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Christ Roi

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5 janvier 2007 5 05 /01 /janvier /2007 14:16

05/01/2007 13:03 PARIS (AFP)

 

Les ménages français ont terminé l'année 2006 avec un moral en berne, peu convaincus par la baisse du chômage et pessimistes sur l'évolution de leur niveau de vie, mais les économistes ne tirent pas de conclusion définitive de cette déprime sur l'évolution de la consommation....

"On a beau expliquer aux Français que le chômage baisse, que l'inflation est à marée basse et que le pouvoir d'achat a accéléré au troisième trimestre, rien n'y fait: ils ont le blues", s'étonne Alexander Law, de Xerfi.

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"Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose" (Voltaire). Mais aujourd'hui, il semble que les Français disent de plus en plus NON ! Non aux chiffres bidons de l'ANPE, non à la constitution de l'Europe, non aux institutions de la république, augmentation systématique de la non participation aux prétendues "élections", etc... et ce n'est que le début.

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Publié par Ingomer - dans Economie
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5 janvier 2007 5 05 /01 /janvier /2007 12:58

Sur la "liberté de penser" éternelle rengaine que nous adresse les républicains, il serait bon de faire un point. Maurice Dantec donne quelques éléments de réponse dans le journal de la Commission Trilatérale (Claude Imbert), Le Point n° 1790, jeudi 4 janvier 2007, p. 76. Cela nous donne l'occasion de rappeler la pensée de quelques auteurs sur ce sujet et des enseignements pontificaux. Citations :

"On alphabétise beaucoup dans les dictatures communistes, c'est à se demander pourquoi. La liberté n'est pas un « droit ». Elle ne s'octroie pas. La Liberté est un état qui se conquiert. Aussi, la « recherche de l'autonomie humaine » n'est pas une invention de la pseudo-« Renaissance », elle date de bien avant, des Grecs, tout comme des scholastiques médiévaux. Ce qui est nouveau, avec la modernité, justement, c'est que cette « autonomie humaine » est désormais détachée de toute puissance transcendante, elle n'est plus cette « liberté au service d'une liberté plus grande », elle est désormais autocentrée et devient dès lors une niche pour tous les nihilismes idéologiques qui travestiront Dieu, sous toutes les formes possibles." Maurice Dantec in Le Point, no. 1790 Idées, jeudi, 4 janvier 2007, p. 76, Polémique, Dantec en croisade contre l'Occident maso, élisabeth Lévy  

Le Christianisme est la religion de la Liberté (conçue comme ACTE DE VOLONTÉ PURE) illuminée par la Grâce. L'athée est "immoral" au sens où il se sépare aussi bien de la vie que de l'esprit et que, de fait, il les sépare l'un de l'autre, son "immoralité" recoupe un refus de toute transcendance (liberté surnaturelle/loi naturelle) qui serait supérieure à sa petite autonomie individuelle, un refus du Monde Créé ("tabula rasa" révolutionnaire), un refus de toute éthique articulée sur la foi. Il est tout bonnement pathétique, à l'image de l'époque." Maurice G. Dantec, via le Forum catholique

"la liberté de penser et de publier ses pensées, soustraite à toute règle, n'est pas de soi un bien dont la société ait à se féliciter; mais c'est plutôt la source et l'origine de beaucoup de maux. La liberté, cet élément de perfection pour l'homme, doit s'appliquer à ce qui est vrai et à ce qui est bon." Léon XIII, Immortale Dei, 1888  

"Ce qui ne répond pas à la vérité et à la loi morale n'a objectivement aucun droit à l'existence, ni à la propagande, ni à l'action". Pie XII, Allocution Ci riese du 6 décembre 1953.

"Il n'y a pas d'espoir pour ces sociétés qui abandonnent le culte austère de la vérité pour l'idolâtrie de l'esprit. Derrière les so­phismes viennent les révolutions, et derrière les ré­volutions les bourreaux". Donoso Cortès, Essai sur le catholicisme, etc., p. 8 et 9 cité in Mgr Gaume, Traité du Saint-Esprit, 1865, troisième édition, Gaume et Cie Editeurs, 3 rue de l'Abbaye, tome II, Paris 1890, p. 427. 

"Le terme « liberté de conscience » est d'abord un terme équivoque. Ce n'est pas une invention des modernes, quoi qu'on en pense. Cette liberté-là l'Ancien Régime la respecte. Le fameux Chevalier de la Barre par exemple, dont le procès pour blasphème défraya la chronique au XVIIIème siècle, on ne lui reprochait pas ce qu'il pensait, mais ses provocations extérieures. L'adage de droit français est traditionnellement le suivant : Foris ut mos est, infus ut libet. Ut tibet ! Comme on veut […] je ne suis pas d'accord avec la Constitution de 1958, qui, à l'instigation de Pierre Pfimlin, maire de Mulhouse, avait fait de la surenchère par rapport à celle de la IVème République : « La France est une République laïque (...) Elle respecte toutes les croyances » est-il indiqué. Mais la République n'a pas à respecter toutes les croyances, même si elle doit respecter tous les croyants." Emile Poulat - Propos recueillis par l’abbé G. de Tanoüarn, Nouvelle revue Certitudes - avril-mai-juin 2003 - n°14.

Un prétexte au service de la Secte : "Voyez ce que la secte fait elle-même pour empêcher la vérité de désiller les yeux du peuple. Par-tout où les adeptes règnent, demandez ce que c'est aujourd'hui que cette liberté de penser, de parler & d'écrire." Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, P. Fauche Libraire, Hambourg 1799, t. V, p. 289-291.

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Publié par Ingomer - dans Christ-Roi
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5 janvier 2007 5 05 /01 /janvier /2007 12:08

Publié le 05 janvier 2007 à 11h53

Prison/Rouen : cannibalisme "très probable"

Les auto-accusations de cannibalisme du détenu meurtrier d'un autre détenu à la maison d'arrêt de Rouen sont finalement "très probables" après l'achèvement de l'autopsie du corps qui a montré l'absence de certains organes, a affirmé ce matin le procureur de la République de Rouen.

(Avec AFP).
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Publié par Ingomer - dans Société
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4 janvier 2007 4 04 /01 /janvier /2007 13:00
 
Un "homme de centre droit". C'est ainsi que Jean-Marie Le Pen se qualifie dans un entretien à Paris Match paru jeudi. "On dit que Jean-Marie Le Pen est un extrémiste, que c'est l'extrême droite pour disqualifier mon message. C'est faux, je suis un homme de centre droit", déclare le président du Front national.

Rappelant qu'il appartenait en 1958 au Centre national des indépendants et paysans (CNIP) d'Antoine Pinay, il explique : "J'étais du centre droit. Je défendais les mêmes idées que maintenant." "Ce n'est pas moi qui me suis déporté vers l'extrême droite, c'est le corps politique français qui s'est déplacé vers la gauche", poursuit M. Le Pen, qui s'efforce depuis plusieurs années de "normaliser" son image.

Le président du FN affirme, en outre, être proche du général de Gaulle, malgré deux points de divergence. "Il aurait dû faire la réconciliation des Français après la guerre : Pétain était le bouclier, lui, l'épée. Et puis, nous avons été en désaccord sur la question de l'Algérie française, plus d'ailleurs sur la méthode que sur le fond". "Mais sur le reste, sur une certaine idée de la France, de sa spécificité, je ne suis pas en désaccord avec lui. Dans ses réflexes patriotiques, je suis assez gaulliste. Le dernier peut-être", assure-t-il.  

A la question "Pourriez-vous gouverner ?" Jean-Marie Le Pen répond : "Pourquoi pas !" "Il y a un certain nombre de hauts fonctionnaires et de personnalités qui, sur mon conseil, se tiennent dans une relative obscurité, qui sont prêts à gouverner avec moi", explique le candidat frontiste, présent en 2002 au deuxième tour de la présidentielle.  

Elu, le dirigeant du FN commencerait "par demander un audit général de la situation française parce qu'il me semble que la plupart des données fondamentales ne sont pas connues" et préparerait l'avènement d'une "république référendaire" afin "d'associer étroitement" le peuple français aux décisions. En revanche, il affirme qu'il ne prendrait "aucune" mesure discriminatoire s'il accédait à l'Elysée.

A quatre mois de la présidentielle, Jean-Marie Le Pen "n'écarte pas l'hypothèse" d'une nouvelle candidature de Jacques Chirac. Entre Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, il explique "tout à trac" qu'il choisirait le second en cas de deuxième tour où il ne figurerait pas. En revanche, il refuse de se prononcer entre le candidat de l'UMP et Ségolène Royal. "Cela dépendra des circonstances et des engagements qu'ils prendront sur un certain nombre de questions", explique-t-il, jugeant les deux candidats "outrageusement médiatisés".

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Publié par Ingomer - dans Politique
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4 janvier 2007 4 04 /01 /janvier /2007 11:41

Via le forum catholique
Dans une interview exclusive accordée à "La Documentation catholique", le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'État de Benoît XVI, considère que l'Europe ferait une erreur en se fermant à la Turquie, même si ce pays pourrait appartenir à un deuxième cercle

Oui à la Turquie en Europe, même si elle pourrait n’appartenir qu’à un « second cercle ». La position du Saint-Siège est cette fois claire, sans ambiguïté, comme elle n’avait jamais encore été exprimée si nettement à ce niveau. Ce n’est pas Benoît XVI qui parle, mais son bras droit, le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’État.

Pour sa première interview en français depuis sa nomination à ce poste le 15 septembre, il a choisi La Documentation catholique, bimensuel édité par Bayard , dont le numéro du 7 janvier 2007 inaugure une nouvelle formule.

Certes, explique ce salésien devenu homme clé du Vatican, l’Église catholique n’a pas de « pouvoir particulier pour favoriser l’entrée de la Turquie en Europe ou y opposer un veto ». Mais, ajoute-t-il, « il semble bien que l’Europe sans la Turquie ne bénéficierait plus de ce pont entre l’Orient et l’Occident que la Turquie a toujours été au cours de l’Histoire ».

L’ancien archevêque de Gênes sait de quoi il parle : « La Turquie est depuis longtemps un partenaire de l’Europe. Ainsi, la République de Gênes entretenait de bonnes relations avec les Turcs, et c’est pour pouvoir commercer avec eux que l’Angleterre a acquis la bannière de saint Georges des mains des Génois afin d’entrer dans les ports ottomans. »

Une intégration "par cercles concentriques"
Autres arguments, plus actuels, avancés par l’homme d’Église : « Aujourd’hui, la Turquie connaît un système de laïcité particulier et un régime qui tend vers plus de démocratie. Il est de l’intérêt de l’Europe de l’aider à être une véritable démocratie pour consolider toujours plus un système de valeurs. Laisser la Turquie hors de l’Europe risque en outre de favoriser le fondamentalisme islamiste à l’intérieur du pays. »

Sur un plan très concret, le cardinal Bertone estime que « l’intégration à l’Europe peut se réaliser par cercles concentriques, avec un premier cercle des pays historiquement européens, actuellement réunis dans la zone euro, et un deuxième niveau pour ceux qui en sont plus éloignés ».

Cette interview, recueillie après le voyage de Benoît XVI en Turquie (28 novembre-1er décembre 2006), a l’avantage de clore un débat quant à la position précise de l’Église catholique sur ce dossier épineux. Il avait été rouvert par l’élection du cardinal Ratzinger au siège pontifical, car, en tant que préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le futur pape s’était publiquement opposé à l’entrée de la Turquie en Europe. Et, plus récemment, lors de ce voyage, avec les déclarations du premier ministre turc Erdogan.

Les polémiques de Ratisbonne relèvent "de l'archéologie"
À peine sorti d’un entretien en tête à tête avec le pape à l’aéroport d’Ankara, l’homme politique avait affirmé en effet devant les caméras que Benoît XVI était d’accord pour l’entrée de la Turquie en Europe. Cela avait laissé sceptiques plus d’un observateur, vu les intérêts du gouvernement turc dans cette affaire.

Un aspect que n’élude pas le cardinal Bertone dans cette interview : « La rencontre avec M. Recep Tayyip Erdogan n’était pas prévue mais attendue. D’un point de vue de politique intérieure, il était à l’évidence de l’intérêt du premier ministre turc de rencontrer le pape. En cela il a fait preuve d’une grande sagesse politique. Ce contact a été très positif et procure aux Turcs une bonne carte de visite pour l’entrée de la Turquie en Europe. »

Autre point fort de cet entretien, le commentaire du plus proche collaborateur du pape sur la controverse de Ratisbonne qui a suivi le discours de Benoît XVI dans l’université de cette ville le 12 septembre dernier (pour consulter notre dossier "Benoît XVI et l'islam", cliquez ici) : « Les clarifications données par le pape ont permis de comprendre son intention limpide de poursuivre, à partir de son discours de Ratisbonne, un débat sur la foi et la raison. Il ne s’agissait pas du tout d’une polémique avec les musulmans, qu’il n’a pas stigmatisés. D’ailleurs, quelque temps après, des intellectuels et des dirigeants musulmans l’ont bien compris. Le rôle de l’Église dans le dialogue interreligieux est bien reconnu au-delà du cadre de l’Église elle-même. (…) Pour quelques observateurs, après le voyage du pape en Turquie, “les polémiques au sujet de Ratisbonne relèvent donc de l’archéologie”. »

L'Eglise travaille au dialogue au Proche-Orient
Enfin, parmi d’autres sujets dont la question de l’unité des chrétiens, l’actualité du Proche-Orient et du Liban apparaît aux yeux de celui qui supervise la diplomatie du Vatican comme « un enjeu majeur de 2007 ».

S’il confirme que l’Église catholique souhaite qu’une « conférence internationale » se réunisse sans tarder – « il est plus urgent que jamais d’obtenir au niveau international un résultat, si petit soit-il, pour débloquer la situation » –, le cardinal révèle que l’Église « active tous les canaux possibles, y compris avec les chrétiens non catholiques de cette région, pour créer les plates-formes de dialogue et de convergence sur des objectifs précis ».

Cette livraison de La Documentation catholique propose aussi un portrait du cardinal Tarcisio Bertone – les portraits feront désormais partie des rubriques de cette nouvelle formule – et, bien sûr, l’intégralité des textes prononcés par Benoît XVI lors de son voyage en Turquie.

Jean-Marie GUENOIS

La Documentation catholique, n° 2371 du 7 janvier 2007. Le numéro : 5 €.

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Notre commentaire : Nous sommes tous contre l'entrée de la Turquie dans l'Europe, cette entrée est un non-sens quand on sait que l'Europe s'est construite contre l'islam conquérant des Arabes d'abord, puis des Turcs. On va nous rétorquer que les Français, les Allemands, les Anglais se sont également fait la guerre durant des siècles... Alors, s'ils veulent la Turquie, qu'elle rentre, cela ne fera jamais que précipiter l'implosion du grand machin...

En 2005 déjà, ils ont eu un avertissement très clair avec le non des Français au referendum, les eurolâtres ont senti le vent du boulet passer. Et ce n'est que le début : malgré la propagande étatique et le matraquage quotidien, les Français commencent à comprendre ce qui leur arrive. Mais le résultat du referendum n'a pas eu l'heur de plaire à nos sectateurs "démocrates" eurolâtres puisque ils envisagent, avec un mépris inouï pour le vote populaire, de le contourner par d'autres processus "constitutionnels"... (Vive la "démocratie" !...)

A la fin, dans tous les cas, la destruction de la société est au bout. Mais n'est-ce pas le but recherché ? Il n'est pas sûr par contre que cela se termine par la reconstruction (maçonnique) de société idéale, "démocrate" et "libre"... On ne tue pas un peuple impunément.

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Publié par Ingomer - dans Europe
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3 janvier 2007 3 03 /01 /janvier /2007 18:04

Mgr Cattenoz, évèque d'Avignon annonce la sortie de son projet de charte pour l'enseignement catholique

Via e-deo.net

Plus d'infos sur le site Liberté Politique où le livre sera vendu.

Un enseignement catholique vraiment catholique, non plus vaguement catholique, tel est l'enjeu d'une telle charte !

En voulant «replacer le Christ au centre de l’école catholique», Mgr Jean-Pierre Cattenoz opère un virage qui fera date, quand bien même l’archevêque mesure les difficultés, et l’immense effort à entreprendre de la part de toute l’Église de France : vis-à-vis d’elle-même, du corps enseignant et de l’Éducation nationale.

Pour commencer, l’archevêque évoque le contexte culturel dans lequel s’insère l’enseignement catholique : sentiment d’impuissance sur les événements, consumérisme, «cathophobie», sécularisation, relativisme, montée de l’islam... Dans ce contexte, Mgr Cattenoz remarque que le caractère propre de l’enseignement catholique est ambigu, mal défini. Dans les établissements catholiques la proposition de la foi est insuffisante, voire absente. En revanche, on y trouve souvent une logique de compétition propre à l’entreprise.

Dans ces conditions, le caractère propre se réduit au plus petit dénominateur commun, à un consensus sur des valeurs évangéliques fluctuantes, un humanisme chrétien au contour flou. Les valeurs qui sont au fondement de la plupart des projets pédagogiques sont la tolérance, la solidarité, l’ouverture aux autres ou à l’universel. Elles relèvent toutes d’un humanitarisme bon teint davantage inspiré de la philosophie des Lumières que de la rencontre avec le Christ. En phase avec cette Modernité, la proposition de foi est donc le plus souvent indigente, peu religieuse, syncrétique. Elle véhicule même selon Mgr Cattenoz de véritables hérésies.

Cette édulcoration du caractère propre des écoles catholiques porte en germe leur disparition ou leur intégration totale dans le service public. Le prélat appelle donc à repenser le caractère propre des établissements catholiques et à refonder leur enseignement sur de nouvelles bases.

[...] Interrogé par l’hebdomadaire Famille chrétienne (n. 1648) sur les vieux démons de la guerre scolaire, il répond sans détours : «Ne craignez-vous pas de faire un bond de cent ans en arrière ?», il répond : «…ou peut-être de cent ans en avant ! En tout cas, je ne suis pas prêt à renoncer à ma foi en Jésus Christ. À force de faire un catholicisme mou, on n’aura bientôt plus de catholicisme du tout ! J’ai passé quinze ans de ma vie en Afrique à annoncer Jésus-Christ. Je ne vois pas pourquoi maintenant que je suis à Avignon, je ferais autrement.» Le projet de Mgr Cattenoz est en effet clairement missionnaire.

Pour lui la question n’est pas de mettre l’enfant au centre de l’école, comme on peut l’entendre dire souvent, mais d'y mettre Jésus-Christ. Car l’enfant ne trouve sa véritable dimension qu’en étant mis en relation avec le Christ. Dans cet esprit, l’enseignement catholique est à la fois une institution de formation générale et une structure d’apprentissage de la vie dans le Christ.


L’archevêque sera-t-il suivi ? «Il est vrai,déclare t-il encore dans “Famille chrétienne”, que le recrutement devient de plus en plus difficile. Il va falloir se battre. Et pour moi c’est là qu’il faudrait que la Conférence épiscopale soit prête à se battre. Il faut travailler dans nos relations avec le gouvernement, à pouvoir garder une certaine liberté, à ne pas être étouffé par une embauche que l’on ne maîtrise plus du tout. Bref, réfléchir pour que l’enseignement catholique garde vraiment un caractère propre.»

[...] Pour réformer le système sans le dynamiter, il est nécessaire que les évêques s’investissent eux-mêmes dans l’administration de l’enseignement catholique au lieu de le déléguer à des laïcs aussi techniquement compétents soient-ils, mais trop souvent porteurs d’un projet différent du leur. Cela suppose que la Conférence des évêques de France évolue dans son fonctionnement et se donne de nouvelles priorités.

Or la culture du consensus et du compromis a contribué à édulcorer le fameux “caractère propre” de l’enseignement catholique. La conférence épiscopale de France donne l’impression d’avoir perdu la main. L’heure vient peut-être où sous la charitable pression de nouveaux évêques comme Mgr Cattenoz, certains blocages qui entravent le dynamisme missionnaire de l’Eglise de France peuvent sauter.

Depuis son élection, Benoît XVI appelle les catholiques à sortir du compromis avec la pensée dominante et de la soumission aux contraintes exercées par les autorités temporelles. Parmi les priorités «non négociables» se trouve la liberté d’éducation des parents. En proposant à l’enseignement catholique d’échapper à la facilité, Mgr Cattenoz met en œuvre le redressement auquel nous invite Benoît XVI. À sa manière la charte de l’archevêque d’Avignon est un fruit de l’encyclique programme Deus et Caritas et du discours de Ratisbonne.

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Publié par Ingomer - dans Société
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3 janvier 2007 3 03 /01 /janvier /2007 17:37

Via novopress.info

La ville de Grenade, dernier bastion musulman d’Espagne, redevient catholique. Le sultan Boabdil se rend mettant fin à sept siècles de présence musulmane en Espagne. Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille font leur entrée dans la ville. La campagne militaire lancée depuis 10 ans contre les musulmans en vue de reconquérir les terres catholiques espagnoles, la “Reconquista”, est terminée.

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Publié par Ingomer - dans Histoire
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3 janvier 2007 3 03 /01 /janvier /2007 17:23

Via altermedia.info

Tirant le bilan de certaines affaires récentes, le père Raniero Cantalamessa, prédicateur de la Maison pontificale a déclaré : « C’est un certain monde laïciste qui refuse ces symboles [de Noël], ce ne sont pas les musulmans », en présence du pape Benoît XVI et de la curie romaine.

Voir aussi notre article "Les attaques contre noël"

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3 janvier 2007 3 03 /01 /janvier /2007 12:01

Hommage à Sainte Geneviève, Patronne de paris, aujourd'hui à 19H, Marche aux flambeaux

 

 


Sainte geneviève par Anne Bernet

 


"Depuis l'an 451 et l'invasion hunnique, Pris, quoique doté d'instances municipales, ne se gouvernait que par le bon vouloir et les conseils avisés de la vierge Geneviève, une consacrée aujourd'hui presque septuagénaire. Fille d'un officier franc romanisé et d'une Gallo-Romaine, Geneviève était née vers 420 au village de Nanterre, où ses parents possédaient de vastes domaines. A sept ans, la fillette s'était vouée au Christ, au grand dam de ses père et mère dont elle était l'unique et tardive héritière. Mais, confortée dans sa vocation par les évêques
Loup de Troyes et Germain d'Auxerre, Geneviève avait triomphé des obstacles et, ses parents morts alors qu'elle atteignait vingt ans, s'était établie à Paris, auprès d'une tante, et avait fondé une maison réservée aux vierges consacrées, nouveauté encore peu répandue en Gaule. De ce jour, les ennuis de la jeune fille avaient commencé.

Par définition, Geneviève avait tout pour déplaire à ses nouveaux voisins. Elle était jeune, jolie, intelligente, indépendante, en possession de la fortune familiale, protégée par les plus hautes instances de l'Eglise des Gaules, occupait, par droit de naissance et comme le prévoyait la loi dans le cas d'une fille unique, les fonctions civiles qui avaient été celles de son père, mais, par celui-ci, justement, elle était une étrangère, une Barbare, une ennemie. Ce qu'avaient décrété les notables parisiens lorsqu'ils s'étaient avisés de l'ascendant grandissant de "la Franque" sur leurs épouses et leurs filles. Nombreuses, en effet, étaient les adolescentes qui décidaient, à la suite de Geneviève, de prendre le voile, quitte à détruire de très savantes combinaisons matrimoniales voulues par leurs familles. Accusée de saper l'autorité des pères, la consacrée eût connu de très gros ennuis si Germain d'Auxerre n'était intervenu pour la protéger. Les différends s'étaient calmés un temps, et, forte de ses soutiens, de son argent, de son influence dans les conseils, Geneviève était même parvenue à faire entreprendre l'édification d'une basilique somptueuse sur la tombe du premier évêque de Lutèce, Denis, martyrisé dans la persécution de Dèce, en 250.

Sa réputation s'étendait bien au-delà de la cité lorsque, en 451, Attila était entré en Gaule, et, après avoir dévasté Metz, avait chevauché vers Paris. Frappées d'épouvante, les autorités municipales avaient alors pris la décision misérable de ne pas défendre leur ville et d'en ouvrir les portes au Khan. Tout le monde savait que les Messins avaient péri pour avoir eu l'audace de résister à l'envahisseur, et c'était d'ailleurs pour dissuader le reste de la Gaule de se défendre que le Hun s'était livré à un pareil massacre…

Les édiles s'apprêtaient à voter cette décision lorsque Geneviève, qui siégeait dans leurs rangs, s'était levée, et, seule, avait déclaré qu'il ne fallait pas rendre Paris sans se battre… Fille d'officier supérieur, pétrie des traditions militaires de sa famille, elle répugnait à une pareille lâcheté. Personnalité en vue, elle connaissait mieux que d'autres les impératifs stratégiques et politiques du moment et savait combien chaque heure gagnée serait précieuse pour Aetius alors occupé à rassembler toutes les troupes disponibles. De la résistance, et du sacrifice éventuel, du plus grand nombre de cités possibles sur la route d'Attila dépendaient tous les espoirs de salut des Gaules et de l'Occident. Le khan le comprenait aussi puisque, constatant que l'évêque Loup n'entendait pas se rendre, il venait de renoncer à assiéger Troyes et préférait aller de l'avant.

Geneviève, peut-être informée de ce fait, avait donc de bonnes raisons de croire que le danger était relatif, mais ses explications n'eurent pas l'heur de rassurer ses concitoyens que la peur rendait méchants et qui parlaient de lapider "la Barbare", accusée d'être la complice d'Attila

Geneviève disait pourtant tenir de Dieu l'assurance que les Huns épargneraient Paris, mais nul parmi les hommes présents n'inclinait à la croire. Ils prenaient leurs dispositions afin de livrer la ville…, et, pour les plus prudents d'entre eux, afin de la quitter, lorsque, renonçant à les convaincre, la consacrée s'était adressée à la population féminine et s'en était fait entendre. Les Parisiennes avaient décrété qu'elles défendraient leur ville (!), seules s'il le fallait, et que si leurs maris et leurs pères prétendaient la quitter, ils partiraient sans elles et sans leurs enfants (!) Et, tandis que les hommes chargeaient les chariots de l'exode, les femmes allèrent s'enfermer dans le baptistère Saint-jean-le-Rond dont elles refusèrent de sortir.

La suite, personne ne l'avait oubliée. Les Parisiens, qui n'étaient pas couards au point de partir en abandonnant leurs familles, avaient fermé leurs portes et pris la garde aux remparts. Ce que voyant, Attila, pressé comme Geneviève l'avait compris, n'avait pas insisté et choisi de filer directement vers Orléans, pareillement défendu par l'évêque Aignan. Paris était sauf.

Et Geneviève auréolée d'un charisme de prophétesse, en était devenue l'âme en même temps qu'une sorte de gouverneur sans titre mais redoutablement puissant.

Childéric avait entretenu avec elle des rapports aimables, affectueux même. Geneviève ne reniait pas ses origines franques, pas plus qu'elle ne cachait sa joie de voir le peuple de son père prendre tant d'importance en Gaule. Mais cet enthousiasme se tempérait beaucoup dans la mesure où le roi salien s'entêtait à demeurer fidèle aux dieux germaniques. Et, tout en câlinant les quatre enfants princiers, la religieuse exprimait fort nettement son désaccord avec Childéric sur ce point; elle n'estimait pas possible une entreprise des Francs sur la Romania tant qu'ils ne seraient pas tous, comme l'avait fait son propre père, convertis au catholicisme. Toute intégration, toute fusion avec les Gallo-Romains, passait obligatoirement par les eaux du baptême.

