"Dès 1789, ce sont des minorités qui s'emparent du pouvoir et
se le disputent. Si bien que le moment fondateur de la République française porte en lui une inavouable contradiction. Conduite au nom du peuple, la Révolution s'est effectuée sans le
consentement du peuple, et souvent même contre le peuple"
(Jean Sévillia, Historiquement correct, Pour en finir avec le passé unique, Perrin, 2003, p. 177).
J'aurais tout aussi bien pu titré cet article "le coup d'Etat impérialiste", ou "le 14 juillet 1789, un modèle de coup d'Etat", la naissance de la société de l'Argent-Roi à la place de la société
du Christ-Roi, Christ désormais déclaré hors la loi... Exactement comme si la france n'avait jamais été chrétienne...
La dite "révolte du
peuple" en ce 14 juillet 1789 n'a rien d'une génération spontanée. Tout a été calculé, prémédité, réflechi et mis en oeuvre avec une minutie
diabolique. Je tire les quelques considérations qui suivent notamment des ouvrages de Pierre Dominique, Pierre Gaxotte, René Sédillot, Jean Sévillia et Edmund Burke.
"Le début de la Révolution française est caractérisé par le débauchage des troupes.
Gardes françaises d'abord, puis régiments de ligne français, puis régiments étrangers. … Les financiers Laborde, Dufresnoy, d'autres, qui ont pris position à la hausse et pour qui Necker
c'est la hausse, paient d'honnêtes contributions; on a de quoi acheter qui
l'on veut." (p. 62).
Alfred Fierro et Jean Tulard évoquent eux aussi le travail de sape et de corruption franc-maçonnique dans l'armée
: "L'idéologie égalitaire de la franc-maçonnerie contribua largement à la désagrégation de la discipline dans l'armée, où les loges étaient particulièrement nombreuses" (Alfred
Fierro, Jean Tulard, Dictionnaire de la Révolution in Jean Tulard, J.F. Fayard, A. Fierro,
Histoire et Dictionnaire de la Révolution française 1789-1799, Bouquins Robert Laffont, Paris 2004, p.831). Nous voyons bien au fur et
à mesure que l'on prend connaissance de l'histoire réelle, des faits soigneusement cachés, falsifiés, occultés par l'histoire officielle, encore de nos jours dans certains milieux dits
"nationalistes" - qui se refusent toujours à faire le procès en règle de la dite "Révolution française" -, se révèlent à nous dans toute leur horreur. Reynald Secher parle de double assassinat : génocide des vendéens (1793-1794), doublé d'un génocide de la mémoire, "mémoricide"...
Y compris dans nos milieux : nous sommes poignardés "dans nos milieux" comme dit Bernard
Lugan.
Alfred Fierro et Jean Tulard indexent l'égalitarisme (idéologie maçonnique), comme à l'origine de
la "désagrégation de la discipline dans
l'armée"... Pour une illustration de ce phénomène, se reporter au remarquable article
rédigé par Tancrède Josseran "Et la Royale fut détruite!" in Le Livre noir de la Révolution française (Cerf, Paris 2008). "La Révolution est considérée outre-manche comme le meilleur moyen d'abattre définitivement les prétentions
maritimes de la monarchie française" (p. 283.)... Désorganisée, découragée, désarticulée, en proie à la subversion, la Marine devait à partir de février 1793 faire face une nouvelle
fois à la Royal Navy. ... Au moment où la France
entame la phase décisive de ce que l'on pourrait appeler la 'seconde guerre de Cent Ans', la Révolution a brisé le seul instrument qui aurait pu permettre de frapper au cœur l'âme des coalitions
antifrançaises..." (p. 291)
"Ce que la France perd, l'Angleterre le gagne. Plus encore sur le
plan commercial que sur tout autre plan, elle est la grande bénéficiaire de la Révolution et de ses suites. Elle est sans doute consciente, dès le début du grand bouleversement, de la chance qui
s'offre à elle : comme elle a une revanche à prendre sur la monarchie française qui a aidé l'Amérique à se libérer, elle n'est pas fâchée de voir le roi contesté et
diminué. ... 'Voici, dit Fox après la prise de la Bastille,
l'évènement le plus important de l'histoire du monde et le plus heureux'. La "cavalerie de Saint-Georges" ne manque pas l'occasion de financer discrètement les révolutionnaires les plus
corruptibles..." (René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 220).
