assad".

 

L'Etat islamique appelle à la guerre contre la Russie et les USA pour leur "guerre de croisade"

Source: L'EI appelle à la guerre contre la Russie et les USA pour leur "guerre de croisade", Sputnik,

La dépêche Afp Le Figaro :

L'Etat islamique appelle à la guerre contre la Russie et les USA pour leur "guerre de croisade"

Pour comprendre l'évolution du conflit:

Repost 0
13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 19:35
Frappes US en Syrie: pourquoi bombarder une centrale électrique?

La coalition internationale menée par les Etats-Unis continue ses frappes aériennes à Alep, en Syrie, ayant tué récemment 52 civils et aucun terroriste de l'EI, a indiqué un groupe de défense des droits de l’homme. Le président russe s'interroge sur les objectifs de ces frappes et sur les cibles visées.

 

"Dimanche, l'aviation américaine a bombardé une centrale électrique et un transformateur à Alep. Pourquoi ont-ils fait cela? Qui ont-ils puni? Qu'est-ce que cela signifie? Personne ne comprend", a remarqué le président russe Vladimir Poutine lors d'une réunion avec les membres du gouvernement.

 

Dans ce contexte, M. Poutine a souligné que ces objectifs seraient plus clairs et qu'il y aurait moins de fautes grâce à un contact direct et constructif, notamment dans le domaine financier.

 

Depuis septembre dernier la Russie effectue des frappes aériennes ciblées contre l'EI en Syrie à la demande du président du pays, Bachar el-Assad. Les forces aériennes russes ont déjà porté des centaines de frappes, détruisant des postes de commandement, des camps d'entraînement, des dépôts de munitions et de combustible appartenant à l'EI, et tuant un grand nombre de terroristes.

Moscou a précisé que son opération aérienne sert d'appui à l'offensive des troupes syriennes au sol et qu'il n'envisage pas de lancer une opération terrestre en Syrie.

 

 

Source: Frappes US: pourquoi bombarder une centrale électrique?, Sputnik,

Repost 0
12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 22:55
Syrie : le leader chrétien de Syrie appelle l’Occident à arrêter d’armer les terroristes qui tuent les gens

Le primat de l'Église syriaque orthodoxe Ignace Ephrem II Karim a demandé solennellement à l’Occident d’«arrêter d’armer et soutenir les groupes terroristes qui détruisent le pays et massacrent le peuple syrien».

 

Si l’Occident veut régler la crise actuelle, le plus efficace serait de soutenir les gouvernements locaux, qui ont besoin de leur armée pour maintenir la sécurité et défendre la population contre les attaques.

 

«Les institutions d’Etat doivent être renforcées et stabilisées. Au lieu de cela, nous constatons leur démembrement forcé, ourdi depuis l’extérieur», a fait savoir Ignace.

 

Récemment, le primat, accompagné de l’évêque de son Eglise, s’est entretenu avec le président syrien Assad, qui à son tour les a appelé à faire tout leur possible pour que les Chrétiens ne quittent pas la Syrie, puisque leur présence sera nécessaire quand le temps viendra de reconstruire le pays dévasté.

 

«Je sais que vous souffrez, mais s’il vous plaît ne partez pas, la Syria a été votre foyer pendant des siècles, bien avant l’arrivée de l’islam», a confié Bashar el-Assad au primat.
Le patriarche syriaque a également fait savoir que la plupart des citoyens syriens soutenaient le président syrien Assad et l’avaient toujours fait. «Nous reconnaissons les leaders légitimes et prions pour eux comme le Nouveau Testament nous l’a appris.»

 

«Nous constatons aussi que de l’autre côté il n’y a pas d’opposition démocratique mais seulement des groupes extrémistes», a expliqué Ignace. Il a ajouté qu’au cours des dernières années, ces groupes ont basé leurs activités sur l’idéologie, qui a été apportée dans le pays, d’après le patriarche, «de l’extérieur, par les prédicateurs de haine soutenus par l’Arabie saoudite, le Qatar et l’Egypte».

Repost 0
12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 18:16
Daech: violer des femmes mécréantes n'est pas un viol, c'est se "rapprocher de Dieu"

« Il m’a tendu une lettre et m’a dit : "Cela démontre qu’une femme capturée deviendra musulmane si dix combattants la violent" », se souvient Noor, une yazidie de 22 ans, ancienne captive de l’État Islamique, citée par l'Express UK. Elle raconte ensuite qu’elle a été brutalement violée par onze combattants, qui justifiaient cette abomination au nom de la religion. Noor, aujourd’hui libérée explique : « Les hommes de l’État Islamique nous ont dit : "C’est la règle d’Abou Bakr al-Baghdadi et nous devons le faire". Ils ont aussi dit : "Pour toute personne qui n’est pas convertie à l’Islam, nous tuerons les hommes et nous épouserons leurs femmes. C’est notre butin de guerre". »

Ce n’est pas la première fois que Daech justifie par une idéologie les sévices sexuels qu'ils infligent aux femmes. Cet été le New York Times consacrait un long article à la « théologie du viol » menée par le groupe grâce à de nombreux témoignages recueillis auprès d’anciennes captives yazidies, un peuple considéré comme impie aux yeux de ses fanatiques. Elles étaient plusieurs à rapporter que les combattants assuraient se « rapprocher de Dieu » lorsqu'ils les violaient. Des vingt-et-une femmes interrogées par le journal américain, ressortaient des pratiques communes - comme la prière avant et après le viol - prouvant l’institutionnalisation des violences sexuelles par le groupe. 

Source: Daech incite au viol collectif pour convertir les femmes, Le Figaro, Par Tatiana Chadenat | Le 12 octobre 2015

 

Repost 0
12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 10:28

Article mis à jour au fil des nouvelles informations.

 

Le 5 octobre dernier, 13 cardinaux, dont André Vingt-Trois, archevêque de Paris, ont écrit une lettre au Pape, qui (hormis la recommandation marginale de ne pas réduire la discussion à la seule "communion des divorcés") n'en a tenu aucun compte.

Dans cette lettre, les 13 cardinaux s'étonnent des nouvelles procédures du synode, qui semblent assurer aux questions controversées du document préparatoire au synode (l'instrumentum laboris établi en octobre 2014) une inluence excessive sur les délibérations, en facilitant l'obtention de résultats prédéterminés. Ils épinglent les nouvelles procédures adoptées par le pape François qui éliminent la participation des pères synodaux à la composition de la commission de rédaction, dont les membres ont été nommés, sans être élus et sans consultation. Ils terminent par un appel à la prudence et une mise en garde de ne pas adopter les positions libérales des églises protestantes qui ont "abandonné des éléments-clés de la foi... "au nom de l'adaptation pastorale", ce qui a accéléré leur effondrement. Cette dernière recommandation montre que les pères synodaux ont bien reçu et pris note de la lettre que des convertis venus du protestantisme leur avaient envoyée.

C'est dans le cadre de cette lettre des Pères synodaux au Pape, que François leur aurait répondu de "ne pas céder à l'herméneutique de conspiration, qui est faible au point de vue sociologique et qui n’apporte pas d’aide au point de vue spirituel", comme l’a fait savoir – dans un tweet qui n’a pas été démenti – Antonio Spadaro, le directeur de la revue "La Civiltà Cattolica", qui était, lui aussi, présent dans la salle des séances:

 

 

Synode : Treize cardinaux écrivent au Pape qui leur répond de "ne pas céder à l'herméneutique de la conspiration". Laquelle ?

Treize cardinaux ont écrit au pape. Voici la lettre

 

Mais François a repoussé en bloc leurs demandes. Et, entre temps, la "Relatio finalis" a disparu du programme du synode

 

par Sandro Magister

 

ROME, le 12 octobre 2015 – Lundi 5 octobre, au début des travaux du synode consacré à la famille, le cardinal George Pell a remis au pape François une lettre, portant sa signature et celle de douze autres cardinaux, tous présents dans cette même salle des séances du synode.

Les treize signataires occupent des postes de première importance dans la hiérarchie de l’Église et trois d’entre eux font partie de la présidence du synode.

Ce sont, par ordre alphabétique :



- Carlo Caffarra, archevêque de Bologne, Italie, théologien, qui a été le premier président de l’Institut pontifical Jean-Paul II d'études sur le mariage et la famille ;
- Thomas C. Collins, archevêque de Toronto, Canada ;
- Timothy M. Dolan, archevêque de New-York, États-Unis ;
- Willem J. Eijk, archevêque d’Utrecht, Pays-Bas ;
- Péter Erdö, archevêque d’Esztergom-Budapest, Hongrie, président du conseil des conférences épiscopales d'Europe et rapporteur général du synode actuellement en cours, comme il l’a été de la précédente session, celle du mois d'octobre 2014 ;
- Gerhard L. Müller, ancien évêque de Ratisbonne, Allemagne, préfet depuis 2012 de la congrégation pour la doctrine de la foi ;
- Wilfrid Fox Napier, archevêque de Durban, Afrique du Sud, président délégué du synode actuellement en cours, comme il l’avait déjà été de la session précédente, celle du mois d'octobre 2014 ;
- George Pell, archevêque émérite de Sydney, Australie, préfet depuis 2014 du secrétariat pour l'économie, au Vatican ;
- Mauro Piacenza, de Gênes, Italie, ancien préfet de la congrégation pour le clergé, pénitencier majeur depuis 2013 ;
- Robert Sarah, ancien archevêque de Conakry, Guinée, préfet depuis 2014 de la congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements ;
- Angelo Scola, archevêque de Milan, Italie ;
- Jorge L. Urosa Savino, archevêque de Caracas, Venezuela ;
- André Vingt-Trois, archevêque de Paris, France, président délégué du synode actuellement en cours comme il l’avait déjà été de la précédente session, celle du mois d’octobre 2014.



Dans cette lettre, concise et très claire, les treize cardinaux soumettaient à l'attention du pape les sérieuses "préoccupations" que leur inspiraient, ainsi qu’à d’autres pères synodaux, les procédures du synode, qui leur paraissent "conçues pour faciliter l’obtention de résultats prédéterminés à propos de questions importantes et controversées", et l'"Instrumentum laboris", considéré comme inadapté en tant que "texte guide et base d’un document final".

On peut lire ci-dessous le texte de la lettre, traduit à partir de la version originale en anglais.



__________


Très Saint Père,

En ce début du Synode consacré à la famille et avec le désir de le voir servir fructueusement l’Église et Votre ministère, nous vous demandons respectueusement de prendre en considération une série de préoccupations que nous avons recueillies auprès d’autres pères synodaux et que nous partageons.

Le document préparatoire du synode, l'"Instrumentum laboris", contient certes des éléments admirables, mais il comporte également des parties qui gagneraient à faire l’objet d’une réflexion approfondie et à être retravaillées. Les nouvelles procédures qui guident le synode semblent assurer à ce document une influence excessive sur les délibérations du synode et sur le document synodal final. Tel qu’il est, et compte tenu des préoccupations dont de nombreux pères nous ont fait part à propos de celles de ses parties qui sont problématiques, l’"Instrumentum" ne peut pas être utilisé convenablement comme texte guide ou comme base d’un document final.

Les nouvelles procédures synodales vont être perçues, dans certains milieux, comme manquant d’ouverture et d’authentique collégialité. Dans le passé, le processus consistant à présenter des propositions sur lesquelles les pères synodaux votaient permettait d’évaluer l’état d’esprit de ceux-ci, ce qui était précieux. L’absence des propositions ainsi que celle des discussions et votes correspondants semble décourager un débat ouvert et confiner la discussion aux petits groupes ; c’est pourquoi il nous paraît urgent de rétablir l’élaboration de propositions à soumettre au vote du synode tout entier. Le vote sur un document final arrive trop tard dans le processus pour permettre un examen complet et une sérieuse mise au point du texte.

De plus, le manque de participation des pères synodaux à la composition de la commission de rédaction a créé un malaise considérable. Ses membres ont été nommés, pas élus, sans consultation. De même, tous ceux qui rédigent quelque projet de texte que ce soit au niveau des petits groupes devraient être élus et non pas nommés.

Ces faits ont, à leur tour, fait naître la crainte que les nouvelles procédures ne soient pas fidèles à l’esprit traditionnel et à l’objectif d’un synode. On ne comprend pas très bien pourquoi ces changements de procédures sont nécessaires. Un certain nombre de pères pense que la nouvelle procédure semble conçue pour faciliter l’obtention de résultats prédéterminés à propos de questions importantes et controversées.

Dernier point et peut-être le plus urgent, plusieurs pères se sont dits préoccupés de ce qu’un synode ayant pour but de traiter une question pastorale d’une extrême importance – le renforcement de la dignité du mariage et de la famille – puisse en arriver à être dominé par le problème théologique et doctrinal de l’accès des personnes divorcées et remariées civilement à la communion. Si c’est le cas, cela va inévitablement soulever des questions encore plus fondamentales à propos de la manière dont l’Église, allant de l’avant, devrait interpréter et appliquer la Parole de Dieu, ses doctrines et ses disciplines, aux changements qui interviennent dans la culture. L’effondrement des Églises protestantes libérales à l’époque moderne, accéléré par le fait qu’elles ont abandonné des éléments-clés de la foi et de la pratique chrétiennes au nom de l’adaptation pastorale, est une incitation à être très prudents dans nos discussions synodales.

Très Saint Père, nous vous offrons ces pensées dans un esprit de fidélité et nous vous remercions de les prendre en considération.

Fidèlement vôtres en Jésus-Christ.


__________


Dans l’après-midi de ce même lundi 5 octobre, pendant la première discussion en assemblée, le cardinal Pell et d’autres pères synodaux ont repris certaines des questions abordées dans la lettre, sans la citer.

Le pape François était présent et il a écouté. Et le lendemain matin, mardi 6 octobre, il a pris la parole.

Le texte de cette intervention hors programme n’a pas été rendu public, mais seulement résumé, oralement par le père Federico Lombardi et sous forme écrite par "L'Osservatore Romano". De la manière suivante :



"Le souverain pontife a voulu réaffirmer que le synode actuel est en continuité avec celui qui a été célébré l’année dernière. En ce qui concerne l’'Instrumentum laboris', François a souligné qu’il résulte de la 'Relatio synodi' complétée par les contributions qui sont arrivées ultérieurement, qu’il a été approuvé par le conseil post-synodal – qui s’était réuni en présence du souverain pontife – et qu’il constitue la base pour continuer le débat et les discussions dans les jours qui viennent. Dans ce contexte, les contributions des divers groupes linguistiques prennent une importance essentielle. Le pape a également rappelé que les trois documents officiels du synode de l’an dernier sont ses deux discours, celui du début et celui de la fin, et la 'Relatio synodi'. Le souverain pontife a souligné que la doctrine catholique en ce qui concerne le mariage n’a pas été touchée et il a ensuite lancé une mise en garde contre le danger de donner l’impression que le seul problème du synode est celui de la communion des divorcés, en invitant ses auditeurs à ne pas réduire les horizons du synode". À ce compte-rendu de "L'Osservatore Romano" le père Lombardi a ajouté que "les décisions en matière de méthode ont également été partagées et approuvées par le pape et par conséquent elles ne peuvent pas être remises en discussion".



Il découle de tout cela que François a rejeté en bloc les demandes formulées dans la lettre, sauf la recommandation marginale de ne pas réduire la discussion à la seule "communion des divorcés".

Et il les a repoussées non sans une touche polémique, comme l’a fait savoir ultérieurement – dans un tweet qui n’a pas été démenti – Antonio Spadaro, le directeur de la revue "La Civiltà Cattolica", qui était, lui aussi, présent dans la salle des séances, selon lequel le pape aurait dit aux pères de "ne pas céder à l'herméneutique de conspiration, qui est faible au point de vue sociologique et qui n’apporte pas d’aide au point de vue spirituel".

Tout cela s’est passé au début du synode. Mais, vers la fin de la première semaine de travaux, d’autres événements se sont produits. Qui vont de nouveau en sens inverse des souhaits formulés dans la lettre des treize cardinaux.

Vendredi 9 octobre, en conférence de presse, le cardinal Luis Antonio G. Tagle, archevêque de Manille et président délégué du synode, a déclaré à l’improviste que, en ce qui concerne le rapport final, "nous attendons la décision du pape".

Et le lendemain, le père Lombardi a précisé que "nous n’avons pas encore de certitude quant à la manière dont se déroulera la conclusion du synode, c’est-à-dire que nous ne savons pas s’il y aura un document final. Nous allons voir si le pape va apporter des indications précises".

Incroyable mais vrai. Alors que le synode était en pleine activité, voilà qu’a été mise au conditionnel, de manière imprévue, l’existence même de cette "Relatio finalis" qui figurait dans les programmes comme le point d’arrivée vers lequel étaient orientés tous les travaux synodaux.

En effet le secrétaire général du synode, le cardinal Lorenzo Baldisseri, avait parlé abondamment de la "Relatio finalis", à l’occasion de la présentation officielle du synode, le 2 octobre :

> Briefing su tema e metodo della XIV assemblea generale ordinaria del sinodo dei vescovi

Ce même jour, Baldisseri avait également annoncé que le pape François avait nommé une commission composée de dix cardinaux et évêques précisément "pour l'élaboration du rapport final".

Le 5 octobre, dans le discours d’ouverture des travaux du synode, Baldisseri avait de nouveau, de manière encore plus détaillée, présenté les phases d’élaboration et d’approbation de la "Relatio" :

> Relazione del segretario generale

Il en avait de nouveau parlé en séance, le matin du 6 octobre, juste avant que le pape prenne la parole.

Ne parlons pas du calendrier officiel des travaux du synode, qui attribue encore actuellement quatre jours, du 21 au 24 octobre, à la rédaction du "rapport final", à sa présentation en séance, à la discussion et à la présentation des observations écrites, à sa réécriture, à sa nouvelle présentation en séance et à son vote définitif :

> Calendario dei lavori

Dans leur lettre au pape François, les treize cardinaux souhaitaient que l’on en revienne à la procédure des synodes passés, qui se terminaient par le vote, l’une après l’autre, de "propositions" qui seraient soumises au pape. Ou qu’au moins, en l’absence de ces propositions, l’on vote point par point une "Relatio finalis" rédigée par une commission élue, et non pas entièrement nommée par en haut.

Mais si la "Relatio" elle-même – comme on nous l’a fait comprendre – va être supprimée, le seul produit du synode ne pourra être qu’une nouvelle mouture de cet "Instrumentum laboris" que les treize signataires de la lettre considéraient comme ne pouvant pas servir "de base d’un document final" notamment en raison de "celles de ses parties qui sont problématiques", autrement dit celles dont la fidélité à la doctrine n’est pas certaine.

Parce qu’il est vrai que les 270 pères synodaux sont justement en train de travailler, jour après jour, à remanier de fond en comble l'"Instrumentum". Mais il est tout aussi vrai que la réécriture du texte sera l’apanage de cette commission entièrement composée de gens nommés par le papa François, dans laquelle les novateurs constituent une majorité écrasante, ce qui n’est pas le cas dans la salle des séances. Et dans le cas d’un texte très long et discursif comme l'"Instrumentum" – et non pas concis comme les "propositions" de beaucoup de synodes passés – il peut beaucoup plus facilement se passer la même chose que lors du synode de 2014, c’est-à-dire l'introduction de formules vagues et polyvalentes, difficiles à repousser en séance par un vote sec.

"La doctrine catholique en ce qui concerne le mariage n’a pas été touchée", a assuré le pape François en se référant à la totalité du parcours synodal depuis 2014 jusqu’à aujourd’hui, en réponse aux "préoccupations" des treize cardinaux de la lettre.

Mais le cardinal Tagle, représentant de premier plan des novateurs, a également déclaré avec une satisfaction visible, lors de la conférence de presse du 9 octobre :



"La nouvelle méthode adoptée par le synode a probablement provoqué un peu de confusion, mais il est bon d’être confus de temps en temps. Si les choses étaient toujours claires, ce ne serait plus la vraie vie".


__________

12.10.2015 

Source: http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/1351154?fr=y

 

Treize cardinaux écrivent au Pape qui leur répond de "ne pas céder à l'herméneutique de la conspiration". Laquelle ?, s'est interrogé justement Denis Crouan sur Pro Liturgia.

 

Le Pape François s’est adressé aux pères du synode pour leur demander de se méfier de l’ “herméneutique de la conspiration”. Il y aurait donc bien une conspiration. Mais comme le Saint Père n’a pas précisé en quoi elle consistait ni où elle se développait, toutes les interprétations demeurent possibles.
S’agit-il de la conspiration des évêques allemands ? S’agit-il de la conspiration de quelques proches du Pape réunis en “mini-synode de l’ombre” pour préparer par avance les conclusions du vrai synode ? S’agit-il de la conspiration de ces évêques et de ces cardinaux qui publient des ouvrages contredisant les thèses des cardinaux Marx et Kasper ? S’agit-il de la conspiration de cette “maffia de Saint-Gall” dont a récemment parlé le Cardinal Danneels ?
Allons plus loin encore dans les questions. S’agit-il de la conspiration de la conspiration des puissants instituts bancaires qui, peu de temps avant la démission du Pape Benoît XVI, avaient réussi à bloquer toutes les transactions financières du Vatican ? S’agit-il de la conspiration des évêques qui ont dissimulé des abus sexuels commis par des prêtres placés sous leur autorité ? S’agit-il de la conspiration des évêques réclamant que l’autoritarisme pontifical et les monologues de quelques “mitres” bien en vue soient remplacés par le respect du vrai dialogue synodal ?
Finalement, on ne saura jamais en quoi consiste cette “conspiration” à laquelle a fait allusion le Pape François. Du moins tant que l’infatigable P. Lombardi ne nous aura pas donné quelques explications.

 

Source: Pro Liturgia, Actualité du 10/10/2015

Add. 13 octobre 2015. Le cardinal Napier reconnait avoir signé une lettre, mais dont le contenu était différent et avait trait spécifiquement à à la commission des 10 membres de la commission préparatoire du document final. "Que travaillez-vous réellement lorsque vous ne savez pas quel est l'objectif ?", a-t-il néanmoins déclaré dans un article en anglais de Crux Now, du 12 octobre 2015 (traduction):

 

"Le Cardinal) Napier a déclaré qu'il n'était pas encore clair, même pour les participants du synode comment le document final du synode sera amendé, et ce que François prévoit de faire avec lui, ce qui a produit les préoccupations concernant le résultat légitime.

