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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 15:24

La Révolution périra, car elle est un attentat sur les peuples encore plus que sur les gouvernements, car elle est conjurée contre les droits des nations beaucoup plus qu'en faveur des droits de l'homme.

Mallet du Pan, Considérations sur la nature de la Révolution française, 1793, rééd. Editions du Trident, Paris 2007, p. 120.

L'Oligarchie qui tient le pays depuis 1791 ne se laissera pas dessaisir de son pouvoir sans nous faire une guerre sans pitié à l'intérieur et à l'extérieur comme en 1792-1794. Le meilleur moyen de l'achever est de cesser d'alimenter la haine instituée, haine portée par la soit-disant "république" révolutionnaire. Une république qui divise les Français à chaque élection avec son "front républicain".

C'est cette vérité qu'il s'agit de mettre en évidence, en exposant aux Français que leur salut, inséparable de celui de l'Europe et du reste du monde, passe par une réappropriation des droits et des principes qui leur ont été volés en 1789.

 

Sous prétexte de "Souveraineté nationale", c'est une école du meurtre et du mensonge qui nous a volé notre souveraineté politique et notre pouvoir. Reprenons-les !

 

Il reste à convaincre les Participants, c'est-à-dire ceux qui pensent encore - malgré tous les signes contraires - que le vote peut "changer les choses" (sic), en leur disant deux choses :

 

1/ Dans l'histoire depuis 1791, ce vote qui a été mis en place par une Secte fanatique pour déposséder les Français de leur pouvoir politique. Ceci est vérifiable. C'est un fait historique. Dès lors, le vote mis en place dans les institutions partisanes n'a servi à rien, il n'a jamais été ni pris en compte ni respecté par ceux-là même qui les avaient dépossédés, si ce n'est à faire perdurer un système de meurtres, l'"école du meurtre et de barbarie" (E. Burke) Il est temps de se réveiller..

 

2/ En plus de couler la France depuis deux siècles et de déposséder les Français de leurs droits et de leur pouvoir, les Participants divisent les Français (diviser pour régner est le principe machiavélique moderne qui a été mis en place dès la Première République en 1792), renforcent la lutte incessante des partis entre eux, et donc renforcent le mal d'une haine instituée.

 

Solution : en cessant d'alimenter la haine, on cesse d'alimenter le moteur de la Révolution qui tombe en panne.

 

Le soit-disant "Contrat social", la soit-disant "Volonté générale" qui s'exprimerait librement dans les urnes, est une illusion. C'est un mensonge de dire qu'on peut changer les choses dans un système où droite et gauche sortent toutes les deux du même athanor matérialiste.

 

Nous appelons donc à ne plus voter. Et c'est là qu'intervient la logique :

 

En ne votant plus, contrairement à ce que disent les Participants, nous ne nous dessaisissons pas de notre droit civique, au contraire nous nous le réapproprions ! Et nous nous le réapproprions à notre volonté. Nous réaffirmons notre Souveraineté individuelle et notre Libre arbitre.

 

Faisons oeuvre de pédagogie. Ils nous disent "nos ancêtres se sont battus" pour le droit de vote... Répondons-leur : Non, nos ancêtres se sont battus pour la France. Ils ne se sont pas battus pour un "droit de vote" usurpé. Selon les historiens en effet, il y avait plus de démocratie avant 1789 qu'après.

 

L'abstention devient un geste éclatant de protestation et d'affirmation politique.

 

Un Comte de Chambord l'avait compris après avoir soutenu et bien cerné le suffrage universel tout au long du XIXe siècle.

 

La république c'est le règne des partis. Aucune responsabilité, retour en arrière tous les cinq ans.

 

L'abstention est l'étendard de la Résistance

 

L'abstention est l'étendard d'une France où le Politique n'a pas la capacité de changer la civilisation à sa guise sans mandat du peuple pour cela, une France où la loi appartient aux Français et non à une minorité sectaire, encore moins à des multinationales et des intérêts privés où libéralisme économique et libéralisme libertaire se rejoignent dans un même nihilisme.

 

"Nul Etat, nul souverain, nul peuple n'a la prérogative d'attaquer par ses institutions l'ordre nécessaire de la société et la justice universelle." (Mallet du Pan, Considérations sur la nature de la Révolution française, 1793, rééd. Editions du Trident, Paris 2007, p. 121.)

 

Lire : Les libertés et l'égalité : des principes monarchiques millénaires dévoyés ou le bilan effroyable de la République "française"

 

François Hollande élu par une minorité, moins de 50% des Français inscrits

Ce qu'il faudrait à ce pays, c'est un roi.

Charles de Gaulle in J.-R. Tournoux, Pétain et de Gaulle, p. 495, cité in Georgette Elgey, La République des Illusions 1945-1951 ou la Vie secrète de la IVe république, Les Grandes Etudes contemporaines, Fayard, Rennes 1965, p. 92

"Ce qu'il faudrait à ce pays, c'est un roi" (Charles de Gaulle). Ils nous ont volé notre Souveraineté, reprenons-la !

"Ce qu'il faudrait à ce pays, c'est un roi."

 

Ecoeuré par le régime des partis, Charles de Gaulle a prononcé cette phrase dans une confidence à son ministre de la Population de 1945 à 1946, Robert Prigent, dimanche 20 janvier 1946, à Neuilly, où le général passait le reste de la journée en famille pour rédiger sa lettre de démission du Gouvernement provisoire.

 

Il considérait sa "mission" "terminée", la "tâche" qu'il s'était assignée, "accomplie", et le régime exclusif des partis" étant "reparu", selon les termes de sa déclaration à ses ministres dimanche matin 20 janvier 1946, au ministère de la Défense nationale, rue St Dominique, il lui fallait se retirer.

 

De Gaulle quitta la salle, serra la main de ses collaborateurs et s'en alla.

 

Depuis Neuilly, plus tard en ce 20 janvier 1946, la lettre de démission du Général indiquait :

 

"Depuis le jour même où j'ai assumé la charge de diriger le pays vers sa libération, sa victoire et sa souveraineté, j'ai considéré que ma tâche devrait prendre fin lorsque serait réunie la représentation nationale et que les partis politiques se trouveraient ainsi en mesure d'assumer leurs responsabilités.

 

Si j'ai accepté de demeurer à la tête du gouvernement après le 13 novembre 1945, c'était à la fois pour répondre à l'appel unanime de l'Assemblée nationale constituante m'avait adressé et pour ménager une transition nécessaire. Cette transition est aujourd'hui réalisée." (Georgette Elgey, La République des Illusions 1945-1951 ou la Vie secrète de la IVe république, Les Grandes Etudes contemporaines, Fayard, Rennes 1965, p. 91.)

 

Apès la démission de Charles de Gaulle, l'Assemblée nationale libérée, retomba dans ses travers.

 

La suite, vous la connaissez.

 

Georgette Elgey précise que :

 

"M. Malraux regrette que la lettre ne soit pas plus sévère, qu'elle n'aborde pas le fond du problème: l'attitude des partis. Il insiste pour que de Gaulle s'adresse aux Français le lendemain à la radio." (ibid., p. 91.) Ce qu'il ne fit pas.

 

Achevons la Libération nationale de 1945. Restaurons la royauté, la vraie république, selon les voeux du Général de Gaulle.

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 13:08

L'économiste Charles Gave avertit : "un groupe mafieux criminel a pris le pouvoir aux Etats-Unis." Qui s'en soucie en France ? Personne. En attendant, les contribuables payent.

Un groupe mafieux (criminel) a pris le pouvoir aux Etats-Unis - Charles Gave. Qui s'en soucie ?
Un groupe mafieux (criminel) a pris le pouvoir aux Etats-Unis - Charles Gave. Qui s'en soucie ?

Extrait :

 

"Nous avons eu la crise financière la plus importante de l'histoire, depuis les années 30. Et aucun de ces gars-là n'a été en prison.

 

... Il y a un homme qui a cherché à avoir un petit déjeuner avec moi, il y a trois quatre ans, qui s'appelaient Thomas Hoenig, qui était le chairman de la réserve fédérale de Kansas City, qui a voté huit fois contre son chairman Bernanke. Et il m'a dit - on a sympathisé -, Charles, il faut que je te dise quelque chose, tu m'es sympathique :

 

'Depuis la fin des années Clinton, il y a une ploutocratie qui a pris le contrôle des Etats-Unis avec les trois grandes banques que tout le monde connaît. Et cette ploutocratie gère la masse monétaire au profit de cette ploutocratie. Et la grande question est comment, nous Américains, allons-nous récupérer notre démocratie ?'

 

Donc, nous avons aujourd'hui une mafia qui a pris le pouvoir. C'est une mafia qui est quasiment criminelle. Et il ne nous manque que le courage politique."

 

A la question "cette ploutocratie qui finance les présidentiables aux Etats-Unis a mis la main sur la démocratie ?", Charles Gave a répondu :

 

"Sur la banque centrale. Regardez simplement les nomminés de la Banque centrale. Qui est banquier central dans le monde aujourd'hui ? Ils sont tous passés à un moment ou un autre par cette ploutocratie. Je dirais que tous les banquiers centraux sont passés par Goldman Sachs. Tous. Il n'y en a pas un qui ne soit pas passé par Goldman Sachs.

 

Il y a aussi autre chose qui m'inquiète s'agissant des Etats-Unis, et Dieu sait que j'ai été un soutien des Etats-Unis pendant très très longtemps et je le suis encore, c'est l'extra-territorialisation du droit américain. Les Américains ont décidé qu'ils pouvaient aujourd'hui appliquer leur droit en dehors de chez eux. Ce qui est une perte de souveraineté inimaginable pour les autres pays. On l'a très bien vu dans l'affaire de la BNP (sanctions financièeres imposées. Ndlr.). Ce qui est un abus de pouvoir, et à terme met en danger le dollar."

http://www.leparisien.fr/economie/bnp-paribas-le-montant-de-l-amende-fixe-ce-lundi-soir-30-06-2014-3964657.php

http://www.leparisien.fr/economie/bnp-paribas-le-montant-de-l-amende-fixe-ce-lundi-soir-30-06-2014-3964657.php

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 12:46
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015/12/03/20002-20151203ARTFIG00073-le-taux-de-chomage-en-france-au-plus-haut-depuis8230-1997.php

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015/12/03/20002-20151203ARTFIG00073-le-taux-de-chomage-en-france-au-plus-haut-depuis8230-1997.php

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Publié par Ingomer - dans Economie
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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 06:45

Le Libre Journal de Serge de Beketch (12 décembre 2001)

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 17:21

Philippe de Villiers était hier, en début de soirée, l'invité du Clercle de Flore :

Le son dans la video est à partir de la 2e minute.

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 13:06
Source: http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/citations/2015/12/02/25002-20151202ARTFIG00101-marion-marechal-le-pen-qui-n-a-pas-vibre-au-sacre-de-reims-n-est-pas-vraiment-francais.php

Source: http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/citations/2015/12/02/25002-20151202ARTFIG00101-marion-marechal-le-pen-qui-n-a-pas-vibre-au-sacre-de-reims-n-est-pas-vraiment-francais.php

«Qui n'a pas vibré au sacre de Reims et à la fête de la Fédération n'est pas vraiment Français», a lancé la députée du Vaucluse, Marion Maréchal Le Pen, mardi soir à Toulon.

 

Pendant plusieurs siècles, les rois de France ont été sacrés dans la cathédrale de Reims, symbole de l'alliance entre le pouvoir royal et l'Eglise catholique. La fête de la Fédération (1790) est elle un symbole républicain, la célébration du premier anniversaire de la prise de la Bastille.

 

Un peu de cohérence ferait du bien. Faut-il aussi vibrer de joie à l’évocation du 21 janvier 1793, date de la décapitation de Louis XVI ?

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 12:31

On connaissait la faute de mauvais goût de François Hollande pavoisant les fenêtres en plein "deuil national", voici le dîner 3 étoiles en plein "état d'urgence" :
 

Les présidents américain et français Barack Obama et François Hollande se sont retrouvés lundi soir pour un dîner dans un grand restaurant parisien de la place des Vosges, après avoir participé à l'ouverture de la COP21. A l'issue d'une longue journée au Bourget, où plus de 150 chefs d'État et de gouvernement ont donné le coup d'envoi des travaux de la conférence internationale sur le climat, les deux dirigeants se sont donné rendez-vous dans le cadre feutré de L'Ambroisie, un trois étoiles tenu par les chefs Mathieu et Bernard Pacaud, qui n'ont été prévenus que la veille de la présence de leurs hôtes, et installé depuis 1986 au coeur du quartier du Marais.

François Hollande a accueilli son hôte vers 20H10 à l'entrée de l'établissement. Lumière tamisée, murs lambrissés couverts de tapisseries anciennes, les deux chefs d'État se sont assis face à face dans un salon du restaurant, entourés de 12 convives, parmi lesquels le Premier ministre Manuel Valls à la droite de Barack Obama et le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, à celle de François Hollande.

Les chefs d'Etat ont débuté leur dîner par une île flottante accompagnée d'une émulsion au cèpe. Le repas s'est ensuite poursuivi avec un poisson sauvage de Bretagne aromatisé au romarin et servi avec des pommes de terre confites de Noirmoutier nappées de jus de crustacés. La France est encore une fois mise à l'honneur avec un plateau de fromages composé, entre autre, de roquefort, de brie de Meaux ou de cabri du Poitou. Enfin pour finir, le président américain a eu le droit à une note sucrée avec une spécialité du chef: une tarte fine sablée au cacao servie avec une crème glacée à la vanille bourbon.

Pour parfaire ce menu made in France, les présidents ont pu déguster du Bourgogne blanc, du Bordeaux rouge et du vin de Banyuls.

Source: http://www.lepoint.fr/politique/diner-obama-hollande-dans-un-grand-restaurant-parisien-01-12-2015-1986129_20.php

Source: http://www.lepoint.fr/politique/diner-obama-hollande-dans-un-grand-restaurant-parisien-01-12-2015-1986129_20.php

Source: http://www.leparisien.fr/societe/cop21-francois-hollande-et-barack-obama-dineront-a-l-ambroisie-30-11-2015-5327223.php

Source: http://www.leparisien.fr/societe/cop21-francois-hollande-et-barack-obama-dineront-a-l-ambroisie-30-11-2015-5327223.php

Source: http://www.bfmtv.com/politique/diner-obama-hollande-dans-un-grand-restaurant-parisien-933142.html

Source: http://www.bfmtv.com/politique/diner-obama-hollande-dans-un-grand-restaurant-parisien-933142.html

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 09:24

Le professeur Roberto de Mattei nous alerte sur les évènements actuels dans l'Eglise et le monde, par le biais d'une parabole tirée de l'Histoire, le Sac de Rome par les troupes de Charles-Quint, en 1527.

Le sac de Rome, gravure de Martin van Heemskerck (1527).

Le sac de Rome, gravure de Martin van Heemskerck (1527).

Le Professeur Roberto de Mattei a écrit un article "Le Sac de Rome. Un châtiment miséricordieux" et qui a été traduit et publié par le site "Benoît-et-moi".

 

"Dans son dernier billet, Roberto de Mattei nous alerte sur les évènements actuels dans l'Église et le monde, par le biais d'une parabole tirée de l'Histoire, le Sac de Rome par les troupes de Charles-Quint, en 1527. Et il ne craint pas de parler de "châtiment divin".

J'ai personnellement été frappé de voir qu'avant les terribles événements du sac de Rome de 1527, "il y avait eu des avertissements comme, par exemple, un éclair de foudre tombé sur le Vatican".

Bien qu'il soit difficile de donner l'interprétation exacte d'un tel phénomène, nous sommes en droit de penser qu'il s'agit là d'un signe annonciateur de grands troubles et de la colère qui vient.

Voici donc le texte du Professeur de Mattei :



Le sac de Rome. Un châtiment miséricordieux

1er décembre 2015

"L'Eglise vit une époque d'égarement doctrinal et moral. Le schisme a explosé en Allemagne, mais le pape ne semble pas réaliser l'ampleur de la tragédie. Un groupe de cardinaux et d'évêques a préconisé la nécessité d'un accord avec les hérétiques. Comme il arrive toujours dans les pires heures de l'histoire, les événements se succèdent très rapidement.

Le dimanche 5 mai 1527, une armée descendue de Lombardie atteignit le Janicule. L'empereur Charles-Quint, rendu furieux par l'alliance politique du pape Clément VII avec son adversaire, le roi de France François Ier, avait envoyé une armée contre la capitale de la chrétienté. Ce soir-là, le soleil se coucha pour la dernière fois sur la beauté éblouissante de la Rome de la Renaissance. Environ 20 mille hommes, italiens, espagnols et allemands, dont les mercenaires lansquenets, de confession luthérienne, se préparent à prendre d'assaut la ville éternelle. Leur commandant leur avait donné la permission de piller. Toute la nuit, la cloche du Capitole sonna à la volée pour appeler les Romains aux armes, mais il était trop tard pour improviser une défense efficace. A l'aube du 6 mai, à la faveur d'un épais brouillard, les lansquenets se ruèrent à l'assaut des murs, entre Sant'Onofrio al Janicolo et Santo Spirito in Sassia (deux églises romaines). Les gardes suisses se rassemblèrent autour de l'obélisque du Vatican, décidés à rester fidèle à leur serment jusqu'à la mort. Les dernier d'entre eux furent sacrifiée sur l'autel de la basilique Saint-Pierre. Leur résistance permit au pape de prendre la fuite, avec quelques cardinaux. A travers le Passetto del Borgo, un passage reliant le Vatican au Chateau Saint-Ange, Clément atteignit la forteresse, seul rempart resté contre l'ennemi. Du haut des gradins le pape assista au terrible carnage commencé avec le massacre de ceux qui avaient afflué vers les portes du château pour trouver un abri, tandis que les malade de l'hôpital Santo Spirito in Sassia étaient truicidés à coups de lance et d'épée .

La licence illimitée de voler et de tuer dura huit jours et l'occupation de la ville, neuf mois. «L'enfer n'est rien en comparaison de l'aspect qu'a maintenant Rome», lit-on dans un rapport vénitien du 10 mai 1527, repoduit par Ludwig von Pastor.

Les religieux furent les principales victimes de la fureur des lansquenets. Les palais des cardinaux furent pillés, les églises profanées, des prêtres et des moines tués ou faits esclaves, les religieuses violées et vendues sur les marchés. On vit des parodies obscènes de cérémonies religieuses, des calices de messe utilisés pour s'enivrer parmi les blasphèmes, des hosties consacrées rôties dans des poêles et données en nourriture aux animaux, des tombeaux de saints violés, les têtes d'apôtres, comme celle de Saint André, utilisées pour jouer à la balle dans les rues. Un âne fut revêtu d'habits ecclésiastiques et conduit à l'autel d'une église. Le prêtre qui refusa de lui donner la communion fut mis en pièces. La ville fut outragée dans ses symboles religieux et dans ses souvenirs les plus sacrés.

Clément VII, de la famille des Médicis n'avait pas répondu à l'appel de son prédécesseur Adrien VI pour une réforme radicale de l'Eglise. Martin Luther répandait ses hérésies depuis dix ans, mais la Rome des Papes continuait à être immergée dans le relativisme et l'hédonisme. Les Romains, toutefois, n'étaient pas tous corrompus et efféminés, comme semble le croire l'historien Gregorovius. Ces nobles, tels Jules Vallati, Giambattista Savelli et Pierpaolo Tebaldi, qui, hissant une bannière avec l'enseigne "Pro Fide et Patria", opposèrent l'ultime résistance héroïque au Pont Sixte (pont sur le Tibre) ne l'étaient certes pas; pas non plus les élèves du Collège Capranica, qui accoururent et moururent au Pont Saint-Esprit pour défendre le pape en danger. A cette hécatombe l'institution ecclésiastique romaine doit le titre de "Almo". Clément VII se sauva et gouverna l'Église jusqu'en 1534, affrontant, après le schisme luthérien, celui anglican, mais avoir assisté sans pouvoir rien faire au pillage de la ville, fut pour lui plus dur que la mort elle-même.

Le 17 Octobre 1528, les troupes impériales abandonnèrent une ville en ruines. Un témoin oculaire, un Espagnol, nous offre un tableau terrifiant de la ville un mois après le sac: «A Rome, capitale de la chrétienté, aucune cloche ne sonne plus, aucune église n'est ouverte, on ne dit plus de messe, il n'y a plus ni dimanche ni jour de fête. Les riches boutiques des marchands servent d'écuries pour les chevaux, les plus splendides palais sont dévastés, de nombreuses maisons ont été incendiées, d'autres réduites en pièces, privées de portes et de fenêtres, les rues sont transformées en fumier. C'est l'horrible puanteur des cadavres: les hommes et les bêtes ont la même sépulture; dans les églises, j'ai vu des cadavres rongés par les chiens. Je ne trouve rien d'autre à comparer à cela, sauf la destruction de Jérusalem. Maintenant, je reconnais la justice de Dieu, qui n'oublie pas, même si elle vient tard. A Rome se commettaient ouvertement tous les péchés: sodomie, simonie, idolâtrie, hypocrisie, tromperie; c'est pourquoi nous ne pouvons pas croire que cela soit arrivé par hasard. Mais par la justice divine».

Le Pape Clément VII commanda à Michel-Ange le Jugement Dernier dans la Chapelle Sixtine comme pour immortaliser le drame que l'Église de Rome avait subi durant ces années,. Tous comprirent qu'il s'agissait d'un châtiment du Ciel. Il y avait eu des avertissements, comme [par exemple] un éclair de foudre tombé sur le Vatican et l'apparition d'un ermite, Brandano da Petroio, vénéré par les foules comme «le fou du Christ», et qui le jour du Jeudi Saint 1527, tandis que Clément VII bénissait la foule à Saint-Pierre, avait crié: «bâtard sodomite, pour tes péchés Rome sera détruite. Confesse toi et convertis toi, parce que dans 14 jours, la colère de Dieu s'abattra sur toi et sur la ville».

L'année précédente, fin août, les armées chrétiennes avaient été défaites par les Ottomans sur le champ de Mohács. Le roi de Hongrie Louis II Jagellon mourut dans la bataille et l'armée de Soliman le Magnifique occupa Buda. La vague islamique semblait inexorable en Europe.

Et pourtant, l'heure du châtiment fut, comme toujours, l'heure de la miséricorde. Les hommes d'église réalisèrent à quel point, follement, ils avaient poursuivi l'attrait du plaisir et de la puissance. Après le terrible sac, la ville changea profondément. La Rome jouisseuse de la Renaissance se transforma en la Rome austère et pénitente de la Contre-Réforme.

Parmi ceux qui souffrirent du Sac de Rome, figurait Gian Matteo Giberti, évêque de Vérone, mais qui résidait alors à Rome. Emprisonné par les assiégeants, il jura qu'il n'abandonnerait jamais sa résidence épiscopale, s'il était libéré. Il tint parole, retourna à Vérone et il se consacra avec toutes ses énergies à la réforme de son diocèse, jusqu'à sa mort en 1543. Saint-Charles Borromée, qui sera le modèle des évêques de la Réforme catholique s'inspirera de son exemple.

