Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 00:00
Saint Thomas, Apôtre des Indes

Thomas appelé Didyme (le Jumeau) fait partie du petit groupe de ces disciples que Jésus a choisis, dès les premiers jours de sa vie publique, pour en faire ses apôtres.

Il est "l'un des Douze" comme le précise saint Jean (Jn 21). Le même Jean nous rapporte plusieurs interventions de Thomas, qui nous révèlent son caractère. Lorsque Jésus s'apprête à partir pour Béthanie au moment de la mort de Lazare, il y a danger et les disciples le lui rappellent: "Rabbi, tout récemment les Juifs cherchaient à te lapider." Thomas dit alors aux autres disciples: "Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui."

Évangélisateur des Indes, c’est pour avoir construit un palais pour un roi que Thomas est représenté avec une équerre d’architecte. Il est parfois également représenté avec la lance qui fut l’instrument de sa mise à mort. 

Après sa résurrection, le Sauveur était apparu à plusieurs de ses disciples, en l'absence de Thomas. Quand, à son retour, on lui raconta cette apparition, il fut si étonné d'une telle merveille, qu'il en douta et dit vivement: "
Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt à la place des clous et ma main dans son côté, je ne croirai point." (Jn 20, 25.) Voilà le second caractère de Thomas, esprit trop raisonneur. Mais son premier mouvement d'hésitation, en chose si grave, ne fut pas un crime et le bon Sauveur répondit à son défi: "Mets ici ton doigt, et regarde mes mains; approche aussi ta main, et mets-la dans mon côté; et ne sois plus incrédule, mais croyant." (Jn, 20, 27.) Que fit alors Thomas? Nous le savons; un cri du coeur s'échappa de ses lèvres: "Mon Seigneur et mon Dieu!"

Dieu permit l'hésitation de cet Apôtre pour donner aux esprits difficiles une preuve de plus en faveur de la résurrection de Jésus-Christ.

Saint Augustin attribue à saint Thomas, parmi les douze articles du Symbole, celui qui concerna la Résurrection. Quand les Apôtres se partagèrent le monde, les pays des Parthes et des Perses et les Indes furent le vaste lot de son apostolat. La tradition prétend qu'il rencontra les mages, les premiers adorateurs de Jésus parmi les Gentils, qu'il les instruisit, leur donna le Baptême et les associa à son ministère. Partout, sur son passage, l'Apôtre établissait des chrétientés, ordonnait des prêtres, consacrait des évêques.


Quand au XIVe siècle, les Européens s'emparèrent des Indes orientales, ils trouvèrent dans les traditions des peuples de ce vaste pays des souvenirs chrétiens, et en particulier celui de saint Thomas. Un miracle de l'Apôtre, traînant avec un faible lien une poutre énorme que les éléphants n'avaient pu remuer, fut l'occasion d'innombrables conversions. Cependant les prêtres des faux dieux, jaloux de tant de succès, jurèrent la mort de l'Apôtre; il aurait été percé d'une lance devant une Croix où il priait.

 

Jean III, roi de Portugal, fit chercher le corps de saint Thomas dans une chapelle ruinée qui était sur son tombeau, hors des murs de Méliapour. On creusa la terre en 1523, et on découvrit une voûte construite en forme de chapelle. On y trouva les ossements du saint apôtre, avec une partie de la lance qui avait servi à son martyre, et une fiole teinte de son sang. On les renferma dans un vase richement orné. Les Portugais bâtirent auprès de cet endroit une nouvelle ville qu'ils appelèrent Saint-Thomas ou San-Thomé.

 

L'Incrédulité de saint Thomas, Rembrandt, 1634.

L'Incrédulité de saint Thomas, Rembrandt, 1634.

Sources : (1), (2), (3), (4) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 358.

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 00:00
Saint Martinien, statue Eglise du Pays d'Huriel (Auvergne)

Saint Martinien, statue Eglise du Pays d'Huriel (Auvergne)

Martinien est un des officiers romains qui ont permis l'évasion de Pierre et de Paul des prisons de Rome, même si Pierre ne s'évada pas longtemps puisqu'il retourna à Rome.

Martinien et Procès furent arrêtés pour leur foi et mis à mort. (1)

Le supplice sera féroce : visage meurtri, chevalet, fouet, bastonnade, feu, scorpions précèdent le glaive qui leur tranche la tête. Leurs reliques se trouvent aujourd’hui toujours auprès de Pierre dans la basilique de Saint-Pierre à Rome, au fond du transept droit de la basilique vaticane. (2)

 

Un tableau de Jean Valentin dit aussi Valentin de Boulogne représentant le Martyre de Saint Procès et Saint Martinien (1629) se trouve à la Pinacothèque, salle XII, musée du Vatican.

 

Martyre de Saint Procès et Saint Martinien, 1629, par Valentin de Boulogne (Pinacothèque, Musée du Vatican)

Martyre de Saint Procès et Saint Martinien, 1629, par Valentin de Boulogne (Pinacothèque, Musée du Vatican)

À Rome au cimetière de Damase, au second mille de la voie Aurélienne, les saints Procès et Martinien, martyrs. (3)

 

Martyrologe romain

 

Sources: (1), (2), (3)


Autres saints dans l'armée romaine au calendrier : S.Georges, S. Victor, S. Sébastien, S. Martin de Tours, S. Ferréol, Sts Serge et Bacchus, S. Maurice et ses compagnons, S. Corneille, centurion baptisé par saint Pierre († Ier s.), S. Théodore, soldat et martyr († 304)

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 14:07

 

"A en croire l'imaginaire populaire il semblerait qu'au 'Moyen Âge', cette longue période rustre, sale et inculte, paraît-il, les hommes pensaient que la terre était plate. Vraiment ?

 

Pourtant, dès le Ve siècle avant notre ère, des savants grecs avaient déjà montré la rotondité de la terre.

 

Eratosthène

Eratosthène (v. -276 – Alexandrie, Égypte, v. -194), scientifique grec, sera le premier à en calculer la circonférence deux siècles plus tard. Avec une marge d'erreur de 20% certes, mais pour les connaissances de l'époque, admirons la prouesse !

 

Dès le VIIe siècle, à l'apparition des premières mappemondes, ils utilisaient déjà les termes de globes, de sphères pour la désigner.

 

D'où vient le terme 'mappemonde' ? A l'origine, le mot mappa désignait une étoffe, une serviette, une nappe. A partir du IXe siècle, on allait passer de la désignation du support à celle du contenu : la mappemonde allait être le support graphique représentant le monde.

 

Au XIIe siècle, les croisades allaient aider à répandre la pensée des savants grecs dans toute l'Occident, grâce à la traduction des textes en latin.

 

De fait, au 'Moyen Âge', la notion de sphéricité de la terre ne faisait aucun doute. D'ailleurs, Charlemagne -pour signifier son pouvoir sur le monde-  tenait un globe terrestre dans sa main et non un disque.

Au Moyen-Age, les hommes pensaient-ils vraiment que la Terre était plate ?

Joannes de Sacrobosco, mathématicien et astronome, écrit à Paris en 1224 le "Traité de la Sphère". Cet ouvrage majeur se diffusera dans toute la Chrétienté. L'Eglise n'y trouva rien à redire.

 

Plus tard, le navigateur Christophe Colomb allait hériter de toutes ces découvertes scientifiques anciennes pour mener à bien son expédition. Il n'aura d'ailleurs pas à convaincre les théologiens de la Cour d'Espagne de la rotondité de la terre, mais simplement de la faisabilité du voyage. Isabelle Ière de Castille, dite 'la catholique', le financera, même si elle ne crut pas beaucoup en son succès.

 

Quant à Galilée, dont on pense encore qu'il fut à l'origine de la découverte de la forme sphérique de la terre, il n'a jamais été condamné par l'Eglise pour avoir affirmé que la terre était ronde, mais pour avoir remis en question la théorie du géocentrisme. Galilée défendait l'héliocentrisme, à savoir que la terre tourne autour du soleil, ce qui était fort juste. Condamné à la prison, le pape allègera tout de suite sa peine en résidence surveillée, puis il finira sa peine chez lui à Florence : il n'ira donc pas en prison et continuera à percevoir des revenus ecclésiastiques que le pape lui avait octroyés.

 

Mais d'où vient donc cette simplification des faits, cette hostilité envers 1000 ans de notre histoire ? La réponse vient du côté des auteurs de la 'Renaissance' repris par des historiens du XIXe siècle. Pour mettre en valeur une 'Renaissance' éclaboussée par la connaissance et un XIXe siècle tellement civilisé, il fallait pour cela mépriser ce 'Moyen Âge' sous influence religieuse forcément néfaste. Ah! Elle a bon dos la religion!"

Repost 0
1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 14:02

Le préfet du dicastère du développement intégral veut arrêter l'hémorragie de migrants

 

Le cardinal ghanéen Peter Turkson, qui préside un vaste ministère du Vatican, juge souhaitable de "fermer le robinet" de l'immigration en provenance d'Afrique et de se concentrer sur les pays d'origine des migrants, il a estimé que "le reste de l'Europe ne joue pas son rôle".

C'est comme un robinet avec l'eau qui s'écoule: il ne faut pas juste sécher, mais fermer le robinet", tranche-t-il, en jugeant que la grande majorité des pays africains ne sont pas des zones de guerre d'où les populations doivent absolument fuir. "A mon avis, on peut changer les choses, maintenir les jeunes sur place".

Le "dicastère" (ministère) du développement humain intégral, présidé par le cardinal Turkson, est né le 1er janvier. Fruit de la fusion de quatre anciens services, il est chargé notamment des questions de justice, de paix, d'environnement, de santé, d'aide humanitaire, mais aussi de migrations. Ce dernier dossier est toutefois sous l'autorité directe du pape François.

Le cardinal ghanéen Peter Turkson, qui préside un vaste ministère du Vatican, juge souhaitable de "fermer le robinet" de l'immigration en provenance d'Afrique…
lalibre.be
 

 

SOURCE

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article
1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 13:55

Aucun droit à l'avortement n'a jamais été proclamé en France. Pas plus qu'en Europe, puisque la Commission de Strasbourg réaffirmait à l'inverse le 10 décembre dernier que l'IVG ne saurait être un "droit". En 1974 déjà, Simone Veil affirmait la nécessité de ne pas confondre l'avortement, "que la société tolère mais qu'elle ne saurait ni prendre en charge ni encourager", avec la contraception.

Son discours était limpide: "L'avortement doit rester l'exception, l'ultime recours pour des situations sans issue." Et sa loi ne devait s'appliquer que pour une durée limitée à cinq ans, le temps de trouver de meilleures solutions.

Comme le rappelait Pascal Bories sur le Huffingtonpost.fr le 1er décembre 2014  : Pour Simone Veil, il n'y a "aucun droit à...
belgicatho.hautetfort.com
 
 
Repost 0
1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 13:35

Tribune de Jean-Marie Le Méné pour Valeurs actuelles.

"La loi Veil aura sublimé le signe le plus sûr du déclin d’une civilisation" (Jean-Marie Le Méné)

Tribune. Si elle restera marquée par la figure de Simone Veil, la France ne saurait oublier qu’une partie du pays s’est opposée et s’oppose toujours à l’avortement légalisé, remboursé et banalisé. Le président de la fondation Lejeune, Jean-Marie Le Méné, revient sur la triple rupture philosophique, juridique et politique de cette réforme portée par la ministre de la justice de l’époque.

 

Pour la première fois, en 1975, un acte condamnable depuis Hippocrate, 400 ans av. JC, a été dépénalisé. Cette révolution n’a été rendue possible que par les mécanismes de compensation inventés par la société. Car, à la différence d’autres transgressions moins radicales, l’avortement n’offre aucune contrepartie positive hormis la liberté absolutisée, symbole d’une idéologie de rupture avec l’ordre naturel. Les meilleures intentions ont été invoquées, il ne s’agissait que d’une dérogation au principe du respect de la vie, accordée en cas de détresse. L’enjeu était la santé des femmes menacée par l’avortement clandestin. Au fond, la loi Veil n’était qu’une loi de santé publique. Cette aimable vision a rassuré la droite qui a soutenu la ministre, plus par faiblesse que par malice, en s’avouant à la fois contre l’avortement mais pour la loi. Sauf que réduire le féminisme à un hygiénisme et assimiler un acte commis en blouse blanche à un acte médical en dit long sur la reddition de l’intelligence aux forces de l’illusion. L’acte est tellement contre nature qu’il n’est tolérable que dénaturé. Tout est déni dans l’avortement : l’innommable est acronymisé, l’indescriptible euphémisé, le réel virtualisé.

 

“Certaines se tatouent les lettres « IVG » sur la peau, là où l’on dessinait jadis des « je t’aime »”

 

L’infans conceptus n’est plus ni un être, ni un humain, ni un vivant, de sorte que son effacement n’est plus homicide mais cosmétique. Les protagonistes échangent leurs rôles : l’enfant devient l’agresseur et la mère la victime. L’acte héroïsé, débarrassé de l’alibi de la détresse et d’un humiliant délai de réflexion, poussé à la performance par une politique de quotas, n’entraîne plus aucun effet indésirable. Au contraire, certaines se tatouent les lettres « IVG » sur la peau, là où l’on dessinait jadis des « je t’aime ». On finit même par en rire : « 220 000 avortements par an en France. Si on arrêtait d'en faire un fromage ? » goguenardise le site My little IVG. La grossesse interrompue, dont l’Etat a imposé le remboursement à la collectivité, comme un soin parmi d’autres, est devenue l’étape initiatique de la vie des femmes. Mais, depuis plus de 40 ans, l’avortement ne tient que par le mensonge, seule ressource de son néant.

 

 

Devenu indifférent au bien et au mal dont la frontière a été floutée, le droit s’est retiré peu à peu du service de la justice. Il ne consiste plus à rendre à chacun ce qui lui revient (en l’occurrence le respect de la vie à l’enfant conçu) mais à accompagner ce qui change dans la société. Est juste ce qui va dans le sens de la modernité, est injuste ce qui s’y oppose. De fait, la transgression princeps de l’avortement est devenue le portail d’accès vers tous les « progrès sociétaux ». L’avortement ne prétend pas détruire la société mais la reconstruire sur une autre base : l’humain est le résultat d’une construction, d’un choix, d’un désir. En cela, il est une pierre fondatrice du transhumanisme. Après avoir osé la mort de l’enfant avant sa naissance, tout devient possible, notamment la fabrication de l’enfant de son choix. Ce raisonnement a produit un effet cliquet (pas de retour en arrière), une surenchère maîtrisée (on reste toujours en deçà de la transgression-étalon) et une escalade d’« illégalités fécondes » qui ont modernisé la société. Ainsi, au nom de l’avortement, on a légalisé en quelques années tout une cohorte de pratiques avant-gardistes : l’eugénisme systématique des « anormaux », l’industrie procréatique et le diagnostic préimplantatoire, le tri des embryons humains, leur congélation, leur stockage, leur utilisation pour fabriquer des enfants « normaux » sinon versés à la recherche et voués à la destruction. L’engouement pour le clonage, comme l’exploitation de cellules souches embryonnaires, s’est réclamé de l’avortement.

 

“La légalisation de l’avortement demeure la matrice de toutes les audaces”

 

La GPA renvoie au concept de la grossesse choisie pour peu qu’on la débarrasse de son aspect lucratif déplaisant. La fabrication d’un embryon à trois parents est une expérimentation pleine de promesses en France en attendant l’ectogénèse. La légalisation de l’avortement demeure la matrice de toutes les audaces : il n’est pas jusqu’à l’interdiction de la burqa et l’autorisation du mariage gay qui n’invoquent le haut patronage de la légalisation de l’avortement. L’euthanasie n’échappe pas à la règle : donner la mort en fin de vie n’est pas moins compassionnel que la donner en début de vie. Manquait une clé de voute, un dispositif qui empêche quiconque de lever un coin du voile et de dénoncer « le mensonge qui tue » selon le mot de l’historien Pierre Chaunu. C’est le délit d’entrave, destiné à réprimer l’information dite dissuasive de l’avortement, mais ouvert à l’information incitative. Les grands procès de Moscou sont de retour. On arrêtera « les suspects habituels ». Tel est le triomphe du droit, mais la défaite de la justice.

 

Politiquement, la loi Veil illustre un modèle mythique de violence politique digne d’un dialogue de Thucydide. Les réformes rêvées par la gauche, mais réalisées par la droite, ont précipité le politique sur un chemin de traverse. Si « la distinction spécifique du politique, c’est la discrimination de l’ami et de l’ennemi », alors le vote de l’IVG a brouillé les pistes. Tandis que la gauche et la droite ont affiché une convergence de façade autour de la loi de 1975, s’est construite une relation scabreuse où c’est la gauche qui monte la garde et la droite qui baisse la sienne. Avec le vote de la loi Veil, la droite a « gagné » une liberté sous protection de la gauche. La droite a fait allégeance sur le plan culturel à une gauche qui définit le périmètre d’évolution de la droite et la charge même de faire avancer certains de ses projets. Comme le poisson rouge dans son bocal, la droite est en liberté surveillée, associée à une soumission à la gauche quel que soit le parti au pouvoir.

