Christ Roi

Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 08:14

Add. 17 mai 2012. Un article du site "Ripoublik" prétend que nous reconnaitrions "enfin" nos "erreurs" pour rejoindre les analyses de Franck Abed. Rien n'est plus faux. Nous nous sommes opposés à Franck Abed, pour avoir affirmé plusieurs fois et répété dans des articles publiés sur le site "Ripoublik", qu'avant 1789 il n'y avait pas de nation française, que le terme de "nation" était une invention révolutionnaire : ce que nous avions appelé le "négationnisme de la nation française" par Franck Abed dans l'article "Philippe Ploncard d'Assac répond à Franck Abed" (lire les commentaires pour retrouver l'historique réel de ce qui nous opposa à ce personnage).

Si nous prenons nos distances avec les sites et mouvements nationalistes, nous ne prétendons pas comme Franck Abed que la "nation" est une invention révolutionnaire. Il est évident que la nation et le terme même de nation existait bien avant 1789. On en trouve la mention dans le Pseudo-Frédégaire, prologue de la Loi salique, rédigé en 763-764 à la chancellerie royale... Et dans l'Evangile où le Christ montant au ciel demandait d'aller évangéliser toutes les nations, "les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit" (Matthieu. 28-19).

Quand nous parlons du "nationalisme" nous pensons aux mouvements, sites et partis politiques plaçant Dieu en-dessous de la nation. Le jour où un "nationalisme" replacera Dieu en valeur première, sur le principe johannique "Dieu premier servi", nous serons les premiers à nous dire "nationaliste". La monarchie en ce sens était bien nationaliste. Ce qu'ont tendance à oublier les "nationalistes" d'aujourd'hui et les négationnistes de la nation française avant 1789.

 

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Nous souhaitons publier une mise au point : Pourquoi le "nationalisme" est une impasse pour l'avenir ? Pourquoi sur Christroi, nous prendrons désormais nos distances vis-à-vis des mouvements et sites "nationalistes" qui nous donnent l'impression de tourner en rond dans la plus parfaite incohérence ? 

 

Le nationalisme du début du XXe siècle a pu se présenter comme un système par défaut d'une Monarchie qui aux XVIII et XIXe siècles s'est compromise avec la franc-maçonnerie, avec les résultats que l'on sait (Faiblesses d'un Louis XV ou d'un Louis XVI face à la maçonnerie; Louis XVIII et Charles X "initiés" qui ont fini chassés...) La mort du comte de Chambord (1883), a laissé les monarchistes divisés entre Bourbons d'Espagne et Orléanistes. La IIIe république a pu tranquillement établir son pouvoir et déclencher la Iere Guerre mondiale. L'absence tout au long du XXe siècle d'un corpus doctrinal légitimiste étoffé, a pu laissé la droite (respectant l'ordre naturel) en déshérence pendant près d'un siècle, se divisant entre gaullistes, libéraux et "nationalistes". Mais, aujourd'hui, ce n'est plus le cas, le courant royaliste légitimiste est bien présent sur les réseaux sociaux et internet. Avec l'expérience du passé, on peut définitivement dire que le nationalisme est devenu une impasse faute de base doctrinale solide et par validation des idées de la Révolution. 

 

Ainsi si le nationalisme d'un Charles Maurras a pu être défendable lorsqu'il avançait que le "nationalisme intégral" (1) est le royalisme, le nationalisme contemporain est devenu inacceptable par son républicanisme et sa validation de l'idéologie révolutionnaire. Cette évolution négative et cette pente était d'ailleurs prévisible par la présence d'un soubassement intellectuel révolutionnaire dans la doctrine nationaliste même d'un Charles Maurras, comme nous allons le voir. Ce "nationalisme" boiteux et en béquilles était condamné dès le départ à dégénérer dans ce que nous connaissons aujourd'hui avec un Front national validant la république, des mouvements "nationalistes" ne pesant politiquement qu'1 ou 2% et validant à leur tour la république et les soubassements idéologiques de la Révolution ("Oeuvre française"), ou seulement l'idéologie révolutionnaire ("Action française"), bien qu'en feignant de la condamner.

 

Le nationalisme n'est plus ni acceptable ni défendable parce qu'il méconnaît les principes du royalisme, tels que reçus et déposés dans le Manifeste légitimiste (I), il valide l'idéologie révolutionnaire et idôlatre la nation de la même manière qu'un vulgaire barbare révolutionnaire (II). Enfin, le nationalisme continue d'encourager à la participation électorale malgré les échecs patents du vote (III). 

