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Christ Roi

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 12:58
Jeudi 13 octobre 2016, anniversaire du miracle du soleil à Fatima, le Pape François a fait entrer la statue de Luther en grande pompe au Vatican

Jeudi 13 octobre 2016, anniversaire du miracle du soleil à Fatima, le Pape François a fait entrer la statue de Luther en grande pompe au Vatican. Il ensuite reçu en cadeau les 95 thèses de Luther et la charte œcuménique en édition prestigieuse.

 

Considéré comme le père de la Réforme protestante, Luther s'était insurgé en 1515 contre le Pape Léon X qui avait autorisé la vente d'indulgences pour financer la construction de la basilique Saint-Pierre. Excommunié par le pape, Martin Luther, ancien prêtre augustinien, s'est ensuite marié avec une moniale avec qui il fera six enfants. Il est également connu pour s'être allié aux princes allemands contre le Pape afin de s'approprier les biens de l'Eglise sur leurs terres, non sans avoir au passage violé ou marié de force les religieuses dans tous les couvents qui s'y trouvaient. (1)

 

Le 13 octobre dernier, le pape François recevait un groupe de chrétiens allemands, catholiques et protestants. Il leur redit combien il était opposé aux chrétiens qui cherchaient à convaincre du bien-fondé de leur foi les non-chrétiens :

 

"Le prosélytisme est le pire ennemi de l'oecuménisme", a dit François.

 

Le souverain pontife a ensuite encouragé le groupe catholico-luthérien allemand à se rendre en Suède pour fêter, le mois prochain, le 500e anniversaire de la Réforme - et par conséquent du schisme - de Martin Luther. (2)

 

Cette initiative de François suscite le débat dans l'Eglise. Voici un message d'un internaute à Pro Liturgia, samedi, 15 octobre 2016 :

 

"Je crois qu’il y a un nouveau péché : essayer de faire l’apologie de sa propre religion ; essayer de convaincre ceux qui veulent bien écouter. C’est du moins ce que j’ai cru comprendre en liant les récentes homélies que fait le Pape à la messe du matin.

Pourtant, quand je lis les Evangiles, je vois que le Christ n’a jamais cessé d’essayer de convaincre. Il n’a pas réussi à convaincre tout le monde puisqu’il est mort sur la Croix. Cependant, avant de quitter cette terre, il nous a envoyé convertir les nations...

Nous n’agressons pas un interlocuteur en présentant et en défendant nos convictions. Par contre, on méprise toujours un interlocuteur en ne le croyant pas capable de recevoir une idée extérieure à lui, pas capable d’analyser ce qu’il entend et pas capable de répondre positivement s’il le souhaite.

Notre Pape considère qu’il ne faut pas essayer de convertir les protestants. De ce côté là, il peut être rassuré : ce n’est pas notre zèle qui va beaucoup perturber les luthériens, surtout si le schisme est un motif de joie et de célébrations pour le sommet de l’Eglise. Mais qu’ont fait des saints comme Saint François de Sales, Saint Pierre Canisius (qui ramena dans l'Eglise des régions entières d'Allemagne perdues dans le protestantisme) et bien d’autres (Saint Hilaire de Poitiers, l'Athanase de l'Occident contre les Ariens, Saint Polycarpe qui reconnut l'hérétique Marcion comme le "fils aîné de Satan", Saint Irénée, auteur du Contre les hérésies, saint Ignace d'Antioche, condamné aux bêtes à Rome et son "vos dieux sont des démons", saint Justin, le patron des philosophes et premier apologiste du christianisme, saint Martin de Tours, l'Apôtre des Gaules qui faisait abattre les arbres des faux dieux et remplaçait les temples païens par des églises et des oratoires, saint Augustin, le marteau du manichéisme et du pélagianisme, etc. Ndlr.) qui ont mis leur foi et leurs talents intellectuels au service de l’apologétique catholique ? Il faut préciser que ces saints n’étaient pas de cette Eglise moderniste et caoutchouteuse qu’on veut nous imposer aujourd’hui." (3)

 

Dans le Dr Martin Luthers Werke, édition dite de Weimar, tome XXX, p. 470, on peut lire Luther dans le texte :

 

"Si je veux dire : Que votre nom soit sanctifié ! il faut immédiatement que j’ajoute : Maudit, damné, honni soit le nom des papistes ! Si je dis : Que votre règne arrive ! je suis obligé de m’écrier tout aussitôt : Que la papauté soit maudite, damnée, écrasée !"

