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Christ Roi

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Horloge

15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 08:42
"Nous sommes ce grain de sable qui enraye la machine du diable"

Mohammed était étudiant au Liban, issu d’une famille musulmane chiite, il avait commencé à prier la Vierge Marie seul, clandestinement. À la fin d’un cours, il est allé voir un professeur de macro-économie qu’il appréciait. La conversation basculait de l’économie à la métaphysique et Mohammed demandait : « Pourquoi la haine règne-t-elle ici, entre toutes les communautés ? Pourquoi les musulmans et les chrétiens sont-ils au bord de la guerre ? ». La réponse, énigmatique : « Nous sommes ce grain de sable qui enraye la machine du diable » est restée gravée en lui. En tant que chrétien élevé dans l’islam, il se sentait investit d’une mission. « Je dois dire la vérité sur l’islam, aider à accueillir ceux qui ont fait le même chemin que moi. »

« L’Esprit Saint souffle discrètement »

Mohammed doit sa conversion à un autre professeur, Pierre, qui venait lui donner des cours particuliers alors qu’il était encore enfant et grandissait en Afrique, avec ses frères et sœurs. C’était un professeur très compétent et, grâce à son aide, Mohammed est devenu un bon élève, mais il avait un comportement étrange. Il priait à heure fixe, prosterné à genoux. Lorsqu’il mangeait sur place, il bénissait son repas… « Nous étions de culture musulmane, mais non-pratiquants. Nous n’avions jamais vu de chrétien comme celui-là et nous nous demandions s’il appartenait à une secte ! »

Le refuge de la prière

À la même époque, les choses se gâtaient dans la famille. Des disputes éclataient entre les parents, le père se montrait violent… « Je ne savais pas quoi faire pour que cela cesse, et je demandais à Pierre. Il me répondit qu’il allait m’apprendre à prier. » Le « Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit », le Notre Père, puis les prières à Marie, le grand amour de Mohammed. « Plus je priais, plus je sentais l’amour grandir dans mon cœur, comme une fleur qu’on arrose », assure-t-il.

Il priait clandestinement, d’autant plus que sa mère s’est mise à pratiquer l’islam. « Nous étions une famille très ouverte et accueillante, nous avions des amis chrétiens, et même juifs. » Mais le père de famille prit une deuxième épouse, ce qui fit terriblement souffrir sa femme. Des voisins lui dirent qu’elle avait été punie par Dieu parce qu’elle était une mauvaise musulmane, et des pratiques jusqu’alors ignorées firent leur apparition : elle se mit à porter le voile, à dire les prières… « Mais je voyais qu’elle sombrait dans la tristesse », se souvient Mohammed.

« Est-ce que tu m’as dit la vérité ? »

Le jeune garçon est devenu un jeune homme brillant, qui s’apprêtait à se rendre à Beyrouth pour poursuivre ses études. Il vint voir Pierre une dernière fois, et lui demanda : « Monsieur Pierre, dites-moi la vérité, m’avez-vous menti ? ». Et Pierre a répondu : « Jamais ». La séparation d’avec ce professeur l’a blessé, ainsi que l’arrivé dans un Liban marqué par les divisions religieuses. De là-bas, il obtint son inscription dans une grande école française… « Avec l’aide de Dieu et l’intercession de la Vierge Marie », assure-t-il. « À chaque étape de ma vie, Dieu a posé des jalons, m’a permis de rencontrer des personnes qui m’ont mis sur le bon chemin. Il agit discrètement mais efficacement ! » C’est encore grâce à Dieu, affirme-t-il, qu’il a trouvé une place dans une entreprise française, où il continue – encore aujourd’hui – à cacher sa conversion. Certains de ses collègues sont musulmans, et il craint leur réaction.

Internet, une invention de Dieu

Malgré sa réussite professionnelle, il ne se sentait pas pleinement heureux. Il récitait seul le chapelet, comme un chrétien des catacombes. Et il a eu un soir l’idée d’utiliser ce qu’il appelle « une invention de Dieu » qui, précise-t-il, « comme toutes les inventions, peut être détournée » : Internet. Il chercha sur Google « musulmans convertis », et découvrit des centaines de vidéos. Toujours méfiant, il créa une fausse adresse mail, et entra en contact avec l’un d’entre eux.

Contacts clandestins avec les chrétiens

Lors de sa première rencontre, il avait prévenu un ami qu’il serait de retour à 20 h, « pour que quelqu’un me cherche, si j’étais enlevé »… Mais sur place, il rencontra un prêtre en soutane, ce qui le rassura. Et on lui confia un Évangile selon saint Marc. « Je l’ai bouffé », se souvient-il. À partir de là, commence pour le jeune homme une nouvelle initiation au christianisme, lui qui n’en connaissait que quelques prières. Il s’intéressait aussi au Coran, qu’il ne connaissait pas vraiment. Découvrant la vie de Mohammed par les Hadiths, il concluait : « Moi qui suis pêcheur, je suis meilleur que cet homme-là, je ne veux pas de lui, je veux le Christ ! ». Il entra dans une association consacrée aux convertis, Notre-Dame de l’Accueil, anciennement Notre-Dame de Kabylie.

« Ils ne comprennent pas que je veuille quitter l’islam »

Il se mit à fréquenter sa paroisse, et se dit bien accueilli, mais la réaction de certains chrétiens l’a surpris. Il se souvient : « Certains d’entre eux me disaient que l’islam est une belle religion, ils ne comprenaient pas que je veuille la quitter… Cela me mettait en colère, je connais l’islam, l’islam est une hérésie, une partie de ma famille vit dedans ». Il différencie le dogme et les personnes, et constate qu’il existe des musulmans qui sont plus chrétiens que des chrétiens… « Ce sont de bonnes personnes, mais ce sont de mauvais musulmans, et heureusement », assure-t-il.

Accueillir les convertis

De simple converti, il fait désormais partie de ceux qui accueillent les convertis. Il a eu la joie d’apprendre que l’une de ses sœurs, en partie grâce à l’annonce de sa conversion, s’est elle aussi rapprochée du Christ. Il reçoit désormais des musulmans attirés par Jésus et conseille : « Si cela vous arrive, sachez que vous êtes l’instrument de l’Esprit Saint. Laissez-Le faire son travail. Écoutez beaucoup et si celui qui veut se convertir est en colère contre l’islam, ne rentrez pas dans sa colère, soyez des artisans de paix et cheminez avec lui ».

 

Source: Aleteia.org

"Nous sommes ce grain de sable qui enraye la machine du diable"
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Publié par Ingomer - dans Religion
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15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 00:00

Germaine de Pibrac ou Sainte Germaine Cousin (1579 - 1601), de son vrai nom "Germaine Cousin". Sa courte vie de vingt-deux ans est une merveille de la grâce.

Fille d'un modeste laboureur, Laurent, époux de Marie Laroche, Germaine naît à Pibrac petit village près de Toulouse, en 1579.

Atteinte de scrofules (adénopathie tuberculeuse), elle a aussi une main atrophiée. Sa mère meurt alors qu'elle était encore très jeune, et dès lors, elle subira les humiliations de sa belle-mère, acariâtre, et sera reléguée dans un appentis, loin de la vie familiale.

Elle persuada son père de l'envoyer garder les troupeaux, où là, dans la nature, elle pouvait réciter son chapelet et trouver le réconfort dans la prière. Tous les jours elle allait à la Messe. Elle plantait sa quenouille en terre et la quenouille gardait les moutons ; jamais une brebis ne s'égara, et jamais non plus les loups, pourtant nombreux dans la région à cette époque, n'attaquèrent le troupeau.

Elle donnait le peu de pain qu'elle avait aux pauvres. Un jour de 1601, son père la trouva morte dans le réduit où on l'obligeait à dormir. Elle avait 22 ans. Elle fut enterrée dans l'église de Pibrac, et peu à peu tout le monde oublia l'existence de cette sépulture.

Pour aller à l’église, elle devait passer un gros ruisseau. Un jour que le ruisseau était en crue, des paysans qui la voyaient venir se demandaient, d’un ton railleur comment elle ferait pour passer. Les eaux s’ouvrirent devant elle et elle traversa sans même mouiller sa robe.

Un jour, sa marâtre l'accusa de voler du pain. Elle la poursuivit afin de la frapper et de la confondre, malgré l'insistances de voisins qui voulaient la retenir. Quand celle-ci rattrapa Germaine et lui fit ouvrir son tablier, à la place du pain qu'elle pensait y trouver s'étalait une brassée de roses. Son père fut alors ébranlé, il interdit à sa femme de frapper Germaine et lui demanda de réintégrer la maison ailleurs que dans le grabat qu'elle occupait. Elle refusa. 
La nuit de sa mort, on raconte que deux religieux en route pour Pibrac à la nuit tombée, virent passer en direction de la maison de Laurent Cousin deux jeunes filles vêtues de blanc. Le lendemain matin, alors qu'ils reprenaient leur route, ils virent ressortir trois jeunes filles, dont l'une, encadrée par les deux autres, était couronnée de fleurs.

En 1644, alors que le sacristain se préparait à organiser des funérailles en creusant une fosse, il tomba sur un corps enseveli dont la fraîcheur le stupéfia. Même les fleurs que la morte tenait étaient à peine fanées. A la difformité de sa main, aux cicatrices des ganglions de son cou, on reconnut Germaine Cousin. Toutefois, son corps fut déposé dans un cercueil de plomb, offert par une paroissienne guérie par l'intercession de la sainte, et déposé dans la sacristie où il demeura, à nouveau oublié, encore 16 ans,

Le 22 septembre 1661, le vicaire général de l’archevêque de Toulouse, Jean Dufour, vint à Pibrac. Il s'étonna de voir ce cercueil resté dans la sacristie, le fit ouvrir, et découvrit que la sainte présentait toujours le même état de fraîcheur. Il fit creuser tout autour de là où le corps avait été trouvé, et tous les morts enterrés au même endroit n'étaient plus que des squelettes. Ebranlé par ce miracle, le vicaire général demanda la canonisation de Germaine en 1700.

Sa dépouille subit encore de nombreuses pérégrinations accompagnés de plusieurs miracles.

A Pibrac, une basilique a été élevée en son honneur. La maison natale de Germaine Cousin existe toujours. Elle est située à environ 2 kilomètres du village de Pibrac. Récemment restaurée, on peut la visiter.

Germaine fut béatifiée par Pie IX le 7 mai 1854, puis canonisée en 1867.


Sainte Germaine est la patronne des faibles, des malades, des déshérités.
Elle est aussi la patronne des bergers.

On la représente avec sa quenouille, accompagnée d'un mouton, mais aussi avec son tablier ouvert sur un bouquet de roses.



Statue de l'oratoire près de la maison où la Sainte vécut 


Sainte Germaine de Pibrac - cathédrale de Lombez

 


Sources: (1), (2)

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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 08:48

Pendant que quatre religieux (un catholique, un protestant, un rabbin, et un imam) bénissaient l'inauguration du tunnel du Saint-Gothard dans une galerie annexe à deux kilomètres sous la montagne, le 1er juin, au-dessus, c'était la fête, sans laïcité... Le saint évêque d'Hildesheim absent, le diable devenait en effet le maître de cérémonie d'une étrange chorégraphie. Assistèrent sans broncher à cette pantomime, François Hollande et Angela Merkel.

Image extraite de la video youtube https://www.youtube.com/watch?v=JVw_mPvYcDM

Image extraite de la video youtube https://www.youtube.com/watch?v=JVw_mPvYcDM

Le tunnel du Saint-Gothard : 11 milliards d’euros pour 57 kilomètres de tunnel ferroviaire, le plus grand ouvrage suisse de tous les temps ! Inauguré ce 1er juin, il va beaucoup simplifier la vie des voyageurs, mais il a posé une série de problèmes insurmontables à ceux qui ont souhaité organiser une cérémonie à la hauteur de l’évènement. Au début, ça paraissait assez simple, on avait eu l’idée d’une bénédiction interreligieuse avec des représentants des trois grandes religions présentes en Suisse : il y aurait donc un prêtre, un rabbin et un imam.

 

Et les protestants ?

 

Mais la Conseillère fédérale, Doris Leuthard ne tarda pas être inondée de lettres indignées : comment expliquer que la communauté réformée ne possède aucun représentant ? À cela s’ajoutait une polémique autour de la présence d’un imam, soupçonné de connections avec d’autres imams aux discours extrémistes… Pour clore la polémique, il fut décidé d’ajouter au trio un pasteur protestant. L’imam controversé, Bekim Alimi, quant à lui, resterait.

 

Les non-croyants représentés

 

Puisque la cérémonie religieuse devait en fin de compte représenter les différentes communautés suisses, il semblait inconvenant que les sans religions ne soient pas, eux aussi, représentés. Une solution raisonnable – étant donnée les termes du débat – fut trouvé en invitant un « représentant des sans religion et des athées ». C’est le chef de la division Sécurité de l’Office fédéral des transports Pieter Zeilstra qui s’y colla.

 

Les monothéismes aux catacombes

 

Le 1er juin, à 7h30 du matin, sans la presse, et avec une poignée d’ouvriers pour tout public les cinq représentants ont officié. Non pas dans le tunnel, pour des raisons de sécurité, mais dans une galerie annexe, à deux kilomètres sous la montagne. Il n’y avait ni musique ni fanfare, mais les bénédictions successives des quatre religieux et le discours de l’agnostique, qui parla de « rapprochement entre les peuples » à la lumière blafarde des projecteurs. Mais plus haut, c’était la fête.

