Christ Roi

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Samedi 12 mai 2012 6 12 /05 /Mai /2012 14:33

La fin de la Première Guerre mondiale amène en 1920 une chambre des députés orientée à droite, la « chambre bleu horizon » qui, composée de nombreux anciens combattants ayant connu dans les tranchées la fraternisation de religieux et de laïcs, adopte le 24 juin 1920, un projet de loi du député et écrivain nationaliste Maurice Barrès (1), chantre de l'"Union sacrée", d'instituer une "fête nationale" de Jeanne d'Arc.

 

 La « fête nationale de Jeanne d'Arc », ou « fête du patriotisme » a été instituée par la loi du 10 juillet 1920* comme devant avoir lieu le deuxième dimanche de mai de chaque année. Le site "Jurispedia" indique que cette fête "semble tombée en désuétude". (2)

 

La "fête nationale de Jeanne d'Arc" ou "fête du patriotisme" ne doit pas être confondue avec la fête de sainte Jeanne d'Arc célébrée par le calendrier liturgique de l'Eglise catholique le 30 mai ou le dernier dimanche de mai, ni avec le "1er mai" du Front national, jour choisi par Jean-Marie Le Pen entre les deux tours de l'élection présidentielle de 1988 pour célébrer la "fête du travail et de Jeanne d'Arc" et peser sur le résultat du second tour.

 

Y aura-t-il en cette journée du 13 mai "fête nationale", un "nationaliste" pour rappeler que le royalisme est le nationalisme intégral (formule de Charles Maurras) et non le républicanisme, que Jeanne était royaliste et non républicaine, que Jeanne plaçait Dieu et le Décalogue au-dessus de la loi et non en-dessous, comme le fait la République dans une espèce de renversement de l'ordre naturel ? L'idéologie républicaine présentant la "loi civile" comme norme supérieure aux lois de Dieu, aux lois morales et à la loi naturelle, n'est pas une politique au service du bien commun, c'est une idolâtrie matérialiste, un absolutisme (la soit-disant "volonté populaire" coupée de la loi naturelle) et une tyrannie. 

 

L'erreur originelle des "nationalistes" 

 

On en revient toujours à l'erreur originelle de l'"Union sacrée" en 1914, expression employée pour unir les "nationalistes" et les royalistes aux républicains dans une guerre totale contre l'Allemagne, formule rappelant la "Patrie en danger" de 1792 qui ne fut elle aussi qu'un moyen pour mener une "guerre d'agression" à l'Europe et lui apporter les "lumières" de la Révolution... La main tendue par les républicains antichrétiens en 1792 comme en 1914, main saisie par les "nationalistes" n'aboutit une nouvelle fois qu'à la consécration de l'anti-patrie révolutionnaire par le sacrifice des Français comme en 1789... (thèse de Jean de Viguerie dans "Les deux Patries, essai historique sur l'idée de patrie en France", 1998). A chaque fois (1792, 1914, 1940-45), la guerre aura servi à consacrer l'Etat républicain mamonique qui se nourrit du sang des Français.

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(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Mythe_de_Jeanne_d%27Arc#Naissance_d.27une_sainte

(2) http://fr.jurispedia.org/index.php/F%C3%AAte_nationale_de_Jeanne_d'Arc_(fr)

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Vendredi 6 avril 2012 5 06 /04 /Avr /2012 23:59

hommage national à sainte jeanne d'arc,13 mai 2012,600ème anniversaire de la naissance de ste jeanne d'arc,civitas,patriotisme catholique

Souscription pour l'année johannique
L'Institut Civitas célébrera comme il se doit le 600ème anniversaire de la naissance de Sainte Jeanne d'Arc avec un lustre particulier. Un tel anniversaire doit être fêté avec magnanimité et permettre d'exprimer un véritable élan de patriotisme catholique.

Nous voulons tout particulièrement donner à l’hommage à Sainte Jeanne d’Arc du 13 mai prochain le faste que mérite la sainte patronne de la Patrie. Cela a un coût.

Achat important de drapeaux frappés aux armes de Sainte Jeanne d’Arc, location de chevaux et costumes médiévaux, véhicules pour le matériel de sonorisation, podium, tracts, affiches, encarts publicitaires dans la presse, contribution aux frais de déplacement de scouts, guides et louveteaux,…, voilà un petit aperçu des dépenses indispensables et conséquentes, qui se chiffrent à bien plus de 10.000 euros. Nous lançons donc une souscription pour rassembler le budget nécessaire.

Vous pouvez adresser vos chèques à notre secrétariat :
Civitas, 17 rue des Chasseurs, 95100 Argenteuil, en précisant « hommage national à Sainte Jeanne d’Arc » comme motif du don.
 
Nous invitons également les bonnes volontés à songer dès maintenant à l’organisation de cars afin de faciliter la participation du plus grand nombre à partir de différentes villes de France.

 

Source: http://francejeunessecivitas.hautetfort.com/archive/2012/04/05/le-13-mai-defile-en-hommage-national-a-sainte-jeanne-d-arc.html

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Jeudi 29 mars 2012 4 29 /03 /Mars /2012 11:45

Si l'on comprend que la haine et son conducteur le "suffrage universel" font tourner le système à plein régime depuis deux siècles, on entrevoit les deux solutions imparables : mettre de l'amour entre les personnes à la place de la haine (mettre fin au cycle pas très français - et pas très chevaleresque à vrai dire - de la posture victimaire culpablisation-indemnisation..., mettre fin au cycle de division des Français entre eux) et cesser de voter (au plan national car au plan local c'est différent). 

 

Nombreux sont les catholiques et/ou les monarchistes qui, par le biais du suffrage universel, espèrent restaurer la cité traditionnelle ― ou au moins freiner la révolution. Il suffirait pour cela d’une campagne électorale, ou d’un “lobbying” bien mené. Difficile en effet de résister à la tentation de prendre l’adversaire à son propre piège, en utilisant l’arme qu’il met à notre disposition : le vote. Et pourtant, ce serait se méprendre tragiquement sur la nature de cette arme qui corrompt tous ceux qui en usent.

  Sommaire  
  • Les deux cités
  • Le moteur de la Révolution
  • L’épouvantable piège du suffrage universel
  • Comment arrêter le moteur révolutionnaire (…)

 Les deux cités

Une distinction traditionnelle

Il faut reconnaitre dans le Berbère saint Augustin l’un des principaux artisans de l’Occident chrétien, et son chef d’œuvre La Cité de Dieu, reste une référence essentielle aux sciences politiques. Dans cet ouvrage, l’évêque d’Hippone distingue deux cités :

Deux amours ont bâti deux cités ; l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu fit la cité terrestre ; l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi fit la cité de Dieu. [1]

Le médiéviste Lemarignier commente :

La cité de Dieu, c’est la cité des justes qui cherchent le royaume de Dieu avant de faire partie, dans le ciel, du nombre des élus. À cette cité de Dieu, civitas Dei, saint Augustin oppose la cité terrestre, civitas terrena, qui groupe ceux qui ne cherchent pas le Royaume de Dieu. Aux uns et aux autres, il a donné le nom mystique de “cité”… [2]

Avec l’avènement de la Modernité, l’amour de soi prend sa revanche, les Lumières le dotent d’un corpus doctrinal et politique qui produit un type de société inédit dans l’histoire de l’humanité : Dieu y est absent des institutions et relégué dans la sphère privée.

Comme un écho à la vieille distinction augustinienne, et pour rendre compte de l’apparition cette nouveauté, les sociologues, historiens et philosophes ont introduit les concepts d’hétéronomie et d’autonomie :

- La société hétéronome trouve sa justification, sa légitimité hors d’elle-même, dans la divinité ; Jean-Luc Chabot, juriste et professeur à l’Institut d’Études Politiques de Paris, précise :

Les sociétés dites hétéronomes fonctionnent […] sur la base d’un système de valeurs découlant d’un principe qui leur est à la fois extérieur et supérieur […], elles sont marquées par la transcendance de la divinité au regard de la vie humaine et de son organisation sociale. [3]
Tel est le cas de France monarchique où Jésus-Christ est reconnu institutionnellement vrai Roi par son lieutenant lors de la cérémonie du sacre. Cette société chrétienne mérite donc pleinement la qualification de cité de Dieu.

- La société autonome trouve sa justification, sa légitimité, en elle-même et en fin de compte, dans l’homme.

Au sein [des] sociétés d’Europe occidentale s’est développé à partir du XVIe siècle un dessein d’autonomie, non pas seulement du pouvoir civil par rapport au pouvoir ecclésiastique, mais bien plus fondamentalement de la société humaine prétendant se constituer en principe d’elle-même. Un tel propos visait implicitement à opérer un transfert de l’absolu de la transcendance religieuse au profit de l’immanence politique et sociale, à substituer une normativité fondée sur l’altérité religieuse par une normativité purement humaine, ayant une prétention à s’autolégitimer soit par la raison individuelle, soit par l’ordre social. [4]

C’est le cas des sociétés issues des trois idéologies révolutionnaires de 1789 : le libéralisme, le nationalisme et le socialisme. Nous appellerons cette société inédite issue de la modernité, la cité de l’homme-dieu.

Le philosophe et ancien ministre Luc Ferry affirme dans L’Homme-Dieu ou le sens de la vie que les sentiments qui émergent de la modernité « témoignent d’un rapport nouveau au sacré : une transcendance inscrite dans l’immanence à la subjectivité humaine, dans l’espace d’un humanisme de l’homme-Dieu. » [5]

Essentiellement, l’objet du combat entre ces deux cités est une conception radicalement opposée de ce qu’est l’être humain et de sa place.

La conception chrétienne de l’homme

Il existe une seule nature humaine à travers les âges. De la lecture des textes bibliques en passant par ceux de l’antiquité jusqu’à l’époque contemporaine, on constate que l’homme ne change pas : il se pose toujours les mêmes questions, éprouve les mêmes sentiments, il est toujours le siège des mêmes passions, des mêmes détresses et des mêmes espoirs.

La morale naturelle est une science fondée sur l’observation du comportement humain. Son principe part du constat ― énoncé entre autres par Aristote ― que « l’homme est par nature un animal politique. » [6] Cette science étudie la hiérarchie dans les actes humains pour parvenir au bonheur maximum. Quand il traite de la loi naturelle, saint Thomas dit tout simplement :

il y a en tout humain une inclination naturelle à agir conformément à sa raison. Ce qui est proprement agir selon la vertu. [7]

L’intelligence de l’homme a été obscurcie par le péché originel, et à cause de ses passions, il est souvent tenté de justifier ses actes mauvais contre la morale naturelle. Pour l’aider à se repérer et grâce à la Révélation, Dieu ― son créateur ― lui a fait cadeau des dix commandements résumés dans le commandement d’amour de Dieu et du prochain.

