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Christ Roi

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Horloge

5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 11:53

Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme a créé en 2005 l'association "Nouveau Dialogue", une association qui organise des débats sur tous les sujets devant un public élargi, avec des experts des questions en jeu, sur la base de la "liberté d'expression", "afin de préserver cette liberté, si rare aujourd'hui".

 

En fin d'entretien, il condamne ce manichéisme qui avait été en son temps combattu par S. Augustin, et dont Daniel-Rops nous dit qu'aujourd'hui, "il n'est pas sûr qu'on ne puisse repérer encore, jusque dans certains traits de l'âme moderne, des traces de la vieille tentation dualiste" [1]  :

"Quelle que soit la situation, il faut toujours essayer de voir le caractère positif de la chose. Rien n'est jamais perdu, et même lorsqu'il n'y a que de la noirceur devant nous, on doit encore utiliser celle-ci pour grandir en pensant à d'autres voies possibles pour y échapper. Pour cela il ne faut pas hésiter à regarder toutes les solutions, sans a priori, y compris les chemins de traverse." (Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme, Entretien à Vexilla-Galliae) [2]

"Il faut toujours essayer de voir le caractère positif de la chose. Rien n'est jamais perdu" (Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme)

Sources

 

[1] DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 404

[2] Entretien avec le prince Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme Publié dans Vie des royalistes, le jeudi 5 janvier 2017 par Gabriel Privat

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Publié par Ingomer - dans Royalisme
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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 11:34
Le prince impérial Andreï Andreïevitch Romanov, l’actuel successeur du trône de Russie

Le prince impérial Andreï Andreïevitch Romanov, l’actuel successeur du trône de Russie

Quand il signa « the boy who would be tsar » (le garçon qui serait tsar), le vieil artiste Andreï Andreïevitch Romanov (aussi connu comme Andrew Andreyevich Romanoff) était, aussi surprenant soit-il, troisième sur la dernièrement chaotique ligne de succession de Russie, bien que plus jeune il n’aurait jamais deviné que ses cousins Nicolas et Dimitri, de la même génération, resteraient sans enfants. Celui qui fut le chef de la maison Romanov pendant vingt ans, Nicolas, mourut en septembre 2014, suivi par son frère Dimitri ce 31 décembre 2016. De fait Dimitri n’a été chef de la maison impériale que le temps de recevoir l’invitation d’Etat à rentrer en Russie, et mourut exactement la veille de cette cruciale année 2017.

 

L’invitation officielle lancée en juin 2015, pour le millénaire de la mort de Saint-Vladimir le baptiseur de la Russie, fut aussi envoyée à Maria Vladimirovna, la soi-disant « grande duchesse » (un titre exclusivement réservé aux enfants et petits-enfants d’un empereur régnant) qui clame la tsarité de Cyrille, le « tsar » autoproclamé en 1924 jamais reconnu par le Zemski Sobor (sorte d’Etats Généraux), ni par la maison impériale (et qui n’a jamais régné). Comme on le comprend aisément, le gouvernement actuel ne peut pas se mêler des disputes dynastiques, mais doit ramener et donner à la Russie ce dont le pays orphelin a besoin. Puisque, selon les vieilles et imparfaites règles de succession de Paul 1er (que seul un empereur en fonction peut amender), personne n’est formellement éligible, la première (prochaine) personne à représenter l’héritage impérial au sein de l’État ne peut être installée que par exception. La Providence règlera alors l’affaire et scellera la transition. Mais il est impossible de faire incarner quoi que ce soit en un fantôme, ou un aspirant in absentia (à l’étranger). La Russie a besoin d’un Romanov en Russie.

 

Parmi les avantages les plus évidents de tout système de succession héréditaire figure le fait que, puisque personne ne choisit l’élu (qui dans l’idéal ne peut pas refuser son devoir), il est totalement indépendant de tout pouvoir de pression. Mais la fortune fait parfois très bien les choses. L’intronisation d’un vieux Nicolas ou Dimitri sans enfants n’aurait pas empêché l’apparition d’une contestation successorale, de la part de la branche de Cyrille, à la mort de Dimitri. L’intronisation d’Andreï Andreïevitch [Photo ci-dessus] signifie la succession automatique de son fils Alexis Andreïevitch, né en 1953, apportant par là une espérance de stabilité (d’après les trois précédents) d’une trentaine d’années, largement suffisante pour assurer et normaliser la fonction avant la question de sa propre succession. La Providence a pourvu. Maintenant les hommes (Andreï et Alexis) doivent répondre à l’appel de leur devoir. Ils y seront nourris.

 

En juin 2015, lorsque la Région de Léningrad a proposé d’héberger officiellement les rapatriés dans une résidence impériale de Saint-Pétersbourg, Vladimir Petrov proposa aussi le palais Livadia en Crimée, s’exprimant donc manifestement au nom de la présidence de la Fédération. La fonction protocolaire serait de représenter et personnifier la dynastie et la nation, et fut alors comparée à la fonction du roi ou de la reine au Royaume-Uni et aux Pays-Bas d’aujourd’hui. Bien sûr le gouvernement ne pourrait passer que l’autorité dont il dispose, constitutionnelle. Du point de vue du droit constitutionnel, et comme pour un empereur, une personnification institutionnellement reconnue de l’histoire impériale (qui est la fonction actuellement proposée par le gouvernement russe) ne peut pas être élevée plus haut par un corps de hiérarchie subalterne, aussi pour aller plus loin la Russie devra recourir aux seuls corps sociaux qui ont une plus grande légitimité historique et sociale que l’Etat constitutionnel actuel, en l’occurrence l’Eglise et la société civile. Cela viendrait plus tard, les peuples russes réalisant de nouveau qu’un grand pays ne peut pas dépendre de la bonne volonté de volontaires intérimaires élus à titre temporaire, mais a au contraire besoin d’une institution stable offrant une direction à long terme quels que soient les mérites, les compétences et la longévité des individus.

 

Pour l’heure, le gouvernement russe est prêt à donner, au sein de l’État, un statut institutionnel permanent à la famille impériale avant les commémorations de la révolution et des assassinats. La Russie doit d’urgence attribuer la présidence honoraire des célébrations réconciliatoires de 2017. Les développements ultérieurs appartiennent à l’Histoire.

 

Puisse Dimitri reposer en paix. Puissent Andreï et Alexis répondre maintenant. (Source Stratdiplo)

 

L’initiative officielle est venue du député Vladimir Petrov du parti présidentiel, « Russie unie », qui a préparé un texte de loi qui devrait entrer en vigueur à l’occasion du centenaire de la chute du Tsar Nicolas II, en 1917. Rappelons que 2017 sera l’année de l’élection présidentielle russe. Vladimir Petrov entend « donner aux membres de la famille impériale un statut spécial » et « accélérer leur retour en Russie ».

 

Alexander Zakharov, directeur de la Maison Impériale des Romanov en Russie, a indiqué que plusieurs représentants de la dynastie étaient prêts à retourner en Russie.

 

Pourquoi maintenant ?

 

Une telle initiative de la part d’un parlementaire du parti présidentiel n’est pas anodine. Le président russe sait que les USA préparent une révolution de palais en Russie et que, à tout moment, une insuffisance gouvernementale peut aboutir à un coup d’état de la part d’oligarques liés à la finance anglaise et américaine. Sur le modèle de ce que firent les Bolcheviques en 1917-1918.

 

Avec en outre des menaces directes émanant des USA quant à leur volonté de démanteler la Russie en une multitude de républiques aisément manipulables, le chef de l’Etat Russe peut voir dans l’option monarchiste un moyen souple et efficace d’unifier le pays sur la base des principes plus que des partis ou des élections.

 

En outre, elle incarnerait le retour à la tradition déjà largement amorcé dans la Fédération de Russie. (source)

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Publié par Ingomer - dans Russie
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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 00:00

À Londres, en 1066, saint Édouard le Confesseur, roi d’Angleterre fut très aimé de son peuple, notamment des plus pauvres à cause de sa remarquable charité et sa grande piété (il n'aurait jamais consommé son mariage avec son épouse Édith de Wessex). Il assura paix et prospérité à son royaume et maintint avec soin la communion avec le Siège romain.

 

http://monnier.jeanpierre.free.fr/pl/images/435.jpg 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/37/Westminster_Abbey_West_Door.jpg/250px-Westminster_Abbey_West_Door.jpgÉdouard meurt sans descendance le 3 janvier 1066 à l'abbaye de Westminster, qu'il a lui-même fondée sur les ruines d'un ancien monastère.

Son décès déclenchera une crise de succession au trône d'Angleterre entre son beau-frère Harold (qui s’empara aussitôt de la couronne après sa mort) et Guillaume de Normandie.

 

Trente-six ans après la mort d'Edouard, en 1102 on aurait ouvert son tombeau sans constater la moindre trace de décomposition de son corps. Un parfum suave emplit l'église, le roi avait sa couronne sur la tête, son sceptre au côté, un anneau au doigt.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/5/5b/Str%C3%B6hl-Regentenkronen-Fig._11.png/220px-Str%C3%B6hl-Regentenkronen-Fig._11.pngSa couronne sera utilisée pour le couronnement de tous les souverains britanniques jusqu'à la destruction des joyaux par Cromwell, après l'exécution du roi Charles Ier en 1649.

 

Édouard était connu pour sa générosité. Selon la légende attachée au "saphir d'Édouard le Confesseur", il fut un jour accosté par un mendiant alors qu'il se rendait à l'Abbaye de Westminster. Sa première réaction fut de chercher quelque argent pour le lui donner. Mais ses poches étant vides, il enlèva sans hésitation le saphir de son doigt et le donna au mendiant. Celui-ci remercia le monarque et s'en alla. Quelques années plus tard, deux pèlerins de Terre Sainte rapportèrent la bague au roi et lui dirent qu'ils rencontrèrent S. Jean l'Évangéliste. Ce dernier leur raconta que, sous les traits d'un mendiant, il reçut jadis cet anneau. Il félicita Édouard pour sa gentillesse et lui promit de le voir au ciel dans six mois. Exactement six mois plus tard, Édouard le Confesseur mourut.


Edouard est canonisé en 1161.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/86/BayeuxTapestryScene01.jpg

Édouard le Confesseur (première scène de la tapisserie de Bayeux, broderie commandée par Odon de Bayeux, le demi-frère de Guillaume le Conquérant et décrit les faits relatifs à la conquête normande de l'Angleterre en 1066.)

 

Sources: (1) Martyrologe Romain; (2); (3)

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour
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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 17:16

Alors qu'il y a eu des suicides et que de plus en plus de professeurs démissionnent, le ministère reste silencieux... La "culture du dialogue" magnifiquement illustrée !

Suicides et démissions en série à l'éducation nationale : le ministère reste silencieux

Le nombre d'enseignants titulaires qui démissionnent de l'Éducation nationale a augmenté de 50% en quatre ans, selon un rapport publié en novembre. RMC a rencontré Nora, une professeure des écoles de 27 ans, qui raconte ce qui l'a poussée à quitter l'enseignement.

 

Les enseignants de plus en plus nombreux à claquer la porte de la salle de classe. Selon des données publiées dans un rapport sur le budget de l'Éducation nationale, le nombre de démissions a fortement augmenté depuis 2012, aussi bien chez les enseignants stagiaires que chez les titulaires. En quatre ans, le nombre de démissions d'enseignants stagiaires a triplé dans le primaire et doublé dans le secondaire. Une tendance qui se confirme chez les enseignants titulaires (+ 50% en quatre ans).

 

Le ministère n'a pas fourni d'explications selon l'auteur du rapport, rendu public le 24 novembre dernier. Parmi les explications évoquées: la décrédibilisation du métier d'enseignant et de professeur des écoles, le manque de rémunération ou encore la mauvaise répartition des enseignants dans les académies (les jeunes professeurs sont souvent affectés dans des établissements sensibles).

 

"Les élèves vous insultent et les parents vous traitent de menteur"

 

RMC a rencontré Nora, jeune professeure des écoles de 27 ans, qui a décidé de ne plus retourner en classe et d'abandonner le métier. "L'Éducation nationale, le système actuel, ont réussi à me dégoûter du métier", déclare-t-elle anonymement. Elle raconte: "Un enfant vous lui demandez d'aller se ranger, dans votre dos il va vous insulter. Des insultes qui peuvent être gravissimes. Les parents, vous savez que quand vous les allez les prévenir, ils vont vous traiter de menteur. J'ai eu des moments de bonheur dans mon métier quand même, mais j'ai eu plus de moments de souffrance malheureusement".

 

Nora ne comprenait plus les choix de sa hiérarchie. "On change sans arrêt de méthode d'évaluation, de livrets de note. La façon dont on est formé, la façon dont on nous met dans les classes. Parce qu'on nous met dans une classe… On ne nous confie pas une classe, on nous met dans des classes. Je ne suis pas la seule, j'ai connu beaucoup de collègues qui ont fait des dépressions, qui ont abandonné. C'est ça qui est grave aujourd'hui".

 

"Nous avons eu des suicides"

 

Face à cette situation, Albert-Jean Mougin, vice-président du Syndicat national des lycées et collèges, appelle à un sursaut de l'Éducation Nationale. "Le nombre de gens qui veulent démissionner va croissant, tout comme le nombre de gens qui souffrent. Nous avons eu des suicides. Il faut trouver des solutions maintenant!". Une plateforme en ligne a été créée par le syndicat pour permettre aux enseignants en détresse d'obtenir un accompagnement individuel.

 

P. Gril avec Benoît Ballet

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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 00:00
Sainte Geneviève, Vierge, Gardienne de la France, Patronne de Paris (422-512)

Sainte Geneviève, patronne de Paris, naquit au village de Nanterre, vers l'an 422. Elle est la fille d'un officier franc, Severus, converti au christianisme nicéen (catholicisme), qui a servi dans l'armée romaine en Gaule et d'une gauloise, Gerontia, fille de Gerontius, maître de cavalerie et ami personnel de Constantin III, qui tentait de préserver une partie de la Gaule de l'installation des Germains. Ils possédaient des terres cultivables du côté de Melun et de Meaux où poussait le blé.


Elle était âgée de sept ans quand saint Germain, évêque d'Auxerre, traversa le village de Nanterre, où elle habitait. Éclairé par une lumière divine, le Saint discerna cette modeste enfant parmi la foule accourue sur ses pas :

 

"Béni soit, dit-il à ses parents, le jour où cette enfant vous fut donnée. Sa naissance a été saluée par les anges, et Dieu la destine à de grandes choses." Puis, s'adressant à la jeune enfant, il la confirma dans son désir de se donner tout à Dieu : "Ayez confiance, ma fille, lui dit-il, demeurez inébranlable dans votre vocation ; le Seigneur vous donnera force et courage."

Sainte Geneviève bénie par S. Germain, par J.-N. JOUY (1845), église Saint Nicolas-des-Champs - Paris

Sainte Geneviève bénie par S. Germain, par J.-N. JOUY (1845), église Saint Nicolas-des-Champs - Paris

Geneviève reçut le voile à quatorze ans, des mains de l'archevêque de Paris, et, après la mort de ses parents, elle quitta Nanterre pour se retirer à Paris même, chez sa marraine, où elle vécut plus que jamais saintement. Malgré ses austérités, ses extases, ses miracles, elle devint bientôt l'objet de la haine populaire, et le démon jaloux suscita contre elle une guerre acharnée. Il fallut un nouveau passage de saint Germain de Nanterre pour rétablir sa réputation : "Cette vierge, dit-il, sera votre salut à tous."

 


Bientôt, en effet, le terrible Attila, surnommé le Fléau de Dieu, envahissait la Gaule ; mais Geneviève prêcha la pénitence, et, selon sa prédiction, Paris ne fut pas même assiégé.

 

"Ayez confiance, priez et Dieu vous écoutera". C'est ce que Ste Geneviève dit aux Parisiens lors du Conseil municipal qui se réunit pour débattre de l'évacuation de la ville devant l'invasion d'Attila.

