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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 00:00
Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie. Anonyme, XVIIe. Bavière

Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie. Anonyme, XVIIe. Bavière

La fête du 8 septembre est très ancienne. Si elle a été célébrée très tôt à Constantinople, l’Eglise de Jérusalem fut la première à honorer le souvenir de la Nativité de la mère de Dieu par une fête que Rome adopta sûrement vers la fin du VII siècle.

Tout est miracle dans l'histoire de la Sainte Vierge; Sa naissance ne fait point exception, et, bien que pauvre aux yeux du monde, elle apparaît aux yeux de la foi entourée des plus éclatantes merveilles.

Aussi est-ce avec raison que l'église s'écrie en ce jour: "Votre naissance, ô Marie, Mère de Dieu, a rempli tout le monde de consolation et d'allégresse, parce que le soleil de justice, Jésus-Christ, notre Dieu, est né de Vous, Lui qui nous a tirés de la malédiction où nous étions plongés et nous a comblés de bénédictions; Lui, qui, ayant ruiné l'empire de la mort, nous a introduits dans la vie éternelle."

 Cette fête, en effet, doit être une réjouissance universelle; ce n'est pas un heureux présage pour une ville ou pour un peuple, mais pour l'humanité tout entière.

Joachim et Anne, ses parents, étaient de la race de David, de laquelle devait naître le Sauveur promis au monde; mais ils étaient avancés en âge et n'avaient point d'enfants; donc nulle espérance humaine pour eux de donner naissance au rédempteur attendu. Dieu, qui aime à confondre les calculs des hommes et les prévisions naturelles, jugea autrement et renouvela pour Joachim et Anne la merveille dont l'Ancien Testament nous rapporte plusieurs exemples. Les deux vieillards reçurent l'annonce des desseins de Dieu, et au temps marqué Marie paraissait au monde. Toute pure, toute immaculée avait été sa conception, toute pure et toute privilégiée fut sa naissance.

Quelle joie ce jour-là dans la maison de Joachim! Figurons-nous combien devait être ravissante cette enfant de bénédiction, sanctifiée dès le premier instant de sa vie, et dont les facultés n'avaient pas connu un seul instant le sommeil ni l'imperfection! 

Les saints ne tarissent pas d'éloges sur la naissance de Marie: "Avant la naissance de Marie, disent-ils, le monde était enseveli dans les ténèbres du péché; avec Elle paraît l'aurore qui annonce le soleil de justice. Parfaite dès sa naissance, Marie ne fit que croître chaque jour en vertus..."

Astre toujours progressant en lumière, si beau dès son apparition, qu'il devait être éblouissant au terme de sa course! Quel bonheur pour les élus de contempler au ciel les merveilles opérées par Dieu en Marie!  En attendant, unissons-nous à l'église qui L'honore aujourd'hui sous cent titres différents dans une multitude de sanctuaires vénérés.

 

Citation

 

Extrait d’un sermon de Saint Pierre Damien, à l’occasion de la Nativité de la Vierge Marie :  

 

"Aujourd’hui est le jour que choisit Dieu pour mettre en œuvre son plan éternel de salut, car il était nécessaire que se construise la maison avant que le Roi ne descende y habiter."

 

Sources: 1, 2, 3, 4

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7 septembre 2017 4 07 /09 /septembre /2017 00:00
Sainte Reine (Régine), vierge et martyre († IIIe siècle)

Son culte est ancien. Reine fut baptisée par sa nourrice. L'acte déplut fortement au père de Reine, un puissant gaulois des environs d'Alésia, qui décida de chasser sa fille.

 

En 252, devenue une jeune gauloise de seize, Reine, faisait paître ses moutons au pied du mont Auxois, site aujourd'hui présumé de l'oppidum d'Alésia. Le gouverneur romain des Gaules, Olibrius, voulut abuser d'elle mais elle résista et refusa le mariage pour ne pas abjurer sa foi. Le nom d'Olibrius est resté dans le langage courant pour désigner un bravache, un fanfaron cruel, un "occiseur d'innocents"(Molière). Reine fut martyrisée, puis décapitée.

 

Son corps fut tranféré hors de la ville d'Alésia où l'on bâtit une basilique sur son tombeau. Parmi les miracles qu'elle accomplit, on trouve la guérison d'un enfant nommé Hériboldus guéri d'une forte fièvre, la guérison d'un homme de Réome guéri par application d'un morceau de bois du brancard de la sainte, la guérison d'un frère atteint de la maladie de la pierre et celle partielle d'un aveugle.

 

Dès le siècle suivant, son culte se développa, et est attesté depuis le Ve siècle par la découverte en 1909 du "service eucharistique" d'Alésia, un ensemble comprenant un plat et trois coupes qu'on suppose utilisés pour la célébration de l'eucharistie. Le plat porte un poisson en gravure (l’ichtus comme à Autun), et le nom de "Regina". L'ensemble daté du IVe siècle ne met plus en doute l'existence de la jeune martyre.

 

En 628, elle est vénérée à Alise-Sainte-Reine en Côte d'Or, près d'Alésia, un village qui la prit pour Patronne. Et chaque année, les habitants organiseront la représentation d'un mystère à sa mémoire et en son honneur. Cette tradition est attestée depuis 866 et perdure encore aujourd'hui. On y trouve une basilique mérovingienne ainsi qu'un monastère qui lui sont consacrés. Ce serait le plus ancien mystère célébré sans interruption en France.

 

En 1271 il fut procédé à un ré-enchâssement dans un buste reliquaire en argent aux armes de France, de Castille et de l'ancienne Bourgogne.

 

La confrérie de Sainte-Reine date de 1544, créée par les religieux de Flavigny, et, en 1644, avec la réforme des bénédictins de Saint-Maur, le pèlerinage connut un regain de vitalité et les membres de la Confrérie furent dotés par Monseigneur Louis Doni d'Attichy évêque d'Autun, de 40 jours d'indulgence en 1659. Au XVIe siècle les moines passaient la chaîne de sainte Reine autour du cou des pèlerins. Aujourd'hui cette chaîne est conservée à l'église paroissiale de Flavigny-sur-Ozerain et exposée à la vénération des pèlerins le 7 septembre jour de sa fête.

 

Ses reliques ont été conservées dans l'abbaye de Flavigny-sur-Ozerain depuis le milieu du IXe siècle. La crypte fut aménagée pour recevoir le corps de la sainte. Crypte à nef centrale flanquée d'un déambulatoire qui se prolonge à l'Est par un couloir donnant sur une rotonde du même genre que celle de l'Abbaye Saint-Germain d'Auxerre. Les reliques de la sainte furent déposées au XVIIe siècle dans une armoire derrière le maître-autel et leur expositions sur un théâtre a lieu le jour de sa fête.

 

En plus de Flavigy-sur-Ozerain et Alise-Sainte-Reine on retrouve des lieux qui lui sont consacrés à Voisines dans l'Yonne où se trouve une chapelle Sainte-Reine, datant de 1827 et construite par deux habitant à la suite de la réalisation d'un vœu fait lors d'un pèlerinage à Alise-Sainte-Reine; à Drensteinfurt en Allemagne; et à Osnabrück en Westphalie.

 

Les similitudes existant avec la vie de sainte Marguerite d'Antioche conduisent des auteurs à considérer que le récit de l'histoire de sainte Reine est apocryphe, cette tradition pouvant toutefois être le souvenir d'un fait local. (Joël Le Gall, ALESIA Ed. Errance 1990)

Sainte Reine - Diva Regina à Drensteinfurt (Allemagne)

Sainte Reine - Diva Regina à Drensteinfurt (Allemagne)

Sources: (1) Calendrier Perpétuel, Les Saints en 365 jours, Chêne Edition; (2) Wikipedia; (3) L'Evangile au Quotidien

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6 septembre 2017 3 06 /09 /septembre /2017 00:00
Bx Bertrand de Garrigues, Prieur dominicain († 1230)

Bertrand naît à Garrigues (Gard). Il entra dans l’Ordre domibicain en 1215 et fut en 1216 le premier prieur du premier couvent dominicain : Saint-Romain de Toulouse. (1)

 

Il fut l'un des premiers compagnons de saint Dominique, séduit par la sainteté et le projet de saint Dominique de convertir les cathares par la prière et l'exemple d'une vie de pauvreté. (2)

 

Il a été dit de lui qu'il était « un véritable reflet de la sainteté de son maître ». (3)

 

St Dominique l’envoya à Paris en 1217, où il fonda avec le frère Mannès le couvent Saint-Jacques (aujourd'hui rue des Tanneries, dans le XIIIème) au cœur de l'Université qui était alors la première de l'Europe chrétienne. Il fonda plusieurs autres couvents à Montpellier, à Avignon et ailleurs.

 

De retour à Toulouse en 1219, il fut nommé, en 1221, premier Provincial de Provence. Âme de grande pénitence et de singulière innocence, dans sa profonde humilité il ne cessait de pleurer abondamment sur ses péchés, au point que St Dominique, jugeant ces pleurs excessifs, lui demanda de se contenter de pleurer pour la conversion des pécheurs. Jourdain de Saxe le décrit ainsi: « Compagnon de St Dominique dans les voyages, dans la sainteté et dans la ferveur ». Beaucoup de ses attitudes reflétaient, jusque dans les traits extérieurs, le comportement de son maître Dominique qu’il s’était proposé d’imiter et qu’il avait suivi dans ses voyages. Après la mort de St Dominique, il veilla sur les sœurs de Prouille, ces anciennes cathares converties dont la prière soutenait la prédication des frères.

 

Il meurt le 18 avril 1230 au cours d'une retraite, qu'il prêchait aux cisterciennes de Bouchet, près d’Orange. Son tombeau y devint un lieu de pèlerinage. Son corps, enlevé par les Frères Prêcheurs d’Orange en 1414, fut vénéré dans leur église jusqu’en 1561, date à laquelle il fut jeté au feu lors des guerres de religion.

 

Au 18ème siècle, sa statue, placée dans l'église, était encore vénérée par les fidèles qui en avaient fait un saint.

 

Culte approuvé en 1881 par Léon XIII (Vincenzo Gioacchino Pecci, 1878-1903).

 

Sources: (1); (2); (3)

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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 00:00
Sainte Rosalie de Palerme

Rosalie (en italien Santa Rosalia) - (1130-1160) est la patronne de la ville de Palerme en Italie et de la ville de El Hatillo au Venezuela.

 

Rosalie est née en 1130 à Palerme, au sein d'une noble famille sicilienne. Elle était la fille de Sinibald, seigneur de Quisquina et de Rosa, parente de Roger II de Sicile, roi de Sicile, et descendante de la famille de Charlemagne.

 

Statue de Sainte Rosalie

      

C'était une jeune fille très pieuse. La Sainte Vierge lui apparut et lui conseilla de se retirer du monde. A l'âge de 14 ans, Rosalie, quitta le palais de son père sans avertir personne, n'emportant qu'un crucifix et des instruments de pénitence. Deux anges la conduisirent sur une montagne voisine de la ville. Dans une grotte inconnue et enveloppée de neige pendant plusieurs mois, Rosalie passa quelques années, partageant son temps entre l'oraison, la prière et la pénitence. Des racines crues faisaient sa nourriture ; l'eau du rocher lui servait de boisson. Souvent elle recevait la visite des anges, et le Sauveur lui-même venait parfois s'entretenir avec elle. On voit encore dans cette grotte une petite fontaine qu'elle creusa pour réunir les eaux qui suintaient à travers les fissures de la roche ; on voit aussi une sorte d'autel grossier et un long morceau de marbre où elle prenait son repas, un siège taillé dans le roc.

 

 Aussitôt après sa disparition, sa famille la fit rechercher dans toute la Sicile. Les anges avertirent Rosalie qu'elle serait bientôt découverte, si elle ne changeait de demeure; elle prit aussitôt son crucifix et le peu d'objets qu'elle avait avec elle et suivit ses guides célestes; ils la conduisirent sur le mont Pellegrino, où ils lui indiquèrent une grotte obscure et humide qui lui servit de retraite pendant les dix-huit dernières années de sa vie. »

 

En 1624, la peste se déclara à Palerme, et Sainte Rosalie apparut d'abord à une femme malade, puis à un chasseur auquel elle indiqua où se trouvaient ses reliques. Elle lui ordonna de transporter ses restes à Palerme et d'organiser une grande procession en les transportant dans les rues de la cité (Michel Signoli, D. Chevé, A. Pascal, Peste: entre épidemies et sociétés, p360).

Le chasseur gravit la montagne, et retrouva les restes de la sainte là où elle le lui avait dit. Il fit ce qu'elle lui avait recommandé, et dès la fin de la procession, la peste cessa. Après ce miracle, Sainte Rosalie fut vénérée comme la sainte patronne de Palerme et un sanctuaire fut érigé à l'endroit où ses restes avaient été retrouvés.

 

                 La procession de Sainte Rosalie à Palerme

 

                Grotte de sainte Rosalie 

 

Citation de Gérard de Nerval dans Les Chimères:

Sainte napolitaine aux mains pleines de feux,
Rose au cœur violet, fleur de sainte Gudule,
As-tu trouvé ta croix dans le désert des cieux ?

 

Sources : (1) ; (2); (3)

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3 septembre 2017 7 03 /09 /septembre /2017 00:00
Saint Grégoire, pape et docteur de l'Eglise (+ 604)

Né à Rome, vers 540, Grégoire était le fils d'un sénateur et le neveu d'une sainte, la vierge Tarsille. Il en occupa quelques temps la première magistrature, mais bientôt la cité, qui avait vu cet opulent patricien traverser ses rues en habits de soie, étincelants de pierreries, le vit avec bien plus d'admiration, couvert d'un grossier vêtement, servir les mendiants, mendiant lui-même, dans son palais devenu monastère et hôpital. 

 

Grégoire n'avait conservé qu'un seul reste de son ancienne splendeur, une écuelle d'argent dans laquelle sa mère lui envoyait tous les jours de pauvres légumes pour sa nourriture ; encore ne tarda-t-il pas de la donner à un pauvre marchand qui, après avoir tout perdu dans un naufrage, était venu solliciter sa charité si connue. 

  

Saint Grégoire entouré d'autres saints,

par Pierre Paul Rubens, 1608, Exposé au Musée de Grenoble

 

Grégoire se livra avec ardeur à la lecture des Livres Saints ; ses veilles, ses mortifications étaient telles, que sa santé y succomba et que sa vie fut compromise.

 

 

Saint-Gregoire-le-Grand--par-Domenico-Fetti--Palais-des-be.jpg

Saint Grégoire le Grand, par Domenico Fetti, Palais des beaux-arts de Lille.

Passant un jour sur le marché, Grégoire vit de jeunes enfants d'une ravissante beauté que l'on exposait en vente. Apprenant qu'ils étaient d'Angles, c'est-à-dire du pays, encore païen, d'Angleterre : « Dites plutôt des Anges, s'écria-t-il, s'ils n'étaient pas sous l'empire du démon. » Il alla voir le Pape, et obtint d'aller prêcher l'Évangile à ce peuple ; mais les murmures de Rome forcèrent le Pape à le retenir.

 

Le Souverain Pontife étant venu à mourir, Grégoire dut courber ses épaules sous la charge spirituelle de tout l'univers. L'un des faits remarquables de son pontificat, c'est l'évangélisation de ce peuple anglais dont il eût voulu lui-même être l'apôtre. 

 

Grégoire s'est rendu célèbre par la réforme de la liturgie et le perfectionnement du chant ecclésiastique. C'est à lui que l'on doit le nom de chants grégoriens. Depuis le concile Vatican II, l'Eglise le célèbre le 3 septembre (auparavant le 12 mars).

