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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 00:00

Image illustrative de l'article Vincent de PaulVincent de Paul ou Vincent Depaul, est né au village de Pouy près de Dax dans le département des Landes, le 24 avril 1581 et mort le 27 septembre 1660.

Depuis le XIXe siècle, Pouy est appelé « Saint-Vincent-de-Paul » en son honneur.

Renommé pour la charité, qu'il exerça notamment auprès des galériens - dont il était aumônier -, des enfants trouvés et des populations rurales, Vincent de Paul fut Aumônier de la reine Marguerite, épouse de Henri IV, puis curé de campagne à Clichy, précepteur des enfants du marquis de Belle-Isle, frère de l'archevêque de Paris.

Il fonda deux sociétés de vie apostolique : la Congrégation de la Mission (1625), dont les membres seront couramment appelés lazaristes (car demeurant dans le quartier Saint Lazare de Paris, l'enclos Saint-Lazare), et la Compagnie des Filles de la Charité (1633), sous la responsabilité de Louise de Marillac parmi lesquelles Marguerite Naseau, souvent connues comme les Soeurs de Saint Vincent de Paul.

Son père, témoin de sa charité et devinant sa rare intelligence, résolut de s'imposer les plus durs sacrifices pour le faire étudier et le pousser au sacerdoce : « Il sera bon prêtre, disait-il, car il a le cœur tendre. » À vingt ans, il étudie la théologie à Toulouse et reçoit bientôt le grade de docteur. 

Un an après son ordination au sacerdoce, il se rendit à Marseille pour recueillir un legs que lui laissa un de ses amis. Au retour, voyageant par mer pour se rendre à Narbonne, il fut pris par des pirates et emmené captif en Afrique (vraisemblablement en 1605). Sa captivité, d'abord très dure et accompagnée de fortes épreuves pour sa foi, se termina par la conversion de son maître, qui lui rendit la liberté.

Vincent organisa des collectes à Paris pour porter secours aux victimes des guerres de religion. Membre de la Compagnie du Saint-Sacrement, il prêcha la modération à l'égard des protestants, puis s'opposa au jansénisme.

Louis XIII voulut être assisté par lui dans ses derniers moments et mourir dans ses bras le 14 mai 1643.

Il fut ensuite nommé au "Conseil de Conscience" (Conseil de Régence pour les affaires ecclésiastiques) par la régente Anne d'Autriche dont il est également le confesseur.

Vincent fonda encore un hospice pour les personnes âgées, qui deviendra l'Hôpital de la Salpêtrière en 1657.

Vincent est béatifié par Benoît XIII, le 13 août 1729, et canonisé par Clément XII le 16 juin 1737. Actuellement son corps est exposé dans la Chapelle des Lazaristes, 95, rue de Sèvres, à Paris VIe.

 

Sources : 1, 2

Publié par Ingomer - dans Saints du jour
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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 00:00

Saint Côme et saint Damien étaient deux frères, venus d'Arabie en Cilicie (province romaine du sud de l'Asie Mineure). Ils étaient frères jumeaux.

Leur profession de médecin leur fournit l'occasion d'exercer un véritable apostolat ; car à travers les corps ils savaient voir les âmes, les toucher, les convertir. La grâce divine vint relever leur science par le don des guérisons miraculeuses : de toutes parts, on accourait à eux pour obtenir la délivrance des maux les plus invétérés et les plus incurables. Le résultat ne trompait jamais leur foi et leur confiance, et il ne se passait pas de jour sans qu'ils eussent opéré quelque cure souvent désespérée.

Auprès d'eux, les aveugles recouvraient la vue, les boiteux marchaient droit, les sourds entendaient, les estropiés étaient guéris. Leur puissance s'étendait même au-delà de ce monde visible, et, à leur voix, les démons abandonnaient leurs victimes. Tout cela, ils le faisaient par pure charité, ne recevant jamais aucune rétribution. On les avait surnommés anargyres (sans argent).

Ils passent pour guérir les animaux comme les hommes. C'est ainsi qu'ils guérirent la patte d'un chameau blessé.

À cette gloire devait se joindre celle du martyre.

Lysias, récemment nommé gouverneur de Cilicie, commença la persécution à Aegée. Il accusa Côme et Damien de séduire le peuple et de faire déserter les temples des dieux. Le préfet leur infligea une si longue et si rude flagellation, que les bourreaux n'en pouvaient plus de fatigue ; les deux martyrs bénissaient le Seigneur. À la vue d'une foule immense, ils furent précipités du haut d'un rocher dans les flots ; mais un ange plana au-dessus des eaux et transporta les martyrs au rivage. Alors Lysias leur dit : "Je vois que vous êtes très forts dans la magie; expliquez-nous cet art. - Nous sommes chrétiens, et non pas magiciens, répondirent-ils: c'est la puissance divine de Jésus-Christ qui se manifeste en nous. Devenez chrétien, et vous en ferez vous-même l'expérience". Les deux martyrs furent jetés dans une fournaise ardente ; mais ils s'y promenèrent comme sur des fleurs. On les crucifia, on les lapida, sans pouvoir les faire mourir; il fallut leur trancher la tête. Leurs trois frères Anthime, Léonce et Euprepius meurent en martyrs avec eux. L'exécution aurait eu lieu un 27 septembre, probablement en l'an 287.
Les restes des martyrs furent enterrés à Cyr, ville épiscopale de Théodoret (en Syrie). Une autre partie des reliques des saints Côme et Damien fut transportée à Rome. Le pape Félix III éleva une église en l'honneur des deux martyrs (483-492), qu'Urbain VIII embellit au dix-septième siècle. Le pape Symmaque (498-514) leur dédia un oratoire, et Félix IV (526-530) une basilique au Forum, dont les mosaïques sont parmi les plus précieux vestiges de la cité. L'empereur Justinien (527-565) restaura somptueusement la cité en leur honneur. Ayant été guéri d'une dangereuse maladie par l'intercession de Côme et Damien, en remerciement, il reconstruisit et orna leur église à Constantinople, qui devint un lieu de pélerinage.

Côme et Damien sont considérés comme les saints patrons des médecins et des chirurgiens. Il sont représentés avec une robe fourrée, un chaperon ou bonnet cylindrique de médecin, une trousse et des instruments de chirurgien. Quelques exemples d'iconographie florentine de saint Côme et saint Damien.

 

 

Sources :  1; 2; Mgr Paul Guérin, Vie des saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Saint-Etienne 2003, p. 601-602

Publié par Ingomer - dans Saints du jour
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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 00:00

Image illustrative de l'article Thècle d'IconiumSainte Thècle, née à Iconium (capitale de la Lycaonie antique en Asie Mineure, actuelle Konya en Turquie) au Ier siècle, dans une riche famille païenne, est une martyre du temps des Apôtres. Les saints pères l'ont appelée avec enthousiasme la femme apostolique, la fille aînée de saint Paul, la protomartyre parmi les femmes, comme saint Étienne fut le protomartyr parmi les hommes. L'Église orthodoxe la vénère comme égale aux apôtres. Son culte se répandit dès le IVe siècle en Occident. L'Eglise catholique en a supprimé son culte en 1969.

 

Thècle, très versée dans la philosophie, dans les sciences et dans les belles-lettres, fut convertie par saint Paul, à Iconium.

Elle voulut rester vierge et fut dénoncée comme chrétienne par le jeune homme qui aspirait à sa main. Condamnée au feu, dans l'amphithéâtre, à la demande de sa mère, elle vit Notre-Seigneur lui apparaître sous les traits de saint Paul, puis remonter au ciel comme pour lui en tracer le chemin. Pleine alors d'un courage tout nouveau, elle s'arme du signe de la croix et monte, rayonnante de joie et de beauté, sur le bûcher; bientôt les flammes l'entourent de toutes parts, mais sans la toucher, et la foule étonnée aperçoit la victime pleine de vie et priant Dieu; nouveau miracle: un nuage s'abat sur le bûcher et en éteint les flammes.

 

http://villagederocles.free.fr/pictures/stethecle.jpgBientôt Thècle put revoir l'apôtre saint Paul et être confirmée par lui dans la foi. L'ayant suivi à Antioche de Syrie, elle s'y livra à la propagation du christianisme. Un des premiers habitants de la ville, nommé Alexandre, conçut pour elle une violente passion. Thècle, au lieu de répondre à ses avances, l'humilia en public. Alexandre la dénonça au gouverneur. Elle fut bientôt accusée de nouveau et condamnée aux bêtes. On lâcha contre elle, une lionne furieuse et affamée; mais celle-ci, loin de dévorer sa victime, vint lui lécher les pieds; ni la rage de la faim, ni les excitations des bourreaux, ni les clameurs du peuple ne purent réveiller son instinct carnassier.  "La lionne, dit saint Ambroisevénéra sa proie et fut pénétrée d'une compassion dont les hommes s'étaient dépouillés."

Peu de jours après, la jeune martyre fut exposée au même supplice; on lança sur elle des lions et des ours; aussitôt la lionne qui l'avait épargnée une première fois courut vers elle et lui lécha les pieds. Un ours s'avança, mais la lionne le mit en pièces; un lion, voulut aussi se précipiter sur la victime; mais une lutte acharnée se livra entre la lionne et lui, et ils périrent tous les deux. Le préfet la fit alors jeter dans une fosse remplie de serpents. A peine y fut-elle précipitée, qu'un globe de feu consuma tous les reptiles, et la sainte fut délivrée. L'ordre fut donné d'attacher chacun de ses pieds à des taureaux furieux, pour l'écarteler; les bêtes, excitées par des aiguillons rougis au feu, bondirent en mugissant; mais les liens de la vierge se brisèrent, et elle resta sans blessure. Le préfet étonné, lui demanda l'explication de ces prodiges: "Je suis, dit-elle, la servante de Dieu, Maître de l'univers."

Thècle, rendue à la liberté, retourna dans sa patrie à Iconium pour y prêcher la foi.

Plus tard, elle se retira dans la solitude près de Séleucie où elle se serait construit un ermitage, convertissant par la parole et par ses vertus, les femmes qui venaient en foule la visiter. Elle mourut à l'âge de quatre-vingts ans et y serait enterrée.

On l'invoque pour les paralysés et les enfants qui marchent tardivement.
 

Un apocryphe, connu en copte, les Actes de Paul et Thècle, probablement du IIe siècle, qui fut largement diffusé en Orient est à l'origine de sa vénération. De nombreuses versions furent diffusées en grec, syriaque, arménien et latin, ce qui explique que nombre d'ouvrages des Pères de l'Église y fassent allusion.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/4/4d/Maaloula-VillageView.jpg/240px-Maaloula-VillageView.jpgIl existe un monastère et un sanctuaire très connu de Sainte-Thècle à Maaloula en Syrie (à 60 km au nord de Damas), où on vénère son tombeau, qui serait la grotte-ermitage où elle acheva sa vie terrestre à l'âge de 80 ou 90 ans.


La légende de sainte Thècle, dont la plupart des versions convergent, est construite autour d’un événement central.

   

Thècle, convertie par saint Paul, dut fuir les hommes envoyés par son père, resté païen et hostile à sa conversion : arrivée à Maaloula (dont une des étymologies araméennes couramment invoquées fait opportunément référence à l’idée d’ « ouverture »), la montagne se serait ouverte sur son passage (matérialisé par le fajj, défilé étroit formé par l’érosion karstique) (Annexe 19). Elle aurait ainsi trouvé refuge dans une grotte, d’où sort une source sacrée. Taqla, appelée aussi en araméen « Berikhta » (bénédiction, baraka en arabe) est une figure de la médiation religieuse, par sa présence diffuse à Maaloula : le lieu sacré de la grotte lui appartient (les religieuses veillent à ce que les pélerins se déchaussent en entrant). ... [L]e pèlerin peut légitimement espérer obtenir la baraka de la part de la Sainte, par la déambulation dans le sanctuaire, la collecte d’un peu d’eau de la source ou l’absorbtion de morceaux de coton imbibés d’huile. On vient demander à sainte Thècle la guérison du corps, que l’on soit chrétien ou musulman, comme autrefois l’avaient noté Ferrette ou Bliss, mais surtout la résolution de ses problèmes personnels [Source: Frédéric Pichon, Maaloula (XIXe-XXIe siècles). Du vieux avec du neuf, Histoire et identité d’un village chrétien de Syrie (texte intégral), note 115].

 

Statue de Sainte-Thècle à Maaloula

Le culte de sainte Thècle s’organisa essentiellement au sud de Séleucie d’Isaurie : Hagia-Thekla devint rapidement un grand centre de pèlerinage. La translation de sainte Thècle s’est sans doute effectuée par homonymie : Maaloula est parfois identifiée comme « Séleucie de Damas » à l’époque hellénistique. Toujours est-il que le prénom Taqla est d’origine araméenne. Voir Christelle Jullien, « Thècle, un prénom araméen ? À propos de l’inscription de la grotte funéraire 38 », in M. J. Steve, L’île de Khârg, une page de l’histoire du Golfe persique et du monachisme oriental, Neuchâtel, 2003, p. 51-54. [Source: F. Pichon, ibid.  (texte intégral), note 111.]


Stephen J. Davis s'est intéressé aux lieux où le culte de sainte Thècle est attesté par l'archéologie, à Séleucie, ville méridionale de la Turquie actuelle, proche de Tarse, la patrie de l'apôtre Paul et non loin d'Iconium où celui-ci a prêché. Le sanctuaire de sainte Thècle à Séleucie est agrandi à la fin du ve siècle sous l'empereur Zénon, alors que les Actes de Thècle circulent déjà indépendamment des Actes de Paul, depuis près d'un siècle déjà. Les pèlerinages organisés autour de ce sanctuaire favorisent le développement de réécritures des Actes de Paul et Thècle et la production de la Vie et des miracles de sainte Thècle. S. Davis a relevé minutieusement les éléments qui témoignent de la puissance charismatique de la sainte dans le cadre de son culte. La stature apostolique de Thècle sert à encourager aussi bien les pratiques d'ascèse, dans le monachisme, qu'à favoriser la guérison des pèlerins. (Source: Archives de Sciences sociales des religions, Editions EHESS, 136 | octobre - décembre 2006 : Stephen J. Davis, The Cult of Saint Thecla: A Tradition of Women's Piety in Late Antiquity, Oxford University Press, coll. « Oxford Early Christian Studies », Oxford 2001.)

S. Davis repère les traces de préoccupations liées à la place des femmes dans la culture chrétienne primitive, et le portrait d'ascètes itinérants.

Les Actes de Paul et Thècle illustrent un type de christianisme où les femmes sont valorisées et participent activement à la vie des communautés.


Rappelons qu'entre le 6 et le 8 septembre 2013, la ville de Maaloula dont les habitants chrétiens sont grecs-catholiques, est entrée tristement dans l'actualité après avoir été prise d'assaut par les égorgeurs amis de Laurent Fabius, à la solde de l'Arabie Saoudite et du Qatar, qui y ont détruit la statue de la Vierge Marie, bleu ciel et blanc, et renversé des croix aux sommets d'édifices religieux, dont la croix qui surmontait la coupole du monastère des Saints Serge et Bacchus.

 

Maaloula est resté l’un des derniers lieux où se parle encore l’araméen, la langue du Christ. Le 23 septembre 2013, l'armée syrienne a annoncé avoir repris le contrôle de la ville occupée par les islamistes sunnites du "front Al-Nosra".

 

En décembre 2008, le Général Michel Aoun, lors d’une visite inédite en Syrie qui avait pour thème le christianisme oriental, se rendit à Maaloula et inscrivit dans le livre d’or du couvent Saint Serge son « émotion et sa joie profonde d’avoir entendu et récité la prière du Notre Père dans la langue du Christ » (Voir l’article de Scarlett Haddad, dans le quotidien libanais L’Orient-Le Jour, « Liesse populaire : Pèlerinage religieux et accueil enthousiaste pour Aoun à Homs », 6 décembre 2008.) ... (Source: F. Pichon, ibid.)

