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12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 15:21
Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei

Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei

Dans une interview récente à l’hebdomadaire allemand Die Zeit, Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei, chargée au Vatican des discussions avec les traditionnalistes, évoque la possible reconnaissance par Rome de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) sous forme d’une prélature, au même titre que l’Opus Dei. Il laisse en outre entendre que les lefebvristes pourraient être réintégrés sans avoir à reconnaître certaines déclarations du Concile Vatican II, jugées pastorales et non doctrinales : Nostra Aetate sur le dialogue interreligieux, Dignitatis Humanae sur la liberté religieuse, et le décret Unitatis Redintegratio sur l’œcuménisme.

 

La prélature dite "personnelle" qui serait proposée par Rome "semble être la forme canonique appropriée", explique ainsi Mgr Guido Pozzo dans cet entretien. "Mgr Fellay (supérieur général de la FSSPX, ndlr) a accepté cette proposition, bien qu’au cours des mois prochains des détails soient encore à éclaircir", poursuit-il.

 

Dans une longue partie de l’entretien, Mgr Pozzo explique comment il serait possible pour la FSSPX d’être pleinement réintégrée dans les structures de l’Eglise catholique, sans avoir à accepter au préalable certains textes du Concile Vatican II, qu’elle réfute depuis toujours. Actuellement, le "cœur de la discussion" entre Rome et la FSSPX en vue d’une réconciliation, explique Mgr Pozzo, est "dans quelle mesure les textes de Vatican II sont en continuité avec le magistère constant de l’Eglise".

 

Dans un premier temps, "la reconnaissance des sacrements et de la primauté du pape" sont "à la base de la déclaration doctrinale soumise à la signature de la Fraternité", assure-t-il. Mais Mgr Guido Pozzo avance ensuite un "degré d’approbation" des "documents du Concile". Si la FSSPX a "des difficultés avec certains aspects de la déclaration Nostra Aetate, du décret Unitatis Redintegratio sur l'œcuménisme, et de la déclaration Dignitatis Humanae sur la liberté religieuse", reprend alors Mgr Pozzo, "cela ne concerne pas les doctrines ou des affirmations définitives, mais plutôt des instructions ou des directives pour la pratique pastorale". En outre, ces "aspects pastoraux pourraient être discutés après la reconnaissance canonique, à des fins de clarification", ajoute-t-il.

 

Pour justifier son propos, le secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei ajoute que cet aspect avait déjà été clarifié pendant le Concile Vatican II : "Le secrétaire pour l’unité des chrétiens avait dit de Nostra Aetate, le 18 novembre 1964 : ‘(…) le secrétariat ne veut pas écrire une déclaration dogmatique sur les religions non-chrétiennes mais plutôt des normes pastorales et pratiques'".

Mgr Guido Pozzo évoque la possible reconnaissance par Rome de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX)

Source: La Fraternité sacerdotale Saint-Pie X bientôt reconnue par Rome ?, Famille chrétienne, 12/08/2016 | Par Agence I.Media

 

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Publié par Ingomer - dans Vatican II
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11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 00:00
Sainte Claire d'Assise, fondatrice (1194-1253)

Assise, Basilique Sainte-Claire -

détail de la fresque de la vie de la sainte

 

Sainte Claire d'Assise, fondatrice (1194-1253)

Sainte Claire naquit à Assise, en Italie. Dès son enfance, on put admirer en elle un vif attrait pour la retraite, l'oraison, le mépris du monde, l'amour des pauvres et de la souffrance ; sous ses habits précieux, elle portait un cilice. 

À l'âge de seize ans, fortement émue de la vie si sainte de François d'Assise, elle va lui confier son désir de se donner toute à Dieu. Le Saint la pénètre des flammes du divin amour, accepte de diriger sa vie, mais il exige des actes : Claire devra, revêtue d'un sac, parcourir la ville en mendiant son pain de porte en porte. Elle accomplit de grand cœur cet acte humiliant, et, peu de jours après, quitte les livrées du siècle, reçoit de François une rude tunique avec une corde pour lui ceindre les reins, et un voile grossier sur sa tête dépouillée de ses beaux cheveux. 

Elle triomphe de la résistance de sa famille. Quelques jours après, sa sœur Agnès la supplie de l'agréer en sa compagnie, ce que Claire accepte avec joie, en rendant grâce au Ciel. « Morte ou vive, qu'on me ramène Agnès ! » s'écria le père, furieux à cette nouvelle ; mais Dieu fut le plus fort, et Agnès meurtrie, épuisée, put demeurer avec sa sœur. Leur mère, après la mort de son mari, et une de leurs sœurs, vinrent les rejoindre. 

La communauté fut bientôt nombreuse et florissante ; on y vit pratiquer, sous la direction de sainte Claire, devenue, quoique jeune, une parfaite maîtresse de vie spirituelle, une pauvreté admirable, un détachement absolu, une obéissance sublime : l'amour de Dieu était l'âme de toutes ses vertus. 

Claire dépassait toutes ses soeurs par sa mortification ; sa tunique était la plus rude, son cilice le plus terrible à la chair; des herbes sèches assaisonnées de cendre formaient sa nourriture ; pendant le Carême, elle ne prenait que du pain et de l'eau, trois fois la semaine seulement. Longtemps elle coucha sur la terre nue, ayant un morceau de bois pour oreiller. 

Claire, supérieure, se regardait comme la dernière du couvent, éveillait ses sœurs, sonnait matines, allumait les lampes, balayait le monastère. Elle voulait qu'on vécût dans le couvent au jour le jour, sans fonds de terre, sans pensions et dans une clôture perpétuelle. 

Claire est célèbre par l'expulsion des Sarrasins, qui, après avoir pillé la ville, voulaient piller le couvent. Elle pria Dieu, et une voix du Ciel cria : « Je vous ai gardées et je vous garderai toujours. » Claire, malade, se fit transporter à la porte du monastère, et, le ciboire en main, mit en fuite les ennemis.

Sa naissance au ciel eut lieu le 11 août 1253.

 

Sources : (1), (2)

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour
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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 00:00
Saint Laurent de Rome, martyr († 258)

Saint Laurent de Rome, martyr à Rome sous l'empereur Valérien († 258).

 

Il y a peu de martyrs dont le nom soit aussi célèbre que celui de saint Laurent. Les plus illustres Pères latins ont employé leur éloquence pour le louer, et toute l'Eglise, dit saint Maxime de Turin.

Diacre à Rome, il fut exécuté en même temps que le pape Sixte II en 258, sur un gril de fer que chauffaient des charbons ardents, c'est pourquoi on le représente avec un gril et qu'il est invoqué lors de maladies de la peau.

Comme on le conduisait au supplice, Laurent, son diacre, suivait le pape Sixte II en pleurant : "Où allez-vous, mon père, disait-il, sans votre fils ? Où allez-vous, saint Pontife, sans votre diacre ? Jamais vous n'offriez le sacrifice sans que je vous servisse à l'autel. En quoi ai-je eu le malheur de vous déplaire ?"

Le saint Pape, ému, lui dit : "Je ne vous abandonne point, mon fils ; une épreuve plus pénible et une victoire plus glorieuse vous sont réservées ; vous me suivrez dans trois jours." Puis il lui ordonna de distribuer aux pauvres tous les trésors de l'Église, pour les soustraire aux persécuteurs: mission que Laurent accomplit avec joie. 

Le préfet de Rome, à cette nouvelle, fit venir Laurent et lui demanda où étaient tous les trésors dont il avait la garde, car l'empereur en avait besoin pour l'entretien de ses troupes : "J'avoue, lui répondit le diacre, que notre Église est riche et que l'empereur n'a point de trésors aussi précieux qu'elle ; je vous en ferai voir une bonne partie, donnez-moi seulement un peu de temps pour tout disposer." Le préfet accorda trois jours de délai. 

 

Le martyre de Saint-Laurent, de Pierre Paul Rubens

Pendant ce temps, Laurent parcourut toute la ville pour chercher les pauvres nourris aux dépens de l'Église ; le troisième jour, il les réunit et les montra au préfet, en lui disant : "Voilà les trésors que je vous ai promis. J'y ajoute les perles et les pierres précieuses, ces vierges et ces veuves consacrées à Dieu ; l'Église n'a point d'autres richesses. - Comment oses-tu me jouer, malheureux ? dit le préfet ; est-ce ainsi que tu outrages en moi le pouvoir impérial ?" Puis il le fit déchirer à coups de fouets. 

 

Laurent, après ce supplice, fut conduit en prison, où il guérit un aveugle et convertit l'officier de ses gardes, nommé Hippolyte. Rappelé au tribunal, il fut étendu sur un chevalet et torturé cruellement ; c'est alors qu'un soldat de la garde, nommé Romain, vit un Ange essuyer le sang et la sueur du martyr : "Vos tourments, dit Laurent au juge, sont pour moi une source de délices." Laurent fut ensuite rôti à petit feu sur un gril de fer, et quand il eut un côté tout brûlé : "Je suis assez rôti de ce côté, dit-il au juge en souriant ; faites-moi rôtir de l'autre." Bientôt, les yeux au Ciel, il rendit l'âme.

Au VIe siècle, son culte fut immensément populaire, on signala des reliques et des morceaux de son gril dans tous les coins d'Europe.

 

Son nom viendrait du fait que, enfant fugueur, sa mère l'aurait retrouvé près d'un laurier.

PRATIQUE: Demandons à Dieu une foi aussi vive que celle des martyrs.

 

Sources : Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 222; 2; 3

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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 00:00
Saint Romain de Rome, martyr († v. 258)

Il gardait le diacre saint Laurent dans sa prison. Touché par sa foi et sa fermeté, il fut converti au Christ par lui. Dénoncé par ses camarades, il fut condamné à être brisé par la bastonnade, puis à être décapité.

À Rome, au cimetière de Saint Laurent, sur la voie Tiburtine, vers 258, saint Romain, martyr.

 

Martyrologe romain

 

Sources: (1), (2); (3)

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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 00:00
SAINT DOMINIQUE, Fondateur d'Ordre (1170-1221)

SAINT DOMINIQUE, Fondateur d'Ordre (1170-1221)

Aucun saint marquant, aucune grande initiative religieuse n'avait surgi depuis la mort de S. Bernard (1153). Saint Dominique de Guzman naît dans la Vieille-Castille en 1170, dans une famille de la noblesse espagnole. Il a deux frères : Antoine, probablement mort durant la bataille tragique d'Alarcos contre les Maures en 1195, et Mamès, un homme contemplatif et saint qui se fit religieux et suivit Dominique.

Sa mère, Jeanne, avant sa naissance, a une vision étrange; il lui semble voir l'enfant qu'elle va mettre bientôt au monde sous la forme d'un petit chien tenant un flambeau dans sa gueule et prêt à répandre le feu sur la terre.

L'enfance de Dominique est marquée par plusieurs autres présages merveilleux.

Jeune étudiant, il vivait déjà comme un saint. Il avait chaque jour ses heures fixées pour la prière, et souvent il était ravi en Dieu. Il jeûnait presque toujours, ne buvait jamais de vin, dormait fort peu et n'avait d'autre lit que le plancher de sa chambre.

Un jour, ayant tout donné, il dit à une femme qui lui demandait de l'argent pour racheter son frère captif: "Je n'ai ni or ni argent; mais prenez-moi et offrez-moi aux Maures en échange de votre frère." La proposition héroïque ne fut pas acceptée, mais Dominique en eut le mérite. Dans une maladie très grave, causée par son travail et ses austérités, il fut guéri soudain par l'apparition de saint Jacques le Majeur, Apôtre (+44).

En 1203, Dominique, ayant dû venir en France avec son évêque Diègue (Diego d'Osma), découvre dans la région toulousaine, l'hérésie des "bons hommes", les Albigeois, qualifiés de "cathares" au XIXe siècle. Dominique logeait à Carcassonne et, discutant toute la nuit des vertus de la vraie foi avec son aubergiste, cathare, il le convertit. L'hérésie cathare se composait d'un mélange de vieilles hérésies, comme la négation de l'Eucharistie et du baptême catholique, sur un fond de manichéisme asiatique importé en Europe par les marchands, les pèlerins et les missionnaires revenus des Croisades. Sa présence dans le sud de la France est attestée à partir de 1140. Selon son enseignement, l'univers est en proie à la lutte de deux principes également forts et également premiers : le bien et le mal. (Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Pluriel, Millau 2012, p. 312.) Ce n'est pas Dieu qui a créé l'univers, c'est Satan. Toute réalité terrestre est marquée du signe du mal…

Le manichéisme qui avait été détruit par les arguments de S. Augustin à la fin de l'Antiquité, se présentait déjà au IVe siècle comme "une religion de la Lumière, une Eglise de la Justice, des Elus, des Justes, des Véridiques. [...] Mani (216-277) que les Latins et les Grecs ont appelé Manichée. […] Son enseignement était tout simplement la gnose de Marcion (que S. Polycarpe, le disciple de l'apôtre Jean, reconnut comme le "Fils aîné de Satan"), et de Basilide.

Le catharisme n'est pas original. Il insiste simplement avec une accentuation particulière sur un double principe du monde, l'existence d'un dieu bon et d'un dieu mauvais en conflit éternel et sur la réincarnation des âmes. (Etienne COUVERT, La Gnose universelle, De la Gnose à l'Oecuménisme, tome 3, Editions de Chiré, Chiré-en-Montreuil 1993, p. 14-15.) La Création tout entière est un mélange inextricable de bien et de mal. L'homme est divin, lumineux par l'âme, mais le corps, opaque, est porté vers le mal. Avec Mani, tout est simple... il faut aider le Bien contre le Mal, c'est-à-dire écarter de soi tout ce qui est matériel et diabolique. Au IVe siècle, le manichéisme apparut comme une sorte d'anarchisme spirituel propre à désagréger tous les principes les plus solides de l'éthique et de la vie. "Sinistre, intolérante, pour laquelle chaque péché était mortel et qui condamnait la joie" (Emile GEBHART), l'hérésie manichéenne, dans son expansion, rencontra partout de terribles obstacles, récusée comme hérésie et persécutée. L'Inde, après quelques mois d'essais de pénétration s'en débarrassa. Elle fut également chassée de Chine. En Turquie, les Kirghiz, ces stricts musulmans éliminèrent le dualisme manichéen. (DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 402-403.) "Les lucifériens, c'est-à-dire les adorateurs du diable, étaient manifestement une variété de cathares qui croyaient à l'existence des deux principes moteurs de l'univers." (Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Pluriel, Millau 2012, p. 422.)

Aux yeux des cathares, Jésus est un ange dont la vie terrestre n'a été qu'une illusion, le Christ n'a pas eu à ressusciter. La Vierge Marie était un pur esprit aux apparences humaines. La procréation, elle-même est criminelle : mettre un enfant au monde, c'est précipiter une nouvelle âme dans le royaume du Mal… Toutefois, certains "parfaits" admettent les relations charnelles; condamnant seulement l'institution du contrat et du sacrement de mariage, ils en viennent à prôner la liberté sexuelle. Ils faisaient eux-mêmes profession de chasteté perpétuelle, fuyaient avec horreur les moindres occasions d’impureté ; et cependant ils admettaient dans leur société les concubines des Croyants et les faisaient participer à leurs rites les plus sacrés, même lorsqu’elles n’avaient aucune intention de s’amender. Les "Croyants" eux-mêmes n’avaient aucun scrupule de conserver leurs maîtresses, tout en acceptant la direction des "Parfaits". On a dit que leurs doctrines rigoristes n’étaient qu’un masque sous lequel se dissimulaient les pires excès. Quiconque voulait être sauvé, devant se soumettre à la loi de la chasteté rigoureuse, le mari quittait la femme, la femme le mari, les parents abandonnaient les enfants, fuyaient un foyer domestique qui ne leur inspirait que de l’horreur ; car l’hérésie leur enseignait "que personne ne saurait se sauver en restant avec son père et sa mère. Il est inutile d’insister longuement sur les conséquences antisociales de la négation de la famille. Elle ne tend à rien moins qu’à supprimer l’élément essentiel de toute société (la famille), en faisant de l’ensemble de l’humanité une vaste congrégation religieuse sans recrutement et sans lendemain... Les autres engagements que prenaient les hérétiques en entrant dans la secte, allaient à l’encontre des principes sociaux sur lesquels reposent les constitutions de tous les états. Ils promettaient, au jour de leur initiation, de ne prêter aucun serment et niaient les sanctions sociales. La pure doctrine cathare déniait absolument à la société le droit de punir. C’était l’un des liens les plus solides que les Manichéens détruisaient ainsi, et en le faisant, ils avaient l’apparence d'anarchistes. Récusant l'Eglise, la famille, la propriété et le serment d'homme à homme, les cathares nient les fondements de l'ordre social. "Observant des rites initiatiques, obéissant à une hiérarchie secrète, ils présentent toutes les apparences d'une secte. Une secte qui contrevient ouvertement à la morale commune de l'époque". (Jean Sévillia, Historiquement correct, Pour en finir avec le passé unique, Perrin, Saint-Amand-Montrond 2003, p. 50-54). Henry Charles Lea, dans son Histoire de l’Inquisition, quoique protestant et ennemi de la religion catholique, a vu que le nihilisme des Albigeois marquait un retour à la barbarie, tandis que la doctrine chrétienne représentait la civilisation et le progrès. La victoire des Albigeois, c’était le déchaînement du fanatisme le plus terrible puisqu’il faisait gloire à l’homme de se suicider et un devoir à la famille de se dissoudre ; en les combattant, l’Eglise catholique défendit, avec la vérité dont elle est dépositaire, la cause de la vie, du progrès, de la civilisation.

Dominique de Guzman, profondément touché du triste état auquel l'hérésie avait réduit les provinces du Midi, décida de discuter en public et résolut de travailler dans ce pays au triomphe de la foi en proposant d'organiser des débats publics, des disputationes. Diego et Dominique arrivèrent tous les deux dans la région de Montpellier au printemps 1206, où Dominique rencontra les légats cisterciens chargés de lutter contre l'hérésie. Devant leur découragement, l'évêque Diègue leur proposa de renvoyer équipages et bagages pour aller à pied prêcher humblement la foi catholique, priant, étudiant et discutant. Le prêche et la parole étaient les principales armes de cette bataille, mais il fallait y associer l'action et l'exemple. Sans escorte et sans argent, ils allaient à pied, mendiant leur pain de maison en maison.

Les dominicains qui se fondent alors, Dominique choisit de marcher pieds nus sur les chemins, sans argent, en bure, rivalisant d'austérité, pour aller discuter avec les représentants des "Bons Hommes", les "Purs" ou les "Parfaits" comme les Cathares se désignaient eux-mêmes, dans les salles de châteaux, sur les places publiques ou dans les églises.

Dominique et ses frères ont fait choix, pour leur communauté, de la règle de S. Augustin, qui donne comme but à la communauté d'"habiter ensemble dans l'unanimité, ne faisant qu'un coeur et qu'une âme en Dieu".

A Montréal en 1206, suite à la réunion où lors d’une ordalie ("jugement de Dieu"), le libellus rédigé par Dominique lui est arraché des mains par les hérétiques qui le plongent dans le feu trois fois et ressort intact : il y eut 150 conversions (une toile de Pedro Berruguete illustre cet épisode parfaitement attesté dans les chroniques); à Pamiers en 1207, le président du débat se convertit avec ses compagnons vaudois.

La Disputatio entre Saint Dominique et les Albigeois - Peinture de Pedro Berruguete

La Disputatio entre Saint Dominique et les Albigeois - Peinture de Pedro Berruguete

Dominique avait, dès le début, donné à sa fondation ses buts précis : la vie évangélique et la prédication.

 

La réponse de Dominique à la crise des débuts du XIIIe siècle part d'abord d'une intuition simple, pour prêcher l'Evangile, il faut vivre selon l'Evangile. La communauté dominicaine sera donc au coeur des villes, les frères iront à l'Université et vivront de mendicité pour annoncer efficacement l'Evangile. Dominique veut aussi des frères pleinement insérés au coeur de l'Eglise puisque la crise médiévale est aussi une tentative de se passer de sa médiation pour accéder à l'Evangile.

 

 

Mais les cathares multiplient les attentats contre l’Eglise, ils pillent les églises et les monastères, persécutent les catholiques, massacrent les prêtres et les moines. Saint Dominique manque de se faire tuer : il voit les hommes embusqués, et chante le Veni Creator, hymne au Saint-Esprit. Les cathares sont sidérés. Plus tard, ils lui demandent :

"Qu’aurais-tu fait, si nous t’avions pris ? – Je vous aurais demandé de prolonger mon martyre en me coupant un à un tous les membres… – Pourquoi ? – Pour que je sois plus semblable à Jésus-Christ mourant sur la Croix afin de sauver vos âmes."

La nuit, on entend Dominique répéter "Seigneur, ayez pitié de votre peuple ! Seigneur, que vont devenir les pécheurs ?"

 

En 1207, ce chemin conduira Dominique jusqu’à la région de Fanjeaux, entre Carcassonne et Castelnaudary, où il s’établira dans l’œil du cyclone, arrachant à l’influence des prédicateurs pauvres et évangéliques les jeunes filles cathares de la noblesse locale qu’il installe à Prouille, en fondant ainsi une première communauté féminine de dames revenues dans l'Eglise, qui veulent mener une vie dévouée à la prière et à la pénitence dans la chasteté. Cette première communauté féminine deviendra en 1211 l'Abbaye Sainte-Marie de Prouille. Une communauté de frères se développe à côté du monastère: des fidèles s'offrent à leur tour pour la mission. C'est le moment où, au XIIIe siècle, l'Occident connaît un puissant mouvement spirituel, appelé évangélisme, qui prône une fidélité totale à l'Evangile, une pauvreté radicale et l'annonce par la parole et l'exemple de la Bonne Nouvelle.

 

Image illustrative de l'article Pierre de Castelnau En janvier 1208, la mission de Dominique est menacée à la suite de l'assassinat du légat du pape, Pierre de Castelnau, derrière lequel se dresse l'ombre menaçante de Raymond VI, comte de Toulouse, fief de l'hérésie. Les limites sont franchies. Le Languedoc est envahi par l'armée de Simon de Montfort: c'est la croisade des Albigeois, justifiée, non seulement par les doctrines subversives des Albigeois, et par les outrages de toutes sortes que depuis cent ans ils avaient accumulés contre les catholiques, mais aussi par ce meurtre qui frappait l’Eglise catholique tout entière dans la personne d’un légat du Saint-Siège. Les moines rentrent dans leurs abbayes, Arnaud regagne Cîteaux, maître Raoul est mort, et Diego est reparti en Espagne. Dominique reste seul dans la région. Il lui reste la communauté rassemblée dans le monastère de Prouille, aux environs de Fanjeaux. Il y resta jusqu'en 1214.

 

Chapelet Au printemps 1215, Dominique s'installe avec quelques frères à Toulouse.

Sentant son insuffisance pour évangéliser seul de si vastes contrées, c'est à cette époque que la Sainte Vierge lui apparut et lui enseigna définitivement, en lui ordonnant de la répandre, la dévotion du Rosaire (chapelets d'oraison) qui fut bientôt le plus terrible fléau de l'hérésie.

