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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 00:00
http://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/photo/art/default/2558989-3608960.jpg?v=1292735626

Saint Nicolas, archevêque de Myre

(†  324)

 Saint Nicolas de Patare, né en Lycie (Asie mineure, actuelle Turquie) entre 250 et 270 ap. J.-C., fut le fruit des prières de ses pieux parents. Il eut l'esprit ouvert aux choses divines dès sa plus petite enfance ; à peine sut-il manger, qu'il sut jeûner. Il avait un oncle évêque, qui, voyant avec admiration les vertus de Nicolas, l'ordonna prêtre dès qu'il eut l'âge requis et fit de lui cette prédiction : "Il sera la consolation des affligés, le sauveur des âmes en péril, le bon pasteur qui rassemble ses brebis égarées au bercail de Jésus-Christ." (1)

Après un pèlerinage aux Lieux saints, Nicolas se retira à Myre, espérant échapper aux honneurs qu'il voulait éviter avec tant de soin, et à la mort de l'évêque de Myre, qui arriva peu de temps après, il fut élu pour lui succéder. Il semble que ce nom "Myre" soit lycien, la racine "Myrrh" pouvant signifier "la cité de la déesse mère". Des vestiges romains, partiellement dégagés, comportent pour l'essentiel des thermes et un théâtre. Celui-ci fut détruit en 141 par un tremblement de terre et rebâti ensuite.

 

Une de ses premières œuvres fut de sauver l'honneur de trois filles exposées à la perte de leur vertu ; il les dota toutes, l'une après l'autre, et il le fit si discrètement, que c'est à la fin seulement que le père, touché d'admiration, surprit la main du bienfaiteur.  

 

L'habitude qu'il avait de pourvoir anonymement à la dot des jeunes filles pauvres, en introduisant discrètement des cadeaux dans leurs maisons est à l'origine de la légende du père Noël, version profane ou « laïcisée » de l'histoire du saint évêque. En Turquie, et particulièrement à Demre (nom actuel de Myre), les deux personnages sont confondus et le souvenir de saint Nicolas est maintenu. (2)

 

 http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/db/Ancient_Roman_theater_in_Myra.jpg/280px-Ancient_Roman_theater_in_Myra.jpg
Le théâtre de Myre

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/7/79/St_Nicolas_Les_Heures_de_Jean_de_Vy_%26_Perrette_Baudoche_v1450.jpg/220px-St_Nicolas_Les_Heures_de_Jean_de_Vy_%26_Perrette_Baudoche_v1450.jpgDès lors il s'appliqua à devenir le modèle de son troupeau. Il ne mangea plus qu'une fois le jour, et jamais de viande ; il faisait toujours lire à sa table quelque livre de la Sainte Écriture ; ses nuits se passaient en oraison, et la terre dure était sa couche pour le peu de repos qu'il prenait. Levé avant le jour, il réveillait ses clercs pour chanter des hymnes et des psaumes ; aussitôt le soleil paru, il allait à l'église et employait le reste du jour à ses diverses fonctions pastorales.

 

Nicolas, sous la persécution de Dioclétien, fut jeté dans un cachot et mis à la torture ; mais on n'osa pas le faire mourir, par peur de la vengeance de son peuple.

 

Peu de Saints ont opéré de plus nombreux et de plus éclatants miracles. Tantôt il apparaît à Constantin pendant la nuit, pour lui ordonner de mettre en liberté trois innocents qui doivent être exécutés le lendemain ; tantôt il se montre, en pleine tempête, à des matelots en danger qui l'ont appelé à leur secours. Il est surtout légendaire entre mille, le miracle de la résurrection de trois enfants tués par un boucher et hachés menu, pour être mêlés à la viande de son commerce. On l'honore comme le patron des écoliers.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/cf/MYRA_0245.jpg

Statue de Saint-Nicolas à Myre

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/df/MYRA_0252.jpg/800px-MYRA_0252.jpg


Église Saint-Nicolas de Myre

 

 

L'église Saint-Nicolas, appelée par les Turcs Noel baba kilisesi (église du père Noël) est un édifice byzantin, orné de fresques et partiellement restauré. Elle se trouve près du centre de la ville et reçoit la visite de nombreux touristes et pèlerins, russes en particulier.

La première église Saint-Nicolas de Myre remonte au VIe siècle. L'édifice actuel fut construit essentiellement au VIIIe siècle. Un monastère vint s'ajouter au milieu du XIe siècle. En 1863, le tsar Alexandre II de Russie acheta le bâtiment et entama une restauration. En 1963, on dégagea les ailes Est et Sud. En 1968, la tombe de saint Nicolas fut couverte d'une toiture.

Le sol de l'église est réalisé en opus sectile, une mosaïque de marbre coloré, et des fresques subsistent sur les murs. Un ancien sarcophage grec a été réutilisé pour recevoir les reliques du saint, qui reposent aujourd'hui dans la basilique de Bari. De nouveaux travaux de restauration sont en cours (2009). En 2007, après de nombreux refus, le gouvernement turc a donné l'autorisation d'y célébrer le culte chrétien.

Un archevêque membre du saint synode du patriarcat de Constantinople porte le titre d'archevêque de Myre.

 

Aujourd'hui Nicolas est le Saint patron des écoliers, des enfants, des marins et bateliers, des avocats du barreau de Paris, des célibataires, mais aussi de la Lorraine, de la Russie, de la ville de Houilles, de la ville de Fribourg, de l'île de Terre-de-Bas aux Saintes, de l'Université de Valladolid en Espagne et de la ville de Bari en Italie. (3)

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/0b/Saint-P%C3%A8re-sur-Loire_%28croix_pr%C3%A8s_du_pont%29_5702a.jpg/800px-Saint-P%C3%A8re-sur-Loire_%28croix_pr%C3%A8s_du_pont%29_5702a.jpg

Plaque invoquant saint Nicolas fixée sur la croix érigée par les mariniers de Saint-Père-sur-Loire, avant le passage sur le pont menant sur l'autre rive, à Sully-sur-Loire.

 

Sources: (1); (2); (3)

Publié par Ingomer - dans Saints du jour
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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 00:00
Saint-Gerald--Archeveque-de-Braga----1109-.jpg
Saint Gérald, Archevêque de Braga (✝ 1109)

Né dans le Lot, S. Gérald était maître de chant dans l'abbaye de Moissac (Tarn-et-Garonne).


De passage, Bernard, archevêque de Tolède, le décida à le suivre dans son diocèse pour devenir maître de chœur. Sa réputation de sainteté et de musicien fit que le clergé de Braga (Portugal) le nomma évêque de leur diocèse. 

 

Là, il s'investit complètement dans la remise en ordre du diocèse qui avait beaucoup souffert de l'occupation des Maures. Il construisit ou reconstruisit de nombreuses églises et mourut en allant consacrer la dernière.

 

Sources: (1), (2)

Publié par Ingomer - dans Saints du jour
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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 00:00

Sainte Barbe naquit aux environs de Nicomédie et vécut au milieu du IIIe siècle à Héliopolis (aujourd'hui Baalbek au Liban) sous l’empereur Maximien.

 

Sainte-Barbe--Barbara---Vierge-et-Martyre--255-.jpg

Statue de Sainte Barbe récente, située dans la chapelle Sainte-Barbe (1545), Enclos paroissial de Saint-Herbot (ancienne paroisse de l'évêché de Cornouaille, Finistère). Source

Son père, nommé Dioscore, riche édile païen, s'aperçut qu'elle était chrétienne au moment où elle refusa obstinément un mariage. Saisi de fureur, il se précipita sur elle pour la transpercer ; mais Barbe s'enfuit. Peu après, la courageuse vierge, découverte dans la retraite ou elle s'était cachée, fut amenée à Dioscore, qui la conduisit lui-même à Marcien, préteur de la ville. 


Barbe fut frappée d'abord à coups de nerfs. Le lendemain, sa fermeté la fit condamner à être déchirée avec des peignes de fer et brûlée avec des torches ardentes. La douce victime endura tout, le sourire sur les lèvres.

La foule des païens commençait à s'émouvoir d'un si étonnant spectacle. Le juge résolut de tenter un supplice plus horrible que tous les autres pour la pudeur de la vierge. Il la fit dépouiller complètement pour lui faire traverser avec ignominie les rues de la ville, pendant que les bourreaux la fouetteraient cruellement. Puis le juge ordonna de lui trancher la tête. Mais Dioscore, son père, s'écria : "C'est à moi de la frapper !" et saisissant son épée, il trancha la tête de l'innocente victime agenouillée devant lui. Dioscore fut aussitôt châtié par le Ciel : il mourut frappé par la foudre.

Les empereurs byzantins vénéraient particulièrement ses reliques qu’ils firent transférer à Constantinople au VIe siècle. Une partie de ces reliques fut emmenée en Italie par les Vénitiens, et une autre au XIe par Anne Comnène la fille de l'empereur bizantin Alexis Ier Comnène à Kiev, où elles se trouvent toujours à la Cathédrale Saint Vladimir.

 

Sainte Barbe, calcaire polychromé, Villeloup (Aube) vers 1520-1530

Sainte Barbe est la patronne des Pompiers et tous les corps de métiers qui ont à redouter la foudre ou le feu.

On l'invoque également contre la mort subite et imprévue.

Le fort patronage que lui vouaient les mineurs de fond s’est progressivement transmis aux ouvriers et ingénieurs des travaux souterrains (tunnels, cavernes, etc.) avec la disparition progressive de l’industrie minière occidentale.

De nos jours, une sainte Barbe trône toujours à l’entrée des tunnels en construction pour protéger les ouvriers-mineurs des accidents de chantier.

 
 

Sainte Barbe est généralement représentée en jeune fille, avec une palme de martyre, elle peut porter une couronne, un livre. Une tour à trois fenêtres, un éclair constituent également d'autres attributs de la sainte.

 

Sources : 1, 2

Publié par Ingomer - dans Saints du jour
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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 13:28

Dans le 07/09, le 29 novembre, l'ex-conseiller de Nicolas Sarkozy (2007), Patrick BUISSON, invité de France Inter, a critiqué ceux qui pensent que l'élection de François Fillon se joue sur son programme économique libéral : "croire que le programme économique de F. Fillon serait l'explication de son succès est un contre-sens total." Il a également expliqué au sujet des primaires des partis politiques, qu'"on fait en sorte de confier à une minorité partisane la construction de l'offre politique qui va être soumise à l'ensemble du corps électoral." Enfin il a dénoncé l'imposture d'une "Assemblée nationale" où "la majorité qui fait les lois représente un électeur sur six... S'il y a 300 triangulaires en 2017, elle représentera un électeur sur dix !"

"Il (François Fillon) a été porté par un électorat plutôt conservateur sur le plan sociétal, un électorat plus préoccupé de l'abrogation de la loi Taubira que de la suppression de l'ISF. Croire que le programme économique de F. Fillon serait l'explication de son succès est un contre-sens total.

 

Et c'est le danger pour F. Fillon, parce qu'il est dans la contradiction entre le conservatisme et le libéralisme. Le libéralisme, c'est indissociable, insécable. Il n'y a pas un bon et un mauvais libéralisme, comme il y a un bon et un mauvais cholestérol. Libéralisme économique d'un côté, libéralisme culturel de l'autre."

 

Coupé par le journaliste Patrick Cohen qui lui demande : "On ne peut pas être conservateur sur le plan sociétal et libéral sur le plan économique ?, P. Buisson explique :

 

"Il n'y a pas d'économie de marché sans société de marché. Il n'y a pas de consumérisme sans marchandisation des rapports humains. Et pour François Fillon, c'est la difficulté, car il risque de se faire enfermer dans l'image du candidat du patronat, le candidat de la mondialisation sauvage. C'est déjà ce que dit le Front national à son propos. C'est-à-dire qu'il serait en situation de ne pas pouvoir rééditer ce qui a été l'équation très difficile, ce désenclavement sociologique, qui a été le propre du gaullisme en 1947 avec le RPF, en 1958 avec le retour de de Gaulle, l'alliance des forces conservatrices et de l'électorat populaire, et même et surtout en 2007 avec l'élection de Sarkozy. Donc la difficulté pour lui, c'est de tenir les deux termes de cette équation."

 

Sur les primaires:

 

"Les primaires sont un détournement de la démocratie. Les partis ont inventé les primaires pour tenter de se relégitimer. C'est une procédure de relégitimation au moment où leur discrédit est profond. Et on accentue la dérive vers le suffrage censitaire. ... Ne vont voter que les inclus, c'est-à-dire les catégories privilégiées.

 

Lire : Patrick Buisson : "Le seul objectif" des partis dans les primaires est de "conserver le monopole de sélection des candidats à la présidentielle"

 

On assiste à un double mouvement d'éviction des pauvres et des catégories populaires. Ils sont exclus du marché politique, ou ils s'en excluent eux-mêmes, en attendant d'être exclus du marché économique et du travail avec le revenu universel. Cela aggrave la crise de la représentation parce que cela renforce le poids politique des catégories favorisées.

 

Au moment où il faudrait rouvrir le jeu démocratique, on fait en sorte de confier à une minorité partisane la construction de l'offre politique qui va être soumise à l'ensemble du corps électoral. Cette dérive ne va faire que s'accentuer."

 

Sur la protestation populiste :

 

"On a une grande partie de la population qui se retrouve exclue du processus de décision, aujourd'hui. A tel point que le si modéré Jacques Julliard a dit : 'N'importe quel système électoral serait plus performant et plus représentatif que le nôtre, y compris le tirage au sort qui est à l'origine de la démocratie athénienne, parce que les Français auraient le sentiment d'être représentés! '

 

Aujourd'hui, à l'Assemblée nationale, la majorité qui fait les lois, représente un électeur sur six. S'il y a 300 triangulaires en 2017, elle représentera un électeur sur dix. Quelle est la légitimité de ce pouvoir-là ? Cette protestation démocratique, c'est une dimension du populisme que personne ne veut voir." (Fin de citation)

3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 10:10

François Hollande a annoncé jeudi 1er décembre qu'il ne se représentait pas à l'élection présidentielle. Sarkozy, Juppé [1], Hollande, "vivons-nous la fin d'une génération, d'une époque, d'un cycle" ?, se demande l'agence de presse russe Sputnik, dans un entretien le 2 décembre où elle a invité Patrick Buisson.

 

L'auteur de 'La cause du peuple' (Perrin, 2016), ex conseiller de Nicolas Sarkozy en 2007, explique l'abaissement de la fonction présidentielle sous Sarkozy et Hollande, ainsi que l'oligarchie qui depuis la Révolution française a confisqué la démocratie : "on a un système totalement biaisé qui n'est pas une démocratie représentative, mais qui est une démocratie subtitutive".

"En France, vieille terre de chrétienté, le pouvoir s'exerce non pas par délégation mais par incarnation" (Patrick Buisson)

Extrait :

 

"Ce qui s'est passé hier soir porte plus de sens qu'on veut bien le dire. Ce n'est pas simplement un constat d'échec d'un président sortant qui se retrouve en situation d'impossibilité de se représenter. Le retrait de François Hollande intervient dans le sillage de la défaite de Nicolas Sarkozy.[2]

Le couplage de ces deux évènements a une signification. L'un comme l'autre ont exercé dans des registres différents, la fonction suprême, la présidence de la république, dans un style certes très singulier, mais finalement dans un style assez voisin. Tous les deux, finalement, ont été dans une situation de sécularisation du pouvoir, de désacralisation du pouvoir. Ils ont rejeté chacun à leur manière, tout l'appareil symbolique, protocolaire, rituel qui s'attachait à la présidence de la république, ce que nous appelons la 'monarchie républicaine', puisque en France, vieille terre de chrétienté, le pouvoir s'exerce non pas par délégation mais par incarnation.

Or, ces deux incarnations ont  été des incarnations ratées, qui ont laissé apparaître des hommes qui étaient plus dans la jouissance du pouvoir et de ses attributs que dans le service de l'Etat, c'est-à-dire du bien commun et de l'intérêt général. Et ce processus de sécularisation heurte profondément la conscience des Français qui aspirent toujours de la part d'un chef de l'Etat à ce qu'il prenne en compte, effectivement, une certaine forme de transcendance (appelons-la le bien commun, le service de l'intérêt général), qui va au-delà de la personne et des hommes qui passent." [2]

En résumé, les deux, Nicolas Sarkozy et François Fillon ont privatisé le pouvoir, et l'ont rabaissé au rang de service d'intérêts particuliers. C'est sans doute le trait marquant qui restera de ces deux présidences désastreuses. Au sujet de François Hollande en particulier, P. Buisson :

 

"Cela a été un gestionnaire piteux d'un social-libéralisme qui avait le mérité de s'assumer et montrait bien qu'il y avait une continuité intellectuelle dans le libéralisme et qu'on ne peut pas dissocier l'économie de marché de la société de marché. François Hollande aura été le vecteur de la société de marché, notamment au travers le projet de 'mariage pour tous'. Et il aura couvert la partie dévolue à la gauche dans la marchandisation des rapports humains, c'est-à-dire la transplantation sur le plan sociétal de la philosophie libérale. C'est ce qu'on retiendra de Hollande. Il aura été le porte d'un parti socialiste qui est un parti de classe, qui sert les intérêts de classe, ceux de la bourgeoisie urbaine."

Dans le "populisme", explique P. Buisson, "il y a une demande de démocratie, et de démocratie directe" :

 

"Les catégories populaires se rendent bien compte que nous vivons dans une post démocratie qui est un détournement des procédures démocratiques, qui conforte le pouvoir des oligarchies. J'ai coutume de dire qu'en France, hors l'élection présidentielle, nous avons évolué vers un suffrage censitaire, dans lequel ne votent plus que les inclus, les catégories favorisées."

Ce que nous pouvons retenir de cette analyse, et que nous disons sur ce blog, c'est surtout le non-dit : nous vivons en fait, depuis l'invention des partis politiques, dans une oligarchie... depuis 1792. C'est-à-dire un système où le pouvoir ne sert pas l'intérêt général, mais des intérêts particuliers. Seul un retour à la royauté, avec un roi au-dessus des partis et qui gouverne, peut relégitimer le pouvoir aux yeux des Français et leur redonner le sentiment d'un pouvoir où la fonction suprême n'est pas rabaissée, désacralisée.

 

"Les modes de scrutin et la représentation excluent de toute chance d'alternance les forces qui ne sont pas au coeur du système. Cela génère une abstention considérable. Les gens se disent qu'ils n'iront pas voter puisqu'ils ne seront pas représentés et quant au parti populiste, le Front national, il n'hérite que d'une représentation dérisoire. En 2012, Marine Le Pen a fait 18% à l'élection présidentielle et son parti n'a eu que deux députés. Eva Joly, la candidte écologiste, 2% à l'élection présidentielle, et 18 députés.

Donc on a un système totalement biaisé qui n'est pas une démocratie représentative, qui est une démocratie subtitutive, qui est l'aboutissement finalement de ce qui a été l'évolution de la démocratie parlementaire depuis qu'elle a été créée, en Angleterre d'abord, et puis après en France avec la Révolution française. Un système où la démocratie parlementaire se substitue à l'expression du "peuple souverain". Son souci, ce n'est pas d'accomplir la "volonté générale", mais de trouver les moyens de la restreindre.

Nous avons une situation, effectivement, où les majorités parlementaires en France représentent le despotisme d'une minorité légale.

