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Mercredi 4 novembre 2009
Le magazine de la Trilatérale Le Point rapporte la publication de la "première biographie" du général André, l'homme de l'affaire des Fiches en 1904. Cent ans après l'ensevelissement de ce scandale inouï les medias libéraux exhume l'affaire des fiches qui se rapporte à des centaines de cas d'"affaire Dreyfus", mais contre des catholiques... 


Le général Louis André, ministre de la Guerre entre 1900 et 1904

On ne sait aujourd'hui plus rien, ou presque, du général Louis André, ministre de la Guerre entre 1900 et 1904. L'histoire n'a retenu de lui que l'ignominieuse "affaire des fiches", qui éclata après la découverte d'un réseau de fichage et de surveillance des officiers catholiques et/ou monarchistes, mis sur pied avec l'aide des francs-maçons du Grand Orient de France. On se souvient que ce flicage avait vocation à faire progresser dans la carrière les officiers fidèles à la République, qui auraient été le plus souvent brimés au détriment de leurs collègues catholiques, qu'il s'agissait donc de débusquer.

Quand il est nommé au ministère de la Guerre, Louis André a des idées bien arrêtées. Il a dans ses papiers deux listes qu'il a lui-même préparées, et qui comptent 800 noms d'officiers, soit moins de 3 % des 27.000 que compte l'armée française pour commander ses 600.000 hommes. La première de ces listes est constituée d'officiers qu'il considère comme acquis à la République, et dont il entend favoriser les carrières. Il l'appelle Corinthe, en référence à l'adage "Il n'est pas donné à tout le monde d'aller à Corinthe". La seconde liste porte les noms d'officiers qu'il estime opposés à la République. Il la nomme Carthage, en référence à la formule de Caton l'Ancien : "Delenda est Carthago" (Il faut détruire Carthage). Louis André entend rompre avec l'autonomie de l'armée, pour la soumettre au politique, et les conflits éclatent immédiatement. Notamment quand le ministre décide contre tous les usages de désigner lui-même le chef du personnel et deux chefs de bureau de l'état-major.

L'auteur prend soin de présenter tout l'entourage et le cabinet de Louis André. Lequel, contrairement à la légende, n'est pas franc-maçon. Passionnante dissection de carrières très variées, d'ambitions divergentes, de déceptions fréquentes et donc de haines féroces. Dans cette galerie, un homme émerge : le capitaine Henri Mollin, gendre d' Anatole France . Contestant la médiocrité de sa jeune carrière, il s'est rapproché très tôt du Grand Orient de France. Et c'est donc lui que le chef de cabinet du ministre chargera de faire la liaison avec Narcisse Vadécart, secrétaire général du "GO", pour faire effectuer par les loges des villes de garnison des enquêtes sur les officiers proposés à l'avancement. On connaît la suite : les enquêtes ridicules, les accusations grotesques, les fuites en direction de la presse et le scandale énorme ! Suivi de la démission de Louis André.


Serge Doessant, Le général André, de l'affaire Dreyfus à l'affaire des fiches . Glyphe, 393 pages, Bibliographie et index, 25 euros. ISBN : 978 2 35815 013 2
lien via Le forum catholique

Pour mémoire :

Le 28 octobre 1904 débute le scandale des Fiches impliquant la maçonnerie (Grand Orient) qui va coûter sa place à Emile Combes (qui devra démissionner du 18 janvier 1905). En 1904, les officiers qui vont à la messe sont fichés par des expressions telles que :
  • "Va à la messe",
  • "clérical pratiquant scandaleusement",
  • "assiste aux offices religieux et s'y fait remarquer par sa dévotion",
  • "porte des cierges aux cérémonies religieuses",
  • "avale son hostie tous les dimanches,
  • "a assisté à la messe de première communion de sa fille",
  • "ne manque pas la confession",
  • "reçoit la Croix chez lui",
  • "sa femme s'occupe beaucoup d'œuvres pieuses",
  • "appartient à une famille de prêtres",
  • "fait élever ses enfants chez les frères" etc.,

et stoppés dans leur avancement par des expressions telles que: "à barrer!"

Des fiches en revanche signalent les éléments à promouvoir:

  • "Bon républicain",
  • "ne met jamais les pieds dans une église",
  • "libre-penseur convaincu à recommander au ministre",
  • "dévoué au gouvernement" etc.

Source: Jean Sévillia, Quand les catholiques étaient hors la loi, Perrin, 2005, p. 148-150

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Quand les catholiques étaient hors la loi

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Vendredi 26 juin 2009
La « légende noire » sur le pape Pie XII (Eugenio Pacelli), accusé de complicité avec le nazisme, a deux causes, selon le directeur du quotidien du Vatican "L’Osservatore Romano", Giovanni Maria Vian : la propagande communiste et les divisions récurrentes au sein de l’Eglise.

Vian les expose dans une interview accordée à ZENIT à l’occasion de la publication, sous sa direction, du livre intitulé « In difesa di Pio XII. Le ragioni della storia » (Pour défendre Pie XII. Les raisons de l’histoire), Venise, Marsilio, 2009, 168 pages, 13,00 euros).

Le livre a été présenté le 10 juin par le cardinal secrétaire d’Etat, Tarcisio Bertone, le président de Marsilio Editori, Cesare De Michelis (Université de Padoue), et par les historiens Giorgio Israel (Université de Roma La Sapienza), Paolo Mieli (Université de Milan), par deux fois directeur du « Corriere della sera », et Roberto Pertici (Université de Bergame).

Le pape Pacelli qui, à sa mort en 1958, avait été unanimement encensé pour l’œuvre qu’il avait accomplie pendant la Seconde guerre mondiale, fut ensuite véritablement « diabolisé ». Comment une telle déformation de son image a-t-elle été possible, en quelques années, plus ou moins à partir de 1963 ?

Vian attribue cette campagne contre le pape en premier lieu à la propagande communiste qui s’est intensifiée à l’époque de la guerre froide.

Il fait remarquer que « la ligne adoptée dans les années de guerre par le pape et par le Saint-Siège, hostile aux totalitarismes mais traditionnellement neutre, se révéla en revanche, dans les faits, favorable à l’alliance contre Hitler, se caractérisant par un effort humanitaire sans précédent, qui a sauvé de très nombreuses vies humaines ».

