Citations

Mardi 4 août 2009

"Qu'il est beau, qu'il est grand de connaître, d'aimer et de servir Dieu, nous n'avons que cela à faire en ce monde. Tout ce que nous faisons en dehors de cela est du temps perdu"

(Saint Curé d'Ars
Jean-Marie Vianney)

Source : A. Monnin,

Esprit du Curé d'Ars, M.Vianney dans ses catéchismes, ses homélies et sa conversation, Paris, 1864, 7ème édition, 1873, p. 64-65


Corps incorrompu de saint Jean-Marie Vianney dans la basilique d'Ars. Diocèse de Belley. Son corps, exhumé au début du XXe siècle, est resté intact : il n'a pas subi la putréfaction.


On a dit de plus d'un personnage, de plus d'un Saint, qu'ils furent les prodiges de leur siècle. Ceci n'est peut-être vrai de personne autant que du curé d'Ars. Cet homme si humble vit, pendant une trentaine d'années, tout l'univers, pour ainsi dire, attentif à ses vertus et à sa gloire, et tout le monde chrétien à ses pieds; il est assurément l'une des merveilles de la sainteté et de l'apostolat.

Né à Dardilly, non loin de Lyon, trois ans avant la Révolution française, de simples cultivateurs profondément chrétiens, il fut d'abord berger et occupé aux travaux des champs. Dès ses premières années, il se distingua par sa candeur, sa piété, son amour pour la Sainte Vierge, et sa charité pour les pauvres. 

Il parvint au sacerdoce grâce à sa piété plus qu'à ses talents. Mais que d’obstacles à sa vocation sacerdotale ! Son père d’abord, qui avait trop besoin de bras pour la ferme familiale, la conscription dans les armées napoléoniennes, et jusqu’à l’examen final d’admission au sacerdoce : Jean-Marie Vianney ne parvenait pas à comprendre les questions, posées en latin. Mais la divine Marie veillait. Monsieur Courbon, premier grand vicaire du diocèse de Lyon à qui revenait la décision demanda simplement : « L’abbé Vianney est-il pieux ? A-t-il de la dévotion à la Sainte Vierge ? Sait-il dire son chapelet ?

– Oui, c’est un modèle de piété !

– Un modèle de piété ! Eh bien, je l’appelle ! La grâce de Dieu fera le reste ! »


Ainsi fut ordonné prêtre, en 1815, celui qui, fut ordonné prêtre, en 1815, celui qui, quelques années après, sera connu dans toute la France sous le nom de Curé d’Ars et qui fut l’apôtre ardent de l’Immaculée Conception dont il cachait jalousement les apparitions. Mais le saint Curé d’Ars voyait aussi Notre-Seigneur. Sous quels traits ? Il ne le révéla jamais, ni aucune des grâces extraordinaires dont il a bénéficié.

Après quelques années de vicariat, il fut appelé à la cure d'Ars, et, en apercevant le clocher de sa paroisse, il se mit à genoux pour prier Dieu et lui recommander son ministère. Son premier soin fut de visiter ses paroissiens; il les eut vite conquis par sa vertu, et l'on vit succéder aux abus de toutes sortes et à l'indifférence, grâce à son zèle, un esprit profondément chrétien, une parfaite observance du dimanche: la paroisse, sous l'impulsion d'un Saint, était devenue une communauté religieuse. 

Bientôt, des pays voisins, on accourut pour l'entendre, pour se confesser à lui et obtenir des miracles, qu'il attribuait à sainte Philomène, dont le culte tout nouveau croissait chaque jour en popularité; aussi l'appelait-il sa chère petite Sainte.

Dix ans plus tard, la réputation du saint curé s'était étendue au-delà de la France, et l'on ne tarda pas à venir de plus loin; la paroisse d'Ars, jadis inconnue et solitaire, était devenue un centre d'attraction universelle; aux personnes pieuses se joignaient des impies, des incrédules, des débauchés; les conversions se multipliaient par milliers. Il passait régulièrement jusqu'à seize et dix-huit heures par jour au confessionnal, et le reste du temps en prédications, catéchisme et prières.

La nuit le démon lançait des assauts contre lui. Quand son lit prit feu, une nuit : "Le démon n'a pas pu brûler l'oiseau, il n'a brûlé que la cage" dit-il.

Un jour une personne corpulente lui dit : "Quand vous irez au Ciel, je tâcherai de m'accrocher à votre soutane", et le Curé d'Ars, qui n'avait que la peau sur les os à force de toujours tout donner et de refuser la nourriture un peu reconstituante que ses paroissiennes essayaient de lui prodiguer, de répondre :
"Gardez-vous-en bien ! L'entrée du Ciel est étroite, et nous resterions tous deux à la porte".

Il reçut la visite de
Lacordaire : "La plus célèbre visite qu'ait reçue le curé d'Ars est sans doute celle du père Lacordaire. Venant à Lyon en simple pèlerin, l'illustre dominicain arrive incognito dans une modeste voiture. Or, sous les plis de son manteau noir, quelqu'un aperçoit une robe blanche, et très vite les pèlerins d'Ars apprennent qui est le visiteur. Remous profond. Le lendemain, on voit le père Lacordaire écouter dans un humble recueillement le sermon du curé(...) Il ne le quitte qu'avec déchirement et va même, s'agenouillant devant lui, jusqu'à lui demander sa bénédiction. Après quoi, J.M.Vianney le prie de le bénir à son tour : et c'est bien une scène étrange et pathétique, éclairée d'un jour du Moyen-Âge, digne de saint François d'Assise et de saint Dominique". (Michel de Saint-Pierre, La vie prodigieuse du curé d'Ars).

On rapporte plusieurs faits extraordinaires. Par exemple son intuition des faits psychologiques ou des pensées d'autrui, ses moments de lévitation etc.


En 1929, il a été déclaré "patron de tous les curés de l'univers" par Pie XI.