 

Le même “docteur”, cité par J. Janssen, dans "Histoire du peuple allemand depuis la fin du moyen âge", traduction française de E. Paris : L’Allemagne et la réforme, t. II, p. 187 :

 

"Ma gloire et mon honneur, et j’aspire à les mériter, c’est qu’un jour on puisse dire de moi que j’ai versé à pleines mains l’injure, l’outrage et la malédiction sur les papistes (...) Puisque je ne puis pas prier, je puis au moins maudire !" (4)

 

Au vu des malédictions jetées par l'hérésiarque sur le pape et l'Eglise, on s'interroge :

 

"On voit que "l'exorciste du Vatican" est mort. Ce cher Don Amorth... A-t-il un successeur ? Il aura du boulot..." (5)

 

Qui était Martin Luther ?

 

Martin Luther était le fils d'une famille paysanne déracinée, transplantée par la mutation économique de la Saxe, qui avait abandonné la terre pour tenter de mieux vivre à la ville. Certains ont attribué ce départ à un meurtre commis par son père, Hans Luther : s'étant querellé avec un paysan dans un champ, il l'aurait tué et aurait dû s'enfuir pour assurer sa sécurité.

 

Martin Luther racontera plus tard avec le plus grand sérieux que sa mère fut longtemps malade parce qu'elle subissait les enchantements d'une voisine qui avait commerce avec le démon; le tourment ne cessa que lorsqu'on eut apaisé la sorcière avec des présents. Quand le petit frère mourut, les parents et l'entourage imputèrent cette mort, inexplicable pour eux, à quelque maléfice.

 

Quelle est la doctrine de Martin Luther ?

 

En 1515, moine débauché (Luther entra chez les Augustins en 1505), il a perdu tout espoir de vaincre le péché :

 

"Dieu nous a imposé quelque chose d'impossible et qui dépasse notre pouvoir." Il dira même plus tard : "Tout ce qui est dans notre volonté est mal, tout ce qui est dans notre intelligence est erreur." Alors quelle solution reste-t-il à l'homme ? Le désespoir. Il ira jusqu'à écrire quelques quelques années plus tard : "Nous sommes les captifs du diable: il est notre prince et notre dieu; nous sommes contraints de faire ce qu'il veut et ce qu'il nous inspire." Mais Martin Luther pense avoir trouvé la solution au désespoir humain : la solution divine. Il est impossible à l'homme d'être vertueux, mais à Dieu, rien n'est impossible. Puisque martin Luther est incapable de faire du bien, même s'il pèche continûment, puisque sa volonté est radicalement mauvaise, le Christ, Lui, lui mérite le bonheur éternel... En somme, c'est pèche autant que tu veux, le Christ te sauve quand même.

 

"Sois pécheur, et pèche fortement, mais crois plus fortement encore, et réjouis-toi dans le Christ, qui est vainqueur du péché, de la mort et du monde", écrit-il. Le sens est : bien que tu pèches, et autant de fois pèches-tu, il n'y a pas à s'en formaliser, puisque Dieu nous justifie. La conséquence psychologique, c'est qu'il n'y a ni à éviter le péché, ni à le regretter, ni à s'en corriger. 

 

En même temps, ses confrères pieux, chastes, mortifiés, fidèles à la Règle, lui apparaissent comme des pharisiens, et bientôt des monstres.

 

En 1517, Luther est en possession de sa doctrine de l'inutilité des oeuvres; il l'approfondissait, il l'enseignait, il la prêchait.