« Cette ligne fut de toute façon anti-communiste, ce qui explique que, déjà durant la guerre, le pape était pointé du doigt par la propagande communiste comme complice du nazisme et de ses atrocités ».

L’historien considère que « même si Eugenio Pacelli a toujours été anti-communiste, il n’a jamais pensé que le nazisme pouvait être utile pour stopper le communisme, bien au contraire », et il en apporte la preuve en se fondant sur des faits historiques.

Tout d’abord, « entre l’automne de 1939 et le printemps de 1940, dans les premiers mois de la guerre, le pape appuya la tentative de coup d’Etat contre le régime hitlérien fomenté par certains cercles militaires allemands en contact avec les Britanniques ».

Ensuite, affirme G.M. Vian, après l’attaque de l’Allemagne contre l’Union soviétique au milieu de l’année 1941, Pie XII refusa dans un premier temps l’alignement du Saint-Siège sur la « croisade » contre le communisme, comme elle était présentée, et ensuite il a beaucoup fait pour tempérer l’opposition de nombreux catholiques américains à l’alliance des Etats-Unis avec l’Union soviétique stalinienne.

La propagande soviétique, rappelle le spécialiste, a été efficacement reprise dans la pièce « Le Vicaire » ("Der Stellvertreter ") de Rolf Hochhuth, jouée pour la première fois à Berlin le 20 février 1963, et qui présentait le silence du pape comme de l’indifférence face à l’extermination des juifs.

Déjà alors, constate G. M. Vian, on a considéré que ce drame relance nombre des accusations portées par Mikhail Markovich Scheinmann dans son livre Der Vatican im Zweiten Weltkrieg (« Le Vatican dans la seconde guerre mondiale »), d’abord publié en russe par l’Institut historique de l’Académie soviétique des sciences, organe de propagande de l’idéologie communiste.

Et, nouvelle preuve de l’opposition de Pie XII au nazisme : le fait que les chefs du Troisième Reich aient considéré le pape comme un authentique ennemi, ainsi que l’attestent les documents des archives allemandes qui, non par hasard, avaient été fermées au public par l’Allemagne communiste et n’ont été que depuis peu rouvertes et étudiées, comme l’a souligné un article de Marco Ansaldo dans "la Repubblica" du 29 mars 2007.

Le livre édité par G. M. Vian reprend successivement un texte du journaliste et historien Paolo Mieli, un écrit posthume de Saul Israël, biologiste, médecin et écrivain juif, des articles de Andrea Riccardi, historien et fondateur de la Communauté de Sant’Egidio, des archevêques Rino Fisichella, président de l’Académie pontificale pour la vie, et de Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical pour la culture, du cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat au Vatican et, enfin, l’homélie et les deux discours de Benoît XVI prononcés en mémoire de son prédécesseur Pie XII.

Bien des gens ont contribué à ce discrédit de Pie XII, y compris au sein de l’Eglise catholique, en raison de la division entre progressistes et conservateurs, qui s’accentua pendant et après le Concile Vatican II, annoncé en 1959 et clos en 1965, affirme le directeur de L’Osservatore Romano.

« Son successeur, Jean XXIII, Angelo Giuseppe Roncalli, fut très vite salué comme ’le bon pape’ que, sans nuances, on opposait de plus en plus à son prédécesseur : en raison de son caractère et de son style radicalement différents, mais aussi de sa décision inattendue et retentissante de convoquer un concile ».

Les critiques catholiques contre le pape Pacelli avaient été précédées, dès 1939, des questions et accusations du philosophe catholique français Emmanuel Mounier, reprochant au pape son « silence » à propos de l’agression italienne en Albanie.

Pie XII fut, en outre, critiqué par des « cercles de Polonais en exil », qui lui reprochaient son silence face à l’occupation allemande.

C’est ainsi que, lorsque la polarisation s’accrut dans l’Eglise à partir des années soixante, tous ceux qui s’opposaient aux conservateurs attaquaient Pie XII, considéré comme un symbole de ces derniers, alimentant ou utilisant des arguments repris de la « légende noire ».

Le directeur de « L’Osservatore Romano » souligne que ce livre n’est pas né de l’intention de prendre la défense a priori du pape, « car Pie XII n’a que faire d’apologistes qui n’aident pas à clarifier la question historique ». En ce qui concerne les silences de Pie XII, non seulement sur la persécution des juifs (dénoncée sans bruit mais sans équivoque dans son message de Noël en 1942 et dans son allocution aux cardinaux du 2 juin 1943), mais aussi face aux autres crimes des nazis, l’historien souligne que cette ligne de conduite visait à ne pas aggraver la situation des victimes, tandis que le souverain Pontife se mobilisait pour les aider sur le terrain.

« Pacelli lui-même s’interrogea à plusieurs reprises sur son attitude. Ce fut donc un choix conscient et difficile que de chercher à sauver le plus grand nombre possible de vies humaines au lieu de dénoncer continuellement le mal avec le risque réel de provoquer des horreurs encore plus grandes », explique G. M. Vian.

Dans son livre, Paolo Mieli, d’origine juive, affirme dans ce sens : « Prendre pour argent comptant les accusations contre Pacelli, c’est comme traîner sur le banc des coupables présumés, avec les mêmes chefs d’accusation, Roosevelt et Churchill, en les accusant de ne pas avoir parlé plus clairement des persécutions antisémites ».

Rappelant que des membres de sa famille sont morts dans l’Holocauste, Paolo Mieli a déclaré textuellement : « Je refuse d’imputer la mort des miens à une personne qui n’en est pas responsable ».

Le livre publie aussi un texte inédit de Saul Israel écrit en 1944 lorsque, avec d’autres juifs, il avait trouvé refuge dans le couvent de San Antonio, via Merulana, à Rome. Son fils, Giorgio Israel, qui a participé à la présentation du livre, a ajouté : « Ce ne fut pas tel ou tel couvent ou le geste de compassion de quelques-uns, et personne ne peut penser que toute cette solidarité dont témoignèrent les églises et les couvents, ait pu avoir lieu à l’insu du pape, voire sans son consentement. La légende de Pie XII est la plus absurde de toutes celles qui circulent ». 

