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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 17:57
François autorise tous les prêtres à absoudre le péché d'avortement. "Tout se résout dans l’amour miséricordieux du Père"

Lettre apostolique du pape François «Misericordia et misera» [1] Extraits :

 

«A ceux qui liront cette Lettre Apostolique miséricorde et paix »

 

« 1. ... La miséricorde ne peut être une parenthèse dans la vie de l’Église, mais elle en constitue l’existence même, qui rend manifeste et tangible la vérité profonde de l’Évangile. Tout se révèle dans la miséricorde ; tout se résout dans l’amour miséricordieux du Père » écrit le pape François.

 

« 2. ... Le pardon est le signe le plus visible de l’amour du Père, que Jésus a voulu révéler dans toute sa vie. Il n’y a aucune page de l’Évangile où cet impératif de l’amour qui va jusqu’au pardon ne soit présent. Même au moment ultime de son existence terrestre, alors qu’il est cloué sur la croix, Jésus a des paroles de pardon : « Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu’ils font. » (Lc23,34). »

 

« 3. ... La miséricorde suscite la joie, car le cœur s’ouvre à l’espérance d’une vie nouvelle. La joie du pardon est indicible, mais elle transparait en nous chaque fois que nous en faisons l’expérience. L’amour avec lequel Dieu vient à notre rencontre en est l’origine, brisant le cercle d’égoïsme qui nous entoure, pour faire de nous, à notre tour, des instruments de miséricorde.

 

Comme sont riches de sens également pour nous les paroles anciennes qui guidaient les premiers chrétiens : « Revêts-toi donc de la joie qui plaît toujours à Dieu et qu’il accueille favorablement : fais-en tes délices. Tout homme joyeux fait le bien, pense le bien et méprise la tristesse […] Ils vivront pour Dieu, ceux qui rejetteront loin d’eux la tristesse et se revêtiront de la seule joie »2 [Note 2. Le Pasteur d’Hermas, XLII, 1-4. NdCR.]. Faire l’expérience de la miséricorde donne de la joie. Ne laissons pas nos afflictions et nos préoccupations l’éloigner de nous. Qu’elle demeure bien enracinée dans notre cœur et nous fasse toujours considérer notre vie quotidienne avec sérénité.

 

Dans une culture souvent dominée par la technique, les formes de tristesse et de solitude où tombent tant de personnes et aussi tant de jeunes, semblent se multiplier. L’avenir semble être l’otage de l’incertitude qui ne permet pas la stabilité. C’est ainsi qu’apparaissent souvent des sentiments de mélancolie, de tristesse et d’ennui, qui peu à peu peuvent conduire au désespoir. Nous avons besoin de témoins d’espérance et de véritable joie, pour chasser les chimères qui promettent un bonheur facile fait de paradis artificiels. Le vide profond ressenti par beaucoup peut être comblé par l’espérance que nous portons dans le cœur et par la joie qui en découle. Nous avons tant besoin de reconnaître la joie qui se révèle dans un cœur touché par la miséricorde. Tirons donc profit de ces paroles de l’Apôtre : « Soyez toujours dans la joie du Seigneur» (Ph 4,4 ; cf. 1 Th 5,16).   »

 

Le document a été présenté à la presse ce lundi 21 novembre 2016, au Vatican, par le président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, Mgr Rino Fisichella.

 

Il a été signé par le pape, debout, au terme de la messe pour la conclusion du Jubilé de la miséricorde, dimanche, 20 novembre 2016, place Saint-Pierre, et il a été confié à des représentants de diverses réalités de l’Eglise.

 

Le titre « la miséricorde et la misère » est inspiré de saint Augustin d’Hippone et il fait écho à un passage de saint Augustin qui commente l’épisode de la femme adultère, désignée par « misera » : une fois que tous ceux qui voulaient lapider la femme se furent retirés, « il n’en resta que deux, la misère et la miséricorde » (« Relicti sunt duo misera et misericordia« , commentaire sur l’Evangile de Jean – In Ioh. Ev. tr. 33,5 , CCSL XXXVI, 309). Mais le pape François a fait le choix théologique et spirituel, d’inverser l’ordre des mots pour signifier que la miséricorde de Dieu est première et prévenante.

 

Dans sa lettre apostolique « Misericordia et misera », publiée ce 21 novembre 2016, le pape annonce en outre des décisions pour prolonger dans la vie de l’Eglise et dans le monde la force du Jubilé de la Miséricorde. [2]

 

A propos de l’avortement

 

« 12. ... [P]our qu’aucun obstacle ne s’interpose entre la demande de réconciliation et le pardon de Dieu, je concède à tous les prêtres, à partir de maintenant, en vertu de leur ministère, la faculté d’absoudre le péché d’avortement » déclare le pape François.

