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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 11:30
"Nuit de la détresse" et manifestations. Le monde paysan s’exprime

Explosion des suicides parmi les agriculteurs, silence des media. L'agriculture française s'effondre, sacrifiée sur l'autel d'une Europe de la finance et des magouilles de Bruxelles, de la mondialisation, mais surtout d'une volonté politique de contrôle des peuples par une oligarchie. Un reportage de Reinformation.TV :

Dans la nuit du 2 au 3 juillet, à Saint Brieuc (Bretagne), pour exprimer leur désarroi face à la situation quotidienne qu’ils subissent chaque jour, des milliers d’agriculteurs ont manifesté dans plusieurs villes de France contre la chute des cours et la disparition progressive de leur métier. Une « Nuit de la détresse ».

Les éleveurs de porcs et les producteurs de lait sont étranglés par les charges et les baisses des prix de leur production.

Exemple, les cours de la viande porcine : 1,23 euro le kilo acheté à l’éleveur quand le coût de production atteint 1,50 euro.

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 00:00

Saint-Antonio-Maria-Zaccaria.jpgAntonio Maria Zaccaria naît en 1502 à Crémone, en Italie, d'une famille d'opulents patriciens. Son père, enlevé par une mort soudaine alors qu'Antonio était encore au berceau, laissa sa mère veuve à l'âge de dix-huit ans. Elle se consacra tout entière à l'éducation de son fils. Chrétienne fervente, elle s'appliquait surtout à former le petit Antoine-Marie à la vertu. À son école, il apprit vite à soulager les pauvres avec une grande compassion. Cet enfant au bon cœur allait jusqu'à se priver volontairement de nourriture pour pouvoir nourrir et vêtir les indigents. Sa sincère charité lui attira d'abondantes bénédictions et des grâces de choix.


 

Le jeune Antoine-Marie Zaccaria étudia la philosophie à Pavie, puis à Padoue. Reçu docteur en médecine à l'âge de vingt-deux ans, il choisit sa ville natale pour exercer son art. Tout en soignant les corps, il cherchait à faire du bien aux âmes. Une inspiration intérieure le poussait à embrasser l'état ecclésiastique. Pour se préparer à l'apostolat des âmes, il se mit à étudier avec ardeur la théologie, les écrits des Pères de l'Église ; il reçut l'ordination sacerdotale le 20 février 1529. Pendant ses études, il ne perdit jamais de vue sa propre sanctification ni celle de son prochain. Il visitait les malades dans les hôpitaux, rassemblait les petits enfants abandonnés et leur enseignait le catéchisme.


 

Devenu prêtre, il œuvra à Crémone où sa parole simple et persuasive ramena beaucoup de chrétiens à la pratique de leurs devoirs. « Allons voir l'ange de Dieu ! » disaient ses compatriotes. Bien qu'il passât des heures au confessionnal, il ne suffisait pas à la tâche. C'est alors qu’Antoine-Marie songea à réunir autour de lui un certain nombre de prêtres zélés, qui tout en s'appliquant à se sanctifier eux-mêmes, travailleraient en plus à la sanctification de leurs frères en combattant l'ignorance, la paresse et la corruption du siècle. Ces prêtres menaient une vie pauvre et frugale, prêchant surtout par l'exemple. « C'est le propre des grands cœurs, leur disait, de vouloir servir sans récompense, combattre sans ravitaillement assuré. »


 

Le pape leur permit de constituer une nouvelle congrégation sous le nom de : « Clercs réguliers de St-Paul ». On leur confia l'église St-Barnabé à Milan, d'où leur vint le nom de: « Barnabites ». Le zélé fondateur institua encore des Conférences spirituelles pour les prêtres. Les personnes mariées eurent une Congrégation spéciale où elles s'exercèrent aux bonnes œuvres corporelles et spirituelles de Miséricorde. Il fonda en outre un ordre de religieuses, dites les « Angéliques de Saint-Paul » pour l'instruction des jeunes filles pauvres et l'entretien des linges des églises.


 

La dévotion à la Sainte Eucharistie fut son moyen de choix pour conquérir les cœurs à Dieu. En 1534, il commença à exposer publiquement le très Saint Sacrement durant quarante heures, en souvenir du temps que le corps du Sauveur demeura dans le tombeau. C'est à lui que l'on doit cette bienfaisante institution des Quarante-Heures. Devant ce renouveau chrétien, les médiocres traitèrent les fervents de fanatiques et de superstitieux.


 

Antoine-Marie Zaccaria fut critiqué, moqué, décrié, mais une grande paix et une grande sérénité ne cessaient d'envelopper son âme. En 1539, épuisé par une mission qu'il prêchait à Guastalla, sa santé fléchit soudainement. Le Saint se rendit à Crémone, chez sa mère; ses religieux vinrent l'y voir une dernière fois ; il leur annonça sa mort prochaine qu'il venait d'apprendre par révélation.


 

Après avoir reçu l'extrême-onction et le saint viatique, il s'endormit paisiblement dans le Seigneur, le 5 juillet 1539, à l'âge de trente-sept ans. [1]

 

Il fut enseveli dans le cimetière du couvent des Sœurs de Saint Paul, à Milan où il fut vite honoré comme un saint.

 Vingt-sept années plus tard, sa dépouille fut relevée, et son corps fut découvert incorrompu. Actuellement, ses restes reposent à Milan. [2]

 

Antonio Maria Zaccaria a été inscrit dans le livre des saints, le 27 mai 1897, par le pape Léon XIII (Vincenzo Gioacchino Pecci, 1878-1903).

 

 

 

Sources:

 

[1] Tiré de: Frères des Écoles Chrétiennes, Vies des Saints, Edition 1932, p. 233-234.

[2]

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4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 00:00
Saint Florent, évêque à Cahors († début Ve s.)

Martyrologe Romain : À Cahors, au début du Ve siècle, saint Florent, évêque. Saint Paulin de Nole loue son humilité de cœur, sa force dans la grâce reçue de Dieu et la douceur de ses paroles.

 

Sources : 1, 2

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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 08:26
Saint Quentin Fallavier, terrorisme et décapitation : un air de déjà-vu!

On a toujours raison d’être pessimiste devant ces attentats puisqu’ils sont cumulatifs et s’inscrivent dans une logique de surenchère. [1]
Il n’y aura pas de répit car nous sommes dans un engrenage de violence, un cycle d’horreur que René Girard a décrit comme un emballement de la crise mimétique car l’escalade est à craindre jusqu’au paroxysme.
Il faut bien comprendre que la cible de ces djihadistes ce sont les » mécréants » occidentaux. La république française en tant qu’idéologie libertaire qui promeut la Gaypride, soutient les Femen et promulgue l’ » Esprit Charlie » comme un mantra est directement visée et elle est même le pays le plus visé selon les spécialistes du renseignement.
Or tout montre désormais que la république est incapable d’opposer une riposte à ce terrorisme pour plusieurs raisons :
Parce qu’elle est par ses institutions d’une grande faiblesse et démunie pour traiter de problèmes qui relèvent de la souveraineté régalienne et qu’elle n’a aucune légitimité en ce domaine. Quelle est en effet la légitimité d’un chef de parti, élu pour cinq ans ?
Parce que surtout elle est idéologiquement enfermée dans un cercle vicieux qui l’empêche de renier ses « valeurs » : anti-racisme, politique communautariste, laïcisme qui est la seule religion qu’on ne peut blasphémer….
Renoncer à ces principes, c’est renoncer à elle-même, c’est se renier. Car la république est née dans le terrorisme révolutionnaire. Car la république c’est le masque de la révolution. Jacques Julliard dans Marianne (3 octobre 2014) ne dit rien d’autre :

 

« La terreur a été inventée à la fin du XVIII° siècle par la Révolution française. Le 5 septembre 1793, la terreur est mise à l’ordre du jour. Officiellement. Pour intimider les ennemis de la nation (…) Les tartufes de l’islamisme radical ne parlent pas autrement. La terreur, c’est la peur instrumentalisée, érigée en système de gouvernement. La décapitation a été inventée comme système d’exécution des condamnés par la Révolution française, encore elle. (…) On a rationalisé la décapitation, qui se faisait autrefois, pour les nobles à la hache : ce fut l’invention de la guillotine. Sous la révolution, ses victimes se comptent en dizaines de milliers. Elle a mêlé dans le même bain de sang, innocents et coupables. Comme l’Etat islamique, elle a transformé les exécutions en grands spectacles à des fins de propagande. » [2]


La république ne peut et ne pourra jamais être le rempart contre la barbarie car elle est issue du même fonds terroriste.
Qui sera ce rempart si ce n’est un roi clef de voûte d’une société organique qui réinventera un projet commun et redonnera un sens à l’Etat et une cohésion nationale


Sandrine Pico-Deprez

 

Source

Notes

 

[1] L'historien Patrice Gueniffey dans son livre "Histoires de la Révolution et de l'empire" évoque lui aussi la "radicalisation cumulative du discours" lors de la Révolution française qui a fait que les révolutionnaires se sont éliminés les uns les autres... dans une dynamique où "réside le moteur de l'hubris révolutionnaire qui, d'outrance en surenchère dans la définition des buts et dans les choix des moyens, conduit inexorablement à la violence" (Patrice Gueniffey, Histoires de la Révolution et de l'empire, Tempus, Paris 2011, p. 186).

[2] "Le bilan estimé des morts liées à la Révolution demeure toujours incertain. [...] On s'en remet souvent aux calculs de Donald Greer en 1935 qui recense 30 000 à 40 000 victimes des procédures juridiques (fusillées et guillotinées). Il s'agit d'une base minimale à laquelle il faut ajouter environ 170 000 victimes vendéennes." (Patrice Gueniffey in La Révolution française, Préface de Michel Winock, L'Histoire Edition, 2014, p. 119-120.)

 

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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 08:10
Le démon ne supporte pas que les époux s'aiment, révèle un exorciste

Incroyables révélations sur la puissance de l'amour et du sacrement de mariage, faites par le démon lui-même au cours d'un exorcisme.

"Je ne supporte pas qu’ils s’aiment !" C'est la réponse du démon qui a fusé, immédiate et claire, un jour que l'exorciste italien, le père Sante Babolin, l'interpellait sur la raison des tourments qu'il infligeait à l'épouse de l'un de ses amis.

Le sacrement du mariage, le plus proche de l'Eucharistie

"Pourquoi cette haine ?" Dans l'hebdomadaire Desde la Fé, le prêtre italien a avancé une explication : Satan déteste le mariage parce que c’est le sacrement le plus proche de l’Eucharistie.

 

"Je m’explique : dans l’Eucharistie, nous offrons au Seigneur le pain et le vin qui, par l’action du Saint-Esprit, deviennent le Corps et le Sang de Jésus. Et, dans le sacrement du mariage, il se produit quelque chose de comparable : par la grâce de l’Esprit Saint, l’amour humain devient amour divin, si bien que, d’une manière réelle et particulière, les époux, consacrés par le sacrement du mariage, réalisent ce que dit l’Écriture Sainte : 'Dieu est amour : celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui'."

 

La dégradation de l’amour entre l’homme et la femme

Dans ce sens, le père Babolin a abordé la question de l'augmentation du nombre des séparations, dues pour la plupart à la dégradation de l’amour entre l’homme et la femme. Dans son encyclique Deus caritas est, le pape émérite Benoît XVI l'a souligné :

 

"La façon d'exalter le corps, à laquelle nous assistons aujourd'hui, est trompeuse. L'eros rabaissé simplement au 'sexe' devient une marchandise, une simple 'chose' que l’on peut acheter et vendre ; plus encore, l'homme devient une marchandise". Et, commente l'exorciste italien, n’importe quelle boutique a besoin de renouveler sa marchandise pour la vendre – il en va ainsi du mariage fondé sur le sexe sans eros véritable.

 

Et, rappelle le père Babolin, "l'amour humain et divin, proposé par le sacrement du mariage, n'est pas un amour instinctif, pas plus instinctif que ne l'est la foi au Christ ; il a donc besoin d'être cultivé, il a besoin de vigilance et de patience". Il met donc en garde : "On arrive à l'infidélité par de petites infidélités… C'est pourquoi le dialogue et la confiance doivent toujours demeurer". Parce que "le diable tente les époux chrétiens pour les mener vers l’infidélité, précisément parce qu’il est haine et qu’il ne tolère pas l’amour. Et le remède, c'est la prière du rosaire récité en commun, outre les activités qui renforcent l'union".

À propos du pardon, le père Babolin affirme qu'il peut jouer un "rôle décisif", car "il renouvelle la grâce du sacrement de mariage". Mais le véritable pardon devrait être exceptionnel, car "vivre le mariage dans une constante recherche de pardon équivaut à vivre l'amour dans une salle de réanimation".

"L’idéal serait de découvrir, avec l’aide de personnes compétentes en matière de vie de la foi et de dynamique psychologique des relations, les pièges de l’Ennemi de l’Amour. Le sacrement de mariage offre la force de l’Esprit Saint pour que les époux constituent une sorte de personnalité corporative, accomplissant un chemin de sainteté", assure-t-il.
 

Adapté du portugais par Élisabeth de Lavigne

 

http://www.aleteia.org/fr/religion/article/le-demon-ne-supporte-pas-que-les-epoux-saiment-revele-un-exorciste-5898060504760320

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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 00:00

Thomas appelé Didyme (le Jumeau) fait partie du petit groupe de ces disciples que Jésus a choisis, dès les premiers jours de sa vie publique, pour en faire ses apôtres.

Il est "l'un des Douze" comme le précise saint Jean (Jn 21). Le même Jean nous rapporte plusieurs interventions de Thomas, qui nous révèlent son caractère. Lorsque Jésus s'apprête à partir pour Béthanie au moment de la mort de Lazare, il y a danger et les disciples le lui rappellent: "Rabbi, tout récemment les Juifs cherchaient à te lapider." Thomas dit alors aux autres disciples: "Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui."

Évangélisateur des Indes, c’est pour avoir construit un palais pour un roi que Thomas est représenté avec une équerre d’architecte. Il est parfois également représenté avec la lance qui fut l’instrument de sa mise à mort. 

Après sa résurrection, le Sauveur était apparu à plusieurs de ses disciples, en l'absence de Thomas. Quand, à son retour, on lui raconta cette apparition, il fut si étonné d'une telle merveille, qu'il en douta et dit vivement: "
Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt à la place des clous et ma main dans son côté, je ne croirai point." (Jn 20, 25.) Voilà le second caractère de Thomas, esprit trop raisonneur. Mais son premier mouvement d'hésitation, en chose si grave, ne fut pas un crime et le bon Sauveur répondit à son défi: "Mets ici ton doigt, et regarde mes mains; approche aussi ta main, et mets-la dans mon côté; et ne sois plus incrédule, mais croyant." (Jn, 20, 27.) Que fit alors Thomas? Nous le savons; un cri du coeur s'échappa de ses lèvres: "Mon Seigneur et mon Dieu!" Dieu permit l'hésitation de cet Apôtre pour donner aux esprits difficiles une preuve de plus en faveur de la résurrection de Jésus-Christ.

