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Christ Roi

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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 09:57
Louis XX en visite au Mont Athos

Relation de la visite du prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, au monastère serbe de Hilandar, sur le Mont Athos, le 19 septembre 2016.

Le 19 septembre 2016, nous avons débarqué sur le Mont Athos, en compagnie de son altesse royale Louis de Bourbon, duc d'Anjou et héritier de la Couronne de France. Etait-ce un signe ? Alors que la région n'avait plus vu de pluie depuis trois mois au moins, nous avons été trempés jusqu'à l'os par un orage épique qu'aucun bulletin météo n'avait annoncé.

 

Depuis plus de mille ans, les monastères et ermitages du Mont Athos perpétuent contre vents et marées la flamme de la prière et de la spiritualité orthodoxe. Cette république monastique, unique au monde, compte aujourd'hui environ mille moines.

 

C'est vers le haut lieu de la tradition serbe que le prince Louis s'est dirigé. Cent ans après les terribles combats de la Première Guerre mondiale qui ont définitivement scellé l'amitié franco-serbe par le sang versé, il s'agissait en effet pour le prince d'honorer tout particulièrement cette amitié dont les fondements sont séculaires.

 

Le monastère de Hilandar a été construit au XIIe siècle par saint Sava lui-même, le fondateur de l'église orthodoxe serbe. La vie de Sava Nemanjić a été une suite de prodiges. Fils de roi, il s'est réfugié à la sainte montagne encore enfant. Il y a fondé son monastère. Il a évangélisé son peuple et obtenu l'indépendance pour son église. Il a réconcilié ses frères, obnubilé par les luttes de pouvoir. Mais surtout, il a accueilli dans sa retraite le roi Stefan Nemanja, devenu simple moine, sous le nom de Syméon. Le fils est ainsi devenu le père spirituel de son propre père, qui a été enterré en état de sainteté dans l'église du monastère. De sa tombe, un cep de vigne a jailli, qui a traversé le mur en pierre et qui donne du fruit depuis lors. Ces raisins sont envoyés aux femmes qui ne peuvent enfanter. La science sourit peut-être de ces croyances, mais elle n'explique pas la vivacité d'un seul cep de vigne sur près de huit siècles.

 

Grâce à l'exemple de Sava et de Syméon, toute la lignée royale Nemanjić a été canonisée. C'est ainsi que par de mystérieux cheminements du destin, une femme de sang royal français devint elle-même sainte. Hélène d'Anjou, reine de Serbie, et épouse du sage roi Uros, est vénérée pour ses oeuvres, ses fondations et sa vie exemplaire.

 

Il existe une étonnante affinité de destin et de caractère entre la France éternelle et la Serbie. Elle a été illustrée de manière éclatante durant la Grande guerre, mais elle repose, peut-être, sur des bases plus profondes encore. D'un côté comme de l'autre, c'est la longue continuité d'une identité et d'une passion pour la liberté et la souveraineté. Et puis aussi une relation directe et filiale avec le divin. Hilandar a assuré cette continuité pour les Serbes. Il a fourni une capitale hors sol en des temps où toute la Serbie brûlait. Malgré l'invasion ottomane, malgré l'islamisation forcée, des migrations et exterminations, malgré l'occupation allemande et l'oppression communiste, le monastère de Saint Sava a conservé la mémoire du royaume, les vieux chants et les précieuses chartes, et les manuscrits médiévaux. Il a résisté à l'arbitraire turc comme aux incursions pirates, à la désaffection comme aux tentatives d'assimilation culturelle. Jamais en huit siècles, les chants de louanges ne se sont arrêtés. Jamais les veilleuses ne se sont éteintes. Pas un seul jour en huit cents ans. L'histoire de France fut tout aussi tourmentée. Si elle n'a pas disposé d'une métropole extra-territoriale semblable à Hilandar, elle a joui d'un autre garant. A travers les guerres, les révolutions, les chamboulements culturels, le fil rouge de l'âme française est racé par la lignée des Capétiens. Descendant direct de Louis XIV, enfant de Saint-Louis, le prince Louis de Bourbon pouvait reconnaître dans les fresques et les veilleuses de ce saint lieu datant de Philippe Auguste, une allégorie de sa propre histoire. Le prince a été chaleureusement reçu par la communauté des moines et leur jeune père supérieur. Il a pu découvrir les chefs d'oeuvre de l'art orthodoxe serbe et byzantin, mais également la profonde mystique des lieux, l'incomparable paix de cette citadelle de la foi et puis aussi la qualité de son vin, tiré de cépages bordelais. Le prince Louis et l'archimandrite Méthode sont de même génération. Ils sont les héritiers d'un monde ancien, aujourd'hui menacé et ils ont une même mission, montrer que le christianisme européen demeure une force de vie et de paix. Montrer que cette civilisation et son élan, sa foi, sont hors d'âge, qu'ils rayonnent encore malgré les tentatives d'annihilation continuelle dont ils font l'objet.

 

Au terme cette rencontre, l'archimandrite Méthode a offert au prince Louis un exemplaire richement relié du code de loi de l'empereur Dusan, datant du XIVe siècle. Et le prince a offert au supérieur du monastère une médaille de Saint-Louis frappé par la Monnaie de Paris.

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Publié par Ingomer - dans Royalisme
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