Benoît XVI le 8 décembre 2008 a ouvert une
année jubilaire pour le 150e anniversaire de saint Jean-Marie Vianney", "année sacerdotale", "pour favoriser cette tension des prêtres vers la perfection spirituelle dont dépend surtout l'efficacité de leur ministère... du 19 juin 2009 (Fête du Sacré Cœur de Jésus et Journée pour la sanctification des prêtres) au 19 juin 2010". Avec ce thème :"Fidélité du Christ, fidélité du prêtre". Durant toute l'Année sacerdotale, les reliques du saint-curé seront exposées dans Basilique vaticane, amenées par Mgr.Guy Bagnard, Evêque Belley-Ars.

Au cours de cette année, Benoît XVI proclamera saint Jean-Marie Vianney "patron de tous les prêtres du monde" (il est “patron des curés de l'univers” depuis 1929). Suivra la publication d'un directoire pour les confesseurs et directeurs spirituels, avec un recueil des écrits du Pape sur la vie et la mission sacerdotale aujourd'hui. En accord avec les évêques diocésains et les supérieurs religieux, la Congrégation pour le clergé coordonnera les initiatives spirituelles et pastorales qui montreront l'importance de la mission sacerdotale dans l'Eglise et dans la société, comme la nécessité d'accroître la formation permanente du clergé et des séminaristes.


Rendons grâce pour cette nouvelle, et confions nos prêtes à l'intercession de leur saint patron !



Les saints du jour
; wikipedia ; Sanctuaire d'Ars ; Crc.

- Par Ingomer
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Mardi 23 juin 2009

"[J]e pense que progressistes et réactionnaires ont raison contre les libéraux (à ne pas confondre avec les progressistes). Je rejoins en cela l’analyse de Claude Karnoouh. S’il y a bien eu un point commun entre le monde chrétien d’hier et la tentative communiste, c’est le refus du libéralisme. L’un lui est antérieur, l’autre postérieur. Mais il fallait de part et d’autre échapper à la dictature de l’argent et de la marchandise. Le monde communiste reste à mon sens profondément chrétien. Il essayait d’échapper à la logique implacable du profit et à cette ignoble théorie de la main invisible où les égoïsmes individuels travaillent, soi-disant, à l’intérêt collectif! La solution à mes yeux consisterait à réconcilier progressistes et réactionnaires contre les libéraux. Ce qui ne semblera étrange qu’à ceux qui se font de l'Histoire une représentation binaire."

      Alain Soral, entretien dans la revue Choc numéro 31.
L'Entretien en PDF avec Alain Soral


Alain Soral a raison sur ce point que monde chrétien et monde communiste refusent le libéralisme comme culte idolâtrique de Mamon-Roi, l'"Argent-Roi". Mais le monde communiste a aussi un défaut majeur, comme tout matérialisme il se trompe sur la nature de l'homme.

Le monde communiste postule, avec tous les révolutionnaires, que l'homme est bon par nature et que c'est la société qui le corrompt, il faudrait donc changer la société, l'homme se libérerait lui-même, sans tenir compte de Dieu... C'est la Société organisée en dehors de Dieu. C'est cela le "matérialisme"... Or, "l'homme bon" est un mythe hérétique. Le monde chrétien enseigne que l'homme est entaché par le péché originel qui fait qu'il n'est pas un être conçu sans péché, une sorte d'"Immaculé conception" qui agirait en Société toujours en bien, sans jamais faire le mal... Non, en réalité l'homme n'est pas bon par nature, il n'est ni prédisposé à l'altruisme ni au partage. Pour cela, l'homme doit se faire violence et tendre de tout son être vers le bien.

Le monde communiste s'est donc trompé. Il s'est trompé en pensant qu'une idéologie matérialiste (l'organisation de la Société en dehors de Dieu) tendant naturellement au partage (sans Dieu) entraînerait le bonheur de la Société. C'est le contraire qui s'est passé, car les droits de la nature finissent toujours par reprendre le dessus... Par exemple, un ouvrier en Urss, qui observait ses chefs de la Nomenklatura, se disait que lui aussi voulait avoir une belle mercedes...

Si donc le monde communiste est chrétien c'est simplement par son refus du libéralisme comme culte idolâtrique de l'Argent-Roi, mais sa prétention à organiser le monde en dehors de Dieu est déjà un matérialisme, un libéralisme, et même tout le "libéralisme"... Ce qui a pu faire dire au pape Pie XI que le communisme était "intrinsèquement pervers" (Lettre encyclique Divini Redemptoris, 1937).

Encore une fois, si Alain Soral veut se sortir de sa contradiction et refuser pleinement l'idolâtrie, et notamment l'idolatrie moderne de l'Argent-Roi à la place du Christ-Roi, culte idolâtrique maçonnique mis à la place du culte du Dieu vivant, il est temps qu'il quitte le vieil homme et ses vieilles lunes et qu'il adopte l'authentique progressisme qui est, et a toujours été, le monde chrétien fondé sur une juste analyse de la nature de l'homme (dogme catholique du
péché originel).

Alain Soral se demande : "jusqu'où va-t-on descendre"? Je suis en mesure de lui répondre que "Si le Seigneur ne bâtit la maison, ses bâtisseurs travaillent en vain" (Psaumes 127, 1), et avec Notre Seigneur Jésus-Christ : "La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé; ils sont venus battre cette maison, elle s'est écroulée, et grande fut sa ruine..." (Evangile selon Saint Matthieu, 7, 27). Voilà comment cela finira si nous continuons à vouloir bârir la maison en dehors du Christ, "pierre d'angle" : un tas de ruines. 