Saint Augustin attribue à saint Thomas, parmi les douze articles du Symbole, celui qui concerna la Résurrection.  Quand les Apôtres se partagèrent le monde, les pays des Parthes et des Perses et les Indes furent le vaste lot de son apostolat. La tradition prétend qu'il rencontra les mages, les premiers adorateurs de Jésus parmi les Gentils, qu'il les instruisit, leur donna le Baptême et les associa à son ministère. Partout, sur son passage, l'Apôtre établissait des chrétientés, ordonnait des prêtres, consacrait des évêques.
Quand au XIVe siècle, les Européens s'emparèrent des Indes orientales, ils trouvèrent dans les traditions des peuples de ce vaste pays des souvenirs chrétiens, et en particulier celui de saint Thomas. Un miracle de l'Apôtre, traînant avec un faible lien une poutre énorme que les éléphants n'avaient pu remuer, fut l'occasion d'innombrables conversions. Cependant les prêtres des faux dieux, jaloux de tant de succès, jurèrent la mort de l'Apôtre; il aurait été percé d'une lance devant une Croix où il priait.

Sources : Les saints du jour; Nominiswikipedia

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 23:19

Après quarante ans de reniement, de culpabilité, d'auto-dénigrement perpétuel sur l'histoire de France, d'un angélisme béat sur l'immigration "chance pour la France"... et actuellement d'une "réforme de civilisation" homosexualiste imposée de force contre la population, les idéologues du PS ouvrent enfin les yeux: "Le sentiment d'appartenance à une communauté nationale est très affaibli" (sic)... "La dimension théorique du djihad est la plus complète dans son rejet de la démocratie, dans la désignation de responsables à abattre et enfin dans l'affirmation d'un contre-modèle total"... "La dérive islamiste en France pourrait se transformer en phénomène de masse". C'est ce que dit le PS Malek Boutih dans un rapport qu'il a adressé au Premier ministre et que le Figaro s'est procuré :

Dans un rapport qu'il vient de transmettre à Manuel Valls, et que Le Figaro s'est procuré, le député PS Malek Boutih décrit «une jeunesse frustrée, prête à basculer». Il craint que la dérive islamiste en France ne se transforme en phénomène de masse.

 

«Génération radicale»: le titre du rapport que le député PS de l'Essonne Malek Boutih vient de transmettre au premier ministre, et que Le Figaro s'est procuré, traduit bien son contenu. Dès la troisième ligne, il aborde son sujet: «L'analyse et la prévention des phénomènes de radicalisation et du djihadisme en particulier.» C'est une lecture politique que livre l'ancien président de SOS-Racisme, mandaté après les attentats de janvier. Il ne biaise pas avec son sujet, qui concerne avant tout la dérive islamiste d'une partie de la jeunesse française, sachant que près de 65 % des individus impliqués dans les filières djihadistes ont moins de 25 ans. Le député assure que son enquête a conforté son hypothèse de départ: «Le succès des recruteurs djihadistes auprès des jeunes repose sur l'adhésion à un projet politique entrant en résonance avec leurs préoccupations internationales et leur rejet de la société démocratique occidentale, plus qu'à une doctrine religieuse fondamentaliste.» D'où cette conséquence: «Une grande partie de la jeunesse se détourne de notre modèle de société

 

Une génération «au bord de la rupture»

 

Mondialisation, 11 Septembre, guerre en Irak, conflit israélo-palestinien ont marqué la jeune génération et façonné sa vision du monde, note Malek Boutih. Mais au-delà de ces événements, un nouveau marqueur - «l'enracinement d'un nouvel antisémitisme» - est particulièrement inquiétant. «Dans les quartiers, le discours du “deux poids deux mesures”, entre des juifs qui seraient insérés et protégés et des musulmans au contraire stigmatisés et marginalisés socialement, a rencontré un large écho, écrit le député. Les vieux préjugés sur les juifs qui seraient partout, tirant les ficelles du monde de la finance et des médias sont de retour. De façon remarquable, ils sont très largement répandus chez les jeunes aujourd'hui alors que cela aurait été inenvisageable il y a encore une vingtaine d'années.»

 

Le refus des valeurs démocratiques

 

«La société est vécue comme totalement verrouillée, ce qui génère une grande frustration», analyse Malek Boutih, qui parle de «jeunesse frustrée, prête à basculer». Il va plus loin: «Le corpus de valeurs et l'ordre social très peu contraignant de nos sociétés démocratiques occidentales ne fournissent pas un cadre suffisamment englobant et sécurisant pour s'y ancrer et s'y attacher (…). La notion de République est inintelligible, comme diluée dans le libéralisme et la modernité, et le sentiment d'appartenance à une communauté nationale est très affaibli. Or une partie de la jeunesse refuse ces valeurs trop “molles” et cherche à se distinguer.»

 

Le djihad, une «solution» globale

 

Reprenant les chiffres, notamment ceux, en hausse croissante, des départs de jeunes Français pour la Syrie, l'auteur du rapport estime que «la radicalité islamiste est dans un mouvement ascendant au sein de notre société», qu'il met en parallèle avec le niveau historique de l'extrême droite. Cependant, «face aux autres offres radicales qui visent la jeunesse, le djihadisme a une longueur d'avance, aussi bien dans sa dimension politique que théorique, note le député. Pour un jeune homme, une jeune femme assoiffée d'action, le djihad serait l'évidence. Il ne s'agit pas simplement d'assouvir réellement des pulsions meurtrières ou des envies de guerre. La dimension théorique du djihad est la plus complète dans son rejet de la démocratie, dans la désignation de responsables à abattre et enfin dans l'affirmation d'un contre-modèle total. Au creux de l'offre idéologique des forces politiques traditionnelles, le djihad propose des explications et une solution globale.» Conclusion sans appel: «Le djihadisme est bien la radicalité qui prédomine aujourd'hui dans l'offensive antidémocratique

 

Un phénomène de masse?

 

Les signalements recueillis par le numéro vert, destiné aux familles ou aux autorités que la dérive d'un jeune inquiète, sont éclairants sur la diversification des individus prêts à basculer dans l'extrémisme. Mais Malek Boutih va encore plus loin: «L'ampleur du phénomène et sa pénétration dans tous les milieux, avec la radicalisation de jeunes étudiants, et de jeunes filles en particulier, indiquent qu'on pourrait basculer dans un phénomène de masse.» «Si les premières vagues de djihadistes comportaient essentiellement des individus fragilisés, plus faciles à recruter, désormais les recruteurs ciblent des proies au profil plus stable et moins détectable et on peut penser que ce phénomène va s'amplifier», ajoute-t-il.

 

Un réseau structuré

 

«Les islamistes ont mis sur pied un réseau social humain où chacun joue un rôle dans l'expression de leur idéologie», remarque le député. Leur «emprise» se construit ainsi sur certains quartiers. Même si tous les jeunes, loin de là, ne sont pas tentés par l'expérience, «il faut tout de même prendre garde aux effets de contagion et d'identification croisée entre pairs, par lesquels une frange radicale peut influencer l'ensemble d'une génération», estime Malek Boutih.

 

Au terme de son rapport, son auteur dresse une série de propositions qui passent par l'école, la culture, les familles. Et la nécessité de réaffirmer avec force le credo républicain.

 

Notes

 

[1] Djihadisme : le cri d'alarme de Malek Boutih, Le Figaro, Par Marie-Amélie Lombard Mis à jour le 02/07/2015 à 22:11 Publié le 02/07/2015 à 22:03

 

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 22:46

En septembre 2013 j'avais signalé la destruction de l'ancien sanctuaire chrétien de Saints-Serge-et-saint-Bacchus en Syrie et les vols d'objets d'art et d'icônes de renommée mondiale. Cette fois-ci, les barbares iconoclastes s'en sont pris au Lion d'Athéna de Palmyre, pièce unique de trois mètres de haut pesant 15 tonnes, "le plus grave crime commis par les jihadistes contre le patrimoine de Palmyre", a indiqué le directeur général du département des Antiquités et des musées de Syrie:

L'Etat Islamique détruit le Lion d'Athéna de Palmyre (Syrie)
Lion d'Athéna (entrée du Musée de Palmyre)

Lion d'Athéna (entrée du Musée de Palmyre)

Syrie: l'EI détruit le Lion d'Athéna de Palmyre

 

Sputnik, 20:20 02.07.2015(mis à jour 20:44 02.07.2015)

 

La version rigoriste de l'islam sunnite prônée par le groupe djihadiste l'Etat islamique (EI) proscrit la visite des sites archéologiques ou historiques et considère les statues humaines ou animales comme de l'idolâtrie.

 

Le groupe djihadiste Etat islamique (EI) a détruit la célèbre statue du Lion d'Athéna, qui se trouvait à l'entrée du musée de Palmyre, a annoncé jeudi Maamoun Abdelkarim, directeur général du département des Antiquités et des musées de Syrie.

 

"Les membres de l'EI ont détruit samedi le Lion d'Al-Lat (Athéna), qui est une pièce unique de trois mètres de haut pesant 15 tonnes. C'est le plus grave crime commis par les djihadistes contre le patrimoine de Palmyre", a déclaré à l'AFP M. Abdelkarim.

 

La statue en calcaire a été découverte en 1977 par une mission archéologique polonaise dans le temple d'Al-Lat et date du 1er siècle avant J.C.

 

"Nous l'avions recouverte d'une plaque de fer et entourée de sacs de sable car nous voulions la protéger des bombardements mais jamais nous n'avions imaginé que l'EI viendrait dans la ville pour la détruire", a-t-il ajouté.

 

Fin mai, les djihadistes ont pris aux forces du régime syrien la ville de Palmyre (centre), qui abrite des ruines antiques mondialement connues et classées par l'Unesco au patrimoine mondial de l'humanité.

 

Depuis la prise de la ville, la communauté internationale craint que l'EI détruise les nombreux trésors archéologiques de sa cité antique, baptisée la "perle du désert syrien", à l'instar de ce que le groupe ultra-radical sunnite a fait ces derniers mois en Irak.

 

Par ailleurs, l'EI a annoncé jeudi avoir détruit plusieurs statues palmyriennes saisies chez un trafiquant qui les transportait dans la province d'Alep (nord).

 

"Un poste de contrôle de l'EI dans la wilayat d'Alep a arrêté une personne qui transportaient plusieurs statues venant de Palmyre. Le coupable a été conduit au tribunal islamique de la ville de Menbej (à l'est d'Alep) qui a décidé de punir le trafiquant et de détruire les statues", a affirmé l'EI dans un communiqué.

 

Le texte est accompagné des photos où l'on voit des djihadistes détruire à coups de pioche les statues et fouetter le trafiquant. "Il s'agit de huit statues volées à Palmyre dans les tombes. La destruction est pire que le vol car c'est irrécupérable", a expliqué Maamoun Abdelkarim.

 

Un vaste trafic d'objets antiques provenant de Palmyre avait commencé avant même l'arrivée de l'EI puisque le service des Antiquités avait récupéré 1.320 pièces volées, selon le directeur des Antiquités et musées de Syrie.

 

Source

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 14:09
Véronique Lévy sur Europe1 : "Je plonge dans l'amour du Christ comme dans l'océan"

Véronique Lévy (soeur de Bernard-Henri Lévy) était l'invitée le 24 juin 2015 avec Frédéric Lenoir dans l'émission "Il n'y en a pas deux comme elle", présentée par Marion Ruggieri sur Europe 1, sur le thème : "Qu'est-ce qui nous pousse à changer de religion, à tenter la conversion dans une société de plus en plus mystique et pragmatique où le religieux devient omniprésent ?"
 

Véronique Lévy est l'auteur de "Montre moi ton visage" aux éditions du Cerf, préface de Mgr de Moulins-Beaufort.

Extrait:

 

"On commence cette émission par quelques chiffres. En 2014, les religions qui recrutent le plus en France sont l'islam et les églises chrétiennes évangéliques. 4000 français se convertiraient chaque année à l'islam et de 4000 à 7000 aux églises chrétiennes, toutes tendances confondues. Seules 150 des 2000 demandes de conversion au judaïsme reçues par le Consistoire de Paris aboutissent chaque année.

 

La première religion de France est le catholicisme. Environ 65% des Français s'en réclament. Suivi de l'islam, 6%, du protestantisme, 2%, et du judaïsme, 1%, en sachant que l'appartenance religieuse des Français est difficile à évaluer puisque la loi interdit d'établir des statistiques officielles. Donc pour obtenir des estimations il faut s'appuyer sur les sondages."

 

Intervention de Véronique Lévy à partir de 9'12, sur le rapport entre le catholicisme et le "judaïsme biblique" :

 

"Il n'y a pas d'opposition entre le catholicisme et le judaïsme biblique. C'est au contraire un accomplissement. Le judaïsme de la première alliance est comme l'estuaire qui se jette dans l'océan de la Révélation du Christ."

Sur la prière et l'Eucharistie :

 

"Ce qui est sûr, c'est que je me jette dans la prière comme on se jette dans l'océan. Ce n'est pas du tout un rite froid, dogmatique, mais c'est véritablement le lieu de la Rencontre. L'Eucharistie (si vous voulez la Communion), c'est vraiment recevoir le Corps et le Sang du Christ. Donc, c'est vraiment accueillir cet amour."

A nouveau sur le judaïsme :

 

"Le judaïsme biblique s'accomplit dans le catholicisme parce que dans le judaïsme biblique il y a quand même cette notion du peuple qui a été élu non pas en vertu d'une supériorité mais en tant que peuple témoin, témoin de cette grâce de Dieu, mais qui doit ensuite s'en dessaisir pour l'offrir au monde entier, à toutes les nations.

On le voit chez tous les prophètes, Ézéchiel, Jérémie, dès le Deutéronome. Et c'est ce que fait le catholicisme qui veut dire 'universel'. En revanche, le judaïsme talmudique - je ne le connais pas très bien -, me semble un peu plus replié sur lui-même. Donc moi je suis fidèle à la première Alliance en devenant catholique."

 

Sur l'amour, "étincelle de Dieu" en tout homme :

 

"J'aime tous les hommes et les femmes. En tous les cas j'essaie de voir dans chaque homme et chaque femme, même les plus abîmés, même les plus violents, une étincelle de Dieu, ce sourire et cette image de Dieu. Parce qu'elle est là comme un poinçon jusque chaque visage. Et il suffit de la chercher. Je pense qu'un chrétien est un sourcier qui essaie d'aller à la source justement et de voir la beauté du monde. Le royaume, il est ici et maintenant aussi.

Il y a un Psaume qui dit "le Seigneur est pour le corps et le corps est pour le Seigneur." (Cf. 1 Corinthiens 6, 13.)

Sur le côté "extrémiste" de l'engagement des convertis :

 

"Je ne suis ni extrémiste ni intégriste mais intègre. La parole du Christ est radicale parce que l'amour exige, demande tout. Le Christ est venu sur la Croix. Cet Amour de Dieu est patient mais il nous demande d'aller vers Lui à découvert. C'est un amour au laser qui débusque tous les mensonges et tous les coins d'ombre, mais pour nous amener vers la Vérité et la Lumière. Le Christ est la Lumière du monde, mais c'est une Lumière d'Amour, une Lumière douce.

 

Et donc c'est un discours en plus qui est tellement à contre-courant du discours ambiant. C'est-à-dire que c'est un discours où les fragiles, les derniers seront les premiers. C'est un amour féminin, avec des valeurs féminines d'accueil. La Miséricorde veut dire les entrailles maternelles. Donc il n'y a pas d'extrémisme."