 

“La loi Veil aura sublimé le signe le plus sûr du déclin d’une civilisation”

 

De ce fait, la gauche peut fort bien se dispenser d’être au pouvoir, en pratique elle y est toujours. La droite fait ce qu’elle veut pourvu que, sur les questions ontologiques, la gauche donne le cap. Ainsi s’expliquent les lois de bioéthique, toutes les trois votées sous la droite, tapis rouge déroulé au progrès technoscientifique, en l’absence de débat éthique. A l’évidence l’avortement, sanctuarisé dans le tabernacle de la République, ne peut pas faire l’objet de la moindre remise en cause. Au contraire, comme l’ont montré les débats récents dans tous les partis, seuls les candidats qui anticipent les reproches et s’affichent comme les plus transgressifs peuvent espérer un destin politique. Depuis 40 ans, sur des centaines de ministres, pas un seul n’a osé exprimer son opposition à la loi Veil qui, en cela, s’avère une victoire de son auteur éponyme. Il reste, qu’on le veuille ou non, qu’« un pays qui tue ses enfants tue son âme », comme le disait le Pr Lejeune. La loi Veil aura sublimé le signe le plus sûr du déclin d’une civilisation, le refus de ce « miracle qui sauve le monde » par lequel Hannah Arendt désignait la naissance.

 

SOURCE

Repost 0
1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 09:41

"PMA" : attention à ne pas se faire manipuler comme avec les "manifs pour tous" de 2013... Voici un très bon billet de George Michel pour Boulevard Voltaire. D'un côté on mobilise pour des manifs encadrées sous contrôle, de l'autre on appelle à voter pour les oligarques... :

PMA : Catholiques, en toute chose il faut être cohérent !

En toute chose, il faut être cohérent.

 

Hier, une amie m’informait qu’elle venait de recevoir un mail d’une personne « bien-pensante » de ses connaissances qui l’appelait à se préparer à une nouvelle mobilisation, comparable à celle que nous connûmes en 2013 contre le mariage homosexuel. Probablement un mail du type de celui que reçurent nombre de mes amis le samedi 22 avril matin – alors même que la campagne du premier tour était légalement terminée ! -, appelant à voter François Fillon au nom de la défense des valeurs traditionnelles. Initiative qui, du reste, ne fut pas réitérée le 6 mai matin au profit de Marine Le Pen pour faire barrage à Emmanuel Macron…

 

Eh oui, se préparer à une mobilisation car les choses n’ont pas traîné, comme on pouvait s’en douter : la PMA pour les couples de femmes est dans le tube, si j’ose dire, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) ayant rendu, comme chacun sait, son avis – hasard du calendrier sans doute – au lendemain même de la marche des fiertés.

 

Une mobilisation qui me semble pourtant venir après la bataille. Car ce qui est en train de se mettre en place était écrit. Pas dans le ciel mais dans le programme du candidat Macron : « La filiation est toujours un engagement, un statut que l’on endosse en se déclarant parent d’un enfant au regard du droit et en assumant les responsabilités qu’implique ce statut. Elle peut être fondée non seulement sur la procréation, ce qui est le cas le plus fréquent, mais aussi sur l’adoption, et de plus en plus sur l’engendrement avec un tiers donneur (de sperme, d’ovocyte) dans le cadre de la procréation médicalement assistée. Ces trois façons de devenir parents doivent être reconnues à égalité de droit et de dignité. » Au passage, se réfugier derrière l’avis du CCNE, comme on l’entend ces derniers jours, est particulièrement hypocrite puisque tout, je le répète, était écrit dans le programme.

 

J’ai la cruauté de rappeler la position de la candidate Marine Le Pen sur ce sujet : « Interdiction de la GPA et réserver la PMA comme réponse médicale aux problèmes de stérilité. » On ne peut être plus clair.

 

71 % : c’est le score d’Emmanuel Macron chez les catholiques pratiquants réguliers au second tour de la présidentielle, selon un sondage réalisé par l’IFOP pour Le Pèlerin et La Croix. Au premier tour de cette même élection, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan n’avaient obtenu à eux deux que 14 % chez cette même catégorie.

 

Moins statistique, plus anecdotique : je connais un petit village, quelque part en France, où une importante communauté religieuse catholique est implantée. Eh bien, Emmanuel Macron et son clone législatif y ont fait des scores quasi soviétiques…

 

Et ne parlons pas de certains épiscopes qui appelèrent, de façon plus ou moins explicite à « faire barrage » à Marine Le Pen ! « Le 7 mai, quel bulletin de vote ? Pas celui de la peur, de la haine, du rejet, du mensonge, de l’exclusion, du repli : c’est l’opposé de l’Évangile » (Mgr Stenger, évêque de Troyes). « Nous ne pouvons pas considérer comme anodine la présence au second tour d’un parti qui, historiquement, a toujours été porteur d’un discours nationaliste dangereux dont la mise en œuvre serait désastreuse… C’est pourquoi aujourd’hui nous tenons à rappeler ensemble que nous sommes et serons toujours clairement engagés pour que reculent les discriminations, les inégalités, la violence, la xénophobie et toutes les paroles de haine qui fracturent notre société » (déclaration commune des responsables des églises chrétiennes de Lyon, dont SE Mgr Barbarin, cardinal archevêque de Lyon).

 

En toute chose, il faut être cohérent. Espérons que ces clercs auront au moins la décence de rester dans leur sacristie le moment venu. Mieux : dans leurs chapelles privées. Pour ma (petite) part, j’ai fait mon devoir : j’ai voté, tant à la présidentielle qu’aux législatives, pour les candidats opposés à la PMA et à la GPA. Alors, manifester ? La prochaine fois, je crois que j’irai à ma séance de poney aquatique.

 

Source

Dans cet article de décembre 2013, nous écrivions : "Depuis le début, la « Manif pour Tous » sert la soupe à l’UMP…". Extrait : "le lancement d’un nouveau mouvement, appelé 'Sens Commun', destiné à entraîner l’engagement d’un maximum de sympathisants de la 'LMPT' au sein de l’UMP. ... Qu’il s’agisse de Frigide Barjot, de Ludovine de la Rochère ou des fondateurs de 'Sens Commun', tous cherchent à aseptiser la mobilisation contre la dénaturation du mariage et à canaliser le mouvement vers l’UMP. Cette fameuse UMP dont le président, Jean-François Copé avait déclaré 'n’avoir jamais eu d’opposition d’aucune sorte à l’idée de mariage homosexuel' (10 octobre 2013, émission Des paroles et des actes)."

 

Le 15 novembre 2014, candidat à la présidence de l'UMP, Nicolas Sarkozy avait déclaré à "Sens Commun", émanation de LMPT que la loi Taubira devra être réécrite "de fond en comble" et être abrogée. Les mêmes de LMPT et de Sens commun feignirent alors de s'étonner du revirement de Nicolas Sarkozy dans son livre où il déclarait que son mouvement politique ne reviendrait pas sur la loi du soit-disant "mariage" homosexuel... Les catholiques nationaux libéraux qui avaient été alors persuadés d'avoir remporté la victoire tant attendue "découvrirent" qu'il ne s'agissait que d'un énième jeu de dupes ! Dans un communiqué du 22 novembre 2016, LMPT exprima sa "stupeur devant une telle instabilité dans l'expression des convictions de Nicolas Sarkozy", affirmant qu’il "a congédié ses convictions"...

 

Nicolas Sarkozy dégagé au premier tout de la primaire UMP pour l'élection présidentielle, Sens commun apporta son soutien à François Fillon face à Alain Juppé (Source:  François Fillon estime que Sens commun pourrait participer à son gouvernement, Le Monde, avec AFP | 15.04.2017) et François Fillon fut élu par les adhérents à 66,6% !

 

Par la suite, et après le dégagisme de François Fillon lors de la campagne présidentielle, on a vu "Sens commun" et la fausse droite soutenir le franc-maçon François Baroin ! Pauline Mille pour Reinformation.tv demanda alors dans cet article du 16 mai 2017: "les chrétiens de France sont frappés de schizophrénie ?". Réponse : "On serait tenté de le penser lorsqu’on voit le sort de Sens Commun tour à tour rallié à Sarkozy et Fillon, aujourd’hui fan du franc-maçon François Baroin. Son président Christophe Billan a expliqué à La Vie qu’il se rencontre avec le député maire de Troyes sur la nécessité 'd’assurer le primat de la loi républicaine sur toute loi religieuse'. C’est le vieux laïcisme des Lumières que Jacques Chirac exprimait à sa manière 'Il n’y a rien au-dessus de la loi civile'. Que les représentants d’un catholicisme qui se veut militant se rallient à l’idéologie maçonne en dit long sur le pourrissement de la France par le mondialisme." (Réinformation.tv, "Rupture Marine Le Pen, Dupont-Aignan, Philippot : l’échec de la dédiabolisation")

 

De quelles convictions parlent en effet les LMPT et Sens commun ?

 

De quel sens commun ? De quelles valeurs ?

 

La démocratie n'est-elle pas précisément l'organisation de la politique sur le vide des convictions et des valeurs, sans raison morale ultime, l'espace et le lieu où tout est permis même le viol de la loi naturelle ?...

 

Un peu de cohérence donc s'il vous plaît !

Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n'est pas victime ! Il est complice.

George Orwell

PMA : Catholiques, en toute chose il faut être cohérent !
Repost 0
1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 07:05

«Nos ancêtres les Gaulois»: au-delà des caricatures et des polémiques récurrentes, comment ont-ils façonné la France?

 

Ils sont proches de la nature, la vénèrent, portent des vêtements éco-friendly, se laissent pousser les cheveux et la moustache. Les femmes sont libres, et jouissent d'une position centrale au sein de leur communauté… car ils vivent en effet en communauté. Et aujourd'hui, on les évoque, au mieux avec humour comme je viens de le faire, au pire avec sarcasme.

 

Alors non, chers auditeurs, je n'ai pas à l'esprit les bobos… figurez-vous que je pensais davantage à nos ancêtres les Gaulois.

 

Piliers de l'identité nationale sous la IIIème république, les voici oubliés de notre histoire. Ils en ressortent de temps à autres, et font naître les polémiques. Notre filiation à la Gaule est devenue polémique. Alors cela est-il justifié ou la plus dérangeante des injustices? Que leur devons-nous, vingt siècles plus tard?

 

Pour en savoir davantage, SputnikNews s'est entretenu avec un jeune historien plein d'avenir, Lorris Chevalier. Conservateur du patrimoine, il vient de publier un petit opuscule, 'Nos ancêtres les gaulois', aux éditions de Chiré.

Extraits:

 

Des barbares?

 

« L'origine barbare nous provient des Romains. Attaqués en 390 avant J.C. par Brennos, ils vont être traumatisés. Jules César va grandir ce peuple, pour amplifier sa gloire. Les humanistes vont en parler, les hommes des Lumières aussi, de manière totalement méprisante. Voltaire les qualifiaient de ‘honte de la nature'. (…) Actuellement, grâce à ce que nous trouvons dans nos sols, et par des bribes de textes transmises par les Romains, nous trouvons une grande civilisation gauloise qui appartient à la civilisation celtique. (…) Aujourd'hui, les ministres de l'éducation montrent une haine de la préférence nationale, mise en avant sous la IIIè République. Dans les programmes de 6ème, il y a actuellement un désamour du celticisme et de la France. Ils ont été remplacés par ‘la découverte des mondes anciens', par la Chine des Hans, ce qui est certes très intéressant mais cache une période de 1000 ans de notre histoire, de —800 avant J.C. à 300 ans après J.C. »

 

Un héritage gallo-grec

 

« C'est grâce aux Gaulois que nous avons en France l'héritage grec: l'importation romaine se fait entre le 1er et le 2ème siècle avant J.C. Mais dès —600, on a le port de Marseille. A partir de ce moment-là, on parle et on retrouve des écrits gallo-grecs. Dans la tombe de Vix, qui était une princesse gauloise en —380, on trouve un magnifique cratère grec qui pouvait contenir 1100 litres de vin. La noblesse et l'aristocratie gauloise maîtrisaient le grec, avait reçu cet héritage grec. La romanisation des Gaules sera plus culturelle que militaire. Les Gaulois vont mêler leur héritage, notamment la place de la femme. Celle-ci est méprisée dans le monde romain. (Dans la civilisation gauloise) elle est très respectée, elle maîtrise sa dot, elle est chef du foyer, contrairement au pater familias romain. Cet héritage ci sera transmis au monde médiéval.

[...] Il y a une union des peuples gaulois en cas d'invasion. Dans la Guerre des Gaules de Jules César, on retrouve un sentiment de liberté très profond, un certain Dumnorix, grand chef gaulois qui se fait tuer, dit : "Je meurs libre d'un peuple libre".

[...] Les Gaulois nous transmettent également la hiérarchie, ce que les révolutionnaires ont profondément voulu abattre. Et c'est grâce à eux que (nous a été trnasmis) le modèle hiérarchique médiéval au niveau des ordres entre oratores, bellatores, laboratores, qui sont les trois fonctions (Dumézil), ceux qui prient, ceux qui travaillent et ceux qui font la guerre. Cette société d'ordres va être détruite à l'époque révolutionnaire et on va parler de "temps féodaux" et on va essayer d'assimiler les Gaulois à la période féodale. »

 

La valeur de la langue gauloise

 

« [La langue française ne compte que 150 mots d'origine gauloise mais] ce n'est pas tant une remise en cause. Il faut regarder quels mots nous sont transmis: des mots de végétaux, d'animaux, mais aussi d'inventions. Le mot ‘jante', le mot ‘char', le mot ‘essieu' sont gaulois. Ils étaient de grands commerçants, ces mots ont une valeur intrinsèque qui nous rappelle la grandeur ingénieuse, industrielle voire artisanale de ce peuple. »

 

Un héritage religieux

 

« Les Gaulois ont laissé quelques miettes [de religion] ramassées derrière. On arrive à retrouver dans la religion gauloise des transmissions pérennes, au niveau des fêtes et des solstices tous intégrés dans la religion chrétienne. Les dieux gaulois vont être romanisés, et exister dans la religion chrétienne à travers le culte des saints. A Berzé-la-ville par exemple Bourgogne du Sud, nous avons une chapelle avec les saints patrons du vin: Saint Vincent mais aussi Saint Bacchus et Saint Dionysos! Des cultes grecs et romains transmis par les Gaulois. »

 

(Fin de citation)

 

SputnikNews

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Histoire Livres
commenter cet article
1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 06:30

A l'occasion de l'exposition Saint-Louis à Moscou organisée par le ministre russe de la culture, Mgr le prince Louis de Bourbon, duc d'Anjou, Aîné des Capétiens, invité durant deux jours de ces festivités qui coïncidaient avec sa date anniversaire, le 25 avril, a donné un entretien à Stratpol, Centre d'analyses politico-stratégique. 

Lors de ce premier voyage au pays des tsars pour le duc et la duchesse d'Anjou qui ont visité le palais du Kremlin et quelques monastères, le prince Louis de Bourbon, descendant direct d'Anne de Kiev, s'est félicité que les russes aient su préserver leurs valeurs morales et religieuses. "Un modèle" "du point de vue des questions de valeurs", dont devrait s’inspirer la France selon le chef de la maison capétienne. 

Le prince Louis de Bourbon s'est dit impressionné par la Russie et espère revenir rapidement dans ce qui fut une fois, une monarchie puissante qui entretenait des liens privilégiés avec le royaume de France dont il est actuellement le représentant légitime.

 

Vexilla-Galliae

Extrait :

 

"Je pense que la Chrétienté a deux faces, l'une c'est le catholicisme qui est plutôt vers l'Ouest de l'Europe et l'autre, qui est l'orthodoxie qui est dans l'Est de l'Europe. Deux religions très proches l'une de l'autre à part quelques petites nuances, mais c'est très important pour que la Chrétienté puisse continuer et faire force", a déclaré Mgr le prince Louis de Bourbon.

 

[...] Saint Louis défendait déjà les chrétiens d'Orient et la Terre sainte. Et je pense que de nos jours la Russie porte plutôt ce flambeau de cette défense des chrétiens d'Orient. Je pense qu'il faut prier pour eux et les aider autant que possible", a-t-il ajouté.

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Royalisme Russie
commenter cet article
1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 00:00
Blason de l'Abbaye de Saint-Thierry - Bénédictines de Sainte Bathilde.

Blason de l'Abbaye de Saint-Thierry - Bénédictines de Sainte Bathilde.

Fils du seigneur Marcard, célèbre bandit de grand chemin de la Marne, vivant de rapines et de vols, Thierry, voulait vivre autrement. Quand il fut en âge de se marier, ses parents l’obligèrent à épouser une jeune fille de leur connaissance. Mais tel n’était pas l’idée du jeune homme qui avait décidé de vivre dans la vie consacrée. Il demanda à sa jeune épouse de vivre comme frère et sœur, ce qu’elle refusa. Aussi décida-t-il, contre l'avis de sa femme, d'aller voir l'archevêque de Reims (S. Rémi, l'Apôtre des Francs) afin de défaire son mariage. Sur ses conseils, Thierry se fit moine puis se retira dans la solitude. Conduit, dit la tradition champenoise, par le vol d’un aigle au lieu-dit du Mont d'Hor près de Reims, il fonda le monastère et en fut le premier abbé. Là, de nombreux disciples vinrent à lui, dont son père qui se convertit.

Sa sainteté fut vite connue et de nombreux malades affluèrent. Il est même dit que Thierry guérit l'œil malade de Thierry Ier, fils de Clovis Ier. Il lui fit une onction d’huile sur l’œil que les médecins proposaient d’arracher. Menacé de devenir borgne, ce jeune roi se lamentait "Si je perds la moitié de mes yeux, je perds, du même coup, la moitié de mon autorité sur mes guerriers !". C'est pourquoi, pour rendre honneur à saint Thierry, les rois de France eurent pour coutume après leur sacre de se rendre à l'abbaye pour y manger. Ce rite se perpétua longtemps encore après la mort du saint, en 533.

