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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 21:01
Laïcité et religions : belle bourde de Benoît Hamon qui oublie la citation de Vincent Peillon

Suite au deuxième débat ce soir des primaires des candidats à la présidentielle de la gauche, on peut déjà tirer un enseignement du dit "débat". C'est que la seule religion que l'on peut stigmatiser et déclarer incompatible avec la république, c'est la religion catholique, comme l'a fait Vincent Peillon ces dernières années.

 

Dans un entretien aux Editions du Seuil le 08 octobre 2008, pour la publication de son livre "La Révolution française n'est pas terminée", il déclara qu'il voulait "remplacer" la religion catholique, car "on ne pourra jamais construire un pays de liberté avec la religion catholique" ! (bonjour la liberté religieuse et la liberté tout court !)

 

VIe république et éradication de la religion catholique : un débat que les médias ne portent pas devant la scène "Et donc on a laissé le moral et le spirituel à l'Eglise catholique. Donc, il faut remplacer cela. Et d'ailleurs l'échec de (la Révolution) de 1848, où l'Eglise catholique et des prêtres sont venus bénir les 'arbres de la liberté' des révolutionnaires, c'est la preuve que l'on ne pourra jamais construire un pays de liberté avec la religion catholique." (Vincent Peillon, entretien aux Editions du Seuil le 08 octobre 2008)

 

Lire : VIe république et éradication de la religion catholique : un débat que les médias ne portent pas devant la scène

 

Puis, dans un autre entretien pour Le Monde des religions le 1er mars 2010, Vincent Peillon récidiva en déclarant :

 

"Dans notre pays, l'Eglise, dans le fond, détient le pouvoir spirituel et un formidable pouvoir d'opinion et de conscience. Et nous avons échoué. Nous avons fait des révolutions, mais des révolutions matérielles, et nous avons laissé les esprits, mais aussi tout ce qui est de l'ordre charnel dans l'existence, de ritualisations (le baptême, l'enterrement, etc.) être géré par l'Eglise catholique.

 

Dans un certains nombre de démocraties modernes, ils ont réussi à instaurer leur démocratie – ou leur république – c'était un modèle au XIXe siècle (c'est l'Angleterre, les Etats-Unis, les Pays-Bas) - parce qu'ils ont la religion protestante, qui est une religion qui correspond à la république, à la modernité, parce qu'elle est une religion de libre examen. Mais en France, certains ont tenté d'ailleurs des vagues de conversions au protestantisme (Eugène Sue). Jean Baubérot raconte très bien cela dans ses ouvrages. Cela ne marche pas. Parce que le pays est catholique...

 

Donc il faut que nous inventions pour établir la république, une spiritualité, voire une religion spécifique. Cela germe dans les milieux républicains, beaucoup dans les milieux francs-maçons sous le Second empire." (Entretien pour Le Monde des religions, le 1er mars 2010, "Vincent Peillon: vers une république spirituelle?")

 

Benoît Hamon, ce soir, a donné une vision de la laïcité beaucoup plus respectueuse. Il a même fait une pétition de foi de laïcité qui renvoie Vincent Peillon dans le rang des hérétiques (s'agissant de l'islam) : 

 

"Il faut rassembler les Français et ne pas désigner une religion, en l' occurrence l'islam, comme incompatible avec la République car ce n'est pas vrai." [1]

 

Par contre, la sortie de Vincent Peillon : "on ne pourra jamais construire un pays de liberté avec la religion catholique" a bel et bien été oubliée par Benoît Hamon.

 

Donc, RESUME : l'islam est compatible avec la république, mais pas la religion catholique ! "Rassembler" les Français, c'est leur interdire de dire que l'islam est incompatible avec la république et c'est parallèlement les forcer à abandonner leur religion historique, qui, elle seule, serait incompatible !

 

Si Benoît Hamon pousse des hauts cris pour défendre l'islam, qu'il défende aussi la religion catholique !

 

Ne soyons pas dupes : sous ses airs de laïc plus respectueux des religions, Benoît Hamon est aussi dangereux que Vincent Peillon dans son mépris du catholicisme.

Sources

 

[1] EN DIRECT Primaire : les temps forts du deuxième débat, Les Echos.fr, Valérie Mazuir Le 15/01 à 15:31Mis à jour à 21:10

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commentaires

CHAZEL Mérédith 18/02/2017 23:41

Tout çà est bien bizarre. Ils se prennent les pieds dans le tapis