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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 08:03

Un article de Marco Tosatti, vaticaniste à La Stampa, traduit par Diakonos.be :

Il faut mettre Benoît XVI au secret. Burke n'est qu'un pauvre type. La garde rapprochée du pape contre-attaque

 

En lisant trois informations parues hier, je me suis dit que certains avaient perdu leur sang-froid et que nous avions entamé une dangereuse période de retour en arrière du style: celui qui n’est pas d’accord avec moi, qu’on lui coupe la tête. Une décadence populiste inédite dans l’histoire de l’Eglise moderne. J’espère vraiment me tromper et ce n’est pas une façon de parler. Je l’espère sincèrement. Malheureusement, plusieurs indices ne sont pas du genre à nous apaiser.

 

Le nœud du problème, si j’ai bien compris, réside encore une fois dans la réponse non donnée – un an plus tard – à cinq questions posées au Pape par quatre cardinaux sur des points controversés de son exhortation apostolique Amoris Laetitia. Des questions posées dans un esprit d’obéissance, suivant une procédure classique dans l’Eglise, c’est-à-dire en demandant au Pape et à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de fournir un éclaircissement. Deux mois après que les questions aient été posées, ces cardinaux ont appris que le Pape n’avait pas l’intention de répondre et ont rendu leurs questions publiques. En effet, ces questions nous concernent tous et on pourrait les résumer à une seule : est-il permis de communier en état de péché mortel sans avoir l’intention de changer de comportement ?

 

Pourquoi le pape refuse-t-il de répondre, nous n’en avons aucune idée. Il nous semble nous souvenir qu’un jésuite qui lui est proche ait un jour affirmé que c’était parce que les questions étaient idéologiques. Désolé mais cela me semble un peu court. Le rôle de l’autorité est justement d’éclaircir sa propre pensée et ce faisant de rendre évident qu’une question soit inutile ou pertinente. Au sein de l’Eglise en particulier, une autorité qui ne répond pas remplit-elle son devoir ?

 

En guise de réponse, des attaques à n’en plus finir se sont déchaînées contre ces quatre cardinaux et contre quiconque partageait leur perplexité. Nous ne voulons pas croire, comme on nous l’a laissé entendre, que le Pape ait encouragé ou donné son assentiment à ses fidèles en ce sens. Mais il ne fait aucun doute que le seul des quatre qui ait encore une charge – Raymond Leo Burke, Patron de l’Ordre de Malte – soit entré et se trouve toujours au milieu du champ de tir. En ce qui concerne Malte, vous pouvez retrouver un historique de l’affaire dans nos précédents articles. C’est peut-être justement la parésie de Burke qui a fait problème.

 

Ce qui nous amène au premier des trois épisodes d’hier : l’attaque personnelle déconcertante du cardinal Oscar Rodriguez Maradiaga, un comportement sans précédent. Dans la préface d’un livre-entretien écrit de concert avec son confrère salésien Antonio Carriero intitulé « Seul l’Evangile est révolutionnaire », voici ce que Maradiaga déclare au sujet de Burke, à propos des Dubia : « Ce cardinal qui soutient cela est un homme frustré, parce qu’il voulait le pouvoir et qu’il l’a perdu. Il croyait représenter la plus haute autorité des Etats-Unis ». Et il ajoute : « Ce n’est pas lui le magistère, c’est le Saint-Père qui est le magistère et c’est lui qui enseigne à toute l’Eglise. L’autre ne dit que sa propre pensée, ce qui ne mérite aucun autre commentaire. Ce ne sont que les mots d’un pauvre homme ». C’est pourtant là que réside le problème : un éclaircissement est demandé à propos du magistère et il ne vient pas. Mais pour Maradiaga, grand défenseur du Pape, il s’agit là d’un détail sans importance. Il préfère s’en prendre à une obscure « droite catholique » qui voudrait « le pouvoir et pas la vérité. Et s’ils pensent trouver une hérésie entre guillemets dans les paroles de François, ils se trompent lourdement parce qu’ils ne pensent que comme les hommes et pas comme le Seigneur le voudrait ».