Sur la question de savoir si il était inquiet du fait que le résultat final soit déjà déterminé, Napier a dit seulement qu"'à ce stade, il est difficile de le dire.'

Ce genre d'incertitude me préoccupe, car que travaillez-vous réellement lorsque vous ne savez pas quel est l'objectif?" A-t-il déclaré.

Plus tôt lundi, le vaticaniste italien Sandro Magister a publié une lettre prétendument signée par 13 cardinaux, dont Napier, exprimant la crainte que "le nouveau processus semble avoir été conçu pour faciliter résultats prédéterminés sur des questions controversées importantes."

Napier a reconnu avoir signé une lettre, mais a déclaré que son contenu était différent de celui présenté dans le rapport de Magister. La lettre qu'il a signée, a-t-il dit, avait spécifiquement trait à la commission des 10 membres de la commission préparatoire du document final."

 

Source: Cardinals clash on doubts about process at the Synod of Bishops

 

Dans une interview publié par le “Corriere della Sera” de ce 13 octobre,

 

le Cardinal Müller, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, déclare avoir pris connaissance de la publication de la lettre adressée au Pape François (voir ci-dessous) et qui aurait été signée par 13 cardinaux, dont le Cardinal Müller lui-même.

Ce dernier souligne qu’il s’agit là d’une affaire très grave. Et d’ajouter que le véritable scandale n’est pas dans le contenu de la lettre, mais dans le fait qu’elle ait pu être publiée alors qu’il s’agissait d’un document privé. On est là - conclut le Cardinal Müller - dans une affaire égale à celle de Vatileaks.

 

Synode : Treize cardinaux écrivent au Pape qui leur répond de "ne pas céder à l'herméneutique de la conspiration". Laquelle ?

Source: Pro Liturgia, Actualité du mardi 13 octobre 2015

 

"Ceci est un nouveau Vatileaks", aurait réagi le cardinal Müller, selon une dépêche Afp Le Figaro du 13 octobre : 

Synode : Treize cardinaux écrivent au Pape qui leur répond de "ne pas céder à l'herméneutique de la conspiration". Laquelle ?

La réaction du Père Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, le 13 octobre sur Zenit :

 

"Sur les soi-disant treize signataires, on sait déjà que les cardinaux Scola, Vingt-Trois, Piacenza et Erdö ont déclaré y être étrangers. Quant au cardinal Pell, il a déclaré que, « privée », sa lettre devait rester « privée », mais aussi que le texte diffusé par la presse ne correspondait pas entièrement au sien, pas plus que les signatures qui accompagnaient la lettre adressée au Saint-Père. Les questions critiques figurant dans la lettre avaient été évoquées lundi dernier lors de la congrégation de l'après-midi, et je les avais sommairement signalées. Tout le monde savait que, le lendemain matin, le pape et le Secrétaire général y avaient amplement répondu. Par conséquent, qui, quelques jours plus tard, a diffusé ce texte et ces souscriptions a sciemment procuré un dommage qui n'était pas dans les intentions les cardinaux (du moins des plus en vue). Il convient donc de ne pas accorder à cette initiative l'importance qu'elle n'a pas."

 

 

Synode : Treize cardinaux écrivent au Pape qui leur répond de "ne pas céder à l'herméneutique de la conspiration". Laquelle ?

Add. 14 octobre. Dans un article du 13 octobre, Sandro Magister révèle qu'"un second 'scoop' spectaculaire a explosé à New York, cette fois-ci dans le prestigieux hebdomadaire des jésuites américains “America”, "noble voix du catholicisme progressiste américain", qui confirme que la lettre a bien été remise au Pape et était bien signée de 13 cardinaux :

 

Voilà donc à quel point en était la situation le soir du lundi 12 octobre.

 

Mais, alors qu’il était près de minuit à Rome, un second "scoop" spectaculaire a explosé à New-York, cette fois dans le prestigieux hebdomadaire des jésuites de la Grosse Pomme, "America", noble voix du catholicisme progressiste américain dans les domaines théologique, culturel et politique :

Synode : Treize cardinaux écrivent au Pape qui leur répond de "ne pas céder à l'herméneutique de la conspiration". Laquelle ?


> Thirteen Cardinals, Including Di Nardo and Dolan, Challenged Pope’s Decisions on Synod

L'auteur de l’article est Gerard O'Connell, vaticaniste et correspondant à Rome de cette revue, professionnel à l’autorité reconnue et mari de la journaliste argentine Elisabetta Piqué, amie et biographe autorisée de Jorge Mario Bergoglio.

Avec une sûreté tranquille, après avoir " appris de sources bien informées", les jésuites de New-York confirment, dès le titre de leur article, que la lettre qui a été remise au pape le jour de l’ouverture des travaux du synode portait effectivement la signature de treize cardinaux, tous pères synodaux, dont deux Américains, les archevêques de New-York et de Houston.

Dans le corps de l’article, ils fournissent la liste complète des treize cardinaux. Celle-ci comporte, par rapport à celle que www.chiesa a publiée deux jours plus tôt, quatre noms nouveaux, à la place de ceux des quatre cardinaux qui avaient démenti d’avoir signé.

Les quatre noms nouveaux sont ceux de l’Américain Daniel N. Di Nardo, du Kényan John Njue, du Mexicain Norberto Rivera Carrera et de l’Italien Elio Sgreccia.

Toutefois, le lendemain, deux des quatre, Rivera Carrera et Sgreccia, affirmeront, eux aussi, qu’ils n’ont pas signé la lettre.

Par conséquent la liste provisoire des signataires est maintenant la suivante, partiellement corrigée par rapport à celle que www.chiesa avait donnée initialement.

Par ordre alphabétique :



- Carlo Caffarra, archevêque de Bologne, Italie, théologien, qui fut le premier président de l’Institut Pontifical Jean-Paul II d'études sur le mariage et la famille ;
- Thomas C. Collins, archevêque de Toronto, Canada ;
- Daniel N. Di Nardo, archevêque de Galveston-Houston et vice-président de la conférence des évêques des États-Unis ;
- Timothy M. Dolan, archevêque de New-York, États-Unis ;
- Willem J. Eijk, archevêque d’Utrecht, Pays-Bas ;
- Gerhard L. Müller, ancien évêque de Ratisbonne, Allemagne, préfet depuis 2012 de la congrégation pour la doctrine de la foi ;
- Wilfrid Fox Napier, archevêque de Durban, Afrique du Sud, président délégué du synode actuellement en cours comme il l’avait déjà été de la session précédente, au mois d’octobre 2014 ;
- John Njue, archevêque de Nairobi, Kenya ;
- George Pell, archevêque émérite de Sydney, Australie, préfet depuis 2014, au Vatican, du secrétariat pour l’économie ;
- Robert Sarah, ancien archevêque de Conakry, Guinée, préfet depuis 2014 de la congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements ;
- Jorge L. Urosa Savino, archevêque de Caracas, Venezuela.



Pour ce qui est du contenu de la lettre, "America" en donne de nombreuses citations. Elles correspondent toutes parfaitement au texte publié par www.chiesa.

Ce texte a également été confirmé comme "authentique", quelques heures après le "scoop" d’"America", par le quotidien "La Nacion" de Buenos-Aires, dans un article signé par Elisabetta Piqué, d’après ce qu’elle aurait "su de bonnes sources vaticanes" :

> Una carta aumenta las intrigas en el sínodo

Ce qui n’empêche pas que la lettre effectivement remise au pape puisse comporter quelques variantes minimes. Qui portent sur la forme, pas sur le fond.

Parce que le fond reste celui que le communiqué du cardinal Pell et plus encore l'interview du cardinal Napier ont confirmé : une inquiétude croissante ressentie par un grand nombre de pères synodaux en raison de l'insistance avec laquelle un document, l'"Instrumentum laboris", leur est imposé en tant que base de discussion, alors que, chaque jour, il se révèle un peu plus inadapté, et la crainte qu’il n’envahisse également, avec ses ambigüités, la "Relatio finalis", dont la rédaction est dans les mains d’une commission entièrement nommée par en haut et composée, à une écrasante majorité, de novateurs.

 

Source: La lettre des treize cardinaux au pape. Second épisode de l’histoire, Par Sandro Magister

Add. 19 octobre 2015. Cardinal Pell : «Le Saint-Père a promis que la doctrine ne serait pas touchée», Le Figaro, le 18/10/2015 à 19:27

 

INTERVIEW - Avec une dizaine d'autres cardinaux, l'Australien George Pell, pourtant membre du Conseil de gouvernement du pape François, a signé une lettre de protestation adressée au Souverain Pontife.

 

La missive vise à mettre le Saint-Père en garde sur un possible pilotage interne du synode par un groupe de théologiens décidé à imposer une réforme pour les divorcés remariés.

 

LE FIGARO. - Pourquoi avez-vous signé, avec d'autres cardinaux, une lettre adressée au Pape au début du synode?

 

Cardinal George PELL. - Cette lettre a été remise au Pape, je n'en suis pas l'auteur mais je l'ai signée. C'était une lettre privée qui aurait dû le rester. Je peux vous assurer qu'aucun des signataires n'a cherché à la rendre publique car ils avaient tous intérêt à ce que ce document reste privé. Mais sur le fond comme sur la forme il n'y a rien d'anormal à ce que des cardinaux écrivent au Pape pour lui dire ce qui se passe dans l'Église.

 

Cette lettre évoquait pourtant une possible manipulation du synode pour parvenir à une réforme de l'Église sur la question des divorcés remariés…

 

C'était une crainte mais le Saint-Père a …

 

Synode : Treize cardinaux écrivent au Pape qui leur répond de "ne pas céder à l'herméneutique de la conspiration". Laquelle ?

Source : Cardinal Pell : «Le Saint-Père a promis que la doctrine ne serait pas touchée», Le Figaro, Par Jean-Marie Guénois Mis à jour le 18/10/2015 à 19:38 Publié le 18/10/2015 à 19:27

 

Or, samedi 17 octobre, le Pape François a déclaré qu’il aimerait “décentraliser l’Eglise” en donnant davantage de pouvoirs aux conférences épiscopales :

 

Synode : Treize cardinaux écrivent au Pape qui leur répond de "ne pas céder à l'herméneutique de la conspiration". Laquelle ?

Et dans l'interview au journal “Le Figaro”, le Cardinal George Pell se dit opposé a cette idée, en expliquant que la réponse à la question de la communion aux “divorcés-remariés” ne peut pas être laissée à la libre appréciation de chaque conférence épiscopale :

 

A des personnes qui sont dans une situation identique de péché, l’Eglise ne peut pas dire, en Pologne, que c’est un sacrilège que d’aller communier et, quelques kilomètres plus loin, en Allemagne, que c’est une source de grâces.” (Source: Pro Liturgia, Actualité du 19 octobre 2015)

 

Synode : Treize cardinaux écrivent au Pape qui leur répond de "ne pas céder à l'herméneutique de la conspiration". Laquelle ?

Le 7 octobre, nous écrivions :

 

On a vu qu'il ne suffit pas de dire que l'on ne va pas toucher à la doctrine, mais seulement à la pastorale au nom de la miséricorde, pour que la doctrine ne soit pas affectée. Concrètement c'est l'évolution que l'on observe en comparant par exemple la position de prélats "doctrinaux" comme celle du Cardinal Leo Burke qui entend garder la même pastorale sur l'interdiction de communier pour les divorcés remariés, et celle d'évêques "pastoraux" qui se déniant le droit de juger de la licéité des actes, reconnaissent ne pas refuser la communion à des divorcés remariés.

 

"La question posée n'étant pas de modifier, effectivement, la doctrine de «l'indissolubilité» du mariage - il y a unanimité sur ce point - mais de voir comment elle peut être «adaptée» pour des «raisons pastorales» aux différentes situations concrètes. «Nous devons être concrets» a plaidé le cardinal Marx.

Et c'est ainsi que l'évêque d'Anvers, Mgr Johan Bonny - connu pour ses positions ouvertes sur le mariage gay - a proposé que «le synode reconnaisse aux évêques locaux la responsabilité de formuler des réponses adéquates aux questions pastorales». Un autre ayant même avancé l'idée que des commissions d'études soient lancées «par continent» ou par «grandes régions culturelles» dès la fin du synode, de façon à réfléchir et mettre en place une décentralisation géographique et culturelle de la pratique pastorale catholique sur la question des divorcés remariés. L'un des chargés de communication pour le monde anglophone, le Père Rosica, ayant de fait, affirmé mardi: «Il sera difficile de trouver une solution universelle».* Cette idée aurait l'avantage d'éviter une guerre de positions au sein du synode en repoussant la question qui fâche dans l'espace et dans le temps mais elle ouvrirait une première historique de décentralisation touchant la doctrine, et donc de divisions potentielles, dans l'Église catholique." (Source : Synode : l'intervention inhabituelle du Pape, Le Figaro, Par Jean-Marie Guénois, Mis à jour le 07/10/2015 à 11:39 Publié le 07/10/2015 à 10:11)

 

* "Il sera difficile de trouver une solution universelle" : est-ce la fin de l'Eglise catholique universelle du Christ?

 

Dans la nouvelle pastorale, la doctrine de l'Eglise, confession, pénitence et communion, n'est plus prise en compte, elle est tout simplement annulée de fait, au nom d'une soit-disant "miséricorde" qui ne viendrait donc plus de Dieu mais de l'homme. Et la doctrine de l'Eglise se trouve ainsi affectée, contournée. Décentralisée dans les diocèses, dans le vécu quotidien des fidèles, sous la "responsabilité" des évêques, elle se retrouve fragmentée. L'universalité de la vérité se trouve annulée avec la bénédiction de ceux qui étaient chargés de garder la foi. L'Eglise elle-même se retrouve divisée.

Or, nous lisons ce soir du 19 octobre sur le site "BENOIT ET MOI" :

L'avertissement dramatique d'Antonio Socci après la deuxième semaine du Synode sur la Famille


SYNODE CONTOURNÉ
-----
Il y a quelques mois - voyant que la révolution de Kasper n'avait pas été approuvée par le Synode de 2014 - le président de la Conférence épiscopale allemande, Reinhard Marx, avait affirmé avec arrogance que l'épiscopat allemand n'est pas «une filiale de Rome». Revendiquant donc la prétention de pouvoir suivre sa propre route (cela sembla presque une menace de schisme «de la gauche»).
L'idée formulée hier sert à Bergoglio à dribbler le Synode (où la majorité reste catholique) comme il l'a fait avec le motu proprio qui introduit le divorce dans l'Église.
Dans la pratique, on déléguerait aux épiscopats - comme celui allemand - les questions controversées (divorcés remariés, unions civiles et homosexualité).
Mais un tel choix, au lieu de résoudre le problème, le rendrait encore plus explosif et plus grave. Parce que ce serait démolir l'Eglise elle-même.

FIN DU CATHOLICISME
----
En effet, en mars dernier, le cardinal Müller, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, avait répondu à Marx que déléguer les décisions doctrinales ou disciplinaires en matière de famille ou de mariage aux conférences épiscopales nationales «est une idée absolument anti-catholique qui ne respecte pas la catholicité de l'Eglise».
La vérité ne change pas avec le climat. Si la vérité n'est pas la même partout, ce n'est plus la vérité. Ce serait le triomphe de la «dictature du relativisme» même dans l'Eglise, et donc sa fin.
Le cardinal Burke l'a répété:

«C'est tout simplement contraire à la foi et à la vie catholique. L'Eglise suit l'enseignement de notre Seigneur Jésus-Christ (et) elle est une dans le monde entier. Il n'y a aucun changement dans ces vérités, d'un lieu à un autre ou d'une époque à lune autre. Bien sûr, l'enseignement de ces vérités tient compte des exigences particulières de chaque région. Mais cela ne change pas l'enseignement (...) qui devrait même être encore plus fortedans les endroits où il est le plus compromis».

Si l'idée des «diversités régionales» - également présentée au Synode - passe, «l'Eglise n'est plus catholique [universelle]. Cela signifie - ajoute Burke qu'elle n'est plus 'une' dans son enseignement, à travers le monde. Nous avons 'une' seule foi. Nous avons 'un' [ensemble de] sacrements. Nous avons 'un' gouvernement pour l'ensemble du monde. C'est cela que signifie «catholique».
Une réforme de la papauté qui transformerait l'Eglise en une fédération d'Églises locales qui décident - chacune pour soi - à propos des divorcés remariés et l'homosexualité, puis des commandements et des sacrements - porterait atteinte à la «constitution divine» de l'Eglise (c'est-à-dire l'Église telle qu'elle a été fondée par le Christ) et une telle réforme n'est dans les pouvoirs d'aucun pape. Parce que le pape n'est pas supérieur à Jésus-Christ.
Comme on le voit, au Synode, plus on entre dans le vif du sujet et plus on découvre qu'au fond, le vrai conflit porte sur les fondements de la foi catholique et sur la survie de l'Église elle-même, comme le Christ l'a instituée et comme elle existe depuis deux mille ans.
 

ÉGLISE ET ANTI-ÉGLISE

-----

Peu de gens comprennent la portée du conflit actuel parce que le Synode a été voulu (par Bergoglio) à huis clos, il est bâillonné et filtré par l'establishment bergogliien.

Et la plupart des médias chantent en chœur la même vieille rengaine voulue par les Maîtres de chant.

Mais si on se met à creuser, on découvre qu'il y a désormais un schisme de fait, non déclaré, mais évident.

Beaucoup de Pères synodaux, conscients de l'immensité des enjeux, expriment leur profonde préoccupation.

C'est ce qu'ont fait - au nom de beaucoup d'autres - les treize cardinaux de la fameuse lettre, avec loyauté et respect, mais dans la Salle, ils ont reçu de Bergoglio une réponse très dure (un «non» sur tout), puis ils se sont vus mis à l'index comme «conjurés» grâce à "quelqu'un" qui - faisant filtrer la lettre à la presse - l'a fait dans le but de discréditer les signataires et même les non-signataires ( contraints de se dissocier). Et de discréditer même Sandro Magister - journaliste gênant pour l'establishment actuel - liquidé comme celui qui alimente les complots quand il n'a fait que son travail (s'il ya une conspiration, ce n'est pas contre Bergoglio, mais - selon les mots du cardinal Dolan - contre la famille qui au Synode, au lieu d'être défendue, risque la liquidation définitive).

 

Synode : Treize cardinaux écrivent au Pape qui leur répond de "ne pas céder à l'herméneutique de la conspiration". Laquelle ?
Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 08:24
Sarkozy: Morano a franchi "une ligne infranchissable"

Source: Sarkozy: Morano a franchi "une ligne infranchissable", Le Figaro, Home ACTUALITE Flash Actu, Par Le Figaro.fr avec AFPMis à jour le 10/10/2015 à 20:18 Publié le 10/10/2015 à 20:11

 

Oxymore: comment peut-on franchir quelque chose d'infranchissable ? D'ailleurs si Nicolas Sarkozy fait cette faute de français, c'est qu'il y a bien une réalité derrière l"'infranchissable". Il voulait sans doute parler d'une ligne interdite. Ce qui veut dire que derrière, il y a bien une vérité qui se trouve au-delà de la propagande mondialiste.

 

C'est Nicolas Sarkozy qui franchit une limite en déclarant la guerre au peuple français:

Quel est l'objectif - cela va faire parler - mais l'objectif c'est de relever le défi du métissage. Défi du métissage que nous adresse le XXIe siècle. Ce n'est pas un choix, c'est une obligation. C'est un impératif: on ne peut pas faire autrement au risque de nous retrouver confrontés à des problèmes considérables.

Nous devons changer, alors nous allons changer. On va changer partout en même temps: dans l'entreprise, dans les administrations, à l'éducation, dans les partis politiques. Et on va se mettre des obligations de résultat. Si ce volontarisme républicain ne fonctionnait pas, il faudra alors que la république passe à des méthodes plus contraignantes encore.

Nicolas Sarkozy, Discours à l'Ecole Polytechnique (Palaiseau), sur le thème "Egalité des chances et diversité", le 17 décembre 2008.

Nicolas Sarkozy: le métissage obligatoire
Repost 0
Publié par Ingomer - dans Politique
commenter cet article
10 octobre 2015 6 10 /10 /octobre /2015 14:02
Le pape François demande de se méfier d'une "herméneutique de la conspiration"

Le Pape François s’est adressé aux pères du synode pour leur demander de se méfier de l’ “herméneutique de la conspiration”. Il y aurait donc bien une conspiration. Mais comme le Saint Père n’a pas précisé en quoi elle consistait ni où elle se développait, toutes les interprétations demeurent possibles.
S’agit-il de la conspiration des évêques allemands ? S’agit-il de la conspiration de quelques proches du Pape réunis en “mini-synode de l’ombre” pour préparer par avance les conclusions du vrai synode ? S’agit-il de la conspiration de ces évêques et de ces cardinaux qui publient des ouvrages contredisant les thèses des cardinaux Marx et Kasper ? S’agit-il de la conspiration de cette “maffia de Saint-Gall” dont a récemment parlé le Cardinal Danneels ?
Allons plus loin encore dans les questions. S’agit-il de la conspiration de la conspiration des puissants instituts bancaires qui, peu de temps avant la démission du Pape Benoît XVI, avaient réussi à bloquer toutes les transactions financières du Vatican ? S’agit-il de la conspiration des évêques qui ont dissimulé des abus sexuels commis par des prêtres placés sous leur autorité ? S’agit-il de la conspiration des évêques réclamant que l’autoritarisme pontifical et les monologues de quelques “mitres” bien en vue soient remplacés par le respect du vrai dialogue synodal ?
Finalement, on ne saura jamais en quoi consiste cette “conspiration” à laquelle a fait allusion le Pape François. Du moins tant que l’infatigable P. Lombardi ne nous aura pas donné quelques explications.