 

François Hollande, Angela Merkel, le Premier ministre italien Matteo Renzi et le nouveau chancelier autrichien Christian Kern assistaient à une chorégraphie d’ouverture, aux « accents contemporains ». Preuve en est avec une scénographie des plus bizarres, où l’influence dominante semble être le film d’horreur. Que l’on juge plutôt : des ouvriers ouvrent le spectacle en marchant comme des zombies, puis certains d’entre eux s’effondrent comme terrassés, tandis qu’un « ange », portant un masque de bébé démoniaque plane au-dessus d’eux Outre la faute de goût, il y a une faute morale grave à singer ainsi la mort, dans un ouvrage qui coûta la vie à neuf ouvriers.

Tunnel du Saint-Gothard: pas de laïcité, le saint évêque d'Hildesheim absent, le diable devient maître de cérémonie

On recherche toujours saint Gothard

 

Parmi les différents symboles étranges exhibés lors de cette représentation artistique, des crânes d’animaux, portés comme des trophées, et une représentation médiévale de Satan : un acteur doté d’un déguisement de bouc et d’un rictus proprement démoniaque. Cette référence étrange pourrait s’expliquer par la légende du Pont du diable. Un pont, qui permettait d’accéder au col du Saint-Gothard fut nommé ainsi, selon la légende, car il fut bâti par le diable. En échange de cette construction, le diable demanda l’âme du premier qui le passerait. Les habitants, plus malins que le Malin, firent passer un bouc, ce qui rendit le diable furieux… Représenter le diable aurait pu se défendre, à condition, bien sûr de l’assumer comme tel, et de présenter sa défaite, mais rien de tel dans la bizarre inauguration du 1er juin, il semble au contraire devenir le maître de cérémonie. Et l’on déplore surtout un grand absent : saint Gothard. Mais peut être la présence de l’ancien évêque de Hildesheim aurait-elle été perçue comme une surreprésentation de la communauté catholique ? Il aurait fallu alors repartir à zéro, et trouver des personnages de chaque religion ou des agnostiques. Le diable, lui, a fait consensus.

 

Source: Aleteia.org

Commentaire de Christroi.over-blog.com : Ces gens qui donnent au diable le rôle de maître de cérémonie ne savent pas que, dans ce monde, bien que vivants ils sont déjà morts.

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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 00:00
Saint Antoine de Padoue, Confesseur

Saint Antoine de Padoue, Confesseur

SAINT ANTOINE de PADOUE Religieux de Saint-François, docteur de l'Eglise (1195-1231)

Saint Antoine naît de son vrai nom Fernando Martins de Bulhoes à Lisbonne, en 1195, de la famille glorieuse de Godefroy de Bouillon, premier roi de Jérusalem, dont une branche s'était implantée en Portugal.
Enfant, il va à l'école épiscopale et se fait remarquer par une intelligence vive. A quinze ans, il entre chez les frères augustiniens du monastère de Saint-Vincent de Fora qui se trouvait alors en dehors de la ville, à Graça, une des sept collines de Lisbonne. Il y reste deux ans.

En 1212, il continue ses études théologiques au monastère augustinien de la Sainte-Croix à Coimbra.

Un jour qu'il était retenu à l'infirmerie du couvent par les devoirs de sa charge, il eut, au moment de l'élévation de la Messe, un ardent désir de voir le Sauveur, et il se mit à genoux: ô merveille! Les murs de l'église s'entr'ouvrent et lui laissent voir l'autel, où il adore ravi, la sainte Victime.

Cependant Antoine était appelé de Dieu à devenir disciple de S. François; il sentit le premier appel à la vue de cinq religieux franciscains, Bérard de Carbio, Otton, Pierre de Saint-Géminien, Adjute et Accurse, s'embarquant pour les missions d'Afrique en 1219 et qui s'étaient arrêtés dans son monastère de Coimbra; l'appel fut définitif, quand, quelques mois plus tard, les reliques de ces cinq religieux, devenus martyrs de la foi, furent ramenées providentiellement à son monastère. Ils avaient été décapités au Maroc par le calife almohade Yusuf al-Mustansir le 16 janvier 1220, après avoir été fouettés à mort.

Fernando Martins de Bulhoes, qui vient d'être oint prêtre, assiste à la cérémonie funéraire. Le jeune homme sent "dans son coeur" qu'il doit impérativement suivre l'exemple des frères martyrisés. Il exprime le voeu de rejoindre l'Ordre et il est accueilli à Olivais, un ermitage des environs de Coimbra où quelques frères franciscains arrivés au Portugal vers 1217 ou 1218, avaient reçu de la reine Urraque la jouissance d'une chapelle. Il change de nom pour prendre celui d'Antoine. Il part lui aussi pour le Maroc mais, malade, il doit rebrousser chemin. Il débarque en Sicile, arrive à Assise et participe au chapitre de 1221. Il se rend en mission dans les régions du sud de la France où quelques premiers miracles lui assurent une grande renommée.


Placé à la cuisine d'un couvent, il est un jour appelé par son supérieur pour prêcher, sans préparation, à la communauté. Il commença simplement; mais bientôt il s'éleva à une telle hauteur de doctrine et d'éloquence, qu'il émerveilla toute l'assemblée. L'Esprit-Saint, qui transforma les Apôtres, avait rempli l'humble Antoine. Dès lors il occupe les grandes charges de l'Ordre, il évangélise les villes et les campagnes, enseigne dans les universités de Montpellier, de Toulouse, de Bologne et de Padoue.

 

Dans un concile où il y avait "des Grecs et des Latins, des Français et des Teutons, des Slaves et des Anglais et bien d'autres de différentes langues et d'idiomes variés", frère Antoine, devant le pape, rend la parole de Dieu tellement douce, que tous ces gens "l'entendent très limpidement, clairement et le comprennent distinctement". Puis ils s'émerveillent : "Comment se fait-il que nous entendons tous parler par lui notre langue maternelle?" Le pape Grégoire IX lui-même s'exclame : "C'est vraiment lui l'arche de l'Alliance et la bibliothèque des écritures divines!"


Ses prédications rencontrèrent un succès important, favorisant la conversion de nombreux hérétiques. Il fonda un monastère à Brive, où il fit de nombreuses conversions. Il fut d'ailleurs, comme Vincent Ferrier et Torquemada, surnommé le marteau des hérétiques.

 

En 1231, il fut envoyé à Padoue (Vénétie) où il poursuivit ses prêches durant le Carême. Il meurt d'épuisement le 13 juin suivant à Arcelle, près de Padoue. Il est canonisé l'année suivante. Si son apostolat a duré moins de 10 ans, le rayonnement de ses paroles et de ses actes a eu une portée internationale jusqu'à nos jours.

 

Parmi les innombrables miracles de ce grand Thaumaturge, remarquons ceux qui suivent:

Son père avait été injustement condamné à mort, à Lisbonne, pour un meurtre qu'il n'avait pas commis. L'esprit de Dieu transporta Antoine en son pays natal; il alla tirer le mort de sa tombe et lui fit proclamer l'innocence de l'accusé. A la même heure, Antoine, de retour à Padoue, se rendait à l'office où la cloche appelait les religieux.

Saint Antoine est célèbre par l'apparition de l'Enfant Jésus, qui vint un jour Se mettre entre ses bras.

On l'invoque avec succès pour retrouver les objets perdus.


Le miracle des poissons. Quand S. Antoine prêchait, les hérétiques cathares ne l'écoutaient pas. Il leur dit alors qu'il allait s'adresser à des créatures plus simples et plus spontanées que le Bon Dieu a créées. Un jour, prêchant sur le bord de la mer, S. Antoine vit venir une multitude de poissons pour l'entendre, et donner une leçon aux hérétiques qui se bouchaient les oreilles; ils ne partirent qu'après s'être inclinés sous sa bénédiction. Comme chez S. François, les prédications de S. Antoine aux animaux invitent ces créatures du Seigneur à louer leur Créateur. C'est exactement la position inverse de celles des cathares, où les créatures avaient été créées par un démiurge, c'est-à-dire un dieu malveillant qui aurait fait tomber les âmes et les esprits dans la matière. La louange de la Création est en cela en elle-même une prédication anti-cathare, qui veut signifier l'unicité de Dieu comme Créateur et Père de tous les êtres.

Saint Antoine de Padoue, le saint que l'on invoque pour retrouver les objets perdus

Afficher l'image d'origine S. Antoine réussit à rendre S. François présent "pour les yeux corporels". En 1224, Jean de Florence, ministre des Franciscains pour la Provence, avait réuni un chapitre à Arles. Frère Antoine s'y rend et en profite pour faire un commentaire de l'Evangile de Jean, plus exactement, des versets où celui-ci parle de l'arrivée du Christ, chargé de sa croix, sur le Golgotha et de l'ordre de Pilate d'inscrire sur la croix "Jésus de Nazareth, roi des Juifs". Le frère Monaldo, prêtre "éclatant par sa renommée et plus encore par sa vie" (Thomas de Celano), "homme simple et que l'ornement de nombreuses vertus faisait resplendir" (Julien de Spire), fait partie de l'assistance. Pendant qu'il écoute les paroles "bénies" de S. Antoine, "le frère Monaldo regarde vers la porte de la maison où les frères étaient tous ensemble réunis, et là il voit, de ses yeux corporels, le bienheureux François élevé dans les airs, mains tendues comme s'il était en croix et bénissait les frères."

Afficher l'image d'origine Après leur mort, S. François et S. Antoine apparaissent ensemble  dans les visions de certains miraculés. C'est ainsi qu'un jeune frère, la veille du jour où il voulait quitter l'Ordre, voit un long cortège de gens habillés "de précieux ornements diaprés" et dont le visage, les mains et tout ce que l'on voyait de leur corps "rayonnait de manière plus resplendissante que le soleil"; deux surtout "plus nobles que les autres marchaient entourés d'une si grand clarté qu'ils provoquaient chez ceux qui les regardaient une stupeur étonnante". Ils voudraient connaître leur identité. Une voix lui répond qu'ils sont S. François et S. Antoine et que le cortège est celui des frères mineurs qui conduisent ce dernier, mort récemment, "vers la gloire du Royaume éternel."


Saint Antoine de Padoue ne doit pas être confondu avec saint Antoine l'Ermite, ou Antoine d'Egypte, au IVe siècle, considéré comme le fondateur de l'érémitisme chrétien.


Sur les hauteurs du Col d'Osquich, frontière historique entre les provinces de Basse-Navarre et de Soule (Pays Basque), au sud de Mauléon, se trouve une Chapelle St Antoine (706 m) dédiée à la paix. Les pélerinages ont lieu le 13 juin, fête de St-Antoine de Padoue, le 2e dimanche de juillet, le dimanche après le 15 août.

 





Saint Antoine de Padoue, le saint que l'on invoque pour retrouver les objets perdus

Sources:

 

(1) Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950. Les saints du jour

(2) Site officiel de Saint Antoine de Padoue http://www.saintantoine.org/portale/home.asp

(3) Virgil TANASE, Saint François d'Assise, Gallimard Folio Biographies, Malesherbes 2015, p. 211-217

 

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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 00:00

Il était un seigneur de condition très modeste, mais très hospitalier.
Les "Fioretti" de saint François
racontent que le Poverello et ses compagnons furent reçus chez lui, leur lavant les pieds et leur offrant un excellent repas. Plusieurs jours plus tard, il vit saint François prier et c'est alors qu'il voulut devenir son disciple et vivre davantage encore la pauvreté.
Devenu franciscain en 1211, il se retira dans une grotte près de Cortone et prêcha la pénitence aux populations voisines.

Saint Guy, martyr (+303)

 

Nominis

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11 juin 2016 6 11 /06 /juin /2016 00:00

Saint-Barnabe--Apotre.jpgSaint Barnabé est qualifié du nom d'Apôtre, quoiqu'il ne fût pas du nombre des douze que Jésus avait choisis ; on lui a donné ce titre glorieux parce que le Saint-Esprit l'avait appelé d'une manière toute spéciale et qu'il eut une grande part, de concert avec les Apôtres, dans l'établissement du christianisme.

Il était Juif, de la tribu de Lévi, et natif de l'île de Chypre ; son nom de Joseph lui fut changé par les Apôtres contre celui de Barnabé, qui signifie fils de consolation. Il avait été ami d'enfance de saint Paul et c'est lui qui, après l'étonnante conversion de cet Apôtre, le présenta à Pierre, le chef de l'Église.

La première mission de Barnabé fut d'aller diriger l'Église d'Antioche, où la foi prenait de grands accroissements ; il vit tant de bien à faire, qu'il appela Paul à son secours, et les efforts des deux Apôtres réunis opérèrent des merveilles. Sur l'inspiration de l'Esprit-Saint, le Prince des Apôtres leur donne l'onction épiscopale, et ils s'élancent, au souffle d'en haut, vers les peuples gentils, pour les convertir. Salamine, Lystre, la Lycaonie et d'autres pays encore, entendent leur parole éloquente, sont témoins de leurs miracles et, sous leurs pas, la foi se répand avec une rapidité prodigieuse. Paul et Barnabé se séparent ensuite, pour donner plus d'extension à leur ministère. 

L'île de Chypre, d'où il est originaire, était particulièrement chère à Barnabé ; c'est là qu'il devait sceller de son sang la foi qu'il avait prêchée.

 

Source

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 12:20
La Révolution de 1830, ou le triomphe du capitalisme contre le bien commun, par Bonald. De l’immoralité du pouvoir libéral

La Révolution de 1830, ou le triomphe du capitalisme contre le bien commun, par Bonald

 

De l’immoralité du pouvoir libéral

dimanche 24 avril 2016 par ISH Enregistrer au format PDF

Lors de la révolution de 1830, la haute bourgeoisie et sa prostituée de toujours — la presse —, couronnent l’usurpation d’une famille cadette d’Orléans avide de pouvoir. Bonald présente, avec une rare clairvoyance, les conséquences toujours actuelles de l’argent-roi :

  • Le grand commerce, non contrôlé par l’État, réduit les personnes à l’état de consommateurs. L’argent des actionnaires prime désormais sur la politique et le bonheur des peuples.
  • La grande industrie, non contrôlée par l’État, se nourrit de l’esclavage d’une population miséreuse (le prolétariat) pour produire ce que le consommateur achète. Ainsi importe-t-elle des cohortes d’étrangers, corvéables à merci et jetables, sans se soucier que ces malheureux, sans racines et hétérogènes, constituent une source d’instabilité pour le pays, proies choisies de tous les fanatismes idéologiques ou religieux.