Et Childéric tardant à le comprendre, Geneviève s'était ingéniée à garder Paris et ses environs en dehors de sa zone d'influence (Paris fermait ses portes tant que le roi franc ne devenait pas catholique).

En 487, et malgré le rescrit de Zénon, Clovis avait eu droit exactement au même traitement (!) Et, quand il avait essayé du blocus pour contraindre la ville à l'accueillir, Geneviève avait pris en personne la tête d'une flotille qui, par la Seine, avait rapporté de Rouen des vivres en suffisances pour soutenir un siège. Clovis s'était incliné.

Mais ne pas tenir paris constituait pour lui plus qu'un revers ou une humiliation personnelle : l'inaccomplissement d'un rêve d'enfant. Et ce rêve eût été assouvi s'il avait simplement accepté de se convertir (on devait revoir Paris résister à Henri IV jusqu'à sa conversion). Il n'avait pas accepté d'en passer par là, et, en 491, Paris lui était toujours interdit…" (Anne Bernet, Clotilde, Épouse de Clovis, Pygmalion, Bergame 2005, p. 76-79.)

 

 

Biographie de sainte Geneviève par Mgr Guérin

"Le village de Nanterre, près de Paris, vit naître sainte Geneviève, vers l'an 422. Elle n'avait que sept ans, lorsque saint Germain, évêque d'Auxerre, allant avec saint Loup, évêque de Troyes, combattre l'hérésie de Pélage, dans la Grande-Bretagne, s'arrêta à Nanterre. Geneviève se trouvait avec ses parents dans la foule qui se pressait autour des deux évêques. Saint Germain la discerna et prédit qu'elle serait chérie de Dieu et illustre par la sainteté de sa vie. Il lui demanda si elle voulait se consacrer à Dieu; Geneviève répondit, avec une modestie charmante, que c'était son unique désir. l'évêque alors entra dans l'église, et, au milieud es chants et des prières, il imposa les mains à la pieuse enfant et la consacra au Seigneur; puis il lui donna une pièce de cuivre, sur laquelle était gravée la figure de la croix, en lui prescrivant de la porter à son cou, au lieu des parures, qui ne conviennent pas à une épouse du Christ. Après la mort de ses parents, Geneviève se retira à Paris chez sa marraine. Elle ne tarda pas à avoir le don des miracles; elle prophétisa en beaucoup de circonstances,  notamment à l'approche d'Attila, roi des Huns, le fléau de Dieu, qui, à la tête de six cent mille Barbares, promenait la dévastation et la mort à travers la Gaule. Les habitants de Paris (Lutèce) voulaient fuir, en emportant ce qu'ils possédaient; la sainte les exhorta à ne pas abandonner leurs foyers, et leur promit, de la part du Ciel, que leur ville ne serait pas prise. L'évènement justifia cette prédiction; Attila respecta Paris et fut chassé bientôt de toute la Gaule. ... Les rois sous le règne desquels elle vécut l'eurent en grande véénration et elle obtint d'eux plusieurs actes de clémence. Clovis, notre premier roi chrétien, à sa requête, délivrait les prisonniers, secourait les pauvres, bâtissait des églises, entre autres celle de Saint-Pierre et Saint-Paul-sur-le-Mont, qui porta depuis le nom de Sainte Geneviève, pour avoir été le lieu de sépulture de la sainte et le théâtre de ses miracles. Geneviève vécut dans le jeûne, la prière et les bonnes oeuvres jusqu'à l'âge de quatre-vingt-neuf ans : sa mort arriva en l'année 512. Paris l'honore comme sa Patronne et ne l'invoque pas en vain dans les calamités publiques." (Mgr Paul Guérin, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Argentré-du-Plessis 2003, p. 7-8.)

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3 janvier 2007 3 03 /01 /janvier /2007 11:10

Le Vatican rappelle l'obligation de l'habit ecclésiastique

Des évêques répondent qu'il y a plus urgent que des affaires de chiffon, mais ne faut-il pas provoquer une véritable prise de conscience devant les séminaires vides et les nombreuses paroisses moribondes : la consécration et la piété ne sont plus visibles ?

Directoire pour le ministère et la vie des prêtres de 1994, paragraphe n° 66 :

66. Obligation de l'habit ecclésiastique

Dans une société sécularisée et qui tend au matérialisme, où les signes extérieurs des réalités sacrées et surnaturelles disparaissent souvent, on ressent aujourd'hui particulièrement la nécessité que le prêtre — homme de Dieu, dispensateur de ses mystères — soit reconnaissable par la communauté, également grâce à l'habit qu'il porte, signe sans équivoque de son dévouement et de son identité de détenteur d'un ministère public.(211) Le prêtre doit être reconnu avant tout par son comportement mais aussi par sa façon de se vêtir, pour rendre immédiatement perceptible à tout fidèle et même à tout homme (212) son identité et son appartenence à Dieu et à l'Église.

Pour cette raison, le prêtre doit porter «un habit ecclésiastique digne, selon les normes indiquées par la conférence épiscopale et selon les coutumes locales légitimes». (213) Cela signifie que, lorsque l'habit n'est pas la soutane, il doit être différent de la manière de se vêtir des laïcs, et conforme à la dignité et la sacralité du ministère. La coupe et la couleur doivent en être établies par la conférence épiscopale, toujours en harmonie avec les dispositions du droit universel.

A cause de leur incohérence avec l'esprit de cette discipline, les pratiques contraires ne peuvent être considérées comme des coutumes légitimes et doivent être supprimées par l'autorité compétente.(214)

Sauf des situations totalement exceptionnelles, ne pas utiliser l'habit ecclésiastique peut manifester chez le clerc un faible sens de son identité de pasteur entièrement disponible au service de l'Église.(215)

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2 janvier 2007 2 02 /01 /janvier /2007 20:05

L'exécution de Saddam Hussein est une faute, par Nicolas Sarkozy

 
Article paru dans l'édition du 03.01.07.

 

En rouge, nos commentaires .

"... Le fait que Saddam Hussein ait été jugé par un tribunal irakien est déjà un exploit en soi dans les circonstances dans lesquelles se trouve plongé le pays."

Un tribunal d'islamistes chiites que Saddam avait réussi à contenir avec le seul régime laïc de la région et surtout un tribunal de collabos.

"Rappelons que l'Irak n'a fait la découverte que depuis quelques mois des élections libres, d'une Constitution librement consentie, d'un gouvernement de coalition, de la délibération parlementaire et d'une justice indépendante, mais surtout qu'il est le lieu d'une guerre civile particulièrement sanglante."

Des "élections libres", une "Constitution librement consentie" après 17 années de guerre ? C'est une blague ? Les élections libres ont amené au pouvoir des clients des Américains qui feront des affaires sur le dos du peuple irakien et avec l'argent du pétrole irakien. Combien de morts civils (embargo), dont beaucoup d'enfants, pour assoir la belle démocratie ? Certainement bien plus que ceux attribués à Saddam. Enfin, qui a suscité la "guerre civile particulièrement sanglante" pour renverser Saddam Hussein ?

"C'est aussi un exploit parce que l'accusé se trouve être celui qui a asservi ses concitoyens par l'assassinat et la terreur pendant plus de trente ans, et dont se revendiquent encore les terroristes (je ne peux pour ma part appeler "résistants" ceux qui posent quotidiennement des bombes au milieu des civils)."

Et les armes chimiques utilisées par les Américains en Irak, au Vietnam, des terres de dizaines de kms rendues stériles et acculant les populations à la famine...

Et surtout, que dire de jacques Chirac alors et de son ami de trente ans ?? Que dire du RPR et de Jacques Chirac, son président à l'époque, qui fit des voyages chez son ami Saddam Hussein et alla jusqu'à lui offrir une centrale nucléaire que les Juifs (dont SarKözy serait "le candidat naturel des électeurs juifs" selon un article de Libération du lundi 4 décembre 2006) s'empressèrent d'ailleurs de détruire. Sarközy, chef du parti UMP, successeur du RPR, parti historique de ce même Jacques Chirac..., à présent vient nous expliquer que Saddam Hussein était "le pire des hommes" !! Qu'est-ce que c'est que ces clowns ?! Quelle hypocrisie ! Le silence complice de Jacques Chirac sur ce point est assourdissant !

"J'aurais aimé saluer le fait qu'à travers ce procès hautement symbolique l'Etat irakien se soit approprié des éléments qui contribuent essentiellement à sa souveraineté, comme un système judiciaire indépendant et professionnel ou une police démocratique et intègre."

Un "système judiciaire indépendant" ?? C'est une blague ? L'Irak n' a jamais connu de toute son histoire une justice aussi asservie au vainqueur américain.

La condamnation à la peine capitale et l'exécution du condamné m'en empêchent. Je suis opposé à la peine de mort. C'est pour moi une question de principe. Je crois que le monde doit continuer à cheminer vers son abolition totale."

On abolit aussi l'avortement alors ? Avortement qui en France a fait, en trente ans aussi..., à raison d'une moyenne de 200 000 / an, un génocide de six millions de bébés....

 Et, en l'occurrence, bien qu'il s'agisse d'un des grands criminels de l'Histoire, j'estime que l'Irak se serait grandi en n'exécutant pas celui qui l'a tant fait souffrir."

Bush avec l'embargo et les famines provoquées ne l'a peut-être pas faite souffrir ?

 Je souhaite ardemment la stabilisation de l'Irak. Mais, pour moi, la stabilisation en profondeur de cette région passe par la promotion des valeurs démocratiques."

On y est ! C'est la fameuse croisade de la démoncratie et de la Liberté !

"Enfin, je déplore profondément que Saddam Hussein, le dictateur qui avait plus de sang sur les mains que quiconque au monde, n'ait pas eu à comparaître pour ses autres crimes."

Nous, nous attendons que Bush et ses affidés soient jugés pour les siens de crimes bien plus nombreux que ceux de Saddam.

"Je regrette que justice n'ait pas été rendue aux Kurdes, dont les souffrances ont été indicibles, et dont le massacre au gaz de 5 000 civils dans la bourgade d'Halabja en 1988 n'aura été qu'un événement atroce parmi de nombreux autres. Je regrette que justice n'ait pas été rendue aux chiites, qui subirent en 1991 une répression barbare de la part de la garde républicaine irakienne - d'ailleurs sous le regard impassible de la communauté internationale."

Nous nous regrettons les millions de bébés assassinés dans les démocraSSies occidentales au nom de la "Liberté" et du "droit à disposer de son corps" ou du "droit de choisir"....

"Il est difficile de réconcilier les différentes composantes d'un peuple au sortir d'une dictature. Mais cette tâche me paraît d'autant plus malaisée lorsque la lumière n'est pas faite sur le passé."

Qui a atomisé le peuple irakien en exacerbant les communautés, en montant les minorités chiites contre la majorité sunnite ? La lumière devra être faite sur cette énième révolution.

"L'exécution de Saddam Hussein, le pire des hommes, est une faute."

La mise hors d'état de nuire des "démocrates", les pires destructeurs de toute société, est une justice et une oeuvre de salut public !

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2 janvier 2007 2 02 /01 /janvier /2007 16:31

Via le site de Jacques Vassieux

Le Front national a estimé samedi que “l’élimination physique de Saddam Hussein est pire qu’un crime, c’est une faute”.

Le FN a affirmé que la pendaison de l’ancien dirigeant irakien est “une faute lourde dont la responsabilité retombera sur le monde occidental considéré par le monde arabe comme l’organisateur de cette justice de vainqueur”.

L’impitoyable blocus américain de plus de dix ans a fait beaucoup plus de morts chez les civils irakiens que n’en a fait Saddam Hussein, qui était l’allié et même l’ami des dirigeants occidentaux”, a assuré le FN qui juge qu’”à cet égard, le silence de Jacques Chirac est véritablement assourdissant”.

Enfant irakien victime de l'embargo

[...] L’exécution de Saddam Hussein a d’ores et déjà suscité de nombreuses réactions de la communauté internationale. Le président américain, George W. Bush a estimé que de la mort de Saddam Hussein était une « étape importante » pour l’Irak sur le chemin de la démocratie.

(Source:
http://www2.dw-world.de)

Ce que j'en pense :

Quelques mois après la mort – l’assassinat ? – de Slobodan Milosevic dans les geôles d’un pseudo TPI, c’est un nouveau symbole de la résistance à l’impérialisme américain que les instances judiciaires inféodées aux USA ont exécuté.
Le Raïs Saddam Hussein a été pendu le 30 décembre à l’aube.

Comme toujours depuis plus de quarante ans, lorsqu’il s’agit de tuer les leaders politiques opposés aux intérêts de l’oncle Sam, les motifs sensés justifier l’exécution sont les « crimes contre l’humanité » et le « rétablissement de la démocratie ». En effet
l’empire néolibéral américain ne sera satisfait que lorsque l’ensemble du moyen orient sera devenu « démocrate », libéral, marchand, et pour finir, soumis aux états unis et à leur conception du moyen orient.
Malheureusement, cette vision de la politique internationale faisant des USA les combattants de la liberté, partis en Irak pour libérer le peuple oppressé d’un tyran fasciste supposé soutenir le terrorisme islamiste, est largement acceptée par l’opinion publique occidentale. La propagande de Big Brother a porté ses fruits.
Il importe donc de récapituler certains faits.

Adhérent du parti de la renaissance arabe – le Baas – depuis 1957, Saddam Hussein devient rapidement l’une des principales figures du mouvement et participe à la prise du pouvoir de celui-ci en 1968. Nationaliste et progressiste, il
a farouchement combattu l’intégrisme religieux d’une frange de la population chiite favorable à l’établissement d’une République Islamique, lui opposant un état irakien laïque, garantissant les droits des citoyens et spécialement des femmes, un défi majeur pour un pays du moyen orient.

Curieusement c’est pourtant au nom de la guerre contre le terrorisme islamiste que les Etats-Unis, sans se soucier des résolutions de l’ONU, ont attaqué l’Irak en 2003 et renversé le régime du Raïs. Bravant les principes juridiques qui proscrivent l’ingérence et le recours à la force dans les relations internationales, les USA ont ainsi bombardé le seul état laïc de la région au nom de la « prévention » et de la lutte contre l’intégrisme religieux.

Les conséquences furent désastreuses : dégâts matériels considérables accentuant la pauvreté du pays déjà frappé par l’embargo américain, commencement d’une guérilla sanglante mêlant les forces de la coalition, les sunnites et les chiites, et dont les principales victimes sont civiles.
En outre, les USA ont ici révélé l’incohérence et/ou l’hypocrisie de leur politique, car en renversant le régime baasiste de Saddam Hussein, les armées de la « liberté » ont dégagé la voie aux milices religieuses chiites qui imposent désormais leur loi dans les rues, n’hésitant pas à châtier ou assassiner ceux qui ne respectent pas leur credo. Etrange manière de combattre l’intégrisme que de favoriser indirectement ceux qui souhaitent voir naître en Irak une république Islamique.
Nous aurons tous compris que cette guerre était en fait destinée à « sécuriser la région » et à maintenir l’hégémonie Israélo-américaine au moyen orient. Il s’agissait également de détruire le nationalisme arabe du Baas et de s’emparer des ressources pétrolières.

Suite à sa capture en décembre 2003, un "procès" dont le verdict était bien entendu déjà fixé allait commencer.
Le fait déterminant qui conduisit Saddam Hussein à la potence fut le massacre de 148 chiites et le bombardement d’Halabja, une ville kurde en 1988.
Pour autant qu’un tel acte soit absolument répréhensible, certains faits méritent une fois encore d’être rappelés à l’opinion publique occidentale et aux politiques vassales des Etats-Unis.

- Les américains ont instrumentalisé la guerre opposant l’Iran et l’Irak, encourageant un jour les révoltes chiites, puis le lendemain favorisant Saddam Hussein, causant ainsi plusieurs milliers de morts militaires et civils.
- L’embargo décidé par les USA et leurs complices contre l’Irak est responsable d’un nombre incalculable de victimes civiles suite aux famines et maladies.
- L’utilisation d’armes chimiques qui lui fut reprochée
reste une spécialité américaine ; que ce soit au cours de la première guerre du golfe ou lors de l’invasion de 2003, l’utilisation de ce type d’arme, notamment du phosphore blanc, est la cause – et le sera encore – d’une mortalité infantile importante et de l’apparition de malformations.
- les bombardements multiples de 2003 ont aggravé le bilan des morts civils dont les états unis sont responsables. Par ailleurs l’ampleur des dégâts a mis à bas l’économie irakienne, accentuant ainsi la paupérisation de la population.

Ainsi donc les Etats-Unis sont responsables d’un nombre de morts considérable, bien plus important que celui dont fut déclaré coupable Saddam Hussein.
Nous attendons donc que les divers tribunaux internationaux ou nationaux rendent la justice en ce qui concerne les criminels de guerre yankee, plutôt que mettre un point d’honneur à démolir ceux qui refusent la domination américaine planétaire.
Avant de partir, l’ancien Raïs a adressé à son peuple une lettre, lui demandant de ne pas confondre le peuple américain et ses dirigeants corrompus.
Par cette exécution, les Etats-Unis ont engagé la responsabilité de l’ensemble de l’occident aux yeux de l’Irak et du peuple arabe en général, qui ne manquera pas de réagir et de juger à son tour l’Oncle Sam et ses valets. De plus, le fait que cette exécution ait eu lieu le jour de l’Aïd El Kebir constitue indéniablement une provocation à l’encontre du monde arabe, et plus généralement à l’égard du monde musulman. De nouveaux conflits sont donc à prévoir.

Saddam Hussein est mort dignement ce matin du 30 décembre 2006...
Pour voir la vidéo de la pendaison de Saddam Hussein
Cliquez sur le lien suivant :
http://www.dailymotion.com/hopto/video/xvxgi_saddam-hussein-a-ete-pendu

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Notre commentaire :

Le pire dans cette histoire, c’est que les américains et les sionistes parviennent à manipuler l’opinion mondiale pour lui faire croire qu’ils n’y sont pour rien dans l’exécution de Saddam, mais que ce sont les vilains chiites irakiens qui l’ont pendu.... Peut-être, mais à qui obéissent ces chiites ? Ces chiites irakiens ne sont que des pantins collabos aux ordres. De la même façon que les américains ou anglais qui ont fait cette guerre d’Irak ne sont que les larbins exécuteurs des basses manoeuvres que les maîtres du monde ne sauraient accomplir... Vont pas se salir les mains vous comprenez, c’est impur ! Faisons faire le sale boulot par les "chrétiens" !... (Entre parenthèse, ce sont des armées protestantes, non catholiques qui sont allées en Irak. La distinction est très importante car la confusion est entretenue volontairement par ceux que vous savez.)

Dernière remarque : les "démocrates", une fois de plus auront sorti leur arme secrète en Irak : jouer les minorités (chiites) CONTRE la majorité (sunnite), atomiser et diviser, puis sur les ruines et les décombres, prendre le pouvoir (ou y installer un Etat-client même si islamiste), se le partager et le conserver. Important de noter ce phénomène car c’est le système que l’UMPS applique en France, l'arme secrète du "diviser pour mieux régner" que les révolutionnaires applique depuis 1789.

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1 janvier 2007 1 01 /01 /janvier /2007 16:05

(Via dici.org, thomatique)

On l’accusa alors de faire de la politique ;

et Dieu sait si ce n’est pas un crime bien au contraire, de faire la politique de Jésus-Christ et de susciter des hommes politiques qui utilisent tous les moyens légitimes, même légaux, pour chasser de la cité les ennemis de Notre Seigneur Jésus-Christ !1

les faits parlent d’eux mêmes :

ce que la monarchie française n’avait pas réussi à faire, la démocratie l’a réalisé : cinq révolutions sanglantes (1789, 1830, 1848, 1870, 1945), quatre invasions étrangères (1815, 1870, 1914, 1940), deux spoliations de l’Eglise, bannissements des ordres religieux, suppressions des écoles catholiques, et laïcisations des institutions (1789 et 1901), etc...

Pourtant, diront certains, le pape Léon XIII demanda le "ralliement" des catholiques français au régime républicain3 (ce qui, entre parenthèses, provoqua une catastrophe politique et religieuse). D’autres critiquent du reste cet acte de Léon XIII en le qualifiant, ainsi que son auteur, de libéral. - Je ne crois pas que Léon XIII fût un libéral, ni, encore moins, un démocrate. Non : il crut simplement susciter une bonne combinaison politique pour le bien de la religion en France ; mais il est clair qu’il oubliait l’origine et la constitution irrémédiablement libérales, maçonniques et anti-catholiques de la démocratie française.

L’idéologie démocratique
Issue du postulat libéral de l’individu-roi, l’idéologie démocratique se construit ensuite logiquement : les individus passent à l’état social par un pacte conventionnel : le contrat social, qui est, dit Rousseau, une "aliénation totale de chaque associé avec tous ses droits à toute la communauté" . De là viennent :
— la nécessaire souveraineté populaire : le peuple est nécessairement souverain, il ne tient son pouvoir que de lui-même, et il le garde même après qu’il ait élu ses gouvernants.
— l’illégitimité de tout régime qui n’a pas pour base la souveraineté populaire ou dont les gouvernants assurent recevoir leur pouvoir de Dieu.
De là par conséquent, en pratique
— la lutte pour l’établissement universel de la démocratie.
— la "croisade des démocraties" (dernier exemple en date : la "croisade de la démocratie et de la Liberté en Irak" selon les mots de Bush au début de la IIe guerre d'Irak) contre tout régime qui fait référence à l’autorité divine, qualifié alors de régime" sacral" ," absolutiste" . A cet égard, le traité de Versailles de 1919, qui supprimait les dernières monarchies vraiment chrétiennes, fut une victoire libérale, précisément maçonnique4.
— le règne politique des majorités, qui sont censées exprimer la sacro-sainte et infaillible volonté générale.
J’aime à répéter à l’occasion, face à ce démocratisme qui pénètre maintenant l’Eglise par la collégialité, j’aime à dire que la majorité ne fait pas la vérité : et hors de la vérité et de la vraie justice envers Dieu et le prochain, que peut-on construire de solide ?

Condamnation de l’idéologie démocratique par les papes
Les papes n’ont cessé de condamner cette idéologie démocratique. Léon XIII l’a fait ex professo dans son encyclique Diuturnum dont je vous ai déjà parlé ;

" Bon nombre de nos contemporains, marchant sur les traces de ceux qui, au siècle dernier, se sont décerné le titre de philosophes, prétendent que tout pouvoir vient du peuple ; que, par suite, l’autorité n’appartient pas en propre à ceux qui l’exercent, mais à titre de mandat populaire, et sous cette réserve que la volonté du peuple peut toujours retirer à ses mandataires la puissance qu’elle leur a déléguée.
C’est en quoi les catholiques se séparent de ces nouveaux maîtres ; ils vont chercher en Dieu le droit de commander et le font dériver de là comme de sa source naturelle et de son nécessaire principe.
Toutefois, il importe de remarquer ici que, s’il s’agit de désigner ceux qui doivent gouverner la chose publique, cette désignation pourra dans certains cas être laissée au choix et aux préférences du grand nombre, sans que la doctrine catholique y fasse le moindre obstacle. Ce choix, en effet, détermine la personne du souverain, il ne confère pas les droits de la souveraineté ; ce n’est pas l’autorité que l’on constitue, on décide par qui elle devra être exercée"5.

Donc, toute autorité vient de Dieu, même en démocratie !
Toute autorité vient de Dieu. Cette vérité est une vérité révélée et Léon XIII s’applique à l’établir solidement par l’Écriture Sainte, la tradition des Pères, et enfin par la raison : une autorité émanée du peuple seul n’aurait pas la force d’obliger en conscience sous peine de péché6.

"Il n’est pas un homme qui ait en soi ou de soi ce qu’il faut pour enchaîner par un lien de conscience le libre vouloir de ses semblables, Dieu seul, en tant que créateur et législateur universel, possède une telle puissance ; ceux qui l’exercent ont besoin de la recevoir de lui et de l’exercer en son nom"7.

Enfin Léon XIII s’attache à montrer la fausseté du contrat social de Rousseau, qui est la base de l’idéologie démocratique contemporaine.

L’Église ne condamne pas le régime démocratique
Ce que je veux vous montrer maintenant, c’est que toute démocratie n’est pas libérale. Il y a l’idéologie démocratique, et il y a le régime démocratique ; si l’Église condamne l’idéologie, elle ne condamne pas le régime, c’est-à-dire la participation du peuple au pouvoir.
Déjà saint Thomas justifie la légitimité du régime démocratique

"Que tous aient une certaine part au gouvernement, par là est en effet conservée la paix du peuple, et tous aiment une telle organisation et veillent à la conserver, comme dit Aristote au livre II de sa Politique"8.

Sans préférer la démocratie, le Docteur commun estime que concrètement le meilleur régime politique est une monarchie dans laquelle tous les citoyens ont une certaine part au pouvoir, par exemple en élisant ceux qui gouvernent sous le monarque : c’est, dit saint Thomas, "un régime qui bien allie la monarchie, l’aristocratie et la démocratie"9.
La monarchie française d’Ancien Régime, comme beaucoup d’autres, était plus ou moins de ce type quoi qu’en disent les libéraux : il existait alors, entre le monarque et la multitude des sujets, tout un ordre et une hiérarchie de multiples corps intermédiaires, qui faisaient valoir en haut lieu leurs avis compétents.
L’Eglise catholique, quant à elle, ne marque pas de préférence pour tel ou tel régime ; elle admet que les peuples choisissent la forme de gouvernement la plus adaptée à leur génie propre et aux circonstances

"Rien n’empêche que l’Eglise n’approuve le gouvernement d’un seul ou celui de plusieurs, pourvu que le gouvernement soit juste et ordonné au bien commun. C’est pourquoi, si la justice est sauve, il n’est point interdit aux peuples de se donner telle ou telle forme politique qui s’adaptera mieux à leur génie propre ou à leurs traditions et à leurs coutumes"10.

Qu’est-ce qu’une démocratie non libérale ?
J’avoue qu’une démocratie non libérale est une espèce rare, aujourd’hui disparue, mais elle n’est quand même pas tout à fait une chimère : comme le prouve la république du Christ-Roi, celle de l’Equateur de Garcia Moreno au siècle dernier.
Voici les traits caractéristiques d’une démocratie non libérale
1. Principe premier. Le principe de la souveraineté populaire d’abord : il se limite au régime démocratique, et respecte la légitimité de la monarchie. Ensuite, il est radicalement différent de celui de la démocratie rousseauiste : le pouvoir réside dans le peuple, soit ; mais ni originellement ni définitivement : c’est donc de Dieu que le pouvoir vient au peuple ; de Dieu auteur de la nature sociale de l’homme, et non des individus-rois. Et une fois que des gouvernants sont élus par le peuple, ce dernier ne conserve pas l’exercice de la souveraineté11.
— Première conséquence : ce n’est pas une multitude amorphe d’individus qui gouverne, mais le peuple en corps constitués ses chefs de familles (qui pourront légiférer directement dans de très petits Etats, comme celui d’Appenzell en Suisse), ses paysans et commerçants, industriels et ouvriers, grands et petits propriétaires, militaires et magistrats, religieux, prêtres et évêques, c’est, dit
Mgr de Ségur," la nation avec toutes ses forces vives, constituée en une représentation sérieuse et capable par ses vrais représentants d’exprimer ses vœux, d’exercer librement ses droits"12. Pie XII à son tour distingue bien le peuple et la masse :

"Peuple et multitude amorphe, ou, comme on a coutume de dire," masse" , sont deux concepts différents. Le peuple vit et se meut de sa vie propre ; la masse est en elle-même inerte, et elle ne peut être mue que de l’extérieur. Le peuple vit de la plénitude de la vie des hommes qui le composent, dont chacun, à la place et de la manière qui lui est propre, est une personne consciente de ses propres responsabilités et de ses propres convictions. La masse, au contraire, attend l’impulsion du dehors, jouet facile entre les mains de quiconque en exploite les instincts et les impressions, prompte à suivre tour à tour, aujourd’hui ce drapeau et demain cet autre"13.