Etaient également à Rome Carlo Carafa et saint Gaétan de Thiene qui, en 1524, avaient fondé l'ordre des Théatins, un institut religieux raillé pour sa position doctrinale intransigeante et pour l'abandon à la divine Providence au point d'attendre l'aumône sans jamais la demander. Les deux co-fondateurs de l'ordre furent emprisonnés et torturés par les Lansquenets et échappèrent miraculeusement à la mort. Lorsque Carafa devint cardinal et président du premier tribunal de la Sainte Inquisition romaine et universelle, il voulut à ses côtés un autre saint, le père Michele Ghislieri, un dominicain. Les deux hommes, Carafa et Ghislieri, sous les noms de Paul IV et de Pie V, seront les deux papes par excellence de la Contre-Réforme catholique du XVIe siècle. Le Concile de Trente (1545-1563) et la victoire de Lépante contre les Turcs (1571) démontrèrent que, même dans les heures les plus sombres de l'histoire, avec l'aide de Dieu, la renaissance est possible:, mais aux origines de cette renaissance, il y avait eu le châtiment purificateur du Sac de Rome."

Source

via Le Forum catholique

Châtiment divin : un éclair avait frappé le Vatican
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Publié par Ingomer - dans Histoire
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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 06:59
Le fondamentalisme démocratique

Dans un paysage politique aux lignes incertaines, les cercles légitimistes œuvrent à faire connaître les principes de la monarchie traditionnelle. La pensée légitimiste est opposée à l'esprit de parti, d’essence révolutionnaire. En réalisant le bien commun par l’ordre, la stabilité et la continuité qu’elle procure, l’institution monarchique est seule à même d’assurer le redressement du pays. La restauration de la monarchie en France représente l’ambition de notre mouvement politique. Aujourd’hui, les règles de succession désignent Louis XX, l’aîné des capétiens, pour accéder au trône.

Pour les cercles légitimistes bretons, une unité doit se créer autour du roi pour instituer un régime en mesure d’assurer les conditions d’une large autonomie des peuples unis à la couronne.

La République nous invite à voter le 6 décembre. Il s’agira d’élire des conseillers pour les régions redessinées par un gouvernement minoritaire.

Treize régions vont se substituer aux 22 régions métropolitaines actuelles. A-t-on demandé aux peuples de France de se prononcer sur ce découpage ? Non.

On a voulu, dit-on, « redonner sens et cohérence à l’administration territoriale de l’État ». Il fallait créer des régions plus grandes, plus peuplées, capables de rivaliser avec les plus grandes régions européennes. C’est ainsi que Champenois, Ardennais, Lorrains et Alsaciens, se retrouvent dans une seule région sans nom, sans identité. Mais le fondamentalisme démocratique n’a que faire de l’avis des citoyens.

Dès le départ, la Révolution a amorcé un processus de déstabilisation et de guerre intérieure permanent. Elle n’est pas un facteur d’unité nationale puisqu’elle nie les traditions, les origines, et rejette une partie de la « nation ». De par ses institutions, les individus et les peuples sont progressivement dépossédés de leurs prérogatives politiques. Le peuple souverain n’est qu’un écran de fumée. Les communautés artificielles soumettent la personne à la tyrannie des partis. Face à un État tout-puissant, la démocratie égalitaire transforme l’individu en un numéro de sécurité sociale. La pensée révolutionnaire postule la rupture radicale avec le passé. Elle entend détruire les racines pour constituer un homme nouveau, un être plus proche du robot, plus soumis, meilleur esclave.

Quant à nous, légitimistes, nous nous référons à la plus ancienne doctrine politique, celle qui a fait la France. Le roi, dans ses ordonnances, parlait de « ses peuples » et, au moment du rattachement à la couronne de telle ou telle communauté, le souverain s’engageait à respecter ses libertés. Son rôle était celui d’un arbitre garant du bien commun général.

Entre la Cité et le citoyen, en vertu du principe de subsidiarité, les corps intermédiaires offrent à l’homme de réelles parcelles d’autorité. Ils concourent au bonheur de leurs membres et leur apportent protection, responsabilités, honneur et dignité dans le service du bien commun. Dans notre pays, trop longtemps soumis à la dictature jacobine, la décentralisation s’avèrera être une nécessité absolue pour la monarchie restaurée.

 

Pierre Bodin

 

Source

Democratie-Royale.org

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 06:42
Claude Bartolone veut remettre les chantiers de jeunesse à l’honneur

Nous voilà retombés dans un vieux classique : des guerres hasardeuses déclenchées par des andouilles de gauche et que perdront, comme toujours, mais avec un indéniable panache, des couillons de droite.

Et voilà que, par la grâce de Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale et candidat plus qu’hésitant en Île-de-France aux prochaines élections régionales, nous revient l’ancestral tropisme sécuritaire de la gauche, toujours prompte, de Georges Clemenceau à Jules Moch, à faire tirer la troupe sur les ouvriers grévistes et autres « classes sociales dangereuses ».

De quoi s’agit-il ? Simplement de rétablir un « service civil », censé remplacer le « service militaire », depuis longtemps aboli par cet autre radical-socialiste que fut Jacques Chirac. Évidemment, comme nous avons affaire à des libéraux et des libertaires, la nouvelle corvée sera laïque, gratuite et, surtout, obligatoire ; et, comme toujours, prise dans l’urgence, suite aux attentats de ce funeste vendredi 13 novembre.

Plus précisément, à en croire le principal intéressé : « Il sera d’une durée de six mois et concernera filles et garçons. » Chouette ! La parité sera respectée et l’honneur sauvé. Le programme ? « Un apprentissage des valeurs républicaines, des gestes de premiers secours, du permis de conduire, du BAFA (brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur), du brevet d’encadrement sportif… »

En d’autres termes, une colonie de vacances, ou revival pétainiste, façon Chantiers de jeunesse ; voilà qui n’aurait pas déplu à François Mitterrand qui, à l’instar de ses homologues socialistes d’alors, ne fut jamais gaulliste que de loin.

Remarquez, une autre camarade de Claude Bartolone, Ségolène Royal – dont le père ne fut pas non plus un bulldozer du genre progressiste, à l’instar de celui de son ex-compagnon, François Hollande – proposait, en 2007, pareil programme de retour à cette terre qui ne ment pas : jeunes délinquants pris en charge par l’armée, lits au carré et fanions tricolores aux fenêtres. Ou quand la lecture du Manuel des castors juniors en vient à remplacer celle du Capital

Le problème, comme toujours, est celui de ces mesures prises à la va-vite et dont on ne sait que trop bien qu’elles ne seront jamais appliquées, et réside généralement en leur éventuelle mise en œuvre. Ainsi imagine-t-on sans peine ce défilé de hipsters aux barbes taillées au carré, marchant main dans la main avec zyvas à capuches, suivies par des Versaillaises en col claudine et des cagoles de cités, « piercées » du nombril jusqu’au dernier et introuvable neurone.

Remarquez que le concept n’est pas si bête, on voit pareille assemblée dans les spectacles de Dieudonné. Si c’est pas du « vivre ensemble », ça ? Côté Parti socialiste, ça renaude, évidemment. On se sent pris de court, surtout que Valérie Pécresse proposait en gros semblable mesure, même si ayant participé à un gouvernement ayant considérablement réduit les effectifs des forces de l’ordre à portion congrue ; d’où le tangible malaise.

Heureusement, qu’il soit mis en œuvre ou pas, ce service militaire new look devrait enseigner, à coups de knout s’il le faut et parce qu’ils le valent bien, « les valeurs républicaines » à nos jeunes têtes plus ou moins blondes. « Valeurs républicaines » pour le moins floues, de fait… Espérer que des Femen apprennent à d’autres femmes qu’il vaut mieux marcher seins nus que la tête voilée ? Attendre que des salafistes parviennent à convaincre les fans d’AC/DC qu’écouter du rock ne fera que les transformer en porcs ou scolopendres dans une possible vie antérieure ?

Une fois de plus, nous voilà retombés dans un vieux classique : des guerres hasardeuses déclenchées par des andouilles de gauche et que perdront, comme toujours, mais avec un indéniable panache, des couillons de droite.

À force de se répéter, la vie est parfois lassante.

 

Nicolas Gauthier

 

Source: Claude Bartolone veut remettre les chantiers de jeunesse à l’honneur, Boulevard Voltaire, 01/12/2015

Pour rappel, dimanche 18 janvier 2015, face aux terroristes islamistes, Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale invité du Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro, a eu une idée géniale: il a prôné la « religion de la république » ! Il fallait y penser !

Claude Bartolone veut remettre les chantiers de jeunesse à l’honneur
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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 06:21

Quelle tristesse, les catholiques de Padoue (Italie) trahis par leur pasteur. La mentalité de dhimmi les guette : Mgr Claudio Cipolla, évêque de Padoue, répond à la question sur les chants de Noël interdits dans les écoles: "Un pas en arrière afin de maintenir la sérénité" :

Interrogé par un journaliste sur les chants de Noël interdits dans les écoles italiennes pour ne pas choquer les élèves musulmans, Mgr Cipolla, récemment nommé à la tête du diocèse de Padoue par le Pape François, a déclaré hier devant une télévision locale qu'il était prêt à revenir sur de nombreuses traditions chrétiennes, même les plus évidentes, "pour maintenir la paix avec nos frères musulmans".

 
Mgr Claudio Cipolla, évêque de Padoue, répondait à une question sur les chants de Noël interdits dans les écoles italiennes pour ne pas choquer les musulmans.
ilgiornale.it
 
Le comble c'est que le maire de Padoue, lui, a annoncé en retour qu'il allait organiser des contrôles dans les écoles pour s'assurer qu'il 'il y ait bien une crèche dans chaque classe et que Noël soit respecté.
 
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1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 13:29
"Guerre à l'extérieur et à l'intérieur" : Philippe de Villiers interpelle les "autorités spirituelles du pays"

La connaissance de notre passé pour une construction de notre avenir. Nous nous félicitons de voir nos idées se propager, tant il est vrai qu'une victoire politique ne viendra pas sans une victoire des idées, un regard lucide et réaliste, la fin des utopies et des idéologies.

 

Dans un entretien video avec "Radio Courtoisie", "Boulevard Voltaire", "Le Salon Beige", enregistré dimanche et publié lundi 30 novembre, après Dieudonné qui avait repris notre expression, Philippe de Villiers reprend à son tour l'expression d'une "guerre à l'extérieur" et d'une "guerre à l'intérieur" qui nous est faite, expression que j'avais employée en 2013 ici.

 

Il est vrai. Nous sommes en guerre, il est temps pour les cardinaux et les évêques de se réveiller et d'appréhender cette situation, sous peine de passer à côté de l'histoire.

 

Récemment, c'est Marion Maréchal Le Pen et Robert Ménard qui ont repris une autre de nos expressions, celle de "réarmement moral et spirituel", seul recours face aux "évènements".

 

 

Et dans ce nouvel entretien, Philippe de Villiers, a justement désigné ces "évènements" (à partir de la 57e minute) comme "nos nouveaux maîtres" :

 

"Des évènements qui se déroulent chez nous et qui sont nos nouveaux maîtres. C'est-à-dire qui nous obligent, qui obligent les Français qui étaient dans l'erreur, ou dans l'errance, à réfléchir autrement.

 

Et c'est là que je dis que l'acte de guerre du 13 novembre 2015 restera dans l'histoire de France, comme la première faute stratégique du califat parce qu'elle a réveillé et qu'elle va réveiller la jeunesse française", a expliqué Philippe de Villiers.

Dans cette émission qui s'est proposé d'analyser "comment on en est arrivé là", à partir de la 45e minute, Philippe de Villiers a fait une critique impitoyable du libéralisme économique et de l'Amérique, qu'il a qualifié de "fille difforme des Lumières." Il a expliqué que dans son livre, il prend un "fil rouge" qui "brûle la trame de la décivilisation française depuis mai 68" :

 

"Et ce fil, c'est quoi ? C'est la rencontre formidable, inouïe, inédite, inqualifiable, scandaleuse et criminelle, de ceux qui par intérêt, veulent créer un marché planétaire de masse, transformer les citoyens en consommateurs compulsifs, et qui donc, veulent abattre les nations, les états, les souverainetés, les frontières, et ceux qui, par idéologie, veulent fabriquer un homme nomade, désinstitué, désaffilié, sans sexe ni patrie, un homme déraciné. 

 

Et c'est cette grande machine que je décris à travers la Trilatérale, où en fait, Cohn-Bendit a un fils spirituel qui est Giscard. C'est lui (Cohn-Bendit) qui me l'a dit.

 

Voilà, Cohn-Bendit - Giscard, c'est-à-dire le libertaire, le libéral, no frontières, no limites. C'est cette conjonction-là qu'il faut faire sauter, vous voyez. Et beaucoup de gens croient au libéralisme économique sans frontière, et en même temps ils ne veulent pas du libéralisme sociétal. Mais vous aurez les deux, Madame, Monsieur ! Vous aurez les deux, parce que c'est la même chose. C'est la marchandisation du monde. Et c'est là que l'Amérique intervient, la fille difforme des Lumières. L'Amérique veut la marchandisation du monde, c'est-à-dire la marchandisation de la terre, du travail - marché low cost -, et du vivant. C'est aux Etats-Unis qu'est installée l'université du transhumanisme, l'idée d'une post-humanité qui permet à l'avortement de devenir une espèce de passeport de toutes les transgressions. Nous assistons, impuissants et lâches, à la déshumanisation progressive du monde par l'effacement planifié du visage de l'homme. C'est la marchandisation, c'est l'Amérique.

 

[...] La France doit être la France. La France est une nation qui n'a jamais accepté l'empire. Jamais.

 

Il y a eu toutes sortes de tentations impériales. La France n'a jamais accepté l'empire.

 

Et donc, pour la première fois nous acceptons l'empire : nous sommes sous clés américaines. Je me souviens très bien au moment de Maastricht Jacques Delors qui me disait, les yeux dans les yeux, monsieur de Villiers, 'comment vous pouvez être contre une défense européenne ? On aura enfin une armée européenne, une défense européenne. On voulait la CED et des gens comme vous s'y sont opposés; c'est pour cela qu'on a raté l'opération, mais cette fois-ci on va la réussir. On va enfin s'émanciper de l'Amérique.' Aujourd'hui, on voit bien que c'est l'OTAN qui commande.

 

La France doit penser à la France. Poutine, lui, il pense pour la Russie, c'est pour cela que c'est un grand chef d'état. Et la France ne pense plus pour la France, elle pense pour les 'droits de l'homme', elle pense pour le monde, elle pense pour le 'vivre ensemble', elle pense pour la COP 21, alors que la France ne contribue qu'à 1% du CO2 sur la planète. La France n'a pas mission de sauver le monde, mais de sauver la France, c'est déjà pas mal. [1]

 

Et pour la France, je dis ceci : la France et l'Europe n'ont pas à écrire leur avenir sur le continent américain : c'est une puissance déclinante. Les puissances d'avenir, c'est la Chine et l'Inde. Et quand Poutine me dit : 'je peux faire l'interface entre l'Ancien monde et le nouveau monde', l'Acien monde c'est l'Atlantique, le nouveau monde c'est le Pacifique. 'Servez-vous de moi. Je suis l'interface géographique. Je peux être l'interface diplomatique et historique, et économique et géostratégique.'

 

J'ai dit souvent et je le répète:

 

'Il y a trois différences entre Poutine et Obama. La première est qu'Obama veut une économie spéculative, qui va nous péter à la figure avec la bulle de savon de l'endettement, alors que Poutine veut une économie réelle.

 

La deuxième différence est qu'Obama veut un monde unipolaire, sous clés américaines, Poutine revendique un monde multipolaire, polycentrique.

 

Enfin, les uns veulent les femen, les autres ne les veulent pas. Et donc, on est naturellement du côté de la Russie. Il faut faire l'Europe des chrétientés charnelles. Donc l'Europe avec la Russie."

Philippe de Villers termine en s'adressant aux "autorités spirituelles du pays" :

 

57:50 "Je voudrais dire quand même quelque chose sur les autorités spirituelles quand même, parce qu'on est dimanche.

 

... Voilà en fait ce que moi je pense. C'est qu'en fait, l'épiscopat français et le Vatican, ont préconisé l'immigration systématique, au nom de l'accueil de l'autre.

 

Aujourd'hui, sans doute, il va falloir réviser cette position.

 

Accueil de l'autre. C'est l'idée que l'on installe l'islam chez nous. Et qu'on installe une république islamique, un européistan. Donc il va falloir réviser cela.

 

Ensuite, depuis un certain nombre d'années, on voit bras dessus bras dessous, les évêques et les imams, très souvent. Chaque évêque a son imam. Quand l'imam n'est pas au bras de Juppé, il est au bras de l'archevêque. Donc on se promène avec son imam sous les bras au nom du dialogue interreligieux. Il va falloir là aussi, regarder de plus près. Parce que les Français ne vont plus suivre là...

 

Et enfin, dernier point. J'ai beaucoup souffert d'une chose. Au moment de Maastricht, il y avait Mgr Rouet les évêques de l'Ouest, ils disaient 'celui-là ira en enfer', en parlant de moi. En enfer, tout simplement, parce que j'avais dit NON à Maastricht. Et Maastricht, c'était la parousie, la parousie monétaire, l'eurobéatitude, etc. Donc, là aussi, il va falloir réviser les positions ! L'européisme, sous prétexte d'une Madone, d'un drapeau européen avec les douze étoiles (de Marie. Ndlr.), il faut voir ce que c'est aujourd'hui. Aujourd'hui, c'est le LGBT. Je peux vous en parler, je l'ai vécu, je raconte tout cela dans mon livre. L'européisme, c'est la fin des frontières et la fin des patries.

 

Et qui nous réveillent ? Et bien, c'est monsieur Orban, c'est la Pologne, la Hongrie, la Tchéquie, la Slovaquie, qui nous disent : 'vous, vous avez fermé la porte à Dieu. Nous, nous ne voulons pas l'ouvrir à Allah!'

 

Et donc, en réalité, là, l'Europe est cassée en deux. Parce qu'il y a l'Europe laïcarde, l'Europe du vide. Les laïcards font le vide et les islamistes le remplissent ! Et puis de l'autre côté, il y a l'Europe des racines chrétiennes que l'Europe de l'Ouest a refusée.

 

Donc il va falloir sur tous ces sujets, sur le sujet de l'islam, sur l'idée de la nation, de la patrie, ne plus interdire aux jeunes chrétiens d'aimer leur patrie. Il ne faut plus leur dire 'il faut saver la planète'. Oui, mais sauvez la France d'abord ! Et puis sauver son voisinage. 

 

Et donc, il y a toute une révision à faire.

 

Alors, il y a des évêques qui partagent cette position, je leur rends hommage. 

 

Je pense que là aussi cela va basculer, parce que les nouveaux prêtres, j'en connais beaucoup, ils sont admirables, et eux, ils ne sont pas sur la position officielle de l'épiscopalement correct."

Un bémol au discours de Philippe de Villiers qui, d'abord sur Radio Courtoisie le 9 octobre dernier, puis dans un entretien à TV-Libertés le 22 octobre, rejoignant le point de vue des royalistes qui estiment qu'on ne pourra pas changer le système de l'intérieur par le vote, disait que "les élections ne servaient plus à rien", et dans un entretien pour Reinformation. Tv, disait qu'il ne reviendrait pas en politique parce que "c'est inutile" et que "de toute façons, on n'est pas dans une démocratie électorale mais dans une oligarchie", dit à présent qu'il votera aux Régionales (à partir de 1:04:55) :

 

"Si Marion Maréchal Le Pen était dans ma région, je serai content de voter pour elle."

 

Et (à 1:06:00) à la question "est-ce que Philippe de Villiers vote encore ?", il répond :

 

"Oui, oui. [...] Moi, de toutes façons, je ferai un vote souverainiste."

 

Il semble que Philippe de Villiers n'a donc pas pu exprimer toute sa pensée dans le cadre de cet entretien. Sans doute en effet, voulait-il dire que s'il est possible de peser sur une élection locale, comme les élections communales, départementales et régionales, les élections nationales, elles (élections législatives, présidentielles, et "européennes"), ne servent à rien pour changer quelque chose, tout y étant verrouillé par l'oligarchie parisienne. L'oligarchie s'arrangerait d'une manière ou d'une autre pour renverser le résultat des urnes, par la violence (dissolution des élections, coup d'état, etc.) si elle devaient perdre dans les urnes.

 

Nous trouvons regrettable la fin d'entretien, assez pénible à suivre pour Philippe de Villiers, où les journalistes présents de Radio Courtoisie, Boulevard Voltaire et du Salon Beige, s'auto-proclamant les "dissidents", croisent leur questions, et manifestement peu soucieux du salut de l'âme de leur prochain, font semblant de ne pas avoir compris le livre de Philippe de Villiers, et le pressent à rejoindre le système en y participant. Ce à quoi Philippe de Villers a répondu :

 

(1:09:05) "Je n'ai pas fait ce livre pour un..., j'ai fait un retour en librairie, voilà.

 

Mais je n'ai pas fait ce livre pour revenir en politique. Puisque je l'ai dit dit ici à cette antenne, je ne vais pas le répéter tous les jours. Donc, je n'ai aucune envie de revenir en politique. Mais j'ajoute, ce que j'avais dit à ce journaliste, que l'on ne peut jamais dire cela à 100%. Parce qu'il peut y avoir des circonstances qui, par définition, sont imprévisibles.

 

A la question répétée "est-ce que vous, vous auriez cet élan, cette envie d'y retourner (en politique) ?", Philippe de Villiers répond :

 

"Moi, je pense que déjà, il faut purger les tuyaux du système."

 

Nouvelle question (tirs croisés des journalistes) :

 

- "à la question "Robert ménard a dit, en vous regardant dans les yeux : Philippe de Villiers, on a besoin de toi maintenant. Vous n'avez pas vraiment répondu à son appel",

 

- "Non, mais cela ne marche pas comme cela. On n'est pas le sauveur comme cela. Qu'est-ce que cela veut dire ?"

 

- "Ha, mais non ! Pour participer"..., l'interrompt le journaliste. [qui tombe dans le piège du moyen mis en place par les forces occultes, la participation aux soit-disant "élections". Encore une fois, nous voyons ici que peu importe le résultat, ce qui compte c'est de "participer" et de voter. Même si cela fait deux siècles que l'on perd..., seul le vote et la participation comptent pour les participants. Sans doute les nommera-t-on ainsi dans le futur ? Les Participants ?]

 

"Laissons le temps agir, les esprits évoluer. ... Je suis un polytraumatisé de la politique. Je n'ai pas aimé la politique", est contraint de répondre Philippe de Villiers.