- Par Ingomer
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Samedi 20 juin 2009

Quand on reçoit toutes choses comme envoyées par la Providence
, et qu'on vit dans un abandon entier à tout ce que veut cette Providence adorable, on n'est jamais contrarié. Comme on n'a d'autres volontés ni d'autres désirs que la volonté de Dieu, et qu'on voit cette très aimable volonté dans tout ce qui arrive, on a toujours tout ce qu'on veut et tout ce qu'on désire.
      A l'exemple du saint roi David, on donne joyeusement la main au bon plaisir de Dieu, qui nous conduit d'une action à une autre, de cette seconde à une troisième; et ainsi toute la vie s'écoule doucement, joyeusement, saintement. Aucun accident n'inquiète ni ne trouble, parce qu'on sait que tout vient de Dieu, et que sa volonté mille fois aimable préside à tout.
      Cette pensée change les souffrances et les peines en joie, les amertumes en douceur; et ce qui désole les autres console l'âme unie au bon plaisir de Dieu. De là, en elle, une tranquillité, une paix, que rien ne peut altérer; une sérénité constante, une manière calme d'agir et de parler qui prouve combien l'Apôtre, et le Sage avant lui, ont dit vrai : l'Apôtre, en affirmant que tout tourne à bien pour ceux qui aiment Dieu (Rm 8,28) ; et le Sage, en déclarant que, quoi qu'il arrive au juste, rien ne peut le contrister (Prov. 12,21). Il pourra être éprouvé de Dieu, comme le saint homme Job ; mais, comme lui, il dira à Dieu : Vous m'éprouvez d'une manière qui me ravit (Job 10,16) ; et ni sa paix intérieure n'en sera troublée, ni son extérieur ne laissera échapper une parole on un geste de chagrin, d'emportement ou d'impatience ; et l'on pourra dire de lui comme de Tobie : il ne s'est plaint ni à Dieu ni aux hommes (Tob. 2,13)

Abbé André-Jean-Marie Hamon (1795-1874), curé de Saint Sulpice, Méditations à l'usage du clergé et des fidèles pour tous les jours de l'année, 
Commentaire du jour Per Ipsum 
- Par Ingomer
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Dimanche 7 juin 2009

Le révérend père Charles MAIGNEN

Frère de Saint-Vincent-de-Paul

Auteur de l’opuscule «  la souveraineté du peuple est une hérésie. »

Nous  voudrions apporter notre contribution au débat sur la forme de la constitution européenne par le rappel de quelques principes et vérités élémentaires.

Le père Charles Maignen dans une étude sur la souveraineté populaire aborde une question qui intéresse tous les juristes et surtout bien sûr les juristes catholiques.

Le dogme de la souveraineté du peuple n'est plus remis en question si ce n'est par la doctrine traditionnelle de l'Eglise qui est largement oubliée ou niée non seulement par les néo -catholiques de l'église conciliaire, mais par tous les tenants des doctrines libérales qui se sont installés dans l'Eglise depuis deux siècles.

« Omnis potestas a Deo » ou bien « Omnis potestas  a populo »

L'argutie consiste à fausser le problème en prétendant que cette souveraineté vient (peut-être ?) de Dieu mais passe nécessairement par le suffrage populaire.

 

Charles Maignen est né en 1858 ; il est le neveu du Père Maurice Maignen qu'il rejoint, à vingt ans, dans la congrégation des Frères de Saint-Vincent-de-Paul. Envoyé en 1881 au Séminaire français de Rome, il y organise une  « Conférence »  en liaison avec l'oeuvre des cercles catholiques d'ouvriers. Il gagne la confiance du supérieur, le Père Eschbach, qu'il tient au courant des publications concernant les questions sociales.

Il est ordonné prêtre à Rome en 1884. Docteur en théologie, attaché d'abord, à Paris, à l'Association des jeunes ouvriers de Notre-Dame de Nazareth, il devient en 1886 le premier aumônier de l'A.C.J.F. et y assume, en outre, la direction de la section des Etudes. Très informé de la recherche doctrinale poursuivie à Rome, il propose une «fidélité inventive » dans le domaine social.

Pour garder l'unité et le dynamisme de I'A.C.J.F., Albert de Mun la soustrait à une dépendance trop étroite de l'épiscopat en transférant aux Jésuites la charge d'aumônier. Fin décembre 1887, le Père Le Tallec remplace l'abbé Maignen qui garde la direction des Études.

Mais, royaliste, Maignen désapprouve l'adhésion d'A. de Mun à l'encyclique de Léon XIII sur le Ralliement et il quitte l'A.C.J.F. en 1892. En 1894, il perd sa charge de directeur du Cercle catholique de Montparnasse, pour avoir soutenu Drumont contre A. de Mun qui avait appuyé le gouvernement dans le vote des  « lois scélérates ».

Après un passage à l'oeuvre des Orphelins apprentis d'Auteuil, l'abbé Maignen reste sans fonction précise durant une dizaine d'années qu'il emploie à combattre les courants novateurs. En 1898, il publie un livre contre l'américanisme et le Père Hecker : Le Père Hecker est-il un saint ? Contre la tendance démocrate, le Congrès de Bourges de 1900 et les abbés Lemire, Birot, Naudet et Dabry, il publie en 1901: `Nationalisme, catholicisme, révolution.

Sur le même sujet, en réponse au livre du P. Maumus : La République et la politique de l'Église, ilavait rédigé en 1892, la brochure dont nous publions ici un extrait.

Dans `Nouveau catholicisme et nouveau clergé’, qu'il publie en 1902, il s'attaque au modernisme. Il s'en prend aux articles d'A. Firmin (pseudonyme de l'abbé Loisy) parus dans la Revue du clergé français. Dans La Vérité, puis La Vérité française, hostile au Ralliement, organe né d'une scission dans la rédaction de L'Univers, en 1893, et qu'il a contribué à fonder avec Élise Veuillot, il multiplie les articles ; en 1903, il y dénonce les ouvrages de Loisy : 'L'Evangile et l'Église' et `Autour d'un petit livre’.

Le premier « détruit l'édifice catholique tout entier, depuis les fondements jusqu'au faîte, sans en respecter aucune partie et menace la foi des simples ». Charles Maignen estime que « l'esprit nouveau inspire chaque jour des témérités plus grandes à ceux qui ont entrepris de rajeunir l'Église en la réconciliant avec le siècle », et il réclame des « exécu­tions nécessaires » et des « mesures suprêmes ».

Le second ouvrage prouve le dualisme intellectuel de Loisy, et Maignen montre l'étendue des ravages accomplis déjà dans l'Église. Pour lui, tous les novateurs ont partie liée, « depuis les Annales de philosophie chrétienne jusqu'au Sillon en passant par la Justice sociale... »

Il attaque aussi Blondel dont le système, dit-il, « altère ou plutôt détruit la notion du miracle, d'accord avec l'exégèse de M. Loisy qui vient lui prêter appui et en doubler le danger ». Charles Maignen ne cessera plus de pourfendre le « nouveau catholicisme » : par là, il désigne tous les courants qui dérivent du catholicisme libéral et dans lesquels il discerne la menace d'un schisme.

