Christ Roi

Mercredi 25 avril 2012 3 25 /04 /Avr /2012 08:21

24/4/12 : Un internaute pose la question suivante :
« Comment faire pour que, dans les paroisse où l’on se réclame du Concile, on puisse mettre un terme aux abus liturgiques suivants :
- distribution de la communion par des laïcs ;
- obligation de recevoir la communion dans la main ;
- célébration « face au peuple » sur des édicules dépourvus de valeur et de dignité ;
- médiocrité du répertoire musical et limitation - voir interdiction - du chant grégorien ;
- disparition des chorales au profit de l’ « assemblée-chantante » invitée à répéter n’importe quoi, n’importe quand et n’importe comment... pourvu que ce soit des airs qu’il ne viendrait à l’idée de personne de chanter ailleurs que dans une église où le mauvais goût est de bon ton ;
- geste de paix transformé en séance de «
shake your hands
» totalement anti-liturgique ;
- équipes d’animation liturgique envahissantes et totalement inefficaces... sauf, bien sûr, quand c’est pour démolir la liturgie ;
- donné du missel romain systématiquement modifié ou ignoré par les célébrants ;
- absence de dignité, de tenue, de réserve des célébrants ;
- etc.
Comment faire pour mettre un terme à ces pratiques qui trahissent les enseignements du Concile et, plus largement encore, les enseignements de l’Eglise ? »

Avouons qu’il est difficile de donner une réponse à cette question.
D’abord parce que - on l’aura constaté - on se trouve dans les paroisses face à un double problème : celui des pratiquants qui acceptent sans sourciller n’importe quelles liturgies fantaisistes truffées de n’importe quels chants insipides, et celui des prêtres qui ne connaissent pour ainsi dire rien à la liturgie et qui, dans le même temps, sont décidés à ne pas tenir compte de ce qu’enseigne l’Eglise.
Ensuite parce que - ce n’est plus un secret - les évêques de France, en dehors de trois ou quatre exceptions bien connues, sont convaincus du bien-fondé d’une erreur consistant à faire de la liturgie un outil au service de leurs projets pastoraux. Et quand cette erreur se double d’une volonté d’ignorer le Concile tout en se réclamant de lui, on voit qu’il n’y a plus grand-chose à attendre d’un épiscopat qui, il faut le souligner, n’a depuis 40 ans publié aucune directive visant à mettre un terme aux abus liturgiques devenus monnaie courante dans 99% des paroisses. On en revient à la question de départ : que faire ? Trois pistes à suivre :
1. Relevez les principales pratiques liturgiques qui, dans votre paroisse, contredisent les
normes données par le Missel romain et écrivez une lettre à votre curé pour lui demander les raisons théologiques qui le poussent à ne pas respecter la liturgie restaurée à la suite de Vatican II. (Insistez bien sur « raisons théologiques » et sur « liturgie restaurée à la suite de Vatican II »). Votre lettre devra être brève, sans circonvolutions. Exemple :
« Tel dimanche, à la messe de telle heure célébrée dans telle église, j’ai constaté que vous avez introduit les pratiques suivantes (nommez les deux ou trois qui vous semblent les plus flagrantes) qui contredisent les données de la liturgie restaurée à la suite de Vatican II telle qu’elle est précisée dans le Missel romain actuel. Je vous serais reconnaissant de me faire savoir les raisons théologiques qui vous poussent à ignorer les règles de la «
lex orandi » ou à désobéir ouvertement aux enseignements de l’Eglise. Dans l’attente de votre réponse, je vous prie de croire, Monsieur le Curé, à l’expression de ma respectueuse considération. »
2. Si vous n’avez pas de réponse dans les huit jours qui suivent, informez votre curé que vous allez porter le problème à la connaissance de votre évêque. Et écrivez à votre évêque en joignant la copie du premier courrier que vous aviez envoyé à votre curé :
« Monseigneur, ayant constaté un certains nombre d’abus systématiquement introduits dans la messe paroissiale à laquelle je participe, j’ai écris comme il se doit à mon curé pour obtenir de lui des explications (voir lettre ci-jointe). Comme il n’a pas jugé bon de me répondre, c’est vers vous que je me tourne en tant que vous êtes le gardien et le promoteur de la liturgie de l’Eglise. Dans l’attente de votre réponse... etc. »
3. N’acceptez aucune réponse du genre « il faut être accueillant », « il faut être ouvert à un sain pluralisme », « il faut respecter toutes les sensibilités », « il faut nous accepter les uns les autres riches de nos pauvretés », « il faut avant tout pratiquer la charité »... etc. Toutes ces formules répétées comme des mantras ne sont que du « baratin ecclésiastique » utilisé pour noyer le poisson, pour éviter d’avoir à répondre à la question de fond : pourquoi la liturgie n'est-elle pas respectée ?
Si vous en avez la possibilité, faites savoir dans votre lettre que des membres de votre famille, des voisins, des amis... se joignent à votre démarche.
Et rappelez-vous toujours que même si vous vous sentez isolé dans votre paroisse, la démarche que vous entreprendrez est un droit qui s'inscrit dans la droite ligne des enseignements du Pape Benoît XVI, comme le prouve l’Instruction
Redemptionis Sacramentum.

 

 

Source: http://www.proliturgia.org/

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Add. Christroi, 28.04.2102.

27/4/12 : Question de droit canonique : que peuvent faire les fidèles quand on leur dit que s'ils constatent des abus liturgiques ils doivent s'adresser à leurs évêques respectifs, sachant que ces évêques eux-mêmes ne respectent pas la liturgie ?
Réponse du Siège apostolique : « Il peuvent s’adresser à la Congrégation pour le Culte divin (par elle ils s’adressent au Saint-Père) en envoyant un double de la réponse qu’ils auront reçue de l'évêque auquel ils se seront préalablement adressé. Dans «
Redemptionis Sacramentum », il est spécifié que les fidèles ont toujours le droit de s’adresser au Saint-Père directement même si, pourtant, ordinairement, il est préférable de se tourner vers l’Ordinaire du lieu - l'évêque diocésain -, dans un premier temps (ou en première instance), car c'est lui qui est le premier responsable et le « promoteur » de la Liturgie dans son diocèse. Ensuite, si la réponse de l'évêque semble insuffisante, on peut s'adresser au Saint-Père (il s’agit alors d'un appel).
De fait, dans tous les cas, la Congrégation pour le Culte divin saisit l’Ordinaire du lieu du cas en question... La réponse adressée au fidèle qui s'est plaint ne comporte jamais les moyens utilisés par la Congrégation auprès de l'évêque en vue de la résolution de la question liturgique. De toute façon, la Congrégation ne reste pas inactive. »

Source: http://www.proliturgia.org/

Publié dans : Liturgie - Par Ingomer
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