En tant que créateur, Dieu est la source du pouvoir. Jésus dit à Pilate :

Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir, s’il ne t’avait été donné d’en haut. [8]
Saint Paul confirme :
Tout pouvoir vient de Dieu. [9]

Dieu est le principe et la fin de toute chose :

Au commencement était le Verbe. [10]

Si le sacrifice de Jésus Christ a permis la Rédemption du genre humain, le salut est individuel et réclame de nous une acceptation de notre nature. Dieu nous a voulus “animaux politiques” : or la vie en société n’est possible que parce que nous avons besoin les uns des autres, parce que nous sommes différents et donc inégaux.

La conception révolutionnaire de l’homme

Il n’existe pas de nature humaine, l’homme évolue continuellement à travers les âges vers quelque chose de supérieur. C’est la théorie de l’évolutionnisme, le mythe du progrès de l’humanité. Mais vers quoi l’homme peut-il progresser, si ce n’est vers une sorte d’état angélique puis divin ?

Il ne saurait y avoir de morale fixe. Mieux ! l’homme moderne estime superbement qu’il est parvenu à la “phase adulte” de son évolution, il doit donc s’affranchir de cette morale d’un autre âge, élaborée par l’esprit archaïque, frustre et masochiste de nos ancêtres.

L’évolution est inéluctable, c’est le fameux “sens de l’histoire”. La Révolution permet d’accélérer la prise de conscience par l’humanité de sa grande destinée. L’homme en marche vers la divinité peut enfin décider pour lui-même. Le philosophe hégélien allemand Feuerbach déclare :

L’être absolu, le Dieu de l’homme, c’est l’être même de l’homme. [11]

L’homme de la modernité s’affirme désormais la source du pouvoir : on lit à l’article 3 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1791

Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation.
, et à l’article 2 du titre III de la Constitution de 1791 :
La nation, de qui seule émanent tous les pouvoirs…

Mgr Gaume résume ainsi la doctrine révolutionnaire :

Je suis la haine de tout ordre que l’homme n’a pas établi et dans lequel il n’est pas roi et dieu tout ensemble. [12]

Jules Ferry ne dit pas autre chose :

Mon but, c’est d’organiser l’humanité sans Dieu et sans roi. [13]

La Révolution se présente à elle-même comme un mouvement permanent et éternel : « Au commencement était l’action. » [14] selon la parole célèbre de Faust dans la tragédie du franc-maçon Goethe.

L’État révolutionnaire se pose en rédempteur et prétend apporter un salut collectif par la réalisation de l’égalité. Le ministre franc-maçon Jules Ferry déclare :

Qu’est-ce d’abord que l’égalité ? C’est la loi même du progrès humain ! c’est un fait social, c’est l’essence même et la légitimité de la société à laquelle nous appartenons. En effet, la société humaine n’a qu’une fin dernière : atténuer de plus en plus, à travers les âges, les inégalités primitives données par la nature. [15]

Plus récemment, le philosophe Marcel Gauchet confirme

La république c’est le régime de la liberté humaine contre l’hétéronomie religieuse. Telle est sa définition véritablement philosophique. [16]

Si la Révolution n’est pas naturelle, comment expliquer sa pérennité depuis deux siècles ? Comment se fait-il que le nombre de partisans de la cité de l’homme-dieu ne cesse d’augmenter ? Quelle est la source, le moteur de ce mouvement révolutionnaire de conversion des esprits ?

Le moteur de la Révolution

Fonctionnement d’un moteur

La physique nous apprend que les moteurs fonctionnent grâce à deux types de grandeurs :
- une différence de potentiels (ou de pôles), c’est la ddp
- un courant (ou débit)

Donnons quelques exemples :
- Un moteur électrique fonctionne grâce à une tension (ou différence de potentiels électriques : pôles plus et moins) et à un courant qui passe d’un pôle à l’autre.
- Un moteur thermique fonctionne grâce à une différence de potentiels thermiques (source chaude, source froide) et à un courant thermique qui passe de la source chaude à la source froide.
- Un moulin à eau fonctionne grâce à une dénivellation (ou différence de potentiels d’altitude : le haut et le bas) et à un courant d’eau qui passe du haut vers le bas.

On peut donc supposer qu’il en va ainsi avec la Révolution qui est un mouvement d’idées. Selon ce schéma, le moteur révolutionnaire fonctionnerait grâce à :
- une différence de potentiels dans l’ordre des idées : THÈSE /ANTITHÈSE,
- un courant d’opinions qui passeraient de la thèse à l’antithèse, de la Cité de Dieu à la cité de l’homme-dieu.

Reste à préciser la ddp et le support ― ou le conducteur ― de ce courant.

La ddp révolutionnaire : la haine dans l’inégalité

Le révolutionnaire qui veut hâter l’évolution de l’homme se heurte d’abord à l’inertie de la nature humaine. Pour « changer les mentalités », «  faire bouger la société  », susciter le mouvement, la méthode consiste à :
- faire “prendre conscience” des inégalités (ddp) entre les personnes
- placer les individus dans une attitude mentale de révolte avec un argument moteur : INÉGALITÉ = INJUSTICE.

À cet effet, on cherche à mettre de la haine dans les différences qui existent naturellement entre les personnes (différences d’âge, de sexe, de classe sociale, de sagesse, de richesse, de connaissance…)

Vers 1840, à l’aube des systèmes démocratiques, Tocqueville s’étonne de cette passion pour l’égalité :

Le fait particulier et dominant qui singularise ces siècles, c’est l’égalité des conditions ; la passion principale qui agite les hommes dans ces temps-là, c’est l’amour de cette égalité. [17]
Il en déduit ― comme conséquence logique ― cet individualisme qui ronge nos sociétés modernes et que tout le monde déplore sans en vouloir reconnaître l’origine :
L’individualisme est d’origine démocratique, et il menace de se développer à mesure que les conditions s’égalisent. [18]

Alors que dans une société saine, les inégalités naturelles sont sources d’échanges et de richesses pour tout le monde, dans la société révolutionnaire, elles deviennent des facteurs d’oppositions, de luttes, de ddp thèse/antithèse. La haine, la jalousie, l’égoïsme de part et d’autre, creusent les différences jusqu’à les rendre insupportables. Alors la révolte éclate et conduit la plupart du temps à une égalité imposée et artificielle dans laquelle persiste l’état de haine. En effet, l’autre est toujours suspecté de vouloir jouir d’un avantage qu’on n’aurait pas soi-même, et cette idée est insupportable.

Souvenons-nous de ces paroles terribles du philosophe marxiste Marcuse :

II n’y a pas de doute qu’un mouvement révolutionnaire donne naissance à une haine sans laquelle la révolution n’est tout simplement pas possible, sans laquelle aucune libération n’est possible. Rien n’est plus révoltant que le commandement d’amour : «  Ne hais pas ton ennemi » dans un monde ou la haine est partout institutionnalisée. Au cours du mouvement révolutionnaire, cette haine peut naturellement se muer en cruauté, en brutalité, en terreur. La limite est, en ce domaine, terriblement mobile. [19]

Les trois idéologies révolutionnaires présentent cette passion de l’égalité :
- Le socialisme oppose la classe prolétarienne déifiée à la classe bourgeoise de façon à aboutir à la dictature mondiale du prolétariat où est censée régner l’égalité. En fait, on sait ce qu’il en est : une élite non naturelle (la nomenklatura) opprime la cité.
- Le nationalisme oppose la nation déifiée aux autres peuples. Les révolutions nationalistes conduisent toujours à la guerre expansionniste. Ex : la Révolution française déclare la guerre à l’Europe, il en va de même pour les révolutions de l’Allemagne nazie, de l’Italie fasciste… À l’intérieur de la nation règne une égalité particulière : l’uniformité. On combat impitoyablement les minorités et les identités régionales car elles sont considérées comme autant de facteurs de divisions.
- Le libéralisme oppose les individus-dieux entre eux. Chaque personne est libre absolument, l’individualisme triomphe : l’autre est celui qui vient limiter notre liberté. Il faut donc s’affranchir de son autorité naturelle que son égoïsme peut rendre odieuse. Des conflits artificiels sont ainsi créés entre homme et femme, parents et enfants, enseignant et élèves, prêtre et fidèles, patrons et ouvriers.

Quand on perd de vue le bien commun, la hiérarchie n’est plus justifiée, ce qui amène à la revendication de l’égalité absolue.

Le conducteur du courant révolutionnaire : le suffrage universel

L’expérience montre qu’établir de façon trop affichée, trop brutale ou trop autoritaire la cité de l’homme-dieu, aboutit à une panne du courant de conversion des esprits à la Révolution :
- échec de la Convention dans sa tentative d’imposer le culte de la déesse Raison,
- échec des révolutions socialistes avec leur matérialisme scientifique,
- échec des révolutions nationalistes quand la guerre tourne à leur désavantage.

La démocratie libérale, parce qu’elle effectue ses réformes en douceur, se révèle un moteur révolutionnaire bien plus performant que les idéologies nationalistes et socialistes :
- Afin de ne pas effaroucher l’opinion et pour réaliser l’égalité ― et la liberté ― elle s’attaque à l’ordre naturel par petites étapes. Par exemple, le divorce, l’avortement, le « mariage » des homosexuels, l’euthanasie ne seront pas légalisés en même temps mais peu à peu…
- Pour parer toute contestation, grâce au suffrage universel, elle laisse croire aux personnes qu’elles ont elles-mêmes souhaité ces changements. Il suffit pour cela de travailler l’opinion à grands coups de campagnes médiatiques en suscitant des ddp, puis d’invoquer les mythes de la volonté générale, du sens de l’histoire, du progrès de l’humanité.
- Pour détourner l’attention du véritable enjeu (la cité de l’homme-dieu contre la Cité de Dieu), elle crée une opposition artificielle, la ddp DROITE/GAUCHE dans laquelle elle occupe la place centrale ― celle de l’arbitre ― et place ses idéologies concurrentes (socialisme et nationalisme) ainsi que les formes bâtardes : social démocratie, libéral nationalisme, national socialisme

À cause de leurs oppositions apparentes, on oublie que ces idéologies ont toutes pour finalité l’homme-dieu, et la Cité de Dieu perd ses combattants dans des batailles électorales qui ne les concernent pas.