Sous le supériorat du Père Anizan, Charles Maignen est envoyé à Tournai, à la maison mère dela Congrégation. Sous le pseudonyme de Vincent Després, il correspond avec Mgr Benigni, le chef du Sodalitium Pianum, autrement dit La Sapinière.

Lorsque Pie X dépose le P. Anizan, au début de 1914, Maignen est appelé à Rome comme recteur du scolasticat. En 1917, il est nommé procureur général de sa Congrégation et qualificateur du Saint-Office.

En 1933, Charles Maignen a résumé sa pensée dans `La doctrine sociale de l'Église d'après les encycliques’. Il meurt en 1937.                                                                                                                                    

(D’après M. l’Abbé N. PINAUD dans « Le Donjon «  de février 2004.) 

LA SOUVERAINETE DU PEUPLE EST UNE HERESIE

Doctrine des théologiens sur l'origine de la société et du pouvoir civil

‘Suffrage universel — Mensonge universel’ Pie IX

Quelle est l'origine de la société civile ?

Avant de répondre à cette question, il est nécessaire d'en bien préciser le sens, car l'origine de la société peut être considérée au point de vue de l'histoire ou au point de vue de la doctrine.

C'est à la philosophie chrétienne, que nous demanderons d'abord de nous répondre et de nous dire pour quelles raisons il est nécessaire à l'homme de vivre en société.

L'homme, dit Saint-Thomas d'Aquin(1), ne peut se suffire à lui seul(2).

Comment un individu isolé pourrait-il se procurer tout ce qui est nécessaire à sa nourriture ? Comment se préparerait-il des vêtements, des remèdes, un abri ? Comment fabriquerait-il, en même temps, ses instruments de travail ?

Restant seul, il ne pourrait faire de son temps et de ses forces une part suffisante pour accorder à l'étude, au travail manuel et aux soins de sa nourriture ce qui est nécessaire, cependant, pour qu'un homme arrive au complet développement de ses forces physiques et de ses facultés morales.

Il est vrai que les philosophes du XVIII° siècle ont prétendu que cet état d'ignorance et d'isolement était l'état naturel de l'homme ; mais, par une con­tradiction singulière, ils avouaient que si l'humanité n'était sortie de cet état de nature, pour se constituer en sociétés, elle eût infailliblement péri.

Singulier état de nature, assurément, qui eût mené la nature humaine à sa destruction !

Cet aveu seul peut suffire à prouver la vérité de la thèse catholique : car l'état naturel d'une créature doit être favorable à sa conservation et au perfectionnement de ses facultés.

Or, cet état, qui favorise la conservation et l'amélioration de l'espèce humaine, c'est l'état social.

Le véritable état de nature est donc celui de l'homme vivant en société avec ses semblables.

Mais il y a plusieurs sortes de sociétés parmi les hommes.

La première, la plus naturelle, la plus néces­saire de toutes, c'est la famille, qui fournit à l'homme les premiers secours, et les plus indispensables, à la conservation et au bien-être de la vie.

C'est elle qui,par le mariage, assure la mul­tiplication du genre humain sur la terre; c'est elle qui procure à l'enfance les soins multiples qu'exigent la délicatesse de son corps et l'ignoran­ce de son esprit ; c'est elle qui donne les affections pures et fidèles.

Mais elle n'est pas la seule société nécessaire. Ce que nous avons dit de l'individu isolé peut, dans une certaine proportion, s'appliquer à la famille, si elle ne trouve dans une société plus étendue et plus forte le complément dont elle a besoin.

Elle aussi ne peut se suffire entièrement à elle-même.

Pourra-t-elle, par ses seules ressources, exercer les industries multiples que suppose un degré con­venable d'aisance et de bien-être dans le vêtement, la nourriture et l'habitation ? Ses membres pour­ront-ils, à eux seuls, acquérir les connaissances nombreuses et difficiles que suppose l'exercice convenable de ces différentes industries ? Pou­rront-ils se livrer à l'étude des sciences, dans la mesure où elles sont nécessaires au dévelop­pement normal de l'intelligence ? Enfin seront-ils en mesure de résister à leurs ennemis et de se faire justice eux-mêmes, sans blesser les droits d'autrui ?

Une famille isolée, placée en dehors de toute société, et n'ayant rien, qu'elle ne doive tirer de ses propres ressources, sera nécessairement dans une grande indigence des biens dont l'homme a besoin pour le développement de ses facultés.

Ainsi, les familles sont amenées par la néces­sité à s'unir en une société plus parfaite, comme les individus sont poussés par une nécessité encore plus impérieuse à se grouper autour d'un foyer.

Cette société, appelée à suppléer à l'insuffisan­ce de la société domestique et à assurer, en même temps, sa conservation et sa prospérité, dans l'ordre public, est désignée communément par les auteurs sous le nom de société civile ou société politique ; son origine, sa raison d'être, c'est la loi naturelle elle-même, c'est-à-dire Dieu, qui en est la règle et l'auteur.

C'est Dieu qui a fait l'homme, tel qu'il ne puisse vivre sans l'institution de la famille ; c'est donc Dieu qui est l'auteur de la famille. C'est Dieu, auteur de la famille qui a fait cette société première insuffisante par elle-même, en sorte que les familles aient une tendance naturelle à s'unir pour former la société civile ; Dieu est donc l'auteur de la société civile.

Ainsi, la cause première de la société civile, c'est Dieu ; sa cause prochaine, c'est la nature de l'homme, sa cause immédiate, c'est la nature de la famille.

Telle est, en quelques mots, la réponse de la philosophie catholique à notre question : Quelle est l'origine de la société civile ? (3)

Interrogeons maintenant l'histoire. Il ne s'agit pas ici de remonter à l'origine de chaque société civile, de chaque nation, mais seulement à l'origine de la première société, de celle avant laquelle il n'existait que des familles.

L'histoire des origines de notre race est tout entière contenue dans les premiers chapitres dela Genèse ; les faits qu'elle rapporte sont attestés par l'autorité même de Dieu : il n'y en a donc pas qui puissent présenter un plus grand caractère de certitude.