Nous sommes toujours en train de donner des leçons de "démocratie", à la Russie, par exemple, et à tous les peuples de la terre et notre Assemblée nationale qui vote les lois, représente un électeur sur six, et encore, je ne compte pas les 4 millions de Français qui ne sont pas inscrits sur les listes électorales. C'est-dire sa faible représentativité.

Le système est en train de perdre ce qui lui reste de légitimité, parce que l'électorat populaire sent qu'il y a un détournement de démocratie. D'où la demande de démocratie directe qui est constitutive de la protestation populiste. On ne veut pas la voir, parce qu'évidemment, on essaie de cacher ce phénomène.

J'ai eu un débat très intéressant avec Alain Minc, sur France culture, il y a peu de temps, dans l'émission de Finkielkraut, "Réplique". Il assumait tout à fait cette dimension de suffrage censitaire : le peuple n'est pas éduqué. A qui bon nous donner la parole ? Et vous avez vu quelles étaient les réactions à l'égard du Brexit, à l'égard de l'élection de Trump. L'attitude des médias occidentaux à l'égard de la Russie et de Vladimir Poutine manifeste aussi cette même forme d'ostracisme. Tout ce qui représente le peuple enraciné doit être à la fois exclu du jeu politique, du champ politique, du marché politique. Donc, on fait des modes de scrutin qui permettent ce détournement de démocratie. Mais aussi maintenant du marché économique et du marché du travail. C'est le projet de revenu universel : ces petits blancs, dont l'employabilité est faible, autant leur donner une rente à vie, mais qu'ils nous laissent tranquilles et qu'ils ne viennent plus sur le marché du travail, alors que nous avons la main d'oeuvre immigrée qui représente beaucoup plus de flexibilité, de souplesse qui viendra la remplacer. Tout cela participe d'un mouvement d'ensemble et d'une logique. C'est la même logique qui exclut du marché les pauvres, les exclut également du marché du travail et du marché de l'emploi.

Et c'est ces classes dirigeantes, cette oligarchie qui fait des leçons de démocratie à la terre entière, pas simplement aux Français, et à ceux qui sont des partenaires diplomatiques importants pour la France, comme la Russie."

P. Buisson explique ce qu'il a "essayé de faire en 2007, l'alliance des forces conservatrices" :

 

"Moi, ce que j'ai essayé de faire en 2007, c'est l'alliance des forces conservatrices et de l'électorat populaire, alliance qui s'est réalisée trois fois dans l'histoire de France récente. En 1947 avec les élections municipales où le RPF qui vient d'être créé par de Gaulle, en 1958 avec le retour du général de Gaulle au pouvoir, et au premier tour de l'élection présidentielle de 2007. Il n'y a pas d'autres exemples. Sarkozy avait avec lui toutes les cartes en main, y compris la légitimité suffisante pour agir, et il ne l'a pas fait."

Dans le cas d'un deuxième tour en 2017, François Fillon Fillon -Marine Le Pen, Patrick Buisson pense :

 

"Si il (François Fillon) n'arrive pas à tirer à lui une partie de l'électorat populaire, il ne pourra pas gouverner."

Faisant une prospective s'agissant de Marine Le Pen, P. Buisson explique:

 

"Chaque année, maintenant de puis plus de 20 ans, j'observe que l'Institut Sofres avec le journal Le Monde fait une petite enquête annuelle sur les Français et les idées du Front national, c'est-à-dire qu'ils testent le corpus d'idées du Front national auprès des Français.

Depuis 20 ans on observe une adhésion de plus en plus importante, croissante, d'adhésion des Français au corpus idéologique du Front national. Par exemple, à la question posée "est-ce qu'il y a trop d'immigrés en France ?" Cette question recueille aujourd'hui 75 à 80% d'adhésion. Donc on voit bien le mouvement d'adhésion qui affecte les trois quart de la population française. Et pourtant, Jean-Marie Le Pen, c'est au mieux 17% en 2002, Marine Le Pen c'est 18% en 2012, 25 à 27% dans les élections intermédiaires aujourd'hui. Comment se fait-il qu'entre cette adhésion massive des Français au corpus d'idées du Front national et l'élection le jour du vote il y ait un tel déchet, une telle déperdition de voix ? C'està-dire en gros qu'il y a la moitié des Français qui sont d'accord avec les idées du Front national mais qui ne votent pas pour le Front national. S'ils ne votent pas pour le FN, c'est pour des raisons profondes, sociologiques, psychologiques, culturelles, anthropologiques, cela fait peur. C'est un problème qui ne va pas évoluer par un miracle d'une évolution du contexte. On voit bien par exemple qu'il y a en France un problème de terrorisme en France depuis deux ans, et la progression du Front national est très limitée. Entre les européennes de 2014, avant les premiers attentats et les régionales de 2015, la progression est de 2 points. Je pense que le Front national, seul, est à l'écart de toute espérance de pouvoir. C'est forcément de l'intérieur du parti de gouvernement de la droite que se produira l'évolution décisive. L'exemple de ce qui s'est passé aux Etats-Unis est probant. Trump a subverti le parti républicain, l'a humilié, marginalisé et a gagné contre lui, et il occupe aujourd'hui l'espace du parti politique républicain. Tant qu'il n'y a pas à l'intérieur de la droite de gouvernement une force assez puissante pour porter cette révolution conservatrice et identitaire que j'ai évoquée à l'instant, l'espérance du pouvoir pour ces idées que je défends me paraît assez éloignée. Et le FN n'est pas le bon vecteur pour y arriver. ... Il est l'assurance-vie du système, dans la mesure où, à tort ou à raison, il représente une forme de repoussoir.

Le système ne peut pas être élu sur son bilan : il n'en a pas. Il ne peut être élu ou réélu, reconduit, que sur ses ennemis. Et plus l'ennemi est caricatural, plus l'ennemi représente cet épouvantail, plus le système trouve les moyens et les ressources de perdurer, de poursuivre et de se perpétuer dans ses aspects les plus négatifs."

Publié par Ingomer - dans Histoire
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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 00:00
Saint François-Xavier († 1552), Apôtre des Indes et du Japon

François Xavier naquit dans une famille noble de Navarre (Pays Basque). Il était originaire d'une vieille famille de Basse-Navarre (Jaxu près de Saint-Jean-Pied-de-Port).

 

Après de brillantes études au collège Sainte-Barbe, à Paris, il enseigna la philosophie avec un succès qui, en lui attirant les applaudissements, développa l'orgueil dans son cœur.

 

Ignace de Loyola, converti, étant venu à Paris pour perfectionner ses études et cherchant à recruter des compagnons pour jeter les bases de la Compagnie de Jésus, s'éprit d'amitié et d'admiration pour ce jeune homme. Le 15 août 1534, sept jeunes gens, parmi lesquels Ignace et Xavier, prononcèrent leurs vœux dans une chapelle souterraine de l'église de Montmartre. La "Compagnie de Jésus" était fondée.

 

Sceau de la Compagnie de Jésus, ou christogramme, IHS, représente les trois premières lettres de IHΣOYΣ, « Jésus » en grec, ultérieurement réinterprété comme "Ièsous hèmôn sôter", "Iesus Hominis Salvator" ("Jesus Sauveur de l'homme").

 

Quelques années plus tard, Xavier, devenu prêtre était prêt pour sa mission. Ignace le désigna pour la mission des Indes. Xavier commença par la conversion de Goa. Une mission finie, une autre l'appelait ; l'ambition du salut des âmes était insatiable dans son cœur. Il rencontra des difficultés incroyables, l'ignorance des langues, l'absence de livres en langues indigènes, les persécutions, la défiance et la rivalité des ministres païens. Xavier, par son énergie et le secours de Dieu, triompha de tout ; Dieu lui donna le don des langues, le pouvoir d'opérer des miracles sans nombre. Il évangélisa, en onze années, cinquante-deux royaumes et baptisa une multitude incalculable.

 

Son plus beau et son plus difficile triomphe fut la conquête du Japon. Il aspirait à convertir la Chine, pour rentrer en Europe par les pays du Nord, quand Dieu appela au repos cet incomparable conquérant des âmes, qu'on a justement surnommé l'apôtre des Indes et du Japon.

 

Saint-Francois-Xavier---Voyage-de-St-Francois-Xavier-en-A.PNG

 

 

Sources : 1, 2 

 

Litanies de Saint-François-Xavier

 

. Bse Inès Takeya, martyre (+ 1626)

. 188 martyrs japonais béatifiés à Nagasaki

. Ils brûlent le tabernacle mais les hosties restent intactes

Publié par Ingomer - dans Saints du jour
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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 10:38

Un nouveau haut personnage de l'Eglise, le cardinal George Pell se prononce sur les questions posées par les Quatre cardinaux Meisner, Brandmüller, Caffara et Burke au pape François, au sujet d'Amoris Laëtita, et qui n'ont toujours pas eu de réponse du Pape. Ces questions « ont du sens ».

 

Au journaliste Dan Hitchens du "Catholic Herald" qui lui demandait s’il était d’accord avec les questions posées, le Cardinal Pell a répondu :

 

« Comment pourrait-on ne pas être d’accord ? » « Ceux qui mettent l'accent sur "la primauté de la conscience" ne semblent l'appliquer qu'à la morale sexuelle. On a rarement conseillé aux gens de suivre leur conscience lorsqu'ils disaient être racistes...», a déclaré le cardinal George Pell, au cours d'un discours qu'il a donné à Londres, à l'église Saint-Patrick, mardi 29 novembre.

Cardinal George Pell sur Amoris Laëtitia : « Ceux qui mettent l'accent sur "la primauté de la conscience" ne semblent l'appliquer qu'à la morale sexuelle »

Certains catholiques sont « bouleversés » par les évènements actuels dans l'Église, déclare le cardinal Pell

 

Le cardinal a déclaré que la conscience doit se référer à la vérité révélée et à la loi morale.

 

Le cardinal George Pell a déclaré qu'«un certain nombre de catholiques qui pratiquent l'adoration régulièrement» sont «troublés par le tournant des événements» dans l'Église.

 

Lire : Loin des feux médiatiques, l'Eglise subit une guerre civile

 

Dans un discours à l'église Saint-Patrick, à Londres, le cardinal Pell a déclaré qu'une cause de préoccupation était les fausses théories de la conscience et de la loi morale.

 

Le cardinal Pell donnait une conférence sur St Damien de Molokai dans le cadre de la série de conférences de St Patrick pour l'Année de la Miséricorde. Mais il a également réfléchi sur le catholicisme aujourd'hui. Il a dit que tandis que le pape François a «un prestige et une popularité en dehors de l'Église» plus grand que peut-être tout pape précédent, certains catholiques sont actuellement mal à l'aise.

 

Plus tard dans son discours, le cardinal australien, qui a été invité à diriger les réformes financières du Pape Francois et membre du groupe de conseillers du "C9" du pape [neuf cardinaux conseillers du Pape François NdCR.], a critiqué certaines des idées sur la conscience qui ont actuellement cours dans l'Église.

 

Le cardinal Pell a déclaré que mettre l'accent sur la «primauté de la conscience» pouvait avoir des effets désastreux si la conscience ne se soumettait pas toujours à l'enseignement révélé et à la loi morale. Par exemple, «quand un prêtre et un pénitent essaient de discerner le meilleur chemin à suivre dans ce qu'on appelle le for interne», ils doivent se référer à la loi morale. La conscience n'est «pas le dernier mot de plusieurs façons», a déclaré le cardinal. Il a ajouté qu'il était toujours nécessaire de suivre l'enseignement moral de l'Église. [Cf. Amoris Laëtitia : un enseignement moral de l'Eglise facultatif qui revient à détruire l'idée même d'Eglise comme institution morale normativeAu bout c'est la nécessité d'une Eglise fondée par Jésus-Christ qui est annulée. Parce que au final, si c'est la conscience qui nous juge, à quoi bon l'Eglise ? Les divorcés remariés (et tous les pécheurs, donc tout le monde, même les assassins) font ce qu'ils veulent, du moment qu'ils ont leur "conscience" tranquille ?  Attention, voilà ce qui se prépare au Synode: la permission du divorce et du remariage, la redéfinition de la famille et une ouverture vers les "familles" homosexuelles ; Synode : deux théologiens dénoncent la fausse conception de la "conscience" dans l'instrumentum laboris]

 

Le cardinal a raconté l'histoire d'un homme qui dormait avec sa petite amie, et demanda à son prêtre s'il pouvait recevoir la communion. Il était «trompeur», a dit le cardinal, de dire simplement à cet homme de suivre sa conscience.

 

Il a ajouté que ceux qui mettaient l'accent sur «la primauté de la conscience» ne semblaient l'appliquer qu'à la morale sexuelle et aux questions autour de la sainteté de la vie. On a rarement conseillé aux gens de suivre leur conscience lorsqu'ils disaient être racistes, ou d'aider faiblement les pauvres et les vulnérables, a dit le cardinal.

 

Ses commentaires viennent après trois ans de débat sur l'enseignement de l'Église concernant la communion pour les divorcés et remariés. Le Cardinal Pell figurait parmi les hauts responsables qui ont publiquement soutenu la doctrine traditionnelle répétée dans la Familiaris Consortio du Pape Jean-Paul II - que les remariés ne devraient pas recevoir la communion à moins qu'ils ne vivent «comme frère et sœur».

 

Mais certains catholiques éminents ont suggéré une approche différente. Par exemple, le cardinal Blase Cupich a soutenu que la conscience de quelqu'un pourrait leur dire de recevoir la communion, et que « la conscience est inviolable».

 

Le Cardinal Pell citant les écrits du bienheureux John Henry Newman sur la conscience, dans laquelle Newman a rejeté une «contrefaçon misérable» de la conscience qui la définit comme «le droit à l'auto-volonté». Il a noté que Newman défendait les papes Pie IX et Grégoire XVI, qui, selon les mots du cardinal Pell, «condamnaient une conscience qui rejetait Dieu et rejetait la loi naturelle».

 

Le cardinal a également rendu hommage à «deux grandes encycliques» S. Jean Paul II, Veritatis splendor et Evangelium Vitae, qui présentent la loi morale comme quelque chose de contraignant dans tous les cas.

 

Lorsqu'on lui a demandé si le malaise de certains catholiques, à propos de l'état de l'Église, était lié à des fausses théories de la conscience, le cardinal Pell a dit: «Oui, c'est exact».

 

Il a ajouté: «L'idée que vous pouvez discerner que les vérités morales ne doivent pas être suivies ou ne devraient pas être reconnues [est] absurde».

 

«Nous sommes tous sous la vérité», a déclaré le cardinal, soulignant que la vérité objective peut être «différente de notre compréhension de la vérité».

 

Il a également déclaré que tandis que la doctrine se développe, il n'y a pas de «retour en arrière».

 

Le cardinal Pell a été interrogé sur la lettre à François de Quatre cardinaux demandant des éclaircissements de la récente exhortation du Pape Amoris Laetitia. Les cardinaux ont demandé au pape de confirmer que cinq points de l'enseignement catholique sont toujours valables. Il s'agit notamment de l'enseignement que les remariés ne peuvent pas recevoir la communion à moins de vivre comme frère et sœur, et l'enseignement que certains absolus moraux n'ont pas d'exceptions.

 

Le pape n'a pas répondu à la demande des quatre cardinaux, qui a été envoyée il y a deux mois. Les cardinaux ont pris cela comme une invitation à publier leurs questions et à poursuivre la discussion. Le chef des évêques grecs a déclaré que les quatre cardinaux étaient coupables de «péchés très graves» et pourraient provoquer un schisme.

 

Interrogé sur la question des cardinaux, le cardinal Pell a répondu: «Comment pouvez-vous être en désaccord avec une question?» Il a dit que la question des cinq questions avait «du sens».

 

Source : (Traduction) de Some Catholics are ‘unnerved’ by current events in the Church, says Cardinal Pell, Catholic Herald, by Dan Hitchens posted Tuesday, 29 Nov 2016

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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 00:00
Sainte Bibiane ou Viviane, vierge et martyre († 363)

Bibiane ou Viviane naquit à Rome. Son père (Flavien), préfet de Rome, sa mère (Dafrose) et sa soeur (Démétrie) souffrirent le martyre avant elle, sous l'empereur Julien l'Apostat.

 

Flavien, officier supérieur s'étant déclaré contre ce prince, fut jeté en prison ; il eut l'honneur d'être dégradé, privé de tous ses biens, et de tous ses emplois, marqué au front d'un fer rouge comme un esclave, il en mourut peu de temps après avec la qualité glorieuse de Confesseur et de Martyre de Jésus-Christ, en Toscane, où il avait été exilé dans un lieu que l'on appelait "l'Aquae Faurinae" aujourd'hui "Acqua pendente".

 

Sa femme Dafrose, et ses filles Bibiane et Démétrie, restaient à Rome exposées aux coups du tyran. Il ne les oublia pas. Apronien, préfet de Rome et favori de Julien l'Apostat, était aussi méchant que lui. Comme il se rendait à Rome pour prendre possession de son gouvernement, il perdit un oeil. Il crut que c'était par quelques maléfices des magiciens, c'est à dire des chrétiens; car on les appelait ainsi à cause des fréquents miracles qu'ils faisaient. Le dépit qu'il eut de cet accident lui fit décharger sa fureur sur les chrétiens, et il commença la persécution par la famille flavienne.

 

 Sainte Dafrose, mère de Bibiane, fut d'abord enfermée dans sa maison avec ses deux filles, pour les y faire mourir de faim ; mais, ce supplice lui paraissant trop lent, on l'en tira quelque temps après, par l'ordre du gouverneur Apronien, et on lui trancha la tête.

 

 On aurait pu croire qu'après la mort de leurs parents, deux jeunes soeurs Bibiane et Démétrie seraient épargnées. Quelle crainte ou quelle défiance pouvait inspirer deux jeunes filles? Il n'en fut pas ainsi. Elles avaient encore des richesses, d'ailleurs elles étaient chrétiennes. C'en fut assez pour exciter la convoitise et la colère du tyran. Il leur fut signifié qu'elles eussent à renoncer au christianisme et à adorer les dieux de l'empire; sinon elles devaient s'attendre à une mort encore plus cruelle que celle de leurs parents. Le préfet les dépouilla d'abord de tous leurs biens, puis il les envoya en prison avec ordre de les laisser manquer de tout, ne doutant point que cette épreuve de la misère et de la faim n'ébranlât leur constance et ne les disposât à céder à ses volontés. Mais Dieu les soutint par sa grâce comme cette horrible tentation de l'indigence et de la faim. Apronien, voyant que cette tentative avait mal réussie eut recours à une autre plus dangereuse. Il employa les caresses les plus flatteuses et les promesses les plus séduisantes.

 

Malgré une très longue privation de toute nourriture, elles parurent au tribunal plus fortes et plus belles que jamais : « Craignez, leur dit le juge, une mort honteuse et cruelle. » Les biens de ce monde, répondent-elles, ne peuvent plus avoir pour nous aucun attrait, nous n'aspirons qu'à posséder Jésus-Christ ; plutôt mille morts que la trahison à nos promesses ! »

 

À ces mots, Démétrie qui était encore toute jeune, tombe morte aux pieds de sa sœur. Dieu, peut-être par compassion pour elle, et pour ménager sa faiblesse, lui épargna les horreurs du supplice.

