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Christ Roi

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 11:12

Quel 14 juillet pour les royalistes ?

 

Le parti Alliance Royale organise cette année un 14 juillet "royaliste" Tous en blanc à Versailles. Sur Christ-Roi, nous ne nous associons pas à cette initiative car se constituer "contre" en participant à une journée du 14 juillet, même qualifié de "royaliste", n'est-ce pas faire "avec" et ses composés ? Nous ne voyons donc aucune raison de célébrer un contre-14 juillet dans un 14 juillet "royaliste".

 

Le site Lyon Capitale.fr rapporte dans un article publié hier que Frederic de Natal, chroniqueur lyonnais spécialiste du royalisme (revues La ToilePoint de vue HistoireRoyaliste), refuse opportunément "de participer aux commémorations du 14 juillet, que ce soit pour célébrer la prise de la Bastille ou la Fête de la Fédération :

 

Un royaliste, digne de ce nom, ne saurait souscrire à cette fête qui ressasse chaque année les pages les plus sombres de notre histoire. ” Rejetant l’héritage d’un “pseudo passé révolutionnaire victorieux”, il confie : “Quant aux Français qui se délecteront de la beauté des feux d’artifice, peut-être auront-ils une pensée pour tous ces Vendéens et autres Chouans, tous ces Français inconnus de l’histoire, victimes des exactions d’un Robespierre et de ses acolytes dont la fête est plus un symbole de division.”" (Source)

 

Nous invitons en revanche nos lecteurs à commencer dès aujourd'hui à prier sept jours de suite des louanges à la gloire à Dieu, pour les institutions de la France (par exemple dans une dizaine de chapelet et/ou en récitant les louanges de Dieu de saint François d'Assise) en se souvenant que le 14 juillet "fête de la république" est un jour où retentit l'hymne de la "Marseillaise", un hymne où les Français chantent leur auto-élimination (en 1789, 80% des guillotinés furent des petites gens. Les "décapitations ... concernent pour 28% des paysans, pour 31% des artisans et des ouvriers, sans doute pour plus de 20% des marchands. ... 8 à 9% des nobles, pour 6 à 7% des membres du clergé." René Sédillot,  Le Coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1984, p. 24.)

 

Et effectivement, face à ces louanges à la gloire de Dieu, les murs de la république-Jéricho s'effondreront.

 

Le message spirituel de Jéricho

 

Récemment, Ségolène Royal, a exliqué sa version de la démocratie : les élites définissent les limites du débat démocratique en dehors duquel les Français ne peuvent avoir leur mot ni ne peuvent en sortir. Tels les habitants de la ville de Jéricho, les Français sont prisonniers à l'intérieur de la "république"-Jéricho et ne peuvent en sortir, même s'ils le voulaient. Que faire ?

 

Dans l'Ancien Testament, Josué, le successeur de Moïse dans la conduite du peuple hébreu vers la Terre promise prit la ville de Jéricho dont les murs s'effondrèrent devant les louanges à la gloire de Dieu. Jéricho fut la première ville du pays de Canaan conquise par les Hébreux.

Le prophète Josué, représenté au Palazzo Trinci. Josué est écrit en hébreu יהושוע Yehoshua (Deutéronome 3:21), ce qui signifie "Dieu sauve".

Le prophète Josué, représenté au Palazzo Trinci. Josué est écrit en hébreu יהושוע Yehoshua (Deutéronome 3:21), ce qui signifie "Dieu sauve".

Comment Josué prit Jericho ?

 

Le livre de Josué raconte la prise de Jéricho et comment le mur de la ville s'effondra le septième jour après l'arrivée des Hébreux (Livre de Josué, 6, 5.), par la volonté de Dieu après le défilé autour de la cité sept jours de suite, de l'Arche d'alliance et de sept prêtres sonnant sept chofars (trompettes). Le septième jour, les Israélites firent sept fois le tour de la ville en sonnant des trompettes. (Jos., 6, 3-4.)

 

"Or Jéricho s'était enfermée et barricadée (contre les Israélites): personne n'en sortait et personne n'y entrait." (Jos., 6, 1.)

 

Josué reçut ses consignes du "chef de l'armée de Yahvé" (Livre de Josué, 5, 14-15.)

 

 

La prise de Jéricho, enluminure de Jean Fouquet, vers 1470-1475 Paris, BnF

La prise de Jéricho, enluminure de Jean Fouquet, vers 1470-1475 Paris, BnF

Dans une homélie, Origène, le fondateur de l’école biblique de Césarée, a commenté le récit de cette prise de Jéricho par les Hébreux. La ville que Josué conquit est le symbole du monde idolâtre, le repaire des doctrines mensongères dont les remparts d’illusion et d’orgueil vont s’effondrer devant les trompettes de l’évangile proclamé par Jésus-Josué.

Les Israélites devant les murailles de Jéricho par Julius Schnorr von Carolsfeld

Les Israélites devant les murailles de Jéricho par Julius Schnorr von Carolsfeld

Dans la liturgie juive des Tentes, la chute de Jéricho symbolisait la destruction du mal. La septuple procession autour de l’autel au chant du Hoshana mimait la prise de Jéricho, au dire du Talmud. Les participants à la cérémonie portaient des palmes à la main. Or Jéricho est connue sous le nom de ville des palmes.

 

Pour Origène, la prise de Jéricho livre un triple message d’ordre christologique, spirituel et eschatologique qui correspond à la triple venue du Christ dans la chair, dans l’âme du croyant et dans la gloire.