Nous trouvons, dans ces faits, une confirmation éclatante de la doctrine formulée plus haut.

Au commencement, Dieu crée un seul homme, mais il ajoute bientôt : « Il n'est pas bon que l'homme soit seul (4) ». Il lui donne une compagne, « adjutorium simile sibi »(5), et la famille est fondée.

L'homme pécha, avant que la famille eût pu donner naissance à une autre société ; faut-il en conclure que la société civile n'aurait pas existé si Adam eût persévéré dans l'état d'innocence ?

Ce serait trop se hâter de résoudre une question sur laquelle de grands théologiens ont des opinions contraires et qui, d'ailleurs, est indifférente.

En tout cas, il est de fait que la société civile, supposant la pluralité des familles, n'a pu se former et ne s'est formée, en réalité, qu'après une certaine propagation du genre humain sur la terre.

Toutefois, la formation de la société fut con­temporaine des premiers hommes.La Genèse fait, pour la première fois, mention de la fondation d'une ville, après le meurtre d'Abel par son frère (6).

Caïn ne fut pas le seul fils d'Adam qui donnât naissance à une cité, et, avant la fin de sa longue carrière, le père de tous les hommes put voir des villes nombreuses et florissantes sortir de cette terre que Dieu lui avait donnée pour être fécondée par son travail.

Le fait primordial qui a déterminé la formation des anciennes sociétés politiques, c'est l'extension et la multiplication des familles issues d'une même souche, lui restant unies d'abord par des liens purement domestiques, puis, peu à peu, par des relations d'un caractère public et juridique.

Ensuite, la conquête, les traités ou le libre consentement de plusieurs, ont servi de point de départ à la formation d'un grand nombre d'États ; mais la communauté d'origine reste le fait naturel qui donne naissance aux cités. C'est ce que Cicéron exprimait ainsi : « Prima societas in ipso conjugio est, proxima in liberis, deinde una domus, communia omnia. Id autem est principium urbis et quasi seminarium reipublicae ». (De Officiis).

Ainsi, la philosophie et l'histoire s'accordent pour affirmer que la société est voulue et exigée par la nature, et que les théories du Contrat social ne sont pas moins en contradiction avec les faits qu'avec la raison.

Dans l'Encyclique « Immortale Dei » le Sou­verain Pontife a résumé la doctrine catholique : « L'homme, dit-il, est né pour vivre en société, car ne pouvant dans l'isolement ni se procurer ce qui est utile et nécessaire à la vie, ni acquérir la perfection de l'esprit et du coeur ;la Providence l'a fait pour s'unir à ses semblables en une société tant domestique que civile, seule capable de four­nir ce qu'il faut à la perfection de l'existence ». Déjà, dans l'Encyclique « Diuturnum illud », le Pape avait dit plus brièvement encore et avec plus de force : « Magnus est error non videre, id quod manifestum est, homines, quum non sint solivagum genus, citra liberam ipsorum voluntatem ad naturalem communitatem esse natos » ; et, parlant du Contrat social, il ajoutait : « Ac praeterea, pactum quod praedicant, est aperte commentitium et fictum. »

L'enseignement de l'Église est donc très net­tement formulé sur ce point, et les catholiques ne peuvent hésiter à le suivre.

II
Quelle est la nature et la fin de la société civile ou politique?

Nature de la société civile.

La société civile est une société naturelle, nécessaire, parfaite et organique. Elle est naturelle, ce qui ne veut pas seulement dire qu'elle est conforme à la nature de l'homme et que les principes de la raison naturelle suffisent, par eux-mêmes, à sa constitution et à son fonction­nement ; cela implique encore que ses lois fon­damentales, sa constitution essentielle, sont dictées et imposées par la nature et qu'il n'est pas loisible à l'homme d'en méconnaître les principes et d'en violer les prescriptions.

De même que, pour la société domestique, l'unité et l'indissolubilité du lien conjugal sont imposées aux hommes par une volonté supérieure, de même, pour la société civile, il est des lois qui s'imposent au législateur lui-même, qu'il n'a pas le pouvoir d'enfreindre, mais qu'il a le devoir de reconnaître et de sanctionner.

Tous les droits et tous les devoirs, même dans l'ordre civil, ne dérivent donc pas de la loi humaine ; l'État n'en est pas l'auteur et la source ; mais il est des droits imprescriptibles dont il a le devoir de se faire le protecteur et le gardien. C'est pourquoi, la proposition suivante a été condamnée dans le Syllabus :

39. L'État, comme étant l'origine et la source de tous les droits, jouit d'un droit qui n'est circonscrit par aucune limite.

La société civile est, en second lieu, une société nécessaire, c'est-à-dire qu'elle n'est pas seulement conforme et proportionnée à la nature de l'hom­me, mais que cette même nature exige qu'une telle société existe.

Ce qui a été dit précédemment sur l'origine de la société civile peut servir à prouver cette nécessité et à en expliquer la nature.

L'existence de la société civile est nécessaire au complet et parfait développement de l'espèce humaine ; elle n'est pas rigoureusement et direc­tement exigée pour la conservation de chaque individu et de chaque famille considérée séparément

Nous verrons combien cette remarque est importante quand nous traiterons du but de la société.

La société civile est encore une société parfaite. On désigne, dans l'Ecole, sous le nom de société parfaite ou complète celle qui possède, par elle-même, tous les moyens d'atteindre son but, en sorte qu'elle n'est pas destinée à trouver dans une société supérieure son complément et sa perfection.

C'est ce que le Souverain Pontife a plus brièvement exprimé dans l'encyclique Immortale Dei, en rappelant que l'Église est une société parfaite ; Elle possède, en soi et par elle-même, toutes les ressources qui sont nécessaires à son existence et à son action.

La société civile répond bien à cette définition de la société parfaite ; elle possède tous les moyens naturels de procurer à l'homme la félicité de cette vie, puisqu'elle supplée, en cela, tout ce qui manque à la société domestique ; et elle n'est pas destinée à faire partie d'une société supérieure de même ordre, puisque nous ne voyons pas, dans l'ordre naturel, de société à laquelle elle puisse être subordonnée.