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 11:22

L'Eglise, dernier bastion de la Résistance au Nouvel Ordre Mondial :

Le cardinal Sandoval dénonce la décision de la Cour suprême du Mexique d’imposer le « mariage » homosexuel au nom du « Nouvel Ordre »

 
Le cardinal Juan Sandoval Iñiguez, archevêque émérite de Guadalajara, au Mexique, a évoqué la décision de la Cour suprême mexicaine d’imposer le « mariage » homosexuel à tous les Etats du pays, dans son enseignement vidéo hebdomadaire diffusé par la télévision catholique en ligne Mariavision. Dans cet entretien, le cardinal Sandoval affirme que cette décision de la Cour suprême est une machination des organisations internationales qui tentent de créer un gouvernement global et d’imposer un « Nouvel Ordre ». Il a également regretté le peu de réaction des évêques catholiques, incapables selon lui d’organiser une résistance catholique pourtant nécessaire.
 
Dans sa vidéo, le cardinal Sandoval affirme que la Cour suprême mexicaine cherche à « détruire le mariage lui-même » en annulant les lois des Etats qui définissaient jusqu’alors le mariage comme l’union d’un homme et d’une femme, et associaient le mariage à la procréation.

 

Le cardinal Sandoval dénonce le « Nouvel Ordre » et la marche vers un gouvernement mondial

 
Il a répété une accusation qu’il avait déjà évoquée de nombreuses fois depuis 2011 : que la Cour suprême reçoit ses ordres d’organisations internationales.
 
« Le mariage, selon la nature, se contracte entre un homme et une femme, et cela est également en accord avec la révélation chrétienne » a affirmé le cardinal : « Toute autre définition est déviante. Et si vous demandez pourquoi la Cour suprême s’est engagée sur ce chemin, d’où viennent les pressions, d’où les juges reçoivent peut-être de grosses sommes d’argent (…) d’où viennent les influences qui poussent la Cour suprême à légaliser ces comportements, toujours opposés à la morale : eh bien, le problème fondamental est qu’il existe des organisations internationalse au service d’un projet qui s’appelle le “Nouvel Ordre”, un plan en vue d’un gouvernement mondial. »
 
Le cardinal Sandoval a ajouté : « La Russie, la Chine et le monde arabe leur ont échappé. Ils ne les dominent pas, mais ils veulent instaurer un seul gouvernement dans les pays occidentaux et s’en servir pour détruire la famille et l’Eglise catholique qui se trouvent sur leur chemin, aussi bien que les véritables gouvernements nationaux. Et l’un des moyens pour détruire la famille est de pervertir le concept de famille lui-même, de parler du mariage comme d’une union de personnes, afin que la définition s’applique à n’importe quelle relation. C’est lamentable, et très triste. »
 
Les forces mondialistes collaborent étroitement avec la Russie, la Chine et les pays arabes, contrairement aux apparences qu’elles s’emploient à déployer. Les liens économiques entre les Etats-Unis et la Chine, qui pourraient encore se renforcer avec le TPP, et la complicité de l’Arabie Saoudite, du Qatar et des pays arabes avec les Etats-Unis dans la mise à feu et à sang du Moyen-Orient, le prouvent surabondamment. La synthèse mondialiste est en cours.

 

Le Cardinal Sandoval dénonce le silence des évêques devant la légalisation du « mariage » homosexuel

 
Mais le cardinal Sandoval a également dénoncé le « silence  lamentable» d’une partie de « ceux d’entre nous qui sont des pasteurs de l’Eglise, qui ne parlent pas clairement, qui ne dénoncent pas, qui n’organisent pas nos fidèles pour entrer en résistance. » Il espère une réaffirmation claire de l’enseignement de l’Eglise lors du prochain Synode des évêques qui se tiendra en octobre au Vatican.

 

Les prodromes de la persécution

 
En réponse à ces affirmations du cardinal, une coalition d’organisations homosexuelles ont décidé de poursuivre le cardinal en justice, avec l’aide de deux agences gouvernementales, affirmant que ses propos étaient « discriminatoires » et incitaient « à la violence » contre les homosexuels.
 
« Avec ses déclarations, le cardinal fomente l’homophobie et la transphobie », a ainsi déclaré Carlos Becerra, membre de Unions Diverses, l’une des organisations plaignantes.

 

Des associations homosexualistes menacent le Cardinal Sandoval de poursuites judiciaires

 
Un autre groupe LGBT, the Cohesion of Diversities for Sustainability (CODISE), a annoncé qu’il comptait également porter plainte contre le cardinal, avec l’aide du secrétariat fédéral de la gouvernance.
 
Ce n’est pas la première fois que le cardinal Sandoval, comme d’autres prélats catholiques, sont menacés de poursuites judiciaires pour avoir proclamé l’enseignement de l’église sur l’homosexualité ou le mariage. Le porte-parole de l’archidiocèse de Mexico avait été menacé de poursuites par le chef du gouvernement de la capitale, Marcelo Ebrard, pour avoir affirmé que l’avortement faisait plus de morts que les narcotrafiquants… Ce même homme avait également poursuivi le cardinal en 2010, lorsqu’il l’avait accusé d’avoir « graissé la patte » de la Cour suprême pour faire avancer son agenda anti-vie. Le cardinal comme le porte-parole de l’archidiocèse de Mexico avaient remporté leurs procès.

 

Béatrice Romée

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 10:58
La passerelle est d'un seul tenant, sans piliers. Une prouesse technique

La passerelle est d'un seul tenant, sans piliers. Une prouesse technique

Un convoi exceptionnel de 40 mètres de long. Une journée et demie d'acheminement. Le troisième et dernier élément du nouveau pont qui doit desservir la grotte des Apparitions doit être livré à Lourdes aujourd'hui. Les deux premiers éléments sont arrivés mardi après-midi depuis Brive (Corrèze) après une escale nocturne à Aire-sur-l'Adour. Avec moult précautions.

Il a fallu d'abord franchir le passage à niveau de la route de Saint-Pé-de-Bigorre, en coupant l'électricité pour éviter tout incident. Puis manoeuvrer lentement en marche arrière pour franchir un portail de 3 mètres de large en haut de la prairie du Sanctuaire. Les deux éléments, qui mesurent 36 mètres, ont été posés dans la foulée au-dessus du Gave de Pau. Manque plus que le troisième. Une fois soudés, ils formeront un tablier de 6 mètres de large.

Un des architectes de l'ouvrage, Patrick Mousseigne, a assisté à l'opération mardi. "Je suis très ému, a-t-il confié. J'ai des frissons. Cette passerelle en inox est une première quasiment mondiale. Concevoir une passerelle de 36 mètres de long d'un seul tenant avec simplement 40 cm d'épaisseur et sans piliers, ce n'est pas simple. L'idée du projet était de surcroît de faire quelque chose qui ne se voit pas trop dans un lieu tel que le Sanctuaire. Et qui puisse se lever pour laisser passer la colère du Gave." L'ouvrage remplace en effet le pont qui avait été endommagé lors de la crue de juin 2013. "Si la crue est légère, il se lèvera de 50 cm dans une première phase, précise Yannick Joffre pour Eiffage Construction. Si elle est appuyée, il montera jusqu'à 4 mètres."

"Les soudeurs ont un mois pour terminer les ajustements, indique pour sa part Sébastien Maysounave, le responsable des services techniques du Sanctuaire. Si le beau temps continue de nous accompagner, le pont pourra être mis en service fin juillet."

 

Source

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 07:00
La statue qui saigne de la rue aux Ours

Pendant près de quatre cents ans, Paris vit s'accomplir les rites d'une fête dont le souvenir est totalement effacé aujourd'hui. Depuis 1418 jusqu'à la Révolution, le coin de la rue aux Ours, à Paris, s'illuminait, le 3 juillet, et de nombreux cierges éclairaient la niche vide d'une statue.

Cependant, les rues d'alentour retentissaient de clameurs ; c'est que la foule suivait en vociférant le cortège d'un mannequin costumé en Suisse. La procession durait pendant plusieurs heures et parcourait tous les quartiers de la ville avant de revenir aux carrefours des rues Salle-au-Comte et aux Ours. Puis, à la nuit tombante, le mannequin était enfin brûlé et la fête s'achevait dans l'apothéose d'un feu d'artifice.

S'il faut en croire les différents compartiments d'un tableau peint en 1772, un fait inouï aurait donné naissance à cette procession plusieurs fois séculaire. En effet, le 30 juin 1418, un soldat suisse frappa de son épée la statue de la Vierge placée dans la niche de la rue aux Ours. Le sang jaillit aussitôt. Le soldat fut arrêté, jugé, condamné et exécuté au lieu même du crime. Quant à la statue mutilée, on la transporta à Saint-Martin-des-Champs, où la vénération populaire lui donna le nom de Notre-Dame de la Carole. Et, tous les 3 juillet, on donnait une fête en son honneur... Le souvenir de la mutilation se perdit peu à peu, mais la réjouissance se poursuivit jusqu'à la Révolution.

 

Source: http://www.france-pittoresque.org/article-la-statue-qui-saigne-de-la-rue-aux-ours-102846524.html

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 06:31
Grexit : François Hollande craint l'effet domino - Mise en place d'une nouvelle donne

Si la Grèce ne devait pas payer ses dettes et sortir de la zone euro, l’observateur de RT Max Keiser a déclaré que le monde pourrait voir venir une crise pire que celle de 2008 où Deutsche Bank subirait le même sort que Lehman Brothers. [1] Deutsche Bank, une des plus grandes banques du monde avec un portefeuille de dérivés de 100 trillions de dollars serait très vulnérable en cas de Grexit, a estimé l'économiste Max Keiser. Elle pourrait connaître le même sort que la banque américaine d’investissement Lehman Brothers. Et l’économie internationale se retrouverait dans une crise plus grave encore que celle de 2008, qui semblerait même banale en comparaison.

En évoquant le sujet du Grexit, Max Keiser a aussi ouvertement critiqué le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Il a rappelé que dès le départ, le gouvernement grec a affirmé que le pays n’avait pas l’argent pour rembourser sa dette. A l’époque, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker avait dit : «Vous devez mentir quand cela devient important». Selon Max Keiser, c’est ce dernier qui est en train de mentir, parce que ce qui se passe maintenant est très important pour l’Europe. «Tout ce qui sort de sa bouche, nous devons présumer qu’il ment parce que les choses ont commencé à se gâter», juge Max Keiser. Il est allé plus loin en qualifiant Jean-Claude Juncker de «maniaque» et de «fraudeur». «C’est un fieffé menteur, personne ne prendrait au sérieux les propos de ce maniaque. C’est un fraudeur», a-t-il déclaré. Selon lui, le Grexit serait «fantastique» pour la Grèce, parce que le pays pourrait relancer son économie. Ce serait la zone euro, notamment l’Italie et l’Espagne qui souffrirait dans ce cas-là.

Hier soir, François Hollande et Angela Merkel n'étaient plus sur la même ligne. Le président français se sentant solidaire de la Grèce, veut un accord très vite, la chancelière refuse de négocier avant le référendum. [2]

Pour François Hollande, rejoint par la Commission européenne, il était encore et toujours temps de négocier. «Il faut être clair, l'accord, c'est tout de suite», a martelé le chef de l'État, mercredi 1er juillet, en refusant de «différer» les discussions qui doivent être menées «jusqu'au bout».

Hors de question de négocier quoi que ce soit avant le référendum grec, a averti la chancelière mardi, 30 juin. «Avant le référendum, côté allemand, nous ne pouvons pas discuter d'une nouvelle demande d'aide», a-t-elle expliqué devant les députés CDU. C'est une question de principe et de méthode. Seulement si le référendum est annulé ou si le oui l'emporte, alors, une nouvelle discussion sur de nouvelles bases pourra s'ouvrir. Dans l'après-midi d'hier, Alexis Tsipras a confirmé la tenue du référendum ce dimanche 5 juillet, appelant toujours les Grecs à voter «non» au plan d'aides européen.

Angela Merkel s'est ralliée à la ligne de son ministre des Finances Wolfgang Schäuble, celle de la thérapie de choc. L'Union pourra rebondir après une sortie de la Grèce de la zone euro. Cette thèse ne convainc pas à l'Élysée où l'on juge le risque politique trop élevé: «C'est un pari considérable». «Les Allemands vivent dans une bulle», ajoute-t-on. Pour Angela Merkel, au contraire, «l'avenir de l'Europe n'est pas en jeu». Elle a affirmé attendre «calmement» le vote de dimanche. Personne ne sait toutefois de quoi sera fait le jour d'après.

Rappelons que ce positionnement brutal de la Chancelière n'est pas nouveau. Le 17 mars 2010 elle avait déjà exprimé sa volonté de ne plus aider la Grèce, son opposition au soutien financier de la Grèce, affirmant que la zone euro devrait pouvoir exclure un de ses membres, en dernier recours « lorsqu'il ne remplit pas les conditions, encore et encore », en cas d'infractions répétées au pacte de stabilité. Deux députés membre de la CDU de la chancelière Angela Merkel avaient même suggéré à la même époque que la Grèce vende ses îles pour payer ses créditeurs !

François Hollande applique en France le système Pasok (PS grec) qui a ruiné la Grèce en alternance avec la droite de la Nouvelle Démocratie depuis 1974. Il est donc dans ses "petits souliers" en ce moment et panique face au Grexit. Il craint l'effet domino pour son gouvernement, parce que la France n'est pas aussi forte qu'il ne cesse de l'affirmer. Il sait dans quel bourbier un vote grec négatif conduirait la France. Le mépris du peuple, le contournement du referendum négatif de 2005 par Nicolas Sarkozy en 2007, l'impopularité record de Moi président, la dette record elle-même couplée à un chômage record et à une défiance de plus en plus forte de la population envers la classe politique pourrait entraîner une sortie de route politique plus rapide que prévue pour françois Hollande, avant 2017.

De l'autre côté du Rhin, Angela Merkel, malgré le scandale du BND qui l'éclabousse de plein fouet (scandale de l'espionnage des amis européens de l'Allemagne au profit de Washington et des données récoltées et stockées par le BND transmises «depuis près de dix ans» à la NSA américaine), a encore un fort appui populaire. Elle ne commettra pas l'erreur de prendre son électorat à rebrousse poil en cédant une fois de plus au chantage à la cohésion européenne des Grecs. La dernière reconduction du plan d'aide à la Grèce a eu l'effet d'une bombe en Allemagne. Merkel sait pertinemment où la ligne rouge à ne pas dépasser se situe en Allemagne. Elle a toutes les cartes en main et il suffit de voir la nervosité de Normal 1er face au silence d'outre-Rhin pour comprendre ce qui se trame.

Par une sortie de la Grèce de la zone euro, Tsipras pourrait réussir finalement à faire ce que François Hollande avait promis en 2012, à savoir contraindre une ré-orientation de la politique économique des Etats. Suite au Grexit, l'Espagne pourrait suivre à la rentrée, le Portugal, puis peut-être l'Italie. Le PS en France devra choisir son camp. Bref, on assiste à la mise en place d'une réelle nouvelle donne. Pas sûr que l'Union européenne elle-même survive au Grexit.

 

Notes

 

[1] Max Keiser : le Grexit provoquera une crise pire que celle de 2008, RT en français, 1 juil. 2015 13:35

[2] Face à la Grèce, le couple franco-allemand se fissure, Le Figaro, Home ACTUALITE International, Par Nicolas Barotte Publié le 01/07/2015 à 20:37

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 00:00

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Saint Martinien, statue Eglise du Pays d'Huriel (Auvergne)

 

Martinien est un des officiers romains qui ont permis l'évasion de Pierre et de Paul des prisons de Rome, même si Pierre ne s'évada pas longtemps puisqu'il retourna à Rome.