 

"Pourquoi ?, poursuit-il, parce qu'à force de croiser le mensonge, vous êtes contaminé !, vous avez l'âme blessée", a aussitôt répondu Philippe de Villiers, répétant ici ce qu'il avait déjà dit à TV-Libertés et à Reinformation.Tv, [2] et que les journalistes présents ne veulent manifestement pas comprendre.

 

- "Et apporter votre soutien à d'autres. Cela vous le feriez ?..."

 

- "Attendez, moi je ferai ce que l'intuition de mon devoir commande.

Donc, je ne sais pas ce que je ferai.

On verra, si je suis en état de peser sur l'élection présidentielle, d'une manière ou d'une autre, et si cela me paraît utile."

 

A la dernière question posée du journaliste de Radio Courtoisie "Un mot cher Philippe, sur non pas les consignes de vote, mais pour les jeunes et tous ceux qui dans une semaine et dans quinze jours sont appelés à faire changer et à redonner cette espérance à la France, quel message avez-vous envie de leur donner", Philippe de Villiers a résumé sa pensée :

 

"Retrouver la France et passer par dessus bord comme dans la révolte du Bounty les naufrageurs en cravatte !"

Notes

 

[1] Nous avons de dire qu'en se sauvant elle-même, la France sauvera le monde.

[2] Dans l'entretien à Tv-Libertés le 22 octobre 2015, Philippe de Villiers a expliqué : « (en faisant de la politique) on endure, on pense qu'on va changer les choses. On pense toujours qu'on va les changer de l'intérieur. Et puis après on se met à la marge et on croit qu'on va les changer de l'extérieur. Mais en réalité la machine tourne, elle vous broie. […] Chaque matin je me disais encore une fois 'ce soir je m'en vais'. Parce que c'est un univers où à force de croiser le mensonge, vous finissez par vous sentir contaminé. Et presque, vous êtes une sorte de mensonge ambulant par omission. Vous voyez ? Donc vous avez l'âme blessée. ... J'ai quitté mes mandats. La passion de la France ne m'a pas quitté. Je souffre comme vous de voir mon pays mourir. Qu'est-ce qui se passera ? Je n'en sais rien. Je n'ai pas envie de revenir en politique. Je pense qu'aujourd'hui on a changé de système, on est passé d'une démocratie à une oligarchie et que donc les élections ne servent plus à rien. [6] ... Les hommes politiques sont des clowns aujourd'hui, parce qu'ils font mine, ils mentent, le mentir vrai d'Aragon. Je pense que ce qu'il y a de plus utile à faire aujourd'hui - et c'est pour cela que j'ai fait ce livre -, c'est de s'adresser à la génération montante... Et donc à ces jeunes-là, je veux leur donner une mise en perspective. C'est cela mon livre. Un fil rouge de la trame du complot contre notre civilisation. Et donc si ce livre est une forme de samizdat qu'ils vont mettre sous la pèlerine, et qui va les déclencher pour sauver notre pays, et bien on aura oeuvrer de manière humble et féconde. »

 

Et dans l'entretien à Reinformation. Tv, Philippe de Villiers a également déclaré : « (Dans la politique système) à force de croiser le mensonge, vous finissez par vous sentir contaminé, dans le regard des gens, et vous finissez par avoir l'âme blessée. C'est-à-dire que vous êtes une sorte de mensonge ambulant par omission. »

"Guerre à l'extérieur et à l'intérieur" : Philippe de Villiers interpelle les "autorités spirituelles du pays"
"Guerre à l'extérieur et à l'intérieur" : Philippe de Villiers interpelle les "autorités spirituelles du pays"
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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 21:11

« Un exorciste extraordinaire me le disait le jour même des attentats: Si vous lui ouvrez la porte, il (le diable) se fait une joie d'entrer".» (Père Hervé Benoit, chapelain de la basilique de Fourvière) Source

Lettre ouverte d'Anne Brassié au Cardinal Barbarin

Lettre ouverte à Monseigneur Barbarin

 

Extrêmement peinée par votre punition infligée au Père Benoît je viens, Monseigneur, vous rappeler une ou deux vêrités et quelques raisons d’être ulcérée.

Votre miséricorde n’est réservé qu’à certains. Dommage .

 

Pleurer ne suffit pas il faut comprendre

 

Le Père Benoît , après avoir dit sa compassion pour les victimes, a simplement rappelé que le Diable existait et qu’il ne faisait pas bon l’inviter à diner ! Aucun concile n’a encore décidé de sa disparition des écrans….à ma connaissance.

Si ces jeunes n’en ont plus conscience c’est de votre faute. A force d’éliminer le vraie catéchisme et les vrais messagers de ce catéchisme pour le remplacer par une catéchèse à l’eau de rose le réel vous revient dans la face.

 

Si tant de jeunes se tournent vers l’Islam c’est qu’ils y ont trouvé des règles clairs . C’est de votre faute.

 

Si l’Eglise se fait marcher sur les pieds chaque matin que Dieu fait c’est que vous laissez insulter la loi naturelle, l’Evangile et ceux qui l’annoncent. C’est de votre faute.

Simone Veil a écrit que si les évêques avaient manifesté clairement leur opposition à sa loi elle ne serait pas passée !

Quelques mots sur le Père Benoît , c’est un lettré, un grand lecteur entre autre de Dante et de sa Divine Comédie. Tout le monde ne peut avoir pour références Marx et Jaurès. Lisez sa préface à un essai italien sur le poète démontrant la symbolique chrétienne du livre. Puis je vous en rappeler le sujet ? Dante décrit le long cheminement de son âme tombée en enfer, puis conduit vers le Purgatoire et enfin au Paradis. Les supplices infligés aux pécheurs sont proportionnels à leurs fautes.

 

Puis je vous rappeler quelques fautes graves, la luxure, la gourmandise, l’avarice, la colère, l’indifférence, la violence, le suicide, le blasphème, la sodomie, l’usure, l’hérésie. Le dernier cercle de l’enfer accueille les pires pécheurs, les traîtres. Les traîtres envers leurs parents, leur patrie, leurs hôtes. Ces derniers grelotteront sous la glace. (Le réchauffement climatique n’était pas de mise à l’époque!)

 

Difficile à comprendre évidemment pour un clergé qui chante à tue tête « Nous irons tous en paradis »

 

La société civile est redevenue barbare , les adultes comme leurs enfants sont redevenus des barbares et se comportent sans foi ni loi, en dehors de quelques îlots de civilisation chrétienne. Une société qui n’a plus de catéchisme est une société qui redevient sauvage … Prenez le temps de lire Jean Madiran. Il suppliait qu’on lui rende » l’Ecriture, le catéchisme et la messe. »

Le seul péché actuel pour l’Eglise de France c’est adhérer au Front national. Pour lui l’enfer existe, vous y jetez des millions de gens. Les seuls avec lesquels l’œcuménisme est interdit sont les prêtres de la tradition. Ils n’existent pas, leurs messes et leur presse vivent dans les catacombes. Ils y vivent bien d’ailleurs car les fidèles financent généreusement cette aile combattante de l’église. Le denier de l’église »officielle » rentre moins bien, j’ai ouï dire ! Les imans , les pasteurs et les rabbins ont droit à toute votre bienveillance et à votre respect . Plus question de les convertir.

 

Le seul péché aujourd’hui c’est de dire la vêrité . Moyennent quoi nous vivons dans le mensonge permanent et la jérémiade.

Je fais un rêve, moi aussi , celui de voir les fidèles, comme au premiers temps de l’Eglise, décider eux même qui sera évêque. Ainsi Saint Ambroise, Saint Augustin, Saint Martin, Saint Tropez et tant d’autres furent convaincus par leurs ouailles d’accepter la charge épiscopale. Cela vous a une autre allure que ces cooptations à la conférence des évèques sur le seul critère de compatibilité avec une République qui nous hait….

Nous sommes en guerre. Pour survivre il faut savoir être intelligent, pour convertir il faut être fier de soi et de son Dieu. Et éliminer ses chefs de guerre au milieu de la bataille c’est proprement suicidaire.

Très respectueusement Monseigneur.

Anne Brassié

 

 

Source

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 20:26

La reconnaissance publique que des terroristes ont pu "utiliser le cheminement des réfugiés" pour proposer un renforcement du "contrôle de nos frontières extérieures", les retournements de veste récents de Manuel Valls sur ce sujet, et le lendemain, de François Hollande, indique que "l'employé Hollande", face à la force des évènements, tente une sortie désespérée qui ne lui sera pas pardonnée par son employeur de l'ombre, écrivais-je il y a 4 jours. Quand la créature se retourne contre son créateur, en quelque sorte... C'est l'analyse précise de Boris Lay qui évoque la tentative du gouvernement de s'extraire du "pacte faustien avec des intérêts puissants et dangereux" liés au développement de l'Etat islamique :

 

Extrait:

 

"Hollande est en train d'essayer de se dégager d'une alliance, d'un pacte faustien avec des intérêts puissants et dangereux. Ils ont libéré le diable qui est le djihadisme politique, instrumenté par des intérêts aux Etats-Unis et en Angleterre et ailleurs.

 

Et maintenant, ils ne savent plus comment s'en débarrasser et ils vont être dévorés par leur propre créature.

 

Nous, nous l'avions dit, mais ces gens-là, ces politiciens, ces socialistes, et avant eux les sarkozistes sont des imbéciles et des ignorants, toujours victimes de leurs appétits pour le pouvoir et l'argent, sans aucune espèce de culture historique, et sans vision à long terme.

 

Maintenant nous sommes entrés dans une phase de guerre. Car ce qu'il s'est pasé en Turquie avec la destruction de l'appareil russe, c'est le début de l'extension de ce conflit, car la Russie va détruire définitivement la Turquie, avec des conséquences apocalyptiques."

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 15:55

En 1789, selon le mot de Camille Desmoulins, il n’y avait pas dix républicains avoués en France.

Jacques Bainville, Histoire de France

"Qu'un sang impur abreuve nos sillons"

En 1792, "les Brissotins (ou Girondins)  avaient voulu, en déclarant la guerre à l'Autriche (20 avril 1792), porter un coup fatal à la monarchie, en se réjouissant par avance de la défaite militaire de la France, qui établirait enfin la preuve de la "trahison du roi"... (P. Gueniffey, Histoire de la Révolution et de l'Empire, Perrin, Collection Tempus, Paris 2011, pages 176, 227 et 670).

 

La Révolution a déclaré la guerre à l'Europe en 1792. Cette guerre à l'extérieur (contre les européens) et à l'intérieur (contre les Français) s'est soldée chez nous par deux millions de morts. 

400 000 morts pour les guerres jusqu'en 1800;

un million pour les guerres napoléoniennes;  

600 000 pour les guerres intestines;

et l'échafaud pour mémoire.

Voilà nos deux millions de morts. » (René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 24-28).

 

Les révolutionnaires mythographes, ainsi que les historiens officiels, falsifient l'histoire et affirment que c'est l'Autriche qui a déclaré la guerre à la France.

 

Le révolutionnaire anglomane Brissot [1] écrivait lui-même aux généraux de sa Révolution:

 

"Il faut incendier les quatre coins de l'Europe, notre salut est là"

(Mallett du Pan, Considérations sur la nature de la Révolution, 1793, réed. Editions du Trident, Paris 2007, p. 75).

 

"Brissot s'est vanté solennellement d'avoir fait déclarer la guerre, pour avoir l'occasion au premier échec d'accuser le roi de collusion avec les ennemis, et de le précipiter du Trône." (Mallett du Pan, Considérations sur la nature de la Révolution française, 1793, rééd. Editions du Trident, Paris 2007, p. 68.)

 

Le 20 avril 1792, c'est l'"Assemblée nationale Législative" qui a déclaré la guerre à l'Autriche-Hongrie, sur la pression du parti qu'on appellera plus tard les "Girondins", et non le roi Louis XVI. Et ce alors même que les députés à l'Assemblée Législative n'avaient aucun pouvoir pour cela.

 

Aujourd'hui, la "Marseillaise" est devenue l'hymne de la soit-disant "république", qui n'est jamais que la chose privée de quelques-uns, les oligarques, responsables du Coup d'Etat révolutionnaire et de la guerre à l'Europe. Elle a été écrite en 1792 pour l'armée du Rhin à Strasbourg, à la suite de la déclaration de guerre de l'"Assemblée nationale Législative" à l'Autriche (20 avril 1792).

 

Les "républicains" révolutionnaires tentent désespérément à présent, à mesure que la vérité fait surface, de réhabiliter la "Marseillaise", dont les paroles appellent à verser un "sang impur", celui des "rois conjurés", "vils despotes", "despotes sanguinaires", "tigres", "tyrans" "perfides", et des "traîtres" (nobles, et en fait le sang de tous les Français favorables au roi qui seront massacrés en 1793) :

 

"Refrain :


Aux armes, citoyens,

Formez vos bataillons,

Marchons, marchons !

Qu'un sang impur

Abreuve nos sillons !

 

Couplet 2


Que veut cette horde d'esclaves,

De traîtres, de rois conjurés ?"

 

Premier couplet


Allons enfants de la Patrie,

Le jour de gloire est arrivé !

Contre nous de la tyrannie

L'étendard sanglant est levé, (bis)

Entendez-vous dans les campagnes

Mugir ces féroces soldats ?

Ils viennent jusque dans vos bras

Égorger vos fils, vos compagnes !

Refrain :


Aux armes, citoyens,

Formez vos bataillons,

Marchons, marchons !

Qu'un sang impur

Abreuve nos sillons !


Couplet 2


Que veut cette horde d'esclaves,

De traîtres, de rois conjurés ?

Pour qui ces ignobles entraves,

Ces fers dès longtemps préparés ? (bis)

Français, pour nous, ah ! quel outrage !

Quels transports il doit exciter !

C'est nous qu'on ose méditer

De rendre à l'antique esclavage !

Refrain


Couplet 3


Quoi ! des cohortes étrangères

Feraient la loi dans nos foyers !

Quoi ! ces phalanges mercenaires

Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis)

Grand Dieu ! par des mains enchaînées

Nos fronts sous le joug se ploieraient

De vils despotes deviendraient

Les maîtres de nos destinées !

Refrain


Couplet 4


Tremblez, tyrans et vous perfides

L'opprobre de tous les partis,

Tremblez ! vos projets parricides

Vont enfin recevoir leurs prix ! (bis)

Tout est soldat pour vous combattre,

S'ils tombent, nos jeunes héros,

La terre en produit de nouveaux,

Contre vous tout prêts à se battre !

Refrain


Couplet 5


Français, en guerriers magnanimes,

Portez ou retenez vos coups !

Épargnez ces tristes victimes,

À regret s'armant contre nous. (bis)

Mais ces despotes sanguinaires,

Mais ces complices de Bouillé,

Tous ces tigres qui, sans pitié,

Déchirent le sein de leur mère !

Refrain


Couplet 6


Amour sacré de la Patrie,

Conduis, soutiens nos bras vengeurs

Liberté, Liberté chérie,

Combats avec tes défenseurs ! (bis)

Sous nos drapeaux que la victoire

Accoure à tes mâles accents,

Que tes ennemis expirants

Voient ton triomphe et notre gloire !

Refrain

Couplet 7

(dit « couplet des enfants »)


Nous entrerons dans la carrière

Quand nos aînés n'y seront plus,

Nous y trouverons leur poussière

Et la trace de leurs vertus (bis)

Bien moins jaloux de leur survivre

Que de partager leur cercueil,

Nous aurons le sublime orgueil

De les venger ou de les suivre


(couplet pour les enfants 2e)


Enfants, que l'Honneur, la Patrie

Fassent l'objet de tous nos vœux !

Ayons toujours l'âme nourrie

Des feux qu'ils inspirent tous deux. (bis)

Soyons unis ! Tout est possible ;

Nos vils ennemis tomberont,

Alors les Français cesseront

De chanter ce refrain terrible :

Refrain

Le texte même de la "Marseillaisse" qui est devenu l'hymne de la soit-disant "république" indique que le sang qui doit abreuver "nos sillons" est celui des "traîtres" (les nobles) et des "rois conjurés".

 

 

Or, une interprétation totalement incohérente par rapport au texte, au contexte et la conduite de la guerre fleurit sous la plume des philanthropes. Cette nouvelle interprétation s'appuie sur la tirade du Gavroche (1862) d'un Victor Hugo républicain : "qu’un sang impur inonde les sillons ! Je donne mes jours pour la patrie".

 

 

 

Cette tirade est à l'origine d'une nouvelle interprétation qui tente de donner un sens admissible à la "Marseillaise" en éliminant ses caractères violents de guerre civile.

 

En prétendant que le "sang impur" qui doit abreuver "nos sillons" serait non plus le sang des "rois conjurés" et des "traîtres" (nobles) comme le précise le texte de la "Marseillaise" (2e couplet), mais celui des révolutionnaires eux-mêmes qui partiraient à la guerre en appelant à sacrifier leur sang "pour la Patrie", les soit-disant "républicains" falsifient l'histoire de la Révolution elle-même. Heureusement, l'historien sérieux aura gardé de côté les déclarations stupéfiantes des révolutionnaires eux-mêmes, pour rappeler aux soit-disant philanthropes d'aujourd'hui leurs crimes.

 

La guerre était seule en mesure d'"égaliser les têtes et régénérer les âmes". C'est le girondin Jacques-Pierre Brissot de Warville qui le dit dans son Discours du 16 décembre 1791 (cité in Lucien JAUME, Le Discours jacobin et la démocratie, Fayard, Saint-Amand-Montrond 1989, p. 71.).

 

On ne voit pas trop comment la régénération des âmes dont parle le Girondin viendrait du sacrifice des "patriotes" et non de la mort de la "race maudite" des "brigands" au "sang impur", selon les déclarations des révolutionnaires, eux-mêmes ?

 

Nous reproduirons ci-dessous quelques-unes de ces déclarations.

 

L'interprétation forcée du texte de l'hymne "républicain" met de côté le fait que Victor Hugo, lui-même républicain, a pu volontairement déplacer le sens premier du texte (sens violent inadmissible appelant à la guerre civile et à la violence...), afin précisément de soustraire la "Marseillaise" à la critique.

 

D'un point de vue logique, la "Marseillaise" étant un Chant de guerre, posons la question: quels soldat irait braver la mort, en chantant que son propre sang serait impur, et qu'il devrait couler ? Cela n'a pas de sens. Imaginez une armée, allant au front, la peur vissée au ventre, en chantant : "Que notre sang impur coule et abreuve nos tranchées" !

 

Cette pseudo théorie de réhabilitation de la "Marseillaise" est stupide. Il paraît évident qu'un soldat qui va braver la mort, ne souhaite pas et ne chante pas sa propre mort, mais celle de son ennemi...

 

Le texte même de l'Hymne la "Marseillaise" donne d'ailleurs immédiatement après le refrain, dans le deuxième couplet, le sens du mot "qu'un sang impur" abreuve nos sillons : celui des "traîtres" (les nobles) et des "rois conjurés". C'est écrit noir sur blanc.

 

Lire: la discussion wikipedia sur la Marseillaise

 

Enfin, dans la mystique révolutionnaire, rappelons que les républicains, ces hommes qui se prétendaient "régénérés" grâce a la régénération républicaine se voyaient bien, eux-mêmes pourvus d'un sang purifié.

 

Tout homme refusant, la régénération républicaine (c'est à dire le lavage de cerveau) devenait un ennemi politique, un hérétique dont le "sang impur" devait être éliminé pour "purger" la France de sa souillure. Cela ne s'invente pas. Cela aussi est écrit noir sur blanc dans les textes des déclarations des révolutionnaires :

 

"Je ne juge pas, je tue. Une nation ne se régénère que sur des monceaux de cadavres." (Saint Just)

 

"Ce que j’ai fait dans le midi, dit Baudot, je le ferai dans le sud. Je les rendrai patriotes, ou ils mourront ou je mourrai." (Marc-Antoine Baudot (1765-1837). Député envoyé en mission dans le sud-ouest et près de l’armée des Pyrénées d’avril 1793 à mars 1794. H. TAINE, Les Origines de la France contemporaine, p. 53.)

 

"Le Comité de Salut Public a préparé des mesures qui tendent à exterminer cette race rebelle (Vendéens), à faire disparaître ses repères, à incendier ses forêts, à couper ses récoltes. Le vaisseau de la Révolution ne pourra arriver au port que sur une mer de sang." (Bertrand Barrère)

 

"Il n'y a plus de Vendée. Elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l'enterrer dans les marais et dans les bois de Savenay, suivants les ordres que vous m'avez donnés. J'ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré des femmes, qui au moins pour celles-là n'enfanteront plus de brigands. Je n'ai pas un prisonnier à me reprocher. J'ai tout exterminé... Les routes sont semées de cadavres. Il y en a tant dans plusieurs endroits qu'ils font pyramides." (Général François-Joseph Westermann, cité in Jean-François CHIAPPE, La Vendée en Armes 1793, tome 1, Librairie Académique Perrin, Paris 1982, p. 455.)

 

"Le Comité de Salut public a pensé que, pour célébrer la Journée du 10 août qui a abattu le trône, il fallait pour son anniversaire détruire les mausolées fastueux qui sont à Saint-Denis. Les porte-sceptre, qui ont fait tant de maux à la France et à l'Humanité semblent encore, même dans la tombe, s'enorgueillir d'une grandeur évanouie. La main puissante de la république doit effacer impitoyablement ces épitaphes superbes et démolir ces mausolées qui rappelleraient des rois l'effrayant souvenir.

Décision prise par la Convention nationale visant à profaner les tombes royales, au nom des "valeurs républicaines", le 31 juillet 1793.

 

"Nous ferons de la France un cimetière, plutôt que de ne pas la régénérer à notre manière et de manquer le but que nous nous sommes proposé." (Jean-Baptiste Carrier, in G.-A. TRONSON-DUCOUDRAY, La Loire vengée ou recueil historique des crimes de Carrier et du comité révolutionnaire de Nantes, Paris, an III de la République (coll. « Hervé de Bélizal »), p. 232.)

 

"Vous avez à délivrer le pays d'un chancre qui le dévore. Le poison est plus sûr que toute votre artillerie. Ne craignez donc pas de le mettre en jeu. Faites empoisonner les sources d’eau. Empoisonnez du pain que vous abandonnerez à la voracité de cette misérable armée de brigands, et laissez faire l’effet. Vous avez des espions parmi ces soldats qu’un enfant conduit. Lâchez-les avec ce cadeau et la partie sera sauvée." (Jean-Baptiste Carrier, le 9 novembre 1793, qui préconise d'empoisonner les puits et les sources d'eau...)

 

"Il ne saurait être question, sous prétexte de respect de la diversité culturelle, d'admettre un point en contradiction absolue avec la pensée républicaine." (Jean-Luc Mélenchon, le 13 mai 2008)

 

"Ce qui constitue une République, c'est la destruction totale de ce qui lui est opposé." (Saint Just)

 

"La guerre de la liberté est une guerre sacrée, une guerre commandée par le ciel; et comme le ciel elle purifie les âmes. ... Au  sortir des combats, c'est une nation régénérée, neuve, morale; tels vous avez vu les Américains: sept ans de guerre ont valu pour eux un siècle de moralité. ... La guerre seule peut égaliser les têtes et régénérer les âmes" (Jacques-Pierre Brissot de Warville, discours du 16 décembre 1791, cité in L. Jaume, ibid., p. 71.) 