 

Sur le zèle évangélisateur, le pape François, disciple de Luther?

 

Martin Luther a écrit :

 

"Ne nous tourmentons pas, Dieu agit pour nous; ne cherchons pas le zèle : nos oeuvres sont vaines ; mais jetons-nous avec foi en Jésus-Christ, qui nous a une fois pour toutes acquis le salut.

 

Cette doctrine est définitive chez Luther. Avec cette justification qui le sauve du désespoir, il va sauver les autres de l'enfer.

 

Luther oublie, par exemple, que depuis la primitive Eglise, et déjà dans la tradition juive, l'aumône est considérée comme une oeuvre pie, de même que la défense de la veuve et de l'orphelin.

 

Prêtres indignes et moines tièdes quittent leur état de sainteté par la grande porte. Ce sont eux qui rejoignent le Réformateur et célèbrent sa doctrine sur la nécessité de pécher... Il n'est absolument rien qu'ils ne s'imaginent être en droit de faire. Ils vont jusqu'à prétendre pouvoir maintenant voler, se parjurer, être adultères en toute sécurité de conscience. 

 

Un certain nombre de ses partisans, déçus, meurtris, dégoûtés, ne se contentèrent pas de critiques : ils retournèrent à l'Eglise catholique. L'un d'eux, Crotus Rubianus, écrivit :

 

"Il y a maintenant un tel débordement dans tous les genres de vices, qu'on se demande si des hommes qui n'auraient jamais entendu parler de Jésus-Christ pourraient vivre plus mal." Il énumère les débordements qu'il voit autour de lui: l'avarice, la fraude, l'orgueil, l'intempérance, la luxure , l'adultère. "Dites-leur, ajoute-t-il, que ceux qui se laissent rogner par ces maux (c'est une citation de saint Paul), et vous ne trouverez pas une âme pour vous écouter..." [Ne vous y trompez point: ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes, ni les voleurs, ni les avares, ni les ivrognes, ni les calomniateurs, ni les rapaces ne posséderont le royaume de Dieu. 1 Corinthiens 6: 9,10]

 

En 1531, Crotus abjurera avec cette explication au duc Albert de Saxe :

 

"J'ai adhéré pendant plusieurs années au protestantisme. Quand je me suis aperçu qu'il était en désaccord avec lui-même, qu'il se fragmentait en sectes innombrables, et qu'il n'y avait rien qu'il ne souillait et s'efforçait de détruire, pas même ce qui vient des Apôtres, il me vint à la pensée que c'était probablement l'esprit malin qui, sous le masque de l'Evangile, nous trompait sous l'apparence du bien pour mieux nous absorber dans le mal. Dans ce moment, je résolus de retourner à l'Eglise où j'ai reçu le baptême."

 

Un autre Réformé, revenu de son erreur, Ulrich Zazius, de Fribourg, déclara :

 

"Je ne ferai pas au Dieu de vérité l'injure de croire que, pendant des siècles, l'Eglise ait pu nous tromper, malgré la promesse formelle qu'elle ne tomberait pas dans l'erreur."

 

En 1529, Theobald Gerlacher, dit Billikanus, soutenant sa thèse de doctorat en théologie, en profita pour déclarer solennellement :

 

"En ce qui concerne les luthériens, les zwingliens et les anabaptistes, cette peste abominable dont Dieu nous afflige en punition de nos fautes, et cela à cause de l'avarice, des mauvaises moeurs et de l'aveuglement des évêques, des prêtres et autres serviteurs de l'Eglise, je déclare publiquement qu'il se trouve aussi chez eux quelque bien, mais que c'est à la faveur de ce bien que s'est développé et se développera encore davantage tout le mal et le dangereux venin de ce schisme détestable."

 

Georges Witzel, alerté par la dégradation des moeurs écrivit :

 

"Enfin le Seigneur me fit tomber des yeux les écailles qui m'empêchaient de voir, arracha le voile grossier qui me couvrait le coeur, me retira de la synagogue luthérienne, et me la fit connaître totalement, telle qu'elle était.