Ainsi la démocratie ― grâce au suffrage universel et à la ddp DROITE/GAUCHE ― entretient un courant permanent de conversion des esprits à la Révolution : le moteur tourne, tourne, tourne.

 L’épouvantable piège du suffrage universel

La démocratie est-elle une religion ?

La supériorité de la démocratie libérale, par rapport aux deux autres idéologies, tient à ce que sa finalité (la cité de l’homme-dieu) se réalise dans son fonctionnement même :
- Par le suffrage universel, indépendamment de l’âge, de la compétence, de la sagesse, tout individu est appelé à se prononcer sur la destinée de la Cité, en élisant des hommes qu’il ne connaît pas, et qui représentent des idéologies dont il ignore tout.
- Par référendum, on lui demande son avis sur ce qui relève de la morale naturelle (avortement, euthanasie…) ou de décider du sort de ce qui ne lui appartient pas comme la disparition du pays dans l’Europe.

Aucune référence morale n’est reconnue a priori, aucun ordre naturel ne sert de point de repère. En bon disciple du démocrate et sophiste grec Protagoras, le votant finit par penser que

l’homme est la mesure de toute chose. [20]

Peu à peu et à son insu, par la pratique même du vote, il s’accoutume à l’idée qu’il est lui-même la source de la vérité, qu’il peut décider de ce qui est le bien et le mal. Or, ce privilège ne revient-il pas à l’Auteur de toutes choses, à Dieu Lui-même ?

De fait, objectivement, le votant se substitue à Dieu, il est l’homme-dieu. Souvenons-nous de la chute d’Adam :

Le serpent répliqua […] le jour où vous en mangerez [de ce fruit], vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal. [21]

Et le franc-maçon Oswald Wirth de s’en féliciter :

Le serpent séducteur symbolise un instinct particulier […] dont le propre est de faire éprouver à l’individu le besoin de s’élever dans l’échelle des êtres. Cet aiguillon secret est le promoteur de tous les progrès. [22]

Le péché originel fut le péché d’orgueil de l’homme qui voulait être maître du bien et du mal, qui refusait sa nature humaine. S’attribuer une compétence que l’on ne possède pas, n’est-ce pas là, la définition même de l’orgueil ?

À chaque fois qu’il vote pour ou contre quelque chose qui ne relève pas de sa compétence, le citoyen commet donc un acte d’orgueil. De cette façon, chaque votant constitue une pierre d’orgueil qui sert à l’édification d’une gigantesque tour d’orgueil : LA DÉMOCRATIE UNIVERSELLE, LA TOUR DE BABEL, LA TOUR DE L’HOMME-DIEU. [23] Tout cela sous l’œil attentif du Grand Artisan de la révolte, ce premier qui a dit « Non serviam » (je ne servirai pas !).

La démocratie s’identifierait-elle donc à la religion de l’homme ?

Comme une religion la démocratie n’a-t-elle pas :
- son dogme : le dogme de la volonté générale comme source du pouvoir. À l’instar d’un J-M. Le Pen, ne clame-t-elle pas :

Depuis que le pouvoir ne se fonde plus en Dieu mais dans le peuple, c’est lui qui doit faire l’objet de toutes nos considérations. [24]

- son credo : la Déclaration universelle des droits de l’homme.
- son sacrement : la grand-messe du suffrage universel.

Augustin Cochin ne s’exprime pas autrement en commentant le Contrat social de Rousseau :

Nous serions perdus, dit le christianisme, sans un secours d’en haut, nous ne sommes pas de force à nous sauver à nous seuls ― et de même Jean-Jacques : nous sommes incapables de dégager de nous-mêmes la volonté générale et de la suivre. Il nous faut le secours extérieur de la loi (grâce), effet du vote (sacrement) qui crée en nous l’homme nouveau. […]

Ainsi le Contrat social n’est pas un traité de politique, c’est un traité de théologie, la théorie d’une volonté extranaturelle, créée dans le cœur de l’homme naturel, substituée en lui à sa volonté actuelle, par le mystère de la loi, accompli au sein de la société contractuelle, ou volontaire, ou de pensée, sous les espèces sensibles du sacrement de vote. [25]

La solution suicide : Le parti catholique

La tentation est quelquefois grande de vouloir prendre la démocratie à son propre piège, de constituer un pôle catholique et de lutter contre la Révolution avec ses propres armes (campagnes, lobbying, slogans, élections, pétitions…) L’histoire nous montre pourtant que jamais aucune tentative n’a abouti, même avec des conditions favorables.

Souvenons-nous de cette funeste affaire du Ralliement de l’Église à la République en 1892. La France d’alors est catholique dans son immense majorité et pourtant, le pays est dirigé par la IIIe République violemment antichrétienne. L’élite catholique est monarchiste. Aussi le pape Léon XIII fait-il le calcul suivant : l’Église n’est tributaire d’aucun type de gouvernement (monarchie, aristocratie, république). Donc, si on oblige moralement les catholiques à voter, il est mathématique que leurs élus seront majoritaires et la République deviendra chrétienne.

De fait, après le ralliement, tous les catéchismes font du vote un devoir du chrétien. On connaît la suite : en 1893 le nombre des députés catholiques passe en effet à deux cents, mais six mois plus tard, il retombe à 97. Aucun ministère n’est concédé aux ralliés et les lois antireligieuses reprennent de plus belle.

Plus d’un siècle après, le bilan est accablant :
- la France est toujours révolutionnaire ;
- le parti catholique s’est évanoui dans la nature et on trouve des députés qui se prétendent “chrétiens” dans tous les partis de l’échiquier politique. Ils en ont épousé les idéologies respectives ;
- les catholiques en France sont devenus minoritaires.

Quelles sont les raisons de ce désastre ? Pourquoi le parti catholique soutenu par le pape, avec un rapport de forces écrasant, a-t-il échoué ? À la lumière de l’étude précédente, nous donnerons deux réponses liées :
- Créer un parti chrétien qui utilise les règles du jeu du système démocratique, rend à ce dernier l’éminent service d’apporter la contradiction, de susciter une nouvelle ddp. Cela engendre de nouvelles possibilités de mouvement d’idées. Grâce au vote chrétien, le moteur révolutionnaire se trouve alimenté par une nouvelle source de courant d’opinions.
- À la manière de Léon XIII, il serait dangereux de ne considérer dans la démocratie qu’un mode de gouvernement. Nous avons vu qu’elle était essentiellement une religion, celle de l’homme-dieu. Comprenons bien que le révolutionnaire se moque éperdument pour qui l’on vote, pourvu que l’on vote. L’important est de pratiquer (praxis) cet acte d’orgueil. Il sait qu’ainsi s’opérera dans les âmes une transformation intérieure à la manière de celle produite par un rite.

Par le suffrage universel, le membre du parti catholique est conduit à adopter l’attitude mentale du révolutionnaire qui n’a d’autre maître que lui-même. Il pratique l’acte révolutionnaire tout en prétendant lutter contre la Révolution. Alors, à son insu, il agit comme un homme-dieu, et si cette schizophrénie ne lui fait pas perdre la foi, les risques sont bien plus grands pour ses enfants. N’oublions jamais que l’on finit toujours par penser comme on agit, c’est d’ailleurs en cela que réside l’extraordinaire importance du rituel religieux.

Les deux exemples suivants ne sont-ils pas significatifs ?
- Se félicitant du taux de participation record au référendum sur le traité de Maastricht, alors que le « oui » n’avait remporté qu’un tout petit 51 %, le quotidien Ouest-France annonçait en première page :

UNE GRANDE VICTOIRE POUR LA DEMOCRATIE.

- Dans le Courrier de l’Ouest du 8 janvier 1988, le grand-maître du Grand-Orient, Jean-Robert Ragache, titrait ainsi son article :
UN SEUL MOT D’ORDRE POUR L’ÉLECTION PRESIDENTIELLE : VOTER !
Traduisons : peu importe que vous votiez à droite ou à gauche, ou même à l’extrême-droite … nous voulons seulement que vous votiez !

Comment arrêter le moteur révolutionnaire ?

Dire la vérité et dénoncer l’imposture de l’homme-dieu

Il importe en premier lieu de rétablir les choses à leur juste place :
- Reconnaître notre condition de créature entièrement dépendante de Dieu.
- Accepter notre nature d’homme (animal politique) et essayer d’agir conformément à ce qu’elle réclame. C’est la condition pour accéder au bonheur maximum en ce monde et éternel dans l’autre. À cet effet, notre idéal doit être le respect des dix commandements et du commandement d’amour de Dieu et du prochain.
- Dénoncer cette imposture qui fait de l’homme le maître du bien et du mal. Dans la Cité de Dieu, à cause du péché originel, il y a toujours des fautes contre notre nature (et donc contre les commandements de Dieu) mais elles sont reconnues comme telles et regrettées. Dans la cité révolutionnaire, afin de donner libre cours à ses passions désordonnées et pour se donner bonne conscience, l’homme décide qu’il n’y a plus de péché. Il est à la fois juge et partie, sa morale est subjective et non plus objective (c’est bien pratique !). Or, le plus grand des péchés n’est pas tant d’aller contre une loi de Dieu, mais de dire que cette loi n’existe pas, car à partir de là, tout est permis.
- Dire la vérité haut et fort, sans concession : la vérité est une, on ne peut pas en prendre et en laisser à notre guise, nous n’en sommes pas maîtres. Or, dans le jeu démocratique, « il faut faire nombre si l’on veut faire entendre sa voix ». Aussi le chrétien entre-t-il dans le parti dont il juge l’idéologie la plus acceptable. Pour ne pas heurter ses nouveaux amis, il est conduit à faire des concessions, à taire certains points de la doctrine qui ne sont pas dans l’air du temps ; d’ailleurs il finit par oublier ces détails gênants. Il est remarquable que tous les partis comptent des catholiques parmi leurs membres, mais aucun n’affiche la doctrine du Christ-Roi dans son programme. On en déduit que ces chrétiens engagés ont honte d’une partie de la vérité révélée et qu’ils l’ont censurée. Par là, ils se rendent en quelque sorte maîtres de la vérité, ils savent mieux que Notre-Seigneur ce qui est bon pour nous : ils sont donc devenus, eux aussi des hommes-dieux.