Martinien fut arrêté pour sa foi et mis à mort.

Ses reliques reposent actuellement dans la basilique de Saint-Pierre à Rome. Source

 


Autres saints engagés dans l'armée romaine (non exhaustif), au calendrier : saint Georges, saint Victor, saint Sébastien, saint Martin de Tours, saint Ferréol, saints Serge et Bacchus, saint Maurice et ses compagnons, saint Corneille, centurion baptisé par saint Pierre († Ier s.), saint Théodore, soldat et martyr († 304)

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 13:27

"A beaucoup d'égards, le bilan (des destructions sous les Guerres de religion) a été bien pire que celui de la Révolution française."

Philippe Conrad

Pour faire écho à une actualité brûlante, le thème de l'iconoclasme protestant et des destructions opérées pendant les guerres de religion a été abordé par Tv-Libertés dans l'émission "Passé Présent", présentée par Philippe Conrad et Catherine Gourin. Il s'agit d'"une époque extrêmement sombre de notre histoire où une partie de la noblesse trouva dans la 'Réforme' l'occasion et l'opportunité de s'opposer à l'autorité royale, une époque riche en violences" dont des évènements comparables se sont reproduits sous la Révolution et face auxquels les actuels islamistes, destructeurs d'objets culturels pré-islamiques, font office d'amateurs.

L'iconoclasme protestant pendant les guerres de religion
 

01:37 - L'iconoclasme protestant pendant les guerres de religion.

 

Extrait :

 

"On a pas mal oublié ce qui s'est passé au XVIe siècle à la faveur des guerres de religion. Et là, à beaucoup d'égards, le bilan a été bien pire que celui de la Révolution française. De quoi s'agit-il au départ ? D'une lecture littérale de certains passages de la Bible tirés du Livre de l'Exode ou du Deutéronome qui justifiaient en quelque sorte la destruction des idoles.

 

Ce phénomène n'est manifesté d'abord en Allemagne et en Suisse, qui ont été les terres d'orine de la Réforme protestante dans les années 1520-1530. Zürich, Bâle, Strasbourg sont aussi concernés."

 

L'iconoclasme protestant pendant les guerres de religion

Cela prendra encore une forme plus extrême quand la secte des Anabaptistes de Münster va occuper cette ville en 1534-1535.

 

Et puis la France va être touchée aussi à l'été 1528 où une statue de la Vierge va être décapitée à Paris, à l'angle de la rue des Rosiers et de la rue des Juifs. Et ce sacrilège va considérablement indigner la population. Le Roi François Ier en personne va participer à la procession expiatoire qui sera organisée à la suite de tout cela.

Dans la nuit du 31 mai au 1er Juin 1528, une statue de pierre de la Vierge est mutilée dans le quartier dit ''des juifs'', dans le Marais. La niche contenant la statue se trouve à l'angle de la rue du Roi de Sicile et de la rue des Juifs (rue des Rosiers) . La tête de la vierge et celle de l'enfant Jesus sont décapitées. Cet évènement est aussitôt mis en relation avec d'autres manifestations d'iconoclastie menées par les partisans de la Réforme et de LUTHER pour qui le culte des Saints, et de la Vierge Marie en particulier, sont contraires au véritable sens de la Foi. Bientôt l'information circule dans tout Paris. L'émotion de la population est grande car le culte de Marie est extrêmement populaire et répandu. " Lors le Roi étant à Paris, de ce averti, fut si courroucé et marri qu'on dit qu'il en pleura très fort" (in :Journal d'un bourgeois de Paris). Source:  http://www.renaissance-france.org/rabelais/pages/15282.html

Dans la nuit du 31 mai au 1er Juin 1528, une statue de pierre de la Vierge est mutilée dans le quartier dit ''des juifs'', dans le Marais. La niche contenant la statue se trouve à l'angle de la rue du Roi de Sicile et de la rue des Juifs (rue des Rosiers) . La tête de la vierge et celle de l'enfant Jesus sont décapitées. Cet évènement est aussitôt mis en relation avec d'autres manifestations d'iconoclastie menées par les partisans de la Réforme et de LUTHER pour qui le culte des Saints, et de la Vierge Marie en particulier, sont contraires au véritable sens de la Foi. Bientôt l'information circule dans tout Paris. L'émotion de la population est grande car le culte de Marie est extrêmement populaire et répandu. " Lors le Roi étant à Paris, de ce averti, fut si courroucé et marri qu'on dit qu'il en pleura très fort" (in :Journal d'un bourgeois de Paris). Source: http://www.renaissance-france.org/rabelais/pages/15282.html

Et puis les choses vont vraiment en France se développer dans la seconde moitié du XVIe siècle.

 

Dès 1550, des statues et du portail de la cathédrale de Toulouse sont mutilées. Il en va de même en 1561 à Saint-Médard à Paris. Mais c'est surtout avec le début des Guerres de religion après le "Massacre de Vassy" (le 1er mars 1562 NDLR.) Il y aura huit guerres civiles qui vont se succédées. C'est là que vous avez les grandes vagues iconoclastes. Principalement en 1561-1562, et puis 1567-1570 pour les périodes les plus violentes, les plus radicales.

"Massacre de Vassy" (1er mars 1562) par des soldats du duc de Guise, contre 200 Huguenots qui célèbraient le culte dans une grange. "Or, il (le massacre de Vassy) fut précédé de massacres de catholiques et d'excès de toutes sortes commis sur plusieurs points du territoires par les huguenots. Excitées par "les appels sauvages" de leurs pamphlétaires, les passions protestantes 'faisaient rage dès 1560.' Dans les provinces du Midi surtout, il y avait des prêches en armes, des pillages, saccagements d'églises, des courses, des combats entre les bandes huguenotes et les troupes royales. … En 1561, les huguenots avaient saccagé l'église saint-Médard et plusieurs autres. Dans un certain nombre de villes du Languedoc, ils s'étaient emparés à main armée de plusieurs églises : à Montauban, Béziers, Castres, Nîmes, ils avaient interdit tout culte catholique, arraché les religieuses de leurs couvents et forcé ces innocentes victimes à assister aux prêches; à Montauban, il y avaient poussé le peuple à coups de fouet et de nerfs de bœufs. Ceux qui avaient essayé de résister avaient été mis en prison et fouettés jusqu'au sang; plusieurs mêmes avaient expiré sous les coups. Le 20 octobre 1561, à Montpellier, les huguenots avaient pris les armes, s’étaient rués à l'improviste sur les catholiques, avaient tué, avec le gardien des Cordeliers, près de quarante personnes et pillé plus de soixante églises ou chapelles…" [Source: Jean Guiraud, Histoire partiale histoire vraie, tome I Des origines à Jeanne d'Arc, neuvième édition, Gabriel Beauchesne & Cie Editeurs, Paris 1911, p. 70-71.] .... "Il n'y eut pas à Vassy un massacre de protestants; mais […] une bagarre sanglante, une échauffourrée où il y eut des morts des deux côtés, Guise lui-même étant blessé par les protestants." [ibid. p. 403.]  … Les guerres de religion étaient déjà commencées avant le massacre de Vassy. …On vit des bandes ou plus exactement de vraies armées protestantes organisées, dès 1559, 1560, 1561, c'est-à-dire un an, deux ans, trois ans auparavant, dans toute l'étendue du territoire, occupant de force les églises, saccageant les villes, promenant la dévastation dans les campagnes. … Qu'étaient-ce donc que ces émeutes suscitées délibérément par les protestants, ces rixes et ces batailles sinon des guerres de religion ? … Et le tableau que Ronsard (Discours des misères de ce temps adressé à la reine régente Catherine de Médicis) et Mézeray nous ont tracé de la France en 1562, nous montre qu'elle était livrée depuis longtemps aux luttes à main armées des factions politiques et religieuses." [ibid., p. 404.]

"Massacre de Vassy" (1er mars 1562) par des soldats du duc de Guise, contre 200 Huguenots qui célèbraient le culte dans une grange. "Or, il (le massacre de Vassy) fut précédé de massacres de catholiques et d'excès de toutes sortes commis sur plusieurs points du territoires par les huguenots. Excitées par "les appels sauvages" de leurs pamphlétaires, les passions protestantes 'faisaient rage dès 1560.' Dans les provinces du Midi surtout, il y avait des prêches en armes, des pillages, saccagements d'églises, des courses, des combats entre les bandes huguenotes et les troupes royales. … En 1561, les huguenots avaient saccagé l'église saint-Médard et plusieurs autres. Dans un certain nombre de villes du Languedoc, ils s'étaient emparés à main armée de plusieurs églises : à Montauban, Béziers, Castres, Nîmes, ils avaient interdit tout culte catholique, arraché les religieuses de leurs couvents et forcé ces innocentes victimes à assister aux prêches; à Montauban, il y avaient poussé le peuple à coups de fouet et de nerfs de bœufs. Ceux qui avaient essayé de résister avaient été mis en prison et fouettés jusqu'au sang; plusieurs mêmes avaient expiré sous les coups. Le 20 octobre 1561, à Montpellier, les huguenots avaient pris les armes, s’étaient rués à l'improviste sur les catholiques, avaient tué, avec le gardien des Cordeliers, près de quarante personnes et pillé plus de soixante églises ou chapelles…" [Source: Jean Guiraud, Histoire partiale histoire vraie, tome I Des origines à Jeanne d'Arc, neuvième édition, Gabriel Beauchesne & Cie Editeurs, Paris 1911, p. 70-71.] .... "Il n'y eut pas à Vassy un massacre de protestants; mais […] une bagarre sanglante, une échauffourrée où il y eut des morts des deux côtés, Guise lui-même étant blessé par les protestants." [ibid. p. 403.] … Les guerres de religion étaient déjà commencées avant le massacre de Vassy. …On vit des bandes ou plus exactement de vraies armées protestantes organisées, dès 1559, 1560, 1561, c'est-à-dire un an, deux ans, trois ans auparavant, dans toute l'étendue du territoire, occupant de force les églises, saccageant les villes, promenant la dévastation dans les campagnes. … Qu'étaient-ce donc que ces émeutes suscitées délibérément par les protestants, ces rixes et ces batailles sinon des guerres de religion ? … Et le tableau que Ronsard (Discours des misères de ce temps adressé à la reine régente Catherine de Médicis) et Mézeray nous ont tracé de la France en 1562, nous montre qu'elle était livrée depuis longtemps aux luttes à main armées des factions politiques et religieuses." [ibid., p. 404.]

Le phénomène (de la violence protestante NDLR.), on le retrouve à d'autres périodes mais de manière plus isolée.

 

On en constate un retour en 1620 quand Louis XIII va engager la lutte avec les Protestants et qui se terminera par l'"édit de grâce d'Alès" en 1629 [qui  met un terme au soulèvement protestant, confirme la liberté de culte et l’égalité civile accordée aux protestants par l’édit de Nantes (1598), mais ceux-ci perdent leurs places fortes et leurs privilèges militaires. Véritable fin des guerres de religion. L’année 1629 marqua la défaite finale du protestantisme comme parti politique et comme État dans l’État. NDLR.]

 

Quel est le sens de tout cela ? C'est le refus pour les protestants du pouvoir miraculeux qui est traditionnellement attribué aux statues et aux reliques. Il s'agit pour eux de désacraliser pour eux ce qu'ils considèrent comme des idoles. Et l'iconoclasme pour eux est un acte sanctifiant. Ils sont prêts même à subir le martyre pour avoir commis ce genre d'actes.

L'iconoclasme pour les protestants est un acte sanctifiant

L'iconoclasme pour les protestants est un acte sanctifiant

Cela peut prendre des formes un petit peu différentes. Olivier Christin qui est un des grands historiens du phénomène et qui s'est intéressé surtout au cas de la ville du Mans, distingue bien entre un iconoclasme populaire qui concerne les masses populaires en général, pour lesquelles c'est une forme de carnaval excessif de renversement des valeurs qui fait qu'on va casser ces statues et un certain nombre de symboles, et une certaine couche sociale protestante supérieure qui va préméditer, organiser et instrumentaliser à son profit le rejet des 'idoles' parce que c'est ensuite un élément de pouvoir.

L'iconoclasme protestant pendant les guerres de religion

Pour les catholiques ces choses sont inadmissibles. Pourquoi ? Parce que l'univers des images qui les entourent est porteur de signes qui témoignent de la présence de Dieu au monde. S'attaquer aux statues, aux réprésentations du Christ, de la Vierge ou des Saints remet en question le caractère immanent de la présence divine. Et ce type de sacrilèges ne peut que dresser contre les tenants de ce protestantisme la majorité de la population demeurée attachée à la foi traditionnelle.

 

Donc cet iconoclasme va être évidemment porteur de réactions et porteur de violences. Il prend une ampleur considérable. C'est perçu ainsi par les contemporains. L'humaniste Etienne Pasquier par exemple, constate que:

 

"là où le huguenot est maître, il ruine toutes les images, démolit les sépulcres, enlève tous les biens sacrés voués aux églises."

 

Et l'ambassadeur de Venise témoigne:

 

"Les novateurs (c'est ainsi qu'il désigne les 'Réformés') ont détruit les temples ou édifices sacrés en si grand nombre que dix années de revenus de la Couronne ne suffirait pas pour les rebâtir !"

 

Donc un vandalisme massif, généralisé (on va voir comment les choses se répartissent par provinces); un vandalisme unilatéral, puisque du côté du camp catholique il n'y a rien à détruire. Et les protestants n'ont pas d'édifices du culte consacrés, ils se réunissent généralement en plein air ou dans des granges à l'époque. Donc c'est vandalisme qui concerne essentiellement les édifices ou le patrimoine catholique.

 

Le bilan est accablant, mais il est inégal selon les régions.

 

La Bretagne par exemple est relativement épargnée. C'est une terre profondément catholique et qui le demeure, qui connaît à peine la 'Réforme', et qui va même rester pendant très longtemps un bastion de la Ligue (le duc de Mercoeur va continuer la lutte jusqu'à la conclusion de l'édit de Nantes en 1598 dans cette région).

 

Donc la Bretagne est largement épargnée. On peut en dire autant globalement de l'Île de France. Paris est une ville ligueuse. On sait comment Henri III a dû la quitter sous la pression du peuple monté sur les barricades. On sait comment Henri IV sera obligé de l'assiéger et devra se convertir avant de pouvoir en finir avec cette résistance. Donc l'Île de France est relativement peu touchée avec quelques exceptions notables quand même : la cathédrale de Meaux en 1562, la Collégiale Notre-Dame de Poissy (pour la petite histoire il faut rappeler qu'au mois de mai il y a eu un évènement dont la presse a très peu parlé, un acte de vandalisme comparable dans la Collégiale de Poissy, là où a été baptisé Saint-Louis: la statue de Saint-Louis a été démolie lundi 27 avril.)

 

 

 

L'iconoclasme protestant pendant les guerres de religion

En dehors de ces deux régions, tout le reste du pays va être touché à des degrés divers. Certes des restaurations interviendront ensuite. Les Bénédictins de Saint-Maur au XVIIe surtout et au XVIIIe siècle vont y contribuer dans une large mesure. Puis ensuite au XIXe siècle, Viollet-le-Duc dont on a dit beaucoup de mal pour ses restaurations parfois un peu aventurées, mais qui a eu le mérite de remettre sur pieds un patrimoine essentiel.