La récitation répétée de prières litaniques apparaît au IVe siècle; les ermites et mes ascètes les matérialisent par de petits cailloux qu'ils portent dans un sac. En Occident, les petits cailloux sont bientôt remplacés par des graines séchées, passées dans un fil et réunies en couronne. Les laïcs récitent 150 Pater en analogie avec les 150 psaumes de la prière monastique. Vers 1050, les dévots ajoutent les premiers mots de la salutation angélique aux Pater, et récitent 150 Ave après les 150 Pater. L'ensemble des grains est appelé couronne de roses ou rosaire.

On reconnait traditionnellement quinze mystères divisés en trois catégories : les mystères joyeux, les mystères douloureux, et les mystères glorieux. Chaque catégorie comprend cinq mystères, correspondant aux cinq dizaines du chapelet. Ceci permet de réciter une fois en entier le chapelet pour chaque catégorie de mystère, et trois fois le chapelet pour faire tous les mystères - soit un rosaire entier, composé de 15 dizaines, ou 150 prières (150 étant le nombre des psaumes).


Désormais, lui, le grand marcheur qui sillonnait les routes du Lauragais va devenir le globe-trotter de l’Europe. Il avait déjà fait deux fois le trajet de l’Espagne au Danemark en passant par Rome, mais cette fois-ci il se dirigera à deux reprises vers Rome, fin 1215 et fin 1216. Il en reviendra avec une bulle d’approbation du pape Honorius III, datée du 22 décembre 1216. Désormais son ordre devient universel et il décide d’abandonner Toulouse, ses pas le conduiront vers Paris, Madrid, Salamanque, Bologne...

 

Personne ne peut le retenir, le plus déçu dans l’affaire sera son protecteur l’évêque Foulques : "ce fut contre la volonté du comte de Montfort, de l’archevêque de Narbonne, de l’évêque de Toulouse, de l’évêque de Toulouse, et le mien propre", dit-il pour justifier cet arrachement, "je sais ce que je fais !"

 

Parmi les miracles quotidiens que Dieu opérait en sa faveur, on rapporte que, dans ses voyages, la pluie tombait souvent autour de lui sans l'atteindre; qu'un jour, son sac et ses livres, étant tombés dans une rivière, furent repêchés plusieurs jours après, sans qu'on y vît aucune trace d'eau.

 

Afficher l'image d'origine A l'occasion de l'ouverture le 11 novembre 1215 à Rome du IVe concile dans la basilique Saint-Jean-de-Latran en présence de quelques quatre cents évêques, Dominique fit le voyage de Rome pour obtenir l'approbation de l'Ordre des Frères-Prêcheurs. C'est là, alors qu'ils ne se connaissaient pas et ne se seraient pas rencontrés dans le tohu-bohu de ces quelques mille cinq cents personnes, qu'ils se reconnurent, s'embrassèrent comme deux frères et lièrent une amitié profonde qui dura jusqu'à la mort. S. Dominique rencontra François d'Assise, qu'il avait vu en songe. Dans cette vision, S. Dominique vit Jésus irrité contre le monde qui a perdu la foi et vit dans le péché. Pour l'apaiser la Vierge lui présente deux hommes dont la sainteté, lui dit-elle, est à même de racheter la mauvaise conduite des autres qui, par eux, retrouveront la voie de la vérité. Il se reconnaît dans l'un de ces hommes. Il se demande qui pourrait bien être l'autre qui a l'air d'un mendiant, vêtu d'une simple tunique de bure. Le lendemain, dans une église dont la tradition n'a pas conservé le nom, S. Dominique reconnaît, habillé comme il l'avait vu dans son extase, ce deuxième homme que la Vierge recommandait si chaleureusement au Christ. S. Dominique se serait précipité vers S. François et l'aurait serré dans ses bras en lui disant : "Vous êtes mon compagnon, vous marcherez avec moi, tenons-nous ensemble et nul ne pourra prévaloir contre nous."

 

Dominique opérait une multitude de miracles, ressuscitait les morts, et se disait: "le plus grand pécheur de l'univers".

 

La fondation de Prouille (1207) avait précédé de huit ans la création de la première communauté masculine à Toulouse (1215). A l'été 1217, Dominique envoie des frères à Paris pour étudier et établir un couvent placé sous le patronage de S. Jacques qui vaudra aux Dominicains français le surnom de Jacobins. D'autres partent pour l'Espagne ou pour l'Italie.

 

C'est lors du chapitre général de Bologne de 1220 que Dominique impose à ses frères prêcheurs le renoncement aux possessions et aux revenus, au profit d'un abandon à la providence divine. La même année 1220, des prêcheurs sont envoyés en Suède, en Angleterre, en Hongrie, au Danemark, en Pologne et peut-être aussi en Grèce.

 

Mais l'été 1221, Dominique, épuisé, tombe malade à Bologne et assure aux frères qu'il leur sera plus utile mort que vivant. Il meurt le 6 août 1221. Dès 1223, une enquête officielle sur sa sainteté et ses miracles recueille de nombreux témoignages à Bologne et dans la région toulousaine. Au terme du procès, Dominique est canonisé à Rieti le 3 juillet 1234. L'ordre s'étend sur l'Europe entière. Les provinces périphériques sont des bases d'action missionnaire pour les pays païens, musulmans, ou séparés de Rome. Dès le XIIIe siècle, des laïcs s'assemblent autour des couvents dominicains et franciscains.

 

En 1303, l'Ordre compte près de 10000 religieux. Il en compte 6000 aujourd'hui. Contemplation, étude et prédication sont les raisons de son succès. L'acharnement des dominicains à étudier pour comprendre, réfuter et témoigner explique aussi le succès des prêcheurs. C'est dans le public étudiant que les premiers frères ont cherché des vocations et ce fut en collaborant avec l'université de Paris qui naquit en leur temps, que les Dominicains ouvrirent de nouveaux chemins à l'intelligence de la foi. La scolastique s'offrait comme une méthode d'investigation du réel d'une extraordinaire fécondité.

 

Sa fête liturgique est fixée au 5 puis au 4 août. Elle est transférée au 8 août après Vatican II.

 

Au XIIIe siècle, on attendra de l'Ordre de S. Dominique une parole qui mène à Dieu mais qui fera droit à la raison comme l'enseignera S. Thomas d'Aquin (1225-1274) qui naîtra quatre ans après la disparition du fondateur et occupera une place particulière, à la fois comme un maître et un frère.

 

Dans l'histoire de l'ordre, on trouve aussi des artistes comme Jean de Fiesole (1387-1455), dit Fra Angelico (le Frère Angélique), qui, même devenu prieur de sa communauté, continue d'exercer son ministère par la peinture; des grands prédicateurs comme Vincent Ferrier (1350-1419); des visionnaires comme Bartolomé de Las Casas (1484-1566), défenseur et protecteur des Indiens; ou des mystiques comme Rose de Lima (1586-1617), Patronne du Pérou, de l'Amérique du Sud et des Philippines.

 

En 1790, un décret révolutionnaire supprime les Dominicains. Ils ne renaissent en France qu'en 1850 grâce à la volonté d'Henri Lacordaire (1802-1861).

 

Plus tard, Marie-Joseph Lagrange, qui fondera à Jérusalem, l'Ecole pratique d'études bibliques (Ecole Biblique), et dont la cause en béatification est en cours à Rome, sera le "saint Thomas de la question biblique".

 

Aujourd'hui, l'actuelle province de Toulouse est l'héritière des anciennes provinces médiévales de Provence et de Toulouse. Elle a en héritage trois lieux historiques et spirituels importants pour l'Ordre : Fanjeaux (lieu de prédication de Dominique, fondation des moniales); Toulouse (fondation de la première communauté); et la Sainte-Baume, sanctuaire de sainte Marie-Madeleine où l'Ordre est présent depuis sept siècles.

 

L'Ordre de S. Dominique qui se maintient en France dans ses deux provinces, est en expansion aux Etats-Unis, en Afrique et en Asie.



Sources:  (1);(2); (3); (4);

(5) Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Pluriel, Millau 2012;

(6) Emile CHAVANT DE MALAN, Vie de S. François, Debécourt libraire-éditeur, 1841, p. 103. Cf aussi John MOORMAN'S, A History of the Franciscan Order, Franciscan Herald Press, 1988, p. 29, note 2, in Virgil TANASE, Saint François d'Assise, Gallimard Folio Biographies, Malesherbes 2015, p. 162-163

(7) 800e anniversaire : Qui sont les Dominicains ?, Revue La Nef, N° 274 – Octobre 2015

(8) Les Dominicains, 800 ans de prédication, in Histoire du Christianisme Magazine, bimestriel novembre - décembre 2015, n° 78, p. 30, 31.

(9) F. FICARRA, Les Dominicains, éd. de Vecchi, Paris 2005

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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 21:41

Interrogé par les équipes britanniques de RT sur la divulgation de plusieurs centaines d’emails confidentiels ses derniers mois, Julian Assange révèle que Hillary Clinton aurait organisé l'armement de djihadistes syriens par la Libye.

 

Dans un entretien accordé à RT, le fondateur de Wikileaks accuse l'ancienne secrétaire d'Etat américaine d'avoir utilisé la Libye comme voie d'approvisonnement en armes pour les djihadistes présents en Syrie. Julian Assange accuse aussi Hillary Clinton d'avoir des liens étroits avec le leader mondial du ciment, l'entreprise Lafarge, qui aurait financé la campagne de la candidate démocrate. Or, selon une enquête du journal français Le Monde basée sur l'analyse de centaines de mails rendus publics par Wikileaks, le groupe Lafarge aurait participé au financement de l'Etat Islamique.

 

La Libye comme «corridor» pour fournir des armes aux djihadistes syriens

 

Selon Julian Assange, lorsque Hillary Clinton était secrétaire d'Etat, le gouvernement américain aurait utilisé une Libye en proie au chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011 comme «corridor» pour acheminer des armes aux djihadistes syriens qui combattaient le régime de Bachar el-Assad.

 

Parmis les 32 000 mails que Wikileaks a divulgué ces derniers mois, 1 700 concernent la Libye. Secrétaire d'Etat américaine lors de l'intervention occidentale dans le pays et de la chute de Mouammar Kadhafi, Hillary Clinton se serait alors particulièrement investie pour défendre cette intervention militaire.

 

Hillary Clinton, le groupe Lafarge et l'Etat Islamique

 

Le groupe Lafarge est l'un des fleurons de l'industrie française. Numéro un mondial du ciment depuis sa fusion avec le suisse Holcim en juillet 2015, ce groupe du CAC 40 emploie 115 000 personnes dans 90 pays. Or, la Fondation Clinton aurait reçu d'importants financements de la part du groupe Lafarge en 2015 et en 2016. En outre, Hillary Clinton est une ancienne membre du conseil d'administration de la multinationale.

 

Des liens étroits gênants pour la candidate démocrate, car pour continuer à faire fonctionner sa cimenterie de Jalabiya dans le nord-est de la Syrie, le groupe Lafarge aurait financé l'Etat Islamique.

 

En effet, à  partir de l'année 2013, l'Etat Islamique était de plus en plus présent dans la région et, pour faire fonctionner l'usine, le groupe français aurait été contraint de continuer à se fournir en pétrole, dont les champs étaient tombés dans les mains de l'Etat Islamique. La cimenterie aurait aussi négocié des droits de passage aux checkpoints tenus par les djihadistes pour ses camions. Ces financements auraient duré jusqu'en septembre 2014, quand l'Etat Islamique s'est emparé de l'usine et que le groupe français a abonné son activité dans la région.

Hillary Clinton a fourni des armes aux djihadistes syriens (Julian Assange)
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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 00:00
Fête de la Transfiguration du Seigneur

« Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l'écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d'une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. Élie leur apparut avec Moïse, et ils s'entretenaient avec Jésus. Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : "Rabbi, il est heureux que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie." De fait, il ne savait que dire, tant était grande leur frayeur. Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le."

Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux. En descendant de la montagne, Jésus leur défendit de raconter à personne ce qu'ils avaient vu, avant que le Fils de l'homme soit ressuscité d'entre les morts.

Et ils restèrent fermement attachés à cette consigne, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : "ressusciter d'entre les morts". »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc IX, 2-10

Notre-Seigneur Jésus-Christ, avant d'être livré par les Juifs aux autorités romaines, savait qu'ils allaient le livrer, qu'il serait mis à mort et qu'il ressusciterait le troisième jour. La fête de la Transfiguration de Jésus-Christ prouve qu'Il enseignait à ses disciples de ne rien dire avant que tout ne soit accompli. Le secret sur la nature divine du Christ ne devait être levé qu'après Sa Résurrection (voir aussi Mt, VIII, 4; Mt XVII, 9). 

Sources: (1), (2)

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5 août 2016 5 05 /08 /août /2016 00:00
Représentation d'Abel de Reims sur un vitrail de la basilique Saint-Rémi de Reims

Représentation d'Abel de Reims sur un vitrail de la basilique Saint-Rémi de Reims

Malgré sa bonne réputation, Charles Martel, vainqueur des Arabes à Poitiers, fut aussi un grand amateur des biens d'Eglise dont il s'emparait par personnes interposées, en nommant des abbés de monastères et des évêques qui partageaient avec lui les revenus ecclésiastiques. Pépin le Bref, son fils, voulut réformer cette manière de faire et il nomma comme évêque de Reims Abel, moine de l'abbaye de Lobbes en Belgique (diocèse de Liège).

 

Abel était d'origine écossaise ou irlandaise. On ignore les circonstances qui le déterminèrent à quitter son pays natal et dans quelle province il passa ses premières années. Peut-être était-il un de ces évêques missionnaires qui venaient encore alors, quoique en moindre nombre, évangéliser les peuples du nord des Gaules et de la Germanie. Cette conjecture parâit assez vraisemblable lorsqu’on considère ses relations avec saint Boniface, apôtre de la Germanie, le lieu où il se retira et le genre de vie qu’il embrassa quand il dut quitter son siège de Reims.

L'évêque destitué, Milon de Trèves, lui rendit la vie impossible d'autant que Pépin de Bref était fort occupé à guerroyer.

Au bout de trois ans, lassé, saint Abel se retira dans son monastère. Il donna à l'Eglise sa prière pour compenser ce qu'il ne pouvait lui donner par son ministère épiscopal.

Après avoir édifié ces religieux par l’éclat de ses vertus et procuré un très-grand bien aux âmes, il mourut paisiblement, le 5 août.

Au rapport des historiens, saint Abel était un homme doué de toutes les vertus, très-versé dans les saintes Écritures et dans d’autres sciences sacrées, un pasteur plein de sollicitude et d’activité, dont la sainteté est reconnue par une foule de témoignages. Son nom se trouve dans plusieurs anciens martyrologes. La dissertation du bollandiste Pinius sur sa vie a été reproduite par Ghesquiere, dans les Acta SS. Belgii, t. VI, p. 353.

 

Sources : 1, 2, 3, 4

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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 00:00

Qu'il est beau, qu'il est grand de connaître, d'aimer et de servir Dieu, nous n'avons que cela à faire en ce monde. Tout ce que nous faisons en dehors de cela est du temps perdu

Saint Curé d'Ars Jean-Marie Vianney in A. Monnin, Esprit du Curé d'Ars, M.Vianney dans ses catéchismes, ses homélies et sa conversation, Paris, 1864, 7ème édition, 1873, p. 64-65.

 

Corps incorrompu de saint Jean-Marie Vianney dans la basilique d'Ars. Diocèse de Belley. Son corps, exhumé au début du XXe siècle, est resté intact : il n'a pas subi la putréfaction.

 

On a dit de plus d'un personnage, de plus d'un Saint, qu'ils furent les prodiges de leur siècle. Ceci n'est peut-être vrai de personne autant que du curé d'Ars (Ain). Cet homme si humble vit, pendant une trentaine d'années, tout l'univers, pour ainsi dire, attentif à ses vertus et à sa gloire, et tout le monde chrétien à ses pieds; il est assurément l'une des merveilles de la sainteté et de l'apostolat.

Né à Dardilly, non loin de Lyon, trois ans avant la Révolution française, de simples cultivateurs profondément chrétiens, il fut d'abord berger et occupé aux travaux des champs. Dès ses premières années, il se distingua par sa candeur, sa piété, son amour pour la Sainte Vierge, et sa charité pour les pauvres. 

 

Il parvint au sacerdoce grâce à sa piété plus qu'à ses talents. Mais que d’obstacles à sa vocation sacerdotale ! Son père d’abord, qui avait trop besoin de bras pour la ferme familiale, la conscription dans les armées napoléoniennes, et jusqu’à l’examen final d’admission au sacerdoce : Jean-Marie Vianney ne parvenait pas à comprendre les questions, posées en latin. Mais la divine Marie veillait. Monsieur Courbon, premier grand vicaire du diocèse de Lyon à qui revenait la décision demanda simplement : « L’abbé Vianney est-il pieux ? A-t-il de la dévotion à la Sainte Vierge ? Sait-il dire son chapelet ?

– Oui, c’est un modèle de piété !

– Un modèle de piété ! Eh bien, je l’appelle ! La grâce de Dieu fera le reste ! »

 

Sainte Philomène
Sainte Philomène

Ainsi fut ordonné prêtre, en 1815, celui qui quelques années après, sera connu dans toute la France sous le nom de Curé d’Ars et qui fut l’apôtre ardent de l’Immaculée Conception dont il cachait jalousement les apparitions. Mais le saint Curé d’Ars voyait aussi Notre-Seigneur. Sous quels traits ? Il ne le révéla jamais, ni aucune des grâces extraordinaires dont il a bénéficié.

Après quelques années de vicariat, il fut appelé à la cure d'Ars, et, en apercevant le clocher de sa paroisse, il se mit à genoux pour prier Dieu et lui recommander son ministère. Son premier soin fut de visiter ses paroissiens; il les eut vite conquis par sa vertu, et l'on vit succéder aux abus de toutes sortes et à l'indifférence, grâce à son zèle, un esprit profondément chrétien, une parfaite observance du dimanche: la paroisse, sous l'impulsion d'un Saint, était devenue une communauté religieuse. 


Bientôt, des pays voisins, on accourut pour l'entendre, pour se confesser à lui et obtenir des miracles, qu'il attribuait à sainte Philomène, dont le culte tout nouveau croissait chaque jour en popularité; aussi l'appelait-il sa "chère petite Sainte".

Dix ans plus tard, la réputation du saint curé s'était étendue au-delà de la France, et l'on ne tarda pas à venir de plus loin; la paroisse d'Ars, jadis inconnue et solitaire, était devenue un centre d'attraction universelle; aux personnes pieuses se joignaient des impies, des incrédules, des débauchés; les conversions se multipliaient par milliers. Il passait régulièrement jusqu'à seize et dix-huit heures par jour au confessionnal, et le reste du temps en prédications, catéchisme et prières.

La nuit le démon lançait des assauts contre lui. Quand son lit prit feu, une nuit : "Le démon n'a pas pu brûler l'oiseau, il n'a brûlé que la cage" dit-il.

Un jour une personne corpulente lui dit : "Quand vous irez au Ciel, je tâcherai de m'accrocher à votre soutane", et le Curé d'Ars, qui n'avait que la peau sur les os à force de toujours tout donner et de refuser la nourriture un peu reconstituante que ses paroissiennes essayaient de lui prodiguer, de répondre :
"Gardez-vous-en bien ! L'entrée du Ciel est étroite, et nous resterions tous deux à la porte".

Il reçut la visite de
Lacordaire : "La plus célèbre visite qu'ait reçue le curé d'Ars est sans doute celle du père Lacordaire. Venant à Lyon en simple pèlerin, l'illustre dominicain arrive incognito dans une modeste voiture. Or, sous les plis de son manteau noir, quelqu'un aperçoit une robe blanche, et très vite les pèlerins d'Ars apprennent qui est le visiteur. Remous profond. Le lendemain, on voit le père Lacordaire écouter dans un humble recueillement le sermon du curé(...) Il ne le quitte qu'avec déchirement et va même, s'agenouillant devant lui, jusqu'à lui demander sa bénédiction. Après quoi, J.M.Vianney le prie de le bénir à son tour : et c'est bien une scène étrange et pathétique, éclairée d'un jour du Moyen-Âge, digne de saint François d'Assise et de saint Dominique". (Michel de Saint-Pierre, La vie prodigieuse du curé d'Ars).

 

On rapporte plusieurs faits extraordinaires. Par exemple son intuition des faits psychologiques ou des pensées d'autrui, ses moments de lévitation etc.

En 1929, il a été déclaré "patron de tous les curés de l'univers" par Pie XI.

Le 8 décembre 2008, Benoît XVI ouvrit une
année jubilaire 2009 pour le 150e anniversaire de saint Jean-Marie Vianney", "année sacerdotale", "pour favoriser cette tension des prêtres vers la perfection spirituelle dont dépend surtout l'efficacité de leur ministère.
Avec ce thème : "Fidélité du Christ, fidélité du prêtre". Durant toute l'Année sacerdotale, les reliques du saint-curé furent exposées dans la Basilique vaticane, amenées par Mgr. Guy Bagnard, Evêque Belley-Ars.

 

Sources:

 

(1) ; (2)

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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 00:00
Sainte Lydie de la Pourpre (Ier s.)

D'après Saint Luc, elle serait la première Européenne à s'être convertie au Christ.

Saint Paul l'aurait rencontrée alors qu'il arrivait en Macédoine orientale. Elle était une non-juive et venait de la Grèce d'Asie (Lydie, d'où son nom) et s'était installée à Philippes, port de la mer Egée pour son commerce de tissu et de pourpre. Philippes était une ville qui avait été fondée en 356 av. J.-C. par Philippe II de Macédoine, le père d'Alexandre le Grand. C'est là qu'elle rencontra saint Paul et saint Luc (Actes des Apôtres 16. 11). 

Elle crut ce que Paul lui disait du Christ et lui offrit l'hospitalité : 

"Si vous voulez bien me considérer comme une servante de Dieu, descendez chez moi." On ne sait ce qu'elle devint.

Paul écrira plus tard :

«Vous le savez vous-mêmes, Philippiens : dans les débuts de l’Évangile, quand je quittai la Macédoine, aucune Église ne m’assista par mode de contributions pécuniaires; vous fûtes les seuls, vous qui, dès mon séjour à Thessalonique, m’avez envoyé, et par deux fois, ce dont j’avais besoin.» (Philippiens. 4, 15-16).

Elle dut mourir vers 50-55, puisque Paul écrivant aux chrétiens de Philippes ne la mentionne pas dans sa lettre.

 

Sources : 1, 2, 3, 4

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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 08:02
L’État royal au cœur du dialogue politique

Le roi étant la tête de l’État, il doit disposer des moyens de le gouverner, afin que cette définition ait du sens, et qu'il ne devienne pas, à terme, un personnage détaché de l’État lui-même, sorte d'institution politique à exemplaire unique, en orbite à l'écart du monde, astre vers lequel on se tourne de temps à autres pour se rassurer, mais dont on ne ressent plus véritablement le besoin politique quotidien, comme c'est le cas dans les royautés actuelles.