"Ainsi, dans tous les domaines du commerce, sur terre comme sur mer, la Révolution et l'Empire
consacrent le triomphe britannique et l'éclipse de la France. (p. 222) Le commerce français ne retrouvera son niveau d'activité de 1789 qu'après 1825... Encore la part de la France dans
le commerce mondial sera-t-elle alors loin de rejoindre le pourcentage atteint avant la révolution... Ce pourcentage-là ne sera jamais retrouvé. En chiffres absolus, trente-cinq années
ont été perdues. En chiffres relatifs, à l'échelle du monde, le recul est sans
appel." (p. 222)
Pierre Dominique nomme
l'évènement. "Un coup d'Etat est chose sérieuse. La
Cour va s'en apercevoir.
... Et d'ailleurs, l'adversaire sait tout. Montgaillard, historien royaliste, dit que les mémoires de Foulon furent lus devant Narbonne, qui avertit sa maîtresse, Mme de Staël, laquelle en
informa Necker
ou Mirabeau. Peu importe le canal par où se font les fuites; l'autre
camp voit clair dans le jeu du Roi" (p. 75)
... Le moteur responsable, cherchons-le sous les couleurs d'Orléans. Nommons-le, car il a
une figure humaine. Tendons la main dans l'ombre, nous y saisirons celle de Laclos qui n'est pas que le romancier des Liaisons dangereuses mais l'âme
damnée du duc et l'un des plus profonds politiques du siècle finissant." (p. 143) Le duc d'Orléans a pour lui sa fortune. C'est le plus riche seigneur du royaume. … En ce début de la Révolution, il paie à bureaux ouverts les journalistes, brochuriers, libellistes de tout Paris et de tout Versailles, les crieurs, parleurs, aboyeurs qui remplissent les
cafés, les coupe-jarrets dont il a des dizaines à sa solde et qui se chargeront de recruter en payant à boire et, le moment venu, d'encadrer les braillards dans la rue." (p.
29-30).
... Son chef d'état-major et le chef véritable d'un mouvement dont on observe les effets
sans pouvoir toujours en découvrir la source, … Choderlos de Laclos… 'un homme noir', note Michelet. 'Le profond Laclos', dit-il encore. … Franc-maçon, membre de trois
clubs, quand il n'est pas au Palais royal, on le trouve à Montrouge chez le duc de Biron. … Il faut voir en lui l'agitateur, le tacticien des mouvements de rue, celui qui tient la main
du prince et la fait mouvoir, et, comme dit le comte de la Marck, 'l'âme du parti d'Orléans'. (p. 31)
... L'un des bons instruments du duc d'Orléans et de son chef d'Etat-major, le
meilleur peut-être, est la franc-maçonnerie dont le duc est, depuis 1772, le grand-maître. (p .33). Les frères se tiennent, marchent en
ordre, murmurent leurs mots de passe, suivent aveuglément leurs chefs. Le pouvoir ne peut rien contre cette organisation souterraine. Le peut d'autant moins qu'elle pénètre la Cour, qu'elle est
maîtresse à Versailles comme à Paris. … Bien entendu les maçons ont joué un grand rôle dans la confection des 'Cahiers' et beaucoup d'entre eux ont
été élus aux Etats. Les trois quarts des députés du Tiers, au total près de la moitié des députés sont maçons [une extrême minorité sur-représentée,
de gens échangeant entre eux le serment d'entre-aide et de secret maçonnique, "un hasard"...]. (p. 34)
Pierre Gaxotte nous donne quelques indications permettant d'expliquer ce
"hasard".