 

Il est intéressant de noter que l'origine mythique troyenne des Maalouliens, à peu près absente dans les sources écrites et qui ne doit son existence qu’au fait que Burton (très brièvement) et Parisot plus tard la recueilleront (fin XIXe siècle, NdCR.) auprès de certains habitants non identifiés (Jean Parisot, « Traditions maalouliennes : les émigrés de Sendjar », mars-avril 1898, NdCR.), disparaît tout à fait des écrits se rapportant à Maaloula par la suite. De nos jours, cette origine mythique est ignorée de tous et n’est jamais mise en avant dans aucun discours interne, pour des raisons évidentes dans le contexte politique actuel. Maaloula a échappé à son origine troyenne [SourceFrédéric Pichon, ibid (texte intégral), paragraphe 50, http://books.openedition.org/ifpo/1621].

 

Le mythe des origines troyennes est resté très actif dans l’Europe médiévale et moderne : on ne compte plus les peuples, régions ou cités qui ont revendiqué la filiation troyenne, évidemment mythique mais porteuse de sens politique. Le cas le plus ancien étant celui de la France : ainsi dans l’Historia Francorum de Frégédaire (vers 660) et plus tard dans les Gesta regum Francorum, œuvre anonyme datant de 727, figure cette parenté qui bénéficiera d’une grande postérité littéraire. (Source et suite: F. Pichon, Maaloula (XIXe-XXIe siècles), ibid., note 145.)

 

http://www.archaeology.org/online/news/jpegs/stpaul1.jpegLe culte de Sainte-Thècle est également présent dans la fameuse "grotte (ou cave) de saint Paul" à Ephèse (Turquie) où se trouvent des fresques qui datent environ des IVe - VIe siècles.

 

Ephèse est l'une des plus anciennes et plus importantes cités grecques d'Asie Mineure, la première de l'Ionie.

 

http://www.archaeology.org/online/news/jpegs/stpaul2.jpeg

Saint-Paul et sainte Thècle, "Grotte de Saint-Paul", Ephèse (Turquie) Source: http://archive.archaeology.org/online/news/stpaul.html

 

En Egypte. Le culte de Thècle en Égypte est bien plus développée, car on ne manque pas tant de témoignages littéraires que de traces iconographiques sur des ampoules de pèlerins, des peintures à Bagawat ou des stèles tombales, dans la vallée du Nil.

 

Divers appendices iconographiques, un catalogue systématique des ampoules conservées ainsi qu'une étude des attestations de l'onomastique liée à Thècle agrémentent cette étude détaillée.

 

Dès le ive siècle, la figure de Thècle est utilisée dans les controverses théologiques au sein des monastères, et Athanase, évêque d'Alexandrie, s'en servira autant que ses adversaires pour canaliser les élans de ceux et celles qui prennent la sainte pour modèle. Les traces de pèlerinages liés à la figure de Thècle dans les environs d'Alexandrie, autour du lac Maréotis, montrent l'association de la sainte avec le culte de saint Ménas, le long de la vallée du Nil jusque dans l'oasis de Kharga. Ce chapitre utilise un maximum de sources coptes directes et illustre, abondamment, comment la dévotion à la sainte a été progressivement égyptianisée. (Source: Archives de Sciences sociales des religions, Editions EHESS, 136 | octobre - décembre 2006 : Stephen J. Davis, The Cult of Saint Thecla: A Tradition of Women's Piety in Late Antiquity, Oxford University Press, coll. « Oxford Early Christian Studies », Oxford 2001. http://assr.revues.org/3908)

 

En Occident, avec la Vierge Marie et sainte Agnès, Thècle est l'une des trois saintes qui apparaissent chaque soir pendant des mois à saint Martin, l'Apôtre des Gaules, dans son ermitage tourangeau.

 

Le truc de Saint-Bonnet-de-Chirac (942 m)Une légende raconte que Thècle aurait traversé les mers pour fuir les persécutions. Arrivée en Gaule, elle aurait franchi les Cévennes pour s'installer dans ces montagnes. Elle serait morte à Saint-Bonnet-de-Chirac, en Gévaudan et enterrée près de la fontaine qui porte son nom. Cette légende expliquerait pourquoi Thècle d'Iconium est si présente dans les vénérations du sud du Massif Central. On retrouve en effet sa présence en Lozère (crypte Sainte-Thècle à Mende, fontaine à Saint-Bonnet-de-Chirac, patronne de Rocles, ...) et en Auvergne (elle est vénérée à Chamalières où ses reliques furent conduites au VIIe siècle).

 

En Suisse, une chapelle romane lui est dédiée à Donatyre.

Sainte-Thècle est également la patrone de Tarragone en Espagne. La cathédrale lui est dédiée. À Sitges en Espagne encore, une rue porte son nom.

 

 

Sources:

 

(1); (2); (3) Mgr Paul Guérin, Vie des saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Saint-Etienne 2003, p. 593; (4) Anne Bernet, Les Chrétiens dans l'Empire romain, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 463, note 3

 

 

. Quid de la communauté chrétienne en Syrie ?

. Syrie : les “rebelles” ont pris d’assaut et saccagé le village chrétien de Maaloula

. Les "rebelles syriens" en Syrie transforment les villages conquis en abattoirs

Publié par Ingomer - dans Saints du jour
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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 20:12

Petite leçon d’histoire à l’adresse de Mgr Eychenne, Evêque de Pamiers, qui s’autorise à demander pardon au nom de l’Eglise (de quel droit ?) pour le massacre des Cathares au XIIIe siècle.

Résumons-lui les faits :

Au IIe siècle, Marcion avait affirmé qu’il existait deux dieux : celui, terrible et cruel, de l’Ancien Testament et le Dieu d’Amour du Nouveau Testament.

Au IIIe siècle, Manès reprend les enseignements de Marcion pour développer l’idée selon laquelle la matière est une création de Satan tandis que l’esprit est l’œuvre de Dieu.

Le Catharisme du XIIIe siècle sort en droite ligne de ces deux erreurs mais les aggrave : les Cathares, en effet, veulent purifier le christianisme en proie aux scandales et aux misères physiques et morales de la société grâce à une sorte de suicide collectif permettant d’échapper à l’emprise de la matière satanique. Dès le XIIe siècle, leur doctrine se répand dans les régions de Toulouse et du Lauraguais où ils sont désignés sous le nom d’ “Albigeois”. Mais on les retrouve aussi sous d’autres appellations en Bulgarie, en Aragon, dans le Brabant... où ils saccagent les églises et prennent d’assaut les villes demeurées catholiques.

Enferrés dans leurs erreurs qui deviennent des dogmes à leurs yeux, les Cathares enseignent :

- que la création matérielle est l’œuvre de Satan,

- que les misères peuvent être guéries pas la négation de la vie,

- que le mariage doit être condamné puisqu’il mène à perpétuer la race humaine,

- que le suicide est conseillé,

- que pour ne pas consolider la société, il faut éviter de travailler,

- que l’Eglise catholique romaine doit être combattue,

- que le libertinage est permis puisqu’il conduit à détruire la famille construite sur la notion de fidélité.

S’ensuivent les conséquences suivantes :

- sur le plan théologique, il est enseigné que l’Incarnation et la Résurrection ne sont que des illusions,

- sur le plan moral, la débauche prend des proportions telles que les enfants bâtards abandonnés après leur naissance ne se comptent plus et que les femmes enceintes sont accusées de porter l’enfant du démon ; parallèlement, les suicides prennent l’allure d’une véritable épidémie,

- sur le plan juridique, toutes les institutions civiles sont sapées puisqu’il ne saurait être question de prêter serment,

- sur le plan religieux enfin, en Aquitaine et en Languedoc les églises sont vides : les baptême et l’Eucharistie ne sont plus célébrés ; à l’article de la mort, le Cathare reçoit le “consolamentum” d’un adepte appelé “Parfait”. Il s’agit d’un geste qui n’a aucun sens.

Au début du XIIIe siècle, au temps de S. Dominique, les Cathares sont implantés dans une région qui va de Bordeaux à Marseille, des Pyrénées à l’Auvergne. Avec les grands seigneurs gagnés à leurs idées, ils forment une contre-Eglise qui possède sa hiérarchie, ses couvents, son culte, ses docteurs et dans laquelle on pratique la spoliation des biens ainsi que les assassinats.

Totalement terrorisé, le clergé demeuré catholique ne réagit plus.

S. Dominique, usant de douceur et de patience, remporte quelques succès qui exaspèrent les Cathares les plus fanatisés se conduisant comme des fous furieux qui pillent et tuent.

Quant à l’horrible “Croisade des Albigeois”, dont on ne rappelle généralement qu’un épisode alors qu’elle en compte trois, elle est le fait non de l’Eglise qui a usé de patience, mais de guerriers du nord de la France trop heureux d’avoir trouvé un prétexte pour régler un vieux compte de suprématie politique avec les seigneurs du Midi devenus hérétiques et menaçant pour le royaume.

 

Nous ne saurions assez conseiller à Mgr Eychenne de revoir ses cours d’Histoire et, en passant, de théologie.

Les cathares - petite leçon d'histoire
Publié par Ingomer - dans Histoire
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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 00:00

Sacristain à Ancône, en Italie, on ne connaît Constant qu'à travers des Dialogues laissés par Saint Grégoire le Grand. Constant était un sacristain de l'église Saint-Étienne d'Ancône (Italie).

 

Homme de grande foi, prenant à la lettre « la foi peut déplacer des montagnes », un jour qu'il n'avait plus d'huile pour ses lampes d'autel, il y mit de l'eau et pria. Les mèches brûlèrent toute la journée, comme si c'eût été de l'huile.

 

Dans les Marches, au Ve siècle, commémoraison de saint Constance, sacristain de l’église d’Ancône, plus illustre encore par son humilité que par ses miracles. (Martyrologe romain)

 

Sources : (1), (2), (3)

Publié par Ingomer
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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 00:00

 Le martyre de saint Maurice par Le Greco

 

Le 22 septembre 286 vit un spectacle à la fois sublime et épouvantable: une légion romaine entière, général en tête, immolée par un barbare empereur pour n'avoir pas voulu renoncer à Jésus-Christ. Cette légion était la légion Thébaine; ce général, saint Maurice, et ce tyran, Maximien.

La légion Thébaine portait ce nom parce qu'elle avait été recrutée en Thébaïde. Elle fut du nombre de celles que l'empereur emmena combattre la Gaule en révolte. Après le passage des alpes, un sacrifice solennel fut ordonné. La légion chrétienne, ne voulant pas y prendre part, et apprenant qu'elle allait être employée pour persécuter des frères chrétiens, se retira près du lieu appelé aujourd'hui Saint-Maurice-d'Agaune (Valais Suisse). L'empereur les enjoignit de se réunir à l'armée pour la fête. Mais Maurice et ses compagnons coptes  venus de Thèbes (Égypte), se rappelant qu'il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, se virent dans la triste nécessité de désobéir.

Cette désobéissance, n'était pas, pour ces braves soldats, vainqueurs sur vingt champs de bataille, un acte de félonie, mais un acte d'héroïque loyauté. Aussitôt le prince barbare donna l'ordre de décimer la légion. À voir ce bataillon de six mille hommes rangés en ordre de combat, ayant à sa tête Maurice, à cheval, avec ses brillants officiers, Exupère, Maurice et Candide, il semble qu'on eût pu craindre une résistance par la force; mais non, les disciples de Jésus-Christ ne cherchaient et n'attendaient qu'une victoire pacifique, la victoire sur le monde, et la conquête du ciel par le martyre. Les noms des soldats sont jetés dans les casques des centurions; six cents sur six mille vont périr; les victimes désignées embrassent leurs camarades, qui les encouragent; bientôt le sacrifice est consommé, et la plaine ruisselle du sang des martyrs.

 

Saint Maurice comme soldat égyptien, cathédrale de Magdebourg (Dom St. Mauritius), ca. 1250
Les survivants persistent à se déclarer chrétiens, et la boucherie recommence; six cents nouveaux élus rougissent de leur sang les rives du Rhône. Les autres sauront mourir jusqu'au dernier; mais ils envoient au tyran un message avec une lettre admirable: "Empereur, nous sommes vos soldats; nous sommes prêts à combattre les ennemis de l'empire; mais nous sommes aussi chrétiens, et nous devons fidélité au vrai Dieu. Nous ne sommes pas des révoltés, nous aimons mieux être des victimes que des bourreaux: mieux vaut pour nous mourir innocents que de vivre coupables." Maximien, désespérant d'ébranler leur constance, les fit massacrer tous en masse.

Une basilique fut élevée par Saint Théodore dès le IVème siècle, puis une abbaye y fut créée.

Son culte se répandit en Suisse, en Savoie et dans les régions voisines. Dès l'origine de leur dynastie, les comtes et les duc de Savoie ont déclaré Saint Maurice protecteur de leurs Etats. A la fin du IVème siècle, les reliques furent déplacées à Angers, il devint ainsi titulaire de la cathédrale et patron du diocèse.


Autres saints militaires engagés dans l'armée romaine (non exhaustif): Saint Victor, Saint Georges, Saint Sébastien, Saint Martin de Tours, Saint Ferréol.

 

Sources: (1), (2)

Publié par Ingomer - dans Saints du jour
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21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 00:00

Saint Matthieu était probablement galiléen de naissance. Il exerçait la profession de publicain ou de receveur des tributs pour les romains, profession très odieuse parmi les juifs. Son nom fut d'abord Lévi. Il était à son bureau, près du lac de Génésareth, où apparemment il recevait le droit de péage, lorsque Jésus-Christ l'aperçut et l'appela. Sa place était avantageuse; mais aucune considération ne l'arrêta, et il se mit aussitôt à la suite du sauveur. Celui qui l'appelait par sa parole le touchait en même temps par l'action intérieure de sa grâce.

 

Lévi, appelé Matthieu après sa conversion, invita Jésus-Christ et ses disciples à manger chez lui; il appela même au festin ses amis, espérant sans doute que les entretiens de Jésus les attireraient aussi à Lui. C'est à cette occasion que les pharisiens dirent aux disciples du sauveur: "Pourquoi votre maître mange-t-Il avec les publicains et les pécheurs? " Et Jésus, entendant leurs murmures, répondit : "Les médecins sont pour les malades et non pour ceux qui sont en bonne santé. Sachez-le donc bien, je veux la miséricorde et non le sacrifice; car je suis venu appeler, non les justes, mais les pécheurs."

 

Après l'Ascension, saint Matthieu convertit un grand nombre d'âmes en Judée; puis il alla prêcher en Orient, où il souffrit le martyr. Il est le premier qui ait écrit l'histoire de Notre-Seigneur et sa doctrine, renfermées dans l'évangile qui porte son nom. – On remarque, dans l'évangile de saint Matthieu, qu'il se nomme le publicain, par humilité, aveu touchant, et qui nous montre bien le disciple fidèle de celui qui a dit: "Apprenez de moi que je suis doux et humble de coeur."

 

On croit qu'il évangélisa l'Éthiopie. Là, il se rendit populaire par un miracle: il fit le signe de la croix sur deux dragons très redoutés, les rendit doux comme des agneaux et leur commanda de s'enfuir dans leurs repaires.

 

Ce fut le signal de la conversion d'un grand nombre. La résurrection du fils du roi, au nom de Jésus-Christ, produisit un effet plus grand encore et fut la cause de la conversion de la maison royale et de tout le pays.

 

On attribue à saint Matthieu l'institution du premier couvent des vierges. C'est en défendant contre les atteintes d'un prince une vierge consacrée au Seigneur, que le saint apôtre reçut le coup de la mort sur les marches de l'autel.

