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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 09:32
Très beau témoignage public de la conversion au catholicisme de la soeur cadette de Bernard-Henri Lévy, Véronique Lévy

Très beau témoignage public de la conversion au catholicisme de la soeur cadette de Bernard-Henri Lévy, Véronique Lévy qui explique (dans la video à partir de 38:40) réaliser ce témoignage non pas pour elle mais "pour le Christ".

 

Véronique Lévy a été invitée de Jean-Pierre Elkabbach dans l'émission "Bibliothèque Médicis" sur "Public Sénat" à témoigner de cette conversion. Dans la présentation de la vidéo de l'entretien "Publicsenat.fr", publiée le 13 avril, Jean-Pierre Elkabbach explique :

 

"J’ai, en effet, décidé de réaliser un entretien avec Véronique Lévy, dont la démarche personnelle de conversion, tenant compte de l’Histoire, me paraissait originale et émouvante. Elle se confiait à partir du livre qu’elle publie « Montre-moi ton visage » (Ed. du Cerf).

[...] je tiens à signaler que des français, laïcs et de confession juive, au nom de l’Histoire tragique du peuple juif, ont été, eux, choqués d’entendre Véronique Lévy leur annoncer : « qu’un chrétien est un juif accompli, là est l’accomplissement absolu »".

Cette conversion au catholicisme d'une personnalité juive n'est pas la seule. On peut également signaler il y a quelques années, la conversion de l'historienne de la Grèce antique, Jacqueline de Romilly. Loué soit Jésus-Christ, Messie d'Israël, accomplissement de la Loi ! (Evangile selon Saint Matthieu 5, 17.)

 

Bernard-Henri Lévy avait annoncé publiquement en 2013, sur Europe 1, et Bibliothèque médicis, la conversion au catholicisme de sa soeur cadette. Il parlait de sa soeur cadette que l'on ne connaissait pas et dont on n'avait jamais entendu parlé, "avec beaucoup d'émotion et la gorge serrée", explique Jean-Pierre Elkabbach:

 

"C'est une toute petite soeur, beaucoup plus jeune que moi, mais elle est quand même majeure, et elle fait ce qu'elle croit devoir faire. Le seul point qui me concerne, moi je suis juif et très profondément juif, et mon judaïsme est une manière d'être fidèle à une certaine transmission", expliquait Bernard-Henri Lévy sur Bibliothèque Médicis en 2013.

Jean-Pierre Elkabbach coupait alors Bernard-Henri Lévy, pour parler d'"universalité" à propos du judaïsme de la "transmission" de Bernard-Henri Lévy. Ce que ce-dernier a confirmé en disant : "universalité, oui cela va de soi". Or, le "judaïsme de la transmission" de Bernard-Henri Lévy n'est pas universel : il est encore pour une large part racial (il faut être ethniquement juif), ce "judaïsme" se transmet par la mère, et est réservé au "peuple élu" d'Israël et aux seuls circoncis. La vraie universalité du judaïsme a été réalisée lors de la rupture avec les préceptes proprement juifs qui étaient ceux des judéo-chrétiens au Concile de Jérusalem en 49 ap.J.-C pour adopter une interprétation réellement universelle du judaïsme dans le christianisme (circoncision du coeur) : 

 

"Le judéo-christianisme triomphant en 49, s'effondrera; le christianisme paulinien commencera sa destinée triomphale. Au seuil de cette époque se situe le concile de Jérusalem, qui en marque les données; à son terme la chute de Jérusalem qui tranche les questions." (Jean DANIELOU, L'Église des premiers temps, des origines à la fin du IIIe s., Points Histoire, Tours 1999, p. 37).

"Car c'est nous qui sommes les vrais circoncis, nous qui par l'esprit de Dieu lui rendons un culte, qui mettons notre gloire dans le Christ Jésus et ne nous confions point dans la chair." (Epître de Saint Paul aux Philippiens, 3, 3.)

C'est la réalisation de l'exhortation de Saint-Paul aux Colossiens (3.11) :

"Dans ce renouvellement il n'y a plus ni Grec ou Juif, ni circoncis ou incirconcis, ni barbare ou Scythe, ni esclave ou homme libre; mais le Christ est tout en tous."

Il y a deux mille ans,

"sous les pas de saint Paul, le terrain était bien souvent miné par les Juifs qui ne lui pardonnaient ni sa conversion ni son action apostolique. Il y avait pire. Des prédicateurs 'judéo-chrétiens', dits prédicateurs judaïsants, firent de même. Demeurés fidèles aux pratiques du judaïsme et les estimant obligatoires pour tous, ... [n]ous avons rencontré ces prédicateurs à Antioche où ils tentèrent de séparer Pierre et Paul. On les retrouvera en Galatie où leur prédication fut sur le point de faire chavirer les Eglises que venait de fonder l'Apôtre des Nations." (Maurice VALLERY-RADOT, L'Eglise des premiers siècles, Collection Tempus, Paris 2006, p. 123).

Les judéo-chrétiens n'étaient pas des européens mais des Juifs de race, convertis au christianisme au Ier siècle, qui voulaient garder les observances juives dont la circoncision "et l'interdiction de manger avec les non-juifs, c'est-à-dire avec les païens convertis" (Jean DANIELOU, ibid., p. 32). Et dès l'origine les Apôtres ont reconnu que la communauté chrétienne était ouverte aux païens (aux "nations"). Ceci posera un problème aux "judéo-chrétiens" qui se "sentaient toujours liées par les observances juives" (Jean DANIELOU, ibid., p. 29-32).

 

L'emploi du terme d'"universalité" pour décrire son "judaïsme" de la "transmission" par Bernard-Henry Lévy est donc inexact. La vraie universalité du judaïsme a été opérée par le catholicisme dont le nom même, employé pour la première fois par saint Ignace d'Antioche ( † v. 110 ap. J-C.), signifie en grec "universalité" (Enclyclopédie Universalis) : "Là où est le Christ, là est l’Église catholique", écrit Ignace d'Antioche dans sa Lettre aux chrétiens de Smyrne (5, 8). Puis, le terme grec, kajolik´ov, catholicos qui avait déjà chez les auteurs grecs (Aristote, Zénon, Polybe) le sens d’universel, de total, de général, sera employé, depuis le début du IIe siècle, presque exclusivement par les auteurs chrétiens.

 

Bernard-Henri Lévy expliquait en 2013 qu'il apprit la conversion de sa soeur  "au moment où" il était "en train de courir les musées de France et d'Europe à la recherche de portraits de Véronique - les Véroniques - c'est-à-dire cette jeune juive présente à la sixième station du Calvaire du Christ lui tendant un linge, et l'essuyant, voyant le visage christique s'imprimer sur ce linge."

 

"Pour moi, explique Bernard-Henri Lévy, cette affaire-là est capitale, parce que c'est le moment où l'image de diabolique (pour les Juifs du Temple et les pharisiens qui ne voulaient pas recevoir le message de Jésus. NDLR.) qu'elle avait tendance à être, devient sainte. C'est le moment de démoniaque qu'on la considérait, elle devient bonne. Et puis j'apprends cette conversion personnelle, qui me tombe dessus un peu comme la foudre."

Très beau témoignage public de la conversion au catholicisme de la soeur cadette de Bernard-Henri Lévy, Véronique Lévy

Verbatim de l'entretien :

 

"Il (Bernard-Henri Lévy) est venu le soir de mon baptême. Enfin, la nuit de mon baptême à la vigile pascale. Et j'ai supris une émotion, peut-être même une larme au moment où je recevais l'eau baptismale. Et il respecte en tout cas mon choix.

 

[...] L'amour de Dieu débusque tout ce qui en nous a été perdu, ou qu'on a cru perdu. Donc Il nous demande inlassablement de montrer notre visage. Par certaines blessures, par certaines épreuves, dans des failles, Il vient nous Chercher", explique Véronique Lévy.

 

"... Je cherchais Son Visage. ... Le Christ est venu me chercher effectivement, déjà toute petite sur une plage, à travers une petite fille qui avait mon âge. Et, en fait, depuis l'enfance, Il était là. Il se rappelait à moi, doucement. Mais je ne suis rentrée dans l'Eglise qu'en 2010. J'ai été baptisée en 2012. Cela a été fait plus tard, suite aussi à un échec amoureux, à une grande blessure, un effondrement.

Très beau témoignage public de la conversion au catholicisme de la soeur cadette de Bernard-Henri Lévy, Véronique Lévy

"... La foi est là depuis l'enfance. Elle se révèle à travers ces songes. Il y a eu des songes assez particuliers. Dont un, d'ailleurs, je ne sais pas si je peux le raconter ici, mais j'étais - c'était très peu de temps après la mort de mon père en fait -, j'étais encerclée, j'étais vêtue de noir, de la tête aux pieds d'un voile noir, encerclée par des hommes, qui me lançaient de l'un à l'autre et tout à coup je m'arrache à ce cercle, je cours et je me retrouve devant une cathédrale. Les portes s'ouvrent. Et j'entends les battements d'un coeur. D'un coeur qui bat. Et je me demandais d'où venaient ces battements du coeur. Et là je vois le Christ en Croix, gigantesque, dont ses bras tirés à l'infini. Les bras pointent vers moi. Et j'entends cette phrase qui sort de Sa bouche : Que ton coeur de pierre devienne un coeur de chair. Toujours les battements du Coeur qui s'amplifient. Et là, de ses deux mains transpercées, sortent deux lames qui fusent vers moi avec un sifflement d'acier. Et je me suis réveillée dans un Amour nucléaire et dans une terreur - crainte veut dire éblouissement dans l'Ancien Testament [1] -, et j'ai jamais oublié ce rêve."

Très beau témoignage public de la conversion au catholicisme de la soeur cadette de Bernard-Henri Lévy, Véronique Lévy

- "A partir de là, la délivrance est arrivée, progressivement et vous remplacez les boîtes de nuit par la fréquentation des églises. Des prêtres vont vous servir de guides", répond Jean-Pierre Elkabbach.

- "Pourquoi vous n'êtes pas restée juive ? demande Jean-Pierre Elkabbach."

- "Je suis restée juive en devenant catholique. Catholique veut dire d'ailleurs 'universel'. Je suis chrétienne. Un chrétien est un juif accompli."

- "Vous dîtes 'Je suis devenue catholique parce que je suis juive'. Mais est-ce que l'avenir d'un juif c'est de se convertir au Christ. Est-ce que cela ne sonnerait pas comme la fin du peuple de Moïse ?", demande Jean-Pierre Elkabbach.

- "Non, pour moi c'est un accomplissement absolu. Pour moi, un chrétien est un juif accompli. La mission du judaïsme c'est de se dessaisir"

- "Mais il vaut mieux pour les Juifs que leur destinée ne soit pas de se fondre dans des conversions qui les fassent disparaître, pire que d'autres ont essayé de le faire", coupe Jean-Pierre Elkabbach.

Puis Jean-Pierre Elkabbach demande à Véronique si elle ne chercherait pas maintenant à convertir son frère aîné qui se dit "agnostique". Véronique Lévy a répondu :

 

"Si, un petit peu, je ne peux pas m'en empêcher. Il m'arrive des fois de l'appeler, - je sais qu'il est sur répondeur - pour qu'il entende le chant des moines." Et je prie beaucoup pour lui", termine très émue, Véronique Lévy.

- "Désormais vous l'appelez (Bernard-Henri Lévy) à une forme d'humilité. Mais est-ce que cette présence dans les media, sans être contrainte - à moins que vous ne vouliez faire du prosélytisme et essayer de nous convertir -, est-ce que ce n'est pas de l'humilité spectacle ? De l'ostentation du mysticisme ?, demande Jean-Pierre Elkabbach.

- "En fait, j'ai toujours vécu dans l'ombre et dans les coulisses je trouvais ma liberté. J'étais tellement bien dans l'ombre. C'est très difficile pour moi de faire cela, mais je le fais pour le Christ", répond Véronique Lévy.

- "Il vous regarde et il vous encourage", demande Jean-Pierre Elkabbach.

- "Je pense que c'est une façon d'être unie à Lui. Comme par la prière. Je n'aurais pas la prétention de l'annoncer, en tout cas avec mes mots, à ma façon. Je ne voulais pas au départ qu'on dise que je suis la soeur de Bernard."

- "Et si la métamorphose de Véronique Lévy que vous exprimez si bien n'était pas achevée ?

- "Elle n'est jamais achevée la conversion. C'est à chaque instant."

- "C'est-à-dire que Dieu peut vous faire le signe de revenir vers nous ?" (les Juifs Ndlr.), demande Jean-Pierre Elkabbach.

- "Non. Il me fera le signe peut-être d'aller plus loin. Avance en eau profonde, dit Jésus. L'avance en eau profonde, avancer en eau profonde, avancer vers Lui, toujours plus prêt. Dieu seul le sait, en fait. Je dirai que Sa Volonté soit faite."

Au-delà de l'ensemble de ce remarquable et magnifique témoignage, je remarque que Véronique Lévy donne un élément de réponse à la secte des Témoins de Jéhovah qui affirment que Jésus n'est pas mort cloué sur une croix mais sur un poteau (et qu'un seul clou aurait donc transpercé les deux mains du Christ) :

 

"Et là, de ses deux mains transpercées, sortent deux lames (les deux clous des deux mains NDLR.) qui fusent vers moi avec un sifflement d'acier."

 

Très beau témoignage public de la conversion au catholicisme de la soeur cadette de Bernard-Henri Lévy, Véronique Lévy

Notes

 

[1] "Le commencement de la sagesse, c'est la crainte de Yahweh; et l'intelligence, c'est la science du Saint." (Proverbes 9, 10.)

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Publié par Ingomer - dans Religion
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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 00:00

http://nominis.cef.fr/images/gallerie/perfectodecordoba.jpg

Prêtre à Cordoue (Espagne), saint Parfait ne cachait pas son engagement religieux. Les musulmans qui occupaient l'Espagne l'arrêtèrent et le décapitèrent à Cordoue, l'an 850.

 Il desservait une paroisse et, comme tous ses confrères, il savait qu'il risquait sa tête à vouloir convertir les musulmans. Il se méfia donc quand deux musulmans l'abordant dans la rue lui demandèrent ce qu'il pensait de Mahomet et de Jésus car, disaient-ils, "nous ne désirons que nous instruire". Il se mit à leur prouver que Mahomet était un faux prophète et que seul Jésus était le sauveur. Ils souhaitèrent le bonjour à saint Parfait, le laissèrent rentrer tranquillement chez lui, puis quelques jours après, ils le dénoncèrent à des amis. Traduit devant le tribunal arabe, il fut condamné à mort. Une fois encore et publiquement, il dit ce qu'il pensait de Mahomet et du Coran. La légende dit que ses derniers mots furent pour bénir le Christ et condamner Mahomet et son Coran. Plusieurs chrétiens sont massacrés en représailles par les musulmans d'Al-Andalus

Parfait est considéré comme l'un des plus grands martyrs de son époque, l'un des premiers au cours d'une période de persécution des chrétiens par les musulmans en Al-Andalus, qui commença en 850 sous Abd al-Rahman II, se poursuivit sous son successeur Muhammad Ier, et par la suite continua de façon intermittente jusqu'en 960.

Son supplice, enregistré par saint Euloge, figure dans le Memoriale sanctorum. Son culte passa en France puisque les chanoines de la cathédrale de Paris chantèrent longtemps une messe solennelle en son honneur chaque 18 avril.

Sources : 1, 2, 3

 

Autres saints au calendrier martyrs de l'islam andalou :

 

- Saints Nathalie, Aurèle et leurs compagnons, martyrs (+ 852)

- Saintes Flora et Maria, martyres († 851)

Sainte Olive (ou Olivia), martyre (9ème s.)

- Saints Rodrigue et Salomon, martyrs (+ 857)

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour
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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 00:00

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/4/4f/Papa_Aniceto_cropped.jpg/180px-Papa_Aniceto_cropped.jpg

Saint Anicet était originaire de la Syrie. Son père se nommait Jean et était habitant du bourg d'Omise ; il gouverna l'Église sous Marc-Aurèle, et succéda, sur le trône pontifical, à Pie Ier. Il était le dixième pape depuis saint Pierre.

Il arrivait à la tête de l'Église en des temps difficiles. C'était le moment du Gnosticisme dont le siège était à Rome, avec ses chefs, Valentin et Marcion. Cette hérésie avait été apportée dans la ville par une femme nommée Marcelline, qui fut cause de la perte d'un grand nombre d'âmes. Outre les pernicieuses doctrines qu'ils enseignaient, en se donnant pour chrétiens, ils rendirent la religion odieuse par leur vie désordonnée et leurs actions infâmes. Saint Anicet s'opposa aux progrès de l'hérésie de toute la force de son autorité et de sa doctrine et Dieu, en même temps, le consolait par l'arrivée de plusieurs saints personnages. 

C'est sous son pontificat que saint Justin vint passer quelque temps à Rome et y composa cette seconde apologie de la religion chrétienne qui lui valut le martyre. La cinquième année du règne de Marc-Aurèle, Anicet reçut la visite de saint Polycarpe, évêque de Smyrne, en Asie, et ancien disciple de saint Jean l'Évangéliste, qui venait le consulter sur la question de la célébration de la fête de Pâques, question qui ne fut décidée que sous le pape Victor. Saint Anicet et saint Polycarpe ne purent s'entendre, mais cela ne troubla en rien leur bonne harmonie, et ils se séparèrent après s'être donné le baiser de paix ; ils ne devaient plus se revoir qu'au ciel où le martyre les conduisit tous deux. Avant le départ de saint Polycarpe, Anicet lui ayant fait célébrer les saints Mystères, il avait parlé au peuple assemblé : sa parole avait converti grand nombre d'hérétiques, et l'insolence de Marcion avait été confondue par cette parole si connue de saint Polycarpe : «Je te connais pour le fils aîné de Satan.»

 

C'est aussi vers l'an 157 qu'Hégésippe, juif converti, vint à Rome, et sur les ordres d'Anicet, composa une histoire de l'Église, dont il ne reste aujourd'hui que des fragments conservés dans Eusèbe. Cette histoire avait pour titre : Commentaire sur les Actes des Apôtres, et s'étendait depuis la Passion jusqu'au pontificat d'Anicet.

 

On attribue à ce pape un décret adressé aux évêques de France qui défendait aux clercs de porter les cheveux longs. Il ordonna aussi qu'un prêtre ne pourrait être sacré évêque que par trois autres prélats, comme le Concile de Nicée l'a aussi défini plus tard, et que pour le Métropolitain, tous les évêques de sa province assisteraient au sacre. Saint Anicet fit cinq fois les ordres au mois de décembre, et ordonna dix-sept prêtres, quatre diacres et neuf évêques pour divers lieux. Il vécut dans le pontificat huit ans, huit mois et vingt-quatre jours. Il reçut la couronne du martyre pour la foi du Christ, et fut enseveli sur la voie Appienne, dans le cimetière qui fut depuis appelé de Calliste.

 

Comme on le voit, on sait peu de chose des actions de saint Anicet. Nous vénérons en lui, aujourd'hui, une des glorieuses assises de la maison de Dieu. Il a gouverné l'Église de Jésus-Christ au milieu des tempêtes : nous le prions pour qu'il demande à Dieu de se lever et de commander à l'orage qui gronde toujours.

Père Giry, Vie des Saints, Paris, Victor Palmé, 1875.

 

Sources :

 

http://levangileauquotidien.org/M/FR/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Anicet_%28pape%29

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour
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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 00:00

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b1/BJLABRE1.jpg/260px-BJLABRE1.jpg

 

Saint Benoît-Joseph Labre (1748-1783)

 

Benoît-Joseph Labre naquit à Amettes, diocèse d'Arras, et fut l'aîné d'une famille de quinze enfants. Âgé de douze ans, il fut reçu chez son oncle paternel, curé d'Érin, pour faire ses études en vue du sacerdoce. 

 

Après la mort de son oncle, Benoît-Joseph passa chez son oncle maternel, vicaire de Conteville, où il ne fit que grandir dans la mortification et la prière. Son attrait était toujours vers le Saint-Sacrement devant lequel il s'abîmait des heures entières en contemplation. 

 

Il y avait longtemps que Benoît-Joseph aspirait à une vie plus parfaite : "Être prêtre est bien beau, disait-il ; mais j'ai peur de me perdre en sauvant les autres." 

 

Il finit par vaincre les résistances de ses parents et entre chez les Chartreux, espérant y trouver sa voie définitive. Il se trompait, car la Providence permet qu'il soit bientôt renvoyé par ses supérieurs, comme n'ayant pas la vocation de cet Ordre. La pensée de la Trappe, qu'il avait eue d'abord, lui revient ; on ne l'y accepte pas. 