"Le parti 'libéral' avait déjà ses comités locaux : loges, académies, chambres de lecture, sociétés philosophiques et patriotiques tenues en
haleine depuis le début de 1788, exercées au maniement de l'opinion et à l'agitation des places publiques par un an de cris et de discours et de manifestations. Merveilleux instruments de
propagande et de combat, toutes ces organisations étaient déjà reliées par une correspondance incessante, un échange régulier de nouvelles et de
brochures. Il suffisait de peu de chose pour les fédérer complètement et emprisonner la France électorale dans les mailles de leur réseau"
(Pierre Gaxotte, ''La Révolution française'', Nouvelle
édition établie par Jean Tulard, Éditions Complexe, Bruxelles 1988, p. 99-100).
"Les cahiers de campagne ne sont presque jamais des cahiers de paysans. Presque partout ils ont été proposés, rédigés ou copiés par des hommes de loi. Ils reproduisirent
les modèles non seulement dans leur esprit, mais dans leur style – qui les trahit." (ibid., p. 103).
"Le coup d'Etat date du 11" (P. Dominique, ibid., p. 113). Je passe sur les détails et les évènements relatés par Pierre Dominique à compter du
11. Mais je donne quelques
éléments éclairants fournis par Pierre Gaxotte.
"Le 12, à midi, Paris n'est plus qu'une immense confusion. Dans un remous de
hurlements, de tocsins et de fausses nouvelles, tourbillonne une foule affolée. … Là on pille, on assassine, on s'enivre. Les dragons du prince de Lambesc, rangés sur la place Louis XV, à
l'entrée des Tuileries, sont bombardés de briques, de pierres, de tessons de bouteilles. Le prince dégage sa troupe en quelques galops et, conformément aux instructions, rompt le contact pour se
retirer sur la rive gauche" (P. Gaxotte, ibid., p. 111).
La nuit du 12 au 13 et la journée du 13 sont sinistres. On dirait que l'on assiste à la
décomposition totale de la société. Les bourgeois se barricadent dans leurs maisons. La rue est livrée à la plus vile populace et à la plus effrayante. … [L]es brigands qui viennent de
mettre à sac l'hôtel de la police, s'arment aussi et plus vite. . … Les bandes se portent partout où il y a des fusils et des piques. Le matin du 14, elles se jettent sur les Invalides, sans que
Bésenval qui a trois régiments suisses et huit cents cavaliers à l'Ecole militaire fasse le moindre mouvement (!)… Une heure après, elles refluent sur la Bastille… Le gouverneur, M. de Launay,
avec sa petite garnison de Suisses... aurait pu sans peine se défendre, mais sa philosophie y répugnait. Il parlemente, retire les canons... et invite à sa table deux délégués des assiégeants...
Finalement, deux hommes armés de haches, le charron Tournay et l'épicier Pannetier en grimpant sur le toit d'une échoppe parviennent à briser les chaînes d'un pont-levis qui s'abat avec
fracas. La garnison instinctivement riposte, puis ne se sentant pas commandée, elle contraint Launay à capituler contre la promesse qu'il ne serait fait de mal à personne... En dépit de quoi
Launay est massacré, et son corps traîné au ruisseau, ... Le prévot des marchands Flesselles est massacré, dépecé... Leurs têtes mises au bout d'une pique promenées jusqu'à la nuit. (p.
111).
Le 14. "La foule se jette sur la forteresse. Qui l'y pousse? Elle y court semble-t-il de son propre mouvement, comme elle a couru aux Invalides et à
l'Arsenal.
Là-dessous, trois réalités: la personnalité et les ambitions du duc, le flot d'or qui coule de ses caisses, la propagande qu'il paie. Les contemporains ne s'y sont pas mépris. 'Le duc
d'Orléans, dira Mme Roland, avait sa part dans toutes les agitations populaires'. Et Malouet : 'Le 14 juillet, les agents du duc d'Orléans furent les plus remarqués par la foule'. Malouet va plus
loin et lui, à qui Montmorin communiquait tous les rapports de police, parlant de l'affaire Réveillon, de l'incendie des barrières à Paris et de celui des châteaux en province, déclare que ce
sont là des opérations payées et payées par le duc. 'Il y concourait, dit-il, pour son compte, et les Jacobins pour le leur.'