 

 

Sources: 1, 2

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 00:00
Notre-Dame de la Salette avec les deux enfants, ensemble statuaire sur le site même de l'apparition

Notre-Dame de la Salette avec les deux enfants, ensemble statuaire sur le site même de l'apparition

Le 19 septembre 1846, sur les pentes du mont Planeau à près de 1800 m, en haut du village de La Salette-Fallavaux, près de Corps (Isère), deux enfants bergers, Mélanie et Maximin, illettrés et pauvres jouent à faire un paradis avec les fleurs de la montagne. Après avoir partagé un frugal repas vers midi ils s'endorment au soleil, puis recherchent leurs vaches éloignées et voient une grande clarté, une sorte de globe de feu tournoyé d'un éclat insoutenable. Dans la lumière apparaît une femme assise sur une pierre dans le paradis des enfants, les coudes sur les genoux, les mains lui couvrant le visage. Elle pleure. Elle ressemble, au dire de Maximin, à une pauvre mère que ses fils auraient battue. « Avancez, mes enfants, n'ayez point peur. Je suis ici pour vous conter une grande nouvelle. » Se levant elle ressemble à une servante (bonnet, fichu, tablier) qui serait reine. Sa tête s'orne d'un diadème de rayons, sa robe est pailletée d'étoiles. Elle cache les mains dans ses manches, serrant contre elle le crucifix vivant qu'elle porte sur la poitrine suspendue à une chaîne. Aux extrémités de la traverse de la croix sont visibles un marteau et des tenailles entrouvertes. Elle porte une guirlande de roses jouxtant une chaîne sur ses épaules. Elle pleure abondamment.

 

La Dame leur parle « Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils : il est si fort et si pesant que je ne puis le maintenir. Depuis le temps que je souffre pour vous autres... vous n'en faites pas de cas. » Elle indique les deux choses qui appesantissent le bras de son Fils : le travail du dimanche et les jurons grossiers des charretiers. Elle se plaint des gens qui manquent la messe... Viendront des châtiments divins redoutables pour les paysans : pommes gâtées, semences mangées par les bêtes, blés en poussière, noix mauvaises, raisins pourris... famines... convulsions de petits enfants, qui se sont réalisés. Pourtant la Dame promet la prospérité si les cœurs changent. « S'ils se convertissent, les pierres et les rochers se changeront en monceaux de blé et les pommes de terre se trouveront ensemencées par les terres. » « Se convertir, c'est déclouer Jésus de sur la croix » dira le Curé d'Ars.

 

Elle interroge ensuite les enfants « Faites-vous bien votre prière ? » et leur recommande de la faire soir et matin. La Vierge Marie leur montre la chaîne qui, un jour, doit enchaîner Satan, c'est le collier de roses, le rosaire qui doit lier l'ennemi. À la Salette elle vient leur apprendre que seul le chapelet donnera la victoire.

 

Après leur avoir confié un secret à chacun des enfants, la Vierge Marie, ses pieds ne touchant plus terre leur dit et redit « Mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple. »

 

Sanctuaire Notre Dame de la Salette

Le Sanctuaire Notre Dame de la Salette est situé aux confins du département de l’Isère, au dessus du village de Corps (entre La Mure et Gap) à 1787 m d’altitude.

 

Il est le deuxième lieu de pélerinage de France après Lourdes. De nombreux pèlerinages sont organisés (on peut coucher à l'hôtellerie), les principaux ayant lieu le 15 août et le 19 septembre.

File:Panorama LaSalette.jpg

 

File:Bois-Colombes Vitrail La Salette.JPG

Apparition de la Vierge - Vitrail (1901) de l'église de Bois-Colombes

 

Source: 1, 2

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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 13:00
Le célèbre exorciste Gabriele Amorth est décédé à l'âge de 91 ans

Auteur de plusieurs livres sur l'exorcisme, le prêtre romain a réuni des combattants du diable dans le monde entier

 

Le 16 septembre 2016

 

"Le Père Gabriele Amorth, peut-être l'exorciste catholique le plus connu dans le monde, est décédé à l'âge de 91 ans, selon les médias italiens.

 

Le Père Amorth, qui a souvent fait les manchettes au-delà du diocèse de Rome, où il était l'exorciste officiel, avait été hospitalisé pendant plusieurs semaines en raison des complications d'une pneumonie à l'hôpital... selon la Corriere delle Sera.

 

Né à Modène le 1er mai 1925, le Père Amorth a rejoint la Société de Saint-Paul à Alba en 1947, et a été ordonné à Rome en 1951. En 1985, il a été nommé exorciste du diocèse de Rome par le Cardinal Ugo Poletti.

 

Il a réalisé 70.000 exorcisme environ, répétant souvent le rite sur les mêmes personnes, a noté CNA.

 

En mai 2013, il déclara à CNA que le pape François a réalisé un exorcisme sur la Place St Pierre sur un homme, réputé possédé, en utilisant une prière de délivrance au lieu du rite ordinaire.

 

Au fil des ans, le Père Amorth a publié plusieurs livres, dont Un Exociste raconte son histoire; Mémoire d'un exorciste: Ma vie combattant Satan; Un Exorciste : D'autres histoires; et Un Exorciste explique le démon : l'Antiquité de Satan et son armée d'anges perdus.

 

Il a conseillé que la bataille contre Satan commence dans la famille. La raison pour laquelle plusieurs individus deviennent mauvais est souvent parce beaucoup de jeunes "vivent sans savoir que le fait d'être enfant est sacré", et cependant ne savent pas ce que cela signifie être un bon père ou mère, dit-il.

 

En 1991, il a fondé l'Association internationale des exorcistes.

 

He performed an estimated 70,000 exorcisms, often repeating the rite on the same persons, CNA noted. - See more at: http://aleteia.org/2016/09/16/romes-celebrated-exorcist-gabriele-amorth-is-dead-at-age-91/?utm_source=Facebook&utm_medium=aleteia_en&utm_campaign=english_page#link_time=14740602

Le 8 septembre, le Père Amorth avait reçu la "Médaille de la Libération" des mains du préfet de Rome, Paola Baseline, en présence du ministre de la Défense Roberta Pinotti pour l'important rôle qu'il joua comme partisan en Emilie après le 8 septembre 1943."

 

Source : Aleteia.org

via Le Forum catholique

 

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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 00:00
Sainte Édith, fille d'Edgar, roi des Angles, abbesse de Wilton (961-984)

Moniale à Wilton, à quelques kilomètres à l’ouest de Salisbury, dans le Wiltshire, fille du roi anglo-saxon saint Edgar le Pacifique (944-975) et de sainte Wilfride (Wilfrida), elle passa sa vie brève à l’abbaye de Wilton, où sa mère était abbesse. (1) Lorsqu'elle mourut, âgée de vingt-trois ans, elle fut aussitôt placée sur les autels et dans les calendriers de son pays. (2)

 

Fille naturelle d'Edgar le Pacifique, roi des Angles, Édith vint au monde en 961. Ce prince l'avait eue d'une dame illustre par sa naissance, qu'il avait enlevée, et qui se nommait Wulfride ou Wilfrith. Sa femme étant morte, il voulut épouser celle qu'il avait déshonorée; mais Wulfride ne voulut point y consentir, et alla même prendre le voile dans le monastère de Wilton, dont elle devint abbesse peu de temps après. Elle voulut se charger elle-même du soin d'élever Édith, sa fille, qui par là fut arrachée à la corruption du monde, avant d'en avoir ressenti les effets. C'est ce qui a fait dire au rédacteur du martyrologe romain, en parlant de notre Sainte, que, «s'étant consacrée à Dieu dès son enfance, elle avait moins quitté le monde qu'elle ne l'avait ignoré»: ignorance infiniment précieuse, et qui est le plus sûr moyen de vivre dans une parfaite innocence. (3)

 

La jeune princesse profita si bien des exemples et des instructions de sa mère, qu'elle se fit religieuse dans le même monastère. Elle faisait l'office de Marthe à l'égard de toutes les religieuses et des externes, et les fonctions de Marie à l'égard de Notre-Seigneur; car, sans considérer sa naissance, elle s'appliquait aux plus vils ministères de la maison, assistait les malades, et se faisait la servante des étrangers et des pauvres. Elle fonda pour eux, près de son monastère un hôpital pour en entretenir toujours treize. Secourant de ses aumônes et de ses soins ceux qu'elle savait être dans l'indigence, elle cherchait les affligés pour leur donner de la consolation, et aimait mieux converser avec les lépreux, qui sont abandonnés de tout le monde, qu'avec les premiers princes du royaume. Plus les personnes étaient rebutées des autres à cause de leurs infirmités, plus elles étaient bienvenues auprès d'elle; en un mot, Édith était incomparable dans son zèle à rendre service à son prochain. L'abstinence faisait ses plus grandes délices, et elle fuyait autant les viandes délicates que les autres les recherchent avec empressement, joignant à cette mortification celle d'un rude cilice qu'elle portait sur sa chair nue, afin de réprimer de bonne heure les mouvements de la nature. Telle fut la vie de cette jeune princesse jusqu'à l'âge de quinze ans.

 

Le roi informé de tant de belles qualités de sa fille, voulut la faire abbesse de trois monastères; mais elle le remercia, et se contenta de lui proposer pour cela des religieuses que son humilité lui faisait juger beaucoup plus capables qu'elle d'occuper ces places. Elle ne put se résoudre à quitter une maison où elle avait déjà reçu tant de grâces; elle aima mieux obéir que commander, et demeurer sous la conduite de sa mère, que d'être chargée de la conduite des autres. Mais son humilité parut bien davantage lorsqu'elle refusa la couronne d'Angleterre; car après la mort de saint Édouard II que l'Église honore comme un martyr, les seigneurs vinrent la trouver pour lui présenter le sceptre, et employèrent toutes les raisons possibles, et même tentèrent les voies de la violence pour l'obliger de l'accepter. Elle leur résista toujours généreusement, et l'on aurait plutôt transmué les métaux, dit son historien, que de la retirer de son cloître, et de lui faire quitter la résolution qu'elle avait prise d'être toute sa vie dévouée au service de Dieu.

 

Elle avait fait bâtir une église en l'honneur de saint Denis; elle pria saint Dunstan d'en faire la dédicace. Pendant la solennité de la messe, ce saint prélat eut la révélation que la mort de la jeune princesse, qui n'avait encore que vingt trois ans, arriverait au bout de quarante jours. Cette nouvelle attendrit son coeur et tira de ses yeux des torrents de larmes: «Hélas!» dit-il à son diacre qui lui demanda le sujet de sa tristesse, «nous perdrons bientôt notre bien-aimée Édith; le monde n'est plus digne de la posséder. Elle a, en peu d'années, acheté la couronne qui lui est préparée dans les cieux. Sa ferveur condamne notre lâcheté; notre vieillesse n'a pu encore mériter cette grâce; elle va jouir des clartés éternelles, et nous demeurons toujours sur la terre dans les ténèbres et les ombres de la mort». S'étant aperçu, durant la cérémonie, que la Sainte faisait souvent le signe de la croix sur le front, il dit aussi par un esprit de prophétie: «Dieu ne permettra pas que ce pouce périsse jamais».

 

L'événement vérifia l'une et l'autre de ces deux prédictions; car, au bout de quarante jours, le 16 septembre 984, elle rendit son âme dans la même église, entre les mains des anges, qui honorèrent son décès de leur présence et d'une mélodie céleste; et ce même pouce, dont elle s'était tant de fois servie pour former sur elle le signe de la croix, fut trouvé treize ans après sa mort sans aucune marque de corruption, quoique tout le reste de son corps fût presque entièrement réduit en cendres. Cette église de Saint-Denis, qu'elle avait souvent visitée et arrosée de ses larmes pendant sa vie, lui servit de sépulture. Trente jours après son décès, elle apparut à sa mère avec un visage serein et tout lumineux, lui disant que le Roi des anges, son cher Époux, l'avait mise dans Sa gloire; que Satan avait fait tout ce qu'il avait pu pour l'empêcher d'y entrer, en l'accusant devant Dieu de plusieurs fautes; mais que, par le secours des saints Apôtres, et par la vertu de la croix de son Sauveur Jésus, elle lui avait écrasé la tête, et, en triomphant de sa malice, l'avait envoyé dans les enfers.

 

Plusieurs miracles ont été opérés par ses mérites. Nous rapporterons seulement l'exemple suivant, qui montre combien pèchent ceux qui usurpent les biens de l'Église. Un homme s'étant approprié une terre de sainte Édith, tomba tout à coup malade, qu'on le crut mort sans avoir eu le temps de faire pénitence. Mais un peu après, étant revenu à lui, il dit aux assistants: «Ah! mes amis, ayez pitié de moi et secourez-moi par la ferveur de vos prières; l'indignation de sainte Édith contre moi est si grande que, pour me punir de l'usurpation que j'ai faite d'une terre qui lui appartenait, elle chasse mon âme malheureuse du ciel et de la terre. Il faut que je meure, et cependant je ne puis mourir. Je veux réparer mon injustice, et restituer à l'Église le bien que je lui ai ravi». Il n'eut pas plus tôt témoigné cette bonne volonté, qu'il expira paisiblement. On la représente tenant d'une main une bourse, et de l'autre une pièce de monnaie, pour marquer son grand amour pour les pauvres.

Sources: 1, 2, 3

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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 00:00

On sait que Marie est la plus affligée des mères, qu'elle a souffert au delà de toute mesure, que sa vie s'est passée dans les larmes, que son cœur a été percé de mille glaives de douleur, que son âme est demeurée pendant plus de soixante ans sous le poids des plus grandes tribulations.

Et presque personne ne s'en souvient, ne le remarque, ne s'en affecte et en fait l'objet de son amour, ce qui ravirait assurément l'amour filial du Cœur sacré de son Fils, le Cœur de Dieu.

S.M. Ledoux, de l’ordre des servites. (1888) [1]

La "Mère Pleurante" de Warfhuizen

La "Mère Pleurante" de Warfhuizen

Notre-Dame des Douleurs (ou Notre-Dame des sept Douleurs), invoquée en latin comme Beata Maria Virgo Perdolens, ou Mater Dolorosa, est l'un des nombreux titres par lesquels l'Église catholique vénère la Vierge Marie, mère de Jésus. Le titre souligne l’association de la mère à la souffrance de son fils. Les "sept douleurs" font référence aux événements, relatés dans les évangiles, qui firent souffrir la mère de Jésus dans la mesure où elle accompagnait son fils dans sa mission de Rédempteur. [2]

 

Le 15 septembre (depuis la rénovation liturgique du pape saint Pie X en 1914), la Liturgie de l'Église nous invite à faire mémoire des douleurs de la Vierge Marie.

 

"Votre peine, Vierge sacrée, a été la plus grande qu'une pure créature ait jamais endurée ; car toutes les cruautés que nous lisons que l'on a fait subir aux martyrs, ont été légères et comme rien en comparaison de votre douleur. Elle a été si grande et si immense, qu'elle a crucifié toutes vos entrailles et a pénétré jusque dans les plus secrets replis de votre cœur. Pour moi, ma très pieuse Maîtresse, je suis persuadé que vous n'auriez jamais pu en souffrir la violence sans mourir, si l'esprit de vie de votre aimable Fils, pour lequel vous souffriez de si grands tourments, ne vous avait soutenue et fortifiée par sa puissance infinie" (Saint Anselme - "De l'exercice de la Vierge", I, 5)

 

L'Église honore les incomparables douleurs de la Vierge Marie, spécialement celles qu'elle ressentit au pied de la Croix au moment de la consommation du mystère de notre Rédemption. Après s'être concentrée sur le déchirement de l'âme de Marie au jour de la Passion de son divin Fils, jour où ses souffrances atteignirent leur maximum d'intensité, la piété des fidèles s'est étendue à d'autres douleurs que la divine Mère éprouva à différentes occasions de sa très sainte vie.

