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Christ Roi

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 15:21

A chaque fois que les Français chantent la "Marseillaise", ils chantent leur propre élimination : "Q'un Sang impur abreuve nos sillons!". La Révolution faite au nom du peuple a touché en premier le Tiers Etat et non les nobles : "Au total, 80 % des victimes appartiennent au Tiers État" (Albert Soboul, Dictionnaire historique de la Révolution française, édition Quadrige, PUF, 2005, p. 1023).

 

Vendée l'épopée des géants le Figaro, Juin-Juillet 2016, n°26

 

 

La Révolution française a fait plus de morts en un mois au nom de l'athéisme que l'Inquisition au nom de Dieu pendant tout le Moyen Age et dans toute l'Europe..

Pierre Chaunu

L'insurrection vendéenne lors de la Révolution dite française, et sa répression par la Terreur constitue l'un des épisodes les plus tragiques de l'histoire de France. Le nombre des victimes des exécutions politiques (guillotine) s'élève à "35 000 ou 40 000" (René Sédillot, Le Coût de la Terreur, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1990, p. 208.)

 

En Vendée, le nombre des victimes du génocide, bien plus important, est encore incertain : 200 000... 400 000... 600 000 ? La Vendée continue d'interroger l'histoire... Une page ignorée de notre histoire...

 

Au total, la Révolution qui a déclaré la guerre à l'extérieur (à l'Europe en 1792) et la guerre à l'intérieur, aux Français qui ne voulaient pas de la conscription générale ni de la "république", s'est soldée chez nous, par deux millions de morts :

 

"400 000 morts pour les guerres jusqu'en 1800; un million pour les guerres napoléoniennes; 600 000 pour les guerres intestines; et l'échafaud pour mémoire. Voilà nos deux millions de morts."

 

(René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 24-28).

 

Des géants se levèrent. Les Vendéens, téléfilm coproduction Media Films Tv, avec la participation du Centre national de la Cinématographie, réalisé par Jacques Dupont et diffusé pour la première fois le 30 décembre 1993 sur France 3, raconte ce soulèvement maté dans le sang.

 

Les Vendéens, le téléfilm de France 3 réalisé par Jacques Dupont et diffusé le 30 décembre 1993

Extrait (la video se trouve en fin d'article):

 

Au mois d'août 1792, en vertu de la loi d'Exil, près 400 prêtres insermentés sont expédiés d'Angers à Paimbeuf pour être déportés. Leur crime: ils ont refusé de prêter serment à la Constitution, ils ont refusé de quitter l'Eglise. Les braves gens, les gens braves qui ont vu ce spectacle ne l'oublieront pas.

Après des débuts prometteurs, la Grande Révolution de 1789 commence à porter des fruits amers.

Ce 21 janvier 1793, Place de la Révolution à Paris, la tête coupée du roi est montrée au peuple stupéfait, jetée en défit à tous les souverains d'Europe. "La liberté ou la mort" sera la devise de la république.

 

Un mois plus tard (dans le décret qui fixe le mode de recrutement de l'armée du 24 février 1793), pour faire la guerre (1), la Révolution prétend arracher des hommes à leur foyer, par une loi de conscription (le service militaire de tous les Français et qui fit de la France une immense caserne. NDLR.) :

Décret de conscription générale du 24 fevrier 1793, invention de la guerre moderne de nations à nations

Décret de conscription générale du 24 fevrier 1793, invention de la guerre moderne de nations à nations

(En 1793), "La France est une vaste caserne: tous les révolutionnaires sont soldats ou destinés à le devenir; de gré ou de force, pour l'intérêt même de leur sûreté, les mécontents et les opprimés seront obligés de dévouer leurs armes à la défense de leurs tyrans. Une Convention décrétante et des camps, voilà le régime de la République française: les Représentants du peuple ne sont pas autre chose que les Représentants de l'armée; leur principale fonction est de voler d'une main, et de partager de l'autre leurs vols avec les soldats. Ainsi en usait Cartouche; mais Attila et Mahomet, les Beys des Mameluks et les Sheiks d'Arabes bédouins fondèrent aussi leur autorité sur des procédés analogues." (Mallett du Pan, Considérations sur la nature de la Révolution française, 1793, rééd. Editions du Trident, Paris 2007, p. 58.)

(En 1793), "tous les Français sont désormais en loge." (Augustin Cochin, L'Esprit du jacobinisme, éd. J. Baechler, Paris, PUF, 1979.)

(En 1793), "tous les Français sont désormais en loge." (Augustin Cochin, L'Esprit du jacobinisme, éd. J. Baechler, Paris, PUF, 1979.)

Un peu partout dans l'Ouest, la foule des jeunes appelés va se heurter aux "Patriotes", gendarmes et Gardes nationaux, et de proche en proche, dans 600 paroisses aux sud de la Loire, les cloches vont sonner le tocsin appelant les populations aux armes.

 

- "Et maintenant, que faut-il faire", demande-t-on à Jacques Cathelineau, un personnage à la réputation de saint de l'Anjou.