Sainte-Bibiane-ou-Viviane--vierge-et-martyre-----copie-1.jpgQuant à Bibiane, le juge la livra aux mains d'une femme de mauvaise vie, Rufine, qui après avoir promis de la faire changer de religion essaya de la pervertir ; elle employa d'abord les flatteries et les bons traitements et feignit de lui témoigner une amitié sincère ; puis bientôt elle eut recours aux menaces, aux injures et aux coups. Bibiane résista courageusement à toutes ses tentatives, elle demeura pure et digne du céleste Époux. La méchante femme dut avouer au juge Apronien qu'elle avait perdu son temps et sa peine. Celui-ci, furieux de son peu de succès, ordonna de frapper de verges la vierge chrétienne jusqu'à ce qu'elle eût rendu l'esprit. 

 

Bibiane fut donc attachée à une colonne, et les bourreaux s'acharnèrent sur son corps innocent jusqu'au moment où elle s'affaissa mourante à leurs pieds. Elle expira au bout de quelques instants, le 2 décembre 363. Son corps fut jeté à la voirie pour y être dévoré par les chiens ; mais aucune d'elles n'en approcha pendant les deux jours qu'il demeura exposé. Il est écrit que « Dieu veille sur les restes de ses saints. » Deux jours après, un prêtre courageux nommé Jean put s'emparer pendant la nuit de cette dépouille et l'ensevelir ; Il l'enterra auprès de Dafrose, sa mère, et de Démétrie, sa sœur en face du palais de Ficinius. Ce lieu fut toujours respecté des chrétiens. Depuis ils y bâtirent une chapelle sous le nom de la sainte. Cette chapelle dura jusqu'à ce que le pape Simplice la remplaça par une église qu'il éleva en son honneur. Cette église fut rebâtie et magnifiquement ornée en 1628 par le pape Urbain VIII. Il y fit la translation des corps des trois saintes qui avaient été trouvés depuis peu. Leurs précieuses reliques furent placées sous le grand autel, dans un tombeau de porphyre, et au dessus, la statue de Sainte-Bibiane, en marbre, qui passe pour un des plus beaux morceaux de sculpture qu'on voit en Italie. Le culte de Viviane était déjà en honneur à Rome au Ve siècle.  

 

Seul maître de l'Empire à partir de 361, Julien l'Apostat mourut le 26 juin 363, en livrant bataille contre les Perses. Il avait renié son baptême et, durant son rêgne éphémère, tenté d'anéantir le christianisme en lui substituant une sorte de paganisme rajeuni auquel il n'est pas sûr qu'il croyait. Il rendit leur liberté d'action à toutes les sectes chrétiennes, espérant qu'elles s'entre-détruiraient l'une l'autre, il fit des lois scolaires propres à provoquer l'apostasie des enfants chrétiens, réserva les emplois, civils et militaires aux seuls païens, frappa d'ostracisme tous ceux qui passaient pour professer la religion du Christ. Sans aller jusqu'à porter des édits sanglants contre eux il les rendit tellement odieux qu'on put souvent, çà et là, les torturer et mettre à mort impunément.

 

Sculpture Italienne - Terre Cuite - Sainte Vivienne - Sainte Bibiane - Ange (Le Bernin - Gian Lorenzo Bernini)
Héliogravure originale sur papier d'art. Anonyme. 1920

 

  

Prière*

Sainte Bibiane
tu as grandi dans une famille chrétienne
toute dévouée au Christ.
Fidèle à cet héritage si précieux
tu as continué à propager la Bonne Nouvelle
au-delà des menaces, jusqu'au don
de ta vie dans le martyre.
À ton exemple, puissions-nous demeurer
enracinés dans le Christ,
et empressés à témoigner de l'évangile.

Par ton intercession
que le Seigneur nous accorde d'accueillir
courageusement les difficultés de la vie.
Que notre foi demeure solide
afin que nous marchions avec persévérance
à la suite du Seigneur ressuscité
jusqu'au jour où Il nous réunira dans
la plénitude de son Amour
pour l'éternité des siècles.
AMEN.

Sainte-Bibiane PRIE POUR NOUS
Vous tous saints et saintes des premiers siècles PRIEZ POUR NOUS

 

 

Sources : 1, 2

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 00:00
Sainte Florence, convertie par saint Hilaire († après 360)

Martyrologe Romain : À Poitiers, après 360, sainte Florence, vierge, qui fut convertie au vrai Dieu par l’évêque S. Hilaire quand il était exilé en Asie et qui le suivit quand il revint vers les siens. [1]

 

Sainte Florence, fille spirituelle de Saint-Hilaire, qui l'avait suivi depuis la Phrygie, a vécu en ermite à Comble (commune de Celle-Lévescault) qui devint lieu de pélerinage au cours des siècles. (secteur pastoral de Vivonne)

Ses reliques se trouvent à Celle l'Evescault-86 (église romane, chapelle dédiée à Sainte-Florence de Comblé) sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle.

Elle figure sur un vitrail de l'église Saint-Nicolas de Moncontour du diocèse de Poitiers.

"La tradition dit que saint Hilaire (303-367) prenait ses quartiers à Celle-l’Evescault où il avait de vastes propriétés, et où il bâtit un monastère. Sur sa propriété de Comblé, village à l’est de la commune, saint Hilaire aurait proposé à sainte Florence de se retirer pour vivre en ermite, après l’avoir consacrée à Dieu. Cette jeune fille avait suivi l’évêque Hilaire depuis la Phrygie (Turquie actuelle) où il avait été déporté par l’Empereur Constance II. Florence mena à Comblé une vie de sainteté, dans la prière et la mortification et elle mourut à l’âge de 29 ans." (source: Pèlerinage à Comblé, sur le tombeau de sainte Florence - Fondation Européenne pour la recherche sur les pèlerinages) [2]

 

 

Sources: 1, 2,

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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 16:40

Même si l’on cherche à respecter dans “Amoris latitia” un principe d’interprétation qui puisse être dans la continuité avec les documents magistériels antérieurs, on risque d’oublier un autre principe qui est encore plus important : celui du contexte immédiat dans lequel une proposition est formulée.

Si on lit chacune des affirmations contenues dans “Amoris lætitia” dans son contexte général, rien ne choque. Mais si on lit ce même document dans son contexte historique immédiat, on constate sans peine que l’esprit général qui le guide est essentiellement l’idée du divorce. A quoi s’ajoute l’idée - très répandue aujourd’hui - de ne pas établir de frontières claires entre un mariage légitime et une union irrégulière.

On remarque aussi une similitude avec ce qui fut le développement de l’hérésie arienne. Celle-ci était en gestation cours de la seconde moitié du IIIe siècle. Puis, s’étant manifestée au grand jour, elle fut condamnée par le concile de Nicée.

Cependant, ce refus du concile de Nicée est assez modéré et l’arianisme proprement dit est toléré comme étant un moindre mal. C’est cette tolérance qui lui permet de reprendre progressivement de la vigueur jusqu’au moment où, les circonstances politiques lui étant devenues favorables, il put s’affirmer et parvenir au pouvoir [aussi bien avec l'empereur arien Constance II que dans l'Eglise avec le pape Libère. NdCR.].

 

Athanase d'Alexandrie est avec Hilaire de Poitiers le principal représentant du courant nicéen. L'un et l'autre sont exilés par Constance qui cherche à imposer son symbole de Sirmium, fidèle à la doctrine arienne, au clergé tout entier et que le pape Libère accepta. De son côté, l'empereur arien Constance II qui méprisait le pape, fut le premier tenant du césaro-papisme : il prétendait être l'"évêque des évêques"... Partisan d'une 4ème nuance de l'arianisme, celle des ariens homéens (selon lesquels le Christ était "semblable au Père sous tous les rapports") contre les Nicéens homoousiens catholiques (le Christ est de même nature ou de même substance que le Père), Constance fit emprisonner, exiler ou déposer les récalcitrants.

Athanase d'Alexandrie est avec Hilaire de Poitiers le principal représentant du courant nicéen. L'un et l'autre sont exilés par Constance qui cherche à imposer son symbole de Sirmium, fidèle à la doctrine arienne, au clergé tout entier et que le pape Libère accepta. De son côté, l'empereur arien Constance II qui méprisait le pape, fut le premier tenant du césaro-papisme : il prétendait être l'"évêque des évêques"... Partisan d'une 4ème nuance de l'arianisme, celle des ariens homéens (selon lesquels le Christ était "semblable au Père sous tous les rapports") contre les Nicéens homoousiens catholiques (le Christ est de même nature ou de même substance que le Père), Constance fit emprisonner, exiler ou déposer les récalcitrants.

De même, il existe aujourd’hui une hérésie que nous pouvons appeler le “kaspérisme” du nom de son principal représentant : le Cardinal Kasper. Elle a été en gestation durant la seconde moitié du XXe siècle. S’étant ensuite manifestée au grand jour, elle a été condamnée par Jean-Paul II dans “Veritatis splendor” et “Familiaris consortio”.

Mais ces documents ont été rejetés de manière plus ou moins ouverte par une partie de l’épiscopat et la pratique orthodoxe a été mise de côté dans de vastes régions du monde catholique. Ce rejet des textes de Jean-Paul II permet au “kaspérisme” de se diffuser dans les mentalités jusqu’au moment où, les circonstances politiques et ecclésiastiques lui sont favorables, il parvient à prendre le pouvoir.

Cependant, bien qu’étant arrivée au pouvoir, l’erreur ne s’exprime pas de manière franche et directe mais à travers des activités synodales (2014-2015) qui manquent de clarté. Elle s’affirme enfin sous forme d’un document apostolique exemplaire par son caractère tortueux qui autorise toutes les interprétations.

C’est précisément dans cette phase où triomphe le relativisme doctrinal et pastoral que nous nous trouvons en ce moment. Elle vient tout juste de commencer et s’annonce pleine d’obstacles. Personne - pas même le Pape - ne peut prévoir combien de temps elle va durer.

Mais ce qui est certain, c’est qu’elle peut devenir la cause de graves divisions au sein de l’Eglise.

 

Source : Sandro Magister, Pro Liturgia, Actualité du Mercredi, 30 novembre 2016.

Kaspérisme : une analogie avec l'arianisme
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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 13:49
Un "Salon Beige" libéral en économie de plus en plus coloré

Ces jours-ci, à l'occasion de la percée du candidat ultra-libéral en économie François Fillon arrivé en tête à 66,6% du second tour de la primaire "Les Républicains", le site "Le Salon beige", site de plus en plus coloré et de moins en moins neutre, jette le masque en plébiscitant sa ligne libérale économique à des fins de stratégie électorale. Ce texte est signé du directeur du "Salon beige", Guillaume de Thieulloy :

 

La course au centre est un suicide électoral

 

De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités à propos de la victoire de François Fillon :

 

"[C]e qui est plébiscité, c’est donc une ligne politique de libertés économiques et de conservatisme social. Il est évidemment très discutable que François Fillon incarne réellement cette ligne politique, lui qui a grandi dans l’ombre de la Chiraquie. Mais, en politique, les images comptent autant, sinon plus, que la réalité. Et il n’y a guère de doute que c’est cette ligne qui l’a emporté, le 27 novembre."

 

Michel Janva

 

Posté le 30 novembre 2016 à 08h10 | Lien permanent

 

http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2016/11/la-course-au-centre-est-un-suicide-%C3%A9lectoral.html

 

Un autre article sur "Le Salon beige", signé de Philippe Carhon, inversant l'attaque traditionnelle des catholiques sociaux contre le libéralisme économique de la droite louis-philipparde orléaniste au XIXe s., montre la promotion du libéralisme en économie par ce site, avec une attaque de "la ligne philipportade" (sic) du FN Florian Philippot. Comme toujours, "Le Salon beige" avance masqué, ne dit pas clairement son positionnement libéral en économie, mais le fait en citant des auteurs de la mouvance. Ici, un auteur régulièrement à l'honneur sur "le Salon beige", Bernard Antony :

Bernard Antony : "Je continuerai à voter et faire voter pour Marine Le Pen et le FN mais..."

 

Lu sur le blog de Bernard Antony :

 

... Mais cela deviendra de plus en plus difficile si elle continue à laisser toujours plus à Florian Philippot, certes intelligent mais hostile sur trop de points à nos valeurs et idées, le soin de fixer et d’exprimer la ligne programmatique de ce Front National qu’il semble n’avoir jamais aimé. Je suis donc parmi ceux, très nombreux je crois, qui se situent dans une authentique droite de conviction (pour la vie, la patrie, la justice sociale), qui attendent de Marine Le Pen qu’elle en finisse avec la mauvaise ligne philippotarde.

 

Philippe Carhon

 

Posté le 30 novembre 2016 à 05h33 | Lien permanent

 

http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2016/11/bernard-antony-je-continuerai-%C3%A0-voter-et-faire-voter-pour-marine-le-pen-et-le-fn.html

Le "Salon beige" ne craint pas de se contredire à longueur de journées en affichant d'un côté une ligne catholique "conservatrice" et en promouvant d'un autre côté le libéralisme économique.

Rappelons rapidement à nos lecteurs, que le libéralisme économique a prouvé sa nocivité par des résultats terrifiants au XIXe siècle. Au XIXe siècle, il aura fallu le combat d'un siècle des royalistes légitimistes et des catholiques sociaux pour créer une législation sociale et adoucir le sort des ouvriers (Exemple: les Congés payés).

 

A la fin du XXe s., en Angleterre la Dame de fer du laisser-faire a fait monté le chômage qui a atteint 6,8 % lors de sa dernière année au pouvoir en 1990 (Alec Cairncross, The British Economy since 1945, Institute of Contemporary British History).

 

Si la croissance de l'économie britannique des années 1990 et 2000 (2,8 % par an entre 1997 et 2006), légèrement supérieure à celle de l'Europe, et une baisse légère du chômage à 5,5 % en 2010 contre 7 % en 1997 (la moyenne de la zone euro étant de 8,1 %), peut être attribuée aux réformes de Margaret Thatcher, en particulier à celles touchant le fonctionnement du marché du travail, il est plus vraisemblable que ces résultats relatifs soient le fruit de la sortie par John Major (Parti conservateur) en 1990 de la livre sterling du système monétaire européen, en raison de la dégradation de la conjoncture économique.

 

En attendant, en 1990, le chômage s'était installé de façon durable dans les anciens districts industriels britanniques; la précarité salariale a augmenté; les infrastructures et du service public dans les zones rurales se sont dégradées; la qualité de l'éducation et le niveau général ont baissé; les inégalités se sont creusées entre les plus riches et les pauvres; le nombre de pauvres a augmenté et le taux de pauvreté est passé de 13,4% à 22,2% pendant les mandats de Margaret Thatcher. Voir le Bilan économique du thatchérisme.

 

Largement défait par le travailliste Tony Blair en1997, John Major s'est retiré mais le libéralisme économique a néanmoins continué d'être la ligne du blairisme, avec des infléchissements qui ont passé par une reconsidération de la question des inégalités, la renationalisation d'entreprises d'intérêt général en difficulté, ou encore une attitude moins isolée vis-à-vis de la construction politique de l'Union européenne, sans remettre fondamentalement en cause l'atlantisme traditionnel dans le pays. (Cf. Héritage du thatchérisme)

 

En 2007, le résultat du blairisme sur le chômage est mitigé. Celui-ci est passé de plus de 7 % en 1997 à moins de 5,5 % en 2007 (Source: Office National britannique des statistiques), soit une baisse marginale de 1,5%, d'ailleurs contestée par d'autres modes de calcul prenant en compte non pas les seuls bénéficiaires d'allocations mais tous les demandeurs d'emploi. Le taux de travail partiel a explosé à 25 % de la population active à la fin du mandat de Tony Blair.

 

Le travailliste Gordon Brown qui a remplacé Tony Blair en 2007, a poursuivi le thatchéro-blairisme en économie (2007-2010). La croissance, bien que légèrement plus forte que dans la zone euro (en raison de la sortie du système monétaire européen), n'a gagné que 0,6 point en vingt ans entre 1979 et 2009 (2,8 % en moyenne, contre 2,2 % au cours des vingt années antérieures).

 

Le conservateur David Cameron, ancien conseiller de Margaret Thatcher et de John Major, a remplacé Gordon Brown en 2010 et le libéralisme économique a continué sous son mandat (2010-2016).

 

Le 24 juin 2016, suite au référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne qu'il a pourtant initié, faisant campagne pour le maintien, et à l'issue duquel les Britanniques se sont prononcés pour quitter l'UE, David Cameron a dû démissionner. Theresa May lui a succédé à la tête du gouvernement et du Parti conservateur. Le libéralisme économique de David Cameron est ce qui lui a fait perdre le referendum et non ce qui l'a fait gagner.

 

Le fondamentalisme du marché , la valeur-argent remplaçant toutes les autres et faisant de l'homme une variable d'ajustement, est-cela que veulent réellement les catholiques français authentiquement conservateurs ? Nous en doutons.

 

Aujourd'hui, si l'on en croit "Le Salon beige" donc, la France se tournerait avec F. Fillon, vers le libéralisme économique, une "ligne qui l'a emporté" (sic) (Guillaume de Thieulloy). C'est une grossière erreur d'analyse : "croire que Fillon a été élu sur son programme économique est un contresens qui se paiera au prix fort". Cette phrase est de Patrick Buisson qui a également montré "l'incompatibilité fondamentale entre libéralisme et conservatisme". Fillon, en réalité a été élu par une demande de plus d'identité conservatrice (report des voix des manifestants contre le "mariage" homo) et non sur son libéralisme économique, assimilé au mondialisme et qui est massivement rejeté.

 

"Le Salon beige" ne craint pas de se contredire à longueur de journée en faisant la promotion d'auteurs conservateurs et antilibéraux comme Philippe de Villiers, ou Patrick Buisson. Philippe de Villiers a expliqué ce qu'il a vu et a montré que libéralisme économique et libéralisme sociétal "c'est la même chose" :

 

« Une face c'est la face libérale, la face économique, et l'autre face c'est la face libertaire. Et donc en fait ce sont les mêmes entreprises anationales, c'est-à-dire qui n'ont plus aucun lien avec un quelconque territoire, qui veulent tout marchandiser. Et Pierre Bergé a très bien résumé cela quand il a dit "il n'y a pas de différence entre louer son ventre pour faire un enfant et louer ses bras pour travailler en usine..." C'est cela qui aujourd'hui va être rejeté. »

 

Deux indicateurs montrent l'inflexion de l'Angleterre contre le libéralisme économique : en 2015 l'élection à leur tête par les travaillistes de Jeremy Corbyn (un adversaire du thatchéro-blairisme), et en 2016, le Brexit qui montre que les Britanniques demandent plus de protections, plus de frontières, et moins d'ouvertures ultra-libérales.

 

Si la France élit F. Fillon, en vertu de son libéralisme économique comme le dit "Le Salon beige", il faudra expliquer au lecteur qu'elle le fait au moment où l'Angleterre de Theresa May (Parti conservateur), ainsi que l'Amérique d'un Donald Trump se tourne vers plus de protectionnisme, plus de frontières et moins de libéralisme économique ! Décidément la France a toujours un train de retard.