 

L'Evangile sert de voile aux turpitudes de toutes sortes... Ils ont détruit, bouleversé, anéanti le culte et ses touchantes cérémonies, amoindri la prière, ridiculisé le jeûne, l'aumône, la pénitence et la charité. Le vice a violemment détrôné la vertu."

 

Petit curé, Simon Stumpf, qui devient l'ami de Zwingle en 1519, puis partisan zélé de Luther, abandonne le célibat sacerdotal en 1522. Et puis un beau jour, c'est le retournement contre Luther :

 

"Nous avons exalté cet homme immodérément, nous lui avons rendu des honneurs  qui ne sont dus qu'à Dieu seul; nous l'avons placé au-dessus de Moïse, des Apôtres et de Jésus-Christ lui-même, ce moine qui n'a pas encore su rendre sa conduite conforme à sa doctrine. Il a séduit et mis en émoi le monde entier, et il n'en dort pas moins tranquillement. Il a fait de telle sorte que l'on ne peut plus, actuellement, prêcher la Parole de Dieu dans sa pureté. Ses écrits ont fait un grand nombre de luthériens, mais aucun chrétien. On peut juger du maître par les disciples: lui-même, au lieu de prêcher le Royaume de Dieu et de son divin Fils Jésus-Christ, a prêché le monde; ses disciples, à leur tour, très savants de la science de Luther mais fort peu de la science divine, s'appliquent avec zèle au royaume du monde et du ventre, et remettent à plus tard la recherche du Royaume de Dieu et de sa justice."

 

Bientôt la lutte est engagée entre l'humanisme chrétien et le luthéranisme. Erasme, qui a abandonné le point de vue de la psychologie pour adopter celui de la théologie écrivit :

 

"Luther est séditieux non parce qu'il est emporté et indiscipliné, mais parce qu'il défend des doctrines contraires à la foi chrétienne." Et il ajoute : "Mais ni la mort, ni la vie ne pourront me séparer de la communion de l'Eglise catholique." Les théologiens de Wittemberg dirigèrent contre leur ancien sympathisant un tir d'autant plus nourri que leur espoir a été déçu. Ils ont déclenché contre lui, écrit Erasme, "un assaut violent d'injures publiques et de pamphlets agressifs."

 

Erasme se pencha alors, à partir de 1523 sur la doctrine luthérienne, et y releva "des paradoxes et des énigmes". Analysant la thèse indéfendable à ses yeux, de la "culpabilité de toutes les actions humaines, même celles des saints", celle de l'impossibilité du libre arbitre, terrain sur lequel il va engager bientôt les hostilités dogmatiques, il constate, comme beaucoup d'autres, qu'il s'est trompé sur l'intention et les résultats du projet luthérien, qu'il croyait une réforme morale de l'Eglise. Il dénonce à Barbirius, doyen du chapitre de Tournay, l'attitude des partisans du nouvel Evangile :

 

"Les uns n'y voient qu'un moyen commode de satisfaire leurs passions insensées et leurs appétits charnels; beaucoup, celui de s'approprier les biens ecclésiastiques; d'autres, une bonne occasion de dissiper leurs propres biens dans l'ivrognerie et la débauche, et de les récupérer ensuite par le vol et la rapine."

 

Annonçant à Hayo Hermann la prochaine parution de son travail, il prévoit combien celui-ci provoquera la rancune chez ces hommes, "qui ont le Christ et l'Evangile à la bouche et le diable dans le coeur."

 

Il reprend ce thème pour Theodor Hésius :

 

"Tous ont invariablement à la bouche les mots sacramentels d'Evangile, de Parole sainte, de Dieu, de foi, de Christ, d'Esprit-Saint - et je les vois pour la plupart se conduire de telle façon que je ne saurais douter qu'ils soient possédés du démon." L'ouvrage annoncé parut à Rotterdam (Erasme n'osant l'éditer à Bâle) le 1er septembre 1524 sous le titre : Diatribe sur le libre arbitre, ou contribution de Didier Erasme.