 

Il prêchait souvent au peuple de Rome, et lorsque la maladie lui ôtait cette consolation, il composait des sermons et des homélies qui comptent parmi les chefs-d'œuvre de ce grand docteur. Son pontificat fut l'un des plus féconds dont s'honore l'Église. Grégoire mourut le 12 mars 604. On le représente écoutant une colombe qui lui parle à l'oreille. Il est regardé comme le patron des chantres.

 

Sources : 1, 2

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2 septembre 2017 6 02 /09 /septembre /2017 00:00
Sainte Ingrid de Skänninge († 1282)
Princesse suédoise, religieuse dominicaine ( 1282), Sainte Ingrid de Skänninge était, par sa mère, petite fille du roi Knut de Suède.
 
Devenue veuve, Ingrid fit un pèlerinage aux Lieux Saints. Au retour, passant par Rome, elle obtint du pape l'autorisation de fonder un couvent de religieuses cloîtrées dans son pays, qui furent des tertiaires dominicaines (moniales de l’Ordre des Prêcheurs). Elle donna tous ses biens pour la gloire de Dieu.

 

Son frère Jean Elovson, chevalier teutonique, l'aida de son argent et le couvent fut inauguré à Skänninge en Suède en 1281. Sainte Ingrid mourut un an après, à Skänninge en Suède, l'an 1282.

 

 

Sources: (1), (2)

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1 septembre 2017 5 01 /09 /septembre /2017 00:00
Saint Gilles (ou Egide), Abbé, Ermite (640-720)

Saint Aegidius, dont le culte a été pendant plusieurs siècles fort célèbre en France et en Angleterre, était athénien de naissance, et d'une extraction noble; il vivait vers la fin du VIIe siècle. Sa science et sa piété lui attirèrent une admiration universelle. Voyant qu'il lui était impossible de mener dans sa patrie une vie retirée, il résolut de la quitter pour fuir le danger qui accompagne les applaudissements des hommes.

 

Il vint vivre en ermite en Provence. Il sera chaleureusement accueilli à Arles, puis au bord du Gardon par saint Vérédème avant de se retirer en ermite dans la Vallée Flavienne.

 

Son éducation fut brillante, comme elle devait être pour un jeune homme de race royale. On lui a attribué de remarquables ouvrages de médecine et de poésie; mais sa science était surtout celle des Saints.


Un jour qu'il se rendait à l'église, il rencontre un pauvre mendiant malade et presque nu, qui lui demande l'aumône. Ému de compassion, Gilles se dépouille de sa riche tunique et la lui donne: à peine le malheureux en est-il revêtu, qu'il se trouve en parfaite santé. Le jeune homme comprit, à ce miracle, combien l'aumône est agréable à Dieu. Peu de temps après, à la mort de ses parents, il distribua tous ses biens aux pauvres et se voua lui-même à la pauvreté, à la souffrance et à l'humilité. Mais Jésus-Christ ne Se laissa pas vaincre en générosité, et les miracles se multiplièrent tellement sous les pas du saint jeune homme, qu'il en fut effrayé lui-même et se résolut à quitter son pays et à faire voile pour l'Occident. Pendant la traversée, il calma par ses prières une effroyable tempête et débarqua bientôt à Marseille, où il guérit la fille de son hôtesse.

 

Mais il lui fallait la solitude; il la trouva dans une grotte sauvage, où, dégagé de toute préoccupation terrestre, il ne vécut que pour Dieu. Ses jours, ses nuits presque entières s'écoulaient dans une prière continuelle, dans l'adoration et la contemplation. Il jeûnait tous les jours; le lait d'une biche de la forêt, que Dieu lui envoyait, suffisait à son entretien.

Saint Gilles (ou Egide), Abbé, Ermite (640-720)


Depuis trois ans, Gilles habitait ce lieu solitaire, quand un jour Wamba, roi des Visigoths d'Espagne, vint chasser jusque dans les forêts voisines avec une suite nombreuse. La biche qui nourrissait le saint ermite, poursuivie par les chiens allait succomber; enfin, exténuée de fatigue, elle vint se jeter aux pieds de son maître. Gilles, ému jusqu'aux larmes, pria le Seigneur de protéger la vie de l'innocent animal. Une flèche, lancée par un chasseur, vint frapper la main de l'homme de Dieu et lui fit une blessure qui ne devait jamais guérir. La biche était sauvée, car le roi, plein d'admiration pour cet homme qui lui apparaissait avec l'auréole de la sainteté sur le front, donna ordre de cesser la poursuite. Il fit même, à la demande de Gilles, bâtir là un monastère.

 


Devenu abbé, Saint Gilles conseilla les plus grands, pape et rois. On raconte qu'un grand personnage (Charles Martel ou Charlemagne ?) lui avait demandé l'absolution pour un très grand péché (inceste). Alors que Saint Gilles célébrait la Messe, un ange plaça sur l'autel un parchemin où était consignée la faute. Au fur et à mesure du déroulement de l'office, les traces écrites du péché s'effacèrent sur le parchemin.

Après avoir dirigé quelques temps ce monastère, Gilles chercha de nouveau la solitude, et revint enfin terminer ses jours parmi ses chers religieux. 

Saint Gilles est représenté avec une biche, poursuivie par des chasseurs, ou tantôt en abbé bénédictin, avec la crosse. On le représente aussi en Italie avec une fleur de lys (giglio signifiant "lys" en italien). 


Sur son tombeau fut construite l'abbaye de Saint-Gilles-du-Gard
, alors port de mer, étape de pélerinage sur le chemin de Rome et de Compostelle. Gilles a toujours son tombeau dans la crypte de l'abbatiale.

Au "Moyen-Âge", le culte de Saint Gilles était très important, non seulement en Provence et dans le Languedoc mais dans la plupart des pays de la chrétienté. Il était surtout vénéré comme saint auquel on se confessait le plus volontiers, puisqu'il assurait l'absolution. 

Son culte se répandit rapidement, de nombreux pèlerins venus des pays les plus lointains (Flandres, Danemark, Hongrie, Norvège, Pologne…) s'acheminèrent vers son tombeau, invoquant saint Gilles contre la peur et le feu, pour la guérison des maladies nerveuses et pour la protection des enfants.

 

Des villes et des villages en France et à l'étranger portent son nom et plus de 2000 églises le désignèrent comme patron.

 

Patron des estropiés, on invoque saint Gilles contre le cancer, la stérilité des femmes et la folie.

Sources

  • - Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 244
    - La Bible et les Saints, Encyclopédie Tout l'Art, Flammarion, Gaston Duchet-Suchaux, Michel Pastoureau, 1994 – ISBN : 2-09-012256-8
  • - Les saints qui guérissent en Normandie, Hippolyte Gancel, Éditions Ouest France, 2006 – ISBN : 2-7373-3565-5
  • - La Légende Dorée
  • Les saints du jour; wikipedia ; la légende de Saint-Gilles détaillée (légende dorée) abbaye-saint-benoit.ch
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31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 00:00

Philosophe grec d'Athènes, converti, réputé pour son Apologie du christianisme qu'il présenta à l'empereur Hadrien vers 125 ap.J.-C., probablement lors de son passage à Athènes. Ce texte, qui demeura longtemps égaré, a été retrouvé écrit en syrien, en arménien et en grec.

C'est probablement Aristide qui présenta un texte complétant son Apologie, intitulé Epître à Diognète. Cette élégante et vibrante fabrication littéraire tentait de convaincre un païen honnête de la sottise des racontars répandus au sujet des chrétiens, ces gens qui vivaient absolument comme tout le monde, mais simplement mieux que tout le monde :

"Ils [les chrétiens] habitent les villes des Grecs et des barbares; ils se conforment, en matière d'habillement, de nourriture et de tout le quotidien, aux usages du pays, et pourtant, ils présentent je sais quoi de remarquable et d'extraordinaire. Ils jouissent de tous les droits des citoyens et sont traités partout comme des étrangers. Ils se marient, ils ont des enfants, mais ils n'exposent pas leurs nouveau-nés [Ndlr. allusion à l'usage romain autorisant un père de famille à abandonner l'un de ses enfants parce qu'il doute de sa légitimité, n'a pas de quoi le nourrir, ne veut pas d'une fille de plus ou d'un infirme. Constantin interdira cette pratique contre laquelle les chrétiens n'avaient cessé de s'élever et contre laquelle ils luttaient en recueillant ces enfants. Ce qui leur épargnait le sort habituel de ces malheureux petits : mourir sur place, parfois dévorés par les chiens ou les porcs, être ramassés par des mendiants qui les estropiaient ou des proxénètes qui les prostituaient, ou, pour les plus chanceux, être vendus comme esclaves].

... Ils [les chrétiens] mangent en commun mais ne se livrent pas à la débauche. Ils mènent dans la chair une vie non charnelle, vivant sur la terre mais le coeur au ciel. Ils obéissent aux lois établies, mais ils les surpassent par leur propre morale. Ils aiment l'humanité entière alors que tous les hommes les persécutent. Ils sont condamnés par ceux qui ne les connaissent pas; ils sont mis à mort et, par là, acquièrent l'immortalité..." (Epître à Diognète, V)

Malgré toutes les explications de Quadratus et d'Aristide,
l'empereur Hadrien ne distinguait toujours pas nettement les chrétiens des Juifs. (...) Et ceux de Jérusalem qui restaient attachés à une bonne part des anciens rites hébraïques, prêtaient spécialement à cette confusion. On expulsa donc les chrétiens hiérosalémytes (habitants de Jérusalem) de la ville, comme les Juifs, mesure que Titus, en son temps mieux informé, n'avait pas voulu prendre.

Sources :  
-
Les saints du jour
- Anne BernetLes chrétiens dans l'empire romain, des persécutions à la conversion Ier – IVe s., Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 116, 119.

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30 août 2017 3 30 /08 /août /2017 00:00

Saint Fiacre (statue du XVe siècle, église St Taurin d'Évreux)

 

Saint Fiacre, fils d'un roi d'Écosse, vivait au VIè siècle ; il fut élevé dans la science et la piété par des maîtres habiles. Jeune encore, il sentit son âme enflammée par l'amour de la solitude et le désir de ne vivre que pour Dieu. Il s'embarqua pour la France, à l'insu de son père, et se choisit, près de Meaux en Brie, un lieu retiré, dans une forêt, où l'évêque lui concéda une portion de terre, et où il bâtit un couvent (monastère du Breuil) qu'il consacra à la Sainte Vierge, à laquelle il avait voué dès son enfance, une dévotion singulière.

Vénéré en Brie depuis le haut Moyen Âge, patron des jardiniers, mais aussi saint guérisseur spécialiste du fic (hémorroïdes), des chancres et des cancers, Fiacre fut un des saints les plus populaires de France. De nombreuses églises et chapelles, non seulement en France, mais aussi en Belgique et en Rhénanie, possèdent encore une statue plus ou moins rustique de ce moine à scapulaire et capuchon, l'air grave et parfois extatique, tenant une bêche dans sa main droite et un livre dans la gauche. Une iconographie foisonnante - miniatures, gravures, images de dévotion, enseignes, médailles et méreaux…- a soutenu son culte pendant des siècles. Ce personnage pieux et secourable, proche des fidèles et qui, dans sa représentation, allie les symboles du travail et de l'oraison a manifestement séduit. Depuis le Xe siècle au moins, on célébrait traditionnellement sa fête le 30 août.

Sa sainteté ne manqua pas d'attirer en foule vers lui les pauvres et les pèlerins. 

Fiacre mangeait peu et employait presque tout le produit du travail de ses mains à la subsistance de ses pieux visiteurs. On lui amenait des possédés et des malades, et il les délivrait ou les guérissait en grand nombre. Cependant le petit terrain qu'il occupait étant devenu insuffisant pour subvenir à tant d'aumônes et à une si généreuse hospitalité, Fiacre fut obligé d'implorer de l'évêque une nouvelle concession de terre, et le prélat lui permit de prendre et d'utiliser tout ce qu'il pourrait entourer d'un fossé dans l'espace d'une journée. Chose merveilleuse, Dieu vint au secours du travailleur : la terre se fendait d'elle-même comme par enchantement, et un seul jour suffit au Saint pour entourer une étendue considérable. 

C'est sans doute à cause des travaux de jardinage dont il occupait les loisirs que lui laissaient la prière et le service de Dieu, que saint Fiacre est regardé comme le patron des jardiniers.

Tandis qu'il jouissait tranquillement des délices de la solitude, des envoyés écossais vinrent lui offrir la couronne royale, dont son frère s'était rendu indigne. Fiacre avait eu révélation de leur approche et obtint de Dieu, à force de larmes et de prière, de ne pas permettre qu'il sortît de sa chère solitude pour être exposé aux dangers des honneurs du monde. Il devint aussitôt semblable à un lépreux. Quand les ambassadeurs furent arrivés près de lui, ils ne purent voir sans horreur ce visage défiguré, et ils n'eurent plus aucun désir de le faire monter sur le trône de ses pères. Fiacre mourut dans son ermitage ; il opéra de grands miracles après sa mort.

 

Il n'y a pas lieu de mettre en doute l'existence de Fiacre. Il fallait bien quelqu'un pour fonder le monastère du Breuil et pour occuper le tombeau de son église. Par ailleurs, le nom typiquement irlandais de Fiacre est, en dehors de lui, inconnu sur le continent.

 

Fiacre, patron des jardiniers, est un saint qui a joui d’une popularité exceptionnelle en France. On compte 522 statues de ce saint, généralement représenté avec une bêche, dont 229 antérieures au XVIIe siècle (Régine Pernoud, Les Saints au Moyen Âge - La sainteté d’hier est-elle pour aujourd’hui ?, Plon, Paris, 1984, p. 367). Dans la Somme, à Esclainvillers, le patron est Saint Fiacre. L'église possède sa satue et une relique : le bras de St Fiacre, mais il n'est plus visible au village. A Nevers (Nièvre), les jardiniers du bassin maraîcher de la Baratte, ont commémoré, en 2008, le tricentenaire de leur confrérie de Saint-Fiacre Local (la plus ancienne confrérie de la ville). C'est l'association Saint-Fiacre Loire-Baratte qui perpétue la tradition locale.

 

 

Sources : 1, 2

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29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 10:15

Ou l'art de faire passer la soumission à l'idéologie du monde pour de l'"indépendance" :

En Californie, des sœurs dominicaines – les Dominican Sisters of San Rafael – se sont mises d’accord avec la directrice de leur école San Domenico à San Anselmo pour déboulonner des statues religieuses et enlever autres tableaux et icônes afin de rendre l’école plus « inclusive ». De nombreux parents se sont émus de la démarche, qui altère l’identité de cette école fondée en 1850 en tant qu’école indépendante par des religieuses dominicaines. La direction veut aujourd’hui insister sur son identité d’école indépendante.

 

[...] Un changement de taille : cette école catholique affiche désormais un énoncé de mission d’où le mot catholique est exclu, tandis que les sacrements ne sont plus proposés dans le cadre scolaire, il n’y a plus d’enseignement du catéchisme mais une initiation aux religions du monde, et aussi bien les logos que l’uniforme ont été modifiés pour paraître moins catholiques. C’est l’inclusion pour tous, sauf les catholiques !

 

[...]