Mais on ne l'écouta pas. Les prêtres eux-mêmes se détournaient d'elle et commencèrent à entasser les trésors de l'église S. Etienne sur des barques que les nautes avaient amarrées au port et où magistrats, marchands, artisans, commerçants commencaient à s'installer avec leurs biens. Les hommes pressaient leurs épouses et leurs enfants de partir avec eux. Sur des chariots étaient amassés des meubles, de l'argent, des vivres, des troupeaux, des animaux domestiques. Tout le monde voulait s'échapper de Lutèce, fuir par le fleuve, par les routes et les sentiers. On partait, on quittait Lutèce, on abandonnait les toits. Geneviève courut alors d'un endroit à un autre de l'Île, et même traversa à plusieurs reprises le pont pour tenter d'arrêter le flot des exilés. Elle osa sur le port s'adresser aux hommes et elle les exhorta à ne pas abandonner leur ville. Comme ils proférèrent des injures et finirent par la bousculer, elle fit appel à leur patriotisme gaulois. Elle évoqua l'antique cité lorsqu'elle était habitée par des hommes farouches et libres avant l'occupation romaine... et la défaite de Camulogène devant Labienus, lieutenant de César. Elle parla de ces précédentes invasions auxquelles toute la population de la cité sut résister en s'enfermant dans l'Île, en fortifiant les plus vastes de ses monuments. Elle s'étonna que soudain ils abdiquaient, alors que leurs pères et leurs aïeux leur avaient donné tant d'exemples de courage et d'abnégation. Geneviève se réfugia dans le baptistère S. Jean-en-Rond et là, au cours de la journée, bon nombre d'épouses, de mères ou de jeunes filles vinrent la rejoindre pour soutenir son action. Elles finirent par se retrouver nombreuses dans le baptistère et par s'y enfermer à l'abri des imprécations de leurs époux qui n'osaient quitter la ville sans elles. Elles s'agenouillèrent avec Geneviève et commencèrent des prières, des suppliques, pour demander à Dieu d'écarter Attila du chemin de Lutèce. Après avoir pris Orléans, Attila décida de lever le siège d'Orléans et de rebrousser chemin en direction de Troyes. L'affrontement des armées eu lieu aux Champs Catalauniques (451). Attila défait, Geneviève était rassurée en apprenant qu'il franchit les Alpes et s'apprêtait à entreprendre la conquête de l'Italie: ne l'avait-t-elle pas prédit ? Elle ne douta pas que le Hun se perdrait dans cette nouvelle aventure après la défaite qu'il venait d'essuyer. (Joël SCHMIDT, Sainte Geneviève, La Fin de la Gaule romaine, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1997)


La sainte mourut à quatre-vingt-neuf ans, le 3 janvier 512.

D'innombrables miracles ont été opérés par son intercession.

Son tombeau est toujours entouré de vénération dans l'église de Saint-Étienne-du-Mont, à Paris.

Le reliquaire contenant les restes de la Sainte situé dans une crypte de l'église Sainte Geneviève comportait une grande quantité d'or et d'argent ainsi que des pierres précieuses qui avaient été données par des nobles. Il sera hélas fondu avec avidité en 1793 par la Commune de Paris, et une partie de ses reliques 
furent brûlées par les barbares avant d'être jetées dans la Seine en 1793. L'église Sainte Geneviève, confisquée en 1791 avec l'abbaye dont elle dépendait, fut abattue de 1801 à 1807... Ce ne sera hélas pas le seul exemple de profanations de symboles et de monuments chrétiens lors de la Révolution.

Mais la pierre tombale qui supportait le corps de la Sainte depuis 512 avait été épargnée en 1793 par manque d'intérêt et s'est mélangée au milieu des débris de l'église : elle sera retrouvée en 1802 avant d'être transférée de l'église Sainte Geneviève vers l'église Saint-Etienne-du-Mont. Une chapelle lui est dédiée en 1852 :

  • la pierre tombale sera recouverte d'une châsse, véritable manteau d'orfèvrerie,
  • une copie de la statue qui ornait l'ancienne église Sainte Geneviève a été intégrée dans l'autel,
  • trois reliquaires comportant les dernières reliques de la Sainte, qui avaient été distribuées à d'autres paroisses, sont déposés au pied de la statue.

 

Encore aujourd'hui, de très nombreux cierges sont allumés par des personnes souhaitant obtenir quelque grâce par l'intercession de la sainte et à la suite de la fête de Ste Geneviève début janvier, de très nombreux fidèles s'y retrouvent en pèlerinage pour prier.

 


Sources

Les saints du jour ; Sainte Geneviève et l'église de Saint-Etienne-du-Mont; wikipedia 1, 2; Sainte-Geneviève.net (site dédié à Ste Geneviève)

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 12:12

Dans un texte publié sur Catholic World Report le 30 décembre 2016, le Père Mark A. Pilon, prêtre du diocèse d'Arlington en Virginie (Etats-Unis), ancien président de la théologie systématique au Séminaire Mount St. Mary, expose les multiples problèmes moraux qui ne manqueront pas de se poser avec le développement de la nouvelle pastorale issue d'Amoris laetitia. Pour commencer, il ne faut pas croire que la solution à base de conscience personnelle va s'arrêter à la question des divorcés civilement et remariés. "Le même principe doit s'appliquer en dernier ressort aux unions homosexuelles, aux couples vivant en concubinage, et même à toute personne sexuellement active en dehors d'une union de mariage valide." Ce qui ne manquera pas de susciter "un torrent de solutions à base de 'for interne de la conscience', solutions à toutes les questions morales contestées".

 

Mais d'autres problèmes moraux ne manqueront pas de se poser des suites du nouveau principe et devraient déplaire cette fois-ci aux novateurs. Qu'en sera-t-il par exemple d'un patron raciste qui en conscience refuserait d'embaucher des personnes d'une autre race, sa raison lui disant que les autres races sont inférieures et moins instruites? Le prêtre accompagnera-t-il ce patron raciste dans son "chemin" et lui donnera-t-il l'absolution ?

 

A la fin, si la conscience devient supérieure à la loi morale de Dieu, c'est la fonction du prêtre et de l'institution Eglise elle-même qui deviendra obsolète. "Comme le dit Henri VIII, qui a besoin d'un prêtre, ou de l'Église, pour lui dire qu'il a péché ou pas péché? N'avons-nous pas tous une conscience?"

 

SOURCE : Catholic World Report

 

Le 30 décembre 2016

 

« Ce à quoi nous assistons aujourd'hui, après la publication de "Amoris Laetitia", est une adoption radicale du principe qui rend absolus les jugements subjectifs de la conscience et de l'interprétation personnelle de toutes les normes morales.

 

[…] En d'autres termes, la conscience personnelle dépasse maintenant le droit canonique de l'Eglise et la loi morale de Dieu. »

Source de l'article original en anglais : Catholic World Report

Les problèmes moraux de la nouvelle pastorale : "les effets très diviseurs d'Amoris laetitia" (Père Mark A. Pilon)

Traduction

 

Une analyse

 

Les crises pastorales et morales qui se posent

 

30 décembre 2016

 

Ce à quoi nous assistons aujourd'hui après la publication de «Amoris Laetitia», est une adoption radicale du principe qui rend absolus les jugements subjectifs de conscience et de l'interprétation personnelle de toutes les normes morales.

 

Fr. Mark A. Pilon

 

Il y a eu une crise morale et pastorale au cours du dernier demi-siècle dans l'Église, mais je pense honnêtement que nous n'avons encore rien vu de semblable à ce qui pourrait arriver. Les 4 cardinaux - j'aime à les appeler "Les Quatre Justiciers" (tiré du roman policier du prolifique Edgar Wallace il y a un siècle "The Four Just Men") - sont allés allés aux racines de cette menace dans leurs cinq questions relatives à l'affaiblissement apparent de la doctrine de l' Église sur les actes intrinsèquement mauvais et la formation de la conscience objective dans le chapitre 8 de Amoris Laetitia (AL). En fait, nous voyons déjà les effets très diviseurs de la confusion de ce document.

 

Par exemple, nous assistons à des mises en œuvre très différentes de l'AL dans différentes Églises locales. Certains continuent de suivre la pratique pastorale traditionnelle de l'Église qui nie la sainte communion aux couples vivant comme époux dans des unions secondaires invalides suite au divorce. D'autres appellent à une résolution cas par cas où les catholiques concernés sont encouragés à décider si cette seconde [adultère] union est la volonté de Dieu pour eux et si ils sont autorisés à recevoir la communion. Ainsi un évêque américain a encouragé les catholiques divorcés et remariés à "utiliser le for interne de la conscience" dans leur décision quant à savoir si ils doivent recevoir la communion ou de ne pas. En d'autres termes, la conscience privée dépasse maintenant le droit canonique de l'Église et la loi morale de Dieu.

 

Une autre division survient quand un évêque américain, maintenant un Cardinal, critique ouvertement les directives de l'archevêque américain en ce qui concerne la communion pour les divorcés remariés comme étant en désaccord avec l'Eglise. Puis il y a eu l'attaque inconvenante du doyen de la Rote romaine, critiquant vivement les 4 cardinaux pour supposée trahison de leur fonction, ce qui exige évidemment qu'ils ne demandent jamais d'éclaircissement à un pape, sans parler de la question des actions d'un pape.

 

À la suite de cet incident favorisant la division, un archevêque australien dénigrait les Quatre cardinaux en affirmant qu'ils cherchent une "fausse clarté qui vient parce que vous ne vous adressez pas à la réalité." Il a poursuivi en disant que au cours du Synode , il a "entendu lui-même des voix très claires et certaines, mais seulement parce qu'ils n'ont jamais abordé la vraie question ou n'ont jamais traité des faits réels."

 

Voilà pour l'intelligence, l'intégrité et l'expérience pastorale de Quatre Cardinaux distingués et de leurs partisans!

 

Dans une autre partie du monde, un archevêque en Irlande a rejoint le concert de critiques avec ce peu de sagesse ecclésiale:

 

"Aucun mariage n'est vécu que dans des réalités noires et blanches claires et abstraites. L'Église doit comprendre les zones grises du succès et des échecs, des joies et des déceptions. Répéter des formulations doctrinales en soi n'est pas la façon d'accompagner les gens sur un chemin difficile. ... Cela s'adresse à certains, et même à des hauts responsables de l'Église; Ils semblent croire que l'affirmation des certitudes d'une manière abstraite et indubitable est la seule voie."

 

Tandis que l'archevêque ne nomme pas directement les cardinaux, la critique est bien évidemment dirigée vers eux. Ils sont présentés en tant que disciples de règles simplistes, qui ne voient les choses qu'en noir ou blanc, étant des répéteurs stupides de formulations doctrinales abstraites ad nauseam (ses mots dans un autre discours) avec peu d' expérience pastorale et encore moins de compassion. C'est là où en est le bloc de l'Eglise libérale aujourd'hui: ici pas d'accompagnement, pas de compassion ici, juste de la critique pure. Les Quatre Cardinaux n'ont jamais eu recours à de telles critiques ad hominem du Pape ou de ceux avec qui ils étaient en désaccord. Cela ressemble davantage à la méchanceté politique américaine qu'à un effort de dialogue sincère.

 

Juste le commencement?

 

Et toute cette rancune et cette division n'est, très probablement, que le début. L'utilisation du "for interne de conscience" telle que présentée aujourd'hui par un nombre croissant d'évêques et de théologiens va venir perturber l'enseignement moral objectif de l'Église et saper toute pratique pastorale basée sur un enseignement aussi objectif. Cela ne peut pas et cela ne s'arrêtera pas avec la communion pour les divorcés et remariés. Si la conscience personnelle dépasse l'enseignement moral objectif et détermine la pratique pastorale des Sacrements, alors tout est en place pour le changement.

 

Pensez-y: comment la résolution des problèmes liés aux pratiques pastorales par la conscience personnelle peut-elle s'arrêter avec la question de la Communion des divorcés vivant dans des unions secondaires invalides? Certes, le même principe doit s'appliquer en dernier ressort aux unions homosexuelles, aux couples vivant en concubinage, et même à toute personne sexuellement active en dehors d'une union de mariage valide. La solution du for interne de la conscience ne peut se limiter logiquement à cette seule question de "communion", et elle n'y sera pas limitée.

 

Ce que nous voyons aujourd'hui, alors, après la publication de Amoris Laetitia, est une adoption radicale du principe d'absolutisation des jugements subjectifs de la conscience et l' interprétation personnelle de toutes les normes morales. Déjà un évêque belge, favorisé par François pour assister au synode (même si non élu), a co-écrit un livre qui suggère l'approbation morale de l'activité homosexuelle, et la reconnaissance du mariage homosexuel:

 

"Il n'y a aucun moyen de continuer à prétendre qu'il ne peut y avoir d'autres formes d'amour que le mariage hétérosexuel. Nous trouvons le même genre d'amour entre un homme et une femme qui vivent ensemble, en couples homosexuels et les couples de lesbiennes ... Ne devrions-nous pas évoluer vers une diversité de rituels dans lesquels nous pouvons reconnaître le rapport d'amour entre homosexuels, et ce du point de vue même de l'Église et de la foi?"

 

C'est là que nous sommes déjà arrivés en juste une année et c'est juste le début. Qu'un lobby homosexuel existe dans les structures de pouvoir internes à l'Église a longtemps été reconnu. Maintenant, ces fossoyeurs de la doctrine morale catholique et de la pratique pastorale sont encouragés à penser qu'ils ont les outils pour atteindre leur objectif, quel qu'en soit le coût. Le langage de l'évêque belge essaie de se montrer "modéré" dans ses buts, c'est-à-dire simplement avoir de la compassion à la recherche de solutions aux zones grises de la vie morale. Mais c'est une ruse.

 

Pour ces néo-réformateurs, la doctrine morale irréformable de l'Eglise n'est juste qu'une abstraction et ne doit plus être considérée comme obligatoire dans la formation d'une conscience correcte. Comme dans le protestantisme libéral de nos jours, l'enseignement moral de l'Église doit être effectivement réduit à l'être, mais parmi les nombreuses considérations égales dans le processus de formation de la conscience. En effet, "une conscience correcte" ne sera plus un concept significatif dans la nouvelle morale émergente. En fin de compte, les normes ne deviendront que des "idéaux" traités avec un certain respect abstrait, mais fondamentalement inutiles sinon largement dépourvus de sens.

 

Le langage des archevêques australien et irlandais nous dit très bien où nous en sommes et où nous nous dirigeons. C'est le chemin de l'antinomie moderne, l'Anglicanisme libéral, et nous devrions être clairs sur ce que cela signifie. Ces deux archevêques géographiquement éloignés parlent en tandem d'"un monde de gris" et de "zones grises", qui est le langage repris d'Amoris Laetitia (cf. AL, 306). L'archevêque irlandais parle de façon "joyeuse" des "idéaux" plutôt que des commandements, ce qui suggère aussi le passage progressif des absolus moraux vers des idées morales souhaitables, mais généralement inaccessibles, du moins pour la grande majorité des gens.

 

À ce jour, l'autorité suprême de l'Église n'a absolument pas donné de directives pratiques sur la manière dont les prêtres ou les évêques locaux doivent "accompagner" les gens dans le processus de "discernement" par lequel les laïcs feront un jugement final de conscience sur la question morale qu'ils traitent et de leur disponibilité spirituelle à recevoir l'Eucharistie. Alors, que pouvons-nous attendre dans ce domaine et dans d'autres domaines de l'activité pastorale? Ainsi, l'évêque américain a fait ce que beaucoup d'autres vont probablement faire dans ces circonstances en passant effectivement le processus entier à la conscience personnelle  et subjective de chaque personne. Comme Henri VIII le dit: "Un homme a-t-il besoin d'un prêtre pour lui dire qu'il a péché?" Et il ne faudra pas longtemps pour que les gens demandent: "Pourquoi du tout s'embêter avec le for interne de la confession?"

 

Confusion morale et équivalence confuse

 

Quels sont les problèmes et la confusion morale qui pourraient surgir ou qui sont déjà nés de l'utilisation de ces nouveaux principes subjectifs pour décider dans des cas de conscience ?

 

En ce qui concerne la confusion morale, je me souviens que le général Eisenhower avait déjà vu des artefacts nazis fabriqués à partir d'humains, y compris un abat-jour, quand il visita Buchenwald, et il en a été vraiment horrifié. Récemment, un archevêque américain, un autre cardinal de l'époque récente, a été également horrifié par la vente de parties du corps de fœtus (bébés avortés), rapporté en 2015. Cependant, il a fait une déclaration assez étonnante qui semblait établir une sorte d'équivalence morale de cette situation avec des questions sociales et morales bien différentes.

 

La confusion morale dans sa déclaration devient assez évidente, si l' on substitue simplement les mots en italique dans la citation ci-après pour sa phrase originale qui est: "Alors que le commerce des restes d'enfants sans défense est particulièrement repoussante ..." :

 

"Cette nouvelle preuve sur le mépris de la valeur de la vie humaine offre également la possibilité de réaffirmer notre engagement en tant que nation à une éthique de la vie cohérente. Tout en faisant des abat-jour et d' autres artefacts à partir de victimes juives assassinées est particulièrement répugnant, nous ne devrions être pas moins consternés par l'indifférence envers les milliers de personnes qui meurent chaque jour par manque de soins médicaux décents; Qui se voient refusés des droits par un système d'immigration brisé et par le racisme; Qui souffrent de la faim, du chômage et du besoin; Qui paient le prix de la violence dans les quartiers saturés d'armes à feu; Ou qui sont exécutés par l'Etat au nom de la justice."