 

Ballotté de nouveau entre la Chartreuse et la Trappe, il est forcé de s'adresser enfin à Sept-Fonts.

Ses scrupules, ses peines d'esprit et une maladie sérieuse donnent bientôt lieu à son renvoi; son aspect inquiétant le fait prendre pour un voleur... Libéré de prison, il part à Saint-Jacques de Compostelle puis va vivre dans une caverne d'Aix-en-Provence.

 

Toute sa réponse à tant d'épreuves était : "Que la Volonté de Dieu soit faite !" C'est alors que Dieu lui inspire cette vocation de pèlerin-mendiant qui devait le mener droit, par les chemins les plus ardus de la pénitence, à une éminente sainteté. 

 

Il n'aura plus de relations suivies avec personne, vivra en solitaire au milieu du monde, ira toujours à pied, cherchera tous les lieux consacrés par la dévotion. Il sera revêtu d'un habit pauvre et déchiré, qu'il ne changera point.

 

Un chapelet à la main, un autre au cou, un crucifix sur la poitrine, sur les épaules un petit sac contenant tout son avoir, c'est-à-dire son Nouveau Testament, l'Imitation de Jésus-Christ et le Bréviaire : tel on verra Benoît-Joseph dans ses continuels pèlerinages. 

 

La pluie, le froid, la neige, la chaleur, rien ne l'arrête ; il couche le plus souvent en plein air, il vit de charité, au jour le jour, sans rien réserver pour le lendemain ; il ne prend que la plus misérable et la plus indispensable nourriture, et se fait lui-même pourvoyeur des pauvres. Souvent il est le jouet des enfants et de la populace ; il est regardé comme un insensé ; il souffre tout avec patience et amour.

 

 Rome, Lorette, Assise et une multitude d'autres lieux saints sont l'objet de sa dévotion. A Rome, dans les ruines du Colisée, il s'installe une cabane. Ses visites quotidiennes à l'église Notre-Dame de Lorette attirent l'attention du sacristain qui lui trouve un emploi chez un marchands d'objets de piété. Il meurt et devient le plus populaire saint de France en Italie.

 

 

Sources: http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20110416&id=13407&fd=0; Saints et Saintes de France, Des premiers martyrs à nos jours, Hatier, Renens (Suisse) 1988, p. 88.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Beno%C3%AEt-Joseph_Labre

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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 00:00
Saint Paterne de Vannes, Évêque d’Avranches († v. 565)

Saint Paterne de Vannes, Évêque d’Avranches († v. 565)

 

Surnommé aussi Paterne l'Ancien, pour le distinguer de celui de Coutances en Normandie.

 

On connaît peu de choses de lui, mais l'auteur imaginatif de l'aimable roman hagiographique connu sous le nom de « Vita Paterni » supplée largement à ces lacunes.

 

Ce Breton d'Armorique émigre en Bretagne insulaire (actuellement Pays de Galles) au rebours du mouvement habituel des Bretons à cette époque.

 

Il va fonder, au comté de Cardigan, un monastère qui prendra le nom de « Lhan-Paderne-Vaur » - église du grand Paterne.

 

On dit qu'il bâtit d'autres monastères au Pays de Galles et convertit des rois en Irlande.

 

Au cours d'un pèlerinage en Terre Sainte, il reçoit la consécration épiscopale à Jérusalem. De retour en Armorique, le roi Caradoc lui confie l'évêché de Vannes.

 

Le nouveau venu se lie d'amitié avec son voisin, saint Samson, évêque de Dol.

Vilipendé par de faux frères, il prend une retraite anticipée.

 

Source

 

 

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 10:38
Explosion des impôts locaux : François Hollande ne tient pas sa promesse

 

Explosion des impôts locaux en 2015

 

Home ECONOMIE Impôts

Par Marc Landré Publié le 14/04/2015 à 06:00

 

INFOGRAPHIE - Toutes les grandes villes ont annoncé des augmentations de leur fiscalité locale en 2015. En cause, selon elles? La baisse de la dotation de l'Etat, qui les oblige à revoir à la hausse la pression fiscale.

 

Ils l'avaient tous promis à leurs électeurs la main sur le coeur, au moment des élections municipales en mars 2014. Pis, certains s'y étaient même engagés par écrit, en signant des chartes. Si jamais ils accédaient aux responsabilités, les impôts locaux n'augmenteraient pas... Un an plus tard, la donne a changé et la réalité est tout autre. Aux six coins de l'Hexagone, les municipalités annoncent des hausses d'impôts locaux: +3% à Strasbourg, +4% ou 5% à Bordeaux, +5% à Marseille ou à Lyon, +10% à Lille, +15% à Toulouse... Le réveil des contribuables locaux est difficile. Et ce, quelle que soit la couleur (rose ou bleue) de la municipalité aux responsabilités.

 

http://www.lefigaro.fr/impots/2015/04/14/05003-20150414ARTFIG00011-explosion-des-impots-locaux-en-2015.php

 

Le 7 novembre 2014, avant les élections cantonales (départementales) des 22 et 29 mars 2015, François Hollande avait promis la "fin des augmentations d'impôts". Il n'y a que les naïfs pour croire ces républicains :

 

François Hollande promet la fin des augmentations d'impôt

 

Home ECONOMIE Impôts

Par Cyrille PluyetteMis à jour le 07/11/2014 à 17:10 Publié le 07/11/2014 à 07:24

 

VIDÉO - «À partir de l'année prochaine, il n'y aura pas d'impôt supplémentaire sur qui que ce soit» a assuré jeudi soir le chef de l'État lors de son intervention télévisée.

 

Promis juré, cette fois, la frénésie fiscale, c'est bel et bien fini. Un peu plus d'un an après avoir annoncé une «pause fiscale» - non tenue cette année -, le chef de l'État a pris jeudi soir un engagement beaucoup plus précis, que les Français sauront lui rappeler si jamais il ne le respecte pas. «À partir de l'année prochaine, il n'y aura pas d'impôt supplémentaire sur qui que ce soit», a assuré le chef de l'État, «au-delà de ce qui a été annoncé». Il l'a même répété trois fois, pour que le message soit bien compris.

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 00:00
Saint Maxime, Evêque de Jérusalem et martyr (✝ 350)

Il était évêque de Jérusalem quand il fut condamné aux mines pour avoir confessé la divinité de Jésus-Christ. Il fut libéré lors de la paix constantinienne. Il fut présent au concile de Nicée en 325 et soutint saint Athanase lors de son expulsion par les ariens. Lui-même d'ailleurs fut chassé par eux de son siège de Jérusalem.

Commémoraison de saint Maxime, évêque de Jérusalem. Condamné par le César Maximin Daia à avoir un œil arraché et un pied brûlé au fer chaud, il fut ensuite envoyé aux mines. Remis en liberté et placé à la tête de l’Église de Jérusalem, il y mourut enfin en paix, vers 350, avec la gloire d’avoir confessé le Christ.

 

Martyrologe romain

 

Source

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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 00:00

Mère de Godefroy de Bouillon et de Baudouin Ier, premiers rois de Jérusalem après la Première Croisade, on attibue une grande part du succès de cette croisade à ses prières.

Ide ou Ida de Lorraine est une figure injustement méconnue du XIe siècle français. Descendante de Charlemagne et nièce du Pape Etienne IX, elle épouse le Comte Eustache de Boulogne qui sauve la vie de Guillaume le Conquérant lors de la bataille d’Hastings. Belle-sœur de Geoffroy, évêque de Paris et chancelier du roi de France Philippe Ier, son influence politique est considérable. Ses fils, Godefroy de Bouillon et Baudouin sont les premiers rois francs de Jérusalem.

Une de ses filles devient l'épouse de l'empereur germanique Henri IV. Sa petite fille Mathilde monte sur le trône d’Angleterre. Et son dernier fils devient l'ancêtre de la lignée des rois du Portugal.

Entre la Croix et l’Epée, elle bâtit des cathédrales vénère le précieux sang du Christ et sera canonisée. Son épopée nous entraîne dans un étonnant voyage au cœur de l’Histoire médiévale.

Vers le 15 août et début septembre 1095, les Lorrains entraînés par le duc de Lorraine, Godefroy, et ses deux frères, tous trois fils d’Ide de Boulogne, se dirigent vers Pontarlier pour la vallée du Danube et la Terre Sainte, parce que les "Français" se mettent enfin en route pour la Croisade. 

Très belle femme, grande, blonde, mère de famille exemplaire, Ida était aussi une femme pieuse, elle fonda de nombreuses abbayes en Picardie, bâtit la cathédrale de Boulogne et celle de Lens, fonda des maladreries (soins des lépreux) et des hôpitaux, elle resta célèbre pour sa grande charité auprès des pauvres, ce qui lui valut de devenir sainte. Quand elle meurt elle n'a plus sur elle que sa robe de bure, elle a tout donné. Elle fit de nombreux miracles de son vivant, mais également après.

C'est à elle que l'on doit le dicton du boulonnais "à chacun son pain et son hareng". Le roi Louis XI la nomma patronne de Boulogne et de son comté en avril 1478.

Son culte a repris au début du XXe siècle. Ses reliques sont visibles chez les Bénédictines de Bayeux (Calvados). Dans la messe, la fête de sainte Ide est le 13 avril.

Le nom de Ida est actuellement le nom qui est le plus donné dans la totalité des pays nordiques, et est extrêmement commun tant en Russie qu'en Allemagne.

 

Sources : 1, 2, 3

 

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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 00:00
Dimanche de la Miséricorde divine

La fête de la Miséricorde est célébrée le premier dimanche après Pâques ou le deuxième dimanche de Pâques, appelé actuellement Dimanche de la Divine Miséricorde. [1] Elle correspond également à la fête de la quasimodo, également appelée octave de Pâques, deuxième dimanche de Pâques, dimanche in albis, ou dimanche de saint Thomas. [2]

 

C'est Jean Paul II qui institua cette fête en 2000 le jour de la canonisation de Sainte Faustine. Le Christ lui avait dit "La Fête de la Miséricorde est issue de mes entrailles, je désire qu'elle soit fêtée solennellement le premier dimanche après Pâques". [3]

 

Qui est l'auteur de cette fête ?

 

- Le Seigneur Jésus ! Il dit à Soeur Faustine : Je désire que le premier dimanche après Pâques soit la fête de la Miséricorde (P. J. 299). Je désire que la fête de la Miséricorde soit le recours et le refuge pour toutes les âmes, et surtout pour les pauvres pécheurs. En ce jour les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes, je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s'approcheront de la source de ma miséricorde; toute âme qui se confessera et communiera recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leur punition; en ce jour sont ouvertes toutes les sources divines par lesquelles s'écoulent les grâces (P. J. 699). Jésus parlait de cette fête à Soeur Faustine dans plusieurs révélations. Il en a indiqué la date dans le calendrier liturgique de l’Eglise ; Il en a expliqué la motivation et le rôle à remplir ; Il a instruit l’Eglise sur la façon de la préparer et célébrer, et surtout Il a donné de grandes promesses dont la plus insolite est celle « d’une totale rémission de ses fautes et de leurs châtiments » à « qui s'approchera, ce jour-là de la Source de Vie » (cf. P. J. 300). Il faut donc recevoir pendant la fête de la Divine Miséricorde la sainte Communion après une bonne confession, c’est-à-dire sans avoir d’attache au moindre péché, et en toute confiance en la Miséricorde Divine et la miséricorde envers autrui. Jésus dit : toute âme qui se confessera et communiera recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leur punition (cf. P. J. 699). La grâce de la fête – explique l’abbé prof. Ignace Różycki – dépasse la grâce de l’indulgence plénière. Citons ses paroles : La grâce de l’indulgence plénière consiste en la rémission des seuls châtiments temporaires dûs pour avoir commis des péchés, mais elle ne remet jamais les fautes elles-mêmes. La grâce absolument extraordinaire (de cette fête) dépasse aussi toutes les grâces des 6 saints sacrements (sept, hormis le baptême), parce que la rémission de toutes les fautes et peines est uniquement la grâce sacramentelle du saint baptême. Or, le Christ a promis ici la rémission des fautes et peines en fonction de la sainte Communion reçue le jour de la fête de la Miséricorde, c’est-à-dire qu’il Il l’a élevée au rang d’un « second baptême. » Comment se préparer à la fête de la Divine Miséricorde ? – Par une neuvaine qui consiste à réciter le Chapelet à la Miséricorde Divine pendant 9 jours consécutifs, à partir du Vendredi Saint. Jésus insista : Dis, ma fille, que la fête de la Miséricorde a jailli de mes entrailles pour la consolation du monde entier (P. J. 1517).

 

La fête de la Miséricorde est une pratique prépondérante de toute la Dévotion à la Miséricorde Divine, vu les promesses particulières qu’elle contient et la place qu’elle occupe dans la liturgie de l’Eglise. Jésus en parlait à Soeur Faustine pour la première fois au couvent de Płock, au mois de février 1931, lors de sa première apparition concernant la peinture du tableau. Il lui dit alors : Je désire qu'il y ait une fête de la Miséricorde. Je veux que cette image que tu peindras avec un pinceau, soit solennellement bénie le premier dimanche après Pâques ; ce dimanche doit être la fête de la Miséricorde (P. J. 49). Le Seigneur réitérait la demande les années suivantes, dans d’autres révélations à Soeur Faustine, en précisant non seulement la date, mais aussi la raison et la façon de célébrer la fête.

 

Que le Seigneur ait choisi le premier dimanche après Pâques comme date de la célébration de la fête de la Miséricorde, n’est pas un hasard, on y trouve un profond fondement théologique : en ce jour se termine l’Octave de Pâques qui clôt la célébration du Mystère Pascal de Jésus-Christ. Or, cette période montre plus que tous les autres Temps de l’Année liturgique le mystère de la Divine Miséricorde, révélé pleinement dans la Passion, mort et Résurrection du Christ. L’institution de la fête de la Divine Miséricorde à proximité de la liturgie de la Passion, la mort et la Résurrection du Seigneur fait mieux voir d’où jaillit la source de tous ces mystères, à savoir la Miséricorde Divine. L’Oeuvre de notre Rédemption est impensable sans la Miséricorde de Dieu. Soeur Faustine a bien perçu ce lien qui existe entre le salut et la Miséricorde : Je comprends maintenant que l’œuvre de la rédemption est unie à cette oeuvre de la miséricorde que le Seigneur exige (P. J. 89).

Quelles étaient les raisons en faveur de l’institution de la fête de la Divine Miséricorde dans le calendrier liturgique de l’Eglise universelle ? Ecoutons Jésus nous le dire : Les âmes périssent malgré mon amère passion. Je leur offre une dernière planche de salut, c'est la fête de ma Miséricorde. Si elles n'adorent pas ma miséricorde, elles périront pour l'éternité (P. J. 965). L’ultime planche de salut pour le monde est le recours à la Miséricorde de Dieu. Cependant, pour le faire, il faut la détecter, tout d’abord, cette planche, donc connaître Dieu dans son mystère de Miséricorde et s’adresser à Lui avec confiance. L’institution d’une fête à part, celle de la Divine Miséricorde favorise la connaissance de Dieu riche en miséricorde : tout notre être se tourne en ce jour-là comme spontanément vers Lui, vers sa Miséricorde, cet attribut majeur de Dieu pour l’honorer, lui faire confiance et l’obtenir à son tour.

Cette fête doit être précédée d’une neuvaine, à commencer le Vendredi Saint, et qui consiste à réciter 9 jours de suite le Chapelet à la Divine Miséricorde. Jésus promit à Soeur Faustine d’accorder de grandes grâces au cours de cette neuvaine : Pendant cette neuvaine j'accorderai aux âmes toutes sortes de grâces (P. J. 796). On diffuse aussi largement une neuvaine à la Divine Miséricorde qui est insérée dans le "Petit Journal" de Soeur Faustine ; elle consiste à amener chaque jour à Dieu un groupe d’âmes différent (cf. P. J. 1209 et ss.) ; on peut la faire par piété également. Cependant, c’est la neuvaine de Chapelets à la Miséricorde Divine qui compte comme préparation de la fête de la Miséricorde, conformément au souhait de Jésus.

Le jour même de la fête, en ce premier dimanche après Pâques, le tableau de la Miséricorde doit être solennellement béni par des prêtres et exposé à la vénération publique des fidèles. Des prêtres doivent prêcher en ce jour l’infinie Miséricorde de Dieu, en suscitant ainsi une grande confiance dans les âmes. Quant aux fidèles, ils devraient participer aux cérémonies le coeur pur (en état de grâce sanctifiante), pleins de confiance en Dieu et de miséricorde envers le prochain. Jésus dit : Oui, le premier dimanche après Pâques est la fête de la Miséricorde, mais il doit y avoir aussi l'action; et j'exige qu'on honore ma miséricorde en célébrant solennellement cette fête et en honorant cette image qui a été peinte (P. J. 742).

Il n’est pas obligatoire de se confesser le jour de la fête de la Miséricorde ; on peut se confesser avant la fête. Ce qui est important, c’est qu’on communie ce jour-là (et à chaque fois qu’on s’approche de la Table eucharistique !) en état de grâce sanctifiante, en abhorrant le moindre péché. Il faut en plus avoir cet esprit de confiance et d’abandon à Dieu, et de miséricorde à l’égard des autres. Notre âme préparée de la sorte, nous pouvons espérer se réaliser dans notre vie les grandes promesses du Christ données pour la fête de la Divine Miséricorde.

Le Seigneur a dit qu’en ce jour sont ouvertes toutes les sources divines par lesquelles s'écoulent les grâces;qu'aucune âme n'ait peur de s'approcher de moi, même si ses péchés sont comme l'écarlate (P. J. 699). Aussi tout le monde, même ceux qui ne pratiquaient pas jusqu’alors la Dévotion à la Miséricorde Divine, peuvent-ils se tourner avec foi en Dieu, en ce jour, et puiser à toutes les promesses du Christ données pour la fête. Ses promesses concernent et les grâces du salut et des bienfaits temporels : il n’est pas de limites, on peut tout demander à Dieu et tout obtenir de sa Miséricorde, pourvu qu’on prie avec confiance et qu’on soumette sa volonté à la volonté divine. Lui, ne désire pas uniquement notre bien temporel, mais notre salut éternel obtenu par Son Fils au prix de la mort sur la Croix. Si nous Lui demandons les grâces du salut, nous pouvons être sûrs d’agir selon Sa volonté. Répétons-le avec force, à titre de conclusion : le jour de la fête de la Miséricorde Divine toutes les grâces et bienfaits sont accessibles à tous les hommes, pourvu qu’ils mettent leur confiance en Dieu.

 

Notes

 

[1] http://www.croire.com/Definitions/Fetes-religieuses/La-divine-Misericorde/Quel-est-l-origine-de-la-fete-de-Misericorde-Divine

[2] http://fr.wikipedia.org/wiki/Dimanche_de_la_divine_Mis%C3%A9ricorde

[3] http://www.croire.com/Definitions/Fetes-religieuses/La-divine-Misericorde

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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 10:02
Richard Millet: "Je ne suis pas démocrate"

Plus fort que l'abstentionniste royaliste : Richard Millet (à partir de la 27e minute dans la video ci-dessous):

« Je ne suis pas abstentionniste. Je n'existe pas. C'est-à-dire que je n'ai jamais été inscrit sur les listes. C'est tout à fait différent. Parce que je ne suis pas un démocrate », a expliqué l'écrivain Richard Millet dans une émission de Tv-Libertés publiée le 3 avril.

A partir du moment où l'on ne souhaite pas entrer dans la maison qui, par l'article 3 de la Déclaration des droits de l'homme de 1789 ("Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation") a chassé Dieu et donc toute autorité de l'édifice politique, le point de vue de Richard Millet est parfaitement cohérent.

 

A 23:25, Richard Millet précise :

 

"C'est une caste parisienne qui détient le pouvoir."

 

L'analyse de Richard Millet à propos de la "caste parisienne" est confirmée par l'historien Patrice Gueniffey :

 

Richard Millet: "Je ne suis pas démocrate"

(En 1789)

 

« dans le régime démocratique, [...] (e)n théorie, le nouveau citoyen se voit reconnaître un pouvoir de contribuer à la formation des décisions. [...] Mais en réalité, il a moins de prise sur la décision qu'il n'en a jamais eu. (Cf. P. Gueniffey, Le Nombre et la raison, p. 208-213). En effet, la participation démocratique repose sur une présomption de compétence universelle, laquelle, associée au postulat de l'engendrement spontané de la volonté collective, constitue une double fiction dont l'effet est de transférer le pouvoir théoriquement possédé par les individus à une oligarchie composée de professionnels de la politique. Cette oligarchie trie les problèmes et définit les termes dans lesquels ils peuvent être résolus [1], médiation indispensable pour transmuer la poussière des volontés individuelles en "volonté collective".