 

En tout cas, les jeunes élèves dans cette école hors de prix n’y reçoivent plus la proposition de la foi ni la grâce des sacrements, puisque la préparation à la première confession et à la première communion a été définitivement abandonnée l’an dernier, après une première étape qui a consisté à enseigner le catéchisme après les heures d’école. « Peu de familles étaient intéressées. Je crois que l’an dernier, il y en avait moins de cinq », souligne Cecily Stock, la directrice. « C’était tout simplement plus intelligent de laisser les élèves se préparer à la première communion dans leurs paroisses locales avec un groupe plus important de jeunes. »

 

Le journaliste commente, admiratif : « Plutôt que d’endoctriner les enfants en théologie catholique, San Domenico assure aux élèves une instruction sur les religions du monde et la philosophie. » La directrice lui avait expliqué : « Il s’agit véritablement de rendre chaque élève autonome en lui donnant l’information afin qu’il puisse découvrir le sens de sa propre vie, sa propre vérité. Nous pensons que le meilleur moyen de comprendre sa propre foi, c’est d’être instruit sur les croyances d’autrui. »

SOURCE et suite : Reinformation.tv

"Sous le Ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver" (Actes des Apôtres 4:12) : apparemment, cette école soit-disant "dominicaine" a dû l'oublier ! L'indépendance de cette école n'est rien d'autre que la soumission à la soupe New-Age du moment.

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Publié par Ingomer - dans Religion
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29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 09:23

Par Maike Hickson, One Peter Five, le 24 août 2017

 

[...] Beaucoup de nos lecteurs pourraient être d'accord avec nous quand nous disons - en citant une fois de plus le frère André Marie ici - que ces deux groupes sont deux mauvaises solutions, dont aucune ne représente une réponse chrétienne appropriée à des défis révolutionnaires de notre époque:

 

"Comme dans le cas de beaucoup de notre discours national, la discussion entourant cet incident manque la cible. Les néo-païens "alt-droite" et les suprématistes blancs d'un côté, et les progressistes "antifa" et "Black Live Matters" de l'autre sont vraiment les deux mêmes faces de la même mauvaise pièce de monnaie: une vision de la société qui affirme les droits de l'homme (tels que perçus par les idéologies belligérantes) tout en ignorant les droits de Dieu. C'est une version américaine domestique de ce qui est arrivé au Continent pendant la Seconde guerre mondiale: les socialistes allemands et les socialistes russes tentent de diviser l'Europe, la population étant forcée de prendre le côté athée ou l'autre.

 

Des provocateurs professionnels des deux côtés de cette fausse dialectique actuelle apparaissent lors de ces événements pour faire une pièce de théâtre, pour attirer l'attention et (s'ils ont de la chance) pour frapper un rival détesté ou causer des dommages matériels insensés. Rien de bon ne pourrait effectivement être accompli, car les deux parties ont de faux principes."

 

[…]

 

Combien d'Américains savent qu'en Allemagne en ce moment, une personne qui s'oppose publiquement à l'immigration musulmane dans le pays - et qui parle publiquement de l'augmentation des crimes commis depuis 2015 par bon nombre de ces mêmes immigrants - serait accusée d'être "de droite", "Pro-nazie", ou même "non-chrétienne" ? Les filles et les femmes ne sont plus en sécurité dans les rues allemandes, mais aucun Allemand ne peut dire quelque chose contre ce développement sans loi, sans amour et barbare. Comment un homme protège-t-il sa famille en Allemagne? Ne peut-on pas trouver des parallèles avec les temps communistes en Allemagne où l'on ne pouvait pas critiquer la politique proposée de son propre gouvernement? Est-ce un accident que l'Allemagne est gouvernée - depuis 12 ans maintenant - par une femme qui avait fait sa propre carrière académique (et politique) dans la partie communiste d'Allemagne?

 

Qui, finalement, est la véritable cible de tous ces mouvements révolutionnaires à voie rapide et à voie lente, pour inclure les immigrés massifs musulmans soutenus par Soros en Europe?

 

Quels sont certains des critères aujourd'hui qui font de la personne un membre d'un 'groupe de haine' ? Ne sommes-nous pas 'contre-révolutionnaires' aujourd'hui lorsque nous nous opposons aux deux partis violents du conflit actuel, ou encore le meurtre des bébés dans le ventre de leurs mères; Ou quand nous insistons pour qu'un mariage soit entre un homme et une femme ? (Il convient de mentionner ici que récemment, le journal traditionaliste catholique, The Remnant , est déjà passé sous de telles accusations!)

 

 

[…] finalement, ces conflits qui sont en train d'être construits et exacerbés ont pour cible ultime les restes du christianisme loyal aux États-Unis. En outre, le matérialisme dialectique ("DIAMAT") - et l'idéalisme dialectique hégérien-gnostique, encore plus subtil - sont des ennemis formidables et des processus subversifs érosifs, qui également se manifestent actuellement dans l'Église catholique.

SOURCE : Les racines de la violence sont la haine de la vérité - Le néo-communisme dialectique en Amérique, Par Maike Hickson, One Peter Five, le 24 août 2017

 

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29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 00:00
Polyptyque de sainte Sabine - Antonio Vivarini - Giovanni d'Alemagna  - 1443 Venise

Polyptyque de sainte Sabine - Antonio Vivarini - Giovanni d'Alemagna - 1443 Venise

Chrétienne, Sabine est martyrisée le 29 août 126 à Vindena en Ombrie (Italie) sous le règne de l'empereur Hadrien. En son honneur, trois siècles après son martyre, une riche Romaine fit élever sur ses terres, en 425, une basilique qui existe encore de nos jours.

Dame romaine, épouse de Valentin, homme de qualité, Sabine fut instruite de la foi chrétienne par une pieuse vierge, Séraphie. Après le martyre de celle-ci, elle en recueillit les reliques pour les ensevelir avec honneur.

On l'arrêta pour ce fait, et on la fit comparaître devant le juge Elpidius.

"Êtes-vous, lui dit le juge, cette Sabine de race noble et d'illustre alliance ?

'Oui, c'est moi, répondit-elle, et je rends grâces à mon Seigneur Jésus-Christ d'avoir été délivrée de la servitude des démons, par l'intercession de Séraphie, sa servante.'"

Le préfet essaya de diverses manières de la faire changer de sentiment ; mais voyant qu'il ne pouvait l'ébranler dans sa foi, il prononça la sentence à la peine capitale pour avoir méprisé les dieux. Les chrétiens ensevelirent son corps dans le tombeau où elle-même avait enseveli Séraphie, sa maîtresse dans la foi.

Sources: (1), (2)

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour
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28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 15:19

Une légende tenace laissa entendre qu'en des temps immémoriaux nos ancêtres étaient incultes, illettrés. les pauvres : ils ne connaissaient pas encore Jules Ferry ! Qu'en est-il vraiment ? Le concile de Vaison en 529 prescrivit aux prêtres d'enseigner les Saintes Ecritures aux jeunes lecteurs destinés à leurs succéder au sein de petites écoles paroissiales et épiscopales. Ces établissements eurent pour mission de former les clercs.

 

Ce fut donc avec la christianisation de la société que ces écoles virent le jour au VIe siècle. De jeunes laïques pouvaient aussi intégrer ces écoles. Plus tard, Charlemagne, dans un capitulaire en 789, ordonna aux prêtres de créer des écoles pour apprendre à lire aux enfants. 

 

En 797, l'évêque d'Orléans, Théodulf, tiendra ces propos :

 

"Que les prêtres établissent des écoles dans les villages et les bourgs, et si quelqu'un de leurs paroissiens veut leur confier ses enfants pour leur apprendre les lettres, qu'ils ne les refusent pas et qu'ils accomplissent cette tache avec une grande charité."

 

A partir du XIe s., ces petites écoles gratuites se développaient. Les élèves pouvaient y apprendre à lire en latin à partir d'un psautier. Ils pouvaient également écrire, compter et aussi chanter.

 

Dès le XIIIe s., dans certaines villes, les filles pouvaient aller à l'école, et nul besoin d'appartenir à la noblesse pour y avoir droit. La fréquentation de ces établissements scolaires n'étaient pas obligatoire, mais vivement encouragée. Ainsi, au XIVe s., l'évêque de Mende, Guillaume VI Durand recommanda l'ouverture d'une école par village. Au XVe s., on dénombrait pas moins de 100 petites écoles répandues rien qu'à Paris. A la fin du 'Moyen Âge', même les paysans apprenaient à lire. Selon l'Eglise, pour pratiquer sa foi correctement, il fallait savoir lire.

 

Toutefois l'alphabétisation progressa difficilement par manque de temps, et d'argent pour certains. Au 'Moyen Âge', l'ascenseur social existait déjà. Jean Gerson, futur philosophe et théologien, était issu d'un milieu paysan. Sa mère, paysanne de son état, savait lire et écrire. C'est elle qui s'occupa de son éducation.

 

En dehors des écoles du cloître, les enfants pouvaient être éduqués, soit par un maître, soit par une maîtresse laïque, soit par un chapelain dans un château, ou par un professeur privé. Pour enseigner, les maîtres devaient être titulaires d'une licence obtenue à l'Université. Ils étaient rémunérés par leurs élèves. C'est pourquoi, ils devaient parfois s'adonner à la publicité. Ainsi, un maître toulousain mettra sur sa porte cette affiche publicitaire : 'Il y a un maître en cette bonne ville qui apprend à bien lire et écrire et compter. Je vous apprendrai bien, vraiment, et sans tromperie. Pauvres pour Dieu, riches pour argent, vous serez reçus.'

 

Après la petite école, plusieurs choix pouvaient s'offrir à vous. Vous pouviez apprendre un métier : l'enseignement professionnel était accessible dès douze ans. Ou alors, vous continuiez les études vous alliez au Collège. Au 'Moyen Âge', le Collège est bien souvent une fondation pieuse, ayant pour objectif de favoriser l'éducation des enfants pauvres désirant étudier à l'Université. Au Collège de Robert de Sorbon, qui fondera la Sorbonne, en est l'illustre exemple. Pour les plus capables, ils pouvaient poursuivre et aller à l'Université, comme celle de Paris, par exemple, qui fut une des plus importantes universités de l'époque médiévale.

Vie de Théodulphe en l'église éponyme de Trigny.

Vie de Théodulphe en l'église éponyme de Trigny.

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28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 15:09

Nicolas Bay (Secrétaire général du Front National) :

 

"Quand on fait comme le gouvernement qui va verser 300M€ pour l'accueil des migrants, qui achète des hôtels Formule 1 au groupe Accor pour accueillir les migrants, c'est-à-dire que ce qu'on fait pour les clandestins, ce qu'on n'a pas fait pour des SDF en France, on incite évidemment beaucoup de malheureux à venir et prendre des risques car ils se disent qu'il y a un Eldorado en France, un Eldorado Européen, et à la clef qui gagne ? Les mafias et les passeurs."

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28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 14:41

PHOENIX, Arizona, le 24 août 2017 (LifeSiteNews) - Avant que le président Trump ait explosé les médias traditionnels lors d'un événement en Arizona mardi (à Phoenix le 22 août. Ndlr.), la militante pro-vie, le Dr Alveda King, a pris la parole pour demander à Dieu un pardon pour l'avortement et l'euthanasie, entre autres péchés capitaux.

 

Les propos de King servent à rappeler clairement que l'administration Trump adopte l'approche toute opposée de son prédécesseur le Parti démocrate envers Dieu et le meurtre de l'innocent.

 

"Cher Père céleste, au nom de Jésus, par la puissance de votre Saint-Esprit, nous venons; En vous remerciant de votre amour, de votre grâce et de votre grâce; Demandant que Votre pitié tempe le jugement que nous méritons certainement", commença King.

 

"Nous prions avec un regret profond et sincère en demandant votre pardon pour nos péchés", a-t-elle ajouté.

 

"Nous avons massacré notre plus faible dans le ventre, les pauvres, les personnes âgées et les infirmes au nom des droits reproductifs et de la justice sociale. Nous avons embrassé l'inhumanité de l'humanité au nom de l'humanisme. En construisant et en détruisant des statues artificielles au nom des mémoriaux, nous avons adoré des idoles et récoltons aujourd'hui les raisins amers de la colère. Oh Seigneur, pardonne-nous."

 

Elle supplia alors l'aide de Dieu.

 

"Jetez de l'huile sur le feu de la renaissance. Aujourd'hui, nous prions pour nos dirigeants, qu'ils marchent dans vos voies; En acceptant la sagesse et le conseil divin de votre parole".

 

Le Dr King a été suivi par le révérend Franklin Graham, un opposant résolu à l'avortement et à l'ordre du jour des LGBT.

 

Dans sa prière, Graham a observé que l'Amérique est rompue spirituellement et à la dérive moralement, "suivant n'importe quelle direction souffle le vent de la culture populaire, sans tenir compte de votre Parole".

 

"Nous prions pour que vous guérissiez notre terre".

 

Le Révérend Graham a également évoqué les péchés d'orgueil de l'Amérique, l'immoralité sexuelle et la complaisance qui l'ont "paralysé", aboutissant à un pays qui semble avoir oublié la distinction entre le bien et le mal.

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28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 00:00
Saint Augustin figuré dans ses vêtements épiscopaux, tenant à la main soit un livre (il est Père de l'Eglise et Docteur), soit un coeur enflammé, éventuellement percé de flèches, symbole de sa recherche de Dieu brûlante d'amour

Saint Augustin figuré dans ses vêtements épiscopaux, tenant à la main soit un livre (il est Père de l'Eglise et Docteur), soit un coeur enflammé, éventuellement percé de flèches, symbole de sa recherche de Dieu brûlante d'amour

Saint Augustin est avant saint Thomas d'Aquin, le plus grand penseur chrétien. Il fut le marteau de toutes les hérésies de son temps, dont le manichéisme, le donatisme, le pélagianisme et à la fin de sa vie, l'arianisme. Ses innombrables ouvrages sont un des plus splendides monuments de l'intelligence humaine éclairée par la foi.

 

Il naît en 354 ap. J.-C. à Tagaste dans la province romaine de Numidie (aujourd’hui Souk-Arhas en Algérie), d’une mère chrétienne (Ste Monique) et d’un père païen. Son éducation est entièrement tournée vers l’étude et la foi chrétienne. À 16 ans, il part à Carthage pour y parfaire son éducation. Là, il délaisse la religion pour s’adonner à l’étude de la rhétorique.

Il n’a pas 20 ans lorsqu’il prend une concubine avec laquelle il a un fils.

 

Le manichéisme

 

Mani (ou Manès), avait vécu au IIIe siècle. Il était né en Perse (sans doute vers 215). Son père, semble-t-il, appartenait à la secte judéo-chrétienne des Helchassaïtes, appelés encore Alexéites, qui professaient une sorte de dualisme où le feu était le symbole de la damnation et l'eau celui du salut.

 

La doctrine de Mani était constituée comme un syncrétisme, infiniment plus large et plus subtil que ceux dont le monde gréco-romain avait fait les essais. On y pouvait repérer des éléments chrétiens, pour la plupart hérétiques, issus du judéo-christianisme de sa jeunesse et des influences marcionites qui s'exerçaient en Mésopotamie; une forte dose de gnosticisme syro-chrétien de Satornil (Saturnin) et de Cerdon, au bouddhisme ou plutôt à la tradition panindienne, à laquelle il avait emprunté la doctrine de la transmigration des âmes et un sens de la nature qui paraît ses théories d'une poésie souvent exquise, le tout prenant pour soubassement l'antique dogme dualiste iranien, tel que Zoroastre l'avait mis au net mille ans plus tôt, le dogme de l'opposition entre deux dieux également forts, et également premiers, le dieu du Bien et le dieu du Mal, entre Ormuzd et Ahriman.

 

Au sujet de la cause du mal, S. Augustin, dans ses Confessions nous dit que les manichéens "cherchaient le principe et l'origine du mal avec une malice si noire et si aveugle qu'ils aimaient mieux soutenir que votre substance divine était susceptible du mal, que d'avouer que la leur, faible et misérable, était capable de la commettre. [...] Mais je disais ensuite : 'Qui m'a créé? N'est-ce pas le Seigneur mon Dieu, qui non seulement est bon, mais la bonté même?'" (Livre VII, 3)

 

(Dans le manichéisme) La création tout entière était le lieu de ce combat, elle était un mélange inextricable de bien et de mal. L'homme lui-même était divin, lumineux par l'âme, mais par le corps, opaque et porté vers le mal. Avec Mani, tout était simple. Il fallait aider le Bien contre le Mal, c'est-à-dire écarter de soi tout ce qui était matériel et diabolique.