 

Source: Pro Liturgia, Actualité du 10/10/2015

Add. 12 octobre 2015. C'est à la suite de la lettre de treize cardinaux au Pape, du 5 octobre 2012, que François leur aurait répondu de "ne pas céder à l'herméneutique de conspiration, qui est faible au point de vue sociologique et qui n’apporte pas d’aide au point de vue spirituel", comme l’a fait savoir – dans un tweet qui n’a pas été démenti – Antonio Spadaro, le directeur de la revue "La Civiltà Cattolica", qui était, lui aussi, présent dans la salle des séances. 

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 12:25
Rose Hu, guérie du cancer par l'intercession de Mgr Lefebvre

Il s’agit de la vie héroïque de Rose Hu, qui a passé les 26 meilleures années de sa jeunesse dans des camps de rééducation en Chine à subir des séances terribles de lavage de cerveau, des tortures et d’autres persécutions sans nombre, parce qu’elle refusait de renoncer à sa foi catholique. (Ci-contre Rose Hu en pélerinage à Akita au Japon en 2007)

 

Elle s’est convertie adolescente et a reçu le baptême à l’âge de 17 ans. Elle vivait à Shangaï dans une famille aisée. Etudiante en médecine, elle était devenue présidente de la Légion de Marie qui fit des centaines et des milliers de conversions en Chine. Lorsque le régime maoïste a pris le pouvoir, les catholiques, ce qui est peu connu, étaient les cibles préférées. Rose Hu avait deux défauts impardonnables, sa famille quoique très honnête était riche, et surtout Rose refusait de renier sa foi catholique, contrairement à nombre de ses camarades. Le système communiste était particulièrement tenace et l’a persécutée tout au long de ces 26 ans de camps de rééducation, sans relâche, parce qu’il voulait la briser, comme il avait réussi à briser tant d’autres catholiques en jouant sur la peur, les mauvais traitements, le chantage aux sentiments et surtout la persécution inlassable.

 

Rose Hu rapporte, émerveillée, « le mystère des nombres » ci-dessous, presqu’à la fin de son livre intitulé dans la version française: Avec le Christ dans les prisons de Chine.

 

1 x 1 = 1

 

11 X 11 = 121

 

111 X 111 = 12321

 

1111 X 1111 = 1234321

 

11111 X 11111 = 123454321

 

111111 X 111111 = 12345654321

 

1111111 X 1111111 = 1234567654321

 

Amusant, non ? Comment pourrait-on voir dans la Création le fruit du hasard comme voulait le faire avouer ses tortionnaires à Rose ? Tout dans la Création est ordonné, calculé, imbriqué, de « l’infiniment petit à l’infiniment grand », pour reprendre les termes de Pascal.

 

Rose Hu s’efface bien souvent dans ce livre pour raconter le martyre de nombreux prêtres et fidèles qui ont résisté au rouleau compresseur maoïste avec détermination au fil des années. Parmi ces nombreux martyrs, tous plus remarquables les uns que les autres, le cas du père Zhang est tout à fait emblématique. L’auteur compare sa foi à celle de Saint-Pierre marchant sur les eaux sans crainte, les yeux rivés sur le Christ. Ce saint prêtre, après avoir traversé des mauvais traitements d’une cruauté inouïe durant les années les plus terribles du communisme, était malade du cœur et s’est retrouvé à l’hôpital agonisant. C’est ainsi qu’il raconte lui-même ce qui s’est passé dans cet hôpital à Rose Hu, selon l’auteur:

 

« Il y a une semaine, le cardiologue de cet hôpital a invité des experts d’autres hôpitaux à m’observer à plusieurs reprises. Leurs conclusions étaient unanimes, ils baissaient les bras. Quand ils ont interrompu mon traitement, j’ai placé une relique du père François-Xavier Chu sous mon oreiller et je l’ai prié: « Si Dieu veut que je travaille à sa gloire, s’il vous plait, faites un miracle. » Le lendemain quand le médecin m’a rendu visite, il a pu constater à sa grande surprise que mes pulsations étaient devenues régulières. Les médec ins m’ont alors examiné avec le même matériel médical qu’auparavant, mais ils n’ont plus décelé de problème au niveau du coeur. » Les médecins ont cru s’être trompés mais après moult vérifications et revérifications, « dire que les médecins étaient surpris est un euphémisme, » poursuit-il. Les médecins ont avoué que la médecine était incapable d’expliquer cette guérison soudaine. Les infirmières venaient à son chevet s’extasiant: « Père nous savons bien que votre Dieu vous a sauvé ». Certaines d’entres elles se convertirent.

 

Rose Hu est retournée le visiter en 1989, avant de s’envoler pour les USA où elle a émigré après avoir été relâchée des laogaïs lorsque le régime s’est assoupli. Et voici ce que ce prêtre mort en odeur de sainteté lui a prophétisé lors de ce dernier adieu:

 

« Il y a beaucoup de croix qui vous attendent [encore]. Soyez prête à subir l’assaut de vos proches eux-mêmes, de fidèles, de prêtres, d’évêques. Un jour vous serez peut-être excommuniée et ceux qui auront perdu la foi seront considérés comme des bons. Gardez votre foi en toute circonstances, je vous attendrai au Ciel. »

 

« Au moment où il a prononcé ces paroles, raconte Rose Hu, elles m’ont troublé en profondeur et je ne les ai comprises que bien plus tard. »

 

En effet, Rose Hu, à son retour de camps, ne reconnaissant pas la messe de sa jeunesse qui lui avait tellement manqué en prison, rejoindra aux Etats-Unis la Fraternité Saint-Pie X fondée par Mgr Lefebvre pour perpétuer la Tradition après la révolution du concile Vatican II (1965) qui a crucifié l’Eglise; à cette époque et depuis 10 ans, Rose était dans un laogaï (goulag à la chinoise), coupée de tout. Elle y restera jusqu’en 1982.

 

Parmi les croix que Rose Hu a du accepter alors qu’enfin, elle avait quitté les laogaïs, il y a le cancer qui s’était généralisé, faute de soins, à tout son corps en 2002. Elle s’est soumise à la volonté de Dieu:

 

« J’étais prête à partir sans regret, explique-t-elle. Mais cette fois Mgr Lefebvre me donna un signe qui m’encouragea à conserver la foi traditionnelle: il m’a obtenu un grand miracle. Et quelle bénédiction! J’ai prié Monseigneur et j’ai embrassé les reliques de ses cheveux. Mon cancer s’est enrayé en seulement 10 jours. Mon médecin m’a dit, même en prenant des médicaments, personne ne peut guérir aussi rapidement. C’est sans aucun doute un miracle. »

 

Cette année-là, Rose Hu est devenue membre du tiers-ordre de la Fraternité Saint-Pie X.

 

Rose Hu a écrit ce livre alors qu’elle était très malade pour accomplir la volonté du père Zhang qui le lui avait demandé, afin de témoigner de son calvaire et de celui de tous les catholiques qui en Chine ont souffert au XXème siècle, sous le joug des communistes, pour témoigner de leur foi, souvent, jusqu’au martyre. Ce livre a été écrit en chinois, traduit en anglais sous le contrôle de l’auteur. Et ensuite il a été traduit en français.

 

Source: Medias-presse.info

 

Présentation du livre en français "Avec le Christ dans les prisons de Chine", par les Editions Clovis:

Rose Hu, guérie du cancer par l'intercession de Mgr Lefebvre

Rose Hu

 

A voir les choses très humainement, il y a des gens qui n’ont pas de chance dans la vie. Ils naissent au mauvais endroit, au mauvais moment, et il semble que les éléments se liguent pour les faire souffrir. A voir les choses très humainement, Rose Hu fait partie de ces gens-là : elle avait une vingtaine d’années quand la Chine est devenue marxiste, sous la férule brutale et cruelle de Mao-Tsé-Toung. Et Rose Hu était catholique – fraîchement baptisée -, d’une famille aisée, donc suspecte au yeux du parti communiste.

 

On devine la suite : persécution, procès, condamnation, prison, camps de travaux forcés, accès impossible aux sacrements de l’Eglise. Ce sont vingt-six années qu’elle a passées en détention, dans des conditions parfois inimaginables. On hésite tellement à évoquer les pires, qu’il est préférable de les laisser racontées sous la plume de l’auteur et victime.

 

Mais voici le prodige de la grâce : alors que tant de chrétiens faiblissent et se compromettent avec le nouveau pouvoir, d’autres, dont Rose Hu, munis de la force d’en haut, sont fidèles, acceptent cette croix d’un poids inouï, la portent le front haut, l’âme recueillie, la joie dans le cœur, et s’efforcent de monter le chemin du calvaire, donc de s’élever au lieu de descendre, profitant du malheur pour saisir l’occasion divine d’une ascension intérieure.

 

Ce témoignage bouleversant ne laisse pas le lecteur indemne.

 

Source: Editions Clovis

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 11:08

Nous disions avant-hier que la "brèche" ouverte dans laquelle s'engouffrent tous les groupes de pression au Synode était comme "une porte grande ouverte vers une explosion des divorces". Tout se passe en effet comme si les novateurs ouvraient la boîte de Pandore, boîte contenant tous les maux de l'humanité qui ne feraient qu'aggraver les problèmes. Des convertis venus du protestantisme répondent aux novateurs favorables entre autres à la distribution de la communion aux divorcés remariés, en les avertissant que leurs novations, ne respectant pas la vérité, ne feront qu'aggraver les souffrances qu'elles pétendaient alléger.

 

Les novateurs seront-ils à l'écoute ? Leurs oreilles entendront-elles ? Rien n'est moins sûr.

Synode: des convertis venus du protestantisme répondent aux novateurs

« Respectez l’enseignement du Christ ». Les convertis écrivent aux pères synodaux

Une centaine de convertis au catholicisme lancent un plaidoyer et appelent le synode à l'audace. [1]

 

Adressée au Pape et aux pères du synode disciples du cardinal Kasper favorable à la distribution de la communion aux divorcés remariés, la « Lettre ouverte au synode de plus de 100 convertis » les appelle à « maintenir les enseignements du Christ sur le caractère indissoluble du mariage avec la même fidélité, le même entrain et le même témoignage courageux dont l’Église catholique a fait preuve tout au long de son histoire ».

 

 

Les signataires y expliquent que l’enseignement de l’Église sur le mariage et la sexualité, qui est désormais critiqué jusqu’en son sein, était précisément ce qui les avait aidé à se tourner vers l’Église, surtout à l’heure où elle constituait un rempart face à une société qui commençait à rejeter ces vérités.

 

C’est la discipline envers les divorcés et remariés qui est particulièrement visée. Les propositions de certains pères, selon eux, ne répondent pas « à la véritable crise de la famille » qui sous-tend le divorce, la contraception, la cohabitation, et le mariage homosexuel. En conclusion, les signataires espèrent que leur témoignage mettant à l’honneur la force des enseignements de l’Église renforcera les pères.

 

Margaret McCarthy, de l’Institut d’études sur le mariage et la famille, et organisatrice de l’initiative, s’est lancée après avoir pris conscience de l’importance du mariage et du divorce dès les prémisses du christianisme : même les disciples étaient scandalisés, estimant qu’il « valait mieux ne pas se marier ! ».

 

Mais l’enseignement de Jésus rend le mariage attractif grâce au « cachet d’éternité » qu’il lui confère, car il nous aide à cheminer vers Dieu. Il en va de même pour le désir d’enfant des premiers chrétiens, et de leur haute considération envers la femme et la création, qui se différenciait nettement des croyances et pratiques des païens. « De nombreux convertis ont été attirés par la ténacité de l’Église sur les questions en lien avec l’existence humaine incarnée pour des raisons de rigueur morale mais aussi, et surtout, car cela exprimait tout l’attrait du Christ, le Verbe fait chair. »

 

Cette lettre a été signée par plus de 130 personnes converties à l’âge adulte, dont de nombreux pasteurs venus du protestantisme !

 

Parmi les signataires, on peut retrouver Frank Beckwith, philosophe. Ce dernier, qui se dit « reverti » puisqu’après avoir quitté l’Église à 14 ans, il y est revenu attiré par l’enseignement de l’Église (on les appelle aussi « Born again », ndlr). Il s’inquiète : « Même si le synode n’a pas le pouvoir ecclésial lui permettant de changer l’enseignement catholique en la matière, il est susceptible de présenter au monde un langage prêtant à confusion, tant et si bien que la prochaine génération de catholiques risque d’être privée de la connaissance et de l’expérience de l’enseignement de l’Église dans toute sa richesse ».

 

Pour Mark Regnerus, sociologue auteur d’études sociologiques sur les enfants au sein de foyers homosexuels et signataire de la lettre, « sans miséricorde, nous serions tous perdus, car la vérité est pour nous un défi, surtout dans ce domaine. La vérité, sans miséricorde, est cruelle, mais la miséricorde qui ignore sciemment la vérité est tout aussi cruelle et dépourvue de sens ». Enfant, il a été élevé dans le presbytérianisme. C’est après avoir lu un résumé de la Théologie du Corps de Jean Paul II qu’il a eu une « véritable prise de conscience ». Il dit s’être senti embarrassé par des traditions trop légères, et des pensées simplistes ou individualistes sur chacun de des points visés par l’ouvrage de saint Jean-Paul II : « Cela a été pour moi un véritable enseignement, et continue de l’être ».

 

Les 100 convertis disent leur « surprise » au sujet des propositions visant à permettre l’accès des divorcés « remariés » à l’Eucharistie, soulignant : « Nous ne voyons pas comment ces propositions peuvent faire autre chose que de contredire la doctrine catholique sur le mariage elle-même ».

 

Ils reconnaissent qu’ils auraient tous rejeté tout ou partie de cet enseignement au cours de leur vie antérieure, mais que c’est précisément en constatant les « dommages » causés par « les conceptions populaires autour de la sexualité humaine, et pendant que certaines de nos communautés commençaient à céder à la culture dominante… et ses tendances croissantes au gnosticisme » qu’ils ont commencer à se douter que l’Eglise pouvait bien avoir raison.

 

« Pour peu populaire qu’il fût souvent, l’enseignement de l’Eglise sur les réalités de la vie nous est devenu étrangement attirant. Et avec le temps, nous avons été convaincus qu’il exprime la vérité la plus profonde sur nous-mêmes, une vérité qui est à la fois bonne et belle, quel que soit son caractère exigeant. Ce sont même la « certitude et la confiance » affichées par l’Eglise en ce domaine, malgré « l’opposition hostile » du monde, qui les ont persuadés qu’ils y « trouveraient la vie du Christ, tel qu’Il est réellement ». C’était le signe que « l’Eglise était le lien le plus sûr vers Jésus-Christ Incarné ».

 

« Spécialement en ce qui concerne le corps humain, nous avons compris que le caractère radical de ce qu’affirme le chrétien – que Dieu le Fils a assumé toute chair en Lui-même – était en jeu. » Il a révélé à l’humanité ce qu’elle signifie, et « Il a apporté quelque chose de nouveau à cette même humanité, en lui donnant, miséricordieusement, une part dans sa propre fidélité à l’Eglise ».

 

« Ce n’est donc pas par accident que les chrétiens des premiers temps ont été attirés par l’Eglise par l’humanité radieuse de ceux qui suivaient le Christ, par exemple à travers leurs attitudes spécifiques à l’égard des femmes, des enfants, de la sexualité humaine et du mariage. Et ce n’est pas un hasard si, pour les mêmes raisons, nous avons nous aussi été attirés par l’Eglise bien des siècles plus tard. »

 

« Nous sommes reconnaissants de voir que l’on se penche sur un problème qui cause de tels graves dommages à des époux et des épouses, à leurs enfants, et à la culture en général » – les 100 signataires de l’appel font part de leur inquiétude face aux propositions de Kasper par rapport à l’accès à la communion.

 

Les signataires reprochent aux novateurs de capituler devant un problème qu'ils prétendent résoudre : « Non seulement les changements de la discipline de l’Eglise souhaités par certains sont incapables de répondre au défi auquel nous sommes confrontés, mais ils nous semble qu’ils capitulent devant le problème qu’ils prétendent résoudre. »

 

« Nous ne voyons pas non plus comment de telles innovations pourraient être pastorales ou miséricordieuses. Quelles que soient leurs bons sentiments, les réponses pastorales qui ne respectent pas la vérité ne peuvent qu’aggraver les souffrances qu’elles prétendent alléger. Nous ne pouvons nous empêcher de penser aux époux abandonnés et à leurs enfants. Si nous pensons aux générations à venir, comment de tels changements pourraient-ils promouvoir chez les jeunes une appréciation de la beauté de l’indissolubilité du mariage ? »

 

La longue liste des signataires se trouve sur le site d’Aleteia en anglais. Beaucoup de noms seront peu connus des francophones, mais les parcours méritent un coup d’œil. On y trouve entre autres également, John Finnis, professeur émérite d’Oxford, Scott Hahn et son épouse Kimberly (auteurs de Rome Sweet Home), et Austin Ruse et son épouse (de C-Fam). [2]

« Profondément stupide », la proposition de changer la discipline de la communion, témoigne également un ancien anglican le P. Hunwicke. « Et voilà que refait surface la suggestion profondément stupide que la discipline actuelle de l’Eglise refusant la communion aux “divorcés remariés” puisse être remplacée (évidemment sur le seul plan individuel), par (cela va sans dire) une période très dure de discipline pénitentielle, suivie de la réadmission » : l’ironie du P. John Hunwicke, ancien anglican, n’est pas seulement d’apparence. Il explique sur son blog que l’Eglise anglicane a parcouru ce chemin. « Ennuyeux ». Et extrêmement mal avisé.
 

Synode: des convertis venus du protestantisme répondent aux novateurs

Le P. Hunwicke est un ancien professeur de latin, de grec et de littérature à Lancing College ; il était également chef des études de théologie dans ce prestigieux pensionnat anglican, et chapelain assistant. Il a exercé en paroisse et chargé de recherche à Oxford. Une « tête »… Converti, il est aujourd’hui incardiné dans l’Ordinariat personnel de Notre-Dame de Walsingham. Son blog, dit-il, exprime ses opinions personnelles, mais il s’efforce de s’exprimer de manière conforme au magistère, et prie à cette fin.

 

Dans sa note du 6 octobre, il s’exprime précisément en faveur du magistère pérenne par une mise en garde vécue.
 
« Nous avons essayé de mettre en place tout cela dans l’Eglise d’Angleterre. Je me souviens qu’à l’époque j’ai été ordonné à la prêtrise dans les années 1960, ceux qui étaient impliqués dans un “second mariage” où l’un des partenaires avait déjà validement épousé quelqu’un d’autre, étaient censés faire l’objet d’une exclusion disciplinaire de la sainte communion pendant six mois.
 
« C’est resté lettre morte. Ni les évêques ni le clergé de paroisse n’étaient prêts à prendre le risque de la fureur… pardon, la Blessure… de ceux qui étaient invités à se soumettre à une telle discipline.
 
« Croyez-moi : nous avons essayé de mettre en œuvre ces idées dans l’Eglise d’Angleterre et elles se sont révélées n’être qu’une petite étape préliminaire vers l’acceptation automatique de toutes les unions de facto. »
 

 
Comme le note le bloggeur Bruno M. sur Infocatolica, « les Propositions Nouvelles et Innovantes® » brandies pour « toucher les personne » ne sont ni « nouvelles » ni « innovantes » : il ne s’agit que d’un « ennuyeux recyclage des mesures prises par les anglicans il y a des dizaines d’années ». « Outres cassées pour un vin transforme en vinaigre »…
 

Le P. Hunwicke écrit :
 
« Nous avons désormais une Eglise d’Angleterre où un évêque “catholique”, l’un des chefs de file de la ruée Forward in Faith (“Avançons dans la foi”) qui est restée dans cette Eglise, qui, lui-même divorcé, a “épousé” une femme divorcée d’un prêtre. Et il reste à son poste, assurant son ministère auprès de ceux qui sont censés avoir obtenu un bon “deal” qui leur permet de rester dans l’Eglise d’Angleterre et d’y “fleurir” dans la pleine intégrité “catholique”. »
 
L’Eglise d’Angleterre, faut-il le rappeler, prétend être restée dans la fidélité à la foi catholique…
 

 
Le P. Hunwicke poursuit :
 
« Avec une bonne dose d’aide de la part du vieil Adversaire, cette bonne vieille Eglise d’Angleterre a atteint, il y a des décennies, l’endroit exact où vous prétendez conduire l’Eglise catholique. Je suis d’accord pour dire que c’est drôlement sensé de votre part de suivre l’exemple et l’enseignement de l’Eglise d’Angleterre si c’est bien là que – avec la même aide auguste – vous êtes déterminé à aller.
 
« Mais vous me semblez être : 1. d’une naïveté consternante en ne vous rendant pas compte de la destination vers laquelle, de fait, vous vous dirigez ; 2. d’une arrogance antipathique dans la mesure où vous imaginez que vous êtes les premiers à jamais avoir eu ces Brillantes Nouvelles Idées ; 3. totalement bornés en ce que vous n’avez pas remarqué qui les a façonnées, et où. »
 
Le P. Hunwicke, qui est donc prêtre de l’Eglise catholique, se révèle quant à lui d’une remarquable charité dans ce dernier paragraphe. Car la naïveté, l’arrogance et le manque de discernement qu’il leur attribue impliqueraient une course inconsciente vers le précipice. Plût à Dieu qu’il en fût ici, mais ils ne sont tout de même pas nés de la dernière pluie. [3]

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 14:33

Hollande annonce un texte faisant du racisme ou de l'antisémitisme une circonstance aggravante pour une infraction (attendons-nous à une augmentation des emprisonnements pour déviationnisme politique):

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/10/08/97001-20151008FILWWW00143-hollande-la-republique-ne-connait-pas-de-races-ni-de-couleurs-de-peau.php

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/10/08/97001-20151008FILWWW00143-hollande-la-republique-ne-connait-pas-de-races-ni-de-couleurs-de-peau.php

Hollande annonce un texte faisant du racisme ou de l'antisémitisme une circonstance aggravante pour une infraction

Le texte mentionnera-t-il le racisme anti-blanc, la haine antifrançaise ? Rien n'est moins sûr. Pourquoi ?