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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 00:00
Saint André, Apôtre († 62), Patron de la Grèce, de la Russie et des pêcheurs

Saint André, frère de saint Pierre, est le premier des apôtres qui ait connu Jésus-Christ, aussitôt après son baptême sur les bords du Jourdain. André avait en effet été, avec Jean l'évangéliste, l'un des deux premiers disciples de Jean le Baptiste à suivre Jésus. (1)

 

Les Grecs l'appellent "Protoclet", c'est-à-dire "le premier des appelés". Toutefois son appel définitif ne date que du moment où Jésus le rencontra avec son frère Simon (Pierre), jetant les filets pour pêcher, dans le lac de Tibériade, et leur dit à tous deux : « Suivez-Moi, Je vous ferai pêcheurs d'hommes. »

 

André a donné son nom à une croix en X qui fut celle de son supplice.

 

Après la Pentecôte, André prêcha dans Jérusalem, la Judée, la Galilée, puis alla évangéliser les Scythes, les Éthiopiens, les Galates et divers autres peuples jusqu'au Pont-Euxin (Asie Mineure).

Les prêtres de l'Achaïe (Grèce) prirent soin d'envoyer aux églises du monde entier la relation de son martyre, dont ils avaient été les témoins oculaires. Menacé du supplice de la croix, il dit : « Si je craignais ce supplice, je ne prêcherais point la grandeur de la Croix. » Le peuple accourt en foule, de tous les coins de la province, à la défense de son apôtre et menace de mort le proconsul. Mais André se montre, calme la foule de chrétiens ameutés, les encourage à la résignation et leur recommande d'être prêts eux-mêmes au combat.

Le lendemain, menacé de nouveau : « Ce supplice, dit-il au juge, est l'objet de mes désirs ; mes souffrances dureront peu, les vôtres dureront éternellement, si vous ne croyez en Jésus-Christ. » Le juge irrité le fit conduire au lieu du supplice. Chemin faisant, l'apôtre consolait les fidèles, apaisait leur colère et leur faisait part de son bonheur. D'aussi loin qu'il aperçut la croix, il s'écria d'une voix forte :
« Je vous salue, ô Croix consacrée par le sacrifice du Sauveur ; vos perles précieuses sont les gouttes de son sang. Je viens à vous avec joie, recevez le disciple du Crucifié. Ô bonne Croix, si longtemps désirée, si ardemment aimée, rendez-moi à mon divin Maître. Que par vous je sois admis à la gloire de Celui qui par vous m'a sauvé. »

Il se dépouilla lui-même de ses vêtements, les distribua aux bourreaux, puis fut lié à une croix d'une forme particulière, appelée depuis croix de Saint-André. Le saint, du haut de sa croix, exhortait les fidèles, prêchait les païens, attendris eux-mêmes. Une demi-heure avant son dernier soupir, son corps fut inondé d'une lumière toute céleste, qui disparut au moment où il rendit l'âme.(2)

 

André est représenté en sautoir sur sa croix en X, appelée "decussata" en raison de sa ressemblance avec le decussis, le chiffre romain dix.

Il est invoqué pour que la vérité se fasse dans les fausses accusations, contre la coqueluche des enfants, la stérilité, les maux de gorge, la goutte, et par les filles qui veulent trouver un mari (3).

 

Sources:

(1) Jean-Christian Petitfils, Jésus, Fayard, La Flèche 2011, P. 25.

(2) http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20101130&id=8643&fd=0 

(3) Le Petit Livre des Saints, Editions du Chêne, tome 2, 2011, p. 10.

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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 10:30

L'ex principal conseiller de Nicolas Sarkozy, auteur de "La Cause du peuple" (Perrin), dans un entretien hier au Parisien, fait une critique réaliste sur les "primaires".

 

En mars 2007 nous avions publié nous-même un article intitulé "L'imposture démocratique", dans lequel nous expliquions la critique abordée par Patrick Buisson. Extrait :

Les citoyens n'ont pas le libre choix des candidats; ceux-ci leur sont dictés, imposés, par des instances où ils n'ont pas la parole et par des stratèges que, généralement ils n'ont pas nommés.

Jacques Heers, Un Homme un vote? Editions du Rocher, Monaco 2007, p. 188-189

On ne choisit pas, on ne délègue personne: on se borne à approuver un choix déjà fait par d'autres. Un choix fait par qui? Eh bien, par les dirigeants du parti, par le comité central, par le comité directeur, par le bureau, par le centre national... Si bien que ces députés que nous croyons élire, ils sont en réalité sélectionnés, ils nous sont en réalité imposés par la caste gouvernementale déjà en place, laquelle, agissant comme toutes les oligarchies, s'agrège les sujets qui lui conviennent et dont le caractère, les penchants, les alliances ont été soigneusement éprouvés. Nous croyons vivre sous un régime de suffrage universel, en réalité nous vivons sous un régime de cooptation.

Maurice Bardèche, Les Temps modernes, Editions Les Sept Couleurs, Montargis 1956, p. 25-26

L'ex principal conseiller de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson, fait le même constat sur la "primaire" de la droite qui a vu dimanche dernier l'élection à 66,6% de F. Fillon :

 

"les partis se servent des primaires comme d’une procédure de relégitimation pour tenter de remédier à leur profond discrédit. Leur seul objectif est de conserver le monopole de sélection des candidats à la présidentielle."

 

P. Buisson prévient que "les primaires accentuent la dérive vers le suffrage censitaire". Il fallait payer deux euros pour participer.

 

En orange, nos commentaires.

Patrick Buisson : "Le seul objectif" des partis dans les primaires est de "conserver le monopole de sélection des candidats à la présidentielle"

Patrick Buisson a été le conseiller de l’ombre de Nicolas Sarkozy, avant leur rupture. Auteur de « La Cause du peuple » (Perrin), il porte un regard critique sur la primaire de la droite.

 

LE PARISIEN. L’élection à droite est un succès. C’est une bonne nouvelle pour la démocratie ?

 

PATRICK BUISSON. Non, car les partis se servent des primaires comme d’une procédure de relégitimation pour tenter de remédier à leur profond discrédit. Leur seul objectif est de conserver le monopole de sélection des candidats à la présidentielle. Les primaires accentuent la dérive vers le suffrage censitaire. Ne vont voter que les inclus, les catégories favorisées, les retraités. Ce qui ne fait qu’aggraver la crise de la représentation en renforçant le poids politique des classes privilégiées, alors qu’il faudrait rouvrir le jeu démocratique. [L'"inclusion" est le nouveau mot de la gauche qui doit servir à supprimer l'assimilation et l'intégration. Les "inclus" sont tous les citoyens immigrés, qui ne s'assimilent pas aux Français, mais sont "inclus" tels quels avec de nombreux privilèges et auxquels les Français doivent s'assimiler de force. Par exemple, en 2012, 93% des musulmans ont voté pour F. Hollande. Les Français ont dû faire pendant 5 ans avec un président qui ne représentait pas leurs intérêts spirituels, historiques et civilisationnels. Ils l'ont payé avec le début de la guerre civile, dont tout laisse à penser qu'elle va être très longue. Au-delà, les "inclus" sont toutes les nouvelles communautés immigrées, les migrants, les réfugiés, etc. que les Français doivent accepter sans broncher, avec leur mode de vie à côté du leur.]

 

Si on vous suit, François Fillon, c’est la droite sans le peuple...

 

Il y a une bonne et une mauvaise nouvelle pour la droite. La bonne, c’est que la droite redevient la droite en se libérant partiellement de l’hégémonie idéologique de la gauche avec l’écrasante défaite de Juppé. La mauvaise, c’est que la droite ne semble pas en mesure pour l’instant d’élargir sa base sociologique. La France sénatoriale et provinciale de François Fillon n’est pas la France en souffrance des catégories populaires, qui ne sont pas allées voter. Pour l’emporter en 2017, il doit impérativement sortir du ghetto des inclus et des privilégiés, s’il veut disputer l’électorat populaire à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon [ce qu'il ne fera jamais puisque Fillon est le candidat de la mondialisation libérale que s'est choisi le Bilderberg en 2013. Voir notre article du 7 juillet 2013 "Elysée 2017 : François Fillon choisi par le groupe Bilderberg comme prochain président de la république ?" et "Juppé et Fillon, deux jumeaux interchangeables"]. C’est ce désenclavement sociologique qui a fait la fortune du gaullisme en 1947 avec le RPF, en 1958 avec le retour du Général et de Nicolas Sarkozy en 2007. C’est une équation très difficile à réaliser.

 

Quel conseil lui donneriez-vous ?

 

De sortir de sa contradiction qui est l’incompatibilité fondamentale entre libéralisme et conservatisme. Le risque pour Fillon, c’est d’être perçu comme le candidat du patronat et des classes dominantes, le candidat de la « mondialisation sauvage ». On voit bien l’espace carcéral symbolique dans lequel le FN et la gauche vont chercher à l’enfermer. Or, son succès s’explique par deux facteurs : il est apparu capable de restaurer la fonction présidentielle dans sa dignité et sa sobriété. Et il a attiré un électorat davantage préoccupé par l’abrogation de la loi Taubira que par la suppression de l’ISF. Croire que Fillon a été élu sur son programme économique est un contresens qui se paiera au prix fort. Le nom de l’ancien patron d’Axa, Henri de Castries, circule pour Bercy...Il circulait déjà du temps de Sarkozy. Je ne veux pas croire que s’il devait être élu, François Fillon enverrait un tel message de déséspérance au peuple français.

 

Fillon est-il vraiment le meilleur bouclier contre le FN ?

 

Il a été porté par un électorat conservateur et catholique qui n’était pas du tout tenté par le vote Le Pen compte tenu de ses positions sociétales [de moins en moins pro-vie et identitaire catholique. NdCR.]. L’élection de Fillon ne dit rien sur le comportement des 20 millions d’électeurs de la « France périphérique » qui feront l’élection présidentielle. Et pour cause : ceux-là ne sont pas déplacés dimanche.

 

François Hollande peut-il encore se présenter ?

 

Il a le choix entre deux formes d’humiliation : être éliminé à la primaire socialiste, ou au premier tour de la présidentielle avec un score inférieur à celui de Jospin en 2002. C’est cornélien : on ne sait quelle est la pire ?

 

Pourquoi, selon vous, Nicolas Sarkozy a-t-il été évincé ?

 

Remplir les salles, ce n’est pas remplir les urnes. Il a fait une campagne à contresens, grossièrement populiste, alors que l’électorat populaire n’était pas concerné par la primaire. On a dit que c’était la ligne Buisson, mais je ne me reconnais absolument pas dans cette campagne caricaturale et vulgaire avec la double portion de frites, les Gaulois etc. La seule chose qu’il sait faire, c’est habiller avantageusement ses déroutes. Qu’il se donne à admirer ou à plaindre, c’est toujours Narcisse qui parle.

 

Vous pensez avoir contribué à sa défaite avec votre livre ?

 

Mon livre n’a fait que cristalliser un long processus antérieur. Avec Sarkozy , ce n’étaient pas les idées qui étaient décrédibilisées mais le médium qui était discrédité. Le Brexit, l’élection de Donald Trump.

 

Quel message les électeurs ont-ils envoyé ?

 

C’est une protestation du peuple au sens d’un demos qui réclame plus de démocratie. Du Brexit à Trump, le peuple a compris que la démocratie de la classe dirigeante avait pour objet de l’empêcher de se mêler de ce qui le regarde ! Il ne le supporte plus. On réduit cela par confort au racisme des petits blancs. Quelle erreur d’analyse , quel aveuglement. Arrêtons de prendre les gens pour des imbéciles.

Source: Patrick Buisson prévient Fillon : « Les catégories populaires ne sont pas allées voter », Le Parisien, Propos recueillis par Nathalie Schuck|28 novembre 2016, 22h30 | MAJ : 28 novembre 2016, 23h29|

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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 00:00
Saint-Saturnin-ou-Sernin.jpg

Saint Saturnin est le premier évêque de Toulouse. Son nom latin « Saturnius », a été transformé dans la langue d'Oc en « Sarni » puis francisé en « Sernin ».

 

Saturnin mourut martyrisé en 250 pour avoir refusé de se plier à l'obligation qui était faite à tous les citoyens par l'empereur romain Dèce, de sacrifier aux dieux païens.

 

Il aurait été jeté sur les marches du Capitole, le temple dédié à Jupiter qui se trouvait à l'emplacement de l'actuelle place Esquirol. Puis il fut attaché par les pieds à un taureau furieux que l'on devait immoler et traîné le long du cardo maximus (la rue Saint-Rome) jusqu'à la rue du Taur (taureau).

 

Son corps aurait été lâché à l'endroit de l'actuelle église du Taur qui s'est appelée Notre-Dame de Saint-Sernin jusqu'au XVIème siècle. C'est là que le corps aurait été enterré en cachette. 

 

À la fin du IVème siècle et au tout début du Vème l'évêque Exupère prit la décision de transférer les reliques de Saint Sernin à l'emplacement de la basilique actuelle et d'y construire un édifice.

 

Source

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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 10:58

Hier soir dimanche 27 novembre a vu la victoire à 66,6% du libéral en économie et sur les moeurs (quoiqu'en disent les médias) François Fillon au second tour de la primaire "Les Républicains" pour la désignation du candidat à la présidence de la république de la "droite et du centre". Une élection signée ?

François Fillon 66,6 : une élection signée?

Source: François Fillon remporte la primaire de la droite et du centre avec 66,6% des voix, france3-regions.francetvinfo, Par Philippe Bette Publié le 27/11/2016 à 22:48, mis à jour le 28/11/2016 à 10:11

28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 00:00
Saint Jacques de la Marche, Franciscain (1391-1476)

Saint Jacques de la Marche, Franciscain (1391-1476)

Ami de S. Bernardin de Sienne et de S. Jean de Capistran, saint Jacques de la Marche fut un grand orateur qui parcourut la Dalmatie, la Bosnie, la Hongrie, la Bohème, la Pologne et l'Italie, où il convertit des foules d'hérétiques. [1]

 

Né en 1391, il était originaire de la Marche d'Ancône (Italie); son berceau fut entouré d'une vive lumière qui présageait d'une manière évidente son glorieux avenir.

 

Quand il fut en âge de choisir un état de vie, sa première pensée fut de se faire Chartreux: mais quelques relations qu'il eut avec les Franciscains le décidèrent à entrer dans leur Ordre. Il fut, dès son noviciat, le modèle des vertus héroïques. Il ne donnait que trois heures au sommeil et passait le reste de la nuit à prier au pied du crucifix, pendant que des larmes inondaient son visage.


C'est dans la méditation des souffrances de son Sauveur qu'il puisa cette énergie surhumaine dont il montra de si beaux exemples durant ses courses apostoliques. Jamais il ne mangeait de viande; un peu de pain et quelques herbes étaient sa nourriture. Tous les jours il se donnait la discipline jusqu'au sang, et, pendant dix-huit ans, il porta sur sa chair nue un cilice avec une cotte de mailles armée de pointes de fer aiguës. Telle fut la préparation de l'apôtre.

 

Il eut d'immenses succès, en Allemagne, contre les hérétiques; dans une seule ville, deux cents jeunes gens, entraînés par ses exemples embrassèrent la vie religieuse. Une fois, les hérétiques tentèrent de l'empoisonner; mais voyant le plat se briser, au seul signe de la Croix fait par le Saint, ils s'écrièrent: "Le doigt de Dieu est là", et ils se convertirent.

 

Saint-Jacques-de-la-Marche.jpg
St Jacques de la Marche et le breuvage empoisonné

En Norvège et en Danemark, il administra le Baptême à deux cent mille personnes. La Bohème était la proie de l'hérésie. A Prague, les hérétiques, pleins d'admiration pour l'éloquence de l'apôtre, lui promirent de se convertir s'il faisait un miracle. Après avoir invoqué Dieu et fait le signe de la Croix, il avala un breuvage empoisonné sans en ressentir aucun mauvais effet.


De retour en Italie, ayant affaire à un batelier qui refusait de lui faire traverser le Pô, Jacques n'hésita pas, étendit son manteau sur le fleuve et vogua heureusement vers l'autre rive.

 

Un jour qu'il avait combattu avec véhémence le vice de l'impureté, un auditeur, qui s'était cru visé personnellement, alla se poster sur son passage, dans un sanctuaire dédié à Marie, pour l'assassiner; mais il entendit une voix irritée qui lui cria: "Malheureux! Que fais-tu en Ma présence? Tu veux faire mourir Mon serviteur et le serviteur de Mon Fils!" Le coupable, demi-mort de peur, renonça à son criminel dessein.

 

Le prodige le plus étonnant de l'illustre apôtre fut la découverte et la résurrection d'un enfant assassiné par un juif et coupé en morceaux. [2]

 

Son amour de la pauvreté allait si loin, que c'était pour lui un sujet de joie que de manquer du nécessaire. Ayant été élu archevêque de Milan, il prit la fuite, et ne voulut jamais accepter cet honneur.

 

Il rendit la santé au duc de Calabre et au roi de Naples, attaqués de maladies dangereuses. Il mourut au couvent de la Trinité, près de Naples, le 28 novembre 1479, à l'âge de quatre-vingt-dix ans. [3]

 

 

Sources:

 

[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_de_la_Marche

[2] Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.
http://www.magnificat.ca/cal/fran/11-28.htm ; http://www.gloria.tv/?media=364298

[3] Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p.335.

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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 00:00

Les quatre semaines incluant les quatre dimanche précédant la veille de Noël correspondent au temps de l'Avent.
« Avent », du latin adventus, signifie venue, arrivée. Pour les chrétiens, ce terme classique est employé pour désigner la venue du Christ-Sauveur parmi les hommes.

Depuis le pape Grégoire le Grand, l'Avent représente la période de la préparation de la venue du Christ. Elle commence avec le 4e dimanche avant Noël et marque le début de l'année chrétienne :

« En célébrant chaque année la liturgie de l’Avent, l’Eglise actualise cette attente du Messie ; en communiant à la préparation de la première venue du Sauveur, les fidèles renouvellent leur désir ardent de son second avènement. » (Cf. Catéchisme de l’Eglise catholique).

L’introït du Ier dimanche de l’Avent est comme une feuille de route qui prise l’attitude que devra avoir le fidèle durant toute son existence terrestre : Ad te levavi animam meam... Vers toi j’élève mon âme.

Les paroles du Rorate Caeli ne résonnent plus souvent dans nos églises paroissiales durant l’Avent, mais la puissance évocatrice de sa mélodie continue de chanter dans nos cœurs pendant notre marche vers la Nuit Sainte. (Source)

Nicolaus Bruhns (1665-1697) Nun komm der Heiden Heiland (Viens maintenant, Sauveur des païens)

 

« Ne pleure point ; voici, le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David, a vaincu pour ouvrir le livre et ses sept sceaux. » (Ap., 5, 5)

 

 

Nun Komm der Heiden Heiland (Viens maintenant, Sauveur des païens), cantate de Bach, composée à Weimar en 1714 pour le premier dimanche de l'Avent.

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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 12:35
Loin des feux médiatiques, l'Eglise subit une guerre civile

L'Eglise subit une guerre civile

 

François a refermé la Porte Sainte, mais son message s'accompagne du grondement d'une crise souterraine. Une guerre civile qui se passe dans l'Église. Un affrontement qui touche l'autorité du pape et son programme de réforme. Sont enjeu les oppositions sur le rôle de l'Eglise, la notion de "péché", le salut des âmes. Et comme dans toutes les guerres civiles, le conflit ne prévoit pas de compromis.

