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13 septembre 2015 7 13 /09 /septembre /2015 22:12

Le côté épique, chevaleresque marqua encore Marignan comme le dernier épisode d'une chanson de geste.

Louis Fontaine, Le Sang et la Gloire, Des hommes et des batailles qui ont fait la France, Editions de Paris 2003, p. 199.

La Bataille de Marignan, Fragonard

La Bataille de Marignan, Fragonard

La bataille de Marignan, les 13 et 14 septembre 1515 marque une victoire de l'artillerie française supérieure qui commence à jouer un rôle déterminant dans la conduite des guerres. Décrite par les contemporains comme une victoire du Chevalier de la Croix, un nouveau Constantin, grâce au Maréchal de La Palice (qui donnera naissance, bien malgré lui, aux lapalissades) [1] et du Chevalier Bayard qui adoube chevalier François, à 20 ans, sur le champ de bataille.

 

Les Suisses étaient de rudes soldats et François Ier put être fier de les avoir mis en fuite, après une bataille de 2 jours. Il y gagna une ré-annexion éphémère du Milanais (jusqu'en 1522), et une réconciliation avec le pape à Bologne : le premier Concordat (1516) qui durera jusqu’à la Révolution de 1789. Le roi seul a autorité pour désigner les évêques et les abbés dans son royaume. Charge au pape ensuite de les confirmer. Ceci constituait une infraction au principe de la liberté religieuse de l'Eglise et, de ce point de vue, plaçait l'Eglise de France sous la tutelle du roi, dans une situation guère différente de celle d'aujourd'hui. [2] Les évêques ne dépendaient désormais que d'eux-mêmes et se montraient très solidaires. C'est le début de l'esprit gallican de l'Eglise-qui-est-en-France, qui reconnaît le pape mais n'applique pas son magistère.

 

Le roi de France gagna aussi l’estime de ceux qu’il avait battus avec une Paix perpétuelle qui fut signée à Fribourg avec les cantons suisses en 1516. De part et d’autre, exemple presque unique dans l’histoire, le pacte a été observé, jamais cette paix ne s'est trouvée rompue. Les Suisses se mêleront même au service des rois de France jusqu'à la Révolution française. Marignan est l'acte fondateur de la légendaire neutralité suisse.

François Ier armé chevalier par Bayard, par Louis Ducis, 1817

François Ier armé chevalier par Bayard, par Louis Ducis, 1817

Le roi-chevalier

 

Avant de l'adouber Bayard proteste !

 

- Sire, celui qui est couronnée et oint de l'huile sainte, Roi d'un tel royaume et Fils aîné de l'Eglise est par lui-même le premier des chevaliers !

 

Mais sur l'insistance de François, il sort son épée et, alors que le roi porte encore sa cotte de fer, Bayard l'adoube en le frappant à l'épaule droite du plat de son arme :

 

- Pour quels motifs désirez-vous entrer dans l'ordre ?

- Pour le service de Dieu, la défense de la veuve et de l'orphelin.

 

Le relevant, Bayard alors embrasse son souverain. Désormais pour l'Histoire et jusqu'à nos jours, François Ier restera le roi-chevalier.

 

La bataille

 

En quelques jours, il lui fait franchir les Alpes au col de Larches. Exploit remarquable pour l'époque avec une telle armée équipée d’une formidable artillerie de 120 pièces. L’artillerie est l’atout numéro un, c’est la première d’Europe. Il arrive devant Milan avec toute son armée, ses adversaires négocient. Le roi pense avoir satisfaction sans combattre. Brusquement le 13 septembre, les Milanais sortent de la ville et enfoncent l’armée royale. Le plus gros de leurs troupes est formé de la meilleure infanterie du monde, celle des Suisses, qui louent leurs services comme mercenaires. Ces derniers attaquent les lansquenets bavarois qui protègent l'artillerie. Les trois carrés de piquiers (7 000 à 8 000 hommes par carré) les font plier mais le roi vient les soutenir. Le chevalier Bayard, se bat avec une grande bravoure. Son cheval est tué sous lui. Il se remet en selle aussitôt ; les brides sectionnées, sa seconde monture s'emballe et l'entraîne vers les rangs suisses. Mais il se sauve à temps et regagne son camp à travers les vignes. Les troupes tiennent jusqu'à minuit, puis le combat s'arrête. Au petit matin du 14, le combat reprend. L'artillerie française commandée par le sénéchal d'Armagnac fait des ravages mais l'aile gauche de l'armée du roi commandée par le duc d'Alençon, fléchit. L'arrivée des renforts vénitiens alliés des Français ont raison des Suisses. Ils quittent le champ de bataille de Marignan, abandonnant 20 000 morts et prisonniers. François Ier est fait chevalier sur le champ de bataille par Pierre du Terrail, seigneur de Bayard. Le Milanais est reconquis. La ligue des princes italiens se défait.

 

La bataille de Marignan, à l'aube du règne de François Ier, est devenue un symbole de la gloire du roi. [4]

François Ier est ce monarque emblématique de la Renaissance française qui est le fil conducteur de cette création, qui porte le nom donné par les italiens aux troupes françaises durant les guerres d’Italie : « Furia Francese ».

Louis XII et Anne de Bretagne laissèrent un héritage musical très riche à François Ier. En 1515, la Cour de France possèdait de solides institutions musicales qui seront renforcées par ce nouveau roi qui y vit un outil politique indispensable pour présenter au monde la grandeur et la puissance de sa cour.

 

Par sa victoire à la bataille de Marignan François va acquérir renommée et gloire dès le début de son règne, et impulser à la cour de France un nouvel élan artistique et intellectuel. [5]

 

Sous François Ier, la France échapera à l'hégémonie de l'Empire germanique. [6]

Notes

 

[1] http://www.herodote.net/13_septembre_1515-evenement-15150913.php

[2] Depuis 1921 le Vatican consulte le gouvernement français sur les nominations d'évêques. (Sébastien Gué, La France et ses relations avec le Saint-Siège, 1958-1969, Relations internationales 2/2005, n° 122, p. 33-46). Le nonce apostolique à Paris soumet les nominations d'évêques de plein droit, et d'évêques coadjuteurs au ministère des affaires étrangères... Toutefois, les objections du gouvernement ne peuvent avoir qu'un caractère politique et non religieux.

[3] Louis Fontaine, Le Sang et la Gloire, Des hommes et des batailles qui ont fait la France, Editions de Paris 2003, p. 198-199.

[4] http://www.histoire-france.net/batailles/marignan

[5] http://lebanquetduroy.com/programmes/...

[6] Jacques Bainville, Histoire de France.

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Publié par Ingomer - dans Histoire
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