Pendant treize siècles, des générations de moines se succèdent en ce lieu retiré. Le même appel les y a conduits : chercher Dieu, se laisser pénétrer et unifier par sa Parole.

Un village naît autour de l’abbaye.

Ses reliques sont toujours vénérées dans l’église paroissiale rémoise.

 

Autour de l’an 500, Thierry, disciple de Saint Remi, perçoit l’appel de Dieu: "Quitte tout pour suivre le Christ". Il part. A quelque distance de Reims se dresse la colline du Mont d’Hor; Thierry s’y établit au milieu des forêts. Il prie, il défriche la terre. Sa vie cachée, toute saisie par le mystère de Dieu, attire des frères autour de lui. Un monastère naît... (diocèse de Reims)

 


A lire aussi: Histoire de la commune de Saint-Thierry

 

Martyrologe romain

La Parole de Dieu sera ma nourriture. Ce n’est pas de moi-même que je me promets une telle force. C’est vous, ô Jésus qui mettez ces paroles dans ma bouche et qui m’accordez la grâce de les accomplir.

 

Sources: 1; 2; 3; 4

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 08:54
Prières du matin

Au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit. Un seul Dieu. +++

Prières du Bréviaire

 

Seigneur notre Dieu, qui nous a fait parvenir au début de cette journée, sauve-nous aujourd'hui, par ta puissance : ne nous laisse pas tomber dans le péché, mais fais que toutes nos pensées, toutes nos paroles et tous nos actes tendent à accomplir ta loi de sainteté. Par le Christ, notre Seigneur.

 

Seigneur notre Dieu, Roi du ciel et de la terre, daigne aujourd'hui diriger et sanctifier, orienter et gouverner nos sentiments, nos paroles et nos actes conformément à ta loi et à tes commandements. Ainsi nous mériterons d'être sauvés et délivrés maintenant et pour l'éternité, grâce à toi, Sauveur du monde, qui vis et règnes pour les siècles des siècles.

 

Prière d'Origène (IIIe siècle)

 

Préparons-nous un cœur sans tache, afin que le Seigneur Jésus puisse entrer avec joie et gratitude dans le monde de notre cœur et nous demander l'hospitalité. A lui la gloire et la puissance pour les siècles des siècles.

 

 

Prières du matin du saint Curé d'Ars

 

« Mon Dieu, je vous offre mon cœur, mon esprit, mes pensées, mes paroles, mes actions, tout moi-même, pour ne servir que votre gloire. Je renouvelle les promesses de mon baptême.

 

Mon Ange gardien.Je vous aime tendrement ; je vous remercie de m'avoir gardé cette nuit pendant que je dormais, gardez-moi, s'il vous plaît,pendant ce jour,sans malheur,ni accident et sans offenser Dieu, au moins mortellement. » Source

 

 

Prière de Saint François d'Assise et de Sainte Thérèse d'Avila :

 

Seigneur,

dans le silence de ce jour naissant, je viens te demander la paix, la sagesse et la force.

Je veux regarder aujourd’hui le monde avec des yeux remplis d’amour ; Être patient, compréhensif, doux et sage; voir tes enfants au delà des apparences, comme tu les vois toi-même, et ainsi, ne voir que le bien en chacun.

Ferme mes oreilles à toute calomnie, garde ma langue de toute malveillance ; que seules les pensées qui bénissent demeurent en mon esprit, (et que seules les bonnes actions égrènent ma journée. Add.).

Que je sois si bienveillant et si joyeux que tous ceux qui m’approchent Sentent ta puissance et ta présence.

Revêts-moi de ta beauté, Seigneur, et qu’au long du jour je te révèle. (François d'Assise, Thérèse d'Avila)

 

 

 

La consécration à Marie de Louis-Marie Grignion de Montfort est souvent prononcée par ceux qui souhaitent se remettre à la Vierge Marie. La voici:

 

« Je vous choisis, aujourd'hui, ô Marie,

en présence de toute la Cour Céleste, pour ma Mère et ma Reine.

Je vous livre et consacre, en toute soumission et amour,

mon corps et mon âme, mes biens intérieurs et extérieurs,

et la valeur même de mes bonnes actions passées, présentes et futures,

vous laissant un entier et plein droit de disposer de moi

et de tout ce qui m'appartient, sans exception,

selon votre bon plaisir, à la plus grande Gloire de Dieu,

dans le temps et l'éternité. »

 

 

Offrande de sa journée par Ste Thérèse de Lisieux

 

Mon Dieu,

 

je vous offre toutes les actions que je vais faire aujourd’hui, dans les intentions et pour la gloire du Cœur Sacré de Jésus ; je veux sanctifier les battements de mon cœur, mes pensées et mes œuvres les plus simples en les unissant à ses mérites infinis, et réparer mes fautes en les jetant dans la fournaise de son Amour miséricordieux.

 

 

Ô mon Dieu ! je vous demande pour moi et pour ceux qui me sont chers la grâce d’accomplir parfaitement votre sainte volonté, d’accepter pour votre Amour les joies et les peines de cette vie passagère afin que nous soyons un jour réunis dans les Cieux pendant toute l’éternité. Source

 

Prière de Saint Ignace de Loyola (XVIe siècle)

 

 

Reçois Seigneur l'offrande de ma liberté.

Reçois ma mémoire, mon intelligence et toute ma volonté.

Tout ce que j'ai, tout ce que je suis, c'est toi qui me l'as donné.

Je te le rends, Seigneur, sans réserve, pour que tu en disposes selon ton bon plaisir.

Donne-moi seulement ton amour et ta grâce ; et je suis assez riche, et je ne demande rien de plus.

 

Il peut être utile d'ajouter à ces prières du matin les litanies du Précieux Sang.

 

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sang du Christ, fils unique du Père éternel, Sauvez-nous

Sang du Christ, Verbe incarné,

Sang du Christ, Nouveau et Ancien Testament,

Sang du Christ, répandu sur la terre pendant son agonie,

Sang du Christ, versé dans la flagellation,

Sang du Christ, émanant de la Couronne d'épines,

Sang du Christ, répandu sur la Croix,

Sang du Christ, prix de notre Salut,

Sang du Christ, sans lequel il ne peut y avoir de rémission,

Sang du Christ, nourriture eucharistique et purification des âmes,

Sang du Christ, fleuve de Miséricorde,

Sang du Christ, victoire sur les démons,

Sang du Christ, force des martyrs

Sang du Christ, vertu des confesseurs,

Sang du Christ, source de virginité,

Sang du Christ, soutien de ceux qui sont dans le danger,

Sang du Christ, soulagement de ceux qui peinent,

Sang du Christ, consolation dans les larmes,

Sang du Christ, espoir des pénitents,

Sang du Christ, secours des mourants,

Sang du Christ, paix et douceur des cœurs,

Sang du Christ, gage de vie éternelle,

Sang du Christ, qui délivre les âmes du Purgatoire,

Sang du Christ, digne de tout honneur et de toute gloire,

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous Jésus.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous Jésus.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous Jésus.

Jésus, écoutez-nous.

Jésus, exaucez-nous.

  • Vous nous avez rachetés, Seigneur par Votre Sang.

  • Et vous avez fait de nous le Royaume de Dieu.

PRIONS. - Dieu éternel et Tout-Puissant qui avez constitué votre Fils unique Rédempteur du monde, et avez voulu être apaisé par son sang, faites, nous vous en prions, que, vénérant le prix de notre Salut et étant par lui protégés sur la terre contre les maux de cette vie, nous recueillions la récompense éternelle dans le Ciel. Par le même Jésus-Christ Notre Seigneur. Ainsi soit-il.

Repost 0
30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 07:05

La politique est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire.

Richelieu

L'édit de Nantes de 1598, cédé par Henri IV, permet à la communauté protestante française de prospérer, jusqu'à devenir un véritable État dans l’État possédant son armée et sa diplomatie propre. Lorsqu'en 1617, les Protestants refusent ouvertement d'appliquer une clause de l'édit de Nantes (jusqu'alors non appliquée), le jeune roi Louis XIII décide d'écraser militairement la Rébellion. L'épisode des "Rebellions Huguenotes", doublé d'une guerre franco-anglaise (1627-1629), est parfois considéré comme la dernière guerre de religion en France.

Extrait :

 

«Avril 1598. Le Roi de France Henri IV promulgue l'édit de Nantes, accordant aux protestants le droit de pratiquer leur culte dans certains lieux réservés. L'édit met fin à la guerre entre catholiques et protestants qui ensanglanta la France durant toute la seconde moitié du 16e siècle. Mais il engendre une situation complexe et instable. En effet, l'édit rétablit de fait le catholicisme comme religion d'état... Mais il restaure les droits civils des huguenots (protestants français), et leur octroie certains privilèges, comme des tribunaux spécifiques. Il leur attribue également 160 villes fortifiées, et une puissance militaire autonome, distincte de l'armée royale. Cette force de défense de 30 000 hommes peut paraître justifiée au lendemain des guerres de religion, mais à long terme, elle met en péril l'unité de l'état.

 

Lorsque le jeune Louis XIII accède au pouvoir en 1617, il prend en main les affaires du royaume, d'abord entouré d'un conseil restreint... puis progressivement avec un seul "premier ministre": le Cardinal Richelieu. Les deux hommes partagent une même conception de la grandeur de la France et de la "raison d'état". Ils vont être amenés à reprendre les hostilités contre les protestants, moins de façon planifiée que pour assurer l'autorité de la royauté. En effet, Louis XIII a la volonté de rendre le libre exercice du culte catholique à tout le Béarn, province entièrement passée à la Réforme protestante sous l'influence de la reine de Navarre Jeanne d'Albret (épouse d'Antoine de Bourbon et mère d'Henri IV. Ndlr.). Cette décision prévue par l'édit de Nantes, mais non appliquée par Henri IV déclenche un mouvement de résistance au nom de la "cause réformée". En 1620, le Conseil de Béarn, composé entièrement de protestants, refuse d'entériner la décision royale et soutient les chefs huguenots rebelles.

Louis XIII doit s'imposer par la force : Pau est militairement occupée, et les membres du Conseil sont remplacés par des catholiques. Certaines familles protestantes se plient à la décision du souverain, mais d'autres continuent de le défier.

Louis XIII écrase un Etat dans l'Etat (1628)

Les rebelles se placent sous le commandement des frères Henri et Benjamin de Rohan, et se réunissent à La Rochelle, principale place forte huguenote. Ils y organisent des levées de taxes et de soldats, et font même appel à la protection du roi d'Angleterre. Louis XIII ne peut tolérer ce qui apparaît désormais comme un "état dans l'état". La guerre est inévitable.

 

En mai 1621, le roi envahit le Béarn à la tête de ses troupes. La campagne commence bien avec les redditions de Saumur et Thouar, puis la prise de Saint-Jean d'Angély. Mais Montauban résiste avec acharnement, et l'armée royale doit se retirer le 9 novembre, après avoir subi de lourdes pertes. Henri de Rohan reste maître du Languedoc, tandis que son frère Benjamin, le "duc de Soubise", pille le Poitou et amasse un butin considérable.

 

1622. Le roi repart immédiatement en campagne contre Soubise, réunissant 7000 hommes au sud de Nantes. A l'approche des troupes royales, les huguenots se réfugient dans les Marais de l'Île de Riez, au large des Sables-D'Olonne. Mais dans la nuit du 15 au 16 avril, Louis XIII et ses hommes franchissent audacieusement un bras de mer à gué et encerclent le camp ennemi. Totalement surpris, les huguenots tentent une percée... Mais ils sont taillés en pièces par l'armée royale. 3000 huguenots sont massacrés et 1500 sont faits prisonniers. Soubise, lui, est parvenu à s'enfuir dès le début du combat. Louis XIII a pacifié le Poitou, mais les protestants restent en révolte, au sud d'une ligne La Rochelle-Aigues Mortes.

 

Fin 1622. Les combats continuent dans le Midi : le siège de Montpellier est le théâtre de combats acharnés. Epuisés, les deux camps conviennent alors d'une trêve en octobre, et Montpellier accepte d'ouvrir ses portes en échange du pardon du roi.

 

Les hostilités reprennent en 1624 quand la flotte huguenote -commandée par Soubise- prend le contrôle des Îles de Ré et d'Oléron. Louis XIII réagit: 1500 soldats royaux débarquent et reprennent une partie de l'île de Ré, dont la forteresse de Saint Martin. Peu après, la flotte huguenote est battue en mer par "la Royale", commandée par le seigneur de Toiras. Charles Ier d'Angleterre déclare alors la guerre à Louis XIII, autant par solidarité envers les huguenots que pour entraver la montée en puissance de la marine française.

 

Maréchal de Toiras

Le 12 juillet 1627, une puissante flotte anglaise -menée par le duc de Buckingham- parvient à débarquer 7000 soldats sur l'île de Ré. Les Anglais mettent le siège devant la citadelle, mais Toiras et ses hommes tiennent bon. En octobre, un intrépide convoi français réussit à traverser le blocus anglais pour ravitailler les assiégés. Buckingham veut alors en finir: il ordonne une attaque massive, mais celle-ci se brise à nouveau sur les défenses françaises. Voyant le moral ennemi au plus bas, Toiras opère une sortie rageuse. Pris de panique, les Anglais fuient vers leurs navires, sous le harcèlement constant des Français. Durant cette désastreuse campagne les Anglais auront perdu 5000 hommes sur leurs 7000 engagés. Leur bourreau, Toiras, est nommé Maréchal de France par Louis XIII. Celui-ci met alors le siège devant la ville de La Rochelle, afin de "couper la tête du dragon".

 

Richelieu déploie 20 000 hommes autour des puissantes murailles de la ville, coupant toutes les voies de communication terrestres. Pour empêcher le ravitaillement par la mer, le Cardinal fait construire une digue d'1,5 KM de large et 20 m de hauteur, hérissée de canons. L'ouvrage prouve son efficacité en mai 1628 : une flotte anglaise, menée par Buckingham, ne parvient pas à forcer le blocus. Même résultat en septembre : la flotte du comte de Lindsey doit rebrousser chemin sous la mitraille. Pour les Rochelais, la famine s'ajoute aux terribles bombardements de l'artillerie royale. Fin octobre, leur maire, Jean Guiton, comprend que tout est perdu, et finit par se rendre. Dans la cité qui défia le pouvoir royal, il ne reste que 150 soldats capables de se tenir debout et 5000 civils survivants sur 25 000.

 

Le cardinal de Richelieu au siège de La Rochelle (Henri-Paul Motte, 1881)

En Languedoc, Henri de Rohan avait entamé des négociations avec l'Espagne, devenue adversaire de la France. Mais les secours espagnols n'ont pas le temps d'arriver : Privas tombe aux mains des troupes de Louis XIII, qui rasent la cité et massacrent les habitants. A cette nouvelle, les autres bastions protestants du Languedoc rendent les armes sans coup férir. Louis XIII met alors le siège devant Alès (Gard), dernière place forte huguenote de France. Celle-ci se rend en juin 1629.

 

Par l'édit d'Alès, le roi accorde l'amnistie aux protestants qui ...gardent le droit de pratiquer leur religion dans le Royaume de France. Cependant, Louis XIII supprime l'intégralité des privilèges, politiques, juridiques et militaires dont ils bénéficiaient. Henri de Rohan est gracié mais doit s'exiler à Venise. Son frère cherche à poursuivre le combat mais il meurt peu après en Angleterre...

 

La monarchie française sort renforcée de ces années de guerre : le parti protestant est définitivement éradiqué, l'ennemi anglais sévèrement affaibli. La toute nouvelle marine royale s'est bien comportée et semble prête à concurrencer la Hollande sur toutes les mers du globe.

 

L'action énergique et intransigeante du roi durant les révoltes huguenotes portent les germes du "Grand siècle" français.

 

A la fin du XVIIe siècle les tensions religieuses reprennent en Europe de l'Ouest. A partir de 1685, Louis XIV entreprend de convertir de force les protestants français, accélérant leur exil vers l'étranger. Au total, 275 000 protestants ont quitté la France du 16 au 17e siècle, pour le plus grand profit de leur pays d'accueil (surtout l'Angleterre et les Pays-Bas).

 

Etrangement, l'arrivée en France de 70 000 catholiques britanniques et irlandais -chassés du Royaume-Uni entre 1690 et 1745- est beaucoup moins étudiée. Ces exilés -dont 40% sont des nobles- furent accueillis à bras ouverts dans les villes côtières de l'Ouest et s'y assimilèrent remarquablement. Très dynamiques ils contribuèrent à l'extraordinaire essor du commerce maritime français du 18e siècle. Aussi, 23 000 immigrés irlandais intégrèrent l'armée française, y démontrant leur immense courage à maintes reprises jusqu'à la Révolution. C'est ainsi que l'on trouve dans les armées françaises 2 maréchaux» , 18 lieutenants généraux et 12 maréchaux de camp d'origine irlandaise. »

 

Texte et montage Le Cajun.

Repost 0
30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 00:00
Saint Martial de Limoges († v. 250), évêque des Gaules

Dès la première moitié du IIIe siècle, Martial de Limoges († v. 250), évêque des Gaules instaura un centre marial près de Rodez.

Les mentions écrites les plus anciennes de St Martial datent du début du Moyen-Age.

Sidoine Apollinaire, évêque de Clermont mort en 488, écrit que la cité des Limousins reçut saint Martial comme évêque. 

Grégoire de Tours l’évoque dans son Historia Francorum (Histoire des Francs). On sait que le premier évêque fut inhumé dans le cimetière situé près de la via Agrippa.