Hollande annonce un texte faisant du racisme ou de l'antisémitisme une circonstance aggravante pour une infraction

Voici une video critique du métissage obligatoire, du multiculturalisme et de l'"antiracisme" officiel, tels qu'ils nous sont présentés et imposés par le système depuis de nombreuses années par les partisans du Nouvel Ordre mondial, tel Nicolas Sarkozy, lors d'un discours à Polytechnique (Palaiseau) en 2008. [1]

Source: Gloria Tv

Nous ne sommes pas tout à fait d'accord avec la thèse "social, tribal, communautaire" présentée dans la video comme une vérité naturelle universelle pour tous les peuples. La France est plus qu'une simple tribu et ne se réduit pas à un pur communautarisme racial ou ethnique. En revanche ce n'est pas le cas d'autres pays. Ainsi, Israël, aujourd'hui, se définit comme l'état du peuple juif. Le judaïsme est communautariste, mais la France elle-même n'a jamais été mono ethnique et le catholicisme n'est pas communautariste. Si l'homme est par nature social, tribal, communautaire, le principe d'égalité entre les hommes quelles que soient leurs origines et leur race est une révolution qui a été permise par le christianisme ["Il n'y a plus ni juif ni grec, ni esclave ni homme libre (en Christ). Epître de Saint-Paul aux Galates, III, 28.]. Un exemple d'universalisme français et catholique peut être trouvé dans la politique de Richelieu au XVIIe siècle qui avait écrit dans la Charte de la Compagnie des Cent Associés (Nouvelle-France, le 29 avril 1627: "Les descendants des Français qui s'habitueront au dit pays (le Canada), ensemble les sauvages qui seront amenés à la connaissance de la foi, et en feront à leur mieux profession, seront censés et réputés naturels Français. S'ils viennent en France, ils jouiront des mêmes privilèges que ceux qui y sont nés." Il s'agissait là de paroles extraordinaires si l'on songe aux massacres épouvantables d'indigènes qui se perpétraient à la même époque dans les colonies espagnoles et anglaises d'Amérique"... (Source: Charles-Xavier Durand, La Nouvelle Guerre contre l'Intelligence III, Un nouveau programme pour la conscience, éd. François-Xavier de Guibert, 2003.) Toutefois, si la France a porté les valeurs de cet authentique universalisme (sans illusion), c'est en vertu de son catholicisme, cependant que l'antiracisme officiel actuel, largement sécularisé, produit un universalisme idéologique dévoyé, inversé et obligatoire, qui repose précisément sur la négation de la France catholique historique, et porte logiquement en lui les germes de la division et de l'affrontement.

 

Néanmoins, cette video a l'avantage de présenter quelques deux poids deux mesures de l'antiracisme officiel qui finissent par nous convaincre de l'existence d'une incohérence majeure au coeur de l'"antiracisme" officiel. Cet antiracisme porté par François Hollande n'autorise finalement partout qu'un seul racisme, et même, l'encourage : le racisme antifrançais. C'est le seul racisme dont le système ne parlera jamais... Ce que d'aucuns nomment l'antijaphétisme, qui fait idéologie d'Etat et système.

Hollande annonce un texte faisant du racisme ou de l'antisémitisme une circonstance aggravante pour une infraction

Le racisme anti-blanc est le seul racisme dont le système ne parlera jamais

 

Premier deux poids deux mesures :

 

"Il est totalement impossible d'être à la fois antiraciste (Manuel Valls: "le racisme augmente de manière insupportable dans notre pays") et communautariste (le même Manuel Valls: "Par ma femme, je suis lié de manière éternelle à la communaité juive et à Israël, quand même"). Car c'est impossible d'affirmer une chose et son contraire. Manuel Valls affirme se battre contre le racisme tout en défendant une communauté spécifique à laquelle il appartient.

 

Deuxième deux poids deux mesures :

 

Le CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires) affirme vouloir combatte le racisme, l'idée que les races humaines existent et se différencient entre elles. Cependant le Cran représente et défend les intérêts des individus noirs (le Cran réclame à la France des compensations financières pour la traite négrière).

Cran, Parité et diversité, Maires & adjoint.e.s, février 2014

Cran, Parité et diversité, Maires & adjoint.e.s, février 2014

Dans la brochure du Cran, "Parité & diversité au sein des exécutifs municipaux, Maires & adjoint.e.s" (février 2014), cette association utilise la photographie, le nom et le lieu de naissance des conseillers municipaux pour leur assigner une race (européen, maghrébin, noir, asiatique) :

CRAN: Association antiraciste classant les conseilleurs municipaux en 4 races, européenne, maghrébine, noire, asiatique

CRAN: Association antiraciste classant les conseilleurs municipaux en 4 races, européenne, maghrébine, noire, asiatique

Cela illustre l'imposture grotesque de l'antiracisme "les races n'existent pas, mais sont égales entre elles". Cette première contradiction s'accompagne d'une seconde: "je défends les intérêts de ma communauté, mais je lutte contre le communautarisme".

 

Notons au passage qu'il est permis au Cran de faire des statistiques ethniques au sujet des conseillers municipaux, laissant entendre que les Blancs sont trop représentés dans la vie politique locale.

Hollande annonce un texte faisant du racisme ou de l'antisémitisme une circonstance aggravante pour une infraction

Pourquoi est-il permis de faire des statistiques ethniques au sujet des conseillers municipaux, mais n'est-il pas permis de faire des statistiques ethniques au sujet des crimes commis sur le territoire français, comme par exemples les meurtres ou les viols ?

 

 

Le documentaire video conclut :

 

"Posons-nous les bonnes questions. Diversité et frontières.

 

La diversité des ethnies participe à la diversité et à la beauté du monde. Quelle est la meilleure façon de préserver et de protéger l'incroyable diversité des cultures et des peuples que forme l'humanité ? Est-ce de les mélanger sans limite ou de les protéger, donc de les préserver grâce à des frontières ?

 

la diversité des ethnies participe à la diversité et à la beauté du monde. Le multiculturalisme propose de détruire cette diversité en métissant les hommes. La solution est simple et universelle : je protège mon identité, je préserve la diversité.

La frontière n'est pas du tout la fermeture angoissante. La frontière est une marque de modestie: je ne suis pas partout chez moi. Il y a une ligne au-delà de laquelle il y a d'autres personnes que je reconnais comme autres.

Régis Debray

Ce que l'on appelle le Grand remplacement est le phénomène de substitution de la population authochtone européenne par une population venue du Tiers-Monde. Le grand remplacement n'est pas un fantasme d'extrémistes ou de paranoïaques.

Carte de la drepanocytose (maladie héréditaire dépistée chez les extra-européens à la naissance). La drépanocytose, également appelée hémoglobinose S, sicklémie ou anémie à cellules falciformes, est la première maladie génétique en France et probablement dans le monde.

Carte de la drepanocytose (maladie héréditaire dépistée chez les extra-européens à la naissance). La drépanocytose, également appelée hémoglobinose S, sicklémie ou anémie à cellules falciformes, est la première maladie génétique en France et probablement dans le monde.

C'est une politique que préconise de mener l'Organisation des Nations Unies.

Hollande annonce un texte faisant du racisme ou de l'antisémitisme une circonstance aggravante pour une infraction

Est-il juste de laisser ce génocide par substitution s'opérer au risque de voir disparaître les autochtones européens sur leur propre sol ?

 

Censure et libertés. Le fonctionnement totalitaire et liberticide du conditionnement antiraciste et le politiquement correct sont-ils souhaitables ? Participent-ils à créer une société paisible, durable, harmonieuse, et non communautariste où il fait bon vivre ? C'est à chacun de trouver les réponses à ces questions.

Hollande annonce un texte faisant du racisme ou de l'antisémitisme une circonstance aggravante pour une infraction

Notes

 

[1] "Quel est l'objectif - cela va faire parler - mais l'objectif c'est de relever le défi du métissage. Défi du métissage que nous adresse le XXIe siècle. Ce n'est pas un choix, c'est une obligation. C'est un impératif: on ne peut pas faire autrement au risque de nous retrouver confrontés à des problèmes considérables. Nous devons changer, alors nous allons changer. On va changer partout en même temps: dans l'entreprise, dans les administrations, à l'éducation, dans les partis politiques. Et on va se mettre des obligations de résultat. Si ce volontarisme républicain ne fonctionnait pas, il faudra alors que la république passe à des méthodes plus contraignantes encore", a déclaré Nicolas Sarkozy lors d'un discours à l'Ecole Polytechnique (Palaiseau), sur le thème "Egalité des chances et diversité", le 17 décembre 2008.

Repost 0
8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 14:15
Louis de Bourbon, un prince moderne, Par Denis Tillinac

Rencontrer Louis de Bourbon, c’est comprendre en creux ce qui manque le plus à nos démocraties : un enracinement spirituel et historique.

 

La France d’aujourd’hui ne ressemble plus beaucoup à celle qu’il est loisible de fabuler sur la foi de nos livres d’histoire, textes et images. Paysages et monuments sont toujours là, mais que reste-t-il des valeurs, des moeurs, de l’esthétique qui habillaient l’âme de nos ancêtres ? Presque rien. D’où le réconfort que m’a procuré, ce dimanche 20 septembre, en la cathédrale Saint-Louis, la messe de la fondation de l’hôtel des Invalides. Les lieux sont habités par les mânes de Louis XIV, de Napoléon et des soldats qui ont laissé leur peau, ou sacrifié leur intégrité physique, au service de la France.

 

C’est tout le génie du Grand Siècle d’avoir enfanté un des joyaux de notre architecture en bâtissant un hôpital militaire : rigueur, simplicité, harmonie. Aux Invalides, on renoue avec une France glorieuse et douloureuse, ce qui hisse notre patriotisme à une certaine altitude. Présidée par Mgr Ravel, évêque aux armées, la célébration fut majestueuse sans être compassée. Grégorien et trompes de rigueur, voix de la soliste d’une pureté surnaturelle. Présence des autorités civiles et militaires “républicaines”, mais aussi de Louis de Bourbon et du comte de Paris. Ils se sont salués courtoisement.

 

Toute considération bue sur le principe monarchiste, et sur le débat entre légitimistes et orléanistes, ces deux princes incarnent une haute mémoire qui indéniablement ajoutait à l’émotion ; c’était la France en version intégrale, un fil au moins symbolique entre les temps jadis et le temps présent. À la fin de la messe, un hommage fut rendu à Saint Louis, à l’occasion du tricentenaire de la mort du Roi-Soleil : une oeuvre originale pour orgue, duo de cors, duo de trompes et ténor, d’Olivier d’Ormesson, sur un texte de Jean d’Ormesson. Je me méfie de la musique contemporaine mais celle-là aura ponctué magnifiquement la cérémonie ; pour le coup, passé et présent se tenaient par la main, on avait envie de croire que la France pouvait redevenir cette princesse exaltée par de Gaulle au début de ses Mémoires de guerre. Pour comble de bonheur, les deux choristes étaient ravissantes.

 

La veille, le duc d’Anjou avait assisté à Souvigny à la commémoration des débuts de la maison de Bourbon. Mille et cent années, ça fait un bail. Ayant eu la chance de rencontrer ce prince quadragénaire, descendant en ligne directe du Roi-Soleil, j’ai mesuré à quel point il a conscience de ce que sa personne incarne. C’est un homme “moderne”, engagé dans la vie économique, sportif émérite et d’une décontraction bien latine, mais respectueux à l’extrême d’un héritage somme toute sacré. Bien entendu, il se tient à distance de la politique, en Espagne comme en France, tout en se sentant concerné. Pour tout dire, je l’ai trouvé plus ouvert, plus tolérant et plus perspicace que les politiciens des deux pays dont il possède la citoyenneté. Certes, la perspective d’une restauration à court ou moyen terme semble illusoire, et je suis trop vieux et trop peu courtisan pour solliciter un duché. D’ailleurs, qu’en ferais-je ? C’est déjà si difficile de se gouverner soi-même.

 

Mais enfin, à l’heure où nos institutions battent de l’aile et où d’aucuns préconisent l’instauration d’une VIe République, la question de la légitimité d’une démocratie d’opinion, voire d’émotion, commence à se poser. Nonobstant leur tripe républicaine, nos compatriotes admirent presque unanimement le long parcours sans faute d’Élisabeth II à Buckingham. Une vague nostalgie les habite ; j’avoue qu’elle s’est réveillée en moi sous les étendards de Saint-Louis des Invalides, quand le grand orgue accompagnait le Salve Regina final. La reine en question, c’est la Vierge : ne confondons surtout pas le spirituel et le temporel. Sachons toutefois qu’un pouvoir démocratique sans assises spirituelles est sujet à la tentation de la tyrannie. C’était le point de vue du légitimiste (sans illusion) Chateaubriand et du républicain (sans excès) Tocqueville, deux penseurs politiques parmi nos plus féconds.

 

Source : Louis de Bourbon, un prince moderne, Par Denis Tillinac, Mercredi 07 Octobre 2015 à 11:00 (mis à jour le 07/10/2015 à 16:48)

Louis XX Facebook

 

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Royalisme
commenter cet article
8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 11:08

Nous avons évoqué hier le "processus subversif bien connu de la brèche dans laquelle s'engouffrent tous les groupes de pression". Sandro Magister ce matin sur Chiesa, traduit par Charles de Pechpeyrou, voit lui aussi dans les développements de Mgr Bruno Forte, Secrétaire spécial du Synode "une brèche aux innovations que le cardinal hongrois (Péter Erdö) avait exclues" dans une "argumentation serrée" "appelant à la rescousse à la fois l’exhortation apostolique "Familiaris consortio" (FC) de Jean-Paul II et un manuel rédigé par un canoniste jésuite du XVIIIe siècle" :

Synode : Sandro Magister sur "la brèche aux innovations" et la contre-argumentation serrée du Cardinal Erdö

Sandro Magister ironise également sur le fait qu'"il convient de noter", que l'affirmation "la doctrine catholique à propos du mariage n'a pas été touchée" est "répétée sans répit par tous les partisans du changement" :

 

L'article :

 

Synode. Le premier coup au but est tiré par les conservateurs
 

Principalement grâce au rapport introductif du cardinal Erdö, qui a critiqué avec beaucoup de fermeté les "ouvertures" ambigües du document de base. Mais les novateurs s’occupent déjà de contre-attaquer. Et ils comptent sur l'appui du pape

par Sandro Magister

 



ROME, le 8 octobre 2015 – Au cours de ces premiers jours du synode consacré à la famille, le pape François a déjà pris la parole en deux occasions.

La première fois, conformément au programme, il l’a fait en sa qualité de président, lorsqu’il a prononcé le discours d’ouverture des travaux, le lundi 5 octobre :

> Introduzione del Santo Padre Francesco

La seconde fois, il a parlé le matin du mardi 6 octobre. Il y a été incité par le lancement, la veille, de la discussion des pères synodaux.

Le texte de cette seconde intervention n’a pas été rendu public mais, d’après le compte-rendu qu’en a fait "L'Osservatore Romano", François a tenu à réaffirmer trois points :

- la validité, en tant que base de discussion, de l'"Instrumentum laboris", qu’il a personnellement approuvé, a-t-il dit, et qui est constitué de la "Relatio" finale du synode précédent "et des contributions parvenues ultérieurement qui y ont été intégrées" ;

- le fait que la "Relatio" finale de 2014 et les deux discours qu’il avait lui-même prononcés au commencement et à la fin de cette session doivent être considérés comme les seuls "documents officiels du synode de l’année dernière" ;

- la certitude que, dans la démarche mise en œuvre par le synode jusqu’à maintenant, "la doctrine catholique à propos du mariage n’a pas été touchée".

En disant cela, François a surtout voulu repousser les contestations les plus radicales qui, à la veille du synode, s’étaient manifestées contre l'"Instrumentum laboris".

Un exemple de ces contestations est le texte, signé par trois théologiens et soutenu par quelques évêques et cardinaux européens, que www.chiesa a publié le 29 septembre :

> "Inacceptable". Le document de base du synode "compromet la vérité"

Un autre exemple est le livre "Christ's New Homeland - Africa", écrit par le cardinal Robert Sarah et six autres cardinaux ainsi que par quatre évêques africains. Dans ce livre plusieurs points de la "Relatio" finale du synode de 2014, qui ont par la suite été intégrés dans les "Lineamenta" et dans l'"Instrumentum laboris", sont rejetés comme "semant le doute" – à propos d’un point essentiel tel que l'indissolubilité du mariage – ou même comme "inacceptables" et "scandaleux" :

> Les cardinaux anti-Kasper: ils étaient cinq, maintenant ils sont dix-sept (31.8.2015)

*

En réalité l'"Instrumentum laboris" marquait déjà des reculs, plus conformes à l’enseignement traditionnel de l’Église, par rapport aux "ouvertures" de la "Relatio" finale de 2014, qui avait elle-même redimensionné les avancées encore plus téméraires de la "Relatio post disceptationem" publiée à mi-parcours de la session synodale, à propos de questions brûlantes telles que le divorce et l'homosexualité :

> Synode. Une douche glacée pour les novateurs (30.6.2015)

Mais le fait le plus frappant de ce début de synode est la fermeté avec laquelle le cardinal rapporteur, le Hongrois Péter Erdö a critiqué, dans son discours de lancement des travaux, même les ambigüités résiduelles présentes dans l'"Instrumentum" :

> Relazione introduttiva del relatore generale

Le cardinal Erdö était déjà rapporteur général en 2014. Par conséquent c’est sa "signature" qui figurait formellement au bas de la "Relatio post disceptationem" dont on a tant parlé et par rapport à laquelle, en tout cas, il a pris par la suite ses distances, en désignant publiquement Bruno Forte, le secrétaire spécial du synode, comme le véritable auteur des passages les plus controversés :

> La véritable histoire de ce synode. Le metteur en scène, les exécutants, les assistants (17.10.2014)

Mais, instruit par ce précédent, Erdö a cette fois-ci rédigé – de sa propre main – un rapport introductif parfaitement clair et d’une fidélité impeccable à la doctrine de toujours de l’Église, qui a pris par surprise et irrité bon nombre de novateurs.

Un seul exemple.

En ce qui concerne les fidèles divorcés et remariés civilement qui se trouvent dans une situation de vie commune irréversible, l'"Instrumentum laboris" affirme ceci :



"Pour affronter ce thème, un commun accord existe sur l’hypothèse d’un itinéraire de réconciliation ou voie pénitentielle, sous l’autorité de l’évêque. […] Certains par voie pénitentielle entendent un processus de clarification et de nouvelle orientation, après l’échec vécu, accompagné d’un prêtre député à cela. Ce processus devrait conduire l’intéressé à un jugement honnête sur sa propre condition, où ce même prêtre puisse faire mûrir son évaluation pour pouvoir faire usage du pouvoir de lier et de dissoudre en fonction de la situation".



Sur les traces de ce texte ambigu, le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, avait évoqué, dans une interview publiée dans "La Civiltà Cattolica" le 26 septembre dernier, la possibilité – qu’il n’est pas le seul à envisager –pour ces personnes de recevoir la communion eucharistique :



" Il y a des situations dans lesquelles le prêtre, l’accompagnateur, qui connaît les personnes concernées, peut en arriver à leur dire : ‘Votre situation est telle que, en conscience - dans votre conscience et dans ma conscience de pasteur - je vois votre place dans la vie sacramentelle de l’Église’".



Mais (nous soulignons NdCR.) le cardinal Erdö, dans son rapport d’ouverture du synode, a critiqué une telle solution, tout d’abord en recourant à une argumentation serrée et, pour finir, en appelant à la rescousse à la fois l’exhortation apostolique "Familiaris consortio" (FC) de Jean-Paul II et un manuel rédigé par un canoniste jésuite du XVIIIe siècle :



(Nous mettons en couleur rouge les passages les plus importants du texte de Sandro Magister. NdCR.) "L’intégration des divorcés remariés dans la vie de la communauté ecclésiale peut être réalisée sous diverses formes, différentes de l’accès à l’eucharistie, comme le suggère déjà FC 84. Dans la pratique traditionnelle de l’Église latine, la voie pénitentielle pouvait signifier – pour les personnes qui n’étaient pas encore prêtes à changer leur manière de vivre mais qui éprouvaient en tout cas le désir de se convertir – que les confesseurs pouvaient entendre leur confession, en leur donnant de bons conseils et en leur proposant des exercices de pénitence, pour les diriger vers la conversion, mais sans leur donner l’absolution qui n’était possible que pour les personnes ayant effectivement l’intention de changer de vie (cf. F. A. Febeus, S.J., De regulis juris canonici liber unicus, Venise, 1735, pp. 91-92)".

 

Note de Christ-Roi. Ci-dessous, copie d'écran du paragraphe 84 l'exhortation apostolique Familiaris Consortio de sa Sainteté le Pape Jean-Paul II à l'épiscopat, au clergé et aux fidèles de toute l'Eglise catholique sur les taches de la famille chrétienne dans le monde d'aujourd'hui, donnée à Rome près de Saint-Pierre, le 22 novembre 1981, en la solennité du Christ, Roi de l'Univers :

 

"[...] j'exhorte chaleureusement les pasteurs et la communauté des fidèles dans son ensemble à aider les divorcés remariés. Avec une grande charité, tous feront en sorte qu'ils ne se sentent pas séparés de l'Eglise, car ils peuvent et même ils doivent, comme baptisés, participer à sa vie. On les invitera à écouter la Parole de Dieu, à assister au Sacrifice de la messe, à persévérer dans la prière, à apporter leur contribution aux oeuvres de charité et aux initiatives de la communauté en faveur de la justice, à élever leurs enfants dans la foi chrétienne, à cultiver l'esprit de pénitence et à en accomplir les actes, afin d'implorer, jour après jour, la grâce de Dieu. Que l'Eglise prie pour eux, qu'elle les encourage et se montre à leur égard une mère miséricordieuse, et qu'ainsi elle les maintienne dans la foi et l'espérance!