Est-ce donc un hasard si les gouvernement libéraux-socialistes s’acharnent à exterminer la population enracinée des agriculteurs au nom du libre-échangisme ? Les paysans étant les seuls — nous dit Bonald — a être indispensables au Pays, parce qu’ils le nourrissent...

 

Table des matières

 

Avertissement de viveleroy.fr

 

Ce texte est tiré du livre Louis de Bonald, Réflexions sur la révolution de 1830 et autres inédits, présentés et annotés par Jean Bastier, Éditions Duc/Albatros, Paris, 1988, p.83-86.

AVERTISSEMENT : tous les titres ont été ajoutés par VLR pour faciliter la lecture en ligne.

 

La presse, instrument de domination de la bourgeoisie révolutionnaire

 

Le commerce et l’industrie ont fait la révolution de Juillet, la presse sans doute y a puissamment contribué, mais la presse aussi est une spéculation d’industrie et un objet de commerce, et c’est uniquement pour soutenir cette industrie et son commerce qu’elle a fait la révolution. Il est donc permis d’examiner les titres du commerce à une si haute mission que celle d’une révolution de gouvernement, et les droits qu’il a de prendre le pas sur les institutions publiques et politiques.

 

Quand la bourgeoisie proclame la liberté

 

Le commerce, affranchi de l’autorité politique, perçoit un impôt direct en profitant de la détresse publique

Le commerce, quelque étendu qu’il soit, n’a affaire qu’aux particuliers, et n’est l’affaire que de particuliers. Que le détaillant vende à livres et onces [1] le sucre et le café aux consommateurs, que le négociant fasse venir des bâtiments chargés de sucre et de café pour les détaillants, l’un et l’autre sont au service des particuliers, commandés et payés par eux, et ne servent pas l’État qui ne consomme ni sucre ni café. Les droits que payent ces objets à leur entrée sont un impôt payé par les consommateurs et se confondent avec les autres subsides.

Ceux qui se livrent à ces spéculations sont assurément des hommes très estimables s’ils les font avec bonne foi sans trop profiter de la détresse publique ; mais la profession en elle-même n’a rien d’honorable ; car il n’y a de service honorable en politique que le service du pouvoir public, politique ou religieux ; aussi les Romains, justes appréciateurs de tout ce qu’il y a de noble et d’honorable dans les diverses professions, abandonnaient le négoce à leurs affranchis et l’industrie à leurs esclaves.

Le libéralisme, ou la mort de l’autorité politique, ou le fort libre d’asservir le faible

On se plaint avec raison de la ruine du commerce ; mais peut-être faut-il en chercher la cause dans le commerce lui-même, ce ne sont pas quelques fortunes colossales — qui écrasent et humilient le petit commerce — qui font pour l’État la prospérité du commerce, c’est un grand nombre de fortunes médiocres qui répandent une aisance générale.

 

Autrefois un commerçant enrichi s’empressait de quitter le commerce pour acheter une charge et passer dans l’État public, il faisait ainsi place à d’autres commerçants qui, délivrés de cette concurrence, travaillaient avec plus de succès à faire leur fortune pour quitter à leur tour le commerce et faire place à d’autres.

 

Les 1 % les plus riches du monde possèdent plus que les 99 % restantsAujourd’hui le commerçant enrichi veut s’enrichir encore et ne voit point de terme aux progrès de sa fortune. Il y a telle ville où un riche négociant est le tyran des plus petits commerçants qui ne peuvent faire aucune spéculation qu’ils ne soient devancés par un homme à qui une immense fortune et des relations étendues donnent les plus grands avantages ; et si par la constitution de l’État, ces mêmes hommes sont revêtus de fonctions publiques avec lesquelles et même à la faveur desquelles ils continuent leur commerce, s’ils peuvent être députés ou pairs et rester banquiers ou fabricants, on sent qu’il n’est plus possible de lutter contre une si redoutable concurrence.

 

 

 

Cet empressement à quitter le commerce lorsqu’on avait fait une fortune honnête et suffisante avait un grand avantage en morale et en politique.

 

Source et suite: Vive le Roy

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 10:00

Parole d'un petit patron aux abois :

Il est dans l'intérêt d'un tyran de garder son peuple pauvre pour qu'il soit si occupé à ses tâches quotidiennes qu'il n'ait pas le temps pour la rébellion (Aristote).

Je pense que c'est voulu tout cela, je pense que c'est voulu pour nous museler. Pour moi, tout est calculé, ils veulent nous appauvrir.

La taxe sur la publicité extérieure met les PME/PMI en détresse

Plus de 30 milliards de hausse fiscale sous Sarkozy, au moins 80 milliards depuis que François Hollande est arrivé au pouvoir (1), la France a créé 41 nouvelles taxes depuis 2010, se faisaint ainsi la championne du monde de la créativité fiscale. Jamais aucun système politique n'a à ce point matraqué ses administrés.

 

Voici un reportage de Reinformation.Tv de juin 2016 en Bretagne sud, "TLPE : la taxe locale sur la publicité extérieure met les PME / PMI à genoux".

Les gouvernements qui se succèdent au pouvoir de la France depuis 40 ans ont-ils décidé de mettre à genoux les petites sociétés, les PME, les PMI ? La question est légitime à l’heure où l’on assiste à une avalanche de taxes et d’impôts de toutes sortes. La France compterait paraît-il près de 400 taxes et impôts divers. 41 nouvelles taxes ont été votées depuis 2010, ce qu’explique dans son livre « On va dans le mur », Agnès Verdier-Molinié, la directrice de l’Ifrap, la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques.

 

La TLPE, une taxe passée inaperçue

 

Votée en France en 2008, la TLPE, taxe locale sur la publicité extérieure, applicable à la discrétion des collectivités locales, a été « pensée » par les politiques pour soi-disant lutter contre la pollution visuelle à l’entrée des villes. En fait, la taxe sur les milliers de pancartes, panneaux ou affiches présentes aux entrées des agglomérations, vient surtout combler l’effondrement des dotations de l’Etat aux communes de France. Elle aurait par exemple permis à la mairie de Quimper de récolter près de 500.000 euros… Taxer les sociétés permet donc de palier en partie à la baisse des dotations, l’argent de l’Etat se faisant de plus en plus rare. Mais il s’agit aussi d’un « cadeau » empoisonné de l’Etat aux mairies, qui entrent souvent en conflit avec les entreprises locales.

 

Des petits patrons en rébellion contre la municipalité et contre la taxe locale sur la publicité extérieure

 

A Pont l’Abbé en Bretagne, le conflit dure depuis des semaines. Depuis le début de l’année en effet, plusieurs dizaines de petites entreprises françaises sont entrées en opposition contre la mairie qui a choisi de leur infliger la TLPE. Récemment, plusieurs petits patrons ont investi le conseil municipal de la commune.

 

Réponse du maire contacté par les petits patrons et de ses collaborateurs sur place (à partir de 7:38) :

 

"Vous avez une chance extraordinaires dans vos entreprises privées, de pouvoir licencier en cas de difficulté." Le petit patron qui rapporte le propos du maire ajoute : "Ce jour-là, j'ai cru qu'il allait se faire lyncher."

 

D’autres actions sont prévues dans les prochaines semaines.

 

Notes

 

(1)  François Hollande a augmenté les impôts de 90 milliards d'euros depuis son élection, Le Figaro, Service infographie du Figaro, Mis à jour le 03/03/2015 à 22:26, Publié le 03/03/2015 à 20:50

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 00:00
Saint Landry, Évêque de Paris (✝ 656)

Évêque de Paris, saint Landry n'eut de cesse d'aider les plus démunis. Lors des famines, il vendait tous ses biens jusqu'aux objets liturgiques pour acheter un peu de pain et le redistribuer.

Parce que les maladies faisaient de nombreux morts et se transformaient souvent en épidémies, il eut l'idée de regrouper tous les malades pour mieux les soigner et ne pas contaminer le reste de la population : le premier Hôtel-Dieu était créé.

 

Sources : (1), (2), (3), (4)

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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 13:31
François Hollande veut supprimer le poste de Premier ministre
François Hollande, en prise à des mouvements de contestations depuis le début de son quinquennat, se prenant pour un nouveau Louis XIV (1), veut supprimer le poste de Premier ministre, car, dit-il, "tout remonte au président.Mardi matin 7 juin sur Europe 1, il s'est dit prêt à supprimer le poste de Premier ministre. En privé, il aurait dit : "réformer sous le quinquennat, c'est long et c'est double". [D]ans le but de clarifier et faciliter les réformes, il souhaiterait que seule l'Assemblée nationale soit utilisée pour le vote d'une loi. Le Sénat serait transformé en "une assemblée des collectivités locales". (1)

 

Il faut savoir que le projet de François Hollande n'est pas nouveau, il a même trois siècles.

 

Sous l'"Ancien Régime", le principal ministre d'État était le principal conseiller et chef du gouvernement du roi de France. Le titre et la fonction étaient officieux, le roi étant le détenteur de tous les pouvoirs. Or, en 1661, à la mort de Mazarin, le roi-Soleil Louis XIV à vingt-trois ans, inaugurait son règne personnel en supprimant la fonction de principal ministre. C'était la fin du "ministériat" et le début de la "révolution 1661", selon le mot de l'historien Marc Antoine. La fonction ne sera rétablie que sous Louis XV en 1726, avec le ministériat du Cardinal Fleury (1726-1743), ancien précepteur de Louis XIV. La suppression du principal ministre se retrouve à trois siècles de distance dans une déclaration d'un "président de la république".

 

Il faut savoir également que le 26 août 1786, sous Louis XVI, une création d'une assemblée des collectivités locales était l'idée d'un rapport d'une douzaine de pages intitulé Précis d'un plan d'amélioration des finances, remis par le contrôleur général Calonne à Louis XVI... L'assemblée des collectivités locales avait alors pour nom les "Assemblées provinciales". Le plan visait un transfert progressif de certaines responsabilités administratives des parlements provinciaux vers les assemblées provinciales, dont les membres, organes consultatifs, étaient élus par les propriétaires terriens disposant d'au moins 600 francs de revenu. La distinction des trois ordres était supprimée, ceux n'atteignant pas ce seuil pouvaient se regrouper en vue d'un suffrage collectif. Ces organes devaient avoir, parmi leurs attributions, la répartition des impôts (clergé et noblesse ne pouvaient plus s'exempter eux-mêmes), les questions de corvées, de voirie locale (chemins et canaux), et pouvaient faire au roi des propositions. Le plan de Calonne établissait l'égalité des Français devant l'impôt... (2)

 

Aujourd'hui, à nouveau, "tout remonte au président", argumente François Hollande, qui semble considérer que les allers-retours entre Matignon et l'Elysée font perdre du temps et de l'efficacité.

 

Rendre le pays plus gouvernable. François Hollande n'est pas le premier à formuler cette idée.

 

Alors qu'il était à Matignon, François Fillon avait également suggéré une suppression du Premier ministre, pour laisser le président gouverner face à une Assemblée nationale au pouvoir renforcé, qui ne pourrait plus être dissoute. (3) C'était en 2007, le locataire de Matignon disait alors :

 

"La logique des institutions que je souhaite, si on la pousse jusqu'au bout, c'est le vrai régime présidentiel. On [aurait] un président de la République qui dirige le gouvernement lui-même mais en face on [aurait] une Assemblée beaucoup plus puissante, beaucoup plus forte qui ne [pourrait] pas être dissoute par le président de la République." (4)

 

Lundi 2 mai dernier dans Le Parisien, Nathalie Kosciusko-Morizet (LR) annonçait elle aussi vouloir supprimer le poste de Premier ministre en ces termes :

 

"Avec le temps, notre régime s'est présidentialisé. Autant en prendre acte en supprimant la fonction de Premier ministre. Le président de la République deviendrait ainsi le chef du gouvernement, avec une équipe resserrée de dix grands ministres." (5)

 

Dans la constitution de 1958, rédigée pour le général de Gaulle, le président de la république est la clé de voûte des institutions. C'est lui qui fixe et détermine la politique. Vouloir supprimer le poste de Premier ministre revient donc à revenir à l'esprit de la Ve république et à l'esprit présidentialiste des institutions dont on sait que le général de Gaulle en 1947 avait songé à restaurer la royauté. (6)

 

 

Nos ancêtres les Gaulois - La Gaule, les origines de la FranceAujourd'hui, face à l'échec de toutes les réformes présentées par les divers gouvernement depuis 40 ans, devant la mascarade parlementaire voyant des gouvernements recourir à des 49-3 pour faire passer leur projets de loi sans vote, les politiques confrontés à la réalité rêvent d'institutions plus efficaces dont l'esprit n'est pas très éloigné de celui de l'ancienne monarchie française et qui permit de ranger notre pays au rang de première puissance mondiale à la veille de la Révolution dite "française". Ces principes sont la durée dans le temps et la concentration du pouvoir. Autrement dit, la monarchie, qui quoiqu'en disent les commentateurs officiels restent le régime politique naturel de la France et de la Gaule depuis 3000 ans.
 
Le seul problème est que dans une telle "république" en 2017, ce ne sera plus ni l'Evangile ni le droit divin qui fondera la politique, mais le droit libéral de quelques-uns contre la majorité, dont on sait combien l'homme, dans cette vision "moderne" de la politique des "droits de l'homme", est devenu une simple variable d'ajustement du marché.
 
Deux millions de mort (7), un génocide, et quelques deux siècles plus tard un président de la république se prenant pour Louis XIV, on se demande bien pourquoi ils ont guillotiné Louis XVI !
 