 

Or, voici une question évidente: est-ce que les Juifs qui liront une telle déclaration pensent que l' indifférence envers les maux moraux / sociaux que l'archevêque a énumérés n'est "pas moins repoussante" , ou que les gens devraient être "pas moins consternés" par le fait que certaines personnes souffrent de la faim ou du manque d'emplois, qu'au fait que des millions de personnes ont été exterminées et que leurs parties du corps ont servi de lampes? Une telle comparaison serait prise pour insinuer clairement que ces autres maux sont moralement équivalents à ce qui a été fait aux Juifs par les nazis.

 

Mais le véritable problème n'est-il pas le fait que l'archevêque a simplement "dépassé les bornes" de la question morale la plus importante ici, c'est-à-dire le meurtre de millions d'enfants à naître, qui est sûrement la question morale suprême et devrait être ce qui est le plus répugnant, et devrait nous épouvanter beaucoup plus même que ce qui arrive aux parties du corps après? S'il avait dit que la mort de dizaines de millions d'enfants à naître devrait nous épouvanter, mais que nous devrions également être consternés par la faim, le chômage et le manque de soins médicaux décents, l'absurdité (d'un tel raisonnement) serait mise en évidence immédiatement.

 

Je pense qu'il est évident qu'une telle confusion morale, venant de la part d'un haut fonctionnaire de l'Église, est sans doute causée par (1) l'ignorance effective du grave mal intrinsèque de tels actes moraux, et (2) un recours assez facile à l'abri de la conscience subjective et du relativisme moral. Une telle approche des questions morales sérieuses et des problèmes pastoraux est sur le point de déchaîner un torrent de solutions à base de "for interne de la conscience", solutions à toutes les questions morales contestées. Mais les solutions à certains problèmes peuvent ne pas tous plaire aux guerriers de la justice sociale qui ne semblent donner aucune importance à une morale sexuelle objective.

 

Par exemple, que diriez-vous de ces cas de conscience réglés dans le for interne de la conscience privée?

 

1. Jerry avoue qu'il refuse d'embaucher d'autres races dans son entreprise, et utilise divers subterfuges pour éviter la loi. Sa raison lui dit que les autres races sont certainement inférieures et moins instruites. Sa conscience lui dit que c'est peut-être un péché, mais tout au plus un péché véniel. Alors, le prêtre l'accompagne-t-il tout simplement, et s'il persiste dans ce racisme et cette injustice profondément enracinés, lui dit-il simplement de suivre sa conscience, et puis même l'absout de ses autres péchés d'adultère et du meurtre d'un partenaire dont il est sincèrement repentant?

 

2. Maxime travaille pour la pègre locale en tant que comptable et cache au gouvernement ses gains illégaux de la prostitution, des jeux de hasard, des drogues et des usuriers. Il reconnaît que cela est illégal, et est sincèrement désolé d'avoir à le faire. Cependant, sa conscience lui dit que c'est moralement acceptable parce que sa défection de la pègre causerait presque certainement des dommages et peut-être la mort à sa famille. Le prêtre l'accompagne-t-il simplement en lui disant de suivre sa conscience et de recevoir la communion s'il pense ne pas être coupable d'un péché sérieux?

 

3. Joe mentionne à son confesseur qu'il a détourné des fonds du diocèse, et la somme est très importante au fil des ans. Mais sa conscience ne juge pas que ce soit gravement mal parce qu'il considère cela comme une compensation occulte pour le bas salaire qui est payé. Le prêtre accompagne-t-il simplement son discernement, évite-t-il de lui donner des règles abstraites et conseille-t-il à Joe de suivre sa propre conscience, indépendamment de ce que l'Église enseigne, et de recevoir la communion s'il sent que c'est la volonté de Dieu pour lui? Bien sûr, cela exclurait toute obligation de restitution si Joe demeurait inflexible dans sa fausse conscience.

 

4. Enfin, Pat est un agent de l'IRA (l'Armée républicaine irlandaise) qui se spécialise dans l'explosion des choses, y compris les gens. Il n'est pas content de cela, mais il a l'impression qu'il doit défendre les familles irlandaises, sa propre famille, contre l'oppression des Britanniques et des protestants du Nord. Il est désolé que des gens innocents meurent parfois dans ses efforts pour atteindre l'armée britannique, mais il estime que sa cause est juste et que c'est ce que Dieu veut qu'il fasse de sa vie en ce moment. Sa conscience lui dit que ce qu'il fait est un mal nécessaire mais que c'est un moindre mal - c'est-à-dire que c'est nécessaire pour protéger sa famille et libérer son pays. Son confesseur doit-il simplement l'accompagner et lui assurer que si sa conscience est claire et décidée, il peut aller à la communion?

 

La nouvelle moralité?

 

Les nouveaux "cas de conscience" potentiels sont évidemment multiples, et ils sont maintenant plus susceptibles de survenir en raison des ambiguïtés que les Quatre cardinaux souhaitent désespérément et sincèrement clarifier (et qui évidemment ne le seront pas). Ces bons hommes se rendent compte qu'une fois cette sorte d'inviolabilité de la conscience subjective établie dans la pratique pastorale de l'Église, quelle question morale ne sera finalement pas résolue simplement par un appel à la conscience subjective?

 

Mais le problème majeur ici est vraiment le système moral lui-même qui sous-tend toute cette confusion. Ce que nous semblons traiter aujourd'hui est quelque chose comme un modernisme moral avec ses racines au plus profond d'un dualisme néo-platonicien. Tout comme le modernisme dogmatique pensait que les formulations dogmatiques ne sont que des approximations verbales des vérités divinement révélées, dans cet idéalisme moral les commandements doivent être compris comme des abstractions dans un monde d'idées. Et quand on introduit ces abstractions dans le monde réel, elles doivent être comprises simplement comme des idéaux moraux que nous ne pouvons que commencer seulement à approcher, ou du moins que la plupart des gens ne peuvent que s'efforcer imparfaitement d'atteindre dans leur vie morale.

 

Tout ceci semble résoudre commodément les questions morales difficiles pour les catholiques. Si l'on affirme verbalement la doctrine morale sur les absolus, c'est-à-dire comme de simples idées abstraites, cela suffit pour revendiquer l'orthodoxie. Mais dans le monde pratique, il est nécessaire de traduire ces abstractions en vagues idéaux moraux auxquels les gens aspirent, mais atteignent rarement complètement.

 

Ainsi, la tâche pastorale de l'Église n'est pas tant d'enseigner les Commandements comme commandements, mais simplement comme idéaux, puis de laisser le reste à la conscience privée. Tout sonne bien, le triomphe de la miséricorde et la compassion sur le légalisme moral et la rigidité. Mais à la fin, cela ouvre la voie à d'autres conclusions avec lesquelles ses partisans ne seront probablement pas à l'aise dans l'avenir. Je le répète, cette approche ne peut et ne sera pas limitée aux questions du sixième commandement. Elle s'applique à tous ou à aucun d'entre eux. Ainsi, "Tu ne tueras pas" sera aussi réduit, peut-être à l'idéal de la non-violence, mais peu de gens trouveront possible d'approcher même cet idéal dans le monde réel, et cette nouvelle morale continuera d'éroder l'ordre moral d'une manière qui effraiera même les bons hommes qui avancent avec confiance dans ce nouveau système moral et pastoral.

 

Enfin, un autre effet malheureux de cette approche de l'ordre moral et de la pratique pastorale de l'Église sera certainement que le recours au Sacrement de Pénitence et le recours aux conseils de l'Église deviendront encore plus obsolètes en beaucoup d'endroits qu'ils ne le sont déjà aujourd'hui . Encore une fois, comme le dit Henri VIII, qui a besoin d'un prêtre, ou de l'Église, pour lui dire qu'il a péché ou pas péché? N'avons-nous pas tous une conscience?

 

A propos de l'auteur

 

Père Mark A. Pilon, prêtre du diocèse d'Arlington, en Virginie, a reçu un doctorat en théologie sacrée de l'Université Santa Croce à Rome. Il est l’ancien président de la théologie systématique au Séminaire Mount St. Mary, ancien rédacteur en chef adjoint du magazine Triumph, et professeur retraité et invité à la Notre Dame Graduate School du Christendom College. Il écrit régulièrement à littlemoretracts.wordpress.com.

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 00:00

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/6/62/Vasil.jpg/280px-Vasil.jpgUn des plus importants parmi les Pères de l’Église, saint Basile, est appelé dans les textes de la liturgie byzantine « un phare de l’Église ». Ce fut un grand évêque du IVe siècle, que regardent avec admiration aussi bien l’Église d’Orient que l’Église d’Occident, à cause de la sainteté de sa vie, de l’excellence de sa doctrine et de l’harmonieuse synthèse de ses qualités spéculatives et pratiques.[1]

Saint Basile naquit à Césarée en Cappadoce (Asie Mineure, actuelle Turquie), l'an 329, d'une famille où la sainteté était héréditaire; son père et sa mère, deux de ses frères, une de ses sœurs, sont placés au rang des saints. Un seul défaut paraissait dans cet enfant de prédilection,  sa faible santé; elle se rétablit pourtant, grâce aux prières de ses parents. 

Doué d'un heureux génie, Basile étudia auprès des meilleurs maîtres d’Athènes et de Constantinople. Ne se satisfaisant pas de ses réussites mondaines, et se rendant compte d’une importante perte de temps dans les vanités, il allait confesser lui-même :

"Un jour, comme me réveillant d’un profond sommeil, je me tournai vers l’admirable lumière de l’Évangile (…) et pleurai sur ma misérable vie" (cf. Lettres 223).

Attiré par le Christ il commença à regarder vers lui et à n’écouter que lui (cf. Moralia, 80, 1, Patr. Gr. 31, 860bc). Il se livra avec zèle à la vie monastique dans la prière, dans la méditation des Saintes Écritures et des écrits des Pères de l’Église, et dans l’exercice de la charité (cf. Lettres 2 et 22), suivant l’exemple de sa sœur, sainte Macrine la Jeune qui déjà vivait dans l’ascétisme monacal. Il fut ensuite ordonné prêtre et finalement, en 370, évêque de Césarée de Cappadoce, dans la Turquie actuelle.


Comme évêque et pasteur de son vaste diocèse, Basile se préoccupa constamment des conditions matérielles difficiles dans lesquelles vivaient les fidèles ; il dénonça les maux avec fermeté ; il s’engagea en faveur des plus pauvres et des marginalisés ; il intervint également auprès des autorités pour alléger les souffrances des populations, surtout dans les moments de calamités ; il veilla à la liberté de l’Église, et même s’opposa aux puissants pour défendre le droit de professer la vraie foi (cf. Grégoire de Nazianze, Discours 43, 48-51).


À Dieu, qui est amour et charité, Basile rendit le puissant témoignage de la construction d’hospices pour les malheureux (cf. Lettres 94), telle une cité de la miséricorde, qui prit de lui le nom de « Basiliade » (cf. Sozomène, Histoire Ecclesiastique 6, 34). Elle est à l’origine des institutions hospitalières modernes d’accueil et soin des malades.

À vingt-trois ans, il parut à Athènes et se lia avec Grégoire de Nazianze, au point que tous les deux ne faisaient qu'un cœur et qu'une âme. De retour en son pays, les applaudissements qu'il reçut l'exposèrent à une tentation de vaine gloire dont il fut si effrayé, qu'il embrassa l'état monastique pour y vivre dans l'oubli du monde et la pénitence; il fonda plusieurs monastères, écrivit des ouvrages ascétiques très estimés et traça des règles de vie religieuse demeurées célèbres. 

Un très léger repas par jour, un sommeil très court, de longues veilles, un vêtement léger par les temps les plus froids, tel était l'ordinaire de ce saint austère, "dont la pâleur, dit saint Grégoire, annonçait un mort plutôt qu'un vivant." Basile eut à souffrir d'infirmités continuelles; dans le temps de sa meilleure santé, dit-il lui-même, il était plus faible que ne sont les malades abandonnés des médecins.

Le zèle contre l'hérésie d'Arius le fit un jour sortir de sa retraite. Avec zèle et courage Basile sut s’opposer aux hérétiques qui niaient que Jésus-Christ fût Dieu comme le Père (cf. Basile, Lettres 9, 3 ; Lettres 52, 1-3 ; Contre Eunome 1, 20). De la même façon, contre ceux qui n’acceptaient pas la divinité du Saint-Esprit, il soutint que l’Esprit est Dieu et « doit être reconnu et glorifié avec le Père et le Fils » (cf. Traité sur le Saint Esprit, SC 17bis, 348). Il nous dévoile comment l’Esprit anime l’Église, la remplit de ses dons, la sanctifie. Basile est par là un des principaux Pères à avoir formulé la doctrine sur la Trinité : le Dieu unique, parce qu’il est Amour, est un Dieu en trois Personnes, lesquelles constituent la plus profonde unité qui existe, l’unité divine.

La lumière resplendissante du mystère divin se reflète sur l’homme, image de Dieu, et exalte sa dignité. En regardant le Christ, on comprend pleinement la dignité de l’homme. Basile s’exclame :

Ô homme, mesure la grandeur qui est la tienne en considérant le prix payé pour toi : évalue le prix de ton rachat et comprends ta dignité ! (In Psal., 48, 8).

En particulier, le chrétien qui vit en conformité avec l’Évangile reconnaît que les hommes sont tous frères entre eux ; que la vie est une administration des biens reçus de Dieu, dont chacun est responsable vis-à-vis d’autrui ; et celui qui est riche doit être comme « un exécutant des ordres de Dieu-bienfaiteur » (Homélie 6 De l’avarice). Nous devons nous aider et coopérer comme les membres d’un corps (Lettres 203, 3).

 

Il est par conséquent bien mérité cet éloge que faisait Grégoire de Nazianze disant, après la mort de Basile :

Basile nous convainc que nous, parce que nous sommes humains, ne devons pas mépriser les hommes, ni, par notre inhumanité à l’égard des hommes, outrager le Christ, chef commun de tous ; mais bien plutôt, dans les disgrâces qui atteignent le prochain, devons-nous répandre le bien et emprunter de Dieu notre miséricorde, parce que nous avons besoin de miséricorde (Grégoire de Nazianze, Discours 43, 63).

Paroles tout à fait actuelles. Nous voyons comment Basile est réellement l’un des Pères de la doctrine sociale de l’Église.

 

En outre, Basile nous rappelle que pour garder vivants notre amour de Dieu et notre amour des hommes, l’Eucharistie est nécessaire, nourriture tout indiquée pour les baptisés, et capable d’alimenter les nouvelles énergies découlant du baptême (cf. Du baptême, 1, 3 ; SC 357,192). Pouvoir participer à l’Eucharistie est cause de joie immense (Moralia, 21, 3), car elle fut instituée « pour garder sans cesse le souvenir de celui qui est mort et ressuscité pour nous » (id. 80, 22). L’Eucharistie, don immense de Dieu, conserve en chacun de nous le souvenir du sceau baptismal et permet de vivre en plénitude et avec fidélité la grâce du baptême. Pour cela le saint évêque recommande la communion fréquente, et même quotidienne :

Aller jusqu’à communier chaque jour, recevant par là les saints corps et sang du Christ, est chose bonne et utile, parce que lui-même dit clairement « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle » (Jn 6, 5). Qui donc alors douterait que communier continûment à la vie soit vivre en plénitude ? (Lettres 93).

En un mot, l’Eucharistie nous est indispensable pour accueillir en nous la véritable vie, la vie éternelle (cf. Moralia, 21, 1).

 

Ni les intrigues, ni les menaces n'eurent jamais prise sur cette grande âme. Un préfet le mande un jour et lui enjoint d'obéir à un prince arien, sous peine de confiscation de ses biens,  de l'exil, des tourments, et de mort : "Faites-moi d'autres menaces, dit Basile, car il n'y a rien là que je puisse craindre; le premier coup suffira pour achever mes peines; la mort m'unira à mon Dieu." L'empereur dut s'avouer vaincu. 

Le saint pontife mourut à cinquante et un ans, ne laissant pas de quoi se faire élever un tombeau de pierre.[2]


Il est reconnu Docteur de l'Église en 1568 par le pape Pie V. [3]

 

Sources: (1); (2); (3)

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 09:07

Bonne et sainte année à tous!

 

 

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 00:00
Sainte Marie, Mère de Dieu, solennité

Huit jours après la Nativité du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, nous célébrons sa Mère, celle qui lui a donné son être humain, corps et âme par l'Esprit-Saint qui vient sur elle la plaçant dans l'orbite de la paternité divine.