— Deuxième conséquence : des gouvernants élus, même si on les appelle, comme le fait saint Thomas," vicaires de la multitude" , le sont seulement en ce sens qu’ils font pour elle ce qu’elle ne peut pas faire elle-même, à savoir gouverner. Mais le pouvoir leur vient de Dieu" de qui toute paternité au ciel et sur la terre tire son nom" (Eph. 3. 15). Les gouvernants sont donc responsables de leurs actes d’abord devant Dieu dont ils sont les ministres, et ensuite seulement devant le peuple, pour le bien commun duquel ils gouvernent.
2. Deuxième principe : Les droits de Dieu (et ceux de son Eglise, dans une nation catholique) sont posés comme le fondement de la constitution. Le décalogue est donc
l’inspirateur de toute la législation.
Première conséquence : la "volonté générale" est nulle si elle va contre les droits de Dieu. La majorité ne "fait" pas la vérité, elle doit se maintenir dans la vérité, sous peine d’une perversion de la démocratie. Pie XII souligne avec raison le danger, inhérent au régime démocratique, et contre lequel la constitution doit réagir : le danger de dépersonnalisation, de massification et de manipulation de la multitude par des groupes de pression et des majorités artificielles.
Seconde conséquence : la démocratie n’est pas laïque, mais ouvertement chrétienne et catholique. Elle se conforme à la doctrine sociale de l’Eglise concernant la propriété privée, le principe de subsidiarité, et l’éducation laissée au soin de l’Eglise et des parents, etc...

Je me résume : la démocratie, non moins que tout autre régime, doit réaliser le règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ. La démocratie doit quand même avoir un Roi : Jésus-Christ.

1. Ce n’est pas parce que les évêques gauchistes font de la politique socialiste ou communiste, que l’Eglise devrait s’abstenir de faire de la politique ! L’Eglise a un pouvoir, sans doute indirect, mais réel sur le domaine temporel et sur la vie de la cité. Le règne social de N.S.J.C. est une préoccupation essentielle de l’Eglise.  

2. Quotidien et mouvement politique dirigés par Charles Maurras L’Action Française luttait, sur des bases naturelles saines, contre le démocratisme libéral. On l’accusa faussement de naturalisme. Le Pape Pie XI, trompé, condamna L’Action Française. Son successeur, Pie XII devait lever cette sanction. Mais le mal était fait : 1926 marque en France une étape décisive dans “ l’occupation ” de l’Eglise par la fraction libérale, dite a catholique libérale ”.

3. Cf. Encyclique Au milieu des sollicitudes, du 16 février 1892, aux évêques et fidèles de France.

4. Cf. H. Le Caron, Le plan de domination mondiale de la contre-église, p. 22.

5. PIN. 94.

6. Elle pourrait bien contraindre par la menace des peines, mais ce n’est pas ainsi, dira Jean XXIII dans Pacem in Terris, que l’on suscite la recherche par chacun du bien commun ! L’autorité est avant tout une force morale.

7. Diuturnum, PIN. 96.

8. I II, 105, I.

9. Ibid.

10. Léon XIII, Encyclique Diuturnum, PIN. 94.

11.Cf. Diuturnum, citée plus haut et également Mgr de Ségur, La Révolution, p. 73.

12. Op. cit. p. 73.

13. Radio-message de Noël, 24 décembre 1944.

 

 

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1 janvier 2007 1 01 /01 /janvier /2007 13:44

 

Nous souhaitons à tous les lecteurs de Christ-Roi une bonne, heureuse et sainte année 2007. Et nous formons tout particulièrement nos voeux pour que 2007 marque le début du sursaut salutaire et du redressement pour notre pauvre pays que le mondialisme apatride détruit et broie. Le Christ Roi de France ! Espoir et Salut de la France.

 

Et pour bien commencer, une video : Rassemblement national, Tous derrière Jeanne et Jean-Marie !

 

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31 décembre 2006 7 31 /12 /décembre /2006 03:19

Sainte Geneviève

422 : Geneviève naît, dans une famille gauloise romanisée sur les bords de la Seine. Elle est baptisée et reçoit pour marraine une grande dame de Lutèce.

429 : Geneviève a 7 ans. Les évêques Loup et Germain viennent à Lutèce. Germain aperçoit Geneviève et lui demande si elle accepterait de consacrer sa vie à Dieu et donc au service de ses frères lutéciens. Geneviève accepte. Mais sa mère, têtue et colérique, se révolte et cherche ensuite à empêcher sa fille de faire grandir en elle cet esprit de service.

438 : Geneviève a 15 ans. Elle revêt la tunique des jeunes filles qui souhaitent se consacrer à Dieu et continue de vivre au milieu des siens. Son service à Dieu, elle ne le conçoit que comme un service envers ses frères. Lorsque ses parents meurent, Geneviève franchit la Seine et s’installe à Lutèce. Elle rassemble autour d’elle toutes les femmes qui suivent la même règle de vie qu’elle et organise l’aide aux pauvres, le soin des malades et l’instruction des enfants de Lutèce.

451 : la grande peur de 406 est ravivée. Les Huns, menés par Attila, sont aux portes de Lutèce. Les habitants veulent fuir la ville et la livrer, portes ouvertes, à l’ennemi. Geneviève, imperturbable, les rallient autour d’elle, les rassure, leur demande de prier et de ne pas ouvrir les portes. Certains la considèrent comme une folle ou une traîtresse qui souhaite la mort de son peuple. Mais les Huns rebroussent chemin sans tenter de prendre la cité. Pour la population Geneviève est désormais la protectrice du peuple de Lutèce.

486 : de nouveaux peuples venus de l’Est sont aux portes de Lutèce. Les Francs de Clovis assiègent la cité et affament la population. Une nuit, Geneviève prend la tête d’une flotte et ramène les bateaux chargés de vivre. Le siège se poursuit, mais plus tard Clovis, convertit au christianisme demande à rencontrer Geneviève avec son épouse, Clotilde. Une grande amitié naît entre eux et la ville devient la capitale du royaume franc.

3 janvier 512 : Geneviève meurt à Lutèce à 90 ans. Le peuple de la cité organise pour elle des funérailles triomphales et la choisit comme patronne. 

 

 La châsse contenant le tombeau de sainte Geneviève dans l'église St-Etienne-du-Mont.

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31 décembre 2006 7 31 /12 /décembre /2006 01:29

Bush disait juste avant la IIe guerre en irak qu'il s'agissait d'une "CROISADE" (entre guillemet !...) de la "DEMOCRATIE" et de la "LIBERTE" dans le monde pour apporter la "civilisation" et les "lumières" contre le terrorisme (certainement comme ils ont fait avec les Indiens d'Amérique du nord). En réalité, ils ont assassiné Saddam un jour sacré pour l'islam, "l'ait" : cela ne manquera pas d'être perçu comme une provocation chez les musulmans. Or Bush disait travailler pour la paix dans le monde..., contre le terrorisme. Qui est terroriste là ? Qu'est-ce qui se cache derrière cette nouvelle provocation ? Pourquoi l'avoir faite ? A quoi jouent-ils ? La réponse est qu'ils cherchent délibérément à faire le "choc des civilisations", prétexte pour la "croisade"... Ils jettent de l'huile sur le feu et attendent les réactions en retour pour s'ériger ensuite en arbitre et défenseur de la démoncraSSie.

Saddam a été mis à mort parce que c'était un dictateur du monde musulman. Peut-être, mais il a surtout été mis à mort parce que c'était un dictateur du monde musulman sur la route de la démocratie. Or pour Bush et ses affidés, rien ne doit arrêter la démoncraSSie en marche : il faut éradiquer les régimes non démocrates et non "parlementaires" et imposer la démoncraSSie et les droits de l'homme dans le monde entier, CONTRE les peuples s'il le faut.... Peu importe si au passage cela fait des milliers ou des millions de morts : pour eux, "la fin justifie les moyens" (principe classique de l'"illuminé" et satanique
Adam Weishaupt).

Le rais est mort en martyr d’une agression militaire étrangère qui l’a renversé de son rôle de chef d’Etat légitime puisque tous les occidentaux qui l’ont mis à mort et le condamnent aujourd’hui, ont traité avec lui durant des années "en amis" !... Il est mort LIBRE et digne (c’est ce que l'on voit sur les photos quand ligoté par des hommes encagoulés, lui se tenait droit et digne), en résistant à l'avancée mondialiste américaine et sioniste, broyeuse des peuples et des nations.

Avant même l'annonce officielle de l'exécution de Saddam Hussein, le samedi 30 décembre 2006, voici ce qu'en dit Le Pen sur son site de campagne (video à 2:25 au curseur), dans le journal de bord n°47 du jeudi 28 décembre.

Cette question : "On a appris cette semaine que Saddam Hussein serait probablement pendu le 2 janvier. Méritait-il cette peine selon vous ? "

Le Pen répondait :

"C'est une nouvelle navrante [...] Le président Saddam Hussein n’est pas un gangster, un braqueur de banque ou un voleur de poules : c’est un chef d’Etat qui a été renversé par l’intervention d’une armée étrangère, l’armée américaine et britannique dit-il et par conséquent, son jugement par un tribunal d’exception, sa condamnation, visent sans doute à éliminer le chef d’Etat avec lequel l’Occident, en particulier américain et même européen, a traité et a soutenu pendant des années [...] N'est-ce pas monsieur Chirac, on écrivait son nom à un moment donné ChIrak, tant les relations les relations que l'homme politique français avait avec avec le chef d'Etat irakien. N'est-ce pas lui d'ailleurs qui lui a vendu pour 120 ou 130 milliards d'armement et qui de surcroît lui avait donné la centrale nucléaire qui a été d'ailleurs détruite par les Israéliens. Alors je pense que ceux qui prétendent que Saddam Hussein a sur la conscience d’innombrables crimes devraient lui permettre ou devraient permettre à l'opinion de connaître l’étendue de ses crimes par une série d’incriminations. Or le fait qu’on le condamne sur un incident, certes douloureux puisque il y a eu 120 personnes de tuées, au lieu de mettre en cause l’essentiel des actions de son gouvernement prouve bien qu’il s’agit-là d’une basse manœuvre politique, il s’agit là par conséquent d’un véritable crime. Et quand on parle de crime, he bien un certain nombre de gens qui donnent des leçons de morale ne feraient pas mal de faire leur mea culpa puisqu’il est certain que la situation de l’Irak au temps de Saddam Hussein était très supérieure à celle qu’elle est devenue à la suite de l’intervention américaine".

Le Front national a estimé samedi que “l’élimination physique de Saddam Hussein est pire qu’un crime, c’est une faute”. (via novopress)

Le FN a affirmé que la pendaison de l’ancien dirigeant irakien est “une faute lourde dont la responsabilité retombera sur le monde occidental considéré par le monde arabe comme l’organisateur de cette justice de vainqueur”.

“L’impitoyable blocus américain de plus de dix ans a fait beaucoup plus de morts chez les civils irakiens que n’en a fait Saddam Hussein, qui était l’allié et même l’ami des dirigeants occidentaux”, a assuré le FN qui juge qu’”à cet égard, le silence de Jacques Chirac est véritablement assourdissant”.

RIP Saddam.

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30 décembre 2006 6 30 /12 /décembre /2006 15:55

Source : Communiqué du District de France de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X : profanation du sanctuaire marial de Lourdes

Comme à Metz en 2004, l'évêque de Lourdes autorise une profanation à La Grotte

Première "rêve-party" à Lourdes pour le Nouvel an

Dépêche de l'AFP du 27 décembre 2006 : 1ère "rêve-party" organisée dans les santuaires de Lourdes.

"Une première "rêve-party", avec concert de rock et messe dans la grotte de Massabielle, sera organisée dans la nuit de la Saint-Sylvestre aux Sanctuaires de Lourdes, a-t-on appris mercredi auprès de l'évêché de Tarbes et Lourdes.

Le thème de cette nuit festive, intitulée "La 3 D (La discothèque de Dieu)" et à laquelle sont conviés jeunes, adultes et familles, sera "Réveillons notre foi!".

"Elle débutera par un concert du groupe de rock-pop louange, Exo, avec des prix abordables" (15 euros pour les adultes), a indiqué Catherine Albrech, membre de l'équipe de préparation de cette manifestation à laquelle les Sanctuaires se sont associés.

"Le 31 décembre n'est pas une date majeure du calendrier liturgique mais elle rassemble le plus grand nombre", a-t-on poursuivi de même source en ajoutant que "cette date a été retenue pour proposer une alternative chrétienne" aux jeunes n'ayant pas de projet pour le passage à 2007.

Après le concert rock, une messe sera célébrée par Mgr Jacques Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes. La nuit se poursuivra jusqu'à 6H00 du matin par "des adorations (actions en faveur des autres) et un café nocturne, dans un esprit de convivialité", a-t-on précisé de même source."

L'apostasie silencieuse continue son travail de profanation et de démolition

Aprés l'évêché de Metz qui a organisé un Concert "électro" à la cathédrale de Metz pour attirer les jeunes le 5/11/2004, Mgr Jacques Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes, a donné son accord à une nouvelle profanation dans les sanctuaires mêmes de la ville mariale.

Ce nouveau scandale public ne doit laisser personne indifférent. Outre la prière afin de soulager la peine et l'affront faits à Notre Seigneur et à Sa Sainte Mère, le District de France vous invite à manifester votre désapprobation sévérement mais avec courtoisie auprés des autorités suivantes :

- Mgr le Nonce Apostolique :

Monseigneur Fortunato Baldelli
Nonce apostolique en France
Nonciature Apostolique
10 av Prés Wilson
75116 PARIS

Tél. 01 53 23 01 50

Adresse courriel de Mgr le Nonce

 

- Mgr Jean-Pierre Ricard

Mgr Jean-Pierre Ricard
Président de la Conférence Episcopale
183 cours de la Somme
33077 Bordeaux Cedex

Tél. 05 56 91 81 82

 Adresse courriel de Mgr Ricard

 

- Mgr Jacques Perrier

Mgr Jacques Perrier
Maison St-Paul
51, rue de Traynès
65000 Tarbes

Tél. 05.62.44.09.70

 Adresse courriel de Mgr Perrier

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29 décembre 2006 5 29 /12 /décembre /2006 19:14

En préconisant l’entrée la plus rapide possible de la Turquie dans l’Union européenne et en célébrant les bienfaits (à venir) d’une « gouvernance mondiale », Bernard Kouchner, invité le 3 octobre de France Inter, symbolisait parfaitement Les Espérances planétariennes. Celles qu’a dégagées dans un livre éponyme le chercheur Hervé Ryssen au terme d’une analyse serrée des ouvrages de nombreux intellectuels contemporains, marxistes ou démocrates (Alain Minc, Jacques Attali, Edgar Morin, Marek Halter, Jacques Derrida, Pierre Bourdieu, Guy Konopnicki ou encore Albert Jacquard), dont les objectifs affichés sont le métissage généralisé, la suppression des frontières et l’unification du monde, dans un discours de plus en plus débridé.  

« LE MARXISME, UN JUDAÏSME IMPATIENT »

Pour l’auteur, l’obsession mondialiste hantant les esprits cosmopolites trouve une partie de son explication dans la tradition mosaïque.

L’attente du Messie constitue en effet le point central des espérances des Juifs, mais il faut savoir que pour eux, l’ouverture des temps messianiques se confond avec l’unification du monde et la suppression des conflits sur la terre, qu’il s’agisse des guerres entre nations ou des conflits sociaux. Ici encore, les textes que nous soumet Hervé Ryssen sont très explicites (Emmanuel Lévinas, Jacob Kaplan, David Banon, etc.). Voilà pourquoi le mot « Paix » revient si régulièrement : il s’agit de promouvoir un monde où les vieilles nations auront disparu au profit d’un gouvernement mondial, seul garant de la Paix universelle, ainsi que le déclare Jacques Attali, dans son Dictionnaire du XXIe siècle : « Après la mise en place d’institutions continentales européennes, apparaîtra peut-être l’urgente nécessité d’un gouvernement mondial».

Le marxisme, bien évidemment, s’inscrit dans ce cadre religieux, puisqu’il prévoit lui aussi l’avènement d’un monde pacifié avec la disparition des classes sociales. Comme le dit justement George Steiner, « le marxisme est un judaïsme qui s’impatiente. Le Messie a trop tardé à venir… C’est à l’homme lui-même d’instaurer le royaume de la justice. » De fait, les Juifs se sont engagés massivement dans le communisme international au XXe siècle, et ont joué un rôle non négligeable dans l’idéologie marxiste, aussi bien que dans les atrocités qui ont été commises en son nom – il faut le dire.

Voilà ce que sont les « Espérances planétariennes » : c’est cette attente messianique, cette tension permanente qui conduit à agir et à militer continuellement pour hâter l’avènement du Messie. « Nous sommes les découvreurs de Dieu, le peuple-prêtre de l’humanité », fait dire Attali à l’un de ses personnages. Mais « peuple-militant » conviendrait mieux pour définir cet état d’esprit, tant il est vrai que les intellectuels, les artistes ou les cinéastes juifs ne semblent agir que dans ces perspectives planétariennes. Il est très rare que chez eux, une œuvre soit neutre. C’est précisément cette attente messianique qui donne un sens à toute cette production, dans la mesure où elle se confond avec l’unification du monde. Là est assurément l’axe porteur du judaïsme.

Ce qui ressort de tout cela, c’est que l’avènement du monde nouveau et des temps messianiques passe par la destruction du catholicisme et du monde européen traditionnel. Il faut avoir lu les travaux de Wilhelm Reich, de Marcuse et les ouvrages des “freudo-marxistes” pour comprendre jusqu’où peut aller cette rage de destruction. Le thème de la “vengeance” se retrouve d’ailleurs aussi bien dans les textes religieux du XVIe siècle que chez certains romanciers contemporains comme Albert Cohen. Ces permanences sont étonnantes. Elles traversent les siècles, se transmettent sans prendre une ride de génération en génération.

L’ARME DE l’IMMIGRATION

L’immigration est évidemment aujourd’hui l’une des armes des plus efficaces dans cette entreprise de destruction des sociétés traditionnelles.

Quand Dany-le-Rouge, maire-adjoint de Francfort, pense qu’il serait bon que « le pourcentage d’étrangers atteigne un jour le tiers de la population globale », il tient exactement le même propos que l’ancien directeur de la Banque européenne de développement, Jacques Attali, pour qui « il faudrait en effet que la part de la population étrangère naturalisée atteigne un tiers de la population globale, et la moitié de celle des villes » allemandes. « La barque est loin d’être pleine, assure encore Daniel Cohn-Bendit, elle est même trop vide. »

C’est cette « houtzpa », ce culot monumental, qui permet par exemple au philosophe Jacques Derrida d’affirmer : Il y a « beaucoup plus de place qu’on ne le dit pour accueillir plus d’étrangers », et d’ajouter : « l’immigra­tion n’a pas augmenté, contrairement à ce que l’on affirme. » Ce sont effectivement les racistes qui s’imaginent que l’immigration augmente, alors même que tous les chiffres prouvent qu’elle régresse !

C’est aussi cette « houtzpa » qui fait dire à Cohn-Bendit : « On pourrait en déduire que pour enrayer la xénophobie, le mieux serait encore d’augmenter et non de vouloir réduire le nombre d’étrangers. »

Il est en cela d’accord avec le très libéral Guy Sorman, qui déclare : « Ce ne serait donc pas la présence des étrangers qui susciterait le racisme, mais leur absence : le fantasme de l’immigré serait le fourrier de la violence, beaucoup plus que l’immigré lui-même. »

Et c’est encore Guy Sorman qui nous assure que « la France, qui comptait des centaines de dialectes, patois et langues régionales, il y a un siècle, était alors plus multiculturelle qu’aujourd’hui », assertion à rapprocher de celle de Nicolas Sarkozy le 19 septembre à l’Institut : « Aujourd’hui, la France profonde est celle des banlieues à majorité musulmane ». (voir Rivarol du 7 octobre 2005).

Le très brillant Alain Minc en arrive aux mêmes conclusions : « Le droit du sol, dit-il, risque de rendre, dans une vision à très long terme, la France plus homogène que le droit du sang l’Allemagne. »

C’est cela, la « houtzpa » : c’est cette aptitude singulière à prendre les « autres » pour des demeurés, légèrement sous-développés. Tout cela est bien naturel, si l’on considère, avec Jacob Kaplan, que « la communauté juive est, de part la volonté de D.eu, la graine qui fait germer l’humanité future… Les idées du judaïsme, poursuit-il, fortes de la puissance de la vérité et indestructibles par la violence, se répandent dans le monde pour devenir l’aliment spirituel des peuples civilisés. » Mais ne nous y trompons pas : il n’y a pas de racisme dans ce propos, pour la simple et bonne raison qu’un Juif ne peut pas être raciste.

« L’éthique du judaïsme, par définition, nie le racisme, nous explique Elie Wiesel. Un Juif ne peut pas être raciste ; un Juif se doit de combattre tout système qui voit l’autre comme un être inférieur. » Nous voilà donc rassurés !

Jean-Marc Guegan

Les Espérances planétariennes, 432 pages ; 19,90 euros franco.

Commandes à Éditions Baskerville, (SDE Domiciliations)

14 rue Brossolette, 92300 LEVALLOIS

Chèques à l’ordre de HERVE FRANÇOIS

Article paru dans Rivarol, numéro du 14 octobre 2005, reproduit avec l’aimable autorisation de madame Camille GALIC.

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29 décembre 2006 5 29 /12 /décembre /2006 18:32

Les origines religieuses du mondialisme

  

(2è partie) 

A propos du livre d'Hervé Ryssen, Les Espérances planétariennes.

 

 

Entretien avec Hervé Ryssen, paru dans les revues Réfléchir et Agir N° 22 et Tabou N° 10 ( juin 2006).

 

 

 

 

 

 

La volonté d’instaurer un gouvernement mondial n’est donc pas un délire d’ « illuminés », comme le dirait Taguieff ?

HR : Il est bien certain que tout est mis en œuvre pour nous faire renier nos racines, nos traditions, notre histoire, nos familles et nos patries, afin de mieux nous faire accepter la société « ouverte » chère aux esprits cosmopolites et l’idée d’un gouvernement mondial.

 

Alain Finkielkraut a insisté sur ce point : « Le Mal, écrit-il, vient au monde par les patries et par les patronymes (10). »

 

L’homme post-moderne doit cesser de « pourchasser les traces du passé en lui-même comme dans les autres. » Son titre de gloire, « c’est d’être cosmopolite, et de partir en guerre contre l’esprit de clocher (11). »  

 

A partir de là, on peut enfin admettre l’idée d’une « confédération planétaire », comme le souhaite le sociologue Edgar « Morin » dans tous ses livres, ou mieux encore, œuvrer pour l’instauration du gouvernement mondial, ainsi que l’exprime Jacques Attali : « Après la mise en place d’institutions continentales européennes, apparaîtra peut-être l’urgente nécessité d’un gouvernement mondial. » (Dictionnaire du XXIe siècle).

 

Tout cela, bien évidemment, n’empêchera pas le célèbre trappeur antifasciste Pierre-André Taguieff de s’indigner des élucubrations antisémites et de prétendre que l’idée domination mondiale est une aberration ou une « supercherie ».

On ne peut nier cependant que les juifs ont connu d’atroces persécutions au fil des siècles. Comment eux-mêmes expliquent-ils leurs malheurs ?


HR : C’est probablement le chapitre le plus étonnant de la question. Sur ce point, là encore, les explications sont tous concordantes et reposent la plupart du temps sur la théorie du « bouc-émissaire », qui voudrait qu’en période difficile, le gouvernement ou le peuple se retournent contre une victime toute désignée que l’on charge de « toutes » les fautes « passées, présentes ou à venir ».

Mais les principaux intéressés manifestent souvent aussi une incompréhension totale du phénomène

  

Ainsi, pour Clara Malraux (l’épouse de l’écrivain) la haine antisémite « est moins dure à supporter quand on la sait totalement et absolument injustifiée et que, de ce fait, l’ennemi se transforme en ennemi de l’humanité (12). » L’ennemi des juifs est l’ennemi de l’humanité toute entière. C’est aussi ce qu’exprime Elie Wiesel, qui écrit dans le tome 2 de ses Mémoires : « C’est ainsi et l’on n’y peut rien : l’ennemi des Juifs est l’ennemi de l’humanité… En tuant les Juifs, les tueurs entreprenaient d’assassiner l’humanité tout entière (13).»

 

En effet, tuer un juif, pour ainsi dire, par nature innocent, c’est forcément s’en prendre à toute personne innocente ou à tout autre communauté. C’est donc bien se définir comme l’ennemi de l’humanité.

 

Il y a aussi une autre interprétation, plus classique, qui se base sur l’idée que les juifs seuls se définissent comme l’humanité, les autres nations n’étant, selon une soi-disant formule du Talmud, que « la semence du bétail. »

Dans son livre intitulé Le Discours de la haine, paru en 2004, le philosophe André Glucksmann assure que « la haine des Juifs est l’énigme entre les énigmesLe juif n’est aucunement la source de l’antisémitisme ; il faut penser cette passion en elle-même et par elle-même, comme si ce juif qu’elle poursuit, sans le connaître, n’existait pas… Deux millénaires que le juif embarrasse. Deux millénaires qu’il est une question vivante pour son entourage. Deux millénaires qu’il n’y est pour rien (14). »

 

Vous l’avez compris, « le juif » est toujours innocent.

 

Là encore, ce ne sont pas de témoignages isolés, et cette attitude semble être celle d’une majorité des intellectuels juifs. Emmanuel Lévinas a aussi exprimé cette opinion, tout comme un autre philosophe juif, Shmuel Trigano pour qui le phénomène antisémite est « resté inexpliqué malgré une bibliothèque immense sur le sujet (15). »

On entend aussi souvent dire que l’antisémitisme est une maladie mentale…

HR : Puisque le phénomène est inexpliqué, et que les juifs sont innocents, le problème ne peut logiquement venir que des goys. Ecoutons ce témoignage de Yeshayahu Leibowitz, philosophe des religions, trouvé dans le livre intitulé Portraits juifs : « C’est un phénomène qui est historiquement incompréhensible. L’antisémitisme n’est pas pour moi le problème des Juifs mais des goyim (16) ! »
Dans le premier tome de ses Mémoires, Elie Wiesel écrit lui aussi : « Je n’étais pas loin de me dire : c’est leur problème, pas le nôtre (17). »

L’explication par le dérangement mental des antisémites se retrouve très fréquemment sous la plume des intellectuels juifs. Le livre de Raphaël Draï, Identité juive, identité humaine, publié en 1995, reprend cette idée : « L’antisémite prête au Juif les intentions qu’il nourrit lui-même à son endroit… La dimension psychopathologique d’une telle construction doit retenir l’attention… Les Juifs mis en scène sont des Juifs projectifs ; l’image “judaïsée” est propre au délire des antisémites (18). »

L’écrivain russe Vassili Grossman, a exprimé la même idée : « L’antisémitisme, dit-il, est le miroir des défauts d’un homme pris individuellement, des sociétés civiles, des systèmes étatiques. Dis-moi ce dont tu accuses les Juifs et je te dirai ce dont tu es toi-même coupable. Le national-socialisme, quand il prêtait à un peuple juif qu’il avait lui-même inventé des traits comme le racisme, la volonté de dominer le monde ou l’indifférence cosmopolite pour sa patrie allemande, a en fait doté les Juifs de ses propres caractéristiques (19). » En somme, vous l’avez compris, l’antisémite rejette sur les Juifs ses propres tares. A ce niveau-là, cela relève effectivement du domaine de la psychothérapie. Reste à savoir si c’est vraiment le goy qui en a le plus besoin !