L'Eglise, cependant, réaffirme sa discipline, fondée sur l'Ecriture Sainte, selon laquelle elle ne peut admettre à la communion eucharistique les divorcés remariés. Ils se sont rendus eux-mêmes incapables d'y être admis car leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d'amour entre le Christ et l'Eglise, telle qu'elle s'exprime et est rendue présente dans l'Eucharistie. Il y a par ailleurs un autre motif pastoral particulier: si l'on admettait ces personnes à l'Eucharistie, les fidèles seraient induits en erreur et comprendraient mal la doctrine de l'Eglise concernant l'indissolubilité du mariage.

La réconciliation par le sacrement de pénitence - qui ouvrirait la voie au sacrement de l'Eucharistie - ne peut être accordée qu'à ceux qui se sont repentis d'avoir violé le signe de l'Alliance et de la fidélité au Christ, et sont sincèrement disposés à une forme de vie qui ne soit plus en contradiction avec l'indissolubilité du mariage. Cela implique concrètement que, lorsque l'homme et la femme ne peuvent pas, pour de graves motifs - par l'exemple l'éducation des enfants -, remplir l'obligation de la séparation, «ils prennent l'engagement de vivre en complète continence, c'est-à-dire en s'abstenant des actes réservés aux époux»(180)."

Synode : Sandro Magister sur "la brèche aux innovations" et la contre-argumentation serrée du Cardinal Erdö

Suite de l'article de Sandro Magister:


Il n’est pas étonnant que le cardinal Erdö se soit vu demander le jour même – à la fois dans l’enceinte du synode et en conférence de presse – de justifier cette réaffirmation péremptoire de la discipline en vigueur actuellement, en ce qui concerne les divorcés remariés et d’autres points controversés.

Il a répondu aux journalistes qu’il avait simplement voulu "recueillir la voix de l’Église", ou plutôt, "le résultat objectif, presque mathématique, de ce qui est parvenu au secrétariat du synode pendant le laps de temps entre les deux sessions et après la publication de l'Instrumentum laboris", dans lequel "pour la majorité des réponses qui ont été données, il y a la volonté de maintenir" les documents du magistère actuellement en vigueur à propos de ces questions.

Réponse révélatrice, qui fait la lumière sur le véritable résultat de la consultation effectuée dans le monde entier en vue du synode. Celle-ci a donné lieu, selon le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du synode, à 102 réponses provenant de conférences épiscopales et à 400 autres observations envoyées par des diocèses, par des paroisses, par des associations, par des familles et par de simples fidèles.

Cependant, lors de la conférence de presse, Bruno Forte, le secrétaire spécial du synode, n’a pas manqué de contrebalancer les propos d’Erdö, ouvrant ainsi une brèche aux innovations que le cardinal hongrois avait exclues :



"Étant entendu que l’on ne doit pas attendre de ce synode des modifications de la doctrine, il convient de dire avec beaucoup de clarté que ce synode ne se réunit pas pour ne rien dire. Ce n’est pas un synode doctrinal, mais un synode pastoral. Traiter les questions pastorales et chercher de nouvelles approches rend l’Église plus proche des femmes et des hommes de notre temps".



Et, en séance, de nombreux intervenants ont demandé non pas des réponses "universelles" aux problèmes en discussion, mais la liberté de chercher des "solutions régionales, nationales ou continentales permettant de relever des défis très différents", comme c’est d’ailleurs  déjà le cas, en fait, dans certaines régions de l’Église, en particulier celles de langue allemande.

De plus il ne faut pas négliger le fait que le secrétariat du synode n’a pas préparé de traduction en d’autres langues du rapport du cardinal Erdö, lu en italien pendant une séance. Cela a eu pour effet de rendre ce texte difficile à comprendre pour un bon nombre de pères synodaux et d’en accélérer l’archivage.

*

Toutefois il n’y a pas  que le fond qui ait prêté à discussion, il y a aussi les méthodes de travail de ce synode.

Beaucoup de pères synodaux, par exemple, n’ont pas apprécié la réduction des temps de débat général en assemblée, ni le fait que chaque intervention soit limitée à 3 minutes seulement.

Mais ce qui a provoqué le plus de critiques c’est surtout la composition de la commission chargée de rédiger, en plusieurs versions successives, la "Relatio" qui sera mise au vote, point par point, lors de la journée de conclusion du synode, avant d’être finalement remise au pape.

Les dix membres de la commission, tous nommés par François, sont :

- Péter Erdö, rapporteur général du synode ;
- Lorenzo Baldisseri, secrétaire général ;
- Bruno Forte, secrétaire spécial ;
- Oswald Gracias, pour l'Asie ;
- Donald William Wuerl, pour l'Amérique du Nord ;
- Victor Manuel Fernandez, pour l'Amérique latine ;
- Mathieu Madega Lebouakehan, pour l'Afrique;
- John Atcherley Dew, pour l'Océanie ;
- Marcello Semeraro, pour l'Europe ;
- Adolfo Nicolas Pachon, pour les ordres religieux.

Quatre d’entre eux (Wuerl, Fernandez, Dew, Semeraro) sont arrivés au synode non pas parce qu’ils avaient été élus par leurs épiscopats respectifs ou en raison des fonctions qu’ils exercent, mais uniquement parce qu’ils y avaient été appelés personnellement par François. Et si l’on y ajoute Baldisseri, Forte et Nicolas Pachon, on notera facilement la nette prédominance, au sein de la commission, de personnalités favorables, de manière plus ou moins marquée, au changement.

En particulier, tout le monde se souvient des manœuvres de Forte lors du synode de 2014 et l’anticonformisme de Fernandez est bien connu :

> E questo sarebbe il teologo di fiducia del papa?

En ce qui concerne le père Nicolas Pachon, général des jésuites, ce qui fait référence, c’est sa déclaration publiée dans le "Corriere della Sera" du 7 octobre : "Bien sûr, s’il agissait tout seul, François pourrait aller plus vite. Mais l’Église a besoin de temps pour changer".

Il faut cependant préciser qu’Erdö a, lui aussi, été appelé au synode par le pape en personne, qui l’a reconduit dans ses fonctions de rapporteur général, ce qui montre à quel point les choix faits par Jorge Mario Bergoglio échappent aux classifications faciles.

En tout cas, le pape François a également voulu mettre les choses au point en ce qui concerne les procédures du synode, dans le discours hors programme qu’il a prononcé le matin du 6 octobre.

D’après le père Federico Lombardi, le pape a indiqué que "les décisions en matière de méthode ont également été partagées et approuvées par lui et par conséquent elles ne peuvent pas être remises en discussion".

*

Pour en revenir à l’affirmation du pape selon laquelle, dans la démarche mise en œuvre par le synode jusqu’à maintenant, "la doctrine catholique à propos du mariage n’a pas été touchée", il convient de noter que cette affirmation est également répétée sans répit par tous les partisans du changement.

Leur mantra, en effet, est que la doctrine reste intacte, parce que l’on ne veut mettre à jour que la "pastorale".

Et donc, étant donné que toutes les propositions de changement présentées jusqu’à présent au synode sont irréprochables au point de vue de la doctrine, il ne reste plus qu’à choisir, parmi elles, celles qui sont les plus "miséricordieuses".

On verra, à l’avenir, jusqu’où ira ce raisonnement, qui veut associer, par exemple, le dogme de l'indissolubilité et la bénédiction des remariages.


__________

   
Les noms de toutes les personnes présentes au synode :

> Elenco dei partecipanti

L'agenda jour par jour :

> Calendario dei lavori

Le texte qui sert de base à la discussion :

> Instrumentum laboris

Les modérateurs et les rapporteurs élus au sein des treize groupes linguistiques entre lesquels est répartie la discussion :
       
> Elenco dei moderatori e relatori dei "Circuli minores"

Certains de ces élus sont bien connus des médias, comme par exemple les cardinaux Sarah, Pell, Bagnasco, Rodriguez Maradiaga, Schönborn, Piacenza et l’archevêque Kurtz.

D’autres sont moins connus mais tout aussi significatifs. Par exemple, le "Circulus anglicus D", l’un des quatre groupes de langue anglaise, a élu comme rapporteur Charles Chaput, l'archevêque de Philadelphie, qui a organisé la rencontre mondiale des familles et accueilli le pape François lors du voyage de celui-ci aux États-Unis, et comme président le cardinal canadien Thomas C. Collins, archevêque de Toronto, qui a accordé en 2014 au blog catholique américain "The Word on Fire" une longue interview, très nette et argumentée ,dans laquelle il défend la doctrine et la pratique de l’Église dans le domaine du mariage :

> Marriage, Divorce, and Communion

__________


Traduction française par Charles de Pechpeyrou, Paris, France.


__________
8.10.201

 

Source: Synode. Le premier coup au but est tiré par les conservateurs, Par Sandro Magister, Chiesa, 8.10.2015 

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 10:12
Le Premier ministre slovaque menace l'UE d'une sortie

Si L'UE ne fait pas cesser l'immigration des réfugiés et des migrants de la pauvreté, la Slovaquie se dirigera vers une sortie. En particulier, l'accueil obligatoire n'est pas accepté par gouvernement slovaque.

 

Le flux continu de personnes en provenance d'Afrique du Nord et Moyen-Orient dans les Balkans rencontre en particulier dans les pays d'Europe centrale peu d'enthousiasme. Surtout, ils refusent les quotas d'admission obligatoires, même s'ils étaient auparavant déjà peu la cible des immigrants.

 

Source: Flüchtlinge: Slowakischer Premier droht mit EU-Austritt, Contra-magazin.com, 7. Oktober 2015

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Europe
commenter cet article
7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 22:06
"Risque de guerre totale" (en Syrie) : Hollande exhorte les pays de l'UE à s'unir

L'incapacité à résoudre la crise syrienne pourrait conduire à une "guerre totale" au Moyen-Orient qui affecterait sérieusement l'Europe, a déclaré François Hollande au Parlement aujourd'hui, appelant les pays de l'UE à unir leurs efforts pour résoudre le conflit dans le pays déchiré par la guerre.

"Risque de guerre totale" (en Syrie) : Hollande exhorte les pays de l'UE à s'unir

Dans un discours conjoint au Parlement européen avec la chancelière allemande Angela Merkel, Hollande a exhorté les pays européens à unir leurs forces et de coopérer avec toutes les parties concernées, y compris la Russie et l'Iran, pour trouver une solution politique à la crise syrienne.

 

Mais il a de nouveau souligné que toute solution politique pour la Syrie doit être fondée sur la destitution du président syrien actuel Bachar al-Assad du pouvoir, réitérant ainsi "la position de de longue date de Paris sur la Syrie".

 

"Nous devons construire en Syrie, avec tous ceux qui peuvent contribuer, un avenir politique qui donne au peuple syrien une alternative à Bachar ou Daesh [de l'État islamique, anciennement ISIS / ISIL]," a déclaré Hollande.

"Ce qui se passe en Syrie concerne l'Europe, parce que ce qui s'y joue là-bas déterminera pour longtemps les équilibres dans la région, dans toute la région du Moyen-Orient, a déclaré François Hollande aux législateurs européens à Strasbourg.

 

"Et Si nous laissons les récents affrontements religieux entre les chiites et les sunnites s'amplifier encore, alors ne pense pas que nous serons à l'abri. Ce sera une guerre totale, une guerre qui pourra concerner aussi nos propres territoires. Alors nous devons agir"a déclaré François Hollande, cité par Reuters.

 

Il a exhorté tous les pays européens "à faire des efforts afin de rendre une solution politique possible" et a souligné la nécessité pour toutes les parties concernées, y compris "la Russie, l'Iran, les pays du Golfe, les Etats-Unis et en Europe" à poursuivre leurs efforts pour résoudre le conflit syrien.

 

"Toute l'Europe doit unir leurs forces pour [développer] un plan humanitaire, politique et diplomatique", a déclaré le président français.

Repost 0
7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 21:46
Nigel Farage fustige Merkel et Hollande pour leur politique d'accueil de milliers de réfugiés

Angela Merkel au Parlement européen aujourd'hui avec François Hollande a maintenu sa politique d'ouverture des frontières et sa défense de la répartition des réfugiés à travers l'Europe et l'Allemagne.

 

Le député britannique europhobe Nigel Farage l'a attaqué pour sa politique d'accueil de dizaines de milliers de réfugiés, en qualifiant l'évènement de "pire épisode de politique publique depuis un demi-siècle."

 

"80 pour cent [de ceux qui viennent] ne sont pas des réfugiés syriens ... En fait ce que vous avez fait, c'est d'ouvrir la porte à des jeunes, de sexe masculin, migrants économiques ... [qui] se comportent de manière agressive ... le contraire de ce que vous attendez d' un réfugié."

 

Il a également exprimé l'espoir que le prochain référendum européen britannique conduirait le Royaume-Uni à quitter l'Union, marquant ainsi «le début de la fin » pour l'UE.

 

Source : ‘Risk of total war:’ Hollande urges EU countries to unite to solve Syrian crisis, RT, Published time: 7 Oct, 2015 19:46

 

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Europe
commenter cet article
7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 09:56

Anne Dolhein a produit hier pour "Reinformation.tv", une remarquable synthèse des "premières escarmouches" lors de l'ouverture du Synode sur la famille et les manoeuvres de la "mafia" pour "changer la pastorale de l'Eglise au nom de la miséricorde" .

 

Mgr Forte a déclaré : « Nous ne nous sommes pas réunis ici pour ne rien dire. ... [L]es temps changent. »

 

Toute la question est de savoir si un changement de la pastorale n'affecte pas la doctrine ?

Synode sur la famille : vers un changement de la pastorale de l'Eglise au nom de la miséricorde

L’homélie d’ouverture du synode sur la famille 2015, prononcée en la basilique Saint-Pierre de Rome, dimanche (4 octobre Ndlr.), par le pape François, a été interprétée par un grand nombre comme la preuve de sa volonté de ne pas changer la doctrine de l’Eglise. D’ailleurs, il ne le peut pas. Mais même le cardinal Kasper, qui veut ouvrir l’accès à la communion à certains couples divorcés « remariés », affirme avec les siens qu’il n’entend pas du tout changer la doctrine de l’Eglise sur l’indissolubilité du mariage ; mais seulement la pastorale, au nom de la miséricorde.

 

Ce n’est pas manquer de respect filial que d’analyser les mots du pape. François veut une Eglise « hôpital de campagne », ouverte à tous, ne faisant barrage à aucun (comme si l’Eglise faisait barrage aux pénitents) : c’est un leitmotiv de son pontificat depuis le début. Lorsqu’il parle de miséricorde, il l’oppose souvent à la loi en ce sens qu’il raille et accuse les « docteurs de la loi » qui ne savent pas porter l’amour du Christ au monde. Tout cela mériterait d’être précisé, mais les faits et gestes du pape parlent en ce sens, que ce soit dans l’accueil sans « rappel à la loi » d’un couple d’homosexuels à la nonciature à Washington, celui d’un transsexuel et de son partenaire à Rome au début de l’année, ou ses louanges appuyés aux écrits du cardinal Kasper.

 

Le pape recadre le synode… dans le flou

 
C’est le pape encore qui a choisi de maintenir à leurs postes aux commandes du synode le cardinal Baldisseri, kaspérien, et Mgr Bruno Forte, qui avait été désigné l’an dernier par le cardinal Erdö comme responsable de l’inclusion de paragraphes sur les homosexuels dans le scandaleux rapport d’étape. C’est le pape qui en a exclu le canoniste hors pair, le cardinal Burke, faisant au contraire sortir de sa retraite le cardinal Danneels, qui ne cache ni sa préférence pour les thèses kaspériennes ni son action passée pour tenter d’éviter l’élection du cardinal Ratzinger dans le cadre de la petite « Mafia » des cardinaux, le groupe de Saint-Gall. Le sobriquet est de lui.

 

Ceux qui ont été rassurés par l’homélie du pape François ont constaté qu’il a tenu à y glorifier le mariage indissoluble, et c’est en effet heureux. On reste un peu interdit cependant devant cette affirmation : « C’est seulement à la lumière de la folie de la gratuité de l’amour pascal de Jésus que la folie de la gratuité d’un amour conjugal unique et jusqu’à la mort apparaîtra compréhensible. » Cela semble nier le caractère naturel, et donc rationnel de l’indissolubilité conjugale qui est pourtant inscrite dans la loi donnée à tout homme et jusque dans la loi mosaïque. Bien sûr la connaissance de l’amour du Christ pour son Eglise – jusqu’à donner sa Vie – fait mieux comprendre le mystère. Mais pour le peuple hébreu, fondé sur des alliances, ce mystère était déjà une réalité.
 
Rien dans l’homélie du pape, citant ses prédécesseurs, n’expose une quelconque volonté de contredire cette doctrine et peut être lue de la manière la plus traditionnelle qui soit : puisque l’Eglise a toujours cherché à annoncer le salut à tous. C’est plutôt le ton qui laisse la porte ouverte aux tenants du changement, par exemple quand le pape dit :
 
« L’Église est appelée à vivre sa mission dans la charité qui ne pointe pas du doigt pour juger les autres, mais – fidèle à sa nature de mère – se sent le devoir de chercher et de soigner les couples blessés avec l’huile de l’accueil et de la miséricorde ; d’être “hôpital de campagne” aux portes ouvertes pour accueillir quiconque frappe pour demander aide et soutien ; de plus, de sortir de son propre enclos vers les autres avec un amour vrai, pour marcher avec l’humanité blessée, pour l’inclure et la conduire à la source de salut. »

 

Premières escarmouches dès l’ouverture du synode : les défenseurs de la doctrine ont ouvert le feu

 
Lundi, le cardinal Erdö, rapporteur général a livré un long discours à l’ouverture du synode où il a martelé les vérités que l’Eglise ne peut laisser de côté : sa « relation introductive » a sonné comme une offensive. Il avait été pris de court l’an dernier lors de la présentation du rapport d’étape, cette fois il a parlé des divorcés « remariés » en rappelant la voie de retour à la pratique qui leur est traditionnellement ouverte : la conversion, la continence, et la communion dans la mesure où elle ne provoque pas le « scandale ». En l’absence de cette conversion, pas de communion, dont le refus « n’est pas un interdit arbitraire mais un enseignement intrinsèque ».
 
Pas de gradualité de la loi non plus : « Même si certaines formes de vie commune comportent en soi certains aspects positifs, cela ne veut pas dire qu’elles peuvent être présentées comme un bien. »
 
En fait, ce sont tous les éléments dits « controversés » qui sont détricotés un à un dans ce texte qui vaut le détour. [Extrait: La miséricorde offre pardon mais réclame la conversion. « La miséricorde de Dieu offre au pécheur le pardon mais réclame la conversion ». ... la « voie pénitentielle » ... peut se référer aux divorcés remariés qui pratiquent la continence et qui « pourront accéder même aux sacrements de la pénitence et de l’eucharistie, évitant seulement de provoquer le scandale ». Cette voie peut aussi faire référence à la pratique traditionnelle de l’Eglise latine qui permettait aux prêtres d’entendre en confession les divorcés remariés, donnant l’absolution seulement à ceux qui, de fait, promettaient de changer de vie. Les homosexuels ... doivent être accueillis « avec respect et délicatesse », évitant toute discrimination injuste. Mais il (le cardinal) rappelle qu’il n’existe « aucun fondement pour assimiler ou établir des analogies, pas même éloignées, entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage et la famille ». Il dénonce par la même occasion les pressions exercées sur les évêques et « les organisations internationales qui conditionnent leurs aides financières aux pays pauvres à l’introduction de lois qui instituent le mariage entre personnes de même sexe ». Ndlr.]

 

... Lors de la conférence de presse de lundi, le président délégué du synode, le cardinal Vingt-Trois, a déclaré aux journalistes : « Si vous vous attendez à un changement spectaculaire de la doctrine de l’Eglise, vous allez être déçus. »

 
Mais dans la foulée, la contre-offensive s’est mise en place. Mgr Forte a déclaré : « Nous ne nous sommes pas réunis ici pour ne rien dire. » Evoquant de « nouvelles modalités d’approche parce que les situations et les temps changent », il a ajouté : « Des défis pastoraux, il y en a. »

 

Et la presse progressiste à balayé l’intervention du cardinal Erdö en disant qu’il aurait pu la faire il y a 30 ou 40 ans…
 
Le cardinal Reinhard Marx a lui aussi tenu une conférence de presse, pour dire : « Comment peut-on dire à celui qui vit un deuxième mariage : “Tu appartiens à l’Eglise mais tu vis de manière constante dans le péché ? »
 
Le deuxième jour, ce mardi, s’est ouvert avec une homélie du pape à Sainte-Marthe, reprenant un de ses thèmes favoris, la miséricorde, contre la « rigidité ». C’est bien de miséricorde que le monde a besoin, mais en prenant l’exemple de Jonas, « dur de cœur », qui n’a pas accepté le pardon de Dieu à Ninive, comme l’a montré François, on perçoit tout de même une vérité moins présente aujourd’hui : Jonas avait tempêté contre les hommes de Ninive en leur rappelant la loi de Dieu, et ils s’étaient convertis.

 

... Quant à Erdö, il a été désavoué par Mgr Celli pour qui « le panorama est totalement ouvert quant aux divorcés remariés » : « Si la discussion était finie avec la relation d’hier matin, que ferions-nous ici ? » Le briefing des journalistes a laissé l’impression d’une destruction systématique des propos d’Erdö…
 
Et pour que tout soit bien clair, le père jésuite Spadaro a déclaré en fin de journée : « En parlant de la famille, nous parlons en réalité de Gaudiem et Spes, c’est-à-dire des rapports entre l’Eglise et le monde. » (Voir ici et Ndlr.)
 
Dans l’esprit de certains, là est bien l’objectif du synode.