 

C'est pourquoi le concile d'Éphèse, en 431 ap. J.-C. la proclama la Theotokos (en grec Θεοτόκος; en latin Deipara o Dei genetrix), la Mère de Dieu, puisque son fils est Dieu. Ce qui ne préjuge pas de la différence entre Marie créature humaine et Jésus Fils éternel de Dieu.

 

La solennité de Ste Marie Mère de Dieu est la première fête Mariale apparue dans l’Église occidentale. [1]

 

L’affirmation de Marie comme Mère de Dieu est la garantie de l’affirmation de la personne divine du Christ. Le problème posé par la crise nestorienne au début du Ve siècle n’était pas seulement mariologique, il était plus fondamentalement christologique. La vérité contestée était l’unité du Christ (Cf. I Jn 2, 22 Voilà l'antichrist, celui qui nie le Père et le Fils.) Cette unité fut reconnue par le concile d’Ephèse, qui condamna Nestorius. Sur la base de la seconde lettre de Cyrille d’Alexandrie à Nestorius, qui fut approuvée par le concile, le Fils éternel du Père est celui qui, à la suite de l’engendrement charnel, est né de la Vierge Marie. De cette vérité sur le Christ, dérivait la conséquence suivante pour Marie: "Pour cette raison, Marie est légitimement appelée Theotokos, Mère de Dieu".

 

Prière du P. Léonce de Grandmaison, jésuite et théologien : Sainte Marie Mère de Dieu gardez-moi un cœur d'enfant  pur et transparent comme une source. Obtenez-moi un cœur simple.

 

 

Sainte Marie Mère de Dieu
gardez-moi un cœur d'enfant
pur et transparent
comme une source.

 

Obtenez-moi un cœur simple
qui ne savoure pas les tristesses.

 

Un cœur magnifique
à se donner,
tendre à la compassion.

 

Un cœur fidèle et généreux
qui n'oublie aucun bien
et ne tienne rancune
d'aucun mal.

 

Faites-moi un cœur doux
et humble
aimant sans demander
de retour,
joyeux de s'effacer
dans un autre cœur
devant votre divin Fils.

 

 

P. Léonce de Grandmaison, jésuite et théologien [2]

 

Sources

 

(1) L'Evangile au Quotidien; (2)

 

. La triade celtique, une ébauche de conception trinitaire" (Anne Bernet)

. Sainte Anne : la Mère de la très Sainte Vierge, était vénérée en Gaule avant même l'apparition du christianisme

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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 10:10

La crise que traverse aujourd’hui l’Occident est due au sentiment qu’il est impossible de connaître la vérité, affirmait le pape Benoît XVI au sanctuaire de Mariazell en Autriche, samedi 8 septembre 2007. "Cette résignation face à la vérité est, selon ma conviction, le cœur de la crise de l'Occident, de l'Europe. [...] De fait, notre foi s'oppose de manière catégorique à la résignation qui considère l'homme incapable de la vérité, comme si celle-ci était trop grande pour lui", expliqua Benoît XVI. [1]

 

Or, cette résignation face à la vérité, est une crise de l'autorité. Et cette crise de l'autorité, on la trouve "aussi" (nous aurions écrit "d'abord"! Ndlr.) dans l'Eglise :

 

Mais c'est le cas aussi, hélas !, dans l'Église. Les autorités ecclésiastiques, qui possèdent pourtant le triple pouvoir législatif, judiciaire et exécutif, au lieu d'éclairer, de commander, de sanctionner quand il le faut, se mettent à la remorque de leurs ouailles voire, ce qui est pire, du monde ennemi de Dieu. « Qui suis-je pour prescrire, pour juger ? », semblent-elles nous dire, alors qu'elles sont tout simplement... des autorités, instituées par Dieu pour cela.

 

[...] Cette déliquescence de l'autorité, un des pires malheurs qui puissent frapper la société humaine, est un châtiment de Dieu, en raison des nombreux crimes dont les hommes se sont souillés devant sa face. Le prophète Isaïe, annonçant les malheurs futurs de Jérusalem, conséquence de ses fautes, déclarait en effet de la part de Dieu : « Je leur donnerai des enfants pour princes » (Is 3, 4). Dire d'une société que son roi est un enfant signifie que le chef est incapable d'exercer pleinement son autorité. Et l'Ecclésiaste nous explique ce qu'il faut penser d'une telle perspective : « Malheur à toi, terre dont le roi est un enfant ! » (Ec 10, 16[2]

La crise de l'autorité dans l'Eglise d'abord

Si en effet, l'Eglise qui a été instituée pour nous dire et nous enseigner la vérité, distinguer le bien et le mal, ne remplit plus son rôle, ne nous dit plus ceci est bien, ceci est mal, si les évêques abdiquent de leur mission, il ne faut pas s'étonner de voir ensuite cette crise de l'autorité se répandre dans le reste de la société. Il ne faut pas s'étonner de la baisse de fréquentation des sacrements. Il n'y a une crise de l'autorité dans la société que parce qu'il y a d'abord une crise de l'autorité dans l'Eglise.

 

"Quant à ceux qui ont reçu l'autorité, conclut l'abbé Christian Bouchacourt, dans l'éditorial de Fideliter n° 234,  ils doivent courageusement et humblement « remplir tous les devoirs de leur ministère », « reprendre, exhorter, menacer, en toute patience et doctrine », même si le temps semble venu où les hommes rejettent la saine doctrine et veulent vivre selon leurs désirs sans supporter aucune autorité (2Tm 4, 1-5)."

 

Sources

 

[1] Benoît XVI : La crise de la vérité est à l’origine de la crise en Occident, Homélie au sanctuaire marial de Mariazell en Autriche, Zenit.org, 10 septembre 2007

[2] Nécessité de l'autorité, Abbé Christian Bouchacourt, Fideliter, Editorial du n° 234

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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 00:00
Saint Sylvestre, Pape († 335)

Saint Sylvestre, né en 280, eut Rome pour patrie.

Quand il fut en âge de disposer de sa fortune, il se plaisait à donner l'hospitalité aux chrétiens étrangers qui passaient à Rome ; il les menait à sa demeure, lavait leurs pieds, leur servait à manger, enfin leur donnait, au nom de Jésus-Christ, tous les soins de la plus sincère charité. [1]

Vint un jour à Rome, un illustre confesseur de la foi, nommé Timothée d'Antioche. Personne n'osait le recevoir ; Sylvestre s'en fit un honneur, et, pendant un an, Timothée prêchant Jésus-Christ avec un zèle incroyable, recevait chez lui la plus généreuse hospitalité. Cet homme héroïque ayant conquis la palme du martyre, Sylvestre déroba ses précieux restes et les ensevelit à la faveur de la nuit. Mais lui-même fut bientôt traduit devant le tribunal du préfet, comme recélant les trésors du martyr :

 

"Timothée, répondit-il, ne m'a laissé que l'héritage de sa foi et de son courage." 



Le préfet le menaça de la mort et le fit jeter en prison ; mais Sylvestre, en le quittant, lui dit : "Insensé, c'est toi-même qui, cette nuit, vas rendre compte à Dieu."

Le persécuteur avala une arête de poisson et mourut en effet dans la nuit.

La crainte des châtiments célestes adoucit les bourreaux et l'héroïque jeune homme fut rendu à la liberté.

Cette belle conduite de Sylvestre le fit appeler au diaconat par le Pape saint Melchiade, dont il devait être l'éminent successeur.
Son long pontificat de vingt et un ans (314-335) est surtout célèbre par le concile de Nicée, le Baptême de l'empereur Constantin et le triomphe de l'Église. Le Baptême de Constantin est reporté à une époque plus tardive par de nombreux auteurs; mais des témoignages non moins nombreux et non moins sérieux placent le Baptême de ce grand empereur sous le règne de saint Sylvestre, et le Bréviaire romain confirme cette opinion. [2]

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/dd/THE_FIRST_COUNCIL_OF_NICEA.jpg/220px-THE_FIRST_COUNCIL_OF_NICEA.jpg

Icône du premier concile de Nicée. Au premier plan, l'évêque saint Spyridon s'exprime devant le concile et confond Arius.

Derrière lui, préside à gauche (à droite de l'autel) le représentant de l'évêque de Rome, et en seconde place, à droite, la puissance invitante, l'empereur Constantin

 

Constantin, encore païen et peu favorable aux chrétiens dont il ignorait complètement la doctrine, fut atteint d'une sorte de lèpre qui lui couvrit tout le corps. Une nuit, saint Pierre et saint Paul, éclatants de lumière, lui apparurent et lui ordonnèrent d'appeler le Pape Sylvestre, qui le guérirait en lui donnant le Baptême. Le Pape, en effet, instruisit le royal néophyte et le baptisa. Le règne social de Jésus-Christ commençait; la conversion de Constantin allait avoir pour heureuse conséquence celle de l'univers.

Les historiens chrétiens de l'époque romaine (Eusèbe de Césarée et Lactance) attribuent la conversion de Constantin à une vision qu'il aurait eue juste avant la bataille du pont Milvius, où il triompha de Maxence (312). Mais la tradition médiévale, véhiculée notamment par la Légende dorée, en donne une autre interprétation : l'empereur était couvert d'une lèpre incurable, et c'est lorsque Sylvestre l'eut baptisé par immersion dans une piscine qu'il fut guéri de sa lèpre et comprit qu'il lui fallait défendre la foi chrétienne. [3]

 

Sylvestre Ier tuant un dragon et ressuscitant ses victimes

 

On a attribué aussi à Sylvestre d'autres miracles spectaculaires, par exemple d'avoir ressuscité un taureau et dompté un dragon, qui sont décrits dans la Légende dorée.

 

Il fut, à l'origine, inhumé dans la Catacombe de Priscille, à Rome. [4]

 

Sources: [1]; [2]; [3] Jacques de Voragine, La Légende dorée, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 2004, publication sous la direction d'Alain Boureau, chapitre 12, p. 86-93; [4] Wikipedia

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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 10:32

Le Samedi 21 janvier 2017, plus que jamais, Paris, 10 heures, Place de la Concorde.

Devant la statue de ROUEN et l'Hôtel CRILLON.

Le jour, à l'heure et sur le lieu du sacrifice, nous invitons les royalistes à rendre hommage au Roi martyr mort pour Dieu, la France et son peuple.

Par une même prière nous demanderons à Louis XVI d'intercéder auprès de Notre-Seigneur afin que la France se souvienne des promesses de son baptême et mérite ainsi le roi que nous espérons.

 

Avec la participation du Choeur Montjoie Saint Denis.

 

org. France Royaliste

 

Venez très nombreux, prier et chanter avec nous pour la résurrection de la France.

Hommage à Louis XVI - 21 janvier 2017 Paris Place de la Concorde 10H
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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 00:00
Fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph

Fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph

 

Les pasteurs de Bethléem ayant reçu l'annonce de l'ange, s'empressèrent d'accourir à la grotte et trouvèrent « Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la crèche » (Lc 2, 16).

 

Les premiers témoins de la naissance du Christ, les pasteurs, se trouvèrent non seulement en face de l'Enfant Jésus, mais d'une petite famille : la Mère, le Père et le Fils nouveau-né.

Jésus est le fils de Dieu envoyé dans ce monde. Il est aussi le fils de Marie, une jeune fille de Galilée, et, comme tout enfant, il apprend tout auprès de ses parents. La parole de Dieu n'est pas une parole proférée loin au-dessus de nos vies ; elle prend chair et apprend les mots des hommes dans une humble famille. [1]

Dieu a voulu se révéler en naissant dans une famille humaine, et c'est pourquoi la famille humaine est devenue une icône de Dieu.

Dieu est Trinité, il est communion d'amour et la famille en est une expression qui reflète le Mystère insondable de Dieu amour, dans toute la différence qui existe entre le Mystère de Dieu et sa créature humaine.

L'homme et la femme, créés à l'image de Dieu, deviennent dans le mariage « une seule chair » (Gn 2, 24), c'est-à-dire une communion d'amour qui engendre une nouvelle vie. La famille humaine, dans un certain sens, est une icône de la Trinité du point de vue de l'amour interpersonnel et de la fécondité de l'amour.

 

La liturgie d'aujourd'hui propose le célèbre épisode évangélique de Jésus âgé de douze ans qui reste au Temple, à Jérusalem, à l'insu de ses parents, qui, surpris et inquiets, l'y retrouvent après trois jours alors qu'il discute avec les docteurs. A sa mère qui lui demande des explications, Jésus répond qu'il doit « être dans la propriété », dans la maison de son Père, c'est-à-dire de Dieu (cf. Lc 2, 49).

 

Dans cet épisode, le jeune Jésus nous apparaît plein de zèle pour Dieu et pour le Temple. Demandons-nous : de qui Jésus avait-il appris l'amour pour les « choses » de son Père ? Assurément en tant que fils, il a eu une intime connaissance de son Père, de Dieu, d'une profonde relation personnelle permanente avec Lui, mais, dans sa culture concrète, il a assurément appris les prières, l'amour envers le Temple et les institutions d'Israël de ses propres parents. Nous pouvons donc affirmer que la décision de Jésus de rester dans le Temple était surtout le fruit de sa relation intime avec le Père, mais aussi le fruit de l'éducation reçue de Marie et de Joseph.

 

Nous pouvons ici entrevoir le sens authentique de l'éducation chrétienne : elle est le fruit d'une collaboration à rechercher toujours entre les éducateurs et Dieu. La famille chrétienne est consciente que les enfants sont un don et un projet de Dieu. Par conséquent, elle ne peut pas les considérer comme sa propriété, mais, en servant à travers eux le dessein de Dieu, elle est appelée à les éduquer à une plus grande liberté, qui est précisément celle de dire oui à Dieu pour faire sa volonté. La Vierge Marie est l'exemple parfait de ce « oui ». Nous lui confions toutes les familles, en priant en particulier pour leur précieuse mission éducative.

 

Dieu, qui est venu au monde au sein d'une famille, montre que cette institution est la voie sûre pour le rencontrer et le connaître, et également un appel incessant à travailler à l'unité de tous autour de l'amour. Il s'ensuit que l'un des services les plus grands que nous chrétiens pouvons prêter à nos semblables est de leur offrir notre témoignage serein et ferme de la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme, en la sauvegardant et en la promouvant, car celle-ci possède une importance suprême pour le présent et l'avenir de l'humanité. En effet, la famille est la meilleure école pour apprendre à vivre les valeurs qui donnent sa dignité à la personne et rendent les peuples grands. [2]

 

Notes 

 

[1] Croire

[2] BENOÎT XVI, Angelus - Place Saint-Pierre, Dimanche 27 décembre 2009

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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 00:00
Saint David, Fils de Jessé - Roi de Juda et d'Israël - Ancien Testament (Xe s. av JC.)

Les Églises d'Orient célèbrent le saint roi-poète qui est la figure messianique du Christ, et dont les psaumes sont la base même de la prière liturgique depuis des millénaires. Après avoir gravement offensé la loi divine, il manifesta un repentir exemplaire. [1]

 

"Samuel donna l’onction à David au milieu de ses frères. L’esprit du Seigneur s’empara de David" (1 S 16, 1-13) [2]

 

Suivant la Bible hébraïque, ce jeune berger de la tribu de Juda, fils de Jessé, est appelé aux côtés du roi Saül pour l'apaiser de ses chants. Il met en déroute les ennemis philistins en vainquant le géant Goliath à l'aide de sa fronde. Devenu le héros d'Israël, il s'attire la jalousie puis la vindicte de Saül, doit s'enfuir et prend la tête de maquisards, opérant la vengeance divine et redistribuant les butins aux pauvres.[3]

 

Les chrétiens adoptent les Écritures hébraïques et font de Jésus-Christ l'héritier de la promesse messianique faite à David.

 

« Devenu vieux vers 975 av. J.-C., le roi David appela le prêtre Sadoc, le prophète Nathan et Benaya, fils de Joad, et leur dit :

 

Vous placerez mon fils Salomon sur ma propre mule et vous le ferez descendre à Guilhone. Là le prêtre Sadoc et le prophète Nathan lui donneront l'onction comme roi sur Israël. Vous sonnerez du cor et vous direz : "Vive le roi Salomon!" Vous remonterez à sa suite et il viendra s'asseoir sur mon trône et c'est lui qui régnera à ma place [...] Alors le prêtre Sadoc prit dans sa Tente la corne d'huile et donna l'onction à Salomon. On sonna du cor et tout le peuple dit : "Vive le roi Salomon!" Tout le peuple remonta derrière lui. Le peuple jouait de la flûte et manifestait une joie débordante." (1 R 1, 32 et suiv.)"

 

Ainsi s'accomplissait la promesse du Seigneur : "Quand tes jours seront accomplis et que tu reposeras auprès de tes pères, je te susciterai pour ta descendance un successeur, qui naîtra de toi, et je rendrai stable sa royauté. [...] Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi, ton trône sera stable pour toujours." (2 S 7, 12-16.)