 

 

notes

 

(1) David Banon, Le Messianisme, Presses universitaires de France, 1998, pp. 15-16.

(2) Edgar Morin, Un nouveau commencement, Seuil, 1991, p. 9.

(3) Jacques Attali, L’Homme nomade, Fayard, 2003, Livre de poche, p. 34.

(4) Elie Wiesel, Mémoires 2, Editions du Seuil, 1996, pp. 144, 146, 152.

(5) George Steiner, De la Bible à Kafka, 1996, Bayard, 2002, pour l’édition française.

(6) Emmanuel Lévinas, Difficile liberté, Albin Michel, 1963, éditions de 1995, p. 299.

(7) J.-L. Talmon, Destin d’Israël, 1965, Calmann-Lévy, 1967, p. 18.

(8) Pierre Paraf, Quand Israël aima, 1929, Les belles lettres, 2000, p. 19.

(9) Camille Marbo, Flammes juives, 1936, Les Belles Lettres, 1999.

(10) Alain Finkielkraut, L’Humanité perdue, p.154.

(11) Alain Finkielkraut, Le Mécontemporain, Gallimard, 1991, pp. 174-177.

(12) Clara Malraux, Rahel, Ma grande sœur…, Editions Ramsay, Paris, 1980, p. 15.

(13) Elie Wiesel, Mémoires 2, Editions du Seuil, 1996, p. 72, 319.

(14) André Glucksmann, Le Discours de la haine, Plon 2004, pp. 73, 86, 88.

(15) Shmuel Trigano, L’Idéal démocratique… à l’épreuve de la shoah, Editions Odile Jacob, 1999, p. 17.

(16) Herlinde Loelbl, Portraits juifs, L’Arche éditeur, Francfort, 1989, 2003 pour la version française.

(17) Elie Wiesel, Mémoires, tome I, Le Seuil, 1994, pp. 30, 31

(18) Raphaël Draï, Identité juive, identité humaine, Armand Colin 1995, pp. 390-392.

(19) Vassili Grossman, Vie et destin, 1960, Ed. Julliard, Pocket, 1983 pour la traduction française, pp. 456-8.

Les Espérances planétariennes, 2005, 432 pages, 26 euros et Psychanalyse du judaïsme, 2006, 400 pages, 26 euros

 

source

 

Réfléchir et Agir N° 22 et Tabou N° 10 ( juin 2006)

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29 décembre 2006 5 29 /12 /décembre /2006 18:09

A propos du livre d'Hervé Ryssen, Les Espérances planétariennes.

Entretien avec Hervé Ryssen, paru dans les revues Réfléchir et Agir N° 22 et Tabou N° 10 ( juin 2006).

Hervé Ryssen, vous venez de publier un livre qui met enfin en pleine lumière la logique mondialiste et ses soubassements religieux. Depuis trop longtemps, en effet, les intellectuels de la mouvance nationale n’osent pas aborder les « sujets qui fâchent » et s’interdisent de dénoncer la propagande cosmopolite. Pourriez-vous tout d’abord expliciter le titre de votre livre pour nos lecteurs ?

HR : Je me suis penché sur la production écrite des intellectuels juifs afin de tenter de comprendre leur vision du monde. Après avoir lu des dizaines d’essais politiques, de romans et de récits en tout genre, je me suis aperçu que le mot « espérance » apparaissait régulièrement dans les textes. Il s’agit bien entendu pour eux de l’attente d’un monde meilleur, du messie et de la « terre promise ». Rappelons que si les chrétiens ont reconnu leur messie, les juifs attendent toujours le leur. Cette attente messianique est au cœur de la religion hébraïque et de la mentalité juive en général, y compris chez les juifs athées. C’est le point fondamental. Quant au terme « planétarien », c’est un néologisme qui ne signifie rien d’autre que l’aspiration à un monde sans frontière.

Mon travail est exclusivement centré sur les intellectuels juifs. Contrairement à ce que beaucoup de gens peuvent penser, l’utilisation du mot « juif » ne tombe pas encore sous le coup de la loi. Je sais bien que nombreux sont ceux dans le milieu nationaliste qui se mettent à avoir des sueurs à la simple évocation de ce mot, mais c’est probablement parce qu’ils craignent de tenir des propos antisémites, qui sont effectivement aujourd’hui lourdement condamnés. Personnellement, je n’éprouve nullement cette crainte, puisque mes travaux sont exclusivement basés sur la recherche à travers les sources hébraïques. Disons que j’ai une approche rationnelle du sujet, et, osons le dire, totalement dépassionnée.

On entend effectivement souvent parler chez les juifs de « terre promise » et de « messie », mais nous avons toujours du mal à comprendre ce que ces concepts signifient. La « terre promise », n’est-ce pas l’Etat d’Israël ?

HR : Historiquement, c’est bien la terre du pays de Canaan, que Yahvé à donné à Abraham, ainsi qu’on peut le lire dans la Genèse, le premier livre de la Torah. Mais avant même la destruction du second Temple par les légions romaines de
Titus et la dispersion, de nombreux juifs vivaient déjà dans la diaspora. Il n’en demeure pas moins qu’en 1917, avec la déclaration Balfour qui créait un « foyer juif en Palestine », certains juifs ont pu penser qu’en récupérant la « terre promise », les temps messianiques étaient enfin proches. ... Cependant, il suffit de lire des textes un peu plus anciens pour s’apercevoir qu’au XIXe siècle, c’était la France - le pays des droits de l’homme - qui soulevait tous les espoirs et constituait aux yeux des juifs du monde entier la « terre promise ». La Vienne du début du XXe siècle, ou l’Allemagne de Weimar durant l’entre-deux guerres ont aussi pu être considérées comme des « terres promises », tant la culture et la finance, notamment, étaient à ce moment-là très largement influencées par les banquiers, les intellectuels et les artistes d’origine juive.

... Quant à la Russie judéo-bolchevique, elle s’est retournée contre les juifs qui ont été évincés du pouvoir après la Seconde Guerre mondiale.

 

La « France des droits de l’homme » est aujourd’hui en voie de tiers-mondisation, et l’on entend depuis 2001 certains juifs appeler à fuir ce pays « antisémite », où les juifs subissent de plus en plus la colère des jeunes Arabes. Bref, pour les juifs, tout semble se finir toujours très mal, où qu’ils aillent, quoi qu’ils fassent.

La « terre promise » s’est aussi pendant longtemps incarnée dans le rêve américain. Dès les années 1880, des dizaines de milliers de juifs d’Europe centrale partent pour les Etats-Unis où ils espèrent une vie meilleure, loin des Cosaques, des pogroms et de ce tsar honni.

 

Mais la « terre promise » la plus récente fut évidemment la Russie après l’effondrement du soviétisme. En quelques années, une poignée d’« oligarques » avait réussi à mettre le grappin sur une grande partie des richesses russes privatisées. Le plus connu d’entre eux, le milliardaire Khodorkovski, dort aujourd’hui dans les prisons de la nouvelle Russie de Vladimir Poutine. Manifestement, cette nouvelle « terre promise » n’a pas non plus été la bonne !

 

Bref, vous l’avez compris, depuis la sortie du ghetto, les juifs ne cessent de changer de « terre promise », et leur errance se termine systématiquement par une déception. Seuls les Etats-Unis représentent toujours à leurs yeux cet Eldorado et nourrissent encore leurs espérances. Mais pour combien de temps ?

Vous nous entretenez ici d’histoire et de géographie, mais le messianisme et l’idée de terre promise ne sont-ils pas plutôt des concepts religieux ?

HR : Nous rentrons ici au cœur du sujet. Si vous allez discuter avec un rabbin dans la rue des Rosiers, il va immédiatement vous dire que les juifs aspirent par-dessus tout à l’instauration d’un monde de Paix, un monde dans lequel tous les conflits auront disparu, qu’il s’agisse des conflits sociaux, ou qu’il s’agisse des conflits entre races ou nations. C’est à ce monde de Paix universelle qu’il faut parvenir, parce que ce monde de Paix se confond pour eux avec les temps messianiques. Les auteurs sont ici assez clairs. Voici ce qu’écrit le philosophe Emmanuel Lévinas à ce sujet : « On peut grouper les promesses des prophètes en deux catégories : politique et sociale. L’aliénation qu’introduit l’arbitraire des puissances politiques dans toute entreprise humaine, disparaîtra ; mais l’injustice sociale, l’emprise des riches sur les pauvres disparaîtra en même temps que la violence politique… Quant au monde futur, poursuit-il, notre texte le définit comme “humanité unie dans un destin collectif ”. » (Difficile liberté, 1963, pp. 85-86.)

Le Grand Rabbin du Consistoire central, Jacob Kaplan a rappelé lui aussi dans Le vrai Visage du judaïsme (Stock, 1987) le passage célèbre qui est l’une des sources du messianisme juif : « le loup habitera avec la brebis, le tigre reposera avec le chevreau ; veau, lionceau, bélier vivront ensemble et un jeune enfant les conduira. » (Isaïe, XI, 6 à 9). « C’est évidemment une image, ajoute Kaplan, des relations qui s’établiront entre les nations, heureuses de maintenir entre elles l’union et la concorde. »

Dans son livre sur le messianisme, David Banon confirme bien cette vision du monde : « L’ère messianique telle qu’elle a été décrite par l’ensemble des prophètes consiste en la suppression de la violence politique et de l’injustice sociale (1). »

Les prophéties hébraïques nous promettent donc à la fois une progression de l’humanité vers un monde unifié, et parallèlement à cela, la suppression des inégalités sociales. On reconnaît là évidemment aussi bien les sources primitives du marxisme que celles qui inspirent aujourd’hui notre idéologie planétarienne en ce début de troisième millénaire, et qui, publicité aidant, fait rêver tant de nos concitoyens. Voilà le point central de la vision juive du monde. C’est de là qu’il faut partir si l’on veut comprendre l’univers mental des juifs. Et c’est ce qui explique que les juifs ont toujours le mot « paix » plein la bouche. Leur « combat pour la paix » est incessant.


Un exemple : En mars 2000, Chirac inaugura un « Mur pour la paix » sur le Champ de Mars, conçu par Clara Halter, l’épouse de l’écrivain Marek Halter : c’est une sorte de vestibule de verre, où la petite Clara a écrit le mot « Paix » en trente-deux langues, pour narguer, on imagine, les élèves-officiers de l’école militaire installés juste en face. Ces œuvres ont une signification religieuse que bien peu de goys peuvent déceler.

On peut donc avancer que le concept de « terre promise » ne signifie rien d’autre qu’un espoir de dimension planétaire, où toutes les nations auront disparu. C’est bien ce que nous dit le philosophe Edgar Morin, lorsqu’il écrit : « Nous n’avons pas la Terre promise, mais nous avons une aspiration, un vouloir, un mythe, un rêve : réaliser la Terre patrie (2). » Et c’est aussi ce dont parle Jacques Attali, dans L’Homme nomade : « faire du monde une terre promise (3). » C’est donc ce monde unifié, pacifié, qui sera la « terre promise ». Mais les textes nous laissent parfois penser que dans l’esprit de certains intellectuels, l’idée est prise au sens littéral : ce serait bien toute la Terre qui leur serait promise ! D’où certains comportement parfois un peu envahissants…


A en juger par la politique du président américain George Bush, il n’apparaît pas que les conseillers sionistes, qui sont nombreux à ses côtés, agissent en faveur du monde de « paix » dont vous parlez. Comment expliquez vous ces contradictions ?

HR : Il est indéniable que les chefs de la communauté juive américaine ont une bonne part de responsabilité dans la guerre en Irak. Il faut être aveugle pour ne pas le voir ; il faut être de mauvaise foi pour le nier. Leur poids politique dans les gouvernements américains successifs a d’ailleurs toujours été important depuis le début du XXe siècle. Les nationalistes américains comme le fameux aviateur Charles Lindbergh dénonçait en son temps les pressions du « lobby juif » (aux Etats-Unis, c’est un lobby parmi d’autres) pour pousser un peuple trop isolationniste à la guerre contre l’Allemagne nazie. Déjà, dans les années vingt, le constructeur Henry Ford avait pris la mesure du problème et faisait largement diffuser ce type d’informations dans un journal créé à cet effet. On rappellera encore que Madeleine « Albright » et les faucons du département d’Etat américain ont pesé aussi de tout leur poids dans la guerre contre la Serbie en 1999. Vous avez donc parfaitement raison en soulignant cette contradiction entre la foi messianique et les « opérations terrestres », si je puis dire.

Mais c’est très sincèrement que l’on vous déclarera alors que ces guerres sont « œuvre de « paix » ! Écoutez un peu Elie Wiesel, un prix Nobel de la « paix », justement, qui était naturellement un ultra-belliciste en 1991, quand il s’agissait, d’aller bombarder l’Irak : « Il ne s’agit pas seulement d’aider le Koweït, disait-il alors, il s’agit de protéger le monde arabe tout entier. » Tout les Occidentaux devaient donc se mobiliser contre « le tueur de Bagdad », coupable de faire peser une menace sur l’Etat d’Israël : « A sa guerre, écrit Elie Wiesel, il est impératif de faire la guerre. A la force destructrice qu’il emploie contre l’humanité, il faut opposer une force plus grande pour que l’humanité reste en vie. Car il y va de la sécurité du monde civilisé, de son droit à la paix, et non seulement de l’avenir d’Israël… Soif de vengeance ? Non : soif de justice. Et de paix (4). »


Vous constatez ici que l’on n’hésite pas à se draper dans les grands idéaux de paix et d’amour quand il s’agit d’anéantir son ennemi. Mais il est bien entendu hors de question que l’Etat juif s’occupe lui-même de ces basses œuvres militaires. C’est là le travail des Occidentaux, qu’il s’agit donc de convaincre, par des campagnes de « sensibilisation », d’aller déboulonner le dictateur. Une fois votre ennemi vaincu, votre inlassable combat pour la démocratie et « pour la Paix » se retrouve à nouveau en phase avec la situation politique. Après avoir écrasé ses ennemis, effectivement, on est toujours pour la « paix ».

Vous parlez de « démocratie »… Quel rapport peut-il y avoir entre un système politique et la foi messianique ? La démocratie est-elle nécessaire à l’arrivée du messie ?


HR : La démocratie n’a pas toujours été le seul cheval de bataille des espérances planétariennes. Pendant longtemps, l’idéal marxiste a aussi joué ce rôle. On sait que Marx lui-même, et la grande majorité des principaux doctrinaires et des chefs marxistes étaient juifs : Lénine avait des origines juives, Léon Trotsky, Rosa Luxemburg, Georg Lukacks, Ernest Mandel, etc., de même que la quasi totalité des leaders de mai 68. Ce n’est pas un hasard, et il n’y a guère que le petit militant communiste de base qui ne s’en rende pas compte. Le marxisme aspire à l’établissement d’un monde parfait, où les religions, comme les nations, auront disparu en même temps que les conflits sociaux. Ce schéma, on le constate, entre parfaitement dans le cadre messianique. La pensée de Marx n’est finalement que la sécularisation de l’eschatologie juive traditionnelle.

George Steiner a pu présenter le marxisme dans la perspective des prophéties bibliques : « Le marxisme, dit-il, est au fond un judaïsme qui s’impa-tiente. Le Messie a trop tardé à venir ou, plus précisément, à ne pas venir. C’est à l’homme lui-même d’instaurer le royaume de la justice, sur cette terre, ici et maintenant… prêche Karl Marx dans ses manuscrits de 1844, où l’on reconnaît l’écho transparent de la phraséologie des Psaumes et des prophètes (5). »

Ni Marx, Ni Lénine, Ni Trotsky ne croyaient en Dieu, et pourtant, leurs origines juives apparaissent en pleine lumière à travers la grille de lecture du messianisme juif.

 

Le marxisme politique a néanmoins été marginalisé en Europe depuis la chute du Mur de Berlin. Le fait est que, dans les projets d’unification planétaire, la démocratie a triomphé partout où le communisme a échoué. On constate cependant que les groupes d’extrême gauche continuent de bénéficier de toute l’attention médiatique dans les sociétés occidentales : c’est parce qu’ils représentent le fer de lance du projet de société égalitaire et multiraciale et canalisent dans un sens mondialiste les oppositions radicales que suscite le système libéral. Cette utopie mobilisatrice est toujours nécessaire à un système démocratique désespérant, qui ne propose à sa jeunesse que de déambuler dans les supermarchés. C’est donc niché à l’intérieur même de la démocratie que le marxisme rend finalement ses meilleurs services. Marxisme et démocratie sont deux forces absolument complémentaires et indispensables l’une à l’autre dans le projet d’édification de l’Empire global.

 

Sans le communisme, les opposants se dirigeraient immanquablement vers les courants nationalistes, et le Système n’y survivrait pas.

Après l’échec du communisme d’Etat, la démocratie multiraciale et les « droits de l’homme » seraient donc l’arme absolue des forces «planétariennes» ?

HR : L’objectif des mondialistes est de détruire les cultures traditionnelles enracinées pour parvenir à un monde uniforme. Cette aspiration à l’unité a été exprimé par le philosophe hassidique Martin Buber, qui ne paraît pas vraiment se rendre compte qu’il nous donne ici la définition exacte du totalitarisme : « Partout, écrit-il, on trouvera [dans le judaïsme] l’aspiration vers l’unité. Vers l’unité au sein de l’individu. Vers l’unité entre les membres divisés du peuple, et entre les nations. Vers l’unité de l’homme et de toute chose vivante, vers l’unité de Dieu et du monde. » (Judaïsme, 1982, p. 35). Pour parvenir à ce monde parfait, il faut donc broyer, concasser, dissoudre toutes les résistances nationales et les identités ethniques ou religieuses. L’«unité» ne pourra se faire qu’à partir de la poudre humaine et des résidus des grandes civilisations, et dans cette entreprise de destruction des civilisations traditionnelles, l’immigration joue un rôle essentiel.

 

La doctrine des « Droits de l’homme » est ici une arme de guerre d’une terrible efficacité.

Voici ce qu’en dit le Grand Rabbin Kaplan : « Pour l’avènement d’une ère sans menace pour le genre humain, nous devrions pouvoir compter beaucoup sur la déclaration universelle des Droits de l’homme…

 

Le respect de la Déclaration universelle des droits de l’homme est une obligation si impérieuse qu’il est du devoir de chacun de contribuer à toutes les actions tendant à la faire appliquer universellement et intégralement. » L’humanité tout entière doit s’y soumettre.

 

Autant dire que les « Droits de l’homme » sont l’outil privilégié pour voir se réaliser les promesses de Yahvé.

 

Là encore, ce n’est pas un hasard si René Cassin, l’inspirateur de la déclaration de 1948, était aussi le secrétaire général de l’Alliance israélite universelle.

 

En 1945, le général de Gaulle le nomma à la tête du Conseil d’Etat. Son corps repose au Panthéon, dans le temple des grands hommes de la république.

Peut-on dire qu’il y a une homogénéité de pensée des intellectuels juifs sur la question de l’immigration ?

HR : Les intellectuels juifs peuvent être libéraux, marxistes, sionistes, religieux ou athées. Mais toutes ces divergences n’invalident en rien le fondement messianique de leurs aspirations.

 

Et sur l’immigration, justement, je puis vous confirmer qu’il y a chez eux une unanimité.

 

Voici par exemple ce que nous dit Daniel Cohn-Bendit, ancien leader de mai 68 et maire-adjoint de Francfort : « A Francfort-sur-le-Main, la population résidente est composée d’étrangers pour plus de 25 %, mais on peut dire que Francfort ne s’effon-drerait pas si le pourcentage d’étrangers atteignait un jour le tiers de la population globale. » (Xénophobies, 1998, p. 14.)

 

Il est en cela parfaitement en phase avec le socialiste Jacques Attali, qui écrit, au sujet de l’Allemagne, confrontée au vieillissement de sa population : « Il faudrait en effet que la part de la population étrangère naturalisée atteigne un tiers de la population globale, et la moitié de celle des villes. » (Dictionnaire du XXIe siècle, 1998).

 

Il y aurait aussi une autre solution, qui serait d’encourager la natalité allemande, mais Jacques Attali ne l’envisage pas, car seule une société multiraciale est garante de la réalisation des projets planétariens.

 

Pour la France, Attali présente la même solution : « Il lui faudra tout à la fois se donner les moyens d’un net rajeunissement, accepter l’entrée d’un grand nombre d’étrangers. » (L’Homme nomade, 2003, p. 436).

 

Un rapport récent de la Banque mondiale (novembre 2005) encourage aussi la Russie à ouvrir ses frontières et à entreprendre une grande politique d’immigration, qui serait « l’une des principales conditions d’une croissance économique stable » et permettrait de faire face au vieillissement de la population. Notons tout de même que Paul Wolfowitz, le président de la Banque mondiale, n’a jamais encouragé l’immigration arabe en Israël pour soutenir la démographie vacillante de ce pays.

Les propos allant dans ce sens se retrouvent systématiquement chez la quasi totalité des intellectuels juifs, qu’ils soit marxistes, comme Jacques Derrida, socialiste, comme Guy Konopnicki, ou libéraux, comme Guy Sorman ou Alain Minc. 

 

Les uns et les autres présentent de surcroît une fâcheuse tendance à nous prendre pour des demeurés, en nous faisant accroire, par exemple, que l’immigration n’a pas augmenté depuis vingt ans ou encore que l’insécurité ne serait en aucun cas liée à ce phénomène.

 

Cohn-Bendit nous assure carrément que « pour enrayer le racisme, le mieux serait encore d’augmenter le nombre d’étrangers » !

 

Leurs propos à ce sujet sont hallucinants de culot.

 

Voyez encore Guy Sorman qui nous explique tranquillement que la France d’antan, avec ses dialectes et ses patois, était somme toute « plus multiculturelle qu’elle l’est aujourd’hui ? » (En attendant les barbares, pp. 174-179). C’est un exemple parmi d’autres de ce culot à toute épreuve, dont ils sont très fiers, et qu’ils appellent « houtzpah » (Prononcer Rroutzpah).

L’objectif est de détruire le monde blanc, et, de manière plus générale, toutes les sociétés enracinées. Tous ces intellectuels nous assurent que cette évolution est inéluctable, et que par conséquent, rien ne sert de s’y opposer. On rappellera ici que dans le schéma marxiste, c’était déjà la société sans classe qui devait être « inéluctable ».

 

Ecoutons le directeur de presse Jean « Daniel » : « Rien n’arrêtera les mouvements des populations misérables vers un Occident vieux et riche… C’est pourquoi la sagesse, la raison, consiste désormais à faire comme si nous allions recevoir de plus en plus d’émigrés dont il faut préparer l’accueil. » (Le Nouvel Observateur du 13 octobre 2005).

 

Vous l’avez compris, il s’agit de nous interdire l’idée même de nous défendre. L’homogénéité du discours cosmopolite est à ce sujet vraiment étonnante.

On entend souvent dire que les juifs étaient considérés par les nazis comme une « race inférieure ». Vos recherches, je crois, tendent à démontrer qu’ils auraient plutôt tendance à se considérer eux-mêmes comme « la race supérieure ». Qu’en est-il ?

HR : Je puis vous assurer qu’il existe un orgueil immense d’appartenir au « peuple élu ».

 

Et cet orgueil se combine chez les intellectuels, avec un mépris non moins grand pour les nations sédentaires, considérés, comme très nettement inférieures. Les propos à ce sujet sont innombrables. Voici ce qu’écrivait par exemple Bernard-Henri Lévy, dans le premier numéro du journal Globe en 1985 : « Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, bourrées, binious, bref franchouillard ou cocardier, nous est étranger, voire odieux ».

 

Les « patries en tout genre et leurs cortèges de vieilleries » le dégoûte au dernier degré : tout cela n’est qu’un « repli frileux et crispé sur les identités les plus pauvres ».

 

« Parler patois, danser au rythme des bourrées, marcher au son des binious… tant d’épaisse sottise » l’ « écœure ». (L’Idéologie française, 1981, pp. 212-216).

Le philosophe Emmanuel Lévinas a exprimé lui aussi sa foi dans les vertus du déracinement et du nomadisme. Pour lui, la plus grande arriération, assurément, est celle que représentent les civilisations païennes de l’antiquité : « Le paganisme, écrit-il, c’est l’esprit local : le nationalisme dans ce qu’il a de cruel et d’impitoyable. Une humanité forêt, une humanité pré-humaine. »

 

Assurément, tout cela ne vaut pas le génie des bédouins du désert : « C’est sur le sol aride du désert où rien ne se fixe, que le vrai esprit descendit dans un texte pour s’accomplir universellement… La foi en la libération de l’homme ne fait qu’un avec l’ébran-lement des civilisations sédentaires, avec l’effritement des lourdes épaisseurs du passé… Il faut être sous-développé pour les revendiquer comme raison d’être et lutter en leur nom pour une place dans le monde moderne (6). »

Il ne suffit donc pas à ces intellectuels de nous raconter n’importe quoi, de nous endormir avec les droits de l’homme, de nous ligoter les mains dans le dos avec les lois répressives, et de nous injecter dans les veines un corps étranger. Il faut aussi qu’ils nous glissent à l’oreille leur mépris pour nos vieilles cultures.

 

Mais le mépris ne semble pas apaiser complètement leur esprit de vengeance. Il faut encore qu’ils nous insultent et nous crachent au visage : « ignorants, xénophobes, paranoïaques, stupides, délirants, etc. » : voilà ce que nous sommes.

 

Dans La Vengeance des Nations (1990), Alain Minc, qui nous explique les bienfaits de l’immigration, nous assure que c’est « l’ignorance qui alimente la xénophobie » (p. 154), qu’il faut donc « lutter contre le délire xénophobe » et en finir avec cette « paranoïa française » (pp. 208). Et pour ce faire, Alain Minc propose de favoriser systématiquement les immigrés par rapport aux Français sur le modèle américain.

 

Comme le proclame le très médiatique Michael Moore, aux Etats-Unis, dans son livre sorti en 2002, ce n’est plus vraiment la peine de prendre de gants avec ces Stupid White Men (c’est le titre du livre), puisqu’ils ne comprennent rien à rien à ce qui leur arrive.

Et je ne vous récapitulerai pas ici de tous ces films innombrables dans lesquels les cinéastes cosmopolites semblent assouvir leur vengeance contre la civilisation chrétienne et l’homme blanc en général. Il me paraît évident, au regard de toute cette logorrhée, que ces gens-là nous haïssent. S’ils étaient fluorescents, clignotants ou s’ils portaient un gyrophare sur le tête, on y verrait un peu plus clair!

Comment expliquez-vous ce sentiment manifeste de vengeance, alors que les textes religieux tendent vers la paix universelle ? D’où vient cette vengeance dont vous parlez ?


HR : L’esprit de vengeance se retrouve dans de très nombreux textes. Il transparaît sous la plume de romanciers comme Albert Cohen, dans Frères humains, ou chez Patrick Modiano (La Place de l’Etoile). Le grand Gourou américain du courant afro-centriste, Martin Bernal, qui est un « blanc », lui aussi, a lui aussi évoqué ce sentiment : « Mon but est de réduire l’arrogance intellectuelle des Européens. » Maintenant, si l’on se plonge dans un passé plus lointain, on peut se rendre compte que ces permanences ont traversé les siècles sans prendre une seule ride.