 

Carrier "purge" la France des asociaux (donc sous-humains) du Bas-Poitou: il l'annonce en précisant fièrement qu'il fait massacrer "par centaines" les naïfs qui se rendent. "La défaite des brigands est si complète qu'ils arrivent à nos avant-postes par centaines. Je prends le parti de les faire fusiller... C'est par principe d'humanité que je purge la terre de la liberté de ces monstres... J'invite mon collègue Francastel à ne pas s'écarter de cette salutaire et expéditive méthode." (Lettre de Carrier à la Convention nationale, 30 frimaire an II, 20 décembre 1793, lue à l'assemblée le 6 nivôse, 26 décembre; Moniteur, n° 98, 8 nivôse, 28 décembre ("à la une") p. 393, col. 1.)

 

Le professeur de philosophie Benaben, commissaire : 'Il paraît qu'on a fusillé plus de deux mille brigands. On appelle cela : envoyer à l'ambulance.' (Jean-François CHIAPPE, La Vendée en Armes 1793, tome 1, Librairie Académique Perrin, Paris 1982, p. 455.)

 

"Oui, nous devons l'avouer, nous faisons répandre beaucoup de sang impur, mais c'est par humanité, par devoir." (Lettre de Fouché à la Convention, 27 décembre 1793, cité d'après A. GERARD, Par Principe d'humanité..., La Terreur et la Vendée, Paris 1999, p. 25.)

 

Il faut "régénérer l'espèce humaine en épuisant le vieux sang" (Le Batteux à Carrier, 21 nivôse an II, 10 janvier 1794: cité dans J. CRETINEAU-JOLY, Histoire de la Vendée militaire (1840-1842), 4 vol., Paris 1979, t. 2, p. 78.)

 

"La guerre de Vendée est enfin terminée sur la rive droite de la Loire. Un petit séjour dans ses cantons fera disparaître les fantassins qui auraient pu s'évader à la faveur des bois... C'en sera fini de l'engeance fuyarde, de la race maudite, des fanatiques et des traîtres." (Général Marceau, cité in Jean-François CHIAPPE, La Vendée en Armes 1793, tome 1, Librairie Académique Perrin, Paris 1982, p. 455.)

 

"Les brigands de la Vendée ne la reverront plus; hommes, femmes, marquis, comtesses, tout est tombé sous le sabre que vous nous aviez confié." (Un aide de camp du Général Kléber à la Convention, cité in Jean-François CHIAPPE, La Vendée en Armes 1793, tome 1, Librairie Académique Perrin, Paris 1982, p. 456.)

 

"Nous pourrons être humains quand nous serons assurés d'être vainqueurs." (Lettre de Hérault de Séchelle à Carrier, le 29 septembre 1793, citée d'après C.L. CHASSIN, La Vendée patriote, t. 3, Paris, 1894, reprint Mayenne 1973, p. 559.)

 

Sur le thème de la régénération révolutionnaire, il faut lire l'ouvrage incontournable du professeur Xavier MARTIN, "Régénérer l'espèce humaine. Utopie médicale des Lumières (1750-1850) (Dominique Martin Morin édition, Mayenne 2008.)

"Qu'un sang impur abreuve nos sillons"

L'animalisation

 

 

Comme l'a montré Xavier Martin, la République bestialise les récalcitrants. "Ne sont-ils que bêtes, ou bien sont-ils des bêtes ? "Elle parle de 'troupeau', et de 'femelles'. Le mot est fréquent. Significative, cette formulation de deux commissaires municipaux s'adressant à la Convention (4 germinal an II, 24 mars 1794), à propos des femmes et enfants jetés vivants dans les fours : 'Les femelles des royalistes manquants, ils s'adressent aux épouses des vrais patriotes.' (cité dans HVM/2/118)." ... "Et de juger les mâles et les femelles" (Lettres de la Commission militaire Parein-Félix, dans Anjou Historique, 1917-1918, [p. 231-248], p. 242.), et d'"animaux à face humaine" (Camille Desmoulins, cité par A. Gérard, La Vendée, 1789-1793, Seyssel, 1992, p. 144.), ou d'"un ramas de cochons, de gens qui n'avaient pas figure humaine" (Bourdon (de l'Oise), au Club des Jacobins, le 11 septembre 1793 : Aulard, éd., La Société des Jacobins..., t. 5, op. cit., p. 399), ... elle empile leurs corps 'à peu près comme des cochons qu'on aurait voulu saler' (rapporté en l'an III par un républicain d'Anjou, réprobateur: Rapport du citoyen Benaben..., op. cit. p. 81)

 

 

 

Sur les Droits de l´Homme et la Vendée La république en vient "à dénier aux Vendéens tout caractère humain" (A. Gérard, op. cit., p. 277) Un "naturaliste célèbre" en ces années de drame, n'avait-il pas renom d'avoir imaginé qu'entre l'homme et le singe, le Bas-Poitevin, peut-être, est le chaînon manquant ? (c'est ce que rapporte, indigné il est vrai, le républicain J.-B. Leclerc : Essai sur la propagation de la musique, op. cit. (an VI), p. 66-67)

 

Voltaire avait écrit (et le thème est commun sous sa plume) : "Le peuple est entre l'homme et la bête" (Voltaire's Notebooks, éd. Bestermann, 2 vol., Genève, 1952, t. 2, p. 381.); il estimait que seuls les philosophes "ont changé les bêtes en hommes" (Voltaire, Correspondance, t. 7, p. 913, lettre du 7 novembre 1764 à Damilaville).

 

Dès l'origine des évènements, il s'était volontiers agi de battue, de chasse aux "bêtes fauves", de "traquer ces brigands comme des loups" (Lettre des Commissaires dans les Deux-Sèvres et la Vendée, 19 mars 1793 : Aulard, éd., Recueil des actes du Comité de Salut public..., t. 2, Paris, 1889, p. 416.), de "leur courir sus, non pas comme dans une guerre, mais comme dans une chasse" (Desmoulins, référence de la note 155.), de les poursuivre "comme on poursuit les sangliers. Il faut des éclaireurs qui fassent lever ce gibier" (Un militaire aux Jacobins, le 1er juin 1793 : Aulard, La Soc. des Jacobins, t. 5, op. cit., p. 221.) Barrère, à la tribune, a alors, sur mesure, ajusté l'expression "chasse civile" (Convention, 15 brumaire an II, 5 novembre 1793: AP/1/78/403/1.)

 

(Source: Xavier Martin, Sur les Droits de l'Homme et la Vendée, DMM, Niort 1995, p. 52-55.)

 

Xavier Martin explique l'origine dans les "Lumières" du thème du "sang impur". Il la fait remonter à Voltaire.

 

"A d'Alembert, Voltaire, déjà, ne confiait-il pas que tous chrétiens 'fanatiques' sont 'pétris' de matière fécale, poussée même au superlatif, puisque 'détrempée de sang corrompu' (Lettre du 12 décembre 1757 : 'Fanatiques papistes, fanatiques calvinistes, tous sont pétris de la même m... détrempée de sang corrompu'. Voltaire, Correspondance, t. 4, p. 1187) : toujours donc, ou déjà, le thème du sang impur." (Xavier Martin, Sur les Droits de l'Homme et la Vendée, DMM, Niort 1995, p. 52-55.)

 

Dès 1791, l'idée d'une nécessaire séparation des "hommes corrompus" d'avec le peuple court dans les discours de Robespierre. La citoyenneté est déjà vertu, et la vertu condition (virtuelle) de l'appartenance au 'peuple'.

 

"L'ennemi devient dès lors identifié moins à partir de critères politiques que de critères moraux, donc vagues et manipulables à l'infini. L'ennemi est l''homme corrompu', concept clé de la rhétorique robespierriste, c'est-à-dire celui qui se montre, ou plutôt qui sera jugé étranger à la vertu tant publique que privée.

... Sous couvert de proscrire les 'hommes corrompus', le combat pour la république est dirigé contre la corruption présente en chacun. ...La régénération sociale, ou la révolution, devait purger la société, non seulement de ces vices, mais de ceux qui en étaient infectés. ... En regardant comme ennemis de la révolution, non seulement les ennemis des principes consacrés, mais les ennemis de la vertu, comme il l'entendait." (Patrice Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 309, 312.)

"Q'un sang impur abreuve nos sillons."

 

Le "sang impur- qui- abreuve nos sillons" est celui des opposants à la révolution bourgeoise, c'est le sang des paysans, des artisans, des ouvriers, des nobles et des prêtres réfractaires qui, par leur existence même et les conceptions traditionnelles atemporelles qu’ils incarnaient, furent considérés comme un obstacle à l’établissement de 'l’homme nouveau' défini par les instances officielles et occultes du régime, et mis en œuvre suivant une logique totalitaire et par des méthodes terroristes similaires à celles des actuels Daesh.

 

Source: Louis XX Facebook

 

 

A chaque fois que les Français chantent la "Marseillaise", ils chantent leur propre élimination, puisque 80% des guillotinés étaient des petites gens. L'antidote pour contrer l'assassinat et le meurtre chanté à chaque Marseillaise, et donc pour repousser le maléfice de ce qui est une louange et un chant du mal, c'est de prier et de réciter un Ave Maria.

 

Les "décapitations [...] concernent pour 28% des paysans, pour 31% des artisans et des ouvriers, sans doute pour plus de 20% des marchands ... 8 à 9% des nobles, pour 6 à 7% des membres du clergé..." (René Sédillot,  Le Coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1984, p. 24.)

 

Lire: La république destructrice

 

Mallett du Pan, penseur calviniste incarnant une Contre-révolution réformatrice en 1789, partisan d'une monarchie constitutionnelle à l'anglaise qu'il aurait voulu voir introduire en France (dont il croyait l’application possible), et sous la plume duquel l’expression "suffrage universel" fit son apparition, s'indigna très vite des excès des philanthropes rédacteurs des "droits de l'homme", se jeta avec emportement dans le parti royaliste et se mit en 1793 à faire une critique sévère de la Révolution et les hommes qui en avaient adopté les principes. Le roi conçut pour lui une si grande estime qu’en 1792, il le chargea d’une mission de confiance en Allemagne et d'y inciter les souverains étrangers à la modération.

 

En 1793, attaché à la propriété, hostile à la bourgeoisie d'argent qui avait pris le pouvoir par la conspiration républicaine du 10 août 1792 qui mettait en danger la civilisation européenne tout entière, Mallet du Pan, écrivait, dans un style vif, plein de verve et de franchise, qu'en 1792 :

 

"la France est une vaste caserne:

 

 

tous les révolutionnaires sont soldats ou destinés à le devenir; de gré ou de force, pour l'intérêt même de leur sûreté, les mécontents et les opprimés seront obligés de dévouer leurs armes à la défense de leurs tyrans.

 

Une Convention décrétante et des camps, voilà le régime de la République française: les Représentants du peuple ne sont pas autre chose que les Représentants de l'armée; leur principale fonction est de voler d'une main, et de partager de l'autre leurs vols avec les soldats.

 

Ainsi en usait Cartouche; mais Attila et Mahomet, les Beys des Mameluks et les Sheiks d'Arabes bédouins fondèrent aussi leur autorité sur des procédés analogues." 

 

(Mallett du Pan, Considérations sur la nature de la Révolution française, 1793, rééd. Editions du Trident, Paris 2007, p. 58.)

 

"Les Huns et les Hérules, les Vandales et les Goths, ne viendront ni du Nord ni de la Mer noire, ils sont au milieu de nous." (Mallett du Pan, Considérations sur la nature de la Révolution française, ibib., p. 58.)

(En 1793), "tous les Français sont désormais en loge." (Augustin Cochin, L'Esprit du jacobinisme, éd. J. Baechler, Paris, PUF, 1979.)

Rappelons enfin le lien entre le nazisme au XXe siècle et les Lumières de 1789. Léon Poliakov, dont les travaux ont largement porté sur la Shoah et l'antisémitisme, a pu écrire :

 

"Que l'idéologie raciale fût une fille des Lumières n'était pas une révélation pour les spécialistes. Mais en dépit des innombrables travaux qui y ont été consacrés depuis, l'intellectuel moyen continue de n'en rien savoir..." (Léon Poliakov, L'Auberge des musiciens, Mémoires, Paris 1981, p. 220.)

 

Conclusion

 

La Marseillaise n'est rien d'autre qu'un chant violent, un hymne totalitaire qui a pu justifier l'élimination par la violence du "sang impur" des Brigands, des Vendéens, des nobles, des prêtres, des paysans, des ouvriers, des artisans, etc. (80% des guillotinés étaient des petites gens), et de tous les récalcitrants (Cf. Deuxième partie pour connaître les textes révolutionnaires qui assimilaient le "sang impur" à celui des récalcitrants), la matrice des totalitarismes nazi et communiste au XXe siècle.

Notes

 

[1] Jacques-Pierre Brissot de Warville, agent de l'Angleterre, stipendié des banquiers et des hommes d'affaires (René Sédillot, Le Coût de la Terreur, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1990, p. 213, 214), était également secrétaire général et trésorier de chancellerie du duc d'Orléans, Grand Maitre du "Grand Orient de France", la loge maçonnique qui fit le 14 juillet 1789 et mena la Révolution dite "française". (Bernard Faÿ, La Grande révolution 1715-1815, Le Livre contemporain, Paris 1959; p. 183, 345 et suivantes, 367, 369, 407.)

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 13:05

Après Marion Maréchal Le Pen, voici Robert Ménard, le maire de Béziers, qui, dans une video publiée le 27 novembre pour l'inauguration de la crèche de Noël de sa commune, emploie notre seul recours face aux évènements, le réarmement moral et spirituel.

Réarmement moral et spirituel (suite) : Robert Ménard inaugure la crèche de Noël à Béziers en appelant à un "réarmement spirituel"

"Mettre une crèche au coeur même de l'institution communale, c'est rappeler dire haut et fort, notre attachement à nos valeurs fondatrices, à nos vraies racines.

 

Notre aspiration, je dirais -je parle en mon nom personnel -, à une réforme, une vraie réforme, intellectuelle et morale, la nécessité - je pèse mes mots - d'un réarmement spirituel.

 

C'est une réponse et une belle réponse au nihilisme des assassins, des terroristes, des adorateurs de la mort.

 

C'est un ressourcement. C'est la défense de notre identité et de notre civilisation."

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 12:14

Merci à Claire Colombi pour cette lumineuse conférence.

"La fabrication de la légende noire du Moyen-Âge" par Claire Colombi

L'historienne médiéviste Claire Colombi continue de lever le voile sur les mensonges bien établis au sujet de l'histoire de la France médiévale dans le cursus scolaire depuis le plus jeune âge.

Extrait :

 

"On va commencer le Moye Âge à la Chute de Rome en 476. On va mettre mille ans jusqu'à la fin du Moyen Âge, en 1453 : fin de la Guerre de Cent Ans, chute de Constantinople, découverte de l'Amérique (1492), et Prise de Grenade.

 

On va rentrer dans la 'période moderne' jusqu'à la Révolution française.

 

Et à partir de la Révolution française, on va appeler cela la 'période contemporaine'.

 

La 'Renaissance', au XVe et XVIe siècle.  C'est la période qui a vu la plus grande guerre civile de l'Europe entre catholiques et protestants, la folie de la chasse aux sorcières, et le plus grand génocide de l'histoire en terme de nombre avec la dévastation du continent américain, mais il continue à jouir quand même d'une image - dans le public -, d'un progrès en marche. Il n'y a que les historiens médiévistes qui ont écrit des livres pour dénoncer les mensonges sur toute la période.

 

Mon travail est inspiré de Régine Pernoud (1909-1998). Et notamment ses ouvrages 'Lumière du Moyen Âge, Beauté du Moyen Âge' (1ère éd. 1944), et 'Pour en finir avec le Moyen Âge' (1977). Ensuite, Jacques Heers (1924-2013), 'Le Moyen-Âge, une imposture' (1992). Et aussi les travaux qui avaient beaucoup inspiré Régine Pernoud, de Gustave Cohen (1879-1958), 'La Grande clarté du Moyen-Âge' (1943) - 'est pour cela que Régine Pernoud écrivit son livre 'Lumière du Moyen-Âge' - qui lui était un passionné d'art et de culture du Moyen-Âge.

 

L'idée que l'Antiquité a été oubliée est un mensonge d'une malhonnêteté d'un point de vue intellectuel. Les oeuvres des troubadours font constamment référence au bouillant Achille, à l'Illiade, ou à Alexandre le Grand. Et surtout ceux qui ont permis que cette transmission de la mémoire se fasse, c'est les copistes. qui ont écrit dans leurs scriptorium (Les scriptoria les plus célèbres sont ceux qui se sont développés à l'époque carolingienne et ont permis la transmission des textes de l'Antiquité classique, ouvrant la période appelée la "Renaissance carolingienne". Ndlr.)

 

Régine Pernoud écrit tellement bien que je ne peux pas passer par-dessus elle : 

... Pour trouver un véritable épanouissement de l'esprit français, une littérature pure et dépouillée de tout emprunt, il faut recourir au Moyen Âge. S'obstiner à ne rien voir au-delà de la Renaissance, c'est se mutiler de la plus authentique manifestation du génie de notre race. C'est, au surplus, ignorer une époque pendant laquelle, précisément, la civilisation des lettres françaises fut imitée dans toute l'Europe.

Aujourd'hui, on a évacué le Roman de Renart, les chansons de geste, telle que Roland de Roncevaux, Tristan et Iseut, le Roman de la Rose, les Romans Arthur et ce que l'on appelle la Matière de Bretagne, les poèmes de Rutebeuf (1230-1285) et de François Villon (1431-1463). En fait, la poésie chantée des Troubadours et des Trouvères. Elle était très complexe et très riche d'un point de vue de la forme. Ils avaient des formes fixes qu'on appelait virelais, rondeaux, avec des jeux de mots liés à l'homophonie, etc. Et à côté de cette complexité et de cette diversité, le sonnet, la forme poétique reine de la 'Renaissance', au XVI et XVIIe (Ronsard, par exemple) est vénérée pour sa simplicité, son élégance et son style épuré. Mais, techniquement, c'est un appauvrissement. Cette volonté d'épuration du style, d'un strict point de vue technique, est un appauvrissement.

 

(A la 'Renaissance', à propos de) cette idée de pureté originelle et de dévoiement culturel, ce qui s'est passé, c'est que cette manière de penser à été récupérée par des gens qui se sont dit 'on va revenir à la pureté originelle de l'Ancien Testament', et on va se débarrasser de tout cela, et en fait, c'est la Réforme protestante. C'est-à-dire que cette contestation culturelle devient une contestation religieuse.

Et c'est la Réforme protestante qui fantasme une lumière de l'Evangile qui se serait obscurcie.

 

De la même manière qu'on avait un 'humaniste' qui disait on avait un latin de Cicéron qui était magnifique et qui, au fil du temps, s'est perdu, les protestants arrivent derrière et disent on avait une lumière de l'Evangile qui était magnifique et la papauté a dit n'importe quoi et on a perdu le sens. Et donc, rappelez-vous la définition du dictionnaire (sur le Moyen Âge) 'hégémonie de l'Eglise'....

 

Donc, les protestants ont participé à cette dénonciation de la papauté.

 

Et, s'agissant de l'imprimerie inventée vers 1450, toutes les imprimeries privées, dans les trente ans qui viennent, tombent aux mains des protestants. Ils ont le pouvoir de la presse, et ils vont imprimer des pamphlets anticatholiques, des livres qui ont été interdits. Et vraiment, ils prennent le contrôle de l'information.

 

Et c'est pour cela qu'on a beaucoup d'écrits anti-Eglise de cette époque.

 

Ce n'est pas le peuple qui est contre l'Eglise, c'est les protestants qui tiennent la presse.

 

Tout ce qui nous est resté d'imprimé, c'était eux.

 

Et je pense qu'un des mensonges les pires, c'est ce qui concerne le 'Marteau des Sorcières' (Malleus Maleficarum), qui a été écrit par deux dominicains sur ordre du Pape et qui explique comment torturer les sorcières, il y a tout un passage sur le fait que les femmes portent le péché par rapport à Eve - enfin, c'est un livre assez abominable -, qui a servi aux juges laïques de la chasse aux sorcières.

 

Et on dit, il a été demandé par le Pape. Des dominicains l'ont écrit, c'est bien la preuve que l'Eglise est impliquée là-dedans.

 

Quand le Pape a lu cela, il a failli tomber dans les pommes, il a frappé le livre d'interdiction qu'on le publie. Et qui a continué, années après années à le publier ?

 

Ce sont les protestants.

 

C'est-à-dire que le Pape interdit (ces livres) et, aujourd'hui, on dit vous voyez c'est bien la preuve que le Pape était d'accord !...

 

Alors qu'on a les Bulles pontificales qui ont été réitérées.

 

C'est-à-dire que les papes successifs ont redit qu'ils ne voulaient pas que ce livre soit imprimé... Et de toutes façons les protestants continuaient à l'imprimer.

 

Et le fameux Keller (Cellarius) (1638-1707), qui a créé le terme de Moyen-Âge, c'était biensûr un luthérien convaincu, acharné, fanatique.

 

Et c'est à ce moment là d'ailleurs que l'idée d'un Moyen Âge se fixe d'un seul bloc.

 

Parce qu'on est bien d'accord, entre l'époque de Clovis et les Mérovingiens, puis l'époque de Charlemagne, l'avènement d'Hugues Capet en 987, les premières cathédrales (art "gothique", art français. Ndlr.) et la fin du Moyen Âge, on n'est pas du tout dans la même configuration. Mais eux, ils ne voient qu'une seule chose, c'est l'hégémonie de l'Eglise et le règne sans partage du Pape, donc de la chute de Rome jusqu'à ce que nous on arrive, pour sauver le monde (!), c'est un bloc inséquable: le 'Moyen Âge'.

 

Ensuite, les 'ténèbres du Moyen Âge' s'éclaircissent, grâce aux 'humanistes', et à la 'Réforme'.

 

Et donc, arrive la 'Raison', parce qu'avant, les gens ne raisonnaient pas. Et c'est donc les 'rationnalistes', les 'Lumières', qui arrivent sur l'Europe.

 

Pour Voltaire, l'histoire contient principalement des crimes de la folie et de la misère. Et il est nécessaire de connaître l'histoire (sous-entendu du Moyen-Âge), à seule fin de la mépriser. Cela, c'est dans ses essais.

 

Il faut qu'ils (les auteurs des 'Lumières') justifient le changement qu'ils exigent.

 

Pour qu'il y ait 'lumière', il faut qu'il y ait obscurité. Sinon, cela n'a pas de sens.