 

Jésus-Christ ("Christ" signifie en grec celui qui a reçu l'onction), dont le rôle et le caractère royal sont soulignés par les Evangiles (jusqu'à treize fois dans le seul Evangile de Jean).» [4]

 

En 751, Pépin le Bref reçut l’onction sainte des mains de saint Boniface, l'évangélisateur de la Germanie, et se fit élire roi par les grands de Soissons : il devint le premier de nos rois à être "sacrés". Pépin partage avec Saül et David le fait de ne pas avoir été appelé à régner par sa naissance.

 

Saint David, Fils de Jessé - Roi de Juda et d'Israël - Ancien Testament (Xe s. av JC.)

Selon Israël Finkelstein, ensuite, à travers Jésus-Christ, l'héritage se transmet à tous les rois de la chrétienté, à l'instar de Charlemagne qui se proclame "nouveau David".[5] En fait, c'est le sacre de nos rois qui les rattachait, et eux seuls à David. Ce qui d'ailleurs sera une des raisons qui pousseront les rois d'Angleterre a réclamer de Rome (sans y réussir) l'onction sainte et établira la supériorité morale de notre monarchie sur la monarchie anglaise, par exemple, quand celle-ci tentera de dominer la monarchie française sous les Plantagenêt.

MISERERE MEI DEUS (Psaume 50)

 

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,

selon ta grande miséricorde, efface mon péché.

Lave-moi tout entier de ma faute,

purifie-moi de mon offense.

 

Oui, je connais mon péché,

ma faute est toujours devant moi.

Contre toi, et toi seul, j’ai péché,

ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.

 

Ainsi, tu peux parler et montrer ta justice,

être juge et montrer ta victoire.

Moi, je suis né dans la faute,

j’étais pécheur dès le sein de ma mère.

 

Mais tu veux au fond de moi la vérité ;

dans le secret, tu m’apprends la sagesse.

Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur ;

lave-moi et je serai blanc, plus que la neige.

 

Fais que j’entende les chants et la fête :

ils danseront, les os que tu broyais.

Détourne ta face de mes fautes,

enlève tous mes péchés.

 

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,

renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.

Ne me chasse pas loin de ta face,

ne me reprends pas ton esprit saint.

 

Rends-moi la joie d’être sauvé ;

que l’esprit généreux me soutienne.

Aux pécheurs, j’enseignerai tes chemins ;

vers toi, reviendront les égarés.

 

Libère-moi du sang versé, Dieu, mon Dieu sauveur,

et ma langue acclamera ta justice.

Seigneur, ouvre mes lèvres,

et ma bouche annoncera ta louange.

 

Si j’offre un sacrifice, tu n’en veux pas,

tu n’acceptes pas d’holocauste.

Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ;

tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé…

Sources: 1; 2; 3; [4] Patrick Demouy, Le Sacre du Roi, La Nuée bleue, Place des Victoires, Editions du Quotidien, Strasbourg 2016, p. 29; [5] Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman (trad. Patrice Ghirardi), Les rois sacrés de la Bible : à la recherche de David et Salomon, Paris, Bayard, 2006, p. 20-21

 

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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 00:00
SAINT THOMAS, Evêque de Cantorbéry, Martyr

SAINT THOMAS, Evêque de Cantorbéry, Martyr

Thomas de Cantorbéry naît à Londres le 21 décembre 1117. Sa pieuse mère lui inspire dès son enfance la crainte de Dieu et une tendre dévotion pour la très-sainte Vierge. Son père étant mort en 1138, laisse notre saint exposé à tous les dangers que court dans le monde la jeunesse sans expérience. Heureusement, il est accoutumé dès ses jeunes années à la pratique de l'obéissance et du renoncement. Il se tient donc sur ses gardes pour ne rien faire sans conseil. Après avoir parcouru un cercle d'études aussi solides que variées, il embrasse l'état ecclésiastique, et s'attache à l'archevêque de Cantorbéry, qui le fait archidiacre de son église.

 

Les services que cette place lui donne occasion de rendre à Henri II Plantagenêt lui procurent la dignité de chancelier du royaume, et Thomas ne l'honorent pas moins par la supériorité de son talent que par l'éclat de ses vertus. Le roi veut lui en témoigner sa satisfaction en le nommant, bien malgré lui, archevêque de Cantorbéry. Il se montre le modèle de son clergé, le père des pauvres, le gardien fidèle des règles et des droits de l'Eglise. Ce fut ce dernier point qui le brouilla avec le roi.

 

Henri II convoqua une assemblée à Clarendon le 30 janvier 1164 où il demandait un recul des droits de l'Eglise. Il essaya de se débarrasser de Becket par voie judiciaire et le convoqua devant un grand conseil à Northampton le 8 octobre 1164 pour répondre de l'accusation de contestation de l'autorité royale et malfaisance dans son emploi de chancelier.

 

Une autre raison de leur désaccord est son refus d'accorder le mariage de Guillaume Plantagenêt comte du Poitou, vicomte de Dieppe (frère du roi) avec Isabelle de Warenne pour consanguinité.

 

Thomas dénia à l'assemblée le droit de le juger. Il fit appel au pape et indignement persécuté, il partit en exil volontaire, en embarquant sur un bateau de pêcheurs (2 novembre 1164) qui le débarqua en France. Il vint en France trouver le pape Alexandre III, qui lui parla avec beaucoup de tendresse, et l'exhorta à se montrer toujours digne du caractère sacré dont il était revêtu.

 

Après un certain temps, il put revenir en Angleterre, mais avec la persuasion qu'il allait y chercher la mort. En effet, Henri, incité par ses partisans, refusa de rendre les propriétés ecclésiastiques qu'il avait saisies. Thomas avait déjà préparé la sanction contre ceux qui avaient privé l'Église de ses biens et contre les évêques qui avaient inspiré la saisie. Le roi ayant dit dans un moment d'humeur : Personne n'aura donc le courage de me débarrasser de ce prêtre !... quatre de ses officiers vinrent assassiner Thomas dans son église, au pied de l'autel, l'an 1170. Henri fit depuis une pénitence exemplaire de son crime. [1]

 

 

Par son courage indomptable à défendre les droits de l'Église, il est devenu l'un des plus célèbres évêques honorés du nom de saints et de martyrs. Le roi Henri II le nomma son chancelier. Il ne fit que croître en vertu, donnant le jour aux affaires et passant la meilleure partie de la nuit en oraison. Il n'était que le distributeur de ses immenses revenus : les familles ruinées, les malades abandonnés, les prisonniers, les monastères pauvres, en avaient la meilleure part.

 

Le roi l'obligea d'accepter l'archevêché de Cantorbéry. Sa sainteté s'accrut en raison de la sublimité de ses fonctions. On ne le voyait jamais dire la Sainte Messe, sinon les yeux baignés de larmes ; en récitant le Confiteor, il poussait autant de soupirs qu'il prononçait de mots. Il servait les pauvres à table trois fois par jour ; à la première table, il y avait treize pauvres ; à la seconde, douze ; à la troisième, cent.

 

Thomas avait bien prévu : les exigences injustes du roi obligèrent l'archevêque à défendre avec fermeté les droits et les privilèges de l'Église. Henri II, mal conseillé et furieux de voir un évêque lui résister, exerça contre Thomas une persécution à outrance.

 

Le 29 décembre 1170, les émissaires du roi se présentèrent dans l'église où Thomas priait. Il refusa de fuir et fut assommé si brutalement, que sa tête se brisa et que sa cervelle se répandit sur le pavé du sanctuaire. C'est à genoux qu'il reçut le coup de la mort. Il employa ce qui lui restait de force pour dire :

 

"Je meurs volontiers pour le nom de Jésus et pour la défense de l'Église." [2]

Extrait du vitrail de la vie de Thomas Becket sur le transept nord de la cathédrale de Coutances le représentant traversant la Manche.

Extrait du vitrail de la vie de Thomas Becket sur le transept nord de la cathédrale de Coutances le représentant traversant la Manche.

Henri II se résolut à faire pénitence publique à Avranches en 1172 et à revenir sur les décisions entérinées dans les Constitutions de Clarendon.

 

Thomas fut canonisé en 1173 dans la cathédrale de Canterbury, devenue lieu de pèlerinage.

 

Les œuvres littéraires modernes basées sur l'histoire de Thomas Becket incluent les pièces Meurtre dans la cathédrale (Murder in the Cathedral, 1935, trad. Le Seuil, 1946) de T. S. Eliot et Becket ou l'Honneur de Dieu de Jean Anouilh (1959) avec un film du même nom. Au XIXe siècle, Conrad Ferdinand Meyer écrivit la nouvelle Der Heilige (le Saint) à propos de Thomas Becket. Au XXe siècle, le roman Les Piliers de la terre de Ken Follet se termine sur cette partie de l'histoire de Thomas Becket. [3]

 

PRATIQUE. Estimez-vous heureux de souffrir des persécutions pour la justice.

Sources

 

[1] Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 366

[2] L'Evangile au Quotidien

[3] Wikipedia

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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 18:25

Après le coup d'Etat manqué en Turquie qui a visé le président turc Erdogan, celui-ci s'est rapproché de la Russie. Aujourd'hui, il continue de s'éloigner de ses anciens alliés de l'OTAN en accusant les Etats-Unis de soutenir l'Etat islamique, selon Reuters, en disant avoir des preuves, des photos et des videos.

Source: http://www.reuters.com/article/us-mideast-crisis-syria-turkey-idUSKBN14G1EU

Source: http://www.reuters.com/article/us-mideast-crisis-syria-turkey-idUSKBN14G1EU

Erdogan dit que la coalition dirigée par les Etats-Unis soutient des groupes terroristes en Syrie

 

Le président turc Tayyip Erdogan a dit qu'il a des preuves que les forces de la coalition sous commandement américain apportent un soutien à des groupes terroristes, y compris l'État islamique et les groupes militants kurdes YPG et PYD, a-t- il dit mardi (27 décembre Ndlr.).

 

"Ils nous accusaient de soutenir Daesh (Etat islamique)", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Ankara. "Maintenant, ils apportent leur soutien à des groupes terroristes comme Daesh, YPG, PYD. C'est très clair, nous avons des preuves confirmées, avec des photos et des vidéos", a-t-il déclaré.

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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 17:19

Dans un article paru à l’occasion de la fête de Noël, le magazine allemand “Der Spiegel” se montre très critique à l’encontre du Pape François. D’après ce texte “François semble de plus en plus isolé, démoralisé par l’opposition qu’il rencontre à l’intérieur de la Curie, et par le manque de courage de la base face aux réformes à entreprendre.” Un proche du Pape aurait déclaré que certains ne reconnaissent plus aujourd’hui en François ce Cardinal Bergoglio qu’ils avaient élu en 2013.

Le correspondant du magazine “Der Spiegel” à Rome, Walter Mayr, explique que même les adeptes les plus fidèles de ce Pape commencent à prendre leurs distances.

Toujours d’après ce magazine, on apprend que le nombre de participants aux événements de l’Année Sainte à Rome a été largement en dessous de toutes les prévisions et que les travaux de restructuration de la Curie avancent à tout petits pas. Dans certains dicastères, on fait état d’ambiances chaotiques.

La critique se porte aussi sur la tendance du Pape à une volubilité complaisante : des paroles incessantes par lesquelles il est allé jusqu’à reprocher aux médias et à leur public un penchant pour la coprophagie, c’est-à-dire pour la consommation d’excréments. Même les plus proches de François ont été déstabilisés par de telles accusations et l’emploi d’un vocabulaire déplacé.

D’après le “Spiegel”, il ne reste pas beaucoup de temps à François pour réaliser les changements dont il parle sans cesse : en effet, la période maximale qu’il s’est lui-même fixée, sera bientôt écoulée. Dans son cercle restreint, le Pape François aurait dit : “Il n’est pas exclu que j’entrerai dans l’histoire comme celui qui aura provoqué un schisme dans l’Eglise”.

Le “Spiegel” rapporte aussi une intervention du Cardinal Brandmüller à propos des personnes divorcées-remariées, qui estime que le sujet touche à des thèmes essentiels : il en va du cœur même de notre foi. Le Cardinal reproche au Pape et au Cardinal Kasper d’en arriver à relativiser, à “ramollir” le contenu des articles de la foi catholique et d’en laisser l’interprétation aux communautés locales. Ceci porte atteinte à l’universalité de l’Eglise. Et le Cardinal Brandmüller d’ajouter : “Celui qui pense que la vie maritale au sein d’un couple divorcé-remarié est compatible avec la réception de l’Eucharistie est un hérétique : il favorise l’apparition d’un schisme”. Toujours selon le Cardinal Brandmüller, la Sainte Ecriture n’est pas un self-service : S. Paul dit que nous sommes les gérants des Mystères divins ; nous n’en sommes pas les maîtres.

"Pur chaos" à la Curie : "le Pape François semble de plus en plus isolé" (Der Spiegel)

Source : Kathnet. Trad. MH/APL

Pro Liturgia, Actualité du mercredi, 28 décembre 2016.

 

L'article original en allemand :

"Pur chaos" à la Curie : "le Pape François semble de plus en plus isolé" (Der Spiegel)

Kritik an Franziskus "Der Papst kocht", Spiegel Online, Freitag, 23.12.2016   11:23 Uhr

 

"Chaos pur"

Der erste Eindruck: Ein paar starrsinnige, greise Kardinäle laufen da wieder einmal Sturm gegen den ungebrochen reformfreudigen Papst. Doch diesmal, so scheint es, steht mehr auf dem Spiel. Franziskus wirkt zunehmend einsam, vom Widerstand in der Kurie und vom mangelnden Mut zur Veränderung an der Basis zermürbt. "Den Bergoglio, den sie 2013 gewählt haben, erkennen viele im Franziskus von 2016 nicht wieder", sagt ein Vertrauter des Papstes.

 

Das abgelaufene Heilige Jahr der Barmherzigkeit, "ein Thema, das alles abdeckte, aber auch alles offenließ", sei bei den Besucherzahlen weit hinter den Erwartungen zurückgeblieben. Auch der Umbau der Kurie kommt nur stockend voran - aus einzelnen Ämtern wird "Chaos pur" vermeldet.

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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 16:35

"Dès que j'ai eu l'honneur et le bonheur de faire la connaissance de Mgr le duc d'Anjou, puis de l'approcher et de m'entretenir longuement avec lui en différentes circonstances, j'ai immédiatement su et compris qu'il existait quelque chose de sacré dans sa personne, toute de lumineuse simplicité. Il y avait en lui ce qui relève de l'origine divine du pouvoir, et si, l'on veut ne pas me suivre là-dessus, au moins cette élévation religieuse de la pensée et du sens moral qui peut seule autoriser un être humain à régir le destin de ses semblables. (...) En France, malheureusement, il n'existe plus la moindre once de sacré dans l'exercice du pouvoir actuel de la république.

C'est vrai que le duc d'Anjou n'avait pas le pouvoir. Mais j'ai la conviction qu'il était dépositaire d'une parcelle de divin. Ce n'est que cela, et rien de plus, la légitimité."

Jean Raspail, interview à Bourbons Magazine, nov-déc 1998 à propos du duc d'Anjou et de Cadix, Alphonse II de Bourbon.

Jean Raspail : la légitimité
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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 07:41

Mgr Benno Elbs, Evêque de Feldkirch (AU), qui a participé au dernier Synode des évêques à Rome, a déclaré dans une interview au journal “Die Presse” que la doctrine de l’Eglise a été modifiée par “Amoris laetitia” : “L’enseignement est modifié dans la mesure où les fidèle peuvent maintenant décider en conscience de ce qu’ils peuvent faire avec, pour ainsi dire, la bénédiction du Pape..."

 

Comme nous l'écrivions le 2 octobre 2015, soit avant la conclusion du "Synode sur la Famille" et donc la publication d'Amoris laetitia,

 

"Attention, voilà ce qui se prépare au Synode: la permission du divorce et du remariage [...] Au bout c'est la nécessité d'une Eglise fondée par Jésus-Christ qui est annulée. Parce que au final, si c'est la conscience qui nous juge, à quoi bon l'Eglise ? [...]  En clair, les divorcés remariés (et tous les pécheurs, donc tout le monde, même les assassins) font ce qu'ils veulent. Question: qui donc dans l'Eglise a le droit de dire aux pécheurs ce qu'ils doivent faire ? Si personne n'a le droit de dire aux pécheurs ce qu'ils doivent faire, à quoi servent les évêques et les prêtres ? A quoi sert l'Eglise ? Et dans ce cas, pourquoi (en fin de video) ces évêques se plaignent-ils de la baisse du nombre de mariage ? [...] La conscience devient l'élément prépondérant qui présume de la légitimité ou non d'une communion."