 

Le manichéisme apparaissait comme une sorte d'anarchisme spirituel propre à désagréger tous les principes les plus solides de l'éthique et de la vie. Dans son expansion, il rencontra partout de terribles obstacles; partout il fut récusé comme hérésie et persécuté. L'Inde après quelques mois d'essais de pénétration s'en débarrassa. Il fut également chassé de Chine. En Turquie, les Kirghiz, ces stricts musulmans éliminèrent le dualisme manichéen. (DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 402-404.)


Recherchant constamment la vérité, Augustin lit en 373 l'Hortensius de Cicéron (traité aujourd'hui perdu), qui réveille en lui l'amour du savoir. Il lit aussi la Bible mais est rebuté par une traduction médiocre et des récits pleins d'immoralité. Il se tourne vers le manichéisme, religion soit-disant rationnelle, dans laquelle il demeure neuf ans, de 374 à 383.

 

En 375, enseignant la rhétorique et l’éloquence à Carthage, où il est logé chez un ami richissime, il est un rhéteur véhément qui milite en faveur de l'hérésie manichéenne et s'enivre des prestiges du luxe et des admirations faciles. Tiraillé par l'ambition et le dégoût, plus incertain qu'il ne veut paraître, il décide d'emmener sa famille à Rome en 383. N’y trouvant pas l’emploi qu’il avait espéré, il accepte d’aller enseigner à Milan.

 

En fait, l'état d'âme d'Augustin arrivant à Milan était celui d'un homme profondément troublé et qui souffrait d'un désaccord essentiel. Il a passé trente ans. Le manichéisme, système où il avait espéré trouvé la solution des grands problèmes, l'a déçu; et depuis une pitoyable rencontre avec le héraut de la secte, l'évêque Fauste de Milève, il en est déjà secrètement détaché (premiers doutes sur la solidité des conceptions manichéennes). En surface il est heureux; professeur écouté, personnage quasi officiel, locataire d'une agréable demeure, d'un beau jardin. Au fond de lui, il sait trop qu'il piétine et patauge.

J'aimais aimer.

A l'automne 384, appuyé par ses amis manichéens, Augustin est nommé professeur de rhétorique à Milan. Il y admire la prédication de l'évêque S. Ambroise. C’est le début de sa conversion, mais il prend vite une nouvelle femme.

Poussé sans cesse par son bienheureux appétit de l'intelligence, Augustin lit Platon, Plotin, les traités néo-platoniciens qu'un ami lui prête dans les traductions latines de son compatriote, le rhéteur Victorin.

Les manichéens affirmaient que la matière avait été créée par un autre dieu, "un esprit qui n'a point été créé" par Dieu, "d'une autre nature" que celle de Dieu, et qui lui était "opposé". Cet esprit aurait "formé et produit toutes ces choses dans les plus basses parties du monde" (Confessions, Livre XXX). La matière était tenue pour vile. La rencontre d'Augustin avec le néoplatonisme lui fit d'abord connaître le paradigme de la lumière, qui descend d’en-haut pour éclairer les choses, et qui est ainsi un symbole de Dieu. C'est en lui une illumination. Il découvre la bonté fondamentale de tout être : l'Esprit existe en dehors de toute représentation ou matière (transcendance divine). Ce qui achève de balayer en lui les dernières traces manichéennes : en découvrant que toutes les choses ont en soi une transparence, elles peuvent pour ainsi dire, réfléchir la bonté de Dieu (le Bien), Augustin s’est "libéré du manichéisme dans lequel il vivait auparavant et qui le disposait à penser que le mal et le bien s’opposaient continuellement, en se confondant et en se mélangeant, sans avoir de contours précis. Comprendre que Dieu est lumière lui donna une nouvelle orientation dans l’existence, la capacité de reconnaître le mal dont il était coupable et de s’orienter vers le bien." (Cf. Lumen fidei, § 33)

 

Dans le cheminement de conversion d'Augustin, le platonisme lui fit découvrir le monde intelligible, ce qui lui permit de s'approcher du Verbe, et il s'exalte à la vision métaphysique d'un univers ordonné par lui et le manifestant :

 

"Je m'étonnais de t'aimer, mon Dieu, devait-il écrire à propos de cette période de sa vie. Toi et non plus un vain fantôme. Si je n'étais pas encore capable de jouir de Toi, j'étais emporté vers Toi, par ta beauté."

 

Par-dessus tout, dans cette jeune âme en quête, la promesse de Dieu était l'amour. Il y a dans des pages émouvantes, que le saint écrira plus tard de ses expériences juvéniles, un mot dont on ne peut exagérer la richesse et qui résume toute sa conversion : "J'aimais aimer..." Celui qui, méritera d'être dit le Docteur de l'Amour, celui dont la postérité résumera le message dans la célèbre formule: "Aime, et fais ce que tu veux!" Si l'amour de Dieu et du prochain pouvait être parfait en notre coeur, chacune de nos actions seraient d'une perfection infaillible.

 

Augustin découvre vite les limites de la métaphysique platonicienne. Du Dieu des idéalistes, il "n'est pas capable de jouir." Le mystère de l'Incarnation n'est pas loin...

 

Au printemps 385, sa mère Ste Monique le rejoint à Milan. Il commence à découvrir les beautés de la Bible. Début 386, il réfléchit sur le mystère du mal. En mai-juin, il découvre les "livres des platoniciens". Il lit ensuite les Lettres de S. Paul, consulte le théologien Simplicien, reçoit la visite de Ponticianus, qui lui fait connaître la Vie d'Antoine.

 

Il est soudainement frappé par la grâce le 15 août 386 dans le jardin de sa maison de Milan, alors qu’il explique à un de ses élèves la lutte intérieure qui le déchire. Il entend une voix d'enfant lui dire: "Tolle! Lege!" (Prends! Lis!) Il tombe sur le chapitre 13 de l'Epître aux Romains: "Ni ivresse, ni débauche, ni luxure... Revêtez au contraire le Seigneur Jésus Christ." Augustin raconte le moment de cette expérience concrète dans ses Confessions. Ce moment où se révèle le Dieu personnel de la Bible, capable de parler à l’homme, de descendre pour vivre avec lui et d’accompagner sa marche dans l’histoire, en se manifestant dans le temps de l’écoute et de la réponse. Trois ou quatre semaines plus tard, Augustin abandonne alors le monde. Il résigne ses fonctions et se retire dans un monastère à Cassiciacum, près de Milan, où il rédige ses premiers Dialogues et les Soliloques.

"Je ne sais rien, si ce n'est qu'il faut mépriser les choses fragiles et périssables, pour chercher les choses certaines et éternelles. C'est ce que je fais, puisque là se réduit toute ma science." (Augustin, Soliloques)

Augustin reçoit le baptême des mains de Saint Ambroise, à 33 ans, le jour de Pâques 387 (24 ou 25 avril), avec son fils de 14 ans, Adéodat et son ami Alypius.

Son premier soin est de dénoncer la fausse morale manichéenne et ses suspectes facilités dans le De Moribus. Puis ce furent à partir des livres de la Genèse, ses efforts pour expliciter les fondements de l'autorité. A l'automne 387, il a l'extase d'Ostie, puis c'est la mort de Monique.


En 388, il retourne en Afrique du Nord, où menant une vie monastique à Thagaste, il devient le défenseur de l’orthodoxie chrétienne, écrivant d’innombrables lettres et sermons contre les hérétiques de son temps et de nombreux traités de philosophie et de métaphysique.

 

En 391, Augustin est ordonné prêtre à Hippone (près de l'actuelle Annaba, sur la côte algérienne).
 

En 395, il est consacré évêque d’Hippone, où il passera le reste de sa vie, un règlement ecclésiastique interdisant le transfert des évêques. Il installe dans sa propre maison une petite communauté fraternelle dont l’exemple est à l’origine de la plupart des règles monastiques. 118 traités, 218 lettres, plus de 500 sermons, cette production mêlera Augustin aux grandes controverses de son temps. Rares sont les traités qui, comme l'ouvrage De la Trinité, demeurent en marge de ces débats.

 

Devenu évêque, il offre aux zélateurs de Mani des rencontres publiques où chacun des deux camps apportera ses arguments.

 

En 392, c'est la longue conférence - 48 heures de joute ! - où il écrase Fortunat sur le problème du mal; douze ans plus tard c'est celle où le savant manichéen Félix s'avoue vaincu et, sur-le-champ, se convertit.

 

En même temps, dans une suite de textes polémiques, Augustin réfute les grands ouvrages de la secte, les thèses d'Adimantus, les Fondements de Mani lui-même, le grand oeuvre que Faust de Milève vient de publier contre l'Ecriture sainte et que l'évêque d'Hippone combat en rien de moins que trente-trois livres. Et parallèlement, pour opposer la vérité à l'erreur, ce sont les grands traités sur le Libre arbitre, la Nature du bien qu'Augustin dresse comme des bastions contre les entreprises de la "peste de l'Orient".


De cette bataille sévère, le manichéisme sortit épuisé. A la mort d'Augustin dans Hippone assiégée, le 28 Août 430 à l’âge de 76 ans, la fin de l'hérésie était proche. Au bénéfice du christianisme, l'oeuvre du saint aboutit à poser des bases définitives: situant exactement les rapports entre raison et autorité, définissant le mal - dans la grande perspective paulinienne - comme ce qu'il est, un déficit, une imperfection, une carence, mais non une réalité, affirmant que tout ce qui a été créé par Dieu est bon dans son essence. Du point de vue de la civilisation, il avait contribué à écarter la menace d'une doctrine qui ruinait les fondements de la vie collective, la morale, la famille, les échanges sociaux, la discipline.

Tombe de saint-Augustin à la basilique San Pietro in Ciel d'Oro à Pavie.

Tombe de saint-Augustin à la basilique San Pietro in Ciel d'Oro à Pavie.

Le donatisme

 

Dans la lutte contre ce qu'il appelait "le parti de Donat", il s'y lança avec une véhémence et une ténacité qui devait faire de lui, depuis les années 400 jusqu'à sa mort, le véritable chef de la lutte antidonatiste. Et quand le schisme hérétique, en fin de compte, s'effondra, son véritable vainqueur.

 

Né au début du IV siècle au lendemain de la persécution de Dioclétien sous prétexte que certains évêques avaient été "traditeurs", c'est-à-dire avaient capitulé devant les agents impériaux et devaient être tenus pour indignes d'administrer les sacrements, le donatisme avait vite tourné au schisme et à l'hérésie. Au schisme, car il avait aboutit à créer une cotnre-Eglise séparée de Rome; à l'hérésie, car les théologiens de la secte avaient soutenu que seuls les saints (ceux qui n'avaient pas apostasié) font partie de l'Eglise, les pécheurs en étant complètement proscrits. Le donatisme avait trouvé maintes complicités en Afrique.

 

Dégradée par une minorité de violents, l'Eglise qui s'intitulait "des saints", s'était, depuis 80 ans, acoquinée à des bandits, des malfaiteurs de toute sorte qui livraient aux catholiques une guerre sans merci.Vers 400, l'église schismatique avait peut-être plus d'adeptes en Afrique que la véritable Eglise.

 

Pour persuader les chefs de la faction ennemie de leurs erreurs, Augustin leur propose, comme il l'a fait pour les manichéens, des discussions publiques; moins intellectuels, la plupart se dérobent. Alors, c'est par écrit qu'il les combat, multipliant livres et traités où il expose leurs assertions, puis les démonte et les pulvérise.

 

La grande conférence de Carthage où 286 évêques catholiques affrontent 279 donatistes, voit le penseur d'Hippone en venir à bout.

 

Quand finalement le gouvernement impérial ordonnera la suppression légale du donatisme et commencera à poursuivre ses adeptes, Augustin essaiera encore de rallier les schismatiques  désemparés pour les ramener à l'Eglise. Si dès lors, le parti de Donat s'effondre, pour disparaître tout à fait avant l'an 500, la plus grande part du mérite en revient à Augustin. Le schisme donatiste était sectaire; orgueilleux, il prétendait à une sainteté exclusive. S. Augustin lui opposa l'image authentique de l'Eglise: elle est miséricordieuse à tous, même aux pécheurs, et ses membres les plus chers sont les humbles de coeur. Cette apologétique, née de la bataille, a gardé jusqu'à nous son prestige inentamé.

 

Le pélagianisme

 

La lutte donatiste était à son paroxysme quand une nouvelle hérésie surgit à la quelle Augustin eut encore à faire front. Le moine breton Pélage, à Rome, sous le pontificat d'Anastase (399-401) s'était mis à dénoncer les demi-convertis qui entouraient le sanctuaire, les chrétiens nominaux que le baptême ne changeait en rien.

Etabli à Rome vers 400, Pélage développait l'idée que la transgression d'Adam n'avait affecté que lui, que tout homme naît innocent et n'a aucun besoin d'une grâce divine pour s'établir durablement dans le bien. Attaquée violemment par Augustin, cette hérésie fut condamnée au concile oecuménique d'Ephèse (431).

Le moralisme dur, intransigeant et ascétique de Pélage, connut un vif succès, d'autant qu'il prêchait d'exemple, en des milieux profondément croyants. Le moine breton fut tenu pour une sorte de prophète. Sa doctrine se résumait dans une négation de la nécessité du baptême : Pélage proclamait la toute-puissance non pas de Dieu, mais de l'homme..., qui même quand il ne veut pas le bien et ne le fait pas, peut le faire par sa seule volonté, par ses propres forces naturelles. La grâce sanctifiante qui vient de Dieu n'est plus nécessaire. Par conséquent, la Rédemption perd son sens de régénération de la mort à la vie. Un tel système ramenait la religion à un pur moralisme, niait l'utilité du sacrifice du Christ, rendait inutile toute prière. Si, seul, je puis me sauver, pourquoi prier ?

Cette déviation ne fut pas facile à discerner au début, car, par bien des traits, Pélage et les siens se présentaient en chrétiens remarquables. Dès qu'il eut été mis au courant, Augustin lui ne s'y trompa point.

 

"Avant même que je connusse les thèses de Pélage, mes livres les réfutaient", a-t-il écrit.

 

En 411, Augustin attaqua le pélagianisme et le fit d'abord condamner au concile de Carthage, le réfutant dans des traités qui deviendront célèbres sur les Mérites des pécheurs et le Baptême des enfants. Il lui oppose la vérité catholique dans ses grands ouvrages sur l'Esprit et la Lettre, la Nature et la Grâce.

 

Des longues luttes pélagiennes, l'Eglise sortit victorieuse, doctrinalement mieux armée.

 

L'idée centrale qu'Augustin développa fut l'apostrophe de saint Paul :

 

"Qu'avez-vous que vous n'ayez reçu?"

 

Grâce, bonnes oeuvres, foi même, tout n'existe que par le secours divin. Ce que nous faisons de bien, c'est Dieu qui le fait en nous. ce sera la doctrine de S. François d'Assise.

 

Telle est la doctrine augustinienne de la Grâce, qui, bien comprise, ne porte nullement atteinte à la liberté humaine, car cette liberté est d'autant plus autonome que, se détournant des illusions de la terre, elle est plus abandonnée à la miséricorde et à la Grâce.

 

Le titre que souvent on donne à Augustin est celui de Docteur de la Grâce, un titre plus qu'amplement justifié.

 

L'arianisme

 

Dans les derniers temps de sa vie, S. Augustin a encore à faire face à l'hérésie arienne, qu'il a peu connue jusqu'alors en Afrique mais qui, lors de l'invasion vandale, s'identifie pour lui au péril barbare.