 

Et comme ils veulent des changements sociaux et économiques, il faut qu'ils les justifient. Donc, ils sont toujours en train de parler des 'abus', des anciennes manières de faire, des archaïsmes, pour justifier ce changement qu'ils veulent...

 

Et, il faut savoir que Voltaire a promu - énormément - Newton, il en parle dans ses Lettres. Et il oppose la nouvelle science face à l'esprit stupide, 'fanatique' et 'superstitieux'. Or, (le mot) 'supersitieux', depuis les protestants jusqu'aux 'Lumières', cela veut dire 'catholiques'. C'est la définition de l'époque... Ils veulent opposer les savants Newton, Gallilée, Copernic, contre l'Eglise qui les a pourchassé ou essayé de les faire taire.

 

(Au XVIIIe s.), le libéralisme économique et la montée de la bourgeoisie, c'est le credo des 'Lumières', qui trouvent leur inspiration en Angleterre, qui a déjà fait une espèce de révolution libérale.

 

CBastille--Prise-de-la-Bastille.jpgela prépare la 'Révolution française'. Les 'Lumières', les Encyclopédistes, attaquent violemment les institutions politiques et l'organisation sociale. Je vous lis un passage de Condorcet (1743-1794), dans lequel il y a tout : 

 

'L'Europe, écartelée entre la tyrannie sacerdotale et le despotisme militaire, attendait dans le sang et les larmes le moment où de nouvelles lumières lui permettraient de renaître à la Liberté, à l'Humanité et à la Vertu...'

 

Donc, là on a tout, le message est clair : la cible, le clergé et le noblesse (tyrannie sacerdotale, despotisme militaire), le message laissez la place à la bourgeoisie libérale.

 

Et l'objectif, c'est de prendre le pouvoir, c'est-à-dire d'abolir la société féodale, la division des trois ordres. Donc, là on sent bien la volonté d'un libéralisme économique, et de cette nouvelle classe écrasée entre le despotisme militaire et la tyrannie sacerdotale.

 

Et donc, c'est évidemment le mouvement des 'physiocrates', qui est porté par les 'Lumières', avec la volonté de la libre circulation des biens et des marchandises, la libéralisation du prix des grains (édit de Turgot en 1774) et le libéralisme économique.

 

Lire : Comprendre les Lumières : aux sources de la prolétarisation du monde ouvrier

 

Et de là va naître, ce qui, personnellement, est ma légende préférée sur le Moyen Âge : 'les gens ont faim...'

 

90% des gens vivent à la campagne. Vous avez les plus mauvais agriculteurs de l'histoire du monde. Parce que quand 90% de la population vit à la campagne, je ne sais pas comment on fait pour avoir faim. Parce que, évidemment, durant l'Antiquité, on n'avait pas faim. Le fait que les sénteurs faisaient cultiver leur champ par des esclaves, c'est la beauté de l'Antiquité romaine, et de l'Antiquité grecque, c'est-à-dire une partie au-dessus qui surnage sur un peuple d'esclaves : c'est intéressant. Donc, imaginer que les paysans français ont peu avoir faim tout le temps, c'est ridicule. Alors comment cela passe ? Cela passe par la ruse de la sémantique. Vous allez par exemple trouver des textes de moines ou de gens de l'époque qui disent 'et là ils n'avaient plus de pain et donc ils étaient obligés de manger des feuilles et des racines'. En fait l'être humain ne peut pas manger des feuilles, ni des écorces d'arbres car il ne digère pas la cellulose. Donc, les légumes du potager se divisent en deux, les légumes feuilles (les épinards, les choux), et les légumes racines (les carottes, les navets). Le paysan mangeait une délicieuse soupe de légumes avec des épinards et des carottes. Il ne mangeait pas les feuilles des arbres et les racines.

 

Democratie-medievale--un-monde-sans-fin-.jpgLe 'marché' au Moyen Âge, ce n'est pas le libéralisme économique et le marché. C'est ultra-réglementé.

 

Et les 'Lumières' préparent le terrain (à la dérèglementation Ndlr.).

 

Arrive la Révolution française, l'avènement du libéralisme économique.

 

Je vais vous parler particulièrement de la 'Nuit du 4 août' et de l'abolition des privilèges.

 

Puisque vous savez qu'on vivait dans un monde inique de 'privilèges' et que grâce à la 'Nuit du 4 août' on a aboli les privilèges...

 

Donc le 4 août 1789, le Club Breton, futur 'Club Jacobin', entre 18h et 2h du matin, a proposé et a obtenu la suppression des privilèges, la suppression de la dîme, et il a mis fin au système féodal. Et Il a voté la fin des corporations. Puis après les lois ont été votées plus tard. Le duc d'Aiguillon, deuxième fortune de France après le Roi, (membre de la loge "L’Olympique de la Parfaite Estime" du "Grand Orient de France". Ndlr.) propose l'abolition des droits seigneuriaux. Un hasard...

 

Et surtout, il veut qu'on puisse racheter ses droits. Mais le vicomte de Noailles propose d'abolir toutes les corvées, tous les droits seigneuriaux.

 

La Nuit du 4 août a été extrêmement préparée à l'avance par ce fameux 'Club Breton'. Mais ils ont emmené le public avec eux. Cela a été une espèce d'effervescence. Cela a été une espèce de folie : l'un 'on va abroger la dîme', l'autre 'on va empêcher au seigneur l'exclusivité du droit de chasse', etc.

 

Evidemment (cette mise en scène) avait été très bien préparée, mais ils avaient emmené l'Assemblée dans une espèce d'effervescence de 'la Liberté'. Nous allons nous libérer de toutes ces lois.

 

Alors (en fait), la France est débarrassée de toutes ses protections (ses 'privilèges'), elle va pouvoir entrer dans le monde libéral, capitaliste.

 

Le mot privilège vient du latin, il veut dire lois particulières. Il a été synonyme de liberté au moyen Âge, même à l'époque moderne. Le roi, quand il annexait une province (par exemple la Bretagne, ou même la Bourgogne), promettait de respecter ses privilèges, c'est-à-dire ses libertés, c'est-à-dire ses lois particulières, les coutumes, les droits immémoriaux de ses habitants. Le privilège empêchait cette espèce de centralisme jacobin, qui fait qu'aujourd'hui, en France, on parle tous la même langue. Et que toutes les lois sont partout pareilles. Alors que là, l'idée était que les Bretons avaient leurs lois, leurs droits particuliers, les Gascons avaient leurs droits particuliers, etc. Les Gascons étaient tellement fiers qu'ils avaient reçu l'autorisation de ne pas enlever leur chapeau en présence du roi. D'où l'expression 'fier comme un gascon.' C'est-à-dire que le roi respectait les droits et les coutumes locales, sans rien y changer.

 

Le Guen de Kerangal, un breton du 'Club Breton, raconte qu'au Moyen Âge, les serfs devaient passer les nuits à battre les étangs pour empêcher les grenouilles de troubler le sommeil de leurs voluptueux seigneurs. Donc, ils se mettent à inventer des espèces de coutumes seigneuriales. Et Régine Pernoud se demande avec beaucoup de malice qu'est-ce qui fait le plus de bruit, des grenouilles qui croassent, ou une armée de serfs en train de taper comme des malades avec des bâtons sur les étangs. La question reste ouverte...

Extrait:

 

"Par la suite, les auteurs du XIXe siècle vont justifier ce coup d'Etat. Et là, je ne peux pas manquer l'occasion de vous citer Michelet, dans son Histoire de la Révolution française :

 

Elle emportait cette nuit, l'immense et pénible songe des mille ans du 'Moyen Âge'. L'aube qui commença bientôt était celle de la 'Liberté'. Depuis cette merveilleuse nuit, plus de classes des Français, plus de provinces, une France.

 

Et Pierre Larousse dans son Grand Dictionnaire du XIXe siècle:

 

Il suffit d'un vote de constituants pour venger la nation de la tyrannie incessante de douze siècles. Tant il est vrai que le bonheur du peuple est facile à faire quand ceux qui le gouvernent s'occupent moins d'eux-mêmes que de lui.

 

Alors, peut-être que ces mensonges pouvaient encore fonctionner au XIXe, et même au début du XXe siècle, mais alors, moi ce qui va le plus me faire rire, c'est l'impôt au 'Moyen Âge'. Parce que si on va comparer l'impôt d'aujourd'hui et l'impôt du Moyen Âge, je prends n'importe qui sur un ring et on va comparer ! Parce qu'alors là, c'est magnifique.

"La fabrication de la légende noire du Moyen-Âge" par Claire Colombi

Donc : 'le paysan médiéval est taillable et corvéable à merci.' Vous êtes tous au courant. Et 'le peuple croule sous l'impôt.'

 

Alors souvent dans les manuels, même les manuels (d'aujourd'hui), j'ai enseigné, et on en parle en 5e, parce qu'on fait le 'Moyen Âge' :

 

'Cens, champart, taille, dîme, gabelle, mainmorte, formariage, banalités, tonlieux et biensur corvées en tous genres.'

 

Alors on va faire méthodiquement impôt par impôt. Le champart et le cens sont des loyers de la terre. Donc, est-ce que aujourd'hui vous comptez votre loyer dans votre impôt ? Je ne crois pas.

 

Lire: Des impôts dix fois supérieurs à ce qu'ils étaient avant 1789 !

 

Et le champart et le cens, c'est deux sortes de loyer différents. Le cens, c'est un loyer fixe, que vous allez payer par année, et le champart, c'est un pourcentage de la récolte. Et l'on pratique l'un ou l'autre. C'est-à-dire que certains pays sont en cens, d'autres en champart. Vous ne payez jamais le cens et le champart. C'est l'un ou l'autre. Donc, déjà, les mettre côte à côte c'est un mensonge, vous ne payez pas les deux.

 

La mainmorte et le formariage. La mainmorte, c'est un droit de succession. Aujourd'hui, on ne paye plus de droits de succession, vous êtes au courant ! 

 

Et le formariage, c'est une taxe qui est payée si un serf veut se marier avec un serf qui cultive la terre d'un autre seigneur. Donc vous ne la payez pas si vous vous mariez dans votre communauté et vous la payez une fois dans sa vie. Deux à la limite, si vous êtes veuf. Et c'est le principe est de ne pas morceller la terre.

 

Le tonlieu, c'est un péage. Donc, aujourd'hui, quand on se ballade sur les autoroutes et qu'on gare sa voiture au parking, on ne paye plus de péage, vous êtes au courant !

 

La banalité, c'est une taxe qui est liée au droit de banque que détient le seigneur. Donc le paysan payait une taxe pour utiliser le moulin, le pressoir, le four à pain. Donc inadmissible que quand vous utilisiez la machine de quelqu'un ou que vous lui demandiez service, on vous fasse payer. Aujourd'hui, cela n'a plus court !

 

Et le mieux du mieux, c'est la gabelle, impôt royal sur le sel d'abord et c'est ensuite devenu un impôt sur la consommation, comme le vin. Et elle née à l'époque moderne, elle ne concerne pas le Moyen Âge, mais cela ne dérange pas les auteurs de certains manuels de la rajouter aux impôts médiévaux.

 

Les deux seuls impôts directs sont donc la taille et la dîme.

 

La taille, c'est un sixième de la récolte de blé, ce qui fait 16% des revenus. Moi j'aimerais bien être taxé sur 16% de mes revenus (on est à 45% de taux de prélèvement obligatoire en 2013. Taux le plus élevé... des pays de l'OCDE... Ndlr.)

 

Et la dîme est payée pour assurer à l'Eglise un revenu en propre et la rendre indépendante. La dîme est payée en nature sur le blé. Si vous avez des animaux, cela ne vous concerne pas. Et là je vais citer Jacques Heers,

 

'le prélèvement ne s'appliquait pas à toutes les récoltes, mais principalement au blé. Il n'atteignait pas les 10%, loin de là. Cela dépend des provinces, puisque cela dépend des 'privilèges' (dont je vous ai parlé). Sur l'usage ensuite, outre l'entretien du clergé et l'exercice du culte, l'Eglise assumait alors une part notable de l'assistance publique, hôpitaux, hospices, maisons-dieu, aumônes, enfants abandonnés. Et l'enseignement dans les paroisses, les petites écoles.

 

Faut-il comparer  ces prélèvements à ceux d'aujourd'hui pour notre sécurité sociale, et nos système d'éducation ?'

 

On pourrait faire une petite comparaison, cela pourrait être intéressant.

 

François Hincker (1937-1998), qui est un historien marxiste de l'époque moderne, a essayé de faire une comparaison :

 

Utilisons un étalon artificiel mais qui a l’avantage d’être parlant. Les 25 millions d’habitants que compte probablement la France ont donc à payer 470 millions d’impôts, entre 18 ou 19 livres. À ce moment le salaire journalier d’un compagnon maçon à Paris se situe à un peu moins d’une livre. Ainsi un salarié moyen travaillerait un peu plus de sept jours, juste avant la Révolution française, pour payer ses impôts directs (taille, capitation et vingtième. Ndlr.), un peu plus de deux pour payer la gabelle, et un peu plus de neuf pour payer les autres impôts indirects.

 

Dix-huit jours de travail : c’était la contribution que la fiscalité française de l’Ancien Régime réclamait au travailleur. Qu’en est-il aujourd’hui ? Avec un taux moyen d’imposition de 56,9% (chiffre 2013), il faut 208 jours de travail pour payer en moyenne ses impôts directs sur l’année.

 

Donc, même s'il se trompe, et que maintenant ce n'est pas 20 jours, mais 40 jours et qu'on double son estimation, on est encore très très loin (des 208 jours !) Et alors il se demande si la Révolution française a servi à améliorer notre condition ?

 

Aujourd'hui, j'explique comment fonctionnent les mensonges, si vous mettez tous les impôts que doivent payer les gens en y ajoutant les impôts qu'on paye une fois dans sa vie, on peut dire n'importe quoi.

 

Donc, moi j'ai anticipé sur un manuel scolaire des années 2400 par exemple:

 

Le salarié de l'an 2000 était écrasé d'impôts : impôt sur le revenu, taxe foncière, taxe d'habitation, TVA, taxe sur les produits pétroliers, CSG, taxe sur l'alcool, le tabac, redevance télé, droits de successions, droits de donation, droits de mutation, timbres fiscaux des paiers officiels.

 

Dès qu'un salarié voulait faire quelque chose, il lui fallait un permis : permis de voiture, permis de chasse, permis bateau, très onéreux.

 

S'il voulait échapper à sa condition de salarié, devenir petit patron ou autoentrepreneur, il fallait payer la licence, les charges patronales, le RSI. Il fallait respecter tellement de normes étranges et arbitraires que notre salarié faisait faillite. L'assurance était obligatoire, en cas d'accident, mais aussi pour la maison, pour la voiture, sans oublier la complémentaire.

 

La IIIe République.

 

"Ma prétention est de vous montrer que l'égalité et l'éducation n'est pas une utopie, que c'est un principe, qu'elle est un droit incontestable et qu'en principe cette utopie, elle est apparente et dans l'ordre des choses possibles.' (Discours de Jules Ferry)

 

L'histoire de France et des Français, c'est celle de son 'affranchissement'. Nos ancêtres les Gaulois vivaient dans des huttes basses. (Cela) c'était dans un manuel de la IIIe république. Les Gaulois n'étaient pas assez intelligents pour faire des maison à leur taille. Et là un jour, il y en a qui a dit: et si on réhaussait la porte ?

 

Lire : Nos ancêtres les Gaulois - La Gaule, les origines de la France

 

Rousseau, dans La Nouvelle Eloïse disait :

 

'N'instruisez pas l'enfant du village, car il ne convient pas d'être instruit.'

 

Il répondait à Voltaire qui répondait à La Chalotais, qui avait écrit un texte intitulé 'Essai sur l'Education nationale' : 'Je vous remercie d'avoir prescrit l'étude chez les laboureurs. Moi qui cultive des terres, je vous présente requête pour avoir des manoeuvres, et non des clercs tonsurés. Il est à propos que le peuple soit guidé et non pas qu'il soit instruit. Il n'est pas digne de l'être...' Donc voilà, là on est vraiment dans les 'Lumières'.

 

En fait, les républicains inventent l'école et l'éducation pour tous : jusque-là on n'y avait pas pensé non plus. Et là, il y a vraiment une volonté, il faut instruire le peuple. Il y a un renversement qui se crée.

 

En 1882, les réformes Jules Ferry. Les francs-maçons, les libres penseurs, les anticléricaux, et les protestants libéraux sont à la barre. Le minsitre de l'Intérieur et des Cultes, c'est Ernest Constans, c'est un franc-maçon. Et Léon Say, au ministère des finances, c'est un protestant. Jules Ferry, franc-maçon du 'Grand Orient', 'Loge de la clémente Amitié', se marie sur le tard avec une calviniste. Jules Steeg, pasteur protestant de Libourne, deviendra ministre de l'Instruction publique en 1883. Ferdinand Buisson, pasteur protestant de Neuchâtel, est à la direction de l'Enseignement primaire. C'est lui qui en 1905 va réaliser les textes de séparation de l'Eglise et de l'Etat, et a créé la Ligue française des droits de l'homme. Et le troisième, Félix Pécaut, pasteur protestant, instructeur général de l'Inspection publique chargé par Ferdinand Buisson de fonder l'Ecole Normale supérieure des jeunes filles, qui va être dirigée par Jules Steeg. Ces trois pasteurs représentent le courant ultra-libéral, et sont tous les trois passés par la franc-maçonnerie. (Un hasard. Ndlr.) Et c'est eux qui mènent cette réforme, qui rédigent les textes. Et notamment l'arrêté du 27 juillet 1882 qui sont les programmes, et qui va exclure les congrégations religieuses et instauré la mainmise de l'état sur l'école.

 

Jules Steeg ne fait pas qu'être ministre et d'écrire la réforme : il écrit directements des manuels (d'histoire de France pour les écoliers). Notamment les manuels publiés par Fernand Nathan. C'est presque encore plus beau que Michelet. Je crois que là on a trouvé un concurrent sérieux :

 

'Depuis des siècles, écrit le pasteur protestant franc-maçon Jules Steeg, la France gémissait sous le joug des rois et des seigneurs. Ils étaient les maîtres et le peuple n'avait aucun droit. Il travaillait pour eux, il payait toutes les dépenses, il était foulé aux pieds, et souvent il mourait de faim. On disait de lui qu'il était taillable et corvéable à merci. C'est-à-dire que ses maîtres pouvaient lui imposer à volonté toutes les corvées et toutes les contributions inimaginables, qu'on appelait la taille, le cens, la gabelle, la dîme. Quand il ne voulait pas travailler pour le seigneur, on le battait et on le jetait en prison. Quand il ne pouvait plus payer les lourds impôts qui l'écrasaient, on vendait sa maison et ses outils. On jetait les pauvres gens dehors dans les bois où ils se nourrissaient d'herbes. Soumis à tous les caprices de ses maîtres, le peuple ne jouissait d'aucune liberté. Il ne pouvait ni suivre la religion qui lui convenait, ni diriger les affaires de la ville ou de son village, ni exercer les métiers qui lui convenait.'

 

Donc, là on a un concentré de poncifs de tout ce que je vous ai parlé depuis le début. Vous ête sur le Livre moral du Petit citoyen.

 

Paul Bert, qui était ministre de l'Education, juste avant lui, donc un confrère, libre penseur, franc-maçon, athée convaincu, lors de l'affaire des Congrégations, c'est-à-dire le moment où l'on a exclu les congrégations religieuses de l'enseignement (pour y enseigner la doctrine franc-maçonnique relativiste. Ndlr.), il présidait un banquet au Conseil général de l'Yonne, et portait un toast à la destruction des deux phylloxera, le phylloxera qui se cache sous la vigne et le phylloxera que l'on cache avec des feuilles de vigne (donc c'est biensûr l'Eglise catholique) : 'Pour le premier, nous avons le sulfure de carbone et pour le second, l'article 7 de la loi Jules Ferry ('les congrégations religieuses n'ont plus le monopole de l'Instruction'). S'il ne répond pas à notre attente, nous n'hésiterons pas à chercher un autre insecticide plus puissant pour sauver la France.'

 

Donc, le Moyen Âge, on ment sur lui et la république n'a que le choix entre mentir ou ne plus l'enseigner, ce qui est en train d'être le cas puisqu'il disparaît dans les programmes. les seules figures médiévales qui vont être sauvées, c'est Jeanne d'Arc, parce qu'il faut une héroïne, Saint-Louis qui rend sa justice sous un arbre. Et Charlemagne, parce qu'il ne faut pas le laisser aux Allemands qui nous ont déjà piqué l'Alsace et la Lorraine. 

 

Aix-la-Chapelle, capitale de l'empire francCes siècles de propagande ont porté leur fruit et aujourd'hui le Moyen Âge est synonyme de barbarie, et de terreur.
 
Et aujourd'hui, il y a encore quelque chose de pire qui se passe, les références culturelles sont oubliées. ... Il y a comme un voile, et à moins d'avoir été élevé dans une famille encore très catholique, c'est extrêmement difficile avec une formation classique, avec un bac classique en France, à moins d'avoir une passion, d'aller vers ça. Le Moyen Âge aujourd'hui est tombé dans l'oubli. Je vous rappelle que les siècles de Clovis et de Charlemagne ont disparu des programmes de 5e, et qu'on va plus jamais en reparler à un lycéen... Et donc, du mensonge, on est passé à son effacement progressif, mais pur et simple.
 
Donc, en plus de déraciner le peuple européen et celui de France en ce qui nous concerne, ce processus d'éradication, pour moi, est la preuve de la puissance radicale de la pensée médiévale. Il serait dangereux, aujourd'hui, pour le peuple de France, de se rappeler comment cela fonctionnait au Moyen Âge: que cette période 'sombre' était remplie de communautés villageoises qui décidaient par elles-mêmes, où les femmes pouvaient voter, que c'était une période de révoltes constantes. Une période d'équilibre des pouvoirs, avec une économie morale, où le bien commun prévalait sur le bien privé; une période où les paysans ne partaient pas à la guerre : moi je remercie toujours vivement (la république) d'avoir envoyer en pleine moisson toute la jeunesse de France se faire tuer dans les tranchées. Une période où le travail d'un homme nourrissait sa femme, ses enfants, et des grands-parents à charge. Une période où l'on se préoccupait du salut de son âme. Vraiment, oui je pense que c'est assez dangereux aujourd'hui de s'en rappeler. Et je pense que je vais finir par la merveilleuse phrase de Gustave Cohen, dont je vous ai parlé au début, qui écrivait :

Les ténèbres du Moyen Âge ne sont que celles de notre ignorance.

Gustave Cohen

La suite de la video est consacrée aux questions du public.

Notons:

 

39:00 Je ne sais pas si vous imaginez à quel point notre culture est méprisée à l'étranger (dans les élites anglo-saxonnes Ndlr.), par les élites anglaises (je ne parle pas des Anglais et des Américains du peuple). Encore une fois, tout ce qui émane du peuple, ce n'est pas bon...