 

Les conséquences d'Amoris laetitia sont donc très graves et encore largement non perçues. Cette crainte d'une désagrégation de la foi a été analysée dans un article paru hier en italien sur le site "Corrispondenza Romana" (27 dicembre 2016 - 09:14) titré Amoris Laetitia: la logica dell’eresia, "Amoris Laetitia : la logique de l'hérésie", dont voici une traduction, qui bien qu'imparfaite, apporte une information supplémentaire au sujet des réformes souhaitées par le Pape François.

Amoris Laetitia: la logique de l'hérésie

1. Si nous cédons sur un point, tout explose.

 

En réponse à une question sur la possibilité de permettre l'accès à l'Eucharistie aux divorcés civilement remariés, lors d'une grande conférence tenue à Rome en Novembre 2015 [1], le Cardinal Caffara a déclaré que "ce n'est pas possible" :

 

et ceci parce qu'"une telle admission reviendrait à changer la doctrine de l'Eglise sur le mariage, l'Eucharistie, la confession, la sexualité humaine et aurait une signification pédagogique dévastatrice, parce que devant une telle décision, les jeunes en particulier, pourraient légitimement conclure : - alors il est vrai, un mariage indissoluble n'existe pas - " [2]

Les affirmations de l'archevêque émérite de Bologne, jamais démenties, sont encore plus actuelles, après que les Dubia aient été présentées au pape par le groupe des Quatre cardinaux, dont le même Caffara fait partie.

 

Dans ces notes, nous allons essayer d'expliquer comment le cardinal Caffara a tout à fait raison, et comment la pratique et / ou la possibilité d'admettre à la sainte communion les divorcés civilement remariés conduit effectivement à cette désintégration doctrinale si clairement exposée.

 

2. Les articles de foi ne sont pas indépendants les uns des autres.

 

Les propositions de la foi s'appellent articles, parce qu'ils sont accompagnés et reliés les uns aux autres comme les membres du corps humain seulement réunis par des articulations: en niant une vérité de la foi, on finit logiquement par en nier beaucoup d'autres, sinon toutes.

 

Le Magistère n'est pas resté silencieux sur ce lien entre les déclarations de foi : le concile Vatican I a parlé de lien mysteriorum inter se [3], le concile Vatican II a parlé de hiérarchie des vérités [4], le Catéchisme a repris les deux affirmations, et nous parle de liens mutuels et de la cohérence des dogmes [5].

 

Le Cardinal Schömborn a expliqué que la hiérarchie des vérités ne signifie pas qu'il y en ait (non spécifiées) un groupe de vérités nécessaires de croire et d'autres vérités (toujours non spécifiées) en option pour la foi :

 

«La hiérarchie des vérités signifie [...] "un principe organique structurel", qui ne doit pas être confondu avec le "degré de certitude." Ce principe stipule également que les différentes vérités de la foi sont ordonnés à la fonction d'un centre, à un noyau nucléaire, mais cependant pas que la vérité qui n'est pas placée au centre soit, pour cette raison, pas vraie.» [6]

 

Ce noyau central, indique le Catéchisme de saint Pie X est l'un des deux principaux mystères de la foi (l'unité et la Trinité de Dieu et l'Incarnation, la Passion et la Mort de Notre Seigneur Jésus-Christ) comme "centre organique", comprenant en lui-même - d'une certaine façon - tous les autres mystères.

 

Image:Jesus Resurrection 1778.jpg Prenons un exemple pour expliquer ce concept : de "la résurrection des morts" dépend "le troisième jour il est ressuscité": Saint Paul affirme que si on nie la résurrection des morts, on finit par nier la résurrection du Christ:

 

"si l'on prêche que le Christ est ressuscité des morts, comment quelques-uns parmi vous disent-ils qu'il n'y a point de résurrection des morts? S'il n'y a point de résurrection des morts, le Christ non plus n'est pas ressuscité." [7]

 

Ainsi, la "vie éternelle" dépend du "pain de vie" :

 

"Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement; et le pain que je donnerai est ma chair pour la vie du monde." [8]

 

Donc, vous comprenez comment dans certains endroits, depuis les temps anciens [9], la récitation du Credo a été accompagnée, dans la liturgie, par le signe de croix (encore prescrit, après la récitation du Symbole, sous la forme extra-ordinaire du rite romain) .

 

Le signe de la croix - "signe admirable, qui relie magnifiquement l'expression christologique et la foi rédemptrice à son expression trinitaire" [10] - situé à la fin du Credo, indique que les deux mystères principaux comprennent en eux-mêmes tous les éléments simplement proclamés.

 

Ce lien étroit signifie cependant aussi qu’un seul article non cru reviendrait à faire tomber les deux autres mystères principaux du noyau central de la foi.

 

3. Les dominos.

 

Qu'est-ce implique donc l'admission des divorcés et civilement remariés cohabitant comme mari et femme à la réception de la Sainte Eucharistie?

 

Je vais énumérer les nombreuses erreurs qui en résultent : beaucoup de ces erreurs, si elles sont engagées obstinément, sont de véritables hérésies; Le Canon 751 CIC (Code de droit canon de 1983 Ndlr.) dit:

 

"On appelle hérésie la négation obstinée, après la réception du baptême, d’une vérité qui doit être crue de foi divine et catholique."

 

Le Code de droit canonique décrit ici l'hérésie formelle, en incluant l'obstination, qui est une disposition de l'hérétique: mais une déclaration peut être hérétique matériellement, c'est-à-dire sans tenir compte de ce qu'elle dit mais par la déclaration elle-même.

 

Quand je dis que certaines déclarations sont hérétiques, je ne veux ni dire que François est hérétique, ni dire que Amoris laetitia est hérétique : sont hérétiques certaines affirmations qui peuvent être déduites par l'exhortation elle-même : surtout si, à partir d'Amoris laetitia, vous vouliez contourner les conditions requises par la Congrégation pour la Doctrine de la foi pour l'accès à l'Eucharistie des divorcés et remariés :

 

 

"Cela signifie, en pratique, que quand un homme et une femme [pas mariés sacramentellement], ne peuvent pas satisfaire à l'obligation de se séparer pour des motifs graves - tels que, par exemple, l'éducation des enfants -, ils «prennent l'engagement de vivre dans la continence complète, qui est, par l'abstinence des actes réservés aux conjoints» [S. Jean-Paul II, Homélie pour la clôture de la sixième Synode des Évêques, 25.10.1980, § 7] [11].

 

Ce point a été fait récemment par le cardinal Brandmüller :

 

"Quiconque pense que l'adultère persistant et la réception de la Sainte Communion sont compatibles est un hérétique et favorise le schisme." [12].

 

Voyons maintenant comment si vous essayez de rendre l'adultère compatible avec (l'accès à) l'Eucharistie, cela conduirait à l'effondrement de l'ensemble du bâtiment de notre sainte foi catholique.

 

1ère hérésie : il est permis d'accéder à l'Eucharistie sans être en état de grâce.

 

Que la déclaration ci-dessus soit hérétique, c'est une évidence par le fait qu'elle contredit la vérité constamment proposée par l'Eglise comme fondée sur la Sainte Écriture; S. Jean-Paul II enseignait ainsi :

 

« Je désire donc redire que demeure et demeurera toujours valable dans l'Église la norme par laquelle le Concile de Trente a appliqué concrètement la sévère admonition de l'Apôtre Paul, en affirmant que, pour une digne réception de l'Eucharistie, "si quelqu'un est conscient d'être en état de péché mortel, il doit, auparavant, confesser ses péchés." »[13].

 

« L'Eglise, cependant, réaffirme sa discipline, fondée sur l'Ecriture Sainte, selon laquelle elle ne peut admettre à la communion eucharistique les divorcés remariés. Ils se sont rendus eux-mêmes incapables d'y être admis car leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d'amour entre le Christ et l'Eglise, telle qu'elle s'exprime et est rendue présente dans l'Eucharistie. »[14]

 

Pour pouvoir admettre à la Sainte Eucharistie les divorcés civilement remariés vivant comme mari et femme sous le même toit, en essayant vainement de ne pas contredire la tradition séculaire de l'Église, il faut soutenir que, dans certains cas, l'adultère n'est pas un péché mortel; mais ce faisant, on risque de tomber dans les deux hérésies suivantes (la 2e et la 3e) :

 

2ème hérésie : il n'y a aucun acte intrinsèquement mauvais (c'est-à-dire des actes qui, commis en pleine conscience et consentement délibéré, sont toujours un grand péché)

 

Au contraire, Saint-Jean-Paul II enseigne:

 

"A la lumière de la Révélation et de l'enseignement constant de l'Eglise, spécialement de celui du Concile Vatican II, [ ...] Chacun de nous sait l'importance de la doctrine qui constitue l'essentiel de l'enseignement de la présente encyclique et qui est rappelée aujourd'hui avec l'autorité du Successeur de Pierre. Chacun de nous peut mesurer la gravité de ce qui est en cause, non seulement pour les individus, mais encore pour la société entière, avec la réaffirmation de l'universalité et de l'immutabilité des commandements moraux, et en particulier de ceux qui proscrivent toujours et sans exception les actes intrinsèquement mauvais.

En reconnaissant ces commandements, le cœur du chrétien et notre charité pastorale entendent l'appel de Celui qui « nous a aimés le premier » (1 Jn 4, 19). Dieu nous demande d'être saints comme lui-même est saint (cf. Lv 19, 2), d'être, dans le Christ, parfaits comme lui-même est parfait (cf. Mt 5, 48) : la fermeté exigeante du commandement se fonde sur l'amour miséricordieux et inépuisable de Dieu (cf. Lc 6, 36), et le commandement a pour but de nous conduire, avec la grâce du Christ, sur le chemin de la plénitude de la vie propre aux fils de Dieu.»[15]

 

Et le Catéchisme déclare:

 

"Il y a des actes qui par eux-mêmes et en eux-mêmes, indépendamment des circonstances et des intentions, sont toujours gravement illicites en raison de leur objet ; ainsi le blasphème et le parjure, l’homicide et l’adultère. Il n’est pas permis de faire le mal pour qu’il en résulte un bien."[16]

 

 

3ème hérésie : la fornication et l'adultère ne sont pas toujours des péchés mortels.

 

Que cette déclaration soit hérétique, cela se déduit en constatant combien elle est contradictoire par rapport par exemple à ce qu'a déclaré  la Congrégation pour la Doctrine de la Foi :

 

"... Selon la tradition chrétienne et la doctrine de l'Eglise, et comme le reconnaît également la droite raison, l'ordre moral de la sexualité implique des valeurs élevées de la vie humaine, et chaque violation directe de cet ordre est grave objectivement"[17] .

 

 

Pour soutenir que la fornication et l'adultère ne sont pas toujours des péchés mortels, vous avez ...

 

a) une utilisation absurde de Gaudium et Spes utilisé pour soutenir que dans certains cas, le péché est bon pour l'amour, en appliquant à une relation adultère le principe selon lequel s'il lui manque certaines expressions d'intimité conjugale, il n'est pas rare que "la fidélité peut courir des risques et le bien des enfants être compromis" (Conc Concile œcuménique Vatican II, Constitution Gaudium et spes, 51;..... cf. Amoris laetitia, note 329) ...

 

... Et ...

 

b) ... 4ème hérésie: les circonstances peuvent rendre bonnes des actions intrinsèquement mauvaises ...

 

... Quand en fait le Catéchisme de l'Eglise catholique déclare:

 

« ...  Les circonstances ne peuvent de soi modifier la qualité morale des actes eux-mêmes ; elles ne peuvent rendre ni bonne, ni juste une action en elle-même mauvaise. »[18].

 

Soutenir que les circonstances peuvent atténuer la culpabilité de la fornication et l'adultère, nous fait tomber dans deux autres hérésies:

 

5ème hérésie : parfois il peut manquer l'aide de Dieu pour ne pas pécher

 

et

 

 

6ème hérésie: il peut y avoir une situation où il n'y a pas d'autre possibilité que de pécher ...

 

... Alors qu'en fait saint Paul dit:

 

"Aucune tentation ne vous est survenue, qui n'ait été humaine; et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au delà de vos forces; mais, avec la tentation, il ménagera aussi une heureuse issue en vous donnant le pouvoir de la supporter." [19]

 

... Et le Concile de Trente définit:

 

« Nul, alors, bien que justifié, doit se considérer comme libre de l'observance des commandements, personne ne doit prendre ce regard téméraire et interdit par les Pères, sous peine d'excommunication, qu'il est impossible à l'homme d'être justifié en gardant les commandements de Dieu. Dieu en fait ne commande pas l'impossible; mais quand commandant il vous admoneste de faire ce que vous pouvez, et ce que vous ne pouvez pas, et il est pour vous une aide pour que vous le puissiez : Ses commandements ne sont pas pénibles (1 Jn 5,3) Son joug est facile et son poids léger (Mt 11, 30). Pour les hommes qui sont des enfants de Dieu, aiment Christ et ceux qui l'aiment - comme il le dit (Jn 14:23) - observer ses paroles, avec l'aide de Dieu, peut certainement se faire »[20].

Noces de Cana. Miniature grecque XIII° siècle. Aimable concession du centro russia ecumenica à Rome.

Noces de Cana. Miniature grecque XIII° siècle. Aimable concession du centro russia ecumenica à Rome.

Depuis lors à l’approche de la Sainte Communion, ont doit se confesser, alors arrive l'effondrement du sacrement de pénitence, si l'on admet ...

 

la 7ème hérésie : il est possible d'absoudre ceux à qui manquent la résolution de ne plus pécher ...

 

... Alors qu'en fait saint Jean Paul II enseigne:

 

 

«Parmi les actes du pénitent, la contrition occupe la première place. Elle est "la tristesse de l'âme et à la détestation du péché commis, ainsi que la résolution de ne plus pécher" [Concile de Trente : Denz.-Schönm 1676] » (CEC 1451). En outre, «acte essentiel de la pénitence de la part du pénitent, est la contrition, qui est un rejet clair et décisif du péché commis, ainsi que la résolution de ne pas commettre à nouveau, pour l'amour que l'on a pour Dieu et qui renaît avec la repentance. Dans ce sens, la contrition est donc le principe et l'âme de conversion. »[21]

 

En fait, Saint Jean-Paul II rappelle :

 

«... Si cette disposition de l'âme manquait, en réalité il n'y aurait pas de repentir : ceci, en effet, porte sur le mal moral comme tel, et donc ne pas prendre une position opposée à un mal moral possible serait ne pas détester le mal, ne pas avoir de repentir. »[22]

 

Ou avoir à admettre :

 

8ème hérésie: ceux qui sont en état de péché mortel vivent dans la grâce de Dieu ...

 

... Alors qu'en fait, le Catéchisme de l'Eglise catholique affirme que:

 

«Le péché mortel est une possibilité radicale de la liberté humaine comme l’amour lui-même. Il entraîne la perte de la charité et la privation de la grâce sanctifiante, c’est-à-dire de l’état de grâce. » [23]

 

Aussi, devons-nous nous demander ce qui est arrivé du mariage précédent des divorcés et civilement remariés ? Disparaît-il dans les airs, est-ce qu'il reste encore, ou quoi d'autre ? Si il est échoué, le mariage n'y est plus ou il y subsiste encore ?

 

Il devient difficile de maintenir la déclaration suivante du catéchisme :

 

 

«Cette insistance sans équivoque sur l’indissolubilité du lien matrimonial a pu laisser perplexe et apparaître comme une exigence irréalisable (cf. Mt 19, 10). Pourtant Jésus n’a pas chargé les époux d’un fardeau impossible à porter et trop lourd (cf. Mt 11, 29-30), plus pesant que la Loi de Moïse. » [24]

 

4. La conception volontariste de la loi et l'hérésie sur la miséricorde

 

La loi a été conçue - dans l'histoire de la pensée - selon deux paradigmes principaux:

 

a) une conception que nous appelons volontariste, qui peut se résumer dans le verset de Juvenal: “hoc volo, sic iubeo, sit pro ratione voluntas”» ( Je le veux, je l'ordonne ; la raison, c'est ma volonté !) [25]

 

Selon ce principe, une loi a sa raison d'être dans la volonté qui décrète, divine ou humaine.

