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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 10:15

Olivier Berruyer sur son site LesCrises.fr décrypte depuis des mois les évènements en Ukraine. Aujourd'hui, il propose un billet qui nous aide à mieux comprendre les origines, les buts et les méthodes du mouvement pro-européen qui démarre sur la place Maïdan (de « l’Indépendance ») de Kiev dès le 21 novembre 2014.

 

4.2 La montée en puissance du mouvement 

Comme nous l’avons vu précédemment, les manifestations « pro-européennes » démarrent sur la place Maïdan (de « l’Indépendance ») de Kiev dès le 21 novembre, jour où le président ukrainien annonça son intention de différer la signature de l’’accord d’association avec l’UE. 

Arseni Iatseniouk déclare le même jour que cette décision est « une base suffisante pour lancer une procédure de destitution du Président » (sic !)

“Source : kyivpost“ 

Rappelons incidemment que la fondation du même Iatseniouk – fanatique de « l’indépendance ukrainienne » et devenu Premier ministre en février 2014 – est financée entre autres par le Ministère des Affaires étrangères américain, l’OTAN, l’ambassade polonaise à Kiev, Victor Pinchuk, la banque suédoise SwedBank et un Hedge fund…

fondation iatseniouk

 

fondation iatseniouk 

Iatseniouk appelle sur Twitter à des manifestations de protestation le soir même place Maïdan – qu’il appelle « #Euromaïdan ». Environ 2 000 personnes répondirent à l’appel. On peut s’interroger de l’origine d’une telle efficacité dans la gestion « marketing » de cet évènement.

Iatseniouk appel euromaidan sur Twitter

euromaidan 23-11-2013

euromaidan 24-11-2013

Le 24 novembre, ce sont 100 000 personnes qui convergent sur la place. Après qu’un petit groupe ait tenté de prendre d’assaut un immeuble du gouvernement, la police disperse la manifestation avec des gaz. Les manifestants répondent avec violence.

Comme le 29 novembre, il devint clair que l’Ukraine ne signerait pas l’accord d’association, les leaders d’oppositions formulèrent alors leurs revendications devant 10 000 protestataires à Kiev (20 000 à Lviv), à savoir « Former un comité de coordination pour communiquer avec l’Union Européenne » et « Reconnaître que le Pouvoir n’était pas capable de mener à bien une stratégie de développement géopolitique pour l’Ukraine, et obtenir la démission de M. Ianoukovitch. »

Dans la nuit du 29 au 30 novembre, environ 10 000 manifestants sont délogés du Maïdan par la police anti-émeute. Cette évacuation violente fera plusieurs dizaines de blessés entraînant des protestations internationales, un appel à la grève générale, de nouveaux rassemblements, l’occupation de la mairie de Kiev, le blocage des sites gouvernementaux ainsi que le limogeage de plusieurs personnalités dont le maire de Kiev. Environ 10 000 manifestants restèrent ce soir-là, 10 000 autres se rendant de Lviv à Kiev pour les soutenir. La majorité des manifestants de Maïdan venait en effet de l’Ouest.

Le 1er décembre, environ 600 000 manifestants protestèrent contre les violences de la veille – journée de nouveau émaillée de violences. Environ autant se réunirent le 8 décembre.

euromaidan kiev 01-12-13

Plus de 400 personnes furent blessées du 24 novembre au 13 décembre, dont 200 policiers.

On voit ici une édifiante vidéo du centre de Lviv, ou de milliers d’étudiants scandèrent le 1er décembre des slogans : « pour l’UE », « mort aux ennemis » et « les sales russophones à la potence »…

etudiants de lviv 01-12-2013

etudiants de lviv 01-12-2013

 

 

 

Le 2 décembre, le Premier ministre déclare que les évènements dans le centre de Kiev ressemblent à « une tentative de Coup d’État ».


“Source : kyivpost 

200 000 manifestants célèbrent le réveillon du Nouvel An sur Maïdan. Le 1er janvier, une marche a été organisée par le parti Svoboda, durant laquelle 15 000 torches ont été allumées pour célébrer le 105e anniversaire de la naissance de Stepan Bandera. 

Les manifestations se poursuivent, rassemblant quotidiennement 10 000 à 50 000 personnes. 

Le 16 janvier, le Parti des régions et le Parti communiste d’Ukraine (entre autres) adoptent des lois anti-manifestations au Parlement Ukrainien pour ramener le calme. Mais cela renforce la violence des manifestants – dont 3 perdent la vie le 19 janvier. 

De plus en plus de bâtiments publics sont alors envahis et occupés dans l’Ouest et le Centre du pays.

mairie kiev occupee par svoboda / Croix Celtique

mairie kiev occupee par svoboda / photo de Bandera

batiment occupe par le secteur droit 

Rappelons que ces occupations étaient largement désapprouvées par la population :

En réponse à cette flambée de violence, le gouvernement autorise la police à prendre des mesures plus draconiennes pour arrêter les émeutes. Celle-ci peut désormais réduire les accès routiers et utiliser des canons hydrauliques contre les manifestants, malgré les températures qui atteignent jusqu’à -10 °C. Malgré cette mesure, 50 000 manifestants se sont présentés le 22 janvier.

Le 25 janvier, le Président Ianoukovytch propose l’amnistie aux manifestants ainsi que le poste de Premier ministre à Iatseniouk et de Vice-Premier-Ministre à Vitali Klitschko – qui refusent, bien que cela soit la volonté majoritaire du pays.

Le 28 janvier, le Premier ministre Mykola Azarov démissionne, tandis que les récentes lois répressives sont abrogées au Parlement.

Le 31 janvier, le Service ukrainien de sécurité (SBU) indique avoir engagé une procédure pénale pour « tentative de coup d’État », après avoir étudié les documents stockés sur les serveurs saisis lors d’une perquisition dans les locaux du mouvement d’opposition Batkivchtchina à Kiev. Le SBU indique : « Les documents saisis attestent que les organisateurs des actions de protestation ont envisagé une évolution musclée des événements, à savoir une évolution impliquant un recours à la force contre les manifestants. Cette mesure devait avoir un vif retentissement dans la société ukrainienne au point de torpiller la réputation du pouvoir en place et du président » et que « la police disposait de preuves attestant que les actions de protestation lancées en novembre dernier à Kiev étaient préparées d’avance ».

“Source : fr.ria.ru

Le 9 février, les partis d’opposition annoncent la constitution d’unités d’auto-défense à travers tout le pays.

Tout est en place pour le drame final…

maidan avant-apres

 

Source: http://www.les-crises.fr/u4-2-euromaidan-la-montee-en-puissance-du-mouvement/


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