Au-delà de la légende noire. G. M. Vian explique ensuite que le livre édité sous sa responsabilité n’a pas l’intention de se focaliser sur la légende noire, mais que, « un demi siècle après la mort de Pie XII (9 octobre 1958) et soixante ans après son élection (2 mars 1939), un nouveau consensus historiographique semble se dessiner sur l’importance historique de la figure et du pontificat de Eugenio Pacelli ».

L’objectif du livre est surtout de contribuer à restituer à l’histoire et à la mémoire des catholiques un pape et un pontificat d’une importance capitale sous maints aspects qui, dans l’opinion publique, sont encore éclipsés par la polémique suscitée par la « légende noire ».

Catholique.org
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Lundi 25 mai 2009
Toutes mes félicitations à l'excellent chercheur Hervé Ryssen, auteur d'ouvrages essentiels sur l'idéologie planétarienne des mondialistes. Il met en ligne sur son site, en fichier pdf, un résumé de L'Américanisme et la conjuration antichrétienne de Mgr Henri Delassus (1899), via ma propre synthèse sur Christ-Roi.net. Qu'il en soit ici remercié.

"Nous venons seulement de découvrir, en ce mois de mai 2009, le livre de Mgr Henri Delassus, publié en 1899. Il nous paraît juste de lui rendre hommage, car il est le premier auteur français, à notre connaissance, à avoir expliqué correctement le projet “planétarien” du judaïsme.

...

Édouard Drumont
, il faut le dire, était passé à côté de cette question, pourtant primordiale. A aucun moment, ni dans sa France juive (1886), ni dans La Fin d’un Monde (1889), il n’a esquissé la moindre explication de la “mission” dont les intellectuels juifs ne cessent de se prévaloir.
Dans les années trente, Lucien Rebatet, lui non plus, n’a jamais exposé les buts du judaïsme.

 

Il a donc fallu attendre Monseigneur Delassus pour comprendre les motivations de la politique juive universelle. Nous vous présentons ici tous les extraits de son ouvrage traitant de ce problème fondamental, en regrettant de ne pas avoir cité ce grand Français dans aucun de nos livres.

http://www.mediafire.com/download.php?0hlwuwnnm3w (fichier pdf à télécharger)

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Lundi 25 mai 2009
Les sionistes et les Juifs en général sont malvenus à parler de "racisme" ou même d'"antisémitisme" pour décrédibiliser leurs adversaires lorsque on apprend, de la bouche même d'un historien juif, Shlomo Sand, qu'en réalité ce sont eux, les sionistes qui développent "un discours ethnocentrique, biologique, génétique", "une pensée réellement raciste". Au sens ethnique et purement racial, ce "peuple juif" n'existe pas (ou plus), il s'agit d'une construction sioniste, un mythe national au service de l'Etat d'Israël. 

L’historien Shlomo Sand est l'auteur du livre « Comment le peuple juif a-t-il été inventé ? ». Pour lui, les Juifs qui vivent aujourd’hui en Israël et en d’autres endroits dans le monde, ne sont absolument pas les descendants du peuple ancien qui vivait dans le royaume de Judée à l’époque du premier et du second Temple. Ils tirent leur origine, selon lui, de peuples variés qui se sont convertis au cours de l’Histoire en divers lieux du bassin méditerranéen et régions voisines.

Non seulement les Juifs d’Afrique du Nord descendraient pour la plupart de païens convertis, mais aussi les Juifs yéménites (vestiges du royaume Himyarite, dans la péninsule arabique, qui s’était converti au judaïsme au quatrième siècle) et les Juifs ashkénazes d’Europe de l’Est (des réfugiés du royaume khazar converti au huitième siècle).

A la différence d’autres « nouveaux historiens » qui ont cherché à ébranler les conventions de l’historiographie sioniste, Shlomo Sand ne se contente pas de revenir sur 1948 ou sur les débuts du sionisme, mais remonte des milliers d’années en arrière. Il tente de prouver que le peuple juif n’a jamais existé comme « peuple-race » partageant une origine commune mais qu’il est une multitude bigarrée de groupes humains qui, à des moments différents de l’Histoire, ont adopté la religion juive.

D’après Sand, chez certains penseurs sionistes, cette conception mythique des Juifs comme peuple ancien conduit à une pensée réellement raciste : « Il y a eu, en Europe, des périodes où, si quelqu’un avait déclaré que tous les Juifs appartenaient à un peuple d’origine non juive, il aurait été jugé antisémite séance tenante. Aujourd’hui, si quelqu’un ose suggérer que ceux qui sont considérés comme juifs, dans le monde (...) n’ont jamais constitué et ne sont toujours pas un peuple ni une nation, il est immédiatement dénoncé comme haïssant Israël » (p. 31).

D’après Sand, la description des Juifs comme un peuple d’exilés, errant et se tenant à l’écart, qui « ont erré sur mers et sur terres, sont arrivés au bout du monde et qui, finalement, avec la venue du sionisme, ont fait demi-tour pour revenir en masse sur leur terre orpheline », cette description ne relève que d’une « mythologie nationale ». ... « [D]e même, les premiers bourgeons du nationalisme juif se sont tournés vers cette lumière intense dont la source était le royaume mythologique de David » (p. 81).