 

Anne Dolhein

 

Source: Ouverture du synode sur la famille 2015 : premières escarmouches, Anne Dollhein, Reinformation.Tv, 6 octobre 2015 22 h 33 min·

On a vu qu'il ne suffit pas de dire que l'on ne va pas toucher à la doctrine, mais seulement à la pastorale au nom de la miséricorde, pour que la doctrine ne soit pas affectée. Concrètement c'est l'évolution que l'on observe en comparant par exemple la position de prélats "doctrinaux" comme celle du Cardinal Leo Burke qui entend garder la même pastorale sur l'interdiction de communier pour les divorcés remariés, et celle d'évêques "pastoraux" qui se déniant le droit de juger de la licéité des actes, reconnaissent ne pas refuser la communion à des divorcés remariés.

 

"La question posée n'étant pas de modifier, effectivement, la doctrine de «l'indissolubilité» du mariage - il y a unanimité sur ce point - mais de voir comment elle peut être «adaptée» pour des «raisons pastorales» aux différentes situations concrètes. «Nous devons être concrets» a plaidé le cardinal Marx.

Et c'est ainsi que l'évêque d'Anvers, Mgr Johan Bonny - connu pour ses positions ouvertes sur le mariage gay - a proposé que «le synode reconnaisse aux évêques locaux la responsabilité de formuler des réponses adéquates aux questions pastorales». Un autre ayant même avancé l'idée que des commissions d'études soient lancées «par continent» ou par «grandes régions culturelles» dès la fin du synode, de façon à réfléchir et mettre en place une décentralisation géographique et culturelle de la pratique pastorale catholique sur la question des divorcés remariés. L'un des chargés de communication pour le monde anglophone, le Père Rosica, ayant de fait, affirmé mardi: «Il sera difficile de trouver une solution universelle».* Cette idée aurait l'avantage d'éviter une guerre de positions au sein du synode en repoussant la question qui fâche dans l'espace et dans le temps mais elle ouvrirait une première historique de décentralisation touchant la doctrine, et donc de divisions potentielles, dans l'Église catholique." (Source : Synode : l'intervention inhabituelle du Pape, Le Figaro, Par Jean-Marie Guénois, Mis à jour le 07/10/2015 à 11:39 Publié le 07/10/2015 à 10:11)

 

* "Il sera difficile de trouver une solution universelle" : est-ce la fin de l'Eglise catholique universelle du Christ?

 

Dans la nouvelle pastorale, la doctrine de l'Eglise, confession, pénitence et communion, n'est plus prise en compte, elle est tout simplement annulée de fait, au nom d'une soit-disant "miséricorde" qui ne viendrait donc plus de Dieu mais de l'homme. Et la doctrine de l'Eglise se trouve ainsi affectée, contournée. Décentralisée dans les diocèses, dans le vécu quotidien des fidèles, sous la "responsabilité" des évêques, elle se retrouve fragmentée. L'universalité de la vérité se trouve annulée avec la bénédiction de ceux qui étaient chargés de garder la foi. L'Eglise elle-même se retrouve divisée.

 

Nous assistons là au processus subversif bien connu de la brèche dans laquelle s'engouffrent tous les groupes de pression. Il y a en effet une analogie à faire entre cette méthode et ce qui s'est passé pour les messes en langue vernaculaires où l'Eglise a laissé toute latitude aux évêques dans les diocèses d'autoriser les messes en langues locales. [1] Le résultat a été la disparition du latin et des chants grégoriens dans toutes les paroisses, alors que le Concile recommandait l'inverse, de conserver "l'usage de la langue latine" "dans les rites latins" (Sacrosanctum concilium, # 36,1). De même s'agissant de la distribution de la communion, l'indult de Paul VI de 1969 dans l'Instruction Memoriale Domini a conduit à une explosion des communions dans la main, alors que 88% du volume de cette instruction était consacré à confirmer la réception de la communion à genoux et sur les lèvres. [2]

Dans ce qui nous préoccupe aujourd'hui, ce serait, avec cette décentralisation dans les diocèses, qui serait là encore comme en 1969 assortie d'une "tolérance restreinte, encadrée, assortie d'un contrôle strict", etc., une nouvelle brèche et une porte grande ouverte vers une explosion des divorces, alors que l'indissolubilité du mariage serait rappelée dans le même temps. L'important, ce n’est pas le barrage doctrinal qui est solide en tous points sauf un, c’est la brèche.

 

Add. 8 octobre 2015. Un article de Sandro Magister du 8 octobre confirme l'analyse de Jean-Marie Guénois d'une "décentralisation géographique et culturelle de la pratique pastorale" et mon analyse sur la "brèche" ouverte dans laquelle pourront s'engouffrer les novateurs:

 

"lors de la conférence de presse, Bruno Forte, le secrétaire spécial du synode, n’a pas manqué de contrebalancer les propos d’Erdö, ouvrant ainsi une brèche aux innovations que le cardinal hongrois avait exclues :

 

"Étant entendu que l’on ne doit pas attendre de ce synode des modifications de la doctrine, il convient de dire avec beaucoup de clarté que ce synode ne se réunit pas pour ne rien dire. Ce n’est pas un synode doctrinal, mais un synode pastoral. Traiter les questions pastorales et chercher de nouvelles approches rend l’Église plus proche des femmes et des hommes de notre temps".

 

Et, en séance, de nombreux intervenants ont demandé non pas des réponses "universelles" aux problèmes en discussion, mais la liberté de chercher des "solutions régionales, nationales ou continentales permettant de relever des défis très différents", comme c’est d’ailleurs déjà le cas, en fait, dans certaines régions de l’Église, en particulier celles de langue allemande."

Synode sur la famille : vers un changement de la pastorale de l'Eglise au nom de la miséricorde

Source: Synode. Le premier coup au but est tiré par les conservateurs, Par Sandro Magister, Chiesa, 8.10.2015 

L'Eglise ne devrait donc pas changer la pastorale dans une sorte d'assouplissement pratique de la doctrine, car cette pastorale avec ses limites est thérapeuthique et libératrice. Cf "Béatrice Bourges, catholique divorcée remariée : "Finalement, ces règles (de l'Eglise), au lieu de m’enchaîner, me libéraient", elle devrait au contraire approfondir davantage cette pastorale (la définition de la famille et du mariage) en présentant l'alliance des époux comme une alliance avec le Christ.

 

Ainsi, lors d'une émission de KTO pour l'ouverture du Synode le 4 octobre, le cardinal Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques à Rome depuis 2010, ancien Archevêque du Québec, ancien Primat du Canada, a expliqué (à partir de 32:05 dans la video ci-dessous):

 

"il ne faut pas oublier que dans une pédagogie d'accompagnement, il ne faut pas non plus cacher la vérité. Vérité et charité. Parce qu'autrement on n'aide pas la personne, on l'enlise dans ses propres difficultés. Parce que Jésus sait très bien que pour arriver au bonheur il faut arriver à une relation de parfaite communion avec lui."

Interpellé par le journaliste de KTO sur le fait que l'Eglise ne saurait plus aujourd'hui "parler de la vérité sur la question du mariage et de la famille", le cardinal a répondu :

 

"Voyez-vous, ce qui nous manque dans notre pastorale c'est de faire comprendre que l'alliance des époux est une alliance avec le Christ. Cela n'est pas même catéchisé.

Et de comprendre le mariage comme un échange de dons. (Les époux) sont baptisés, poursuit le cardinal, ils appartiennent au Christ, ils vont offrir au Christ leur amour, leur famille, ce qu'ils veulent fonder. En réponse, le Christ s'engage avec eux. On dit qu'Il consacre leur union, et Il leur donne une infusion du Saint-Esprit. Cela est un échange de dons extraordinaire. Il ne faut pas que nos baptisés se privent de cela. Il faut que l'Eglise leur dise qu'il se passe quelque chose dans une célébration du mariage. Que (le mariage) est le symbole de toute la vie, de cet échange entre le Christ et les époux avec l'Esprit-Saint qui est au milieu et qui les fait progresser vers la sainteté, avec des hauts et des bas que nous connaissons."

Le Synode sur la "famille" travaillera-t-il sur un approfondissement de la catéchèse du mariage "alliance des époux, alliance avec le Christ" ?

 

Notes

 

[1] « [I]l revient à l’autorité ecclésiastique qui a compétence sur le territoire, … (même, le cas échéant, après avoir délibéré avec les évêques des régions limitrophes de même langue), de statuer si on emploie la langue du pays et de quelle façon. » (Paul VI, Constitution sur la Sainte Liturgie Sacrosanctum Concilium, 4 décembre 1963, n° 36,3)

[2] 88% du volume de l’instruction Memoriale Domini du 29 mai 1969 était consacré à confirmer la réception de la communion à genoux et sur les lèvres, mais l'indult ouvrit la brèche qui a conduit à faire de la règle une exception et de l'exception la règle.

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 06:10
Michel Onfray: la fin de notre civilisation ?

Lors de la sortie de son livre Cosmos à la librairie Mollat le 27 avril 2015, on voit Michel Onfray se rebeller contre la politique de la gauche maçonnique tendance "Grand Orient de France" et décrire avec ironie le mutisme obligatoire des socialistes face aux dogmes et déviances de la "religion de la République" chère au franc maçon Vincent Peillon.

 

"Moi je ne suis pas comme vous un mouton" leur dit-il...

 

Video très intéressante de Onfray, même si le titre de la video ne correspond pas exactement au contenu : 

Michel Onfray critique le nihilisme :

 

"Le nihlisme c'est l'instant pur. C'est l'incapacité à lier le présent avec le passé et avec le futur.

 

Dès qu'aujourd'hui on veut lier le présent avec le passé, on est réactionnaire. Donc on est réac, donc on est facho, donc est vichyste, donc on est pétainiste. Et donc c'est Adof Hitler, donc la Shoah, donc on est à l'origine des six millions de morts.

 

Alors évidemment, et bien on a peur de dire qu'on aimerait bien revenir à une école où l'on apprenait à lire et à écrire. Par exemple, dès qu'on dit cela et qu'on est assimilé à Adolf Hitler, il y a un moment donné où on n'a pas forcément les épaules, quand on a trente ans. Aujourd'hui, cela va je les ai (les épaules). Donc oui, je suis hitlérien, je suis stalinien, je suis léniniste, je suis bolchévique, je suis sartrien - ha non pas ça ! -, ... mais je suis tout ça. Cela ne me fait plus peur comme cela pouvait me faire peur à une époque et je laisse les gens dire 'Onfray réactionnaire'. Cela me generait que Libération dise du bien de moi. Et ils en ont dit récemment, cela me fait un peu de peine. Donc je me dis ils deviennent 'réac' eux aussi, ou alors il va falloir qu'ils revoient leur jugement sur moi !

 

... Mais je me dis à un moment donné, si on a lu Fernand Braudel, et ce qui est mon cas, et qu'on ne s'est pas contenté de ses analyses sur la Méditerranée... on se dit que ce qui est intéressant chez Braudel c'est la longue durée. Et on se dit: nous sommes dans une longue durée qu'on ne saisit pas, parce qu'on est dans l'instant pur. C'est l'instant du tweet, c'est l'instant de l'info, un clou chasse l'autre. Il y a une information, le centre du monde c'est vous, mais demain ce n'est plus vous. Et puis le surlemain ce n'est plus celui qui faisait le centre du monde la veille, et puis etc. Et puis on a perdu la mémoire de tout cela.

 

Donc, celui qui dit le présent s'enracine dans le passé, il produit des effets dans le futur, c'est quelqu'un dont on dit 'mais vous ne seriez pas un peu réac vous?!' 'Vous voudriez faire de l'histoire, mais il y a un éternel présent et l'éternel présent c'est la vérité. C'est l'éternel présent de BFMTV, de toutes ces espèces d'images qui en permanence ne nous dit rien d'autre que 'il y a de l'image'. Et moi je dis non il n'y a pas que de l'image. L'image est enracinée, elle nous dit quelque chose. L'image provient d'un monde et l'image va vers un monde.

 

Et quand on voit cela et qu'on dit 'et si nous faisions un peu d'histoire', 'et si nous pensions l'instant non pas dans l'éternité, n'allons pas jusque-là, mais à une histoire de longue durée, de fait l'on arrive à la question de la civilisation. Question interdite quand on est un homme 'de gauche'. On n'a pas le droit. Si on commence à poser la question de la civilisation, ministère de l'identité, Vichy, Pétain, fasciste, nazi, Auschwitz, etc., et cela continue. Donc, c'est vrai que cela devient difficile.

 

Mais comme c'est tous les jours qu'on se fait insulter, il y a juste un moment donné où cela fait sourire. Et on se dit tant pis ... et je vais proposer une pensée de la civilisation, justement parce que nous sommes dans le nihilisme.

 

Tout le monde est d'accord, 'nous autres civilisations, nous savons que nous sommes mortelles', comme disait Paul Valéry et on ennuie même les lycéens avec des sujets de philo avec cette question-là. Donc tout le monde est d'accord, mais personne n'est d'accord. Parce que si vous dites que nos civilisations sont mortelles, vous dites : 'et la notre, est-ce qu'elle n'est pas mortelle ? Est-ce qu'elle ne serait même pas un peu mourante, moribonde, voire morte ?' Oh ! décliniste ? Vichy, Pétain, etc. Donc vous vous dites cela va devenir difficile, mais j'en ai fais mon pain quotidien, ce n'est pas mon problème. C'est leur problème. Mais moi je veux essayer de penser des choses qui me sidèrent. Et des choses qui me sidèrent c'est de penser que par exemple la gauche puisse nous dire aujourd'hui les femmes pauvres n'ont qu'à porter les enfants des riches et qu'on doit pouvoir pouvoir louer les utérus. Cela s'appelle de l'esclavage cela, de dire aux femmes 'vous allez louer vos ventres'. Les pauvresses-là, 'il n'y a plus de boulot, vous n'avez qu'à louez votre utérus aux riches'. Oh ! merci Pierre Bergé, même on vous donne une médaille ! Et récemment François Hollande luia donné je ne sais pas quel grade dans la légion d'honneur ! Et on se dit, 'mais si je suis de gauche il faut que je soutienne cela!', parce que si je ne soutiens pas cela ... Vichy, Pétain, ...etc. He bien non ! Je ne défends pas cela, je suis désolé. Mais moi qui suis de gauche je pense qu'il y a un autre destin pour défendre le ventre des femmes que de porter les enfants des riches.

 

... Donc, je dis si on veut penser le nihilisme, la place que nous occupons dans le nihilisme, si on veut penser la question de la civilisation, de la durée de notre civilisation, de l'existence même de notre civilisation (elle née quand ? elle croît comment ? elle devient grande quand ? A quelle époque ? Avec qui, avec quoi ? etc.) Douzième siècle. Prenez une carte de l'Europe et regardez le nombre des abbayes cisterciennes qui se créent au XIIe siècle, c'est extraordinaire, voilà une espèce de floraison sur la totalité de l'Europe. Et vous vous dites, ben oui, civilisation chrétienne. C'est moi l'athée qui vous le dit: notre civilisation est chrétienne. C'est même sidérant que l'on soit obligé de le dire ! Dire aujourd'hui 'notre civilisation est chrétienne' c'est tout de suite passer pour un fasciste, etc. Mais non ! C'est un fait. Et c'est un fait d'évidence. Et l'on construit quoi aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'on construit aujourd'hui ? On n'arrive même pas à finir la Sagrada familia à Barcelone ! Vous vous dites on a un architecte qui a proposé une cathédrale, on ne parvient pas à la faire, elle n'est pas terminée, elle ne se termine pas. Le premier aujourd'hui qui a décidé d"installer un hypermarché avec une cinquantaine de magasins, il vous fait sortir cela su sol en six mois ?

 

Donc il y a des choses qui nous permettent effectivement de voir que notre civilisation s'effondre, est effondrée, ne va pas bien. Alors je ne le dis pas en disant 'soyons réactionnaires !, en restaurant un ordre ancien, c'était mieux avant, etc., etc.' Je dis juste qu'lil faut constater que les civilisations marquent leur époque dans un temps, dans une géographie, dans une histoire, et que cela disparaît. Il y a eu Sumer, Babylone, on a eu les Grecs, on eu les Romains, on a eu l'Europe. L'Europe, cela démarre avec Constantin, IVe siècle ap. J.-C., et cela s'effondre. Je ne vais pas donner le détail de Décadence, j'y travaille. Il y a des processus particuliers qui montrent quand, où, comment cela s'effondre. Et puis un moment donné où on voit effectivement que nous ne créons plus rien, nous ne produisons plus rien et que nous sommes dans un nihilisme généralisé. On écrit des romans à l'époque du 'nouveau roman' où Alain Robbe-Grillet nous dit 'pas de personnage, pas de psychologie, pas d'intrigue !' On nous fait de la musique avec ... du silence. Les 4 minutes 33 de silence de John Cage. On nous fait du cinéma sans image : Guy Debord. On nous fait de la peinture sans sujet, sans représentation, du monochrome: Klein ou Malévitch, Carré blanc sur fond blanc ! On nous fait de la poésie sans mots, le lettrisme d'Isidore Isou, etc.

 

Donc il y a eu effectivement, après 14-18, une espèce d'augmentation du nihilisme avec le surréalisme qui a joué ce rôle-là. Alors évidemment, si vous dites une chose comme cela, vous êtes tout de suite un 'réactionnaire'. Mais on voit bien comment cette invitation à tout détruire, de Tzara, dada, d'abord, puis ensuite de Breton, mais il y a eu aussi avant le futurisme et Marinetti, comment tout cela accompagne - cela ne produit pas mais cela accompagne -. On obéit au fameux Zeitgeist de Hegel, l'Esprit du temps, et on voit que notre civilisation est une queue de civilisation et que cela s'effondre." (Fin de citation)

Si on écoute bien ce que dit le philosophe, c'est la "civilisation" mercantile, matérialiste et nihiliste qui a chassé Dieu de la société qui est responsable de la chute de notre civilisation chrétienne. La seule solution se trouverait donc dans une redécouverte de ce qui a fait ce que nous sommes: le christianisme.

Catholiques, monarchistes et autres défenseurs du droit naturel ! impossible de survivre en démocratie sans s’instruire au préalable de cette technique de subversion de la pensée réaliste.

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Histoire
commenter cet article
6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 18:08

Très beau témoignage public de Béatrice Bourges au sujet du divorce vécu par les catholiques dans l'Eglise, et des règles de l'Eglise.

Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres.

Evangile selon Saint Jean, VIII, 32.

Béatrice Bourges, auteur du livre "Béatrice B. catholique divorcée remariée", qui ne communie pas, explique pourquoi la discipline de l'Eglise (l'interdiction de communier pour les divorcés remariés) n'est pas un enchaînement mais un chemin de libération :

Béatrice Bourges, catholique divorcée remariée : "Finalement, ces règles (de l'Eglise), au lieu de m’enchaîner, me libéraient"

« Finalement, ces règles, au lieu de m’enchaîner, me libéraient, écrit-elle. […] Et c’était bien dans l’obéissance que je trouvais ma liberté. » [1]

 

 

Dans ce chemin de libération, Béatrice Bourges, interrogée par Charlotte d'Ornellas sur "Boulevard Voltaire", a également un message pour le clergé. Elle explique qu'elle a "du mal à comprendre que les prêtres ne rappellent jamais que d’autres situations empêchent également de communier" :

 

"Je parle d’autant plus librement sur le sujet que je ne demande rien à l’Église, je lui obéis et je ne vais pas communier. Je n’ai absolument aucune revendication. J’ai été révoltée mais je suis désormais sereine, j’ai la foi et je fais confiance à l’Église.

Mais il est sain qu’elle fasse comprendre à ses fidèles que le divorce n’est pas un caprice mais une blessure, souvent profonde. Je ne me suis pas mariée pour divorcer.

Les commentaires violents de certains – faut-il rappeler que nous sommes tous pécheurs ? – ne sont pas seulement inutiles, ils éloignent des personnes de l’Église au moment où elles ont besoin de son Amour et de sa compassion. Je me suis convertie après m’être remariée et le Christ est venu me chercher là où j’étais. Même si, à cet endroit, ce n’était pas le meilleur !

Je ne demande pas une réponse positive de la part de l’Église, je demande qu’on puisse se poser la question de cette souffrance sans tomber dans un discours violent et accusateur. Accepter d’aborder le sujet, ce n’est pas abandonner ses exigences : cela peut simplement permettre à certaines des personnes de revenir vers le Christ.

[...]

Pour appeler avant tout certains fidèles à la bienveillance. Ce livre est un cri de détresse : beaucoup ne réalisent pas le mal qu’ils font par les mots qu’ils choisissent. Le divorce n’est jamais une partie de plaisir. À 30 ans, je me suis retrouvée seule avec deux enfants, alors que j’étais destinée au mariage. Il est facile d’imaginer la difficulté et la souffrance que cela a représenté. Je me suis éloignée complètement de l’Église car je n’ai pas su y trouver la main secourable dont j’avais tellement besoin. Puis je me suis remariée et c’est ensuite que je suis revenue à la foi.

Je ne communie pas, mais je vais à la messe et le Christ vient à moi. J’ai une place, malgré mes péchés, comme chacun d’entre nous ! Tout n’est pas si simple, la vie n’est pas si simple. Et les jugements hâtifs sont bien souvent dévastateurs.

Il y avait également un message pour le clergé. Les prêtres appellent souvent à venir communier pendant leur sermon, semblant oublier que, dans l’assemblée, certains restent à leur banc et se sentent alors abandonnés. Je ne peux communier, et je l’accepte. Mais j’ai du mal à comprendre que les prêtres ne rappellent jamais que d’autres situations empêchent également de communier. Parfois, l’Église, dont la vocation est de proposer un absolu, ne bouscule pas assez les consciences.

Nous, divorcés-remariés, ne sommes pas une caste à part. J’avais enfin envie de m’adresser aux divorcés-remariés qui se sont éloignés de l’Église, envie de leur dire que le Christ les attend à la messe. Je comprends leur réticence, j’ai été dans leur cas, mais qu’ils y retournent et ils verront, ils ne seront pas déçus !

