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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 07:45

Thomisme contre augustinisme politique. Dans cette opposition (d'apparence), sur ce blog, nous nous positionnons du côté du thomisme (réalisme philosophique) qui vient compléter l'augustinisme politique dans son insuffisance :

Le thomisme : une réponse à l'augustinisme politique de l'Etat moderne

Un certain nombre de catholiques sont portés vers l’augustinisme politique. Il n’est pas inutile de noter que cette tentation est partagée dans toutes les sensibilités liturgiques : il me semble, sans leur faire aucunement offense, qu’elle est le ressort commun des démarches de personnes pourtant aussi différentes qu’Erwan Le Morhedec ou Alain Escada.

 

L’augustinisme politique part de l’idée parfaitement catholique que la grâce (divine) surpasse la nature (humaine). Mais, il procède ensuite à une absorption du temporel par le spirituel sous prétexte que la finalité du second (le salut des âmes) est supérieure à celle du premier (le bien vivre). Cela induit de nombreuses conséquences : par exemple, la vertu de justice (avoir une conduite qui plaît à Dieu) rendrait inutile la réalisation de la justice rétributive (commutant ou distribuant les droits). La loi morale (qui dicte les conduites) remplace alors le droit naturel (qui répartit les choses extérieures entre les personnes) alors que, distincts, ils convergent naturellement.

 

Or, la hiérarchie des domaines (supériorité du religieux sur le politique) n’implique pas la dé-légitimation du second. De même, chercher la justice particulière (répartir l’avoir) ne détourne pas de la justice générale (être juste). Mais, l’augustinisme politique en vient, quant à lui, à nier l’irréductibilité du politique (pourtant inscrite dans l’ordre cosmologique des choses) et, par voie de conséquences, de la nécessité d’attribuer à chacun selon son mérite : reconnaître à César ce qui lui revient serait superflu puisqu’il faut rendre prioritairement à Dieu ce qui lui est dû. Cette critique de l’augustinisme relève, vous l’avez bien compris, du thomisme. Pour celui-ci, l’existence de la patrie céleste ne fait pas disparaître la patrie terrestre, l’objectif (religieux) de la vertu ne détourne pas de la recherche (politique) du bien commun.

 

Source: Les catholiques français face au choix politique, Guillaume Bernard, Propos recueillis par Thomas Renaud et Charlotte d’Ornellas. Aleteia, 10 mai 2017

NdCR. Il est étonnant de constater que de nos jours, l'état moderne est d'une certaine façon l'héritier de l'augustinisme politique en ce qu'il tend lui aussi à absorber le spirituel (confusion entre le temporel et les loges maçonniques), et que la seule réponse efficace à la confusion englobante des pouvoirs soit une réponse chrétienne, celle du thomisme.

 

Rappelons que porteur de la séparation du spirituel et du temporel, le dualisme chrétien a été le principal ressort de la prodigieuse réussite scientifique, technique, économique et sociale de l'Occident. Parallèlement, le monisme absorbant totalement le politique dans le religieux est resté par exemple la marque de civilisations telle que celle du monde musulman.

 

"Aujourd'hui, la confusion du politique et du religieux prend principalement la forme de la religion d'Etat des droits de l'homme..." (Jean-Louis HAROUEL, Le Vrai génie du Christianisme, éd. Jean-Cyrielle Godefroy, 2012)

 

Lire : Jean-Louis HAROUEL : « Nous baignons dans le religieux, nous baignons dans une religion politique : l'idéologie post-chrétienne »

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