Dans les années 1960, des fouilles furent effectuées à Limoges sous la "Place de la République", sur l'emplacement de l'ancienne abbaye Saint-Martial, le tombeau de saint Martial fut découvert ainsi qu'une mosaïque du Haut-Empire témoignant de l'importance du personnage inhumé.


Le nom de Martial sera mentionné pour la première fois dans le testament de Saint-Yrieix en 572 au sujet d'une donation faite aux clercs desservant son Tombeau.
En 848 ces clercs se firent moines. Ainsi naquit l'abbaye de Saint Martial, qui devint un grand centre de pèlerinage tout au long des XIè et XIIème siècles.

Tous les sept ans, c'est à la Grande Confrérie de Saint Martial qu'il appartient d'organiser les Ostensions à Limoges, c'est aussi elle qui a le privilège d'en arborer le drapeau qui sera fixé au clocher de l'église Saint-Michel des Lions pendant leur durée. Gardienne des Reliques du Saint, elle en perpétue la mémoire à travers les temps.

 

Sources: (1), (2), (3)

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 08:52

Invitée de Tv-Libertés, l'historienne Marion Sigaut évoque son ouvrage "Le tournant de la régence", quatrième opus de la collection "Les manuels d'Histoire de Marion Sigaut".

Extrait:

 

"Les jansénistes, c'est l'hypocrisie de la bigoterie. Les jansénistes voulaient non pas seulement régenter l'Eglise, ils voulaient que la société civile puisse connaître des affaires de sacrements et de dogme.

Les jansénistes voulaient que la religion soit soumise à l'état. C'est-à-dire que les points de dogme et de sacrements soient sous l'autorité des juges et même des avocats. Une chanson chantée à l'époque pour se moquer des jansénistes disait 'Avant vous croyiez que les papes ou les cardinaux étaient compétents pour juger des points de dogme, aujourd'hui pas du tout, c'est les avocats, les avocats, les avocats !' C'est-à-dire que ce sont des gens qui ont voulu soumettre la religion à l'état et ils appelaient cela 'la laïcité'. [...] Et les jansénistes ont poursuivi en justice des curés qui avaient refusé en leur âme et conscience de donner la communion à des pénitents qui n'étaient pas en état de la recevoir.

Sans aller jusqu'à aujourd'hui, on va trouver une illustration très parlante de la victoire des jansénistes dans la 'Constitution civile du clergé' [Décret unilatéral de l'Assemblée dite "nationale" du 12 juillet 1790. Ndlr.], selon laquelle le clergé n'est plus payé par l'Eglise..., par l'intermédiaire de la dîme [mais par l'état. Cette "constitution" donnait statut de citoyen-fonctionnaire-élu aux membres du clergé. Ndlr.], les prêtres vont être élus par la population. Si par exemple dans un village il y avait un libre penseur, trois protestants et une communauté juive, ils auront accès à l'élection du prêtre qui sera payé par le budget de l'état... [Les évêques seront être élus par l'assemblée des électeurs du département (un électeur pour cent citoyen actif, l'électeur devant justifier un revenu de 150 ou 200 journées de travail). Source: Augustin Gazier, Études sur l'histoire religieuse de la Révolution française d'après les documents originaux et inédits depuis la réunion des États généraux jusqu'au Directoire, Paris, 1887, p. 32, Ndlr.] C'est cela la séparation de l'église et de l'état ?" (Fin de citation)

Ainsi, ce qui caractérise au premier chef l'état moderne, et dans le cadre de l'émergence de la république absolue des Lumières qui entend régenter la religion, ce n'est pas d'abord la sécularisation des doctrines ecclésio- ou théologico-politiques (le roi de France sera sacré jusqu'au dernier, Charles X), "c'est au contraire la détermination strictement théologique de cette nouvelle figure de l'état absolu, qui passe prioritairement par une re-sacralisation de l'état..." (Cf. Fanny COSANDEY, Robert DESCIMON, L'Absolutisme en France, Histoire et historiographie, L'histoire en débats, Points Histoire, Paris 2002, p. 102) Un état qui en quelque sorte devient lui-même religion et qui fait qu'aujourd'hui par exemple une république soit disant "laïque" créer de toute pièce un "islam de France" (mise à mort de la loi de 1905) et voit un de ses ministres de l'intérieur réclamer le financement public des imams, c'est-à-dire la fonctionnarisation de l'islam... C'est sans doute dans cette direction que l'historiographie de l'absolutisme en France s'orientera les prochaines années.

 

 

Enfin, Marion Sigaut rappelle que "cette "Constitution civile du clergé" (1790) est ce qui a déclenché la guerre civile" en 1793-1794. Or, trois ans avant le déclenchement de la Guerre de Vendée, le pape Pie VI écrivit le 9 juillet 1790 à Louis XVI : "Nous devons vous dire avec fermeté et amour paternel que, si vous approuvez les décrets concernant le Clergé, vous induirez en erreur votre Nation entière, vous précipiterez votre Royaume dans le schisme et peut-être dans une guerre civile de religion." (Cité in Jean de Viguerie, Christianisme et Révolution, Paris, 1986, p. 82.)

Repost 0
29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 00:00
Saint Pierre, Prince des Apôtres crucifié la tête en bas

Saint Pierre, Prince des Apôtres crucifié la tête en bas

 Le 29 juin, l'Église honore à la fois saint Pierre et saint Paul, ces deux incomparables Apôtres, unis dans la foi, dans la prison et dans la mort.

 

Saint Pierre, fils de pêcheur et pêcheur lui-même, simple, ignorant, sans éducation, il entendit le Fils de Dieu lui adresser cet appel singulier : "Suis-Moi, Je te ferai pêcheur d'hommes."

 

Parmi tous les Apôtres, Pierre brille par sa foi énergique et reconnaît en Jésus le Christ, Fils de Dieu. Il ne quitte jamais le Sauveur, il est de toutes les grandes occasions de la vie du Maître.

Malgré son triple reniement au jour de la Passion, faute si noblement réparée ensuite, il est confirmé comme chef des Apôtres et chef de l'Église. Son siège renversera bientôt celui des Césars, et l'humble pêcheur aura un nom plus immortel que les plus grandes célébrités de tous les siècles.

Jésus avait dit autrefois à Ses Apôtres: "Le disciple n'est pas plus que le Maître; si on Me persécute, on vous persécutera." Saint Pierre devait avoir, en effet, le sort de Jésus-Christ et arroser de son sang l'Église naissante. Touché par les larmes des fidèles, non mû par la crainte, Pierre songea d'abord à fuir la persécution que venait de soulever l'empereur Néron; mais, comme il sortait de Rome, il vit le Christ Se présenter à lui:


"Où allez-Vous, Seigneur, Lui dit-il.
-- Je vais à Rome, dit Jésus, pour y être crucifié de nouveau."
A ces mots, le Sauveur disparut, et Pierre comprit qu'il devait revenir à Rome pour y être crucifié.

 

Le prince des Apôtres eut à endurer les souffrances d'un long emprisonnement; il eut du moins la consolation d'y être le compagnon de saint Paul et de consommer son sacrifice le même jour que lui.

 

Pierre fut condamné au supplice de la Croix; mais, par humilité, se jugeant indigne d'être crucifié comme le divin Maître, il demanda à être crucifié la tête en bas, ce qui lui fut accordé. Arrivé au lieu du supplice, Pierre ne put contenir la joie de son coeur: "C'est ici l'arbre de vie, cria-t-il au peuple, l'arbre où a été vaincue la mort et le monde racheté. Grâces à vous, Fils du Dieu vivant!" [1]

 

À l'annonce par Marie la Magdaléenne que le tombeau de Jésus avait été trouvé vide, Pierre fut le premier à y entrer, le "disciple bien-aimé" lui ayant laissé la préséance (Jn 20,5 ; Jn 21,7). Par la suite, il bénéficia avant les douze d'une apparition du Christ ressuscité (1Co 15,5).

 

Lors de la dernière apparition du Christ à ses disciples, il est réhabilité par Jésus à la suite de sa négation et ré-instauré dans sa mission de pasteur de l'Église : "Il lui dit pour la troisième fois : Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu ? Pierre fut attristé de ce qu’il lui avait dit pour la troisième fois : M’aimes-tu ? Et il lui répondit : Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t’aime. Jésus lui dit : Fais paître mes brebis." (Jn 21,15-17).

 

Les Actes des Apôtres le montrent comme un des principaux dirigeants de la communauté chrétienne à Jérusalem. Après la Pentecôte, c'est lui qui prend la parole et commence la prédication du message chrétien. Lors du concile de Jérusalem (vers l'an 50), il prend position en faveur de l'admission des païens dans l'Église sans leur imposer les prescriptions mosaïques telles que la circoncision et les autres observances juives; cependant Paul lui reprochera de ménager le point de vue des judaïsants menés par certains chrétiens juifs de la communauté de Jacques le mineur, "frère du Seigneur", chef de la communauté de Jérusalem soit le premier évêque de la première communauté chrétienne (Ac 21,18) : "Mais quand Céphas (Pierre) vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu'il s'était donné tort. En effet, avant l'arrivée de certaines gens de l'entourage de Jacques, il prenait ses repas avec les païens ; mais quand ces gens arrivèrent, on le vit se dérober et se tenir à l'écart, par peur des circoncis." (Ga 2,11-12).

 

Lors du premier concile de Jérusalem, Pierre reconsidéra donc son attitude. Il ouvrit le débat en défendant clairement les thèses de St Paul de ne pas imposer les prescriptions mosaïques aux chrétiens païens.

 

Jacques le mineur, chef de l'Église locale (le premier évêque de Jérusalem), clôture le conseil en approuvant Pierre et Paul. Les chrétiens d'origine païenne sont libérés de l'obligation de suivre les traditions juives.

 

Après le Concile de Jérusalem, les Actes ne disent plus rien de Pierre. Cette discrétion s'explique, selon certaines hypothèses, par les poursuites dont il était l'objet. À partir de son évasion de Jérusalem (avant la mort d'Hérode-Agrippa I, au printemps 44), Pierre était presque un hors la loi aux yeux des autorités de Jérusalem. S'il était poursuivi, personne ne devait savoir où il se trouvait. C'est pourquoi le Nouveau Testament serait très discret sur ses résidences successives, même dans les Actes. Une explication plus simple consisterait à voir dans ce "silence" sur le lieu de Pierre un résultat du propos du livre des Actes (I. 8): L'évangélisation auprès des Juifs relevant de la mission pétrienne (Galates 2), celui-ci est plus présent dans l'ouvrage qui parle du témoignage apostolique en Judée, tandis qu'avec le chapitre 15, où se tient le synode sur la question des Gentils, le rôle de Pierre n'est plus mentionné parce qu'il est essentiellement question du ministère paulinien (évangéliser les païens).

 

La tradition de l'Église catholique attribue à Pierre la direction de l'Église d'Antioche. Premier évêque de cette ville, une fête de "la chaire de saint Pierre à Antioche" est célébrée le 22 février depuis le IVe siècle. Il serait resté sept ans à Antioche.

 

Fuyant la persécution, Pierre semble avoir gagné Antioche dès le printemps 43 (au plus tard). Selon André Méhat, il se serait ensuite réfugié à Rome, où il espérait n'être pas poursuivi [1]. Mais vers 45, l'empereur Claude (41-54) expulse les juifs de Rome (Ac 18,2). Comme Priscille et Aquila, Pierre se rend alors en Achaïe, et il a l'occasion de visiter Corinthe (1 Co 1,12).

 

En 48 ou 49, il est à Jérusalem. Là, lors des réunions qui seront par la suite appelée « Concile de Jérusalem », il propose la solution qui est adoptée par Jacques le Juste en conclusion de l'assemblée, sur les obligations que doivent suivre les chrétiens venant du polythéisme. Il faut que ces derniers observent un minimum de préceptes de la Torah en s'abstenant des souillures de l’idolâtrie, de l'immoralité, de la viande étouffée et du sang [2].

 

À la mort de l'empereur Claude, Pierre est de retour à Rome, au début du règne de Néron (54-68). Il est à Rome lorsque Paul rédige l'Épître aux Romains, mais toujours dans un statut de clandestinité, ce qui pourrait expliquer à la fois que Paul adresse son épître aux chrétiens de Rome, mais qu'il n'y fasse pas mention du disciple.

 

Cette chronologie est hypothétique, mais elle correspond cependant à la tradition du Liber Pontificalis (rédigé en 530, ce catalogue chronologique de tous les papes repose sur des données légendaires sans que cela ne diminue l’intérêt de ce document comme source historique [3]), selon lequel Pierre est demeuré à Antioche pendant sept ans, et s'est fixé à Rome sous le règne de Néron.

 

Dans la littérature clémentine, Pierre est décrit comme un prédicateur itinérant dans les villes de la province romaine de Syrie. Il remporte de nombreux succès contre la prédication de Simon le Mage et initie au cours de ses déplacements Clément qui l'accompagne. Il le nomme par la suite évêque de Rome où il se rend et gagne un affrontement contre Simon le Mage. La légende raconte que ce dernier a tenté de voler pour impressionner l'empereur Néron et que par la prière, Pierre est parvenu à le faire tomber.

 

De nombreux lieux gardent des traces, souvent légendaires, du séjour de l'apôtre à Rome : église Domine Quo Vadis, basilique di Santa Francesca Romana, église Santi Nereo e Achilleo, tempietto dans l'église San Pietro in Montorio (autre lieu traditionnel de son martyre), Tullianum (lieu de son emprisonnement), basilique Saint-Pierre-aux-Liens [4]. Ces lieux sont issus de traditions orales ou des récits légendaires regorgeant de prodiges fabuleux (miracles et guérisons de Pierre), tels les apocryphes Actes de Pierre, les Actes de Pierre et Paul (en), la Passion de Pierre [5].

 

Pour la tradition catholique, le séjour de Pierre à Rome semble attesté par la Première épître de Pierre : "L’Église des élus qui est à Babylone vous salue, ainsi que Marc, mon fils" (1P 5,13), sous réserve d'admettre que le mot Babylone désigne de façon péjorative Rome en tant que ville corrompue et idolâtre, une image familière aux lecteurs de la Bible. Même si certaines traditions orientales comme celle de l'église nestorienne professent que Simon-Pierre a rédigé son épître de Babylone, que des humanistes comme Calvin ou Érasme ont pu prendre l'indication au pied de la lettre suivis par certains savants protestants [6], pour la recherche contemporaine, il s'agit bien d'une allusion chiffrée à Rome [7], allusion que l’on retrouve chez l'auteur de l'Apocalypse.

 

Plusieurs textes antiques font allusion au martyre de Pierre, ainsi qu'à celui de Paul, qui se seraient produits lors des persécutions ordonnées par Néron, notamment dans l'enceinte du Circus Vaticanus construit par l’empereur Caligula, situé sur la colline Vaticane, à l'emplacement approximatif de l'actuelle basilique Saint-Pierre (Tacite, Annales, Livre XV.44).

 

Les suppliciés une fois morts pouvant être remis à leur famille pour être inhumés ou crématisés mais le plus souvent ils étaient jetés dans le Tibre [8]. Ainsi, une tradition immémoriale place ce martyre : inter duas metas - entre les deux bornes - de la spina (Cf. Cirque romain). Le plus ancien de ces textes, la Lettre aux Corinthiens de Clément de Rome datée de 96, ne cite pas explicitement de lieu, même s'il y a diverses raisons pour penser qu'il s'agit de Rome (Clément de Rome, Lettre aux Corinthiens, V, 3-5.). Sixte V fait transférer en 1586 l'obélisque ornant cette spina sur la place Saint-Pierre.

 

Une vingtaine d'années plus tard, une lettre d'Ignace d'Antioche aux chrétiens de Rome comporte ces mots : "Je ne vous donne pas des ordres comme Pierre et Paul" (Lettre aux Romains, in Les écrits des pères apostoliques, éditions du Cerf, 2001, p. 185 et s.).

 

Un passage, de la fin du IIe siècle, cité par Eusèbe de Césarée, indique qu'à un certain Proclus, qui se vantait que sa patrie possédait la tombe de l'apôtre Philippe, le Romain Gaïus a répondu : "Mais moi, je puis te montrer les trophées des saints apôtres. En effet, si tu veux te rendre au Vatican ou sur la voie d'Ostie, tu trouveras les trophées de ceux qui ont fondé cette Église." (Eusèbe, Histoire ecclésiastique II, 25, 7). Le mot trophée, du grec τροπαιον, monument de victoire, dans le contexte, désigne ici les tombes de Pierre et Paul. C'est en tout cas sur ces sites que seront édifiées au IVe siècle les basiliques Saint-Pierre et Saint-Paul-hors-les-murs qui leur sont dédiées. Eusèbe rapporte aussi les témoignages de Denys de Corinthe (Histoire ecclésiastique II, 25, 8 ) et de Zéphyrin de Rome (Histoire Ecclésiastique V, 28, 3).

 

Clément de Rome affirme que le martyre de St Pierre serait dû à une "injuste jalousie" et à la dissension entre les membres de la communauté chrétienne (à rapprocher de ce que dit Paul en 1 Phil 1, 15) : il y eut vraisemblablement dénonciation. Selon un apocryphe, les Actes de Pierre, St Pierre aurait été crucifié la tête vers le sol (Ac Pierre 38 - d'où le nom de croix de Saint-Pierre donné à la croix latine inversée -). Selon la tradition, l'apôtre a demandé ce type de supplice par humilité, ne se jugeant pas digne de mourir comme le Christ. Selon une autre version, il peut s'agir d'une cruauté supplémentaire de Néron.