 

En tous les cas, beaucoup a été perdu. Et à la fin du XVIe siècle la France apparaît comme un gigantesque champ de ruines. La Normandie a été spécialement touchée. La cathédrale de Rouen, l'Abbaye de Saint-Ouen, les Monastères de Saint-Wandrille, de Jumièges, de Sainte-Honorine de Graville, l'église Saint-Jacques de Dieppe, les églises Saint-Etienne et de la Trinité de Caen (dite Abbaye-Aux-Dames) avec la violation des sépultures de Guillaume le Conquérant et de la reine Mathilde; la Cathédrale de Bayeux avec les tombeaux des évêques qui sont violés, leurs ossements jetés aux chiens. Et il faut ajouter la Cathédrale de Coutances, les sanctuaires de Valogne (voir ici et ), de Falaise, de Vire. Seul en Normandie le Mont Saint-Michel a été épargné. Il avait résisté aux assauts anglais à la fin de la Guerre de Cent Ans, il a résisté à la violence dévastatrice des huguenots pendant les Guerres de religion.

 

 

Abbaye de Jumièges, démolie par les Réformés le 8 mai 1562

Abbaye de Jumièges, démolie par les Réformés le 8 mai 1562

Avec un point particulier qu'il est intéressant de signaler. Dans le patrimoine architectural parce que c'était plus facile à détruire, ce sont les jubés qui ont particulièrement souffert - ces structures séparant le choeur liturgique de la nef de l'église -. Celui qui était extrêmement riche était celui de l'église Saint-Etienne du Mont à Paris. Il y en avait des dizaines comme cela en France. C'est ce qui était généralement détruit en premier par les casseurs de l'époque.  

L'iconoclasme protestant pendant les guerres de religion

Puis (dans les autres régions), les sanctuaires de Soissons, d'Auxerre, l'Abbaye de Cluny dévastée et pillée à trois reprises en 1562, 1567, 1575 (sa bibliothèque, dont on imagine la richesse, a été complètement dévastée et a été en grande partie perdue); le trésor de l'Abbaye de Paray-le-Monial disparaît; l'église de la Charité-sur-Loire est détruite; la Madeleine de Vézelay est transformée en écurie, l'église de Guérande, pour sa part, en porcherie, Saint Philibert de Tournus, magnifique sanctuaire roman parmi les plus anciens en France, est saccagé. Les sanctuaires d'Orléans subissent un sort comparable avec des fonts baptismaux transformés en chaises percées. Notre-Dame de Cléry, où se trouvait le tombeau de Louis XI, est également pillé et le tombeau profané (le 2 avril 1562, durant les guerres de Religion, le tombeau du roi et la statue de la Vierge sont détruits par les protestants à la suite de la prise de la ville d’Orléans par les armées du prince de Condé.) Même situation au Couvent des Annonciades de Bourges en 1562 (où les hugenots dévastent la chapelle, profanent le tombeau de Sainte Jeanne de France, fille de Louis XI, fondatrice à Bourges en 1501 de l'Ordre des moniales contemplatives de l'Annonciation de la Vierge Marie, dites sœurs de l'Annonciade, font brûler ses restes, dispersant ses cendres.NDLR.) Et la châsse de Saint-Benoît, qui se trouvait à l'Abbaye de Saint-Benoît sur Loire est fondue pour que Cologny, le chef protestant, puisse payer ses troupes. 

Chartreuse du Liget, monastère de moines-ermites chartreux fondé en 1178 par Henri II Plantagenêt en Touraine - Portail du monastère ruiné par les Guerres de religion

Chartreuse du Liget, monastère de moines-ermites chartreux fondé en 1178 par Henri II Plantagenêt en Touraine - Portail du monastère ruiné par les Guerres de religion

La liste continue. Blois, la cathédrale de Bourges. Dans la région de Touraine, Saint-Martin de Tours (Apôtre des Gaules...), Marmoutiers, l'un des hauts lieux spirituels de la région, la Chartreuse du Liget; plus à l'Ouest, la Cathédrale d'Angers, mise à sac; l'Abbaye de Fontevraud en Anjou (l'une des plus grandes cités monastiques d'Europe) où se trouvaient les tombeaux d'Henri II et d'Aliénor d'Aquitaine et celui de leur fils, Richard Coeur de Lion. Les destructions et pillages sont intervenus, mais on a pu récupérer quand même leurs gisants.

 

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Gisant des parents de Richard Coeur de Lion (Henri II et Aliénor d'Aquitaine). Abbaye de Fontevraud (Anjou)

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Gisant de Richard Cœur de Lion (vers 1199, abbaye de Fontevraud)

Il y a des dégâts considérables en Poitou, en Saintonge, où les Guerres de religion ont été extrêmement présentes.

En Isère, la Grande Chartreuse est pillée; c'est la région où sévit le fameux Baron des Adrets, célèbre pour sa cruauté.

L'Abbaye de la Chaise-Dieu en Haute-Loire est pillée également. Le tombeau du Pape Clément VI, Pape d'Avignon, qui était l'un des chefs d'oeuvres de la sculpture funéraire du XIVe siècle est détruit. On a des destructions comparables à Aurillac, à Mende, à Villefranche-de-Rouergue, à Conques, à Rocamadour, à Périgueux, à Souillac, à Albi. A la cathédrale Sainte-Cécile d'Albi, les dégâts sont tels que l'un des chefs protestants, Montgommery, va être surnommé l'"Attila huguenot". Ce qui est en soi tout un programme.

Toulouse va échapper à la destruction. Monluc, le fameux chef de guerre catholique va réussir à sauver Toulouse que les protestants voulaient tout simplement raser. On trouve des projets tout à fait comparables à ceux que l'on verra mis en oeuvre en 1793 ou 94 quand les révolutionnaires et les Montagnards de Paris imaginaient de détruire Lyon, changer son nom pour en faire une ville affranchie.

 

Les dégâts sont tout aussi importants dans le Midi languedocien et provençal, à Montpellier, à Embrun, à Avignon, à Arles.

Dans le Dauphiné, la quasi totalité du patrimoine artistique médiéval a complètement disparu.

 

A l'issue de cette période particulièrement sombre, certains prélats vont faire les comptes. L'évêque d'Agen, Nicolas de Villars, qui va occuper le siège épiscopal de 1592 à 1608, juste à la fin des Guerres de religion, constate que sur 427 églises de son diocèse, seules 24 sont restées intactes.

L'évêque de Toulouse de son côté constate que sur 337 églises de son diocèse, 139 ont été incendiées et ont disparu.

En tout, approximativement, 20.000 sanctuaires dans l'ensemble du Royaume ont été endommagés ou détruits. Ce qui est un chiffre évidemment absolument énorme.

Alors, Calvin, au début, condamne les excès de l'iconoclasme mais "jamais Dieu n'a commandé d'abattre les idoles sinon chacun en sa maison, et en public, à ceux qui arment d'autorité". C'est-à-dire que les autorités constituées, si elles le décident, elles peuvent le faire. Il ne faut pas que cela soit un phénomène spontané et anarchique.

Théodore de Bèze, son successeur à Genève, tient des propos comparables. Il est pour un iconoclasme organisé et qui s'opère dans l'ordre. Il donne d'ailleurs des conseils à Jeanne d'Albret, la mère d'Henri IV à ce sujet.

 

Du côté catholique, le phénomène n'est pas comparable. On verra tout de même une destruction du temple de La Rochelle en 1628, après la prise de La Rochelle assiégée par Richelieu. Et en 1685, au moment de la révocation de l'édit de Nantes, le temple de Charenton subira le même sort. Mais on comprend bien à l'évocation de toutes ces destructions et en imaginant ce qu'a été la mémoire de ce conflit sanglant qui a duré plusieurs décennies, dans une France où les Protestants étaient tout à fait minoritaires, il faut le rappeler, et y compris au XVIe siècle, on comprend bien quel soutien l'opinion populaire a apporté en 1685 à la révocation de l'édit de Nantes, décidé par l'édit de Fontainebleau de Louis XIV. Les gens n'avaient pas oublié.

Suite de l'émission de Tv-Libertés :


19:44 - L’ambitieux chimiste Claude Louis Berthollet, inventeur de l'eau de javel, proche de Lavoisier mais aussi de Napoléon.
31:29 - Comment l'éducation nationale influence idéologiquement les élèves via les programmes d'histoire, avec en invité Vincent Badré, auteur de "L'Histoire fabriquée ?– ce qu'on ne vous dit pas à l'école".

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 00:00
Blason de l'Abbaye de Saint-Thierry - Bénédictines de Sainte Bathilde.

Blason de l'Abbaye de Saint-Thierry - Bénédictines de Sainte Bathilde.

Fils du seigneur Marcard, célèbre bandit de grand chemin de la Marne, vivant de rapines et de vols, Thierry, voulait vivre autrement. Quand il fut en âge de se marier, ses parents l’obligèrent à épouser une jeune fille de leur connaissance. Mais tel n’était pas l’idée du jeune homme qui avait décidé de vivre dans la vie consacrée. Il demanda à sa jeune épouse de vivre comme frère et sœur, ce qu’elle refusa. Aussi décida-t-il, contre l'avis de sa femme, d'aller voir l'archevêque de Reims (saint Rémi, l'Apôtre des Francs) afin de défaire son mariage. Sur ses conseils, Thierry se fit moine puis se retira dans la solitude.  Conduit, dit la tradition champenoise, par le vol d’un aigle au lieu-dit du Mont d'Hor près de Reims, il fonda le monastère et en fut le premier abbé. Là, de nombreux disciples vinrent à lui, dont son père qui se convertit.

Sa sainteté fut vite connue et de nombreux malades affluèrent. Il est même dit que Thierry guérit l'œil malade de Thierry Ier, fils de Clovis Ie et roi d’Austrasie. Il lui fit une onction d’huile sur l’œil que les médecins proposaient d’arracher. Menacé de devenir borgne, ce jeune roi se lamentait « Si je perds la moitié de mes yeux, je perds, du même coup, la moitié de mon autorité sur mes guerriers ! ». C'est pourquoi, pour rendre honneur à saint Thierry, les rois de France eurent pour coutume après leur sacre de se rendre à l'abbaye pour y manger. Ce rite se perpétua longtemps encore après la mort du saint, en 533.

Pendant treize siècles, des générations de moines se succèdent en ce lieu retiré. Le même appel les y a conduits : chercher Dieu, se laisser pénétrer et unifier par sa Parole.

Un village naît autour de l’abbaye.

Ses reliques sont toujours vénérées dans l’église paroissiale rémoise.

 

Autour de l’an 500, Thierry, disciple de Saint Remi, perçoit l’appel de Dieu: "Quitte tout pour suivre le Christ". Il part. A quelque distance de Reims se dresse la colline du Mont d’Hor; Thierry s’y établit au milieu des forêts. Il prie, il défriche la terre. Sa vie cachée, toute saisie par le mystère de Dieu, attire des frères autour de lui. Un monastère naît... (diocèse de Reims)


A lire aussi: Histoire de la commune de Saint-Thierry

 

Martyrologe romain

La Parole de Dieu sera ma nourriture. Ce n’est pas de moi-même que je me promets une telle force. C’est vous, ô Jésus qui mettez ces paroles dans ma bouche et qui m’accordez la grâce de les accomplir.

 

Sources: 1; 2; 3

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 18:19

La réalité finit toujours par reprendre ses droits... :

Manuel Valls prêt à fermer les mosquées salafistes

Suite à la première décapitation islamiste en France depuis le VIIIe siècle, l'attentat commis par Yassin Sahli en Isère a alimenté une partie des débats à l'Assemblée nationale cet après-midi.

La France va-t-elle prendre des mesures contre certaines mosquées ? Le débat de la fermeture de mosquées salafistes a déjà été lancé samedi 27 juin par Marine Le Pen. Le Premier ministre semble d’accord avec elle Marine Le Pen et se dit prêt à le faire. Désormais, il faudra attendre des actions, car les hommes politiques sont souvent considérés comme des moulins à parole qui n’exécutent pas véritablement leurs promesses. [1]

Une séance des questions d'actualité au gouvernement qui a débutée par une minute de silence en mémoire des victimes de ce "vendredi sanglant" qui a frappé la France, la Tunisie et le Koweït.

Quant à la fermeture des mosquées salafistes en France, le Premier ministre y est prêt : 

"Toutes les solutions sont explorées et mises en oeuvre pour entraver l'action des terroristes. Et il faut empêcher d'agir les associations qui encouragent ou diffusent les appels à la violence".

Ajoutant : 

"Le ministre de l'Intérieur agira avec d'abord les armes du droit (...) pour fermer les mosquées quand il faut les fermer, s'attaquer aux commerces qui alimentent financièrement ce terrorisme". [2]

Interrogé par le député radical de gauche, Roger-Gérard Schwartzenberg, Manuel Valls a lancé :

"Toutes les solutions sont explorées et mises en oeuvre pour entraver l'action des terroristes. Et il faut empêcher d'agir les associations qui encouragent ou diffusent les appels à la violence", a affirmé le Premier ministre, lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. "S'il faut les dissoudre, nous le ferons". [3]

Depuis l'attentat dans l'Isère vendredi, plusieurs responsables politiques, à droite et au Front national notamment, ont réclamé notamment la fermeture de mosquées salafistes, considérées comme suspectes de liens avec la mouvance djihadiste. [4]

D'autres mesures ne devraient-elles pas être annoncées comme la remise en question de l'annonce récente par le gouvernement du financement des mosquées et des imams ?...

 

 

[1] Manuel Valls : Marine Le Pen veut la fermeture des mosquées, il est prêt à le faire, Six Actualités, par Vanessa Godet · 30 juin 2015 à 17 h 17 min

[2] Terrorisme : Manuel Valls prêt à fermer les mosquées salafistes, Sud-Ouest, Publié le 30/06/2015 à 17h11 , modifié le 30/06/2015 à 18h09

[3] Manuel Valls prêt à fermer des mosquées suspectées de complicité avec l'islamisme radical, par La rédaction numérique de RTL , Avec AFP publié le 30/06/2015 à 16:54 mis à jour le 30/06/2015 à 17:02

[4] Islamisme : Manuel Valls "prêt à fermer des mosquées", Le Point - Publié le 30/06/2015 à 16:18 - Modifié le 30/06/2015 à 17:06

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 15:26

Ce n’est pas le choc des civilisations que nous vivons, mais le choc de barbaries qui ne peuvent déboucher, sauf miracle, que sur une barbarie plus tyrannique encore.

(Anne Dolhein)

Guerre de civilisation… ou choc des barbaries ? (Anne Dolhein)

Et voilà Manuel Valls qui commence à s’exprimer comme Samuel Huntington, moyennement démocrate et « oligarque » autoproclamé : comme l’Américain en 1993, le Premier ministre de la France a évoqué une « guerre de civilisation ». Etait-il encore sous le choc après l’attentat islamiste de l’Isère ? Ce n’est pas si sûr. Les Renseignements français savent bien la menace islamiste à laquelle la France est exposée, et il se dit communément qu’il ne leur est pas donné le pouvoir d’agir, tant on s’attache à éviter, politiquement, la « discrimination ». Non, cette déclaration s’inscrit dans la dialectique contemporaine : méchants intégristes contre humanistes sincères. En cela, Manuel Valls joue pleinement le jeu du mondialisme.

 

[...] Guerre de civilisation… ou choc des barbaries ?

