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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 09:54
De l'avenir de l'Eglise

Le “New Age” des années postconciliaires, qui a consisté à admettre plusieurs voies d’accès à l’absolu, ajouté au pragmatisme ecclésial se manifestant dans une démocratisation du gouvernement de l’Eglise et dans l’horizontalisme liturgique, a été à l’origine du relativisme qui mine les sociétés occidentales.

A ce sujet, le Pape Benoît XVI parlait d’une véritable “dictature du relativisme” qui s’était introduite même dans l’Eglise pour favoriser tant les théologies qui considèrent que toutes les religions se valent que les courants œcuméniques qui, voyant les Eglises comme égales, sont favorables à l’intercommunion.

Or, la Constitution dogmatique de Vatican II “Lumen gentium” considère que l’Eglise n’est pas qu’une organisation pouvant s’adapter au relativisme ambiant. Elle est l’organisme de l’Esprit Saint. Et à ce titre, elle ne peut se développer que de l’intérieur - et non à partir de “périphéries” coupées du centre - par sa communion au Christ, dans la foi, l’espérance et la charité.

Affirmer et croire que l’Eglise est le Corps du Christ, implique que celui-ci s’est donné un corps communautaire et historique, fondé sur l’Eucharistie.

Ainsi, la liturgie de la messe est-elle la loi essentielle, capitale, fondamentale de l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique : elle est née à la dernière Cène et permet, à travers sa forme rituelle authentifiée par le Magistère, d’actualiser la Nouvelle Alliance.

Il en découle qu’une Eglise locale - diocèse, paroisse... - ne peut jamais apparaître comme une réalité isolée ou se considérer comme telle, mais doit sans cesse veiller à s’affirmer dans une communion catholique avec les fidèles de tous les temps : passé, présent et à venir.

En effet, l’Eglise catholique n’est pas une juxtaposition statique d’Eglises locales et de communautés particulières : celles-ci ne sont que des réalisations de la seule et unique Eglise née à la Pentecôte et dans laquelle l’essence de la vocation chrétienne ne peut en aucun cas se réduire à un programme politique, à une morale, à un humanisme quelconque, à une philosophie ou à une sagesse.

On comprend donc que le véritable leitmotiv du message de Jésus est le Royaume de Dieu : le Christ qui a proclamé la venue du Royaume était lui-même ce Royaume.

Le Royaume de Dieu n’est donc pas un concept politique. Il n’est pas davantage une règle dont on pourrait se servir directement pour élaborer une praxis politique ou exercer une critique des réalisations de tel ou tel gouvernement.

L’image du Royaume de Dieu nous est donnée par la liturgie, laquelle est d’une importance capitale pour la vie de l’Eglise en ce qu’elle est une incarnation de l’espérance eschatologique, de notre désir d’accéder au Royaume.

Une théologique saine ne peut que s’appuyer sur une liturgique saine. Inversement, des liturgies bancales, approximatives, banalisées sont inévitablement le lieu où s’élaborent des théologies hétérodoxes. On s’en rend compte si l’on considère que la crise que traverse aujourd’hui l’Eglise a été précédée d’une destruction de la liturgie, laquelle destruction a elle-même été précédée du rejet de la prière au profit de l’activisme pastoral.

Car, en effet, le point de départ d’une liturgie juste capable de protéger la doctrine est la prière : la liturgie de l’Eglise naît de la prière et enseigne la prière.

Cependant, on ne peut pas faire de la prière liturgique un acte personnel sans rapport avec l’héritage liturgique. Ainsi, par exemple, le chant liturgique ne peut pas se couper du chant grégorien pour adopter des formes de pop ou de rock, lesquelles relèvent essentiellement de l’excitation politique ou érotique, ou du simple désir de divertissement. Le chant liturgique authentique doit être créateur d’instants où l’homme devient capable de saisir intérieurement son attente persévérante du Royaume.

Par conséquent, tout dans la liturgie - paroles, chants, gestes, vêtements des ministres, beauté du sanctuaire - doit s’opposer aux tendances qui préfèrent la rationalité à la Tradition. En effet, ces tendances, généralement dictées par le relativisme contemporain qui conduit à oublier de sens de l’eschatologie, ont toutes comme conséquence de réduire la liturgie à une austérité calviniste qui abolit la contemplation pour mettre les questions morales (la communion aux “divorcés-remariés”) et politiques (il faut se mobilier pour sauver la planète) au centre du christianisme et à la place du Royaume de Dieu.

On en vient alors à oublier ce n’est ni la rationalité ni les changements de structures qui détermineront l’avenir de l’Eglise mais les saints. Ça a toujours été le cas dans l’histoire, surtout dans les périodes de crises.

Source: Pro Liturgia, Actualité du samedi 5 décembre 2015

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Publié par Ingomer - dans Liturgie
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commentaires

Cadoudal 05/12/2015 12:38

Et Benoit XVI, qui ne célébrait pas la sainte messe, mais la synaxe de Paul VI, est un expert en relativisme, lui qui a osé dire que le rit romain avait deux formes équivalentes, une ordinaire et une extraordinaire, en terme de relativisme liturgique et doctrinal on ne peut pas faire mieux.

France 22/12/2015 16:35

1 Question : Est-ce bien celui que vous évoquez qui a échangé ou interverti la forme ordinaire attribuée à la Sainte Messe, en forme extraordinaire suite à la remarque d'une Fraternité sur ce point ?