 

40:45 (la Révolution "française") C'est vraiment un système de pillage et de folie. Il y a un mépris absolu de tout ce qui est populaire.

... Au Moyen Âge il y avait une culture du peuple pour le peuple. Aujourd'hui qui comprend l'art ?

 

43:50 Pour passer la loi de 1882, il a fallu (encore une fois) qu'ils suppriment les Jésuites, et qu'ils excluent les congrégations religieuses avant de pouvoir faire ce qu'ils voulaient...

 

44:50 ... Aujourd'hui les gens disent 'oui mais le peuple français ne se révolte pas'. Si, si ! Il s'est révolté. Il s'est révolté en 1789, et il s'est fait massacrer...

 

Ensuite, il s'est révolté en 1830, puis il s'est fait massacrer. Puis il s'est révolté sous la Commune, et il s'est fait massacrer. Et ensuite toute la jeunesse s'est faite envoyée en 1914 dans la Grande Guerre.

 

Donc, il y a un moment, il faut bien comprendre qu'il y a eu des résistants, il y a eu des révoltes, et on les a perdues successivement. Nous sommes des polytraumatisés de ce système. Alors j'entends, 'oui mais aujourd'hui on ne bouge pas'. Mais les dernières fois où on a bougé, on est mort."

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Publié par Ingomer - dans Histoire
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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 12:16

Nous avons écrit le 18 novembre que "François Hollande est un président de guerre à l'extérieur (Mali, Centrafrique, Irak, Syrie) et un président de désarmement moral et spirituel à l'intérieur", et que "seul un réarmement moral et spirituel de la France pourra - peut-être si nous le méritons - changer le cours des évènements".

 

Or, dans un entretien video à MetroNews publié le 27 novembre, Marion Maréchal Le Pen, interrogée sur sa déclaration récente selon laquelle "l'islam ne peut pas avoir le même rang en France que le catholicisme", a répondu, justement, que vu que " notre civilisation, notre pays, notre mode de vie, notre identité est attaquée, ... il est important que les Français se réarment psychologiquement et moralement".  Marion Maréchal Le Pen nous lirait-elle ? Elle a ajouté cette remarque pertinente : "la culture dominante française est imprégnée entre autres de références au catholicisme", et "il est normal que dans le cadre de cette culture dominante, la religion catholique ait une visibilité plus importante que l'islam ne peut pas avoir pour des raisons simplements culturelles."

François Hollande a annoncé l'embauche de 10000 personnels de police, et son gouvernement reproche au précédent gouvernement de droite d'avoir supprimer des postes dans les forces de police. Les islamistes sont partout et peuvent frapper n'importe où. Ce n'est pas d'embaucher 10 000 policiers de plus ou même 100 000 qui changera quoique ce soit aux attentats terroristes. Encore une fois nous voyons les champions de la tolérance et de la "liberté" être en première ligne pour défendre une vision ultra-policière de l'Etat.

 

Sous l'Ancien Régime il n'y avait pas de force de police et il n'y avait pas pour autant des problèmes de sécurité. "(Les) forces de police armée, on peut dire que dans le royaume, elles n'existaient pas !" (F. Funck-Brentano, Ce qu'était un Roi de France, Librairie Hachette 1940, p. 189.). L'historien protestant Pierre Chaunu a même écrit : "être français s'est d'abord confondu avec le privilège de vivre protégé sous les fleurs de lys" (P. Chaunu, Le Grand déclassement, à propos d'une commémoration, Robert Laffont, Alençon, 1989, p. 77-78).

 

Ce que fait la république, c'est du tout sécuritaire sans aucune prévention, aucune éducation en amont. Le relativisme laïciste a détruit la défense immunitaire de la nation en favorisant l'intrusion en son sein de son ennemi, si bien que l'on puisse dire, en paraphrasant le poème d'Armand Robin, Le Programme en quelques siècles :

 

Ils ont détruit le catholicisme au nom de la "laïcité" et de la "liberté"

Nous réarmer moralement et spirituellement

... puis ils ont détruit la laïcité :

Nous réarmer moralement et spirituellement
http://www.lavie.fr/religion/islam/manuel-valls-il-faut-montrer-que-l-islam-peut-s-epanouir-en-france-15-06-2015-64170_20.php

http://www.lavie.fr/religion/islam/manuel-valls-il-faut-montrer-que-l-islam-peut-s-epanouir-en-france-15-06-2015-64170_20.php

Le 26 février 2015, invité de RMC-info, Manuel Valls parlait d'un Conseil des ministres "particulier", "car il est rare dans un Conseil des ministres de la république on parle d'une religion". Il déclara : "que demande les imams de France ? Ils demandent tout simplement que l'on forme des imams, que l'on forme des aumôniers, qui parlent français, qui soient français, qui ne viennent pas de l'étranger, qui demandent des financements pour construire des mosquées, qui soient transparents et ne viennent pas de l'étranger."

Nous réarmer moralement et spirituellement

François Hollande déclare la guerre à Daech - l'Etat islamique - à l'extérieur :

Nous réarmer moralement et spirituellement

... puis François Hollande et son gouvernement désarme les Français à l'intérieur :

Nous réarmer moralement et spirituellement

Il faudrait savoir... A quoi jouent-ils ?

 

Ils nous désarment moralement et spirituellement. Nous devons nous réarmer moralement et spirituellement.

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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 09:52

François Hollande a reconnu mercredi soir, 25 novembre, dans une conférence commune avec Angela Merkel à l'Elysée et retransmise en direct sur "BfmTv", que des terroristes ont pu s'infiltrer parmi les migrants en passant les frontières de l'Europe et a demandé un contrôle plus fort des réfugiés aux frontières. [1]

 

Cette non-assistance à peuple en danger à propos des attentats du vendredi 13 novembre 2015 commence à être soulevée par des avocats au travers de deux arguments de droit : "la mise en danger délibérée de la vie d’autrui" et l'omission d'empêcher une infraction" :

Attentats du 13 novembre : des avocats commencent à soulever la "mise en danger délibérée de la vie d'autrui" et "l'omission d'empêcher une infraction"

Si le président de la République ne peut être inquiété dans le cadre de ses fonctions hors circonstances exceptionnelles, il n’en est pas de même des membres du gouvernement.

Dans le cas des attentats du 13 novembre 2015, une personne souhaitant mettre en cause la responsabilité des ministres concernés devrait saisir la commission des requêtes de la Cour de justice de la République, composée de magistrats professionnels issus des corps judiciaires et administratifs.

La Cour de justice de la République est, elle, composée essentiellement de parlementaires.

Les infractions potentielles que j’imagine sont la mise en danger délibérée de la vie d’autrui (article 223-1 du Code pénal) et l’omission d’empêcher une infraction (article 223-6 du Code pénal).

Je distinguerai deux axes de réflexion, d’une part, l’absence de prise en compte de la menace terroriste dans la gestion de la crise des migrants et, d’autre part, l’absence de mesures d’alerte et de prévention avant le 13 novembre 2015, cette dernière étant dépendante des informations à venir ou pas sur le degré de connaissance des autorités.

Concernant la gestion de la crise des migrants, le parquet de Paris a confirmé que deux des terroristes du 13 novembre 2015 étaient passés par l’île de Leros en qualité de migrants, c’est-à-dire en se présentant aux autorités grecques comme des réfugiés politiques.

Des arrestations de terroristes rentrés illégalement ont eu lieu dans différents pays européens et certains pays ou organismes internationaux, à l’instar de l’OTAN, ont alerté sur le risque d’infiltration de terroristes parmi les migrants bien avant les attentats du 13 novembre 2015.

 

Personne, aujourd’hui, sauf l’État islamique, ne connaît le nombre de personnes envoyées dans le but de commettre des attentats terroristes sur le sol européen.

Ce constat, objectif, pose la question de la responsabilité pénale dans la décision d’accueillir des milliers de migrants en provenance de Syrie contrôlée majoritairement par l’État islamique alors que le risque terroriste était connu.

En effet, tenter de distinguer un terroriste d’un migrant est illusoire. Ce qui caractérise le premier, c’est précisément son passage à l’acte. Dès lors, il était et il est toujours matériellement impossible de filtrer les terroristes parmi les migrants, y compris parmi ceux sélectionnés par les autorités françaises.

Ensuite, la presse s’interroge sur le degré de connaissance des autorités sur ce projet d’attentats. En témoigne « Le Petit Journal » de Canal+ qui affirme que la DGSE a capté une communication téléphonique d’Hasna Aït Boulahcen le 12 novembre 2015 mentionnant sa volonté de commettre un attentat en France, information qui aurait été communiquée à la DGSI.

L’exemple belge où, durant plusieurs jours, le pays a été placé en alerte maximale avec un déploiement de force considérable dans la perspective de possibles attentats, contraste avec l’absence totale de mise en garde du gouvernement français avant le 13 novembre 2015.

Si, dans l’avenir, des articles et des éléments concrets démontraient que des informations précises étaient en possession du gouvernement sur un attentat imminent sans réaction de l’exécutif, il n’est pas exclu que certaines personnes, victimes ou considérant simplement avoir été exposées à un risque, saisissent la commission des requêtes de la Cour de justice de la République.

Il serait extraordinaire que cette cour composée de parlementaires condamne des membres du gouvernement.

Mais si la commission des requêtes – le filtre, pour simplifier – décidait de ne pas classer sans suite et de transmettre les plaintes au procureur général près la Cour de cassation, l’impact d’une telle décision, non susceptible de recours, serait colossal.

Source: Et si des familles décidaient de porter plainte ?, Boulevard Voltaire, 28/11/2015

Notes

 

[1] François Hollande a déclaré mercredi soir, 25 novembre, dans une conférence commune avec Angela Merkel depuis l'Elysée, retransmise en direct sur Bfmtv: "nous avons eu la preuve que des terroristes peuvent utiliser le cheminement des réfugiés" et "il nous appartient justement de les contrôler avant qu'il ne soit trop tard... Donc nous devons, et c'est la position que nous avions adoptée, la chancelière et moi-même, avoir une politique qui puisse être effective pour le contrôle de nos frontières extérieures".

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 20:01

Y aura-t-il un seul député "représentatif" du peuple pour demander une enquête sur ce qui s'est passé au Bataclan vendredi 13 novembre 2015 ? Un seul député d'une Assemblée de 577... Une info publiée sur Le Progres.fr, le 15 novembre, censurée depuis :

« Mon fils, qui est policier, a vu une scène de sang et des têtes coupées… »

 

Haut Jura. Cette mère de famille jurassienne ne réalise toujours pas ce que son fils a pu vivre vendredi soir à deux pas du Bataclan.

 

Il est originaire d’un village de 800 habitants dans le haut Jura et aimerait bien y revenir. Depuis sept ans, Marc (1) est policier à Paris dans une compagnie d’intervention. Et depuis vendredi soir, sa maman, imagine que son fils a de plus en plus envie de quitter la capitale. « Ce qu’il a vu est horrible… »

Jeanine (1) était devant sa télévision vendredi soir mais elle ne s’est pas couchée très tard. « C’est quand je l’ai éteinte que ça a dû se passer. J’ai reçu un appel de ma fille qui m’a dit : “Il y a des attentats à Paris ! Marc y est…” »

On ne peut alors imaginer l’angoisse des proches du policier. Ils l’apprendront plus tard, mais Marc se trouve à deux pas de la salle du Bataclan, où a lieu la prise d’otages. Il doit surveiller un bar. « J’ai regardé la télévision jusqu’à trois heures du matin », reprend Jeanine. « Et puis j’ai juste reçu un message de mon fils. » Marc ne rentre à son appartement que dans la matinée. Il appelle alors sa mère. « J’étais rassurée qu’il soit dans son lit. Il était fatigué. Il m’a dit qu’il devait porter deux gilets pare-balles et un casque, que c’était très lourd. Et puis, il m’a raconté que ce n’était pas beau à voir. Ce qu’il a vécu est horrible. Il a vu des scènes de sang, des têtes coupées… » Un calvaire qui a repris dès hier soir pour le policier, de nouveau en service.

Bataclan : "des têtes coupées" (Le Progres.fr)

Source: « Mon fils, qui est policier, a vu une scène de sang et des têtes coupées… », Le Progrès.fr, Le 15/11/2015 à 05:00 mis à jour Aujourd'hui à 16:16

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 12:10
Des droits de l'Homme à la Terreur : lecture  critique de la Constitution de 1791

Dès que, par un véritable coup d’État, les États Généraux se sont déclarés Assemblée Nationale représentant la Nation souveraine, ils ont proclamé qu’ils étaient appelés à fixer la Constitution du royaume, à opérer la régénération de l’ordre public et à maintenir les vrais principes de la monarchie. Ils ont juré, au jeu de paume, de rester assemblés jusqu’à ce que la Constitution du Royaume « soit établie et affermie sur des fondements solides ». Dès son origine, l’Assemblée s’impose l’établissement d’un ordre constitutionnel stable comme but de son action révolutionnaire.

 

Fixer la Constitution, ou en créer une ?

 

Fixer la Constitution française : la tâche allait immédiatement s’avérer épineuse. La Révolution française devait, dès ses premières années, révéler une incompatibilité absolue entre les notions de révolution et de constitution : il fallait bien s’en douter. On allait découvrir qu’il serait impossible de trouver une traduction constitutionnelle au mouvement révolutionnaire, et, d’ailleurs, de 1789 à 1799, les constitutions vont fleurir. Lorsqu’on a commencé à les appliquer, on s’est dépêché de les violer, de les tourner, puis de les suspendre.

 

La Constitution de 1791 est donc un intéressant sujet d’investigations, d’abord parce qu’elle est la première du genre, et ensuite parce qu’elle est une sorte de modèle de ce qu’il ne faut pas faire.

 

Pour tenter de comprendre, nous examinerons d’abord les difficultés d’élaboration, et puis nous verrons les fruits de ce chef d’œuvre inlassablement célébré.

 

Des difficultés existaient d’abord en un point précis de l’esprit des députés. On s’était solennellement et inconsidérément grisé de discours en jurant qu’on allait « fixer » la Constitution du Royaume mais le mot lui-même recouvrait une ambiguïté :

 

allait-on préserver et défendre la constitution coutumière existante ? ou

allait-on en créer une ?

 

Du sens donné au mot Constitution

 

La Constitution de l’Ancienne France : entre sa déformation par le janséniste Le Paige et sa négation par un abbé Mably socialisant

 

Cette ambiguïté prolongeait en réalité un conflit ancien, engagé au milieu du siècle. En effet, aux côtés du parlement, Le Paige avait, dans ses Lettres historiques [1] évoqué la Constitution de la Monarchie, et il s’était empressé, comme ses amis parlementaires, de déformer cette constitution pour attribuer aux magistrats un partage de fait du pouvoir législatif royal, partage totalement incompatible avec la réelle Constitution qui existait, et sur laquelle on vivait.

 

Contre cette doctrine artificielle, badigeonnée d’histoire, Mably a nié l’existence d’un ordre constitutionnel et il a cherché à démontrer la présence d’une espèce de champ intellectuel instable qui était marqué par les alternances d’anarchie et de despotisme. Dans son ouvrage Observations sur l’Histoire de France (Genève, 1765, 2 vol.) Mably avait exposé que les Français n’avaient pas encore de Constitution parce qu’ils n’avaient pas encore été en mesure de manifester une volonté politique soutenue, volonté politique absolument nécessaire à la fixation des formes de leur existence politique et à la préservation de leur liberté.

 

Vattel et Rousseau changent le sens du mot « Constitution »

 

Dans les pamphlets politiques pré-révolutionnaires, le conflit entre Le Paige et Mably trouve un écho d’autant plus large qu’un autre débat se développe autour de la notion même de constitution. Vattel, dans son Droit des gens, puis Rousseau, ont changé la signification traditionnelle de « constitution ».

 

« Constitution » jusque là, désignait le mode d’existence, la disposition d’une entité quelconque comme, par exemple, la constitution du corps humain dont, depuis l’Antiquité, la Cité était regardée comme le prolongement. Dans la conception française, le Royaume est un corps dont le Roi est la tête, et dont les groupes sociaux naturels sont les membres.

 

Vattel, lui, analyse la Constitution comme une forme de gouvernement instituée par une nation pour s’assurer les plus grands avantages de l’association politique, association politique individualiste et volontariste.

 

L’argumentation de Vattel est développée dans un sens encore plus radical, bien sûr, dans le Contrat social. À partir de ce moment-là, (mais le processus était déjà commencé précédemment) on rejette l’analogie classique entre la Constitution de la Cité et la constitution du corps humain. Le Contrat social souligne que si la première est l’œuvre de la nature, la seconde est un acte politique, produit de la volonté de la nation, par lequel un peuple souverain crée sa forme spécifique de gouvernement. Cet acte n’est d’ailleurs pas accompli définitivement, selon l’interprétation de Rousseau. Ce serait trop simple ; une fois la Constitution fixée, l’instance souveraine doit se rassembler régulièrement pour manifester sa présence et sa force. En de pareils moments où l’être politique suprême, le peuple souverain, se rassemble, les effets de la Constitution sont suspendus. En somme, la Constitution ne dépend pas seulement d’un acte fondateur, mais aussi d’une réaffirmation perpétuelle de cet acte. Citons Rousseau :

 

« Il n’y a dans l’État aucune loi fondamentale qui ne se puisse révoquer, non pas même le pacte social. »

 

L’abbé Sieyès, ou la Constitution expression d’une volonté nationale

 

Sieyès a exprimé avec clarté les implications de ce volontarisme dans sa brochure Qu’est-ce que le Tiers-État ? Il rejette le sens traditionnel de « constitution » entendue comme un ordre social et politique inhérent à la nature des choses, et il lui préfère le sens d’une institution artificielle de gouvernement. Pour Sieyès, la nation est l’ultime réalité politique :

 

« La volonté de la nation est toujours légale, elle est la loi elle-même ; il suffit que sa volonté paraisse pour que tout droit positif cesse devant elle comme devant la source et le maître suprême de tout droit positif. »

 

Ces lignes étaient écrites contre les partisans d’une Constitution traditionnelle de la Monarchie française, mais elles étaient en même temps très inquiétantes pour les auteurs mêmes de la nouvelle Constitution.

 

Chronologie de la Constitution de 1791

 

Un préambule à la Constitution : la Déclaration des droits de l’homme du 4 Août 1789

 

Malgré tout, le jour du 4 Août, l’Assemblée décida que la Constitution serait précédée d’une Déclaration des droits. Elle choisit ainsi implicitement de créer une Constitution, au lieu de préserver la précédente. La solution la pire était adoptée.

Après des délibérations consécutives aux événements de la nuit du 4 Août, les députés passèrent à la rédaction d’une Déclaration des droits de l’homme, avant même de commencer leur œuvre constituante. L’affirmation des principes fondamentaux devait précéder l’œuvre constituante. Les articles de la Déclaration destinés à fixer la Constitution française étaient ambigus, et parfois même ils se contredisaient les uns les autres, ce qui ne manque pas de surprendre le lecteur.

 

« Article 16 : Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution ».

 

Cela pouvait signifier, bien sûr, que la France n’avait jamais eu de Constitution : elle avait mené une existence de ludion... Mais ce n’était pas incompatible avec l’idée que, sur les fondements anciens de la Monarchie, on bâtirait un système de garanties individuelles contre les lettres de cachet à propos desquelles les parlementaires avaient contribué à élaborer un roman horrifique et qu’ils évoquaient de temps à autre pour se donner des sensations fortes. Mais le texte laissait planer l’incertitude sur les pouvoirs à séparer.

 

Sur la nature de la séparation, rien n’était précisé non plus. Et ce thème s’accordait aussi avec la notion, tirée de Rousseau, d’une division entre le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif, indispensable à l’épanouissement de la volonté générale. Cette interprétation était encouragée par l’article 6 :

 

« Article 6 : La loi est l’expression de la volonté générale. »

 

Seulement une nouvelle difficulté surgissait dès la ligne suivante :

 

« Tous les citoyens ont droit de concourir personnellement ou par leurs représentants à sa formation. »

 

Or, l’affirmation de la volonté générale était fâcheusement incompatible avec la notion même de représentation que Rousseau, avait radicalement écartée.

 

Les ambiguïtés étaient innombrables et ces ambiguïtés ne risquaient pas d’être dissipées par la formulation du principe de la souveraineté de la nation qui était contenue dans l’article 3 de cette étonnante Déclaration des droits de l’homme :

 

« Article 3 : le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. »

 

Affirmer que le principe de toute autorité réside dans la nation ne signifie pas que l’exercice de la souveraineté émane directement de la nation en tant que telle. La formulation adoptée par l’Assemblée nationale masquait mal la différence entre la version radicale, rousseauiste, du principe de la souveraineté nationale, et la version molle chère aux modérés, amis de Mounier.

 

Septembre 1789 : la Constitution proclame que le gouvernement français est monarchique

 

Tel était le prélude au débat sur la Constitution elle-même. L’assemblée avait repris à son compte les principes de la souveraineté de la nation et de la volonté générale, mais leur interprétation était trouble : la Constitution devait être l’instrument d’une séparation des pouvoirs que l’on se gardait bien de définir. Enfin, en septembre 1789, on n’était pas encore certain de ce qu’on allait faire. Allait-on créer, ou allait-on restaurer une Constitution ? Le conflit a surgi dès la discussion du premier article :

 

« Le gouvernement français est un gouvernement monarchique. »

 

Les députés s’affrontèrent immédiatement sur la nature du gouvernement monarchique français, puis, sur leur rôle dans ce gouvernement.

 

Certains firent remarquer qu’ils n’avaient pas été envoyés aux États Généraux pour faire une Constitution nouvelle, mais pour confirmer et régénérer l’ancienne monarchie.

D’autres rappelèrent que la vocation des États Généraux était de conseiller le Monarque — (ne sont-ils pas un conseil élargi du royaume ?) — puis ils rentrèrent chez eux : ce fut le cas de Cazalès et de ses collègues que ne désespérait pas la perspective de quitter la société interlope gravitant autour de l’Assemblée.

D’autres, enfin, ont insisté sur le fait qu’ils avaient été envoyés comme représentants d’une nation souveraine pour exercer la totalité du pouvoir constituant de cette nation ; on était plus loin de la vérité, mais l’heure n’était pas aux scrupules de conscience.

 

Entre nation souveraine, séparation des pouvoirs, corps législateur unique, corps exécutif subordonné et veto royal

 

C’est le débat sur le veto royal qui a réglé la question ; les porte-paroles du comité de constitution, Lally-Tollendal et Mounier, n’ont pas pu défendre leur interprétation modérée. L’idée selon laquelle la France avait une Constitution coutumière précise, réglant exactement la dévolution et les limites du pouvoir, a été rejetée dans les ténèbres extérieures, tout comme a été écartée l’hypothèse même selon laquelle il y avait eu au moins dans la France d’Ancien Régime des rudiments de Constitution :

 

« Commençons donc par écarter tous les faits » avait proclamé Rousseau dans le Discours sur l’inégalité [2].