À propos de cet œcuménisme qui consiste à abdiquer une partie de la foi sous prétexte de pratiquer une politique de moindre mal, Monseigneur Pie déclare :

Ne nous reprochez pas de revenir si souvent sur cette question des droits de Jésus-Christ sur la société ; le devoir du médecin spirituel, comme du médecin des corps dure aussi longtemps que le mal qu’il s’agit de déraciner […] Supposons qu’en temps d’épidémie le pharmacien de la cité ait la barbarie de couper de moitié eau l’antidote qui aurait besoin de toute sa puissance pour triompher du fléau mortel, cet homme serait-il moins criminel qu’un empoisonneur public ? Or, la société moderne est en proie à un mal terrible qui lui ronge les entrailles et qui peut la précipiter au tombeau. Le contre-poison ne sera efficace que s’il garde toute son énergie : il sera impuissant s’il est atténué. Ne commettons pas le crime d’obéir aux fantaisies, aux sollicitations même du malade. [26]

Pour réduire la DDP : Mettre de l’amour dans les différences

Si notre devoir exige de demeurer intransigeants avec les principes, il comporte aussi d’être indulgent avec les personnes et d’accepter les inégalités naturelles qui proviennent de ce que nous sommes limités : nous avons tous des défauts, des infirmités mais aussi des expériences, des compétences et un passé différents.

L’Évangile nous dit « Heureux les artisans de paix  » [27] : à l’inverse du révolutionnaire et conformément au commandement du Christ, le chrétien mettra de l’amour dans les différences naturelles et apaisera les tensions sociales. Il ne s’agit pas de faire disparaître les inégalités naturelles, et ceci précisément parce qu’elles sont dans notre nature. En effet, c’est grâce à ces inégalités que la vie sociale est possible. Tout au long de notre vie nous avons besoin des autres : dans l’enfance et l’adolescence pour notre éducation, à l’âge adulte car nous n’avons pas toutes les compétences, au soir de notre vie car nous sommes diminués. Ainsi c’est l’amour du prochain qui donne son bonheur, sa prospérité, sa richesse à la société.

Contrairement à ce que prétendent les “chrétiens libéraux”, Notre-Seigneur n’est jamais venu abolir les inégalités, Il affirme sa royauté et sa supériorité hiérarchique tout en donnant l’exemple à suivre :

Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et Maître, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. [28]
Le devoir du chrétien est donc de servir ses frères dans l’amour du Christ, chacun à son niveau. De cette façon, il œuvre pour le bien commun ― il essaie que tous mènent une vie vertueuse dans l’unité de la paix ― il réalise ainsi la Cité de Dieu.

Pour tarir le courant de conversion des esprits à la Révolution : Cesser de voter

Depuis deux cents ans les combattants de la Cité de Dieu s’épuisent dans les combats démocratiques et leur nombre ne cesse de diminuer. Nous en avons analysé la raison : la règle du jeu démocratique est truquée, elle est la machine à perdre les chrétiens. La pratique du vote, sans les compétences requises, constitue un acte d’orgueil qui aboutit à une usurpation de la place de Dieu et à l’acceptation des idéologies.

Voter, c’est reconnaître la règle du jeu, la loi du nombre. C’est reconnaître la validité de la condamnation du Christ par la foule. Le Juste, le Doux, l’Innocent est mort par plébiscite, par la pression démocratique, parce que Dieu n’était pas à la hauteur des misérables ambitions des prêtres et des pharisiens. Ce qui est ignoble, ce n’est pas seulement le résultat du choix populaire ― la condamnation de Dieu ― mais c’est surtout le fait que ce choix ait été accordé au peuple. C’est d’ailleurs en cela que réside le crime du très libéral Pilate.

Mais de nos jours, ne sommes-nous pas confrontés à la même situation ? Par exemple, quand un pays organise un référendum sur l’avortement, voici ce que l’on entend parmi les catholiques conscients du caractère monstrueux de cette consultation électorale [29] : « Je sais que voter dans cette situation est intrinsèquement mauvais mais si je peux grâce à ça sauver des vies… » Résultat : de toute façon le “oui” sera voté, sinon la Révolution répétera l’opération jusqu’à ce que le “oui” passe, et ce sera définitif, car on n’arrête pas le “sens de l’histoire”. Et nos bons catholiques de se lamenter et de lever les bras … Cette attitude réactionnaire est irresponsable : ce n’est pas contre l’avortement qu’il faut se battre, c’est contre les institutions politiques qui permettent que de tels choix soient possibles. Le devoir civique du citoyen chrétien n’est pas de voter mais de travailler de toutes ses forces à promouvoir une institution politique qui respecte l’ordre naturel.

La reconstruction de la Cité de Dieu passe d’abord par la préservation de ses combattants puis par l’affaiblissement de la cité de l’homme-dieu, donc par le refus des règles du jeu démocratique.

Cessons de voter et le courant de conversion des esprits à la Révolution se tarira, la Révolution tombera en panne et sera vaincue.

Le combat pour la cité de Dieu en France

En France, une institution politique ayant pour idéal la Cité de Dieu a déjà existé : c’est la monarchie légitime. Elle est dépositaire de l’unique doctrine politique naturelle antérieure aux idéologies de 1789. La constitution de l’ancienne France était fondée sur deux principes :

Une légitimité naturelle fondée sur le droit naturel.
- Pour assurer le bien commun, pour donner le bonheur aux hommes, l’autorité politique reconnaît et se soumet elle-même à une loi dont elle n’est point l’auteur : la loi naturelle ou loi de la nature humaine.
- Le bien commun qui requiert l’unité de la paix n’est idéalement réalisé qu’avec le gouvernement d’un seul : « il est clair que ce qui est un par soi peut mieux réaliser l’unité que ce qui est composé d’unités. » [30] dit saint Thomas dans son De regno. Aussi l’autorité politique est-elle un roi.
- Le fait que le roi n’est pas désigné par les hommes mais par les Lois Fondamentales du Royaume ― auxquelles et le peuple, et le roi doivent se soumettre ― évite les querelles de succession, préserve l’unité et donc le bien commun.

Une légitimité théologique fondée sur le droit divin et la Révélation. Le successeur n’est pleinement roi qu’avec le sacre :
- quand il se soumet devant ses peuples à Dieu, l’Auteur de la loi naturelle (c’est ce que nous appelons le droit divin)
- quand grâce à la Révélation, il reconnaît plus précisément la suzeraineté de Jésus-Christ Roi de France.
- Il reçoit alors les grâces nécessaires pour gouverner en conformité avec les lois de Dieu et de l’Église.

Ce combat ne s’impose-t-il donc pas ? N’est-il pas raisonnable ? N’en vaut-il pas la peine ? Lui préférerions-nous l’illusion d’un “bon gouvernement” inventé de toute pièce sans la tradition ?

Mais à quelle civilisation chrétienne concrète St Pie X fait-il référence dans sa Lettre sur le Sillon ― cette lettre qui condamne le mouvement démocrate-chrétien de Marc Sangnier ?

Non, Vénérables Frères — il faut le rappeler énergiquement dans ces temps d’anarchie sociale et intellectuelle, où chacun se pose en docteur et en législateur,— on ne bâtira pas la société autrement que Dieu l’a bâtie ; on n’édifiera pas la société, si l’Église n’en jette les bases et ne dirige les travaux ; non, la civilisation n’est plus à inventer ni la cité nouvelle à bâtir dans les nuées. Elle a été, elle est ; c’est la civilisation chrétienne, c’est la cité catholique. Il ne s’agit que de l’instaurer et la restaurer sans cesse sur ses fondements naturels et divins contre les attaques toujours renaissantes de l’utopie malsaine, de la révolte et de l’impiété : « omnia instaurare in Christo ».

Eh quoi ! on inspire à votre jeunesse catholique la défiance envers l’Église, leur mère ; on leur apprend […] que les grands évêques et les grands monarques, qui ont créé et si glorieusement gouverné la France, n’ont pas su donner à leur peuple ni la vraie justice, ni le vrai bonheur, parce qu’ils n’avaient pas l’idéal du Sillon !  [31]

Quelle cité catholique non bâtie “dans les nuées” le saint pape évoque-t-il quand il s’adresse à notre pays, si ce n’est celle de notre monarchie traditionnelle ?

Notes

[1] St Augustin, La Cité de Dieu, Édition P.de Labriolle, 1957, l. IV, c. 4, p.332.

[2] Jean-François LEMARIGNIER, La France médiévale, Édition A. Colin, Paris, 2002, p.37.

[3] Jean-Luc CHABOT, Le nationalisme, col. Que Sais-Je, 1997, p.14.

[4] Jean-Luc CHABOT, Le nationalisme, col. Que Sais-Je, 1997, p.15.

[5] Luc Ferry. L’Homme-Dieu ou le sens de la vie, Grasset, 1996, p.226.

[6] Aristote, La Politique.

[7] St Thomas d’Aquin, Somme théologique, La Loi, Question 94, Article 3.

[8] St Jean, XIX,10–11

[9] St Paul, Épître aux Romains, XIII, 2

[10] St Jean, I,1

[11] Ludwig FEUERBACH, Essence du Christianisme, Librairie Internationale, Paris, 1864, p.27.

[12] Mgr GAUME, La Révolution, Recherches historiques, t. I, p. 18, Lille. Secrétariat Société Saint-Paul, 1877.

[13] Jules FERRY cité par Jean JAURES, Préface aux Discours parlementaires, Le socialisme et le radicalisme en 1885, Présentation de Madeleine Rebérioux, « Ressources », réédition Slatkine, 1980, p. 28-29.

[14] GOETHE, Faust, Partie I, scène 5

[15] Jules FERRY, Discours sur l’égalité d’éducation, Discours et opinions de Jules Ferry, Paris , Armand Colin, 1893.

[16] Marcel GAUCHET, art. La république aujourd’hui, La revue de l’inspection générale, n°1, Janvier 2004

[17] Alexis de TOCQUEVILLE, De la démocratie en Amérique, t.II, ch. 1

[18] Alexis de TOCQUEVILLE, De la démocratie en Amérique, t.II, ch. 2

[19] Herbert MARCUSE, La fin de l’utopie, p.33, Éditions du Seuil, Paris, 1968.

