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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 09:26

Si vous entendez Emmanuel Macron ou ses adeptes vous dire qu'il a quitté le milieu de la finance pour faire de la politique et donc qu'il a perdu de l'argent, répondez-leur ceci :

 

« Macron est mandaté par les milliardaires pour donner un grand coup de balai sur des divisions politiques qui n'ont plus lieu d'être, qui paralysent les intérêts de l'Oligarchie : plus de droite, plus de gauche, tous unis derrière le veau d'or qui est devenu l'argent, les intérêts et les pouvoirs de cette Oligarchie. Plus de secteur privé, plus de secteur public, on va de l'un à l'autre et de l'autre à l'un. Bientôt le monde sera marchandisé, privatisé, et Emmanuel Macron sera radieux. Et il sera récompensé par les financiers du bon travail qu'il aura fait. 

 

Une classe sociale, aujourd'hui effectivement mondialisée, défend des intérêts de type extrêmement violent, c'est-à-dire que grâce à leur titre, grâce à la propriété des moyens de production. Ils sont bien décidés à exploiter toujours plus le monde du travail, à marchandiser les ressources naturelles, à exploiter les pays sous-développés, à spéculer sur le réchauffement climatique, et à marchandiser l'ensemble des services publics, y compris les services sociaux, par exemple d'aides aux plus démunis.

 

L'argent est devenu une arme de destruction massive qui leur permet de tout attaquer, tout contrôler, la démocratie, le politique, les corps, les ressources naturelles, le travail. C'est une véritable guerre de classe

 

[...] Le conflit d'intérêt? Ils s'en tapent, parce que en réalité pour eux ce n'est pas un problème. La séparation des pouvoirs, cela n'existe pas. [...] Et donc c'est une espèce de résurgence de l'Ancien Régime, qui vraiment devrait être complètement supprimée. »

 

Note de Christ-Roi. La séparation des pouvoirs est un mythe de la république des « Lumières » pour donner le pouvoir aux milliardaires à la place du roi et du peuple.

 

Sous l'Ancien Régime, le roi n'était pas le jouet des riches, il en était le maître absolu, il ne dépendait d'aucune puissance et était délié de tout lien (absolutisme).

 

L'enrichissement indéfini était perçu comme immoral par le codes même de la noblesse, il cachait une activité interdite (l'usure) et conduisait à l'arrestation et au bannissement (Fouquet).

 

Le commerce, lui-même était interdit à la noblesse : ses codes d'honneur ne permettaient pas un enrichissement indéfini tel qu'il fut permis à partir de 1789...

 

L'explication partielle de l'Oligarchie, vue sous le seul angle économique est donc incomplète (et peut même être très dangereuse si elle devient l'outil de propagande idéologique du totalitarisme communiste). L'explication doit impérativement aborder le pendant politique de l'oligarchie, sans quoi on a un discours de façade préempté par les gauchistes comme l'a fait Mélenchon durant la campagne présidentielle 2017 en se mettant lui aussi à parler d'« oligarchie» (un thème qui jusque-là n'avait été expliqué et développé que par le Front national), sans jamais faire une analyse de fond de l'oligarchie politique.

 

Du point de vue historique, la naissance de l'oligarchie politique républicaine a bien été identifiée par l'historien Patrice Gueniffey : 

 

« Dans le régime démocratique, ... (e)n théorie, le nouveau citoyen se voit reconnaître un pouvoir de contribuer à la formation des décisions, ... Mais en réalité, il a moins de prise sur la décision qu'il n'en a jamais eu (Cf. P. Gueniffey, Le Nombre et la raison, p. 208-213).

 

En effet, la participation démocratique "transfère" le pouvoir théoriquement possédé par les individus à une oligarchie composée de professionnels de la politique. Cette oligarchie trie les problèmes et définit les termes dans lesquels ils peuvent être résolus, médiation indispensable pour transmuer la poussière des volontés individuelles en "volonté collective". La toute-puissance de la "machine", ou du parti, est la réalité de la liberté du citoyen moderne.

 

...[L]e pouvoir réel se trouve entre les mains du 'cercle intérieur'.

 

... [L]e peuple est réellement dépossédé de son pouvoir au profit du parti indispensable au fonctionnement de la démocratie.

 

... [L]e mensonge: la dictature d'une minorité prétendant énoncer la Volonté générale au nom du peuple mais à la place du peuple... »

 

(Patrice Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 206-207).

 

Le seul clivage que Macron souhaite conserver, et même « rebâtir » est précisément le clivage « entre progressistes et conservateurs » issu de 1789

 

« A mes yeux, le vrai clivage dans notre pays (...) est entre progressistes et conservateurs, c'est ce clivage que je veux rebâtir maintenant et je ne veux pas attendre 2017 » (pour cela), avait déclaré le ministre de l'Economie dans une interview pour Arte.

 

Conclusion

 

Le « en marche » d'Emmanuel Macron, c'est un retour à la précarité sociale du XIXe siècle, le tonneau des danaïdes de la dette qui ne cesse de se remplir pour le plus grand profit des banques et le plus grand malheur des peuples, réduits à l'esclavage pour dette comme durant l'Antiquité !, pendant que les écarts de richesses ne cessent de se creuser au point d'atteindre des niveaux records jamais atteints dans l'histoire de l'humanité, une classe de riches de plus en plus riches et une classe de pauvres de plus en plus pauvre, une France tiers-mondisée dont le PIB est dépassé par d'anciens pays en développement comme l'Inde ou le Brésil, la France livrée à l'oligarchie politico-économique.

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