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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 09:52

On se souvient qu'en juin 2014 le soutien des Occidentaux avait ressuscité le califat islamique en Irak et en Syrie qui a commis des mises en scène par décapitation immondes style Place de la Concorde... Aujourd'hui c'est à Tony Blair de faire son mea culpa. Fabius (Syrie), Sarkozy (Libye), au suivant !

Mea culpa de Tony Blair qui reconnaît sa responsabilité dans l'essor de Daech

Source: Tony Blair reconnaît sa responsabilité dans l'essor de Daech, Le Figaro, Par Florentin Collomp Publié le 25/10/2015 à 17:34

 

Dans une interview à CNN diffusée dimanche (25 octobre Ndlr.), l'ancien dirigeant britannique présente ses excuses pour les justifications fallacieuses au déclenchement de la guerre en Irak et le lien avec le djihadisme.

 

Pour la première fois, Tony Blair reconnaît une part de responsabilité dans la situation actuelle en Irak et en Syrie. Jusqu'à présent, l'ancien premier ministre avait toujours défendu la légitimité de l'invasion de l'Irak par les troupes britanniques aux côtés des Américains en 2003. [I]l présente des excuses partielles pour les conséquences de cette décision et reconnaît le lien entre l'invasion de l'Irak et l'essor de l'Etat islamique.

 

«Bien sûr on ne peut pas dire que ceux d'entre nous qui ont renversé Saddam Hussein en 2003 n'ont pas de responsabilité dans la situation en 2015», affirme Tony Blair. Le déclenchement de l'intervention avait alors été justifié par de faux rapports du renseignement sur la possession d'armes de destructions massives par le régime de Bagdad. [1]

 

«Je présente mes excuses pour le fait que les informations que nous avons reçues étaient fausses. Je m'excuse aussi pour certaines des erreurs dans la planification et, évidemment, pour notre erreur à comprendre ce qui se passerait après le renversement du régime», se contrit-il.

 

Tout en ajoutant qu'il trouvait

 

«difficile de s'excuser d'avoir mis fin au pouvoir de Saddam».

Mea culpa de Tony Blair qui reconnaît sa responsabilité dans l'essor de Daech

Mea culpa partiel face à la responsabilité collective occidentale dans la résurrection du califat islamique

 

L'effondrement du régime du dictateur sunnite avait entraîné une vague de terrorisme djihadiste sous la houlette d'Al-Qaida, qui a conduit ensuite à la proclamation du califat de Daech sur une partie du territoire de l'Irak et de la Syrie en 2014.

 

En revanche, face à la responsabilité collective occidentale dans la guerre civile en Syrie, l'ancien dirigeant travailliste relativise «[s]on crime».

 

«Nous sommes restés en arrière et nous, à l'ouest, en portons la responsabilité, l'Europe plus que tout. Nous n'avons rien fait. C'est un jugement de l'histoire auquel je suis prêt à faire face», défie-t-il.

 

Le chef du gouvernement britannique tente désormais avec grande prudence de réunir un consensus politique pour obtenir un vote du Parlement autorisant des frappes aériennes contre l'Etat islamique en Syrie.

 

Tony Blair prend les devants sur les résultats d'une interminable commission d'enquête britannique sur la guerre en Irak, qui s'apprête à annoncer prochainement un calendrier pour sa publication. Le rapport Chilcot est devenu un serpent de mer, constamment reporté. Par ce premier mea culpa, Tony Blair anticipe sur les responsabilités susceptibles de lui être imputées. L'ancien premier ministre ne peut se déplacer sans protection policière, constamment pourchassé par des militants qui l'accusent de crimes de guerre et demandent sa traduction en justice.

 

Le coût humain des guerres en Irak et en Afghanistan a rendu l'opinion britannique majoritairement hostile à toute intervention militaire extérieure. C'est ce qui a conduit David Cameron à essuyer un refus du Parlement le 29 août 2013 contre une opération occidentale destinée à renverser Bachar el-Assad, conduisant deux jours plus tard au volte-face historique d'Obama le 31 août, connu à 19h55 en France, laissant la France isolée diplomatiquement pendant huit jours jusqu'au volte-face à son tour de François Hollande le 6 septembre au lendemain du camouflet reçu par la France au G20... Laurent Fabius, quant à lui, le 13 mai 2014, est toujours le seul à regretter qu'Obama n'ait pas frappé la Syrie...

 

Les Etats-Unis sont responsables en Irak d’un nombre de morts considérable, bien plus important que celui dont fut déclaré coupable Saddam Hussein. Interrogée sur le bilan abominable de l'embargo américain de 1991 en matière de mortalité infantile - 500.000 enfants morts, plus de morts qu'à Hiroshima -, la secrétaire d'Etat Madeleine Albright déclara sans sourciller dans un entretien à CBS News le 12 mai 1996 "Punishing Saddam", que "le prix en valait la peine".

 

“Après qu’une coalition dirigée par les Etats-Unis a dévasté l’Irak en 1991 pour punir “Saddam-Hitler”, l’Amérique et l’Angleterre ont imposé des sanctions meurtrières à ce malheureux pays, avec le but de se débarrasser de son dictateur. Il est probable qu’un million d’enfants en sont morts, soit autant que dans l’holocauste nazi.” (Norman Finkelstein, L’industrie de l’Holocauste – réflexions sur l’exploitation de la souffrance des juifs, éditions La Fabrique, 2001, p. 141. Source)

 

L'embargo économique et militaire décidé par l'ONU à l'encontre de l'Irak, qui avait envahi le Koweït en 1990, a duré douze ans, provoquant des conséquences catastrophiques sur la santé des populations et les droits de l'homme. Les associations qui ont apporté une aide humanitaire à l'Irak ont dû se placer dans une situation de « désobéissance civile internationale »... Source

 

Nous attendons donc que les divers tribunaux internationaux ou nationaux rendent la justice en ce qui concerne les criminels de guerre.

 

Il y a ceux qui sont dans le vent de l'histoire et ceux qui, désespérément tentent de remonter le cours du styx.

 

Notes

 

[1] L'incroyable histoire du mensonge qui a permis la guerre en Irak, L'Obs, Par Vincent Jauvert, Publié le 10-03-2013 à 18h06

 

. Syrie : Bachar el Assad dénonce le "principe européen du deux poids deux mesures" et accuse l'Europe d'avoir "une part de responsabilité" pour avoir "soutenu le terrorisme"

. Obama, Cameron, Hollande : les djihadistes occidentaux en action

. Bush et Blair devraient être jugés à La Haye (prix Nobel de la paix Desmond Tutu)

. Bush responsable d'un nombre de morts considérable, bien plus important que celui dont fut déclaré coupable Saddam Hussein

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