 

Pour illustrer les douleurs de la Vierge Mère, les peintres représentent son cœur perçé de sept glaives, symbole des sept douleurs principales de la Mère de Dieu, qui la couronnèrent comme reine des Martyrs. Voici la liste de ces sept douleurs dont le souvenir est cher aux enfants de Marie :

 

1. La prophétie du saint vieillard Syméon : "Syméon les bénit, puis il dit à Marie, sa mère : Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. - Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée. - Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d'un grand nombre." (Luc, 2, 34-35)

2. La fuite de la Sainte Famille en Égypte (Matthieu, 2, 13-21)

3. La disparition de Jésus pendant trois jours au Temple (Luc, 2, 41-51)

4. La rencontre de la Vierge Marie et Jésus sur la via crucis (Luc, 23, 27-31)

5. Marie contemplant la souffrance et la mort de Jésus sur la Croix (Jean, 19, 25-27)

6. La Vierge Marie accueille son Fils mort dans ses bras lors de la déposition de la croix.

7. La Vierge Marie abandonne le corps de son divin Fils lors de la mise au tombeau.

 

Contemplons donc dans les bras de la Vierge Marie, l'Homme-Dieu crucifié à cause de nos iniquités et compatissons aux douleurs excessives de notre Mère du Ciel. Joignons nos larmes aux siennes et détestons nos péchés qui ayant provoqué la mort de son divin Fils, ont également été la cause de son intime martyre. Prions-la de nous obtenir du Sauveur les grâces nécessaires pour profiter de ses exemples et imiter ses vertus lorsqu'Il lui plaira de nous faire part de ses humiliations, de ses douleurs et de sa croix. [3]

Mater Dolorosa vue de la Croix par Jésus (tableau de Tissot)

Mater Dolorosa vue de la Croix par Jésus (tableau de Tissot)

On trouve les premières traces de la dévotion aux douleurs de la Vierge, à la fin du XI° siècle, particulièrement dans les écrits de saint Pierre Damien (+1072), de saint Anselme (+ 1109), d’Eadmer de Cantorbéry (+ 1124), de saint Bernard (+ 1153) et de moines bénédictins et cisterciens qui méditent le passage de l'Evangile qui montre Marie et Jean au pied de la Croix. [4]

 

Le culte de la Mater Dolorosa apparaît officiellement en 1221, au Monastère de Schönau, en Allemagne. En 1239, dans le diocèse de Florence en Italie, l'Ordre des Servites de Marie (Ordo Servita), dont la spiritualité est très attachée à la Sainte Vierge, fixe la fête de Notre-Dame des douleurs au 15 septembre.

 

Saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de JésusLa dévotion ne fit que croître. Saint Ignace de Loyola avait un culte particulier à l’image connue sous le nom de Notre-Dame du Cœur ; de 1603 à 1881, sans compter les traités, les panégyrique et les méditations, les Jésuites ne publièrent pas moins de quatre-vingt-douze ouvrages sur cette dévotion aux douleurs de Marie. En 1617, Antoinette d’Orléans, aidée par le P. Joseph, fonda les Bénédictines de Notre-Dame du Calvaire (les Filles du Calvaire).

 

Sous ce vocable (Notre-Dame des Douleurs), la Sainte Vierge est la patronne la Congrégation de la Sainte-Croix, de la Slovaquie, de la région italienne du Molise, de l'État du Mississippi, de plusieurs villes des Philippines et des communes italiennes d'Accumoli, Ressort di Bari, Paroldo et Villanova Mondovì. Au Québec, un petit village, Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, porte aussi son nom. De plus, au Portugal où son culte est particulièrement répandu, un grand nombre de paroisses sont consacrées au vocable latin de la mère des douleurs (comme Poço do Canto).

Mater dolorosa - Icône russe (XIXe siècle) - Ymyagchenie zlix serdec

Mater dolorosa - Icône russe (XIXe siècle) - Ymyagchenie zlix serdec

Sources: 1, 2, 3, 4

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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 07:51

L'organisation Etat islamique s'est implantée (en Libye) et des réseaux de passeurs se servent des côtes libyennes pour envoyer des dizaines de milliers de migrants vers une traversée périlleuse de la Méditerranée à destination de l'Europe.

GB-Rapport parlementaire critique sur l'intervention en Libye, Reuters le 14/09/2016 à 02:53

Rapport parlementaire britannique critique sur l'intervention en Libye

La Grande-Bretagne et la France ont mené en 2011 une campagne de bombardements aériens en Libye qui a conduit au renversement Mouammar Khadafi, confronté à une rébellion armée.

 

Or, à l'instar de l'intervention occidentale contre l'Irak de Sadam Hussein en 2003 basée sur le mensonge du secrétaire d'Etat américain Colin Powell, "trompé" par la CIA à propos des armes de destruction massive détenues par l'Irak [1], là aussi, l'intervention militaire de la Grande-Bretagne en Libye en 2011, aux côtés de la France de Nicolas Sarkozy, a été lancée à partir d'une interprétation erronée des services de renseignements et l'intervention militaire britannique "a accéléré l'effondrement politique et économique de ce pays." C'est ce qu'affirment aujourd'hui des députés britanniques dans un rapport accablant pour l'ancien Premier ministre, David Cameron. [2]

 

L'intervention militaire britannique était basée sur des "postulats erronés" [3] et "sur une analyse partielle des preuves". Plusieurs erreurs ont été commises dans la décision britannique d'intervenir militairement avec la France pour protéger les civils réprimés par le "dictateur" Mouammar Kadhafi.

 

D'abord, le gouvernement britannique "n'a pas pu vérifier la menace réelle que le régime Kadhafi faisait peser sur les civils". Il a "échoué à identifier les factions islamistes radicales au sein de la rébellion", écrivent les parlementaires dans leur rapport.

 

Ensuite, "au lieu de se focaliser exclusivement sur le changement de régime par des moyens militaires", ["un engagement politique"] "aurait pu permettre de protéger la population civile, de changer et de réformer le régime à un coût moindre pour le Royaume-Uni et la Libye", explique le président de la commission des Affaires étrangères, Crispin Blunt.

 

Rappelons que le dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, est mort dans des conditions atroces, jeudi 20 octobre 2011 à Syrte, après avoir été blessé lors du bombardement par des avions français et un drones américain, puis récupéré au sol par les alliés islamistes, avant d’être lynché et abattu d’une balle dans la tête, comme dans les pires dictatures, sans autre forme de procès.

 

Dans un article du 20 octobre 2011, le journal Le Monde a donné cette information: "[L]e convoi "de plusieurs dizaines de véhicules" dans lequel se trouvait Mouammar Kadhafi a été bombardé par les forces de l'OTAN non loin de Syrte. Le ministre de la défense français, Gérard Longuet, a indiqué que l'aviation française avait identifié et "stoppé" la colonne dans laquelle se trouvait Kadhafi, mais précise que les tirs ne l'ont pas détruite. Les tirs français auraient divisé la colonne, et une fraction des véhicules aurait ensuite affronté des hommes du CNT. Les Etats-Unis ont assuré qu'un drone avait également participé à l'opération." [4 Le Monde]

 

Cette version est confirmée par une vidéo diffusée par les chaînes Al-Jazira et Al-Arabiya, montrant un Mouammar Kadhafi, visiblement vivant, aux mains d'hommes du CNT, hagard et le visage ensanglanté, en train d'être malmené et frappé par les combattants rebelles. L'ONG "Human Rights Watch" qui accorde foi à cette version, a publié le 17 octobre 2012 un rapport accablant [5] estimant que Kadhafi a été exécuté, l'anus poignardé avec une baïonnette, après sa capture (et non tué dans "un échange de tirs" comme l'a annoncé Mahmoud Jibri, le numéro deux du "Conseil National de Transition") [6 Le Figaro]. L'ONG dénonce également une soixantaine d'exécutions sommaires perpétrées

 

Une demi-décennie après la chute et la mort de Kadhafi, le chaos continue de régner en Libye. L'Etat islamique s'est implanté

 

Le pays reste sans autorité centrale capable de s'imposer à l'ensemble du pays. Le gouvernement d'union nationale (GNA), soutenu par l'ONU, peine à asseoir son autorité sur l'ensemble du pays depuis son installation en mars à Tripoli.

 

Les anciens rebelles continuent de s'affronter.

 

L'organisation Etat islamique s'est implantée et des réseaux de passeurs se servent des côtes libyennes pour envoyer des dizaines de milliers de migrants vers une traversée périlleuse de la Méditerranée à destination de l'Europe...

 

La commission parlementaire britannique affirme que David Cameron, qui a démissionné en juin dernier, a joué un rôle "décisif" dans la décision d'intervenir militairement en Libye et qu'il doit de ce fait en porter la "responsabilité ultime" car son gouvernement n'est pas parvenu à voir dans les rapports des services de renseignement que la menace contre les civils était exagérée et que la rébellion comprenait une importante composante islamiste. Il manquait aussi un plan pour l'après-intervention, jugent les députés britanniques.

 

"Notre manque de compréhension de la capacité institutionnelle du pays a fait obstacle aux progrès de la Libye pour instaurer la sécurité sur le terrain et absorber les ressources financières et autres en provenance de la communauté internationale", dit Crispin Blunt.

 

Dans une interview publiée en avril par le magazine The Atlantic, le président américain Barack Obama avait déjà en partie imputé le chaos libyen à un manque de "suivi" de la part de la Grande-Bretagne et de la France après leur intervention de 2011.

 

Lors d'un entretien avec les ouvriers de l'usine de Votkinsk (Oudmourtie, Oural) en mars 2011, le président russe Vladimir Poutine, de son côté, avait vivement critiqué la résolution du Conseil de sécurité de l'Onu sur la Libye qui évoquait "un appel à la croisade, qui autorise l'invasion d'un pays souverain".

 

Chez nous en France, y aura-t-il une commission d'enquête parlementaire pour accuser le président Nicolas Sarkozy et son gouvernement d'avoir soutenu l'intervention en Libye et d'avoir eu un rôle majeur dans le chaos libyen et l'arrivée massive des "migrants" en Europe en 2015 ?

Notes

 

(1) On se rappelle qu'en 2003 Colin Powell, le secrétaire d'État des États-Unis, tint une capsule d'anthrax, lors d'une session du Conseil de sécurité des Nations unies, en prétendant que l'Irak était susceptible de posséder des armes de destruction massive. Dans un entretien en 2013, il déclara au sujet des armes de destruction massive en Irak, que "Saddam Hussein (...) n'en possédait pas un gramme" et que la CIA l'avait "trompé" (Vincent Jauvert, "EXCLUSIF. Colin Powell : comment la CIA m'a trompé", Le nouvel Observateur,‎ 3 mars 2013)

(2) Rapport parlementaire critique sur l'intervention en Libye, Boursorama, Reuters le 14/09/2016 à 02:53

(3) Libye: un rapport parlementaire britannique dénonce l'intervention de 2011, LaLibre.be, Publié le 14 septembre 2016 à 03h23

(4) Ce que l'on sait des circonstances de la mort de Kadhafi, Le Monde.fr avec AFP et Reuters Le 20.10.2011 à 13h11 • Mis à jour le 20.10.2011 à 22h0

(5) Comment est vraiment mort Kadhafi, Frédéric Pons, Valeurs actuelles, 25 octobre 2012

(6) Kadhafi et un de ses fils auraient bien été exécutés, Le Figaro, Par Tristan Vey , AFP, AP, Reuters Agences Mis à jour le 17/10/2012 à 15:35 Publié le 17/10/2012 à 12:40

14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 00:00
Les Très Riches Heures du duc de Berry, Folio 193r - The Exaltation of the Cross the Musée Condé, Chantilly.

Les Très Riches Heures du duc de Berry, Folio 193r - The Exaltation of the Cross the Musée Condé, Chantilly.

La Fête de l'Exaltation de la Croix célébrée dans l'Église catholique romaine et dans l'Église orthodoxe remonte à la "dédicace de Constantinople", peu après la fondation de la ville par Constantin 1er.

 

La ville de Constantinople détenait une relique de la Vraie Croix qui avait été découverte à Jérusalem par sainte Hélène, la mère de l'empereur Constantin, lors de son pélerinage de 325 sur l'emplacement du Golgotha, le lieu où le Christ fut crucifié et mis au tombeau. L'habitude fut prise par la suite chaque année d'organiser une grande procession à travers la ville, avec ostension de la relique.

 

Plus tard, en 613 les Parthes Sassanides s’emparèrent de tout le Moyen-Orient (Syrie, Palestine, Egypte). En 614, ils avaient pris Jérusalem et emporté la relique de la Croix à Jérusalem. L'empereur romain d'Orient Heraclius lança alors une formidable contre-offensive en 622, en Palestine, d'où il parvint à chasser les Parthes, ainsi que de toute l'Asie Mineure (Turquie actuelle), de l'Egypte et de la Syrie.

 

En 630, Héraclius résolut de reconquérir la relique de la Vraie Croix à Jérusalem. Avant de quitter Constantinople, il vint à l'église les pieds chaussés de noir, en esprit de pénitence ; il se prosterna devant l'autel et pria Dieu de seconder son courage ; enfin il emporta avec lui une image miraculeuse du Sauveur, bien décidé à combattre avec elle jusqu'à la mort. Le Ciel aida sensiblement le vaillant empereur : son armée courut de victoire en victoire ; une des conditions du traité de paix fut la reddition de la Croix de Notre-Seigneur dans le même état où elle avait été prise en 614. Héraclius, à son retour, fut reçu à Constantinople par les acclamations du peuple ; on alla au-devant de lui avec des rameaux d'oliviers et des flambeaux. Et la vraie Croix fut honorée, à cette occasion, d'un magnifique triomphe.

 

Héraclius, en action de grâce, voulut retourner ce bois sacré à Jérusalem. Quand il fut arrivé dans la Cité Sainte, il chargea la relique sur ses épaules ; mais lorsqu'il fut à la porte qui mène au Calvaire, il lui fut impossible d'avancer, à son grand étonnement et à la stupéfaction de tous : "Prenez garde, ô empereur ! lui dit alors le patriarche Zacharie ; sans doute le vêtement impérial que vous portez n'est pas assez conforme à l'état pauvre et humilié de Jésus portant sa Croix." Héraclius, touché de ces paroles, quitta ses ornements impériaux, ôta ses chaussures, et, vêtu en pauvre, il put gravir sans difficulté jusqu'au Calvaire et y déposer son glorieux fardeau.

 

Pour donner plus d'éclat à cette marche triomphale, Dieu permit que plusieurs miracles fussent opérés par la vertu de ce bois sacré. À la suite de ces événements fut instituée la fête de l'"Exaltation de la Sainte Croix", pour en perpétuer le souvenir.

 

Cependant, la même année 630, Mahomet conquit La Mecque dont les habitants adoptèrent la doctrine. En 638, menés par le calife Omar, son successeur, les musulmans s'emparaient pour la première fois de Jérusalem. La cité sainte ne sera récupérée pour la Chrétienté qu'en 1099 lors de la première Croisade. Les Francs s'établiront dans ces vieilles terres chrétiennes qui avaient été enlevées aux chrétiens par les invasions armées arabes au VIIe siècle. La ville de Jérusalem sera de nouveau prise par les musulmans conduits par Saladin en 1187. Elle reviendra sous contrôle chrétien suite aux tractations de l'empereur Frédéric II de Hohenstaufen, mais le Lieu saint fut définitivement perdu en 1244 suite avec la prise de la ville par les musulmans Kharezmiens. Milieu XIIIe siècle, la cité sainte où le Christ fut crucifié et mis au tombeau devint définitivement musulmane et le resta jusqu'au XXe siècle, où les Juifs disputèrent aux musulmans la souveraineté sur la ville.

 

Entretemps, le bois de la Croix avait été partagé en trois grandes parts, elles-mêmes fractionnées, pour Jérusalem, Constantinople et Rome. Ce qui restait du morceau de Jérusalem fut caché pendant l'occupation musulmane et ne réapparut que lorsque la ville fut récupérée par les Croisés en 1099. Ceux-ci s'en servirent comme étendard, de sorte qu'il fut pris par Saladin à la bataille d'Hattin (1187) et ne fut rendu qu'après la prise de Damiette (1249) pour être partagé entre certains croisés dont Sigur de Norvège et Waldemar de Danemark.