 

Un des éléments en faveur de la "tradition romaine" de la présence de la tombe de Pierre est l'absence de toute autre revendication de sa tombe par une autre cité antique.

 

La tradition localise le tombeau de saint Pierre sur l'emplacement d'une nécropole située au nord du Circus Vaticanus, dont elle était séparée par une route secondaire : la via Cornelia [9].

 

L'empereur Constantin Ier y fit édifier une première basilique (occupant le site de l'édifice actuel) et dont l'abside fut construite autour de l'emplacement de la tombe, cela malgré les difficultés considérables du terrain, à flanc de colline, obligeant à d’énormes travaux de terrassement, et bien qu'il ait fallu modifier un cimetière.

 

Les fouilles de la nécropole du Vatican ordonnées dès 1940 par Pie XII dans les Grottes du Vatican à l'occasion de la mise en place du sarcophage de Pie XI, ont mis en évidence un cimetière païen et chrétien contenant de nombreuses tombes et, au-dessous de l'autel et à la verticale exacte du sommet de la coupole, un monument culturel au-dessus d’une de ces tombes, trouvée vide, du premier siècle (tombe thêta). Ce mémorial, qui serait le "trophée de Gaïus", est par la suite inclus dans un monument de marbre et de porphyre d'époque constantinienne puis recouvert par des autels construits sous Calixte II (1123), Clément VIII (1594) et enfin par le baldaquin de Saint-Pierre construit de 1624 à 1633. Sur l'un des murs de soutien (mur rouge) a été incisé un graffito dont subsistent les quatre caractères grecs ΠΕΤR, c’est-à-dire les quatre premières lettres du nom de Pierre, et au-dessous EN(I), ce qui serait, selon Margherita Guarducci, la forme abréviative de εν εστι, mot à mot "dedans est".

 

Une cachette aménagée sur un mur perpendiculaire (mur G) contenait les ossements d'un individu de sexe masculin âgé de soixante à soixante-dix ans, de robuste constitution. Une expertise menée par Margarita Guarducci avec l'anthropologue Correnti permet de penser qu'il s'agit bien des ossements qui figuraient dans la tombe, car la terre à laquelle sont mêlés les ossements est du même type que celle qui se trouve devant le trophée de Gaïus. Mais s'agit-il de Pierre ? Trois détails vont dans ce sens, sans cependant imposer une conclusion incontestable : les ossements ont été conservés dans un tissu précieux de couleur pourpre, et brodé de fil d'or : un tel tissu ne peut avoir servi qu'à envelopper les restes d'un personnage illustre [10] ; aucun os des pieds n'a été retrouvé : cela pourrait indiquer qu'on a coupé ceux du défunt (ce qui était commun aux suppliciés qui mouraient la tête en bas) [11] ; les rotules étaient abîmées comme peuvent l'être celles de pêcheurs qui poussent leur bateau à la mer.

 

S'adressant à une réunion d'étudiants, le pape Pie XII leur dit : "Sous le point central de la gigantesque coupole de la basilique se trouvait et se trouve encore le lieu de la sépulture de saint Pierre." De telles paroles venaient confirmer celles qui, dans une allocution à Radio-Vatican, en 1942, avaient déjà révélé que, sous la basilique élevée par Constantin, on avait trouvé un lieu de culte chrétien où la dévotion des fidèles était prouvée par de nombreux graffiti et par des tombes.

 

A l'occasion de son jubilé épiscopal, Pie XII avait également révélé que les traces avaient été retrouvées du "trophée", construit sur le lieu de la sépulture de l'apôtre, trophée dont le dénommé Gaïus, prêtre au IIe siècle, signalait l'existence dans un texte que par la suite l'historien Eusèbe reprit. [12]

 

En 1968, après avoir pris connaissance des études scientifiques réalisées, le pape Paul VI annonce qu'il s'agit selon toute probabilité des restes du corps de saint Pierre [13]. Le sépulcre a depuis été aménagé de façon que chaque visiteur puisse voir les reliques de saint Pierre et le "trophée de Gaïus".

 

Le 24 novembre 2013, pour clôturer l'Année de la foi 2012-2013, les reliques de Saint Pierre sont exposées dans un reliquaire de bronze, sur la place Saint-Pierre, en présence du pape François [14]. Ce fut alors la première ostension publique de ces reliques dans l'histoire : conservées dans la chapelle papale du palais apostolique; elles étaient uniquement montrées dans un cadre privé. Sur le reliquaire est gravé en latin "Ex ossibus quae in Arcibasilicae Vaticanae hypogeo inventa Beati Petri Apostoli esse putantur" (Des os retrouvés dans l'hypogée de la basilique vaticane, qui sont considérés comme ceux du bienheureux apôtre Pierre). [15]

Saint Pierre fut crucifié le 13 octobre 64

 

Saint Pierre fut crucifié le 13 octobre 64 au cirque de Néron, sur le mont Vatican. (bulletins de l'Association Jean Carmignac, N°44 de février 2010, pages 6 et 7.)

La démonstration, au jour près, semble très convaincante. Tentons de la résumer en quelques mots, mais il vaudra mieux s'y reporter car toutes les précisions de détail sont importantes.

* Le Circus Maximus, où se faisaient habituellement les exécutions, fut, d'après Tacite, indisponible de juillet 64 à fin 64. En novembre et décembre, il n'y a pas de jeux, car le temps est trop mauvais. Saint Pierre et les chrétiens ont donc été exécutés au cirque de Néron, cirque de substitution, en septembre ou octobre 64; c'est déjà beaucoup comme précision.

*Néron est mort (suicide) le 9 juin 68.

*Le livre apocryphe L'ascension d'Isaïe nous apprend que saint Pierre a été crucifié 3 ans, sept mois et 27 jours avant la mort de Néron, donc le 13 octobre 64.

Ce texte, du Père Jacques Bombardier, curé de paroisse à Nancy, s'inspire des travaux du professeur Margherita Guarducci qui a joué un grand rôle dans les fouilles sous Saint-Pierre.

Saint Paul (Paul de Tarse en Asie mineure), portant aussi le nom juif de Saul qui se prononce "Shaoul" (né probablement à Tarse en Cilicie au début du Ier siècle et mort vers 67 - 68 à Rome), est un apôtre de Jésus-Christ, tout en ne faisant pas partie des "Douze". Il est citoyen romain de naissance et un juif pharisien avant sa conversion.

Saint Pierre et saint Paul : On ne peut les séparer. Ils sont les deux piliers de l'Église et jamais la Tradition ne les a fêtés l'un sans l'autre. Tous deux verront leur vie bouleversée par l'irruption d'un homme qui leur dit: "Suis-moi. Tu t'appelleras Pierre" ou "Saul, pourquoi me persécutes-tu?".  Pierre reçoit de l'Esprit-Saint la révélation du mystère caché depuis la fondation du monde: "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant." Paul, ravi jusqu'au ciel, entend des paroles qu'il n'est pas possible de redire avec des paroles humaines. Persécuteur des premiers chrétiens, Paul se donne au Christ: "Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi." Pierre reçoit la charge de paître le troupeau de l'Église: "Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église." Paul devient l'apôtre des païens. Pour le Maître, Pierre mourra crucifié et Paul décapité.

La ville de Thessalonique était à cette époque devenue la capitale de la Macédoine et le port le plus commerçant de la Méditerranée: elle avait dans l'Empire la qualité de ville libre.

Saint Paul, s'y rendit dans sa seconde mission à sa sortie de Philippes. Il y trouva une synagogue, où il prêcha à des Juifs, des prosélytes et des païens durant trois semaines et jeta les fondements d'une petite chrétienté. Mais bientôt chassé par les intrigues des Juifs accusant les prédicateurs d'agir contre les décrets impériaux et traînant certains chrétiens devant les magistrats (Ac 17:5-9), il se retira à Bérée, puis à Athènes, et de là à Corinthe. C'est de cette dernière ville qu'il adressa à l'Eglise naissante de Thessalonique vers l'an 51, à peu d'intervalle l'une de l'autre, deux épîtres, les premières que nous ayons de lui. La première, qui contient des encouragements, est le plus ancien écrit du Nouveau Testament. L'apôtre y fait l'expérience de la mort et de la résurrection du Christ. Il l'a envoyée une vingtaine d'années après la mort de Jésus, peu après son arrivée à Corinthe où Thimothée, vint lui apporter des nouvelles en provenance de Thessalonique (1 Th 3:6). A cette date, les traditions évangéliques ont déjà pris corps et d'autres textes peuvent nous rapporter des traditions plus anciennes, mais 1 Thessaloniciens est le plus ancien document chrétien connu. Dans leur relative simplicité, les deux lettres aux Thessaloniciens, parlent des "Eglises" et de ceux qui sont "à leur tête", elles mentionnent tout ce qui est la foi commune des premiers chrétiens et l'expérience des premiers missionnaires : l'amour de Dieu qui appelle (1 Th 1:4; 1 Th 2:12, la foi en la Trinité de "Dieu le Père, et le Seigneur Jésus-Christ" et l'"Esprit-Saint" (1 Th 1-5; 1 Th 4:8), la foi dans la mort et la résurrection du Christ (1 Th 1-10 ; 1 Th 4:14), l'attente du retour du Christ (1 Th 3:13; 1 Th 5:23), la croyance dans la résurrection de ceux qui sont morts dans le Christ (1Th 4:16), la persévérance dans la persécution (1 Th 2:14-16), l'amour fraternel (1 Th 4:9) et le caractère collectif et solidaire des premières communautés chrétiennes (1 Th 4:6), l'action de l'Esprit Saint dans la parole de proclamation et dans la vie des communautés. S. Paul met en place des "anciens", comme nous le voyons à Ephèse (Actes 20, 17). Il envoie deux collaborateurs, Tite et Timothée, deux convertis du paganisme dans les communautés qu'il a fondées, pour éviter qu'elles ne dérivent. Ils sont destinataires de trois épîtres avec des conseils pour l'avenir. A Thimothée, en particulier, il rappelle le "don spirituel que Dieu a déposé en toi par l'imposition de mes mains" (1 Tm, 4: 14; et 2 Tm 1:6). La mission principale de Timothée est de "garder le dépôt" (1 Tm 6,20 ; 2 Tm 1,14). Ce dépôt doit être transmis à d'autres de génération en génération : "Ce que tu m’as entendu dire en présence de nombreux témoins, confie-le à des hommes dignes de foi qui seront capables de l’enseigner aux autres, à leur tour" (2 Tm 2,2). S. Pierre recommande aux "anciens en fonction" de paître "le troupeau de Dieu qui leur est confié et aux "jeunes gens" d'être "soumis aux anciens" (1 P. 5, 1-2). Le souci de la continuité, la transmission de la charge ecclésiastique (office) par les apôtres, le caractère collectif autant qu’individuel, le titre de "pasteurs", titre qui convient d’abord au Christ et que Jésus avait donné à Pierre, sont autant de traits particuliers de l'Eglise primitive.

---------------------------------------

 

Notes

 

[1] André Méhat, Simon dit Képhas, Lethielleux, Paris, 1989, p. 137-143.

[2] Simon Claude Mimouni, Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004, p. 134-135.

[3] Philippe Levillain, Gaius-Proxies, Routledge,‎ 2002, p. 942

[4] Roberta Bernabei, Chiese di Roma, Electa,‎ 2007, p. 242, 338

 [5] Louis Leloir, Écrits apocryphes sur les apôtres : Pierre, Paul, André, Jacques, Jean, Brepols,‎ 1986, p. 68

[6] A. W. Fortune, « Babylon in the NT », dans The International Standard Bible Encyclopedia, vol. I:A-D, Wm. B. Eerdmans Publishing,‎ 1979, p. 391

[7] Peter H. Davids, « James and Peter : The Literary Evidence », dans Bruce Chilton et Craig Evans (éds.), The Missions of James, Peter, and Paul, Brill,‎ 2005, p. 32

[8] Jocelyn Toynbee, John Bryan Ward-Perkins, The Shrine of St. Peter and the Vatican Excavations, Longmans, Green and Co,‎ 1956

[9] Jocelyn Toynbee, John Bryan Ward-Perkins, The Shrine of St. Peter and the Vatican Excavations, Longmans, Green and Co,‎ 1956

[10] Margherita Carducci, "Le reliquie di Pietro sotto la Confessione della Basilica Vaticana : una messa a punto" dans "Rivista di Archeologia classica" 19, 1967, p. 1-97

[11] Margherita Carducci, ibid., p. 83.

[12] DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 93

[13] Paul VI, Audience Générale, Mercredi 26 juin 1968

[14] Vatican displays reputed bones of St. Peter, CBS This Morning, 25.11.2013

[15] « Les reliques de Saint-Pierre exposées pour la première fois », Tribune de Genève,‎ 24 novembre 2013

 

 

Autres sources internet: (1), (2)

 

. La tombe de Saint Paul contient des restes humains qui seraient les siens

. Les précieuses découvertes de la prison de saint Pierre

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 09:25
http://www.francetvinfo.fr/politique/le-comite-national-d-ethique-soupconne-d-etre-remanie-pour-servir-la-gauche_418215.html

http://www.francetvinfo.fr/politique/le-comite-national-d-ethique-soupconne-d-etre-remanie-pour-servir-la-gauche_418215.html

Pendant la campagne présidentielle Emmanuel Macron avait déclaré qu'il attendrait ce rapport pour ouvrir le débat sur la Procréation Médicalement Assistée (PMA)... Il indiqua qu'il était favorable à l'ouverture de la PMA à toutes les femmes (jusqu'ici permise aux couples infertiles), mais qu'il attendrait l'avis du Comité consultatif national d'éthique (CCNE) sur ce sujet sensible "afin d'assurer dans la société un vrai débat, pacifié et argumenté". (1) Que de délicatesses ! Sauf que c'est un CCNE remanié et en fin de mandat qui a rendu hier, son avis pro-PMA, transformant cet organisme strictement consultatif créé en 1983 par François Mitterrand en vulgaire chambre d'enregistrement. Une fois de plus, les croyants de la foi dans le néant s'attaquent aux plus petits et aux plus faibles, sous couvert de "vrai débat" (sic).

 

Le CCNE, s'était déjà prononcé contre l'ouverture de la PMA aux homosexuels en 2005. Il rappela son avis en 2010, au moment où il s'exprimait sur les "Problèmes éthiques soulevés par la gestation pour autrui (GPA)". (2) Il fallait le remanier pour en obtenir l'avis attendu !

 

Ce fut chose faite en septembre 2013, selon un arrêté publié dans le Journal officiel du dimanche 22 septembre 2013, 22 nouveaux membres (sur 39 Ndlr.) furent nommés au CCNE par François Hollande... Début 2014, le CCNE remanié devait émettre son avis sur l'ouverture de la PMA aux "couples" de femmes. Le 28 mars 2013, François Hollande, invité de France 2 en plein débat sur la loi ouvrant le "mariage" aux homosexuels avait déclaré : "la PMA n'est pas dans le texte (la loi Taubira, ndlr), c'est renvoyé au comité d'éthique qui va donner un avis à la fin de l'année. Je respecterai ce qu'il dira"... Mais durant les cinq années du mandat de François Hollande, vu les manifestations géantes contre "mariage" homosexuel, l'avis n'est jamais venu... Les globalistes ont laissé passé la tempête.

Notons que sous le mandat de François Hollande il y eut les avis de 2013 sur la commercialisation de l'autotest sur le Sida et sur les tests génétiques, celui en 2014 sur la fin de vie, celui en 2015 sur le don du sang pour les homosexuels ou encore en 2016 sur le séquençage de l'ADN. (3)

 

Selon France Tv Info, "l'indépendance du CCNE" est donc "toute relative"

 

Le président du CCNE est nommé par le président de la République pour une période de deux ans renouvelable. Et parmi les 39 membres nommés pour quatre ans, renouvelés par moitié tous les deux ans, cinq personnalités "appartenant aux principales familles philosophiques et spirituelles" (Sic ! C'est comme pour les abstentionnistes, quid des autres ?), sont aussi désignées par le chef de l'Etat. Trois autres membres sont nommés par des ministres, un par le Premier ministre, un autre par le président du Sénat. Des personnalités de gauche nommées au CCNE pendant le mandat de François Hollande, ce n'est donc pas très surprenant, mentionne l'article de "France Info". En revanche, ce qui pose question, c'est leur point de vue sur les sujets de société sur lesquels ils vont devoir émettre un avis... Pour Louis Schweitzer, pasteur depuis 1976, qui affirme dans Le Figaro, lundi (23 septembre 2013 Ndlr.), avoir appris par voie de presse son éviction du CCNE, l'objectif est clair : "Le gouvernement veut s'entourer de personnalités qui prendront des positions dans le sens souhaité."

 

L' "avis" pro-PMA donné hier par le CCNE n'a rien d'anodin

 

Sous couvert d'ouvrir la PMA aux femmes célibataires et aux lesbiennes (notons ici l'inégalité dont se serviront plus tard les "progressistes" du néant pour élargir la PMA aux homosexuels hommes en se fondant sur l'égalité), le "droit à l'enfant" devient prépondérant sur les droits de l'enfant qui pourrait se voir privé de père par la loi...