 

Quatre cardinaux ont décidé ces jours-ci de mettre directement en accusation la théologie de François et son document post-synodal Amoris Laetitia (qui ouvre la voie à la communion aux divorcés remariés). Les cardinaux accusent Bergoglio d'avoir semé parmi les fidèles "incertitude, confusion et égarement", et lui demandent de "faire la lumière" sur le document. Ils sont attachés à la lettre dans le style des disputes théologiques que l' on appelle Dubia : "Doutes sur des questions posées". Avec un geste qui a l'air d'un défi, une lettre a été envoyée "pour connaissance" au gardien officiel de l'orthodoxie, le cardinal Gerhard Müller, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi. [Les cinq questions - voir en fin d'article - étaient formulées sous la même forme que les interrogations classiques qui sont adressées à la congrégation pour la doctrine de la foi. C’est-à-dire qu’elles étaient formulées de manière à ce qu’il soit possible d’y répondre simplement par "oui" ou par "non". Mais, les quatre cardinaux n’ont reçu aucune réponse à leur appel, ni de la part du cardinal Müller ni de celle du pape. NdCR. Source]

 

C'est un évènement absolument inédit dans l'histoire moderne de la papauté. Et la première chose qui frappe est le silence embarrassé des hiérarchies ecclésiastiques. Pas un cardinal n'a publiquement contré leur argumentation, pas un président de conférence épiscopale, pas un dirigeant de quelque grande association catholique. En évoquant le rôle de la conscience mentionnée par François, les Quatre cardinaux affirment que dans un tel cas on peut en arriver au point où deviennent "vertueux" des cas concevables d'adultère, d'assassinat légal et de parjure obligatoire.

 

Deux des cardinaux sont membres de la Curie, l'allemand Walter Brandmüller, ancien président du Comité pontifical des sciences historiques et l'Américain Raymond Burke, ancien président du tribunal de la Signature apostolique. Et deux sont des archevêques émérites de grands diocèses : Carlo Caffara, cher à Jean-Paul II et Benoît XVI et jusqu'en 2015, guide de Bologne, et Joachim Meisner, un intime du pape Ratzinger, à la tête du diocèse de Cologne jusqu'en 2014 .

 

Liquider leur lettre - à laquelle François a répondu indirectement à l'occasion d'un entretien à Avvenire, dénonçant un "certain légalisme qui peut être idéologique" - comme le sursaut des Quatre "ultraconservateurs",  revient à se méprendre sur la collision souterraine qui se développe dans l'Église catholique ces deux dernières années. Les quatre sont la pointe de l'iceberg qui va en s'élargissant et en se répandant. Beaucoup parlent qui ne s'exposent pas autant.

 

Pendant des années, les médias n'ont pas compris la profondeur du mouvement anti-Obama, qui a porté le 8 novembre à la défaite de sa politique. Aujourd’hui, ils risquent de répéter la même erreur avec le Pape François. Eblouis par son charisme et par le consensus planétaire dont il jouit également parmi les agnostiques et les non-croyants, beaucoup ignorent l’escalade systématique de ceux qui, parmi le clergé, les évêques, le collège des cardinaux, contestent la théologie de ce pontife qui a avoué lui-même ne pas être théologien.

 

 

En deux ans, il y a eu un crescendo d’actions menées par des clercs et des laïcs se sentant libres d’interroger le Souverain Pontife.

 

Avant le Synode de 2014, cinq cardinaux ont écrit un livre en défense de la doctrine traditionnelle sur le mariage. Ensuite, 11 cardinaux du monde entier sont intervenus avec un autre livre. Pendant ce temps, près de 800 mille catholiques, parmi lesquels 100 évêques, signaient une pétition au Pape pour bloquer les innovations. Alors que le Synode de 2015 avait commencé, 13 cardinaux écrivirent à François, remettant en question la régularité de la direction de l’assemblée.

 

Puis s’est constitué un réseau de cardinaux, d’évêques, de prêtres, de théologiens et de laïcs signataires d’une “Déclaration de fidélité à l'enseignement immuable de l’Eglise sur le mariage”. Enfin, ce sont 45 théologiens qui ont écrit au Collège des cardinaux, insinuant que certaines interprétations d’ “Amoris Laetitia” pourraient être en opposition avec l’enseignement constant de l’Eglise fondé sur les Evangiles.

 

Récemment, le spécialiste de l’historien de l’Eglise Alberto Melloni parle d’un “isolement” du Pape François tandis qu’Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté Sant’Egidio, historien lui aussi, déclare que jamais un Souverain Pontife n’a trouvé autant d’oppositions parmi les évêques et le clergé.

 

Dans la guerre civile en cours dans l' Église, l'objectif est l'après-François : il ne devra pas monter sur le trône papal un homme qui porte le développement des réformes initiées. (1)

 

Commentaire de Pro liturgia :

 

"Face à ce qui ressemble à une fronde, le Pape François qui, dès le début de son pontificat, a voulu se montrer sympathique, simple, facétieux, ouvert, semble se raidir de plus en plus, montrant ainsi son véritable tempérament : plutôt que d’accueillir ceux qui le bousculent - comme il avait demandé qu’on le fasse - pour discuter avec eux et donner des réponses claires à leurs questions, il leur reproche d’être de dangereux pharisiens rigides qui ne comprennent rien au message évangélique et sèment la division.

L’Eglise a peut-être aujourd’hui l’un des papes les plus durs de son Histoire. Et les fidèles commencent doucement à s’en apercevoir." (2)

 

Le site internet “InfoCatho” a mis en ligne un excellent tableau permettant de comparer “Amoris laetitia” de François à “Familiaris consortio” de S. Jean-Paul II. CLIQUER ICI
 

Ces derniers jours, les Quatre cardinaux ont reçu plusieurs soutiens.

 

Mgr Józef Wróbel, Evêque auxiliaire de Lublin (Pologne) déclare :

 

“Ils ont bien fait et ils ont correctement appliqué ce dont le droit canon dispose. (...) Ce serait juste de répondre à leurs questions. Ils n’ont pas demandé quel temps il ferait demain, mais ils ont posé des questions qui concernent la doctrine de l’Eglise et, par conséquent, les fidèles (...). [Le chapitre 8 d’ “Amoris lætitia”] est effectivement ouvert à différentes interprétations : il est ambigu (...). Peut-être a-t-il été écrit dans une trop grande précipitation sans examiner avec une extrême attention son contenu et ses conséquences pratiques éventuelles. Ces questions doivent être posées au Vatican et aux collaborateurs qui ont la confiance du Pape. Publier avec précipitation des textes comme celui-là, ne rend pas un bon service à l’Eglise.” [3]

 

Mgr Jan Watroba, Président du Conseil pour la famille de la Conférence des évêques de Pologne considère que la lettre adressée au Pape François par quatre cardinaux témoigne d’un souci légitime d’une bonne compréhension d’ “Amoris laetitia”.

 

Et Mgr Watroba d’ajouter : « Avec S. Jean-Paul II, les textes étaient si clairs que les interprétations divergentes n’avaient pas lieu d’être. » Avant de conclure : « De nombreux évêques et prêtres sont aussi dépassés par les questions [soulevées par “Amoris laetitia”] que je le suis moi-même. » Source : “Tagespost”. [4]

 

Mgr Athanasius Schneider, évêque d'Astana, en appui des Quatre Cardinaux, convoque saint Paul corrigeant publiquement saint Pierre, l'argumentation de Saint Hilaire de Poitiers, l'"Athanase de l'Occident" qui, dans la crise arienne, avait tenu tête au pape Libère, le disant "anathème, prévaricateur" après que celui-ci ait signé en 357 l’une des formules de Sirmium, dans laquelle il écartait délibérément l’expression dogmatiquement définie de "homo-ousios" (consubstantiel ou de même nature) et excommuniait saint Athanase afin d’obtenir la paix et l’harmonie avec les évêques ariens et semi-ariens de l’Orient. Mgr Schneider rappelle qu'à ce moment-là en Occident, des catholiques fidèles et un petit nombre d’évêques, spécialement Saint Hilaire de Poitiers, ont été profondément choqués.

 

La lettre en défense des Quatre cardinaux de Mgr Schneider a été rendue publique jeudi 24 novembre par une traduction sur Le Blog de Jeanne Smits. Mgr Schneider évoque "les réactions inhabituellement violentes et intolérantes de la part de certains évêques et cardinaux face à la sollicitation calme et prudente des Quatre Cardinaux". "Parmi de telles réactions intolérantes, on trouve par exemple des affirmations comme celles-ci : les Quatre Cardinaux sont écervelés, naïfs, schismatiques, hérétiques, et même comparables aux hérétiques ariens." Extrait :

 

"Saint Hilaire a transmis la lettre écrite par le pape Libère aux évêques orientaux, annonçant l'acceptation de la formule de Sirmium et l’excommunication de saint Athanase. Dans sa profonde douleur et dans son désarroi, saint Hilaire a ajouté à sa lettre, comme avec désespérance, la phrase : “Anathema tibi a me dictum, praevaricator Liberi” (je te dis anathème, prévaricateur Liberius), cf. Denzinger-Schönmetzer, n° 141. Libère voulait la paix et l’harmonie à n’importe quel prix, même au prix de la vérité divine. Dans sa lettre aux évêques latins hétérodoxes, Ursace, Valence et Germinius, annonçant les décisions ci-dessus mentionnées, il écrivait qu'il préférait la paix et l’harmonie au martyre (cf. Denzinger-Schönmetzer, n. 142).

 

Quel contraste dramatique offre ce comportement du pape Libère par rapport à cette ferme affirmation de saint Hilaire de Poitiers : "Ne faisons pas la paix au prix de la vérité, en faisant des concessions en vue d'acquérir une réputation de tolérance. Nous faisons la paix en nous battant légitimement selon les règles du Saint Esprit. Il y a un danger à s’allier subrepticement avec l’incroyance sous le beau vocable de la paix" (Hil. Ad Const., 2, 6, 2). (5)

 

Add. 01/12/2016. Un nouveau haut personnage de l'Eglise, le cardinal George Pell se prononce sur les questions posées par les Quatre cardinaux Meisner, Brandmüller, Caffara et Burke au pape François, au sujet d'Amoris Laëtita, et qui n'ont toujours pas eu de réponse du Pape. Ces questions « ont du sens ».

 

Au journaliste Dan Hitchens du “Catholic Herald” qui lui demandait s’il était d’accord avec les questions posées, le Cardinal Pell a répondu :

 

« Comment pourrait-on ne pas être d’accord ? » « Ceux qui mettent l'accent sur "la primauté de la conscience" ne semblent l'appliquer qu'à la morale sexuelle. On a rarement conseillé aux gens de suivre leur conscience lorsqu'ils disaient être racistes...», a déclaré le cardinal George Pell, au cours d'un discours qu'il a donné à Londres, à l'église Saint-Patrick, mardi 29 novembre.

 

Le cardinal a déclaré que la conscience doit se référer à la vérité révélée et à la loi morale.

 

Le cardinal George Pell a déclaré qu'«un certain nombre de catholiques qui pratiquent l'adoration régulièrement» sont «troublés par le tournant des événements» dans l'Église.

 

Dans un discours à l'église Saint-Patrick, à Londres, le cardinal Pell a déclaré qu'une cause de préoccupation était les fausses théories de la conscience et de la loi morale.

 

Le cardinal Pell donnait une conférence sur St Damien de Molokai dans le cadre de la série de conférences de St Patrick pour l'Année de la Miséricorde. Mais il a également réfléchi sur le catholicisme aujourd'hui. Il a dit que tandis que le pape François a «un prestige et une popularité en dehors de l'Église» plus grand que peut-être tout pape précédent, certains catholiques sont actuellement mal à l'aise.

 

Plus tard dans son discours, le cardinal australien, qui a été invité à diriger les réformes financières du Pape Francis et membre du groupe de conseillers du "C9" du pape ( neuf cardinaux conseillers du Pape François NdCR.), a critiqué certaines des idées sur la conscience qui ont actuellement cours dans l'Église.

 

Le cardinal Pell a déclaré que mettre l'accent sur la «primauté de la conscience» pouvait avoir des effets désastreux si la conscience ne se soumettait pas toujours à l'enseignement révélé et à la loi morale. Par exemple, «quand un prêtre et un pénitent essaient de discerner le meilleur chemin à suivre dans ce qu'on appelle le for interne», ils doivent se référer à la loi morale. La conscience n'est «pas le dernier mot de plusieurs façons», a déclaré le cardinal. Il a ajouté qu'il était toujours nécessaire de suivre l'enseignement moral de l'Église. [Cf. Amoris Laëtitia : un enseignement moral de l'Eglise facultatif qui revient à détruire l'idée même d'Eglise comme institution morale normativeAu bout c'est la nécessité d'une Eglise fondée par Jésus-Christ qui est annulée. Parce que au final, si c'est la conscience qui nous juge, à quoi bon l'Eglise ? Les divorcés remariés (et tous les pécheurs, donc tout le monde, même les assassins) font ce qu'ils veulent, du moment qu'ils ont "conscience" tranquilles ?  Attention, voilà ce qui se prépare au Synode: la permission du divorce et du remariage, la redéfinition de la famille et une ouverture vers les "familles" homosexuelles ; Synode : deux théologiens dénoncent la fausse conception de la "conscience" dans l'instrumentum laboris ; Synode : deux théologiens dénoncent la fausse conception de la "conscience" dans l'instrumentum laboris]

 

Le cardinal a raconté l'histoire d'un homme qui dormait avec sa petite amie, et demanda à son prêtre s'il pouvait recevoir la communion. Il était «trompeur», a dit le cardinal, de dire simplement à cet homme de suivre sa conscience.

 

Il a ajouté que ceux qui mettaient l'accent sur «la primauté de la conscience» ne semblaient l'appliquer qu'à la morale sexuelle et aux questions autour de la sainteté de la vie. On a rarement conseillé aux gens de suivre leur conscience lorsqu'ils disaient être racistes, ou d'aider faiblement les pauvres et les vulnérables, a dit le cardinal.

 

Ses commentaires viennent après trois ans de débat sur l'enseignement de l'Église concernant la communion pour les divorcés et remariés. Le Cardinal Pell figurait parmi les hauts responsables qui ont publiquement soutenu la doctrine traditionnelle répétée dans la Familiaris Consortio du Pape Jean-Paul II - que les remariés ne devraient pas recevoir la communion à moins qu'ils ne vivent «comme frère et sœur».

 

Mais certains catholiques éminents ont suggéré une approche différente. Par exemple, le cardinal Blase Cupich a soutenu que la conscience de quelqu'un pourrait leur dire de recevoir la communion, et que « la conscience est inviolable».

 

Le Cardinal Pell citant les écrits du bienheureux John Henry Newman sur la conscience, dans laquelle Newman a rejeté une «contrefaçon misérable» de la conscience qui la définit comme «le droit à l'auto-volonté». Il a noté que Newman défendait les papes Pie IX et Grégoire XVI, qui, selon les mots du cardinal Pell, «condamnaient une conscience qui rejetait Dieu et rejetait la loi naturelle».

 

Le cardinal a également rendu hommage à «deux grandes encycliques» S. Jean Paul II, Veritatis splendor et Evangelium Vitae, qui présentent la loi morale comme quelque chose de contraignant dans tous les cas.

 

Lorsqu'on lui a demandé si le malaise de certains catholiques, à propos de l'état de l'Église, était lié à des fausses théories de la conscience, le cardinal Pell a dit: «Oui, c'est exact».

 

Il a ajouté: «L'idée que vous pouvez discerner que les vérités morales ne doivent pas être suivies ou ne devraient pas être reconnues [est] absurde».

 

«Nous sommes tous sous la vérité», a déclaré le cardinal, soulignant que la vérité objective peut être «différente de notre compréhension de la vérité».

 

Il a également déclaré que tandis que la doctrine se développe, il n'y a pas de «retour en arrière».

 

Le cardinal Pell a été interrogé sur la lettre à François de Quatre cardinaux demandant des éclaircissements de la récente exhortation du Pape Amoris Laetitia. Les cardinaux ont demandé au pape de confirmer que cinq points de l'enseignement catholique sont toujours valables. Il s'agit notamment de l'enseignement que les remariés ne peuvent pas recevoir la communion à moins de vivre comme frère et sœur, et l'enseignement que certains absolus moraux n'ont pas d'exceptions.

 

Le pape n'a pas répondu à la demande des quatre cardinaux, qui a été envoyée il y a deux mois. Les cardinaux ont pris cela comme une invitation à publier leurs questions et à poursuivre la discussion. Le chef des évêques grecs a déclaré que les quatre cardinaux étaient coupables de «péchés très graves» et pourraient provoquer un schisme.

 

Interrogé sur la question des cardinaux, le cardinal Pell a répondu: «Comment pouvez-vous être en désaccord avec une question?» Il a dit que la question des cinq questions avait «du sens».

 

Source : (Traduction) de Some Catholics are ‘unnerved’ by current events in the Church, says Cardinal Pell, Catholic Herald, by Dan Hitchens posted Tuesday, 29 Nov 2016

 

Les "Dubia" :

 

1. Il est demandé si, en conséquence de ce qui est affirmé dans "Amoris lætitia" aux nn. 300-305, il est maintenant devenu possible d’absoudre dans le sacrement de Pénitence et donc d’admettre à la Sainte Eucharistie une personne qui, étant liée par un lien matrimonial valide, vit "more uxorio" avec une autre personne, sans que soient remplies les conditions prévues par "Familiaris consortio" au n. 84 et réaffirmées ensuite par "Reconciliatio et pænitentia" au n. 34 et par "Sacramentum caritatis" au n. 29. L’expression "dans certains cas" de la note 351 (n. 305) de l’exhortation "Amoris lætitia" peut-elle être appliquée aux divorcés remariés qui continuent à vivre "more uxorio" ?

 

2. Après l’exhortation post-synodale "Amoris lætitia" (cf. n. 304), l’enseignement de l’encyclique de Saint Jean-Paul II "Veritatis splendor" n. 79, fondé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition de l’Église, à propos de l’existence de normes morales absolues, obligatoires sans exception, qui interdisent des actes intrinsèquement mauvais, continue-t-il à être valide ?

 

3. Après "Amoris lætitia" n. 301, est-il encore possible d’affirmer qu’une personne qui vit habituellement en contradiction avec un commandement de la loi de Dieu, comme par exemple celui qui interdit l’adultère (cf. Mt 19, 3-9), se trouve dans une situation objective de péché grave habituel (cf. Conseil pontifical pour les textes législatifs, Déclaration du 24 juin 2000) ?

 

4. Après les affirmations contenues dans "Amoris lætitia" n. 302 à propos des "circonstances qui atténuent la responsabilité morale", faut-il encore considérer comme valide l’enseignement de l’encyclique de Saint Jean-Paul II "Veritatis splendor" n. 81, fondé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition de l’Église, selon lequel "les circonstances ou les intentions ne pourront jamais transformer un acte intrinsèquement malhonnête de par son objet en un acte subjectivement honnête ou défendable comme choix" ?