 

La violence de ces propos est frappante. Où sont donc passés le dialogue et la miséricorde ?

 

Venons-en donc au deuxième épisode qui est tout aussi significatif. Le protagoniste est un certain Andrea Grillo, un laïc professeur de théologie à Saint-Anselme. Grillo ferait partie – à ce qu’on nous dit – de cette commission jamais officiellement annoncée et officiellement inconnue du Préfet du Culte Divin (c’est-à-dire l’autorité qui est normalement responsable en la matière) et qui aurait été chargée d’étudier la possibilité de créer une messe à laquelle catholiques et protestants pourraient participer ensemble. Ce qui n’est pas une mince affaire étant donné que le sens de l’eucharistie est totalement différent.

 

Le Préfet du Culte, c’est le cardinal africain Robert Sarah, nommé par le Pape à une époque où il avait dû pour des raisons de réforme diverses et variées le déplacer de la fonction qu’il occupait à la tête de Cor Unum. Dans la postface d’un de ses livres qui va bientôt sortir, Benoît XVI a déclaré qu’avec Sarah, la liturgie était en de bonnes mains. Cela ne nous semble pas être une affirmation scandaleuse, sauf pour ceux qui haïssent Sarah.

 

Cet Andrea Grillo, que nous n’avons pas le bonheur de connaître, s’est déchaîné : « Il faut bien comprendre la singularité de la situation. Un pape renonce à l’exercice de son ministère pétrinien. La procédure de succession est lancée et un successeur est élu. Normalement cela n’advient que « mortis causa ». Quand la raison n’est pas la mort du prédécesseur mais la « démission », cela expose l’institution à un cas délicat de conflit d’autorité. Qui devrait être réglé par la « consigne du silence » du prédécesseur. Lequel, dans la préface où les exalte les vertus du Préfet Sarah, cite un texte d’Ignace d’Antioche qui dit : « Il est préférable de rester silencieux ». Si non seulement il parle mais qu’en plus il fait l’éloge d’un Préfet qui a causé des tracas sans fin à l’Eglise et à son successeur, commence alors un conflit dangereux qui exigerait des comportements plus prudents et des mots plus responsables. Il faut à l’avenir fixer des normes qui règlent de façon plus nette et certaine la « mort institutionnelle » du prédécesseur et la pleine autorité du successeur, en cas de démission ».

 

Entre autres choses désagréables et peu respectueuses, Grillo a également déclaré : « Il ne peut y avoir de cohabitation. Cela semble maintenant parfaitement évident. Tout comme il est évident que le vêtement blanc et le droit de parole ainsi que la résidence doivent être strictement réglementés. L’Evêque émérite doit s’éloigner du Vatican et se taire à jamais. Ce n’est qu’à ces conditions qu’il est possible de configurer une « succession » réelle… Les intentions de discrétion et d’humilité sont violées de façon flagrante, de façon presque scandaleuse. Et je trouve véritablement déconcertant que l’Evêque émérite de Rome loue François pour une nomination qu’il sait pertinemment bien avoir contribué à décider. Cela me semble le fait le plus grave, c’est un signe de cléricalisme et dirais-je même d’une certaine hypocrisie ».

 

La solution que nous pourrions suggérer c’est celle de Fumone, le château en Campanie où le pape Célestin V fut déporté après sa renonciation. Je connais bien au moins l’un de ses propriétaires, s’il le souhaite je peux faire office d’intermédiaire. Blague à part, ce qui est scandaleux c’est le climat agressif créé par les responsables de cette nouvelle tendance. Une quantité de venin telle que peut-être quelqu’un à Sainte-Marthe devrait s’en préoccuper.