Mais alors, quand le peuple juif a-t-il réellement été inventé ?... « Dans l’Allemagne du 19e siècle, à un certain moment, des intellectuels d’origine juive, influencés par le caractère ‘volkiste’ du nationalisme allemand, se sont donné pour mission de fabriquer un peuple "rétrospectivement", avec la soif de créer une nation juive moderne. A partir de l’historien Heinrich Graetz, des intellectuels juifs commencent à esquisser l’histoire du judaïsme comme l’histoire d’un peuple qui avait un caractère national, qui est devenu un peuple errant et qui a finalement fait demi-tour pour revenir dans sa patrie. »

... « [L]es chances que les Palestiniens soient des descendants de l’ancien peuple de Judée sont beaucoup plus élevées que les chances que vous et moi en soyons. Les premiers sionistes, jusqu’à l’insurrection arabe, savaient qu’il n’y avait pas eu d’exil et que les Palestiniens étaient les descendants des habitants du pays. Ils savaient que des paysans ne s’en vont pas tant qu’on ne les chasse pas. Même Yitzhak Ben Zvi, le second président de l’Etat d’Israël, a écrit en 1929, que "la grande majorité des fellahs ne tirent pas leur origine des envahisseurs arabes, mais d’avant cela, des fellahs juifs qui étaient la majorité constitutive du pays". »

« Le peuple ne s’est pas disséminé, c’est la religion juive qui s’est propagée. Le judaïsme était une religion prosélyte. Contrairement à une opinion répandue, il y avait dans le judaïsme ancien une grande soif de convertir. Les Hasmonéens furent les premiers à commencer à créer une foule de Juifs par conversions massives, sous l’influence de l’hellénisme. Ce sont les conversions, depuis la révolte des Hasmonéens jusqu’à celle de Bar Kochba, qui ont préparé le terrain à la diffusion massive, plus tard, du christianisme. Après le triomphe du christianisme au 4e siècle, le mouvement de conversion a été stoppé dans le monde chrétien et il y a eu une chute brutale du nombre de Juifs. On peut supposer que beaucoup de Juifs apparus autour de la mer Méditerranée sont devenus chrétiens. Mais alors, le judaïsme commence à diffuser vers d’autres régions païennes - par exemple, vers le Yémen et le Nord de l’Afrique. Si le judaïsme n’avait pas filé de l’avant à ce moment-là, et continué à convertir dans le monde païen, nous serions restés une religion totalement marginale, si même nous avions survécu. »

« Je me suis demandé comment des communautés juives aussi importantes avaient pu apparaître en Espagne. J’ai alors vu que Tariq Ibn-Ziyad, commandant suprême des musulmans qui envahirent l’Espagne, était berbère et que la majorité de ses soldats étaient des Berbères. Le royaume berbère juif de Dahia Al-Kahina n’avait été vaincu que 15 ans plus tôt. Et il y a, en réalité, plusieurs sources chrétiennes qui déclarent que beaucoup parmi les envahisseurs d’Espagne étaient des convertis au judaïsme. La source profonde de la grande communauté juive d’Espagne, c’étaient ces soldats berbères convertis au judaïsme. »

Aux dires de Sand, l’apport démographique le plus décisif à la population juive dans le monde s’est produit à la suite de la conversion du royaume khazar - vaste empire établi au Moyen-âge dans les steppes bordant la Volga et qui, au plus fort de son pouvoir, dominait depuis la Géorgie actuelle jusqu’à Kiev. Au 8e siècle, les rois khazars ont adopté la religion juive et ont fait de l’hébreu la langue écrite dans le royaume. A partir du 10e siècle, le royaume s’est affaibli et au 13e siècle, il a été totalement vaincu par des envahisseurs mongols et le sort de ses habitants juifs se perd alors dans les brumes.

Shlomo Sand revisite l’hypothèse, déjà avancée par des historiens du 19e et du 20e siècles, selon laquelle les Khazars convertis au judaïsme seraient l’origine principale des communautés juives d’Europe de l’Est. « Au début du 20e siècle, il y a une forte concentration de Juifs en Europe de l’Est : trois millions de Juifs, rien qu’en Pologne », dit-il ; « l’historiographie sioniste prétend qu’ils tirent leur origine de la communauté juive, plus ancienne, d’Allemagne, mais cette historiographie ne parvient pas à expliquer comment le peu de Juifs venus d’Europe occidentale - de Mayence et de Worms - a pu fonder le peuple yiddish d’Europe de l’Est. Les Juifs d’Europe de l’Est sont un mélange de Khazars et de Slaves repoussés vers l’Ouest. »

« Les Juifs formaient, à l’Est, une couche sociale dépendante de la bourgeoisie allemande et c’est comme ça qu’ils ont adopté des mots allemands. Je m’appuie ici sur les recherches du linguiste Paul Wechsler, de l’Université de Tel Aviv, qui a démontré qu’il n’y avait pas de lien étymologique entre la langue juive allemande du Moyen-âge et le yiddish. Le Ribal (Rabbi Yitzhak Bar Levinson) disait déjà en 1828 que l’ancienne langue des Juifs n’était pas le yiddish. Même Ben Tzion Dinour, père de l’historiographie israélienne, ne craignait pas encore de décrire les Khazars comme l’origine des Juifs d’Europe de l’Est et peignait la Khazarie comme la "mère des communautés de l’Exil" en Europe de l’Est. Mais depuis environ 1967, celui qui parle des Khazars comme des pères des Juifs d’Europe de l’Est est considéré comme bizarre et comme un doux rêveur. »

« Il est clair que la crainte est de voir contester le droit historique sur cette terre. Révéler que les Juifs ne viennent pas de Judée paraît réduire la légitimité de notre présence ici. Depuis le début de la période de décolonisation, les colons ne peuvent plus dire simplement : "Nous sommes venus, nous avons vaincu et maintenant nous sommes ici" - comme l’ont dit les Américains, les Blancs en Afrique du Sud et les Australiens. Il y a une peur très profonde que ne soit remis en cause notre droit à l’existence. »

Cette crainte n’est-elle pas fondée ?

« Non. Je ne pense pas que le mythe historique de l’exil et de l’errance soit la source de ma légitimité à être ici. Dès lors, cela m’est égal de penser que je suis d’origine khazar. Je ne crains pas cet ébranlement de notre existence, parce que je pense que le caractère de l’Etat d’Israël menace beaucoup plus gravement son existence. Ce qui pourra fonder notre existence ici, ce ne sont pas des droits historiques mythologiques mais le fait que nous commencerons à établir ici une société ouverte, une société de l’ensemble des citoyens israéliens. »

En fait, vous affirmez qu’il n’y a pas de peuple juif.

« Je ne reconnais pas de peuple juif international. Je reconnais un "peuple yiddish" qui existait en Europe de l’Est, qui n’est certes pas une nation mais où il est possible de voir une civilisation yiddish avec une culture populaire moderne. Je pense que le nationalisme juif s’est épanoui sur le terreau de ce "peuple yiddish". Je reconnais également l’existence d’une nation israélienne, et je ne lui conteste pas son droit à la souveraineté.

