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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 12:20

L’abbatiale de Saint-Gilles (Gard), où se trouve le tombeau du saint du même nom, un ermite vénéré dès le XIIe siècle, fut l’un des plus importants lieux de pèlerinage de la chrétienté. Aujourd’hui, de nombreux pèlerins qui s’élancent vers Compostelle sur le chemin d’Arles font encore étape devant le buste doré du saint, dans la splendide nef médiévale classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Pour célébrer les 900 ans de l’abbatiale, les paroissiens ne pouvaient faire les choses à moitié. En partenariat avec la municipalité, ils ont décidé de « faire revenir saint Gilles chez lui », selon les mots de Bernard Poujol, président du Comité des orgues de Saint-Gilles.

 

 

Avec son épouse Catherine, historienne et élue municipale chargée de la restauration de l’abbatiale, Michel Durand-Roger, président de l’Association d’histoire, d’archéologie et de sauvegarde de Saint-Gilles, et son épouse Marie-Martine, ainsi que Daniel Juillard, paroissien, Bernard Poujol a entrepris de rapatrier une partie des reliques de l’ermite, conservées depuis les guerres de Religion à Toulouse, dans la basilique Saint-Sernin. Sollicité par le P. Robert Barin, curé de Saint-Gilles, son homologue de Saint-Sernin, le P. Vincent Gallois, a accueilli « avec bienveillance » l’initiative gardoise qui permettra, assure-t-il, de « replonger les Saint-Gillois dans leur propre histoire ».

 

Prêtée par la Ville de Toulouse et par le diocèse, une partie de ces reliques pourrait d’ailleurs faire l’objet d’un don, sous condition d’acceptation par la commission canonique. « Dans les années 1860, déjà, l’évêque de Nîmes avait procédé à des démarches pour les rapatrier. En vain. Ce qui avait toutefois permis de prouver leur bonne appartenance à saint Gilles », raconte Bernard Poujol.

 

Pour les Saint-Gillois, le « retour » de leur saint est un événement. Au rythme d’une procession qui ouvrira plusieurs mois de festivités, les reliques seront apportées, dimanche 3 avril, sur un bateau arpentant le canal de Saint-Gilles. Clin d’œil à l’histoire du saint arrivé par la mer, en provenance de sa Grèce natale, au VIIe siècle. Une étiquette dessinée par le couturier Christian Lacroix ornera également une cuvée spéciale. « Il y a une grande dévotion autour de ce saint, que l’on nomme d’ailleurs le “Grand saint Gilles”, raconte le P. Barin, au point que l’on me demande parfois de célébrer la messe dans la crypte où se trouve son tombeau. »

 

Au-delà du retour des reliques, le neuvième centenaire de l’abbatiale revêt, aux yeux du curé, un caractère majeur. « C’est un appel à la prière. Il doit nous rappeler l’importance de prier dans ce lieu traversé par deux pèlerinages : celui de Saint-Gilles qui se déroule le dernier samedi du mois d’août, et celui de Saint-Jacques-de-Compostelle. » L’année 2016 marquera aussi le démarrage de restaurations considérables de l’abbatiale, lancées par la municipalité, avec l’appui financier de l’État, du conseil régional et de l’agglomération de Nîmes pour un montant total de 2,5 millions d’euros.

L’abbatiale de Saint-Gilles (Gard) célèbre ses 900 ans en faisant revenir Saint Gilles chez lui

Source : À Saint-Gilles, l’abbatiale célèbre ses 900 ans, La Croix, Ysis Percq, à notre correspondante régionale, le 31/03/2016 à 8h29

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Publié par Ingomer - dans Religion
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