 

Image illustrative de l'article Sainte-ChapelleLe 14 septembre 1241, le saint roi Louis IX alla solennellement au-devant des reliques de la Passion qu'il avait achetées à l'empereur de Constantinople : c'étaient un morceau de bois de la Vraie Croix, le fer de la lance, une partie de l'éponge, un morceau du roseau et un lambeau du manteau de pourpre. Elles furent déposées à la Sainte-Chapelle en 1248.

 

La Révolution de 1789 marque la disparition de la Sainte Relique. Le 25 avril 1794, la Vraie Croix était dépouillée des matières précieuses qui l’ornaient et sa trace se perd. Néanmoins il reste alors des reliques du bois de la Croix et un clou de celle-ci dans le Trésor de la sacristie de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

 

Aujourd'hui, la fête de l'Exaltation de la Sainte Croix revêt des significations plus spirituelles.

 

Elle symbolise la présence de la Croix à l'intérieur des chrétiens. Elle figure la divine trinité (un Dieu en trois personnes) qui s'exprime par le signe de croix, par lequel le chrétien rassemble trois doigts (pouce, index, majeur), symbole de l'indissociabilité de la Trinité, et les appose sur son front et sur son coeur, puis sur ses épaules, de droite à gauche chez les orthodoxes, ou de gauche à droite chez les catholiques romains.

Sources : [1] [2], [3], [4]

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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 10:07
La Sainte Croix (Documentaire)
Depuis 1492, à Rome, la basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem abrite le "titulus crucis", petite pièce de bois constituant un morceau de l'écriteau placé au-dessus de la tête du Christ lors de sa crucifixion.
 
La mère de l'empereur romain Constantin, sainte Hélène, l'aurait découvert en 325 à Jérusalem sur le site du Saint-Sépulcre [1] lors d'une expédition menée pour s'emparer des reliques de la Passion du Christ. Elle aurait retrouvé la croix de Jésus et les clous ayant servi à le crucifier après avoir fait raser le temple païen dédié à la triade Capitoline qui avait été construit par l'empereur Hadrien.
 

Trois croix (celle de Jésus, celle du bon larron et celle du mauvais larron) furent alors découvertes dans une ancienne citerne.

 

Le titulus Crucis permit d'identifier la croix sur laquelle le Christ fut supplicié.

 

L'information est rapportée par saint Ambroise de Milan, le fils d'un préfet des Gaules et d'Occident et l'un des évêques les plus estimés du monde chrétien dans les pays méditerranéens, à cette époque. Il écrivit qu'Hélène découvrit "une preuve cruciale, le titulus Crucis, l'écriteau cloué au-dessus de la tête du Christ".

 

Un autre récit vient corroborer le récit de St Ambroise. Un Père de l'Eglise appelé Jean Chrysostome, alors évêque d'Antioche, relate cet évènement. Il dit que l'authenticité de la Croix est prouvée, parce que le titulus était toujours cloué à la Croix.

 

Saint Cyrille de Jérusalem, Evêque et docteur de l'Eglise (+386)Ste Hélène aurait rapporté la plus grande partie de ces reliques dans son palais à Rome (un fragment important de la vraie Croix, la moitié du titulus crucis et l'un des clous). Les premiers historiens de l'Eglise écrivent que les reliques ont été divisées en trois lots. Hélène envoya à son fils à Constantinople des morceaux de la vraie Croix et l'un des trois clous. Des morceaux sont restés à Jérusalem et d'autres à Rome.

 

Saint Cyrille, évêque de Jérusalem au IVe siècle, mentionne dans une lettre que la Vraie Croix a été répartie en tellement de morceaux qu'elle couvre la surface de la terre. Dans des archives du IVe et Ve siècles ap. J.-C., Michael Hesemann a découvert que la Vraie Croix était parvenue jusqu'en Gaule, en Afrique du Nord, en Asie Mineure et en Syrie. Le journaliste et historien allemand Michael Hesemann a découvert quHélène a non seulement partagé en morceaux le bois de la Croix, mais elle a aussi partagé le titulus crucis, dont on ignore le nombre exact de fragments. Mais un récit rapporte ce qu'il est advenu du fragment resté à Jérusalem. Une soixantaine d'année après le triomphe d'Hélène, un fragment a été aperçu par Egérie, une pélerine espagnole venue à Jérusaleme en 380. Elle raconte qu'elle a assisté un jour à une cérémonie où se trouvait une boîte. L'évêque de Jérusalem était accompagné de deux hommes (on pense aujourd'hui que c'était des prêtres), et ils ont assisté à la cérémonie. Lorsqu'il a ouvert la boîte, ils ont vu des fragments de la Croix et du titulus. Egérie déclare l'avoir vu. Elle est d'ordinaire considérée par les historiens comme un témoin fiable. Elle apporte une preuve supplémentaire que la Vraie Croix a bien été retrouvée et conservée.

 

A Rome, Ste Hélène légua ses reliques dans son testament au pape Sylvestre Ier. Autour d'une pièce de ce palais, transformée par Hélène en chapelle, fut construite quelques années après sa mort une église qui deviendra la Basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem.

 

Selon Michael Hesemann, le fragment du titulus avec la moitié de l'inscription originale (lequel avait été mis dans un coffret protecteur en plomb en 1144 lors de travaux de transformation effectués 800 ans après la mort d'Hélène au XIIe siècle et apparemment oublié) fut retrouvé en 1492 dans la basilique lors de travaux de réparation du plafond. Un document de 1492 détaillant les travaux de restauration dans la partie qui était auparavant le palais personnel d'Hélène, a été retrouvé par Michael Hesemann. Les ouvriers retirèrent des mosaïques qui se détachaient et trouvèrent une brique avec l'inscription "titulus crucis". Ils retirèrent cette brique et derrière, ils découvrirent une boîte. Elle portait le sceau d'un cardinal du XIIe siècle de 1144. Ils brisèrent le sceau, et ouvrirent la boîte. A l'intérieur, il y avait un fragment de bois avec l'inscription en trois langues : "Jésus de Nazareth", un fragment de l'écriteau mis sur la Croix. Pour l'historien, le fait que le titulus crucis a été caché rend son authenticité encore plus crédible: qui s'amuserait à fabriquer un faux aussi élaboré pour le cacher dans un mur, sans chercher à l'exposer à la vénération du public, sans le montrer ? M. Hesemann découvre qu'en 1492, les autorités de l'église, exposent le titulus crucis à la vue du public dans la basilique, à l'endroit où il est encore vénéré aujourd'hui. De liens en liens, M. Hesemann a réussi à lier le titulus crucis de Rome à la Terre sainte. Hélène mourut en 329, elle fut canonisée et est souvent représentée avec une croix.

 

Le titulus fut déclaré authentique le 29 juillet 1496 par la bulle Admirabile Sacramentum du pape Alexandre VI. Le 25 avril 1995 l'historienne de l'Église Maria-Luisa Rigato put photographier l'écriteau et le peser. Il est en noyer, pèse 687 grammes, a une longueur de 25 centimètres, une largeur de 14 centimètres et une épaisseur de 2,6 centimètres.

 

Le titre de la Croix que Pilate fit placer est "Iesvs Nazarenvs, Rex Ivdæorvm" (INRI), Jésus de Nazareth, le Roi des Juifs (Jean 19, 19). Des sources romaines, des historiens romains nous apprennent que dans la plupart des cas de crucifixion, le nom de la personne condamnée à mort, et la nature de son crime, était inscrit que l'écriteau. L’Évangile selon Saint Jean précise que l'inscription était en trois langues, en hébreu, en grec et en latin (Jn 19:20).

 

Sur l'écriteau, l'on peut distinguer trois lignes d'écriture. La première ligne est composée de six lettres hébraïques qui ne sont que partiellement conservées. Les deuxième et troisième lignes avec leur inscription grecque et latine le sont mieux. Les mots à l'envers de droite à gauche sont les suivants :

 

ΝΑΖΑΡΕΝΥΣ Β

US NAZARENUS RE

 

À partir de la première ligne, Maria-Luisa Rigato a reconstitué l'expression araméenne ישו נצר מ מ (Jeschu nazara m m), m m abrégeant malk kem, en français : "Jésus le Nazaréen votre roi". A l'instar de l'araméen, les écritures en grec et en romain ont été inscrites de droite à gauche. ce qui montre qu'elles auraient été rédigées par un scribe juif sur l'ordre du préfet romain Ponce Pilate.

 

Basilique du Saint-SépulcreUne preuve bien réelle du passage de Ste Hélène à Jérusalem est que pour commémorer la réussite de sa mission et la découverte de l'emplacement de la Vraie Croix, Hélène fit constuire une église qui est appelée "église du Saint-Sépulcre", un des lieux saints des plus visités de Jérusalem.

 

Un morceau de bois gravé peut-il vraiment avoir survécu près de deux mille ans ? La réponse vient de ruines romaines au Royaume-Uni : le "Mur d'Hadrien" (122 - 127 ap. J.-C.). En 1973, des archéologues creusant dans le fort romain de Vindolanda ont découvert près de 2000 tablettes en bois gravées à la main. Elles datent de l'époque du Christ. Elles se sont admirablement bien conservées dans un sol imbibé d'eau, presque entièrement dépourvu d'oxigène. En effet, l'oxygène favorise la décomposition. Les conditions de leur découverte sont presque identiques à celles du titulus crucis, tel qu'on pense qu'il a été découvert.

 

A la fin des années 1990, sept experts en paléographie comparative datent le titulus du Ier siècle de l'ère chrétienne. Néanmoins, le résultat est contesté par des analyses au carbone 14 en réalisées en 2002 dans un laboratoire à l'Université de Rome, faisant remonter l'existence du titulus Crucis au Moyen Age.

 

Voici le documentaire de la chaîne "Planète", "Chasseurs de légendes, La Sainte Croix", qui rapporte ces informations.

Le documentaire nous indique (à partir de 11:40) que Sainte Hélène se rendit vite compte à Jérusalem que les chrétiens vénéraient déjà la Croix, symbole de la crucifixion du Christ.

 

On retrouve des signes de la vénération de la Croix, dès le commencement du christianisme. Michael Hesemann explique qu'"on a découvert des croix gravées sur des ossuaires chrétiens à Jérusalem. Plusieurs éléments nous indiquent que la Croix a tout de suite été un symbole sacré de la chrétienté."

 

En 1998, il examina avec l'autorisation de l'Académie pontificale des sciences le Titulus Crucis, la relique exposée depuis 1492 dans la Basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem à Rome.

 

Il soumit le titulus à l'expertise de sept experts israéliens en paléographie comparative (la comparaison des écritures selon les époques) et érudits qui ont travaillé sur les Manuscrits de la Mer morte. Ils datèrent l'inscription qu'il porte en hébreu, en grec et en latin du Ier siècle. Hesemann remit ceS résultats au pape Jean-Paul II lors d'une audience privée. Au cours d'une conférence organisée en 1999 à l'Université pontificale du Latran, il les présenta au public, et un an plus tard parut son livre "Die Jesus-Tafel". Des investigations effectuées par le papyrologue protestant Carsten Peter Thiede et l'historienne de l'Église Maria-Luisa Rigato, de l'Université pontificale grégorienne, confirmèrent cette datation. Mais celle-ci tient l'écriteau pour une copie fidèle au titulus original.

 

Des analyses au carbone 14 font remonter le bois de l'écriteau aux environs du XIe siècle [2]. Hesemann attribue les valeurs mesurées à un phénomène de contamination et renvoie aux questions similaires soulevées à propos du linceul de Turin.

 

A l'occasion d'une conférence tenue à l'université madrilène "Universidad CEU San Pablo" en mai 2009, M. Hesemann plaida en faveur de l'authenticité de la relique [3].

La Sainte Croix (Documentaire)

Pilate fit aussi une inscription, et la fit mettre au haut de la croix; Elle portait ces mots: "Jésus de Nazareth, le roi des Juifs."

Evangile selon Saint Jean, 19:19

Notes

 

[1] Le Saint-Sépulcre est le tombeau du Christ. Il se trouve dans un jardin non loin du Golgotha. (Jn 19:41) à Jérusalem. Aujourd'hui "église du Saint-Sépulcre".

[2] F. Bella, C. Azzi, Dating of the Titulus Crucis, in: Radiocarbon, 44 (2002), pp. 685–689

[3] https://heraldosvalencia.wordpress.com/2009/04/23/ultimas-investigaciones-sobre-la-sabana-santa-y-el-sudario-de-oviedo-en-la-universidad-san-pablo-ceu/

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 17:31

Extrait d'un texte de l'abbé Christophe Legrier publié pour la revue "Fideliter", n° 189, mai-juin 2009 :

La "messe anticipée" ou samedi contre dimanche

Consultons d’abord le Catéchisme du concile de Trente (Ch. 31). « Ces paroles [interdisant les œuvres serviles] nous montrent d’abord que nous devons éviter tout ce qui peut entraver le culte divin. D’où il est aisé de conclure que les œuvres serviles de toute espèce sont défendues (...) parce qu’elles seraient capables de détourner notre esprit du service de Dieu, qui est la fin du précepte » (§ 5). Voilà qui est clair.

 

Toutefois, comme un mauvais préjugé envahit les esprits actuels, préjugé qui affirme que l’Église du concile de Trente était une Église fort éloignée des origines, nous allons d’une enjambée remonter au VIe siècle, pour y entendre la voix du concile d’Agde (506) : « Nous ordonnons aux fidèles, par un précepte spécial, d’entendre toute la Messe le dimanche, et de ne pas quitter [l’église] avant la bénédiction du prêtre. » Encore cette insistance sur le culte divin.

 

Entrons à présent dans l’ère des persécutions. Nos ancêtres dans la foi sanctifiaient alors le dimanche sans qu’il y eût obligatoirement de repos dominical (il faudra pour cela attendre le IVe siècle, avec la naissance de l’État chrétien). En 305, le concile d’Elvire menace d’excommunication ceux qui manqueraient trois fois de suite à la messe le dimanche. Vers 230, la Didascalie (un texte syrien ou palestinien) s’adresse aux chrétiens avec une belle éloquence : « Abandonnez tout au jour du Seigneur et courez avec diligence à vos églises, car c’est là votre louange (envers Dieu). Sinon quelle excuse auront, auprès de Dieu, ceux qui ne se réunissent pas, au jour du Seigneur, pour entendre la parole de vie et se nourrir de la nourriture divine qui demeure éternellement ? » Remontons encore dans le temps : nous trouvons au IIe siècle l'Apologie de saint Justin, expliquant que les chrétiens se réunissent « le jour du soleil » (c’est-à-dire le dimanche) pour rendre le culte à Dieu. [NDCR. Et encore plus tôt, voici ce que l'on trouve dans la "Didachè", à propos de la réunion dominicale. La Didaché est un "livre anonyme" qui "fut tellement apprécié des premiers chrétiens qu'il fut parfois tenu pour inspiré. Son auteur n'est pas connu. Il a dû voir le jour entre 100 et 150, vraisemblablement dans la région syrienne. C'est une sorte de catéchisme à l'usage des fidèles, composé de textes divers, préexistant à l'état dispersé, concernant la morale chrétienne, la hiérarchie ecclésiastique, les fêtes liturgiques, l'administration du baptême et de l'eucharistie. ... Le document émane d'une communauté de Juifs convertis au christianisme au tournant du premier siècle. ... Voici les prescriptions de la Didaché pour le Jour du Seigneur : "Réunissez-vous le jour dominical du Seigneur, rompez le pain et rendez grâce, après avoir d'abord confessé vos péchés, afin que votre sacrifice soit pur. Celui qui a un différend avec son compagnon ne doit pas se joindre à vous avant de s'être réconcilié, de peur de profaner votre sacrifice, car voici ce qu'a dit le Seigneur : 'Qu'en tout lieu et en tout temps, on m'offre un sacrifice pur; car je suis un grand roi, dit le Seigneur, et mon nom est admirable parmi les nations.'" Source: A. HAMMAN, L'Empire et la Croix, in DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p.26. "[I]nsensiblement, une fissure devait se dessiner entre eux (les premiers chrétiens) et les autres Juifs. Par exemple, la fête hebdomadaire rituelle, le Sabbat, minutieusement consacrée à la prière, se plaçait le samedi. En tant que Juifs, les premiers fidèles l'observaient. Mais à côté, une autre fête s'était imposée à eux, celle du Jour du Seigneur, où l'on commémorait la Résurrection : dans les épîtres de Saint Paul (I Cor., XVI, 2), dans les Actes (XX, 7), comme dans le texte non canonique dit Lettre de Barnabé datant d'environ 132, on trouve la preuve que ce 'premier jour de la semaine' était fête chrétienne. Il en résulte une rivalité entre ces deux journées, et peu à peu, ce fut le dimanche qui l'emporta. ... La substitution des nouvelles observances aux anciennes ne sera complète qu'à la fin du second siècle. DANIEL-ROPS, ibid., p. 27.] Tous ces témoignages montrent que, dans la sanctification du dimanche, le culte rendu à Dieu a toujours tenu la première place.

