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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 10:25
Actes de cruauté dans un abattoir du Gard certifié "bio"

Moutons torturés, cochons et bœufs saignés alors qu’ils sont conscients… L'association protectrice des animaux L214 rend public ce mardi de nouvelles horribles images d’un abattoir, qui a la particularité d’être "bio" (Attention, ces images peuvent choquer).

 

Attention, images choc ! L’association lyonnaise L214, connue pour avoir révélé le sort de poussins broyés vivants en 2014 et les conditions d’abattage abjectes endurées par des bovins, ovins et porcins dans un abattoir d’Alès (Gard) remet ça. Cette fois, c’est l’abattoir du Vigan, à 60 km à l’ouest d’Alès, qui fait les frais de leur caméra cachée, placée dans l’enceinte du bâtiment par un complice entre juin 2015 et février 2016.

 

Que voit-on dans ce montage de quatre minutes ?

 

Des moutons terrorisés, violemment balancés contre une grille en métal. Un cochon qui devrait être étourdi par un coup de pince électrique sur le front, mais qui finit lentement brûlé, car l’outil est défectueux. Un bœuf et un cochonnet pendus à une patte, encore conscients - ils se débattent, les yeux grand ouverts – mais saignés quand même...

 

Employé sadique

 

Suprême infamie : un employé sadique au visage flouté s’amuse à donner des coups de pince électrique à des moutons qui sursautent, et l’on entend son rire d’ogre s’élever dans le bâtiment d’une blancheur clinique. Ambiance...

 

Cerise sur le gâteau : l’abattoir gardois dans le collimateur est certifié bio… une ensemble de pratiques agricoles qui revendiquent le respect du bien-être animal. Une publicité assurément mensongère dans le cas du Vigan. [1]

 

L’association, qui « milite pour la fin de l’élevage et la fermeture des abattoirs » selon ses propres termes, a utilisé la même méthode qu’à Alès : une personne ayant accès à l’abattoir y a posé une caméra qui a tourné des images pendant quelques journées entre mai 2015 et février 2016. Comme d’habitude, les images sont accablantes.

 

Contacté par 20 Minutes lundi dans la soirée, le directeur de l’abattoir, Laurent Kauffmann, n’avait pas encore vu les images, mais expliquait qu’une « reprise de conscience des animaux après une électronarcose, sans visiblement d’actions correctives de la part du personnel, ça peut arriver. Mais ça ne devrait pas arriver », ajoute-t-il. Quant aux cas de manipulations brutales des moutons, Laurent Kauffmann précise qu’il n’est « pas en mesure de dire si ces choses sont effectivement arrivées, mais si c'est le cas c’est une faute professionnelle. »

 

Le rapport du vétérinaire qui a visionné les images conclut à « l’absence d’encadrement technique permanent des opérateurs permettant de s’assurer du respect des procédures » et déplore « des opérateurs peu formés et encore moins sensibilisés à la protection animale ». L’expert indépendant, qui qualifie toutefois les abattoirs « d’antichambres de la mort », estime que le cas particulier de maltraitance des ovins « doit faire l’objet de sévères sanctions professionnelles et judiciaires ». [2]

 

Ce qui est plus étonnant, c'est que cet abattoir s'avère un petit établissement de proximité, spécialisé dans la vente directe et certifié bio par l'organisme Ecocert – même si seulement 5 % de sa production est issue de l'agriculture biologique. On y tue chaque année 250 bovins, 200 cochons et 6 000 agneaux, soit 240 tonnes de viande par an, à peine 6 % des quantités débitées à l'abattoir d'Alès. L'établissement emploie seulement trois salariés, et ses locaux, qui datent de 1985, ont été modernisés en 2010 et en 2014. Et pourtant, il ne respecte non seulement pas la réglementation en bio mais pas non plus les normes minimales communes à tous les abattoirs.

 

"Il semble y avoir eu des fautes professionnelles. Si elles sont avérées, nous devrons agir en conséquence", reconnaît Laurent Kauffmann, le directeur de l'abattoir, contacté par Le Monde lundi soir avant d'avoir pu visionner les vidéos. Mais, insiste-t-il, l'abattoir est "agréé", "contrôlé tous les jours par une personne des services vétérinaires et une fois par an par la direction départementale de la protection des populations (DDPP)" et les salariés "suivent des formations sur le bien-être animal et les bonnes pratiques d'abattage".

 

Commission d’enquête parlementaire

 

"Nous avons une image idyllique de la production bio. En réalité, il n'y a pas de mort bio ou de mort douce. La viande heureuse n'existe pas, argue Brigitte Gothière, porte-parole de L214. Il est temps de regarder en face et avec honnêteté la réalité de l’abattage des animaux, une réalité dont même les abattoirs à taille humaine et certifiés ne peuvent masquer la cruauté."

 

L'association a déposé une plainte contre l'abattoir du Vigan, mercredi, devant le tribunal de grande instance d'Alès. Elle lance également une pétition demandant la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les abattoirs. Fin octobre, après le scandale d'Alès, plusieurs sénateurs avaient déjà demandé la création d'une telle commission d'enquête sur les conditions d'abattage des animaux de boucherie. Quelques jours plus tard, 90 personnalités – Eva Joly, José Bové, Luc Ferry ou encore Michel Drucker – signaient un manifeste pour appuyer cette demande. Mais depuis, rien n'a avancé, l'abattoir d'Alès rouvrant même après deux mois de fermeture administrative. "Quand le scandale retombe, tout le monde oublie, mais les animaux, eux, continuent de subir des actes de cruauté, relève Brigitte Gothière. On demande donc des contrôles dans tous les abattoirs pour que les normes soient, au minimum, respectées." [3]

 

Sources:

 

[1] VIDEO. Nouvelles images insoutenables de cruauté dans un abattoir du Gard, Nouvel Obs, Publié le 23-02-2016 à 07h46Mis à jour à 09h03

[2] VIDEO. Les terribles images tournées dans un abattoir «bio» du Gard, 20 Minutes, Publié le 23.02.2016 à 07:05, Mis à jour le 23.02.2016 à 09:47

[3] Actes de cruauté dans un abattoir du Gard certifié bio, Le Monde, mardi 23 février 2016

 

 

. Scandale alimentaire : des animaux encore conscients au moment de leur mise à mort

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