Au début du XVIe siècle, par exemple, Rabbi Chlomo Molkho, qui était considéré par de nombreux juifs comme une figure messianique, écrivit ses visions prophétiques très révélatrices dans lesquelles on retrouve l’idée d’une « vengeance contre les peuples » qui va s’accomplir. Il nous assure aussi que « les étrangers seront brisés » et que « les nations trembleront. » (Moshe Idel, Messianisme et mystique, 1994, pp. 65-66).

 

Et Moshe Idel fait ce commentaire : « le poème de Molkho évoque clairement l’avènement d’une double vengeance : contre Edom et contre Ismaël », c’est-à-dire contre la chrétienté et l’islam, puis ajoute un peu plus loin : « Dieu révèle non seulement comment lutter contre le christianisme… mais encore comment briser la force du christianisme pour qu’advienne la Rédemption. » (page 48). C’est clair, non ?

On peut trouver ce type de délire prophétique chez bien d’autres personnages historiques juifs, tel cet Isaac Abravanel (Editions du Cerf, Paris, 1992), qui était le chef de la communauté juive d’Espagne avant l’expulsion de 1492, et qui devint un des héros mythique des Juifs d’origine ibérique. Il a lui aussi exprimé très explicitement la vengeance du peuple d’Israël contre la chrétienté et appelait déjà « toutes les nations à monter vers la guerre contre le pays d’Edom » (vision d’Obadia, dans la Genèse 20, 13) (page 256).

Pour ceux qui s’interrogent encore sur les raisons de cette haine séculaire, voici une petite explication : « Il est proche le jour où l’éternel tirera vengeance de toutes les nations qui ont détruit le Premier Temple et qui ont asservi Israël dans l’exil. Et à toi aussi, Edom, comme tu as fait lors de la destruction du Second Temple, tu connaîtras le glaive et la vengeance. (Obadia)… Toute délivrance promise par Israël et associé à la chute d’Edom. » [Lamentations 4, 22] (page 276).

Cette haine vengeresse de vingt siècles a été aussi exprimée par le philosophe Jacob Talmon, qui écrit aussi en 1965 : « Les Juifs ont des comptes sanglants et très anciens à régler avec l’Occident chrétien (7). »

 

Pierre Paraf, l’ancien président de la LICA (Ligue contre l’antisémitisme), rappelle, par la voix d’un personnage de son roman réédité en l’an 2000 : « Tant de nos frères, marqués de la rouelle, gémissent sous le fouet du chrétien. Gloire à Dieu ! Jérusalem les réunira un jour ; ils auront leur revanche (8) ! » 2000 ans de haine ! Il faut croire que ces gens-là ont la rancune tenace !

On est effectivement assez loin des clichés du « pauvre petit juif persécuté » véhiculé au cinéma. Peut-on accréditer finalement l’idée communément admise, ou le « préjugé », que « les Juifs veulent dominer le monde » ?

HR : Vous savez, je n’ai pas d’idées personnelles à ce sujet, et je me contente d’analyser ce qui est écrit. Par conséquent, je ne puis affirmer qu’il s’agit d’une disposition générale de l’ensemble des intellectuels juifs. Mais cette idée a été exprimée par certains d’entre eux. Le livre sur Abravanel confirme cette interprétation, sur la base des textes bibliques : « A l’époque messianique, écrit-il, Schmouel a pensé que toutes les nations seraient soumises à Israël, conformément à ce qui est écrit : “Son empire s’étendra d’une mère à l’autre et du fleuve aux extrémités de la terre” [Zacharie 9, 10] » (page 181).

 

« Lors de la délivrance à venir, un roi de la maison de David régnera. » (page 228). Ce sera « la grande paix qui régnera sur la terre à l’époque du Roi-Messie. » (page 198). Nous avons bien ici la confirmation qu’Israël milite pour la « paix » !

Dans Flammes juives (9), un roman paru en 1936, et réédité en 1999 par Les Belles Lettres, Camille Marbo raconte encore l’histoire de jeunes Juifs marocains qui quittent leur mellah dans les années 20 pour s’installer en France. On y parle explicitement de « conquête du monde par Israël. » (page 10). On trouve plus loin ces passages : "Israël doit gouverner le monde, dit Daniel… ─ On a peur de nous, répétait le vieux Benatar, parce que nous sommes de la race des Prophètes" (page 18) ; "Ce n’est pas encore notre génération qui peut conquérir la chrétienté. Vous pourrez, vous, jeter les fondements et vos enfants seront à pied d’œuvre. Ils se mêleront aux chrétiens. Israël mènera le monde ainsi qu’il le doit." (page 126). Il existe encore bien d’autres textes sur le sujet.


Les origines religieuses du mondialisme (2ème partie)

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29 décembre 2006 5 29 /12 /décembre /2006 17:23

Nous plaçons ici l'introduction (3ème partie) du livre d'Hervé Ryssen, les Espérances planétatiennes. Ce livre est véritablement une oeuvre de salut public. Il démontre les origines religieuses qui sont à l'oeuvre dans le monde derrière le phénomène de la planétarisation ou "mondialisation".

Les Espérances planétariennes (Introduction)

 

 

L’intellectuel Michel Winock avait bien été obligé lui aussi de faire le même constat, mais toujours obsédé par un problème qui semble tenailler nombre d’intellectuels : "Le socialisme réel, dit-il, tel qu’il s’est édifié à l’Est de notre continent, s’est révélé une autre société close, où les Juifs, aussi bien que d’autres minorités cherchent encore leur place. Seule la "société ouverte" peut offrir les chances d’une véritable démocratie pluraliste, à même d’intégrer les Juifs sans les contraindre à aliéner leur être propre, leur mémoire collective, leur double solidarité (française et juive)."
Pour ces intellectuels, dont les pères idéologiques avaient enfanté pareille monstruosité, la disparition du très encombrant régime soviétique a été un soulagement sans fin. Mais au lieu de reconnaître leurs erreurs et de faire leur mea culpa, les intellectuels occidentaux des années 1990 ont profité de ces bouleversements pour se jeter sans tarder dans l’autre projet cosmopolite porté par la société démocratique. Le travail à l’intérieur de la démocratie s’avérait beaucoup plus efficace. On a alors assisté, dans la littérature, la presse et le cinéma à une accélération débridée de la pensée planétarienne, comme s’il fallait oublier au plus vite les erreurs tragiques de l’époque précédente et exorciser les crimes du communisme. Il n’y eut aucune repentance, aucune excuse pour les millions de morts du goulag, les déportations et les assassinats perpétrés au nom de l’idéal communiste et de la grande fraternité entre les peuples, de la part de ceux qui, précédemment, s’en étaient fait les plus ardents propagandistes.
En Occident, l’événement n’a eu finalement qu’une très faible incidence. La société a continué à évoluer comme auparavant, sans bouleversement d’importance, si ce n’est l’agitation accrue des intellectuels planétariens qui ont alors redoublé d’ardeur dans la promotion de leur idéal. Il s’agissait d’oublier au plus vite son erreur, de repenser la société égalitaire, d’ "inventer", comme ils le disent, de nouvelles utopies. Les idéologues étaient portés par un enthousiasme millénariste, comme si le messie avait été retrouvé dans les décombres du mur de Berlin, et que le monde fraternel – cette fois-ci, c’est la bonne – allait enfin advenir.
Cette nouvelle philosophie, qui chante l’unité du genre humain et la démocratie plurielle en lieu et place du communisme, a véritablement pris son envol dans les années 1990. La floraison de la production intellectuelle planétarienne, qui s’impose réellement à travers le marxisme dans ses versions culturelles de mai 1968, est alors poursuivie aujourd’hui de manière peut-être encore plus extatique avec les intellectuels démocrates, plus ou moins mâtinés de marxisme culturel, mais affranchis de toutes les pesantes considérations économiques qui alourdissaient considérablement les ouvrages marxistes-léninistes. Leur mépris pour la vieille culture européenne et l’ancienne civilisation reste en tout cas inchangé. C’est parce que les intellectuels des années 1990 sont les mêmes que ceux qui ont fomenté l’esprit de mai 1968, ou se situent dans cette filiation, et qu’ils entendent poursuivre autrement la réalisation des espérances planétariennes.
Les concepts en prêt-à-penser tels que "la Terre appartient à tout le monde" sont donc toujours très largement en vogue, et pas seulement dans les cours des collèges et des lycées. On aime à se déclarer "citoyens du monde" : c’est toujours moins ringard que d’être vulgairement breton ou berrichon, et ce type de propos vous permet de ne pas prêter le flanc à de terribles accusations. Conformément aux canons édictés par l’UNESCO, une belle église picarde du XIIe siècle sera déclarée "patrimoine mondial de l’humanité". C’est bien ce que nous dit le philosophe Pierre Lévy quand il déclare : "Lorsque nous écoutons des Japonais jouer du Beethoven ou des Chinois chanter du Verdi, nous ne devons pas nous imaginer qu’ils ont été séduits par la musique "occidentale". Cette musique n’est pas "occidentale", elle est universelle. "Nous sommes alors très loin de l’idée d’une mondialisation qui ne serait que le constat de l’évolution économique. La vérité est que ces réflexes ont bien évidemment été créés par une inlassable et permanente campagne de sensibilisation qui a envahi depuis longtemps nos écrans de télévision.
Le système soviétique était une anomalie, puisqu’il ne correspondait pas du tout aux idées généreuses qui avaient enthousiasmé des millions d’hommes et qui étaient supposées être à la base de l’édification du régime. Avec la fin de ce système, on peut dire que l’on revient à la normale, en quelque sorte. Enfin dégagée de l’encombrant fardeau sibérien, l’idée communiste peut à nouveau jouer correctement son rôle, en toute conformité avec ses principes, qui est celui d’être l’aiguillon de la démocratie, à l’intérieur même de la démocratie libérale, finalement seule capable de nous frayer la voie vers la société plurielle universelle. C’est dans l’opposition active que le communisme est véritablement efficace. C’est dans l’opposition qu’il peut rendre les meilleurs services, puisqu’il permet de maintenir les opposants au système libéral dans les perspectives planétariennes. Il est en quelque sorte la soupape de sécurité d’un système libéral désespérant, qui, du fait de son absence de transcendance et de ses aspirations purement matérialistes, engendre fatalement des oppositions radicales. Celles-ci sont alors récupérées par l’idéal communiste et conservées dans le bouillon du mondialisme. Sans lui, les opposants à la démocratie bourgeoise et à la société de consommation se porteraient inévitablement vers les mouvements de réactions identitaires et ethniques, ce que le système cosmopolite ne souhaite à aucun prix. Le scénario qui se déroule sous nos yeux est donc celui que George Orwell avait imaginé dans son fameux roman-fiction intitulé 1984, dans lequel le chef de l’opposition clandestine, le fameux et insaisissable Goldstein, n’était finalement rien d’autre qu’un agent du système ayant pour mission de canaliser les oppositions. Le communisme a donc réintégré le rôle qu’il n’aurait jamais dû cesser d’avoir, qui est celui d’être une utopie mobilisatrice, nichée à l’intérieur de la démocratie. Le soviétisme est mort ; peut-être même qu’il a été assassiné. Mais l’idéal communiste paraît être soigneusement entretenu, réchauffé au sein de la démocratie libérale, lové dans ses institutions. C’est ainsi que fonctionne la spirale planétarienne : avec un système, d’un côté, et une opposition factice à ce système, de l’autre. Les deux forces sont absolument complémentaires et indispensables l’une à l’autre.
La conjonction des idéaux planétariens des marxistes et des démocrates occidentaux n’étant plus entravée aujourd’hui par le conflit géostratégique entre Moscou et Washington, l’Occident peut enfin laisser libre cours à son instinct de domination planétaire, représenté victorieusement par le modèle démocratique, que l’on tente d’imposer à tous les peuples du globe. Comme à la glorieuse époque de la révolution française, la " guerre aux tyrans " est donc déclarée. Mais cette fois-ci, la lutte est transposée à l’échelle planétaire, et ce sont les Etats-Unis qui se sont mis immédiatement à la tête des armées libératrices dès que l’URSS, démantibulée, ne fut plus en mesure de s’opposer à ces desseins grandioses. La première guerre du Golfe contre l’Irak, en 1991, a donc été suivie par le bombardement de la Serbie en 1999, puis, après les attentats du 11 septembre 2001, par l’invasion de l’Afghanistan, et par une deuxième guerre du Golfe qui déboucha sur l’occupation de l’Irak.
On a beaucoup parlé de ces "néoconservateurs" qui entourent le président américain George W. Bush et qui ont déterminé sa politique belliciste. Ces anciens trotskistes, qui s’étaient tout naturellement mués en fervents démocrates dans les années 1980, au cours de l’ère reaganienne, se montraient dorénavant prêts à toutes les guerres pour imposer l’idéal démocratique dans le monde entier. Mais il faut dire, sous peine de ne rien comprendre à l’évolution du monde, que l’intérêt de l’Etat d’Israël était en jeu dans la guerre du Golfe, et que la plupart des néo-conservateurs de l’administration américaine étaient eux-mêmes très influencés par le sionisme, et entendaient réduire à néant une puissance irakienne qui aurait pu un jour menacer l’Etat hébreu.
De fait, les guerres américaines en Irak bénéficiaient incontestablement du soutien de la plus grande partie de la communauté juive internationale.

Ici, comme durant la guerre contre la Serbie et contre l’Afghanistan, les intellectuels cosmopolites faisaient partie des plus ardents groupes de pression bellicistes, pour la simple et bonne raison que ces guerres correspondaient aux objectifs globalistes : les bombardements américains contre la Serbie ont eu pour résultat de favoriser la progression de l’islam dans les Balkans, répondant en cela à l’objectif mondialiste de favoriser l’émergence de la société multiethnique qui doit accompagner l’établissement de la démocratie. Comme l’avait dit le général Wesley Clark, commandant en chef de l’OTAN en Europe à ce moment-là : "Il ne doit plus y avoir de place en Europe pour les sociétés ethniquement homogènes."
L’invasion de l’Afghanistan par les troupes américaines, quant à elle, répondait aux attentats du 11 septembre et à la nécessité de combattre dans le monde l’antisémitisme véhiculé par l’islam.

On constate donc que le système démocratique encourage l’islam à l’intérieur des Etats occidentaux dans le but d’instaurer une société plurielle, mais le combat sur la scène internationale, où il s’oppose aux intérêts d’Israël et des Etats occidentaux.
Ces guerres répondent donc parfaitement au projet d’édification de l’Empire global, qui ne pourra s’imposer que sur les décombres des sociétés traditionnelles et des libertés tribales. Dans cette perspective, le système médiatique représente évidemment la pierre angulaire des espérances planétariennes, puisque c’est par le biais de permanentes campagnes de " sensibilisation " que l’idée parvient à s’imposer progressivement dans les esprits occidentaux. Il semblerait cependant que nos concitoyens éprouvent aujourd’hui un sentiment plus ou moins diffus de défiance envers un discours politique lénifiant, ressassé à outrance, et qui fait de l’abolition des frontières le sésame du paradis terrestre.
A cet égard, le rejet de la constitution européenne par le corps électoral, lors du référendum de mai 2005 a peut-être été un signe annonciateur d’une prise de conscience d’un danger imminent, qui semblait couver sous les idées les plus nobles et les plus généreuses.
Car dans l’esprit de ses partisans les mieux renseignés, la constitution européenne et la formation d’un gouvernement européen, nous le verrons, préfiguraient assurément des projets beaucoup plus vastes.
L’idée d’une paix universelle, que nous aurait assurée une Europe sans frontières, est d’habitude un argument propre à séduire les Occidentaux, mais il faut croire que cette fois-ci, nos compatriotes ont préféré leur liberté tribale à tous les mirages du mondialisme. Aux promesses de " Paix " et de " Prospérité ", ils ont finalement préféré refuser poliment, comme devant un camelot ambulant un peu fourbe qui aurait trop insisté pour nous vendre son élixir miraculeux. Nous allons donc apprendre que, dans la bouche de certains experts, les mots "tolérance" et "droits de l’homme" peuvent aussi être utilisés comme de puissants anesthésiants, et que derrière un langage mielleux, des manières douces et de belles promesses, peuvent se cacher des intentions inavouables.

 

 

Hervé RYSSEN

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Publié par Ingomer - dans Livres
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29 décembre 2006 5 29 /12 /décembre /2006 17:14

Nous plaçons ici l'introduction (2ème partie) du livre d'Hervé Ryssen, les Espérances planétatiennes. Ce livre est véritablement une oeuvre de salut public. Il démontre les origines religieuses qui sont à l'oeuvre dans le monde derrière le phénomène de la planétarisation ou "mondialisation".

Les Espérances planétariennes (Introduction)

 En 1918, après quatre années de guerre, le communisme russe représentait à nouveau les espoirs des pacifistes européens, qui avaient été si cruellement déçus en 1914, où ils n’avaient pu qu’assister, impuissants, au ralliement des masses au patriotisme dans tous les pays d’Europe. Vainqueurs en Russie, les bolcheviks, qui devaient encore combattre certaines résistances, voulaient la paix à tout prix afin de consolider leur révolution. Le 23 novembre 1917, ils demandaient l’armistice. Le 3 mars, ils signaient la paix de Brest-Litovsk, laissant à l’Allemagne les immenses territoires s’étirant de l’Ukraine aux pays baltes, et abandonnant sans état d’âme les alliés occidentaux. De leur point de vue, il ne s’agissait évidemment pas d’une trahison, puisque cette guerre était pour eux une guerre entre Etats capitalistes, et dans laquelle ils n’avaient aucun intérêt. Plus encore, le 7 décembre 1917, ils lançaient un appel aux peuples de l’Orient, dans lequel ils invitaient l’Inde, l’Egypte et tous les peuples colonisés à secouer le joug de l’impérialisme, affaiblissant encore les positions des Anglais et des Français. Voilà pourquoi le marxisme représentait à ce moment-là l’idéal pacifiste planétarien et la libération des opprimés. La IIIe Internationale des Travailleurs, espérait-on, allait réussir là où la Deuxième avait si lamentablement échoué en 1914.
L’édification de la société soviétique en Russie allait pourtant mettre à rude épreuve les idéaux révolutionnaires. Les anarchistes du monde entier allaient déchanter rapidement après l’écrasement des partisans ukrainiens de Makhno et la sanglante répression de Kronstadt en 1921. Ils seront à nouveau sérieusement malmenés par les Rouges au cours de la guerre d’Espagne, alors même qu’ils représentaient une masse militante beaucoup plus importante. Cependant, la grande majorité des intellectuels progressistes d’Occident resta fascinée par la révolution bolchevique, sans considération pour les excès auxquels elle avait donné lieu, et le gros des troupes resta acquis à la défense de l’URSS au moins jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale et l’écrasement du nazisme, et même bien au-delà pour ce qui est de la fidélité aux principes du marxisme.
Tous les pacifistes n’étaient pas des marxistes en 1918, mais ceux qui professaient ces idées étaient catalogués comme tels par leurs adversaires. Le physicien Albert Einstein, par exemple, a été après la Première Guerre mondiale l’une des têtes de file de ce mouvement, ne cessant de réclamer le désarmement mondial dans ses conférences. S’il cristallisait sur lui la haine des nationalistes allemands, ce n’était pas tant comme apôtre du désarmement, que comme propagandiste du mondialisme, car pour Einstein, la paix universelle ne pouvait être assurée que par la constitution d’un gouvernement mondial. Dans l’Allemagne de la défaite, déchirée par la guerre civile et dans laquelle les communistes jouaient le rôle principal, il s’exposait immanquablement aux accusations et aux menaces de ceux qui voyaient en lui un traître et un bolchevik. C’est dire que ces idées pacifistes étaient assimilées au marxisme à ce moment-là. Bien que moins dogmatique dans son combat pour la paix, l’écrivain viennois Stefan Zweig connu les mêmes difficultés en Autriche.
Il est vrai que la révolution bolchevique avait enfiévré bien des esprits en Occident, et provoqué des haines meurtrières de part et d’autre. " A cette sacralisation de la doctrine marxiste, élevée presque au rang d’une théologie, écrit Pascal Bruckner, les penseurs démocratiques ont riposté par un éloge de la modération chargée de freiner les emballements de l’Histoire. Ce fut la grandeur d’un Karl Popper, d’un Isaiah Berlin, d’un Raymond Aron que de se poser en démobilisateurs face à une espérance révolutionnaire qui ne réclamait la liberté totale que pour répandre la terreur absolue. "
Un autre Viennois, le philosophe Karl Popper, avait en effet été séduit dans sa jeunesse par le bolchevisme, mais il s’en était détourné rapidement, pour devenir le chantre de la démocratie libérale. Comme Einstein, Joseph Roth et Stefan Zweig, Karl Popper, juif, lui aussi, s’était exilé après la prise du pouvoir par Hitler. Il gagna Londres, où il publia en 1945 son fameux livre intitulé La Société ouverte et ses ennemis, dans lequel il exposait une critique du marxisme et des systèmes totalitaires. Ce livre, qui allait devenir une des références obligées des penseurs libéraux, a très largement inspiré un autre philosophe, beaucoup plus connu aujourd’hui pour ses activités de spéculateur international.
Le milliardaire George Soros, en effet, reconnaît en lui son maître-à-penser, et se fait l’apôtre de la "société ouverte" qu’il encourage partout dans le monde par le biais de sa fondation. Car l’héritier spirituel de Karl Popper ne se contente pas de réfléchir sur des concepts : il consacre surtout des milliards de dollars à promouvoir les idéaux démocratiques, notamment dans les ex-pays du bloc de l’Est, dans cette Europe centrale d’où il est originaire. Mais, comme il le dit lui-même, son action avait déjà commencé avant la chute du mur de Berlin : " En 1979, quand j’ai gagné plus d’argent qu’il m’en était nécessaire, j’ai créé une fondation, l’Open Society Found. Je lui avais fixé comme objectif d’aider à ouvrir les sociétés "fermées", à rendre les sociétés ouvertes plus vivables, et à encourager un mode de pensée critique. Par le biais de cette fondation, j’ai été profondément impliqué dans le processus de désintégration du système soviétique. " C’est là évidemment un propos qui peut nous emmener très loin dans l’interprétation de la chute du régime communiste : est-il mort de ses propres faiblesses, ou bien l’a-t-on aidé à mourir ?
Il est bien certain que les aspirations planétariennes ont pu être frustrées par ce qu’il était advenu des pays communistes, qui étaient supposés, à l’origine, édifier une société fraternelle pour les prolétaires, et qui étaient surtout supposés réaliser enfin l’unification du monde. Ces déceptions vont éloigner peu à peu bien d’autres intellectuels occidentaux du communisme international, au moins dans sa version soviétique.
L’un des principaux points de rupture fut assurément suscité par la politique soviétique à l’égard de l’Etat d’Israël. Créé en 1948, cet Etat fut immédiatement reconnu par l’Union soviétique qui espérait s’en faire un allié de poids au Proche Orient, mais les Juifs israéliens trouvèrent un plus large appui financier aux Etats-Unis, vers qui ils se tournèrent rapidement. Moscou changea alors brusquement de politique et soutint les revendications arabes, ce qui plaça de nombreux intellectuels marxistes devant un dilemme cornélien : comment concilier son soutien à la patrie des travailleurs et son amour pour l’Israël ? Beaucoup se détournèrent définitivement de l’Union soviétique à ce moment-là, d’autant plus que la radicalisation de la ligne antisioniste de l’URSS prit une teinte antisémite qui s’accentua en 1951. La défense des refuzniks – ces Juifs russes que le régime soviétique empêchait de rejoindre l’Israël – et le respect des droits de l’homme en URSS fut alors un des axes prioritaires du combat de ces tout nouveaux militants des droits de l’homme. De nombreux Juifs prirent alors prétexte de ces nouvelles dispositions de l’Etat soviétique pour se jeter à corps perdu dans un anticommunisme soudain et très particulier, et qui était d’autant plus virulent qu’il permettait de renier un système dans lequel certains Juifs avaient joué un rôle fort compromettant pendant une trentaine d’années.
Le témoignage de Soljénitsyne nous est ici de la plus grande importance. Celui-ci note avec justesse que ni la famine organisée, ni les sanglantes répressions, ni les millions de morts des goulags au cours de la terrible période des années vingt et trente en URSS, n’avaient affecté le soutien des intellectuels progressistes occidentaux au régime bolchevique. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les troupes soviétiques, galvanisées par le cinéaste Eisenstein et le poète Ilya Ehrenbourg, selon la logique déjà exprimée du " patriotisme modulable ", étaient applaudies par l’ensemble de l’intelligentsia occidentale, en plus d’être largement approvisionnées en armes, en avions et en matériel militaire de toute sorte par l’Amérique démocratique. C’est seulement lorsque les armées nazies furent écrasées, en bonne partie grâce au sang versé par les Russes, et que l’Union soviétique soutint les Etats arabes, que ces intellectuels commencèrent à se détourner du régime. Cette tendance s’accentua très fortement lorsque les Juifs d’URSS furent évincés des principaux postes de direction à partir de 1951. Le combat pour les refuzniks devint alors la grande cause planétaire et bénéficia de toute la puissance médiatique de l’Occident. L’idéologie des droits de l’homme ne semblait ne s’être mise en branle que pour la défense des Juifs écartés du pouvoir en URSS. Mais les dizaines de millions d’autres soviétiques qui eux aussi auraient sans doute choisi l’exil, n’avaient d’autre choix que de souffrir en silence.
Néanmoins, les idées socialistes continuèrent encore longtemps à exercer un formidable pouvoir d’attraction par le biais des différents courants issus du marxisme, qui critiquaient certes l’URSS, mais qui conservaient intactes les espérances planétariennes du communisme. La révolte de mai 1968 témoigne de la prédominance de cette idéologie dans les universités d’Occident à ce moment-là. L’URSS n’était plus un exemple que pour les vieux " staliniens " du Parti communiste, mais le mythe révolutionnaire trouvait à s’alimenter largement dans le trotskisme, le maoïsme, l’anarchisme et, plus concrètement, dans toutes les luttes de libération du Tiers-Monde. Tous continuaient à croire à ce messianisme universel alimenté par les productions intellectuelles de " l’école de Francfort ", représentée par Herbert Marcuse, Horckheimer, Theodore Wiesenthal Adorno, Jürgen Habermas, qui furent les porte-drapeaux des révoltés, aux côtés de Marx, de Lénine et de Mao. L’heure n’était donc pas encore advenue où il faudrait prendre la mesure des succès incontestables de la démocratie libérale dans la réalisation des objectifs planétariens, et de reléguer au placard les idéaux de sa jeunesse. Pour les étudiants de mai 1968, l’ennemi à abattre restait le capitalisme international, qui avait invariablement le visage de la civilisation européenne, coupable d’avoir enfanté le capitalisme et l’oppression, non seulement des prolétaires européens, mais encore, et surtout, des travailleurs du monde entier. On soutenait le combat du Viet Minh comme on avait soutenu les fellaghas du FLN algérien. Là encore, il ne s’agissait pas de trahison mais de combat libérateur contre l’oppression capitaliste. Bientôt, dans le mythe révolutionnaire, le prolétariat, la classe laborieuse européenne qui devait conduire la révolution socialiste, allait être remplacée par les masses du tiers-monde qui peuplaient les pays du Sud et qui bientôt peupleraient aussi de plus en plus largement les pays riches.
Il était temps en effet de trouver une classe laborieuse de substitution. Les sociétés occidentales connaissaient une mutation économique importante qui se caractérisait par une forte progression du secteur tertiaire au détriment du secteur industriel. Avec le passage à une économie post-industrielle, le nombre des ouvriers commençait à décroître. Cette évolution de la société et l’enrichissement général qui accompagna cette mutation économique et sociale n’entamèrent en aucune manière le combat des progressistes, dont les convictions planétariennes allaient s’affirmer avec beaucoup plus de vigueur. Leurs espoirs s’étaient alors reportés sur toutes les " minorités opprimées " : les immigrés, en premier lieu, victimes de la colonisation, mais aussi toutes les catégories de gens qui pouvaient se sentir oppressés par la société bourgeoise et la domination du " mâle blanc ". Les revendications des féministes et des minorités sexuelles, conjointement avec les luttes des peuples du tiers-monde, allaient nourrir l’idée que le prolétariat européen était remplaçable, et ce d’autant plus que l’immigration allait fournir un réservoir de nouveaux révolutionnaires, ou en tout cas de nouveaux électeurs.
Les petites gens ont évidemment eu à souffrir de la concurrence de cette nouvelle main-d’œuvre, taillable et corvéable à merci, importée par un patronat qui comptait sur ce réservoir pour exercer une pression à la baisse sur les salaires. Les délocalisations d’entreprises qui se multipliaient, et tous les problèmes liés à la coexistence des communautés dans les cités autrefois ouvrières, frappèrent d’abord les travailleurs " de souche " les plus défavorisés. Ce sont bien eux, en effet, les premiers qui ont eu à pâtir de cette nouvelle forme de société, inventée par des idéologues et encouragée par le patronat. De fait, l’afflux de la main-d’œuvre étrangère en provenance du Maghreb et de l’Afrique noire et l’immigration massive des années 1980-1990 avaient transformé considérablement leur environnement. Un film français des années 1950, 1960, 1970 ou même 1980 laisse voir une société de souche européenne. En l’espace d’une vingtaine d’années, la société française a connu sur ce plan une profonde mutation, et c’est incontestablement ce phénomène majeur qui accrédite en France l’idée qu’une société mondiale est en train de s’instaurer.
Les cités ouvrières des années 60 étaient devenues de véritables ghettos urbains que les " petits blancs ", devenus minoritaires, ne pensaient plus qu’à fuir. Si l’on veut bien regarder l’évolution du monde occidental avec un peu de hauteur, on se rend compte, après un siècle de combats, que le seul résultat tangible du communisme local en France est d’avoir transformé ses municipalités en villes du tiers-monde, dans une étonnante conjonction de vue avec le patronat. S’estimant trahis par leur défenseurs attitrés, délaissés par leurs intellectuels au profit des immigrés et des minorités de toutes sortes, c’est bien légitimement que les " petits blancs " se sont réfugiés dans les bras des " populistes ". Selon le Manifeste du parti communiste de Marx, " les ouvriers n’ont pas de patrie " ; à moins bien entendu qu’ils n’aient au contraire que cela. Dans la bouche des progressistes, les " prolétaires " étaient désormais appelés avec mépris des " beaufs ", c’est-à-dire des Français de souche arriérés, s’accrochant à leurs méprisables traditions et incapables de comprendre les immenses progrès que représentait la société plurielle. Si au XIXe siècle, le marxisme se traduit d’abord par la défense du monde ouvrier, la fin du XXe siècle va révéler en pleine lumière toute l’importance de l’universalisme qui lui est consubstantiel, avec son projet de société mondiale, d’Etat mondial, de gouvernement mondial.
L’idéal planétarien et la volonté d’édifier la société plurielle auront finalement pris le pas sur le credo anticapitaliste. Le mouvement s’est d’ailleurs effectué tout naturellement, parce que chez tous les penseurs marxistes, le capitalisme est, consciemment ou non, assimilé à une race blanche arrogante et impérialiste. Depuis longtemps, la vulgate marxiste entretient l’idée que l’homme blanc est coupable de la plupart des maux sur cette terre. Il est le grand responsable des pires crimes, des pires atrocités qui ont été commis dans l’histoire, du massacre des Indiens d’Amérique au génocide des Juifs, en passant par toutes les horreurs de la colonisation. Toute son histoire n’est que violence et obscurantisme. Sa religion est une horreur, et toutes ses traditions ne valent certes pas les plus nobles coutumes d’une tribu africaine. Pour finir, l’homme blanc a mis sur pied cette désespérante société de consommation dans laquelle nous sommes aujourd’hui enlisés jusqu’au cou. Voilà ce qu’enseigne le marxisme. Dans ces conditions on comprendra pourquoi la jeunesse occidentale n’aspire qu’à railler la génération de ses parents et toutes les générations qui l’ont devancée.