 

La toute-puissance de la "machine", ou du parti, est la réalité de la liberté du citoyen moderne.

 

Tout comme à l'intérieur de la société de pensée, ou du mouvement jacobin, le pouvoir réel se trouve entre les mains du "cercle intérieur", dans la société globale le peuple est réellement dépossédé de son pouvoir au profit du parti indispensable au fonctionnement de la démocratie.

 

[...] (Le jacobinisme) S'il incarne par son principe le fondement de la démocratie, il en dévoile aussi, à l'apogée de son influence, le mensonge: la dictature d'une minorité prétendant énoncer la volonté générale au nom du peuple mais à la place du peuple. »

 

(Patrice Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 206-207).

Un peu plus loin au cours de l'émission de Tv-Libertés, Richard Millet explique (à partir de 01:02:55) :

 

« Lorsque vous êtes dans le système et que vous dénoncez le système, vous êtes comme un mafieux qui fait une espèce d'omerta. [...] Je suis quelqu'un qui dit l'omerta, qui brise l'omerta. »

Notes

 

[1] Système né en 1789 que Dieudonné, d'une manière très inspirée, a résumé par le terme de "plantation" (esclavagiste).

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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 07:18

Ancien membre du Comité de sûreté générale sous la Révolution et chargé en cette qualité de la police de Paris pendant quelque temps, Jean-Baptiste Harmand rapporte un fait singulier dans ses Anecdotes relatives à la Révolution (le récit fut censuré en 1814, année de la première édition, et figurera dans l’édition de 1820).

 

Une demoiselle jeune, grande et bien faite, s'était refusée aux recherches de Louis de Saint-Just, surnommé, l’Archange de la Terreur, député de l'Aisne élu à 25 ans en 1792 et soutien indéfectible de Robespierre (il sera guillotiné le même jour que ce dernier, le 28 juillet 1794). Saint-Just la fit conduire à l'échafaud. Après l'exécution, il voulut qu'on lui représentât le cadavre, et que la peau fût levée. Quand ces odieux outrages furent commis, il la fit préparer par un chamoiseur et la porta en culotte.

 

 

Louis de Saint-Just

 

Je tiens ce fait révoltant de celui même qui a été chargé de tous les préparatifs et qui a satisfait le monstre, poursuit Harmand ; il me l'a raconté, avec des détails accessoires que je ne peux pas répéter, dans mon cabinet au Comité de sûreté générale, en présence de deux autres personnes qui vivent encore.

 

 

Il y a plus : c'est que d'après ce fait, d'autres monstres, à l'exemple de Saint-Just, s'occupèrent des moyens d'utiliser la peau des morts, et de la mettre dans le commerce. Ce dernier fait est encore constant. Il ne l'est pas moins que, il y a environ trois ans, on mit aussi dans le commerce de l'huile tirée des cadavres humains : on la vendait pour la lampe des émailleurs.

 

 

D’après « Anecdotes relatives à quelques personnes, et à plusieurs événements de la Révolution », édition de 1820.

 

Source: http://www.france-pittoresque.org/2014/06/saint-just-et-sa-culotte-de-peau-humaine.html

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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 07:08
Le Front national "dédiabolisé" est un calque d'une loge maçonnique

Le Front national "dédiabolisé" qui envisage d'exclure le père fondateur [1] est un calque d'une loge maçonnique dont le mode de fonctionnement, qui devient aussi sa doctrine, se caractérise par :

  • la liberté sans aucune référence extérieure au groupe lui-même, aucune norme transcendante, et en particulier aucune morale universelle, ne sont reconnues.
  • l'égalité apparente des membres au vote : aucune autorité n’est tolérée.
  • la fraternité sans père, donc fraternité artificielle des membres uniquement liés par la nécessité factice d’élaborer l’opinion du groupe. (Cf. Autorité et Pouvoir chez les classiques et les modernes)
     

La fin visant l'arrivée au pouvoir par tous les moyens (y compris amoraux et immoraux) s'inscrit dans la logique démocratique qui l'emporte sur toute autre considération ("la fin sanctifie les moyens", doctrine horrible inventée par Adam Weishaupt).

Tel un message codé envoyé aux maîtres de la république jacobine, le FN "dédiabolisé" montre aux hommes de l'ombre qu'il peut tuer le père pour entrer dans la maison maçonnique et s'ouvrir les portes du pouvoir républicain.

Notes

 

[1] Marine Le Pen a annoncé que le président d'honneur devra se soumettre aux instances disciplinaires de son parti, qu'elle s'opposera à sa candidature en Paca et enfin demandé qu'il démissionne de ses fonctions. (Le Figaro, Jean-Marie Le Pen accuse sa fille de se «soumettre au système, Par Marc de BoniMis à jour le 10/04/2015 à 10:46 Publié le 10/04/2015 à 09:33 )

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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 00:00

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/cb/SStanis%C5%82aw.JPG/441px-SStanis%C5%82aw.JPG

Saint Stanislas

 

Stanislas. Vient du polonais stan = mettre debout, et slava = gloire. Mis à la mode en France par le roi Stanislas Leszczynski au XVIIIe siècle, il est un prénom très populaire en Pologne.

 

Saint Stanislas, évêque de Cracovie au XIe siècle, Patron de la Pologne, naquit en 1030 de parents fort avancés en âge, mariés depuis trente ans et encore sans postérité. Dieu, qui avait des vues élevées sur cet enfant, lui inspira dès son bas âge de grandes vertus, surtout la charité pour les pauvres, et une mortification qui le portait à jeûner souvent et à coucher sur la terre nue, même par les plus grands froids. 

La plus belle partie de la vie de Stanislas est celle où il fut en butte à la persécution du roi de Pologne, Boleslas II. Ce prince menait une conduite publiquement scandaleuse. Seul l'évêque osa comparaître devant ce monstre d'iniquité, et d'une voix douce et ferme, condamner sa conduite et l'exhorter à la pénitence. Le roi, furieux, attendit l'heure de se venger. 

Le pontife avait acheté pour son évêché, devant témoins, et il avait payé une terre dont le vendeur était mort peu après. Le roi, ayant appris qu'il n'y avait pas d'acte écrit et signé, gagna les témoins par promesses et par menaces, et accusa Stanislas d'avoir usurpé ce terrain. L'évêque lui dit : "Au bout de ces trois jours, je vous amènerai comme témoin le vendeur lui-même, bien qu'il soit mort depuis trois ans." 

Le jour venu, le saint se rendit au tombeau du défunt ; en présence d'un nombreux cortège, il fit ouvrir la tombe, où on ne trouva que des ossements. Stanislas, devant cette tombe ouverte, se met en prière, puis touche de la main le cadavre : "Pierre, dit-il, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, viens rendre témoignage à la vérité outragée." 

À ces mots, Pierre se lève, prend la main de l'évêque devant le peuple épouvanté, et l'accompagne au tribunal du roi. Le ressuscité convainc de calomnie le roi et les témoins, et de nouveau accompagne l'évêque jusqu'au tombeau, qu'on referme sur son corps, redevenu cadavre. Loin de se convertir, le roi impie jura la mort de Stanislas, et bientôt l'assassina lui-même pendant qu'il offrait le saint sacrifice.

 

Le pape Innocent IV canonisa Stanislas le 17 septembre 1253. Il est fêté le 11 avril.

 

 

Sources: http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20110411&id=3289&fd=0; Jean-Louis Beaucarnot, Les Prénoms et leurs secrets, France Loisirs, Paris 1991, p. 170; http://fr.wikipedia.org/wiki/Stanislas_de_Szczepan%C3%B3w

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 12:46

Nouvelle étude de fond présentée par le site Vive le Roy : l'autorité et le pouvoir chez les classiques et les modernes.

Autorité et Pouvoir chez les classiques et les modernes
samedi 4 avril 2015 par Faoudel Enregistrer au format PDF

La forme du régime politique est-elle neutre ?

 

La république moderne légitime son pouvoir par son caractère rationnel, voire scientifique, et lui oppose l’irrationalité d’une monarchie traditionnelle légitimée par le droit divin. Que faut-il comprendre par « rationalité du pouvoir » dans la république ? Qu’est ce que cette autorité que revendique la monarchie traditionnelle ?

Il y a deux siècles tous les peuples vivaient sous des monarchies traditionnelles, comment expliquer alors l’expansion mondiale et apparemment inexorable des régimes républicains démocratiques ou autocratiques (présidents à vie) ?

Y aurait-il une affinité entre la modernité et la république ?

 

Table des matières

 

  • Problématique
  • POUVOIR ET AUTORITÉ DANS LA PENSÉE TRADITIONNELLE
  • Préalable étymologique
  • La mission du souverain
  • Tyrannie, autorité, pouvoir et légitimité
  • La dimension religieuse de l'autorité
  • POUVOIR ET AUTORITÉ DANS LA PENSÉE MODERNE
  • L'État moderne et la confusion entre autorité et pouvoir
  • Le pouvoir bureaucratique, paradigme du gouvernement moderne
  • L'autonomie ou l'abandon de la transcendance
  • Exemples d'États modernes
  • CONCLUSION ET PERSPECTIVES
  • ANNEXES

 

Problématique

 

Le pouvoir de l’État moderne est présenté par ses promoteurs comme le triomphe de la rationalité dans l’ordre politique. Ceux-ci lui opposent un prétendu « caractère irrationnel » de l’autorité dans les monarchies traditionnelles [1].

Or, paradoxalement, peu de penseurs se sont attachés à étudier l’essence du pouvoir des États modernes, comme si l’argument de rationalité légitimait tout, mais aussi, comme s’ils éprouvaient une certaine difficulté à en parler.

Pour expliquer cette gêne et pour découvrir ce qu’il faut comprendre par « rationalité du pouvoir », nous tacherons de préciser le sens à donner aux mots autorité et pouvoir successivement dans les pensées traditionnelles et modernes. Ce faisant, nous essaierons de donner une définition des régimes de monarchie et de république.

 

POUVOIR ET AUTORITÉ DANS LA PENSÉE TRADITIONNELLE

 

Préalable étymologique

Le mot pouvoir vient du latin populaire potere qui dérive du verbe classique posse signifiant « avoir de l’importance, de l’influence, de l’efficacité » mais aussi « être capable de », « être en puissance de ».
Ce mot est donc en lui-même assez indéterminé et moralement neutre.

Le mot autorité vient du latin auctoritas, qui dérive de la racine indo-européennne aug exprimant l’idée « d’augmenter », de « faire croître ».

On retrouve cette racine dans :

  • Le mot grec : auxô (augmenter).

Les mots latins :

  • augere : faire croître, augmenter, développer.
  • augustus : saint, consacré, majestueux, vénérable, auguste.
  • auctor : auteur, fondateur, promoteur, créateur.
  • Même si le mois d’août a reçu son nom en l’honneur de l’empereur Auguste, le choix du huitième mois de l’année n’est sûrement pas dû au hasard. En effet, le mois d’août (august en anglais) n’est-il pas le mois qui voit croître et mûrir les récoltes ?

Dans le mot autorité, il y a donc l’idée d’une puissance créatrice, d’une puissance qui fait croître, qui valorise, qui fait progresser, qui pousse à agir.

Mais qu’est ce que l’autorité doit faire croître dans ses subordonnés ; vers quoi doit-elle les diriger ? Pour le découvrir, il nous faut étudier le rôle dévolu à un souverain dans les sociétés traditionnelles.
Pour nous défendre du reproche de généraliser abusivement une conception occidentale et chrétienne de l’autorité, nous n’hésiterons pas à illustrer ce propos de références pré-chrétiennes tant occidentales qu’extrême-orientales.

 

La mission du souverain

 

La mission du souverain chez Confucius

Vers 500 av. J.C., le philosophe chinois Confucius insiste dans sa Grande étude ou Ta Hio [voir le texte complet en annexe] sur la nécessité universelle d’appliquer sa raison à la connaissance de la morale et de s’y conformer.

Depuis l’homme le plus élevé en dignité, jusqu’au plus humble et plus obscur, devoir égal pour tous : corriger et améliorer sa personne ; ou le perfectionnement de soi-même est la base fondamentale de tout progrès et de tout développement moral. [sc]

Pour le prince, il s’agit de faire en sorte que les hommes vivent dignement selon l’exercice de la raison :

Les anciens princes qui désiraient développer et remettre en lumière, dans leurs États, le principe lumineux de la raison que nous recevons du Ciel, s’attachaient auparavant à bien gouverner leurs royaumes. [2]
Autorité et Pouvoir chez les classiques et les modernes

Et le Sage d’établir le programme politique du prince pour bien gouverner son royaume :

[…]
  • les connaissances morales étant parvenues à leur dernier degré de perfection, les intentions sont ensuite rendues pures et sincères ;
  • les intentions étant rendues pures et sincères, l’âme se pénètre ensuite de probité et de droiture ;
  • l’âme étant pénétrée de probité et de droiture, la personne est ensuite corrigée et améliorée ;
  • la personne étant corrigée et améliorée, la famille est ensuite bien dirigée ;
  • la famille étant bien dirigée, le royaume est ensuite bien gouverné ;
  • le royaume étant bien gouverné, le monde ensuite jouit de la paix et de la bonne harmonie. [3]

Donc la mission du souverain consiste à procurer la paix et la bonne harmonie. Pour cela, son devoir politique est d’étudier la morale, puis d’essayer d’y conformer sa vie personnelle et celle de ses sujets.
Et dans tout son enseignement, Confucius s’efforce de distinguer ce qui est moralement bon ou mauvais pour motiver les actions.

Par ailleurs, le bon exercice de la souveraineté requiert la rationalité (« le principe lumineux de la raison que nous recevons du Ciel »), non seulement pour identifier le bien à atteindre (les vertus), mais pour mettre en œuvre les moyens de réaliser ce bien.

 

La mission du souverain chez Aristote

On retrouve semblable démarche chez Aristote (384-322 av. J.C.) dans son traité de politique L’Éthique à Nicomaque.

Dès les premières pages, il montre que la connaissance de la fin de l’homme, de son bien, relève d’une science : la politique.

Si donc, parmi ce qu’on peut faire, existe une fin que nous voulions pour elle-même, si nous choisissons tout le reste en vue d’elle […] il est évident que ce peut être là le bien et même le souverain bien.

N’est-il pas vrai que, pour la vie aussi, la connaissance de ce bien est d’une grande importance et que, ayant une cible comme les archers, nous pourrions mieux atteindre ce qu’il faut ?

S’il en est ainsi, il faut essayer de circonscrire schématiquement du moins sa nature, et les connaissances et capacités dont il dépend.

Il passerait pour relever de la science fondamentale et dominante par excellence : telle est évidemment la politique […] [4]

Autorité et Pouvoir chez les classiques et les modernes

Aristote démontre ensuite que cette fin, ce souverain bien objet de la science politique, est le bonheur

car nous le [le bonheur] choisissons toujours pour lui-même et jamais pour autre chose. [5]

Plus loin, le philosophe définit le bonheur :

Qu’est-ce donc qui empêche de qualifier d’heureux celui qui agit conformément à la vertu parfaite, et qui est suffisamment pourvu de biens extérieurs, non pendant telle ou telle durée, mais pendant une vie complète ? [6]

La fin de la politique consiste donc à procurer le bonheur aux citoyens en les rendant vertueux :

le bonheur est au nombre des biens de valeur et parfaits. Il semble tel précisément parce qu’il est un principe : c’est pour le bonheur que nous faisons tout le reste, et nous posons que le principe et la cause des biens est quelque chose de précieux et de divin.

Puisque le bonheur est une activité de l’âme conforme à la vertu parfaite, l’examen doit porter sur la vertu : peut-être aurons-nous ainsi une vue meilleure du bonheur.

L’homme d’État authentique passe pour y consacrer l’essentiel de ses efforts : il veut faire de ses concitoyens de bons citoyens, dociles aux lois.[…]

Ainsi l’homme d’État doit étudier l’âme : il doit l’étudier pour ces raisons, et juste assez pour ce qu’il recherche. [7]

Le dirigeant réalise le bonheur de la cité grâce à la loi qui incite aux actes bons et interdit les actes mauvais :

La loi prescrit
  • d’agir en homme courageux : elle interdit, par exemple, d’abandonner son poste, de fuir, de jeter les armes ;
  • d’agir en homme tempérant : elle interdit par exemple, l’adultère et la violence  ;
  • d’agir en homme doux : elle interdit par exemple, de frapper et d’insulter
  • et ainsi de suite, au regard des autres vertus et des autres vices, tantôt ordonnant, tantôt interdisant […] [8]

Et dans ce traité de politique qu’est L’Éthique à Nicomaque, Aristote passe en revue les vertus et les défauts leur correspondant. En particulier, il précise la vertu essentielle pour le souverain lui-même, la justice :

La justice est un raccourci de toutes les vertus. [9] […]

Elle est parfaite, parce que celui qui la possède peut exercer la vertu aussi envers autrui et pas seulement envers lui-même. [10]

[…] en un sens nous appelons juste ce qui produit et conserve le bonheur et ses composants pour la communauté politique. [11]

Ainsi, non seulement Aristote confirme les conclusions de Confucius, mais il précise que la politique est une science à laquelle le souverain doit s’adonner pour mener les hommes à leur fin : le bonheur.

 

La mission naturelle du souverain chez saint Thomas

Dans son De Regno, saint Thomas d’Aquin (1224-1274) ne s’exprime pas autrement, la souveraineté exige la rationalité :

L’homme, lui aussi, a une fin à laquelle toute sa vie, donc toute son action, est ordonnée, dès lors qu’il agit par intellect, dont le propre est évidemment d’opérer en vue d’une fin.

Or, il se trouve que les hommes s’avancent par des voies diverses vers la fin proposée, ce dont témoigne clairement la diversité des appétits et des actions humaines. L’homme a donc besoin d’avoir un principe qui le dirige vers sa fin. […]

Il faut donc qu’il y ait dans n’importe quelle multitude une direction chargée de régler et de gouverner. [12]

Autorité et Pouvoir chez les classiques et les modernes
Et il explicite cette fin dans l’ordre naturel :
[…] la fin ultime d’une multitude rassemblée en société est de vivre selon la vertu. En effet les hommes s’assemblent pour mener ensemble une vie bonne, ce à quoi chacun vivant isolément ne pourrait parvenir.

Or une vie bonne étant une vie selon la vertu, la vie vertueuse est donc la fin du rassemblement des hommes en société. [13]

Mais qu’est-ce donc que vivre selon la vertu ?

[…] il y a en tout humain une inclination naturelle à agir conformément à sa raison. Ce qui est proprement agir selon la vertu. [14]

Et le Docteur Angélique insiste :

[…] pour qu’un homme vive conformément à l’honnêteté naturelle, deux conditions sont requises :
  • l’une, et la principale, c’est d’agir selon la vertu (la vertu étant ce par quoi l’on vit bien, c’est-à-dire honnêtement) ;
  • l’autre est secondaire et comme instrumentale : c’est la suffisance des biens corporels dont l’usage est nécessaire à la pratique de la vertu. [15]

Saint Thomas en déduit alors la mission du souverain :

Toutefois, si l’unité même de l’homme est l’effet de la nature, l’unité de la multitude, que l’on nomme paix, doit être procurée par les soins du souverain.

Ainsi, trois conditions seront requises pour que la multitude s’établisse dans une vie conforme à l’honnêteté naturelle.

  • La première sera qu’elle se fonde sur l’unité de la paix.
  • La seconde, qu’étant unie par le lien de la paix, elle soit dirigée à bien agir. Car, s’il est impossible à l’homme de bien agir lorsque l’unité de ses parties ne se trouve préalablement réalisée, de même il sera impossible [de bien agir] à une société humaine à qui manque l’unité de la paix, en raison de ses luttes intestines.
  • La troisième condition requise est que la prudence du souverain prévoie tout ce qui suffit à [assurer] le plein développement d’une vie conforme au bien honnête.