 

Le roi est donc à la fois le chef de son gouvernement et de son administration. Les règlements qui organisent celle-ci relèvent de lui. On peut dire que c'est la part propre de l’État. La question est autre pour les lois et la justice. En effet, ces deux réalités sont communes à l’État et à la nation, en ce sens que si l'administration est au service de la nation, elle est un membre de l’État, tandis que la loi n'est pas spécifiquement la chose de l’État, elle organise le fonctionnement de toutes les composantes du pays et donc concerne chacun des citoyens. C'est pourquoi il est impératif que cohabite, à la tête de la vie politique, à côté du roi, un Parlement possédant le droit de légiférer. Le roi possédant son titre de manière héréditaire, on ne peut le dire responsable devant son Parlement, à la différence du gouvernement qui, nommé par le souverain, est cependant plus éphémère. Sa fonction n'est pas héréditaire, ni même viagère, et s'il ne dépend pas des majorités parlementaires, il doit bien se présenter devant le Parlement pour lui proposer des lois, de même qu'il doit dialoguer avec celui-ci au sujet des lois qui émaneraient de lui. Ce face à face dialogué entre le Parlement et le gouvernement inclut une responsabilité de l'un envers l'autre. C'est-à-dire que le Parlement doit pouvoir rejeter les projets de loi du gouvernement.

 

Il n'est aucune mesure commune à toute la nation qui ne saurait échapper à cette règle du dialogue nécessaire entre le roi et son peuple par l'intermédiaire du gouvernement et du Parlement.

 

Pour autant, le gouvernement peut-il être renversé par le Parlement, et le roi peut-il dissoudre le Parlement ? Un conflit politique justifierait cette porte de sortie, qui donnerait l'avantage à l'une ou l'autre des parties en présence et finalement engendrerait la domination politique durable du roi ou du parlement. Ce dernier point est trop lourd de conséquences pour que l'on puisse l'envisager. Il apparaît donc que le roi ne doit pas avoir le pouvoir de dissoudre son Parlement, et que le gouvernement ne doit pas pouvoir être renversé par ce dernier, car ce serait, dans un cas comme dans l'autre, entamer une action illégitime car grignotant la souveraineté de l'une de ces deux puissances. De la même manière, le roi ne doit pas pouvoir disposer d'un veto contre les décisions du parlement et le parlement ne doit pas pouvoir bloquer les décisions du roi.

 

Ce respect du principe de la souveraineté, dans toute sa pureté, pourrait cependant entraîner des blocages institutionnels inextricables qui, à terme, entraîneraient l'affaiblissement de l'une des deux forces pour en sortir.

 

Le seul moyen d'éviter ce blocage durable est, d'une part le dialogue entre les groupes en présence, que nulle loi ne peut ni prévoir, ni interdire ; d'autre part la stricte répartition des tâches et des rôles entre les différents corps de la société.

 

Notamment, le rôle de l’État, sur lequel le roi a le pouvoir direct, doit être clairement défini.

 

Considérant que l’État, en vertu du principe de subsidiarité, assume ce que nulle autre structure intermédiaire ne pourrait mieux entreprendre que lui, son champ d'action doit avant tout être national et stratégique. L'échelon national est celui de la coordination et de la régulation des forces intermédiaires en présence, par le biais d'une administration assurant avant tout un contrôle normatif et veillant à l'indépendance du pays. En somme, l'armée, la justice, l'émission de la monnaie, la garde des frontières, la diplomatie, dépendent directement de l’État, de même que la surveillance de l'application de règles nationales dans tous les domaines, dans la limite d'une mission d'harmonisation et pas d'implication directe dans l'action des corps intermédiaires. Cet État doit disposer des moyens nécessaires à ses missions, ce qui signifie qu'une part de l'impôt, normalement voté comme toute loi par le Parlement, lui est légitimement attribuée.

 

Hors ces domaines d'action nécessaires à la vie du pays, ce sont les corps intermédiaires et leurs représentants qui sont légitimes.

 

Les deux groupes ne peuvent se court-circuiter dans leurs domaines propres, mais ils peuvent toujours discuter, dialoguer en vue d'amender le domaine l'un de l'autre, car si on n’est pas légitime à intervenir, on a toujours son bon sens pour juger du bien-fondé de l'action de l'autre.

 

C'est, à n'en point douter, cette stricte distinction des domaines, qui permettrait de limiter les risques de blocages institutionnels. Limiter ne veut pas dire éviter à tout prix. Le conflit politique peut toujours survenir, sur des questions de fiscalité, de choix stratégiques, de mœurs où l'une et l'autre partie aura une opinion divergente et des moyens de pression. Mais les deux structures demeurant essentiellement préservées l'une vis-à-vis de l'autre, on peut espérer que la seule voie du dialogue resterait ouverte pour dégager des solutions communes, préservant ainsi les caractères démocratiques, aristocratiques et royaux de l’État.

 

De tels systèmes existent déjà de par le monde, d'une manière ou d'une autre. Ainsi, aux Etats-Unis, le Président est-il le véritable maître de son administration et de son gouvernement, le chef pour les choix stratégiques de son pays, ne disposant pas du droit de dissoudre son Parlement et ce dernier ne pouvant censurer le gouvernement. En France, le Président possède ce que l'on appelle un « domaine réservé » dans les affaires stratégiques, et la Constitution en fait, théoriquement, l'arbitre de la vie institutionnelle du pays. Au Royaume-Uni le Premier Ministre, véritable chef de l'exécutif, ne peut dissoudre son Parlement, et les possibilités, pour ce dernier, de censurer le gouvernement, sont très limitées. Le Premier Ministre britannique, en tandem avec la Reine, est le véritable maître de l'administration et de la politique du pays. Ces systèmes, hérités de conceptions politiques fort anciennes, ont été construits très progressivement, dans des sociétés où la composante royale et aristocratique dominaient, au détriment de la démocratie. L'irruption de l'esprit démocratique a balayé les royautés et les aristocraties qui ne sont plus que l'ombre d'elles-mêmes. On ne reviendra pas sur les conséquences néfastes, pour l'homme, d'une telle prise de pouvoir. Mais on retiendra qu'à condition de rétablir progressivement une société civile cohérente et à visage pleinement humain, il est possible d'envisager donc un État tel que décrit plus haut, sur un mode apaisé, accomplissant le chemin institutionnel inachevé des nations occidentales actuelles.

 

Pour le bien de la personne humaine, il apparaît que cette mutation de la société est non seulement souhaitable mais surtout nécessaire.

 

Gabriel Privat

 

Source

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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 00:00
Saint Alphonse-Marie de Liguori

Évêque, fondateur de la “Congregatio Sanctissimi Redemptoris”

 

Docteur de l'Église

 

Alfonso Maria de’ Liguori naît à Marianella, près de Naples, le 27 septembre 1696, dans une famille noble.

 

Après de fort brillantes études, docteur en droit civil et canonique à seize ans, il embrassa la carrière d'avocat. Pendant les dix années qu'il remplit cette charge, il fut le modèle du parfait chrétien.

 

Il commençait à se relâcher, quand il échoua dans un plaidoyer superbe où il avait déployé tous ses talents ; "Ô monde ! s'écria-t-il, désormais je te connais; tu ne m'auras plus."

 

Peu après, il entendit une voix lui dire : "Laisse le monde de côté, livre-toi à Moi tout entier..." Aussitôt il répondit, fondant en larmes : "Ô Dieu ! Me voici, faites de moi ce qu'il Vous plaira." Aussitôt Alphonse va déposer à l'église de la Sainte Vierge son épée de gentilhomme, prend bientôt l'habit ecclésiastique, fait ses études de théologie, et au bout de trois ans reçoit le sacerdoce. Désormais le voilà embrasé du zèle des âmes ; il se mêle au peuple des campagnes et s'éprend d'un amour spécial pour lui.

 

C'est alors que l'idée lui vint de fonder, pour exercer l'apostolat parmi cette classe si intéressante de la société, la "Congrégation des Rédemptoristes". Traité d'insensé par son père, ses proches et ses amis, persécuté et abandonné bientôt par plusieurs de ses premiers collaborateurs, délaissé et méprisé par son directeur lui-même, Alphonse endura toutes les souffrances morales qui peuvent tomber sur un homme : rien ne put l'abattre ni le décourager.

 

Il eut plusieurs visions de la très Sainte Vierge ; une fois, pendant un sermon sur les gloires de Marie, il fut ravi, et environné d'une éblouissante lumière.

 

Un jour, son pauvre accoutrement le fit prendre pour le cocher des autres missionnaires, et, à son premier sermon, son éloquence fit dire au peuple : "Si le cocher prêche si bien, que sera-t-il des autres !" Aux travaux apostoliques, Alphonse joignait les travaux intellectuels, et il composa un grand nombre d'ouvrages de piété et de morale qui l'ont fait élever au rang des docteurs.

 

Sacré évêque, Alphonse égala par ses vertus les plus saints pontifes. Il passa de la terre au ciel, à l'âge de quatre-vingt-onze ans, le Ier août 1787, à Pagani, en Campanie.

 

Sources: (1), (2)

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31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 18:37

Le sanctuaire Notre-Dame d'Abet à Lahontan est l'un des plus anciens du pays

Sanctuaire Notre-Dame d'Abet de Lahontan (64)

Dans les Pyrénées-Atlantique, à la frontière du Béarn, arrêtons-nous d'abord au sanctuaire d'Abet, qui fait aujourd'hui parti de Lahontan, dans le canton de Salies (64). Abet, ancien village détruit, a toujours été, comme Lahontan, en territoire français d'après la carte de Cassini, où l'église est indiquée comme étant déjà en ruines, la limite du Béarn et de la France passe à quelques centaines de mètres à l'est de ce sanctuaire, c'est-à-dire entre Abet et la commune de Bellocq, qui est en territoire béarnais.

Lahontan ou Lafontan est étymologiquement un pays de fontaines. Sur Abet les étymologistes ne sont pas d'accord. Ce mot vient-il du latin "abiet, abietis" sapin, comme le nom du Lavedan, la haute vallée de Lourdes, en béarnais "Labédaa", qui vient du mot "abédaa", sapinière ? Mais il n'y a pas de sapins à Lahontan. D'après M. Dubarat, Abet serait un vieux mot français qui signifie secours. Ainsi Abet serait Notre-Dame du Secours, du Refuge. On dit quelquefois Dabet, mais tout simplement par euphonie, comme on dit Dax au lieu de Acs, parce que le gascon et le béarnais répugnent l'hiatus.

Certains ont voulu voir dans ce nom d'Abet, l'appellation d'une divinité, du génie tutélaire des fontaines, et dans la fondation d'un sanctuaire dédié à la sainte Vierge, le besoin qu'éprouvèrent les premiers missionaires de christianiser les endroits consacrés aux dévotions païennes. Sans nous lancer dans ces hypothèses, disons ce que fut ce sanctuaire, un des plus anciens du pays.

D'après une tradition populaire, l'antique village d'Abet était situé tout à fait sur les bords du gave. Ce village aurait été détruit au Moyen-Âge à la suite d'un déplacement de la rivière et d'une grande inondation, et les familles d'Abet auraient été grossir le bourg voisin de Lahontan. Cette tradition est relatée dans une supplique adressée en 1717 à l'évêque de Dax par les jurats de Lahontan, qui demandaient à cette époque l'érection en paroisse de leur église annexe de Lahontan, dédiée à sainte Marie-Madeleine. Nous trouvons cependant dans les vieux textes du XVIe siècle la mention de "Notre Done de Lafonta". Ce qui est certain c'est que le cimetière de Lahontan est resté autour des ruines de l'église d'Abet. Il s'y trouve encore, à plus d'un kilomètre de l'agglomération ou bourg de Lahontan, autour de la chapelle aujourd'hui restaurée.

 

Chose bizarre, Abet n'est pas mentionnée  dans le cartulaire de Sorde (1), qui ne contient que des actes du XIe et du XIIe siècles, mais il y est question de Lahontan dans un acte qui paraît avoir été intercalé et qui date de 1293. Il s'agit de la donation faite par anglèse de Saint-Martin, dame de Saint-Cricq, au monastère de Sorde, du quart de la dîme de Lahontan. D'après Paul Raymond, cet acte est entièrement transcrit sur un grattage et son écriture du manuscrit. Ce silence du cartulaire de Sorde au sujet de l'égise d'Abet, alors que toutes les églises voisines y sont mentionnées, nous fait supposer que la tradition relative à la possession de l'église d'Abet par les Templiers serait tout à fait conforme à la vérité. Sans doute l'abbaye de Sorde n'avait rien à voir dans l'administration de cette église.

 

Dans sa "Statistique des Basses-Pyrénées" publiées en 1845, Picamilh dit à l'article Lahontan : "Eglise en ruines, ancienne propriété des Templiers. Dans un mur de cet édifice se trouve une statue de la Vierge, objet de pèlerinages de la contrée d'alentour qui vient le 15 août prier à ses pieds et se baigner dans des fontaines longeant ce même mur".

 

Il y a 50 ans encore, avant la restauration de la chapelle, on ne voyait à côté du cimetière que des murs très épais, couverts de ronces et de broussailes, mais la foule des pèlerins basques de la région d'Arraute, de Masparaute, d'Orègue et d'Ilharre était toujours fidèle au rendez-vous du 15 août, avant le lever du soleil, aux pieds de la statue miraculeuse.

Sanctuaire Notre-Damet d'Abet - Vers les fontaines sur les bords du Gave de Pau

Sanctuaire Notre-Damet d'Abet - Vers les fontaines sur les bords du Gave de Pau

D'après la légende, ce fut à une époque très ancienne, qu'un paysan découvrait sur les bords du gave, dans un ravin couvert de broussailes, une satue en bois de la Vierge Marie. La légende de Notre-Dame d'Abet accuse une ressemblace frappante avec celle de Sarrance dans la vallée d'Aspe et de Bétharram, non loin de Lourdes. On pourrait même dire qu'on les a combinées toutes les deux pour n'en faire qu'une seule.

 

Quoiqu'il en soit, un culte public est rendu à la vieille statuette dans l'église d'Abet. L'image est d'un art tout à fait rudimentaire. Présentée à la société de Borda en 1888, voici l'appréciation qui fut émise :

 

"La Vierge en bois de Notre-Dame d'Abet était très grossièrement faite et ne porte le caractère précise d'aucune époque. Néanmoins, le vêtement de la Vierge, son capuchon, la pose de l'Enfant Jésus sur le bras gauche ne permettent pas de reporter cette statuette avant le XIXe siècle au plus tôt; peut-être est-elle postérieure. En tout cas, elle a dû être peinte depuis cette époque. C'est l'oeuvre d'un ouvrier de village."

 

Cependant, peu d'églises peuvent se vanter d'avoir une statue aussi ancienne et aussi vénérée.

Sanctuaire Notre-Dame d'Abet de Lahontan - Statue Notre-Dame d'Abet

Sanctuaire Notre-Dame d'Abet de Lahontan - Statue Notre-Dame d'Abet

Une tradition, qui ne repose sur rien, rapporte que le pape Urbain II, le pape des Croisades, saint Bernard et plus tard le pape Clément V, Bertrand de Got, le pape Gascon de Villandraut, qui abolit l'ordre des Templiers, serait venus à Notre-Dame d'Abet. Le sanctuaire survécut à l'abolition du fameux ordre.

Il est vraisemblable que la nouvelle bastide de Lahontan attira chez les habitants d'Abet, comme la nouvelle bastide de Bellocq, élevée sur le territoire béarnais, fut peut-être une des causes de la disparition complète du village et de l'église Saint-Pierre de Fascheux, voisine d'Abet, et dont il est question dans la charte de 1010. De même, presque en face d'Abet, sur la rive droite du Gave l'église Saint-Etienne d'Esleich a complètement disparu. Il ne reste plus trace de cet édifice; les ruines elles-mêmes ont péri, dirait le poète... Au moins Abet conservera ses ruines.

 

Les chroniqueurs rapportent que vers la fête de la Purification, en 1254, Gaston de Béarn, eut la hardiesse de vouloir s'introduire à Bayonne, mais que repoussé par les Anglais, il vint chercher un refuge sous les murs d'Abet.

 

Le 6 avril 1299, Edouard Ier d'Angleterre écrivait au maire de Bayonne, pour le prier de faire conduire à la tour de Londres les frères Devillé, Jean de Saucerrre et autres conspirateurs, coupables d'avoir voulu libérer leur patrie. Ils échappèrent à grand peine, se réfugièrent quelque temps dans l'église d'Abet et de là passèrent sur le territoire béarnais, dans la nouvelle place forte de Bellocq.

 

Abet retomba sous la domination anglaise. On croit que de cette époque datait une ancienne cloche de l'église, sur laquelle on lisait en caractères gothiques cette inscription en latin : "le roi Edouard Ier. Sainte Marie, priez pour nous Jésus de Nazareth."

 

Le pape Clément V étant intervenu pour réconcilier Philippe le Bel et Edouard Ier, roi d'Angleterre, il n'est pas téméraire de supposer que les Templiers et ce qui leur appartenait de l'église d'Abet furent victimes de cette réconciliation.

 

En 1569, le protestant Montgommery, fléau des églises et des lieux de dévotion, se jeta sur l'église d'Abet et le bourg de Lahontan. Le combat fut acharné, mais les Lahontanais, qui tous avaient pris les armes, sortirent vainqueurs et se rendirent à l'église d'Abet pour remercier Dieu et y déposer les "bannières de rouges sandal" prises à l'ennemi et qui signifiaient "mort sans remède et mortelles guerres en tous lieux". (2)

 

Nous verrons plus loin comment les testaments faits en faveur des sanctuaires ou lieux de dévotion sont une preuve palpable de leur célébrité. Pour Abet, la première donation connue est celle du seigneur de Domezain, de Caresse, en l'an 1472. A la date du 9 juillet 1556, Arnaud-Guilhem de Marca-Susa, habitant de Nay, laisse par testament quatre écus à distribuer "en messes en l'honneur de Notre-Dame d'Abet de Lahontan". Ce sanctuaire joussait donc à cette époque d'une certaine notorité, puisqu'un habitant de Nay fait un legs en sa faveur. A sa mort, Montaigne, le fameux auteur des Essais, qui a écrit une page fort originale sur ses vassaux de Lahontan, fit don à l'église d'Abet du "droit d'aiguillon" qui consistait dans le prélèvement de la valeur du treizième des agneaux qui naîtraient dans la commune.

 

Au XVIIIe siècle, le sanctuaire d'Abet était déjà déchu de son antique splendeur. Cette église n'était plus nécessaire au culte et cependant nombreux sont les testaments faits en sa faveur. On ne peut expliquer ces alrgesses que la particulière vénération du peuple pour ce lieu de dévotion. Le procès-verbal de la visite pastorale de l'évêque de Dax, Monseigneur Suarez d'Aulan, en 1739, nous apprend "qu'on était dans l'usage de temps immémorial de n'y venir dire la messe qu'aux jours de la sainte Vierge et aux lendemains des fêtes annuelles lorsque le temps le permettait." Il y est dit aussi qu'on venait "dans la présente église en procession de quinze en quinze jours". (3) Cependant, Notre6Dame d'Abet attirait toujours les foules des pélerins étrangers, et le dernier évêque de Dax, Monseigneur Lequien de la Neuville, confirmait de son autorité à la fin de ce siècle, le récit des merveilles qui s'y opéraient. Des ex-voto de reconnaissance attestaient la protection de Marie, et les vieillards se souvenaient encore il y a quelques années d'avoir vu à la tribune de l'église et près de l'hôtel de Notre-Dame "une si grande quantité de béquilles qu'une paire de boeufs aurait presque eue de la peine à les traîner."

 

Puis pendant longtemps ce fut le désert et le silece autour de la vieille chapelle, mais la foi des pélerins est si tenace que les pélerinages du 15 août et du 8 septembre ne cessèrent jamais. Notre-Dame d'Abet a subsisté par et avec le peuple pendant au moins un siècle !

 

Cette affirmation ne paraîtra pas trop tranchante quand on saura que le clergé des environs fut longtemps hostile à ce pélerinage, pendant presque tout le XIXe siècle, peut-on dire. Il ne voyait pas d'un bon oeil le pélerinage de nuit, les danses et autres désordres qui s'introduisaient, sous couleur de dévotion, jusque près des murs de l'antique sanctuaire. Il doutait même de l'authenticité de la légitimité du culte rendu à la Sainte Vierge dans ces lieux. Ce n'est que sous l'épiscopat de Monseigneur Fleury-Hottot qu'on put songer sérieusement à restaurer la chapelle et à rétablir officiellement le culte de Notre-Dame d'Abet. Il fallut des enquêtes, des rapports et aussi la foi ardente et persévérante du curé de Lahontan, Monsieur l'abbé Bacqué, pour réussir dans cette perspective. Monsieur Dubarat, déjà connu à cette époque (1888) par ses travaux sur Sarrance, conclut ainsi son appréciation, dans un mémoire à l'autorité diocésaine :

 

"Le pélerinage de Notre-Dame d'Abet est dans son origine, son développement et surtout par la persévérance des fidèles, aussi respectable que les plus célèbres du Béarn et des Landes. Toute son histoire se résume en ces quelques mots: légende commune à beaucoup de sanctuaire; existence certaine d'Abet en 1472; présomption de notorité de vénération populaire par les legs faits à Abet, procession et culte pendant deux siècles (1600-1800), malgré le délabrement de l'édifice, reprise et persistance du pélerinage en dépit d'une révolution qui a bouleversé tant d'idées et détruit tant de pieuses habitudes; concours actuel (1888) de fidèles chaque année à Abet."

 

Inutile de préciser que les abus ont cessé, que les désordres ont disparu. Aujourd'hui le sanctuaire a repris une nouvelle vie. Les trois derniers curés de Lahontan lui ont consacré le meilleur de leur zèle, et les foules viennent toujours plus nombreuses des Landes, du canton de Salies et des confins du Pays Basque.

Les pélerins basques et béarnais venaient jadis se baigner le 15 août dans les fontaines qui jouxtaient le mur de l'ancienne chapelle.

Sanctuaire Notre-Dame d'Abet de Lahontan (64)

CHANT DE NOTRE-DAME D'ABET

 

R- Je viens prier à Notre-Dame,

Vierge du pays d'Abet.

Je viens lui confier mon âme,

Elle saura la garder.

 

1- Il est chez moi une chapelle

Où je viens prier bien souvent

Car c'est Marie qui m'y appelle

Elle y rassemble ses enfants.

 

2 - De Salies et Sauveterre

Par ces sentiers ils ont marché

Ils allaient retrouver leur Mère

Et pleurer leurs pauvres péchés.

 

3- Et je reprends la même route

Et je lui dis les mêmes chants

Je porte en moi les mêmes doutes

Avec bonté, la Vierge attend.

 

4 - Au-dessus des forêts, des vignes

Veillant au donjon crénelé

J'aperçois l'Ange qui fait signe

La Mère est là , amis venez.

