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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 07:03

Dans le document Liberté et Vérité (1999), Benoît XVI, alors cardinal, fait une critique des "Lumières". Il constate leur échec au XXe siècle dans le "plus grand système d'esclavage des temps modernes" que fut ce "mouvement de libération" qu'a été le communisme, à côté du national-socialisme (p. 85). Mais il ne répudie pas "l'héritage des Lumières en tant que tel et en totalité", il propose d'en corriger le cours sur trois points :

1- Corriger la Liberté conçue sans normes, "une conception fausse".

2- Corriger le mythe progressiste d'un ordre idéal des choses à atteindre, un ordre "qui n'existera jamais". Les concepts qui l'accompagent tels que 'changement' et 'révolution' doivent eux aussi être démythifiés. La transformation du monde est un mythe. (Ex: la France d'après de Nicolas Nagy-Bocsa Sarkozy!... Nouveau totalitarisme républicain à méditer...)

3- Corriger le rêve de "l'autonomie absolue de la raison et de son autosuffisance". La raison humaine a besoin de s'appuyer sur les grandes traditions éthiques et religieuses de l'humanité qui coïncident avec le Décalogue, cette idée que Dieu a de la vérité de l'homme "dans lequel le bien de tous et la liberté sont indissolublement liés". "Même l'éthique philosophique ne peut être complètement autonome. Elle ne peut renoncer à l'idée de Dieu, ni à l'idée d'une vérité de l'être ayant un caractère éthique. S'il n'y a pas de vérité de l'homme, alors l'homme n'a pas de liberté. Seule la vérité rend libre.

Dans cet important document, titre original Freiheit und Wahrheit, Benoît XVI fait également une critique de la nation conçue comme "unité de référence". Avis aux "nationalistes" (sic) républicains qui considèrent qu'au-dessus de la nation il n'y a rien.

"Pendant l'ère des Etats-nations, on partait du principe que la nation était l'unité de référence, que son bien commun était aussi le juste critère de la liberté commune. Les évènements de notre siècle ont suffisamment montré qu'on ne pouvait se contenter de ce point de vue. Saint Augustin dit à ce propos qu'un Etat qui ne se détermine que par rapport à ses intérêts communs, et non à la justice elle-même, n'est pas structurellement différent d'une bande de brigands bien organisée, qui ne fait rien d'autre que considérer son bien propre indépendamment de celui des autres. Si nous considérons l'époque coloniale et les dégâts qu'elle a laissé derrière elle dans le monde, nous voyons bien que des Etats, aussi ordonnés et civilisés soient-ils, se rapprochent effectivement des bandes de brigands lorsqu'ils ne pensent pas au bien en soi, mais seulement à leur bien propre. La liberté ainsi garantie a donc en elle-même quelque chose de la liberté du brigand.

... Le critère du droit véritable ne peut donc être que le bien du tout, le bien en soi. C'est à partir de là que hans Jonas a proposé le concept de responsabilité comme concept central de l'éthique (H. Jonas, Le principe responsabilité, Ed. du Cerf, 1991). Cela signifie que la liberté, pour être bien comprise, doit toujours être pensée en rapport avec la responsabilité."

(Cardinal Joseph Ratzinger, Liberté et vérité, in Communio n° XXIV, mars-avril 1999, p. 95-96, fichier Pdf).

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