 

b) Une deuxième vue, que nous pouvons appeler intellectuelle, qui est plutôt basée sur le principe "bonum est secundum rationem esse": qu'il y a un être qui précède la volonté du législateur, à laquelle le législateur lui-même doit s'adapter. Voilà pourquoi saint Jean Paul II pouvait dire que "la fermeté exigeante du commandement se fonde sur l'amour miséricordieux et inépuisable de Dieu (cf. Lc 6, 36)." [26]

 

Si vous considérez l'interdiction pour les divorcés civilement remariés d'approcher l'Eucharistie comme un acte pas miséricordieux ou comme le jet cruel d'une pierre, vous vous appuyez probablement sur la première conception de la loi : selon cette conception, les hommes décident d'imposer une certaine charge ou un certain poids; si ceux-ci ne dépendent que de la volonté du législateur, ils pourraient être insupportables réellement.

 

Mais si la loi est écrite dans chaque personne, et dépend d'un sage projet de Dieu, si le Père, pour créer l'homme, a regardé ce projet, qui est une personne, la Parole ("J'étais à l'oeuvre auprès de lui." Prov 8,30), selon laquelle, et en vue de laquelle ont été créées toutes choses ... alors il ne peut pas être miséricorde d'accorder à l'homme de ne pas être ce qu'il est.

 

 

La loi guide l'homme à vivre selon sa propre nature, qui est comme l'a dit S. Thomas d'Aquin, de réaliser en lui-même l'image de Dieu.[27]

 

 

Satisfaire un acte mauvais revient à dire à l'homme : "comme je suis miséricordieux, je vous accorde de ne pas construire en vous l'image divine" : l'alternative n'est pas seulement l'absence du bon, mais la mort, salaire du péché, le résultat funeste que le diable essaie de cacher: "vous ne mourrez pas!" [28]

 

 

Il ne peut pas être la miséricorde de faire croire à l'homme qu'est bien ce qui est son mal, et d'encourager les deux personnes qui ne sont pas mari et femme à vivre comme si elles étaient.

 

Et il ne peut pas être la miséricorde le fait d'assumer un sacrement qui signifie l'union parfaite avec le Christ par la foi et la charité, quand cette union n'est pas parfaite et en acte, mais est imparfaite en foi et en charité : et donc les espèces consacrées sont supposées être emprisonnées dans un corps, sans pouvoir en aucune façon bénéficier à cette personne qui les reçoit sans les dispositions nécessaires.

 

La conception volontariste de la loi est une sorte de méta-hérésie qui imprègne l'atmosphère ecclésiale aujourd'hui, l'humus dans lequel se développent aujourd'hui l'une, ou tantôt l'autre de ces hérésies.

 

 

Conclusion

 

Nous avons commencé par les déclarations du cardinal Carlo Caffara, selon laquelle l'admission à l'Eucharistie des divorcés et civilement remariés, à moins qu'ils ne vivent plus comme mari et femme, entraîne la décadence de toute la doctrine catholique. Nous avons vu que ces déclarations sont loin d'être une exagération.

 

Lorsque le cardinal a publié ses déclarations, Amoris laetitia n'était pas encore sortie, et il a pu conclure l'interview de cette façon:

 

«Les ouvertures de François sont différentes, ce n'est pas une ouverture pour changer la doctrine, il veut dire avoir une attitude vraie, pastorale envers les personnes, quelle que soit leur condition. » [29]

 

Après Amoris laetitia, sommes-nous sûrs que ces derniers mots de Caffara correspondent à la vérité?

 

Seule une réponse faisant autorité du Magistère, qui réponde aux Dubia des cardinaux, et clarifie les ambiguïtés objectivement présentes dans Amoris laetitia , peut apporter un peu de clarté, dans ce climat de confusion qui a surgi dans l'Église, en particulier depuis les deux derniers synodes sur la famille.

 

* * *

 

Il est vrai que le diable, comme dit Dante, est logique [30], très logique, et plaçant un principe erroné, conclut une longue série d'hérésies, avec une conséquence parfaitement logique.

 

Mais si le diable est logique, Notre-Dame est savante, et sa sagesse qu'elle donne à ses dévots, écrase la tête du serpent hérétique. Que l'attente de la plus certaine victoire puisse être raccourcie.

 

(Don Alfredo Morselli sur Messainlatino.it)

Notes

 

[1] « Rester dans la vérité du Christ», Conférence internationale sur le Synode sur la famille, Rome, 30 Septembre 2015. Pour un compte rendu exhaustif, cf. http://tinyurl.com/hwhbc3b.

[2] Vous pouvez voir l'interview vidéo ici: https://youtu.be/iKRLWE96RCw

[3] « Certes, quand la raison éclairée par la foi cherche assidûment, pieusement et dans des limites dûes, avec l'aide de Dieu, elle obtient une certaine connaissance très féconde des mystères, et par analogie avec ce qu'elle connaît naturellement, soit pour le rapport des mêmes mystères entre eux et avec la fin dernière de l'homme. » ("Ac rapport quidem, fide illustré, cum sedulo pie et quaerit sobre, aliquam Deo dante mysteriorum intelligentiam eamque fructuosissimam assequitur tum ex eorum, quae naturaliter cognoscit, l'analogie et tum mysteriorum ipsorum nexu inter se et cum tard hier hominis ") DS / 26, 3016.

[4] « ... il y a un ordre ou une "hiérarchie" des vérités de la doctrine catholique, en raison de leur rapport différent avec le fondement de la foi chrétienne. » [Concile Œcuménique Vatican II. Vat. II, UR, 11].
[5] CCC § 90: « Les liens mutuels et la cohérence des dogmes peuvent être trouvés dans l'ensemble de la révélation du mystère du Christ » [Cf. Premier Concile du Vatican: Denz.-Schönm, 3016:. "Mysteriorum nexus"; Concile Vatican II, Lumen Gentium, 25].

[6] Joseph Ratzinger, Christoph Schömborn, Brève introduction au Catéchisme de l'Église catholique, Rome 1994, p. 41.

[7] 1 Cor 15, 12-13

[8] Jean 6:51

[9] Cf. par exemple les discours 57, 59 et 60 de Saint Pierre Chrysologue (PL XXXII, 360 D, 365 B, 368 C).

[10] "Signe admirable, ici l'expression de Magnifiquement commune christologie rédemptrice et de la foi à fils Trinitaire expression"; H. de Lubac, La foi chrétienne. Essai sur la structure de du Symbole des Apôtres, Paris: Aubier-Montaigne, 1970/2, p. 91.
[11] Lettre aux évêques de l'Eglise catholique concernant la réception de la Sainte Communion par des fidèles divorcés remariés, 14.09.1994, § 4.

[12] "Wer fortgesetzten Ehebruch und für den Empfang der Heiligen Kommunion Vereinbar hält, Häretiker und ist das treibt Schisma voran", Der Spiegel, 23/12/2016, http://tinyurl.com/hbubhtk.
[13] Lettre encyclique Ecclesia de Eucharistia, 17.04.2003, § 36.

[14] Exhortation apostolique Familiaris consortio, le 22 Novembre 1981, § 84.

[15] Lettre encyclique Veritatis Splendor, 06.08.1993, § 115.

[16] Catéchisme de l'Eglise Catholique (CEC) 1756.

[17] Déclaration sur certaines questions relatives à l'éthique sexuelle - Persona humana, 29 Décembre 1975.

[18] CEC 1754.

[19] 1 Cor 10,13.

[20] Décret sur la justification, 13/01/1547, Sessio VI, chap. 11, DS / 40 1536.

[21] Exhortation apostolique Reconciliatio et paenitentia, 02.12.1984, § 31, III.

[22] Lettre au Card. William W. Baum à l'occasion du cours sur le for interne organisé par la Pénitencerie apostolique, 22.03.1996, § 5.

[23] CEC 1861.

[24] CEC 1615.

[25] Satura VI, 223.

[26] Lettre encyclique Veritatis Splendor, 06.08.1993, § 115.

[27] "... restat consideremus ut de eius imaginer, idest de homine, secundum quod est et ipse suorum operum principium, presque liberum arbitrium habens et suorum operum potestatem":. S. Th Objection pr.

[28] Gen 3.4.

[29] Voir note 1) et 2).

[30] Inferno, XXVII; 123.

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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 00:00
LES SAINTS INNOCENTS, Martyrs

LES SAINTS INNOCENTS, Martyrs

Hérode, qui régnait dans la Judée depuis trente-six ans, ayant su que des mages étaient venus d'Orient à Jérusalem pour chercher le Roi des Juifs, fut fort troublé de cette nouvelle. Il assembla aussitôt les princes des prêtres, et il apprit d'eux qu'il s'agissait du Christ, et que s'il était né, c'était à Bethléem. Hérode prit alors les mages en secret, et, les envoyant à Bethléem, il leur dit : Allez, informez-vous exactement de cet enfant, et lorsque vous l'aurez trouvé, faites-le moi savoir, afin que moi-même j'aille aussi l'adorer. Il est aisé de comprendre quel était son dessein par ce qu'il fit peu de temps après; mais Dieu ayant averti les mages en songe de n'aller point retrouver Hérode, ils prirent un autre chemin pour s'en retourner dans leur pays. En même temps un ange ordonna à Joseph de prendre l'enfant et sa mère et de fuir en Egypte. Mais peu après, Hérode, voyant que les mages l'avaient trompé, entra dans une furieuse colère et envoya tuer tous les enfants mâles âgés de deux ans et au-dessous, qui étaient dans Bethléem et alentour.

 

Rien de plus heureux que la mort de ces enfants, si on la considère avec les yeux de la foi. Ils eurent la gloire de mourir pour Jésus-Christ, et en sa place, dans un âge où ils ne pouvaient encore invoquer son nom; ils furent les premiers des martyrs, et ils triomphèrent du monde avant de le connaître; ils ne reçurent la vie que pour la sacrifier et acquérir une immortalité bienheureuse. Peut-être que s'ils eussent vécu plus longtemps, la plupart d'entre eux auraient été pervertis par le monde et se seraient perdus. Ce mystère de grâce n'était point connu de leurs mères, et c'est pour cela qu'elles pleuraient sans vouloir recevoir de consolation. [1]

 

Les enfants de Bethléem constituent les prémices de la rédemption de Jésus-Christ. C'est la jalousie et la crainte qui poussèrent Hérode à commettre un crime inouï dans l'histoire ; il en fut châtié et d'une manière terrible, car il mourut dans le désespoir et dévoré tout vivant par les vers. [2]

 

La fête des saints Innocents remonte au Ve siècle environ. Le massacre de ces enfants manifeste à sa manière la royauté de Jésus. C'est parce qu'Hérode croit à la parole des Mages et à celle des Princes des Prêtres, par lui consultés, qu'il voit un rival dans l'enfant de Bethléem et poursuit jalousement ce "Roi des Juifs qui vient de naître". Mais, comme le chante l'Église: "Barbare Hérode, que crains-tu de la venue du Christ? il ne ravit pas les sceptres mortels, lui qui donne les royaumes célestes."

 

C'est la gloire de ce Dieu-Roi que les Innocents confessent par leur mort, et la louange qu'ils rendent à Dieu est un sujet de confusion pour les ennemis de Jésus, car, loin d'atteindre leur but, ils n'ont fait que réaliser les prophéties, qui annonçaient que le Fils de l'Homme reviendrait d'Egypte et que l'on entendrait à Bethléem les lamentations des mères pleurant leurs enfants.

 

Pour peindre sous des couleurs plus vives leur désolation, Jérémie évoquait Rachel, mère de Benjamin, pleurant la perte de ses descendants. Comme une mère compatissante, l'Église revêt ses prêtres d'ornements de deuil et supprime le chant du Gloria et de l'Alléluia. [3]

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/7/74/Giotto_di_Bondone_-_No._21_Scenes_from_the_Life_of_Christ_-_5._Massacre_of_the_Innocents_-_WGA09199.jpg/597px-Giotto_di_Bondone_-_No._21_Scenes_from_the_Life_of_Christ_-_5._Massacre_of_the_Innocents_-_WGA09199.jpg

PRATIQUE. Adorons Dieu dans tous les évènements même les plus fâcheux.

 

Sources: [1] Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p . 365 ; [2]; [3]

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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 17:56

Mgr Benno Elbs, Evêque de Feldkirch (AU) ayant participé au dernier Synode des évêques à Rome, a déclaré dans une interview au journal “Die Presse” que la doctrine de l’Eglise a été modifiée par “Amoris laetitia”.

 

Selon Mgr Elbs,

 

L’enseignement est modifié dans la mesure où les fidèle peuvent maintenant décider en conscience de ce qu’ils peuvent faire avec, pour ainsi dire, la bénédiction du Pape.”

 

Et d’ajouter :

 

Peu importe ce que dit telle ou telle note de bas de page puisque c’est l’ensemble du document qui permet à chaque personne de faire appel à sa seule conscience pour savoir ce qu’elle peut ou ne pas faire dans une situation donnée. La doctrine a donc bien été modifiée lors du dernier Synode sur la famille.

"Amoris laetitia" : "L’enseignement est modifié dans la mesure où les fidèle peuvent maintenant décider en conscience de ce qu’ils peuvent faire" (Mgr Benno Elbs)
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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 00:00
Saint Jean à Patmos - Hans Memling (1475)

Saint Jean à Patmos - Hans Memling (1475)

Dans l'Évangile et au sein du collège apostolique, saint Jean occupe une place de choix. Représentant l'amour, il marche à côté de S. Pierre, qui symbolise la doctrine. Jésus semble avoir réservé à cet Apôtre les plus tendres effusions de son Cœur. Plus que tout autre, en effet, Jean pouvait rendre amour pour amour au divin Maître. Le Sauveur prit plaisir à multiplier les occasions de témoigner envers son cher disciple une prédilection singulière : Il le fit témoin de la résurrection de la fille de Jaïre ; Il lui montra sa gloire sur le Thabor, au jour de sa transfiguration merveilleuse ; mais surtout la veille de sa Passion, à la dernière cène, Il lui permit de reposer doucement la tête sur son Cœur divin, où il puisa cette charité et cette science des choses de Dieu, qu'il répandit dans ses écrits et au sein des peuples auxquels il porta le flambeau de l'Évangile.

 

Une des gloires de S. Jean fut d'être le seul, parmi les Apôtres, fidèle à Jésus dans ses souffrances ; il Le suivit dans l'agonie du calvaire ; il accompagna dans ces douloureux instants la Mère du Sauveur.

 

Jésus, ayant vu sa Mère au pied de la croix, abîmée dans sa tristesse, et près d'elle S. Jean, Il dit à Marie : "Femme, voilà ton fils !" Ensuite Il dit au disciple : "Voilà ta mère !". L'Apôtre, en cette circonstance, nous disent les saints docteurs représentait l'humanité tout entière ; en ce moment solennel Marie devenait la Mère de tous les hommes, et les hommes recevaient le droit de s'appeler les enfants de Marie.

 

Il était juste que S. Jean, ayant participé aux souffrances de la Passion, goûtât l'un des premiers les joies pures de la résurrection. Le jour où le Sauveur apparut sur le rivage du lac de Génésareth (Lac de Tibériade) pendant que les disciples étaient à la pèche, S. Jean fut le seul à Le reconnaître.  "C'est le Seigneur," dit-il à S. Pierre. Jean était donc bien, tout l'Évangile le prouve, le disciple que Jésus aimait.

 

Sources : (1); (2)

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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 14:37

Dans son dernier livre Les Cloches sonneront-elles encore demain ? (Albin Michel, Paris 2016), Philippe de Villiers évoque la programmation par l'ONU et l'Union européenne d'une "migration de remplacement" qui en France doit concrétiser l'arrivée de "16 millions de migrants de 2020 à 2040, soit 800 000 personnes par an sur la période."

 

Nous rappellerons simplement que ce remplacement de population a été théorisé dans les loges maçonniques, et qu'il est soutenu par les internationales ploutocratiques anti-patries (CFR, Commission Trilatérale, Groupe Bilderberg) :

 

« En 1948, le Grand Orient de France proposait la réunion d'une Assemblée constituante des peuples du monde. En 1950, il réclamait des organisations législatives, exécutives et judiciaires mondiales, mais le sentiment national s'y opposait encore.

 

En 1959, la Franc-Maçonnerie imagina d'utiliser l'immigration massive comme élément destructeur de l'identité nationale. Apparemment, il s'agissait seulement d'abolir les barrières qui restreignaient les échanges internationaux, mais en réalité, on l'avouait, on voulait déjà "ouvrir les portes à de vastes migrations et en particulier, des pays blancs aux hommes de couleur". Ces "vastes migrations" ont donc été voulues. 

 

En 1982, la revue du G.OF. Humanisme précise : "les notions de races, de frontières, de classes sociales doivent être abolies pour faire place à une intégration globale de l'homme dans un cadre universel." C'est en fait la grande révolution de l'époque contemporaine... dont le Grand Orient veut être acteur. ... "Nos Loges sont le moyen de la réalisation quotidienne de notre volonté d'universalisme." (Revues maçonniques citées par Jacques Ploncard d'Assac in Présent du 19.11. 1986.) »

 

... Derrière le paravent écologiste et humanitaire se cache le dessein d'hégémonie mondiale du Pouvoir occulte dont la main agissante mais peu visible est celle des CFR (Council for Foreign Relations), Bilderberg et Trilatérale, déjà démasquées.