La "messe anticipée" ou samedi contre dimanche

Une réforme pas à pas

 

L’innovation introduite dans le nouveau droit fut précédée de plusieurs demandes et autorisations. Les premières apparurent au début du pontificat de Paul VI (2). Puis une Instruction (3) fixa en 1967 les règles de cette célébration. En 1968, la faculté d’autoriser la messe anticipée fut confiée à chaque évêque diocésain. Et, en 1983, l’innovation fit son entrée triomphale dans le nouveau droit, au canon 1248 § 1.

 

Il faut rappeler le contexte dans lequel cette nouveauté a vu le jour. Un mot résume l’état d’esprit des hommes d’Église dans les années 1960 : l’aggiornamento, c’est-à-dire, selon certains, l’adaptation à la société moderne. Il y a une bonne adaptation et il y en a une mauvaise. S’adapter à un contexte que l’on n’a pas choisi est permis : l’Église s’est ainsi toujours adaptée aux circonstances que lui imposaient les sociétés qu’elle n’avait pas encore amenées au Christ (« christianisées ») – ou qu’elle ne pouvait plus maintenir sous le règne du Christ (4).

 

S’adapter à des principes néfastes en les adoptant n’est pas permis : l’Église ne peut adopter un état d’esprit contraire à sa mission et à l’esprit de Dieu. Or l’aggiornamento des années 1960 est plus qu’une adaptation au monde moderne, il consiste en une adoption de l’esprit moderne. La messe dominicale anticipée en est une belle illustration et les textes ci-dessous vont nous le montrer.

 

Du Ski au Syndicat

 

Une note de la Commission épiscopale (française) de liturgie, datée du 15 janvier 1969, donne les motifs qui ont amené à autoriser les messes le samedi soir. « Dans le monde tel qu’il se présente maintenant, il y a, le dimanche, des chrétiens qui sont en état de loisir, il y a des chrétiens qui travaillent. » Soit. Examinons à présent ces motifs dans le détail.

 

Voici d’abord pour les chrétiens en « état de loisir ». Il y a premièrement ceux qui « veulent éviter la fatigue du dimanche matin quand il s’agit de préparer toute une famille pour la messe, ou qui reçoivent des amis non croyants et veulent passer toute la journée avec eux ». Deuxièmement, il y a ceux qui partent en week-end : « c’est le cas de jeunes ou d’adultes qui font partie d’un groupe dont les activités de loisirs commencent très tôt le dimanche matin ou qui se rendent dans un lieu où il n’y a pas de messe (ski...) ». Ou encore « c’est le cas de personnes ou de familles qui, s’étant échappées soit le samedi midi, soit même le vendredi soir (...) pourront disposer de tout leur dimanche pour des activités de loisir ». Enfin vient le cas du conjoint incroyant, à qui l’on pourra consacrer tout son dimanche : « Dans les foyers où l’un des époux est incroyant, l’époux croyant pourra participer à la messe du samedi soir et consacrer à son conjoint toute la journée du dimanche... »

 

Quant à ceux qui sont « en état de travail », il y a premièrement ceux dont la profession rend difficile l’assistance à la messe (motif sérieux, mais déjà résolu en grande partie par Pie XII) ; il y a deuxièmement « la mère de famille que ses occupations retiennent le dimanche » ; il y a troisièmement les « chrétiens engagés dans les structures sociales, politiques, syndicales ou autres et qui sont en réunion à l’heure de la messe paroissiale ou toute la journée du dimanche ».

 

Plages de l'atlantique

 

Rome elle-même a donné le ton. En 1964, une concession est donnée pour cause de « tourisme » et de « sports d’équipe » ; en 1965, nouvelle concession accordée à l’archevêque d’Alger, où figurent les motifs de « culture », de « voyage » et de « légitime détente ». A nouveau, en 1967, Paul VI concède à l’archevêque de Bordeaux la possibilité d’anticiper la messe dominicale dès le samedi soir, car « beaucoup de fidèles se rendent le dimanche sur les plages de l’Atlantique ou dans les Pyrénées et peuvent difficilement assister à la messe... » !

 

Pour réaliser toutes ces aspirations, le repos dominical est l’occasion idéale. A une condition, toutefois : que le culte rendu à Dieu, à savoir la messe, ne vienne pas troubler ce repos. Et voilà le divorce entre les deux obligations ! On pense au repos dominical en oubliant qu’il est au service du culte de Dieu. Désormais ce culte divin gêne le repos de l’homme, à qui on donne la place d’honneur : il gêne le sport d’équipe, le tourisme, le séjour sur les plages ou en montagne ; il gêne les réunions politiques et syndicales ; il gêne l’incroyant (pensez!) ; alors on le relègue au samedi soir, à une place secondaire, et l’inversion complète est achevée. Au culte de Dieu, qui tenait la première place, on a substitué à présent le repos de l’homme. Belle adoption, en vérité, de l’esprit moderne, qui place l’homme au centre de tout, et refuse à Dieu la première place qui lui est due !

 

Concluons que la messe anticipée du samedi a contribué, à sa place, à la diminution de la connaissance et de la pratique du précepte dominical.

 

Ces motifs expliquent pourquoi, dans les chapelles de la Fraternité Saint-Pie X, aucune des messes célébrées le samedi soir n’est une messe dominicale : la liturgie n’y est jamais celle du lendemain, mais celle du samedi. Si l’on est empêché d’aller à la messe le dimanche matin, on satisfera au précepte par la messe du dimanche soir. Et si l’empêchement dure toute la journée du dimanche, on recourra alors aux sages et traditionnelles règles de la dispense.

 

La messe anticipée a surtout anticipé... la ruine du dimanche. N’anticipons rien en la matière. Le dimanche, c’est le dimanche, ce n’est pas le samedi. La Palisse n’aurait pas dit autrement !

(2) 21 juin 1963 – 6 août 1978.

(3) Eucharisticum Mysterium, SRC, 25 mai 1967

(4) Un exemple d’adaptation légitime : la messe du dimanche soir. Traditionnellement, la messe dominicale avait pour elle la place d’honneur : le matin. Le pape Pie XII toutefois a autorisé cette messe le soir, non pour adopter l’esprit du monde, mais pour des raisons de bien commun : pour les détenus, empêchés par le règlement d’entendre la messe le matin (1946) ; pour les ouvriers obligés de travailler le dimanche matin (1947) ; pour les prêtres empêchés de célébrer leurs trois messes le matin (1947)

 

Source: http://www.lalettreauxelus.com/dossiers/pdf/messe_anticipee.pdf

 

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 07:25

Un fil ouvert sur "le Forum catholique" rapporte un article publié hier par Jeanne Smits sur son blog, intitulé "Pape François : l’interpration d’“Amoris laetitia” comme permettant la communion pour des divorcés remariés est la seule possible". Jeanne Smits réalise une traduction d'une information publiée en espagnol le 5 septembre, sur "Info Catholica" : "Carta del Papa Francisco en respaldo a los criterios de aplicación del capítuloVIII de «Amoris laetitia»", selon laquelle le pape François a levé l'ambiguïté de son Exhortation apostolique "Amoris Laetita": "Il n'y a pas d'autre interprétation" (que l'accès possible aux sacrements pour des couples divorcés remariés).

 

Voici le texte de Jeanne Smits :

 

Les évêques de la région de Buenos Aires en Argentine ont envoyé aux prêtres de leur diocèse un communiqués exposant des « critères de base pour l'application du chapitre 8 d’Amoris laetitia », le plus controversé où il est question de l’accès aux sacrements de la confession et de l'Eucharistie pour les divorcés « remariés ». Dans le même temps, le document a été soumis au pape François qui a répondu le 5 septembre par une lettre où il assure que le texte des prélats argentins « explicite parfaitement le chapitre 8 d’Amoris laetitia », rapporte Infocatolica. « Il n’y pas d’autre interprétation », a écrit le pape François, alors même que les évêques argentins affirment ouvertement que l'accès aux sacrements peut-être autorisé pour certains couples remariés bien que l'un ou l'autre, ou les deux se trouve toujours lié par un précédent mariage religieux qui n'a pas été déclaré nul.
 
La prise de position du pape François dément absolument ses assertions selon lesquelles il n'était pas au courant ne se souvenait pas vraiment de la note de bas de page de l'exhortation apostolique qui ouvre discrètement cette possibilité. Il n'est plus question de conjectures ou d'avancées discrètes. Le pape – mais nous ne dirons pas le pape revêtu de son autorité pontificale – a tranché. A moins qu'on ait abusé de sa signature, auquel cas une mise au point du Vatican s'impose dans les plus brefs délais, François confirme toutes les craintes des catholiques attachés aux normes traditionnelles de l'église et à l'enseignement explicite du Christ. Dans le même temps, il contredit les interprétations bienveillantes d’Amoris laetitia de la part de théologiens, cardinaux, évêques et autres prêtres qui refusaient d'y voir une révolution : oui, révolution il y a. Révolution du magistère ? Quelle est l'autorité d'une simple lettre, fût-elle signée de la main du pape ?
Voici plusieurs points du communiqué envoyé par les évêques de la région de Buenos Aires à leurs prêtres.
 
« Point n° 5. Lorsque les circonstances concrètes d'un couple le rendent possible, spécialement lorsque les deux sont chrétiens et engagés sur un chemin de foi, on peut leur proposer l'effort de vivre dans la continence. Amoris laetitia n'ignore pas les difficultés de cette option (cf la note 329) et laisse ouverte la possibilité d'accéder au sacrement de la réconciliation en cas de défaillance par rapport à cet engagement (cf la note 364, selon l’enseignement de saint Jean-Paul II au cardinal W. Baum du 22 mars 1996). »
Commentaire. Il faut rappeler ici que la citation faite dans la fameuse note 329 de Gaudium et spes est frauduleuse, puisque le document de Vatican II évoquait la continence chez les époux légitimes à des fins de régulation naturelle des naissances en soulignant que cette continence pouvait mettre en danger leur fidélité. Dans Amoris laetitia, cette mise en garde est appliquée à une relation adultérine dont il s'agirait ainsi de préserver la « fidélité ». L’enseignement de Jean-Paul II évoqué ici (par simple citation d’une note d’Amoris laetitia) ne semble pas être disponible en ligne. Il s'agit simplement de souligner qu'un engagement peut être authentique même s'il y a un « probable » risque de chute, cette dernière pouvant être absoute en confession. La révolution n'est pas la.
« Point n° 6. En d'autres circonstances plus complexes, et lorsqu'il n'a pas été possible d'obtenir une déclaration de nullité, l'option évoquée peut ne pas être mise en œuvre dans les faits. Nonobstant, un chemin de discernement est également possible. Si on n'en arrive à reconnaître que, dans un cas concret, il y a des limitations qui atténuent la responsabilité et la culpabilité (cf 301-302), particulièrement lorsqu'une personne estime qu'elle tomberait dans une nouvelle faute en faisant du tort aux enfants de la nouvelle union, Amoris laetitia ouvre la possibilité de l'accès aux sacrements de la Réconciliation et de l'Eucharistie (cf les nores 336 et 351). Ceci à leur tour dispose la personne à continuer de mûrir et de croître avec la force de la grâce. »
Commentaire. Il n'est peut-être pas inutile de rappeler que saint Thomas More s'est trouvé confronté à un cas analogue alors que le roi Henri VIII d'Angleterre expliquait qu'il était persuadé dans son for interne de la nullité de son mariage avec Catherine d'Aragon, la veuve de son frère, et craindre pour son salut éternel s'il demeurait avec elle. Thomas More avait refusé de l'approuver, estimant notamment que Catherine d’Aragon avait droit à un procès canonique pour établir la vérité. Thomas More y laissa sa tête ; faut-il dire avec le recul en 2016 que son sacrifice était absurde ? Est-il donc mort pour rien ?
 
« Point n°9. Il peut être opportun qu'un éventuel accès aux sacrements se réalise de manière discrète, surtout lorsque l'on prévoit des situations conflictuelles. Mais en même temps il ne faut pas laisser d'accompagner la communauté pour qu'elle grandisse dans l'esprit de compréhension et d'accueil, sans que cela implique de créer des confusions quant à l'enseignement de l'église à propos du mariage indissoluble. La communauté est un instrument de la miséricorde qui est “imméritée, inconditionnelle et gratuite”. »
Commentaire. Ici on comprend que les évêques argentins se méfient de la réaction de certains fidèles. Les voilà avertis. C'est la communauté, et non plus le prêtre dans le confessionnal qui doit dispenser la miséricorde et ne pas poser de questions sur une éventuelle inobservance des règles de l'Eglise.
Le pape François a vivement applaudi le texte dans sa lettre à Mgr Sergio Alfredo Fenoy, délégué de la région pastorale de prononcer, en le remerciant pour ce travail et en félicitant ceux qui l'ont accompli.
 
Voici la traduction de sa lettre :
 
« Mon cher frère, 
« J'ai reçu l’écrit de la région pastorale Buenos Aires “critères de base pour l'application du chapitre 8 d’Amoris laetitia”. Je vous remercie beaucoup de me l'avoir envoyé, et je vous félicite pour le travail que vous avez accompli : un véritable exemple d'accompagnement des prêtres… et nous savons tous combien est nécessaire cette proximité de l'évêque avec son clergé et du clergé avec l'évêque. Le prochain « le plus prochain » de l'évêque et le prêtre, et le commandement d'aimer son prochain comme soi-même commence, pour nous autres évêques, précisément avec nos curés. 
« L'écrit est très bon et il explicite parfaitement le sens du chapitre 8 d’Amoris laetitia. Il n'y a pas d'autre interprétation. Et je suis sûr que cela fera beaucoup de bien. Que le seigneur vous rétribue cet effort de charité pastorale. 
« Et c'est précisément la charité pastorale qui nous pousse à sortir pour rencontrer ceux qui sont éloignés, et une fois que nous les avons rencontrés, a entamé un chemin d'accueil, d'accompagnement, de discernement et d'intégration dans la communauté ecclésiale. Nous savons que cela est fatiguant, il s'agit d'une pastorale du “corps à corps” qui ne se satisfait pas des médiations programmatiques, organisationnelles ou légales, même si elles peuvent être nécessaires. Simplement accueillir, accompagner, discerner, intégrer. Parmi ces quatre attitudes pastorales, la moins cultivée, la moins pratiquée et le discernement ; et je considère urgente la formation au discernement, personnelle et communautaire, dans nos séminaires et dans nos presbytères. 
« Pour finir je voudrais rappeler qu’Amoris laetitia est le fruit du travail et de l'horizon de toute l'église, avec la médiation de deux synodes et du pape. C'est pourquoi je vous recommande une catéchèse complète de l'exhortation qui certainement aidera à la croissance, à la consolidation et à la sainteté de la famille. 
« Je vous remercie à nouveau du travail accompli et je vous encourage à aller de l'avant, dans les différentes communautés des diocèses, pour l'étude et la catéchèse d’Amoris laetitia. 
« S'il vous plaît n'oublier pas de prier et de faire prier pour moi. 
« Que Jésus vous bénisse et que la Sainte Vierge vous garde, 
« Fraternellement, François »

Je ne me risquerai pas à un commentaire.