Tels sont les moyens par lesquels le roi pourra fixer la multitude dans un genre de vie conforme à l’honnêteté naturelle. [16]

De même que le médecin, dans une opération recherche la santé, ainsi le chef de la cité, par son action recherche la paix qui consiste dans l’harmonie bien réglée des citoyens. [17]
Le roi est celui qui gouverne la multitude d’une cité ou d’une province, et ceci en vue du bien commun. [18]
 

Premières conclusions

 

Pour saint Thomas, comme pour Confucius et Aristote :

  1. La politique est une science, la science de l’agir de l’homme : non seulement elle s’applique à déterminer le bien à atteindre, mais aussi la façon de réaliser ce bien.
  2. Le gouvernement est un bien car il permet aux hommes d’accomplir leur fin : le bonheur. Il y parvient en réalisant le bien commun, ce qui consiste à :
  • rendre les citoyens vertueux grâce aux lois,
  • établir les conditions matérielles requises à la pratique de la vertu,
  • principalement, à établir l’unité de la paix grâce à la justice.

Maintenant, une remarque essentielle s’impose :
Si sans concertation, des savants aussi éloignés qu’un Aristote ou un Confucius parviennent rigoureusement aux mêmes conclusions sur les règles de l’agir de l’homme, on peut conclure qu’il existe objectivement une morale naturelle commune à l’humanité.

 

Tyrannie, autorité, pouvoir et légitimité

 

Le tyran

Le souverain peut cependant faillir à sa mission et Aristote précise :

Être injuste consiste à s’attribuer plus de ce qui est bon absolument et moins de ce qui est mauvais absolument.

Voilà pourquoi ce n’est pas à un homme mais à la loi que nous laissons le pouvoir, parce qu’un homme agit dans son intérêt personnel et devient un tyran  ; or le dirigeant est le gardien du juste, il est aussi celui de l’égalité. [l’égalité n’est pas ici à entendre à la manière moderne qui lui oppose l’autorité, mais dans le sens que chacun doit être soumis à la loi et dans le sens d’une égalité proportionnelle à la charge que l’on occupe pour le bien commun.(note de VLR)]

Puisqu’il passe pour n’avoir rien de plus, si toutefois il est juste (il ne s’attribue pas plus de ce qui bon absolument, sinon ce qui est en rapport avec sa personne : voilà pourquoi il travaille pour autrui, et c’est la raison pour laquelle on dit que la justice est un bien pour autrui, comme il a été dit précédemment), il faut donc lui donner un salaire, c’est-à-dire les honneurs et privilèges.

Ceux qui ne s’en contentent pas deviennent des tyrans. [19]

Saint Thomas confirme :

[…] Si donc celui qui régit un groupe d’hommes libres les ordonne au bien commun de leur collectivité, son gouvernement est droit et juste, ainsi qu’il convient à des hommes libres. Si, au contraire, c’est en vue non du bien commun du groupe, mais de son propre bien qu’il l’ordonne, son gouvernement est injuste et déréglé. [20]

En 1191, le philosophe Tchoû-Hî, disciple et commentateur de Confucius, cite un ancien texte chinois et le commente :

Le Khang-kao dit : «  Le mandat du Ciel qui donne la souveraineté à un homme, ne la lui confère pas pour toujours. » Ce qui signifie qu’en pratiquant le bien ou la justice, on l’obtient ; et qu’en pratiquant le mal ou l’injustice, on le perd. [21]

Quel est ce « mandat du Ciel » que perd le souverain quand il n’assume pas sa mission ?

 

La distinction auctoritas, potestas

Afin de bien poser le problème, on nous permettra cette petite image :

  • Imaginons un homme placé en présence d’un ours sauvage.
  • L’ours aura sur lui un réel pouvoir — la possibilité d’une domination par la violence —, mais il n’aura jamais l’autorité.

Au mot autorité, le Littré précise :

Autorité, pouvoir. Ces deux mots sont très-voisins l’un de l’autre dans une partie de leur emploi ; et pouvoir monarchique, autorité monarchique disent quelque chose de très-analogue. Pourtant, comme autorité est ce qui autorise, et pouvoir ce qui peut, il y a toujours dans autorité une nuance d’influence morale qui n’est pas nécessairement impliquée dans pouvoir. [22]

Ainsi dans la pensée traditionnelle distingue-t-on autorité (auctoritas) et pouvoir (potestas), distinction que le philosophe espagnol Jaime Bofill (1910-1965) expose ainsi :

[…] l’autorité est un pouvoir ; mais tout pouvoir n’est pas autorité ; l’autorité est un pouvoir moral, et parce qu’il est pouvoir de gouverner, c’est-à-dire, de conduire un être vers sa finalité, son sujet, son dépositaire doit être intelligent ; celui-ci doit connaître, en effet, la raison de la finalité, la congruence des moyens à cette dernière, il doit être capable d’établir les nécessaires relations de dépendance de ceux-là par rapport à celle-ci ; il doit, en un mot, être capable de légiférer. [23]

Résumons :

  • la notion de pouvoir est neutre, indéterminée, pure puissance.
  • Le pouvoir ne s’actualise en autorité que lorsque son détenteur applique son intelligence à travailler au bien commun, lorsqu’il guide les hommes vers leur fin. L’autorité est forcément bienveillante (elle veille au bien des subordonnés). Quel père — sinon un barbare ou un dégénéré — ne souhaite-t-il pas le bien de ses enfants ?
  • Au contraire, si le pouvoir est exercé pour un autre but, c’est une tyrannie.

Le sociologue français Augustin Cochin (1876-1916) synthétise ce qui précède avec la formule choc :

[…] le pouvoir sans autorité, c’est-à-dire l’obéissance sans respect, c’est la définition même de l’oppression morale. [24]

Alors le philosophe sociologue espagnol Javier Barraycoa (né en 1963) remarque :

Dans ce sens, l’autorité se transforme en limite pour le pouvoir. [25]

Ce que confirme la philosophe allemande Hannah Arendt (1906-1975) :

La source de l’autorité dans un gouvernement autoritaire est toujours une force extérieure et supérieure au pouvoir qui est le sien ; c’est toujours de cette source, de cette force extérieure qui transcende le domaine politique, que les autorités tirent leur autorité, c’est-à-dire leur légitimité, et celle-ci peut borner leur pouvoir. [26]

Donc l’autorité limite le pouvoir et peut être définie comme un pouvoir moral, un pouvoir légitime.
Pour apporter le bonheur, le souverain n’a d’autre choix que d’étudier et promouvoir la vertu. Il doit donc forcément se soumettre à une loi qu’il n’a pas choisie, la loi de l’agir de l’homme : la loi morale.
Le souverain n’est légitime, ne conserve son autorité (son mandat du Ciel) que dans la mesure où il est soumis à un ordre transcendant toute volonté humaine et se fait son instrument.

Se pose alors la question de l’origine, de la source de cet ordre indépendant de la volonté de l’homme, de l’identité de l’Auteur de la nature humaine ?

 

La dimension religieuse de l’autorité

 

De l’origine divine de la souveraineté

Par les seules lumières de la raison — avec la théologie naturelle — on peut induire certaines connaissances sur cette « force extérieure qui transcende le domaine politique », sur ce « Ciel » qui donne son « mandat » au souverain, sur cette volonté créatrice qui a pourvu l’homme de ces règles de fonctionnement que constituent les lois morales.

Cependant de telles connaissances sont forcément limitées et seule la Volonté créatrice elle-même pouvait dévoiler aux hommes l’étendue de son plan (sa loi divine) grâce à la Révélation.

C’est donc à la religion (qui relie l’homme à Dieu) qu’incombe la mission de fournir une explication plus exhaustive de la volonté divine.

Dans la religion chrétienne, Dieu révèle que la fin ultime de l’homme n’est pas le bonheur terrestre — bonheur toujours relatif — mais la vision béatifique, le bonheur parfait de la jouissance de Dieu dans l’autre monde.
Ce qui fait dire à saint Thomas :

La fin de la vie et de la société humaine est Dieu. [27]

Dans cette perspective, le souverain est tenu d’établir les conditions temporelles qui permettent au plus grand nombre de se sauver ; il devient ainsi l’auxiliaire de Dieu pour sauver les âmes.

Saint Thomas déclare :

Si donc la vie présente, le bien-être et la rectitude morale qu’elle comporte ont pour fin la béatitude céleste, il appartient en conséquence à la fonction royale de procurer le bien commun de la multitude, suivant une méthode capable de lui faire obtenir la béatitude céleste […]

Le roi, instruit dans la loi divine, doit donc porter son principal effort sur la manière dont la multitude de ses sujets pourra observer une vie conforme au bien honnête. [28]

Et dans son Épître aux Romains saint Paul écrit :

Que chacun se soumette aux autorités en charge. Car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et celles qui existent sont constituées par Dieu. Si bien que celui qui résiste à l’autorité se rebelle contre l’ordre établi par Dieu. Et les rebelles se feront eux-mêmes condamner. En effet, les magistrats ne sont pas à craindre quand on fait le bien, mais quand on fait le mal. Veux-tu n’avoir pas à craindre l’autorité ? Fais le bien et tu en recevras des éloges ; car elle est un instrument de Dieu pour te conduire au bien. (Romains 13 : 1)

Non seulement l’autorité est d’origine divine — nous avons vu que dans la Chine ancienne, la souveraineté est un « mandat du Ciel » — mais le pouvoir lui-même est d’origine divine, et ceci, quelle que soit la façon dont son détenteur en use.
Dans l’Évangile Jésus dit à Pilate :

Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir s’il ne t’avait été donné d’en haut. (Jean 19 : 11)

Ainsi le souverain est-il d’autant plus légitime qu’il exerce le pouvoir selon la loi du Créateur :

  • la loi naturelle — accessible par les seules lumières de la raison,
  • la loi révélée — ou loi divine.

 

Exemples de souverainetés dans les sociétés traditionnelles

Dans toutes les grandes civilisations, l’autorité politique confère à son détenteur un caractère sacré, quasi-divin.

En chine, l’Empereur est le Tian Zi (??), littéralement : le Fils du Ciel. Mais il est aussi désigné par les mots :

  • Huángdì : composé des caractères Huáng, (dieu-roi) et (roi sage)
  • Huang Shang : littéralement Empereur d’En Haut,
  • Sheng Shang : littéralement Divinité d’En Haut, ou Altesse Sainte.

Au Japon et dans les Andes, le Mikado et l’Inca sont les Fils du Soleil.

En France, le roi est le lieu-tenant de Dieu sur terre ; pour ses sujets il est la figure de Jésus-Christ, du Christ-Roi. Il est une image de la Source de l’autorité, de l’Auteur de la Création.

Loin d’être arbitraire, l’autorité du roi est circonscrite par la loi naturelle, la loi divine et par les lois de l’institution monarchique auxquelles tous doivent se soumettre — le roi comme ses sujets.

Il ne faudrait pas sous-estimer l’importance des lois de l’institution — ou Lois Fondamentales du Royaume de France car elles sont une expression de la loi naturelle. En effet, ce sont elles qui assurent la pérennité du bien commun par delà les vicissitudes de la vie humaine, les limites, les faiblesses, les erreurs mêmes du monarque.

En particulier, à la mort du Roi, elles garantissent l’unité de la paix en désignant sans ambiguïté la nouvelle autorité qui ne dépend donc plus d’un choix humain. Bien des convoitises, des coteries et des luttes pour la conquête du pouvoir sont ainsi épargnées au Pays et la transmission de la souveraineté peut s’effectuer en douceur.

À leur propos, Torcy, ministre de Louis XIV, résume bien le sentiment général de l’époque :

La loi de succession est regardée comme l’ouvrage de celui qui a établi toutes les monarchies et nous sommes persuadés, en France, que Dieu seul la peut abolir. [29]

 

Hétéronomie, monarchie et droit divin

Une société fondée sur la reconnaissance d’une norme extérieure et supérieure à toute volonté humaine, à laquelle tout le monde doit se soumettre est appelée société hétéronome.

C’est bien dans cette perspective que l’historien français du droit Guy Augé (1938-1994) définit la monarchie :

Qu’est-ce que la monarchie, en première approximation ? C’est, substantiellement, ce régime qui légitime son autorité sur une transcendance, sur la primauté du spirituel.

La monarchie, pour peu qu’elle ait un sens profond, repose sur une mystique d’origine surhumaine. [30]

Quant-au droit divin — ce fameux « mandat du Ciel » des Chinois, Monseigneur de Ségur (1820-1881) le définit ainsi :

En résumé, pour un Souverain quelconque, régner de « droit divin », c’est tout simplement régner légitimement, en vertu de droits légitimes ; c’est être le représentant légitime de Dieu pour le gouvernement d’une société, d’un peuple. De là cette formule célèbre, qui fait tant crier les impies et les ignorants : régner par la grâce de Dieu.

Remarquons-le d’ailleurs : le droit divin du Roi légitime n’est pas, comme on se l’imagine, un fait isolé dans la société. La société repose sur une foule de faits humains donnant lieu au droit divin.

  • C’est de droit divin que je possède ma maison, mon champ, et tous les fruits de mon travail ;
  • c’est de droit divin que je possède ce dont je suis devenu le propriétaire légitime, à la suite et par l’effet de faits humains, de conventions purement humaines.

[…] légitime, c’est-à-dire conforme à la loi de Dieu et aux traditions du pays. [31]

 

POUVOIR ET AUTORITÉ DANS LA PENSÉE MODERNE

 

L’État moderne et la confusion entre autorité et pouvoir

 

Machiavel : la politique est un art, l’art de dissimuler

Machiavel - Portrait posthume de Nicolas Machiavel (détail), par Santi di Tito.

Machiavel - Portrait posthume de Nicolas Machiavel (détail), par Santi di Tito.

Avec son opuscule Le Prince, Machiavel (1469-1527) marque un changement majeur dans la conception occidentale de la politique sur laquelle s’aligneront ensuite tous les dirigeants modernes — que ceux-ci soient autocrates comme un Napoléon, ou démocrates.

Si à bien des égards cet ouvrage peut sembler séduisant, ce qui frappe, c’est son amoralité, son absence totale de transcendance divine. L’objectif de celui qui commande n’est plus le bien commun mais la conservation de son pouvoir.
Sans se poser la question de la légitimité de l’entreprise, Machiavel y expose froidement une série de recettes destinées à prendre le pouvoir et à le conserver. Et à cette fin tout est permis, la violence comme la ruse.

La cruauté est même préconisée pourvu qu’elle soit efficace :

Les cruautés sont bien employées (si toutefois le mot bien peut être jamais appliqué à ce qui est mal), lorsqu’on les commet toutes à la fois, par le besoin de pourvoir à sa sûreté, lorsqu’on n’y persiste pas, et qu’on les fait tourner, autant qu’il est possible, à l’avantage des sujets.

Elles sont mal employées, au contraire, lorsque, peu nombreuses dans le principe, elles se multiplient avec le temps au lieu de cesser. [32]

[…] c’est surtout à un prince nouveau qu’il est impossible de faire le reproche de cruauté, parce que, dans les États nouveaux, les dangers sont très multipliés. [33]

Fini l’honneur, la duperie est de mise. Avec Machiavel, la politique n’est plus une science, elle devient un art, l’art de la dissimulation pour accéder au pouvoir et y rester.

[…] ce qui est absolument nécessaire, c’est de savoir bien déguiser cette nature de renard, et posséder parfaitement l’art et de simuler et de dissimuler.

Les hommes sont si aveuglés, si entraînés par le besoin du moment, qu’un trompeur trouve toujours quelqu’un qui se laisse tromper. [34]

Il faut savoir oublier ses promesses en avançant un prétexte quelconque :

Un prince bien avisé ne doit point accomplir sa promesse lorsque cet accomplissement lui serait nuisible, et que les raisons qui l’ont déterminé à promettre n’existent plus : tel est le précepte à donner.

Il ne serait pas bon sans doute, si les hommes étaient tous gens de bien ; mais comme ils sont méchants, et qu’assurément ils ne vous tiendraient point leur parole, pourquoi devriez-vous leur tenir la vôtre ? Et d’ailleurs, un prince peut-il manquer de raisons légitimes pour colorer l’inexécution de ce qu’il a promis ? [35]

Il ne s’agit donc plus de rendre les hommes vertueux car ils sont désespérément « méchants ». Il faut entériner ce fait et en tirer les conséquences.

Ainsi, pour asseoir une domination, Machiavel préconise les vices à l’égal des vertus, la vertu pouvant même se révéler nuisible :

[…] celui qui veut en tout et partout se montrer homme de bien ne peut manquer de périr au milieu de tant de méchants. Il faut donc qu’un prince qui veut se maintenir apprenne à ne pas être toujours bon, et en user bien ou mal, selon la nécessité.

[…] à bien examiner les choses, on trouve que, comme il y a certaines qualités qui semblent être des vertus et qui feraient la ruine du prince, de même il en est d’autres qui paraissent être des vices, et dont peuvent résulter néanmoins sa conservation et son bien-être. [36]

Point n’est donc besoin d’être vertueux, mais seulement de le paraître aux yeux de l’opinion de la majorité :

Il [le prince] doit aussi prendre grand soin de ne pas laisser échapper une seule parole qui ne respire les cinq qualités que je viens de nommer ; en sorte qu’à le voir et à l’entendre on le croie tout plein de douceur, de sincérité, d’humanité, d’honneur, et principalement de religion, qui est encore ce dont il importe le plus d’avoir l’apparence : car les hommes, en général, jugent plus par leurs yeux que par leurs mains, tous étant à portée de voir, et peu de toucher.

Tout le monde voit ce que vous paraissez ; peu connaissent à fond ce que vous êtes, et ce petit nombre n’osera point s’élever contre l’opinion de la majorité, soutenue encore par la majesté du pouvoir souverain. [37]

Notons comment la religion doit, elle aussi, être simulée ; elle n’est plus qu’un instrument pour le détenteur du pouvoir qui n’est manifestement plus obligé d’y croire et de s’y soumettre.

S’il renonce à la transcendance, la source de sa légitimité ne peut qu’échoir à l’opinion de la majorité. Désormais, c’est elle qui doit faire l’objet de toutes les attentions car c’est sur elle que s’appuie le pouvoir.

À la lecture du Prince, on ne peut qu’être frappé par la ressemblance de ce portrait (duperie, promesses non tenues, simulation vertueuse masquant la corruption intime…) avec celui de l’élu démocrate contemporain, et, si l’on ajoute la violence et la cruauté, avec celui des autocrates républicains modernes (que l’on songe aux « grands libérateurs » qui parlent au nom du peuple et deviennent des présidents à vie par exemple).

Et le père de la démocratie moderne, Jean-Jacques Rousseau lui-même, ne s’y trompe pas quand il déclare dans le Contrat social :

En feignant de donner des leçons aux rois, il en a donné de grandes aux peuples. Le Prince est le livre des républicains.  [38]

En résumé, si on occulte la transcendance dans les rapports sociaux :

  • la politique ne consiste plus à apporter le bonheur aux hommes en les incitant à la vertu, car ceux-ci sont irrémédiablement méchants.
  • la politique n’est donc plus une science (la science morale par excellence), mais un art : l’art de conquérir et de garder le pouvoir en simulant les vertus, la sincérité et l’honnêteté pour se lier l’opinion de la majorité.
  • l’autorité ne vient plus ni de la transcendance de Dieu, ni des lois de l’institution, mais du seul charisme du chef. S’instaure alors un jeu de dupes : d’un coté l’opinion de la majorité est présentée comme source de la légitimité en ce qu’elle agrée le chef ou non ; de l’autre, le chef dispose de tous les artifices pour la séduire et la tromper.

Un théoricien du pouvoir dans la modernité : Max Weber

Nous l’avons dit : rares sont ceux qui ont pensé le pouvoir des États modernes, et le grand sociologue allemand Max Weber (1864-1920) qui s’est attelé à cette lourde tâche, se révèle donc incontournable.

Autorité et Pouvoir chez les classiques et les modernes

Comme Machiavel, il rompt avec la définition traditionnelle de la politique pour la réduire, lui aussi, à une compétition pour le pouvoir — il est suivi en cela par la majorité des Modernes.

 

[…] nous entendrons par politique l’ensemble des efforts que l’on fait en vue de participer au pouvoir ou d’influencer la répartition du pouvoir, soit entre les États, soit entre les divers groupes à l’intérieur d’un même État. [39]

 

Il n’existe plus ici de fin de l’homme, de nature à laquelle il faut se soumettre pour réaliser cette fin.

Dans ce système, l’autorité ne sert donc plus à faire grandir — à faire en sorte que les subordonnés réalisent leur nature humaine — elle est réduite à un simple moyen dont les dirigeants se servent pour légitimer leur pouvoir.