 

5. Après "Amoris lætitia" n. 303, faut-il considérer comme encore valide l’enseignement de l’encyclique de Saint Jean-Paul II "Veritatis splendor" n. 56, fondé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition de l’Église, qui exclut une interprétation créatrive du rôle de la conscience et affirme que la conscience n’est jamais autorisée à légitimer des exceptions aux normes morales absolues qui interdisent des actes intrinsèquement mauvais de par leur objet ? [6]

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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 11:52
La propagande libérale satanique sur l'avortement

Lors du débat hier soir de l'entre-deux tours de la primaire "Les Républicains" les deux candidats finalistes interchangeables de la primaire "de droite", ont feint de s'opposer sur l'avortement. Ils ont déclaré pour l'un que "l'avortement est un droit fondamental" (Alain Juppé) [1], pour l'autre que l'avortement "sur le plan juridique, ce n’est pas un droit fondamental, pas dans la Constitution", c'est "un droit essentiel sur lequel il n’est pas question de revenir" (François Fillon) [2].

 

Nous trouvons ici l'occasion d'exposer la méthode du diable pour faire avancer son anti-société. La méthode de Satan est celle du libéralisme.

 

Dans son dernier livre, en forme de testament spirituel, le célèbre exorciste Gabriele Amorth, récemment monté au Ciel à l'âge de 91 ans, explique ce qu'il pense de l'avortement et explique la méthode du diable pour le faire accepter dans les masses.

 

Du débat qui a pu être offert hier soir entre F. Fillon et A. Juppé, il s'agit ni plus ni moins que de satanisme.

La propagande libérale satanique sur l'avortement

Gabriele Amorth sur l'avortement et le divorce. Extrait (p. 22) :

 

« La méthode du démon est la suivante :

 

Il tente en premier lieu de persuader que ce que Dieu dit n'est pas vrai (Cf. Gn 3, 1 et s.).

 

"Pourquoi ne mangez-vous pas du fruit de l'arbre? dit-il à Adam et Eve.

 

Parce que Dieu nous a dit que si nous en mangions, nous mourrions."

 

"Ce n'est pas vrai ! répond le démon. Dieu est un menteur. Oui, c'est un menteur ! C'est faux, vous ne mourrez pas."

 

Deuxième tactique : "Au contraire, vous serez semblables à lui, parce que vous connaîtrez le bien et le mal." Donc le démon commence par nier les vérités révélées par Dieu. "Ce n'est pas péché !  Vous rigolez ! Le divorce, l'avortement, ce n'est pas péché ! C'est, à l'inverse, un signe de progrès. Un pas en avant de la civilisation, un progrès de l'humanité."

 

Chez nous en Italie, deux référendums sont passés - je les ai suivis tous les deux -, en premier celui du divorce et en second celui de l'avortement, signes de civilisation ! Signes de progrès ! (1974 : Divorce - 1982 : Avortement). C'est cela la tactique du diable. De nier d'abord ce que Dieu dit: que c'est péché ! Ensuite, de faire apparaître le mal comme un bien. »

 

Nous remarquerons que la description de la méthode satanique quant au divorce et à l'avortement, faisant de ces péchés des "progrès" est employée par A. Juppé et F. Fillon qui parlent de l'avortement comme "un droit", "une liberté". Cette méthode a également été employée pour légaliser le soit-disant "mariage" homosexuel, pour lequel il faudrait laisser les homosexuels "libres" de se "marier".

 

« L'avortement, cette loi de l'assassinat » (p. 84)

 

Gabriele Amorth explique qu'avec cet argument de la liberté, il faudrait laisser les assassins libres de tuer...

 

(p. 50) « Il y a eu sans le moindre doute des mouvements philosophiques et politiques qui ont été un désastre. La Révolution française, par exemple; quel désastre ! Mais aussi le siècle des Lumières, le rationalisme, le communisme. ... Le communisme s'est écroulé en tant que régime, même à Moscou, en comparaison de ce qu'il a pu être par le passé. Il est tombé, sans coup férir, quand est tombé le Mur de Berlin. Qui l'aurait cru ? »

 

La méthode libérale satanique, p. 65 :

 

«  Oui une tragédie. ... Beaucoup de catholiques ... croyaient aux mensonges communistes et socialistes. Le plus grand mensonge était de dire que le divorce n'est pas une obligation. Si tu es contre alors ne le fais pas, mais tu dois respecter ceux qui veulent le faire, respecte la liberté de qui veut le faire.

 

... Ce sont des bobards, car nous devons respecter les lois de Dieu. ... Parce que sinon, en suivant cette logique, on peut tout justifier.

 

Pareil avec l'avortement. Ce n'est quand même pas une obligation que d'avorter. Pas du tout. Si tu es contre, alors ne le fais pas. Mais respecte ceux qui veulent le faire.

 

C'est avec ce discours qu'ils ont amadoué les catholiques pour le divorce et l'avortement. Sapristi, mais dans le plan de Dieu il est écrit : "Tu ne tueras point !" »

(p. 79.) « Maintenant nous aimerions aborder le thème de la société contemporaine. Vous avez déjà mentionné différents courants de pensée du monde moderne : l'illuminisme, l'athéisme, le libéralisme et les autres. Il y a d'autres menaces spirituelles pour notre monde aujourd'hui. Selon vous, quelle serait la menace spirituelle la plus grave? »

 

Gabriele Amorth :

 

« Je reprends toujours le même discours: la menace la plus grave de toutes est de nier l'existence de Dieu. C'est le point de départ. De la négation de Dieu partent toutes les philosophies qui se prononcent contre lui et contre la religion, et qui promeuvent l'immoralité."

Gabriele AMORTH, J'ai rencontré Satan, Le Combat du plus célèbre exorciste, Entretiens avec Slawomir Sznurkowski, Traduti de l'italien par Quentin Petit, EdN, Vendôme 2016

Gabriele AMORTH, J'ai rencontré Satan, Le Combat du plus célèbre exorciste, Entretiens avec Slawomir Sznurkowski, Traduti de l'italien par Quentin Petit, EdN, Vendôme 2016

Gabriele Amorth explique une manière assurée de ne pas tomber dans les pièges du démon : être avec le Christ, appliquer Ses commandements.

 

A la question (p. 37) : « Pourquoi donc une grande majorité de mariages aujourd'hui en Italie finissent-ils par exploser ? », il répond :

 

« Parce qu'on n'observe plus la Loi de Dieu : "Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le divise pas." (Mt , 19, 6.) »

 

(p. 85) :

 

« Il n'existe aucune voie intermédiaire : "Celui qui n'est pas avec moi est contre moi." (Mt 12, 30.)

 

Beaucoup se font illusion en pensant trouver une voie intermédiaire. Ils se disent : je respecte Jésus, je ne parle pas mal de lui, mais je fais ce que bon me semble, je n'en fais qu'à ma tête.

 

Et ce n'est pas possible. Celui qui ne suit pas les lois du Christ, suit celles de Satan. Il est sous l'emprise des lois de Satan, qui se résument à trois et que tous les satanistes suivent. Voici les trois lois que les satanistes et Satan lui-même suivent :

 

- Première loi : Fais tout ce que tu veux. Pas de limite. Pas d'interdiction. Tu veux tuer ? Alors tue ! Fais ce que tu veux. [C'est la loi d'avortement. NdCR.]

- Deuxième loi : Nul n'a le droit de te dicter ce que tu dois faire. Tu n'as à obéir à personne car personne n'a le droit de te donner des ordres.

-Troisième loi du satanisme : Tu es ton propre Dieu.

 

C'est exactement de cette façon que l'ange Lucifer est devenu diable. »

 

Conclusion Christ-Roi

 

Fillon est tout aussi nocif que Juppé. C'est une question de degré. Mais il entraîne tout aussi sûrement que lui en enfer. Car c'est très clair : « il n'existe aucune voie intermédiaire : "Celui qui n'est pas avec moi est contre moi." (Mt 12, 30.) »

 

Gabriele Amorth précise qu'en enfer aussi "il existe une hiérarchie : les diables les plus forts tyrannisent les moins forts..." (p. 75)

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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 00:00
Martyre de Sainte Catherine, peinture de Masolino da Panicale

Martyre de Sainte Catherine, peinture de Masolino da Panicale

Catherine naquit à Alexandrie, d'une famille de première noblesse. Comme elle ne se hâtait pas de recevoir le baptême, Dieu lui envoya une vision où la Sainte Vierge la présentait au divin enfant qui détournait les yeux avec tristesse, et disait : « Je ne veux point la voir, elle n'est pas encore régénérée. » À son réveil, elle résolut de recevoir promptement le baptême. Quand elle l'eut reçut, Jésus lui apparut, lui donna mille témoignages d'amour, la prit pour épouse en présence de Marie et de toute la cour céleste, et lui passa au doigt l'anneau de son alliance.

 

Catherine, douée d'une haute intelligence, suivit avec le plus grand succès les leçons des plus grands maîtres chrétiens de l'école d'Alexandrie, et acquit la science des docteurs.

 

Dans une grande fête du paganisme, célébrée en présence de l'empereur Maximien, elle eut la sainte audace de se présenter devant lui, de lui montrer la vanité des idoles et la vérité de la religion chrétienne. La fête terminée, Maximin, étonné du courage et de l'éloquence de la jeune fille, réunit cinquante des plus savants docteurs du paganisme et leur ordonna de discuter avec Catherine. Préparée par la prière et le jeûne, elle commença la discussion et fit un discours si profond et si sublime sur la religion de Jésus-Christ comparée au culte des faux dieux, que les cinquante philosophes, éclairés par sa parole en même temps que touchés de la grâce, proclamèrent la vérité de la croyance de Catherine et reçurent, par l'ordre du cruel empereur, le baptême du sang, gage pour eux de l'immortelle couronne.

Maximien, malgré sa fureur, plein d'admiration pour la beauté et les hautes qualités de Catherine, espéra la vaincre par l'ambition en lui promettant sa main. Il essuya un refus à cause de son "mariage mystique" avec le Christ.

 

Pendant deux heures l'innocente vierge subit le supplice de la dislocation de ses membres sur un chevalet, et celui des fouets. Le lendemain, Maximin, surpris de la trouver plus belle et plus saine que jamais, essaya de triompher de sa résistance. Il la fit soumettre au terrible supplice des roues, mais les roues volèrent en éclats et tuèrent plusieurs personnes. Le tyran, confus de tous ces prodiges, ordonna de lui trancher la tête.

 

Avant de mourir, elle avait demandé et obtenu deux choses de son divin Époux : que son corps fût respecté après le supplice, et que l'ère des persécutions prît bientôt fin. Plus tard, son corps fut transporté par les anges sur le mont Sinaï. Les souvenirs bibliques attièrent au Sinaï de nombreuses colonies monastiques dès le IVe siècle. La plus célèbre fut celle de l'abbaye Sainte-Catherine fondée par l'empereur Justinien en 527. La Tradition nous assure que des moines découvrirent le corps de la jeune femme. La dévotion à sainte Catherine est une des plus répandues en Europe,  compris dans les églises orthodoxes.

 

Beaucoup d'églises contenaient sa statue (entre autres celle de Domrémy-la-Pucelle, le village natal de Sainte Jeanne d'Arc), ou un portrait figurant le plus souvent une roue.

 

À 13 ans, sainte Jeanne d'Arc entendit les voix des sainte Catherine d'Alexandrie, de Marguerite d'Antioche (Jean-Baptiste Roussot, Les deux voix de Sainte Jeanne d'Arc: Sainte Catherine d'Alexandrie, Sainte Marguerite d'Antioche) et de l'archange saint Michel lui demandant d'être pieuse, de libérer le royaume de France de l'envahisseur et de conduire le dauphin sur le trône.

 

De très nombreuses corporations se sont placées sous le patronage de sainte Catherine d'Alexandrie. Celles qui utilisaient des mécanismes comportant des roues, et celles de l'intellect.

 

La Sorbonne eut, entre autres saints, Ste Catherine d'Alexandrie comme patronne.

 

L'Ordre de la Très Sainte Trinité, ordre religieux fondé en 1193 pour le rachat des captifs chrétiens pris par les barbaresques, vénère Catherine comme sainte patronne. 

 

Attributs: anges, anneaux d'or, colombe, enfant, épée du martyre, roue brisée à pointes.

 

Sources : 1; 2; Christophe RENAULT, Les Saints et leurs attributs, Histoire de l'Art, Mémo Gisserot, Editions Jean-Paul Gisserot, Luçon 2009, p. 20.

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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 00:00
Sainte Flora par Le Titien

Sainte Flora par Le Titien

Dans le califat de Cordoue, tous les chrétiens et ceux qui leur donnaient asile étaient condamnés à mort. La jeune Flora, repoussée de toute part, se réfugia dans une église et y rencontra Maria, elle aussi traquée. Ensemble, elles se rendirent au tribunal où elles dénoncèrent toutes deux l'Islam; elles moururent décapitées, martyres sous le règne d'Abd al-Rahman II, le 24 novembre 851. Maria fut exécutée pour blasphème et Flora pour apostasie.

 

Flore née d'un père musulman et d'une mère chrétienne, la loi islamique faisait d'elle une musulmane mais, en secret, elle avait été élevée dans la foi chrétienne. Son propre frère s'aperçut de ses convictions chrétiennes et la dénonça au juge (le cadi). Elle fut condamnée à être battue de verges. Elle reçut des coups qui la blessèrent à la tête et lui découvrirent les os du crâne. Puis on la remit à son frère pour qu'il la persuade de revenir à l'islam car elle était tenue pour avoir abjuré cette religion et elle méritait, à ce titre, la mort. Flore réussit à tromper la vigilance de son frère et à s'échapper. Elle trouva refuge à Ossaria, chez une sœur où elle put reprendre des forces. Après quelques jours, elle revint à Cordoue pour aller prier publiquement dans l'église Saint-Ascicle, un martyr des premiers siècles. Là, elle rencontra Marie, la sœur du diacre Valabonse qui venait tout récemment de recevoir la couronne du martyr. Les deux vierges, remplies de zèle, décidèrent de se présenter ensemble devant le juge pour confesser leur foi. Elles furent d'abord emprisonnées dans un cachot obscur peuplé de femmes grossières. C'est pour elle que l'évêque de la ville, Euloge de Cordoue rédigea son Exhortation au martyre. Après un dernier interrogatoire, elles furent décapitées pour avoir selon le juge et selon la loi abjuré l'islam et embrassé la foi chrétienne.

 

(Source: Alban Butler, Vie des pères, des martyrs et des autres principaux saints, traduit en français par l'abbé Godescard, Toulouse, 1808.)

 

Sources: 1; 2 ; 3

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 07:40
A 90 %, les enfants ne veulent pas du divorce de leurs parents

La très grande majorité des enfants ne veulent pas du divorce de leurs parents, vient de déclarer un juge espagnol des affaires familiales qui a vu passer plus de 15.000 procédures devant sa juridiction. Pour José Luis Utrera, « la famille traditionnelle a explosé » – et c’est une réalité qui fait d’abord du tort aux enfants. Ils sont « toujours » les victimes du divorce, assure ce juge avec toute la force de son expérience de plus de vingt ans. Auteur d’un Guide du bon divorce il ne peut être soupçonné d’une opposition de principe à la rupture légale de l’alliance matrimoniale. Son objectif avoué est même que les divorces se passent bien. Son point de vue n’est pas moral, mais empirique.

 

Dans un entretien qu’il a donné au quotidien La Opinion de Malaga, le juge Utrera plaide pour la médiation, seule capable selon lui de ne pas se borner à un règlement purement juridique des situations où interviennent « des composantes psychologiques, émotionnelles et personnelles très importantes ». Si on ne les prend pas en compte, le règlement juridique est bien là mais les conflits subsistent, donnant lieu à de multiples oppositions et modifications ultérieures, « comme une blessure que l’on panserait sans d’abord soigner l’infection ».

 

....

« Dans 90 % des cas, ce qu’ils voudraient, c’est de voir leurs parents recommencer à vivre ensemble, et s’ils ne le peuvent pas, que de grâce, ils ne se battent pas. Nous rencontrons des enfants qui sont utilisés pour envoyer des messages de l’un à l’autre, sur lesquels on exerce une pression psychologique pour qu’ils prennent position en faveur de l’un ou de l’autre ; des enfants qui finissent par manipuler eux-mêmes les adultes, parce qu’ils savent que leur opinion est importante, des enfants qui assument toute la responsabilité en croyant que ce sont eux qui décident, et cela provoque des traumatismes qu’ils vont porter pendant toute la vie. C’est pourquoi nous essayons lors des audiences de les décharger de cette responsabilité, en faisant clairement comprendre qu’on les écoute, mais que ce ne sont pas eux qui décident. »

 

A Malaga, en Espagne, 90 % des enfants voudraient voir leurs parents en voie de divorcer se remettre ensemble

 

Si 40 % des divorces ne donnent pas lieu à des conflits ultérieurs entre les conjoints, selon le juge, celui-ci ne cache pas qu’il a vu des couples totalement désemparés, ou un des deux époux psychologiquement détruit, faisant face à des problèmes de travail, médicaux, psychologiques et psychiatriques : « Un vrai chaos. » « Un divorce mal mené finit par éclabousser toute la société », assure le juge Utrera, en reprenant à son compte le jugement des psychologues : « Un divorce est la deuxième situation la plus stressante après la mort d’un être cher. »

 

Bref, si même les partisans du divorce, ceux qui imaginent qu’il peut y avoir de « bons » divorces sont obligés de poser un tel constat d’échec, il serait peut-être temps de reconnaître que le mariage engage non seulement à titre privé, mais aussi devant la société et plus encore devant les enfants qui en naissent.

 

Dans de nombreux pays d’Europe, y compris en France, le divorce, après s’être imposé comme un droit, est aujourd’hui de plus en plus facilité ; dès 2017, il pourra se faire en France simplement devant l’officier d’état civil. Partout où le divorce est plus simple d’accès, il devient plus fréquent, au risque d’achever de faire exploser la société après avoir fait éclater la famille.

 

Source: Infocatolica, Traduction Reinformation.tv, Si on écoutait leur avis ? A 90 %, les enfants ne veulent pas du divorce de leurs parents, 22 novembre 2016 15 h 00 min·

23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 07:11

Un livre vient de sortir au sujet des "Apôtres en Inde", S. THomas et S. Barthélémy. Les auteurs sont Cristiano Dognini et Ilaria Ramelli (Ed. Certamen).

Les Apôtres en Inde

Les Apôtres en Inde, dans la patristique et la littérature sanscrite

 

Cristiano Dognini et Ilaria Ramelli partent d’un constat simple : s’il est admis que les rapports commerciaux et diplomatiques entre l’Occident et l’Inde ont été fréquents, sinon continus, à partir d’Alexandre, l’historiographie moderne considère que la prédication chrétienne en Inde n’a commencé qu’à l’époque de Constantin. Cette convention paradoxale, qui par ailleurs se heurte à la patristique antique et aux traditions du christianisme indien, est la conséquence, selon les auteurs, de l’impasse idéologique dans laquelle s’était égarée la recherche au XIXe et au début du XXe siècle.

Ils estiment que le débat mérite d’être rouvert, avec des objectifs et des méthodes affranchis des limitations partisanes qui lui valurent l’enlisement. À travers l’analyse textuelle poussée des sources, et à la lumière des découvertes scientifiques récentes, de l’archéologie, ou encore de la numismatique, les auteurs se proposent d’identifier les éléments des traditions indienne et patristique compatibles avec ce que l’historiographie moderne a permis d’établir à propos des relations entre l’Inde et l’Occident antique et de la prédication chrétienne primitive.

Cette étude se déploie le long d’un arc chronologique allant de l’avant-Alexandre à l’après-Constantin (cinq chapitres), entre lesquels s’intercalent, en contrepoint, trois chapitres dédiés à l’étude de textes sanscrits, hindouistes et bouddhistes, et des éléments de culture chrétienne qu’ils recèlent.