... « Du point de vue du sionisme, cet Etat n’appartient pas à ses citoyens, mais au peuple juif. Je reconnais une définition de la Nation : un groupe humain qui veut vivre de manière souveraine. Mais la majorité des Juifs dans le monde ne souhaite pas vivre dans l’Etat d’Israël, en dépit du fait que rien ne les en empêche. Donc, il n’y a pas lieu de voir en eux une nation. »

Qu’y a-t-il de si dangereux dans le fait que les Juifs s’imaginent appartenir à un seul peuple ? Pourquoi serait-ce mal en soi ?

« Dans le discours israélien sur les racines, il y a une dose de perversion. C’est un discours ethnocentrique, biologique, génétique. ... »

http://www.voxnr.com/cc/d_antisionisme/EkEEkEuupEQcHEDTAH.shtml
 

notes

Shlomo Sand est né en 1946 à Linz (Autriche) et a vécu les deux premières années de sa vie dans les camps de réfugiés juifs en Allemagne. En 1948, ses parents émigrent en Israël, où il a grandi. Il finit ses études supérieures en histoire, entamées à l’université de Tel-Aviv, à l’École des hautes études en sciences sociales, à Paris. Depuis 1985, il enseigne l’histoire de l’Europe contemporaine à l’université de Tel-Aviv. Il a notamment publié en français : « L’Illusion du politique. Georges Sorel et le débat intellectuel 1900 » (La Découverte, 1984), « Georges Sorel en son temps », avec J. Julliard (Seuil, 1985), « Le XXe siècle à l’écran » (Seuil, 2004). « Les mots et la terre. Les intellectuels en Israël » (Fayard, 2006)

Source : Ofri Ilani, Haaretz, 21 mars 2008, traduit de l’hébreu par Michel Ghys pour Protection Palestine
Via Voxnr

Avec Shlomo Sand, c'est la soit-disant "preuve irréfutable" du juif intégriste Rav Ron Chaya (que nous avons rencontré samedi, dans son cours "Comment arrivera la victoire (d'Israël)"), qui s'effondre de haut en bas. Toute la théorie de cet extrémiste (à écouter en entier) qui "défie qui que ce soit au monde de venir démolir sa démonstration" (sic), bâtie sur le soit-disant "peuple juif" préservé par Dieu de tout mélange depuis l'Antiquité..., s'écroule. Le "peuple juif" d'aujourd'hui n'est pas le peuple de l'époque d'Abraham ou de David, argument développé par Rav Ron Chaya par opposition aux autres peuples européens qui auraient, selon lui, bien évidemment tous disparu... Mais Dieu aurait préservé seul le "peuple juif", ce qui prouverait l'élection divine du "peuple juif" (sic)...

Ce que n'ont pas compris ces Juifs fondamentalistes c'est que, conformément aux prophètes, depuis 2000 ans, peu importe la race, Dieu a établi une nouvelle Alliance dans son Christ. Jésus-Christ est le Messie d'Israël qui établit en Lui l'Alliance de Dieu avec tous les hommes, tous les peuples, toutes les races et toutes les nations. Les "Juifs" d'aujourd'hui sont ceux qui disent être juifs "mais ne le sont pas", leur assemblée est "une synagogue de Satan" (Apocalypse, chapitre II, verset 9). Leur vocation est de se convertir au Christ Jésus, Sauveur, Pacificateur et Rédempteur annoncé pour tous les hommes, Christ mort et ressuscité conformément aux prophètes.
- Par Ingomer
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Mardi 19 mai 2009

Réponse au «Quand notre monde est devenu chrétien» de Paul Veyne, cet essai de Marie-Françoise Baslez montre comment s'est déroulée pendant trois siècles la christianisation de l'Empire romain : évolution non brutale, sur la longue durée, stratégies missionnaires des apôtres, positionnement des chrétiens dans le monde.

Dans "Quand notre monde est devenu chrétien", Paul Veyne montrait en quoi le basculement de l'Empire romain vers le christianisme en 312 aurait été le fait du prince (Constantin). Une thèse à laquelle
répond Marie-Françoise Baslez, spécialiste des premiers âges du christianisme et de saint Paul. Pour cette historienne, le basculement fut préparé par le bas: des conversions individuelles existaient, des maillages plus ou moins distendus s'étaient formés. Les persécutions violentes des années 250 ont, d'une certaine façon, popularisé la nouvelle religion. Des notables, des intellectuels l'ont adoptée - bien avant le ralliement de Constantin. Un livre clair et synthétique.

Comment notre monde est devenu chrétien

En trois siècles, le christianisme est passé de la situation de religion minoritaire, illégale et parfois persécutée, éclatée en communautés dispersées et très hétérogènes, au statut de religion d'Empire, dans le cadre unifié de l'Église.

Comment un tel événement a-t-il pu se produire ? Le
débat porte aujourd'hui sur le rythme et les acteurs de cette évolution remarquable.

Fut-elle réellement brutale et inattendue jusqu'au choix personnel de Constantin qui transforma en religion d'Empire une secte que rien ne prédisposait à un tel destin ?

Ou, cette évolution, s'inscrit-elle dans la longue durée, par la volonté même des chrétiens d'être dans le monde, d'utiliser au mieux réseaux et moyens de communication pour médiatiser le message évangélique, et ce, à l'instar de saint Paul.


Les enjeux de ce débat sont à l'évidence cruciaux et profondément ancrés dans l'actualité (racines chrétiennes de l'Europe, multiculturalisme et communautarisme, etc.).

Se basant sur une approche sociologique permettant de renouveler questions et réponses, fruit de plus de vingt ans de recherches et de publications, Comment notre monde est devenu chrétien offre au grand public la synthèse qui manquait.