 

5- Elle m'accueille humble et sereine

Et dans ses bras voici son Fils

Sa vue adoucit toute peine

Vierge d'Abet, tu me souris.

 

6 - Elle a gardé son visage

Les regards qui l'ont suppliée

Et dans ses yeux je vois les larmes

De toutes les yeux qui ont pleuré.

 

7 - Ecoute donc dans le silence

Celle qui, au coeur sait parler

Et laisse là le poids immense

De tes angoisses et tes péchés.

 

 8 - Amis sur des routes plus belles

Désormais plus tôt tu iras

Abet sera l'aube nouvelle

D'un beau jour de paix et de joie.

 

PRIERE A NOTRE-DAME D'ABET

 

Nous élevons les yeux vers vous Ô Mère de notre Dieu, Souveraine des Anges et des hommes.

Nos pères aimaient vous invoquer sur le nom de Notre-Dame d'Abet: souffrez que nous vous saluions encore d'un nom qui vous est cher, puisque vous avez opéré de nombreux prodiges en faveur de ceux qui vous le répétaient.

Vierge sainte, votre adorable Fils a remis entre vos mains le sceptre de miséricorde pour que toutes les grâces nous viennent par vous. Ô Notre-Dame d'Abet.

Jetez sur nous un regard de bonté et accordez-nous le secours de votre intercession et de vos prières, afin que les puissances du mal conjurées contre tous les enfants de Dieu et surtout contre l'âme des plus jeunes, ne puisse nous nuire.

Afin d'être à vous plus encore, nous vous consacrons nos personnes, nos failles, nos biens, nos intérêts les plus chers et nous espérons que vous serez avec nous chaque jour de notre vie, mais surtout à l'heure de la tentation et de la mort . Amen.

Sanctuaire Notre-Dame d'Abet de Lahontan (64)

Notes

 

(1) Le cartulaire de Sorde est la traduction en français moderne d'une charte juridique établie en latin entre le Xe et le XIIIe siècle qui attestait les titres et privilèges de la communauté de l'abbaye de Sorde (Landes). Un document qui permet de comprendre la vie des communautés religieuses au Moyen Age, en particulier dans le sud des Landes, au Pays basque et dans le Béarn. (Source)

(2) Edmond Roy, Le baron de Lahontan (mémoire S.R. Canada)

(3) Dubarat, Etudes, tome IV, p. 145-146

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Publié par Ingomer - dans Religion
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31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 00:00
Saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus

Un militaire

 Saint Ignace naquit en 1491 au château de Loyola, en Espagne. Il était le dernier de douze enfants, et il donna dès son bas âge des marques d'une grande vivacité d'esprit. Sa jeunesse fut celle d'un homme nourri des maximes du monde. Il fut d'abord page du roi Ferdinand V; puis il embrassa la carrière des armes. Il ne le céda en courage à personne, mais négligea complètement de vivre en chrétien, dirigé uniquement par l'orgueil et l'amour des plaisirs. De ce chevalier mondain, Dieu allait faire l'un des premiers chevaliers chrétiens de tous les âges. 

Au siège de Pampelune, un boulet de canon brisa la jambe droite du jeune officier, qui en peu de jours fut réduit à l'extrémité et reçut les derniers sacrements. Il s'endormit ensuite et crut voir en songe saint Pierre, qui lui rendait la santé en touchant sa blessure. A son réveil, il se trouva hors de danger, quoique perclus de sa jambe.

Pour se distraire, il demanda des livres; on lui apporta la Vie de Jésus-Christ et la Vie des Saints. Il les lut d'abord sans attention, puis avec une émotion profonde. Il se livra en lui un violent combat; mais enfin la grâce l'emporta, et comme des hommes de cette valeur ne font rien à demi, il devint, dans sa résolution, un grand Saint dès ce même jour. Il commença à traiter son corps avec la plus grande rigueur; il se levait toutes les nuits pour pleurer ses péchés. Une nuit, il se consacra à Jésus-Christ par l'entremise de la Sainte Vierge, refuge des pécheurs, et Lui jura une fidélité inviolable. Une autre nuit, Marie lui apparut environnée de lumière, tenant en Ses bras l'Enfant Jésus.

Saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus

Rédacteur des Exercices Spirituels

Peu après, Ignace fit une confession générale et se retira à Manrèze dans une grotte écarlate, pour s'y livrer à des austérités qui n'ont guère d'exemple que dans la vie des plus célèbres anachorètes: vivant d'aumônes, jeûnant au pain et à l'eau, portant le cilice, il demeurait tous les jours six ou sept heures à genoux en oraison.

 

Le démon fit en vain des efforts étonnants pour le décourager. C'est dans cette solitude qu'il composa ses Exercices spirituels, l'un des livres les plus sublimes qui aient été écrits par la main des hommes.

Fondateur de la Compagnie de Jésus (Jésuites)

Passons sous silence son pèlerinage en Terre Sainte et différents faits merveilleux de sa vie, pour rappeler celui qui en est de beaucoup le plus important, la fondation de la Compagnie de Jésus (1534), que l'on pourrait appeler la chevalerie du Christ et le boulevard de la chrétienté. Cette fondation est assurément l'une des plus grandes gloires de l'Église catholique; sciences profanes et sciences sacrées, enseignement, apostolat, rien ne devait être étranger à la Compagnie d'Ignace. Les vertus du fondateur égalaient ses grandes oeuvres; elles avaient toutes pour inspiratrice cette devise digne de lui: Ad majorem Dei gloriam! "A la plus grande gloire de Dieu!".
Il s'associa neuf compagnons, qui firent avec lui le voeu de renoncer à tout pour travailler au salut des âmes. Aucune bonne oeuvre n'étrangère à cet institut. Ses membres s'occupent aux missions, à la visite des malades et des prisonniers. Ils ont pour but princiapl d'instruire la jeunesse dans les sciences et dans la piété, et d'aller prêcher en quelque lieu qu'il plaira au pape de les envoyer.

 

Le saint fondateur mourut en 1556.

 

PRATIQUE. Faites toutes vos actions pour la plus grande gloire de Dieu.

 

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Saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus

Extrait des Exercices spirituels : Les Deux Etendards 
 

Quatrième jour : LES DEUX ETENDARDS

Méditation de deux étendards : l'un de Jésus-Christ, notre chef souverain et notre Seigneur ; l'autre de Lucifer, ennemi mortel de la nature humaine.

136 ‹ L'oraison préparatoire est toujours la même.

137 ‹ Le premier prélude consiste à se rappeler le fait historique de la méditation. Ici c'est, d'un côté, Jésus-Christ qui appelle tous les hommes et veut les réunir sous son étendard ; de l'autre, c'est Lucifer qui les appelle sous le sien.

138 ‹ Le second prélude est la composition de lieu. Ici, on se représentera une vaste plaine près de Jérusalem, au milieu de laquelle se trouve Notre Seigneur Jésus-Christ, chef souverain de tous les hommes vertueux, et une autre plaine près de Babylone, où est Lucifer, le chef des ennemis.

139 ‹ Le troisième prélude consiste à demander ce que je veux obtenir. Dans cet exercice ce sera, premièrement, la connaissance des ruses du chef des méchants et le secours dont j'ai besoin pour m'en défendre ; secondement, la connaissance de la véritable vie, qui nous est montrée par le chef souverain et légitime, et la grâce nécessaire pour l'imiter.

Première partie :

140 ‹ Dans le premier point, je me représenterai le chef du parti ennemi dans cette vaste campagne de Babylone, assis dans une chaire élevée, toute de feu et de fumée, sous des traits horribles et d'un aspect épouvantable.

141 ‹ Dans le second point, je considérerai comment il appelle autour de lui des démons innombrables ; comme il les répand, les uns dans une ville, les autres dans une autre, et ainsi dans tout l'univers, n'oubliant aucune province, aucune condition, aucun lieu, aucune personne en particulier.

142 ‹ Dans le troisième point, j'écouterai le discours qu'il leur adresse, comme il leur ordonne avec menaces de jeter des filets et des chaînes. Ils doivent tenter les hommes, en leur inspirant d'abord le désir des richesses, comme il fait le plus souvent lui-même, afin de les conduire plus facilement à l'amour du vain honneur du monde, et de là à un orgueil sans bornes.. Suite

 

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Expansion de la Compagnie de Jésus et conceptions

 

La Compagnie de Jésus témoigna en Europe et plus encore en Asie ou en Amérique d'un respect pour les peuples et leurs cultures qui n'avait d'égal nulle part ailleurs.

 

En 1541, saint François-Xavier s'embarquait pour les Indes.

 

En 1548, les jésuites débarquait au Maroc.

 

En 1549, ils s'installaient au Brésil.

 

En 1555, Jules III désignait plusieurs pères pour aller créer une hiérarchie catholique en Ethiopie. Ignace de Loyola leur conseillait de se faire éthiopiens avec les Ethiopiens.

 

Au Japon

 

En 1563, quinze ans après le départ de François-Xavier, la communauté catholique japonaise comptait 150 000 membres.

 

En Chine

 

En 1583, les pères Ruggieri et Ricci arrivaient en Chine à Tchao-Keou. Ils gagnent Nankin puis Pékin, possèdent une vaste culture encyclopédique; ils sont à l'avant-garde de leur époque pour les connaissances mathématiques, astronomiques et cosmologiques. Ils parlent et écrivent le chinois. Ils se sont rendus compte de la valeur humaine du confucianisme, religion de l'empereur et de l'élite du pays. Ils s'efforcent d'intégrer au christianisme un certain nombre de concepts confucéens de telle sorte que la révélation chrétienne puisse devenir une réalité intellectuelle pour cette élite.

Portrait de Matteo Ricci par le frère chinois Emmanuel Pereira

Portrait de Matteo Ricci par le frère chinois Emmanuel Pereira

Demeuré seul Ricci s'avança très loin dans cette voie, particulièrement dans le domaine de la liturgie qui est par excellence celui des symboles. Ayant adopté un nom chinois, il s'habillait à la manière des mandarins dont il respectait strictement les usages. Ses connaissances scientifiques et techniques lui valurent les faveurs de l'empereur et une influence si grande à la cour que lorsqu'il mourut en 1610 à Pékin, on lui fit des funérailles nationales.

 

Le Pere Ferdinand Verbiest.gif

Les jésuites, ses successeurs eurent la même ligne de conduite. Vers 1670, le jésuite flamand Ferdinand Verbiest devint président du tribunal mathématique. C'est lui qui modernisa l'observatoire de Pékin et fit traduire en chinois saint Thomas d'Aquin. Les jésuites brilleront également en médecine et obtiendront en 1692, après avoir guéri l'empreur Kang Hsi avec de l'écorce de quinquina ("l'écorce des jésuites"), l'autorisation de prêcher publiquement dans tout le pays. Vers 1700, il y avait plus de 300 000 Chinois baptisés et l'embryon d'un clergé indigène.

 

Jusqu'en 1680, cent soixante jésuites avaient réussi à atteindre la Chine pour y exercer leur activité. Or ils étaient partis six cents.

Aux Indes entre 1606 et 1656

Robert de Nobili, missionnaire jésuite parmi les brahmes d'Inde du Sud

Robert de Nobili, missionnaire jésuite parmi les brahmes d'Inde du Sud

Roberto de Nobili (1577-1656) était admis à Maduré dans la caste supérieure des brahmanes. Connaissant le sanskrit et le tamoul, il abandonna jusqu'à son nom pour se faire appeler Tatuva Podapar Suami, "le maître des 96 perfections du sage".

 

En 1609, 70 brahmanes de la province se convertirent au catholicisme sans avoir le sentiment d'être infidèles à l'enseignement des vedas ni renoncer à leurs pratiques rituelles (bains, encensement au santal, etc.)

 

A Lisbonne, le tribunal de l'Inquisition saisi de l'affaire par les adversaires de la Compagnie, donna raison à de Nobili.

Le pape Grégoire XV confirma le jugement et décida qu'il y aurait désormais plusieurs rites (c'est par impropriété de terme qu'on les a qualifiés de "rites malabars" au lieu de rites de Maduré).

 

Malheureusement, en 1780 en Chine, à la mort du père Martial Cibot, l'un des derniers jésuites qui survécurent quelques années en Chine après la destruction de leur ordre en 1773, la pénétration du christianisme avait été totalement interrompue dans les milieux lettrés du fait de l'interdiction par Rome en 1739 des rites locaux indiens malabars et chinois quelques années plus tard.

 

Il faudra attendre 1942 pour que Pie XII, se référant explicitement à l'autorisation de Paul V en 1615, permît à nouveau de célébrer la messe en langue littéraire chinoise !

 

Actuellement les contacts de la Compagnie de Jésus avec la Chine continentale restent sporadiques.

Au Paraguay et en Uruguay, entre 1600 et 1725

 

La confusion est complète entre les pouvoirs religieux et civil. La politique est en fait dirigée de Madrid par le Conseil des Indes. La confusion du spirituel et du temporel, grave dans son principe et dans ses effets, recèle néanmoins ici quelques avantages. Les jésuites, en effet, ont reçu de Madrid la charge d'administrer les régions que n'habitaient pas encore les Blancs. Ils y jouissaient d'une large autonomie à laquelle ils devraient bientôt renoncer si les colons espagnols s'installaient. Or l'expérience leur montra les conséquences fâcheuses du contact entre indigènes et colons. Ces derniers, par leur racisme et leur avidité au gain, donnaient le plus mauvais exemple et ne provoquaient que ressentiment. Tout poussa donc ces évangélisateurs à perpétuer un isolement si favorable à leur dessein. Ainsi fondent-ils en 1610 le tout premier village chrétien composé uniquement d'Indiens guaranis, la "réduction" de Saint-Ignace.

 

En 1700, il y aura trente réductions d'environ 3000 à 4000 habitants. Ces villages où les Européens n'étaient donc pas admis étaient tous constitués sur le même modèle: l'église et la résidence des pères était construite au centre; autour étaient installées l'école et les bâtiments sociaux, puis venait le cercle des habitations (une par famille), enfin, à la périphérie, il y avait les ateliers. Au-delà, les terres labourables étaient propriété collective. Le maire, indigène, était élu par les habitants. La justice était rendue par les jésuites, la peine la plus grave étant l'expulsion du village. Ces petites républiques guaranis formaient un véritable Etat jésuite, à la fois collectiviste et théocratique. Elles prospérèrent jusqu'au jour où un accord conclu entre l'Espagne et le Portugal fera passer treize des plus importantes réductions sous l'autorité fort peu libérale du gouvernement de Lisbonne. La rébellion indienne qui suivra l'emprise maladroite des fonctionnaires portugais sera imputée aux jésuites. Quant aux réductions demeurées sous la tutelle espagnole, elles tomberont après la dissolution de la Compagnie de Jésus en des mains peu scrupuleuses qui les exploiteront sans vergogne et l'aventure se terminera misérablement.

Les jésuites partirent en mission également en Turquie, au Moyen-Orient.

Au Canada et en Amérique du Nord de 1634 à 1760 : c'est notamment les Saints Martyrs Canadiens, missionaires († 1642/1649), Jean de Brébeuf, Isaac Jogues, Gabriel Lalemant, Charles Garnier, Antoine Daniel, Noël Chabanel, René Goupil, Jean de la Lande, Patrons du Canada.

 

La Compagnie utilisait les cultures locales pour donner à l'Evangile et à la foi un support, une expression, un langage qui soient compris des populations. Cet effort pour intégrer au christianisme des civilisations exotiques (que reprend saint François-Xavier) avait été jadis celui de l'Eglise palestinienne à l'égard de Rome ou celui des premiers évangélisateurs de la Gaule, saint Martin, saint Hilaire qui firent construire des lieux de culte catholiques sur d'anciens sanctuaires druidiques.

 

Au XVIe siècle, la Compagnie de Jésus arrivait dans un contexte où les conceptions luthérienne et calvinienne du péché originel faisaient prévaloir l'idée que la faute initiale de l'humanité avait totalement détruit dans l'homme la faculté du libre arbitre et vicié toutes ses entreprises à la base.

 

Luther affirmait que nul homme ne pouvait être "juste" aux yeux de Dieu. Même baptisé et élu, disait-il, un chrétien conserve sa tare fondamentale de pécheur. Au contraire de cette position, les Jésuites (Jacques LainezAlfonso Salmeron) affirmaient que la faute du péché originel n'avait pas complétement détruit dans l'homme la faculté du libre arbitre et que les mérites du Christ et son amour pouvaient apporter cette "justification inhérente" qui permet d'espérer une pleine participation à la divinité du Fils. Sous l'influence directe de saint Ignace de Loyola, l'humanité recevait une promesse inouïe de divinisation par la voie même du Concile de Trente (1542-1563) qui proclama que tout homme, fût-il non baptisé, avait la possibilité d'agir sans déplaire à Dieu.

Jacques Lainez (1512-1565) - Jacques Lainez, deuxième Supérieur Général des Jésuites

Jacques Lainez (1512-1565) - Jacques Lainez, deuxième Supérieur Général des Jésuites

Pendant le Concile de Trente, de Lainez et Salmeron au belge Lessius en 1587, et aux espagnols Molina, Banez ou Escobar, cible préférée de Pascal, les jésuites s'efforcèrent d'affirmer la prééminence de la liberté humaine contre des doctrines, souvent défendues par l'ordre rival des Dominicains, qui tendaient à subordonner au bon vouloir divin l'exercice du libre arbitre humain. Ces débats nous font maintenant l'impression d'un dialogue de sourds car les interlocuteurs ne parlaient pas de la même chose. Les jésuites, bien entendu, ne mettaient pas en question la toute-puissance de Dieu comme on les en accusait, ni le "néant" de la créature réduite à elle-même. Ils se contentaient de reconnaître implicitement ce qu'admettent aujourd'hui la plupart des théologiens, à savoir que cette toute-puissance ne s'exerce que dans le sens de l'Amour infini. L'homme, certes, ne peut se sauver que par la grâce de Dieu, mais cette grâce ne lui est jamais refusée. Dans le mécanisme du salut, c'est donc la volonté de l'homme qui est "souveraine" : elle, seule, peut faire obstacle à un Dieu qui ne se refuse pas (en enfer, il n'y a que des volontaires, pourrait-on résumer).

 

La doctrine inverse (défendue par les protestants et les jansénistes), qui subordonnait au bon vouloir divin l'exercice du libre arbitre aurait pu être le rappel d'une vérité évidente dans l'ordre de l'ontologie. Mais elle n'avait de sens que si elle supposait un Dieu qui ne veut pas le salut de tous les hommes. La logique de cette doctrine conduira les jansénistes à défendre contre les jésuites la thèse de la prédestination.

 

Les conceptions jansénistes ne pouvaient être que méfiantes, voire hostile à l'égard des cultures locales et profanes alors que les conceptions jésuites sur le libre arbitre et la "justification" portaient la marque foncièrement prophétique, accueillante et optimiste de la Compagnie de Jésus. Cette porte ouverte sur l'humanité non chrétienne permit à la Compagnie d'adopter des coutumes, des symboles et même des liturgies que l'on considérait jusqu'alors comme païennes, c'est-à-dire foncièrement mauvaises.

 

Cette audace lui fit adopter (dans la liturgie) les langues et les coutumes exotiques de ces peuples et qu'elle appliqua à la confession pour l'appréciation des cas de conscience (casuistique) faillit lui coûter la vie. En 1773, le pape Clément XIV, cédant à la pression des Bourbons de France, d'Espagne et de Naples, décidera de suspendre ses activités pour des motifs qui n'avaient rien à voir avec la Foi (voir plus bas).

 

Pendant plus de deux siècles, le jansénisme a profondément marqué le catholicisme français. Son rigorisme a été repris et adopté par le clergé qui a écarté des sacrements une grande partie des croyants et arraché de leur esprit la figure du Christ miséricordieux au profit d'un Dieu vengeur. La confession a été le lieu de ce véritable drame qui a éloigné les uns de la religion et a stérilement culpabilisé les autres. La question du délai ou du refus de l'absolution a constitué l'enjeu de ce que l'on a appelé improprement la querelle du laxisme; des millions d'hommes et de femmes en ont été les victimes.

 

C'est l'assemblée du clergé dominée par Bossuet et réunie à Saint-Germain-en-Laye, qui, en 1700, orienta l'Eglise gallicane vers un rigorisme qui, sur le plan de la fréquentation des sacrements, n'avait rien à envier à celui de Port-Royal. Bossuet, tout en rejetant la doctrine janséniste, n'hésitait pas à en approuver la rigueur envers les pécheurs. Si le régime de l'absolution refusée, ou différée (quelques fois pendant plusieurs années) s'est implanté, c'est à lui et à l'assemblée de clergé gallican qu'on le doit. Sous leur influence, les évêques de France et les confesseurs refuseront l'absolution à des pécheurs repentants et "en progrès", parce que la sincérité de leur contrition n'est pas certaine. Le délai d'absolution était encore recommandé par les manuels des séminaires au milieu du XIXe siècle. On devra attendre 1832 et la publication par l'abbé Thomas Gousset (futur cardinal) d'une Justification de la Théologie morale de saint Alphonse de Liguori (fondateur de l'ordre des Rédemptoristes) pour que le clergé de France commence à en revenir à une tradition évangélique, qui se matérialisera plus tard dans la recommandation de la pratique fréquente de l'Eucharistie. C'est Thomas Gousset, alors prefesseur au séminaire de Besançon, qui s'attaquera d'une manière décisive aux doctrines rigoristes et permettra leur reflux. C'est aux pécheurs récidivistes les plus enfoncés dans leurs faiblesses qu'il faut rendre facile l'accès à la confession, un "aliment pour les faibles" dira le pape jésuite François dans son Exhortation évangélique Evangelii Gaudium, n°47 (sur le fondement de saint Ambroise, De sacramentis, IV, 6, 28 : PL 16, 464 ; SC 25, 87 : « Je dois toujours le recevoir pour que toujours il remette mes péchés. Moi qui pèche toujours, je dois avoir toujours un remède » ; IV, 5, 24 : PL 16, 463 ; SC 25, 116 : « Celui qui a mangé la manne est mort ; celui qui aura mangé ce corps obtiendra la rémission de ses péchés ». saint Cyrille d’Alexandrie, In Joh. Evang. IV, 2 : PG 73, 584-585 : « Je me suis examiné et je me suis reconnu indigne. À ceux qui parlent ainsi je dis : et quand serez-vous dignes ? Quand vous présenterez-vous alors devant le Christ ? Et si vos péchés vous empêchent de vous approcher et si vous ne cessez jamais de tomber – qui connaît ses délits ?, dit le psaume – demeurerez-vous sans prendre part à la sanctification qui vivifie pour l’éternité ?). Au XIXe siècle, le point de vue de saint Alphonse de Liguori et du cardinal Gousset était celui des jésuites au XVIIe. Il allait exactement à l'encontre de la morale janséniste et gallicane du clergé français. C'était la faculté pour le confesseur de tenir compte des situations; de ne pas décourager le repentir par une exigence qui serait conforme aux principes moraux, mais inapplicable. C'est faire confiance au discernement humain et à la miséricorde divine; en deux mots : à la raison et à la grâce. Cette voie était celle d'Ignace de Loyola et ce sera l'un des mérites des jésuites que d'avoir contribué à la rouvrir à la suite d'Alphonse de Liguori et contre l'école des moralistes religieux français du XVIIIe siècle.