Ma foi me pousse à leur dire : « Revenez ! C’est là que se trouve la vraie Joie ! » [2]

 

La réflexion de Béatrice Bourges est essentielle et son témoignage capital: ils répondent par avance au clergé qui autorise l'accès à la communion sacramentelle aux divorcés remariés, et plus largement distribue la communion à tout le monde sans vérifier la licéité des situations. Elle sous entend que l'on trouve la liberté d'abord dans une recherche de la vérité, et que la découverte de la vérité s'accompagne d'une connaissance des limites et des frontières à ne pas dépasser (ici les "règles" de l'Eglise), étape essentielle de la "libération" et de la guérison intérieure, qui vient de Dieu.

 

 

Notes

 

[1] Béatrice B. Catholique divorcée remariée Famille Chrétienne | 05/10/2015 

[2] Entretien avec Béatrice Bourges, Boulevard Voltaire

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 14:25
Véronique Lévy au Sacré-Coeur raconte le rêve où le Christ lui est apparu en Croix: "Je communie tous les jours, Jésus est ma sève, ma force, ma vie"

Témoignage de Véronique Lévy, petite soeur de BHL, le 25 septembre 2015 à la Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre lors du Congrès Mission. http://www.congresmission.com

Extrait du discours de Véronique Lévy dans lequel elle raconte à nouveau sa conversion et le rêve où le Christ en Croix lui est apparu :

 

"On ne peut pas oublier que l'Eglise est née du Coeur transpercé de Jésus sur la Croix. Et que l'Eglise est dépositaire de cet amour fou, de cette folie de Dieu pour nous. Et comme dit Saint Paul, la sagesse de Dieu est folie aux yeux du monde. Et c'est vrai que l'Evangile dérange, parce que l'Evangile c'est comme une révolution solaire. Il y a un avant et un après l'Evangile. Dans la société, puisque le temps a été compté à partir de Jésus, mais aussi dans un coeur, dans une vie. Et c'est un peu mon histoire et c'est notre histoire à tous. Avant et après. C'est l'histoire d'une révolution, d'un retournement. Plus rien n'est tout à fait pareil après son passage. Et donc, moi c'est par une toute petite fille quand j'avais trois ans que Jésus m'a été annoncé, donc que l'Eglise s'est présentée. La mission, c'était une petite fille. Et comme dit l'Evangile, 'qui accueille un enfant, c'est moi qu'il accueille.' " Et cette petite fille a commencé très fort en disant: 'Si tu ne crois pas en Jésus, tu seras emportée par les robots.' Et cette parole était prophétique parce qu'aujourd'hui nous sommes dans un monde qui essaye de faire de l'homme un robot.

Et donc cette petite fille m'offre un crucifix, elle m'apprend le Je vous salue Marie et le Notre Père. Et c'est comme cela que Jésus est entré dans ma vie, à travers cette petite fille. Et depuis, il n'a plus lâché ma main. Et j'ai essayé de ne pas lacher la sienne.

 

[...] La première alliance est truffé de personnages où Dieu leur apparaît dans des songes.

Et en fait, c'était une nuit. J'ai déjà raconté ce rêve, mais c'est important. J'étais encerclée par des hommes qui jouaient avec moi comme avec une poupée de chiffon, qui me méprisaient et me jetaient de l'un à l'autre. J'étais toute nue et recouverte d'un voile noir. Et ces hommes voulaient effacer mon visage, ils voulaient me détruire. Il fallait que je m'arrache à ce cercle. Je m'arrache dans le rêve, avec une force surhumaine, et je cours, je cours comme une folle, et je m'effondre à bout de souffle. Et là, quand je lève les yeux: je suis devant une cathédrale, gigantesque; les portes s'ouvrent, je me précipite à l'intérieur, et là, j'entends les battements d'un coeur. Les battements du coeur secouent tous les murs de la cathédrale et pénètrent dans mon corps. C'est comme si j'étais dans un corps immense, comme si cette église était un corps. Et là encore, je lève les yeux, et je vois le Christ en Croix gigantesque. Il me regarde. Ses bras se décrochent de la Croix. Ses mains se mettent face à moi. Et là, j'entends cette parole qui sort de sa bouche: 'Que ton coeur de pierre devienne un coeur de chair.' Et de ses deux mains transpercées sortent deux épées. Est-ce que c'était des épées de lumières, je ne sais pas. Je ne bougeais plus, j'étais tétanisée. Les deux lames traversent la cathédrale, tout au long de la nef, et rentrent dans mon coeur. Et là, je me réveille."

Retrouvez le premier témoignage public de la conversion de Véronique Lévy, ainsi que la narration du rêve où le Christ lui est apparu en Croix : "Très beau témoignage public de la conversion au catholicisme de la soeur cadette de Bernard-Henri Lévy, Véronique Lévy".

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 13:12
L'accès libre et facile des Français au Roi sous l'Ancien Régime vs "Défilé du 14 juillet"

Dans le cadre du tricentenaire de la mort du Grand Roi, voici un autre article traitant d'un thème jamais décrit par les historiens propagandistes de la république: le libre accès des Français à leur Prince, au temps des "siècles obscurs". Et pour cause, comparé à l'accès au président en 2015, il y a eu comme ... un changement !

"S'il est un caractère singulier de cette monarchie, écrit Louis XIV lui-même, c'est l'accès libre et facile des sujets au prince"; et, dans ses célèbres Instructions pour le Dauphin: "Je donnai à tous mes sujets sans distinction la liberté de s'adresser à moi, à toute heure, de vive voix et par placets."

Louis XIV, cité in F. Funck-Brentano, Membre de l'Institut, Ce qu'était un Roi de France, Librairie Hachette 1940, p. 110.

Frantz Funck-Brentano dans Ce qu'était un roi de France, explique la facilité d'approcher le Souverain:

Il est facile de souper avec le roi sous l'Ancien Régime

 

"Le roi de France - écrit en 1603, l'ambassadeur vénitien Angelo Badoer, - quand il est en représentation, donne une plus haute idée de sa grandeur que ne le fait le roi d'Espagne; mais, hors d'apparat, il est le monarque le plus affable du monde." 

 

"Cette grande familiarité, note Michel Suriano, rend, il est vrai, les sujets insolents, mais aussi fidèles que dévoués..."

 

Opinion que confirme Robert Dallington, Secrétaire de l'Ambassadeur anglais auprès de Henri IV :

 

"Les rois de France sont affables et familiers - plus qu'il ne convient, écrit le diplomate anglais; mais c'est la coutume du pays." [1]

 

Dans L'Ancien Régime, l'historien F. Funck-Brentano écrit: "on entrait dans le palais du roi comme dans un moulin" :

 

"En leurs célèbres dépêches, les ambassadeurs vénitiens constatent que nulle personne n'est exclue de la présence des monarques français et que les gens de la classe la plus vile pénètrent à leur gré dans les pièces du caractère le plus intime, au point dit l'Italien, que quand on veut traiter avec le prince d'une question importante, il faut parler à voix basse pour ne pas être entendu.

 

C'est ainsi que s'exprime, en 1561, Michel Suriano. Il ajoute:

 

"Les Français ne désignent pas d'autre gouvernement que leur Roi. De là vient l'intimité qui règne entre le monarque et ses sujets. Il les traite en compagnons".

 

En 1577, un autre ministre vénitien Jérôme Lippoùano:

 

"Pendant le dîner du roi de France, presque tout le monde peut s'approcher de lui, et lui parler comme il le ferait à un simple particulier".

 

On entrait dans le palais du roi comme dans un moulin. Les étrangers ne cessent pas d'en exprimer leur surprise...

 

J'allais au Louvre, écrit Locatelli en 1665, 'Je m'y promenai en toute liberté, et traversant les divers corps de garde, je parvins enfin à cette porte qui est ouverte dès qu'on y touche, et le plus souvent par le roi lui-même. Il vous suffit d'y gratter et l'on vous introduit aussitôt. Le roi veut que tous ses sujets entrent librement'. [2]

 

Une cohue turbulente et bruyante de gens de toutes sortes de conditions

 

"La maison du roi devenait une place publique. Le premier venu s'y comportait librement. Un chacun y était chez lui... C'était, du matin au soir, une cohue turbulente et bruyante de gens de toutes sortes de conditions". [3]

 

La demeure royale reste ouverte à tout venant

 

"Il en fut d'ailleurs au palais de Versailles comme à Paris. La demeure royale reste ouverte à tout venant.

 

"'Nous passâmes, écrit Arthur Young qui en est tout surpris, à travers une foule de peuple et il y en avait plusieurs qui n'étaient pas trop bien habillés'". [4]

 

"[...] le palais de Versailles finissait par être envahi par des mendiants qui y accrochaient le monde et tendaient la main comme dans la rue". [5]

 

"Un Allemand, le docteur Nemeitz, écrit de son côté:

 

'Il était facile de voir souper Sa Majesté. Elle recevait à table toute sa famille et, à moins qu'il n'y eût déjà trop de monde, ce qui arrivait parfois, on était admis... D'ailleurs on pouvait toujours être admis quand on arrivait de bonne heure.'

 

Fréquemment, entre le roi et les assistants, les gens du peuple, la conversation s'engageait, toute familière. On en trouve trace dans les lettres de Mme de Sévigné et dans les Mémoires de Saint-Simon.

 

Le public était plus particulièrement admis au 'grand couvert' qui avait lieu régulièrement tous les dimanches et - ce qui est à noter - les jours de fêtes dans la famille royale. Celle-ci se trouvait alors réunie tout entière, y compris les princes du sang. Louis XIV s'astreignit à dîner en public jusqu'aux derniers jours de sa vie, jusqu'au 24 août 1715 - il devait mourir le 1er septembre..." [6]

 

"Sous Louis XV, les Parisiens, les provinciaux viendront assister au repas du roi pour admirer sa prestance, son élégance, mais plus encore son adresse à faire sauter le haut de la coque d'un oeuf, prestement du revers de sa fourchette!

 

'Attention! le roi va manger son oeuf!'

 

"[...] Au dessert, le roi offrait à toutes les dames présentes des fruits et des glaces. En 1772, une jeune Genevoise, Rosalie de Constant, vient assister au grand couvert.

 

'On offrit écrit-elle, les glaces du dessert aux dames qui étaient là pour voir. Je les trouvai bien bonnes'. [7]

 

On avait organisé des manières d'omnibus pour transporter à Versailles les Parisiens qui désiraient aller voir le monarque

 

Pour transporter à Versailles les Parisiens qui désiraient aller voir le monarque, on avait organisé des manières d'omnibus, appelés, les uns, des 'carabas' et les autres 'des pots de chambre'." [8]

 

'Chacun, dit Retif de la Bretonne, - ceux mêmes qui ne l'avaient jamais vu - considérait le roi comme une connaissance intime.'

 

"Les évènements qui concernent le roi et la reine, sont pour la France entière des évènements de famille. La maison du roi est au propre la 'maison de France'". [9]

 

Conclusion provisoire

 

Alors que sous l' "absolutisme", tout Français pouvait aller souper chez le Roi, discuter avec lui, manger et boire si l'envie l'en prenait, aujourd'hui il faut faire une demande écrite, dans les plus belles formes, et avec les plus belles circonlocutions, pour avoir une "chance" d'obtenir un rendez-vous avec Sa Majesté le Président de la République... et encore pas pour manger avec lui, et dans le cadre d'une entrevue vite expédiée. 

De même, si sous les rois "tyrans" (expression des propagandistes de la république) les Français pouvaient approcher librement du roi, sous la république, ils ne le peuvent que derrière des balustrades, et encore le peuvent-ils, au seul jour de la fête dite "nationale" lors du Défilé du 14 juillet, derrière deux haies de forces de l'ordre de chaque côté... Comme quoi, la vraie "démocratie" n'est peut-être pas celle qu'on dit, ni là où on pense... Et on peut ajouter que le roi "absolu", lui, était aimé du peuple et n'avait besoin d'aucune protection particulière tandis que nos présidents soit-disant "démocrates et républicains", ainsi que leurs ministres et toute la classe politique, se font protéger par des pelotons de forces de l'ordre, derrière des barrières et des balustrades, et se rendent inaccessibles, parce qu'ils se savent détestés et illégitimes.

 

L'accès libre et facile des Français au Roi sous l'Ancien Régime vs "Défilé du 14 juillet"

 

Lire: "Défilé du 14 juillet 2015 : François Hollande hué et sifflé malgré des interpellations préventives"

 

 

L'accès à toute heure des "harangères" auprès du roi et de la reine

 

"Le mot désignait les dames de la Halle. Il leur venait de celles d'entre elles qui vendaient du poisson. La consommation du hareng était très abondante dans le Paris du Moyen Âge. Il serait permis de dire que le hareng constituait au XIVe siècle la principale nourriture des Parisiens. Ils en mangeaient autant que de pain.

Les dames de la Halle avaient le privilège d'être admises à toute heure auprès du roi, de la reine, voire des ministres pour leur faire des discours en leur langue populairement imagée, présenter des doléances, formuler des griefs ou des voeux, ou généralement, quand il s'agit des souverains, leur présenter en termes savoureux leurs compliments. Elles s'expriment librement, rondement, gaillardement; qu'il s'agisse du renouvellement de l'année, de l'arrivée de la reine en sa bonne ville de Paris, de la santé du roi ou de la Saint-Louis, d'une victoire remportée sur la frontière, de la naissance d'un dauphin.

L'une de ces dames choisie parmi les fruitières-orangères - une faveur à laquelle ces dernières tenaient beaucoup, - était dénommée 'la reine de Hongrie'. C'était elle qui, annullement à la Saint-Louis, avait l'honneur de haranguer le prince au nom de ses compagnes, après quoi elle avait le privilège de l'embrasser.

Henri IV traitait ces dames de 'commères'. En leur présence, sa bonne humeur s'épanouissait; il leur devenait compère et compagnon. Avec Louis XV, les rapports du roi avec les harangères devinrent, on peut dire, affectueux. Ce furent elles qui lui donnèrent le surnom de 'Bien-Aimé' que l'histoire lui a conservé.

 

'Madame, j'apportons nos plus belles truffes à Votre Majesté. Mangez-en beaucoup et faites-en en manger au roi; cela est fort bon pour la génération. Nous vous souhaitons une bonne santé et j'espérons que vous nous rendrez tous heureux.'

 

Ces dames tenaient beaucoup à ladite génération. Elles en témoignaient aux enfants du roi une affection particulière, à l'aîné surtout, héritier de la Couronne. Elles parlaient de 'Monseigneur', pour lui donner son titre officiel, comme de leur enfant.

 

... Voici que le Dauphin tombe malade. Ce n'était qu'une indigestion, mais, au début, le mal avait été pris pour une attaque d'apoplexie. Les harangères, très émues, arrivent à Meudon en carrosses de louage. Elles sont introduites auprès du prince, se jettent au pied de son lit qu'elles couvrent de baisers: plusieurs d'entre elles versaient des larmes; puis, apprenant que l'état du malade n'était pas aussi grave qu'on avait craint, c'est le Dauphin lui-même qui est accablé des marques de leur tendresse. L'une de ces dames lui saute au collet, écrit Saint-Simon, et l'embrasse sur les deux joues, tandis que les autres, abondamment, lui couvrent les deux mains des marques de leur affection.

 

'Ah! Monseigneur, nous allons faire chanter des Te Deum dans tout Paris!'

'Il n'est pas encore temps', disait le prince, puis il ordonna de leur faire visiter son palais et de leur servir à dîner.

'En sortant, écrit Dangeau, elles jetèrent de l'argent aux soldats de la garde pour boire à la santé de Monseineur.' [10]

 

... La venue au monde de 'Monseigneur' se fait-elle attendre, ces dames de la Halle viennent le réclamer. Marie-Antoinette tarde à donner un héritier à la couronne, tandis que sa belle-soeur, la comtesse d'Artois, met successivement au monde le duc d'Angoulême, une fillette nommée Sophie et le duc de Berry. Nos harengères viennent à Versailles, dans les appartements royaux, reprocher à la reine 'en termes grossiers', écrit Pierre de Nolhac, de ne pas remplir son devoir. ... Familiarités qui résistèrent à la tempête révolutionnaire. Successivement, Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe, Monsieur Thiers, le Maréchal de Mac-Mahon accueillaient les harangères; avec Jules Grevy, [3e président de la IIIe république 1879-1887. Ndlr], la tradition populaire fut rompue. [11]

L'accès libre et facile des Français au Roi sous l'Ancien Régime vs "Défilé du 14 juillet"

Frantz Funck-Brentano résume:

 

 

 

"Les enfants du roi sont les 'enfants de la France'." [12]

 

"Avec son profond sentiment social, Napoléon comprendra la raison de ces coutumes héréditairement transmises dans la maison de France. Il avait songé à rétablir le grand couvert, c'est-à-dire le repas en public de la famille régnante; puis il y avait renoncé. Il y eut été gêné. Ni Louis XIII, ni Louis XIV, ni Louis XVI ne l'avaient été. Et l'empereur (Napoléon Ier. Ndlr.) ajoute ces mots qui marquent bien le caractère de ces anciens, émouvants usage :

 

'Peut-être aurait-on dû borner cette cérémonie au Prince impérial et seulement au temps de sa jeunesse, car c'était l'enfant de la Nation; il devait, dès lors, appartenir à tous les sentiments, à tous les yeux.' [13]

 

"Il n'est pas douteux que la familiarité de ces façons royales n'ait beaucoup contribué à développer les sentiments que la personne du souverain éveillait dans le coeur des Français. Les ambassadeurs vénitiens y voient 'une cause de la force de la monarchie en France.' 'Chacun, dit Retif de la Bretonne, et ceux mêmes qui ne l'avaient jamais vu, considérait le roi comme une connaissance personnelle.'

Mot précieux où se caractérise l'union des Français et de leur prince dans les grands siècles des temps passés. Tableau qui prendra son relief en comparant cette vie populaire de nos anciens rois avec l'existence que Napoléon empereur mènera aux Tuileries.

 

'L'empereur et l'impératrice, écrit Frédéric Masson, se laissent encore aborder par les gens de la Cour, mais les gens de la ville sont derrière les balustrades; quant au peuple, contenu par une double haie de grenadiers, il voit de loin passer ses souverains comme à l'Etoile ou bien d'en bas il les aperçoit au balcon de la salle des Maréchaux.'

 

L'accouchement de la reine se fait en public

 

L'accouchement de la reine doit se faire en public, devant tout le monde, sous les yeux du peuple à qui l'enfant appartient.

 

'C'est la grandeur de vous et votre enfant', disait Henri IV à Marie de Médicis. [14]

 

A la naissance du duc de Bourgogne, fils du Grand Dauphin, août 1682, les gens crient, sautent, rient, pleurent de joie. Une foule immense. Louis XIV paraît et chacun de se jeter au-devant de lui:

'On devint presque fou', écrit l'abbé de Choisy. Chacun se donna la liberté d'embrasser le roi. La foule le porta depuis la Surintendance, où Mme la Dauphine accoucha, jusqu'à ses appartements. Il se laissait embrasser à qui voulait.' [15]

 

... Arrivons à l'accouchement, de la dernière reine de France avant la Révolution, Marie-Antoinette. La Cour remplissait la galerie et les salles voisines. Tout à coup, une voix domine : 'La reine va accoucher !'

Une foule se précipite pêle-mêle, nul n'est refusé. Le spectacle est public. La bousculade est telle que les paravents qui bordaient le lit de la reine en sont renversés. Des savoyards sont montés sur des meubles pour mieux voir. Une masse compacte emplit la pièce: 'De l'air! ' crie l'accouchée. Le roi se jette sur les fenêtres calfeutrées et les ouvre avec la violence d'un furieux. Les valets de chambre sont obligés de repousser les badauds qui se bousculent, l'eau chaude que les praticiens ont demandé n'arrivant pas, le premier chirurgien pique à sec le pied de la reine. Le sang coule. Deux savoyards, debout sur une commode, se sont pris de querelle et se disent des injures. 'Silence, taisez-vous ! ' Un vacarme. Enfin la reine ouvre les yeux; elle est sauvée.

'Quand naquit le Dauphin, écrit Taine, la joie de la France fut celle d'une famille. On s'arrêtait dans les rues, on se parlait sans se connaître, on embrassait les gens qu'on rencontrait.'

Trois jours durant, les charlatans-dentistes du pont-Neuf arrachèrent les dents gratis. Dans la grande cour du Palais, ce fut une foule de vêtements frais et élégants, lisons-nous dans les Mémoires de Mme Campan. Les bonnes gens se mettaient sur leur trente et un pour venir témoigner leur joie à leur roi et à leur reine. Des délégations ouvrières arrivaient, musique en tête. 'Des ramoneurs aussi bien vêtus que ceux qui paraissent sur le théâtre portaient une cheminée très décorée au haut de laquelle était juché un de leurs petits compagnons; les porteurs de chaises en avaient une très dorée dans laquelle on voyait une belle nourrice et un petit Dauphin; les bouchers paraissaient avec leur boeuf gras, les pâtissiers, les maçons, les serruriers, tous les métiers étaient en mouvement: les serruriers frappaient sur leur enclume, les cordonniers achevaient une paire de bottes pour le Dauphin, les tailleurs un petit uniforme de son régiment'; jusqu'au croque-morts qui exhibaient les insignes de leur corporation. Au théâtre, les acteurs ne parvenaient plus à réciter leur rôle, incessamment interrompus par les cris de Vive le roi ! Vive la reine ! Vive monseigneur le Dauphin ! [16]

 

Le roi tombe malade et meurt en public

 

"Le roi ou son fils tombent-ils malades, les portes de leur chambre s'ouvrent, ils doivent être malades en public. Des délégations populaires, non seulement viennent prendre de leurs nouvelles, mais sont admises à leur chevet. [On est loin du secret d'état dont on voudrait entourer la santé des présidents. Ndlr.]

 

Le Dauphin, fils de Louis XV, atteint du mal dont il mourra, doit accueillir la foule des courtisans. Auprès de son lit se pressent gentilshommes de la Chambre, officiers et menins. Le matin, après la messe, on fait chaque jour entrer tout le monde.

 

Comme le roi est venu au monde, ainsi en effet doit-il mourir, sous les yeux de sa famille, c'est-à-dire de tous les Français. [17]

 

Conclusion

 

Concluons avec Frantz Funck-Brentano:

 

Le roi était demeuré dans la pensée populaire, instinctivement, le père auprès duquel on cherche soutien et abri. Vers lui, à travers les siècles, s'étaient portés les regards dans les moments de détresse et de besoin.