 

Il reproche à Luther et à ses partisans de jeter dangereusement dans le grand public des problèmes et des solutions qui troublent les âmes, les mènent au doute, à l'abandon, au péché. "L'esprit humain est habituellement épais, charnel, enclin à l'incrédulité, sujet au mal et porté au blasphème : point n'est besoin de jeter de l'huile sur le feu !"

 

Il rappelle le récit du Jugement dernier pour montrer l'importance des oeuvres :

 

"J'avais faim, et vous ne m'avez pas donné à manger...",et aussi la malédiction sur les villes "qui n'ont pas voulu faire pénitence."

 

Il évoque Saint Paul, l'auteur préféré de Luther, commente le verset de l'épître aux Romains où Dieu rendra à chacun "selon ses oeuvres" (Rom. 2, 6), et la Première épître aux Corinthiens, et les deux épîtres à Timothée.

[NdCR. On peut ajouter l'épître de saint Jacques qui mentionne que sans les oeuvres la foi est morte. "Que sert-il, mes frères, à un homme de dire qu'il a la foi, s'il n'a pas les oeuvres? Est-ce que cette foi pourra le sauver?" Jc, 2, 14]

 

Les théologiens postérieurs estiment que la Diatribe, est tout à fait d'accord avec la doctrine de saint Thomas d'Aquin, et certains mêmes jugent que c'est chez lui qu'Erasme a puisé ses meilleurs arguments.

 

Luther est l'inventeur de l'étatisation du clergé

 

tous les biens ecclésiastiques privés de leurs possesseurs ou de leurs titulaires appartiennent au souverain; en retour, celui-ci veille aux revenus ou aux rémunérations du clergé réformé; enfin, le prince veille à la suppression de tout ce qui subsiste de catholique.

 

Un partisan du divorce et de la bigamie

 

A partir de 1520, il se montre partisan du divorce ou, à défaut, de la bigamie. A un correspondant, qui trahit sa femme, il conseille de l'abandonner pour trouver une épouse dans un autre milieu: ainsi, ayant contracté une nouvelle union, il ne commettra pas le péché d'adultère. Il préconise l'intervention du pouvoir civil: si une femme se refuse à son mari, "l'autorité temporelle doit agir contre elle: la contraindre ou la condamner à mort.... Que reste-t-il de la femme, "ce sot animal" pour Luther, devant le caprice de l'homme ? Le Réformateur répond :

 

"Les oeuvres de Dieu nous disent avec évidence que les femmes doivent servir au mariage ou à la prostitution."

 

En effet, pour Luther, la chasteté est une violence faite à la nature, et "quand on fait violence à la nature, les corps deviennent maladifs, débiles, mous, et sentent mauvais." Plus tard, fidèle à cette doctrine, il déclarera: "quiconque se sent un homme doit prendre une femme et ne pas tenter Dieu. Si les femmes ont un sexe (le mot allemand est plus cru), c'est pour offrir aux hommes un remède contre les pollutions et les adultères."

 

Les moines en rupture de Règle et les prêtres reconvertis en pasteurs ne connurent plus de borne à leurs fantaisies sexuelles. Au mariage illicite (nul selon l'Eglise qu'ils abandonnaient), s'ajoutèrent bientôt l'adultère public, le divorce, la bigamie. Le pasteur Michael Kramer fut trigame.

 

"Par suite de la propagation de l'Evangile, dit Luther à ses familiers, les paysans se sont portés à un tel degré de licence qu'ils se croient tout permis. Ils ne craignent plus ni enfer, ni purgatoire. Ils sont orgueilleux, grossiers, violents, cupides, prêts à toutes les escroqueries. - Nous avons la foi, disent-ils: cela doit nous suffire.

 

C'est encore dans ses propos de table qu'il se plaint de l'ignorance religieuse du peuple: il ne se soucie plus de la doctrine, et tombe dans l'aveuglement. "Il ne se laisse arrêter ni par les châtiments, ni par la discipline, ni par les convenances. Il se livre à toute les turpitudes. De là découle une situation brutale et diabolique, à laquelle l'avenir est interdit."