 
Ce que Manuel Valls ne dit pas, surtout pas, c’est que nous assistons à un choc des cultures chrétienne et islamique. C’est bien pour cela qu’il affirme, qu’il insiste : « Ce n’est pas une guerre entre l’Occident et l’islam. » L’Occident, peu ou prou, c’est la chrétienté, ou ce qu’il en reste. La guerre de civilisation selon Valls, c’est celle des certitudes religieuses contre les « valeurs » post-modernes. Une guerre où l’on ne se préoccupe pas de savoir si les certitudes religieuses sont vraies ou fausses.
 
Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, a tenu lundi à préciser à sa manière le propos de Manuel Valls. Il a déclaré – sans contredire le Premier ministre au demeurant : « Il n’y a pas à faire de polémique sur ce sujet, c’est tout simplement une réalité. Ce n’est pas une guerre de civilisations au pluriel. C’est une guerre entre la civilisation humaine et la barbarie… Imaginez-vous ce que doit être le sentiment des musulmans de France, qui sont des démocrates, qui sont attachés à l’idéal humaniste qui est le nôtre et qui voient des individus dévoyer pour commettre ces crimes. Ils sont eux-mêmes blessés, ils ont eux-mêmes honte. Et bien entendu qu’ils sont dans la civilisation. »La civilisation, en un mot, c’est nous. Nous, la société post-moderne où tout se vaut et où les droits LGBT sont respectés. Où l’autorité est partagée parmi le peuple. Où le seul dogme est qu’il n’y a pas de dogme.

 

Mais est-ce une civilisation ? Nous vivons dans une autre barbarie que celle de l’islam djihadiste : une barbarie qui méprise la vie à un niveau inédit, une barbarie d’apparence douce qui s’appuie sur le refus de Dieu et de toute transcendance pour donner à chaque homme l’impression d’être son propre dieu.

 

Ce n’est pas le choc des civilisations que nous vivons, mais le choc de barbaries qui ne peuvent déboucher, sauf miracle, que sur une barbarie plus tyrannique encore.

 

Anne Dolhein

 

Source: Attentat islamiste de l’Isère : Manuel Valls dénonce une guerre de civilisation, Reinformation.Tv, 29 juin 2015 12 h 20 min·

 

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 00:00

Saint Martial de Limoges (†v. 250), évêque des Gaules.

Dès la première moitié du IIIe siècle, Martial instaura un centre marial près de Rodez.

Les mentions écrites les plus anciennes de St Martial datent du début du Moyen Age.
Sidoine Apollinaire, évêque de Clermont mort en 488, écrit que la cité des Limousins reçut saint Martial comme évêque. Grégoire de Tours l’évoque dans son Historia Francorum (Histoire des Francs). On sait que le premier évêque fut inhumé dans le cimetière situé près de la via Agrippa.


Dans les années 1960, des fouilles furent effectuées à Limoges sous la "Place de la République", sur l'emplacement de l'ancienne abbaye Saint-Martial, le tombeau de saint Martial fut découvert ainsi qu'une mosaïque du Haut-Empire témoignant de l'importance du personnage inhumé.


Le nom de Martial sera mentionné pour la première fois dans le testament de Saint-Yrieix en 572 au sujet d'une donation faite aux clercs desservant son Tombeau.
En 848 ces clercs se firent moines. Ainsi naquit l'abbaye de Saint Martial, qui devint un grand centre de pèlerinage tout au long des XIè et XIIème siècles.

Tous les sept ans, c'est à la Grande Confrérie de Saint Martial qu'il appartient d'organiser les Ostensions à Limoges, c'est aussi elle qui a le privilège d'en arborer le drapeau qui sera fixé au clocher de l'église Saint-Michel des Lions pendant leur durée. Gardienne des Reliques du Saint, elle en perpétue la mémoire à travers les temps.

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 19:33

L'Aide à l'Eglise en détresse (AED) avertit de l'augmentation des actes antichrétiens en Israël :

 Israël : « Que va-t-il encore arriver d’autre maintenant ? »

Israël : « Que va-t-il encore arriver d’autre maintenant ? »

 

Le 20 juin 2015

 

Après l’incendie criminel du 18 juin probablement perpétré par des extrémistes juifs contre l’Église de la Multiplication des pains, l’un des célèbres sanctuaires de Terre Sainte, les chrétiens expriment leur vive inquiétude face à une intolérance croissante.

 

Dans une interview accordée jeudi 18 juin à l’AED, Mgr William Shomali, évêque auxiliaire du Patriarcat latin de Jérusalem, s’est déclaré consterné. D’autres incidents similaires ont eu lieu au cours des dernières années, mais celui-ci est le plus violent, provoquant l’hospitalisation de deux personnes et une large destruction du sanctuaire de la multiplication des pains, l’un des lieux de pèlerinage chrétien les plus visités de Terre Sainte: « C’est une véritable escalade de la violence antichrétienne. Nous sommes en droit de nous demander ce qui va encore nous arriver d’autre maintenant »

 

Jeudi 18 juin, très tôt, des inconnus ont mis le feu au couvent de Tabgha habité par des bénédictins. L’incendie a causé des dégâts immenses dans l’atrium de l’église et dans le couvent et l’un des religieux et une collaboratrice ont dû être hospitalisés pour intoxication. Le sanctuaire, qui se situe sur la rive du lac de Tibériade, avait déjà été vandalisé en avril l’année dernière. Des extrémistes juifs y avaient endommagé et profané des croix et des autels. Jeudi, les auteurs de l’incendie ont laissé un graffiti en hébreu tagué sur l’un des murs du couvent: « Toutes les idoles seront détruites », une citation extraite d’une prière juive.

 

L’acte a été condamné dans les hautes sphères de la politique israélienne. Le président israélien Reuven Rivlin a déclaré jeudi que cette horrible profanation d’un lieu de prière ancien et sacré est une attaque contre l’essence même d’Israël. Et de réaffirmer : « En sa qualité d’État et en tant que société, Israël doit protéger et préserver les lieux saints de toutes les confessions ».

 

Le premier ministre Benjamin Netanyahou a déclaré que cet incendie criminel est une attaque « contre nous tous », rajoutant : « en Israël, la liberté de culte est l’un des principes fondamentaux et garantie par la loi. Les responsables de ce crime abject feront face à toute la force de la loi. La haine et l’intolérance n’ont pas leur place dans notre société.

 

Dans un message communiqué jeudi, l’Assemblée des ordinaires catholiques de Terre Sainte a évoqué un crime qui pèserait lourdement sur la coexistence des religions en Terre Sainte, exigeant, « vu la gravité des faits, que l’enquête soit rapide et que soient traduits en justice les auteurs de ce vandalisme. »

 

Mgr Shomali précise à l’AED que de nombreux Juifs ont immédiatement condamné cette attaque : « Comme par le passé, je continue d’avoir tendance à croire que cet acte n’a été commis que par un groupe très petit et agressif. En effet, il existe des Juifs libéraux et tolérants, des Juifs qui le sont moins, et enfin ceux qui détestent les non-Juifs. Mon inquiétude porte sur l’augmentation du nombre de personnes radicalisées et sur l’accroissement de leur degré d’intolérance. »

 

L’AED avait participé à la reconstruction du couvent, inauguré en 2012.

 

Source: Israël : « Que va-t-il encore arriver d’autre maintenant ? », Aide à l'Eglise en détresse, le 20 juin 2015

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 15:56
Cardinal Caffarra : l'idéologie du genre est l'œuvre du diable

Lu sur le blog de Jeanne Smits :



La lucidité du cardinal Caffarra : l'idéologie du genre est l'œuvre du diable. "C'est la fin. L'Europe est en train de mourir."

Le cardinal Carlo Caffarra a longuement évoqué l'idéologie du genre, le « mariage » gay et la « glorification de l'homosexualité » qui annonce toujours la fin des civilisations, dans un entretien qu'il a accordé au journal italien Il Tempo à la veille de la marche pour la famille à Rome le 20 juin dernier. Je vous propos ici ma traduction de ce texte important, qui est un appel à ne jamais baisser les armes, quoi qu'il en coûte. – J.S.

"Plusieurs réflexions m’ont traversé l’esprit à l’occasion de la motion votée par le Parlement européen. La première est celle-ci : c’est la fin. L’Europe est en train de mourir. Et peut-être même n’a-t-elle aucune envie de vivre, car il n’y a pas de civilisation qui ait survécu à la glorification de l’homosexualité. Je ne dis pas : à l’exercice de l’homosexualité. Je parle de la glorification de l’homosexualité. Et je fais une incise : on pourrait observer qu’aucune civilisation n’est allée jusqu’à proclamer le mariage entre personnes de même sexe. En revanche, il faut rappeler que la glorification est quelque chose de plus que le mariage. Dans divers peuples l’homosexualité était un acte sacré. De fait, l’adjectif utilisé dans le Lévitique pour juger la glorification de l’homosexualité à travers le rite sacré est celui d’« abominable ». Elle avait un caractère sacré dans les temples et dans les rites païens.

C’est si vrai que les deux seules réalités civiles, appelons-les ainsi, les deux seuls peuples qui ont résisté pendant de nombreux millénaires – en ce moment je pense surtout au peuple juif – ont été ces deux peuples qui ont été les deux seuls à contester l’homosexualité : le peuple juif et le christianisme. Où sont les Assyriens ? Où sont les Babyloniens ? Et le peuple juif était une tribu, il paraissait n’être rien par rapport aux autres réalités politico-religieuses. Mais la réglementation de l’exercice de la sexualité que nous rencontrons, par exemple, dans le livre du Lévitique, est devenu un facteur de civilisation extrêmement important. Voilà ma première pensée : c’est la fin.

Ma deuxième réflexion est purement de foi. Devant de tels faits je me demande toujours : mais comment est-il possible que dans l’esprit de l’homme puissent s’obscurcir des évidences aussi originelles, comment est-ce possible ? Et je suis arrivé à cette réponse : tout cela est une œuvre diabolique. Littéralement. C’est le dernier défi que le diable lance au Dieu créateur, en lui disant : « Je vais te montrer comment je construis une création alternative à la tienne et tu verras que les hommes diront : on est mieux ainsi. Toi, tu leur promets la liberté, je leur propose d’être arbitres. Toi, tu leur donnes l’amour, moi je leur offre des émotions. Tu veux la justice, et moi, l’égalité parfaite qui annule toute différence.

J’ouvre une parenthèse. Pour quoi dis-je : « création alternative » ? Parce que si nous retournons, comme Jésus nous le demande, au Principe, au dessein originel, à la manière dont Dieu a pensé la création, nous voyons que ce grand édifice qu’est la création est érigée sur deux colonnes : la relation homme-femme (le couple) et le travail humain. Nous parlons maintenant de la première colonne, mais la deuxième aussi est en train de se détruire… Nous sommes, par conséquent, face à l’intention diabolique de construire une création alternative, qui défie Dieu dans l’intention de voir l’homme finir par penser qu’on se trouve mieux dans cette création alternative ?

Troisième réflexion: « Jusques à quand, Seigneur ? » La réponse qu’il nous donne fait référence au livre du Nouveau Testament, l’Apocalypse…

Dans ce livre on raconte que les pieds de l’autel céleste sont ceux qui sont assassinés par la justice, par les martyrs qui disent sans cesse : « Jusqu’à quand vas-tu rester sans venger notre sang ? » (Ap. 6, 9-10). Et cette réponse me vient spontanément : Jusqu’à quand Seigneur, ne défendras-tu pas ta création ? Et une nouvelle fois la réponse de l’Apocalypse résonne en moi : « Il leur fut dit qu’ils attendissent en repos encore un peu de temps, jusqu’à ce que fût rempli le nombre de ceux qui étant leurs frères et serviteurs comme eux, devaient aussi bien qu’eux souffrir la mort. » Quel grand mystère que la patience de Dieu ? Je pense à la blessure de son Cœur, qui est devenue visible, historique, lorsqu’un soldat a ouvert le côté du Christ. Parce que de chaque chose, de chaque créature créée, la Bible dit : « Et Dieu vit que cela était bon. » Pour finir, au sommet de la création, après la création de l’homme et de la femme, elle dit : « Et Dieu vit que tout cela était très bon. » La joie du grand artiste ! Aujourd’hui cette grande œuvre d’art est totalement défigurée. Et lui, Il est patient et miséricordieux. Et il dit, à celui qui lui demande « jusques à quand ? », qu’il attende. « Tant que le nombre des élus ne sera pas atteint. »

Et voici ma dernière réflexion. Un jour, lorsque j’étais archevêque de Ferrera, j’étais dans un des villages les plus éloignés du diocèse, dans le delta du Pô. Un lieu qui ressemblait au bout de la terre, au milieu d’un de ces tortueux méandres que décrit le grand fleuve, qui avant d’atteindre la mer, va là où il veut. Là j’ai rejoint un groupe de pêcheurs, des gens qui passent littéralement la plus grande partie de leur vie en mer. Un de ceux-là m’a posé cette question : « Imaginez que le monde est un de ces conteneurs cylindriques où nous mettons les poissons que nous venons de pêcher : eh bien, le monde est une espèce de baril et nous sommes comme des poissons qui viennent d’être pêchés. Ma question est celle-ci : le fond de ce baril, comment s’appelle-t-il ? Quel est son nom ? »

Imaginez-vous ce pêcheur qui pose la question qui est au principe de n’importe quelle philosophie : comment s’appelle le fond des choses ? Et moi, alors, étonné par cette question, je lui ai répondu : « Le fond ne s’appelle pas le hasard ; il se nomme gratuité et tendresse de Quelqu’un qui nous embrasse tous. » Ces jours-ci j’ai recommencé à penser à cette question et à la réponse que j’ai donnée à ce vieux pêcheur je me demande : toute cette volonté de détruire et de détruire la création a-t-elle assez de force pour pouvoir vaincre à la fin ? Non. Je pense qu’il y a une force plus puissante qui est l’acte rédempteur du Christ, Redemptor Hominis Christus, le Christ rédempteur des hommes. »

Mais j’ai eu une autre réflexion, suscitée précisément par les pensées de ces derniers jours. Mais moi, en tant que pasteur, comment puis-je aider mes gens, mon peuple, à garder dans leur esprit et dans leur conscience morale la vision originelle ? Comment puis-je empêcher l’obscurcissement des cœurs ? Je pense aux jeunes, à ceux qui ont encore le courage de se marier, aux enfants. Et alors je pense à ce que l’on fait normalement dans le monde lorsqu’il faut faire face à une pandémie. Les organismes publics responsables de la santé des citoyens, que font-ils ? Ils agissent toujours selon deux lignes directrices. La première est de soigner, en principe, celui qui est malade et d’essayer de le sauver. Le deuxième, non moins importante, et même décisive, est d’essayer de comprendre le pourquoi, les causes de la pandémie pour pouvoir ainsi définir une stratégie de la victoire.

La pandémie est là, désormais. Et en tant que pasteur, j’ai la responsabilité de guérir, et d’empêcher que les gens ne tombent malades. Mais dans le même temps j’ai l’important devoir de commencer un processus, c’est-à-dire une action d’intervention qui exigera de la patience, de l’engagement, du temps. Et la lutte sera toujours plus ardue et cela est tellement certain que je dis parfois à mes prêtres : je suis sûr que je mourrai dans mon lit, mais je ne le suis pas pour mon successeur. Il mourra probablement en prison. Par conséquent, nous parlons d’un processus qui sera long, et qui nous verra aux prises avec un dur combat. En résumé : nous sommes appelés à faire les deux choses : intervention d’urgence et lutte de longue durée, stratégie d’urgence et long processus éducatif.