 

Leurs adversaires au XVIIe siècle trouvèrent en Blaise Pascal un polémiste de génie qui sut faire descendre le débat du plan théologique où il se situait au niveau de la morale pratique, domaine dans lequel la Compagnie était beaucoup plus vulnérable pour avoir voulu donner forme écrite et systématiser ce qui ressortissait à la seule conscience du confesseur. Le succès des Lettres à un Provincial contribua à imposer dans l'esprit public une caricature du jésuite qui n'est pas encore totalement effacée.

 

Rôle des jésuites dans l'éducation et l'enseignement

 

http://www.jesuites.com/histoire/saints/images/pierrecanisius.jpgLe jésuite Pierre Canisius organisa la défense de l'Eglise par le livre et l'école. Chacun des grands collèges créés par lui devint un centre de résistance aux thèses luthériennes et calvinistes. Canisius n'avait à son arrivée en Allemagne en 1550 que deux compagnons pour le seconder. Près de mille deux cents jésuites y exerçaient leur activité trente ans plus tard. Et dans toute l'Europe, suivant une ligne stratégique qui traversait le nord de la France, la Belgique, l'Allemagne, la Hongrie et la Pologne, furent fondés les universités et les collèges de la Contre-Réforme.

 

"Le triomphe de la papauté, a estimé l'historien anglais Macaulay, a été dû principalement à un grand reflux de l'opinion publique... Cinquante ans après la séparation des luthériens, a-t-il écrit, le catholicisme pouvait à peine se maintenir sur les rives de la Méditerranée. Cinquante ans plus tard, le protestantisme pouvait à peine se maintenir sur les rives de la Baltique."

 

Ce résultat fut, en grande partie, l'oeuvre de la Compagnie de Jésus, de ses collèges, de ses prédicateurs, de ses théologiens.

 

Dès 1590, les jésuites consacraient plus des trois quarts de leur activité à la formation des jeunes. L'accent était mis sur les humanités gréco-latines parce qu'elles constituaient alors la culture de l'honnête homme. Diverses congrégations plus ou moins liées à la Compagnie permettaient à celle-ci d'étendre son influence au-delà de la sphère universitaire. Charles Borromée, auteur du fameux catéchisme connu sous le nom de Catéchisme du Concile de Trente (1566), fut un de leurs membres et contribua à l'installation des jésuites dans les cantons catholiques de Suisse. C'est sur son insistance que le pape Clément XIII ordonna à la Compagnie de fonder des collèges à Lucerne et à Fribourg (en Suisse).

 

Un tel développement et une telle influence devait fatalement inquiéter les pouvoirs régants et la Compagnie aura longtemps à souffrir de leur méfiance.

 

Pourtant, dès l'origine, elle tentera de se prémunir contre l'hostilité des princes en interdisant formellement à ses membres de se mêler de la politique intérieure des pays.. L'auteur de cette consigne, le père Claudio Aquaviva, cinquième général de l'ordre (1581), ira même plus loin en conseillant au pape de se soumettre aux injonctions de la République de Venise qui exigeait l'expulsion des jésuites comme condition de sa fidélité aux Saint-Siège.

 

En France, les jésuites, comme serviteurs de la papauté ne pouvaient qu'être suspects aux yeux du Parlement gallican et de la Sorbonne. Néanmoins, vers 1610, au nombre de 1400 environ, ils possédaient déjà trente-six collèges, l'un des plus célèbres étant celui de La Flèche où sera formé Descartes.

 

Rôle des Jésuites dans la défense de "l'unité du peuple français et pour l'extension du pouvoir monarchique"

 

On trouve dans l'ouvrage "Histoire du Peuple français, De la Régence aux trois Révolutions", de Pierre Lafue quelques développements instructifs sur le rôle positif des Jésuites dans la défense de "l'unité du peuple français et pour l'extension du pouvoir monarchique" contre les Gallicans et les Jansénistes au XVIIIe siècle.

 

Ainsi, "lors de la réaction des ordres privilégiés, ont-ils été l'objet de l'hostilité de nombreux prélats - particulièrement des 6 cardinaux jansénistes dont le Cardinal de Noailles, archevêque de Paris, est le chef relativement modéré. En outre, l'Université et le Parlement se sont prononcés contre les partisans de l'ultramontanisme (les jésuites NDLR.).

 

... La coalition formée contre eux va toutefois demeurer assez longtemps impuissante par suite de l'attitude du roi qui leur sait gré, non seulement de fournir des confesseurs à toute sa famille, mais encore de désavouer la coterie parlementaire dressée contre le trône qui a tenté d'imposer la loi commune en matière d'impôt." [6]

 

 

La Compagnie de Jésus, cible de la franc-maçonnerie

 

Le Principal ministre de Louis XV entre 1758 et 1770, le comte de Choiseul, "allié des magistrats, fera alors pression pour obtenir l'expulsion des Jésuites." [7]

 

Comme par hasard, Choiseul était franc-maçon, "Vénérable de la Loge Les Enfants de la Gloire" en 1761 [8].

 

Tout en se disant "l'artisan du renouveau français et de la revanche contre l'Angleterre" [9], cet esprit des Ténèbres qui s'illustrait dans la destruction méthodique de la Nouvelle-France (Amérique française), était lié aux "philosophes" [10], et il était le complice des Parlements dans leur obstruction au roi... [11]

 

Les jésuites subirent ainsi les attaques conjuguées des jansénistes, des gallicans, des parlementaires et des "philosophes" de l’"Encyclopédie".

 

Le 6 août 1761, le parlement de Paris ordonna que les écrits de 23 jésuites dont Bellarmin, Toledo et Lessius fussent bannis comme "contraires à la morale et nuisibles à la jeunesse". Interdiction leur fut faite de recevoir des novices. Dans les villes où existaient d’autres écoles, les collèges jésuites durent fermer le 1er octobre 1761, et ailleurs ils furent fermés en avril 1762. Louis XV, favorable aux jésuites, intervint plusieurs fois, temporisa et obtint quelques délais. Cela tourna au conflit politique entre le parlement et le roi. Des compromis successifs, tous à tendance gallicane (pratiquement une séparation vis-à-vis de Rome), furent proposés aux jésuites et furent rejetés comme inacceptables.

 

Défiant le roi, le parlement de Paris, le 6 août 1762, déclara que la Compagnie de Jésus "nuit à l’ordre civil, viole la loi naturelle, détruit la religion et la moralité, corrompt la jeunesse" et la bannit de France. Certains parlements régionaux (comme celui de Flandre) refusèrent d’emboiter le pas ; la plupart temporisèrent. Le roi, de nouveau, obtint un délai. Mais malgré l'intervention du pape Clément XIII, pape de 1758 à 1769 qui défendit vigoureusement la Compagnie de Jésus, il dut finalement s’incliner tout en mitigeant les mesures prises. En novembre 1764, Louis XV édicta ce qui devint la mesure pour toute la France : la Compagnie de Jésus était proscrite en France, et ses biens étaient confisqués. Les jésuites furent cependant autorisés à y demeurer comme "bons et fidèles sujets", sous l’autorité des évêques. Les jésuites anglais de Saint-Omer durent également partir : ils s’installèrent dans les Pays-Bas méridionaux (alors autrichiens).

 

Si l’exécution de l’édit royal se passa moins dramatiquement qu’au Portugal les conséquences en furent tout aussi graves. L’enseignement en France fut désorganisé, de nombreux jésuites ayant choisi de partir en exil. Outremer, les missions des jésuites français furent confiées aux pères de Missions étrangères de Paris, mais ils ne suffisaient pas à la tâche. De nombreux postes furent fermés.

 

L'alliance de circonstance entre jansénistes, gallicans et philosophes des Lumières eut raison des jésuites. En 1761, dans une lettre à Voltaire, D’Alembert écrivit : "Que la canaille janséniste nous débarrasse des polissons jésuites. Ne fais rien pour empêcher que ces araignées se dévorent les unes les autres". En 1763 il triompha : "Les jésuites étaient les troupes régulières et disciplinées luttant sous l’étendard de la Superstition […] Les jansénistes ne sont que des cosaques dont la Raison va vite se débarrasser maintenant qu’ils doivent se battre seuls."

 

L’"affaire Lavalette" (scandale financier à la suite de la banqueroute du prêtre jésuite Antoine Lavalette) contraint Louis XV à interdire la Compagnie et à la bannir de France en 1763-1764, en fermant ses deux cents collèges. Déjà chassés du Portugal en 1759 par le ministre portugais franc-maçon, le marquis de Pombal, ils le furent encore d'Espagne en 1767 et du duché de Parme et de Plaisance en 1768. Cependant le roi Stanislas, avant 1766, les accueillit dans son duché de Lorraine, resté théoriquement indépendant du royaume de France.

 

Supérieur des Missions Françaises de l'Amérique du Sud en 1754, mais avec un ordre explicite d'arrêter toute entreprise commerciale, le Père Antoine Lavalette ignora cet ordre et poursuivit sa compagnie commerciale. Quelque temps plus tard, il emprunta pour acheter des terres. Or une épidémie en 1756 décima les ouvriers qui devaient les défricher et les mettre en culture pour exploiter la canne à sucre puis plusieurs de ses navires furent saisis par les pirates anglais à leur retour en Europe. La guerre de Sept Ans interrompant le trafic de sa maison de commerce avec la métropole, cette dernière fit faillite qui s'élevait à deux millions quatre cent mille livres. Deux de ses créanciers, de gros négociants marseillais, Gouffre et Lionci, poursuivirent La Valette devant le parlement à Aix qui le condamna. Le provincial des Jésuites fit appel, l'affaire remonta au Parlement de Paris. Ce dernier sous prétexte de se prononcer sur cette simple faillite, ordonna aux Jésuites de déposer au greffe un exemplaire des Constitutions de leur ordre et prononça un arrêt le 6 août 1762 qui déclarait la Compagnie de Jésus "inadmissible par sa nature dans tout État policé". [12]

 

Fritz Hochwälder a popularisé leur tragédie dans sa pièce Sur la terre comme au Ciel, véritable drame de l'obéissance. Les jésuites étaient soupçonnés à juste titre de fidélité romaine. La soumission ne leur épargna pas le bannissement qui précédera de peu la dissolution de la Compagnie !

 

L'opposition des cours européennes fut si forte que le pape Clément XIV en vint, le 21 juillet 1773, à supprimer la Compagnie de Jésus partout dans le monde ; c'est le bref Dominus ac Redemptor, qui dit que la Compagnie a souvent été sévèrement critiquée (mais ne dit pas si ces critiques étaient justifiées ou pas).

 

Leur salut viendra de l'Est. En Russie, la tsarine orthodoxe Catherine II interdit la promulgation de la bulle papale, et en Prusse le roi protestant Frédéric II fit de même, heureux de marquer sa désapprobation au Pape, tout en profitant de l'aubaine que constituaient tous ces savants et ces professeurs pour organiser l'enseignement et la recherche dans ses États.

 

En France, les maisons d'éducation des Jésuites furent fermées, et cette victoire fut représentée audacieusement par les partisans de l'opposition à la monarchie comme une mesure 'libérale'... [13] Dans sa lutte pour la domination politique, l'oligarchie parlementaire s'appuyait sur la secte religieuse des Jansénistes, grâce à laquelle elle s'est emparée de l'opinion publique, qui sans cela n'eût sans doute pas été abusée par son faux libéralisme.

 

La calomnie joua son rôle. On réédita de prétendus statuts secrets, Monita Privata Societatis Jesu, imprimés à Cracovie en 1614. Ce document republié sous le titre Monita Secreta, voulait prouver les visées temporelles (pouvoir, domination) de la Compagnie de Jésus. Il s'agissait d'un faux dont l'auteur était un ex-jésuite polonais, Jérôme Zahorowski. [14]

 

Au XVIIIe siècle toute la magistrature était devenue janséniste. C'est cette secte religieuse, alliée de la franc-maçonnerie qui empêchera toute saine réforme de l'Etat royal et obstruera la volonté du roi d'établir l'égalité devant l'impôt et sera à l'origine de la Révolution dite française.

 

Lire : La guerre des juges contre l'Eglise et la monarchie au XVIIIe siècle (Marion Sigaut)

 

La politique de la Compagnie au-delà des mers fit éclater la crise. Les jésuites ayant toujours défendu les droits et valeurs des civilisations indigènes sur les territoires de leurs missions, leur attitude, combattue par les protestants et les jansénistes, provoqua la haine des colons, commerçants ou négriers des possessions d'Asie, d'Afrique et d'Amérique, et n'avait pas été complètement comprise par Rome.

 

Restauration de la Compagnie et nouveaux ennuis

 

Après les guerres napoléoniennes, le climat politique changea. Les monarques qui avaient expulsé les Jésuites n'étaient plus au pouvoir. Le pape Pie VII procèda à la restauration universelle de la Compagnie en promulguant le décret Sollicitudo omnium ecclesiarum (en français: la sollicitude pour toutes les Églises) du 7 août 1814.

 

Pie VII avait d'abord discrètement approuvé son existence en Russie (bref Catholicae fidei du 7 mars 1801) et dans le royaume de Naples en 1804.

 

Le 7 août 1814, le pape Pie VII célébra une messe solennelle dans l'église du Gesù à Rome où se trouve le tombeau de saint Ignace, le fondateur de la Compagnie de Jésus. Ensuite, il fit lire la bulle qui autorisait à nouveau l'existence de l'Ordre dans le monde entier. En même temps, il nomma le supérieur des jésuites de Russie, Tadeusz Brzozowski, "Supérieur général de la Compagnie de Jésus". La Bulle fut promulguée le lendemain, le 8 août.

 

En 1828 néanmoins, Charles X expulsa les jésuites. De 1835 à 1845, la Compagnie se développa jusqu'à ce que Louis-Philippe et la Deuxième république leur imposent de nouvelles épreuves. Le Second empire et les tout débuts de la Troisème république seront une période plus heureuse.

 

En 1880, lorsque Jules Ferry ordonna le 29 mars la "dissolution et l'évacuatio" des collèges que la Compagnie de Jésus "occupe sur la surface du territoire d ela République", ceux-ci étaient au nombre de 29.. Ils enseignaient près de 11 000 élèves et réunissaient 815 professeurs.

 

Le conservatisme des jésuites était l'objet des quolibets des polémistes et des attaques d'un Edgar Quinet ou d'un Jules Michelet qui dénonçaient le "jésuitisme" et s'en prenaient aux visées "secrètes" de la Compagnie.

 

Précisons simplement que les Constitutions de l'Ordre, dont le document définitif n'a été promulgué qu'en 1594, ont subi de nombreuses modifications car la souplesse est une marque de la Compagnie qui a toujours su rester maîtresse de sa règle fondamentale, notamment par des décrets qui vinrent périodiquement en corriger les archaïsmes. Les Constitutions ne devaient pas être considées comme une loi figée. Chaque congrégation avait le pouvoir de modifier les Constitutions, de les compléter et même de les abroger... Cette charte est donc loin d'avoir le caractère sacré d'autres documents du même genre, par exemple les Constitutions d'Anderson, qui fondent les loges maçonniques.

 

Bien des adversaires de bonne foi ignorent encore, par exemple, que "les Constitutions n'obligent pas sous peine de péché." Autrement dit, leur violation par un jésuite n'est pas en soi une faute aux yeux de Dieu. Cette disposition relativise considérablement les règles de l'Ordre, y compris, évidemment, celles qui impliqueraient les visées "secrètes" de la Compagnie.

 

Aujourd'hui: les attaques et les calomnies contre les Jésuites persistent

 

La Compagnie de Jésus est accusée d'être à l'origine du Nouvel ordre mondial.., au prétexte qu'un ex-jésuite fonda l'ordre maçonnique des Illuminati.

 

Or, Adam Weishaupt, le fondateur des Illuminati, était né dans une famille juive le 6 février de 1748 à Ingolstadt. Converti, il devint jésuite. Il tomba dans la pratique de la sorcellerie et se sépara de l'Eglise. Professeur de droit à l'Université d'Ingolstadt en Allemagne, il fut accepté dans la franc-maçonnerie en 1778; mais il avait créé deux ans plus tôt l'ordre occulte des Illuminati, les Illuminés, ceux qui ont la lumière, ceux qui savent (Illuminisme) en copiant certains statuts des Jésuites. Il croyait être appelé à "régénérer" l'humanité.

 

L'Abbé Barruel, prêtre jésuite, dans ses Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme (1798), indique que "dans les jours où ce conspirateur conçut ses projets (+) il ne connaissait point encore l'objet de la Franc-Maçonnerie: il savait seulement que les Francs-Maçons tenaient des assemblées secrètes: il les voyait unis par un lien mystérieux, se connaissant pour frères à certains signes, à certaines paroles, de quelque nation & de quelque religion qu'ils fussent..." (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 13)

 

En 1785, après la découvertes des papiers de la secte illuminée par la police bavaroise, Adam Weishaupt fut destitué de sa chaire professorale, "proscrit de sa patrie comme traître à son Souverain & traître à l'Univers" (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 2), il s'exila lui-même; se réfugia d'abord à Regensburg, puis dans l'état du prince Ernest-Louis, duc de Saxe-Gotha, "nourri de pensions sur le Trésor public, décoré du titre de conseiller honoraire."

 

Weishaupt recruta à Weimar, le duc Charles-Auguste (Eschylus), Goethe (Abaris), Herder (Damasus pontifex), Shardt (Appollonis), von Fritsh (Werner), le duc Ernest II de Saxe-Cobourg-Gotha, le baron de Dalberg, le duc Ferdinand de Brunswick, le comte (futur prince) de Metternich.

 

De nos jours, les attaques et des diffamations faites par la franc-maçonnerie contre les jésuites continuent par tous les moyens (média, musiques).

Sources

 

[1] Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 212;

[2] www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20090731&id=5666&fd=0

[3] fr.wikipedia.org/wiki/Ignace_de_Loyola

[4] www.christ-roi.net/index.php/Exercices_spirituels

[5] sanctoral.com/fr/saints/saint_ignace_de_loyola.html

[6] Histoire du Peuple français, De la Régence aux trois Révolutions, Pierre Lafue, Nouvelle Librairie de France, tome 3, Paris 1960, p. 36, 37

[7] Histoire du Peuple français, De la Régence aux trois RévolutionsPierre Lafue, ibid., p. 37

[8] Sur l'appartenance maçonnique de Choiseul : Grande Loge Suisse Alpina http://www.freimaurerei.ch/f/alpina/artikel/artikel-2006-4-01.php
[9] Choiseul avait "en réalité, par calcul personnel,[...] laissé la crise morale et institutionnelle se développer jusqu'à mettre le royaume en péril" : Pierre PLUCHON, Histoire de la colonisation française, tome 1er, Le Premier empire colonial, Des origines à la Restauration, Fayard, Saint-Amand-Montrond 1996, p. 294.

[10] Pierre GAXOTTE de l'Académie française, Le siècle de Louis XV, Texto, Paris 2015, p . 295.

[11] Choiseul "de coeur avec les Parlements et presque leur complice" in P. GAXOTTE, ibid., p. 343.

[12] François Ribadeau Dumas, Grandeur et misère des Jésuites, Dervy, 1994, p. 262

[13] Histoire du Peuple français, De la Régence aux trois RévolutionsPierre Lafue, ibid., p. 37

[14] Alain Guichard, Les Jésuites, Club français du livre, Editions Grasset et Fesquelle, Ligugé 1974, p. 70

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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 00:00
Sainte Marthe, Vierge († v. l'an 81)

Sainte Marthe était soeur de Marie Madeleine et de Lazare. C'est elle qui dirigeait la maison de Béthanie et s'en montrait digne par sa douceur et son amabilité envers les siens, par sa charité envers les pauvres et par l'hospitalité si dévouée qu'elle offrait au Sauveur et à Ses disciples. Un jour, Marthe était absorbée par les soins domestiques, tandis que Madeleine se tenait aux pieds de Jésus. Marthe se plaignit:

"Seigneur, dites donc à Marie de venir m'aider, ne voyez-Vous pas qu'elle me laisse toute la charge?

Marthe, Marthe, lui dit le Maître, vous vous agitez trop. Une seule chose est nécessaire; Marie a choisi la meilleure part, et elle ne lui sera point enlevée."

C'est Marthe qui fit prévenir Jésus de la maladie, puis de la mort de son frère Lazare: "Seigneur, Lui dit-elle, dès qu'elle L'aperçut, si Vous eussiez été ici, mon frère ne serait pas mort." Et Jésus lui donnant des paroles d'espérance: "Seigneur, ajouta-t-elle, je crois que Vous êtes le Christ, Fils du Dieu Vivant."

Après la mort de la Très Sainte Vierge, Marthe subit le sort de Lazare et de Madeleine: exposée par les Juifs endurcis sur une frêle barque, à la merci des flots irrités, elle est portée avec les siens vers les beaux rivages de la Provence. Là elle participe à l'apostolat de son frère Lazare, qui devint évêque de Marseille, et à la sainte vie de Madeleine. Après un passage à Avignon, elle va se fixer à
Tarascon.

Marthe est devenue célèbre par l'enchaînement d'un dragon. Au moment où elle commençait à prêcher la foi sur les rives du Rhône, un monstre effroyable, connu sous le nom de Tarasque, jetait la terreur dans toute la contrée. Un jour que Marthe annonçait la parole divine dans la ville de
Tarascon, la foule s'écria: "Si vous détruisez le dragon, nous embrasserons votre foi.

Si vous êtes disposés à croire, répondit Marthe, tout est possible à celui qui croit." Et seule elle s'avance vers la caverne du monstre. Pour combattre cet ennemi, Marthe se munit du signe de la Croix; le monstre baisse la tête et tremble. Elle s'avance, l'enlace avec sa ceinture et l'amène comme un trophée de victoire aux habitants, et bientôt la Tarasque tombe écrasée sous les coups vengeurs de tout le peuple. En triomphant de ce monstre, Marthe avait triomphé du dragon infernal.

 

Marthe s'établit dans la ville, devenue chrétienne, se fit la servante des pauvres, et fonda une communauté de vierges.

Elle affectionnait sa retraite où elle préparait son apostolat par une ascèse des plus rudes : elle était vêtue de toile grossière, pratiquait un jeûne continuel, couchait sur un amis de branches d'arbres et de sarments...; malgré son attrait pour la solitude, elle consacrait tout le temps nécessaire à la propagation de la doctrine du Christ, qui confortait son zèle en lui faisant multiplier les miracles. Ainsi elle guérissait les lépreux, les paralytiques, ressuscitait les morts; elle rendait l'usage de leurs organes aux aveugles, aux muets, aux sourds et à toutes sortes de malades. Voilà qui illustre fort bien la prophétie de l'Evangéliste : "Ceux qui croiront en lui chasseront en son nom les démons, parleront plusieurs langues, rendront aux malades la santé, détruiront les monstres" (Mc, 16, 17-18).