. Vainqueurs en Russie, les bolcheviks, qui devaient encore combattre certaines résistances, voulaient la paix à tout prix afin de consolider leur révolution. Le 23 novembre 1917, ils demandaient l’armistice. Le 3 mars, ils signaient la paix de Brest-Litovsk, laissant à l’Allemagne les immenses territoires s’étirant de l’Ukraine aux pays baltes, et abandonnant sans état d’âme les alliés occidentaux. De leur point de vue, il ne s’agissait évidemment pas d’une trahison, puisque cette guerre était pour eux une guerre entre Etats capitalistes, et dans laquelle ils n’avaient aucun intérêt. . Voilà pourquoi le marxisme représentait à ce moment-là l’idéal pacifiste planétarien et la libération des opprimés. La IIIe Internationale des Travailleurs, espérait-on, allait réussir là où la Deuxième avait si lamentablement échoué en 1914.Tous les pacifistes n’étaient pas des marxistes en 1918, mais ceux qui professaient ces idées étaient catalogués comme tels par leurs adversaires. Le physicien Albert Einstein, par exemple, a été après la Première Guerre mondiale l’une des têtes de file de ce mouvement, ne cessant de réclamer le désarmement mondial dans ses conférences. S’il cristallisait sur lui la haine des nationalistes allemands, ce n’était pas tant comme apôtre du désarmement, que comme propagandiste du mondialisme, car pour Einstein, la paix universelle ne pouvait être assurée que par la constitution d’un gouvernement mondial. Dans l’Allemagne de la défaite, déchirée par la guerre civile et dans laquelle les communistes jouaient le rôle principal, il s’exposait immanquablement aux accusations et aux menaces de ceux qui voyaient en lui un traître et un bolchevik. C’est dire que ces idées pacifistes étaient assimilées au marxisme à ce moment-là. Bien que moins dogmatique dans son combat pour la paix, l’écrivain viennois Stefan Zweig connu les mêmes difficultés en Autriche.Il est vrai que la révolution bolchevique avait enfiévré bien des esprits en Occident, et provoqué des haines meurtrières de part et d’autre. " A cette sacralisation de la doctrine marxiste, élevée presque au rang d’une théologie, écrit Pascal Bruckner, les penseurs démocratiques ont riposté par un éloge de la modération chargée de freiner les emballements de l’Histoire. Ce fut la grandeur d’un Karl Popper, d’un Isaiah Berlin, d’un Raymond Aron que de se poser en démobilisateurs face à une espérance révolutionnaire qui ne réclamait la liberté totale que pour répandre la terreur absolue. "Un autre Viennois, le philosophe Karl Popper, avait en effet été séduit dans sa jeunesse par le bolchevisme, mais il s’en était détourné rapidement, pour devenir le chantre de la démocratie libérale. Comme Einstein, Joseph Roth et Stefan Zweig, Karl Popper, juif, lui aussi, s’était exilé après la prise du pouvoir par Hitler. Il gagna Londres, où il publia en 1945 son fameux livre intitulé La Société ouverte et ses ennemis, dans lequel il exposait une critique du marxisme et des systèmes totalitaires. Ce livre, qui allait devenir une des références obligées des penseurs libéraux, a très largement inspiré un autre philosophe, beaucoup plus connu aujourd’hui pour ses activités de spéculateur international., en effet, reconnaît en lui son maître-à-penser, et . Mais, comme il le dit lui-même, son action avait déjà commencé avant la chute du mur de Berlin : " En 1979, quand j’ai gagné plus d’argent qu’il m’en était nécessaire, j’ai créé une fondation, l’Open Society Found. Je lui avais fixé comme objectif d’aider à ouvrir les sociétés "fermées", à rendre les sociétés ouvertes plus vivables, et à encourager un mode de pensée critique. Par le biais de cette fondation, j’ai été profondément impliqué dans le processus de désintégration du système soviétique. " C’est là évidemment un propos qui peut nous emmener très loin dans l’interprétation de la chute du régime communiste : est-il mort de ses propres faiblesses, ou bien l’a-t-on aidé à mourir ?Il est bien certain que les aspirations planétariennes ont pu être frustrées par ce qu’il était advenu des pays communistes, qui étaient supposés, à l’origine, édifier une société fraternelle pour les prolétaires, et qui étaient surtout supposés réaliser enfin l’unification du monde. Ces déceptions vont éloigner peu à peu bien d’autres intellectuels occidentaux du communisme international, au moins dans sa version soviétique.L’un des principaux points de rupture fut assurément suscité par la politique soviétique à l’égard de l’Etat d’Israël. Créé en 1948, cet Etat fut immédiatement reconnu par l’Union soviétique qui espérait s’en faire un allié de poids au Proche Orient, mais les Juifs israéliens trouvèrent un plus large appui financier aux Etats-Unis, vers qui ils se tournèrent rapidement. Moscou changea alors brusquement de politique et soutint les revendications arabes, ce qui plaça de nombreux intellectuels marxistes devant un dilemme cornélien : comment concilier son soutien à la patrie des travailleurs et son amour pour l’Israël ? Beaucoup se détournèrent définitivement de l’Union soviétique à ce moment-là, d’autant plus que la radicalisation de la ligne antisioniste de l’URSS prit une teinte antisémite qui s’accentua en 1951. La défense des refuzniks – ces Juifs russes que le régime soviétique empêchait de rejoindre l’Israël – et le respect des droits de l’homme en URSS fut alors un des axes prioritaires du combat de ces tout nouveaux militants des droits de l’homme. De nombreux Juifs prirent alors prétexte de ces nouvelles dispositions de l’Etat soviétique pour se jeter à corps perdu dans un anticommunisme soudain et très particulier, et qui était d’autant plus virulent qu’il permettait de renier un système dans lequel certains Juifs avaient joué un rôle fort compromettant pendant une trentaine d’années.Le témoignage de Soljénitsyne nous est ici de la plus grande importance. Celui-ci note avec justesse que ni la famine organisée, ni les sanglantes répressions, ni les millions de morts des goulags au cours de la terrible période des années vingt et trente en URSS, n’avaient affecté le soutien des intellectuels progressistes occidentaux au régime bolchevique. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les troupes soviétiques, galvanisées par le cinéaste Eisenstein et le poète Ilya Ehrenbourg, selon la logique déjà exprimée du " patriotisme modulable ", étaient applaudies par l’ensemble de l’intelligentsia occidentale, en plus d’être largement approvisionnées en armes, en avions et en matériel militaire de toute sorte par l’Amérique démocratique. C’est seulement lorsque les armées nazies furent écrasées, en bonne partie grâce au sang versé par les Russes, et que l’Union soviétique soutint les Etats arabes, que ces intellectuels commencèrent à se détourner du régime. Cette tendance s’accentua très fortement lorsque les Juifs d’URSS furent évincés des principaux postes de direction à partir de 1951. Le combat pour les refuzniks devint alors la grande cause planétaire et bénéficia de toute la puissance médiatique de l’Occident. L’idéologie des droits de l’homme ne semblait ne s’être mise en branle que pour la défense des Juifs écartés du pouvoir en URSS. Mais les dizaines de millions d’autres soviétiques qui eux aussi auraient sans doute choisi l’exil, n’avaient d’autre choix que de souffrir en silence.Néanmoins, les idées socialistes continuèrent encore longtemps à exercer un formidable pouvoir d’attraction par le biais des différents courants issus du marxisme, qui critiquaient certes l’URSS, mais qui conservaient intactes les espérances planétariennes du communisme. La révolte de mai 1968 témoigne de la prédominance de cette idéologie dans les universités d’Occident à ce moment-là. L’URSS n’était plus un exemple que pour les vieux " staliniens " du Parti communiste, mais le mythe révolutionnaire trouvait à s’alimenter largement dans le trotskisme, le maoïsme, l’anarchisme et, plus concrètement, dans toutes les luttes de libération du Tiers-Monde. Tous continuaient à croire à ce messianisme universel alimenté par les productions intellectuelles de " l’école de Francfort ", représentée par Herbert Marcuse, Horckheimer, Theodore Wiesenthal Adorno, Jürgen Habermas, qui furent les porte-drapeaux des révoltés, aux côtés de Marx, de Lénine et de Mao. L’heure n’était donc pas encore advenue où il faudrait prendre la mesure des succès incontestables de la démocratie libérale dans la réalisation des objectifs planétariens, et de reléguer au placard les idéaux de sa jeunesse. Pour les étudiants de mai 1968, l’ennemi à abattre restait le capitalisme international, qui avait invariablement le visage de la civilisation européenne, coupable d’avoir enfanté le capitalisme et l’oppression, non seulement des prolétaires européens, mais encore, et surtout, des travailleurs du monde entier. . . Bientôt, dans le mythe révolutionnaire, le prolétariat, la classe laborieuse européenne qui devait conduire la révolution socialiste, allait être remplacée par les masses du tiers-monde qui peuplaient les pays du Sud et qui bientôt peupleraient aussi de plus en plus largement les pays riches.Il était temps en effet de trouver une classe laborieuse de substitution. Les sociétés occidentales connaissaient une mutation économique importante qui se caractérisait par une forte progression du secteur tertiaire au détriment du secteur industriel. Avec le passage à une économie post-industrielle, le nombre des ouvriers commençait à décroître. Cette évolution de la société et l’enrichissement général qui accompagna cette mutation économique et sociale n’entamèrent en aucune manière le combat des progressistes, dont les convictions planétariennes allaient s’affirmer avec beaucoup plus de vigueur. Leurs espoirs s’étaient alors reportés sur toutes les " minorités opprimées " : les immigrés, en premier lieu, victimes de la colonisation, mais aussi toutes les catégories de gens qui pouvaient se sentir oppressés par la société bourgeoise et la domination du " mâle blanc ". Les revendications des féministes et des minorités sexuelles, conjointement avec les luttes des peuples du tiers-monde, allaient nourrir l’idée que le prolétariat européen était remplaçable, et ce d’autant plus que l’immigration allait fournir un réservoir de nouveaux révolutionnaires, ou en tout cas de nouveaux électeurs.Les petites gens ont évidemment eu à souffrir de la concurrence de cette nouvelle main-d’œuvre, taillable et corvéable à merci, importée par un patronat qui comptait sur ce réservoir pour exercer une pression à la baisse sur les salaires. Les délocalisations d’entreprises qui se multipliaient, et tous les problèmes liés à la coexistence des communautés dans les cités autrefois ouvrières, frappèrent d’abord les travailleurs " de souche " les plus défavorisés. Ce sont bien eux, en effet, les premiers qui ont eu à pâtir de cette nouvelle forme de société, inventée par des idéologues et encouragée par le patronat. De fait, l’afflux de la main-d’œuvre étrangère en provenance du Maghreb et de l’Afrique noire et l’immigration massive des années 1980-1990 avaient transformé considérablement leur environnement. Un film français des années 1950, 1960, 1970 ou même 1980 laisse voir une société de souche européenne. En l’espace d’une vingtaine d’années, la société française a connu sur ce plan une profonde mutation, et c’est incontestablement ce phénomène majeur qui accrédite en France l’idée qu’une société mondiale est en train de s’instaurer.Les cités ouvrières des années 60 étaient devenues de véritables ghettos urbains que les " petits blancs ", devenus minoritaires, ne pensaient plus qu’à fuir. Si l’on veut bien regarder l’évolution du monde occidental avec un peu de hauteur, on se rend compte, après un siècle de combats, que le seul résultat tangible du communisme local en France est d’avoir transformé ses municipalités en villes du tiers-monde, dans une étonnante conjonction de vue avec le patronat. S’estimant trahis par leur défenseurs attitrés, délaissés par leurs intellectuels au profit des immigrés et des minorités de toutes sortes, c’est bien légitimement que les " petits blancs " se sont réfugiés dans les bras des " populistes ". Selon le Manifeste du parti communiste de Marx, " les ouvriers n’ont pas de patrie " ; à moins bien entendu qu’ils n’aient au contraire que cela. Dans la bouche des progressistes, les " prolétaires " étaient désormais appelés avec mépris des " beaufs ", c’est-à-dire des Français de souche arriérés, s’accrochant à leurs méprisables traditions et incapables de comprendre les immenses progrès que représentait la société plurielle. Si au XIXe siècle, le marxisme se traduit d’abord par la défense du monde ouvrier, la fin du XXe siècle va révéler en pleine lumière toute l’importance de l’universalisme qui lui est consubstantiel, avec son projet de société mondiale, d’Etat mondial, de gouvernement mondial.L’idéal planétarien et la volonté d’édifier la société plurielle auront finalement pris le pas sur le credo anticapitaliste. Le mouvement s’est d’ailleurs effectué tout naturellement, parce que chez tous les penseurs marxistes, le capitalisme est, consciemment ou non, assimilé à une race blanche arrogante et impérialiste.

Nulle part ailleurs dans le monde, on ne constate cette fascination pour la société multiethnique, cet amour de la société ouverte, mais aussi cette aversion pour ses propres traditions et pour son propre peuple que l’on espère voir s’éteindre au plus vite. Cette entreprise de culpabilisation en profondeur ne pouvait déboucher que sur ce résultat. Lorsque les tenants de la mondialisation revendiquent haut et fort la suppression des frontières, non seulement pour les marchandises, mais aussi pour les hommes, ils savent pertinemment que les mouvements migratoires sont à sens unique et se dirigent vers les pays du Nord. Consciemment ou non, ils souhaitent bien la disparition de leur propre espèce. C’est parce que les Français, et avec eux de très nombreux Occidentaux, sont imprégnés de la conviction que leurs vieilles traditions, héritées du passé, sont des barrières à l’amour universel entre tous les hommes de la planète. Ce qu’ils ne voient plus, c’est que la volonté de construire la société plurielle en remplacement des sociétés traditionnelles, est spécifiquement européenne et occidentale, et que nulle part ailleurs dans le monde, on n’ouvre son territoire, on ne rejette son passé, sa religion et ses vieilles coutumes au nom d’une très hypothétique 'paix universelle'.
Dans ces conditions, on admettra que l’immigration actuelle est moins un phénomène naturel que le fruit d’une idéologie universaliste qui travaille à la disparition des nations, et qui correspond d’ailleurs autant aux aspirations marxistes que libérales.
Les esprits planétariens expliqueront que cette évolution est inéluctable, que les habitants des pays pauvres tenteront de toute manière et par tous les moyens de passer dans les pays riches, et qu’il est parfaitement illusoire de tendre des barbelés aux frontières tant que le problème de la malnutrition ne sera pas résolu en Afrique ou ailleurs. La volonté politique se conjugue ici au credo humanitaire pour ligoter les mains des Occidentaux devant ce problème, et ce, au nom des droits de l’homme et de la démocratie. Mais à la vérité, ce sont bien ces considérations idéologiques, et non des impossibilités matérielles qui rendent les Européens impuissants à régler la question des flux migratoires. Avec des moyens beaucoup plus misérables, les pays du Sud se permettent régulièrement d’expulser de leurs territoires des dizaines de milliers de ressortissants étrangers en quelques jours quand cela leur semble nécessaire : en septembre 2003, Djibouti a expulsé 80 000 Somaliens et Ethiopiens (15% de la population) entrés frauduleusement dans le pays ; en 1998, l’Ethiopie avait elle-même expulsé sans ménagement 50 000 Erythréens ; en 1996, le Gabon s’était débarrassé de 80 000 clandestins et la Libye de 330 000 ; en 1983, le Nigeria faisait décamper un million et demi d’indésirables, et récidivait en 1985 sans provoquer les réactions épidermiques des médiats occidentaux.
De nombreux autres exemples pourraient être cités, mais pour démontrer que le contrôle des frontières ne dépend que de la volonté politique, on pourrait encore soulever les cas de la défunte URSS, de la Chine, ou de tout autre pays qui ne fait pas des " droits de l’homme " son unique système de référence et qui s’appuie aussi sur le
droit légitime de tous les peuples sur cette terre à exister sur un territoire déterminé, selon ses règles propres, ses lois et ses coutumes. Après tout, c’est bien cette diversité qui constitue en premier lieu la richesse du monde. Comme on le voit, l’immigration actuelle en Occident n’est pas une fatalité, et son caractère " inéluctable " ne correspond à rien d’autre qu’à un discours politique, dissimulé sous le masque de la " tolérance " et de l’idéologie des droits de l’homme.
Les militants et sympathisants marxistes, défenseurs des pauvres et des humbles, ne voient plus la contradiction qu’il y a à encourager une immigration massive, en plein accord avec le patronat, alors même que celle-ci, clandestine ou légale, exerce de toute évidence une pression à la baisse sur les salaires des Français les plus défavorisés et détruit la vieille culture populaire.

Le marxisme a eu pour résultat de déraciner chez les Occidentaux toute conscience identitaire, à tel point que l’on se rebelle à l’idée de défendre la culture auvergnate, jugée "réactionnaire", mais que l’on est prêt à tout pour sauver une tribu d’Indiens en Amazonie.

Mieux encore : on se sentira beaucoup plus à l’aise dans un quartier immigré que dans un quartier français, parce que l’on a acquis la conviction que ces immigrés ne sont pas des intrus, mais représentent un prolétariat mondial qui est le seul capable de débarrasser le monde de la société capitaliste, assimilée plus ou moins consciemment à une race blanche oppressive et conquérante. Au nom de la diversité, on prône alors la société plurielle, sans réaliser que toutes les traditions, quelles qu’elles soient, se délitent dans la société de consommation occidentale, et qu’au final, on aboutit à une société à l’américaine que l’on prétend abhorrer et combattre.
On constatera aussi un autre étonnant paradoxe du même genre, qui induit là encore l’idée que la culpabilisation du monde européen, notamment à travers une historiographie tendancieuse, n’est pas un phénomène naturel, mais qu’elle est bien
le fait de certains intellectuels qui ont entrepris la destruction de l’ancienne civilisation.
On sait que le marxisme s’oppose à l’emprise des religions, de toutes les religions, considérées comme "l’opium du peuple
", ne servant qu’à faire oublier aux prolétaires leur condition d’hommes exploités par le capitalisme et à légitimer la domination de la classe possédante. Mais on ne peut que constater que la lutte des marxistes et des partisans du laïcisme s’exerce bien davantage contre le catholicisme que contre le protestantisme, par exemple, pour ne pas parler du judaïsme et de l’islam. Pourtant, le protestantisme est une religion plus proche des réalités mercantiles. Ce sont les protestants qui pensent que la réussite commerciale est le signe d’une élection divine, et non les catholiques.

Ce sont les protestants puritains anglo-saxons qui ont massacré les Indiens d’Amérique, parce que, tout imprégnés de l’exemple de l’Ancien Testament et du peuple juif massacrant les autochtones jusqu’au dernier, ils se croyaient le nouveau peuple élu prenant possession de la terre de Canaan.

C’est encore le protestantisme puritain qui représenta la religion dans ce qu’elle a pu avoir de plus austère et de plus " rétrograde " : ce sont les puritains anglais qui interdisaient les danses, le théâtre et les courses, et non les catholiques.

Leur frugalité, leur auto-discipline, leur honnêteté et leur aversion pour les plaisirs simples, constituaient une sorte d’ascétisme séculier qui aurait dû logiquement rebuter les militants marxistes, dont l’un des slogans de mai 68 était de "jouir sans entraves". Et pourtant, c’est le catholicisme qui cristallise la haine marxiste de la religion. Il faut donc bien qu’un élément extérieur soit venu s’ajouter subrepticement à la vulgate anti-capitaliste. Il y a là une contradiction qui ne peut s’expliquer que par une haine religieuse, présente dans le marxisme, mais que nous retrouvons dans nombre de produits culturels de notre société démocratique occidentale.
On peut constater aussi que nulle critique ne s’élève jamais en Occident contre l’hindouisme, qui est une des rares grandes religions qui ne soit pas fondée sur une doctrine de l’égalité universelle. La doctrine hindoue divise au contraire les hommes de manière rigide en un système de castes, qui définit les droits, les privilèges et les modes de vie de chacune d’entre elles. Elle sanctifie la pauvreté et l’immobilisme social des castes inférieures, en leur promettant la possibilité d’une renaissance plus élevée dans les vies postérieures. En cela, cette religion devrait faire aussi l’objet des plus vives attaques des doctrinaires du marxisme, tout comme l’islam et le judaïsme, par ailleurs. Mais là encore, il n’en est rien, et seul le catholicisme fait l’objet des railleries habituelles.
Ces contradictions évidentes nous confortent dans l’idée que l’anti-catholicisme ne représente pas seulement une réaction de la part des tenants de la liberté contre "l’ordre moral" ; ce n’est pas seulement un parti pris progressiste contre l’ "obscurantisme", mais la manifestation d’une haine religieuse qui remonte bien au-delà du XIXe siècle et des luttes sociales. Ces attaques incessantes contre la société traditionnelle européenne ne sont pourtant pas l’apanage du marxisme, et force est de constater que le thème de la culpabilisation est largement relayé aujourd’hui par le système démocratique, dans lequel les médiats tiennent la place du véritable pouvoir, tant et si bien qu’il est difficile d’y démêler l’influence du marxisme de celle de la pensée libérale. C’est parce que ces deux courants politiques plongent leurs racines dans le même terreau du cosmopolitisme.
C’est là un élément qui contribue largement à estomper la division politique traditionnelle entre la "droite" et la "gauche".
La mondialisation n’est donc pas tant un phénomène économique que l’aboutissement d’une volonté idéologique et politique très précise dont l’objectif est de parvenir à l’unification du monde, d’une manière ou d’une autre. Dans cette perspective, l’effondrement du bloc communiste en 1991 a été une étape majeure. Débarrassé du boulet soviétique, le marxisme militant est alors apparu en Occident d’abord et avant tout comme un vecteur des idées cosmopolites, et comme le fer de lance de la société plurielle. Tandis que dans sa version soviétique, il revêtait les formes les plus réactionnaires et militaristes, il ne se pose plus aujourd’hui que comme force de progrès, bénéficiant de la complicité de la plupart des grands médiats ainsi que des subventions de l’Etat. Loin d’avoir été brisé par l’échec de l’expérience soviétique, le marxisme occidental s’en est trouvé au contraire libéré.
Il s’est lancé depuis lors dans une propagande mondialiste, ou "altermondialiste", qui fait de la société mondiale, sans frontière et sans discrimination d’aucune sorte, l’objectif ultime de son projet politique.
Les enjeux géo-stratégiques et l’antagonisme entre Moscou et Washington cachaient en fait les extraordinaires similitudes idéologiques entre la pensée marxiste et l’idéal démocratique
. Il est tout à fait éclairant en effet de constater que ces deux idéologies véhiculent les mêmes aspirations : toutes deux tendent dans leurs principes à l’unification du monde, à la suppression des frontières, à l’instauration d’un gouvernement mondial et à la création d’un nouvel homme. Mais sur ce plan comme sur d’autres, le modèle soviétique a été un échec. Après la chute du mur de Berlin, il fallut établir un bilan de l’expérience. Incontestablement, la démocratie avait triomphé partout où le communisme avait largement échoué. L’édification de la société plurielle multiethnique et l’ébauche d’un gouvernement mondial étaient l’œuvre de la démocratie libérale. De plus, le communisme avait failli dans sa tâche historique qui était d’édifier une société sans classe, dans le respect des droits de l’homme et des communautés. Au lieu de cela, l’Union soviétique s’était transformée en camp retranché, où la liberté était surveillée, la vie passablement difficile, et d’où il était de toute manière impossible de sortir, sauf pour les Juifs, qui bénéficiaient de tout le soutien des pays occidentaux. Il était clair que la réalisation des espérances planétariennes serait l’œuvre de la démocratie et non le fruit de l’expérience soviétique.
Depuis longtemps déjà en Occident, la plupart des intellectuels qui étaient pétris des idées de société égalitaire et d’espérances messianiques, avaient fait leur deuil de la patrie du socialisme comme idéal pour les travailleurs du monde entier.
Depuis longtemps déjà, les principaux groupes d’obédience marxiste avaient pris la mesure de l’échec du soviétisme et effectué leur mutation. Ils avaient orienté leur combat dans un sens planétarien, mobilisant davantage leurs troupes pour des causes humanitaires que contre le mode de production capitaliste : l’égalité des citoyens, la "lutte contre les discriminations", le combat contre le racisme, pour la reconnaissance des minorités nationales ou sexuelles, pour l’abolition des frontières, pour la défense de l’environnement, dans une vision écologique à l’échelle planétaire. Tous les espoirs messianiques du marxisme semblaient déjà depuis longtemps s’accommoder de la démocratie libérale, tout en conservant la vulgate révolutionnaire propre à mobiliser les idéalistes générés en masse par une désespérante société de consommation.
Le romancier Mario Vargas Llosa a fort bien exprimé ce sentiment au sujet de l’évolution de l’idée planétarienne : "L’un des idéaux de notre jeunesse, dit-il – la disparition des frontières, l’intégration des pays du monde au sein d’un système d’échange qui profite à tous – tend aujourd’hui à se concrétiser. Mais contrairement à ce que nous croyions, ce n’est pas la révolution socialiste qui a suscité cette internationalisation, mais ses bêtes noires : le capitalisme et le marché. C’est pourtant la plus belle avancée de l’histoire moderne parce qu’elle jette les bases d’une nouvelle civilisation à l’échelle planétaire, qui s’organise autour de la démocratie politique, de la prédominance de la société civile, de la liberté économique et des droits de l’homme."

