Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 17:09

Terrible leçon donnée par le philosophe Michel Onfray au monde catholique sur le concile Vatican II et la période post-Vatican II qui a tout désacralisé :

Michel Onfray comprend mieux la liturgie et le rôle du sacré que nos évêques !

Michel Onfray, philosophe qui se veut antichrétien et se dit athée, comprend bien mieux la liturgie et le rôle du sacré que nos évêques en costumes gris SNCF et nos curés adeptes des réunions de secteurs. C’est à écouter ici. Et c'est un régal !

 

Le philosophe était l'invité des Rencontres du Figaro de mars 2016. En réponse à la question d'un spectateur dans la salle, il s'est livré à un véritable cours d'architecture, de théologie et de liturgie.

 

Extrait:

 

"Les religions rendent possibles les civilisations. C'est une bêtise de dire que notre civilisation n'est pas judéo-chrétienne, évidemment elle l'est, y compris quand elle cesse de l'être (judéo-chrétienne), elle l'est à partir du judéo-christianisme et elle se constitue contre. Mais se constituer contre c'est faire avec, et ses composés.

 

Et à un moment donné, on voit bien ce que la transcendance est devenue, et par exemple pour la Sagrada Familia qui ne parvient pas à être terminée, cela n'est pas étonnant quand on lit des actes de Vatican II, effectivement il n'y a plus de place pour la transcendance, c'est purement formel, on enlève toute la transcendance.

 

Moi j'étais gamin quand j'ai vu les effets de Vatican II à la messe, il y avait les garçons et les filles d'un côté, il y avait le prêtre qui tournait le dos à l'assemblée et qui officiait face au tabernacle, c'est-à-dire le soleil levant, cela faisait sens. C'est-à-dire vers le lieu de la Lumière. On attendant la Lumière parce que le Christ était Lumière. Le prêtre s'adressait à Dieu et il était l'intercesseur de ses ouailles qui étaient derrière lui, mais tout le monde dans le même sens. Et d'un seul coup on change tout et on dit ha non, on installe l'autel au milieu du choeur, on laisse le tabernacle et on fait la messe en tournant le dos à Dieu. Matériellement, on tourne le dos à Dieu, c'est-à-dire que le tabernacle est derrière. [1]

 

Et puis on parle aux gens, et on dit la musique n'a plus besoin d'être sacrée, d'où la guitare, le curé qui s'habille en jean... (l'élimination) du latin... etc., etc. C'est-à-dire que c'est l'Eglise elle-même qui tout d'un coup dit on n'a plus besoin de sacré, le sacré est dans l'immanence. On n'a plus besoin de transcendance, la transcendance est dans l'immanence. Signe que l'on avalise l'évidence de ce que la civilisation nous dit, nous avons perdu le sens du sacré judéo-chrétien. C'est ainsi et cela ne se reconstitue pas, cela ne se replâtre pas. C'est une espèce de santé perdue et une santé perdue ne se recouvre pas.

Via Pro Liturgia, Actualité du jeudi 31/03/2016

 

Notes

 

[1] Michel Onfray dit ici exactement la même chose au sujet de l'orientation de l'autel que le grand liturgiste allemand Klaus Gamber dans son ouvrage "Zum Herrn hin !", "Tournons-nous vers le Seigneur!" publié avec une préface du Cardinal Ratzinger pour la version française en 1992.

Partager cet article

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Vatican II
commenter cet article

commentaires