 

Au Chapitre I, Cristiano Dognini aborde la question des contacts entre l’Inde et l’Occident dès avant Alexandre, vécus à travers la médiation perse, et les récits de visiteurs ponctuels comme Scylax de Caryanda ou Ctésias. Il y analyse les connaissances et la perception que le monde grec avait de l’Inde avant de la rencontrer réellement.

La conquête d’Alexandre met enfin en contact direct l’Inde et l’Occident, et permet la tenue d’échanges véritables, qui culminent dans la synthèse culturelle des royaumes indo-grecs. L’Inde, qui jusque-là était un horizon imaginaire, devient un interlocuteur diplomatique, puis commercial, et philosophique : les philosophes indiens peuplent les textes occidentaux, tandis que le grand Maharaja Ashoka entreprend de diffuser le bouddhisme « aux terres des Grecs ». Le monde grec, et en l’occurrence les Ptolémée d’Égypte, en inaugurant la route maritime des moussons, donnent à l’Occident antique un prodigieux moyen de communication avec l’Inde.

 

____ Au Chapitre II, Ilaria Ramelli montre que les contacts entre Rome et l’Inde ont été très intenses dès le début de l’époque impériale. La puissance romaine permet en effet le plein développement de la route maritime que les Ptolémée n’avaient pas les moyens de sécuriser, tandis que sa richesse et son prestige inaugurent une longue saison d’ambassades. L’Inde devient « une voisine », la nation qui clôt l’écoumène à l’Est comme l’Espagne le clôt à l’Ouest. Ainsi, des sources telles que le Periplus Maris Erythraei ou l’Histoire Naturelle de Pline peuvent décrire avec une grande précision les étapes du voyage vers l’Inde, tandis que ses produits de luxe inondent l’Empire, au point de devenir des clichés littéraires. Les implantations de citoyens de l’Empire, notamment en Inde méridionale, sont permanentes.

Les informations culturelles, politiques et religieuses y sont aussi plus fiables, signe qu’elles n’ont jamais aussi bien circulé. Les ambassades indiennes continuent d’affluer jusqu’à la fin du IIe siècle avant de s’interrompre et de ne reprendre qu’avec Constantin.

 

____ Le Chapitre III est dédié à la mission en Inde de Pantène d’Alexandrie, rapportée par Eusèbe et Jérôme. Cette mission est doublement intéressante : située au IIe siècle ap. JC elle anticipe de plus d’un siècle le terme (constantinien) généralement retenu, mais ouvre également sur des phases encore plus reculées. La découverte en Inde méridionale par Pantène d’un Évangile araméen de Matthieu pose en effet la question de la prédication en époque apostolique.

Ilaria Ramelli évalue la plausibilité de la mission à travers une analyse textuelle serrée des témoignages patristiques, mais également dans le contexte historique général posé au chapitre précédent. Elle aborde ensuite la question de l’élan missionnaire primitif parti des milieux judéo-chrétiens de Palestine, et de l’aire syriaque, et de manière plus spécifique, de l’Apôtre Barthélémy, que la tradition associe à l’Inde.

 

L’auteur considère que la présence d’informations récentes sur l’Inde chez Hippolyte de Rome, et chez Clément d’Alexandrie, disciple de Pantène, plaide en faveur de l’historicité de la mission.

 

____ Ilaria Ramelli dédie le Chapitre IV à l’étude de la tradition autour de la prédication de l’Apôtre Thomas en Inde. Thomas est associé à l’Inde non seulement par la patristique (les célèbres divisions du monde entre les Apôtres, les divers Actes de martyrs…), mais également par les chrétiens indiens, qui lui attribuent leur évangélisation, se donnent eux-mêmes le nom de « chrétiens de saint Thomas », et prétendent en garder la tombe. Par-delà la dimension légendaire que véhiculent ces traditions, Ilaria Ramelli observe que le christianisme indien, qu’il s’agisse de ses rites, ses titres, ses coutumes, ses légendes, est pétri d’archaïsmes reconductibles à ce même christianisme syro-araméen primitif qui faisait de l’ Évangile de Matthieu son texte central. Elle montre également comment Thomas est lui-même fortement lié au christianisme syro-araméen pour avoir été à l’origine (en personne, ou à travers son disciple Thaddée) de l’évangélisation de la ville d’Édesse, de l’Osroène dont elle est la capitale, et de la Mésopotamie. Elle estime que s’il est impossible de prouver que l’Inde a été évangélisée dès l’âge apostolique, il est aussi impossible d’exclure cette éventualité : ni l’étude textuelle des sources, ni l’étude anthropologique de la chrétienté indienne, ni les témoignages archéologiques n’y formulent d’objection.

 

____ Cristiano Dognini examine au Chapitre V la présence d’échos chrétiens dans les mythes spécifiques à la naissance de Krishna, qui font leur apparition dans le panorama de la littérature sanscrite autour du IIe siècle ap. JC. L’auteur constate que les emprunts de motifs tirés des Évangiles (tels que Massacre des Innocents, la Fuite en Égypte, l’Annonciation…) sont indubitables, et en déduit que les récits chrétiens étaient assez connus en Inde pour que l’hindouisme se les approprie et les intègre au service de ses propres cycles mythiques.

 

____ Le Chapitre VI porte sur le Milindapañha, un texte indien qui narre la conversion du roi indo-grec Ménandre au bouddhisme. Cristiano Dognini revient sur les nombreux éléments grécisants qui émaillent le dialogue, qu’il met en perspective, encore une fois, au moyen de la théorie des échanges culturels : malgré l’utilisation d’éléments de culture grecque, le texte est dans son essence et dans sa démarche fondamentalement bouddhiste et fondamentalement indien. Mais l’auteur du Milindapañha n’a pas fait que puiser dans la culture grecque : Cristiano Dognini remarque qu’il a aussi intégré au dialogue entre Ménandre et le moine Nagasena des motifs tirés des paraboles évangéliques : encore une fois, plus qu’une question d’autorité ou de filiation, ce transfert culturel montre que l’intégration et l’appropriation des traditions extérieures sont une caractéristique de la pensée indienne.

Ces échanges culturels sont pour l’auteur absolument naturels, dans le contexte des relations commerciales et diplomatiques intenses entre l’Occident romain, la chrétienté orientale, et l’Inde en période impériale.

Cristiano Dognini démontre que ces échanges sont bidirectionnels : à la différence de leurs prédécesseurs païens, les auteurs chrétiens de l’Antiquité ont conscience des spécificités du bouddhisme, qu’ils distinguent avec un certain de degré de précision des autres traditions indiennes.

 

Source: Parution : Thomas en Inde, hindouisme et bouddhisme

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 00:00
Saint Clément, Pape (Ier siècle), Patron des marins

Saint Clément était né à Rome. Riche, instruit, ardent à chercher la vérité, il trouva dans la religion chrétienne la satisfaction entière des exigences de sa raison et des aspirations de son âme. Non seulement il se fit chrétien, mais il seconda les apôtres dans la prédication de l'Évangile ; et saint Paul, dans son épître aux Philippiens, rappelant les travaux de Clément, assure que son nom est écrit au Livre de vie. Cet attachement de Clément aux apôtres, ce zèle qu'il montra pour la foi, l'on fait appeler par les Pères homme apostolique.

 

Élevé à l'épiscopat par saint Pierre, il devait être son troisième successeur, vers l'an 91 (liste des papes). 

Clément vit la chute et la mort de Néron, ainsi que la prise et la ruine de Jérusalem (70).

Sous l'empereur Vespasien (69-79), Clément fut conduit au tribunal du préfet Mamertinus qui demeura émerveillé de la sagesse de ses réponses. On provoqua une émeute au sujet de Clément ; et dans le trouble qui s'ensuivit, les uns disaient : « Quel mal a-t-il fait ? ou plutôt quel bien n'a-t-il pas fait ? Les malades qui reçoivent sa visite sont guéris; quiconque l'aborde accablé de tristesse s'en retourne le coeur joyeux, il ne fait de mal à personne et fait du bien à tout le monde. » Les autres, poussés par l'esprit du diable, s'écriaient : « C'est de la magie, il détruit ainsi le culte de nos dieux, car il nie la divinité de Jupiter ; il appelle Hercule un esprit immonde; la sainte déesse Vénus, une prostituée ; quant à Vesta, il dit faussement qu'elle a été brûlée. Il parle de même de la très sainte Minerve; et encore de Diane, de Mercure, de Saturne, de Mars; enfin, il couvre d'opprobres tous les noms de nos dieux et leurs temples. Qu'il sacrifie ou qu'il meure. »  : « Que Clément sacrifie aux dieux ou soit exilé en Chersonèse ! » Quelle ne fut pas la joie du saint exilé, de trouver dans ce lointain pays deux mille chrétiens depuis longtemps condamnés par sentence juridique, et occupés à travailler le marbre. A la vue du saint et célèbre évêque Clément, la consolation de ces chrétiens fut indicible, tous s'approchèrent de lui avec des gémissements et des pleurs ; ils disaient : « Prie pour nous, saint pontife, afin que nous devenions dignes des promesses du Christ. » Clément, ayant appris qu'ils avaient été déportés pour leur foi en Dieu, répondit : « Dieu, leur dit l'humble pontife, m'a fait une grâce dont je n'étais pas digne, en m'envoyant au milieu de vous. Ce n'est point sans raison que le Seigneur m'a conduit en ces lieux : c'est afin que, prenant part à vos souffrances, je puisse partager vos couronnes, vous apporter des consolations et vous donner l'exemple de la patience. »

Mamertinus, préfet de la ville, ne pouvant tolérer cette sédition, se fit amener Clément. Il le dévisagea et dit : « Je sais que tu es de race noble, ainsi que me l'atteste le peuple. Mais tu as embrassé l'erreur, et tu rends un culte à je ne sais quel Christus, sans honorer les dieux qu'on vénère dans les temples. Renonce donc à toute vaine superstition, et honore les dieux. »

Clément dit : « Je désirerais que Ton Excellence, dans sa sagesse, voulût bien écouter ma défense, et considérer que, si je suis accusé, ce n'est point à cause d'une émeute, mais pour la doctrine que je prêche. Car si, semblables à une meute de chiens, ils aboient contre nous et nous mettent en pièces, ils ne peuvent du moins empêcher que nous ne soyons des hommes raisonnables ; quant à eux, ils sont toujours des êtres sans raison. Toute sédition a pour auteurs des ignorants, ce qui fait qu'on ne peut avec sûreté l'embrasser et qu'elle est dépourvue de justice et de vérité. Que le silence se rétablisse, ce repos qui donne à un homme la facilité de se recueillir ; dans cet état, il pourra trouver le Dieu véritable et lui engager sa foi. »

Mamertinus envoya à l'empereur Trajan ce rapport sur Clément. « Le peuple ne cesse d'assaillir Clément de cris séditieux; mais on ne saurait alléguer de témoignage digne de créance contre sa conduite. » Trajan répondit qu'on devait l'obliger à sacrifier ou le reléguer au delà du Pont-Euxin, dans une ville perdue de la Chersonèse

 

Les généreux confesseurs de la foi, au milieu de leurs rudes travaux, étaient souvent privés d'eau et devaient aller la chercher à une très forte distance. Plein de confiance en Dieu, Clément dit aux chrétiens : « Prions le Seigneur, qui a fait jaillir l'eau d'un rocher du désert ; il nous viendra en aide. » Il se mit donc en prière, et bientôt, levant les yeux, il aperçut sur la colline un agneau blanc comme la neige, qui de son pied droit indiquait une source d'eau vive jaillissant soudain. À partir de ce jour, les martyrs eurent de l'eau en abondance. La nouvelle de ce miracle fit une grande impression dans tout le pays, les conversions se multiplièrent, des églises se bâtirent, et quelques années plus tard le paganisme était complètement détruit.

 

Saint Clément nous a laissé dans ses lettres le plus charmant tableau de ses missions apostoliques.

 

Ce fut seulement sous Trajan, après plus de vingt ans d'exil, que le saint Pape, devenu très suspect à cause de son zèle et de ses succès, fut précipité au fond de la mer, une ancre au cou.

 

On envoya sur les lieux le préfet Aufidianus. Il fit d'abord périr un grand nombre de fidèles par divers genres de supplices. Voyant qu'ils s'offraient tous avec joie au martyre, il épargna la multitude et ne réserva que le bienheureux Clément, espérant le contraindre à sacrifier. Mais, le voyant si ferme dans la foi au Seigneur, et craignant de ne pouvoir jamais lui faire changer de sentiment, il dit à ses satellites : « Qu'on le mène au milieu de la mer, qu'on lui attache une ancre au cou, et qu'on le précipite au fond, de peur que les chrétiens ne l'honorent comme un Dieu. » L'ordre exécuté, toute la multitude des chrétiens se rendit au rivage, priant sur la plage, avec des cris et des lamentations. Alors les disciples du saint martyr, Cornelius et Phoebus, leur dirent : « Prions tous ensemble, afin que le Seigneur daigne nous montrer les reliques de son martyr. » Pendant que le peuple priait, la mer se retira d'elle-même à la distance de trois milles. Et le peuple s'étant avancé sur le terrain laissé à sec, on trouva un édifice ayant la forme d'un temple de marbre, construit par les anges; et dans un tombeau de pierre reposait le corps du bienheureux Clément, disciple de l'apôtre saint Pierre. L'ancre avec laquelle il avait été submergé était placée près de lui. Ses disciples furent avertis par une révélation de ne point enlever le corps; et l'oracle céleste,ajouta que désormais tous les ans, le jour du combat du saint martyr, la mer se retirerait pendant sept jours, et qu'on y pourrait marcher à pied sec. Ce qu'il a plu au Seigneur d'accomplir jusqu'à ce jour pour la gloire de son nom.

 

Les marins ont pris saint Clément pour patron.

 

Sources : 1; 2; 3

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 12:19

Mis à jour à 16h54 avec la nouvelle du ralliement à la mi-journée du candidat chrétien-démocrate Jean-Frédéric Poisson à François Fillon.

Résultats du premier tour des primaires Les Républicains. Le vote utile a éliminé Nicolas Sarkozy et placé le vainqueur désigné de la primaire Alain Juppé loin derrière à la seconde place avec un retard de seize points

Résultats du premier tour des primaires Les Républicains. Le vote utile a éliminé Nicolas Sarkozy et placé le vainqueur désigné de la primaire Alain Juppé loin derrière à la seconde place avec un retard de seize points

Les élections servent-elles encore à quelque chose lorsque des conciliabules secrets choisissent pour nous les candidats qui présenteront leur candidature à la présidence de la "république" ?

 

Au XIXe siècle, après 1830 les royalistes légitimistes souhaitaient jouer le jeu de la "démocratie". Ils proposèrent et donc réclamèrent le suffrage universel qui fut obtenu (pour les hommes) en 1848 pour l'élection du président de la république au suffrage universel, à l'exclusion des femmes qui ne l'obtiendront contre les bonnes consciences républicaines qu'en 1945. Les ennemis du peuple, les Jacobins, les sachants et les bonnes conscience aujourd'hui, qui ne voulaient pas de ce suffrage universel, l'ont contourné via les sociétés secrètes et la participation à des Clubs dont les discussions et les décisions devaient échapper au commun des mortels.

 

« Contrairement à une idée reçue, après 1830, ce sont les légitimistes qui ont milité pour le suffrage universel et les révolutionnaires pour le suffrage censitaire. » (Stéphane Rials in Révolution et Contre-Révolution au XIXème siècle - Editions D.U.C./Albatros, Paris, 1987.)

 

« Analysée comme véritable "farce" par Karl Marx et ses disciples, la Révolution de 1848 a servi de repoussoir pour les idéologies révolutionnaires et les "socialistes scientifiques". » (Les Révolutions françaises, sous la dir. de Frédéric Bluche et Stéphane Rials, Fayard, Mesnil-sur-l'Estrée 1989, p.327.)

 

« Pourquoi les révolutionnaires ont-ils, à ces époques, préféré certaines formes de monarchie à la république ? le suffrage censitaire au suffrage universel ? Parce que les conditions n’étaient pas, alors, réunies pour que la manipulation puisse fonctionner. » (La Gazette Royale, janvier – février – mars 2007, n° 110, p. 4-5)


 

Jusqu'à aujourd'hui, la manipulation du suffrage universel consistant à faire adopter un mode d’action qui n’est qu’une voie de garage, a bien fonctionné. Mais elle fonctionne de moins en moins.

 

La mise en lumière et la compréhension de plus en plus aiguë de la manipulation du suffrage universel permet le développement de comportement électoraux qui mettent à mal le maintien de l'oligarchie en place. C'est la raison pour laquelle on entend des journalistes appartenant à la classe politico-médiatique, comme Jean-Michel Apathie, réclamer la... suppression du suffrage universel.

 

 

Dans ce contexte, plusieurs analyses doivent être faites.

 

D'abord les gens ne croient plus dans les medias "mainstream" liés aux révolutionnaires et à leurs héritiers mondialistes d'aujourd'hui. En effet, ceux-ci se servent des sondages pour orienter le vote dans le sens des intérêts de l'oligarchie. A présent, les gens ont compris la manoeuvre. Lorsque les medias nous désignent un vainqueur à une élection, quand ils votent, les gens votent à l'opposé, pour celui qui est le plus éloigné ou distancé du vainqueur désigné ! "Prenez n'importe lequel, il sera toujours meilleur que le vainqueur désigné !" est ce que nous entendons tout autour de nous.

 

Le vote utile (qui n'est pas un vote de conviction) devient une arme pour éliminer le candidat désigné en tête des sondages.

 

Cela s'est passé aux Etats-Unis avec l'élection de Donald Trump, qui n'emportait pas l'adhésion des masses mais a été choisi en premier pour éliminer la candidate du système. Voter Trump, c'était être sûr d'éliminer Hillary Clinton. Cela s'est passé dimanche 20 novembre chez nous avec la victoire de François Fillon au premier tour de la primaire "Les Républicains." Voter Fillon, c'était être sûr d'éliminer Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Des sondages bidons qui nous annonçaient tous les jours Alain Juppé, largement premier à ce premier tour de primaire, second, Nicolas Sarkozy et loin derrière, en 3e position, voire en 4e position avec parfois un résultat à un chiffre, François Fillon. Or, celui-ci est sorti premier dimanche 20 novembre, a écrasé le vainqueur désigné des sondages Alain Juppé, le distançant de 16 points et Nicolas Sarkozy a fini troisième, éliminé. Tout se passe donc comme si les gens se révoltaient contre la classe politico-médiatico-sondagière et se servaient dorénavant du vote comme d'une arme anti-système en choisissant celui qui dans les sondages et la classe politico-médiatique est désigné comme n'ayant aucune chance. Nous verrons plus bas qu'une telle stratégie a ses limites quand l'oligarchie s'est gardée une roue de secours même avec le candidat qui devait arriver dernier, François Fillon.

 

Une autre analyse n'a pas été complètement mise au jour, c'est le vote pour le parti adverse pour faire advenir ses idées. Nicolas Sarkozy a été élu par des gens de droite qui ont vu ce président s'entourer de ministres de gauche et mener une politique de gauche. François Hollande a été élu par des gens de gauche et ceux-ci l'ont vu mener une politique de droite en économie et en politique extérieure et de sécurité, tels deux jumeaux interchangeables.

