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24 juillet 2020 5 24 /07 /juillet /2020 07:21

"Je veux que tous les catholiques sachent que recevoir la Sainte Communion sur la langue est leur droit, et ce qu'ils peuvent faire pour retrouver ce droit, car cela fonctionne!"

Un laïc catholique révèle la stratégie qu'il a utilisée pour surmonter l'interdiction de la communion sur la langue d'un prêtre

LifeSiteNews

Jeu.23 juil.2020-13: 27

 

23 juillet 2020 ( LifeSiteNews ) - "Je veux que tous les catholiques sachent que recevoir la Sainte Communion sur la langue est leur droit, et ce qu'ils peuvent faire pour retrouver ce droit, car cela fonctionne!" Un lecteur français a raconté à LifeSite son expérience personnelle de se voir refuser la communion dans sa paroisse locale en raison des directives du COVID-19, et de son combat réussi, par un appel officiel à l'évêque, pour réclamer la possibilité de recevoir notre Seigneur humblement et avec révérence, à genoux et sur la langue.

 

Son nom de famille, ainsi que les éléments d'identification, seront omis de cette histoire, dans un souci de paix et de discrétion: Guillaume est son prénom chrétien, et c'est ainsi qu'il sera appelé par la suite.

 

Ayant obtenu la capitulation de l'évêque, pure et simple, pour la paroisse que lui et sa femme fréquentent (quelque part en France) Guillaume est maintenant confronté à des courriels désobligeants du curé qui y officie; on a même demandé au couple de se retirer de diverses responsabilités qu'il avait été heureux d'accepter dans cette paroisse de Novus Ordo.

 

Comment Guillaume a-t-il obtenu un tel succès? Sur la base des conseils donnés par le P. Reginald-Marie Rivoire de la communauté dominicaine traditionnelle de Saint-Vincent-Ferrier dans le bimensuel catholique L'Homme nouveau au début des restrictions données concernant le coronavirus, Guillaume a décidé de présenter un appel fondé sur le canon à l'évêque local, dans lequel il a cité plusieurs textes de Rome qui permettent de donner des indults locaux pour la Communion dans la main, mais qui ont confirmé à plusieurs reprises que tous les fidèles "ont toujours le droit de recevoir la communion sur la langue selon leur choix."

 

Le P. Reginald-Marie Rivoire est docteur en droit canonique.

 

Le droit des fidèles catholiques a été précisé par l'Instruction Redemptionis Sacramentum de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements datée du 25 mars 2004, clarifiant Memoriale Domini de 1969 autorisant la Communion à la main comme une exception que les évêques pouvaient concéder par un "indult" dans leur propre diocèse.

 

Cinq ans plus tard, dans le contexte de l'épidémie de grippe porcine en 2009, la même Congrégation a répondu à une question sur la Communion sur la langue dans les nouvelles circonstances par lettre du 24 juillet en déclarant: «Ce Dicastère observe que son Instruction Redemptionis Sacramentum (…) stipule clairement que ``chacun des fidèles a toujours le droit de recevoir la sainte communion sur la langue'' (n. 92), et il n'est pas non plus licite de refuser la sainte cène à l'un quelconque des fidèles du Christ qui ne soit pas empêché par la loi de recevoir la sainte Eucharistie.»

 

La même lettre se terminait par les mots: "Puissiez-vous persévérer dans la foi et dans l’amour pour Notre Seigneur et sa Sainte Église, et dans une dévotion continue au Très Saint Sacrement."

 

L'appel de Guillaume n'a pas abouti sur le bureau de la Congrégation pour le culte divin, peut-être parce que les lois et les instructions de l'Église sont si claires que l'évêque a estimé qu'il aurait été inutile de résister. C'est la leçon qu'il aimerait partager avec tant de catholiques confrontés au même genre de difficultés - pour ne pas dire de persécution - de la part des autorités de l'Église partout dans le monde "à cause" du COVID-19.

 

L'épreuve a commencé le premier dimanche de mars, lorsque le curé de la paroisse de Guillaume - dont les fidèles avaient l'habitude de recevoir la communion sur la langue avant son arrivée - a déclaré lors de son homélie qu'en raison de l'épidémie, il ne donnerait la communion qu'à la main, pour des raisons sanitaires.

 

LireCoronavirus : prétexte à la communion dans la main et à la réduction du Saint Sacrifice à une assemblée eucharistique

 

Le moment venu, Guillaume alla à la communion les mains jointes, s'agenouilla et ouvrit la bouche pour recevoir l'hostie comme il l'avait toujours fait, directement sur la langue. Le prêtre a refusé. Ne voulant pas faire de problème à l'église, Guillaume retourna silencieusement sur son banc, profondément blessé, ayant été traité comme un pécheur public.

 

Peu de temps après, la France est entrée en confinement général le 17 mars et les messes publiques ont été suspendues par les autorités civiles, sans résistance de la hiérarchie ecclésiastique française. Lorsque le confinement général a été levé le 25 mai, Guillaume et sa famille ont décidé de se rendre dans une autre paroisse où le prêtre local continuait à donner la communion sur la langue.