  

(I) Le nationalisme méconnaît les principes du royalisme, tels que reçus et déposés dans le Manifeste légitimiste

 

Sur le site nationaliste "Jeune nation", on trouve un extrait d'une intervention du fondateur de l'"Oeuvre française", Pierre Sidos, lors du "XIVème Forum de la Nation, qui s'est tenu à Lyon, le 15 octobre 2011 sur le thème : «Les nationalistes et le mouvement national»". Pierre Sidos y développe les bases du nationalisme. Nous y trouvons deux paragraphes emblématiques de ce qui nous semblent être les erreurs du "nationalisme" : 

 

"Il faut dit-il, donner constamment la priorité au national sur l'étranger, aux principes sur les princes, aux idées sur les individus" (2)

 

Dans l'expression donner la priorité "aux principes sur les princes" : de quel principes parle Pierre Sidos ? L'expression est vague, elle laisse la place à toutes les interprétations. S'il s'agit de donner la priorité aux principes républicains sur les princes et prétendants actuels (Louis XX pour la branche légitime et le comte de Paris pour les Orléans), autant dire que ce nationalisme-là est un républicanisme. Et on retournerait à la case départ 1789...

 

Au "donner la priorité des principes sur les princes", dans la même intervention, Pierre Sidos ajoute que "l'existence de la nation n'est pas liée à une forme particulière de régime". C'est déjà plus clair. Qu'est-ce si ce n'est-là une idée issue de la Révolution, idée qui prétend que peu importe si nous sommes en monarchie ou en république ? L'impasse et l'incohérence des nationalistes se révèlent ici en plein jour. D'un côté ils feignent de critiquer la "démoncratie" et la "ripoublique" et d'un autre côté ils en acceptent le régime qu'ils tenteraient seulement d'améliorer via leurs "principes nationalistes". Cela ne tient pas debout. Ce ne peut être à la fois un refus de la république et une acceptation. C'est l'un ou l'autre, mais ce ne peut être les deux à la fois.

 

Enfin, la prévalence donnée aux idées laisse la place à toute les dérives idéologiques, y compris aux idéologies totalitaires qui ont pu apparaître au XXe siècle (bolchévisme, communisme, national-socialisme, démocraties totalitaires et absolues, etc.)

 

Cette erreur du nationalisme sur la primauté des idées et l'inopportunité du choix du régime politique est reproduite, à notre grande surprise, chez un nationaliste comme Philippe Ploncard d'Assac que nous avons pu trouver mieux inspiré à d'autres occasions. Là encore, ce qui compte ce sont "les principes". 

 

 

Dans cet entretien à Johan Livernette à Toulon le 24/01/2012, Philippe Ploncard d'Assac prétend que "sur le plan des idées", "un Louis XX n'apporte rien." Et ajoute, citant son livre "Le nationalisme français, régime et institutions" que "ce qui importe c'est remettre les principes constitutifs de la nation à l'honneur ... Cela peut être n'importe quoi, dit-il, un monarque, une république, un groupe d'hommes des sages des Doges de Venise. ... Ce qui prime ce sont les principes. C'est cela qu'il faut tendre à restaurer... Tant que des braves gens se fieront à un homme, ils perdront leur temps et leur argent" (sic)... Comme si l'engagement politique royaliste était une question d'argent...

 

Là encore, de quels "principes" parle le "nationaliste" ?

 

Des "principes constitutifs de la nation" ? Mais n'est-ce pas la monarchie qui a permis l'éclosion du sentiment national en France, la monarchie qui dès le VIIe siècle, dans le Pseudo-Frédégaire incorpore dans le prologue de la Loi salique, rédigé en 763-764 à la chancellerie royale, base constitutionnelle des Lois fondamentales du royaume, la mention de l'"illustre nation des francs, fondée par Dieu le Céateur" ?

 

Qu'enseigne le royalisme légitimiste ? Que même un roi mauvais vaut mieux qu'un bon président. La qualité et les avantages à long terme des institutions monarchiques traditionnelles font que même si nous avions un mauvais roi, ce mauvais roi serait encore préférable à un bon président d'une république... Et cela a été prouvé par l'expérience de nombreuses fois. Le choix du régime politique n'est donc pas inopportun, quoiqu'en pensent les Pierre Sidos, Philippe Ploncard d'Assac et autres nationalistes, il est même capital si l'on prétend être un défenseur de la nation française...

 

D'où il ressort de ces éléments que les nationalistes ne connaissent pas les principes monarchistes tels que définis dans Le Manifeste légitimiste (3). Ils en arrivent à sortir des énormités telles que "sur le plan des idées, un Louis XX n'apporte rien", "donner la priorité aux principes sur les princes"... Un Louis XX aujourd'hui incarne tout à la fois des principes (les principes politiques légitimistes) et un prince.

 

(II) Le nationalisme idôlatre la "nation" ou la "Patrie" de la même manière qu'un barbare révolutionnaire

 

Dans son intervention, Pierre Sidos explique : "Il s'ajoute l'adhésion complète aux principes généraux du nationalisme de marque authentiquement française, qui sont : le salut de la nation est la loi suprême, la légitimité prend sa source dans la durée au service de la nation, le droit de la nation est supérieur aux droits externes." 