 

Aujourd'hui, les deux jumeaux interchangeables qui sont arrivés en tête du premier tour de la primaire de la droite, dimanche 20 novembre, sont Alain Juppé et François Fillon. Or, ce que les medias ne disent pas afin de faire croire à une réelle opposition des programmes et donc à un semblant de démocratie, c'est qu'ils ont tous les deux été les invités du club libre-échangiste mondialiste, très opaque et dont les discussions ne sont jamais rendues publiques, le "Club Bilderberg".

 

Mais l'on peut tout de même trouver quelques informations distillées par les medias mainstream. Ainsi, L'Obs a publié le 06 juin 2013 à 19h00 un article intitulé "Ces puissants et mystérieux messieurs du cercle Bilderberg", qui nous apprend que :

 

« Le dîner ne figure pas à l'agenda officiel. L'hôte et ses invités tiennent à cette discrétion. Début novembre 2011, alors que la crise de l'euro est à son comble, François Fillon prend le temps de recevoir à Matignon un groupe obscur d'une trentaine de personnes dont les noms sont presque tous inconnus du grand public, mais pas des initiés.

 

Ce soir-là, le Premier ministre de Nicolas Sarkozy planche sur l'état de la France devant les membres d'un petit club qui ne fait jamais la une des journaux, mais fascine les obsédés du complot : le Bilderberg. A croire les "conspirationnistes", ce cercle, fondé en 1954 par un prince hollandais et un milliardaire américain pour endiguer le communisme, serait le "vrai gouvernement du monde".

 

Comparés au Bilderberg, d'autres forums internationaux bien plus célèbres, tels la Trilatérale ou Davos, auraient autant d'influence qu'une fête de patronage. Les convives de François Fillon sont tous d'éminents représentants du gotha politico-financier occidental. Sous les lambris de l'hôtel Matignon, il y a là, entre autres, le patron de la banque Goldman Sachs, Peter Sutherland, le big boss de la banque d'affaires Lazard, Ken Jacobs, l'inspirateur des néoconservateurs américains, Richard Perle, le grand manitou de Shell, Jorma Ollila, le futur chef du gouvernement italien, Mario Monti, ou la présidente du Musée d'Art moderne de New York, Marie- Josée Kravis, par ailleurs épouse du propriétaire d'un fonds d'investissement américain.

 

Le grand ordonnateur du dîner n'est autre qu'Henri de La Croix, comte de Castries, PDG du groupe d'assurances Axa et premier Français à présider le Bilderberg. Petit-fils d'un ministre de la IVe République et inspecteur des Finances, ce pilier de l'establishment français est aussi proche de Nicolas Sarkozy que de François Hollande, son camarade de la promotion Voltaire à l'Ena. On l'a compris : à un tel aréopage, même le chef du gouvernement de la cinquième puissance mondiale ne peut refuser l'hospitalité. Ce repas est-il pour autant le signe d'une vaste conspiration ? "Je ne comprends pas l'hystérie autour du Bilderberg, s'amuse aujourd'hui François Fillon. Je ne trouve pas qu'il s'y dise des choses si confidentielles..."

 

... "C'est un Davos en plus fermé", dit Jean-Pierre Jouyet, président de la Caisse des Dépôts et autre camarade de promotion de François Hollande à l'Ena. Le célèbre forum suisse accueille plus de mille VIP issus des cinq continents. Le Bilderberg, lui, s'adresse à un cercle bien plus restreint - cent trente personnes, jamais plus, venues d'Europe et des Etats-Unis. Les fondateurs du club l'ont voulu ainsi, discret et transatlantique. Le prince Bernhard des Pays-Bas et David Rockefeller l'ont créé en 1954, au plus chaud de la guerre froide, avec un objectif précis : la lutte contre le communisme. La première réunion se déroule du 29 au 31 mai, en catimini, à Oosterbeek, aux Pays-Bas, dans un hôtel appelé Bilderberg.

 

Les participants : de grands leaders politiques et économiques du Nouveau et du Vieux Continent - tels les Français Guy Mollet, Jean Monnet et Antoine Pinay. "A l'époque, le but était de convaincre les dirigeants européens et américains de resserrer leurs liens et de ne pas baisser la garde face à la puissante Union soviétique", explique l'ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine.

 

Rien ne doit filtrer. David Rockefeller veille. Le richissime héritier de la Standard Oil est un expert en opérations spéciales. Comme il le raconte dans ses Mémoires (1), le futur patron de la Chase Manhattan Bank a fait la guerre dans le renseignement militaire, à Alger. Francophone, il a poursuivi ses activités d'espion en 1945 à Paris. Son goût du secret a imprégné l'esprit du club, dont on n'a découvert l'existence qu'au milieu des années 1960.

 

 

L'institution est véritablement sortie de l'ombre en 1976, à l'occasion d'une grande affaire de corruption qui a durablement terni son image. On a appris que le prince Bernhard monnayait son prestige pour favoriser le groupe d'armement Lockheed auprès de l'armée néerlandaise et que ses conciliabules avec les dirigeants de la firme américaine avaient notamment lieu en marge de la conférence du Bilderberg, qu'il présidait depuis vingt ans. "Ce scandale a failli tuer le club, reconnaît Thierry de Montbrial, patron de l'Institut français des Relations internationales (Ifri) et membre du Bilderberg jusqu'à aujourd'hui. On l'a sauvé en remplaçant le prince par l'ancien Premier ministre britannique, lord Home."

 

En dépit de ce passé controversé, le Bilderberg est toujours le cercle le plus sélect de l'élite transatlantique. Sa grande affaire n'est plus le communisme, mais la mondialisation et les défis qu'elle pose à l'Occident. Au sommet, on trouve un petit cénacle, le comité directeur, composé de trente personnalités du monde du grand business et de la géopolitique, celles-là mêmes qui ont dîné à Matignon.

 

"De l'entregent et une vision planétaire"

 

"Pour y être coopté, il ne suffit pas d'être patron de Coca-Cola : il faut avoir de l'entregent et une vision planétaire", explique l'avant- dernier président du Bilderberg, le flamboyant vicomte Etienne Davignon, dans son immense bureau qui surplombe la place Royale à Bruxelles. Lui-même tutoie la terre entière. Ancien commissaire européen, cet octogénaire belge toujours bronzé et courtois est administrateur d'une dizaine de multinationales. "Steevie", comme le surnomment ses amis du gotha, a siégé pendant des décennies au comité directeur du club, aux côtés de figures historiques, tels le magnat italien Giovanni Agnelli ou l'ex-secrétaire d'Etat américain Henry Kissinger, et de personnalités montantes, comme l'avocat Tom Donilon, qui deviendra conseiller de Barack Obama pour la sécurité.

 

Les trente se réunissent deux fois par an - généralement dans une capitale européenne pour parler de la situation du club et du monde. Ils en profitent pour dîner discrètement avec les dirigeants locaux ou les leaders prometteurs. En février, c'était à Rome, autour du nouveau président du Conseil italien, Mario Monti, un fidèle du Bilderberg depuis trois décennies. Il n'a fait que présenter ses réformes au club. Mais ces repas peuvent avoir une influence sur le cours des choses.

 

En novembre 2009, le comité directeur (du Groupe Bilderberg. NdCR.) se retrouve à Bruxelles. On invite le chef du gouvernement belge d'alors, Herman Van Rompuy. "Personne ne connaissait ce petit homme discret et quadrilingue, raconte "Steevie". Il nous a fait un explosé très clair. Il a défendu l'euro avec force et brio, face aux Américains incrédules."

 

Quelques jours plus tard, à la surprise générale, le "petit homme" est désigné à la présidence de l'Union européenne.

 

... En revanche, les trente n'ont pas réussi à rencontrer le futur président français, François Hollande. En novembre 2011, Henri de Castries avaient convié son camarade de l'ENA, qui venait tout juste de remporter la primaire socialiste, à plancher devant le steering committee à Paris. L'adversaire de Nicolas Sarkozy avait accepté, avant de se décommander. C'est son ami Jean-Pierre Jouyet, autre "voltairien", qui l'a remplacé au pied levé.

 

... Parce que rien ne fuite, les conversations du Bilderberg sont d'un niveau inégalé dans le monde", dit, enthousiaste, Michel Rocard.

 

Passionnante ou pas, la conférence du Bilderberg est l'occasion de se faire repérer par des hommes très puissants. ... Margaret Thatcher a été invitée dès 1975, quatre ans avant sa nomination à Downing Street. Et Bill Clinton, en 1991, quand personne ne misait sur lui. C'est l'un des piliers du club et grand argentier du Parti démocrate, Vernon Jordan, qui a repéré l'obscur gouverneur de l'Arkansas.

 

... Pour la première fois depuis 1954, le Bilderberg vient de publier sur son site la liste des participants à sa conférence annuelle qui démarre le 6 juin dans le Herfordshire, au nord de Londres. Seront présents notamment Christine Lagarde, Valérie Pécresse et... François Fillon. » (Fin de citation)

Fillon - participant de la conférence mondialiste du Club Bilderberg - 6 juin 2013 (L'Obs) http://tempsreel.nouvelobs.com/l-enquete-de-l-obs/20130606.OBS2308/ces-puissants-et-mysterieux-messieurs-du-cercle-bilderberg.html

Fillon - participant de la conférence mondialiste du Club Bilderberg - 6 juin 2013 (L'Obs) http://tempsreel.nouvelobs.com/l-enquete-de-l-obs/20130606.OBS2308/ces-puissants-et-mysterieux-messieurs-du-cercle-bilderberg.html

En 2015, lors d’un entretien télévisé pour TV-Libertés, Philippe de Villiers a évoqué une confidence qui lui avait été faite par François Fillon, participant du Bilderberg 2013, et a révélé qu'Alain Juppé avait été invité du même Club Bilderberg "l'année d'après", soit en 2014 :

 

"Ce que m'a dit un jour François Fillon ! Je lui ai dit : mais pourquoi tu vas au groupe Bilderberg? parce qu'il y est rentré et y a été agréé par le Groupe Bilderberg, de même que son ami Alain Juppé, l'année d'après.

 

Dans l'Evangile on dit il ne faut pas mettre la lumière sous le boisseau, cela vaut pour la franc-maçonnerie aussi. Pourquoi ils se cachent ces gens-là ? Pourquoi ils se cachent ?

 

Et il m'a répondu - incroyable la réponse - il m'a dit : 'que veux-tu, c'est eux qui nous gouvernent !''

 

Les élections servent-elles donc encore à quelque chose lorsque les grands candidats à l'élection présidentielle appartiennent à l'élite transatlantique, et que des conciliabules secrets choisissent pour nous les candidats qui reconnaissent eux-mêmes : "C'est eux qui nous gouvernent !'' ?

 

Dans cet entretien à Tv-Libertés mis en ligne le 22 octobre 2015, débarrassé de son statut d’homme politique, parlant sans filtre, Philippe de Villiers, a donné la réponse :

 

"Les élections ne servent plus à rien.

 

Les hommes politiques sont des clowns aujourd'hui, parce qu'ils font mine, ils mentent, le mentir vrai d'Aragon.

 

Pendant que les gens se traînent dans la misère, les hommes politiques se pavanent dans les media, dans les instances de marketing pour construire leur profil.

 

La parole politique au sens électoral, partisan, n'est plus entendue, plus écoutée. Elle est suspectée. Parce que le pouvoir n'est plus un service mais une consommation. Alors que la parole meta politique des Zemmour, Onfray, Régis Debray et tant d'autres de toutes sensibilités, elle est sollicitée, elle est accueillie, elle est guettée, elle est crue. Donc, cela veut dire qu'en fait, la politique, la vraie politique a quitté la vie politique. Tout autant que le pouvoir n'a plus le pouvoir."

 

Les enseignements à tirer

 

(1) Envoyer à l'oligarchie un message. Le vote utile

 

Le catéchisme de l'Église Catholique, dans le chapitre « des devoirs du citoyen », demande que l'on exerce le droit de vote en « soumission à l'autorité » et « coresponsabilité du bien commun

2240 La soumission à l’autorité et la coresponsabilité du bien commun exigent moralement le paiement des impôts, l’exercice du droit de vote, la défense du pays.

Catéchisme de l'Eglise catholique

Outre, qu'on a pu analyser à la suite du comte de Chambord et des royalistes revenus du mirage du suffrage universel à la fin du XIXe siècle que l'abstention peut être le moyen d'une "affirmation et une protestation éclatante" visant au Bien commun, si "les élections ne servent plus à rien", elles peuvent encore servir à envoyer à l'oligarchie un message. Comme nous l'avons écrit plus haut, lorsque les medias nous désignent un vainqueur à une élection, quand ils votent, les gens votent à l'opposé pour celui qui est le plus éloigné ou distancé du vainqueur désigné. "Prenez n'importe lequel, même le dernier, il sera toujours meilleur que le vainqueur désigné !", entendons-nous souvent dans la bouche des gens.
 

 

Voter pour le candidat le plus éloigné des desiderata des sondages devient un vote utile, qui n'est certes pas un vote de conviction, mais un moyen efficace d'éliminer les candidats nocifs, et donc de participer au Bien commun.

 

Dimanche 27 novembre, au 2e tour de la primaire des Républicains, le vote utile qui aurait aussi été un vote d'adhésion eut été non plus de voter Fillon, puisque Nicolas Sarkozy a été éliminé et Alain Juppé rétrogradé loin derrière à la deuxième place, mais de voter pour Jean-Frédéric Poisson, le candidat chrétien-démocrate qui était le seul à avoir un programme conforme à la doctrine sociale de l'Eglise parmi les candidats de la primaire "LR". Mais Jean-Frédéric Poisson a décidé se se retirer et appelle à voter pour ... François Fillon ! (Source: Jean-Frédéric Poisson: «Pourquoi j'ai décidé de soutenir François Fillon», Le Figaro, Par Emmanuel Galiero Mis à jour le 22/11/2016 à 14:28 Publié le 22/11/2016 à 13:37

 

"J'ai noté que dans son projet, il y avait deux points sur lesquels nous sommes en désaccord: sa volonté de maintenir le principe du mariage pour tous - une différence très nette entre ma vision et la sienne - et un programme économique très utralibéral. Mais pour le reste, je lui ai demandé de s'engager clairement, dans le cadre d'un accord politique sur plusieurs sujets: la politique familiale et l'accueil de la vie, la question de l'éducation et notamment la libération du choix des écoles par les parents, la lutte contre la pauvreté, le dialogue social et le service national. Sur ces cinq sujets, j'ai reçu de François Fillon, une lettre (voir ci-dessous) qui, de mon point de vue, vaut engagement et possibilités de travailler ensemble. Sa réponse est une base de travail intéressante, un accord politique satisfaisant pour que je puisse, à ce stade, lui apporter mon soutien", explique J.F. Poisson dans Le Figaro.

 

Nathalie Kosciusko-Morizet et François Copé ont appelé à voter Juppé; Bruno Le Maire, Nicolas Sarkozy et maintenant J.F. Poisson ont appelé à voter Fillon. Dans les conditions où ne restent plus en lice que les candidats nocifs du système, et que voter Fillon au second tour de cette primaire "LR" au motif qu'il serait "le moins pire" des "LR" reviendrait en réalité à accréditer une candidature du système face à celle davantage hors système de Marine Le Pen (qui s'est engagée à abroger la loi Taubira et n'a à ce jour pas participé aux réunions du Bilderberg), il n'y a plus aucun vote utile parmi "Les Républicains". On revient à la phrase de Ph. de Villiers : "Les élections ne servent plus à rien."

 

(2) Une proposition gratuite qui ne coûte rien et ferait avancer la démocratie et l'égalité de tous devant le droit : la déclaration des participants aux groupes secrets, clubs et loges maçonniques

 

Ce qui est inadmissible dans une démocratie en effet, ce n'est pas que des membres d'une association secrète choisissent ses candidats à l'élection présidentielle (c'est la liberté du droit d'association), ce qui est inadmissible c'est que les citoyens dans le cadre d'un régime qui a constitutionnalisé le principe d'"égalité", ne soient pas mis en connaissance de cause de désignations occultes, et se retrouvent donc à 99% être inégaux devant les 1% "qui nous gouvernent" (dixit F. Fillon), et qui choisissent pour nous ceux qui seront les candidats soutenus par les grands medias (c'est là ploutocratie et non démocratie)

 

Dernièrement dans un entretien à TV-Libertés, un auteur libéral, Charles Gave, dont nous ne partageons pas toutes les vues économiques ou historiques a tenu des propos très forts sur ce sujet et a proposé une mesure que nous avions nous-mêmes proposée en 2014 (ici et ), à savoir la déclaration des membres de réseaux occultes s'ils veulent faire de la politique, "ne serait-ce que pour juger en connaissance de cause" :

 

(A partir de 28:20) "Cela me paraît tout à fait évident. Le citoyen doit choisir ses hommes politiques en fonction de ce qu'ils savent de lui. Or, aujourd'hui vous avez toute une série de décisions qui sont prises ou préparées dans des réseaux qui n'ont rien à voir avec la démocratie, et on vous dit qu'on ne peut pas faire autrement. ... Ces gens-là par ailleurs - je le décris dans mon livre - chassent toujours en meute, c'est-à-dire qu'il y a des mots d'ordre qui sont donnés, disant qu'il est temps de se payer, Renaud Camus, ou n'importe qui, cela n'a pas d'importance, ces gens-là se mettront tous à chasser en meute et ils vous dévaloriseront complètement aux yeux de l'opinion publique.

 

J'ai participé à de nombreux débats. Et la façon dont cela se passe en général quand je suis dans un débat, c'est que je suis l'idiot utile, le gars qu'on fait monter-là pour se faire flinguer, et puis vous avez trois ou quatre gars qui sont contre moi et on me dit à chaque fois que ce sont des indépendants, un professeur à polytechnique, un professeur à sciences-po, etc., mais ce qu'on me dit jamais c'est qu'ils appartiennent tous au même réseau et qu'ils sont tous à Terra nova, etc.

 

Je voudrais que les gens disent d'où ils parlent, comme disaient les communistes dans le temps, et au nom de qui.

 

Tony Blair, lorsqu'il est arrivé au pouvoir, il commençait à avoir des problèmes dans les réseaux de la police ou de la justice en Angleterre. Et il a dit : « tout le monde a le droit de faire partie de tous les clubs qu'il veut, ce n'est pas mon problème, mais s'ils est dans une position de pouvoir il doit le déclarer ». Et à ce moment-là, les effectifs de la franc-maçonnerie en Angleterre ont baissé de moitié.

 

Donc encore une fois, je n'ai rien contre la franc-maçonnerie, je m'en contrefous, chacun a le droit de se déguiser comme il veut, ce n'est pas mon problème. Mais il me semble que le reste des Français devraient savoir qu'ils bouffent ensemble. Ne serait-ce que pour juger en connaissance de cause. Surtout quand votre but c'est l'égalité devant le droit et que vous savez que la moitié des juges en France font partie de ce genre de réseaux. Si vous êtes en train de plaider et qu'en face, vous avez ce genre de réseau, vous savez que vous aller perdre. Ce qui fait que ces réseaux secrets posent des problèmes très graves. Donc je ne suis pas d'un naturel révolutionnaire, mais je dis simplement que je veux que l'information soit la même pour tous." (Fin de citation)

Publié par Ingomer
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