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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 11:03

Juste après notre article sur Louis XIV et les "grandes politiques pérennes" par lesquelles "se jugent à leurs fruits et les grands souverains à la pérennité de leurs actions" (Mgr le Prince Louis de Bourbon, duc d'Anjou), voici ce qu'on trouve au sujet d'une déclaration du président de la dite "république" François Hollande à propos de la non-inversion de la courbe du chômage, propos publiés dans le journal en ligne "Marianne.net" : "Je n'ai pas eu de bol !"

Et dire que c'est pour Ca... qu'ils ont a fait la Révolution dite française !

Dans un livre de confidences à paraître, dont "le Point" publie les bonnes feuilles ce 18 août, on apprend que lorsque François Hollande met sur la table le 31 décembre 2012 la promesse d'inverser la courbe du chômage, il compte beaucoup sur sa bonne étoile pour la voir se réaliser...

 

Avec un peu de chance, ça passera ! Le 31 décembre 2012, quelques minutes avant de prendre la parole lors de ses voeux, François Hollande se répéte-t-il cette phrase en boucle ? Histoire de se donner un peu de courage pour lancer son fameux : "Toutes nos forces seront tendues vers un seul but : inverser la courbe du chômage d'ici un an. Nous devrons y parvenir coûte que coûte". C'est l'impression qui se dégage à la lecture des confidences recueillies par les journalistes Antonin André et Karim Rissouli dans leur livre Conversations privées avec le Président, dont Le Point publie ce jeudi 18 août les bonnes feuillles et à partir desquelles le Lab a repéré cette perle.

 

"J'ai eu tort ! Je n'ai pas eu de bol ! En même temps, j'aurais pu gagner."

 

Aux deux journalistes, revenant sur cette promesse qu'il a traînée durant tout son quinquennat comme un boulet, le chef de l'Etat explique presque naïvement :

 

"J'ai fait cette annonce de l'inversion de la courbe du chômage parce que je croyais encore que la croissance serait de 0,7-0,8, elle sera finalement de 0,1 ou de 0,2. Puis je répète cet engagement lors des vœux le 31 décembre 2012. J'ai eu tort ! Je n'ai pas eu de bol ! En même temps, j'aurais pu gagner. Mais ça n'aurait rien changé parce que les gens sont lucides, ils savent que ce n'est pas sur un mois que ça se joue."

 

Un aveu déconcertant. Malgré le renfort de Bercy, une administration censée passer son temps le nez dans les chiffres de l'économie, le président de la République se plante de presque 6 points et balance une promesse à la volée qui va l'empoisonner pendant cinq ans. Lui et ses ministres du Chômage... pardon, du Travail d'ailleurs. Lors de la passation de pouvoir avec Myriam El Khomri, François Rebsamen avait ainsi fait cette singulière déclaration :

 

"Tous les mois, il y a un rituel. Il y a pour le ministre... comment dire... un grand moment de solitude : la publication des chiffres de Pôle emploi. Et ce qui est difficile, ce qui est pénible, ce n'est pas d'être plus ou moins brocardé par les commentateurs, c'est que derrière ces chiffres - et je connais ta sensibilité -, il y a des femmes, il y a des hommes qui n'ont pas retrouvé le chemin de l'emploi. Aussi, chaque mois, tu me le permettras, j'aurai une pensée émue pour toi."

 

On comprend son émotion si la promesse d'inversion de la courbe s'est jouée à pile ou face.

 

"Je revendique cette méthode"

 

Si le Président est fâché avec les chiffres, il ne l'est pas avec ses amis. Ainsi, Hollande ne tient pas rigueur à son camarade de trente ans, Michel Sapin, ministre des Finances, pour avoir annoncé un an plus tard, en se basant sur une démonstration alambiquée, que cette fumeuse inversion de la courbe du chômage s'était en réalité bien réalisée sous nos yeux ébahis...

 

Bien au contraire. Au final, Hollande n'est d'ailleurs par mécontent de sa déclaration à l'emporte-pièce car elle aurait permis à tout le monde de... se mobiliser :

 

"Sur l'objectif, Sapin n'est pas du tout responsable. C'est moi. Sapin, lui, fait de cette annonce une obligation. Rétrospectivement, je suis tout à fait reconnaissant, non seulement à Sapin mais aussi à moi-même, d'avoir fixé cet objectif parce que ça a permis de mobiliser. On n'aurait jamais fait cent mille emplois d'avenir, on n'aurait jamais fait autant de contrats aidés, jamais fait autant de formations, même avec une croissance zéro. Je revendique cette méthode. Même si elle est coûteuse politiquement, elle est socialement et peut-être même économiquement bénéfique."

 

Compter sur sa bonne étoile et allumer des cierges en priant Sainte-Rita, la patronne des causes désepérées, pour que ça passe. Une bien étrange méthode présidentielle... Après cinq ans passés à l'Elysée, François Hollande n'a décidémment pas fini de nous surprendre.

François hollande à propos de sa non-inversion de la courbe du chômage : "Je n'ai pas eu de bol !"

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