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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 12:20
La Révolution de 1830, ou le triomphe du capitalisme contre le bien commun, par Bonald. De l’immoralité du pouvoir libéral

La Révolution de 1830, ou le triomphe du capitalisme contre le bien commun, par Bonald

 

De l’immoralité du pouvoir libéral

dimanche 24 avril 2016 par ISH Enregistrer au format PDF

Lors de la révolution de 1830, la haute bourgeoisie et sa prostituée de toujours — la presse —, couronnent l’usurpation d’une famille cadette d’Orléans avide de pouvoir. Bonald présente, avec une rare clairvoyance, les conséquences toujours actuelles de l’argent-roi :

  • Le grand commerce, non contrôlé par l’État, réduit les personnes à l’état de consommateurs. L’argent des actionnaires prime désormais sur la politique et le bonheur des peuples.
  • La grande industrie, non contrôlée par l’État, se nourrit de l’esclavage d’une population miséreuse (le prolétariat) pour produire ce que le consommateur achète. Ainsi importe-t-elle des cohortes d’étrangers, corvéables à merci et jetables, sans se soucier que ces malheureux, sans racines et hétérogènes, constituent une source d’instabilité pour le pays, proies choisies de tous les fanatismes idéologiques ou religieux.

Est-ce donc un hasard si les gouvernement libéraux-socialistes s’acharnent à exterminer la population enracinée des agriculteurs au nom du libre-échangisme ? Les paysans étant les seuls — nous dit Bonald — a être indispensables au Pays, parce qu’ils le nourrissent...

 

Table des matières

 

Avertissement de viveleroy.fr

 

Ce texte est tiré du livre Louis de Bonald, Réflexions sur la révolution de 1830 et autres inédits, présentés et annotés par Jean Bastier, Éditions Duc/Albatros, Paris, 1988, p.83-86.

AVERTISSEMENT : tous les titres ont été ajoutés par VLR pour faciliter la lecture en ligne.

 

La presse, instrument de domination de la bourgeoisie révolutionnaire

 

Le commerce et l’industrie ont fait la révolution de Juillet, la presse sans doute y a puissamment contribué, mais la presse aussi est une spéculation d’industrie et un objet de commerce, et c’est uniquement pour soutenir cette industrie et son commerce qu’elle a fait la révolution. Il est donc permis d’examiner les titres du commerce à une si haute mission que celle d’une révolution de gouvernement, et les droits qu’il a de prendre le pas sur les institutions publiques et politiques.

 

Quand la bourgeoisie proclame la liberté

 

Le commerce, affranchi de l’autorité politique, perçoit un impôt direct en profitant de la détresse publique

Le commerce, quelque étendu qu’il soit, n’a affaire qu’aux particuliers, et n’est l’affaire que de particuliers. Que le détaillant vende à livres et onces [1] le sucre et le café aux consommateurs, que le négociant fasse venir des bâtiments chargés de sucre et de café pour les détaillants, l’un et l’autre sont au service des particuliers, commandés et payés par eux, et ne servent pas l’État qui ne consomme ni sucre ni café. Les droits que payent ces objets à leur entrée sont un impôt payé par les consommateurs et se confondent avec les autres subsides.

Ceux qui se livrent à ces spéculations sont assurément des hommes très estimables s’ils les font avec bonne foi sans trop profiter de la détresse publique ; mais la profession en elle-même n’a rien d’honorable ; car il n’y a de service honorable en politique que le service du pouvoir public, politique ou religieux ; aussi les Romains, justes appréciateurs de tout ce qu’il y a de noble et d’honorable dans les diverses professions, abandonnaient le négoce à leurs affranchis et l’industrie à leurs esclaves.

Le libéralisme, ou la mort de l’autorité politique, ou le fort libre d’asservir le faible

On se plaint avec raison de la ruine du commerce ; mais peut-être faut-il en chercher la cause dans le commerce lui-même, ce ne sont pas quelques fortunes colossales — qui écrasent et humilient le petit commerce — qui font pour l’État la prospérité du commerce, c’est un grand nombre de fortunes médiocres qui répandent une aisance générale.

 

Autrefois un commerçant enrichi s’empressait de quitter le commerce pour acheter une charge et passer dans l’État public, il faisait ainsi place à d’autres commerçants qui, délivrés de cette concurrence, travaillaient avec plus de succès à faire leur fortune pour quitter à leur tour le commerce et faire place à d’autres.

 

Les 1 % les plus riches du monde possèdent plus que les 99 % restantsAujourd’hui le commerçant enrichi veut s’enrichir encore et ne voit point de terme aux progrès de sa fortune. Il y a telle ville où un riche négociant est le tyran des plus petits commerçants qui ne peuvent faire aucune spéculation qu’ils ne soient devancés par un homme à qui une immense fortune et des relations étendues donnent les plus grands avantages ; et si par la constitution de l’État, ces mêmes hommes sont revêtus de fonctions publiques avec lesquelles et même à la faveur desquelles ils continuent leur commerce, s’ils peuvent être députés ou pairs et rester banquiers ou fabricants, on sent qu’il n’est plus possible de lutter contre une si redoutable concurrence.

 

 

 

Cet empressement à quitter le commerce lorsqu’on avait fait une fortune honnête et suffisante avait un grand avantage en morale et en politique.

 

Source et suite: Vive le Roy

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