 

Cet avis du CCNE a fait réagir l'Association "Juristes pour l'enfance" d'Aude Mirkovic, Maître de conférences en droit privé, qui explique sur "Boulevard Voltaire" :

 

"Il y a quelques années, le CCNE s’était prononcé contre cette ouverture de la PMA à toutes femmes, ne la jugeant pas éthique. Cette incohérence, qui ruine l’autorité morale du CCNE, doit inciter tous ceux qui sont attachés aux droits de l’enfant à demeurer vigilants. Le comité national d’éthique a rendu aujourd’hui un avis favorable à l’ouverture de la PMA pour les couples de femmes et aux femmes célibataires. Concrètement, qu’est-ce que cela implique ? Concrètement, cela implique d’organiser la conception d’enfants privés de père. La lignée et la filiation paternelles de ces enfants seront évincées et effacées de manière à satisfaire le désir d’enfants d’une femme seule ou d’une femme en couple avec une femme. […] Le CCNE n’a pas de pouvoir juridique. Son autorité éthique et morale est largement mise en cause par cet avis. En effet, le Comité arrive à dire des choses complètement contraires à ce qu’il a dit il y a quelques années. Il se prononce aujourd’hui pour la PMA pour les couples de femmes, c’est-à-dire pour la conception d’enfants sans père, alors qu’il se prononçait contre il y a quelques années. Nous avons un peu de mal à comprendre comment une pratique qui n’était pas éthique il y a quelques années l’est devenue tout à coup. L’autorité morale du CCNE est aujourd’hui presque réduite à néant. 

 

[…] Ce que dit le CCNE aujourd’hui n’est plus valable demain. Une éthique qui change au cours de l’année n’a pas de valeur. On ne peut pas s’appuyer là-dessus. En effet, le CCNE semble se prononcer contre la conservation des ovocytes et contre la GPA. Tant mieux pour les enfants, mais cela ne garantit pas du tout le respect du droit des enfants à long terme.

 

[…] Ce n’est aujourd’hui qu’un avis du Comité d’éthique. Très franchement, il n’y a pas de quoi aller manifester pour un avis du Comité d’éthique. Cet avis n’engage que lui. C’est un avis irresponsable, un avis qui méconnaît le droit des enfants. Mais, ce n’est qu’un avis.

En revanche, si cet avis sert de point de départ pour un processus législatif en vue de légaliser la PMA, alors oui, j’en suis sûre, nous allons retourner dans la rue.

Nous l’avions déjà dit à l’époque du mariage. Le mariage est un prétexte. Ce qui est visé, c’est la fabrication d’enfants sans père, et plus tard la fabrication d’enfants sans mère avec la GPA.

Maintenant, nous y sommes ! Les enfants sont directement impliqués, ils sont directement concernés.

Je pense qu’il reste dans ce pays beaucoup de gens qui sont attachés au respect des droits de l’enfant. Il n’y a pas besoin d’avoir un doctorat sur le sujet pour comprendre qu’il y a déjà assez d’enfants privés de père par les malheurs de la vie. La loi n’a pas besoin d’en rajouter en organisant la conception d’enfants privés délibérément de père.

J’espère que le législateur prendra ses responsabilités vis-à-vis des enfants et qu’il n’y aura pas de projet de loi en vue de la légalisation de la PMA sans père. Si ça devait arriver, nous retournerions bien sûr dans la rue." (4)

Repost 0
28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 00:00
Saint Irénée de Lyon, Evêque, et ses compagnons, Martyrs

Saint Irénée de Lyon, Evêque, et ses compagnons, Martyrs

Irénée écrivait : "Je n'étais encore qu'un enfant, mais je me souviens des choses d'alors, mieux que de ce qui est arrivé depuis. Je pourrais dire l'endroit où le bienheureux Polycarpe s'asseyait pour parler, sa démarche, sa façon de vivre, sa physionomie. Je pourrais répéter les discours qu'il adressait au peuple, comment il racontait sa familiarité avec saint Jean et avec les autres qui avaient vu le Seigneur, comment il évoquait leurs paroles; les détails sur le Seigneur, sur ses miracles, sur sa doctrine, qu'il avait appris de ceux qui avaient vu le Verbe de vie, comme il les rappelait, comme tout cela s'accordait avec les Ecritures !

Saint Irénée, cité in Frantz FUNCK-BENTANO, Les Origines, Librairie Hachette, 1925, p. 165.

Irénée avait été envoyé en Gaule vers 157 par son maître Saint Polycarpe, disciple de saint Jean l'Evangéliste. Il fut le défenseur de la foi contre la gnose.

Irénée avait été envoyé en Gaule vers 157 par son maître Saint Polycarpe, disciple de saint Jean l'Evangéliste. Il fut le défenseur de la foi contre la gnose.

Né à Smyrne en Asie Mineure vers 120 ap. J.-C., de parents grecs et chrétiens, saint Irénée succéda au premier évêque de Lyon, Saint Pothin, qui venait d'expirer sous les mauvais traitement qu'on lui infligea lors de la persécution de Marc-Aurèle en 177 ap. J.-C.

 

En grec, "le pacifique", évêque de Lyon (177), Père de l'Église et théologien catholique anti-gnostique, saint Irénée eut le bonheur insigne d'être, jeune encore, disciple de l'admirable évêque de Smyrne, Polycarpe, qui fut lui-même le disciple de Jean l'Evangéliste

 
Irénée conçut une telle vénération pour son saint maître, que, non content de se pénétrer de sa doctrine et de son esprit, il modelait sur lui ses actions et jusqu'à son pas et sa démarche. Il écoutait ses discours avec une ardeur incroyable, et il les grava si profondément en son coeur, que jamais il ne les oublia, pas même dans sa vieillesse.
 
Il fut bientôt fort instruit dans les Saintes Écritures et dans les traditions apostoliques, et déjà l'on pouvait prévoir en lui l'auteur futur de tant de saints ouvrages et surtout de ce travail si remarquable Contre les Hérésies, où devaient puiser, comme à une source riche et sûre, tous les savants de l'avenir.

Irénée était l'enfant chéri de Polycarpe; mais il était aussi l'espoir et la joie de toute la chrétienté. Jamais diacre ne s'acquitta de toutes ses fonctions avec tant de zèle.
 
L'ardeur du jeune apôtre s'enflammait de plus en plus à la vue des missionnaires que Polycarpe envoyait dans les Gaules; aussi bientôt il reçut de son maître l'ordre impatiemment désiré d'aller au secours du vieil évêque de Lyon, saint Pothin.

Polycarpe fit, au jour de la séparation, un grand sacrifice; mais il fit aussi une oeuvre féconde. Le bonheur du vénérable évêque des Gaules dépassa toutes ses espérances, quand il reconnut tout le mérite de son jeune auxiliaire. Avec Irénée, l'avenir de l'Église occidentale était sauvé.

Une terrible persécution fit disparaître
saint Pothin avec grand nombre de fidèles. Les païens avaient cru noyer l'Église lyonnaise dans le sang de ses enfants, mais Irénée restait encore, et, par l'ordre du Pape Éleuthère (175-189), il monta bientôt sur le siège épiscopal de Lyon (178). Ses prières, ses prédications, ses exhortations, ses réprimandes, eurent bientôt reconstitué cette Église dévastée. La paix toutefois n'était que précaire, et la persécution fit couler de nouveau le sang des martyrs. Le temps d'Irénée n'était pas encore venu, son oeuvre n'était que commencée, et Dieu voulait lui donner le temps de l'accomplir.
 
 
Irénée dressa la liste de succession des papes à Rome. 
 
Quand, en 202, après la publication d'un édit de persécution par Septime Sévère, les horreurs de la persécution éclatèrent encore, l'Église de Lyo, toujours en vue, était prête à subir le choc. Irénée, plus que jamais, ranimait la foi de ses enfants et leur montrait le Ciel. Il fut au nombre des premières victimes; c'était la juste récompense due à ses longs travaux.
 
Parmi tous les éloges que lui ont donnés les Saints, citons les titres glorieux de Zélateur du Nouveau Testament, Flambeau de la foi, homme versé dans toutes les sciences.

Ses reliques sont conservées dans l'église Saint-Irénée auprès d'autres martyrs de Lyon depuis le Ve siècle.
 
 
Irénée contribua à la connaissance du gnosticisme (ce terme vient du grec gnosis, "connaissance révélée"), dont il reste peu de documents. Il défendit la vraie tradition de l'Église, transmise par les apôtres et fondée sur la "règle de vérité" qui est la foi en Dieu et en son Fils Jésus-Christ : la soit-disant "tradition" des hérétiques était sans autorité parce qu'elle ne reposait pas sur l'institution et la tansmission légitime de l'autorité. Au contraire, les évêques étaient, eux, les héritiers de l'autorité des Apôtres (traditio ab apostolis). Saint Irénée est le premier à parler de la tradition apostolique.
 
 
"Presque toutes les idées qu'il a défendues sont devenues des dogmes et lois dans l'Eglise catholique. Elle peut se réclamer de lui comme d'un de ses principaux fondateurs." (Camille JULLIAN, La Gaule dans l'Empire romain, Editions du Trident, Paris 2013, p. 73.)
 
 
 
Sources : (1), (2), (3) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 178.
Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 00:00
Saint Anthelme de Chignin († 1178)

Saint Anthelme naquit au château de Chignin en Savoie non loin de Chambéry.

Encore jeune, il cumula les dignités ecclésiastiques à Genève et à Belley; Il préféra la solitude de la prière avec le Christ à la vie mondaine et chasseresse des grands seigneurs. Il reconstruisit la Grande-Chartreuse qu'une avalanche avait détruite et en devint le septième prieur. Ce fut lui qui fonda les premières chartreuses pour les femmes désireuses de mener une vie érémitique. Comme il avait dû punir deux de ses moines qui le méritaient, ceux-ci firent appel au pape Alexandre III, qui d'abord les soutint. Pour que règne la paix, saint Anthelme donna sa démission et rentra joyeusement dans le rang.

Le pape, mieux informé, revint sur sa décision, et le nomma évêque de Belley. Il s'était pareillement brouillé avec l'empereur Frédéric Barberousse pour avoir refusé Victor IV, un antipape de fabrication impériale. L'empereur se réconcilia avec saint Anthelme et l'éleva, lui et ses successeurs, à la dignité de prince-électeur du Saint Empire romain germanique. Il tenta en vain de servir de médiateur entre saint Thomas Beckett et le roi Henri II d'Angleterre.

Anthelme mourut le 26 juin 1178. Son culte est resté populaire à Belley.

Chateau et chapelle de Saint-Anthelme, en arrière-fond Chalue de Belledonne. Photos et cartes postales anciennes de Chignin (73800), Savoie, Rhône-Alpes et de la France en 1900.

 

                                               Intérieur de la chapelle de Saint Anthelme de Chignin

 

Nous savons peu de chose sur l’origine du château de Chignin. Guichenon et Albanis Beaumont pensent que le château fût bâti au début du VIIIe siècle soit entre 725 et 740. L’Europe était plongée dans la consternation et l’épouvante devant les hordes de barbares. Les sarrasins arrivaient dans les Alpes. Deux Princes Français, Charles Martel et Eudes d’Aquitaine, accablés par ces invasions et destructions réunirent leurs légions. Le 29 Octobre 732, les sarrasins furent taillés en pièces entre Poitiers et Tours. Après cette débâcle, les sarrasins se retirèrent sur les Alpes. Cette défaite les rendit furieux et ils mirent à mal tout ce qu’ils rencontrèrent sur leur passage. En arrivant en Tarentaise et en Maurienne les sarrasins s’y installèrent et fortifièrent les lieux. Pendant près de deux siècles ils occupèrent les hautes vallées savoyardes. Ce fut en 950 que Conrad, Roi de Bourgogne, leur tendit un piège près d’Argentine en Maurienne. Les savoyards ne restèrent pas inactifs en voyant les invasions périodiques et construisirent des châteaux, des tours, et des camps où la population pouvait venir s’y retrancher en cas d’attaque.

  rm-pb-chignin-chateau--forteresse-st-anthelme.jpg                 Le Château St Anthelme.

 

               Paysage de Belledonne

 

              Panorama sur le massif de Belledonne depuis le Col de la Faîta

 

 

Sources: (1), (2)

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
24 juin 2017 6 24 /06 /juin /2017 00:00
Saint Jean-Baptiste (1er siècle) et feux de la Saint-Jean

Cousin de Jésus, né de Zacharie et Elisabeth, il est appelé "baptiste" car il baptisait dans le Jourdain pour préparer le baptême dans l'Esprit. Il annonçait la venue du Messie (l'Oint de Dieu). Jean est donc celui qui sera la précurseur du Christ, "la lumière du monde" - d'où le lien avec le solstice et le feu de joie.  

L'Église célèbre ordinairement la vie des Saints au jour de leur mort, qui est, à proprement parler, le jour de leur naissance à la vie éternelle. La Nativité de saint Jean-Baptiste a été exemptée de cette règle générale, parce qu'il fut sanctifié avant de naître, dans le sein de sa mère, par la présence de Jésus-Christ, dans la visite que fit la très Sainte Vierge à sainte Élisabeth.

La naissance de saint Jean-Baptiste fut une grande joie pour la terre, puisqu'elle lui annonçait l'approche de sa Rédemption. La puissance divine était intervenue d'une manière extraordinaire dans la naissance de quelques prophètes, de Samuel et de Jérémie, par exemple; mais elle éclata bien davantage dans celle du saint Précurseur, que la dignité de son ministère futur et le degré éminent de grâce et de sainteté auquel il était élevé rendaient, selon la parole de Jésus-Christ Lui-même, bien supérieur à tous les patriarches et à tous les prophètes.

Le message d'un Ange à Zacharie (archange Gabriel) pour lui annoncer la naissance de Jean-Baptiste, la maternité d'Élisabeth à un âge très avancé, le mutisme subit de Zacharie depuis l'annonce de l'Ange jusqu'à la Circoncision de l'enfant, et sa guérison miraculeuse, qui lui permit d'entonner le beau cantique Benedictus: tout est merveilleux dans l'apparition du Précurseur, qui allait montrer bientôt le Sauveur promis et attendu depuis quatre mille ans.

Saint Jean-Baptiste occupe dans l'histoire de l'humanité une place incomparable : il sert de trait d'union entre les deux mondes, il résume en lui tout l'Ancien Testament et prépare le Nouveau ; il ferme la mission des prophètes et ouvre celle des Apôtres.

Jean mena une vie d'ascèse "caché dans le désert", se nourrissant frugalement de "sauterelles et de miel sauvage" (Matthieu III:4), et pratiquant le jeûne. En l'an 27, il s'installe sur les bords du Jourdain, où il commence à pratiquer le "baptême de repentir pour la rémission des péchés" par immersion dans l'eau, et prophétisé par Isaïe. Jean réunit autour de lui de nombreux disciples, leur annonçant la venue du Messie et leur dit: "Moi, je vous baptise avec de l'eau, pour vous amener à la repentance, mais vient celui plus fort que moi, et je ne suis pas digne de porter ses sandales. Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu" (Matthieu III:11).

Selon l'Evangile de saint Matthieu (III, 13-17), Jésus vint voir Jean pour être baptisé. Jean lui dit : "C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi", et Jésus lui répondit : "Laisse faire maintenant, car il est convenable que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste". Jean baptise donc Jésus et au sortir de l'eau tous virent l'Esprit Saint "descendre comme une colombe et venir sur lui", et une voix venue des cieux dit "Tu es mon fils, moi, aujourd'hui, je t'ai engendré" (Luc III, 22; Matthieu III, 17).

Jean Baptiste demanda alors à ses disciples de suivre Jésus.

 

Selon Marc (VI, 14-29), Hérode, excédé par les critiques au sujet de son mariage avec Hérodiade, "la femme de Philippe, son frère" fit arrêter Jean et le fit lier en prison.

 

Hérodiade voulait faire tuer Jean mais Hérode Antipas le protégeait, car il le "connaissait pour un homme juste et saint" et "l'écoutait avec plaisir".
 

Cependant lors de la fête donnée pour son anniversaire, il dit à Salomé, la fille d'Hérodiade : "Demande-moi ce que tu voudras… ce que tu me demanderas, je te le donnerai, fût-ce la moitié de mon royaume". Salomé demanda pour sa mère la tête de Jean Baptiste présentée sur un plateau. Hérode fort attristé, envoya cependant un garde décapiter Jean dans sa prison, placer sa tête sur un plateau et la présenter à Salomé, qui l'offrit à sa mère Hérodiade.

 

Saint Jean-Baptiste (1er siècle) et feux de la Saint-Jean

L’Église fête sa nativité, aussi bien en Orient qu'en Occident le 24 juin, au moment du solstice d'été. Le culte de saint Jean-Baptiste a toujours joui d'une immense popularité. Sa fête a été souvent célébrée par des feux de joie et il était de tradition que les jeunes gens sautent par-dessus les flammes. Les deux d'artifices en sont une réminiscence. On prêtait aussi des vertus magiques aux «herbes de la Saint-Jean» (millepertuis, armoise, fougère,...) cueillies ce jour avant le lever du soleil.

Parmi les nombreux rites qui sont associés à cette fête, certains semblent venir directement des anciennes grandes fêtes celtes du solstice d'été, lorsque cette nuit était réputée surnaturelle, et les feux cérémoniels.

Ces feux avaient à l'origine un but essentiellement agraire. Ils préservaient de la maladie, de la vermine et des incendies. Ils avaient aussi un pouvoir fécondant. Les brandons étaient promenés à travers les champs pour demander des récoltes abondantes.

Dans la version poitevine, une roue gainée de paille enflammée, dévalait une pente et fertilisait les champs traversés. Et les jeunes couples n'hésitaient pas non plus à sauter au-dessus du feu !

La Saint-Jean (ou Nativité de Saint Jean Baptiste) était une fête chômée en France, avant le Concordat de 1801.

