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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 13:07
Cristeros

Cristeros

Interdiction du parti monarchiste au Mexique !

 

Lors d'une réunion de la Hermandad Nacional Monárquica de España (Fraternité nationale monarchique d'Espagne) aux Baléares le week end dernier, le délégué du mouvement monarchiste au Mexique, don Arturo Santoyo et Medina, a affirmé que les partis monarchistes mexicains seraient interdits au sein de la république fédérale et actuellement en quasi état de clandestinité

 

Selon le représentant monarchiste, "les règles démocratiques de la République du Mexique ne permettent pas aux monarchistes mexicains d'organiser des manifestations publiques car interdites"...

 

Après 3 siècles de monarchie impériale aztèque (1200-1521) tombée entre les mains des conquistadores espagnols, d'Hernan Cortès, il faudra attendre la lutte pour l'indépendance (1810) pour que l'idée monarchique refasse surface. Une fois mis en place, le parlement mexicain avait alors proposé une union personnelle au royaume d'Espagne et invité le roi Ferdinand VII (alors exilé par Napoléon Ier) à venir se faire couronner à Mexico. Devant le refus du roi Bourbon, qui ne reconnaissait pas cette indépendance, la loi prévoyait qu'un prince européen occupe alors le trône vacant. Ferdinand VII s'empressa d'y mettre son véto. Adopté en février 1821, le plan d'Iguala transformera le Mexique en une monarchie constitutionnelle catholique et d'offrir la couronne au général Agustín de Iturbide, ancien commandant des forces royalistes devenu héros de la révolution mexicaine.

 

Son règne absolu durera moins d'un an (mars 1823-mai 1824) et il devra se résigner à renoncer au trône après une conspiration d'officiers militaires , parmi lesquels le général Antonio Lopez de Santa -Anna, futur vainqueur d'Alamo en 1836 sur les indépendantistes texans américains . Tentant vainement de reprendre son trône, il sera arrêté et fusillé en juillet 1824.

Interdiction du parti monarchiste au Mexique !

Bien que devenue république, les présidents qui se succèdent gardent toute la pompe monarchique du pouvoir notamment durant les nombreuses dictatures de Santa Anna (entre 1833 et 1855), surnommé le "Napoléon de l'Ouest" qui n'hésita pas à se parer du prédicat d'Altesse royale et porter manteau royal.

 

Caressant l'espoir de voir se fonder un empire catholique en Amérique du Sud, l'Empereur Napoléon III accepte de recevoir une délégation de conservateurs mexicains en 1863. Poussé par son épouse Eugénie de Montijo,il cautionnera financièrement et militairement la création de ce nouvel empire, bientôt pris dans la tourmente de la guerre de Sécession. Après avoir refusé le trône de Grèce, converti à cette idée par son épouse ambitieuse, Charlotte de Belgique et berné par les promesses des délégués, le frère de l'empereur d'Autriche, Maximilien de Habsbourg-Lorraine accepte de ceindre cette nouvelle couronne. A peine arrivé au Mexique en 1864, le nouveau souverain doit faire face à une rébellion conduite par l'indien et Président Bénito Juarez et faire face à peu de soutiens de la population qui se méfie de cet étranger. 3 ans plus tard, l'empire de Maximilien s'effondrait, défait par la rébellion. Abandonné par ses alliés, un peloton d'exécution à Querétaro mettra définitivement à cette nouvelle tentative de monarchie.

 

Le parti monarchiste désagrégé, se réfugie dans la clandestinité et progressivement se reconstitue apportant un soutien au coup d'état conservateur du général Porfirio Díaz. Installé sous les dorures du palais royal, il ré-instaure toutes les institutions monarchiques sans pour autant appeler sur le trône le prince Agustín de Iturbide y Green (1863-1925), prétendant à la couronne. Fils du premier empereur et que le second avait adopté, ce dernier reste très critique à l'égard du régime et prend contact avec les monarchistes. Un complot tente alors de l'installer sur le trône en 1890 mais il est arrêté par les autorités mexicaines pour sédition et emprisonné pour 14 mois . Craignant d'être empoisonné, il s'exilera au Etats-Unis où il travaillera comme traducteur et professeur d'espagnol.

 

De nouveau décapité, le mouvement monarchiste rejoindra le mouvement des Cristeros (1926-1929) , ces mexicains catholiques révoltés après que la république ait décidé de promulguer de violentes mesures anti-cléricales. Bannières du Christ-roi se mêlent à celles de l'empire, menées par le général Enrique Gorostieta Velarde. Croyants et monarchistes côte à côté dans cette vendée mexicaine qui fera des centaines de milliers de morts. Bien que l'héritière au trône, la princesse María Josepha Sophia de Iturbide (1872-1949) apporte son soutien à la rébellion, nul ne songe à rétablir la monarchie. Le principe de la foi catholique primera tout au long du conflit sur celui de la monarchie. Battus, le mouvement des Cristeros force les monarchistes à s'exiler et avec eux l'idéal monarchique qui entre dans une longue période de léthargie.

 

Ce n'est qu'au début des années 2000, que le mouvement monarchiste mexicain refait surface. Face aux multiples affaires de corruption, à une criminalité en augmentation et à l'omniprésence des partis traditionnels qui se partagent la présidence à tour de rôle, ces néo-monarchistes tentent de réintroduire l'idée monarchique comme alternative. En juillet 2013, timidement, les groupes monarchistes comme "Viva el III Imperio Mexicano" et le "Partido Monárquico Mexicano", ont tenté d'organiser un rassemblement afin de réclamer le retour de la monarchie constitutionnelle avant d'être dispersés par la police.

 

Il est difficile d'évaluer aujourd'hui le nombre de monarchistes , tout au plus quelques milliers de nostalgiques, qui sont principalement actif sur les réseaux sociaux. Des monarchistes qui restent très divisés sur la question du prétendant et qui ont lancé une campagne afin que l'empereur Maximilien Ier et son épouse soient de nouveau inhumés au Mexique. En cas de restauration, ils auront le choix entre le prince Juan José Marcilla de Teruel-Moctezuma y Jiménez, 5ème duc de Moctezuma de Tultengo (descendant de Moctezuma II et vivant en Espagne), le prince Maximiliano II von Götzen - Iturbide (petit fils de la princesse Maria et vivant en Australie, n'ayant jamais revendiqué ses droits sur le Mexique en dépit d'une reconnaissance comme tel par le pape Benoit XVI en 2011) et le prince Charles-Philippe de Habsbourg-Lorraine (petit-fils d'Otto de Habsbourg-Lorraine, résidant au Mexique).

 

Frederic De Natal

 

Source: Vexilla-Galliae

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Publié par Ingomer - dans Royalisme
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