 

Augustin meurt le 28 août 430 dans Hippone assiégé par les Vandales.

Ses idées


Sa pensée est très marquée par le néo-platonisme, il ne voit aucune contradiction entre le christianisme et la philosophie de Platon. Il réconcilie le concept platonicien des "idées éternelles" avec le christianisme en considérant celles-ci comme partie intégrante du Dieu éternel. Il s’oppose cependant à la théorie cyclique de Platon. Pour Augustin, l’histoire est en mouvement, depuis un commencement vers une fin.

Pour lui, le savoir est un moyen de rencontrer Dieu. L’étude de l’univers ne peut que conduire à une appréciation plus haute de la sagesse de Dieu. Mais il place la foi au-dessus : elle prime la connaissance. L’homme a le libre choix entre le bien et le mal (libre arbitre), mais pour faire le juste choix, il a besoin de l’aide divine et d’une foi forte.

 

Deux formules résument sa pensée : "Crois pour comprendre" et "Comprends pour croire." Philosophie et théologie doivent être distinguées mais associées. Toute la culture occidentale en dépend.

Tous les maîtres spirituels de l'Occident sont ses disciples et reconnaissent leur dette envers lui: Scot Erigène, Abélard, Anselme de Canterbury, S. Bernard, les Victorins, Maître Eckart et S. Thomas, son seul pair.

 

Avant lui il y avait eu des essais, des tâtonnements souvent remarquables, tels ceux d'un S. Irénée, d'un Justin, la grande oeuvre d'Origène dont l'Eglise d'Orient s'était nourrie. Saint Augustin est le véritable initiateur de l'esprit théologique en Occident. La théologie qu'il conçoit a pour but de "produire, nourrir, défendre et affirmer la loi salutaire qui mène au vrai bonheur." Même si, formellement, la théologie date du Moyen Âge, elle n'eût jamais existé sans ses pénétrantes intuitions. Toutes les grandes idées politiques aussi bien sur l'unité de l'Europe (la Chrétienté), les droits et les devoirs des gouvernants, la guerre et sa légitimité (défense contre l'agresseur, mais cette guerre même entre dans les conséquences du péché car "la paix n'appartient-elle pas au seul bonheur éternel?"), les rapports de l'Eglise et de l'Etat, les bases de la distinction des pouvoirs temporel et spirituel, toutes les conceptions sociales sur l'esclavage, l'argent, la condamnation de l'usure, le travail et bien d'autres sujets sont présentes dans leurs principes, les idées de la Cité de Dieu.

 

L'accord nécessaire entre l'Eglise et l'Etat induit aide et protection de l'Eglise par l'Etat. L'Eglise a droit à cette protection, alors que les faux cultes ne peuvent réclamer semblable faveur. La tolérance pratique d'un culte non catholique est bonne car pour l'extension du règne du Christ, S. Augustin compte plus sur le pouvoir de la vérité que sur l'appui de César. La question se posa quand face aux violences donatistes, l'Etat impérial fut amené à sévir. La tolérance a des limites si la paix sociale est troublée (aujourd'hui on dit "s'il y a trouble à l'ordre public", notion tout droit héritée de cette idée augustinienne), si la loi est insultée, des rigueurs peuvent s'imposer: concrètement, S. Augustin approuvera les mesures contre les donatistes (Giovanni Papini a fait remarquer que le donatisme annonçait par certains aspects le luthéranisme) mais jamais il ne demandera que l'on convertisse personne de force. Et cette intervention du pouvoir a des limites: S. Augustin dit formellement qu'elle ne doit jamais aller jusqu'à la peine de mort, au moins entre chrétiens, et qu'elle doit être précédée d'une recherche charitable des terrains d'entente. "La liberté de l'erreur est la pire mort de l'âme", mais la violence n'est pas bonne aux yeux de Dieu. Les bûchers du Moyen Âge se réclameront de la doctrine augustinienne du "bras séculier", mais lui ne les a jamais justifiés, même par avance.



Augustin a posé les fondements de la culture chrétienne.  Il "a formé l'intelligence de l'Europe chrétienne", écrira le Bx cardinal Newman.

Saint Augustin n'a pas fondé d'ordre mais a écrit une Règle dont s'inspirent de nombreux religieux, qualifiés d'"Augustins", comme les chanoines réguliers de Saint-Augustin, l'Ordre de Saint Augustin, les Grands Augustins, les Récollets, les Assomptionnistes, et des congrégations féminines (comme les Visitandines), très nombreuses.

Oeuvres principales

Son oeuvre est immense, il écrivait sans relâche, lettres, traités et sermons pour défendre sa conception du christianisme.

- Les Confessions racontent sa jeunesse et sa conversion. Composées vers 397-400, elles ont connu en Occident un succès immédiat, et inouï. Certes, divers penseurs avaient déjà eu l'idée de raconter par quel itinéraire ils s'étaient approchés de la vérité (S. Justin au IIe siècle; S. Hilaire dans la préface de son traité De la Trinité, au milieu du IVe siècle), mais cette trame de la quête du vrai n'avait jamais permis le surgissement d'un ouvrage d'une ampleur et d'un éclat comparable à ceux des Confessions. Saint Augustin, alors âgé de près de 45 ans, avait reçu le baptême une dizaine d'années plus tôt.

- Contre Fauste le manichéen, composé entre 398 et 404.

-De la Trinité (399-422), est avec la Somme de S. Thomas d'Aquin, un des deux môles de la spéculation chrétienne où S. Augustin appelle toutes les connaissances à l'aide, et la métaphysique et la psychologie, et l'acquis de Platon et d'Aristote, et toute l'érudition scripturaire, pour placer l'intelligence humaine en face du mystère qui passe toute intelligence.

- La Cité de Dieu (De Doctrina christiana) (13-427) est son texte fondamental, qui définit pour longtemps les exigences et les limites d’une culture chrétienne.

Cet ouvrage justifie le christianisme dans l’histoire et par l’histoire. La Cité de Dieu est la communauté universelle des vertueux, où séjournent Dieu, ses anges et tous les saints, ainsi que tous les hommes intègres sur terre. Saint Augustin oppose la Cité de Dieu à la Cité terrestre, décrit sa vision "des commencements et des fins" de ces deux cités, "les deux cours contraires suivis par la race humaine depuis ses origines, celui des fils de la chair et celui des fils de la promesse". Tout s’achève par la perfection, la glorification et l’apothéose de la cité de Dieu, qui n’est pas de ce monde.

-  De la nature et de la Grâce (415)

- De la Grâce du Christ et du péché originel

- Du Mariage et de la concupiscence (418)

- Contre Julien (théologien pélagien), Enchiridion (421-422)

- De la grâce et du libre arbitre (425)

- Du don de la persévérance (429)

- 113 traités sur tous les domaines (Sur la musique, par exemple).

- Quelque 218 lettres (correspondances avec des évêques, laïcs, ministres, empereurs).

- Près de 500 sermons et petits traités de théologie morale Sur le mensonge, Sur le jeûne, Sur le culte des morts, etc.

- Innombrables commentaires des Écritures (on a retrouvé des traces de commentaires de 42 816 versets).

- Dialogues sur la philosophie de Platon.

- Essais sur la religion romaine antique.


Citations

 

  • Par nature, l’homme n’a pas de pouvoir sur l’homme.
  • Notre coeur est inquiet tant qu’il ne trouve pas le repos en Dieu.
  • Je crois afin de comprendre.
  • [Douter], c’est croire implicitement à l’existence de la vérité et en désirer la connaissance.
  • La bonne volonté est l’oeuvre de Dieu, la mauvaise volonté est de s’éloigner de l’oeuvre de Dieu.
  •  

Sources : (1) ; (2); (3) Oeuvres complètes de saint Augustin; (4) Daniel-Rops, Histoire de l'Eglise du Christ, tome III L'Eglise des temps barbares, Librairie Arthème Fayard, Editions Bernard Grasset, Paris 1965, p. 18, 20, 29, 35-39, 41, 45, 51.

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour
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27 août 2017 7 27 /08 /août /2017 14:07

Extrait du communiqué du duc d'Anjou pour la fête de la Saint-Louis :

 

 

Chers Français,

 

En ce 25 août, fête de mon aïeul Saint Louis, premier laïc canonisé, mais aussi modèle des gouvernants ayant su concilier, par sa foi, les rigueurs du pouvoir et le respect des hommes, nous pouvons, une nouvelle fois nous interroger sur la France.

 

Quinze siècles d’histoire de la royauté, dont on s’accorde à dire qu’elle l’a fondée et formée, me donnent toute légitimité pour m’exprimer au nom de la tradition dont je suis l’héritier et montrer ce qu’elle peut encore apporter aujourd’hui et pour demain.

 

En effet, les interrogations et inquiétudes partagées sont grandes.

 

Fidèle à ma ligne de conduite je m’abstiens de toute polémique vis-à-vis de ceux qui ont en charge les affaires publiques, me plaçant résolument sur un autre plan.

 

J’observe que la France est soumise à d’importantes tensions. Certaines proviennent de l’extérieur. Elles concernent à la fois sa sécurité mise à mal par des forces hostiles qui voudraient imposer leurs pratiques archaïques par des actes aveugles et barbares au coeur même de notre société et le développement des communautarismes brisant l’unité et la solidarité, piliers constitutifs de la France.

 

Mais les tensions viennent aussi de l’intérieur quand la France ne semble plus avoir exacte conscience de ce qu’elle est. Entre des repentances sans objet et l’abandon de ses racines gréco-latines et chrétiennes, le pays est plus que dérouté et ne sait plus ni d’où il vient ni sur quoi il s’est bâti.

 

[...] Une attitude négative, voire passéiste ou nostalgique d’un passé révolu, une attitude de regret permanent et de résignation, n’aide en rien à construire l’avenir. Cela d’autant plus que la France est, désormais, insérée dans le cadre de la mondialisation. Regarder plus en arrière qu’en avant, arc boutés sur des pratiques dépassées, ne ferait que jouer en notre défaveur. Bien au contraire, les rois nous ont appris à réagir et à anticiper dans les moments où tout semblait perdu. C’est alors qu’ils ont toujours fait preuve de plus d’audace. Retrouvons donc cet esprit conquérant qui fut celui des grandes heures de l’Histoire de France et qui demeure toujours en chacun d’entre nous.

 

Il passe par un état d’esprit à retrouver. Il commence par la confiance à redonner à la jeunesse notamment en répondant mieux à ses besoins et attentes, se poursuit par l’acceptation des évolutions et enfin en sachant redonner place aux valeurs et à un certain sens de la gratuité. Or mes déplacements en France au long de l’année et les rencontres que j’y fais dans tous les milieux, me montrent que tout cela est possible même si parfois une chape de plomb semble exister pour décourager les initiatives les plus heureuses. La génération montante me paraît être celle qui porte déjà cette nouvelle approche qu’il convient donc de favoriser.

 

La jeunesse est le temps de l’initiative et de l’action créatrice. Ces dernières années, elle a montré combien elle savait s’adapter. Ainsi, elle a su maîtriser et comprendre les enjeux des nouvelles technologies avec une aisance naturelle ponctuée d’une grande sagesse en comprenant qu’un instrument n’était pas un but. Elle a su employer la technologie comme un moyen tant pour créer une nouvelle économie, une nouvelle dynamique de travail, que pour recréer des réseaux humains adaptés au nouveau rapport à l’espace et au temps et à la prise en compte de la préservation de notre environnement. Surtout elle sait ne pas être dupe sur leurs limites, afin que la technologie demeure au service de l’homme et du bien commun, et non le contraire. Entrée totalement dans le monde moderne, elle n’en veut pas être esclave. Sur ce point elle est en avance et joue son rôle d’éveilleur et d’éclaireur de notre société.

 

Cette jeunesse a montré par ailleurs tout son dynamisme, toute sa générosité, toute son exigence dans des combats de civilisation essentiels comme la défense de la vie et de l’intégrité de la personne humaine, de la conception à la mort, la défense de la famille, composée d’un père, d’une mère et de leurs enfants, comme cellule de base de toute société humaine. Les jeunes se retrouvent également dans la défense de la Foi et des valeurs de la Chrétienté, notamment en portant aide et assistance aux Chrétiens d’Orient menacés dans leur existence même par une idéologie barbare.

 

Voilà l’essentiel et les ferments de l’espérance. En effet, cette nouvelle société déroute peut-être les générations plus anciennes et sans doute, à la différence des plus jeunes, sont-ce elles qui sont le plus angoissées et désenchantées par, finalement, ce qu’elles ont laissé se créer sans le maîtriser. [...] De même qu’il faut repousser toutes les manipulations contre-nature, il convient de faire attention à ne pas créer cette société à deux vitesses que les observateurs dénoncent aussi, à juste titre. La réussite des uns ne doit pas se faire aux dépends des autres. Un pays est une aventure collective. Il ne doit pas y avoir de laissés pour compte. Ce ne serait pas conforme à la tradition française qui a toujours été le pays de l’ascenseur social. Le pouvoir a ainsi une responsabilité notamment en matière d’instruction – donner à chacun, selon ses talents, de quoi s’épanouir – et d’éducation en sachant faire de la formation non pas une matière froide et un simple acquis de connaissance, mais un des éléments de l’éthique qui permet à un jeune de devenir un adulte responsable. Tel est bien ce que ma femme et moi ressentons et que nous voulons transmettre à nos enfants. Ce supplément d’âme est nécessaire. Les décennies passées furent sans doute bien fautives sur ce point, ayant trop privilégié les aspects matériels, la consommation et les profits à court terme. Or l’homme n’est pas qu’un corps dont il faut satisfaire les besoins immédiats et à qui il faudrait octroyer toujours plus de droits, ignorant des devoirs essentiels vis-à-vis des autres et notamment des plus fragiles. Les jeunes adultes rappellent en permanence qu’il y a une nécessité à donner du sens à la vie, à retrouver de saines limites, à voir haut. Ainsi la société d’aujourd’hui et celle de demain seront réenchantées.

 

Dès lors les notions de solidarité et de bien commun doivent redevenir les moteurs de l’action politique et sociale. Le sens de cette action est celui de l’homme, de l’homme corps et âme, seule vraie mesure de l’action politique. Ce n’est pas un hasard si les deux rois les plus appréciés des Français sont Saint Louis et Henri IV. Le premier a assuré la justice dans un temps où la force primait encore trop souvent sur la justice ; le second a redonné la paix et la prospérité dont le peuple a été le premier bénéficiaire.

SOURCE et suite : Blog du Mesnil

 

Note de Christ-Roi. Ce communiqué du duc d'Anjou est important. Il dénonce "les tensions" contre la France "à l'intérieur" et "à l'extérieur", indique que l'économie doit être au service de l'homme et non l'inverse, et rappelle que la "seule mesure de l'action politique" réside dans le développement de l'"homme corps et âme". Ce "développement vraiment humain et intégral", dont parlait le pape Benoît XVI en 2009.

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27 août 2017 7 27 /08 /août /2017 13:47
Pourquoi le Prince n’habite-t-il pas en France ?

Aux célébrations liturgiques du 24 août, s’ajoute l’anniversaire de la sainte mort de Sa Majesté le Roi Henri V, couramment appelé par le titre de courtoisie qu’il prit en exil : « comte de Chambord ».

 

A cette occasion, je souhaite attirer votre attention, chers Amis, sur un point particulier pour lequel la noble et exemplaire attitude de ce Prince, qui n’a jamais sacrifié les principes de la royauté capétienne traditionnelle, demeure une forte leçon en nos temps, et nous permet de répondre aujourd’hui de manière particulièrement claire et juste à la question qui nous est tant de fois opposée, à propos de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, à la manière d’un reproche ou comme un pseudo argument contre la validité de son caractère dynaste : « Et d’abord, votre Prince, pourquoi n’habite-t-il pas en France ? »

 

Dans son journal, Monseigneur le comte de Chambord, à la date du 30 octobre 1849, note ceci : « Berryer, par un discours très adroit fait repousser à une g[ran]de majorité la proposition de rappel de nos familles ».