 

Notes

 

(1) http://actu.orange.fr/politique/francois-hollande-veut-supprimer-le-poste-de-premier-ministre-magic-CNT000000pILpA.html

(2) Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, Perrin, Lonrai 2012, p. 533-534, 544.

(3) François Hollande réfléchit à la suppression du poste de Premier ministre, Europe 1, 07h48, le 07 juin 2016, modifié à 11h11, le 08 juin 2016

(4) François Hollande songe à supprimer le poste de Premier ministre car "tout remonte au président", Lelab.europe1.fr, Publié à 09h23, le 07 juin 2016 , Modifié à 09h25, le 07 juin 2016

(5) NKM veut supprimer la fonction de Premier ministre, Publié à 07h19, le 02 mai 2016 , Modifié à 10h15, le 02 mai 2016

(6) "Ce qu'il faudrait à ce pays, c'est un roi." Charles de Gaulle in J.-R. Tournoux, Pétain et de Gaulle, p. 495, cité in Georgette Elgey, La République des Illusions 1945-1951 ou la Vie secrète de la IVe république, Les Grandes Etudes contemporaines, Fayard, Rennes 1965, p. 92.

(7) René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 24-28.

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 00:00
Saint Médard de Noyon, évêque (✝ 560)

Saint Médard, l'un des plus célèbres pontifes de l'Église de France au VIème siècle, naquit vers l'an 457, à Salency, en Picardie, de parents profondément chrétiens. Dieu les bénit en leur donnant pour fils deux futurs saints évêques, Médard et Gildard.

La jeunesse de Médard fut remarquable par sa grande compassion pour les pauvres et les malheureux; il s'assujettissait à des jeûnes rigoureux, afin de leur distribuer sa nourriture. Un jour, il rencontra un mendiant aveugle qui était presque nu; il se dépouilla de son habit pour l'en revêtir; et comme on lui demandait ce qu'il en avait fait, il dut répondre qu'il l'avait donné à un pauvre aveugle dont la misère l'avait touché. 

Un autre jour, son père, revenant de la campagne avec un grand nombre de chevaux, le chargea de les conduire dans un pré et de les y garder en attendant l'arrivée de ses domestiques. Tout à coup Médard aperçut un villageois chargé de harnais qu'il portait à grand-peine: "Eh! mon ami, lui dit l'enfant, pourquoi vous chargez-vous d'un si pesant fardeau? -- C'est, répondit le paysan, que mon cheval vient de périr par accident; j'emporte ses harnais, mais sans espoir de pouvoir acquérir un autre cheval." L'enfant, ému de compassion, prit un des chevaux confiés à sa garde et le força de l'emmener. Le Ciel témoigna par un prodige combien cet acte de charité Lui était agréable; car, après que Médard eu rendu compte à son père de son action, on trouva le nombre des chevaux complet.

De plus, tous les gens de la maison virent un aigle couvrir Médard de ses ailes pendant une grosse pluie qui était tout à coup survenue. La vie de l'étudiant et du prêtre répondit à de si admirables commencements; toutes les oeuvres de zèle auxquelles peut se livrer un ministre des âmes lui étaient connues et familières.

En 530, il fut élu évêque et sacré par saint Rémi. La dignité épiscopale ne lui fit rien retrancher de ses pénitences. On vit ce saint vieillard, à l'âge de soixante-douze ans, parcourir les villages, les bourgs et les hameaux, prêchant, consolant son peuple, administrant les sacrements avec un zèle infatigable. Il étendit le règne de la foi en quelques parties de son diocèse demeurées païennes; et, par ses travaux comme par ses miracles, il eut la douce joie de sauver un grand nombre d'âmes. C'est de sa main que la reine Radegonde reçut le voile de religieuse.

Enfin Médard, âgé de quatre-vingt-sept ans, plus chargé encore de vertus et de mérites que d'années, rendit son âme au Créateur, en l'an 545.

Saint Médard de Noyon, évêque (✝ 560)

Sources : (1), (2), (3)

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 00:00

Né en Auvergne, il est très tôt envoyé à la cour du roi Louis VI le Gros.

Il participa à la seconde croisade prêchée par saint Bernard à Vézelay, et s'y battit vaillamment, même s'il ressentit très vite le besoin de servir son Dieu d'une manière moins meurtrière.

Saint Gilbert de Neuffontaines (✝ 1152)

A son retour en France, il donna une partie de son immense fortune aux pauvres et construisit un monastère. Il arriva à convaincre sa femme et sa fille d'entrer en religion comme lui souhaitait le faire. Il entra dans l'Ordre des Prémontrés de Saint Norbert.

Fidèle au charisme de saint Norbert, il construisit un hôpital qui devint rapidement célèbre par les miracles que Gilbert y accomplissait.

Il fut ensuite envoyé dans l'Allier pour être le supérieur de l'abbaye de Neuffontaines. Celle-ci prit son nom quelques temps après sa mort.

Pénitent et charitable, il attira une foule de malades et de pécheurs, désireux de soulager leurs maux physiques et spirituels. On lui amenait de tous côtés des enfants gravement malades. Il leur imposait les mains et les rendait guéris à leurs parents. Epuisé par la pénitence et le labeur, il mourut le 5 juin 1152. Selon ses vœux, on l’enterra dans le cimetière des pauvres de l’abbaye. Comme saint Gilbert bénéficiait d’une grande dévotion populaire et à la suite de nombreux miracles, Jean Lepaige, procureur de l‘Ordre, encouragea la recherche des restes mortels du fondateur. Les ossements furent retrouvés le 26 octobre 1645. La fête de saint Gilbert rappelle la date de cette translation. En 1791, pendant le tumulte de la Révolution française, les reliques furent transférées dans l’église Sint-Didier, pour les mettre à l’abri. On ne les a jamais retrouvées. Le pape Benoît XIII reconnut son culte le 22 janvier/8 mars 1728.

 

Sources : (1), (2), (3)

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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 00:00

Saint-Norbert.jpgNorbert, né en 1080, près de Cologne (Allemagne), fut engagé dès son jeune âge dans la cléricature; mais il fréquentait plus la cour que l'Église et reculait devant les Ordres sacrés, afin de suivre la voie des plaisirs. 

Il avait déjà trente-trois ans, quand, traversant à cheval une belle prairie, accompagné d'un seul serviteur, il fut assailli par une soudaine et horrible tempête. La scène de saint Paul sur le chemin de Damas se renouvela; car Norbert entendit une voix céleste lui dire: "Pourquoi me fuis-tu? Je te destinais à édifier mon Église, et tu scandalises mon peuple." En même temps, la foudre éclate et le renverse par terre, où il demeure évanoui pendant une heure entière. Quand il eut recouvré ses sens, il dit à Dieu: "Seigneur, que demandez-vous de moi?" Et la réponse à sa question lui fit comprendre qu'il devait quitter le monde et vivre dans la pénitence. 

La conversion fut immédiate et complète, et bientôt l'on put voir, non sans étonnement, le brillant gentilhomme échanger ses riches vêtements contre la bure du moine. Il se prépara pendant quarante jours, dans un monastère, à offrir pour la première fois le Saint Sacrifice de la Messe. 

Norbert obtint du Pape les pouvoirs de missionnaire apostolique et commença à prêcher la pénitence. Ses œuvres étaient plus éloquentes encore que sa prédication: il marchait nu-pieds, même en plein hiver, au milieu de la neige, n'avait pour vêtement qu'un rude cilice en forme de tunique et un manteau de pénitent; il observait perpétuellement le carême selon la rigueur des premiers siècles, et y ajoutait de ne manger presque point de poisson et de ne boire du vin que très rarement: on eût dit un nouveau Jean-Baptiste, par son zèle et ses austérités. 

Cependant Dieu réservait à Norbert la gloire de fonder l'Ordre des Prémontrés, ainsi nommé parce que le Saint avait eu révélation du lieu où il devait l'établir. Saint Augustin lui ayant apparu, une Règle d'or à la main, il comprit qu'il devait adopter pour son Ordre la règle de ce grand docteur. Il fut lui-même la règle vivante de ses frères. 

 

Ordres-des-Premontres.png

Armoiries de l'Ordre des Prémontrés. Blason d'azur, semé de fleurs de lys d'or, à deux crosses du même passées en sautoir brochant sur le tout. Le semis de fleurs de lys d'or est une concession faite par le roi Saint Louis. (Source: X. Barbier de Montault, prélat de la Maison de Sa Sainteté, Annuaire du Conseil Héraldique de France, 3e année, 1890.)

 

En 1126, se réalisa une vision que sa mère avait eue avant sa naissance: Norbert fut obligé d'accepter l'archevêché de Magdebourg (Allemagne), et il eut désormais outre le souci de son Ordre, le soin de son diocèse, où son apostolat fut traversé par de grandes persécutions et couronné d'abondants fruits de salut. Rien du reste, n'avait changé dans sa vie, et jusqu'à sa mort il mena dans son palais la vie d'un moine dans sa cellule.

 

Saint-Norbert--Archeveque--Fondateur-de-l-Ordre-des-Premo.jpg

Saint Norbert, Archevêque, Fondateur de l'Ordre des Prémontrés (1080-1134), vitrail dans la Basilique Notre-Dame d'Afrique à Alger.

 

 

Sources: (1), (2) Les Prémontrés, (3)

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5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 00:00

Saint-Igor-de-Moscovie.jpgPrince de Kiev et Tchernigov, il dut abandonner ses droits dynastiques sous la pression des habitants.

Devenu moine au monastère de Saint Théodore de Kiev, il n'en fut pas moins poursuivi par la haine du peuple contre la dynastie des Olgovitch et il fut sauvagement assassiné un jour qu'il priait devant l'icône de la Mère de Dieu.

 

Source

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4 juin 2016 6 04 /06 /juin /2016 22:09

Message de Louis XX à la Confrérie royale et à l’UCLF à l’occasion du pèlerinage jubilaire au Puy en Velay (4 et 5 juin 2016)

 

Chers Amis,

 

Vous m’aviez invité à votre pèlerinage jubilaire au Puy et je vous en remercie. À défaut de pouvoir être présent parmi vous, je suis là par la pensée et mes prières accompagnent tous ceux qui accomplissent ce geste immémorial de dévotion.

 

En cette année 2016, alors qu’un tel Jubilé ne se reproduira que dans 141 ans, je mesure toute l’importance de cet acte.

Je la mesure d’autant plus que pour tous mes prédécesseurs, les rois de France au souvenir desquels votre association est si attachée, venir ici, au Puy, a toujours été la marque d’un renouveau profitable à tout le royaume.

La venue de Charles VII, par exemple, implorant le secours de Notre-Dame pour sauver son royaume, demeure en ce sens un symbole marquant. Il est encore plus parlant en cette année où la présence de Jeanne d’Arc est si manifeste. Elle-même envoya sa mère la représenter au jubilé de 1429, convaincue que sa mission de renaissance du pays, alors, presque tout abandonné aux mains étrangères, passait par l’intercession miraculeuse de la Vierge du Puy.

Or ce renouveau n’est-il pas toujours d’actualité dans notre société si déchirée et inquiète ? Un vieux monde né à la fin du XVIIIe siècle disparaît et un monde nouveau retrouvant le sens de la transcendance et de l’unité est en train de se mettre en place. Le Saint-Père l’appelle de ses vœux dans tous ces récents écrits. Les jeunes y contribuent grandement par leur action et leur engagement pour une société redonnant au bien commun toute sa réalité. Beaucoup ont, justement, placé leur espérance dans le pèlerinage jubilaire du Puy.

Vous prierez durant le vôtre pour qu’un monde renaissant aux valeurs de la tradition de nos pères puisse redonner à la France et le sens de sa grandeur, et l’esprit de sa mission civilisatrice pour l’ensemble des nations et la puissance des grâces de son baptême.

 

Pour tout cela soyez remerciés

Et que la ferveur de vos prières contribue à protéger la France.

Louis, duc d’Anjou

 

Source : Confrérie royale (organisatrice du pélerinage)

Vive le Roy

 

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4 juin 2016 6 04 /06 /juin /2016 00:00

 

                             Sainte Clothilde, Reine de France (476-545), Jardin du Luxembourg, Paris, France. 

 

Sainte Clotilde était fille de Chilpéric, roi catholique d'une partie de la Bourgogne, et nièce du prince arien Gondebaud. Appelée par Dieu à la grande mission du salut de la France, elle fut élevée au palais de son oncle, assassin de sa famille. Mais elle eut le bonheur de se préserver de l'hérésie. La mère de Clotilde avait déposé dans son coeur, avec la foi, les germes de la piété; aussi, sut-elle résister à toutes les sollicitations de Gondebaud et conserver la foi de son baptême.

Clovis, roi des Francs, entendit parler de la beauté, des vertus et de toutes les grandes qualités de la jeune princesse et la fit demander en mariage à Gondebaud, qui n'osa la refuser. Le mariage eut lieu en 493. Clotilde comprit qu'elle n'avait été appelée à partager le trône d'un roi païen que pour remplir les vues de Dieu sur un peuple généreux mais non éclairé de la lumière de l'Évangile.

Elle eut soin de gagner les bonnes grâces d'un époux magnanime, mais violent et barbare; elle usa de son influence pour lui parler de Jésus-Christ. Clovis l'écoutait avec intérêt; toutefois, il ne se hâtait pas; il lui permit cependant de faire célébrer le culte catholique dans le palais et consentit au baptême de son premier-né. Clotilde mettait sur la tête de cet enfant toutes ses espérances pour la conversion de son peuple, quand Dieu, dont les desseins sont impénétrables, le ravit à la terre. A la colère du roi, à ses reproches, la douce reine répondit: "Je remercie Dieu de ce qu'Il m'a jugée digne de mettre au monde un fils qui est maintenant dans le Ciel." Un second enfant fut baptisé encore et tomba malade. Nouvelle et plus terrible colère de Clovis; mais les prières de Clotilde furent entendues, et Dieu envoya des Anges guérir tout à coup le petit agonisant. Le moment de la grâce était venu.

