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Christ Roi

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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 10:31

On a vu dans un reportage video de Reinformation.Tv que l'agriculture française s'effondre, sacrifiée sur l'autel d'une Europe de la finance et des magouilles de Bruxelles, de la mondialisation, l'explosion des suicides parmi les agriculteurs, des éleveurs de porcs et des producteurs de lait étranglés par les charges et les baisses des prix de leur production, le silence des media. Voici une exception avec "Marianne.net" dont un excellent article pointe l'hypocrisie des dirigeants (maltraitance des animaux, des vaches traitées trois fois par jour par des robots pour maximiser la production", "ne voyant jamais un brin d'herbe" et qui "pataugent dans leurs excréments"):

La ferme de Fair Oaks est un des plus gros élevages de vaches laitières des Etats-Unis

La ferme de Fair Oaks est un des plus gros élevages de vaches laitières des Etats-Unis

On ne sait ce qui doit le plus inquiéter avec les dernières nouvelles de la « ferme des 1 000 vaches ». Ce qu'elles nous apprennent. La manière dont elles nous parviennent. Ou le peu d'écho qu'elles provoquent. Cette « innovation », symbole d'un tournant de l'histoire de l'agriculture française, continue de baigner dans l'hypocrisie générale. Hypocrisie commençant avec le terme de « ferme », premier mensonge pour désigner cette usine à vaches laitières qui s'installe dans la Somme.

C'est un site environnementaliste (Reporterre.net), créé par un journaliste viré d'un grand quotidien, qui nous apprend que ce projet mélange déjà sordide et illégalité. Un employé témoigne de l'état physique et sanitaire pitoyable des animaux qui, ne voyant jamais un brin d'herbe, pataugent dans leurs excréments. Et il révèle que s'entassent près de 800 vaches, contre les 500 autorisées, l'usine ne disposant pas encore d'assez de terrains pour répandre les tonnes de résidus de 1 000 bêtes.

« Votre article a éveillé l'intérêt des services de l'Etat », a réagi la préfecture. Les autorités, qui avaient la tête ailleurs, ont vérifié et remercié Reporterre.net d'avoir fait leur propre travail. « Il y a là un manquement, il sera sanctionné », a renchéri Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement. Sachant le dossier sensible, il a ajouté : « J'applique toutes les règles et toute la loi, et rien que les règles et rien que la loi. » Justement, plus que le laxisme de ses services de contrôle, voilà le vrai problème. Les « règles ». Des règles permettant ces « 1 000 vaches » auraient dû faire débat en France. Pour empêcher une entreprise si contraire à tous les beaux discours officiels.

Contraire à la politique en matière de souffrance animale. La loi votée le 16 février prescrit que les bêtes, « êtres vivants doués de sensibilité », doivent être protégées contre les « mauvais traitements ». Or, les éthologues qualifient tel le sort de ces vaches entassées dans un hangar, nourries au maïs ensilé et auxquelles des robots imposent trois traites par jour pour maximiser la production.

Contraire à la politique énergétique et écologique. EDF rachète à prix majoré l'électricité issue de la méthanisation des bouses, mais de telles usines consomment plus de calories que l'élevage à l'herbe et rejettent en masse nitrates et résidus médicamenteux dont on voit la Bretagne inondée par ses élevages industriels porcins.

Contraire à « l'agroécologie » prônée par le ministre de l'Agriculture. Il récompense de « trophées de l'agriculture durable » des fermes modèles employant du personnel et dans lesquelles les bêtes sont nourries avec les céréales produites sur place. Mais il laisse se créer des usines folles. Tout en précisant, gêné, qu'il n'y est pas « favorable ». Et en plaidant la « cohabitation ». Autre hypocrisie. Il n'y a pas de synthèse possible en la matière. Avec ces « règles » favorisant l'industrialisation, ce sous-lait à prix cassé va sinistrer les fermiers déjà fragilisés par la fin des quotas laitiers. C'est achever la soumission de l'agriculture aux réflexes financiers du lobby agroalimentaire. Lequel ne se demande pas ce qu'il produit, mais comment le faire au plus bas coût et avec le plus de marge. Modèle : l'Allemagne, où il va déjà acheter du lait dans ces milliers d'ex-kolkhozes de l'Est reconvertis avec les méthodes américaines et les salaires d'Europe centrale à 3 € l'heure.

L'investisseur de la « ferme des 1 000 vaches », grande fortune française, est un géant du BTP. D'autres annoncent 2 000 vaches et chèvres laitières en Touraine, 200 000 poules pondeuses dans la Somme. Avec ces nouveaux acteurs, visant le profit plutôt que la qualité, l'élevage bovin, encore peu industrialisé, basculera dans un autre monde que celui des paysans. Ces paysans que Montesquieu aimait parce qu'« ils ne sont pas assez savants pour raisonner de travers ».

Car l'hypocrisie couvre l'absurdité. Outre le scandale écologique qu'elle constitue, cette industrialisation heurte d'abord le bon sens économique. Le créneau commercial français est celui des terroirs, des appellations et de leurs savoir-faire. La valorisation d'un héritage et d'une géographie culturelle. Mais à l'absurdité s'ajoute le mépris pour un monde paysan dont on ne reconnaît plus la valeur ajoutée, comme le résume Elisabeth de Fontenay : « Voilà près de cinquante ans que le Crédit agricole et la FNSEA montent les fils contre les pères, qu'on piétine la prudence des traditions, pour faire triompher la démesure du productivisme et la pollution qui toujours l'accompagne. » La philosophe ajoute que personne n'ose dire aux paysans qu'« ils sont des hommes de trop sur la Terre ».

Mercredi 17 juin, quelques-uns de ces vrais paysans, condamnés pour une tentative de « démontage » de la « ferme des 1 000 vaches », se sentaient bien seuls devant la cour d'appel d'Amiens. A part José Bové et Jean-Luc Mélenchon, pas un leader des Verts pour les soutenir. En revanche, l'ancien rapporteur de l'ONU pour le droit à l'alimentation était là. Olivier De Schutter s'était déplacé pour les défendre, expliquant que, acculés dans « une impasse complète », ils n'avaient « pas d'autre choix ». Avant de conclure que « la question est de savoir pourquoi les canaux politiques sont autant asservis aux intérêts de l'agro-industrie ».

Source: Mille vaches et pas mal d'hypocrites, Marianne.net, Mardi 30 Juin 2015 à 5:00

Mille vaches et pas mal d'hypocrites

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Publié par Ingomer - dans Terroir
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