 

De quoi s’agit-il ?

Tout simplement de ce que l’on appelle du terme générique « lois d’exil » ; et à ce propos, il n’est pas inutile de faire ici un petit rappel historique.

 

- Loi d’exil contre la branche aînée des Bourbons (1832) :

Le 10 avril 1832, la « monarchie de juillet » promulgua une loi condamnant à un bannissement perpétuel et à la déchéance de leurs droits civils, Sa Majesté le Roi Charles X et tous les membres de la branche aînée des Bourbons.

 

- Loi d’exil contre les Orléans (1848) :

Le 26 mai 1848, la deuxième république adopte une loi qui interdit à perpétuité au roi Louis-Philippe et à sa famille l’entrée sur le territoire français ; ce texte ne leur ôte cependant pas leurs droits civils, comme cela avait été fait en 1832 pour les Princes de la branche aînée.

 

A la séance du 24 octobre 1849, le parlement de la deuxième république, où siégeaient de nombreux députés légitimistes et orléanistes, examina une proposition d’abrogation des lois d’exil de 1832 et 1848.

C’est à cette occasion que l’avocat et député légitimiste Pierre-Antoine Berryer (1790-1868) argumenta contre l’abrogation de ces lois d’exil en ces termes :

 

« [...] Dans tout gouvernement un principe doit dominer : le principe électif ou le principe héréditaire. L’un exclut l’autre. Y a-t-il un membre de cette Assemblée qui puisse croire que, sous le principe qui régit la France, il y ait un seul membre de la famille des Bourbons qui consente à rentrer en France ! [...]

« Messieurs, vous républicains, vous pouvez bien regarder les princes de la Maison de Bourbon comme de simples citoyens, comme des hommes ordinaires ; mais vous ne pouvez pas faire qu’il restent eux-mêmes fidèles à leur principe.

« Les révolutions peuvent bien déshériter l’avenir, elles n’ont pas la puissance d’anéantir le passé. Vous ne pouvez pas faire que la Maison de Bourbon ne soit pas la plus ancienne et la plus illustre représentation du principe héréditaire, et qu’elle ne s’honore d’avoir régné tant de siècles sur cette grande nation qu’on appelle la France » (cité dans « Henri, comte de Chambord – Journal (1846 – 1883) Carnets inédits ». Ed. François-Xavier de Guibert 2009 p. 133 note 106).

 

Dans son diaire, à la date du 30 octobre (puisque les journaux de France qu’il lit avec attention mettent quelques jours pour lui parvenir à Frosdhorf ou à Venise, ses principaux lieux de résidence à l’époque), Monseigneur le comte de Chambord montre donc qu’il est au courant du débat qui a eu lieu à la chambre des députés 6 jours plus tôt ; il note la teneur de l’intervention de Berryer, et… il ne la blâme pas ni ne la regrette.

 

Au contraire.

En effet, sur le fond, Henri V est en plein accord avec l’argumentation de Berryer : puisque la France renie les principes incarnés par l’aîné des Capétiens, il est préférable que l’aîné des Capétiens soit officiellement exilé.

La cohabitation des principes de la révolution et des principes de la monarchie traditionnelle incarnés par le Prince est impossible.

 

Pourtant, à première vue, beaucoup de royalistes seraient enclins à penser que l’abrogation de ces lois d’exil est une bonne chose, et qu’un prince français – surtout s’il veut reprendre la place qui est la sienne à la tête du Royaume – , se devrait de résider en France plutôt que de demeurer dans un exil qui le tient éloigné de ses fidèles sujets et de ceux qui, en France, se battent pour lui dans la sphère politique.

Or, vraiment, il n’en est rien !

Au contraire, une présence continue de l’aîné des Capétiens sur le territoire français dans le temps où les pseudo institutions qui régissent la France sont l’exacte négation des principes de la royauté traditionnelle qu’incarne le Prince, se révèlerait à la longue plus néfaste et plus destructrice que l’exil.

 

En juin 1871, sur proposition de Monsieur Alfred Giraud, député de la Vendée, les deux lois d’exil de 1832 et 1848 furent abrogées.

Cela permit aux princes Henri d’Orléans, « duc d’Aumale », et François-Ferdinand d’Orléans, « prince de Joinville », tous deux fils de Louis-Philippe, de siéger à la chambre des députés.

Toutefois, Monseigneur le comte de Chambord, s’il fit un rapide et très discret voyage en France, ne revint pas s’y installer.

Pourquoi ?

Parce que l’aîné des Capétiens, successeur légitime de tous nos Rois, depuis Clovis jusqu’à Charles X, ne peut résider durablement en France qu’en étant officiellement le Roi de France, dans un Royaume de France pleinement restauré en toutes ses traditions.

 

Le 26 juin 1886, la troisième république adopta une nouvelle loi d’exil à l’encontre de tous les chefs des familles royales et impériales ayant régné en France, et à l’encontre de leurs fils aînés. Cette même loi interdisait à tous les hommes de ces familles de servir dans l’armée française.

Cette loi du 26 juin 1886 fut abrogée par la loi du 24 juin 1950 sur proposition du député MRP du Morbihan Paul Hutin-Desgrées, fondateur de Ouest-France.

 

Aux termes des lois républicaines actuelles, rien ne s’oppose donc à ce que Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, et sa famille s’installent en France, ainsi que l’ont d’ailleurs fait les princes de la maison d’Orléans depuis 1950.

Cependant, même s’il vient fréquemment en France, à l’occasion de commémorations ou de visites officielles, ou pour des réunions de travail avec ses collaborateurs français, Monseigneur le Prince Louis, tout comme feu son père Monseigneur le Prince Alphonse, et comme son grand’père avant eux, tout en affirmant de manière claire et ferme ses droits à la Couronne de France, s’en tient aussi fidèlement à la ligne directrice initiée par Monseigneur le comte de Chambord.

 

De fait, si l’aîné des Capétiens, Roi de droit, choisissait de résider en permanence en France avec sa famille, cela signifierait par le fait même qu’il consentirait à devenir un « citoyen de la république » et à se soumettre dans la vie quotidienne à toutes les lois de la république.

Or, si le Prince Louis, son épouse et ses enfants, possèdent la nationalité française (quoi que prétendent un certain nombres d’ignorants), il leur est, par principe, impossible de vivre dans une sujétion continue au régime républicain.

Il est, au contraire, de leur devoir le plus strict de continuer à montrer que, même si l’exil ne leur est pas à proprement parler imposé par la loi, il leur est cependant imposé par les faits : il ne peut y avoir de cohabitation entre les principes de la royauté traditionnelle incarnés par le Prince, et les faux principes de la république maçonnique.

 

Certains diront : mais les princes de la maison d’Orléans vivent bien en France, eux !

Mais c’est que, justement, les princes de la maison d’Orléans n’incarnent en rien les principes de la royauté traditionnelle !

Les princes de la maison d’Orléans sont sans doute les successeurs de Louis-Philippe, ils ne sont cependant en aucune manière les successeurs légitimes de Charles X et de tous les Rois de France qui avaient précédé.

Les princes de la maison d’Orléans tiennent pour une forme de royauté qui n’est pas la monarchie traditionnelle, mais une royauté constitutionnelle qui a intégré une bonne partie des faux principes de la révolution. Il n’y a donc aucun antagonisme avec les pseudo principes de l’actuelle république et les idées des princes de la maison d’Orléans concernant le gouvernement. D’ailleurs on connaît leurs liens « traditionnels » avec la maçonnerie, depuis « Philippe Egalité » jusqu’à nos jours.

 

Par ailleurs, les faits corroborent la justesse de l’attitude maintenue par Monseigneur le comte de Chambord et par tous les princes de la branche aînée jusqu’à nos jours.

En effet, lors de ses déplacements en France, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, lorsqu’il est reçu par les autorités républicaines, est malgré tout toujours reçu en tant qu’aîné des Capétiens, descendant direct de Hugues Capet, de Saint Louis, d’Henri IV et de Louis XIV ; et les représentants de la république eux-mêmes, quand ils s’adressent à lui, l’appelent : « Monseigneur ».

S’il vivait ordinairement en France et y exerçait sa profession, nous verrions bientôt ce « Monseigneur » remplacé par un ordinaire « Monsieur », utilisé dans la vie courante.

C’est ce qui est arrivé à Sa Majesté le Roi Siméon II des Bulgares : roi à 6 ans, en 1943, il fut exilé de son pays en 1946. Lorsque, au terme de 50 années d’exil, il revint dans son pays en 1996, il y fut accueilli et acclamé en souverain, bien que le pays soit officiellement une république : les hommes politiques et les membres du gouvernement le saluaient en l’appelant « Sire ». Mais à partir du moment où le Roi Siméon II décida de s’installer de manière stable en Bulgarie et de s’engager dans la vie politique de son pays, jusqu’à devenir premier ministre de la république bulgare (!), il fut dès lors officiellement appelé « Monsieur ».

 

Nous ne pouvons souhaiter cela pour l’actuel aîné des Capétiens, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, et nous lui savons un gré infini de maintenir, envers et contre tout, et malgré les pressions de certains royalistes opportunistes qui tablent sur des combinaisons politiques très humaines et sur pas mal de compromissions avec les idées de la révolution, les principes pérennes qu’ont toujours incarnés les Princes de la branche aînée des Bourbons depuis Monseigneur le comte de Chambord, de jure Sa Majesté le Roi Henri V.

 

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

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27 août 2017 7 27 /08 /août /2017 00:00

A l'heure où sont trop oubliés les devoirs de la jeune fille, de l'épouse et de la mère chrétiennes, il est utile de rappeler les vertus de cette admirable femme. Ce que nous en savons nous vient de la meilleure des sources, son fils Augustin.

Monique naquit à Tagaste, en Afrique, l'an 332. Grâce aux soins de parents chrétiens, elle eut une enfance pure et pieuse, sous la surveillance sévère d'une vieille et dévouée servante. Encore toute petite, elle aimait aller à l'église pour y prier, elle cherchait la solitude et le recueillement; parfois elle se levait même la nuit et récitait des prières. Son coeur s'ouvrait à l'amour des pauvres et des malades, elle les visitait, les soignait et leur portait les restes de la table de famille; elle lavait les pieds aux pauvres et aux voyageurs. Toute sa personne reflétait la modestie, la douceur et la paix. A toutes ces grâces et à toutes ces vertus, on aurait pu prévoir que Dieu la réservait à de grandes choses.

Dieu, qui a ses vues mystérieuses, permit cependant qu'elle fût donnée en mariage, à l'âge de vingt-deux ans, à un jeune homme de noble famille, mais païen, violent, brutal et libertin, presque deux fois plus âgé qu'elle, et dont elle eut beaucoup à souffrir, ainsi que de sa belle-mère.

Dans cette situation difficile, Monique fut un modèle de patience et de douceur; sans se plaindre jamais, elle versait en secret les larmes amères où se trempait sa vertu. C'est par ces beaux exemples qu'elle conquit le coeur de Patrice, son époux, et lui obtint une mort chrétienne, c'est ainsi qu'elle mérita aussi de devenir la mère du grand saint Augustin.

Monique, restée veuve, prit un nouvel essor vers Dieu. Vingt ans elle pria sur les débordements d'Augustin, sans perdre courage et espoir. Un évêque d'Afrique, témoin de sa douleur, lui avait dit: "Courage, il est impossible que le fils de tant de larmes périsse!" Dieu, en effet, la récompensa même au-delà de ses désirs, en faisant d'Augustin, par un miracle de grâce, l'une des plus grandes lumières de l'Église et l'un de ses plus grands Saints.

Monique, après avoir suivi Augustin en Italie, tomba malade à Ostie, au moment de s'embarquer pour l'Afrique, et mourut à l'âge de cinquante-six ans. Augustin pleura longtemps cette mère de son corps et de son âme. Le corps de sainte Monique a été transporté à Rome dans l'église de Saint-Augustin, en 1430. Cette femme illustre a été choisie comme patronne des mères chrétiennes. 
Elle est invoquée pour favoriser le bon déroulement d'un accouchement et est la protectrice des mères et des veuves.

Les fouilles du XIXe siècle à Ostie ont retrouvé la plaque de marbre commémorative de Monique.

 

Sources: (1); (2)

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25 août 2017 5 25 /08 /août /2017 00:00

              SAINT LOUIS


              Louis IX


              Roi de France

             

              (1214-1270)

 

 

Fils du roi de France Louis VIII le Lion et de la reine Blanche de Castille, Louis naît au château de Poissy, le 25 avril 1214. ... quelques semaines avant la grande victoire des troupes françaises sur celles du Saint-Empire et de l'Angleterre à Bouvines.

 

Louis IX a frappé ses contemporains par son sens de la justice, sa profonde piété et sa grande charité envers les pauvres ; sa vertu le faisait regarder comme l'arbitre des princes d'Europe.

Il fut baptisé à Poissy, et en conserva toujours religieusement le souvenir, car plus tard il signait ordinairement Louis de Poissy, marquant par là qu'il estimait la grâce du baptême comme son plus glorieux titre de noblesse. Sa mère, Blanche de Castille, voulut le nourrir elle-même. Tout le monde connaît la belle parole de cette grande reine : « Mon fils, je vous aime après Dieu plus que toutes choses; cependant, sachez-le bien, j'aimerais mieux vous voir mort que coupable d'un seul péché mortel. »

Neuvième des capétiens directs, Louis est sacré à Reims à l'âge de douze ans, quelques jours seulement après l'enterrement de son père.

Le jeune Louis montra dès son enfance les grandes vertus qu'il devait faire éclater sur le trône, l'égalité d'âme, l'amour de la justice et une tendre piété. Comme on lui reprochait quelques fois de donner trop de temps aux pieux exercices: "Les hommes sont étranges, disait-il; on me fait un crime de mon assiduité à la prière, et on ne dirait rien si j'employais des heures plus longues à jouer aux jeux de hasard, à courir les bêtes fauves, à chasser aux oiseaux."

Devenu roi, il voulut établir avant tout le règne de Dieu, auquel sont indéfectiblement liés le Roi et la France. Il s'appliqua plus que jamais à faire de la France un royaume puissant et chrétien. On connaît sa loi condamnant les blasphémateurs à subir aux lèvres la marque d'un fer rougi au feu.

 


Un des plus beaux jours de sa vie fut celui où il alla au-devant des religieux qui apportaient d'Orient la sainte Couronne d'épines, et la porta, pieds nus, dans sa capitale.

Saint-Louis fonda des hôpitaux et des monastères. Il réalisa son grand projet : construire la Sainte-Chapelle comme une châsse de lumière et de vitraux destinée à recueillir les saintes reliques, surtout la Couronne d'épines. Il donna à sa soeur, la bienheureuse Isabelle de France, le terrain de Longchamp pour y fonder une abbaye de religieuses de Sainte-Claire. « Si je dépense beaucoup d’argent quelquefois, j’aime mieux le faire en aumônes faites pour l’amour de Dieu que pour frivolités et choses mondaines. Dieu m’a tout donné ce que j’ai. Ce que je dépense ainsi est bien dépensé. » (Saint Louis au sire de Joinville )

A vingt ans, il épousa Marguerite de Provence et leur amour sera tendre et fidèle. Saint Louis fut aussi un modèle du pur amour conjugal; il avait fait graver sur son anneau cette devise: "Dieu, France et Marguerite."