Ainsi, la société civile est justement considérée comme une société parfaite, et le pouvoir suprême lui appartient dans les choses purement temporelles.

C'est encore l'enseignement du Saint-Père, dans la même encyclique ; parlant des deux sociétés, l'Église et l'Etat, il dit : Chacune d'elles, en son genre, est souveraine.

Enfin, la société civile est une société organique, c'est-à-dire qu'à l'exemple des corps vivants dont les membres ne sont pas animés d'un mouvement purement mécanique, mais jouissent chacun d'une vie propre, bien que dépendante de la vie du corps tout entier, la société civile se compose d'organes dont la vie et la constitution sont distinctes de la sienne, tout en lui restant subordonnés. Ces organes vitaux de la société civile, ce sont ses membres, c'est-à-dire les familles, les communes, les provinces : car la société civile ne se compose pas d'individus, elle se compose de sociétés moindres, antérieures à elle par leur nature, plus strictement nécessaires et plus directement instituées de Dieu: Ces sociétés ont leurs droits et leur constitution propres, que la société civile n'a pas le droit d'altérer ou de méconnaître, mais qu'elle a le devoir de sauvegarder.

La société civile n'est donc pas une collection d'individus égaux, mais une hiérarchie de sociétés subordonnées, auxquelles les individus peuvent appartenir à différents titres et dans lesquelles ils exercent des magistratures et des fonctions en rapport avec leur condition.

La constitution des sociétés modernes est loin de présenter ce caractère ; c'est là son tort et son malheur. Fondée pour l'individu, ne connaissant d'autres droits que les droits individuels et les droits de l'État, cette constitution sociale est fatalement conduite à osciller entre le libéralisme et le socialisme, pour tomber enfin dans une complète dissolution.

Toute définition de la société civile qui ne la présente pas comme un corps moral naturel, nécessaire, complet et hiérarchiquement organisé, doit donc être rejetée.

Mais il n'est pas possible de connaître la véritable nature et les caractères essentiels de la société civile, si l'on n'en précise nettement le but, la fin.

2° Fin de la société civile.

Il résulte de la constitution organique de la société civile que sa fin propre et immédiate ne peut être ni le bien individuel de chaque homme, ni le bien privé de chaque famille, mais le bien commun des familles et des autres associations qui lui sont subordonnées.

Ce bien commun est un bien temporel : car le bien spirituel est la fin propre de l'Église, et on ne saurait l'assigner pour but immédiat à la société civile, sans amener entre les deux pouvoirs une inévitable et funeste confusion ; c'est, de plus, un bien extérieur : car le bien intérieur, même temporel, de chaque homme est d'ordre individuel et privé, nullement d'ordre social ; enfin, ce bien temporel que doit procurer l'union des familles en une société parfaite consiste dans l'ordre et la prospérité publiques.

Cet ordre et cette prospérité ne sauraient être limités aux seules conditions matérielles de la vie, et doivent s'étendre à l'ordre moral tout entier ; en effet, le bonheur de l'homme, même en cette vie, ne consiste pas uniquement, ni même prin­cipalement, dans la satisfaction des exigences du corps ; il dépend surtout des dispositions intellec­tuelles et morales de l'âme ; la société civile ne serait donc pas une société naturelle et parfaite dans son ordre, ni même une société vraiment hu­maine, si elle ne tendait à procurer la félicité temporelle conformément à la nature de l'homme dans ce qu'il y a en elle de plus élevé et de proprement humain. La société doit donc pourvoir, par des moyens proportionnés à sa nature, au perfectionnement intellectuel et moral de l'homme.

Si nous voulons embrasser dans une même définition toute l'étendue de la fin de la société civile, nous dirons donc : La société civile a pour but le bien commun temporel de l'homme tout entier, en tant que ce bien peut être obtenu par les actions extérieures (7)

Ainsi, c'est donner une définition incomplète et tronquée du but de la société, que de lui assigner la protection des droits et de la liberté de chacun, ou le maintien de la paix et de la sécurité publiques ; elle doit tendre à procurer le bien temporel de l'homme dans toute sa plénitude et son extension, mais seulement dans l'ordre public et en dehors de la sphère d'action des individus, des familles ou des associations.

Ainsi, le rôle de la société est très étendu : il atteint tout ce qui intéresse le bonheur et le perfectionnement de l'homme en cette vie, mais les limites en sont très nettement définies, puisque sa raison d'être et sa mission cessent là où commencent celles de la famille et des autres organes du corps social.

Cette conception de la fin de la société civile permet seule de rester à égale distance entre les deux écueils les plus redoutables en ces matières : le libéralisme et le socialisme.

(1) De regimine Principum, lib. I, cap. I.

(2) :Cf Charles Maurras — Mes Idées politiques

(3)Taparelli : Essai théorique de Droit naturel ; cardinal Zigliara : Philosophia moralis ; Mgr Cavagnis : Notions de droit public naturel et ecclésiastique.

(4) 2. Genèse : Chap. II, v.18.

(5) Ibidem.

(6)Genèse : Chap. IV, v. 17.

(7) Mgr Cavagnis : Notions de Droit public naturel et ecclésiastique


                                                    Pie IX


Source : http://juristes.catho.free.fr/maignen.html
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Samedi 16 mai 2009
Tous les bons et fidèles chrétiens, mais surtout les glorieux martyrs, peuvent dire : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Rm 8,31).
Contre eux le monde grondait, les peuples préparaient de vains complots, les princes se liguaient (Ps 2,1) ; on inventait de nouveaux tourments et imaginait contre eux d'incroyables supplices. On les accablait d'opprobre et d'accusations mensongères, on les enfermait dans des cachots insupportables, on labourait leur chair avec des ongles de fer, on les massacrait à coups d'épée, on les exposait aux bêtes, les livrait aux flammes, et ces martyrs du Christ s'écriaient : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » ... Ils peuvent déchaîner leur fureur, nous injurier, nous accuser injustement, nous couvrir de calomnies ; ils peuvent non seulement tuer mais torturer. Que feront-ils les martyrs ? Ils répéteront : « Voici que Dieu vient à mon secours, c'est le Seigneur qui soutient mon âme » (Ps 53,6)... Or, si le Seigneur est le soutien de mon âme, en quoi le monde peut-il me nuire ?... C'est lui aussi qui rétablira mon corps... « Tous vos cheveux sont comptés » (Lc 12,7)... Disons donc, disons avec foi, disons avec espérance, avec un coeur brûlant de charité : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? »  
Commentaire du jour, Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église Sermon 334, pour les Saints Martyrs, §1.
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Vendredi 15 mai 2009
"La mesure de l'humanité se détermine essentiellement dans son rapport à la souffrance et à celui qui souffre. Cela vaut pour chacun comme pour la société. Une société qui ne réussit pas à accepter les souffrants et qui n'est pas capable de contribuer, par la compassion, à faire en sorte que la souffrance soit partagée et portée aussi intérieurement est une société cruelle et inhumaine...