[20] Platon, Théétète, 152a

[21] Bible de Jérusalem, Cerf/Verbum Bible, 1988, Genèse, chapitre 3, verset 5

[22] Oswald Wirth, La Franc-Maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes, Tome I p.92, édition Dervy-Livres, Paris 86.

[23] Remarquons bien que le vote n’est pas condamnable en lui-même : il est parfaitement légitime de voter lors d’élections professionnelles, de municipales dans une petite ville, etc. Nous le répétons : ce qui est visé ici, c’est le vote pour quelque chose qui ne relève pas de notre compétence.

[24] Article « Entretien avec JMLP », Aspects de la France, jeudi 10 octobre 1991

[25] Augustin COCHIN, Le catholicisme de Rousseau, Conférence faite aux « Conférences Chateaubriand », le 15 mai 1912, Chapitre II (La mystique de la libre pensée) tiré du livre Les sociétés de pensée et la démocratie moderne,1921 (publication posthume).

[26] Cardinal Pie, Instruction synodale sur les principales erreurs du temps présent.

[27] St Matthieu, V, 9.

[28] St Jean, XIII,14.

[29] L’avortement est contre-nature, que le peuple soit pour ou contre.

[30] St Thomas d’Aquin, De regno, ch.II, col. Les maîtres de la politique chrétienne, Éditions de la Gazette Française, Paris, 1926

[31] St Pie X, Lettre sur le Sillon Notre charge apostolique, du 25 août 1910, PIN. 430.

 

Source: http://www.viveleroy.fr/Principe-du-moteur-de-la,71

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Mercredi 28 mars 2012 3 28 /03 /Mars /2012 22:16

Le responsable des médias sociaux pour la Cité de la musique de Paris nous informe de l'accueil le 11 avril de Jordi Savall & Lux Feminae dans le cadre du cycle "Passions, le sang du Christ".

Le musicien explore les représentations animales du divin aux origines du christianisme.
Vous trouverez plus d'informations sur ce concert à l'adresse suivante : http://citedelamusique.fr/francais/evenement.aspx?id=11546

 

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Merci à Charles

 

- Marche Royale pour le Sacre de Charles VI de France par Jordi Savall

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Lundi 12 mars 2012 1 12 /03 /Mars /2012 20:19

Réponses reçues au questionnaire de Civitas par l'entremise de Madame Françoise Buy Rebaud, Conseiller à la Culture de Marine Le Pen, en nom de Marine Le Pen, candidate du Front National.

En tant que chef de l'État, vous engageriez-vous à défendre les références à Dieu ou à la religion chrétienne dans des projets de constitution ou de traités ? 

L'actuel refus est dû à J.Chirac et si Marine Le Pen ne peut être candidate, donc éventuellement élue, elle ne pourra pas y remédier... sauf en 2017 ?

Comment envisagez-vous la préservation du dimanche et des grandes fêtes de tradition chrétienne comme jours chômés pour tous les travailleurs ?

Question de civilisation : il faut les maintenir, tout simplement; elles sont millenaires, et ce temps de repos est offert à tous. Une référence aux propos de Monsieur Boubakeur au sujet des "idées" d'Eva Joly suffit.

Êtes-vous disposé à supprimer les subventions aux organismes culturels qui feraient la promotion d'œuvres artistiques portant volontairement atteinte à la foi et au sacré ?

Evidemment, la scatologie dans ce domaine, ou la provocation, ou la dérision, quelle que soit la religion qu'elles visent, sont offensantes ; on multiplie les lois dites mémorielles, et sous le parapluie commode d' "oeuvres artistiques", on tolère ce que la loi ne permettrait pas. C'est illogique. De plus, notre société matérialisée a besoin d'un domaine spirituel de recours. Enfin, ces subventions proviennent des impôts que payent les citoyens, et qui pourraient trouver une meilleure utilisation que celle de diviser les Français.

Quelles mesures préconisez-vous pour sauvegarder le patrimoine religieux, véritable richesse de la vie locale ?

Qu'une partie des crédits du Ministère de la Culture soit affectée d'emblée et selon les urgences à la restauration des cathédrales et églises classées, qui relèvent des monuments historiques; prévoir dans ce même budget une enveloppe pour les maires de petites communes, fonds de réserve pour aide à la restauration de leurs églises, souvent votée par referendum local .Mais ce budget de maintien ou de restauration, est largement insuffisant depuis longtemps.

Êtes-vous disposée à garantir la stabilité du mariage comme l'union d'un homme et d'une femme ?

Absolument, c'est le fondement de la famille et le socle de sécurité et d'équilibre dans une société déboussolée

Comment comptez-vous protéger la vie humaine depuis la conception dans le sein de la mère jusqu'à la mort naturelle ?

Cette question semble relever de la culture, par référence à l'histoire : en sommes nous encore au temps où, à Sparte, les mères d'un enfant mal formé le précipitaient elles-mêmes dans un gouffre ? On ne comprend pas comment ceux que la peine de mort "horrifie " peuvent la tolérer sur un être humain déja formé, et innocent; le "droit des femmes de disposer de leur corps" est en fait celui de supprimer une vie "encombrante", alors que la loi prévoyait seulement les cas de détresse ou de pauvreté; ce droit crée un précédent : le "droit de l'entourage" à supprimer la vie d'un grand veillard ou d'un grabataire, au motif fallacieux de le faire "mourir dans la dignité". C'est là aussi question de culture, plus exactement de coutumes; voudrait on "secouer le cocotier" ?

Quelles mesures préconisez-vous pour encourager et soutenir les familles nombreuses ?

Les allocations familiales sans plafond de ressources

Comment comptez-vous promouvoir l'enseignement libre ?

En le faisant mieux connaitre et en lui assurant les conditions de son développement, compte tenu de son succès grandissant, et du servce qu'il rend ainsi à l'éducation nationale en assurant la scolarité d'enfants en tres grand nombre

Acceptez-vous que, dans les programmes ou les ouvrages scolaires, disparaissent les grands personnages de la France chrétienne (Clovis, saint Louis, Jeanne d'Arc) , absolument pas !! et apparaisse la thèse du gender selon laquelle les individus ne naîtraient pas homme ou femme, mais le deviendraient ? 

Il est évident que ce non sens doit être réfuté.

Quels moyens comptez-vous mettre en œuvre pour lutter sans ambiguïté contre la pornographie à la télévision et sur Internet ?

Une censure , même si le mot déplait ; cela relève de la protection de la jeunesse ; comment s'étonner d'alleurs de la multiplication des délits ou crimes sexuels ,  quand les media  en font un étalage qu'on peut qualifier d'incitatif.

 

Source: http://francejeunessecivitas.hautetfort.com/archive/2012/03/12/marine-le-pen-repond-aux-questions-de-civitas.html

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- Playdoyer pour la censure

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Lundi 12 mars 2012 1 12 /03 /Mars /2012 20:18

A quelques jours de la date limite de dépôt des signatures pour les candidats à l'élection présidentielle, nous entamons la publication des réponses reçues par Civitas au questionnaire que l'Institut avait adressé à chaque candidat déclaré. Ci-dessous, M. Patrick de Villenoisy, candidat pour l'Alliance Royale.

  1. En tant que chef de l'État, vous engageriez-vous à défendre les références à Dieu ou à la religion chrétienne dans des projets de constitution ou de traités ?

La première réforme que je ferai sera de modifier la constitution pour supprimer l'élection présidentielle et rétablir le roi en lieu et place de l'actuel président. Le roi de France professerait à titre personnel la religion catholique comme l'ensemble des rois ses prédécesseurs. Sa Majesté serait le protecteur de tous les Français quelque soit leur religion mais la France, fille aînée de l'église reprendrait ses références chrétiennes officiellement. 

  1. Comment envisagez-vous la préservation du dimanche et des grandes fêtes de tradition chrétienne comme jours chômés pour tous les travailleurs ?

Il est évident que je préserverais les grandes fêtes chrétiennes et particulièrement celle du 15 août en l'honneur de la patronne principale de la France.

  1. Êtes-vous disposé à supprimer les subventions aux organismes culturels qui feraient la promotion d'œuvres artistiques portant volontairement atteinte à la foi et au sacré ?

Oui, même si je suis favorable à la liberté artistique, il y aurait des limites à ne pas franchir et aucune subvention ne pourrait être attribuée à quiconque porterait atteinte à la foi et au sacré. Je rappelle que l'on peut trouver en ligne le document sur le sacré et celui sur le bien commun que j'ai publiés.

  1. Quelles mesures préconisez-vous pour sauvegarder le patrimoine religieux, véritable richesse de la vie locale ?

Notre patrimoine est considérable et participe de l'engouement qui fait de notre pays la première destination touristique mondiale. Terre de cathédrales, la France possède une infinité d'édifices religieux plus modestes mais magnifiques qu'il importe de préserver. Je favoriserai les initiatives privées et associatives pour la préservation de ce patrimoine.  Comme le veut la règle de subsidiarité, l'état interviendrait là où ces initiatives seraient insuffisantes.

Que répondrez-vous aux enfants, parents et grands-parents, soucieux de ne pas déstabiliser la famille, source de l’équilibre de l’homme et qui est le cœur de toute société naturelle ?

Je pense que le roi sera le défenseur naturel de cette institution à laquelle je suis très attaché.

  1. Êtes-vous disposé à garantir la stabilité du mariage comme l'union d'un homme et d'une femme ?

Oui, le mariage représente une institution à laquelle je suis totalement attaché. Je rappelle qu'il est l'un des sept sacrements de l'Eglise Catholique et déplore que l'on accepte de galvauder un mot que je regarde en conséquence comme sacré.

  1. Comment comptez-vous protéger la vie humaine depuis la conception dans le sein de la mère jusqu'à la mort naturelle ?

Le livre bleu de l'Alliance-royale dit exactement cela et les royalistes ont une dilection particulière pour ces valeurs qu'ils veulent défendre.

  1. Quelles mesures préconisez-vous pour encourager et soutenir les familles nombreuses ?

Là encore, notre programme politique préconise une grande réforme de l'élection des députés. Considérant que le système actuel confisque la démocratie au profit des partis politiques, nous proposons de rendre aux Français une démocratie équitable. Pour ce faire, nous proposons de faire élire les députés par quatre collèges. Celui des patrons, celui des employés, celui des élus locaux et régionaux et enfin celui des familles. Les députés de ce dernier collège auraient pour mission de protéger ce que nous regardons comme la cellule de base de la société. Nous apportons donc une réponse claire à votre question.