 

Le Blog de Jeanne Smits

 

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=811843

 

Commentaire Christ-Roi.

 

Amoris Laetitia, un enseignement facultatif ?

 

Nous retiendrons la remarque pertinente suivante de Jeanne Smits: "Quelle est l'autorité d'une simple lettre, fût-elle signée de la main du pape?" (pour changer la morale de l'Eglise sur la famille?)

 

Nous ne sommes plus simplement face à une "interprétation" hétérodoxe possible d'Amoris Laetitia mais dans une affirmation par le Pape lui-même d'une interprétation en contradiction avec deux mille ans de morale chrétienne sur la famille, et pour laquelle des théologiens, des cardinaux et des évêques se sont inquiétés. Amoris Laetitia n'est "pas un acte du magistère" selon le cardinal Burke, qui avait abondamment exprimé ses craintes d’un infléchissement de la doctrine de l’Église sur le mariage au cours des années synodales sur la famille. Le cardinal américain renvoie les lecteurs au numéro 3 du texte où le pape affirme : "Tous les débats doctrinaux, moraux, ou pastoraux ne doivent pas être tranchés par des interventions magistérielles." "La seule clé d’interprétation correcte d’Amoris laetitia est l’enseignement constant de l’Église, et sa discipline qui conserve et promeut cet enseignement" martèle le cardinal Burke pour qui l’exhortation apostolique est une simple "réflexion du Saint-Père", qui propose "ce qu’il croit personnellement être la volonté du Christ pour son Église." (1) Source

 

Par conséquent, un document qui ne serait pas "doctrinal" a-t-il l'autorité suffisante pour s'imposer ?

 

Ainsi, pour le cardinal italien, Carlo Caffarra, il y a des normes morales qui ne peuvent être dépassées. "Tu ne commettras pas d’adultère est une norme négative absolue, qui n’admet aucune sorte d’exception". (2) Source

 

Quoiqu'il en soit, ce nouvel "enseignement" affirmé par le Pape dans une lettre, vide de leur sens les enseignements moraux de l'Eglise qui deviennent désormais facultatifs.

 

Le professeur Denis Crouan a résumé l'impasse :

Autrement dit, il faut conserver l'enseignement de l'Eglise mais en précisant qu 'il est désormais facultatif

Site Pro Liturgia, Actualité du 09/09/2016

Amoris Laetitia : un enseignement facultatif ?

On voit que nous sommes là dans une impasse qui revient à détruire l'idée même d'Eglise comme institution morale normative.

Notes

 

(1) Amoris laetitia diversement commentée par cardinaux et évêques, La Croix, le 12/04/2016 à 17h35

(2) Des théologiens catholiques critiquent Amoris laetitia, La Croix, le 12/07/2016 à 16h33

 

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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 00:00
Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie. Anonyme, XVIIe. Bavière

Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie. Anonyme, XVIIe. Bavière

La fête du 8 septembre est très ancienne. Si elle a été célébrée très tôt à Constantinople, l’Eglise de Jérusalem fut la première à honorer le souvenir de la Nativité de la mère de Dieu par une fête que Rome adopta sûrement vers la fin du VII siècle.

Tout est miracle dans l'histoire de la Sainte Vierge; Sa naissance ne fait point exception, et, bien que pauvre aux yeux du monde, elle apparaît aux yeux de la foi entourée des plus éclatantes merveilles.

Aussi est-ce avec raison que l'église s'écrie en ce jour: "Votre naissance, ô Marie, Mère de Dieu, a rempli tout le monde de consolation et d'allégresse, parce que le soleil de justice, Jésus-Christ, notre Dieu, est né de Vous, Lui qui nous a tirés de la malédiction où nous étions plongés et nous a comblés de bénédictions; Lui, qui, ayant ruiné l'empire de la mort, nous a introduits dans la vie éternelle."

 Cette fête, en effet, doit être une réjouissance universelle; ce n'est pas un heureux présage pour une ville ou pour un peuple, mais pour l'humanité tout entière.

Joachim et Anne, ses parents, étaient de la race de David, de laquelle devait naître le Sauveur promis au monde; mais ils étaient avancés en âge et n'avaient point d'enfants; donc nulle espérance humaine pour eux de donner naissance au rédempteur attendu. Dieu, qui aime à confondre les calculs des hommes et les prévisions naturelles, jugea autrement et renouvela pour Joachim et Anne la merveille dont l'Ancien Testament nous rapporte plusieurs exemples. Les deux vieillards reçurent l'annonce des desseins de Dieu, et au temps marqué Marie paraissait au monde. Toute pure, toute immaculée avait été sa conception, toute pure et toute privilégiée fut sa naissance.

Quelle joie ce jour-là dans la maison de Joachim! Figurons-nous combien devait être ravissante cette enfant de bénédiction, sanctifiée dès le premier instant de sa vie, et dont les facultés n'avaient pas connu un seul instant le sommeil ni l'imperfection! 

Les saints ne tarissent pas d'éloges sur la naissance de Marie: "Avant la naissance de Marie, disent-ils, le monde était enseveli dans les ténèbres du péché; avec Elle paraît l'aurore qui annonce le soleil de justice. Parfaite dès sa naissance, Marie ne fit que croître chaque jour en vertus..."

Astre toujours progressant en lumière, si beau dès son apparition, qu'il devait être éblouissant au terme de sa course! Quel bonheur pour les élus de contempler au ciel les merveilles opérées par Dieu en Marie!  En attendant, unissons-nous à l'église qui L'honore aujourd'hui sous cent titres différents dans une multitude de sanctuaires vénérés.

 

Citation

 

Extrait d’un sermon de Saint Pierre Damien, à l’occasion de la Nativité de la Vierge Marie :  

 

« Aujourd’hui est le jour que choisit Dieu pour mettre en œuvre son plan éternel de salut, car il était nécessaire que se construise la maison avant que le Roi ne descende y habiter. »

 

Sources: 1, 2, 3, 4

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7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 00:00
Sainte Reine (Régine), vierge et martyre († IIIe siècle)

Son culte est ancien. Reine fut baptisée par sa nourrice. L'acte déplut fortement au père de Reine, un puissant gaulois des environs d'Alésia, qui décida de chasser sa fille.

 

En 252, devenue une jeune gauloise de seize, Reine, faisait paître ses moutons au pied du mont Auxois, site aujourd'hui présumé de l'oppidum d'Alésia. Le gouverneur romain des Gaules, Olibrius, voulut abuser d'elle mais elle résista et refusa le mariage pour ne pas abjurer sa foi. Le nom d'Olibrius est resté dans le langage courant pour désigner un bravache, un fanfaron cruel, un "occiseur d'innocents"(Molière). Reine fut martyrisée, puis décapitée.

 

Son corps fut tranféré hors de la ville d'Alésia où l'on bâtit une basilique sur son tombeau. Parmi les miracles qu'elle accomplit, on trouve la guérison d'un enfant nommé Hériboldus guéri d'une forte fièvre, la guérison d'un homme de Réome guéri par application d'un morceau de bois du brancard de la sainte, la guérison d'un frère atteint de la maladie de la pierre et celle partielle d'un aveugle.

 

Dès le siècle suivant, son culte se développa, et est attesté depuis le Ve siècle par la découverte en 1909 du "service eucharistique" d'Alésia, un ensemble comprenant un plat et trois coupes qu'on suppose utilisés pour la célébration de l'eucharistie. Le plat porte un poisson en gravure (l’ichtus comme à Autun), et le nom de "Regina". L'ensemble daté du IVe siècle ne met plus en doute l'existence de la jeune martyre.

 

En 628, elle est vénérée à Alise-Sainte-Reine en Côte d'Or, près d'Alésia, un village qui la prit pour Patronne. Et chaque année, les habitants organiseront la représentation d'un mystère à sa mémoire et en son honneur. Cette tradition est attestée depuis 866 et perdure encore aujourd'hui. On y trouve une basilique mérovingienne ainsi qu'un monastère qui lui sont consacrés. Ce serait le plus ancien mystère célébré sans interruption en France.

 

En 1271 il fut procédé à un ré-enchâssement dans un buste reliquaire en argent aux armes de France, de Castille et de l'ancienne Bourgogne.

 

La confrérie de Sainte-Reine date de 1544, créée par les religieux de Flavigny, et, en 1644, avec la réforme des bénédictins de Saint-Maur, le pèlerinage connut un regain de vitalité et les membres de la Confrérie furent dotés par Monseigneur Louis Doni d'Attichy évêque d'Autun, de 40 jours d'indulgence en 1659. Au XVIe siècle les moines passaient la chaîne de sainte Reine autour du cou des pèlerins. Aujourd'hui cette chaîne est conservée à l'église paroissiale de Flavigny-sur-Ozerain et exposée à la vénération des pèlerins le 7 septembre jour de sa fête.

 

Ses reliques ont été conservées dans l'abbaye de Flavigny-sur-Ozerain depuis le milieu du IXe siècle. La crypte fut aménagée pour recevoir le corps de la sainte. Crypte à nef centrale flanquée d'un déambulatoire qui se prolonge à l'Est par un couloir donnant sur une rotonde du même genre que celle de l'Abbaye Saint-Germain d'Auxerre. Les reliques de la sainte furent déposées au XVIIe siècle dans une armoire derrière le maître-autel et leur expositions sur un théâtre a lieu le jour de sa fête.

 

En plus de Flavigy-sur-Ozerain et Alise-Sainte-Reine on retrouve des lieux qui lui sont consacrés à Voisines dans l'Yonne où se trouve une chapelle Sainte-Reine, datant de 1827 et construite par deux habitant à la suite de la réalisation d'un vœu fait lors d'un pèlerinage à Alise-Sainte-Reine; à Drensteinfurt en Allemagne; et à Osnabrück en Westphalie.

 

Les similitudes existant avec la vie de sainte Marguerite d'Antioche conduisent des auteurs à considérer que le récit de l'histoire de sainte Reine est apocryphe, cette tradition pouvant toutefois être le souvenir d'un fait local. (Joël Le Gall, ALESIA Ed. Errance 1990)

Sainte Reine - Diva Regina à Drensteinfurt (Allemagne)

Sainte Reine - Diva Regina à Drensteinfurt (Allemagne)

Sources: (1) Calendrier Perpétuel, Les Saints en 365 jours, Chêne Edition; (2) Wikipedia; (3) L'Evangile au Quotidien

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 13:38

Qui a supprimé le latin de la liturgie ? Le Concile ? Non : les évêques.

Qui a supprimé le chant grégorien de la liturgie ? Le Concile ? Non : les évêques.

Qui a supprimé les agenouilloirs dans les églises ? Le Concile ? Non : les évêques.

Qui a rendu obligatoire la célébration face au peuple ? Le Concile ? Non : les évêques.

Qui a autorisé les improvisations en liturgie ? Le Concile ? Non : les évêques.

Qui a autorisé que les prêtres puissent se dispenser de revêtir la chasuble pour célébrer la messe ? Le Concile ? Non : les évêques.

Qui a donné à certains fidèles le droit de se constituer en équipes qui privent d’autres fidèles de la liturgie de l’Eglise ? Le Concile ? Non : les évêques.

Qui a donné l’autorisation de célébrer la liturgie n’importe comment (rondes, danses...) et n’importe où (salles de fêtes, cirques...) ? Le Concile ? Non : les évêques.

Qui a habitué les fidèles à recevoir la communion dans la main ? Le Concile ? Non : les évêques.

« Je vous demande d’importuner vos pasteurs » a dit le Pape François au tout début de son pontificat. [1] Au vu de la situation de l’Eglise en France, il va falloir qu’on s’y mette...

"Je vous demande d’importuner vos pasteurs"

Source: Association Pro Liturgia, Actualité du Mardi, 6 septembre 2016

 

Litanie à laquelle on pourrait ajouter :

 

Qui acquiesce à la désacralisation des églises et leur transformation en "centre d'affaires", parking, brasserie et café ? Le Concile ? Non, les évêques !

Notes

 

[1] Ce mot du Pape François nous demandant d'importuner les pasteurs afin de les "aider à être de bons pasteurs" a été prononcé dans son discours pour la prière du Regina Coeli, Place Saint-Pierre à Rome, dimanche 11 mai 2014, à l'occasion de la Journée mondiale de prière pour les vocations :

 

"En ce dimanche, prions pour les pasteurs de l’Église, pour tous les évêques, y compris l’Évêque de Rome, pour tous les prêtres, pour tous ! Prions en particulier pour les nouveaux prêtres du diocèse de Rome, que je viens d’ordonner dans la basilique Saint-Pierre. Un salut à ces 13 prêtres ! Que le Seigneur nous aide, nous pasteurs, à être toujours fidèles à notre Maître et à être des guides sages et éclairés du Peuple de Dieu qui nous est confié.

À vous aussi, s’il vous plaît, je demande de nous aider: nous aider à être de bons pasteurs. Une fois j’ai lu une très belle chose sur la façon dont le peuple de Dieu aide les évêques et les prêtres à être de bons pasteurs.

C’est un texte de saint Césaire d’Arles, un père des premiers siècles de l’Église. Il expliquait comment le peuple de Dieu doit aider le pasteur, et il donnait cet exemple : quand le petit veau a faim, il va vers la vache, vers sa mère, pour prendre le lait. Mais la vache ne le donne pas tout de suite : il semble qu’elle le garde pour elle. Et que fait le veau ? Il frappe sur le pis de la vache avec son museau, pour que le lait sorte. C’est une belle image ! « Vous — dit ce saint — vous devez être ainsi avec les pasteurs : frapper toujours à leur porte, à leur cœur, pour qu’ils vous donnent le lait de la doctrine, le lait de la grâce et le lait de la conduite ». Et je vous demande, s’il vous plaît, d’importuner les pasteurs, de déranger les pasteurs, nous tous pasteurs, pour que nous puissions vous donner le lait de la grâce, de la doctrine et de la conduite. Importuner ! Pensez à cette belle image du veau, qui importune sa maman pour qu’elle lui donne à manger."

(Fin de citation) Source

 

Video :

Bon Pasteur - Fresque de la catacombe de San Callisto (Rome)

Bon Pasteur - Fresque de la catacombe de San Callisto (Rome)

A partir de la 5e minute

Autre source du discours du Pape : Le Pape François communique la foi avec des images simples et parlantes. Le Suisse Romain

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 12:48
Eglise Saint-Bernard (Lyon) menacée de transformation en "centre d'affaires", parking, brasserie et café

Eglise Saint-Bernard (Lyon) menacée de transformation en "centre d'affaires", parking, brasserie et café

Depuis quelques jours, ils se livrent bataille à coup de pétition sur Internet. Avec en sujet de fond : la reconversion de l’église Saint-Bernard, située dans le 1er arrondissement de Lyon. Un édifice désacralisé depuis 1999 et fermé depuis 2004.

Catholiques traditionalistes, ils ont multiplié les courriers à destination de la mairie, demandant que l’église soit à nouveau dédiée au culte et que la fraternité Saint-Pie X (créée par Monseigneur Lefèbvre, fervent opposant au concile de Vatican II), dont ils sont proches, puisse en bénéficier.
« Nous n’avons pas de lieu de culte dédié. Nous sommes obligés de faire des messes dans des appartements, des salles de billard ou des usines de fabrique de vêtements », s’insurge Nicole Hugon, présidente des Amis de Saint-Bernard, précisant que l’association avait demandé à la mairie que les lieux lui soient cédés pour un euro symbolique.
« Mépriser la mémoire des plus pauvres »
« De plus, une église est un lieu sacré », poursuit l’ancienne candidate FN aux législatives et aux municipales, à l’origine de la pétition. « Cet édifice a été construit par les Canuts, des gens pauvres. Ils se sont saignés pour cela. A travers ce projet, la mairie méprise la mémoire des plus pauvres pour installer les commerces des plus riches. »


20mn

Le Forum catholique

 

 

Plutot que des catholiques y entendent la messe, Mgr le Cardinal Barbarin, archevêque de Lyon et primat des Gaules, préfère (pour l'instant) soutenir la désacralisation de l'église et sa transformation en "centre d'affaires" avec café, brasserie, et bureaux:

 

Le diocèse approuve le projet


Quant au diocèse de Lyon ? Le message est clair. « Il est évident que si un casino avait été construit à la place, cela nous aurait dérangés. Mais ce n’est pas le cas. Il est important que les églises désacralisées deviennent des lieux utiles et publics », répond Amaury Dewavrin, économe diocésain.