 

Parmi les objectifs du Bilderberg, nous trouvons la liberté d'immigration et d'émigration et la limitation de la souveraienté des Etats, qui serait déléguée à l'ONU ou à tout autre gouvernement supranational." (Jacques Bordiot in Une main cachée, Faits et documents, La Librairie française - DPF 1976, p. 223.) [1]

 

Lire : Génocide par substitution: programmé par le Grand Orient de France, discuté dans les "clubs de réflexion" et loges maçonniques, appliqué par le gouvernement de la "république française"

Philippe de Villiers écrit :

« Mais il y a plus grave : dans cette vision de l'Europe, l'immigration n'est pas seulement tolérée et acceptée. Elle est voulue, programmée.

 

[...] Pendant des années, les élites ont caché aux peuples européens leur plan secret : l'ONU a donné instruction à l'Europe d'appliquer le principe de la "Replacement migration", la migration de remplacement. (Rapport de la Division de la population, département des Affaires économiques et sociales, secrétariat des Nations Unies, 21 mars 2000)

 

[...] La division de la population des Nations Unies établit régulièrement des projections scénarisées qui évaluent les "migrations de remplacement" (SIC Ndlr.) nécessaires pour maintenir un ratio actifs / inactifs convenable, préservant la croissance européenne.

 

Le scenario migratoire qui viserait au maintien du ratio "3 actifs pour 1 retraité"recommande de faire entrer dans l'Union européenne 153,6 millions d'immigrants de 2015 à 2040, au rythme d'une moyenne de 6,1 millions par an au cours de cette période."

 

Quant à la France, le scénario de l'ONU préconise pour elle l'entrée de "16 millions de migrants de 2020 à 2040, soit 800 000 personnes par an sur la période." (Secrétariat des Nations Unies, 21 mars 2000)

La formule onusienne, appliquée par les dirigeants de l'Europe, vient d'être reprise en France, par une note officielle de l'Institut national des études démographiques (Ined). Elle date du 6 avril 2016. Elle préconise ainsi le recours à l'immigration massive : "Alors que la crise économique va passer, la crise démographique va au contraire prendre de l'ampleur et sa résolution prendra du temps. Les migrations de remplacement pourraient faire partie des réponses de l'Europe à sa situation démographique." (Philippe FARGUES, Population et société, avril 2016).

 

Les Nations Unies ont même osé esquisser un scenario dit "numéro 6" visant à maintenir le ratio de 4 actifs pour 1 retraité. Les chiffres bondissent spectaculairement : dans cette hypothèse, l'Union européenne devrait faire venir 701 millions de migrants avant 2050. La France seule devrait en accueillir 93 millions. Il s'agit d'un chamboulement complet de population. L'Europe deviendrait un trou noir.

 

... La démographe Michèle TRIBALAT en conclut que "l'immigration est devenue dans l'esprit des dirigeants de l'Union européenne, la solution pour éviter un déclin démographique et limiter la régression économique et sociale" (Entretien à Atlantico, 17 mars 2016) en l'absence de toute politique familiale. » [2]

Le remplacement de population voulu et programmé

S'agissant de la capacité de nuisance d'un groupe ploutocratique anti-patrie comme le Bilderberg, Philippe de Villiers a évoqué en 2015, lors d’un entretien télévisé pour TV-Libertés, une confidence qui lui avait été faite par François Fillon, participant du Bilderberg 2013 :

 

"Je lui ai dit (à François Fillon): mais pourquoi tu vas au groupe Bilderberg?

 

[...] Dans l'Evangile on dit il ne faut pas mettre la lumière sous le boisseau, cela vaut pour la franc-maçonnerie aussi. Pourquoi ils se cachent ces gens-là ? Pourquoi ils se cachent ?

 

Et il (François Fillon) m'a répondu - incroyable la réponse - il m'a dit : 'que veux-tu, c'est eux qui nous gouvernent !''

 

Elysée 2017 : François Fillon choisi par le groupe Bilderberg comme prochain président de la république ?", François Fillon aurait été choisi sur la base de son discours anti-immigration, comme le meilleur candidat de l'Oligarchie pour tromper les naïfs. C'est un peu comme quand Bush ou Obama nous parlaient de paix et de démocratie quand il faisaient la guerre ou organisaient des coups d'Etat et des révolutions de couleur à l'étranger. Ou bien quand Nicolas Sarkozy nous parlait d'"identité nationale" en avril 2007 pour mieux vanter quatre mois plus tard (une fois élu) leur "nouvel ordre mondial du XXIe siècle" [3] et en décembre 2008 l'"obligation" de "métissage". [4]

Notes

 

[1] Paul CHAUSSEE, Miracle et Message du Saint Suaire, Editions Ulysse, Le Poiré-sur-Vie 1999, p. 155

[2] Philippe de VILLIERS, Les Cloches sonneront-elles encore demain ?, Albin Michel, Paris 2016, p. 77-78

[3] Le ''new deal'' mondial de Nicolas SARKOZY, Le Figaro Mis à jour le 14/10/2007 à 13:29 Publié le 25/09/2007 à 06:00

[4] Nicolas SARKOZY lors d'un discours à l'Ecole Polytechnique (Palaiseau) sur le thème "Egalité des chances et diversité", le 17 décembre 2008

 

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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 00:00
Saint Etienne, diacre, premier martyr (Ier s.)

On ignore si saint Étienne fut disciple de Jésus-Christ ou s'il fut converti par les prédications des Apôtres.

 

C'était une âme de feu, rayonnante d'audace, le premier et le modèle de cette immense série d'hommes admirables que le christianisme possédera au service de sa cause, et qui, ayant trouvé la vie en Jésus, jugeront naturel de la lui sacrifier.

 

Helléniste, peut-être même alexandrin d'origine (on l'a supposé d'après la connaissance qu'il semble posséder des doctrines du philosophe juif hellénisé Philon, alors surtout en vogue à Alexandrie, et d'après l'emploi qu'il fait, quatre fois dans son discours, du mot Sagesse, très en usage dans les milieux juifs d'Egypte . Cf. Le livre biblique de la Sagesse en vient), au fait des doctrines philosophiques autant que des traditions hébraïques, Etienne incarne à merveille l'esprit nouveau, tourné vers les conquêtes et décidé aux ruptures nécessaires.

Elevé à l'école du scribe éminent, le Rabbi Gamaliel (fils d'une lignée de docteurs de la Loi, petit-fils du célèbre rabbi Hillel), dans toute la science des Juifs, il avait une autorité spéciale pour convertir les prêtres et les personnes instruites de sa nation. Ses miracles ajoutaient encore au prestige de son éloquence et de sa sainteté. De tels succès excitèrent bientôt la jalousie; on l'accusa de blasphémer contre Moïse et contre le temple.

 

Quand St Pierre enseignait les foules de Jérusalem, il s'appliquait surtout à montrer que Jésus avait été le Messie, l'extrême aboutissement d'Israël. Etienne, lui, a surtout retenu les phrases où il est dit qu'on ne met pas du vin nouveau dans une vieille outre, et qu'on ne coud pas une pièce neuve à un vieux manteau. Aussi les Juifs judaïsants ne s'y trompent-ils pas. Voilà un plus dangereux adversaire ! "Cet homme ne cesse de proférer des blasphèmes contre le Saint Lieu et contre la Loi." (1)


Étienne fut traîné devant le Sanhédrin. En ces jours-là, les autorités juives se sentirent plus libres qu'à l'ordinaire, car Ponce Pilate vient d'être rappelé à Rome pour rendre compte de quelques récentes et trop flagrantes violences et se défend - mal - devant Caligula.

 

Les discours qu'il prononce est beau de rigueur et de force dans le raisonnement, reliant le message du Christ à tout ce qui, dans les Ecritures, l'annonce, et le montrant comme une conclusion indispensable; mais plus encore, il est superbe par son intrépidité. Les accusations claquent contre la nation prédestinée, mais infidèle. Et il termine son long développement apologétique par ces phrases terribles :

 

"Hommes au cou raide, incirconcis de coeur et d'oreilles, vous résistez toujours au Saint-Esprit. Tels furent vos pères, tels vous êtes. Quel est celui des prophètes que vos ancêtres n'ont point persécuté ? Ceux qui annonçaient la venue du Messie, ils les ont tués, comme vous-mêmes avez trahi et tué maintenant le Messie lui-même. Et la loi qui vous a été donnée par les Anges, vous ne l'avez pas observée ! "

 

Etienne répondit victorieusement aux attaques dirigées contre lui, et prouva que le blasphème était du côté de ses adversaires et de ses accusateurs. A ce moment le visage du saint diacre parut éclatant de lumière comme celui d'un ange. Mais il avait affaire à des obstinés, à des aveugles. Pour toute réponse à ses paroles et au prodige céleste qui en confirmait la vérité, ils grinçaient des dents contre lui et se disposaient à la plus noire vengeance. Afin de rendre leur conduite plus coupable, Dieu fit un nouveau miracle; le ciel s'entrouvrit et le saint, levant les yeux en haut, s'écria avec ravissement: "Je vois les cieux ouverts et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu." A ces mots, ses ennemis ne se contiennent plus; ils poussent des cris de mort, entraînent le martyr hors de la ville et le lapident comme un blasphémateur. Étienne, calme et souriant, invoquant Dieu, disait: "Seigneur, recevez mon esprit!... Seigneur, ne leur imputez point ce péché." Saul, le futur saint Paul, était parmi les bourreaux. "Si Étienne n'avait pas prié, dit S. Augustin, nous n'aurions pas eu saint Paul."

Par amour de Dieu, il n’a pas cédé à la brutalité des bourreaux, par amour du prochain, il a intercédé pour ceux qui le lapidaient. Par charité, afin de les corriger, il reprend ceux qui errent; par charité, afin d’écarter d’eux le châtiment, il prie pour ceux qui le lapident.

 

"Voici, avait dit Jésus, que je vous enverrai des prophètes et des sages et des savants; vous tuerez et crucifierez les uns, vous flagellerez les autres dans vos synagogues. Mais en vérité, je vous le dis, toutes ces choses retomberont sur cette génération." (Matthieu XXIII : 34, 39)

 

Lorsque trente ans plus tard, Jérusalem sera devenue "la maison déserte" prédite par le Messie (destruction du temple de Jérusalem en 70 par les armées de Titus), la mort du premier martyr se trouvera payée par une immensité de douleur, mais elle aura puissamment contribué à répandre la Bonne nouvelle, en donnant au christianisme le premier témoignage signés de sang.

Premier martyr de la chrétienté, Etienne apparaît comme étant à l’origine du culte des saints. Dans les quatre premiers siècles du christianisme, tous les saints vénérés par l’Eglise étaient martyrs.

 

La persécution déclenchée par le martyre de St Etienne ne cessa jamais complètement.

 

Avec des périodes de calme et des recrudescences, elle avait toujours remué les chrétiens. En l'année 41, elle éclatera plus forte et plus systématique par la volonté d'Hérode Agrippa Ier, petit-fils d'Hérode, alors devenu roi d'Israël, par la volonté de son compagnon de débauche et d'orgies à la cour de Tibère, Caligula. Dès son arrivée à Jérusalem en 37, Flavius Josèphe raconte que lors de son entrée dans la ville, "il avait immolé des victimes en actions de grâces." Pour la première fois, la persécution allait prendre un caractère systématique, ce qu'elle n'avait pas eu précédemment. Il fit mourir par l'épée en 44 Jacques, frère de St Jean l'Evangéliste. (DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 42-43)

 

Dans le même temps, S. Pierre lui-même, qui avait baptisé un centurion romain, Corneille, fut arrêté.



Le Christ Notre-Seigneur avait dit aux scribes et aux pharisiens:

 

«Voici que je vous envoie des prophètes, des sages et des scribes; vous tuerez et crucifierez les uns, vous en flagellerez d’autres dans vos synagogues, vous les poursuivrez de ville en ville; ainsi retombera sur vous tout le sang des justes qui a été versé sur la terre, depuis le sang d’Abel le juste jusqu’au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez assassiné entre le sanctuaire et l’autel. Amen, je vous le dis: tout cela retombera sur cette génération. Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes, toi qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois j’ai voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous n’avez pas voulu. Maintenant, Dieu abandonne votre Temple entre vos mains, et il restera désert. En effet, je vous le déclare: vous ne me verrez plus jusqu’au jour où vous direz: “Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur”.» (Evangile selon Saint Matthieu 23, 34-39)... 


Le nom Etienne provient du grec Στέφανος (Stephanos), « couronné » ou encore, selon Jacques de Voragine dans La Légende dorée, du mot hébreu pour « norme ».

 

Ce nom est d’ailleurs repris de manière plus fidèle en anglais (Stephen) ou en néerlandais (Stefaan).


Sources : (1) DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 38; (2); (3); (4)

 

Cathédrale Saint-Étienne de Sens : statue de Saint Étienne sur le trumeau du portail central de la façade occidentale (fin du XIIe siècle)

 

Basilique S.-Laurent-hors-les-Murs (Rome), où se trouve le corps de S. Étienne

 

Offrons cette journée pour tous ceux qui, d'Irak à la Chine, sont persécutés, souffrent de façon diverse, pour témoigner et servir l’Évangile.

 

La découverte de la tombe de Saint Étienne, le premier martyr, à Ramallah (Israël)

 

Ramallah , 13 Novembre 2014.

 

Au cours d'excavations près de la ville de Ramallah (Israël, région palestinienne), des archéologues ont découvert une des très grandes reliques chrétiennes – le lieu de sépulture du saint diacre Étienne, le premier martyr du Christ, selon le site d'information Linga. Dans Kharaba au village de Taiar, qui se trouve à 2 km à l'ouest de Ramallah, les recherches menées par les archéologues palestiniens et israéliens ont livré des résultats inattendus. Dans le cadre d'un projet de l'université de Jérusalem pour la découverte et la restauration d'antiquités, un groupe d'archéologues dirigés par le professeur Salah al Hudeliyya a découvert les ruines d'un complexe ecclésial qui comporte une église de l'ère byzantine-omeyades ainsi qu'un monastère byzantin.
   

Selon une déclaration du prof. Al Hudeliyya, cette découverte est d'une grande valeur pour les Chrétiens du monde entier. "A l'intérieur d'une de ces églises, nous avons découvert une inscription qui indique que cette église a été construite en l'honneur du saint apôtre et diacre Étienne le proto-martyr, qui a été enterré en ce lieu en l'an 35," dit l'historien. Les chercheurs ont assuré aux autorités locales et ecclésiales, dont les représentants ont récemment visité les ruines nouvellement découvertes, que comme auparavant, l'université mettra toutes ses ressources et énergie pour achever le projet actuel.

"Il y en aura encore pour 5 ans, et alors les recherches nécessaires seront achevés et ce monument sera prêt. Il deviendra sûrement un lieu de pèlerinage pour les croyants du monde entier. Les touristes en tireront aussi profit, parce que le site est un exemple vivant de continuité des cultures au Moyen Orient : ici, sur le même site, nous pouvons voir l'héritage de l'Antiquité, et du haut et moyen Moyen Age, des cultures hellénistiques, byzantine et islamique," conclut l'archéologue.

 Un quart du Kharaba du village de Taiar appartient au Patriarcat de Jérusalem, ce qui selon les experts, favorisera la transformation de l'endroit pour les pèlerins.
 

 

 

Source: http://www.chretiensmagazine.fr/2014/11/la-decouverte-de-la-tombe-de-saint.html

 

 

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 00:00

 

 

Bach - Christmas Oratorio: Cantata #1 BWV248 - Mov. 1/9

 

Sermon sur Noël de S. Léon :

 

« Aujourd'hui, frères bien-aimés, Notre-Seigneur est né. Réjouissons-nous ! Nulle tristesse n'est de mise, le jour où l'on célèbre : naissance de la vie, abolition de la peur causée par la mort, éternité promise...

Le Verbe divin, Dieu lui-même, s'est fait homme pour délivrer l'homme de la mort éternelle. Pour ce faire, il s'est abaissé jusqu'à nous, mais sans rien perdre de sa majesté. Il est devenu ce qu'il n'était pas, tout en demeurant tout ce qu'il était. Il unit donc la forme de l'esclave à la forme dans laquelle il est égal à Dieu le Père. De la sorte, il a lié entre elles deux natures, de telle façon qu'il n'a pas détruit la nature inférieure par sa glorification et n'a pas amoindri la nature supérieure par l'addition de l'autre

 

Sermon XXI sur la Nativité.

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