L'enjeu de l'éducation n'est pas à démontrer ; il est capital pour le relèvement d’un pays. Nombreux sont les catholiques qui s’inquiètent de voir que non seulement le modèle français de l’enseignement laïc a perdu de sa qualité, mais aussi tourne à un laïcisme agressif envers leur religion.

Je voudrais d'abord faire une remarque sur la laïcité à laquelle vous faites allusion : la laïcité organise pour moi le vide. Elle est la raison principale de l'invasion de notre pays par une religion étrangère à son histoire tant il est vrai que la nature a horreur du vide. La seule affirmation de nos valeurs chrétiennes en ce domaine occuperait le terrain et permettrait de résoudre un problème que beaucoup dénoncent mais que nous sommes les seuls à pouvoir résoudre.

  1. Comment comptez-vous promouvoir l'enseignement libre ?

Je suis totalement favorable à la liberté de choix des familles et proposerai l'adoption du ticket scolaire. Là encore, le principe de subsidiarité veut que l'état ne se substitue aux familles que là où il y a manque ou insuffisance.

  1. Acceptez-vous que, dans les programmes ou les ouvrages scolaires, disparaissent les grands personnages de la France chrétienne (Clovis, saint Louis, Jeanne d'Arc) et apparaisse la thèse du gender selon laquelle les individus ne naîtraient pas homme ou femme, mais le deviendraient ?

Non, je suis favorable à l'enseignement de l'histoire selon la chronologie et estime qu'un peuple ne peut être fier de lui qu'à la condition qu'il le soit de son histoire.

  1. Quels moyens comptez-vous mettre en œuvre pour lutter sans ambiguïté contre la pornographie à la télévision et sur Internet ?

Ce problème est plus compliqué car il ressortit à des considérations techniques notamment en ce qui concerne internet : comment fait-on pour contrôler internet ? quant à la télévision, il ne peut être question que de préconiser la disparition de la pornographie aux heures de grande écoute mais là aussi, il n'est pas envisageable de tout interdire. On pourrait aussi réserver des chaînes spécialisées et inaccessibles aux enfants pour tout ce qui serait vraiment "dure".

 

Source: http://francejeunessecivitas.hautetfort.com/archive/2012/03/12/patrick-de-villenoisy-repond-aux-questions-de-civitas.html 

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Samedi 10 mars 2012 6 10 /03 /Mars /2012 22:59

Un poème d'Armand Robin explique le programme des deux derniers siècles.

 

De la perte de la Foi à la disparition de l'Homme

 

"De la perte de la Foi à la disparition de l'Homme", poème tiré de l’œuvre "Le programme en quelques siècles" d'Armand Robin.
 
Lire l'inversion du sens des mots, la subversion du langage, aboutissant à la suppression du sens des mots et à l'ambiguïté universelle... moyen des révolutionnaires pour renverser la société chrétienne traditionnelle.
 
Si on ne souhaite pas la suppression de l'homme, sa dépersonnalisation dans la mystique du "progrès" conduisant au totalitarisme, le programme des révolutionnaires doit être remonté en sens inverse : il s'agit de s'approprier à nouveau un langage et des mots qu'ils nous ont volés depuis trois siècles, pour nous les approprier à nouveau : liberté, égalité, fraternité, solidarité, vérité, etc. Y compris les mots de "démocratie" (qui existait sous l'Ancien Régime), droits de l'homme (c'est l'Eglise qui la première a étendu la dignité de l'homme à tous les hommes)... Ces mots sont nôtres avant d'être d'être ceux de l'Adversaire. A nous de nous les réapproprier. La réinvention des mots dans le sens traditionnel reste à faire, au privé, comme au public...
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Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 20:03

Déjà 16 549 Cartons rouges à l'euthanasie ! Avez-vous déjà sorti le vôtre ?

Alors que François Hollande a inscrit l’euthanasie dans son programme, c’est le moment de montrer que nous sommes nombreux à résister !

• Signons et faisons signer largement l’appel Carton rouge à l’euthanasie :

http://www.alliancevita.org/action/2012-2/carton-rouge-a-leuthanasie/

• A découvrir : le clip VITA Carton rouge à l’euthanasie et à buzzer :

http://www.youtube.com/watch?v=9w24M1LJ6dk&feature=youtu.be

Happenings intergénérationnels Alliance VITA
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Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 18:33

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Merci à Spiritus Dei

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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 13:16
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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 18:30
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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 18:24

Passant, ne pleure pas sur ma mort : – Si je vivais, tu serais mort.
Epitaphe de Maximilien de Robespierre (1758-1794)


Prenez quelques minutes de votre temps pour signer la pétition contre le musée de cette saloperie de Robespierre...

 

Contre la création d’un musée Robespierre, 700 signatures !

L’A.R.B.R. et l’A.M.R.A. poursuivent leur campagne de lobbying en faveur de la création d’un musée Robespierre à Arras. La contre-offensive destinée à s’opposer à cette entreprise de désinformation n’est d’ailleurs pas passée inaperçue dans leur dernière lettre.

 

Lire la suite : http://guerredevendee.canalblog.com/archives/2012/01/24/23324203.html

 

Pétition : http://www.mesopinions.com/Contre-la-creation-d-un-musee-Robespierre-a-Arras-petition-petitions-4e0af744a3e865078f92837146600525.html

 

14 juillet

 

Source: http://www.democratie-royale.org/article-contre-la-creation-d-un-musee-robespierre-700-signatures-97803911.html

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Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 17:14

Soutien à Dominique Souchet, député de la Vendée, pour la reconnaissance du génocide vendéen

 

A l'attention de Monsieur Dominique Souchet, député de la Vendée
Monsieur le député,

Je vous remercie pour votre engagement en faveur de la reconnaissance du génocide vendéen, que vous avez défendu à la tribune de l’Assemblée nationale en décembre dernier.

Je soutiens pleinement la proposition de loi et toutes les démarches que vous entreprendrez en ce sens.

Soyez assuré que nous sommes nombreux, habitants de la Vendée ou Vendéens de cœur, à nous reconnaître dans votre action, sans esprit de revanche, pour la défense de notre mémoire commune.

Veuillez croire, Monsieur le député, en ma très respectueuse considération.

Nicolas Delahaye
Plus d'infos sur ce sujet : Cliquez ici
 
 
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Merci à Dominique

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Mardi 10 janvier 2012 2 10 /01 /Jan /2012 15:58

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Merci à Dominique

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Vendredi 6 janvier 2012 5 06 /01 /Jan /2012 13:19

En 1866, Augustin Labutte publie un petit opuscule intitulé Jeanne d’Arc, s’efforçant de faire tenir dans le cadre étroit de quelques pages le drame « à la fois touchant et sublime » de la Pucelle, y consignant les grandes lignes et ne s’arrêtant qu’aux « principales étapes de la vie si courte et si glorieusement remplie de l’héroïne ». Frappé au coin d’une légende dont les historiens du XXIe siècle sont encore loin d’avoir percé tous les secrets, ce récit conte l’épopée de Jeanne sauvant la France et mourant pour l’avoir sauvée...

La mort de Charles V avait ouvert pour la France une ère de calamités épouvantables. La démence de Charles VI, son successeur, les divisions des princes du sang royal, l’assassinat du duc de Bourgogne, le plus puissant d’entre eux, le désastre d’Azincourt, le soulèvement des populations des villes et des campagnes, un roi d’Angleterre recevant la couronne de Hugues Capet dans la vieille abbaye de Saint-Denis, tout enfin inclinait les cœurs les plus vaillants à désespérer de la patrie, dont, à chaque instant, la dernière heure semblait prête à sonner.


Jeanne d'Arc ayant la vision de l'archange saint Michel
Jeanne d’Arc ayant la vision de l’archange
saint Michel. Peinture d’Eugène Thirion (1876)
Elle fut sauvée néanmoins : Charles VII, le roi de Bourges, comme l’appelaient ironiquement les envahisseurs et les traîtres, après avoir été sacré dans la basilique qui avait vu le baptême de Clovis, releva son sceptre humilié et chassa du royaume jusqu’au dernier des Anglais.

Mais cette espèce de miracle, ce ne fut point le nonchalant héritier du pauvre et fatal insensé qui l’accomplit. Ce ne fut point davantage la noblesse, qui avait perdu tout son prestige dans les accablantes défaites de Crécy, Poitiers et Azincourt. A peine, d’ailleurs, quelques débris de la dernière de ces trois formidables catastrophes militaires entouraient le fils de Charles VI aux jours de son abaissement, et alors que lui-même, doutant de son droit, paraissait tout prêt à l’abdiquer.


Ce ne fut point non plus la bourgeoisie qui l’entreprit, cet immense et glorieux labeur de la délivrance du pays tombé sous le joug étranger. Indignés contre les nobles qui s’étaient laissé vaincre trois fois par un emportement de courage déréglé, et dont la rançon avait coûté à leurs pères et à eux-mêmes jusqu’à leur dernier écu, les bourgeois, accablés sous le poids des calamités publiques, avaient honteusement abdiqué leur nationalité en livrant Paris aux Anglais.

 

Seuls, ceux d’Orléans s’étaient montrés plus grands que la fortune, et, au centre de la France asservie, ils tenaient haute et ferme la noble bannière, symbole de nos vieilles gloires. Aussi, la patriotique cité, dernier boulevard de notre indépendance, était-elle serrée de près par l’ennemi, haletante, affamée, ayant perdu presque tous ses défenseurs : elle semblait condamnée. Qui pouvait la sauver, en effet ? Le peuple ? Mais y avait-il encore un peuple ? N’avait-il pas succombé depuis longtemps sous le poids de ses misères ? Non, le peuple n’était pas mort, et de ses rangs viendra le secours qui délivrera Orléans et la France.

 

Au village de Domrémy, dans le duché de Bar, duché vassal de la couronne, et compris aujourd’hui dans le département des Vosges, vivait alors une jeune fille nommée Jeanne d’Arc. Elle était née – les historiens, dans leur majorité, avancent aujourd’hui la date du 6 janvier 1412 – de parents de bonne vie et renommée et attachés de cœur à la cause nationale. Son père, Jacques d’Arc, était un simple laboureur.