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Publié par Ingomer - dans Livres
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29 décembre 2006 5 29 /12 /décembre /2006 17:05

Nous plaçons ici l'introduction du livre d'Hervé Ryssen, les Espérances planétatiennes. Ce livre est véritablement une oeuvre de salut public. Il démontre les origines religieuses qui sont à l'oeuvre dans le monde derrière le phénomène de la planétarisation ou "mondialisation".

Les Espérances planétariennes (Introduction)

 

L'ouvrage comporte plus de sept cents notes de bas de pages, la plupart donnant les références précises des citations. Ces notes n'apparaissent pas ici.


L’idée d’un monde sans frontière et d’une humanité enfin unifiée n’est certes pas neuve. Ce qui est nouveau, en ce début de troisième millénaire, c’est que pour la première fois de leur histoire, les Occidentaux ont le sentiment que l’humanité tout entière s’est engagée résolument dans cette voie. La chute du mur de Berlin en 1989 et l’effondrement du bloc soviétique ont sans doute été des facteurs importants dans cette prise de conscience de l’unification du monde et de l’accélération du processus à la fin du XXe siècle. De fait, c’est bien dans les années qui s’ensuivirent que ce que l’on a appelé la "mondialisation" est devenue l’objet d’un débat récurrent. Le triomphe de la démocratie sur le communisme semble avoir ouvert la porte d’une ère nouvelle, d’un "Nouvel Ordre mondial", et paraît préparer l’ensemble des nations à une fusion planétaire devenue inéluctable.
Le monde bipolaire, qui avait caractérisé le court XXe siècle (1914-1991), laissait place provisoirement à un monde dominé par l’ "hyperpuissance" américaine, mais surtout, la démocratie paraissait s’imposer sur tous les continents et offrir à l’humanité la garantie d’un monde meilleur, au point que certains parlaient déjà de la "Fin de l’histoire" : la société de consommation et le commerce se substitueraient aux impérialismes et à l’instinct guerrier qui avaient jusqu’à présent marqué au fer rouge le destin de l’humanité. Dans un nouvel esprit de coopération, les nations se rapprocheraient et ne tarderaient pas à fusionner dans une république mondiale, seule garante d’une paix universelle.
La " Fin de l’histoire " telle qu’on nous l’avait prédite en 1992 avec le triomphe de la démocratie, ne paraît cependant plus à l’ordre du jour depuis la chute des deux tours, celles du World Trade Center, le 11 septembre 2001. Mais au lieu de stopper la marche en avant de l’idéal démocratique, il semblerait au contraire que le spectaculaire événement ait précipité le cours de l’histoire. La machine s’est emballée, et les démocraties occidentales profitent du traumatisme pour étendre leur influence et accomplir leurs volontés avec une vigueur renouvelée. Les Etats-Unis s’imposent dans le monde par leur diplomatie, leurs forces armées, leurs incessantes manœuvres occultes qui aboutissent invariablement à des "grandes révolutions démocratiques" dans les pays pauvres, avec T-shirts colorés pour la foule et triomphe médiatique mondial pour l’heureux élu,
tandis que les nations européennes se dissolvent dans un grand ensemble de plus en plus multiethnique, aux contours imprécis, préfigurant sans tarder ce que doit être le monde de demain : sans races et sans frontières.
Les Occidentaux qui font pression sur l’ensemble des pays en faveur de l’adoption d’un régime démocratique, n’insistent pas moins sur la nécessité absolue du respect des minorités et l’accueil des réfugiés
, à tel point que la démocratie ne peut plus se concevoir que comme ensemble "multiculturel, multiethnique, multiracial". La fusion programmée des nations du monde, on l’a compris, passe par l’instauration de sociétés "plurielles", dans le cadre de la démocratie parlementaire. Les deux concepts sont aujourd’hui indissociables. Tel semble être le plan de montage de ces projets grandioses de mondialisation qui, une fois encore, naissent de la pensée et de la volonté occidentales.
Déjà, le monde d’hier, ce monde que l’on appelait " bipolaire " était surtout une vision de l’Occident. De nombreux pays d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique du Sud avaient certes été secoués par nos luttes idéologiques et avaient dû choisir leur camp entre Moscou et Washington, mais l’immense majorité de ces populations avaient conservé leurs modes de vie ancestraux et avaient vécu tout au long du siècle à la manière traditionnelle, sans avoir à choisir entre le système marxiste et l’économie de marché. Après la Seconde Guerre mondiale, on eut coutume de regrouper ces pays sous le terme générique de " tiers-monde ", dans le sens de " troisième monde ".
[nbp : L’expression changea de sens et désigna par la suite les pays pauvres, qu’il était d’usage à ce moment-là d’appeler également "pays sous-développés". Dans les années 90, on préféra le terme plus "politiquement correct" de " pays en voie de développement, puis, de "pays du Sud".]
Et ce troisième monde, précisément, n’était guère concerné par les querelles idéologiques générées par la pensée occidentale. Gardons-nous donc de pécher par occidentalo-centrisme.
Le concept de "mondialisation" est-il plus justifié aujourd’hui ? L’expression recouvre d’abord un phénomène économique. Il est certain que la multiplication des échanges internationaux, le développement d’un capitalisme mondial, les délocalisations d’entreprises et l’apparition des nouvelles technologies de la communication ont rapproché les économies du monde entier et accentué leur interdépendance. C’est dans cette acceptation économique que l’on peut à bon droit parler de "
mondialisation". Celle-ci semble être la continuation d’un long processus qui a commencé au XVIe siècle, avec la découverte des nouveaux continents, et qui s’est poursuivi avec l’occidentalisation du monde au XIXe par le biais de la colonisation de l’Afrique et de l’Asie, mais aussi par le peuplement de l’Amérique du Nord et de l’Océanie. La mondialisation des idées (Darwin, le socialisme, le libéralisme) avait parachevé l’hégémonie de l’Europe d’avant 1914 sur le monde entier, hégémonie qu’elle a largement perdue à l’issue de deux guerres qui s’étaient elles aussi mondialisées.
Il ne faudrait pas croire cependant que l’évolution des économies du monde vers une plus grande unité soit un processus régulier, continu et forcément inéluctable
. Les économistes s’accordent à penser que le monde n’est pas plus ouvert aujourd’hui qu’il ne l’était à la veille de la Première Guerre mondiale. En 1991, le niveau relatif d’exportation de capitaux était plus faible qu’en 1915. Quant aux multinationales, elles restent largement déterminées par leur ancrage national. Les firmes globales peuvent se compter sur les doigts d’une main. Pour George Soros – le fameux spéculateur international – l’émergence du capitalisme mondial s’est véritablement produite au cours des années 1970. En 1973, les pays producteurs de pétrole, regroupés au sein de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole), augmentaient pour la première fois le prix du baril. " Ces pays ont connu soudain de gros excédents, alors que les pays importateurs ont dû financer d’importants déficits. Il revint aux banques commerciales de recycler les fonds. Les eurodollars furent inventés, et d’importants marchés off-shore se sont développés. "
Le sentiment diffus de la mondialisation est encore beaucoup plus récent. Ce n’est que depuis le milieu des années 1990 que les Européens éprouvent confusément le sentiment que le monde entier est entré dans une phase accélérée d’unification mondiale. Les nombreuses délocalisations d’entreprises dans les pays à main-d’œuvre bon marché et les pertes d’emplois ainsi occasionnées alimentent régulièrement le débat sur ce sujet. On peut ajouter à cela que la popularisation des voyages en avion, le développement du tourisme et des flux migratoires ont renforcé l’idée que le monde est devenu un " village global ". Mais à la vérité, il ne s’agit ici plus que d’une image, car si le paysan d’antan traversait son village en charrette deux ou trois fois par jour, on admettra que seule une infime minorité des êtres humains sur cette terre aujourd’hui fréquente assidûment les aéroports internationaux. L’immense majorité de l’humanité reste encore enracinée à son aire civilisatrice, voire même à son propre village de naissance. Les possibilités que vous a offert la technologie internet ne vous ont pas donné pour autant de nouveaux amis à l’autre bout du monde.
Le  "village global" en question, loin d’être une réalité, est une perspective, une utopie mobilisatrice, et c’est précisément cette dimension idéologique qui caractérise le monde occidental aujourd’hui.
La mondialisation économique
dont on parle tant depuis une dizaine d’années n’est pas le facteur primordial de cette conscience planétaire à l’ébauche. La " globalization ", comme disent les anglophones, n’est pas seulement pour nous un phénomène économique dont nous prenons acte, mais une aspiration sourde à fondre les peuples de la terre dans un creuset unique, à supprimer les frontières et à instaurer le gouvernement mondial. Toute notre philosophie nous conduit dans cette voie : les libéraux réclament la libéralisation du commerce en même temps que l’adoption par tous les peuples du monde du système démocratique et de la " société ouverte ", tandis que leurs " opposants " dits " altermondialistes " militent pour l’ouverture des frontières à tous les migrants et pour donner toujours davantage de pouvoirs aux instances internationales, supposées seules capables de régler les grands problèmes mondiaux, tels que la gestion des enjeux écologiques, " l’échange inégal " entre le " Nord " et le " Sud ", et la faim dans le monde. C’est dans cette perspective planétarienne que nous voyons s’édifier sous nos yeux depuis peu cette société plurielle, multiethnique, multiculurelle, qui est l’étape obligée pour parvenir à la grande fraternité universelle désirée par les idéologues occidentaux. Celle-ci permet seule de dissoudre peu à peu les sociétés traditionnelles enracinées, qui sont les principaux obstacles à ces projets. Par le jeu démocratique de la loi du nombre, elle empêche toute réaction nationaliste dans la mesure où le poids des différentes minorités devient plus important que celui de l’ancienne majorité. En favorisant les métissages, elle sape les bases ethniques des peuples autochtones et supprime leurs réflexes identitaires.

D’un autre côté, l’immigration – légale ou illégale – présente l’inestimable avantage pour les entrepreneurs de constituer un inépuisable réservoir de main d’œuvre bon marché.

La société plurielle, on le voit, est dans ce domaine incomparablement plus efficace que la société soviétique, qui a montré ses limites après une expérience de plus de soixante-dix années, alors même que ses principes philosophiques étaient au départ les mêmes que ceux qui sous-tendent aujourd’hui la société libérale dans le domaine du respect de la personne humaine et de la fraternité planétaire.
L’édification des sociétés plurielles en Europe est incontestablement le phénomène majeur de la fin du XXe siècle
, pour ne pas dire de toute l’histoire européenne depuis 3000 ans.

Le fait que les peuples d’Occident soient les seuls à s’être avancés dans cette voie est tout à fait symptomatique du cheminement de l’idée planétarienne dans les esprits au cours de ces dernières décennies. Le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui dans les grandes villes françaises n’est plus le même qu’il y a vingt ans : la société multiethnique prend corps sous nos yeux d’une manière stupéfiante, sans lien véritable avec les mutations économiques récentes. Le Japon, par exemple, dont l’économie est tout autant mondialisée que la nôtre, n’est guère aspiré par ce maelström idéologique. C’est parce que ce n’est pas un phénomène naturel, mais la réalisation d’un objectif politique très caractéristique de la pensée occidentale.
Ces espérances planétariennes qui travaillent en profondeur les esprits occidentaux ne sont pourtant pas apparues subitement avec la chute du mur de Berlin et la victoire des démocraties, mais il est certain qu’elles ont connu depuis lors un regain de vigueur. Un intellectuel comme Jean-François Revel, qui pouvait, en 1983, prédire la disparition de nos démocraties, "minces et précaires parenthèses à la surface de l’Histoire" et la victoire "probable, pour ne pas dire inéluctable" du communisme, peut faire sourire rétrospectivement, au regard de l’évolution fulgurante du monde en quelques années. Il est vrai que son pessimisme pouvait s’expliquer par la conjoncture de l’époque : la stagnation de la résistance afghane contre l’URSS, la répression accrue en Pologne, la complaisance des gouvernements occidentaux. Dix années plus tard, dans La Fin de l’histoire et le dernier homme, un essai publié aux Etats-Unis en 1992 et largement traduit dans le monde, Francis Fukuyama annonce le triomphe des démocraties libérales, dans une " perspective mondialiste ", comme indiqué en couverture, et rien moins que " la fin de l’Histoire ".
[nbp : Nous préférons utiliser pour notre part le terme " planétarien ", non pas par goût du néologisme, ce qui est toujours délicat à manier, et surtout en titre d’ouvrage, mais parce que le mot " mondialiste ", nous semble-t-il, revêt aujourd’hui un aspect idéologique. Son usage a changé au cours de ces dernières années : la gauche radicale, qui se disait mondialiste jusque dans les années 98-99, s’est revendiquée de l’antimondialisme par la suite, puis de l’ " altermondialisme " en 2003. Le drapeau " antimondialiste " a alors été conservé par les nationalistes, et le terme même de " mondialiste " semble parfois revêtir une connotation insultante, en France, à tout le moins.]
Constatant la victoire des régimes démocratiques un peu partout dans le monde, cet auteur américain écrit ceci : "Si les sociétés humaines à travers les siècles évoluent ou convergent vers une forme unique d’organisation sociopolitique comme la démocratie libérale, s’il n’apparaît point d’alternative viable à la démocratie libérale, et si les gens qui vivent dans les démocraties libérales n’expriment aucun mécontentement radical à propos de leur vie, on peut dire que le dialogue a atteint une conclusion finale et définitive. Le philosophe historien doit être contraint d’accepter la supériorité et la finalité que la démocratie libérale revendique pour elle-même."

Selon Fukuyama, l’Etat libéral doit être " universel ", mais l’auteur n’entend par là que la reconnaissance accordée par chaque Etat à tous ses citoyens, sans discriminations d’aucune sorte. Nulle part dans son essai n’est évoquée l’aspiration à un Etat mondial, à un gouvernement mondial, même s’il est sous-entendu que les institutions internationales prendront en charge les destinées de l’humanité. Il constate simplement que les " forces économiques favorisent maintenant l’abolition des barrières nationales par la création d’un marché mondial unique et intégré ", mais il n’envisage pas la destruction des nations et la disparition des Etats. Seul le nationalisme agressif devra disparaître avec la victoire du modèle libéral : "Le fait que la neutralisation politique finale du nationalisme ne puisse intervenir ni à notre génération ni même à la suivante n’affecte pas la perspective bien réelle de la fin de celui-ci."
Cet idéal de paix universelle qui accompagne le credo démocratique, comme il accompagnait le credo communiste, soulève tout de même des interrogations, car, dit-il, "les êtres humains se révolteront à cette pensée, à l’idée d’être les membres indifférenciés d’un Etat universel et homogène, chacun étant le même que l’autre, quel que soit l’endroit du globe où l’on aille." C’est là le seul passage, dans les 380 pages très serrées de son livre, où est évoquée l’éventualité d’un Etat mondial, et cette considération est immédiatement suivie par des considérations de bon sens sur "l’ennui" que ce Nouvel Ordre mondial pourra susciter. Les nouveaux citoyens du monde trouveront en effet que la vie de consommateur est en fin de compte "lassante" ;
[nbp : L’expression " Nouvel Ordre mondial " est du président américain George Bush père, qui s’apprêtait à faire bombarder l’Irak de Saddam Hussein en 1991. Le Nouvel Ordre mondial est censé remplacer l’ère de la confrontation Est-Ouest après l’effondrement du système communiste.]
" ils voudront avoir des idéaux, au nom de quoi vivre et mourir, et ils voudront aussi risquer leur vie, même si le système international des Etats à réussi à abolir toute possibilité de guerre. " Les étudiants de mai 1968, par exemple, " n’avaient pas de raisons rationnelles de se révolter, parce qu’ils étaient pour la plupart des rejetons choyés de l’une des sociétés les plus libres et les plus prospères de la terre. " Là est " la contradiction que la démocratie libérale n’a pas encore résolue. " L’essai de Francis Fukuyama est finalement assez timoré ; certains intellectuels, nous allons le voir, avancent beaucoup plus gaillardement dans cette perspective planétarienne.
Ces concepts en tout cas ne sont pas neufs ; ils poursuivent sous une nouvelle forme des idées déjà émises notamment dans la philosophie des Lumières du XVIIIe siècle. Tocqueville annonçait en 1848 " l’avènement prochain, irrésistible, universel de la démocratie dans le monde."

Avant lui, Kant, le philosophe solitaire, envisage déjà en 1784, d’établir " un état cosmopolitique de sécurité publique entre les Etats" pour qu’ils ne "s’entredéchirent pas". Le philosophe de Königsberg nourrissait de surcroît "l’espoir qu’enfin un jour, après maintes révolutions et transformations, se réalise le dessein suprême de la nature : un Etat cosmopolitique universel, tel qu’en son sein, toutes les dispositions originaires de l’espèce humaine seront développées."

Cependant, les hommes du XVIIIe siècle étaient bien trop imbus de préjugés raciaux pour envisager la société plurielle, multiethnique et multiculturelle, telle que l’entendent nos modernes philosophes planétariens. La vérité est que l’anthropologie selon Buffon, Maupertuis, Diderot, d’Alembert ou Voltaire, reste à jamais un sujet sur lequel il vaut mieux ne pas s’étendre, si l’on souhaite conserver les grands ancêtres dans le panthéon de la démocratie.
D’autre part, si le terme d’ "humanité" était à la mode dans la philosophie des Lumières, la référence à la nation ne l’était pas moins, et les deux termes allaient presque toujours de pair. Le "dévouement à l’humanité et à la patrie" faisait partie de la phraséologie de l’époque ; de surcroît, le terme d’ "humanité" avait peut-être un sens plus restreint qu’aujourd’hui, et dans le langage courant, il ne signifiait souvent guère autre chose que " les gens ". Il est certain que les philosophes de cette époque ne pensaient pas encore concrètement au grand métissage universel et au "village global". On sait à quel point les hommes de la révolution française étaient furieusement patriotes en plus d’être humanistes. Babeuf, cet ancêtre du socialisme, est un fervent "défenseur de la patrie" : " Il n’appartient de fonder une république véritable, dit-il, qu’aux amis désintéressés de l’humanité et de la patrie ". Bien que la philosophie qui sous-tendait leur combat fût humaniste, les soldats de l’An II n’avaient cure de la fraternité universelle, et il leur importait davantage de détruire les régimes des "tyrans" en Europe que d’envisager la fusion des peuples. La "Déclaration des droits de l’homme et du citoyen" illustre parfaitement ce propos, puisqu’elle comprend bien le terme "citoyen" en plus de celui d’ "homme" indifférencié : c’est dire qu’on entendait par là tous les Français, qui étaient maintenant tous égaux en droit, et c’est surtout en ce sens que l’on comprenait alors l’ "universel". Dans la toute nouvelle république, les étrangers, quant à eux, restaient étroitement surveillés.
L’idée d’une "fin de l’histoire" soulevée par Francis Fukuyama n’est pas nouvelle non plus. Hegel avait déjà défini l’histoire comme la progression de l’homme vers de plus hauts niveaux de rationalisme et de liberté. Ce processus, selon lui, avait un point final logique dans l’Etat libéral moderne, qui était apparu à la suite de la déclaration d’indépendance américaine en 1776 et de la Révolution française.

Marx partageait également la croyance en la possibilité d’une fin de l’histoire.
Pour les marxistes, les classes sociales disparaîtront aussi inévitablement qu’elles s’étaient formées jadis, et l’Etat disparaîtra par la même occasion
.

"La société, dit Engels, que la production réorganisera sur la base d’une association libre et égale des producteurs, enverra l’appareil de l’Etat là où est sa place, au musée des antiquités, à côté du rouet et de la hache de bronze."

Il n’en reste pas moins qu’une phase transitoire de dictature reste indispensable : le prolétariat s’emparera du pouvoir de l’Etat et transformera les moyens de production "provisoirement" en propriété de l’Etat. L’appareil d’Etat capitaliste, la police capitaliste, le fonctionnarisme capitaliste, la bureaucratie capitaliste seront remplacés par l’appareil du pouvoir du prolétariat, mais sans les antagonismes de classes ; ainsi, l’Etat prolétarien dépérira de lui-même, naturellement.
Contrairement à d’autres formes de socialisme du XIXe siècle, le socialisme de Marx avait forcément une vocation universelle. Selon lui, un processus historique emporte malgré lui le capitalisme vers sa mondialisation et tend de toute façon vers l’instauration d’un marché mondial dans lequel s’effaceront les frontières et disparaîtront les différentes nationalités.
Les prolétaires ne pourront alors se considérer que comme des individus abstraits, sans attache, ce qui rendra possible le saut dans le paradis sans classe que sera la société communiste. Ce prolétariat universalisé, sans nationalité, deviendra alors une sorte de nation universelle, édifiée sur les décombres des vieilles nations et des particularismes.
De fait, c’est d’abord avec le marxisme qu’est apparu le messianisme planétarien à l’époque contemporaine.
Les propos de Boukharine au moment de la révolution bolchevique de 1917 sont à ce sujet particulièrement éloquents : "Une époque nouvelle est née, dit-il. L’époque de la disparition du capitalisme, de sa décomposition interne, l’époque de la révolution communiste du prolétariat. Elle devra briser la domination du capital, rendre les guerres impossibles, détruire les frontières des Etats, transformer le monde entier en une communauté œuvrant pour elle-même, accomplir la fraternisation et la libération des peuples. " Ce sont là les lignes directrices de l’Internationale communiste, mais chacun aura pu noter les étranges similitudes avec les propos des penseurs libéraux. Seules leurs conceptions économiques les différencient : les premiers pensaient que la collectivisation libérerait le prolétariat de l’exploitation de la bourgeoisie, tandis que les seconds ont pris la mesure de l’échec de la société collectiviste.

Pour le reste, on ne peut qu’être frappé de constater à quel point les objectifs marxistes sont similaires à ceux des penseurs planétariens d’aujourd’hui, et jusque dans la croyance au caractère inéluctable de l’unification et de la fin de l’histoire.

Le monde évolue inévitablement vers l’accomplissement de son destin, qui est l’unification finale, et rien au monde ne peut empêcher ce processus. C’est une idée récurrente du discours planétarien, et nous verrons que cette indéracinable croyance est fortement liée à une foi religieuse.
La conjonction des vues s’explique aussi aisément du fait que les uns et les autres puisent leur vision du monde à la même source – la philosophie des Lumières – qui constitue la référence obligée des penseurs marxistes et surtout libéraux. Il a simplement fallu la réactualiser, l’adapter aux réalités. Au XIXe siècle, avec la révolution industrielle, elle était devenue un peu poussiéreuse et ne paraissait plus du tout pouvoir soulever l’enthousiasme ni des masses ouvrières, qui ont surtout eu à pâtir de la société bourgeoise libérale, ni de la jeunesse européenne, qui avait fait ses révolutions de libération nationale en Europe tout au long du siècle, et qui aspirait maintenant à jeter bas la " vile bourgeoisie ". C’est donc d’abord le marxisme qui a repris le flambeau de la fraternité universelle en même temps que celui de l’égalité sociale, tandis que l’esprit démocratique se fourvoyait dans le patriotisme, facilitant le déclenchement de la Première Guerre mondiale.
Mais ne soyons pas trop sévères à l’égard de ce patriotisme. Il s’agissait d’un patriotisme auquel beaucoup a pu être pardonné, et nos intellectuels d’aujourd’hui éprouvent toujours une certaine bienveillance pour l’enthousiasme revanchard des Français de 1914, car c’est bien grâce au sang d’un million quatre cent mille de ces Français, " morts pour la France ", que les monarchies prussienne, autrichienne, russe et ottomane ont pu être renversées, et que des régimes démocratiques ont pu être instaurés un peu partout en Europe.

La chute des monarchies et des Empires a constitué la vraie réjouissance des démocrates de cette époque. Si l’on veut bien prendre un peu de recul, la question de l’Alsace-Lorraine n’est qu’un aspect très mineur au milieu de ces immenses bouleversements qu’a occasionnés le conflit européen. Le militarisme de la république française de 1914 reste donc toujours cher au cœur des penseurs planétariens, parce qu’il s’agit d’abord et avant tout d’un militarisme susceptible d’imposer les idées universelles à ceux qui ne les ont pas encore intégrées.
C’est d’ailleurs très exactement ce que nous dit l’historien Michel Winock, qui a conceptualisé l’idée patriotique dans un sens planétarien en faisant la distinction entre "le nationalisme ouvert, issu de la philosophie optimiste des Lumières et des souvenirs de la Révolution (celui de Michelet, mais aussi du général de Gaulle), et le nationalisme fermé, fondé sur une vision pessimiste de l’évolution historique, l’idée de la décadence."

