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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 13:03

Alors que le Préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Müller, a expliqué le 1er février qu'on devrait interpréter le texte d''Amoris laetitia du pape François dans un sens traditionnel, les évêques d'Allemagne, dans une lettre intitulée “Parole des évêques” annoncent en sens inverse et le même jour mercredi 1er février 2017, que les catholiques divorcés qui ont contracté un nouveau mariage civil ne sont plus systématiquement exclus de la communion eucharistique.

Le document qui se veut un prolongement d'Amoris laetitia, et sous-titré “la joie de l’amour, tel qu’il est vécu dans les familles fait aussi la joie de l’Eglise”, enjoint les prêtres, dans certaines situations, à aménager un accès possible aux sacrements pour les divorcés et remariés.

Le Cardinal Müller et les évêques allemands s'affrontent sur l'interprétation d'Amoris Laetitia. Le Cardinal Gerhard Müller a déclaré à la revue italienne Il Timone que l'enseignement de saint Jean Paul II reste en vigueur aujourd'hui, et les catholiques divorcés et remariés ne peuvent être admis à la communion que s'ils vivent "dans la continence complète." Il a souligné que, lorsque le pape Jean - Paul II a exprimé son enseignement, il n'exprimait pas seulement sa propre opinion mais "un élément essentiel de la théologie morale chrétienne."

Lorsque l'entrevue avec le cardinal Müller est apparue, le conseil permanent de la conférence des évêques allemands a publié son propre document sur Amoris Laetitia, en disant que dans ce document le Pape François avait ouvert la voie permettant aux divorcés-remariés catholiques de recevoir la communion. Cela pourrait se faire, disent les évêques allemands, après la conclusion d'un «processus de prise de décision, accompagné par un prêtre." (Source via Le Forum catholique)

Notons que le cardinal a simplement accordé un entretien à un journal italien et l'action véritable d'un cardinal-préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi ne peut que prendre une seule forme, celle d'une note doctrinale publiée par sa Congrégation, éventuellement approuvée spécifiquement par le Saint-Père, ou dont celui-ci aura a minima ordonné la publication. Et il reste en outre la lettre du pape aux évêques argentins affirmant qu'il n’y pas d’autre interprétation que celle des évêques argentins maximalisant Amoris laetitia et affirmant que l'accès aux sacrements peut-être autorisé pour certains couples remariés bien que l'un ou l'autre, ou les deux se trouve toujours lié par un précédent mariage religieux qui n'a pas été déclaré nul.

La Conférence des évêques d'Allemagne précise que le texte a été finalisé sans concertation avec le Vatican. Question : le pape frappera-t-il d'excommunication les évêques dissidents, exactement comme Mgr Rigoberto Corredor,  évêque du diocèse de Pereira (Colombie) a excommunié le Père Uribe Medina pour s’être “publiquement séparé de la communion avec le Pape et avec l’Eglise” en exprimant son désaccord avec le passage de l’Exhortation apostolique “Amoris Laetitia” qui concerne la communion des divorcés-remariés et contredit les enseignements de S. Jean-Paul II et de Benoît XVI ?

Un pontificat problématique

Un pontificat problématique

Qu’on le veuille ou non, que ça plaise ou pas, il faut bien reconnaître que l’actuel pontificat commence à devenir passablement problématique. Ce qui se déroule actuellement en Allemagne le confirme.
 

Acte 1. La Conférence des évêques d’Allemagne, sous la présidence du Cardinal Reinhard Marx (très apprécié du Pape François) publie un document volontairement flou au sujet d’ “Amoris laetitia” (à voir ici). Chacun peut y trouver ce qu’il veut : les fidèles divorcés ne sont plus systématiquement exclus de la communion eucharistique mais les personnes divorcées remariées ne peuvent pourtant pas en conclure une admission automatique aux sacrements...
 

Acte 2. La presse allemande s’empare de ce document pour le commenter. Ainsi, dans le
Süddeutsche Zeitung” Rudolf Neumaier peut-il écrire que

 

« les évêques catholiques d’Allemagne ont renoncé à l’un des principes les plus fondamentaux de l’Eglise, principe qui est aussi le plus controversé. Dans une lettre intitulée “Parole des évêques” ils ont annoncé ce mercredi 1er février 2017 que les catholiques divorcés qui ont contracté un nouveau mariage civil ne sont plus systématiquement exclus de la communion eucharistique. Ce document sous-titré “la joie de l’amour, tel qu’il est vécu dans les familles fait aussi la joie de l’Eglise” a d’ores et déjà déclenché de vifs débats entre les fidèles. Pour les membres des mouvements traditionalistes cette “communion sous adultère” n’est pas acceptable. Le clergé conservateur considère que l’indissolubilité du mariage n’est pas négociable et qu’accepter que les divorcés remariés puissent accéder aux sacrements est une erreur. Mais les évêques allemands voient cela d’un tout autre œil. Leur document se veut un prolongement d’ “Amoris Laetitiae” promulgué en avril dernier par le Pape François. Le souverain pontife s’y était exprimé pour “une oreille attentive et un cœur bienveillant” dans le domaine de la pastorale familiale. Les évêques [allemands] font ici un pas de plus et disent, plus clairement encore que le Pape, que les prêtres doivent, dans certaines situations, aménager un accès possible aux sacrements pour les personnes concernées.
 

Les évêques ont ainsi lutté durant près de dix mois après la parution du document pontifical pour trouver la bonne formulation de leur lettre à eux. La Conférence des évêques d’Allemagne ne dit pas avec quelle majorité le texte a été approuvé en assemblée générale mais précise que le texte a été finalisé sans concertation avec le Vatican.
 

Dans ce document il est dit que : “Toutes les personnes dont le couple a été un échec et qui sont remariées civilement ne peuvent pas, indistinctement, être admises à recevoir les sacrements.” Ce qui signifie que les catholiques divorcés-remariés ne peuvent pas, automatiquement, recevoir des sacrements. Les évêques leur conseillent de vérifier d’abord si leur premier mariage pourrait être annulé par Rome. Mais, en se référant au Pape François, ils estiment que la réception ou non de l’Eucharistie repose en fin de compte sur une décision basée sur la seule conscience de ces fidèles.
 

En insistant ainsi sur le rôle de la conscience, ils concèdent aux croyants une certaine émancipation par rapport aux lois fondamentales de l’Eglise selon lesquelles les “divorcés-remariés” vivraient en état de péché.
 

Le site Kath.net réputé conservateur a publié, aussitôt après la parution du texte des évêques allemands, une interview de Mgr Gerhard Ludwig Müller, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Celui-ci s’accroche à la doctrine traditionnelle : “On ne peut pas prétendre qu’il existe des situations dans lesquelles l’adultère n’est pas un péché mortel. Dans la doctrine catholique, la concomitance du péché mortel et de la grâce sanctifiante est impossible.”
 

Le comité central des catholiques allemands a accueilli chaleureusement le document de leurs évêques. Un porte-parole de l’organisation “Wir sind Kirche” s’est félicité de ce pas important fait dans la direction d’une évolution positive dans l’Eglise. »

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Publié par Ingomer - dans Religion
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