Ainsi le duc a monté l'affaire Réveillon, l'incendie des barrières et celui des châteaux,
et l'on voudrait qu'il n'ait pas monté et payé le soulèvement du 12 et du 13 et les deux grandes opérations du 14 aux Invalides et à la Bastille!
… Le marquis de la Salle, membre du Comité de permanence, et, un instant, chef de la milice
bourgeoise, devait avouer qu'un plan d'attaque de la Bastille lui avait été présenté le 13 juillet (signe que l'idée avait déjà
été mise en circulation...) (p. 140-141).
René Sédillot résume le tout : "Le 14 juillet 1789, en trois quarts d'heure, la Bastille est
prise par une bande d'émeutiers,… commandités par Philippe d'Orléans, grand maître des Loges du Grand Orient (http://www.godf.org/) ... ils sont partis du
Palais Royal, où réside le duc. Ils ont pris des armes aux Invalides. Ils massacrent le gouverneur et la garnison qui ne résistaient pas…" (René
Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et
Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 78).
Une Famine "organisée"
"Au cours des quatre mois qui précèdent la prise
de la Bastille, il éclata plus de trois cents émeutes en France. Le mouvement était réglé par un plan qui n'était point secret le moins du monde. En 1788, à Genève, avait paru sous l'anonymat un
curieux ouvrage : le Code National. (M. Gustave Bord, dans la
Conspiration révolutionnaire l'a signalé). L'auteur qui restait monarchiste et entendait séparer le Roi des privilégiés, soulignait que seule l'armée pourrait défendre l'Ancien Régime, qu'il
fallait donc la travailler, la corrompre, l'amener au peuple soulevé lui-même par une disette
organisée. La tactique consistait… à multiplier les troubles locaux qui retiendraient sur tous les points du territoire les forces militaires et, en même temps, exciteraient les
esprits. Au bout de quelque temps de ce chauffage, le grand coup pourrait être porté à Paris." (p. 39-40)
…Il (le duc d'Orléans) sait agir sur le peuple autrement qu'en le payant; il lui retire son pain, le lui redonne.
Comment? En pratiquant l'agio sur les blés… Malouet confirme : 'Les agents du duc d'Orléans faisaient
aussi sur cet objet (les blés), leurs spéculations; ils faisaient vendre et acheter en divers lieux
suivant qu'ils avaient besoin de la faveur ou des fureurs de la populace.' On l'accusa même d'avoir fait courir de fausses circulaires, signées Necker, arrêtant les approvisionnements sur Paris du 20 avril au
15 mai, au moment où se réunissaient les Etats généraux" (p. 29-30).
"Dès 88, les Maçons,
avec toujours en bouche les grands thèmes d'ordre et de centralisation, sont la colonne vertébral du parti national, de ce parti dont
Lafayette est le dieu, qui vit des idées politiques anglaises et américaines après avoir sucé le lait de l'Encyclopédie.
"Ainsi la Maçonnerie
mène tout et voici, même du point de vue des révolutionnaires le mauvais côté de la chose: comme la Maçonnerie nous vient d'Angleterre, et que les loges françaises sont restées en relations
étroites avec les loges-mères de l'autre côté de l'eau, que, notamment, les loges de rite écossais, … se rallient de plus en plus à la Grande Loge de Londres, une sourde influence anglaise, une
obscure pesée s'exercent sur nous, qui s'ajoutent à l'anglomanie régnante depuis cinquante à soixante ans. L'opposition secrète de la Maçonnerie à la monarchie traditionnelle se trouve
ainsi secrètement manœuvrée par l'Angleterre, alors que l'Angleterre, battue dans une guerre précédente, a sa revanche à prendre sur terre et sur mer. Grave sujet de méditation pour un
patriote, mais les patriotes de l'époque ignorent tout cela: ils marchent la tête dans les nuées. … Les Parisiens, … n'imaginaient pas une
seconde qu'ils puissent être manœuvrés" (p. 35-36) [Certains feraient bien d'y songer lorsqu'ils s'en remettent sans réfléchir à tel ou tel mouvement forcément
"révolutionnaire"...].