 

- "Résister. La guerre est à présent pour nous le seul moyen de salut. Et s'il faut périr, que cela soit au moins en combattant."

 

Du 10 au 15 mars, les émeutes spontanées des conscrits vont tourner au soulèvement général d'une population excédée.

Marquis Charles Melchior Artus de Bonchamps par Girodet

Marquis Charles Melchior Artus de Bonchamps par Girodet

Il faut alors des chefs expérimentés, de vrais militaires: les nobles. Le marquis de Bonchamps sera sceptique. Il refuse de prendre la tête d'une jacquerie. Mais devant l'insistance de ces gens, il demande la nuit pour réfléchir. Ce soldat de métier âgé de 33 ans, a déjà longuement guerroyé en Inde, avec des troupes réglées. Mais, que valent ces paysans qui n'ont jamais porté les armes que dans la braconne ? Ils vont au massacre, ils courent au martyre. Comment leur faire entendre raison, alors que constamment dans la nuit arrivent exaltantes des victoires du petit peuple ?

 

Pardon de Bonchamps-statue de David d'Angers

Pardon de Bonchamps-statue de David d'Angers

Bonchamps meurt le 18 octobre 1793 d'une blessure mortelle reçue la veille à la bataille de Cholet. Porté à Saint-Florent-le-Vieil, il obtint la grâce et la libération de 5000 soldats républicains faits prisonniers et renfermés dans l'Eglise : avant de mourir, il chercha à calmer la douleur de ses officiers, demanda avec instance que ses derniers ordres fussent exécutés, et aussitôt il prescrivit que l'on donnât la vie aux prisonniers ; puis se tournant, vers d'Autichamp, il ajouta : "Mon ami, c'est sûrement le dernier ordre que je vous donnerai, laissez-moi l'assurance qu'il sera exécuté".

 

En effet, cet ordre, donné sur son lit de mort, produisit tout l'effet qu'on en devait attendre ; à peine fut-il connu des soldats que de toutes parts ils s'écrièrent : "Grâce ! Grâce ! Bonchamps l'ordonne !". Et les prisonniers républicains furent sauvés, qui eux, en revanche, ne lui en tinrent pas grâce puisque selon Monsieur de Barante, rédacteur des Mémoires de Madame de La Rochejaquelein, quelques jours après, les républicains l'exhumèrent pour lui trancher la tête et l'envoyer à la Convention...

Mort de Bonchamps (détail), peinture de Thomas Degeorge, 1837

Mort de Bonchamps (détail), peinture de Thomas Degeorge, 1837

Parmi les prisonniers graciés par Bonchamps se trouve le père de l'artiste David d'Angers. Ce dernier érigea la célèbre statue du "Pardon de Bonchamps" dont on peut voir l'original à Saint-Florent-le-Vieil et une copie à la galerie David d'Angers, à Angers.

Maurice Joseph Louis Gigost d'Elbée, par Paulin Guérin.Le Généralissime Maurice d'Elbée avec ses quatorze blessures, incapable de se tenir debout, est exécuté dans un fauteuil, le 6 janvier 1794.

Exécution du généralissime d'Elbée le 6 janvier 1794

Exécution du généralissime d'Elbée le 6 janvier 1794

Le fauteuil de l'exécution s'est conservé jusqu'à nos jours. Le siège repris par la famille d'Elbée qui le garda dans leur résidence jusque dans les années 1975, chez le marquis Charles Maurice d'Elbée. lorsque celui-ci apprenant qu'un musée vendéen était en construction à Noirmoutier, fit don de ce fauteuil, désormais conservé au château de Noirmoutier.

Fauteuil de l'exécution du général d'Elbée

Fauteuil de l'exécution du général d'Elbée

Au jugement de plusieurs biographes, d'Elbée fut un homme pieux, d'un courage constant. Ses soldats l'avaient surnommé le général la Providence.

François Athanase Charette de La Contrie par Alfred de Chasteignier, 1819.François Athanase Charette de La Contrie, surnommé "Le Roi de la Vendée", dont Napoléon Ier écrira de lui qu'"il laisse percer du génie", est mort fusillé le 29 mars 1796 à Nantes.

Charette, mort fusillé le 29 mars 1796 à Nantes

Charette, mort fusillé le 29 mars 1796 à Nantes

Fasse Dieu nous donner le même courage et la même foi que les généraux vendéens, véritables martyrs au moment de la mort, notamment Charette et D'Elbée.

 

(1) Le révolutionnaire Brissot écrivit aux généraux de la Révolution: "Il faut incendier les quatre coins de l'Europe, notre salut est là' (Brissot in Mallett du Pan, Considérations sur la nature de la Révolution). Reprenant cette méthode politique de la guerre pour asseoir un ordre nouveau, "il nous faut des Vendée!", proclamera Lénine... (Figaro Histoire , "Vendée l'épopée des géants le Figaro, éditorial, Juin-Juillet 2016, n°26)

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Publié par Ingomer - dans Histoire
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