 

Et voici que, brusquement, par le violent contrecoup de la prise de la Bastille, cette grande autorité patronale paraît renversée. Et c'est parmi le peuple de France un malaise, un effroi, vagues, irréfléchis. Oh! les rumeurs sinistres ! le danger ! et le père n'est plus là ! La grande peur est la dernière page de l'histoire de notre ancienne monarchie. En est-il de plus émouvante, où apparaisse mieux le caractère des relations qui traditionnellement, populairement, s'étaient, à travers les siècles, formées entre les Français et leur roi ? [18]

 

D'un côté le libre accès au prince, de l'autre des balustrades et une double haie de forces de l'ordre, choisissez !

 

Notes

 

[1] F. Funck-Brentano, Membre de l'Institut, Ce qu'était un Roi de France, Librairie Hachette 1940, p. 109.

[2] Frantz Funck-Brentano, L'Ancien Régime, Les Grandes études Historiques, Librairie Arthème Fayard, Paris 1926, p. 237-238.

[3] Frantz Funck-Brentano, ibid., p. 239

[4] Frantz Funck-Brentano, ibid., p. 240.

[5] Frantz Funck-Brentano, ibid., p. 240.

[6] Frantz Funck-Brentano, ibid., p. 241.

[7] Frantz Funck-Brentano, ibid., p. 241.

[8] Frantz Funck-Brentano, ibid., p. 241

[9] Frantz Funck-Brentano, ibid., p. 241

[10] F. Funck-Brentano, Membre de l'Institut, Ce qu'était un Roi de France, Librairie Hachette 1940, p. 126-129.

[11] F. Funck-Brentano, Membre de l'Institut, Ce qu'était un Roi de France, Librairie Hachette 1940, p. 131-132.

[12] F. Funck-Brentano, Membre de l'Institut, Ce qu'était un Roi de France, Librairie Hachette 1940, p. 141.

[13] F. Funck-Brentano, Membre de l'Institut, Ce qu'était un Roi de France, Librairie Hachette 1940, p. 143-144.

[14] F. Funck-Brentano, Membre de l'Institut, Ce qu'était un Roi de France, Librairie Hachette 1940, p. 135.

[15] F. Funck-Brentano, Membre de l'Institut, Ce qu'était un Roi de France, Librairie Hachette 1940, p. 137.

[16] F. Funck-Brentano, Membre de l'Institut, Ce qu'était un Roi de France, Librairie Hachette 1940, p. 138-140.

[17] F. Funck-Brentano, Membre de l'Institut, Ce qu'était un Roi de France, Librairie Hachette 1940, p. 142.

[18] F. Funck-Brentano, Membre de l'Institut, Ce qu'était un Roi de France, Librairie Hachette 1940, p. 242-243.

Repost 0
6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 06:15

Or, quatorze jours plus tard nous apprenons selon un article du Point du 30 septembre, que "pour compenser les dépenses pour l'accueil des réfugiés", "le gouvernement prévoit de raboter le budget des aides personnalisées au logement", en baissant les aides personnalisées au logement (APL) de 225 millions en 2016 :

http://www.lepoint.fr/economie/les-apl-baisseront-de-225-millions-d-euros-en-2016-30-09-2015-1969318_28.php

http://www.lepoint.fr/economie/les-apl-baisseront-de-225-millions-d-euros-en-2016-30-09-2015-1969318_28.php

Pourquoi tant de mensonges Monsieur Valls ?

Repost 0
5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 21:36

Tout se passe comme si nous revivions l'époque du Concile Vatican II où l'argument du Concile non doctrinal mais "pastoral" fut avancé pour faire passer les réformes.

Mgr Vingt-Trois, tout en affirmant qu'il n'y aura pas de changement dans la doctrine, veut "trouver le moyen d’admettre les “divorcés–remariés” à la communion" :

 

Le Cardinal André Vingt-Trois, Archevêque de Paris, a laissé entendre que ceux qui attendent un changement radical dans l’enseignement de l’Eglise seront déçus. Et de préciser que si les pères synodaux devaient trouver le moyen d’admettre les “divorcés–remariés” à la communion, il ne pourrait en aucun cas s’agir d’une solution à appliquer de façon générale.
De son côté, Mgr Bruno Forte, Secrétaire du synode, a déclaré : “Nous ne nous sommes pas réunis si c’est pour ne rien changer.”

Source : Kathnet.
 

via Pro Liturgia, Actualité du 5 octobre 2015

Synode sur la "famille": vers pas de changement dans la doctrine, mais un changement dans la "pastorale" ?

Or, il ne suffit pas de dire que l'on ne va pas toucher à la doctrine, mais seulement à la pastorale, pour que la doctrine ne soit pas affectée. Le professeur Roberto de Mattei, dans un entretien du 11 juillet 2014 a ainsi montré le danger d'un schisme dans l'Eglise suite à une modification de la pastorale : "si vous mettez à part la doctrine, si vous ignorez la doctrine, ce qui arrive en fait, c'est un changement dans la pastorale qui à son tour va changer la doctrine" et aboutir à "un schisme dans l'Eglise".

 

C'est concrètement l'évolution que l'on observe en comparant par exemple ces jours-ci la position de prélats "doctrinaux" comme le Cardinal Leo Burke et celle d'évêques "pastoraux" qui se déniant le droit de juger de la licéité des actes, reconnaissent ne pas refuser la communion à des divorcés remariés, et où, en fait, la doctrine de l'Eglise est annulée par ceux qui étaient chargés de la garder.

 

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 21:09
Merci à Dominique F. pour l'image de l'article, ainsi que pour le lien de cet article intéressant sur le concept d'antijaphétisme.

Merci à Dominique F. pour l'image de l'article, ainsi que pour le lien de cet article intéressant sur le concept d'antijaphétisme.

Comme l’antisémitisme, l’antijaphétisme procède directement des idées républicaines et de leur inadéquation au réel.

 

L’antijaphétisme, c’est la haine des fils de Japhet, cet ancêtre primordial des Européens selon la tradition biblique. On pourrait donc le définir comme un vulgaire racisme (le « racisme anti-blanc ») à ceci près que le racisme est d’abord une pulsion non théorisée, parfois violente, alors que l’antijaphétisme apparaît comme un système pensé, rationnel, une idéologie qui peut provoquer la pulsion raciste irraisonnée mais qui ne peut se réduire à celle-ci.

 

L’antijaphétisme prend corps environ un siècle après l’apparition de l’antisémitisme moderne, au sein d’un même système politique républicain, avec la complicité des mêmes élites républicaines, et dans une société qui ne parvient pas à fonctionner harmonieusement selon le modèle républicain. L’antijaphétisme comme l’antisémitisme, désigne fort opportunément un peuple bouc émissaire qui endossera à bon compte la responsabilité des revers rencontrés par ce modèle, innocentant ainsi ce modèle et les préjugés sur lesquels il repose.

 

Si nous avons dit « préjugés » plutôt que « valeurs », c’est que celles-ci ne sont qu’escroqueries intellectuelles, concepts abstraits et creux constitutifs d’un opium du peuple dont, notamment mais pas seulement, l’Ecole républicaine, simple salle de shoot, a eu pour mission d’assurer la diffusion. Le modèle de société mondialisée que la République a engendré repose tout entier sur un article de foi que tout républicain doit psalmodier : « Je crois que la République est faite de valeurs universelles et je crois qu’Elle est donc en mesure de faire « vivre ensemble » des hommes de toutes provenances, de toutes origines, cultures ou religion ». Pour le croyant, la République dispose d’une sorte de recette magique qui permet de rendre compatibles les identités incompatibles. Elle a miraculeusement découvert un modèle d’organisation social et politique qui peut convenir à tous, un modèle universel en capacité de faire cohabiter harmonieusement des juifs, des chrétiens, des musulmans, des athées, des hommes venus de toute la terre s’enrichissant mutuellement de leurs différences (Coulibaly, si tu m’entends…). Cette foi en l’universalité des principes républicains est le cœur nucléaire de la République, résume toute l’idéologie républicaine : détruisez-la et la République, qui ne repose sur rien d’autre, s’effondrera d’elle-même.

 

En vérité, il est inutile de se charger d’une telle besogne, puisque le réel s’en est déjà occupé. C’est pourquoi la réalité est ennemie de la République et qu’il importe pour la République de lui substituer un système républicain de représentation de la réalité. C’est la mission assignée aux médias, à l’université, au discours politique, à la publicité… : fabriquer un réel de métissages qui cadre avec l’idéologie dominante et le politiquement correct. Néanmoins, l’écart entre le « réel » républicain (voyez la télévision) et le vécu de la société melting-pot étant pour le moins abyssal (Sid Ahmed Ghlam si tu m’entends…), il n’est pas possible pour le système républicain de nier l’intégralité des problèmes rencontrés par le « vivre ensemble ». Dès lors, la République se trouve dans l’obligation soit de remettre en cause ses principes et son crédo fondateur (« nous nous sommes trompés, nos valeurs universelles ne sont ni universellement acceptables, ni universellement acceptées »), soit d’imputer à un tiers les difficultés rencontrées par ce « vivre ensemble ». Dans les années 1880, les républicains, toute honte bue, avaient imputé aux Juifs la persistance d’une nation juive, donnant ainsi naissance à l’antisémitisme moderne. Dans les années 1970-1980, ils vont sans vergogne imputer aux Autochtones européens de France, l’échec des politiques d’intégration. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la République, véritable ventre d’une bête immonde, allait accoucher de l’antijaphétisme comme elle avait produit l’antisémitisme.

 

L’antijaphétisme se présente comme un système d’avilissement du peuple autochtone, avec en ligne de mire la volonté implicite d’imputer à ce peuple les échecs du modèle républicain. Par son discours, l’antijaphétisme imprègne les consciences d’une représentation avilissante de l’Autochtone et conduit celles-ci à considérer que l’autochtone est, par nature, celui qui empoisonne le « vivre ensemble », comme autrefois le Juif était celui qui empoisonnait les puits. En restant autant que faire ce peut dans le non dit, utilisant anecdotes édifiantes, falsification ou amplification de certains faits, jugements bien à propos, « indignations » sélectives, n’hésitant pas à verser dans l’explicite si nécessaire (« les Français sont racistes »), le système d’avilissement s’impose dans les esprits comme une description objective, et non comme un système pervers et raciste. En chacun, de manière inconsciente, la caricature dévalorisante de l’Autochtone devient la norme, la référence, l’image mentale correspondant à l’Autochtone. Dès lors, le jugement altéré par ce portrait déshumanisé peut accepter, contre les faits et les évidences, l’idée que l’échec du modèle républicain est tout entier imputable aux comportements inacceptables d’un groupe humain particulier. Le but du système d’avilissement n’est donc pas d’avilir : il est de modifier la perception des réalités de manière à manipuler le sens moral au bénéfice du régime politique en place.

 

Le système d’avilissement antijaphite a ainsi vocation à expliquer l’échec du projet républicain de « vivre ensemble ». C’est pourquoi ce système d’avilissement des Autochtones de France se structurera essentiellement autour des accusations de « racisme », de « xénophobie », d’islamophobie, d’antisémitisme… On associera les Autochtones aux « discriminations » diverses et variées (à l’emploi, au logement, à l’entrée de certains lieux…), aux multiples expressions de «l’intolérance », aux « ghettos » (fruits d’une « ségrégation insidieuse et multiforme »), aux « replis frileux » de toutes sortes, aux « stigmatisations insupportables »…. Ainsi le rapport sur le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie de la très républicaine Commission Nationale Consultative des droits de l’Homme (CNCDH , 09 avril 2015), comme les comptes rendus qui en sont faits dans les médias républicains (ici, à titre d’exemple le Nouvel Observateur), désignent clairement les victimes du racisme (les Noirs, les Juifs, les Arabes, les musulmans, les Roms, les Asiatiques) et pointent du doigt ceux qui, par définition, ne sont jamais victimes et toujours coupables : les « Français ». Chacun comprend immédiatement, nul besoin de le préciser tant notre conditionnement pavlovien est profond, que le « Français » en question n’est ni Noir, ni Arabe, ni Juif… : c’est un Français de souche (qui, confirmation de son origine autochtone, pense qu’il y a « trop d’immigrés en France »). L’expression « Français raciste » est un stimulus qui déclenche automatiquement, en chacun de nous, l’image mentale d’un Autochtone blanc. Le système d’avilissement qui manipule nos représentations nous a appris à associer quasi instinctivement le « racisme », donc la « haine », la « nausée » ou le « dégoût » (le lecteur trouvera de lui-même des dizaines d’autres qualificatifs habituellement employés par les belles âmes), à l’Autochtone blanc. Cette association dévalorisante, fruit d’un véritable lavage de cerveau, est destructrice de l’estime de soi. Elle domestique par la honte des milliers de jeunes Autochtones qui pour mieux laver cette tâche héréditaire indélébile manifestent la négation de soi à travers l’engagement tiers-mondiste, l’aide aux clandestins, ou un ethnomasochisme faisant reposer sur le « on » le fractionnement d’une société invivable.

 

Il est un fait que personne en République n’objecte que les Français de souche européenne sont des hommes comme les autres, ni plus, ni moins racistes que les autres hommes et que les stigmatiser en particulier relève donc du racisme le plus flagrant. Personne n’observe que les accabler revient à les extraire de l’humanité en général, à en faire des êtres « à part », moralement inférieurs et réduits à la malfaisance. Pourtant, affirmer péremptoirement que « Les Français sont racistes » n’est-il pas interdit par une loi qui punit les propos diffamatoires en raison de la nationalité, de la race ou de l’ethnie ?

 

Dissocier l’Autochtone européen du reste de l’humanité présente néanmoins un intérêt certain pour les républicains. En effet, si l’homme en général est « raciste », si « l’Homme » manifeste universellement une volonté de vivre au milieu de ses semblables en origine, culture ou religion, plutôt qu’avec des étrangers, alors il faut admettre que le projet républicain de faire « vivre ensemble » des « dissemblables » est anthropologiquement absurde. Mais, si cette inclinaison n’est pas universelle mais propre à un groupe humain seulement, alors elle devient une anomalie malsaine… et le projet du « vivre ensemble » universel devient anthropologiquement valide, pour peu que l’on fasse disparaître cette anomalie. C’est pourquoi les républicains admettent si difficilement l’universalité du comportement raciste et répugnent à reconnaître le racisme anti-blanc. La stigmatisation du peuple autochtone de France est donc nécessaire à la République : c’est une manière de signifier que son projet est anthropologiquement viable. Le dogme selon lequel la République sait faire des mélanges que l’Histoire nous montre explosifs, ne doit jamais être remis en cause. Pour la République, cela est vital.

 

En République, l’antijaphétisme prend l’apparence d’un racisme officiel, d’un racisme d’Etat. Le CNCDH, organisme de la République, qui dans son sondage pose des questions sur la perception des immigrés par les « Français » cible à l’évidence le groupe autochtone qu’il s’agit de stigmatiser. Les médias républicains qui rapportent que ce groupe est « lourdement raciste » donne corps à cet avilissement abject. La justice républicaine qui ne réagit pas à ces propos odieux participe de cette représentation avilissante ainsi que la HALDE ou autre « Défenseur des droits ». Et que dire des ligues antiracistes républicaines qui étonnamment ne voient pas matière à procès, de l’Assemblée nationale et du Sénat qui ne jugent pas opportun de légiférer, de toute cette nomenklatura républicaine dont le silence est assourdissant, de ces « autorité morales » et de ces commentateurs politiques qu’on a connu plus prompts à s’indigner ?

 

Toute l’opération consiste à alimenter une rhétorique qui diabolise l’Autochtone européen. Cela est indispensable au régime et tout le système doit y participer : le juge, l’instituteur, le journaliste, le politicien, l’universitaire, la star de télé réalité, le PDG du CAC 40... Il faut réécrire l’Histoire pour montrer l’atavisme de certains comportements xénophobes, il faut imposer des « devoirs de mémoire » pour que l’Autochtone n’oublie jamais sa malfaisance innée, il faut diaboliser les partis politiques dans lesquels l’Autochtone pourrait se reconnaître, il faut persuader que le racisme et la xénophobie sont depuis des temps immémoriaux dans la nature de l’Autochtone européen (voyez la colonisation !). Et pour bien montrer le caractère immuable de cette nature malfaisante on édicte à grand bruit des lois mémorielles et des lois antiracistes qu’on espère en capacité de lui faire barrage. Mais contenir la nature perverse de l’Autochtone européen ne suffit pas : il faut aussi la surveiller, la mesurer régulièrement pour qu’elle ne franchisse pas les digues. Des organismes républicains plus ou moins barbouzes sont institués pour « tester » et « sonder » régulièrement l’indice de tolérance de l’Autochtone, on institue des « compagnies de vigilants » (Badinter), des CNCDH, des HALDE, on subventionne des associations qui font procès aux déviants, on nomme des juges qui condamnent pour l’exemple et on paie des journalistes pour le faire savoir. Il faut infantiliser le « Blanc », lui faire battre régulièrement sa coulpe, lui mettre le nez dans son Auschwitz et dans son Sétif, l’humilier et lui faire honte de ce qu’il fut, et de ce qu’il est. Et puis, lorsqu’il sera accablé par la honte, lui faire reconnaître, dans une sorte d’autocritique à l’échelle d’un peuple, sa culpabilité historique dans le naufrage du Titanic républicain, cette société Frankenstein fruit de la démesure et de la bêtise. Quand l’Autochtone européen aura absout et se sera renié, il réintégrera humblement l’humanité, acceptera avec joie la « mixité sociale », cet « enrichissement » extraordinaire que la loi doit bizarrement lui imposer, et il s’adonnera enfin au « vivre ensemble » dans un paradis métissé : le meilleur des mondes.

 

On aura compris que la doctrine du « vivre ensemble », et avec elle la validité de l’universalisme républicain, véritable clé de voûte de la République issue de 1789, est bien au centre de la problématique. Tous le système d‘avilissement des Autochtones mis en place en France depuis les années 1970 a pour seul objectif d’expliquer les difficultés du « vivre ensemble » et les échecs des politiques d’intégration. Le racisme des Autochtones peut tout expliquer : les difficultés d’insertion des étrangers, leur plus grande peine à trouver un logement ou du travail, leur relégation dans des « ghettos », leur sous représentation dans les médias, l’échec scolaire de leurs enfants, leur compréhensible radicalisation, la révolte des banlieues… Pour le système, le modèle de société imaginé par 1789 n’est pas à remettre en cause. Le caractère universel des « valeurs » républicaines est toujours valide : grâce à ces « valeurs », les hommes peuvent vivre ensemble quelle que soit leur origine ou leur religion. Si ça ne marche pas, il faut donc chercher ailleurs, du côté du racisme qui « exclut » les étrangers de la société française, qui les pénalise, leur donne un sentiment de rejet et les conduit à refuser en bloc les valeurs de la République et l’intégration. Les Autochtones européens, ces Français du « repli sur soi », de la « France frileuse », de la «France rance » opposés à la « France de la diversité », la « France ouverte », la « France généreuse », sont les responsables tout désignés de l’échec du « vivre ensemble » et du modèle de société proposé par la république. Derrière la stigmatisation des Autochtones, il y a la justification implicite d’un système anthropologiquement faux et depuis longtemps récusé par le réel.

 

L’antijaphétisme n’est donc pas un racisme ordinaire. C’est avant tout une idéologie, une grille de lecture du social, un système dont la prouesse consiste à expliquer l’explosion d’un produit instable sans mentionner les calculs fantaisistes du chimiste amateur. Les lois mémorielles, les lois antiracistes, les lois sur la mixité sociale, les propositions de discrimination positive, les discussions sur le CV anonyme… ont toutes explicitement pour objectif « l’intégration » et le « vivre ensemble », désignent toutes implicitement l’Autochtone européen comme bouc émissaire des échecs de cette intégration et de ce « vivre ensemble ». Aucune ne pose la question de l’inadéquation du projet avec les réalités anthropologiques.

 

La République a besoin de l’antijaphétisme pour survivre. Le racisme institutionnalisé est la condition de sa légitimité et de l’acceptabilité de son projet universaliste. C’est pourquoi ce racisme s’exprime sans retenue dans les médias, dans les jugements des tribunaux, dans les discours politiques, à l’école, dans les livres d’histoire… La stigmatisation récurrente des Autochtones (« les Français », « les Blancs »…) est raciste selon la loi mais participent de cet antijaphétisme institutionnel et politiquement correct, ce qui la rend juridiquement non condamnable.

 

La République ne pourra donc jamais dénoncer l’antijaphétisme. Le fait qu’elle refuse de reconnaître les « Français de souche », les « Blancs » ou le peuple des Autochtones européens de France (de "race blanche". Nadine Morano. NdCR.) qu’elle avilit pourtant ouvertement, prouve sa volonté de persister dans ce racisme systématique : si les fils de Japhet n’existent pas l’antijaphétisme n’existe pas, et l’on ne récuse pas ce qui n’existe pas.

 

La République est un monstre froid dénué de tête, au fonctionnement mécanique basé sur la délation réciproque et l’exécution sociale et politique de celui qui doute du modèle républicain de société. Un fils de Japhet voulant « entrer en République » devra se renier et se dissocier tôt ou tard de son peuple diabolisé (Ex: Marine Le Pen qui coupe la tête à son père, ou Nadine Morano à qui on reproche d'être encore trop proche du peuple autochtone. NdCR.). Celui qui espère en des élections victorieuses pour orienter différemment cette société et mettre fin au système d’avilissement doit donc s’attendre à de grosses désillusions. Sans compter que les idéaux universalistes de la Révolution ont infecté tout l’Occident, avec les mêmes conséquences. Le problème du fractionnement des sociétés hétérogènes et de l’antijaphétisme qui en découle est devenu continental. Pourra-t-on se passer d’une solution à l’échelle du continent ?

 

Antonin Campana

 

Source

Repost 0