A la suite d'une maladie mortelle, guéri miraculeusement, Louis obéit à une inspiration du Ciel qui l'appelait aux Croisades. Quand il partit pour délivrer la Terre Sainte en 1248, il s'embarqua avec elle. On le vit, dans ces luttes gigantesques, qui avaient pour but la libération des Lieux Saints, faire des actes de bravoure qui le mettaient au rang des plus illustres guerriers. On se tromperait en croyant que le bon et pieux roi n'eût pas toute la noble fierté qui convenait à son rang.
Les Sarrasins, qui le retinrent longtemps captif, après une désastreuse campagne, eurent lieu d'admirer sa grandeur d'âme, sa foi et son courage. Lui demandant de fixer le prix de sa rançon pour sa libération, il leur répondit de s'enquérir auprès de sa femme (Marguerite de Provence) qui seule décidait de l'engagement des dépenses ! L'épisode est narré par Joinville, il est ainsi rapporté par Régine Pernoud :
"Quand ils virent (les 'Sarrasins'), qu'ils ne pourraient vaincre le bon roi par les menaces, ils revinrent à lui et lui demandèrent combien il voudrait donner d'argent au sultan et avec cela, s'il leur rendrait Damiette. Et le roi leur répondit que, si le sultan voulait prendre de lui une somme raisonnable de deniers, il manderait à la reine qu'elle les payât pour leur délivrance; et ils dirent : 'Comment est-ce que vous ne voulez pas dire que vous ferez ces choses ?' (Pourquoi ne voulez-vous pas vous y engager vous-même ?) Et le roi répondit qu'il ne savait si la reine le voudrait faire, pour ce qu'elle était sa Dame".
Une fois libéré et rentré dans son royaume, il y entreprit de grandes réformes en particulier l'interdiction du duel judiciaire.

Son royaume connut une période de plein développement culturel, intellectuel et théologique. Saint Louis aimait recevoir à sa table saint Bonaventure et saint Thomas d'Aquin. Avec Robert de Sorbon, il fonda la Sorbonne (1257). Il suivit avec attention l'achèvement de la cathédrale Notre-Dame et surtout les grandes rosaces (1255) et les porches.

Son plus grand souci fut de pacifier, de réconcilier les ennemis et d'éteindre les conflits, en particulier entre la France et l'Angleterre (1258).
Mais il rêvait de retourner en Terre Sainte, et de convertir le sultan d'Egypte. Il n'ira pas plus loin que Carthage, l'actuelle Tunis. La maladie eut raison de lui, c'était le 25 août 1270.
 
Sources: (1) Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950; (2) Nominis; (3) Régine Pernoud, Les femmes au temps des croisades, Editions Stock Le Livre de Poche, Paris 1990, p. 230.

Saint-Louis ChateaucurzayPrière de St Louis

 

Dieu Tout-Puissant et éternel,

 

Qui avez établi l'empire des Francs pour être dans le monde

 

L'instrument de vos divines volontés,

 

Le glaive et le bouclier de votre sainte Eglise,

 

Nous vous en prions, prévenez toujours et partout de votre céleste lumière,

 

Les fils suppliants des Francs,

 

Afin qu'ils voient ce qu'il faut faire pour réaliser votre règne en ce monde,

 

Et que pour accomplir ce qu'ils ont vu,

 

Ils soient remplis de charité, de force et de persévérance,

 

Par Jésus-Christ Notre-Seigneur.

 

Amen

 

 

Oraison tirée d'un missel Carolingien,

 

Prière favorite du Père de Foucauld,

 

Prière officielle des scouts de France.

 

--------

Le testament de Saint-Louis


Source : http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=314675
 

Beau Fils, la première chose que je t’enseigne est que tu mettes tout ton cœur à aimer Dieu. Car sans cela nul ne peut se sauver.

Garde-toi de faire chose qui à Dieu déplaise, c’est-à-dire mortel péché. Tu devrais même souffrir toutes manières de tourment plutôt que de pécher mortellement.

Si Dieu t’envoie adversité, souffre-la en bonne grâce et en bonne patience, et rends-Lui en grâce et pense que tu l’as bien desservi et qu’il tournera tout à ton profit.

S’il te donne prospérité, L’en remercie humblement, en sorte que tu n’en sois pas pire ou par orgueil ou par autre manière, de ce dont tu dois mieux valoir. Car l’on ne doit pas Dieu de ses dons guerroyer.

Confesse-toi souvent, et élis confesseurs prud’hommes qui te sachent enseigner ce que tu dois faire et de quoi tu dois te garder…

Le service de Sainte Eglise écoute dévotement sans bourder et rire, regarder çà et là ; mais prie Dieu de bouche et de cœur en pensant à Lui dévotement et spécialement à la Messe à l’heure que la Consécration est faite.

Le cœur aie doux et pitoyable aux pauvres et à ceux qui souffrent de cœur et de corps, et les conforte et leur aide selon ce que tu pourras.

Maintiens les bonnes coutumes du royaume et les mauvaises abaisse.

Ne convoite pas sur ton peuple, ne le charge pas d'impôts ni de taille, et si ce n’est par trop grand besoin.

Si tu as quelque affliction de cœur, dis-la aussitôt à ton confesseur ou à quelque prud’homme. Ainsi tu la porteras plus légèrement.

Gardes que tu aies en ta compagnie tous prud’hommes, soit religieux, soit séculiers ; aie souvent parlement avec eux et fuis la compagnie des mauvais.

Et écoute volontiers les semons ou publics ou privés ; et recherche volontiers prières et pardons.

Aime tout bien et hais tout mal en quoi que ce soit.

Nul ne soit si hardi qu’il dise devant toi parole qui attire ou pousse à pécher, ou qu’il médise par détraction.

Ne souffre que l’on dise devant toi nulle vilenie de Dieu ni de ses saints, que tu n’en fasses tantôt vengeance.

Rends souvent grâces à Dieu de tous les biens qu’Il t’a faits, afin que tu sois digne d’en plus avoir.

Pour justice et droiture garder, sois raide et loyal envers tes sujets, sans tourner ni à droite ni à gauche, mais toujours droit.

Et si un pauvre a querelle contre un riche, soutiens le pauvre plus que le riche jusques à temps que la vérité soit éclaircie.

Si quelqu’un a querelle contre toi, sois toujours pour lui et contre toi jusque l’on sache la vérité. Car ainsi jugeront les conseillers plus hardiment selon droiture et selon vérité.

Si tu retiens rien d’autrui, ou par toi ou par tes devanciers, si c’est chose certaine, rends sans tarder. Si c’est chose douteuse, fais enquérir par sages hommes en hâte et diligemment.

À cela tu dois mettre toute ton attention que tes gens et tes sujets vivent en paix et en droiture sous toi, mêmement les bonnes villes et les bonnes cités de ton royaume ; et les garde en l’état et en la franchise où tes devanciers les ont gardées. Et s’il y a choses à amender, amende-les et les redresse, et les tiens en faveur et amour.

Car par la force et la richesse de tes bonnes villes, les particuliers et étrangers redouteront de se mal conduire envers toi, spécialement les pairs et les barons. Il me souvient de Paris et des bonnes villes de mon royaume, qui m’aidèrent contre les barons quand je fus nouvellement couronné.

Honore et aime particulièrement les religieux et toutes personnes de sainte Eglise.

L’on raconte du roi Philippe, mon aïeul, qu’une fois un de ses conseillers lui dit que la sainte Eglise lui faisait grands torts et forfaits, en ce que les clercs lui ôtaient de son droit et empiétaient sur sa justice ; que c’était grande merveille qu’il le souffrît. Et le bon roi répondit qu’il le croyait bien. Mais quand il regardait les bontés et les courtoisies que Dieu lui avaient faites, il aimait mieux laisser son droit aller que susciter contestation ou scandale à la Sainte Eglise.

À ton père et à ta mère tu dois honneur et révérence porter, et garder leurs commandements.

Aime tes frères et veuille toujours leur bien et leur avancement, et tiens leur lieu de père pour les enseigner sur tout bien. Garde-toi que, par amour pour eux, tu te détournes de faire droit et que tu ne fasses à autrui chose que tu ne dois.

Donne les bénéfices de sainte Eglise à personnes bonnes et dignes, et sur le conseil de prud’hommes. Et donne à ceux qui n’ont rien de sainte Eglise.

Garde-toi d’exciter guerre sans très grande délibération et surtout contre tout homme chrétien. S’il faut la faire, garde sainte Eglise et ceux qui n’ont en rien méfait, de tout dommage.

Apaise au plus tôt que tu pourras guerres et conflits soit tiens, soit de tes sujets comme Saint Martin faisait ; car, au temps que par Notre Seigneur il savait qu’il devait mourir, il alla pour mettre la paix entre les clercs de son archevêché ; et lui fut avis que, ce faisant, il faisait bonne fin.

Sois diligent d’avoir bons prévôts et bons baillis et enquiers souvent d’eux et de ceux de ta maison, comme ils se conduisent.

Cher Fils, je t’enseigne que tu sois toujours dévot à l’Eglise de Rome et au souverain pontife, notre père, et que tu lui portes révérence et honneur comme tu dois à ton père spirituel. Travaille-toi à empêcher tout péché et principalement vilain sermon et fais détruire les hérésies suivant ton pouvoir.

Encore je te requiers que tu reconnaisses les bienfaits de Notre-Seigneur et que tu lui rendes grâces et merci.

Prends garde que les dépenses de ton hôtel soient raisonnables et mesurées.

Enfin, doux fils, je te conjure et requiers que, si je meurs avant toi, tu fasses secourir mon âme en messes et oraisons, par tout le royaume de France, et que tu m’accordes une part spéciale et plénière dans tout le bien que tu feras.

En dernier, cher fils, je te donne toutes bénédictions que bon père et pieux peut donner à son fils, et que benoîte Trinité et tous les saints te gardent et te défendent de tout mal ; et que Dieu te donne sa grâce de faire sa volonté toujours, de sorte qu’il soit honoré par toi.

Et que nous puissions après cette mortelle vie être ensemble avec Lui et Le louer sans fin.

Amen.


--------

Litanies de Saint-Louis

Source : Prières aux saints du Tiers-Ordre

DEVOTION A SAINT LOUIS IX, ROI DE FRANCE, PATRON DES ARMEES FRANCAISES ET DU TIERS-ORDRE DE LA PENITENCE

Seigneur, ayez pitié de nous 
(bis)
Jésus-Christ, ayez pitié de nous
''
Seigneur, ayez pitié de nous
Jésus-Christ, écoutez-nous
Jésus-Christ, exaucez-nous.
Père céleste, qui êtes Dieu,
ayez pitié de nous
Fils rédempteur du monde, qui êtes Dieu,
''
Esprit-Saint, qui êtes Dieu,
Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu,
Sainte Marie, conçue sans péché,
priez pour nous
Sainte Mère de Dieu,                           
''
Sainte Vierge des Vierges;
Saint Louis, prince admirable,
priez pour nous
Saint Louis, lis de pureté,               ''
Saint Louis, exemple d'humilité,
Saint Louis, image de vertu,
Saint Louis, prodige de pénitence,
Saint Louis, flamme d'amour et d'oraison,
Saint Louis, lampe ardente et brillante,
Saint Louis, vase d'élection,
Saint Louis, vase insigne de religion,
Saint Louis, miroir de la perfection chrétienne,
Saint Louis, très dévot à notre Père saint François,
Saint Louis, contempteur du monde et de ses honneurs,
Saint Louis, plein de zèle pour la maison de Dieu,
Saint Louis, tendre père des pauvres,
Saint Louis, remède des malades,
Saint Louis, appui de la veuve et de l'orphelin,
Saint Louis, juge béni des peuples,
Saint Louis, rédempteur des captifs,
Saint Louis, prédicateur des infidèles,
Saint Louis, deux fois victime pour les Lieux saints,
Saint Louis, terrible dans les combats,
Saint Louis, puissant dans les fers,
Saint Louis, gardien de la France,
Saint Louis, modèle des rois,
Saint Louis, digne de la couronne des rois sur la terre,
Saint Louis, plus digne de la couronne des saints dans le ciel,
Saint Louis, saint patron des armées françaises,
Saint Louis, protecteur des armées françaises,
Saint Louis, protecteur du Tiers-Ordre séraphique ,
priez pour nous

Agneau de Dieu, qui efffacez les péchés du monde,
pardonnez-nous, Seigneur
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde,
exaucez-nous, Seigneur
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur

Priez pour nous, glorieux saint Louis
Afin que nous devenions dignes des promesses de N.-.S.J.-C.


Oraison

Ô Dieu, qui avez transféré votre confesseur saint Louis d'un royaume terrestre à la gloire céleste, rendez-nous, par ses mérites et son intercession, participants du bonheur du Roi des rois, Jésus-Christ. Qui vit et règne...

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24 août 2017 4 24 /08 /août /2017 17:21

Philippe de Villiers, ancien Secrétaire d'Etat français à la Culture et député, revient sur les propositions du pape François sur les migrants, publiées lundi 21 août. Il s’inquiète d’une rupture conceptuelle dans le discours de l’Église et d’un message favorisant le déracinement et le mondialisme.

"On dirait qu’il veut punir l’Europe dont il ne parle jamais des racines chrétiennes. Chez Jean-Paul II, Benoit XVI et ses prédécesseurs, il existe une « théologie des nations ». Elle repose sur le quatrième commandement : « Tu honoreras ton père et ta mère ». Ce commandement implique de rendre un culte à ses parents et à ses ascendants et donc à sa patrie. Cela implique un amour de prédilection à laquelle la nation appartient car elle constitue une famille de familles."

"Dans son point 21, le pape prône le refus de l’assimilation. Concrètement, cela porte le risque de l’islamisation de l’Europe avec le voile, le halal, etc. Les chrétiens d’Orient nous ont avertis : « regardez ce qui nous arrive car demain il vous arrivera la même chose. »"

"Dans son catéchisme, l’Église a toujours défendu le droit du migrant de migrer en cas de nécessité, mais aussi le droit légitime des États à limiter les flux migratoires (Article 2241 du Catéchisme de l'Eglise catholique. Ndlr.). C’est ce balancement et cet équilibre que le pape semble envoyer aux oubliettes."

"Ce discours « migrationiste » du pape François risque de générer beaucoup d’incompréhension chez les chrétiens et de réjouir certains imams radicaux. L’islam fait le pari que l’Europe va se coucher : qu’il n’y aura de sursaut ni démographique, ni spirituel, ni civilisationnel."

"À l'heure où un certain capitalisme cherche les bras les moins chers du monde, la position du Pape semble incompréhensible."

"La sollicitude de François est hémiplégique. D’abord pour les pays d’accueil submergés et qui souffrent dans leur chair des attentats ; ensuite pour les pays d’Afrique où tant de gens dans la misère refusent malgré tout de quitter leur pays. Dans son livre « Dieu ou rien », le cardinal Sarah demande aux africains de développer l’Afrique et de ne pas se déraciner. Faute de quoi, ils seront malheureux.  Car un homme déraciné est un homme appauvri, coupé de sa sève et de sa mémoire. Il faut aider les peuples pauvres là où ils vivent plutôt que les pousser à l’errance et à la misère du déracinement."

Philippe de Villiers: le discours du pape va réjouir les imams radicaux
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24 août 2017 4 24 /08 /août /2017 15:56
“Amoris Laetitia”: une « bombe atomique » à retardement qui menace l’ensemble de l’enseignement moral catholique (Josef Seifert)

Pour le Dr Josef Seifert, directeur et fondateur de l’Académie internationale de philosophie du Liechtenstein, il n’y a qu’une seule manière de désamorcer la « bombe atomique théologique » que constitue l’exhortation Amoris laetitia : c’est de rétracter au moins une erreur fondamentale dans ce texte qui selon le philosophe, menace l’ensemble de l’enseignement moral catholique.
 