Marie-Françoise Baslez, Comment notre monde est devenu chrétien, CLD, octobre 2008

Les
ouvrages de Marie-Françoise Baslez

La
Video du débat entre Paul Veyne, Lucien Jerphagnon et Marie-Françoise Baslez sur publicsenat.fr

- Par Ingomer
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Mercredi 6 mai 2009






- Par Ingomer
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Samedi 25 avril 2009

Les Editions de Paris ouvrent une souscription pour l'édition de "Le Messie en Croix, selon les premières églises face à l’islam" du Père François Jourdan, théologien et islamologue, en vue d'une parution durant l'été 2009. En 2008 son livre "Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans, Des repères pour comprendre" (Ed. L'Oeuvre) montrait les ambiguïtés, l'absence de consistance de l'actuel dialogue islamo-chrétien, et les difficultés qui en résultent. Ceci lui avait valu les foudres des "biens pensants" du dialogue avec les musulmans, dont les recensions négatives de "La Croix" (7 février 2008 page 13) et du site du "Groupe de recherches islamo-chrétien" (GRIC).

On peut retrouver l'annonce de cette souscription sur ND de Kabylie

La présentation du livre aux
Editions de Paris

Et le
formulaire de souscription pour ceux qui seraient intéressés.

Ce livre m'a été recommandé par un ami spécialiste de ces questions, c'est pourquoi je vous transmets les coordonnées; en effet je pense qu'il devrait être intéressant en apportant un regard avisé et original sur cette question.
Je rappelle que Notre-Dame de kabylie est un site de convertis de l'islam vers le catholicisme.

Via
Le Forum catholique
- Par Ingomer
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Lundi 30 mars 2009

La déferlante médiatique qui s'en prend sans discontinuer à Benoît XVI depuis deux mois nous invite à la prière mais aussi à la réflexion. De quels moyens d'action et de résistance disposons-nous face au terrorisme intellectuel de la « pensée unique » ?

Avant toute réaction, il faut connaître les méthodes et les procédés de l'ennemi. Or, les Editions de Renaissance Catholique viennent de faire paraître sous le titre La Pensée unique, une synthèse qui, grâce aux onze conférenciers parmi les meilleurs spécialistes : historiens, journalistes, universitaires, permet de comprendre la manière dont s'impose cette pensée unique, qui est essentiellement une tyrannie née de la disparition de la vérité objective.

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Sommaire
Du politiquement correct à la pensée unique ? Martin Peltier
Les méthodes du terrorisme intellectuel Philippe Conrad
Aux sources du politiquement correct Serge de Beketch +
Historiquement correct Jean Sévillia
Religieusement correct Michel De Jaeghere
Pédagogiquement correct Olivier Pichon
Géopolitiquement correct Aymeric Chauprade
Économiquement correct Michel Sarlon-Malassert
Moralement correct Jean-Pierre Dickès
Artistiquement correct Olivier Madelin
La vérité vous rendra libres Jean-Pierre Maugendre
- Par Ingomer
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Vendredi 26 décembre 2008
Alain Laurent a bien compris que l'idéologie de l'"antiracisme" fonctionne sur le même registre que le "libéralisme": corruption et perversion au programme, au final destruction du soubassement qu'entreprenait de défendre l'idéologie (destruction des libertés pour le "libéralisme", atteintes aux libertés d'expression, au droit de propriété; augmentation du racisme, culpabilisation,  séparation du reste des Français, éloignement des populations d'accueil françaises, communautarisme et discrimination pour l'"antiracisme").

Dans le cadre du "Libre Journal des Idées Politiques", Max Lebrun a invité ... Alain Laurent, philosophe, écrivain, auteur de La Société ouverte et ses nouveaux ennemis.

Pour ce dernier, toutes les démocraties égalitaires, détribalisées et sécularisées d’Occident sont confrontées aux mêmes défis du communautarisme.

... [L]'idéologie prétendument "antiraciste", acquise au relativisme multiculturel, ... a perverti les valeurs de tolérance et d’ouverture. (1:25:54).
- Par Ingomer
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Mardi 9 décembre 2008

Chers amis, je suis heureux de vous présenter la couverture des Angéliques.

A ceux qui aiment la (ou ma) poésie, je souhaite une bonne lecture de préparation au mystère de Noël, qui est le mystère de l’Incarnation, où en s’abandonnant entre les mains des hommes, Dieu a élevé l’homme.

Je remercie mon évêque diocésain, Mgr Wintzer, qui a bien voulu honorer cet ouvrage d’une préface. Yves-Marie Adeline

- Par Ingomer
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Mercredi 6 août 2008
Deux siècles ensemble, 1917-1972, tome 2 : Juifs et Russes pendant la période soviétiqueLes medias ont appliqué la bonne vieille règle maçonnique du silence médiatique autour de ce livre d'Alexandre Soljenitsyne, Deux siècles ensemble, tome 2, Juifs et Russes pendant la période soviétique, Fayard Paris 2002. Une oeuvre documentaire fondée sur les archives accessibles après la perestroika.

Aucune critique dans la presse quotidienne n'a transpiré, pas plus dans les grands Hebdos, encore moins sur les grandes radios.... et bien sûr RIEN dans les émissions TV (Vol de Nuit , Guillaume Durand , Yves Calvi, Serge Moati etc..).

Pourquoi ?? Pourquoi l'ensemble des media a-t-il occulté la sortie d’un ouvrage de 1200 pages (Tome I et II) d’un prix Nobel, grande conscience actuelle vivante ?

Voici ce que j'ai trouvé sur internet au sujet de ce livre interdit.

Le crime de Soljenitsyne est d'aborder la place et le rôle des Juifs russes dans les institutions et le mouvement bolchévique. Sujet hérétique frappé d'interdit !

On y apprend (tome 2 couvrant la période allant de 1917 à 1972) que plus de 50% des organes essentiels au fonctionnement du Bolchevisme naissant étaient composés de Juifs (Comité Central-Commissaires Politiques - NKVD etc..) Or si l’on rapproche ces informations au fait avéré que les Bolcheviques ont assassiné 20 Millions de Russes, cela équivaut presque à 4 Shoahs, ce qui d’ailleurs n’enlève rien à l’horreur absolu de la Shoah ni ne condamne les Juifs en tant que tels mais qui démontre à la fois la cruauté humaine et le fait que les Juifs n’ont pas le monopole de la victimisation et que le devoir de mémoire devrait aussi s’appliquer aux Russes. Que le livre de Soljénitsyne puisse être boycotté est une forme élaborée et hypocrite de négationnnisme et ceux qui liront le livre ont le devoir de la faire connaitre au maximum afin qu’une page de l’histoire ne soit pas passé par pertes et profits.