Voici la narration par Françoise Bouchard, d'un de ses plus grands miracles (in Marthe l'hôtesse du Seigneur, Résiac, 2° éditon, Montsûrs, 2005).Un jour aux portes d'Avignon, elle harangait une foule immense rassemblée sur le bord du Rhône. Sur l'autre rive, une jeune homme, gêné par le tumulte des flots ne parvenait pas à l'entendre; il se jeta donc à l'eau pour rejoindre l'auditoire à la nage. Emporté par le courant, il disparut dans un tourbillon d'écume. Ce fut aussitôt la consternation générale. Malgré l'intervention rapide de quelques pécheurs, il resta introuvable. Au grand désespoir de ses parents, on se résigna donc à abandonner les recherches à la tombée de la nuit. Le lendemain - trois jours plus tard affirment certains -, vers la neuvième heure, le fleuve rejeta son corps inerte sur le rivage. On accourut de toutes parts auprès de Marthe et on lui apporta le cadavre tuméfié, en la suppliant de le ramener à la vie. Celui qui avait fait sortir son frère du tombeau au bout de trois jours ne devait-il pas, en l'occurence, prouver qu'il était le seul vrai Dieu en le ressuscitant aussi ?

Réalisant que la conversion de son auditoire était en jeu, elle se mit en prière; et, en s'avançant tout près du jeune homme, elle lui dit d'une voix ferme, en serrant sa main raide et glacée dans la sienne : "Au nom du Seigneur, Sauveur, Fils de Dieu, levez-vous et soyez témoin de la puissance et de la bonté du Dieu que j'annonce". L'enfant se leva, le visage aussi frais que s'il se réveillait d'un long sommeil.

Un tel événement, on le devine aisément, eut ses effets retentissants : tout d'abord, le baptême immédiat du jeune homme et de toute l'assistance, et ensuite le ralliement au christianisme de tous ceux qui en furent informés.

Pour commémorer ce miracle, on érigea sur cet emplacement, une petite chapelle (c'est tout près de cette chapelle que saint Dominique eut à coeur de faire bâtir un couvent de son ordre) qui disparut, comme tant d'autres, sous les pics et les pioches des Révolutionnaires...

Après sa mort, Sainte Marthe fit encore de nombreux miracles; au V° siècle, elle obtint la guérison de
Clovis venu la prier sur son tombeau.


Sources : (1); (2) Françoise Bouchard, Marthe l'hôtesse du Seigneur, Résiac, 2° édition, Montsûrs, 2005, p. 45-46.

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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 00:00
Saint Samson, évêque (v. 565)

Moine gallois, il partit prêcher en Irlande puis en Cornouailles avant de se rendre en Bretagne.

Né en 490, Samson est l'un des nombreux
saints bretons que les traditions font venir des pays celtiques d'outre-Manche. Il est l'un des sept saints fondateurs de Bretagne. († v. 565). La ville de Dol-de-Bretagne est une étape du pèlerinage médiéval des sept saints de Bretagne continentale appelé Tro Breizh (Tour de Bretagne).

Il fonda un monastère et une ville, Dol, se créa autour. Lorsque le suzerain se fit renverser, Samson alla voir Childéric Ier pour qu'il rétablisse son suzerain qui l'avait aidé dans ses projets missionnaires. Il évangélisa la basse Seine avant de revenir mourir à Dol.

Son arrivée se signala par un miracle : la guérison de deux femmes, l'une lèpreuse et l'autre possédée du démon. D'après la lègende, le mari de la lèpreuse fit don à saint Samson d'un terrain sur lequel s'élèvera le monastère de Dol.


Samson aurait reçu sa formation dans le monastère de saint Iltud (Llantwitt). Il est consacré évêque du Pays de Galles par Dubric et décide de s’exiler en Armorique où il débarque à l’embouchure du Guioul avant de fonder le monastère de Dol. On le retrouve lors des tractations entre le roi franc Childebert Ier (511-588) et le chef breton Judual (Judikaël), qui grâce à son intervention, est rétabli dans ses droits sur la Domnonée.

 

Sources


(1); (2); (3)

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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 00:00
Saints Nathalie, Aurèle et leurs compagnons, martyrs († 852)
Saints George, Aurèle et Nathalie de Cordoue, Félix et Liliose, martyrs (+ 852)

Le 27 juillet 852, deux couples, Nathalie et son mari Aurèle, Félix et sa femme Liliane, accusés d’avoir renié l’Islam sont exécutés sur ordre du calife Abderrahman II. Cette histoire ne manque pas de concordance avec l'époque actuelle.

L’émirat de Cordoue (756-1031) en Andalousie est souvent décrit comme un symbole de la tolérance entre Musulmans, Chrétiens et Juifs. Les relations étaient souvent bonnes mais à condition que les Chrétiens acceptent leurs positions de dhimmis ou protégés, qu’ils n’épousent pas de musulmanes, et surtout qu’ils ne renient pas l’Islam s’ils avaient à un moment ou l’autre changé de religion.

Les dhimmis étaient 'protégés' moyennant l'acquittement d'un lourd impôt de capitation (jizya), d'un impôt foncier (kharâj), d'une certaine incapacité juridique et du respect de certaines règles édictées dans un "pacte" conclu avec les autorités. Ils ont une liberté de culte restreinte (interdiction de construire de nouveaux lieux de culte ou l'interdiction du prosélytisme)...

La majeure partie des Chrétiens d'Espagne n'avait déjà plus de Chrétien que le nom, ils dérangeaient fort peu les occupants musulmans. Les plus fervents et convaincus pratiquaient essentiellement en cachette, les prêtres non-apostats ne devaient pas avoir beaucoup de paroissiens... Des siècles d'arianisme jamais guéri et d'autres aventurismes théologiques, tout cela avait éloigné une bonne partie de la population du Christ. Mêmes causes, mêmes effets, voyez le restant de l'Occident de nos jours... Notons que cela n'empêcha pas ensuite la fameuse Reconquista, maison par maison, forêt par forêt... mais, il est vrai, il y avait alors les rois catholiques.

Certains comme l’évêque de Cordoue, prônaient la négociation, le compromis... D’autres comme le moine Euloge, criaient à la compromission et poussaient à des gestes ou des paroles jugées 'provocantes' qui aboutissaient au martyre. Le résultat ce sont 48 martyrs entre 851 et 858, souvent des prêtres accusés de blasphème antimusulman. Une histoire relativement moderne donc...

Aurèle et sa femme Nathalie faisaient comme tous les chrétiens de Cordoue : ils cachaient leur foi. Aurèle était fils d'un Arabe et d'une Espagnole de la haute société. Ces derniers moururent quand il était encore jeune et le confièrent à une tante qui l'éleva Chrétiennement. Devenu grand, il se crut autorisé à faire preuve d'un certain conformisme aux usages des autorités occupantes, mais il n'abandonnait pas sa religion secrète. Mieux, il confirma dans sa Foi sa jeune épouse Sabigothe, nommée aussi Nathalie (ou Noéle), née de parents musulmans, mais qu'un beau-père Chrétien avait de très bonne heure amenée au Christianisme.

Aurèle avait un parent, Félix, qui avait cru prudent d'abandonner toute profession extérieure de la Foi, mais qui la pratiquait dans l'intimité avec sa femme Liliose, fille de Chrétiens cachés. Voyant un jour un chrétien se faire bafouer en public, ils décidèrent avec des amis de ne plus se cacher ni d'avoir peur. Arrêtés parce que les femmes ne portaient pas le voile, ils furent condamnés à être décapités.

Lorsque Cordoue eut un émirat indépendant : il y eut une véritable persécution. Saint Euloge, archevêque de Tolède, y fut massacré en 859. Mais avant d'être décapité, le saint conta par écrit la fin héroïque des Chrétiens qui l'avaient précédé dans le martyre. Il a consacré des pages émouvantes, dans son "Memoriale sanctorum" (2,10), aux saints que nous fêtons aujourd'hui. Parmi ces martyrs de Cordoue que nous fêtons tout au long de l'année, voici donc ce groupe important.

Un jour, Aurèle croisa sur sa route ce cortège tragique : un Chrétien, nommé Jean, à califourchon sur un âne, tourné vers la queue, précédé de crieurs, suivi de sbires. Son torse sanglant était fouetté par la valetaille mauresque. Aurèle voulut racheter ses petites compromissions en imitant ce saint. Il se prépara au sacrifice suprême en adoptant avec Nathalie une vie toute vouée à la pénitence et à la charité. Ils mirent de côté le strict nécessaire à l'entretien d'une fillette qu'ils laisseraient après eux.

Nathalie et Liliose parurent dans la rue sans le voile habituel aux musulmanes. Bientôt les 2 ménages durent comparaître devant le cadi, le responsable musulman local. Avec eux fut arrêté Georges, un moine quêteur venu de Palestine. Celui-ci fit une violente déclaration contre Mahomet, "fidèle du diable, ministre de l'anti-Christ, labyrinthe de tous les vices." C'en était trop : il fut condamné à partager le sort des autres. On tua d'abord Félix, puis Georges, puis Liliose, et enfin Aurèle et Nathalie. C'était le 27 juillet 852.

En 858, Usuard rapporta des reliques d'Aurèle et de Georges à Saint-Germain-des-Prés.

 
Il ne faut pas la confondre avec une autre sainte Nathalie, fêtée le 26 août avec son mari saint Adrian, martyrs à Nicomédie au tout début du 4ème siècle.
 
Sources:
(1); (2); (3); (4)

 

Autres saints au calendrier martyrisés par des musulmans:

 

 
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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 14:58

Église Saint-ÉtienneMise à jour permanente

 

Alors qu'une prise d'otages était en cours ce matin vers 9h45 en l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray (Normandie), près de Rouen, les deux assaillants ont été "neutralisés", indique le porte-parole du ministère de l'Intérieur. Selon des sources policières interrogées par Le Figaro, le prêtre de l'église a été égorgé. Une des personnes retenues a été blessée. (1)

 

A 18h01 sur Bfmtv, dans un témoignage audio diffusé par RMC, soeur Danielle, témoin, parle de prières des djihadistes qui se sont enregistrés et d'"un sermon autour de l'autel en arabe". Une question reste latente: l'enregistrement de la scène a-t-il été envoyé par les djihadistes en propagande en Syrie et en Irak, avant qu'ils ne soient abattus ?

 

Deux assaillants ont pris mardi matin en otage cinq personnes dans l'église de cette ville proche de Rouen. Ils ont égorgé un prêtre, blessé trois personnes dont une grièvement, avant d'être abattus. (2)

 

 

La menace d'un attentat contre un lieu de culte catholique planait depuis plusieurs mois. L'église de Saint-Etienne-du-Rouvray, où a eu lieu ce matin une sanglante prise d'otage, n'est pas la première visée en France, alors que les chrétiens sont une cible désignée de l'EI qui évoque dans sa propagande les dirigeants «croisés» occidentaux et «le royaume de la Croix». Les églises françaises déjà menacées depuis des mois. (3)

 

à 15:40

Vague d'hommages au père Jacques Hamel

Les hommages au père Jacques Hamel, assassiné mardi alors qu'il célébrait la messe en l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray, se multiplient sur les réseaux sociaux. De nombreux prêtres saluent la mémoire de leur "frère de sacerdoce'". Les hashtags #JeSuisCatholique et #JeSuisPrêtre ont été lancés sur Twitter.

 

à 15:23

INFO LE FIGARO - Le témoignage de la religieuse qui a donné l'alerte

 

La religieuse présente ce matin dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray, à l'heure de la messe matinale, et qui a réussi à s'échapper pour donner l'alerte, a raconté au Figaro le début de l'attaque :

 

«Ils sont entrés brusquement. Ils ont pris l'espace. Ils parlaient en arabe. J'ai vu un couteau. Je suis partie au moment où ils commençaient à agresser le père Jacques. Je ne sais même pas s'ils ont réalisé que je partais». Encore sous le coup de l'émotion, cette soeur de la communauté de religieuses voisine de l'église a souhaité garder l'anonymat. Elle indique avoir été prise en charge par une cellule d'aide psychologique et se dit avant tout «en attente de nouvelles de [ses] soeurs» également présentes à la messe.

 

à 15:04

L'un des assaillants serait connu des services antiterroristes

Selon les premiers éléments de l'enquête, qui doivent être corroborés par l'identification formelle des deux assaillants, l'homme, abattu avec son complice par les policiers, était fiché "S", ont précisé ces sources, confirmant partiellement une information d'iTELE.

 

Il avait tenté de rallier la Syrie en 2015 et avait été, à son retour, mis en examen pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste et placé en détention provisoire, avant d'être libéré sous bracelet électronique.

 

à 14:50

Marine Le Pen fustige la gauche et la droite

La présidente du FN Marine Le Pen a dénoncé sur Twitter la «responsabilité (...) immense» de «tous ceux qui nous gouvernent depuis 30 ans», visant la gauche et la droite.

 

«La responsabilité de tous ceux qui nous gouvernent depuis 30 ans est immense. Les voir bavarder est révoltant!

 

à 14:40

Qui est le père Jacques Hamel égorgé dans son église ?

Le père Jacques Hamel, sauvagement tué à 86 ans, dans une église de Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen, est décrit comme un homme bon, toujours au service des autres avec un charisme certain. Il avait été ordonné prêtre en 1958 et avait fêté son jubilé d'or (cinquante années de service) en 2008.

 

à 14:17

Daech revendique l'attaque de Saint-Etienne-du-Rouvray

L'organisation Etat islamique a revendiqué mardi l'attaque de deux terroristes en l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray au cours de laquelle le prêtre a été assassiné, et trois fidèles ont été blessés, dont un grièvement.

 

L'organisation a publié un communiqué via son agence officielle Amaq : Les deux «soldats» ont «mené l'opération en réponse à l'appel à viser des pays de la coalition croisée», précise le texte.

 

à 14:00

Un des assaillants sous bracelet électronique ?

 

Un des deux assaillants est en cours d'identification, indique au Figaro une source proche du dossier. Si son identité se confirme, il s'agirait d'un «velléitaire du djihad» ayant tenté de rejoindre la Syrie avant d'être refoulé par les autorités turques.

 

Incarcéré en 2015, il aurait été placé sous bracelet électronique en mars 2016 comme alternative à l'incarcération. Le parquet antiterroriste de Paris avait alors fait appel de cette ordonnance de placement sans obtenir gain de cause.

 

Depuis lors, ce djihadiste présumé était semble-t-il incarcéré chez lui... Quelle efficacité !

 

à 13:32

La victime gravement blessée a subi une tentative d'égorgement

La victime actuellement entre la vie et la mort a subi une tentative d'égorgement, selon une source policière. Elle a été prise en charge par le Service mobile d'urgence et de réanimation (SMUR) de Rouen.

 

à 13:02

Le prêtre a été égorgé

Comme indiqué précédemment dans ce live, le père Jacques Hamel a été égorgé lors de la prise d'otage en l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray, dit une source proche de l'enquête.

 

à 12:45

La victime est le père Jacques Hamel, 86 ans

Le prêtre assassiné pendant une messe à Saint-Etienne-du-Rouvray est le père Jacques Hamel, 86 ans. Il était prêtre de la paroisse depuis une vingtaine d'années, et assurait la permanence pour le mois de juillet.

 

"De Cracovie, j'apprends la tuerie advenue ce matin à l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray. Elle fait trois victimes: le prêtre, le père Jacques Hamel, et les auteurs de l'assassinat", a écrit l'archevêque de Rouen Mgr Dominique Lebrun depuis depuis la Pologne, où il participait aux Journées mondiales de la jeunesse.

 

"Je crie vers Dieu, avec tous les hommes de bonne volonté. J'ose inviter les non-croyants à s'unir à ce cri", ajoute le prélat, qui précise qu'il sera "dès ce soir dans mon diocèse auprès des familles et de la communauté paroissiale très choquée".

 

"L'Eglise catholique ne peut prendre d'autres armes que la prière et la fraternité entre les hommes", conclut-il.

 

à 13:33

Ayrault appelle les Français à rester «unis»

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a appelé les Français à rester «unis».

 

«Dans ces circonstances, il n'y a qu'un message: "Restons unis". Ceux qui sont à l'origine de tous ces attentats, je pense à celui de Nice et encore ces derniers jours en Allemagne, veulent diviser nos sociétés, nos démocraties, notre vivre-ensemble entre croyants et incroyants, entre catholiques et musulmans, entre laïcs et croyants», a-t-il déclaré devant la presse à la préfecture d'Indre-et-Loire, où il était venu effectuer une visite consacrée au tourisme qu'il a reportée pour rentrer à Paris.

 

Comme seule réponse, le gouvernement désemparé a aussitôt lancé son appel habituel pour l'"unité nationale", "à faire bloc".

 

à 12:13

«Nous ferons bloc face à cette attaque barbare» (Valls)

Alors que Bernard Cazeneuve et François Hollande se sont rendus sur place, le premier ministre, Manuel Valls, a dans un post sur Twitter indiqué : "La France entière et tous les catholiques sont meurtris. Nous ferons bloc".

 

 

 

Attentat : Un prêtre égorgé en l'église Saint-Etienne-du-Rouvray, un nouveau saint au Ciel

Mais où aboutissent les raffinements de votre cruauté? Ils sont l'amorce du Christianisme. Plus vous nous moissonnez, plus notre nombre grandit: notre sang est une semence de Chrétiens.

Tertullien, Tertullien, Apologétique, chapitre 50

Un prêtre égorgé pendant la messe. Un nouveau saint au Ciel ! Père Jacques Hamel, priez pour nous !

 

Le Père Jacques Hamel rejoint les autres saints martyrs de l'islam (non-exhaustif) : sainte Olive (IXe siècle), saints Rodrigue et Salomon, martyrs († 857), sainte Nathalie, saint Aurèle et leurs compagnons martyrs († 852), saint Parfait de Cordoue, prêtre et martyr ( 850), saintes Flora et Maria, martyres († 851).

 

Note de Christ-Roi. Pour ceux qui s'intéressent à l'aspect spirituel (et politique) des évènements, disons que tout ceci était annoncé dans différentes prophéties concernant la France. Ils peuvent par exemple se pencher sur les prophéties d'une stigmatisée Marie-Julie Jahenny (Cf. Les prophéties de la Fraudais. A prendre néanmoins avec prudence comme toutes les prophéties.)

 

Rappelons également, que le Père Jean-Régis Fropo, exociste du diocèse de Toulon avait annoncé, à quelques mois auparavant des premiers attentats de novembre 2015, le début de "la Révolution et la guerre civile en France" ... "dans les derniers mois de l'année 2015".

 

Sources

 

(1) Prise d'otages dans une église près de Rouen: les deux assaillants «neutralisés», le prêtre tué, Le Figaro, Par Edouard de Mareschal Mis à jour le 26/07/2016 à 11:32 Publié le 26/07/2016 à 11:07

(2) EN DIRECT - Daech revendique l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray, Le Figaro, Mis à jour le 26/07/2016 à 15:42 Publié le 26/07/2016 à 11:06

(3) Les églises françaises déjà menacées depuis des mois, Le Figaro, Par Agnès Leclair Mis à jour le 26/07/2016 à 13:17 Publié le 26/07/2016 à 13:05

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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 00:00
Sainte Anne : la Mère de la très Sainte Vierge, était vénérée en Gaule avant même l'apparition du christianisme

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Sainte Anne : la Mère de la très Sainte Vierge

 

Sainte Anne appartenait à ce peuple choisi qui, dans les desseins de Dieu, devait donner naissance au Sauveur des hommes; elle était de la tribu de Juda et de la race de David. Ses parents, recommandables par leur origine, devinrent surtout illustres entre tous leurs concitoyens par l'éclat d'une vie pleine de bonnes oeuvres et de vertus. Dieu, qui avait prédestiné cette enfant à devenir l'aïeule du Sauveur, la combla des grâces les plus admirables.

Après Marie, aucune femme plus que sainte Anne ne fut bénie et privilégiée entre toutes les autres. Toute jeune enfant, elle était douce, humble, modeste, obéissante et ornée des naïves vertus de son âge. Plus tard, comme elle sut bien garder intact le lis de sa virginité! Comme elle dépassait toutes les filles, ses compagnes, par sa piété, par la réserve de sa tenue, son recueillement et la sainteté de toute sa conduite!

Puis, quand il plut à Dieu d'unir son sort à celui de Joachim, combien Anne fut une épouse prévenante, respectueuse, laborieuse, charitable et scrupuleusement fidèle à tous les devoirs de son état, vaquant à propos au travail et à la prière. Dieu lui refusa longtemps de devenir mère; elle se soumit humblement à cette épreuve et l'utilisa pour sa sanctification. Mais à l'épreuve succéda une grande joie, car de Joachim et d'Anne, déjà vieux, naquit miraculeusement Celle qui devait être la Mère du Sauveur et, dans l'ordre de la grâce, la Mère du genre humain. C'est sans doute un grand honneur pour sainte Anne, que d'avoir donné naissance à la Mère de Dieu; mais il lui revient beaucoup plus de gloire d'avoir formé le coeur de Marie à la vertu et à l'innocence!

L'Église célébrera dans tous les âges la piété maternelle de sainte Anne, et la gloire de sa Fille rejaillira sur elle de génération en génération. Le culte de sainte Anne a subi diverses alternatives. Son corps fut transporté dans les Gaules, au premier siècle de l'ère chrétienne, et enfoui dans un souterrain de l'église d'Apt, en Provence, à l'époque des persécutions. A la fin du VIIIe siècle, il fut miraculeusement découvert et devint l'objet d'un pèlerinage. Mais c'est surtout au XVIIe siècle que le culte de sainte Anne acquit la popularité dont il jouit.

De tous les sanctuaires de sainte Anne, le plus célèbre est celui d'Auray, en Bretagne; son origine est due à la miraculeuse découverte d'une vieille statue de la grande Sainte, accompagnée des circonstances les plus extraordinaires et suivies de prodiges sans nombre. Sainte-Anne d'Auray est encore aujourd'hui l'objet d'un pèlerinage national.

Wikipedia relève une légende "Anne, La « grand-mère des Bretons »". En breton, sainte Anne est surnommée « Mamm gozh ar Vretoned », c’est-à-dire la grand-mère des Bretons. Des légendes la décrivent comme originaire de Plonévez-Porzay (Gwenc'hlan Le Scouëzec, Guide de la Bretagne (page 457), Coop Breizh, Spézet, 1997). Anatole Le Braz publie un récit (Magies de la Bretagne (tome 1 - Le Pardon de la mer, page 1088), Robert Laffont, coll. « Bouquins », Paris, 1994) dans laquelle Anne est mariée à un seigneur cruel et jaloux, qui lui interdit d’avoir des enfants. Lorsqu’elle tombe enceinte, il la chasse du château de Moëllien. Son errance avec la petite Marie la conduit à la plage de Tréfuntec où l’attend un ange, près d’une barque. Selon la volonté de Dieu, l'ange l'amène jusqu’en Galilée. Bien des années plus tard, Marie épouse Joseph et devient la mère du Christ. Anne revient en Bretagne pour y finir sa vie dans la prière et distribue ses biens aux pauvres. Toujours selon cette légende, le Christ vient lui rendre visite, accompagné de ses disciples Pierre et Jean, et lui demande sa bénédiction, avant de retourner en Terre sainte. Son corps aurait disparu après sa mort, mais des pêcheurs auraient retrouvé une statue à son effigie en baie de Douardenez. Celle-ci, installée près de l'endroit où Jésus avait fait jaillir une source, est devenue le but du plus ancien pèlerinage consacré à Sainte Anne et a pris le nom de Sainte-Anne-la-Palud. Le Grand Pardon qui, depuis l'antiquité, rassemble des milliers de pèlerins, le dernier week-end d'août de chaque année, est certainement le plus authentique et le plus ancien d'Armorique. Mais ceci n'est qu'une légende.