 

On a préféré créer ex nihilo une Constitution par un acte de volonté de la nation souveraine, en accord avec les principes abstraits du droit politique ; pour résumer les débats, les députés ont eu à se prononcer entre trois options :

 

ou bien choisir la Constitution historique améliorée, dans laquelle l’autorité royale et la représentation nationale se seraient, finalement, contrebalancées dans un système d’équilibre des pouvoirs inspiré de Montesquieu,

 

ou bien instituer une Constitution radicalement nouvelle sur la base du principe de la souveraineté de la nation, avec une division radicale entre une Assemblée législative et un exécutif subordonné, confié au Roi, le veto suspensif étant dans ce système le mécanisme capable de réconcilier la théorie de la volonté générale avec la pratique de la représentation,

 

ou enfin, troisième hypothèse, proposée par Sieyès : une Constitution créée, bien sûr, à partir du principe de la table rase par un acte de la nation souveraine, mais dans laquelle l’ultime expression de la volonté générale ne réside pas dans un appel à la volonté du peuple telle qu’elle s’exprime dans les assemblées primaires mais dans la délibération — sereine, bien sûr, et rationnelle — du corps unitaire des représentants.

 

Au cours des votes qui ont conclu ces débats, les arguments de Siéyès n’ont pas été pris davantage en considération que ceux de Mounier. L’Assemblée a rejeté

magnifiquement, les recommandations de son Comité de Constitution en faveur d’un équilibre des pouvoirs conjugués au veto royal absolu, et elle s’est prononcée en faveur d’un corps législateur unique, d’un exécutif subordonné, représenté par la Couronne, et d’un veto royal suspensif.

 

Ces décisions, qui étaient prévisibles, non parce qu’elles étaient les plus désastreuses, mais parce que tout le mécanisme avait été préparé, ces décisions ont eu, évidemment, des conséquences considérables.

 

Octobre 1789, ou l’abolition la monarchie traditionnelle

 

Une première conséquence a été le triomphe de la vision radicale et rousseauiste de la constitution. Tous les doutes ont été effacés par les journées d’Octobre, qui ont réglé une fois pour toutes l’hypothèse d’une forme royale d’acceptation de la Constitution.

Lorsque, le 1er octobre 1789, Louis XVI fut sommé par l’Assemblée de répondre s’il acceptait ou non la Déclaration des droits de l’homme, et les articles déjà votés de la Constitution, il répondit, le 5 octobre, en donnant son adhésion — et non pas son acceptation — avec la réserve expresse que la Constitution, une fois complétée, maintienne entre les mains du Monarque le pouvoir exécutif dans la totalité de sa prérogative. Cette réponse fut trouvée insidieuse et inacceptable par les députés. Selon eux, en laissant intacte la possibilité que le Roi, plus tard, puisse faire modifier ou refuser la Constitution, on risquait de restaurer le « despotisme », et l’anéantissement du principe même de souveraineté de la nation. Ils connaissaient mal Louis XVI ! C’était l’opinion de Robespierre, c’était l’opinion de Pétion. Pétion a en effet réaffirmé la suprématie du pouvoir constituant sur le pouvoir constitué et s’est exprimé dans des termes qui sont parfaitement clairs :

 

« On dit qu’il y a un contrat social entre le Roi et la Nation, je nie le principe. Le Roi ne peut que gouverner selon les lois que la nation lui présente. »

 

Juste avant l’arrivée des femmes venues de Paris, avec Maillard, le 5 octobre, l’Assemblée a voté que le Roi se verrait demander de donner à la Constitution son acceptation pure et simple ; et la demande de l’Assemblée a été portée au Château par une délégation commune de députés et de manifestantes ! (Les liens entre les unes et les autres étaient déjà d’ailleurs tissés depuis un certain temps, et ils se prolongèrent). Et Louis XVI accepta.

 

La Constituante allait mettre encore deux ans à accomplir son œuvre, mais l’essentiel de la Révolution constitutionnelle était accompli à ce moment-là. Trois jours après, l’Assemblée vota que Louis XVI était seulement Roi des Français, par la grâce constitutionnelle de l’État. Ce point est important : la Constituante, partie pour fixer les formes d’une Constitution monarchique traditionnelle, en était arrivée à l’acte décisif, consistant à créer une monarchie constitutionnelle fondée et organisée sur le principe de la souveraineté de la nation.

 

Vers l’instabilité d’une souveraineté populaire capable de modifier ou d’abolir la Constitution

 

Toutefois, si une Constitution pouvait être créée ex nihilo en accord avec le principe de la souveraineté populaire, il fallait envisager qu’elle puisse aussi être abolie, et remplacée par la même souveraineté populaire. Si l’intervention du peuple pouvait imposer l’acceptation de principes constitutionnels au nom de la nation elle pouvait aussi organiser leur révision et leur répudiation une fois qu’ils avaient été acceptés.

 

L’Assemblée a pris brutalement conscience de cette réalité après Varennes et le massacre du Champ-de-Mars, lorsque, dans une atmosphère d’extrême agitation des clubs, elle décida de la forme des changements constitutionnels.

 

Dans la Constitution de 1791, elle avait solennellement déclaré :

 

« la nation a le droit imprescriptible de changer sa Constitution. »

 

Et la même Assemblée se hâta d’ajouter que :

 

« le droit de révision constitutionnelle ne peut concerner que des articles précis, dont l’expérience avait fait sentir les inconvénients. »

 

De plus, la révision n’était possible que si trois législatures s’étaient prononcées en sa faveur. L’Assemblée de révision ne peut être que la quatrième législature, augmentée de membres spécialement choisis pour cette tâche.

 

L’Assemblée avait donné libre cours au principe de la souveraineté de la nation, et en 1791, elle ne savait plus comment lui imposer des limites raisonnables.

 

Une autre contradiction de la Constitution était lourde de conséquences déplorables et elle allait conjuguer ses effets avec la précédente. Les députés avaient accepté le principe selon lequel ils instituaient une Constitution par un acte de volonté souveraine, mais en même temps ils avaient repoussé la suggestion de placer dans le corps des représentants de la nation l’expression de la souveraineté de la nation. Le veto royal suspensif était destiné à harmoniser souveraineté et représentation, en permettant un ultime appel au peuple.

 

Lorsque la Constitution fut adoptée, elle comportait donc une contradiction génératrice d’une paralysie constitutionnelle. En effet, pour protéger la souveraineté nationale des dangers de la représentation, la Constitution permettait au Roi d’user de son droit de veto. Aussi dérisoire que fût ce droit, il pouvait retenir l’Assemblée pendant deux législatures, mais pour protéger la Constitution elle-même d’une action populaire menée au nom de la souveraineté de la nation, le texte constitutionnel de 1791 requérait de l’Assemblée un délai de trois législatures avant de pouvoir réviser la Constitution. Ces dispositions en elles-mêmes suffiraient à expliquer, par le blocage politique légal, le conflit qui a éclaté dans les semaines précédant le 10 août 1792 — il y avait d’autres explications, naturellement !

 

La place du Roi dans le nouveau régime

 

Vers la fin de l’autorité monarchique

 

Brouillonne donc dans ses fondements, la Constitution allait organiser la dislocation de l’autorité. Cette Constitution, tout d’abord, n’était en aucun cas monarchique ; on peut même se demander si elle n’était pas tout simplement républicaine, car il fallait bien qu’elle fût quelque chose.

 

Les rédacteurs, en agissant ainsi, ont tout bonnement avalisé une situation de fait. La royauté, en effet, était renversée depuis le jour où les États Généraux s’étaient proclamés de leur propre autorité Assemblée nationale, assemblée qui devait obéir, et qui a obéi révérencieusement au peuple souverain, ou à ceux qui, par sociétés de pensée interposées, s’en faisaient les guides.

Louis XVI, ramené à Paris dans des conditions ignominieuses, les 5 et 6 octobre 1789, par des bandes, était prisonnier aux Tuileries, et il était tombé dans un esclavage qui entravait même sa conscience de chrétien.

 

Après Varennes, il a été plus sévèrement gardé que les anciens pensionnaires de la Bastille qui, d’après Diderot lui-même, ne se portaient pas mal de leur séjour. Il avait été suspendu de ses fonctions, et l’ombre même de la Monarchie s’est effacée.

 

La Constitution pouvait-elle rendre son trône à Louis XVI, en se proclamant monarchique ? Dans son Titre III, la Constitution assurait que le gouvernement était monarchique, mais elle était aussi illusoire dans ses titres essentiels que dans la Déclaration des droits qui lui servait de préambule. Le Titre III « Des pouvoirs publics » comportait ceci :

 

« La souveraineté est, une, indivisible, inaliénable, imprescriptible. Elle appartient à la Nation. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice. »

 

Un point était d’ores et déjà évident : Louis XVI n’était plus un souverain, puisque la nation, de qui émanait tous les pouvoirs, était déclarée seule souveraine. Lorsqu’on est en présence de deux souverains, il y en a incontestablement un de trop. La Constitution accorde bien à Louis XVI le droit de sanction, mais son veto n’est que suspensif, et il ne s’applique pas à toutes les lois. Il ne s’applique pas, par exemple, aux actes du corps législatif, concernant la constitution en assemblée délibérante, ni aux actes relatifs à la responsabilité des ministres, ni aux lois de finances. L’Assemblée a ainsi retenu d’une main ce qu’elle donnait de l’autre, jusqu’au droit de proposer une loi quelconque (chap.III, art.14).

 

1790 : l’Assemblée s’octroie le droit régalien de guerre ou de paix

 

En 1790, il ne restait à Louis XVI que le droit le plus inhérent à la souveraineté, le droit de paix et de guerre, droit que, seul, peut exercer l’homme placé au centre de l’État, et en mesure de connaître toutes ses ressources. La question de la reconnaissance au Roi de ce droit par la Constitution a été posée par l’Assemblée : alors, le spectacle fut grandiose. L’Assemblée retentit de discours humanitaires qui déclarèrent immédiatement à toutes les nations paix et fraternité. Barnave, acclamé par les vingt mille individus qui assiégeaient la salle, a tenu alors, à ce moment-là, des propos étonnants :

 

« Les guerres déclarées par le seul corps législatif, c’est-à-dire par le peuple, seront presque toujours heureuses ; l’histoire de tous les siècles prouve qu’elles le sont quand la nation les entreprend. N’affligez pas le cœur du Roi en lui confiant le droit terrible de nous entraîner dans une guerre, de faire couler ce sang avec abondance, de perpétuer ce système fou et terrible qui déshonorerait les nations. »

 

La Constituante décréta que le droit de paix et de guerre appartiendrait à l’Assemblée, et ne pourrait être exercé par le Roi que sur ses décrets. En somme, c’est à l’époque troublée où l’autorité personnelle du Roi serait la plus nécessaire que cette autorité était anéantie.

 

Un Roi au pouvoir exécutif quasi-inconsistant

 

On devait attribuer au Roi, cependant, le pouvoir exécutif et c’était peut-être le moyen d’assurer cette séparation des pouvoirs sans laquelle, selon le préambule de la Déclaration, la société n’a point de constitution. Or, à peine a-t-on donné au Roi ce pouvoir, qu’on le lui retire, en spécifiant qu’il doit être exercé sous son autorité par des ministres et autres agents responsables. Le texte dit bien « sous l’autorité du Roi », mais en fait ces mots ne signifient rien, puisque les ministres ne sont responsables que devant l’Assemblée, seule qualifiée pour les poursuivre, et puisqu’en aucun cas « l’ordre du Roi, verbal ou écrit, ne peut soustraire un ministre à sa responsabilité ».

 

Quant au choix et à la révocation des ministres, le texte déclare qu’il appartient au Roi seul, mais ce texte est illusoire, puisque le jeu de bascule des partis, des sectes, des clubs, des factions et des loges oblige Louis XVI à renvoyer les ministres les plus fidèles ou à appeler les ministres les plus hostiles.

 

C’est en fait une république parlementaire qu’établit la constitution de 1791, une république où l’arbitrage suprême d’un chef serait remplacé par les interventions et par les pressions les plus prosaïques des clubs et de leurs affiliés. Tous les ressorts du gouvernement étaient faussés ou détruits entre les mains d’un Roi qu’on proclamait malgré tout le chef suprême de l’administration du Royaume, chargé de veiller au maintien de l’ordre et de la tranquillité publique. On déclarait le Roi chef suprême de l’armée, mais en même temps on tournait contre son autorité toutes les forces militaires. Les auteurs eux-mêmes, Lameth, Barnave, Duport jugèrent l’édifice constitutionnel monstrueux. Quant à Albert Sorel, dont la sensibilité libérale était pourtant incontestable, il estimait, à la fin du siècle dernier, qu’il suffisait de mettre en mouvement cette machine absurde pour en faire éclater l’incohérence.

 

14 septembre 1791 : le Roi, humilié, entérine sa servitude

 

Le fait est donc indiscutable : la constitution de 1791, même si l’on s’en tient à son texte, n’est pas une constitution monarchique. Le Roi des Français reste une espèce de secrétaire des commandements de l’Assemblée ; on a retiré à Louis XVI les titres de Sire et de Majesté : c’était une mesquinerie, sectaire et démagogique, mais cette mesure était fondée, car il aurait été absurde de donner les titres portés par Louis XIV au Roi de la Constitution de 1791, comme il aurait été ridicule de les appliquer à la machine à signer que Condorcet avait suggérée pour remplacer le Roi-citoyen.

Louis XVI a souscrit à ce code du désordre. Burke écrivit à Marie-Antoinette :

 

« Si le Roi accepte la constitution, vous êtes tous deux perdus. Votre salut consiste dans la patience, le silence et le refus. »

 

Louis XVI a pensé sans doute que les révolutionnaires se seraient empressés de confisquer le Dauphin en cas de refus — c’est la version la plus optimiste — et il n’a pas pu y consentir. Le 14 septembre, il prêta serment à l’Assemblée. Et cette attitude condamnait le pouvoir à la servitude.

 

Les membres de la Législative ont favorisé contre le Roi les agissements des factions, et ils se sont efforcés de lui enlever ce qui lui restait encore de dignité et d’indépendance ; ils savaient les insultes dont on abreuvait la famille royale tous les jours aux Tuileries. Pendant que Marat tonnait contre le palais « où une Reine perverse fanatisait un Roi imbécile », des bandes de mégères patriotes allaient, sous les fenêtres de la Reine, crier des chansons ordurières qui étaient leur pain quotidien. L’Assemblée n’a pas perdu une seule occasion d’arracher au Roi ses dernières garanties de force et de prestige. Un des exemples les plus significatifs a été le licenciement de la garde constitutionnelle du Roi, qui avait été accordée à Louis XVI par la Constituante.

 

29 mai 1792 : licenciement de la Garde royale

 

Le Roi en nommait les officiers, il les payait sur sa liste civile. La garde était un rempart pour la famille royale. Formée en mars 1792, elle avait été placée sous le commandement du duc de Brissac, qui était fidèle, et elle était composée de soldats qui étaient prêts à se faire tuer pour défendre le Roi, donc le titulaire de l’exécutif. On aurait pu avec cette garde d’ailleurs (tentation que n’a pas eue Louis XVI) réunir un corps de six mille hommes qui auraient sauvé de l’émeute la Famille royale et qui auraient peut-être débarrassé Paris de ses éléments les plus douteux.

 

Les ennemis du Roi ont voulu empêcher ce recours. Des rassemblements se sont formés aux abords des Tuileries pour insulter les officiers de cette garde, on les a accusés de conserver un drapeau blanc, on les a dénoncés à l’Assemblée, qui, aussitôt, s’est déclarée en permanence, comme en face d’un danger immense et brûlant.

 

Le 28 mai 1792, a commencé à l’Assemblée une séance particulièrement tumultueuse qui s’est prolongée toute la nuit. Bazire a demandé le licenciement de la garde constitutionnelle, en la présentant comme un ramassis de prêtres réfractaires, d’émigrés et d’aristocrates. Brissot appuya la proposition de dissolution et, conformément à une règle absolue mainte fois vérifiée, elle fut votée à l’unanimité.

Le colonel Hervilly, commandant en second de la garde se rendit chez Malouet et chez Montmorin :

 

« Quel que soit le décret, je suis sûr de mon corps, et, si le Roi le permet, avec dix-huit cents hommes, je chasserai l’Assemblée demain [3]. »

 

Bonne et heureuse idée, mais le Roi n’y a pas souscrit. Le ministre Montmorin supplia le Roi de refuser la sanction au décret, mais Louis XVI se savait parfaitement incapable d’aller jusqu’au bout, et il recula devant l’hypothèse d’une effusion de sang. Louis XVI était aussi sourcilleux à propos du sang de ses ennemis, qu’il se révéla désinvolte à propos du sang de ses amis. Le lendemain, la garde assemblée aux Tuileries reçut l’ordre de licenciement, et Lameth a laissé un intéressant témoignage de cette cérémonie :

 

« L’abattement, la fureur ou la méprisante indignation se montraient sur tous les visages [4]. »

 

La plus élémentaire garantie de l’exécutif disparaissait. L’Assemblée annulait un jour ce que l’Assemblée précédente avait décidé deux ans auparavant. L’exécutif, dont le Roi était en principe le dépositaire, disposait du droit de veto : Louis XVI pouvait-il en faire usage dans ce contexte ?

 

Le Roi se résout au supplice

 

Quelques temps après la dissolution de la garde, Servan, le nouveau ministre de la guerre, proposa lui-même à l’Assemblée de former à Paris un corps de vingt mille fédérés, c’est-à-dire, de concentrer autour du pouvoir exécutif les militants révolutionnaires les plus résolus de toute la France et les adversaires les plus assurés du Roi. Louis XVI refusa, à ce moment, d’armer, de ses propres mains, le parti qui voulait déjà sa mort.

 

En plein conseil, Roland osa, alors, lire au Roi une véritable mise en demeure rédigée par madame Roland. Cette déclaration outrageait la conscience même du Roi, puisqu’au décret sur le camp des fédérés était joint un décret sur les prêtres qu’on voulait déporter. Louis XVI renvoya Roland, qui fit appel à Dumouriez, mais Dumouriez ne voulait servir qu’un pouvoir qui renoncerait à ses droits les plus élémentaires ; par conséquent, trois jours après, le 18 juin 1792, Dumouriez quitta le Roi pour l’armée. Louis XVI déclara qu’il s’attendait à la mort, et qu’il pardonnait d’avance à ses bourreaux.

 

Il n’y avait plus aux Tuileries, à partir de ce moment-là, qu’un condamné à mort résigné au supplice, et dont l’attitude, selon le mot de Taine, ressemblait à celle d’un chrétien dans le cirque. « J’en ai fini avec les hommes », écrit Louis XVI au supérieur des Eudistes, son confesseur,

 

« c’est vers le ciel que se tournent mes regards, on annonce pour demain de grands malheurs, j’aurai du courage. »

 

Le lendemain, 20 juin, des bandes révolutionnaires envahissent les Tuileries pour forcer physiquement le Roi à sanctionner les décrets : Louis XVI eut du courage, il eut même celui de coiffer du bonnet rouge des galériens sa tête déjà promise à l’échafaud.

 

Le pouvoir dont disposait le Roi était ainsi neutralisé par les textes et les manœuvres des factions, dès la fin de 1789, et d’une façon de plus en plus oppressante à partir de 1791.

 

La place des ministres sous le nouveau régime

 

Des ministres asservis par la seule Assemblée

 

Les ministres constituent un élément de l’exécutif : ils se sont vu appliquer, quelle quel soit leur origine politique, un traitement équivalent à celui du Roi.

 

À l’égard du Roi, les ministres étaient libres de toute sujétion, puisque l’intervention royale se bornait, dans le système de la Constitution de 1791, à signer les décrets : il était une machine à signer.

En revanche, vis-à-vis de l’Assemblée, la dépendance des ministres était totale ; elle était si grande que leur autorité en devenait parfaitement inexistante.

 

Sous la Constituante, il y avait eu des ministres de talent, mais ils en avaient été d’autant plus suspects. Les comités nommés par l’Assemblée étaient devenus de véritables comités exécutifs pour les diverses parties de l’administration, alors que les ministres, privés de toutes leurs prérogatives les unes après les autres, perpétuellement en butte aux attaques des factions, avaient dû se résigner à jouer le rôle d’agents passifs de la volonté populaire.

 

Sous la Législative, les ministres furent uniformément des hommes médiocres, des politiciens de second ordre qui laissèrent glisser le pouvoir de leurs mains avec une évidente complaisance. Ils sont devenus très vite les souffre-douleur de l’Assemblée. Le 10 mars 1792, Vergniaud, d’ailleurs montrant du doigt les Tuileries, s’écriait :

 

« L’épouvante et la terreur sont souvent sorties dans les temps antiques de ce palais fameux, qu’elles y rentrent aujourd’hui au nom de la loi ! »

 

Épouvante et terreur sont en effet rentrées aux Tuileries, et les ministres ont été les premiers terrorisés.

 

Au cours des séances de l’Assemblée, les tribunes étaient remplies des affiliés des clubs qui hurlaient des injures à l’endroit des ministres et qui applaudissaient lorsqu’un député accusait de trahison l’un d’entre eux. Les discours et les textes des députés eux-mêmes témoignent de cette violence à l’encontre des ministres. Dans une diatribe d’Isnard, dont l’Assemblée a voté aussitôt l’impression et l’envoi aux départements, les menaces les plus précises étaient ouvertement proférées.

 

« Disons à nos ministres, expliquait Isnard, que nous ne sommes pas très satisfaits de la conduite de chacun d’eux, que désormais ils n’ont qu’à choisir entre la reconnaissance publique et la vengeance des lois, et que par le mot de responsabilité, nous entendons la mort [5]. »

 

Selon le Mercure de France, les ministres courbèrent l’échine : ils ne songèrent plus qu’à faire des compliments à l’Assemblée et à éviter les galères [6].

 

Les ministres « fusibles » d’une Assemblée omnipotente et préfiguration de l’État totalitaire dont le mode de gouvernement repose sur la terreur

 

La responsabilité de fait des ministres à l’égard de l’Assemblée était telle qu’on leur a même reproché, sous la Législative, les crimes commis par la faction qui les asservissait. Ainsi, en juillet 1792, deux prêtres assermentés furent massacrés à Bordeaux, et les émeutiers, selon le rituel habituel, promenèrent les têtes des victimes enfoncées sur des piques. Les ministres furent accusés d’avoir provoqué ces meurtres, et Vergniaud déclara tout uniment à l’assemblée :

 

« Apprenez à la France que désormais les ministres répondent sur leur tête de tous les désordres dont la religion est le prétexte. »

 

Ducos, à son tour, désignait les coupables :

 

« Le sang qui vient de couler à Bordeaux doit retomber sur le pouvoir exécutif ; depuis qu’il a mis son veto sur les lois répressives du fanatisme, les exécutions populaires commencent à se renouveler. »

 

C’était là le réflexe des Jacobins ; les crimes commis en France étaient dus au fanatisme religieux. Cette démarche fut l’un des moteurs de la Terreur. En juillet 1792, Condorcet remarquait :

 

« Tandis que les autres pouvoirs ne peuvent légitimement agir que s’ils sont spécialement autorisés par une loi expresse, l’Assemblée peut faire tout ce qui lui est pas formellement interdit par la loi. »

 

En d’autres termes, il n’existe pas d’autre pouvoir que la volonté de l’Assemblée, et ce pouvoir étant sans limite morale ni constitutionnelle, il n’avait pas d’autre règle que le caprice du « peuple » qui n’avait pas besoin d’avoir raison pour valider ses actes, comme le disait Jurieu un siècle auparavant. En réalité, le peuple des clubs gouvernait, et le ressort de son pouvoir était la peur.