 

Depuis cinq ans, elle avait des visions dans lesquelles des saints lui ordonnaient de délivrer son pays des Anglais. A partir du siège d’Orléans, ils la pressaient, disait-elle, plus fréquemment encore, lui commandant de le faire lever et de conduire le roi à Reims afin qu’il y soit sacré. Préoccupée de ces avertissements extraordinaires, elle ne cessait de prier et de multiplier ses bonnes œuvres, afin de se bien convaincre que les voix qu’elle croyait entendre étaient véritablement des voix du ciel.

 

Or, un jour qu’elle se trouvait seule dans le jardin de son père, il lui sembla voir briller, près de l’église du village, une lumière éblouissante, du sein de laquelle lui apparaissaient des figures angéliques, et entendre distinctement ces paroles : « Jeanne, va au secours du roi de France et tu lui rendras son royaume. – Et comment le pourrais-je ? répondit-elle toute tremblante ; je ne suis qu’une pauvre fille ; comment pourrais-je chevaucher et conduire des hommes d’armes ? – Va, répondit-on, vers le commandant de Vaucouleurs, il te fera conduire au roi : sainte Catherine et sainte Marguerite viendront t’assister. » Elle hésita encore, mais plusieurs fois depuis, la même voix lui ayant fait entendre les mêmes paroles, son courage s’affermit et sa résolution fut prise. Alors, pleine de foi dans sa mission, ne doutant plus qu’elle ne lui fût donnée par Dieu même, elle se rendit à Vaucouleurs, village voisin de Domrémy, et se présenta au commandant Baudricourt, le requérant de la conduire au roi.

 

« Il faut, lui dit-elle, que je sois devant lui avant la mi-carême, dussé-je user mes jambes jusqu’aux genoux pour y aller ; car personne au monde, ni roi, ni duc, ni aucun autre ne peut relever le royaume de France : il n’y a de secours qu’en moi. » Baudricourt, la croyant folle, se refusait à l’écouter davantage ; mais deux chevaliers convaincus par la candeur de son langage s’offrirent pour l’accompagner. Malgré les larmes de ses parents, elle partit, suivie de son frère et des deux chevaliers, au milieu des bénédictions des habitants de Vaucouleurs, qui connaissaient sa vertu et sa piété.

 

De Vaucouleurs à Chinon, où se trouvait le roi, le voyage était long et plein de dangers, les campagnes étaient couvertes d’Anglais, de Bourguignons, leurs alliés, de routiers et de bandits de toutes sortes. Néanmoins la petite caravane échappa presque miraculeusement à tous les périls et arriva à Chinon. Mais là, il restait encore bien des obstacles à surmonter, car on doutait de Jeanne, et elle fut soumise à plus d’une épreuve avant d’inspirer confiance en sa mission.

 

Charles VII, quand elle fut introduite devant lui, s’était mêlé à dessein à la foule des chevaliers, sans porter aucun signe qui le distinguât du dernier d’entre eux. Mais elle ne s’y trompa pas, et quoiqu’elle ne l’eût jamais vu, allant droit à lui, elle lui dit : « Gentil Dauphin (elle l’appelait ainsi, parce qu’il n’était pas encore sacré), Dieu a pitié de vous et de votre peuple : si vous me donnez des hommes d’armes, je ferai lever le siège d’Orléans, et je vous mènerai sacrer à Reims, car la volonté de Dieu est que les Anglais s’en aillent dans leur pays et que le royaume vous demeure. »

 

En vain Charles VII prétendit qu’il n’était pas le roi et lui désigna pour tel un de ses seigneurs, Jeanne répartit avec assurance : « Eh mon Dieu ! gentil prince, vous l’êtes et non un autre. » Enfin, répondant à une grande inquiétude secrète du roi, et dont il avait été préoccupé le matin même pendant sa prière, inquiétude dont la cause était trop délicate pour qu’il en eût jamais fait confidence à qui que ce fût, elle lui dit à voix basse, comme si elle lisait dans sa pensée : « De la part de Dieu tu es vrai héritier de France et fils du roi. »

 

Charles VII était gagné. Cependant, comme il voulait convaincre à son tour ceux qui l’entouraient, il la fit interroger par des docteurs, dont un lui ayant demandé en patois limousin quel langage parlaient ses voix, en reçut cette réponse : « Meilleur que le vôtre. – Croyez-vous en Dieu ? insista-t-il. – Mieux que vous, répondit Jeanne. » Un autre lui ayant objecté la nécessité d’un signe qui témoignât pour elle : « Je ne suis point venue pour faire des signes, dit Jeanne obsédée, mais menez-moi à Orléans avec si peu de gens qu’on voudra et je vous montrerai les signes pour lesquels je suis envoyée. » Enfin le roi lui fit donner une armure complète, un intendant, un chapelain, des pages, en un mot tout l’équipage d’un chef de guerre.

 

La France entière, en apprenant ces choses, reprit espoir et confiance. Le peuple se sentit renaître. Il se reconnaissait dans l’envoyée sortie de ses rangs. Jeanne établie chef de guerre, on lui confia un convoi de vivres qu’il s’agissait de faire entrer dans Orléans. Elle se mit en tête accompagnée des deux fameux capitaines La Hire et Xaintrailles. Elle portait son étendard blanc semé de fleurs de lis d’or avec une figure du Christ. Une petite armée la suivait. A son approche sous les murs d’Orléans, les Anglais, pris d’une terreur panique inexplicable, abandonnent leurs bastides du midi, et c’est de ce côté que Jeanne, ainsi qu’elle l’avait annoncé, pénétra dans Orléans avec l’armée et les vivres (29 avril 1429).

 

Rien ne saurait être comparé à l’enthousiasme qui se manifesta sur son passage dans les rues de cette cité si courageuse et si française. Chacun reprenait confiance à son aspect, mais elle, ne cessait de répéter qu’il fallait mériter la délivrance : « Les hommes d’armes batailleront, disait-elle, et Dieu donnera la victoire. » Le charme de son visage angélique, son humilité, sa pure simplicité la faisaient aimer et admirer des grands et des petits. Son rôle militaire se borna toujours à se lancer dans la bataille et à entraîner tout à sa suite. On peut dire qu’elle avait la passion de la France. La vue du sang français la mettait hors d’elle-même. « Jamais, répétait-elle souvent, je n’ai vu de sang français que les cheveux ne me soient dressés sur la tête. »


Jeanne d'Arc
Jeanne d’Arc

Un jour qu’on avait commencé l’attaque sans l’avertir : « Ah ! méchant garçon, cria-t-elle à son page, méchant garçon, qui ne me disiez pas que le sang de France fût répandu !... Mon cheval ! mon cheval ! » Et elle s’élança au galop au plus fort de la mêlée. Blessée d’un trait à l’attaque de la bastille des Tournelles, elle revient à l’assaut, ranime le courage des siens et les entraîne à un dernier effort en poussant son cri de guerre : En avant ! en avant ! tout est vôtre, en avant ! Les Anglais épouvantés battent en retraite, et Talbot, leur général, frappé de stupeur, lève le siège, abandonnant tous ses canons et tous ses bagages ! (8 mai 1429)

A ce spectacle de leur délivrance, présage de la délivrance de la patrie, les Orléanais font retentir les airs de leurs cris de joie ; les cloches des églises sonnent à toute volée, et dans une procession triomphante improvisée par l’enthousiasme, où Jeanne a la place d’honneur, ils remercient Dieu de leur avoir envoyé l’ange libérateur auquel ils doivent la victoire. Le siège d’Orléans levé, comme elle l’avait promis, Jeanne se rendit à Tours où se trouvait le roi, pour l’engager à marcher immédiatement sur Reims. « Gentil Dauphin, lui dit-elle, ne tenez plus tant et de si longs conseils, mais venez au plus tôt à Reims pour recevoir votre digne couronne. »

A cette époque, dans l’opinion du plus grand nombre, le sacre seul faisait la royauté. « Je ne durerai qu’un an, ajoutait la généreuse enfant, il me faut bien employer. » Mais de Tours à Reims, il y avait quatre-vingts lieues de pays à parcourir à travers une foule de garnisons anglaises : on ne voulut donc pas se rendre à son conseil avant de s’assurer au moins de Meung, Jargeau et Beaugency, où Talbot avait versé ses troupes après la levée du siège d’Orléans. Elle se soumit à cette décision du conseil royal, et en huit jours, elle chassa les Anglais de leurs trois dernières places de refuge sur la Loire.

 

« Avez-vous de bons éperons ? » avait-elle demandé aux hommes de guerre qui l’accompagnaient. Et comme ils s’enquéraient pourquoi elle leur faisait cette question et si c’était pour fuir qu’ils avaient besoin d’éperons : « Non, certes, répondit-elle, ce sont les Anglais qui vont fuir, et il nous faudra de bons éperons pour les rejoindre. » Elle ne s’était pas trompée, les Anglais prirent la fuite et Talbot resta notre prisonnier. Après ces dernières victoires, le roi, cédant au cri populaire, aux supplications des capitaines qui avaient vu Jeanne d’Arc à l’action, se décida enfin à se mettre en route pour Reims.

 

Une armée de douze mille combattants l’accompagnait. Jeanne marchait à l’avant-garde avec le glorieux étendard d’Orléans. On arriva sous les murs de Troyes. La ville, qui avait garnison anglaise, refusa d’ouvrir ses portes. L’armée royale manquant de vivres et étant dépourvue des principaux engins indispensables pour un siège, la perplexité fut grande autour du roi. On ne parlait de rien moins que de battre en retraite, c’était même l’opinion du conseil, lorsque Jeanne y pénétra tout à coup et parvint à obtenir qu’il serait sursis jusqu’au lendemain avant de prendre un parti.

 

Au lever du soleil, elle se présente devant les soldats, leur ordonne de tout préparer pour l’assaut ; ils l’écoutent comme si Dieu lui-même eût parlé, comblent les fossés, appliquent les échelles et, au redoutable cri de guerre de l’héroïne En avant ! en avant ! ils se disposent à escalader les murailles, quand les habitants épouvantés ouvrent les portes. Les Français pénètrent dans la ville par un côté, tandis que les Anglais sortent de l’autre ; ainsi cette victoire ne coûta pas une seule goutte de sang.