Cette erreur peut se résumer ainsi : un passage de l’exhortation du pape François suggère que Dieu veut activement que des personnes, dans des situations données, commettent des actes qui ont toujours été considérés comme objectivement mauvais dans l’enseignement de l’Eglise catholique, résume le Pr Seifert.
 
Le passage en question se situe dans l’article 303 d’Amoris Laetitia (AL) où le pape François évoque des couples « dits irréguliers », pour reprendre le langage de l’Exhortation, en disant (nous reprenons ici verbatim la formulation boiteuse de la traduction officielle) : « Mais cette conscience peut reconnaître non seulement qu’une situation ne répond pas objectivement aux exigences générales de l’Évangile. De même, elle peut reconnaître sincèrement et honnêtement que c’est, pour le moment, la réponse généreuse qu’on peut donner à Dieu, et découvrir avec une certaine assurance morale que cette réponse est le don de soi que Dieu lui-même demande au milieu de la complexité concrète des limitations, même si elle n’atteint pas encore pleinement l’idéal objectif. »

 

“Amoris Laetitia” en déclarant un acte immoral conforme à la volonté divine menace tout l’enseignement moral catholique

 
La formulation est doublement problématique, souligne Seifert : « Outre qu’elle qualifie par euphémisme un état objectif de péché grave comme ne constituant “pas encore pleinement l’idéal objectif”, AL infirme qu’on peut savoir “avec une certaine assurance morale” que Dieu lui-même nous demande de continuer de commettre des actes intrinsèquement mauvais, tels l’adultère ou l’homosexualité active. »
 
Il faut pousser cette logique dans ses conséquences ultimes : s’il est vrai que Dieu peut vouloir qu’un couple adultère vive dans l’adultère en contradiction avec le sixième commandement, alors rien n’empêche que ce principe soit appliqué à « tous les actes considérés comme “intrinsèquement mauvais” », raisonne Josef Seifert. Pourquoi ne pas justifier dans certains cas le meurtre, l’avortement, l’euthanasie, le suicide, mensonge, le vol, le parjure et la trahison au motif que Dieu lui-même les demande « parmi la complexité concrète des limites de la personne, quoique ne constituant pas l’idéal objectif » ?
 
« La logique pure n’exige-t-elle pas que nous tirions cette conséquence de la proposition du pape François ? », demande Seifert, montrant qu’une réponse positive à cette question entraîne logiquement ceci : « Alors la conséquence purement logique de cette seule assertion d’Amoris Laetitia semble détruire l’ensemble de l’enseignement moral de l’Eglise. »

 

Le philosophe catholique Jozef Seifert désigne le problème fondamental d’“Amoris laetitia”

 
« Si c’est bien cela qu’affirme AL, toute inquiétude concernant les affirmations directes d’AL en matière de changement de discipline sacramentelle ne vise que le sommet d’un iceberg, les débuts timides d’une avalanche ou encore les tout premiers édifices détruits par une bombe atomique en matière de théologie morale qui menace de détruire l’ensemble de l’édifice moral des Dix commandements et de l’enseignement moral catholique », avec pour conséquence « rien moins qu’une destruction totale de l’enseignement moral de l’Eglise catholique », a-t-il conclu.
 
L’article du Pr Seifert a été publié dans la revue scientifique AEAMET en anglais.

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24 août 2017 4 24 /08 /août /2017 00:00

Barthélemy, appelé par le Sauveur, vécut avec Lui, assista à Ses prédications, entendit Ses paraboles, fut le témoin de Ses vertus divines.

Après la Pentecôte, il fut envoyé prêcher l'Évangile dans l'Inde, au-delà du Gange. Dans tous les pays qu'il dut traverser, il annonça Jésus-Christ, Rédempteur du monde. Son zèle et ses prodiges eurent bientôt changé la face de ces contrées; non seulement il convertit les foules, mais il ordonna des prêtres pour le seconder et consacra des évêques. Quand, plus tard, saint Pantène évangélisa ce pays, il y trouva l'Évangile de saint Matthieu, apporté là par Barthélemy.

 

Les "dieux" païens avouent être des démons

En quittant les Indes, l'Apôtre vint dans la grande Arménie. Dans la capitale de ce pays, il y avait un temple où l'on rendait les honneurs divins à l'idole Astaroth, et où l'on allait lui demander la délivrance des sortilèges et lui faire prononcer des oracles; le prédicateur de la foi s'y rendit, et aussitôt l'idole devint muette et ne fit plus de guérisons. Les démons avouèrent aux prêtres de ce faux dieu que la faute en était à Barthélemy, et leur donnèrent son signalement; mais l'Apôtre se fit assez connaître par ses miracles; il délivra du démon la fille du roi, et fit faire à l'idole, en présence d'une foule immense, l'aveu public de ses fourberies; après quoi le démon s'éloigna en grinçant des dents. Une merveille si éclatante convertit le roi et une multitude de personnes; la famille royale et douze villes du royaume reçurent bientôt le baptême.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/3c/L%27ap%C3%B4tre_saint_Barth%C3%A9lemy.jpg/337px-L%27ap%C3%B4tre_saint_Barth%C3%A9lemy.jpg

Saint Barthélemy, apôtre, basilique saint Jean de Latran, Rome, Italie.

Le démon résolut de se venger; l'Apôtre fut saisi par le frère du roi et condamné à être écorché vif. Les bourreaux inhumains s'armèrent de couteaux et de pierres tranchantes et écorchèrent la victime de la tête aux pieds; de telle sorte que, n'ayant plus de peau, son corps montrait une chair sanglante percée de ses os. Il eut ensuite la tête tranchée. Le corps écorché et la peau sanglante de l'Apôtre furent enterrés à Albane, en la haute Arménie; il s'y opéra tant de miracles, que les païens furieux, enfermèrent le corps du bienheureux dans un cercueil de plomb et le jetèrent à la mer. Mais le cercueil, flottant sur l'onde, vint heureusement à l'île de Lipari, près de la Sicile. Plus tard, les Sarrasins s'emparèrent de cette île et dispersèrent les saintes reliques; mais un moine reçut, dans une vision, l'ordre de recueillir les ossements de l'Apôtre. Le corps de saint Barthélemy est aujourd'hui à Rome, son chef à Toulouse.

Saint Barthélemy, patron des bouchers, des tanneurs et des relieurs, est fêté le 24 août en Occident et le 25 août en Orient. Ces deux dates correspondent vraisemblablement au transfert de ses reliques dans l'île de Lipari en 580.

 

Sources: (1); (2)

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23 août 2017 3 23 /08 /août /2017 00:00
Sainte Rose de Lima, Vierge (1586-1617) - Huile de Claudio Coello (1642-1693), musée du Prado, Madrid

Sainte Rose de Lima, Vierge (1586-1617) - Huile de Claudio Coello (1642-1693), musée du Prado, Madrid

 

Rose naît le 20 avril 1586 à Lima au Pérou  d'une famille pauvre d'origine espagnole dont elle était la dixième enfant, et reçut au Baptême le nom d´Isabelle. Sa mère, penchée sur son berceau, ayant cru apercevoir une rose épanouie sur son visage, s´écria : "Désormais, tu seras ma ‘Rose’", changement de nom qui fut confirmé par la Sainte Vierge dans une vision qu´eut plus tard la jeune fille.

 

La vie de cette petite Sainte a été une suite ininterrompue de souffrances volontairement acceptées et héroïquement supportées. Dès son bas âge, Rose comprit que la vraie sainteté consiste avant tout à accomplir ses devoirs d´état. Une source de difficultés lui vint de concilier l'obéissance à ses parents avec la fidélité aux appels intérieurs dont le Ciel la favorisait. Elle s'ingénia à trouver le moyen d'obéir à la fois à Dieu et à sa mère. Décidée à ne chercher à plaire à personne qu'à Dieu, elle portait néanmoins une couronne de fleurs imposée par sa mère ; mais elle sut y cacher à l'intérieure une aiguille qui faisait de cet ornement un instrument de supplice.

 

Peu après l'âge de quatre ans (1590), elle sut lire et se nourrira du récit de la vie de sainte Catherine de Sienne, qui deviendra son modèle de vie spirituelle. Rose se voua à une vie de pénitence. Dès son enfance, elle s´exerça au jeûne et put le pratiquer à un degré héroïque. Elle ne mangeait jamais de fruits. À six ans, elle jeûnait le vendredi et le samedi. À quinze ans, elle fit vœu de ne jamais manger de viande. À 20 ans, elle prend l'habit des tertiaires dominicaines. Plus tard, elle ne mangea qu´une soupe faite de pain et d´eau, sans sel ni autre assaisonnement. Toutes les nuits, elle se frappait cruellement avec des chaînettes de fer, s´offrant à Dieu comme une victime sanglante pour l'Église, l'État, les âmes du purgatoire et les pécheurs. Non contente du lit de planches sur lequel elle reposa longtemps, elle se fit un lit avec des morceaux de bois liés avec des cordes ; elle remplit les intervalles avec des fragments de tuiles et de vaisselle, les acuités tournées vers le haut. Rose coucha sur ce lit pendant les seize dernières années de sa vie.

 

La vraie sainteté ne réside pas dans la pénitence du corps, mais dans celle du coeur, qui est impossible sans l´humilité et l'obéissance. Toutes les austérités de Rose étaient soumises à l'obéissance ; et elle était toujours prête à tout abandonner. On s´étonnera que ses directeurs aient pu approuver dans une si frêle enfant d'aussi cruelles macérations ; mais il faut savoir que chaque fois que des confesseurs voulurent s'y opposer, ils en furent empêchés par une lumière intérieure.

 

Toute la personne de Rose, défigurée par la pénitence, attirait l'attention du public et la faisait vénérer comme une Sainte. Désolée, elle eut recours à Dieu, afin que ses jeûnes n'altérassent pas les traits de son visage. Chose admirable ! Elle reprit son embonpoint et ses vives couleurs ; ses yeux se ranimèrent. Aussi arriva-t-il qu'après avoir jeûné tout un Carême au pain et à l´eau, elle rencontra des jeunes gens qui se moquèrent d´elle en disant : "Voyez cette religieuse si célèbre par sa pénitence ! Elle revient sans doute d'un festin. C'est édifiant, vraiment, en ce saint temps !" Rose en remercia Dieu.

 

La charité de Rose pour le salut des âmes était en proportion de son amour pour Jésus-Christ. Elle ressentait une poignante douleur en pensant aux âmes qui se perdent après avoir été si chèrement achetées. Elle pleurait sur le sort des Chinois, des Turcs, et des nombreuses sectes hérétiques qui désolaient l'Europe.

 

Sa méfiance de l'Inquisition lui valut plusieurs examens de la part des autorités religieuses, ses profondes réponses étonnèrent alors ses détracteurs. Dans le même temps, elle se dévoua au service des indiens, des enfants abandonnés, des vieillards, des infirmes, et des malades.

 

Elle passa de la terre au ciel le 24 août 1617, à l'âge de trente et un ans. Le peuple de Lima se précipita sur sa tombe pour y recueillir un peu de la terre qui la recouvrait.

 

Rose de Lima a été béatifiée en 1668 par Clément IX et canonisée, le 12 avril 1671, par Clément X.

Sainte Rose de Lima (Noël Laudin - Musée de Châlons-en-Champagne)

Sainte Rose de Lima (Noël Laudin - Musée de Châlons-en-Champagne)

Sainte Rose de Lima est patronne des Amériques, des Philippines, du Pérou, de la ville de Lima, de la police nationale et de l'université catholique du Pérou.

Tous les ans, à l'occasion de la Solennité de Sainte Rose de Lima, le 30 août (férié au Pérou), une cérémonie religieuse réunit les autorités politiques, diplomatiques et militaires du pays. Sa statue est portée en procession de la cathédrale de Lima au sanctuaire qui lui est dédié. Elle est également à l'origine de la fête traditionnelle du royaume d'Araucanie et de Patagonie le 30 août.

Le Seigneur a dit d'une voix forte : que tous les hommes sachent que la grâce arrive après la peine, qu'ils sachent que sans avoir porté le fardeau des afflictions, ils ne peuvent atteindre les hauteurs de la Grâce, qu'ils apprennent que les dons de la Grâce augmentent au fur et à mesure que le fardeau s'alourdit, que les hommes ne se trompent pas, il n'y a qu'une voie pour rejoindre le Paradis, et la Croix est la seule route pour y accéder.

Sainte Rose de Lima

Sources: (1); (2)

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour
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22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 13:04

Après les attentats en Espagne, Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur a indiqué qu'il envisageait de "mobiliser l'ensemble des hôpitaux psychiatriques (et) des psychiatres libéraux, de manière à essayer de parer" aux menaces terroristes individuelles.

 

Le psychiatre David Gourion a signé hier une tribune dans Le Monde, pour exprimer son mécontentement :

"Penser que les terroristes sont tous ou pour la plupart des malades mentaux, c'est faire insulte aux malades mentaux. Est-ce qu'Hitler, Goebbels, Himmler, étaient des malades mentaux ? Est-ce qu'ils sont passés par des hôpitaux psychiatriques, par des circuits psychiatriques ? Non. Considérer que les terroristes sont un peu en dehors c'est probablement passer un peu à côté des choses.

 

[...] Penser que les terroristes sont tous ou pour la plupart des malades mentaux, c'est faire insulte aux malades mentaux. Est-ce qu'Hitler, Goebbels, Himmler, étaient des malades mentaux ? Est-ce qu'ils sont passés par des hôpitaux psychiatriques, par des circuits psychiatriques ? Non. Considérer que les terroristes sont un peu en dehors c'est probablement passer un peu à côté des choses.

 

[...] Les patients jeunes schizophrènes, quand ils rentrent dans la maladie, font souvent des bouffées délirantes aigües avec des idées très mystiques qui font partie de leur maladie. Ils ont l'impression que Dieu leur parle, leur donne une mission. C'est très caractéristique, mais ils ne sont pas dangereux. S'il est musulman et qu'il se met à dire Allah, le jihad, etc, on serait dans le cadre d'une sorte de protocole, tenu de le signaler, il y a quelque chose qui ne colle pas. Et d'un point de vue secret médical, une vaste collaboration entre psychiatres, médecins et ministère de l'Intérieur, ce n'est absolument pas possible. Il faut connaître un peu l'histoire des persécutions des malades mentaux et de ce que ça a donné quand on a collaboré avec les autorités politiques. Ce n'est pas notre rôle.

 

[...] C'est une réalité. Je ne dis pas qu'aucun terroriste n'est un malade mental, je dis juste que on ne va pas noyauter les filières terroristes dans les hôpitaux psychiatriques. Certaines trajectoires individuelles existent. Vous imaginez bien que les cadres recruteurs de Daech, pour organiser un attentat, ne vont pas aller recruter chez les grands déprimés, chez les schizophrènes délirants désorganisés, chez les autistes. Mon propos n'est pas de dire qu'aucun terroriste n'est malade mental, mais de dire que des études montrent que la plupart ne le sont pas. Les psychiatres ne sont pas des collaborateurs du ministère de l'Intérieur." [1]

 

Dans la tribune du Monde, le psychiatre David Gourion résume :

 

"les patients dépressifs, schizophrènes ou autistes ne sont absolument pas représentatifs des bataillons terroristes. De plus, il a été montré que les patients qui souffrent de troubles psychiques ne commettent pas plus d’homicides que la population générale (ils en sont en revanche plus souvent victimes).  [2]

 

Cet avis public d'un professionnel de la santé ramènera-t-il à la raison les "déséquilibrés" qui nous gouvernent avec le même déni depuis quarante ans ?

 

Sources:

 

[1] FranceTvInfo

[2] Le Monde

Un psychiatre répond à Gérard Collomb : "Vous imaginez bien que les cadres recruteurs de Daech, pour organiser un attentat, ne vont pas aller recruter chez les grands déprimés, chez les schizophrènes délirants désorganisés, chez les autistes"
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