A la bataille de Tolbiac, après un choc terrible, les Francs pliaient, quand Clovis, dans une illumination soudaine, s'écria: "Dieu de Clotilde, donne-moi la victoire et Tu seras mon Dieu!" Le courage renaît à ses soldats et bientôt la victoire des Francs est complète. Peu après, Clovis était baptisé par saint Rémi, à Reims; ce fut le signal du baptême de la nation entière.

Clovis mourut en 511, à l'âge de quarante-cinq ans. Les divisions qui s'élevèrent dans sa famille et surtout le meurtre des deux fils aînés de Clodomir, commis par Childebert et Clotaire, achevèrent de rendre le monde insupportable à notre sainte.

Clotilde, dégoûtée du monde, éprouvée dans ses enfants, quitta bientôt la cour pour aller finir sa vie dans les larmes, les prières les aumônes, au fond d'un couvent à Tours, auprès du tombeau de saint Martin. Prévenue du jour de sa mort, elle fit venir ses enfants, leur adressa ses dernières recommandations, et alla recevoir au Ciel sa récompense, le 3 juin 545.

 

PRATIQUE. Assurez votre salut par la pratique des bonnes oeuvres. 

 

Sources:

 

(1) Per Ipsum, service de calendrier liturgique tridentin (de 1962)

 (2) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 154. 

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 00:00

 

blandine et les lions

Sainte Blandine martyr, gouache, fin XIXe siècle, anonyme.

 

Saint Pothin et ses compagnons Martyrs (177)

Le martyre de sainte Blandine (en 177 ap.J-C) livrée aux lions, et des autres chrétiens de Lyon et de Vienne, fut décrit par des témoins oculaires qui écrivirent une lettre à l'Eglise de Phrygie et d'Asie. Celle-ci fut retranscrite par Eusèbe (265-340) dans son Histoire ecclésiastique.

Saint Pothin fut le premier évêque de Lyon. Il venait de l'Asie, avait été formé à l'école de saint Polycarpe, évêque de Smyrne, et envoyé par lui dans les Gaules.

Après avoir gagné un grand nombre d'âmes à Jésus-Christ, Pothin fut arrêté à Lyon sous le règne de Marc-Aurèle. Il était âgé de quatre-vingt-dix ans, faible et tout infirme; son zèle et le désir du martyre soutenaient ses forces et son courage. Conduit au tribunal au milieu des injures de la populace païenne, il fut interrogé par le gouverneur, qui lui demanda quel était le Dieu des chrétiens: "Vous le connaîtrez si vous en êtes digne," répondit l'évêque. A ces mots, la multitude furieuse se précipite contre lui; ceux qui étaient plus près le frappèrent à coups de pieds et à coups de poings, sans aucun respect pour son âge. Le vieillard conservait à peine un souffle de vie quand il fut jeté en prison, avec de nombreux chrétiens dont Sainte Blandine. Là, il expira peu après, roué de coups.

 

Le récit du martyre des compagnons de saint Pothin est une des plus belles pages de l'histoire de l'Église des premiers siècles. Le diacre Sanctus supporta sans faiblir toutes les tortures, au point que son corps était devenu un amas informe d'os et de membres broyés et de chairs calcinées; au bout de quelques jours, miraculeusement guéri, il se trouva fort pour de nouveaux supplices. Il ne voulait dire à ses bourreaux ni son nom, ni sa patrie, ni sa condition; à toutes les interrogations il répondait: "Je suis chrétien!" Ce titre était tout pour lui; livré enfin aux bêtes, il fut égorgé dans l'amphithéâtre.

Maturus eut à endurer les mêmes supplices que le saint diacre; il subit les verges, la chaise de fer rougie au feu, et fut enfin dévoré par les bêtes féroces.

Le médecin Alexandre, qui, dans la foule des spectateurs, soutenait du geste le courage des martyrs, fut saisi et livré aux supplices.


Attale, pendant qu'on le grillait sur une chaise de fer, vengeait les chrétiens des odieuses imputations dont on les chargeait indignement: "Ce ne sont pas, disait-il, les chrétiens qui mangent les hommes, c'est vous; quand à nous, nous évitons tout ce qui est mal." On lui demanda comment S'appelait Dieu: "Dieu, dit-il, n'a pas de nom comme nous autres mortels."

Il restait encore le jeune Ponticus, âgé de quinze ans, et l'esclave Blandine, qui avaient été témoins de la mort cruelle de leurs frères; Ponticus alla le premier rejoindre les martyrs qui l'avaient devancé; Blandine, rayonnante de joie, fut torturée avec une cruauté particulière, puis livrée à un taureau, qui la lança plusieurs fois dans les airs; enfin elle eut la tête tranchée.


Torturée sans relâche, Blandine se contenta de dire à ses bourreaux que les chrétiens ne faisaient aucun mal. Envoyée dans l'arène avec ses compagnons, elle les exhortait à garder leur foi malgré les supplices.

 

   

Dernières prières des martyrs chrétiens, peinture de J.L. Gérôme, 1875-1885, Walters Art Gallery, Baltimore

 

"Blandine,  Sanctus, Maturus et Attale furent conduits à l'amphithéâtre. Blandine fut attachée à un poteau, exposée aux bêtes féroces lâchées dans l'amphithéâtre. Les autres chrétiens, dans leur supplice, l'entendaient prier à haute voix. Il leur semblait voir, en regardant leur sœur, celui qui a été crucifié pour nous. Celui qui souffre pour le Dieu vivant ne fait qu'un avec le Christ. Aucune bête n'attaqua Blandine. A la fin de la journée on égorgea Maturus et Sanctus, qui survivaient à peine à leurs blessures et on remit Blandine en prison.   

 

Blandine fut finalement mise dans un filet et jeté à un taureau sauvage. Blandine fut bien des fois projetée en l'air par les cornes de l'animal, mais on aurait dit qu'elle ne se rendait compte de rien. Elle ne pensait qu'à Jésus Christ. N'étant toujours pas morte, les romains décidèrent de l'achever à l'épée. Les païens eux-mêmes reconnaissaient que jamais une femme n'avait enduré de telles souffrances.

 

Le Pape Jean-Paul II lors de son voyage apostolique en 1986 à Lyon déclara : " Ils n'ont pas voulu renier Celui qui leur avait communiqué sa vie et les avait appelés à être ses témoins.
Nous savons qu' ils sont nombreux aujourd' hui encore, et dans toutes les parties du monde, ceux qui subissent les outrages, le bannissement et même la torture à cause de leur fidélité à la Foi chrétienne.
En eux le Christ manifeste sa puissance.
Les martyrs d'aujourd' hui et les martyrs d'hier nous environnent et nous soutiennent pour que nous gardions nos regards fixés sur Jésus."

 

Sources : 1, 2, 3

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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 00:00

Egalement connu comme Justin Martyr ou Justin le Philosophe, apologète et martyr, Justin naquit en Samarie à Naplouse, ville de Palestine bâtie sur l'ancien site de Sichem, entre 100 et 114 ap. J.-C. 

On ne sait pas grand chose de sa jeunesse sauf que son père s'appelait Priscus, son grand père Bacchius et qu'il fut éduqué dans le culte des idoles phéniciennes (Astarté, Europa, Zeus). Ses parents étaient des païens très aisés qui lui firent faire des études très poussées. Justin était alors à la recherche de la sagesse, il cherchait Dieu à travers l'étude de la philosophie. Il découvrit les Evangiles, se convertit, et commença à évangéliser. Il fonda plusieurs écoles de philosophies dans l'Empire, à Beyrouth, à Ephèse, à Rome. Il écrivit de nombreux ouvrages sur le christianisme. Il essaya même de convertir les empereurs Romains au christianisme en leur envoyant ses ouvrages. Si l'empereur Antonin fut sensible à ses arguments et mis fin aux persécutions contre les chrétiens, son sucesseur Marc-Aurèle considéra le christianisme comme un danger pour l'Empire et ralluma la persécution qui fit périre des milliers de chrétiens. Justin, lui-même, fut arrêté v. 165 puis décapité à Rome pour ne pas avoir renié sa foi. Il est le patron des philosophes.

Justin parle de sa recherche dans ses "dialogues avec Tryphon" où il nous raconte sa longue quête

 

Justin se confia à un maître stoïcien, mais celui-ci ne lui parlait pas de Dieu. Il le quitta pour un disciple d'Aristote qui ne s'intéressait qu'à ses honoraires. Les platoniciens lui offrirent une doctrine plus solide et exaltante. Il pensait alors avoir trouvé ce qu'il cherchait. Mais sa rencontre avec un chrétien le fit aller plus loin : la vérité tant recherchée, seul le Christ pouvait la lui donner. A trente ans, devenu chrétien, il ne renia pas la philosophie qui était à ses yeux une préparation de la révélation chrétienne, chaque doctrine contenant une parcelle de la vérité totale qui se trouvait dans le Christ. Justin commença alors une carrière d'enseignant, fonda des écoles de philosophie à Ephèse puis à Rome.
 

"S’est-il trouvé un seul homme qui voulût mourir en témoignage de sa foi au soleil ?" (Dialogues avec Tryphon, 121, 2)

 

Conscients du grand horizon que la foi leur ouvrait, les chrétiens appelèrent le Christ le vrai soleil, "dont les rayons donnent la vie." (Clément d’Alexandrie, Protrepticus, IX in Lumen fidei, § 1.)

 

C'est alors que l'empereur Marc-Aurèle commença sa grande persécution. Justin refusa de sacrifier aux dieux; il fut décapité.


A lire:
-
Apologie pour les chrétiens par Justin éditions du Cerf
- Justin martyr Apologie pour les chrétiens par Charles Munier éditions du Cerf

Après celle d'Aristide, récemment publiée dans la collection (n° 470), l'"Apologie pour les chrétiens" de Justin est la plus ancienne que nous ayons conservée. Écrite peu après 150, elle poursuit un double but : obtenir de l'empereur Antonin le Pieux, auquel elle est adressée, la légalisation du christianisme et la fin des persécutions ; en même temps, montrer à cet empereur philosophe et à tous les païens que la foi chrétienne et elle seule peut combler leur soif de vérité puisque son objet est le Logos, la Raison personnifiée, que toutes les autres philosophies n'ont atteint que partiellement.

Dans II Apologétique, 12, Justin exprime une constatation qui devait convertir les premiers païens :

 

"Moi aussi, du temps où j'étais encore platonicien, j'avais entendu parler des crimes que l'on imputait aux chrétiens; mais, les voyant sans crainte devant la mort et au milieu de tous les périls, je ne pouvais croire que ces gens vécussent dans les désordres et l'amour de la volupté.

 

Comment supposer, en effet, qu'un homme qui se livre à l'intempérance des désirs, esclave de la chair et des délices de ce monde, recherche la mort qui prive de tous ces biens ?

 

Loin d'aller au-devant d'une condamnation certaine, ne devrait-il pas, au contraire, se dérober à la vigilance des magistrats afin de jouir le plus longtemps possible des plaisirs de la vie" ? (Saint Justin cité in Anne Bernet, Les chrétiens dans l'empire romain, des persécutions à la conversion Ier – IVe s., Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 113).



Dans son Dialogue avec Tryphon, 133, 3, Justin exprime la charité chrétienne envers les Juifs

 

"Mais maintenant encore, en vérité, votre main est levée pour le mal ; car, après avoir tué le Christ, vous n’en avez pas même le repentir ; vous nous haïssez, nous qui par lui croyons au Dieu et Père de l’univers, vous nous mettez à mort chaque fois que vous en obtenez le pouvoir ; sans cesse vous blasphémez contre lui et ses disciples, et cependant tous nous prions pour vous et tous les hommes sans exception comme notre Christ et Seigneur nous a appris à le faire lorsqu’il nous a ordonné de 'prier même pour nos ennemis, d’aimer ceux qui nous haïssent et de bénir ceux qui nous maudissent'." (Mt. 5,44)

 

"On nous appelle athées"

 

"On nous appelle athées.

 

Oui certes, nous l'avouons, nous sommes les athées de ces prétendus dieux, mais nous croyons au Dieu très vrai, père de la justice, de la sagesse et des autres vertus, en qui ne se mélange rien de mal. Avec lui nous vénérons, nous adorons, nous honorons en esprit et en vérité le Fils venu d'auprès de lui, qui nous a donné ces enseignements, et l'armée des autres bons anges qui l'escortent et lui ressemblent, et l'Esprit prophétique. Voilà la doctrine que nous avons apprise et que nous transmettons libéralement à quiconque veut s'instruire." (St Justin, Apologie, I, 6)

 

"Le Christ a persuadé de mourir pour ce qu'il enseignait.

 

"Socrate ne put persuader à personne de mourir pour ce qu'il enseignait. Mais le Christ, que Socrate connut en partie (car il était le Verbe présent en tout, il a prédit l'avenir par les prophètes et prit personnellement notre nature pour nous enseigner ces choses), le Christ a persuadé non seulement des philosophes et des lettrés, mais même des artisans et des ignorants, qui méprisèrent pour lui et l'opinion et la crainte de la mort; car il est la vertu du Père ineffable et non une production de la raison humaine." (St Justin, Deuxième Aplogie, 10.)

 

St Justin et les origines de la dévotion à Marie

 

La belle idée de Marie "Nouvelle Eve" se trouve déjà au IIe siècle chez St Justin.

 

"Le Christ s'est fait homme par le moyen de la Vierge, afin que la désobéissance provoquée par le serpent prit fin par la même voie qu'elle avait commencé.