Déjà en 1921, un Journaliste Anglais du nom de WILTON (correspondant du Time à Moscou) avait publié un livre (lui aussi boycotté...déjà) intitulé " La Fin de Romanovs". Wilton avait moins d’érudition et de talent qu’ A.S., mais il dit exactement la même chose. Le chercheur au CNRS Pierre André Taguieff a cité l’ouvrage de Soljénitsyne en réference et a écrit que Deux siècles ensemble était un monument d’érudition et que Fayard avait eu grand mérite de le publier.

Autre crime impardonnable : Soljenitsyne tente de montrer que les pogroms sont fomentés par les révolutionnaires (p. 228) et non par des partisans du tsar.
- Par Ingomer
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Dimanche 6 juillet 2008

Natacha Polony féminisme
Natacha Polony fait une critique générale du 'féminisme'.
Parmi les thèmes développés:
Une illusion sur le féminin.
Ex: - les bandes de jeunes filles…
      - les femmes peuvent être violentes. Ex: Des femmes qui ont exercé le pouvoir,: de Catherine de Russie à Elisabeth Iere d'Angleterre, d'Isabelle la Catholique à Margaret Thatcher, des modèles de douceur? Arrêtons d'être dans une illusion sur le féminin.
'Le fait d'expliquer aux filles qu'elles ne peuvent réussir qu'en dansant ultra maquillées avec le nombril à l'air, je ne suis pas pas sûre que cela soit l'aboutissement de la 'libération' des femmes.'
Un mouvement différentialiste attentatoire aux intérêts mêmes de la femme et ceux mêmes de la société
Ex: Ségolène Royal qui ne cessait de se présenter en tant que femme… c'est une régression fondamentale pour les femmes.
Le système consumériste et d'instrumentalisation du corps humain où l'on n'entend jamais les féministes là-dessus…
Le 'discours psy' comme 'nouvelle religion': on a remplacé le bien et le mal moral ou religieux par le performant ou  non performant, on est dans la réussite ou dans l'échec, c'est parce que les femmes ne sont pas comme la société leur dit d'être qu'elles seraient dans l'échec… c'est l'imposition pour chaque individu le fait d'aller toujours plus loin dans cette image de réussite..., mais il y a aucun développement d'un sens donné à notre existence… le milieu professionnel ayant été dépourvu de sens. Il s'agit toujours de donner plus sans que l'on voie à quoi cela sert.
- Par Ingomer
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Mercredi 14 mai 2008
L'ancienne candidate à la présidentielle Ségolène Royal publie fin juin un ouvrage de dialogue avec le sociologue Alain Touraine. Mme Royal a indiqué aujourd'hui que cet ouvrage dont elle n'a dévoilé ni le titre ni l'éditeur, est le fruit de "sept rencontres", "articulation entre un intellectuel, un sociologue, un acteur de la société, et l'action politique".

Parmi les sept thèmes abordés, l'inévitable "vivre ensemble", "l'éducation" (obligatoire et citoyenne) et une question inattendue... "Est-il trop tard?", comportant une réflexion sur la "crise du politique". Le "vivre ensemble" aurait-il des limites? Ségolène a du se tromper.

- Par Ingomer
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Lundi 5 mai 2008
Image Hosted by ImageShack.usCarla Del Ponte a-t-elle réellement cru qu’elle présidait à une véritable et impartiale justice internationale ? Voila la question qu’il est permis de se poser après la lecture de son livre « La chasse, les criminels de guerre et moi » dans lequel elle évoque ses huit années passées en tant que procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie.
Est-ce parce que le poids de sa compromission avec ce qu’il est permis d’appeler une parodie de justice a pesé trop lourd sur sa conscience que Carla Del Ponte s’est finalement décidée à révéler cette épouvantable affaire de trafic d’organes ? Ou est-ce plutôt à force d’exaspération, fatiguée des incessantes pressions (pour ne pas dire menaces) américaines et européennes l’enjoignant de ne pas s’intéresser de trop près aux agissements des forces de l’OTAN et de leurs alliés de l’UCK ? On ne le saura sans doute jamais.
Ce qui est certain, c’est que l’affaire que dévoile au grand public l’ex-procureur du TPIY est proprement abominable et repousse au-delà de limites rarement atteintes ce que la décence commune peut supporter. La froide et rugueuse Carla Del Ponte, que l’on avait appris à abhorrer pour son austère suffisance, a sans doute sauvé son âme en trouvant le courage de raconter la fin tragique de ces 300 jeunes serbes, femmes et hommes, transformés en simple réservoir vivant d’organes avec la bénédiction des bonnes âmes de l’intelligentsia occidentale, ceux que Roger Nimier appelait le front moral de l’hypocrisie.
Ils furent au nombre de 300 ces Serbes enlevés par des miliciens albanais lors d’une des nombreuses opérations d’épuration ethnique perpétrées sous les yeux d’une KFOR que l’on jugera bien magnanime avec ses alliés de l’UCK. Ils furent 300 à être déportés en Albanie pour y être séquestrés dans une prison sans jugement ni explications. Le seul crime qu’ils avaient commis : être Serbes et vivre sur leur propre terre, le Kosovo ! Ils furent 300, mais combien sont-ils ceux, impuissants, de leurs proches et parents qui les ont vu emmener, la rage au cœur sans même oser imaginer le sort qui leur serait réservé ? A juste titre d’ailleurs, puisque le châtiment auquel ils étaient promis reste proprement impensable..
Suite Novopress
- Par Ingomer
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Vendredi 4 avril 2008