Le nationalisme ouvert, dit-il, est "enfant d’une nation jeune, expansive et missionnaire, marqué par la foi dans le progrès et la fraternité des peuples." Il est "celui d’une nation pénétrée d’une mission civilisatrice, généreuse, hospitalière, solidaire des autres nations en formation, défenseur des opprimés, hissant le drapeau de la liberté et de l’indépendance pour tous les peuples du monde." Au contraire, le nationalisme fermé est un nationalisme "clos, apeuré, exclusif définissant la nation par l’exclusion des intrus : Juifs, immigrés, révolutionnaires." C’est "une paranoïa collective, nourrie des obsessions de la décadence et du complot", qui exprime "la peur de la liberté, la peur de la civilisation urbaine, la peur de l’affrontement avec l’autre, sous toutes ses formes". Ce nationalisme est invariablement pessimiste : "La France est menacée de mort, minée de l’intérieur, à la fois par ses institutions parlementaires, par les bouleversements économiques et sociaux, où l’on dénonce toujours la "main du Juif", la dégradation de l’ancienne société, la ruine de la famille, la déchristianisation". C’est un "nationalisme mortuaire."
Les guerres de la Révolution et de l’Empire sont ainsi hautement justifiées, puisqu’elles ont eu le mérite de propager les idées des Lumières et de détruire une première fois les vieilles nations aristocratiques en Europe.

La Première Guerre mondiale, quant à elle, a permis de liquider définitivement la double monarchie catholique d’Autriche-Hongrie, de culbuter le Kaiser et d’instaurer la république en Allemagne, et surtout, de renverser le tsar Nicolas II qui refusait toujours d’accorder la citoyenneté aux Juifs de Russie. C’est en ce sens que l’on peut être patriote et belliciste. On applaudira l’enthousiasme patriotique des soldats français qui sont partis au massacre de toute bonne foi pour récupérer l’Alsace-Moselle, non pas parce qu’on approuve leur chauvinisme imbécile, mais parce qu’on attend d’eux d’aller se battre pour les grands idéaux démocratiques. On blâmera leur chauvinisme une fois la guerre terminée, sans plus d’égard pour leurs blessures et leur dévouement.
C’est cette logique qui permet à Jean-François Kahn, le directeur d’un grand hebdomadaire, de déclarer : "Je suis pour ma part aussi furieusement patriote que la raison permet de l’être", en ajoutant à la page suivante de son livre intitulé Les Français sont formidables : "Il est effectivement "formidable" d’être français dès lors que ce concept prend tout le sens extensif du terme que l’Histoire lui donne, et non la signification très limitée que les nationalistes obtus et les réactionnaires apatrides (qui sont souvent les mêmes) lui confèrent."
[nbp : Jean-François Kahn, Les Français sont formidables, Balland, 1987, pp. 24-25. On s’abstiendra de commenter ici ce curieux amalgame entre les "nationalistes obtus" et les "réactionnaires apatrides". Le lecteur se l’expliquera naturellement après s’être familiarisé avec la pensée planétarienne pendant la lecture de cet ouvrage.]
Dans le même registre, Jean Daniel, le patron d’un autre grand hebdomadaire progressiste, fait une déclaration de foi patriotique de la même veine, lorsqu’il note : " Déjeuner avec Azoulay [le fameux " banquier juif " et conseiller du roi du Maroc Hassan II] : Ce Juif est un patriote marocain presque davantage que je ne suis un patriote français. Presque. Autrement dit, le lien par la judaïté est très, très relatif quand il n’y a ni persécution, ni contrainte, ni conscience religieuse. "
Le même patriotisme de circonstance s’épanche chez un écrivain d’inspiration communiste comme Guy Konopnicki, qui avait célébré la victoire de l’équipe de France de football lors de la coupe du monde de 1998. On aura compris que ce que Guy Konopnicki apprécie dans l’équipe de France de football, ce n’est évidemment pas la France profonde des terroirs, pour laquelle il a déjà exprimé son plus parfait mépris, mais la France métissée Black-Blanc-Beur triomphante. Il est alors envahi d’une intense fièvre patriotique, arrache le drapeau tricolore des mains de Jean-Marie Le Pen, et se met à chanter la Marseillaise à tue-tête. C’est donc sincèrement, quelques années plus tard, qu’il se désole de constater que l’hymne national est conspué par cette jeunesse immigrée qu’il a tant choyée. Le 6 octobre 2001, en effet, 70 000 spectateurs d’origine maghrébine sifflaient la Marseillaise lors d’un match France-Algérie au Stade de France en présence du président de la République. Pour Guy Konopnicki, c’était l’effondrement de son idéal d’une France multiethnique, de cette France métisse tant désirée par l’intelligentsia : "Je suis atterré, dit-il, quand on conspue cette Marseillaise que j’ai chantée, au milieu d’une foule de beurs, quand Zidane et quelques autres nous ont apporté une si belle victoire. La France, c’est précisément ce pays où, en dépit des difficultés, du racisme, nous vivons ensemble sans distinction d’aucune sorte." Il est donc très clair que ce n’est pas tant la France qu’il aime, mais l’embryon de république universelle en miniature qu’elle représente.
Bien avant eux, le poète allemand Heinrich Heine, vomi par les nationalistes d’outre-Rhin, exprimait son amour de la France républicaine qui l’avait accueilli. En 1830, après l’abdication de Charles X – qu’il appelle " ce fou royal " – il s’enthousiasmait pour le mouvement révolutionnaire français et pour le vieux général Lafayette : " Voilà déjà soixante ans que, revenu d’Amérique, il a rapporté la déclaration des droits de l’homme, ces dix commandements de la nouvelle religion " ; " Lafayette… le drapeau tricolore… la Marseillaise… Je suis comme enivré. Des espérances audacieuses surgissent dans mon cœur." Quand on connaît les opinions de Heinrich Heine et son mépris pour les cultures traditionnelles européennes, il est clair que là encore, ce n’est pas tant la France qui le transporte d’amour et d’admiration que la république universelle qu’elle incarne. Quant à ses " espérances audacieuses ", on gage qu’il devait penser à une nouvelle petite tournée militaire, histoire de mettre l’Europe à feu et à sang et de faire voltiger les têtes couronnées. C’est en ce sens, on la vu, que l’on peut se déclarer " furieusement patriote ".
Les intellectuels planétariens pétris des idées généreuses de pacifisme et de tolérance, se retrouvent à la pointe du patriotisme et du militarisme agressif dès lors qu’il s’agit d’une " juste cause " démocratique. C’est alors sans complexe que l’on embouche les trompettes guerrières et que l’on se fait le propagandiste de la force armée. Ainsi, les soldats français sont " formidables " en 1792, en 1914 et en 1940, quand il s’agit d’aller au front pour détruire des régimes politiques non démocratiques. Tout autant " formidables " sont les troupes soviétiques ou les partisans serbes luttant contre les nazis ; et il en est pareillement des patriotes irakiens groupés derrière Saddam Hussein, que les Occidentaux ont largement soutenu dans sa guerre contre le régime des mollahs du voisin iranien au cours des années 1980.
En revanche, les soldats français pendant la guerre d’Algérie ne sont plus que d’infâmes tortionnaires. C’est ce que tient à nous dire Guy Konopnicki : "En ce temps-là, les jeunes juifs de Paris s’engageaient radicalement contre le colonialisme français et son armée de tortionnaires." Les soldats serbes, refoulant les musulmans bosniaques ou Kossovars se sont eux aussi transformés en "bêtes sanguinaires" responsables d’immenses "charniers" humains. Ils seront donc bombardés par l’aviation américaine en 1999 dans une nouvelle opération "Juste cause". Quant aux soldats irakiens de Saddam Hussein, en 1991 ou en 2003, ils ne sont plus que des pions au service de la tyrannie que l’on peut vitrifier sans état d’âme.

Ainsi, on exaltera le patriotisme que lorsque celui-ci correspond aux intérêts de la politique planétarienne. Quand la cause paraît bonne, on arrachera leur drapeau des mains des patriotes occidentaux en chantant à tue-tête leur hymne national afin de les entraîner dans le conflit. Les intellectuels progressistes, toujours prêts à se mobiliser pour le pacifisme et la fraternité universelle, à signer toutes les pétitions pour les droits de l’homme, sont alors saisis par une frénésie belliciste qui envahit invariablement la presse et l’ensemble des médiats.
Cette attitude est directement le fruit du messianisme guerrier issu de la philosophie des Lumières du XVIIIe siècle. Ce sont ces idées libérales, qui ont engendré les mouvements de libération nationale tout au long du XIXe siècle, contre ce qu’il était d’usage d’appeler les "tyrannies", c’est-à-dire les régimes des monarques.

Les libéraux allemands, hongrois et autres Polonais chantaient la Marseillaise en 1830 ou en 1848, exaltant un patriotisme républicain de bon aloi. L’identité des peuples n’était alors plus incarnée en la personne du monarque couronné, mais dans la nation tout entière, dans le nouveau régime républicain auquel on aspirait et dans le peuple en armes au besoin, ce qui préfigurait déjà les grands massacres collectifs du XXe siècle.
Cependant, l’avènement du règne de la bourgeoisie et les affreuses injustices du capitalisme triomphant vont susciter la méfiance et l’hostilité du monde ouvrier à l’égard des idées libérales
. Jamais en effet, les petites gens n’ont eu plus à souffrir qu’au cours de cette période, qui reste à jamais l’une des plus hideuses de l’histoire pour les humbles et les déshérités. Dans ces conditions, le socialisme était légitime. Mais le socialisme qui va finalement s’imposer ne sera pas celui de Proudhon, de Blanqui ou de Sorel, ce socialisme gaulois, imprégné du terroir, enraciné dans l’histoire et les traditions, mais celui de Karl Marx. Dès lors, et jusque dans l’entre-deux guerres, c’est le marxisme qui entretiendra la flamme du pacifisme et l’esprit universel hérité des Lumières : "Travailleurs de tous les pays, unissez-vous !

" Les libéraux, quant à eux, conserveront la flamme de l’esprit guerrier et patriotique des grands ancêtres, toujours prêts à mourir pour une "Juste cause".
[nbp : "Juste cause" était le nom donné à une opération de bombardement américain sur le Panama en 1990.]
L’idée planétarienne, on le voit, revêtait alors à la fois les habits du pacifisme militant et ceux du patriotisme guerrier. Elle était déjà, à ce moment-là, le " système ", et l’opposition au " système ".
Au début du XXe siècle, les concepts de pacifisme et de fraternité universelle étaient encore largement absorbés par la galaxie socialiste, à l’intérieur de laquelle les théories marxistes allaient s’imposer. Mais le marxisme était surtout vigoureux en Allemagne. A ce moment-là, la France ne connaissait le marxisme que sous une forme abâtardie (Jaurès était spirituellement plus près de Michelet que de Marx) ; le socialisme fabien anglais n’était pas du tout marxiste et, aux Etats-Unis, cette doctrine n’était l’affaire que d’une poignée d’immigrants juifs venus de l’Europe de l’Est. Le marxisme ne franchira vraiment le Rhin vers l’Ouest qu’après 1917.
Le courant anarchiste gardait alors une certaine vigueur, dans ses bastions italien, français, russe et surtout espagnol. Mais ce socialisme libertaire était tout à fait similaire aux principes du marxisme sur le plan de l’universalisme des idées : plus de religions, plus de frontières, plus de nations ; l’instauration d’une société mondialisée reste l’objectif terminal qui assurera enfin la paix universelle.
Il existait cependant encore au sein de la mouvance socialiste des courants travaillés par des instincts "de race" – terme très en vogue à l’époque – où l’antisémitisme n’était pas absent. En France, la haine de la République et de tout son arsenal idéologique était évidemment largement alimentée par l’exploitation éhontée des ouvriers et les féroces répressions qu’ils avaient eu à subir des gardiens de l’ordre démocratique. Les ouvriers se souvenaient des 30 000 des leurs tombés au cours de la répression de la Commune en 1871.

En de multiples occasions, sous Ferry ou Clemenceau, la République n’hésita jamais à faire tirer sur le petit peuple pour assurer l’ordre bourgeois, ce qui explique certaines rancœurs. Le 1er mai 1908, sur la place de la Bourse à Paris, le prolétariat révolutionnaire pendait haut et court l’effigie de Marianne la fusilleuse. "C’est l’acte le plus significatif de notre histoire depuis le 14 juillet", dira Charles Maurras dans L’Action française du 4 août 1908. De fait, les syndicalistes, derrière Georges Sorel et les "réactionnaires" se rapprochent, analysant leur opposition commune à l’hypocrisie bourgeoise et constatant les similitudes de leurs conclusions. C’est en 1911 que naîtra le cercle Proudhon, issu de la convergence de ces deux courants. La guerre de 1914 mettra un terme à cette expérience, et la tendance sorélienne du socialisme sera marginalisée en France par la suite, mais cette rencontre du nationalisme et d’un certain socialisme avait été une matrice idéologique de toute première importance, puisque c’est à partir de cette fusion que Mussolini formulera sa conception du fascisme, après s’être inspiré de l’exemple français.
Le deuxième grand bouleversement doctrinal de cette période a lieu en 1916. Cette année-là, Lénine publie sa plus importante contribution théorique au marxisme, L’Impérialisme, stade suprême du capitalisme. Comme les contradictions capitalistes énoncées par Marx étaient en passe, au début du siècle, d’être démenties à la fois par le cours de l’histoire et les conclusions qu’en tirait Bernstein sur l’amélioration du sort des ouvriers, Lénine produisit un nouvel ensemble de contradictions, à partir des données contemporaines. L’Impérialisme va devenir, pour l’époque moderne, l’équivalent du Manifeste de 1848. Le coup d’éclat de Lénine est d’adapter la théorie marxiste à la situation des pays arriérés. Pour Marx, en effet, c’était dans les sociétés industrielles européennes que les contradictions internes et fatales du capitalisme devaient apparaître. Lénine globalise ces contradictions : la course des puissances européennes au partage du monde par la colonisation, dit-il, ne pouvait que se terminer par une guerre entre camps impérialistes rivaux, et c’est de cette apocalypse que sortirait la révolution socialiste mondiale. Ainsi, la théorie léniniste situait la force motrice de la révolution non plus dans les luttes de classe internes mais dans la guerre entre nations. L’antagonisme entre les nations exploiteuses de l’Europe et les peuples colonisés, légitimait la lutte du prolétariat mondial pour sa libération. La théorie expliquait aussi pourquoi la révolution pouvait connaître un tel retard dans les sociétés avancées : les profits impérialistes leur permettaient de mettre à la tête du mouvement ouvrier une aristocratie ouvrière qui reniait sa base. Les marxistes isolés de la Russie arriérée étaient donc tout à fait fondés à prendre le pouvoir. La Russie, le maillon le plus faible du capitalisme, devenait ainsi, logiquement, le centre de la révolution mondiale.
La révolution bolchevique d’octobre 1917 allait soulever d’immenses espérances dans le monde entier.
[nbp : Fin octobre, pour le calendrier julien de Russie ; début novembre 1917 pour le calendrier grégorien en vigueur en Occident, avec un décalage de 13 jours.]

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Publié par Ingomer - dans Livres
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29 décembre 2006 5 29 /12 /décembre /2006 16:57

Entretien d'Hervé Ryssen au Libre Journal

Le Libre Journal : Hervé Ryssen, Vous venez de publier un gros livre avec un titre un peu mystérieux. Pourriez-vous nous expliquer de quoi il retourne ?

Hervé Ryssen : C’est très simple. J’ai analysé de très près la littérature et la philosophie « cosmopolites », c’est-à-dire, qui aspire à la suppression des frontières et à l’unification du monde. Je me suis rendu compte que le terme « espérance » revenait assez régulièrement dans les textes, et correspondait parfaitement à ce que je voulais démontrer. Quant au terme « planétarien », c’est un néologisme qui signifie très exactement ce qu’il veut dire. Je l’ai préféré à « mondialiste », qui est aujourd’hui trop empreint d’idéologie.

LLJ : Que vouliez-vous démontrer ?

HR : Je voulais démontrer que la société multiculturelle n’est pas tant un phénomène naturel que le résultat d’un discours idéologique inlassablement ressassé depuis des décennies.
Ce discours planétarien a encore gagné en vigueur depuis la chute du Mur de Berlin, et aujourd’hui, toutes nos têtes pensantes, communistes ou démocrates, s’accordent à penser que le gouvernement mondial est un idéal à atteindre. Ainsi, les années 90 ont vu une exceptionnelle floraison de produits culturels affichant un cosmopolitisme débridé.
Les ouvrages de Jacques Attali, Alain Minc, Alain Finkielkraut, Marek Halter, Guy Sorman, Pierre Bourdieu, Jacques Derrida, Edgar Morin, Albert Jacquard, BHL, Guy Konopnicki, pour n’en citer que quelques-uns, sont particulièrement éloquents à cet égard. On y appelle très clairement au métissage généralisé et à la dissolution des nations.
Un exemple assez amusant :
Prenez le livre de Jacques Attali intitulé : Le Dictionnaire du XXIe siècle, et sélectionnez les passages nous engageant dans cette voie planétarienne ; mettez tout ça dans l’ordre, et vous obtiendrez un résultat assez comparable à un texte sulfureux imprimé en Russie au début du XXe siècle. C’est très étonnant, mais le résultat est encore beaucoup plus fort lorsque l’on se rend compte que le discours est similaire chez les dizaines d’auteurs que j’ai pu décortiquer, qu’ils soient de nationalité française, russe ou américaine, ou encore chez les auteurs allemands ou viennois du début du siècle (Einstein, Hannah Arendt, Freud, Stefan Zweig, Joseph Roth, etc.).
Les concepts, la mentalité, les pirouettes intellectuelles, les contorsions idéologiques sont exactement les mêmes d’un auteur à l’autre.

LLJ : Quels sont les grands thèmes abordés dans votre livre ?

HR : J’ai commencé par présenter la face scientifique de la grande idée planétarienne : depuis la découverte d’un squelette d’australopithèque datant de trois millions d’années dans la région des grands lacs africains, il est admis que tous les hommes du monde descendent d’un ancêtre commun, et que Lucy – c’est ainsi qu’on l’a nommée – est la grand-mère de l’humanité. Dès lors, il est de bon ton, dans la cour des lycées de se déclarer « africain », en attendant d’être « chinois » ou « turco-mongol », le jour où l’on fera d’autres découvertes. Il faut dire que cela permet aussi de ne pas prêter le flanc à de terribles accusations.
Autre révolution de première importance : depuis février 2001, le décodage du génome humain nous prouve que les races n’existent pas et que tous les hommes sont des frères. C’est en tout cas ce que tient à nous dire le professeur Axel Kahn. Ces thèmes corroborent évidemment l’idée d’unification du monde.
Après avoir décrit l’idéal planétarien (le village global, le nomadisme, l’apologie du métissage, la destruction de la famille “patriarcale”, etc.), il fallait aborder la méthode planétarienne : On voit ici en pleine lumière l’immense mépris dans lequel les auteurs cosmopolites tiennent les cultures traditionnelles des sédentaires. Dans ce domaine, Bernard-Henri Lévy se distingue particulièrement, mais il est suivi de très près par Daniel Cohn-Bendit et Alain Minc.

Le thème de la culpabilisation fait bien évidemment l’objet d’un chapitre à part entière, tout comme l’immigration, qui est aujourd’hui l’arme la plus efficace dans la guerre à mort que l’Empire global mène contre les résistances ethniques. Bien évidemment, je prends appui dans ma démonstration sur des centaines de citations. Je m’étonne d’ailleurs que ce travail de débroussaillage n’ait jamais été effectué jusqu’à présent.

LLJ : Vous n’avez pas abordé la question européenne ?

HR : Si, si, bien sûr. Là encore, en lisant Jacques Attali, entre autres, on s’aperçoit que nos intellectuels avaient déjà écrit qu’ils considèrent que cette construction est un marchepied vers le gouvernement mondial. C’est écrit en toutes lettres, et il n’est nul besoin d’aller chercher ces considérations dans les vieux textes d’avant-guerre. Bien entendu, j’ai eu l’immense plaisir de conclure ce chapitre avec la baffe géante du référendum du 29 mai 2005.
Permettez moi une petite anecdote : lors d’un débat télévisé, Cohn-Bendit, fou de rage, avait insulté Philippe de Villiers de la manière la plus outrageante. Que ce dernier n’ait pas relevé l’offense est une faiblesse bien pardonnable sur un plateau de télévision, car après tout, il vaut mieux passer pour un martyr, aux yeux des électeurs, que pour un homme violent et impulsif. Mais les transports de haine de Cohn-Bendit m’ont paru très révélateurs. Il faut comprendre, en effet, que les gens comme Cohn-Bendit vivent fébrilement l’époque que nous vivons. Tout leur paraît favorable aujourd’hui, et ils s’imaginent que l’humanité est enfin à la porte d’entrée des temps messianiques. Il faut savoir que dans la tradition mosaïque, l’arrivée du Messie se confond avec l’unification du monde et la disparition des conflits, qu’ils soient nationaux ou sociaux. Ici encore les textes sont très explicites (Emmanuel Lévinas, Jacob Kaplan, George Steiner, etc.) Par conséquent, le NON des Français au référendum a littéralement fait capoter une étape essentielle qu’attendaient impatiemment les esprits planétariens. Mettez-vous à la place de Cohn-Bendit : il attend le Messie depuis 3000 ans ; on lui dit enfin qu’il va arriver, qu’il est là, au coin de la rue, qu’il approche, et puis plouf ! tout s’effondre parce qu’une poignée de résistants, d’abrutis réactionnaires qui ne comprennent rien à rien, ont préféré leur vulgaire liberté tribale à l’ouverture des temps messianiques. Avouez qu’il y a de quoi enrager !

LLJ : Vous voulez dire que c’est l’attente du Messie qui détermine les actes et les idées des intellectuels cosmopolites ?

HR : Je ne parle ici que des intellectuels juifs. Pour eux, assurément, c’est la question essentielle. C’est précisément ce point qui constitue la question centrale de l’esprit mosaïque dans la mesure où elle se confond avec l’idée d’unification planétaire. Il faut comprendre que les intellectuels juifs vivent dans cette attente, et c’est cette tension permanente qui donne un sens à leurs actes et à leurs propos. Il est très rare qu’une œuvre, chez eux, soit une production neutre. A travers tous les livres que j’ai pu éplucher, à travers les nombreux films que j’ai pu analyser, je me suis rendu compte que leurs productions étaient toujours empreintes d’idéologie messianique. Ce qui ressort de tout cela, assurément, c’est que l’avènement du monde nouveau passe par la destruction du catholicisme et du monde européen. Il faut avoir lu les travaux de Wilhelm Reich et les ouvrages des “freudo-marxistes” pour comprendre jusqu’où peut aller cette rage de destruction. Le thème de la “vengeance” se retrouve d’ailleurs aussi bien dans les textes religieux du XVIe siècle que chez certains romanciers contemporains comme Albert Cohen. Ce sont ces permanences qui m’ont frappé le plus. Elles traversent les siècles, se transmettent sans prendre une ride de génération en génération. Il n’y a rien de secret là-dedans, et d’ailleurs, la totalité des livres à partir desquels j’ai travaillé se trouvent dans les bibliothèques municipales de la Ville de Paris.

LLJ : Comment vous est venue l’idée de vous plonger dans toute cette littérature ?

HR : J’ai écrit ce livre un peu par hasard, après avoir découvert le livre de Soljénitsyne (Deux Siècles ensemble) paru en 2003, qui met en relief le rôle du “petit peuple” dans la révolution bolchevique. Comme j’ai été moi-même un fervent “bolchevik” pendant mes années universitaires, je me suis étonné de n’avoir pas été au courant de cet aspect de la question. J’ai alors repris un par un les grands livres traitant de “soviétologie”, et je me suis aperçu qu’en réalité, tous les grands historiens (Stéphane Courtois, François Furet, Ernst Nolte, entre autres) ont soulevé le problème, mais de manière très anecdotique. Cette question forme la deuxième partie du livre, que j’intitule : La fin d’un rêve messianique. La troisième partie, qui est aussi importante que la première, traite de l’explication de l’antisémitisme par les Juifs eux-mêmes et de la mentalité cosmopolite en général, ainsi que de certains problèmes d’actualité : l’antisémitisme noir, la mafia, les grandes escroqueries de ces dernières années, qu’elles soient financières ou intellectuelles, les “boursouflures médiatiques”, etc.

LLJ : Vous avez conscience, j’espère, que vous vous attaquez à forte partie ?

HR : C’est amusant que vous disiez cela : c’est exactement l’expression que le romancier Patrick Modiano met dans la bouche de l’un de ses personnages ! Mais je vais vous dire une chose : je ne m’attaque à personne. Je me contente d’analyser assez froidement ce que je découvre ici et là. Si la vérité aujourd’hui tombe sous le coup de la loi, le devoir du juge, en tant qu’homme de lois, est assurément de la condamner. Mon devoir à moi, en tant qu’homme de lettres, est de l’écrire. De mon point de vue, tout est donc parfaitement en ordre de ce côté-ci, d’autant que je me contente de mettre en forme ce que d’autres ont exprimé. En revanche, je pense que le problème se situe en amont, si je puis dire : je pense en effet qu’il ne devrait pas être permis de nous laisser insulter chez nous, dans notre pays. Quand M. Bernard-Henri Lévy écrit que la culture « terroir-bourrée-binious » l’ « écœure », comme il le dit si bien, il faut ou lui infliger une très forte amende, proportionnelle à ses revenus colossaux. Je vais trop loin, quand je dis cela ?

Commandes

Les Espérances planétariennes, 432 pages ; 19,90 euros franco.
Commandes à Éditions Baskerville,
(SDE Domiciliations)
14 rue Brossolette, 92300 LEVALLOIS
Chèques à l’ordre de HERVE FRANÇOIS (en majuscules, sans rien ajouter)

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Publié par Ingomer - dans Livres
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29 décembre 2006 5 29 /12 /décembre /2006 15:01

Communiqué Jeunesses Identitaires Lyon : Gauchistes hors des écoles !

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JEUNESSES IDENTITAIRES LYON
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Des années que les gauchistes pourrissent la vie d’honnête citoyen dans leur quotidien. Le monde scolaire n’échappe pas à cette mainmise idéologique post soixante-huitarde. Avec des résultats que l’on connaît, alors que notre société assiste au déclin des niveaux scolaires et culturels chez les élèves, de son côté le prosélytisme gauchiste ne cesse de s’amplifier avec pour dessein de faire oublier leur identité et leur histoire aux élèves européens.

Tandis que le syndicat Confédération Nationale du Travail de Lyon (anarcho-crasseux) proteste dans un communiqué contre le non–renouvellement de contrat de l’un de ses membres qui « n’a jamais hésité à militer ouvertement dans son établissement et à se mettre en avant » et dénonce « une véritable politique de harcèlement depuis quelques mois de la part du chef d’établissement » du collège des Noirettes de Vaulx-en-Velin, les Jeunesses Identitaires Lyon ne peuvent qu’applaudir et féliciter M. Bertrand, principal du collège, pour son courage et son esprit d’indépendance.

Puisque la CNT a entrepris une campagne de protestations contre collège des Noirettes de Vaulx-en-Velin et le rectorat de Lyon, nous demandons à nos sympathisants et aux parents qui souhaitent que le monde scolaire soit débarrassé de cette idéologie gauchisante d’apporter leurs soutiens par fax, téléphone ou lettre

A :

M. Bertrand Principal du collège des Noirettes
2 rue des frères Bertrand
69120 Vaulx-en-Velin
Tel : 04-78-80-63-96
Fax : 04-72-04-58-56

Copie au :
Recteur de l’Académie de Lyon
92 rue de Marseille
BP 7227
69354 Lyon cedex 07
Fax : 04-78-58-54-78

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JEUNESSES IDENTITAIRES
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Le Blog identitaire Lyonnais : http://voraces.hautetfort.com/
Section Lyonnaise : lyon@jeunesses-identitaires.com
Contact : contact@jeunesses-identitaires.com
Adresse postale : JI - BP 23 - 03290 Dompierre sur Besbre
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