"Il n'y a peut-être que la joie du libéral qui croit voir se faire une révolution à l'anglaise. Mais Mercy, lui, cherchant la main
qui a déclenché le mouvement, note les 'manœuvres secrètes de la Cour de Grande-Bretagne'. Plus tard, beaucoup plus tard, Louis XVIII pourra écrire à Saint-Priest : 'Je crois que le
ministère britannique a fomenté et peut-être payé les commencements de la Révolution'". (p. 216)
"...La vraie révolution française, celle qui va marquer tout le siècle, se situe sur le plan financier: à la primauté du sang, qui
caractérisait théoriquement l'Ancien Régime, succède la primauté de l'argent. A la noblesse, qui détenait en principe les
privilèges succède la bourgeoisie. Aux nobles succèdent les notables.
Marat lui-même s'interroge: "Qu'allons-nous
gagner à détruire l'aristocratie des nobles, si elle est remplacée par l'aristocratie des riches?"
… Il ne s'agit pas d'un avènement du capitalisme: celui-ci coexistait avec l'ancienne société, dans le
cadre d'une économie de marché. Mais les capitalistes n'avaient pas le premier rang. Même un Samuel Bernard, même un John Law ne pouvaient prétendre aux honneurs que dans la mesure où
ils se pliaient aux règles établies, en s'anoblissant et en entrant dans le système. Le roi, de toute façon, était au-dessus de la mêlée. Il s'agit d'une
explosion du capitalisme. Du second rôle, il passe au premier. Aucune autorité, désormais, ne sera en mesure de lui servir de
contrepoids. Les droits de la naissance ne pourront rien contre ceux de la finance. … "Avant la révolution, les banquiers privés étaient
nombreux, parfois influents, mais sauf Necker en 1789, ils ne tenaient jamais le haut du pavé" (p. 242-243).
"Les industriels et les financiers 'ne regardent pas si les âmes se perdent, mais si les affaires se font' (Antoine Blanc
de Saint-Bonnet, La Légitimité, Tournai, Casterman, 1873, p. 83. La sur-excitation et la concurrence forcée accroissent en même temps la somme de travail et celle de la misère. Ibid.) L'argent est désormais une valeur suprême. Ou la naissance de l'Argent-Roi à la place
du Christ-Roi.
(Pour
comparaison, lire l'article où Jack Lang accuse le gouvernement Sarkozyste de faire revenir la
France à la "société d'argent de l'Ancien régime"...)
Edmund Burke, le célèbre auteur britannique "libéral" que la propagande révolutionnaire s'empressa de transformer en abominable
"contre-révolutionnaire", selon un principe qu'il décrivit lui-même et déjà connu de son vivant : "un système de monopole littéraire d'une activité inlassable pour noircir et discréditer par
tous les moyens tous ceux qui ne font pas partie de leur faction", (p. 142 -) l'écrit dès 1790 :
"Ceux qui ont ordonné et exécuté la scène du 14 juillet sont capables de tout.
... Leurs moyens ont été [déjà...] les incendies, les assassinats, les vols, et les pillages des maisons, les suppositions de fausses
nouvelles [la "grande peur"...], l'emploi d'ordres de l'autorité légitime contrefaits, et d'autres crimes, objets de la
sévérité des tribunaux ordinaires. L'esprit de leur gouvernement est bien d'accord avec ces moyens employés pour s'en emparer. Ils se
conduisent comme des voleurs qui pillent la maison qu'ils ont forcée, et non pas comme des conquérants qui ont soumis une nation.
... Tout était calcul ; tout était institution. On n'a négligé aucun des moyens mécaniques propres à soutenir cet incroyable système de perversité et de
vices.