La parole latine « con-solatio », consolation, l'exprime de manière très belle, suggérant un être-avec dans la solitude, qui alors n'est plus solitude. La capacité d'accepter la souffrance par amour du bien, de la vérité et de la justice est constitutive de la mesure de l'humanité, parce que si, en définitive, mon bien-être personnel, mon intégrité sont plus importants que la vérité et la justice, alors la domination du plus fort l'emporte ; alors règnent la violence et le mensonge...

... À la foi chrétienne, dans l'histoire de l'humanité, revient justement ce mérite d'avoir suscité dans l'homme d'une manière nouvelle et à une profondeur nouvelle la capacité de souffrir de la sorte, qui est décisive pour son humanité. La foi chrétienne nous a montré que vérité, justice, amour ne sont pas simplement des idéaux, mais des réalités de très grande densité. Elle nous a montré en effet que Dieu -- la Vérité et l'Amour en personne -- a voulu souffrir pour nous et avec nous. " (Benoît XVI, Encyclique Spe Salvi, § 38-39, trad. Libreria Editrice Vaticana,  
Commentaire du jour).

                                                                       ***



Il n'y a pas d'autres explications à la souffrance sur terre que la Croix de Notre Seigneur Jésus-Christ.
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Dimanche 26 avril 2009


Roi des Saints,
Verbe du Père Très-Haut
Qui domine tout,
Prince de la Sagesse,
Réconfort dans les peines...
Jésus, Sauveur de la race mortelle...
Tu es le Verbe toujours vivant,
Durée infinie,
Lumière éternelle,
Source de miséricorde
Artisan de la vertu
Pour ceux qui, par une vie digne,
Savent glorifier Dieu,
Ô Christ Jésus...
Chantons donc tous
Des louanges simples,
Des hymnes sincères
au
Christ-Roi,
Pieux tributs de gratitude
Pour la doctrine de Vie;
D'un coeur simple, venons honorer
Le Fils Tout-Puissant!
Choeur de la paix,
Nous qui sommes nés du Christ,
Peuple de la modération,
Chantons d'une seule voix
Le Dieu de la Paix.



Extraits de l'Hymne au Christ-Roi de
saint Clément d'Alexandrie
in Maurice VALLERY-RADOT, L'Eglise des premiers siècles, Collection Tempus, Paris 2006, p. 249.

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Dimanche 12 avril 2009

“Dieu, auquel obéissent les légions célestes, ayant établi ici-bas des royaumes différents, suivant la diversité des langues et des climats, a conféré à un grand nombre de gouvernements des missions spéciales pour l’accomplissement de Ses desseins.




Et, comme autrefois, Il préféra la tribu de Juda à celles des autres fils de Jacob et comme Il la gratifia de bénédictions spéciales, ainsi Il choisit la France de préférence à toutes les autres nations de la terre, pour la protection de la foi catholique et pour la défense de la liberté religieuse. Pour ce motif, la France est le Royaume de Dieu même, les ennemis de la France sont les ennemis du Christ.
 Lettre de Grégoire IX à saint Louis, 21 octobre 1239

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Mardi 17 mars 2009
Reprenant une phraséologie du pape Pie XI dans l'Encyclique Divini Redemptoris (1937), au sujet du "communisme intrinsèquement pervers", Jean-Marie Le Pen a déclaré dimanche 15 mars à Arras (Pas-de-Calais), lors du lancement de sa campagne pour les Européennes : "nous avons un devoir d'expliquer à nos compatriotes que le mondialisme est intrinsèquement pervers. Oui nous sommes des patriotes fiers de l'être qui voulons sécuriser leur peuple d'abord plutôt que de se lancer dans des aventures folles dont la course ne peut mener qu'au chaos. La Patrie ne peut être sauvée que si l'on rompt avec les compromissions et les trahisons du système en place."

Source:
Nationspresse.info (39:28 au compteur)

Il est indéniable que le mondialisme s'interprète de plus en plus à présent comme un mélange de communisme au plan mondial (totalitarisme d'un gouvernement mondial soit-disant "démocratique", la "République universelle"...) et d'un régime dominateur, matérialiste, consumériste et athée.

*
Divini Redemptoris, Lettre encyclique de Sa Sainteté le Pape Pie XI sur le communisme athée (1937)
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Mardi 10 mars 2009

"L’élimination de Dieu et de sa loi, comme condition de la réalisation du bonheur de l’homme, n’a en aucune manière atteint son objectif ; au contraire, elle prive l’homme des certitudes spirituelles et de l’espérance nécessaires pour affronter les difficultés et les défis quotidiens.

Lorsque, par exemple, il manque l’axe central sur une roue, c’est toute sa fonction motrice qui disparaît. Ainsi, la morale ne peut remplir sa fonction ultime si elle n’a pas comme axe l’inspiration et la soumission à Dieu, source et juge de tout bien.

... A l’époque post-moderne, Rome doit retrouver son âme la plus profonde, ses racines civiles et chrétiennes, si elle veut devenir promotrice d’un nouvel humanisme qui place en son centre la question de l’homme reconnu dans sa pleine réalité. Séparé de Dieu, l’homme serait privé de sa vocation transcendante. Le christianisme est porteur d’un message lumineux sur la vérité de l’homme, et l’Eglise, qui est dépositaire de ce message, est consciente de sa responsabilité à l’égard de la culture contemporaine."