 

En effet, Eve, Vierge et intacte, ayant conçu la parole du serpent, enfanta la désobéissance et la mort; la Vierge Marie, ayant conçu la foi et la joie, répondit: 'Qu'il me soit fait selon votre parole'. Il est donc né d'elle celui dont parlent les Ecritures. Par lui, Dieu ruine l'empire du serpent et de ceux, anges ou hommes qui lui sont devenus semblables, et affranchit de la mort ceux qui se repentent de leurs fautes et croient en lui".

 

Marie, en acceptant le message de l’Ange, a conçu "foi et joie" (Dialogue avec Tryphon, 100,5)

 

Sources : 1; 2 ; 3; (4) DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965

 

 

. Saint Justin (IIe siècle) sur la Vierge Marie

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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 00:00

Vitrail-dans-la-cathedrale-Saint-Maclou-de-Pontoise-repre.JPG

Vitrail dans la cathédrale Saint-Maclou de Pontoise représentant la visitation

 

L'ange Gabriel, en annonçant à Marie le mystère de l'Incarnation, lui avait dit, pour confirmer sa mission, qu'Elisabeth, sa cousine, quoique d'un âge fort avancé, était enceinte d'un fils qui devait être le précurseur du Messie. La joie que la très-sainte-Vierge ressentit de cette merveille, et plus encore le motif de la charité, la déterminèrent à aller visiter sa sainte parente. Elle partit donc, et se rendit en diligence, à travers les montagnes de Juda, à la ville d'Hébron. Lorsqu'elle fut arrivée au terme de sa course, elle entra chez Zacharie, et salua Elisabeth. Quel bonheur pour cette maison d'être honorée la première de la visite du Verbe fait chair ! De quelle bénédiction sa présence ne fut-elle pas suivie !

 

La très sainte-Vierge en fut l'instrument, parce que Dieu voulait nous montrer qu'elle est le canal des grâces, et que nous pouvons avec confiance implorer son intercession.

 

A la voix de Marie, l'enfant qu'Elisabeth portait dans son sein fut rempli du Saint-Esprit, c'est-à-dire qu'il fut purifié de la tache originelle, orné de la grâce sanctifiante, élevé à une dignité supérieure à celle des prophètes. Doué même, par anticipation, de l'usage de la raison, il reconnut, par une lumière surnaturelle, celui qui venait le visiter, et marqua, par une espèce de tressaillement, l'amour et le respect dont il était saisi en la présence de son Dieu.

 

Elisabeth, de son côté, félicita Marie du choix que Dieu avait fait d'elle pour être la Mère du Désiré des nations. L'auguste Vierge répondit à ces témoignages de vénération par le beau cantique MAGNIFICAT : Mon âme glorifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur... (1)

-----------------------------------------------

CÉLÉBRATION MARIALE POUR LA CONCLUSION
DU MOIS DE MAI AU VATICAN
PAROLES DU PAPE JEAN PAUL II

« Marie partit [...] vers la région montagneuse... » (Lc 1, 39)
       
        Les paroles de l'évangéliste Luc retentissent dans nos cœurs : « Dès qu'Elisabeth eut entendu le salut de Marie... [elle] fut remplie d'Esprit Saint » (1, 41).

        La rencontre entre la Madone et sa cousine Elisabeth est comme une sorte de « petite Pentecôte ».

        Dans le récit évangélique, la Visitation suit immédiatement l'Annonciation : la Sainte Vierge, qui porte en son sein le Fils conçu par l'œuvre de l'Esprit Saint, rayonne autour d'elle de grâce et de joie spirituelle. C'est la présence de l'Esprit en Elle qui fait tressaillir de joie le Fils d'Elisabeth, Jean, destiné à préparer la voie au Fils de Dieu fait homme.

        Là où se trouve Marie il y a le Christ ; et là où se trouve le Christ il y a son Esprit Saint, qui procède du Père et de Lui-même dans le saint mystère de la vie trinitaire. Les Actes des Apôtres soulignent à juste titre la présence de Marie en prière, dans le Cénacle, avec les Apôtres réunis dans l'attente de recevoir la « puissance d'En-haut ». Le « oui » de la Vierge, « fiat », attire le Don de Dieu sur l'humanité : c'est ce qui se produit à la Pentecôte, comme lors de l'Annonciation. C'est ainsi que cela continue à se produire sur le chemin de l'Église.

        Il est significatif que le dernier jour de mai soit celui de la fête de la Visitation. Avec cette conclusion, c'est comme si nous voulions dire que chaque jour de ce mois a été pour nous une sorte de visitation. Nous avons vécu au cours du mois de mai une visitation permanente, comme l'ont vécue Marie et Elisabeth. Nous sommes reconnaissants à Dieu que cet événement biblique nous soit aujourd'hui reproposé par la Liturgie.

        À vous tous, je souhaite que la grâce de la visitation mariale, vécue au cours du mois de mai, se prolonge dans les jours qui viendront. (2)  

-------------------------------------------- 
Sources:

 

(1)  Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 183.

(2), (3)

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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 00:00

Fêtée le 30 mai ou le dernier dimanche de mai dans le calendrier liturgique catholique

 

C'est pour redonner un roi à la France occupée par les Anglais que la bergère de Domrémy, dans les Vosges, se met en marche et conduit le jeune Charles VII à son sacre à Reims en 1429.

 

Née en 1412, elle n'a pas dix-sept ans quand, à l'écoute des voix de Saint Michel et des saintes Catherine et Marguerite, commence son aventure. De Chinon à Orléans, de Paris à Reims puis à Rouen, Jeanne d'Arc, la Pucelle d'Orléans, respectant toujours l'adversaire, boute l'envahisseur anglais de 1429 à 1430.

 

"Dieu aime-t-il les Anglais?" demandera sournoisement son juge à son procès en 1431. "Oui, mais chez eux!" répondra-t-elle. (1)

 

Jeanne a une foi capable de déplacer les montagnes. Elle communie chaque jour. D'ailleurs, après avoir été privée de l'eucharistie pendant ses six mois de prison à Rouen, elle reçoit le viatique le matin de sa mort et s'exclame : "Il y a si longtemps que je l'attends!"

 

A son procès, elle est seule face à 113 évêques, abbés, chanoines et clercs, 20 docteurs en théologie et 22 hommes de loi. Pourtant personne ne la prend en défaut. Répondant aux juges qui lui demandent : "Coyez-vous être en état de grâce?", elle répond avec finesse : "Si je n'y suis, Dieu m'y mette, si j'y suis Dieu m'y garde!"

 

Nul ne la sauvera du bûcher le 30 mai 1431. Condamnée à être brûlée vive pour hérésie.

 

Dans les flammes, on l'entendait répéter, au moins six fois, le nom de Jésus. Et au moment de mourir, elle cria d'une voix très forte : "Jésus!" (2)

 

Son âme s'échappa de son corps sous la forme d'une colombe, et son cœur ne fut pas touché par les flammes. (3)

 

L'Église a réhabilité sa mémoire et l'a élevée au rang des Saintes. Jeanne d'Arc demeure la gloire de la France, sa Protectrice puissante et bien-aimée. Elle a été déclarée sa Patronne secondaire par un Bref du Pape Pie XI, le 2 mars 1922.

 

Sources :

 

(1) Le Petit Livre des Saints, tome 2, Editions du Chêne, 2011, p. 120.

(2) Robert Brasillach, Le Procès de Jeanne d'Arc, Nrf Gallimard, dix-neuvième édition, Lagny-sur-Marne 1950, p. 154.

(3)

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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 00:00

Saint Ferdinand III, roi de Castille et de Léon (1198 - 1252), cousin du roi saint Louis.

Il procéda à la reconquête du sud de la péninsule ibérique (Reconquista), l'actuelle l'Andalousie, libéra Cordoue et Séville occupées par les Maures depuis cinq siècles et y planta la Croix du Christ.

Il reçoit de son père une sérieuse éducation chrétienne et chevaleresque.
A la mort du jeune roi Henri, héritier du trône de Castille, en 1217, sa mère le fait proclamer roi de Castille et couronner à Valladolid le 31 août 1217.
A 21 ans, en 1219, il épouse Béatrix de Souabe qui lui donnera 10 enfants.

Durant son règne, Ferdinand se soucie de lutter contre les hérésies et de faire perdre du terrain à l'Islam qui, depuis plusieurs siècles, asservit l'Espagne.

A la mort de son père et après bien des péripéties, il devient également roi de Léon, en septembre 1230. Peu à peu, il repousse vers l'extrême sud de l'Espagne les limites de l'occupation islamique par les prises successives de Cordoue, Murcie, Grenade et Séville.

La veille des batailles, il passait la nuit en prière. On ne peut douter de la pureté des motifs qui le faisaient agir dans ces guerres : "Seigneur, disait-il, vous savez que je cherche votre gloire et non la mienne".

Son principal étendard était une image de la Vierge; il portait à l'arçon de sa selle une statuette devenue célèbre sous le nom de Notre-Dame-des-Batailles, et conservée depuis à Séville.

Dans un combat acharné, on vit, dit-on, à côté de Ferdinand, l'apôtre saint Jacques, monté sur un cheval blanc. Le chef des Maures de Séville, vaincu malgré une nombreuse armée et des remparts formidables, s'écria : "Il n'y a qu'un favori de Dieu qui ait pu, avec si peu de monde, prendre une ville si forte et si peuplée".

Comme son cousin saint Louis, roi de France, jamais il ne chargea ses sujets d'impôts : c'était dans une sévère économie qu'il trouvait de quoi subvenir aux frais de la guerre. Il aimait les lettres. On le considère comme le fondateur de l'Université de Salamanque.

Ferdinand meurt à Séville le 30 mai 1252.

Le Pape Clément X le canonise le 4 février 1671.

La fête de Saint Ferdinand est le 30 mai.

 

Sources:

Saintferdinanddesternes; Mgr Paul Guérin, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Argentré-du-Plessis 2003, p. 325-326; Nominis.cef.fr; Les saints du jour

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 00:00
La Fête-Dieu ou Solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ

La Fête-Dieu ou Solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ

 

Nous devons l'origine de la « Fête-Dieu » ou « Fête du Saint sacrement du corps et du sang du Christ » à une révélation faite à sœur Julienne du Mont Cornillon vers l'an 1210. Cette révélation demandait l'institution d'une fête annuelle en l'honneur du Saint Sacrement de l'autel. Malgré une vive persécution contre sœur Julienne et ceux qui souhaitaient que cette fête se répande, le diocèse de Liège l'institua vers l'an 1245 puis l'Église universelle ajouta cette fête au calendrier liturgique par le pape Urbain IV qui la rendit obligatoire pour l'Église entière en 1264.

 

Voici un extrait de la Bulle d'Urbain IV pour l'institution de la Fête-Dieu dans l'Église universelle :

 

« Qu'en ce jour, les foules empressées du peuple fidèle, accourent dans les temples avec une nouvelle ferveur ; que le clergé et le peuple se lèvent pour faire éclater leur joie dans des cantiques de louanges ; que les cœurs et les désirs, les voix et les lèvres chantent des hymnes joyeux ; que la foi chante, que l'espérance bondisse, que la charité tressaille, que la dévotion applaudisse, que le chœur des prêtres jubile, que l'assemblée des vierges soit remplie de consolation ; que chacun vienne avec un cœur fervent, une volonté empressée, qu'il rende ses devoirs avec zèle, pour célébrer dignement la solennité d'un si grand jour, et puissent tous les enfants du Christ être enflammés d'une telle ardeur pour son service, qu'augmentant de jour en jour le trésor de leurs mérites, ils soient jugés dignes de recevoir comme leur récompense, au terme de leur course, Celui qui sur la croix se livra pour leur rédemption, et dans le Sacrement se donne à eux en nourriture »


(Extrait de la Bulle d'Urbain IV pour l'institution de la Fête-Dieu dans l'Église universelle, 1264)

 

Jean XXII, en 1318 ordonna de compléter la fête par une procession solennelle où le très Saint Sacrement serait porté en triomphe. On fait une procession solennelle le jour de la Fête-Dieu pour sanctifier et bénir, par la présence de Jésus-Christ, les rues et les maisons de nos villes et de nos villages. Saint Thomas d'Aquin prépara la liturgie de cette fête, notamment par la création du Lauda Sion Salvatorem et Pange Lingua Gloriosi permettant aux fidèles une catéchèse simple et belle sur la Présence Réelle :

 

Texte original :
Pange lingua gloriosi
Corporis mysterium,
Sanguinisque pretiosi,
Quem in mundi pretium
Fructus ventris generosi,
Rex effudit gentium.

Nobis datus, nobis natus
Ex intacta Virgine
Et in mundo conversatus,
Sparso verbi semine,
Sui moras incolatus
Miro clausit ordine.  

In supremae nocte cenae
Recum bens cum fratribus,
Observata lege plene
Cibis in legalibus,
Cibum turbae duodenae
Se dat suis manibus.

Verbum caro, panem verum
Verbo carnem efficit:
Fitque sanguis Christi merum,
Et si sensus deficit,
Ad firmandum cor sincerum
Sola fides sufficit.  

Tantum ergo Sacramentum
Veneremur cernui,
Et antiquum documentum
Novo cedat ritui;
Praestet fides supplementum
Sensuum defectui.  

Genitori, Genitoque
Laus et iubilatio,
Salus, honor, virtus quoque
Sit et benedictio:
Procedenti ab utroque
Compar sit laudatio. Amen.  

P. Panem de coelo praestitisti eis. (T.P. Alleluia)
R. Omne delectamentum in se habentem. (T.P. Alleluia)  

Oremus: Deus, qui nobis sub sacramento mirabili, passionis tu? memoriam   reliquisti: tribue, quaesumus, ita nos corporis et sanguinis tui sacra   mysteria venerari, ut redemptionis tu? fructum in nobis iugiter sentiamus.
Qui vivis   et regnas in saecula saeculorum. Amen.