... L'école de meurtres et de barbarie établie à Paris, ayant détruit autant qu'il lui a été possible les principes et les moeurs sur lesquels reposait la civilisation de l'Europe, ne
tardera pas à détruire la civilisation de l'Europe, ne tardera pas à détruire aussi ces lois des nations [prophétique... cela est écrit en
1790...], qui ont adouci la pratique de la guerre, et qui plus que toute autre institution honorent les siècles du christianisme.
... Leur culture a pour règle de greffer les vertus sur les vices [inversion oratoire et subversion du langage...]. Tout ce qui ne viole pas les vertus
privées leur paraît indigne du nom de 'vertus publiques'. Toutes leurs institutions nouvelles, et avec eux tout est nouveau, attaquent la racine de notre nature et de la
sociabilité.
... La France entière, au commencement de l'année 1789, était d'une opinion différente. Dans tous les districts du royaume, les instructions données aux députés aux états
généraux étaient pleines de projets de réforme du gouvernement, mais on n'y trouve même pas l'apparence d'une idée tendant à sa destruction. Eût-elle été seulement suggérée qu'elle aurait été, je
pense, repoussée d'une seule voix, avec horreur et mépris" (Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution de France, 1790, Pluriel Histoire, Paris 2004, p. 161; 350; 359;
373; 557; 558).
Terminons avec ce que dit Le Livre noir de la Révoliton française du "14 juillet".
"Tandis que le conspirateur [le duc d'Orléans] se voyait cantonné au rôle de pourvoyeur de fonds, le déroulement des émeutes de juillet 1789 rend saisissante la présence
continuelle de membres des loges à tous les échelons de l'action, et dans toutes les initiatives importantes : les noms que l'on connaît des chefs ou meneurs (tel Moreton de Chabrillant,
vénérable de la Parfaite Union, à la tête de gardes-françaises rebelles, surtout Santerre, du Contrat Social, et Palloy, 'souverain prince des Amis de la Jeunesse et de
l'Humanité', Coconnier, membre de la loge Saint-Julien de la Tranquilité), des délégués du Comité permanent de la commune qui constituèrent les ambassades auprès de Launay (Chaton,
de la loge de l'Union des bons français, Thuriot de la Rozières, des Amis réunis, l'abbé Fauchet, des Neuf Soeurs, et Milly et Poupard de Beaubourg, des Amis
réunis...), des chefs de la milice bourgeoise, dont La Fayette, à partir du 15 juillet, est le plus illustre, tous ces noms confrontés aux listes des loges conservées au Fonds maçonnique de la Bibliothèque nationale de France, révèlent une étrange
similitude.
Bertrand de Molleville put ainsi affirmer : 'C'est dans une séance de la loge des Amis réunis que fut décidée la prise de la
Bastille' (B.de Molleville, Histoire de la Révolution de France, t. I, p. 27.). Cette préparation systématique est confirmée par l'innocent Dusaulx, qui confesse : 'Le gros du peuple ne se doutait pas que l'on
allait marcher sur la forteresse, mais il est certain que la prise de la Bastille avait été projetée' (Jean Joseph Dusaulx,
De l'insurrection parisienne et de la prise de la Bastille, p. 24, in Le Livre noir de la Révolution
française, par Pierre Chaunu, Jean Tulard, Emmanuel Leroy-Ladurie, Jean Sévillia,
Cerf, Paris 2008, p. 41-42).
S'agissant du financement de "la révolution" : "Rivarol accuse ... les banquiers Laborde de
Méréville, Boscary et Dufresnoy, entre autres, d'avoir 'soudoyé' l'émeute. Delessert fournit un témoignage en ce sens (Jacques Godechot, La Prise de la Bastille, p. 249, in Le Livre noir, ibid., p. 43).
Conclusion
- La révolte spontanée du peuple français le 14 juillet, la
révolution dite "française" est une légende.
- La "Révolution française" est un coup d'Etat soutenu par les clubs maçonniques (les Jacobins), et financé par les banquiers (Laborde de Méréville, Boscary, Dufresnoy entre autres...), par le parti duc
d'Orléans, grand maître du Grand orient, et par l'Angleterre (la Cavalerie Saint-Georges)... dont la culture consiste à tout changer, détruire toutes les gloires nationales
(monarchie, religion) pour créer un ordre entièrement "nouveau" avec un français nouveau, le "citoyen".