 

Les murs du mensonge, les remparts d'illusion et d'orgueil de la cité idolâtre s'effondrent devant les louanges à Dieu. Le sens christologique de la prise de Jéricho, Origène le voit dans la  Passion du Christ, nouveau Josué, qui détruit l’idolâtrie des païens.

 

La Résurrection du Christ est une victoire sur le diable. C’est à la Pentecôte que culmine cette victoire, car le tremblement de terre au Cénacle signifie l’effondrement des idoles:

 

"Jéricho est la figure du monde présent. Nous voyons la force de ses remparts détruite par les trompettes des prêtres. Car les fortifications puissantes qui servaient à ce monde de murailles, c’étaient le culte des idoles,… les inventions mensongères des augures, des aruspices et des mages, toutes choses dont ce monde s’entourait comme de murailles colossales… Mais lorsque vint Jésus-Christ - dont Josué symbolisait l’avènement (Josué et Jésus sont identiques en grec) - il envoie ses prêtres, les apôtres, portant des trompettes étirées, c’est-à-dire l’enseignement majestueux et céleste de sa prédication…

 

Si les prêtres sonnèrent de la trompette pour faire tomber les murs de Jéricho, tout le peuple aussi, au son de la trompette, poussa des cris de clameur, ou, selon d’autres versions, poussa des cris de joie… Il me semble que ces cris de joie signifiaient l’union des coeurs et des âmes. Si cette union se produit entre deux ou trois disciples du Christ, tout ce qu’ils demandent au nom du Sauveur leur est accordé par le Père des cieux. Mais si le bonheur est si grand qu’un peuple tout entier reste uni de coeur et d’âme, si bien que tous aient le même langage et soient unis dans un même esprit et un même sentiment, lorsqu’un tel peuple élèvera la voix d’un accord unanime, il se produira ce qui est écrit dans les Actes des Apôtres : il se fit un grand tremblement de terre lorsque priaient d’un même coeur les apôtres avec les femmes et Marie, mère de Jésus. Par ce tremblement de terre tout sera détruit, tout s’effondrera des choses terrestres et le monde lui-même sera aboli… Puisque nous avons Jésus pour chef, le monde pour nous est déjà vaincu et les murailles de ce monde se sont écroulées."

 

(Origène, Homélie sur Josué 7,1-2).

 

On croit entendre un écho du livre de l’Apocalypse de Jean 10,7 : "Quand le septième ange sonna la trompette, alors sera consommé le mystère de Dieu qu’il a donné à ses serviteurs les prophètes".

 

Si l’Ecriture nous révèle le Christ, elle a un message également pour chaque chrétien. L’interprétation spirituelle du texte est résumée ainsi:

 

"Fais-toi des trompettes étirées si tu es prêtre; bien plus, puisque tu es prêtre - car tu es devenu une race royale et un sacerdoce saint - fais-toi des trompettes étirées en les tirant de l’Ecriture. Tire de là tes pensées, tire de là tes paroles…

 

Fais résonner ces trompettes, c’est-à-dire fais résonner les psaumes, les hymnes et les cantiques spirituels, fais résonner les symbolismes des prophètes, les mystères de la loi et la doctrine des apôtres. Si telles sont les trompettes que tu fais résonner, si tu fais sept fois le tour de la ville avec l’arche d’alliance,… si tu fais jaillir de toi-même un choeur harmonieux d’acclamations joyeuses,… si tout en toi s’harmonise et s’accorde, jette des cris de joie, car pour toi le monde est détruit et abattu…"

 

Chacun porte en soi la Jéricho de ses propres idoles. C’est avec les trompettes sacerdotales de la doctrine et avec la clameur du peuple unifié, symbole de la charité, que cette ville intérieure s’effondre.

 

L’Ecriture annonce les réalités eschatologiques. Avec l’arrivée de Jésus les murs de Jéricho se sont effondrés. Mais le mal ne semble pas vaincu, bien que le message de l’évangile résonne. L’ivraie est encore présente dans le champ du Père. Tant que tous les peuples ne sont pas entrés dans l’Eglise, les puissances mauvaises auront encore du pouvoir. L’épisode de Josué qui arrête le soleil permet à Origène d’expliquer le retard de la Parousie:

 

"Dès que le Sauveur est venu, c’était déjà la fin du monde… Mais il a retenu et retardé le jour de sa consommation, il lui a défendu de paraître. Car Dieu le Père, voyant que le salut des nations ne peut venir que par Jésus, lui dit: "Demande-moi et je te donnerai les nations en héritage". Donc jusqu’à l’accomplissement de la promesse du Père, jusqu’à ce que les Eglises s’accroissent des diverses nations et qu’y entre toute la plénitude des païens, pour qu’enfin tout Israël soit sauvé, le jour est prolongé, sa chute est différée, jamais le soleil ne se couche, mais toujours il se lève, "soleil de justice" qui verse la lumière de la vérité dans le coeur de ceux qui croient."

 

(Origène, Homélie sur Josué 11,3).

 

C’est une théologie de l’histoire qu’Origène propose ici. La mission retarde la venue du jour où le mal sera détruit totalement. Il faut que la plénitude des nations entre dans l’Eglise. L’histoire est caractérisée par un double mouvement : d’une part c’est la croissance du Règne du Christ qui est manifeste et d’autre part c’est l’expansion des forces du mal. Les deux puissances se livrent un combat jusqu’au jour où le nouveau Josué décidera d’intervenir. L’Esprit de la Pentecôte assiste l’Eglise durant cette période. C’est là le sens de la nouvelle évangélisation voulue par Jean-Paul II. (Source)

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Publié par Ingomer - dans Royalisme
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