Et le sociologue de distinguer trois types d’autorité [40] :

1- L’autorité qui vient de la tradition : c’est la conception classique de l’autorité dont nous avons parlé jusqu’ici, l’autorité institutionnelle ; mais en lui niant toute transcendance, Weber lui refuse tout caractère rationnel et la réduit à une simple convention sociale. Il revisite alors l’histoire en appelant « libération » l’affranchissement de cette catégorie d’autorité :

[les] groupements politiques qui, après abolition complète ou limitation considérable du pouvoir seigneurial, se constitueront politiquement en communes « libres » — libres non dans le sens d’une libération de toute domination par la violence, mais dans celui de l’absence d’un pouvoir seigneurial légitimé par la tradition, le plus souvent consacré par la religion et considéré comme unique source de toute autorité. [41]

2- L’« autorité » qui vient du charisme : c’est l’« autorité » de l’homme politique qui réussit à se faire élire ; c’est l’« autorité » du tribun, du séducteur ou de l’autocrate qui accède au pouvoir par sa puissance, sa ruse ou son talent. C’est celle de l’homme providentiel, du libérateur qui incarne tous les fantasmes, mais en aucun cas, ce n’est celle de l’homme désigné par l’institution.

Si certains s’abandonnent au charisme du prophète, du chef en temps de guerre, du très grand démagogue au sein de l’ecclesia ou du Parlement, cela signifie que ces derniers passent pour être intérieurement appelés au rôle de conducteur d’hommes et qu’on leur obéit non pas en vertu d’une coutume ou d’une loi, mais parce qu’on a foi en eux. [42]

3- L’« autorité » qui vient de la légalité ou autorité administrative. Elle apparaît comme le type même du pouvoir « rationnel » et moderne :

Il y a enfin l’autorité qui s’impose en vertu de la « légalité », en vertu de la croyance en la validité d’un statut légal et d’une « compétence » positive fondée sur des règles établies rationnellement, en d’autres termes l’autorité fondée sur l’obéissance qui s’acquitte des obligations conformes au statut établi. C’est là le pouvoir tel que l’exerce le « serviteur de l’État » moderne, ainsi que tous les détenteurs du pouvoir qui s’en rapprochent sous ce rapport. [43]

En écartant toute nature humaine, toute transcendance, Weber et les Modernes [44] ne peuvent définir l’État et le pouvoir [45] qu’en termes de domination par la violence — violence qu’ils ne peuvent distinguer de la force.

[L’État moderne] ne se laisse définir sociologiquement que par le moyen spécifique qui lui est propre, ainsi qu’à tout autre groupement politique, à savoir la violence physique.

« Tout État est fondé sur la force », disait un jour Trotsky à Brest-Litovsk. En effet, cela est vrai. […]

Depuis toujours les groupements politiques les plus divers — à commencer par la parentèle — ont tous tenu la violence physique pour le moyen normal du pouvoir.

Par contre il faut concevoir l’État contemporain comme une communauté humaine qui, dans les limites d’un territoire déterminé — la notion de territoire étant une de ses caractéristiques — revendique avec succès pour son propre compte le monopole de la violence physique légitime. [46]

[…] Comme tous les groupements politiques qui l’ont précédé historiquement, l’État consiste en un rapport de domination de l’homme sur l’homme fondé sur le moyen de la violence légitime (c’est-à-dire sur la violence qui est considérée comme légitime). [47]
Le moyen décisif en politique est la violence. [48]

Nous le voyons, à l’instar de toute domination, même la domination des parents sur leurs enfants n’est plus celle d’une autorité bienveillante qui cherche à les faire grandir, elle se pose désormais en termes de pouvoir et de violence physique.

De fait, si plus rien ne distingue l’autorité du pouvoir, plus rien ne vient borner l’exercice de ce pouvoir, l’intelligence n’a plus à lire le réel de la nature humaine et à trouver les moyens de s’y conformer.
Bien au contraire, le détenteur du pouvoir devient libre de soumettre arbitrairement, et par n’importe quel moyen, son environnement à sa seule volonté  ; de là cette définition logique du pouvoir :

[le pouvoir] signifie toute chance de faire triompher au sein d’une relation sociale sa propre volonté, même contre les résistances. [49]

Donc si la modernité prétend à la rationalité en politique, il ne faut plus l’entendre comme l’exercice de l’intelligence, mais comme l’exercice d’une volonté libre de soumettre à sa guise.

Selon Weber l’exercice du pouvoir des États modernes est fondé sur la volonté du gouvernement, dans la mesure où celui-ci a été choisi en fonction de normes ; normes elles-mêmes issues d’une volonté purement humaine et arbitraire (domination légale).

Pour résumer, dans la modernité :

  • la dimension morale de l’autorité et sa transcendance disparaissent au profit de l’efficacité ;
  • le volontarisme remplace la rationalité ;
  • l’autorité se confond avec le pouvoir ;
  • la légitimité se confond avec la légalité : la domination légitime est remplacée par la domination légale ;
  • la force se confond avec la violence.

Le philosophe allemand Éric Vœgelin (1901-1985) soupçonne d’ailleurs Weber d’une certaine malhonnêteté, car si ce dernier s’est attaqué de façon fort savante à l’étude d’une multitude de systèmes et de sociétés, en revanche, il a toujours pris soin d’éviter la société chrétienne d’avant la Réforme avec sa métaphysique et son droit naturel hérité de la pensée grecque.

On ne saurait s’engager dans une étude sérieuse de la chrétienté médiévale sans découvrir au nombre de ses « valeurs » la croyance en une science rationnelle de l’ordre humain et social, et tout particulièrement du droit naturel.

Qui plus est, cette science n’était pas une simple affaire de croyance, mais elle était effectivement étudiée comme œuvre de la raison.

La promptitude de Weber à introduire les vérités de l’ordre comme s’il s’agissait de faits historiques s’arrêta net face au seuil de la métaphysique grecque et médiévale.

[…] On ne peut attaquer la métaphysique avec bonne conscience que si l’on se tient à bonne distance de celle-ci, distance qui caractérise la connaissance imparfaite. [50]

 

Le pouvoir bureaucratique, paradigme du gouvernement moderne

 

Un visionnaire : le socialiste Saint-Simon

La domination légale dans sa modalité la plus pure, s’identifie à une domination bureaucratique ou domination administrative.
Max Weber nous l’affirme :

J’insiste tout particulièrement sur l’État bureaucratique parce qu’il caractérise au mieux le développement de l’État moderne. [51]

En effet, l’administration n’est-elle-pas une structure légale ? N’a-t-elle pas pour origine la seule volonté humaine ? Dans l’optique de la modernité, elle peut donc légalement modifier le droit en vertu de sa légalité.

Autorité et Pouvoir chez les classiques et les modernes

Et le père du socialisme, l’économiste et philosophe français Saint-Simon (1760-1825), l’avait parfaitement compris qui préconisait de remplacer le « gouvernement des hommes » par « l’administration des choses »  :

le gouvernement est un mal nécessaire, mais c’est un mal… [52],

La société a besoin d’être gouvernée le moins possible et pour cela il n’est qu’un moyen, c’est d’en venir à être gouverné au meilleur marché possible. [53]

La société ne sera pas gouvernée mais administrée. [sc]

Contrairement à la conception classique, « le gouvernement est un mal » dont on peut cependant atténuer la nocivité :

  • en le choisissant « au meilleur marché », autrement dit : aux « enchères démocratiques ».
  • en développant son caractère administratif.

1ère REMARQUE :
On comprend maintenant l’origine de la défiance paradoxale du démocrate envers un président qu’il a pourtant élu :

  • Ce dernier est un mal nécessaire.
  • Seuls l’ambition personnelle et l’appétit du pouvoir sont susceptibles de le motiver, et une fois parvenu à ses fins, il abuse forcément de ce pouvoir à son profit. Ce raisonnement, véritable processus d’identification, en dit long sur l’état d’esprit du démocrate lui-même qui ne ferait probablement pas autrement que son président s’il tenait sa place : il ne peut que projeter sur l’élu ses propres vices. Les hommes ne sont-ils pas irrémédiablement méchants ?
  • Pour atténuer les effets pervers de ce pouvoir forcément vicieux, il faut constituer un « contrepouvoir » : l’opinion jouera ce rôle. Et l’on verra le démocrate descendre dans la rue, manifester pour « faire masse », pour « faire reculer le gouvernement », souvent celui-là même pour qui il a voté, le tout, en proclamant que la démocratie est le meilleur des régimes (sic).

2e REMARQUE :
Si le pouvoir corrompt, on comprend aussi la marche des États modernes vers un pouvoir de moins en moins humain, de plus en plus « rationnel », désincarné, bureaucratique. En reprenant la typologie weberienne sur l’« autorité », l’évolution logique des régimes est la suivante :

  • Une première révolution remplace l’autorité traditionnelle par une « autorité » charismatique (ou pouvoir autocratique).
  • Une révolution ultérieure remplace l’« autorité » charismatique par l’« autorité » administrative (ou pouvoir bureaucratique).

C’est dans ce contexte qu’il faut situer les récentes révolutions qui secouent le monde arabe, et si l’on prend comme exemple le cas de la Libye :

Image illustrative de l'article Idris Ier de Libye Mouammar Kadhafi lors du sommet de l'Union africaine, en février 2009.
Idris Ier de Libye Mouammar Kadhafi

 

  • En 1969, une première révolution saluée par les États démocratiques voit le roi Idris Ier renversé par le coup d’État militaire du chef charismatique Mouammar Kadhafi. L’autocrate porte alors le titre de « chef et guide de la Révolution de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste ». La Libye devient une Jamahiriya, soit littéralement un « État des masses ».
  • En 2011, une seconde révolution éclate pour renverser le « libérateur » devenu le bourreau de son peuple ; révolution, elle aussi saluée et soutenue par les États démocratiques pour aider à l’instauration d’une « vraie démocratie pluraliste ».

Ainsi l’État moderne s’accompagne-t-il d’une bureaucratisation croissante, ce qui n’implique pas cependant une plus grande participation des dominés au pouvoir administratif.

Si les dominés acceptent la domination toute puissante de ce pouvoir anonyme, c’est au bénéfice de deux sentiments :

  • celui d’une libération à l’égard des autorités traditionnelles (celle du roi, du père de famille, du prêtre, et de toutes les autorités que l’on trouve dans les corps intermédiaires : communes, corporations, provinces historiques)
  • celui de peser sur les décisions du pouvoir politique par le biais de ce qu’on appelle l’opinion.

 

Sur le sentiment de « libération » à l’encontre de toute autorité

Autorité et Pouvoir chez les classiques et les modernes

Hannah Arendt démystifie ainsi ce « progrès de la liberté » revendiqué par nos sociétés modernes :

 

D’une manière générale, ce fut le propre des théories libérales de partir de l’hypothèse que « la constance du progrès […] dans la direction d’une liberté organisée et assurée est le fait caractéristique de l’histoire moderne [54] » et de considérer toute déviation de ce parcours comme un processus réactionnaire conduisant dans la direction opposée. Cela leur fait négliger les différences de principe entre :
  • la restriction de la liberté dans les régimes autoritaires,
  • l’abolition de la liberté politique dans les tyrannies et les dictatures,
  • et l’élimination totale de la spontanéité elle-même, c’est-à-dire de la manifestation la plus générale et la plus élémentaire de la liberté humaine, élimination à laquelle visent seulement les régimes totalitaires, au moyen de leurs diverses méthodes de conditionnement.

L’écrivain libéral, qu’intéresse l’histoire et le progrès de la liberté plutôt que les formes de gouvernement, ne voit là que des différences de degré, et méconnaît qu’un gouvernement autoritaire voué à restreindre la liberté reste lié à la liberté qu’il limite dans la mesure où il perdrait sa substance même s’il l’abolissait complètement, c’est-à-dire se transformerait en tyrannie.

La même chose vaut pour la distinction entre pouvoir légitime et illégitime, qui est le pivot de tout gouvernement autoritaire.

L’écrivain libéral tend à n’y porter que peu d’attention car sa conviction est que tout pouvoir corrompt et que la constance du progrès exige une disparition constante du pouvoir, quelle que soit l’origine de celui-ci. [55]

Et elle ajoute le démenti cinglant :

L’autorité implique une obéissance dans laquelle les hommes gardent leur liberté. [56]

 

Sur le sentiment d’exercer un « contrepouvoir par l’opinion »

La pseudo-libération de la société moderne à l’égard de toute autorité traditionnelle a consacré l’apparition de trois nouveaux concepts :

  • l’individu : homme moderne affranchi de son environnement familial, social, historique.
  • Le citoyen : désormais seul élément constitutif de la cité alors que traditionnellement ce rôle était dévolu aux corps intermédiaires. Le citoyen est seul face à un État tout-puissant.
  • La masse : société constituée d’individus.

Or le sociologue français Gustave le Bon (1841-1931) remarque l’extrême lâcheté des masses :

toujours prête à se soulever contre une autorité faible, la foule se courbe avec servilité devant une autorité forte. [57]

Dans les sociétés traditionnelles l’autorité politique est tempérée par celle qu’elle délègue aux corps intermédiaires en vertu du principe de subsidiarité.
Au contraire, le pouvoir de l’État démocratique ne cesse de croître en favorisant les conditions de formation de masses uniformes composées d’individus isolés, donc incapables de réaction et de courage.
C’est tout le sens du Discours de Harvard d’Alexandre Soljenitsyne (1918-2008) sur le déclin du courage en Occident :

Le déclin du courage est peut-être le trait le plus saillant de l’Ouest aujourd’hui pour un observateur extérieur. […] Les fonctionnaires politiques et intellectuels manifestent ce déclin, cette faiblesse, cette irrésolution dans leurs actes, leurs discours et plus encore, dans les considérations théoriques qu’ils fournissent complaisamment pour prouver que cette manière d’agir, qui fonde la politique d’un État sur la lâcheté et la servilité, est pragmatique, rationnelle et justifiée, à quelque hauteur intellectuelle et même morale qu’on se place. [58]

Dans son étude intitulée L’opinion publique n’existe pas, le sociologue français et disciple de Weber, Pierre Bourdieu (1930-2002) présente l’opinion, non comme un contre-pouvoir, mais comme le moyen, l’argument suprême de pouvoir :

On sait que tout exercice de la force s’accompagne d’un discours visant à légitimer la force de celui qui l’exerce ; on peut même dire que le propre de tout rapport de force, c’est de n’avoir toute sa force que dans la mesure où il se dissimule comme tel.

Bref, pour parler simplement, l’homme politique est celui qui dit : « Dieu est avec nous ».

L’équivalent de « Dieu est avec nous », c’est aujourd’hui « l’opinion publique est avec nous ».

Tel est l’effet fondamental de l’enquête d’opinion : constituer l’idée qu’il existe une opinion publique unanime, donc légitimer une politique et renforcer les rapports de force qui la fondent ou la rendent possible. [59]

« Saint Graal » de notre temps, l’opinion apparaît en effet totalement factice et tout le travail d’Augustin Cochin montre qu’elle a immédiatement subi le contrôle de ce « bras armé » de la modernité que l’on nomme les « sociétés de pensée ».

L’objet de la Société [de pensée] n’est pas limité ni d’ordre pratique, elle ne vise que l’opinion. Il s’agit : d’« éclairer les citoyens », de faire avancer le « progrès des lumières », d’éveiller l’esprit public, d’« intéresser les gens au bien public », c’est-à-dire à la politique. [60]

Apparues au XVIIIe siècle, ces sociétés artificielles — encore appelées « groupes réducteurs » [61] — ont progressivement remplacé les corps intermédiaires. Elles se caractérisent par leur mode de fonctionnement (calqué sur sur celui des loges maçonniques) qui leur sert aussi de doctrine :

  • liberté : aucune référence extérieure au groupe lui-même, aucune norme transcendante, et en particulier aucune morale universelle, ne sont reconnues.
  • égalité apparente des membres : aucune autorité n’est tolérée.
  • fraternité sans père, donc fraternité artificielle des membres uniquement liés par la nécessité factice d’élaborer l’opinion du groupe.

Or ce mode de fonctionnement, débordant son cadre initial, a maintenant pénétré profondément le moindre espace social (assemblées démocratiques, partis, syndicats, synodes d’évêques, conciles, conseils diocésains, comités de quartier, conseils d’administration…) et les États démocratiques eux-mêmes sont devenus de gigantesques sociétés de pensées.

La toute-puissance de cette opinion publique artificielle élaborée dans les sociétés de pensée explique la lâcheté générale de l’Occident constatée par Soljenitsyne.

En effet, nous avons vu que l’individu est un orphelin social et pour conjurer cet insupportable sentiment de vulnérabilité, il ne lui reste qu’à manifester sa soumission à la toute-puissance de l’opinion en professant le mieux possible ce qu’il croit que les autres veulent entendre. Plus encore, pour s’acheter à bon compte un brevet de citoyen, sa lâcheté peut l’amener jusqu’à la délation d’un réfractaire et à sa stigmatisation bruyante.

De même pour l’ambitieux qui désire parvenir au pouvoir, il s’agit de tenir le discours qui convient :

  • Un discours stéréotypé qui contient des mots clés propres à développer une pensée réflexe. Un bon propos doit actuellement contenir les mots comme écologie, développement durable, démarche citoyenne, préserver la Planète, lutter contre les inégalités, etc.
  • Un discours dogmatique  : les « grands principes », liberté, égalité, fraternité/solidarité, doivent toujours y figurer, au moins implicitement.

La pensée unique des sociétés de pensée trouve une formidable caisse de résonance avec les médias qui se veulent justement le reflet de l’opinion. Et voilà sans aucun doute une origine de la véritable addiction dont ces derniers font l’objet : ne permettent-ils pas, à tout moment, de rester en phase avec l’opinion ?

On observe ici un processus sociologique de formatage de sa propre pensée qui vise à la séduction d’autrui par un discours convenu avec l’air sincère. Cette auto-aliénation, ainsi que la terreur sourde d’être dénoncé comme réfractaire (ou intolérant), rappellent singulièrement « l’élimination de la spontanéité elle-même » dont Hannah Arendt nous a dit qu’elle définit le régime totalitaire.

 

L’amer constat d’un pouvoir bureaucratique libre de croître sans limites

Le pouvoir bureaucratique des États modernes peut désormais grandir sans limites :

  • sans limites sur le plan législatif : il ne reconnaît aucune transcendance, aucune norme extérieure à sa volonté propre, aucune nature humaine à laquelle il faudrait se soumettre.
  • sans limites dans son exercice avec la disparition des corps intermédiaires entre les citoyens et l’État et le contrôle de l’opinion par les sociétés de pensée.

La seule limite qu’il soit susceptible de rencontrer est celle de sa propre organisation. En effet, comme toutes les machines, la machine administrative est limitée par son mécanisme. Or, justement cette limite mécanique constitue, selon Hannah Arendt, une autre caractéristique des totalitarismes :

Le pouvoir tel que le conçoit le totalitarisme repose exclusivement sur la force tirée de l’organisation. [62]

Et pour la philosophe, loin de résulter d’un abus d’autorité, les régimes totalitaires — ces régimes modernes, inédits dans l’histoire de l’humanité — proviennent au contraire du déclin des autorités traditionnelles :

Cette crise [de l’autorité], manifeste dès le début du siècle, est d’origine et de nature politiques.

La montée de mouvements politiques résolus à remplacer le système des partis, et le développement d’une forme totalitaire nouvelle de gouvernement, ont eu pour arrière-fond un effondrement plus ou moins général, plus ou moins dramatique, de toutes les autorités traditionnelles.

Nulle part cet effondrement n’a été le résultat direct des régimes ou des mouvements eux-mêmes. Tout s’est passé plutôt comme si le totalitarisme, sous la forme des mouvements aussi bien que des régimes, était le mieux fait pour tirer parti d’une atmosphère sociale et politique générale dans laquelle le système des partis avait perdu son prestige, et dans laquelle l’autorité du gouvernement n’était plus reconnue.  [63]

 

L’autonomie ou l’abandon de la transcendance

 

Nous avons vu que dans sa prétention à la rationalité, la modernité ne reconnaît que la domination légale, autrement dit une domination fondée sur des normes produites par la seule volonté humaine, affranchie de toute transcendance.

Hannah Arendt caractérise ainsi la modernité :

L’âge moderne avec l’aliénation croissante du monde qu’il a produit, a conduit à une solution où l’homme où qu’il aille ne rencontre plus que lui-même. [64]

Une société qui affirme l’autonomie de l’homme à l’encontre de toute force supérieure à lui, de toute loi n’émanant pas expressément d’une volonté humaine, est appelée société autonome.
Et en effet, l’État moderne professe l’athéisme.