 

En 1592, parut à Rome, puis à Cologne l'année suivante, un ouvrage intitulé De Signis Ecclesiae. Il avait pour auteur l'oratorien Thomas Bozio qui avait été le confident d'un des domestiques de Luther qui avaient assisté à ses derniers moments; bouleversé par les circonstances de cette mort, il avait médité sur les évènements, s'était enfui àRome, et avait demandé sa réintégration dans l'Eglise catholique.

 

Et voici ce que ce serviteur avait raconté à Bozio. La nuit du 17 au 18 février, Luther, après avoir copieusement soupé, s'était couché de joyeuse humeur. Mais, se réveillant ensuite, il fut pris d'épouvante, et se pendit "au moyen d'un noeud coulant." De là, les symptômes relevés par les médecins. Les prédicants accourus ne purent que constater le fait. Ils firent jurer à tous les familiers de ne pas le divulguer, "pour l'honneur de l'Evangile."

 

Conclusion

 

L'historien Ivan Gobry, dans sa biographie de Luther, explique :

 

"A partir du moment où le dogme de la justification par la seule foi (sola fide NdCR.) qu'il (Luther) proclamait hautement se trouvait en contradiction avec la doctrine de l'Eglise, il devenait hérétique.

 

Au début, les humanistes, qui lisaient ses oeuvres latines, s'y trompèrent, et Erasme tout le premier. Mais ils constatèrent bientôt que, bien loin de vouloir la correction des moeurs, Luther, par sa doctrine sur la nécessité du péché, ne faisait que légitimer le désordre établi, et de plus le faisait pénétrer là où il n'était pas encore installé. Bien loin d'appeler les moines à aimer le voeu de chasteté, il les excitait par des appels pressants à la luxure; bien loin d'appeler à aimer le voeu d'obéissance, il les poussait ouvertement à la révolte. La pratique n'avait plus d'importance; ce qui comptait, c'était la doctrine - celle de la justification par la foi seule. Il n'y avait plus qu'à pécher tout son soûl. Et comme les oeuvres devenaient inutiles, il n'y avait plus qu'à fermer les couvents, à manger du lard le vendredi et traîner les lupanars.

 

... Ainsi non seulement Luther, au lieu de sauver l'Eglise moralement, l'a enfoncée, en Allemagne du moins, dans sa misère morale, mais au lieu de la retirer à l'emprise du pouvoir politique, il l'y a soumise. L'Eglise de l'Esprit fut un mythe passager. Au lieu de soustraire l'Eglise au bras séculier, il l'y a enchaînée, tant par les sécularisations que par le remplacement de l'autorité de l'évêque par l'autorité du prince." (6)

 

Au vu de cet ensemble de faits, montrant une doctrine luthérienne ruinant la morale, contredisant la doctrine de l'Eglise sur le salut par la foi et les oeuvres, des malédictions ouvertement jetées contre le pape et les "papistes", l'opposition des humanistes chrétiens au protestantisme, une doctrine religieuse luthérienne ruinant le statut et les droits des femmes, l'Eglise catholique peut-elle, sans contradiction et sans dommage pour le salut des âmes, s'associer à l'initiative de François de fêter le mois prochain le 500e anniversaire du schisme de Martin Luther ?

 

Sources

 

(1) Diakonos.be

(2) Pro Liturgia, Actualité du vendredi 14 octobre 2016

(3) Pro Liturgia, Actualité du samedi 15 octobre 2016

(4) Le Forum catholique

(5) Le Forum catholique

(6) Ivan Gobry, Luther, biographie, édition La Table Ronde, Paris 1991, p. 10, 15, 91, 92, 200, 223, 230, 234, 235, 236, 237, 286, 289, 299, 302, 319, 333, 460, 461, 467, 468

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Publié par Ingomer - dans Religion
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