 

Venons-en enfin au troisième épisode. Les paroles du Pape à Sainte-Marthe. Il était question du problème des païens qui voulaient devenir chrétiens et de la discussion qui eut lieu entre les apôtres à ce sujet. Le Pape décrit ainsi la situation : « le groupe des apôtres qui voulaient débattre du problème et les autres qui créent des problèmes, qui sèment la division, qui divisent l’Eglise, qui disent que ce que prêchent les apôtres n’est pas ce que Jésus a dit, que ce n’est pas la vérité ».

 

Finalement, on aboutit à un accord et les païens peuvent entrer sans circoncision physique. Le Pape affirme que c’est « un devoir de l’Eglise d’éclaircir la doctrine » (Ah bon ? Et les dubia ? ndlr) afin « que l’on comprenne bien ce que Jésus a dit dans les Evangiles, quel est l’Esprit des Evangiles ».

 

« Mais il a toujours eu ces gens qui sans aucun mandat vont troubler la communauté chrétienne avec des discours qui troublent les âmes : ‘Eh, non. Ce que celui-là a dit est hérétique, on ne peut pas le dire, ça non, voilà la doctrine de l’Eglise… ‘. Et ils sont fanatiques de choses qui ne sont pas claires, comme ces fanatiques qui semaient à l’époque la zizanie pour diviser la communauté chrétienne. Et c’est cela le problème : quand la doctrine de l’Eglise, celle qui vient de l’Evangile, celle qu’inspire l’Esprit Saint – parce que Jésus a dit : ‘Il nous enseignera et il vous fera vous souvenir de tout ce que je vous ai dit’ -, quand cette doctrine se fait idéologie. Et c’est cela la grande erreur de ces gens ».

 

Petit jeu : dans lequel de ces deux groupes cités par le Pape rangeriez-vous Maradiaga et Grillo ? Et si les fanatiques spéculent sur des choses qui ne sont pas claires, pourquoi ne pas les éclaircir quand on le demande et couper court à toute ambigüité ?

 

Un article de Marco Tosatti, vaticaniste à La Stampa

 

Maradiaga, et c'est un secret de polichinelle, flirte avec l'open society de Soros... ceci explique peut-être cela...

 

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Publié par Ingomer - dans Religion
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Aube nouvelle 13/08/2017 17:24

Trop tard !
Le cardinal Burke a commencé à parler.
L’apocalypse est peut-être déjà là : « Cardinal, pensez-vous que nous sommes à la fin des temps ?»
https://gloria.tv/article/vXNa49iii6ws3huejLZ4AaqbH
La situation de l’Église doit être décrite comme « la confusion, la division et l’erreur » et « plus que troublée », selon le cardinal Raymond Burke. Dans un discours au Kentucky, le 22 juillet, il a remarqué que l’Église avait « abandonné la clarté » de son enseignement.
Burke a partagé avec son public une expérience qu’il a eu lors d’une conférence sur la liturgie : « Un jeune pasteur s’est approché de moi et a demandé : « Cardinal, pensez-vous que nous sommes à la fin des temps? L’expression sur son visage précisait la sincérité de sa question et le souci profond qui l’amenait. Je n’ai pas hésité à répondre: « Peut-être ». »
On peut croire que le « Peut-être ! » sorti de la bouche du cardinal Raymond Burke est un « Certainement ! » dans sa pensée, selon sa connaissance des réalités de l’actualisation de la vision apocalyptique. Cela en fait donc un témoin « officiel » de l’Eglise catholique romaine, le premier ecclésiastique qui déclare (avec bien sûr toute la prudence requise), en sa qualité de prélat de l’Eglise, que nous sommes bien à la fin des temps, alors que le grand nombre des autres ecclésiastiques n'en n'a même pas conscience. « …. Et les gens ne se doutèrent de rien jusqu’à l’arrivée du déluge, qui les emporta tous. Tel sera aussi l’avènement du Fils de l’homme. » (Matthieu 24 :37-39).
Cela fait donc du cardinal Raymond Burke (et de ceux qui le soutiennent en connaissance de cause) un des « deux témoins » annoncés par la vision apocalyptique.
A nous d’en tirer les conclusions qui s’imposent selon les éléments (ou renseignements) livrés par les écritures