 

Cette mesure concerne toutes les personnes ayant concouru à un avortement, pas seulement la mère de l’enfant, comme le soulignait Jean-Paul II dans sa Lettre aux femmes de 1995 : « Le choix de l’avortement, qui reste toujours un péché grave, avant même d’être une responsabilité à faire endosser par les femmes, est un crime qu’il faut mettre au compte de l’homme et de la complicité du milieu de vie » (n. 5).

 

Le pape rappelle la gravité de la mort d’un innocent :

 

«12. ... Je voudrais redire de toutes mes forces que l’avortement est un péché grave, parce qu’il met fin à une vie innocente. Cependant, je peux et je dois affirmer avec la même force qu’il n’existe aucun péché que ne puisse rejoindre et détruire la miséricorde de Dieu quand elle trouve un cœur contrit qui demande à être réconcilié avec le Père. Que chaque prêtre se fasse donc guide, soutien et réconfort dans l’accompagnement des pénitents sur ce chemin particulier de réconciliation. »

 

Les Missionnaires de la miséricorde : un signe qui demeure

 

Le pape François prolonge le mandat des Missionnaires de la miséricorde qui ont le pouvoir de remettre les péchés jusqu’ici réservés au Siège apostolique, « comme signe concret que la grâce du Jubilé est toujours vivante et efficace partout dans le monde ».

 

Les Missionnaires de la miséricorde, qui sont un peu plus de mille, ont reçu du pape le pouvoir d’absoudre dans la confession cinq types de péchés habituellement réservés au Siège apostolique : la profanation de l’Eucharistie, la violence contre le Successeur de Pierre, l’absolution d’un complice, l’ordination d’un évêque sans mandat du pape, la violation du secret de la confession.

 

Sacrement de la réconciliation dans la Fraternité Saint Pie X

 

Le pape prolonge la « faculté » accordée pendant le Jubilé de la miséricorde aux fidèles fréquentant les messes célébrées par des prêtres de la Fraternité Saint-Pie X « de recevoir validement et licitement l’absolution sacramentelle de leurs péchés » :

 

« Pour le bien pastoral de ces fidèles et comptant sur la bonne volonté de leurs prêtres afin que la pleine communion dans l’Église catholique puisse être recouvrée avec l’aide de Dieu, j’établis par ma propre décision d’étendre cette faculté au-delà de la période jubilaire, jusqu’à ce que soient prises de nouvelles dispositions, pour que le signe sacramentel de la réconciliation à travers le pardon de l’Église ne fasse jamais défaut à personne. »

 

Les 24 heures pour le Seigneur

 

Le pape confirme les « 24 heures pour le Seigneur », parmi les initiatives visant à ce que le sacrement de la Réconciliation « retrouve sa place centrale dans la vie chrétienne » et « qu’aucun pénitent sincère ne soit empêché d’accéder à l’amour du Père qui attend son retour, et que la possibilité de faire l’expérience de la force libératrice du pardon soit offerte à tous ».

 

« La célébration de l’initiative des 24 heures pour le Seigneur, en lien avec le IVème dimanche de Carême, peut être une occasion à saisir », souligne le pape.

 

Une Journée mondiale des pauvres pour la solennité du Christ-Roi de l'Univers

 

Enfin, dans  sa lettre apostolique « Misericordia et misera », publiée ce 21 novembre 2016, le pape institue une Journée mondiale des pauvres, ainsi qu’un dimanche de la Parole de Dieu [3]

 

« 21. À la lumière du «Jubilé des personnes socialement exclues», alors que dans toutes les cathédrales et dans les sanctuaires du monde les Portes de la Miséricorde se fermaient, j’ai eu l’intuition que, comme dernier signe concret de cette Année Sainte extraordinaire, on devait célébrer dans toute l’Église, le XXXIIIème Dimanche du Temps ordinaire, la Journée mondiale des pauvres. Ce sera la meilleure préparation pour vivre la solennité de Notre Seigneur Jésus Christ, Roi de l’Univers, qui s’est identifié aux petits et aux pauvres et qui nous jugera sur les œuvres de miséricorde (cf. Mt 25,31-46). Ce sera une journée qui aidera les communautés et chaque baptisé à réfléchir sur la manière dont la pauvreté est au cœur de l’Évangile et sur le fait que, tant que Lazare git à la porte de notre maison (cf. Lc 16,19-21), il ne pourra y avoir de justice ni de paix sociale. Cette Journée constituera aussi une authentique forme de nouvelle évangélisation (cf. Mt 11,5) par laquelle se renouvellera le visage de l’Église dans son action continuelle de conversion pastorale pour être témoin de la miséricorde. »

 

François autorise tous les prêtres à absoudre le péché d'avortement. "Tout se résout dans l’amour miséricordieux du Père"

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Publié par Ingomer - dans Religion
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