 

Image illustrative de l'article Jules Ferry

Jules Ferry (1832-1893), ministre franc-maçon de l’éducation sous la IIIe République ne clame-t-il pas :

Mon but, c’est d’organiser l’humanité sans Dieu et sans roi. [65]

Or le philosophe anarchiste russe Bakounine (1814-1876) doit reconnaître que :

Il n’est pas, il ne peut exister d’État sans religion. [66]

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les anarchistes militent pour la disparition de l’État.

Pour résoudre ce paradoxe, il reste donc à l’État lui-même de revêtir le caractère religieux nécessaire à son exercice, d’apporter le Salut, le bonheur aux hommes selon un processus de sécularisation.

L’historien anglais Arnold Toynbee (1889-1975) commente alors :

Étant donné que l’homme ne peut vivre sans religion, quelle qu’en soit la forme, le recul du christianisme en Occident a été suivi par la montée de religions de remplacement sous la forme des idéologies post-chrétiennes — le nationalisme, l’individualisme et le communisme. [67]
Dans le monde où les religions supérieures avaient perdu leur pouvoir, beaucoup trouvaient des substituts aux religions supérieures perdues dans les idéologies ; et dans plusieurs pays, les convertis à ces nouveaux credos mondains avaient été suffisamment puissants pour dominer le gouvernement et utiliser tout le pouvoir de l’État pour imposer à leurs compatriotes leur doctrine et leur pratique. [68]

De fait, tous les État modernes sont inféodés à ces trois religions séculières que constituent les idéologies (libéralisme, socialisme, nationalisme).

L’historien François Furet (1927-1997) confirme ce caractère religieux de l’idéologie :

L’idéologie est un système d’explication du monde à travers lequel l’action politique des hommes a un caractère providentiel, à l’exclusion de toute divinité. [69]

Hannah Arendt insiste par ailleurs sur l’autonomie de l’idéologie par rapport au réel :

Les idéologies sont connues pour leur caractère scientifique : elles allient approche scientifique et résultats d’ordre philosophique, et ont la prétention de constituer une philosophie scientifique. [70]
Une idéologie est littéralement ce que son nom indique : elle est la logique d’une idée […] dans son pouvoir de tout expliquer, la pensée idéologique s’affranchit de toute expérience. [71]
 

Exemples d’États modernes

 

La 1re République Française, ou Convention

La 1re République illustre parfaitement les conséquences de l’autonomie de l’homme et du pouvoir amoral de l’idéologie.

La Convention est officiellement athée et substitue à la religion le culte de la « déesse Raison ».

Dans son ouvrage Du système de dépopulation ou la vie et les crimes de Carrier, Gracchus Babeuf (1760-1797) — un des pères du communisme — nous explique comment Robespierre et ses amis usent de cette même raison pour réaliser le bonheur de l’humanité.

Selon les hommes de la Convention, la France de la fin du XVIIIe siècle était trop peuplée pour envisager un partage égal des richesses et réaliser ainsi l’idéologie du Contrat social de Rousseau. Comme il leur était difficile d’augmenter les richesses à proportion, la « logique de l’idée » les a donc « scientifiquement » conduit à dépeupler notre pays grâce à un système de guerres et de massacres.

[…] les régulateurs d’un Peuple n’ont rien fait de stable et de solide pour sa régénération, s’ils n’ont réalisé la grande conclusion de J.Jacques, que pour que le gouvernement soit perfectionné, « il faut que tous les citoyens aient assez et qu’aucun d’eux n’ait trop. »

[…] un dépeuplement était indispensable, parce que, calcul fait, la population française était en mesure excédentaire des ressources du sol, et des besoins de l’industrie utile.

[…] Avec le système de dépopulation et de nouvelle disposition répartitive des richesses entre ceux qui doivent rester, on explique tout,

  • guerre de la Vendée,
  • guerre extérieure,
  • proscriptions, guillotinades,
  • foudroyades,
  • noyades,
  • confiscations,
  • maximum,
  • réquisitions,
  • préhensions,
  • largesses à certaine portion d’individus, etc. [72]

 

L’Allemagne nationale-socialiste

Dans les Libres propos sur la Guerre et la Paix, le très charismatique Hitler — le chef moderne [le führer], cet archétype de l’autocrate — prétend remplacer la religion par son idéologie :

Quand le national-socialisme aura régné durant assez longtemps, il sera possible de concevoir une forme de vie différente de la nôtre. À la longue, le national-socialisme et la religion ne pourront plus coexister. [73]

On y retrouve aussi l’aspiration à la « philosophie scientifique » et le culte de la raison humaine consubstantielle aux idéologies et à la modernité en général.

Son unique ambition [au national-socialisme] doit être de construire scientifiquement une doctrine qui soit rien de plus qu’un hommage à la raison. [74]

Par ailleurs, il déclare :

Je n’ai pourtant pas hésité à sacrifier ma patrie à l’idée du Reich. [75]

Traduisons : Hitler n’hésite pas à sacrifier la réalité de sa patrie charnelle, à l’idée artificielle (idéologie) du Reich.

Mais au fait : qu’est-ce que le Reich ?

Le Reich doit être une république, ayant à sa tête un chef élu et doté d’une autorité absolue. [76]

Y-aurait-il une affinité entre Modernité et République ?

Il y a dans les deux exemples ci-dessus beaucoup de similitudes, d’où cette question légitime : par delà les modalités d’application, y aurait-il donc un rapport, une affinité entre la modernité et la république ?

Autorité et Pouvoir chez les classiques et les modernes

Le philosophe français Marcel Gauchet (né en 1946) nous apporte une réponse quand il définit ainsi la république :

La république c’est le régime de la liberté humaine contre l’hétéronomie religieuse. Telle est sa définition véritablement philosophique. [77]

Ainsi, en abrogeant l’autorité et sa transcendance d’un Dieu créateur, la république se revendique-t-elle comme le régime de l’autonomie de l’homme à l’égard de la volonté divine : non seulement de la volonté révélée (la loi divine), mais même de la loi naturelle.

Remarquons tout de même que le matérialisme ambiant répugne à beaucoup de modernes. Aussi ces derniers cherchent-ils un substitut de la transcendance divine dans un « humanisme-transcendantal » par l’immanentisation du divin — une transcendance horizontale en quelque sorte. À l’instar du philosophe et ancien ministre français Luc Ferry (né en 1951) dans son ouvrage L’homme-Dieu, ils déclarent :

Pour le pire comme pour le meilleur, notre univers laïc tend donc à récuser toute référence à ce qui est extérieur aux hommes au nom d’une exigence d’autonomie. [78]

[…] Si le sacré ne s’enracine plus dans une tradition dont la légitimité serait liée à une Révélation antérieure à la conscience, il faut désormais le situer au cœur de l’humain lui-même.
Et c’est en quoi l’humanisme transcendantal est un humanisme de l’homme-Dieu : si les hommes n’étaient pas en quelque façon des dieux, ils ne seraient pas non plus des hommes. Il faut supposer en eux quelque chose de sacré ou bien accepter de les réduire à l’animalité. [79]

[…] Transcendances, donc, dans l’immanence à soi, mais néanmoins transcendances radicales au regard du matérialisme. [80]

Ainsi se posent les bases de la religion de l’homme-Dieu, compatible avec le régime républicain, car fondée elle-même sur l’autonomie.

 

CONCLUSION ET PERSPECTIVES

 

L’autorité est un pouvoir moral

Les considérations précédentes ont permis de préciser le concept d’autorité :

L’autorité est un pouvoir moral : le pouvoir de conduire les êtres à réaliser leur fin, leur nature.
L’exercice de l’autorité requiert donc la rationalité dans la légifération car l’intelligence est sollicitée, non seulement pour lire le réel, mais encore pour adapter les moyens à la fin à atteindre.

Cette fin est indépendante de la volonté de l’autorité, elle lui est extérieure et l’autorité lui est soumise. Dans ce sens on donc peut dire que l’autorité limite le pouvoir et que le pouvoir sans l’autorité est arbitraire pur, irrationnel et porte le nom de tyrannie.

Or le pouvoir fondé sur la volonté de l’homme libéré de la transcendance divine est précisément ce que revendiquent la MODERNITÉ et son expression politique : la RÉPUBLIQUE.

On comprend mieux maintenant la gêne des penseurs contemporains quand il s’agit d’expliciter la prétendue « rationalité du pouvoir des États modernes ». En effet, on a vu ce qu’il faut comprendre par cette expression :

  • un pouvoir issu de la seule volonté humaine libre de soumettre à sa guise après avoir triomphé des oppositions et
  • un pouvoir légitimé par une opinion de la majorité dont chacun sait pertinemment qu’elle est artificielle.

Le XXe siècle a montré que, loin d’apporter le paradis sur Terre, les pouvoirs modernes — tous matérialistes, autonomes et ivres d’idéologie — ont mené à l’enfer et au désespoir [81] :

  • tyrannies épouvantables et génocides sans nombre perpétrés par les républiques socialistes, nazies ou autre république gouvernée par un autocrate (souvent un président à vie). À une majorité écrasante, elles se revendiquent toutes filles de la Révolution française.
  • tyrannie de l’opinion, du « politiquement correct » avec les conséquences funestes que l’on sait dans les républiques libérales et capitalistes : lâcheté, individualisme, dépravations des mœurs, solitude, désespérance, mal-être, suicides — surtout suicides des jeunes dans des proportions inédites.

 

Les piliers de la civilisation occidentale chrétienne

Toujours perspicace, Hannah Arendt attribue — de façon trop naturelle sans doute — l’essor remarquable de la civilisation occidentale chrétienne à trois facteurs conjugués hérités de l’Empire romain : la religion, la tradition, l’autorité.

[…] partout où l’un des éléments de la trinité romaine, religion, autorité ou tradition, a été mis en doute ou éliminé, les deux qui restaient ont perdu leur solidité.
  • Ainsi, ce fut l’erreur de Luther de penser que son défit lancé à l’autorité temporelle de l’Église et son appel à un jugement individuel sans guide laisseraient intactes la religion et la tradition.
  • Ce fut aussi l’erreur de Hobbes et des théoriciens politiques du XVIIe siècle d’espérer que l’autorité et la religion pourraient être sauvées sans la tradition.
  • Ce fut aussi finalement l’erreur des humanistes de penser qu’il serait possible de demeurer à l’intérieur d’une tradition inentamée de la civilisation occidentale sans religion et sans autorité. [82]

Or que constatons-nous ?
En à peine un siècle, l’Église, par ses plus hautes instances, s’est volontairement et successivement séparée de l’autorité politique des rois et de la tradition.

1) La séparation la plus récente et la plus connue : la séparation de la tradition :

  • 1965, le Concile Vatican II proclame une manière de ralliement de l’Église au monde et pourchasse impitoyablement toute trace de tradition (en prétextant, comme une hérésie, un retour aux sources).
  • À la suite de cette révolution, on assiste à la généralisation du modèle de la société de pensée dans l’Église. Par exemple, les évêques perdent leur autorité au profit de commissions démocratiques — par le haut : collégialité de la Conférence épiscopale, et par le bas : Conseils diocésains.
  • Les résultats sont immédiats : apostasies massives des catholiques — que ceux-ci soient laïcs ou clercs. Ce sont des faits : le nombre des baptêmes diminue, les vocations se comptent sur les doigts, les catholiques sont devenus ultraminoritaires, la Foi disparait partout.

2) Une séparation plus ancienne : la séparation de l’autorité :

  • 1892, le Pape Léon XIII désire faire cesser les persécutions religieuses de la République athée. Outrepassant les limites imparties à son autorité spirituelle, dans son Encyclique Au milieu des sollicitudes, il exhorte les Catholiques au ralliement à la République. Tragiquement, ce pape pourtant antilibéral, ne comprend pas que le régime républicain est par nature opposé à l’autorité politique et consacre la disparition de cette dernière.
  • Le résultat de ce libéralisme pratique ne se fait pas attendre : les persécutions reprennent plus violentes encore, et c’est un fait, en ce début de XXIe siècle, il n’existe quasiment plus d’États catholiques. En effet, si le pouvoir des républiques vient du consensus majoritaire, pourquoi s’embarrasser de la transcendance d’un Dieu créateur ? L’apostasie des nations était inéluctable.

La modernité progresse toujours par bonds et interdit tout retour à l’état antérieur car la frange libérale érige comme un dogme la dernière position en sa faveur. Chacun a pu observer après le Concile Vatican II, l’acharnement avec lequel les réfractaires traditionalistes, fidèles à l’Église de toujours, ont été persécutés.

De même, depuis le Ralliement, il est quasi impossible de parler politique autrement que dans le cadre de la république et le catéchisme a fait du vote un devoir. Faisant une croix sur deux millénaires de civilisation chrétienne, une foule de clercs et laïcs vous assènent doctement que l’Église n’est inféodée à aucun régime politique et réduisent le tout de la politique chrétienne à la Doctrine sociale de l’Église.

Remarquons que l’acte fondateur de la Doctrine sociale de l’Église, l’Encyclique Rerum Novarum « Des Choses Nouvelles » (1891) de Léon XIII, constitue en soi une petite révolution, car ayant renoncé au soutien de l’autorité politique, désormais l’Église se met directement à « faire du social » :

  • or, ce travail incombe précisément à l’autorité politique qui doit tout mettre en œuvre pour préserver la justice. L’Encyclique Rerum Novarum s’inspire d’ailleurs largement des propositions des légitimistes du XIXe siècle en réponse à la profonde misère du monde ouvrier que la révolution bourgeoise avait suscitée (on pense à l’engagement d’un Albert de Mun, d’un René de la Tour du Pin, d’un Comte de Chambord…),
  • la Doctrine sociale de l’Église ne peut donc rester qu’un vœu pieux si aucune institution politique n’existe pour l’appliquer et la maintenir. Mais là réside justement la question politique qu’il est défendu d’aborder.

 

Retour au principe de réalité

Quelles que soient les intentions de leurs promoteurs, les politiques du ralliement à la République en 1892, puis du ralliement au Monde en 1965, se sont montrées expérimentalement suicidaires : elles n’ont apporté qu’apostasies, malheurs des peuples et affaiblissement de la civilisation occidentale. Les inductions de Hannah Arendt sur ce dernier point sont donc totalement vérifiées.

Or, le Christ lui-même nous a donné un critère infaillible pour évaluer un acte ou une politique : « Vous jugerez l’arbre à ses fruits ».

Dès lors, combien apparaît-il vain de chercher une « bonne » république catholique, cela n’a jamais existé : les rares tentatives — la république de Garcia Moréno, la « révolution nationale » de Salazar [83] (dont le seul intitulé montre toute l’incohérence) — n’ont jamais permis la pérennité du bien commun. Même l’antique démocratie athénienne, bien que hétéronome, se dressait contre l’autorité avec sa devise égalitaire :

  • Isonomia  : égalité devant la loi.
  • Isegoria  : égalité de la parole, même poids de voix.
  • Isokrateïa  : égalité des pouvoirs.

Continuer à prétendre le contraire, continuer à dire que c’est théoriquement possible parce qu’un pape (Léon XIII) l’a affirmé hors de son domaine de compétences, n’est-ce pas « bâtir dans les nuées » tant la réalité hurle le contraire ?

Un autre grand pape du XXe siècle s’est quant-à lui, opposé à la modernité en religion et en politique. Il a réaffirmé, sans être entendu, les fondements de la Cité : religion, tradition et autorité. Saint Pie X, dans son Encyclique contre le parti démocrate chrétien Le Sillon, ne déclare-t-il pas :

[…] non, la civilisation n’est plus à inventer ni la cité nouvelle à bâtir dans les nuées. Elle a été, elle est ; c’est la civilisation chrétienne, c’est la cité catholique. Il ne s’agit que de l’instaurer et la restaurer sans cesse sur ses fondements naturels et divins contre les attaques toujours renaissantes de l’utopie malsaine, de la révolte et de l’impiété : « omnia instaurare in Christo ».

Eh quoi ! on inspire à votre jeunesse catholique la défiance envers l’Église, leur mère ; on leur apprend […] que les grands évêques et les grands monarques, qui ont créé et si glorieusement gouverné la France, n’ont pas su donner à leur peuple ni la vraie justice, ni le vrai bonheur, parce qu’ils n’avaient pas l’idéal du Sillon ! [84]

Dans la pensée traditionnelle, le Créateur manifeste Sa volonté par deux moyens : la loi naturelle et la loi divine (ou loi révélée). La cité politique relève principalement du premier et l’Église surtout du second.
Si, pour respecter cette distinction, l’Église en tant qu’institution, ne saurait privilégier l’un ou l’autre régime que peut revêtir la société politique, en revanche il est de la compétence des laïcs, à la lumière du droit naturel et du principe de réalité, de tirer des leçons de l’expérience.

 

Perspectives

Comment rétablir la civilisation dans un climat si hostile ? L’étude précédente a montré que l’effort doit porter conjointement sur la religion, la tradition et l’autorité.

 

Autorité et Pouvoir chez les classiques et les modernes

Quand on a des ennemis à combattre, l’empereur Marc-Aurèle (121-180) conseille :

Le meilleur moyen de se défendre contre eux, c’est de ne pas leur ressembler. [85]

Si on ne peut utiliser les méthodes de manipulation de l’opinion des sociétés de pensée sous peine de passer soi-même à la modernité, si on ne peut cautionner le système des partis et de l’élection sans perdre son âme en essayant de séduire l’opinion de la majorité, alors il reste à maintenir et à développer l’autorité traditionnelle partout où elle a résisté (familles, entreprises, éducation, associations…)

Cette action, pour austère et pour peu spectaculaire qu’elle paraisse, se révèle incontournable, car pour désirer l’autorité, l’homme à besoin d’en avoir ressenti la bienfaisance dès l’enfance.

Dans l’effondrement général de nos sociétés, en un temps où l’égoïsme et la lâcheté sont devenus la règle, les figures autoritaires apparaitront comme autant de sources de liberté et rallieront les intelligences et les cœurs.

Nous disposons pour cela de moyens surnaturels et naturels :

  • Implorer l’aide, la Grâce de la Source de toute autorité, « omnia instaurare in Christo ».
  • Identifier le bien à atteindre : appliquer son intelligence à l’étude de ce bien et de ce qui le conditionne : la loi divine, la loi naturelle et, en particulier, les lois de l’institution [86] pour ce qui concerne l’autorité politique.
  • Appliquer sa volonté à se réformer soi-même pour mener une vie conforme à ce bien.
  • Réformer ensuite son entourage partout où on le peut en donnant l’exemple d’une bonne autorité.

Nombre de ces points correspondent précisément au programme politique que Confucius énonçait il y a 2500 ans pour restaurer une Cité.

 

ANNEXES

 

Le Ta-hio (ou la Grande étude) de Confucius

Pour apporter la paix et la bonne harmonie à un pays, Confucius, puise dans la tradition de la Chine ancienne :

1. La loi de la Grande Étude, ou de la philosophie pratique, consiste à développer et remettre en lumière le principe lumineux de la raison que nous avons reçu du ciel, à renouveler les hommes, et à placer sa destination définitive dans la perfection, ou le souverain bien.

2. Il faut d’abord connaître le but auquel on doit tendre, ou sa destination définitive, et prendre ensuite une détermination ;

  • la détermination étant prise, on peut ensuite avoir l’esprit tranquille et calme ;
  • l’esprit étant tranquille et calme, on peut ensuite jouir de ce repos inaltérable que rien ne peut troubler ;
  • étant parvenu à jouir de ce repos inaltérable que rien ne peut troubler, on peut ensuite méditer et se former un jugement sur l’essence des choses ;
  • ayant médité et s’étant formé un jugement sur l’essence des choses, on peut ensuite atteindre à l’état de perfectionnement désiré.

3. Les êtres de la nature ont une cause et des effets : les actions humaines ont un principe et des conséquences : connaître les causes et les effets, les principes et les conséquences, c’est approcher très-près de la méthode rationnelle avec laquelle on parvient à la perfection.

4. Les anciens princes qui désiraient développer et remettre en lumière, dans leurs États, le principe lumineux de la raison que nous recevons du ciel, s’attachaient auparavant à bien gouverner leurs royaumes

  • ceux qui désiraient bien gouverner leurs royaumes, s’attachaient auparavant à mettre le bon ordre dans leurs familles ;
  • ceux qui désiraient mettre le bon ordre dans leurs familles, s’attachaient auparavant à se corriger eux-mêmes ;
  • ceux qui désiraient se corriger eux-mêmes, s’attachaient auparavant à donner de la droiture à leur âme ;
  • ceux qui désiraient donner de la droiture à leur âme, s’attachaient auparavant à rendre leurs intentions pures et sincères ;
  • ceux qui désiraient rendre leurs intentions pures et sincères, s’attachaient auparavant à perfectionner le plus possible leurs connaissances morales :
  • perfectionner le plus possible ses connaissances morales consiste à pénétrer et approfondir les principes des actions.