 

« Par courtoisie, la mairie nous a présenté son projet mais de toute façon, nous ne sommes plus propriétaires des lieux. Nous n’avons donc pas de légitimité à nous opposer à ce projet. Et nous n’y sommes pas hostiles », conclut-il.

 

Contrairement à ce que dit cet économe diocésain, ils ont légitimité à s'y opposer dans la mesure où la loi de spoliation des biens de l'Eglise de 1905 laissait en contrepartie au culte catholique les édifices religieux devenus propriété de l'Etat. Ce n'est donc pas pour qu'un siècle après ces édifices (volés à l'Eglise rappelons-le) soient à présent désacralisés avec l'accord d'évêques complices.

 

En résumé, pendant qu'ils construisent des mosquées et des synagogues au titre de la liberté de religion, un prélat catholique refuse aux catholiques le droit d'avoir une église, déjà consacrée au culte catholique dans le passé ! A quel titre ?

 

Pour que la Mairie de Lyon rende donc l'église Saint-Bernard au culte catholique et l'application simple de la loi de 1905, vous pouvez signer la pétition ici.

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 00:00
Bx Bertrand de Garrigues, Prieur dominicain († 1230)

Bertrand naît à Garrigues (Gard). Il entra dans l’Ordre domibicain en 1215 et fut en 1216 le premier prieur du premier couvent dominicain : Saint-Romain de Toulouse. (1)

 

Il fut l'un des premiers compagnons de saint Dominique, séduit par la sainteté et le projet de saint Dominique de convertir les cathares par la prière et l'exemple d'une vie de pauvreté. (2)

 

Il a été dit de lui qu'il était « un véritable reflet de la sainteté de son maître ». (3)

 

St Dominique l’envoya à Paris en 1217, où il fonda avec le frère Mannès le couvent Saint-Jacques (aujourd'hui rue des Tanneries, dans le XIIIème) au cœur de l'Université qui était alors la première de l'Europe chrétienne. Il fonda plusieurs autres couvents à Montpellier, à Avignon et ailleurs.

 

De retour à Toulouse en 1219, il fut nommé, en 1221, premier Provincial de Provence. Âme de grande pénitence et de singulière innocence, dans sa profonde humilité il ne cessait de pleurer abondamment sur ses péchés, au point que St Dominique, jugeant ces pleurs excessifs, lui demanda de se contenter de pleurer pour la conversion des pécheurs. Jourdain de Saxe le décrit ainsi: « Compagnon de St Dominique dans les voyages, dans la sainteté et dans la ferveur ». Beaucoup de ses attitudes reflétaient, jusque dans les traits extérieurs, le comportement de son maître Dominique qu’il s’était proposé d’imiter et qu’il avait suivi dans ses voyages. Après la mort de St Dominique, il veilla sur les sœurs de Prouille, ces anciennes cathares converties dont la prière soutenait la prédication des frères.

 

Il meurt le 18 avril 1230 au cours d'une retraite, qu'il prêchait aux cisterciennes de Bouchet, près d’Orange. Son tombeau y devint un lieu de pèlerinage. Son corps, enlevé par les Frères Prêcheurs d’Orange en 1414, fut vénéré dans leur église jusqu’en 1561, date à laquelle il fut jeté au feu lors des guerres de religion.

 

Au 18ème siècle, sa statue, placée dans l'église, était encore vénérée par les fidèles qui en avaient fait un saint.

 

Culte approuvé en 1881 par Léon XIII (Vincenzo Gioacchino Pecci, 1878-1903).

 

Sources: (1); (2); (3)

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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 00:00
Sainte Rosalie de Palerme

Rosalie (en italien Santa Rosalia) - (1130-1160) est la patronne de la ville de Palerme en Italie et de la ville de El Hatillo au Venezuela.

 

Rosalie est née en 1130 à Palerme, au sein d'une noble famille sicilienne. Elle était la fille de Sinibald, seigneur de Quisquina et de Rosa, parente de Roger II de Sicile, roi de Sicile, et descendante de la famille de Charlemagne.

 

Statue de Sainte Rosalie

      

C'était une jeune fille très pieuse. La Sainte Vierge lui apparut et lui conseilla de se retirer du monde. A l'âge de 14 ans, Rosalie, quitta le palais de son père sans avertir personne, n'emportant qu'un crucifix et des instruments de pénitence. Deux anges la conduisirent sur une montagne voisine de la ville. Dans une grotte inconnue et enveloppée de neige pendant plusieurs mois, Rosalie passa quelques années, partageant son temps entre l'oraison, la prière et la pénitence. Des racines crues faisaient sa nourriture ; l'eau du rocher lui servait de boisson. Souvent elle recevait la visite des anges, et le Sauveur lui-même venait parfois s'entretenir avec elle. On voit encore dans cette grotte une petite fontaine qu'elle creusa pour réunir les eaux qui suintaient à travers les fissures de la roche ; on voit aussi une sorte d'autel grossier et un long morceau de marbre où elle prenait son repas, un siège taillé dans le roc.

 

 Aussitôt après sa disparition, sa famille la fit rechercher dans toute la Sicile. Les anges avertirent Rosalie qu'elle serait bientôt découverte, si elle ne changeait de demeure; elle prit aussitôt son crucifix et le peu d'objets qu'elle avait avec elle et suivit ses guides célestes; ils la conduisirent sur le mont Pellegrino, où ils lui indiquèrent une grotte obscure et humide qui lui servit de retraite pendant les dix-huit dernières années de sa vie. »

 

En 1624, la peste se déclara à Palerme, et Sainte Rosalie apparut d'abord à une femme malade, puis à un chasseur auquel elle indiqua où se trouvaient ses reliques. Elle lui ordonna de transporter ses restes à Palerme et d'organiser une grande procession en les transportant dans les rues de la cité (Michel Signoli, D. Chevé, A. Pascal, Peste: entre épidemies et sociétés, p360).

Le chasseur gravit la montagne, et retrouva les restes de la sainte là où elle le lui avait dit. Il fit ce qu'elle lui avait recommandé, et dès la fin de la procession, la peste cessa. Après ce miracle, Sainte Rosalie fut vénérée comme la sainte patronne de Palerme et un sanctuaire fut érigé à l'endroit où ses restes avaient été retrouvés.

 

                 La procession de Sainte Rosalie à Palerme

 

                Grotte de sainte Rosalie 

 

Citation de Gérard de Nerval dans Les Chimères:

Sainte napolitaine aux mains pleines de feux,
Rose au cœur violet, fleur de sainte Gudule,
As-tu trouvé ta croix dans le désert des cieux ?

 

Sources : (1) ; (2); (3)

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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 00:00
Saint Grégoire, pape et docteur de l'Eglise (+ 604)

Né à Rome, vers 540, Grégoire était le fils d'un sénateur et le neveu d'une sainte, la vierge Tarsille. Il en occupa quelques temps la première magistrature, mais bientôt la cité, qui avait vu cet opulent patricien traverser ses rues en habits de soie, étincelants de pierreries, le vit avec bien plus d'admiration, couvert d'un grossier vêtement, servir les mendiants, mendiant lui-même, dans son palais devenu monastère et hôpital. 

 

Grégoire n'avait conservé qu'un seul reste de son ancienne splendeur, une écuelle d'argent dans laquelle sa mère lui envoyait tous les jours de pauvres légumes pour sa nourriture ; encore ne tarda-t-il pas de la donner à un pauvre marchand qui, après avoir tout perdu dans un naufrage, était venu solliciter sa charité si connue. 

  

Saint Grégoire entouré d'autres saints,

par Pierre Paul Rubens, 1608, Exposé au Musée de Grenoble

 

Grégoire se livra avec ardeur à la lecture des Livres Saints ; ses veilles, ses mortifications étaient telles, que sa santé y succomba et que sa vie fut compromise.

 

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Saint Grégoire le Grand, par Domenico Fetti, Palais des beaux-arts de Lille.

Passant un jour sur le marché, Grégoire vit de jeunes enfants d'une ravissante beauté que l'on exposait en vente. Apprenant qu'ils étaient d'Angles, c'est-à-dire du pays, encore païen, d'Angleterre : « Dites plutôt des Anges, s'écria-t-il, s'ils n'étaient pas sous l'empire du démon. » Il alla voir le Pape, et obtint d'aller prêcher l'Évangile à ce peuple ; mais les murmures de Rome forcèrent le Pape à le retenir. 

Le Souverain Pontife étant venu à mourir, Grégoire dut courber ses épaules sous la charge spirituelle de tout l'univers. L'un des faits remarquables de son pontificat, c'est l'évangélisation de ce peuple anglais dont il eût voulu lui-même être l'apôtre. 

Grégoire s'est rendu célèbre par la réforme de la liturgie et le perfectionnement du chant ecclésiastique. C'est à lui que l'on doit le nom de chants grégoriens. Depuis le concile Vatican II, l'Eglise le célèbre le 3 septembre (auparavant le 12 mars).

Il prêchait souvent au peuple de Rome, et lorsque la maladie lui ôtait cette consolation, il composait des sermons et des homélies qui comptent parmi les chefs-d'œuvre de ce grand docteur. Son pontificat fut l'un des plus féconds dont s'honore l'Église. Grégoire mourut le 12 mars 604. On le représente écoutant une colombe qui lui parle à l'oreille. Il est regardé comme le patron des chantres.

 

Sources : 1, 2

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2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 17:51
Mel Gibson: "La suite de La Passion du Christ ? La Résurrection"

VIDÉO - Lors d'une interview accordée au site The Christian Post, l'acteur-réalisateur (Blood Father, en salle actuellement) a confirmé que douze ans après son film engagé, il tournera une deuxième œuvre consacrée à la vie de Jésus.

 

En 2004, La Passion du Christ, fresque controversée signée Mel Gibson avait fait chuter l'acteur-réalisateur du statut de star intouchable à celui de mouton noir de Hollywood. Quoique très apprécié par le public, le film avait été boudé par la critique (à l'exception notable du Figaro qui l'avait défendu en titrant La profession de foi de Mel Gibson) qui lui reprochait la violence insoutenable de certaines scènes et d'attiser la haine contre les Juifs.

 

Douze ans après, il ne résiste pas à reprendre cette histoire qui dérange où il l'avait laissée. «La Passion du Christ n'est qu'un début. Il y a encore beaucoup à raconter», avait expliqué en juin le scénariste Randall Wallace au magazine américain The Hollywood Reporter pour justifier cette décision de préparer une suite au film controversé.

 

Aujourd'hui, ce projet ambitieux vient d'être confirmé par Mel Gibson, lui-même, lors d'une interview accordée le 29 août au site américain The Christian Post:

 

«Nous en parlons avec Randall. C'est un sujet très important évidemment. Il mérite beaucoup d'attention car nous ne voulons pas nous contenter de montrer à l'écran la façon dont ça s'est passé. Et vous savez, ce n'est pas La Passion du Christ 2, il s'appellera La Résurrection.»

 

Le metteur en scène - actuellement à l'affiche au cinéma dans le thriller Blood Father - ne manquen salle actuellement) a confirmé que douze ans après son film engagé, il tournera une deuxièm pas d'éloges envers son co-scénariste: «Randall Wallace est l'homme de la situation. En plus d'être un brillant écrivain, c'est un grand réalisateur. Il a mis en scène Nous étions soldats et Et si le ciel existait?».

Jim Caviezel dans le rôle du Christ?

 

Alors que La Passion du Christ portait au grand écran les douze dernières heures de la vie de Jésus, de son arrestation au Jardins des Oliviers à sa mort en croix, la suite racontera sa Résurrection, que les Chrétiens fêtent chaque année le jour de Pâques. Trois jours plus tard, des femmes venues embaumer son corps découvrent son tombeau vide et comprennent qu'il est ressuscité.

 

Mel Gibson et Randall Wallace comptent sur le soutien des chrétiens pour mener à bien ce projet naissant: «La communauté évangélique estime La Passion du Christ comme le plus grand film à Hollywood, et ils nous assurent qu'une suite remportera un plus gros succès encore».

 

Sachant que ce premier tournage avait enflammé le box-office (600 millions de dollars pour un budget très peu élevé de 25 millions de dollars), ils mettent la barre très haut. Plusieurs sources de financement se seraient déjà déclarées intéressées par le projet. Reste à savoir si Jim Caviezel acceptera à nouveau le rôle du Christ, qui lui avait valu d'être mis à l'écart de Hollywood en 2004.

Source: Mel Gibson: «La suite de La Passion du Christ ? La Résurrection», Par lefigaro.fr Publié le 02/09/2016 à 13:36

 

 

Publié par Ingomer - dans Films
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2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 15:28

S'appuyant sur les ouvrages de l'historienne médiéviste Régine Pernoud, et notamment "La femme au temps des cathédrales" (1), le jeune et déjà grand cinéaste Hubert Viel, qui se dit "un ancien athée" déçu par le matérialisme, a réalisé un film, un véritable chant à la femme, intitulé "Les Filles au Moyen-Âge", qu'il présente dans l'émission Perles de Culture n° 86, animée par Anne Brassié pour Tv-Libertés.

 

Le film d'Hubert Viel : "Les Filles au Moyen-Age"

Extrait :

 

Hubert Viel : "C'est comme cela aussi que commence le livre de Régine Pernoud, qui insiste bien sur la rupture qu'il y a eu et qu'a apporté le christianisme à la fin de la période romaine. Et cette rupture est d'autant plus nette quand on regarde la condition de la femme, puisque la femme sous l'empire romain, c'est un objet. Elle n'a strictement aucun droit. Elle appartient à son mari qui a le droit de la tuer, si par exemple elle le trompe. Donc je me suis dit, mettons en scène cela. Je vais faire un procès et l'on va faire le procès sous l'empire romain, puis le procès à l'époque du premier Moyen-Âge, c'est-à-dire dans la période mérovingienne.

 

... (Dans cette scène) Je voulais parler de choses très importantes, je voulais parlé de théologie et du Concile d'Ephèse (431). Les théologiens proclament Marie la "Mère de Dieu" (Theotokos), puisque Jésus est Dieu.

 

... Régine Pernoud le dit bien, à douze ans (au Moyen-Âge), les jeunes filles pouvaient choisir le métier qu'elles voulaient. Il y avait une très grande liberté."

 

Le film de Hubert Viel, "en forme de leçon d"histoire décalée et poétique" (Anne Brassié), est à regarder tranquillement chez soi et en famille, car c'est un film pour les enfants aussi, joué par des enfants.

 

Le film est disponible en DVD aux Editions Potemkine.fr. Extrait :

Concile d’Éphèse de 431, mosaïque de Notre-Dame de Fourvière

Concile d’Éphèse de 431, mosaïque de Notre-Dame de Fourvière

Notes

 

(1) Dans ce livre de Régine Pernoud qui s'attacha en particulier à l'étude du statut de la femme dans l'Histoire, on apprendra que le plus ancien traité d'éducation est dû, en France, à une femme (Dhuoda, Manuel pour mon fils), que la médecine était exercée couramment par des femmes au XIIIe siècle, qu'au XIIe, l'Ordre de Fontevraud réunissait aussi bien les moines que les moniales sous l'autorité d'une abbesse, qu'aux temps féodaux, les filles étaient majeures à 12 ans, deux ans avant les garçons.

Publié par Ingomer - dans Films
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