Traduction en français :
Chante, ô ma langue, le mystère
De ce corps très glorieux
Et de ce sang si précieux
Que le Roi de nations
Issu d'une noble lignée
Versa pour le prix de ce monde

Fils d'une mère toujours vierge
Né pour nous, à nous donné,
Et dans ce monde ayant vécu,
Verbe en semence semé,
Il conclut son temps d'ici-bas
Par une action incomparable :

La nuit de la dernière Cène,
À table avec ses amis,
Ayant pleinement observé
La Pâque selon la loi,
De ses propres mains il s'offrit
En nourriture aux douze Apôtres.

Le Verbe fait chair, par son verbe,  
Fait de sa chair le vrai pain ;
Le sang du Christ devient boisson ;
Nos sens étant limités,
C'est la foi seule qui suffit
Pour affermir les cœurs sincères.

Il est si grand, ce sacrement !  
Adorons-le, prosternés.
Que s'effacent les anciens rites
Devant le culte nouveau !
Que la foi vienne suppléer
Aux faiblesses de nos sens !

Au Père et au Fils qu'il engendre
Louange et joie débordante,
Salut, honneur, toute-puissance
Et toujours bénédiction !
À l'Esprit qui des deux procède soit rendue même louange. Amen.

P. Vous leur avez donné un pain   descendu du ciel, (T.P. Allélulia)
R. Un pain délicieux, (T.P. Alléluia).

Oraison. Seigneur Jésus Christ,   dans cet admirable sacrement tu nous as laissé le mémorial de ta passion ;   donne-nous de vénérer d'un si grand amour les mystères de ton corps et de ton   sang, que nous puissions recueillir sans cesse le fruit de la rédemption.
Toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles. Amen.

 

Les processions du Saint Sacrement s'inspirent de 1 Roi 8, lorsque Salomon fit transporter l'Arche au Temple. Dès 675, on fit une procession du Saint Sacrement du Tabernacle. Ces processions du tabernacle étaient courantes et avaient lieu le dimanche ou pendant le Tridium au XIème siècle.
« Si quelqu'un dit que, dans le Saint Sacrement de l'Eucharistie, le Christ, Fils de Dieu, ne doit pas être adoré d'un culte de latrie, même extérieur et que, en conséquence, il ne doit pas être vénéré par une célébration festive particulière, ni être porté solennellement en procession selon le rite et la coutume louables et universels de la Sainte Église, ni être proposé publiquement à l'adoration du peuple, ceux qui l'adorent étant des idolâtres : qu'il soit anathème. »
(Concile de Trente, XIII session, 11 oct 1551)

 

Le culte eucharistique s'est développé de plus en plus depuis le XIVème siècle. À ce moment, l'Ostensoir apparaît en Allemagne et en France où l'hostie consacrée est exposée à l'adoration des fidèles. La pratique courante de l'exposition date de la période de l'instauration de la Fête Dieu.


SERMON POUR LA FETE-DIEU par SAINT THOMAS D'AQUIN,
Docteur des Docteurs de l'Église
(prononcé au Consistoire, devant le Pape et les Cardinaux)

          Révérendissimes Pères, les souvenirs pleins d'allégresse qu'évoque la solennité de ce jour nous invitent à entourer de joyeuses louanges le Corps très saint du Christ. Quoi de plus doux, quoi de plus suave au cœur des élus que de chanter les trésors de la divine charité et d'exalter l'ardeur d'un amour sans mesure ? C'est qu'à la table de la grâce nouvelle, tous les jours, par les mains du prêtre, Dieu donne à ses enfants et aux héritiers de son royaume sa chair en nourriture et son sang en breuvage. Ce sont là tes œuvres admirables, ô Christ, toi dont la puissance est infinie et la bonté sans bornes ! Dans cet aliment sacré et ce pain super-substantiel qu'annonçaient les prodiges antiques, tu as trouvé le secret d'une union merveilleuse et auguste : la chair immaculée de Jésus-Christ, l'Agneau sans tache, devient le remède de ceux que le fruit défendu avait rendus malades et qui avaient perdu l'éternelle et immarcescible couronne.

        Ô prodige qu'on ne peut trop exalter ! Effusion permanente de la bonté divine et d'une miséricorde sans mesure ! Dans ce sacrement, consommation de tous les sacrifices, Il demeure, ce Dieu, indéfectiblement avec nous ; Il y est pour jusqu'à la fin des siècles ; Il donne aux fils d'adoption le pain des anges et les enivre de l'amour qu'on doit aux enfants.

        Ô humilité singulière, délices de Dieu, et que le Christ pratique après l'avoir prêchée lui-même ! Il ne se refuse à personne ; Il ne craint pas de prendre pour habitacle même un cœur souillé.

        Ô pureté, qui semblable à celle du soleil n'est ternie par aucune fange et ne craint nulle contagion, mais qui gagne les âmes et en fait disparaître toute tache ! Ô nourriture des esprits bienheureux, qui sans cesse nous renouvelle et jamais ne s'épuise ! Tu n'es ni brisée, ni divisée, ni transformée ; mais, gardant ton intégrité et ta nature, tu nous rappelles le buisson antique, la farine et l'huile miraculeuses qui ne diminuaient pas.

        Ô Sacrement admirable, où Dieu se cache et où notre Moïse à nous se couvre le visage du manteau de ses œuvres, objet de louanges dans toutes nos générations ! Par la vertu des paroles sacrées, instrument de la puissance divine, les substances symboliques sont changées en chair et en sang ; les espèces sacramentelles subsistent sans support, et pourtant nulle loi naturelle n'a souffert violence. Par la vertu de la consécration, un seul Christ, parfait et intègre, se trouve en divers endroits, comme une parole se communique, toujours identique à elle-même. Quand l'hostie se divise, Jésus s'y trouve comme un même visage dans les fragments d'un miroir brisé. Les fidèles l'offrent à Dieu sous les deux espèces, quoiqu'il soit tout entier sous chacune d'elles, et c'est à bon droit qu'on agit ainsi, car ce sacrement donne aux hommes le double salut du corps et de l'Âme, et il rappelle l'amertume d'une double Passion.

        Ô Vertu ineffable du Sacrement, qui embrase notre cœur du feu de la charité et marque du sang de l'Agneau immaculé, au-dessus de leurs deux battants, les linteaux de nos portes !

        Ô véritable viatique de notre exil militant, soutien des voyageurs, force des faibles, antidote des infirmités, accroissement des vertus, abondance de la grâce et purification des vices, réfection des âmes, vie des débiles et union des membres dans l'organisme unique de la charité !

        Sacrement ineffable de la foi, Tu augmentes notre charité et nous communiques l'espérance ; soutien de l'Église, Tu éteins la concupiscence et parfais le corps mystique du Christ. Voici la substance de l'arbre de vie, ô Seigneur Jésus !  

        Ô Pasteur et nourriture, prêtre et sacrifice, aliment et breuvage des élus, pain vivant des esprits, remède à nos faiblesses quotidiennes, festin suave, source de tout renouveau !

        Ô sacrifice de louange et de justice, holocauste de la nouvelle grâce, repas excellent, non de volailles ou de taureaux, mais de viandes plus succulentes et de ce vin délicieux qui renouvelle les amis de Dieu et enivre ses élus !

        Ô table de bénédiction, table de proposition garnie d'une nourriture substantielle ! Table immense où tout est prodige étonnant ! Table plus douce que toute douceur, plus délectable que toute saveur, plus suave que tout parfum, plus magnifique que toute parure, plus succulente que toute nourriture ! Table que le Christ a préparée à ses amis et commensaux, que le père de famille sert à son fils de retour, après le repas de l'agneau symbolique. Vous êtes le bain sacré que figuraient les antiques piscines, ô notre Pâque, immolation du Christ, et vous exigez la conversion du vice à la vertu, donnant ainsi la liberté aux Hébreux de l'esprit.

        Ô nourriture qui rassasie et ne dégoûte point, qui demande la mastication de la foi, le goût de la dévotion, l'union de la charité, et que divise non les dents du corps, mais le courage de la croyance !

        Ô viatique de notre pèlerinage, qui attire les voyageurs sur les sommets des vertus !

        Ô pain vivant, engendré au ciel, fermenté dans le sein de la Vierge, cuit sur le gibet de la croix, déposé sur l'autel, caché sous les espèces sacramentelles, confirme mon cœur dans le bien et assure ses pas dans le chemin de la vie; réjouis mon âme, purifie mes pensées. Voici le pain, le vrai pain, consommé, mais non consumé, mangé, mais non transformé ; il assimile et il ne s'assimile pas ; il renouvelle sans s'épuiser ; il perfectionne et conduit au salut ; il donne la vie, confère la grâce, remet les péchés, affaiblit la concupiscence ; il nourrit les âmes fidèles, éclaire l'intelligence, enflamme la volonté, fait disparaître les défauts, élève les désirs.

        Ô calice de toutes suavités, où s'enivrent les âmes généreuses ! Ô calice brûlant, calice qui tourne au sang du Christ ; sceau du Nouveau Testament, chasse le vieux levain, remplis notre intime esprit, pour que nous soyons une pâte nouvelle, et que nous mangions les azymes de la sincérité et de la vérité.

        Ô vrai repas de Salomon, cénacle de toute consolation, soutien dans la présente tribulation, aliment de joie et gage de la félicité éternelle, foyer de l'unité, source de vertu et de douceur, symbole de sainteté ! La petitesse de l'hostie ne signifie-t-elle pas l'humilité, sa rondeur l'obéissance parfaite, sa minceur l'économie vertueuse, sa blancheur la pureté, l'absence de levain la bienveillance, sa cuisson la patience et la charité, l'inscription qu'elle porte la discrétion spirituelle, les espèces qui demeurent sa permanence, sa circonférence la perfection consommée ?

        Ô pain vivifiant, ô azyme, siège caché de la toute-puissance ! Sous de modestes espèces visibles se cachent d'étonnantes et sublimes réalités.

        Ô Corps, ô Âme, et Toi de tous deux inséparable, ô Substance Divine ! De ce dont on chante les grandeurs dans ce sacrement auguste, ô bon Jésus, seules, pour la foi, après la consécration, les espèces sacramentelles demeurent ; ce qui est mangé sans être assimilé ne souffre ni augmentation ni diminution ; ce que tous reçoivent en entier, mille ne le possèdent pas plus qu'un seul, un seul le possède autant que mille. Ce que contiennent tous les autels, les parcelles intactes ou brisées le contiennent toutes ; ta chair est mangée véritablement, c'est véritablement ton sang que nous buvons. Et tu es ici le prêtre, et tu es aussi l'hostie, et les saints Anges sont là présents, qui exaltent ta magnificence et louent ta souveraine majesté. C'est là ta puissance, Seigneur, qui seule opère de grandes choses ; elle dépasse tout sentiment et toute compréhension, tout génie, toute raison et toute imagination. C'est Toi qui as institué et confié à tes disciples ce sacrement où tout est miracle.

        N'approche donc pas de cette table redoutable sans une dévotion respectueuse et un fervent amour, homme ! Pleure tes péchés et souviens-toi de la Passion. Car l'Agneau immaculé veut une âme immaculée qui le reçoive comme un pur azyme.

        Recours au bain de la confession ; que le fondement de la foi te porte ; que l'incendie de la charité te consume ; que la douleur de la Passion te pénètre ; qu'un droit jugement t'éprouve.

        Approche de la table du Seigneur, de cette table magnifique et puissante, de telle sorte que tu parviennes un jour aux noces du véritable Agneau, là où nous serons enivrés de l'abondance de la maison de Dieu; là où nous verrons le Roi de gloire, le Dieu des vertus dans toute sa beauté; là où nous goûterons la Pain vivant dans le royaume du Père, par la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ, dont la puissance et l'empire demeurent jusqu'à la fin des siècles. Amen.

            Traduction du P. Sertillanges (Les plus belles pages de saint Thomas d'Aquin) (1)          

 

La date de la Fête-Dieu est, dans l'Église universelle, le jeudi après la fête de la Trinité. Mais en France, depuis le Concordat de 1801, la Fête-Dieu est solennisée le dimanche suivant et non le jeudi pour la majorité des catholiques. (2)

 

Sources :

 

(1)

(2)

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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 12:14

Encore une fois, voici un livre qui sort et qui dit exactement ce que l'on a toujours dit, cette fois la Fed est épinglée par un député américain, John Tammy dans son livre Who needs the fed? Qui a besoin de la Fed?

 

Lire : 150e anniversaire - De Gettysburg à Goldman Sachs

"Money Masters", les maîtres de la monnaie (1/2)

 

 

 

Qui a besoin de la FED : un livre préconise de supprimer la banque centrale des États-Unis

Le journaliste conservateur John Tammy est spécialiste des questions qui passionnent les citoyens de base aux États-Unis Il vient de publier un livre intitulé : Qui a besoin de la FED ? Cette banque centrale aux mains de banquiers privés fait la pluie et le beau temps sans contrôle aux États-Unis et dans le monde. Il préconise ni plus ni moins de la supprimer.
 
C’est quelque chose qu’on a su mais qu’on oublie tout le temps, une chose incroyable, la FED, la prestigieuse et toute puissante banque centrale des États-Unis, est possédée et dirigée par un consortium de banquiers privés. Or leurs décisions influent sur l’économie des États-Unis et celle du monde entier. Aussi conviendrait-il à tout le moins qu’elles soient contrôlées par le pouvoir politique, en particulier le Congrès. Mais il n’en est rien depuis sa création en 1913. C’est ce qui scandalise John Tammy, qui préconise donc de supprimer cette monstruosité. Mais l’histoire financière des États-Unis, qu’il retrace dans son livre, ne dispose pas à croire l’opération très probable.
 