 

Dans la "Contre-révolution spontanée", Charles Maurras écrivait : "Fondée en 1899, en pleine crise politique, militaire et religieuse, l'Action française s'inspirait du sentiment nationaliste; son oeuvre propre fut de soumettre ce sentiment à une discipline sérieuse. 'Un vrai nationaliste', posa-t-elle en principe 'place la Patrie avant tout'".

 

Dans "La Seule France", Charles Maurras écrivait encore : "c'est la préséance absolue, la suprématie totale, décisive, incontestée, du principe national et de l'idée de nation sur toute autre idée". (4)

 

Le nationalisme était déjà condamné en germe au début du XXe siècle, lorsque Maurras affirmait que la nation se trouvait au-dessus de tout : Maurras venait de condamner le "nationalisme", c'était déjà un luciférisme et un satanisme que de renverser l'ordre naturel en plaçant ce qui est en-dessous (la nation) au-dessus de tout, et ce qui est au-dessus (Dieu) en dessous...

 

Dans ces conditions, il ne faut pas s'étonner de l'échec permanent d'une telle doctrine si on se rappelle la réplique du Cardinal Pie à Napoléon III : "Le moment n'est pas venu pour Jésus-Christ de régner ? ... le moment n'est pas venu pour les gouvernements de durer". 

 

Le principe nationaliste plaçant la nation au-dessus de tout renversait ainsi le principe politique de Jeanne d'Arc, fondement de l'ordre naturel : "Dieu premier servi". Il est dès lors vain imaginer un quelconque avenir dans une telle doctrine révolutionnaire.

 

Un renversement qui conduit aujourd'hui un Front national à renier la loi naturelle et l'ordre naturel. Et des mouvements comme "Oeuvre française" ou "Action française" à continuer d'idolâtrer la nation. 

  

(III) Le nationalisme continue d'encourager à la participation électorale

 

Sur la base du "par tous les moyens, même légaux" (5) de Charles Maurras, le nationalisme continue aujourd'hui de recommander de participer électoralement "partout où on le peut".

 

Sur Christroi, à notre tour, et empiriquement nous pouvons rejeter une tactique périmée qui conduit aujourd'hui des catholiques à voter pour le "moindre mal" ou le "moindre pire" Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle 2012...

 

Pour ces trois raisons, et même si certains nationalistes" préfèrent choisir l'abstention à la participation électorale, le nationalisme par les deux premières erreurs, et l'ensemble des mouvements et sites se revendiquant de cette doctrine servent, malgré eux (?), de voies de garage pour contestataires (qui s'ils n'existaient pas auraient été inventés par le système pour fonctionner...)

Si les "nationalistes" n'existaient pas, la république les inventerait ! Les nationalistes perpétuent ainsi la république génocideuse et diviseuse, soit par le vote (électeurs, partis politiques), soit par acceptation des soubassements idéologiques de la Révolution.

 

Rappelons que la France vit sous une double invasion-occupation : règne spirituel de l'étranger par invasion intellectuelle et spirituelle satanique visant à subvertir l'ordre naturel et divin en France, et règne physique de l'étranger par immigration-invasion visant à changer le peuple via le génocide par substitution

 

Dès lors, sur Chrisroi, nous ne pouvons plus nous accomoder d'une fausse doctrine politique conduisant au satanisme (le renversement de l'ordre naturel) et à la validation des soubassements idéologiques de la Révolution ("peu importe le régime"; "les idées, les principes priment sur les princes"; "la nation au-dessus de tout et avant tout", etc.), ni soutenir en aucune manière un quelconque de ces mouvements qui par leur incohérence en deviennent suffoquants. Un peu d'air et un peu de hauteur !

    

Sources :  

(1) Sur le "nationalisme intégral": Charles Maurras, La Contre-révolution spontanée, H. Lardanchet, Macon 1943, p. 145.

(2) Extraits de l'intervention de Pierre SIDOS, fondateur de l'OEuvre française, lors du XIVème Forum de la Nation, qui s'est tenu à Lyon, le 15 octobre 2011 sur le thème : «Les nationalistes et le mouvement national». Source: http://jeune-nation.com/achat/produit_details.php?id=1127

(3) http://www.monarchiefrancaise.fr/Manifeste%202%E8me%20%E9dition%2020-07.pdf en fichier pdf; en commande sur http://beaudricourt.hautetfort.com/archive/2010/09/29/manifeste-legitmiste.html 

(4)  Sur la Patrie et le principe national placé avant tout: Charles Maurras, La Contre-révolution spontanée, H. Lardanchet, Macon 1943, p. 63; Charles Maurras, La Seule France, H. Lardanchet, Macon 1941, p. 223. 

(5) Sur le "par tous les moyens même légaux" : Charles Maurras, La Contre-révolution spontanée, H. Lardanchet, Macon 1943, p. 106.

Publié dans : Doctrine politique - Par Ingomer
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