Anne Bernet évoque elle aussi dans son livre "Clovis et le Baptême de la France", un lien entre Sainte Anne et la religion primitive de la Gaule. Mais elle indique non pas que sainte Anne serait originaire de Bretagne, y aurait vécu avant d'aller en Galilée, puis serait revenue en Bretagne, mais que "le culte d'une déesse-mère chtonienne, maîtresse de la vie et de la mort, associée à l'agriculture, protectrice des troupeaux et des chevaux, parfois identifiée à la lune, aux sources, au feu, et guérisseuse" était répandu en Gaule.

Ce qui est étonnant, c'est que sainte Anne était déjà connue et vénérée chez nous en France, avant l'apparition du christianisme.

"Elle est ainsi évoquée, écrit Anne Bernet, selon les lieux et les circonstances, sous le nom d'Epona ou de Rigantona...; sous le nom d'Anna ou de Dana, aïeule des dieux et des hommes... ; et parfois sous ceux de Belisima (la 'Très Brillante') ou de Rosmerta. C'est encore sous une autre appellation, la 'Vierge qui enfantera', que la connaissent les druides du collège national de la forêt des
Carnutes. Encore très populaire aux premiers temps du christianisme, la déesse a été convertie. Le sanctuaire de la 'Virgo paritura' correspond à la cathédrale de Notre-Dame de Chartres; tant la croyance des Carnutes en la Vierge-Mère était propre à annoncer le mystère de l'Incarnation. Les sanctuaires d'Anna sont devenus ceux de sainte Anne, aïeule elle aussi, mais du vrai Dieu, et que les Bretons nomment toujours 'Mamm Goz', grand-mère".

 

Sources:

(1)

(2)

(3) Anne Bernet, Clovis et le Baptême de la France, Editions Clovis, 1995, p. 28-30.

La fête de Sainte Anne, la grand mère de Jesus-Christ, en Bretagne.

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 17:28
Journal du Lundi 25 juillet 2016 : Politique / Le gouvernement livre le complot sur un plateau

Journal du Lundi 25 juillet 2016 : Politique / Le gouvernement livre le complot sur un plateau

"Sommes-nous face à un scandale d'Etat ou à de véritables amateurs ? Dix jours après l'attentat de Nice, le pouvoir socialiste s'enlise dans les incohérences autour de la sécurité mise en place le 14 juillet.

 

La policière muncipale en charge de la video-surveillance à Nice le soir de l'attentat a-t-elle subi des pressions du ministère. C'est en tous cas ce qu'affirme Sandra Bertin et elle n'en démord pas. Selon elle, un émissaire de la Place Beauvau lui aurait intimé l'ordre de consigner la présence de la police nationale sur le parcours du camion à des endroits où elle n'apparaissait pas sur les videos. Le ministre de l'Intérieur a aussitôt déclaré qu'il déposait plainte contre la policière pour diffamation.

 

La réponse aux accusations est habile. Elle consite à faire passer les accusations de Sandra Bertin comme une attaque contre le travail des policiers, alors qu'elle vise uniquement et simplement le pouvoir.

 

L'affaire de la requête de la Place Beauveau pour l'effacement des videos avait déjà semé le doute dans les esprits. Désormais c'est un véritable casse-tête où tout est possible. les socialistes ont-ils des choses à cacher autour du 14 juillet niçois ? Sont-ils allés à essayer d'éliminer les preuves ou modifier les rapports ? Il est également envisageable que la policière ait subi des pressions avant de faire son rapport pour insister sur les failles de protection et ainsi aller dans le sens du président du Conseil général Les Républicains Christian Estrosi, proche du JDD qui a fait paraître l'interview exclusive de Sandra Bertin.

 

L'avocat de Sandra Bertin a déposé aujourd'hui un signalement auprès du procureur de Nice.

 

"Nous avons considéré que les faits, témoignages à l'appui, étaient visiblement constitués sur le plan d'infractions pénales pouvant entraîner des poursuites", a déclaré à la presse Me Adrien Verrier, à sa sortie du tribunal de Nice. "Le procureur dispose de tous les noms et tous les faits relatés et qui ressortent des déclarations de Sandra Bertin et de toutes les personnes qui étaient autour d'elle et qui ont assisté à cette conversation et à cette pression psychologique dont elle parle, qui a duré environ une heure le 15 juillet", a-t-il ajouté.

 

(Source : Nice : l'avocat de Sandra Bertin dépose un signalement auprès du procureur, Le Point, Publié le 25/07/2016 à 17:45 | Le Point.fr )

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 08:00

Les révolutionnaires de 1789 dénonçaient sans relâche le complot de la contre-révolution. Aujourd'hui, Manuel Valls, digne héritier de Robespierre, dénonce les "complotistes", y compris ceux-là mêmes qui doutent de l'efficacité politique de son gouvernement en posant de simples questions.

Manuel Valls juge "complotiste" le doute quant à son action politique

Manuel Valls, invité de Bfmtv Rmc ce matin (video), répondait aux questions d'Appoline de Malherbe qui l'a interrogé sur le doute des Français à l'égard des politiques menées par le gouvernement suite à l'attentat de Nice et le doute quant à l'efficacité politique. (1) Outre une auto-satisfaction permanente, le refus de toute auto-critique, la réponse du Premier ministre, une réponse remplie de formules toutes faites comme d'habitude, renvoie toutes les personnes qui doutent dans le camp des méchants "complotistes" contre le gouvernement et la "république". Or, quoiqu'en dise Manuel Valls, cette réponse est indigne d'une "démocratie". Voici pourquoi.

 

"Vous êtes le Premier ministre d'un pays qui doute. Il y a eu l'horreur, et maintenant il y a le doute. Il y a le doute sur vous, il y a le doute sur le gouvernement, il y a le doute sur le ministre de l'Intérieur, le doute sur l'efficacité du pays. On va tenter d'y voir plus clair. Une policière municipale de Nice raconte avoir été soumise à la pression du ministère de l'Intérieur pour influencer son rapport sur la présence de policiers nationaux le soir du 14 juillet. Le ministre de l'Intérieur dit qu'aucune personne de son cabinet n'a été en contact avec la policière de Nice et il porte plainte contre elle pour diffamation. Qui ment ?", demande Appoline de Malherbe.

 

"Il faut que tout cela cesse. Le doute n'est pas possible face au terrorisme. Que cherche le terrorisme ? Non seulement à tuer. 84 morts. Il y a encore aujourd'hui des personnes qui luttent pour la vie, qui ont été blessées très gravement; je pense aussi à toutes ces victimes qui seront blessées, handicapées à vie. Mais le terrorisme cherche aussi à nous diviser, à fracturer la société française, à faire en sorte que l'on remette en cause, au fond, les principes de la démocratie", déclare le Premier ministre

 

"Vous ne pouvez pas simplement dire cela Manuel Valls. Quelqu'un ment."

 

"Il faut évidemment la vérité. Et qui demande la vérité ? D'abord les victimes, les familles, les proches. Et pourt cela il faut laisser la justice aller jusqu'au bout, il faut que la justice puisse travailler dans la sérénité, et qu'on laisse travailler les juges qui ont été nommés pour permettre d'établir toute la vérité sur ce qui s'est passé."

 

"Manuel Valls, je me permets de vous reposer la question. Il y a deux versions différentes. Quelqu'un ment, qui?", demande (pour la troisième fois)  la journaliste.

 

"Là aussi, respectons les procédures, l'inspection générale de la Police nationale à la demande de Bernard Cazeneuve, qui est un homme intègre, qui est un homme d'état, qui est un ministre de l'Intérieur formidable, qui..

 

"Vous n'avez aucun doute là-dessus ?", interrompt Appoline de Malherbe.

 

"Moi, je n'ai aucun doute sur Bernard Cazeneuve."

 

"A aucun moment vous ne vous êtes dit peut-être quelque chose n'a pas marché, et pourquoi ce ne serait pas Bernard Cazeneuve lui-même ?"

 

"Mais pourquoi faudrait-il mentir ?, répond Manuel Valls. C'est cette idée du complot, du mensonge, de la remise en cause du préfet, de ce que les policiers, le Ministre de l'Intérieur, le Procureur, qui travaillent de manière totalement indépendante puisqu'il y a une séparation des pouvoirs dans notre pays. C'est cette idée au fond que l'Etat ment, a quelque chose à cacher, alimente le doute, fracture l'état de droit, met en doute la république."

 

Un peu plus loin dans l'entretien, Appoline de Malherbe demande à Manuel Valls :

 

"Manuel Valls, vous comprenez, depuis le début (à chaque attentat, NDLR.) vous dites il y a eu des victimes, on a besoin d'unité. En gros, taisez-vous tous !? ... A chaque fois qu'on dit quelque chose c'est rendez-vous compte il y a 84 victimes, etc. !?"

 

"Appoline de Malherbe, ne mélangez pas tout et ne mettez pas au même niveau", répond Manuel Valls. "Cela, moi je ne le supporte plus. Un ministre de l'Intérieur, une policière municipale."

 

"Quoi, la policière municipale n'a pas le droit d'avoir des doutes sur le ministère de l'Intérieur?"

 

"Dans ce pays, tout le monde a le droit de parler, le droit de s'exprimer, mais en respectant la vérité, en respectant les faits. Il y a eu un débat au parlement. Oui ou non Appoline de Malherbe ?"

 

"Oui", répond, la journaliste. On se rend compte ici du degré d'autoritarisme de ce Premier ministre qui, invité à répondre à des questions sur Bfmtv Rmc, inverse les rôles et devient celui qui pose les questions à la place du journaliste.

 

"J'ai présente moi-même comme Premier ministre la prolongation de l'état d'urgence", poursuit Manuel Valls. (On ne voit pas le rapport avec l'appel systématique à l'unité politique après chaque attentat pour mieux se soustraire à sa propre responsabilité politique. NDLR)...

 

"Il y a eu un débat. Dans ce débat, une partie de la droite a mis en cause la Constitution, les principes, les valeurs, l'état de droit, la démocratie nécessaire pour combattre le terrorisme, c'est exactement ce que cherche le terrorisme. C'est-à-dire à nous diviser, à remettre en cause les démocraties, qui évidemment sont toujours fragiles dans ces moments-là."

 

"Mais cela sonne creux aujourd'hui ce discours Manuel Valls", dit la journaliste.

 

"Mais c'est parce que vous l'entendez ainsi. Et pour moi cela ne sonne pas creux l'unité nationale Appoline de Malherbe. Cela ne sonnera jamais creux, ni la Constitution, ni l'état de droit, ni la république. ... Toutes les questions ont le droit d'être posées. ... mais en mettant en cause ceux qui travaillent et représentent l'Etat, on met en cause l'état de droit et on s'attaque à la république elle-même. Et cela est dangereux. Ce type de propos met en cause les fondements même de l'Etat. Si une enquête de l'Inspection générale de la police nationale est en cours, si le travail de la justice et du Procureur de la république... si on met en cause ce travail. Parce que par exemple le procureur de la république aurait demandé la destruction de ces videos, comme cela se fait à chaque fois.."

 

"Mais pourquoi ?",demande Appoline de Malherbe.

 

"Mais, vous-même Appoline de Malherbe, en posant cette question, vous instruisez, vous introduisez le doute", répond Manuel Valls.

 

"Non, je trouve que la question peut se poser Manuel Valls".

 

L'entretien se déroule jusqu'à la fin de l'entretien, sans qu'à aucun moment le chef du gouvernement ne remette en question sa politique d'ouverture des frontières et d'immigration, et de sécurité.

 

Appoline de Malherbe demande enfin à Manuel Valls s'il lui arrivait lui-même de douter... La réponse du Premier ministre, positive, montre, en sens contraire, que Manuel Valls ferait partie des "complotistes", si l'on suit son raisonnement ! puisqu'il doute de lui-même et serait divisé contre lui-même ! Bravo donc à la journaliste de montrer ainsi le vrai visage de Manuel Manuel Valls, l'homme bipolaire, l'homme aux deux visages, l'autosatisfaction d'un gouvernement qui refuse le doute, l'autocritique, et rejette en bloc comme anti-démocratique et "complotiste" ceux qui doutent de son action.

 

"Manuel Valls, c'est la fin de cette interview. Je vous ai parlé des doutes des Français, est-ce que vous, vous avez des doutes sur votre efficacité ?", demande Appoline de Malherbe.

 

"Mais, moi, je doute, vous savez, je doute toujours", répond un Manuel Valls hésitant.

 

"Y compris de vous-même ?"

 

"Non, vous savez quand vous avez 84 morts, des enfants, des familles brisés, je l'ai dit à l'Assemblée nationale, à Bernard Cazeneuve, on se demande est-ce que on a tout fait, est-ce que tous les dispositifs ont été pris. Mais je sais quelque chose, c'est que je ne peux pas avoir de doute là où je suis", répond le Premier ministre.

 

Pauvre Valls, qu'Appoline de Malherbe a laissé parler jusqu'à la fin pour montrer par sa propre démonstration qu'il se contredit, qu'il est un sophiste dont l'argumentation s'annule et n'est pas valide. On ne peut tenir pour vrai "a" et "non a". (Cf. Dialogue de Socrate contre Calliclès)

 

Pour aller plus loin dans cet article, essayons de montrer pourquoi le fait pour le peuple de douter de son gouvernement ne suffit pas à en faire un peuple "complotiste" comme l'affirme Manuel Valls.

 

"Ce qu'il faudrait à ce pays, c'est un roi" (Charles de Gaulle). Ils nous ont volé notre Souveraineté, reprenons-la !Contrairement à ce qu'affirme Manuel Valls, le doute du peuple quant à l'efficacité politique des gouvernements de la république fait au contraire partie des armes d'une démocratie contre toute dérive totalitaire des gouvernants. Quand le peuple demande la démission de Hollande, Valls ou Cazeneuve, il use d'un droit. La démission est un principe républicain que l'on a pu voir sous le président Charles de Gaulle, qui démissionna une première fois en 1947 du "Gouvernement provisoire de la République française" et une deuxième fois, président de la république en 1969, le lendemain d'un referendum négatif à 52,41% sur la régionalisation et la réforme du sénat. C'est que dans l'esprit du général de Gaulle, qui avait une prédilection pour le royalisme, la souveraineté populaire et la souveraineté royale (ou présidentielle) vont ensemble et ne peuvent être découplées. Au Moyen Âge, "le roi fait partie du peuple comme la tête fait partie du corps". "Inventés par le roi, (les Etats généraux) ... ont conservé le principe familier à la théologie médiévale, que le peuple est, comme le déclare Philippe Pot aux Etats de 1484 'donateur de la chose publique', et que l'origine de la monarchie est élective. Cette idée simple était pour ainsi dire inséparable de l'institution elle-même", écrit l'historienne Régine Pernoud (Histoire du Peuple français, De Jeanne d'Arc  Louis XIV, Nouvelle Librairie de France, Troyes 1960, tome second, p. 14, 95, 97)

 

Dans l'esprit d'un Manuel Valls, on le voit, la souveraineté populaire est déconnectée de la souveraineté du Premier ministre qui, en quelque sorte prime la volonté du peuple, et est soustraite à toute demande de démission. Les seuls moments où sous l'Ancien Régime, l'Etat refusa toute démission ou révocation d'un Principal ministre ce fut sous un Louis XIV qui exerça seul le pouvoir, sans Premier ministre. La république absolue n'a jamais aussi bien portée son nom, un Louis XIV en moins !

 

Lorsque le peuple appelle à la démission, ce n'est pas un crime "complotiste", c'est un principe de responsabilité politique. Lorsque l'élu n'a plus la confiance de l'électeur, il s'en va en démissionnant. La démocratie, en effet, ne se définit pas seulement par le droit d'élire, elle réside aussi dans ce qu'on nommait au XVIIIe siècle la "censure",... c'est-à-dire le pouvoir de révoquer ou, au contraire, de renouveler la confiance précédemment accordée.

 

En Grande-Bretagne, au lendemain du Brexit, le Premier ministre David Cameron a annoncé sa démission. En Belgique après les attentats de Bruxelles, les ministres de l'Intérieur et de la justice ont présenté leur démission au chef du gouvernement qui l'avait refusée. Dans n'importe quel pays en Europe où il y aurait eu 250 morts en un an et demi , le gouvernement aurait démissionné.

 

Or que constate-t-on en France ? Si un peuple est libre lorsqu'il dispose des moyens qui lui permettront de sanctionner l'usage fait par les gouvernants des pouvoirs qu'il leur avait confiés (2), avec le gouvernement Valls, et durant l'exercice de son mandat, aucune sanction n'est permise, aucune remise en question, aucun doute n'est possible. Aucune autocritique ne vient du gouvernement hors de toute sanction. Le doute ne doit pas même effleurer le peuple ! A moins que celui-ci soit rejeté dans le camp des "complotistes", ennemis de la "république" ! Quelle impudence et quelle honte. Cette attitude d'un gouvernement coupé du peuple est indigne, c'est une insulte pour la mémoire des victimes des attentats.

 

Lire aussi : "Libération" accusé de "complotisme" par Bernard Cazeneuve

 

Rappelons ici que les lois de  novembre 1791 contre les émigrés et les réfractaires, qui à cette époque marquent l'entrée de la Terreur dans la législation révolutionnaire, "ne répriment pas un complot préexistant; elles transforment en complot des comportements, des actes - l'émigration, le refus de prêter serment à la Constitution civile du clergé - qui, certes, expriment une opposition à la Révolution, mais qui n'impliquent nullement l'existence d'un complot." (3)

Quand on connaît le nombre de morts dû à la rhétorique du complot obsessionnel, ce vocabulaire de Manuel Valls emprunté aux révolutionnaires de 1789 est inquiétant.

Notes

 

(1) RMC : 25/07 - Bourdin Direct - 8h-9h date Lundi 25 Juil 2016 09:21:30

(2) Lire Patrice Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 210.

(3) Patrice Gueniffey, La Politique de la Terreur, ibid., p. 158.

 

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 00:00
Saint Jacques le Majeur, fêté le 25 juillet, est le premier apôtre martyr, décapité sur l'ordre d'Hérode Agrippa vers 41 (Ac. 12, 1-2) lors des premières grandes persécutions contre les communautés chrétiennes à Jérusalem

Saint Jacques le Majeur, fêté le 25 juillet, est le premier apôtre martyr, décapité sur l'ordre d'Hérode Agrippa vers 41 (Ac. 12, 1-2) lors des premières grandes persécutions contre les communautés chrétiennes à Jérusalem

"Il (Hérode Agrippa Ier) fit périr par le glaive Jacques, frère de Jean." (Actes, XII:2)

Saint Jacques le Majeur, fils de Zébédée et de Salomé, était frère de saint Jean l'Évangéliste. On le surnomma le Majeur, pour le distinguer de l'Apôtre du même nom surnommé le Mineur, qui fut évêque de Jérusalem. Il était de Galilée et vint au monde douze ans avant Jésus-Christ. Il exerçait la profession de pêcheur, ainsi que son père et Jean, son frère. Un jour qu'ils nettoyaient leurs filets dans une barque sur les bords du lac de Génésareth, Jésus appela les deux frères; à l'instant, quittant leur barque et leur père, ils se mirent à Sa suite et furent bientôt agrégés au collège des Apôtres.

Le choix que Jésus fit des deux frères pour être, avec Pierre, témoins de Sa Transfiguration, et plus tard de Sa prière au Jardin des Oliviers, montre assez l'affection dont Il les honorait. Après la dispersion des Apôtres, Jacques le Majeur vint en Espagne, dont Dieu le destinait à faire la conquête. Il la parcourut en tous sens et la féconda de ses sueurs; mais il ne put convertir que neuf disciples. N'est-ce pas un sujet de consolation pour les prédicateurs dont les efforts ne sont pas toujours couronnés de succès? Dieu Se plaît ainsi à éprouver Ses envoyés; ils sèment, d'autres recueilleront la moisson.

Du reste, Jacques eut une grande consolation: la Sainte Vierge, vivante encore, lui apparut et lui demanda de construire, en Son honneur, une chapelle qui serait une protection pour l'Espagne. La Sainte Vierge a maintes fois prouvé depuis aux Espagnols qu'ils étaient sous Sa sauvegarde.

Saint Jacques revint à Jérusalem, y prêcha la foi de Jésus-Christ et convertit beaucoup de personnes. L'Apôtre gagna à Jésus-Christ deux magiciens qui avaient cherché à le confondre par leur art diabolique.

 

Un jour qu'il prêchait, une émeute, préparée à l'avance, se souleva contre lui; on le conduisit au gouverneur Hérode, en disant: "Il séduit le peuple, il mérite la mort." Hérode Agrippa Ier, homme sans conscience, visant avant tout à plaire, commanda de trancher la tête au saint Apôtre.

 

Eusèbe, d'après Clément d'Alexandrie, raconte que ce martyre fut l'occasion de la conversion du dénonciateur de Jacques, qui soutenant l'accusation devant le tribunal, fut bouleversé par le courage de l'apôtre, se convertit sur l'heure et se déclara chrétien. Conduit au supplice avec sa victime, il le supplia de lui pardonner. Jacques réfléchit un instant. "La paix soit avec toi, dit-il. Et il l'embrassa." (1) Le dénonciateur s'appelait Josias. (Source: Clément d'Alexandrie cité par Eusèbe, Historia Ecclesiastica)

 

Le privilège de l'épithète "majeur" lui vient de sa plus grande ancienneté parmi les appelés du Christ. (2) Ayant repéré Jacques et Jean, son frère, qui rangeaient leurs filets dans leur barque, Jésus leur dit : "Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d'hommes." (Mt, IV, 18-19)


Une tradition fit de Jacques l'évangélisateur de l'Espagne, avant sa mort ou par ses reliques. Sa dépouille mortelle y fut conduite par quelques disciples. Il n'est peut-être pas au monde un ancien pèlerinage plus célèbre que celui de Saint-Jacques de Compostelle.