Mais qui seront les acteurs d’une entreprise qui va requérir du temps et une capacité de sacrifice ? A mon avis, il y en aura, fondamentalement, deux : les pasteurs de l’Eglise et, plus concrètement, les évêques. Et les époux chrétiens. Pour moi, ce sont ceux-ci qui recommenceront à construire les évidences originelles dans le cœur des hommes.

Les pasteurs de l’Eglise, parce qu’ils sont là pour ça. Ils ont reçu une consécration dont la fin est celle-ci, la puissance du Christ est en eux ? « Cela fait deux mille ans que l’évêque constitue, en Europe, l’un des ganglions vitaux, non seulement de la vie éternelle, mais de la civilisation » ('G. De Luca). Et une civilisation, c’est aussi l’humble et magnifique vie quotidienne du peuple engendrée par l’Evangile que prêche l’évêque. Et ensuite les époux. Parce que le discours rationnel vient après la perception d’une beauté, d’un bien que tu vois devant tes yeux, le mariage chrétien.

Et pour ce qui est de l’intervention d’urgence ? Je dois admettre que j’ai moi-même des difficultés. Et cela parce qu’il n’est pas rare que l’allié me manque ; le cœur humain. Je pense à la situation parmi les jeunes. Ils viennent et ils me demandent : « Pourquoi devons-nous nous engager pour toujours, alors que nous ne sommes même pas sûrs de continuer à nous aimer, la nuit venue ? » Eh bien, face à cette question je n’ai qu’une seule réponse : recueille-toi en toi-même et pense à ton expérience quand tu as dit à une jeune fille, ou dans le cas d’une jeune fille, à un garçon : « Je t’aime, je t’aime réellement. Par hasard as-tu pensé en toi-même, en ton cœur : « Je me donne tout entier à l’autre, mais seulement pour un quart d’heure ou au plus tard jusqu’à la nuit » ? Cela ne fait pas partie de l’expérience de l’amour, qui est don. C’est l’expérience d’un prêt, qui est calcul. Mais si tu parviens à guider la personne vers cette écoute intérieure (Augustin), tu l’as sauvée. Parce que le cœur ne trompe pas. L’Eglise a toujours enseigné sa grande thèse dogmatique : le péché n’a pas radicalement corrompu l’homme. L’homme a été cause de grands désastres, mais l’image de Dieu est restée. Je vois aujourd’hui que les jeunes sont toujours moins capables de ce retour à eux-mêmes. C’est le drame même d’Augustin lorsqu’il avait leur âge.

Et au fond, à la fin, qu’est-ce qui a ému Augustin ? C’est de voir un évêque, Ambroise, et de voir une communauté qui chantait avec le cœur plus encore qu’avec les lèvres la beauté de la création, Deus creator omnium, la très belle hymne d’Ambroise. Aujourd’hui cela est très difficile avec les jeunes, mais à mon avis c’est une intervention d’urgence. Il n’y en a pas d’autre. Si nous perdons cet allié qu’est le cœur humain – le cœur humain est allié de Evangile, parce que le cœur humain a été créé dans le Christ en correspondance avec le Christ – je disais que si nous perdons cet allié je ne vois pas d’autre chemin.

Je voudrais ajouter une chose pour terminer. Plus ma vie a avancé, plus je découvre l’importance qu’ont dans la vie de l’homme, pour que sa vie soit bonne, les lois civiles. J’ai entendu ce que disait Héraclite : « Il est nécessaire que le peuple combatte pour la loi comme pour les murs de la cité. » Plus je vieillissais et plus je me rendais compte de l’importance de la loi dans la vie d’un peuple. Aujourd’hui, il semble que l’Etat ait abdiqué de sa tâche législative, qu’il ait abdiqué de sa dignité, en se réduisant à n’être qu’une bande enregistreuse des désirs des individus, dont le résultat est la création d’une société d’égoïsmes opposés, ou de fragiles convergences d’intérêts contraires. Tacite dit : « Corruptissima re publica, plurimae leges. » Les lois sont extrêmement nombreuses lorsque l’Etat est corrompu. Quand l’Etat est corrompu, les lois se multiplient. C’est la situation actuelle.

C’est un cercle vicieux parce qu’une partie des lois semblent se réduire, précisément, à n’être qu’une bande enregistreuse de désirs. C’est cela qui rend le social inévitablement conflictuel, une lutte pour la suprématie du plus puissant sur le plus faible, c’est-à-dire, la corruption de l’idée même de bien commun, de la chose publique. Alors on essaie de résoudre les choses avec des lois en oubliant qu’il n’y aura jamais de lois si parfaites que l’exercice des vertus en devienne inutile. Il n’y en aura jamais. En cela, à mon avis, nous autres pasteurs portons une grande responsabilité pour avoir permis le désengagement culturel des catholiques dans la société. Nous l’avons permis, nous l’avons même parfois justifié. Quand l’Eglise a-t-elle fait cela ? Les grands pasteurs de l’Eglise ont-ils jamais fait cela ?

[Interrogé sur la marche pour la famille qui allait avoir lieu à Rome le 20 juin, le cardinal a répondu :]

Je n’ai aucune hésitation à dire que c’est une manifestation positive parce que, comme je le disais, nous ne pouvons pas nous taire. Malheur à nous si le Seigneur devait nous reprendre avec les paroles du prophète : « Chiens qui n’avez pas aboyé ». Nous le savons, dans les systèmes démocratiques la délibération politique est fondée sur le système de la majorité. Et cela me paraît bien, car les têtes, il vaut mieux les compter que de les couper. Mais devant des faits comme ceux-ci, il n’y a pas de majorité qui puisse me faire taire. Dans le cas contraire, je serais un chien qui n’aboie pas.

Ce qui me m’encourage d’abord, et que j’ai beaucoup apprécié, c’est que cette journée ait pour objectif la défense des enfants. Le pape François a dit que les enfants ne peuvent être traités comme des cobayes. On fait des expériences pseudo-pédagogiques sur les enfants. Mais avons-nous le droit de faire cela ? La chose la plus terrible, le logos le plus sévère prononcé par Jésus avait à voir avec la défense des enfants. Par conséquent, à mon avis, l’initiative romaine est une chose qu’il fallait obligatoirement faire. Le lendemain, le Parlement votera peut-être une loi qui reconnaisse les unions entre personnes de même sexe. Qu’il le fasse, mais il doit savoir que c’est quelque chose de profondément injuste. Et c’est cela qu’il nous faut dire cet après-midi à Rome. Lorsque le Seigneur dit au prophète Ezéchiel : « Toi, recommence à appeler », il semble que le prophète réponde : « Oui, mais ils ne m’écoutent pas. » Toi, recommence à appeler et celui que tu auras appelé sera de nouveau responsable, et pas toi, car toi, tu as recommencé à l’appeler. Mais si tu ne recommençais pas à l’appeler, ce serait toi le responsable.

Si nous devions nous taire face à une telle chose, nous serions coresponsables de la grave injustice envers les enfants, qui ont été transformés de sujets de droit qu’ils étaient, comme chaque personne humaine, en objets de désir des adultes. Nous sommes revenus au paganisme, où l’enfant n’avait aucun droit. Il était seulement un objet « à la disposition de ». Et donc, je le répète, à mon avis c’est une initiative qu’il faut soutenir, on ne peut pas se taire."

Source

via Le Forum Catholique

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 13:40

Pendant que François Hollande organise l'"islam de France" et le financement des mosquées en France, Israël assure sa sécurité en érigeant des murs. Comprenne qui pourra !

Le premier ministre Benyamin Nétanyahou a annoncé aujourd'hui que le gouvernement israélien a décidé d'établir une clôture de sécurité sur trente kilomètres le long de sa frontière avec la Jordanie, au nord du port d'Eilat.

 

Une telle clôture, haute de cinq mètres, existe déjà depuis deux ans à la frontière israélo-égyptienne, entre la bande de Gaza et Eilat, afin de prévenir les infiltrations de groupes armés et de migrants illégaux.

 

Benyamin Nétanyahou a ajouté que la clôture qui va être établie sur une partie méridionale de la frontière israélo-jordanienne contribuera à assurer la sécurité de l'aéroport qui doit ouvrir l'an prochain à Timna, à 20 kilomètres d'Eilat. "C'est une question de sécurité nationale."

 

Source: Israël clôture sa frontière avec la Jordanie, Home ACTUALITE Flash Actu, Par LeFigaro.fr avec ReutersMis à jour le 29/06/2015 à 12:44 Publié le 29/06/2015 à 12:42

 

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 13:03
Nikolay Starikov explique la différence entre les civilisations russe et anglo-saxonne

Nikolay Starikov explique la différence entre les civilisations russe et anglo-saxonne :

 

"Les Russes considèrent tous les peuples comme égaux, pas comme des gens de seconde classe. Les Anglo-saxons se considèrent différents. Les Indiens n'étaient pour eux que des insectes qui les empêchaient d'occuper les territoires. C'est pourquoi ils les dressaient les uns contre les autres; des Indiens avec les Français, d'autres avec les Anglais, etc. Ensuite, les Français ont vendu leur colonie aux Anglais, qui ont simplement exterminé les Indiens."

 

Pour prolonger ce que dit Nikolay Starikov à propos des Indiens exterminés par les Anglais et de la différence entre Français et Anglais dans la manière de traiter les autres peuples, lire "Francophonie et frères d’Alliance" et "Des causes principales du mal qui ronge la France et le monde depuis 1789".

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Publié par Ingomer - dans Histoire
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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 08:42
Conversion brutale de Manuel Valls au réalisme: Qui dira halte au fou ?

Deux jours après l'attaque islamiste perpétrée en Isère qui a vu la première décapitation en France depuis les invasions arabes au VIIIe siècle, et alors que nous nous attentions à un accablement des résistants antimondialistes, Manuel Valls, bipolaire, vient de se convertir au réalisme ! Il a en effet parlé de "guerre de civilisation" [1] [2]. Du jamais vu chez les socialistes. C'est que, tôt ou tard, la nature reprend ses droits, la réalité rattrape les idéologues.

 

Rappelons que pas plus tard qu'il y a un peu plus de quatre mois, un Conseil des ministres bien "particulier" annonçait une "réforme de l'islam" (comme si c'était à l'état-temporel à organiser le spirituel...), le financement de la construction des mosquées et de la formation des imams.

 

Qui dira halte au fou ? Qui demandera l'arrêt du financement et de l'organisation par l'Etat de l'islam en France ?

 

Notes

 

[1] «Guerre de civilisation» : Manuel Valls adopte le vocabulaire de la droite, Le Figaro, Home LE SCAN Les verbatims, Par Marc de Boni Mis à jour le 28/06/2015 à 19:36 Publié le 28/06/2015 à 13:38

[2] Guerre de civilisation : Julien Dray (PS) fustige «l'amalgame idéologique» de Manuel Valls, Le Figaro, Home LE SCAN Les couacs, Par Marc de Boni Mis à jour le 28/06/2015 à 19:20 Publié le 28/06/2015 à 19:11

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 00:00

 Image illustrative de l'article Pierre (apôtre)Le 29 juin, l'Église honore à la fois saint Pierre et saint Paul, ces deux incomparables Apôtres, unis dans la foi, dans la prison et dans la mort.

Toutefois, la fête du 30 juin nous donnant occasion de parler de saint Paul, bornons-nous aujourd'hui au prince des Apôtres. C'est à l'Évangile qu'il faut avoir recours pour connaître les détails de cette vie étonnante.

Fils de pêcheur et pêcheur lui-même, simple, ignorant, sans éducation, il entend le Fils de Dieu lui adresser cet appel singulier: "Suis-Moi, Je te ferai pêcheur d'hommes."

Parmi tous les Apôtres, il brille par sa foi énergique et reconnaît en Jésus le Christ, Fils de Dieu. Il ne quitte jamais le Sauveur, il est de toutes les grandes occasions de la vie du Maître.

Malgré son triple reniement au jour de la Passion, faute si noblement réparée ensuite, il est confirmé comme chef des Apôtres et chef de l'Église. Son siège renversera bientôt celui des Césars, et l'humble pêcheur aura un nom plus immortel que les plus grandes célébrités de tous les siècles.

Jésus avait dit autrefois à Ses Apôtres: "Le disciple n'est pas plus que le Maître; si on Me persécute, on vous persécutera." Saint Pierre devait avoir, en effet, le sort de Jésus-Christ et arroser de son sang l'Église naissante. Touché par les larmes des fidèles, non mû par la crainte, Pierre songea d'abord à fuir la persécution que venait de soulever l'empereur Néron; mais, comme il sortait de Rome, il vit le Christ Se présenter à lui:


"Où allez-Vous, Seigneur, Lui dit-il.
-- Je vais à Rome, dit Jésus, pour y être crucifié de nouveau."
A ces mots, le Sauveur disparut, et Pierre comprit qu'il devait revenir à Rome pour y être crucifié.

 

Le prince des Apôtres eut à endurer les souffrances d'un long emprisonnement; il eut du moins la consolation d'y être le compagnon de saint Paul et de consommer son sacrifice le même jour que lui. Pierre fut condamné au supplice de la Croix; mais, par humilité, se jugeant indigne d'être crucifié comme le divin Maître, il demanda à être crucifié la tête en bas, ce qui lui fut accordé. Arrivé au lieu du supplice, Pierre ne put contenir la joie de son coeur: "C'est ici l'arbre de vie, cria-t-il au peuple, l'arbre où a été vaincue la mort et le monde racheté. Grâces à vous, Fils du Dieu vivant!"

 

Source

 

 

À l'annonce par Marie la Magdaléenne que le tombeau de Jésus avait été trouvé vide, Pierre fut le premier à y entrer, le « disciple bien-aimé » lui ayant laissé la préséance (Jn 20,5s ; Jn 21,7). Par la suite, il bénéficia avant les douze d'une apparition du Christ ressuscité (1Co 15,5).

 

Lors de la dernière apparition du Christ à ses disciples, il est réhabilité par Jésus à la suite de sa négation et ré-instauré dans sa mission de pasteur de l'Église : « Il lui dit pour la troisième fois : Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu ? Pierre fut attristé de ce qu’il lui avait dit pour la troisième fois : M’aimes-tu ? Et il lui répondit : Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t’aime. Jésus lui dit : Fais paître mes brebis. » (Jn 21,15-17).

 

Les Actes des Apôtres le montrent comme un des principaux dirigeants de la communauté chrétienne. Après la Pentecôte, c'est lui qui prend la parole et commence la prédication du message chrétien. Lors du concile de Jérusalem (vers l'an 50), il prend position en faveur de l'admission des païens dans l'Église sans leur imposer les prescriptions mosaïques telles que la circoncision ; cependant Paul lui reprochera de ménager le point de vue des judaïsants menés par certains chrétiens juifs de la communauté de Jacques le mineur, « frère du Seigneur », chef de la communauté de Jérusalem soit le premier évêque de la première communauté chrétienne (Ac 21,18) : « Mais quand Céphas vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu'il s'était donné tort. En effet, avant l'arrivée de certaines gens de l'entourage de Jacques, il prenait ses repas avec les païens ; mais quand ces gens arrivèrent, on le vit se dérober et se tenir à l'écart, par peur des circoncis.» (Ga 2,11-12).