 

À ce stade, il a commencé à recevoir des lettres de colère du prêtre qui avait refusé de lui donner la communion avant le confinement. On lui a dit qu'il avait choisi d'aller voir un prêtre "désobéissant" et qu'il n'était "pas sur le bon chemin vers la sanctification". Il a été accusé d'être "obstiné", de "vouloir que Dieu se soumette à ses désirs personnels" même si le Fils de Dieu a donné à ses évêques l'autorité sur les questions disciplinaires. On a même demandé à Guillaume s'il pensait être en état de grâce pour aller recevoir la Sainte Communion ailleurs en raison de son manque d'humilité et de sa désobéissance à l'évêque local, qui a été présenté comme ayant pris la décision que les prêtres doivent donner la communion dans la main. Une autre lettre similaire a suivi. Guillaume et sa femme ont décidé de ne pas répondre.

 

Ils se sont plaints de la correspondance à la hiérarchie catholique et, le 25 juin, Guillaume a déposé un recours formel auprès de l'évêque local, invoquant poliment mais fermement les documents romains cités ci-dessus. Dans cette lettre, rédigée en termes courtois, il a souligné la "grande souffrance" qui affectait sa vie spirituelle et celle de sa femme.

 

"En ce qui concerne la loi, c'est une grande injustice, et en ce qui concerne la communion ecclésiale, cela constitue une discrimination", écrit-il.

 

Comptant sur la "bonne volonté pastorale" de l'évêque, la lettre disait: "Nous avons recours à vous, Excellence, qui êtes garante de la justice et de la communion dans les paroisses du diocèse, pour que nous puissions à nouveau avoir l'immense joie de recevoir Notre Seigneur, dans notre paroisse, suivant l'humble inclination de notre cœur, c'est-à-dire sur la langue, conformément aux normes liturgiques."

 

Quatre jours plus tard, une lettre recommandée de l'évêque invitait le couple à venir discuter de la situation avec lui, mais avant que cela ne pusse arriver, une semaine après que Guillaume eut envoyé son appel officiel, sa paroisse reçut un avis informel de l'évêque indiquant que la sainte communion pouvait être distribué sur la langue. Depuis, environ la moitié des paroissiens ont repris la manière traditionnelle de recevoir l'hostie, à genoux et sur la langue.

 

Mais Guillaume a depuis reçu plusieurs lettres du curé de sa paroisse remettant en question sa connaissance du droit canon et des affaires ecclésiales et l'accusant d'"entêtement" et même de "fierté fanatique".

 

Dans une présentation de son combat pour la réception respectueuse de l'Eucharistie sur Gloria.tv, Guillaume a publié la lettre qui a amené un évêque à retirer une interdiction générale de la communion sur la langue, même si ce n'était que pour une paroisse et aussi discrètement que possible.

 

Il suggère que les fidèles se trouvant dans la même situation que lui se mettent d'abord en contact avec le prêtre qui refuse la communion sur la langue, en invoquant Redemptionis sacramentum et la lettre de 2009 relative à une situation sanitaire. Si cela est impossible, ils peuvent aussi essayer humblement de recevoir notre Seigneur sur la langue, avec un certain espoir de succès. Guillaume lui-même a été renvoyé avec un brusque: "Je ne vous donnerai pas la communion".

 

Si le prêtre, comme il le fera probablement, s'oppose à son devoir d'obéir à son évêque, Guillaume suggère que c'est le moment de s'adresser directement à cet évêque, par lettre recommandée, en prenant soin d'en conserver une copie.

 

La lettre doit indiquer précisément la date, la paroisse et les circonstances dans lesquelles un prêtre donné a refusé la communion sur la langue. Il doit rappeler précisément les normes et demander à l'évêque d'intervenir pour mettre fin aux abus. Elle devrait aussi, "subtilement" préciser, insiste Guillaume, qu'en cas de refus, un recours serait fait à la Congrégation pour le Culte Divin. L'ajout d'une copie de la réponse de cette dernière en 2009 peut suffire.

 

N'oubliez pas de prier pour votre prêtre, votre évêque et le succès de votre action, a ajouté Guillaume, et n'ayez pas l'espoir exagéré de voir l'évêque rétablir la communion sur la langue dans tout son diocèse.

 

N'oubliez pas non plus de remercier votre prêtre ou votre évêque si vous réussissez… et "préparez-vous à souffrir". Citant les messages violents reçus du prêtre local, Guillaume a commenté: "Cette incroyable explosion de violence de la part d'un prêtre, malgré le fait qu'il soit "classique" (sans être traditionnel) nous a fait prendre conscience de l'importance capitale du respect pour le Saint Sacrement. Si cela n'avait aucune importance, de telles passions ne se déchaîneraient pas. Satan ne semble pas du tout aimer la communion sur la langue…"

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Publié par Ingomer - dans Religion Liturgie