LE MONDE DES LIVRES | 03.04.08

Etonnante rectification des préjugés de l'heure, ce travail de Sylvain Gouguenheim va susciter débats et polémiques. Son thème : la filiation culturelle monde occidental-monde musulman. Sur ce sujet, les enjeux idéologiques et politiques pèsent lourd. Or cet universitaire des plus sérieux, professeur d'histoire médiévale à l'Ecole normale supérieure de Lyon, met à mal une série de convictions devenues dominantes. Ces dernières décennies, en suivant notamment Alain de Libera ou Mohammed Arkoun, Edward Saïd ou le Conseil de l'Europe, on aurait fait fausse route sur la part de l'islam dans l'histoire de la culture européenne.
Que croyons-nous donc ? En résumé, ceci : le savoir grec antique - philosophie, médecine, mathématique, astronomie -, après avoir tout à fait disparu d'Europe, a trouvé refuge dans le monde musulman, qui l'a traduit en arabe, l'a accueilli et prolongé, avant de le transmettre finalement à l'Occident, permettant ainsi sa renaissance, puis l'expansion soudaine de la culture européenne. Selon Sylvain Gouguenheim, cette vulgate n'est qu'un tissu d'erreurs, de vérités déformées, de données partielles ou partiales. Il désire en corriger, point par point, les aspects inexacts ou excessifs.

 

 

"AGES SOMBRES"

 

Y a-t-il vraiment eu rupture totale entre l'héritage grec antique et l'Europe chrétienne du haut Moyen Age ? Après l'effondrement définitif de l'Empire romain, les rares manuscrits d'Aristote ou de Galien subsistant dans des monastères n'avaient-ils réellement plus aucun lecteur capable de les déchiffrer ? Non, réplique Sylvain Gouguenheim. Même devenus ténus et rares, les liens avec Byzance ne furent jamais rompus : des manuscrits grecs circulaient, avec des hommes en mesure de les lire. Durant les prétendus "âges sombres", ces connaisseurs du grec n'ont jamais fait défaut, répartis dans quelques foyers qu'on a tort d'ignorer, notamment en Sicile et à Rome. On ne souligne pas que de 685 à 752 règne une succession de papes... d'origine grecque et syriaque ! On ignore, ou on oublie qu'en 758-763, Pépin le Bref se fait envoyer par le pape Paul Ier des textes grecs, notamment la Rhétorique d'Aristote.

Cet intérêt médiéval pour les sources grecques trouvait sa source dans la culture chrétienne elle-même. Les Evangiles furent rédigés en grec, comme les épîtres de Paul. Nombre de Pères de l'Eglise, formés à la philosophie, citent Platon et bien d'autres auteurs païens, dont ils ont sauvé des pans entiers. L'Europe est donc demeurée constamment consciente de sa filiation à l'égard de la Grèce antique, et se montra continûment désireuse d'en retrouver les textes. Ce qui explique, des Carolingiens jusqu'au XIIIe siècle, la succession des "renaissances" liées à des découvertes partielles.

La culture grecque antique fut-elle pleinement accueillie par l'islam ? Sylvain Gouguenheim souligne les fortes limites que la réalité historique impose à cette conviction devenue courante. Car ce ne furent pas les musulmans qui firent l'essentiel du travail de traduction des textes grecs en arabe. On l'oublie superbement : même ces grands admirateurs des Grecs que furent Al-Fârâbî, Avicenne et Averroès ne lisaient pas un mot des textes originaux, mais seulement les traductions en arabe faites par les Araméens... chrétiens !

Parmi ces chrétiens dits syriaques, qui maîtrisaient le grec et l'arabe, Hunayn ibn Ishaq (809-873), surnommé "prince des traducteurs", forgea l'essentiel du vocabulaire médical et scientifique arabe en transposant plus de deux cents ouvrages - notamment Galien, Hippocrate, Platon. Arabophone, il n'était en rien musulman, comme d'ailleurs pratiquement tous les premiers traducteurs du grec en arabe. Parce que nous confondons trop souvent "Arabe" et "musulman", une vision déformée de l'histoire nous fait gommer le rôle décisif des Arabes chrétiens dans le passage des oeuvres de l'Antiquité grecque d'abord en syriaque, puis dans la langue du Coran.

Une fois effectué ce transfert - difficile, car grec et arabe sont des langues aux génies très dissemblables -, on aurait tort de croire que l'accueil fait aux Grecs fut unanime, enthousiaste, capable de bouleverser culture et société islamiques. Sylvain Gouguenheim montre combien la réception de la pensée grecque fut au contraire sélective, limitée, sans impact majeur, en fin de compte, sur les réalités de l'islam, qui sont demeurées indissociablement religieuses, juridiques et politiques. Même en disposant des oeuvres philosophiques des Grecs, même en forgeant le terme de "falsafa" pour désigner une forme d'esprit philosophique apparenté, l'islam ne s'est pas véritablement hellénisé. La raison n'y fut jamais explicitement placée au-dessus de la révélation, ni la politique dissociée de la révélation, ni l'investigation scientifique radicalement indépendante.

Il conviendrait même, si l'on suit ce livre, de réviser plus encore nos jugements. Au lieu de croire le savoir philosophique européen tout entier dépendant des intermédiaires arabes, on devrait se rappeler le rôle capital des traducteurs du Mont-Saint-Michel. Ils ont fait passer presque tout Aristote directement du grec au latin, plusieurs décennies avant qu'à Tolède on ne traduise les mêmes oeuvres en partant de leur version arabe. Au lieu de rêver que le monde islamique du Moyen Age, ouvert et généreux, vint offrir à l'Europe languissante et sombre les moyens de son expansion, il faudrait encore se souvenir que l'Occident n'a pas reçu ces savoirs en cadeau. Il est allé les chercher, parce qu'ils complétaient les textes qu'il détenait déjà. Et lui seul en a fait l'usage scientifique et politique que l'on connaît.

Somme toute, contrairement à ce qu'on répète crescendo depuis les années 1960, la culture européenne, dans son histoire et son développement, ne devrait pas grand-chose à l'islam. En tout cas rien d'essentiel. Précis, argumenté, ce livre qui remet l'histoire à l'heure est aussi fort courageux.


ARISTOTE AU MONT SAINT-MICHEL. LES RACINES GRECQUES DE L'EUROPE CHRÉTIENNE de Sylvain Gouguenheim. Seuil, "L'Univers historique", 282 p., 21 €.

 

Roger-Pol Droit
- Par Ingomer
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