 

Enfin, on arrive à Reims. A la vue des forces royales, et en apprenant que Jeanne est à leur tête, les Bourguignons, ces traîtres qui tenaient la campagne pour le roi anglais, décampent au plus vite, et la vieille cité de saint Rémi reçoit le roi de France avec une patriotique allégresse. Le lendemain, il fut sacré dans l’antique cathédrale. A la place la plus honorable, en avant des pairs de France, au pied même de l’autel, se tenait Jeanne, son étendard à la main. Son père, sa mère et ses frères étaient accourus et furent témoins de son triomphe. Tout le peuple était dans la joie, et chacun remarquait que, du jour où elle avait quitté son village jusqu’à celui où Charles VII recevait l’onction royale, trois mois à peine s’étaient écoulés !

 

 Après la cérémonie, la noble fille, se jetant aux pieds du roi, lui dit : « Gentil roi, maintenant est exécuté le plaisir de Dieu qui voulait que vous vinssiez à Reims recevoir votre sacre, en montrant que vous êtes vrai roi et celui auquel le royaume doit appartenir. Maintenant, laissez-moi retourner près de mes père et mère pour garder leurs moutons et bétail. »

 

Sa mission était accomplie, ainsi qu’elle le répéta plusieurs fois au brave chevalier Dunois, qui avait toujours eu pour elle autant d’admiration que de respect. Charles VII refusa de la laisser partir. Elle lui obéit, mais de ce moment elle n’eut plus en elle la même foi qu’auparavant, et tout en gardant son intrépidité, elle était troublée, inquiète et irrésolue.

 

Après avoir essayé, sans succès, un coup de main sur Paris, elle retourna sur la Loire à la suite du roi, qui s’obstinait à guerroyer de ce côté au moment même où ses villes du nord chassaient leurs garnisons anglaises. Dans la tentative pour reprendre la capitale, Jeanne d’Arc était encore à la tête des troupes. « Je veux, disait-elle, voir Paris de plus près que je ne l’ai vu. » Elle le vit de très près, en effet, mais ne put y entrer.

 

Ayant reconnu la place, elle se jeta dans les fossés du côté de la porte Saint-Honoré, suivie des plus braves : elle franchit le premier fossé, qui était à sec ; mais au revers, il y en avait un second rempli d’eau qu’elle essaya de faire combler malgré la grêle de traits des assiégés. Malheureusement, au moment où tout semblait favoriser cet assaut improvisé, elle reçut une flèche qui lui perça la cuisse, de sorte que ses soldats remportèrent malgré elle, et quand un dernier effort allait triompher du dernier obstacle. Le lendemain, le roi lui fit défense de recommencer l’assaut.

 

Elle resta quelque temps, suivant la cour et prenant part à une foule de petits combats obscurs dans les contrées situées vers la Loire ; puis, brûlant de reparaître sur le véritable théâtre de la grande guerre, elle reprit le chemin du nord. Elle se porta d’abord à Lagny-sur-Marne, et bientôt manœuvra de manière à faire lever le siège de Compiègne.

 

Arrivée devant cette ville, elle traversa les lignes ennemies, et y pénétra suivie de quatre cents combattants. Le lendemain, elle fit une sortie, se plaçant selon son habitude au poste le plus périlleux ; mais bientôt entourée d’une force écrasante, elle fut contrainte de battre en retraite. Au moment où elle se disposait à rentrer dans la place, l’infâme qui en était le gouverneur fit lever le pont, de sorte qu’indignement trahie, elle se trouva à la discrétion des assiégeants. Acculée à un fossé et se défendant avec intrépidité, l’héroïque Jeanne refusait de se rendre à merci lorsque, tirée violemment à bas de son cheval par des Bourguignons, qui se disputaient à qui la ferait prisonnière, elle dut cesser toute résistance.

 

Les misérables qui l’avaient capturée se hâtèrent de la vendre aux Anglais. Le prix du sang fut fixé à dix mille livres ! Quand les envahisseurs de nos provinces eurent entre les mains celle qui les avait forcés à tant de marches honteuses, ils ressentirent une joie cruelle. Vaincus par une femme, et, par conséquent, à jamais déshonorés dans leur défaite, ils la tenaient enfin cette femme ! Elle était bien à eux ! ils en avaient payé le prix dix mille livres : « Ce n’était pas, dit un historien moderne, trop payer le droit de la brûler comme sorcière, et de démontrer clairement que des maléfices seuls avaient pu faire tourner le dos aux vaincus d’Orléans ! »

Statue de Jeanne d'Arc à la cathédrale de Reims (statue de Prosper d'Epinay, 1901)
Statue de Jeanne d’Arc à la cathédrale de
Reims (œuvre de Prosper d’Epinay, 1901)
Conduite du château de Beaulieu à celui de Beauvoir, d’où elle s’élança d’une tour de soixante pieds de haut, puis une fois guérie de cette chute qui aurait dû la briser, transférée au château d’Arras, elle en fut tirée et amenée enfin à Rouen, où les Anglais lui firent l’indigne procès qui a pour toujours flétri ses misérables juges.
Tant qu’il dura, elle resta enchaînée par les pieds sous la garde insultante de soldats rudes et grossiers. Elle ne quittait sa prison, épuisée par la faim et l’insomnie, que pour comparaître devant un tribunal où ses regards ne rencontraient que des ennemis qui avaient soif de son sang. Là il lui fallait répondre à la stupide imputation du crime de sortilège que des accusateurs qui n’y croyaient pas avaient inventée pour la perdre.

 

A ce propos, ils lui adressaient une foule de questions odieuses ou subtiles auxquelles elle répondit toujours avec un bon sens, une candeur et une loyauté courageuse qui déconcertaient sans cesse tous les plans de ces fourbes sans conscience et sans cœur.

 

– Dieu hait-il les Anglais ? lui demandaient-ils.
– De l’amour ou de la haine que Dieu a aux Anglais, je ne sais rien, répondait-elle, mais je sais bien qu’ils seront jetés hors de France, excepté ceux qui y mourront, et que Dieu enverra victoire aux Français contre les Anglais.
– N’avez-vous pas dit que les étendards faits à l’instar du vôtre portaient bonheur à vos soldats ?
– Non, je disais seulement : Entrez hardiment parmi les Anglais, et j’y entrais moi-même.
– Mais votre étendard, pourquoi fut-il porté en l’église de Reims, au sacre ?
– Il avait été à la peine, c’était bien justice qu’il fût à l’honneur.
– Ton roi est hérétique et schismatique.
– Par ma foi, je vous ose bien dire et jurer sous peine de ma vie, que c’est le plus noble chrétien de tous les chrétiens, et qui mieux aime la foi et l’Église.
– Jeanne, croyez-vous être en état de grâce ?

– Si je n’y suis pas, Dieu veuille m’y mettre ; si j’y suis, Dieu veuille m’y tenir.

 

Souvent elle se taisait, mais quel éloquent silence ! « En vain on la presse sur le signe mystérieux qui a persuadé Charles VII ; elle ne trahit point ce secret de pudeur nationale, elle résiste aux insinuations a comme aux menaces. » Mais que pouvaient l’innocence et l’héroïsme sur des bourreaux se donnant des apparences de juges ? En vain, pour échapper aux insultes et aux violences des soldats anglais, elle fit une déclaration qui la fit passer aux prisons de l’Église ; elle n’y gagna rien, car bientôt abandonnée au bras séculier, les Anglais la reprirent pour la seconde fois.

 

Enfin la lugubre tragédie eut son dénouement. Elle finit par un jugement qui condamnait la noble fille à être brûlée vive. En apprenant cette odieuse sentence, l’infortunée se prit à pleurer. « Hélas ! me traite-t-on si horriblement et cruellement, disait-elle, qu’il faille que mon corps net et entier, qui ne fut jamais corrompu, soit aujourd’hui consumé et réduit en cendres ! »

 

Bientôt, néanmoins, elle ne pensa plus qu’à Dieu, et après s’être confessée et avoir reçu la communion, elle fut conduite au supplice. Pendant le trajet elle demanda les prières des assistants. Le peuple était indigné et pleurait, mais les soldats anglais le contenaient.

 

Le frère Isambard de la Pierre, religieux dominicain, qui l’assistait à ses derniers moments, alla sur sa demande chercher une croix dans une église voisine. Elle lui recommanda de la « tenir toute droite devant ses yeux jusqu’au pas de la mort, afin qu’elle fût perpétuellement devant sa vue. » Ce prêtre courageux resta auprès de la martyre jusqu’au moment où le feu le gagnant, elle l’invita à descendre de l’échafaud ; mais il demeura constamment au pied, élevant la croix très haut devant elle.

 

Au moment où le feu commença à l’atteindre, elle déclara de nouveau que sa mission venait de Dieu. Un instant après elle prononça distinctement le nom de Jésus, et baissant la tête, elle expira (30 mai 1431).

 

Alors on écarta les tisons ardents afin que les Anglais puissent contempler leur ouvrage. Ils durent se rassurer en présence du spectacle qu’ils avaient sous les yeux : le corps de celle dont la voix seule les faisait fuir était consumé, excepté le cœur, qui se trouva entier. Les bourreaux ne voulurent s’épargner aucune honte ; les cendres de Jeanne d’Arc furent jetées à la Seine !

 

Là lâche vengeance des ennemis était assouvie. Elle appela sur leurs têtes toutes les malédictions de ceux qui n’avaient pu sauver la victime. Sa mort servit encore la France qu’elle avait tant aimée, car l’exécration dont elle couvrit le nom anglais fut sa rédemption. Jeanne, sortie des rangs du peuple, lui apprit ce qu’il valait et comment on souffre, on se dévoue et on meurt pour la patrie.

 

 « C’est, dit un contemporain, la renommée la plus pure et la plus touchante de l’histoire ! C’est l’être en qui le sentiment national a été le plus profond ! C’est la France elle-même, la France incarnée ! Et si les témoignages de cette merveilleuse histoire n’existaient pas, rassemblés même par la main des Anglais, on pourrait croire que Jeanne d’Arc n’est que l’idéal poétique de la France ! »

 

A peine ses cendres étaient-elles dispersées au courant du fleuve, que les habitants de Rouen se montraient du doigt ses juges maudits, et notamment l’odieux Cauchon, évêque de Beauvais, à qui elle avait dit : « Évêque, je meurs par toi. » Les jugements de Dieu ne tardèrent pas, au surplus, à se manifester sur eux. Cauchon mourut quelque temps après sa victime ; un autre fut atteint de la lèpre ; un troisième mourut subitement, et le corps d’un quatrième fut trouvé dans un égout.

 

Source France Pittoresque : http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article5578

Publié dans : Christ-Roi - Par Ingomer
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