5. Les principes des actions étant pénétrés et approfondis, les connaissances morales parviennent ensuite à leur dernier degré de perfection ;

  • les connaissances morales étant parvenues à leur dernier degré de perfection, les intentions sont ensuite rendues pures et sincères ;
  • les intentions étant rendues pures et sincères, l’âme se pénètre ensuite de probité et de droiture ;
  • l’âme étant pénétrée de probité et de droiture, la personne est ensuite corrigée et améliorée ;
  • la personne étant corrigée et améliorée, la famille est ensuite bien dirigée ;
  • la famille étant bien dirigée, le royaume est ensuite bien gouverné ;
  • le royaume étant bien gouverné, le monde ensuite jouit de la paix et de la bonne harmonie.

6. Depuis l’homme le plus élevé en dignité, jusqu’au plus humble et plus obscur, devoir égal pour tous : corriger et améliorer sa personne ; ou le perfectionnement de soi-même est la base fondamentale de tout progrès et de tout développement moral.

7. Il n’est pas dans la nature des choses que ce qui a sa base fondamentale en désordre et dans la confusion, puisse avoir ce qui en dérive nécessairement, dans un état convenable.
Traiter légèrement ce qui est le principal ou le plus important, et gravement ce qui n’est que secondaire, est une méthode d’agir qu’il ne faut jamais suivre. [87]

[1] Nous empruntons cette problématique ainsi que de nombreuses citations à l’excellent ouvrage du philosophe espagnol Javier Barraycoa : Du Pouvoir, paru dans sa version française aux éditions Hora decima en 2005. On n’insistera jamais assez sur l’importance capitale de cette œuvre dont cette modeste étude n’offre qu’un pale reflet. Cependant nous ne suivons pas l’auteur dans toute son analyse, notamment dans le contresens qu’il fait à propos de la monarchie absolue qu’il assimile à une dérive arbitraire du gouvernement royal, alors que pour ses contemporains ce vocable était au contraire utilisé comme synonyme de monarchie parfaite (cf. François Bluche).

[sc] Confucius, Doctrine de Confucius ou les quatre livres de philosophie morale et politique de la Chine, Traduit du Chinois par M.G. Pauthier, Librairie Garnier Frères, 1921, p.73.

[2] Confucius, op. cit., p. 73.

[3] Confucius, op. cit., p.73.

[4] Aristote, Éthique à Nicomaque, livre I, 1094a, Agora les classiques, Presses pocket, 1992, p.33-34.

[5] Aristote, Éthique à Nicomaque, livre I, 1097b, op. cit., p.41.

[6] Aristote, Éthique à Nicomaque, livre I, 1101a, op. cit., p.51-52.

[7] Aristote, Éthique à Nicomaque, livre I, 1102a, op. cit., p.51-52.

[8] Aristote, Éthique à Nicomaque, livre V, 1129b,op. cit., p.123.

[9] Euripide, Mélanippe, Nauick, frag. 486.

[10] Aristote, Éthique à Nicomaque, livre V, 1129b, op. cit., p.123.

[11] Aristote, Éthique à Nicomaque, livre V, 1129b, op. cit., p.123.

[12] Saint Thomas d’Aquin, De Regno, Chap.II, Éditions de la Gazette Française, Paris, 1926.

[13] Saint Thomas d’Aquin. De regno, Livre II, Chap.III, cité par Denis Sureau in Petite somme politique, Téqui, 1997, p.97-98.

[14] Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, La Loi, Question 94. Traduction française par M.-J. Laversin, O.P. Éditions de la revue des jeunes, Société Saint Jean l’Évangéliste, Desclée et Cie. Paris Tournai Rome, 1935.

[15] Saint Thomas d’Aquin. De regno, Livre II, Chap.III, cité par Denis Sureau in Petite somme politique, Téqui, 1997, p.97-98.

[16] Saint Thomas d’Aquin, De Regno, Chap.XV, Éditions de la Gazette Française, Paris, 1926.

[17] Saint Thomas d’Aquin, Somme contre les gentils, III, 146, cité par Denis Sureau in Petite somme politique, Téqui, 1997, p.191.

[18] Saint Thomas d’Aquin. De regno, Chap.I. Éditions de la Gazette Française, Paris, 1926.

[19] Aristote, Éthique à Nicomaque, livre V, op. cit., p.134.

[20] Saint Thomas d’Aquin, De Regno, Chap.I, Éditions de la Gazette Française, Paris, 1926.

[21] Tchoû-Hî, Doctrine de Confucius ou les quatre livres de philosophie morale et politique de la Chine, op. cit.

[22] Littré, Dictionnaire de la langue française, tome1, 1973.

[23] Jaime Bofill, Autoridad, Jerarquia, Individuo, Révista de filosofia, 5 (1943), p. 365ité par Javier Barraycoa, in Du pouvoir…, Éd. Hora Decima, 2005, p.45.

[24] Augustin Cochin, La Révolution et la libre-pensée, Introduction, Éd. Plon, Paris, 1924, p.L.

[25] Javier Barraycoa, in Du pouvoir …, Éd. Hora Decima, 2005, p.45.

[26] Hannah Arendt, La crise de la culture, Folio essais, Gallimard, 2007, p.129.

[27] Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, I II 100,6, cité par Denis Sureau in, Petite somme théologique, 1997, p.137.

[28] Saint Thomas d’Aquin, De Regno, Chap. XV, Éditions de la Gazette Française, Paris, 1926.

[29] Jean-Baptiste Colbert de Torcy, cité par Th. Derisseyl in Mémoire sur les droits de la maison d’Anjou à la couronne de France, Fribourg,1885.

[30] Guy Augé, Qu’est-ce que la monarchie ? in La Science Historique, printemps-été 1992.

[31] Mgr de Ségur, Vive le roi ! in Œuvres, Paris : Tolra, 1877, 2 série, tome VI, chap. III.

[32] Machiavel, Le Prince, Chap. VIII, in Œuvres politiques de Machiavel, Éd. Charpentier, Paris, 1881, p.41.

[33] Machiavel, Le Prince, Chap. XVII, op. cit., p.71.

[34] Machiavel, Le Prince, Chap. XVIII, op. cit., p.75.

[35] Machiavel, Le Prince, Chap. XVIII, op. cit., p.75.

[36] Machiavel, Le Prince, Chap. XV, op. cit., p.66-67.

[37] Machiavel, Le Prince, Chap. XVIII, op. cit., p.76-77.

[38] Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, Livre III, chap. 6, Christian Bourgeois éditeur, collection 10/18, Paris, 1973, p.140.

[39] Max Weber, Le savant et le politique, Union générale d’édition, Collection 10-18, Paris, 1963, p.101.

[40] Max Weber, Le savant et le politique, op. cit., p.102.

[41] Max Weber, Le savant et le politique, op. cit., p.111.

[42] Max Weber, Le savant et le politique, op. cit., p.103.

[43] Max Weber, Le savant et le politique, op. cit., p.102.

[44] Pour le sociologue français Pierre Bourdieu, l’État « revendique avec succès le monopole physique de l’usage légitime de la violence physique et symbolique sur un territoire déterminé et sur l’ensemble de la population correspondante. » in Raisons pratiques, Paris, Seuil, 1994, p.107.

[45] Le sociologue israélien Shmuel Noah Eisenstadt définit le pouvoir politique comme « l’organisation de la société territoriale qui possède le monopole légitime sur l’usage autorisé de la force et sur sa réglementation dans la société. » in The polical system of empires, New Brunswick (N.J.)/London, Transaction Publishers, 1993, p.5.

[46] Max Weber, Le savant et le politique, op. cit., p.102.

[47] Max Weber, Le savant et le politique, op. cit., p.101.

[48] Max Weber, Le savant et le politique, op. cit., p.70.

[49] Max Weber, Économie et société, Paris, Pocket, coll. « Agora », 1995, t.1, p.95, cité par Javier Barraycoa, in Du pouvoir …, Éd. Hora Decima, 2005, p.18.

[50] Éric Vœgelin, La nouvelle science du politique, Éd. Seuil, Coll. L’ordre philosophique, 2000, p.56-57.

[51] Max Weber, Le savant et le politique, op. cit., p.107.

[52] Saint-Simon, Œuvres choisies, Bruxelles, 1859, t.1, n.217.

[53] Saint-Simon, L’industrie, cité par Dominique Bagge, Les idées politiques en France sous la restauration, Arno presse inc., 1979, p.381.

[sc] Saint-Simon, L’industrie, cité par Dominique Bagge, Les idées politiques en France sous la restauration, op. cit., p.382.

[54] Cette formulation est celle de Lord Acton dans sa « Leçon inaugurale sur l’« Étude de l’Histoire », réimprimée in Essays on Freedom and Power, New York, 1955, p.35.

[55] Hannah Arendt, La crise de la culture, op. cit., p. 128.

[56] Hannah Arendt, La crise de la culture, op. cit., p. 140.

[57] Gustave Le Bon, Psychologie des foules, Paris, Puf, coll. « Quadrige », 2002, p.28, cité par Javier Barraycoa, in Du pouvoir …, Éd. Hora Decima, 2005, p.54.

[58] Alexandre Soljenitsyne, Le déclin du courage, (1978), www.viveleroy.fr/article65.

[59] Pierre Bourdieu, « L’opinion publique n’existe pas », exposé fait à Noroit (Arras) en janvier 1972 et paru dans Les temps modernes, 318, janvier 1973, p. 1292-1309. Repris in, Questions de sociologie, Paris, Les Éditions de Minuit, 1984, p. 222-235.

[60] Augustin Cochin, Canevas d’une conférence 1907, Appendice I, in La Révolution et la libre-pensée, Éd. Plon, Paris 1924, p.255 et suiv.

[61] Voir l’article Groupes réducteurs et noyaux dirigeants sur le site viveleroy.fr

[62] Hannah Arendt, Les origines du totalitarisme. Eichmann à Jérusalem, Paris, Gallimard, coll. « Quarto », 2002, cité par Javier Barraycoa, in Du pouvoir …, Éd. Hora Decima, 2005, p.54.

[63] Hannah Arendt, La crise de la culture, Folio Essais, p. 121-122.

[64] Hannah Arendt, La crise de la culture, Folio Essais, p.119.

[65] Jules Ferry, cité par Jean Jaurès, Préface aux Discours parlementaires, Le socialisme et le radicalisme en 1885, Présentation de Madeleine Rebérioux, « Ressources », réédition Slatkine, 1980, p. 28-29.

[66] Michel Bakounine, De la guerre à la Commune. Dieu et l’État, Paris, Éditions Anthropos, 1972, p.365.

[67] Arnold Toynbee, cité par Jean-Pierre Sironneau, Sécularisation et religions politiques, 1982, Paris, Mouton Publisher, p.206.

[68] Arnold Toynbee, A study of History, Londres, Oxford University Press, 1954, vol.VII, p.533.

[69] François Furet, Le passé d’une illusion, Éd. Livres de poche, 1995, p.17.

[70] Hannah Arendt, Les origines du totalitarisme. Paris, Gallimard, 2002, p.824., cité par Javier Barraycoa, in Du pouvoir …, Éd. Hora Decima, 2005, p.23.

[71] Hannah Arendt, Le système totalitaire, Éd. Du seuil 2002, p.295-298.

[72] Gracchus Babeuf, Du système de dépopulation ou la vie et les crimes de Carrier, imprimerie de Franklin, Paris, rue de Cléry, Chapitre IV, p. 24-58.

[73] Hitler, Libres propos sur la guerre et la paix, t.1, Flammarion, 1952, p 7.

[74] Hitler, Libres propos sur la guerre et la paix, t.1, op. cit., p 39.

[75] Hitler, Libres propos sur la guerre et la paix, t.1, op. cit., p.282.

[76] Hitler, Libres propos sur la guerre et la paix, t.2, Flammarion, 1954, p.30.

[77] Marcel Gauchet, art. La république aujourd’hui, in La revue de l’inspection générale, no1, Janvier 2004.

[78] Luc Ferry, L’homme-Dieu, Grasset éditions, Paris, 1996, p. 210.

[79] Luc Ferry, L’homme-Dieu, op. cit., p. 241.

[80] Luc Ferry, L’homme-Dieu, op. cit., p. 237.

[81] Le Pape Benoît XVI, lui même reconnaît l’origine idéologique de ces agressions dans son homélie du 15 avril 2010 : « On parle souvent aujourd’hui de la libération de l’homme, de sa pleine autonomie et par conséquent de sa libération de Dieu…
Cette autonomie est un mensonge ontologique, car l’homme n’existe pas par lui même, ni pour lui même. C’est aussi un mensonge socio-politique car la collaboration et le partage des libertés est nécessaire. Et si Dieu n’existe pas, s’il demeure inaccessible à l’homme, l’ultime instance est le consensus majoritaire, qui a le dernier mot et auquel tous doivent obéir. Le siècle dernier a montré que le consensus peut être celui du mal. Sa soi-disant autonomie ne libère pas l’homme. Les dictatures nazie et marxiste n’admettaient rien au-dessus du pouvoir idéologique… Aujourd’hui, si, grâce à Dieu, nous ne vivons plus en dictature, nous subissons des formes subtiles de dictature, un conformisme selon lequel il faut penser comme les autres, agir comme tout le monde. Il a aussi des agressions plus ou moins subtiles contre l’Église, qui montrent combien ce conformisme représente une véritable dictature.
 » Benoît XVI, Homélie du 15 avril 2010, Obéir à dieu et faire pénitence, in Vatican Information Service, 16 avril 2010.

[82] Hannah Arendt, La crise de la culture, Folio Essais, p. 168.

[83] Oliveira Salazar, Le Portugal et la crise européenne, Flammarion, Paris, 1940 : « Nous considérons par principe tous les conspirateurs comme ennemis de la Révolution nationale. », p.17.

[84] St Pie X, Lettre sur le Sillon Notre charge apostolique, du 25 août 1910, PIN. 430.

[85] Pensées de Marc-Aurèle, Chp VI, pensée VI, trad J.Barthélemy-St Hilaire, Librairie Germer — Baillière et Cie, Paris, 1876, p.166.

[86] Voir l’article de Guy Augé, Brève note sur le droit royal historique français, http://www.viveleroy.fr/Breve-note-sur-le-droit-royal,99.

[87] Confucius, op. cit.

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 00:00

Fulbert. Vient du germanique fulk ou folk = le peuple, et berth = brillant.

 

Saint Fulbert, l'un des plus grands et des plus saints évêques de Chartres, fut aussi le premier savant de son époque ; l'un de ses biographes dit, en effet, qu'il surpassait facilement tous ses contemporains, tant dans la connaissance des Saintes Écritures que dans les sciences profanes. 

L'auguste Mère de Dieu se plut à récompenser sa piété par des faveurs extraordinaires. Dans une maladie très grave, Marie fit couler sur ses lèvres un baume céleste, et le mal disparut. 

Une des gloires de Fulbert, c'est la construction de la cathédrale de Chartres, qui subsiste encore. L'ancienne ayant été détruite par un effroyable incendie, il employa au temple magnifique qu'il fit construire tout ce qu'il possédait ; les largesses royales affluèrent de toutes parts. Il s'appliqua ensuite à faire honorer Dieu dans ce temple par des chants harmonieux et des cérémonies majestueuses.

C'est dans la crypte de cette cathédrale insigne qu'est honorée Notre-Dame-de-sous-terre, dont l'histoire merveilleuse remonterait au temps des Druides, et dont l'image était dédiée à la Vierge qui devait enfanter : Virgini pariturae. A l'époque des druides, les Saints Forts ne sont autres que les habitants d'un village du pays carnute. Ils reconnurent aussitôt la Virgo paritura qu'adoraient leurs ancêtres dans la Vierge Mère que leur annonçait un missionnaire. Convertis en masse, les carnutes refusèrent d'abjurer leur foi, qui renouait si bien avec les plus hautes aspirations de l'ancienne religion celte. Ils furent jetés vivants dans le puits que l'on voit toujours sous la cathédrale de Chartres.


 

. Paganisme / Sainte Trinité. "Toutatis, Hésus et Taranis, la triade celtique, une ébauche de conception trinitaire" (Anne Bernet)

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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 22:03

Les Brigandes nous adressent leur dernière chanson "Laissez vivre la Russie" :

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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 20:57
L’Islande veut redonner à sa banque centrale le contrôle de la création de la monnaie et le retirer aux banques privées. Une révolution ?

En redonnant à sa "banque centrale" le contrôle de la masse monétaire, l'Islande ne se dirige pas nécessairement vers une émancipation de la finance internationale. Mais plus sûrement vers une nouvelle oligarchie. En effet, des banques privées, le pouvoir de contrôle de la masse monétaire passerait à la banque centrale d'Islande, "qui en aurait l’unique contrôle, au-delà de toute régulation gouvernementale" et constituerait une "nouvelle oligarchie".

 

L’Islande veut redonner à sa banque centrale le contrôle de la création de la monnaie et le retirer aux banques privées. Une révolution ?

 

Reinformation.tv

 

8 avril 2015 16 h 06 min·

 

C’est une information qui n’a pas du tout été reprise par la grosse presse française. Le petit pays qui a claqué la porte à l’Europe ne vaut sans doute pas la peine que l’on s’y intéresse – il a officiellement retiré sa candidature le 12 mars dernier au motif que « les intérêts de l’Islande sont mieux servis en dehors de l’Union européenne », ce qui n’est sûrement pas faux… Sa dernière « folie » tient dans un rapport signé par un parlementaire du Parti du progrès, Frosti Sigurjonsson, qui préconise d’enlever aux banques le pouvoir de créer de la monnaie… Au premier abord, un crime de lèse-majesté dans le monde de la finance internationale, mais la révolution de ce système que certains media alternatifs portent au pinacle n’en est pas vraiment une.
 

 

L’Islande contre les banques privées

 
Frosti Sigurjonsson est homme d’affaires et économiste. Dans ce nouveau rapport directement commandé par le Premier ministre et intitulé « Un meilleur système monétaire pour l’Islande », il n’y va pas par quatre chemins : il faut « rompre avec un système » qui a entraîné l’île dans une succession de crises financières, « plus de vingt » depuis 1875, les crises graves se manifestant « tous les quinze ans en moyenne ».
 
La question essentielle est celle du contrôle de la masse monétaire – le pouvoir politique est inféodé à ce dernier. En Islande, comme partout ailleurs, la banque centrale contrôle l’émission des pièces et des billets, mais la plus grande partie de la masse monétaire créée provient des lignes de crédit que les banques octroient à leurs clients – les banques commerciales islandaises ont créé environ 91 % de l’argent en circulation, contre 9 % pour la banque centrale. Ce qui engendre inéluctablement un décalage avec l’économie réelle et donc un risque d’inflation, de spéculation et de coûteuses menaces de faillites bancaires.

 

Rendre le pouvoir de création de la monnaie à la banque centrale… pas au parlement

 
La seule issue, pour Sigurjonsson, serait de redonner du pouvoir ou plutôt LE pouvoir à la banque centrale, pour retrouver ainsi la souveraineté monétaire. La banque centrale déterminerait le rythme de la création de la monnaie en fonction des besoins perçus de l’économie. Les banques ne garderaient que la gestion des comptes et moyens de paiement, ainsi que la fonction d’intermédiaires entre épargnants et emprunteurs.
 
« De façon essentielle, le pouvoir de création de la monnaie est isolé du pouvoir de décider comment cet argent sera utilisé », écrit Sigurjonsson. « Comme pour le budget de l’État, le Parlement débattra sur la proposition du gouvernement concernant la répartition de la monnaie nouvellement créée ».
 
Nous y sommes : le parlement ne déciderait en rien de la masse monétaire, mais seulement de sa répartition. C’est la banque centrale qui en aurait l’unique contrôle, au-delà de toute régulation gouvernementale. Et par qui serait-elle dirigée ? Par un nombre défini de personnages, un comité bien établi de sages suffisamment « sages » pour imposer à un pays la quantité de monnaie en circulation, le pourcentage d’inflation ou de déflation souhaité, les bulles ou les crises désirées…
 
En somme, une nouvelle oligarchie financière. Est-ce plus opportun ou plus moral qu’une coterie de banques commerciales créant pour leurs uniques profits ? L’économie tombe encore une fois dans le monde de la finance. C’est un autre cénacle, celui du système européen, celui de la BCE. C’est la porte ouverte au mondialisme.