(Benoît XVI, Discours du pape Benoît XVI au Capitole à Rome le 9 mars 2009)

- Poursuivre la « recherche des racines chrétiennes de notre société » (Benoît XVI)
-
Droits de l'homme: il reste "un long chemin à faire" (Benoît XVI)
-
Ne pas confondre droits de l'homme et droits de l'individu (Vatican)
- Les Lumières condamnent l'homme à une humanité incomplète (Jean-Paul II)
-
Contre-Lumières. Ebauche d'un programme politique fédérateur

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Dimanche 8 mars 2009
Rappel d'un mot de Benoît XVI en préface du livre de Marcello Pera, Pourquoi nous devons nous dire chrétiens.

Source:

Benoît XVI veut le dialogue entre cultures

AFP Le Figaro 
25/11/2008 | Mise à jour : 14:36 
 

Le dialogue entre religions "au sens strict" est impossible mais le dialogue sur leurs implications culturelles est aujourd'hui "particulièrement urgent", affirme le pape Benoît XVI dans la préface d'un livre publié aujourd'hui en Italie.

Moins de trois semaines après avoir accueilli au Vatican une rencontre avec de hauts dignitaires musulmans, Benoît XVI réitère dans ce texte sa réticence à engager un dialogue proprement théologique avec les non chrétiens.

Le pape s'exprime dans une brève lettre au parlementaire de droite Marcello Pera que ce dernier publie en préface de son livre "Pourquoi nous devons nous dire chrétiens".

"Vous expliquez avec une grande clarté qu'un dialogue interreligieux au sens strict du mot n'est pas possible, alors que le dialogue interculturel, approfondissant les conséquences culturelles de la décision religieuse de fond, s'avère particulièrement urgent", écrit-il.

Un "vrai dialogue" interreligieux impliquerait de "mettre sa propre foi entre parenthèse", ce qui "n'est pas possible", précise le pape.

Ce texte a relancé les commentaires sur la solidité de l'engagement du pape dans le dialogue avec les non chrétiens, deux ans après son "discours de Ratisbonne" (septembre 2006, Allemagne) qui avait provoqué une crise dans les relations du Vatican avec l'islam.

Mais la thèse exprimée par Benoît XVI "n'a rien de nouveau" et "ne contredit pas ses gestes symboliques comme ses visites dans des synagogues, à la mosquée bleue d'Istanbul, ou ses rencontres avec des représentants de diverses religions", a commenté le porte-parole du Vatican Federico Lombardi, interrogé par l'AFP.
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Dimanche 1 février 2009

Piqûre de rappel.

"Même si sa prédication est toujours un appel à la conversion personnelle, il vise en réalité continuellement la constitution du Peuple de Dieu qu'il est venu rassembler et sauver. C'est pourquoi l'interprétation individualiste de l'annonce que le Christ fait du Royaume, proposée par la théologie libérale, apparaît unilatérale et privée de tout fondement".

Source: Benoît XVI, Audience générale : La volonté de Jésus sur l’Eglise et le choix des Douze, Texte intégral de la catéchèse de Benoît XVI sur « la relation entre le Christ et l’Eglise », ROME, Mercredi 15 mars 2006.

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Vendredi 19 décembre 2008
"On ne peut pas ouvrir un parti sur une société si on commence à le fermer à la moitié des siens".

Cette
phrase de Ségolène Royal à l'encontre de Martine Aubry (Le Figaro, Royal fustige le «sectarisme» et la «fermeture» d'Aubry, Samuel Potier (lefigaro.fr),avec AFP, 17/12/2008 | Mise à jour : 17:07), éclair de bon sens, pourrait tout aussi bien s'adresser à l'encontre de l'ensemble de la classe politique favorable à l'"ouverture", à la "société ouverte" et "métissée", etc. alors que les Français sont discriminés dans leur propre pays. On ne peut faire d'ouverture qu'en commençant avec les siens.
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Vendredi 24 octobre 2008

"Taper sur Nicolas Sarkozy est une activité saine, morale et satisfaisante, mais il ne faut pas s’arrêter là. Il faut bien comprendre qu’il n’a pas été élu en dépit de ses défauts mais grâce à eux. Et s’il m’intéresse, comme chercheur, c’est parce qu’il est un concentré des tendances mauvaises qui travaillent la société française.

Nicolas Sarkozy n’a pas seulement été élu pour ses défauts : le verbe-talentueux quoi que vous en pensiez-d’Henri Guaino a eu sa part.

Oui, mais ce verbe ne renvoie à rien. Ce qui caractérise Sarkozy, c’est sa capacité à dire tout et son contraire" (Emmanuel Todd via Nationspresse.info)

Autrement dit, si le président de la république n'est pas élu "en dépit de ses défauts mais grâce à eux", si l'élu Sarkozy est un "concentré des tendances mauvaises qui travaillent la société", "l'intellectuel" de service Emmanuel Todd devrait en tirer la conclusion que dans la démocratie, le chef d'Etat élu "grâce à ses défauts" (la "capacité à dire tout et son contraire"...), la démocratie est essentiellement et intrinsèquement une hypocrisie et une ignominie que tout être normalement constitué et doté de raison doit nécessairement rejeter au loin.  Mais là je crains que l'on touche à l'interdit "libéral" du catéchisme "moderne"...

Todd a écrit une Illusion économique, il pourrait penser à présent à rédiger une illusion démocratique !... (On peut toujours rêver)

- Par Ingomer
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Samedi 6 septembre 2008

Être gouverné, c’est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n’ont ni titre, ni la science, ni la vertu…

Être gouverné, c’est être à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé. C’est sous prétexte d’utilité publique et au nom de l’intérêt général être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, concussionné, pressuré, mystifié, volé ; puis, à la moindre réclamation, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garrotté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré.

Voilà le gouvernement, voilà sa justice, voilà sa morale ! Et qu’il y a parmi nous des démocrates qui prétendent que le gouvernement a du bon ; des socialistes qui soutiennent, au nom de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, cette ignominie ; des prolétaires qui posent leur candidature à la présidence la République !”

Pierre-Joseph Proudhon, Idée générale de la révolution au XIXe siècle, 18


via Novopress.info

Sur le même sujet, lire : "
Le gouvernement gouverné"
- Par Ingomer
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