Au final : l'Angleterre gagnante. "Un recul sans appel". Dans ces conditions, parler aujourd'hui encore de "révolte du peuple" est une vaste plaisanterie que toutes les
données de l'histoire contredisent. Pensant être des
'patriotes', les émeutiers sincères (ne parlons pas des émeutiers payés...) ne savaient pas qu'ils étaient manœuvrés par la franc-maçonnerie (Grand Orient de France du duc d'Orléans et
franc-maçonnerie anglaise).
- L'erreur politique (ou la sainteté) de Louis XVI ? Celle d'avoir donné des ordres de ne pas tirer sur "le peuple"…
La république ne s'embarrassera pas de ce genre de précautions en temps voulu… Exemples : elle envoya Bonaparte donner du canon contre le peuple royaliste de Paris coupable en 1797 d'avoir
mal voté... En 1908, le royaliste Charles Maurras prit "violemment Clemenceau à partie pour avoir fait tirer sur les ouvriers de Draveil en grève"
(Mythes et Polémiques de l'histoire, Le retour de la
dispute, Studyrama perspectives, France 2008, p 154).
- "Le 14 juillet, contrairement à la
légende..., la Bastille n'est pas prise par une foule spontanément mobilisée. L'opération est menée par une bande d'agitateurs à la recherche de fusils et de munitions,
entrés par la porte que leur a ouverte le gouverneur Launay. En guise de remerciement, celui-ci est assassiné. De la vielle forteresse – que l'administration royale voulait déjà démolir - sont
extraits en fait de victimes de l'absolutisme, sept prisonniers : quatre faussaires, un libertin et deux fous. La légende a fait de cette péripétie un haut fait d'armes."
(Jean Sévillia, Historiquement
correct, Pour en finir avec le passé unique, Perrin, Saint-Amand-Montrond 2003, p. 179-180).
- "Si quelques masses révolutionnaires, comme les 'sans-culottes' de Paris, ont souvent soutenus les mouvements initiés,
la majorité de la population, elle, n'a pas participé aux évènements : laissée dans l'ignorance, elle n'était pas consultée" (Mythes et Polémiques de l'histoire, Le retour de la dispute, Studyrama perspectives,
France 2008, p. 131).
Quid alors de la dite révolution 'libérale' libérant la France de l'oppression et de la "Tyrannie" ? "Les identités provinciales sont combattues, les identités sociales sont niées (il
n'y a plus de rangs, plus de prêtres, plus de nobles). Quant à la 'liberté d'expression', elle est étouffée au nom de la 'patrie en danger'" (déjà…) [Mythes et polémiques de l'histoire sur cette
"fantastique libération" (p. 133-134)]
***
Sources :
* Pierre
Dominique, Le Quatorze juillet, Lardanchet, Macon
1950.
* René
Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1987
* Pierre Gaxotte, ''La Révolution française'', Nouvelle édition établie par Jean Tulard, Éditions Complexe, Bruxelles
1988
* Jean Sévillia, Historiquement
correct, Pour en finir avec le passé unique, Perrin, Saint-Amand-Montrond 2003
* Alfred Fierro, Jean
Tulard, Dictionnaire de la Révolution in Jean Tulard, J.F. Fayard, A. Fierro, Histoire et Dictionnaire de la Révolution française 1789-1799,
Bouquins Robert Laffont, Paris 2004
*
Mythes et Polémiques de l'histoire, Le retour de la dispute, Studyrama perspectives,
France 2008.
* Le Livre noir de la Révolution française, par Pierre Chaunu, Jean Tulard, Emmanuel Leroy-Ladurie, Jean Sévillia, Cerf, Paris 2008
***
* Le testament politique de Louis XVI retrouvé :
"Français,... méfiez-vous des suggestions et des mensonges de vos faux amis, revenez à votre Roi" (Louis XVI)
* République Française = premier régime génocidaire de l'histoire
*
République et négationnisme
- histoire.fr