 

St Jacques a été souvent le défenseur de l'Espagne contre les Sarrasins. Il y est particulièrement vénéré sous le nom de Santiago. Son corps aurait été découvert en 813 grâce à une étoile dans un champ, d’où le nom de "Compostelle". "C'est alors que St Jacques devient le patron de la Reconquête sur l'islam. On l'a vu apparaître, en 844, au fort de la bataille de Clavijo, pour conduire l'épée à la main, les armées de la chrétienté contre celle de l'Infidèle. St Jacques est le Matamore, celui qui vainc les Maures." (3)

Mais dès 776, on trouvait déjà cette idée que St Jacques devait défendre les chrétiens contre les musulmans dans les Commentaires de l'Apocalypse de Beatus, un personnage influent de la cour des Asturies. (4)

Le pèlerinage vers St Jacques de Compostelle a été le grand pèlerinage depuis le Moyen Age, et les "jacquets" marchent toujours vers le champ de l’étoile.

Saint Jacques en matamore. Musée de Carrión de los Condes, sur le Camino francés

Saint Jacques en matamore. Musée de Carrión de los Condes, sur le Camino francés

En 844, alors que Ramire Ier, dixième descendant de Pelayo, venait de subir une sévère défaite à Albelda, face à l'armée d'Abd al-Rahman II, il remporta une victoire sur son opposant. S'étant retiré sur la proche colline de Clavijo pour passer la nuit, saint Jacques lui apparut en songe, l'encouragea à reprendre les armes le lendemain et l'assura de sa protection. Au cours de ce nouveau combat, monté sur un destrier étincelant de blancheur, l'apôtre prêta main forte à ses protégés, qu'il mena à la victoire, et libéra du tribut les cent vierges que l'émir percevait chaque année depuis le règne de Mauregat des Asturies. Le 25 mai 844, en signe de gratitude, le roi Ramire Ier institua la Voto de Santiago, un tribut dû à la cathédrale de Compostelle, renouvelable chaque année, sur les céréales, par les agriculteurs du Nord de la péninsule Ibérique. Ce tribut ne fut aboli qu'en 1812 par les Cortès de Cadix. Il s'agit de la première manifestation historique de saint Jacques en matamore.

Clavijo, ermitage : Santiago, tableau Matamore. A Clavijo, dans l'ermitage, sur la montagne où se retira le roi Ramire avant la bataille, un tableau commémore sa victoire.

Clavijo, ermitage : Santiago, tableau Matamore. A Clavijo, dans l'ermitage, sur la montagne où se retira le roi Ramire avant la bataille, un tableau commémore sa victoire.

Des routes de pélerinage s'inscrivent sur la carte de l'Europe. Ce sont les routes que les pélerins se conseillent mutuellement, celles que leur indiquent les monastères. Ce sont aussi les routes où les pélerins sont assurés de trouver gîte, soins et assistance en des hospices conçus pour eux et financés à cette fin par la charité publique. Les hôpitaux sont des lieux sacrés, des maisons de Dieu, qui procurent le réconfort aux pélerins, le repos aux indigents, la consolation aux malades, le salut aux morts et l'aide aux vivants.

 

Les plus célèbres de ces "chemins" sont ceux de Compostelle, dont le réseau étendu sur toute l'Europe organise la convergence et facilite les aménagements logistiques.

Les Chemins de St Jacques de Compostelle au Moyen Âge. Image extraite du livre de Jean FAVIER, "Les Grandes découvertes, d'Alexandre à Magellan", Fayard, Paris 1991, p. 124-125.

Les Chemins de St Jacques de Compostelle au Moyen Âge. Image extraite du livre de Jean FAVIER, "Les Grandes découvertes, d'Alexandre à Magellan", Fayard, Paris 1991, p. 124-125.

Il y a le "Chemin" par excellence, le Camino, dont le tronçon final atteint Compostelle depuis Saint-Jean-Pied-de-Port et le Val de Cize par le col de Roncevaux, Pampelune, Logrono, Burgos et Leon.

 

Une route littorale par Bayonne, Bilbao, Santander et Oviedo double le "Chemin".

 

Vers ces passages des Pyrénées convergent en France quatre grandes routes.

 

L'une vient de la Loire et de l'Aquitaine. C'est celle des pélerins regroupés à Paris, où le départ se donne traditionnement à Saint-Jacques-de-la-Boucherie et où les premiers soins sont donnés en haut de la rue St Jacques, à l'établissement tenu par les frères Hospitaliers de Saint-Jacques-du-Haut-Pas. Par Orléans, Tours, Poitiers, Saint-Jean-d'Angély, Saintes et Bordeaux, elle gagne Ostabat et la montée vers le Col. Quelques-uns préfèrent à Poitiers, abandonner la route traditionnelle et passer par Charroux et Angoulême. Pour l'essentiel, cette "route de Tours" est celle qui permet de prier sur la tombe de l'Apôtre des Gaules : saint Martin est à peu près aussi célèbre que saint Jacques. En 732, devant l'invasion des Arabes, le monde franc eut peur pour son sanctuaire de Tours où est le tombeau de St Martin. Pouvoir conjuguer les deux pélerinages ne laisse personne indifférent. D'autres, les Normands et les Bretons, partent du Mont-Saint-Michel; par Nantes ou par Angers, ceux-là rejoignent le gros des pélerins à Poitiers ou à Saint-Jean-d'Angély.

 

L'autre part de Vézelay. Elle en tire une grande renommée. Ste Marie-Madeleine va protéger le pélerin au long de sa route (en 882 le moine Badilon apporta de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume à Vézelay, des reliques de Marie-Madeleine.) C'est la "route limousine", celle des pélerins venus de Champagne et de Lorraine; voire d'Allemagne. Dès le départ, elle offre une "option" : on peut, avant de prendre la route du sud-ouest, faire une excursion à Avallon et Cluny, voir Autun ou Tournus. De Vézelay, on gagne Neuvy-Saint-Sépulcre, soit par le nord, c'est-à-dire par La Charité, Bourges et Châteauroux, où l'on se repose à l'abbaye de Déols, soit par le sud, c'est-à-dire parNevers, Saint-Amand et La Châtre. Les deux cheminements de la route limousine se joignent à Neuvy-Saint-Sépulcre, d'où la plupart des pélerins gagnent Saint-Léonard-de-Nobat, Limoges, Périgueux. On prie Saint Léonard de Noblat, contemporain de Clovis, célèbre pour avoir fait libérer des prisonniers, saint Martial, évêques des Gaules, et saint Front, et l'on admire par la même occasion, les trésors de reliquaires qui font la réputation de l'émail limousin aussi bien que les extraordinaires coupoles des églises périgourdines. On fait la provision de médailles. Le Musée de Cluny conserve de ces médailles de plomb, comme celle où, sur une silhouette de château crénelé, on voit Léonard briser en levant la main les chaînes d'un prisonnier. La médaille protégera des mauvaises rencontres.

 

La troisième route vient du Puy. Elle passe par Figeac et Cahors. Elle offre la possibilité de vénérer à Conques les reliques de sainte Foy, l'une des martyres les plus renommées de la France médiévale, morte cuite sur un lit d’airain et décapitée à l’âge de douze ans, à Agen en Gaule, en 303. On peut aussi trouver à l'abbaye de Moissac l'occasion de prier et de se faire panser. Sur cette route cheminent les pélerins venus de Lyon, de Vienne et de l'au-delà, du Dauphiné comme de la comté de Bourgogne et de tout l'Empire. C'est la "route des Teutons". Elle comporte une variante par Brioude, Aurillac et Souillac. Mais le pélerin peut aussi rejoindre à Clermont la route de Tulle et de Souillac.

 

Une quatrième route ne rejoint le "Chemin" qu'au-delà des Pyrénées: c'est la "route de Saint-Gilles" qui, de Provence, atteint l'hospice d'Oloron-Sainte-Marie et le col du Somport en visitant Arles, Saint Gilles-du-Gard, Saint-Guilhem-le-Désert et Toulouse. Les pélerins venus d'Italie, voire d'Orient, l'empruntent avec les Provençaux et les languedociens. Par cette route, ils peuvent prier devant les restes de Saint Trophime, fondateur de l'église d'Arles au IIIe siècle, Saint-Gilles, moine ermite du VIIe siècle, et Saint-Sernin, martyr du IIIe siècle, mais on peut aussi flâner aux Alicamps et rêver là aux héros des chansons de geste, puis faire le détour par les Saintes-Maries-de-la-Mer.

L’apôtre Jacques est dit "le majeur" pour le distinguer d’un autre apôtre Jacques le mineur (fête le 3 mai).

 

Sources
 

(1) DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965; (2) Xavier BARRAL I ALTET, Compostelle, Le Grand chemin, Découvertes Gallimard, p. 14; (3) Jean FAVIER, Les Grandes découvertes, d'Alexandre à Magellan, Fayard, Paris 1991, p. 122; (4) Xavier BARRAL I ALTET, Compostelle, Le Grand chemin, Découvertes Gallimard, p. 19-20; (5); (6); (7); (8)

 

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24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 00:00
Sainte Christine de Rome, Vierge et Martyre († vers l'an 300)

Christine était une enfant de dix ans; cependant il ne fallut pas moins de trois tyrans successifs pour la faire mourir, car les deux premiers furent victimes de leur cruauté. Elle devait périr sous les flèches, puis attachée à une roue, puis mordue par des serpents..

Elle avait pour père un gouverneur romain, nommé Urbain, très attaché au culte des faux dieux. Christine, inspirée d'en haut, après avoir ouvert les yeux à la vraie foi, enleva toutes les idoles d'or et d'argent que son père adorait dans sa maison, les mit en pièces et les donna en aumône à de pauvres chrétiens. A cette nouvelle, la colère de son père ne connut pas de bornes; elle fut souffletée, fouettée, déchirée avec des griffes de fer et jetée dans une profonde prison.

Au milieu de ces tortures, l'héroïque enfant conservait la paix de son âme et ramassait les morceaux de sa chair pour les présenter à son père dénaturé. Le supplice de la roue et celui du feu lui furent inoffensifs. 

 

Un ange vint ensuite dans la prison de Christine guérir ses plaies. Son père tenta un dernier effort; il la fit jeter dans le lac voisin de Bolsène avec une pierre au cou, mais un Ange la conduisit saine et sauve au rivage. Ce nouveau prodige irrita tellement le père barbare, que, le lendemain, on le trouva mort dans son lit.

Un nouveau gouverneur fut l'héritier de sa cruauté; il fit coucher Christine dans un bassin d'huile bouillante mêlée de poix; mais elle fit le signe de la Croix sur elle et ne ressentit pas les atteintes de ce supplice. Après de nouvelles tortures, on la conduisit dans le temple d'Apollon; dès qu'elle y entra, l'idole se brisa en pièces, et le tyran tomba raide mort. Sur le coup, trois mille infidèles se convertirent à la vraie foi.

La courageuse martyre dut être présentée devant un troisième juge, qui eut à coeur de venger la honte et la mort de ses deux prédécesseurs. Il fit jeter la jeune martyre dans une fournaise ardente, où elle resta cinq jours sans en rien souffrir. Les bourreaux, à bout d'expédiant, la laissèrent en prison au milieu d'une quantité de vipères que ne lui firent aucun mal. On lui coupa la langue sans qu'elle perdît l'usage de la parole. Enfin, attachée à un poteau, elle fut percée de flèches.

Son tombeau fut retrouvé à Bolsena, ville italienne du sud  de la Toscane, en 1880.
 

 

PRATIQUE. Ne vous rebutez d'aucune difficulté; dites avec saint Paul: "Je puis tout en Celui qui me fortifie."

 

Sainte Christine portant des flèches et avec sa meule est accompagnée par saint Jacques. Peinture flamande vers 1490. Ancienne Pinacothèque de Munich

Sainte Christine portant des flèches et avec sa meule est accompagnée par saint Jacques. Peinture flamande vers 1490. Ancienne Pinacothèque de Munich

Sainte Christine de Rome ne doit pas être confondue avec deux autres saintes du même nom, Christine de Tyr, célébrée en Orient, et qui a été victime à 14 ans des persécutions de l’empereur Dioclétien vers 300, a subi de terribles supplices en gardant le sourire, avant d’avoir le cœur transpercé par une lance. Et Christine l’admirable, une mystique du XIIIème siècle dont les expériences sont « admirables » et incroyables bien que rapportées par un sage chroniqueur, le cardinal Jacques de Vitry.

Sources: (1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 205; (2) Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

 

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23 juillet 2016 6 23 /07 /juillet /2016 00:00
Sainte Brigitte de Suède (1302-1373), co-patronne de l'Europe


Sainte Brigitte de Suède, Veuve, Fondatrice d'Ordre, co-patronne de l'Europe

Fille de parents nobles, sainte Brigitte fut éducatrice à la cour royale de Suède, épouse, mère de famille, veuve et fondatrice d'une congrégation religieuse. Favorisée de révélations célestes, elle fut appelée à jouer un rôle éminent aussi bien auprès des papes qu'auprès des dirigeants politiques de Suède et d'Europe, comme put en faire autant Ste Catherine de Sienne (1347-1380) .


Sainte Brigitte naquit en Suède vers l'an 1302, 
dans le Roslagen à une cinquantaine de kilomètres au nord de Stockholm. Elle était fille de Birgier Magnusson, prince du sang royal de Suède. Sa mère avait été sauvée d'un naufrage en considération de l'enfant qu'elle portait dans son sein. Bien qu'à sa naissance un saint personnage eût reçu de la Sainte Vierge l'assurance que cette enfant ferait entendre sa voix dans tout l'univers, Brigitte fut muette, jusqu'à l'âge de trois ans; mais, ce temps écoulé, elle parla tout à coup aussi bien qu'une grande personne.
 

Dès son enfance, elle ne prenait plaisir qu'à des discours sérieux. La grâce agissait si puissamment dans son coeur, qu'elle n'avait d'attrait que pour les exercices de piété. A l'âge de dix ans, elle fut singulièrement touchée d'un sermon sur la Passion du Sauveur. La nuit suivante, elle vit le divin Crucifié tout couvert de plaies et de sang, et L'entendit dire: "Regarde, Ma fille, comme J'ai été traité. – Et qui Vous a traité si cruellement? dit-elle. – Ce sont ceux qui Me méprisent et sont insensibles à Mon amour pour eux." À partir de cette époque, la seule pensée des mystères de la Passion lui faisait couler ses larmes. Horrifiée par l’état physique dans lequel Il se trouvait, elle fut prise de dévotion pour les Saintes Plaies du Christ, à qui elle en demanda le nombre précis.

 

Une nuit que Brigitte était en prière, sa tante, chargée de son éducation après la mort de sa mère, la surprit et voulut la frapper; mais la verge se rompit entre ses mains. Brigitte, tout enfant, était souvent assaillie par le démon qui prévoyait en elle une grande ennemie; mais elle trouvait un secours assuré en courant dans sa chambre se jeter aux pieds du crucifix qui lui avait parlé.

Malgré son goût pour la virginité, Brigitte accepta le mariage par obéissance; elle et le prince, son mari, se préparèrent par un an de prières et de bonnes oeuvres aux obligations de leur état. Dieu donna à ces pieux époux huit enfants. Brigitte fut le modèle des mères par sa sollicitude envers sa famille; elle éloignait de sa maison tout ce qui n'y aurait pas apporté l'édification et la vertu:

 

"Après la lecture de la Bible, répétait-elle à ses enfants, n'ayez rien de plus cher que la Vie des Saints."
 


A la mort de son mari, elle s'adonna aux saintes oeuvres avec plus de liberté que jamais, apprenant à ses enfants à laver les pieds des pauvres, à soigner les plaies des malades, à soulager toutes les misères.

 

Mais la grande mission de sa vie, Brigitte l'accomplit pendant ses dernières années, qu'elle passa dans la pénitence et la contemplation de Jésus Crucifié. Ses révélations étonnantes ont fait d'elle la merveille de son siècle. Ainsi, eut-elle la vision d'un saint martyr qui lui dit: "Moi et d'autres saints, nous avons obtenu pour toi, de Dieu, la grâce d'entendre, voir et connaître les choses spirituelles, et l'Esprit de Dieu enflammera ton âme." Ce qui l'amènera à révèler la présence au purgatoire de son mari décédé peu de temps auparavant.

C'est à Rome, où elle aimait à séjourner près des tombeaux des Saints, que le Sauveur lui fit connaître l'heure de sa mort prochaine; elle rendit le dernier soupir en prononçant avec amour les dernières paroles de Jésus expirant:

 

"Mon Père, je remets mon âme entre Vos mains."


Le crucifix qui a parlé à sainte Brigitte se trouve dans la basilique Saint Paul Hors les Murs au sud de Rome.

Abside de la basilique Saint-Paul-hors-les-murs - Christ bénissant entouré de saints

Abside de la basilique Saint-Paul-hors-les-murs - Christ bénissant entouré de saints

S'agissant des Quinze oraisons attribuées à sainte Brigitte, oraisons à réciter 365 fois pendant un an, qu'elle aurait reçues par la bouche du crucifix, il faut préciser qu'il faut les prendre avec prudence compte tenu du fait qu'elles seraient fausses. En Suède, elles n'ont ainsi jamais été attribuées à sainte Brigitte et ne figurent pas dans son livre des Révélations Célestes et ne sont pas même éditées avec ce livre en supplément sinon à partir du XIXe siècle : certains esprits critiques les pensent donc apocryphes, par exemple réalisées par une religieuse brigittine du nom de Mary Oestrewyk, pourtant elles sont toujours répandues et popularisées sous le nom de Sainte Brigitte : elles ne furent très répandues qu'à partir du XVe siècle.

 

Une édition fut mise à l'Index en 1661, et elles furent condamnées par l'autorité épiscopale au XIXe siècle (Sainte Brigitte de Suède : sa vie, ses révélations et son œuvre par Madame de Flavigny) puis interdites par Rome en janvier 1954 pendant la période de "crise de l'Église" (soit quatre ans près l'interdiction faite à Henri de Lubac d'enseigner à la suite de son livre Surnaturel.)

 

« AVERTISSEMENT DU SAINT-OFFICE CONCERNANT LES RÉVÉLATIONS DE SAINTE BRIGITTE (28 janvier 1954)

 

On répand en diverses régions un opuscule traduit en plusieurs langues qui a pour titre : "Le secret du bonheur. Les quinze oraisons révélées par Notre-Seigneur à sainte Brigitte dans l'église Saint-Paul à Rome", et est édité à Nice et ailleurs. Comme cette brochure affirme que Dieu aurait fait à sainte Brigitte certaines promesses dont l'origine surnaturelle n'est nullement prouvée, les Ordinaires des lieux doivent veiller à ce que ne soit pas accordé le permis d'éditer les opuscules qui contiendraient ces promesses ». (Avertissement du Saint-Office concernant les révélations de sainte Brigitte, Acta Apostolicae Sedis, 1954, p. 64.)

 

Les Quinze oraisons furent cependant approuvées par un très grand nombre de prélats, de Papes (Urbain VI , Pie IX, le 31 mai 1862), et de religieux ("Ces Oraisons et ces Promesses ont été copiées sur un livre imprimé à Toulouse en 1740 et publié par le P. Adrien Parvilliers, de la Compagnie de Jésus, missionnaire apostolique de la Terre Sainte, avec approbation, permission et recommandation de les répandre"), de souverains (elles furent éditées sous Mary Tudor en Angleterre où elles jouèrent également un très grand rôle. The Medieval mystical tradition in England: Exeter Symposium VII : papers Edward Alexander Jone, Annette Grisé Pages 83-85), et furent manuscrites puis imprimées et enfin enregistrées et numérisées21 de siècles en siècles jusque de nos jours.

Sainte Brigitte de Suède, aux côtés de saint Benoîta été déclarée par Jean-Paul II co-patronne de l'Europe avec sainte Catherine de Sienne et sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix. (Lettre apostolique « Spes aedificandi » 02/10/1999)

Le 4 octobre 2002 à l'occasion du jubilé de sainte Brigitte de Suède, de nombreux évêques luthériens étaient présents à Rome, ainsi que la princesse Victoria de Suède et la princesse Bénédicte de Danemark

 

Le 27 octobre 2010, Benoît XVI a consacré sa catéchèse à sainte Brigitte de Suède. (Audience générale, Place Saint-Pierre, Mercredi 27 octobre 2010)

 

Le site Abbaye-saint-benoit.ch a publié une Vie de Sainte Brigitte écrite d'après les documents authentiques par une religieuse de l'Adoration perpétuelle avec approbation épiscopale (tome second, Paris Librairie Saint-JOSEPH, Libraire éditeur, 1879)


Sources

 

(1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 283; (2), (3); (4); (5); (6); (7); (8)

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour
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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 15:44

En novembre 2014, trois djihadistes "français" de l'Etat islamique appelaient les musulmans français au djihad et à attaquer la Franceselon une information rapportée par Sud-Ouest. Trois mois plus tard, le 3 février 2015, l'Etat islamique menaçait à nouveau la France dans une video rapportée par Le Figaro.

 

Ce 22 juillet 2016, les terroristes de l'Etat islamique menacent à nouveau la France dans une video où plusieurs villes françaises sont directement ciblées.

Daech l'Etat islamique cible plusieurs villes françaises

Deux djihadistes de Daech ont menacé la France dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux mercredi soir, 20 juillet. Pour la première fois, Marseille est directement visée.

 

Sur la vidéo, on voit deux terroristes francophones menacer la France de nouvelles attaques meurtrières. Ils se tiennent derrière deux hommes agenouillés, menaçant de les égorger avec un couteau.

 

"Regarde bien cette scène François Hollande, elle va bientôt arriver sur tes propres citoyens dans les rues de Paris, dans les rues de Marseille, dans les rues de Nice", dit l'un des djihadistes. (1)

 

C'est la première fois que Marseille apparaît comme une cible des terroristes.

 

Par la suite, face caméra, les djihadistes procèdent à la décapitation de deux hommes qu'ils accusent d'avoir "espionné" l'EI, un "message" pour la France, selon cette vidéo que mentionne également SITE, le centre américain de surveillance des sites jihadistes. (2)

 

La vidéo aurait été tournée en Irak, dans la province de Ninive au nord du pays, contrôlée par Daech.

 

Romain Caillet, spécialiste des questions islamistes, note sur Twitte que plusieurs villes françaises sont directement citées dans la liste des cibles, dont Marseille pour la 1ère fois.

 

Daech avait revendiqué l'attentat de Nice du 14 juillet, qui a fait 84 morts et des centaines de blessés, en affirmant que l'attaque venait "en réponse aux appels du groupe à prendre pour cible les pays faisant partie de la coalition" antijihadiste en Irak et en Syrie.

 

Sources

 

(1) Daech nomme sa prochaine cible, Sputnik news, 11:33 22.07.2016(mis à jour 11:38 22.07.2016)

(2) L'État islamique menace d'intensifier ses attaques en France et vise pour la 1ère fois Marseille, Huffingtonpost, AFP Publication: 21/07/2016 01h30 CEST Mis à jour: 21/07/2016 01h30

(3) http://www.ladepeche.fr/article/2016/07/21/2388622-daech-menace-intensifier-attaques-france-vise-premiere-fois-marseille.html

(4) http://www.ledauphine.com/france-monde/2016/07/21/daech-se-felicite-de-l-attentat-de-nice-et-menace-marseille

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