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3 août 2014 7 03 /08 /août /2014 16:54

Dans sa première video mise en ligne le 2 août, Norman Finkelstein * a déclaré que « le blocus de Gaza, au regard du droit international» était « illégal ». Il dénonce une inversion du droit international à Gaza et parle d'« annexion » à propos des territoires palestiniens occupés.

 

 

 

Extrait :

 

« Au regard du droit international, le blocus de Gaza constitue une forme de punition collective, et il est donc illégal d'après le droit international. Il ne peut donc y avoir aucune argutie : le blocus étant une forme de punition collective, il doit être levé.

 

... Le blocus est illégal et doit être levé sans considération pour les préoccupations sécuritaires d'Israël.

 

Est-ce qu'Israël a le droit d'exiger des Palestiniens, du Hamas et des groupes militants palestiniens qu'ils procèdent à un désarmement ? Le droit international est parfaitement clair sur ce point : d'après le droit internationa, un peuple engagé dans la lutte pour l'auto-détermination n'a pas l'obligation légale de ne pas recourir à la force. Le droit international dit ou bien que la loi est neutre à ce sujet, ou bien que ces peuples doivent recourir à la force. Ce qui est clair, c'est que d'après le droit international, le recours à la force n'est PAS illégal pour ceux qui luttent pour leur auto-détermination. D'un autre côté, d'après le droit international, un état qui essaie d'écraser un mouvement pour l'auto-détermination - Israël dans ce cas, n'a pas le droit de recourir à la force. Par conséquent, ce que nous avons ici est exactement et précisément une inversion du droit international (1) : ceux qui combattent pour leur auto-détermination se voient ainsi dire que la levée du blocus est qu'ils renoncent à l'usage de la force, mais une telle exigence n'est nullement imposée pour une puissance qui écrase la lutte pour l'auto-détermination.

 

En réalité, l'euphémisme "répondre à toutes les préoccupations sécuritaires israéliennes" dit en substance qu'Israël a le droit de sécuriser l'occupation. Et c'est une contradiction dans les termes, littéralement: car d'après le droit international, la caractéristique, la spécificité la plus fondamentale d'une occupation est qu'une occupation est censée être temporaire. En un mot, une occupation est censée prendre fin. Si une occupation ne prend pas fin, ce n'est pas une occupation, c'est une annexion. Et dans le droit international, une annexion est illégale. Donc, lorsque Israël parle de son droit de voir toutes ses préoccupations sécuritaires assurées, il ne parle pas de son droit à protéger son pays, mais il évoque le droit de sécuriser (perpétuer) son occupation.

 

... Donc une chose peut être établie : Israël ne mettra jamais fin à l'occupation. Lorsque Israël exige que toutes ses préoccupations sécuritaires soient assurées, Israël exige le droit de maintenir éternellement son occupation, ET il exige simultanément que les palestiniens se désarment, que les palestiniens cessent de résister à l'occupation et qu'ils mettent fin à leur combat pour l'auto-détermination.

 

Ainsi, ce qui est véritablement dit à présent, c'est qu'Israël lèvera le blocus à Gaza si et lorsque les palestiniens cesseront de lutter pour leur auto-détermination, cesseront de lutter pour leur indépendance, cesseront de lutter pour avoir un état, et que les palestiniens accepteront que l'occupation  se perpétue éternellement. Sans même parler du point de vue moral, tout cela n'a aucun sens du point de vue légal. ... Ce n'est pas un occupation, c'est une annexion. Et une annexion est - de manière flagrante, évidente, sans controverse possible - illégale d'après le droit international. C'est le principe le plus élémentaire de la Charte des Nations Unies, et il a été exprimé dans la résolution 242 de l'ONU [adoptée unanimement en 1967 après la Guerre des Six-Jours], il est inadmissible pour un pays de faire l'acquisition de territoires par la guerre. Israël a acquis la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est par la guerre et n'a donc aucun droit à ces territoires. S'ils exigent - et c'est bien le cas - le droit d'annexer ces territoires, alors c'est clairement, de manière flagrante et manifestement une violation du droit international. »

 

* Norman Finkelstein est un politologue américain, fils de juifs survivants du ghetto de Varsovie, qui s'est fait connaître par ses écrits sur le conflit israélo-palestinien.

 

Notes

 

(1) Cette inversion du droit international à Gaza est observable de la même façon en Ukraine, avec un état kiévien qui essaie d'écraser par la force, avec le soutien des Etats-Unis et de l'UE, le mouvement d'auto-détermination du sud-est-ukrainien et les républiques populaires auto-déterminées de Donetsk et Lugansk (Nouvelle-Russie).

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