Sous la Révolution, les réjouissances de la Saint-Jean furent interdites.

Après 1905, l'anticléricalisme élimina peu à peu cette fête de nos contrées. 

Le dernier feu de la St Jean officiellement reconnu eut lieu à Nîmes le 23 juin 1905, suite à un arrêté du Maire, Gaston Crouzet (1900-1908) en date du 20 juin 1906 : "Considérant que les années précédentes les feux dits "de la St-Jean" ont causé des dégâts importants à des propriétés privées et que les citoyens de la commune de Nîmes ont eu à regretter plusieurs accidents occasionnés par l'explosion de fusées, pétards, serpenteaux, etc.., qu'on a l'habitude de tirer les jours de réjouissances populaires ; Qu'il est indispensable de prévenir le retour de semblables faits de nature à porter préjudice grave aux biens des personnes, à troubler la tranquillité publique et à compromettre la sécurité des citoyens. Article premier. Les feux dits "de la St-Jean" sont expressément défendus dans la commune de Nîmes" (Extrait de l'Histoire de la ville de Nîmes. Léon Ménard, 1636-1755 - livre XXIV, page 227).

Dans certaines communes françaises, la fête survit. Au début du XXe siècle déjà, il n'y a plus guère de feux de la Saint-Jean qu'en Bretagne, en Vendée, et dans quelques cantons du Midi. A Bordeaux, on en allume alors encore sur les places publiques de certains quartiers populaires. Tel apporte un fagot, tel une vieille futaille hors d'usage, tel une caisse ou un panier défoncé. Des rondes se forment, les enfants tirent des pétards, les femmes fredonnent une chanson, quelquefois un ménétrier mène le branle. Bordeaux est vraisemblablement avec Brest la seule grande ville de France qui ait à cette époque conservé l'usage des feux de la Saint-Jean. Encore, à Brest, les bûchers sont-ils remplacés par des torches promenées sur les glacis, qu'on lance en l'air et qui retombent en secouant une poussière lumineuse.

Un bûcher de bois d'une dizaine de mètres de haut est construit pour être brûlé le soir de la fête, notamment dans le sud de l'Alsace, dans les communes de la vallée de la Thur et du pays de Thann, avec le célèbre bûcher de la région qu'est celui de Bourbach-le-Bas avec 18 mètres de haut. En Alsace le bûcher est appelé un fackel. Dans les Vosges, ainsi que dans le Sud de Meurthe-et-Moselle, cette construction est appelée une chavande.  

À Sierck-les-Bains, en Lorraine, les lumières de la ville s'éteignent à la nuit tombée et l'on fait descendre le long d'une colline une roue de feu qui termine sa course dans la Moselle. Cette tradition remonte au moins à une cinquantaine d'années, et les spectateurs sont chaque année au rendez-vous.

Dans les Pyrénées, et particulièrement en Comminges, le feu de la Saint-Jean s'appelle le brandon. Il est constitué par un tronc de conifère préparé longtemps à l'avance : il est fendu longitudinalement, sur tout le pourtour, en plaçant dans les fentes des coins de bois. Finalement il a une forme de fuseau, il est dressé et on y met le feu.

Le bûcher de la Saint-Jean se pratiquait jadis à Paris, les autorités de la ville se chargeant de son organisation... Cette tradition a été abandonnée depuis très longtemps... On peut regretter qu'en 1982, le ministre de la Culture Jack Lang ait fixé au 21 juin la fête de la Musique. Le 24 juin eut permis de renouer avec ces traditions...

De nos jours, la pratique des feux de la Saint-Jean restée très vivace en Espagne, Portugal et Scandinavie tend à se développer à nouveau en France 

Au Québec, où subsistent maintes lois de l'Ancien Régime, la Saint-Jean est toujours une fête chômée. Saint Jean Baptiste est patron de nombreuses paroisses, de nombreuses confréries et des Canadiens français. La Saint-Jean est devenue, dès 1834, une occasion de célébration patriotique, à l'initiative de Ludger Duvernay, fondateur de la Société Saint-Jean-Baptiste. Depuis 1977, c'est officiellement la Fête nationale du Québec. Elle donne lieu à des concerts en plein air, à des agapes communautaires et à un défilé où les Québécois s'en donnent à coeur joie.

 

Lähikuva juhannuskokosta Mäntsälässä (Mäntsälä, Finland), Feu de la Saint-Jean (Finlande)

 

En France, en ce début XXI siècle, la fête de la Saint-Jean avec ses feux de joie est de retour dans une République laïque qui avait tenté d'en interdire les réjouissances. Ainsi, dans les Pyrénées-Atlantiques (Pays Basque, Béarn), ces dernières années : "l'allumage des feux de la Saint-Jean sur plusieurs collines est désormais devenu une tradition souletine. Grâce à quelques associations locales, cette fête qui existe depuis huit ans sera organisée cette année le mercredi 23 juin. (Sud-Ouest du 22 juin 2010)

 

En 2010, à Oloron Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques), "la Pastorale samaritaine relance le feu de la Saint-Jean. Le premier feu de la Saint-Jean organisé par la Pastorale samaritaine avait rencontré un franc succès l'an dernier."... "...  Au départ, il s'agissait de créer un nouvel événement après la Pastorale de 2003 et le Mystère de Nadau (Noël) en 2004. « Nous avions toujours des sollicitations : quand est-ce que vous recommencez ? ». L'an dernier (en 2009), les organisateurs avaient presque été surpris par l'affluence au feu de la Saint-Jean, tradition remise au goût du jour par la Pastorale samaritaine." (République des Pyrénées, juin 2010

 

L'historien antique  Flavius Josèphe a évoqué Jean et son activité de baptiste, "non pour la rémission de certaines fautes (ce qui contredit les données des évangiles synoptiques), mais pour la purification du corps, l'âme ayant été préalablement purifiée par la justice" (Antiquités judaïques XVII, 118-119 ; Histoire ecclésiastique, 11, 6 ; Dem. évang. IX, 5, 17)

 

Bien que Jean le Baptiste n'apparaisse dans aucun des Manuscrits de la mer Morte, pour certains critiques il pourrait un temps avoir appartenu au groupe des Esséniens, "pour le moins jusqu'à sa vocation (Lc 3,2)." Cet apparentement ne peut toutefois être ni récusé, ni confirmé (François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, éd Cerf, Paris, 2001, p. 213.).

Graduel de la Messe de la Nativité de Saint Jean-Baptiste (24 juin)

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
23 juin 2017 5 23 /06 /juin /2017 00:00
Sainte Audrey (Etheldrede), reine de Northumbrie, abbesse, fondatrice d'Ély († 679)

De son vrai nom Aethelthryth, elle était née dans un des royaumes anglais dont son père était le roi. Ayant choisi la virginité, elle la fit admettre au mari que ses parents lui avaient désigné. 

Lorsqu'elle devint veuve, elle fut obligée de se remarier à un jeune prince pour des raisons politiques. Celui-ci refusant la continence, elle s'enfuit sur les conseils de Saint Wilfried. 

Elle fonda en 673 le monastère double d'Ély et y finit sa vie de manière austère. La sœur, la nièce et la petite-nièce d'Etheldrède, princesses royales dont deux reines en veuvage (royaume de Mercie), prirent sa suite en tant qu'abbesses d'Ely. Ce monastère sera détruit lors de l'invasion danoise de 870.

 

Cathedrale-d-Ely--Est-Anglie-.jpg

Cathédrale d'Ely (Est-Anglie)
Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 06:46
L'énigme de la tombe celte (documentaire ARTE)

En 2014 a été découverte à Lavau, dans la banlieue de Troyes (Champagne, région "Grand Est"), la tombe du "prince de Lavau" (Cf. Ci-dessous le documentaire d'Arte 2017, "L'énigme de la tombe celte"). La tombe du prince de Lavau, celte du Ve siècle av. J.-C., rejoint le phénomène dit des "tombes princières", manifestations spectaculaires du phénomène princier celte (Vix en Bourgogne, 1953, et Hochdorf à Stuttgart, Baden-Wurtemberg 1977).

 

Nos ancêtres les Gaulois vivaient sous une monarchie. Le "peuple français " (Régine Pernoud) a pris la relève; jusqu'en 1789 et la démocratie du néant, il se gouvernait sous une monarchie sacralisée... La France avec son histoire gauloise, c'est trois mille ans d'épopée. Les dernières données de la science font remonter la présence celtique dans le domaine nord-alpin au "troisième millénaire" avant Jésus-Christ.

Compte tenu de la continuité entre les cultures archéologiques qui se succèdent dans le domaine nord-alpin depuis l'âge du Bronze final et l'âge du Bronze moyen, divers auteurs ont cru pouvoir faire remonter l'apparition des Celtes au deuxième millénaire. Pour d'autres, on peut la chercher dans les phénomènes complexes qui touchent le domaine nord-alpin au Chalcolithique, au troisième millénaire [Brun 2006]"

L'Europe celtique à l'Âge du fer (VIIIe-Ier siècles), sous la direction de Olivier BUCHSENSCHUTZ, Nouvelle Clio, PUF, Mayenne 2015, p. 78.

Le documentaire d'Arte :

L'énigme de la tombe celte (documentaire ARTE)

Bibliographie

 

. Patrice BRUN, Princes et Princesses de la Celtique, Le premier Âge du fer en Europe, 850 – 450 av. J.-C., Collection des Hespérides, Editions Errance, Paris 1987

. Jean-Louis BRUNAUX, Les Celtes, Histoire d'un mythe, Belin, Paris 2014

. L'Europe celtique à l'Âge du fer (VIIIe-Ier siècles), sous la direction de Olivier BUCHSENSCHUTZ, Nouvelle Clio, PUF, Mayenne 2015, p. 78.] Un ouvrage qui confronte les sources classiques aux données les plus récentes de l'archéologie.

. Camille JULLIAN, La Gaule avant Jules César, éd. du Trident, Paris 2012

Repost 0
22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 00:00
Saint Alban, St Mary, Sledmere, East Riding of Yorkshire, England.

Saint Alban, St Mary, Sledmere, East Riding of Yorkshire, England.

 Du temps de l'empereur Dioclétien, à Verulam en Grande Bretagne, vers 287, saint Alban, martyr. On rapporte que, soldat non encore baptisé, il avait recueilli dans sa maison un clerc qui lui donna les enseignements de la foi chrétienne. En changeant d’habit, il se livra lui-même à la place de son hôte, et pour ce motif, subit la flagellation, des tourments atroces et fut décapité. (Martyrologe Romain) (1)

Les Anglais voient en lui leur premier martyr. (2)

Vitrail montrant l'exécution de Saint Alban à la cathédrale de St Albans (Angleterre)

Vitrail montrant l'exécution de Saint Alban à la cathédrale de St Albans (Angleterre)

Une mémoire sur le lieu de l'exécution et des reliques de S. Alban existent au milieu du IVe siècle (peut-être plus tôt); Bède mentionne une église et Gildas un sanctuaire. L'évêque Germain d'Auxerre l'a visité en 429. Le style de la structure primitive est inconnu; le chroniqueur du XIIIe siècle Matthew Paris a affirmé que les Saxons ont détruit le bâtiment en 586. Une grande partie de la dimension de la structure actuelle de la cathédrale St Alban datent du premier abbé normand, Paul de Caen (1077-1093). L'abbaye monastique a été achevée en 1089, mais pas consacrée jusqu'au jour des Saints Innocents, le 28 décembre 1115 par l'Archevêque de Rouen. Le Roi Henri Ier Beauclerc était présent tout comme de nombreux évêques et la noblesse.

Cathédrale St Alban, Hertfordshire (Angleterre)

Cathédrale St Alban, Hertfordshire (Angleterre)

Sources: (1); (2); (3); (4) Wikipedia anglais

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 00:00

Saint-Silvere-pape-et-martyr--536-537-.jpgSilvère succéda au Pape Agapet, l'an 536, à une époque fort difficile, où l'Église était troublée par les intrigues et les hérésies.

L'impératrice de Constantinople, Théodora, femme de l'empereur Justinien, ayant voulu obtenir de lui le rétablissement, sur le siège patriarcal de cette ville, d'un hérétique, Anthime, de la secte des acéphales (qui ne reconnaît pas de chef) déposé par le Pape son prédécesseur, Silvère lui déclara qu'il ne le pouvait pas. Ce fut contre lui le signal de la persécution ; Théodora le fit saisir, dépouiller de ses ornements pontificaux et revêtir d'un habit monastique, et un antipape, nommé Vigile, fut proclamé à sa place.

Silvère, envoyé en exil à Patare, en Lycie (Asie mineure, Turquie actuelle), fut sans doute attristé de la grave situation de l'Église ; mais, d'autre part, il eut une joie extrême de souffrir pour la défense de la foi, et il semblait personnellement aussi heureux dans les épreuves de l'exil que dans les gloires du pontificat.

L'évêque de Patare le reçut d'une manière fort honorable et prit hardiment sa défense à la cour de Constantinople ; il menaça le faible empereur Justinien des jugements de Dieu, s'il ne réparait le scandale : "Il y a plusieurs rois dans le monde, lui dit-il, mais il n'y a qu'un Pape dans l'univers." Ces paroles, dans la bouche d'un évêque d'Orient, montrent bien que la suprématie du siège de Rome était reconnue partout.

Justinien, trompé jusqu'alors, se rendit aux observations de l'évêque, et peu après, malgré l'impératrice, Silvère revint en Italie ; mais bientôt de nouvelles intrigues le conduisirent dans l'île déserte de Pontia, où il subit un second exil plus rigoureux que le premier.

Au bout d'un an environ, ce bon Pape mourut de faim et des autres misères de l'exil, le 20 juin 538.

 PalmarolaD'après une légende des îles Ponza, des pêcheurs furent pris dans une tempête au large de Palmarola, et ils implorèrent l'aide du pape Silvère. Une apparition de celui-ci les attira vers Palmarola (archipel des Îles Pontines dans la mer tyrrhénienne) où ils accostèrent sains et saufs. Ce miracle fit de lui un saint.

Il ne fut jamais béatifié ou canonisé, mais simplement proclamé saint par le peuple. La première mention de son nom dans la liste des saints remonte au XIe siècle.

 

PRATIQUE. Faites du bien à ceux qui vous veulent du mal.

Sources:

1; 23; Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p, 171.

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 00:00
La Fête-Dieu ou Solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ

"La veille de sa Passion, au cours de la Cène pascale, le Seigneur prit le pain entre ses mains, et, ayant prononcé la bénédiction, le rompit et le leur donna, en disant : « Prenez, ceci est mon corps ». Puis, prenant la coupe, il rendit grâces, la leur donna, et ils en burent tous. Et il dit : « Ceci est mon sang, le sang de l'alliance, qui va être répandu pour une multitude » (Mc 14, 22-24). Toute l'histoire de Dieu avec les hommes est résumée dans ces paroles. Ce n'est pas seulement le passé qui est réuni et interprété, mais l'avenir également qui est anticipé : la venue du Royaume de Dieu dans le monde.

On fait une procession solennelle le jour de la Fête-Dieu pour sanctifier et bénir, par la présence de Jésus-Christ, les rues et les maisons de nos villes et de nos villages." (Extraits de l’homélie de Benoît XVI, Parvis de la basilique Saint-Jean-de-Latran, Jeudi 15 juin 2006) [1]

Saint Thomas d'Aquin (1225-1274) prépara la liturgie de cette fête du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, notamment par la création du Lauda Sion Salvatorem et de Pange Lingua Gloriosi permettant aux fidèles une catéchèse simple et belle sur la Présence Réelle. Pange Lingua Gloriosi est l'hymne eucharistique par excellence de l'Église catholique, même s'il faut préciser qu'elle appartient aussi à la tradition orthodoxe, le premier vers de cette pièce reprenant celui de l'hymne de Fortunat (VIe siècle) composé avant le schisme de 1054.

 

L'hymne Pange lingua gloriosi est chantée le Jeudi saint lors de la translation du Saint-Sacrement au reposoir. La dernière séquence Tantum ergo est chantée à tous les saluts du Saint-Sacrement. L'hymne atteste la croyance très ancienne en la présence réelle du corps et du sang du Christ dans les espèces consacrées.

Texte original :
Pange lingua gloriosi
Corporis mysterium,
Sanguinisque pretiosi,
Quem in mundi pretium
Fructus ventris generosi,
Rex effudit gentium.

Nobis datus, nobis natus
Ex intacta Virgine
Et in mundo conversatus,
Sparso verbi semine,
Sui moras incolatus
Miro clausit ordine.  

In supremae nocte cenae
Recum bens cum fratribus,
Observata lege plene
Cibis in legalibus,
Cibum turbae duodenae
Se dat suis manibus.

Verbum caro, panem verum
Verbo carnem efficit:
Fitque sanguis Christi merum,
Et si sensus deficit,
Ad firmandum cor sincerum
Sola fides sufficit.  

Tantum ergo Sacramentum
Veneremur cernui,
Et antiquum documentum
Novo cedat ritui;
Praestet fides supplementum
Sensuum defectui.  

Genitori, Genitoque
Laus et iubilatio,
Salus, honor, virtus quoque
Sit et benedictio:
Procedenti ab utroque
Compar sit laudatio. Amen.  

P. Panem de coelo praestitisti eis. (T.P. Alleluia)
R. Omne delectamentum in se habentem. (T.P. Alleluia)  

Oremus: Deus, qui nobis sub sacramento mirabili, passionis tu? memoriam   reliquisti: tribue, quaesumus, ita nos corporis et sanguinis tui sacra   mysteria venerari, ut redemptionis tu? fructum in nobis iugiter sentiamus.
Qui vivis   et regnas in saecula saeculorum. Amen.