Pourquoi la banque centrale des États-Unis garde ses secrets

 
Le député Thomas Massie a présenté récemment un projet visant à instaurer la transparence de la FED au comité de la Chambre des représentants, mais ça s’est arrêté là pour l’instant. Et les lois intitulées « Auditons la FED » parrainées par Ron Paul, Paul Broun, le sénateur Rand Paul et des dizaines d’autres n’ont jamais été approuvées par le Congrès. Depuis cent trois ans, malgré les efforts de centaines de législateurs, le couvercle de la boîte de Pandore demeure soigneusement fermé, la banque centrale des États-Unis refuse de livrer ses petits secrets au public.
 
En 2009, après la crise de 2008, le patron de la FED, Ben Bernanke, a dû déposer devant le Congrès pour rendre compte de sa politique, il a refusé de révéler à la commission des finances le nom des institutions bancaires qui ont reçu des milliers de milliards de la FED dans son plan de renflouement, et plus tard, il n’a pas plus donné le nom des banques étrangères avec qui la banque centrale des États-Unis avait passé des arrangements préférentiels.

 

Pourquoi le livre préconise de supprimer la FED : personne n’en a besoin

 
Depuis 1913, les gouverneurs non élus de cette banque centrale inconstitutionnelle ont le monopole de la monnaie et de la politique financière des États-Unis, sans aucun contrôle. Ils fixent à leur convenance la masse monétaire, les conditions des prêts qu’ils consentent au Trésor américain et la valeur du papier qu’ils imposent comme monnaie légale. Cela leur donne un pouvoir au-dessus des lois, qui défie toute régulation, comme la soumission des parlementaires américains le manifeste.
 
Quand il préconise dans son livre de supprimer la FED, John Tammy sait que sa proposition a peu de chance d’aboutir dans un proche avenir, mais, profitant de l’agitation tous azimuts provoquée par l’ascension de Donald Trump, il espère provoquer une réflexion sur la monnaie. Pour lui, supprimer la banque centrale des États-Unis n’aurait pas d’effets négatifs sur l’échange des biens et le paiement des dettes, au contraire, l’économie collerait plus justement aux fluctuations du marché : « L’argent est simplement une mesure de la valeur acceptée par tous, et, en l’absence d’une banque centrale, il ne cesserait pas d’exister, parce qu’il est utile. » En somme, personne n’a besoin de la FED.

 

Pauline Mille


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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 07:23

Oh "un complotiste", etc. ... ! Vite, censurons-le !

Benjamin Harnwell du “Dignitatis Humanae Institute” dénonce le mouvement international de réduction de la population

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Benjamin Harnwell du “Dignitatis Humanae Institute” dénonce le mouvement international de réduction de la population

 

27 mai 2016 18 h 35 min·

 


Dans un entretien accordé à Breitbart, le fondateur du Dignitatis Humanae Institute, Benjamin Harnwell, a commenté la crise de civilisation actuelle en s’autorisant une analyse dont il a reconnu qu’elle pouvait paraître incroyable. Annonçant qu’il gardait son « entonnoir sur la tête » le temps de cette explication, il a déclaré : « Je crois vraiment qu’il existe un mouvement international, conduit par des organisations telles l’Union européenne et l’ONU, visant à réduire la population globale. J’en suis certain. » Harnwell ne parlait pas comme un fou ; à propos de ce mouvement de réduction de la population, il cherchait simplement à souligner combien cela peut sembler difficile à croire.

Il a poursuivi, à ce propos : « J’ai passé quinze ans dans la politique aussi bien dans la Chambre des communes qu’au Parlement européen, et j’ai étudié ces choses de très près. Cela dépasse le hasard lorsqu’on voit des lois, introduites dans un pays après l’autre, qui sont rédigées de manière presque identique. Il faut bien qu’il y ait une forme de coordination. »


Pour Harnwell, ces initiatives anti-humaines remontent à la révolution sexuelle des années 1960, qui a également fait naître le mouvement environnementaliste moderne et ses obsessions malthusiennes, liées au « changement climatique ». Il y a une ligne droite entre ces concepts, assure Harnwell : « Les gens sont mauvais, la nature est bonne. »

« La conséquence réelle à la fois de la révolution sexuelle avec ses lois, le divorce sans faute, l’avortement et tout cela, et l’avancée vers le changement climatique, est que les gens auront moins d’enfants. Voilà la ligne droite qui unifie ces choses », a-t-il affirmé, ajoutant que le slogan « Les gens sont mauvais, la nature est bonne », est aussi le « credo » des religions païennes auxquelles s’intéresse la gauche, ce qui a donné naissance au mouvement néo-païen. « C’est exactement ce que l’on peut s’attendre à voir surgir, lorsqu’on tolère la déchristianisation de nos sociétés : quelque chose va forcément remplir le vide. »

Benjamin Harnwell a témoigné avec force de son expérience au Parlement européen, et plus précisément de son travail sur les questions provie : la tendance à l’anti-humanisme et au néo-paganisme était tellement forte, dit-il, que son sentiment d’être « au sein d’une guerre spirituelle immédiate contre le diable » n’a jamais été aussi fort.


Benjamin Harnwell – malgré son « entonnoir sur la tête » pour rendre ce témoignage terrifiant – fait partie d’une institution on ne peut plus reconnue et sérieuse. Le Dignitatis Humanae Institute est né quatre ans après la mise à l’écart de Rocco Buttiglione de la Commission européenne en raison de ses convictions catholiques en 2004 ; il vise à défendre la dignité de l’homme en tant qu’elle dérive de sa création « à l’image et à la ressemblance de Dieu » et à assurer « la participation active de la foi chrétienne dans la sphère publique ».

DHI est aujourd’hui présidé par Luca Volontè, la présidence d’honneur revenant au cardinal Renato Raffaele Martino, ancien président de la Commission pontificale Justice et paix.

L’ensemble de l’entretien avec Breitbart mérite d’être entendu (on peut d’ailleurs l’écouter en ligne ici, en anglais).

Harnwell s’y est exprimé sur le vrai fondement philosophique de la dignité humaine, le gauchissement de la politique et des médias, sur le fait que ceux qui sont aujourd’hui dénoncés comme extrémistes de droite ne se sont extrémistes aux yeux de la presse. « Ce que je vois en réalité, c’est une renaissance du centre. C’est parce que depuis la Seconde Guerre mondiale, chaque génération qui passe se décale d’un pas vers la gauche. Ainsi ce que nous le constatons aujourd’hui, ce que l’on appelle l’“ extrême droite” est en réalité au centre, au centre-droit », a-t-il expliqué, ajoutant qu’une personnalité comme Marion Le Pen, aujourd’hui qualifiée d’extrême droite, « n’a pas vraiment d’éléments dans son programme qui seraient traditionnellement associés à l’extrême droite ».


Le décalage entre les élites de gauche et les électeurs plutôt centristes explique selon lui l’intérêt actuel pour la droite, alimenté également par la crise des migrants.

« C’est clair : si on regarde Angela Merkel en Allemagne, il est clair que les leaders politiques ne sont rendent pas compte de la crise existentielle… tout ce qui menace le cadre culturel et historique que l’on est en train de créer par l’apport de millions et de millions de personnes qui partagent une religion radicalement différente du christianisme », a-t-il souligné, ajoutant que l’idéologie à laquelle souscrivent ces élites politiques les rend incapables de comprendre que l’immigration de masse musulmane submergera selon toute probabilité les cultures des pays hôtes, plutôt que de voir les nouveaux arrivants assimilés par la société européenne. (Mais sont-elles vraiment aussi naïves ? N’est-ce pas l’autre versant de la dépopulation occidentale ?)


« Ces personnes, en règle générale, peuvent mollement se dire chrétiennes, mais elles n’ont pas réellement la foi chrétienne, ni protestante ni catholique. Et ainsi, lorsqu’elles regardent d’autres personnes qui elles, sont “religieuses”, elles ont tendance à supposer que celles-ci leur ressemblent en tous points, mais avec une affinité culturelle différente. Elles ne voient pas les musulmans en tant que membres d’une religion qui est de par son origine agressive. Elles regardent des gens qu’en quelque sorte elles projettent elles-mêmes. Telle est la nature de l’idéologie : en se projetant sur d’autres personnes, elles tiennent pour acquis que ces autres personnes sont essentiellement comme elles », a-t-il commenté.

Et de mettre en garde contre la crise existentielle des pays judéo-chrétiens de l’Occident, États-Unis compris, alimentée par une dette nationale qui crève les plafonds et une natalité qui s’est effondrée. « Il n’y a pas un seul pays, un seul Etat membre de l’union européenne, qui affiche un taux de fertilité permettant le remplacement des générations. Cela veut dire que chacun de ces pays, à moins d’être tenu debout par l’immigration, déclinera et s’effondrera. » La seule consolation, a-t-il dit sur un ton provocateur, est que les gouvernements de gauche et laïcistes seront emportés par le désastre. Mais pour être remplacés par quoi ?

 

Anne Dolhein

 

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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 00:00

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Statue de Saint Germain dans l'église de Saint-Germain-en-Laye

 

Saint Germain de Paris, surnommé la "lumière des Gaules", naquit vers l'an 500 près d'Autun en Bourgogne, d'une noble famille gallo-romaine.

 

Tout jeune, Germain faillit être victime d'une mère dénaturée et d'une grand-mère criminelle ; mais Dieu veillait sur cet enfant de bénédiction et le réservait à de grandes choses. Germain se réfugia près d'un ermite, son oncle, dont il partagea la vie austère, et dont il s'étudia chaque jour à imiter la piété et les vertus.

 

L'évêque d'Autun, ayant fait sa connaissance, conçut pour lui une très haute estime, et lui donna, malgré les réclamations de son humilité, l'onction sacerdotale, puis le nomma bientôt abbé du monastère de Saint-Symphorien d'Autun. Il se distingua par ses abstinences, ses veilles, ses aumônes. Avec le signe de la croix, il éteignit un incendie qui menaçait de détruire le monastère. Il opéra plusieurs guérisons miraculeuses. (1)

 

Par ces temps de guerre et de dévastation, les pauvres affluent. Germain, toujours ému à la vue d'un homme dans la souffrance, ne renvoie personne sans lui faire l'aumône, au point qu'un jour il donne jusqu'au dernier pain de la communauté. Les moines murmurent d'abord, puis se révoltent ouvertement. Germain, pleurant amèrement sur le défaut de foi de ses disciples, se retire dans sa cellule et prie Dieu de les confondre et de les corriger. Il priait encore, lorsqu'une dame charitable amène au monastère deux chevaux chargés de vivres, et annonce que le lendemain elle enverra un chariot de blé. La leçon profita aux religieux, qui se repentirent de leur réaction.

 

Mandé à Paris par le roi des Francs Childebert, fils de Clovis, il s'y rendit avec cinq religieux. Un jour qu'il était en prière, il voit apparaître un vieillard éblouissant de lumière, qui lui présente les clefs de la ville de Paris : "Que signifie cela ? demande l'abbé. - C'est, répond la vision, que vous serez bientôt le pasteur de cette ville." Quatre ans plus tard, Germain, devient évêque, malgré sa résistance. Il n'en resta pas moins moine toute sa vie, et il ajouta même de nouvelles austérités à celles qu'il avait pratiquées dans le cloître. Après les fatigues d'une journée tout apostolique, son bonheur, même par les temps rigoureux, était de passer les nuits entières au pied de l'autel.

Sa nouvelle dignité n'apporta aucun changement dans sa manière de vivre: on le vit simple, frugal, mortifié et pénitent. Il avait toujours plusieurs pauvres à sa table.

 

Le roi Childebert, qui jusque-là avait mené une vie peu chrétienne, ne put résister à l'onction des discours du saint : il se convertit, et bannit de sa cour tous les désordres (2).

 

Un jour Childebert lui envoya six mille solidi d'or. Germain alla immédiatement au palais pour remercier le prince, et durant le trajet il en distribua trois mille aux pauvres qui se présentèrent à lui. "Vous reste-t-il encore de l'argent ? demanda le roi.  - J'ai encore la moitié de ce que vous venez de m'envoyer, répondit Germain : il ne s'est point trouvé assez de pauvres sur ma route pour épuiser la somme entière. - Seigneur, reprit le roi, distribuez tout ce qui reste : avec la faveur du Christ, nous aurons toujours de quoi donner." Et, brisant les vases d'or et d'argent qu'il trouva sous sa main, Childebert en remit les précieux fragments à l'évêque. Le saint employait la plus grande partie des nombreuses ressources dont il disposait à payer le rachat des captifs, la rançon des prisonniers, la mise en liberté des esclaves.

 

Germain eut la plus grande et la plus heureuse influence auprès des rois et des reines qui se succédèrent sur le trône de France pendant son épiscopat ; on ne saurait dire le nombre de pauvres qu'il secourut, de prisonniers qu'il délivra, avec l'or des largesses royales. Dans plusieurs conciles, il fut regardé comme la lumière des Gaules.

 

Saint Germain intervint dans la vie du roi Caribert qui succéda à Clotaire quand il l'excommunia après ses noces avec Marofève, une religieuse. Sous le règne de Chilpéric Ier, il se montra un homme de paix au milieu des terribles querelles qui opposèrent les reines Frédégonde et Brunehaut.

 

Il mourut le 28 mai 576, plein de mérites, vers l'âge de quatre-vingts ans. On l'enterra dans son abbaye à côté de deux rois qu'il a connus, Childebert et Caribert. (3)

 

On lui doit la construction de la célèbre abbaye de Saint-Germain-des-Prés, du nom de la tunique du martyr espagnol qu'elle renfermait, qui deviendra plus tard Saint-Germain-des-Près. Ruinée par les Normands, elle fut reconstruite au XIIe siècle. (4)

 

 

Sources : 

(1)

(2) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 148.

(3) Saints et Saintes de France, Des premiers martyrs à nos jours, Hatier, Renens 1988, p. 29.  

(4) Mgr Paul Guérin, Vie des saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Saint-Etienne 2003, p. 321-322.

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