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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 20:56

L’hebdomadaire “L’Express” propose régulièrement des dossiers thématiques dans ses numéros hors-séries.
Aussi “L’Express”, pour inaugurer 2016, a-t-il sorti un dossier intitulé “Dans les secrets du Vatican”. La pensée générale de cette publication est celle d’une synthèse de la critique libérale contre l’Eglise. Elle est plus pernicieuse qu’extravagante pour l’essentiel, donc d’autant plus à lire avec précaution. Comment est-elle proposée aux lecteurs ?
On trouve d’abord un hommage à l’art. Les œuvres sont replacées dans le contexte historique. En soi, cette démarche est saine. Le problème est que, à l’imitation de Stendhal souvent mieux inspiré, l’accent est mis sur les papes avant tout princes temporels, comme Jules II, ou scandaleux dans leur vie privée, comme Alexandre VI. La liturgie catholique, qui a inspiré ces beautés de l’Art chrétien, est quelque peu négligée, tout comme la foi. Cet art avait été placé pourtant à son service.

 

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On trouve ensuite une approche libérale du catholicisme. L’Eglise catholique est considérée comme un objet social inventé au IVème siècle. Il manque l’essentiel, la foi, le plan divin. Historiquement cette vision pèche en occultant le caractère essentiel des premiers siècles de l’Eglise. Du fait de la grande persécution de Dioclétien (303-305, voire 311 selon les provinces), au cours de laquelle ont été détruites des quantités d’archives, ces époques les plus anciennes de l’Eglise sont mal documentées, mais ne sont pas inconnues pour autant. La papauté a été fondée par le Christ en la personne de saint Pierre, et le fait est présent dès les Evangiles, qui datent du premier siècle. Il est vrai que l’Eglise est devenue une religion de masse au IVème siècle, basculant donc au sens sociologique dans une dimension nouvelle ; mais elle n’a certainement pas été “inventée”, dans ses structures ou son dogme, à cette époque suivant le règne glorieux du premier empereur chrétien Constantin (306-337). Cette ambiguïté est assez typique : on n’assène pas directement une énorme erreur historique clairement identifiable, mais on introduit un biais qui conduit le lecteur à commettre une telle erreur.
Enfin, on suggère fortement un catholicisme de demain libéral. Les journalistes, en différentes réflexions dispersées dans des articles analytiques, invitent à rejeter explicitement le dogme catholique, et même à inverser la perspective chrétienne. En imitant un bouddhisme idéalisé, il s’agirait de dénaturer le christianisme, catholicisme inclus, et de le reconstruire sur ce mode bouddhiste.
Le pape François est très apprécié des libéraux. Il lui est conseillé de démanteler aimablement la primauté pontificale, d’ordonner des prêtresses, etc. En même temps, figure aussi une recommandation de prudence face à la résistance en cours des “conservateurs” ; elle serait d’autant plus forte s’il en faisait davantage. Les libéraux compatissent en rappelant qu’il doit faire face, de leur point de vue, à des esprits attardés qui en seraient encore au IVème siècle. Le pape François est donc absous par les journalistes militants - curieux tribunal de l’Eglise - de sa modération dans les réformes progressistes à accomplir qui pourtant, si elles pouvaient être appliquées, mèneraient à la destruction de l’Eglise.
Quelques coups bas quand même...
Le parti-pris d’honnêteté et de modération n’est pas toujours tenu. Les pires anecdotes, présentes certes dans des textes médiévaux, sont reprises comme des vérités historiques : les papes du Xème siècle n’ont certainement pas tous été irréprochables ; ils ont été largement aux mains de clans romains antagonistes. Mais en faire des marionnettes de femmes de mauvaise vie est excessif et malhonnête. Ces textes relèves de calomnies anciennes, dont l’ancienneté n’est pas synonyme de vérité. Significativement, elles ont été fort reprises par la propagande protestante au XVIème siècle, afin de justifier le schisme face à une papauté qui aurait été irrémédiablement corrompue depuis des siècles et des siècles. Pour paraître honnête, ruse suprême, les calomnies les plus excessives sont rejetées, comme celle de la prétendue “papesse Jeanne”… Il y a là une tactique pour éroder toute confiance des fidèles envers les papes passés.
Un des thèmes les plus usés contre l’Eglise catholique actuelle est celui des prêtres pédophiles. Le but des journalistes engagés, contre l’Eglise évidemment, est de donner l’impression de l’existence habituelle de pratiques aussi monstrueuses que courantes, et ce avec la complicité supposée de la hiérarchie. Certains cas sont en effet réels. Il est cependant faux et abusif de les généraliser ; la hiérarchie catholique a été souvent très prudente, parfois trop ; mais en ces matières délicates, il est parfois difficile de distinguer un prédateur monstrueux d’un parfait innocent victime des pires calomnies, venant souvent d’individus perturbés qui peuvent mentir avec sincérité.
“Dans les secrets du Vatican” peut tenter le grand public catholique. Les photos des œuvres d’art présentes au Vatican sont magnifiques. Le texte l’est nettement moins. Après une lecture attentive, qui prend sept à huit heures, nous ne pouvons qu’en dénoncer le caractère le plus souvent insidieusement antichrétien, et d’autant plus dangereux de ce fait.

D’après Octave Thibault sur le site “
réinformation.tv

Pro Liturgia, Actualité du 04/02/2016

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Publié par Ingomer - dans Religion
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