 

Un nouveau système aux mains d’une nouvelle oligarchie financière

 
L’Islande a été l’un des premiers pays touchés par la crise économique de 2008, avec ses trois principales banques mises en faillite complète, un taux de chômage multiplié en deux ans par 9 et une dette s’élevant à 900 % de son PIB. Mais il est avéré que cette petite entité géographique de quelque 320.000 habitants, a retrouvé une croissance défiant toute concurrence en Europe : les prévisions sont de 4,2 % pour l’année 2015 contre 1% chez nous, selon la BCE – il faut encore y croire. Et cela, en volant de ses propres ailes, c’est-à-dire en refusant de s’imposer les directives du FMI et de payer ses dettes (décisions découlant en sus de référendums populaires !)
 
Le président islandais, Olafur Ragnar Grimsson, avait lui-même défendu cette posture au Forum économique de Davos en 2013 : « Nous n’avons pas suivi la traditionnelle orthodoxie dominante du monde occidental de ces trente dernières années : nous avons introduit des contrôles de monnaies, nous avons laissé les banques s’écrouler, nous sommes venus en aide aux pauvres, nous n’avons pas imposé de mesures d’austérité à l’échelle de ce que vous voyez aujourd’hui, en Europe »… Et de poser cette juste question : « Pourquoi considérez-vous les banques comme des églises de l’économie moderne ? »
 
Seulement, si ce rapport est approuvé par le parlement, le système islandais ne s’opposera plus vraiment au sens de l’histoire de la finance moderne, quoique cette dernière se voie entravée à l’échelon de ses banques commerciales. Cette nouvelle-fausse émancipation conduit l’Islande à une autre dépendance, tout aussi dangereuse que la précédente, celle des toutes-puissantes banques centrales : l’argent dirige encore et toujours la politique.


 
Clémentine Jallais

 

Source: http://reinformation.tv/islande-banque-centrale-controle-creation-monnaie-retirer-banques-privees/

 

 

Dieu ou la dette ?

 

La question essentielle dirons-nous est celle de l'organisation de la vie politique en-dehors de l'usure et du système moderne des dépenses publiques gagées sur la dette. Sur quel fondement bâtit-on la société : Dieu ou la dette ?

 

Les "banques centrales" depuis la première, dite "d'Angleterre" au XVIIIe siècle, sont des instruments de la domination oligarchique des marchands et trafiquants de monnaie internationaux.

 

Il faut donc être naïf pour affirmer comme dans certains milieux de la "dissidence" que redonner simplement le pouvoir de contrôle de la masse monétaire aux banques centrales suffira à désoligarchiser le monde : ni l'étalon-or, ni les banques centrales n'ont empêché la crise des années 1930 ou celle des années 70.

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Publié par Ingomer - dans Islande
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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 00:00

http://nominis.cef.fr/images/gallerie/juliadenonza_copy1.jpg

Sainte Julie (santa Ghjulia en corse) est la patronne de la Corse. Elle vécut au début de l'ère chrétienne et sa fête est célébrée le 8 avril.


A Nonza, on note qu'elle a été martyrisée en 303.
Patronne de la Corse avec sainte Dévote, elle est l'une de ces jeunes carthaginoises qu'un marchand d'esclaves allait vendre en Gaule. Elle fut volée dans un port de Corse, comme une vulgaire marchandise, où le bateau relâchait. Elle demeura dans l'île, mais fidèle à sa foi, elle refusa de sacrifier aux divinités païennes. Pour cela, elle fut crucifiée. Mais d'autres récits l'accompagnent de belles légendes.
Vierge et martyre: un document remontant au Ve siècle évoque sa passion et le Martyrologe romain ajoute: "... en Corse, Sainte Julie, Vierge, qui, par le supplice de la Croix, obtint la couronne de la Gloire". Chrétienne d’origine carthaginoise, vendue comme esclave, le navire qui la transportait aurait échoué à Nonza, dans le Cap Corse. C’est là qu’en haine de la foi, elle aurait été torturée et crucifiée. C’est là qu’elle fut toujours vénérée avec ferveur.
En Corse, commémoraison de sainte Julie, vierge et martyre.

Martyrologe romain

 

Sources : 1; 2

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 00:00

Au moment où Dieu est chassé des écoles, il est plus opportun que jamais de publier les grands exemples des Saints qui se sont faits les éducateurs dévoués de l'enfance chrétienne. Parmi ces éducateurs, saint Jean-Baptiste de La Salle occupe le premier rang. Il fonda l'Institut des Frères des Écoles chrétiennes.

Jean-Baptiste, né le 30 avril 1651, appartenait à une noble maison de Reims, il est orphelin à dix-huit ans. Après l'achèvement de ses études, il veilla si bien à l'éducation de ses frères et de ses sœurs, qu'il eut deux frères prêtres et une sœur religieuse : c'était le commencement de son apostolat. 

Ordonné prêtre à l'âge de vingt-sept ans, il comprit, sous l'inspiration de Dieu, le plus grand besoin de son époque, et songea à combler une lacune regrettable dans les œuvres si belles et si multiples de la sainte Église. Recruter des jeunes gens, les installer dans sa maison de chanoine de Reims, les former à l'enseignement de l'enfance, tel fut le commencement de son entreprise. Cette entreprise subit dès l'abord des épreuves terribles. 

Peu de Saints ont eu à souffrir un plus entier crucifiement, que le bienheureux de La Salle ; peu de Saints ont montré plus de désintéressement, plus de joie dans le sacrifice ; il poussait l'amour divin jusqu'à joindre à tant de Croix d'effrayantes mortifications volontaires, soutenues par un esprit de prière tout angélique. 

La bénédiction de Dieu ne pouvait manquer à son oeuvre, et, en peu d'années, l'Institut comptait seize écoles, où plus de quinze cents enfants recevaient les leçons de la vertu et de la science ; mais chaque année les développements devenaient de plus en plus merveilleux, et quand le saint fondateur, affaibli par la maladie, força ses frères à accepter sa démission, en 1717, toute la France était couverte par les légions de son armée pacifique. 

Jean-Baptiste de La Salle employa les deux dernières années de sa vie à sa propre sanctification : "La victime est prête à être immolée, disait-il ; il faut travailler à la purifier."

Il meurt un Vendredi Saint, lui dont le coeur, des années durant, avait été transpercé par les trahisons et les calomnies. Le Pape Pie XII l'a déclaré "patron de tous les éducateurs chrétiens."
Voir aussi le site Internet des Lassaliens en France et sur le site du diocèse de Reims: Jean-Baptiste de la Salle - Un saint rémois (1651-1719).

 

Sources: 1; 2

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5 avril 2015 7 05 /04 /avril /2015 13:54

La chaîne LCI - une fois n'est pas coutume - s'interroge sur l'"intégrisme laïc" de la RATP et le "deux poids deux mesures" suite à la décision du PDG de la RATP, Pierre Mongin, de refuser la mention “pour les chrétiens d'Orient" sur les affiches annonçant le concert des #PRÊTRES à l’Olympia, dimanche 14 juin 2015 (en soutien à la Passion des Chrétiens d'Orient) :

L'entreprise RATP argue de la "neutralité religieuse", de la "laïcité" ("aucun signe religieux") pour refuser la publicité concert des #PRÊTRES à l’Olympia, mais la journaliste de LCI s'interroge face à cet argument lorsque l'entreprise fait des publicités "pour le ramadan", ou lorsqu'elle fait des publicités de promotion des relations extra-conjugales, enfreignant "la charte de la régie publicitaire qui dit on ne passe pas d'affiches contraires aux bonnes moeurs" :

 

"C'est quoi, il y a un deux poids deux mesures?", demande la journaliste.

 

Par son refus, l'abbé Grosjean, interrogé, explique sur LCI que "la RATP prend parti pour l'Etat islamique".

"Intégrisme laïc ?" : La chaîne LCI s'interroge sur le deux poids deux mesures de la RATP
"Intégrisme laïc ?" : La chaîne LCI s'interroge sur le deux poids deux mesures de la RATP
"Intégrisme laïc ?" : La chaîne LCI s'interroge sur le deux poids deux mesures de la RATP

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5 avril 2015 7 05 /04 /avril /2015 00:00
Bonnes et Joyeuses Fêtes de Pâques à tous

La fête de Pâques se célèbre dans l'Eglise chrétienne en mémoire de la résurrection de Jésus-Christ.

D’après les Évangiles, c’est le jour de la fête juive de Pâque (sortie d'Egypte) qu’eut lieu la résurrection du Sauveur. Les plus anciens monuments nous attestent que cette solennité est de même date que la naissance du christianisme, qu'elle a été établie du temps des apôtres.  

Aussi, dès les premiers siècles, la fête de Pâques a été regardée comme la plus grande et la plus auguste fête de notre religion; elle renfermait les huit jours que nous nommons la Semaine sainte, et l'octave entière du jour de la Résurrection; on y administrait solennellement le baptême aux catéchumènes; les fidèles y participaient aux saints mystères avec plus d'assiduité et de ferveur que dans les autres temps de l'année; on y faisait d'abondantes aumônes: la coutume s'introduisit d'y affranchir les esclaves; plusieurs empereurs ordonnèrent de rendre à cette occasion la liberté aux prisonniers détenus pour dettes ou pour des crimes qui n'intéressaient point l'ordre public.

Cette résurrection est le grand miracle devant lequel l'incrédulité est forcée de s'avouer vaincue. Les ennemis de Jésus-Christ ayant voulu le faire passer pour un imposteur, les mesures mêmes qu'ils avaient prises pour dévoiler sa prétendue imposture ne devaient servir, en rendant impossible l'enlèvement de son corps, qu'à les confondre eux-mêmes, et à donner une force irrésistible à cette preuve capitale de sa divinité.

 

Bonnes et Joyeuses Fêtes de Pâques à tous

Dès la pointe du jour, de pieuses femmes venaient au sépulcre, avec des aromates pour achever l'embaumement. Pendant cet intervalle, il se fit un grand tremblement de terre aux environs du tombeau. Le Sauveur en sortit vivant, glorieux et triomphant, et un ange descendit du ciel, renversa la pierre qui fermait le sépulcre et s'assit dessus. Les gardes demeurèrent d'abord comme morts, puis ils prirent la fuite, et allèrent rapporter aux princes des prêtres ce qu'ils avaient vu. Ceux-ci leur donnèrent de l'argent pour dire qu'on était venu enlever le corps pendant qu'ils dormaient. 

Cependant les saintes femmes pénétrèrent dans l'intérieur, et n'y trouvèrent que des linges qui avaient enveloppé le corps. Leur inquiétude fut extrême; mais des anges les rassurèrent, et leur apprirent que Jésus-Christ était ressuscité. Lui-même, il apparut à sainte Marie-Madeleine, aux deux disciples d'Emmaüs, et aux onze apôtres assemblés.

Les apparitions continuèrent; on le vit, on le toucha; on mangea et conversa avec lui. Les plus incrédules se rendirent; la conviction était portée à son comble.

Enfin l'on s'y préparait comme l'ont fait aujourd'hui par le jeûne solennel de quarante jours, que nous appelons le carême.

 

Pourquoi le lundi de Pâques est-il jour férié?

 

C’est une tradition païenne. Après la fête du dimanche du Pâques, les employeurs donnaient un jour de repos. La coutume a été conservée sous Napoléon et par la République.*

 

PRATIQUE. Si vous êtes ressuscité avec Jésus-Christ, cherchez les choses du ciel.



Sources :

- Encyclopédie théologique Nicolas Bergier 1718-1790, publié par M. l'abbé Migne, Ateliers catholiques au Petit-Montrouge, tome III, Paris 1850-1851, p. 1262.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. XVIII.

http://www.20minutes.fr/article/709709/societe-a-paques-3000-adultes-vont-faire-baptiser-nuit

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- Pâques et miracle du feu : une délégation russe va chercher du "Feu sacré" en Israël

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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 15:32

La Passion du Christ, film de Mel Gibson (2004) :

La Passion du Christ (Sous-titres français)

Le film relate les douze dernières heures de la vie de Jésus-Christ, considérées comme les plus intenses de sa vie dans lesquelles Jésus-Christ institue l'Eucharistie. Il montre Jésus priant au mont des Oliviers, et résister à la tentation de Satan. On voit ensuite Jésus capturé par les autorités juives, et flagellé du fait de sa dénonciation par Judas auprès des Grands Prêtres. Suite à cela on voit son jugement devant le préfet romain Ponce Pilate, ainsi que son passage devant Hérode, et sa condamnation à mort. Le film étant coupé de flash back sur les moments principaux de la vie publique du Christ, comme le sermon des Béatitudes. Le film s'achève par la montée au Calvaire de Jésus et par sa crucifixion, avec Marie et Marie Madeleine comme témoins. Puis finit par la résurrection du Christ.

Source : www.dailymotion.com/video/xeylz7_la-passi…

via http://gloria.tv/media/Zg2QNMYhUg5

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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 00:00

En ce jour, l'Eglise se prépare à célébrer, au lever de l'aurore, la glorieuse résurrection du Sauveur. C'est le "Grand et saint Sabbat".

   

Le corps de Notre Seigneur Jésus-Christ, détaché de la croix, le soir du vendredi, jour de sa mort, fut embaumé et enseveli par quelques-uns de ses disciples. Ce corps, toujours uni à la Divinité dans le tombeau, ainsi que son âme, qui descendit aux limbes pour y visiter celles des justes et leur annoncer leur entrée prochaine dans le ciel, est le sujet que l'Eglise propose aujourd'hui à notre adoration.

 

Cette célébration festive est très riche.

Elle commence par la bénédiction du feu nouveau, auquel est allumé le Cierge pascal. «Lumière du Christ ! Nous rendons grâce à Dieu !».

 Elle place dans son sanctuaire un grand cierge, portant, pour symboles des plaies glorieuses du corps de Jésus-Christ vivant, cinq grands encens, et chante ensuite les oracles des saints Prophètes qui annoncèrent son triomphe sur la mort et sur l'enfer.

Un chantre chante d'abord l' «Exultet», grand chant de joie. Puis, l'histoire du Salut est récapitulée, depuis la Création jusqu'à la Résurrection, en passant par la sortie d'Egypte, les prophètes, etc., au cours d'une grande liturgie de la Parole. On relit tout ce que Dieu a fait pour les Hommes à la lumière de la Résurrection de Jésus-Christ. Ceci amène à chanter la gloire de Dieu, en faisant sonner les cloches à toute volée. L'évangile est acclamé en chantant Alléluia (ce qui n'avait pas été fait pendant tout le carême).

Pendant la nuit du samedi saint au dimanche de Pâques, on fête la Résurrection du Christ lors de la Vigile pascale.

L'Eglise bénit aujourd'hui les fonds baptismaux et confère solennellement le baptême aux catéchumènes, en versant sur eux, au nom des trois personnes divines, les eaux vivifiantes qui, par l'institution de Jésus-Christ, et en vertu de ses mérites, nous régénèrent comme enfants de Dieu, en gravant sur nos âmes le sceau indélibile de notre adoption.

 

PRATIQUE. N'oublions pas en ce jour de remercier le Seigneur de la grâce qu'il nous a faite en nous recevant pour ses enfants, dans le saint baptême.

 

Sources:  

- Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. XVII.

- http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20100403&id=13&fd=1

 


- Pâques et miracle du feu : une délégation russe va chercher du "Feu sacré" en Israël

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 00:00
Le Vendredi saint est le jour de la célébration liturgique du mystère de la Passion, de la mort sur la Croix et de la mise du Christ au tombeau.
C'est un jour de jeûne et d'abstinence, à l'instar du Mercredi des Cendres qui, quarante jours plus tôt, ouvre le temps du Carême.
Le Vendredi saint est marqué encore davantage par le deuil et le recueillement.
Le Vendredi saint est marqué par une liturgie particulière (vénération de la croix, communion eucharistique mais pas de célébration du sacrifice de la messe ce jour-là). Le moment culminant de la journée, dans son silence recueilli, est celui de la Crucifixion (entre 12h et 15h) et le moment même où le Christ expira, à 15 heures.
 
C'est spécialement ce jour que se fait la dévotion du Chemin de croix. Cette procession est particulièrement solennelle dans les lieux mêmes où elle eut lieu il y a près de 2000 ans, à Jérusalem, le long de la Via Dolorosa (Chemin de la souffrance, à Jérusalem) puis dans la basilique du Saint-Sépulcre, où se trouvent le rocher du Golgotha et le Tombeau du Christ. A Rome, le Chemin de Croix est traditionnellement célébré au Colisée, durant le soir du Vendredi saint.
 
Par référence au jour du Vendredi saint, tout au long de l'année et spécialement durant le Carême, les vendredis sont un jour de pénitence, en principe d'abstinence de viande. On y dit les mystères douloureux du Rosaire.

 

 

Ce mystère ineffable, prédit si souvent et si clairement dans les siècles qui le précédèrent (prophéties messianiques) est le triomphe complet de la justice divine et le chef d'oeuvre le plus glorieux de la miséricodre infinie. Il fut opété par la charité sans bornes du Verbe incarné, qui, selon les décrets divins, voulut de toute éternité s'anéantir, souffrir et mourir dans la plénitude des temps, pour réconcilier le ciel et la terre (1) suite à la première désobéissance ou Péché originel.

 

Liturgie :
        Le vendredi saint est le seul jour de l'année où on ne célèbre pas d'Eucharistie. La communion est distribuée aux fidèles au cours d'une célébration qui dégage une ambiance particulière : l'église est sombre, les autels sont dépouillés de leurs nappes, les statues et images sont voilées. Il n'y a pas de sonnerie de cloche, de jeu d'orgues, et les chants sont absents, ou très peu nombreux. La célébration commence et finit en silence. On lit l'évangile de la Passion. Il n'y a pas de prière eucharistique mais une grande prière universelle.
        C'est le jour de la célébration de la Croix : la croix est amenée en procession puis proposée à la vénération des fidèles. Dans certains pays, comme l'Espagne, il y a d'importantes processions dans les rues des villes.
        La dernière messe célébrée était celle du soir du Jeudi saint, correspondant à son institution au Cénacle, et la prochaine sera celle de la Vigile pascale, le soir du Samedi
saint.
(2)

 

 

Sources:

(1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. XVI.

(2) http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20100402&id=12&fd=1 

 


la Passion - Vendredi Saint
 
La Passion du Christ, par

- Mantegna (1431-1506),
-
el Greco (1541-1614),
-
Rembrandt (1606-1669),
-
Bosch (1453-1516),
-
Fra Angelico (1400-1455),
-
Caravage (1571-1610),
-
Velasquez (1599-1660),
-
Rubens (1577-1640),
sur une composition de
Serguei Rachmaninov (1873-1943)

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2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 23:54
Mur à la frontière russo-ukrainienne: l’UE réticente à financer le projet

Mur à la frontière russo-ukrainienne: l’UE réticente à financer le projet

 

Sputnik, 13:16 02.04.2015(mis à jour 13:53 02.04.2015)

 

Selon un journal allemand, Bruxelles n'apprécie pas l'intention de Kiev de dépenser les crédits européens pour la construction d'un mur à la frontière avec la Russie.

 

Les ententes conclues entre l'UE et l'Ukraine prévoient le renforcement des frontières ukrainiennes, mais ne supposent pas la construction d'un mur, a déclaré la porte-parole de l'Union européenne Maja Kocijancic.

 

"L'UE soutient le renforcement des frontières ukrainiennes qui est notamment prévu par l'accord sur l'octroi de 60 millions d'euros pour le budget ukrainien. Ce programme a été entériné en 2010, l'accord a été signé en 2011. Toutefois la construction d'un mur frontalier ne figure pas dans les modalités du crédit", a indiqué Mme Kocijancic citée par le journal allemand Deutsche Wirtschafts Nachrichten.

 

Oleg Slobodine, chef du Service ukrainien des gardes-frontières, a annoncé samedi dernier que l'Ukraine entamerait début avril la construction du mur dans les régions de Kharkov et de Lougansk, rappelle le journal allemand citant l'agence Ukrinform. Le lancement du chantier dans la région de Lougansk risque de relancer les hostilités, d'après le journal. 

 

Le premier ministre ukranien Arseni Iatseniouk a annoncé en septembre 2014 que l'Ukraine érigerait un mur ressemblant à celui de Berlin à la frontière ukraino-russe, rappelle le journal. Long de 2.000 kilomètres, le mur doté de barbelés et de caméras coûtera près de 100 millions d'euros. Kiev compte réaliser le projet aux frais des contribuables européens.

 

Source: http://fr.sputniknews.com/international/20150402/1015448725.html

 

 

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