 

Lors du premier concile de Jérusalem, Pierre reconsidère son attitude. Il ouvre le débat en défendant clairement les thèses de Paul de ne pas imposer les prescriptions mosaïques aux chrétiens païens. Jacques le mineur, chef de l'Église locale (le premier évêque de Jérusalem), clôture le conseil en approuvant Pierre et Paul. Les chrétiens d'origine païenne sont libérés de l'obligation de suivre les traditions juives.

 

Après le Concile de Jérusalem, les Actes ne disent plus rien de Pierre.

 

Cette discrétion s'explique, selon certaines hypothèses, par les poursuites dont il était l'objet. À partir de son évasion de Jérusalem (avant la mort d'Hérode-Agrippa I, au printemps 44), Pierre était presque un hors la loi aux yeux des autorités de Jérusalem. S'il était poursuivi, personne ne devait savoir où il se trouvait. C'est pourquoi le Nouveau Testament serait très discret sur ses résidences successives, même dans les Actes. Une explication plus simple consisterait à voir dans ce "silence" sur le lieu de Pierre un résultat du propos du livre des Actes (I. 8): L'évangélisation auprès des Juifs relevant de la mission pétrienne (Galates 2), celui-ci est plus présent dans l'ouvrage qui parle du témoignage apostolique en Judée, tandis qu'avec le chapitre 15, où se tient le synode sur la question des Gentils, le rôle de Pierre n'est plus mentionné parce qu'il est essentiellement question du ministère paulinien (évangéliser les païens).

 

La tradition de l'Église catholique attribue à Pierre la direction de l'Église d'Antioche. Premier évêque de cette ville, une fête de « la chaire de saint Pierre à Antioche » est célébrée le 22 février depuis le IVe siècle18. Il serait resté sept ans à Antioche.

 

Fuyant la persécution, Pierre semble avoir gagné Antioche dès le printemps 43 (au plus tard). Selon André Méhat, il se serait ensuite réfugié à Rome, où il espérait n'être pas poursuivi [1]. Mais vers 45, l'empereur Claude (41-54) expulse les juifs de Rome (Ac 18,2). Comme Priscille et Aquila, Pierre se rend alors en Achaïe, et il a l'occasion de visiter Corinthe (1 Co 1,12).

 

En 48 ou 49, il est à Jérusalem. Là, lors des réunions qui seront par la suite appelée « Concile de Jérusalem », il propose la solution qui est adoptée par Jacques le Juste en conclusion de l'assemblée, sur les obligations que doivent suivre les chrétiens venant du polythéisme. Il faut que ces derniers observent un minimum de préceptes de la Torah en s'abstenant des souillures de l’idolâtrie, de l'immoralité, de la viande étouffée et du sang [2].

 

À la mort de Claude, Pierre est de retour à Rome, au début du règne de Néron (54-68). Il est à Rome lorsque Paul rédige l'Épître aux Romains, mais toujours dans un statut de clandestinité, ce qui pourrait expliquer à la fois que Paul adresse son épître aux chrétiens de Rome, mais qu'il n'y fasse pas mention du disciple.

 

Cette chronologie est hypothétique, mais elle correspond cependant à la tradition du Liber Pontificalis (rédigé en 530, ce catalogue chronologique de tous les papes repose sur des données légendaires sans que cela ne diminue l’intérêt de ce document comme source historique [3]), selon lequel Pierre est demeuré à Antioche pendant sept ans, et s'est fixé à Rome sous le règne de Néron.

 

Dans la littérature clémentine, Pierre est décrit comme un prédicateur itinérant dans les villes de la province romaine de Syrie. Il remporte de nombreux succès contre la prédication de Simon le Mage et initie au cours de ses déplacements Clément qui l'accompagne. Il le nomme par la suite évêque de Rome où il se rend et gagne un affrontement contre Simon le Mage. La légende raconte que ce dernier a tenté de voler pour impressionner l'empereur Néron et que par la prière, Pierre est parvenu à le faire tomber.

 

De nombreux lieux à Rome gardent des traces, souvent légendaires, du séjour de l'apôtre : église Domine Quo Vadis, basilique di Santa Francesca Romana, église Santi Nereo e Achilleo, tempietto dans l'église San Pietro in Montorio (autre lieu traditionnel de son martyre), Tullianum (lieu de son emprisonnement), basilique Saint-Pierre-aux-Liens [4]. Ces lieux sont issus de traditions orales ou des récits légendaires regorgeant de prodiges fabuleux (miracles et guérisons de Pierre), tels les apocryphes Actes de Pierre, les Actes de Pierre et Paul (en), la Passion de Pierre [5].

 

Pour la tradition catholique, le séjour de Pierre à Rome semble attesté par la Première épître de Pierre : « L’Église des élus qui est à Babylone vous salue, ainsi que Marc, mon fils » (1P 5,13), sous réserve d'admettre que le mot Babylone désigne de façon péjorative Rome en tant que ville corrompue et idolâtre, une image familière aux lecteurs de la Bible. Même si certaines traditions orientales comme celle église nestorienne professent que Simon-Pierre a rédigé son épître de Babylone24, que des humanistes comme Calvin ou Érasme ont pu prendre l'indication au pied de la lettre suivis par certains savants protestants [6], pour la recherche contemporaine, il s'agit bien d'une allusion chiffrée à Rome [7], allusion que l’on retrouve chez l'auteur de l'Apocalypse.

 

Plusieurs textes antiques font allusion au martyre de Pierre, ainsi qu'à celui de Paul, qui se seraient produits lors des persécutions ordonnées par Néron, notamment dans l'enceinte du Circus Vaticanus construit par l’empereur Caligula, situé sur la colline Vaticane, à l'emplacement approximatif de l'actuelle basilique Saint-Pierre (Tacite, Annales, Livre XV.44), les suppliciés une fois morts pouvant être remis à leur famille pour être inhumés ou crématisés mais le plus souvent jetés dans le Tibre [8]. Ainsi, une tradition immémoriale place même ce martyre : inter duas metas - entre les deux bornes - de la spina (pour l'explication des termes « metas » et « spina », voir l'article : Cirque romain). Le plus ancien de ces textes, la Lettre aux Corinthiens de Clément de Rome datée de 96, ne cite pas explicitement de lieu, même s'il y a diverses raisons pour penser qu'il s'agit de Rome (Clément de Rome, Lettre aux Corinthiens, V, 3-5.). Sixte V fait transférer en 1586 l'obélisque ornant cette spina sur la place Saint-Pierre.

 

Une vingtaine d'années plus tard, une lettre d'Ignace d'Antioche aux chrétiens de Rome comporte ces mots : « Je ne vous donne pas des ordres comme Pierre et Paul » (« Lettre aux Romains » in Les écrits des pères apostoliques, éditions du Cerf, 2001, p. 185 et s.).

 

Un passage, de la fin du IIe siècle, cité par Eusèbe de Césarée, indique qu'à un certain Proclus, qui se vantait que sa patrie possédait la tombe de l'apôtre Philippe, le Romain Gaïus a répondu : « Mais moi, je puis te montrer les trophées des saints apôtres. En effet, si tu veux te rendre au Vatican ou sur la voie d'Ostie, tu trouveras les trophées de ceux qui ont fondé cette Église. » (Histoire ecclésiastique II, 25, 7) ; le mot « trophée », du grec τροπαιον, monument de victoire, dans le contexte, désignerait ici les tombes de Pierre et Paul. C'est en tout cas sur ces sites que seront édifiées au IVe siècle les basiliques Saint-Pierre et Saint-Paul-hors-les-murs qui leur sont dédiées.

 

Eusèbe rapporte aussi les témoignages de Denys de Corinthe (Histoire ecclésiastique II, 25, 8 ) et de Zéphyrin de Rome (Histoire Ecclésiastique V, 28, 3).

 

Clément de Rome affirme que son martyre serait dû à une « injuste jalousie » et à la dissension entre les membres de la communauté chrétienne (à rapprocher de ce que dit Paul en 1 Phil 1, 15) : il y eut vraisemblablement dénonciation. Selon un apocryphe, les Actes de Pierre, il aurait été crucifié la tête vers le sol (Ac Pierre 38 - d'où le nom de croix de Saint-Pierre donné à la croix latine inversée -). Selon la tradition, l'apôtre demande ce type de supplice par humilité, ne se jugeant pas digne de mourir comme le Christ, selon une autre version, il peut s'agir d'une cruauté supplémentaire de Néron.

 

Un des éléments en faveur de la « tradition romaine » de la présence de la tombe de Pierre est l'absence de toute autre revendication de sa tombe par une autre cité antique.

 

La tradition localise le tombeau de saint Pierre sur l'emplacement d'une nécropole située au nord du Circus Vaticanus, dont elle était séparée par une route secondaire : la via Cornelia [9].

 

L'empereur Constantin Ier y fit édifier une première basilique (occupant le site de l'édifice actuel) et dont l'abside fut construite autour de l'emplacement de la tombe, cela malgré les difficultés considérables du terrain, à flanc de colline, obligeant à d’énormes travaux de terrassement, et bien qu'il ait fallu modifier un cimetière.

 

Les fouilles de la nécropole du Vatican ordonnées dès 1940 par Pie XII dans les Grottes du Vatican à l'occasion de la mise en place du sarcophage de Pie XI, ont mis en évidence un cimetière païen et chrétien contenant de nombreuses tombes et, au-dessous de l'autel et à la verticale exacte du sommet de la coupole, un monument culturel au-dessus d’une de ces tombes, trouvée vide, du premier siècle (tombe thêta). Ce mémorial, qui serait le « trophée de Gaïus », est par la suite inclus dans un monument de marbre et de porphyre d'époque constantinienne puis recouvert par des autels construits sous Calixte II (1123), Clément VIII (1594) et enfin par le baldaquin de Saint-Pierre construit de 1624 à 1633.

 

Sur l'un des murs de soutien (mur rouge) a été incisé un graffito dont subsistent les quatre caractères grecs ΠΕΤR, c’est-à-dire les quatre premières lettres du nom de Pierre, et au-dessous EN(I), ce qui serait, selon Margherita Guarducci, la forme abréviative de εν εστι, mot à mot « dedans est ». Jérôme Carcopino, qui défendait l'hypothèse d'un transfert temporaire des reliques lors de la persécution de Valérien, lisait au contraire EN(Δ), ενδει « il manque ».

 

Une cachette aménagée sur un mur perpendiculaire (mur G) contenait les ossements d'un individu de sexe masculin âgé de soixante à soixante-dix ans, de robuste constitution. Une expertise menée par Margarita Guarducci avec l'anthropologue Correnti permet de penser qu'il s'agit bien des ossements qui figuraient dans la tombe, car la terre à laquelle sont mêlés les ossements est du même type que celle qui se trouve devant le trophée de Gaïus. Mais s'agit-il de Pierre ? Trois détails vont dans ce sens, sans cependant imposer une conclusion incontestable :

 

les ossements ont été conservés dans un tissu précieux de couleur pourpre, et brodé de fil d'or : un tel tissu ne peut avoir servi qu'à envelopper les restes d'un personnage illustre [10] ;

aucun os des pieds n'a été retrouvé : cela pourrait indiquer qu'on a coupé ceux du défunt (ce qui était commun aux suppliciés qui mouraient la tête en bas) [11] ;

les rotules étaient abîmées comme peuvent l'être celles de pêcheurs qui poussent leur bateau à la mer.

 

Le pape Paul VI annonce, en 1968, après avoir pris connaissance des études scientifiques réalisées, qu'il s'agit selon toute probabilité des restes du corps de saint Pierre [12].

 

Le sépulcre a depuis été aménagé de façon que chaque visiteur puisse voir les reliques de saint Pierre et le « trophée de Gaïus ».

 

Le 24 novembre 2013, pour clôturer l'Année de la foi 2012-2013, les reliques de Saint Pierre sont exposées dans un reliquaire de bronze, sur la place Saint-Pierre, en présence du pape François[13]. Il s'agit de la première ostension publique de ces reliques dans l'histoire : conservées dans la chapelle papale du palais apostolique, elles étaient uniquement montrées dans un cadre privé. Sur le reliquaire est gravé en latin « Ex ossibus quae in Arcibasilicae Vaticanae hypogeo inventa Beati Petri Apostoli esse putantur » (« Des os retrouvés dans l'hypogée de la basilique vaticane, qui sont considérés comme ceux du bienheureux apôtre Pierre »). [14]

 

Saint Pierre, Apôtre, fut crucifié le 13 octobre 64

 

Saint Pierre fut crucifié le 13 octobre 64 au cirque de Néron, sur le mont Vatican. (bulletins de l'Association Jean Carmignac, N°44 de février 2010, pages 6 et 7.)

La démonstration, au jour près, semble très convaincante. Tentons de la résumer en quelques mots, mais il vaudra mieux s'y reporter car toutes les précisions de détail sont importantes.

* Le Circus Maximus, où se faisaient habituellement les exécutions, fut, d'après Tacite, indisponible de juillet 64 à fin 64. En novembre et décembre, il n'y a pas de jeux, car le temps est trop mauvais. Saint Pierre et les chrétiens ont donc été exécutés au cirque de Néron, cirque de substitution, en septembre ou octobre 64; c'est déjà beaucoup comme précision.

*Néron est mort (suicide) le 9 juin 68.

*Le livre apocryphe L'ascension d'Isaïe nous apprend que saint Pierre a été crucifié 3 ans, sept mois et 27 jours avant la mort de Néron, donc le 13 octobre 64.

Ce texte, du Père Jacques Bombardier, curé de paroisse à Nancy, s'inspire des travaux du professeur Margherita Guarducci qui a joué un grand rôle dans les fouilles sous Saint-Pierre.

 

Source

 

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Notes

 

[1] André Méhat, Simon dit Képhas, Lethielleux, Paris, 1989, p. 137-143.

[2] Simon Claude Mimouni, Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004, p. 134-135.

[3] Philippe Levillain, Gaius-Proxies, Routledge,‎ 2002 (lire en ligne [archive]), p. 942

[4] Roberta Bernabei, Chiese di Roma, Electa,‎ 2007, p. 242, 338

 [5] Louis Leloir, Écrits apocryphes sur les apôtres : Pierre, Paul, André, Jacques, Jean, Brepols,‎ 1986, p. 68

[6] A. W. Fortune, « Babylon in the NT », dans The International Standard Bible Encyclopedia, vol. I:A-D, Wm. B. Eerdmans Publishing,‎ 1979, p. 391

[7] Peter H. Davids, « James and Peter : The Literary Evidence », dans Bruce Chilton et Craig Evans (éds.), The Missions of James, Peter, and Paul, Brill,‎ 2005, p. 32

[8] Jocelyn Toynbee, John Bryan Ward-Perkins, The Shrine of St. Peter and the Vatican Excavations, Longmans, Green and Co,‎ 1956

[9] Jocelyn Toynbee, John Bryan Ward-Perkins, The Shrine of St. Peter and the Vatican Excavations, Longmans, Green and Co,‎ 1956

[10] VMargherita Carducci, "Le reliquie di Pietro sotto la Confessione della Basilica Vaticana : una messa a punto" dans "Rivista di Archeologia classica" 19, 1967, p. 1-97

[11] Margherita Carducci, ibid., p. 83.

[12] Paul VI, Audience Générale, Mercredi 26 juin 1968

[13] Vatican displays reputed bones of St. Peter, CBS This Morning, 25.11.2013

[14] « Les reliques de Saint-Pierre exposées pour la première fois » [archive], sur Tribune de Genève,‎ 24 novembre 2013

 

- La tombe de Saint Paul contient des restes humains qui seraient les siens

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour
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