 

 

[1] Louis-Adrien Le Paige, Lettres historiques sur les fonctions essentielles du Parlement, sur le droit des pairs et sur les lois fondamentales du royaume, Amsterdam, 1753, 2 vol.

[2] Jean-Jacques Rousseau, Œuvres complètes, éd. Pléiade, 1965, t.III, p. 132.

[3] Mémoires de madame la duchesse de Tourzel, publié par le duc Jean des Cars, Paris, 1883, 3 vol., t.II, p. 119.

[4] Théodore de Lameth, Mémoires, éd. Welvert, Paris, 1913.

[5] Moniteur, t.XII, p. 138.

[6] Mercure de France, 10 mars 1792.

 

Source: Vive le Roy

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 10:51
Ma réponse à la dernière video des "Brigandes"

Cet article est ma réponse à la dernière video des "Brigandes", intitulée "Radio Brigandes III - Novembre 2015 - Franc-maçonnerie, la blanche et la rouge" (description : "entretien avec Marianne, chanteuse leader des Brigandes, et Antoine, représentant du Comité de Salut Public, sur le thème de la Franc-Maçonnerie et du Christianisme. Interview et révélations d'un franc-maçon chrétien"), dans laquelle les "Brigandes" expliquent d'où viennent leurs critiques radicales contre les Jésuites et l'Eglise de Vatican II : des francs-maçons déistes "chrétiens" (sic). Ce faisant, les "Brigandes" présument (sans le dire) une entrée légitime dans la franc-maçonnerie "traditionnelle" "chrétienne" qui serait la "bonne" franc-maçonnerie pour combattre la mauvaise, "républicaine", athée. La dérive des "Brigandes" est regrettable. Il y avait en effet, à la base, au travers de chansons, un bon fond de combat pour Dieu et la France. Cette dérive et ces accointances maçonniques se retrouve dans les milieux nationalistes, cathos libéraux, identitaires qui grouillent de francs-maçons "chrétiens", "catholiques", en réalité francs-maçonniques ou para-maçonniques. Leur point commun est qu'ils appellent tous à voter dans le cadre des institutions dites "républicaines" (le plus souvent "front national"). C'est-à-dire à alimenter la machine satanique de la Révolution fonctionnant sur le principe du moteur (deux pôles différents, un courant, la haine), et à privatiser le pouvoir entre les mains d'une minorité.

 

Lire: Principe du moteur de la Révolution

La royauté est la république

 

Depuis leur critique radicale des Jésuites venue par la suite, après leur troisième chanson - me semble-t-il - d'apparence catholique, je me doutais sans être certain de qui était derrière ce groupe "les Brigandes", mais au moins, maintenant, c'est clair ! Je les remercie de cet éclaircissement. Cela me permet de supprimer les différents articles que j'ai publiés de ce groupe, présentant leurs videos. C'est en effet une demande de l'Eglise dans une Bulle apostolique - frappée de l'infaillibilité du Pape Clément XII, In Eminenti de 1738, où le Pape Clément XII parle en tant que successeur de Saint Pierre, en vertu de son "plein pouvoir apostolique"-, de ne pas "propager", "entretenir", "recevoir chez soi", "y être inscrits", "entretenir de quelque manière que ce soit" "les dites sociétés de francs-maçons", "et cela sous peine d'excommunication." "Une constitution valable à perpétuité." [1] La Bulle apostolique In Eminenti constitue encore aujourd'hui le droit canonique en vigueur sur la franc-maçonnerie.

 

Le grand argument avancé par "les Brigandes", est celui des francs-maçons eux-mêmes, selon lequel il y a différents courants, différents buts dans la franc-maçonnerie. Or, si la franc-maçonnerie affiche effectivement des différences de courants doctrinaires (loges déistes, loges athées, loges de "droite", loges de "gauche", loges traditionnelles, loges progressistes), il ne faut pas pour autant tomber dans le piège et s'imaginer que toutes ces loges n'ont pas de but commun, une mystique commune. La franc-maçonnerie a qu'un seul but : le renversement de l'alliance du trône et de l'autel ("saine collaboration" entre les deux pouvoirs, expression de Jean-Paul II), et la destruction de l'Eglise. [2]

 

Rappelons - ce qui est condamné par la Bulle In Eminenti -, que les francs-maçons font un pacte couvert du secret, que par ce pacte ils ouvrent des portes à Satan (c'est la raison de la condamnation), et qu'ils sont de plus en nombreux à devoir aujourd'hui consulter des prêtres exorcistes pour être délivrés de troubles divers (vexations, obsessions, et, dans les cas les plus graves, possessions diaboliques). Ces troubles, pour être guéris, nécessitent d'abord une conversion à Jésus-Christ et à son Eglise. Il faut une confession, la récitation d'actes d'abjuration, des prières de délivrance. Et ensuite, il faut une vie quotidienne de prière, chaque jour, en particulier le matin et le soir, où il est bon de répéter régulièrement des actes d'abjuration.

 

La meilleure source pour connaître l'histoire de la franc-maçonnerie révolutionnaire reste après deux siècles un livre dont les informations n'ont jamais été contredites du vivant de l'auteur, qui avait reçu des témoignages et des aveux, ni même après: les Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme de l'abbé Barruel (1797), un jésuite...

Dans cet ouvrage, Barruel nous apprend que tous les Francs-maçons ne sont pas des agents conscients de ce qu'ils font. Il incrimine les arrières-loges dont les initiés supérieurs (grades supérieurs que très peu atteignent) manipulent, à leur insu, l'ensemble des maçons, et où ne se rencontre qu'une même finalité, la destruction de "toute religion", de toute autorité qui ne soit pas maçonnique, la destruction du catholicisme qui, par son clergé, sa hiérarchie et son autorité est la seule institution en mesure de s'opposer à leurs plans, et la construction d'un "régime universel dominateur", leur "république universelle".

 

Lire : Illuminés de Bavière : l'illuminisme au XVIIIe siècle

 

Barruel décrit les moyens de la franc-maçonnerie pour parvenir à ses fins. La méthode franc-maçonnique est un moyen, mettre tout sur le même plan, le relativisme (dénoncé à plusieurs reprises par Benoît XVI) et l'acceptation de ce moyen.

Et dans ce moyen, tous les moyens du mal sont permis et même encouragés. Les francs-maçons sont formatés à prendre pour le bien le mal ou à les mettre sur le même plan en discussion et en "dialogue" (c'est la suppression des 10 Commandements) :

 

"Sous prétexte de découvrir une Religion plus parfaite, il (Weishaupt) leur a persuadé - aux adeptes - que le Christianisme du jour n'est que Superstition & tyrannie. Il leur a soufflé toute sa haine pour les prêtres & pour l'état actuel des Gouvernements. C'en est assez pour l'aider à détruire; il se gardera bien de leur dire ce qu'il veut édifier..." (A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, , 1798, t. III, p. 151).

 

"Si pour détruire tout christianisme, toute religion, nous avons fait semblant d'avoir seuls le vrai Christianisme, seuls la vraie religion; souvenez-vous que la fin sanctifie les moyens, que le sage doit prendre pour le bien tous les moyens du méchant pour le mal. Ceux dont nous avons usé pour vous délivrer, ceux que nous prenons pour délivrer un jour le genre humain de toute religion, ne sont qu'une pieuse fraude que nous nous réservons de dévoiler dans ce grade de Mage ou de Philosophe Illuminé" (A. Barruel, ibid., t. III, p. 264).

 

Or, vous le savez, depuis la Génèse et la tentation d'Eve qui discuta avec le démon au sujet du fruit de l'Arbre, on ne discute pas avec le démon. Plus intelligent, celui-ci nous entraîne dans ses filets, par l'acceptation du moyen du "dialogue". Cette discipline est impérative.

 

Répondons tout de suite ici que si les membres des "Brigandes" demandent de ne pas mettre dans le même panier tous les francs-maçons, ils n''hésitent pas, eux, à utiliser ce procédé s'agissant des Jésuites, en disant "les Jésuites" en général pour dire qu'ils sont tous mauvais...

 

Enfin, si en 1793, la franc-maçonnerie athée, progressiste, a pris le pas et a éliminé les francs-maçons déistes chrétiens, ce n'est aucunement une preuve que la franc-maçonnerie aurait différents buts et que donc il n'y aurait pas de "complot" (sic), ou que ce serait pas aussi évident, etc., comme c'est répété dans la video. C'est précisément parce qu'en 1793, elle n'avait pas plus besoin de ceux-ci et qu'après s'être servi d'eux, elle les a éliminés dans un processus bien défini par l'historien de l'Empire et de la Révolution, Patrice Gueniffey : un processus "radicalisation cumulative du discours" "réside le moteur de l'hubris révolutionnaire qui, d'outrance en surenchère dans la définition des buts et dans les choix des moyens, conduit inexorablement à la violence" (Patrice Gueniffey, Histoires de la Révolution et de l'empire, Tempus, Paris 2011, p. 186). Une fois le nettoyage idéologique réalisé, la franc-maçonnerie s'est auto-dissoute en France (en 1793 en pleine Terreur). Elle a fermé les loges quelques années, afin de revenir quelques années plus tard sous Napoléon Ier, puis sous la Restauration, la Monarchie de Juillet, la Seconde République, le Second empire, la IIIe république, la IVe république, et enfin, la Ve république.

 

Aujourd'hui, la meilleure réponse à faire à la franc-maçonnerie est de lui demander de répondre aux exigences de transparence démocratique en se déclarant devant le Parlement.

 

Lire: Election présidentielle 2017 : Déclaration officielle des lobbys maçonniques

Suisse : Le parlement du Valais envisage d'obliger les francs-maçons à se déclarer devant lui

Notes

 

[1] Les Enseignements originaux des Papes sur la franc-maçonnerie, De 1717 à nos jours, Pierre Tequi éditeur, Saint-Céneré 1998, p. 15-17.

[2] Satan qui travaille derrière la franc-maçonnerie à la ruine de l'Eglise ne parviendra pas à ses fins, car l'Eglise a les promesses d'assistance éternelle de Notre Seigneur Jésus-Christ : "les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle" (Mt, 16, 18); "Et moi, je suis avec vous toujours jusqu'à la fin du monde" (Mt, 28, 20.)

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 00:00
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Saint-Séverin, Eglise de Chateau-Landon (77)

 

Saint Séverin naquit en Bourgogne, vers le milieu du Ve siècle. Devenu religieux très tôt, il s'adonna au jeûne et à la prière au monastère de Saint-Maurice en Valais (Suisse), dont il devint abbé, et qu'il gouverna pendant plusieurs années avec autant de sagesse que de prudence.

 

Le roi Clovis, informé qu'un grand nombre de malades recouvraient tous les jours la santé par la vertu des prières de Séverin, l'envoya chercher, en 504, pour obtenir la guérison d'une fièvre opiniâtre dont l'art des plus habiles médecins n'avait pu le délivrer. Le saint partit après avoir pris congé de ses moines, auxquels il annonça qu'ils ne le reverraient plus.

 

A Nevers, il guérit Eulalius, évêque de cette ville, lequel était devenu sourd et muet. Il rendit la santé à un lépreux qu'il rencontra aux portes de Paris. Arrivé chez le roi, il le couvrit de son habit, et la fièvre le quitta aussitôt. (1) Séverin refusa rémunérations et cadeaux mais demanda l'ouverture des prisons et le soulagement des pauvres. Puis Séverin et les compagnons reprirent le chemin du retour. (2)

 

Le prince pour témoigner à Dieu sa reconnaissance, fit distribuer aux pauvres d'abondantes aumônes et mit effectivement tous les prisonniers en liberté.

 http://www.loisirsengatinais.com/photos/ch_landon_jpl_img_1173.jpgEglise de Château Landon - 77

 

 

Séverin, jugeant que sa présence n'était plus nécessaire à Paris, reprit le chemin de son monastère. Il était pas loin de Castrum Nantonis (Château-Landon, aujourd'hui en Seine-et-Marne), qui était alors dans le diocèse de Sens. Arrivé au lieudit "la Croix du Bourdon" il dit à ses compagnons : "Ici sera mon repos éternel". Deux saints prêtres anachorètes y servaient Dieu dans un petit oratoire qu'ils s'étaient bâti à l'écart, au lieu-dit "la montagne de Château-Landon" (3). Il les pria de le recevoir chez eux. Un ermitage fut aménagé dans la partie est de l'éperon rocheux ainsi qu'une petite église en bois. Et, après les avoir édifiés par l'éclat de ses vertus, il mourut le 11 février 507.

 

Inhumé dans la chapelle, Héraclius, archevêque de Sens prévenu, alerta lui-même Clovis. Il insista auprès du roi pour faire construire une église à dédier à ce saint qui lui avait si justement rendu la santé. Mais Clovis mourut à son tour quatre ans plus tard sans avoir pu tenir ses engagements.

 

C'est le fils de Clovis, Childebert Ier qui régna sur le Gâtinais à partir de 524 qui exauça enfin le voeu de Clovis en 545. L'église de Château-Landon fut consacrée par saint Léon en 558. (4) Styles carolingien, pré romain, romain, gothique s’y côtoient. Elle a été classée Monuments historiques en 1840.(5)

 

De nombreux miracles vinrent attester de la faveur de l’higoumène Séverin auprès du Seigneur.

 

http://www.loisirsengatinais.com/photos/ch_landon_jpl_mg_1170.jpgEglise de Château Landon - 77

 

http://www.loisirsengatinais.com/photos/ch_landon_jpl_mg_1172.jpg

 

http://anidom.blog.lemonde.fr/files/2008/01/saint-severin-abbeye-chateu-landon-vue1.1201362584.thumbnail.jpgPar la suite, ce fut un lieu de pélerinage annuel et des bâtiments conventuels furent rattachés à l'église qui abrita une petite communauté de religieux en 558.
 

Saint Eloi fit une châsse en argent massif. pour y déposer les reliques de Séverin. Elles y furent déposées en 636. D'une grande valeur, ce reliquaire, attisa de nombreuses convoitises au cours des siècles.

 

Les abbés, pour protéger le reliquaire avaient pris l'habitude lorsqu'un danger menaçait l'abbaye de le cacher à l'intérieur des murs de la ville. C'est ainsi que, lors de l'invasion des Saxons, il put être sauvé alors que l'abbaye disparaissait dans les flammes. En remerciement, une église fut construite à l'endroit même de la cachette en 774 et prit le nom de Saint Etienne.

 

 

 

 

http://static.panoramio.com/photos/large/22898522.jpgL'Abbaye Royale de Saint-Séverin, Château-Landon. 

 

L'Abbaye royale de Saint-Séverin fondée au VIe siècle autour de l'église mérovingienne de Chateau-Landon (77) fut incendiée par les Saxons deux siècles plus tard, et au IXe siècle par les Normands. (6)

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/8f/Abbaye_Saint-S%C3%A9verin_(1).jpg/700px-Abbaye_Saint-S%C3%A9verin_(1).jpg

L'Abbaye Royale de Saint-Séverin, Château-Landon.

 

http://www.patrimoine-histoire.fr/images/Patrimoine/Paris/eStSeverin/ParSS01.JPG

Eglise Saint-Séverin, Paris

 

L'église Saint-Séverin à Paris, détruite par les Vikings au IXe siècle, fut reconstruite au XIe siècle. Elle est gothique, belles gargouilles en façade extérieure. Portail principal du XIIIe. (7)

 

A la fin XIIe siècle, l'Université de Paris, créée par Philippe Auguste, attire maîtres et étudiants de toute l'Europe. L'Ile de la Cité est surpeuplée ; la rive gauche les accueille. Avec l'église Saint-Julien, Saint-Séverin devient la paroisse des étudiants et le siège des assemblées générales de l'Université.

Armes de l'Universite de paris, Devise Hic et ubique terrarum, Ici et partout sur la terre

Armes de l'Universite de paris, Devise Hic et ubique terrarum, Ici et partout sur la terre

Vers 1230, on décide de construire plus grand ; un nouveau sanctuaire est élevé. L’une de ses cloches, a été fondue en 1412, ce qui en fait la plus vieille de Paris.

 

Un incendie détruisit une partie du sanctuaire vers 1448. Mais la guerre de Cent Ans s'achevait bientôt par une victoire totale des troupes françaises (hormis Calais, tout le territoire était libéré) et une reprise économique s'amorça. (8)

 

Saint-Séverin sera rebâtie avec une certaine magnificence ; le chantier se poursuivit jusqu'au XVIIe siècle.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/5/51/Eglise_St_S%C3%A9verin_portail_St_Martin.JPG/450px-Eglise_St_S%C3%A9verin_portail_St_Martin.JPGL’intérieur de l’église contient des vitraux gothiques. La construction du chœur en marbre a été financée par la duchesse Anne de Montpensier, cousine de Louis XIV. 

Une chapelle a été ajoutée par Mansart sur le côté droit de l’église.

Une partie de l’intérêt architectural de l’église réside aussi dans son ancien cimetière paroissial.


La Révolution ne l'endommagea pas. Si Saint-Julien, toute proche, devint magasin à sel, Saint-Séverin devint dépôt de poudre, puis entrepôt de fourrage et de cloches. L'église fut rendue au culte en 1803. Si vous visitez Paris, ne manquez pas cette église magnifique avec sa superbe verrière, ses double-collatéraux et son double déambulatoire. Tout cela nous vient tout droit du XVe siècle.

 

Sources:

 

(1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 42.

(2) http://www.loisirsengatinais.com/fiche.php?nb_rec=61&nb_rec_fiche=1089&langue= 

(3) http://www.france-voyage.com/communes/chateau-landon-30836.htm

(4) http://www.panoramio.com/photo/22898522

(5) http://www.mairie-chateau-landon.fr/curiosites.php

(6) http://foter.com/f/photo/3580915011/476a0780dc/

(7) http://www.evous.fr/Eglise-Saint-Severin,1119785.html

(8) http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Paris/Paris-Saint-Severin.htm

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 00:00

Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse

 

 

http://media.evangelizo.org/images/santibeati/V/Beata_Vergine_della_Medaglia_Miracolosa/Beata_Vergine_della_Medaglia_Miracolosa_B.jpg

 

Entrée au noviciat depuis quelques jours seulement, Ste Catherine Labouré fut gratifiée de plusieurs faveurs célestes. La Très Sainte Vierge Marie daigna lui apparaître à six reprises. La seconde apparition eut pour objet la manifestation de la Médaille Miraculeuse. Voici en substance le rapport que la voyante en a fait à son confesseur, le Père Jean-Marie Aladel :

 

 

 

« Le 27 novembre 1830, un samedi avant le Premier Dimanche de l'Avent, à cinq heures et demie du soir, j'étais à la chapelle quand il m'a semblé entendre du bruit du côté de l'épître, comme le froufrou d'une robe de soie.

 

Ayant regardé de ce côté-là, j'aperçus la Sainte Vierge. Elle était debout, habillée de blanc, une robe en soie blanche aurore à manches plates, un voile blanc qui descendait jusqu'en bas. En-dessous du voile, j'ai aperçu Ses cheveux en bandeaux ; la figure était assez découverte et Ses pieds appuyés reposaient sur une boule.

 

Elle tenait aussi une boule dans Ses mains représentant le globe terrestre. Ses mains étaient élevées à la hauteur de l'estomac, d'une manière très aisée et les yeux élevés vers le ciel. Sa figure était de toute beauté ; je ne pourrais la dépeindre. Et puis, tout à coup, j'ai aperçu des anneaux à Ses doigts revêtus de pierreries plus belles les unes que les autres ; leur éclat couvrait tout le bas et je ne voyais plus Ses pieds.

 

 

 

A ce moment, il s'est formé un tableau un peu ovale autour de la Vierge Sainte, avec au haut, ces mots écrits en lettres d'or : "O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous".

 

Une voix se fit alors entendre qui me dit : “Faite frapper une médaille sur ce modèle ; toutes les personnes qui la porteront au cou recevront de grandes grâces. Les grâces seront abondantes pour tous ceux qui la porteront avec confiance.”

 

 

 

Le tableau se retourna soudain et je pus contempler le revers de la Médaille sur lequel était gravé le monogramme de la Sainte Vierge, composé de la lettre M, surmonté d'une croix, avec une barre à la base. Au-dessous de cette lettre M, côte à côte, les deux Saints Cœurs de Jésus et de Marie. »

 

 

 

L'approbation officielle de l'Église, les merveilles opérées en si grand nombre, et enfin la prodigieuse humilité de la voyante garantissent l'authenticité de l'origine céleste de la Médaille Miraculeuse.

 

 

 

Dans le courant de décembre, Ste Catherine Labouré a une nouvelle apparition très semblable à celle du 27 novembre, et au même moment, pendant l’oraison du soir : la messagère choisie par l’Immaculée reçoit de nouveau l’ordre de faire frapper la Médaille par l’entremise de son confesseur, le prudent Père Aladel.

 

Ce sera quand même fait en 1832 avec la permission de l’archevêque de Paris, Monseigneur de Quélen.

 

 

 

Symbole suffisamment clair, cette Médaille nous rappelle que nous sommes des chrétiens rachetés par un Dieu crucifié en face de sa mère douloureuse ; que nous sommes les enfants d’un Dieu qui nous aime, qui nous donne son cœur et qui demande en retour le nôtre pour étendre son royaume d’amour et de paix parmi les hommes, et en priorité parmi les plus souffrants, comme va le faire Sœur Catherine. Méditons ce langage convaincant de la Médaille ! Elle est un saisissant raccourci de notre foi chrétienne.

 

 

 

 

 

Pour un approfondissement voir et lire :

 

>>> Chapelle rue du Bac - Paris

 

Source: L'Evangile au quotidien

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 20:01

"C'est la plus forte hausse depuis 2013". + 42 000 chomeurs de plus en un mois. L'équivalent d'une ville moyenne comme Valenciennes. Nouveau record.

Le chômage marque un fort rebond en octobre. Nouveau record

Source: Le chômage marque un fort rebond en octobre, Sud-Ouest, Publié le 26/11/2015 à 18h45 , modifié le 26/11/2015 à 19h11 par SudOuest.fr avec Afp

Le chômage marque un fort rebond en octobre. Nouveau record

Source: Forte hausse du chômage en octobre + 42 000 demandeurs d'emploi, Ouest-France, 26/11/2015 -

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