Traduction en français :
Chante, ô ma langue, le mystère
De ce corps très glorieux
Et de ce sang si précieux
Que le Roi de nations
Issu d'une noble lignée
Versa pour le prix de ce monde

Fils d'une mère toujours vierge
Né pour nous, à nous donné,
Et dans ce monde ayant vécu,
Verbe en semence semé,
Il conclut son temps d'ici-bas
Par une action incomparable :

La nuit de la dernière Cène,
À table avec ses amis,
Ayant pleinement observé
La Pâque selon la loi,
De ses propres mains il s'offrit
En nourriture aux douze Apôtres.

Le Verbe fait chair, par son verbe,  
Fait de sa chair le vrai pain ;
Le sang du Christ devient boisson ;
Nos sens étant limités,
C'est la foi seule qui suffit
Pour affermir les cœurs sincères.

Il est si grand, ce sacrement !  
Adorons-le, prosternés.
Que s'effacent les anciens rites
Devant le culte nouveau !
Que la foi vienne suppléer
Aux faiblesses de nos sens !

Au Père et au Fils qu'il engendre
Louange et joie débordante,
Salut, honneur, toute-puissance
Et toujours bénédiction !
À l'Esprit qui des deux procède soit rendue même louange. Amen.

P. Vous leur avez donné un pain   descendu du ciel, (T.P. Allélulia)
R. Un pain délicieux, (T.P. Alléluia).

Oraison. Seigneur Jésus Christ,   dans cet admirable sacrement tu nous as laissé le mémorial de ta passion ;   donne-nous de vénérer d'un si grand amour les mystères de ton corps et de ton   sang, que nous puissions recueillir sans cesse le fruit de la rédemption.
Toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles. Amen.

 

Nous devons l'origine de la « Fête-Dieu » ou « Fête du Saint sacrement du corps et du sang du Christ » à une révélation faite à sœur Julienne du Mont Cornillon vers l'an 1210. Cette révélation demandait l'institution d'une fête annuelle en l'honneur du Saint Sacrement de l'autel. Malgré une vive persécution contre sœur Julienne et ceux qui souhaitaient que cette fête se répande, le diocèse de Liège l'institua vers l'an 1245 puis l'Église universelle ajouta cette fête au calendrier liturgique par le pape Urbain IV qui la rendit obligatoire pour l'Église entière en 1264.

 

En 1318, Jean XXII ordonna de compléter la fête par une procession solennelle où le très Saint Sacrement serait porté en triomphe.

 

Les processions du Saint Sacrement s'inspirent de 1 Roi 8, lorsque Salomon fit transporter l'Arche au Temple. Dès 675, on fit une procession du Saint Sacrement du Tabernacle. Ces processions du tabernacle étaient courantes et avaient lieu le dimanche ou pendant le Tridium au XIème siècle.
« Si quelqu'un dit que, dans le Saint Sacrement de l'Eucharistie, le Christ, Fils de Dieu, ne doit pas être adoré d'un culte de latrie, même extérieur et que, en conséquence, il ne doit pas être vénéré par une célébration festive particulière, ni être porté solennellement en procession selon le rite et la coutume louables et universels de la Sainte Église, ni être proposé publiquement à l'adoration du peuple, ceux qui l'adorent étant des idolâtres : qu'il soit anathème. »
(Concile de Trente, XIII session, 11 oct 1551)

 

Le culte eucharistique s'est développé de plus en plus depuis le XIVème siècle. À ce moment, l'Ostensoir apparaît en Allemagne et en France où l'hostie consacrée est exposée à l'adoration des fidèles. La pratique courante de l'exposition date de la période de l'instauration de la Fête Dieu.


SERMON POUR LA FETE-DIEU par SAINT THOMAS D'AQUIN,
Docteur des Docteurs de l'Église
(prononcé au Consistoire, devant le Pape et les Cardinaux)

          Révérendissimes Pères, les souvenirs pleins d'allégresse qu'évoque la solennité de ce jour nous invitent à entourer de joyeuses louanges le Corps très saint du Christ. Quoi de plus doux, quoi de plus suave au cœur des élus que de chanter les trésors de la divine charité et d'exalter l'ardeur d'un amour sans mesure ? C'est qu'à la table de la grâce nouvelle, tous les jours, par les mains du prêtre, Dieu donne à ses enfants et aux héritiers de son royaume sa chair en nourriture et son sang en breuvage. Ce sont là tes œuvres admirables, ô Christ, toi dont la puissance est infinie et la bonté sans bornes ! Dans cet aliment sacré et ce pain super-substantiel qu'annonçaient les prodiges antiques, tu as trouvé le secret d'une union merveilleuse et auguste : la chair immaculée de Jésus-Christ, l'Agneau sans tache, devient le remède de ceux que le fruit défendu avait rendus malades et qui avaient perdu l'éternelle et immarcescible couronne.

        Ô prodige qu'on ne peut trop exalter ! Effusion permanente de la bonté divine et d'une miséricorde sans mesure ! Dans ce sacrement, consommation de tous les sacrifices, Il demeure, ce Dieu, indéfectiblement avec nous ; Il y est pour jusqu'à la fin des siècles ; Il donne aux fils d'adoption le pain des anges et les enivre de l'amour qu'on doit aux enfants.

        Ô humilité singulière, délices de Dieu, et que le Christ pratique après l'avoir prêchée lui-même ! Il ne se refuse à personne ; Il ne craint pas de prendre pour habitacle même un cœur souillé.

        Ô pureté, qui semblable à celle du soleil n'est ternie par aucune fange et ne craint nulle contagion, mais qui gagne les âmes et en fait disparaître toute tache ! Ô nourriture des esprits bienheureux, qui sans cesse nous renouvelle et jamais ne s'épuise ! Tu n'es ni brisée, ni divisée, ni transformée ; mais, gardant ton intégrité et ta nature, tu nous rappelles le buisson antique, la farine et l'huile miraculeuses qui ne diminuaient pas.

        Ô Sacrement admirable, où Dieu se cache et où notre Moïse à nous se couvre le visage du manteau de ses œuvres, objet de louanges dans toutes nos générations ! Par la vertu des paroles sacrées, instrument de la puissance divine, les substances symboliques sont changées en chair et en sang ; les espèces sacramentelles subsistent sans support, et pourtant nulle loi naturelle n'a souffert violence. Par la vertu de la consécration, un seul Christ, parfait et intègre, se trouve en divers endroits, comme une parole se communique, toujours identique à elle-même. Quand l'hostie se divise, Jésus s'y trouve comme un même visage dans les fragments d'un miroir brisé. Les fidèles l'offrent à Dieu sous les deux espèces, quoiqu'il soit tout entier sous chacune d'elles, et c'est à bon droit qu'on agit ainsi, car ce sacrement donne aux hommes le double salut du corps et de l'Âme, et il rappelle l'amertume d'une double Passion.

        Ô Vertu ineffable du Sacrement, qui embrase notre cœur du feu de la charité et marque du sang de l'Agneau immaculé, au-dessus de leurs deux battants, les linteaux de nos portes !

        Ô véritable viatique de notre exil militant, soutien des voyageurs, force des faibles, antidote des infirmités, accroissement des vertus, abondance de la grâce et purification des vices, réfection des âmes, vie des débiles et union des membres dans l'organisme unique de la charité !

        Sacrement ineffable de la foi, Tu augmentes notre charité et nous communiques l'espérance ; soutien de l'Église, Tu éteins la concupiscence et parfais le corps mystique du Christ. Voici la substance de l'arbre de vie, ô Seigneur Jésus !  

        Ô Pasteur et nourriture, prêtre et sacrifice, aliment et breuvage des élus, pain vivant des esprits, remède à nos faiblesses quotidiennes, festin suave, source de tout renouveau !

        Ô sacrifice de louange et de justice, holocauste de la nouvelle grâce, repas excellent, non de volailles ou de taureaux, mais de viandes plus succulentes et de ce vin délicieux qui renouvelle les amis de Dieu et enivre ses élus !

        Ô table de bénédiction, table de proposition garnie d'une nourriture substantielle ! Table immense où tout est prodige étonnant ! Table plus douce que toute douceur, plus délectable que toute saveur, plus suave que tout parfum, plus magnifique que toute parure, plus succulente que toute nourriture ! Table que le Christ a préparée à ses amis et commensaux, que le père de famille sert à son fils de retour, après le repas de l'agneau symbolique. Vous êtes le bain sacré que figuraient les antiques piscines, ô notre Pâque, immolation du Christ, et vous exigez la conversion du vice à la vertu, donnant ainsi la liberté aux Hébreux de l'esprit.

        Ô nourriture qui rassasie et ne dégoûte point, qui demande la mastication de la foi, le goût de la dévotion, l'union de la charité, et que divise non les dents du corps, mais le courage de la croyance !

        Ô viatique de notre pèlerinage, qui attire les voyageurs sur les sommets des vertus !

        Ô pain vivant, engendré au ciel, fermenté dans le sein de la Vierge, cuit sur le gibet de la croix, déposé sur l'autel, caché sous les espèces sacramentelles, confirme mon cœur dans le bien et assure ses pas dans le chemin de la vie; réjouis mon âme, purifie mes pensées. Voici le pain, le vrai pain, consommé, mais non consumé, mangé, mais non transformé ; il assimile et il ne s'assimile pas ; il renouvelle sans s'épuiser ; il perfectionne et conduit au salut ; il donne la vie, confère la grâce, remet les péchés, affaiblit la concupiscence ; il nourrit les âmes fidèles, éclaire l'intelligence, enflamme la volonté, fait disparaître les défauts, élève les désirs.

        Ô calice de toutes suavités, où s'enivrent les âmes généreuses ! Ô calice brûlant, calice qui tourne au sang du Christ ; sceau du Nouveau Testament, chasse le vieux levain, remplis notre intime esprit, pour que nous soyons une pâte nouvelle, et que nous mangions les azymes de la sincérité et de la vérité.

        Ô vrai repas de Salomon, cénacle de toute consolation, soutien dans la présente tribulation, aliment de joie et gage de la félicité éternelle, foyer de l'unité, source de vertu et de douceur, symbole de sainteté ! La petitesse de l'hostie ne signifie-t-elle pas l'humilité, sa rondeur l'obéissance parfaite, sa minceur l'économie vertueuse, sa blancheur la pureté, l'absence de levain la bienveillance, sa cuisson la patience et la charité, l'inscription qu'elle porte la discrétion spirituelle, les espèces qui demeurent sa permanence, sa circonférence la perfection consommée ?

        Ô pain vivifiant, ô azyme, siège caché de la toute-puissance ! Sous de modestes espèces visibles se cachent d'étonnantes et sublimes réalités.

        Ô Corps, ô Âme, et Toi de tous deux inséparable, ô Substance Divine ! De ce dont on chante les grandeurs dans ce sacrement auguste, ô bon Jésus, seules, pour la foi, après la consécration, les espèces sacramentelles demeurent ; ce qui est mangé sans être assimilé ne souffre ni augmentation ni diminution ; ce que tous reçoivent en entier, mille ne le possèdent pas plus qu'un seul, un seul le possède autant que mille. Ce que contiennent tous les autels, les parcelles intactes ou brisées le contiennent toutes ; ta chair est mangée véritablement, c'est véritablement ton sang que nous buvons. Et tu es ici le prêtre, et tu es aussi l'hostie, et les saints Anges sont là présents, qui exaltent ta magnificence et louent ta souveraine majesté. C'est là ta puissance, Seigneur, qui seule opère de grandes choses ; elle dépasse tout sentiment et toute compréhension, tout génie, toute raison et toute imagination. C'est Toi qui as institué et confié à tes disciples ce sacrement où tout est miracle.

        N'approche donc pas de cette table redoutable sans une dévotion respectueuse et un fervent amour, homme ! Pleure tes péchés et souviens-toi de la Passion. Car l'Agneau immaculé veut une âme immaculée qui le reçoive comme un pur azyme.

        Recours au bain de la confession ; que le fondement de la foi te porte ; que l'incendie de la charité te consume ; que la douleur de la Passion te pénètre ; qu'un droit jugement t'éprouve.

        Approche de la table du Seigneur, de cette table magnifique et puissante, de telle sorte que tu parviennes un jour aux noces du véritable Agneau, là où nous serons enivrés de l'abondance de la maison de Dieu; là où nous verrons le Roi de gloire, le Dieu des vertus dans toute sa beauté; là où nous goûterons la Pain vivant dans le royaume du Père, par la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ, dont la puissance et l'empire demeurent jusqu'à la fin des siècles. Amen.

            Traduction du P. Sertillanges (Les plus belles pages de saint Thomas d'Aquin) [2]         

 

La date de la Fête-Dieu est, dans l'Église universelle, le jeudi après la fête de la Trinité. Mais, en France, depuis le Concordat de 1801, la Fête-Dieu est solennisée le dimanche suivant et non le jeudi pour la majorité des catholiques. [3]

Sources : [1], [2] , [3]

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article
17 juin 2017 6 17 /06 /juin /2017 00:00
Saint Hervé - statue de S. Hervé dans l'église de Guimiliau

Saint Hervé - statue de S. Hervé dans l'église de Guimiliau

Hyvarnion, barde renommé de l'île de Bretagne, est convié à la cour de Childebert, mais, pieux et chaste, la vie de cour ne lui convient pas. Résolu à se consacrer totalement à Dieu, il retourne chez lui en passant par l'Armorique. Là, il rêve d'un futur mariage. Décidé de se consacrer à Dieu il ne sait que penser quand un ange vient lui dire : « Elle s'appelle Rivanone ; tu la rencontreras demain et tu la prendras comme épouse ; de votre union naîtra un grand serviteur de Dieu. » Il la rencontre et l’épouse.

 

Ni l'un ni l'autre ne voulant d’une vie commune, le lendemain des noces Rivanone dit à Hyvarnion : « Si j'ai un fils je demande au Dieu tout puissant qu'il ne voie jamais la fausse et trompeuse lumière de ce monde », et avant de la quitter pour toujours, il lui répond : « Oui ! Mais qu'il ait au moins la vision des splendeurs célestes. » L'enfant naît aveugle. Quand Hervé atteint l'âge de sept ans, alors qu’il connaît par cœur tous les psaumes et les sept hymnes de l’Église les plus employées de son temps, Rivanone le confie à un saint moine. Hervé ne retrouve sa mère que des années plus tard et c'est pour l'assister dans ses derniers instants. S'il est aveugle, comme le désirait Rivanone, Hervé est aussi barde comme Hyvarnion qui avait demandé que son fils ne cesse d'avoir la vision des splendeurs célestes. C'est ainsi qu'il compose le magnifique cantique du Paradis.

 

Son éducation terminée, Hervé part vivre en ermite mais il est vite rejoint par des disciples. Guidé par son disciple Guiharan et escorté d’un loup qu’il avait apprivoisé, Hervé, chantant la beauté du Paradis, conduit sa communauté qui, sillonnant la Bretagne, suit le soleil, pour finir par s’installer à Plouider qui deviendra Lanhouarneau (l’ermitage d’Hervé).

Toute sa vie, il refuse obstinément de recevoir le sacerdoce, acceptant seulement d’être ordonné exorciste. Bien qu’il fût aveugle, Hervé avait été lui-même l'architecte de sa petite église qu’il ne voulut jamais quitter. Il s’y trouvait enfermé, trois jours avant sa mort, lorsque ses yeux s'ouvrirent tout à coup, et il se mit à chanter un dernier cantique : « Je vois le Ciel ouvert, le Ciel ma patrie. Je veux m'y envoler. Je vois mon père et ma mère dans la gloire et la beauté ; je vois mes frères, les hommes de mon pays. Des chœurs d'Anges, portés sur leurs ailes, volent autour de leurs têtes, comme autant d'abeilles dans un champ de fleurs. »

 

Le troisième jour après cette vision, il appela sa nièce Christine qui se trouvait alors auprès de lui ; c'était une orpheline élevée par sa mère : « Prépare-moi une pierre pour oreiller et de la cendre pour couchette ; quand l'ange noir viendra me chercher, qu'il me trouve couché sur la cendre. »

Christine, tout en lui obéissant, lui dit : « Mon oncle, si vous m'aimez, demandez à Dieu que je vous suive sans tarder, comme la barque suit le courant. » Elle fut exaucée : au moment où Hervé expirait, la petite Christine, se jetant à ses pieds, y mourut aussi. Lorsqu'il meurt entouré de ses nombreux moines, tous peuvent entendre les chœurs célestes entonner un hymne que leur saint père chantait depuis toujours.

Inhumé à Lanhouarneau (Finistère), son tombeau est vénéré par de grands concours de peuples. Ses reliques, par crainte des Normands, sont recueillies dans la chapelle du château de Brest (878) ; mises dans une châsse d’argent, elles sont données par le duc Geoffroy à l’évêque de Nantes (1002) ; elles disparaissent de la cathédrale de Nantes pendant la révolution française. (1)

Saint Hervé est le patron des bardes bretons. Il est invoqué pour les maladies des yeux, la guérison des peurs, des angoisses et de la dépression nerveuse, pour repousser les démons et protéger les chevaux. (2)

 

Statue de S. Hervé aveugle, et son loup apprivoisé (Sainte-Marie du Ménez-Hom, Finistère)

Statue de S. Hervé aveugle, et son loup apprivoisé (Sainte-Marie du Ménez-Hom, Finistère)

Sources: (1), (2)

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Saints du jour
commenter cet article